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Simoneau. Théâtre 11

janvier 14, 2021

Simoneau. Théâtre 11

Les puces 4

9— Intérieur — Maison — Chambre de Philippe. — vers 17 heures — 9

Gaston se pointe dans la porte de la chambre de Philippe et observe les meubles.

                            GASTON
T’n’as pas besoin de deux bureaux et d’un si grand lit. On peut coucher tous les deux là-dedans.

                              PHILIPPE
C’est vrai que ça pourrait être une solution. Ta chambre pourrait être notre bureau de travail. Ce n’est pas parce qu’on couche dans le même lit qu’on doit.   De toute façon, c’est notre vie. On a droit à notre vie privée autant que n’importe quel riche. On n’est pas obligé de se toucher, même si on vit ensemble.
 
                              GASTON
T’es donc bien scrupuleux pour un gars qui écrit qu’il faut s’émanciper de la haine et des peurs religieuses. Ce n’est pas tout de le dire, il faut le vivre, sinon on est comme tous les autres, des aliénés.

                                PHILIPPE
Pis non! On a dit chacun sa chambre. Alors, si on se chicane, ce qui n’arrive jamais, jamais, on aura un endroit à nous pourrons nous retrouver. 

Si tu veux, j’ai un petit matelas et deux « foams », ils sont très confortables. Je peux te les passer. Il suffira de laver le plancher pour s’assurer qu’il n’y a pas plein de puces. Je tiens à vivre dans une maison propre… avec mon…

                              GASTON
Ton intimité, je présume. N’aie pas peur de le dire. Moi, je suis le gueux dans cette demeure. Je n’ai pas de lit, mais ça, tu t’en fiches. Ta petite personne d’abord, n’est-ce pas? Tu gardes le bon lit pour toi et tu m’offres les restants. Tu devrais les jeter, nous n’avons pas assez de place pour les garder. L’important, c’est que Monsieur soit confortable.

                              PHILIPPE (exaspéré, enragé)
Ce n’est quand même pas de ma faute si tu n’as pas de lit. Si j’avais su, jamais je ne serais venu rester avec toi. Une vraie maison de fous. Tu n’es jamais content. Veux-tu mes bobettes aussi, tant qu’à y être ?

                             GASTON
T’es écœurant! Je n’ai rien et tu t’acharnes contre moi. Qu’est-ce que je t’ai
fait de mal ?

Tu tiens tellement à tes choses que tu ne me vois même pas. Tu te fiches que moi, je t’aime à la folie. C’est ça quand on est devenu bourgeois : les choses ont plus d’importance que les gens. On sait bien quand on est une vedette littéraire, les petits poètes qui commencent n’ont aucune importance.

                           PHILIPPE
C’est ça, c’est de ma faute maintenant si je fus publié, moi. Eh bien sache! Si ça peut te faire plaisir, que les éditeurs me refusent maintenant. Je dérange trop. Ils ont peur et veulent tout censurer. Ils se colonisent. Il ne faut jamais parler du plus bel amour de la race humaine : l’amour des garçons. 

Les éditeurs comme nos dirigeants ne comprennent pas combien il est important de se respecter soi-même, de s’accepter et de s’affirmer, si l’on veut changer la société pour qu’elle soit un jour plus humaine. Ce que tu écris et ce que tu vis, ce sont deux choses différentes. L’écriture suit souvent le vécu, car le vécu est la source d’inspiration autant que l’imagination. Il faut le vivre avant de l’écrire.

Bientôt, on prétendra que l’amour pédéraste de la Grèce antique n’a jamais existé. Nous vivons dans un monde où seule l’hétérosexualité a vraiment sa place. Un monde qui nie la réalité humaine pour contrôler les individus et par le fait même tout diriger dans la société. Il n’y aura plus d’hommes bientôt…

Par contre, ce n’est pas parce que je suis pédéraste que je suis obligé d’être à genoux devant tous les jeunes qui me croisent. On ne peut pas tomber en amour avec tout un chacun. Il y a une différence fondamentale entre une petite aventure pour faire retomber le trop-plein et être en amour. T’es jeune, mais tu devrais déjà avoir expérimenté la différence.

                           GASTON
Je suis d’accord! Plus le temps passe, plus nos sociétés se comportent comme au temps des Inquisitions en s’attaquant aux pédérastes, mais cette peur n’est pas une raison pour que tu me rejettes. T’es devenu trop parano. Tu es devenu niaiseux. J’ai 14 ans, donc, l’âge de consentement. Si je le désire, tu as le droit de coucher avec moi. 

                             PHILIPPE
Bientôt, on voudra interdire tout rapport intergénérationnel. Ils ont peur que l’homosexualité l’emporte sur l’hétérosexualité… Quels idiots! En mélangeant la pédophilie et la pédérastie, le système arrive à maintenir la peur chez tous les parents et tous les enfants. On croit que ce que les médias veulent bien nous faire croire. La police invente toujours des scénarios, soit en se servant de la notion d’autorité ou des excuses du genre pour t’envoyer quand même en dedans. On vit dans une société qui est le germe d’un monde fasciste à outrance.

                              GASTON
T’as raison. On nous dit : rêver! Rêver petits, mais surtout tenez-vous loin. C’est exactement ce que tu fais.

                               PHILIPPE
Pour ce que t’en sais… La pédérastie platonique, c’est de l’hypocrisie. Il faut être malade pour vivre de ses frustrations. La beauté, une branlette; la beauté; une autre branlette.

Tu ne peux plus regarder personne sans qu’elle pense que tu la harcèles. Le regard doit faire fondre les individus. Le monde est rendu malade. Bientôt on va interdire de regarder les autres et la masturbation à la cachette. Quand ça arrivera, je me suiciderai.

                               GASTON
Tu devrais arrêter d’avoir aussi peur et t’apercevoir que je suis là. La pédérastie ce n’est pas qu’une belle théorie.

                               PHILIPPE
Il n’en est pas question. Point final. J’ai trop peur. Ainsi, tu ne pourras pas te vanter que je t’ai violé et me déculotter de tous mes biens dans le temps de le dire. Chacun sa chambre !
   

Philippe prend les « mousses » dans la garde-robe et les donne à Gaston. Gaston les apporte dans sa chambre, puis revient.  

                                PHILIPPE (en voyant Gaston)
On pourrait peut-être mettre les deux ordinateurs dans le salon. Ça te ferait plus d’espace ainsi qu’à moi.


Gaston semble réfléchir. Il se gratte la tête et retourne dans sa chambre. Il crie finalement.

                              GASTON
Faudrait pas que tu penses que je veux profiter de toi. Je ne veux pas lire tes textes et je ne veux surtout pas que tu touches aux miens. Comme ça, je serai certain de ne pas subir ton influence. Si les ordinateurs sont au même endroit, il n’y a rien qui m’assure que toi tu ne liras pas mes textes et voler mes idées.


                              PHILIPPE
Y a un problème que tu ignores. Non seulement ma chambre est pleine et je ne pourrais pas y installer mon ordinateur, mais je ne veux plus écrire. Ainsi, tu n’auras pas à être jaloux de mon succès.


                              GASTON
On avait dit « les ordinateurs dans chacune de nos chambres ». Ce n’est pas ma faute si t’as trop d’affaires. Tu n’as qu’à m’en donner.


                              PHILIPPE
Je sais. Ce n’est pas toi qui as le plus besoin d’espace, même si ta chambre est petite… Tu n’as que tes ustensiles et tes livres. Ça te suffit, voilà tout; mais je ne suis pas obligé d’être aussi nu que toi pour être aussi zen.  

Viens m’aider. On va laver le corridor. Ce sera facile le plancher est en bois.

Simoneau. Théâtre 10

janvier 13, 2021

Théâtre 10
Les puces 3

5—     Intérieur          Maison — cuisine — matin          5

Philippe et Gaston se dirigent à la cuisine. Ils placent les meubles, mais la sécheuse est de trop.   Ils la sortent à l’extérieur en attendant de trouver une solution définitive.

Gaston lève son bord beaucoup trop haut et essaie d’aller le plus vite possible.

Philippe manque de trébucher… Il a le bout le plus difficile à manœuvrer.


                                   PHILIPPE (durant les manœuvres).


Ne pousse pas si fort !     Ne lève pas si haut !    Tabarnak! Veux-tu me tuer? Tu ne sais pas travailler ?

Gaston le fusille des yeux. Il marmonne…

                                        GASTON
Yé comme mon père, ce t’hostie-là, je vais le tuer. Je vais le tuer.

6— Int  — Maison — Cuisine — Midi    6

Philippe prépare un café. Il s’assoit ensuite près de Gaston à la table.
Il lui tâte les muscles du bras, question d’être plus amical et d’oublier l’échec des communications durant le travail.

                                               PHILIPPE

Y a du muscle là-dedans !

                                             GASTON

Ne me touche pas Christ. Je n’ai pas envie de faire rire de moi, ce matin. Alors, fiche-moi la paix.

                                            PHILIPPE

Est-ce qu’il t’arrive d’être de bonne humeur ?
        

Gaston se relève, il examine la cuisine déjà surchargée de meubles. Il essaie la micro-onde, question de voir s’il fonctionne bien. Allume tous les ronds du poêle et ouvre le frigidaire qui est affreusement sale.

                                                 PHILIPPE
On a qu’à laver. Ce n’est pas pire que les puces dans la salle de bains. Il faudra frotter. On est aussi bien de s’y habituer. Je n’ai jamais vu un logement aussi sale.


                                                GASTON


Ce n’est pas grave. De toute façon, tu n’as rien d’autre à faire.


                                                 PHILIPPE  (touché)


Me prends-tu pour ta mère ou ton père? T’as besoin d’aller chercher ailleurs si tu veux te faire torcher.

                                                GASTON

Les nerfs! Les nerfs!   Je n’ai pas dit que je ne t’aiderai pas…


                                                  PHILIPPE


Tu pourrais commencer par fermer les ronds du poêle avant qu’on passe au feu. Tu vois bien que tout fonctionne merveilleusement bien.

                                               GASTON

Je voulais juste savoir. Je ne veux pas payer 50 $ par mois pour des cochonneries.


                                               PHILIPPE

25 $. On paie moitié-moitié. C’est un marché conclu parce qu’on aurait dit que t’avais peur que je me sauve avec les meubles avant de payer la facture.


                                          GASTON

On ne sait jamais. Je ne te connais pas tellement finalement. Ce n’est pas parce qu’on dit que t’es un des dirigeants de la révolution que ça veut dire que tu ne me volerais pas.


                                           PHILIPPE


On voit que tu ne connais pas grand-chose à la révolution. Entre nous, c’est la solidarité absolue. Tu peux être tout ce que tu voudras, tant que tu respectes les objectifs de la révolution.


                                        GASTON (se montrant aimable)


C’est mieux ainsi. Tu ne pourras pas me laisser tomber aussi facilement. J’ai le bail et la moitié des meubles de la cuisine que nous avons achetés en signant le bail.

                                             PHILIPPE


La confiance règne à ce je vois! Viens prendre ton café avant qu’il ne soit froid…


                                           GASTON


Je ne bois que du thé. Merci quand même.

   

Philippe étonné regarde la cafetière, prête pour au moins deux tasses chaque. 
   

                                       PHILIPPE


  Ce café-là coûte 10 $ le 550 grammes.

                                        

                                     GASTON
 
Pis? 

                                    PHILIPPE


Dommage pour toi, il est excellent.

 Question de détendre un peu l’atmosphère et ne pas trop regretter de s’être installé avec Gaston, Philippe sort une bouteille de vin et une vidéo québécoise.
                                              

                                   PHILIPPE


Ça te dit de prendre un bon petit verre de vin en regardant ce film. Gaston lit le titre de DVD, sourit et s’exclame.


                                               GASTON


Ça fait des mois que je rêve de voir ce film. Y paraît que c’est drôle à mourir.
 

Ils s’installent dans le salon sur le seul sofa dans la place. Philippe est touché d’entendre rire Gaston. Il est si ému qu’il ne se rend même pas compte que Gaston lui plaît autant qu’il peut le haïr quand Gaston se met à jouer à l’enfant gâté. 

Gaston a les yeux tellement électrisants que Philippe le trouve de plus en plus séduisant.
« Je ne dois pas m’attacher. Je dois demeurer libre. », se dit Philippe.
Après quelques verres de vin, Gaston est plus euphorique. Philippe en profite pour le questionner.


                                       PHILIPPE

Qu’est-ce qui s’est passé entre toi et ton père ?


                             Gaston (subitement maussade)

Ça ne te regarde pas. Je le hais, c’est tout. Pour lui, je n’existe pas. Je suis un perverti parce que je suis gai. Il m’a fichu à la porte.


                              Philippe (comprenant mieux les réactions de Gaston) 

Je m’excuse, je ne voulais pas tourner le fer dans la plaie.


                                           Gaston


Ce n’est pas grave quand tu me traites comme un nul, je te sens comme mon père.        

 

Gaston se met à pleurer. Philippe le prend dans ses bras et l’embrasse sur la tête. 


7— Intérieur — Maison — Chambre de Gaston — vers 16 h 30 — 7

Après avoir rangé son ordinateur près du mur, Gaston éparpille tous les livres et papiers, contenus dans ses cinq boîtes, sur le plancher. Gaston est à quatre pattes et les examine. 

Voyant cela, Philippe, obsédé par la propreté, ne peut pas se contenir. Il revoit les puces dans la toilette et se demande si ces petites bibittes ne se sont pas installées ailleurs.

                                         PHILIPPE

Tu ne trouves pas que c’est assez en désordre sans y ajouter le tien. Il serait préférable de laver le plancher et le désinfecter. Ainsi, tu ne seras pas victime des puces de la maison.

                                   GASTON (surpris)


Je suis dans ma chambre. Je fais ce que je veux. Ça ne regarde personne, pas plus toi qu’un autre. D’ailleurs, c’est toi qui devrais avoir honte… On paie cet appartement moitié-moitié et tu occupes toute la place. Je suis envahi


Gaston se relève. Il s’avance vers Philippe, en faisant bien attention de ne pas piler sur ses papiers.

                                GASTON (vindicatif et presque sanglotant)


J’ai nulle part où respirer! Égoïste! Tu te fous de moi complètement… Tout ce que tu veux, c’est mon argent pour t’installer. Moi, je ne suis qu’un meuble.


Philippe est complètement décontenancé par cette sortie imprévue. Il pensait que ses caresses avaient replacé Gaston au rang qu’il occupe dans sa vie et que Gaston en était maintenant conscient.

  
                                         PHILIPPE

Tu sais très bien que ce n’est pas vrai. Je prends plus de place, tout simplement parce que j’ai plus de meubles que toi. Le riche ici, c’est moi. Je n’y peux rien. J’ai toujours travaillé et économisé le plus d’argent possible. Ce n’est pas moi qui ai choisi cet appartement. J’en aurais pris un bien plus grand.

 
Philippe laisse Gaston à ses affaires et va plutôt placer ses choses dans sa chambre.


Simoneau. Théâtre 9

janvier 12, 2021

Simoneau. Théâtre 9

Les puces 2

4— Int.   Maison. Cuisine-corridor — Matin   4


Philippe regrette d’avoir été aussi dur avec Gaston. Il essaie de se faire pardonner. Il se lève d’un coup et court après Gaston. Rien comme le jeu pour se faire pardonner. Philippe attrape Gaston, le chatouille et lui frappe doucement les fesses. Gaston crie comme si on le tuait, même si très visiblement, ils s’amusent tous les deux.

                                             GASTON

Lâche-moi! Lâche-moi! Je ne veux pas que tu me touches ! 
Si tu m’aimais vraiment tu m’aurais au moins embrassé pour ne souhaiter la bienvenue. Pour toi, je ne suis visiblement qu’un autre colocataire.
                                             PHILIPPE

J’étais occupé. J’ai aussi d’autres préoccupations. J’ai une cause, moi. Il faut savoir sacrifier le plaisir pour sa cause.

Gaston rit. Il se relève et il se promène dans le corridor. Il agite les bras comme s’il était une poule et avait des ailes. Il crie :

                                       GASTON
   Cose !    Cose! Quoik! Quoik !   Quoik !

Philippe est visiblement blessé. Personne ne peut et ne doit ridiculiser le courage de se battre pour son pays.

Quant à Gaston, il réagit comme si cette remarque l’humiliait encore plus, comme s’il prenait conscience qu’il est le deuxième dans le cerveau de Philippe.

Gaston se promène et frappe du pied dans les boîtes que Philippe a laissé dans le corridor. Il jette de petits objets par terre comme si la place n’était pas déjà assez sale.
       
                                        PHILIPPE

La cause, c’est la liberté, une vie agréable pour tous. Pas juste des besoins égoïstes. Si on l’emporte, il n’y aura plus de guerre nulle part… plus de misère pour les plus démunis. Ce n’est pas une farce… Ce n’est surtout pas risible. !

Philippe est sur le point d’éclater. Il suit Gaston, ramassant au fur et à mesure ce que Gaston jette par terre.

                                          PHILIPPE

Quand on est libre, on assume ses limites et ses responsabilités… On n’est pas seul sur terre…
                                  GASTON

Je vois ça… justement…    T’aurais au moins pu penser qu’on sera deux dans ce petit maudit appartement. Non seulement tu ne me fais aucun câlin en arrivant pour montrer que tu es heureux de vivre avec moi, mais tu prends tout l’espace. J’existe moi aussi.
                             
                                    PHILIPPE

Je n’ai apporté que le minimum vital. Ce n’est pas parce que je déménage souvent que je dois abandonner tout ce que j’ai. On a pris cet appartement parce que tu n’es pas assez riche pour m’aider à en prendre un plus grand. 

                                  GASTON

Minimum?   T’appelle ça un minimum, toi? On n’a même plus place pour aller chier… les toilettes sont envahies par tes lotions…

Gaston se promène dans le corridor, s’amusant à jeter d’autres boîtes par terre, après avoir regardé à l’intérieur. Gaston est visiblement en colère. Il s’avance devant un miroir qu’il fracasse d’un coup de pied.

                                   GASTON

   Les miroirs, c’est bourgeois. Ça me fait chier !

Philippe, retenant sa colère, se penche et ramasse quelques gros morceaux qu’il dépose dans une poubelle qu’il va chercher dans la cuisine.

                                PHILIPPE

Ce n’est pas la faute de mon miroir, si t’as encore l’air d’un itinérant et le comportement d’un adolescent frustré. Je comprends que tu aies de la misère à accepter ton image. Si t’avais été mon fils, je t’aurais appris à respecter les choses.

                                GASTON

T’es pas assez intelligent pour comprendre. T’es pas un anarchiste, toi, ça se voit! T’admire ta sainte face. Pas moi! Je ne suis pas un hostie de bourgeois.

Même si le miroir est en mille miettes, Gaston frappe dans les plus gros morceaux de verre qui sont encore debout contre le mur.

                                  GASTON

Je suis écœuré de votre hostie d’éducation. J’aurai l’air de que je voudrai, au moins, moi je suis libre. Je ne suis pas un esclave de.

                                 PHILIPPE

Pourquoi t’as des trous dans tes jeans, si ce n’est pas pour obéir à la mode ?

                                  Gaston

J’aurais pensé que toi au moins tu serais capable d’assumer ce que tu prétends être dans tes écrits. Mais t’es aussi sale que les autres qui se prennent pour des vedettes. Pour toi, que je t’aime, ce n’est qu’un jeu. 1984.  C’est notre réalité à nous les jeunes parce que les vieux bornés ont décidé de notre vie, ont fixé leurs règles, sans jamais nous consulter. La vie, c’est rien que de la merde! Les humains sont tous des maudits hypocrites.

Philippe s’approche de Gaston et tente de lui passer la main dans les cheveux pour le calmer un peu.


                                       PHILIPPE (tendrement)

On serait aussi bien de tout abdiquer, si la vie était comme tu dis. Si c’est vrai que tout le monde est pourri.

Gaston se tasse pour ne pas se laisser caresser la tête.

                                 GASTON

Ne me touche pas! Je ne suis pas ton fils. Il n’y a qu’un moyen de s’en sortir : sauver sa peau. Ne penser qu’à soi. Ce ne sera pas mieux demain, ce sera pire. La solidarité, ça n’existe que dans les livres. Les victoriennes sont au pouvoir et nous apprennent à s’entre-stooler. Le problème du Québec, c’est qu’il ne sait pas encore s’il est un gars ou une fille… mais il a bien l’air d’une fille, il aime se faire fourrer.

                                  PHILIPPE

T’as pas l’air de savoir ce que tu dis. T’es même vulgaire. Dire que j’ai laissé ma maison pour m’installer avec toi.


Gaston hausse les épaules. Il se promène de plus en plus vite. Il s’arrête quelques secondes devant les portes de chambres, cherchant visiblement quelque chose. Il s’arrête derrière Philippe qui ramasse maintenant les miettes de miroir dans un porte-poussière.

                                         GASTON

   Où vais-je m’installer ?
 
                                  PHILIPPE

Ce n’est pas si pire. Tu charries. Viens voir. Il y a moyen de s’arranger.   

Philippe et Gaston entreprennent la visite des lieux. Ils examinent tout, pièce par pièce, tout en demeurant dans le corridor. Ils constatent que cet appartement est finalement très petit pour deux locataires.

                               PHILIPPE
Il n’y a pas que les toilettes qui sont affreusement sales, il faudra tout laver avant de s’installer. La salle de bain était bourrée de puces. Je ne peux pas endurer une telle saleté. Je lave depuis ce matin très tôt. Je croyais que tu viendrais m’aider puisque tu vivras ici toi aussi.

                                GASTON

   Je ne t’ai pas obligé à vivre avec moi.   À part les puces, je peux tout endurer.

                                 PHILIPPE

   Je vais prendre la chambre la plus près de la cuisine. C’est la plus grande.
             
                                  GASTON

   Pourquoi aurais-tu la plus grande? C’est moi qui ai signé le bail.

                               PHILIPPE

Tu ne voulais pas que je signe. Tu voulais de nouvelles responsabilités. Vrai ou faux? Il me semble qu’en ayant le plus de meubles, c’est juste normal que j’aie la plus grande chambre.

                                   GASTON

   Justement! Moi, je ne suis rien…

                                     PHILIPPE

T’es malade! Tu sais très bien que je te considère comme un très bon poète, même si tu es très jeune.

                                    GASTON

Parce qu’étant très jeune, on a moins de talent. Évidemment, les vieux…

                                    PHILIPPE

On a plus vécu, donc, nos textes sont plus profonds.

                                    GASTON

Vous avez été tellement censurés que vous ne pouvez plus rien créer d’original. Vous êtes pris dans vos règles d’antan. Vous êtes prisonniers de votre maudite tradition. Le petit Jésus vous tient par les couilles. Non, ce serait trop agréable pour vous…

                                       PHILIPPE

Ne sois pas ridicule! Même si je te connais très peu, je trouve que ton manuscrit est très fort pour un gars de ton âge. Je n’ai pas d’intérêt à te mentir.
                                       GASTON

Ne perds pas ton temps. Je sais que tu me prends pour un nul.

                                        PHILIPPE

Pas du tout. Je t’ai laissé signer le bail pour que tu te sentes responsable. 
                                          GASTON

T’n’as pas signé le bail parce que tu veux pouvoir ficher le camp dès que je te casserai les pieds. Ça ne change rien dans ma vie. J’ai toujours été un rejet. Une fois de plus, je n’en mourrai pas. Mais, cette fois, c’est différent. Je t’aime, je t’adore. T’es mon héros.

                                                PHILIPPE
Ne me recommence pas ça. Ça été clair. Je suis à la branlette depuis dix ans parce qu’on ne peut plus faire confiance aux jeunes qui essaient de nous faire chanter dès qu’ils commencent à consommer de la drogue. Non seulement les jeunes coûtent une fortune à entretenir, mais dans dix ou vingt ans, ils nous feront encore chanter pour nous vider les poches grâce à un système mis en place par les autorités de concert avec la pègre qui arrive à faire croire que le plaisir blesse. Tant que le chantage sera un commerce lucratif, je préfère avoir confiance à mes doigts. Je peux endurer encore un peu à vivre ma solitude. Je me nourris d’esthétique. 

La beauté est devenue interdite. Je ne serais pas surpris que les fous du judiciaire deviennent plus malades que les SS. S’ils savaient qu’ils ne peuvent rien contre nous, ils nous crèveraient les yeux pour qu’on ne voie plus un petit gars. Ils ne comprennent pas qu’on peut jouir à contempler le Beau. 

T’es bien beau. T’es même mauditement de mon goût, mais je ne veux pas perdre le reste ma vie à moisir en prison parce que nos sociétés sont incapables d’évoluer.  

T’as même un autre avantage, t’es bourré de talent. Je suis certain que nous nous aiderons tous les deux à devenir de plus grands créateurs. 

Par contre, je suis avec toi pour la poésie et la poésie seulement. Mets-le-toi dans la tête.

                                        GASTON

Hypocrite! Tu sais que j’ai l’âge de consentement. Tu savais dès que l’on s’est vu que je suis gai. Je suis jeune, mais gai quand même. Ça ne commence pas à 16 ans. On est ce qu’on est bien avant.    


                                        PHILIPPE

Pense ce que tu veux. Pour moi, c’est comme ça. Même si je voyais un jeune crever sur le trottoir, je ne courrais pas le risque de l’aider, car on ne sait jamais quand et comment il s’y prendra pour nous ruiner comme leur apprend le système de débiles qui nous gouverne.

Psychose pas psychose, je préfère me masturber.

Mais, je n’ai jamais laissé tomber personne, surtout si elle a du talent. Comme toi! Tu manques un peu d’assurance, c’est bien normal à ton âge. Moi, je n’avais même pas encore soupçonné la vocation de poète en moi à 19 ans.

                                     GASTON
 
 Je n’ai pas 19 ans, j’en ai 15 comme Rimbaud.
 
                                   PHILIPPE

Raison de plus pour que je ne m’entiche pas de toi     Tu perds ton temps. Je me demande si on ne fait pas une erreur en s’installant ensemble. Il y a des gens comme ça. Ils peuvent être d’excellents amis, mais ils ne peuvent pas vivre une seconde sous le même toit sans se chamailler sans cesse. Les pareils s’éloignent.

De toute façon, nous sommes condamnés à la solidarité. Tu n’as pas les moyens financiers de vivre sans moi et si tu laisses l’appartement je suis pris à payer la location durant les prochains mois, car je devrai assumer ce coût même si tu as signé le bail. Je suis le seul à voir l’argent pour le payer. Tu le sais comme moi. Donc, en attendant, Rimbaud va venir m’aider à la cuisine. On a un maudit problème. Nous avons trois fois trop de meubles. C’est trop petit ici.  

Simoneau. Théâtre 8

janvier 11, 2021

Simoneau .Théâtre 8

Les puces 1

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Le texte fut préparé pour un cours de scénarisation, à l’UQAM, en vue de réaliser un film qui doit se dérouler dans un seul lieu, clos, avec le minimum de personnages.

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Un poète d’une cinquantaine d’années, Philippe, rencontre Gaston, un jeune poète qui tombe en amour avec lui.

Il est persuadé qu’en vivant avec son aîné, il parviendra à avoir autant de talent et ainsi publier plus rapidement ses écrits. 

Les refus répétés de Philippe d’accepter Gaston comme colocataire découragent Gaston et l’amènent à se mépriser lui-même davantage. 

Gaston parvient à la longue à faire accepter cette cohabitation avec Philippe.

C’est oublier la différence qui existe entre les plus âgés et les plus jeunes. Ils décident de vivre ensemble, mais cette rencontre fait naître alternativement l’amour et la haine à cause d’une jalousie intergénérationnelle. 

Philippe est-il le révolutionnaire pourchassé par le système qu’il croit et prétend être? Son petit ami Gaston arrivera-t-il à se faire aimer, malgré son caractère de chien?


 1— Int.   Maison — cuisine — Matin 1

PHILIPPE, malgré ses cinquante ans, travaille comme un fou à nettoyer le nouvel appartement qu’il occupera avec Gaston. Il place des meubles qui débordent de partout quand Gaston, un jeune poète de 16 ans, qui a même l’air plus jeune que son âge, arrive avec son baluchon, son ordinateur, son système de son, son téléphone et ses cinq caisses de livres.


2— Int.    Maison — cuisine — matin 2



GASTON dépose les cinq caisses de livres dans une chambre, installe sa chaîne stéréo et se rend dans la cuisine.


3— Int. Maison — cuisine — matin 3



Gaston place ses affaires dans les armoires : une tasse, une fourchette, un couteau, une cuillère, du riz, du beurre de peanuts et de la mayonnaise. Il écoute Léo Ferré, dans « Poètes, vos papiers », qui résonne en sourdine dans la cuisine.

Philippe le regarde amusé.
                                         
 

                      PHILIPPE (moqueur)
        
Ça t’a pris l’avant-midi pour ramasser tous ces meubles. Une chance qu’il n’y en avait pas trop, sinon j’imagine qu’on aurait dû pendre la crémaillère le printemps prochain…

Pendant que tu perdais ton temps à faire ton pseudo ménage, je frottais comme un fou. C’est une vraie porcherie, ici. Il y a de merde de chat partout. Celle qui vivait ici avant nous était une vraie cochonne ou une irresponsable.

Juste à faire le ménage, j’en ai mal à la tête.

Gaston le regarde, faisant semblant de rire. Il répète ce qu’il entend en gesticulant et en se moquant de Philippe. Il se casse les poignets comme une grande et se promène sur le bout des orteils comme s’il dansait un ballet, tout en disant :

                                          GASTON

J’imagine qu’on aurait pu pendre la crémaillère le printemps prochain.


Gaston s’arrête devant Philippe, bat des paupières et lui fait les yeux doux…                                                                
Gaston prend Philippe par le cou.
           
                                          PHILIPPE

Moque-toi de moi tant que tu voudras. Mais, détrompe-toi, je ne suis pas intéressé à toi… sexuellement, j’entends. Tu es beaucoup trop jeune.
    

Philippe enlève gentiment les bras de Gaston et il va s’asseoir à la table, sirotant un café.


                                           GASTON

T’es pédéraste, non ?

Le Jean Genêt du Québec… Voyons donc, Langevin ne les connaissait pas pour te surnommer ainsi. Ta vie, ce serait plutôt « La mort de Jonathan» ou encore plus précisément « Les amitiés particulières », en moins bon, évidemment… Toi, le marginal des marginaux, fuck you !

   
 Gaston se tourne, relève le derrière. Puis, se retourne et se place la main entre les deux jambes… l’agitant comme s’il se cajolait.

                                     PHILIPPE
   
 Ce n’est pas parce que je suis pédéraste que je dois nécessairement être amoureux de toi. Je ne saute pas au cou de tous les garçons.

                                     GASTON

Avoue que c’est tout ce qui t’intéresse de moi. Je suis comme les autres garçons dans ta vie. Les vieux sont tous des vicieux, c’est bien connu. Il faut bien qu’ils prennent ce qui se présente. Ils n’ont plus rien à offrir en contrepartie.
    

Philippe demeure indifférent. Il se prend un livre et commence à lire.
    
Gaston est visiblement choqué par cette attitude. Il range ses affaires, en déplaçant tout simplement les objets avec fracas.


                                      GASTON
    
 C’est malheureux que l’on soit encore aussi aliéné. Ça permet de croire que les enfants sont des anges et les anges, tout le monde le sait, n’ont pas de sexe. Christ de monde d’hypocrites!     Ce n’est pas tout d’écrire, il faut vivre… Aime-moi comme je t’aime !
    

Philippe encaisse les sarcasmes en lui faisant la moue et en lui tirant la langue. Il essaie de produire des grimaces qui soient drôles.
                                      
                                     PHILIPPE

Je te l’ai dit t’es trop jeune. Je suis pédéraste, pas pédophile.


                                      PHILIPPE (en haussant la voix)


J’ai plus que 10 ans, tu ne viendras pas me dire, toi un écrivain, que tu ne sais pas qu’un pédophile ne s’intéresse qu’à des enfants qui ont moins de 10 ans. T’es un perverti sexuel introverti. La vérité choque.
   

Gaston bouscule une chaise pour manifester sa colère de ne pas être plus désiré.

Simoneau. Théâtre 7

janvier 10, 2021

Simoneau. Théâtre 7

Fuck la reine 7

Dans le coin retentit une voix :

                                            Voix

Sa Majesté la Reine !  

Tout le monde se jette par terre et l’encarte comme un mahométan.    La voix poursuit :

                                         Voix

Contre Eugène Ti-Moineau

Tout est silencieux, sauf le Québécois qui commence à chanter :

             Prenons un verre. Buvons en deux.
             À la santé des amoureux
            et merde à la Reine d’Angleterre
             qui nous a déclaré la guerre.


Tout le monde se regarde ahuri. Le crieur reprend :

                              Voix

              Joseph Eugène Ti-Moineau.

                         Le Québécois

Ah bin! Bout de viac! C’est moi, ça.

Il s’étire. Il s’élance vers le centre et crie :

                             Le Québécois

C’est moi. C’est moi. Qui m’appelle ?

                               Voix

La reine d’Angleterre

                              Le Québécois

Voyons donc !   Elle est bien trop loin pour m’avoir entendu.

Y manquait plus que ça… Je me mets à entendre tout de travers. Ce doit être comme les apparitions de la vierge des bérets blancs à Bay Side, New York. Elle est rendue qu’elle se promène entre St-Bruno, au Québec, et New York. Elle flye la veille. Pour se faire plus d’argent, elle s’approche des milieux d’affaires. Ce doit être que la CIA paye plus que la RCMP.

Il regarde le juge, le renifle presque.

                                  Le Québécois

C’est ça, la reine ? Je la croyais plus belle, plus jeune. C’est vrai qu’avec les camps d’entraînement anglais à Belfast, elle doit avoir drôlement peur qu’ils déménagent à Londres. D’ailleurs, les soldats anglais sont à Belfast pour se pratiquer en cas de révolution en Angleterre, comme au Canada, les soldats se pratiquent près d’Edmonton et Lennoxville pour envahir le Québec en cas de crise.

Le gouvernement aura suffisamment exaspéré les Québécois avec la langue et l’inflation que les Québécois auront pris le mors aux dents. Maudite belle société! Les gouvernements créent les crises pour choquer les gens, les rendre à bout; puis, quand ils réagissent, ça leur sert d’excuse pour éliminer ceux qui nuisent au pouvoir. On envoie des soldats pour protéger ceux qui nous exploitent et nous trahissent. 

Tabarnache! Sa Majesté a-t-elle aussi des parts dans Esso, Shell, Ford. Comme Rockefeller, Kissinger, Paul VI, Nixon et Cie ont des parts dans les puits de pétrole du Moyen-Orient?   Combien de millions de dollars a-t-on dans le cas du Biafra? Élisabeth songe-t-elle aussi à la guerre nucléaire, si les récalcitrants ne sont pas mis au pas prochainement? Pourquoi ne pas habiter Mars si on fait sauter la planète ?

Ça ne changera donc jamais. Après le Biafra, la Tchétchénie, le Tibet, puis, les Arabes, les Nègres blancs d’Amérique, les nègres, tout court. Une petite maladie, une petite bactérie, peut-être? Ça lave tout un territoire dans un clin d’œil et sans effort.

Une colombe rouge est lancée sur la scène. Tous les participants essaient de la saisir en criant :

Prix Nobel! Prix Nobel! Viens qu’on te mange. Ça ne vaudra pas un rat, mais ce sera différent des œufs trouvés dans les nids.

                        

                            Le juge

À l’ordre!   À l’ordre !

Joseph Eugène dépose un canif devant lui dans un geste solennel.   Il le tourne vers lui. Le juge le regarde et crie :

                                  Le juge

Mais il va se tuer? Il va se tuer !

Joseph-Eugène sourit et réplique :

                                    Joseph-Eugène

Je préfère tuer mon juge à me trancher les couilles.

Il s’avance vers le juge.

                                    Joseph-Eugène

Juge! Juge! Juge ! Où es-tu? Qui es-tu ? Qui habite cette loque bien payée? Ce détritus à perruque? Toi, que l’on dit cent visages et cent noms, montre-moi ton vrai visage…

Le juge tremble. Il s’épivarde comme une poule à qui l’on a coupé la tête.

                                  Le juge

Flic!  Flic!  Flic!   Please, poak!  Please, poak! poak ! poak!  Flic! Flic !   Flic ! (en battant des ailes)  flac! Flac ! 

Le policier de tout à l’heure s’interpose entre le juge et Joseph Eugène, et entre eux l’interprète et l’avocat qui porte soutane et col romain.

                                   Avocat

Vous me donnerez 30 $ de l’heure pour que je perroquète vos histoires. Parfois, j’en changerai quelques mots : pour mon style, voyez-vous. Maintenant, mettez-vous à genoux, je vais vous confesser.

Le flic passe la tête sous le bras de l’avocat, ne faisant plus qu’un avec lui.

                                    Joseph-Eugène

Je ne sais pas de quoi je suis accusé.                                           

                                L’interprète (regardant l’avocat)

Je plaiderai non coupable. Plus ça dure longtemps, plus ça paye.

Le flic sort de sous le bras de l’avocat, court près du juge et lui glisse à l’oreille :

                                         Le flic

Il veut nous tuer.

Le juge s’affole.

                                     Juge

Comment? Pourquoi? Qu’on le dise au ministre de la Justice, qu’on renforce la garde, qu’on appelle l’armée. Est-il de la pègre ?

                                    Le flic

Sûrement pas, la pègre, c’est nous deux. Vous le savez pourtant. On est la justice de l’homme d’affaires pour lui permettre d’empocher au maximum. S’il était de la pègre, il serait de notre bord. Vous devriez connaître l’importance de savoir s’il est de la confrérie ou pas. T’es du côté du pouvoir, de la mafia légale ou t’es contre. On a appelé nos ennemis « pègre» pour les différencier de la mafia légale. Ce sont des pauvres qui veulent faire de l’argent super vite.

                               Le juge

Demandez à l’avocat de la Couronne qu’il procède pour moi. Il dira tout ce que vous voulez lui faire dire. Aussi, si quelqu’un est tué, ce sera lui et pas moi. Je suis trop important pour crever inutilement. Comment les libéraux pourraient-ils se maintenir au pouvoir sans moi? Quoique je deviendrais célèbre… je passerais à l’histoire… je…

                                        Flic

C’est un FLQ…

                                   L’avocat de la Couronne

Comment le savez-vous ?

                                     Le flic

Tout individu demeurant au Québec et qui refuse de se plier à la majorité anglaise du Canada est un membre du FLQ. Toute personne qui refuse la domination est rebelle et, par conséquent, elle doit être condamnée pour subversion et exécutée par accident ou autrement.

                       L’avocat de la Couronne (tremblant)

J’aurai beaucoup de témoins, votre Honneur. Plus nous serons, moins il pourra agir. Aussi, nous servirons-nous de ceux qui sont en prison comme otages pour l’immobiliser. On va s’en sortir, hein ?

                            L’avocat de la Couronne crie :

SPEAK WHITE !

                              Joseph-Eugène

Tu es mon juge? De quel droit exiges-tu que je m’identifie? De quel droit pourrais-tu me forcer à avouer un crime?   Le seul crime que je puisse avoir commis à mes yeux est d’avoir refusé de me prostituer à vos jeux. Je ne suis pas votre esclave. L’homme est un être libre.

                              L’avocat (s’approchant du flic puis de Joseph-Eugène)

On verra. On verra.   Quand tu connaîtras bien les hommes, tu sauras ce que nous en avons fait, à quoi nous les avons réduits, tu seras enchanté de nous servir puisque le rôle de l’homme est de servir fidèlement son dieu, et dieu, c’est… l’économie, la corruption.

                             Joseph-Eugène

Pour vous, Dieu c’est ce qui conduit à la fortune et au pouvoir. C’est le système, la vacherie, la machine. Qui crée les lois? Qui crée les interdits? Qui dominent les lois et les interdits ont le pouvoir d’exploiter. Qui a ce pouvoir a aussi la richesse. C’est vous la pègre et la loi. Le bien et le mal. L’homme vous semble exister que pour vous servir. C’est vous, l’esprit dominateur… l’aliénation. Vous êtes les recettes du savoir et la drogue du péché. Vous jouez aux curés pour posséder le pouvoir de la pensée colonisatrice. L’autre doit être inférieur pour justifier votre autorité. Qui domine le conscient et l’inconscient est le maître absolu…

                             L’avocat

Tu blasphèmes !

                             Joseph-Eugène

Je m’en crisse. Je ne crois pas à votre dieu et à votre droit de m’imposer vos ignorances, vos règles sexuelles. Mes valeurs ne sont pas les vôtres. Mon Dieu est miséricordieux. C’est la beauté, la bonté, la liberté, la conscience et le bonheur. Mon Dieu, c’est l’amour, la non-violence, le partage, le refus total de juger les autres… Aime-toi et aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu.

Alors l’escouade antiémeute entre après un coup de sifflet. Elle entoure le juge et le sort de la salle.  Les policiers chantent :
                Gloire aux dieux
                qui ferment les yeux
                avec 10,000 $ piastres
                y a pas de problèmes !

                Pourquoi penser
                ça donne des frissons-malaises
                mieux vaut fesser
                ça détermine qui peut payer le mieux.

                       Merci Trou d’eau !
                       Merci Boubou

Les policiers restés sur place continuent de frapper alors que Joseph-Eugène crie :

                       Vive le Québec libre !
                        À bas le colonialisme sino-anglo-américain !
                       Vive le Québec vraiment libre !

Joseph-Eugène Ti-Moineau se déshabille flambant nu. Il lève les bras de façon à créer le signe du Peace and love et crie :

Nous vaincrons !
                                    
                                                Fin

Vancouver 1975
révisé en 2005

Simoneau.théâtre 6

janvier 9, 2021

Simoneau. Théâtre 6

Fuck la reine 6

Scène 3

Dans un coin, sur une table, un jeune garçon de 14 ans, nu, vivant, fume un joint. Il demeure là, tout au long de cette scène pour le plaisir – voyeur de l’auteur et de tous ceux qui partagent ses goûts -.

Dans l’autre coin, un banc ordinaire, un peu plus loin, venant du corridor, quelqu’un tape, sans arrêter, à la dactylo.

Au centre de la scène, sur une plate-forme, devant une balustrade avec une statue de la reine et, plus en avant, une table avec un porte-papier, au centre. À gauche, un autre banc, un autre lutrin et une horloge grand-père.

                               Le mignon

Il est bon ce maudit pot- là. Ce n’est pas de la merde comme d’habitude pour augmenter les profits aux dépens de nos vies.

Le mignon se flatte le corps

                                 Le mignon

C’est bon d’être nu. Je me demande quel fou a inventé la décence. Ce doit être un curé, un bourgeois ou une féminoune qui rejetait son corps; un ou une malade qui ne peut pas accepter que son Dieu ne l’ait pas créé parfait. Tous les fanatiques religieux sont des malades mentaux.

Tout devient calme, silencieux. La lumière se promène, découvrant le décor.   Après un tour, la lumière revient au centre et s’arrête sur un bonhomme, un bûcheron, avec sa scie à chaîne. Il examine la pièce attentivement.

                      Le bonhomme

Tabarnak! C’est beau icitte… Obstination! Ça aurait été le fun d’avoir ça comme décor dans ma chiotte au camp. Le soir, plutôt que de niaiser à regarder des revues cochonnes, j’aurais pu sculpter de beaux petits tétons. Saint-Crème, ça aurait été le fun. Kossé que tu veux, dans le bois, il faut bien tuer le temps comme on peut? C’est comme en prison. Le soir, tu dois regagner ta cellule, tu te couches et tu rêves de rencontrer le monde. Bien des créatures. Heureusement, tu t’endors bien vite parce que t’es pété d’avoir trop forcé. Le bois, la mine, les barrages, ça veut dire travailler parce que tu n’as rien d’autre à faire, rien d’autre à penser, t’es loin de tout. Ça veut dire digérer leur maudite cochonnerie puisque tout est cuit dans la graisse, le beurre, ça coûte trop cher. Heureusement, travailler dans le bois, c’est comme prendre un bain d’eau frette, ça ne dure pas tout l’hiver.

Le bonhomme marche en rond.

                                     Le bonhomme

Y vas-tu arriver ce maudit juge-là? Un autre hostie de mafioso travesti en vertu, qui cale son cognac et s’aiguise les dents sur le clitoris d’une petite fille, durant les partys de la haute. Y a rien qu’eux qui ont ce droit…

Il se dirige vers la porte à droite, sort du décor. On l’entend.

                                       Le bonhomme

Cour deux. C’est bien ça. C’est ici que le juge, propriétaire de bordels, est censé se tenir. Y faut qu’il vienne si je veux trouver l’adresse de Sweet Heart. Cré Sweet Heart!  La dernière fois, elle m’a demandé 50 piastres pour 15 minutes et m’en a pris 1,200 avec son pourvoyeur, sans compter la semaine à l’hôpital. C’est une botte qui coûte cher.

Le bûcheron se promène impatient.

                            Le bûcheron

Y doit être dans son lit, le vieux christ, à son âge, ça lui prend du temps à venir. Vibrateur électrique ou pas.

Il se rend près de la porte d’où vient le bruit de la dactylo.

                            Le bûcheron

Tiens, encore un Anglais qui a oublié d’arrêter de travailler. Y pensent jamais à s’amuser, ces maudits-là.

La jeune statue vivante, un magnifique petit garçon, les fesses bien rondes et le corps superbement éloquent, racontant à lui seul la gracieuseté d’un paysage immortel, se penche, prend le pot de chambre et pisse un coup, en s’exclamant:

                                   Jeune statut

Wow! Une seconde de plus et j’aurais pissé sur la tête du procureur de la Couronne… une belle fripouille qui défend les intérêts de la mafia légale, en faisant croire qu’il se soucie de l’intérêt du peuple.

Le bûcheron écoute à la porte, retourne presque au centre. Le Québécois arrive avec sa guitare. La musique retentit de partout. Il s’avance jusqu’au bûcheron qu’il ne voit pas puisqu’il regarde la statue du mignon, le bouscule et va s’asseoir sur le banc à gauche.

 

                               Le Québécois

Encore personne. La ponctualité ce n’est pas ce qui étouffe la reine. Ça fait deux siècles que je l’attends celle-là. La reine versus Ti-Moineau, ça va être tout un combat. Je vais lui sauter sur la tête et lui « picosser » les yeux. Elle ne pourra plus rien faire, Sa Majesté. Elle va être aussi aveugle que sa Justice. Je serai déclaré schizophrène puisque je me serai pris pour un pic-bois. Et, la reine criera à tue-tête, en tombant de son trône.

                                   La reine

Il y a des tempêtes. Des bancs d’oiseaux sifflent par milliers dans le vent. Ils s’effoirent comme des mouches dans mon pare-brise. (La reine frotte ses lunettes)

                                   Le Québécois

Baptême! Arrive, vieille putain. Des chevaux? Tiens des chevaux, ce doit être elle. Elle doit être folle, elle se parle à la troisième personne

Le bûcheron se rend à la porte. Il écoute.

                                    Le bûcheron

Cé pas des sabots, ça, cé des dactylos. Les secrétaires ont fini leur dîner dans le temps record d’une pause-café. Chez les Anglais, le socialisme, c’est de travailler et de donner son salaire en impôts pour nourrir la petite gagne qui en profite. Tout pour la rentabilité, rien pour les Indiens. Puis, je ne l’attends plus, le vieux moribond. L’esprit fané. Fuck le juge! Fuck les putains! Je vais aller à l’Ambassadeur, la taverne à tapettes, ça va être différent. Je gage (s’adressant à la statue du mignon) mon jeune que je vais la voir la queen bien avant toué.

Le bûcheron sort. Le Québécois commence à gratter sa guitare et se gratter lui-même.

                                 Le Québécois

Bout de bordel! De bout de bordel! Encore des puces… je dois avoir pris ça au Park Hôtel ou au Blue House. Il me semble que les gouvernements de l’Ouest sont assez riches pour pouvoir acheter les « instincteurs à poux » qu’il faut pour leur hostel du bien-être social.

Il chante en se tortillant comme un yogi qui n’arrive pas à décider quelle position prendre… se gratter ou gratter la guitare…

                                  Le Québécois

Sur le bord de la route, mon Bourassa, je pense à toué.   Ça fait des jours que je n’ai pas mangé. C’est encore pire que ton bien-être social, versé grâce à Trou-d’eau, à la Canadian John’s Manville. Toué t’es trop pauvre, après les Simard, pis ITT, t’as pu d’argent pour les décrocheurs, les affamés, ces mères nécessiteuses de la LIBERTÉ.

    Il s’endort sur le banc, en mastiquant le manche de sa guitare et soupirant :


                                  Le Québécois

Je ne peux pas manger de ballonné. Si je ne peux pas gagner ma vie avec mes chansons. Je ne suis pas manœuvre, opérateur de heavy mécanique. Je vais manger les notes de mon talent en rêvant d’une bourse du Conseil des Arts ou d’une paye de la Salvation Army.

Après j’irai chanter le soir entre sept et huit pour les assistés sociaux voyageurs, pour les ramener direct au petit Jésus ou aux SS, avant de pouvoir sacrer mon camp avec des pains un peu raidis.   Des soirs, y fait frette en maudit, trop pour coucher dans le stationnement couvert à Vancouver.  Aujourd’hui, y a qu’un moyen de devenir riche… c’est d’inventer « sa » religion…

Dans un silence plat, alors qu’il dort, un à un s’installe : le Procureur de la Couronne, habillé comme un revenant direct du 18e siècle, le sténographe qui porte son oie sous le bras pour y arracher les plumes nécessaires, deux secrétaires en costumes de majorettes et dans l’extrémité droite un policier pleure dans son mouchoir en s’exclamant :

                                 Le policier

Chu malheureux. Chu malheureux. Je n’ai pas encore eu d’appareil de télévision comme le chef de police de Montréal. Où est donc rendue la moralité? Faut-y être riche pour avoir droit d’être soudoyé ?  

Près du Québécois s’installe un bonhomme d’une quarantaine d’années, vêtu dernier cri, qui polit ses lorgnons avec une meule. Chaque personnage prend des lunettes d’approche et examine à tour de rôle ses voisins. Et les photos de la reine collées partout.

Tous ( ensemble.  sauf le policier qui pleure)

         Et l’accusé ! 

Ils se jettent à quatre pattes, regardent sous la table, sous le trône. Sauf le policier qui continue de gémir.
 
                                      Le policier

Monsieur le Maire! Monsieur le Maire! Flag! Flag ! M’auriez-vous abandonné? Monseigneur, moderne… le dieu des gros immeubles, des terrains de stationnement, l’obsédé du ciment Lamontagne, le fou du progrès à reculons. Pourtant, je te rends de bons services… Flag! Flag! Ti-Jean de ton prénom. Je t’ignore quand tu reluques les petites filles. Petite. Petite. (Presque en murmurant.)

Il balance la tête pour s’assurer qu’on ne le regarde pas, alors que tous les personnages à ses pieds l’observent :

                              Tous

C’est lui! C’est lui! T’es sûr ?  Il ressemble à Vic Cotroni. Regarde dans ses poches, s’il a l’adresse de Peter, Pier the door? Ce doit être lui… a-t-il des reçus de caisses électorales ?

Les regards des autres rejoignent celui du flic qui, de plus en plus mal à l’aise, tombe de sa chaise. Tout le monde s’approche, le renifle. Un, ayant le nez au derrière du policier, s’exclame :

                    L’avocat de la défense

Qui pue! Cé pas possible. On ne peut pas envoyer ça en prison, y va y avoir une émeute quinze minutes après son entrée. Il faut un jury… il faut surtout le laver de ses péchés.

Le policier se relève. Offensé. Prend son mouchoir, le fait virevolter en faisant un demi- tour sur ses talons. Chacun à tour de rôle fait comme s’il était un taureau à mâter dans un rodéo alors qu’une jeune fille surgissant de nulle part s’exclame :

                              La fillette

Ne devenez pas tous riches ensemble. Prenez un billet sur le taureau gagnant. Sortez votre deux, approchez-vous de la famille Pépin, de la députation de Sherbrooke, et cherchez les chanceux qui boiront les gouttes d’une nouvelle taxe indirecte sur le plaisir.

Après avoir passé sous le mouchoir, les taureaux se mettent à genoux, en rond.

                           Le policier

Je suis le chef de l’escouade antiémeute, pour vous servir. J’attends que la GRC pose son pétard, le 24 juin, avant de créer une nouvelle danse : le bain de sang. Plus de 100 blessés, la dernière fois, ce sera encore mieux la prochaine fois. Je suis heureux quand le sang coule, surtout celui des dames et des enfants…

Les autres à genoux se mettent à pleurer.

                                           Ensemble

Ce n’est pas notre accusé. 

                                       Le policier

Vous auriez pu le deviner. Je n’ai pas l’air innocent. J’ai les cheveux courts… je travaille pour la reine, moi…

On entend rire la statue de la reine en sourdine, de plus en fort…

Le policier sort de sa poche une photo de la reine qu’il place sur la chaise devant laquelle il se met à genoux.

                          Le policier

Je vous salue, Élizabeth, mère de Michaël Jean, votre gouverneur général, presque princesse de l’Église anglicane, une grande gueule qui se fait aller comme si elle représentait quelque chose…

                       Tous s’exclament (ils lui mettent la main sur la bouche à tour de rôle)

Té pas drôle ! C’est la reine des féminounes…

                        Le policier crie :

Frappez-moi pour que je vous frappe. Si vous ne frappez pas assez fort, j’engagerai des agents de la RCMP, escouade de la provocation.

On recommence les recherches jusqu’à ce qu’une de participantes, face à l’horloge, s’exclame :

                                  Vieille

Mé cé le temps! Debout les minous! La reine va bientôt entrer.

Tout le monde se met à l’attention. La musique commence. Le juge entre. Il est grand, mince, déguisé en travesti. Sa robe dans le dos laisse voir ses fesses. Il se rend au centre de la scène. Danse d’une façon érotique comme pour se flatter, sur l’air de hey Kids, d’Elton John (ce qu’imite le petit gars-statue).

Derrière, le procureur de la Couronne s’avance, simulant de l’enculer, tout en le masturbant. Le juge rugit de joie. Après sa danse, il monte sur son trône. Les deux jeunes filles prennent sur la table un miroir et le placent face au juge qui ajuste ses faux cils. 


Simoneau. Théâtre 5

janvier 8, 2021

Simoneau. Théâtre 5

Fuck la reine 5

               Fin de la première partie.

                                              Scène 2

Çase passe dans les locaux des prisonniers. Cependant, ces derniers ne sont pas encore entrés puisque la direction procède à un examen auparavant, en vue de la visite des ministres de la Justice, dont celui du Québec, en visite à Vancouver. La scène présente à gauche un lavabo et une toilette, séparée d’une cloison. À droite, quelques lits. Le centre est inoccupé. Un grand bruit de pas.
 
Six personnages (policiers) arrivent habillés de façon bouffonne. Ces policiers ont tous des badges qui leur couvrent la moitié de la poitrine. Ils ont à droite un pistolet à l’eau, à la ceinture un masque à gaz et un walkie-talkie. Par -dessus une chaîne, pendue à l’arrière de leur pantalon, un annuaire téléphonique de la ville de : Montréal, avec une photo de Drapeau, Dieu-le-Père. À gauche, un livre avec le titre : » Sur ce que tout bon policier doit frapper ». Ils sont surchargés et peuvent à peine se mouvoir. Les bœufs s’enlignent. 

                                   Flic 3

Penses-tu qu’il va accepter de me signer un autographe?

                                    Flic 2

Ce n’est pas une vedette de cinéma, tabarnak, c’est le ministre de la Justice du pays voisin, le Québec..

                                Flic 3

Ça ne l’empêche pas de jouir quand sa crisse de face passe à la tv.  Hin! Hin! Hin!   Hin ?

                                  Flic 2

Il doit parler au monde de temps en temps, sinon, les gens croiraient qu’il n’y a pas de justice

                                 Flic 3
Y en a une?

Un bruit sourd.

                             Policier- officier

Attention! Présentez vos armes! S’il y a des jeunes de moins de seize ans, vous êtes priés de ne pas jouer avec le feu. Jouez aux fesses, c’est plus de votre âge.

Les flics en rangs sont raides comme des statues. Trois officiers arrivent. L’officier supérieur monte sur un banc, tire de sa poche arrière une loupe et une lampe de poche. Il examine un par un les policiers. Au dernier :


                                  Officier 

Votre numéro?   Vous n’avez pas honte, écœurant! Race de chien! Vous avez un poil de six centimètres.

Le policier est confus.

Ne rouspétez pas… juste là, sur la pomme d’Adam. Deux semaines de suspension !

Le flic est à genoux, les deux mains jointes.

                                  Le flic

Capitaine! Ce n’est pas ma faute. Ma maison est passée au feu et j’attends la prochaine paye pour m’acheter un rasoir. Deux de mes fils ont péri dans l’incendie; mais dès que je le pourrai, je vous le promets, je vais…

                              Officier

Depuis quand oses-tu contester un ordre? Deux autres semaines de suspension. Dans la police, surtout quand elle s’occupe de politique, il ne faut pas de sentiment.

Le flic braille comme un veau.

                               L’officier (hystérique)

Du calme, mon ami. À la guerre chacun risque de perdre tout et, de nos jours, chaque membre de l’ordre est à la guerre (il crie presque) à la guerre contre ceux qui veulent détruire l’autorité, à la guerre contre le laisser- aller, à la guerre contre les ennemis de l’état, à la guerre avec Dieu contre le diable lui-même.

Dieu apparaît.

                                       Dieu

Wow! Arrête un peu! Pour quelle sorte de baveux veux-tu me faire passer? Je n’ai jamais voulu tuer personne. Si vous êtes malades, vous n’êtes pas obligés de me le faire passer sur le dos.

Dieu disparaît.

Les officiers se retirent à gauche, examinent les toilettes.

                                 Un officier

Vous êtes sûrs qu’il n’y a pas une bombe là-dedans?

Un des officiers s’y enfonce le bras et le ressort, plutôt brun et puant. 

                            L’officier

Tabarnouche! Vous ferez torcher ça par le Québécois et l’Indien. Ils ne sont pas ici pour leurs beaux yeux.

Pendant ce temps, les flics entourent leur collègue, pour le moins éploré.

                                              Flic 2

Il faut comprendre le capitaine. Le règlement, c’est le règlement.

                                              Flic 4

Y aurait tout de même pu être un peu plus humain.

                                            Flics 4 et 1

Syndicaliste! Communiste !   Révolutionnaire !

                                              Flic 1

Il faut avertir les autorités. Nos rangs sont infiltrés

Les flics 1, 2, 3 et 5 récitent un poème.

                           Flics 1, 2, 3,5

Que ferons-nous de ces polissons
de ceux qui osent ne pas nous appeler monsieur
comme il se doit selon la politesse
qui ignorent tout du danger de tant de familiarité
De quel droit puis-je appeler mon fils André ou Réginald
un tel laisser-aller peut nous conduire à nous aimer,
nous, hommes, créés pour travailler, peiner, crever.
Ah ! Que ce mal porte le monde, faute de respect, d’obéissance.
Souffrons !   Souffrons !    Souffrons !
Nous voulons souffrir.
Nous avons besoin de souffrir.
Faites une guerre! Faites quelque chose !
Sinon, nous croulerons enchaînés par la tendresse.
Déjà la passion nous appelle
la nature se réveille
Tuons- la! C’est urgent ! Nous risquons de devenir humains.

Chacun récite une des phrases en astiquant son insigne.
Dans les moments de silence, apparaît un père de famille qui mime de manger alors qu’à côté, son enfant, les yeux sortis de la tête, espère avoir une miette de pain. À intermittence, de gros cochons gras, bien riches, viennent voler des morceaux dans l’assiette du père.
Un curé entre en scène avec un fouet, attache les mains de l’enfant nu dans le dos alors que le père demeure indifférent. Le curé force l’enfant à tirer une charrette dans laquelle il s’est installé avec sa servante. Il frappe l’enfant en criant :
                                              Curé
Ainsi, mon petit bonhomme, tu ne te toucheras pas le zizi.
Le curé s’avance devant l’enfant, mime de descendre sa braguette pour ne pas voir sa nudité et lui saisit le pénis.
                             Curé

C’est quand même agréable, je dirais même délicieux. Viens voir… (en regardant sa servante.)  Puis non, je préfère un esclave. Un cerveau drainé par mes fables. Il frappe l’enfant et le force à avancer, tout en caressant sa putain.

                                         Curé. (Il crie à l’enfant)

Tu dois te repentir de m’avoir fait succomber à la tentation. Tu dois travailler pour la société puisque tu as commis une faute envers la société. Tu es beau. Travaille. Travaille. Tu as offensé la société en n’étant pas aussi laid qu’elle. Travaille pour te faire pardonner de Dieu qui voit tout, et des hommes qui aimeraient toucher tout. Il faut travailler pour te déculpabiliser.

Rendu devant le père, qui en est rendu à son dernier morceau de pain, l’enfant s’écrase près de la table. 

Le curé s’écrie :

                                        Curé 

Il n’a pas salué son père, l’écœurant.


Le curé frappe à nouveau l’enfant en criant :

                                     Curé

Tu dois aimer ton père. Ton père est bon comme Dieu est bon.                                   

L’enfant se relève, saisit un couteau sur la table et frappe à tour de rôle le curé et le père qui s’affaissent, les yeux jouisseurs, en criant :

Il faut aimer la police. C’est notre dieu. Son bras droit. Sa couille droite. Dieu serait-il un eunuque comme ses curés ?

Durant ce temps et pendant qu’on entend la chanson de Gilbert Langevin, chantée par Pauline Julien Le temps des vivants, sur un écran, se déroule un bout de film sur le matraquage durant les émeutes.

À différents moments, le curé, la bonne et le père crient ensemble à tue-tête :

                            Il faut aimer la police !
                            Vive l’autorité !

L’enfant se traîne sur le bord de la scène. Il se lève et crie :

                                            L’enfant

Dieu! Dieu! Si tu existes, dis-moi pourquoi toutes ces guerres, toute cette misère.
Pourquoi n’aie-je rien à manger? Pourquoi ne suis-je jamais heureux, moi, alors que d’autres tuent, pillent, s’enrichissent et tuent encore en ton nom? Si tu existes, tu n’es qu’un salaud de les laisser agir ainsi.

L’enfant s’écrase lentement en criant :

Dieu, je te cracherai dans l’œil. Je ne veux pas t’endurer dans ton hypocrisie durant toute une éternité. Mon dieu, à moi, ne tue jamais. Mon dieu à moi caresse et console. Il est plus chaud que le soleil et plus beau que l’Infini. Pour lui, la vie d’un être humain est plus importante que le pouvoir et l’argent.

Dieu réapparaît. Il se rend près de l’enfant et l’embrasse.

                                                Dieu

Tu es bien mon fils puisque tu sais que je ne suis pas l’écœurant qu’ils font de moi. Toutes les religions sont des mensonges. Je suis l’AMOUR. L’Amour est beauté et le bonheur. Ils sont la haine, le mensonge, la cupidité… la mafia légale, LUCIFER.

L’enfant se relève. Son visage resplendit de bonheur.

                                L’enfant

Merci mon Dieu! Merci d’exister !

Les officiers, sauf un, qui arrive en retard, reviennent à l’avant, alors que tout disparaît à l’arrière.

                                    Un officier

Que ferons-nous du lit 37? Nous avons enlevé les couvertures puisque ce matin le lit n’était pas fait proprement ?


                                   Un officier

Qu’on le lui rende, il ne faut pas que la presse juge mal notre service. Vous le lui enlèverez quand les journalistes seront partis.

                                  Un flic

Que ferons-nous du Québécois? C’est un danger…

                                  L’officier

Au trou. Il ne doit y avoir que les prisonniers contents d’être en prison. Mieux que le trou… que ceux qui posent des problèmes soient libérés sous cautionnement si les familles acceptent de payer…

Les officiers repartent. Entrent le ministre anglais et le ministre de Justice du Québec avec les journalistes. Les prisonniers sont gardés par les gardes qui les frappent dans les jambes pour les faire applaudir alors que le ministre déclare :

                                         Le ministre

Je constate que votre service pénitentiaire s’est amélioré. Certes, à vous voir (en s’adressant aux prisonniers) les dix derniers suicides ne sont pas justifiés ainsi que les plaintes selon lesquelles vous êtes maltraités.

Le ministre, après examen, quitte la scène en récitant :

                                    Le ministre

Un loup rebelle n’avait que la peau et les os tant policiers et magistrats faisaient leur devoir. S’évader? C’est impossible! La prison, oui! Je l’affirme, elle est dans la rue. Qu’il y ait des morts, c’est naturel. Les riches ne peuvent pas, c’est vrai, nourrir les pauvres. L’homme est sur terre pour souffrir pour la société. Bien payé, sont ceux qui gagnent deux piastres par jour… il ne faut pas exagérer si l’on veut que les compagnies, le gouvernement, la mafia… une seule et même institution, aient leurs parts de profits… Comme cela est juste et raisonnable. Après tout, ce sont les maîtres…

Le ministre tourne sur lui-même, il revient saluer en bouffon les prisonniers, avec un grand sourire d’imbécile. Les journalistes portent les insignes Tribune, Devoir, Presse, CJMS, Montreal Star. 

                                  Les journalistes (en chœur) :

                Il est si beau, si grand notre ministre
               Cotroni en liberté! Lemieux en prison !
                Les moutons bientôt ne pourront plus bêler !
                 En Chine, en Russie, aux É.-U., au Canada           
                  les prisonniers politiques attendent
                  que les gens comprennent enfin
                   que la mafia est internationale
                            c’est le pouvoir
                                    la dictature
                             en un mot : la démocrassie.     


                               L’économie.

Les lecteurs ne sauront jamais qu’au même moment deux manifestants de la grève de la faim ont été abattus au cours d’un prétendu soulèvement quelques étages plus bas.

                    Fin de la scène 2 

Simoneau.théâtre 4

janvier 7, 2021

Théâtre. Simoneau 4

Fuck la reine 4

Au mot “ petit gars ”, le Québécois se lève d’un bond, il regarde autour de lui en sifflotant tendrement.

                                   Le Québécois

Astérix? Où es-tu? Pst! Sacré farceur… je pense que tu m’as fait manger un peu trop de Bison ravi, j’ai dormi tout le long du voyage… je t’ai fait un de ces maudits voyages… je me croyais pris par la police, battu au «boutte» parce que je suis français du Québec. Ce n’est pas croyable.

Le Canada bilingue, ce serait-t’ y comme à la Ronald Federated Graphic, 6300 Park Avenue, Montréal… Ce serait un pays bilingue exclusivement anglais. Le bilinguisme, ce doit être pour marquer les accents. Un bilinguisme que MM. Springate et Chia Chia représentent très bien, en devenant les martyrs, grassement payés, d’une cause qui n’existe pas puisque les Anglais ne perdent aucun droit avec le bill 22, mais au contraire, en reprennent. 

C’est écœurant, non, de toujours essayer de fourrer les Québécois comme ça, de toujours nous prendre pour des imbéciles.

Des Anglais qui braillent quand on leur donne plus de droits que nous, puisqu’eux au moins ils peuvent travailler dans leur maudite langue. Que dire des policiers de GRC qui foutent des bombes ou engagent des manifestations violentes en provoquant les autres comme à Murray Hill, aux fêtes de la St-Jean, chez Steinberg, comme tant d’autres qu’on ne sait pas encore parce que le gouvernement ne veut pas dire qu’il accepte et encourage ces tactiques pour péter la gueule au monde qui ne pense pas comme lui.

Bande de Christs de sales! Ça mériterait qu’on s’arme, qu’on s’arme vite et qu’on leur plombe le cul… Pauvres enfants!   Assister à une telle dégénérescence sociale…

Un long silence. Le jeune Québécois pose la main sur le comptoir alors que le flic en blanc escalade ce comptoir avec effort, faisant tout pour ne pas être remarqué, allant même jusqu’à se cacher le visage derrière une feuille de papier blanc, tachée de rouge. Soudain, il saute d’un bond sur les doigts du Québécois qui hurle de douleur.

                               Policier en blanc

Voilà les empreintes sont prises !

Le Québécois hurle en se secouant les doigts.

                              Policier en blanc

T’es rien qu’un étranger. Si tu ne veux pas avoir de trouble, reste dans ton goddem frogs paradise. Funny looking queer !

Il se sauve, le Québécois à ses trousses.

                                        Le Québécois

Viens ici, mon hostie, je vais te montrer ce qu’elle peut faire la grenouille !

Le policier en blanc se réfugie derrière les autres. Ils entourent le Québécois, qu’ils battent. Celui-ci tombe et se relève. Le policier en blanc lui présente une planche de bois avec un numéro dessus.

                            Le policier en blanc

Tiens-moi ça !

Le Québécois prend le bout de bois alors que le policier en blanc saisit une caméra et le photographie. Le Québécois, au même moment, lui lance la planche sur les orteils.

                                    Le Québécois

Je ne veux pas voir votre « Wiziwézo ». J’en connais rien qu’un qui a bien du bon sens, pis du rythme, pis y é pas dans l’Ouest, y é au Québec. C’est du gai monde, ce gars-là!

Deux policiers arrivent, le déchaussent, pendant que le policier en blanc reprend sa photo en tenant cette fois, pour lui calmer les nerfs, une photo de Raoul Yogourt Duguay.

                                Policier en blanc

Tiens-toi tranquille,  pis on te fera entendre la bite à Ti-Bi.

                                Un policier (chante avec accent)

Il faut bien que ça marche.

Un autre policier tient le menton du jeune Québécois…

                              Autre policier

L’important, c’est que l’on s’aime.

Cet autre policier  avance et crache au visage du jeune Québécois.  Le premier policier crie encore plus fort :

                                 Le policier

Moi, j’aime assez les Québécois pour les chasser et leur manger dans le crâne. J’aimerais tuer un Québécois. (Il tient toujours le jeune par le menton) J’aimerais même davantage tuer un Québécois qu’un Indien. Les Indiens pour avoir du courage mangeaient le cœur des missionnaires, peut-être que nous en mangeant une cervelle de Québécois, ça nous donnerait enfin une culture.  

Ah! S’il peut survenir d’autres mesures de guerre, qu’on va t’y en profiter. J’ai hâte. Ça fait si longtemps que je n’ai pas bien frappé quelqu’un; je meurs d’ennui.

Le policier entonne alors:

                  I am a lonely boy
                  lonely and blue
                  I am all alone
                  with nothing to do

Une autre voix poursuit:

                    I’ve got everything
                    you can think of
                    but I still alone
                    with no fun to live.

Un troisième continue:

                     Lonely, lonely
                     hate all over the world
                     some time I think
                     I am an American.


Le jeune Québécois pleure et dit :

C’est- y triste d’être aussi seul; mais quelle idée aussi d’être des maudits Américains.

Il ajoute sur l’air du Tempo mergo (religion en moins)
                     Yankee go home
                      au plus collé, bine
                      nous n’avons plus besoin
                      de vos bombes au napalm
                      y a assez que vos expériences
                      en Afrique
                      nous ont laissé le sida
                      la main de Dieu
                     avec l’esprit du diable
                             Amen

Un flic s’approche du Québécois
 
                             Policier

Veux-tu téléphoner?

Le Québécois hoche la tête en réponse affirmative. Le flic lui tire un livre. Le Québécois s’assied avec le téléphone sur les genoux.

                          Le Québécois

À quatre heures du matin, à qui pourrais-je bien téléphoner?

Il se met à chanter en feuilletant les pages jaunes…

               Gaston y a le téléphon qui sonne
                pis y a jamais person qui y répond…

                             Le Québécois

C’est-y pas curieux… Y manquent sept pages, pis ce sont justement les pages où sont inscrits les numéros des avocats.

Le Québécois entonne un chant sur un air bien connu, grâce à la baie James, qui a relancé la Manic :

          C’est fou comme on s’ennuie
           à Vancouver. Y pleut tout le temps
           les gens sont froids
           à Vancouver, BC.


           J’aimerais bien mieux être chez ma mère
           à 3,000 milles d’ici. Qu’ai-je pensé
           de venir m’échouer à Vancouver BC?
            Y a des Chinois, ça parle anglais
            tape les français et pis cé plate à Vancouver BC.

Théâtre.Simoneau 3

janvier 6, 2021

Fuck la reine  3

Le numéro 1 s’étire les doigts comme Laurel and Hardy, il se les passe le long des pantalons, se les entrent dans le nez, ils restent pris, un confrère l’aide à les lui retirer, en lui tirant sur le bras. Puis, il continue de se tortiller de gêne.

Le Québécois se relève tout chambranlant.

Le policier no 4 s’approche, le saisit par l’épaule, la tête, s’arrêtant plus qu’il faut à la hauteur de la braguette. Puis, enlève un genre de sacoche que le Québécois porte enlacé à l’épaule et la dépose sur le comptoir. Il le plie et lui passe les doigts sur les fesses.

                            Policier 4

Je dois t’y regarder?

                              Policier 1
Non, tu n’es pas chez vous icitte.

                             Policier 4

 Y me semblait aussi. Je suis toujours frustré dans mon travail.

Il lui repasse la main en avant en insistant.

                            Policier 4

Je sens quelque chose.

Il est tout excité.

                             Policier 1

C’est-y du pot ou de l’acide ?

                            Policier 4 (en riant)

Je ne pense pas, ça plutôt l’air d’une gomme baloune. Plus je touche, plus je pèse pour mieux sentir, plus ça se gonfle.

Le policier 1 s’approche du Québécois, prêt à lui tordre une oreille avec une clé anglaise.

                                 Policier 1

Ton nom?

                                 Le Québécois

Hein !   Quoi?   Je ne parle pas anglais. Je ne comprends pas.

                                 Policiers ensemble

C’est un Québécois. C’t’un tuff.

Ils tremblent devant la bravoure de leur collègue.

Le prisonnier demeure silencieux.

          Le policier no 3 (s’approche et lui flanque un coup de pied sur les orteils.)


                                     Policier 3

Ton nom?   Tu ne connais pas l’anglais! Tu n’es pas au Québec icitte, tu es au Canada, et le Canada, c’est un pays anglais. Si tu ne le sais pas, nous allons te l’apprendre.

Il lui donne un coup de coude dans le ventre et un coup de judo dans le cou. Le Québécois s’effoire. Au même moment, où le policier 1 vient pour le frapper avec la clé anglaise, un policier s’écrit :

                                         Policier 4

Laissez-le faire, j’ai son passeport. Narcisse — Eugène — Ti-moineau.

                             Le policier 6 ( il fait répéter chaque lettre et les tape à la dactylo).

Le policier 5 accourt.

                                        Policier 5   

Ce n’est pas possible. Voyons!  Montre-moi. Ce n’est pas possible, ce doit être un ami du premier ministre d’Ottawa. Ces Anglais qui se font passer pour des Français.

                                   Policier 1 (blanc de peur)

Qu’est-ce qui te fait dire ça?

                                   Policier 5

Son troisième nom. Il n’a pas de troisième nom et c’est connu que tous les Français, vendus ou pas, ont trois « midle » name : Jos Pierre Elliot Trudeau; Jos Jean Alexandre Turcotte, Jos Jean Noël Tremblay.

                               Un des policiers

Trudeau, Marchand, ce ne sont pas des Français. Ce sont des Anglais avec des noms français. Les colonisateurs du « French écrasement Power ». Des libéraux.

                            Un autre policier

Cela n’a pas d’importance, ce sont des exemples de noms qui pourraient sembler français à cause de la consonance.


                             Policier   5

C’est comme si tu disais seulement Jacques Hébert, Claude Ryan, Patrick Straham. Qui les reconnaîtrait? Il pourrait bien être de ces FLQ qui se promènent dans les rues et poignardent tous les Anglais qu’ils rencontrent… Ah ! Les fucking Québécois, je les haïs, moi. Il faut trouver un troisième nom.

                             Policier 2

Arrête-moi ça, tout de suite. Je n’en dormirai pas de l’avant-midi. 

                                  Policier 5

Bin! On ne sait jamais. Mieux vaut prévenir que de guérir. Vérifions!

                                    Policier 5

Qu’est-ce que l’on va faire à quatre heures du matin, on ne peut tout de même pas appeler le bureau des passeports pour se tirer du trou. Il faudrait peut-être appeler le chef, c’est un cas d’urgence?

                                  Policier 2

Pas question. Tu sais comme moi que c’est sa « nuitée de bordel » à soir. Je n’ai pas envie qu’il nous fasse passer une heure de piquet sur le bout des orteils ou qu’il nous câlisse par la tête un trois jours de suspension, demain matin, sous prétexte que l’on ne s’est pas bien rasé. Comme au collège, on nous enlevait nos couvertures, si l’on ne faisait pas nos lits, le matin. Tout ça parce que monsieur n’est pas venu…

                                  Policier 1

Attends! Peut-être que si tu tournais la page…

Tout le monde le regarde accusateur.

                                   Policier 1 (l’air super niaiseux)

On ne sait jamais…

Le policier 5 tourne la couverture.

                                             Policier 5

Bien oui. Regarde donc ça. Son nom est bien écrit là aussi.

Un ouf général. Tout le monde se prend par le bras et « swing la basquaise dans le fond de la boîte à bois ».


                                  Policier 1

Narcisse Jos Eugène Ti-Moineau.

Les policiers s’épongent le front. Ils se sortent une bière et après un toast calent quelques gorgées.

                                 Policier 1

Une chance qu’on n’a pas à faire un effort intellectuel de même tous les jours. Moi, je démissionnerais tout de suite.
 
                                Tous les flics
Moi, itou !

                                 Policier 1

D’où qui vient, lui?

                                 Policier 2

C’est marqué : Voyageur. Sans domicile. Nous aurons des problèmes en maudit ce soir.   Amène-le au bout du comptoir.

                               

                                      Policier 5

Quand même! Ces Québécois ce sont des tuffs. Il n’a pas encore accepté de parler anglais. Bilingue, vous êtes supposé être, doit-il se dire en dedans de sa maudite tête de cochon… Il est peut-être du FLQ? Y paraît qu’il y en a déjà eu un à Dawson Creek. S’il y en a déjà eu un dans le Nord, y va bientôt en avoir partout.

Les bœufs prennent leur bière, jouant au cowboy entre les bureaux. Ils se bousculent un peu. Un pleure dans son coin, mais peu de temps après, ils recommencent tous à jouer, mais cette fois, en se prenant pour leur idole : un Jerry Lewis, un autre Batman, Mannix, Paul IV, Luky Luke et Joly Jumper.

Entre un bonhomme, tout de blanc vêtu, un bandage de guenilles au visage comme un chirurgien et des gants de caoutchouc. Il s’assied près du Québécois. 

                                     Policier blanc

Ne leur dis pas que je suis ici, ils ne m’ont pas vu entrer…

Les six policiers sont sur les bureaux, ils prennent toutes sortes de pauses de leurs héros alors que l’un d’eux, à tour de rôle, fait semblant de les photographier.

       

                           Policier 5


Ça va faire une bonne photo pour mon petit gars. Y aura pu la regarder à la télévision. Ça va coûter moins cher.  Aujourd’hui, avec le coût de la vie, si ça continue nous allons être obligés de recommencer à manger les chats, pis les rats.

Théâtre.simoneau 2

janvier 5, 2021

Fuck la reine 2

Je vais le dire à mon frère, le maire, que vous me persécutez. Vous verrez. Il vous fera ravaler vos paroles.

                                Policier 4 (les poignets cassés)

Mais non, voyons… viens, viens, je vais faire le cheval moué. Tiens. Voilà !

Il se place en cheval.

Dis-toi que t’es le plus grand, le plus beau des GRC, que t’es dans les parades. Le premier en avant.

Le policier embarque dessus, en reniflant. Il se tient par une seule bretelle.

                                       Policier 1

T’es heureux, là. Tu ne le diras pas à ton frère, hein, on ne riait pas de la RCMP, hein, tu sais!  

Le sixième policier se promène. Il court, imitant un cheval, alors que les deux autres font semblant de le poursuivre avec des lassos.

Un nouveau policier s’avance à droite et crie :

Prenez vos airs de cochons. Je pense qu’y arrive un client.
Tous les six, gros gaillards, avec des gueules de chefs de mafia reprennent le travail quand rentrent deux autres « bœufs », pas plus jolis, tenant sous leur bras, pendant, un jeune gros, dans le plus ordinaire, habillé d’un drapeau du Québec. À côté, un Indien sidéré de peur et planté comme un poteau, à l’autre bout, après y avoir été déposé par deux autres policiers. Il observe sans mot dire. C’est ainsi qu’étudient les Indiens.

                               Policier 1

                     Dyou qui sort celui-là?

Les policiers se regardent, haussent les épaules.

Nous ne le savons pas, nous.


                               Un des nouveaux

Faites attention, s’tun dur… y vient de défoncer une vitrine.

Les policiers se grugent les ongles.  

Ensemble

  S’tun Québécois? Le Royal 22e régiment? Le régiment de la Chaudière?

                                Un des nouveaux policiers

Oui! Pis y é dur. On a beau accélérer avec le panier à salade, tourner d’un coup, l’entendre avec l’Indien, qui y é avec lui. se péter la tête dans les bords, ils ne sont pas assommés.

                                  Les policiers

Wow! Tenons-nous en gang, ce sera moins dangereux.

Le numéro 1 s’approche du Québécois, le touche du bout des doigts. Le gars tombe à terre, après avoir posé sa guitare et sa flûte sur le comptoir. Le policier recule. Il tremble de partout.

                                  Le policier (le regarde sur le plancher)

T’es certain qu’il est dangereux.

                                 Un des nouveaux flics

Bien sûr, mais plus maintenant. On lui a donné quelques dizaines de coups de poing dans le ventre pour qu’il ait l’air stone quand on a pris sa photo. Ça paraît mieux quand tu déposes en cour, le juge est plus sévère.

Tu sais que les autorités municipales veulent débarrasser Vancouver des Québécois et du pot pour laisser libre cours à la mafia asiatique et à l’héroïne. Ça paye plus. Il faut en profiter.

                                   Policier 1

T’es brillant, toi, ce n’est pas pour rien que t’es rendu capitaine.

                                    Policier 5

C’est surtout parce que mon frère est conseiller municipal.

Théâtre 1

janvier 4, 2021

Fuck la reine                                             Premier acte
                                               Scène 1

Une moitié de scène. Un grand comptoir avec à droite une armoire. Partout sur les murs des photos de la reine, en alternance avec des photos de la GRC et de chevaliers en habit moyenâgeux. Derrière le comptoir, deux autres policiers.

Les policiers laissent leur place, se ramassent devant le comptoir, s’enlacent et commencent :

                    Une, deux… cha cha
                     une, deux… cha cha cha

                                Policier 1

C’est-y plate à soir! Pas d’arrestation. Vous avez bien fouillé tous les jeunes, dans tous les restaurants et toutes les tavernes? Vous avez pris la précaution d’interroger tous les cheveux longs, tous ceux qui ont des bagages? Rien? On manque de stock… le marché de la dope est à sec à Vancouver. Il nous manque des labos pour avoir plus de MDA.

                               Policier 2 (de plus en plus hystérique)

Attends. Ça va s’arranger. L’été arrive, les Québécois aussi. Il va y avoir du pot en circulation. Des amendes parce qu’on ne respecte pas les feux de circulation, des descentes inutiles, quelques gueules à péter. Fais-t-en pas, mon noir, les Québécois y vont y voir. Cette race de rats sait gruger la loi, ils ne respectent rien, pas même notre belle Queen. J’aime ça…

                           Policier 2

Quand il y a un Québécois, ça me permet de frapper. Wow! Wow! Wow! Wow !

Il se frappe dans les mains, jouit des yeux et tombe sur le cul.

                          Policier 2

Qu’il sera beau! Qu’il sera grand le jour où les chars d’assaut sur les Plaines d’Abraham feront trembler jusqu’au Rocher Percé! Un monde coast to coast anglais. Aussi anglais que le policier de Calgary, vice-président de l’Association francophone. Qu’il sera bon de frapper aussi fort que l’escouade anti-émeute de Montréal! O mon Canada! Mon très cher Canada! Grenier de pot et de champignons magiques. Terre idyllique de mon maître Jésus.

                                 Tous les policiers

Amen !

Ils se mettent à genoux et récitent :

Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer, même si ça coûte cher en beau joual vert.

Les policiers se relèvent.

                                  Policier 3

J’ai couché, hier, avec le ministre de l’Injustice. C’est tout un homme, même si y a pu de revolver. Y en a pu besoin. La mafia va le protéger alors que son gouvernement va défendre la langue des Italiens immigrants… Chia Chia Chia… l’anglais évidemment. C’est tout un marché. Le gouvernement protège la mafia et la pègre protège le gouvernement. Il faut concéder aux Français que leur langue les sert très bien… pour faire l’amour.

Tout le monde rit. On se « garroche » par terre. On frappe sur le plancher. Un policier se relève et entonne, après avoir un peu turluté :

              Le cheval fait le tour de la montagne
               la montagne fait le tour du cheval

                                       Policier 3   (plié en deux)

Quelle coulture !   Quelle coulture! Et dire qu’on se casse la gueule dans les rues pour conserver un folklore aussi bête.

Il se tord de rire, mais un autre flic s’amène devant lui. C’est le plus grand, le plus fort, le numéro cinq. Il tire un petit cheval de bois. Il s’arrête, se met à l’attention, se cire les moustaches.

                                Policier 5

Cesse de te tordre ainsi sans-dessin. Tu ne te rends pas compte que tu profanes ainsi le groupe le plus brave, le plus intrépide, le plus intelligent du monde — 42 de quotient intellectuel de moyenne –. Tu ne reconnais pas, dans la chanson de Wellie Lamothe, les héros de notre histoire.  Ceux qui courent les Esquimaux et qui empêchent les puits de pétrole du Nord de fumer. Ceux qui combattent les Indiens qui ont déterré la hache de guerre parce qu’ils ne veulent plus se contenter de bien-être social pour boire dans nos tavernes.  Nos braves RCMP, la toute Royal Canadian Mounted Police qui vient à peine de fêter ses 100es anniversaires de fondation et échapper à un scandale politique en Alberta. Ceux auxquels j’aurais aimé appartenir, mais dont je n’ai pas pu n’ayant que 22 de QI.  Pire, mes parents sont autochtones, comme si c’était de ma faute.

Il se met à pleurer alors que tous les autres policiers l’entourent.

                                         Policier 3

Mais non! Mais non! Ne pleure pas mon gros nounours…

Les policiers essaient de le consoler.

                                  Policier 1

Tiens, Frank, y va te donner un beau gros suçon.

                                  Policier 5

Je n’en veux pas, bon !

Il frappe sur le plancher.

Simoneau et le théâtre

janvier 3, 2021

Je constate que j’ai déjà publié Les derniers amours de Platon. Pour faire changement je me lance dans le théâtre. Si c’est trop difficile de le mettre en page, je change de texte.

Simoneau et le théâtre

J’ai écrit seulement deux pièces de théâtre et un scénario de film sur l’histoire d’Alphonse Caouette, président de la Thérèsa Gold Mine.

Dans cette partie on retrouve, deux pièces de théâtre, soit Fuck la reine et Les puces ainsi que le traitement de Caouette et la Thérèsa.

Fuck la reine   page 1

Les puces page 30

Caouette et la Thérèsa page 93

Fuck la reine a été écrit à la suite de mes deux voyages sur le pouce à Vancouver, dans les années 1973-1975.

Les dernier amours de Platon. présentation.

janvier 2, 2021

Puisque je ne suis pas assez riche pour publier les trois tomes de Les derniers amours de Platon et que le livre a été retiré chez mon éditeur français, Edilivre, qui a rompu unilatéralement avec son contrat pour des raisons obscures,je vais les présenter sur mes deux blogues (carnets), soit Centerblog et WordPress. C’est un  roman de 595 pages qui a été publié en trois tomes : Platon (Les « derniers amours » de Platon, Virus  (Un hétéro chez les gais) et Diogène (La banque de sperme). Tout y est absolument imaginatif.

J’écrivais alors un carnet sur radioactif.tv et pour m’amuser j’ai écrit ce qui est devenu ce roman. Ce fut le roman le plus agréable à produire.

Le style du texte se veut de l’école de Boris Vian et du groupe Panique. Une forme de critique sociale, en établissant un certain parallèle entre l’époque de Platon et celle du Québec, dans une forme d’humour à la Simoneau. Que je suis le seul apparemment à apprécier. C’est documenté, comme dirait mon ami David Goudreault, un petit génie de la littérature d’ici..

Le but de ces écrits était de comprendre pourquoi le sexe est-il condamné de nos jours et que cet interdit touche particulièrement les jeunes au moment où ces relations ne peuvent pas avoir de répercussions sociales.  

D’une part, le garçon est encore incapable d’éjaculer donc de procréer.  Les jeux sexuels ne sont alors que purs plaisirs. D’autre part, les filles ne sont pas davantage capables de se muter en fille-mère. On sait combien la charité chrétienne a élevé à son maximum la punition du péché de la chair et que dans tous les cas c’était la pauvre fille et son enfant qui devaient endosser les foudres d’un dieu d’amour

Il n’y a pas de faute de grammaire française dans le titre puisque amour dans ce cas représente les garçons de qui Platon est amoureux et non la foudre de cet amour ou de cette passion.  Les parenthèses signifient que l’auteur savait que dans le sens de foudre amoureuse le mot amour au pluriel est toujours féminin. Question de sens donné au mot! Beauté de la langue française.

Les éditions du temps. Québec viennent de publier le deuxième  tome, soit Virus. Pourquoi? Parce que je trouve que c’est le meilleur. Je n’aime pas particulièrement le premier qui a été écrit qu’en essayant d’être divertissant. La recherche d’un but précis ne m’avait même  pas effleuré l’esprit. En tous cas, je me suis amusé et j’espère qu’on aura autant de plaisir que moi en lisant ce texte.

Death’s City

décembre 31, 2020

Death city 6

Par ailleurs, Claude était fatigant avec sa vantardise comme s’il avait besoin de se faire rassurer sur sa sécurité ou ses possibilités psychologiques. À l’entendre, il aurait pu à lui seul faire trembler l’Empire britannique.

Cette estime de lui-même, ce narcissisme, n’était certes pas étranger à sa paranoïa. Il avait si peu confiance en lui qu’il devait se vanter pour ne pas se détester et oublier sa soif d’autodestruction. Après un flot de paroles commençaient automatiquement ses troubles de conscience, pour savoir s’il n’avait pas trop parlé, si son interlocuteur n’était pas un mouchard.  

Ne sachant pas ce que c’était « trop parler », ces moments devenaient de véritables tortures presque impossibles à surmonter et qui en l’étant ne pouvaient faire autrement que de le gonfler encore plus d’orgueil.

Il soupçonnait tout le monde comme s’il avait été un officier maquisard, trempé dans de grands secrets. Pourtant, il n’était qu’un beau parleur, presque intérieurement et intellectuellement vide, ce qui amenait plusieurs à ne plus s’intéresser à lui après quelques discussions.           

Ce vingt-deuxième dimanche se passa sans grand intérêt. Maurice et André s’étaient couchés tout l’après-midi alors que Claude  et Daniel avaient discuté de la Bible. André soutenait la bonté de Dieu alors que Daniel essayait de lui faire comprendre que la religion sert à exploiter les peuples et maintenir les tyrans au pouvoir, grâce à la psychologie de la culpabilité et au masochisme de l’aliénation qu’elle engendre.    

Le lundi matin, Daniel était malade. Il crachait le sang et s’évanouissait souvent. C’était une suite logique de l’état pitoyable dans lequel il travaillait. Trop de poussière.

Maurice prit le risque d’un retard et s’arrêta éponger le front du malade jusqu’à ce qu’un médecin arrive juste assez vite pour constater le décès.          

À son arrivée à la cuisine, le chef de département fit demander Maurice. Furieux, celui-ci lui annonça qu’il passerait les prochains mois en réclusion, c’est-à-dire dans une cellule, sans autre accessoire que le lit.   

— We are not here for nursing but for working and a pig like you …         

Même s’il était déjà acquis que bientôt il aurait sa vengeance, étant tombé dans l’oeil du gouverneur de la prison, Maurice ne put tolérer cette nouvelle balafre à sa dignité humaine. Il saisit un couteau et transperça son adversaire qui s’effondra, grimaçant, devant lui.

Un bruit sourd retentit. Maurice sentit une vive douleur à la nuque. L’image de sa famille lui traversa l’esprit et il s’écroula sur le plancher alors qu’un sergent clamait : 

— Too bad!  We won’t have a show tomorrow!

La nouvelle fit le tour du camp et à travers les murmures, on pouvait savoir que la révolte était proche, qu’elle s’organisait patiemment et qu’elle éclairait comme une bombe. Tout y passerait. La vengeance aurait de mesure que l’humiliation subite.

Les deux morts précipités firent sur la santé mentale d’André l’effet d’un véritable coup de massue.

Il commença à se terrer dans la lecture de la Bible. Il craignait de plus en plus la vengeance de Dieu dans les signes extérieurs alors qu’en temps normal il aurait imputé ça au hasard.      

Persuadé que Dieu le pourchassait parce qu’il était français, il commença à apprendre l’anglais avec acharnement.         

Un dimanche midi, il se leva et commença son sermon :     

-Maudits Français! Race de putains! Crevez pour que s’achève la malédiction du Seigneur. Le Seigneur est bon. C’est vous, charognards, qui avec vos Rimbaud, Verlaine, Simoneau, sèment le mal que Dieu doit extirper par le feu et le sang. Repentez-vous!

Avec la verve qu’il y mettait, André fut conduit en cellule : les Anglais croyaient y avoir entendu une exhortation à la rébellion. Les gardes le laissèrent alors dans les couloirs où résonnait :        

— Vous pouvez m’enfermer, me tuer, je ne cesserai pas de prêcher la parole de Dieu. Je suis la vie, la vérité, le pénis gonflé de l’univers…      

Le lendemain, André fut exécuté devant ses compatriotes. 

Claude retourna complètement découragé à sa chambre.

Pourtant, il fut le seul à voir la rébellion et l’écrasement de Dead City. Cela survint plus vite qu’il l’avait prévu, mais quand il eut perdu espoir, bien après avoir accepté sa propre mort comme prix à payer pour vivre « la liberté »       .

Prison de Bordeaux,

 juin 1975.

14 Août 2008                            Bonne et  heureuse année 2021

Death’s City 5

décembre 30, 2020

Death’s  city 5

Il était de plus paranoïaque, se sentant coincé par son ignorance. « Je ne veux rien savoir, mais pour aider à la libération,  j’ai fait du mieux que je pouvais ». Il était très fier de son engagement.   En réalité, Claude avait plus peur de la trahison par ignorance que de la mort. La vie du Québec et la sienne n’étaient qu’une seule et même vie.

Puisqu’il croyait en son peuple, il ne pouvait malgré les risques que ça comportait s’empêcher de parler en classe ou ailleurs contre le régime répressif et de la beauté de l’action des maquisards. Par contre, tenant d’une liberté anarchiste, Claude ne pouvait accepter la rigueur fanatique de certains partisans. Il s’était beaucoup plus investi à améliorer le sort du peuple qu’à la rébellion quoiqu’il n’écartait pas cette voix si absolument nécessaire. Sa crainte de voir mourir des enfants le torturait au point de douter parfois que les armes soient le seul moyen de libération.

À son avis, il devait sûrement exister un moyen démocratique capable de faire respecter les Québécois et leur culture.         

Conscient que plusieurs livraient un combat beaucoup plus par intérêt personnel que par patriotisme, il ne savait jamais par naïveté discerner l’ivraie du bon grain, Claude était souvent entraîné dans des aventures d’où il sortait toujours un peu dégoûté. À force d’être humilié, autant d’un bord que de l’autre, il décida de se suicider intellectuellement et psychologiquement en buvant le plus possible. Cette contradiction entre le besoin de poursuivre le combat et cet appel du néant continuèrent, à le ronger jusqu’à son arrestation. Il était devenu un être sans importance, sans influence, qui ne vit que du passé comme les robineux. D’une certaine façon, il s’en fichait, ayant toujours été écrasé, considéré comme un être de second plan, plein de promesses, mais trop faible pour monter plus haut que sa réminiscence d’une ou deux années de sa vie… avant de boire comme un trou.

— Ils peuvent me traiter de froussard, de mésadapté, d’ex-libéral. Ils peuvent me dire que je n’ai pas de talent et d’imagination, ils peuvent me barrer partout, mais n’empêche que l’on était bien heureux de me voir agir là et comme personne l’aurait fait. J’été hypocritement méprisé. J’ai commencé pur, franc, honnête. J’en suis sorti menteur par névrose, souillé par la haine et le désir de vengeance ainsi que voleur par nécessité. 

Cette chambre à quatre sera à la fois la nouvelle demeure et la nouvelle communauté de Maurice, sauf au repas où les prisonniers allaient manger par groupe de cent en silence. Une vie de travail, des soirées à aller jouer aux cartes, à toujours reprendre les mêmes discussions, les mêmes remarques sur le camp.

Après quelques semaines, tous perdaient espoir, coupaient avec le passé et acceptaient qu’à moins de se tuer, il n’y eût qu’une chose à faire : oublier qu’il existe quelque part sur terre une autre forme de vie. Cette résignation était à la base d’une vie saine. Dans un tel endroit, il n’y a que la folie pour s’empêcher de « péter au fret ». Il se créait des liens à travers l’entraide, qui faisaient dire à plusieurs : « Avant j’avais des chums, maintenant j’ai des amis. »  Tout le monde s’acceptait intégralement ou était complètement indifférent à l’autre. La tolérance étant strictement nécessaire pour ne pas rendre infernal ce décompte de l’agonie puisque l’on était bel et bien condamné à la mort.  

N’ayant pas de privilégiés, peu de gens acceptaient de parler d’un passé trop saignant. Il était impossible de créer des castes pouvant dominer par la force à cause de la surveillance des gardiens, qui punissaient sévèrement les mouvements de colère. Il fallait apprendre à s’aimer ou à crever, travailler ensemble à améliorer la qualité de vie puisqu’il y avait aucun autre issu possible. Tout le monde savait que cette incarcération n’était rien d’autre leur agonie : vivre avec la mort dans la peau comme un cancer dont on connaît l’existence. Reste juste à savoir quand sera exactement la dernière minute.           

Maurice fut affecté aux services de la cuisine. Il y travaillait très tôt le matin jusqu’à huit heures, le soir. Le directeur de ce département le méprisa dès la première journée, mais il ne put mettre à exécution tous ses plans d’humiliation puisque, durant de longs moments, le commandant du camp venait regarder travailler Maurice. L’officier ne parlait jamais, souriant à quelques rares occasions.

Cela n’empêcha pas Maurice de devoir voguer aux travaux les plus vils : vider les vidanges, nettoyer poêles, tablettes, toilettes, etc.  Tout ce qui était désagréable à faire lui retombait automatiquement sur les épaules. De plus, le directeur du département trouvait toutes sortes de moyens pour l’écœurer. C’est ainsi qu’il se mit à exiger avec entêtement que chacun, même entre Québécois, se disent « sir », comme il l’avait appris dans l’armée. Ce sadique psychologue trouva moyen d’exiger que le lit de Maurice fût soigneusement fait, le matin, même s’il était le seul à devoir se plier à cette règle. Pendant les inspections sanitaires, il trouvait moyen de faire parader Maurice nu, jaune de gêne. Un jour, ayant refusé d’appeler son compagnon « sir », arguant, selon la Charte des droits de l’Homme, que cela était contraire à sa religion, Maurice fut obligé de laver le plancher durant une semaine à quatre pattes. Toutes les demi-heures, un directeur de service venait trouver une tache, l’obligeant à tout recommencer.

Heureusement, le dimanche, Maurice ne travaillait pas. C’était la vie communautaire à trois puisque Daniel ne participait que très superficiellement aux activités du groupe qui n’étaient pas tellement variées : marcher en bavardant, jouer aux cartes, faire des exercices physiques. Bientôt, les copains de chambre apprirent à créer un genre de petit carnet mondain, où les amours du camp, le passé des autres prisonniers et surtout leurs habitudes étaient largement discutés. Puis, petit à petit, chacun entrait un peu dans sa vie privée, laissant tomber un pan du mystère sur leurs pensées et leurs préoccupations. Cette nourriture à la source était si graduelle qu’elle ne semblait pas dangereuse. Parfois, quelques-uns, histoire de s’amuser, jouaient aux travestis. Mais il ne fallait pas faire de bruit, le plaisir étant aussi mal accueilli par les gardes que la violence.

Death’s City 4

décembre 29, 2020

Death’s city 4

Il était de plus paranoïaque, se sentant coincé par son ignorance. « Je ne veux rien savoir, mais pour aider à la libération,  j’ai fait du mieux que je pouvais ». Il était très fier de son engagement.   En réalité, Claude avait plus peur de la trahison par ignorance que de la mort. La vie du Québec et la sienne n’étaient qu’une seule et même vie.

Puisqu’il croyait en son peuple, il ne pouvait malgré les risques que ça comportait s’empêcher de parler en classe ou ailleurs contre le régime répressif et de la beauté de l’action des maquisards. Par contre, tenant d’une liberté anarchiste, Claude ne pouvait accepter la rigueur fanatique de certains partisans. Il s’était beaucoup plus investi à améliorer le sort du peuple qu’à la rébellion quoiqu’il n’écartait pas cette voix si absolument nécessaire. Sa crainte de voir mourir des enfants le torturait au point de douter parfois que les armes soient le seul moyen de libération.

À son avis, il devait sûrement exister un moyen démocratique capable de faire respecter les Québécois et leur culture.         

Conscient que plusieurs livraient un combat beaucoup plus par intérêt personnel que par patriotisme, il ne savait jamais par naïveté discerner l’ivraie du bon grain, Claude était souvent entraîné dans des aventures d’où il sortait toujours un peu dégoûté.

À force d’être humilié, autant d’un bord que de l’autre, il décida de se suicider intellectuellement et psychologiquement en buvant le plus possible. Cette contradiction entre le besoin de poursuivre le combat et cet appel du néant continuèrent, à le ronger jusqu’à son arrestation. Il était devenu un être sans importance, sans influence, qui ne vit que du passé comme les robineux.

D’une certaine façon, il s’en fichait, ayant toujours été écrasé, considéré comme un être de second plan, plein de promesses, mais trop faible pour monter plus haut que sa réminiscence d’une ou deux années de sa vie… avant de boire comme un trou.       

— Ils peuvent me traiter de froussard, de mésadapté, d’ex-libéral. Ils peuvent me dire que je n’ai pas de talent et d’imagination, ils peuvent me barrer partout, mais n’empêche que l’on était bien heureux de me voir agir là et comme personne l’aurait fait. J’été hypocritement méprisé. J’ai commencé pur, franc, honnête. J’en suis sorti menteur par névrose, souillé par la haine et le désir de vengeance ainsi que voleur par nécessité. 

Cette chambre à quatre sera à la fois la nouvelle demeure et la nouvelle communauté de Maurice, sauf au repas où les prisonniers allaient manger par groupe de cent en silence. Une vie de travail, des soirées à aller jouer aux cartes, à toujours reprendre les mêmes discussions, les mêmes remarques sur le camp.

Après quelques semaines, tous perdaient espoir, coupaient avec le passé et acceptaient qu’à moins de se tuer, il n’y eût qu’une chose à faire : oublier qu’il existe quelque part sur terre une autre forme de vie. Cette résignation était à la base d’une vie saine.

Dans un tel endroit, il n’y a que la folie pour s’empêcher de « péter au fret ». Il se créait des liens à travers l’entraide, qui faisaient dire à plusieurs : « Avant j’avais des chums, maintenant j’ai des amis. »  Tout le monde s’acceptait intégralement ou était complètement indifférent à l’autre. La tolérance étant strictement nécessaire pour ne pas rendre infernal ce décompte de l’agonie puisque l’on était bel et bien condamné à la mort.  

N’ayant pas de privilégiés, peu de gens acceptaient de parler d’un passé trop saignant. Il était impossible de créer des castes pouvant dominer par la force à cause de la surveillance des gardiens, qui punissaient sévèrement les mouvements de colère.

Il fallait apprendre à s’aimer ou à crever, travailler ensemble à améliorer la qualité de vie puisqu’il y avait aucun autre issu possible.

Tout le monde savait que cette incarcération n’était rien d’autre leur agonie : vivre avec la mort dans la peau comme un cancer dont on connaît l’existence. Reste juste à savoir quand sera exactement la dernière minute.     

Maurice fut affecté aux services de la cuisine. Il y travaillait très tôt le matin jusqu’à huit heures, le soir. Le directeur de ce département le méprisa dès la première journée, mais il ne put mettre à exécution tous ses plans d’humiliation puisque, durant de longs moments, le commandant du camp venait regarder travailler Maurice. L’officier ne parlait jamais, souriant à quelques rares occasions.

Cela n’empêcha pas Maurice de devoir voguer aux travaux les plus vils : vider les vidanges, nettoyer poêles, tablettes, toilettes, etc.  Tout ce qui était désagréable à faire lui retombait automatiquement sur les épaules.

De plus, le directeur du département trouvait toutes sortes de moyens pour l’écœurer. C’est ainsi qu’il se mit à exiger avec entêtement que chacun, même entre Québécois, se disent « sir », comme il l’avait appris dans l’armée. Ce sadique psychologue trouva moyen d’exiger que le lit de Maurice fût soigneusement fait, le matin, même s’il était le seul à devoir se plier à cette règle. Pendant les inspections sanitaires, il trouvait moyen de faire parader Maurice nu, jaune de gêne.

Un jour, ayant refusé d’appeler son compagnon « sir », arguant, selon la Charte des droits de l’Homme, que cela était contraire à sa religion, Maurice fut obligé de laver le plancher durant une semaine à quatre pattes. Toutes les demi-heures, un directeur de service venait trouver une tache, l’obligeant à tout recommencer.

Heureusement, le dimanche, Maurice ne travaillait pas. C’était la vie communautaire à trois puisque Daniel ne participait que très superficiellement aux activités du groupe qui n’étaient pas tellement variées : marcher en bavardant, jouer aux cartes, faire des exercices physiques.

Bientôt, les copains de chambre apprirent à créer un genre de petit carnet mondain, où les amours du camp, le passé des autres prisonniers et surtout leurs habitudes étaient largement discutés. Puis, petit à petit, chacun entrait un peu dans sa vie privée, laissant tomber un pan du mystère sur leurs pensées et leurs préoccupations. Cette nourriture à la source était si graduelle qu’elle ne semblait pas dangereuse. Parfois, quelques-uns, histoire de s’amuser, jouaient aux travestis. Mais il ne fallait pas faire de bruit, le plaisir étant aussi mal accueilli par les gardes que la violence.


Death’s City

décembre 28, 2020

Death City 3

Le silence. Puis Maurice se tournant cria :      

— Fuck you!

Aussitôt, une balle siffla près de lui. D’autres gardiens accouraient. Ils se précipitèrent dans la chambre et se saisirent du résistant. Ils s’aperçurent alors que Maurice était en sueurs. Une fois debout, il fit face à un sergent qui le regardait avec pitié pour ne pas dire sympathie. Tout se mit à tourner. Ce fut le vide, le noir total.  

Maurice s’éveilla dans une chambre. Peu de temps après, une infirmière se pressait contre lui. Il passa trois semaines en délires, fiévreux, sous les soins attentifs et tendres de cette fille qui de plus en plus illuminait ses rares moments de lucidité. Après avoir vaincu la mort, il devait vaincre ses sentiments. Comment peut-on ne pas aimer une fille qui s’occupe aussi bien de vous dans des moments aussi difficiles à passer?

Maurice en frissonnait à la pensée d’être réduit entre humains à se demander si aimer quelqu’un peut être un acte répréhensible. Après tout, la guerre, ce n’est pas elle qui la veut. La guerre est un meurtre légal en soi. En partant, elle est inhumaine. C’est une bêtise de l’homme pour justifier son orgueil et sa cupidité… Il n’eut pas à trancher le problème, ayant retrouvé la chambre de ses compagnons, après avoir circulé dans Death’s City, guidé par sa petite garde-malade.          

Death’s City était une ville en huit. Un bout réservé aux Français; l’autre bout, pour les Anglais. Le tout était séparé par d’énormes murs et des portes d’accès à chaque bout, fortement gardées. D’un bout, des baraques; de l’autre, des châteaux. Maurice pensa aussitôt à Montréal et Westmount. Il est impossible d’y échapper. Impossible de communiquer avec l’extérieur, on entrait à Death’s City pour y mourir, d’où le nom. C’est ainsi que s’était créée chez les prisonniers une nouvelle société, caricature de la première, avec ses couples homosexuels, seuls éléments de fraternité tolérés pour ne pas dire encouragés par les gardiens. Souvent une personne ne songe pas à son bien-être, mais ne peut tolérer que sa douce moitié souffre. Un pouvoir de plus des geôliers sur les prisonniers. C’est le drame. C’était d’ailleurs la seule chose qui permettait à plusieurs de continuer à vivre sans capoter. Il n’était donc pas question de déprécier qui que ce soit qui tombait en amour avec son compagnon puisque l’on savait que tout le monde finissait plus ou moins par succomber ou se suicider. Il y avait assez de problèmes sans y ajouter le scrupule. Les hommes sont généralement différents des féministes qui embrassent les religions qui les ont toujours abaissées. Parfois, être victime, c’est une façon de se croire un héros… même si toute forme de chantage et de dénonciation fait de toi automatiquement un zéro…    

C’était le dimanche. Seul jour de congé. Maurice, de retour à la chambre des prisonniers, put connaître quelques-uns de ses compagnons.

Daniel était jadis un machiniste. Il avait trois enfants. Il avait été arrêté pour activités syndicales. Il avait été dénoncé par un « chum» qui voulait sa femme et qui ne recula pas devant ce sinistre manège pour arriver à ses fins. Mais, l’épouse de Daniel le repoussa et, quelque temps plus tard, ironie du sort, il fut dénoncé à son tour. Il se serait suicidé en montant à Death’s City, disait-on, pour ne pas faire face à Daniel.

Emprisonné depuis cinq ans, Daniel n’a jamais pu oublier sa famille, espérant chaque jour que la rébellion accorde au Québec son indépendance et permette la libération des prisonniers politiques. Une fois, un prisonnier avait réussi à passer clandestinement un journal du Québec. Daniel avait éprouvé une telle joie en le lisant qu’à plusieurs reprises il avait fondu en larmes. C’est très difficile de décrire  la souffrance éprouvée quand la nostalgie du pays nous prend. Cette sensation d’impuissance! Un cri d’amour  qui semble inutile de crier parce qu’il ne sera pas entendu et partagé, mais qui monte de l’intérieur de vous jusqu’à vous arracher les tripes, vous arracher à vous-mêmes. Il faut avoir été privé de français et de culture québécoise pour apprécier combien au Québec cette vie essentielle à l’esprit est riche comparée à ce qui se passe ailleurs dans le Canada anglais à cause de la concentration culturelle anglophone à Toronto. Et déjà, les miettes de la culture canadienne sont noyées dans la grande vague américaine. Pour les prisonniers, il n’y avait que les photos de Playboy qui étaient autorisées sur le camp.     

André était un ex-homme d’affaires assez prestigieux. Il avait bien connu la richesse et ses folies. Il n’avait plus que Dieu auquel se rattacher. Cependant, il gardait assez bien le moral en devenant parfois un bon bouffon. Il avait un enfant. Sa vie reposait sur cet enfant qu’il avait laissé alors qu’il était atteint d’une maladie grave. Il ne savait pas, après sept ans, ce qu’il était advenu de sa femme et de son enfant.   Avait-il survécu à la maladie? Et sa femme? C’était certainement devenu très difficile pour elle qui n’avait jamais connu la misère. Elle n’aurait sûrement pas toutes les possibilités d’adaptation que connaissent les démunis. André devenait taciturne et solitaire quand ces pensées faisaient irruption.
— Je ne peux m’empêcher, même si je crois à la Providence, de me révolter et de demander des comptes à celui qui est censé m’aimer. Alors, je lis le Nouveau Testament et presque toujours je tombe sur un passage qui répond à mes faiblesses et je comprends qu’il nous aime comme nous sommes. C’est moi qui prêche le Seigneur, et pourtant, je doute jusqu’à me révolter contre lui.  

Quant à Claude, c’était un ex-professeur. Sans avoir été engagé dans le maquis, il ne cachait pas sa sympathie à son égard et le fait qu’il y aurait coopéré dans la mesure du possible. Ces opinions si franchement exprimées lui valurent un tas d’ennuis. D’abord, il fut appuyé par un collègue qu’il croyait maquisard, comme le voulait la rumeur, qui scrutait à fond ses peurs.     

— Tu sais avec le maquis, si tu parles trop ou si tu dénonces quelqu’un, tu te fais liquider, que ce soit accidentellement ou non.

Claude plus grand discoureur que rebelle acharné avait stupidement pris à son compte un tel avertissement. Aussi était-il toujours divisé intérieurement,  grugé par la peur de trop parler ou de faire le jeu des exploitants en se taisant. Ne faisant rien de violent, ne connaissant rien de l’organisation du maquis, il demeura quand même traumatisé par cet avertissement d’autant plus qu’il rencontra nombre de gens, ne sachant pas toujours s’il s’agissait de « stool » ou de véritables rebelles. Il devait faire confiance à son propre jugement qu’il savait faible,  de par son ignorance réelle de la situation.

À quelques reprises, il dut, du moins le croyait -il, mettre sa vie en danger pour appuyer ses amis indépendantistes.   Cette peur eut pour effet de diminuer de beaucoup la crédibilité des autres en sa sincérité, et pourtant, il était un des rares civils qui aurait risqué sa peau pour le Québec, si cela avait été nécessaire.  


D’autre part, pour plusieurs, Claude était bourré de contradictions. C’était un pacifiste jusque dans l’âme, mais  il parvenait à comprendre que les maquisards n’avaient plus que le fusil pour sauver le Québec. Tous les autres moyens avaient échoué et ça ne servait plus qu’à reculer l’échéance du grand affrontement, retard qui ne pouvait servir qu’aux Anglais.

Death City

décembre 27, 2020


Death City 2

Il franchit le Canada, entassé dans un wagonnet de fer, nourri de charognes, comme sous le régime politique libéral. Il faisait froid et l’odeur était suffocante. Les groupes des 22 arrivèrent à cinq cent vingt-deux milles au nord de Dawson Creek, un soir, noir comme chez le diable. C’était le premier janvier, à Death’s City.

Arrivé au camp, Maurice était fiévreux. Il ne pensait à rien, mais observait faits et gestes. Il entra dans le «bunk house » qui serait dorénavant sa demeure. Il suivit un long corridor où se trouvaient des chambres de chaque côté. Devant le 22, les officiers lui enlevèrent les menottes, ouvrirent la porte et le poussèrent à l’intérieur. Il faisait juste assez clair pour distinguer un lit libre. Il s’y glissa et s’endormit.           

Le matin, Maurice se réveilla alors qu’un homme d’une quarantaine d’années le secouait fébrilement en chuchotant :

— Le nouveau!   Hé, le nouveau! Arrives-tu du Québec?    

— Oui.          

— T’es parti depuis longtemps?  

— Une semaine.    

Les yeux du bonhomme s’illuminèrent et les larmes aux yeux, il s’empressa de savoir ce qui s’y déroulait. Parfois, il ravalait bruyamment et serrait davantage les poings. Il écoutait religieusement Maurice lui raconter comment les Anglophones du Québec, appuyés par l’armée canadienne, exigeaient maintenant que l’anglais soit la seule langue parlée au Québec, hors des foyers.           

Les ouvriers ont perdu tout droit de grève et plus aucun francophone n’a droit à un poste de commande. Nous sommes traités pires que les Indiens avant qu’ils ne soient exterminés. Puisqu’il y avait trop de chômage et d’assistance sociale au goût des Anglais, les gens ont été mis à la ration. Ils ne peuvent rien obtenir sans passer par un groupe de direction anglais qui prend son temps fou avant d’accorder les permis. Des enfants meurent de faim et d’autres de maladies, n’ayant que très difficilement accès aux médicaments, mais la résistance…        

Maurice s’interrompit, regarda son interlocuteur. Le silence se faisait de plus en plus lourd. Le bonhomme, devant lui, crispé, attendait qu’il continue comme un enfant à qui l’on cesse sans raison de lui raconter l’histoire commencée.         

— Ici, comment est-ce?     

Son interlocuteur comprit que Maurice ne lui faisait pas encore assez confiance pour discuter des derniers événements. C’était normal. Il ne se connaissait pas et tout le monde sait que les camps sont infestés de vendus, pour des faveurs, ou encore pour cesser d’être maltraités. 

— C’est un camp de concentration, ce n’est pas un camp de vacances. Tu travailles comme un chien. Tu te fais engueuler à cœur de journée. Tu te fais jouer dans le cul, en entrant et en sortant de la mine, comme si tu pouvais y cacher une roche pour assommer ton gardien. Tout de suite, après souper, tu es enfermé ici. Une fois par semaine, on tire un tabac comme un os à son chien. Malgré la poussière, tu n’as droit qu’à deux douches par semaine ainsi qu’à te changer de vêtements.


À date, 22 ont été fusillés parce qu’ils refusaient d’enseigner le français québécois aux Anglais. C’est le seul avantage. Ils ne nous comprennent pas notre façon de parler, parce qu’ils apprennent le français de Paris… mais nous ne pouvons parler joual que deux minutes par jour. Il est presque impossible de se transmettre des plans d’évasion collective ou autre. T’es chanceux. Tu es jeune et beau. Les dirigeants ici ne demandent pas mieux que d’avoir un beau « serin ». Ils disent que personne au monde ne mange aussi bien une petite graine qu’un petit Québécois…           

— Je les tuerai, s’ils me touchent!          

— Minute papillon! Ici, c’est le seul moyen, surtout quand le jeune comprend l’anglais, de connaître les ordres d’avance et d’essayer de parer les coups : les confidences des lits nuptiaux. On se défend comme on peut. Pour certains, le meilleur acte patriotique est de sacrifier leur virginité. C’est comme en tôle, même dans nos rangs, à force d’être privé de femmes, l’amitié, souvent même l’amour, sert de palliatif et fleurit entre hommes. Attention!   Ils viennent, les écœurants. 

Ce fut un bruit d’enfer : des portes s’ouvrant, des gardes gueulant les présences. À leur chambre, seuls les trois anciens furent appelés: 

— Daniel D. Claude B et Jean S.!          

Maurice demeura seul, derrière la porte qui s’était refermée sur lui dans un bruit d’enfer.   Il se rendormit et se réveilla quelques heures plus tard en hurlant. De nouveau le bruit. Et un garde s’adressa à lui comme si on s’adresse à un chien que l’on méprise.

— Diner time!          

Maurice ne broncha pas. Le soldat s’installa dans la porte ouverte, le fusil à la main.  

— Diner time! Hurry up!  We won’t wait for you a very long. 

Maurice le fixa des yeux. Le soldat ne devait pas avoir plus de 22 ans.   


Death’s City 1

décembre 26, 2020

Death’s city 1

Maurice faisait partie du vingt-deuxième groupe à être déporté dans un camp de travail de la Colombie-Britannique. Ils étaient 22, enchaînés les uns aux autres. Les gardiens armés ne manquaient pas une occasion de les frapper avec la crosse de leur fusil à chaque ralentissement, chaque chuchotement.           

« Walk! DEM Frog! We will teach you the language of the country. »
Si quelqu’un rouspétait ou s’interposait, il était sauvagement battu. Maurice était de ce ceux accusés d’avoir insulté la reine d’Angleterre au Québec, en refusant d’apprendre l’anglais. Il n’avait que dix-sept ans. Blond, les yeux bleus. De bonne éducation.      

Maurice était né durant la guerre qui opposa sept ans l’armée canadienne à un groupe de patriotes québécois insurgés contre le régime policier du parti libéral. Même si les pertes devaient être grandes, les Québécois en étaient venus à la rébellion à cause de nombreux assassinats pénétrés par les autorités de gens reconnus « irrécupérables » par le régime. Cette période de terreur avait fait suite à une longue opération de provocation anti syndicalisme, menée par le ministre de la Justice.

Les États-Unis furent souvent tentés d’intervenir, mais le monde entier voulait savoir si le Canada serait la Tchécoslovaquie du monde libre. Le peuple américain, difficilement remis des dernières guerres, était loin de supporter les dirigeants du pays, opinant que la guerre canadienne était interne, et par conséquent, ne les concernait pas à moins qu’elle déborde les frontières. Les multinationales avaient pressé en vain les autorités yankees d’intervenir, mais l’opinion publique les empêchait. D’autant plus que l’Amérique était fortement occupée à inventer toutes sortes de formes de répression camouflées pour remettre la jeunesse au pas. Il fallait panser les blessures et trouver des coupables plutôt que d’inventer des moyens pour parer à une situation économique dangereusement malade.     

Maurice fut arrêté le 22 décembre dans sa famille.    

Les miliciens, après avoir soigneusement encerclé la maison, avaient pris d’assaut pièce par pièce. Maurice discutait avec Serge, son frère cadet, quand entrèrent trois véritables bœufs de l’Ouest.    

— Maurice D.?        

— C’est moi.

— Come fucking bastard, we’ll teach you to obey      

Serge qui tentant d’intervenir s’écroula devant son frère, la tête littéralement arrachée des épaules. Maurice quitta la maison familiale révolté d’y voir surgir les flammes aux quatre coins. À partir de ce moment, il n’était plus un homme, mais l’immatricule 22-22.           

Sans procès, il fut condamné à travailler à perpétuité dans les mines de l’Ouest. Auparavant, il passa sept jours dans une prison commune, enfermé dans une cellule. Il crut bon de se tuer tant les journées étaient longues, la nourriture affreuse, mais aucun moyen ne s’y prêtait… Et surtout, malgré toutes les calamités, Maurice croyait toujours dans la victoire du peuple québécois.                      


Xénéphon 8

décembre 24, 2020

Xénéphon 8

Xénéphon avait longuement songé à savoir comme disparaître de la circulation.

Il ne pouvait pas se suicider pour trois raisons : 1-  il prêche la vie et par conséquent ne peut pas se tuer 2-  il aime Éros à la folie 3-  à quoi ça sert de s’éliminer quand il est possible de continuer d’être?    

Par contre, Xénéphon même s’il dérangeait bien du monde ne pouvait pas être assassiné parce qu’il serait vite devenu un martyr, donc, un danger encore pire pour ses ennemis. Luther King et Kennedy ont été tués et les É.-U. ne pourront plus jamais avoir la conscience tranquille. Ce qui sera impossible tant que ce message ne sera pas entendu et compris :        

Les prophètes sont tués et leur sang retombe sur la tête de ceux (et leur peuple) qui les ont assassinés.           

Xénéphon le savait et ses ennemis encore plus.       

Comme solution, Xénéphon décida de perdre la voix. Redevenu normal, cessant d’être un bœuf-vache sacrée, Xénéphon put vivre ses amours comme les autres avec Éros, qui possédait depuis peu une verge qui avait sûrement une couple de pouces en plus… Ce qui ravissait encore plus Xénéphon. Xénéphon oublia sa mission devenue inutile; car, la lucidité est contagieuse. À l’avenir, il sera une vache prophétesse, ce qui veut dire qu’il appartient dorénavant au passé. Xénéphon s’aperçut qu’il avait oublié de crier à la fin de ses sermons : ce qui est passé reste en arrière! Mais, se dit-il, il y aura bien un poète pour rappeler aux gens que le monde est évolution et que les religions font du sur-place… pour ne pas dire traîne la patte dans le monde de l’intelligence…     

Redevenu vache bien ordinaire, Xénéphon passa ses journées à brouter, à chiquer et à faire l’amour avec Éros. Il avait compris que l’orientation sexuelle doit être éclatée pour avoir un sens complet, y compris la procréation et le plaisir de la procréation, sans même parfois procréer. Après tout, dans tous les rapports ,le génital, comme dirait Freud, le cul comme dirait Simoneau, n’occupe qu’une infime partie de nos relations, même amoureuses. L’important, c’est le lien tracé dans la vie… la beauté du souvenir quand tout est terminé qui importe le plus…    

Inconsciente qu’un jour elle fut ce que les hommes appelèrent plus tard un dieu, Xénéphon s’en fichait.

Les hommes ne savent pas ce qu’est Dieu, mais pour paraître intelligents, ils ont créé dans les universités de grands cours de théologie, une forme de masturbation cérébrale. Ça permet aux religions de faire semblant de savoir de quoi elles parlent.      

Le tout n’étant qu’une parcelle du tout, la vie sur terre n’étant qu’une seconde d’éternité, Xénéphon comprît que le bonheur est de vivre pleinement sa réalité comme on en a conscience, sans toujours chercher à devenir un ange ou un dieu…

Ainsi,,, ce n’est pas une erreur, ce sont bien trois virgules, mais en réalité, ce sont trois points grimpés sur leurs orteils…  Le ballet cosmique.de l’éternel recommencement.

           
Sherbrooke, 1971  

Joyeux Noël !

Xénéphon 7

décembre 23, 2020

Xénéphon prêchait son expérience quand soudain elle entendit à l’intérieur d’elle-même :

« Si tu continues de parler comme ça, tu vas te faire emprisonner. La Vérité n’est jamais bien acceptée, surtout quand elle tend à libérer tout le monde. Ça dérange les gros, les moyens et ceux qui se croient moyens. Aussi, la majorité t’écrasera-t-elle. Tu devras accepter de te battre presque seul. Pour tuer la honte, il faut d’abord tuer cette espèce de serre chaude qu’on a appelé “la réputation” et qui n’est en somme qu’un moyen pour empêcher l’individu de transgresser la loi. »           

Xénéphon était en crisse.

« S’il faut maintenant que cette maudite machine que j’ai dans les tripes se mette à penser et essayer de me créer une conscience personnelle, ce ne sera pas un maudit cadeau… Quand on sait : les choses n’ont plus le même visage…»  

Xénéphon devint les yeux rouges, le corps blanc et les cuisses ainsi que la queue verte. Un Québécois qui passait par là pensa aussitôt au drapeau des patriotes. Il fut rempli d’une telle émotion qu’il se précipita pour embrasser Xénéphon; mais juste avant de l’atteindre son petit pied droit resta figé sur une roche alors que son gros orteil retenait toute l’attention par ses élancements hors du seuil de la douleur. Quel cri! Le pauvre Québécois tomba bouche première sur la corne gauche de Xénéphon  et y laissa reposer un gros morceau de dent en or. De quoi faire penser que Xénéphon était un nouvel Eldorado… mais Xénéphon ne connaissait pas les pierres précieuses. Quand il déambulait sous les rayons de la lune, il n’en croyait pas ses yeux : il avait dorénavant une étoile à sa corne. Xénéphon avait ainsi complètement l’allure du drapeau des patriotes et devant marcher la queue en l’air, elle prenait souvent l’allure d’une vache patriote comme on en retrouve souvent dans les communiqués du Front de libération des Vaches… qui ne voulaient plus être sacrées, mais libres. Xénéphon vieillissait. Il était fatigué. Il avait son voyage de la révolution, même s’il ne retirait pas son appui à la cause. Ainsi, décida-t-il d’en finir.      

Il partit pour Bombay. Rendu en ville, il se dirigea directement vers le bureau d’enregistrement radiophonique. Il y enregistra durant des jours et des jours discours par-dessus discours. Il composa ses dix commandements et décida de sacrer le camp incognito pendant quelques années. La radio commença à diffuser ses enregistrements.        

« Le beau Xénéphon  (petit rire puisque l’annonceur savait que c’était en réalité une vache sacrée) est présentement dans nos studios, enregistrant de nouveaux sermons. Écoutons ces messages de notre vache sacrée qui valent bien les messages des prophètes de l’Ancien Testament » :       

« Amis! Amies! Frères! Veaux! Vaches! Cochons! Poulets! Gens de La Fontaine! Sachez qu’il faut vivre. Vivre le karman, le brama et le Brahms. Tant pis pour Mozart, Beethoven et Liszt !

La religion vous tient, en vous défendant de vous nourrir des plaisirs de la matière. Elle vous ment. Sachez que la religion, quand cesse la révolution d’un peuple, doit devenir un outil pour appeler à la VIE ou un moyen national de psychanalyse pour aider les âmes faibles à supporter les peurs et le changement.

Oui! nous mourons, mais nous nous réincarnons, selon nos vœux, nous aspirons à naître sur la feuille de Lotus du NIRVANA, le “no where” sidéral, tant que nous n’y serons pas parvenus. En refusant la terre, vous refusez le nirvana; car, sachez-le bien, il est impossible de rejoindre Bouddha, hors de la terre, puisque Bouddha, le cachottier, reviendra éternellement par nous, vivre de nous et avec nous, des partouzes bien terrestres. Le fun est dans déjà la bécosse.     

Pour atteindre le nirvana, il faut un tel degré de perfection spirituelle, d’énergie, qu’il faut se réincarner pour réajuster la vie à ses nouvelles dimensions.       

Aussi, devons-nous pour que l’éternité vienne, pour que le nirvana se fonde en nous, améliorer le monde dans lequel nous vivons pour qu’à notre prochaine réincarnation le monde soit déjà meilleur, de plus en plus heureux. Le nirvana n’existera qu’au moment où la plus petite parcelle d’existence sera rendue au maximum de sa perfection. Nous créons ce phénomène…

Nous devons dès maintenant semer la joie pour qu’à travers la communauté humaine et animale, la communauté vivante, devrais-je dire, donc, en transformation, soit créée le plus vite possible le nirvana, la stabilité éternelle, à travers la perfection infinie. Soyons heureux. Profitons de la vie, mais ne nous attachons à rien.            

C’était un message réservé et payé par ses frères Krishna et Çiva. Allez !  Faites l’Amour. Vivez tant qu’il en est encore temps. »

Xénéphon 6

décembre 22, 2020

Xénéphon 6

La première journée, Xénéphon fuma un peu trop et se retrouva dans sa vingt et unième vie alors qu’il avait vécu la première année de la révolution au Québec.

Xénéphon était courbé de rire et criait dans une taverne :   

« Kâliss que c’était le fun l’année dernière. Tout le monde s’était donné le mot pour fucker les envahisseurs canadiens et américains. À chaque usine qui fermait les portes pour nous dompter, cinq mille chômeurs refusaient de faire leur paiement à la finance. Chacun ne donnait plus que le dixième de leur perception d’assurance-chômage. Pas d’emploi, pas d’argent, pas de moyen de payer la banque pis la finance. Ces sacrifices-là! On leur a montré comment le système en créant des rôles sociaux avait créé des classes et divisé les gens.       

L’éducation, voulant que ce soit honteux de se faire vivre au frais de l’état, avait été remplacée par le dicton : “Pour qu’un boss soit boss, il faut qu’il respecte ceux qui travaillent pour lui.” Le Québec, même encore dominé, avait mis sur pied tout un système de prêteurs indépendants qui n’avaient pas droit de prendre un intérêt de plus de trois pour cent pour venir en aide à ceux qui avaient une famille et étaient mal pris. Les riches aidaient ainsi les plus pauvres. Les maisons de finance et les banques étaient fuckées. Ainsi, les grosses compagnies qui faisaient chanter tout le monde se virent-elles à leur tour poigner dans leur propre système économique.            

Les grosses compagnies tentèrent de monter les travailleurs contre les chômeurs. Les grosses compagnies pensaient avoir le gros bout du bâton puisqu’en ayant fait pression sur les gouvernements, elles furent épargnées de payer de l’impôt sur la machinerie et tant que la campagne d’éducation ne fut pas assez solide, elles obtinrent des prêts et des octrois pour garder les portes ouvertes. Les syndicats ne dénonçaient pas tellement ce régime puisque ça mettait leur existence en jeu. Ils étaient coincés. Plus d’industries, plus de travailleurs, plus de cotisations; mais par contre, ils voyaient l’intérêt de faire durer le conflit, tout comme l’employeur. Pendant ce temps, les travailleurs moyens payaient les taxes alors que les industriels attendaient que les travailleurs et les chômeurs s’entre-tuent pour reprendre le contrôle, appuyé par les travailleurs moyens qui se rendaient compte de la manigance et constituaient la majorité silencieuse. »  

Xénéphon mit alors sur pied un journal particulier pour dénoncer à tue-tête cette situation :

« Écoutez !  dit-il aux travailleurs éberlués, c’est à qui le pays? Qui se sert de nos richesses naturelles? Qui se fait des profits? Finies les folies. Wake up, cria-t-il, comme il l’avait déjà lu dans les bulletins des Témoins de Jéhovah!       


Il leva la queue et fit jouer : All you is love, des Beatles.  Les disciples revenaient en dansant, ce qui prouve que toute révolution est d’abord culturelle et passe par la sexualité. Entre deux joints, tu pourrais faire queuque chose, criait Charlebois, pendant que Pierre Bourgault rassemblait les foules en prononçant le discours d’introduction.   Pendant ce temps, Xénéphon dansait avec Éros.


Aussitôt, une nouvelle formation politique prit en main l’avenir du pays. Cette année-là, un travail fou a été accompli pour nationaliser les mines,  les forêts ainsi que l’eau. Ça faisait sec. De grandes compagnies se mirent à fermer leurs portes. On leur enleva d’un coup leur propriété, on les reconduisit poliment à la frontière et on leur dit comment elles paieraient les dommages sociaux.   “On est chez nous, pas vous autres, vous êtes des étrangers, des exploiteurs.”   Les big boss avaient le choix entre se mettre au pas ou sacrer le camp.

Le problème prit une telle ampleur que les bleus devinrent rouges et les rouges devinrent turquoise, de sorte que tout le monde était presque aussi vert que Stéphane Dion. Pour la première fois dans l’histoire d’un peuple, tout le monde s’était mis ensemble pour se protéger. Avant d’en arriver là, il a fallu que les bourgeois soient privés comme la masse de façon à ce qu’ils soient sensibilisés à la misère de de ceux qui les entouraient et de telle façon à ce que tout le monde soit individuellement touché et embarqué dans le mouvement.          

Les vieux profiteurs de la situation antérieure essayaient de regimber, mais ça n’avait pas d’importance puisque tout le monde savait qu’il est impossible de gouverner pour tous tant qu’on est pris à défendre son tiroir-caisse. Pour gouverner pour le peuple, il faut être libre, surtout des riches, pis des profiteurs. Les gens avaient appris que le meilleur moyen de diviser une population est de faire du patronage : ça crée une classe de privilégiés à combattre et ainsi en se battant contre la corruption, on oublie de se battre contre les vrais problèmes et on y laisse parfois sa peau. Le vrai malaise, c’est toujours le même petit groupe de gros qui domine tout      .

Les syndicats du temps avaient mis sur pied un système d’information de façon à ce que tout le monde soit au courant de la situation et puisse immédiatement comprendre les tentatives d’intimidation du système : on te frappe ou on te privilégie pour que tu te prostitues. Tout le monde savait que le pouvoir de domination est à la solde du dieu dollar, la religion des riches.   Le système est organisé comme un ensemble ce qui fait que chaque pouvoir est au service et intégré à un autre à divers degrés d’oppression et de domination, de façon à ce qu’il soit impossible pour un individu de s’en sortir seul. Tout le monde est pris par les tripes, l’âme, le cerveau et les sens. Comme les cartels du pétrole et des médicaments. C’est du joli. En premier lieu, pour y résister, il faut s’assurer sa survie physique, sans que ce soit au détriment de sa vie sociale et intellectuelle. Le reste vient par surcroît.   Ainsi, est-il possible d’échapper à la principale forme d’oppression qui vise à avoir honte de revendiquer ses droits. Avec cette liberté, il faut connaître ses droits et en user sans en abuser. Il faut cesser de penser qu’on doit quelque chose à la société, sinon le devoir de se réaliser pleinement. Bien beau se demander ce que l’on doit à l’état, mais il faut aussi demander ce que l’état nous doit… itou…          


Xénéphon 6

décembre 21, 2020

Xénéphon 6

Camarades!

Le temps de l’éducation est venu. Vivez maintenant. La liberté ne prise aucune frontière, sinon le respect des Autres. Hors de la violence, toutes les idées, les versions, les interprétations sont bonnes. L’Amour est au-delà de la loi.  »   

Les disciples se dispersèrent et vécurent de leur mieux la non-violence, imitant ainsi le beau Xénéphon, bonze sacré. Ils faisaient l’amour, ils fumaient du pot, ils respectaient les autres, mais se fichaient des lois qui ne sont pas raisonnables. Ils vivaient de musique et de méditation. C’étaient de belles vaches! Les apôtres avaient appris que la seule révolution possible pour un individu est de vivre heureux et de demeurer disponible à combattre avec son cerveau et son imagination pour la justice, la paix et l’Amitié. Et ce, même dans la vie des vaches.  

Xénéphon comprenait qu’en 1972, il était impossible de faire de véritables guerres. Les Américains, grâce à la CIA, apprenaient en même temps qu’il n’est pas toujours possible de faire ce qu’ils veulent des peuples aspirant à la liberté, comme le Vietnam. Au Québec, on avait su prévoir que le monstre américain tenterait par toutes les formes de contraintes de les pousser à utiliser les armes afin d’ensuite les envahir, les écraser et les dominer. Xénéphon avait opté pour la non-violence, la résistance pacifique et entreprit la guerre verbale par la dénonciation des abus et il se servit aussi de l’occupation raffinée.        

Xénéphon s’installa sur une montagne et se mit à prêcher aux vaches et aux bœufs combien il pourrait être plus agréable de vivre dans la bonne entente plutôt qu’à s’entre-déchirer dans sa propre famille. Elle conçut donc un plan, insérant comme au Québec, la libération sexuelle dans son projet de révolution et dans lequel l’art jouait un rôle de tout premier plan. « Tu ne peux pas aimer les autres, si tu ne t’aimes pas toi-même. » Tous les moyens pour éliminer la violence furent essayés. Plutôt que l’individu porte sur lui des argents pour avoir du blé, les vaches prirent des cartes. Tout ce service était concentré dans un grand édifice régional qui établissait la possibilité d’achats pour chacun. Un autre édifice central comprenait aussi ces détails pour permettre aux gens de voyager à l’intérieur du pays. Par ailleurs, on offrait à la vache qui se rendait à l’étranger, l’argent international nécessaire. Par contre, les besoins fondamentaux étaient assumés par l’état : nourriture, logement, habillement, éducation, santé. D’autre part, une organisation indépendante surveillait de façon à ce qu’il n’y ait pas d’erreur, à ce que chaque individu ait justice, à ce que le régime ne devienne pas un moyen de favoritisme ou de répression contre ceux qui ne partageaient pas ces vues d’où la nécessité auparavant d’apprendre la  Co évaluation pour que l’individu puisse aussi porter jugement sur ce qu’il faisait. Ce régime devint même la cause de la création de nouveaux biens, de nouveaux emplois : enquêteurs, défenseurs et tout le pataclan.      

Il fit aussi réviser à cette fin le système d’éducation pour apprendre à l’enfant à devenir son propre moteur d’évolution sans toujours compter sur des motivations extérieures,  des craintes ou autres.   Ainsi, l’enfant laissé libre, à sa propre curiosité, à sa propre vitesse d’évolution devenait-il un être responsable et non un robot servile. La découverte de sa responsabilité vis-à-vis la société, par sa propre expérience sur lui-même,  permit à l’enfant de tuer la jalousie, le fol orgueil et par conséquent, le besoin de tricher et de mentir. Les autorités avaient appris que ce désir prend racine qu’au moment où un individu se sent frustré ou incapable de parvenir à retenir l’affection dont exige sa sensibilité. Un être heureux rejette la violence, ne vole pas et respecte naturellement et automatiquement la vie.          

Xénéphon prêchait nuit et jour. Pas une maudite vache ne l’écoutait, sauf ses apôtres de moins en moins nombreux. Il décida donc de s’adresser directement aux hommes. Il se mit dans la panse un tourne-disque et deux haut-parleurs, un dans la bouche, l’autre, dans le trou-du-cul, d’où Xénéphon devait toujours garder la queue raide, dans toutes ses conversations avec les hommes. Les Japonais n’avaient pas encore miniaturisé tout le matériel nécessaire à cette transplantation de la parole, mais c’était déjà un pas en avant dans la révolution technique. 

Il partit ainsi passer sa bonne nouvelle, entre deux joints et deux Blacks Label.

Xénéphon 5

décembre 20, 2020

Xénéphon 5

Au Québec, on mit fin au régime de la peur. Tout le monde chercha d’abord à être heureux et ensuite, tenter d’aider les autres à être heureux. On savait que toute forme de corruption est un manque d’amour, une tentative d’avoir plus ou de se croire mieux que les autres. Une attitude commerciale, contrairement, à la jouissance contemplative de la beauté de la vie, de la grandeur de Dieu.   

On savait que les religions sont une déformation de la parole de Dieu par les hommes pour exploiter et dominer les individus. Que l’être humain est créé pour être heureux. Toute forme de corruption naît d’un manque d’amour, de l’égoïsme ou du désir de dominer les autres, de l’orgueil. 

Les chômeurs construisirent des habitations là où il y avait des taudis. Les médecins et les professionnels, plutôt que d’abuser de leur savoir, travaillèrent au même salaire que les autres, sachant très bien que l’intelligence est un don et non un droit.         

Des hôpitaux furent construits, tout comme de nouvelles usines qui répondaient aux vrais besoins du peuple. Puisqu’elles étaient presque complètement automatisées, les profits étaient redistribués en services à la population.  

Les pauvres furent chauffés gratuitement ou presque, selon leur indigence, grâce à l’électricité de l’état. Les agriculteurs apprirent à vendre leurs produits dans des marchés régionaux à si bas prix qu’ils redécouvrirent qu’ils travaillent la terre parce qu’ils l’aiment et non pour s’enrichir. Les peintres, les poètes et les chansonniers jouaient et permettaient au peuple d’être gai. Ils étaient nourris, logés et vêtus par ceux qu’ils amusaient, souvent en échange de la tendresse et de l’amour qui les nourrit.


Les travailleurs ne bossaient plus que vingt heures par semaine, passant le reste du temps à s’amuser dans des sports, des loisirs culturels. Les plaisirs de l’esprit avaient autant d’importance que les plaisirs corporels. On apprit à jouir autant de son cerveau que de son pénis.       

Cependant, la place des martyrs avait été rétablie. Le petit Traqueux ne devenait pas martyr pour ne pas s’être laissé poigner le cul. On savait que ce n’était pas péché, mais parce qu’il refusait de travailler et coopérer à une société pour qui même l’amour était devenu un commerce. Il devenait martyr parce qu’il refusait de servir le dieu d’alors (comme l’argent américain d’aujourd’hui) c’est-à-dire César, ce César qui opprimait son peuple. Il devenait martyr parce qu’il ne pouvait pas vivre dans une société où la violence sous quelque forme que ce soit puisse exister. Il exigeait d’être respecté dans son intégrité — il était prêt à mourir pour l’être — et s’efforçait de respecter les autres dans leur être et dans leur liberté. Sa loi : vivre sa Conscience. 

Les Québécois avaient compris que la non-violence ne signifie pas soumission, mais la conquête de sa liberté par des moyens non violents. Rien ne vaut la liberté, qui n’existe pas sans responsabilité.   

Ils savaient que le péché d’impureté et autres, tout ce vocabulaire répressif était dans le vrai christianisme directement rattaché à la révolution et signifiait la coopération avec l’ennemi. Les révolutionnaires pacifiques n’utilisèrent jamais la peine de mort, pas plus que la punition ou la torture pour s’imposer.   On respectait la liberté de chaque individu qui adhérait au mouvement ou s’en isolait.

Les Québécois avaient compris que chaque individu est responsable dans chaque geste qu’il pose de son propre bonheur et de celui des autres… que dans chaque geste qu’il pose dans un système qui permet la guerre, si ce geste n’est pas pour défendre la justice, la paix et la liberté, il coopère aux meurtres faits par le système.      

Les gens qui croyaient en l’Homme sont devenus non plus un pays, mais une communauté. Chacun s’efforçait d’être non-violent, car on savait que la violence engendre la violence, comme la douleur engendre la douleur, ce qui constitue dans l’immédiat une arme pour le pouvoir et dans la construction du Québec, un danger pour obtenir un changement profond.

La force de persuasion était le bonheur de chaque membre de la communauté. Les curés ne prêchaient plus peur et péché parce que c’est plus payant, mais étaient devenus ceux qui consolaient les malheureux. C’étaient des psychanalystes.    

La souffrance d’un être devint le symptôme d’un malaise dont toute la communauté était appelée à trouver une solution équitable et cette solution devait être acceptée par la communauté et l’individu. Le bonheur de tout un chacun était la plus grande préoccupation de chacun. Plutôt que de se battre, on essayait de se comprendre. Ainsi, dès qu’un individu était persécuté par un exploiteur, tous les hommes cessaient de travailler pour lui à travers le monde. Dès que la violence était signalée des centaines tous ceux qui le voulaient, hommes, femmes, enfants s’assoyaient dans les rues, nus, pour la dénoncer.           

Dans une année, les adeptes de la liberté mirent ainsi fin aux guerres locales, car la horde des journalistes veillait sur les pacifistes pour les protéger, faisant voir à tous les hommes comment on punissait sans raison les pacifistes. Nul ne pouvait dire qu’ils étaient dangereux, ils étaient nus.    

Tout ce processus était suivi de danses, de chants, de plaisir, sans boisson, ni drogue dangereuse pour éviter les erreurs. Tout était à la fraternité. Dès que ce manifestait la violence, tout était paralysé et des centaines de milliers de gens refusaient de participer à la vie économique tant que la non-violence n’était pas rétablie.


Xénéphon se leva et proclama:  

 « Chers disciples. Il faut tuer la peur. Il faut tuer la violence. L’enfer n’existe pas. C’est une forme de répression psychologique pour maintenir l’homme dans la peur, l’asservissement et l’agressivité. Si l’homme refuse de participer à la société américaine et les sociétés qui ont pour but de maintenir l’esclavage raffiné, il est persécuté et parfois même assassiné d’où dit-on qu’il est puni pour l’éternité et même si cette forme de répression physique n’existe plus, la répression psychologique est plus forte que jamais. Soyez sans crainte, si vous vivez l’Amour et la Liberté, vous ne serez jamais tué, vous ne serez jamais violenté, sinon par le système qui s’y oppose. La vie ne souffre aucune contrainte. »

Xénéphon était bien malheureux. La guerre faisait rage dans le pays… pauvre pays. Xénéphon n’avait pas voulu provoquer de guerre en prêchant la liberté au Pakistan. La liberté est-elle donc un bien qui s’apprend nécessairement dans le sang parce que les hommes ne sont pas encore assez sages pour être libres?   

Xénéphon aurait voulu proclamer :       

« Puisque l’homme ne veut pas changer, l’extermination totale et globale de la terre demeure malheureusement la seule solution. »  

Mais Xénéphon savait fort bien qu’il faut, pour que le monde vive éternellement dans la paix que la libération s’opère comme la mutation de la pierre à l’esprit, avec le temps, par une série de défaites, de morts, de naissances et de renaissances.

Xénéphon savait que la permanence s’acquiert par la persévérance et la répétition. La masse des gens n’en était encore qu’à une phase matérialiste. Il était donc normal face à cette vérité que les plus évolués souffrent de cette situation et acceptent même la mort pour que se poursuive la longue marche vers la paix et l’amour. Xénéphon avait peine à maintenir la haine et la violence qui naissaient de son impuissance. Afin d’éliminer ce problème, Xénéphon s’attacha davantage à Éros. Il l’amena souvent au cinéma, lui fit de longues lectures et dans la musique et les caresses prodiguées, Xénéphon réapprit à maîtriser ses mots et ses gestes. Xénéphon s’appliqua à nouveau à vivre sa paix et sa liberté intérieure personnelle. À aimer même ses ennemis.       

« Finies les folies! », proclama-t-il de suite et convoqua ses disciples.     


Xénéphon 4

décembre 19, 2020

Xénéphon 4

Xénéphon comprenait le sens de sa mission : démontrer que les religions antérieures sont rattachées à l’expérience et la vie de la libération d’un peuple. Les interprétations de la présence sur terre des extra-terrestres n’ont rien d’immuable, même souvent, au contraire, elles sont transformées pour être adaptées au besoin de tel ou tel peuple. C’est ainsi que sont nés les prophètes. 

Xénéphon donna le Québec en exemple de cette grande vérité à Éros.   

« Au Québec, de dire Xénéphon, le christianisme était grugé par le puritanisme et le jansénisme. Par l’éducation donnée aux enfants, Dieu était devenu un tyran et un assassin. Il avait le visage de Sodome et de Gomorrhe, l’allure du guerrier et la voix de l’enfer. Tout le contraire de Dieu qui est Amour pur et sans limites.

La vérité, du moins une partie, triompha. En tous cas, ç’a changé. Le christianisme redevint la tolérance, la non-violence ainsi que la recherche du bonheur de chaque individu, tel qu’il est, par sa réalisation personnelle.      

Les prisons furent transformées en service d’aide. Plutôt que de punir, elles servirent à la réadaptation et à inculquer à ceux qui devaient s’y rendre d’avoir la chance de réapprendre le respect de l’autre. On savait bien que la violence naît toujours d’une carence en amour ou d’une peur.         

Pendant un temps qui parut une éternité, tout le monde conscientisé par une campagne d’éducation fit un effort de libération totale de l’homme. La chasteté, le mépris hypocrite de son corps, son rejet, furent relégués aux oubliettes. Les enfants purent explorer leur sexualité sans être pénalisés ou humiliés. La sexualité reprit ses lettres de noblesse, car on fut assez intelligent pour reconnaître que la sexualité est essentielle à la survie des espèces et non un péché… tout fut dorénavant permis pourvu que ce soit un geste d’amour, un acte responsable. On cessa de combattre la sexualité avec la peur des autres.
Les rapports sexuels n’étaient plus jugés en fonction de la morale, mais à partir du critère à savoir si la relation était positive ou négative pour les personnes engagées. Plus question d’âge, de race, de sexe. Le seul critère étant à savoir : est-ce que cette relation affective est bénéfique à ceux qui la vivent? J’aime ou je n’aime pas.

Ce fut un effort sans précédent de libération totale de l’homme. On savait que le péché, le mal n’existent pas dans les relations sexuelles, mais dans l’exploitation quelle qu’elle soit de l’Autre.         

La chasteté fut reléguée aux oubliettes, car parents et législateurs savaient que le refoulement sexuel est la principale cause des névroses, des psychoses et de la violence.  

Au lieu d’avoir honte de leur corps, les jeunes apprirent la beauté et la grandeur de ce temple de bonheur. Le nu fut revalorisé comme hymne à la grandeur et la beauté de la création divine.           

L’Amitié au-delà des sexes était valorisée. Dès leur enfance, les petits étaient éduqués dans la recherche et le respect de l’ami et la réalisation absolue passait par le service à la communauté. Tout être était responsable individuellement du bonheur de la communauté. On reconnaissait que l’Amitié peut être d’abord l’attraction d’un corps avant celui d’un esprit.

Quant à la tolérance, elle s’appliquait à tout… On savait que la répétition de l’échec est le chemin qui conduit le plus rapidement au suicide. Les religions redevenaient, grâce au message d’espoir, la médecine des âmes et l’on comprenait que l’appel à la perfection quand il devient une obligation de vie est une forme de mépris de Dieu. On comprenait dorénavant que l’Amour, l’Amitié, c’est l’acceptation inconditionnelle de l’Autre. On savait que l’Amour et l’Amitié sont des degrés de plus en plus grands de liberté. Il ne peut y avoir d’Amitié, sans liberté. Tout est en fonction de la Connaissance.           


Xénéphon 3

décembre 18, 2020

Xénéphon 3

Les Initiés ranimèrent son cadavre et dans cette pratique magique, ils lui permirent de revivre ses 107 vies précédentes et de découvrir une solution à long terme au problème qui l’affectait encore : la libération de son peuple.

Xénéphon s’est réveillé transformé. Ses poils luisaient comme la barbe de Moïse et ses grands yeux de vache s’illuminaient comme les feux rouges de la circulation.

Xénéphon fut initié à tous les problèmes de la civilisation. Il méditait suspendu dans les airs et les grands prêtres lui apprenaient à parler.

Xénéphon rendit visite à Calcutta aux dirigeants du Pakistan oriental à qui il proposa l’indépendance. Il n’en fallait pas plus pour que le gouvernement central entre ne communication avec Trudeau pour savoir comment il avait remis le Québec à sa place en octobre 1970. Les mesures de guerre furent proclamées. L’occupation débuta, mais les Pakistanais ne sont pas des Québécois, ils ne sont pas les voisins de l’Ontario, mais des Indes.

Imbue de religion, la moitié du pays partit à la découverte de Xénéphon à un tel point que l’Inde demanda à Xénéphon de s’exiler 40 jours dans le désert. « Il y a déjà assez de deux religions pour exploiter les gens sans avoir une troisième. », se disaient-ils.        

Xénéphon avait 20 ans. Sa mutation, grâce aux secrets de l’Initiation en avait fait un bœuf.  Il se mit à la recherche d’une belle vache.     

La voie des cieux est insondable, surtout depuis qu’elle est en asphalte. Xénéphon tomba amoureux d’un petit veau nommé Éros. C’était sûrement le plus veau des Indes.

 Xénéphon passa de longues heures à brouter avec Éros. De temps en temps, il lui léchait gentiment le ventre et le petit veau s’amusait à foncer contre l’immense panse de Xénéphon, en le tétant allégrement.

Même si Xénéphon était transgenre, qu’elle était un bœuf, elle avait conservé sa laiterie à cause de son utilité pendant les quarante jours passés dans le désert… Faute d’eau, il faut au moins du lait en poudre. Ce fut une année consacrée entièrement à l’amour, car avant de prêcher, il est toujours préférable de vivre ce que l’on enseigne. Le temps de sa vie publique était arrivé. Xénéphon appela Éros et lui tint ce langage :

                 J’ai dansé tout l’été       
                 mon corps s’est imprégné de ton corps       
                 viens nous irons à la montagne jeûner       
                 Viennent les temps de la fin  
                 je sais maintenant        
                 le Bangladesh sera indépendant.    

Xénéphon pleura sur Calcutta et sur les patriotes qui alimentaient la garnison de leurs espoirs à venir et de leur rêve de liberté.

Ces larmes furent mises en bouteille et expédiées au Moyen-Orient pour les ablutions du midi. Par bonheur, une bouteille s’égara et fut saisie par les blancs d’Afrique du Sud qui en pensant qu’il s’agissait de whisky en prirent une grande « shot ».

C’étaient les larmes de la transformation qui donnaient à ceux qui les buvaient la joie de prendre à jamais la couleur des yeux de Xénéphon.       

Depuis, la Rhodésie a un gouvernement noir, le jour, pour la galerie, et bleu, la nuit, pour ressembler à Xénéphon.   .

Inutile de dire que l’Angleterre aurait été heureuse de dire : « Le commun wealth (blé commun) est heureux de vous recevoir »; mais le « blé commun dit argent » s’était effrité avec l’indépendance du Québec.

Cette chute fut entraînée, du fait que le Canada a mis autant d’agressivité à blâmer la mère patrie de l’avoir laissé tomber que les Québécois avaient été vexés auparavant d’avoir été abandonnés par la France.  

Les pauvres Canadiens ne pouvaient même plus aller chier sans avoir devant eux sur le papier de toilette avec la face de la reine d’Angleterre… Nostalgie!      

Pauvre Angleterre! Tout lui était arrivé cette année-là. Elle avait dû reconnaître l’indépendance de l’Irlande et abandonner les belles jupes des Écossais d’où leurs petits moineaux libres se mirent à sautiller, n’ayant pas de caleçon pour les retenir. Tout un coup d’œil pour un certain petit Jean Simoneau, assoiffé de visions de pénis en liberté.

Maintenant, n’ayant plus à remplir les caisses de l’Église anglicane, l’Irlande prospère en sagesse et en grâces…        

Tous les Fils de l’indépendance créèrent un grand marché d’idées nouvelles qui enraya la misère et, par conséquent, mit fin au règne américain. Tout le monde en parlait, même que Radio-Canada en fit une émission spéciale.

Les Américains étaient tellement menacés de l’intérieur qu’ils ne pouvaient plus supporter l’extérieur. Les USA étaient malades,  les USA  avaient la leucémie.    
Puisqu’il était convenu qu’au cours de ces trois années de sa vie publique de bœuf-sauveur, Xénéphon et Éros ne pourraient se voir autant que désiré, Xénéphon se prit onze autres amants pour s’assurer qu’Éros ait la liberté d’esprit nécessaire pour accepter ce sacrifice. Et, avoir du fun, en rodant dans son “pacage”.        

Éros se retira trois jours et trois nuits. Il revint par la suite, un billet à la lèvre qu’il passa à Xénéphon (après s’être lavé les dents avec pepsodent parce qu’il broutait de l’herbe dans les champs de tabac).   Éros pressa ses dents contre la mâchoire divine qui assurerait la libération du peuple.       

Xénéphon écouta le poème de son amant et s’exclama :    

— Chéri, chéri, vous m’avez compris.   

Xénéphon avait pris cette habitude à la télévision, imitant ainsi la vedette « générale » de la RTF et de toute la Gaule.        

Le poème d’Éros, intitulé : La légende de Xénéphon, se lisait :      

        « Qu’hommages te soient rendus au grand Xénéphon, vache-bœuf sacré,  qui des yeux et de la mâchoire délivra nos âmes de l’esclavage de l’antre-nirvana. Hommage à toi, saint bœuf, qui tua le mensonge. Tu t’es manifesté à nous. Les vaches brouteront éternellement. L’éternité de l’anti monde les bercera. Nous t’avons vu t’illuminer, parlant nos langues. Nous t’avons entendu parler aux hommes. Nous avons vu nos chairs en leur bouche piloter leurs cerveaux au pays de la Vérité. Nous te sommes reconnaissants Xénéphon de t’offrir, toi, en communion pour les autres. Votre avènement sauvera notre race. Ô beau Xénéphon, symbole de l’amour, je t’aime.»     
 
Xénéphon pleura de joie et interdit immédiatement la consommation de porc avant de proclamer :  

“En vérité, en vérité, je te le dis. Éros, tu seras la pierre angulaire de la révolution, grâce à toi, cesseront les guerres, la famine et le froid. »         

(Xénéphon avait un ixième sens lui permettant d’anticiper le réchauffement de la planète.)


Xénéphon 2

décembre 17, 2020

Xénéphon 2

Il retourna rue Principale, où il apprit que son travail avait échoué à cause des normes : 22-63, article 4. Il s’est présenté deux jours plus tard devant le comité politique et religieux des Vaches unies… du VU comme on dit.         

— Mesdames!         

Les Indes dansent dans l’espace sur le fil tendu de vos nerfs étirés. De cette tire Ste-Catherine, occupons le plancher (d’où naquit l’expression le plancher des vaches)… blablabla!…                       

Xénéphon parlait. Les vaches dormaient.        

Vexé, Xénéphon décida de créer des ligues de citoyens pour contester le gouvernement et les prêtres. Il procéda par animation. Quelques semaines plus tard, un comité était en place et l’idée faisait son chemin. Xénéphon était fier. Il avait maintenant un but dans la vie. Il se voyait déjà dans tous les livres d’histoire.

— La brave vache Xénéphon, grâce à son esprit d’avant-garde, a réussi à recycler la profession religio vachiste dans le monde industriel, peut-on lire sur l’encyclopédie Wikipédia, section histoire.          

Mais chaque jour, Xénéphon s’enfonçait dans d’autres prisons plus vastes. Avant de poser un geste, il devait chaque fois s’informer auprès de ses comparses afin d’obtenir leur permission. La démocratie est une démarche très lente, car trop pesante…    

Les chaînes étaient plus solides dans cet organisme que dans les rues de Bombay. Les esprits y étaient plus étroits, certains auteurs de l’AAACE probablement… ils avaient, semble-t-il, emprunté l’épaisseur des corps indiens qu’on doit incinérer pour ne pas précipiter la décomposition des autres.    

Xénéphon était malheureux dans ce monde d’esprits trop sains. Il était prisonnier, mais il devait poursuivre son travail à cause d’un sentiment inconnu des autres vaches : le goût et le plaisir de jouir.           

Xénéphon écrivit toute une bibliothèque. Ce fut la première bibliothèque nationale des Indes. Il démissionna ensuite et il s’enfuit à Singapour vivre quelques heures mémorables.    

Évidemment, pour une vache, Singapour n’a pas le même cachet que pour un américain. L’américain s’est installé partout des comptoirs où l’on vend des hot dog et de la gomme.  Malheureusement, le commerce n’est pas trop bon puisque les jeunes touristes, de plus en plus ingénieux, achètent des gommes et ils s’en servent ensuite pour voler les hot dog, en les collant sous leur manteau.

Un touriste se contente facilement de ces hot dog, mais Xénéphon était plus capricieuse. Il rêvait de la découverte d’un beau petit bœuf à la peau blanche,  tirant sur le brun, avec des yeux bleus. Des yeux romantiques qui semblent regarder partout et nulle part en même temps.           

Xénéphon se répétait d’ailleurs un poème qu’il s’était composé :  

                   Tes yeux s’enfoncent dans ton ventre       
                    ils scrutent ton ventre comme un lac        
                    et refusent la porte du soleil.           

                     Ils ignorent ma présence à leur porche   
                     puisqu’ils me regardent sans me voir      
                     aussi, vais-je m’enfoncer en eux…           

À Singapour, tout était mauve ou Xénéphon commençait de souffrir de daltonisme. Les chiens n’aboyaient pas à la lune, mais aux passants. Ils n’aboyaient pas pour faire peur aux enfants ou se défendre des adultes, ils jappaient en sifflant pour avoir un bout de viande à sucer.   

Ces chiens rêvaient au Vietnam où chaque jour se perdent dans la décomposition les corps de milliers de soldats tués et abandonnés sur les champs de bataille. Ils avaient si faim qu’ils se seraient même contentés d’un Biafrais.

C’étaient des chiens contre nature, maîtrisant très mal leurs instincts de travestis. C’étaient des chiens hyènes. Un de ceux-ci passa d’ailleurs deux jours pendu à la queue de Xénéphon se nourrissant davantage de la phrase qu’il avait dans la tête que de sa queue:  

— Enfin! J’en ai plein la gueule!

Xénéphon s’était promené la queue raide durant deux jours, le chien pendu à cette noble partie comme un pantalon givré sur une corde à linge québécoise. Personne ne l’avait remarqué.   

Xénéphon se foutait aussi des chiens. Dans la maison, les enfants offraient aux rats leurs os rachitiques. Ce n’était pas le rite d’un culte, mais le prix de la civilisation.

La belle Xénéphon aurait voulu un cœur en auberge de jeunesse à la dimension de l’humanité. Chaque ventricule métamorphosé en fournaise au-dessous des continents réchaufferait ceux qui ont froid en Amérique ou ailleurs. Sa douce chaleur fondrait les gants de givre collés aux os des enfants grelottants, remplaçant sur eux la peau et la chair. Ainsi, de son désir, des enfants se trouveraient baignés dans un immense océan d’eau tiède… et dans l’autre ventricule s’agiterait pour eux une forêt où les bouleaux, les érables, les sapins se mêleraient aux forêts brésiliennes. Les animaux cesseraient leur guerre pour la survie et avec ruse pour se faire flatter ramperaient lécher les pieds des gamins. Forêt musicale !  Ces rires seraient si doux que les tempêtes n’oseraient plus franchir ce lieu sacré.            

Malheureusement, Singapour n’était pas son cœur. Comme au pied de toutes grandes villes, la mer s’était formée de pleurs des hommes qui, comme les serpents, muent l’écorce de leur enfance. Les habitants avaient emprunté le langage de la civilisation occidentale, même si des îlots orientaux flottaient ci et là dans ces masses élancées de pierres. À Singapour, comme ailleurs, déjà, les enfants devaient sur le bord des trottoirs s’user les mains à des outils, symbole de l’esclavage. Et sous des cheveux noirs s’évaporait le pays des merveilles. La faim dévorait la fondation des châteaux chimériques et le rêve se mutait en réalité rachitique.          

Le pauvre Xénéphon (à remarquer son androgenèse)  avait pourtant fui Bombay pour découvrir ailleurs un pays où les adultes auraient des âmes d’enfant, où les hommes fraterniseraient au-delà des tabous et des préjugés, où l’essentiel serait d’être artisan de poésie, de musique et de peinture… un pays où la connaissance de l’homme permettrait de communiquer par les sourires et les couleurs. Mais ce monde parfait n’était que dans son cœur.         

À la recherche de ce paradis, Xénéphon s’engagea sur le chemin de l’Himalaya. Elle se reposa sur une moraine aux flancs du Pinacle. Et quelques jours plus tard, la pauvre Xénéphon était emportée par la mort dans la déception la plus absolue. Son sang dans une alchimie vertigineuse devenait une immense terra où s’installait comme des gitans un groupe d’Initiés.         

Xénéphon n’était pas perdu. Devant la mort, il est possible de découvrir bien des choses, même la vérité.           


Xénéphon 1

décembre 16, 2020

Xénéphon 1

Xénéphon: la vache révolutionnaire

Il y a des guerres pour créer des frontières. Des frontières, des divisions, des catégorisations, pour empêcher les hommes de s’aimer; car si tout me monde s’aimait et s’entraidait, ce serait la catastrophe pour les capitalistes, communistes, exploiteurs de tout acabit : il n’y aurait plus de guerre.     

La vie aurait fait peau neuve. Il n’y aurait plus de misère.    

Aujourd’hui, la vie est comme un bol de navets. Rouge. Elle ne coupe jamais la faim. Tu dois en manger, car si tu t’obstines à la refuser, nous pourrions te soupçonner de ne pas aimer les marinades.           

Que veux-tu? Nous n’avons qu’une vie à vivre. Il faut la vivre jusqu’au bout…    Aime ça ou pas!                  

Tu te réveilles un bon matin… avec le soleil… autour de toi… dix affamés de soleil… et pourtant il n’y en a qu’un.           

Tu regardes en haut : deux bidons de lait. Formidable! Mais tu ne les a pas encore touchés qu’un grand maudit vienne te crier:      

— Tu ne laisseras pas ce petit monstre te tâtonner! C’est fini. Tu bois du lait en conserve.

 Ce n’est pas grave. Monter, descendre, avancer, reculer, c’est ridicule. La vie est une spirale.         

Tu grandis. Tu ne peux pas t’en empêcher. Tu désires faire des enfants. Tu as mûri, tu as durci. Tu te trouves très important : tu fais des choses que tu ne pouvais pas faire avant.    

Par exemple, tu te lèves à huit heures le matin. Pas une minute de plus. Tu serais en retard à l’usine. Jusqu’au jour où les patrons se rendent compte que tu es en retard sur les machines. Ils te congédient. Ils te remplacent par une machine. Tu ne dis pas un mot. Tu seras plus important. Tu seras un assisté social. C’est la seule profession où l’homme à sa place et ne peut être remplacé. L’homme est un embarras pour ceux qui veulent faire plus de profits. Il veut toujours être payé davantage comme s’il participait à une couse avec le coût de la vie.       

L’homme congestionne l’économie avec son idée de partage!       

Les journaux le crient tous les jours. Les autorités perdent la tête et te vendent leurs usines à l’enchère. Tu es devenu un oiseau migrateur. Tu recommences jusqu’à ce que tu aies ton voyage. Tu t’inquiètes. Tu te demandes pourquoi on n’a pas encore songé avant : de ne créer que des machines… Tu pourrais te mettre le derrière à l’eau et te la couler douche durant que les industriels paieraient les impôts.

Mais non, il faut encore travailler. Ce doit être la faute de dieu. Il ne peut pas se passer de sacrifice.           

Tu prends une bonne dose de drogue et tu te promènes. Tu rencontres toutes sortes de gens. Xénéphon, le premier, le brave d’entre les braves.    

La semaine passée, il s’est levé dans une assemblée. Il a dit à tous les assistants :

— Je suis écœuré…          

C’est un avant-gardiste. Il s’est rassis et il n’a pas dit un mot depuis. Il ne sait pas pourquoi il est écœuré. Il n’a plus rien à dire. Il est dépassé.      

Xénéphon a bien voyagé… dans le temps… c’est un bouddhiste. Il a vécu plusieurs vies. L’autre jour, il racontait sa plus belle expérience : celle de vache sacrée.

Il demeurait alors à Bombay. Xénéphon se promenait dans les rues comme un roi. Vache orgueilleuse et un peu malicieuse, il s’emmerdait de ne jamais avoir de problème ou de ne jamais jouer de tour aux autres.
Il entra dans un grand magasin et s’amusa de jeter par terre toutes les étagères. C’était un magasin de fusils. Le propriétaire était à genoux devant lui :                    

— Beau Xénéphon, je t’en prie par tous les dieux, va faire ton carnage ailleurs.           

Xénéphon rigolait. Il avait antérieurement vécu en Amérique. Dans le temps, il était chrétien et croyait dans la puissance humaine.       

L’homme était à genoux devant lui/elle, un homme réincarné en vache, qui posait comme une belle vache.   

Xénéphon était un dieu éveillé, c’était toute la différence. Xénéphon savait très bien que le pauvre marchand serait trop bête pour lui tirer dessus. Il s’est retourné, il a levé la queue et il est reparti en lui disant :

— Toi, mon vieux, tu ne peux pas en faire autant.     

Xénéphon avait la tête dure. Il voulait absolument libérer son peuple de la religion. 

Il s’est rendu rue Principale, rencontrer ses compagnes.     

— Mes amies! Vive la révolution! Vive les Indes libres! L’humanisme vaincra. Et cessera mon pi d’être délaissé. Et, de la chaleur manuelle s’envolera ma vessie-blocus-manus comme le froid sibérien, sous le contrôle automatique des fournaises de l’enfer.    

Toutes les vaches se sont agitées. Plusieurs ont promis de le suivre dans sa révolution. Xénéphon avait parfois des allures de bœuf.        

Xénéphon s’engagea dans la rue. Il était fier. Soudain, par intuition, il s’est retourné… il était seul. Pas une maudite vache n’avait grouillé.

Xénéphon était en maudit.          

Le temps de rêver.

décembre 15, 2020

Moïse laissa la maison paternelle. Dix piastres en poches. La grande ville l’attendait. La carrière politique et tout le pataclan. À son avis, il lui était impossible d’échouer, voulant le bien de son peuple, qu’il chérissait plus que la plus belle femme de son village. À vrai dire, il préférait Antoine, mais c’était son secret.

Restaurer l’honnêteté en politique, rétablir le droit à chacun de participer à la création d’une société où les outils d’émancipation du peuple ne serviraient pas qu’une bourgeoisie avide de pouvoir et d’argent, où la loi du plus fort ne serait pas la meilleure, voilà ce qui l’obsédait.     

Arrivé à Québec, il décida de parfaire ses études avant de se lancer dans la grande aventure. Comme il est presque aussi difficile de se trouver un emploi que de ramasser un premier million, Moïse dut se contenter d’un travail dans un club de danse de réputation plutôt sombre.  » Aux grands idéaux, les grands moyens, il n’y a pas d’assez grands sacrifices.  »       

Après une semaine ardue de labeurs, Moïse dut abandonner son emploi, étant suivi de trop près par un groupe de mâles joliment intéressés aux formes arrières de ses seize ans… surtout qu’il était loin d’être laid… les bonhommes salivaient juste à rêver de le déculotter.       

Après quelques jours, Moïse se retrouvait sans le sou. Le taquet à terre. Couchant dans les hospices pour robineux et mangeant grâce aux quelques sous qu’il réussissait à soutirer de ses quêtes. Il maigrissait à vue d’oeil.   Le bien-être social, Moïse ne connaissait pas ça, ses parents ayant toujours insisté sur la noblesse du travail. Grugé par la faim, il se laissa persuader d’aller vivre chez un bonhomme qui avait su attirer sa sympathie. Il l’avait écouté une soirée durant se plaindre des malheurs de ce bas monde où la morale s’effondre dans un coin, fatiguée d’être pointée du doigt, chaque fois qu’elle montre le bout du nez.     

Moïse couchera sur le sofa : ainsi la vertu sera assurée… Moïse avait été élevé religieusement et tout le monde sait que les religions lavent le cerveau dès la petite enfance, en inventant le péché de la chair pour dissimuler son pouvoir de violence personnelle… Quand pour faire croire à tes sornettes tu dois avoir recours à la violence et aux mensonges, c’est que tes sornettes ne valent pas grand-chose et servent à exploiter les hommes plutôt que les servir.   Il faut bien, pour qu’on y croie, inventer ce qu’on appelle des religions révélées : si Dieu l’a dit, qui peut dire autre chose?

Son protecteur, un homme vertueux, travaillait au bureau d’un ministre. Quelle occasion! Ce « mécène » lui enseignerait probablement aussi les dessous de la vie politique.           

Moïse « courut dans les pages jaunes » jusqu’à ce qu’il ait déniché un travail dans un restaurant. À cet endroit, tout le monde était patron… le cuisinier, la serveuse, le placier, enfin tous, n’arrêtaient de se relancer : « lave ceci, épluche-moi ça » à un point tel qu’un soir, on le ramassa dans un coin, grelottant de colère. Moïse surpris, dans ses manifestations d’hystérie, ne put retenir le couteau qui siffla au-dessus de la tête du patron, allant s’arrêter dans le ventre d’une dinde pendue au mur, à l’autre extrémité de la salle. Un employé recueillit le sang dans une bouteille de vin.   « Dans quelques heures, dit-il, ça fera un bon apéro. »  

Ecœuré, Moïse saisit une pile d’assiettes, grimpa à la salle à manger et se mit à la distribuer aux chics clients, en leur criant dans un geste solennel :          

« Vous pourriez au moins nous garder les restes!  »   

Les Américains éblouis, croyant qu’il s’agissait d’un numéro pour leur apprendre le français, se mirent à applaudir, en clamant :     

            A song, please, a song !   

Moïse entra dans une colère plus bleue que la barbe du premier jupitérien avec qui il jasait depuis quelque temps sur les Plaines d’Abraham. Il saisit sa chemise l’enleva d’un coup et la lança à la femme du président Bush qui buvait un verre d’essence. Celle-ci jacassant comme une poule qui vient de découvrir son coq s’élança dans la place, le président à ses trousses. D’un bond, elle fit face à Bush qui, musclé d’un jaune de honte, grelottant de colère, se mit à pleurer.

« Darling, j’ai besoin d’autre chose qu’un palais réservé à la bureaucratie », s’écria la femme du président.     

Sa libido devint tellement forte qu’elle se souleva et se muta petit à petit en chauve-souris. Elle tira l’aile droite, vola quelques secondes de côté et alla se pendre dans la chevelure d’un jeune puceau qui la fit prisonnière en lui ouvrant son pantalon… décidément, la présidence américaine aime bien les pipes… Moïse, toujours présent d’esprit, se précipita au lavabo et ayant rempli l’évier alla chercher la chauve-souris dans le pantalon du jeune puceau qui n’arrêtait pas de crier de joie quand Moïse par exprès se trompa quelques fois de chauve-souris. Il la noya dans ce nouvel instrument aquatique, servant de passage à l’éternité… une nouvelle formule de torture américaine…         

Bush, qui pleurait sur l’épaule de Dick, s’approcha du jeune homme et le félicita de l’avoir débarrassé de son pire ennemi… après Ben Laden.    

                                         Bush       

« Voilà six mois que cette vipère a joint les mouvements de libération de la femme.

Dès que j’entre dans la Maison-Blanche, je dois laver la vaisselle, nettoyer les planchers, jouer avec les enfants et j’en passe. D’autant plus que la Maison Blanche, c’est grand en crisse!      

Est-ce là la vie pour un président d’Amérique?   Vous croyez difficile de bavarder politique tout un après-midi en sirotant une vodka? Attendez d’être proclamé maîtresse de maison. Vous verrez dans quel marasme se trouverait l’Amérique s’il fallait que les femmes abandonnent leur vocation de connes, de bonnes et de mères. Si elles laissaient la cuisine, ce serait une catastrophe.      

Le vrai pouvoir en Amérique, ce sont les femmes. Elles sont numériquement plus nombreuses que les hommes, plus intéressées au pouvoir que les hommes qui ne rêvent plus que d’un bon joint. Elles mènent toutes leurs époux par le bout du nez, sinon elles se refusent au lit. Quel malheur!  

Aussi, que ferions-nous pour entamer des guerres et augmenter sinon du moins assurer les profits des quelques “pauvres” multinationales qui se nourrissent sous notre protection? Si les femmes atteignaient les hauts échelons, nous risquerions d’avoir un monde humain… Il y aurait une place aux sentiments plutôt qu’à la froideur circoncise des chiffres et des piastres. Elles ne cesseraient de gémir sur le sort des enfants malheureux. Il faut à tout prix éviter que l’humanité s’effondre dans ce mièvre romantisme : il faut des guerres pour que ça rapporte… On n’a pas inventé Israël pour rien… »

Moïse était aux anges, le président d’Amérique lui ayant dit juste avant de partir : « Petit !  N’importe quand, ma porte t’est ouverte. » Moïse n’avait pas remarqué que le président avait un faible pour son arrière-train. Chainy en profita pour tirer une aile de la première dame et lire les lignes des ailes qui ressemblent à des pistes d’atterrissage chauffées à blanc… il devait voyager pour protéger ses intérêts qu’il confondait comme tous nos dirigeants avec ceux de la nation d’où le credo politique     

 » I beleive in thé nation bécause IBM is thé nation. »  

Moïse rentra à la maison et ne dit rien de ses aventures à son nouveau papa qui arriva fort tard, ayant eu à épousseter tous les anciens amis des grands de la politique, laissés sur les tablettes.   

Le lendemain, les deux solitaires, après une longue marche sur le fleuve, pour faire changement, décidèrent d’aller se coucher. À ce moment précis, le jupitérien le siffla d’un buisson où il était affairé à faire l’amour à un escargot (c’est plus long)… Moïse était bien incommodé. Que dirait Narcisse, son protecteur, d’une telle apparition? Un petit gars de cinq pouces, la barbe bleue, les joues roses avec des pattes de lièvre et une queue d’écureuil… le jupitérien s’était légèrement trompé dans ses processus de réintégration, occupé à reluquer une Vénusienne… 

Le pire, cet être né dans une ampoule électrique – on ne choisit pas ses cocons – parlait anglais… une abomination pour l’humanité.     

« What Jupiter wants ? », demanda Moïse, en faisant semblant de pisser dans le buisson, au grand plaisir de l’escargot qui en profitait pour prendre une douche.       

                                      Jupitérien                      

De la tarte au sucre, une douzaine de homards, une centaine de salades du chef, trois tonnes de pommes de terre et une quinzaine de cafés, voilà qui ferait bien mon affaire. C’est une tradition chez vous, ici, sur votre maudite planète, de crever de faim?        

                                    Moïse           

Maudite marde! Tu es gros comme une puce et tu voudrais…         

                                          Jupitérien           

Je ne suis pas pire que chez vous où un pour cent du monde possède quatre-vingt-dix-neuf pour cent des richesses de la terre. On pourrait partager, non?

Moïse blêmit. Son protecteur jaunit. Que faire pour trouver autant de nourriture?         

Moïse réfléchit. « Cours chercher l’adresse de la United Fruit. Nous ferons croire aux gardes qu’il s’agit d’un nouveau chat. Ils le garderont pour se protéger des rats. Ils s’apercevront plus tard avec quelle sorte de termite ils sont aux prises : un jupitérien bien capable de bouffer des diamants.      

                          Narcisse (qui venait de faire connaissance avec le jupitérien)     

   Mais s’il décidait d’inviter les siens à le rejoindre sur notre terre?

                            Moïse       

Ce n’est pas notre problème, les lois de l’immigration, ça relève du fédéral. Il ne prévoit rien dans le cas des extra-terrestres. On pourrait le donner en cadeau à Harper qui rêve d’anéantir la culture québécoise au nom de l’unité canadienne.   

La solution fut admise. Trois mois plus tard, c’était la grande pagaille à Washington et à Moscou. Les termites avaient dévoré toutes les richesses. Les politiciens, devant répondre aux besoins de la population, durent restreindre les crédits militaires. En désespoir de cause, vingt généraux se brûlèrent sur la place publique à San Diego, effrayés, honteux qu’un jour les armes nucléaires russes soient plus astiquées que les ogives nucléaires américaines. Ils payaient de leur vie la chute de l’honneur qui suivait de quelques jours celle des dollars.     

L’ONU était en état d’alerte : non seulement un termite à richesses dévorait tout, mais l’autorité, fatiguée des abstractions, s’était « enchaînée ». Elle devint une grande dame des quartiers homophiles de Las Vegas. Que deviendrait le monde sans loi? Sans personne pour écraser la liberté?

Le système entier était en danger… plus un gouvernement était sûr de son avenir. L’autorité rencontra un hippie surnommé Nécessité, car il devait mendier les baisers et les caresses, d’où son nom portait sur sa carence affective. Afin de vivre le grand Amour avec cet hurluberlu qui devait se planter le bout d’un parapluie dans le derrière pour pouvoir éjaculer, l’Autorité se fit appeler La Tronche. Elle ne voulait pas être reconnue pour ne pas scandaliser les enfants qui déjà ne voulaient pas être une tronche. Ils laissèrent donc les cowboys pour la grande ville. La pauvre Tronche fut abandonnée à New York. Suffoquant dans son mouchoir, elle avait attrapé la rage, maladie vénérienne de la police et de ceux qui couchent avec elle. Les habitants fatigués de se faire sauter au cul décidèrent de s’en débarrasser. Connaissant sa vanité et avec quelle jalousie de coq elle défendait  » son exclusivité d’être « , ils placèrent des miroirs sur tous les murs du quartier. Tronche ou pas Tronche, l’autorité combattit son image sans broncher et jusqu’à la mort.           

Tout allait mal. Le termite nucléaire mangeait tout. L’autorité n’existait plus. Les grandes puissances voyaient les colonisés leur rire au nez. Le FBI tirait sur a CIA. La CIA se vengeait sur l’armée, laquelle entra en grève. Que peut-on faire quand il devient impossible d’organiser ses petites guerres locales? Que la faim n’a plus, comme avant, la puissance d’écraser les faibles? Que même la population se met à réfléchir? Rien, sinon se suicider. On prépara la bombe la plus forte… mais la population en fut avertie à temps et fit sauter le gouvernement;  ce n’est pas encore pour demain qu’on mangera des champignons! Pas de Kouhoutek, cette année-là…                 

Plus personne ne voulait travailler. On n’a qu’une vie à vivre! On est aussi bien de prendre le temps qu’il faut pour s’aider à se la couler douce plutôt que de travailler comme des imbéciles pour créer des armées qui ne servent qu’à assurer l’exploitation du peuple. Qui paye pour les armes?          

De grands pique-niques furent organisés dans les rues et la population docile comme toujours ne voyageait plus sans roulotte puisque, par exemple, il fallait trois semaines juste pour traverser Boston. Les politiciens avaient beau multiplier les Jesus Freak, les Jesus Association, crier au grand jugement, faire croire aux extra-terrestres maléfiques et dangereux : ninine (ce n’est pas un mot sorti de la même famille que Staline) personne ne croyait plus autre chose qu’en son devoir d’assumer son bonheur, sa conscience personnelle.                 

Cette époque fut appelée la décennie de la Tortue et dura cent ans.       

La situation internationale mobilisa tant d’énergies qu’elle permit à Moïse, perdu dans son idéal, de poursuivre son œuvre littéraire sans être interrompu.           

Il rédigea d’abord sept cents livres sur l’art de purifier les mœurs politiques ( ça n’a pas suffi et eût à peine le temps de s’attaque à la corruption de la justice… Dans ce cas,  il faudrait une éternité et tout recommencer parce que le système judiciaire n’est rien d’autre qu’une forme de corruption organisée… Toute son attention portait sur cette recherche qui fatiguait de plus en plus Narcisse , obligé le jour de prêcher les bonnes mœurs, et, le soir, sans grand succès à ce jour, de ramper jusqu’au sofa tenter quelques caresses à son chérubin qui, tout en faisant semblant de dormir, se tournait sur le dos, en l’entendant venir afin de lui faciliter la tâche. Narcisse attendait avec impatience que Moïse découvre que la vraie vertu croit avec les caresses données avec amour.    

Narcisse, privé de la manne céleste (son autre chérubin avait onze ans et n’éjaculait pas encore) devint irritable. Un après-midi, il fit le premier cauchemar de sa carrière : alors qu’il discutait du bien-être social qui se multipliait comme un essaim d’abeilles, une femme, sous la table, lui faisait du genou. Narcisse se leva d’un bond, fonça sur la femme, blanche de peur, et lui appliqua la respiration artificielle française… Il s’en excusa ensuite en disant : « Je pensais qu’elle allait crever de cafard. », taisant bien qu’il avait plutôt vu Moïse dans cette femme au genou léger… une vraie prémonition du changement global des commandements de dieu quand l’homme aura découvert que l’impureté n’a rien à voir avec le sexe, mais avec les intentions et la responsabilité…         

Les menus étaient exclusivement en anglais, Moïse, pour cela, quitta son emploi. N’avait-il pas franchi le porche qu’une escouade de policiers lui tomba dessus.    

Une fois, au bureau, les policiers prirent soin d’écarter les témoins avant de lui écarter une couple de côtes. Toute la leçon tenait à exprimer la haine envers ceux qui se paient encore le loisir de réfléchir et de rêver à la liberté.           

— « Ici, mon gars, criaient les policiers, on parle la langue du boss. On travaille à ce que les boss veulent bien,  pour leurs profits. Personne ne peut critiquer, il faut obéir : un point, c’est tout. »        

Jugé dangereux, Moïse fut fiché au cas où il surviendrait quelque chose et tout était prêt pour qu’il en survienne. La police, l’armée, les provocateurs, les boss, les poseurs de bombe à la Samson, même la reine. La mafia ou la police posaient les bombes pour le même boss. La police officielle criait à la révolte. Le gouvernement informait la population d’un soulèvement (ce qui justifiait la répression) et lui assurait une entière protection contre les insurgés, l’armée arrivait en renfort. Les opposants du régime pouvaient ainsi être liquidés ou contraints à se taire sous peine de mort. Et la paix, dans l’esclavage, était à nouveau assurée.

Si le peuple avait eu assez peur, il suffisait de temps en temps de lui rafraîchir la mémoire, surtout juste avant les élections ou les référendums. Comme Bush fait appel à Ben Laden dès que sa popularité baisse. Les journaux, c’est là pour ça. Si un peuple peut avoir une foi aveugle dans la Providence, qui lésinera à lui remettre quelques biens volés pour jouer au bon papa. C’est plus facile avec un individu : on l’achète plus simplement.       

Moïse n’y comprenait rien. Non seulement personne ne lui était reconnaissant d’avoir peiné à améliorer la race humaine, mais maintenant, il était dénoncé par la police (que tout le monde croit), même si elle est parfois tellement croche.
Il prit son courage à deux mains, s’en frotta les jambes et partit à travers la ville avec un porte-voix, criant : « Les Anglais veulent nous prouver qu’ils sont les boss. »  La majorité étonnée se demandait :    « Qu’est-ce qu’il a à se plaindre celui-là?   Nous sommes bien payés. Un bon steak vaut bien une langue et une culture! » Le masochisme populaire de masse est une invention toute religieuse qui dépasse souvent l’entendement même des boss…         

D’autres, probablement jaloux, l’accusaient d’être « un one man show ». Tout le monde y prêtait toutes sortes d’intentions, sauf la vraie. Voyant qu’il lui était impossible de sortir de chez lui sans se faire lapider d’injures par les pros, les antis, les anté et les post; Moïse décida de changer de nom. Il s’appellera désormais : SILENCE DÉSESPÉRANT. 

Et ce soir-là, pour obéir à la folie de la décence publique, il se coucha sur le ventre… tandis que dans ses larmes, le jupitérien nageant dans la mer, après s’être fait cuire sur le buisson ardent, se mit à chanter la liberté.   

La liberté !


Prison de Bordeaux,

juin 1975. Revu en 2005. 

Module Xle93

décembre 14, 2020

Module XIe93 ou un jour avant…     

                        1

Texte d’adolescence.        

    Je suis le module XIe93, situé quelque part dans l’espace, en quête d’une identité propre. Le module est condamné à crever dans une période déterminée, de la main même d’un destin irréversible de refus à être de la masse informe que le système veut pétrir.          

Crever cette année ou l’an prochain, ce n’est pas tellement important. L’essentiel, c’est de demeurer le module XIe93, tel qu’il a toujours été envers et contre toute forme de sociétés dominatrices et exploiteuses.          

Certains modules courent dans l’espace comme des amibes, d’autres rampent comme des serpents. Module XIe93, je ne sais quel est mon mode de locomotion il emploie.

Je suis perméable au vent et à la tempête. Je suis le feu qui me dévore et qui étouffe dans la fumée des usines qui tentent de me pétrir.              

Il y a place dans ce monde à beaucoup de changements climatiques. L’oxygène se prête à bien des sauces. Quant à moi, je n’ai pas encore découvert la mienne.

Je suis entre deux étoiles. Immobiles sont mes pensées fixées sur cette identité que j’aimerais bien définir. Qu’importe, cette recherche après tout, je mourrai bientôt comme ça, pour le bien de la sainte vache humanité puisque le roi l’a décidé. 

Je n’ai pas à chercher à échapper à ce destin, la vie est ainsi faite. Je suis né avec la mort écrite sur le front, avec l’impuissance installée au creux de ma main. J’ai au rein, greffée toute une époque de frustrations, de misères et de cris inutiles.

Module XIe93, j’appelle la terre. Terre, m’entendez-vous?   

Qu’importe tant de précipitation, la terre ne peut m’entendre, elle est sur une autre orbite autour du soleil. Et l’étoile devant moi ne sait que dire à tant de refrains saccadés de désœuvrement.  

Je suis seul. Irrévocablement seul.       

Il faut se faire à tout, même à son non-être dans l’espace et le temps. Il faut apprendre à jouir de cette non-participation aux conflits de la vie. Mais comment? Il est inutile de songer au suicide, le suicide est une forme d’euthanasie active. Il suffit de le faire pour que le lendemain soit découvert le processus de se mettre au monde, sans avortement.   La vie est un pas tracé dans l’infini de l’univers.       

Il faut attendre patiemment. Regarder autour de soi où se cache l’orgasme. Il faut oublier que jadis il aurait été possible, par le fumier, de rencontrer un virus-transport et de ramper jusque dans la matière encore inarticulée d’une pierre tombale. Et de là, à l’improviste, sauter dans le monde d’une plante ou d’un insecte, par la sueur.           

Il faut être vide, malgré tout. Contre tout. Jamais je ne remplirai ce rôle. Je suis le vide même de l’antimatière.           

Je suis un trou dans l’espace, un mauvais souvenir dans le temps.         

Je vis dans un sac de polystyrène. Je suis rasé et j’ai les ongles arrachés. En plus de l’air irrespirable, mes geôliers chaque jour m’injectent de nouvelles peurs, de nouvelles hontes. Les autres qui m’entourent sont des bêtes affamées qui, comme moi, cherchent un moment qui leur permettra de vivre au-delà de cet enfer. Pourtant, nous savons tous que nous ne pouvons-nous en sortir autrement que les deux pieds par en avant. Nous sommes les prisonniers de nos propres phobies. Nous sommes prisonniers de notre état d’homme.       

Nous naissons avec dans le sang le poison qui nous tuera. Nous naissons avec le goût d’aimer. Nous voudrions être des arbres. Seuls. Entourés de personne, sinon quelqu’un pour nous flatter, nous gaver de plaisir, un autre nous puisque l’amour se vit nécessairement en couple et que le couple est un mode de vivre sa solitude à deux miroirs. Vivre la même schizophrénie, la partager pour la rendre moins pesante. Voilà tout ce qui nous hante, ce qui nous déchire et nous brûle jusqu’au moment où, en plus, pour nous revaloriser, nous allons jusqu’à mettre nous-mêmes sur nos blessures le sel qui nous électrocutera. Nous aimons notre déchéance jusqu’à la boire dans les tavernes. Les tavernes sont bien les seuls endroits de la terre où les prisonniers proclament à tout rompre la liberté en s’enchaînant aux autres.          

Oui! Nous vivons dans un monde de chiens au sens péjoratif du mot. Dans le monde de Lucifer, celui de la répression de l’amour, de la glorification de la puissance et de la violence. De la déification de l’argent. Nous sommes fidèles à notre esclavage. Nous le léchons et le respectons, en laissant les autres, les dirigeants du système, de la mafia légale, toujours débiles de pouvoir et d’argent, hypocrites, crosseurs et menteurs, décider du bien et du mal. Nous les laissons nous laver le cerveau et nous imposer les valeurs diaboliques au nom de leur dieu : l’or noir, le pétrole.   Nous avons besoin, tout aussi grands que nous soyons, d’un autre pour nous posséder, nous tyranniser. Nous avons besoin de notre misère pour nous donner l’illusion de vivre. Nous parlons d’un pays, notre corps, qui n’existe pas puisque nous sommes trop lâches pour l’aimer assez pour le forcer à naître. Nous rêvons d’amour, de feu, de sang, pour nous sentir héros ou martyrs. Nous embrassons dans nos lectures ceux qui ont su à leur époque défoncer le sac de polystyrène et nous crachons sur eux pour nous faire croire que nous sommes encore mieux.    

Pourtant, nous sommes de maudits lâches. Nous sommes des peureux. Nous avons peur de vivre notre révolte jusqu’à la démence, parce que nous savons que cette révolte nous conduira jusqu’au suicide. Un mort n’apporte rien à la révolution.

Dans notre sac de polystyrène, nous pouvons toujours croire en l’amour, mais nous savons que c’est faux. Il est impossible d’aimer avant d’avoir haï, avant de s’être haï, avant de s’être oublié dans un autre. Et presque tout le temps, le monde est tellement écrasé, refoulé, vidé, l’homme n’a pas le temps de découvrir l’autre avant d’avoir appris à se reconnaître et à se faire l’amour à soi-même. On cherche dans le yoga une méthode scientifique de se sucer, de jouir, tout en n’ayant pas la colonne vertébrale fatiguée. On cherche dans la religion le moyen de vivre sa quote-part de péchés nécessaires à la vie sans danger d’être damnés. On cherche dans la révolution un moyen de se réaliser par autrui afin de s’aimer et d’oublier la honte qui nous monte à la gorge quand on se regarde dans un miroir. On cherche dans les grands discours de taverne les actes héroïques, un moyen qui nous fera oublier notre insignifiance dans notre quotidien. La révolution est devenue un emploi ayant perdu son noble caractère d’acte de conscience; perdu sa vocation d’exister pour améliorer le sort de tous les humains.           

J’ai honte de moi. De ma perméabilité vis-à-vis des autres. J’ai honte de n’être qu’un vulgaire individu, égaré quelque part, et si j’essaie de me proclamer fort, j’ai peur. J’ai peur d’être tué. J’ai peur de la chair. J’ai peur des rats. J’ai peur d’être mal jugé. J’ai peur d’être trop ignorant pour pouvoir le dissimuler. J’ai peur de me voir en face parce que je suis vide. Je suis le vide. J’ai peur du vide.     

Les autres ne m’ont presque jamais rien apporté, sinon des emmerdements. Pour me déculpabiliser, j’ai adoré des gens que je ne connais même pas. J’ai marché sur les eaux tumultueuses d’une tempête de l’océan, contenue dans un verre d’eau. J’ai ouvert ma poitrine et l’on m’a volé le cœur. J’avais à la tête une foule de chirurgiens spécialistes en détraction des énergies pas comme les autres qui peuvent bondir après un violent mal de tête. On a vu un héros naître et mon plaisir a bien été de leur chier dans les mains. Je ne veux rien savoir de ces vies de héros et de vedettes. Je ne suis pas le petit René Simard. Je ne suis pas aussi beau que lui, je n’ai plus douze ans et ainsi, je ne peux plus intéresser les pédérastes. Dommage! Quand j’ai eu cet âge, déjà, on m’avait appris que les pédérastes mangent les enfants avec de la sauce au chocolat. On m’avait déjà appris la peur au lieu de la jouissance. On m’avait appris que les pédérastes mangent les enfants et les laissent en charpies dans des boîtes qu’ils font parvenir à la police avec la mention : « Appelez Allo-police!  Ça vaut une manchette, ça fera encore plus peur aux enfants et ça aidera les parents.  »  Nous sommes éduqués et éducables à la peur. Si nous n’avions pas peur, quel genre de vie aurions-nous? À quoi bon sang nous nous occuperions- nous? Nous risquerions de découvrir que d’être mangé par un pédéraste, c’est le plus beau, le plus agréable moment de son existence… un ticket à l’ouverture d’esprit, un passeport pour le septième ciel.           

À Sherbrooke, même un peu partout, il y a des gens qui, pour le kik, vont se faire peur. C’est ainsi qu’on a inventé les péchés de la chair. Qu’allons-nous inventer pour avoir plus peur quand on aura découvert que le péché de la chair n’existe pas ? 

Pour bien y arriver, il faut d’abord être comme le système en y retirant autant que possible tous les avantages;  puisque fourrer le système, c’est comme faire l’amour et si vous ne faites pas votre brin de 69, vous ne faites l’amour qu’à moitié. Les policiers qui ont peur que l’ordre soit troublé feront peur aux troubleurs et à tous ceux qui, voyeurs, regardent se dérouler les événements. Alors on invente ce que l’on appelle la droite et la gauche. Ce sont deux idéologies, termes vulgaires, deux idioties inventées pour tenir les imbéciles occupés, car, ils font partie d’une même maudite patente du système : le bien et le mal. La structure sociale. Résultat : tout le monde a peur. Là, c’est le fun. Ça permet d’exploiter en tout repos les plus faibles, les plus petits, les plus dépendants de la pensée d’en haut.     

Les héros naissent dans les toilettes et meurent dans les vitrines. Les marchands font vivre les artistes qui se préoccupent surtout de peindre les phobies ou de créer à côté une industrie, antipollution de la cervelle. Les bruits montent. Le tonnerre gronde. Le nouveau dieu créé existe et tombe dans la merde de chèvre. On le ressuscite d’entre les morts et on le plante à une croix. Tout le monde tremble, la propriété privée est en danger et l’on s’ouvre le ventre pour jouir à se faire dévorer les tripes. Pendant ce temps, la police apporte une contravention au crucifié pour s’être exhibé nu devant des femmes en chaleur. C’est la révolution. Tout le monde a peur et pendant que tout le monde a peur, on oublie de rire… et le système nous fait les poches. Ceux qui ne croient pas dans cette grande invention du système pour contrôler le taux de natalité par les guerres sont vus comme traitres. Il faut avoir peur et surtout quand l’exige le salut de la finance.    

À ce jour, étant plutôt niaiseux de nature, j’ai servi de cobaye. J’ai été la mesure de la peur. Ne pourrais-je pas pour un moment servir à autre chose? J’en ai plein le cul d’avoir peur… ça coûte cher en sous-vêtements… J’en ai plein le cul d’être un fusil à l’eau. Je ne veux plus éteindre des feux, je veux en mettre dans le plus de cœur possible… embrasser tous ces beaux petits gars, tout mignons, tout chauds. Je ne veux pas travailler pour les exploiteurs, vendre de la viande avariée ou poser des bombes comme l’agent Samson, de la GRC. Je veux mettre le feu dans les cerveaux, allumer des joints dans l’imagination de la jeunesse, les réveiller à l’Amour et la Beauté. Leur apprendre qu’on est sur terre pour être heureux et que tous ceux qui au nom de leur dieu nous prêchent le contraire sont les vrais imposteurs… Cesser la violence, la remplacer par une caresse, c’est ça le seul vrai sens de la VIE et de la révolution.           

Je sais. Je ne peux plus servir à révéler la vraisemblance. Je ne crois plus en rien. Tout est faux. Tout est à refaire.

Mes bibittes fonctionnent à l’eau et c’est beaucoup moins payant que le pétrole… mais au moins, je suis porteur d’eau… Je suis VERSEAU.       

Sherbrooke, 1973  

Mario 10

décembre 13, 2020

Mario 10

Notes d’un professeur de littérature sur le texte : Mario .      

Note : Il faut savoir que j’accepte l’âge de consentement de la Charte québécoise des droits de la personne soit de 14 ans.  Le Canada a imposé la sienne à 16 ans, ne respectant pas le droit des jeunes à une intégrité physique et psychique absolue. Le Canada a une justice punitive alors que le Québec compte sur la prévention et la réhabilitation. On est cependant passé partout de la pudeur à la paranoïa.           

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Ce texte duquel Voltaire aurait certainement écrit, comme en réponse à Châteaubriant : « Crève, ainsi tu cesseras de nous casser les oreilles avec tes pleurnichages ». Ce texte tient du délire. L’auteur a transfiguré les événements dont la trame comprenait trois faits marquants :   

D’abord, une rumeur voulant que l’assassinat de Mario Bachand, du  FLQ (Front de libération du Québec) ait été perpétré par la Gendarmerie Royale du Canada, qui a fortement insisté pour faire croire à un règlement de compte interne du FLQ et ainsi provoquer un mouvement de panique chez tous les jeunes qui auraient pu avoir l’intention de poursuivre la lutte révolutionnaire de ce felquiste au Québec.           

Puis, la beauté ahurissante d’un petit camelot de la Tribune dont l’anniversaire de naissance était le 25 avril. Ce fait inconnu a suscité bien de suspicions envers l’auteur — à cause du 25 avril — chez ses amis, allant jusqu’à croire que celui-ci pouvait jouer double-jeu; car, croyait-on il arrivait que la police fournisse les jeunes pour les petits jeux charnels aux mouchards, aux juges et à certains politiciens, en échange de services rendus.

Cette paranoïa suscita toutes sortes de fables, les unes plus risibles que les autres. Sartre avait bien raison de dire que la gauche est paranoïaque. Mais, quand tu fais trois fois de la prison, et qu’à chaque fois, c’est de plus en plus clairement pour des motifs politiques déguisés en raison morale, tu es loin d’être acheté par le système. Ton combat ne peut pas être plus authentique que ça.   

D’autant plus que dans un Québec, sous le joug du clergé, on devrait savoir que le 25 avril est la fête du « Jour de la Libération », dans la liturgie catholique. C’était donc un pur hasard. Et les chiffres inventés n’avaient aucune autre connotation politique ou révolutionnaire, mais ils se voulaient une imitation, à la suite des nombreuses lectures de l’auteur du Petit Prince, d’Antoine de St-Exupéry. Le Petit Prince serait d’ailleurs un petit gars de Montréal que St-Exupéry aurait rencontré et de qui il serait tombé très amoureux.   

Finalement, une soirée au cours de laquelle l’auteur en quête de chair fraîche             (Comme disent les féministes constipées) ou du grand amour, comme le pense l’auteur, dénicha deux jeunes garçons qui, après avoir fait valoir leur expérience dans la prostitution à Montréal (était-il en fugue?) acceptaient l’hospitalité du dit auteur, avant de prendre la poudre d’escampette à la suite d’un petit larcin de 20 $ et une tentative de chantage dans les jours qui suivirent.

Quelques mois plus tard, l’auteur mangeait, en cellule, une bonne raclée pour avoir eu des relations sexuelles avec le fils d’un flic. Était-ce Mario? L’auteur avait plus d’une de ces merveilleuses aventures. La police politique n’a pas de décence, elle utilise des gamins parce qu’elle est au-dessus des lois. Ainsi, elle peut jouir dans tous les sens du mot du vice combattu et écroué toute personne qui ose enfreindre les lois qui sont créées pour contrôler les individus… La police est donc à la fois le bandit et le shérif, ce qui permet aux juges et aux politiciens de s’assurer que ni la loi, ni la pègre n’échappent à leur contrôle… C’est ça le pouvoir.         

C’est ainsi la vie : la police doit protéger les enfants contre leur sexualité, contre les mauvais maniaques qui pourraient profiter de leur désir de caresses, quitte à fournir quelques jeunes pour coincer celui qui en profite, hors du système rentable de la prostitution organisée. Il ne faut pas toucher un jeune qui n’a pas son proxénète parental. Ce n’est pas assez rentable pour le système… mais, le système, lui, acceptera que l’on fasse sauter la cervelle d’un jeune avec des drogues confectionnées par le système, ce qui prouve bien que pour le système la queue a plus d’importance que le cerveau.

D’ailleurs, les jeunes qui ont perdu les pédales ne sont pas soignés, ils sont emprisonnés… les enfants de Duplessis ou de Rochon, ça existe encore… Encore une fois, le système est à la fois la police et le pusher. On ne légalise pas le pot parce qu’il ne peut pas être créé en laboratoire et les graines peuvent provenir de la nature… ce qui n’est pas assez payant, surtout si on permet une culture pour consommation personnelle à la maison. Tuer, le cerveau des jeunes est un nouveau moyen de contrôler la masse… Les drogues fortes ont déjà tué toute une génération. (À noter que depuis le pot a été légalisé au Canada)     

La Justice est une bête à deux têtes, une portant la Couronne; l’autre ayant la forme d’un glaive. Malheur à ceux qui n’ont pas d’argent ou ne pensent pas comme le pouvoir… une apparence de sagesse… Tout ce qui appartient à la violence vient de Lucifer, vrai maître de la violence, le dieu de la guerre. Les États-Unis et la Chine  peuvent bien vivre dans l’obsession de Mars…                  

Autre fait fondamental, celui avec qui l’auteur a passé la nuit s’appelait Mario… La force de l’évocation et du délire naît de la beauté corporelle de Mario, marié à la poésie de l’auteur…seule petite nuance Mario n’avait pas 12 ans.

        Voici donc le texte retrouvé dans une pile de documents après sa mort :    

Aux révolutionnaires de tavernes et à la go-gauche pancanadienne… Maria.          

Mario 9

décembre 12, 2020

Mario 9

                      3è partie   

Maudit! Il y a des guerres partout. Les guerres servent à nourrir l’économie. Les catastrophes naturelles sont des produits de nos armées qui testent leurs armements. Ils aident à nourrir la voracité de certains êtres humains qui ont perdu toute conscience… Les catastrophes naturelles ne font qu’obéir à une mafia préhistorique qui les crée dans les laboratoires de nos armées. N’y a-t-il pas moyen d’y mettre fin?           

Je rêve au jour où les hommes n’auront plus à empiler leurs liasses parce qu’il n’y aura plus d’argent.           

Je rêve au jour où l’intelligence ne sera plus au service de la gloire et de la domination, mais au service du cœur, de l’Amour et de la compassion. Je rêve au jour où nous aurons construit notre paradis, car un jour, c’est sûr :

                                  L’AMOUR VAINCRA.         

Le roc a en son sein la première énergie qui s’élève de la terre jusqu’à l’esprit. L’énergie se mute par degré de qualité. Plus elle s’approche de son achèvement, plus elle est Amour et Liberté.     


J’oublie le temps de la dague en mes mains. Du désir serein de voir couler le sang entre mes doigts pour me venger de la tyrannie quotidienne du système qui m’épiait alors que peut-être un peu masochiste j’errais dans l’air pur, conscient de ma condamnation. J’étais seul parmi les miens et j’ai refusé de fuir. J’aspirais à la purification. Les autres par leurs jugements nous rendent trop facilement coupables, errants… la seule loi de Dieu est de tendre au bonheur, patio de l’adoration.

J’avais hâte de payer. Et j’ai payé pour rien! Je n’avais rien à payer. Rien à me reprocher. Merde de merde. Cependant, cela m’a permis de te connaître mon bien-aimé. Je me condamnais d’avoir aimé et désiré ta chair et par l’absence de celle-ci, j’en apprends la valeur et son caractère essentiel. La répression sexuelle est une maladie mentale de bourgeois qui consacre le sacrifice et l’entrepose pour une éternité qui n’existe peut-être même pas. Qui en est revenu? Le sacrifice prépare à la soumission. La culpabilité nourrit le besoin de sacrifices purificatoires…

L’enfer! L’enfer! J’ai connu les derniers jalons de l’écrasement, les dernières balafres à la dignité humaine. J’ai connu combien les folies sociales de la morale peuvent avoir l’art inné de briser un humain, de le rendre méprisant à lui-même alors qu’il est impossible d’aimer l’Autre sans s’aimer d’abord soi-même. Kâliss! Le Canada est un pays fasciste, l’hypocrisie incarnée. Le chef d’œuvres des multimilliardaires… où l’on rend le peuple complice de l’exploitation… Le Canada n’est qu’un appendice américain.    

La folie est entrée dans mes pores. Elle soufflait de partout des airs de culpabilité. Je suis devenu par la force de leurs mots plus coupable que le peuple américain qui s’apprêtait à baigner le Moyen-Orient dans le sang. Je me sentais plus coupable que tous les «boss» qui tuent à longue haleine des centaines et des millions d’humains. Plus coupable que les compagnies d’essence qui mettent l’Afrique à sang. Plus coupable que les laboratoires des armées qui inventent des sidas ou d’autres épidémies pour tester leurs nouvelles armes bactériologiques… Plus coupable que ces crimes organisés. Plus coupable que la mort du petit Daniel Desrochers dont on laisse les meurtriers en paix. Pour un attouchement sexuel, quelques petites pipes qui t’envoient au septième ciel, le cirque du réseau des féminounes de chantage international obtient qu’il suffise de la parole du maître-chanteur pour te condamner. On laisse passer le meurtre d’un enfant par la drogue ou autrement. Il faut des preuves à n’en plus finir alors qu’une caresse, incarnée dans l’amour d’un garçon, est aux yeux des exploiteurs d’une morale bourgeoise, un crime éternel… Quels hypocrites!     

Eh oui, j’aime les garçons. … « Si ce n’est pas écœurant », diront les débiles qui ne peuvent pas faire la nuance entre l’Amour et l’exploitation des mafias internationales. Pauvre Mario, qui n’a que douze ans, et qui sait déjà jouir de son corps grâce à mon expérience et de la liberté comme tu dois souffrir de cette méconnaissance des adultes de tes besoins les plus primaires, les plus essentiels à ton développement. Il n’y a que les femmes perverties par la morale des prêtres pour croire qu’une caresse est une souffrance… pour se sentir déposséder par un baiser… d’ignorer le plaisir, la joie, la tendresse d’une fellation et du parcours pour y arriver… 

Oui. Je n’ai commis qu’un crime : ne pas avoir assez souvent aimé… ne pas avoir été plus cochon comme le disent les imbéciles.   

Mais, l’AMOUR se multipliera partout. Il fera couler la sève dans le roc puisqu’il est mutation, orgasme.           

J’aurais voulu crever tant j’avais honte de ne pas avoir la fierté de porter « mon crime », celui d’être ce que je suis, mais d’instinct je savais que crever ne conduit nulle part et qu’il est parfois plus difficile de vivre que de crever.           

Cette saison en enfer m’a créé tel que je suis. Cet enfer a semé en moi la peur, mais aussi le courage et la détermination d’abandonner le combat que le jour de la victoire. Mario, je ne t’oublierai jamais puisque je suis toi et que tu es moi. Deux âmes en une, depuis qu’on a fait l’amour. Puisque tu es la terre et que je t’aime. Aucune frontière ne peut m’atteindre et restreindre mon amour, ma bien-aimée Terre-Mario. Chaque pays s’éveillera. La vie empruntera aux pierres leurs atomes en mutations et nourrira les sillons nécessaires aux récoltes. 

     NOUS SERONS DES ENFANTS POLISSONS, MAIS ADORABLES. 

Oui. Nous vaincrons. Nous vivrons sur terre le Royaume des Hommes libres. Le royaume de ceux pour qui la VÉRITÉ d’être est plus fondamentale que l’argent et le pouvoir. Un Québec libre.        

L’important… c’est de t’avoir connu. C’est d’avoir appris que la non-violence vaincra l’ordre et le fascisme quand les hommes seront maîtres de leur destinée. Quand la forêt aura vaincu la ville. Quand la poésie aura pris sa place au trône de chaque humain. La non-violence vaincra quand nos mains affamées d’amour se tendront vers les autres, caresses et baisers partagés.   Redécouverte du toucher… interdit pour tuer la tendresse. Communication-aimant-amant. Les humains ne sauront survivre à la voracité de l’argent, sans la CARESSE.        

Même si le système économique s’ingénie à tuer ceux qui pensent, à briser leur conscience et leur lucidité, viendra le jour où l’amour vrai, la passion, non hypocrite et libre, triomphera. Alors les gens sauront qu’aimer n’est pas exclusif, ni possessif, mais qu’il est le visage, le corps que l’on cherche et que l’on découvre. L’âme sœur.             

Tu ne peux savoir Mario-Réjean-Mathieu-Gabriel- Shuded-Rouhed-Tuan-Éric à quel point j’aimerais que l’exemple de notre amour, par vos lèvres qui dictent l’exemple, dans l’ivresse d’un geste de passion, permette que cessent les Biafra, Nigéria, Cambodge, Palestine, Bangladesh, Haïti. Serait-ce que la terre est plus pesante à la conscience que le Cosmos? La vie est-elle une larme? De toute façon, tous les soldats sont des assassins, décorés ou non. Mais parfois, il nous en faut pour établir la paix. Ce sont alors des héros exigés le temps d’un sacrifice.

Mario-Réjean, mon Cosmos, je t’adore!       

                                                     Fin

Sherbrooke 1972; texte revu et adapté à Montréal, 1997.     

Mario 8

décembre 11, 2020

Mario 8

2è partie  

Je suis entré en prison : ivre de remords. Même si on m’a brisé en me faisant croire en ma culpabilité. Je renais dans ma liberté, plus fort, plus pur, qu’au temps des cauchemars. On m’a tué en me faisant croire un monstre. C’est peut-être ça la monstruosité : être amant du Soleil. Le vrai Soleil, non les lumières artificielles des villes. La monstruosité est peut-être de juger les autres.

                               Seuls les enfants sont des Hommes!        

Le seul péché que je connaisse est de se prostituer à la pollution. Le pouvoir et l’argent. Êtres de la pollution. L’amour est notre oxygène. Tabarnak! Qu’il faille être aliéné pour croire que l’amour ne confère pas presque tous les droits. Seule la violence doit être éliminée. Aussi, donc, de par la vie et à cause de la vie :     
 
Je proclame la vie. Malgré les barreaux.          

Je proclame la pureté. Malgré les tâtonnements pernicieux de la chasteté.        

Je proclame l’Amour. Malgré les tâtonnements, les exigences. Un grand souffle de responsabilité.            

Je suis comme la terre; on y sème l’avoine de l’avenir. Et les hommes libres ratisseront leurs haines pour les faire brûler.          

Malgré les fers qui m’ont marqué aux poignets et m’ont imposé le geste de me trahir en refusant la sève en moi, je demeure libre. Ma candeur proclame l’Amour au-delà de baisers malheureux. Ma cellule s’est mutée en immense vestibule de rêves.

                           Je crois dans la délivrance.     

                                     Je suis libre!          

                   Je suis un enfant et mon langage est la Liberté.

                            Je suis de non-violence absolue!     

J’ai la liberté de faire et de dire ce qui me plaît tant qu’il n’y a pas de violence et le respect des autres. La liberté de créer ce que je veux.   

La Liberté de me taire ou de crier pour autant que mon cri soit celui de la non-violence pour ceux que j’aime.   

J’ai choisi l’amour malgré la peur qui m’étrangle. J’ai choisi la passion malgré la répression. J’ai choisi la Liberté pour assurer Ta Liberté.  

À tous ceux qui proclament que l’Amour tue, je leur flanque à la figure la résurrection. Je ne crèverai point. Je suis déjà mort à la Vie, grâce à l’hypocrisie de vos lois de bourgeois-exploiteurs.     

Je suis le dernier de cette race pour qui la Vie est plus importante que la survie, que l’argent.    Pour qui la passion est plus importante que la prison qu’elle réserve à coup sûr? Je t’aime Mario! Je t’aime, car maintenant les étoiles parlent d’amour. Mon Mario- Réjean! Mon Mario-Québec!         

Kalvair! Je t’adore, mon petit Mario. J’adore ton corps et sa façon de se déhancher. Tes petites fesses bien rondes et ta petite, toute petite queue bien raide. Je t’adore mon petit Québec à moi. Libre de tout. Je t’aime malgré tes yeux croches et la prison.           

Chez nous certains prétendent qu’il est mal d’aimer ainsi l’amour. Contre la loi sénile qui te prive de ton droit d’être maître de ton corps. Contre les si nécessaires caresses. La Vie n’est pas enfermée dans les lois pour y étouffer.   En principe, les lois sont là pour nous protéger des exploiteurs. La Vie ne se laisse jamais séquestrer. La vie court dans les champs. La vie est un équilibre.           

J’en ai plein les yeux de sa beauté. Être libre, c’est être soi-même. Authentique. Franc. Sincère. Bien vivant.           

Ô Québec, comment peux-tu supporter le joug de l’argent? De la bourgeoisie? Pourquoi survis-tu plutôt que de vivre? Un jour viendra, crois-moi, où nous serons libres. Notre joug sera bientôt chose du passé, éternellement fini. Les temps des barreaux seront oubliés et viendra le temps des mots magiques. Des baises.

 Je t’aime sera notre credo. Tous les deux nous serons un. Nous serons des enfants. Ils ne comprennent pas encore Mario. Ils ne peuvent savoir que le temps ne nous touche pas. Les jeux ne nous fatiguent guère.   Je t’aime, malgré les lois, la police et sa pègre, malgré le système pourri.    Le système est une mafia légale, une institution de riches pour leur permettre l’exploitation des plus pauvres. Je n’obéis pas. Ma sincérité est la même envers toi. Ma foi en toi est complète. Je crois en toi, Mario-Québec. Je crois dans la lutte à la pauvreté, dans l’égalité des chances. Nous sommes là pour apprendre la beauté du Dieu-créateur, une énergie purement immatérielle.      

             Il n’y a qu’une Vie : la Liberté en Amour.        

             Il n’y a qu’une route qui conduit à la vie : l’Amour.   

Mario, je suis toi, comme tu es moi. Pourtant, je suis impuissant à te dire. J’ai été forgé dans la peur des faussetés religieuses, de règles sexuelles bourgeoises et stupides. Mon amour. Je te veux plus libre que moi. Je te veux en pleine splendeur et non malade. J’ai peine à te dire, tu es trop beau. Un jour viendra où nous aurons conquis notre indépendance. Ce jour-là est proche. Il est déjà en nous. Restera notre Liberté… notre responsabilité. Nous sommes sculptés à la musique… L’amour est plus important que l’argent, le statut social. La Vie sert à créer la paix. Le paradis sur terre sera créé quand les hommes obéiront à leur coeur et non à l’avidité de leur portefeuille. Le coeur est parfois plus important que l’intelligence.          

Je souffre une vie entière dans un espace quelconque, dans un temps si court. J’ai mal de vivre ma vie, qu’elle me conduise à la déportation ou à être fusillé. Si un jour la pollution prend la terre d’assaut et sort vainqueur : c’est la mort. Je suis prêt à franchir le temps pour te demeurer fidèle. Même la prison ne peut m’arracher cette hantise. Comment puis-je te trahir? Pouvons-nous vivre nos rêves?

J’aimerais que partout, comme nous, nous nous aimions tous. Qu’à jamais l’envie soit déracinée en nous. Que la suffisance de notre bonheur individuel soit notre vie et non la recherche d’un bonheur illusoire de pouvoir et de domination.   

Il y a eu trop de Vietnam et de Tchétchénie! Maudit impérialisme! Tout peuple a le droit à sa liberté. Il y a eu trop de guerres. Le monde est assoiffé de paix. Pour avoir la paix, il faut le droit à la passion. Dépasser les frontières des langues, des races et des religions.   

Je t’offre mes lèvres. Je t’offre mes mains. Je t’offre mon corps, mon pénis, mon cerveau. Tout. Mario, utilise-les comme tu veux. Dicte paroles et gestes. Et par la suite… advienne que pourra. Ce sera pour nous le paradis ou la pollution. Ce sera pour nous la campagne ou la ville, le cheval ou l’auto, la victoire ou la prison. La liberté ou l’exécution    .

J’ai foi en vous. La Liberté sera notre Amour. Notre vie sera celle que nous aurons choisie. Il n’y aura plus de « démocrassie » capitaliste ou d’autoritarisme communiste, mais une participation de tous à sculpter ton corps, notre corps, notre propre épanouissement et notre propre destinée. Nous serons tous un même JE dans une gamme que l’on ne saura jamais détruire. La démocratie sera d’être tous nous-mêmes, au service de tous, selon notre propre vie, nos talents et nos possibilités. Si je dois mourir pour avoir le droit de t’aimer qu’on me tue.

Mario. La Liberté aura vaincu l’espace et le temps. Il n’y aura plus de capitalistes, de communistes, de socialistes, il n’y aura plus de mahométans, de bouddhistes ou de chrétiens;  il n’y aura plus d’hommes et de femmes, mais des HUMAINS… des HOMO-FEMMES-ENFANTS , des HUMAINS libres, assez intelligents pour vivre au-delà de tous ces rackets, de toutes ces formes de violence, de vivre la VIE pour VIVRE.         

Mario 7

décembre 10, 2020

Mario 7

Je réclame au nom et en tant qu’Homme, la dignité que l’on bafoue. J’accuse haut et fort ma lâcheté et ma peur pour l’exorciser. Et contre le regret, je m’accuse d’être un salaud… main un salaud en quête d’un amour plus grand, plus pur que la demi-saison. Un amour- passion, un vice, seul guide au-delà des contingences du quotidien. Un amour libre. Je suis salaud parce que l’on me force à être salaud. Parce que c’est ainsi qu’on me désigne. Je suis un salaud comme je suis anarchiste, comme je suis pédéraste… par dignité humaine. Je suis un salaud par rapport à la pollution, la domination, la répression. Je suis un salaud parce que je suis un homme debout. Même en prison, je demeure ton amant. Tu es ma région, mon pays.

Continent de jeunesse. Fleur de l’enfance trompée dans sa naïveté. Je suis le justicier. Le strip-poker. Mes paroles sont de feu et mon pouvoir ronge le noir tombeau des siècles. En Amérique comme à se dénouer la trame de l’avenir qui se joint au passé par la route du nord.   

J’enfile à mon aiguille les glaces du mépris, les mensonges de la vie. La lune a mis le nez au hublot du navire-terre. Vogue Québec sur les eaux qui t’entourent. 
          Demain, nous serons des francophones libres du Québec.             
                             Souffle le temps comme souffle le vent.     
                                    Demain, nous serons vivants    
                                            Nobles survivants.    

Et New York englouti cherche du bout des doigts à poser sur une bande de terrain qui flotte à l’horizon son maque de nausée.    

L’histoire retourne sur ses pas, à la source. Au cœur de la terre. La terre d’auparavant, d’avant le chaos. De la terre où l’on nous disait fous.       

Sains de corps et d’esprit, nous dicterons comment passer de la servitude à l’autonomie, de la matière à l’esprit.          

Modeste compagnon ainsi se termine ma chanson. La nuit n’a plus d’emprise sur ma prison.          
J’ai oublié mon nom, mais mon pays est le Québec…
     

Mario 6

décembre 9, 2020

Mario 6

L’amour est plus fort que les empreintes digitales, les photos numérotées;  l’amour c’est le feu qui fond le mur des prisons, qui tue, qui transforme. L’Amour, c’est la vie.        

Mario. On t’a bafoué. On t’a écrasé. Et l’on te garde loin de moi… puisque tu ne veux pas te sauver, je le ferai pour toi. Nous sèmerons ta famille dans la tempête et le vent. L’ouragan sera si fort que l’on te cédera plutôt que de fondre au rocher. Les doigts nazis qui s’infiltrent entre tes épaules seront coupés et brûlés à la place publique. Mario , tu seras libre. Nous poursuivons notre chemin.     

La rédemption est dans la foi de notre libération.    

Mario. Je me suis fait prisonnier pour te porter dans mon cœur, toi, ma région, mon enfance, mon pays. Mario chéri !  Je revois dans tes yeux la douce lueur d’espoir qui agitait nos parents, nos amis, nos frères du peuple. Nous que la terre choyait de ses fruits. Nos lapins, petits et mignons…         

Je me rappelle cet amour qui animait nos mains en posant délicatement sur la porte du fourneau, dans une boîte, des lapins enroulés. Des lapins qui nous semblaient mourir de froid, mais qui succombaient au poison que nous leur donnions trois fois par jour pour les nourrir. Combien de larmes lessivaient nos joues blanches de peur? Nous les aimions tant nos lapins que la terre tuait parce qu’elle n’était pas soigneusement tamisée. Sans le savoir, nous les avons tués avec notre bonté, notre générosité.       

O Mon chéri! Reviens vite. Malgré le délire de ton absence, je jouis à la pensée que demain, un demain plus près de nous, tu seras libre. Je t’aurai enseigné la poésie des étoiles et la grandeur du blanc de la neige. Je t’aurai appris à marcher à travers les mots. Tu seras imperméable au sommeil. Tu m’auras appris à dessiner des paysages comme ceux jadis avant l’orage. Malgré les barreaux qui nous séparent, ces barreaux-tombeaux, je sais que tu continues à vivre l’apprentissage de la liberté des vers et la couleur de ton enfance. Toi, mon paradis terrestre. Mon pays du Québec à libérer.   Mon prince charmant. Mais sache que souvent le prince du fond de son cachot est encore plus libre que son peuple dans les champs.        

J’ai mal à la Vérité. J’ai le cœur noir de servitude. Je suis né de l’enfance. J’ai gardé son langage au-delà des actes. La révolte qui m’anime n’a de réalité que dans la situation qui l’engendre. En dehors de cette situation, nous ne sommes qu’amour. Qu’importe!  les baisers fonderont le masque qu’on nous impose.   

Je suis le clairon d’un peuple en guerre de son mal d’aimer, d’un peuple qui se crée, qui naît à sa propre identité. Toi, Mario-Réjean.

Peuple -Mario, je veux t’aimer tendrement et cesser à jamais de voir en nous dans les enfants qui nous entourent la haine qui m’obsède. Je veux bannir en toi tout désir de violence. Toute frustration qui engendre ce désir. Je suis la pierre lancée dans les eaux du lac. J’ai fissuré l’armure. Je suis l’écho d’un désir inlassable de paix et d’amour.           

       Je crois en l’amour plus que dans les obus.     
       Je croix à la force du Verbe plus que dans l’argent.    
       Je crois en la création plus qu’en la guerre.     
       Je crois en l’anarchie pour retrouver l’enfance.           
       Je crois en l’Homme, malgré sa difficulté à naître.      
   
Pour vaincre la mort, je vivrai de la nature. Qu’importe le temps, les murs et les prisons. Qu’importe les mots. Demain, par l’alchimie de la Justice, la tendresse aura reconquis la Terre.          

Mario 5

décembre 8, 2020

Mario 5

Je suis, selon eux et par eux, le monstre que l’on promène de labo en labo pour photographier, analyser les gestes, déceler les tendances.                     

Je suis un monstre parce que je ne suis pas pourri. Je suis un monstre à la pollution. Je la combats avec mes lèvres et je la tue en la broyant sur ton ventre vierge à coups de caresses et de regards passionnés.

Mario. Je t’adore. Tu es arrivé dans ma vie comme le vent à la veille d’une tempête. Beau Satan! Tu te fichais bien d’ailleurs d’avoir à boire ou à manger, tu découvrais ta dix-huitième planète où je me trouvais. Où je t’attendais à travers les siècles.           

Je communiquais au silence des hommes pour mieux te voir, mon petit Lucifer. Mon diablotin quotidien. Je me rappelle tu étais si joli, je t’aurais croqué. Et, de cette envie, je t’ai enfoui dans ma gorge. Douceur exquise!       

Tu m’es apparu, nu, plus beau que les anges, le plus merveilleux de la création. Mario, j’adore ton innocence. Tes lèvres chaudes d’une tendresse qu’elles n’ont jamais goûtée. Comme tu es beau endormi. Laisse-moi te regarder et poser ma main sur ton ventre. Tu es si pur. Laisse-moi emprunter ton corps, j’irai jusqu’à l’étoile centrale…      

Je vaincrai l’enfer et la désolation, grâce à ton corps enfilé au mien… Mario!     

Pourquoi veut-on te dérober à moi? Mes caresses seraient-elles plus vides que les fessées de ta mère? Plus néfastes à ton éducation? Mes rêves dans lesquels tu serais l’enfant chéri d’un monde qui ne brise pas la candeur, seraient-ils pires que l’asphyxie que l’on t’impose? Je ferai de toi le plus heureux des enfants. À même tes désirs, je briserai les murs-prisons de mon innocence. Rien ne prévaudra contre notre amour. Je t’aime. Mario — Réjean. Nous marcherons tous les deux ensemble dans un même voyage, vers les mêmes paysages et nous serons silencieux. Nous goûterons Dieu. 

Mario pour te retrouver je briserai les murs. Rien ne prévaudra contre notre amour.

Les hommes d’aujourd’hui ne savent plus ce qu’est l’amour. Ils brisent les larmes des enfants comme s’il s’agissait de leur poupée. Ils crient caprices à chacun de leurs désirs. Les hommes sont de glaise et de boue. Ils meurent séchés de ne savoir goûter la tentation ultime d’un paradis terrestre.          

Il était une fois hors du temps et de l’espace terrestre, un prince qui avait égaré son royaume. Il s’en fut sur la septième planète de la galaxie des temps innommables et y rencontra un enfant. Le prince hésita longtemps à parler de son malheur. L’enfant s’impatienta et tua le prince.          

Caïn venait de naître. Abel renaîtra parmi nous pour racheter son frère qui le tua.

Mario 4

décembre 7, 2020

Mario 4

J’ai vécu avec les mutants. Ils m’ont appris à parler.  

Les mutants étaient d’éternels enfants venus d’on ne sait de quel univers. Ils avaient emprunté des corps de gamins pour jouer avec nous et parfois, comme les chiens, ils nous guidaient dans d’étranges univers. Je me rappelle d’eux une chanson :
   Crachez sur cette société         
   Exigez d’elle tout ce qui est possible. 
   Hors la mort toute frontière est abolie 
   Voyez et créez le monde comme le voient les enfants.     
   La terre a dans ses veines des champs sans clôture         
   des montagnes droites comme des falaises qui attendent l’escalade    
   dans son sein des prairies plus riches que les palettes au soleil
   sous son masque des enfants qui regardent qui écoutent           
   des enfants qui se donnent la main et s’embrassent sans rougir           
   des enfants qui n’ont pas encore compris que la survie exigera 
                                    « la mort »   
   Les enfants pour manger ne deviennent-ils pas machines?       
   Les enfants présents abdiquent la connaissance pour le savoir
   ils perdent l’égalité primitive et se sectionnent         
   ils se divisent se décomposent accordant aux organes pétrifiés 
   des étiquettes de valeurs, des jugements et des choix      
                           « Société de décomposition » 
   Au nom de la morale, de la jalousie et de la possession   
   les jambes roses des gamins sont arrachées des champs
   leurs lèvres écumantes sont à jamais soudées       
   leurs corps allègres sont brûlés, sacrifiés     
                            « Société désincarnée  »          
   pour sauver l’esprit la chair est mise à mort  
   pour nourrir l’esprit le corps est incendié      
   animaux voraces, sans visage, comme des usines
                              »  Société dépravée  »   
   Nous voulons pour les enfants qui verront l’incroyable    
   d’un monde où l’âme sera le corps, où le corps sera l’âme           
   un monde sans possession, un monde de relatif   
   un monde sans main, un monde de baisers            
                         « Monde de la communion »     
   où boire à l’Être sera l’ineffaçable présent.   
   Ère de la beauté du corps enfant, du feu de l’âme.
  

Les mutants riaient de me voir tendre l’oreille sans paraître absorbé par ce paysage qui déjà poussait en moi ses longues herbes. J’ai été élevé dans ce paradis de liberté à travers les lances funèbres de mon entourage. J’ai vécu jusqu’à dix ans dans ce paradis qu’avec la haine on me dérobe. J’ai chanté l’unique préface qui réveille à la Liberté. Cette préface, taillée dans le verre et qui, à compter de ce jour, marquera le Temps du début. Pour l’instant, je m’enfonce dans le miroir de notre mort-prison pour créer à trois l’Amour. J’avais tant de choses à dire auparavant, je les ai criées. Maintenant, le verre est brisé et file le temps de l’alchimie du verbe. Je voyagerai quinze ans dans ton âme. Un voyage qui vaut bien tous les voyages à la lune.          
 
Le temps du réveil aura été brutal. Ce n’était plus un jeu d’enfant, mais la triste réalité des adultes où l’amour est condamné. D’ailleurs, chez les adultes, un enfant est toujours coupable d’une désobéissance quelconque.                  

Mario! Mario!   Je t’aime. Je ne t’ai pas trahi. Pourtant, les vaches gueules de vipères avaient réussi à répandre en moi le doute de ma propre identité. L’innocence de mon enfance coule entre leurs dents comme un fleuve de sang. De l’enfant que je suis, on a fait un monstre… ils ne savent comprendre que je suis endormi à toutes leurs réalités terrestres. Je suis le voyageur spatial qui s’entraîne dans la cour de l’arrière-boutique, chez lui, dans son propre univers de beauté et de drames. Je suis à jamais cramponné à mes rêves et la sueur du jour m’étouffe quand je sors.        

Qu’importe! Pour les adultes,  je suis un monstre et leur seul intérêt est de me le faire croire.


Mario 3

décembre 6, 2020

Mario 3

Mario chéri!  Aujourd’hui, plus puissant que la tempête. Le sable élève entre nous le mur des siècles à ne jamais aimer, des siècles à toujours proclamer l’hypocrisie du péché et du mensonge de nos gestes, de nos baisers.

Même le papier, notre autel des poèmes, est profané et le vert chandail de la mer s’étend en camisole de force sur nos cœurs. Ne pouvons-nous pas nous aimer? Malgré ton jeune âge? Ne pouvons-nous pas renverser toutes les règles qui, entre nos lèvres, sèment des frimas et du givre? Je voudrais restituer aux baisers de nos regards le vrai sens de la vie : aimer et créer.          

S’aimer tout est là. Envers et contre tous. Hors des règles. Comme des fous. S’aimer à renverser le pouvoir des tyrans qui auscultent nos cœurs muets de peur. S’aimer à feindre la mort pour vivre notre union secrète. 25 avril.  Ce sera le jour de ta fête et celle de ceux qui refusent le compromis vicieux de la gloire et du plaisir.

Ce sera jour de fête pour tous ceux qui croient dans l’amour et la liberté. Jour de ta fête. Jour qui proclame notre amour par la liberté que nous nous accordons.     
S’aimer malgré notre impuissance à se le dire, à le proclamer à la face du monde. S’aimer, malgré les ronces qui écorchent nos doigts et crèvent nos yeux. S’aimer à briser le cycle de l’enfer.

 À chaque rouage, il faudra substituer ta salive pour que coule sur nos langues l’ombre de tes joues roses du printemps. 25 avril.  Et nous serons grands. Nous serons des fantômes qui préparons les champs de blé. Nous serons semeurs de sourires pour qu’au jour où nous serons réunis naisse la jouissance. 25 avril.  Nous serons grands. Sous serons des fantômes qui préparent les champs de blé. Nous serons des semeurs de sourires. Le jour où nous serons réunis naîtra la jouissance. 25 avril. Et tout nous sera permis.      

Nous serons plus puissants que les dieux et plus sages que les démons.

« Je » sera l’Homme d’hier, d’aujourd’hui et de toujours. L’Homme que l’on a tenté d’étouffer, mais qui résiste à la nuit, derrière les pierres tombales sculptées à nos noms. L’Homme attend sa résurrection dans les corps fantômes de nos ruelles et de nos usines. Nous nous éveillerons à la jouissance de vivre. 

Nous sommes de boue et de glaise. Sur nos lèvres languit le temps. La vie déjà nous possède, combattants du midi, dormeurs du VAL. Nous, soldats de quinze années-lumière. Les chiffres magiques se forment avec nos doigts. Un. Trois. Sept. Neuf, Treize. Où est le deux de tes treize ans? Le deux policier et ses nombres pairs. La répression aurait-elle disparue ?

Où marche dans le froid de notre double amour de la Vérité et de la Liberté? Où commence le un? Le un de la Vie, de l’Amour, de la Liberté. Le un au temps d’être Homme.

Moi, qui ne suis que le trois. Le système nouveau. Le triangle à la base de toutes pyramides. Je suis l’enfant. Je me forme à la musique des gitans.

Comme un serpent, je suis charmé par le ruisseau qui coule à la mer pour la nourrir et nous impressionner. L’oxygène est si rare dans nos villes. 

Mario 2

décembre 5, 2020

On a tué le cheval blanc, mi-homme et mi- bête, qui nous portait à l’autel où la vie s’offrait à nous dans l’élixir vin-hachisch de Vérité. Sonne le glas de tes années de paix. La liberté nous est dérobée comme nos bourses. Nous sommes pauvres en ce cachot de nos souvenirs d’hier… je m’ennuie de te serrer dans mes bras…     

Où es-tu passé? Qu’es-tu devenu? Je t’adore pourtant… La vie a-t-elle le droit de jouer ainsi avec la mort pour tracer en nos âmes une immense cicatrice de feu et de sang? Les armes ont remplacé l’amour, le duel s’est substitué aux baisers. Et nos mains qui cherchaient à s’étonner sur les corps nus de notre solitude sont plus vides que l’ardeur à retrouver ce temps où l’illusion de notre éternité nous berçait de quiétude. Où sont les bras qui guidaient nos mains hors de cette nausée dans laquelle nous sommes plongés?      

Je t’ai revu quelque part, près d’un fleuve, en vacances de rire. Mon chéri, ta mère voulait me dire, je ne sais quoi de belliqueux. Et je t’ai bercé dans mes yeux, malgré l’offensive de mes rides. Les flammes de son regard ont consumé ma hantise. Je t’ai vécu quand je te croyais mort. Petit chéri, tu étais plus beau qu’à l’époque. Ton visage avait trouvé la cire des fresques grecques et ta libération s’était opérée à contretemps. Je t’ai revu, près de moi, toujours aussi divin dans l’attente de mes caresses. Réjean, tu m’attendais dans ton corps Mario. Tu te pressais contre moi dans notre paysage. Tu découpais le temps. Tu échappais à la tentative de viol répété d’un peuple de glaive et de papier. Tu m’attendais avec ton sourire provocateur : la vie a retrouvé en toi l’oiseau dans son nid.          

Oui. Malgré les fers, nous serons ensemble tous les deux, prisonniers du même rêve. Nous reviendrons d’au-delà de la mort… Elle nous aura unis par le quadrille dans la grande gigue de nos sens… La vie a besoin d’amour pour respirer. La vie, chambre à gaz qu’habitent nos frères. Nous serons de marbre. Et nous vivrons aussi longtemps que volera en nous l’hirondelle de la nouvelle liberté… avant que la pluie dessèche à nouveau nos lèvres gercées d’absence et qu’en nos frères nous semions la vie d’un tendre mouvement de la main sur leur corps nu, endormi.   

Nous sculpterons en leur chair le mot : AIMER.         

Mais tout cela se passera dans un autre monde, hors de ma cellule, dans le monde qui germe en moi, des grabats de ma cellule, je proclamerai la vie. Moi.

                               Français. Libre. Québécois. 
Moi qui suis né avant mon temps. Dans un cimetière. Plus pisseux que les Anglais, mais un peu moins que la moyenne des nègres blancs du Québec. Juste un peu quétaine. Ce n’est pas un cadeau d’être quétaine en naissant, c’est pire qu’être vampire et se promener avec des bigoudis pour faire croire aux gens que l’on déteste la bourgeoisie. C’est pire que de porter orgueilleusement sous son pantalon des petites culottes de dentelles roses, assorties de pépites d’or pour attirer les chercheurs.         

Pourtant… ma peur était un peu spéciale. C’était une peur-citron. J’en détestais la saveur. J’aurais eu plaisir à l’uriner, mais on n’urine pas la peur. Ce vinaigre dans le sang. Elle commence toujours par ravager les reins, tirer les tripes et serrer les couilles. Elle rend plus stérile que le pape et plus dépouillé qu’un chat de gouttière. Avec ma peur, j’avais l’impression d’être plus laid qu’un bonze asiatique pris de constipation ou un saint catholique avec un nœud de douleurs dans le sexe gangreneux à force de ne jamais servir.           

Pourtant… j’avais bonne volonté. Je ne voulais pas venir au monde avec une gueule de lèche-fesse et les yeux ferreux de lapins capitalistes qu’on a savamment passés au feu pour les pétrir et les rendre imperméables à la vie. Je ne voulais pas non plus être volaille chez Steinberg, qu’on vend quinze cent de plus pour construire de grands magasins dans les pays qui s’éveillent à la $$$ civilisation $$$. 

Je voulais être libre. Je voulais réveiller tous ces morts, jouer aux fesses dans l’herbe avec leurs os et raconter de grandes histoires de fantômes.   Il était une fois une fois des enfants de l’innocence. Des enfants de la paix. Les enfants du val. Les fils de la liberté qui jouaient à la rose et s’ouvraient à la vie dans un fleuve de sperme.          

Je voulais, hélas, trop… je les ai retrouvés. On m’a assassiné. Je suis depuis un mort-vivant. 

Le vent du Québec souffle encore en moi, telle une épée dans mes chairs. Commence le voyage au-delà des murs de l’espoir et l’espace serrée de la Vérité.

La prison, c’est la mort. Un trou formé dans l’espace que l’on occupait chez les autres jusqu’à leur oubli dans la vie quotidienne. J’emprunte le chemin de ma cellule. La Nécessité m’étrangle de rires. La Nécessité, c’est l’enfer qui nous arrache un temps à l’enfance. Un temps qui nous semble si long qu’on croit qu’il ne finira jamais. Heureusement, je t’aime et je veux demeurer ainsi fidèle à ma planète, à mon univers, celui que j’ai quitté pour vivre un poème cosmique.          

À cause des hommes, leur outrage à l’amour, j’ai été marqué à même la plaie formée au dos de mon pays. Et mes larmes sur ton corps ont lavé les taches de rousseur de tes épaules. Pauvre chéri, j’ai été pour toi le vent sur la mer. La pénétration des âmes pures qui nous avait brûlés aux yeux.    

Je t’adore et je te cherche en ma folie contre ma prison. Tu es ma liberté et ma prison. Trop libre on cesse de rêver.       

Mario 1

décembre 4, 2020

                    Mario

Les salauds! Les salauds! Ils m’ont arraché à mes rêves. Entre le passé et l’avenir, ils ont infiltré leurs insinuations de haute trahison. Mais qui ai-je trahi? Les bigs-boss qui exploitent le peuple? Les billets Dominion qui nous fourrent irrémédiablement en enfer? Les vaches qui abusent de l’ignorance et de la servitude des gars du textile, du bois et de la pierre.               

Je m’en fous! Je ne veux rien savoir de toutes leurs mesures de guerre anti libération… J’aime le bois. Le ruisseau. Les vagues du lac Memphrémagog. Le soleil somnolant sur le Pinacle et l’Orford. Mon seul tort est d’avoir les cheveux longs et d’aimer les petits gars et avoir les cheveux longs.                     

Est-ce ma faute si l’exploitation n’est pas éternelle? Est-ce ma faute si à Sherbrooke; 18,000 chômeurs traînent dans les rues pour proclamer leur peur? Est-ce ma faute si j’aime ce peuple comme j’aime les garçons?        

J’ai huit enfants, messieurs, huit enfants qui mangent des hot dog et du beurre de peanuts depuis 10 jours. Deux ont la grippe. Je n’ai plus d’argent pour leur acheter des vitamines. Maudit kâliss! Je dois payer Household Finance, si je ne veux pas me ramasser sur le trottoir avec les autres. Le gouvernement se paie de beaux immeubles, pour permettre à ses hauts fonctionnaires de s’en mettre plein les poches, pendant qu’à nous, on réserve l’assurance-chômage et le bien-être social. On veut une job…o-n-v-e-u-t-u-n-e-j-o-b-o-n-v-e-u-t-u-n-e-j-o-b-o-n-v-e-u-t–u-n-e-j-o-b.         

Et, dans la rue, les travailleurs spécialistes en chômage défilent comme des sardines. Pauvre politicien, il en oublie sa Molson. C’est un agréable tumulte. Les chômeurs de l’Estrie claquent les talons entre la boue et l’asphalte pour ne plus crier que leur révolte prolétaire. Ça l’air d’un régiment appréhendé pour une guerre appréhendée. Et, toutes les guerres profitent aux religions et aux multinationales qui les activent. 

Je rêve d’un autre monde appréhendé. Plus humain. Fini le travail obligatoire! Finies les perles d’un corps qui pleure de rage… nous sommes à l’ère des loisirs. Les 18,000 chômeurs, nus s’ébattent sur la plage. Les gamins tranquilles… par la force de leur faim de mots… assistent à de grandes soirées littéraires. Les films y sont aussi très bons… L’esprit a vaincu les mains qui, souvent, cherchent dans un territoire inconnu, une pulsion de plaisir à définir les lignes corporelles. Qu’il est bon de la sentir s’éveiller et s’étirer!           

La réalité du système n’est pas ma réalité.  

Je ne campe pas les vieux dans des asiles pour contrôleur de pilules anti vieillissement. Mafia de la maladie! 

Bon dieu! j’aurais dû écouter et demeurer bien au chaud dans mon lit, avec toi, plutôt que de courir l’image d’un peuple en famine de liberté. 

Je me suis laissé emporter par ce monde où ne subsistent plus les usines pour approvisionner les guerres. J’étais ravi de cet âge d’or 1900 « queuque » ou un an après. Je me suis laissé entraîner et j’ai crié avec eux plus que le tocsin :           

À bas la tapette! À bas la tapette divorcée! À bas le trou d’eau! Et, j’ai été emprisonné pour lucidité séditieuse.              

Qu’y a- t-il de mauvais à être tapette? Qui ne sait pas que tout le monde l’est potentiellement? Le gouvernement! Et je paie pour apprendre son ignorance crasse de l’homme.

Depuis six jours, je m’interroge dans ma cellule à savoir si la tapetterie n’a pas été confisquée comme le hasch et la mari afin de permettre aux autorités de poursuivre leur commerce et éviter les augmentations de taxes. Ainsi, la morale est sauvée puisqu’il est difficile de vivre dans un monde où la société décide à la fois de ta liberté et de ton bonheur. Comme si les enfants n’avaient pas le droit à la liberté.    

Les enfants comme des soldats jaillissent derrière les buissons et leur corps sveltes, nus, flambant de beauté, de leurs lèvres-sang brisent les lois,  en les mâchouillant. Qu’importe pour eux que la reine soit au papier ce que la putain est au bordel. Pour eux, les jeux sont faits; la reine et la putain sont de la même famille : celle de la nécessité. Et la nécessité pour les enfants n’existe pas plus que la révolution. Tout ce qui importe, c’est le jeu. Et les étoiles tombent dans les yeux du chat qui boit au ruisseau, près de la brebis,  amoureuse de sa moustache. Les doigts des enfants glissent dans ces manteaux invoquant la poussée à leur bas-ventre d’une toison d’or, voyage-symbole de leur découverte du monde de la jouissance, de l’air et du tourbillon. D’ailleurs, les enfants n’ont du monde que leurs yeux et le cachemire de leur ventre à peine différent de la moisson. Ils n’ont de pays que la poussière lunaire, empreinte de leurs pas dans le monde nouveau de leurs sens, hors du temps, hors de l’espace. Ils sont les ruisseaux du Cosmos. Leur cerveau de feu couche dans l’avenir d’une ruelle de briques. Ils provoquent à l’amour et à la création. Ils sont les archipels d’une Atlantide nouvelle. Ils sont l’amour comme toi que la brise me rend dans ma geôle. Toi, le vrai mur de ma prison. Mon obsession. Beau péché qui me dérobe à moi-même.            
 
Eh oui! On m’a volé l’amour, on m’a même dérobé mon pays. Les traits de ma vie ont changé dans mes mains. Du monde de l’innocence première, viscérale de l’enfance, du pays de la sincérité et du bonheur où je courais allégrement à la chasse sous les peupliers de la mort, je n’ai qu’un vague souvenir. Mes mains courent entre les ruines d’un temple que seuls mes rêves ne profanent plus.           

Mario. Présentation.

décembre 3, 2020

Mario. Présentation.

J’ai écrit Mario au début des années 1970.  C’est du même genre que Re-jean. Une sorte de délires poétiques.

Ce livre a été dédié à Mario Bachand, un felquiste qui a été assassiné à Paris. Je ne l’ai jamais rencontré, mais c’est un grand homme parce qu’il se battait pour la République francophone du Québec.  À cette époque, on parlait déjà de la mort suspecte de Gaston Gouin, poète de Sherbrooke.

En fait, ces crimes, devrais-je dire ces meurtres, auraient  été commis par les  Services secrets canadiens.

Ceux qui prétendent que la violence n’a jamais servi les intérêts du gouvernement fédéral canadien devraient se  rappeler du coup de la Brinks.

On a inventé le transfert des avoirs banquiers des Québécois à l’extérieur, sous prétexte de faire peur au peuple et l’empêcher de se révolter. Une autre fois, le fédéral a organisé un déploiement militaire dans les rues de Québec pour assagir les Québécois avant une élection. Et, il ne faudrait pas oublier la crise d’octobre et ses mesures de guerre, faisant du Québec un pays occupé par le Canada anglais.

La haine fédérale se poursuit à travers les coups de cochon du système judiciaire canadien.

La loi 101 a été déchiquetée par  la Cour suprême du Canada  d’où le Québec se retrouve maintenant  devant le danger de voir disparaître le français comme langue commune à Montréal  d’où Montréal est en train de perdre son statut de métropole du français en Amérique. Le fédéral a financièrement et juridiquement appuyé la majorité anglophone qui se fait passer pour une minorité,  mettant à long terme en danger la francité du Québec.

Actuellement, ce sont surtout des mouvements musulmans de l’Ontario qui, avec le gouvernement fédéral du Canada, combattent la laïcité votée et approuvée par le gouvernement du Québec.

Si ce n’est pas ça une occupation colonisatrice, qu’est-ce que c’est ?

Un sourire venu d’enfer 47

décembre 3, 2020

Autobiographie approximative

pp. 387 à la fin

À cette époque, je me prenais pour un grand poète incompris. L’écriture comptait déjà autant, sinon plus, que les petits gars. Je devais trouver un métier que j’aime et oublier ma révolution. Mais, en même temps, j’étais assailli par une remarque de Raoul Roy, l’écrivain.

  • Karl Marx essayait de sauver le monde avec ses grandes théories alors que sa famille crevait de faim.

Je ne voulais pas être un de ces « preachers ». Je ne cherchais pas le pouvoir, je cherchais ma place dans une société de plus en plus puritaine. Était-ce un retour à nos sources canadiennes-françaises, Port-Royal, le royaume des chercheurs de sainteté.

Plus je réfléchissais, plus devenir enseignant me semblait le premier pas à faire dans la bonne direction.

C’était la fin de ma carrière de révolutionnaire. Le hasard fit que je m’en irais dans l’enseignement puisque c’est tout ce que je savais faire. Il fallait enclencher le passage progressif de la pédérastie à la vie gaie. Il me fallait apprendre à jouir de la vue de la jeunesse sans la boire.

Je dois avouer que ma vie sexuelle fut toujours pour moi celle de l’enfant : un pervers polymorphe. Tant qu’il y a du plaisir, le sexe est un maudit beau passe- temps. Il n’y a aucune violence dans le sexe, seulement du plaisir. Les pervers sont ceux qui sont guidés par leur frustration.

Je découvrais la vie gaie. Les soirées dans les clubs à espérer qu’une personne me remarque et m’invite à terminer la nuit avec elle.

Quelles joies d’avoir rencontré Raymond Paquin, un professeur de Rouyn- Noranda, perdu dans les tavernes gaies, de Montréal, où nous nous sommes croisés. Tout ce qui comptait avec lui, c’était de rire et de baiser.

Une autre découverte incroyable : des bonshommes pouvaient croire que j’étais beau et me vouloir. J’avais ce besoin intérieur : me sentir désiré physiquement, mi, qui m’ai toujours cru très laid.

Rien n’était capable de nous arrêter. On aimait se rendre dans un restaurant et après avoir commencé à manger, se lever et chanter « L’Internationale« , l’hymne communiste, juste pour le plaisir de voir les gens capoter.

Une autre fois, nous nous étions rendus dans un club de danse hétéro et nous avons d’abord dansé un rock and roll ensemble, puis, un « slow cochon ». Les gens voulaient nous tuer. J’ai sauté sur une table, mais en rejoignant le plancher, je me suis tordu une cheville. J’en ai eu pour des semaines à en rire et à boiter.

Paquin pouvait payer la traite à tout le monde, mais il y avait toujours une condition : être drôle, agréable. Quand j’étais trop sérieux, il me faisait fumer  un petit joint: un party garanti.

Parfois, on se rendait sur la montagne, là, où j’ai connu ce que c’est de devenir le centre d’une orgie collective, d’avoir une dizaine de langues qui essaient de trouver un pouce de chair à lécher. C’était bien des plaisirs, mais ça ne me conduisait nulle part.

J’aimais autant aider Raoul Roy dans son imprimerie. Le soir, quand je ne savais pas où aller coucher, je me rendais chez lui et il me prêtait son divan. Le lendemain, je l’aidais à imprimer ses multiples livres. Je me suis beaucoup attaché à ce personnage inconnu de notre révolution alors qu’il en fut un des plus grands intellectuels.

Sauf pour l’indépendance du Québec, on n’avait pas toujours les mêmes idées, loin de là, mais il m’apprenait que la révolution est un travail sans relâche de communication et d’éducation. Fidèle au Général de Gaule, Raoul Roy était un passionné de l’indépendance et du socialisme. Nous parlions peu, nous agissions. On passait des journées à imprimer ses livres.

C’est un personnage très coloré, avec sa petite barbiche à la Lénine. Par contre, il était prisonnier de notre passé collectif. Il refusait qu’un individu se dise Québécois plutôt que canadien-français. Cette évolution était, selon lui, une régression, un moyen de diluer notre désir de créer une République. Il n’acceptait pas que les Canadiens anglais nous aient volé jusqu’à notre nom. Il prétendait aussi que si le Parti Québécois prenait le pouvoir, l’indépendance ne se ferait jamais parce que les gens commenceraient à déléguer cette mission de créer un pays à nous au parti péquiste plutôt que de continuer à s’investir pour la cause.

Raoul s’était aussi rendu en Israël faire une recherche sur Jésus qui donna son livre Jésus, guerrier de l’indépendance, publié à Parti pris, une des plus grosses maisons d’édition à cette époque.

C’est à partir de lui que je tenais que Jésus était profondément en amour avec son petit cousin de quinze ans, Saint-Jean l’évangéliste. Dans l’Évangile de Saint-Jean, bible de Jérusalem, l’auteur indique que ses disciples bien-aimés étaient couchés nus, en attendant Jésus au Jardin des Oliviers. Raoul prétendait qu’à cette époque de l’année, les gens ne pouvaient pas être couchés nus à moins d’être collés les uns aux autres.  C’est difficile de vérifier puisqu’on n’y était pas.

C’est aussi pourquoi j’ai dit dans une émission de radio sur les Rhinocéros en Abitibi, puisque Raymond Paquin s’était présenté candidat aux élections fédérales comme rhinocéros, que j’étais St-Jean, le petit serein de Jésus-Christ.

Nous buvions et fumions beaucoup. Ce n’est pas une excuse, mais une réalité. J’ai dû redescendre à Montréal sur le pouce puisqu’on voulait me faire la peau, tellement ça avait choqué beaucoup de gens.

Dans ce voyage, en passant à Val-d’Or j’ai pressenti que cette ville serait très importante dans ma vie, mais je ne savais pas pourquoi. Je suis passé par le lac Saint-Jean pour le retour. J’ai dû coucher en prison, car la police craignait que je sois attaqué par un ours durant la nuit.  Ce détour me permettait de connaître une autre partie de notre merveilleux Québec.

Je suis maintenant convaincu que la peur qu’on entretenait quand j’étais petit concernant les gros méchants loups qui rôdaient pour décapiter les petits gars m’a profondément marqué. Elle a manifestement retardé mon évolution sexuelle vers l’homosexualité, ce qui est quand même mieux accepté que la pédérastie. La pédérastie est une forme de fixation dans son identification sexuelle. Un mécanisme de défense. C’était du moins mon cas.

Durant des années, j’ai voulu affirmer mon exclusivité aux petits gars, mais la vie m’amenait lentement à cesser de croire dans les peurs de mon enfance. Freud a bien raison, nous sommes d’abord des pervers polymorphes. Il était inévitable qu’un jour je me retrouve dans la peau d’un gai. Il suffisait de rencontrer l’homme qui me ferait faire le pas de la transformation quant à mon identité intérieure. Dans ce domaine, l’évolution est très lente.

Par contre, le plus fondamental dans une orientation sexuelle demeure ce par quoi tu es attiré. Je ne crois pas que l’on change dans notre vie à ce point de vue.

Ma peur des hommes n’était pas toujours consciente, c’était un traumatisme enfantin.  Mon attrait pour la beauté juvénile était ce que je vivais de plus profond.  Par contre, ce qui me permit de modifier ma façon de voir les choses; fut que j’étais disponible à tout ce qui m’attirait, me fascinait. J’appelais ça mon « petit côté putain ».

C’était d’abord les petits gars à cause de leur jovialité, leur complicité et l’absence de peur inconsciente. L’inconscient joue un rôle déterminant dans tes choix sexuels. La vie humaine est très compliquée à comprendre et la vérité est encore plus difficile à déterminer. J’ai commencé à justifier la pédérastie en y voyant l’avantage de ne pas être mis en danger par le sida et un moyen de combattre la surpopulation.

J’ai aussi compris que la bigoterie conduit à l’homophobie.

C’est aussi ce qui se passe aujourd’hui au Québec. En condamnant globalement la sexualité, les jeunes ne saisissent pas les nuances.

Ton rapport avec la sexualité est fondamentalement le même qu’avec la liberté.

C’est surtout vrai chez les filles. Pourquoi les féminounes sont-elles incapables de valoriser la sexualité? Le discours sexuel est nettement plus négatif pour les filles que pour les garçons. C’est strictement une question d’éducation. La société a créé les règles pour éviter que les problèmes des pauvres se répercutent sur les bourgeois, en créant une morale mur à mur.

Le sexe est associé au mal plutôt qu’au plaisir sans aucune raison valable. La phobie du sexe chez les femmes est strictement à mon avis due au fait qu’elles sentent, même si ce n’est pas ouvertement dit, toutes les peurs que notre civilisation charrie depuis des siècles. Ce sont des peurs sociales qui viennent particulièrement des religions.

La société a été composée à partir des lubies des mâles. Ce n’est pas étonnant que les gais soient presque sur la même longueur d’onde que les femmes, car celles-ci n’ont pas à craindre la pénétration avec eux, tout en ayant droit à toute l’affection, la tendresse qu’elles cherchent.

J’ai toujours été très mélangé dans ces choix sexuels pleins de nuances. La seule chose dont j’étais certain, c’est que le plaisir sexuel ne peut pas tolérer la violence. Les rapports sexuels sont un échange d’énergie, de complicité, de fascination autant que le plaisir charnel, lui, est strictement génital  et se limite souvent par la pénétration par en avant comme par en arrière.

Dans le fonds, je préférais probablement les petits gars parce que je détestais et craignais la sodomie. J’ai même découvert les plaisirs de la fellation que devenu adulte.

La vie me prouvait quotidiennement que ce que l’on racontait sur la pédérastie était absolument faux. Le sexe avec les petits gars passe nécessairement par le jeu, par l’affection mutuelle. Une masturbation. Des caresses. Une fellation. Et pour certains, la sodomie. Pour voir ce que ça fait. Quel plaisir ça apporte.

C’est pourquoi c’est absolument faux de prétendre qu’un jeune peut être traumatisé par de telles expériences, s’il n’y a pas de violence ou de domination. Dans la pédérastie, le vrai et seul maître est le jeune. Il a le pouvoir de te rendre heureux et celui de t’envoyer en enfer s’il décide d’en parler. Il ne ressent pas les joies sexuelles différemment d’un adulte. Le plaisir peut-il traumatiser ?

Mais, il existe des psychopathes qui sont dangereux parce qu’ils sont frustrés sexuellement. C’est le contraire de ce que prétend la loi qui appelle un jeu sexuel, un abus, une agression. Je ne pouvais pas supporter de tels mensonges d’où je me suis créé une vocation, soit de rétablir la vérité et d’éliminer ce qui m’avait tant blessé, soit la peur des relations sexuelles avec des gars plus âgés. Je ne voulais pas qu’à l’avenir, les jeunes aient à souffrir de l’ignorance quant au sexe que moi j’avais vécu. Mon livre Dieu et le sexe visera strictement la nécessité d’avoir des cours d’éducation sexuelle qui ne soient pas une mise en garde, mais une source d’informations. La vérité, voilà ce qu’il faut enseigner et non les débilités religieuses.

J’identifiais le problème sexuel à l’ignorance, rien d’autre.

J’avais rencontré un groupe de jeunes garçons qui prenaient plaisir à venir me visiter strictement pour une fellation. Ils prétendaient même que je leur appartenais. Une voisine qui aimait boire avec moi l’apprit à ses dépens. Les jeunes se sont présentés à mon insu chez elle pour la menacer si elle continuait de me fréquenter.

Les jeunes ne se sentent jamais inférieurs à un adulte, à moins que celui-ci joue le gars en situation d’autorité. L’égalité homme femme sera bien plus difficile à réaliser que l’égalité homme petit gars. On ne parle jamais d’égalité homme femme enfant.

Les jeunes savent qu’il n’y a pas que les bras musclés dans notre monde. Le gabarit adulte n’a rien à voir avec la peur du jeune, à moins que l’on parle de pédophilie, là, où l’enfant à moins que l’âge de consentement.

Les autorités peuvent très facilement te faire mettre en prison pour des raisons sexuelles et les jeunes le savent très bien. Les féminounes prêchent leur censure aux jeunes. Ce sont des adeptes inconditionnelles de la censure. Elles imaginent les jeunes comme elles, soit  à la merci de tout ce qui bouge. Elles les sentent comme elles se sentent.

Ainsi, on maintient chez les jeunes la honte du sexe. Les jeunes doivent se cacher de leurs parents ou aux adultes pour vivre une expérience. C’est à mon sens ce qui amène ce genre de relations à pouvoir être dangereuses, car le jeune qui est vraiment en danger ne voudra pas en parler, avec raison, car on a créé un véritable enfer autour du mot sexe. Il ne veut pas être identifié à sa sexualité.

Si au contraire il pouvait en parler très librement, l’exploitation et la domination ne pourraient pas exister. En ce sens, les parents et les éducateurs doivent mettre les jeunes à l’aise pour parler de ce qui pourrait les troubler.

Mais dans notre société puritaine actuelle qui serait assez fou pour oser le dire?  Si les jeunes vont à répétition avec un bonhomme, c’est qu’ils y trouvent des avantages et des cadeaux. Il n’y a rien qui les oblige, sauf que la morale veut que ce ne soit pas possible. Les jeunes sont innocents. Une vérité d’aveugles. Les « spécialistes » seraient mieux d’avoir vécu un peu avant de répandre de tels mensonges.

La pédérastie est basée sur la séduction et non la domination.

On a beau dire que ce n’est pas grave, tout le monde en parle, donc, c’est sûrement quelque chose d’important. Par contre, on confond pédérastie et pédophilie comme si c’était la même chose. Le cerveau des jeunes ne changent pas.

La pédérastie est fondamentalement un plaisir, sinon jamais un jeune ne consentirait. Elle fut un sourire dans ma vie. J’ai connu les plaisirs sexuels dans mon enfance et je peux jurer que je n’ai pas haï ça et que je n’en ai jamais souffert.

La pédérastie m’a amené à adopter deux petits gars adorables. Et, finalement, chercher à me connaître fit que je ne retrouve en couple avec un gars de mon âge. Mon père serait sûrement bien content de l’apprendre, s’il ne le sait pas déjà. Contrairement à ce que je croyais, un pédéraste peut devenir un gai.

C’est étrange que ce plaisir sexuel soit plus décrié que la domination économique des gens. Une fraude modifie la vie de ceux qui la subissent. Les drogues détruisent des vies des jeunes. Ces actes ont pourtant plus de répercussions sur les gens que le plaisir de se faire masturber ou sucer, mais eux, ils ne sont pas criminalisés. La morale sexuelle religieuse sculpte la grande mafia mondiale économique.

J’ai écrit sur la pédérastie pour défendre le droit des adolescents à leur sexualité. Ce ne sont pas que de beaux mots à l’intérieur d’une charte, mais un droit fondamental.  Ils ont droit à leur intégrité physique. Ils ont le droit à une vie personnelle, en dehors du regard et du jugement  des adultes.

L’autre motif fut de faire comprendre que de jeunes victimes sont tuées parce que les prédateurs ont peur de ce que pensent les autres, de ce que la société exigera comme vengeance, si jamais le jeune à qui il laissera la vie, les dénonce. C’est aussi une réalité. La vie est beaucoup plus importante et fondamentale que la chasteté.  La mort d’une seule victime exige que l’on s’interroge à savoir si l’isolement dans lequel on essaie de cloîtrer les pédophiles n’est pas responsable d’avoir créé par la peur cette maladie mentale qui fauchera une vie.

Finalement, même si j’ai réussi à être détesté par la majorité des humains parce j’aurai eu le courage de dire que je suis pédéraste.

Il est essentiel de s’aimer, même si on est pédéraste (amourajeux) si on veut être capable d’aimer les autres.  

Les religions nous noient dans une culpabilité qui modifie notre réalité humaine. Il est impossible que Dieu ait créé le péché de la chair parce que s’il existe, il sait que l’amour  est ce qu’il y a de plus important dans la vie de chaque humain. Dieu n’est pas assez débile pour créer des catégories d’amour.

1978

Révisé en 2012

Un sourire venu d’enfer 46

décembre 2, 2020

Un sourire sorti d’enfer 46

Autobiographie approximative

pp. 381 à 387

La majorité des Québécois ne savent pas que la Grèce antique, le pilier de notre civilisation, a déjà existé et favorisé l’amour pédéraste (l’amourajoie).

La pédérastie était même une fierté. Cette ignorance du passé est normale puisqu’on n’en parlait jamais avant la fin de notre cours classique. Avant, on avait pour références que les écrivains qui s’acharnaient contre l’homosexualité. Personne ne se levait pour combattre cette fausseté. Qui veut passer pour un malade mental ?

En fait, je me rends compte que la peur idiote de la sexualité transmise par les féminounes actuelles est la même que celle de la religion quand j’étais petit. Quoique la religion ne nous mettait pas en prison pour apaiser les scrupuleux.

Les jeunes n’existent pratiquement pas dans l’esprit des adultes. Ils sont absents et sans pouvoir.

Alors, on ne nous faisait pas de grands sermons sur le danger des méchants vieux messieurs qui auraient pu avoir le désir de toucher à notre petit zizi. Les adultes s’imaginaient que tous les jeunes sont des niaiseux. La peur du sexe est une peur féminine, fruit d’un système qui est né avec la peur des religieux frustrés. Une peur qui nous vient aussi de la télévision. La peur des autres, une paranoïa. Le mépris que les femmes ont d’elles-mêmes parce qu’elles sont femmes d’où leur besoin de tant crier leur féminisme. La femme est la victime des religions. La femme est victime du rejet de sa sexualité et sa réalité.

Jusqu’à l’adolescence, le danger sexuel ne nous transperce même pas régulièrement  l’esprit.  Même  les  plus  vicieux  n’y  songent  probablement pas.

À cette époque, la sexualité était le dernier de mes soucis. Surtout que j’étais trop idiot pour comprendre les mots employés par les adultes correspondaient parfois à mes tentations amicales. Ce discours venait dans les cours d’école, à la cachette. Certains essayaient même de se prétendre mieux bâtis que leurs chevaux alors que les autres comme moi pensaient que ce petit tube ne servait qu’à faire pipi.

Mieux encore, nous n’avions pas la télévision pour présenter une bande de vieilles obsédées sexuelles qui essaient de nous faire croire que l’on pouvait être en danger en jouant aux fesses ou en voyant de la chair fraîche. Le scrupule traumatise plus que le plaisir. La chasteté est une forme de limite mentale. Qui peut proscrire un plaisir qui ne représente aucun danger?

Ces femmes projettent leur peur et leur dégoût du sexe sur leurs enfants. La peur du sexe est une obsession féminine, à cause des machos, je l’accorde. Si elles ont eu un peu de plaisir, il est évident qu’elles seront un peu plus ouvertes d’esprit. Le sexe ne sera pas un sacrifice exigé par la Bible. Il ne faut pas oublier qu’en 1967, les Québécois (es) ont souffert le martyr quand des noires d’Afrique sont venues en spectacles nous montrer de très beaux seins. On a du chemin à parcourir pour se sortir de la grande noirceur des adversaires des Fées ont soif.

Je me rappelle aussi que mes parents avaient discuté d’articles de journaux jaunes où on racontait comment certains garçons avaient été déchiquetés pour le plaisir sexuel d’un vieux cochon.

Je n’aurais jamais cru que de souhaiter que M. Pope me mette la main entre les deux jambes aie d’une certaine manière un rapport avec ce danger. Je rêvais de savoir ce que ça faisait quand c’était un adulte qui nous touche.

Dans le fonds, c’est tout un hommage que je lui rends sans même qu’il ne l’ait jamais su. Je souhaitais avoir une relation sexuelle avec lui.. Je le croyais assez correct pour ne pas avoir peur de lui et vouloir vivre cette expérience au-delà de ce que je connaissais sans peur, ni honte. Je n’avais même pas dix ans.

Pourtant plus tard, si je suis resté accroché à la pédérastie, c’est justement en partie parce que je me rappelais ces histoires de dangers qui m’avaient totalement traumatisé. Comment discerner un M. Pope d’un de ces sales qui te coupent en morceaux après avoir vérifié la rigidité de ton petit pipi?

L’homosexualité était tellement mal vue qu’à part les latrines publiques, tu ne savais pas où rencontrer des gais, ce qui conférait encore plus le statut de pervers à ceux qui s’y rendaient.  Moi, mon fou, j’avais encore peur des vieux. Je voulais bien, mais à reculons (sans jeu de mots), c’est-à-dire en tremblant de peur.

J’ai en très grande partie décroché de la pédérastie quand je me suis d’abord aperçu que ce n’était pas tous les gais qui rêvaient de faire de toi un chop suey ou une tourtière. Même que la plupart des gais étaient délicats, respectueux.

Est-ce qu’on nous avait menti ou est-ce qu’on exagérait un danger parce qu’on n’en connaissait rien?

Le « cruising » est une des choses les plus intéressantes de la vie sexuelle gaie, même si souvent ça ne tourne à rien. Ça vaut la peine de vaincre ta peur pour te sentir désiré.

Cette peur n’a pas eu d’effets néfastes sur moi simplement parce qu’à Barnston, les gais ne courent pas dans les rues. J’ai dû affronter ces histoires d’horreur à cause des journaux. Cette peur fut si envahissante que beaucoup plus tard et sans m’en rendre compte j’ai opté pour ce qui était le plus sécuritaire. Je faisais du pouce en trimbalant une roche dans mes poches. À cette époque, on n’était pas encore devenus assez fous pour croire qu’on peut être un monstre en jouant aux fesses sans violence et dans le plaisir. On pouvait faire la nuance entre plaisir et danger.

L’école libre me permit de me rendre compte que je pouvais vivre 24 heures sur 24 en rut, sans même toucher les petits gars qui me tentaient. Je pouvais aussi avoir des jeunes qui étaient absolument consentants et heureux de me connaître. Ainsi, je n’avais pas à forcer qui que ce soit à me fréquenter et à avoir peur des rapports sexuels. Je m’apercevais que les moumounes qui combattent avec tant d’acharnement la sexualité sont beaucoup plus aigries, plus jalouses que moi.

Leur discours est faux, car dans une relation pédéraste les deux sont strictement consentants. Et quand tu n’es pas frustré, tu n’as pas besoin de violer une autre personne pour assouvir tes besoins. Assouvi, le sexe occupe une proportion infime de tes pensées. Les désirs tombent avec l’éjaculation.

Ce fut cette transformation qui me donnait le choix. Ce fut ce qui me permit de découvrir que je pouvais aimer être le jouet sexuel d’un gars de mon âge ou d’un aîné et aimer ça. L’exclusivité quant à aimer juste des petits gars, comme le prône la majorité des pédérastes, volait en éclats à travers mes expériences. Par contre, j’étais déjà prisonnier de mes textes sur la pédérastie et identifié à cette orientation sexuelle. J’étais vraiment polymorphe.

Je trouvais la petite Hélène assez belle pour désirer une femme. Les seins sont encore plus beaux quand la fille n’est pas encore âgée. Ils sont plus petits, plus « poires ». Elle avait probablement environ 25 ans.

Même si nous nous étions séparés, Suzanne demeurait une connaissance que j’appréciais grandement. Elle m’avait appris à me connaître et vivre différemment ma pédérastie. Suzanne m’amenait, à cause de sa maturité, à une recherche intérieure plus profonde que le pouvait un petit gars. Avec un petit gars, tu vis et tu ne te poses pas de question, car t’es au ciel. Avec Suzanne, je pouvais me demander ce qu’eux pouvaient ressentir. Tout le sexe dont j’avais besoin, je l’avais avec elle.

Je découvrais qu’il y a chez les adultes un pouvoir d’aimer qui se compare très bien avec celui des petits gars à cause de sa différence. Ces relations permettent une autre forme de développement : le développement intellectuel. Une bonne discussion apporte aussi un énorme plaisir. J’apprenais à être tout aussi éberlué par l’intelligence des autres que par leur beauté physique.

Mon besoin de séduire des bonshommes quand nous allions prendre un coup était, sans que je m’en rende compte, une des solutions retenues par les psychiatres que j’étais allé voir pour être certain de ne jamais être un danger pour un petit gars.

Je disais que c’était mon côté féminin, mon côté « guidoune », mon côté Marie- Madeleine. Ce besoin d’appartenir à quelqu’un par simple séduction. Une exclusivité sur laquelle je cracherai une bonne partie de ma vie soit jusqu’à ce que j’aie rencontré l’homme, la femme ou le jeune de ma vie. Nous avons tous intérieurement une partie des deux sexes masculin et féminin.

Notre développement sexuel en homme ou en femme, notre identification sexuelle, ne se fait qu’à la fin de notre développement embryonnaire.

Selon les psychiatres, pour ne pas souffrir inutilement de l’étroitesse d’esprit de notre société, il était préférable que je sois gai plutôt que pédéraste, et ce, même si ma façon de vivre ma pédérastie leur semblait tout à fait correcte, probablement parce que je n’aimais pas la sodomie. Mon dédain pour la peur et la violence faisait en sorte que je ne pouvais pas être un danger pour qui que ce soit.  Mes recherches étaient axées sur la tendresse et les caresses.

Mon désir de devenir père et enseignant est né dans ces circonstances.

Je pouvais être un bon professeur parce que j’avais une bonne connaissance de l’âme des jeunes. Je pouvais facilement me mettre dans leur peau et réussir les cours universitaires qui nous y conduisent.

D’autre part, rien ne m’empêchait de vivre ma vie sexuelle en dehors de ma profession d’enseignant, à moins que l’on soit assez idiot pour croire que l’on est professeur 24 heures sur 24 à cause de l’exemple qu’il faut donner.

L’enseignement devenait une porte de sortie très intéressante, adaptée à ce que je suis profondément. Enseigner sacrifiait ma pédérastie sous l’aspect génital, mais n’éliminait en rien les sentiments. Je devais au préalable terminer ce que j’avais entrepris au niveau de l’écriture.

Je me prenais déjà pour un écrivain, mission qui se confondait avec la révolution.

Au début, Avant de se retrouver tout nu dans la rue ou le problème du logement devait être un livre d’une centaine de pages. Je pouvais aussi compter sur mon très bon ami Gaétan Dostie et Parti pris pour le publier.

J’ai voulu innover en résumant la position de tous ceux qui étaient concernés par le logement et combien le fédéral est encore une fois de trop dans ce domaine. Chaque groupe fut invité à présenter son mémoire à un colloque sur le logement en vue de ce livre. Je devais ensuite faire la sélection des mémoires. Puisque je voulais toucher tous les aspects, le livre devint immense, plus de 400 pages.

Parti pris n’était pas très content du volume des textes, surtout que le ministre qui appuyait le projet trouvait que ce serait un livre beaucoup trop volumineux.

Je dois avoir eu raison dans mes choix, car ce livre a servi longtemps de livre de référence dans les universités. En y publiant beaucoup de statistiques, malheureusement, le livre devenait très vite dépassé. Mais, à cette époque, écrire était pour moi mon arme de combat. Rien n’empêchait les mises à jour.

La correction fut faite par Louis Geoffroy. Celui-ci me dit qu’il m’avait toujours considéré comme un bon écrivain, mais qu’en lisant mes textes, il avait totalement changé d’idée. Selon lui, le livre était plein de fautes de français, totalement monotone, sauf le chapitre sur les feux dans le secteur Saint-Louis, à Montréal

Malgré ce jugement défavorable, j’aimais bien Geoffroy et c’était son droit le plus légitime de ne pas aimer mon livre, même si mon orgueil en prenait une claque.

De toute façon, j’étais devenu un écrivain connu par accident. Si je n’avais pas connu Gaétan Dostie et Gaston Gouin, je serais demeuré un parfait inconnu quoiqu’à cette époque les journaux publiaient beaucoup mes lettres ouvertes. Mes écrits sur la pédérastie n’auraient jamais été connus si je n’avais pas participé à la publication de Sortir avec Jean Basile, en 1978, et fait un dossier avec Paul Chamberland dans le Berdache, le 15 novembre 1980.

Mon texte entraîna une recherche à l’Université de Montréal pour savoir quels effets pouvaient avoir mes textes en prison puisque tout le monde peut les comprendre.

J’étais perçu comme un baveux, un provocateur, par bien d’autres écrivains qui ne comprenaient pas que je prenais mes écrits pour une mission à accomplir.

Comme tout fanatique, j’étais prêt à mourir pour défendre mes causes : l’indépendance du Québec et le droit à la pédérastie, si elle non violente et consentie.

Je ne savais pas que cette étude était commandée par le ministère fédéral de la Justice.

Une fin de semaine, je partis pour rendre visite à ma famille à Barnston. La petite Hélène m’a joint au téléphone pour m’annoncer une très mauvaise nouvelle, mon éditeur était décédé.

Au début, j’ai cru que c’était mon ami Gaétan Dostie, mais dès mon arrivée à Montréal, j’ai appris qu’il s’agissait de Geoffroy, mon correcteur et non mon éditeur.

Il demeurait dans le secteur Saint-Louis et il venait de mourir à la suite d’un incendie dans sa demeure. Les photos pour la publication d’Avant de se retrouver tout nu dans la rue étaient sur son bureau au moment du sinistre. Elles étaient partiellement brûlées. On décida de s’en servir quand même pour illustrer le livre.

Ces funérailles furent particulières. Rien de religieux, Janou Saint-Denis y lut des textes poétiques à l’église. Ce fut suivi d’une rencontre où l’on s’enivra avec une chaise vide pour marquer la présence et les goûts de Louis. Je suis sorti de ces funérailles complètement « paqueté ».

C’est aussi peu de temps après que je fis la connaissance de Marcel Raymond qui étudiait déjà sur Geoffroy.

Quand le livre fut terminé, j’ai décidé de prendre des vacances en me rendant sur le pouce voir ce fameux Lac-Saint-Jean. Je suis parti accompagné de Patrick et deux des trois garçons de ma cousine. Nous avions une tente pour dormir et des pouces pour nous y rendre.

À notre retour, nous étions sur le bord du chemin quand une patrouille de la police s’arrêta pour nous embarquer et faciliter un bout de chemin. C’était évidemment un moyen pour me questionner. Un vieux avec trois jeunes, c’est automatiquement très suspect. On fut laissé un peu plus loin et les policiers avaient pu constater que rien d’anormal ne se produisait.

Quelques minutes plus tard, la police revenait et nous demanda d’embarquer. Il avait appris que des changements devaient être effectués dans mon livre sur le logement et qu’il y avait un avis de recherche pour me retrouver d’urgence. Nous nous sommes rendus jusqu’au parc, sirène et tout le pataclan. On me dit que c’était pour me faciliter les choses un peu plus loin, car d’autres conducteurs n’auraient pas peur de nous embarquer en nous ayant vus dans une auto- patrouille. Les policiers ne pouvaient pas m’amener jusqu’à Montréal.

Un seul autre élément me revient à l’esprit quand je songe à ce livre. J’avais rencontré le nouveau ministre de la Justice, Marc-André Bédard, par accident, et je lui avais fait part de mes peurs et constatations concernant les incendies répétitifs dans les maisons abandonnées. Je lui ai dit que ceux-ci étaient l’œuvre de la pègre qui procédait ainsi pour obtenir l’espace afin d’ouvrir de nouveaux terrains de stationnement. Une de mes grandes intuitions journalistiques. Ce fut les rires et les « yé malade celui-là. Quel paranoïaque! » C’est vrai  que  je n’avais pas de preuves, mais ça sautait aux yeux. On a découvert quelques années plus tard que j’avais raison. Si on ne mérite pas un rire, on ne vaut pas grand-chose.

Un sourire venu d’enfer 45

décembre 1, 2020

Autobiographie approximative

pp. 373 à 381

46

La mort de papa

L’époque de mon livre Avant de se retrouver tout nu dans la rue, publié par Parti pris, a aussi été marquée par des événements tristes et marquants.

Au début de février, je m’étais rendu à Barnston rencontrer mes parents. J’étais accompagné de Gilles Laflamme qui était devenu un véritable ami. Il faisait aussi des prédictions en lisant dans les mains et réalisait des cartes du ciel. D’ailleurs, selon ses prédictions, je mourrai dans la mendicité et les souffrances les plus totales.

C’est bien parti pour ça, mais pour l’instant, je suis encore assez béni des dieux. Les autres tireuses de bonne aventure m’ont prédit des événements complètement différents. Dans un cas, je suis censé devenir très riche; dans l’autre, je finis sur une île entourée de petits gars et j’écris sur la philosophie, ce qui me rendrait assez célèbre pour être reconnu durant des décennies après ma mort.

Ces prédictions sont tellement contradictoires que je n’en crois aucune. La vie sera ce qu’elle sera. Je vis maintenant en couple avec un homme de mon âge ce que je n’aurais jamais été capable de prévoir. Je n’aurais jamais cru que la pédérastie finirait par être chose du passé.

Gilles a lu dans les mains de tous, sauf mon père.

Papa était très heureux d’apprendre que j’avais un nouvel emploi et que je travaillais à écrire un livre sur le problème du logement.

Il me croyait d’autant plus devenu sage qu’à cette époque, j’habitais avec une petite amie, la belle Hélène. Celle-ci devint différente sous l’influence des féministes. Alors qu’au début, nos interrogations sexuelles étaient au centre de toutes nos préoccupations, de nos aventures et de nos recherches; à la fin, elle mesurait au quart de seconde près le temps consacré à la vaisselle et aux planchers pour être certaine que « la femme n’en fasse pas plus que l’homme ».

Cette vision du féminisme était à la mode. Je trouvais Hélène très belle et très ouverte. De plus, je venais de retrouver une de mes cousines qui avaient été une de mes flammes quand j’étais petit. Elle avait trois fils et elle partageait mon point de vue à l’effet qu’il appartient à l’individu de décider de ses expériences sexuelles, tant que celles-ci sont mutuellement consenties et bénéfiques pour le plus jeune.

Ce fut une période où les femmes comptaient beaucoup dans tout ce que je faisais. Pour elle, ma pédérastie était un objet de curiosité plutôt qu’un motif de culpabilisation. On me regardait vivre et on était bien d’accord à l’effet que ma façon de vivre ma petite nature était profitable aux jeunes.

Après m’avoir laissé, la petite Hélène se maria à un Algérien, je crois, et finit par se suicider.

L’Islam est condamnable ne serait-ce que pour sa façon de percevoir les femmes et les homosexuels.  La Charia est une loi criminelle, car elle invite au meurtre et aux mutilations. Les hommes ne comprennent pas encore qu’on ne peut pas vivre comme à l’époque de Mahomet. Les femmes sont nos égales. Même Mahomet le reconnaissait, lui. Le pire, chaque fois qu’un crime est commis au nom de l’Islam, ce sont les musulmans qui se font encore plus détester. Pourtant, être musulman c’est comme être chrétien.

Dans ma tête, l’égalité de la femme est aussi essentielle pour modifier la vie que l’acceptation de la pédérastie qui signifie le droit de l’individu sur son corps et son esprit, car à l’avenir, l’individualisme sera une valeur plutôt qu’un obstacle à la socialisation.

En visite, j’étais parti faire un tour avec Gilles. Devant le cimetière à Barnston, je me demandais qui était enterré sous la neige, près de la clôture. J’avais beau chercher, je ne trouvais pas. Je m’y suis rendu pour voir, mais je n’appris rien, car il y avait trop de neige pour pouvoir lire sur les monuments.

Gilles me reprocha d’avoir dérangé les morts. Stupidement, j’ai commencé à me demander ce qui me ferait le plus de peine si quelqu’un mourait. Le choix était clair : papa ou mon chien Kiki. Je n’avais rien fait, à ma connaissance pour penser à ce choix.  J’avais honte intérieurement de m’offrir ce choix, car, même si je m’ennuyais énormément de Kiki, ce n’était quand même qu’un chien. Mon père est un humain à qui je dois tout, donc, aucune comparaison possible. Pourquoi une telle idée m’était-elle venue ?

De retour à Montréal, je dus me rendre un bon matin à l’hôpital pour des examens à l’estomac comme d’habitude. Je pensais à papa et j’ai décidé de lui dédier mon prochain livre Laissez venir à moi les petits gars. Dans ma tête, c’était le meilleur moyen pour lui rendre hommage. Même si papa n’acceptait pas ma pédérastie, il m’aimait bien et je l’admirais pour son courage. Il a toujours fait en sorte que nous ne manquions de rien, même si on était huit enfants vivants et il aida aussi de nombreuses familles à se tirer de la misère.

Quand je suis arrivé au bureau, on me dit qu’on avait une très mauvaise nouvelle à m’annoncer. Papa venait de mourir. Quel choc ! Quelle peine !

Ce n’est que quelques mois plus tard que je rêvais à lui. Il me montrait un mur que je trouvais affreusement laid. On aurait dit un paquet de merde. Il me fit avancer avec lui.  Je pouvais de plus en plus distinguer qu’il s’agissait d’une forêt. Elle était de plus en plus belle. À la fin, j’étais estomaqué de constater comment ce monde était merveilleux. La forêt devint un arbre. C’est alors qu’il me dit que s’il en était ainsi, c’est que chaque branche d’arbre était un petit gars de qui j’avais été amoureux.

J’en ai déduit que de l’autre côté mon père a pu vraiment juger ce que je vis. Il savait dorénavant que mes rapports avec les jeunes n’étaient pas des agressions, mais des romans d’amour.

Le problème avec les humains est que nous sommes pour le reste de notre existence marqués par les premières années de notre vie. Tout se passe avant six ans. Nous évoluons au fur et à mesure que notre corps se transforme. Notre capacité intellectuelle est correspondante à ce développement physique puisque maintenant on sait que le cerveau se développe tout comme le corps jusqu’à notre vie adulte. Nos réactions, nos impulsions sont les effets créés par les sécrétions chimiques ou électromagnétiques, d’hormones dans notre corps.

Nous sommes beaucoup plus dépendants de notre corps que les religions nous l’ont appris. Les religions nient le corps et sa beauté. Une erreur fondamentale, car si Dieu avait créé quelque chose de mauvais, il ne serait qu’un sale. Je n’en étais pas encore à me demander si nous avons été créés par Dieu ou le fruit de l’évolution. Freud disait que nier la mort est une forme de schizophrénie, surtout en y ajoutant une vie après la mort. Freud parlait aussi d’étapes dans nos développements personnels et même dans le développement de la conscience de notre réalité sexuelle. Le problème ce n’est pas la sexualité, mais la violence. C’est aussi l’ignorance dans laquelle on nous garde.

Devenir adulte, c’est devenir autonome. Pouvoir, penser par soi-même à partir de ses découvertes sur la vie.

Je suis devenu un adulte simplement plus lentement, plus tardivement que les autres. J’ai passé ma vie à me percevoir comme un être inférieur. J’étais fort comme un pou depuis ma naissance. J’étais plus noir qu’à la normale. J’apprenais à l’école qu’il faut devenir quelqu’un, influencer le cours des choses; mais je n’avais rien pour y parvenir. Je m’accrochais à ce qui me semblait mon point fort : croire que la vie est belle.

Quand j’ai découvert plus tard le corps des autres, je me suis mis dans la tête, comme bien des petits gars, que j’avais un zizi très peu développé comparativement aux autres ne sachant pas que j’étais dans le plus normal des normaux. La grosseur et la longueur ne sont pas les mêmes pour tous et surtout pas les mêmes pour tous à un certain âge donné. Si j’avais pu en parler, ça aurait changé les choses. J’aurais su que ça change vers 13-14 ans et plus tôt pour les plus précoces. J’étais bourré de complexes sans le savoir et si je n’avais pas voulu autant me comprendre, je n’aurais jamais eu la liberté d’esprit que j’ai maintenant.

En fait, mon cheminement a été pénible parce que les adultes autour de moi faisaient tout un plat de la sexualité. Je n’ai jamais cru sincèrement qu’il y a du mal ou de la perversité à vivre sa sexualité tant que c’est sans violence et consenti.  Autant les jeunes que moi n’avons jamais éprouvé autre chose que de l’amour dans sa plus pure complicité. Le plaisir fut toujours au rendez-vous.

Malheureusement, je suis trop vieux pour recommencer les luttes d’antan.

J’ai énormément lu et assez vécu pour me poser de nouvelles questions. Depuis, je suis capable prouver que notre société est absolument arriérée quand il s’agit de sexualité. Nous voyons la sexualité comme l’Église nous l’a enseignée et nous sommes incapables d’échapper à leur ignorance.

En fait, j’ai commencé ma vie d’adulte, en adoptant Shuhed et Rouhed et en devenant  enseignant. J’ai commencé à vivre le jour où j’ai cessé d’avoir peur. J’ai commencé à vivre quand j’ai cru en moi. Ce n’est pas pour rien que depuis je crois que l’essentiel quand on est jeune est de s’accepter tel que l’on est.

J’essayais de comprendre pourquoi je suis ce que je suis. Ma vie sexuelle était sûrement un facteur prépondérant. Ma pédérastie était une forme de fixation à ma vie d’enfant. Pourtant, je n’avais jamais été réprimé et puni pour mes agissements sexuels pour la simple raison que mes parents ne le savaient pas et pour moi il n’y avait rien là. Cette manière de voir les choses n’a pas changé d’un iota. Ma sexualité était un geste de curiosité comme pour tous les enfants du monde. Un plaisir a partagé. J’étais plus normal que l’Église à ce sujet, car elle s’obstine à y voir du mal.

Pour moi, comme à l’époque de la Grèce antique, la sexualité était bonne, un plaisir. La société était un frein, un arrêt dans mon évolution, car elle me privait de vivre une relation physique avec ceux qui me fascinaient. Elle m’empêchait de me créer une morale personnelle. Je ne l’acceptais pas parce que les lois à ce sujet sont ridicules et basées sur la peur et non sur la compréhension et la responsabilité.

On fait toujours croire qu’il y a de la violence, des traumatismes dans des rapports pédérastes alors que c’est absolument faux. Ces relations sexuelles sont la recherche du plaisir, de faire plaisir à celui de qui on est amour. C’est loin d’être la recherche d’un pouvoir. Le pouvoir est une obsession d’adulte. Le vrai pouvoir en pédérastie c’est le jeune qui l’a; car on ne veut que lui faire plaisir. Il a un pouvoir émotif extrêmement grand. Le pédéraste cherche que son bien au- delà de la sexualité..

La peur de la pédérastie des féminounes est une projection de leur propre peur de la sexualité. La peur de la pédérastie est une peur de l’homosexualité. C’est la peur de l’autre, de celui qui est différent.

Quant à la pédophilie, on la retrouve surtout chez les hétérosexuels probablement simplement parce qu’ils sont plus nombreux.

Notre société veut tout niveler. Elle accepte seulement l’hétérosexualité et prétend que le seul but de la sexualité est la procréation. En fait, on a peur que l’enfant aime tellement un rapport sexuel gai qu’il change d’orientation sexuelle à partir de ce moment. Ce qui est impossible. Cette conception est basée sur l’ignorance puisqu’elle ne fait aucune nuance entre la sexualité, l’affectivité, et la génitalité strictement localisée aux organes de plaisir. Pour y arriver, on ne fait aucune différence entre un pédéraste et un psychopathe. On essaie de nous faire croire que toutes relations pédérastes reposent sur la sodomie, ce qui est très loin d’être vrai pour tout le monde.

La sodomie est un choix individuel. Dans le Code pénal, c’est un acte visé en particulier. La sodomie, à mon avis, ne se réalise pas sans douleur, ce qui la rend très peu intéressante. Peut-être qu’un jour quand je l’aurai essayé, je changerai d’avis.

D’autre part, la société idéale que j’avais perçue dans ma compréhension de l’Évangile devenait une société hautement hypocrite. « Fais ce qu’on te dit et non ce que l’on fait.»

L’instruction, le savoir, me révélait que ceux qui nous prêchent cherchent à nous diriger, à nous écraser pour conserver leur pouvoir. Ce sont des exploiteurs. Ils nient les connaissances de la science. Comment peut-on croire sans douter? Qui peut affirmer sans crainte de se tromper que ce qu’on nous enseigne s’est vraiment passé, il y a plus de 2,000 ans? Qui peut en témoigner, personne de cette époque vit encore? Comment Lazare pouvait-il être mort, ressuscité et mourir encore? Ça n’a pas de sens. Mais, réfléchir à partir des textes bibliques me semblait toujours un moyen de rechercher la Sagesse.

Je n’ai jamais été un être docile qui accepte tout ce qu’on veut lui faire croire. Je veux et je dois d’abord comprendre. Et, pire j’ai appris chez les Jésuites que ma vision de la religion était d’une naïveté sans borne. La religion repose sur l’ignorance et l’émotivité. La spiritualité est différente des religions. Les religions sont des règles et non des dogmes. Les Jésuites m’ont ouvert les yeux.

La vieillesse est un autre stade que je vis présentement. On se met à reculer avec la dégradation physique.

Qu’on le veuille ou non, notre vie intellectuelle, émotive, spirituelle dépend de notre corps. Le corps est l’instrument de la perception et de l’interprétation de notre réalité. Si le corps se dégrade trop, l’esprit est perturbé.

Par contre, nous ne sommes pas qu’un corps. Il est seulement le conducteur de la vie. Le « Je », notre conscience, se forme et se dégage pour enfin se distinguer du grand « Tout énergétique » qu’est notre réalité totale, réelle. C’est une des plus grandes découvertes faite sur nous, les humains. Nous ne sommes pas ce que nous pensons être. Nous sommes une infiniment petite énergie perdue dans un univers infiniment grand. Pouvons-nous être en contact avec lui et en être conscients? Notre destin est-il autre chose que le fruit de notre contact avec notre environnement? Un hasard intelligent, comme disait Einstein.

La faculté la plus essentielle est la conscience. Sans elle, nous existons, mais nous ne le savons pas? Est-ce ça la vie après la mort? Un trou absolu. Une énergie qui ne sait même pas qu’elle existe?

C’est la conscience, qui interprète tout. Nous sommes la continuité de  l’existence de la vie et notre corps est l’instrument de conscience qui nous permet de nous en apercevoir. C’est la réponse à la grande question à savoir s’il y a une vie ou non après la mort. Cette question, cette peur, est à la source des religions. Ce sont des interprétations qui mises au service des institutions devient une force plus grande que les multinationales. L’insécurité humaine est la plus grande source de revenus à exploiter.

Enfant, sans qu’on puisse réfléchir, nous développons nos qualités et nos défauts. Nous sommes alors à la merci de notre environnement. Nous ne pouvons pas avoir déjà un esprit critique simplement parce qu’on n’a pas assez d’expériences pour pouvoir mesurer les événements. Nous ne pouvons pas nous défendre. Nous sommes une éponge. C’est la raison fondamentale pour laquelle je suis contre la pédophilie.

Le pouvoir responsable de choisir est à mon avis inexistant avant au moins 10 ans.  À partir de 10 ans, la force des hormones et l’arrivée de la symbolisation entrent en ligne de compte et réveillent nos besoins sexuels. Nous sommes un individu plus complet. Un individu qui rêve de durer et faire sa marque. Tout cela se vit dans l’espace de quelques années et non à une date précise.

.Mais comment développer notre connaissance sur la sexualité si nous ne pouvons rien expérimenter? Comment se définir si on a peur de tout?

Les religions tiennent absolument à être vécues et enseignées dès l’enfance parce qu’elles produisent une empreinte indélébile qui agira sur nous le reste de notre vie, grâce à son approche sur la sexualité.. On confond ce que l’on doit croire, ce qui est spirituel avec les religions comme modes de vie. Les rites ne sont que des inventions humaines. Un moyen de se faire de l’argent ou de dominer. Les rites sont comme les commandements de l’Église et la Charia des règles inventées par les autorités religieuses. Ces règles sont souvent complètement débiles.

Les religions peuvent en inventant des modes de vie diriger tous les gestes et toutes les pensées de chaque individu. C’est une déformation de ce qu’elles devraient être.

C’est la raison fondamentale pour laquelle il ne faut pas que les religions soient enseignées à l’école, du moins, avant le cégep. C’est trop tôt pour qu’un individu puisse en toute liberté se créer une conscience personnelle. La seule voie pour enseigner les religions plus hâtivement est le respect que tous doivent avoir les uns envers les autres et le droit de ne pas penser comme tous tant qu’il n’y a pas de violence. Or, depuis toujours, les religions sont des sources de haine et de discriminations de toutes sortes.

La confession, un outil religieux, avait le pouvoir absolu sur notre vie intellectuelle et émotive. Le philosophe Foucault démontre dans ses écrits le pouvoir de l’aveu et de la confession dans la vie quotidienne des gens au 17e siècle. La confession est au centre de la répression sexuelle. Ce fut l’instrument privilégié. Ce fut ensuite les médecins qui ont inventé tout un vocabulaire monstrueux autour de la sexualité de manière à développer une forme de haine des déviances sexuelles que l’on n’arrivait pas à expliquer. On a alors créé un index de ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Évidemment, tout tenait sur la fréquence des comportements rencontrés, niant la sexualité des enfants. La masturbation ou la précocité devinrent des comportements à proscrire.

La religion est un héritage familial, culturel. Ce savoir sera une empreinte qui te marquera toute ta vie. Elle dirigera tes croyances et ton jugement sur tout ce qui adviendra dans le futur. Nous apprenons à réagir devant ce qui nous rend heureux ou malheureux. Nous ingurgitons la vie quotidienne et sans s’en souvenir plus tard, ce sont ces événements qui feront de nous ce que nous sommes. Ils créeront notre inconscient. La religion forme notre émotivité. Notre capacité à juger grâce à notre faculté de comparaison. Plus nous sommes riches d’expériences, plus nous sommes capables de porter un jugement. De plus, notre mémoire alimente nos décisions, notre esprit critique. . Il est donc normal de s’assurer que ce qui nous marquera soit quelque chose qui améliorera notre jugement et non des explications imaginaires comme dans les religions.

Les expériences créeront notre capacité à saisir les choses en dehors de leur apparence, c’est-à-dire qu’avec l’adolescence, il ne se produit pas que des changements physiques, mais notre capacité intellectuelle s’arme d’un autre pouvoir, celui de la symbolisation et les hormones orientent différemment nos besoins.

Les événements ne reproduisent plus nécessairement qu’une réalité. Nous devenons capables de les comparer, les classer et réagir différemment, même en dehors de ce que l’on nous a appris. Avec ce nouveau pouvoir intérieur, on peut former notre propre jugement, notre propre morale.

Avec l’adolescence, on devient de plus en plus enfin « soi-même ». On est capable de plus en plus d’évaluer les situations. L’autonomie est le but fondamental de l’éducation.

Bébé, nous cherchons à obtenir l’amour de nos parents et de nos petits copains/copines puisque nos sentiments deviennent une partie de soi. Presque tout est de l’ordre du non verbal au point de vue émotif, ce qui constitue notre prise de conscience et notre mémoire émotive. C’est pourquoi les enfants qui ont été caressés génitalement par leurs parents dans le cadre de leur culture ont une personnalité plus heureuse, plus stable et plus épanouie. Ces sociétés ne font pas face au suicide à l’adolescence parce que les enfants ont connu, grâce aux parents, ce qu’est la stabilité et le plaisir. Ils ne sont pas divisés par la dualité corps esprit comme dans nos religions. Ils n’ont pas honte d’être sexués. Ils obéissent à la leur nature qui à travers les expériences de vie modèle une morale personnelle.

À partir de l’adolescence, nous créons notre propre personnalité. Enfant, on se développe en imitant les autres et en craignant de ne pas être aimé, ce qui nous guidera durant toute notre vie d’adulte. Comme le disait mon bon ami Freud, dans le développement d’un individu, la personne peut demeurer fixée à un stade de développement, régresser vers un autre ou sublimer un besoin que l’on n’arrive pas à admettre dans notre personnalité réelle. C’est ainsi que la sexualité fut remplacée par l’argent, les biens, le pouvoir, car ces gens n’arrivaient pas à vivre une vie sexuelle intéressante. La sublimation est la marque et l’origine de notre civilisation.

Dans mon cas, le fait d’avoir vécu avec un curé qui me confessait presque tous les matins parce que je m’étais masturbé la veille a été une façon de me déculpabiliser, car je pouvais ainsi continuer de communier et de vouloir devenir un petit saint. Objectif que tout bon-chrétien poursuit malgré ses faiblesses.

Ce qui était intéressant dans la religion catholique, c’est que la confession était devenue avec le temps un moyen de te déculpabiliser. « Va, mais ne pêche plus». Tu pouvais pécher, mais avec l’absolution, tu redevenais blanc comme neige.

C’est sans le vouloir ce qui à mon avis confère au christianisme sa supériorité sur les religions plus scrupuleuses et par conséquent moins humaines. Il laisse une place à l’erreur. Personne n’est parfait et ce n’est pas une raison pour se haïr. On ne peut pas aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même. C’est la suite normale du « Connais-toi toi-même » de Socrate.

Un sourire venu d’enfer 44

novembre 30, 2020

Autobiographie approximative

pp. 367 à 373

De la pédérastie à la paternité

À la maison, mes rapports avec Robert s’étaient à nouveau améliorés. Il venait plus souvent à la maison. J’aurais aimé qu’il me parle de son père pour savoir ce que je représentais exactement dans sa vie. Quant aux petites Haïtiennes, à cause des classes, elles venaient moins souvent. Leurs travaux scolaires étaient plus exigeants. Je vivais presque une vie rangée. Je m’ennuyais un peu.

Que je le veuille ou non, mon désir d’être père avait démesurément augmenté avec Patrick. Sans m’en rendre compte, cette expérience avec lui avait imprimé en moi le désir d’être responsable d’un petit gars et surtout de l’aider à devenir grand. Par contre, la paternité donnait naissance à un nouveau problème : un père ne joue pas aux fesses avec son petit gars, car ça peut le mélanger.

Un pédéraste est un ami très intime, très complet; mais ce n’est pas un père parce que le père doit se servir de son autorité et l’autorité est le pire ennemi de la pédérastie. La paternité exige d’être un cran différent de la pédérastie, car elle ne permet pas une intimité aussi complète que la pédérastie. Par contre, sur le plan de la survie, la paternité est plus engagée et plus responsable. La relation pédéraste est plus d’ordre émotif et d’échanges. Elle est condamnée à ne pas durer, ce qui est tout à fait différent de la paternité. Et, il faut s’assurer que la séparation ne traumatisera pas émotivement le jeune.

Le père est considéré plus comme un pourvoyeur. Il doit donner de manière tout à fait gratuite, alors que la pédérastie repose sur l’amour qui s’établit entre les deux amants. Un échange. La fonction n’est pas la même; la fin, non plus.

Je n’étais peut-être pas encore rendu à ma dernière prise de conscience.

Avec le temps, Ted devenait de plus en plus écrasant. Il voulait savoir comment se présentaient les élections.

Je ne lui faisais pas complètement confiance à cause de la violence de son discours et surtout parce qu’il était issu des Jeunes Canadiens, un mouvement que les journaux ont décrié comme étant complètement infiltré par la GRC.

Devant mon peu d’intérêt à tout lui raconter, Ted décida d’employer les grands moyens. Sa violence verbale, loin de me faire ouvrir la trappe, me portait à être encore plus méfiant.

Cette situation rendait les élections encore plus électrisantes.

Le jour du scrutin, alors que je travaillais pour Gérald Godin dans un bureau de vote, Robert Bourassa fit son entrée. Il donnait la main à tous ceux qui y travaillaient.

Quand il s’est présenté à moi, j’ai refusé de lui serrer la main. Bourassa est devenu un peu plus rouge et son entourage sembla tout à fait décontenancé. Bourassa fit quelques pas, puis se retourna vers moi et dit :

  • T’as bien la face du parti que tu représentes.
  • Laisse faire mon Bourassa, tu as assez écrasé les gens de l’Estrie, des Vauxcouleurs, que jamais on ne t’oubliera.

La représentante libérale trouvait que mon geste n’était pas très poli, mais elle se dit étonnée de l’attitude de Bourassa.

  • Ce n’est pas la première fois que des gens refusent de lui serrer la main aux élections, mais jamais je ne l’ai vu réagir aussi violemment. Habituellement, il leur passe la main dans les cheveux en leur disant que le « péquisme » leur passera.

Je lui ai expliqué que Bourassa et Jean Marchand étaient, selon ce qu’on m’avait raconté, les responsables de mon renvoi à La Tribune de Sherbrooke.

« Ils ont fait pression pour me faire perdre mon emploi, mon assurance-chômage et mon bien-être social. C’est à mon tour d’essayer de lui faire perdre son emploi.»

La dame dit comprendre ma réaction et m’avoua que ses enfants étaient tous membres du Parti Québécois.

À la fin de la journée quand Bourassa réapparaissait dans le décor, il se tenait à l’autre bout de la salle.

Le soir, je n’étais pas encore sorti que les résultats étaient déjà connus. J’avais peur que les libéraux volent les boîtes de scrutin et qu’ils en changent le contenu. Cela c’était déjà vu. C’est toute la confiance que j’ai dans l’honnêteté des libéraux.

À mon arrivée au rassemblement des partisans de Gérald Godin, j’ai été accueilli par la grande nouvelle. Je n’osais pas le croire :

  • Godin élu, le Parti Québécois majoritaire.

J’aurais pleuré de joie, mais la surprise était trop grande pour y croire. Même si depuis une semaine, j’étais convaincu que le Parti Québécois serait élu, à moins que les libéraux réussissent à voler les élections ou fassent un coup de cochon sans précédent, ça semblait tenir du rêve.

Au cours de la même semaine alors que j’entrais à pied à la maison, je me fais klaxonner. C’était le Cid, le Mexicain que j’avais contribué à faire sortir de la prison de Bordeaux qui m’appelait.

Le Cid m’a dit avoir reçu sa citoyenneté canadienne grâce à mes démarches et la collaboration du journal Le Jour. Non seulement il était maintenant citoyen canadien, mais toutes les accusations qui avaient été portées contre lui avaient été retirées.

  • Je demeure dans le comté de Mercier et j’ai voté pour le Parti Québécois. J’ai longuement hésité. Les libéraux nous disaient que si nous votions pour le Parti Québécois, nous serions tous déportés dans nos pays d’origine.

Un soir, en allant mené Bourassa dans un restaurant grec, je l’ai vu en compagnie des manias de la pègre. Voyant avec quelle belle famille il se tenait, j’ai décidé d’appuyer le PQ, me dit-il.

Était-ce vrai? Je n’en sais rien, mais le chantage a toujours été la base de la politique des libéraux contre l’indépendance.

Les libéraux sont les vrais terroristes.

45

Enfin du travail!

Quelques jours plus tard, je me trouvais un emploi dans un bain sauna, rue St- Laurent. Je nettoyais les planchers. J’aimais beaucoup ce travail, car bien des petits vieux me faisaient des yeux doux.

Par contre, les ordres étaient formels, sous menace de congédiement : en aucun temps, nous ne devions accepter qu’il y ait racolage dans les corridors. Nous devions aussi empêcher quiconque d’y introduire de la drogue.

J’y travaillai un petit bout de temps, renouant avec mon désir de plaire aux vieux. Ce désir s’affirmait au point de concurrencer ma pédérastie. Cette démarche de putain ne me rendait-elle pas aussi heureux tout en étant moins dangereuse?

Deux jours après, mon départ du bain sauna, j’ai rencontré un confrère de travail qui m’apprit que la veille, la police avait fait une descente. Puisque je venais de partir, certains ont même pensé que je m’y étais infiltré pour la police. Après lui avoir exposé ma position, il a vite conclu que ces rumeurs n’avaient aucun sens. Je détestais alors trop la police pour collaborer avec elle. Si j’avais été un indicateur, je n’aurais pas fait deux fois de la prison. Il s’engagea à passer le message auprès de mes anciens patrons.

La descente de police a été effectuée sous prétexte qu’il y avait de la drogue. Dans ses recherches, la police a effectué sans raison pour 2,000 $ de dommages matériels. La police avait agi en véritable sauvage. Ils savent se comporter en écœurant quand ils ne sont pas forcés de répondre de leurs actes.

La police de Montréal se comporte vis-à-vis les homosexuels (gais) comme de vrais  hitlériens.  Si  elle  pouvait  tous  nous  tuer,  elle  le  ferait  probablement volontiers avec la bénédiction des Drapeau-Ryan. Elle ne respecte même pas la loi des droits de la personne. Elle brutalise et s’excuse ensuite, si l’opinion publique manifeste une certaine réprobation.

Ted ne voyait pas ma décision de travailler chez les gais du même œil. Il était irrité que je ne profite pas de l’accession du PQ au pouvoir pour me dénicher un emploi. Il a décidé de me faire comprendre à coup de gifles que ma place n’était pas dans un bain sauna.

Pour la première fois de ma vie adulte, j’ai répliqué aux coups. Je lui ai sauté dessus et je lui ai montré, sans le frapper, que j’étais aussi fort que lui. Je me contentais de le retenir par terre.

J’interprétais son geste comme étant celui d’un indicateur de la GRC. À force de me faire critiquer et écraser, j’avais peut-être développé une petite paranoïa, basée sur la sous-estime de « moi ». J’ai décidé d’entreprendre des démarches pour aller vivre ailleurs.

Pourquoi Ted voulait-il que je travaille absolument au gouvernement? Quelles informations espérait-il?

Ma décision de déménager a été sans retour quand un ami me demanda ce que je faisais avec un indicateur de la GRC. J’étais encore bien plus énervé.

Ted a changé de tactique. Ted a laissé son travail d’éboueur et il a trouvé un emploi comme animateur dans un projet « Canada au travail ». L’employeur  était la Fédération des Unions de familles, un mouvement de droite.

Ted a proposé que je sois approché pour le seconder dans ce travail, ce qui fut fait. Ce mouvement de droite était dirigé par un ancien de Sherbrooke qui me connaissait de réputation.

J’hésitais parce que j’étais maintenant convaincu que Ted était un indicateur; quoiqu’aussi souvent je me disais que c’était complètement impossible. Je me méfiais de ma paranoïa qui, qu’on le veuille ou non, est une forme de maladie mentale.

Quant à mon futur patron, les pressions étaient nombreuses. Tout le monde lui conseillait de ne pas m’embaucher.

Il a décidé de risquer sa chance, et moi, après réflexions, j’ai opté pour le fait que je ne pouvais pas vivre toute ma vie sur le bien-être social. Je devais travailler. J’étais certain de trouver un moyen de travailler, être efficace, tout en n’ayant pas

à craindre de me faire espionner par Ted.

J’ai commencé mon travail en l’orientant sur le problème qui me semblait le plus urgent à résoudre : le logement.

J’ai travaillé six mois à la Fédération des Unions de famille : le temps d’organiser un colloque sur le logement et de publier avec Parti pris, mon livre sur le logement : Avant de se retrouver tout nu dans la rue, un livre essentiel pour comprendre le problème du logement. C’était la première fois qu’un livre traitait du sujet.

Ted mit tous ses efforts pour torpiller le sommet sur le logement et le récupérer pour la go-gauche. Je paniquais au travail, sans exprimer mes doutes sur les allégeances de Ted, d’où j’écopais de tous les reproches des patrons de l’Union des familles.

À cause de mes doutes, je ne pouvais pas trop compter sur Ted. J’étais convaincu qu’il ne ferait pas son travail pour faire échouer mes efforts. Au colloque, il n’a même pas vérifié la qualité du son, ce qui entraîna l’effacement complet de tous les vidéos qui avaient été tournés.

Les patrons me percevaient de plus en plus comme un extrémiste. J’étais le premier soupçonné dès qu’il y avait une menace d’avoir un témoignage marxiste.

Je voulais seulement laisser tout le monde s’exprimer. Quand les responsables des mouvements de go-gauche empiétaient sur le temps des autres, j’étais immédiatement perçu par les patrons comme celui qui avait tout manigancé en ce sens. Ils songèrent même à me congédier sur-le-champ.

Après discussions, ils durent convenir que j’avais simplement fait montre de sagesse en n’intervenant pas, laissant ainsi le débat prendre de la qualité en profondeur. Cela avait aussi permis un compromis qui empêcha le colloque d’éclater en plein milieu des discussions tant les tensions étaient grandes.

En plus d’avoir toujours été dans l’eau bouillante, j’ai produit Avant de se retrouver tout nu dans la rue dans un temps record, quoiqu’il ait des centaines de pages de plus que prévu. Parti pris n’appréciait pas que le manuscrit ressemble plutôt à un dictionnaire brouillon. J’étais convaincu que dans les circonstances personne n’aurait pu faire mieux.

J’ai réussi à écarter Ted en l’orientant sur un autre projet touchant les mères monoparentales alors que je travaillais sur celui que j’avais créé. Je ne l’informais jamais, ce qui fit monter les tensions entre nous à un tel point que les dirigeants ont cru que le projet n’arriverait jamais à se rendre à terme.

Ce fut une expérience extraordinaire, mais épuisante. Je me sentais déjà brûlé après six mois. Malheureusement, la Fédération des familles ne voulait pas me réengager pour poursuivre l’expérience en septembre. La raison état bien simple: je publierais avec Parti pris mon livre Laissez venir à moi les petits gars.

C’était pour le moins que l’on puisse dire incompatible avec leur philosophie. La Fédération est un mouvement de droite et ce livre est une dénonciation de l’hypocrisie et de l’oppression inhumaine de l’Église face à la pédérastie.

Comme il fallait le prévoir, un pays qui se pourfend à se prétendre le royaume de la liberté d’expression me forçait à me taire et avaler ma pilule.

Un sourire venu d’enfer 43

novembre 29, 2020

Autobiographie approximative

pp. 358 à 367

Crise à Radio Centreville

À Radio Centreville, j’avais fait part à notre responsable de mon projet de mettre sur pied une série d’émissions qui porteraient sur l’homosexualité.

En principe, le projet fut vite retenu. J’ai même commencé à organiser mes entrevues. Ce projet était d’autant plus important que de nombreux gais vivaient dans le quartier.

Ayant longtemps travaillé dans ce milieu en écrivant des articles, il me semblait possible de facilement relever ce défi. Je voulais dans ces émissions faire connaître toutes les versions du problème et particulièrement celles de ceux qui les vivent.

C’était encore tout un problème de vivre gai. À part Montréal, la police avait souvent un comportement véritablement malade face aux gais, ces anormaux.

Un autre de mes projets était d’organiser le plus d’entrevues possible avec les mouvements du quartier, suivre leur évolution à la semaine ou du moins au mois et fournir des blocs d’information aux émissions animées par les permanents. Les média sont pratiquement les seuls à permettre une évolution de la pensée. Un petit travers que j’ai gardé comme journaliste : la recherche de la Vérité.

Même si j’étais assisté social, j’avais un bagage de sept ans de journalisme. J’étais fou de joie de pouvoir retourner dans le monde de l’information.

J’aurais travaillé gratuitement toute ma vie dans l’information tant je trouvais ça intéressant et important. C’est le métier le plus important, après l’éducation et la médecine, pour aider une société à évoluer.

Ce métier permet à lui seul à implanter une vraie démocratie.

À mon avis, un bon journaliste se doit à la population qu’il dessert. Aussi, il ne peut pas être un simple transmetteur d’informations, il doit s’assurer que ces informations sont pertinentes et surtout vraies. Comment un journaliste consciencieux peut-il transmettre des informations biaisées pour un pouvoir quelconque? La vérité est le fondement absolu de l’information. Puis, l’analyse devient tout aussi importante pour comprendre.

Tout le monde devrait avoir le droit absolu de parole, tant que l’on ne prône pas la violence. C’est un droit qui devrait même exister dans toutes les religions, chez les communistes, les capitalistes, les syndicats et les minoritaires. Les gens décideront ensuite ce qu’ils veulent retenir. La censure est le mépris de l’intelligence.

Ma lutte pour la liberté absolue de la presse est aussi vieille que mon expérience du journalisme. Elle ne souffre aucun compromis.

Un dimanche, j’ai rencontré Gilles Laflamme, un animateur bénévole qui organisait quelques émissions chaque semaine. Gilles accepta mon invitation à venir prendre une tisane à la maison. Nous avons discuté de la possibilité que je participe à ses émissions de poésie. Gilles était un bonhomme intrigant et fort cultivé. Un gars très agréable dans une discussion.

Il fut convenu que celui-ci se servirait de certains de mes travaux pour alimenter ses émissions. J’étais bien content. Puisque Gilles semblait un gars ouvert, j’étais persuadé que ce serait très facile de travailler avec lui.

Octobre 1976. Un vrai miracle. Bourassa a enfin déclenché des élections. Je suis décidé plus que jamais à faire tout ce qu’il est en mon pouvoir pour le faire battre.

Certains étudiants en radio décident de s’informer à savoir ce que la station fera à l’occasion de cette campagne électorale. La direction demeure silencieuse. J’écris une lettre, après avoir tenu une réunion à ce sujet, mettant la direction en demeure de nous recevoir et de s’expliquer.

Durant ce temps, un étudiant s’informe auprès du Conseil de la Radio et de la Télédiffusion (CRTC) de nos droits. Comme étudiant, nous proposons de faire  un travail semblable à celui réalisé à l’occasion de la grève des hôpitaux et des transports publics. Nous voulions réaliser des entrevues avec le public et rencontrer les candidats des comtés desservis par Radio Centreville ou Cinq FM.

Nous étions persuadés que la direction réagissait ainsi, en se servant de ses avocats, pour camoufler le désir d’autocensurer l’information, en réponse à un chantage appréhendé d’Ottawa. La station n’avait pas encore reçu les subventions promises par le fédéral et devait se présenter bientôt devant le CRTC. Nous n’avions pas l’intention d’accepter un tel bâillon d’Ottawa.

Nous avons obtenu une rencontre avec les dirigeants où nous avons fait prévaloir la pertinence de nos suggestions puisqu’aucune grande station de radio ne fait connaître les candidats locaux. Il est important de savoir ce que ceux-ci nous réservent à l’échelle du comté. Ces politiques influenceront directement la vie de quartier et une radio communautaire doit suppléer à ce manque d’information. Pour nous, tous les partis, même le Parti des travailleurs devait avoir le même temps d’antenne. Tout le monde devait répondre à nos questions.

La direction de Cinq FM prétendait que le CRTC obligeait les stations à consacrer un temps égal à chaque parti politique; mais que ce travail devait être fait par les permanents seulement.

Les discussions en dehors des réunions faisaient mieux ressortir la vérité.

Cette attitude antidémocratique visait un autre but politique qui servait les libéraux à maints égards. Les permanents clamaient toutes les cinq minutes qu’il n’était pas question d’accorder ne serait-ce que cinq minutes à Claude Charron, dont le comté faisait pourtant partie intégrante du territoire de Cinq FM. Les responsables nous interdisaient même de nommer les candidats péquistes de nos comtés.

Pour toute information, le public avait droit à la lecture des articles du Devoir et du commentaire des permanents francophones qui appuyaient de plus en plus ouvertement le Parti des Travailleurs du Québec. De toute évidence, les responsables de la station étaient anti péquistes.

Je ne cherchais pas un affrontement avec les annonceurs. Comme eux, je trouvais souvent le Parti québécois trop à droite. Aux élections, j’optais cependant pour un regroupement derrière le Parti québécois puisqu’il était le seul à pouvoir réaliser l’indépendance du Québec.

Il était évident qu’en élisant un gouvernement marxiste, jamais les États-Unis n’accepteraient une telle situation. Je ne voulais pas du Chili à Pinochet au Québec. La CIA est le pire ennemi de la démocratie. On devrait parfois se demander le rôle que la CIA a joué dans les événements d’octobre.

Pour éliminer les tensions et quand même aider la population du quartier, j’ai réalisé, lors d’une convention péquiste, un sondage à savoir quel était le problème le plus crucial du secteur. Je rejetais, par autocensure, toutes les solutions se basant uniquement sur le besoin de changer de gouvernement. Je voulais des solutions concrètes, à des problèmes concrets, pas du pelletage de broue. Ainsi, hors de toute partisannerie, il était possible de faire ressortir les besoins de la population et leur faire émettre leurs opinions quant à la solution.

Il fut établi hors de tout doute qu’au centre-ville de Montréal, le problème numéro un était le logement.

J’ai voulu organiser des entrevues sur ce problème. Le responsable de l’organisme, Sauvons Montréal, Michael Fish, a accepté mon invitation.

Dans une longue entrevue, il résumait la situation et prenait position contre le socialisme. Même si à mon avis, il se trompait, l’impartialité demandait que son opinion soit entendue. J’ai élaboré le montage de deux entrevues à être diffusées séparément.

Entre temps, j’avais commencé à travailler pour Lyne Bourgeois, candidate péquiste dans St-Louis. Ma participation fut à peu près nulle. J’étais quasi ignoré.

Devant cette inutilité, j’ai offert mes services dans le comté de Mercier où j’ai été accepté comme représentant de Gérald Godin, un poète et dirigeant à Québec- Presse. On se connaissait déjà. J’étais encore plus ravi de lui donner un coup de pouce.

J’étais bien fier de faire du porte-à-porte. J’apprenais ainsi à mieux connaître les objections de la population à la souveraineté-association. Dans Mercier, une forte partie de la population est âgée. Les libéraux leur faisaient croire toutes les peurs possibles et impossibles. La plus caractéristique était de prétendre que les personnes âgées perdraient leur pension de vieillesse avec l’avènement du Parti québécois. Le PQ est au pouvoir depuis deux ans et rien de cela n’est encore arrivé.

Je prenais ce travail bien au sérieux. Je me suis même rendu à une joute de hockey pour réaliser la véracité des dires d’un électeur qui faisait ressortir le besoin de construire un nouvel aréna pour répondre aux besoins de la population du centre de Mercier.

L’atmosphère dans le clan Godin était nettement meilleure. La méfiance n’existait pas comme dans St-Louis où plusieurs cherchaient des postes plutôt que de remporter l’élection.

Apprenant que Lyne Bourgeois et Harry Blank devaient se rencontrer à la réunion de Sauvons Montréal, j’ai obtenu la permission de Cinq FM de couvrir l’événement pour la radio.

Le lendemain, lors de l’entrevue en direct, j’en ai profité pour contrevenir à l’ordre absurde de ne pas nommer la candidate du comté. J’ai rappelé que Lyne Bourgeois a sommé le député libéral sortant de se présenter dans un débat public. Quand je parlais de la candidate péquiste, je l’appelais Lyne Bourgeois quand je parlais d’Harry Blank, je le nommais « le candidat libéral sortant ». Une guerre de bébé finalement. Faire le contraire des ordres parce que je les trouvais antidémocratiques alors que je ne faisais pas mieux.

Ce fut le scandale. Les discussions ont repris à plus vive allure.

  • Le Parti québécois est un parti de bourgeois.
  • Même s’il est souvent à droite, il est le seul à pouvoir réaliser pacifiquement l’indépendance.
  • En appuyant un parti de gauche forcément minoritaire, c’est faire le jeu des libéraux.

Petit à petit, j’ai pris conscience de certains points secondaires. Si j’étais éloigné du Parti québécois; je l’étais encore plus sur l’essentiel de la pensée de ces nouveaux curés du marxisme. Je n’appuie pas l’idée qu’il faille que les gens crèvent le plus possible de faim pour les amener à la révolution.

Je commençais à saisir les nuances entre la gauche et la go-gauche. La go- gauche est fanatique et antidémocratique, tout le contraire de la vraie gauche. Elle vise qu’à renverser le capitalisme et elle se fiche bien de la population pourvu que sa pensée pénètre, que le message passe. Elle caricature tellement la gauche qu’elle engendre un appui au statu quo.

Pour les adeptes de la go-gauche, rien n’existe après Marx. Aussi, comme Marx, ils rejettent tout nationalisme. Selon eux, le nationalisme, c’est un nouveau péché.

Pour la go-gauche très souvent infiltrée par la GRC, le Parti québécois est un ennemi terrible.

Tout en étant de centre gauche, le PQ laisse entrevoir la possibilité d’une société nouvelle qui ne rejette pas carrément intégralement le capitalisme, mais essaie plutôt de le civiliser, tout en n’intégrant pas complètement le marxisme, mais en servant de sa grille d’analyse sociale. C’est le rejet du Chili de Pinochet comme de la Russie, ces nouveaux pays dominés par le capitalisme d’État que l’on appelle communisme.

Il a fallu peu de temps pour que je sois identifié comme petit bourgeois. Je comprenais de moins en moins : comment puis-je être un petit bourgeois tout en vivant de l’assistance sociale.

Ma participation à Radio Centreville devenait de plus en plus une guerre ouverte.

J’ai à nouveau rencontré Gilles Laflamme et nous nous sommes entendus à savoir que je participerais en direct à son émission. Nous avons établi une feuille de route qui comprenait une entrevue avec le président de Sauvons Montréal, Michael Fish, sur le problème du logement; quelques farces sur les pannes d’électricité appréhendées; l’annonce d’une série d’émissions sur l’homosexualité.

Être gai ne concernait en rien Gilles puisque ce n’était pas son orientation sexuelle; mais il était assez évolué pour comprendre que la vie des gais est parfois loin d’être rose.

Dans une seconde partie, je ferais part de mes expériences à la Tribune et de mes voyages dans l’Ouest. Le tout devait être couronné par une lecture de « SPEAK WHITE« , de Michèle Lalonde.

Je voulais y mettre le paquet, tout en respectant les ordres de la direction. J’étais encore très loin de considérer l’équipe comme des ennemis. J’espérais qu’elle se rallierait à mon point de vue : il faut profiter des élections pour décrocher des solutions aux problèmes des gens que l’on dessert.

Je rêvais en couleurs. Pour les permanents, j’étais la pourriture introduite dans un panier de bonnes poires.

À mon arrivée à la station, avant d’entrer en ondes avec Gilles, j’en ai profité  pour travailler à d’autres montages. Je m’attendais à de vives protestations de la direction, si le contenu de l’émission leur était connu avant. Si mes craintes étaient justifiées, tout ce qui pourrait aider directement ou indirectement le PQ serait interdit. La liberté d’expression était encore une fois menacée… Je m’en faisais encore une fois le défenseur, même si parfois je n’utilisais pas les bonnes armes.

Pour moi, la situation était devenue plus claire : la station était de toute évidence au service indirect des libéraux, l’objectif étant de diviser les votes nationalistes entre les gens de la droite et de la gauche.

Parfois plus paranoïaque, je pensais que la station était entre les mains des Américains, car le principal responsable était un Américain. Donner le droit d’opérer une station libre permet de bien savoir ce qui se passe aussi dans l’opposition. De toute évidence, elle était l’instrument de la gauche anglophone, juive et grecque, donc, carrément opposée à la libération nationale.

La transmission, pour les immigrants, d’émissions traitant des révolutions un peu partout autour du monde n’a rien de rassurant. La plupart, venant de pays qui viennent de connaître une révolution, craignent d’être encore pris dans un autre piège. Comment les rassurer? Certainement pas en essayant de créer dans leur esprit un parallèle entre le Québec et les pays où la révolution a tout saccagé.

Certains craignaient que je parle sur les ondes de ma campagne-devinette sur Bourassa.

  • Avec Simoneau, on peut s’attendre à tout. C’est un maudit voyou.

Je travaillais docilement, étonné du grand nombre de permanents en studio. Un premier coup de téléphone retentit et selon les expressions, il était évident que l’on parlait de moi.

  • Y parait que tu dois passer à l’émission de Gilles ?
  • Oui, il en est responsable et il m’invite.
  • Mais, il n’a pas le droit de faire des entrevues. Il a été entendu à son arrivée qu’il présentera seulement de la musique.

Le coup de téléphone visait à avertir les dirigeants de ma participation et probablement de mon intention de ne pas vouloir y mettre la pédale douce. L’atmosphère était déjà très tendue.

Qui avait appelé pour me dénoncer? Qu’avait-on pu leur faire croire pour qu’ils craignent mon intervention à ce point? Avais-je encore un ami qui servait de « stool » au système ?

Quelques secondes plus tard, Gilles laissait traîner la feuille de route comme s’il avait voulu que les responsables prennent connaissance du contenu de l’émission. Évidemment, elle fut miraculeusement trouvée par un des permanents.

Je lui ai fait remettre à Gilles. Nerveux, celui-ci la laissa à nouveau traîner avant d’être ramassée par un autre responsable. Le fouillis général commença. Tous les moyens devaient être pris pour m’empêcher d’entrer en ondes.

À leur avis, il s’agissait d’une émission trop pro péquiste. Pourtant, en aucun endroit le Parti québécois n’était nommé. Est-ce que j’avais simplement à raconter ma vie pour que ce soit une claque aux libéraux?

Les Anglophones de Cinq FM ont décidé de faire intervenir la responsable de l’équipe francophone, sous prétexte qu’elle avait plus de facilité à discuter avec moi. Dans de telles circonstances, je deviens très peu coopérant, manifestement sarcastique, polisson, pour ne pas dire carrément baveux.

J’ai accepté après, une courte discussion, de prouver ma bonne volonté en enregistrant l’émission avec Gilles pour la faire approuver après coup par l’équipe francophone avant de la diffuser.

L’argument de la responsable était valable. « Comment pouvait-elle me faire confiance après le coup de Lyne Bourgeois, ayant déjoué les prévisions et refusé d’obtempérer aux règles de la radio communautaire? »

J’étais prêt à quitter le studio quand Gilles m’a invité à participer quand même à son émission. Je ne pouvais pas refuser quoique je pense qu’il s’agissait d’un coup monté.

  • Dès que j’aurai fait l’émission, je serai accusé d’avoir occupé illégalement les ondes d’une station de radio, me dis-je.

Au micro, tandis que des responsables s’installaient de chaque côté de nous pour nous épeurer, je dénonce la censure de cette émission. J’annonce, après avoir raconté ce dont j’aurais normalement dû parler que mon cas sera réglé le lendemain. Je quitte la station le poing en l’air. Un signe révolutionnaire.

Même dans cette dénonciation de la censure, je me suis conformé aux règles établies. En acceptant d’enregistrer l’émission, je prouvais que notre émission ne serait ni partisane, ni de la propagande péquiste.

Ce travail complété, nous avons été reçus par l’équipe francophone. Elle refusa, cette fois l’émission en camouflant les vraies raisons qui étaient, elles, strictement politiques.

La direction refusait l’entrevue avec Michael Fish, prétendant que la station ne travaille pas avec Sauvons Montréal, un organisme dont on ne connaissait pas les vraies attaches. La réalité était plutôt que la direction soupçonnait Michael Fish d’être péquiste, car celui-ci travaillait avec le Parti Québécois de Saint-Louis dans deux dossiers : le mont Saint-Louis et l’institut des sourds-muets.

Quant à la série d’émission sur l’homosexualité, annoncée pour bientôt, la direction prétendit n’en avoir jamais entendu parler. Elle affirmait préférer travailler avec le CHAR, groupe qui venait d’être dissous. Puisque je connaissais très bien le fondateur-responsable, j’en savais quelque chose.

Quant au moment où je racontais comment et pourquoi j’avais dû quitter La Tribune, cela était évidemment indirectement politique, car, quatre ans après, le candidat de Bourassa se trouvait confronter aux mêmes accusations de pots de vin qui m’avaient valu d’être chassé des Vauxcouleurs en 1972 en voulant le dénoncer.

Les responsables me disaient qu’ils étaient contre, car selon la politique de la maison, la station ne diffusait pas d’entrevues avec des individus, préférant celles faites avec des groupes.

Ainsi, je venais de me faire avoir encore une fois. Il est impossible d’être honnête au Québec sans se faire rouler. L’émission ne serait jamais diffusée.

De toutes les raisons invoquées, une seule chose transparaissait : l’émission ne faisait pas l’affaire des libéraux.

De tous les reproches, je n’étais d’accord qu’avec un : c’est probablement vrai que je me prends pour un autre. Je me croyais un révolutionnaire et j’étais prêt à mourir pour changer le monde.

Notre travail en vue d’obtenir des entrevues avec les candidats avait aussi porté des fruits.

Une table ronde devait être organisée pour répondre aux normes du CRTC. Or, la station a fait parvenir une seule invitation à la candidate péquiste de St-Louis, Lyne Bourgeois. Elle était invitée à participer à une table ronde avec les représentants de tous les partis en lice, mais en anglais seulement. C’était l’insulter.

Cette cerise sur le gâteau a fait déborder le vase. Même si l’on m’avait dit que jamais je ne remettrais les pieds à la station, si je portais plainte contre Radio Centreville, j’ai commencé à préparer la dénonciation de cette censure au Conseil de Presse et au CRTC.

Je venais de trouver une nouvelle raison d’être contre la go-gauche : elle ne respectait absolument pas la liberté d’expression, le droit de parole à ceux qui ne partagent pas son point de vue. Elle refusait la liberté d’opinion.

Je n’en avais pas contre le fait que les responsables de la station favorisent le Parti des travailleurs du Québec, c’est leur droit. Cependant, je ne pouvais pas admettre qu’on ne fournisse pas à tous les clans politiques le droit de s’exprimer et encore moins qu’on insulte la candidate péquiste du comté de St-Louis.

Cette aventure me mettait dans une drôle de position : j’ai toujours été, jusqu’à un certain point, plus ou moins ouvertement, rejeté par le Parti Québécois, sous prétexte que je suis trop radical, trop à gauche ou pire pédéraste.

Or, pour faire nouveau, voilà que j’étais rejeté par la go-gauche parce que je suis trop bourgeois, trop à droite. J’étais, selon eux, un fanatique. C’était vrai dès que je me battais pour une cause. Je n’ai jamais pu accepter la censure. La censure était et reste pour moi une offense à l’intelligence humaine.

Je ne comprenais plus rien. Se pouvait-il que les mouvements de contestation que j’admirais soient sous la gouverne de la gauche anglophone? Faudrait-il comprendre que non seulement les francophones du Québec sont dominés par les big boss, mais aussi par l’établissement des mouvements de contestation? La go-gauche n’est-elle pas caricaturale dans sa dénonciation sociale dans l’espoir d’effrayer les gens et les pousser à se sécuriser en réélisant les libéraux?

La situation est payante quand un système contrôle les deux  extrêmes  et les fait agir selon son caprice. Est-ce moi qui étais totalement dépassé?

Chose certaine, les mouvements de go-gauche étaient bien implantés dans les secteurs hospitaliers, les CLSC, le logement, le bien-être social, au Centre de référence des femmes et certains autres mouvements féministes radicaux. Pouvaient-ils tous sévir contre la population pour avantager une idéologie? Si tel est le cas, la révolution culturelle au Québec n’est pas pour demain. Où finit la gauche à laquelle je m’identifie politiquement et commence la go-gauche? Je crois dans un mouvement politique qui recherche le bien du peuple et non son propre bien en priorité.

J’étais intérieurement très divisé entre le nationalisme et mon penchant naturel à considérer l’analyse marxiste comme une des meilleures.

C’était peut-être là la différence, l’analyse marxiste donne une bonne idée de la situation, mais quand il s’agit de proposer des solutions, elle est souvent complètement dans la merde.

J’ai continué mon engagement social après l’aventure de Cinq FM. Je suis devenu président d’une section de la SSJB de Montréal. On l’appelait la section Plateau Mont-Royal.

Par contre, nous avons été blâmés, Gilles et moi, pour notre façon d’avoir agi à la radio par le Conseil de Presse. Ce fut, je crois, le début de mon rejet de toutes institutions. Je trouvais leur décision carrément injuste.

Notre système est crapuleux en ce qui concerne la démocratie et la liberté d’expression. Une société d’hypocrites.

La société accepte des compromis inacceptables. Pour elle, la vérité ne compte pas. Cela confirmait que pour tout le monde, je suis un objet à rejeter. Que j’aie raison ou tort, tout ça n’a pas d’importance. Il ne faut pas m’écouter parce que je suis pédéraste. Et selon eux, un pédéraste, c’est un pervers.

Un sourire venu d’enfer 42

novembre 28, 2020

Autobiographie approximative

pp.353 à 358

Robert était de plus en plus fréquemment chez moi. On se sentait de plus en plus en plus attaché l’un à l’autre. Pour l’encourager à faire du sport, je lui avais acheté ainsi qu’à ses deux petits copains, chacun une paire de patins seconde main. Cela leur faisait plaisir, car on aurait dit qu’il n’avait que très rarement des cadeaux.

Un matin, où j’avais la libido un peu plus élevée, j’ai demandé à Robert, moyennant un petit cadeau, de me montrer sa petite quéquette. Ce qu’il accepta volontiers. Il revint cependant assez vite à la charge en me demandant de lui acheter cette fois un costume complet de gardien de but. Je ne pouvais pas faire face à une telle dépense. Je n’ai jamais compris comment des parents peuvent acheter autant de choses à leurs enfants. Il faut être millionnaire pour être parent.

  • Tu ne pourras pas faire autrement que de me l’acheter.
  • Comment ça?
  • Je vais dire à ma mère et à toutes les mères du quartier que nous avons fait ensemble ce matin.

Les jeunes savent quel pouvoir ils ont quand ils évoquent une relation sexuelle entre un adulte et un jeune, c’est pire que la bombe atomique. Tout le monde devient fou.

J’étais furieux d’autant plus que j’avais affreusement peur. La prison n’est jamais une perspective intéressante. Robert ajoutait les autres femmes, car il savait que s’il en avait parlé à sa mère, tout ce qui serait arrivé : il n’aurait pas pu revenir me voir. Le voisinage rendait le chantage plus efficace. Toutes les femmes ne sont pas aussi intelligentes que sa mère. Elle était libérée, mais elle n’aurait jamais accepté qu’il revienne s’il n’aimait pas ce qui se passait. « Si tu n’aimes pas ça, tu n’as qu’à ne plus y aller ». Il avait prévu le coup.

Comment me défendre d’un petit gars qui se sert de nos relations pour me forcer à lui faire des cadeaux mirobolants? Je ne pouvais pas le frapper, c’est absolument contre mes principes. D’ailleurs, je l’aimais trop pour envisager cette solution.

Par contre, je ne pouvais pas céder, c’était l’encourager dans une voie qui l’aurait conduit directement à la délinquance. Que faire? Je croyais aussi que sa mère, connaissant nos relations, l’empêcherait probablement de revenir, ce qui m’attristait encore plus. L’affaire mourrait là, mais je ne pourrais plus vivre cette amitié avec Robert. Je pensais aussi que si elle se mettait en fusil, on ne sait jamais comment réagissent les femmes, je serais « caput », si elle en avisait la police. Il était sûr que la police en voyant mon dossier se ficherait de mes conceptions sur la liberté sexuelle. Loin de chercher la vérité, elle essaierait de m’accabler et me mettre longtemps dedans.

Plus j’y pensais, plus je paniquais. Je ne me reprochais rien, mais je ne suis pas assez fou pour ne pas saisir le danger et ne pas savoir que les gens deviennent complètement fous dès qu’il est question d’un rapport sexuel entre deux gars qui ne sont pas du même âge.

J’ai opté pour une solution à la Summerhill. Une solution de force. J’ai averti Robert que je ne lui achèterais pas l’équipement simplement parce qu’il faisait du chantage.

  • Quand tu aimes quelqu’un, tu n’agis pas ainsi envers lui.

La bombe était temporairement désamorcée. J’ai réussi à clore l’opération quand ses petits copains lui demandèrent s’il était vrai que je l’équiperais pour l’hiver.

  • Je l’aurais fait si j’avais été capable et si Robert n’avait pas essayé de me faire chanter avec ses histoires de cul. Aussi, il n’aura rien.

Ses petits copains se sont rangés de mon côté. Ce n’est pas un moyen à employer pour avoir des cadeaux. Robert venait d’apprendre que tu peux aimer quelqu’un pour son physique autant que pour son caractère. D’ailleurs, Robert avait tellement une petite queue qu’il n’aurait certes pas voulu que le jeu des regards s’élargisse. Quant à moi, il n’était plus question de recommencer. Je n’avais jamais vu une si petite quéquette à cet âge. Et surtout, je ne pouvais plus y faire autant confiance.

On m’a toujours dit que j’étais demeuré un enfant, d’où cette possibilité de vivre en toute égalité, d’une façon tout à fait sincère avec les jeunes, sans chercher à profiter du fait que je suis un adulte. Peut-être est-ce parce que j’étais trop naïf ou que dans ma tête, l’égalité humaine ne repose pas sur le sexe, la couleur ou l’âge? L’égalité est inscrite dans le fait même d’être humain et ça se résume à la phrase évangélique de ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’il nous soit fait.

J’ai vécu ma sexualité comme l’explique Freud. J’étais très curieux, un adepte des comparaisons; mais je ne comprenais pas pourquoi les adultes viraient fous dès qu’il était question de sexe. Pourquoi tous les jeunes avec qui je partageais mes curiosités sexuelles étaient-ils très heureux d’y avoir participé alors que l’on prétendait que ça les traumatisait? Je n’y voyais réellement rien de mal. Le mal existe-t-il seulement dans la tête des adultes?

Je ne comprenais pas l’obsession des adultes. Ils manquaient de mourir dès qu’on posait une question sur le sujet. Probablement que ce silence est le premier responsable du fait que la masturbation était devenue chez moi un élément compulsif dans le développement de ma personnalité. Par contre, ma relation avec les filles était pire puisqu’elle me conduisait à l’alcoolisme.

Qu’est-ce qu’il y a de mal dans le fait de tomber en amour avec un petit gars? Alors que l’Évangile prônait l’amour presque à chaque phrase, tomber en amour avec un petit gars et vouloir partager son intimité devenait un péché mortel. Va donc voir pourquoi. Remarquez que même aujourd’hui je me pose la même question. Plus je cherche, plus je découvre que notre haine du sexe est absolument débile. Avec les expériences, j’ai compris qu’il faut avoir du fun en cachette et que rien n’est mal si on ne se fait pas prendre.

Robert m’apprenait simplement que les jeunes peuvent te manipuler autant que les adultes. Il savait qu’il pouvait faire sauter le quartier juste à en parler; mais il ne semblait pas mesurer tout le mal que ça ferait autour de lui. Comment sa mère réagirait dans un tel tôlé, car elle passerait bien évidemment comme mère indigne alors que c’était une des meilleures mères que j’ai connues.

L’étroitesse d’esprit est quasi planétaire quand il question de sexe, car nous nous sommes tous fait laver la cervelle dès l’enfance par les religions. On commence à condamner le sexe dès la petite enfance, en criant au meurtre dès qu’un jeune se promène nu. Pas besoin de scènes interminables, les jeunes perçoivent mille fois mieux le langage non verbal que les adultes. Juste à voir et entendre les parents, ils savent, tout en ne comprenant pas, qu’ils font quelque chose de mal.

Puisque les prémisses des parents sont fondées sur l’ignorance de l’enfance et une imagination absolument sautée quant à ce qui est bien et mal, il est évident que la tradition n’a eu qu’à maintenir ses erreurs et en faire des dogmes pour que chaque individu soit à la merci des règles religieuses et entame la vie avec un vif sentiment de mésestime de soi. On savait qu’en interdisant les jeux sexuels, puisque tout le monde naît sexué, tout le monde se sentirait redevable à la religion de les sauver de l’enfer. On ne pouvait pas prôner un châtiment sur terre (sauf pendant l’Inquisition) alors on inventa la vie après la mort, ce qui devenait la justification de tous les interdits et la naissance de toutes les peurs. Aujourd’hui, le système judiciaire a pris la place des religieux dans l’interdiction du plaisir charnel.

Je ne comprends vraiment pas pourquoi on peut rester figer à l’intérêt que représentent la forme et la longueur des quéquettes. C’est une curiosité d’enfance. Pourquoi y rester fixer? C’était un de mes comportements que je ne comprenais pas et qui ont servi pour me culpabiliser. C’est une obsession complètement folle.

J’ai l’impression que c’est tout simplement parce que ma curiosité ne fut pas rassasiée, un refoulement qui ne s’est jamais réalisé assez fortement pour éliminer le besoin. Mon homosexualité à cet âge m’était encore inconnue. Il s’agit définitivement d’une des expériences qui m’a fourni le plus de satisfaction partielle, tout en étant la plus frustrante, car elle ne se réalisait que très rarement. Plus c’était rare, plus ça m’obsédait. Pourtant, ça ne fait de mal à personne et ça rend fou de rêves. D’où venait cet intérêt? Des questions demeurées sans réponse.

C’est probablement que dans notre société, c’est quelque chose de défendu. La curiosité sexuelle prend une importance qu’elle ne devrait pas occuper dans notre vie, car ce n’est qu’une curiosité qui voudrait être satisfaite. On ne passe pas sa journée à penser au sexe. Même si je suis supposément un obsédé, le sexe occupe qu’un petit pourcentage du temps qui lui est consacré dans une journée et parfois même des semaines.

Avant douze ans, ça ne voulait rien dire, sinon des jeux comme les autres. J’aurais été incapable de comprendre d’une manière ou d’une autre. Ma peur est apparue quand on se mit à discuter des meurtres de petits gars, à voir la violence à la télévision et ne pas comprendre pourquoi les Indiens étaient vêtus dans les films alors qu’on apprenait que les missionnaires étaient rendus fous par la nudité des autochtones. Pourquoi cet illogisme? Qu’est-ce qu’on nous cachait de si grave et de si important?

Pour moi, voir le corps nu d’un petit compagnon c’était plutôt un objet d’adoration. Je voulais voir, toucher quelqu’un que je trouvais beau. Pourquoi disait-on que c’est cochon? Cela créait en moi une curiosité encore plus globale de l’autre. Je voulais savoir si ces réactions concordaient avec son allure. J’étais admiratif devant certains autres petits gars ou un vieillard. Je voulais tout voir, tout sentir de lui parce que je sentais qu’il y a quelque chose qui m’échappait et que je voulais découvrir à tout prix. Ça dépassait le corps, c’était comme le besoin d’intégrer l’autre pour mieux partager ses sentiments. C’était comme la vie, une beauté que tu ne peux vivre que si tu la possèdes de l’intérieur. Est-ce que le linge constituait un empêchement de contempler la beauté dans son essence? Un mur qui t’empêche de tout partager de l’autre? Jusqu’à un certain point, mais surtout du côté de la complicité. La complicité rapproche.

Devant un plus vieux, j’ai un peu le même sentiment qui est ordinairement plus asexué, plus intellectuel. Est-ce ça l’amitié? Je trouve certains vieux et vieilles d’une très grande beauté. On dirait que ces personnes arrivent dans un regard, dans une larme, une moue à te faire sentir tout leur désespoir ou leur bonheur, toute leur fatigue, tout cet écrasement, cette impuissance et cette résignation d’être condamné à la solitude et une mort proche.

Dans les deux extrémités de la vie, on dirait que les choses essentielles de l’esprit sont plus faciles à percevoir. Est-ce parce que le désir n’y est pas ou est- ce simplement parce que je suis plus sensible ?

Je ne percevais rien de mal dans mes obsessions, car je ne faisais que tomber en amour avec la beauté des visages. Quand le reste faisait surface, c’étaient des prières et des prières pour cesser d’avoir ces idées folles. La morale religieuse rend fou.

Ma relation avec les jeunes élevés librement était la suite normale de ce que j’avais vécu plus jeune. Mon problème avec les filles s’était tout simplement résorbé avec leur absence dans ma vie. Pas de femme, pas de problème. Mais, il y a plus de femmes que d’hommes dans notre société. Impossible de faire comme si elles n’existent pas. D’autant plus, qu’elles dominent présentement tous les domaines reliés à l’art, l’écriture et l’enseignement. Il faut agir comme elles le veulent sinon on est mis de côté. C’est leur manière de se croire égale aux hommes. Les remplacer au pouvoir.

J’essayais de vivre sans elle et ainsi éviter les problèmes. Les femmes sont trop compliquées. Elles ne comprennent rien aux hommes et voudraient que l’on pense exactement comme elles. Elles nous repassent les sermons des curés contre la sexualité en pensant qu’elles sont ainsi progressistes. Elles ne se rendent même pas compte qu’elles voudraient nous faire vivre comme ce que les vrais féministes progressistes ont combattu. Je peux critiquer, je suis un peu comme elles.

Je ne faisais pas encore de nuance entre la pédérastie et être gai, mais je sentais qu’il y en avait une. Le fossé s’est agrandi quand les féministes réactionnaires inventèrent le terme pédophile. C’était un moyen pour écraser sa progéniture et de propager sa peur de femmes qui n’acceptent pas la sexualité parce qu’elles ont peur. Aussi, confondent-elles être « cruisé » et être violé.

Les termes de relation intergénérationnelle n’étaient pas encore inventés. On invente des termes pour définir des situations, ainsi, on doit en inventer d’autres au moindre changement. Les mots servent à définir l’orientation morale.

Un sourire venu d’enfer 41

novembre 27, 2020

Autobiographie approximative

pp.344 à 353

42

L’après-école libre, chez Ted.

Septembre 1976. J’étais encore une fois assisté social. Je demeurais chez Ted, un animateur à l’école libre.

Il ne m’aimait guère puisque privé de l’école libre, j’ai transposé l’expérience à la maison. Des enfants de nos connaissances nous rendaient visite. Ça le fatiguait, moi, ça me choquait de l’entendre chialer. Presque toutes les fins de semaine, la maison était pleine à craquer. J’avais laissé le hangar aux petits gars pour qu’il se fasse une cabane. C’était la période expérimentale au cours de laquelle les jeunes font les 400 coups pour savoir s’ils sont vraiment libres.

À l’intérieur, ils dirigeaient mes travaux de peinturage. Tout le monde participait, avant de passer au hangar travailler à l’aménagement de leur local. La cour était devenue un véritable dépotoir.

Parfois, Patrick et Yanie venaient faire leur tour. Patrick était jaloux. Si je m’étais pris pour le père, il s’était pris pour le fils ou du moins en revendiquait-il tous les privilèges. Même Yanie affirmait aux petites Haïtiennes à la maison quand elles ne voulaient pas l’écouter : « Je connais Jean depuis bien plus longtemps que vous. Il a même resté chez nous. » Grand verdict irréfutable, signifiant qu’elle avait plus d’influence sur moi et que je lui appartenais plus qu’à elles.

J’adorais recevoir les enfants desquels je pouvais difficilement me différencier.

Quel pouvoir avais-je de plus? Je vivais parfaitement l’égalité entre tous les êtres telle qu’enseignée à l’école libre. Je n’avais plus qu’à apprendre, moi aussi, à dire oui ou non. Pour moi, le non a toujours été un grand problème. Plus tard, un de mes fils adoptifs me disait : « Avec Jean, c’est facile, il suffit de dire qu’on l’aime pour qu’on ait tout ce que l’on veut. »

La cuisine ou le salon devenait vite une salle de jeux. Je regardais faire les petits ou je dessinais avec eux, tout dépendant combien j’étais occupé dans mes préoccupations d’adulte. En dessin, j’étais toujours un peu mal à l’aise d’être beaucoup moins talentueux qu’eux. Quand j’étais au collège, je n’ai jamais été capable de faire un dessin convenable et je n’étais pas mieux en vieillissant. Comme avec la musique, il suffisait que je chante pour que tout le monde autour perde la mélodie. Une cruche parfaite.

En quoi suis-je bon? Devenait souvent la question de circonstance. Une chose certaine, je les aimais encore plus que je m’aimais moi-même. J’admirais leur talent.

Les vacances avaient été extraordinaires. J’ai fait connaissance avec deux petites Haïtiennes dont l’une était extrêmement belle. Elles avaient un frère aîné. J’avais aussi rencontré Steve, un magnifique petit garçon qui m’a aussitôt fait sauter les fusibles.

Au début, sa mère voyait d’un mauvais œil mon contact avec lui. Elle dut convenir que le petit adorait se promener sur mes épaules et se laisser parfois tâter et chatouiller. Le soir, Steve exigea de coucher dans la même tente que moi où il roucoula des heures, allongé contre moi, bandé comme un cheval, pendant que je le caressais et le mangeait des yeux. Le noir lui conférait un profit encore plus divin.

Ce petit gars était d’une beauté archangélique. Brun. Les cheveux bouclés. Un peu gêné et très sensible aux moindres attentions. Il avait quasi la voix d’une fille et les os d’une telle délicatesse que j’avais peur de les briser quand je jouais avec lui.

Hélas! Nous avons vécu très peu longtemps ensemble, car il déménagea. Je ne l’ai revu qu’une année plus tard. À le voir me chercher dans la voiture où j’étais assis alors qu’il était à l’extérieur, la figure rayonnante de curiosité, je savais qu’il ne m’avait pas oublié. Je rêve de lui comme à bien d’autres. Juste leur souvenir confirme que la vie mérite d’être vécue, ne serait-ce que pour les avoir rencontrés, même si peu longtemps. Que ça choque ou pas, pour moi, vivre  avec eux est le plus grand cadeau que Dieu m’a fait.

Sachant que tous les jours ne peuvent pas être une fête et vivre en compagnie de petits gars, je me suis développé une mémoire quasi nucléaire tant visuelle que tactile de chacun d’eux. Je peux ainsi, quoique je vive autre chose, me référer à eux pour reprendre le goût de vivre.

Les petites Haïtiennes m’accaparaient beaucoup. Elles me croyaient un martien à cause de la couleur noire et blanche de ma peau. Ce qui me fait dire que je suis un nègre blanc d’Amérique authentique. Elles adoraient vivre avec moi. Ainsi, elles venaient souvent avec leur grand frère passer quelques jours. Malheureusement pour moi, le grand frère n’était pas intéressé par mes sollicitations. Je devais encore une fois apprendre à me contenter d’espérer, de développer et partager d’autres formes de jouissance en sa compagnie. C’était assez facile. Marco était très beau, extrêmement intelligent, précoce comme pas un et un amateur de bonne musique, musique que l’on écoutait en prenant notre bain ensemble. J’aurais aimé être plus riche pour l’amener toujours avec moi, lui faire entendre ce qu’il y a de mieux en spectacles. Seul, je n’en avais même pas le goût. La vie a l’intérêt de celui avec qui tu la partages. C’est le pouvoir d’être comme en couple. Un façonne l’autre.

Malgré leurs visites sporadiques, septembre laissait de grands vides dans mon emploi du temps. Aussi, je me suis enregistré à des cours fournis aux Ateliers populaires.

J’ai choisi le théâtre et la radio. Le théâtre m’aiderait à rendre plus vivants mes poèmes quand j’aurai à réciter; alors que la radio me permettrait de m’impliquer davantage dans la vie du quartier. Je me sentirais ainsi un peu moins inutile.

Le cours de radio se poursuivait en collaboration avec Radio Centreville, une station communautaire, à Montréal.

J’étais fier de collaborer à cette station de quartier, car, elle m’apparaissait la seule radio libre au Québec. Le seul endroit où il était possible de critiquer le gouvernement ou de parler de sujets tabous.

J’appréciais particulièrement la notion de quartier. Pour moi, cette radio devait servir à faire connaître les services communautaires dont le quartier pouvait jouir. Un instrument efficace pour combattre la pauvreté et redonner espoir aux gens. Un mécanisme pour trouver un consensus local, des solutions à nos problèmes.

Une fois par semaine, nous nous rendions à la station apprendre à nous servir de l’équipement et à monter des émissions.

Quant au théâtre, il reposait surtout sur la spontanéité et la création. J’adorais ce passe-temps à cause de l’atmosphère d’amitié, de solidarité. Notre professeur était excellent. J’ai compris que si j’avais eu plus de mémoire, j’aurais pu devenir un bon acteur.

Avec ma grande famille, j’ai tôt fait de suggérer une émission avec les enfants. J’aurais aimé dans cet élan créer une série d’émissions qui auraient été faites strictement par les enfants. Marco aurait pu facilement en être l’animateur. L’idée fut tout de suite retenue.

À part de courir les cours d’école pour organiser des entrevues, j’ai dû passer de nombreuses heures à travailler au montage. J’ai trouvé ça fascinant.

Je découvrais cette technique en même temps que l’auteur américain William Burroughs. Je ne comprends pas pourquoi les critiques s’entendent pour affirmer le génie de cet écrivain à partir du Festin nu où il est question d’expériences de la CIA alors que La machine molle et Les garçons sauvages sont des ouvrages bien supérieurs. Dans La machine molle, il nous fait pénétrer techniquement dans le continuum espace-temps par la descente spiralée à travers le trou du cul d’un petit gars et nous fait aboutir dans la vision fantastique de l’espace-temps appliquée à la civilisation. Ce qui est grandiose dans ce texte, tu en sors comme t’es entré par le cul du petit soldat, phénomène qui structure vraiment son roman sous forme de spirale.

Quant aux Garçons sauvages, il ne fait penser aux Gamins de Caracas, ces petits bouts d’hommes qui deviendront dans quelques années, le point central de tout Occidental. Ce sera le prochain épisode de ma recherche, car au Québec, sauf dans les sermons, ce n’est pas pour demain que les parents accepteront le droit de l’enfant à sa sexualité, encore moins sur le choix de sa famille, de son école, de sa pensée.

La civilisation occidentale est encore mille ans en arrière de ce règne d’espérance et la Russie quant à elle, l’est de dix mille ans. Ce n’est encore rien à côté des talibans qui sont restés coincés à l’époque du désert avec Mahomet. Pas surprenant que pour nous faire vivre d’une manière aussi arriérée, les islamistes aient besoin de prendre les armes pour faire écouter leur message.

Aujourd’hui, les parents qui se prétendent les plus progressistes te diront fièrement que leur enfant c’est leur propriété. « C’est à moi, cet enfant. Que je ne vois jamais un maudit salaud lui toucher. » Et, ces enfants deviendront alcooliques ou drogués pour oublier qu’ils n’ont jamais connu la tendresse de leurs parents parce qu’on leur a appris que se caresser est un péché. Heureusement, Freud était plus intelligent, il faisait une nuance entre la sexualité et la génitalité.

La sexualité est tout ce qui touche à l’affection alors que la génitalité concerne les parties du corps qui servent à la reproduction ou à créer du plaisir. Les zones érotiques ont beaucoup changé depuis que l’on essaie de couvrir tout le corps, une manière de manifester sa honte d’être un être matériel. Une bêtise

consacrée comme étant normale et une vérité qui a franchi les siècles, grâce au mensonge et à la violence… L’Inquisition en témoigne.

Je préférais pouvoir me présenter carrément comme pédéraste aux parents et amis, car ça garantissait que jamais je ne pourrais me servir de ma force pour obtenir une relation sexuelle avec un petit. J’avais bien trop peur de devenir un prédateur sexuel, ce qui impliquait la violence. En étant aussi ouvert, si par hasard un jeune s’était senti inconfortable dans notre relation, il n’aurait pas peur d’en parler à ses parents. Peut-on devenir violent à force d’être frustré? C’est ce dont j’avais peur.

L’essentiel de la relation était que je sois amoureux et que mon partenaire le soit aussi de moi. Ce sont des choses qui se sentent. Comment l’amour pourrait-il nuire à quelqu’un? Je dirais que 98 pour cent d’une relation sexuelle pédéraste est pure affection et tendresse. La complicité est aussi un des éléments essentiels.

Robert, un petit voisin, venait fréquemment à la maison. Nous étions assez intimes.

Le matin, il n’attendait plus que je lui ouvre la porte. Il savait ce qu’il voulait voir, car je préfère coucher nu. Les jeunes sont beaucoup moins niaiseux que se l’imaginent les adultes.

.Dire que je suis pédéraste était me garantir que je ne sois jamais un agresseur. Si notre relation devenait pénible pour le jeune garçon, puisqu’il peut habituellement en parler, il se confierait facilement à ses parents. Ma grande question demeurait : peut-on devenir violent à force d’être frustré? C’est ce dont j’ai toujours eu peur panique.

Les questions posées n’étaient pas celles de la société qui ne voit que du mal à travers les relations sexuelles entre les générations, mais est-il préférable de ne pas obéir aux lois débiles de la société pour s’empêcher d’être un danger pour les jeunes que l’on aime. Loin d’être violente, la pédérastie (amourajoie) est strictement émotion amoureuse et tendresse.

Aimer, c’est d’être bien avec quelqu’un. (Gabriel Charpentier)

La capacité de communiquer entre les enfants et les parents de notre milieu garantissait que jamais un jeune ne soit assez honteux ou peureux pour ne pas pouvoir parler directement entre eux de notre relation. Si le jeune peut parler sans honte de sa sexualité, il en parlera à ses parents ou ses amis si quelque chose cloche. Le jeune ne se sentait pas juger ou étouffer parce qu’il m’aimait.

Cette  confiance  devrait  exister  dans  toutes  les  familles  et  tous  les  jeunes devraient pouvoir parler sans peur, ni honte avec leurs parents d’un événement qui le blesse ou le trouble ou le rend heureux. Si les parents sont inconfortables d’en parler, c’est qu’ils ont un sérieux problème. Quoi de plus naturel que le sexe? Pourquoi la peur de la nudité rend-elle tant de gens malades? Je suis persuadé que la manière répressive de vivre la sexualité chez les jeunes crée beaucoup plus de traumatismes que le fait de jouer librement à des jeux sexuels, même avec un adulte qu’ils aiment.

Après tout, si j’avais pu aller plusieurs jours en examen psychiatrique pour m’assurer que jamais je ne pourrai être un danger pour un garçon avec qui j’aurais une relation sexuelle, il est inutile de dire que j’étais très préoccupé par les effets de ma pédérastie sur les jeunes.

Cependant, rien, moins que rien, dans ce que je voyais et ressentais me permettait de croire que mes relations pouvaient avoir le moindre effet négatif. Les      arguments          que  l’on     inventait        pour          interdire        des    rapports              sexuels intergénérationnels sont totalement faux. Il suffit que les jeunes se sentent vraiment libres et non écrasés par la morale pour que la sexualité devienne un sujet comme les autres. Pourquoi les autorités nous mentent-elles tout le temps quant à la sexualité ?

J’étais révolté quand j’ai appris que ce que n’est pas vrai que te masturber te donne des boutons ou crée plus tard un problème d’éjaculation précoce, ce que les religieux et la médecine essayaient de nous faire croire. J’admets que ma manière compulsive de me masturber quand j’étais jeune avait quelque chose d’anormal, mais je ne le savais pas. Masturber permet d’oublier les problèmes. C’est quand même mieux que de boire puisque trop boire n’est qu’un résultat de la mésestime que l’on a de soi.

Évidemment, ce n’étaient pas tous les parents qui comprenaient mon point de vue. C’était même une très très petite minorité qui connaissait assez leurs enfants pour leur laisser le droit de choisir eux-mêmes et n’intervenir que s’ils sentaient qu’il y avait quelque chose qui cloche. . Je dirais même que ce n’était possible que dans un cercle fermé. Ceux qui cherchaient à comprendre la vraie vie. Ceux qui voulaient vraiment le bonheur des enfants et ne partaient pas en croyant avec les prérequis que le sexe est mal et honteux.

Un jeune élevé dans un milieu sexuel libéral ne peut pas être perturbé s’il rencontre quelqu’un qui vit ainsi; mais s’il vient d’une famille scrupuleuse, si on apprend ce qui se passe, c’est l’enfer et le jeune peut être marqué pour le reste de sa vie. Le jeune a bien plus peur de la réaction des autres que de ce qui s’est passé. C’est le fun de jouer aux fesses quoiqu’en disent les autorités.

Les gens ne semblent pas comprendre que tous les enfants n’apprennent pas seulement à travers les paroles. Ils sont des lecteurs nés de tout langage non verbal. La meilleure preuve est qu’ils apprennent à parler en nous regardant faire. La façon dont les parents réagissent face à la sexualité les marque à vie. C’est une empreinte qui nous marque avant même que l’on commence à comprendre qui on est. C’est pourquoi les adultes croient que la sexualité est si importante. C’était ce que leurs parents leur apprenaient.

Des tonnes d’affaires se déroulent durant notre enfance et dont on ne se rappelle pas. On apprend sans même s’en rendre compte. C’est ce qui constitue notre inconscient.

Personnellement, j’avais l’art, m’a-t-on raconté, de placer des couteaux, fourchettes dans les prises électriques pour savoir ce que ça faisait. Je n’en ai pas le moindre souvenir, sauf qu’aujourd’hui, j’ai peur de l’électricité. Alors pourquoi si une aventure sexuelle, comme un toucher survenait, ce qui n’est pas désagréable en soi, me pourchasserait-elle toute ma vie?

Plus j’y pensais, plus je trouvais cela stupide. Pourquoi mentons-nous toujours sur tout ce qui touche la sexualité? Combien de gens vivent parfaitement équilibrés et ont déjà connu les jeux du docteur dans leur enfance? Qui ne s’est pas déjà masturbé? Il n’y a pas qu’une façon.

Par contre, combien ont été traumatisés parce qu’on leur a fait peur quand ils ont été pris? Combien de jeunes se sont suicidés parce qu’ils ne se croyaient pas aimés par leurs parents? On risque d’être beaucoup plus traumatisé par un manque d’affection dans notre enfance que par des caresses.

Quand on est jeune, la sexualité ça ne veut absolument rien dire, sauf l’affection, se sentir désiré, aimé. Par contre, en voyant les adultes devenir fous dès qu’on parle de sexe ou quelque chose qui s’y rapproche, on s’imagine que c’est aussi affreux que l’apparition du diable.

Si on n’attache pas une importance outre mesure à la sexualité, pour les enfants, la vie sexuelle est pratiquement presque toujours inexistante avant 10 ans. C’est d’ailleurs pourquoi je suis contre l’enseignement de la sexualité pour tout le monde à l’école, avant la fin du primaire. Pourquoi parler d’un sujet qui n’intéresse pas un jeune, qui n’en a pas besoin, sinon pour lui laver le cerveau et lui transmettre ses bibittes. Je suis contre les lavages de cerveau religieux et moralisateurs. S’en prendre à la sexualité pour un rien, c’est une connerie propre aux religions.

Par contre, l’école doit pouvoir répondre aux cas particuliers, à ceux qui veulent savoir, soit en ayant des spécialistes dans cet enseignement ou des moyens (livres, films) qui permettent de répondre aux questions des plus précoces.

Robert entrait et venait me trouver dans ma chambre. Je couchais nu, comme d’habitude, et ça ne le dérangeait pas. Il venait s’asseoir à mes côtés, attendant patiemment que je sorte du lit. Il connaissait mon intérêt pour les bites des petits gars, mais il ne semblait pas se sentir concerné.

Robert avait l’art de se faire aimer. Il avait des yeux champagne, bouillonnant d’intelligence. L’allure d’un petit détestable, juste assez pour le rendre sympathique. C’était une machine ambulante de questions. Y en avait des pourquoi et des comment avec lui.

Fort de mieux me connaître, Robert avait commencé à demander des cadeaux pour savoir jusqu’où il pouvait aller et compter sur moi. J’accédais à ses demandes, dans la mesure où je le pouvais. Ces dépenses pouvaient être assez facilement absorbées par mon budget. J’avais juste à manger du macaroni Kraft quelques fois de plus pour lui donner ce qu’il voulait.

D’ailleurs, Robert aimait d’autant plus venir me voir que sa mère était bien d’accord. On peut penser qu’elle était folle de me faire confiance, mais c’est poser le problème en dehors de la réalité. Elle faisait confiance à son garçon, sachant très bien qu’il pouvait décider lui-même s’il aimait être avec moi ou non. Souvent les adultes paniquent, refusent de considérer ce que le jeune ressent sentimentalement et prétendent le défendre en lui interdisant toute fréquentation suspecte, oubliant que rien d’intelligent ne justifie une telle peur si on connait aussi les fréquentations de son petit gars. Les pédérastes sont en amour alors que les prédateurs dangereux sont psychopathes ou attaché à un racket de la pègre.

Si j’aimais la visite des enfants, même s’ils faisaient beaucoup de désordre, mon colocataire Ted ne goûtait plus au plaisir de les voir venir s’amuser chez nous. À son avis, l’école libre exigeait trop d’énergies pour devoir encore supporter des enfants à la maison.

Je voyais dans cette décision, une tactique pour m’empêcher de rencontrer les petits gars, décision assez surprenante de sa part, car, il croyait comme moi que la vie serait plus heureuse pour les jeunes si on éliminait l’interdit sexuel et le bourrage de crâne qui l’entoure. Jusque-là, il n’avait jamais démontré de réserve quant à ma pédérastie.  Au contraire, il m’avait lui-même présenté des petits gars, dont Steve n’était pas le moindre.

Ted n’avait plus le courage d’entendre crier les enfants, surtout avant 11 heures du matin.

Je le trouvais bien paresseux. Je ne me gênais pas pour lui dire. Pire, je n’acceptais pas sa foi religieuse. Elle me faisait peur. Ted prétendait toujours que l’avènement de Dieu était pour bientôt et que ce serait un Arabe. Il me prédisait la chute prochaine du Chah d’Iran, le début de la guerre au Moyen-Orient par la France, l’indépendance du Québec, pendant cette guerre, et finalement, l’assassinat du pape au Québec. Tant de violence me faisait peur. Aussi, je ridiculisais toutes ses vues macabres.

Plus il me parlait de religion pour me convertir, plus il m’en éloignait.

Un autre problème, Ted se comportait avec moi comme si j’étais son épouse. Je devais lui obéir, me soumettre comme toute bonne femme au foyer. Ce n’était pas tout à fait mon genre et contrairement aux femmes, ces scènes de violence ne me faisaient pas peur. Le mâle dominateur violent est une notion que je déteste autant que les féministes ou les gais qui se prenaient pour une femme. La féminité n’est pas que dans l’allure extérieure. Je n’avais pas encore beaucoup évolué quant aux travestis. J’étais comme tous les autres qui les jugent sans même essayer de comprendre parce que notre éducation nous a mis dans la tête que ce sont des gens malades. Heureusement avec le temps, j’ai compris que les travestis ont autant le droit de vivre comme ils le veulent que moi ou n’importe quel hétéro.

Les crises de Ted se faisaient de plus en plus violentes et de plus en plus fréquentes. Ted a dû apprendre assez vite que pour moi la libération de la femme, ce n’est pas qu’un appui intellectuel. J’ai horreur qu’un humain essaie de dominer un autre humain. J’ai horreur de cette race de mâles hétéros. J’ai horreur de cette race de mâles qui ne peuvent pas se passer d’une femme dans leur lit et qui les traitent comme de vulgaires servantes. J’en ai autant horreur que d’entendre certaines féministes brailler sur leur exploitation, sans chercher à en secouer le joug. On est exploité quand on veut l’être.

J’ai toujours admiré les féministes qui se tiennent debout et qui ne sont pas toujours à nous casser les oreilles avec leur manie de mettre tous les hommes dans le même panier et ne pas réaliser qu’elles sont aussi une partie du problème si elles ne prennent pas leur place dans la société. Je suis pour l’égalité absolue des êtres humains quelle que soit la race, la couleur, le sexe, l’âge. Un être humain, c’est un être humain. Il n’y en a pas qui sont meilleurs ou pires que les autres. Nous sommes le produit de notre génétique et de notre éducation.

La   situation   se   corsa   encore   plus   entre   moi   et   Ted,   mon  colocataire.

Les enfants en jouant ont brisé une vitre dans la porte de la salle de bains. Ted y vit un moyen que j’aurais inventé pour espionner les jeunes dans la toilette. Quand tu es scrupuleux, tu as tellement l’esprit croche que tu imputes toutes sortes d’intention aux autres pour transgresser tes scrupules. Je n’étais pas là quand les jeunes ont brisé la vitre. J’étais frustré d’être ainsi faussement accusé.

Pour corriger cette situation, Ted plaça un tableau, une grosse croix pour remplacer la vitre cassée. Quand j’ai aperçu ça, je me suis rappelé tous les péchés qu’on m’avait mis sur la conscience quand je me masturbais.

La guerre a pris. Je n’aurais probablement rien dit s’il s’était contenté de boucher le trou; mais autant de symboles religieux avaient de quoi me faire perdre le goût de rire.

Un sourire venu d’enfer 40

novembre 26, 2020

Autobiographie approximative

pp. 335 à 344

Encore chômeur, j’ai douté de ma compétence au point d’essayer d’être accepté dans un cours de communication à l’UQAM; mais on me refusa pour , « expérience pertinente». Je n’ai jamais su ce qu’ils voulaient dire dans ce verdict.

À force de réfléchir à la question, j’ai convenu qu’il est possible que je sois complètement incompétent, trop paranoïaque et trop radical, pour pouvoir faire un bon journaliste.

Encore une fois, je ne savais pas quoi faire de ma vie. J’apprenais à m’en ficher royalement. Tout ce qui comptait, c’était le moment présent, pas une seconde de plus. Survivre, c’était mon défi quotidien.

Quelques semaines avant les Olympiques, j’ai voulu me rendre chez Suzanne. J’avais une bonne heure à attendre. Le métro était rempli à craquer. J’ai décidé de m’y promener et y chercher une âme sœur.

Ma recherche n’a pas été vaine, j’en ai trouvé deux qui m’ont conduit au bureau de la police du métro. Ces policiers en civil m’avaient souvent vu passer à Berri. Ils avaient trouvé mon comportement suspect, après tout la reine serait bientôt là. Et je suis classé parmi les dangereux de ce monde dans les fiches fédérastes.

Évidemment, les policiers n’ont pas pu me retenir, car rien n’interdit de perdre son temps en se promenant dans le métro. Par contre, ils m’ont flanqué une charge de flânage avant de me laisser partir. Je leur avais dit que je suis journaliste, ce qui m’a probablement valu d’être emmerdé moins longtemps. Même si je n’avais pas été longtemps au bureau de la police, j’avais eu le temps d’apprendre que la police de Vancouver, une bande de royalistes, ne m’avait pas oublié.

  • T’es mieux de ne pas remettre les pieds à Vancouver. On t’y attend depuis longtemps.

Un autre point : la police était surprise du nombre de livres que j’amenais avec moi, comme elle se disait agacée par la longueur de mes cheveux et mon allure de « petit voyou ».

Effectivement, grâce à Gaétan D, je faisais des critiques payées pour le journal indépendantiste Le JOUR. C’est peut-être niaiseux, mais cela me revalorisait énormément, car j’avais un pied dans le journalisme. Il y avait au moins une personne sur terre, Gaétan D, qui croyait que je pouvais faire quelque chose de bien dans la vie. Comme le dit si bien Félix Leclerc : « Si vous voulez tuer quelqu’un, empêchez-le de travailler. » Sans Gaétan D, c’est probablement ce qui serait arrivé, car je me sentais de plus en plus un idiot. Je me demandais si je n’étais pas fou puisque personne ne voulait me prendre au sérieux.

J’avais payé mon billet pour me promener dans le métro. Cette expérience m’a pourtant bien servi pour la critique d’un livre sur le caractère cumulatif de la violence psychologique des gens dans la foule qui attendent les services communautaires. J’ai été condamné à l’amende ou trois jours de prison, malgré mes explications.

J’ai interprété cette arrestation comme une tactique préventive pour me coffrer illico si jamais il arrivait quelque chose à Sa Majesté durant les Olympiques.

Trois jours, c’était juste le temps nécessaire pour me garder à l’ombre, grâce à nos taxes, et permettre à Trudeau de mépriser les Québécois un peu plus encore une fois. J’ai, de par cette injustice, été réveillé de ma longue léthargie post prison. J’étais encore une fois en guerre avec les libéraux.

Je ne savais pas comment répliquer à ces méthodes antidémocratiques préventives. L’occasion s’est présentée avec la littérature.

Gaétan Dostie organisait des soirées de poésie à l’occasion des Olympiques. J’ai été inscrit comme poète dans la soirée des « intervenants », en plein go-gauche, avec les marxistes-léninistes et les féministes. Puisque je me croyais un très mauvais poète, cela me suffisait amplement. J’étais dorénavant à l’abri des arrestations arbitraires.

Je ne me tairais plus. J’étais d’autant plus révolté que le fédéral s’apprêtait à déposer une loi contre les armes, visant particulièrement le Québec (avec le temps je suis devenu un partisan de l’enregistrement des armes à feu, car je pense qu’au Québec rien n’en justifie le moindrement la possession d’une arme).

Il y avait aussi une autre loi permettant d’emprisonner à deux ans indéfinis tout délinquant sexuel récidiviste. Cela veut dire que pour un petit attouchement, une petite masturbation ou fellation, tu peux passer le reste de ta vie en prison parce que cela s’est produit avec un mineur qui a probablement adoré l’expérience jusqu’à ce qu’il se fasse prendre. C’est pire que la prison à perpétuité, car alors tu es à la merci de tes juges et des entreprises de recherches comme du temps de la Gestapo pour le reste de ta vie. Ta vie devient un réservoir sans fond d’incertitude.

Pour moi, puisqu’on se servait de mes goûts sexuels pour m’écraser politiquement, cela signifiait être assuré très bientôt de finir mes jours en prison. Je n’avais plus rien à perdre. Je crèverais en prison, si je me faisais reprendre. Notre seul droit était de croire ce que le système veut que l’on croie, rien d’autre. La liberté sexuelle existe seulement pour ceux et celles qui n’en ont pas besoin, car ils vivent comme le système veut qu’ils vivent. C’était payé cher des petites masturbations en couple ou des 34 et demi, car souvent les jeunes aiment seulement être sucés. La réciproque ne les intéresse pas et je ne l’ai jamais demandée.

En participant aux activités du COJO, il devenait impossible que je sois arrêté, séquestré arbitrairement, sans que l’alarme soit donnée. En fait, j’ai passé ma vie à me battre pour la liberté sexuelle alors que le fait de combattre pour cet idéal me condamnait à ne pas pouvoir vivre cette même liberté pour laquelle je combats. Je pouvais à nouveau agir librement.

J’ai d’abord écrit un texte ridiculisant la bagarre qui devrait exister sur la valeur inestimable des crottes de la reine, jetée dans le Saint-Laurent, lors du passage de son bateau. Je disais qu’il faudrait les récupérer et les exposer en permanence au stade olympique, comme on le fait pour le cœur du frère André, à l’Oratoire Saint-Joseph. J’y préconisais aussi un plan de location de maisons de loyalistes le long du fleuve. Je terminais en me moquant de la venue des cadets de l’armée en disant que je ne m’y opposerais pas, bien au contraire, je serais le premier à les faire « venir ».

Ce texte jugé scandaleux fut refusé dans tous les journaux, même dans Hobo- Québec. Peut-être n’aimait-on pas le passage où je disais en riant que le prince Philippe serait le juge de nos athlètes, faisant ainsi allusion à sa présumée homosexualité ?

Je me suis présenté à La Place aux poètes organisée par Janou Saint-Denis. Ce retour à la poésie m’entraîna à Radio Centreville, une radio communautaire FM, diffusant au centre de Montréal.

41

La venue de la reine

J’étais fier de cette découverte : une radio libre à Montréal.

J’ai immédiatement organisé une émission de poésie en collaboration avec Janou St-Denis. Ce fut un succès.

Le groupe de poètes invités s’est ensuite rendu au restaurant où il fut décidé de créer un mouvement littéraire pour aider Janou dans ses revendications pour que les poètes aient un coin sur la montagne à l’occasion de la Saint-Jean. C’était normal. La majorité des poètes étaient nationalistes alors pourquoi ne pas leur rendre le droit à la parole.

Les poètes sont considérés comme des moins que rien dans la culture québécoise.

Ce groupe fut nommé le Comité d’action poétique. Ce mouvement de jeunes poètes a été mis sur pied à la Place aux poètes, animée toutes les semaines par Janou St-Denis.

Nous avons décidé de tenir une manifestation contre la Société Saint-Jean- Baptiste qui décidait qui participait aux fêtes de la Saint-Jean. De plus, Jean- Marc Castilloux avait déniché un permis de la police. Le CAP était un regroupement bizarre. Il comprenait des membres de l’Atelier des Idées nouvelles, le baron Philippe, toujours habillé en femme et se battant pour les féministes, et bien d’autres.

Cet événement fut spectaculaire non par le nombre de participants, mais parce que pour la première fois à ma connaissance, des poètes prenaient la rue pour protester.

La poésie perdait son caractère pédant. Nous distribuions des poèmes à tout le monde, même aux flics qui en lisaient probablement pour la première fois dans leur vie. Les poètes ont dû même pousser la moto d’un flic tombée en panne. La poésie prenait droit de cité. Elle vivait enfin. Plusieurs personnes étaient ravies d’une telle initiative. « Gauvreau ne se taira plus, les poètes non plus. », disait-on avec foi.

La victoire symbolique de la parole nous entraîna par hasard dans une nouvelle aventure.

Adrien Vilandré, un ami de Québec, nous demanda de participer à une soirée de poésie, programmée comme par hasard, le soir même de l’arrivée de la reine Élizabeth pour les Jeux olympiques à Montréal.

Le récital a été organisé, malgré les protestations de la police. Elle ne pouvait rien faire contre nous, car tout se déroulait sur un terrain privé, soit au séminaire de Montréal, dans l’ouest, sous le signe de l’orignal épormyable, de Gauvreau. Il s’agissait d’une soirée de la jeune poésie et une fête populaire de la chanson amérindienne. Chanter les Indiens et réciter des poèmes sur les signes avant- coureurs de l’indépendance en souvenir autant de Gauvreau que de Louis Riel, le soir de l’arrivée de la reine, ne troubla personne, sauf les autorités.

Ce fut une très belle soirée. Récital à l’extérieur. Tout était survolté. Avant le récital, la police nous avait nargués, empruntant un chemin pour aller se stationner en haut de la butte qui nous servait de scène pour réciter nos textes devant la foule à nos pieds. Nous étions examinés comme si nous avions été de vulgaires bandits. Par contre, pour couronner notre entreprise poétique, nous avions la visite du consul américain ainsi que du chef de l’Opposition,

M. Jacques-Yvan Morin. J’étais fier d’y réciter un seul poème, mais très provocateur, une espèce de slam avant le temps.

Je n’aurais jamais cru qu’un jour un de mes textes fassent un tel tabac. Ce n’est pas qu’on le trouvait baveux, mais plutôt drôle. On ne voyait pas encore dans la poésie une tournure d’esprit qui se permet de rire des événements.

Je m’appelle Élisabeth

I am the queen du mois de juillet j’ai été choisi pour mes deux fleurs deux gerbes de poil près du pénis.

J’aime autant que Philippe

les belles fesses rondes de nos athlètes et quoiqu’en dise le maire Drapeau

le stade ne vaudra jamais

la beauté de nos olympistes..

Vive le Québec !

Au moins icitte

on tripe en Christ…

Laissez laissez venir

à moi les petits soldats laissez-les

je m’en occuperai

de mille et une façons qu’ils aimeront.

Bourassa,

j’ai le cul plus vierge que tes promesses La vie aussi poignée que tes lois

je ne veux rien sinon ma dignité ma liberté.

Vasez, vasez

vos gens durant ce temps jasent jasent

et paient leurs taxes.

Je me promenais depuis cette première manifestation avec une pancarte sur laquelle était écrit : Qu’osse ça veut dire : Le PD à Bourassa, l.d !

Je promettais de révéler bientôt le sens de ces lettres et j’invitais Bourassa à tenir des élections. C’était aussi le fruit d’une gageure avec un ami. Une vengeance de la prison.

En fait, le PD à Bourassa : l.d. : voulait simplement dire : Qu’osse ça veut dire : LE PEUPLE DEMANDE À BOURASSA, LÈVE-TOI DEBOUT.

Je m’en étais aussi servi dans une manifestation que l’on avait tenue sur la rue Saint-Denis où j’avais d’ailleurs récité un texte intitulé : l’archange Foin – Foin.

Je me promenais déguisé en un archange enceinte d’une bonne nouvelle. Deux pénis décoraient mes ailes larges de deux pieds, chaque côté de moi.

Je n’étais pas tellement reconnaissable. J’étais bien heureux de défiler quand j’ai passé devant les deux flics qui m’avaient arrêté dans le métro. Cependant, n’ayant ni fait les trois jours de prison ou payé l’amende dans les délais pour crier ma non-culpabilité, j’étais en quelque sorte apte à être arrêté n’importe quand. J’avais la chienne.

Je me promenais alors avec de grandes ailes pour faire un peu plus archange. Une parade plus qu’une manifestation.

Le Cap voulait réunir tous les arts dans le même panier. Avec la poésie, on peut faire des tableaux et des pancartes, on peut accompagner le tout de musique. Être un artiste, c’est aussi être un poète. Le rire fait aussi partie de la beauté et des bonnes choses de la vie.

Ce soir-là, les poètes étaient en révolte et exigeaient la défaite prochaine du gouvernement Bourassa.

Si Janou refusait toute ingérence de la politique dans la poésie; moi, avec ma pancarte, je revivais le parti Rhinocéros en poèmes.

Manifester était devenu une grande fête intérieure.

Le Comité d’action poétique a été élargi à tous les artistes en vue d’un regroupement général. Le nouveau nom fut le Mouvement d’Action Poétique, le MAP.

L’Atelier des idées nouvelles qui venaient d’ouvrir ses portes dans le quartier chinois de Montréal décida d’organise avec le Comité d’Action poétique une manifestation poétique.

La prochaine manifestation devait s’appeler : « D’l’aut’bord d.chassis ». Ce titre un peu trop joual a créé quelques dissensions mineures. Pour organiser cet événement, nous avons organisé une conférence de presse. Tous les journaux importants sont venus, tous y déléguèrent un photographe, sauf Le Devoir, qui obtint les détails par téléphone.

Aucun des journaux ne publia les résultats de cette conférence de presse, car à chaque fois que je me présentais avec ma pancarte Le P.D. à Bourassa l.d. tout le monde « freekait ». On trouvait que j’allais trop loin. Aujourd’hui, je dirais qu’on avait raison. Exaltation d’avoir été en dedans ne justifiait pas ma manière de contester. Je n’avais pas à m’en prendre à Bourassa, mais plutôt au système judiciaire qui exagère le mal des relations sexuelles entre adultes et jeunes au point de ressembler à l’Inquisition. Mais, la rage était là, bien humaine. Radio-Canada n’en parlait pas, nous y avons tenu une manifestation, devant les studios lors de l’émission « Ce soir ».

Cette manifestation était un spectacle nouveau à Montréal.

Un camion, muni d’un haut-parleur, ouvrait la parade en scandant :

« Le temps de se taire, de se faire fermer la gueule est révolu. Face à la répression culturelle qui sévit au Québec avec CORRIDART, les poètes sur la montagne, les Gens de l’air et le Jour (les libéraux refusaient d’y annoncer, consacrant la faillite du journal) ne peut y avoir qu’une réplique. Nous, artistes de toutes les disciplines et de partout, nous nous élevons dans une lutte à mort pour la libération de toutes formes d’expression. Nous sortons du châssis, écrasant toute frontière, toute classe sociale, tout vedettariat, toute limite morale, sociale, formelle qui nous étreint. Nous prenons la rue. Nous la fêtons. Nous la gardons.»

Le soir, dans le Vieux-Montréal, nous avons tenu une soirée de poésie. J’y ai présenté qu’un seul texte qui malgré son contenu créa moins d’émoi que les poèmes du Baron Philippe qu’on a déjà oublié.

Mon poème de l’Archange Foin-Foin se lisait ainsi :

Je suis l’archange mère Foin-Foin ici à titre personnel

pour imager un coin de ciel.

Échappé des hautes sphères malgré vos  » Empires building  »
votre pollution senteur fond de pet

vos asphaltes assassins de sensations je vous annonce : la fin des temps durs.

Bientôt, mes camarades piqueniqueront dans des pétales de roses

au Jardin botanique.

J’entends vos questions.

Combien de temps encore durera

le règne des crapauds alourdis, des serpents à la langue fourchue, de la drapolice, de la boubouphalie et de la trudeaumanie?

Quand ce cruel Boubou vendra-t-il l’autonomie culturelle du Québec in English? N’attendez pas les anges pour vous le dire

Ils font l’amour. Ils font la foire.

Valser ! Valser ! Vaux mieux que se faire fourrer

Un texte dans lequel j’annonçais la fin prochaine de tout ce qui était libéral tant au Québec qu’au fédéral.  En novembre, il fut annoncé qu’il y aura des élections. C’était l’euphorie. Ce n’était pas de la prophétie, mais un sens de la prévision qui me fait parfois grandement peur. On dirait que je sens les événements arrivés. Le Grand Robert disait que je pourrais lire l’avenir si je le voulais.

Dans le cadre de ces combats, je me suis présenté au Solstice de la poésie, à l’occasion des Jeux olympiques, à Montréal, avec ma pancarte. Je savais que les organisateurs y tournaient une vidéo qui devait être distribuée un peu partout, surtout dans les écoles afin de faire connaître la poésie à la jeunesse.

Avec ma pancarte, je savais très bien que ce n’était pas tout le monde qui y voyait le sens que je lui prêtais. Je voulais créer une pression de plus sur Bourassa et le forcer à démissionner. Je n’avais rien à perdre : ou je me faisais descendre pour avoir eu cette audace ou je risquais de passer le reste de ma vie en prison. Je me défendais avec ce qui me semblait lui faire le plus peur.

J’ai profité de ma présentation pour donner un véritable réquisitoire pour les prisonniers politiques à la suite de la lecture d’un dossier que j’avais préparé sur le sujet. Malheureusement, presque toute ma participation à la vidéo a été ratée. Le message n’a pas débordé le cap d’un tout petit auditoire d’une centaine de personnes.

À la suite de cette soirée, j’étais fier de moi. Janou St- Denis me dit que de tous les révolutionnaires qui avait paradé sur le théâtre, j’étais le seul qu’elle aurait vu aux barricades. J’étais authentique à en être un peu fou.

Par  contre,  j’étais  triste  de  la  façon  dont  Paul  Chamberland  m’avait  perçu :

« t’avais l’air d’un vrai bum », me dit-il. C’était une claque, car j’adorais Chamberland. Je ne voulais pas être un voyou, mais un vrai révolutionnaire. J’ai été consolé plus tard quand Francoeur a sorti sa chanson « Beau bummage ».

La poésie, c’est une espèce de drogue effervescente. Une rivière intérieure de grand printemps. La Chaudière en pleine débâcle. Aucun barrage ou dynamitage ne peut en venir à bout.

Je n’ai pas eu besoin de me faire reprocher de ne pas avoir caché ma pancarte de malheur, supposément trop politique pour être poétique. J’ai plongé seul dans les remords de conscience. Pourquoi ne pas avoir eu l’intelligence d’oublier ma lutte personnelle pour le bien de toute la communauté artistique?

Publicisée ou pas, la parade fut tout un succès. Même Armand Vaillancourt, le sculpteur, y présenta une œuvre originale.

Une autre fois, j’avais écrit un texte pour une revue d’Amérique du Sud, à la demande de Gilbert Langevin, dans lequel en m’adressant à Nixon, après avoir crié ma solidarité pour les Noirs des États-Unis, je disais quelque chose comme :

M. le Président, il est temps de vous tuer. Je ne voulais pas parler d’assassinat, mais je sentais qu’il serait renversé. Le texte a été refusé bien évidemment, mais quelques mois plus tard, Nixon abdiquait à cause du Watergate. Dans l’esprit de mon texte, il venait d’être tué. Il venait d’être expulsé de son travail.

Prédire de tels événements est simplement que de la logique appliquée. Mais, j’ai parfois des intuitions qui me font peur. Un soir, je me suis réveillé en sueurs. J’avais rêvé que Nixon voulait déclarer une guerre atomique. Quand je racontais ces choses, tout le monde riait de moi. T’apprends à la fermer. Plus tard, il fut confirmé que Nixon a effectivement à cette époque voulu attaquer la Russie. Comment expliquer ça? Je ne le sais pas. Ça n’a pas grande importance. Ça n’arrive plus. J’ai tué ces voix intérieures.

Selon ce que j’ai appris, un an après la chute de Bourassa, il semblerait que la décision de Ryan au Devoir d’appuyer le Parti québécois serait issue de sa peur des rumeurs quant aux goûts sexuels de Bourassa. Est-ce vrai? J’en doute, mais on ne sait jamais. Je crois que la vie sexuelle de toute personne qu’elle soit en politique ou non ne regarde que les gens qui la vivent. Rien n’est aussi privé que la vie sexuelle.

C’est une des grandes et belles choses au Canada, les journalistes ne parlent jamais de la vie sexuelle de nos politiciens. Avec Ryan et sa religion, tout est possible. Et, si c’est vrai, ma pancarte ne fut peut-être pas aussi inutile dans le sens de la révolution. Je reconnais aujourd’hui que c’était de la folie de ma part que d’introduire ainsi la politique dans la poésie; mais aucun sujet ne doit échapper à la poésie. Il y a une manière de rendre poétique le discours politique et il peut même être non vindicatif. Même la politique se doit de s’exprimer poétiquement. Elle fait connaître les sentiments vis-à-vis les choses et porte ainsi la politique à un niveau qui n’a plus la forme d’un discours. La poésie est un cri du cœur.

Pour plusieurs, je n’écrivais plus de poésie. D’une certaine façon, j’en convenais. C’était plutôt un cri de névrose ou de révolte. Est-ce que la révolte fait aussi partie de la poésie? La poésie a été la source de toutes les révolutions.  Pourquoi en serait-il autrement au Québec? Ailleurs dans le monde, on sublimait même la maladie mentale. Serait-ce qu’on est trop moumoune au Québec?

Évidemment, j’aurais pu en avoir honte; mais la névrose n’est-elle pas une invention des psychologues pour justifier la répression sexuelle? Pour rendre des souris névrosées, il suffit de produire des décharges électriques dans leur nourriture. Elles deviennent folles ne sachant plus si elles doivent répondre à un besoin naturel impérieux ou subir la décharge électrique. C’est exactement ce qui se passe avec la sexualité.

Moi, les petits gars sont ma nourriture spirituelle. Le système a perverti la sexualité pour élaborer la classification selon les classes sociales et entretenir des modes. Le sexe est devenu une denrée économique. Je ne suis pas électrocuté, mais je suis enfermé ou humilié par tout le monde qui me refuse ce droit à la VIE VRAIE, À L’AMOUR, À ÊTRE CE QUE JE SUIS VRAIMENT.

Je ne voulais pas abdiquer à ce besoin, car, j’étais persuadé que ma pédérastie, dans mon cas, de la manière que je la vis, est un moyen de sublimer l’Homme, de résister à la violence, de garder un peu le goût de vivre.

De plus, j’ai la certitude de ne pas nuire à mes jeunes partenaires, au contraire, je leur apporte une part de mon bonheur. Un petit poème résume ce que je ressens :

Sur le cadavre

D’un soldat de quinze ans Paul et Serge s’embrassent.

La ville autour d’eux en nuages s’évapore
Paul est capitaliste Serge communiste

dans les bras l’un de l’autre

Paul et Serge sont des Hommes .

La jeunesse sacrifiée

à chaque éclat d’obus crie : l’humanité est folle.

Quelle est l’ombre qui nourrit ce brasier d’ignorance?

Qui arrache à la folie ces deux soldats enlacés dans le feu?

L’Amour serait-il l’épouse de Satan?

Je pourrais résumer ma pensée politique d’alors par :

NI LES ÉTATS-UNIS NI LE CHILI

NI LA RUSSIE

VIVE LE QUÉBEC, TERRE HUMAINE !

Un sourire venu d’enfer 39

novembre 25, 2020

Autobiographie approximative

pp. 325 à 335

40

SAQ et les olympiques

Grâce aux fêtes et mon ami Pierre, j’ai trouvé un emploi à la Société des Alcools. Je demeurais juste en face du stade olympique.

J’ai pu constater comment pour le système, en exaltant la fierté des gens, il fut possible de littéralement voler la population en construisant ce stade.

Souvent les travailleurs n’avaient rien à faire. Ils attendaient les plans et les ordres. Cela donnait souvent naissance à d’interminables périodes d’incertitude.

Les compagnies ne s’en plaignaient pas. Ce n’était pas grave, car presque tous les contrats étaient à « coût plus ». Plus c’est long, plus c’est payant pour les constructeurs.

Dans un cas comme celui-là, tout le monde en profite, sauf ceux qui payent la note. Cette fois, c’était la population du Québec, excepté quelques peanuts payées par le fédéral pour se donner le droit de fourrer le nez dans un autre domaine généralement réservé aux provinces : le sport.

Le fédéral se nourrit de notre argent, il ne fait que nous remettre une partie de ce qu’il nous doit. On se sert de la péréquation pour faire oublier que c’est le gouvernement québécois qui paye pour tous les services alors qu’il ne reçoit que 48 pour cent des impôts. Le fédéral, lui, retire 52 pour cent des impôts et ne paye presque aucun service coûteux. On paye plus qu’on en reçoit, même avec la péréquation.

Les interventions du gouvernement ont entraîné un changement de compagnies de construction.

Avant, il avait été possible de compter jusqu’à 300 grues sur le terrain, 24 heures par jour, à des taux de plus de 200 $ de l’heure. Il y avait tellement de grues qu’il était impossible de s’en servir.

Que dire des vols? Il y a eu des camions complets de bois qui sont passés par une porte et sortis par une autre sans s’arrêter. Des moteurs sont disparus.

Le chantier olympique en a enrichi plusieurs comme ce fut le cas dans la construction de la Baie James.

Il est curieux que la Commission Malouf n’ait pas enquêté sur les détournements de fonds et de matériels par de grosses compagnies. Avec le huis clos et la Protection de la Cour, presque au moins le tiers du coût de la construction des installations olympiques a été un vol.

Les mêmes compagnies opéraient à la baie James. Cela a changé avec l’arrivée au pouvoir du Parti Québécois. Grâce à ce changement de gouvernement, on a pu sauver presque un milliard en une année pour les contribuables. La corruption dans la construction n’est pas un nouveau phénomène.

La vraie mafia n’est pas celle dont on entend parler dans les journaux. Elle, c’est la petite pègre. Les bras. La mafia, c’est le gros business, les grosses piastres, les grosses compagnies. Elles peuvent faire crever des milliers de jeunes au Biafra pour du pétrole, faire assassiner le président Kennedy, renverser le président Allende. C’est le langage de la finance. Un langage qui fait trembler tout le monde. La vraie mafia est légale, internationale, voire planétaire.

Elle décide du moment où une guerre est payante, comme le moment où cette guerre doit cesser. C’est la grande machine de l’exploitation. Celle qui décide à quelle classe de gens tu vas appartenir, qui décide ce tu dois croire, toi, le petit subalterne.

Le plus lucratif de toute la machine, c’est la violence. Sans la violence, la domination devient quasi impossible. Les vrais boss vivent de la violence.

Le trafic d’armes et l’exploitation des richesses naturelles, c’est ce qu’il y a de plus payant pour la mafia internationale qui se prétend légale, ce qui est vrai parce que c’est le système dans lequel la plupart des vivants sont esclaves. Personne n’échappe au pouvoir de l’argent.

La mafia, composée des dirigeants des plus grandes multinationales, est savamment aidée dans ses exploits de profits par un deuxième pouvoir : la religion. Elle cherche à rendre les gens dociles. Elle culpabilise pour mieux dominer chaque individu. La religion est la glaise, le ciment qui maintient l’édifice debout. Sans foi aveugle, l’homme ne rêve plus de vie dans l’au-delà. Sans foi, l’homme risque d’exiger d’être heureux durant son passage sur terre. Sans foi aveugle, l’homme risque de se rebeller.

Le troisième pouvoir est celui des communications. Après avoir été « élevés » depuis leur enfance, les hommes réagiront selon leurs connaissances. C’est pourquoi il est important de manier et manipuler l’information. Le quatrième pouvoir est le savoir. Devenir professionnel te permet d’échapper à des salaires de misère. Le gros mange toujours le plus petit.

La société est ainsi prise dans des modes d’intégration qui font que tu dois toujours te mouler à ce que l’on attend de toi avant de pouvoir franchir le cap du succès. Il faut assez t’emprisonner pour que tu ne puisses pas tout fracasser. Parmi les grands moules : le mariage, le couple, la morale sexuelle. Tout le monde est ainsi divisé et doit ainsi tendre vers la société pour échapper au cauchemar de la solitude. Il faut appartenir à un groupe pour maintenir sa confiance en soi. Cela permet une meilleure classification : hétéro, gai, féministe, féminounes, bi, etc.

Depuis 1971, je suis convaincu que la plus grande révolution qui puisse exister sur terre, c’est de cesser de faire le jeu. Cesser toute violence. Forcer les riches à nous respecter, en cessant toute forme de surconsommation. Créer des réseaux de survivance qui garantissent à tous un minimum vital.

Infailliblement, tout va s’écraser. La grande révolution, ce sera quand tous les hommes dans un geste de lucidité s’assoiront et refuseront de se battre. La vraie Révolution, c’est la paix. Alors, le vrai système celui qui manipule autant le christianisme que le communisme, écrasera. Les multinationales seront remplacées par des institutions nationales.

La vraie révolution, c’est une assistance sociale mondiale qui garantit la survivance individuelle partout dans le monde. Un minimum vital qui permet de vivre décemment, un salaire minimum mondial. Et, un salaire maximum mondial.

Il n’y a aucune solution sans solidarité internationale dans un respect intégral partout des droits de la personne.

Je ne crois pas dans les mouvements marxistes-léninistes ou autres, car très vite, ce n’est plus le bien de l’individu, de l’homme qui est visé, ce n’est plus la libération de l’homme qui est récoltée, mais l’esclavage à une autre idéologie, une autre forme de religion.

L’important ce n’est pas le système, ni la nationalité ou la race, c’est chaque être humain. La solidarité de la race humaine est le fondement de l’égalité absolue. Il faut voir à ce que les vrais droits de l’homme soient respectés par tout le monde, partout, quitte s’il le faut d’éliminer les religions et les services économiques actuels pour les remplacer par une structure qui pense d’abord en fonction du bien de l’humanité.

Je crois dans la révolution de la PENSÉE devenue PAROLE.

Il faut lire Les vrais propriétaires de Montréal, de Benoît Aubin. Cela nous permet de comprendre l’étendue de l’exploitation des Québécois par la mafia internationale.

J’aimais bien mon travail à la SAQ.

J’avais perdu l’habitude de la politique, car, ma paternité artificielle avait permis un miracle. Durant une année, à cause des enfants, parce que j’avais peur d’influencer le verdict du procès de Suzanne, je me suis abstenu de presque toutes interventions politiques.

Les libéraux n’étaient jamais parvenus à me fermer la gueule aussi longtemps. Ils n’avaient pas pu m’acheter, ils n’avaient pas pu me faire assez peur pour me faire abdiquer au combat. Il ne leur restait plus qu’à mettre en liens mes antagonismes. La pédérastie et la politique ne vont pas ensemble.

La pédérastie est une reconnaissance de la liberté et du plaisir beaucoup trop grande pour qu’un jour elle soit honorée comme dans la Grèce antique. C’est pour cette affinité qu’on me classe anarchiste. Si je n’étais pas pédéraste, je serais certainement en politique sans aucune restriction. Plus vieux, je serai gai, mais je ferai de la politique.

Pour une première fois, j’ai été aux prises avec quelque chose de plus important que la politique : mon amour des enfants. Les enfants avec qui je vivais. Ils étaient encore plus importants que toutes mes fibres révolutionnaires.

Je me suis assis et j’ai compris que la vie n’est pas la même quand tu as des enfants.

La grève commençait à faire des siennes à la SAQ. J’étais solidaire aux permanents, mais je ne pouvais pas dire un mot, car j’étais seulement un employé en période de probation.

Après avoir travaillé durant les fêtes dans un magasin du centre-ville, j’ai été transféré dans un magasin dans l’est de Montréal, car, les patrons étaient très satisfaits de mon travail.

La situation syndicale m’a entraîné à nouveau à la vie politique.

J’ai appris d’un Italien fort sympathique que la communauté italienne ne partageait pas souvent les prises de position de ses leaders et de ses journaux. Émilio m’a raconté comment, au cours d’assemblées de sa communauté, souvent l’idée de Cotroni de mettre sur pied une espèce de Ku Klux Klan contre les francophones a été écartée de justesse.

Ma vie affective était en plein déclin. J’en étais rendu à percevoir l’amour comme les Américains : une source intarissable de souffrances.

J’étais la souris dont la nourriture céleste était électrisée. Je doutais de mes conceptions sexuelles, de leurs effets sur les jeunes. Pourquoi, contrairement à mes habitudes, avais-je développé mon côté autoritaire avec Patrick? Pourquoi faut-il qu’un rôle social modifie les croyances profondes en la liberté absolue? Pourquoi se pose-t-on autant de nouvelles questions quand on a des enfants?

Je me sentais coupable d’user d’autorité avec Patrick et Yanie, mais je ne pouvais pas accepter l’idée de les laisser tout faire sans intervenir. La liberté absolue, sans limites, me paraissait contre nature.

J’aurais voulu qu’au contraire mon côté pédéraste prenne le dessus. Je constatais que la grande différence entre la pédérastie et la paternité : c’est que le père à moins de tolérance, qu’il est plus écrasant parce qu’il se sent responsable. Il dirige plus sévèrement la vie d’un autre que la sienne. Il connaît sa force et n’a pas confiance dans son enfant. Il a peur pour lui. Quand on se prend pour un père, on s’imagine qu’il faut donner l’exemple, sévir. J’étais grugé par ce que disaient les autres. La vie était devenue quasi impossible. Je travaillais et je buvais. Je ne vivais plus avec eux.

Ma vie amoureuse a pris toute une fouille quand je me suis rendu à une fête du journal Le Jour, à Vaudreuil.

J’ai d’abord bu comme un cochon. Les participants étaient si nombreux qu’on y était serrés comme des sardines. Tassé, écrasé, j’ai été envahi par la beauté d’un petit gars qui se trouvait près de moi. J’ai décidé de le cruiser comme dans les clubs gais que je fréquentais parfois. On passe hypocritement la main là où l’intérêt nous guide. Si tu n’aimes pas, tu te tasses, un signal facile à comprendre.

Mes doigts se sont promenés là où ils n’avaient pas d’affaire. Mes caresses ont vite créé une belle petite pyramide sur le pantalon de mon nouveau dieu. Il s’est écarté, mais j’ai insisté, j’ai recommencé. Quand tu fais des efforts et qu’on t’écrase, tu as comme réflexes de te dire que ça ne sert à rien de vouloir bien faire. J’aurais dû m’apercevoir qu’il ne partageait pas mes goûts, évaluation que j’arrivais habituellement à faire très facilement, l’espace de quelques regards. La boisson aidant, j’ai mal évalué ses réactions. J’ai mis fin à mes grandes aspirations à un défoulement digital et il s’est perdu dans la foule.

Plusieurs minutes plus tard, trois solides adolescents m’ont saisi par le collet.

  • Viens, icitte ! Je vais t’apprendre qu’on ne touche pas à mon chum.

J’étais assez saoul que je ne me rappelais même pas de qui il parlait. J’ai pu faire le lien avec le jeune quand il est venu vérifier sur place la tendresse de ses copains.

Il était tellement beau, j’aurais remis les doigts à la même place et, comme les martyrs canadiens, j’aurais enduré les pires atrocités pour lui dire à travers ma souffrance que je l’aime d’être aussi éblouissant.

Les jeunes m’ont entraîné en dehors de la foule et ils m’ont maudit la raclée de ma vie. Je ne voulais pas me défendre, car j’avais agi en idiot. Je n’avais pas respecté le jeune et j’avais ce que je méritais. De toute façon, ils étaient bien   plus solides que moi.

J’ai eu durant au moins les trois semaines suivantes, le visage tellement tuméfié et enflé que les enfants auraient pu facilement me confondre avec Frankenstein.

Cette aventure en plus de me coûter une nouvelle paire de lunettes a exigé que je me rende à plusieurs reprises à l’hôpital pour des blessures au dos. Il m’a fallu plusieurs semaines avant de pouvoir me déplacer sans douleur et sans canne.

Après on dira que les enfants ne savent pas se défendre… c’est oublier le pouvoir de la « gang».

À Montréal, on fermait les yeux sur le fait que des gais étaient tués ou blessés dans les parcs. La police était aveugle quand il s’agissait d’un cas impliquant un homosexuel battu. Il suffisait qu’un jeune prétende que sa victime avait été tuée parce qu’elle lui avait fait des avances sexuelles pour faire non seulement pardonner son meurtre, mais convertir son geste dégueulasse en bravoure et convertir le meurtrier en héros.

Après des siècles de lavage de cerveau, c’est impossible de contrer le discours de l’autorité, même s’il est basé sur des mensonges et des interprétations farfelues de la vie. Notre très sainte nation a besoin qu’on la purifie de ses membres trop libertins. On peut tuer, blesser, ce n’est pas pire qu’un attouchement sexuel. Il faut vraiment être fou pour en être rendu là grâce aux sermons des curés puis maintenant des féminounes. Je me rappelle pourtant que dans mon enfance, quand les autres me touchaient, je ne me mettais pas à brailler. J’aimais ça.

Deux gais sont des adultes et leur fornication ne changera pas grand-chose dans les statistiques des naissances. S’ils prennent leur condom, il en sera de même du côté de la santé. D’ailleurs, quand on s’est aperçu que la vie de gais permettait à plusieurs d’être plus riches et de dépenser plus, on modifia les règles pour obéir aux besoins économiques. On créa le Village, à Montréal. Un ghetto pour gais. Et, on reconnut le droit aux femmes de faire carrière plutôt que d’être mère. Un droit tout à fait légitime, mais les salaires inférieurs justifiaient cette nouvelle reconnaissance.

Quand on se rendra compte que la pédérastie est un facteur important pour devenir un bon prof, on commencera à comprendre que tuer la tendresse pour obéir à une paranoïa nationale est le meilleur moyen d’augmenter le décrochage chez les gars. On est encore loin du compte, notre système d’éducation, notre culture sont de plus en plus une exclusivité féminine.

Cet incident ne m’a pas arrêté de travailler. J’ai dit à mes confrères que j’avais mis les doigts à la mauvaise place. L’incident fut clos. J’avais ce que je méritais, selon eux, et j’avais couru après, selon moi.

J’aimais mon travail et tout le monde s’accordait bien avec moi. J’étais d’ailleurs le seul à pouvoir dire tout ce que je pensais au gérant sans qu’il s’emporte, car je m’amusais à imiter Trudeau quand je parlais. J’étais une espèce de clown, bien travaillant. J’ai toujours aimé travailler, même si je ne suis bon en rien. J’étais parfois un peu chialeur sur les bords. On ne peut pas être parfait.

Un matin, sans avertissement, j’ai reçu l’ordre de changer de magasin. C’était le transfert ou la porte.

Je me suis rendu aux désirs des patrons la première journée; mais j’ai laissé l’emploi quand on a voulu m’envoyer travailler dans un magasin de la SAQ dans Verdun. J’habitais complètement dans l’est de Montréal, avec Roland, mon frère aîné. Accepté ce transfert signifiait que j’aurais dorénavant à payer davantage pour me loger. Arrangé ainsi, avec les nouvelles dépenses, ça ne me donnait absolument rien de travailler. Je devais me lever à des heures de fou pour me rendre à ce nouveau boulot. Je devais passer presque autant de temps dans le métro et en autobus qu’à l’ouvrage. Les autorités de la SAQ ne voulaient rien savoir. C’était ça ou rien.

J’ai porté plainte au Ministère du Travail qui, après enquête, me donna raison.

La grève était éminente. J’ai retardé à poser à nouveau ma candidature pour un nouveau poste afin de ne pas passer pour un « briseur de grève ». Quand j’ai voulu faire respecter le verdict du Ministère du Travail, la direction de la SAQ m’a envoyé promener. Selon eux, j’avais trop attendu.

Cette fois, je n’y voyais pas de raison politique, même si ce transfert coïncida au fait que je recommençais à discuter politique avec les autres employés.

C’était moins évident qu’au moment où j’avais, à Sherbrooke, été expulsé d’un cours de cuisine, parce que je manifestais trop de plaisir à remettre sur le nez des libéraux qui m’enseignaient, la série d’articles de Pierre Vallières sur la mort de Pierre Laporte. Selon Vallières, Laporte a été une victime du système qui l’a sacrifié à l’unité nationale canadienne puisqu’on en a fait un instrument pour combattre le Parti Québécois. Les fédérastes savaient que sa mort serait condamnée par les Québécois qui refusent la violence. Le gouvernement de Robert Bourassa a-t-il versé la somme d’un million de dollars demandée par la pègre pour retrouver Laporte?

Est-il vrai que Pierre Laporte a été blessé à nouveau quand un sergent, pris de panique à l’idée que l’auto des felquistes puisse être piégée, a tiré dans la serrure, atteignant un Pierre Laporte moribond à l’intérieur du coffre de la voiture? La rumeur alors lancée par les médias électroniques voulait que Laporte ait été attaqué par des maniaques sexuels d’où viendrait de la blessure de cette décharge de fusil. Ce point a été vite démenti à la radio et lors de l’autopsie,  mais  il  a  quand  même  existé  pour  démolir  la  réputation  du FLQ.

Est-il vrai que le FLQ était tellement bien infiltré que chaque minute le gouvernement fédéral était informé de la santé des deux kidnappés (Cross- Laporte) ? C’est pourquoi le fédéral savait très bien que Pierre Laporte était vivant dans le coffre de l’auto, mais le ministre de la Justice fédéral exigeait que l’on s’assure d’abord qu’il n’y avait pas de bombe dans l’auto avant d’ouvrir et venir au secours d’un Laporte mourant. Cela demanda tellement de temps que Laporte en est mort.

Pourquoi Paul Rose a-t-il été reconnu coupable du meurtre de Pierre Laporte alors qu’il n’était même pas présent sur la rue Armstrong quand Pierre Laporte aurait été tué? Pourquoi n’a-t-on pas tenu un nouveau procès quand on a appris ce fait essentiel? La Justice en temps de crise cesse-t-elle d’exister?

Je n’y connais rien, mais je crois que ce sont des questions très pertinentes pour comprendre ce qui s’est vraiment passé. Paul Rose n’a été qu’un bouc  émissaire pour permettre aux autorités de ne pas perdre la face et devoir subir l’opinion publique informée que ce prétendu meurtre était l’œuvre des fédérastes. Ces derniers auraient eu à expliquer : pourquoi n’avait-il pas aussitôt ouvert le coffre et ainsi sauver Pierre Laporte.

À Sherbrooke, j’avais remis le cas de mon renvoi entre les mains d’un avocat de l’aide juridique. Le moins que l’on puisse dire ce ne sont pas des gars qui battent leurs œufs longtemps et fermement.

De plus, j’ai été assez naïf pour croire un conseil des responsables des cours de cuisine, pris pour me trouver un métier me permettant de ne pas vivre aux crochets de la société. Selon eux, si j’en faisais la demande, je serais admis à l’école de Montréal. Je me suis fait avoir encore une fois. Suis-je fou pour être aussi naïf?

J’ai recommencé à boire. J’enfilais la bière et le vin à une allure vertigineuse.

Saoul, je me suis ramassé, sans que j’aie conscience du voyage, chez des gens de Montréal, identifiés à la direction de la grosse pègre. Ils voulaient que je collabore avec eux. Ils me feraient entrer comme journaliste au Journal de Montréal et je n’aurais que de temps en temps à avoir à passer de petits messages pour ceux qui sont en prison. C’était normal si on m’avait remarqué en prison. Sauf que les personnages étaient les dirigeants de la pègre. Je ne me rappelle presque rien de cet entretien. J’ai décliné cette invitation, car je ne suis pas collaborateur de police ou de la pègre. Je suis un homme libre. Je leur fis valoir que je ne pouvais pas leur être utile puisque j’étais un journaliste en chômage et pour longtemps, car personne ne voudra de moi. Je suis retourné chez moi comme j’étais venu, sans même me rappeler si j’étais en auto ou en avion. J’ai pensé avoir été drogué.

Si je gueulais contre la visite de la reine quand j’étais saoul, prétendant même que j’irais y faire la peau, sur le plan politique, je ne faisais plus rien. Je ne croyais plus. J’avais perdu mes illusions. Non seulement Bourassa se vantait, m’avait-on dit, que j’étais son pire ennemi, les péquistes me boudaient. Par contre, je faisais des critiques de livres parus dans le quotidien Le Jour.

Un sourire venu d’enfer 37

novembre 23, 2020

Un sourire sorti d’enfer 37

Autobiographie approximative

pp. 303 à 313

39

L’école libre.

Cette fois, plutôt que de retourner à la religion, de m’enliser dans leur folie quant à la sexualité, j’assumais mes contradictions comme une guenille qu’on déchire.

J’ai travaillé plusieurs mois à la construction de l’école libre et à la rédaction d’une constitution pour la République du Québec. Avec un ami, l’école libre est devenue une obsession quant à ce qu’il fallait faire pour vraiment changer la société et la rendre plus heureuse, plus autonome.

Patrick m’accompagnait souvent. Il s’était créé une espèce d’osmose entre nous deux. Je me sentais responsable de lui et de Yanie, comme si c’eut été mes propres enfants. Une complicité extraordinaire. Patrick était devenu un sosie. Je respectais sa volonté, ses désirs et dans la mesure du possible, je réalisais quelques-uns de ses rêves. J’étais fier que Patrick ait moins de difficulté à s’exprimer. Je crois que c’était parce qu’il avait plus confiance en lui. Je me sentais un petit peu responsable de ce changement plus que positif.

La pédérastie offre aussi de très grands avantages quant à la communication avec les jeunes. Des adultes qui refusent de devenir adultes, ça comprend plus vite les jeunes.

Ce travail manuel difficile, mais sain, de construction me permettait d’oublier la vie politique; quoique j’en parlais encore. La drogue de la politique est comme l’héroïne. Aucune cure ne t’en détache complètement. À l’école libre, on était trop socialiste pour être péquiste. Ça ne me touchait pas tellement puisque je me suis toujours cru un révolutionnaire.

J’étais tout à ma paternité. Tout respectueux de la philosophie de l’école : intervenir le moins possible dans la vie des enfants. N’être là que pour répondre à leurs demandes.

J’ai travaillé plusieurs mois à la construction de cette école parce que je me sentais accepté. L’école libre, c’était la « grande révélation », le « grand espoir » de créer un Nouveau Monde où le respect de la spécificité de l’individu l’emporte sur les tabous.

Après avoir travaillé avec acharnement à sa construction, j’ai commencé à craindre que ma pédérastie ne nuise à sa réalisation et à sa réputation.

Les gens du Québec quand il est question de sexe, surtout à l’école, où ce sont très majoritairement des femmes qui s’y retrouvent, sont incapables de se raisonner et de voir qu’on fait tout un plat avec la sexualité. On est malade de scrupules, alors qu’il n’y a rien là, s’il n’y a pas de violence. On ne peut pas se détacher des siècles de répression sexuelle où ce qu’on nous montrait reposait sur l’ignorance de notre corps.

J’ai tenté de devenir animateur quoique mon incompétence me fasse peur.

J’étais encore divisé entre ce que je crois fondamentalement et ce que nous prêche la société. Serais-je un exemple de « culpabilisé » toute ma vie? Je ne me faisais pas confiance. D’où vient cette mésestime de soi quand on vit sa sexualité différemment des autres? Être prisonnier de sa propre nature.

J’étais moins poison pour les jeunes que ceux qui me faisaient la leçon. Je croyais que l’éducation c’est d’abord et avant tout créer des êtres autonomes et fiers d’eux. Et, aussi fou que ça puisse être, dans ce cas pour moi, il n’y avait aucune différence entre un garçon et une fille. Les deux sont égaux, même si l’un nous attire plus que l’autre.

De toute façon, ils étaient trop jeunes pour faire des enfants, même s’ils avaient joué aux fesses toute la journée, c’était sans réelle conséquence. Donc, pourquoi s’énerver ?

Digne de ma naïveté, j’ai décidé d’informer le groupe de ma pédérastie. Je me disais que je ne pourrais jamais être un danger pour un jeune si tout le monde était averti de mes tendances.

Question aussi d’honnêteté pour que l’école ne se ramasse pas dans un ouragan à cause de moi, parce que j’étais trop lâche pour dire la Vérité. Je n’ai jamais voulu qu’une personne autour de moi ait à souffrir de cette révélation en apprenant sous forme de dénonciation que je suis pédéraste. D’autant plus qu’ainsi surveillé, je ne pourrais jamais provoquer le goût chez un jeune de me flirter, sans qu’il soit protégé. Je ne pourrais certes pas profiter de mon expérience pour obtenir les faveurs de qui que ce soit. En le disant, je devenais la cible de tous les regards.

Quelle erreur ! Je n’avais pas compté sur la bêtise de ceux et celles qui prétendent être les étendards des droits des jeunes. Certaines femmes, qui pivotaient autour du projet, n’attendaient que ça pour laisser éclater leur stupidité et bien évidemment essayer de me faire expulser de l’école.

Si j’ai été plus tard en quelque sorte écarté de l’école par les féminounes avec la complicité de mâles hétéros, leur victoire était loin d’être définitive. Elle trahissait plutôt leur faiblesse et leur ignorance. Elles provoquaient une curiosité malsaine.

Ces femmes me reprochaient mon hypocrisie. L’histoire avait été déclenchée à partir d’un geste anodin.

J’avais aidé un jeune garçon à monter d’un étage à l’autre, il n’y avait pas encore d’escalier. L’autre animateur, au deuxième, prenait le jeune par les mains pour le grimper alors que moi je le soulevais pour que ça devienne possible de le tirer. Une nouvelle animatrice y voyait là une raison de scandale.

Selon elle, je manifestais dans mon visage une trop grande jouissance pour que ce soit normal, surtout parce que j’avais dû le pousser par les fesses pour le soulever davantage. À son avis, ce geste banal était une forme de sollicitation. Quant à moi, quand elle en parla, je pensais plutôt qu’elle avait un urgent besoin

de se faire soigner, car elle était stupidement scrupuleuse et peut-être jalouse.

Je n’étais quand même pas à me mettre à pleurer parce que je devais le tenir par les fesses pour être assez haut. Tout le monde agit comme je le faisais sans qu’il y ait de problème. Elle capotait parce que j’avais dit que j’aimais les petits gars. Donc, elle extrapolait quant à ce que je ressentais et le jeune aussi… Le jeune, qui soit dit en passant ne s’en était même pas aperçu, tant tout cela se passa normalement.

Non seulement elle s’attachait aux gestes, mais elle me prêtait des intentions que je n’avais même pas. Elle me savait pédéraste, donc, ça devait être ainsi. Comment peut-elle le savoir puisqu’elle ne sera jamais pédéraste. Les féminounes sont trop aliénées pour comprendre qu’il n’y a rien là. Pas de violence, rien de particulièrement indécent; mais elle avait l’imagination et la critique perverse. Elle se projetait intérieurement sur moi. Pourquoi une personne normale évaluerait-elle mon degré de satisfaction à travers mes yeux ou mes sourires, à moins d’être complètement perverse elle-même?

Les féminounes m’en voulaient d’être populaire auprès des enfants. Dans leurs petites têtes, elles auraient voulu que je réponde complètement au stéréotype véhiculé par les journaux jaunes sur la pédérastie : un pédéraste est un sanguinaire qui écrase les enfants de son âge ou avec sa force.

On avait beau me reprocher quoi que ce soit, je respectais complètement la décision de l’équipe voulant que jamais un adulte ne puisse faire les premiers pas pour être en contact avec les jeunes.

Il y a des adultes qui plaisent automatiquement à un certain type de jeunes. La confiance, l’amitié, l’affection sont automatiques. Je n’y pouvais rien, c’est ce qui se produisait. On était bien obligé de s’en rendre compte. Les adultes ne connaissent rien aux plus jeunes parce qu’ils sont tellement imbus de leur vocation de parents qu’ils n’arrivent pas à comprendre le cheminement du développement de leurs jeunes. Ils ont peur pour eux et les étouffent, ils les empêchent de vivre leurs expériences. Ils s’imaginent que tous les jeunes sont pareils à eux, ce qu’il y a de plus faux.

Malgré les coups de gueule sale, on laissa les choses se développer normalement, grâce au fait que je m’étais mis complètement à nu et qu’on considérait que jusqu’à preuve du contraire, j’avais un comportement non seulement satisfaisant, mais exemplaire.

À cette époque, dans ce milieu, les esprits étaient moins tordus qu’aujourd’hui. On essayait vraiment de comprendre et de changer les choses. Il y avait des féministes en nombre croissant, mais elles ne partageaient pas l’étroitesse d’esprit des féminounes. Elles aussi s’interrogeaient sur la réalité des jeunes, sans vouloir leur imposer leurs valeurs.

On décida de ne pas tenir compte des réactions de la mégère. La directrice de l’école conclut que peut-être les jeunes vivaient leur sexualité différemment de ce qu’on leur avait appris. La seule chose importante, c’était leur liberté. On souligna aussi que Neil, le fondateur de Summerhill, n’aurait jamais toléré un gai dans son école libre quoiqu’il ne faisait pas de montagne dès qu’un incident sexuel s’y passait. Elle termina en disant qu’elle croirait que les jeunes sont plus ouverts sexuellement quand Donald, son garçon le plus âgé, initierait librement un jeu sexuel.

Malgré toutes nos projections, c’est Antoine, son second fils, qui a été le premier à m’inviter à coucher dans sa chambre. Que fallait-il répondre ? Fallait-il me faire confiance et courir le risque? Les jeunes invitent ceux qu’ils aiment bien à coucher dans la même chambre qu’eux. C’est comme partager une amitié. C’est un partage qui officialise qu’il t’aime bien.

À moins d’avoir un jeune à qui on interdit ce genre de rapport, il est difficile d’expliquer pourquoi ce serait indécent. D’ailleurs, pour les jeunes même le mot indécence est difficile à comprendre. Ils ne sont pas encore conditionnés à la pruderie. Un corps c’est un corps, il n’y a rien de mal là-dedans, même la nudité est naturelle. Ils ont raison, sauf qu’on ne se met pas nu n’importe où, n’importe quand. D’ailleurs, tu peux coucher dans le même lit sans qu’il y ait des ébats sexuels.

Sa mère ne s’y opposa pas, mais elle manifesta son mépris pour cette décision avec beaucoup d’arrogance. Il était cependant entendu que c’étaient les jeunes qui menaient et décidaient de leur vie. Il était évident qu’elle craignait que son fils ait des attraits pour les hommes. Mais, comment justifier qu’elle refuse que je couche dans sa chambre? Ça la forçait à s’interroger, car elle savait très bien que je n’avais rien fait pour valoir cette invitation. J’étais moi-même très surpris par cette invitation.

Pour elle, l’homosexualité était encore anormale, contre nature, mais elle avait l’honnêteté de ne pas me juger et décider pour ses enfants.

Elle me reprochait autre chose. Elle ne digérait pas mes reproches quant à son habitude de trop brailler sur son sort et sur la condition d’infériorité des femmes. Dans un groupe de féministes, rien n’est plus grave que de reprocher aux femmes de brailler sur leur sort plutôt que d’agir en toute égalité. Agir au lieu de se plaindre. Si on se croit inférieure, on n’a pas à blâmes les autres d’agir en mâles envers nous. L’égalité commence par sa propre façon de se voir. Elle avait cependant l’honnêteté d’être franche.

Pour d’autres, j’étais l’insulte suprême parce qu’au lieu de m’intéresser aux femmes, je disais que j’étais intéressé par les petits gars. Elles ne pouvaient pas digérer un tel outrage à leur magnétisme supposément invulnérable.

Ma vie me posait beaucoup de questions. Comment un gars peut-il être pédéraste et vivre avec une femme? Le pire, le sexe n’existait qu’avec Suzanne. Une passe dans le temps où j’étais temporairement strictement hétéro. Un temps où je me questionnais encore plus profondément sur mon identité sexuelle.  Vivre en toute liberté avec des petits gars, ça soulève d’autres questions.

Est-ce qu’ils perçoivent la sexualité comme nous? Comment savoir qu’on agit vraiment en égaux? Peut-être que les féministes avaient raison quand elles prétendaient que juste le fait d’être adultes les influençait. Que sans s’en rendre compte on attire le jeune vers ce que l’on veut? Que le jeune ne peut pas penser sexe sans qu’on l’ait amené à le faire. Ce sont des questions très importantes, fondamentales, quand tu crois dans la liberté absolue.

Patrick venait me trouver dans le lit sans que je lui demande et même si on couchait ensemble, pas question d’y toucher parce qu’il ne voulait pas. Il se sentait plus en sécurité en étant avec moi. Point à la ligne.

Les féminounes projettent-elles leur propre peur sur les jeunes pour justifier leurs valeurs morales ? C’est aussi très possible.

Les femmes s’étaient mises d’accord pour prouver que la pédérastie n’est pas normale en formulant que jamais Donald, par exemple, n’accepterait une telle expérience.

Or, à la suite de cette réunion où j’avais fait part de mes amours et de mes scrupules, de ma peur de nuire aux jeunes et au bon déroulement de l’école, j’ai sans que je n’aie eu rien à dire, dût confronter ma réalité à la grande sagesse, basée sur l’ignorance des gens qui se disent normaux.

Je travaillais à la construction de la nouvelle école, gelé comme une balle quand trois jeunes apaches sont apparus nus, courant autour de la maison qui était en même temps l’école.

Je ne pouvais pas me cacher mon intérêt visuel, je ne suis pas le curé d’Ars. Les jeunes l’ont sans doute remarqué et ont continué leurs petits jeux en m’apparaissant de plus en plus près. Je les croquais ou les dévorais des yeux. J’étais follement mal à l’aise d’en jouir autant. J’étais un radiateur surchauffé.

Le même soir, ils m’ont invité à aller jouer au Monopoly avec eux. Donald était du groupe.

J’étais le seul adulte sur le terrain et je n’avais plus rien d’autre à faire. J’ai aussi

accepté avec un plaisir immense. J’espérais en silence, en jouant la sainte âme, qu’ils répéteraient leur exploit de nudité. On est tous plus ou moins hypocrites quand il s’agit de profiter d’une situation qui nous éblouit même si elle devrait nous paraître mauvaise. On souhaite que ça recommence tout en s’en voulant d’être aussi cochon.

Le soir, en jouant, ils ont très vite introduit l’obligation d’effeuillage, à laquelle je ne me suis absolument pas opposé. Pourquoi l’aurais-je fait, sinon pour obéir à une règle morale que je trouve dépravée, car elle repose sur la honte de son corps.

Nous nous sommes tous retrouvés à poil.

Donald s’est même permis des attouchements sur moi et je fus invité de lui rendre la pareille. Quel plaisir ! Nous étions en pleine séance de Monopoly quand nous avons entendu plus prématurément que prévu probablement, le bruit d’une auto qui arrivait.

Nous nous sommes rhabillés en vitesse comme des criminels. Pourtant, à l’école libre, la sexualité était libre, si elle était consentie par tous ceux qui étaient impliqués.

Je regrettais ma réaction d’aliéné, mais trop tard.

Je suis demeuré très scrupuleux, malgré toute la théorie que je prône. Mais, ce fut une fausse alarme.

Nous avons ensuite discuté au cours de la soirée autant de ma pédérastie que des étoiles. Les petits déambulaient à nouveau nus, se cachant parfois derrière les meubles pour me voir les chercher du regard. L’un d’eux ressemblait comme deux gouttes d’eau à l’acteur principal, dans Mort à Venise, en plus beau et en plus jeune. Ils m’excitaient comme un fou. Ils aimaient jouer à la danseuse. Il se cachait et me réapparaissait en se dandinant nu. C’était un délice de les voir.

Quand je me suis couché, j’ai entendu les jeunes discuter à savoir s’ils devaient venir coucher avec moi. J’aurais bien aimé ça, mais il était entendu que jamais l’incitation ne devait venir d’un adulte. Finalement, ils ont eu peur. « Ils auraient dû faire la femme », disaient-ils. Ils ne voulaient pas se faire enculer. Une chose que je n’aime pas, mais comment pouvaient-ils le savoir? Ils pensaient comme les adultes : un pédéraste encule nécessairement. Ce qui est absolument faux. Où sont-ils allés chercher cette image du pédéraste?

Laisser libres, les jeunes raffolent de ce genre d’expériences, quand ils se sentent en sécurité, mais les adultes le nient, car ils s’imaginent que les jeunes sont encore de petits innocents. Ce pourrait être dangereux, j’en conviens, si le pédéraste était un psychopathe, donc victime d’une maladie mentale qui n’a rien à voir avec la pédérastie .

Bien des sociétés ne s’offusquent pas de cette tradition qu’ont les jeunes de jouer à des jeux sexuels.

Or, nous, on nous a appris à en avoir honte et à y voir quelque chose de malsain, de sale, de pervers. La pudeur que l’on croit naturelle est en fait ce que l’on appelle « une marque primaire » en éducation. C’est la certitude intérieure que c’est mauvais parce que l’on constate très jeune à travers le non-dit des adultes que la sexualité est le pire des crimes. En même temps, il arrive qu’on expérimente quelque chose de profondément amusant, parfois drôle, d’où cette double manière d’aborder la sexualité. Nous ne sommes pas encore adultes que nous sommes intérieurement divisés entre la réalité humaine et les enseignements religieux.

Au Québec, on vit nos contradictions comme si elles n’existaient pas. C’est un des plus grands plaisirs, et sans que ce soit vraiment justifié, il faut absolument le répudier. C’est tellement grave qu’on doit avoir honte d’en parler. Si on en parle dans les écoles, c’est juste pour te montrer que c’est mal ou éviter les maladies vénériennes.

Si on étudie l’histoire de la répression sexuelle, on se rend compte que la folie tient à ce langage qui place la sexualité au rang des perversions. Pourtant rien n’est aussi fabuleux que la sexualité. La reproduction est un phénomène qu’aucune machine n’arrivera à reproduire. C’est le miracle le plus grandiose de la nature et pourtant on le place comme étant le plus sale.

Peut-être que les plus fous ne sont pas ceux que l’on pense; mais les ignorants qui s’imaginent que sans le sexe l’humanité aurait survécu. Pourquoi avoir honte d’une chose aussi naturelle? Qu’est-ce qu’il y a de plus beau, de plus magique qu’un spermatozoïde qui rencontre son ovule qui développe un enfant?

La modération a toujours meilleur goût. . Il faut être libre, mais pas trop, car, la liberté comprend aussi la responsabilité.

Enseigner que la sexualité est mauvaise, c’est un crime; mais apprendre à dominer ses plaisirs, comme le voulaient les philosophes de la Grèce antique, c’est un pas dans la direction de la SAGESSE. La sexualité est grande et belle dans la vérité.

On veut tout savoir sur ce qui se passe quand de telles situations arrivent, mais quand on l’apprend, on réagit comme si le ciel nous était tombé sur la tête.

Il faut dénoncer parce qu’on ne peut pas garder son sang-froid quand ça se produit.

Ce fut bien évidemment le scandale total quand les jeunes racontèrent nos expériences. Ces pauvres femmes n’en sont pas revenues, oubliant que dans une éducation libre, ces genres de jeux sont tout simplement normaux. Qu’on le veuille ou non, les jeunes sont sexués et très intéressés s’ils ne sont pas réprimés.

Quand les jeunes se sentirent vraiment libres de faire tout ce qu’ils voulaient, leur première réaction fut de déshabiller les animateurs. Si ces derniers pouvaient demeurer de bois, pas moi. On aurait dit que les jeunes me percevaient plutôt comme un complice alors que pour les adultes je ne suis qu’un pervers.

C’est évident quant à moi qu’il faut même si on veut être libre d’une manière absolue reconnaître qu’il y a une limite, soit de respecter le « oui » ou le « non » de l’autre.

Notre réaction à la sexualité dépend strictement de notre éducation quand on était très jeune. Si on devient fou au Québec dès qu’il est question de liberté sexuelle, c’est qu’on a été élevé dans cette atmosphère. Il ne fallait même pas y penser si on ne voulait pas être vu comme des cochons. C’est complètement contre nature, mais on croyait ce que les curés nous prêchaient. Entendre le contraire, nous rend malades. On s’imagine que les jeunes n’ont aucun droit à la sexualité; mais qu’on le veuille ou pas, ils sont sexués. On se dit libérer des religions, mais on obéit aux règles des religions à travers ce que nos parents nous ont appris.

Les pauvres femmes venaient d’être démenties dans leur propre raisonnement à l’effet qu’elles ne pourraient croire dans la possibilité que les jeunes aiment les expériences sexuelles que si Donald si prêtait. Et à la première occasion, il était le premier au front…

Ce ne sont pas les jeunes qui ont succombé à mes avances. C’est moi qui ai répondu favorablement à leurs invitations. J’en suis encore très heureux et je recommencerais n’importe quand dans les mêmes circonstances.

Si les animatrices étaient sérieuses et voulaient être honnêtes, elles devaient convenir dans la possibilité que des jeunes soient les initiateurs de tels événements. C’est normal puisque c’est un des plus grands plaisirs humains.

La Grèce antique le reconnaissait, mais considérait qu’il fallait l’encadrer. Ce que j’appelle le consentement. Tu ne sautes pas sur n’importe qui et tu dois t’assurer que le plaisir est partagé.

Elles auraient dû reconnaître que leur position ne tenait pas. Tu ne peux pas refuser absolument de te mêler de la vie du jeune, à moins qu’il y ait violence, lui

donner le droit de faire tout ce qu’il veut et, en même temps, lui interdire ce à quoi il pensera dès la première fois qu’il se sentira vraiment assez libre. Pas besoin d’un adulte, ses hormones se chargeront de lui apprendre.

La notion de respect ne s’intègre pas facilement à celle de consentement, mais c’est à mon avis, là où il faut aller. Le respect est l’accord de l’autre. La complicité est aussi un plaisir. C’est la base de l’amitié, du partage et de la réciprocité.

Les femmes, en particulier, mélangent le respect et leur peur de ne pas être aussi belles que les autres. C’est d’ailleurs ce qui les anime lorsqu’elles combattent la nudité. Elles ne peuvent pas concevoir qu’une belle femme puisse être objet d’admiration, tout en étant, elle, privée de cette même capacité de séduction. La séduction, pensent-elles, devrait leur appartenir en propre et ne peuvent pas concevoir que la beauté des autres puisse leur faire concurrence. Les femmes sont jalouses des autres.

Si elles se croient moins belles, elles jalousent tout ce qui est mieux qu’elles. Leur peur guide leur façon d’interpréter leur besoin de respect. Chaque individu est à la fois égal, pareil en étant un humain et différent parce qu’on se constitue à partir de notre génétique, mais aussi de notre éducation. L’inné et l’acquis. Ce sont des éléments fondamentaux dans le développement de sa manière de percevoir la liberté sexuelle.

Le problème avec les féminounes, c’est de refuser de voir que la perception quant à la sexualité est tout à fait différente entre un homme et une femme, même si les deux sont égaux.

L’égalité n’a rien à faire avec les accessoires. Les humains ne sont égaux qu’en fonction de leur nature profonde. C’est un élément rattaché directement à notre évolution sociale.

Les sociétés d’aujourd’hui viennent de celles qui les ont précédées avec quelques nuances près. Elles suivent les lois de l’évolution.

On ne peut pas voir la sexualité du même œil quand on a compris qu’elle est interdite parce qu’on croyait que faire l’amour pouvait modifier notre état de santé. On croyait que le sperme était une partie du cerveau ou de la moelle épinière ou encore l’écume du sang.

On ne peut pas continuer de croire les religions quand elles condamnent la sexualité, car elles sont fanatiquement contre toutes formes d’activités en dehors de la procréation. On sait ce que leur célibat a donné.

Si tu crois qu’aucun adulte ne peut intervenir dans la vie d’un enfant comme on le préconisait à l’école libre, pourquoi ferait-on un drame parce que le jeune cherche à établir un rapport de nature sexuel? On est absolument libre ou on ne l’est pas. La vie est fondée sur la logique.

Quand on était jeune, on ne pouvait pas comprendre ce qui se passait. On n’avait pas le droit de rien faire et pire, on commettait un péché seulement en y pensant. On se demandait pourquoi on devenait aussi fou dès qu’il était question de sexe.

Pour ma part, je ne comprenais rien. Je n’ai jamais été trop vite sur le plan sentimental. Je trouvais pénible de parler de quoi que ce soit, particulièrement avec les filles.

Un sourire venu d’enfer 36

novembre 22, 2020

Autobiographie approximative

pp. 292 à 303

Un matin, les gardiens ont commencé leur grève de zèle. Nous étions retenus dans la salle commune plutôt qu’en cellule. La tension montait. Cela entraînerait- il une manifestation? Qu’arriverait-il? La violence s’insinue facilement dans de telles occasions. Des prisonniers appelaient à la révolte. Nous étions sur les 100,000 volts.

Les gardiens aimés dans notre secteur sont venus faire leur tour et assurer tout le monde que nous n’aurions pas à payer pour leur action. Ils ont presque aussitôt réussi à faire baisser la tension. Cette journée de grève se passa bien. Nous avons même été plus libres qu’à l’habitude.

En prison, le sentiment de frustration est si grand qu’il ne faut presque rien pour que la situation dégénère en violence.

Un autre événement a attiré mon attention. Un groupe de jeunes ont fait danser un vieux robineux. À cause des applaudissements, celui-ci s’exécuta comme s’il devenait une vedette.

Les gardiens l’ont amené dans le trou, malgré nos protestations. Il n’avait rien  fait de mal, sinon de détendre l’atmosphère.

Un autre prisonnier cherchait à obtenir son transfert. Il était malade dans la tête de toute évidence. Pourquoi lui refusait-on d’aller dans une autre prison où il serait soigné? La pire chose qui existe en prison est le comportement des normaux vis-à-vis ceux que l’on croit fous. Quant aux crimes sexuels, les accusés sont en danger perpétuel d’être sévèrement battus, d’où sont-ils aujourd’hui dans une aile de protection.

Le tour de la libération de Roger était arrivé. Il me demanda de l’accompagner seul à sa cellule, où il me fit ses aveux.

  • J’ai un aveu à te faire. Je ne suis pas professeur. Je suis prêtre. J’ai été reconnu coupable d’avoir eu des relations sexuelles avec une petite fille, mais je suis innocent.

Le problème ce n’est pas qu’il ait eu une aventure si elle était partagée, mais qu’on a des lois assez folles pour ne pas faire la nuance entre une aventure consentie et jouie par les deux partenaires et une relation où il y a violence ou domination claire.

C’est ainsi au Québec parce qu’on refuse de revoir nos notions sur la sexualité. Pour nous, tout ce qui est sexe en dehors de la procréation demeure le péché par excellence. On se fiche de ce que la science nous a appris. On préfère des lois qui reposent sur l’ignorance et la répression. On voit la sexualité comme la répression nous l’a appris.

Il m’expliqua comment s’était déroulée la soirée et comment il a été faussement accusé. Ça fait tellement longtemps que je ne me rappelle pas si ça avait du sens. Avec l’attitude de la société face à ces situations tout le monde a intérêt de mentir. On ne cherche pas le bien des accusés et encore moins celui des victimes. On ne veut qu’interdire toute forme de sexualité en dehors de ce que l’on a décrété normal. Plaisir et violence sont synonymes dans la tête de ceux qui appliquent la loi.

Roger connaissait Jérôme Choquette parce que ce dernier venait de se convertir à un nouveau mouvement charismatique. Je comprenais maintenant pourquoi nos discussions portaient surtout sur la religion.

J’étais renversé. Roger était prêtre. Il a conclu la discussion en affirmant qu’il m’avait trouvé bien courageux de m’entendre raconter mon aventure avec les petits gars, sans peur, ni honte. Je suis pédéraste et je l’assume, car, il faut trouver une solution humaine à savoir comment vivre cet état qu’on ne choisit pas, mais qu’il faut endurer jusqu’à notre mort, bien malgré nous.

Est-ce qu’un aveugle passe son temps à brailler sur son sort ? Absolument pas. Il faut agir de la même façon. Faudrait-il être malheureux toute notre vie pour un choix qui ne nous appartient même pas ou trouver une manière de la vivre sans créer de problème? C’est la peur du sexe de la société qui est complètement folle.

C’est pourquoi j’en parle dans mes écrits. Pour qu’on y réfléchisse. Cependant, je suis bien d’accord avec mes ex-psychiatres, la société est dangereuse pour les pédérastes, car elle devient folle dès qu’il est question de sexualité.

Nous souffrons d’une mauvaise éducation quand il est question de sexualité. Nous vivons à plein tube les effets de l’histoire de la répression sexuelle. Nous sommes les victimes du fascisme qui existe envers tous ceux qui sont différents. Le petit groupe à haïr pour se défouler.

Les prochains jours ont été beaucoup plus longs, car j’avais perdu trois amis. Augusto ne voulait plus me parler parce que j’avais dit que les immigrants nuisaient au Québec en envoyant leurs enfants dans des écoles anglophones. Il ne voulait rien comprendre.

Pour les immigrants, la tentation anglophone est grande. Cela signifie une plus grande possibilité d’emploi et un élément de plus pour favoriser leur passage ailleurs au Canada ou aux États-Unis, le pays qui les attire vraiment. Ceci dit ne veut pas dire que tu es contre l’immigration. J’étais bien peiné qu’il ne saisisse pas la nuance. J’ai longuement discuté avec le Cid et son ami Gérard, le jeune marginal de Drummondville, qui me l’avait présenté.

Gérard me demanda si, en manifestant toujours seul, je ne faisais pas, sans le vouloir, le jeu du système. Je ne pouvais pas voir comment cela serait possible. Je préférais agir seul justement pour ne pas impliquer personne d’autre. Et surtout, si cela était possible pourquoi serais-je derrière les barreaux? Je serais plutôt payé.

Gérard a vite convenu de la justesse de mon raisonnement. Pourtant cette question m’a trotté dans la tête pendant quelques jours. Elle méritait d’être posée… on ne sait jamais. J’ai la conscience très fragile de ce côté-là. J’aurais été le plus malheureux des gars s’il avait fallu qu’il subsiste un seul doute après cet examen de conscience.

Je ne pouvais pas me tromper, le bilinguisme ne sert qu’à protéger la minorité anglophone au Québec. Il permet à la majorité anglophone canadienne d’espérer qu’un jour le Québec sera aussi anglais que le Manitoba. Il suffit de voir leurs efforts contre la loi 101 pour comprendre que c’est vrai. Quand Trudeau défend-il le fait français? Pourtant, Ottawa subventionne les mouvements qui s’attaquent à la loi 101. Comment espérer qu’un jour le Canada respecte les francophones quand tous les partis fédéraux rejettent les propositions culturelles de la Commission Pépin-Robarts?

Le fédéral a toujours cherché à angliciser le Québec à petites doses. Il force le Québec à privilégier les anglophones. Il entraîne les immigrants vers les écoles anglaises et permet une anglicisation lente, mais constante des francophones par le biais de la radio et de la télévision. Comme cela a été fait dans l’Ouest canadien. Si le Parti Québécois ne fait qu’un terme, ce sera la fin du Québec français, l’assimilation ayant déjà de bonnes racines.

Le fédéral agit en provocateur. Il sait qu’il n’y a qu’un moyen d’empêcher à long terme l’indépendance du Québec : la guerre. Sans un autre octobre 1970, le fédéral est fini, si les Québécois se tiennent debout et votent pour leur indépendance.

Je ne pouvais pas faire le jeu du gouvernement libéral en l’informant sans le vouloir, sur des plans de libération, je ne suis au courant d’absolument rien. Tout ce que je dis est strictement mon opinion personnelle et je ne suis pas comme Ryan, guidé par la main de Dieu.

Rhinocéros, j’ai déjà eu cette discussion avec un gars que je croyais correct dans la Tribune, de Sherbrooke. « Tu peux toujours te faire avoir, sans le savoir. »

Suzanne aurait-elle été complice de la police? Impossible. Elle n’était pas membre du Parti québécois, mais je l’aurais plutôt classée dans la go-gauche.

Un événement plus important s’est produit. J’ai été fasciné par un petit Haïtien qui devait être déporté lui aussi, sans qu’il y ait de raisons majeures. Le fédéral n’a pas de cœur avec les immigrants francophones. Les immigrants n’ont aucun moyen de se défendre : pas d’avocat, pas d’appel. Un autre racket.

Ce jeune haïtien était demeuré au Québec après ses études. Il acceptait son sort et ne voulait aucune intervention extérieure.

Je l’aurais bien rencontré dans un petit coin, à l’abri des regards. Je vous jure que je ne lui aurais pas fait mal. Il n’y a que les imbéciles qui croient qu’une pipe peut te traumatiser.

Pas de chance. J’ai dû me contenter de l’examiner dans la douche commune, en attendant de le remplacer. J’ai toujours été attiré par les jeunes de couleurs et les autochtones. Ils ont les fesses fermes, super belles à regarder et sont très jeunes déjà bâtis comme des étalons. Je les trouve très envoûtants quoique je préfère une petite bite.

Avec l’été, nous avons pu nous servir de la piscine. J’en ai profité pour serrer un peu le petit haïtien, en jouant avec lui dans l’eau. Ils ont la peau encore plus douce que la nôtre. La sienne était extrêmement intéressante à caresser, en luttant. Par la suite, il fut plus facile de se rencontrer, car il semblait bien aimer ma présence et mes caresses.

La mode estivale était de se griller au soleil. C’est alors qu’on a inventé l’histoire des vacanciers venus se dorer la bedaine à Bordeaux Beach. Cela neutralisait chez plusieurs la honte d’être en prison. L’humour a une force incroyable sur le psychisme humain. J’ai rarement vu un chien s’étouffer de rire. Le pouvoir du symbolisme.

J’ai rencontré un drôle de bonhomme qui prétendait illégal d’être emprisonné pour ne pas avoir payé ses billets de circulation ou de stationnement. Si c’était vrai, notre aile aurait été vidée d’au moins 80 % de ses effectifs. C’est dire que le système respecte la loi quand ça fait son affaire.

Finalement, il devait dire la vérité, car il fut libéré. C’est d’ailleurs lui qui m’a montré les articles de lois qui faisaient que mon procès avait été illégal, à cause la présence des enfants en dehors des témoignages. Poursuivre un accusé après qu’un premier juge se soit récusé, c’est du harcèlement.

Il ne me restait pas beaucoup de temps à faire. Les deux mois s’étaient bien passés. À ma surprise, j’ai été invité à rencontrer un des chefs de la mafia de Montréal qui était là à cause de la CECO.

Il m’a confié avoir été coffré non seulement parce qu’il avait refusé de reconnaître Cotroni comme parrain, mais aussi, et surtout, parce qu’il était membre actif de l’Union nationale. Selon lui, ce serait la raison principale pour laquelle il n’aurait pas bénéficié de la même clémence que les autres. Il se disait ainsi un prisonnier politique.

À ma connaissance, il avait été condamné à un an pour outrage au tribunal parce qu’il refusait de témoigner. On m’a dit que dans la pègre, si tu témoignes t’es un mort en sursis. Selon mon père, quand tu es avec eux, tu n’en sors que les deux pieds par devant.

Je n’ai pas trop bien tout compris ce mafieux quand il affirmait que le parti libéral a toujours utilisé des moyens pas trop propres pour gagner les élections. Il a même prétendu avoir déjà été enlevé et séquestré par les libéraux, lors d’une campagne électorale.

Prisonnier politique ou non, cela ne m’enlevait pas mes préjugés sur la pègre. Je ne pourrai jamais appuyer l’existence d’un mouvement qui utilise la violence pour gagner de l’argent.

  • Nous ne sommes qu’un groupe d’homme d’affaires, disait-il.

Au fur et à mesure qu’il parlait, je me demandais si la mafia n’est pas qu’une secte à l’intérieur du système judiciaire qui opère à l’échelle mondiale.

Les incendies criminels à Montréal nous font s’interroger quant aux liens entre la mafia, les incendiaires et le gouvernement municipal, puisque ces incendies permettent de créer des aires de stationnement? L’immobilier est aussi une part importante des activités de la mafia, surtout concentrées autour du blanchiment d’argent, grâce à la construction de condos.

Pourquoi l’enquête sur les viandes avariées a-t-elle servi qu’à éliminer un concurrent francophone, à Magog ? Les autres compagnies anglophones utilisaient les mêmes moyens, mais on n’en a jamais entendu parler.

Pourquoi si les juges ne font pas partie de la mafia ne sont-ils pas tués? Ce ne sont pas les raisons qui manquent pour la mafia? Pourquoi si la loi n’est pas un racket pour faire travailler le plus d’avocats possible, et le plus longtemps possible, la loi n’est-elle pas périodiquement réécrite de façon à être modernisée?

Selon lui, je devais accepter de me prostituer un peu, car, du côté du pouvoir, je pourrais agir plus efficacement.

  • Ce n’est pas en te battant inutilement que tu feras passer tes idées. L’important, ce n’est pas d’avoir des idées, mais de leur faire rapporter de l’argent.

Pourquoi le hasard faisait-il que je rencontre en prison un organisateur conservateur, un ami du ministre de la Justice du Québec et deux autres prétendus prisonniers politiques? Ça fait beaucoup de hasards.

Est-ce qu’en étant politisé, j’attire automatiquement vers moi tout ce qui tourne autour de la politique ?

Même si Bourassa avait une chienne de moi, je ne faisais quand même pas branler le gouvernement à moi seul.

Quelques jours avant mon départ sont arrivés trois syndiqués, emprisonnés pour avoir  incité à la violence.  Je trouvais  ça dégueulasse,  mais  je n’y pouvais rien.

Un  nouveau  mot  était  maintenant  utilisé  dans  les  conversations  en  prison :

révolution.  Et,  ce  n’était  pas  moi  qui  l’utilisais  toujours  ou  le  plus souvent.

Les gars lisaient mon livre et riaient de me voir engueuler les libéraux. J’ai appris, comme tout le monde en prison, que Jérôme Choquette démissionnerait bientôt. Cela me semblait plus qu’invraisemblable, mais j’ai fait parvenir l’information au journal Le Jour. Quand tu as été journaliste, une primeur, ça veut toujours dire quelque chose.

Jusqu’à quel point les libéraux étaient-ils liés à la pègre pour qu’on sache en prison plusieurs jours d’avance ce qui se produirait dans la vie politique du Québec ?

Si le dernier message que j’ai eu alors n’était pas politique, c’est moi qui rêve. C’était à peu près ceci : « Ne refais jamais de politique, sinon tu n’auras pas besoin d’avoir fait quelque chose pour retourner plus longtemps dedans. »

C’était court, net et clair. Tu fermes ta gueule ou tu passeras ta vie en prison.

J’ai pensé que la prochaine fois on essaiera dans un coup monté de faire croire aux gens que j’ai été violent avec des petits gars ou qu’on fera sauter quelque chose en me le mettant sur le dos.

À ma sortie de prison, je n’ai pas pu récupérer le seul dollar qui me restait pour

survivre et que j’avais à la cantine. C’est comique de te faire voler par les gardiens de prison.

Quand je suis retourné à la maison, même si j’aimais encore Suzanne, mes doutes paranoïaques avaient tellement pris d’ampleur qu’au début je n’arrivais même plus à éjaculer. J’étais physiquement atteint.

Je ne voulais pas la laisser, j’en étais incapable; mais je ne pouvais plus croire de façon absolue qu’elle n’était pas mêlée à ce piège politique.

La politique avait encore une fois brûlé ma vie.

Alors qu’avant je m’en sortais plus baveux et plus brave, cette fois, j’étais grugé par en dedans.

Je n’arrivais pas à rattraper les énergies perdues.

J’étais écartelé entre mes opinions politiques et ma famille artificielle.

Cela ne m’empêcha pas de multiplier les démarches pour obtenir la libération du Cid, ce que nous avons obtenu assez vite.

J’avais perdu mes capacités au lit. Une bonne partie des Américains souffrent d’une maladie qui consiste à avoir peur d’aimer, l’amour étant devenu symbole de souffrance. Je devais en être atteint. Les Américains, obsédés par le mythe du mâle, trouvent leur bandage plus important que d’aimer la personne qui les accompagne dans leurs relations sexuelles. Cette peur de ne pas venir à temps ou de ne pas pouvoir bander était nouvelle, mais surtout très embarrassante.

38

L’amourajeux.

À ma sortie de prison, j’étais heureux, mais brisé.

J’ai rencontré un ami poète avec un petit blond d’une grande beauté. J’en fis presque une crise de jalousie. C’était décevant de réagir aussi bêtement, car, cet ami était un excellent poète de la libération et un ami que j’admire.

Entre deux actes de paternité, j’ai travaillé avec Pierre Brisson à la rédaction d’un nouveau recueil de poésie.

La littérature jusqu’à ce que le Québec soit indépendant est un moyen, un outil d’information, de prise de conscience pour faire comprendre aux gens le comment et le pourquoi les fédérastes essaient de nous écraser.

Quand l’indépendance sera faite, l’écrit aura perdu son caractère d’urgence, sa carcasse temporelle. Il deviendra rêve, création, recherche.

Ce sera fini les sermons et il faudra vivre la vie par la racine pour toucher davantage l’universel. Il faudra chercher plus en profondeur pour comprendre ce qu’est d’être un humain.

Ce petit livre de poésie L’amourajeux affichait mes convictions et mes peurs.

La vie de franc-tireur a des problèmes qui lui sont propres, surtout, quand tu n’y es pas préparé. Je voulais les exorciser en les nommant. Je n’étais pas encore l’homme libre que je suis devenu. Je souffrais de la morale avec laquelle on nous avait intoxiqués. Je devrais plutôt dire avec le silence que l’on nous imposait sur tout ce qui touchait la sexualité. On apprenait sur le tas, à partir de nos expériences parce qu’on ne pouvait pas faire confiance aux adultes qui devenaient       hystériques        juste       à       dire       le       mot        « cul       ».                                

J’aurais aimé que quelqu’un me dise que j’ai tort de me sentir aussi inférieur parce que je suis différent, pédéraste. J’avais besoin d’être rassuré sur mon authenticité comme si un pédéraste ne pouvait pas évoluer et être un individu aussi bien que n’importe quel autre. J’aurais voulu me sentir épaulé, mais ce n’est jamais venu.

Le bouquin fut d’abord refusé aux Herbes rouges avant d’être présenté à l’Hexagone. C’était important, surtout à l’Hexagone. C’était pour moi être reconnu comme poète. J’avais hâte de connaître le verdict.

L’Hexagone accepta le manuscrit. Le temps passait sans publication. Elle était retardée, disait-on, pour des raisons financières. Mon éditeur y ajouta ensuite ses préoccupations personnelles pour excuser le retard. Gaston Miron avait toujours une peine d’amour en sursis ou en trop.

Le livre a été scindé. La partie exécutée par mon frère de mots, Pierre Brisson, fut publiée alors que la mienne mourut sur les tablettes. Avec le PQ au pouvoir, il était, disait-on, dépassé. Comme si le PQ avait réalisé l’indépendance.

J’ai bien mal pris ces refus. Avant j’écrivais parce qu’on me demandait d’écrire. Je travaillais comme un fou sur mon écriture, d’autant plus qu’au début j’étais plus que pourri en français. Je me sentais comme quelqu’un qu’on a utilisé le temps que ça faisait leur affaire. Ça n’a pas tellement changé depuis.

Janou St-Denis avait-elle raison en disant n’avoir jamais trouvé une goutte de poésie dans mes textes. Par contre, elle avait l’ouverture d’esprit lui permettant de me laisser m’exprimer. Jamais Janou ne m’a refusé le micro. La droite jubilait de rage, mais elle croyait dans ce qu’elle disait.

C’était une authentique poète, elle. Une grande femme de la littérature qui m’a fait beaucoup réfléchir sur ma position face aux femmes. Je n’ai rien contre les féministes, au contraire, elles ont fait évoluer le Québec à une vitesse extraordinaire; mais les féminounes, elles, essaient, sans même sans rendre compte, de nous faire revivre dans la merde religieuse quant à la sexualité. Une haine et une honte maladive de son corps. Les féminounes sont les récupérées…

Je revivais mes éternelles angoisses quant à mon talent littéraire. Une fois de plus, je croyais n’être qu’un imbécile qui se leurre quant à son talent. J’avais mal à la plume. L’imagination crevait avec le goût de crier. Un autre espoir venait de s’écraser dans la fenêtre de la réalité.

J’ai pris une décision. Dorénavant, j’écrirai parce que j’adore ça. Je complèterai mes livres pour aller sur les tablettes. Ce sera mieux ainsi. Ce sera moins frustrant. Ça ne donne rien de se casser la tête, de travailler un an et parfois plus pour te faire dire non par tous les éditeurs.

Au Québec pour réussir, il faut être un loup et être dans le bon clan, celui qui est au pouvoir.

La plume a eu très vite raison de mes complexes d’infériorité. Je n’avais pas décidé de tout laisser tomber que déjà j’écrivais un nouveau roman L’État de Grâce. Ce fut refusé par Jean Basile, sous prétexte qu’il faudrait trop travailler pour le rendre académiquement acceptable.

La prison avait tout de même fait son œuvre. Je pouvais maintenant constater sans paniquer que ma vraie prison ce n’était pas Bordeaux Beach, mais la société. Tout ce que je pense est toujours mal, car, à la base on y retrouve une perception de pédéraste. Tout ce que je fais est toujours mal aux yeux des autres. La peur d’être seul, d’avoir tort, et surtout de mal aimer m’envahissait.

Je me sentais bien solitaire devant mon juge le Québec, le système politico judiciaire. Je me sentais cuit comme un homard par la vie elle-même. Plus je me révoltais contre cette injustice, plus je me divisais contre moi-même. Je gueulais contre le manque de radicalisme des autres alors que j’avais peur, je paniquais. Dans les gestes pour me dompter, la société n’y allait pas d’une manière virtuelle. Je me ramassais dedans; mais j’arrivais encore à échapper à une très profonde culpabilisation.

Quelque chose me disait qu’ils exagéraient et qu’ils étaient incapables de comprendre en dehors de leur petit nombril, de leur petite réalité. Je sentais que ma perception de la vie vraie était de plus en plus exacte. Elle me condamnait de moins en moins, sauf, à la solitude. Avec les enfants, grâce à l’école libre, j’étais jusqu’à ce que les adultes s’en mêlent, l’ami, l’égal, le Simopette. Mais en tant que père de Patrick et Yanie, j’étais l’autorité. Le père poule. Je voulais forcer Yanie à suivre une diète parce que j’avais peur que plus vieille elle souffre de ne pas avoir su contenir son appétit. J’étais aussi celui qui avec Patrick avait peur d’être amourajeux pour ne pas le traumatiser. Je ne savais plus où mettre les doigts.

Mes croyances l’emportaient pourtant sur tout ce que l’on inventait pour m’écraser.

J’avais peur d’irriter Patrick. S’il connaissait mon attirance pour les autres garçons, serait-il jaloux? Se sentirait-il abandonné, trahi? On ne sait jamais ce que les jeunes se mettent dans la tête. Ils sentent les choses différemment et plus facilement que les adultes. C’est d’ailleurs pourquoi il est facile pour eux de nous juger avec une précision chirurgicale. Disons immédiatement pour qu’il n’y ait pas de confusion : il ne sait pas passer une seconde ou un geste qui fut génital entre moi et Patrick.

Pour lui, j’étais un bon gars, je ne voulais pas le décevoir. C’est ainsi que la paternité nous entre tranquillement dans la peau.

Je suis juste quelqu’un de plus lent sur le plan émotif que les autres. J’en suis resté à définir la sexualité comme un plaisir. J’aurais été au ciel si j’avais vécu dans la Grèce antique, qui soit dit en passant, même si elle acceptait l’esclavage, était plus évoluée que le Québec poigné dans sa peur de la sexualité.

Je n’étais plus sûr de rien. J’étais toujours divisé entre mon nouveau statut de paternel artificiel et ma réalité sexuelle. Quand tu es pédéraste, tu ne peux pas le changer. Tu nais ainsi et tu meurs ainsi, du moins, quant aux désirs. Tu ne peux qu’apprendre à le vivre comme du monde. J’avais retrouvé mon insécurité des années 1963, comme lors de ma première sortie de prison.

Un sourire venu d’enfer 35

novembre 21, 2020

Autobiographie approximative

pp. 282 à 292

À mon arrivée en prison, je rêvais qu’à me venger. Je n’aurais jamais cru avait qu’il soit possible de sentir physiquement le besoin de tuer quelqu’un. Je n’avais jamais viscéralement ressenti une telle rage. C’était parce que cette fois ça touchait nos enfants et non seulement moi. Je me sentais responsable. J’aurais voulu partir avec un complice, me rendre au bureau du juge équipé d’un vidéo, l’amener au bout d’un revolver sur la rue Ste-Catherine et le forcer à parader nu, ce vieux maudit salaud.

Je jouissais juste à penser à son sang qui me coulait entre les doigts. Il ne briserait plus d’enfants, car je crois avec certitude que ces vieux scrupuleux n’ont aucune âme et font plus de mal que je ne pourrai jamais le faire, même si je suçais tous les petits garçons de mon quartier. Comment pouvait-il agir ainsi sans tenir compte de l’existence de Patrick et de Yanie?

J’ai eu de la difficulté à m’enlever ça de la tête, et pourtant, j’ai toujours été profondément non-violent. Mais, il y a des limites ! Il a fallu bien des jours avant de passer à autre chose que la haine et le goût de vengeance.

L’écriture m’a encore une fois sauvé. Toute cette haine a passé dans un poème, Hymne à la folie, puis dans le projet d’un livre l’État de grâce. L’écriture est souvent mieux qu’une cure.

Après ma libération, j’ai voulu faire ressortir le côté illégal de mon procès. Aucun avocat n’y a consenti. Ils disaient tous que les juges se tiennent entre eux et que celui qui prendrait en main une telle cause serait aussi bien de dire adieu à la pratique du droit. Et, on passe notre temps à nous répéter la loi, c’est la loi pour tout le monde. Bande de maudits hypocrites!

J’ai voulu en saisir les journaux, même Mainmise a refusé, ses directeurs disant qu’ils ne voulaient pas faire détruire leurs ateliers par la police. Belle justice !

À la prison, le lendemain soir, en allant porter mon cabaret après le souper, j’ai rencontré le bonhomme qui m’avait frappé en 1963, lors de ma première incarcération.

La prison, ce sont les autres. L’atmosphère. C’est l’enfer. Ça n’à rien avoir avec le fait d’y être bien ou pas. Tout est dans la vie entre prisonniers. L’incertitude globale et l’impossibilité de circuler où tu veux, quand tu veux.

J’en ai assez blêmi qu’en remontant, un garde qui ne me digérait pas, me dit que j’avais l’air moins brave.

Le prisonnier m’avait reconnu de toute évidence. Il m’avait promis en 1963 de me tuer s’il me revoyait dans une prison. Je n’étais pas plus certain d’y faire que trois mois. Allais-je y laisser ma peau?

Mon avocat a obtenu, après deux ou trois jours, la révision de ma sentence. Je suis allé aussitôt chercher mon chèque au bien-être. Je l’ai  eu  sans complication : j’avais une bonne raison d’être en retard.

C’est bizarre qu’un juge ne respecte pas la loi juste pour faire ses petites leçons de morale.

Il y a deux sortes de mafias, celle qui est illégale et celle qui est légale; mais les profits des deux vont dans la même poche de ceux qui dirigent, juste au-dessus. C’est le même principe que le système économique : seul le profit compte.

La loi a besoin de règles avec des zones grises pour permettre au système judiciaire de faire ses profits. Il faut une zone de travail pour les avocats. Le vrai boss est celui qui détermine ce qui est bien et ce qui est mal. Cela permet de pousser au maximum l’établissement d’une pensée unique.

Pourquoi n’ai-je pas le droit de croire dans une société où la liberté sexuelle est absolue tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination? Pourquoi n’ai-je pas le droit de tomber en amour avec un petit gars?

Les raisons d’exister des lois pour des gestes sexuels sans violence sont carrément stupides et basées sur des connaissances complètement dépassées. On sait maintenant que les raisons motivant ces lois sont de la pure ignorance.

L’école libre ne prouve-t-elle pas que l’égalité est possible entre deux personnes d’âges différents ? C’est une question de motivation et de perception et surtout d’attitude. Ça dépend de l’image que l’on se fait de l’autorité. Est-ce que l’autorité peut être gentille? Toutes ces lois sont formulées par la même clique, le même regard religieux. Les mêmes mensonges.

À mon deuxième procès, j’avais pris toutes les dispositions pour que les enfants ne souffrent pas de mon emprisonnement.

Je me suis même fait couper les cheveux, car, en plus de devoir le faire de temps en temps pour leur propre santé, cela permet parfois d’amoindrir les préjugés du juge à ton égard. L’habit fait le moine quoiqu’on essaie de nous faire croire le contraire.

Le juge de mon rappel a refusé de changer la sentence, car, disait-il, la transcription de mon procès présentait un contenu tellement grave qu’il n’osait même pas en lire les passages au procès. Quel constipé!

Dans mon premier procès, le juge posait des hypothèses pour rendre ça plus croustillant alors que les jeunes réfutaient ses dires. Je me demande bien où il allait chercher ses passages intolérables à l’oreille. Serait-ce que les juges ne savent pas lire? Lisait-il en voyant seulement les bouts qui faisaient son affaire?

En fait, il voulait parler du moment où Réjean racontait comment je le tenais quand il s’assoyait sur moi. Mon avocat a fait valoir le témoignage de Réjean à savoir qu’il n’y avait jamais eu de gestes indécents. Il a insisté sur le fait que cette sentence me révoltait plutôt que m’aider à me réadapter. Il ajouta que dans bien d’autres causes, pour des actes beaucoup plus graves de récidives où des jeunes avaient été sucés, même enculés, ces derniers avaient eu de légères amendes et des condamnations avec sursis alors que je n’avais pas d’antécédent judiciaire (sur le plan légal, car on n’avait pas le droit de faire allusion ou de sortir ce qui s’était passé quand je n’avais pas 21 ans, âge de la majorité canadienne). Mais, ça n’avait pas d’importance pour le juge. Il faut accepter et obéir aux lois quand ça fait notre affaire. La justice, c’est de la merde quand il s’agit de sexe.

C’est alors que j’ai commencé à croire que la seule différence était que ces messieurs n’avaient pas avalé que j’aie manifesté parce que j’avais perdu mon emploi pour avoir écrit en français». En fait, j’étais puni pour m’être tenu debout, plus que pour avoir été indécent dans leur façon de voir la vie. Finalement, cette affaire arrivait dans le bon temps pour le système qui veut garder les Québécois endormis.

Quant à l’avocat de la Couronne, il a rappelé que la Couronne avait de fait demandé une petite sentence. Le juge, pour sa part, prétendait que sur cinq ans d’emprisonnement, trois mois, c’était une petite sentence.

  • Je maintiens les trois mois de prison. Tu peux même te compter chanceux que je ne te donne pas plus de temps.

Cela confirmait ce que l’on m’avait déjà dit. Rien ne sert de faire appel. Les juges considèrent cela comme un affront et ils te donnent généralement plus de temps pour t’apprendre à respecter la cour. Maudite belle institution. La vraie mafia. Celle du pouvoir et de l’argent.

37

Bordeaux Beach

J’ai repris le chemin de Bordeaux, mais cette fois, je le prenais avec calme. Les enfants ne seraient pas privés de marger parce que je ne serais pas là pour aider à payer. Tout était prévu.

À Parthenais, un policier m’a fait parader nu durant plusieurs minutes.  Je n’avais encore de bedaine, j’étais donc plus regardable. Il a fallu un autre policier qui lui rappelle qu’on m’attendait pour aller à Bordeaux. Je pouvais enfin me rhabiller grâce à son intervention.

Mon séjour en prison fut très agréable, mais très politisé.

À mon arrivée à Bordeaux, j’ai affirmé à ceux qui me questionnaient me considérer comme un prisonnier politique.

Je leur ai raconté mon histoire, même si je savais qu’en prison parler de relations sexuelles avec des mineurs, c’est t’assurer de faire du temps dur, d’autant plus que j’étais dans l’aile commune. On oublie de considérer que le système décide ce qui est majeur et mineur comme si le temps se coupait au couteau et que tout le monde a la même notion de la capacité de conscience et de décision. Si on écoutait les féminounes et la police, on serait encore mineur à 50 ans.

Les gars ont tout de suite été solidaires. À leur avis, plusieurs prisonniers étaient incarcérés pour des raisons politiques camouflées derrière des raisons criminelles. Un autre individu, condamné par la CECO, disait être lui aussi un prisonnier politique. J’avais trop peur de la mafia pour me mêler de ça, mais je voulais bien savoir pourquoi il pensait ainsi. Sept ans de journalisme, ça développe le sens de la curiosité.

Il considérait probablement sa fidélité au parti libéral et à la pègre comme un engagement politique.

Au cours des premiers jours, les gardiens étaient assez baveux, surtout l’équipe du soir. Ils n’ont absolument rien à faire de la nuit, à part écœurer des prisonniers sans défense et se plaindre de toujours être fatigués. Le matin, au réveil, tu ne pouvais absolument rien leur demander. Il fallait attendre l’équipe de jour qui, elle, n’était pas composée de policiers qui viennent se chercher un deuxième emploi, un deuxième salaire, en devenant gardien de nuit.

Les gardiens de nuit étaient plus mordus pour le rétablissement de la peine de mort. Sans peine de mort, ils ont toujours la chienne qu’en ayant abusé d’un prisonnier il s’en trouve un pour aller les descendre comme cela s’est déjà produit.

Tout a changé quand j’ai rencontré un professeur. Je suis vite devenu son ami. Il connaissait très bien le ministre de la Justice, Jérôme Choquette. Il pouvait, disait-il, le rencontrer aussi souvent et aussi vite qu’il le voulait.

Je ne lui ai pas caché mon mépris non seulement de Choquette, mais aussi de Bourassa. Roger tenta de me les faire voir sous un nouvel éclairage, mais ce ne fut pas un succès.

J’ai hésité à continuer d’être ami avec lui, mais Roger était très sympathique, très humain et très agréable de discussion. On n’a pas 10,000 amis en prison. Quand on en a un, c’est important de le garder. Pourquoi serais-je assez fou pour ne pas garder un ami sous prétexte qu’il connaît un ministre que je n’aime pas? Nous discutions d’ailleurs très peu de politique. Les sujets étaient tout naturellement orientés vers l’éducation et la religion.

Roger était très intéressé par ma notion de liberté en éducation. Dans ce dernier domaine, j’étais plus conservateur que Suzanne, car je croyais encore dans une forme de discipline. Cependant, ma tolérance était beaucoup plus profonde ou large que la plupart du monde. Ma limite était la violence ou la domination. On peut être égal aux jeunes dans nos relations avec eux, mais dans une situation de parent ou de prof, on ne peut pas échapper à la nécessité d’établir des frontières qui soient complètement justifiées. On devient automatiquement l’AUTORITÉ.

Pourquoi telle ou telle règle est-elle le fondement de notre façon d’agir? Est-ce que cette règle est justifiée? Les jeunes expérimentent la vie et se fient à notre expérience pour les aider à définir leurs propres valeurs. Qu’on le veuille ou non, en devenant parent, on n’est plus leurs égaux. Par ailleurs, plusieurs parents s’imaginent à tort être les propriétaires de leurs enfants.

Roger concevait son internement comme moi : trois mois à aider les moins instruits; trois mois à connaître des gars souvent très charmants; trois mois à chercher moyen de ne pas s’ennuyer.

En prison, la monotonie est écrasante. Il vient un temps où tu ne sais plus comment l’étouffer. C’est bien beau les cartes, la télévision, les poids et altères; tu t’ennuies de ceux que tu aimes, tu trouves le temps long; tu te sens impatient, car même pour téléphoner, tu dois obtenir la permission.

Le bruit des portes est infernal. On te garroche ta ration de cigarettes comme si tu étais un chien. On fouille ta cellule pour s’assurer que tu n’as pas deux couvertures, même si tu gèles la nuit. La prison, c’est perdre ta dignité.

Cependant, il faut admettre qu’à Bordeaux, c’était tout de même bien moins dur qu’en 1963 à St-Joseph de Beauce.

Il est possible de se faire très vite des amis et de passer quelques mois agréables. C’est ce que je me suis forcé de faire. J’ai reluqué ceux que je trouvais beaux. J’ai assisté à une soirée des AA pour connaître ce mouvement.

Le nombre de copains a vite grandi, mais nous étions trois inséparables : Roger, dont j’ai déjà parlé. Jérôme, quant à lui, était comme par hasard, un petit industriel, organisateur du parti conservateur, incarcéré parce qu’il n’avait pas payé ses billets de circulation. Il y avait aussi Éric.

Jérôme m’a appris qu’en 1972 le parti conservateur avait tenu une réunion spéciale à Montréal pour réagir à un candidat farfelu à Sherbrooke. De toute évidence, c’était moi, le rhinocéros. La belle époque de l’humour. J’étais flatté de l’apprendre. Nous avons discuté de politique. Jérôme prenait très mal son incarcération.

S’il avait été en prison une semaine de plus je crois qu’il serait devenu fou. Il était préoccupé par sa famille et le fait qu’il s’aventurait dans une nouvelle production dans son commerce.

Je ne lui ai pas caché ce que je pensais de la venue de la reine Élizabeth aux Olympiques : « C’est encore une provocation de Trudeau pour justifier la répression. Il espère qu’elle se fasse tuer au Québec, cela permettrait à l’armée de refaire le coup d’octobre 1970. L’unité canadienne à la Trudeau ne peut pas se réaliser sans un coup militaire qui fasse disparaître les indépendantistes. Il provoque ainsi depuis toujours. Certains qui l’ont connu plus jeune m’ont raconté qu’il se rendait dans les quartiers pauvres avec son gros char pour écœurer les gens, en espérant qu’ainsi ils se réveilleraient. Pet Trudeau déteste les Québécois. Comme disait mon père, il a été élu parce qu’il a promis aux Anglais de nous écraser; mais au lieu de nous assommer, il nous a réveillés.

Quant à Éric, il travaillait à la gare des chemins de fer. Sa grande obsession : repérer les gais et surtout ne pas perdre un seul de leurs gestes. Pas le moindrement clignement de paupière ne lui échappait. Il était tout œil et toute ouïe. Rien ne lui échappait. Chanceux, je n’ai jamais été pris, même s’il fut un temps où je courais ses toilettes.

Finalement, Augusto était un jeune Espagnol qui avait été arrêté pour le pot, je crois. Il parlait très peu et nous rejoignait pour jouer aux cartes. C’était mon partenaire habituel.

En prison, c’est toujours la même chose. Heureusement, ce ne sont pas toujours les mêmes prisonniers. La tôle, ça te rend forcément plus cordial, plus amical. Il ne faut pas avoir d’ennemis, sinon le temps est très long.

Nous passions l’avant-midi à marcher et discuter ou encore plus longtemps à regarder la télévision commune.

À la même époque, le canal 10 présentait une annonce dans laquelle un petit bonhomme franchissait un appartement avant de sauter et apparaître complètement nu. Les scrupuleux sont assez fous pour vêtir même les bébés, mais celle-ci leur a échappé. C’était très surprenant. Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais accroché à cette publicité. Ce nu me rassurait intérieurement. Peut- être qu’un jour les humains seront moins fous quand il est question de sexualité? Serait-ce que la prison nous rend encore plus vicieux? Tant qu’à payer, autant en profiter un peu avant.

L’après-midi, je passais la plupart de mon temps à lire ou à écrire. J’ai écrit une nouvelle littéraire : Dead City; une histoire de camp de concentration pour francophones dans l’Ouest.

J’écrivais aussi des tentatives de petites fables pour nos petits. Cela leur plaisait beaucoup quoique Yanie trouvait que je dessinais mal. Ce fut toujours le cas. J’aurais voulu marier la poésie et le dessin. Ce n’était pas une découverte, Gaston Gouin le faisait bien avant moi. C’était une expérience qui m’intéressait, mais je suis encore plus tarte dans les arts que dans l’écriture.

J’ai aussi fait connaissance en prison de personnages gais comme dans les textes de Tremblay. La duchesse m’a bien plus et je l’ai refilé aux « grandes »  qui vivaient dans notre aile.

Même si je trouvais le temps long, je ne réagissais pas à la prison comme en 1963 alors que je me sentais coupable de tous les crimes de la terre. Je ne me sentais plus coupable et j’étais bien moins scrupuleux. J’aurais au contraire eu un « oui » facile.

Puisque les petits n’étaient pas condamnés à crever de faim, je pouvais respirer. Je prenais mon nouveau rôle de père artificiel bien au sérieux, trop même. J’étais conservateur dans mon éducation et parfois même autoritaire, soit le contraire de ce que j’ai toujours prêché. Cette fois ce n’était pas de la théorie, les problèmes étaient réels.

Il n’en était pas de même pour Jérôme qui, pris de remords, courait chaque jour plus vite à la dépression nerveuse. Évidemment, il s’est converti et Dieu est devenu toute sa vie. Je me suis alors rendu compte qu’il s’agit d’une réaction moins individuelle et particulière que je l’aurais cru.

La prison a souvent des effets régressifs, surtout religieux, la première fois qu’on y va.

Je faisais mon temps de façon assez agréable. Ma bonne vieille paranoïa d’un rêve dans lequel je me faisais tuer juste après avoir dit que j’aurais été mieux de rester en prison n’arrivait même plus à me rendre malheureux. Ce n’était pas masochiste, mais je n’avais pas à  avoir  honte.  La honte  est  la  pire  infamie qui s’attaque à l’estime de soi. C’est le meilleur moyen pour nous rendre esclaves des autres.

Parfois, je craignais que la prison soit le prolongement du « piège politique », s’il y en avait un. Je me reprochais de parler avec Roger et Jérôme, puis j’envoyais promener cette peur. Même si j’avais parlé à un infiltré de la police que pouvais- je dire de si grave, sinon leur apprendre ce qu’ils savent déjà, soit que je suis en pleine guerre avec les libéraux et le fédéral.

Je commençais à croire que tout ça était complètement fou. Un genre de cauchemar. Pourquoi un si gros système s’occuperait-il d’un petit baveux comme moi? Pourquoi toutes mes bibittes ne seraient-elles pas imaginaires? Pourquoi Gaston Gouin ne serait-il pas mort dans un vrai accident ?

Pourtant, que la police me maudisse la raclée, qu’une auto nous rentre dedans alors qu’on voit le chauffeur qui semble le faire exprès, ça n’a rien d’une illusion. Ce sont des faits. Mais, comme disait Suzanne, tout ça n’a pas de sens, simplement parce que je suis seulement un ti-cul.

J’étais bien avec les prisonniers. C’est ton rapport avec les autres qui fait toute la différence en prison. Si tu tombes sur un groupe qui te fait manger tes bas, le temps est éternel; mais si les autres sont gentils, ce n’est pas pire qu’ailleurs.

J’aimais jouer aux cartes et faire de l’exercice physique. Je pouvais ainsi observer un prisonnier qui avait manifestement un goût des plus jeunes. Certains de ses petits serins m’auraient vraiment plu, mais comment avoir des relations sexuelles en prison, tu es toujours surveillé. C’est ça la prison, selon le philosophe Foucault. « Ne pas réussir à se sauver du regard de l’autre. L’œil de Dieu, scrutateur et vengeur.»

J’aurais bien voulu comme Jean Genêt tomber en amour avec un prisonnier. Cela était impossible. Pourtant, plusieurs pensaient que j’étais le petit amant de Jérôme. Celui-ci était assez gros et bien bâti pour décourager tout concurrent un peu entreprenant, mais en réalité c’était de la soie.

C’est ainsi qu’une fois, Ti-Noir fut très heureux de se retrouver seul dans ma cellule. Il n’avait pas tellement élaboré son baratin. Les propositions pour que l’on se retrouve à la Baie James commençait quand Jérôme est arrivé. Ti-Noir rampait sur le plancher. C’était comme s’il essayait de « cocuer » Jérôme. Pauvre Jérôme, il ne comprenait pas pourquoi il lui avait tant fait peur. J’ai dû lui expliquer.

Jérôme faisait depuis semblant dans la salle publique d’être « mon sugar dady ». Tout le monde l’a cru, d’autant plus que nous étions presque toujours ensemble. Quelle farce monumentale ! Jérôme était homophobe.

Grâce à ces farces, j’ai pu lui faire comprendre qu’il n’y a rien de méprisant ou de honteux à être gai. Nous en avons souvent discuté et il semblait avoir perdu ses préjugés quand il quitta la prison.

Parfois, je faisais ouvertement des propositions à Éric, question d’avoir un peu de plaisir. Je commençais à lui passer les doigts sur les cuisses qu’il enlevait aussitôt. Je faisais des scènes à Roger, disant qu’il m’avait enlevé Éric. Nous nous amusions bien à travers ces comédies instantanées. Pour plusieurs, cela était totalement la vérité. C’est ainsi que nous nous sommes rendus dignes de l’amitié de toutes les grandes et des costauds qui les protégeaient.

Les gardes riaient bien de toutes ces paroles en l’air. L’atmosphère était très détendue. Le plus drôle, j’ai appris en dehors de la prison qu’Éric était vraiment gai.

Ma bonne conduite m’a permis d’obtenir une libération conditionnelle de trois jours afin d’aider Suzanne à déménager de façon à ce que nous soyons plus près de l’école libre. C’est avec anxiété que j’ai attendu ce moment.

Je me suis présenté au gardien avec la nouvelle que je venais d’écrire afin de la sortir ainsi sans censure si possible. Les messages contre Choquette, je les écrivais habituellement sur des papiers à l’extérieur des enveloppes de façon à ce que les gardiens puissent les lire et ne soient pas tentés d’en faire autant de mes autres textes. Une autre façon de faire de la politique. Je me suis présenté avec mon texte.

  • Qu’est-ce que c’est ça?
  • Une nouvelle littéraire.
  • Une nouvelle?
  • Bien oui. Il y a des romans et des nouvelles littéraires. Les nouvelles sont, si tu veux, des petits romans très courts.
  • Le gardien semblait encore plus perdu. Il estampilla le texte et je sortis sans qu’il lise une ligne.

Ce fut une fin de semaine invraisemblable. Le Richelieu profitait des premières chaleurs de l’été pour gazouiller dans les verts abords de la rivière. J’étais au paradis avec Suzanne et les deux petits. Une fin de semaine mémorable de bonheur.

Le dimanche, j’ai décidé, en retournant en prison, d’apporter de la cire pour un compagnon qui créait de petits pendentifs intéressants.

Je l’ai d’abord caché dans mon pantalon, mais à mon arrivée à la barrière, j’ai cru que je serais immédiatement fouillé. Certain d’être pris, j’ai enfoui la main sous ma ceinture. Les gardiens ont blanchi. Je leur ai donné les cierges. La tension a immédiatement diminué.

Ils avaient cru sans doute que j’avais une arme.

  • Pourquoi cette cire?
  • Pour sculpter.
  • En as-tu beaucoup comme ça?

Je ne comprenais rien. Je pensais qu’on avait découvert quelque chose d’irrégulier, mais quoi? J’avais peur de compromettre Suzanne qui m’avait donné la cire.

Les officiers m’ont fait croire que je pourrais avoir plus de temps pour avoir amené cette cire. J’ai su seulement deux jours après que je n’en entendrais plus parler. Pourquoi m’avoir fait autant peur pour rien? Je venais de vieillir de deux ans en deux jours. Quand on n’est pas un bandit, on ne pense pas à tout ce qu’ils peuvent inventer.

J’ai compris beaucoup plus tard, en y réfléchissant et à la suite d’un film, qu’effectivement la cire pouvait être dangereuse, dans le sens, que certains pouvaient s’en servir pour faire des armes de poing. Je n’avais même pas été effleuré par cette idée. Il faisait de jolis pendentifs, c’est tout ce que j’avais vu.

Nous étions à jouer aux cartes, quand un jeune que je ne connaissais pas s’est présenté en demandant à parler à l’ancien journaliste que j’étais.

  • C’est moi.
  • C’est écœurant ce qui t’arrive, mais ils le paieront au centuple. On ne met jamais la conscience d’un peuple en prison.

C’était très élogieux, mais je refusais de plus en plus à me percevoir comme aussi important. Je ne voulais pas m’enfler la tête et devenir encore plus paranoïaque. J’avais déjà assez de misère à savoir si j’étais là pour des raisons de mœurs, comme ils le disaient, ou politiques comme je le croyais.

Le jeune m’apprit qu’un Mexicain était aussi prisonnier pour des raisons politiques. Celui-ci était complètement désespéré.

Le Cid Magané (comme je l’appelais) avait été arrêté pour rien en 1970 et déporté. Sa famille était au Québec, il est revenu dans le but de s’installer et de s’occuper de sa famille, son épouse, son garçon et sa fillette. Son histoire faisait vraiment pitié. Je n’aurais jamais cru que l’immigration fédérale s’en prenne aussi atrocement aux immigrants.

Le Cid était en prison depuis plusieurs jours pour des accusations, qu’il me garantissait, en larmes, absolument fausses. Il ne savait pas quand aurait lieu son procès et pourquoi encore une fois l’immigration voulait le déporter.

Il était évident que je ne pouvais pas faire grand-chose pour lui, sauf avertir le représentant de la Justice au Parti québécois, Me Robert Burns, en qui j’avais toute confiance. Il fallait aussi alerter le seul quotidien indépendantiste, le Jour. Mais comment ? C’est ainsi que j’ai recommencé à inventer des moyens pour parvenir à expédier des lettres clandestines qui échapperaient à la censure.

Puisqu’il en était ainsi, je me suis fait apporter deux copies de Il était une fois les Cantons de l’Est que je distribuais aux prisonniers qui voulaient le lire. Tant qu’à être en prison à cause des libéraux, autant leur faire regretter leur geste. J’étais respecté et plusieurs voulaient lire mon livre. Quant à Re-jean, il se promenait aussi en prison, mais dans des circuits plus spécialisés.

Jérôme fut le premier à quitter Bordeaux Beach. Il était heureux comme un enfant.

Un sourire venu d’enfer 34

novembre 20, 2020

Un sourire sorti d’enfer 34

Autobiographie approximative

pp. 272 à 282

Puisque les jeunes ne rêvaient que de Suzanne, j’ai appris à garder à regret mes désirs pour moi. Ce n’était pas grave : j’ai passé ma vie à désirer inutilement ou à ne pas avoir l’audace de prendre ce qui m’était offert. Je ne voulais pas les brusquer, même si j’espérais qu’un jour, ils auraient autant d’intérêt pour moi. C’était presque inscrit dans la nature puisque de façon générale les gars vont plutôt rechercher une femme. Un besoin qui les emporte vite à l’adolescence. Tous les jeunes veulent se sentir normaux.

C’était très frustrant de voir les jeunes s’exciter sexuellement devant le mot liberté et d’être privé de pouvoir en profiter véritablement. Suzanne me reprochait d’être hypocrite, car souvent, disait-elle, en jouant, je touchais aux jeunes. C’étaient des touchers pseudo accidentels que j’aimais bien. Je suis certain qu’ils n’avaient aucune influence néfaste sur les jeunes qui, au contraire, aimaient les provoquer, surtout en voulant lutter. Ils profitaient autant que moi du fait que je me laissais faire sans crier au meurtre. Vu de l’extérieur, c’était différent.

Avec cette liberté, les jeunes étaient plus volubiles, plus curieux, mais aussi plus créatifs. Ils étaient plus chaleureux et plus rassurés quant à leur possibilité de tout nous raconter et de se mettre l’âme à nu.

Nous étions au ciel, nous venions de trouver une maison, près du Richelieu.

De plus, c’était un vrai miracle : je n’étais pas paranoïaque du fait que Suzanne, pour  nourrir  les  enfants,  avait  jusqu’à  que  là  travailler  pour  le  parti  libéral.

Je comprenais ses préoccupations. Les enfants sont toujours plus importants que n’importe quelle idéologie. Mère, seule, c’est une vie exceptionnellement difficile. Souvent le mari ne paie pas la pension alimentaire qu’il doit payer ou le bien-être refuse de continuer à verser des prestations à cause d’un emploi à temps partiel. Les fins de mois, même si je contribuais maintenant aux dépenses familiales, étaient extrêmement difficiles.

Devant toutes ces explications, je trouvais ridicule d’attacher trop d’importance aux peurs et aux idées politiques. D’autant plus que je considérais plutôt Suzanne comme une anarchiste, une féministe enragée plus qu’une vraie libérale. Elle m’introduisait à un monde formidable : l’éducation.

Nous travaillions à la préparation du déménagement avec fébrilité. C’était merveilleux. Nous aurions  une  maison  à  nous.  Et,  j’aurais  ma  famille  à  moi. J’étais enfin devenu comme les autres.

Le dimanche, les petits gars se sont chicanés. Cela arrivait souvent, car, les plus grands essayaient toujours d’imposer leurs jeux à Patrick. Il voulait cette fois que Patrick partage leurs vols. Patrick leur a résisté, convaincu qu’il pouvait compter sur moi pour sa protection.

Le vase a débordé quand Patrick a aussi refusé de partager son sac de croustilles.

Pour se venger de lui, nos trois beaux merles sont allés raconter à leurs parents que l’on vivait souvent nus à la maison. C’est en soi très banal, il n’y a rien de grave à être nu. On n’est pas né tout habillé. Mais, les parents hystériques ont appelé immédiatement la police.

Patrick est entré à la maison complètement fou de peur. Il pleurait. Il criait :

  • La police va venir vous chercher.

Nous avons essayé de lui calmer les nerfs le plus vite possible.

  • C’est ta faute aussi, gros Christ. Si l’autre jour, t’avais laissé entrer dans la maison Daniel et Réjean, il n’aurait pas bavassé.

Je leur avais interdit d’entrer, car nous étions encore nus et nous ne voulions pas mettre fin à notre déjeuner.                                           .

Il fallait à tout prix rassurer Patrick et Yanick. Éviter que cette situation les traumatise. J’avais une peur affreuse. Je ne me pardonnerais jamais d’avoir rendu des enfants malheureux.

Le soir, Daniel et Réjean sont venus à ma rencontre alors que je retournais au logement chez Suzanne. Ils m’ont offert des croustilles, tout en confirmant que leurs parents avaient appelé la police. Ils étaient ravis que je ne sois pas fâché après eux.

Au cours de la semaine, nous avons commencé le déménagement. Le samedi, un ami venait nous donner un coup de main avec sa camionnette.

Entre temps, Suzanne avait été chargée de rencontrer un de ses amis, avocat, afin de savoir ce que nous pourrions faire pour nous tirer de l’impasse. Celui-ci aurait recommandé de plaider coupable avec explications, sous prétexte, que dans ces cas c’est le seul moyen de ne pas être roué de coups de la part de la police.

Nous étions très occupés le samedi après-midi à déménager quand les détectives sont arrivés à la maison. Nous avons été interrogés séparément.

À ma grande surprise, Suzanne était à dire aux policiers, quand je fus amené à la cuisine, que je travaillais encore pour Québec-Presse, même si je n’étais pas payé. Je me suis demandé ce que venait faire ma collaboration politique exceptionnelle dans cette affaire. Voulaient-elles leur signifier qu’on était des gens importants? Drôle de défense. Les policiers étaient du poste 4, réputés mener les opérations d’ordre politique; mais nous habitions dans le quartier sous le ressort de ce poste de police. Que fallait-il en conclure? Suzanne voulait sûrement nous protéger en leur affirmant que je suis journaliste, mais elle avait aussi sa carte de membre du parti libéral. Avais-je été piégé? Il m’arrive toutes sortes de mésaventures dès que je m’occupe de politique.

L’ambiance avait bien changé. Les jeunes étaient devenus agressifs avec nous à cause de la réaction de leurs parents. Ils sont même venus d’essouffler nos pneus alors que la camionnette était complètement remplie.

Suzanne rencontra les mères des petits, au cours de la semaine suivante, afin de leur expliquer la situation et si possible obtenir qu’elles retirent les plaintes. Ce fut peine perdue. Nous avons seulement appris que le père d’un des petits, reconnu comme un trouble-fête dans tous les mouvements sociopolitiques du quartier jurait d’avoir ma tête. Pourtant, il ne me connaissait même pas.

Suzanne continuait d’y voir une vulgaire affaire de mœurs. Elle avait peut-être raison. Moi, j’y faisais un rapprochement avec mes engagements politiques. Ça ne pouvait pas être encore une fois qu’une simple coïncidence.

Les problèmes causés le samedi à la camionnette avaient dramatiquement retardé notre déménagement.

Le soir, après ses cours. Suzanne se rendait à l’appartement qu’elle laissait pour faire du ménage. Elle a reçu à nouveau la visite des policiers qui apportaient deux mises en accusation.

Tout allait mal. Les enfants ne pouvaient voyager en autobus que le matin, il fallait le soir aller les chercher sur le pouce à quelque dix milles de chez nous. La fournaise ne fonctionnait pas et l’huile s’était répandue à la grandeur de la cave sur le plancher. Il fallait maintenant, en plus des problèmes de finance et de déménagement, se rendre en cour répondre à leurs accusations, les unes plus folles que les autres.

Suzanne a été la première à subir son procès.

La déposition de Réjean était particulièrement accablante. Il prétendait que nous lui avions donné des cigarettes pour avoir des rapports sexuels avec lui. Il ajoutait que Suzanne l’avait initié à faire l’amour alors que moi, le torse nu et en culotte, je m’étais appliqué durant ce cours de « baise » à lui peser sur les fesses. Un des petits témoins y alla même du refrain selon lequel je les terrorisais avec mes gros yeux méchants.

Suzanne était complètement révoltée contre les petits alors que j’essayais toujours de les disculper sous prétexte que ce n’était pas de leur faute, mais celle de leurs parents devenus complètement fous.

Une situation bien normale au Québec puisqu’on nous a prêchés toute notre vie que le sexe c’est le péché des péchés.

À mon avis, en principe, les enfants sont des êtres très propres que la société n’a pas encore corrompus d’où l’impossibilité que ce soit eux qui aient inventé ces histoires. Règle générale, les aveux sont contenus dans les questions des enquêteurs. Les jeunes les répètent pour leur faire plaisir et n’osent pas les contredire par la suite. Ils ont trop peur des réactions.

Comme cerise sur le gâteau, le père d’un des petits, qui ne s’occupait jamais de son garçon en d’autres occasions est venu témoigner que son fils avait été terriblement traumatisé par la nudité. Ce doit être pour ça qu’ils voulaient tous toujours revenir…

J’étais, au contraire, convaincu que la réaction stupide des adultes et l’obligation de venir en cour les avaient bien plus marqués. Ce ne doit pas être un cadeau pour un jeune que de voir la police venir s’intéresser à leurs petits jeux de cul et de  voir  les  adultes  explosés  comme  s’ils  avaient  tué  le  président  du  pays.

Après avoir pris la cause en délibéré, le juge a rendu un verdict de culpabilité envers Suzanne, disant que même s’il reconnaissait que de plus en plus de familles en Europe partagent notre option sexuelle et conçoivent une plus grande liberté sexuelle, la voulant même bénéfique aux enfants, il devait prendre cette position,  car   « il  fallait   éviter  que   trop  de   jeunes   soient  traumatisés   par fascination et courent chez tous les nudistes de leur voisinage pour en profiter eux aussi. »

Il insista surtout sur le fait que nous n’avions pas à éduquer tout le quartier. Il remit sa sentence à plus tard, tout en interdisant que d’autres enfants viennent chez nous à moins que les parents soient avertis auparavant de nos conceptions sexuelles.

Pendant quelques jours, j’ai paniqué plus que jamais, car l’avocat de la Couronne nous menaçait de nous enlever Patrick et Yanie. Non seulement notre avocat nous a rassuré qu’il ne pouvait pas en être question, mais le juge lui- même concéda qu’il est impossible de rendre des enfants malheureux sous le prétexte que de « bonnes mœurs » avaient été transgressées. Il y avait au moins une personne intelligente dans le système judiciaire.

Ce fut tout un soulagement de recevoir confirmation que la cour ne répondrait pas favorablement à cette demande fasciste. Je voyais le procureur de la Couronne comme un vieux garçon, eunuque et sans tête, pour avoir des idées aussi méprisantes de la famille et de l’ignorance du besoin des enfants de vivre avec leurs parents.

J’avais déjà passer mon temps en prison, la sentence de Suzanne était remise de semaine en semaine, de mois en mois, ce qui nous compliquait joliment la vie. Cela m’empêchait, entre autres, de pouvoir trouver un emploi stable et nous sortir des problèmes financiers qui m’insécurisaient affreusement.

Plusieurs mois plus tard, Suzanne a connu sa sentence. Selon le juge, j’y avais assez goûté puisque j’avais été condamné à la prison. Il ne voulait pas que ce soit la famille qui paye pour cette situation, car nos enfants devaient aussi assumer une part des inconvénients. Suzanne fut condamnée à payer une amende de 50 $. Je l’ai payé, car je me sentais responsable de ses malheurs.

À mon avis, si je ne les avais pas connus, cela ne serait jamais arrivé. Pire, j’avais indirectement incité Daniel et Réjean à venir le matin, car je leur avais dit qu’ils risquaient ainsi de nous trouver nus. Une tentation de voyeurisme qu’il ne laisserait pas tomber. Je doutais de mes avertissements peu sincères pour les empêcher de venir. Je le faisais, mais j’espérais le contraire. J’avais été égoïste et irresponsable. Mes petits désirs cochons l’avaient emporté sur le bon sens et le bien général.

J’avais manqué à une responsabilité qui constitue une première différence entre la pédérastie et la paternité. La responsabilité familiale. Je ne connaissais pas encore le mur entre le désir et la réalisation du désir. Je commençais à m’interroger sur la répercussion de mes gestes. La vie m’apprenait qu’il y a des différences, selon les situations.

Si tu es le père, passer aux actes peut vraiment être négatif pour le jeune, car avec la morale sociale acceptée dans le milieu, le père devient alors une forme de délinquant aux yeux de son garçon. Pédéraste, tu es un être de l’extérieur. Tu n’es pas celui de qui on attend un exemple, mais un partenaire de jeu. Donc, pour toi, franchir le mur du passage à l’acte n’a pas le même sens, ça n’a pas la même répercussion. Le jeune te voit autrement que le père. Si tu es père, passer à l’acte peut être un abus significatif si le jeune est élevé dans un milieu scrupuleux alors que pour le pédéraste, le refus de franchir ce mur peut être perçu par le jeune comme un manque d’amour et de confiance. Une forme d’indifférence, de rejet.

Je n’avais rien à être fier de moi, mais personne ne peut nous enseigner comment se conduire dans de telles occasions, sinon la stupidité de la chasteté de l’Église pour les jeunes. Je n’avais pas encore apprivoisé le contrôle de mes désirs pour protéger les autres. C’était mon seul remords. La leçon servait à ériger les premiers murs endiguant ma notion de liberté absolue. On peut être libre, mais il faut surtout comprendre la responsabilité qu’incarne cette liberté.

Je pensais devenir fou d’avoir ainsi créé autant de problèmes. Mais, je considérais la réaction des parents des jeunes encore plus folle. Il n’avait pas souffert, il n’avait été que plus heureux. Si les parents de ces jeunes avaient réagi d’une manière intelligente, les jeunes auraient oublié l’événement. Ils vivaient déjà des choses bien pires quand pour se faire des sous ils s’offraient aux bonshommes d’alentour.

J’avais trois chiffres d’accusation contre moi, trois chiffres d’accusation concernant Réjean, Daniel et Alain.

Ainsi, je les avais incités à la délinquance par ma nudité, mes propositions et mes gestes indécents.

Aujourd’hui, on essaierait de faire croire que ma démarche est un crime contre l’humanité. La folie existe et je ne pense pas qu’elle soit dans mon camp. Les jeunes étaient beaucoup trop excités et empressés de jouer avec moi pour avoir été fortement traumatisés. S’ils furent traumatisés, c’était de bonheur.

Je regrettais déjà de ne pas avoir accepté leur invitation à les sucer quand je les ai gardés; au moins, je ne comparaîtrais pas pour rien, pour  m’être retenu afin de donner le bon exemple.

Idiot, j’avais cru qu’il était maintenant de mon devoir de me retenir, car je croyais dans l’éducation libre et je ne voulais pas bousiller cette expérience. Je ne voulais pas abuser de mon âge et de mon expérience et ainsi faire déraper ces moments privilégiés, tout en respectant ce en quoi je crois.

Il va sans dire que voir des petits gars aussi beaux, aussi assoiffés de jeux sexuels, me rendait infiniment heureux. On naît pédéraste à vie. La pédérastie est profondément inscrite en nous. Est-ce que d’être tenté à l’infini constitue en soi un crime? Serions-nous coupables de ce que nous sommes en naissant? Il serait hypocrite d’en nier l’existence. Pouvoir dire que tu es pédéraste est une protection pour les jeunes et non un danger supplémentaire.

Je voulais bien en profiter, mais en même temps, je trouvais ces moments trop sacrés pour les détruire. Les petits gars étaient exactement ce que j’ai toujours cru que sont les garçons quand ils sont libres : curieux, affectueux et fort sympathiques.

Le procès débuta d’abord en analysant les accusations de Daniel.

Quand ce fut le temps de juger s’il savait ce qui se passait réellement. Coup de théâtre !

Daniel ne savait plus quoi répondre, quant à savoir ce qu’il pensait du péché et de l’enfer. Il a lancé :

  • Je ne sais pas si c’est ce qui s’est passé ou si je dis ce que les policiers m’ont dit de dire.

Le juge était furieux. Devant ce témoignage, il affirma qu’il ne lui restait plus qu’à se retirer de ce dossier.

L’avocat de la Couronne, affolé, a retiré toutes les accusations contre moi. Cependant, un peu plus tard, il a changé d’avis et a demandé au juge de rétablir les accusations concernant Réjean et Alain.

Le procès fut reporté à plus tard jusqu’à ce qu’un nouveau juge soit affecté à ma cause, un juge plus susceptible de me planter.  Il était dans l’ordre de choisir  une date et ainsi le juge officiant. On remettait ainsi bien des causes, en attendant d’avoir un juge favorable à sa cause. Une tradition qui existe encore.

Daniel ne se présenta pas à mon procès, sous prétexte qu’il avait été traumatisé par sa comparution. J’imagine le savon qu’il a dû subir. J’ai appris qu’il a dû être hospitalisé par la suite, souffrant d’une dépression nerveuse, probablement parce que ses parents s’étaient montrés très compréhensifs à son égard.

On tue des jeunes au nom de la morale sexuelle, par nos scrupules et on est trop stupide pour s’en rendre compte. On continue de croire l’Église qui nous a toujours menés par le bout du nez en tout ce qui concerne le sexe.

Juste avant mon procès, le père d’un des petits m’a crié :

  • Ils ont besoin de t’enfermer, mon hostie, sinon je m’occuperai pour que tu y goûtes quand même. Tu ne te rendras jamais chez toi.

J’ai eu peur d’un tel fou et j’en ai averti mon avocat.

J’ai été amené devant un vieux juge scrupuleux, une espèce d’écœurant qui semblait ne jamais en avoir entendu assez. Il se complaisait dans le problème. Un vieux cochon pour qui l’histoire manquait définitivement de piquant. Je n’ai jamais vu un être chercher autant de détails, comme nos confesseurs jadis et espérer entendre des choses plus croustillantes. Malheureusement, les jeunes ne disaient pas grand-chose d’explosif.

Quand je l’écoutais, je me demandais comment un vieux trou-du-cul de son espèce peut être appelé à juger des enfants. Il n’y connaissait vraiment rien. Je plaignais intérieurement les petits d’être aux prises avec un malade de cette espèce. Pour qui, il n’y avait jamais assez de détails sexuels. Un vieux paternaliste répressif.

Dans leur témoignage, les petits gars ont parlé que nous avions joués au jeu du silence le soir que je les avais gardés. Les plaintes ne portaient que sur cette soirée dont la date devait être précisée après le procès. Sans cette entente, le procès ne pouvait pas avoir lieu. Pour éviter ce genre d’inconvénients et pouvoir en condamner plus, le système judiciaire a fait disparaître depuis la nécessité de la date exacte.

Les  petits  ont  dit  ignorer  que  je   ne  portais  pas  de  sous-vêtement.  Ils    ont témoigné que mon exposition avait été très courte.

La meilleure, ils ont affirmé avoir appris le jeu du silence d’un moniteur dans un camp de la Cour du Bien-être social. Le vieux juge en avait les cheveux

« drette » sur la tête. Selon Réjean, nous avions passé le reste de la soirée à écouter de la musique. Je n’avais pas touché, ni incité qui que ce soit.

Réjean affirma aussi qu’en le tenant par la taille, les doigts entrés dans son pantalon à la hauteur des hanches, je n’avais jamais essayé d’aller plus loin, pas plus que je lui aurais fait de mauvaises propositions.

Le juge insistait, visiblement passionné, mais Réjean a maintenu ses affirmations, en lui faisant ainsi mordre la poussière. Le juge était visiblement, pitoyablement désappointé qu’il ne se soit pas passé autre chose. On aurait dit que  le  vieux  salaud  ne  pouvait  plus  jouir,  ce  qui  le  contrariait  clairement.

Alain, avec qui il ne s’était jamais rien passé, même pas des attouchements

rapides, affirma que j’avais essayé de lui poigner le moineau et que j’avais proposé aux autres de leur en faire autant.

  • Il m’a traité de scrupuleux comme Patrick. Il ne m’a rien dit d’autre.

Les policiers étaient furieux.

  • Le maudit, il va s’en sortir, pouvais-je entendre.

Le juge était encore plus furieux. Le vieux cochon ne se satisfaisait pas de ce qu’il entendait. La laverie des consciences devait être plus complète. « Dites tout, je veux jouir.»

Dans mon témoignage, j’ai raconté comment je me rappelais les événements, sauf nos discussions et que Réjean s’était baissé les culottes pour s’assurer que j’en fasse autant. Ses parents le menaçaient de le « placer » s’il était établi qu’il avait consenti à participer à ces jeux. Il faut être ignorant de ce que sont les jeunes pour réagir aussi bêtement.

Même si cette réaction parentale est tout bonnement débile, le système appuie ce genre de réaction et agit même comme si c’était ça la vie normale. Comment des parents peuvent-ils être assez sans-cœurs pour préférer l’abstinence sexuelle au bonheur de leur propre enfant? La religion rend débile.

Je ne voulais pas que ça lui arrive; mais je ne voulais pas non plus faire de faux témoignage. J’ai retenu les informations pour aider Réjean. Puisque je ne disais pas ce que les petits prétendaient, car j’affirmais que nous avions joué au mime après avoir baissé mes culottes, j’ai passé pour un menteur. Mon avocat était en maudit, car, à son avis, seul mon témoignage pouvait me faire condamner.

Deux faits ont pourtant été carrément illégaux dans ce procès. D’abord, le juge m’a demandé si j’avais un dossier judiciaire.

  • Vagabondage. Des brosses.

Le juge demanda à la sténographe de cesser d’écrire et a insisté à poser sa question en me rappelant que j’étais sous serment.

Pourquoi insistait-il autant? Selon la loi, puisqu’au moment où j’avais été condamné, plus de dix ans plus tôt pour des délits sexuels, étant mineur, la majorité était de 21 ans, je n’avais pas de dossier judiciaire en devenant un adulte. Pourquoi était-il au courant? La police lui avait-elle refilé, sous le couvercle, l’information voulant que mineur j’avais déjà fait trois mois de prison pour des délits sexuels avec des petits gars. (Je l’ai raconté en y ajoutant un peu de mordant dans Laissez venir à moi les petits gars, publié par Parti pris).           

Cet aveu changeait toutes les perspectives, d’autant plus qu’il n’a jamais été question des petites filles qui avaient été bien présentes et très actives à d’autres moments. Mais, c’était plus facile en s’en tenant aux petits gars. C’était moi qu’on voulait épingler, la vérité n’avait aucune importance, comme c’est le cas dans bien des procès. Ayant peur que le juge sorte ce dossier contre moi, je l’ai avoué. C’était illégal, mais ils sont plus forts que moi. Ils prétendent défendre la justice. Ils peuvent utiliser tous les moyens pour te mettre en cabane. Eux ne respectent pas la loi.

Les menaces du juge n’apparaissent pas dans les transcriptions du procès. J’ai pu le vérifier plus tard. Suzanne a pu les avoir grâce à notre mon avocat. Elle avait fait valoir que je voulais m’en servir pour écrire un futur livre.

Après mon procès, je me suis longuement demandé s’il est vrai que les dossiers des mineurs sont détruits, comme le dit la loi. Mon dossier était-il dans le rapport des policiers?

L’avocat de la Couronne reconnut que seul avoir baissé mes culottes quelques secondes en jouant avec les petits pouvait être retenu contre moi. Cela devenait somme tout assez banal et il recommanda que j’aie une petite sentence.

Mon avocat, pour sa part, a soutenu que je vivais simplement quelques années avant mon temps puisque cette pratique est courante en Europe et dans bien d’autres régions du monde où le sexe n’est pas encore un crime contre l’humanité.

À la fin du procès, le juge demanda que l’on fasse venir les jeunes, mais ça s’avéra inutile, car ils étaient déjà dans la salle, ce qui est contraire à la loi sur la délinquance juvénile et peut être puni pour deux ans d’emprisonnement.

Le vieux juge, sans se soucier de la loi, m’a servi un long sermon, tout en demandant, après avoir posé quelques questions aux enfants, à savoir s’ils avaient trouvé pénible de témoigner; d’être attentif à la sentence pour ne jamais oublier durant toute leur vie que ces petits jeux défendus peuvent conduire à la prison.

C’est incroyable que même un juge désobéisse à la loi pour te planter devant les jeunes.

  • Trois mois!, a-t-il lancé.

Je paniquais. Ce n’était pas tant à cause des trois mois de prison, mais parce les postiers entraient en grève. Comment irais-je chercher mon chèque d’assistance sociale? Comment vivraient Suzanne, Patrick et Yanie? Nous avions déjà toutes les misères du monde à manger à toutes les fins de mois.

J’étais convaincu de m’en sortir en ayant à payer une amende. C’était tellement niaiseux ce qui s’était passé. On ne pouvait quand même pas devenir fou parce qu’un gars avait baissé ses culottes quelques secondes. Y a des choses bien plus importantes sur terre.

Avec trois mois, ce vieux cochon sans jugement condamnait autant Patrick et Yanie que moi à connaître des heures difficiles puisque je ne ramènerais plus mon chèque mensuel. Ce fait ne le troublait pas comme tous les scrupuleux ne se soucient pas des résultats de l’application de leur bêtise. Ils sont trop centrés sur leur petit nombril pour essayer de comprendre les autres, et surtout supporter que d’autres aient le droit de penser autrement qu’eux. Pour lui, la leçon de morale était plus importance. Protection de la jeunesse, mon cul!

L’avocat de la défense m’a calmé les nerfs en disant qu’il interjetterait appel de la sentence et qu’entre les deux procès, je pourrais arranger les affaires pour que les petits n’aient pas trop de misère.

Un sourire venu d’enfer 33

novembre 19, 2020

Autobiographie approximative

pp. 262 à 272

36

La vengeance des libéraux.

Les procès

Approcher la sexualité librement exige une pleine conscience des limites humaines et l’importance de la culture dans les rapports amoureux. Il faut aussi un profond respect de la beauté et de l’intelligence. Une telle liberté exige l’approfondissement quasi quotidien de ce qu’est l’Homme et le pourquoi de ses réactions. C’est une réflexion quasi quotidienne de ta responsabilité face à l’être aimé. C’est une vie plus exigeante, car elle demande d’être plus à l’écoute des autres.

Les manifestations terminées, la vie continuait. Ainsi, mon ami, Pierre qui connaissait mon intérêt pour Summerhill, décida de me présenter Suzanne dont les deux enfants fréquentaient une école de type Summerhill, l’école libre. Elle habitait aussi Montréal.

Le charme de Suzanne résidait dans la voix, le regard et le sourire parfois triste. Elle avait une intelligence brillante et une approche séduisante de la vie et de la liberté.

Ses enfants, Patrick, 10 ans, et Yanie, huit ans, fréquentaient cette école dite libre.

J’étais captivé par cette approche nouvelle en éducation. En aucun moment, il n’était permis d’intervenir violemment. Il fallait aussi demeurer sans cesse à l’écoute des enfants pour capter tous leurs désirs, comprendre leurs besoins et s’assurer que chaque jour fournisse une nouvelle occasion aux enfants d’expérimenter leur autonomie.

Notre vie était fabuleuse. L’équivalent de n’importe quel conte de fées. La maison était toujours pleine à craquer d’enfants. Je n’avais ni les yeux, ni les oreilles assez grandes pour enregistrer toutes leurs réactions.

Si au début, je me suis tenu à distance; à force de me rendre chez Suzanne, les enfants m’ont entraîné dans leurs activités les unes plus captivantes que les autres. J’étais heureux, car je n’avais pas à combattre ma nature profonde.

En ville, les complexes et les frustrations d’être toujours anonyme, sans importance, sans amour, s’incrustent dans la peau des enfants sans que l’on s’en aperçoive. Les enfants sont souvent rejetés par les adultes, tenus à l’écart comme si c’étaient des lépreux. Leur compagnie semble chez les adultes ajouter des problèmes différents et supplémentaires.

Chez Suzanne, ça n’existait pas. Chaque petit bout d’homme ou de femme était important. Leurs désirs étaient souvent des ordres. Ils étaient les rois. Le principe même de l’éducation libre était que l’adulte ne devait jamais intervenir avec son autorité d’adulte. Ce que je respectais  scrupuleusement.

Laissez libres, les enfants nous désorientent complètement. Ils ne sont jamais ce que nous aurions cru qu’ils sont.

Pour eux, tout est jeux, plaisirs, découvertes, rires et parfois, il faut bien l’admettre, des mesquineries, des jalousies. Les enfants qu’on prend naturellement pour des anges peuvent être d’une cruauté inouïe entre eux.

Patrick, souvent écrasé par ses petits copains, était très heureux que j’accepte de jouer avec eux. Il se sentait probablement mieux protégé, du moins, j’étais un atout dans ses cartes.

Je luttais souvent avec Patrick et ses petits copains. Je me permettais de temps en temps, après qu’ils l’aient eux-mêmes fait, de vérifier leurs petits appareils de jouissance. Je les aimais bien et ils me le rendaient au centuple. Cela les amusait passablement à en juger les lamentations quand je refusais de lutter avec eux.

Les jeunes faisaient souvent la queue à la porte chez Suzanne dans l’espoir que j’accepte d’aller jouer avec eux. Partager le jeu des enfants, c’est leur faire le plus beau des cadeaux.

Si Patrick ne m’intéressait pas physiquement, il était trop jeune et trop petit, ses deux amis, Daniel et Réjean, me faisaient tourner le cœur à grande vitesse. Quant au troisième du groupe, Alain, il ne m’intéressait pas du tout, même que je ne l’aimais pas tellement. Ce n’était pas sa légère infirmité qui me fatiguait, mais il était jaloux et hypocrite. C’était un petit frustré qui ne sortait jamais des dentelles ou des slips de sa mère.

J’essayais autant que je le pouvais de m’adapter à leur façon d’être, de voir. Je les adorais. J’aimais cette situation, car j’apprenais beaucoup sur le comportement des jeunes. Pourquoi nous nous fascinent-ils autant ?

Pour une fois, je n’étais pas toujours contraint d’agir contrairement à ce que je ressentais. Patrick m’intriguait plus qu’il ne m’attirait physiquement. J’étais curieux de savoir pourquoi il s’excitait autant dès qu’on s’occupait de lui. Il n’a pas fallu des mois pour que j’ouvre mon aile protectrice et que je commence à confondre amourajoie et instinct paternel.

Plus le temps passait, plus j’étais souvent chez Suzanne.

Les enfants se réunissaient pour élaborer une foule de jeux auxquels j’étais très souvent invité à participer. Le jeu le plus populaire consistait à faire tenir grâce à la salive un bout de papier hygiénique sur l’ouverture d’un verre, d’y déposer une cenne et essayer par la suite, à tour de rôle de percer le papier avec le bout d’une cigarette allumée sans faire basculer la cenne à l’intérieur.

Parfois, les jeunes en profitaient pour fumer. Nous n’y faisions aucune objection, à condition qu’ils ne fument pas à la cachette et qu’ils ne jouent pas avec le feu sans la présence d’un adulte. C’était moins dangereux pour les incendies.

Les jeunes aimaient surtout se costumer, danser, fêter pour toutes sortes de

raisons. Aussi quand j’ai eu mon chèque mensuel de BS, j’ai amené Patrick et Yanie, dans une salle de jeux, juste pour leur faire plaisir et avoir la joie de les voir ainsi goûter le plaisir. Daniel et Réjean les regardaient avec envie. Je les aimais trop pour ne pas tenter un effort supplémentaire. Ce fut une soirée délicieuse. L’électricité de leurs regards valait mille mots et autant d’argent. Je suis très vite devenu aussi jeune qu’eux. J’étais pendu à leurs gestes, ébloui, même si cela m’a coûté l’équivalent de deux paires de lunettes en peu de temps.

Je vivais avec Suzanne et les enfants une expérience surnaturelle : des adultes complices à part entière avec des enfants. Jamais je n’avais ressenti une atmosphère d’amour aussi dense et aussi saine.

Si les enfants sont libres, le souci de se déculotter, la curiosité de voir l’autre dans son intégralité ne tardent pas. C’était chose assez fréquente à l’école libre et nécessairement une prolongation à la maison ne tarda pas.

Je devais m’habituer à ne pas en faire un drame pour respecter la philosophie que l’on se faisait de l’éducation. La seule règle : le jeu ne devait jamais être mis en œuvre par l’adulte.

Si tu ne voulais pas, pour ne pas les traumatiser, tu ne faisais pas de drame, mais t’inventais une façon d’attirer leur attention vers autre chose qui convenait mieux. Même si on est ouvert d’esprit, notre éducation a fait de nous des scrupuleux.

J’ai pratiquement fondu sur ma chaise quand la petite m’a demandé pour la première fois de lui montrer mon pénis. Devant mes hésitations, elle m’a aidé à répondre à ses désirs. J’étais beaucoup plus gêné que je ne l’aurais jamais cru possible. Si c’eut été Patrick, ça aurait certainement été beaucoup plus facile pour moi. Dans notre éducation, on est toujours plus scrupuleux quand il s’agit de rapport avec le sexe opposé. Ce qui me prouva que même adulte, l’éducation reçue enfant nous mène encore par le bout du nez.

La nudité a quelque chose de terrifiant quand il s’agit la première fois de rompre avec les habitudes de notre culture qui valorise extrêmement l’esprit aux dépens du corps, en fonction de se mériter une éternité spirituelle dont l’existence n’a jamais été prouvée.

L’approche sexuelle de Suzanne a été lente et plus fignolée. Nous sommes passés dans le même lit qu’après de longues discussions et plusieurs verres.

De visiteurs, je suis devenu l’amant.

Nous couchions ensemble, habituellement, quand les petits étaient endormis. Patrick et Yanie désiraient presque toujours coucher dans notre chambre, sur leurs matelas, ce qui nous compliquait un peu l’organisation de moments d’intimité.

Nos nouveaux amours étaient marqués par la tendresse, la musique, les enfants, la complicité d’esprit. Toute la vie nous entraînait comme dans un cyclone de bonheur.

Patrick était très bizarre. Il se servait de ses scrupules comme moyen d’attirer l’attention. Alors que nous nous couchions tous nus, lui préférait garder ses sous- vêtements. Certains y verraient là un acte normal quoique ce soit la réaction d’un enfant dont la sexualité a été réprimée dans son entourage alors qu’il était tout petit.

Il accouchait des mêmes scrupules que ses camarades, même s’il vivait dans une famille très ouverte. Mais, notre cheminement acceptait ça comme un droit individuel au même titre que de ne pas aimer les épinards. Cependant, on craignait que ça cache souvent un problème, car il agissait comme si cette honte de son corps dissimulait autre chose. Il ne se lavait pas et devenait affreusement sale.

Être scrupuleux cache presque toujours un fort complexe d’infériorité, la peur de ne pas être aussi beau que les autres. Pour éliminer ce problème « possible », car c’est son droit le plus absolu de coucher avec ou sans sous-vêtement, nous avions pris l’habitude de lui dire qu’il est beau, de jouer son jeu et de ne jamais lui parler de ses scrupules, sinon pour le taquiner.

À long terme, ça eut des effets très positifs. Il s’est senti plus valorisé, ses agissements le montraient très clairement plus francs, même s’il continuait à être scrupuleux. Il riait plus. Il s’amusait plus. Il était plus sécurisé. Donc, je faisais partie du problème.

Suzanne et moi, nous passions de longues heures à nous définir, à mieux nous faire connaître l’un à l’autre. Notre drogue d’amour était certains disques que nous écoutions en faisant l’amour au même rythme, après avoir fumé un bon joint.

Suzanne avait connu des felquistes, ce dont je ne pouvais pas me vanter. Elle me les peignit telle qu’elle les avait connus à la Maison du pêcheur, en Gaspésie. Elle n’avait pas la même admiration pour eux que moi qui les vénérait tout simplement. Loin de là. Elle était étonnée de voir jusqu’à quel point je m’étais identifié au FLQ, même si je n’avais connu personnellement aucun membre de ce mouvement, encore moins une cellule. J’avais tout au plus rencontré à l’occasion Pierre Vallières, Charles Gagnon et Robert Lemieux.

Je lui ai raconté comment je m’étais servi de ma petite réputation pour hâter la réalisation des projets gouvernementaux dans les Vauxcouleurs (Estrie) parce que le fédéral me croyait plus dangereux que je l’étais en réalité. J’étais très fier de ces exploits.

Nous nous sommes souvent endormis sans faire l’amour, ne cessant jamais de placoter et, le matin, les petits nous tiraient du lit, ce qui nous privait de reprendre le temps perdu. On ne pouvait même pas y rêver. Toutes les situations possibles nous arrivaient pour nous empêcher de vivre notre vie de couple.

Un soir, j’ai gardé les enfants pour permettre à Suzanne de sortir avec une amie. Cela me faisait plaisir. J’avais appris avec assez de rapidité à me faire écouter sans commander. Pour être l’invité des enfants dans ce cénacle de confiance, j’acceptais leur façon de vivre, d’être pleinement complice dans tous leurs désirs. J’avais appris que ce n’est pas parce que tu es un grand que ton point de vue a plus d’importance que celui d’un petit. Nous devions tous être des égaux quel que soit l’âge et le sexe. Le fondement même d’une éducation libre.

Je lisais dans la cuisine, les jeunes jouaient au « strip-tease » ou au docteur dans leur chambre. Je respectais le code de discipline de l’école libre : ne jamais intervenir, sinon pour des raisons de violence afin de s’assurer que personne ne soit blessé. Yanie n’a pas tardé à proposer à ce que je sois inclus dans le cercle des jeux en cours.

  • Jean n’est pas comme les autres, l’entendais-je dire. Il va vouloir jouer avec nous et se montrer la bizoune. Je l’ai déjà vue. Elle est grosse de même (en écartant les bras).

Même si intérieurement cela me faisait énormément plaisir, j’hésitais. Que doit- on faire dans un tel cas? On prêche une chose, mais dès qu’il faut la vivre, ça prend une tout autre dimension. J’ai essayé de créer un moyen pour m’en sortir.

  • Je me déculotte que si vous vous déculottez aussi.

L’ambiance d’excitation et de curiosité était refroidie, avant de disparaître complètement.

Réjean relança, devant mes hésitations :

  • Tu le fais, je le fais.

Je me sentais pris au piège. J’étais aussi curieux que lui. Je désirais lui voir autant qu’il voulait me la voir.

  • Si je le fais, tu ne le feras pas. Je me suis déjà fait avoir comme ça. J’étais sûr que Réjean abandonnerait la partie.

Les autres criaient à Réjean de dire oui. Il a longuement hésité à son tour, puis il baissa ses culottes jusqu’aux genoux. Il me regardait tout gêné.

  • Pis toué !

Je n’avais plus le choix : si je me dégonflais, j’étais un hypocrite, pire un menteur; si je ne faisais pas comme lui. Je devais trouver moyen que ça n’aille pas plus loin.

Je me suis exécuté en toute vitesse. Je pouvais d’autant plus aller vite que je ne portais pas de sous-vêtement. Je n’ai rien dans le pantalon pour effrayer qui que ce soit, les jeunes sont déjà presque tous déjà aussi bien bâtis que moi. Les yeux avaient quitté Réjean et se concentraient sur moi. J’ai fait valser mon petit

« boutte » en descendant mon pantalon, question de montrer qu’il n’y a rien là et j’ai remonté mes culottes en vitesse.

  • Ça ne te fait rien d’être nu?, demanda Alain.
  • Pourquoi ça me ferait quelque chose ? C’est agréable. Le zizi, c’est un morceau de chair comme un autre.
  • C’est péché.
  • C’est de la folie. Avant tu pouvais être damné parce que tu mangeais de la viande le vendredi. Aujourd’hui, il n’en est plus question. Pourtant, rien ne justifie ce changement. Ce sont les curés qui ont inventé les péchés. Il n’y a rien de mal à être nu. Pourquoi serait-il péché d’admirer un corps que Dieu a pris tant de mal à créer?
  • T’aime ça, jouer aux fesses?
  • Oui, avec les petits gars, surtout quand ils ont beaux comme vous.
  • Un bonhomme m’a dit qu’il me donnerait deux piastres si je le suçais. Tu aimes ça, toi, te faire sucer?
  • Je comprends j’adore ça, mais quant à moi c’est plus agréable de le faire que de me le faire faire.
  • Tu me donnes deux piastres et je vais me laisser faire. L’autre fois, ce fut bien le fun.
  • Je ne paye jamais. Si tu joues aux fesses, il faut que ce soit parce que tu aimes ça. C’est bien trop important pour faire cela pour de l’argent.

Je ne voulais pas passer la soirée à refuser les invitations des petits gars. Même un saint peut flancher. Cela me tentait trop pour respecter plus longtemps ce scrupule, d’autant plus que je n’ai rien contre la prostitution pourvu que cela ne t’humilie pas. Je me suis forcé à trouver un moyen pour changer la conversation.

Nous avons passé le reste de la soirée à jouer à des charades.

Les petits venaient s’asseoir sur moi à tour de rôle quand ça leur disait. J’évitais de les inviter. Je profitais de l’esprit de liberté qui se répandait, je serais très hypocrite de dire que ça ne me plaisait pas.

Réjean est venu s’asseoir sur moi. Je me suis aperçu qu’il aurait pu être accusé au hockey de bâton trop élevé. Je pouvais sentir les pulsions des « push-up » sous le pantalon, surtout si je pesais un peu du bout des doigts.

Réjean me regardait les yeux en feu, le sourire encore plus beau que celui de la Joconde. Il essayait en agitant les traits de son visage d’indiquer à Daniel de regarder où j’avais les doigts, ce qui déchaînait les rires chez Daniel. Alain essayait de comprendre ce qui se passait. Il ne pouvait pas voir, à cause d’une chaise dans son champ de vision. Réjean préférait s’asseoir sur moi plutôt que d’aller mimer à son tour comme tous les autres. Il ne voulait pas courir le risque de perdre sa place. Nous nous amusions follement.

Quand ce fut mon tour, je me suis rendu près du sofa où Patrick et Alain étaient assis. J’ai fait semblant de les saisir et Alain m’a écarté la main, en ajoutant de ne pas lui poigner la poche. Je n’y avais pas songé le moindrement. Je l’ai regardé, étonné.

  • Tiens, un autre scrupuleux comme Patrick !

Patrick me regardait les yeux en feu. Il était ravi que je le replace au centre du jeu et de mes commentaires. J’ai fini mon mime et je suis retourné m’asseoir. Réjean est vite venu reprendre sa place.

Réjean et Daniel voulaient bien savoir si Suzanne partageait mon ouverture d’esprit. Je leur ai dit que c’était leur problème, en leur soufflant une solution.

  • Nous dormons nus et nous ne nous habillons que tard le matin.

Je n’aurais jamais cru pouvoir bénéficier d’une telle ouverture d’esprit même si je sais par expérience que les jeunes en profitent dès qu’ils sentent qu’ils peuvent agir  à leur guise. Les gestes d’amourajoie (de pédérastie) sont toujours consentis  ou  presque.

Les jeunes espéraient maintenant voir les seins de Suzanne. Je n’ai pas découragé leur curiosité, bien au contraire. Pourquoi aurions-nous accepté de vivre le contraire de ce que l’on pensait? Nous assumions pleinement cette éducation libre et je me comportais en véritable apôtre de ce nouvel Évangile.

Les jeunes sont revenus souvent, le matin, dans l’espoir de nous prendre lorsque nous étions nus. Malheureusement, pour eux, l’occasion ne se présentait pas aussi souvent qu’il l’aurait souhaité. Si nous ne refusions pas de les voir vouloir vivre la liberté sexuelle, nous ne les provoquions pas. Suzanne leur avait demandé de ne pas se présenter le matin afin que l’on puisse être nus aussi longtemps qu’on le désirait.

Cette ouverture d’esprit amenait les jeunes à me raconter leurs expériences. Comment s’y prenaient-ils pour grimper et aller voir par un petit trou les danseuses nues dans un club situé pas loin d’où ils demeuraient? Il me parlait du vieux qui leur donnait une piastre tous les jours.

À la toilette, Réjean est venu pisser à côté de moi. Je me suis aperçu qu’il était gêné et inquiet d’avoir le pénis aussi croche. C’était son moyen de m’en parler puisqu’il savait que je n’en ferais pas un drame. C’était un problème très grave pour lui. Nous avons échangé sur le sujet, après avoir comparé nos avoirs. Comment lui permettre d’avoir un examen médical puisque normalement ça ne me regarde pas et que je ne suis pas censé le savoir? Pourtant, à mon avis, il en avait besoin. La liberté sexuelle permet aux jeunes de parler de leur problème à ceux en qui ils ont confiance.

Notre vie de couple nous poussait dans le dos. Les enfants m’acceptaient de plus en plus. Par ailleurs, pour des raisons financières l’école ne pouvait pas fournir un système de transport. Yanie et Patrick devaient l’abandonner à moins que j’aille vivre avec eux près de l’école libre.

La décision de déménager pour se rapprocher de l’école fut vite prise. Cependant, nous avions un nouveau problème : Patrick s’y opposait. Nous comprenions mal son comportement. S’il m’aimait, pourquoi cette réaction ? Après plusieurs efforts de communication, nous avons découvert le pot aux roses : Patrick avait peur, car il croyait que si j’allais vivre avec eux il serait obligé de vivre dans la cave de notre nouvelle demeure.

Nous l’avons rassuré. Cela nous a aussi permis d’apprendre que Patrick n’était pas toujours en sécurité quant à ses parents. Il avait trouvé très pénible que son père les abandonne et il craignait très facilement que sa mère en fasse autant. Il avait peut-être aussi été marqué du fait que sa mère, durant les événements d’octobre, avait été emprisonnée. Son engagement pour la lutte en faveur des femmes pensait-elle, l’avait mené là. Pourtant, elle était libérale.

Nous nous sommes mis à la recherche d’un endroit qui rende l’école plus accessible. Nous avons dû mettre fin aux visites de Réjean et compagnie parce qu’ils auraient toujours été à la maison espérant des petites aventures. Nous voulions garder autant que possible nos minutes pour nous, car nous vivions ensemble depuis si peu longtemps.

Cela n’avait rien à voir avec la possibilité que les jeunes nous causent des problèmes. Personnellement, j’étais convaincu qu’ils ne parleraient pas de notre liberté, et si ça arrivait, nous étions convaincus de pouvoir expliquer notre point de vue à leurs parents. Si, après de bonnes discussions, ils n’acceptaient pas notre façon de voir la liberté sexuelle, ils n’auraient qu’à empêcher les jeunes à revenir chez nous. Sans la permission de leurs parents, nous ne les aurions jamais admis.

C’était fabuleux quand ils venaient. Tout était libre, gratuit, tendre. La vie tenait dans la chaleur de nos câlins, la flamme de nos regards, le rire de nos pupilles, les vibrations de nos touchers, les ondes de nos rires.

Les jeunes s’intéressaient autant à leur corps que les femmes le font généralement. Un vrai rappel de l’importance pour un jeune de se sentir beau, d’attirer l’attention des adultes.

Un sourire venu d’enfer 32

novembre 18, 2020

Un sourire sorti d’enfer 32

Autobiographie approximative

pp.250à262

35

Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.

J’ai accepté un emploi dans une imprimerie au département d’expédition à la Ronald Federated Graphic, à Montréal.

À la Ronald, le travail allait bien; mais il y avait la loi 22 qui, à mon sens, prétendait rendre le Québec français, alors qu’en réalité, les articles de la loi permettaient une plus grande assimilation. Je me sentais un traitre de ne rien faire après avoir connu comment opère les assimilateurs

Au début, j’ai voulu franciser les titres dans les adresses des collants pour les paquets expédiés à l’intérieur du Québec.

Averti par les patrons, j’ai cessé ces opérations. Je voulais de l’argent pour retourner en Amérique du Sud d’où je ne pouvais pas me permettre d’être chômeur.

Tout le monde me blâmait de vouloir franciser ces communications. On trouvait ça irraisonnable, sans possibilité d’apporter quoi que ce soit. Je rugissais de travailler en anglais au Québec, après avoir vécu « comment » dans l’Ouest les francophones sont assimilés. Je trouvais cela scandaleux. Que pouvais-je faire seul contre une telle machine?

J’ai abandonné mes expériences durant un mois environ. Il était de plus en plus question de la loi 22, une loi qui, tout en faisant semblant de nous franciser, permettait en réalité une plus grande anglicisation du Québec, grâce à différents articles de la loi. Je rageais. Pourquoi personne ne voyait le stratagème?

Un bon matin, j’ai décidé que je n’avais pas le droit de me laisser assimiler sans rouspéter. En faisant mes collants postaux pour envoyer les paquets d’imprimés, j’ai commencé à réécrire » Directeur général » plutôt que ‘Director general’. J’employais le français pour tout ce qui était destiné au Québec et dans le Canada, puisque le Canada est censé être un pays bilingue. Les paquets pour les États-Unis étaient adressés en anglais. Je ne leur touchais pas.

Après quelques jours de cette pratique, le chef de l’expédition m’a averti que si  je continuais je serais congédié. C’était l’anglais ou le chômage.

Je ne pouvais pas me résigner à voir le Québec emprunter les chemins de l’assimilation. J’ai continué comme avant. Selon le chef de l’expédition, l’ordre de cesser d’écrire les titres en français venait du vice-président de la compagnie.

Je devais vider la question. Je ne pouvais pas accepter une telle prostitution.

Je suis entré au bureau. J’ai rempli toutes les formules de la régie interne en français. J’ai traduit les Black Wash par les Monstres noirs; Bell Canada, par Cloche Canada (selon le Devoir, je ne m’en souviens pas. Ça me surprendrait parce que je croyais dans le sérieux de mon opération). C’était bien peu de chose, mais ça a eu le même effet que vouloir enlever le mot ‘stop’.

Le lendemain matin, le chef du département est venu me trouver pour m’annoncer mon congédiement. J’ai demandé à voir le vice-président puisque l’ordre venait de lui.

  • Penses-y, dit mon chef de département. Tu es bien ici. Nous sommes satisfaits de ton travail. Même si tu laisses ton emploi, personne ne voudra te suivre. Rien ne sera changé. Personne ne saura pourquoi tu as été congédié.

J’ai insisté pour voir le vice-président et c’est à contrecœur que j’ai été conduit au bureau du chef du personnel plutôt qu’au bureau du vice-président.

Je me suis installé à son bureau. Je lui ai fait part de mon point de vue. J’ai sorti une pomme ou une tomate apportée pour dîner. Je l’ai soigneusement coupée durant que nous discutions.

  • Veux-tu me faire peur avec ton couteau?
  • Non, mais je suis heureux que vous vous rappeliez qu’un gars a déjà fait sauté trois des vôtres. Un employé venait de tuer ses supérieurs.
  • Ce sont des menaces?
  • Je suis seul et non violent, mais si les travailleurs dans les compagnies continuent à travailler dans une autre langue, à devoir toujours se contenter des emplois subalternes, vous pourriez venir qu’à faire face à des gars qui, eux, seront violents.

En moussant la loi 22, vous vous préparez un maudit bon carnage. Ce n’est pas quand vos usines seront occupées ou qu’on vous fera sauter qu’il sera temps de commencer à réfléchir.

  • Je ne parle pas avec les terroristes.
  • Je ne suis pas un terroriste. Je vous avertis simplement que si vous ne changez pas de direction, ça va aller mal au Québec. (Ce que je croyais et ressentais.)

La discussion devenait impossible. S’il m’avait écouté religieusement quand je lui ai expliqué ce que signifiait pour moi la francisation des entreprises, il goûtait un peu moins mes avertissements. Je les croyais pourtant justifier : le mépris n’aura qu’un temps. Les Québécois ne se laisseront pas toujours faire.

J’avais l’air fin avec mes « jamais plus je ne toucherai à la politique ».

Encore chômeur, cassé comme un clou, en pleine guerre sainte pour le français au Québec. J’avais réussi à me remettre dans la merde.

Il ne faut pas croire que cette décision m’a valu bien des heures de gloire. Je me suis fait dire le plus honnêtement du monde que je n’étais qu’un « one man  show », que je me prenais pour un autre.

Ce fut un peu l’histoire de ma vie. On dirait qu’il faudrait que je me méprise parce que je suis différent des autres.

La campagne pour la francisation à la Ronald a été similaire à bien des égards émotifs à ma campagne Rhinocéros.

Je ne voulais pas comme à l’époque entendre parler des héros et encore moins me prendre pour un cas de bande dessinée. En même temps, je ne pouvais pas admettre d’être indifférent à l’avenir du peuple auquel j’appartenais.

C’est la crotte au cul que le jeudi je me suis présenté devant l’usine avec une pancarte sur laquelle était écrit Congédié pour avoir écrit en français à Montréal. Mon arrivée n’a pas tardé à bouleverser les habitués du coin.

Durant tout l’après-midi, deux travailleurs ont surveillé ce qui m’arrivait. D’autres auraient voulu que le syndicat s’en mêle, mais c’était une perte de temps : je n’avais pas encore ma permanence.

Il a fallu peu de temps pour que surviennent deux autos de police.

  • Ton nom et ton adresse.
  • Jean Simoneau. 3911 Berri. Je ne vous dirai rien d’autre comme m’en autorise la loi et si vous m’arrêtez, je porterai plainte pour arrestation illégale.
  • Minute papillon !

Un des policiers est alors allé discuter avec un autre. Ils ont communiqué avec leurs supérieurs avant de me revenir.

  • Tu connais la loi. Tu peux rester.

Ils se sont installés ensuite en auto à chaque bout de la rue. C’était la première fois de ma vie que la police me protégeait, tout en me surveillant. Ça faisait

nouveau et surtout très bizarre. L’atmosphère était quand même tendue dans ma petite tête. Je marchais les fesses serrées, mais avec fierté.

Depuis Sherbrooke, dès que la température montait, j’avais la certitude de me faire tuer. Les sueurs étaient d’autant plus de mise que le hasard a voulu qu’il se produise deux accidents de la circulation à proximité.

Quand les patrons ont quitté l’usine, à la fin de la journée, ils étaient protégés par des hommes à manteaux longs. Mon message avait bien passé. Ils avaient peur de moi ou, du moins, ce que je représentais comme présage à leur loi sur le français.

En descendant chez moi, un bonhomme m’a accosté pour m’offrir du travail beaucoup plus payant, si je perdais ma pancarte. J’aurais dû accepter, mais j’étais engagé dans la lutte patriotique. Un chevalier abandonne-t-il son épée devant son ennemi?

À cette époque, je n’avais pas seulement peur de la police qui pouvait comme aux États-Unis ou en Amérique du Sud commencer à éliminer les opposants au régime. Mon expérience à Sherbrooke me faisait craindre la pègre et la police locale au service des libéraux. Je craignais plus souvent les attentats venant d’eux, attentats que l’on passait ensuite sur le dos du FLQ. Ouvrage partagé avec la GRC.

Je voulais continuer, mais je ne voulais pas agir seul. J’avais trop peur. « À deux, si on me descend, j’aurai un témoin. » Personne n’était intéressé. C’était à désespérer, puis un miracle.

Mireille Despard, la petite amie de Gilbert Langevin, a décidé de m’accompagner, lors de ma prochaine manifestation, soit à la fête du Canada, le premier juillet, Place du Canada, à Montréal.

Mireille était une bonne indépendantiste qui n’avait pas peur de ses convictions. Elle trouvait l’expérience particulièrement intéressante. Ça valait le dérangement, disait-elle.

Comme convenu, je suis parti avec ma pancarte pour rejoindre Mireille devant l’édifice, près de la Place du Canada. Puisque je n’arrive jamais à me retrouver dans Montréal, j’ai passé seul dans une foule de quelque 800 personnes qui assistaient à un défilé de mode pour fêter le Canada.

J’ai retrouvé Mirelle, plus peureux que jamais. Je divaguais en grande. « J’étais pour aller à Barnston, même si craignais me faire tuer ». La peur de me faire tuer est un vieux traumatisme depuis mon emprisonnement en 1963. Le temps n’était pas aux rêves, aux cauchemars, mais à l’action.

Mireille souriait. Elle participait à cette manif, curieuse de connaître les réactions. Elle fut étonnée que personne ne nous prenne à partie. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour Mireille. Elle se promenait avec sa pancarte  » Le Québec aux Québécois. Le Canada aux Canadians », comme si de rien n’était alors que j’étais fou de peur. Mireille présageait-elle le côté culturel des recommandations de la commission Pépin-Robarts, affirmant la spécificité québécoise?

Une première couverture journalistique fut faite par le quotidien Le Jour. L’affaire prenait de l’ampleur.

J’ai participé à une seconde manifestation. Il pleuvait et faisait tellement tempête que nous ne pouvions plus avancer dans la rue avec nos pancartes. Je me suis mis à l’abri et un journaliste du Journal de Montréal a croqué à nouveau cet évènement. Je ne voulais pas être vedette, je me fichais que l’on ne sache pas qui j’étais, mais je voulais que les gens comprennent ce qui se passe au Québec. Les Québécois sont de plus en plus étrangers chez eux.

J’étais décidé à crever s’il le fallait pour que ça change.

Que pouvais-je faire de plus, sinon me présenter devant le parlement de Québec où on étudiait la loi 22?

J’ai ajouté un deuxième message à la pancarte. J’y ai dessiné un petit revolver symbolisant toutes mes lettres échangées avec le gouvernement à cette époque. On pouvait lire sur un bord de ma pancarte le message habituel; mais de l’autre côté avec le petit revolver, on lisait : La 22 sur le 22. Le message initial devait être la 22 sur le 22 ou la 222, selon la chanson de Pauline Julien, la Croqueuse de 222.

Je dessine très mal. Je ne suis pas parvenu à tout écrire. C’est ainsi que mon message a pris une tout autre dimension dans la tête de certains ministres du gouvernement Bourassa. Quand je rencontrais un ministre, je tournais toujours la pancarte du côté de la 22. Cela semblait plus de circonstances.

  • As-tu vu? disaient certains ministres énervés. Ils ne pouvaient rien faire. Je me promenais seul et quand il pleuvait les surveillants au parlement me craignaient si peu qu’ils me permettaient d’attendre le soleil à l’intérieur. Lorsque je suis arrivé, un des surveillants était venu me demander :
  • Est-ce que beaucoup d’autres de ta gang viendront?
  • Je ne sais pas. Pour l’instant, je suis seul à avoir perdu mon emploi pour avoir écrit en français.

L’après-midi, j’ai rencontré deux beaux petits gars. J’en ai profité pour faire de l’œil au plus vieux et lui chanter un peu la pomme. Comme dans la campagne rhino, cet événement me permit de prendre mon action moins au tragique et de donner ainsi un meilleur rendement.

Les journalistes ne le prenaient pas de cette façon. Certains ont écrit que pour un gars qui venait de perdre son emploi, j’étais pas mal souriant. Ceux-ci ne savaient pas que j’avais déjà pleuré parce que j’avais perdu mon emploi.

Avec le temps, ça devient presque une habitude, même si ça fait toujours mal. À chaque fois, tu te demandes, si ce n’est pas toi qui es tout de travers. Tu doutes de tes compétences et de ta lucidité.

Mes manifestations ne visaient qu’à faire comprendre qu’au Québec il est possible d’être congédié pour avoir utilisé la langue de la majorité. Quelle injustice sociale voulez-vous plus criante?

À la fin de la journée, le ministre du Travail, Jean Cournoyer, est sorti seul du parlement et s’est dirigé droit vers moi.

  • As-tu porté plainte au Ministère?
  • Évidemment !
  • Que t’a-t-on répondu?
  • Rien, comme d’habitude.

J’ai décidé de me présenter en Commission parlementaire, même si j’avais la conviction que je ne serais jamais écouté.

Mon sourire m’ouvrait toutes les portes.

J’ai laissé ma pancarte à l’entrée et je me suis rendu là où les députés délibéraient sur la langue.

Dans la salle d’audience, j’ai sorti de ma sacoche une pancarte miniature exprimant mes revendications. J’avais mis des cartons pour pouvoir réécrire le message si on me l’enlevait. À la demande de Bourassa, un policier est venu me l’enlever.

J’avais apporté une petite tablette pour écrire et crayon-feutre rouge. J’ai refait la pancarte à des dimensions misérables. J’ai levé le carton au bout de mes bras en direction des députés. La police est revenue, même si Bourassa était parti.

L’ordre était venu cette fois de Dracula Cloutier. J’ai recommencé, mais quand le policier s’est présenté pour m’exhorter de cesser ou de partir, j’ai choisi la porte. Curieusement, le policier s’excusa de devoir appliquer la loi. Il est interdit de manifester à l’intérieur du Parlement. Je n’en revenais pas : la police du parlement avait la réputation d’amener les belligérants dans les toilettes pour leur faire comprendre à coups de poing de ne pas penser de telle ou telle façons. Pourquoi un officier s’excusait-il de m’expulser?

J’avais réussi. Mon texte était entre les mains des députés et des journalistes. J’y posais des questions quant à la mort de Laporte et la crise d’octobre. J’affirmais que la loi 22 était un moyen hypocrite d’imposer dans les faits le bilinguisme, en faisant semblant de vouloir tout franciser.

J’y voyais un moyen de provoquer une guerre civile qui justifierait une nouvelle intervention de l’armée. Cela permettait d’écraser encore plus les indépendantistes sous le couvert de la sécurité nationale. Comment recommencer le coup de 1970 à moins de créer un mouvement de masse pour le justifier? Je ne sais pas ce qu’en ont pensé les ministres, mais le Conseil des ministres ordonna une enquête sur mon cas.

L’animateur de CKVL, M. Mathias Rioux, me demandait sur les ondes de la radio de faire confiance à son ami le ministre du Travail, M. Cournoyer. Pourtant, M. Rioux ne m’a pas aidé à faire savoir aux gens que la Ronald Federated Graphics avait refusé de répondre à l’enquête du gouvernement, comme le l’a prouvé un employé du ministère du Travail.

J’ai continué de boire, le soir. C’est le meilleur moyen d’oublier la peur. C’est difficile de faire autrement quand tu sens que personne ne t’appuie réellement. J’étais peut-être trop paranoïaque pour poursuivre seul de telles manifestations. Pourtant, je m’amusais en le faisant. Ce devait être autre chose. Je me prenais peut-être trop au sérieux.

Je devais continuer même si tout le monde riait de moi. L’affaire du couteau était survenue après que je fusse irrévocablement congédié. Je n’avais rien à perdre et rien à me reprocher. C’était un moyen pour attirer l’attention et un peu, mon entêtement à vouloir passer pour un grand révolutionnaire.

Je me rappelle une de nos discussions avec le grand poète Vannier qui me disait qu’il était, un grand révolutionnaire. Il venait de publier « La fée des étoiles » et une photo du clitoris de sa blonde. Je lui avais dit :

  • Il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans puisque tout le monde va jouir à la regarder. Si tu veux faire la révolution, parle de choses que les gens détestent. Parle comme moi de pédérastie.

Je me croyais un vrai révolutionnaire comme je me suis cru capable d’être un jour un bon écrivain. Pour moi, la révolution c’était changer le monde pour que chaque individu ait sa place et le respect qu’il mérite juste du fait d’être un humain.

J’étais certain de la véracité de ce que je disais. L’assimilation, je l’avais vécue. Je savais de quoi je parlais. La défaite du NPD, je l’avais ressentie avant même qu’elle arrive. Pourquoi n’aurais-je pas raison quant à la loi 22 et ses intentions ?

Faute d’avoir justice au Québec, je me suis tourné vers le Parlement d’Ottawa où j’ai réussi à montrer ma pancarte à Trudeau quand il a quitté le parlement, le midi. J’étais près de sa voiture. Il ne pouvait absolument pas ne pas m’avoir vu.

L’après-midi, il donnait une conférence de presse. Je l’ai attendu plus d’une heure devant la salle de presse quand arriva un véritable groupe de guêpes. C’était Trudeau et sa meute de journalistes. Il était si mal gardé que j’ai pu m’installer juste derrière lui pour l’escorter jusqu’à la salle des conférences. Il ne m’a pas dit un mot. C’était mieux ainsi.

Les journalistes ne se sont pas occupés de ma présence. J’étais un francophone et ma pancarte était écrite seulement en français. Perdre son emploi au Québec aurait été grave s’il s’était agi d’un anglophone qui aurait perdu son emploi pour avoir écrit en anglais.

J’aurais pu lui casser ma pancarte sur la tête, mais ça n’aurait rien apporté de positif. Je me serais dé frustré tout au plus. J’aurais été jugé et proclamé malade mental.

À la fin de la conférence, Trudeau devait retourner au parlement en automobile. À sa sortie, il y avait une très belle femme qui l’attendait. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une autre pâmée de la Trudeau manie, plus belle et plus jeune que celles que nous montrait habituellement la télévision.

Malgré les exhortations des policiers et de cette femme, Trudeau a décidé de se rendre à pied au parlement avec Marguerite. Eh oui, c’était son épouse. Si Trudeau et Marguerite étaient très calmes, les policiers eux étaient très nerveux

Les agents de la GRC essayaient dorénavant d’empêcher ma pancarte de pouvoir être prise par les photographes. En route, dans les escaliers, un photographe a trébuché alors qu’il marchait à reculons. Trudeau l’a aidé à se relever. Les policiers m’ont oublié et j’ai pu ainsi faire photographier ma pancarte pendant que Trudeau lui tendait la main. La photo reprise par l’agence de presse fut envoyée aux journaux. J’avais réussi ma mission : j’avais passé le message à la grandeur du Canada, mais…

Dans les journaux, les éditeurs assoiffés de noirceur ne voulaient peut-être pas voir le message. Ils pouvaient noircir la pancarte et rendre presque impossible la capacité de lire ce qui s’y trouvait. C’était peut-être aussi une question de foyer?

Je ne savais pas quoi penser de Trudeau. Il avait définitivement recherché un tel événement. Pourquoi? J’avais une nouvelle peur. Les libéraux avec la GRC ou la pègre (ou les deux, car ils travaillent parfois ensemble) organiseraient-ils un attentat contre la Ronald? J’y serais certes le premier soupçonné. Je pourrais bien être comme certains felquistes condamnés pour des crimes qu’ils n’ont jamais commis. Pierre Paul Geoffroi est l’exemple le plus plausible. Était-ce un scénario vraiment fou?

Le soir même ou dans les jours qui suivirent, la GRC découvrait une bombe qu’elle avait probablement déposée elle-même, près de son bureau, à Ottawa. Drôle de hasard !

Pendant la crise de la loi 22, l’agent Robert Samson de la GRC sautait en allant porter une autre bombe chez Steinberg. Presque personne ne savait qu’il y avait un conflit syndical chez Steinberg, mais tout le monde connaissait le projet de loi 22. Pourquoi essayait-on de minimiser l’importance de l’agent Samson, en prétendant que c’était une espèce de fou qui aime les petites filles ?

Fallait-il d’autres preuves que la violence au Québec est souvent l’acte de la GRC comme l’ont démontré par après les Commissions d’enquête Keable et Macdonald sur le terrorisme et les agissements de la police fédérale ?

Est-ce que les communiqués reliant le FLQ à Cuba étaient tous des inventions de la GRC pour prétendre que le FLQ était un mouvement communiste? Est-ce que la go-gauche, surtout dirigée par les Anglophones de la gauche montréalaise, était responsables de ces textes? Y a-t-il un rapport stratégique entre les affirmations de Trudeau aux États-Unis, les communiqués de ces dites cellules et vouloir faire croire que le Québec est le second Cuba du Nord? Jusqu’où la CIA avait-elle les coudées franches? Le FLQ marxiste aurait-il été inventé pour donner plus de crédibilité à Trudeau aux États-Unis? Voulait-on ainsi, connaissant la peur maladive des communistes chez les Américains, faire cautionner le besoin d’écraser le Québec? Être francophones en plus d’être communistes, ça fait bien plus peur.

J’ai écrit à Keith Spicer, commissaire aux langues. Ce fut évidemment sans succès. Spicer ne protège que les Anglais. Il suffit de lire sa chronique dans La Presse pour en avoir la preuve. Le Protecteur des droits linguistiques des Canadiens ne  m’a  même pas répondu, encore  moins  soutenu  dans  ma  lutte.

Il ne restait qu’une possibilité faire appel aux Nations Unies. C’est ce que j’ai fait.

J’ai exprimé l’avis que les Nations Unies pourraient enquêter sur ce qui se passait au Québec en s’intéressant au cas des felquistes qui étaient privés des droits fondamentaux garantis par les pays signataires de la Charte des droits de l’homme. Je n’ai pas été écouté davantage. Je me suis rendu à la Ligue des droits de l’homme. Je n’ai pas plus été écouté. Serait-ce que l’on ne me prenait pas au sérieux? Même la ligue avait perdu la langue.

Les droits individuels, ça existe, mais pas pour Simoneau, les pédérastes et les pédophiles. C’est un francophone, un radical, une espèce de fou.

Les libéraux étaient-ils infiltrés partout par la pègre et la GRC? Pourquoi ce mariage Trudeau et go-gauche? Mariage qui est encore plus plausible depuis l’élection du Parti Québécois. Les libéraux sont liés avec la go-gauche surtout dans les dossiers du logement, de la libération des femmes, l’assistance sociale, dans les syndicats, particulièrement dans les hôpitaux et les CLSC. C’est quasi invraisemblable, mais c’est pourtant une réalité.

L’extrême gauche combat avec l’extrême droite de Ryan contre le gouvernement péquiste. Ce gouvernement est nationaliste donc un ennemi des deux autres formations qui se veulent canadiennes.

Mon père l’a compris bien avant moi. Je ne voulais pas le croire parce que j’ai une foi inébranlable dans les syndicats

Mes péripéties ne m’empêchaient pas de boire, surtout quand je participais à une soirée de poésie avec Gilbert Langevin. C’est à qui paierait le prochain verre.

Un soir, j’ai été ramassé par la police. Langevin était parti et je me suis endormi sur un banc.

Au poste, j’ai été reçu par des policiers en civil. L’un d’eux portait la barbe. Je me rappelle peu de cette rencontre, sinon que le barbu voulait savoir de qui je parlais quand je nommais Pier Elliot, dans mon carnet d’adresses (probablement celle du parlement).

  • Trudeau, évidemment !

J’ai gueulé en affirmant que je rencontrais des journalistes le lendemain matin.

  • Touchez-moi pour voir. Vous n’aurez pas fini d’en entendre parler.

Les policiers ne m’ont pas battu, du moins, je ne m’en rappelle pas. Ils avaient été plus brillants que la fois où ils s’en sont pris à une femme qui se disait conseillère municipale à Montréal et qui l’était effectivement.

Quand j’ai exigé d’appeler un avocat, la police me concéda ce droit. Ne sachant qui appeler, il n’y a pas de services juridiques, 24 heures par jour où tout détenu peut appeler, j’ai demandé le bottin téléphonique. J’en ai eu un, mais toutes les pages où il était possible d’avoir la liste des avocats avaient été arrachées auparavant.

J’ai été conduit en cellule. J’essayais de dormir sur le plancher quand un policier s’amena en criant :

  • Aie ! Simoneau, est-ce toi qui as perdu son emploi pour avoir écrit en français?

J’ai fait semblant de dormir et je ne lui ai pas répondu. J’avais déjà assez mangé de raclées à Sherbrooke, sans recommencer à Montréal. Je n’aime pas souffrir.

J’ai été transféré au poste no 1, dans une cellule où s’y trouvaient déjà quelque cinq personnes. Tout à côté, un autre individu était enfermé seul dans une cellule dont la porte donnait sur la nôtre.

Dans ma cellule, un prisonnier, de toute évidence gai, me faisait des clins d’œil, des petits sourires. Si j’avais été seul, j’aurais volontiers passé à la caisse. Les relations sexuelles me font un grand bien contrairement à celles qui geignent parce qu’elles se sont fait faire de l’œil. Malheureusement, dans une autre cellule, le prisonnier seul s’est mis à gueuler en anglais contre le FLQ.

  • Tu pourrais au moins parler français, lui ai-je lancé.

L’Anglais continua avec plus d’énergie. Il ajouta vulgairement vouloir se faire sucer par un Frog. Nous nous regardions, nous demandant comment lui fermer la gueule. Je me suis approché de sa cellule et je lui ai demandé :

  • En as-tu une belle toujours?
  • Va donc chier, maudit singe!
  • Je te l’avais dit que tu parles français!

Les prisonniers riaient ainsi qu’un gardien qui s’était approché.

Le matin, je gueulais parce que l’on ne m’avait pas laissé mes lunettes, contrairement, aux dispositions des accords de Genève ou quelque chose du genre. J’avais appris l’existence de cette règle un peu plus tôt dans une discussion.

  • C’est pour te protéger, de me dire un des policiers. Que t’arriverait-il, baveux comme tu es? Que ferais-tu si tu te trouvais seul avec un Anglais comme cette nuit dans ta cellule?

Je me suis présenté en Cour. Le juge a lu l’accusation et m’a demandé si je plaidais coupable ou non coupable.

  • Coupable, de dire le policier qui m’accompagnait.

Quand j’ai voulu rouspéter le policier m’a poussé en me disait :

  • Envoie, file, t’es libre.

J’étais tellement fou que j’ai chialé quand on m’a remis mes affaires personnelles parce qu’on avait écrit « wallet » au lieu de « portefeuille ». Je ne voulais pas partir avant qu’on l’ait écrit en français.

J’ai décidé de poser un dernier geste patriotique en me présentant à l’ouverture des fêtes de la francophonie, à Québec.

Dans l’autobus, en route pour Québec, un jeune riait de moi.

  • Tu perds ton temps, seul, avec une pancarte. Tu dois être complètement malade.

En arrivant devant le parlement, les journalistes se sont précipités sur moi alors que les policiers tentaient de m’empêcher de répondre aux questions des journalistes étrangers. Grâce aux jeunes sur place qui m’ont aidé, j’ai grimpé sur la plate-forme d’un monument devant le parlement d’où je pouvais être vu par les manifestants.

Le jeune qui m’accompagnait dans l’autobus se présenta et tira une photo de ma pancarte.

  • Je vais te photographier pour avoir un souvenir. Tu dois être un gars pas mal grave. Avant que tu arrives, le cordon de policiers était de l’autre côté. Maintenant, ils sont rendus près d’ici.

Effectivement, les policiers s’étaient rapprochés tout près. Aucun cependant ne m’emmerda.

J’ai participé au défilé. J’étais très gêné. Je me sentais comme un petit gars espiègle. Souvent, la foule applaudissait en voyant ma pancarte. Une dame m’a crié :

  • Tu peux bien avoir perdu ton emploi, avec les cheveux que t’as.

Et, je lui ai répondu du tac au tac :

  • Je n’écris pas avec mes cheveux.

Ma visite a été remarquée puisque le journal Le Jour mentionna, en éditorial, je crois, que même en Afrique, un journal a fait mention de ma pancarte, mais Ronald était encore une entreprise anglaise.

J’ai passé le reste des fêtes avec des petits gars. L’un d’eux avait particulièrement laissé ses scrupules à la maison. Ce fut de très belles manifestations. Juste les yeux de ce petit Québécois me prouvaient que je n’avais pas travaillé pour rien. Les petits sont si beaux que tu peux risquer quelques claques sur la gueule pour te donner le droit de les aimer. Quant aux Africains, ils sont simplement fascinants. Je ne savais pas que les tamtams me rendaient si euphorique.

Je craignais me faire descendre pendant que je manifestais. Il n’en fut rien. Trop de gens savaient ce qui se passait et s’inquiétaient de mes retards. Par la suite, j’ai participé au Tribunal de la femme, un groupe de femmes qui s’étaient regroupées pour juger le gouvernement libéral. Ces dernières, ayant appris que j’avais été expulsé, se sont rendues après moi au Parlement, à la Commission sur la langue, et elles se sont enchaînées aux chaises pour qu’on ne puisse pas les expulser à leur tour.

J’ai eu le temps de tout oublier avant que les libéraux répliquent. Je savais que j’y goûterais quand je serais moins suivi par la presse.

Ils se servirent évidemment de ma sexualité pour me planter. La sexualité est un besoin naturel réprimé par les autorités pour leurs profits.

Le plaisir est au centre du besoin sexuel. Il est l’acceptation et la fierté de son corps. C’est essentiel à la capacité de s’aimer et d’aimer les autres.

Un sourire sorti d’enfer 31

novembre 17, 2020

Autobiographie approximative

pp.244à249

34

Le retour au Québec

Le Québec fut d’abord le premier panneau de signalisation en français. Un grand espace et un petit gars qui s’amusait sur le bord de la route, le ventre au vent… Un signe divin?

J’étais surexcité d’être de retour au Québec. Le pays me semblait plus beau que jamais. Si le Québec s’identifiait au fait français; sa beauté, elle, naissait de ses petits gars.

Mon  année  dans  l’Ouest  m’avait  fait  oublier   que   les petits   Québécois  sont terriblement beaux. Je n’en finissais plus de les découvrir aussi attachants. Ils rient plus qu’ailleurs au Canada et aux États-Unis. Ils sont moins froids et plus latins. Ils sont plus attachants, voilà tout. Ils sont vivants.

Les petits me sont apparus encore plus beaux à Sherbrooke. C’était comme redécouvrir le paradis terrestre. Je visitais le festival des Cantons quand j’ai rencontré Michaël, un jeune que je connaissais déjà ainsi que sa famille.

Je l’ai accompagné dans les rues. Le cœur me dansait comme une soucoupe volante. Il m’amena rencontrer un de ses petits amis qui s’amusait dans une tente. Il sculptait de la glaise. Je suis parti pour un voyage au pays des séraphins quand il a fait une tête d’éléphant. La trompe était, à ne pas s’y tromper, un pénis. Il s’amusait, sachant que j’avais compris, en me tirant des regards moqueurs. Il riait des yeux et modelait des trompes de toutes les longueurs et toutes les grosseurs qui ne laissaient aucun doute. Les éléphants étaient un symbole.

J’étais hypnotisé par sa beauté et son audace. Comment y résister? Je suis immédiatement tombé dans une de mes petites manies. Je lui ai mis la main à l’entrecuisse, en lui demandant s’il me prenait comme modèle. Le petit était bien bandé. Nous avons ri d’émotions. Je tremblais comme feuille au vent. Un ouragan bourdonnait dans mes veines. Nous sommes partis tous les trois dans les rues.

Si la vie est une expérience cosmique dont le corps est le vaisseau spatial, le sien valait bien un voyage dans la Voie lactée. J’en oubliais l’enfer, car le ciel l’emporte toujours contre les flammes. La peur est une descente aux enfers, elle grossit davantage à chaque marche en descendant.

Nous sommes arrêtés regarder un jeu. Alain était debout, collé à moi. Je laissais mes doigts jouer sur son pantalon. J’apprenais le piano aux soubresauts de son petit pénis dont j’essayais dans ma tête d’imaginer les formes et les contours. Comme un aveugle découvre avec ses doigts une œuvre d’art. Je sentais un jazz marié avec ses rires. Une symphonie marquée de sourires, de regards semblables à des éclairs complices, des roulements de hanches afin de se rapprocher encore plus de moi pour me permettre de mieux accomplir mes accords. C’était un flux d’énergies sur la harpe de son corps. Alain ne semblait pas haïr l’expérience. Une expérience que je voyais maintenant comme une mission. Semer le plaisir.

Soudain, un de ses amis est apparu. Alain a craint d’avoir été vu dans son offrande alors que je fréquentais frénétiquement le cénacle de sa vie.

J’ai compris son désarroi à sa façon de s’écarter de moi, aux regards successifs qu’il a roulés des yeux de son ami à ma main. Le sang afflua dans ses joues comme un tsunami. Je sentais que tout basculait. Il pensait qu’il venait d’être pris au piège.

Après quelques minutes de discussion, je lui ai demandé si nous allions changer d’endroit.

  • Je ne vais plus avec toi, tu n’es qu’un maudit fifi.
  • Qu’est-ce qui te prend? Demanda son nouveau camarade.

C’était trop tard. Alain ne pouvait plus expliquer sa réaction qui visait à prouver qu’il n’était pas consentant, qu’il ne voulait pas être identifié à un fifi. Comment répliquer sans le mettre encore plus dans un mauvais drap? J’ai manqué de présence d’esprit. Je n’avais plus qu’à partir tandis qu’Alain jouait à la nouvelle victime. Une victime de la joie.

J’étais jaune. Ma soucoupe volante venait de s’aplatir sur un tabou, une peur, une folie d’adultes. Je sentais les engrenages me tourner dans l’estomac. La brume coupait les yeux qui m’entouraient et venaient de perdre leurs sourires. Tout était devenu une zone grise. Les rites étaient devenus des grincements suraigus. Mon essence sanguinaire s’était congelée. Seul le cœur me battait aux tempes des « tilts » de trop de jouissance qui se métamorphosaient en fosses dans le cimetière de mes sentiments. J’avais les nerfs comme des serpentins devenus soudainement trop petits dans mon corps.

Michaël et Alain se racontèrent probablement l’incident. Ils répétèrent les faits et gestes à Hélène qui scandalisée, même si elle me connaissait très bien, brula instantanément toutes les lettres et les nouvelles littéraires que je lui avais fait parvenir. Deux à trois mois de travail.

Son Henry Miller québécois venait de l’offenser, il ne vivait pas seulement des lettres de l’alphabet. Il écrivait le verbe « aimer » avec elles.

Ma littérature amourajeuse m’avait déjà valu d’autres moments de frustration semblable. Le curé de la paroisse avait déjà organisé une véritable campagne auprès de ma mère pour me convertir. Incapable de me faire changer d’avis, le curé m’a affirmé qu’il me livrerait personnellement la lutte si jamais une copie de L’Homo-vicièr forçait les frontières de sa paroisse.

  • Trop de gens aimeraient ça, de dire le curé.

J’ai quitté Sherbrooke. Il pleuvait dans mon âme des barbelés. Entre les échos de mes doigts qui refusaient d’oublier Alain, l’humiliation se faufilait et dressait des dents de cobra.

Allais-je être mordu?

À Barnston, la réception fut émouvante. Tout était le plaisir des retrouvailles.

J’ai été particulièrement heureux de découvrir que mon père se portait bien. Un poids de moins sur ma petite conscience. Cependant, il avait terriblement vieilli. Papa était plus nationaliste que jamais.

  • Il est urgent, dit-il, de se débarrasser de Bourassa. Il nous endette trop. Les libéraux semblent avoir décidé de nous ruiner pour que l’on ne puisse plus s’en sortir si le PQ prenait le pouvoir. On sera assez endetté qu’on ne pourra plus envisager l’indépendance.

J’étais complètement d’accord avec lui. Leur stratégie semblait bien de nous écraser économiquement à jamais. Le fédéral voulait nous forcer à croire que l’on a absolument besoin de lui pour s’en sortir, nous mettre à genoux par l’économie.

Stupidement, je gardais mes distances. Je ne cherchais pas autant à parler avec mon père qu’avec ma mère. Pourtant, il aimait bien discuter avec moi. J’aurais bien voulu me corriger à temps de ce restant de révolte qui en réalité n’a jamais eu raison d’exister. J’aurais voulu lui dire combien je l’admirais, mais à chaque fois, j’étais porté à prouver que jamais je n’abandonnerai la lutte pour la libération de la pédérastie (amourajoie).

Était-ce de la méchanceté ou de la mesquinerie? J’aurais bien voulu lui dire une fois « je t’aime », mais c’était difficile de le dire à un homme, même si c’était mon père. Je crois même que le mot  « je t’aime » n’existait pas en moi. Je n’arrivais pas à le dire, même si j’étais en amour par-dessus la tête.

J’étais parti pour Montréal, le matin, plus non violent que jamais. Je ne voulais même plus tuer une mouche par respect de la vie. Je remerciais Dieu pour tant de beauté et je méditais sur le besoin que chaque homme soit le serviteur de l’humanité.

Le talent est un don, plus nous en avons, plus nous devons le partager avec ceux qui en ont moins. J’ai parfois de ces élans qui font de moi un curé manqué. J’en profitais puisque le dimanche les « rides » sont plus difficiles à avoir. Puis, j’ai fini par être embarqué par un prêtre.

  • Tu crois en Dieu? Me demanda le prêtre.
  • Certainement, mais pas dans l’Église.
  • Tu n’as pas encore rencontré Jésus puisque tu ne dirais pas ça.
  • C’est un point de vue.
  • Tu vas à la messe?
  • Non. Je suis chrétien, mais je n’admets pas une Église qui s’engraisse sur le dos des pauvres. Je ne pardonne pas à des évêques de bénir des fusils. Les guerres, ça paye l’Église, comme tous ceux qui vivent de cette économie de guerre. Elle ne peut pas faire autrement, c’est une multinationale. Elle pense à ses profits.

L’Église catholique pouvait difficilement condamner le régime militaire brésilien qui massacre le bas clergé. Les Jésuites participaient à la Brascan qui, grâce à l’électricité, maintenait la dictature.

Qu’attend-on pour dénoncer le capitalisme aussi fortement que le marxisme? Ce serait moins payant, n’est-ce pas? Quand les pauvres se battent contre les riches, l’Église crie aux marxistes. Elle garde le pouvoir de son côté. On oublie de dire que si le marxisme a grandi dans ces pays, c’est justement parce qu’ils sont opprimés par les peuples riches et chrétiens. Il n’y a que les marxistes qui osent combattre autrement que par la prière.

Si l’Église était du côté des pauvres, elle ferait éclater la vérité dans les pays riches. Elle forcerait, grâce à ses fidèles riches, les multinationales à agir de façon plus humaine. Elle exigerait des gouvernements riches qu’ils cessent de soutenir les dictatures où les peuples sont opprimés, grâce à leur aide. Elle ne fait rien de ça. L’Église lutte plutôt pour sa richesse, son pouvoir.

Quand l’Église cessera d’être complice des superpuissances, elle n’aura plus à tenir des conciles et dénoncer Marx.

Les hommes comprendront qu’elle est une voie de libération. L’Église se fera l’apôtre de la Vérité.

Quand tu crèves de faim, tu te fiches que ton Libérateur s’appelle Lénine, Marx ou Jésus. Quand tu crèves de faim, le paradis après la mort est la solution. Tu veux mourir, car t’espères que ce sera mieux ailleurs. Pourtant, nous n’avons qu’une seule vie à vivre. Qu’une expérience du genre.

Que l’on cesse d’exploiter l’homme par l’homme et l’impérialisme ne pourra plus exister. Que l’on combatte la violence et l’économie ne pourra plus se fonder sur la guerre. C’est ça la révolution chrétienne. L’Église l’a trahi depuis longtemps. Elle aura à payer pour le sang des enfants dont elle a permis la mort.

Il n’y a pas que l’argent et le pouvoir dans l’Évangile. Il y a aussi l’Amour. Jésus nous oblige à vivre heureux, en harmonie avec le Cosmos : « Soyez parfaits comme mon père céleste est parfait. » Comment vivre l’Évangile de l’Amour quand tu demeures immobile, sans faire un geste pour sauver tes enfants condamnés à mourir de faim?

  • Tu n’es pas un bon chrétien. Tu juges ton prochain.
  • Jésus a aussi combattu les voleurs du Temple.

– Tu n’es qu’un sale petit orgueilleux. Un prétentieux.

Les vapeurs négatives montaient trop vite. Pour mettre fin à cette guerre verbale, je me suis tu. J’ai médité. J’aurais voulu projeter de meilleures ondes. Pourquoi, m’étais-je ainsi défoulé? En sortant, le curé a ajouté :

  • Tu n’es qu’un baveux. J’espère que tu auras ce que tu mérites.

Encore un bel exemple de charité chrétienne. Je suis reparti tout bouleversé. Avais-je manqué à la charité ?

Je me suis installé à Montréal chez Gaétan Dostie. Au cours des premiers mois, j’ai, grâce à Gilbert Langevin et son amie Mireille Despard, fait connaissance avec le milieu littéraire. Que de discussions nous avons tenues sur la littérature! J’ai toujours été impressionné par ces génies du verbe. Avec eux, j’apprends plus dans dix minutes qu’avec d’autres en dix ans.

Pour plusieurs, j’étais le Jean Genêt du Québec. J’ai donc dû lire Jean Genêt pour comprendre la comparaison. Elle est très mince. Lui, au moins, il a du talent.

Je me replantais dans le jardin du Québec. J’étais un arbre bien perdu qui ne savait plus exactement quoi faire pour participer au combat de la libération du Québec. Un paranoïaque facile à briser, grâce à sa pédérastie. Il suffit de le d’essouffler, briser ses contacts. Je ne voulais plus faire de politique, mais j’en gardais le gigotons. J’étais devenu encore plus peureux. Je n’avais plus de héros national à imiter. J’étais devenu le Don Quichotte de la désespérance.

J’ai écrit aux magistrats du BC (British Colombia) que je paierais mon amende lorsque les policiers qui m’avaient frappé parce que j’étais francophone seraient inculpés pour assaut. Manger une raclée par la police quand tu te fais arrêter, c’est fréquent. On veut t’apprendre que le Canada est anglais. La Commission de police du BC m’a demandé de comparaître. Je n’avais pas d’argent pour payer, encore moins pour me rendre à Vancouver. Si la GRC m’amène à Vancouver, qu’est-ce qui me garantit que je n’en reviendrai pas en pièces détachées? J’y voyais bien plus un piège qu’une tentative de me donner justice. Je gueulais tièdement comme bien de nos révolutionnaires de taverne.

J’ai préparé un dossier sur l’assimilation dans l’Ouest francophone, dossier que Le Jour a perdu. Quant à Québec-Presse, je lui ai remis si tard qu’il n’a pu publier qu’un article avant sa fermeture.

Le Jour refusait de m’engager comme journaliste. Certains prétendaient que c’était à cause de mon amourajoie (ma pédérastie). D’autres pensaient, que j’étais trop radical. Un germe de trouble partout où je passe. J’ai cru que la vérité était toute autre : on me prenait pour un farfelu ou pour un « voyou ». Ainsi, j’étais un petit révolutionnaire sans envergure.

Comment expliquer la disparition de mon dossier prouvant que le bilinguisme ne sert qu’à angliciser le Québec? Quel est leur intérêt? L’indépendance du Québec traîne-t-elle en longueur parce que la période de préparation est payante autant pour l’establishment gouvernemental que l’establishment révolutionnaire ?

Je comprenais que le PQ ou du moins le journal qui le représentait, même s’il se disait indépendant, ne pouvait pas m’engager. Il aurait été mauvais pour eux de m’utiliser à cause de ma réputation de pédéraste. Il ne me restait plus qu’à voyager pour ne pas nuire à la cause. Mais, il faut bien vivre.

Le soir, j’allais boire. La boisson m’a toujours tué, car elle entretient mon complexe d’infériorité. Quand je me crois inférieur, je bois pour l’oublier.

Dans le milieu littéraire, les gens ne me voyaient pas comme un étrangleur de petits gars, tout simplement parce qu’ils me connaissaient assez bien pour savoir que dans ma philosophie, le consentement est essentiel. On ne peut pas avoir un sexe gai, si on n’est pas heureux de partager les plaisirs. Le sexe sans plaisir, ce n’est plus du sexe.

On arrivait cependant difficilement à comprendre que les jeunes garçons s’y prêtent avec autant de complaisance. Cependant, on en était témoin et on savait que les jeunes étaient très heureux avec moi. Je ne pouvais pas accepter que l’on prétende qu’un jeune garçon soit traumatisé par une relation sexuelle. Tout est plaisir en dehors de la paranoïa inventée par les bien-pensants qui ne l’ont jamais essayé,

Le sexe est une partie intégrante de la réalité humaine, ce que les religions ont toujours essayé de nier. Et, qu’on le veuille ou non, c’est un élément de plaisir. Peut-on aller au ciel en s’amusant autant qu’en se sacrifiant ?

  • Toi, ce n’est pas pareil, me disait-on. On te voit vivre, tu le dis franchement. On sait que tu n’es pas un danger pour nos petits gars, mais tu dois comprendre qu’ils ne sont pas tous comme toi.
  • Mais, c’est à vous aussi de comprendre qu’en refusant de décriminaliser la sexualité, non seulement vous faites l’affaire de la pègre, mais vous créez les tueurs d’enfants. La frustration conduit à la violence.

Ce n’est pas la sexualité qu’il faut défendre, mais la violence et la domination dans la sexualité. C’est un point de vue aussi important pour les femmes que pour les enfants. C’est pourtant simple à comprendre.

Vous forcez les pédophiles à devenir fous.  Ils sont pris entre le besoin normal de leur orientation sexuelle, car, c’est leur nature, et leur peur de la prison ou d’être dénoncés, ce qui revient au même.

Qui peut vivre en ayant tous les jours la possibilité de se ramasser en prison pour une aventure vécue 20 ans plus tôt ? Qui peut survivre sans travail et sans même le droit de quitter le pays ? Qui peut s’accepter quand chaque jour on les rend à travers les médias encore plus laids et dangereux ? L’inquisition se poursuit sous un autre nom : la sécurité des enfants.

Les pédophiles savent qu’en prison, ils seront battus et ils auront à subir pour le reste de leur vie le mépris public, la raclée. Le chantage sera ouvert à tous les jeunes qu’ils ont déjà connus pendant le reste de leur vie, car il suffit pour ces jeunes de dire que c’est arrivé entre eux jadis, alors qu’ils avaient aimé ça, pour que tu sois un homme mort. La parole du jeune vaut autant que la tienne. Il peut mentir, c’est lui qu’on croira, car c’est lui qui est proclamé victime. Et, souvent la police leur dit ce qu’il leur faut dire.

La peur, ça conduit à la folie et à la violence. Est-ce qu’un parent hystérique qui veut venger son fils est moins malade que le pédophile? Il ne fait pas montre de plus de jugement et de tempérance, en tous cas.

Tout devrait dépendre de ce qui s’est passé. S’il y a eu violence ou non. Il devrait y avoir une différence entre des jeux sexuels sans violence et un viol. Pour un gars, il n’y a que la sodomie qui fait souffrir, le reste n’est que plaisir et ceux qui disent le contraire sont des hypocrites et des menteurs ou des gens qui ne l’ont jamais essayé.

C’est comme l’urgence d’apprendre aux hommes que le mariage ne les rend pas propriétaire de leur épouse. Une extrême jalousie hétéro dégénère en une maladie mentale. Il suffit de pousser la paranoïa. Un problème d’identité qu’il soit sexuel ou autre ne peut que créer des déséquilibres de la personnalité. La honte et la haine qui entourent la pédophilie peuvent les rendre violents. C’est le facteur qui m’a incité à écrire sur le sujet. Combattre le mensonge des scrupuleux (ses).

Il ne faut pas empêcher les jeunes de connaître les plaisirs sexuels seulement parce que notre société est trop scrupuleuse pour admettre que la sexualité est une grande chose. Quelle est à base de la liberté de conscience, du libre arbitre? Si on est libre, on n’a pas que le droit de dire non, mais aussi le droit de dire oui. Quel est l’humanisme manifesté dans la condamnation d’une fille qui tombe enceinte? En quoi est-ce chrétien de juger et condamner un pédophile? C’est peut-être normal de les rejeter d’instinct, mais c’est faire preuve d’intelligence que d’être tolérant.

Les catholiques pleurent sur l’avortement avec raison. C’est affreux. Mais, ils oublient que s’il y a des avortements, c’est que l’on est assez peu humain pour admettre l’erreur de protection commise lors de l’accouplement. Il faut protéger la mère et son enfant plutôt que de les accabler. Un bébé, ça ne se fait pas seul, mais souvent le père disparaît. L’intolérance sociale est une raison valable pour vouloir se faire avorter.     

Il y a tellement de gens qui se mettent le nez dans ce qui ne les regarde pas. Aujourd’hui, avec l’ADN, on devrait forcer les mâles à prendre leurs responsabilités dans le cas d’une naissance non désirée.

Tu ne combats pas l’avortement en stagnant sur un plan de stricte morale, mais en humanisant la société, en revalorisant la naissance, en offrant une forme de vie valable à la mère célibataire pour qu’elle ne songe pas à se débarrasser de son problème. L’enfant est un cadeau de Dieu si on est croyant.

Percevoir la sexualité comme quelque chose de sale, c’est de la folie pure. C’est comme dire : je suis croyant, mais je pense que Dieu s’est trompé. Cette imbécillité nait du fait que les religions exigent la procréation que dans la sacro- sainte obligation d’être dans le cadre du mariage.

Les religions rendent tout le monde fou quand il s’agit de sexualité. L’Église ne vit que pour la combattre, une obsession générer par la frustration de ses curés. La vie  est  plus  importante  que  les  considérations  morales  nées   de religions de frustrés. Vous remarquerez que les chefs, eux, ne se privent de rien.

Il faut cesser d’envisager la sexualité en hypocrite et prendre les moyens pour lui redonner un sens intelligent. Il faut minimiser au maximum la possibilité de faire naître des drames, voir des mortalités, pour une morale qui n’en vaut pas la peine. Personne ne meurt asséché à la suite d’une masturbation ou d’une fellation. Personne ne fond si tu es nu et qu’on te regarde. Le sexe est moins important que la vie. Et, de nombreux adolescents se tuent à cause de notre morale de « poignés ».

Vaut-il mieux être scrupuleux et répressif que de vivre enfin dans une société de tolérance et de non-violence? Une société qui incarne le droit à la conscience individuelle.

L’exemple nous vient de Jésus lui-même qui a défendu Marie-Madeleine. Ses apôtres pêchaient nus. Ses disciples étaient nus aussi au jardin des Oliviers. C’est écrit en toutes lettres dans l’Évangile selon Jean. Pourquoi aujourd’hui le nudisme serait-il devenu mal? Peut-être que Jésus n’était pas aussi fou que son Église?

J’ai l’impression que les Initiés comme Jésus étaient trop intelligents pour les curés qui devaient aveuglément appliquer les lois promulguées par les dirigeants religieux. Les scrupuleux sont fous, car, ils nient notre réalité d’humain. La beauté de notre corps et la richesse de celui-ci. Ils ne savent pas reconnaître la beauté de la création et de son créateur.

En me battant pour légaliser la pédérastie, j’étais plus encore un prophète qui crie dans le désert. Les gens ne sont pas encore capables d’assumer les responsabilités d’une conscience personnelle. Il leur faut des lois pour respecter autrui.

Je n’ai pas assez d’argent pour combattre un système qui nous fait croire n’importe quoi. Comment croire que les relations sexuelles sont encore plus honteuses, plus sales que l’assassinat des multinationales et leurs serviteurs?

Ces discussions avaient au moins l’intérêt de me permettre de prendre une bonne brosse.

Un soir, je buvais avec Gilbert Langevin. J’étais dans un état d’ébriété pas mal avancé quand le garçon de la taverne a refusé de nous servir d’autres bières. Fort de mon expérience dans l’Ouest et pour prouver que je n’en inventais pas, je suis allé chercher un petit couteau de cuisine pour forcer la commande.

Le garçon de table n’a pas eu peur, mais il a pris ça bien au sérieux. Je me suis ramassé aussi vite que l’éclair sur le trottoir. Mon pauvre Langevin, en bon camarade, en pleine solidarité, a commencé à vouloir expliquer mon comportement et demander ma réintégration. Il est sorti si vite qu’il est arrivé le front sur le trottoir. Nous avons été réintégrés quelques semaines plus tard alors que le patron de la place nous a expliqué que c’était une mesure pour     « me » protéger.

  • Quelqu’un aurait pu te prendre au sérieux et t’abattre pour nous. Il n’y a pas que des poètes à la taverne Chérier.

J’avais gravé quelques manies de voyage dans mon appareil mémoire. Ainsi, quand j’étais nerveux, je me croyais toujours plein de puces. À l’hôpital, les médecins m’ont expliqué que j’avais probablement été traumatisé par les puces quand j’en ai eu dans l’Ouest. À chaque fois, que les nerfs me prenaient, les puces réapparaissaient. Elles n’avaient rien de réel, mais ça piquait en « joli boire ».

Je buvais du café comme un défoncé, ce qui me rendait encore plus nerveux. Je devenais un véritable accélérateur, plus fanatique, plus peureux, plus violent en pensées et surtout en paroles. La bière me ramenait les nerfs, mais dès que je dépassais trois bouteilles, elle me rendait complètement fou. Je devenais paranoïaque à cent pour cent et plus. C’est encore pareil, mais aujourd’hui, c’est le vin. Ce sera ainsi tant que je pourrai boire.

C’est mon petit côté voyou, révolté.

Un sourire sorti d’enfer 30

novembre 16, 2020

Un sourire sorti d’enfer 30

Autobiographie approximative

pp. 236 à 244

33

Accident de parcours

Je voulais surtout retourner au Québec parce que je m’ennuyais comme un fou du français. Je voulais crever en français. Vigneault et Pauline Julien vivaient dans ma tête. Je pleurais de joie quand j’entendais de la musique québécoise.

Le matin, j’ai rencontré un voleur des années 1930 qui me raconta comment dans le temps, les voleurs se sauvaient à la course, en passant à travers les appartements. C’était très drôle et plus que vivant. Je l’ai écouté plus de deux heures. L’après-midi, je suis allé porter mon article au Soleil et j’ai commencé le bal pour fêter mon retour au Québec.

J’étais tellement saoul que je ne me rappelais plus dans quel hôtel j’avais loué une chambre. J’étais perdu. Je me suis arrêté au premier hôtel sur mon chemin question de m’informer. La porte était sous verrou et le jeune surveillant ne semblait pas m’entendre, surtout que je gueulais en français. Il ne comprenait rien et avait peur. Il est parti téléphoner, j’imagine, à la police. Réalisant que je me trompais de langue, j’ai crié un peu plus fort en anglais, tout en frappant plus durement du pied le bas de la porte.

  • Je ne veux pas te voler, je veux des informations.

À mon grand étonnement, la porte vitrée a volé en éclats.

J’étais pris de panique. Ce n’était pas le temps de me faire arrêter, je partais le lendemain pour Montréal. Fort des histoires du matin, je me suis sauvé en courant, tout en essayant d’enlever mon manteau pour ne pas avoir le même signalement, comme on me l’avait si bien raconté. Cependant, je ne pouvais pas passer dans les mêmes appartements, il était trop tard dans la nuit. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais dans ma griserie, je suis retourné juste devant l’hôtel où j’ai essayé de prendre un taxi pour continuer, mais la police n’avait plus qu’à me cueillir. Ce qui ne tarda pas.

J’étais accompagné d’un autochtone dans le panier à salade. Les flics allaient vite exprès, tournant le plus carrément possible, d’où étions-nous comme des balles de ping-pong à l’intérieur du panier à salade.

Les autochtones subissent encore plus de répression que les francophones. Même si nos journaux n’en parlent jamais, ceux-ci ont même organisé une révolte armée au BC et en Ontario. Des routes ont été occupées et des attentats se sont succédé principalement au gazoduc Canada-USA.

À notre arrivée, les flics commencèrent leurs interrogations.

  • Pardon, je ne comprends pas l’anglais.

C’était baveux de ma part, car je connais très bien l’anglais. Il n’a fallu rien de plus pour recevoir un solide coup de coude à la poitrine et un maudit bon coup de pied sur les orteils. Leur festin était commencé.

  • You have to learn that Canada is an English country!

Heureusement qu’ils ont trouvé mon passeport, car je n’aurais pu un membre intact. Ainsi c’était vrai, la police de Vancouver mérite un trophée pour son racisme.

Un policier complètement fou s’est mis à gueuler qu’il trouverait un beau petit coin, ayant rêvé toute sa vie de tuer un « pea soup ».

J’étais convaincu que s’il trouvait une cellule libre, j’en mangerais une maudite. J’avais même décidé de me défendre si ça arrivait.

Il a suffi de faire semblant de ne pas comprendre l’anglais pour que le racisme de la police de Vancouver éclate. Elle a su profiter de l’occasion pour se défouler. Les flics ont tellement de trucs pour te maudire une raclée sans laisser de marques que tu n’as qu’un moyen de te protéger : joindre la pègre. Le système judiciaire est la pierre angulaire de la mafia. Heureusement, je n’étais pas seul. On ne pouvait pas me tuer.

L’autochtone me regardait étonné, le sourire complice aux lèvres. Les autochtones admirent ceux qui font preuve de bravoure ou du moins ce qui lui ressemble. Les autochtones sont encore une race fière.

J’ai continué de résister en essayant de brouiller mes empreintes. Je retirais mon doigt d’un coup avant la fin. Cela m’a valu plusieurs coups supplémentaires.

Heureusement, il n’y avait plus de place hormis dans une salle commune. J’y fus placé pour y passer la nuit.

Le lendemain matin, je suis passé devant le juge. Il a remis le procès aussitôt parce que même si je plaidais coupable, je refusais de parler anglais. Il fallait donc trouver un interprète.

Les francophones disaient que la pire chose que tu peux faire dans le BC, c’est de demander un interprète : tu passes assez souvent en Cour avant d’avoir ta sentence que c’est pire que de plaider coupable. Mon instinct de journaliste voulait savoir si c’était vrai.

J’ai été libéré, mais la police a refusé de me remettre mes souliers, disant que c’était une de leurs preuves contre moi. J’ai blagué à ce sujet au point d’obtenir la sympathie du juge. Il a fait appeler au secrétariat pour traduire mes demandes. Je répétais une seule chose en Cour : Where are my shoes ?

  • J’ai appris le français au Québec. Pourtant, j’ai de la difficulté à comprendre ce qu’il dit. Il parle trop vite, dit le juge.

Le juge avait appris le français dans les Vauxcouleurs. J’aurais bien aimé parler avec lui, mais je n’avais aucune confiance en ce juge comme tous les autres d’ailleurs. Ce sont presque tous des hypocrites, des marionnettes du système et parfois même de purs débiles. Mais, il était très sympathique.

Avec les sandales à acheter, ce que m’avait coûté ma brosse; je ne pouvais plus me payer une chambre. Je suis retourné dans une auberge  de  jeunesse,  située en dehors de Vancouver.

À ma deuxième comparution, autre juge, mon procès a encore été retardé. J’ai baragouiné une défense en disant ne pas avoir les sous nécessaires pour rester plus longtemps au BC et je plaidais coupable.

En remettant encore la cause, l’avocat de la Couronne a souligné que le seul témoin ne voulait plus venir témoigner contre moi. Le juge a demandé que l’on fasse des efforts pour convaincre le témoin à venir  donner  sa  version  des faits. Pour me punir de vouloir utiliser le français, le juge a retardé le procès d’une semaine supposément à cause de la non-disponibilité de l’interprète. Ça confirmait ce que les francophones disaient, mais je n’avais plus à cœur de rapporter l’expérience dans le Soleil, je voulais partir le plus vite possible pour le Québec.

J’étais en Christ, non seulement les flics étaient racistes, mais le je juge aussi. Je suis donc sorti en levant le poing et en chantant :

Prenez un verre buvez-en deux

à la santé des amoureux.

Et, merde à la reine d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre.

Ce n’était pas très brave. Je ne chantais pas trop fort et personne ne comprenait le français d’une manière ou d’une autre. J’ai filé alors qu’on me regardait comme une chose étrange. Ils auraient certes voulu, j’imagine, comprendre ma chanson, mais c’étaient des unilingues Anglais.

La visite du ministre de la Justice du Québec, à Vancouver, Jérôme Choquette, m’a fait sortir ma plume.

Il affirmait ne plus avoir peur du FLQ au point de ne plus porter d’arme. J’ai aussitôt écrit que si Choquette ne portait plus d’arme, c’était plutôt parce qu’il n’avait plus à avoir peur de la  mafia.  Je rappelais aussi qu’il fut  interdit  que  l’on se serve des mesures de guerre contre la mafia. La mafia et les libéraux ne font qu’un celle-ci étant devenue l’allier naturel du parti libéral. Il était évident que Choquette n’avait plus aucune raison de porter une arme pour se protéger de la pègre puisqu’ils étaient des frères siamois.

La pègre avait d’ailleurs offert au gouvernement de trouver Pierre Laporte, moyennant une récompense. Qu’est devenue cette entente? Qui a tué Laporte puisque Paul Rose n’était pas là, même s’il a été condamné pour ce meurtre.

La pègre ou la GRC, même famille, poches différentes, mais siamoises.

J’ajouterais aujourd’hui : est-ce l’attente pour ouvrir le coffre de l’arrière de la voiture où le FLQ avait déposé Laporte vivant qui l’aurait tué? Il serait-il mort au bout de son sang parce que le fédéral ne voulait pas, sous prétexte d’avoir peur qu’on ait déposé une bombe dans l’auto que l’on ouvre immédiatement le coffre. Est-il vrai que Laporte avait été amené à cet endroit précis parce qu’il y avait un hôpital militaire qui pouvait le soigner? Le FLQ était, dit-on, assez infiltré pour que le gouvernement soit informé à la minute près de la condition de détention de Cross et Laporte. On ne parlait pas que M. Laporte s’était gravement blessé en essayant de se sauver par une fenêtre. Pourquoi?

La version officielle du meurtre de Laporte permettait d’accuser les souverainistes d’être des assassins et les libéraux ne se gênaient pas pour utiliser cette fronde.

J’ai écrit un texte pour affirmer que Paul Rose n’était pas là quand M. Laporte a été tué, même s’il avait pourtant été reconnu coupable. Je l’ai fait parvenir au journal anglais de Vancouver.

Le journal a aussitôt publié le texte. Probablement parce que dans l’Ouest tout ce qui se disait sur le FLQ était bon vendeur.

Les élections fédérales s’en venaient. Je devais choisir entre garder mon billet ou me présenter aux élections comme Rhinocéros, à Vancouver.

Je me serais alors proclamé en conférence de presse : « The  Queen  of Canada », habillé en travesti.

Ce titre éminemment gai aurait fait bondir tous les conservateurs anglais. De nombreux Québécois au BC avaient décidé de fournir à ma caisse électorale; mais voulais-je encore vivre une aventure politique?

La semaine s’écoula à respirer la grandeur des Rocheuses. J’avais décidé d’entrer au Québec et je le ferais.

À Vancouver, je n’avais plus un sou. J’étais allé pisser au terminus quand je fus   « accosté » par un petit vieux. En réponse à ses questions, je lui ai révélé que je n’étais pas de la ville, je n’avais plus d’argent, donc que je ne pouvais pas aller coucher dans un hôtel et pire, je n’avais pas mangé depuis la veille.

  • Je vais t’amener au restaurant et nous prendrons une chambre d’hôtel ensemble. Ne t’imagine rien de mal. Nous prendrons deux lits.

Je savais juste à voir l’intensité de la façon dont il me regardait ce qu’il voulait. J’ai toujours aimé jouer au scrupuleux, ça force l’autre à avoir plus d’imagination pour réaliser ses désirs. C’est plus intéressant.

Être une putain trop facile, ça n’a pas de charme. C’est pourquoi, dans la Grèce antique, le jeune se devait de manifester son intérêt pour le vieux de son choix, mais le savoir-vivre exigeait qu’il résiste un certain temps pour ne pas être identifié à un gars trop facile. Je devais avoir une gêne qui me venait directement de cette époque. Par contre, je dois avouer que d’être le gars gêné n’est pas un jeu, je le suis vraiment.

Je me suis rendu au restaurant, puis à l’hôtel. J’étais convaincu que les petits jeux sexuels en compensation ne dureraient pas longtemps, car le vieux avait déjà 78 ans.

La conversation fut très rapide.

  • Tu ne prends pas ta douche?
  • J’ai toute la soirée devant moi.
  • Tu te sentiras mieux.

C’était vrai, j’avais hâte de me laver, mais je ne voulais pas trop le montrer. Je suis déménagé à la douche. L’eau n’avait pas commencé à couler que le vieux nu fit irruption.

  • Comme t’es beau !
  • Vous devez être complètement aveugle. Il s’installa près de la douche et attendit, tout ne me mangeant des yeux.
  • Viens, ne perdons pas te temps. Je vais t’essuyer.
  • Je suis capable seul.

Je l’ai finalement laissé faire. C’était pour lui un moyen inoffensif et agréable de me toucher. Je n’en suis pas mort. Bien au contraire, ce fut très agréable. Il avait beaucoup de doigté et c’était évident que pour lui j’étais très précieux.

Je n’étais pas couché que le vieux me rejoignit dans mon lit. Pour un petit vieux, il n’en finissait plus de me caresser, de me manger. J’ai rarement vu un homme avoir un tel appétit.

Non satisfait, après me l’avoir fait essayer, il s’assit près de mon lit et se servit de son vibromasseur pour s’exciter davantage pendant qu’il me regardait nu sur le lit. Je n’ai pas trouvé quel plaisir peut nous procurer de plus un bout de métal, sauf le chatouillement différent à celui du bout de la langue. Mais, c’est très agréable. Il a passé la nuit près de mon lit à se masser avec son vibrateur, les yeux fixés sur moi.

De retour en cour, le lendemain matin, j’ai écopé d’une amende. Pour les Anglais, c’était un signe d’une double victoire. Mais pour moi, ça ne voulait rien dire. Trudeau venait de déclencher des élections. Je n’avais aucun rapport avec cet événement, sinon que j’étais un symbole de plus pour prouver la défaite des francophones dans leurs têtes de racistes.

J’ai à nouveau fait rire l’auditoire en réclamant mes souliers. La police a dû me les rendre.

L’interprète m’empêcha de parler anglais disant que si je le faisais j’aurais droit à une sentence d’outrage au tribunal, ayant refusé de parler anglais alors que je le pouvais. Pourtant, à maintes reprises, il ne traduisait pas tout ce que je lui disais ou il traduisait ce que je disais tout de travers. Il était bien le bras droit de la police. Il cherchait à savoir ce que j’allais faire.

  • Je publierai partout que la police m’a frappé.

Il me paya le repas, ce qui justifiait une meilleure interrogation.

  • T’es un radical?
  • Si ne pas accepter la société dans sa merde actuelle, c’est être radical; j’en suis un pour sûr.
  • T’es communiste ?
  • Non, je suis anarchiste.

Pour moi, anarchiste voulait seulement dire : refuser l’autorité. C’est ce que je me croyais depuis que Pierre avait fait une caricature de moi, disant « Je suis contre tout », ayant les doigts sur le pénis d’un petit gars à côté de moi. Une très belle caricature ! L’anarchie, c’était aussi Léo Ferré que j’avais connu grâce à la belle Hélène.

  • Tu n’as pas d’argent pour manger en descendant.
  • Non.
  • Attends-moi ici.

Pendant que l’interprète allait me chercher 20 $ pour manger en descendant à Montréal, j’écrivais des lettres pour les journaux et le ministère de la Justice du BC.

  • Tu devrais oublier ces incidents. Nous ne sommes pas si méchants, grâce à la Salvation Army, tu pourras manger.
  • Merci, mais je ne suis pas à acheter.
  • J’espère qu’au moins tu retourneras les 20 $ à la Salvation Army pour qu’ils aident encore des gars comme toi. Avant d’envoyer tes lettres, penses-y comme il faut.

Quand on se prend pour un révolutionnaire, tous les bons gestes deviennent des tentatives de récupération.

L’après-midi, je jetais mes lettres à la poste et je prenais place dans l’autobus. Rien d’intéressant ne s’y déroula, sauf qu’un jeune Indien  adorable  trouvait aussi hilarantes que moi les photos de son magazine américain dans lesquelles le pape, Nixon et Élizabeth II étaient nus.

Un sourire sorti de l’enfer 29

novembre 15, 2020

Autobiographie approximative

pp. 226 à 236

De retour à l’école, j’ai appris avoir perdu mon compagnon de chambre. Une décision bien curieuse en si peu de temps.

Le soir, je me suis rendu à la piscine. Burney est venu me rejoindre. Il voulait savoir d’où venait le pot vendu à l’école. Puisque je fumais, j’avais les cheveux en parachute, je devais le savoir. Et, il espérait que je le lui dise.

Au restaurant, trois jeunes mangeaient et buvaient bruyamment. L’un d’eux était le principal « pusher » de l’école. Nous nous sommes assis avec eux et j’ai profité d’une tentative de blague sur la marijuana pour passer le message.

  • Je crois qu’au cours de cuisine, les autres ont raison. Ils pensent que Burney travaille pour la police. Depuis que je suis arrivé, il me questionne sans cesse sur la drogue. Ou peut-être notre vieux Burney a l’intention de commencer à fumer?

Burney fulminait. Rouge de colère, il me dit laconiquement.

  • Ne recommence jamais ça, je te tuerai.

J’ai joué l’imbécile et je suis entré avec lui à l’école.

Tout se déroula presque normalement durant une semaine. Presque, car, depuis mon arrivée le professeur de cuisine du département me tombait sur le dos à la moindre occasion. N’ayant plus de petite Indienne à massacrer, j’étais devenu,  le « Frog »,  la  cible  toute  rêvée.  Le  petit  français  devait  manger  de  la merde.

Burney ne me réveilla pas un matin pour me punir de ne pas avoir coopéré à son enquête. Le professeur en profita aussitôt pour m’expulser. J’avais le feu  au cul.

  • Ce n’est pas de ma faute si je n’ai aucun « fucking » cadran.

Le professeur réagit comme si je venais de le tuer. Je venais d’être vulgaire en employant ce mot anglais qui fait mourir toutes les âmes anglaises conservatrices. C’est pourtant une expression qu’on entend dans tous les bars ou toutes les tavernes du Canada, tous les soirs.

J’ai décidé de défier son ordre. Je me suis habillé quand même et je me suis mis à l’ouvrage. Je coupais des légumes quand j’ai été invité au bureau de l’aide- principal de l’école. Je m’y suis rendu, le couteau à la ceinture. Le professeur du département me regardait avec haine.

L’adjoint principal confirma mon renvoi. Je ne m’intéressais pas assez aux cours et j’avais, disait-il, une mauvaise influence sociale. Je sentais la moutarde me monter au nez.

J’ai regardé mes deux interlocuteurs. Je me suis approché du professeur responsable du département et j’ai sorti l’immense couteau pendu à ma ceinture. J’ai commencé à l’engueuler sur son racisme, de façon à ce que les étudiants m’entendent très bien de l’autre côté de la fenêtre. Je pianotais mes syllabes avec le bout du couteau en direction du professeur.

  • Je vais sortir de l’école. C’est vous le boss, mais ça ne veut pas dire que ça finira là. On se reverra. Vous allez apprendre que le racisme, ça se tourne souvent contre nous. Je ne suis peut-être pas fort, mais je ne me laisse pas manger la laine sur le dos.
  • Si vous êtes intéressé à nos cours, vous arriveriez à temps.
  • Ce n’est tout de même pas de ma faute si je n’ai pas l’argent pour acheter immédiatement un cadran et que Burney ne m’a pas réveillé tel qu’il l’avait promis. Si je n’étais pas intéressé à ces études, je serais demeuré plus longtemps à Vancouver. J’avais la permission. Pourquoi me serais-je fait geler sur le bord de la route, si je ne veux pas suivre cet enseignement? J’ai besoin de ce métier pour voyager. Pour moi, c’est important.
  • Nous ne pouvons pas vous réintégrer au cours. Vous avez été indiscipliné et

vous avez employé un langage vulgaire.

  • Si vous étiez mis à la porte pour des raisons aussi stupides n’emploieriez-vous pas le même langage? À part cet incident, vous n’avez aucun dossier de discipline contre moi. La réalité, c’est que vous n’êtes qu’un maudit fasciste. Même si nous sommes des adultes, vous nous traitez comme des enfants. L’école a une politique du moyen âge. Même en prison, si vous ne faites pas votre lit le matin, on ne vous enlève pas vos couvertures durant deux jours comme ici. Qu’est-ce que ça donne votre socialisme, si ça fait de nous des robots, des soldats! La discipline excessive, ça rend bête. Tout ce qui est militaire, je l’ai de travers dans le cul.
  • Il ne peut pas être fasciste, de dire le  principal adjoint, il a fait la  guerre     aux Allemands.
  • Il aurait été mieux de ne pas y aller, cela en a fait un maudit raciste.
  • Il faut respecter les règlements.
  • Vous devriez comprendre qu’on ne traite pas des adultes comme des enfants. Vous devriez connaître les principes de Summerhill, cela fait partie de la culture. Puis, vos règlements, faites-en ce que vous voudrez. Je ne suis pas ici pour diriger une rébellion. Ce que je veux, c’est poursuivre mes cours sans problème.

Le directeur du département et mon professeur blanchissaient à chaque coup de couteau donné sur le bureau alors que je le regardais intensément. Plus le temps passait, plus je gueulais, plus je frappais fort avec le couteau, plus il était pointé en direction de la poitrine de celui que je dénonçais.

  • Pourquoi t’accepterions-nous? Tu n’apportes rien à la communauté.
  • C’est votre point de vue. Je suis déjà socialement impliqué. J’ai déjà effectué des démarches pour réorganiser une émission de radio pour les francophones. Un programme pour améliorer la compréhension du milieu francophone par les autres. Ce n’est pas assez ?

Rien ne pourrait être fait pour changer la conclusion de ce débat.

À la demande de l’adjoint au principal, je suis retourné dans ma chambre. Il prenait mon cas en délibéré.

Les étudiants en cuisine me manifestaient beaucoup de sympathie puisque non seulement j’avais revendiqué mes droits, mais j’avais aussi dénoncé l’état répressif qui prévalait dans cette école.

À ma surprise, le principal m’a fait demander, insistant pour que je me rende à son bureau sans couteau.

  • C’est la première fois qu’un de mes chefs de département est menacé par un élève avec un couteau, me dit-il dès mon arrivée.

Nous avons rediscuté calmement de ma situation. Il a admis qu’à bien des égards, j’avais dû subir depuis mon arrivée des humiliations qui n’étaient sûrement pas étrangères à mon statut de francophone. Il reconnut la parenté de ce traitement avec celui infligé à la petite Indienne.

À la fin, celui-ci me fit part de sa décision de me ré accepter aux cours, à condition qu’il n’y ait jamais plus de plaintes contre moi. Il me prêta un cadran en badinant sur les règlements.

J’ai bien aimé ce directeur parce qu’il était objectif. Il a su reconnaître les manquements de part et d’autre et s’en tenir à un degré de discussion fort intéressant et civilisé. Plutôt que de chercher à me casser, il m’a appris que cette école servait aussi en grande partie à la réhabilitation des prisonniers juvéniles (ce que je ne savais pas) d’où il ne pouvait pas me laisser faire tout ce que je voulais. Il a fait appel à mon sens de responsabilité, car il avait senti que j’avais beaucoup d’impact sur les autres étudiants.

Le soir, je suis retourné à la piscine. J’étais heureux. Je tenais vraiment à ces cours et j’adorais Dawson Creek à cause de ses petits Indiens.

C’était une situation affreuse, car j’avais dû menacer quelqu’un, même si je ne l’avais jamais touché, pour enfin être écouté, pour obtenir un minimum de respect et de justice. Ce n’était pas moi qui l’avais cherché, je défendais mes droits et ma peau.

J’apprenais que devant le racisme, il n’y a qu’un moyen : être le plus fort. Je songeai à la situation politique du Québec. C’est exactement la même chose.

Ce n’est pas pour rien que le Canada prépare l’occupation armée du Québec. Le fédéral espère en refusant de négocier la souveraineté-association pousser le Québec à un affrontement militaire. Il est persuadé qu’il écrasera facilement, avec son armée, toute forme de rébellion. Voilà pourquoi le Québec doit organiser maintenant sa propre armée. Il ne faut pas que se répète l’histoire de Louis Riel et de 1837. Il faut prévenir pour être certain que tout se déroulera pacifiquement.

Pour le fédéral, il sera bientôt, et plus que jamais, dans son intérêt que le FLQ, renaisse. Si ça devait être le cas, que ce ne soit pas organisé par les fédérastes, le FLQ devrait être assez fort pour que les États-Unis et la Russie forcent le Canada à négocier pour éviter que le conflit dégénère chez eux. Il faut forcer le Canada à essayer de trouver une solution pacifique.

Le danger de la violence vient du Canada et non du Québec. Le Canada doit comprendre que la souveraineté-association est le seul compromis acceptable entre la séparation absolue et le statu quo ou ses équivalents. Un Québec indépendant pourrait être son meilleur allié, car il serait dans leur intérêt commun d’améliorer la vie de leurs citoyens. Un Québec où le français est la langue, où la laïcité est reconnue, où les pouvoirs essentiels à sa survie lui appartiennent. C’est faisable. C’est même possible à l’intérieur du Canada. M. Paul Gérin-Lajoie appelait ça des états associés.

La question est fondamentale et claire : les Québécois sont-ils disposés à vivre dans un pays qui ne les respecte pas? Les anglophones du Québec veulent-ils vivre avec les francophones d’égal à égal dans un Québec francophone, mais respectueux de ses minorités ?

Durant la nuit, j’en vins à une tout autre conclusion : la direction avait décidé de gagner du temps, car sur le plan public, l’école avait plus tort que moi. C’était un congédiement différé pour mieux l’excuser.

Même si le chef de département a eu peur, cela ne l’empêchera pas, un peu plus tard, de m’embarquer encore sur le dos. Je me sentais déjà un gars fini. Il ne me restait plus qu’à m’en sortir honorablement. Je voulais montrer au petit ami du chef de département ce qu’est un « Funny Looking Queer » et lui faire savoir une fois pour longtemps que le FLQ n’est pas un sigle dont on se moque.

Je me suis préparé un plan à exécuter le lendemain midi, alors que presque tous les étudiants seront à la cafétéria.

J’ai profité de la pause-café pour faire comprendre aux autres étudiants que je ne croyais pas que je puisse rester, même si j’avais gagné la première bataille, grâce à mon jeu de couteau.

À l’heure prévue, je me suis rendu à l’arrière, aux toilettes, pour y laisser mes vêtements de rechange et mettre les vêtements qu’on avait pour cuisiner. Puis, je me suis rendu à la cuisine à l’avant et je suis sorti nu comme un ver de terre.

Je me suis faufilé dans la cafétéria qui était alors pleine à craquer jusqu’à ma case de vestiaire située à l’arrière-cuisine. L’émotion fut plus forte que prévu. Pour la première fois, « streaker » me servait à contester une situation. Les bonnes femmes criaient comme si elles assistaient à un meurtre. Ce fut tout un spectacle. Pour les Anglais, c’était le sommet de la révolte. Les Anglais scrupuleux sont encore pires que les Québécois dans leur peur du cul. De vrais bons chrétiens. Je me suis rhabillé avec mon linge ordinaire à mon vestiaire et je me suis dirigé vers ma chambre où mes bagages m’attendaient.

À l’extérieur, un groupe de gardiens du campus me cherchaient. Quand ils m’aperçurent, j’étais déjà habillé.

  • Have you seen that dem french man ?
  • Non, je ne l’ai pas vu, et vous ?
  • We should blow your fucking head !

Aucun d’eux pourtant ne s’approcha de moi. Je me suis rendu dans ma chambre. J’entendais partout un tapage inusité. Trois gars vinrent en délégation me demander ce que je voulais qu’ils fassent.

  • Ordonne et on défait le campement au complet. Certains ont déjà commencé.

Je pouvais prendre la tête d’une révolte qui aurait pu être grave. Les jeunes voulaient tout démolir. Je leur ai expliqué que j’avais posé ce geste en désespoir de cause : il me semblait impossible d’obtenir un traitement juste, mais je n’avais pas l’intention de les diriger.

J’avais plutôt hâte de déguerpir avant que les flics ne reçoivent une plainte. Je suis retourné sur le bord du chemin, là, où est ma vie, car, je ne suis accepté nulle part ailleurs.

J’ai d’abord été embarqué par un cultivateur. Il avait l’air d’un Indien. C’était un bonhomme bizarrement attachant. Il me regardait avec des yeux fascinants à la fois ironiques et sympathiques.  Des yeux sourires comme j’en avais vu qu’une fois, soit quand j’ai rencontré le Dr Jacques Ferron. Il en était le portrait parfait.

Il rigola quand je lui racontai mon aventure, mais il m’a fait réaliser que j’aurais bien pu passer quelques années en prison. Le bonhomme aurait bien pu crever de peur… j’en avais des frissons dans le dos. J’avais été trop niaiseux pour y penser. Ce cultivateur essaya de me faire réaliser que tous les habitants du BC ne sont pas des racistes, bien au contraire.

Le second bon samaritain m’a parlé longuement des possibilités de gagner facilement sa vie au Canada. Je lui ai expliqué que cela était vrai à la condition que tu penses comme tout le monde et que tu acceptes leur maudite discipline dont te couper les cheveux.

Il fut intrigué par la fermeté de mes convictions voulant qu’il n’y ait qu’un avenir pour le Québec : la séparation. Selon lui, le Canada était un bien trop beau pays pour le briser.

  • Bien des gens parlent du beau pays qu’ils n’ont jamais visité.
  • Ce n’est pas mon cas. Je l’ai parcouru d’un bout à l’autre.
  • Comment avez-vous aimé Montréal?
  • Je ne me suis rendu qu’à Toronto.
  • C’est bien ça, vous n’avez vu que le Canada.

Nous nous sommes regardés avant d’éclater de rire. Sans le vouloir, il venait de me donner raison. Il parlait comme les cartes géographiques ou climatiques vendues par les grandes compagnies opposées à la séparation du Québec, cartes sur lesquelles le Québec n’existe déjà plus.

  • Le Canada, c’est payant pour les multinationales qui ont ainsi des subventions en double. De la province et du fédéral. Pour les gens, la population, tant de l’Ouest que du Québec, c’est un luxe qui entretient la haine.

Il s’est arrêté en cours de route pour me payer une bière. Mon amour pour le peuple augmentait. Se pourrait-il que le racisme existe seulement chez les dirigeants? Je souhaitais encore que le sort Québec-Canada se règle sans violence.

Comment faire pour que la majorité non raciste ne se fasse pas entraîner dans un conflit racial? La presse anglaise est trop raciste pour être démocratique. Comment parvenir à passer le message? J’étais convaincu qu’une population hors Québec bien informée ne se prêterait pas à un massacre inutile, mais comment établir ce dialogue si les journaux anglophones déforment tout?

À Vancouver, j’ai retrouvé Jimmy. Contrairement à mes craintes, tout s’était bien passé en prison. Même si des capsules de drogue avaient été retrouvées sur lui, aucune plainte n’avait été déposée à cet égard. Lors de son arrestation, les policiers avaient trouvé en sa possession le « jack-kniffe » que sa sœur lui avait fait parvenir comme cadeau, lors de son retour d’un voyage en Algérie. Les policiers ne parvenant pas à faire sortir la lame du couteau, mon fou de Jimmy, complètement gelé, leur a donné une leçon sur le maniement qu’ils n’ont pas du tout apprécié.

Jimmy me raconta son histoire, tout en me soulignant que l’interprète français semblait travailler pour la police, car parfois, il déformait totalement ce qu’il disait en français.

J’ai passé une semaine à attendre le chèque de l’assistance sociale. Certains mettaient en doute ce qui m’était arrivé à Dawson Creek affirmant que j’étais toujours seul quand il se passait quelque chose sortant de l’ordinaire. Pour eux, je n’étais qu’un fabulateur.          

Le premier soir au restaurant, nous avons été fouillés par la police : les cheveux longs, ça ne plaît pas à ces supers mâles. J’étais presque mort de peur, croyant être recherché en rapport à mes agissements à Dawson Creek. Comment pouvais-je être brave à Dawson et peureux en groupe à Vancouver?

  • Tu fais toujours tes bons coups quand on n’est pas là. Que personne ne peut en témoigner!

C’est fou combien l’opinion des autres est importante quant à l’image que l’on se fait de soi. Pourtant, ça ne devrait avoir aucune importance. Il en sera ainsi en 1970 : alors que je me prendrai pour un felquiste, certains croiront que je suis un indicateur de police parce que je parle de l’amourajoie sans être arrêté. J’ai pourtant fait quatre fois de la prison pour mes amours illicites.

En réalité, j’étais aussi peureux à une place qu’à l’autre. Seul, je panique plus vite pour ma peau — on est toujours prêt à mourir jusqu’à ce que ce soit vrai ou du moins qu’on le croit –, mais j’ai moins peur seul parce que personne ne peut écoper à cause de moi. C’est une peur personnelle, donc, moins grande que celle d’être responsable du bien ou du mal des autres.

Je dois dompter des lions avec mes épines. C’est comme la rose de St-Exupéry. C’est comme si je me sentais devenir un officier responsable de la troisième guerre mondiale, celle où le prolétariat se soulèvera universellement contre tous les impérialistes et les dictateurs, où la population aura décidé que le monde actuel ne vaut plus la peine d’être vécu, où les gens penseront que tant qu’à crever de faim, de l’esprit, il vaut mieux crever au complet.

La guerre sainte sera sans dieu. Une guerre pour la survie individuelle. Un après 1929 moderne, un autre déboire absolu de la finance. La guerre sera la recherche de son morceau de pain.

En groupe, je me sens responsable des autres, je ne fais pas confiance à ma discrétion. J’ai peur de les vendre par accident, d’où je me terre pour ne pas attirer l’attention. Je ne me fais pas confiance, c’est tout.

Plus jeune, je me détestais parce que j’étais pédéraste. Je ne me pardonnais pas d’être un aussi grand pécheur. Il a fallu bien du temps pour que je m’apprécie. Aujourd’hui, je m’apprécie peut-être trop. Mais, au moins, j’ai compris que j’ai peut-être raison de croire que la majorité des gens sont malades quand ils pensent à la sexualité. On nous écrase dès l’enfance… On fait de nous des paranoïaques. On s’imagine qu’un chatouillement dans le bas du ventre quand tu viens, c’est pire qu’une crise d’épilepsie comme chez les ignorants. Le plus curieux les hommes de la Grèce antique pensaient ainsi, ce qui prouve qu’on n’évolue pas vite, et ce surtout à cause des religions qui nous emprisonnent dans leur idéologie.

J’ai recommencé à écrire dans les journaux de gauche ainsi que le journal des marginaux. J’ai présenté un article sur le droit de l’individu lors des perquisitions ainsi que des articles favorables à la légalisation de la marijuana.

Mon argumentation était simple : le trafic du pot permet l’écoulement de produits de mauvaise qualité, voire dangereux. Auparavant, au contraire, on pouvait récolter notre consommation personnelle et ainsi n’avoir rien à craindre.

Les principaux bénéficiaires de la loi sont la petite pègre et les policiers qui fournissent sur le marché noir les produits saisis auparavant. Il faut que les jeunes vivant aujourd’hui de la vente de cannabis puissent honnêtement gagner leur vie en écoulant des produits de qualité.

Je ne me penchais pas encore sur la mainmise quasi complète des marchés par la mafia internationale. Cette mainmise serait souhaitée par les gouvernements, car, les expériences auraient prouvé qu’il est possible de contrôler les jeunes par la drogue d’où leur prolifération.

La renaissance religieuse, grâce à la drogue, est en soi la plus grande preuve de l’intérêt du système à voir les jeunes se droguer avec les produits de leur choix? Contrôler la masse…

Nous nous sommes contentés de rêver de phallus : Pépé était trop vieux pour ne pas être un brin conservateur. Retour à Vancouver.

J’ai écrit mon dernier article pour le Soleil et j’ai acheté mon billet de retour à Montréal par autobus. J’étais déjà un peu plus bourgeois. Je ne voulais plus de problèmes.

J’avais décidé de retourner à l’école et de devenir un jour un grand écrivain. Puisque pour avoir droit à ce titre, il faut savoir bien écrire et ne rien dire d’original, je devais réapprendre ma grammaire. Les éditeurs ne savent pas encore que les correcteurs sont engagés pour corriger.

Ainsi, la poésie fout le camp avec le reste de la littérature, car, ce qui compte maintenant c’est d’expérimenter des structures de phrases. Que ça emmerde tout le monde ou pas. La forme écrase le fond. La poésie en se raffinant est devenue scrupuleuse, frileuse et peureuse, car elle cherche à dissimuler ce que l’on ressent. Il faut s’attendre à ce que la littérature meurt de sa belle mort puisqu’on l’aura vidé de toute sa substance et comme l’avait dit Marx elle est devenue ascétique. L’art est bourgeois quand il est à droite. Comme  disait Janou St-Denis : Tuer la poésie, c’est assassiner la race humaine. Et parfois ce sont les poètes eux-mêmes qui tuent la poésie en voulant se croire des dieux de la censure.

Un sourire sorti d’enfer 28

novembre 14, 2020

Un sourire venu d’enfer 28

Autobiographie approximative

pp. 216 à 226

Je me suis dirigé vers un club fréquenté par des Québécois. Comme prévu, j’y ai rencontré des amis de Jimmy qui, eux, n’étaient pas en tôle. Ceux-ci étaient tout particulièrement excités par l’arrivée d’une belle fille de seize ans environ, venue du Québec. Nancy, après avoir absorbé quelques comprimés de drogue, était partie sur le pouce. Un voyage sans but, ni itinéraire.

J’ai discuté près d’une heure avec les copains, sans attacher d’importance à la nouvelle venue, sans manifester mon intérêt pour elle. Cette indifférence a eu raison de sa curiosité. Pourtant, je l’avais observée depuis son arrivée. Je la trouvais fort belle.

  • Tu n’as pas l’air d’aimer les femmes ?
  • Je n’ai rien contre les femmes, ce sont des êtres humains. Elles ne m’intéressent tout simplement pas sexuellement.  J’aime les petits gars.
  • C’est contre nature…
  • Ce doit être pour cette raison qu’il existe des gars comme moi depuis le début de l’humanité. En Grèce comme à Rome, le sommet de l’amour a toujours été la passion de l’adulte pour son privilégié. Un homme comprend mieux un autre homme. Ce sont les institutions économiques qui ont inventé la nécessité d’être un couple hétéro. Dans notre société, on force les jeunes à devenir hétérosexuels. Si tu n’obéis pas à ce moule, tu es la risée de tout le monde. Vers dix ans, tes parents te pointent du doigt si tu n’as pas une petite blonde.

Pourtant, avec la surpopulation, les sociétés devront finir par admettre que l’orientation sexuelle est à la fois génétique et en grande partie culturelle. L’homosexualité est la solution la plus respectable et la plus naturelle contre la surpopulation. Les gens vont se lasser des guerres pour dépeupler et équilibrer les marchés. Les peuples n’ont plus autant besoin de soldats et l’homme mérite plus que d’être une fonction sociale ou guerrière.

  • Il n’y aura plus d’enfants ?
  • Il y en aura toujours, mais l’amour ne sera plus intimement lié à la procréation. Quand ces distinctions naturelles seront faites, il importera peu que la passion éclose entre gens de sexes différents ou du même sexe. L’amour est au-delà de la couchette. Le plaisir est une chose, l’amour en est une autre.

Les enfants ne seront plus considérés comme un symbole de réussite. Les adultes s’en occuperont par amour, donc, dans la gratuité. Ce ne sera plus leur simple projection pour rêver d’être immortels.

Combien d’hommes se marient pour échapper à l’opinion des autres? Combien d’hétéros ne connaissaient rien aux femmes, les méprisent même, en faisant semblant d’être normaux alors qu’ils se seraient mieux réalisés en tant qu’être

humain, s’ils avaient été seuls ou avec un autre homme? Il est aussi urgent que l’on recommence à reconsidérer la femme comme un être humain, non plus comme un simple rôle social, celle qui donne des enfants.

J’ai de la difficulté à comprendre les femmes. Je leur reproche leur masochisme, leur jalousie, leur obsession contre tout ce qui est sexuel, leur hystérie religieuse, leur hypocrisie pour dominer en se servant de leur capacité de pleurer pour te rendre coupable. Il suffit pour une femme de pleurer pour faire ramper n’importe qui. Elles crient contre leur état d’inférieures et pourtant elles se proclament toujours victimes.

Généralement, les femmes bénéficient d’une multitude de privilèges, dans nos lois civiles surtout, mais elles prétendent encore qu’elles sont exploitées. Elles blâment les mâles pour leur faible salaire alors qu’elles sont contre les syndicats. Donc, elles encouragent les boss à les exploiter. Elles n’ont qu’à se syndicaliser comme les hommes. Les femmes devront apprendre à accepter une critique constructive et cesser de se comporter toujours comme si elle était un être inférieur. Elles ont un pouvoir qu’elles ne font que commencer à exercer.

Quant à moi, elles ne m’excitent pas sexuellement autant qu’un petit gars. Je suis comme ça et je n’y peux rien. Je ne fais que commencer à découvrir leur beauté.

  • Les petits gars, tu peux les…
  • Je ne les pervertis pas. Je ne les traumatise pas. Ce sont des légendes urbaines pour permettre au système judiciaire de continuer à faire croire dans le danger de la sexualité chez les jeunes, comme les curés l’ont toujours prétendu. La peur de la sexualité entre un adulte et un garçon est devenue une véritable mafia du chantage. On regardera bientôt comment tu agissais alors que tu étais encore dans tes couches. Qui peut se rappeler ce qui s’est passé il y a plus de dix ans ? Même si on te met en prison est-ce que ça change ce qui s’était passé. La justice est la pire des injustices parce que le judiciaire ne devrait pas avoir un mot à dire sur la vie sexuelle à moins qu’il y ait violence de part ou d’autre. Je ne fais que leur permettre de découvrir leur beauté et l’apprécier. La pédérastie ou l’amourajoie, c’est la même chose, c’est une histoire d’amour.

Je suis bien moins néfaste pour eux que la violence dans les jeux vidéo et à la télévision. C’est un stéréotype de croire que les hommes sont automatiquement forts, riches et dominateurs. Ce ne sont pas tous les hommes qui vivent leur sexualité en se servant de violence, c’est même tout le contraire, j’espère. Les hommes, selon les féminounes ne sont que des muscles, sans cerveau pour les animer.

  • C’est contre nature…
  • Qui nous fait croire cela? Les ignorants. Les curés. Les juges. On croyait que le sperme était une partie du cerveau ou de la colonne vertébrale d’où a-t-on attaché autant d’importance aux éjaculations. Dans la noblesse, le sperme déterminait ton rang. Est-ce encore justifiable aujourd’hui? Pourquoi un homme doit-il nécessairement être hétérosexuel? Il y a en a qui sont gais, d’autres qui sont bisexuels, et alors? Il faut évoluer au fur et à mesure que nos connaissances sont plus évoluées. Si tu cherches à recommencer un jeu sexuel avec un adulte, ce n’est sûrement pas parce que tu t’es senti violenté, mais, au contraire, que l’expérience précédente a été fascinante, jouissante.

Aurait-on peur que le petit gars aime trop ça? Aurait-on peur que cette connaissance remette en question l’approche débile que nos sociétés ont de la sexualité? D’ailleurs, on ne fait pas la distinction entre sexuel et génital.        

C’est faux de prétendre qu’un jeune qui a des relations sexuelles dans sa prime jeunesse aura de la difficulté à éjaculer et vivre correctement sa sexualité quand il sera adulte. On nous ment, mais ça fait l’affaire de la majorité donc, on le croit. Un psychologue perdrait son droit de professer si jamais il disait que le jeune peut aimer ses relations avec un adulte. On préfère croire que le jeune est automatiquement une victime, qu’il ait aimé ça ou pas.      

On peut faire l’amour pour l’amour. On n’est pas obligé de remplir sa fonction de mâle géniteur pour prouver sa force, sa fertilité. Les femmes valent plus que l’espace qu’on leur accorde dans nos sociétés. Elles ne sont pas qu’un objet de réalisation, un bijou qu’on met en montre, un porte-petits, un nettoie tout, un cuisinier gratuit. Il est temps que la société révise toutes ses conceptions dépassées en ce qui touche à la sexualité, car l’inégalité homme femme repose sur les idées que l’on se fait de la sexualité.

  • Pas un jeune ne peut accepter la pédérastie… C’est contre sa nature. Il doit être initié de force pour accepter de se livrer à des rapports sexuels.
  • La belle farce! J’ai toujours été amourajeux (pédéraste) et je n’ai jamais forcé un jeune. Les jeunes savent le plaisir qu’on peut trouver à se faire sucer, mais les adultes refusent de croire que les jeunes peuvent y rêver par eux-mêmes. Ils pensent ainsi parce qu’on ne sait pas faire la nuance entre la pédérastie et la sodomie.
  • Il est possible de sucer, se masturber, se caresser, sans être sodomite. La sodomie est d’ailleurs l’objet d’un interdit particulier dans nos lois. C’est la seule chose qui puisse nous permettre de croire dans la violence lors d’un rapport sexuel gai, quel que soit l’âge. Se faire enculer, ça fait mal. Je ne sais pas pourquoi on peut aimer ça.

Il y a quelques semaines, je me promenais en autobus. J’étais assis seul à mon siège. J’essayais de dormir. En ouvrant les yeux, j’ai aperçu la main d’un petit vieux entre les jambes d’un magnifique petit bonhomme de quatorze ans environ, qui le laissait faire en faisant semblant de dormir. Le vieux a cessé en voyant que je le regardais. Le jeune a fait semblant de se réveiller pour savoir pourquoi le vieux lâchait la distribution de ses délices paradisiaques. Il m’a aperçu. Je lui ai souri et je me suis gratté entre les deux jambes. Le jeune me dévisageait. Il était de plus en plus excitant. Il a simplement dit « il fait trop chaud ici». Il s’est levé et est venu s’asseoir à mes côtés. Je savais ce qu’il voulait. J’ai profité de la noirceur pour laisser couler la vie dans ma gorge. Il se pâmait tellement, j’avais peur que les gens s’en aperçoivent. J’ai fini de le sucer quelques secondes avant que la lumière revienne lorsque nous sommes entrés en ville.

Crois-tu vraiment que ce jeune ne savait pas ce qu’il voulait? Et, je t’assure ce n’est pas un cas exceptionnel. Ceux qui prétendent qu’on force les jeunes ne savent pas de ce dont ils parlent. Ils projettent leur façon de voir et n’essaient

même pas de savoir ce que les jeunes veulent ou pensent réellement. Nous avons terminé le trajet dans les bras l’un de l’autre.

À l’arrêt de l’autobus, il m’a présenté sa sœur. Nous avons fumé un joint ensemble et il m’a dit où je pouvais le retrouver, si jamais je repassais dans cette ville.

Les adultes refusent d’admettre que les jeunes ont une sexualité depuis leur naissance. Les jeunes se sentent. Ils bandent et jouissent, même s’ils n’éjaculent pas encore.

Les adultes refusent la pédérastie parce qu’ils craignent l’homosexualité. Les femmes parce qu’elles ont peur d’être privées de mâles un jour s’il y a trop de gais. Les hommes parce qu’ils ont peur de ce que les autres peuvent penser d’eux. Quand tout au long de ton enfance, tu as appris à mépriser les tapettes; c’est tout un miracle que d’échapper aux tensions et de vivre heureux comme gai. Même les gais ne savent pas la différence entre un pédéraste et un sadomasochiste. Ils ne peuvent pas imaginer une relation sexuelle sans sodomie.

Un adulte qui utilise la violence ou la force contre un enfant pour avoir une relation sexuelle avec lui n’est pas normal qu’il soit hétéro ou gai.  Je crois que cet individu est tellement frustré  qu’il est devenu incapable de gérer ses émotions ou sentiments. C’est en quelque sorte une victime de la peur et de la honte que la société a engendrée en se servant de la répression sexuelle. C’est le résultat de notre façon de vivre l’existence de la pédérastie. On en a fait un objet de paranoïa. Et, ça joue dans les deux sens.

Si un pédéraste peut agir sans avoir toujours peur de la prison, ouvertement, avec un consentement mutuel, un amour profond, la brutalité ne peut  pas exister, ni même la domination qui est remplacée par la complicité. Il faut créer une nouvelle atmosphère sociale si on veut en arriver à ce respect des jeunes qui leur donne droit de dire autant oui que non. Il faut permettre au jeune de parler de sa sexualité sans gêne, ni honte. Ainsi, s’il a un problème il n’hésitera pas à en parler à ses parents.

La relation avec un petit gars peut être très profitable pour lui. J’ai bien des jeunes qui se sont sentis revalorisés parce que j’ai eu une relation sexuelle avec eux. Cependant, les relations avec un jeune ne se passent absolument pas comme les adultes le pensent. Les adultes sont incapables de ressentir quelque chose de différent à leurs propres expériences.

Les jeunes ont une approche plus saine de la sexualité que la majorité des adultes qui ont été élevés dans la croyance que le sexe est un péché en dehors de la procréation. Ils ne voient pas le plaisir, la jouissance, comme un péché, mais comme une expérience de son propre développement. L’amitié est une tout autre chose, mais l’un n’empêche pas l’autre. Tu peux être ami avec quelqu’un sans qu’il y ait du sexe. Comme disait Freud, il y a le côté génital et la tendresse, les sentiments.

Des jeunes ont déjà voulu se sauver de leur famille avec moi. N’aurait-il pas été mieux avec moi? Peut-être, mais ça ne se fait pas. La famille est la base de  notre société. On pourrait dès la préadolescence avoir le droit de vivre indépendant, mais c’est bien plus hypothétique que réaliste. Quel jeune pourrait assurer sa survie? J’en ai aussi empêché quelques-uns de se suicider. J’admets cependant que le rôle que je joue avec eux est très important. Si je représente l’autorité et que je me permets de les inciter au sexe, je peux effectivement les briser. La situation crée les règles de vie.

Il y a une très grande responsabilité quand on est pédéraste. Il faut savoir vraiment écouter l’autre pour être certain que nos gestes ne les brisent pas, mais au contraire, qu’ils les aident à se développer, à se connaître plus profondément. Mon contact avec eux en est surtout un de pur amour. Je les adore tellement qu’ils ne peuvent pas ne pas s’en apercevoir. Cet amour est partagé.

À Vancouver, la bière coulait toujours à flot. J’ai su où il me serait possible de trouver le repaire des copains de Jimmy. Ce n’était pas facile d’y accéder puisqu’il s’agissait d’une espèce de petite pègre de la marijuana. Je ne pouvais me rendre les rencontrer que sur rendez-vous. J’y serais attendu.

À la fin de la soirée, je suis entré à la maison avec un jeune d’une vingtaine d’années.  Il  connaissait  ma  pédérastie,   car   il   nous   avait   écoutés discuter. Nancy, quant à elle, était partie avec un des gars. Nous avions abandonné notre discussion pour nous amuser davantage. Cela a permis à Nancy d’apprendre que même pour une fille un amourajeux (pédéraste) peut-être très agréable à rencontrer. En s’acceptant mutuellement pour ce que l’on est vraiment, les frustrations disparaissent et les rapports humains prennent une tout autre dimension. L’amitié est toujours au rendez-vous quand on rit ensemble.

Le lendemain matin, le jeune est venu me trouver dans mon lit. C’était sa première expérience. Il en avait rêvé toute la nuit. J’ai dû deviner ce qu’il voulait parce qu’il n’osait pas me le dire. À force de vivre avec les jeunes, tu viens que tu as des antennes. Il a tourné autour du pot jusqu’à ce que je lui dise qu’il me plaisait et que j’aborde la question de front. Je l’ai sucé à quelques reprises. C’est étonnant comme ces jeunes ont du pouvoir quand il s’agit de sexe.

Le lendemain comme convenu, je suis entré en contact avec l’autre groupe de Québécois. J’étais déjà presque une légende : c’est rare qu’un pédéraste ou amourajeux le dise ouvertement. Un des jeunes me plaisait particulièrement, mais il ne voulait rien savoir évidemment. Il avait pourtant le tour d’agacer quelqu’un. Il me confia aller souvent boire chez son concierge, car celui-ci lui tournait après plus assidûment qu’un inspecteur de police en filature.

Pour tuer le temps, nous avons fumé et regardé la BD, Les échos de la savane dont le sens de l’humour nous plaisait énormément.

  • Voilà des mois que j’aimerais voir quelqu’un mourir de peur. Nous allons refumer et nous rendre à la représentation du film L’exorcisme. Celui qui gagne a droit à la récompense de son choix. Tu sais ce que je veux? Te manger. Quant à toi que veux-tu?
  • Tu m’amènes au restaurant.

D’accord, mais pour ne pas nous ennuyer, nous essaierons d’imaginer une situation plus terrifiante.

Nous voilà tous les deux au cinéma, crampé de rire grâce à la marijuana, tandis que les gens autour de nous vivent dans l’épouvante totale. Certains s’enragent même de notre absence de peur et de nous entendre rire. C’est ainsi que j’ai songé à la même position d’un bonhomme gelé qui aurait lui une once de pot sur lui et qui ne peut s’empêcher de rire en écoutant un film d’horreur alors qu’il se sent traqué par trois flics des narcotiques qui essaient de le repérer dans le cinéma. Il ne peut pas s’empêcher de rire, malgré sa peur.

Nous sommes retournés à l’appartement plus joyeux que jamais. Nous avons à nouveau fumé. Je m’amusais comme un fou. Nous sommes allés prendre une bière chez le concierge qui me manifesta aussitôt une antipathie qui ne laissait aucun doute. Il était déjà jaloux de moi. Les aventures pédérastes sont tellement rares que la jalousie est encore plus présente chez eux que chez les hétéros ou les gais.

Le soir, je me suis enfin rendu dans le groupe des nouveaux amis de Jimmy. Eux ne me connaissaient pas.

À la maison, la table était garnie de pot. On travaillait à le mettre en sacs après l’avoir haché. Évidemment, on ne pouvait pas me faire confiance plus qu’il ne faut. J’étais nouveau, même si on me savait invité.  C’était déjà un miracle que je m’y trouve.

J’ai fumé à n’être plus qu’un nuage. Je me suis couché pour mieux jouir de la musique. Les filles défilèrent dans ma chambre. Elles en étaient fatigantes. Elles ne me tentaient pas, car j’avais peur de ne pas bander et d’être ainsi humilié. Comme il était entendu, le lendemain matin, je devais rencontrer leur grand patron.

Le matin, c’était presque la panique dans l’appartement. On me regardait de travers. Pour eux, je ne pouvais être qu’un flic puisque dans la nuit, je m’étais intéressé à aucune. Les questions fusaient de plus en plus pressantes, mais on n’osait pas aborder le sujet avec moi.

Nancy est apparue dans la porte d’une des chambres. En m’apercevant, elle n’a pas pu se retenir et s’est mise à rire comme une folle. Je n’y comprenais rien.

– Pépé! Ce n’est pas un flic, c’est Pépé (elle m’avait ainsi surnommé). C’est pour ça que vous avez toutes mangé de la poussière. Il est aux petits gars.

Le voile était déchiré. Nous avons ri, bu et fumé ensemble. À l’étranger, tu te tiens avec les tiens comme une bande de loups.

Nancy m’excitait de plus en plus. Gelé, je suis autant hétéro que quiconque. Un petit pervers polymorphe. Mes cauchemars d’adolescent sont  bien  loin derrière. Gelé, je n’ai pas peur d’être découpé en morceaux comme nous le disait Allo Police dans mon enfance. Mes peurs de ne pas bander disparaissaient aussi. Le plaisir l’emportait.

Malheureusement, son cavalier arriva. Il était très beau, ce qui compensait pour le désagrément d’avoir de la compétition. Il s’est joint à nous. Finalement, j’ai pu rencontrer le grand boss du gang. Rien n’avait été fait pour sortir Jimmy du trou. On craignait que la police repère le groupe si quelqu’un agissait en sa faveur. Quelle bravoure! J’avais le feu. Pauvre Jimmy !

Après quelques démarches téléphoniques auprès de la police, j’ai appris que Jimmy devait être libéré sous peu. Je ne pouvais pas aller le voir. J’étais descendu de Dawson Creek, de l’autre bout du BC, pour rien. Je me suis rendu au club retrouver mes nouveaux amis, ayant décidé de retourner le plus tôt possible dans le Grand Nord, à la porte du Yukon. Je ne voulais pas perdre trop de cours. J’aimais étudier la cuisine et je voulais avoir le plus tôt possible un métier qui me permette de travailler partout où je me rendrais. Cela me permettrait de voyager plus facilement, sans danger, car, je pourrais le faire en autobus.

Sur le pouce, le soir, j’ai dû m’arrêter à une auberge de jeunesse. Il y avait là un bonhomme extrêmement laid. Il me mangeait sans arrêt des yeux.

Habituellement, j’aime me sentir reluqué, c’est mon petit côté guidoune. C’est un contrepoids à mes complexes selon lesquels je suis trop laid pour attirer qui que ce soit. Je pensais aussi à cette époque que de me laisser tripoter, c’est parfois rendre service à un individu. Ça lui permet de déjouer ses scrupules. Un peu de plaisir lui donne l’occasion de laisser un peu de côté sa nature de martyr par frustration; mais dans ce cas je ne me sentais pas particulièrement attiré par ce sacrifice. Lui, il ne me plaisait vraiment pas. Il était encore plus laid que moi. On aurait dit le diable. Je ne me sentais pas en compétition avec La vraie nature de Bernadette, un film de Gilles Carl.

À la fin de la soirée, il m’invita à coucher avec lui dans la tente indienne. On manquait de place dans la maison. J’y voyais déjà nager l’anguille, même s’il n’y avait pas de roche. Par contre, je le trouvais tellement triste que je ne pouvais pas lui refuser ce privilège. En plus, ce n’était peut-être pas pour pouvoir m’enfourcher. Il y avait beaucoup de belles filles et c’était peut-être une façon de tirer d’embarras les responsables de l’auberge qui ne savaient pas comment répartir les endroits pour dormir.

Les filles sont toujours un problème quand il s’agit de se coucher. Elles ont toujours peur pour leur sexe. J’avoue que j’en avais un peu peur. La gêne est souvent la cause la plus importante de frustrations sexuelles, tout comme l’impression d’être laid, non désiré ou trop vieux pour plaire. À force d’être frustré, tu deviens plus malin, plus violent.

Dans la tente, celui-ci se coucha dans son sac à quelques pieds de moi. Il fit immédiatement semblant de dormir. Je l’avais mal jugé. Je me suis endormi jusqu’aux petites heures du matin. Je me suis réveillé parce que j’avais froid et je l’entendis sangloter en répétant : « No, I want do it. »

  • Il veut me poigner le cul et qu’il n’en a pas le courage, pensais-je. Il faisait vraiment pitié.

Était-il vraiment scrupuleux ou rêvait-il? Je ne savais plus quoi penser. Une seule chose était certaine, j’avais froid pour dix.

J’avais depuis quelques années une perception quasi missionnaire en ce qui a trait à la sexualité avec les vieux ou les laids. J’ai la certitude que la violence vient la plupart du temps des frustrations sexuelles. Aussi, je me suis presque créé un devoir de conscience d’être disponible à quiconque exprime une frustration que je peux soulager. Je le fais gratuitement, en me disant que vieux je serai bien content si un jour un jeune pense ainsi. J’ai souvent choisi le plus laid quand deux personnes me faisaient de l’oeil, en pensant : « qu’il doit avoir moins souvent l’occasion de vivre une telle expérience. Un geste qui lui sera profitable».

Nous avons qu’une vie à vivre, pourquoi la vivre dans la souffrance? C’est ma façon de combattre la violence et la misère. Si je pouvais faire plus, je le ferais.

Fort de cet esprit de solidarité humaine et voulant cesser de geler le plus vite possible; je me suis tassé contre mon compagnon. Je l’entendais avaler sa salive.

  • Quoiqu’il en pense, aie-je pensé, au moins je n’aurai plus froid.

J’en étais venu à souhaiter qu’il se décide s’il avait un problème de conscience. Il a fallu peu de temps avant que je sente une main à la recherche d’un endroit par où pénétrer dans mon sac de couchage. J’ai facilité l’opération et devenez le reste.

Ce bonhomme-là était devenu absolument heureux. Jamais je n’avais vu quelqu’un en profiter avec autant d’intensité et de joie. Il devait être affreusement frustré pour en profiter ainsi. Je suis persuadé que personne n’aurait pu lui rendre un plus grand service. Il était rayonnant, même beau dans son sourire. Cela l’avait tellement excité qu’il en pleurait, même s’il avait de la difficulté à éjaculer. J’étais fier de moi, promu dans ma vocation de « soulager les âmes en détresse ». Pourquoi ceux que les scrupules n’étouffent pas, comme moi, ne se prêteraient-ils pas aux besoins des autres ?

Au-delà des tabous ! Le besoin sexuel dans notre société est lié à la répression. Je suis convaincu que les crises diminueraient de 50 % si la société acceptait une approche sexuelle, basée sur la liberté, la compréhension de ce besoin naturel. Cependant, il faudrait du même coup être beaucoup plus sévère face à la violence et démythifier la sexualité.

Par expérience personnelle, je sais que si tu as fréquemment des relations sexuelles, tu perds tes obsessions. Celles-ci deviennent de moins en moins importantes, moins nécessaires. La qualité des relations avec les autres s’en trouve améliorer d’autant. L’autre n’est plus qu’un objet de désir, mais de découverte, une merveille à connaître. Je trouvais même parfois que j’avais trop de sexe. Ce n’est pas tout que d’avoir du sexe, il faut que cette relation comble aussi les besoins affectifs.

Le matin, après la vaisselle, j’ai remercié tout le monde sauf mon partenaire de nuit.

  • Tu ne me dis pas bonjour comme tout le monde?
  • Non, non. Je voulais te le dire dehors.
  • Je te remercie du fond du cœur. Tu es bien gentil de m’avoir non seulement deviné, mais m’avoir laissé me défrustrer un peu.

Mon bonhomme était au ciel. Pour un mystique, il était impossible d’espérer mieux. J’étais finalement fier de moi d’avoir rendu un autre gars temporairement heureux.

J’ai fumé et je suis parti à pied sur le bord de la route, goûtant aux merveilleuses Rocheuses, tout en faisant de l’autostop. Comme leur beauté avait été longue à découvrir!

C’était un dimanche, et le dimanche sur le pouce c’est souvent pénible. Je m’en fichais j’avais les deux yeux en pleine prière de remerciements pour une vue aussi belle. Comment ne pas parler avec Dieu devant d’aussi beaux paysages?

Un bonhomme s’arrêta et me fit embarquer.

  • Tu peux rendre hommage au Seigneur que je me sois récemment converti. Si je n’avais pas rencontré Jésus, je ne t’aurais jamais embarqué.
  • Curieux! J’ai toujours cru que Jésus ne veut pas que l’on se vante d’être charitable.

J’étais un peu furieux. Je déteste être embarqué par quelqu’un pour y subir un sermon. J’aime mieux me faire silencieux devant ces monologues stupides. Vivre son christianisme, en se vantant, c’est de l’hypocrisie. J’ai vite trouvé une raison pour débarquer.

J’ai été repêché par une fille qui craignait être violée, tout en le désirant. Elle m’a ainsi entretenu longuement sur les cours de défense qu’elle avait prise au cas où quelqu’un voudrait s’en prendre à sa virginité qu’elle avait certainement perdue il y a bien longtemps.

Me voyant examiner les montagnes, écouter la musique, sans chercher à parler, elle a compris que j’étais bien trop gelé pour être dangereux.

L’atmosphère s’améliora tellement qu’avant de me débarquer elle me proposa que nous prenions une chambre ensemble. Si j’avais eu de l’argent, cela aurait été un plaisir, car elle avait de jolis petits nichons, Valentine !

Bizarre, plus j’avais des petits gars, plus je m’intéressais aux femmes. Le jardin du voisin est toujours plus beau, j’imagine.

Je ne comprenais pas mon attraction pour les garçons et je voulais comprendre pourquoi je suis ainsi.

J’ai été embarqué à nouveau par un groupe de jeunes et comme ça arrive souvent sur le pouce, j’ai refumé avec mes bons samaritains. Ceux-ci se rendaient à Prince George.

Sur le bord de la route, la nuit était tombée, je me suis mis à craindre d’être devenu possédé du diable. Pendant la projection d’Exorciste, les apparitions du diable étaient plus vite que l’œil. D’ailleurs, la Cour les a fait enlever, c’était une façon de nous violer l’esprit. Cela était d’autant plus effrayant qu’elles ressemblaient comme deux gouttes d’eau au bonhomme avec qui j’avais passé la nuit.

Mon obsession était : « Tu as couché avec le diable. Tu ne peux échapper à ton destin qu’en te jetant devant une auto. C’est le pot, pensais-je. Gelé, je suis paranoïaque. Je dois résister. Il faut que je rendre en ville. Je coucherai en prison. Je ne peux pas y aller, les bœufs m’attendent pour me casser  les jambes ».

À chaque voiture, je n’avais qu’un espoir : résister jusqu’à ce que l’effet se dissipe. Résister. Résister.

Un camionneur m’a pris à bord de son vaisseau. J’ai voyagé avec lui jusqu’à ce qu’il s’arrête à un hôtel pour la nuit. Je gelais comme un dingue en petite blouse au pied des montagnes aux neiges éternelles.

La Colombie-Britannique (BC) est une province canadienne extraordinaire. Les montagnes au Nord ont un tout autre charme que les Rocheuses près de Vancouver.

Si je m’étais écouté, je me serais volontiers rendu en Alaska. On dit que c’est très beau.

Un sourire sorti d’enfer 27

novembre 13, 2020

Autobiographie approximative

pp. 208 à 215

Mes visites à Vancouver étaient marquées de plus en plus par des brosses à n’en plus finir.

Jimmy m’avait laissé tomber. Il avait fait connaissance avec un gai qui lui payait des gueuletons dans des restaurants étrangers et il forniquait avec un groupe de jeunes spécialisés dans la vente de marijuana. Jimmy essayait des drogues fortes plus souvent qu’à son tour. Qu’y pouvais-je? Je n’étais tout même pas son père. Plus je lui faisais voir les dangers de la drogue, plus il en mettait pour m’épater, croyant ainsi me faire peur.

J’ai profité dans l’après-midi de ma carte de membre du YMCA de Sherbrooke pour me baigner dans les magnifiques piscines du YMCA de Vancouver. Plusieurs personnes, des familles entières s’y baignaient nues. On était loin de la stupidité des Québécois face à la sexualité. Pas de paranoïa et le respect du corps comme quelque chose de très grand et non comme un péché ambulant.

J’ai rencontré un dirigeant syndical qui m’a expliqué que tout n’allait pas pour le mieux dans la province. Les syndicats étaient très déçus des politiques du NPD, particulièrement dans le domaine du travail. Les syndicats ne voulaient pas se taire, mais dès qu’ils ouvraient la bouche pour critiquer; les journaux, propriétés d’Américains anti socialistes étalaient en page une et de la façon la plus voyante possible toutes les critiques les plus virulentes. Tout était noirci, amplifié.

Les syndiqués considérant le gouvernement trop conservateur poussaient de plus en plus les dirigeants vers la contestation. Ainsi, le gouvernement était la cible des progressistes et des conservateurs.

C’est exactement ce qui se passe au Québec avec la manipulation des syndicats par la go-gauche. La go-gauche se fiche éperdument de l’Indépendance du Québec.

Le marxisme a toujours méprisé les minorités. Pour elle, il n’y a qu’une lutte : abolir le système capitaliste.

La go-gauche profite surtout aux libéraux fédéraux, car, elle mine petit à petit la crédibilité du Parti Québécois qui, bourgeois tant qu’on voudra, est le seul instrument pour obtenir pacifiquement l’indépendance.

En oubliant ses propres folies, la go-gauche pousse les conflits de façon à les rendre insolubles. Plus ça va mal, plus la révolution se fera vite. Elle oublie que la majorité a toujours choisi plus de conservatisme dans ces situations.

Cela fait l’affaire des anglophones qui refusent un Québec français. Les mouvements socialistes actuels au Québec sont dominés par les anglophones. La go-gauche au Québec joue ainsi en faveur de ceux qui s’opposent à la francisation. Ces mouvements emmerdent assez les gens qu’ils accélèrent un retour au conservatisme, mouvement concentré autour de Claude Ryan qui aimerait prendre le pouvoir en faisant renaître le vieil épouvantail de l’époque duplessiste: la peur des communistes et les crucifix qui disparaissent dans nos écoles.

Les Québécois même si plusieurs ne pratiquent plus sont encore très sensibles aux cordes de la harpe religieuse. Le Québec se suicidera-t-il comme la communauté francophone du Manitoba pour sauver les intérêts de l’Église catholique au Québec? Quand un peuple a besoin de deux saints pour dormir, c’est une réalité inquiétante.

En Colombie britannique, le BC, une bonne partie de la population craignait une invasion américaine si le parti au pouvoir réalisait son programme. Toute personne renseignée le moindrement connaissait la volonté américaine par le biais de la CIA de mettre fin à l’expérience socialiste au Canada.

Cette opération était connue sous le vocable : « Opération Étoile du Nord ». À mon avis, cette peur d’une intervention armée était non justifiée quoique l’intervention américaine à travers les journaux et les associations patronales fût évidente.

On aurait dit que le NPD avait le tour de se mettre tout le monde à dos en n’étant pas assez radical. Les industries qu’il étatisait étaient toujours en faillite ou presque. Plutôt que de changer la direction, la firme reprenait vie avec les mêmes administrateurs, mais sous un autre nom. Les gens interprétaient cela comme du patronage et une mauvaise capacité de gestion.

Avec le temps, les gauchistes ont fini par trouver le NPD aussi mauvais que le Crédit social, de droite. D’ailleurs, souvent le Crédit social avait des politiques plus socialistes que le NPD. Plusieurs ont abandonné la lutte. Pour les travailleurs, un parti ou un autre, ça ne changeait rien. Les grèves étaient recommencées de plus belle.

Les jeunes espéraient une libération de la marijuana et la légalisation des plages de nudistes. Ce fut un rêve vite abandonné. Les autorités ont essayé d’interdire le nudisme pour des motifs hypocrites. À Vancouver, on invoquait le danger des bancs de sable. Sur l’île, on prétendait que le nudisme nuisait au tourisme. Les vieux ont toujours paniqué avec la sexualité partout au Canada. La peur du sexe est une ignorance qui frise la maladie mentale à l’échelle humaine.

La jeunesse qui espérait un renouveau n’a pas pardonné un tel recul du gouvernement.  Pour les jeunes et les travailleurs, plus il y avait de changements, plus c’était pareil.

Sur le pouce, les plus vieux parlaient souvent de l’inflation, du problème de l’habitation à Vancouver. Pour eux, il s’agissait de la même  situation  qu’en 1929.

« Nous crevions de faim. Tout était rationné et pourtant un peu partout dans les hangars, la nourriture pourrissait à la tonne. Les grandes compagnies faisaient la pluie et le beau temps, mais aussi de bien meilleurs profits.»

Partout, les gens étaient insatisfaits, mais ils ne voyaient pas comment s’en sortir, car, les USA apparaissaient dans le portrait. « Il faudrait aller plus loin », disait-on, mais… la peur les a étouffés.

Le socialisme en Colombie britannique me déplaisait. Tout n’était qu’économique comme si les hommes étaient des robots. Exactement, comme cela se passe dans les syndicats du Québec. Le membre n’est qu’une cotisation.

J’ai écrit une lettre ouverte dénonçant la situation que le journal titra : « Are BC workers money monkeys ? »

Je ne voulais pas m’embarquer davantage dans le débat. Je n’étais pas chez moi au Canada. De plus, je n’ai rien contre le socialisme, bien au contraire. C’est une réponse très intelligente à nos problèmes. Par contre, comme toutes les idéologies, la réponse communiste considère encore l’homme comme un

membre à exploiter par le parti. Entre le capitalisme et le communisme, à cause du manque de respect de l’individu, je préfère le capitalisme, mais un capitalisme profondément modifié, un capitalisme beaucoup plus socialiste.

J’ai été choisi au Centre de la main-d’œuvre pour suivre un cours de cuisine, à Dawson Creek. C’était encore plus au nord, dans le BC, à la porte du Yukon. Cela m’enchantait. Je découvrais ainsi un nouvel aspect des magnifiques montagnes de cette province canadienne.

Malheur de malheur, dans mon dernier voyage à Vancouver, ayant dû coucher dans un terrain de stationnement couvert pour échapper aux pluies, j’avais attrapé des poux. C’est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un avant de se rendre à une nouvelle école. J’étais effrayé à l’idée d’en avoir encore et de les passer à mes compagnons. J’ai travaillé une semaine à les faire disparaître. J’avais de la difficulté à dormir à cause de la peur de ne pas arriver à me départir assez vite des grattements qu’ils provoquent. J’ai plus honte des poux que du sexe et dans les deux cas, je ne suis pas le principal responsable.

À mon arrivée à l’école, j’étais fasciné. Non seulement j’ai pris une douche avec les plus jeunes et les plus beaux étudiants; mais je partageais la chambre avec celui qui me plaisait le plus. Un magnifique petit bonhomme de seize ou dix-sept ans. Très intelligent.

Celui-ci trouvait comiques et dangereuses les caricatures que je faisais parvenir à notre Boubou national, premier ministre du Québec. Cependant, je n’ai pas écrit la lettre ouverte dénonçant la Société générale de financement du Québec, comme le voulait Jimmy. Celui-ci prétendait que la SGF servait à un groupe de libéraux pour créer des industries que le gouvernement rachetait, dès que le déficit devenait trop pesant. Un système de patronage scandaleux! Mais, je n’avais pas de preuves et j’étais loin de la politique québécoise.

Le premier avant-midi fut sans incident. Le midi, nous nous présentions les uns aux autres. Si mon intérêt porta immédiatement sur une magnifique Indienne, pour la majorité des autres étudiants, j’étais l’objet parfait de la curiosité parce que je venais du Québec.

Évidemment, les questions ne tardèrent pas à fuser sur mon pays.

  • Es-tu en faveur du Parti Québécois ?
  • Il n’est pas assez radical, mais il présente un compromis acceptable, pourvu qu’il ne finisse pas aussi conservateur que le NPD.
  • T’es donc pour le FLQ ?
  • Fais attention à ce que tu dis ici, nous pensons que Burney est un indicateur de la police RCMP (GRC).

Il faut dire que la GRC a toujours placé des indicateurs dans les milieux étudiants. Cela avait même été dénoncé à l’université Bishop, à Lennoxville, une université où ni le FLQ, ni la go-gauche n’ont encore mis le gouvernement en danger. Après cela, le Canada fait croire qu’il respecte la liberté de penser.

Quant à Burney, il se prétendait non seulement curé d’une paroisse d’Alberta, mais aussi le maire de cette petite municipalité. Cette présomption que Burney était de la GRC a augmenté quand celui-ci refusa de répondre à nos questions.

La solidarité entre jeunes dépasse souvent les frontières artificielles des pays, ces espèces de jouets politiques des aînés. À cet âge, tu n’as pas encore de placement à défendre et tu te sens plus humain.

Tout allait pour le mieux. Je m’entendais à merveille avec tout le monde. Je vivais avec des petits gars charmants et une petite Indienne venait émerveiller mes regards. Elle était vraiment très belle.

À la fin de l’après-midi, le chef du département est venu me trouver.

  • Tu ne sais pas encore comment te raser ?
  • Je ne peux pas. Je n’ai pas de rasoir et je n’ai pas encore été payé. Je ne peux pas en acheter un maintenant, je n’ai pas un sou. Je le ferai dès que je le pourrai.
  • Si tu ne t’es pas rasé demain, ne reviens pas.

J’étais bien malheureux. Je voulais absolument suivre ce cours et je risquais d’être congédié parce que je n’avais pas assez d’argent pour m’acheter un rasoir. Une affaire archi- stupide.

Un des jeunes qui m’appelait « Gros Jambon » m’invita à souper chez lui. Ce jeune me fournit aussi le rasoir tant espéré.

Ce soir-là, nous avons longuement discuté de politique. J’ai essayé autant que j’ai pu d’atténuer le mythe du Québécois raciste et violent. J’ai essayé de lui faire comprendre qu’à mon avis le FLQ a toujours été une arme défensive contre les fédérastes. C’est comme le coup de poing que tu donnes à force de te faire écœurer. Pour te défendre.

J’ai poursuivi mes études dans un état de quasi-pauvreté, car j’ai réussi à obtenir une petite avance et m’acheter un rasoir. J’avais une excellente relation avectous les étudiants, sauf un, qui détestait les francophones et qui inventait toutes sortes de bêtises pour me provoquer. Ainsi, un jour pour m’écœurer, a-t-il traduit le sigle FLQ par Funny looking Queer ou drôle de tapette. Cet étudiant ne jouissait pas d’une grande popularité auprès des autres, mais cette blague était bien rie.

La ségrégation s’est accentuée plus fortement sur l’Indienne qui, exaspérée, a laissé les cours.

En dehors des cours, je me rendais à la bibliothèque ou à la piscine où j’avais une foule de petits amis Indiens. Je vivais le parfait bonheur. Personne ne m’emmerdait, je ne pouvais pas demander mieux. Seul, l’argent manquait, c’est l’histoire de ma vie comme pour c’est le cas pour beaucoup.

Quand nous devions recevoir notre chèque, ce fut toute une déception. La grève de la poste paralysait tous les services. Comment survivre? C’était déjà un miracle d’avoir tenu jusque-là. Cet événement m’a cependant permis de voir comment les autorités me saisissaient :

  • Tu n’as qu’à téléphoner à ton chum et lui demander de régler la grève plus vite.
  • Quel chum ?
  • Le premier ministre du Canada, ton ami Trudeau, voyons !

J’oubliais facilement cette vision bien particulière des gens de l’Ouest. À leur avis, P.-E. Trudeau était le seul vrai et unique chef du FLQ. C’est une bien bizarre idée. Trudeau a beau être devenu un conservateur libéral, il demeure un leader antinationalisme québécois. La nomination du dernier gouverneur général le  démontre  bien.  Les  libéraux  sont  prêts  à  se  liguer  avec  la  go-gauche  et l’extrême droite dirigée par Claude Ryan pour battre l’indépendance du Québec.

Certains anglophones sont tellement racistes qu’ils n’arrivent pas à comprendre que Trudeau a vendu le Québec pour un plat de lentilles depuis belle lurette

Pour eux, il suffit que Trudeau porte un nom français pour le haïr. Au contraire, au Québec, ce nom français permet d’anéantir le Québec autonome. C’était d’un ridicule absolu. Trudeau est haï par les nationalistes québécois, donc, ce n’est sûrement pas le chef de file nationaliste québécois.

J’avoue que bien des Québécois se sont un jour demandé si Trudeau ne s’est pas fait élire pour écœurer les Québécois et ainsi les aider à prendre conscience de leurs contradictions et accéder plus vite à l’indépendance.

C’était l’avis des anglophones d’où ceux-ci le détestaient-ils autant. Trudeau pour un Anglais, c’est le suprême affront : un francophone au pouvoir, qui plus est, un francophone qui réussit, là où échouent tous les anglophones. C’est humiliant pour un groupe ethnique qui se croit supérieur. Plus les années passent, plus c’est évident.

Cette vie joyeuse m’a permis de rêver de faire renaître l’émission radiophonique francophone, qui éblouissait les ondes à Dawson Creek.

J’ai donc rencontré un groupe de francophones pour discuter de l’assimilation, essayer de comprendre comment elle se fait et comment s’y opposer.

Le principal problème des francophones de l’Ouest : ils doivent payer pour étudier dans leur langue. Le Québec est la seule province à fournir un réseau d’écoles bilingues, un réseau où souvent les anglophones ont même plus d’avantages que la majorité francophone.

Pour suivre des cours universitaires, les jeunes francophones de l’Ouest doivent s’expatrier. Pourquoi? Pour revenir dans un pays qui, d’une autre langue et d’une autre culture, refuse leurs diplômes et leur compétence.

Parce que tu es un francophone, tu es perpétuellement un immigrant dans ton propre pays, le Canada. Tu es consacré par ta culture à être un                  « inférieur». Les bons emplois, ce sont les Anglais qui les ont. C’est l’essentiel du problème. Le bilinguisme sert à cacher cette réalité.

Pour faire croire dans le bilinguisme, il faut bien lâcher des miettes: dans les hebdos, parfois à la radio.

En refusant la culture québécoise et en ne présentant que du western, les jeunes sont sans cesse en état culturel de minoritaires. Comment ne pas avoir honte d’une culture aussi maigre? Comment s’intéresser au problème en rejetant le Québec, la voix française en Amérique? La France a d’autres problèmes. Sur le plan social, elle est même cent ans en arrière du Québec. C’est un pays figé. Plutôt que de passer pour des arriérés, les petits francophones s’anglicisent.

Avec le bilinguisme, il ne reste plus au fédéral que d’attendre que s’éteignent les francophones de l’Ouest et que le bilinguisme au Québec mine assez la francité pour qu’il passe aussi au broyeur de l’assimilation. Tout devient clair.

Ce n’est pas pour rien que la radio francophone présente autant de succès américains et anglais dans le domaine de la musique. L’assimilation passe par le chemin de l’oreille, de l’âme. Il faut amener l’individu à choisir l’anglais pour

améliorer son standard social, sa fierté. Les communications ont pour objet d’angliciser le Québec à long terme.

Je voulais organiser une émission pour faire renaître chez les jeunes francophones la fierté de leur culture, une culture bien supérieure à tout ce qui existe en terre du Canada anglais.

Si à l’école le chef du département cherchait tous les moyens et toutes les raisons pour me tomber dessus, la chaleur des jeunes compensait bien.

Burney, pour sa part, me collait de plus en plus comme une mouche. Je lui ai raconté les plaisirs de la vie de candidat Rhinocéros alors qu’en échange, il me raconta sa candidature dans un parti d’extrême droite. J’étais de plus en plus certain qu’il était indicateur de la GRC.

Je ne lui ai pas caché ma pédérastie. Je l’ai même invité à m’accompagner à la piscine rencontrer mes petits amis. Il jouissait déjà de sa capacité à me faire prendre sur le fait. Ce ne pouvait pas être plus dangereux.

Malheureusement pour lui, dès que j’ai mis les orteils à l’eau, une dizaine de jeunes me sautaient dessus, aux rires de leurs parents qui nous observaient.

La décence scrupuleuse est une paranoïa  religieuse,  une  forme  de schizophrénie, un délire entretenu depuis l’enfance qui nous répète que nous sommes pécheurs. On entretient ainsi la peur de la mort, la haine de son corps. L’ultime punition étant l’enfer. Le jugement est même double : particulier et général.

Ces jeux avec les petits Indiens me rendaient le plus heureux des humains. Ils n’ont pas du tout plu à Burney qui a quitté la piscine ouvertement en colère. Ces fous de la victimologie quand ils se rendent compte qu’ils se trompent préfèrent ne rien voir, ne rien écouter, et conserver leur idée que ces pauvres enfants souffrent quand ils jouissent.

Tout allait pour le mieux quand j’ai reçu une lettre voulant que Jimmy et tout son groupe d’amis soient en prison. J’étais seul à parler anglais, aussi j’ai cru de mon devoir d’ami de me rendre à Vancouver. Être en prison, à plus de 5,000 milles de chez toi, dans un pays étranger et une langue étrangère, ce doit être affreux. Au nom de l’amitié, je ne pouvais pas rester égoïstement à Dawson Creek. Je suis descendu sur le pouce le plus vite possible à Vancouver.

Je n’avais pas d’endroit où me rendre à Vancouver. Je ne voulais pas coucher encore une fois sur le plancher d’un terrain de stationnement de peur de rattraper des poux.

Un sourire venu d’enfer

novembre 12, 2020

Un sourire venu d’enfer 26

Autobiographie approximative

pp. 200 à 208

Les journées se ressemblaient toutes, sauf quand je me rendais à Prince George.

J’y retrouve ma seule raison de vivre : les petits gars.

Le soir, je me rends à la piscine ou dans les toilettes du terminus, car j’y rencontre souvent un petit Indien de quatorze ou quinze ans qui fait tout pour m’aiguiser. Ou encore, je partage la chambre avec des petits gars de passage. Ils m’arrivent comme sur un plateau. On dirait que le directeur connait mes goûts et m’envoie les jeunes qui se présentent.

J’ai vécu ainsi une aventure d’une semaine avec un jeune albertain de seize ans. Francophone, il avait été assimilé à cent pour cent. Il ne savait plus un mot de français. Nous partagions la même chambre, aussi n’avais-je pas hésité à lui tenir la conversation, glissant à quelques reprises ma fascination pour  sa beauté.

Il était très scrupuleux, très attentif à tout ce que les autres pensaient de lui. Quand il s’est déshabillé, il semblait mal à l’aise comme s’il aurait pu être vu par toute la ville.

  • Sois sans crainte, les fenêtres sont trop hautes. Personne ne peut te voir ici.
  • T’en es sûr ?

J’écrivais une lettre dans laquelle j’exprimais mon vif désir pour ce petit  blondin et le désappointement de demeurer sur ma faim. Plus je le regardais, plus je le trouvais beau. Je ne pouvais pas m’empêcher de le toucher. Comment faire? Je discutais avec lui, tout en le mangeant des yeux.

Un moment donné, j’ai vaguement eu l’impression qu’il venait de comprendre mon intérêt. Non seulement il me tenait compagnie, mais il se mit à poser, à se la poigner.

C’est invraisemblable! Combien de jeunes se trouvent laids et sont étonnés que quelqu’un puisse, au contraire, en être fasciné. Dans ce cas, les jeunes trouvent beaucoup d’avantages à connaître la pédérastie. Ils se sentent enfin revalorisés, voulus, aimés, adorés quand ils rencontrent un véritable pédéraste (amourajeux).

Les compliments sur la beauté de sa peau m’ont permis de lui demander de le toucher pour comparer les sensations de la vue et du toucher. J’ai fini dans son lit, l’esprit au ciel profitant sans doute de ce privilège que l’on appelle contempler Dieu face à face. L’extase.

Seul un beau petit gars comme lui me permet de connaître cet état d’esprit. C’est une espèce d’ensorcellement, d’envoûtement, une dégustation de l’âme dont la faim ne s’épuise jamais. Au lieu d’être coupable d’être pédéraste ou amourajeux, je ressentais davantage le privilège relié à cette déformation de l’attrait sexuel. Une raison de remercier Dieu. L’amourajoie est une félicité indescriptible, le langage d’âme à âme. Une complicité. Un échange d’énergies vitales. Elle enveloppe la pédérastie qui elle est plus génitale.

Cette aventure passionnée avait des effets très positifs sur lui. En ma compagnie, il semblait moins gêné, plus capable de converser avec les autres, plus sûr de lui et plus fier de son corps. Sans qu’il ne dise mot, je le savais auparavant un petit complexé. Il ne passait plus d’heures seul à se tourner les pouces et à brasser du noir. Depuis notre aventure, il nous accompagnait au restaurant, prenait part aux discussions.

Quand je l’ai quitté, ce n’était plus le même petit gars. Il ne m’attachait plus d’importance. Il cherchait ailleurs pour savoir s’il pourrait revivre avec un autre ce qu’il venait de découvrir. Et, ça semblait très bon. Il avait enfin saisi le vrai sens de la vie : chercher le bonheur. Notre société nous force à nous mépriser si on a le malheur d’avoir la libido un peu forte.

Dans la Colombie-Britannique, les gens étaient généralement très gentils. C’était un charme d’y faire du pouce. Les vieux étaient particulièrement attachants.

L’un d’eux a déjà fait 200 milles de plus parce qu’il aimait discuter avec moi. Il prétendait être un ami du premier ministre du BC. Tout y  est  passé : l’éducation, la révolution, les problèmes du Québec, etc. À la fin de la journée, il me laissa sur le bord de la route puisqu’il devait se trouver un endroit où passer la nuit. La pluie commence à tomber. Le vieux revient presque aussitôt parce qu’il ne veut pas que j’aie de la misère. Nous discutons à nouveau jusqu’à minuit et le lendemain, il fait un cent milles de plus pour nous donner le temps de finir nos argumentations.

Quand il m’a laissé, nous étions devenus de bons amis. Il m’a souhaité la meilleure chance possible et en me regardant du coin de l’œil, il me dit, sourire aux lèvres : « pas trop de FLQ! ».

Je n’avais à aucun moment parlé de violence. Peut-être m’avait-il perçu autrement que je le croyais. Ce vieux était formidable. Il a abandonné une haute situation pour s’acheter une ferme, vivre une dernière idylle avec sa maîtresse d’école et voyager. Il était bien plus jeune, malgré son âge, que bien des jeunes que je connais.

J’étais aussi très fasciné par les clochards. J’apprenais beaucoup de choses d’eux, même si plusieurs après quelques paragraphes se mettent à déparler.

Comment peuvent-ils vivre dans un tel état de mendicité? D’où tiraient-ils leur courage? Souvent ce sont des gens qui ont eu une fortune ou de belles situations. Ce sont toujours des gens qui n’ont pas su surmonter leur difficulté. Ils ont décroché lors d’une trop grande épreuve qui les a marqués à jamais. Ils sont beaucoup plus à plaindre qu’à blâmer. J’y voyais ma vocation. Un ami qui a fait ma carte du ciel m’a prédit que je mourrais dans la mendicité la plus absolue… il suffit d’une crise économique pour que sa prédiction se réalise, car je vis seulement avec ma pension de vieillesse.

Je me retrouvais en eux. Comme eux, j’étais banni. Politiquement rejeté, socialement scandalisant. Notre société ne peut pas admettre que nos réflexions la remettent en question. Il faut obéir aveuglément.

Comment échapper à ce destin? Je ne voulais plus endurer les jugements des supposés gens de bien. Je me voyais déjà un clochard. J’aime boire. Je suis un raté par excellence. Trop honnête pour être journaliste, trop vieux pour changer de métier, trop radical et politisé pour avoir un emploi stable. Comme Samson (pas le policier, mais le vrai Samson), je tenais à mes  cheveux  et  à  ma  langue.  Vivre  sans  passion,  sans  petits gars, autant crever.

Je ne pouvais pas avoir un autre avenir que l’échec. Après être exclus des journaux, je serai oublié dans la mer littéraire. On trouvera bien une raison pour m’empêcher de publier. J’irai mourir dans une chambre de Bagota, poignardé par un gamin. Je mourrai en l’embrassant ou en le suçant, en pleine éjaculation. Ce jour-là, le soleil sera heureux. Il aura récupéré quelques rayons perdus dans ma carcasse. Le seul moyen de bien mourir, c’est de bien vivre. L’éternité est à l’image de l’instant même de ta mort d’où faut-il bien vivre chaque instant pour ne pas être surpris au moment où tu es malheureux, car tu le serais à jamais, si éternité il y a.

Je vivais mes meilleurs moments sur le pouce. Je goûtais de plus en plus la beauté des Rocheuses. J’aimais me sentir dans ce décor grandiose, si petit dans un si grand panorama. L’air pur jouait aussi un rôle important. Le ciel sent certainement bon…

Souvent le pot me permettait une perception plus poreuse des décors, une pénétration plus intime des vibrations. Le pot est un produit assez extraordinaire. Ceux qui sont contre n’y ont jamais goûté. Quiconque a fait l’amour une fois drogué sait que rien ne peut égaler cette sensation de bien-être particulièrement quand tu viens.

Le pot n’a pas le même effet pour tout le monde. Il ne fait qu’amplifier ta personnalité, la qualité de tes sens.

Quant à moi, il me rend plus contemplatif et parfois plus peureux, plus paranoïaque. Je suis en même temps plus niaiseux et plus drôle. Drogué, parfois, je sens que je n’ai pas de culture. Je m’en veux d’être aussi vide, si peu intelligent. Je n’ai pas d’argent et je n’y tiens pas. Je suis heureux d’être ainsi, de me contenter de peu.

J’admire. Je bois la vie. Je suis fasciné. Parfois, c’est un trait de caractère déplaisant parce que je me sens souvent inférieur aux autres. J’avoue ne pas savoir ce qu’est de se sentir aimé.

Je n’ai pas toujours besoin de pot pour être drogué. J’ai souvent failli me faire tuer parce qu’en méditation je passais sur des feux rouges que j’avais vus verts. Je vois ce que je veux. J’oubliais le volant alors que je conduisais une auto; je m’apercevais que l’autobus était plein sans avoir vu personne entrer. Je pleurais parce que je me sentais subjuguer par une trop grande beauté. Je suis toujours accroc devant un petit gars. Je ne peux pas dissimuler mes sentiments. Je m’excite ou encore, comme me disait Frédéric : « Toi, c’est facile de savoir si un petit gars te plaît, tu bandes des yeux. »

Jamais un sens n’aura été aussi important pour moi que la vue. La vue, c’est un moyen de connaître, d’apprécier, de jouir. Je suis pédéraste amourajeux juste à cause mes yeux. Je ressens une jouissance foudroyante quand le visage d’un petit gars me plaît. Je cherche aussitôt à voir si son corps est en harmonie avec son visage. Je veux savoir s’il est aussi beau de partout. Si tout est bien balancé. Si sa peau est comme le duvet, lisse et tendre? Quelle est sa réaction quand il jouit? Quel est son caractère? J’aime les petits gars intellectuellement curieux et éveillés. Il me pousse dans mon besoin de connaissance aux derniers retranchements. La jouissance intellectuelle est encore meilleure que la jouissance physique.

Aimer un petit gars, c’est comme contempler une peinture qui nous éblouit; c’est être aveuglé et découvrir l’objet contemplé du bout des doigts. C’est chercher à le connaître, chercher dans sa voix, s’il est timide ou vaniteux, actif ou passif. C’est vouloir percer son langage non verbal. Le connaître à travers sa démarche physique.

Je devrais aimer les pigeons parce que je réagis comme eux devant un petit gars. La contemplation, c’est quasiment un don. C’est jouir par la beauté, l’harmonie, les vibrations. Le langage sensuel. Faire le vide pour tout recevoir, tout goûter d’eux. La lumière est un pas dans l’infini. Un regard à l’échelle des atomes. Une sensation de la fluidité des choses, même des roches. Le sourire est un éclair de joie. Un voyage dans l’apesanteur. C’est vivre plus vite que la lumière. Un clin d’oeil à l’énergie cosmique.

J’ai bien aimé le BC, mais Pauline Julien me manquait. Je voulais entendre du français.

Je me suis présenté au journal francophone « Le Soleil », de Vancouver. Après diverses rencontres, il fut entendu que j’écrirais de temps en temps des articles sur la communauté francophone. Rien de difficile, un petit réajustement temporaire de circuit dans ma vie.

À cette époque, j’ai rencontré un groupe de Québécois. Le plus jovial venait du Lac-Saint-Jean. Obélix était un gars de Sherbrooke. On l’appelait ainsi parce qu’il ressemblait à celui de la bande dessinée et avait une obsession parallèle : il aurait toujours voulu claquer un Anglais plutôt qu’un Romain. Nous avons essayé de tuer l’ennui que l’on nomme ça « voyou » ou pas. On avait du plaisir, même si c’était souvent complètement fou.

Un après-midi, nous nous sommes mis en cagoule, question de savoir comment réagiraient les gens. À la bibliothèque de Vancouver, pas un geste. Les gens nous regardaient et retournaient aussi vite à leur lecture. Ils n’avaient  même  pas la curiosité de savoir ce que faisaient des cagoulards à cet endroit. Les anglophones sont de vrais morts ambulants. Je n’ai jamais rencontré, sauf en province, en France, après 11 heures le soir, de gens aussi peu vivants.

Fort de cette expérience, nous nous sommes rendus dans un chic hôtel de Vancouver où nous nous sommes prosternés devant quelques mots de français. Un Québécois qui y séjournait est venu s’informer à savoir ce qui se passait. Nous lui avons expliqué que nous voulions créer une nouvelle secte religieuse, car c’est le meilleur moyen pour devenir riche le plus rapidement et avoir le maximum d’occasions de faire l’amour, tout en l’interdisant aux autres pour ne pas avoir de concurrents.

Devant le peu d’intérêt de la population, nous sommes repartis pour visiter cette fois, un centre de vente d’objets précieux. Nous n’avions même pas songé dans notre délire au danger que la police interprète mal notre présence et nous tire dessus. Cela aurait pu arriver. Quels cons!  Aucun de nous n’avait de mauvaises intentions, nous voulions rire et connaître la réaction des gens. Il n’y en a pas eu. Heureusement, pas de policiers non plus.

Vancouver, c’était la mort. Nous sommes partis pour le nord à la recherche de nouvelles sensations. Nous avons bien ri ensemble.

Dans les auberges de jeunesse, il était souvent possible d’y voir pendre une photo de la reine Élisabeth II. Nous avions trouvé dans un magazine une caricature de sorcière qui ressemblait beaucoup à la souveraine du Canada. La nuit nous subtilisions la photo d’Élisabeth par cette caricature. Quand les Anglais s’en apercevaient, c’était le remue-ménage. Pire qu’un vol à main armée dans lequel toute la population de toute la ville aurait été tuée. Un tel fanatisme pour la reine nous faisait bien rire. Comment des gens peuvent-ils être aussi arriérés ?

Si vous voulez pousser l’Ouest au séparatisme, le Québec n’a qu’à s’afficher carrément contre la souveraine et demander qu’elle soit retirée de nos institutions. Toucher à l’image de la souveraine, c’était plus grave que le rapace violant la vierge, dans Les fées ont soif, de Denise Boucher. Nous n’avions rien contre la reine elle-même. Ce serait même une personne assez gentille. Juste pour la beauté du prince André, j’apprendrais à marcher sur des œufs. Cependant, ce culte des vieux Anglais est la marque de leur conservatisme et l’affirmation de leur prétendue supériorité.

Malgré mes efforts, il m’était impossible d’obtenir un emploi.

Les proposés au travail m’ont formellement défendu de travailler dans  les  mines : un gars de ta trempe intellectuelle n’a pas le droit de se polluer le cerveau dans un travail aussi servile. Belle invention ! Je ne pouvais rien faire. C’était comme au Québec : je ne peux pas être journaliste, je suis trop radical. Je peux travailler dans une usine, mais je n’ai pas assez d’expérience, on ne m’embauche pas. Je ne peux pas travailler au gouvernement, j’ai un dossier judiciaire et je ne peux pas travailler dans les associations qui me plairaient, je suis amourajeux (pédéraste) et je ne m’en cache pas, bien au contraire. La lutte pour de droit d`être de n’importe quelle orientation sexuelle, pourvu qu’on y respecte la non-violence et le consentement mutuel, faisait partie intégrante de ma révolution.

Évidemment, je suis aux yeux des autres, un paresseux ou un « bum ».

Je reçois du bien-être social et ça me révolte. Je veux travailler. Baptême ! Vouloir travailler, ce n’est pas en demander tant que ça.

Je pourrais physiquement faire autre chose qu’écrire. Mais quoi? J’avais parfois envie de faire comme un gars de la construction à Prince George : entrer avec un bâton de baseball et menacer tout le monde de leur casser les deux jambes, si je ne trouvais pas un emploi. Quand tu t’ennuies, ou t’apprends à rire ou tu te révoltes.

Au début, je riais, j’étais avec un groupe pour qui, le rire est aussi important que le boire.

Seul, j’ai commencé à trouver ça moins drôle. J’ai même cherché un emploi dans ceux réservés aux femmes. Ils m’ont refusé évidemment parce que je suis un homme. Dans un monde libre, il ne devrait pas y avoir de différence entre le fait d’être un homme ou une femme. Évidemment, on me regardait de travers. Pourtant, personne n’a jamais été capable de me prouver que je ne peux pas être un aussi bon secrétaire ou gardien d’enfants qu’une femme. Elles veulent bien des emplois masculins… J’aurais été moins manipulable qu’une femme?

J’aurais cherché à faire augmenter les salaires? Les femmes sont toujours moins bien payées. Bizarre que les femmes aient plus peur des pédérastes que des machos. Ce sont pourtant les machos hétéros qui les battent. C’est vrai que j’aurais eu l’air bête sur les genoux du patron. Un trou dans le fond de mon jean.

Il ne me restait plus qu’à rire, boire, chanter et voyager. Vivre mon adolescence. Je suis retourné à Vancouver.

Mes relations avec le journal francophone le Soleil ont fait renaître une vieille passion : le journalisme. C’est ainsi que j’ai pu constater que si la population du BC n’est pas raciste, il n’en est pas du tout de même pour les fonctionnaires. L’intérêt pour l’information me replongea nette, drette, frette, sec, en politique. On ne peut pas se sortir de la politique : même la qualité de l’air que l’on respire est politique.

À Prince George, j’ai appris que les francophones ne peuvent pas bénéficier du service français de radio et télévision à cause de la présence d’une base militaire canado-américaine qui refuse une langue étrangère dans son environnement.

À Terrasse, les gens se plaignaient que les services sociaux du fédéral donnaient des cours  de personnalité  qui excluent toute remise en question de  la société. Le fédéral acceptait une francisation désincarnée. Ces cours étaient de vrais services de propagande au service de l’unité nationale. Dans ces cours, tout ce que l’on apprenait est : le Canada est bon puisqu’il vous offre ses cours.

Le fédéral a toujours eu un besoin maniaque de se faire valoir, car il sait qu’il vit aux dépens des provinces. Il a les revenus, mais ce sont les provinces qui ont les dépenses… C’est une des différences essentielles entre une fédération et une confédération.

Après quelques articles, j’ai dû constater les limites du Soleil.

Le journal vivait en grande partie avec des abonnements anglophones et gouvernementaux, car le Ministère de l’Éducation du BC s’en servait pour l’enseignement du français dans les écoles. Les autres moyens de survivance provenaient d’Ottawa qui favorisait la culture venant de France, moins subversive pour l’unité nationale que celle du Québec.

Les subventions étaient surtout accordées aux organismes regroupés autour des curés. Et, dans l’histoire du Canada, comme ailleurs, le haut clergé a toujours été du côté du plus fort.

J’ai temporairement été tenté par ce messianisme voué à plus ou moins brève échéance à la faillite.

Le Soleil ne devait rien dire d’important ou crever; mais j’avais enfin grâce à ce journal, l’opportunité d’avoir un emploi. Le directeur du journal m’a dit avoir communiqué avec la direction de la Tribune qui aurait dit : « Simoneau. C’est un ultra-radical. Si vous le maîtrisez, vous avez le meilleur journaliste qui soit; mais s’il vous échappe, vos problèmes commencent. »

J’étais extrêmement fier de cette appréciation de mes ex-patrons, si vraiment le Soleil a communiqué avec eux. Le constat était très juste à mon avis. J’ai beaucoup de difficulté à me calmer les nerfs et comprendre qu’on ne vit pas dans une société sans défauts. Je suis beaucoup plus frileux sur l’honnêteté, la justice sociale que sur la chasteté.

J’ai quitté le Nord pour participer à une entrevue à Vancouver. Faute de fonds, j’ai dû coucher dehors. Journaliste, je perdrais à nouveau ma liberté. J’ai vite ravisé mes positions. Pourquoi encore me sacrifier pour une cause perdue? Plutôt que le dire aussi franchement, j’ai posé des conditions quant à la liberté d’expression. Elles étaient si peu réalistes que moi-même si j’avais été patron je les aurais refusées. J’exigeais d’y débattre la liberté sexuelle, de faire la guerre au racisme de la police de Vancouver, d’écrire tout ce que l’on me déclarait, même les appels aux armes. Je ne voulais pas être un journaliste-diplomate, mais écrire la vérité toute nue. Le journal ne pouvait pas accepter un tel point de mire, c’était se condamner à disparaître. C’est une réalité pour laquelle j’ai toujours eu des problèmes de compréhension. Pourquoi l’honnêteté est-elle impossible dans nos institutions d’information surtout politiques ?

Le Soleil ne pouvait même pas dénoncer les fonctionnaires du ministère de la Main-d’œuvre qui répondaient à l’association provinciale regroupant plus de 100,000 francophones : « Si vous n’êtes pas contents, vous n’avez qu’à déménager au Québec.»

Une autre preuve que le bilinguisme en dehors du Québec a toujours servi de paravent, de mensonge aux politiques linguistiques de Trudeau.

Le Québec a toujours eu une âme de missionnaire. Tant qu’il fut possible de faire croire que les programmes pour les francophones sont réellement aptes à assurer la survie du français, l’unité canadienne était consacrée. C’est pourquoi le fédéral a artificiellement maintenu la francophonie dans l’Ouest. Enlever le monopole de la francophonie au Québec et jouir en même temps des avantages d’être dans le Commonwealth britannique.

Même les francophones n’aidaient pas le journal, lequel était pourtant un outil essentiel de survie. À Maillardville, la seule école française, établie grâce aux dons des lecteurs du Devoir, était devenue anglophone.

Les   journaux anglais   commençaient   à    combattre    la    loi 22    parce qu’elle prétendait faire du français la seule langue officielle au Québec.

Pas un journal anglophone n’acceptait de présenter les Québécois sous leur vrai visage. Défendre le droit du français au Québec, c’était selon eux être raciste.

Malgré nos écrits pour démontrer les preuves à l’appui que la minorité anglophone au Québec est mieux traitée que toutes les minorités partout au Canada, aucune lettre ne fut publiée en ce sens. Même les journaux socialistes et marginaux refusaient de sortir  la  vérité.  La  solidarité  coast  to  coast  existait seulement quand ça faisait leur affaire : pour avoir des votes.

Le NPD était aussi raciste que les conservateurs et les libéraux, mais un peu plus hypocrite.

Pour le gouvernement provincial, le moyen inventé pour accélérer l’assimilation, tout en se blanchissant les doigts, était de ne rien faire, d’attendre. Beaucoup de gauchistes à Vancouver se demandaient pourquoi le Canada serait français- anglais et non chinois-anglais, cette minorité étant aussi importante en nombre au BC que les francophones.

Un sourire venu d’enfer 25

novembre 11, 2020

Un sourire venu d’enfer 25

Autobiographie approximative

pp. 191 à 200

Par contre, la chicane est de plus en plus vive entre moi et Jimmy. Je lui pardonnais mal sa peur maladive des Mexicains alors qu’il avait toujours joué au brave, à l’exploiteur en herbe.

Le travail est rare et la rémunération est très faible. Nous nous sommes embarqués dans un bateau qui prenait l’eau : travailler en voyageant. C’est plus facile à dire qu’à faire. Les Chicanos sont surexploités, c’est connu de tout le monde. Et, nous sommes avec eux à chercher le même soutien économique.

Le soir, nous décidons d’aller coucher dans un Jesus Save. Nos finances sont trop basses pour se payer une chambre. Nous avons dû attendre plus d’une heure avant d’entrer dans le Jesus Save, à San Francisco. Les dirigeants nous mangeaient au nez un succulent repas.

Pour avoir droit à la nourriture, il fallait nécessairement assister au sermon. Nous attendions impatiemment. À l’église, un gros bonhomme me sourit à pleines dents. Il vint s’asseoir près de moi. Après le sermon, il commence à me tâter les mains, me priant de me rendre avec lui à la confession. Je n’étais pas d’humeur à me laisser charrier dans leur folie religieuse.

À la salle à manger, nous avons eu droit à un petit bouillon de poulet, probablement extrait de ceux que nous les avions vus manger par les dirigeants.

Un des responsables s’installa devant moi et commença à me sermonner.

J’aurais dû aller à la confession. Je suis trop jeune pour voyager. Mon pays a besoin de toutes nos énergies. Je devrais cesser de voyager et me faire couper les cheveux.», me disait-il. Je l’ai laissé aller jusqu’à ce qu’il me tape trop sur les nerfs.

  • Je voudrais, Monsieur, que vous me fichiez la paix. Je ne suis pas Américain et je ne veux rien savoir de religions subventionnées par la CIA.
  • Tu ne crois pas à la Bible ?
  • La Bible est un bien beau livre. C’est l’histoire de la résistance, de la délivrance d’un peuple. Le peuple Juif.  Ce sont les enseignements que les chefs juifs tiraient des événements et qu’ils expliquaient au peuple dans des fables. Vous le savez comme moi.
  • Vous ne croyez pas en Jésus ?
  • Écoutez! Je sais que votre mission est subventionnée par la CIA. C’est un moyen d’essayer de récupérer les jeunes qui une fois écrasés dans leur misère essaient d’y échapper, en faisant semblant, le pire en y croyant parfois, que Jésus vint les sauver.

Quand tu n’as rien à manger, tu peux croire n’importe quoi pour bouffer. Vous savez, comme moi, que la religion est une institution carrément politique. On en a inventé de toutes les sortes pour diviser les hommes, car les guerres, c’est ce qui paye le plus. Les gens sont simplement trop bêtes pour se rendre compte que l’ensemble de l’humanité est dans la misère pour engraisser les trafiquants d’armes, les producteurs d’idéologies, de peurs et de tabous.

Les vieux m’écoutaient, malgré mon mauvais anglais. Le curé rougit. Il ne sait plus trop quoi dire. Il ne s’attendait pas à se faire répondre ainsi.

Aux États-Unis, plusieurs sectes religieuses ont été formées par la CIA. Elles devaient essayer de récupérer les jeunes drogués. C’est pourquoi les voyageurs devaient assister à des séances religieuses pour avoir droit à manger.

D’autres ont été une réponse à la répression. Les mouvements de gauche devant la persécution, l’assassinat par centaines de Black Panthers, ont essayé de se sauver en s’impliquant dans une nouvelle forme de révolution sociale : la Bible. Ce livre est un des meilleurs exemples de communisme dictateur.

Certains ont conservé cette illusion, plusieurs ont pris cette recherche au sérieux.

Les plus affectés par la persécution de la police américaine ont démesurément poussé leur paranoïa. Sous cet angle, le suicide de Guyane de plus de 900 personnes se comprend plus facilement. Il sert à discréditer les sectes. Leur rôle ayant échappé à la police.

D’autre part, un peu partout des gens avides de profits vite acquis ont sauté sur la religion, le moyen par excellence d’exploiter la naïveté humaine, surtout les pauvres.

Le curé m’a laissé tranquille. Nous devions attendre avant de pouvoir nous coucher.

Un des responsables nous a avertis de l’obligation de prendre une douche pour avoir un lit.

Tout m’a paru bien normal jusqu’à ce que je m’aperçoive de l’intérêt du gardien quand je me suis déshabillé. J’ai dès lors compris l’intérêt spirituel des dirigeants qui passaient par un regard qui valait bien mieux qu’une confession.

Si le surveillant avait pu me faire fondre la queue du regard, j’en aurais pu depuis longtemps. Je n’ai jamais autant fasciné quelqu’un. Ça flattait mon égo, mais en même temps, j’étais vexé à cause de l’hypocrisie.

Je savais qu’en Californie être gai est chose courante. Pourquoi ne pas le dire carrément plutôt que de trouver mille artifices pour te faire descendre le pantalon? C’est tellement mieux quand on est tous d’accord.  Je  demeure malgré tout un gars profondément prude.

Le lendemain matin, Jimmy était gravement malade. Il faisait une fièvre de cheval. J’ai demandé au responsable que Jimmy reste au lit jusqu’à ce qu’il soit passablement rétabli. Ce fut refusé. Toute la charité chrétienne ressortait avec son vrai visage.

Nous nous sommes rendus à l’hôpital où nous avons bénéficié du service de l’assurance maladie du Québec à l’étranger. C’est quand même assez extraordinaire. Le médecin nous a fait savoir que les voyageurs attrapent facilement cette maladie en se rendant au Mexique. C’est la vengeance des Dieux contre les Blancs qui ont presque exterminé tout le monde au nom de leur foi et de l’or.

J’ai par la suite contracté la même maladie. Une fièvre à te faire fondre, accompagnée par de soudains maux de ventre et une envie de chier immédiate. C’était plutôt déplaisant.

À San Francisco, le premier soir, je m’installe chez les Krishna. J’ai cru mourir en rampant dans les escaliers vers les toilettes.

Je suis dans le quartier noir. J’aime bien la ville, quoique je la trouve trop violente. Partout, tu sens une grande tension. C’est la visite des parcs. La parade du Jour de l’an chinois, le jour de ma fête.

Je recommence à vivre un peu plus libre. Je demande à un noir ma direction, il me renvoie à un blanc quand je lui dis que chez nous le racisme n’existe pas. Il est étonné. Peut-il exister un pays où les Blancs ne sont pas racistes ?

Nous discutons et je continue avec toutes les informations nécessaires. Il vient d’apprendre l’existence du Québec, un pays dont il rêve déjà.

Avant de partir, je me rends à la gare avec Jimmy. Je décide de passer la prochaine et dernière soirée en m’offrant un service d’accueil gai. Jimmy ne veut rien savoir, il est hétéro. Nous nous chicanons, car il ne veut pas qu’on se sépare, mais nous décidons de respecter, comme convenu, notre autonomie individuelle.

Le soir, j’aboutis dans les draps d’un directeur de journal qui n’en revient pas d’être enfin couché avec un Québécois, car, nous avons une réputation nettement exagérée chez les gais Américains.

C’est ensuite le retour à Vancouver. Je retrouve Jimmy qui m’explique avoir couché avec un noir. Je suis épaté. Jimmy est bourré de pognons. Est-ce vrai ou encore une de ces inventions? Une chose certaine, ça semble avoir payé…

J’avais appris beaucoup quant à la solidarité internationale.

Je croyais possible une intervention politique des pays riches comme le Québec en faveur des pays sous-développés. Je m’étais trompé.

D’abord parce que les gouvernements riches protègent toujours les multinationales. Dans les pays faibles, la syndicalisation n’a pas encore assez de force pour que soit créée mondialement une échelle minimale des salaires et de conditions de travail.

Presque tous les pays pauvres sont soumis à des exploiteurs bourgeois ou une dictature. Les seules interventions possibles sont une meilleure circulation de l’information internationale; l’organisation à l’échelle planétaire du boycottage des produits des multinationales qui ne respectent pas les peuples.

Il faut forcer les pays riches à ne pouvoir aider les pays pauvres qu’en versant directement des allocations familiales pour garantir que l’aide se rende vraiment au peuple. C’est le seul moyen de s’assurer que les argents ne sont pas toujours récupérés par une petite clique.

Chose certaine, le communisme est pour de nombreux peuples le seul moyen de s’en tirer sur un plan économique, mais ils sont malheureusement les esclaves du communisme idéologique, qui n’a aucun respect pour l’individu. La liberté n’est pas au rendez-vous.

Quant au capitalisme, s’il veut survivre, il n’a qu’un moyen de combattre efficacement le communisme : fournir une qualité de vie qui ne sera jamais atteinte par le communisme.

Le capitalisme doit aussi dompter ses multinationales pour qu’elles apprennent que la vie humaine est plus importante que les profits.

Quant à la domination armée, il semble évident qu’elle ne sera bientôt plus possible à une échelle planétaire. C’est la raison pour laquelle, on organise des guerres régionales, car sans guerre ou dépenses inutiles le système ne peut pas survivre. Il faut créer une concurrence entre les pays pour garder un degré nécessaire de patriotisme. Le patriotisme joue d’une certaine façon le même jeu d’entraînement psychologique des masses.

C’était    de    bien   grandes   considérations   pour   des   personnes   aussi   peu importantes que moi et Jimmy.

Les dix mois suivants ont été presque sans histoire. Je travaillais quasi quotidiennement   à   la   rédaction  d’un  nouveau   roman :   La  fin   d’un  état.

De temps en temps, j’écrivais des lettres ouvertes ou je faisais parvenir au Québec des découpures importantes de journaux politiques. Parfois, j’envoyais des découpures de MAD au gouvernement du Québec. Question de rappeler mon existence à Bourassa et de remettre mon petit grain de sel dans le combat.

J’étais tombé dans le piège de la monotonie. Non seulement les journées se ressemblaient, mais leur platitude compétitionne avec les gouttes d’eau, car, il pleut tout le temps, à Vancouver.

À Vancouver, l’hiver, c’est de la pluie, de la pluie et de la pluie. La pluie, c’est suicidaire.

Les jours de soleil, nous passions des heures à examiner les pigeons se fasciner avant de copuler ou les chauves-souris étendre les ailes, au Stanley Park.

Je me tenais avec les Québécois. Nous discutions du pays sous toutes ses coutures. Jamais je ne me suis autant ennuyé de la culture du Québec.

Un des bonshommes rencontrés, se disant au fait du FLQ, m’a appris que Paul Rose n’était pas sur la rue Armstrong quand Pierre Laporte a été assassiné. Cela correspondait avec ce que j’avais déjà lu dans le Journal de Montréal, avant mon départ.

Selon lui, le FLQ n’avait jamais exécuté Laporte, d’où Paul Rose n’avait jamais eu de procès régulier. La justice à même dérogé à la Constitution canadienne dans ce dossier. Il fallait un très bon bouc émissaire et ce fut lui.

Cela me semblait fort plausible, mais pourquoi alors les felquistes taisaient-ils la vérité? Leur silence répondait-il à des menaces de mort contre eux, leurs familles ou tout autre felquiste? Voulait-on préserver la peur que les autorités avaient du FLQ, donc, d’une manière son pouvoir de faire trembler ?

Celui-ci me rappela également que la pègre a offert à Bourassa de retrouver Laporte pour un million de dollars. Pourquoi la pègre voulait-elle être incluse dans les négociations ? On dit que Pierre Laporte a obtenu du FLQ de lui laisser la vie, s’il dénonçait par la suite, en fournissant les preuves, le lien direct entre la pègre et le parti libéral. Ce serait la raison pour laquelle on l’aurait étendu vivant dans le coffre de l’auto, oreiller pour lui protéger la tête, afin de le remettre aux autorités. En choisissant la base militaire, on savait que Laporte pouvait y être soigné, mais les choses ont mal tourné. On n’avait pas prévu la paranoïa des autorités fédérastes qui n’ont pas voulu que l’on ouvre immédiatement le coffre. Même 50 ans plus tard, on s’interroge toujours sur comment est mort Laporte dont la mort a définitivement accidentelle. S’il n’avait pas paniqué et essayé de se sauver, ce ne serait pas arrivé.  Son fils Jean a sûrement raison. Si le fédéral avait négocié comme pour Cross, probablement que Laporte serait encore vivant.

Les discussions étaient souvent plus détendues.

Plusieurs jeunes Américains étaient convaincus que la fin du monde était pour bientôt. Cela correspond bien à leur peur du péril jaune, du péril communiste, du péril économique, du péril d’être descendu en faisant du pouce, des périls de toutes sortes, inventés par le système pour conserver de bonnes raisons de maintenir un arsenal de premier ordre de peureux, tout en laissant poiroter ceux qui n’ont pas la chance d’être riches. La peur devient la raison maîtresse de croupir dans son impuissance.

Presque tous les jeunes Américains attendaient un Messie. J’avais fait la connaissance de ce phénomène en Europe, en 1972. Plusieurs jeunes étaient convaincus de la renaissance prochaine du Christ.

Cela peut plaire aux curés, mais c’est plus un danger qu’un élan vers la sagesse. Espérer un messie, c’est exprimer le désespoir qu’engendre notre civilisation.

Pire, c’est le désespoir de ne jamais voir une solution pointer à moins d’une intervention extérieure, au-delà des forces humaines.

La religion avait pris des proportions inquiétantes. Ces nouveaux disciples du scrupule, les puritains modernes, étaient radicaux comme les Blancs à leur arrivée en Amérique. Ceux-ci tuaient au nom du Dieu de l’Amour. Hors de la foi en Jésus pas de salut !

À l’inverse, un noir rencontré à San Francisco s’exerçait tous les jours en vue du grand jour où les Noirs balanceraient les Blancs dans l’éternité. La révolution est un geste basé sur l’optimisme, un rêve d’un monde meilleur.

Tous ces jeunes étaient désespérés, perdus, le disant de différentes façons.

Le désespoir, c’est de cesser de croire dans la société et encore pire, en l’Homme. C’est la solitude, l’échec de sa sensibilité.

Pour tenir conversation et mieux connaître ces jeunes, j’ai aussi raconté mes rêves à caractère religieux. Deux de ces rêves les excitaient particulièrement. Le premier se résumait comme suit :

« Je descendais l’escalier avec un autre garçon. Soudain, des bruits à l’étage supérieur. Nous comprenons tout d’un coup. Nous sommes les deux seuls survivants de l’humanité. Nous courons sachant très bien qu’il faut assurer la survie de la race humaine alors que l’on veut attenter à nos vies. Comment procréer, car il n’y a plus de femmes? Nous réfléchissons. Des images s’accélèrent dans ma tête. En cinq minutes, je visualise et ressens l’histoire de l’humanité. Plus cette vision s’accélère, plus je suis impressionné, plus je me sens heureux. À la fin de cette vision, je comprends le principe de la création du monde. Dieu a créé le monde en se masturbant. Je ressens une douleur dans la nuque et je m’effondre.»

Le second rêve était beaucoup plus messianique :

« Je suis soudainement englouti dans une tempête. Le vent. La pluie. La grêle. Un tremblement de terre. Le mont Orford, devant moi, se d’essouffle comme un ballon libéré de son air. Je suis près d’un poteau et d’une auto. Les éclairs surgissent de partout. Je suis touché. Je sens l’électricité me mordre et se propager dans tout mon corps. Un autre éclair frappe un buisson devant moi. Il brûle, mais ne se consume pas. Je comprends tout à coup la fascination exercée par ce phénomène. C’est le Dieu de la Bible.

Enragé, je lui reproche les guerres et la violence. Soudain, je ressens à l’intérieur de moi, la réponse. Je revis en moi la création et l’évolution du monde. J’admets mon orgueil. Chaque étape de la vie défile devant moi avec ses changements. Je suis émerveillé par la Sagesse de Dieu. Je me prosterne et je m’excuse pour mon orgueil. Je me lève. Je vois un prophète aux cheveux et à la barbe totalement blanche comme Moïse. Il marche avec son bâton de pèlerin. Ce nouveau prophète, c’est moi. »

À cause de ces rêves, je pouvais difficilement reprocher aux jeunes de s’aventurer dans les sentiers émotifs vilement exploités par les gouvernements. J’en connaissais leur force d’attraction. J’ai toujours été très profondément religieux, même si j’écris contre les religions. Mon rapport à Dieu n’a rien à voir avec les règles débiles sur la sexualité qu’ont inventé une bande de frustrés.

Cette fièvre religieuse chez les jeunes laisse présager beaucoup plus de violence, de folie que d’amour. C’est le lien entre le désespoir et la révolte. Les balbutiements de la négation de la foi par la foi, car cet élan de conscience, de mysticisme, ce cri de culpabilité entraînent impitoyablement une autre révélation encore plus dure à prendre : la corruption de toutes les religions.

La religion servait anciennement de code criminel, civil et moral. Les prêtres veillaient à maintenir le ciment de l’autorité, autorité qu’ils partageaient avec grands profits. Ils étaient les guides, les médecins, les juges. C’étaient eux, en vertu du pouvoir religieux, qui conféraient la divinité au pouvoir civil, au roi. Les prêtres se sont petit à petit enfermés dans leur caste, continuant à régir et à interpréter la vie, selon leurs visions et les connaissances de leur temps. Ils ont essayé d’imposer leur chasteté pour des raisons militaires et économiques. On croyait qu’un soldat sans relation sexuelle était plus enragé, donc, plus efficace.

La femme était reléguée au second rang. Elle était la mère. Leur enseignement a été dévié, il ne servait plus à explorer, mais à dominer.

Leurs recherches, étant inscrites comme vérité avant même de connaître les résultats, ont donné lieu à des règles morales et sont devenues un grand réservoir d’hystéries et de névroses. Les prêtres ont fondé des règles sur la sexualité en pure projection, ignorant que leur manière de la vivre était complètement contre nature.

Peu d’intelligence peut sortir des religions, car, elles rejettent la réalité : le corps et la matière. Tout le reste découle de cette folie. La peur de la mort en est le summum et l’aboutissement de cette erreur de point de vue. La religion se nourrit de la peur, engendre l’hypocrisie et la violence, car, en partant elle nie notre réalité, notre existence. Au lieu de nous amener à admirer Dieu, à cause du péché, on apprend à avoir peur de cet être qui a tous les pouvoirs.

Avec les religions, rien n’est bon ici-bas, tout est fonction de l’autre bord, de l’après-mort. Et pourtant, personne ne sait ce qui se passe de l’autre bord. Il n’y a peut-être rien. C’est aussi possible que le jugement dernier, même plus plausible.

Scientifiquement, il semble invraisemblable qu’il puisse y avoir conscience après la mort. Comment pourrait-on ressentir notre réalité si nous n’avons pas un corps pour nous transmettre nos perceptions? On ne fait que commencer à comprendre la conscience, une force reliée directement à la vie et rendue possible grâce à notre corps. Pas de corps, pas de cerveau, pas de conscience. La conscience est un système de comparaisons entre les éléments perçus par notre corps. La mémoire nous permet de comparer nos savoirs.

Par instinct, on s’accroche à la vie. Mais toutes ces interprétations ne sont que de la spéculation. Une seule chose est certaine : chaque individu devra mourir et la vie continuera sans nous. Qu’est-ce que la vie? Des forces qui s’épuisent se transforment? Puisque c’est un cycle, reviendrons-nous? Continuerons-nous à avoir une conscience, même si elle doit être différente? Avons-nous vraiment une âme? Qu’est-elle ?

La morale a été inventée en fonction de la vie pour la mort. Elle doit avoir la capacité d’annihiler la peur, de maintenir l’ordre. Elle n’est pas mauvaise en soi, ce qui la rend pernicieuse c’est d’avoir inventé le péché pour culpabiliser les individus. En réalité, le Bien et le Mal n’existent pas. Ce sont des inventions humaines.

Les religions sont de vastes fraudes intellectuelles et émotives auxquelles la jeunesse ne peut pas échapper, n’ayant aucune solution à présenter. On ne réfléchit sur la mort, qu’au moment où elle commence à nous interpeler. On découvre la vie à travers les années.

Notre philosophie de la vie est toujours pensée d’avance et très souvent instinctive.  Les religions, elles, sont négatives, car plutôt que de porter sur la  vie, elles cherchent à dominer en exploitant notre instabilité, à imposer leur point de vue comme si personne ne pouvait avoir raison en pensant autrement. Comme si un curé était déjà ressuscité et qu’il avait confirmé leurs hypothèses.

Depuis des millénaires, malgré les découvertes de la science, rien n’a jamais été remis en question dans ce domaine qui guide pourtant notre quotidien. N’est-il pas temps que l’on commence à s’y ré intéresser ?

La religion est un mensonge. Si le Christ est Dieu, c’est qu’il a ressuscité. Est-ce qu’un homme peut faire autant qu’un Dieu? En contrepartie, pourquoi Dieu ne nous aurait-il pas enseigné à travers le Christ qu’il y a une vie après la mort? Notre réalité en tant qu’énergie le permet. Rien ne se perd, selon Einstein. Il n’y a qu’un problème, cette énergie est-elle suffisante pour être consciente? Ne sommes-nous pas relégués qu’à la fusion avec les autres énergies éliminant ainsi notre réalité individuelle?

La religion est une interprétation, une incantation, comme chez les païens des siècles derniers, pour subjuguer la mort, d’où à chaque fois que ces valeurs sont remises en question, il y a un retour vers le conservatisme. La peur nous gèle dans notre passé, dans une fausse sécurité en appartenant à la majorité. Freud ne nous a-t-il pas appris que la régression est un mécanisme de défense ?

Cela n’enlève rien à la valeur du Christ. Sa force et sa philosophie sont axées sur l’amour et la tolérance. Les livres saints sont des livres de réflexion. La Bible et la Charia nous offrent le contraire des valeurs de notre société actuelle. Elles prônent la vengeance et la haine. C’est pourquoi le christianisme est novateur. Il prêche la tolérance. Le christianisme est la plus belle des religions si on oublie ses obsessions basées sur l’interprétation de ce qu’on prétend être la vérité. Les religions auraient intérêt à écouter davantage ce que la science nous apprend.

Jésus fut le chef d’une rébellion qui mérite encore toute notre admiration, car, son mouvement a renversé l’Empire romain. Sans sa tolérance, son appel au bonheur, le christianisme ne vaut rien de plus que les religions païennes d’où il a tiré son inspiration spirituelle. Il a basé sa force sur le nombre d’adeptes, de martyrs, plutôt que sur la force de la violence et de la domination armée. Le monde évolue vers la non-violence et la conscience personnelle et individuelle.

Le christianisme est même moins intéressant à certains égards que la philosophie. Il est en net recul par rapport à certains éléments de la philosophie de la Grèce antique.

Il faut avoir au moins l’humilité de reconnaître que devant la mort et le sens de la vie nous sommes encore des ignorants. Les curés sont aussi ignares autant que les autres, puisqu’en aucun temps aucun d’eux n’est revenu de l’autre bord pour nous dire ce qui s’y passe.

Un sourire venu d’enfer 24

novembre 10, 2020

Un sourire venu d’enfer 24

Autobiographie approximative

Mes relations avec Gérald avaient empiré. Non seulement il exigeait mon exclusivité comme une femme, mais il me menaçait. Il était assez gros pour me faire labourer le plancher sur une bonne distance. Cela ne m’empêchait pas de me moquer de lui; car, non seulement, je devais être son petit serin soumis, mais je devais, comme lui, me convertir. J’ai le fanatisme religieux en horreur. Il voulait faire un saint avec le diable.

Gérald laissa son emploi et se mit à lire la vie du petit Dominique Savio. Un petit saint d’une très grande beauté que j’aurais bien aimé soigner. Il avait décidé de me sauver beau gré, mal gré. Il voulait me mettre au pas.

Gérald est arrivé un soir dans le dortoir rouge de colère. Après un long sermon, c’est à coups de taloches qu’il a voulu me faire comprendre le sens de la charité chrétienne. Cela n’a pas tellement réussi, j’ai décidé que je quitterais Edmonton, seul, s’il le fallait, mais sans lui. Finie la pensée de couple. Encore plus la pensée religieuse rétrograde.

Je n’ai jamais regretté ma décision, mais je me suis inquiété. Était-il dans la misère? M’en voulait-il? Dans le fond, je l’aimais bien, mais j’avais peur de lui. Ce serait quoi après les gifles?

Jimmy quant à lui attendait fiévreusement son admission et son affectation dans l’armée.

Son rêve s’est estompé le jour où on lui demanda s’il accepterait, connaissant la langue française, d’être affecté à l’escouade spéciale. Qu’est cette affaire-là? Après quelques recherches, nous avons appris que l’armée se livrait à des manœuvres d’entraînement dans le but d’envahir le Québec si jamais l’indépendance devenait vraiment possible. Les bras nous sont tombés… l’armée préparait l’occupation militaire du Québec.

Ma dépolitisation venait d’en prendre une claque. Jimmy, n’ayant rien d’un traitre, décida que nous allions poursuivre notre route ensemble.

Gérald devait se rendre à l’évidence. C’était fini entre nous. Il nous a annoncé son désir de nous quitter, car ayant reçu une lettre de sa mère, il devait se rendre à New York. Gérald voulait être du grand pèlerinage à Bayside, New York, où prétendait-on la Vierge Marie apparaissait et devait venir nous livrer un dernier message avant la fin du monde.

Selon ces dernières révélations, la fin du monde devait être l’écrasement de la comète  Kouhoutek,  comète  qui  devait  bientôt  apparaître  dans  le firmament.

Est-ce que la terreur annoncée ne serait pas un essai en haute altitude d’unenouvelle bombe atomique? Pourquoi la Vierge Marie voulait-elle se rapprocher de Wall Street ?

Gérald avait vraiment peur des foudres du Seigneur. Sa violence était un geste de frustré qui voulait absolument mon salut. Aussi fou que ce soit, c’était une violence d’amour. Il m’aimait trop pour me voir crever entre les mains du diable. C’est ainsi que naît le fanatisme.

J’ai constaté plus que jamais que la force de l’Église est la peur de la mort. C’est sa force sur les individus. Personne ne veut admettre le non-sens de la vie.

Freud a-t-il raison d’affirmer que la foi est une forme plus ou moins avancée de schizophrénie? La réponse est évidente.

Je comprenais mieux qu’en 1963, après plusieurs années de révolte religieuse, pourquoi je m’étais si totalement converti durant mes trois premiers mois de prison. Je reprenais ma révolte, là, où je l’avais laissée avant d’être enfermé, donc pour me détruire intérieurement. La foi devant une peur qui nous  submerge apparaît comme un acte régressif et salutaire. Nous nous cramponnons à ce qui constituait notre sécurité quand nous étions enfants. Voilà pourquoi l’Église tient si ardemment à l’enseignement de la religion aux enfants. Celui-ci devient une empreinte primaire, un guide inconscient pour le reste de notre vie, plus l’enseignement aura frappé notre imaginaire et notre sensibilité plus nous en serons esclaves. C’est une espèce de lavage de cerveau par l’émotif ou la peur. La chasteté est contre nature : l’annihilation d’un besoin, d’un instinct inscrit à l’intérieur même de tout être humain pour assurer la survie de l’espèce humaine.

Les curés essaient de protéger leur phobie pour se justifier,  se  faciliter  la  tâche. Voilà pourquoi ils sacralisent leur état, tout en donnant fonction de péché à la chair, pour ne pas être tenté par les femmes. La chair est leur ennemi, car on pense que le corps nous éloigne de Dieu, cet être jaloux qui n’accepte pas qu’on lui préfère quelqu’un d’autre.

L’Église  a  souvent  dirigé  et dicté  sa  morale  à  partir   de   malades   mentaux. Comment associer l’infaillibilité du pape quand on songe aux Borgia?  À l’amour chrétien, durant les croisades et l’Inquisition? Saint-Thomas d’Aquin, le père de la doctrine sociale chrétienne n’enseignait-il pas que les femmes n’ont pas d’âme ?

La religion est-elle en soi une maladie mentale ou un mécanisme de défense si elle était utilisée à bonne dose? Serait-ce un bouclier contre l’hystérie? Quand on écoute les féminounes, on serait porté à croire le contraire.

Les femmes sont généralement plus émotives que les hommes, et forcément plus religieuses. La foi est irrationnelle. Quant à moi, la religion est un beau rêve d’enfant : une terre où tous les humains s’aiment. Rien de plus.

En ce sens, seulement, je crois que le Christ est le sauveur des hommes. Et, à ce titre, qu’il est l’idéal à atteindre. C’est mieux que Mahomet qui était un guerrier. Que Jésus ait couché avec Marie-Madeleine ou Saint-Jean pour faire l’amour, ça n’a pas d’importance. Qui était le petit soldat au Jardin des Oliviers qui dormait nu? Que Jésus ait été le chef pacifique d’un groupe de rebelles contre Rome ce n’est pas ce qui fut le plus important. L’important, c’est son message : aimez-vous les uns, les autres, pour l’amour de Dieu. Les balises pour un paradis terrestre.

Mahomet a marié une petite fille sous prétexte qu’elle était la seule à pouvoir transmettre par sa pureté le message divin? S’il faut imiter le prophète en tout ne devrions-nous pas tous être pédophiles ? Cependant, il faut savoir qu’à cette époque, ça se passait ainsi et que la notion de pédophile n’existait pas encore.  Le nombre de femmes permis dans les harems fut décrété après la mort de Mahomet et lui seul a eu droit à autant.

Tout comme l’admiration est le premier pas vers l’amour, la fascination est la pierre  angulaire  de  l’amourajoie,  pédérastie.  La  religion  est  un   rêve collectif. Aujourd’hui, les Églises et les sectes religieuses sont des moyens d’exploiter les plus naïfs. Il suffit de connaître leur richesse pour en avoir la preuve.

Nous nous sommes installés, Jimmy et moi, à Prince George, Colombie- Britannique, à l’hostel du gouvernement. C’était toujours la même chanson, nous grattions les fonds de l’étagère française de la bibliothèque. Je n’avais jamais autant lu d’auteurs québécois.

Grâce au responsable de l’hostel, j’ai trouvé un emploi à la piste de ski. C’était surtout de la pelle, mais le travail ne m’a jamais fait peur. Nous avons aménagé la piste. Jimmy fut ajouté à l’équipe de travail.

Notre patron immédiat était d’abord un homme charmant avec une moustache blanche comme la neige. Il faisait montre de beaucoup de gentillesse, particulièrement à mon égard. Il aimait me faire raconter le Québec et rêver de voyages.

Grâce à lui, j’ai pu dès que la piste fut prête, recevoir les jeunes et les moins jeunes au haut de la piste pour les aider à débarquer du monte-pente. Je devais arrêter cet appareil dès que je croyais qu’il y avait un danger, maître de la sécurité. J’étais heureux, je chantais, je dansais. Je donnais des croustilles aux enfants en passant. Les jeunes et leurs parents me le rendaient bien.

Pour Jimmy, la vie était moins facile. Son grand patron était une espèce de raciste, un Anglais qui avait quitté le Québec avec octobre 1970. Il lui donnait toujours les pires corvées.

Un après-midi, après une tempête, il fit courir Jimmy devant son Bombardier  pour qu’il écarte les « T » plus vite. Plus Jimmy courait plus le patron faisait grimper la vitesse. Je n’en revenais pas. Je n’avais jamais voulu croire Jimmy quand il me parlait de discrimination. Je le pensais plutôt trop paresseux. Jimmy était à bout de souffle, près du Bombardier. « J’aurais voulu avoir un revolver et le tirer », de dire Jimmy.

Notre amitié m’attira les mêmes ennuis. Plus question de travailler avec mon moustachu que j’avais surnommé Papa. Il le regrettait bien, mais il ne voulait pas perdre son emploi, car il était moins élevé dans la hiérarchie des boss par rapport à celui qui s’occupait de Jimmy. J’ai été muté à la pelle, puis, à laver les toilettes. Je m’en fichais c’était de l’argent pour notre voyage au Mexique.

Le grand patron a doublé d’ardeur. Il cherchait par tous les moyens à m’humilier, même si j’étais moins bien servi que Jimmy quant à ce qu’il fallait endurer. Peut- être était-ce aussi parce que Jimmy en plus d’être francophone ressemblait comme deux gouttes d’eau à un Indien.

Les jeunes manquaient leur Alouette. Après leurs démarches en ma faveur, j’ai été réinstallé dans mes fonctions en haut de la piste. Cette fois le grand patron se mit dans la tête que j’arrête à la main… tous les « T » à leur arrivée. J’ai obéi. Ce n’était pas assez dangereux, il exigea que je les arrête plus loin. J’ai refusé, je risquais à chaque fois d’être blessé. Pour m’assurer que je lui obéisse, il a nommé son petit favori pour m’observer. Peu de temps après, j’avais un nouveau patron. Le jeune riait de nous faire exécuter toutes les sales besognes. À tout moment, il nous lançait des bêtises parce que nous étions francophones.

J’ai écrit une lettre de protestation au conseil municipal de la ville. Le lendemain, le jeune y allait plus fort que jamais. Je me suis emporté et en anglais je  lui ai  dit : « Tu es jeune. T’es très beau. Tu es en bonne santé. Si tu veux le rester, fiche le camp tout de suite, sinon je te casse les deux jambes. »

Le jeune s’est mis à rire de son « frog ». Je n’ai pas perdu une seconde et je suis parti après lui, la pelle dans les airs, prêts à lui faire avaler ses sarcasmes.  Il a eu peur en maudit. Il s’est rendu pleurnicher à son cher grand patron. Ce dernier n’en revenait pas, non seulement je maintenais mes menaces, mais je l’informais d’avoir déposé une plainte au conseil municipal; plainte que j’avais aussi fait parvenir au journal local.

La semaine suivante, j’ai reçu une lettre qui m’a profondément bouleversé. Jeff Brown et son épouse, d’Edmonton, m’annonçaient avoir perdu leur emploi. J’étais consterné. Je me sentais coupable, car si je n’étais pas passé à Edmonton, cela ne serait jamais arrivé.

Mme Brown avait décidé de publier intégralement ma lettre ouverte dénonçant la francophonie de l’Ouest comme artificielle et bénéficiant qu’à une petite bourgeoisie, appuyée principalement sur le clergé.

Même si Mme Brown travaillait depuis neuf mois au Franco-Albertain, qu’elle était bien correcte avant, elle avait accepté de publier ma lettre, ce qui la rendait incompétente. Quelle liberté d’expression! Son mari qui travaillait à la station de radio a démissionné pour appuyer son épouse. Il a lu entièrement sa lettre de démission sur les ondes.

Ce sentiment de culpabilité m’était presque inconnu. Je me rappelai qu’un attaché de presse de la John’s Manville avait perdu son emploi pour avoir été franc avec moi alors que j’étais journaliste. Il m’avait donné des informations qu’il ne devait pas livrer. La liberté de presse existe seulement pour les patrons. Mon ami Jean en avait profité pour me discréditer à la CSN, comme si j’en avais été responsable.

J’ai protesté dans les journaux tant de l’Ouest que du Québec, contre ce congédiement dégueulasse, mais personne n’en a parlé.

J’ai écrit au Secrétariat d’État et au bureau de M. Spicer, ça n’a rien donné. Je commençais à apprendre pourquoi au Canada les deux peuples fondateurs n’ont jamais su se comprendre. Les francophones bourgeois censurent tout ce qui ne leur convient pas comme le faisait l’Église quand il était question de sexe.

Après discussions, nous avons décidé de quitter l’emploi à Prince George, malgré nos démarches pour nous faire respecter; nous ne voulions pas nous occuper de politique. Notre but était d’avoir des sous pour voyager.

Avant de partir, nous avons appris qu’il y avait eu sabotage à la baie James. La nouvelle a eu l’éclat d’un retour en force du FLQ. Je ne sais pas si la nouvelle a été aussi fracassante quand il a été prouvé que le principal accusé était libéral.

Le sabotage de la baie James a-t-il été pensé dans les officines du parti libéral pour faire croire qu’il s’agissait de l’œuvre de péquistes, seul groupe officiellement opposé au projet, car il préférait le nucléaire?

À Vancouver, nous nous sommes installés dans un nouvel hostel du gouvernement. Au cours de ces journées, j’ai pu constater que le bilinguisme n’existe en fin de compte qu’à l’été.  Ainsi, les jeunes pensent vivre dans un vrai pays bilingue.

Certains travaux temporaires étaient permis sans nous enlever le droit de recevoir le bien-être. Les francophones étaient toujours les derniers servis. Nous avons contesté cette situation, ce qui nous a valu d’être menacés d’expulsion.

Fort heureusement, j’ai passé une journée seul à l’auberge ce qui a permis au dirigeant de mieux me connaître. J’ai appris à mieux tirer mes épingles du jeu en sachant dorénavant qu’il était gai et que je lui étais tombé dans l’œil. Quelques jours plus tard, je travaillais avec Jimmy dans une espèce de marché de fourrures.

Notre patron était un Juif de Montréal. Il parlait français et il était extrêmement gentil avec nous. Il nous expliqua tout ce que nous voulions savoir, ce qui le payait bien d’ailleurs. Nous devancions ainsi les expertises pour lui indiquer les plus belles peaux, ce qui lui permettait de précéder tous les autres acheteurs.

En voyageant sans argent, tu apprends à être moins puritain.

Mes petites tendances à l’alcoolisme avaient trouvé moyen d’être assouvies, sans que nous ayons à travailler ou nous servir de ce que nous avions amassé.

Nous quêtions le premier 0.25 $ nécessaire à payer la première chope de bière et nous nous rendions dans une taverne gaie. Nous nous faisions ensuite payer la traite pour le reste de la journée et de la soirée. Ça ne manquait jamais. Les propositions étaient très nombreuses. Nous étions bien accueillis et bien aimés. Il m’est arrivé deux fois de tomber sur des racistes. Chaque fois, la conclusion était la même. Je m’emportais. Un petit exemple.

J’ai été racolé aux pissotières du terminus par un bonhomme d’une cinquantaine d’années. Il m’amena chez lui dans un magnifique appartement surplombant Vancouver. Le bonhomme me fit boire et nous avons commencé à nous  caresser sur le tapis du salon. Le bonhomme voulait que j’aille avec lui partager un plus petit logement dont j’aurais évidemment payé une partie des dépenses. Nous avons bu et le bonhomme m’a à nouveau sucé. Jeune, tu fais vite le    plein. Nous avons continué de boire.

À un moment donné quand je bois trop, je pète les plombs. Il s’est mis à parler contre les francophones. Nous étions malpropres, mal élevés, sans élégance. Savait-il que j’en étais un? À cette époque, je parlais anglais sans trop d’accents. Je lui ai fait savoir. Il sembla très surpris, mais trop orgueilleux, il a continué à gueuler contre les miens, tout en me disant bien évidemment très différent. Il comparaît les francophones à des maringouins, sans âme, ni tête.

Je me lève, je me dirige vers lui. Je devais avoir l’air de ce que je ressentais.

  • Qu’est-ce que t’as?

Je savais que je ne ferais rien, car je ne suis pas violent; mais je voulais qu’il réalise, en ayant un peu peur, la stupidité de ce qu’il disait.

  • Je vais te tuer. Je suis aussi bien de le faire tout de suite. Je ne peux pas être accusé, je suis un insecte irresponsable.

Le pauvre s’est mis à blanchir. Il m’a invité à continuer à boire avec lui que nous ferions à nouveau l’amour. Il m’a raconté avoir été danseur, tout en me donnant une démonstration. Puis, il m’a invité au restaurant où il a profité de ne plus être seul avec moi pour filer à l’anglaise. Dommage, il me plaisait vraiment au début. Maudite boisson! Maudit racisme !

Non seulement j’étais moins puritain quant à me laisser payer la bière, mais j’avais l’entrejambe en offre permanente à prix très abordable (je ne demandais jamais un sou, c’est contre ma vision de la sexualité); mais j’acceptais de profiter du bien-être. On poussait même la légalité au pied du mur.

  • Il en coûte 500 millions $ par année au Québec pour être citoyen du Canada, n’est-il pas normal et juste que nous en profitions un peu?

Après avoir reçu le bien-être social, nous prenions, Jimmy et moi, notre billet d’autobus pour la Californie.

Jimmy avait l’intention d’aller vivre dans les tribus primitives. J’en faisais presque dans mes culottes, juste à y penser. Pour moi, le Mexique signifiait encore plus de petits gars, pourvu que le portefeuille s’ouvre facilement et fraternellement. C’était la réputation de ce pays.

San Francisco. Un arrêt d’une heure ou deux. Los Angeles, nous choisissons un hôtel à prix modique. Je suis ravi. Quelques pensionnaires ont tourné de l’œil en m’apercevant. Ce sont tous des vieux. Ma conversion vers ce que j’ai appelé « mon petit côté guidoune » se faisait sans même que j’y réfléchisse.

J’aurais voulu rencontrer un ami californien, tiré de mon enfance et que j’ai toujours appelé mon oncle Rosaire. Il demeurait à Barnston, quand j’étais petit. Il m’a fait don de jumelles parce que jeune j’adorais regarder les étoiles. Je lui vouais encore, malgré les années, une vénération surprenante. Ces jumelles m’avaient permis de regarder la constellation des Pléiades, d’où je croyais être issu. Je me rappellerai toujours de lui comme d’un homme souriant et tendre. Quand j’aurais pu le voir, je n’avais pas son adresse; plus tard, je n’avais plus d’argent pour m’y rendre. Maintenant, c’est trop tard, il est mort. On dirait que la vie a sa petite destinée. On ne rencontre que ceux que l’on doit rencontrer.

À Los Angelès, j’ai appris que mon père était très sérieusement malade. Même si j’avais voulu, je n’aurais pas eu les fonds pour retourner assez vite, si le pire était survenu. J’ai alors regretté d’être parti. Étais-je une des raisons de sa maladie? J’étais responsable de la souffrance de mes parents avec ma maudite manie d’aimer les petits gars.

Je lui ai écrit une lettre dont l’essentiel portait sur le fait qu’un jour, si je parvenais à lui faire honneur, ce serait grâce à ce qui l’avait tant fait souffrir : ma pédérastie. L’inquiétude et les remords m’ont fait comprendre une fois de plus comment il est important d’aimer ses parents quand ils sont toujours vivants. C’est dans l’anxiété la plus complète que j’ai appris qu’il se portait mieux.

San Diego. Tous les journaux étaient  de  vrais  romans  d’espionnage.  Il  y  avait toujours une histoire d’infiltration communiste. C’était une vraie maladie mentale. Une semence de guerre civile. Ces explications justifiaient bien les envies de Nixon d’entrer en guerre avec la Russie, de quoi rendre furieux, car les guerres sèment la mort.

Entre Los Angelès et San Diego, nous avons visité Disneyland, un autre rêve de mon enfance avec ses personnages et ses sciences fiction. J’étais un mordu des émissions scientifiques de Disney.

J’ai eu droit à deux petites prises de bec. J’ai discuté avec un universitaire qui a été insulté d’apprendre qu’il est impossible de voyager en bateau entre le Québec et la Californie.

  • Si vous êtes aussi fort en d’autres sciences qu’en géographie, je comprends que vous vivez dans un monde à l’envers où la haine est plus adulée que l’Amour.

Dans le deuxième cas, il s’agissait d’un soldat. Il affichait ses médailles victorieusement  remportées  dans  des  escarmouches  au  Vietnam.  Il  était  fier comme un gamin de quatre ans. Aussi, a-t-il cru à l’effondrement prochain des États-Unis quand je lui ai dit ce que je pensais :

  • Chez nous, pour avoir des médailles nous n’avons pas besoin d’aller tuer tout le monde. Nous les cueillons dans les boîtes de Crake Jack.

San Diego est une ville splendide à cause de son jardin. Elle fait cependant mieux ressortir le contraste avec Tijuana, la ville frontière du Mexique. Comment peut-on passer d’un tel luxe à une telle misère dans un instant? Nous nous n’étions jamais doutés d’une telle misère, d’une pauvreté aussi grande. On aurait dit qu’à Tijuana, tout était pour tomber en lambeaux. Les hommes nous regardaient comme des ennemis. Ils étaient tous les uns plus gros que les autres ou plutôt plus terrifiants. Jimmy, malgré ses protestations, a dû payer deux fois son repas. Une peur qui lui collera à la peau tout au long de notre voyage au Mexique.

Dans quel enfer nous étions-nous embarqués? Nous regrettions tous les deux  de nous être rendus aussi loin, dans un milieu aussi hostile. Seul un miracle pouvait nous y faire rester.

En me promenant, j’ai remarqué le sourire d’un petit cireur de souliers. J’étais pâmé, conquis. Comme les petits Mexicains sont beaux! Ils sont même plus beaux que les fleurs. Plus attirant que les pentes de la Sierra. Ils éclatent comme des comètes entre les eaux sur les bords de la plage du Pacifique. Je lui ai donné des sous pour mieux ressentir mon effusion de joie à contempler autant de beauté. Quelques minutes plus tard, il est arrivé avec un petit compagnon encore plus beau. Mais, plutôt que de sourire, celui-ci me montra un poignard. Ça annonçait rien de bien.

Nous avons parcouru le pays en autobus à toute vitesse. Ce peuple me fascinait. J’aurais couru dans les montagnes où sans l’image de la Madone, tu respires pour la dernière fois. J’étais aussi étonné de l’aridité du sol. De la pauvreté des petites villes, mais aussi par leur beauté, leur originalité. Hasard? Des dames et leurs petites filles tentaient de nous faire la conversation.

Dans les terminus, alors qu’on nous demandait le double du prix quand on voulait acheter des produits, des gens du pays intervenaient pour les faire descendre. Pour eux, nous n’étions pas des Américains.

À notre arrivée à Mexico, deux jeunes Mexicains nous ont servi de guides. L’un d’eux était de toute beauté. Le plus vieux avait déjà saisi mes attraits, car à un moment donné, il m’a fait remarquer que son petit compagnon avait un très joli derrière. Quoi de plus clair? Nous nous sommes installés dans un hôtel de la rue des Enfants perdus. J’ai été surpris du degré de pollution à Mexico. Je croyais que les pays que l’on disait pauvres avaient au moins échappé au cancer de l’automobile.

Nous nous sommes rendus aux pyramides. Sur la pyramide du Soleil, j’ai fait des incantations. Les pyramides expliquent bien comment la religion a toujours joué un rôle politique. Lorsque les Indiens avaient assez de prisonniers, ils devaient être offerts au Soleil. Le peuple était rassemblé. Il y avait une fête et l’on fumait des drogues légères. Les prisonniers étaient alors montés sur le sommet de la pyramide pour y être sacrifiés. Les Mexicains nient l’existence de ces sacrifices humains.

Les premières marches se montent facilement. Plus tu montes, plus l’escalier est étroit et plus la pyramide est difficile à escalader. Quand tu redescends, tu dois te tenir pour ne pas piquer du nez. Cela permettait aux prêtres de prouver que près du Soleil, personne ne peut demeurer debout. C’est grâce à ces pyramides que les religieux avaient autant de pouvoir. Les marches étaient telles que, souvent en descendant, des prêtres tombaient en bas et se tuaient.

Lors de notre retour des pyramides à Mexico, nous avons rencontré un blanc qui prétendait venir d’Australie et qui voulait assurer notre protection. Il nous disait trop jeunes pour voyager seul. Ce fut le seul personnage qui, je crois, en a voulu à nos portefeuilles.

Nous parcourions des distances effarantes en autobus. Jimmy ne voulait plus se rendre dans les forêts, il voulait à peine sortir de la chambre d’hôtel. Il expliquait sa peur sous le prétexte de ne pas parler la langue du pays. À cause de cela, je n’ai presque rien vu du Mexique, du moins, à mon goût. J’y ai trouvé des jeunes extrêmement sympathiques. Le Mexique est dix fois plus vivant que l’Ouest canadien.

Un midi, je me suis garroché à l’eau pour suivre un petit gars et j’ai découvert que l’eau du Pacifique est chaude, à Puerto Vallarta.

J’étais tellement heureux, j’ai oublié d’enlever la ceinture dans laquelle je gardais tous mes papiers d’identité et mes chèques de voyage.

J’étais fasciné par les petits qui se baignaient nus et un des leurs qui portaient une belle petite culotte par laquelle je pouvais me rendre témoin à savoir que les petits Mexicains ne sont pas circoncis, ce qui ajoute à leur charme. J’ai suivi ce garçon. Il me regardait, me souriait. Je l’adorais davantage. Il me conduisit directement à sa famille. J’ai pu y boire de la téquila et manger des huîtres que les adultes allaient directement pêcher à la mer. Tout ce que je savais dire en espagnol de manière à me faire comprendre : « Je n’ai plus d’argent. Je ne suis pas Américain. Je suis français du Québec. Vive la révolution ! » Ce fut un après- midi extraordinaire. Je me sentais comme un touriste plus que bienvenu. Pratiquement, un frère en visite.

Le retour obligatoire m’a enlevé la joie de pousser plus loin ma curiosité quant aux usages de ce peuple. Voyager, ce n’est pas toujours aussi simple que ça parait. J’ai dû faire des milliers de milles sans rien voir de particulier. Ce fut presque le cas pour le reste du voyage.

J’ai, dans la mesure où j’ai pu m’en faire une idée, trouvé le peuple mexicain extraordinairement vivant et beau. Il est vrai qu’à cette époque, en voyage, je n’avais d’yeux que pour les petits gars. Chez les Mexicains, je n’étais pas un gros cochon, un monstre, mais un gars très sympathique. Je suis certain que les parents avaient très bien compris mon centre d’intérêt, car, ils invitaient les jeunes à se tenir avec moi. Je me sentais un ami qui essaye de parler espagnol et qui manifestement aime les petits gars. Un voyageur mexicain, m’a ensuite appris qu’au Mexique aimer les enfants, c’est rendre le plus grand hommage possible aux habitants de ce pays, car, les enfants, c’est leur fierté. On est loin de la paranoïa québécoise qui voit des prédateurs sexuels partout… comme si on sautait automatiquement sur tous les jeunes que l’on rencontre.

Une seule chose m’a royalement déplu : la saleté des toilettes publiques. C’était carrément dégueulasse.

Retour à Los Angelès. Nous décidons d’entrer dans les terres pour y dénicher un travail et pouvoir retourner au Mexique et si possible, en Amérique du Sud, dès qu’on aura assez d’argent.

Un sourire venu d’enfer 23

novembre 9, 2020

Un sourire venu d’enfer 23

Autobiographie approximative

Quant à mon amour pour les petits gars, mon père n’y comprenait rien.

« Comment un gars aussi intelligent que toi peut-il être pédéraste (amourajeux)? »

Ma mère, elle, me disait que je serais mieux mort plutôt que de répandre mon vice et ainsi me permettre d’être sauvé. C’était sa façon de m’aimer parce qu’elle était très croyante.  J’eus plus tard la preuve de son amour pour moi. Personne à cette époque, et même aujourd’hui, ne pouvait croire que ce soit vraiment notre nature. Si on était si méchant, c’est qu’on était  la réincarnation de quelque chose de mauvais. Ces croyances stupides étaient la vérité absolue. Ma mère n’était pas mauvaise, au contraire, c’était une femme merveilleuse. Elle était comme toutes les femmes de son époque au Québec, trop religieuse. Même si les femmes sont dénigrées par la Bible, la Bible a raison.  Elles perpétuent la peur du sexe. Elles n’ont pas changé depuis, au contraire, elles remplacent l’Église dans sa lutte pour la chasteté. Les féministes sont devenues des féminounes.

Grâce à la bêtise religieuse, jouer au docteur, c’était le mal d’entre tous les maux, même si c’était pour plusieurs le jeu le plus amusant. C’était pire que d’assassiner. Il suffisait à un jeune de dire que l’adulte tué avait peut-être voulu l’agresser sexuellement pour qu’on lui pardonne son crime et qu’il devienne presque un héros. Une martyre sainte nitouche qui préfère mourir à succomber au plaisir. L’éducation des femmes fait que le sexe est pour elle encore plus important que la vie. Nous sommes une société rendue débile par la chasteté.

Il y avait même un groupe de folles qui se battaient pour interdire la vente des Playboys, car un enfant pouvait mettre la main dessus. C’était, d’ailleurs, le rêve normal de tous les jeunes garçons de plus de dix ans, sauf ceux qui se déniaisaient plus vieux, faute d’en avoir entendu parler avant.

La censure était présente partout. Ces folles pensaient qu’elles protégeaient la société. Elles n’avaient certainement pas lu grand-chose pour être aussi arriérées. Ça n’a pas évolué depuis au Québec, ça même empiré partout dans le monde, toujours à cause des religions. La censure est omniprésente et se gave maintenant de politique autant que de chasteté.

Aujourd’hui, pour ces mêmes folles, on crée des services de police spéciaux pour combattre la pornographie enfantine pendant que les jeunes se font défoncer le cerveau par les drogues ou attrapent des maladies vénériennes, car il ne faut surtout pas parler de sexe. Ils naissent avec des jeux qui sacralisent la violence, mais ça n’a pas d’effets néfastes sur les jeunes. Il n’y a rien que la nudité qui doit être proscrite. Voir un corps nu, ça te traumatise plus que tuer. Quelle maladie mentale !

Nos jeunes deviennent fous, mais au moins ils sont chastes. Ils sont fous à cause la drogue et de la violence dans les jeux vidéo, mais ils sont chastes. Ces maniaques de la chasteté capotent même quand il est question de filles en brassières sur les calendriers ou à la télévision. Un bel homme en bobette les fait capoter de rage au lieu de profiter de la scène.

Dans ce temps-là, les féministes n’avaient pas encore inventé le mot pédophile. Elle n’avait pas atteint l’irrationnelle peur du sexe des féminounes. Être pédéraste, c’était comme si j’avais attrapé la peste ou si le diable commençait à me dévorer tout cru.

Mon père était tellement hétéro qu’il ne pouvait certainement pas comprendre mon obsession pour les petites queues. Moi non, plus d’ailleurs. Je ne sais pas comment elles sont devenues aussi importantes dans mes intérêts ou même le sens profond de ce besoin, mais il était de plus en plus envahissant.

Ma pédérastie (amourajoie), c’était d’abord l’émerveillement face à la beauté d’un petit gars. J’aurais passé ma vie à regarder des photos de petits gars, tant je les trouvais beaux. Puis, avec le temps, j’ai commencé à me demander si nus ils étaient tous aussi élégants ou encore plus beaux. J’étais habité par le goût de découvrir toutes les races et toutes les nations. Quelle différence peut-il bien exister entre un petit Québécois et un Inuit? Pourquoi chacun est-il si différent tout en étant si identique, était devenu la question de ma vie.

Je ne m’intéressais plus qu’à la beauté de mes petits camarades de Barnston et de Coaticook, mon interrogation était devenue planétaire, même universelle, car je m’interrogeais même à savoir ce dont un petit gars extra-terrestre aurait l’air.

Plus j’en apprenais sur la sexualité, plus j’étais ébahi par la grandeur de ce phénomène. Comment un petit liquide qui te fait jouir autant peut-il être responsable d’une naissance? Comment la vie pouvait-elle se transmettre ainsi? Par quel miracle le sperme est-il sécrété en chacun, sans même qu’on sache la recette? N’est-ce pas la chose la plus fabuleuse? C’est meilleur qu’un miracle.

La pédérastie (amourajoie) était une forme d’émerveillement, d’envoûtement qui naissait avec la présence du semblable. La présence d’un autre que j’aimais. C’était comme naître dans une autre dimension où le bonheur de l’autre devenait ma principale préoccupation. Si, selon les lois de la nature, le pareil éloigne; dans mon cas, c’était le contraire. J’étais soudé à mon propre sexe. Je recherchais la vitalité et la beauté dans l’énergie d’un petit gars, mais surtout son intelligence et sa gaité. Tout est beau dans un petit pré-adolescent.

Les filles, c’étaient au contraire, la vanité, le scrupule, surtout la jalousie, les problèmes, mais il fallait les endurer pour être normal aux yeux des autres. Par contre, j’adorais mes sœurs et mes cousines. Il y avait une sorte de communication différente qui s’établissait entre nous.

La danse et la poésie étaient rattachées aux filles avec lesquels je correspondais. Elle m’envoûtait intellectuellement.

Pourquoi les filles ne m’attiraient-elles pas physiquement? Je n’arrivais simplement pas à savoir de quoi leur parler. Tout ce que l’on nous présentait comme le plaisir des plaisirs, embrasser par exemple, ne m’excitait pas du tout. Au contraire, « frencher » me semblait assez dégueulasse fort possiblement parce que plus jeune j’associais le péché de la chair à cette forme de baiser. Un cas de parfaite ignorance.

Cette perception normale avant l’adolescence, d’un monde exclusivement de gars lors de la période de latence, a simplement continué quand je suis devenu adulte plutôt que de prendre la direction habituellement hétérosexuelle.

Je ne rêvais pas comme les autres, aux mêmes choses, je m’intéressais surtout à la justice sociale, à la violence dans le monde, à l’immoralité de ceux qui nous prêchaient, mais qui nous disaient de faire le contraire de ce qu’ils prêchaient. Tout ça, simplement pour oublier ou compenser le fait que j’étais amourajeux (pédéraste). D’ailleurs, tous les scrupuleux et scrupuleuses sont habituellement des gens qui combattent le vice pour échapper à leur profonde perversité.

L’incompréhension de ma pédérastie me rendait très malheureux. La réaction de mes parents me peinait énormément, même si je croyais comprendre. J’acceptais comme normale leur condamnation. Et, si on les en blâmait, je les défendais.

Moi et mon père, on a convenu d’une solution au cours d’une brosse. Il m’avait dit, les larmes aux yeux :

  • Si tu es pour toucher les jeunes d’ici; j’aime autant que tu ne viennes pas nous voir.

Et, j’ai décidé pour ne pas leur faire cette peine. J’ai décidé de partir et ne pas revenir; mais je ne suis parti que pour un petit bout de temps.

Nous nous respections trop profondément pour rester sur ces positions. Il n’y avait que ma pédérastie (mon amourajoie)  qui clochait dans ma vie.

À mon avis, mon père ne pouvait pas me comprendre parce qu’il aimait les femmes. Les hétéros n’arrivent pas à comprendre qu’aimer un gars c’est exactement la même chose qu’aimer une femme; mais que cela n’est possible que dans l’authenticité la plus profonde de ce que tu es. Tu ne décides pas ce qui t’attire. C’est là, c’est un fait et tu dois faire avec.

Mon père aurait même dit à une de mes sœurs :

  • Si au moins, il était homosexuel (le mot gai n’avait pas encore été inventé), mais les enfants!

Dans le fond, il était comme les autres à qui les curés ont essayé de refiler leur mystique de haine du plaisir et  de  la chair.  Il croyait  qu’aimer  voir  et  sentir  les jeunes découvrir la jouissance, c’est les profaner. Comme si ceux-ci ne ressentaient pas de la complicité dans ces relations. On refuse de voir la réalité, le mal ne peut pas être un plaisir. La morale sexuelle est une idiotie. Elle est le fruit de la peur de la communication des maladies chez les bourgeois. Elle est devenue avec le temps une obsession de classe sociale. Pourtant, sans violence ou domination, le sexe est le plaisir divin.

Je comprenais ce que mes parents pouvaient ressentir. Je pouvais peut-être être tellement perverti que je n’arrivais pu à voir le mal où il est. Pourquoi le sexe est- il mal ? Je ne voyais rien qui pouvait le justifier. J’ai passé le reste de ma vie à chercher une réponse à cette question.

De retrouver mon père fut très salutaire. Contrairement, à bien d’autres, je n’ai jamais détesté mes parents. Ils agissaient comme c’était normal d’agir avec l’ignorance que l’on avait de la sexualité à cette époque.

Quand je suis parti, j’aimais encore plus mon père et je ne pouvais même pas imaginer que mes parents ne m’aimaient pas. Ils n’aimaient pas ma pédérastie, mais ils savaient que j’étais aussi quelque chose d’autre. Ils n’étaient pas bornés.

J’ai toujours été très fier de mes parents. J’aurais voulu faire quelque chose pour leur témoigner mon amour, mais je ne savais pas quoi. Ma relation avec Dieu était toute aussi houleuse, car je ne comprenais pas pourquoi il m’avait créé ainsi. C’était dégueulasse de sa part, mais encore là, je voyais ça comme une épreuve à surmonter. Je suis aussi très profondément chrétien.

J’avais la certitude que mes parents et moi, nous nous comprenions, nous nous aimions, malgré nos différences de point  de  vue.  Pour  eux,  le  sexe  était  mal; pour moi, le sexe est la preuve la plus profonde de la grandeur du Créateur, s’il y en a eu un. Je devais apprendre à transcender mes désirs de nature physique avec les jeunes et de ce fait m’investir davantage dans l’amélioration de la vie de tous.

Si W. Reich m’avait connu, je crois qu’il se serait servi de moi pour faire comprendre le besoin de se pardonner d’être ce que l’on est. Il faut vieillir avant de comprendre la stupidité de la perception de la sexualité de nos sociétés.

On refuse de comprendre l’évolution parce qu’avec les dernières découvertes, on s’aperçoit du ridicule de l’approche que l’on a de la sexualité. Le diable avait pris la place des hormones. Il est temps qu’on s’aperçoive que nos interprétations sont le fruit d’une imagination pas mal perturbée.

La fraternité et la tendresse entre mon père et moi ne s’étaient jamais exprimées avec autant d’éloquence. Je savais qu’il était malade, mais je ne le croyais pas aussi atteint. Je ne serais jamais parti.

Nous avons filé dès que nous avons reçu notre premier chèque de bien-être social.

Notre première visite fut pour Darryl, à Winnipeg. Il est venu me rencontrer à l’auto, devant chez lui, où nous avons pris quelques photos. Elles ont été malheureusement égarées par hasard dans la poste. Darryl n’a pas voulu me suivre, comme je le savais déjà. Il y a toute une différence entre ce que l’on dit pour épater la galerie et la réalité.

Gérald lui a raconté mes menaces de le kidnapper, s’il ne voulait pas venir avec nous. Darryl s’est contenté de rire. Il me connaissait assez pour savoir que je ne lui imposerais jamais rien, surtout ce qu’il ne voudrait pas. Gérald jouait tellement au protecteur qu’on se demandait si on devait en rire. Il avait même songé à avertir la police. Darryl m’a informé qu’il voulait joindre l’armée.

  • Contre les Québécois? lui demanda un Gérald taquin, car on savait que des escouades spéciales d’intervention militaire se pratiquaient dans l’Ouest canadien pour intervenir si le Québec se déclarait indépendant.
  • Ça jamais, de rétorquer Darryl.

Le petit se promenait en bedaine comme pour me rappeler sa beauté, une beauté qui m’envoûtait. À cette époque, on ne songeait même pas au mariage gai. Je me fichais qu’il soit de langue ou de race différente. L’amourajoie ou pédérastie est une forme de fascination qui déborde toutes ces limites  idiotes. Un humain, c’est un humain, un être sacré. Chaque être a son « diapason », sa tonalité, son énergie, sa force de communication.

J’ai vu dans ses yeux, la façon qu’il me regardait, qu’il me considérait comme un véritable ami. Quand il a répliqué à Gérald, j’ai compris qu’il n’était pas gai, mais qu’il me respectait profondément. J’avais réussi à lui laisser une bonne impression des Québécois, malgré ma pédérastie.

En Saskatchewan, nos portefeuilles étaient déjà crevés. Nous avons obtenu l’aide gouvernementale. À cette époque, l’Ouest canadien était alors plus à gauche et plus généreux que le Québec quant à son aide sociale. Cela nous a permis de continuer notre chemin.

À Saskatoon, nous avons dû nous rendre à un comptoir familial. Puisque nous étions partis pour le soleil du Mexique, nous n’avions pas prévu les rigueurs de l’hiver avant de descendre dans le Sud. J’ai reçu un manteau que, cinq ans plus tard, je porte encore avec fierté.

L’absence des petits gars, une réminiscence de mon passage angélique au paradis, et l’insécurité d’être ainsi à la merci de l’aventure a modifié complètement mes rapports avec Gérald.

Gelé comme un bœuf, Gérald tombait amoureux de moi, même s’il reconnaissait le caractère compensatoire de la situation. J’étais trop aux aguets de petits gars à découvrir pour comprendre ce qu’il ressentait. J’étais sa sécurité. La tension était trop grande quand nous sommes arrivés à Edmonton. Faute de place, j’ai dû aller coucher dans une auberge de jeunesse « un hostel du gouvernement », comme on disait, assez crasseuse.

Quelques jours après, j’avais des rougeurs aux bras et aux mains. Je croyais que je m’étais empoisonné, cela ne faisait aucun doute. J’ai aussitôt couru pour une consultation médicale. Le diagnostic fut une surprise, une honte comme je n’en avais jamais eu : j’étais bourré de puces. Lavages. Rires. Gêne. L’enfer.

Nous étions installés dans un hostel du gouvernement, un endroit où l’on est nourri, logé, jusqu’à ce qu’on trouve un emploi. Jimmy et moi ne faisions pas de grands efforts. Nous passions nos journées à lire des livres québécois à la bibliothèque municipale. J’en profitais aussi pour écrire. Deux nouvelles littéraires furent expédiées à Hélène, à Sherbrooke, pour qu’elle me les garde. J’écrivais aussi mes impressions à Gaétan Dostie et je lui envoyais les découpures d’articles de journaux que je croyais intéressants.

Au moins, mon exil servait à faire savoir aux Québécois ce qui se passe réellement dans l’Ouest, les politiciens ayant toujours un double langage : un pour les francophones, l’autre, pour les anglophones. De soldat de la Révolution, je passais à l’espion. Je me renseignais du mieux que je pouvais.

De temps en temps, j’allais travailler pour que l’on puisse s’acheter des cigarettes

ou se payer une bonne bière. Je voyais là l’occasion rêvée à travers ces voyages de découvrir ce qui est mieux que chez nous. Mieux informés, un jour, au Québec, nous vivrons ces améliorations sociales. Aider le Québec fut une de mes obsessions permanentes. Je vis pour l’indépendance du Québec.

Gérald trouva un emploi de mécanicien. Il s’est installé seul dans un appartement.  Avec lui, la vie était de plus en plus intenable. Il était jaloux de mes relations avec Jimmy. Il me voulait exclusivement.

C’était la première fois que je vivais une telle situation. J’étais plutôt attentif à ce que j’apprenais.

Comment pouvais-je me ramasser avec un bonhomme jaloux alors que j’ai toujours fui les femmes, à cause de leur jalousie et leur maudite manie de vouloir te posséder à elle seule comme si t’étais un meuble de la maison? Une forme de possession que l’on appelle la vie de couple. Une vie automatiquement versée dans la jalousie parce que les humains n’ont pas encore réussi à contrôler leur vie sentimentale.

Un midi, à l’hostel du gouvernement, un anglophone se mit à crier contre les maudits « french man ». Nous n’avons rien dit quand soudain, un vrai bélier mécanique indien saisit l’Anglais par le collet. Il voulait le forcer à s’excuser. À son avis, nous, les francophones avons été là avant les Anglais et nous étions moins racistes qu’eux. « Dans tout français, disait-il, il y a du sang indien. » C’est bizarre que plus tard, Jean Ferguson, un professeur et écrivain Micmac,à Val-d’Or, m’accorde le statut de métis dans son association.

Entre moi et les Indiens, ça cliquait toujours. Les Indiens me reluquaient, je leur souriais. On aurait dit qu’ils ressentaient les sentiments que j’avais pour eux.  Une telle communication est possible seulement quand tu enseignes. J’avais pour eux un grand respect et une tentation formidable de visiter nos « différences ». J’aurais donné la lune pour une expérience sexuelle avec un petit Indien.

J’étais aussi révolté du sort qu’on leur faisait. Règle générale, les Indiens ne couchent pas dans la même bâtisse que nous, dans des lits soyeux et propres, mais sur le plancher, dans un autre édifice. Le racisme n’existait pas qu’envers les Indiens. Gérald ne pouvait même pas parler français avec ses confrères de travail francophones, dans les quinze minutes de détente, sous peine de congédiement.

Edmonton avait un journal francophone et une station de radio française. Le vrai sens du bilinguisme à la Trudeau prenait tout son relief. Ces instruments d’information, subventionnés par Ottawa, refusaient tout ce qui était québécois. Rien n’était bon si ça ne venait pas de la France.

Je reprochais aux journaux francophones de ne pas jouer un rôle positif, non seulement pour une meilleure compréhension du Québec, mais aussi afin d’éliminer bien des préjugés tels : les gouvernements francophones sont automatiquement de la mafia. C’était probablement vrai dans le temps du roman de Roch Carrier, de De l’amour dans la ferraille, mais ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui, depuis le passage de René Lévesque.

Je reprochais à la radio francophone de ne pas faire connaître la vraie culture québécoise, une culture hautement d’avant-garde et très humaine. Il n’y avait que du western à la radio, musique bien minoritaire au Québec, pour nous représenter.

Les fonds versés par Ottawa aux associations francophones servaient au culte religieux, à l’organisation de soirées sociales et de bingos. Les activités étaient superficielles et devaient évincer toute forme de contestation. Pour eux, Paris était bien plus important que le Québec.

Le bilinguisme était un mythe pour permettre l’anglicisation du Québec, la seule province qui prenait Trudeau au sérieux.

Une petite ville francophone près d’Edmonton venait d’être noyée dans l’élément anglophone et les moyens économiques de la minorité ne parvenaient plus à faire rêver d’une autonomie quelconque.

Au journal, il fut clairement établi que les francophones de l’Ouest préféraient des relations culturelles avec Paris parce que c’est meilleur pour l’unité canadienne.

Le patron du journal m’a dit, après avoir souligné que le Franco-Albertain avait remporté la médaille du meilleur hebdomadaire canadien : « À Montréal, au terminus ou dans les lieux publics, vous n’avez même pas de musique et de chansons québécoises. Vous n’avez rien à nous montrer.»

Il ne pouvait pas être plus clair : Trudeau maintient folklorique ment la francophonie pour duper les Québécois avec sa politique du bilinguisme, qui ne réussit même pas à stopper l’anglicisation des francophones hors Québec.

J’ai écrit une lettre ouverte dénonçant cette situation malheureuse et hypocrite. Le journal l’a publié intégralement.

J’ai aussi participé à une émission de radio où j’ai affirmé que la crise du pétrole est artificielle et n’existe que pour justifier une augmentation des profits pour les exploiteurs. Cela a eu l’effet d’une bombe. Les deux animateurs de la radio, M. et Mme Jeff Brown ont perdu leur emploi parce qu’ils m’avaient laissé parler sur les ondes de cette station de radio. Un bel exemple de liberté d’expression.

Un sourire venu d’enfer 22

novembre 8, 2020

Autobiographie approximative

31

Retour décevant

À mon retour, j’ai été consterné d’apprendre qu’après la censure à La Tribune et à L’R du Q, je faisais face à une nouvelle forme de « tais-toi ».

Il était une fois dans les Cantons de l’Est n’avait pas été distribué. Le responsable de la distribution, toujours mon bon ami Jean, avait décidé que le livre n’était pas assez intellectuel, trop contre-culture pour plaire à la population. Pourtant, ce livre a été exposé au Salon du livre de Paris pour son originalité et comme pamphlet de contre-culture politique d’avant-garde. Il s’est vendu comme des pains chauds. Il avait été tiré à 5,000 exemplaires et quelques années plus tard il était pratiquement introuvable.

J’avais le feu au cul. Ni le Parti Québécois, ni la CSN ne voulaient en faire la promotion. Pour les péquistes, je ne prônais pas assez clairement l’indépendance, mais ce n’était pas le but du livre. Quant à la CSN, je ne l’ai jamais su. En fait, avec le temps, je m’aperçois qu’à cette époque je rêvais beaucoup plus de la révolution que de l’indépendance.

L’indépendance c’est le moyen, le chemin à suivre pour permettre la révolution, c’est-à-dire changer les choses en profondeur. Il est impossible de changer quoi que ce soit si le Québec n’est pas d’abord un pays indépendant.

À mon sens, si avec un tel livre les gens ne savaient pas trouver la solution, c’est qu’ils étaient trop masochistes pour s’ouvrir les yeux et méritaient leur sort. Tu  ne peux quand même pas les aider, malgré eux. Si les gens sont trop bêtes pour comprendre qu’Ottawa écrase toujours et depuis toujours les Québécois, que veux-tu faire? Rien de plus sourd qu’un sourd qui ne veut rien entendre.

À Sherbrooke, déjà ma popularité s’était estompée. Presque plus personne ne savait qui j’étais.

Dans les milieux militants, les dirigeants me trouvaient trop radical, trop « show off ». Je n’étais pas mieux accepté. J’étais haï à mort par les libéraux et  repoussé comme un lépreux par les indépendantistes. C’était ma récompense de m’être battu, malgré la peur peut-être paranoïaque (comme si une peur maladive est moins terrifiante) de me faire battre ou descendre à tout bout de champ. C’était arrivé ailleurs, donc, ça pouvait se répéter.

Pourquoi autant de froideur à mon égard? J’aurais peut-être même été plus considéré si j’avais été un agent de la Gendarmerie royale. On aurait eu au moins une raison de m’écarter.

Cela mettait fin à une grande ambition. Comme tout le monde, j’avais rêvé à la postérité. Je trouvais mon message tellement essentiel et clair qu’il m’apparaissait absurde de susciter autant d’indifférence.

Pourtant, les critiques du livre étaient excellentes. On encensait Il était une fois les Cantons de l’Est dans bien des journaux.

Une jeune fille du journal « Contact », duquel j’avais pourtant été écarté, m’a touché en écrivant : « Il est allé au bout de ce qu’il lui était possible de faire. Il ne nous reste qu’à en faire autant. » J’ai bien apprécié ce geste de reconnaissance.

J’ai difficilement avalé ces moments à cause de mon orgueil démesuré. Une telle indifférence permettait au moins d’éliminer mes peurs.

Quant à la gloire, quand tu n’es pas mort, ça ne donne pas grand-chose. Pire la gloire, c’est un paquet d’emmerdements. C’est ne plus avoir de vie privée, ne plus pouvoir créer. Tu dois répondre à la demande et non plus vivre selon ton rythme. La gloire, c’est la misère. Je l’apprenais lentement, mais sûrement. Il suffisait d’examiner la jalousie qui existe entre les artistes et les auteurs pour se passer de la gloire. Elle a des avantages : plus besoin de t’inquiéter pour faire accepter tes textes, des droits d’auteur, etc.

Mon français était mauvais et en regardant les autres, je me sentais un bien piètre écrivain. Que veux-tu? La réalité, c’est la réalité. Fuck la gloire!

À Sherbrooke, j’ai à nouveau rencontré Gérald, le béret blanc, pédéraste ou amourajeux. Il y avait au moins une personne sincèrement heureuse de me revoir.

À ma consternation, Gérald s’était passagèrement converti. Persuadé d’être responsable de ma damnation, il avait brûlé toutes les revues pornographiques que je lui avais laissées à mon départ. Une valeur de plus de 100 $.  Il avait été l’intermédiaire des achats et il se sentait responsable. Pourquoi faut-il toujours brûler ce qui nous semble sale? Un « relent » d’Inquisition? Pourquoi les autres doivent-ils toujours décider ce qui est bien ou mal à ma place?

Nous avons vite recommencé à faire la noce. Il m’écoutait religieusement raconter mes aventures de voyage et vanter la beauté de Darryl.

Les libéraux ont déclenché des élections.

Ma participation fut très modeste. J’étais persuadé que le vent de droite identifié dans l’Ouest canadien soufflerait aussi au Québec. Je n’avais plus le feu sacré d’antan.

J’ai participé à des émissions radiophoniques ouvertes à la population. J’ai fait ressortir les liens du nouveau chef du parti créditiste avec Cotroni, prétendument le chef de la pègre au Québec. Yvon Dupuis s’emporta et menaça de quitter l’émission si on me laissait continuer de parler. Quant à Robert Bourassa, dans une émission de Radio-Canada, je lui ai dessiné verbalement le fédéralisme rentable durant presque cinq minutes, accusations auxquelles le premier ministre ne put répondre que par : « J’ai souvent eu l’occasion de parler à M. Simoneau et à son avis rien ne va. » L’émission ayant été interrompue pour des annonces publicitaires, les animateurs m’ont demandé de demeurer en ligne. À cause d’une prétendue erreur technique, la communication a été coupée. L’animateur m’a demandé d’entrer à nouveau en communication avec eux; mais c’était pratiquement inutile.

Au passage de Bourassa à Sherbrooke, je me suis rendu à CJRS lui remettre une copie de mon livre sur les Cantons de l’Est (ou Vauxcouleurs). J’ai vite été intercepté par les policiers qui me refusèrent l’accès aux ondes. Un des policiers me demanda si ce dernier livre était comme celui que j’avais déjà remis au premier ministre, soit L’Homo-vicièr. À cette occasion, la présentation de L’Homo-vicièr était afin d’obtenir la libéralisation de la pédérastie (amourajoie) , de la marijuana et un meilleur service de sécurité et d’aide pour les pouceux du Québec. C’était à l’Assemblée nationale et je n’avais jamais vu Bourassa devenir aussi blême, car dans le temps on prétendait que celui-ci était secrètement pédéraste. Ce qui était fort probablement une fausseté.

Un autre policier ajouta : « Tiens, c’est le fou qui est assez fou pour mettre le feu chez son patron et juste assez fin pour l’éteindre. »

Allez comprendre quelque chose.

Évidemment, le député Vaillancourt fut envoyé pour me parler. Pendant qu’il m’entretenait, la police fit approcher une voiture dans laquelle s’engouffra Bourassa comme si j’avais été une menace réelle pour sa sécurité. Ce n’était pas très brillant de me faire avoir pour une deuxième fois par un scénario presque identique à la fois précédente.

Les peintres de Vauxcouleurs avaient organisé une exposition pas mal politisée pour un centre d’achats. Réginald Dupuis y participait et m’invita à la visiter. J’étais fier de nos artistes. Nous sommes repartis prendre une bière et discuter un peu. Aucun incident. Beaucoup de satisfaction.

À notre grande surprise, une rumeur commença à circuler prétendant que j’avais été mêlé, lors de notre visite, à une chicane avec des libéraux, ce qui était absolument faux. Notre étonnement est passé à la consternation quand on a appris que les œuvres de Réginald avaient disparu et des rumeurs voulaient que je sois mêlé au vol mystérieux de ces peintures. Nous n’y comprenions rien. Une autre tentative libérale de me faire passer pour un petit bandit.

Un peu plus tard, l’enquête policière a éclairci les faits. La police a retrouvé les peintures dans un local du parti libéral. C’était toute une leçon à recevoir quant à l’honnêteté des libéraux. Étaient pris qui voulaient prendre. Mais, ça n’avait plus d’importance, les élections étaient passées et cette rumeur m’avait rendu inapte à agir pendant la campagne électorale.

Durant cette campagne et aux complémentaires dans Johnson, je me suis rendu aux assemblées du Parti Québécois vendre mon livre sur l’Estrie. Ce dernier s’envolait comme dans une bourrasque.

J’aurais bien aimé, dans Johnson que la population sache que Maurice Bellemare était celui qui leur avait menti quant à l’appui du gouvernement unioniste pour la construction de l’aéroport international de Drummondville. Contrairement à ses déclarations, son gouvernement s’entêtait à appuyer un site à St-Hubert, ce qui a permis au fédéral de concrétiser son projet à Ste- Scholastique.

Le message n’a pas passé. Même si M. Bellemare et son gouvernement seront responsables durant les prochaines décennies de l’entorse au développement économique du Québec, et particulièrement du cœur du Québec, les électeurs de la région la plus touchée ont élu un député libéral.

Les résultats des élections ne m’ont pas surpris. Presque tous les comtés étaient passés au parti libéral.

La visite surprise des chars d’assaut dans la Vieille Capitale et les spectacles libéraux pour alimenter la peur avaient encore une fois roulé la bonne foi des Québécois.

Au moins, le Parti Québécois devenait l’Opposition officielle. Ainsi, il prendrait le pouvoir la prochaine fois puisque les libéraux ne pourront pas voler les élections aussi facilement. Dans certains comtés, le vol était manifeste. Les libéraux avaient emporté les élections par 100 ou 500 voix. J’ai rencontré un bonhomme qui me raconta avoir voté 17 fois à 20 $ chaque fois contre René Lévesque.

Je ne pouvais pas changer les résultats des élections. Le monde aime se faire fourrer.  Plus  Trudeau  botte  le  cul  des francophones,  plus  il  reçoit  un  appui inconditionnel. Plus Bourassa mentait, plus ses libéraux empochaient, plus les gens votaient pour eux.

Il a suffi à Claude Ryan de mêler la religion à la politique pour faire une entrée fracassante. Pendant que Ryan dénonçait le patronage par ses voies parlementaires, je me suis laissé dire que dans le ministère de l’Agriculture, un sous-ministre libéral gardait sous clé, pendant deux mois, les chèques d’allocation des cultivateurs pour les travaux de drainage dans les comtés qui avaient trop voté en faveur du Parti Québécois. Il espérait ainsi que les agriculteurs rejetteraient encore plus le Parti Québécois.

Pendant que ses amis sortaient le prétendu scandale du divorce de René Lévesque, Ryan se pavanait avec sa famille pour mieux faire ressortir ses qualités chrétiennes. L’hypocrisie, ça paye, surtout en politique. Ça pogne. Les gens aiment se faire charrier par de tels artifices.

J’ai été parfois surpris des pensées de mon nouvel ami Gérald.

Béret blanc, d’une secte religieuse fanatique, il était pourtant, comme moi, contre les big boss. Selon lui, le Vatican a trahi le christianisme depuis belle lurette. Ce dont je suis parfaitement d’accord.

Politiquement, nous étions évidemment à l’opposé. Sa politique combat le communisme dans l’intérêt du capitalisme alors que je considère essentiel d’éliminer toutes formes d’impérialisme et de dictature bénévole ou pas, de gauche autant que de droite.

Le capitalisme est aussi  impérialiste,  dictatorial  est sûrement aussi corrompu que le communisme. Les deux régimes sont aussi sanguinaires l’un que l’autre. Tout ce qui compte c’est le pouvoir et le profit. L’idéal serait un capitalisme très socialiste.

Nous ne parlions que très rarement de nos options religieuses ou politiques, la beauté des petits avait trop d’importance pour être salie par ces mesquineries.

Gérald était béret blanc à cause de sa famille. Il identifiait Gilberte-Côté Mercier à sa mère. C’était touchant de l’entendre parler de la douceur, de la compréhension de Madame Mercier. Il avait pour elle une très profonde admiration : c’était la martyre, celle qui a sacrifié sa richesse pour sa foi. Quant à moi, c’était une névrosée, une frustrée sexuelle.

Gérald refusait d’admettre que les bérets blancs sont aussi riches que les autres sectes religieuses. Par contre, si je considérais leur approche de la sexualité comme parfaitement débile, j’admirais leur solidarité. Une solidarité digne d’un peuple libre et adulte.

Mes récits de voyage aidant, Gérald sentait jaillir en lui l’appel des grandes étendues. Le bruit de la liberté, le goût du petit gars qui en avait assez d’être écrasé et qui voulait fuir la maison paternelle en grimpant dans ses 34 ans.

Malgré nos âges, nous étions tous les deux, devant la grande route, la grande aventure, deux préadolescents qui voulaient être libres. Nous rêvions tous les deux aux fesses de Darryl, même si aucun de nous n’acceptait la sodomie.

Le flo, le petit gars, c’est l’harmonie, la beauté comme le modèle d’un peintre ou d’un sculpteur. Un moyen de rendre positive une obsession du pénis, obsession stupide qui ne disparaîtra chez moi qu’avec ma mort. Nous étions comme deux préadolescents qui ne se sentent pas assez aimés chez eux, deux survenants.

Le voyage, c’était une symphonie. Les petits constructeurs de châteaux sur la plage de Vancouver. Les deux autres qui étaient venus me provoquer pour que je m’amuse avec eux dans le sable. C’était leur rire, leur peau bronzée, la main qui cherche l’attention en se perdant sur un pénis bien bandé vite couvert de sable pour être déterré par la main d’un autre. La surprise du moment où celle-ci le découvre. Les feux qui allumaient alors les yeux du petit qui réagissait comme s’il ne savait pas que c’était nécessairement pour arriver… C’était la sensation de l’espace, de l’air à perte de narines. La fluidité des verts dans la forêt, près de Long Beach, sur l’île de Vancouver. L’éléphant de l’artiste Fafard, en Saskatchewan, sur le toit d’une école. Une impression folle à se rendre malade de vouloir vivre.

Ma fièvre se propageait. Darryl valait plus que nos souleries, nos recherches, toujours infructueuses et dont le seul avantage était de nous épater mutuellement. Nous nous étions contentés de peu assez longtemps, il nous fallait prendre cette liberté coûte que coûte.

  • Nous nous rendrons à Winnipeg et nous inviterons Darryl à nous suivre. Si ces parents s’y opposent, je le kidnapperai. Si tu voyais comme il est beau. Il vaut bien quelques problèmes.

Autres paroles en l’air entre deux bières. On a toujours l’art de se vanter parce qu’on a besoin de se croire un objet qui n’est pas inutile.

La vague a atteint un nouveau paroxysme en rencontrant Jimmy, un gars connu à Vancouver et que le souffle du voyage poussait de Montréal à Sherbrooke.

Jimmy était en rupture de ban avec sa famille. Ses parents étaient dirigeants d’une petite industrie québécoise. Comme tous ceux qui ont de l’argent, ils ne comprenaient pas que dans la vie; il n’y a qu’une chose qui importe : aimé et être aimé, se sentir bien dans sa peau. La vie est une suite d’expériences.

Jimmy n’avait encore connu aucune expérience sexuelle et il avait été entendu que ce ne serait pas moi qui l’initierais. On se parlait franchement entre ceux qui faisaient du pouce. Nous, on ne se racontait pas de mensonge. Une loi de la vérité ou de la survie. Même s’il était trop vieux pour correspondre à mes désirs,

ayant sûrement une trop longue queue, vingt ans, presque six pieds, le défi que représentait son impuissance sexuelle était fort alléchant. Que décidera-t-il quand il saura ce qu’est le plaisir? Le sexe se marie souvent avec les sentiments que l’on ressent l’un pour l’autre. C’est encore plus vrai chez un pédéraste (amourajeux).

Je me sentais un peu comme une « guidoune dans ses chaleurs » tout en étant encore membre assidu des Enfants de Marie. Je ne voulais plus faire de politique, tout en m’engageant un peu. Je voulais travailler, mais pas trop. Je n’avais pas d’emploi et aucune chance d’en trouver : je n’avais pas de métier, j’étais trop vieux ou trop dangereux ayant été journaliste trop longtemps. J’avais les cheveux trop longs et je ne voulais pas être bilingue par fanatisme.

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Nouveau départ pour l’aventure

Je voulais repartir en voyage, mais je ne voulais pas passer pour un lâche. Les braves s’attaquent au système plutôt que fuir.

La fièvre a fait sauter toutes les barrières. Nous partirions tous les trois pour l’Amérique du Sud. Gérald a laissé son travail; Jimmy, ses études. Nous avons décidé de mettre nos chèques de bien-être en commun et de partir avec l’auto de Gérald.

La vraie révolution est celle qui ne croit pas dans le système. Elle ne croit en rien pour chercher la vérité et qui rejette toutes formes de soumission aux règles débiles qui ont été créées pour mieux exploiter chaque individu.

Cette fois, avant de partir, j’ai passé la dernière soirée avec mon père. Je l’ai vu pleurer pour une des premières fois parce qu’il s’inquiétait pour moi.

Cette fois, j’ai passé la dernière soirée avec mon père. J’étais gelé comme une balle. Les dernières animosités étaient tombées entre nous. Il m’avait pardonné ma pédérastie, mon amourajoie. J’étais moins révolté contre la sorte de monde de sa génération et les générations précédentes qui nous ont légué une perception vraiment débile de la sexualité.

Je l’ai senti très près de moi. Au fond, nous nous sommes toujours aimés. Mes reproches quant à sa froideur n’étaient plus justifiés. Mon père ne combattait jamais en meute, peut-être a-t-il été trop souvent trahi dans sa confiance aux autres pour croire dans la fidélité des autres ? Papa a toujours connu beaucoup de difficultés pour survivre financièrement. Il aidait trop de gens.

D’abord, il s’est fait avoir par la Thérèsa, une mine d’or dans le nord de l’Ontario. Puis, pour que les enfants ne souffrent pas dans les périodes difficiles, il faisait d’énormes crédits à bien des paroissiens en difficulté.

Politiquement, il était fasciné par le nationalisme de Daniel Johnson, père. Jamais il n’a été récompensé d’une manière ou d’une autre pour ses services. Quasi ruiné, il n’y avait pratiquement que la vente de la bière à l’épicerie pour lui permettre de s’en sortir. À deux reprises, aux deux référendums, le curé est monté en chair et a fait battre l’abolition de la prohibition. À cause de ces échecs, mon père a dû s’exiler pour nous faire vivre. Il s’est aussi fait haïr parce qu’il voulait la construction d’une école centrale à Barnston. Les écoles ce n’était pas à la mode dans le temps. Ce fut une très dure lutte, mais la première école centrale en milieu rural fut construite à Barnston.

Toute sa vie, il l’a vécue pour nous, ses enfants. Il l’a vécue aussi à aider les cultivateurs de par chez nous à survivre et s’enrichir. Tout ce qu’il a récolté : en 1978, une année après sa mort, les gens ont refusé de changer le nom de l’école St-Luc de Barnston pour l’école Émile-Simoneau. La paroisse porte pourtant déjà le nom de St-Luc. Cette demande a engendré toute une série de jalousies et de gestes hypocrites. D’abord, les commissaires de Coaticook ont rejeté la demande, car, elle avait été publiée dans le journal du coin. Ils avaient peur puisque je suis un gars très politisé. Ils ne voulaient pas créer de précédent. Il fut entendu qu’un sondage serait tenu le 3 novembre. Il fut devancé sans avertissement. Les articles expliquant ma demande ont ainsi été publiés après le sondage. Les gens ont préféré garder le nom de Saint Luc comme si ce saint avait besoin de ça pour dormir. Une telle mesquinerie m’a révolté. La Commission scolaire et le Comité de parents de l’école ont agi malhonnêtement. La Tribune a publié un article le 4 novembre, confondant ce sondage et les élections municipales.

Pendant qu’on refusait le changement de nom à Barnston; à Sherbrooke, on élevait un monument à un ennemi francophone, Sir Alexander Galt. Il faut être un bandit pour être un héros québécois. C’est un peuple incapable de sortir des jupons des curés. Une race infériorisée et sans identité. Un peuple aussi masochiste mérite presque de disparaître. Cela dépasse ma pensée;  mais il  faut parfois se vider le cœur.

Je reprochais à mon père de trop encaisser et d’être trop à droite. Il n’acceptait pas tout ce qui venait des syndicats. Comment pouvait-il accepter le si peu de gratitude des gens qu’il avait aidés? Comment pouvait-il continuer à croire dans une Église qui l’obligea à bûcher toute sa vie à cause de sa tartufferie, de sa morale maladive? Comment pouvait-il être fier du monde qu’il nous a construit? En fait, je lui reprochais de ne pas être aussi révolté que moi, ce qui d’une manière me condamnait. Il était plus sage que moi. Il savait que ça ne donnait rien. On est juste responsable de créer sa propre vie.

La nausée devant les libéraux nous était commune. Si quelques années plus tôt, j’avais choisi d’appuyer les libéraux pour être en contradiction avec lui, maintenant qu’on en avait chassé René Lévesque, la politique nous réunissait moi et mon père plus que jamais.

Il savait ce que je ressentais et il me reprochait à son tour d’être comme lui en politique : à la recherche de trop d’intégrité. Par exemple : je n’en ai jamais voulu à mes patrons à la Tribune, ils faisaient leur travail. Je comprends combien je devais être un paquet de problèmes, moi et ma maudite politique. Le journalisme d’enquête n’existait pas encore. Que j’aimais faire ce travail !

Un sourire venu d’enfer 21

novembre 7, 2020

Un sourire venu d’enfer 20

Autobiographie approximative

Au cours de ce voyage, je revivais une valeur qui m’a toujours paru essentielle dans le développement humain : la solidarité.

J’attachais beaucoup d’importance aux rencontres des voyageurs comme moi. Ce sont des jeunes qui cherchent non seulement souvent à découvrir des paysages, mais à comprendre la vie. Je croyais plus que jamais dans cette nouvelle génération. J’ai été d’autant plus scandalisé le jour où dans une auberge un jeune en vola un autre. Comment peut-on se voler entre pauvres ?

Tous les soirs où l’occasion se présentait, je me rendais avec un jeune d’Edmonton assister à un coucher de soleil sur le Pacifique. La merveille de ces couleurs nous éblouissait presque autant que le silence et la méditation. Ce nouveau camarade m’invita à lui rendre visite chez lui à Edmonton.

Le voyage était déjà amorcé. Je suis embarqué avec un jeune Américain qui possédait un camion fortement équipé pour le voyage. Celui-ci était d’une gentillesse à te faire rêver de la Californie.

Dans les Rocheuses, à Banff, son camion est tombé en panne. Le jeune américain nous a offert de poursuivre notre chemin afin d’éviter les retards. La majorité des jeunes ont gagné le bord de la route. Nous n’étions plus que deux avec lui. Nous voulions l’aider puisqu’il avait eu l’amabilité de nous amener. L’Américain n’en revenait pas. Il nous dit n’avoir jamais connu un tel geste dans toute sa vie. Nous l’avons assisté jusqu’à ce que son problème soit réglé et que sa route ne concorde plus avec la nôtre.

J’ai fait seul le voyage de Calgary à Edmonton. Les Rocheuses m’ont paru de plus en plus belles dans ce deuxième voyage dans les montagnes, car je ne cherchais plus la surprise, la hauteur, mais à mieux profiter de la vue générale.

Chez mon nouvel ami, j’ai eu la surprise de faire la connaissance de deux petits gars qui prenaient immensément plaisir à jouer avec moi. J’étais au ciel encore une fois. Je remerciais Dieu de me les faire connaître. La pédérastie (amourajoie) est un don de Dieu, celui de se sentir égal avec tous les autres humains, celui de jouir de la gentillesse naturelle des jeunes. C’est une forme d’osmose d’énergies génétiques.

J’ai reparlé politique pour la première fois depuis départ. Un séparatiste en terre canadienne, cela a de quoi attirer l’attention.

Un groupe de jeunes avaient décidé de me passer un savon et mieux me faire apprécier les beautés « canadians ». Ils m’ont amené prendre une bière pour me persuader de mon péché contre ce beau et grand pays qu’est le Canada. Mais, aucun n’avait encore visité ce beau et grand pays. J’aurais préféré courir les jeux forains avec les jeunes, mais j’étais invité et je devais me prêter au jeu.

Ce n’était pas un grand tour de force. La majorité de ceux qui défendent le Canada dans sa forme actuelle n’ont que de très faibles arguments basés surtout sur l’émotivité et une méconnaissance invraisemblable de ce qu’est leur pays. Ceux qui ne sont jamais sortis de chez eux disent qu’il ne faut pas briser un aussi beau et grand pays.

Plusieurs parlent d’égalité et de fraternité, oubliant que les anglophones et les immigrants s’imaginent être les seuls patrons en Amérique du Nord. Une réalité que l’on ne peut pas avaler au Québec.

Le chef d’orchestre apprenant qu’il y avait un Québécois dans la salle en a  profité pour lancer : « Welcome in God’s land », ce qui à mon sens démontrait en soit ce sentiment de supériorité des anglophones vis-à-vis les francophones.

Quand tu sais que le Canada n’est qu’une institution politique et économique artificielle pour avantager les multinationales concentrées dans le sud de l’Ontario; quand tu sais que cette concentration est à la source du déséquilibre entre le centre du pays avec l’est et l’ouest; que cette injustice est tellement flagrante que le nord de l’Ontario veut se séparer du sud pour créer un nouveau pays, l’Aurora; la grandeur du pays tu te la branches quelque part.

Vite, cette étude n’apparaît plus comme une raison de fierté, un petit relent de puissance, de valorisation personnelle ou d’identification nationale.

Quant à la fraternité, elle existe vraiment qu’en dehors des structures nationales entre êtres humains, sinon, elle ne représente que les argents qu’elle procure. C’est payant pour les industriels en majorité américains d’être subventionnés en double. Pour le reste, il suffit d’examiner le sort fait aux francophones pour comprendre que cette belle fraternité n’existera jamais. L’Ouest est assez riche pour être un pays, tout comme le centre et le Québec. Quand les gens de l’Ouest s’y arrêtent, il leur faut peu de temps pour tomber d’accord avec nous. Ils s’imaginent être la vache à lait des provinces de l’Est. Pourquoi s’il en coûte autant pour garder le Québec dans la Confédération, sont-ils prêts à envoyer l’armée pour empêcher le Québec de se séparer?

Pour les gens de l’Ouest, à cause de l’image reflétée dans les journaux, les Québécois sont des racistes qui vivent un couteau à la main pour égorger tous les anglophones sur leur passage. Quand ils nous connaissent un peu, ils sont éblouis. Ils apprennent que quelque part sur le territoire vit un peuple pour qui l’humain est plus important que l’argent.

Si les Québécois sont si racistes pourquoi une très grande partie est bilingue alors que les anglophones, surtout au Québec, s’obstinent à ne pas apprendre la langue de la majorité? Pourquoi les anglophones du Québec, la minorité la mieux traitée dans le monde, colportent-ils à l’extérieur du Québec une image aussi sale des francophones?

Qui sert le fédéral? Le sud de l’Ontario. Qui bénéficie de cette situation? Les Américains. En quoi sont-ils intéressés? Un Canada séparé, sans souveraineté- association signifie en Alberta la création d’un nouvel état américain. Le pétrole ne sera plus alors l’exclusivité des pays arabes et dans une guerre froide, c’est tout un atout. Quant à l’Est du pays, un Québec indépendant, boudé par l’Ontario qui a toujours été foncièrement raciste, permet un marché en électricité et en matières premières fort avantageux. La souveraineté-association se ferait sans Ottawa, de gré à gré entre les provinces canadiennes et le Québec. Finies les chicanes entre l’Est et l’Ouest à cause de l’incompatibilité de leurs intérêts économiques et linguistiques. Les grands perdants seraient les multinationales. C’est pourquoi tout en faisant semblant d’être neutres les États-Unis ont sans cesse le nez dans l’économie canadienne.

Le Canada, c’est une farce économique invraisemblable. Les économies régionales ont souvent des intérêts opposés et non complémentaires comme les fédérastes essaient de le faire croire.

En Alberta, la majorité se fout d’appartenir aux États unis. Heureusement, ces jeunes n’étaient pas de ce groupe et les discussions sont vite devenues très amicales. Ces jeunes étaient plus près d’une sécession de l’Alberta du Canada que d’une fédération canadienne.

La soirée ne s’était pas déroulée comme ils l’avaient prévu : après quelques heures de discussion je les avais persuadés que l’indépendance n’était pas bonne que pour le Québec, mais souhaitable et réalisable pour l’Ouest canadien également.

Nous avons passé le reste de la nuit à courir les effeuillages et à boire.

Je n’ai jamais eu le courage de leur avouer ma pédérastie ou mon amourajoie. Cela n’avait pas grande importance. Qui se préoccupe de la nuance de ma position : « J’aime les femmes, mais je suis plutôt gai et j’adore les petits gars».

Le retour au Québec s’amorçait. Je voyais le Canada très différemment. J’étais surpris que la majorité des gens loin d’être racistes étaient très sympathiques. Ils étaient malheureusement mal informés et influencés par leurs journaux, monopolisés en grande partie entre les mains de propriétaires américains.

Je n’étais plus certain d’avoir raison en étant séparatiste. Je ne les voyais plus comme nos ennemis. D’autant plus que les artistes francophones rencontrés étaient exceptionnellement sympathiques. Même les écrivains anglophones se plaignaient de la concentration culturelle à Toronto, d’où les artistes des Prairies crèvent de faim. Par contre, on ne me cacha pas que le public de l’Ouest est encore plus conservateur qu’au Québec.

Pour survivre, je suis arrêté au Manitoba travailler au journal La Liberté.

Pour la première fois, j’ai dû faire face au vrai sort des francophones hors Québec. L’assimilation se faisait à un rythme effarant.  St-Boniface n’était plus une ville française, mais un quartier de Winnipeg.

Pourquoi dans toutes les auberges de jeunesse, les responsables étaient-ils presque toujours bilingues? Comment cette situation pouvait-elle être compatible avec la réalité ?

J’ai travaillé à un seul reportage : la francisation dans la fonction publique. Il m’a suffi de cet exemple pour comprendre à jamais que le bilinguisme à Trudeau, c’est du tape-à-l’œil. Malgré leur bonne volonté ou le goût d’augmenter leur salaire, certains anglophones, après avoir buché comme des fous pour apprendre le français, le perdent vite, faute de ne pas pouvoir le pratiquer.

Il faut aussi comprendre la population francophone. Pour se faire servir en français, il faut faire venir le fonctionnaire qui connait le français. Ça prend beaucoup de temps avant que leurs confrères les trouvent. On fait payer ainsi le coût du bilinguisme. Les gens sont fatigués de devoir ainsi attendre pour être servis dans leur langue. Ils savent aussi que parler français, c’est de s’assurer de ne pas avoir d’avancement ou du moins ça le rend terriblement difficile. Ils finissent par lâcher. C’est moins d’efforts.

J’étais aussi révolté du fait que l’Église catholique venait de mener une campagne contre le seul ministre francophone du Manitoba, à cause de son appartenance au Nouveau Parti Démocratique (NPD). Il fallait combattre le socialisme aux dépens des francophones. Partout dans l’Ouest, on pouvait voir un virage à droite.

Le christianisme servait à faire oublier que le les capitalistes et les communistes font crever des millions de gens pour conserver leur suprématie économique. Une belle vacherie qui montre le jeu des religions en politique ! Pour se déculpabiliser, il suffit de se dire chrétien, continuer de regarder en silence ces systèmes tuer pour garder le pouvoir et faire de l’argent. Pourvu que le sang paie, l’Église ferme les yeux.

Cette nouvelle vague était facile à comprendre : le Vatican aimerait bien élargir son empire en Amérique du Nord, d’où l’œcuménisme, alors que la CIA veut faire sauter la Russie.

Pour arriver à leurs fins, les deux se sont réunis dans une nouvelle croisade : les mouvements charismatiques. Les proaméricains, comme Ryan, sont poussés au pouvoir. Il faut sauver l’homme du communisme et permettre l’exploitation capitaliste.

Dans une auberge, un anglophone s’en prit à moi tout simplement parce que j’étais francophone. À ma surprise c’est un métis du coin qui prit ma défense disant qu’il y a presque toujours du sang indien dans le sang francophone.

Avec mes nouveaux avoirs financiers, j’ai décidé de faire un pèlerinage à un héros francophone de l’Ouest : Louis Riel. Je me suis rendu à Batoche

.J’ai été conduit aux lieux historiques par des Indiens qui s’efforçaient de me dire quelques mots en français. J’ai visité la classe où Riel a enseigné. À ma surprise, j’ai découvert mes initiales « JS » sur un des bancs de cette école. Cela m’a bouleversé.

On ne nous apprend pas que pour construire le chemin de fer on a massacré les Métis. Riel et son peuple étaient en guerre contre Ottawa, car ils avaient créé un nouveau pays. On ne nous enseigne pas souvent ces massacres qui sont une honte pour le Canada.

De retour sur la route, j’ai été embarqué par une dame qui voyageait en compagnie de deux parents. Son chauffeur était un militaire. Cette dame se disait la cousine de la reine Élizabeth. Je n’en croyais rien au début, mais j’ai dû convenir que c’était possible. Celle-ci parlait un peu le français et voulait que je lui apprenne quelques mots.

  • Votre cousine n’est pas très gentille. Je faisais du pouce près de Toronto et elle m’a passé au nez sans s’arrêter, dis-je, en riant. Elle me répondit qu’Élisabeth n’est pas toujours de nature souriante.

La dame m’a questionné sur la vie politique du Canada. Le militaire essayait à chaque fois de faire valoir le beau côté des choses alors qu’au contraire, je tentais de lui faire comprendre l’injustice du racisme anglo-saxon. La dame me parla de l’homosexualité de Trudeau qui, selon le soldat, avait cessé d’être le sujet de discussion des gens du pays depuis son mariage. Je ne pouvais pas en parler, car je ne sais pas ce qu’il en est vraiment et une chose est certaine : je n’ai jamais couché avec Trudeau.

Je ne sais pas ce qu’elle a pensé de mes opinions, mais pour elle, j’étais définitivement un petit nègre blanc d’Amérique fort sympathique.

Je me suis arrêté dans une auberge de jeunesse dans le nord de l’Ontario. Pour la deuxième fois, il était évident que l’on avait essayé de m’écraser. Alors que je pouçais, une auto conduite par un Indien m’a foncé dessus. Ils étaient alors en guerre contre les Blancs, dans ce coin du pays. Sur le pouce, il est difficile de faire savoir au chauffeur que t’es Québécois, car, les Indiens respectent les Francophones.

Tous les humains sont égaux et on s’en aperçoit très vite. Il fonçait sur un Blanc avec les cheveux longs. À cause des luttes raciales en cours, cela était très compréhensible. Je n’en ai gardé aucune animosité. Je n’étais pas visé comme individu, mais comme Blanc.

C’était la deuxième fois que ça se produisait. C’était arrivé une autre fois dans l’Ouest. Un camion s’est tassé sur moi alors qu’une pipe dépassait à l’arrière. Celle-ci m’a heurté la main. Il n’y avait rien de surprenant dans ce comportement. Dans l’Ouest et aux États-Unis particulièrement, il était fréquent que des voyageurs seuls mangent une raclée ou soient tirés à bout portant par des gens dont le conservatisme rend cinglé. Rien n’est plus stupide et borné qu’un individu qui juge les autres. C’est malheureusement le propre des gens très religieux.

À l’auberge de jeunesse, une jeune fille me proposa de l’accompagner jusqu’au Québec. Cela ne m’intéressait pas particulièrement. J’ai donc refilé l’invitation à un jeune chanteur qui semblait aimer mieux la présence des femmes que moi. Il les aimait assez (avec ses mains, j’imagine) que je l’ai aperçu un peu plus loin sur le bord du chemin. Les femmes aiment rencontrer des gars qui ne pensent pas qu’au sexe en les voyant. C’est d’ailleurs ce qui les rend intéressantes.

Quant à moi, j’ai entrepris le voyage en compagnie d’un petit bonhomme de 15 ans environ. Il venait visiter le Québec. On n’est pas tous paralysés de peur d’être abordés sexuellement… on laisse ça aux femmes.

Nous avons eu toutes les misères à nous trouver une « ride ». Nous sommes arrivés à Thunder Bay, morts de fatigue.

Malgré nos efforts, pas moyen de dénicher l’auberge de jeunesse. Si les informations fournies étaient claires pour les dirigeants de l’auberge, celles-ci ne l’étaient pas pour nous. C’était un vrai casse-tête. Découragés, enragés, nous avons décidé de coucher dans le champ, si dans les dix minutes nous n’avions pas découvert un gîte.

À ma stupéfaction, le jeune lançait des roches, avec succès, dans les feux de circulation. J’étais trop conforme au respect de la propriété privée et publique pour accepter sans rouspéter un tel comportement. C’était la fatigue, ai-je pensé pour l’excuser.

Quelques secondes plus tard, une auto-patrouille fit son apparition. Papiers! Papia!, comme dit Léo Ferré dans une de ces chansons.

La police a pris beaucoup de temps à vérifier mon identité. Il y avait, selon elle,

un autre Jean Simoneau qui lors de son passage avant moi avait la malencontreuse habitude de faire des vols à main armée. Heureusement, je n’avais pas le même numéro d’assurance sociale.

À ma surprise, la police embarqua le jeune. Elle me laissait pour seule explication d’avoir reçu une dépêche de Vancouver les informant de la fuite de mon compagnon. Il était recherché à la demande de ses parents.

C’était la première fois que j’en entendais parler. J’avais chaud. Je me voyais déjà arrêté pour détournement de mineur. Comment pouvais-je prouver que je n’en savais rien? J’hésitais. Peut-être le jeune leur dira-t-il que nous venons à peine de nous rencontrer? Crevé de fatigue devais-je trouver l’auberge ou fuir avant que la police revienne encore m’emmerder. ? De toute façon, je ne pouvais rien faire pour lui. Quand tu as les cheveux longs, t’es coupable automatiquement. C’est encore pire si tu es trop jeune.

Mort de peur, j’ai décidé de continuer ma route. Un camion m’a embarqué et j’ai fait quelque 200 milles avant de m’arrêter. J’étais peiné d’avoir été obligé d’abandonner un aussi beau petit gars.

J’ai passé la journée étendu sur le bord du chemin pendant qu’un nommé Trudeau faisait du pouce avec moi. Je ne me rappelle pas son prénom. Il m’a bien fait rire, en me racontant tous les tours joués à la police, en disant simplement qu’il était de la famille du premier ministre Trudeau.

Il n’avait que le nom de Trudeau de répercutant. Rien à voir avec le célèbre Pierre, même qu’il était séparatiste à 110 %.

« Je suis sûr de frapper », lui ai-je dit, car il fallait bien expliquer mon comportement bizarre, soit de me coucher sur le bord de la route. Aussi bien dire adieu à toutes les chances qui pouvaient se présenter.

La faim a commencé à nous jouer dans les tripes. Je m’étais acheté un macaroni Kraft, sans songer qu’il pourrait y avoir des problèmes pour le faire cuire. Pas très brillant. J’ai cherché autant comme autant à découvrir un endroit assez charitable pour nous donner l’eau nécessaire et nous le laisser cuire. Inutile.

À la fin de l’après-midi, nous nous en allions à l’auberge de jeunesse quand nous avons aperçu deux personnes travaillant à réparer une petite Volks, bourrée de marchandises.

  • Allons les aider, ai-je proposé.

Trudeau refusa sous prétexte que nous n’aurions jamais la chance d’embarquer dans un char aussi bourré de victuailles et que nous devrions, au contraire, voir à nous percher pour la nuit. J’ai insisté pour qu’on les aide, non pour s’attirer leurs faveurs, mais par pure amabilité entre voyageurs.

Nous avons travaillé plus d’une heure. Trudeau était en beau joual vert. Le soir venait et nous avions passé la journée sur le bord de la route pour rien. Nous n’avions même pas été capables de dénicher un endroit où faire cuire nos nouilles. Je commençais aussi à être révolté. « L’Ontario est le paradis des racistes. », dis-je., mais dans le fond c’était à moi d’être assez intelligent pour acheter quelque chose qui ne nous place pas à la merci des autres. Je comptais sur les auberges pour obtenir les plats pour les faire cuire.

À l’auberge de jeunesse, les dirigeants refusèrent à leur tour de nous laisser préparer notre petit repas. Ils riaient de nous. J’avais le feu au cul.

  • On défait la baraque, criais-je à Trudeau, en m’emparant d’un bon gourdin.

Le jeune anglais qui nous répondait a pris peur. Il nous a demandé de patienter un peu. Songeant probablement à ses os plus qu’à notre misère, il nous revint avec quelques sandwichs pour nous aider à patienter jusqu’au repas.

Nous  étions  à  notre  sieste  quand   les   voyageurs   que   nous   avions   aidés réapparurent. Ils avaient tout rangé et libéré le siège arrière. Ce fut un tour jusqu’à Toronto, plusieurs centaines de milles plus loin. Ces jeunes étaient des amis d’Angela Davis, ce qui ne fut pas sans provoquer mon admiration.

J’étais ravi de les écouter m’apprendre dans quel sens les jeunes Américains bougeaient. Je me sentais devenu citoyen du monde. Ça me rappelait tout ce que j’avais vécu avec Darryl. L’amour est une fiction même dans la mémoire. Elle est encore plus belle que la réalité.

Le reste du voyage s’est déroulé sans incident. Tout était beau, intéressant.

Les frontières entre jeunes, c’est une aberration. Ça n’existe pas. Les problèmes sont les mêmes partout : l’abus de pouvoir, l’impérialisme, la violence. Les vrais responsables sont toujours intouchables.

La crise canadienne est imaginée aux États-Unis et pour les intérêts des multinationales américaines. Ils ont les moyens pour  s’installer  et  les  politiciens vont chercher dans les poches des contribuables l’argent qui manque.

Mon voyage dans l’Ouest, ce fut Darryl. Darryl. Une rencontre fortuite. Une surprise. Un cadeau de Dieu. Un arc-en-ciel dans ma vie. Darryl, comme tous les petits gars que j’ai aimés, était le symbole parfait de mon idéal de vie. Ma vie n’aurait pas eu de sens sans cette profonde fascination, cet envoûtement pour la beauté des petits gars. Ce besoin d’eux est aussi vital qu’une source d’eau fraîche dans le désert. Ce n’est pas qu’un attrait sexuel quoique ce le soit aussi. Une nuit dans le lit près l’un de l’autre suffit à faire apprécier Dieu et sa création.

La pédérastie (amourajoie) est un échange de vitalité, presque une adoration de la vie à travers leurs jeux, leur beauté. La pédérastie, c’est vivre intérieurement en petit gars, malgré l’âge adulte. C’est un échange émotif. L’osmose de l’adoration avec la beauté. Une vibration sur une même harmonie.

Darryl savait fort bien qu’il me fascinait beaucoup trop pour que je puisse être le moindrement dangereux. Je me suis ruiné pour qu’il ne gèle pas la nuit

Un sourire venu d’enfer 20

novembre 6, 2020

Autobiographie approximative

Partie 2

L’exil

Chu tanné d’être pré-adolescent                                 

me faire piéger, espionner, humilier.

J’en ai assez de passer pour un voyou je ne veux rien casser

je veux sacrer le camp je veux tout aimer

voir le désert, nager dans la mer, caresser un petit gars

ressusciter encore plus jeune

sentir dans chaque fibre de mon corps un concerto d’hallucinations

de lunes-nombrils, de visages-soleils

je veux mourir en terre inculte

être enterré sous un érable

être un printemps en plein hiver.

Je n’avais plus qu’un espoir : me dépolitiser pour vivre comme tout le monde.

J’ai quitté Sherbrooke avec 135 $ en poche. Il est difficile de survivre bien des années avec une telle somme. Il ne me restait plus qu’à voyager pour survivre.

À Montréal, j’ai passé la première soirée dans un club gai. Au Lincoln, les jeunes sont rares. Tu es plus facilement remarqué par les plus âgés, car il n’y a pas de compétition.

J’avais choisi cet endroit, car, je gardais un mauvais souvenir des autres clubs, où même si les jeunes y étaient rarissimes, on ne m’apercevait même pas. Je sortais ordinairement de ces clubs encore plus frustré et humilié. J’étais trop laid pour attirer l’attention.

J’avais souvent l’impression que ces gars sont tellement à la recherche d’une queue à dévorer qu’ils ne pouvaient pas tenir compte du fait que l’on soit beau ou non. C’est tout à fait le contraire du désir chez les (amourajeux) pédérastes. Ordinairement, je ne poignais pas, mais cette fois, je me suis trouvé un endroit où aller coucher sans frais. Je n’avais qu’à faire la planche comme d’habitude et jouir de me faire sucer.

La dernière année à Sherbrooke, la ville scrupuleuse, m’avait permis de connaître quelques belles expériences avec des plus vieux que moi et de cesser de m’imaginer, comme mon éducation le prétendait, que j’allais automatiquement, en allant avec un partenaire plus âgé, être coupé en petits morceaux. Je crois d’ailleurs que cette peur entretenue par le système à travers les journaux a miné mon évolution sexuelle vers quelque chose de plus acceptable pour la société. Serais-je devenu un « gai normal » plus rapidement si je n’avais pas eu ces peurs d’enfance? La (l’amourajoie) pédérastie est d’abord l’appel de la beauté. C’est un échange d’énergies, des énergies que l’on retrouve seulement chez les jeunes, surtout la spontanéité.

Les nouvelles à caractère sexuel servent à faire peur aux enfants et parfois chez nous, on lisait Allo Police, ce qui me rendait méfiant envers tous les étrangers. C’est à partir de cette expérience que j’ai toujours trouvé profondément paranoïaques les annonces demandant aux enfants de toujours avoir peur des étrangers. Une vraie maladie ! Un irrespect total du droit du jeune à décider de sa sexualité, même si toutes les chartes prétendent défendre leur intégrité. Les jeunes doivent automatiquement asexuels. Quel mensonge ! Quelle ignorance!

Le lendemain matin, j’étais sur le bord de la route pour Toronto. C’était à la fois terrifiant et extraordinairement excitant. Comment survivre avec si peu d’argent? Une des pires peurs de mon adolescence : j’étais convaincu que je n’arriverais jamais à m’en tirer dans la vie, car en plus d’être « faiblesse », je ne savais rien faire de mes dix doigts. J’étais devenu journaliste par accident. Je n’avais que 19 ans alors que j’étais responsable du bureau de la Tribune à Lac-Mégantic.

Seul, c’est un vrai charme de voyager sur le pouce. Les gens ont rarement peur de toi et tu te sens vite en terrain ami avec ceux qui t’embarquent. C’est ainsi que dès le premier soir, j’ai couché dans une auberge de jeunesse à Toronto.

J’ai particulièrement aimé cette soirée puisqu’un magnifique petit bonhomme d’environ 15 ans est venu prendre sa douche avec moi. J’aurais bien vécu le

reste de ma vie à Toronto, mais mes avoirs ne me le permettaient pas et, de toute façon, ce premier petit compagnon de rêve prenait le lendemain une autre route que la mienne. Le dimanche, j’ai visité un peu la ville. J’ai commencé à chercher les indications quant à la route à suivre pour continuer mon voyage. Ce n’est pas facile quand tu es en terrain étranger.

C’est alors que j’ai connu mon premier incident. J’étais allé chercher de l’eau dans un garage et m’informer en français  à savoir quelles routes prendre. Tout allait bien, quand près de la clôture, j’ai aperçu un immense chien qui me courait après. J’ai grimpé le plus vite possible et j’ai échappé de justesse aux crocs du chien, mais pas aux barbelés.

J’étais étonné qu’un bonhomme qui m’avait paru si gentil envoie ensuite son chien après moi. Quel raciste !

Je me suis retrouvé sur une autoroute où un cortège de motos est passé à toute allure. Un des conducteurs a ralenti pour m’engueuler. Je me suis cru dans un endroit défendu. J’ai vite appris que mes craintes étaient fondées quand je fus embarqué par un groupe de jeunes qui m’apprirent que ces motos étaient bien l’escorte de la reine en visite dans le coin.

C’était à mourir de rire : je venais de faire du pouce à la reine d’Angleterre.

À Wawa, j’ai rencontré un jeune garçon de 14 ans environ, blond, beau comme un dieu. Il se rendait sur le pouce à Winnipeg. Il était là avec deux autres jeunes de son âge. Quel cadeau du Bon Dieu! Nous avons fait du pouce ensemble toute la journée sans succès.

Le soir, à l’auberge de jeunesse, nous avons couché tous les quatre ensemble. Je n’aurais jamais cru que mon petit blond exigerait de changer de place avec les autres afin d’être encore plus collé à moi. J’ai profité des faveurs de la nuit pour mettre les doigts, là, où mon imagination les poussait. Une chance inouïe! Et, la vie est si courte qu’il ne faut pas la manquer.

Ça valait mieux que le bonhomme venu me conduire à un ou deux milles en dehors de Sault-Ste-Marie, m’examinant sans cesse entre les deux jambes, à un point tel que je n’avais plus à me demander ce qu’il cherchait. Par contre, le bonhomme avait trop peur pour s’aventurer plus loin et je ne me suis pas offert. Il m’a donc laissé choir.

Sur le bord du chemin, j’avais cru ce soir-là devoir marcher les quatre autres milles, mais heureusement, les dirigeants de l’auberge avaient eu le génie d’organiser un système de fourgonnettes qui paradaient les parages afin de récupérer ceux qui n’avaient pas eu de chance et qui était restés sur le bord de la route.

Il est souvent difficile de décoller à Sault-Ste-Marie et c’est encore pire si tu restes pris à Wawa, endroit légendaire. Certains y sont demeurés assez longtemps qu’un pouceux a même eu le temps d’y rencontrer sa pouceuse et de la marier sur place.

À ma surprise, le lendemain matin, les jeunes avaient décidé de se séparer et de laisser le jeune blond poursuivre la route avec moi. Ce que j’ai accepté sans rouspéter, bien évidemment. Cela permettrait à ses compagnons d’avoir plus de chance sur le bord de la route. C’était plus que je ne pouvais en espérer.

Mes palpitations cardiaques ont augmenté du même coup. La liberté a un charme que je n’avais jamais même soupçonné. J’étais déjà follement amoureux. Darryl était superbe. Il avait un sourire aussi éclatant que le soleil qui nous rôtissait sur le bord de la route. C’était plus que je pouvais espérer de la vie.

Nous avons été chanceux et nous avons réussi à faire quelque deux cents milles dans l’arrière d’une camionnette. Mais, le soir, nous étions mal pris. Il était impensable d’avoir une nouvelle « ride » et la température était à la fois trop humide et trop froide pour que nous couchions dehors. L’idée que mon petit privilégié puisse avoir des embêtements me fit vite délasser les cordons de ma bourse, quitte à avoir plus de problèmes plus tard. Nous nous sommes installés dans une chambre d’hôtel à Marathon.

Avant de me coucher, j’ai pris une douche avec Darryl. Jamais je n’avais été aussi séduit par la beauté des rondeurs des fesses d’un petit bonhomme comme lui. J’étais là, comme un imbécile, sans dire un mot, à le contempler se laver. J’avais plein les yeux de la Grèce antique. Comment est-il possible d’être aussi beau? La pédérastie (l’amourajoie) est envahie par la beauté des garçons. C’est son moteur principal. Un pédéraste (amourajeux) jouit juste à voir un garçon qui lui plaît. Partager ses jeux, ses rires, c’est un voyage divin.

Malheureusement, j’étais encore trop scrupuleux pour en profiter sans remords. J’ai avoué à Darryl être pédéraste. J’avais honte d’être aussi profondément charmé. Le petit n’a pas été long à comprendre qu’il pouvait tirer parti de la situation : qu’est-ce que de se laisser embrasser pour s’assurer un maximum de confort et de sécurité? Darryl me regardait comme une bête rare. Comme Daniel, il ne semblait pas comprendre pourquoi j’étais soudainement aussi scrupuleux. Il devait rire intérieurement de moi et se demander comme il est possible d’être aussi stupide. Le scrupule est une forme de fixation émotive négative, une peur de la beauté de l’autre ou son incapacité à régir ses désirs.

J’étais fou de lui, disponible à ses moindres désirs, même à ne plus le retoucher, s’il le voulait, ce qu’il ne tarda pas à comprendre et à me demander. Les becs, ça passe, mais. Je me contentais d’avoir été fasciné par d’aussi belles fesses et de quelques faveurs nocturnes, qu’il savait rendre faciles et qui, étaient après suivies de ma part, par des remords de conscience idiots.

Winnipeg vint trop vite. Cet ange n’avait été qu’un espoir : si Darryl avait été le Canada anglais, je l’aurais vite accepté. C’était une brèche en plein cœur de mon nationalisme.

Darryl savait comme tous les petits gars qui ont du flair, comment instinctivement me mener par le bout du nez afin d’obtenir tout ce qu’il désirait. J’étais le portefeuille; un moyen d’échapper à la misère. Darryl était mon bonheur. Le pont de réconciliation politique. Un pont que la nature a elle-même rendu infranchissable puisque nous devions bientôt nous quitter. Nous sommes deux solitudes.

Darryl avait bien compris qu’il ne devait pas, pour maintenir mes extases, être une proie trop facile. Il avait droit à sa liberté. J’ai rarement vu un gars aussi beau. Non seulement j’étais envouté par la courbure de ses fesses, mais son ventre était un paradis pour l’oeil. Malgré mes scrupules, j’ai vécu des moments inoubliables avec lui. Il avait une vitalité extraordinaire. Un regard de renard. Les paysages se baignaient en lui. Il était un miroir magique.

Winnipeg. Sur le bord de la route, seul, je n’avais plus qu’un dollar en poche. J’hésitais. Devrais-je retourner au Québec ou poursuivre mon chemin? J’étais désespéré. Dans les derniers milles, Darryl avait semblé me fuir. Était-ce parce qu’il n’avait plus besoin de moi? Son amitié avait-elle été hypocrite? Quand tu es en amour, tu n’es jamais satisfait de l’affection que l’autre te témoigne. Tu en veux toujours plus.

Il me fallait choisir. Crever de faim au Québec ou dans l’Ouest canadien? Quelle différence ?

J’ai décidé de continuer et de ne pas abandonner par lâcheté.

J’ai rencontré un bonhomme qui avait fait du pouce longtemps et qui me livra quelques secrets.

À son avis, le seul moyen de voyager heureux, c’est comme dans la vie, de toujours se contenter des occasions qui se présentent, de toujours voir la vie de façon très positive. Il prétendait que si tu es ouvert à la chance, celle-ci ne peut pas faire autrement que de te sourire. Un vrai traitement d’optimisme. Ce n’était pas loin de ma philosophie de vie, car, que je le veuille ou non, j’ai été marqué par la religion et ma foi dans la Divine Providence était inébranlable. Rien ne pouvait m’arriver sans avoir une leçon à en tirer.

C’est bien beau à entendre; mais c’est plus difficile à vivre, surtout sous un soleil

qui te rôtit, l’estomac vide. Un dollar pour survivre, à plus de 2,000 milles de chez toi, sans métier. Mais, j’y croyais. Je survivrais.

La récompense n’a pas tardé. Quelques heures plus tard, un ex-soldat me prit à bord de son auto afin d’avoir quelqu’un à qui parler. Quelque 200 milles plus loin, une femme fut ajoutée à l’équipage. Je devenais un membre inutile. Évidemment, les deux décidèrent de passer la nuit à l’hôtel.

  • Nous te reprendrons demain, si tu n’as pas eu de chance avant.

J’ai profité de l’occasion pour assister à un coucher du soleil dans les Prairies. Ces spectacles sont censés être les plus beaux de la terre. J’en ai effectivement eu plein la vue, mais un coucher de soleil sur le lac St-Jean est aussi un spectacle hallucinant.

Découragé, je me suis blotti près de l’automobile abandonnée devant l’hôtel.

Que veux-tu en voyage, il y a quatre genres de personnes qui t’embarquent : a) pour te rendre service, c’est un voyage silencieux b) pour tenir la conversation c) un gai à la recherche d’un jeune abandonné sur le bord de la route d) un hétéro ou une femme qui ont déjà fait du pouce et qui sont curieux de savoir ce que tu as dans le ventre; car l’auto-stop est une école extrêmement riche.

Si j’avais le cœur gros, j’ai commencé à ressentir l’appel de la route. Aucune vie, aucun moment ne sont comparables à celui qui marque le départ d’un long voyage sur le pouce. C’est la grande aventure. Tout est possible et la plupart du temps, la vie est très agréable. Ça ne donne rien de s’apitoyer sur son sort. Il s’établit une communion entre le pouceux  (auto-stoppeur) et  la  terre  qu’il  foule. D’une part, tu as peur, t’es grugé d’insécurité, et d’autre part, la liberté te pénètre dans les cheveux et les narines comme une naissance ressortie dans chaque pore de ton corps. Quant aux yeux, il est inutile de dire qu’ils font la fête sans avoir le temps de se reposer.

Dès le lendemain, Vancouver est apparu avec le Pacifique. La traversée pour Nanaimo m’a encore plus séduit que les Rocheuses. J’avais tellement aperçu les Rocheuses sur des photos superbes qu’à première vue, elles étaient décevantes. Les Madeleine sont encore plus belles. Elles sont imprévisibles. Elles te précipitent dans le fleuve.

Le soir, j’ai trouvé une auberge de jeunesse et j’ai cherché à me refaire des forces. Même si j’étais pratiquement fauché, les auberges de jeunesse ou du gouvernement m’ont permis de m’en sortir. Je n’avais qu’à voyager de 200 à 300 milles par jour. Ce fut toujours facile, sauf, une fois en Ontario. Un bonhomme m’avait attendu pour m’amener avec lui. Il a passé droit à la route indiquée pour que je débarque et m’a demandé 12 milles plus loin où je devais coucher. J’ai été trop cave pour comprendre l’invitation et j’ai dû marcher les 12 milles pour souper et dormir.

Ce n’était pas que j’étais scrupuleux, mais parfois je n’y pensais même pas. Les scrupuleux manquent d’ouverture d’esprit, ce sont des paranoïaques qui s’imaginent que leur petit zizi est source de tous les maux s’il est partagé. S’ils ouvraient leur braguette, ils découvriraient que ce petit morceau de chair ne peut que nous révéler des plaisirs.

Bien des auberges acceptaient que l’on fasse le ménage comme mode de paiement. Le moins qu’on puisse dire : dans l’Ouest les auberges de jeunesse sont mieux organisées pour les jeunes que dans l’Est. Au Québec, elles coûtent beaucoup plus cher et si tu n’as pas d’argent tu couches dehors. Dans l’Ouest, de nombreuses auberges se font rembourser les repas que nous ne pouvons pas payer par le gouvernement local ou fédéral.

À Vancouver, j’ai volé pour une des très rares fois de ma vie. J’avais des timbres et je n’avais pas de carte postale. Après de longs moments d’hésitation, j’ai décidé d’employer ce seul moyen à ma disposition. Pour quelqu’un qui a le vol en horreur, c’est un événement très important. Pas à cause des sous, mais le danger de prendre ce mauvais pli. C’est une solution peut-être plus dangereuse, mais définitivement plus facile. Un mauvais pli : t’es mal pris, tu voles pour t’en sortir.

À Vancouver, j’ai voulu visiter une amie que j’avais quelquefois rencontrée au Québec. J’étais fier de mon exploit et je voulais lui faire partager. Je fus surpris d’y apprendre son absence et son mari me donna 10 $. J’étais ravi de visiter l’île grâce à ce don.

Je compris plus tard que cette générosité imprévue était seulement un moyen de se débarrasser de moi. À mon retour de l’île, il a prétendu que mon amie était partie pour longtemps, ce qui m’a déplu; car, celui qui m’en reparla, en visite chez ce monsieur, mentait trop mal pour que je ne m’en aperçoive pas. Monsieur n’aimait pas mes cheveux longs… il aurait pu me le dire tout de suite.

La femme avec qui j’avais fait le voyage avec l’ex-soldat habitait Nanaimo. Je me suis rendu prendre un café chez elle. Elle m’indiqua les endroits intéressants à visiter sur l’île, dont un sentier de huit milles dans les bois du Pacifique.

J’ai trouvé cette île si belle qu’elle a renforcé par mille mon goût du voyage. J’étais fasciné par les fleurs de la petite ville. Plus tard, dans le sentier « Rain Forest Trail », j’avais l’impression de m’être trompé de planète. Le vert était si tendre, il avait l’air plus vivant. J’étais fasciné. La beauté de la nature est certainement une des expressions employées par Dieu pour nous le faire découvrir. Dieu est une extase. Une explosion de beauté intérieure, ressentie comme un parfum qui nous habite soudainement, de l’intérieur.

N’ayant plus d’argent, je devais retourner à Vancouver, car, les auberges sur l’île nous nourrissaient très mal. Je n’avais pas assez d’argent pour visiter un parc de fleurs, le Buschard Garden, et j’en étais bien peiné. Fauché, on  ne  peut  pas tout voir.

Je pouçais, près de Victoria, quand un bonhomme chauve m’offrit de faire un bout de chemin. J’ai vite compris son intérêt à le voir essayer de m’effleurer la cuisse du bout des doigts quand il changeait de vitesse.

Il me fit voir de nouveaux paysages, puis m’offrit de visiter le secteur des millionnaires. Il s’arrêtait devant les plus belles maisons et m’expliquait l’originalité de chacune, tout en essayant, en se penchant sur moi, de me tâter la queue. Certain que je ne prendrais pas le mors aux dents, car, je trouvais ça plutôt comique de le voir se donner tout ce mal, il m’entraîna dans une de ces maisons qu’il habitait. Le reste est facile à deviner.

Il vint me reconduire, tout en me donnant les sous nécessaires pour me permettre de visiter le jardin que je souhaitais tant voir. Malheureusement, si le jardin était splendide, à mon avis, il manquait l’aspect sauvage qui m’avait tant plu à Nanaimo.

De retour à Vancouver, j’ai été amené à une plage publique naturiste, derrière l’université, dans les bancs de sable. Ce fut pour moi, toute une révélation. Nus, les rapports avec les gens semblent plus faciles, plus vrais. Tu en viens même à oublier ta nudité et celle des autres. Les cochons sont ceux qui se baladent habillés, les yeux plus grands que la panse pour ne rien manquer.

J’ai longuement joué avec deux petits gars dans un trou d’eau qu’ils avaient aménagé en lac, l’eau de l’océan étant trop froide pour s’y baigner à l’aise. C’était merveilleux! Leurs rires se perdaient dans le chant des vagues. Nous construisions un château. Leur mère nous souriait entre deux regards. Quelle image! Je me rappellerai toujours : en gros plan un magnifique petit bonhomme de onze ans environ, nu, riant comme le Petit Prince à son étoile; la mer à perte de vue qui caquasse pire qu’une vieille pie, le soleil qui te brûle comme un coq sur une brochette, et devant, comme toile de fond, comme si les vagues en surgissaient, une montagne blanche avec ses neiges éternelles. Si Dieu a créé mieux, il l’a gardé pour lui.

J’ai passé tellement de temps dans ce décor, j’en suis reparti brûlé par le soleil (mon vitiligo aujourd’hui), la peau rose comme une truite saumonée, et, marchant comme un pingouin, tant j’avais les cuisses brûlées à l’intérieur. Je m’étais endormi.

Un sourire venu d’enfer 19

novembre 5, 2020

Un sourire venu d’enfer 19

Autobiographie approximative

29

Rhinocéros

Ma candidature rhinocéros dans Sherbrooke a été organisée très vite. Je ne pouvais rien faire sur le plan politique. Les gens croyaient encore trop dans les partis traditionnels pour comprendre qu’ils se faisaient avoir autant par les conservateurs que les libéraux. Le peuple est encore plus naïf que moi.

Je payais de ma poche pour défendre les intérêts des Vauxcouleurs puisque toutes les campagnes de financement s’étaient soldées par un échec. On veut que les choses changent, mais on ne veut pas en payer le prix. Quand certains travaillent pour la révolution, on les accuse d’être trop radicaux.                                                                                                                                    À court terme, c’était la seule action possible pour faire comprendre aux gens que le fédéral travaille toujours pour les intérêts de l’Ontario. Les élections fédérales sont une bouffonnerie, car tout ce qui compte pour les fédérastes c’est d’avoir des votes pour garder le pouvoir. Pas de pouvoir, sans le Québec. Voter, c’était choisir le parti politique qui nous exploitera pendant les quatre prochaines années.

À moyen terme, il était évident que cela aurait pour effet de me faire perdre ma crédibilité puisque les gens ne comprenaient pas tout le sérieux d’annuler leurs votes. On croyait plutôt que pour être rhinocéros, il fallait être des ignares. On ne savait pas que j’étais à l’origine de presque tous les plans de développement économique dont il avait été question auparavant.

À ma surprise, si La Tribune ne cherchait qu’à m’ignorer, le Sherbrooke Daily record m’accorda un article de première page. J’ai aussi accepté de participer à un débat entre tous les candidats au cégep de Sherbrooke.

Ma figuration ne fut pas tellement éblouissante, car je me prenais encore trop au sérieux, même si j’essayais de jouer le jeu. Je fumais avec ma pseudo secrétaire quelques joints bien roulés (c’était du vrai pot). Mon déguisement pour donner le ton à cette grande mascarade fut plus apprécié.

Je portais la culotte courte pour signifier le retour à l’enfance, une immense rose à la boutonnière comme Trudeau, des lunettes noires pour avoir la même perspective que les députés d’Ottawa et une grosse montre déréglée pour être à l’heure des fédérastes.

J’ai commencé mon exposé sur le français en affirmant que contrairement à mes adversaires je ne promettrais pas de « peanuts » ou des bonbons, mais que je les donnais. Je lançai immédiatement des bonbons dans la salle. Les étudiants ont surtout apprécié cette distribution de bonbons qui signifiaient que les Québécois acceptent facilement à vendre leur vote pour des peccadilles ou de belles paroles. Cela voulait aussi dire que le Québec doit toujours se contenter des restes du buffet canadien.

M. Irénée Pelletier, candidat libéral, promettait une zone spéciale (un projet que j’avais inventé quand j’étais journaliste). Je savais que ce projet demeurerait sans suite. Ayant travaillé sur ce dossier, je me rappelais que le ministre de l’Expansion économique, Jean Marchand, avait refusé une telle proposition un mois ou deux auparavant.

C’est pour ridiculiser cette promesse que j’ai promis de faire de l’Estrie, le grenier de la culture du pot en Amérique.

Quant aux questions venant de la salle, elles servaient à glorifier le candidat libéral  et   faire   ressortir   qu’il   était   fort   compétent   en   administration.   Les partisans des partis traditionnels étaient en maudit. J’ai dû quitter la salle sous escorte alors que certains me conseillaient de prendre la place à Paris d’un felquiste qui venait d’entrer au Québec.

Cette première expérience était psychologiquement difficile à prendre. J’étais bien conscient que la majorité des gens ne comprenaient rien à mon attitude et me prenait pour un fou. Il était aussi quelques fois très difficile de créer des idioties pires que les promesses des politiciens vieux jeux.

Il n’était pas question d’abandonner, il fallait foncer et mon organisation était fort restreinte.

Jean avait honte de ma performance. Il ne voulait absolument pas être identifié à ce spectacle même s’il avait accepté d’être mon représentant officiel.

Quant à Pierre, mon attaché de presse, il travaillait de jour et il pouvait s’occuper de la campagne qu’à temps partiel. Celui-ci fut quand même d’un grand soutien et à l’origine de bien des idées de campagne. La jeunesse a plus d’imagination, car, elle se prend moins au sérieux. Cette première séance m’apprenait aussi qu’il était préférable que je performe sans prendre de marijuana.

Ce premier débat fut une victoire d’une certaine façon; car, j’ai été invité à participer à deux autres débats. Le premier c’était à l’université Bishop, à Lennoxville et le second à l’université de Sherbrooke. Le candidat libéral voulait refuser, mais les étudiants menaçaient de le dénoncer s’il n’y participait pas. Les étudiants aimaient la bouffonnerie rhinocéros.

Tous les candidats participèrent donc à l’aventure Bishop qui me favorisait davantage, car je devais aussi répondre à toutes les questions posées. Cette rencontre fut excellente. À jeun, j’avais beaucoup plus d’humour et de présence d’esprit.

Je n’ai jamais laissé la chance au candidat libéral de vanter ses qualités. Il en fut réduit à nous faire croire que la Saint-François est polluée parce que les gens

jettent leurs mégots dans la rivière, ce à quoi j’ai répondu qu’étant élu j’interdirais de fumer. Quant au candidat conservateur, il en a perdu complètement les pédales. Ce pauvre psychiatre s’en prenait à tout bout de champ au danger communiste. Je lui ai servi une de nos promesses voulant que l’on fasse venir 700 petits communistes pour remplacer le Bonhomme Sept Heures. J’ai aussi avisé les gens du différent à l’intérieur du parti rhinocéros, à savoir de quel parti du monde, il faudrait faire venir ces petits monstres.

La rencontre fut tellement bénéfique que les étudiants plus sérieux que les candidats ont décidé de mettre sur pied à Bishop un comité d’appui au rhinocéros. Ce sont probablement les seuls anglophones qui ont voté pour moi.

À ce troisième débat, j’ai décidé de m’attaquer au caractère conservateur des Vauxcouleurs  et   à  l’esprit   de   masochisme  religieux  dominant   chez  nous.

J’ai fait mon entrée, déguisé en évêque. Je promettais des taudis, d’administrer péchés et sacrifices, de déménager l’université dans les locaux de Household Finance, sur la rue Wellington.

  • Vous allez y aller au ciel.

De plus, j’avais installé un poster du petit René Simard, devant la place du candidat libéral, M. Irénée Pelletier, et je me plaisais à dire que » le petit René était beaucoup plus joli qu’Irénée « .

C’était la foire générale. J’ai même retrouvé le plaisir du théâtre comme quand j’étais enfant alors que je faisais le petit Herman dans une pièce de théâtre. Herman remettait une pomme à la Vierge que jouait Doriane Laperle. Nous avions eu tellement de plaisir que je m’en souviens encore.

Pendant ce temps, les libéraux me dénonçaient comme felquiste et homosexuel.

Cette fois, j’avais le goût du théâtre. Je me découvrais des talents dont je ne me souvenais plus. C’était la foire. À chaque fois qu’un candidat mentait ou exagérait, je me mettais les pieds sur la table, ou je fumais à noyer tous les candidats ou toutes sortes de farces amenant les gens à éclater de rire à la face du menteur.

Avant le débat, les organisateurs créditistes étaient venus demander mon aide pour dénoncer un coup de cochon de l’organisation libérale. La personne qui avait questionné M. Pelletier sur sa participation à des ventes pyramidales lors du débat au cégep de Sherbrooke risquait de perdre son emploi. Des démarches avaient été entreprises par les libéraux auprès du patron de cet électeur. Au début, j’avais cru à un piège et j’avais soutenu que je ne pouvais rien faire puisque je ne serais pas invité au débat organisé par la Chambre de commerce, l’antichambre du parti au pouvoir et du patronage.

J’ai ainsi appris comment les libéraux me faisaient connaître. « Il ne peut pas être invité, c’est un felquiste. »

Aussi, après avoir vérifié l’exactitude des informations portées contre les libéraux, j’ai décidé de les dénoncer. Ce que j’ai fait en assemblée devant les étudiants de l’université de Sherbrooke.

Que de choses inventées pour tourner les adversaires au ridicule, même l’effeuillage pour échapper au rouge de l’habit d’évêque que je portais. Et pourtant, souvent, mes bêtises étaient encore moins savoureuses que les énoncés de mes sérieux adversaires.

Les conservateurs avaient refusé de se présenter à ce débat si j’y étais présent. Les libéraux, eux, voulaient par leur présence démontrer que M. Pelletier n’avait pas peur de faire face à une salle hostile et mieux faire ressortir mon but de ridiculiser les institutions fédérastes. À regarder le portrait de la reine que je présentais au public, tout le monde pouvait comprendre sans ça.

Après ce débat, j’ai invité tous les candidats, même le libéral, à venir prendre une bière à mes frais. Seule, la candidate du NPD a eu la gentillesse d’y venir. Elle m’a confié avoir eu à plusieurs reprises l’intention de quitter la scène. « Ce n’était pas parlable avec un fou comme toi. » Je l’ai consolé en lui révélant que mes penchants sont de nature portés vers la gauche et non la droite.

Les étudiants de l’université de Sherbrooke se sont toujours montrés favorables au rhinocéros et publiaient les communiqués dans le journal étudiant.

Notre dernière tentative avant les élections fut d’obtenir une entrevue médiatique avec le chef du parti, le Dr Jacques Ferron. L’entente ayant été conclue, nous nous sommes présentés à CHLT et CJRS qui n’ont jamais eu l’honnêteté de reproduire l’entrevue parce que le Dr Ferron affirmait que les mesures de guerre avaient été une vaste supercherie, organisée bien avant octobre 1970 par le cabinet Trudeau.

J’ai aussi participé à une rencontre rhinocéros à Montréal. Michel Chartrand était le maitre de cérémonie. Il affirma après ma présentation (nous on était excellent dans les débats pas les discours) que je devenais de plus en plus terne, même pire que les vieux partis. Par contre, Chartrand nous a appuyés dans la lutte pour L’R du Q et la liberté de presse.

Mes autres activités consistaient à rencontrer périodiquement mes jeunes dans une taverne de Sherbrooke fréquentée par les étudiants.

J’avais été averti que le garçon de table du PUP, un bar que je fréquentais presque quotidiennement était libéral et qu’il m’aimait de moins en moins la face. Je n’ai pas pris cela au sérieux. Rien n’appuyait un tel ressentiment. Je lui donnais toujours de bons pourboires et il me semblait sympathique.

Un vendredi soir, un paraplégique s’approcha de moi. Le garçon de table, un nommé Gaston, vint lui dire de retourner à sa table et de me foutre la paix. Le pauvre handicapé n’avait pas encore eu le temps de s’expliquer et dire ce qu’il voulait, selon son droit de parler avec son futur président de la République, que Gaston lui sautait dessus.

J’ai aussitôt protesté.

  • Laisse-le tranquille, c’est un infirme.

Je n’ai pas fait un geste, les coups s’abattaient déjà sur moi. J’ai été envoyé au plancher où un petit groupe de jeunes sont venus me frapper à coups de pied, en affirmant :

  • Tiens, mon maudit fifi !

Était-ce parce que dans la soirée contradictoire à l’université de Sherbrooke, j’avais mis l’affiche de René Simard, encore enfant, pour dire au candidat libéral qu’il était beaucoup moins joli que lui? Les fanatiques prennent tout au sérieux.

Ce fut le seul incident violent antidémocratique de cette campagne électorale. J’y avais appris que les libéraux n’hésitent pas à mentir et à se servir de la peur, de l’intimidation, des coups pour faire peur à ses adversaires. Dans mon cas, on ajoutait mon orientation sexuelle pour pouvoir frapper plus fort sans remords de conscience.

J’ai obtenu plus de votes que prévu, soit 911, juste un peu moins que Raoul Duguay, en Abitibi.

Le soir des élections, je me suis rendu à la télévision pour des entrevues, lesquelles ont été enregistrées, mais jamais diffusées. C’est un peu normal, car je riais de la réputation de felquistes que l’on me prêtait.

Dans la première entrevue, j’ai voulu monter une copie rescapée de L’R du Q pour dénoncer la manipulation libérale de l’information. L’annonceur en colère m’a enlevé le journal des mains, l’a jeté sur le plancher et piétiné. Rien ne fut présenté de ce qui avait été tourné.

Dans la deuxième entrevue, je présentais ma candidature comme secrétaire du nouveau député, car il ne connaissait rien des problèmes de l’Estrie. La censure fut à nouveau au rendez-vous, car j’avais dit:

  • Imaginez-vous 911 poseurs de bombes dans une petite ville comme Sherbrooke, ça fait peur.

Une telle initiative de ma part ne pouvait pas être laissée sans représailles. Pour les fanatiques, je ridiculisais le système.

Pourtant, un peu plus tard, quand je faisais du pouce entre Montréal et Sherbrooke, j’ai été ramassé par nul autre que M. Irénée Pelletier, le candidat libéral, qui me dit avoir eu beaucoup de plaisir à m’avoir comme adversaire. Il était très sympathique, mais ses organisateurs l’avaient été moins. Le fanatisme en politique ou en religion est une véritable maladie mentale. Pas étonnant que nous ayons des guerres.

Quand de tels événements se produisent, tu deviens nécessairement plus radical. C’est en le laissant faire que le système devient  de  plus  en  plus  pourri. Et, c’est pour ça que j’étais de plus en plus paranoïaque.

J’avais en plus ma pédérastie à porter, un autre danger encore pire, car n’importe qui peut te faire coffrer… juste pour se venger ou te faire chanter. Je me savais très vulnérable, mais je devais avoir un peu de cette maladie mentale qu’on nomme fanatisme pour continuer la lutte. J’ai adoré cette expérience. Elle m’a permis de tuer ma tendance à me prendre un peu trop pour le messie de L’Estrie.

J’ai abandonné mes études au Cégep pour me conformer aux normes du bien- être puisque mon temps d’assurance-chômage était écoulé. Je voulais aussi me consacrer exclusivement à la rédaction de mon deuxième livre sur les Vaucouleurs. Il était une fois dans les Cantons de l’Est.

La vie était alors assez intéressante. Je rencontrais Lynn, qui continuait à venir me voir à la cachette. Je lisais beaucoup. Le soir, quand les moyens nous le permettaient, nous sortions participer à un jam ou encore prendre un verre quelque part à Sherbrooke.

Mes discussions avec Pierre, comme avec tout le monde d’ailleurs, se gâtaient avec le nombre de verres. Faire un livre en quelques mois, c’est pénible, à  cause de la concentration demandée. Aussi avec le temps, entre deux Léo Ferré, les voix s’élevaient. Pierre n’était pas encore habitué à mes crises de paranoïa. Je n’en parlais à personne, de peur de faire rire de moi.

À chaque fois que je me mettais à la dactylo, j’avais la certitude de recevoir une balle dans le cabochon. Je croyais braver la mort pour le triomphe de la Vérité. Rien de moins. Du vrai théâtre antique dans lequel j’avais hâte de finir de jouer. Cette peur resurgissait avec le bruit des frappes de la dactylo, peut-être parce que je me mettais à écrire après quelques bons joints.

J’étais tout à fait changé quand je fumais. Je tripais plus fort. Je parlais de moins en moins. Je divaguais mentalement. Pierre était persuadé que gelé, j’étais parfaitement schizophrène. Il s’amusait à se moquer de moi.

Une seule personne, un visiteur, a compris ce qui se passait. Il avait appris dans le lit à mieux me connaître. Drogué, je m’amusais trop pour vouloir me défendre si je me sentais attaqué. Tout était bizarre, drôle. Je visualisais parfois jusqu’à trois degrés de réalité, en même temps.

Quand j’étais saoul, c’était le contraire, Pierre se ramassait avec des engueulades à n’en plus finir. Il ne comprenait pas les raisons de mes colères, car il pensait que je ne connaissais pas ses moqueries quand je fumais. Quant à Francine, elle ne manquait pas une occasion de me rappeler mon manifeste de la non-violence, même verbale. C’était mon testament écrit à un moment où j’étais certain de me faire descendre parce que j’entrais un peu trop dans le nez de l’establishment. Il faut vraiment se prendre pour un autre pour en arriver à croire ça. Par contre, la plupart du temps, nous vivions des moments fort chaleureux et heureux… à jeun.

Depuis plusieurs mois, je connaissais un béret blanc (un groupe religieux fanatique) qui adorait les petits gars comme moi. Il me fit vite partager ses goûts pour les revues pornographiques américaines. Nous partions souvent ensemble à la chasse autant à la bière qu’aux petits gars. C’était la folie au pluriel : la chanson de Diane Dufresne multipliée par dix.

Le pauvre « stock up » fut aussi amené à goûter au pot. Sa réaction fut très étrange. Avant de se précipiter à l’hôpital, certain que nous avions tenté de l’empoisonner, il se mit à faire des signes de croix, croyant que nous étions des diables. C’est ce qui arrive quand tu ne peux pas comprendre le changement de réalité que t’apporte la drogue. Le fait de se sentir étrange t’apparaît comme le début de ton agonie jusqu’à ce que la musique te fasse péter les plombs de joie. C’était mon cas.

Malgré ces moments, la poésie reprenait place dans ma vie et notre travail avançait à grande vitesse.

Gérald, mon ami béret blanc, me rendait de plus en plus souvent visite. Nous partions ensemble à la recherche de petits gars à admirer. La beauté nous propulsait dans des cieux de plus en plus beaux. Malheureusement, nous finissions saouls la plupart du temps, faute de candidats à vanter les beautés au- delà des paroles et de l’imagination. Les pédérastes passent presque toute leur vie à se rappeler la rare fois où ils furent séduits et en amour par-dessus la tête. Une vie de peur qui se pare de la beauté pour ne pas voir la méchanceté humaine.

Lors d’une de ces excursions, un matin de printemps, j’ai vu le soleil comme un nuage vital s’incruster partout, même dans la pierre.

Nous avions assez bu et fumé pour halluciner. J’étais près de l’auto et j’arrêtais

les petits gars en vantant leur beauté. Les flos repartaient le sourire aux lèvres et bombant le torse.

J’ai essayé de décrire cette vision extraordinaire des éléments de la nature dans un poème que j’ai inclus dans mon livre Il était une fois les Cantons de l’Est.

La fiesta ne peut pas durer éternellement,

Un fonctionnaire décida, sous le prétexte que j’allais encore en classe, de me faire perdre mes allocations du bien-être. Toutes mes tentatives pour faire valoir mes droits et ressortir la vérité furent inutiles.

Il ne me restait que l’exil pour survivre.

Je ne pouvais plus retourner au journalisme. J’étais devenu trop paranoïaque et je n’avais pas assez d’argent pour me permettre de chercher un emploi.

Je devais payer pour le danger potentiel que je représentais pour les libéraux.

Malgré mes dettes, je suis parti en voyage. Je me disais : « Le système m’a mis à la porte, je rembourserai le système quand il m’aura rendu un emploi que j’aime et qui paie autant qu’à l’époque où j’étais journaliste. En attendant, vous n’aurez pas une crisse de cenne! »

J’avais rencontré une tireuse de cartes même si je n’y croyais pas, mais là, la vie lui donna raison. Je voyagerais un peu partout sans jamais sortir du continent. Comme elle me l’avait prédit, quelqu’un me proposerait de devenir millionnaire. Ce fut un fait quand une espèce de psychanalyste me promettait une fortune rapide, car selon lui j’étais assez fou pour faire un bon psychiatre et qu’il suffisait que j’apprenne à me servir positivement de mes énergies. Une seule chose demeurait nébuleuse : la rencontre d’une femme et son enfant. Par contre, elle prétendait que j’aurais deux enfants, mais elle ne comprenait pas d’où ils sortaient. Effectivement, j’ai beaucoup plus tard adopté deux petits gars.

Un sourire venu d’enfer 18

novembre 4, 2020

Un sourire venu d’enfer 18

Autobiographie approximative

Page  149 à 155

Après un certain temps, j’ai dû lui (l’Haïtien) indiquer la porte, car tout le monde était d’avis qu’il nous exploitait. J’ai malheureusement mis la décision de tout le monde en pratique, un soir que j’étais saoul, ce qui a laissé un certain froid.

Quand je suis saoul, autant je peux être un bon gars à jeun, autant je deviens baveux et fou quand je bois trop. C’était d’autant plus malheureux que j’ai toujours eu beaucoup d’attrait pour les étrangers. Une fascination qui m’aide à mieux vivre mon côté primitif de la vie. Je trouvais que le rire de cet Haïtien valait bien les inconvénients, mais ce n’était pas l’avis des autres. J’ai obéi à la majorité.

Je me sentais d’autant plus solidaire avec les Noirs que jeune j’ai souffert de la couleur de ma peau. J’étais trop brun pour un blanc. Je ne vivais pas toutes les injustices qu’ils connaissent, c’est impossible; mais, je vivais en complète solidarité avec eux. Mon vitiligo fit de moi un  nègre blanc d’Amérique.

Comment demeurer indifférent à l’assassinat des noirs américains par le FBI ou la CIA? Comment ne pas avoir honte d’être blanc devant le racisme qui gruge notre histoire, soit à cause des noirs ou des Indiens?

À cause de mon amour des petits gars, du rêve d’en connaître de toutes les races et de toutes les nationalités, de comparer leur corps, je ne pouvais que me révolter encore un peu plus devant le racisme. Comment peut-on aujourd’hui avec toute notre science être assez stupide pour être raciste, pour croire dans la supériorité du blanc chrétien qui doit aimer jusqu’à ses ennemis? De belles paroles, mais les personnes religieuses sont toujours fanatiques quand il s’agit de la tradition. On croit avoir raison et ainsi pouvoir condamner tous ceux qui pensent autrement.

Ma participation à la vie politique était restreinte. Je ne voulais plus rien savoir. J’écrivais parce que je me faisais pousser dans le dos. La démarche du

« péquiste bon curé » qui voulait que j’abandonne mes amours illicites et les outrages de Jean étaient les claques de trop.

Se faire combattre par les libéraux, c’est compréhensif; mais que des amis en fassent autant, c’était impardonnable. J’étais à cent pourcent sincère dans ma démarche révolutionnaire quoique je me sentais indigne de la faire parce que je suis amourajeux (pédéraste). J’avais peur que ce serve de cette faille pour discréditer la cause.

Je comprenais que pour beaucoup être amourajeux, boys lover ou pédéraste, c’était inacceptable, une maladie mentale affreuse.

Je ne respectais pas leurs lois; mais je savais, sans pouvoir me tromper puisque je le vivais,  qu’on mentait quand on en parlait dans les média ou les livres , car rien ne se passe dans ces relations amoureuses comme on le prétend. Il n’y a jamais de violence, mais énormément de plaisirs partagés.

C’était selon notre sainte société un vice impardonnable. Tu ne peux pas prêcher la libération, en acceptant d’être aussi quotidiennement offensé, dénigré. Pour eux, j’étais seulement un vieux christ de cochon.  Ce qui est vrai. Mais, pour moi, c’était une société d’arriérés qui se fait emplir par ses curés.

T’as bien beau être masochiste; mais pas au point de mettre ta vie en danger imaginairement ou autrement, pour aider une région et te faire insulter parce que tu n’as pas la bonne orientation sexuelle. C’est de la folie.

Quand ceux pour et avec qui tu combats décident de te prouver que tu n’es qu’un malade mental, l’enthousiasme s’envole assez vite.

Avec le temps, j’en suis venu à me demander si cela ne faisait pas aussi partie des plans des libéraux. C’était d’une certaine manière la prolongation de la politique de la Tribune de Sherbrooke : me forcer sur tous les plans à aller trop loin afin de perdre toute forme de crédibilité. C’était du moins ce que j’imaginais.

J’étais bien d’accord avec un ami qui disait qu’en quittant la Tribune, j’avais en quelque sorte été désarmé. Le journal était ma seule force, mon arme de révolution. À son avis, ma plume contre les fédérastes était plus importante que dix mitrailleuses. Maintenant, je n’avais rien ou presque.

Je n’avais plus d’instrument pour sensibiliser les gens, sinon un mensuel, dont le champ de rayonnement était très restreint et la publication de livres encore plus restreinte. Or, la publication des livres, ça prend tellement de temps que t’arrives en retard la plupart du temps dans l’actualité.

28

L’R du Q

Les libéraux avaient réussi à me bâillonner. La tâche s’est poursuivie avec L’R du Q, le journal étudiant du CÉGEP de Sherbrooke.

J’avais écrit de nombreux articles pour ce journal, dont un sur  la  liberté sexuelle.

Un soir, Jean me fit part de son intention d’y joindre un article dans le mien sur la liberté de presse, la liberté en général. Il devait rencontrer la jeune fille qui avait pondu l’article afin d’avoir sa permission de le fondre au mien.

Quant à moi, je n’avais pas d’objection pourvu que tout le monde soit d’accord. J’admirais le courage et l’ouverture d’esprit de cette jeune fille que je ne connaissais pas. Une seule fois, j’ai songé à demander à Jean ce qu’il était advenu de ses démarches; mais la mise en page ne me regardait pas.

Jean était le directeur et nous vivions à couteaux tirés à cause de ma pédérastie. J’ai opté pour lui faire confiance et ne pas lui donner l’impression de vouloir tout régenter dans le journal.

Nous avons travaillé à sa préparation, dans les termes convenus. J’écrivais et Jean s’occupait du montage et de la mise en page.

Ma vie amoureuse était quelque peu en souffrance. Des parents avaient porté plainte contre ma présence à la piscine. Les dirigeants m’ont demandé de ne plus y retourner pour ne pas impliquer la police.

Un soir, alors que je jouais à l’extérieur avec Lynn, un bonhomme s’est informé du chemin à suivre pour se rendre à la piscine. Nous sommes embarqués tous les deux, pour lui montrer. Le gars ne semblait pas savoir ce qu’il cherchait et voulait plutôt connaître mes goûts. J’ai poussé la curiosité quant à mon interlocuteur jusqu’à ce que celui-ci m’avoue être un inspecteur de la Sûreté du Québec. On n’avait rien pour justifier une arrestation. Un hasard? Un avertissement ?

Je n’ai pas eu besoin de dessin pour comprendre : si je voulais rester en liberté, je devrais être un bon bout de temps, sans revoir Lynn ou courir les piscines. C’est ce que je fis sans que Lynn sache les vrais motifs de cette absence. Si j’étais assez fou pour accepter de mettre ma vie en danger par amour pour la région, il en était de même pour la pédérastie; car, je ne croyais pas qu’être en amour avec un petit gars puisse lui être le moindrement préjudiciable, à moins de le forcer.

Quelle folie que d’être prêt à endurer le martyre pour proclamer ce que je crois être la VÉRITÉ! Une folie qui m’a hanté toute ma vie et qui est plus vivante que jamais puisque depuis j’ai appris l’histoire de la répression sexuelle, un moyen de dominer chaque individu. Je ne m’en veux plus, je me suis accepté comme je suis, mais j’en veux au système de nous mentir et de nous écraser.

Ma guerre avec Jean dégénéra. J’étais bien d’accord à admettre qu’il n’est pas habituel, pour ne pas dire exceptionnel ou anormal, comme disent les hétéros, d’être pédéraste alors que la société essaie de nous confiner dans la vie de couple. Cependant, pourquoi y aurait-il qu’une façon de vivre sa sexualité ?

Je   ne   croyais   pas   que cet   interdit   reposait   sur   des   motifs   intelligents.        

Cependant, j’étais bien conscient qu’il peut y avoir des gens dangereux pour les jeunes. Je les classais surtout comme psychopathes plutôt que pédérastes. Quel danger peut-on représenter quand on tombe en amour avec un petit gars? Pourquoi parler de vice ? Quand tu aimes quelqu’un, tu travailles à son épanouissement. Est-on la seule société à défendre les rapports intergénérationnels? Y a-t-il des endroits sur terre où ces relations ne sont pas vues comme mauvaises? Pourquoi ces peuples seraient-ils plus stupides que nous qui condamnons tout ce qui n’est pas conforme aux règles établies? La rage des scrupuleux mène au suicide de leurs victimes. Moi, je fais jouir, le système conduit les jeunes trop émancipés au suicide.

J’ai décidé de déménager. Puisque je m’entendais bien mieux avec Pierre, nous avons pris un appartement ensemble.

Tout le temps était consacré à la rédaction d’un nouveau livre sur les Vauxcouleurs (Il était une fois les Cantons de l’Est, deuxième version) puisque la première formule avait été refusée. Cela était d’autant plus intéressant que Pierre avait décidé d’emménager avec une fille à la fois belle et  intelligente.

Ce n’est pas parce que je suis pédéraste que je dois être complètement indifférent aux femmes. Elles ont aussi beaucoup à nous apporter sur le plan de la création. Et, j’aime le féminin. Étonnant, mais vrai.

Le projet ne pouvait que réussir : nous venions de vivre, Pierre et moi, une expérience enrichissante : la campagne rhinocéros à Sherbrooke.

Durant cette campagne, je n’ai pas vu Lynn très souvent. Ces parents voyaient nos rapports d’un très mauvais œil à cause de notre écart d’âge et l’étrangeté pour eux de notre relation.

Plutôt que d’essayer de comprendre, de chercher le bien de leur jeune, les parents s’insurgent et condamnent. Cette façon de réagir rend toute forme de dialogue impossible. Le jeune est rabroué, sans qu’il ait son mot à dire sur sa propre vie.

Ses parents le savaient et n’approuvaient pas.

Cela ne pouvait pas faire autrement, car, j’avais été trop idiot pour refuser à Lynn, de lui donner ce qui lui tenait le plus à cœur : une marque de notre amitié. Je suis allé lui choisir, ce qu’il souhaitait depuis fort longtemps : une alliance. Celle-ci était une forme d’engagement entre nous, comme des fiançailles. Ce n’était pas mon idée, mais la manière de Lynn de vivre les liens qui nous unissaient.

Si les parents avaient moins peur, ils pourraient essayer de comprendre leur garçon.

J’imagine la réaction de ses parents quand ils ont connu la provenance de ce cadeau. Lynn était tout peiné et comprenait très mal la  réaction  de  ses  parents. Pourquoi la différence d’âge entre nous avait-elle autant d’importance? Puisque je demeurais beaucoup plus loin, ces visites se faisaient plus rares.

Lynn, c’était un enfant extraordinaire. Une imagination incroyable et une curiosité très poussée. Il vivait comme il ressentait les choses. À ce point de vue, il était

mon miroir.  Une  authenticité  que  je  n’ai  jamais  voulu  perdre.  La  spontanéité aussi. La valeur du moment présent. Cette capacité de l’enfant à vivre selon son cœur.

Lynn m’introduisait à une nouvelle recherche à savoir comment se comporteraient à moyen terme un enfant et un adulte, si ce dernier le considérait comme son égal. Il était le premier enfant à aiguiser ma curiosité quant à l’éducation, et ce, au moment, où l’on me fit connaître le livre : Les enfants de Summerhill. Lynn, c’était le ciel. Un demain à créer. Une ouverture d’esprit. L’image du monde que nous avons à créer…

J’avais terminé les articles pour L’R du Q et obtenu en récompense, de publier une annonce de L’Homo-vicièr, mon premier roman, quand il fut décidé que je serai candidat rhinocéros dans Sherbrooke.

Cette décision a été prise après quelques joints au cours d’une soirée fort agréable. Le lendemain, je faisais de nouveaux textes pour L’R du Q.

Je me suis immédiatement présenté chez le président des élections, où j’ai versé mon dépôt, soit 200 $. Je les avais économisés avec mon assurance-chômage.

Notre premier pépin fut la saisie de L’R du Q. Cette manigance a été réussie, grâce à un groupe d’amis de la jeune fille qui contresignait l’article sur la liberté sexuelle. Elle prétendait que cette situation l’attaquait dans sa réputation. Ces imbéciles avaient déjà consulté un avocat comme, si informé de la situation, il n’était pas possible de trouver une solution.

Ces faux révolutionnaires ont réussi à faire saisir le journal par l’administration du cégep. Les étudiants du cégep ont été appelés à trancher le débat en assemblée. Je reconnaissais parfaitement que cet article publié, sans le consentement de la jeune fille, si c’était le cas, était une grossière erreur; mais par solidarité pour Jean, j’ai défendu notre position sans expliquer que je n’avais rien à faire dans cette transaction. Du début à la fin, Jean était responsable de cette situation et des négociations. Nous avait-il induits en erreur ?

Il prétendait que cette fille avait accepté que l’on distribue quand même le journal (puisqu’il était déjà imprimé, mais son nom devait être biffé auparavant). Ça me semblait un compromis très raisonnable quand on m’en fit part. En réalité, je n’ai jamais transigé ni de près ni de loin ce problème, car toute l’autorité avait été remise aux mains de Jean. Il m’informait de la situation. Je lui faisais simplement confiance.

Cela a permis à certains de m’accuser de manquer d’impartialité et d’honnêteté comme journaliste. Certains m’ont même accusé de me servir du journal pour des raisons personnelles alors que je n’avais rien à dire dans le montage et la distribution. Mon seul engagement fut de donner mes articles à Pierre et Jean

qui étaient responsables de L’R du Q. J’étais juste un étudiant prolifique parce que je venais de quitter la Tribune. J’avais de l’expérience en journalisme.

À la suite de multiples interventions, nous nous sommes tous mis d’accord à distribuer quand même le journal, en ayant soin de rayer auparavant la signature de la jeune fille, car malheureusement, le journal était déjà imprimé. L’administration du cégep a eu vent de l’entente qui était sur le point d’intervenir. Elle exigea que les copies soient brûlées. C’est devant des cendres que nous nous sommes retrouvés. Quel respect des étudiants. La censure ne venait plus de la jeune fille, mais de l’administration du cégep.

Ce geste antidémocratique nous a finalement servi puisque nous nous en sommes plaints dans tous les journaux du Québec. Nous avons organisé une contre-offensive, soit un concours pour désigner le média régional le plus pourri au Québec. La Tribune de Sherbrooke a remporté le prix haut la main.

Le plus  comique,  le comité d’administration basait sa décision sur  le désir de  la Tribune de nous poursuivre en justice si le journal était publié

À la parution de Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez nous, le journal n’a jamais osé maintenir ses menaces, sachant très bien que je pouvais prouver tout ce que j’avançais.

Le directeur du cégep s’est contenté de me dire : la liberté, c’est bien beau; mais on ne peut pas tout dire ». La saisie du journal tenait d’une raison politique évidente. L’administration du cégep a confirmé s’y être opposée du fait qu’il n’était pas question du parti libéral alors qu’on parlait des Rhinocéros.

Elle visait aussi les articles touchant la liberté sexuelle, le droit à la masturbation et l’hypocrisie innée du christianisme à partir des textes du psychiatre W. Reich, Révolution sexuelle.

La saisie de ce journal a aussi permis à un péquiste de m’attaquer en tant que pédéraste (amourajeux) dans la Tribune. Selon lui, j’exigeais que tout le monde partage mes options sexuelles ce qui n’a jamais été vrai.

Comme moyen de me dépéquiser, tu ne peux pas trouver mieux ! Un autre bonhomme publia même une conversation privée. À qui se fier?

Quand t’arrives à griller un peu le cul du système, il met tous les moyens à sa disposition pour te détruire le plus irréversiblement possible.

Un sourire venu d’enfer 17

novembre 3, 2020

Un sourire venu d’enfer 17

Autobiographie approximative

Page  126 à 133

Cette saga, d’une manière, faisait l’affaire des deux parties. En ayant un tel dossier, je pouvais accuser la Tribune et prouver ce dont je l’accusais. Pour le journal c’était la chance en or de se débarrasser de moi sans que personne ne le sache. Il ne le publierait certainement pas.

Sur le plan politique, la gratitude n’a pas tardé.

Plusieurs péquistes me trouvaient trop radical. Certains, même s’ils étaient très rares, me croyaient un agent provocateur à cause de mes envolées au profit de la pédérastie, de mon amourajoie. L’un de ces derniers est même venu me voir pour me dire : « Qu’allons-nous faire de toi? Si, au moins, tu lâchais les petits gars.»

Belle mentalité ! C’étaient ceux que j’appelais mes faux prêtres. Ils toléraient que je conteste tout, sauf la religion. En étant plus catholiques que le pape, ils étaient incapables de voir vivre un autre individu plus librement qu’eux, surtout pas un pédéraste.

Ce n’était tout de même pas de ma faute si j’avais réussi à sortir de leurs malaises existentialistes. À force de défendre la pédérastie, j’en étais devenu fier.

Aucune révolution ne réussira tant qu’on n’aura pas le courage de rejeter notre façon d’aborder la sexualité. Même la gauche est trop bornée pour voir la nécessité de réajuster le tir.

Les faux révolutionnaires ne voient pas les liens entre les religions et l’état pour maintenir les Québécois dans le joug du Canada. Le respect d’une autorité qui nous ment est à l’origine de notre aliénation.

L’Église ne prenait plus parti pour un clan politique comme à l’époque de Maurice Duplessis. Elle était devenue plus hypocrite. Son rôle, tout particulièrement dans les Vauxcouleurs (Estrie), demeurait tout aussi néfaste. Il se manifestait surtout dans les lettres ouvertes et dans l’action de différents mouvements.

Dans notre région, le scrupule était la principale force religieuse. Cela permettait d’entretenir, grâce à la haine de la sexualité, le mépris du corps, donnant naissance à des sentiments de culpabilité, allant du masochisme pur et simple à l’obéissance aveugle.

Je connaissais l’influence de l’Église dans la vie politique; mais jamais je n’aurais cru qu’elle avait autant d’importance. Les religieux sont vite apparus comme le ciment de la société; car, leur philosophie constitue pour leurs sujets une façon de voir, de juger la vie et les événements. La religion ne repose-t-elle pas surtout sur la peur de la mort et de la sexualité? L’interprétation de la mort est un domaine purement spéculatif. Personne ne peut affirmer si ce que l’on prétend est vrai.

De tout temps, les systèmes politiques ont été soutenus par des religions, des philosophies, des conceptions ou des interprétations de la réalité. Les pyramides ont été possibles grâce aux croyances du temps sur l’immortalité et la divinité. L’Inquisition a été le meurtre légal de milliers de gens qui voulaient remettre en cause la foi de cette époque. Combien sont morts pour avoir osé prétendre que la terre est ronde? Le Christ lui-même n’était-il pas un révolutionnaire qui contesta aussi sa religion et se fit crucifier par ses paires ?

L’Église au Québec n’a jamais été indifférente à la politique du pouvoir. Elle a toujours soutenu le pouvoir des Anglais et appuyé leur domination tant qu’elle avait sa part du gâteau. Elle ne voulait pas que les gens s’instruisent parce qu’elle craignait de perdre son contrôle. En 1837, elle excommunia les patriotes. Elle leur refusait le droit d’être enterrés dans un cimetière catholique. Elle n’a pas changé depuis, car, aux élections scolaires, pour défendre sa confessionnalité, ses intérêts financiers, l’Église a permis de faire élire à la CÉCM tous ceux qui étaient contre la loi 101. Ces trahisons sont presque impossibles à calculer tant elles sont nombreuses.

Dans les Vauxcouleurs (Estrie), l’Église prenait la relève pour le conservatisme et la peur du changement, là, où le système politique avait échoué. Combien de péquistes sont plus catholiques que le pape et refusent ainsi de voir l’indépendance du Québec comme étant plus qu’un simple réajustement administratif du régime politique ?

L’indépendance, ce n’est pas seulement mettre Ottawa à sa place. C’est un changement de mode de vie dans lequel le plus important soit le respect de l’humain, de la nature, la tolérance, le vrai christianisme, comme il nous a été enseigné. Sauf, sur le plan de l’enseignement sexuel, l’Église a sa raison d’exister. La religion n’apporte pas que de la merde. Nos valeurs sont le résultat de notre foi chrétienne. Pour cela, l’Église doit séparer les affaires religieuses des choses politiques ou judiciaires.

Les religions ont presque toujours conduit au fanatisme et inévitablement aux guerres. Cela est encore vrai même de nos jours. Les religions sont intolérantes : hors de l’Église, point de salut. Avec l’Islam, c’est encore pire. On parle d’une Église de paix et d’amour et pourtant ses membres sont prêts à tuer pour la représentation de Mahomet qui n’est pas dieu, mais prophète. Donc, un homme comme nous.

Je me devais de combattre cet empiétement religieux dans des compétences qui ne la concernent pas. C’est aussi un élément important de la révolution.

Les systèmes politiques s’appuient sur les croyances religieuses pour s’immiscer dans la vie privée des gens. La foi est la plus grande justification des guerres, car c’est ce qui d’obéir à l’aveugle et devoir payer pour se faire pardonner d’avoir osé être humain un petit bout de temps. L’Église a gratifié l’esclavage noir et béatifié la guerre au Vietnam. Sans un appui religieux profond en ce sens, les États-Unis ne pouvaient pas justifier leur intervention militaire. Tout a été mis sur le dos du communisme. Quant au Canada, le défenseur de la paix, celui-ci vit grassement de la vente de ses canons et de ses armes de guerre. Le débat est donc forcément politique.

Quant à l’aspect moral, je n’avais pas besoin de réfléchir longtemps pour saisir l’importance de la vie religieuse dans la vie politique des Vauxcouleurs. (Estrie)

Il suffisait de me dire amourajeux (pédéraste), incroyant ou croyant pratiquant, pour que plus personne ne prête plus attention à mes paroles. Tu ne peux exprimer que le péché si tu es amourajeux.

Je n’ai pas à demander à qui que ce soit le droit de devenir amourajeux (pédéraste). Je le suis que j’aime ça ou pas. On est ce que l’on est et on doit apprendre à vivre avec. Ou on s’auto flagelle ou on essaie de trouver comment vivre de manière acceptable une de nos réalités. Les seules règles que je reconnais sont la non-violence et le consentement mutuel.

Je voulais simplement être accepté et respecté comme n’importe qui, pour ce que je suis. Je me posais déjà la limite la plus raisonnable, soit celle d’être assez honnête pour accepter le droit du petit gars à me dire non. Je ne pensais pas qu’à mon nombril. Je m’interrogeais très souvent à savoir si cela pouvait vraiment nuire aux jeunes. Je m’interrogeais, autant que le font bien des gens, quant à mon comportement et ses effets. Je vivais ma pédérastie en m’assurant que je ne nuisais pas à ceux que j’aimais.

Ma pédérastie dépassait les bornes des pantalons de « mes petites victimes» comme diraient les féminounes ou les curés. Toutes ces bonnes âmes chrétiennes exigent cependant la prison pour te faire comprendre la charité chrétienne. Ce sont des hypocrites qui nous prêchent le christianisme et qui n’ont rien compris de la compassion. « Tu ne jugeras pas », les féminounes ne connaissent pas ça.

On a qu’à écouter l’Église prêcher pour comprendre que le progrès n’est pas sa principale priorité. Les religions veulent toutes nous garder prisonniers de leur imaginaire passé, dans leur morale de constipés.

Cet amour des petits gars m’amenait à prendre conscience que l’économie de notre système autant que celle du système communiste repose sur la nécessité d’avoir des guerres. Or, aimer les petits gars implique d’éliminer la violence sur le globe terrestre pour diminuer la mort des enfants. Forcer un enfant à travailler en bas âge au lieu d’aller à l’école ou pire à être un enfant soldat, c’est mille fois plus condamnable qu’une pipe ou une caresse.

Pour satisfaire les exigences de la vie économique, il faudrait remplacer la violence physique faite à des millions d’êtres humains par un amour volontairement gai, qui soit apte tout autant que la violence à garantir un jour un mur contre la surpopulation. Évidemment, sont gais ceux que leur nature font qu’ils sont gais. Pas question de dénaturer qui que ce soit pour obéir à une idéologie ou un impératif économique.

Comment un système qui pousse tant d’enfants à la mort peut-il m’accuser de leur nuire en les faisant jouir ? Comment un tel système sans âme peut-il prétendre défendre les jeunes en leur imposant l’ascétisme sexuel? Pourquoi emprisonner ceux qui ne partagent pas cette morale? A-t-on le droit d’aimer jouir? Se faire sucer n’a jamais blessé qui que ce soit. Mais, le système trouve ça pire que de frauder la population de centaines de millions de dollars ou d’abuser violemment des vieux qu’on garde.

Être caressé, masturbé ou sucé n’a jamais détruit psychiquement une personne, à moins, qu’elle soit élevée dans un monde de scrupuleux, ce qui peut créer une distorsion entre ce qu’elle a besoin de vivre physiquement et ce que la morale exige. Il y a plus de gens mentalement malades parce qu’ils ne peuvent pas vivre leur sexualité qu’il y en a parmi ceux qui la vivent en plein épanouissement.

Il est invraisemblable d’être emprisonné pour ce plaisir alors que ces juges moralistes acceptent de créer une bombe à neutrons. Quels hypocrites ! Pour  les fanatiques, la chasteté est plus importante que d’échapper à la misère. Elle est même plus importante que la vie. Il faut être profondément malade pour le croire.

J’en voulais, que ce soit charitable ou non, aux libéraux parce qu’ils sont les pires vipères, qui n’hésitent pas à mentir pour conserver le pouvoir et ses profits. Ils sont aussi menteurs que le pape. Ce sont des requins pour qui le bien du peuple se confond à celui de leur portefeuille. Ils sont prostitués au pouvoir. Pour eux, l’argent a plus de valeur que leur âme.

J’étais de plus en plus fanatique. Possiblement aussi, de moins en moins équilibré. La pression était trop forte pour mes petites capacités. Pédérastie et politique mélangées, c’est plus qu’explosif, car ça te rend de plus en plus paranoïaque. Tous les autres semblent te juger et tu te sens attaqué par tout le monde. La réalité prouve que nos institutions sont strictement des moyens d’exploitation et de domination. Rendre une personne coupable, c’est la rendre vulnérable.

Ma révolution, c’était l’Amour et la Justice sociale, non pas de faire les jeux des libéraux en devenant violent,

J’étais convaincu qu’en faisant passer pour un provocateur, les libéraux me combattraient sur les fronts politique et sexuel. Tué sous un prétexte ou sous un autre, ça n’avait pas d’importance, je crèverais quand même. J’appuyais mes craintes sur la possibilité que Gaston Gouin eût vraiment été tué par la GRC, que par deux fois nous eussions eu des accidents qui ressemblaient plus à des attentats qu’à de véritables accidents; que je mangeais la raclée par la police tout en me faisant menacer par un chef de la petite pègre locale! Ce n’était pas des idées, mais des faits vécus. De plus, un felquiste que je soupçonnais d’être flic quand il m’a été présenté m’a demandé de lui indiquer ceux qui étaient aussi baveux que moi dans la région.

Pour ne pas devenir indicateur, pensais-je, je ne pouvais pas aller travailler comme journaliste à Montréal.

Dans les Vauxcouleurs, je connaissais assez de gens de toutes les options politiques pour ne pas me faire prendre et devenir un indicateur malgré moi alors qu’à Montréal, c’était différent, je ne connaissais personne et j’aurais dû faire confiance à mon instinct devenu de plus en plus paranoïde. J’ai donc refusé l’emploi que m’offrait Québec-Presse. J’avais peut-être tort. Le gars que je soupçonnais d’espionnage n’a jamais été dénoncé par personne. J’ai peut-être eu cette fois un excès de paranoïa. J’étais convaincu que cette peur m’empêcherait de faire un bon travail d’information journalistique.

J’ai décidé de ne plus jamais me mêler de politique pour le bien de la population ou avant de devenir fou ou servir sans le vouloir la police en étant trop connu d’eux.

Avec mes petites idées révolutionnaires, j’avais un champ d’action beaucoup trop large pour mes faibles épaules et surtout mon système émotif. La politique, plus la pédérastie, c’est difficile à porter. Étant pisseux de nature, j’avais tendance à devenir plus paranoïaque. Je paniquais facilement et, pour cette raison, il était

impérieux que je laisse la politique de côté; mais ça je ne crois pas que ça paraissait. J’étais plutôt perçu comme un fanatique entêté et baveux. On me prenait vraiment pour un révolutionnaire et, peureux ou pas, je vivais la révolution.  Tout ce que je voulais c’était le bien des gens de Vauxcouleurs.

À ma sortie du journal, j’étais non seulement peiné et révolté; mais j’étais tout aussi content d’une certaine manière. Enfin, je pouvais mettre un frein au fanatisme que l’on cultivait en moi, en essayant de faire de moi une petite vedette révolutionnaire. Une image que je ne méritais pas.

Pour survivre, car, tout est mené par les finances, j’ai dû d’abord prouver au comité de révision de l’assurance-chômage que j’avais abandonné mon métier pour rester honnête. Le témoignage-surprise du syndicat me fit avoir justice. Cette fois, les libéraux ne m’ont pas eu, même s’ils s’y préparaient. Je pouvais revivre.

N’ayant plus à m’occuper de politique, je pouvais enfin être strictement pédéraste.

La frustration avait multiplié mes besoins sexuels. J’ai commencé à courir les piscines pour me rincer l’œil, voir un peu de beauté dans la vie, tout en travaillant au deuxième numéro de L’R du Q, le journal étudiant du CÉGEP de Sherbrooke.

Dans une école, les étudiants avaient troué les planches entre les salles de déshabillage. J’ai décidé d’en profiter moi aussi jusqu’à ce que je me fasse écœurer par un des jeunes surveillants jaloux, j’imagine. En quoi, le temps passé dans ces salles le regardait-il à moins qu’il soit au courant des trous? Était-il le gardien de la morale? Il savait que ces trous existaient puisqu’ils m’accusaient de m’en servir trop longtemps.

Il me criait devant les portes:

  • Dépêche-toi, maudit fifi!

Ce qui n’empêchait pas le jeune, de l’autre côté, de confirmer mes doutes, de poser plus allégrement. Il savait que je le regardais et il s’arrangeait pour que je l’aperçoive au garde-à-vous.

À un autre endroit où, m’avait-on dit, les gens se baignaient nus, j’ai rencontré trois petits gars qui aimaient particulièrement jouir de leur corps.

Lynn adorait jouer dans l’eau avec moi. C’était à celui qui serait le plus bébé. Nous prenions des courses. Il me passait entre les jambes et me montait sur les épaules pour plonger. Le pot permettait encore plus de saisir le bien inestimable de cette liberté. Dans la pédérastie, tous ces petits moments sont aussi importants que les rapports sexuels. Ces séances de natation étaient des bouffées d’air frais extraordinaires. Enfin, je pouvais être libre sans me soucier de ce qui pouvait arriver.

Après ces jeux, Lynn, parfois avec certains de ses copains, venait chez moi. L’expérience se poursuivait avec frénésie. Le petit adorait écrire à la dactylo et écouter de la musique. Il était entièrement libre pourvu qu’il ne brise rien. C’était une nouvelle expérience comme avec Réjean.

J’attendais Lynn avec des battements de cœur. Il venait régulièrement et se comportait envers moi avec une liberté que bien des adultes mettent en doute parce qu’ils ne savent pas ce qui se passe réellement entre un jeune et un pédéraste.

Malgré ses onze ans, Lynn me dit un jour, alors qu’on se rendait en ville acheter quelque chose, qu’il voulait être mon épouse. Je n’aurais jamais cru qu’un tel rapport puisse s’établir dans la tête d’un si jeune garçon. J’en ai bien ri, mais je constate aujourd’hui que les jeunes savent très jeunes ce dont il question quand il s’agir de rapports sexuels. Seuls les adultes s’imaginent qu’ils sont encore, comme nous étions, quand on était jeunes, une bande de niaiseux. On n’avait même  pas  le  droit  d’y  penser  sans  passer  pour  des  maudits  cochons.        

Lynn savait qu’il pouvait tout obtenir, pourvu que la chose soit possible. Il lui suffisait de le désirer pour que j’essaie de le lui procurer. C’était comme Réjean ou les autres qui étaient devenus assez longtemps mes amants pour que s’établisse cette complicité. J’étais prêt à tout pour les rendre heureux. Comment pouvais-je alors être dangereux comme on le claironne partout dans le Québec ?

J’essayais d’établir un rapport d’égalité entre nous, de le traiter comme un adulte et de le laisser exprimer ses désirs. Aimer quelqu’un, c’est en être fasciné, c’est l’accepter comme il est, c’est vouloir son bonheur. Quand j’aime un petit gars, je pourrais lui donner ma chemise tant il devient important dans ma vie, cela ne pouvait pas être autrement avec lui.

Lynn est devenu dans ma tête l’image du monde désiré. J’ai écrit des poèmes pour lui ainsi que François, un autre petit gars qui m’attirait, mais avec qui j’avais de très rares contacts, qui se résumaient au désir, à la tentation.

Un journal gai a publié un poème que j’avais écrit pour marquer mes amours : La Lynnofrançoisie. Je voulais souligner ce qui me semblait essentiel de retenir de ces rencontres : le mariage de deux âmes peut créer une seule personnalité, le besoin de se faire plaisir réciproquement.

Jean, un jeune révolutionnaire qui habitait chez moi, avait toujours peur que les jeunes brisent sa dactylo. Il trouvait Lynn trop agité. Il ne pouvait pas supporter de me voir l’embrasser et lui témoigner une affection que les gens ne se sont pas encore habitués à voir entre un petit gars et un homme. On ne peut pas échapper à notre éducation primaire qui développe tout notre côté émotionnel.

Cette situation dégénéra assez vite en conflit. Jean détestait la pédérastie. Il ne tarda pas à me le rappeler.

Selon lui, j’étais un dégénéré, mais aussi un petit génie en politique. Il ne me cachait pas ce qu’il pensait. À cette époque, j’avais la malencontreuse idée, basée sur absolument rien de concret, de croire que Jean représentait à lui seul la pensée du Parti Québécois. J’étais en maudit, car même si je vivais cette liaison avec Lynn, je continuais à travailler comme un singe pour les Vauxcouleurs.

27

Jean, Lynn et moi

J’écrivais pour L’R du Q ainsi qu’un livre que l’on m’avait demandé aux Éditions québécoises. Le premier manuscrit a été refusé parce qu’il était trop intellectuel. Il comptait plus de 200 pages. J’ai donc repris la commande autrement et j’ai écrit plus tard, en compagnie d’autres colocataires, moins stressants, ce qui est devenu : Il était une fois dans les Cantons de l’Est. Pierre Brisson s’occupait des dossiers de fins de chapitres, alors que Francine Quinty faisait les petits dessins. Un livre qu’un de mes correspondants présenta au Salon du livre à  Paris comme étant un petit chef-d’œuvre d’originalité.

Je ne voulais pas d’un traitement spécial, mais je voulais que l’on me respecte, que l’on m’accepte comme je suis. Je ne représentais aucun danger pour les jeunes. J’avais même déjà consulté pour m’en assurer. J’avais beau être aux yeux des gens un maudit fifi, je n’étais pas dangereux. Je refusais de vivre toute une vie dans le mensonge. J’étais amourajeux (pédéraste) et je devais apprendre à vivre cela sans blesser personne, être une source de vie pour les jeunes et non u problème à cacher. Vivre dans la vérité est un garde-fou contre la violence et la maladie mentale.

On n’avait pas encore inventé l’expression pédophile. Elle est venue avec les féminounes parce que nous, les pédérastes, on ne croyait pas que ce rapport sexuel pouvait exister chez les femmes. Quelle erreur! Cependant, ces lesbiennes sont toujours les grands défenseurs de la pureté sexuelle qu’elle confonde avec la chasteté.  Donc, beaucoup d’hypocrisie et une haine sans limite des hommes.

On préfère parler seulement de pédophilie, ignorant tout de l’histoire et la pédérastie, pour que la population soit écœurée juste à entendre le mot, car la pédophilie touche des enfants et non des adolescents. On propageait cette peur pour écarter les enfants de leur sexualité. Je suis convaincu que si je n’avais pas connu cette peur, je serais devenu gai bien plus vite. On refusait de faire la distinction entre la pédophilie, un rapport entre une enfant de moins de 10 ans avec un homme ou une femme et un  pédéraste, un rapport strictement gai entre un homme et un jeune garçon de plus de dix ans.

Aucune personne ne peut accepter la pédophilie quoique dans certaines sociétés où on la vit sans violence, génitalement.  La pédophilie est une forme de tendresse qui crée des êtres humains plus forts, plus conscients de leurs besoins. On ne parle pas de pédophilie, mais du rapport mère-enfant, car elle procure un bonheur physique. Ici, on confond facilement pédophilie et sodomie, une expérience qui en bas âge ne peut pas être sans douleur.

Je considérais avoir risqué ma vie pour les Vauxcouleurs par amour pour les petits gars et je me condamnais à la misère en devenant chômeur par honnêteté pour cette région. C’est assez, non?

C’était un peu « sonné » comme point de vue, car, en fait, il y avait une forme de déséquilibre dans ce besoin de vivre le contraire de ce que la société est capable d’accepter et ma liberté. J’ai toujours trouvé le Québec maladivement scrupuleux face à tout ce qui touche la sexualité à cause de la présence de la religion partout. Que ce soit par scrupule ou que la société ait raison, la pression était telle qu’elle dégénérait dans une espèce de paranoïa. Mais, à certains endroits, je pouvais sentir que le rejet que je vivais était bien réel.

Je courais d’une certaine façon après les troubles, en voulant affirmer ce que je vivais contre tous, car la majorité des gens condamnaient mon point de vue sur la sexualité. Était-ce que je souffrais d’un complexe du sauveur ou avais-je vraiment du courage? Je n’en sais rien. Les gens se font mentir quant à ce qui se passe dans un lien pédéraste pour entretenir la peur, peur qui condamne la pédérastie. On ment aux gens pour les tenir dans cette peur.

Ma chicane avec Jean empirait. C’était de moins en moins tolérable, mais j’endurais tout ça en croyant que c’était pour la cause. Jean exprimait très bien ma servitude envers les Vauxcouleurs et le Québec. Il me demanda ce que je choisirais si un jour, l’avenir du Québec dépendait de moi et serait définitif, à partir de mon proche choix entre la pédérastie et l’indépendance du Québec. C’était une torture intérieure insoutenable. À qui serais-je fidèle? À moi ou au Québec? La vie était plus belle, plus douce quand Lynn était là.

Je voyais un élément très important dans mes relations avec Lynn : puisque Lynn était anglophone, ça m’assurait que je ne deviendrais jamais un fanatique. L’aspect humain demeure essentiel dans les luttes. Je devais toujours me rappeler que pour moi la plus grande révolution est l’amour.

Lynn n’était pas seulement anglais, mais le fils d’un homme aussi pauvre que moi, et dans cette solidarité, il ne peut pas être question de race, de langue, de religion. Nous devons tous nous aider. Son père était aussi un Québécois colonisé.

Pour moi, il y avait une différence très nette entre l’anglophone arrogant de Westmount qui veut nous obliger à nous angliciser et le travailleur anglophone qui souvent, de peine et de misère, essaie d’apprendre le français. La voix et les yeux de Lynn avaient autant d’importance que son sexe. Sa vitalité se transférait en moi. Je me demandais déjà pourquoi je n’avais pas un enfant. Je croyais que je serais, malgré ma pédérastie, le meilleur des pères.

Lynn était mon assurance de demeurer un être humain intégral. C’était la promesse de ne jamais trouver les besoins économiques plus impérieux que l’Amour. C’était ce qui restait en moi de l’enseignement religieux  et  même si je le niais, ça prenait encore un grand espace intérieur.

Pour Jean, comme pour la majorité j’imagine, j’étais un dégénéré, point à la ligne. Mais, je savais avoir une tout aussi une grande valeur sur le plan de la révolution. Je ressentais profondément ce paradoxe intérieur qui me déchirait.

Je suis devenu plus agressif avec Jean. Je me sentais tellement dévalué que parfois ça remettait en doute ma valeur personnelle. Suis-je vraiment qu’un cochon qui ne sait pas se contrôler? Il eut si peur de moi, car, je luis faisais croire que j’adorerais le sucer qu’il en vint à coucher en barrant sa porte pour s’assurer que je ne réussisse pas à m’y introduire. Ça me faisait vraiment rigoler de le voir paniquer devant mes effusions d’autant plus qu’il ne me tentait pas. C’était juste drôle de le voir à la fois m’admirer pour mes engagements politiques et me haïr tout autant parce que je suis pédéraste.

De cette bataille verbale, émotive, j’ai décidé d’écrire Laissez venir à moi les petits gars. Malheureusement, à cette époque, je n’en étais pas encore à l’affirmation de la beauté de la pédérastie. Je me sentais obligé de toujours essayer de me justifier, de me forcer pour ne pas me percevoir comme un criminel.

J’avais assez pensé aux autres, je voulais maintenant m’occuper de moi. Faire le point avant de devenir complètement fou, reprendre le contrôle de mes actes et cesser d’être le jouet de tout le monde comme un robot qui répond automatiquement à des thèmes précis. J’en avais assez d’être influençable, de toujours me sentir inférieur à tout le monde. Je savais que ce sentiment venait tout simplement avec ma pédérastie. C’était le prix à payer.

Afin de départager les chicanes, un nouveau pensionnaire est venu s’ajouter. Pierre ne s’entendait pas mieux avec Jean, car ce dernier avait la  maudite manie de voir les choses que d’une façon théorique, comme un pur intellectuel, alors que j’étais un gars de terrain, d’action.

J’étais peut-être déséquilibré émotivement à cause de ma pédérastie, mais au lieu d’avoir de plus en plus honte, je croyais dans la nécessité de me battre contre l’hystérie, la peur que l’on a du sexe au Québec. Comment un plaisir peut-il devenir négatif, une agression? Pourquoi fait-on semblant de croire qu’une relation sexuelle est un acte violent, si tu n’as pas l’âge fixé par les adultes, et surtout si tous les participants sont d’accord? Pourquoi un plaisir pourrait-il te traumatiser? C’est une réalité seulement dans la tête des aliénés qui acceptent ces règles sans même y réfléchir.

Un Haïtien qui nous rendait aussi visite plus souvent qu’à son tour s’est finalement ajouté au groupe.

Si j’aimais la poésie, j’admirais la facilité de cet Haïtien à se dénicher des filles. Il pouvait coucher avec trois filles, une à la suite de l’autre, dans la même soirée. Moi, je me demandais toujours si je pourrais éjaculer dès ma première femme. Je n’ai jamais rencontré un tel chanteur de pomme et un gars qui fasse l’amour aussi vite. Après ses prouesses, il lui fallait son éternel verre de lait.

Un sourire venu d’enfer 16

novembre 2, 2020

Un sourire venu d’enfer 16

Autobiographie approximative

Page 120 à 126

La Commission scolaire avait décidé de forcer les jeunes du primaire à voyager à Bury, même si leur nombre était plus grand que celui de l’école où il devait se rendre. C’était là une injustice évidente. Aussi, les parents m’ont-ils demandé de les diriger dans leurs actions afin d’obtenir justice, et ce même si pour eux j’étais trop radical, car je préconisais l’occupation de l’école de Scotstown. Dès les débuts, j’ai aussi établi pour les mères que je rencontrais souvent et qui avaient des petits gars mon statut d’amourajeux.

Elles ont commencé par une manifestation. Rien ne bougea. Les femmes durent admettre qu’il n’y avait qu’un moyen efficace : occuper l’école. Cette occupation fut d’un genre très spécial. Puisque les enfants privés d’école gelaient à l’extérieur, ils furent intégrés aux autres qui n’étaient pas touchés par la déportation. C’était de toute beauté. Malgré qu’elles soient les victimes, ces femmes se montraient plus humaines que jamais. J’étais tout à fait en accord avec leur façon de contester.

Comme l’injustice a toujours prévalu sur la justice, une injonction a été produite contre les femmes qui occupaient l’école. Celles-ci devaient cesser leur geste où se ramasser en cour.

J’étais petit dans mes souliers, j’en avais de la difficulté à dormir, car je me sentais coupable d’avoir entraîné de bonnes mères de famille dans une aventure alors qu’elles ont déjà de la difficulté à subvenir à leurs besoins. À cause de mes conseils, elles risquaient l’amende ou la prison. Je me sentais coupable de leur avoir nui plutôt que de les aider.

J’étais d’autant plus révolté que j’avais appris que la seule vraie raison justifiant cette injustice était que le directeur du secteur détestait les assistés sociaux, donc, la majorité des gens de Scotstown. Ce dernier l’avait même admis devant mes patrons à la Tribune. Au lieu d’en prendre note, la Tribune m’a retiré du dossier.

Les femmes furent condamnées ayant refusé d’abandonner cette lutte, malgré une injonction. Je paniquais. J’avais peur de les avoir conduites à la ruine. Heureusement, le peintre Frédéric les sauva en faisait tirer au sort une de ses peintures.

Saoul, j’avais proféré des menaces dans un hôtel à Scotstown, ce qui amena la police à enquêter à nouveau sur moi; mais ce n’étaient que des paroles d’un gars saoul. L’enquête s’est éteinte d’elle-même.

Le système ne savait jamais quoi inventer pour m’écœurer, car je prenais les choses d’une façon un peu trop personnelle… paranoïde…

Ainsi, alors que je venais de faire mettre sur pied un front commun devant se battre pour la construction de la Transquébécoise et un autre sur le français au travail, un spécialiste en tourisme, Réjean Beaudoin, a voulu faire un coup de maître en faisant aménager un troisième monument à la mémoire de Sir Alexander Galt, un des Pères de la Confédération. Ce dernier avait déjà une rue de Sherbrooke et une polyvalente à Lennoxville en son nom. Cela ne tenait pas tant des 58,000 $ qu’on pouvait en tirer du fédéral, mais aux tendances nettement fédérastes de la Société d’histoire de Sherbrooke qui visait à faire valoir les retombées du système fédéral sur notre région.

Une telle action ne pouvait, dans l’état d’esprit dans lequel on vivait dans les Vaucouleurs  qu’amener                          des                affrontements             violents.   J’en   ai   fait   part    au responsable du projet, Réjean Beaudoin, en lui disant:

  • Ton maudit monument, si tu le fais construire, on va le dynamiter.
  • Nous le ferons dans un métal que les bombes ne détruisent pas.
  • Il faut être fou en maudit pour être prêt à se faire sauter la tête pour le fédéral.

Réjean, avec qui j’avais souvent travaillé auparavant, car il disait que le français est essentiel au tourisme dans notre région, fit part de mes menaces aux autorités municipales de Sherbrooke. Puisque selon eux j’étais un felquiste, la peur les a gagnés, ils ont décidé d’abandonner le projet.

Je dois avouer que jouer au radical apportait bien des avantages à la vie économique des Vaucouleurs, car le fédéral se sentait forcé d’investir dès qu’on détectait ma présence.

Quand on me disait que chez nous le problème des langues n’existait pas, je ne pouvais que sursauter. Jamais Bishop n’a voulu participer à l’émancipation des Vaucouleurs (Estrie). Dans Lennoxville, le racisme des anglophones contre les francophones était connu de tous. Ce sont pourtant les anglophones qui se plaignent. Bien des exemples d’une fausse paix linguistique existaient. Il en était ainsi dans toute la région. Par exemple, à Scotstown, où la majorité de la population vit sur le bien-être social, la population anglophone exigeait que la banque refuse les prêts à un industriel francophone, sous menace de retirer tout leur argent de cette banque. Le directeur de la banque céda. Quant au ministère de Jean Marchand, il ne favorisait que les riches. C’était révoltant.

Pendant qu’à Scotstown, Jean Marchand refusait de verser une subvention permettant d’agrandir une industrie déjà en bonne marche et créer ainsi de nouveaux emplois, son ministère vantait les subventions à la John’s Manville à Asbestos, une multinationale, pour qu’elle conserve le même nombre d’emplois. Il fallait avoir du front tout le tour de la tête pour y afficher le montant de la subvention en affirmant avoir été versée pour créer de nouveaux emplois.

Quand il était question de cette compagnie, la Tribune a toujours refusé de publier toute la vérité. J’avais été temporairement nommé journaliste à Asbestos.

Aussi pour protéger la bonne image de notre très chère mère l’Église, la Tribune a censuré tous les textes où j’ai voulu établir, lors des éboulements, qu’un facteur important pour empêcher le respect de la zone de sécurité fut l’entêtement de l’archevêché à exiger pour une deuxième fois que la compagnie reconstruise une nouvelle église. Si je ne pardonnais pas à la religion de ne pas respecter la charité qu’elle enseignait, je digérais encore plus mal qu’elle accepte de mettre en danger la vie des gens pour ses besoins financiers.

C’était une époque fort troublée parce qu’on était encore dans une période de guerre avec les fédérastes. Alors que je me promenais en voiture avec des amis, un des nôtres redit une phase que j’avais déjà entendue durant les événements d’octobre, lors de notre premier accident : « Ces maudits fous, ils nous foncent dedans. »

Peu de temps après, notre voiture avait été emboutie par une autre. Heureusement aucun blessé. L’automobile avait encore une fois frappé dans le côté. Était-ce vraiment un accident? Un attentat?

À partir de ce moment, je devins paranoïaque. Les hasards d’accidents se produisaient trop souvent. J’ai commencé à craindre que l’on s’attaque davantage à mes amis ou à mes parents. Qui serait le prochain Gaston Gouin?

25

Le cas de Waterville

Tous les moyens étaient bons pour essayer de me faire perdre la face. Le cas de Waterville a été le plus significatif.

À la suite d’un reportage, j’ai appris que les jeunes d’une maison de redressement n’avaient ni gymnase, ni piscine.

Les travailleurs sociaux étaient ainsi privés d’un instrument indispensable à la rééducation des jeunes.

Si je sautais sur toutes les situations dans lesquelles les enfants pouvaient souffrir pour les défendre, comment pouvais-je demeurer insensible à celle-ci? Ma plume fut vite absorbée par les volutes d’une sainte colère. J’ai pris en main ce dossier, après avoir averti le directeur de l’établissement de mes tendances peu communes.

Mes entrevues avec les petits se firent par personnes interposées afin d’éliminer toutes les possibilités de scandale et s’assurer que je ne nuirais pas à l’Institution plutôt que de l’aider. C’était un minimum d’honnêteté. Si on pouvait parler franchement de notre pédérastie, on ne pouvait pas fonctionner dans le monde sans créer des crises d’hystérie chez les féminounes et tous les scrupuleux de ce genre.

Le coup de cochon ne tarda pas. Bientôt, un gros bonnet du gouvernement a fait remarquer au directeur de l’époque qu’il était plutôt bizarre d’admettre qu’un pédéraste se porte à la défense des petits gars.

Que venait faire ma vie sexuelle dans un problème de gymnase et de piscine dans une maison de réhabilitation pour jeunes délinquants? Sauf, qu’ainsi on pensait  m’écarter  d’un  dossier  qui  pouvait  devenir   très   chaud politiquement. Encore une fois, La Tribune refusa de publier  les  deux reportages qui le furent dans L’R du Q.

Le gouvernement pouvait ainsi agir comme si les jeunes délinquants n’ont aucun droit. Les droits commencent à 18 ans, quand tu travailles et tu payes  des  taxes. Avant ça, tu n’existes pas et tu n’as aucun droit. Tu es comme les prisonniers, mais toi, tu n’as pas perdu tes droits, tu ne les as jamais eus. Pourtant, ce sont eux qui ont le plus besoin d’un milieu qui leur permet de ré accepter dans la société. Parfois, les parents sont les vrais coupables. Les délinquants sont souvent des jeunes qui ont manqué d’amour ou ils ont vécu un amour trop inconditionnel. Ils sont des victimes. C’est aussi révoltant d’être trop pourri.

Les institutions de réhabilitation devraient être comme Summerhill : des écoles libres.

Ce cas n’était pas un cas unique. L’information était manipulée. Les patrons pouvaient étudier mes textes une semaine ou deux alors qu’ils traitaient les conflits  en  cours.  C’était  un   moyen   de   prendre   position   pour   le patronat. Souvent, les informations étaient coupées, même s’il était facile d’en prouver la véracité. Les textes d’importance étaient perdus dans un coin. Ils étaient transmis dans un seul secteur régional, car la Tribune avait plusieurs parutions selon les régions de l’Estrie. Ces textes étaient alors confinés à une ville alors qu’ils pouvaient intéresser toute la région.

Malgré mes efforts, il n’y avait pas encore de comité rédactionnel. Ce comité n’aurait pas cherché à éliminer la présence des patrons; mais grâce à plus de coordination, assurer une meilleure information et voir les vrais problèmes sous tous les angles.

Un seul journaliste ne peut pas tout savoir même s’il est le plus compétent du monde. À moins d’être sans conscience, aucun journaliste ne peut être à 100 pour cent impartial, simplement parce que nous avons des sentiments et un inconscient. On n’accordera pas la même importance, selon que l’on est d’accord ou pas avec ce que l’on écrit. C’est juste humain !

Les négociations pour le renouvèlement de la convention collective étaient en cours au journal. Les dirigeants syndicaux, croyant que le journal puisse être imprimé à Granby plutôt qu’à Sherbrooke, ont recommandé l’acceptation d’une entente tellement pourrie qu’elle comportait des baisses de salaires pour les employés d’un département, par hasard, c’était toutes des femmes. Il n’y avait pas un mot sur la liberté de presse, problème qui m’intéressait particulièrement.

Les journalistes ne se souciaient que de leur augmentation de salaires et d’avoir des conférences de presse au cours desquelles ils soient bien traités. Nous n’étions qu’un petit nombre à nous opposer au projet de convention collective recommandée par le syndicat.

À une assemblée suivante, j’ai présenté avec deux confrères un projet comique, ridiculisant toutes les concessions acceptées sous prétexte que Power Corp. est trop pauvre. Certains y virent mon intention de rire des membres, mais d’autres reconnurent que ce texte caricaturait une convention acceptée sous la peur.Un manque de fonds justifiait ces baisses de salaires. Curieusement, le gouvernement fédéral a consenti, peu de temps après, une subvention qui par hasard représentait exactement le montant du déficit prévu par les patrons. Le système se maintient grâce aux interactions entre les différentes institutions. Paul Desmarais avait sûrement de bonnes relations avec le gouvernement fédéral libéral. Les journalistes ne voulaient rien savoir de la qualité de leur travail. Pour eux, c’était un métier comme les autres.

Cela n’a pas tellement changé, aucun journaliste ne semble se soucier du problème de la liberté de presse et d’expression. Le rôle socioculturel d’un média, ils s’en fichent éperdument. 

Pourtant, des média libres sont la garantie d’une saine démocratie. Il est impossible de connaître une dictature ou un mouvement de violentes contestations tant qu’il y a une presse libre. C’est sa raison fondamentale d’exister. De faire connaître la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Permettre aux gens de faire un choix éclairé, connaissant tous les détails. La presse ne doit pas être qu’un commerce, elle doit nécessairement effectuer son travail de chien de garde de la liberté, de la vérité. 

Je devais me contenter de me taire, d’écrire des banalités ou quitter le journal.  Pour faire valoir mon opinion et m’assurer que le journal ne se servirait pas de mes mémos pour monter un dossier disciplinaire qui camouflerait le dossier politique, j’ai transmis mes notes avec ironie et humour, empruntant mes expressions au langage indien ou d’autres images du genre. 

J’ai d’abord été suspendu trois semaines. Tout  était  fait  pour  m’écœurer. On me reprochait de porter la barbe, d’avoir les cheveux  longs alors que d’autres journalistes le faisaient sans être réprimandés. Je répliquais toujours par de nouvelles luttes. 

Ainsi, un jour, j’ai placé sur mon bureau la photo d’un petit gars que j’adorais en silence et en secret. J’ai immédiatement été sommé de l’enlever. J’ai refusé en disant que tous avaient la photo de leur épouse et de leur famille et qu’ainsi j’avais le même droit qu’eux; même si c’était à leur avis, contraire à leurs mœurs puisqu’en dehors de l’hétérosexualité tu es monstre, un péché ambulant. Leur exigence contrevient à la Charte des droits. Aujourd’hui, on sait que cette discrimination hétérosexuelle est complètement débile, car personne n’est pareil dans son orientation sexuelle et sa façon de la vivre. Tout doit être permis, s’il n’y a pas de violence ou de domination. La sexualité est surtout une question de sentiments, non seulement une question de plaisir. 

Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’avoir sur mon bureau la photo de celui que j’aime alors que tout le monde à celle de sa femme ou de ses enfants? Est-ce que parce que je suis pédéraste amourajeux que je n’ai pas le droit d’exprimer ce que je ressens? Ce n’était pas un film pornographique, mais la photo d’une personne que j’adorais. Ça ne regarde que moi.        Le journal défendait son point de vue en affirmant qu’en agissant ainsi, qu’en faisant connaître ouvertement ma pédérastie, je nuisais à sa bonne réputation. Qui pouvait deviner en voyant la photo que c’était un de mes nombreux amants platoniques? Ça aurait pu être un de mes fils. Il fallait le savoir pour créer le lien.

Ma suspension visait à justifier plus tard mon congédiement. Trois semaines pour me forcer à réfléchir, pour me faire comprendre la nécessité d’obéir et de prendre conscience que je n’étais pas très bien accepté dans tous les Vauxcouleurs.

Je crois trop dans la liberté d’esprit pour lâcher prise.

26

Une bonne raclée

Un soir, à Sherbrooke, comme à l’habitude, la bière avait remplacé la poésie.

Quand je bois, je deviens le contraire de ce que je suis à jeun. Je suis aussi baveux saoul que j’essaie d’être gentil quand je ne bois pas. C’est probablement parce que la tension finit par faire sauter les plombs, ce qui se manifeste dès que je n’ai plus le contrôle sur moi. Rien n’est pire que de vivre une vie de frustré sexuel, surtout si en plus tu défends une orientation sexuelle, un tabou qui traumatise tout le monde, car le système le veut ainsi.

En sortant de la taverne, je « zigzaguais » sur le trottoir en criant contre les femmes, quand un policier m’a sommé de le rejoindre. J’ai refusé. Rien ne lui permettait de se mêler de mes affaires. Je gueulais, mais je venais de comprendre qu’il fallait que je me la ferme. Celui-ci me prit par un bras et me tira. J’ai résisté en m’accrochant à un parcomètre. Le policier a commencé à me frapper à coups de poing.

Puisque j’étais contre la violence, mais que je ne suis pas masochiste, j’ai couru dans la rue pour me protéger. J’ai été rattrapé par le policier et un autre groupe de policiers venus le rejoindre.

Les policiers me frappaient de plus belle. J’ai décidé d’assouvir ma colère en frappant sur une automobile devant moi puisque je ne voulais pas frapper un humain. . Le propriétaire de la voiture n’a pas tardé à arriver, demandant aux policiers de m’assommer. J’ai cessé de me débattre, car je reconnus le propriétaire du restaurant devant lequel on se trouvait. Je me suis relevé, je l’ai regardé et je lui demandai:

  • Pourquoi prends-tu pour eux? Ce sont eux qui me frappent, pas moi qui les frappe. Étant donné sa réputation de chef de la mafia locale, j’ai demandé à l’intervenant, depuis quand la pègre appuie-t-elle la police? Il était notoire que c’était le chef de la pègre à Sherbrooke

J’ai recommencé à me débattre. Puis, ce fut le noir total.

Tout ce que je me rappelle, j’étais couché dans le fond d’une cellule, seul, et un pied m’arrivait sur le corps.

Les policiers m’ont abandonné. Ils sont revenus plus tard avec un autre qu’ils ont enfermé dans la cellule voisine. J’avais un témoin, donc, ils ne pouvaient pas recommencer à me frapper. J’ai commencé à gueuler, à exiger la présence de mon avocat, à scander les noms de deux avocats. Rien.

  • Vous devez être comme Saulnier, vous avez des problèmes de téléviseur (Saulnier, chef de police, si je me rappelle, venait de se faire prendre en ayant accepté une télévision en cadeau).

Je me suis foutu à poil et j’ai crié de plus belle.

Soudain, un groupe de flics est arrivé. Je connaissais un des policiers, il demeurait comme moi au Parthénon, avant de devenir policier. Le gros qui m’avait frappé me regardait et fessait à coups de pied dans le bas de la cellule, essayant de me rejoindre alors que je lui criais :

  • Prend ton revolver, mon gros Christ de chien sale, pis tire. Demain, c’est toi qui vas les avoir les problèmes.

J’étais journaliste et j’étais conscient du pouvoir que cela me conférait.

Celui-ci s’est retourné et m’a demandé si je le trouvais beau. Je n’en revenais pas. Où était-il allé chercher ça?

  • On sait que t’as deux serins à Sherbrooke.
  • T’es mieux informé que moi, j’en connais qu’un.
  • Laisse faire, mon Hostie, je vais te dompter. Tu ne toucheras jamais à mon gars.

Un peu plus tard, les policiers m’ont relâché. Il faisait encore nuit. J’ai pensé qu’il s’agissait d’un moyen pour m’amener à l’extérieur et ainsi pouvoir recommencer à me battre. Puisqu’il était impossible de me battre à nouveau en dedans à cause des témoins, je suis resté en prison jusqu’au matin.

En sortant, un des policiers m’a remis mon foulard des patriotes, en disant :

  • Tu peux être chanceux qu’on n’ait pas su avant que tu penses comme ça. T’en aurais mangé une bien meilleure.

Le matin même, je devais passer en cour. Le juge était reconnu comme, par hasard, pour un fervent libéral.

J’ai aussitôt averti le journaliste aux judiciaires, qui était aussi président de notre syndicat, de cette histoire.

Il s’est présenté chez le juge et à la suite d’une conversation, il m’a informé qu’on me rendrait ma liberté à la condition que je ne fasse aucune pression auprès de la Tribune pour publiciser cet incident. J’ai accepté cette condition. En Cour, j’ai révélé au juge avoir été battu et celui-ci se contenta de me dire de porter plainte au chef de police d’alors, reconnu comme un fervent de ces méthodes dures.

La fin de semaine arriva, Québec-Presse relatait les événements. Il n’avait été question que de La Tribune dans notre entente et non des journaux diffusant à l’échelle nationale.

Comment porter plainte? Comment prouver qu’on a été battu? Les policiers, souvent sous peine de perdre leur emploi, témoigneront que c’est faux. Les flics fascistes sont pires que la pègre. Les juges leur sont déjà acquis, comme si leurs paroles venaient de Dieu.

Ce n’était pas d’abord politique, pensais-je, mais parce que j’étais paranoïaque et saoul comme une balle.

Une semaine ou deux plus tard, je recevais un appel téléphonique me demandant si je voulais témoigner dans un accident.

Je ne me rappelais pas d’un tel événement. À force de chercher, de questionner, même auprès de la police, de quel accident il s’agissait; j’ai appris que le propriétaire de la voiture sur laquelle je me défoulais exigeait 55 $ en dommages. Lors de notre conversation, l’inspecteur de police ajouta :

  • Je te conseille fortement de payer, t’auras beaucoup moins de problèmes. J’étais contre ce remboursement.
  • C’est la police qui frappait, j’étais en légitime défense.

Par contre, mes amis rappelèrent que mon créancier était le chef de la petite pègre locale. J’ai pris rendez-vous avec lui. Je ne me rappelais pas exactement comment ça s’était passé. Je lui ai demandé de me le rappeler. Ce fut facile ensuite de replacer le moment, grâce aux brides que je gardais dans la tête. Je lui ai aussi demandé de manière à peine voilée depuis quand la pègre fonctionne avec la police. Quant à lui, ça n’avait rien à voir.

J’étais de plus en plus convaincu que tout était politique, une intuition que j’avais depuis le début. Écœuré, j’ai fait parvenir les 55 $ demandés sous forme de 55 chèques d’un dollar par mois, soit jusqu’en 1978 environ.

Je n’en ai pas réentendu parler avant mon congédiement.

En apprenant mes problèmes financiers, mon créancier m’en a souhaité d’autres pour me faire réaliser la bêtise du choix de mon option politique. Il a fini en  disant :

  • Tu peux être chanceux, des gars comme toi, habituellement, nous leur faisons casser les jambes. Si au moins tu n’étais pas séparatiste, nous serions peut-être plus compréhensifs.

Il m’a raconté avoir bien ri quand il a reçu mes 55 chèques, car, à son avis, ça prenait bien du courage pour réagir ainsi; mais, affirma-t-il, «j’ai vite changé d’idée quand j’ai pensé qu’en agissant ainsi, tu riais de moi.»

Durant mes trois semaines de pénalités à la Tribune, j’ai pratiquement écrit seul le premier numéro de L’R du Q, le journal étudiant du CÉGEP de Sherbrooke. Le titre a été choisi pour continuer le travail de Gaston Gouin qui voulait publier une revue littéraire ayant ce titre.

Je suis retourné au travail plus certain que jamais de l’utilité de mon retour : le journal voulait me congédier à moins que je change radicalement. De ce côté,  les espoirs étaient inexistants. Changer aurait été me trahir et trahir tous les miens.

J’ai mis autant de cœur à l’ouvrage que c’est possible en de telles circonstances. J’adorais être journaliste, mais je n’acceptais aucun compromis.

Des amis m’ont refilé un dossier sur un cas évident de patronage du parti libéral, à East Angus. Celui-ci fut très vite censuré et mis au rancart, même si j’avais toutes les preuves.

J’étais révolté. La Tribune aurait fendu un cheveu en quatre pour dénicher un scandale contre le Parti Québécois ou un syndicat, mais rejetait un fait qui allait à l’encontre  des  intérêts  du  parti  libéral.  C’était  son  impartialité  traditionnelle.

J’ai décidé de régler le problème une fois pour toutes : j’ai écrit au patron que  s’il ne publiait pas ce dossier bien étoffé et véritable, je ne travaillerais plus à la Tribune. Il publiait ou je sortais. En d’autres termes, le journal était honnête ou il me mettait à la porte, en décidant de ne pas se conformer aux normes d’un journalisme authentique.

Il n’y a pas eu d’articles, je suis parti.

Ce fut une décision extrêmement pénible. J’adorais être journaliste. Comment comprendre que des Québécois soient assez sales pour refuser de défendre les intérêts du Québec aux dépens d’une bande de patroneux ?

Je choisissais le chômage pour rester honnête. J’étais encore une fois un imbécile. Qui apprécierait ce geste ?

Un sourire venu d’enfer 15

novembre 1, 2020

Autobiographie approximative

Page 110 à 120

Chapitre 3

En 1972, ennemi no un des libéraux, je devais m’attendre à être sauvagement combattu.

J’ai eu « l’honneur » d’être le seul journaliste à devoir produire par écrit, le matin, une liste de toutes les occupations de la journée et de fournir à la fin de la soirée un rapport écrit de ce que j’avais fait. J’étais le seul journaliste qui devait produire de tels rapports écrits de son emploi du temps et du genre de nouvelles qui seraient touchées. La Tribune m’avait attribué un nouveau patron pour mieux surveiller mes écrits.

Ma tâche consistait à ramasser les nouvelles partout en Estrie où il n’y avait pas de correspondant attitré. Le journal me fournissait une auto, mais on aurait dit qu’on avait peur que mes textes se transforment automatiquement en pamphlet politique. Dès qu’on sentait qu’un texte pouvait se transformer en informations politiques, il était mis de côté pour être étudié et rejeté.

J’étais fanatique, c’est vrai. Je me prenais un peu pour le « surhomme » de la région. J’inventais projet de développement par-dessus projet de développement et je trouvais une personne en autorité pour en faire la promotion. Ceux qui se croient inférieurs se pensent aussitôt supérieurs dès qu’ils attrapent un peu de pouvoir. Le mien était dans ma plume.

Ma première réaction fut de contester ce privilège de devoir tout écrire ce que je faisais, en m’absentant du travail, mais ça ne donnait rien.

Cette lutte avait pris des proportions névrotiques. Je me voyais comme le bon qui se défend de ses mauvais ennemis. La Tribune en défendant aveuglément les intérêts des libéraux plutôt que ceux de la population devenait aussi à mes yeux un ennemi à combattre.

J’allongeais, sur la liste, le temps prévu pour les affectations. Je passais les minutes gagnées dans une taverne ou à courir les urinoirs à la quête d’une aventure. Dans le fond, j’étais devenu un peu malade à cause de la rigidité dans mes valeurs. J’étais loin du gars très équilibré.

Ça ne changeait pas grand-chose et je demeurais malgré ces changements un des journalistes les plus productifs. Ma conception de l’information était non seulement rentable pour la population, mais aussi pour le journal. À long terme, La Tribune aurait été gagnante de mieux défendre les intérêts de la population et moi, de moins juger le journal sévèrement.

J’aurais aimé voir le journal prendre plus au sérieux son rôle social. Par conséquent, je trouvais nécessaire d’impliquer les journalistes dans la recherche d’une meilleure couverture des événements, et, grâce à un comité rédactionnel, de mieux faire ressortir les besoins et les solutions préconisées dans la vie du milieu.

La Tribune ne voulait rien savoir. J’étais à leur avis – c’était peut-être un autre moyen pour m’enfler la tête – dix ans en avant de mon temps en ce qui a trait à l’information.

Quand je dépassais le mot à mot de ce que les gens déclaraient, on disait que je faisais de l’éditorialisme. Je n’avais pas le droit de chercher un lien entre les événements. Tout ce que je faisais, je remettais ce qui était dit dans son contexte, ce qui faisait que certains politiciens se contredisaient dans leurs affirmations. Je n’étais pas capable de vivre sans développer chez moi et les autres un esprit critique. Comme me le disait le président, M. Yvon Dubé, il y a deux versions dans toutes les situations. J’avais peut-être le doute un peu trop développé  envers  les  autorités  et  pas  assez  envers  ceux  qui  contestaient.

J’ai dénoncé cette nouvelle obligation au syndicat. Je voyais dans ces  tactiques, une nouvelle méthode pour contrôler le contenu de l’information. Le président du syndicat a abondé dans le sens des patrons en affirmant leur droit rédactionnel. Il préférait les avantages d’être dirigeant syndical à se battre pour la liberté de presse.

Au journal, très peu de journalistes m’appuyaient. Tout le monde, sauf quelques journalistes engagés comme moi, me trouvait excessif. J’étais pour eux à la fois fanatique et paranoïaque. Les rédacteurs sportifs me croyaient même tout simplement fou. Pour eux, j’étais un « trouble maker».

La façon de travailler, la nomination d’un nouveau patron dont la responsabilité première semblait être de m’empêcher de toucher à toutes nouvelles susceptibles de devenir politiques, rendait évidentes les raisons de ce soudain intérêt des patrons à mon endroit. Il fallait m’écarter de tout ce qui pouvait chatouiller les politiciens. C’était la guerre ouverte

Selon ce que l’on m’a dit alors, Robert Bourassa et Jean Marchand exigeaient mon départ. Cette nouvelle a été démentie plusieurs années plus tard par M. Dubé, qui était alors président du journal. J’ai été heureux de reparler avec lui, car je comprends que pour des patrons je n’étais pas une sinécure.

Selon M. Dubé, ce sont les gens de Sherbrooke qui ne cessaient de se plaindre parce que La Tribune parlait trop souvent du projet d’aéroport international à Drummondville. Il m’a affirmé que jamais un politicien ne fit pression pour avoir ma tête. Est-ce vrai ou étais-je plus paranoïaque que je le pensais?

Pour faire contrepoids à cette censure, je suis devenu un fidèle de la bouteille. J’étais devenu une espèce d’alcoolique avec tous les  délires  que  cela  suppose. La frustration apporte des écarts de caractère souvent inimaginables. Puisque je jouais toujours au terroriste, je faisais verbalement tout sauter dès que j’étais saoul. Par contre, j’avais peur qu’il y ait du vrai dans mes délires dès que j’étais à jeun. Juste avoir une pensée violente était pour moi un cas de conscience, car un bon chrétien ne peut même pas accepter la violence en pensée. Je buvais pour oublier et ainsi être certain de ne jamais dénoncer qui que ce soit par accident.

Pour moi, un stool, c’est la charogne la plus dégueulasse qui existe.

C’était totalement fou, car je n’avais rien à voir avec le FLQ. C’était débile, je l’admets; mais quand tu te sens combattu de partout, tu ne peux demeurer complètement intact. Et, je n’ai jamais manqué d’imagination. J’avais peur de me raconter des histoires. J’étais devenu définitivement déséquilibré. J’étais en guerre contre tout.

J’avais déjà de tels changements d’humeur et de comportements que certains me croyaient devenu menteur, sinon complètement fou. Pour un gars, prêt à crever pour la Vérité, c’était quand même effrayant. Tout ça me posait tout un problème moral.

Je n’aurais pas voulu, même verbalement préconiser la violence; mais dès que j’étais saoul, je ne faisais qu’exprimer la révolte que je ressentais face à la pourriture politique libérale que je devais combattre tous les jours.

La situation était rendue d’autant plus invivable qu’ayant décidé de faire valoir mon droit à être pédéraste, personne ne pouvait m’appuyer vraiment, même pas mes parents. Je n’étais pas assez imbécile pour ne pas voir la vérité en face et essayer de la comprendre. Qui avait raison? Moi ou le système, la société? Je  ne pouvais pas être seul à avoir la vérité. J’étais trop poigné dans mes combats pour pouvoir apaiser ma petite âme demeurée bien chrétienne.

Je ne vivais plus dans le beau nid de l’appartement partagé avec Gaétan Dostie, un prisonnier politique.

Même si rien n’était luxueux, l’atmosphère y était très saine. Tout était axé sur la création et la connaissance du milieu des arts. Sans qu’il y ait de relation sexuelle entre nous, Gaétan tolérait ma pédérastie, car à son avis, j’étais tout simplement demeuré un enfant. Ce qui me comblait d’orgueil et qui répond probablement à une des grandes réalités de la pédérastie.

Dans ma nouvelle demeure, il n’en était plus de même. Je vivais dans une chambre où je n’avais même pas défait mes bagages, une espèce de trou que l’on appelait la vie en commune

Mon amour pour les petits gars radicalisait ma perception de la vie. Je me sentais encore plus rejeté. Plus différent. J’évoluais entre l’extase et la culpabilité. La réalité était bien inférieure à l’idéal que je m’étais fixé. J’avais un surmoi plus grand que la panse. Tout le monde savait que, sauf les aventures racontées dans ce livre, que mes amours étaient plus souvent platoniques que physiques, tout se passait dans ma tête et dans mes poèmes.

Pour la plupart des gens qui me connaissaient vraiment, mon amour pour les petits gars n’était pas dangereux et surtout ça « me » regardait.

C’est une obsession étrange que d’aimer les petits gars. Elle correspond à une vision, une façon de sentir le monde. Quand j’ai appris la culture de la Grèce antique chez les Jésuites, je me suis rendu compte qu’en naissant, je me suis trompé de siècle et de pays. Je dois être une réincarnation d’une âme de cette époque. Qu’est-ce qui fait que tu sois pédéraste? Ce n’est pas un choix. C’est une réalité. Un état de fait indiscutable et inchangeable. La société nous rend affreusement malheureux d’être différents des autres.

Cette passion, cette adoration avait depuis longtemps dépassé l’adoration d’un petit bout de queue quoiqu’elle y ait pris naissance. Qu’est-ce qui m’avait si totalement envoûté quand j’étais encore assez petit, inconscient, pour être envahi par cette extase? Pourquoi cela est-il devenu une forme d’obsession compulsive par la suite? Qu’est-ce qui faisait que j’étais ainsi?

Ça modifiait toute ma vie. C’était une approche, ma conception globale de l’homme  qui  en  était  transformée.  D’où  venaient  ce   besoin,   cette curiosité? Pourquoi le sexe est-il quelque chose de mal pour les jeunes et le trésor recherché pour les adultes?

À mon avis, tous les hommes ne naissent ni bons, ni mauvais. Ils se développent en fonction de leur environnement, mais à partir de ce qu’ils sont fondamentalement. Est-ce que j’étais responsable de ce goût bizarre? D’où venait-il ?

À moins d’être dans une situation de peur, les enfants ne peuvent pas mentir et sont spontanés dans le partage de tous leurs sentiments. Ils sont en mieux comme les chiens : ils sentent ce que tu ressens à leur égard sans que tu aies même le besoin de parler. Ils ne craignent pas l’adulte parce qu’il est physiquement plus gros comme on essaie de nous le faire croire. Je combattait la société parce que la société mentait quant à ce qui se passe entre un amourajeux et un jeune. Le plaisir est réciproque alors que l’on essaie de nous faire croire que le jeune sort traumatisé d’une aventure. Il ne faut en avoir vécues pour croire ça.

L’amourajoie a toujours été le partage d’un jeu sentimental que tous les jeunes ont connu, aimé et pratiqué. Pour le jeune, le sexe n’est ni mal, ni bien, il est strictement une aventure, une curiosité un merveilleux plaisir. Cela ne peut pas les laisser dans une situation négative à moins que d’autres adultes interviennent pour les culpabiliser ou qu’il y ait de la violence, de la domination. La question de différence d’âge est complètement ridicule. Il s’agit plutôt d’un échange de sentiments ressentis au plus profond de soi et qui confèrent une égalité inimaginable entre deux êtres d’âge complètement différent. Un mariage d’âme, malgré la différence corporelle. Une même vibration intérieure.

Non seulement, même en me livrant à ces plaisirs, je respectais les jeunes, mais j’arrivais à mieux les saisir, les comprendre et les aimer comme ils sont.  Je   crois que ce sont ces jeunes qui m’ont appris le sens du mot liberté et respect.

Dans ma vie, il n’y a que trois choses extrêmement belles : la nature, les petits gars, l’intelligence et la conscience. Je suis facilement fasciné par la beauté qui peut-être aussi psychique que physique.

Je rêve de l’époque où tous les efforts seront axés sur le besoin de créer un monde beau, honnête et juste envers tout le monde. Je me sens d’une générosité sans borne. Pourtant, je suis aux yeux des autres le galée, l’horreur, le monstre. Le pédéraste, car à cette époque, on n’avait pas encore créé le terme pédophile.

Les adultes me sont apparus et m’apparaissent encore avec leur morale comme étant les pires pollueurs de la beauté, de la spontanéité et de l’amour. Pour eux, tout est commerce, tout est partiel, tout est calculé, tout est stéréotypé pour répondre aux seuls besoins pécuniaires. Pour eux, le sexe  est souffrance et  non un plaisir.

La vie est une toile d’araignée, une prison invisible. Il ne peut pas y avoir d’évasion, sans remettre le fondement même de la vie en question.

Comment peut-on me traiter de criminel parce que j’arrive à vivre au même niveau qu’un petit gars et chercher les mêmes satisfactions? Est-ce que la contemplation n’est pas une expérience de vie? Que faisons-nous sur cette terre? La pédérastie ou amourajoie est une forme d’amour, donc, de spiritualité.

Comment peut-il être criminel d’adorer les petits gars en voulant créer un monde dans lequel le bonheur le plus absolu serait un droit fondamental? Qui utilisent le plus les jeunes à des fins perverses, moi, en jouant avec eux aux fesses sans contrainte et avec adoration mutuelle ou le système économique qui organise des guerres locales pour maintenir et élever le taux des profits? Un système qui crée des enfants-soldats? Pourquoi devons-nous vivre comme le veulent les féminounes et leur paranoïa sexuelle? Comme des aliénés?

Comment puis-je être plus néfaste pour les enfants que les heures de violence à la télévision, dans tous les médias et leurs jeux? Comment être plus dangereux pour la santé mentale d’un enfant que les parents battent, négligent ou traumatisent à jamais parce qu’il se touche quand il est petit?  Pourquoi est-il  mal de vouloir éliminer les problèmes de la frigidité, de la névrose et de l’hystérie en combattant l’imbécilité de notre conception de la sexualité créée spécifiquement pour faire de nous des machines de production? Des gens qui ont honte d’être eux-mêmes dans toute leur réalité?

Ces problèmes étaient très aigus.

23

Dieu et le Vietnam

Un soir, à Scotstown, j’ai pris une brosse qui a failli bien mal tourner. Je m’étais tellement saoulé que je m’étais endormi sur un perron. Quand je me suis réveillé, il y avait un bonhomme qui était à me faire les poches. En me voyant ouvrir les yeux, ainsi que la venue d’une autre personne dans notre direction, il s’était contenté de me donner un petit coup de pied, en me traitant de sale ivrogne.

Les expériences se multipliaient au gré des brosses. J’ai aussi vécu une autre expérience très différente.

J’ai voulu regagner une tente où j’avais été invité par les parents à aller coucher; mais les jeunes n’ont trouvé rien d’autre à me dire que d’aller coucher ailleurs, sinon ils me casseraient la gueule, car ils ne voulaient rien savoir d’une tapette.

Je n’avais jamais fait de proposition à aucun d’eux pour la simple et bonne raison que je ne les connaissais pas. Je ne les avais jamais rencontrés. J’étais ébahi d’avoir été invité par les parents à coucher dans la tente. Ils avaient parfaitement confiance en moi ou en leurs garçons, car tous bons catholiques pensent que la sexualité est mauvaise et que le diable s’appelle sexe.

Les jeunes ont prétendu avoir eu peur en se réveillant.et de ne pas m’avoir reconnu dans leur mi sommeil. Les parents étant au courant de ce que je suis étaient probablement affligés par ce geste d’intolérance que j’ai vite oublié. C’était peut-être mieux ainsi.

Je suis parti à pied bien décidé de me rendre ainsi à Sherbrooke sur le pouce. Je me rappelle de ce moment difficile du bout de chemin qui a marqué ma vie.

En marchant, je faisais exactement comme quand je fais du pouce : je priais ou je parlais à Dieu, si on veut. Même si j’écris contre les règles religieuses quant à la sexualité, je crois très profondément en Dieu.

Prier est une habitude que je n’ai jamais perdue, même si je ne pratique plus. C’est une sensation de dialogue intense, comme rencontrer un extraterrestre et se parler par télépathie. Je ressens la présence d’une force quand je m’adresse à Dieu. Quelle est-elle? Je ne sais pas. Est-ce l’inconscient? Une force extérieure? Qui peut répondre? Je la sens, c’est tout.

J’essayais de lui démontrer que les hommes de pouvoir ne méritent pas grand respect avec leur violence. Je lui criais de tous mes poumons ma révolte contre la guerre au Vietnam.

  • Comment peux-tu prétendre que tu existes, que tu aimes les humains, quand tu les laisses se déchirer entre eux? Pourquoi laisses-tu des enfants se faire tuer? Pourquoi ne pourrais-je pas en adopter un ou deux, je serais sûrement mieux intentionné à leur égard. Est-ce que leur chasteté est si importante qu’ils doivent vivre dans la misère plutôt qu’être à mes côtés? C’est de la folie pure, criais-je à Dieu.

Certains diront que je n’ai jamais eu de réponse. Au contraire, j’ai ressenti soudainement le sentiment que si Dieu existe et respecte vraiment la liberté de l’homme, il ne peut pas intervenir. La conscience humaine est aussi question de mémoire, de liberté dans le sens d’avoir le droit de choisir son destin et son éducation. La vie est un hasard organisé, comme le dit Albert Einstein. Cette  fois, c’était différent. Je me sentais plus révolté contre la guerre. Je reprochais à Dieu de ne rien faire. Je ne voulais pas dormir, mais crier ma révolte contre l’homophobie humaine.

J’ai eu ma réponse divine, si on veut, plus de dix ans plus tard.

Je venais de me faire violer par un bonhomme qui m’avait embarqué sur le pouce. Je ne voulais plus coucher dans ma tente de peur que ça recommence. On est toujours traumatisé quand on est violé. Je me suis donc loué une chambre dans une auberge gouvernementale en Ontario. J’ai rencontré à cette occasion un petit Vietnamien, un petit boat people, de qui je suis tombé amoureux. Nous avons joué ensemble. Nous sommes allés nous baigner. Je le portais sans cesse sur mes épaules.

J’ai voulu lui acheter une crème glacée, mais il ne parlait ni français, ni anglais. Je lui disais des « Si. Si. Good ! Good! », en faisant semblant de lécher le cornet pour qu’il comprenne. Et alors, pour aucune raison inconnue, je me suis rappelé exactement les paroles d’injures que j’adressais à Dieu entre Scotstown et Sherbrooke. J’ai ressenti que Dieu venait de répondre à ma colère. Il me donnait le petit gars que je lui avais demandé.

J’étais profondément bouleversé. Dieu répondait à mes invectives en me permettant de rencontrer un petit gars du Vietnam. Un jeune qui avait miraculeusement échappé à la mort. Ce jeune est devenu le premier garçon que j’ai voulu et tenté d’adopter.

J’y voyais une confirmation que je n’étais pas un pourri aux yeux de Dieu parce que je suis pédéraste. Dieu est probablement plus humain que les humains.

24

Le révolutionnaire

Revenons à nos moutons.

Pour les patrons au journal, j’étais devenu fou, pas parlable.

Le président me disait être en avant de mon temps dans ma manière d’être journaliste alors que les autres me demandaient comment un soldat peut être le seul à avoir le bon pas dans un régiment.

J’étais très fier des résultats de mes luttes et de mes interventions pour l’Estrie. Il n’était pas question de m’enfler la tête, mais de reconnaître mon petit grain de sel dans l’amélioration de la situation. J’évaluais les millions que le fédéral ou le provincial investissait dans la région après mes interventions comme journaliste.

Dire qu’au début, le gouvernement fédéral ne savait même pas qu’on existait.

J’étais pour la population ou du moins ceux qui la dirigeaient un malade mental, j’imagine, mais au moins j’étais un fou payant. Quand je prenais un projet, le gouvernement fédéral avait intérêt à s’en occuper.

Sur le plan politique, les actions des libéraux avaient comme but ou du moins comme résultat de faire douter ceux qui étaient aussi fanatiques que moi de mon authenticité.

J’appréhendais le moment où je serai forcé de prouver que je ne suis pas qu’une grande gueule. J’avais beau être fou, pour moi, la violence gratuite est un signe de faiblesse mentale. Tu es violent quand tu te sens écrasé, impuissant, quand tu veux dominer et que tu n’es pas assez intelligent pour être tolérant. Mais, un bonhomme doit avoir le courage de se défendre.

Les jeunes s’informaient de plus en plus sur le FLQ. Rien ne m’empêchait de dire ce qui me semblait être vrai; mais j’étais de plus en plus coincé. En fait, ce fut ma pire erreur. J’aurais dû laisser tomber mon orgueil qui se définissait à partir de ma mission qui en fait n’existait que dans ma tête pour avouer tout bonnement que je ne connaissais rien au FLQ. Ce n’est pas tout que de l’admirer, d’être prêt à y collaborer, il faut aussi en être membre et cela n’est jamais arrivé.

J’étais pourtant considéré comme un felquiste. Ce n’était pas le felquiste qui pose des bombes, mais celui qui est prêt à mourir pour faire sortir la Vérité et défendre d’abord et avant tout les intérêts de la population. Que ça passe par l’amourajoie ou la haine de la pauvreté ne change rien. Je combattais pour la noble cause de la justice sociale. Ainsi, je me sentais pris entre la police et les mouvements révolutionnaires.

C’était une peur quotidienne que j’essayais de surmonter en me rappelant la noblesse des intentions. Que ce fut équilibré ou non ne m’est jamais venu à l’idée. J’ignorais tout de la vraie force de l’un et de l’autre; mais j’étais persuadé que pour leurs intérêts ils n’hésiteraient pas à me faire quitter l’espace-temps.

Ma peur d’être kidnappé et assassiné parce que je refusais de me joindre à la violence et ainsi devenir un traître aux yeux des autres hantait mon inconscient. J’avais peur de nuire au FLQ.

Sur le plan émotif, je faisais des flammèches. Je devais me battre contre une machine drôlement plus puissante que moi.

Souvent les autorités essayaient de m’influencer en parsemant les rumeurs et   les insinuations. Pire, un psychiatre me disait être un schizophrène paranoïde. C’était assez facile comme verdict, car amourajeux tu vis en dehors de la réalité sociale et tu t’identifies à un petit garçon dans un corps adulte. Tu sens que tu ne corresponds pas à ce que le système attend de toi. Tes valeurs sont aux antipodes. Je ne sais pas si ce médecin du cerveau était aussi ou plus fou que moi.

De temps en temps, des maires ou autres dirigeants économiques se plaisaient à me dire en farce que j’étais comme le Christ, mort à mon âge. Cela n’avait rien de très rassurant; mais c’était de bonne politique, car je leur faisais peur aussi en étant radical. Comme les bérets blancs plus j’étais écrasé, persécuté, plus je croyais dans ma mission. Plus je devenais fanatique, plus j’avais une peur à surmonter ce qui me radicalisait encore plus.

Parfois l’entêtement de la Tribune à me voir partout et toujours comme un révolutionnaire leur joua des tours.

Je travaillais sur un papier concernant une rumeur de nouvelle taxe entre le Québec et les États-Unis.. Les patrons tremblaient à l’idée que cela puisse se traduire dans la politique québécoise. Ils m’empêchèrent de téléphoner à Washington. Conséquence, dix jours plus tard, Nixon annonçait un nouveau programme presque en tout point conforme à ce que je voulais publier.

La Tribune de Sherbrooke venait de rater un « scoop » international. En journalisme, c’est une faute impardonnable.

À ma connaissance, jamais les patrons n’ont mis ma compétence en doute. Il fallait juste essayer de me calmer un peu les nerfs. Je reconnais aujourd’hui que je n’étais pas un cadeau. Je suis allergique à la censure. Tant qu’on respecte la vie individuelle des autres et que l’on ne prêche pas la violence, on a le droit de tout dire. Ça ne veut pas dire qu’on sera cru.

La censure est le poison de la vérité, une paralysie de la démocratie, un paralysant pour le cerveau. Les gens sont assez intelligents pour savoir choisir dans le lot d’informations qu’ils reçoivent.

Quand Daniel Johnson père s’était rendu à la Manic, la Tribune y avait délégué M. O’Neill pour le récompenser de son travail après avoir hésité quant à m’y envoyer. Les patrons le regrettèrent quand la mort de M. Johnson fut annoncée. Ils prétendaient en farce que je si j’y avais été, les informations seraient arrivées plus vite et plus complètes. « Il aurait annoncé la mort de Johnson avant même que ça arrive », disait-on.

Cela ne les empêcha pas de me refuser un reportage de deux semaines à Cap Kennedy et Houston, même si j’avais déjà obtenu l’autorisation de Washington et reçu ma carte de journaliste visiteur.

C’était une époque fortement troublée. Il y avait même eu un attentat à la Tribune. Je me rappelle avoir entendu un des patrons dire : « Un fou a mis le feu, mais il n’était pas assez fou, il l’a éteint.»

Ma réputation de révolutionnaire a pris des proportions alarmantes. C’est ainsi que la Sûreté du Québec enquêtait à tout moment, là, où j’étais passé. Le cas le plus exemplaire fut celui de Scotstown.

Un sourire venu d’enfer.

octobre 31, 2020

Un sourire venu d’enfer 14

Autobiographie approximative

Page 103 à 110

21

Mario

À cette époque, je me rendais quelque part sur la rue King, à Sherbrooke,  quand j’ai aperçu deux magnifiques garçons au terminus. L’un était un peu plus vieux que l’autre, mais ils étaient tous les deux jeunes et beaux. J’ai poursuivi mon chemin afin de compléter ma commission, car, ce soir-là, j’attendais des amis de Montréal.

À mon retour, il n’y avait plus de jeunes. Je me suis rendu aux toilettes et je les ai aperçus, en revenant au haut de l’escalier, près des appareils téléphoniques. Je me suis installé à côté d’eux et j’ai simulé une conversation téléphonique afin de pouvoir les observer. Les jeunes en ont profité pour se rapprocher  dès  que  j’eus accroché le téléphone. Ils m’ont affirmé venir tous les deux de Montréal  voir un ami.

Ça me semblait assez invraisemblable, car jamais je n’aurais autorisé mon fils à se promener aussi loin sans être présent. La pédérastie est plus responsable qu’on veut bien le croire. La préoccupation du bien-être de l’amant est une obsession. Un pédéraste ou amourajeux ne veut pas que son amant souffre. Il défend son bien-être comme tout amoureux.

Ça ressemblait plus à une fugue. Les jeunes étaient trempés jusqu’aux os et ne savaient pas où aller pour se réchauffer.

Je les ai invités chez moi. Ils m’ont suivi avec joie. J’étais déjà au paradis…

À la maison, j’ai fait couler un bain pour le plus vieux qui semblait plus transi et qui prétendait avoir mal aux pieds. Je l’ai invité à s’y laver et se réchauffer les pieds. Je l’ai aidé à enlever ses chaussures. Je lui ai baigné les pieds et les lui ai

frictionnés. Il sourit. Une invitation? Je ne peux pas résister. Ma main saute un peu plus haut. J’y découvre une cuisse ferme. Le cœur me palpite au-dessus de la vitesse de la lumière. Son sourire est encore plus angélique. J’ose. Il est bandé. Le feu de son regard élimine tous les doutes quant à son approbation. Je veux m’arrêter, mais il me presse de continuer affirmant que cela lui fait grand bien.

Je l’aide à sortir du bain, je le déshabille, mais j’arrête quand il affirme que son copain ne connaît rien à ces jeux alors que lui, au contraire, est un expert des rues de Montréal. Il prétend y travailler pour 20 $. Le lit est défait pour y recevoir le plus jeune et je descends un matelas où je m’installe avec le plus vieux.

Dans le noir, ce sont les caresses mutuelles précédant un 69 qui nous font savourer les mathématiques.  Soudain, la lumière nous saisit nus, allongés l’un  à côté de l’autre. Mario, le plus jeune, est penché sur nous et siffle un « ah! Je sais ce que vous faites.»

Nous rions. Mario nous fait lever à tour de rôle. L’aîné a une petite graine de quelque trois pouces, non circoncise. Il s’amuse à faire lever et descendre son petit oiseau. Mario nous fait tourner sur nous-mêmes, question de nous examiner les fesses.

Et toi?

Il hésite. Il ne veut pas se montrer. « Elle est trop petite », dit-il. Nous cessons de nous occuper de lui. Alors que nous sommes assis sur notre matelas, près du lit qui nous surplombe, Mario se lève et commence à danser. Nous l’examinons comme si nous assistions au jeu d’une effeuilleuse. Mario descend et monte son short en toute vitesse. Nous protestons. Il recommence plus lentement. Il est maintenant devant nous, nu, magnifiquement beau, même si son membre n’a rien de spectaculaire. Je me lève et je lui passe la main sur le ventre. Il se dandine, affirmant que ça le chatouille. Il rit et aime le déroulement de son initiation.

« Comme tu vois, ça ne fait pas mal. », lui dis-je.

Il se dresse devant moi et se jette dans mes bras. Je l’embrasse sur le ventre, puis sur les cuisses. Mario frissonne de tout son corps. Je jubile, j’explose quand je laisse son petit zizi se réchauffer entre mes lèvres tandis que l’aîné me masturbe. Le plaisir se poursuit un bon bout de temps. Une éternité à la seconde. Mario a tellement aimé l’expérience qu’il veut terminer la nuit avec moi.

Plus tard, dans la nuit, neuf visiteurs nous arrivent effrayés puisqu’ils ont été chassés par la police alors qu’ils avaient des drogues en leur possession. C’est le scandale. La panique.

En plus de leur peur précédente, je leur ajoute celle de me retrouver couché avec des mineurs.

Je m’installe seul avec les jeunes dans la chambre près de la cuisine alors qu’eux couchent dans une autre chambre pour ne pas être complices.

Le lendemain, je vais travailler à reculons. Je n’ai pas dormi de la nuit, ayant caressé Mario, qui s’endormit, lui, comme un chat ronronnant de satisfaction. Je vais faire une commission. J’embrasse le plus vieux au départ et au retour à la maison. Le bonheur ne peut pas être plus complet. Je décide d’aller prendre une bière avec mes visiteurs et de laisser les jeunes à la maison. Je les retrouverai dans une heure ou deux.

À mon retour, plus de jeunes et plus d’argent. Ils ont vidé tous les tiroirs et pris tout ce qui les intéressait. Quelle folie ! S’ils m’avaient attendu, ils auraient été encore plus gâtés. Les pédérastes amourajeux sont forts sur les cadeaux comme l’étaient les pédérastes du temps de Platon. Les cadeaux sont une manière de faire la cour à quelqu’un qui te plaît. Je leur aurais sûrement tout au moins payé les billets pour retourner à Montréal.

On m’a raconté que le lendemain les jeunes avaient été surpris dans une auto- patrouille. On disait que Mario était de Sherbrooke, qu’il était le fils d’un policier. La peur n’arriva pas à me faire oublier cette première nuit de plaisirs. J’avais peur, mais les jeunes m’avaient volé avant de partir ce qui me protégeait d’une certaine façon.

Je fume un joint avec mes compagnons durant ma promenade, ceux que je croyais des felquistes me réprimandent. Ils me reprochent mes extravagances dangereuses. Je ne trouve rien d’autre à dire pour me défendre : « je ne suis pas un oiseau qu’on garde en cage.»

Le lundi ou le mardi, je reçois au journal un appel des jeunes : « As-tu eu beaucoup de plaisir dans la nuit de samedi?»

C’est de toute évidence, une tentative de chantage. Juste au moment où il ne faut surtout pas que je me fasse arrêter à cause de mon travail d’animateur avec les gars de la construction qui entreprennent une lutte contre une diminution de salaire.

Je fixe rendez-vous en en demandant qu’on me donne du même coup les 20 $ volés. Je n’entends plus parler de rien.

J’ai aimé Mario à la folie. S’il a servi à me tendre un piège tant pis. Il était quand même adorable. J’espère seulement que cette expérience lui a donné confiance

en lui et l’a rendu heureux. C’était un ange dans mon lit, d’une beauté plus que fascinante. Un visage avec un sourire dans la peau quand il dormait. Je lui aurais donné le monde entier pour l’avoir plus longtemps. Cependant, je n’aurais jamais accepté de me prostituer dans mon travail pour continuer à avoir des rapports sexuels que ce soit avec lui ou avec tout autre d’ailleurs.

La vie est ainsi faite. Je ne l’ai jamais revu. Il a tellement hanté mes désirs que j’ai écrit une nouvelle à sa mémoire MARIO.

C’est peut-être mon texte le plus monotone, mais c’est celui qui définit le mieux ce que je ressens face à la révolution culturelle. Un concerto de Schubert en paroles.

J’ai poursuivi mon travail à la CSN, oubliant cet incident.

Les histoires selon lesquelles la police essaie d’obtenir des informations en t’amenant dans un bois pour jouer à la roulette russe sur le crâne avec leur revolver ou la raclée sans qu’il y reste de marques auraient dû suffire à me forcer à démissionner. J’ai tenu bon.

J’étais pédéraste et je l’assumais. J’avoue que c’était encore une façon bien animale de vivre ma pédérastie. J’apprenais sur le tas. Les questions venaient au fur et à mesure. C’est ainsi que se sont développées ma perception et ma conception d’une morale sociale acceptable pour un pédéraste.

22

John Simonez, tabarnak !

Alors que j’étais animateur pour les gars de la construction, nous  avons  entendu dire que la Commission sur la Constitution canadienne, présidée par le sénateur Molgat, viendrait siéger à Sherbrooke. Tous les médias devaient assister à cet événement, créé exprès chez nous pour prouver les mérites de la bonne entente français-anglais.

Je me suis aussitôt mis à la rédaction d’un manifeste qu’on appela : le manifeste du royaume des amorphes.

Pour donner plus de poids sur le plan provincial à cet écrit, nous avons eu recours à un groupe d’étudiants, dont mon ami Jean, pour en faire la distribution, lors de la première d’un film. Cet exploit ne manqua pas d’éclat. Le manifeste avait bon ton et se terminait par « avec ou sans vous, nous vaincrons ». Les étudiants portaient des foulards aux couleurs des patriotes et, à notre surprise, le matin, la radio parlait d’un communiqué du FLQ. La chose fut démentie le plus tôt possible.

Au cours d’une assemblée des gars de la construction de la CSN, le manifeste fut accepté par les travailleurs et il avait été décidé de le remettre aux membres de la Commission Molgat.

Certains dans le groupe espéraient au contraire que l’on ne se serve pas de ce document puisque j’en avais fait seul la rédaction quoique les sujets fussent issus de nos ateliers de travail en vue d’une plus grande sensibilisation de ces futurs leaders aux problèmes des Vauxcouleurs (Estrie).

On voulait aussi faire connaître par cette publication les problèmes de la région à l’extérieur, but qui devait être très bien atteint afin de nous donner du poids auprès des gouvernements. Quant aux moyens de pression, ils furent d’une efficacité indéniable. J’avais exhorté les travailleurs à ne jamais utiliser la violence sous toutes ses formes. Souvent, le système se sert de casseurs pour détourner l’information. On parle de la casse et non du pourquoi des manifestations. Ce fut tellement vrai qu’Alain Guilbert, en vrai pourri, a écrit un éditorial biaisé à la suite de cet évènement.

La non-violence a toujours été une condition préalable à toutes les actions auxquelles j’ai participé. Malgré cette demande, certains me pointaient, en me surnommant le Paul Rose de la région. J’avais une telle admiration pour le FLQ que j’y voyais un des plus beaux compliments de ma vie. Puisque je ne suis pas orgueilleux, j’ai accepté volontiers de passer pour un coq.

Plus j’avais peur, je pense, plus je me prenais pour un dur. Je me défendais contre un système d’exploiteurs.

La soirée ne se déroula pas comme prévu. Au début, les travailleurs ont remis le manifeste à tous les commissaires.

Les délibérations ont commencé, et plutôt que de nous respecter, les sénateurs parlaient seulement anglais.

Sans se consulter, une toux se propagea à la majorité des poitrines dès qu’un mot anglais était prononcé. Ce fut un fouillis général, malgré les appels à la discipline du maire et du député de Sherbrooke. Cette toux resurgissait aussitôt que les commissaires s’exprimaient en anglais devant une assistance à 98 % francophone.

Dans l’enthousiasme, j’ai décidé de faire connaître aussi mon opinion. De toute évidence, les commissaires ne voulaient rien savoir. Ce n’était pas le message que les médias devaient passer.

Quand je me suis présenté, M. Molgat m’a demandé à au moins trois reprises de

répéter mon nom sous prétexte de ne pas comprendre. Je lui ai alors répondu :

« John Simonez, tabarnak ». (prononcé à l’anglais) Ce qui marqua le début de la contestation.

J’ai invité les travailleurs à me suivre à l’extérieur. J’ai quitté la salle le poing fermé levé comme dans tous les gestes de révolution.

Le député fédéral de Sherbrooke, M. Paul Gervais, en profita pour demander au journal de manifester de façon concrète sa désapprobation aux propos que j’avais tenus. « Il vient enfin de faire connaître son vrai visage », de dire le député.

Nous sommes allés à l’extérieur chercher des pancartes en chantant. Certains ont essayé, en notre absence, d’obtenir des excuses du député, excuses qui ne vinrent jamais. Mes patrons de la Tribune étaient présents. En aucun moment, il n’y eut de violence. Le lendemain, le journal mentait en faisant croire que le député de Sherbrooke, M. Gervais, avait été menacé. Il me semble cependant que certains travailleurs avaient dit à « mes boss » que si j’étais congédié comme le demandait le député Gervais, c’était pour La Tribune, le baril de poudre et six pouces de mèche qui les attendaient.

J’ai été étonné d’autant de solidarité. Je n’ai pas été surpris quand les gars ont décidé d’occuper le journal si le manifeste n’était pas publié intégralement. Pour eux, la Tribune publierait pour une fois la vérité si le manifeste s’y retrouvait.

La réplique de l’establishment n’a pas tardé.

L’Association des cités et villes a organisé une assemblée spéciale, à Richmond, invitant contrairement à son habitude, tous les médias.

Les maires de la région ont écouté le maire de Sherbrooke, M. Marc Bureau, récité un texte farfelu et plus qu’idiot, dans lequel celui-ci dénonçait les agissements d’une cellule d’information du FLQ, travaillant à Sherbrooke et reliée aux terroristes de Montréal.

Il n’y avait pas de doute, il s’agissait de moi. Moi et qui? Quel rapport avais-je avec Montréal? Je collaborais avec l’Agence de presse libre (la même qui fut volée par la police fédérale) pour diffuser à l’extérieur les nouvelles que La Tribune refusait de rendre publiques. Je coopérais aussi avec un mouvement  qui combattait la construction de l’autoroute est-ouest. Le but de cette union était de faire valoir que les argents devant servir à construire cette autoroute que les Montréalais ne voulaient pas servent plutôt à la construction de la Transquébécoise que tout le monde voulait chez nous.

Autant que je sache, l’Agence de presse libre n’a jamais été reliée au FLQ, mais

aux mouvements de la gauche montréalaise et le groupe contre l’autoroute est- ouest était fortement enraciné dans la population anglophone.

La GRC doubla ses effectifs à Sherbrooke. Devant les enquêtes qui s’annonçaient — nous n’avions rien à cacher, rien fait d’illégal ou de violent — aussi avons-nous invité la police à participer à nos délibérations.  Malgré cela,  j’ai reçu au journal la visite d’un officier de la Sûreté du Québec qui voulait m’entendre dire que j’avais rédigé le manifeste. Comme nous l’avions convenu en assemblée, j’ai refusé de répondre à ces questions. Le dire aurait été de l’orgueil mal placé.

Plus tard, certains me l’ont reproché disant que j’avais ainsi fait rejaillir la responsabilité sur tout le monde et fait en sorte que l’enquête se poursuive. J’avais simplement fait ce qui avait été décidé en réunion.

L’agent est reparti, en claquant sur mon pupitre avec son bâton, et en me criant que l’on n’attendrait pas que je sois un second Charbonneau, un felquiste de la cellule Libération, avant d’agir. Il ne savait pas que je ne connaissais pas les felquistes. Tout ce que je connaissais du FLQ, c’était ce que je le lisais dans les journaux comme tout le monde. Certains m’ont alors reproché de jouer la vedette, mais je réagissais comme je pouvais à une tempête pour laquelle je n’avais pas été formé.

Le responsable du syndicat à la Tribune me fit part du désir des policiers municipaux de Sherbrooke. Ils voulaient que je sois aussi leur animateur. J’aurais à leur faire connaître, eux aussi, les problèmes de la région, à l’occasion des négociations pour leur convention collective. J’ai accepté, même si cela pouvait être un piège à ours, en me disant que si les policiers voyaient comment on se fait « crosser » par nos députés, peut-être seraient-ils favorables aux manifestants dans les luttes futures. Mon acceptation n’a jamais eu de suite.

J’étais un journaliste de plus en plus encombrant. Puisque je n’étais pas violent, il était impossible de me coffrer. M’accrocher parce que j’aime les petits gars était tout aussi improbable : il faut des plaintes et pour avoir des plaintes encore faut-il qu’il y ait des actes. Partout, je parlais de mes amours dès que je m’embarquais dans une lutte de manière à ce que personne n’ait de mauvaises surprises.

Je m’étais vite fait la réputation d’être le leader de tous les mouvements de contestation dans la région. C’était un peu vrai. Partout où les gens de la région se faisaient déculotter par Ottawa, j’intervenais.

L’agriculture comme presque tous les secteurs industriels du Québec ont été pour Ottawa la pierre d’échappement pour régulariser son commerce extérieur en faveur de l’Ontario ou des provinces de l’Ouest. Quand les fermiers de l’Ouest ou les industries de l’Ontario ont été en péril, c’est sans hésiter que le fédéral a résolu le problème sur le dos des Québécois. Nous avons toujours chèrement payé pour garder debout ce pays anglais, ce monstre économique.

Si le fédéralisme était rentable pourquoi y avait-il un problème avec les producteurs de lait? Pourquoi des fromages d’Australie plutôt que du Québec? Nous avions pourtant Oka et St-Benoît du lac? Pourquoi avoir des grains de provende?

Pourquoi au moment où les usines d’East Angus et de Windsor étaient en danger à cause de l’accaparement du marché par les Américains, Ottawa investissait-il à coup de millions dans de nouvelles usines de même type dans l’Ouest canadien, déséquilibrant ainsi plus que jamais le marché de ce secteur industriel au Québec? Pourquoi la compagnie Brascan-Labbatt 50 a-t-elle fait éclater deux fois le marché agricole au Québec? Pourquoi dans chaque cas la Tribune refusait-elle de prendre parti pour la population? Pourquoi essayait-elle de faire croire, dans le domaine des pâtes et papiers que Cabano était la cause de tous les problèmes dans ce secteur?

Le carcan se fit de plus en plus lourd à la Tribune. On avait de toute évidence décidé de me mettre à ma place, quitte à se débarrasser de mes services. Mais il fallait pouvoir motiver cette décision. Il fallait me faire taire par tous les moyens, comme si l’on ne comprenait pas que plus on essayait de m’étouffer, plus je me débattais.

Un sourire en enfer 38

octobre 30, 2020

Autobiographie approximative

Page 95 à 103

L’homme est un animal qui a dû apprendre à se dominer lui-même avant d’apprendre qu’il est mal de dominer un troupeau de femmes et d’enfants comme certains autres animaux. Il a dû apprendre à contrôler son rut. C’est devenu une différence essentielle entre l’homme et les autres animaux.

Avec le temps pour arriver à se contrôler, les interdits prirent des proportions maladives, grâce à la confession et après grâce à la médecine. On a inventé l’Inquisition.

En fait, le contrôle émotif humain n’a pas évolué contrairement à son côté intellectuel.

La Grèce antique était plus intelligente dans son ignorance. Elle avait compris qu’un jeune ne pouvait pas procréer, d’où n’y avait-il pas de danger de faire l’amour avec lui. Elle respectait aussi le besoin des jeunes à apprendre par imitation des hommes adultes. L’adulte était un modèle de vie pour son jeune amant. Sur certains plans, cette explication n’était pas tellement plus intelligente, car, on croyait que les veines du garçon étaient trop petites pour permettre le passage  du  sperme.  Tomber  en  amour,  être  aimé,  permettait cependant   au jeune de se hisser dans la hiérarchie, grâce à l’enseignement de son aimé. Plus un jeune était beau, plus il avait de valeur.

La pédérastie jouait un rôle de politique et d’éducation. La pédérastie reposait sur la beauté du jeune homme. Elle n’était pas gaie, car quand le jeune homme commençait à avoir de la barbe, il devait cesser ses relations avec son dady.

Comment mieux connaître la pédérastie, sinon en la vivant et en acceptant d’en parler. J’intuitionnais le rôle économique de la sexualité ainsi que sa valeur politique. Il suffit de vivre la sexualité en dehors des normes fixées pour ne pas pouvoir être candidat en politique, surtout aux États-Unis, par exemple. C’est plus important d’être « politiquement correct » que d’être intelligent.  Le système a peur des gens qui ont une nature forte.

La sexualité est devenue une obsession planétaire à cause des religions et leur fausse interprétation du phénomène sexuel. L’Islam a une approche totalement maladive en croyant que la chasteté est plus importante que la vie. Elle est criminelle lorsqu’elle préconise de tuer les gais.

Je n’étais pas qu’un amourajeux, mais un fiévreux défenseur des intérêts de la population comme journaliste engagé.

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Mon engagement politique

C’était plus important pour moi qu’il y ait moins de chômage que ma propre augmentation de salaire. Mon engagement, c’était ma façon de dire que j’aimais les fils de la patrie. C’était, comme Reich le dit, un moyen de me déculpabiliser, car je ne m’acceptais pas. La culpabilisation à cause de la différence sexuelle que tu vies est le meilleur ingrédient pour la dévalorisation totale.

Les Vauxcouleurs (Estrie), c’était quand même un petit gars, tout comme le Québec. Un peuple enfant. J’étais fiévreusement un défenseur des intérêts de la population. C’était ma manière de me prouver que j’aimais quelqu’un d’autre que moi. C’était une raison de vivre. Le sexe c’était la partie poétique de ma vie.

Pour les libéraux, j’étais le felquiste à détruire, le grand responsable de toutes les contestations dans la région. Le bouc émissaire parfait.

Pour se débarrasser de mes pressions, les libéraux agissaient à deux niveaux : me faire connaître sous une image beaucoup plus radicale que la réalité et gruger mon appui auprès de ceux qui les contestaient, en semant le doute quant à mes allégations réelles. Il restait mon talon d’Achille pour me forcer à me taire : la pédérastie.

Pédéraste, personne ne peut t’aimer sans passer pour un pareil. Tu es ostracisé. T’es le parfait rejet. Tu es victime de la paranoïa parentale face à la sexualité. Les adultes n’arrivent pas à comprendre que bien des jeunes adorent aussi le sexe, ce qui est bien plus normal que d’y voir que du mal. Le mal dans la sexualité est une lubie d’adultes.

Le système et la religion maintiennent un état permanent de peur en prétextant protéger les jeunes contre les gros méchants loups. Cette approche permet de garder un caractère fautif à la sexualité. Quelle différence y a-t-il entre la relation d’un gars de 60 ans avec un autre de 79 et celle d’un gars de 25 et un jeune de 13 ans? C’est la même chose, la même attraction mutuelle, mais on l’interdit en prétendant que le jeune est encore trop niaiseux pour avoir des relations sexuelles, qu’il doit nécessairement avoir été entraîné par le plus vieux, comme si les jeunes ne se sentaient pas. Freud a démontré que la sexualité existe même chez les poupons. On se fiche de ce que les jeunes vivent, on décide pour eux. Pour qu’un tel jugement existe sur la sexualité, on doit obligatoirement d’abord la voir comme quelque chose de mal, de sale, car sinon pourquoi l’interdire ?

J’étais convaincu que le système finirait un jour par m’attaquer en se servant de cette réalité. La première tentative est survenue quand j’étais animateur chez les gars de la construction. J’intéressais probablement plus le système pour les

craintes que je sois un deuxième Paul Rose que pour mes aventures sexuelles qui ne traumatisaient personne. C’est du moins ainsi que je l’ai vécu.

D’un autre côté, les nouveaux contestataires sentaient parfois le besoin de m’éprouver pour avoir la preuve que je ne faisais pas que parler.

C’est ainsi qu’à une manifestation à Montréal, on m’amena devant l’escouade antiémeute. Mon compagnon me tenait par la main quand les flics fonçaient sur nous. Il m’a demandé de demeurer ainsi jusqu’à ce qu’il me dise de le lâcher. Les bœufs fonçaient la tête vide ne songeant qu’à blesser comme une bande de malades. D’ailleurs, j’ai toujours cru que le gouvernement engage des malades mentaux pour faire partie de l’escouade anti-émeute.

Je restais là avec mon compagnon me demandant ce qu’il voulait prouver. Ce n’est qu’à quelques pieds de distance qu’il m’a crié de courir. Nous avons couru la crotte au cul pour retrouver les autres manifestants. Nous avons un certain temps réussi à tenir tête aux policiers en nous barricadant. Comme les autres, pour me défendre, j’ai commencé à tirer des pierres et arracher du bois ici et là pour le brûler. L’escouade était plus forte. Nous avons couru pour nous réfugier dans le métro. Ce fut très impressionnant d’entendre les matraques s’écraser sur les portes du métro.

Quand je suis descendu à Sherbrooke, je suis embarqué avec un autre groupe qui manifesta dès le début une série de doutes à mon sujet.

Plus tard, sur l’autoroute, il a fallu attendre de nombreuses minutes alors que l’on me disait que c’est long d’espérer la police quand elle ne vient pas. Je n’y avais pas pensé. On agissait comme si on avait décidé de me liquider. Question de voir ce que j’avais dans le ventre. Puis, sans raison, on a repris le chemin. Dorénavant, on se comportait comme si j’avais été un héros et la joie était à son comble. Il ne faudrait pas croire qu’il s’agissait là d’épreuves felquistes, ces jeunes n’en faisaient probablement pas partie, mais ils agissaient comme si.

La révolte contre l’abus d’autorité est une preuve de santé mentale quand tu es jeune. Les jeunes voient souvent la révolution comme un jeu, c’est peut-être le meilleur moyen pour ne pas trop se prendre au sérieux.

Le seul problème avec les révolutions, c’est qu’on y introduit la violence. Donc, on fait automatiquement le jeu des institutions qui nous dominent.

Certaines fois, je ne mesurais pas la force du danger.

C’est ainsi que je classerais ma participation en 1971 à une manifestation contre les mesures de guerre à l’occasion de la visite du premier ministre du Canada d’alors, M. John Turner.

C’était en pleine atmosphère de crise, Turner se rendait au manège militaire de Sherbrooke. Des services de sécurité, comme il n’y en avait jamais eu à Sherbrooke, étaient de service. Il y avait, en plus de la police, des soldats placés sur les immeubles et d’autres à l’intérieur du manège prêt à intervenir.

J’avais bu et quand je buvais, j’étais particulièrement baveux. C’est le principal défaut dont j’aimerais me débarrasser si j’avais à revivre mon existence. Une relique de ma honte d’être inférieur à cause de ma réalité sexuelle.

Nous étions peu de manifestants à circuler face au manège.

Quand les invités, tout ce beau monde en robes longues et en habits, se mirent à arriver, certains commencèrent à nous cribler de sobriquets. Fort de ma bravoure passagère, j’ai commencé à passer un drapeau du Québec dans la figure des invités quand ils se frayaient un passage entre les manifestants. J’ai sévèrement été averti par un policier de ne pas recommencer.

Le temps fit couver mon vin. J’étais presque dessaoulé et à l’avant des manifestants quand le député provincial Jean-Paul Pépin se présenta tout aussi ébréché que moi en gueulant : « Où il est Simoneau?»

À la demande des manifestants qui ne voulaient pas de problème, j’ai reculé pour le laisser passer sans qu’il me voie. Pépin insulté de ne pas avoir de réponse fonça dans les manifestants. J’ai alors avancé pour y faire face, je n’étais quand même pas pour me mettre à courir. Il était furieux. Quand j’ai été devant lui, je lui ai demandé ce qu’il faisait pour les gens des Vauxcouleurs, plus particulièrement pour les gens de la construction. Pépin était incapable de répondre. Il ne faisait rien. Il devint rouge de colère et essaya de me sauter dessus. Des policiers s’interposèrent et le traînèrent à l’intérieur du manège. Ceux qui n’avaient pas été là depuis le début comme témoins de la scène commencèrent à prétendre que j’étais un agent provocateur. Pour les libéraux, c’était une méthode pour me discréditer auprès des miens en les amenant à douter de ma bonne foi. Une telle expérience s’est produite plusieurs fois, en 1972.

Par exemple, le premier ministre Robert Bourassa se rendait à l’école St- François redorer le blason des libéraux, car les événements et mes articles dans la Tribune avaient terni un peu sa réputation dans la région.

Les boss de la Tribune refusaient que j’y participe comme journaliste, craignant que j’aie une prise de bec avec Bourassa. Je ne me laissais pas passer  n’importe quel sapin dans une conférence de presse. Maurice Bellemare, un unioniste, prétendait que j’étais le seul journaliste à l’avoir eu à deux reprises. On préférait ainsi m’écarter. Jusqu’alors, Bourassa, connaissant sans doute le code d’éthique journalistique, se permettait toujours de me prendre à témoin de ses déclarations. Ne pouvant pas répondre, car ce n’était pas mon rôle, tout le monde se faisait charrier. Pour éliminer la possibilité que cela se reproduise, j’avais décidé de réagir quand une affirmation ne me semblait pas vraie. J’étoffais ainsi mes dossiers pour être certain de ce que j’écrivais.

J’ai dû me retrouver parmi les manifestants pour l’approcher. La veille, j’avais organisé une grève temporaire de la faim avec un ami, Jim Corcoran, pour souligner que Bourassa venait encore nous mentir.

Pour sa part, le Parti québécois a posé 10 questions en conférence de presse afin d’avoir les réponses de Bourassa au cours de sa visite.

Devant l’école, nous avons négocié avec les organisateurs de la tenue de la conférence de presse. Bourassa serait en compagnie d’un journaliste du Devoir pour faire connaître les résultats à la population. Tout allait pour le mieux, une station de radio sur deux à Sherbrooke, faisait connaître la situation. La conférence de presse fut acceptée selon nos recommandations.

Un policier vint me dire que le ministre Georges Vaillancourt que je connaissais très bien me demandait à l’intérieur. J’ai hésité et j’y suis allé, même si certains me criaient de me méfier. « C’est un piège!»

J’hésitais encore devant les portes quand l’escorte de Bourassa se mit en marche. Bourassa m’a pris par le bras, me demandant de lui poser mes questions. Les premières ont porté sur la fermeture éventuelle de la Domtar. Il était évident qu’à chaque négociation syndicale ou à chaque changement de gouvernement la Domtar faisait l’objet du même chantage à l’effet de devoir obtenir de nouvelles subventions ou fermer ses portes. Si nous étions d’accord à ce que des sous soient investis pour sauver les emplois, nous trouvions que le gouvernement devait alors garantir que ces versements se feraient sous forme d’actions et demeureraient une propriété du Québec.

Quand vint le tour de la Transquébécoise, M. Bourassa essayait de mentir; les flics commençaient à me frapper ainsi que certains autres manifestants libéraux. Je me suis emporté et j’ai engueulé M. Bourassa en le traitant de maudit menteur.

Comment pouvait-on savoir que Georges Vaillancourt me connaissait depuis très longtemps? Ainsi, certains prétendirent que j’étais de mèche avec les libéraux. C’était mal me connaître puisque j’avais de plus en plus dédain des libéraux. Le soir, en rencontrant le ministre des Finances, Raymond Garneau, que je connaissais aussi, j’ai refusé de lui serrer la main. M. Garneau s’est contenté de me dire « je t’ai déjà connu beaucoup plus « courtois.»

J’avais quand même été président des jeunes libéraux de Limoilou alors que le PQ n’existait pas encore.

Comme journaliste, je me devais à la Vérité et je faisais fanatiquement mon travail. Si l’exploitation se poursuivait, c’est que personne n’osait faire connaître la vérité.

Je n’avais pas décidé pour les cultivateurs qui, dans leur manifestation pour protester contre la politique fédérale du lait, paradaient avec des têtes de cochons pour symboliser les ministres fédéraux.

J’avais eu l’idée de cette manifestation, c’est vrai; ainsi que d’y inviter tous les candidats aux élections, mais l’originalité de l’action dépendait uniquement des cultivateurs. Les candidats s’entendaient pour dire le contraire et Adrien Lambert me dénonça aux Communes, à Ottawa. Ce fut la première fois où j’ai commencé à avoir la réputation d’être un petit révolutionnaire. Pour moi, la seule importance était de faire connaître l’injustice du programme fédéral des quotas. J’étais fier quand les représentants de l’UCC, devenu plus tard l’UPA, racontaient qu’aux négociations à Ottawa, il suffisait de dire que je m’en mêlerais pour que de nouvelles propositions soient à nouveau mises de l’avant.

C’était facile de dénoncer mon fanatisme, mais j’avais raison d’être intransigeant. Plus de 1,500 cultivateurs ont dû quitter leur ferme pour aller grossir les rangs des assistés sociaux à Montréal. J’étais sensible aux douleurs des familles de cultivateurs ruinés alors que nos députés ne songeaient qu’au bien du parti libéral. Il en était ainsi dans presque tous les domaines. Nous n’avions pas un poids politique suffisant pour être écouté.

Évidemment, je n’étais pas connu de tout le monde. C’était même une petite minorité. Pourtant j’étais déjà à ce que l’on me disait le pire ennemi de Bourassa dans la région. Bourassa n’a jamais su que souvent je me suis demandé si je ne devais pas lui foutre la paix, croyant qu’il était moche à cause des minables et des requins qui l’entouraient. Je faisais probablement plus de distinction entre Robert Bourassa, premier ministre et l’homme, qu’il ne l’a jamais supposé.

Dans la région, j’étais devenu la hantise de Bourassa non seulement parce que je le contestais ouvertement, mais aussi parce que j’appuyais tous les projets susceptibles d’améliorer la situation des Vauxcouleurs.

Pour franciser Sherbrooke et l’amener à prendre place dans l’économie touristique, j’ai écrit de nombreux articles dans la Tribune démontrant le rôle privilégié du Centre des Études des Littératures d’Expression française de l’université de Sherbrooke, sous la direction de M. Antoine Naaman. En plus de l’aspect littéraire, je préconisais la création d’un pavillon de la francophonie, relié à Terre des Hommes. Ainsi, Sherbrooke aurait pu présenter aux touristes une activité culturelle unique en Amérique du Nord. Ottawa refusait des subventions à Sherbrooke et fournissait des fonds à un organisme compétitif en France. Quant au Québec, Bourassa a refusé de donner suite au dossier sous prétexte que le Centre avait eu recours à son pire ennemi pour mousser sa publicité, oubliant que la Tribune m’avait laissé le dossier simplement parce que je m’y connaissais mieux en étant moi-même impliqué dans la littérature. Si ce n’était pas un cas de patronage, comment qualifier cette attitude?

Les libéraux pour se débarrasser de mes pressions agissaient à deux niveaux : me faire connaître sous une image plus radicale que la réalité et gruger mon appui auprès de ceux qui les contestaient, en semant le doute quant à mes allégeances réelles.

Un sourire venu d’enfer 12

octobre 29, 2020

Un sourire venu d’enfer 12

Autobiographie approximative

Page 85 à 95

Ma perception morale se raffina à travers la vie.

Le rôle du plaisir dans ses rapports était évident, autant pour lui que pour moi, mais je savais aussi que cela ne pouvait pas durer, tourner en grand amour, ce que je cherchais. La très grande majorité du temps, je partageais ce plaisir avec des garçons que je revoyais que très rarement ou pas du tout. Le plaisir pour le plaisir. Le plaisir espacé d’une éternité entre chaque aventure. Mais, ça nourrissait ma mémoire et le désir de recommencer. Je trouvais plus normal de rechercher le plaisir que le sacrifice.

Pour moi, l’amourajoie était la porte d’entrée de l’amour. Il y avait déjà une différence entre mettre la main sur le pénis d’un jeune qui me plaît, par curiosité, par hommage à sa beauté, et vivre à ses côtés et l’aimer. Bizarrement, le sexe prend moins de place dans les relations quand elles se prolongent. La tendresse, la complicité, le partage du bonheur, le plaisir d’être ensemble prennent tout l’espace. Les joies ne se meublent pas seulement par une aventure sexuelle génitale momentanée, mais exigent sa répétition à travers l’amitié naissante.

Je commençais à faire de sérieuses différences entre le message du Christ et le fanatisme chrétien des mangeuses de balustrades qui se centrait sur l’unique interdit du sexe. Une vraie maladie. C’était tellement fou qu’on ne pouvait même pas  se  questionner  sur  sa  propre  sexualité  sans  passer  pour  un  cochon.

Mes pires craintes étaient de deux ordres : soit que le système m’offre de pouvoir

vivre ses relations sans problème à condition de lui obéir pour me fermer la gueule sur le plan politique ou éclabousser mes amis si je me faisais arrêter sans les avoir déjà avertis de ma pédérastie. Par contre, tu ne peux pas vivre le contraire de ce que tu es, seulement parce qu’une société est assez bornée pour condamner toutes formes de relations sexuelles en dehors du mariage.

Cette année fut assez heureuse. J’étais politiquement devenu fanatique, mais il me semblait que la police ne s’intéressait plus à nous. Petit à petit, les choses revenaient au naturel et la poésie reprenait le dessus.

Je pouvais rire de plus en plus de ma peur de mettre le FLQ dans le trouble à cause de mon ignorance. Je comprendrai en lisant Pour en finir avec octobre, de Francis Simard, que mes craintes étaient injustifiées quoique la mort de Mario Bachand semblait au contraire me donner raison, mais on a vite dit que cet assassinat était le fruit des services secrets canadiens. Un révolutionnaire qui travaille pour Power Corp. ça semble un peu louche.  Je n’avais aucune raison de questionner ma légitimité felquiste puisque j’y croyais sincèrement et si par malheur j’avais dit quelque chose que je ne devrais pas dire, cela n’aurait été que le fruit de mon ignorance. Comme Simard, je me battais pour le peuple. Quant à ma pédérastie, certains la vérifièrent et ma vie a prouvé que ce n’était pas une invention. Si j’avais été du côté du pouvoir, je n’aurais pas fait quatre fois de la prison. 

Grâce à Gaétan Dostie, j’ai fait connaissance avec une foule d’écrivains québécois qui me fascinaient toujours plus les uns que les autres. Je me sentais bien inférieur, mais j’espérais qu’un jour ma plume soit assez riche pour donner quelque chose.

J’attachais beaucoup d’importance à ce que j’écrivais. Je voulais m’en servir si un jour je devenais assez populaire pour indiquer aux jeunes que le talent est quelque chose qui se cultive. Il ne faut pas espérer, dès le premier vers, être plus grand que Rimbaud. Les génies sont extrêmement rares.

Sur un plan régional, j’étais déjà devenu un poète écouté et respecté, ce qui était déjà beaucoup.

Un soir, à Sherbrooke, alors que je n’y croyais plus, ma poésie triompha.

Après avoir chanté dans mes poèmes mes amours avec Coco, je vis en descendant de scène un petit gars, assis seul, qui semblait me sourire. J’ai été immédiatement saisi par sa beauté, l’élément fondamental de l’amourajoie, sa raison d’exister. L’amourajoie est semblable à l’extase et le besoin de toucher que l’on ressent devant une œuvre d’art.

Je repoussai l’idée d’être aussi chanceux et que ces sourires me soient vraiment adressés, mais j’étais seul. Fort de ma présomption, je me suis assis loin de lui, mais dans la même rangée pour mieux pouvoir l’observer. Je le voyais qui se grattait sans cesse entre les deux jambes, me regardant de temps en temps, question de voir comment je réagissais. Était-ce une invitation? J’ai décidé de m’asseoir dans le banc voisin. Je vis la belle montagne qui se formait sur son pantalon. Les petits sauts dans le pantalon. Une montagne déchirée par les rayons de la scène pendant que la musique accompagnait la poésie. Lucien Francoeur était meilleur que jamais.

C’est avec un peu d’hésitation que mes doigts se mirent à masser ce sanctuaire de pulsations. J’étais le plus heureux des hommes. Vauxcouleurs, la prude, m’offrait un de ses enfants. .Évidemment, plusieurs se scandalisent quand on raconte ainsi comment un petit gars peut traduire dans son corps un appel que même bien des adultes ont oublié. Ce n’est pourtant que la stricte vérité. Mais, pour pouvoir parler de sévices sexuels et d’attentat à la pudeur, de l’incitation des adultes, il ne faut jamais  croire  qu’un  petit  gars puisse  être d’accord  et  s’offrir  ainsi   au   plaisir. C’est non seulement la stricte vérité, mais c’est facile à comprendre : tous les jeunes ne meurent pas de peur en entendant le mot péché depuis leur enfance et ils aiment le plaisir. C’est normal plus normal que de haïr tout ce qui correspond au corps.

Dans notre société, le sexe est devenu quelque chose de terriblement important parce qu’on essaie de l’interdire aux jeunes qui le découvrent. Dans mon temps, on ne voulait même pas en parler. Les adultes font abstraction totale de leur propre expérience pour mieux se faire croire qu’être innocent, c’est être chaste. On ne différencie plus ce qu’être pur, chaste ou bonasse.

Je n’ai jamais été et je ne serai jamais seul à ne pas comprendre une telle folie de la part de la société. Probablement, parce qu’on est trop borné pour constater qu’il n’y a pas que la procréation dans la sexualité. Pourquoi un pénis est-il plus important qu’un autre organe de notre corps, sinon parce qu’on est ignorant et qu’on s’est fait laver le cerveau?

J’étais moins scrupuleux, plus heureux. Je voulais vivre mon amourajoie et la défendre, même si je savais que presque tout le monde est contre de telles relations sexuelles parce qu’on s’imagine que l’enfant est profané comme s’il ne vivait pas sa propre sexualité, à son propre rythme. Une réalité qui a été fortement démontrée par la science.

En fait, cet interdit donne le droit aux adultes de contrôler la vie sexuelle des jeunes. Cela incarne leur relation avec l’autorité. On a peur que si un jeune a une relation gaie, il le devienne automatiquement. Pourtant, mon expérience me prouve que c’est absolument faux. La religion a créé cette répression et l’interdiction aux jeunes de disposer de leur corps; mais cette surprotection maladive est née avec la bourgeoisie et est l’œuvre de la médecine. Il faut lire l’histoire de la sexualité de Foucault.

Cette nouvelle façon d’affirmer mon droit de partager avec ceux qui le désirent les joies sexuelles n’était pas sans me créer différents problèmes. Ceux qui ne me connaissaient pas pouvaient facilement me prendre pour un maniaque. Par contre, dans mon  entourage,  on  se  montrait  tolérant  envers  moi  parce  qu’on reconnaissait que je cultivais un tel culte de l’enfant que je ne pouvais pas être un danger pour eux. Une telle vénération était beaucoup trop poussée pour les mettre en danger. Cependant, je ne me sentais pas totalement accepté. Étais-je réellement paranoïaque? Sûrement!

Politiquement, certains m’admiraient; mais cela tournait toujours contre moi, dès qu’on apprenait que je suis amourajeux.

C’était comme si mon orientation sexuelle avait strictement rapport avec mon goût pour un Québec indépendant. J’ai toujours pensé que le Québec sera plus tolérant que les autres pays d’Amérique du Nord, parce qu’ils sont protestants et aussi qu’il sera ainsi plus facile d’essayer de faire comprendre à la majorité mon point de vue dans un monde plus petit.

D’autres mettaient en doute ma loyauté envers mon engagement, du fait que je n’étais pas sans cesse importuné par la police. Une nouvelle peur s’installa : qu’est-ce qu’on pense de moi?

J’allais voir Coco persuadé que certains étaient assez fous pour croire qu’il s’agissait là d’un moyen employé par le système pour me récompenser ou essayer de me posséder. J’en suis venu à croire que j’y jouais une fois de plus ma vie. Braver la mort en valait la chandelle. Mes amours n’en étaient que plus sublimes… mais probablement moins équilibrés parce qu’ils prenaient une dimension qui n’existe pas dans la réalité. Ma vie politique se mariait très mal avec ma vie sexuelle délinquante.

Pourtant, c’est humiliant en maudit de risquer — vraiment ou en imagination — sa vie pour une population qui du jour au lendemain te « lynchera » parce que tu n’acceptes pas toutes ses règles. Comment les assurer que tu ne te fais pas acheter par la police? Je n’étais quand même pas pour courir après les policiers pour leur demander de me tapocher, juste pour éliminer tous les soupçons. Je savais qu’un jour ou l’autre, ça arriverait et que dès lors mourraient d’eux-mêmes tous les soupçons. Je ne pouvais rien d’autre.

Je travaillais de toutes mes forces pour les Vauxcouleurs, en songeant que je le faisais indirectement  pour  les  petits  gars.  L’interdit  rend toujours  un peu  fou.

Mon amour était cosmique : la nature était plus belle que jamais. J’étais un peu moins frustré et jamais la guerre ne me répugnait autant, car je songeais aux enfants qui y sont tués. J’étais devenu grâce à ma liberté, un adorateur de la Vie.

J’ai entrepris, en me sentant aussi bon que les autres malgré mon amourajoie, lutte sur lutte pour le bien-être de l’Estrie, les Vauxcouleurs… Je m’engageais surtout dans ce qui me semblait une question de justice sociale. Journaliste, j’avais un pouvoir réel. Je pouvais facilement entrer en communication avec ceux qui nous représentent. On oublie trop facilement qu’ils sont élus pour nous servir.

J’étais bien conscient que pour une bonne partie des humains je n’étais qu’une charogne dès qu’on découvrait ma tendance à la liberté sexuelle. Être amourajeux, pour la majorité des gens, c’est pire que tuer… c’est stupide, mais c’est ainsi.

Je considérais qu’il était important de dire que je suis amourajeux ne serait-ce que pour être honnête avec les gens qui m’entourent, mais en parler, c’est t’assurer d’être crucifié. Qu’est-ce que tu fais dans ce temps-là?

Je suis persuadé que la plus grande sécurité pour les petits gars serait que l’on puisse en parler ouvertement, de manière à ce que le sujet puisse être abordé sans devenir fou. Ainsi, le jeune serait aussi libre de se confier sans gêne et  sans peur à ses parents ou un prof ami, s’il en a besoin. On essaie de nous faire croire qu’on est libre, mais on a seulement le droit de dire non.

Pour moi, la cause des Vauxcouleurs, c’était la même que celle de mes amours, de ma sincérité, de mon honnêteté. Dans un cas comme dans l’autre, j’étais décidé à crever, s’il le fallait, pour aider la région à se sortir de sa situation financière difficile.

Durant quatre ans, sans pouvoir le contrôler, à plusieurs reprises, j’ai revécu ces pénibles moments au cours desquels j’avais la certitude de me faire tuer.

Était-ce l’effet de deux accidents bizarres de voiture qui devinrent une raison de croire que c’était possible d’être tué par le système? De nombreuses personnes étaient tuées ailleurs pour des raisons politiques ou sexuelles comme cela s’est produit en Italie, par exemple. La droite religieuse s’imagine faire l’œuvre de Dieu en tuant ceux qui ne partageant pas leurs croyances… J’étais fier de moi. Je bravais la mort par amour.

Si mon amourajoie permettait sans traumatisme quelques petites expériences génitales; par-ci par-là, elle me portait à croire dans un très haut degré de sacralisation de l’enfant, de ses droits et de ses besoins. Aucune peur  ne pouvait m’empêcher d’agir comme il me semblait bon de le faire. L’amour des petits gars, c’était ma révolution : le besoin de rendre la vie plus humaine, plus tolérante, plus fascinante.

Mon fan-club augmentait. Quand on me parlait de révolution, on discutait aussi d’amourajoie. Si je n’ai pas dû révolutionnairement justifier mes amours presque tous les soirs, je n’en ai jamais parlé. C’était un autre poids à porter. Une autre façon de semer le doute en moi parce que je suis différent.

Sur le plan politique, je n’étais pas toujours peureux. Cela m’arrivait seulement quand j’avais la police aux fesses ou encore quand j’étais avec de nouveaux compagnons de lutte qui, ne me connaissant que récemment, me manifestaient à cause de mon amourajoie un manque de confiance.

Je ne voulais pas être un second Mario Bachand que l’on disait tué par des felquistes pour ses bobettes. Cependant, tous croyaient que ceux-ci étaient de faux felquistes, des agents de la GRC. Les deux agents coupables vivraient maintenant au Québec. C’est cela qu’il ne fallait pas qu’il se sache d’où la police française aurait toujours refusé de faire la clarté sur cette situation. Si Bachand avait été tué par des felquistes jusqu’à quel point pouvait-on croire ne pas être descendu pour de simples soupçons? Était-ce un moyen de la GRC pour dissuader les futurs candidats felquistes?

Ainsi durant sept ans, sans pouvoir le contrôler à plusieurs reprises j’ai revécu ces pénibles moments au cours desquels j’avais la certitude de me faire tuer.

Chaque fois, j’en suis sorti un peu diminué, honteux qu’avec le temps je n’aie pas réussi à vaincre ces traumatismes stupides. J’étais sans l’avouer redevenu l’enfant torturé, incertain, peureux.

Si j’acceptais de compenser la peur par la peur, je rejetais une violence qui s’attaque à qui que ce soit. J’avais un trop grand respect de l’être humain grâce à mon amourajoie pour accepter ce mécanisme archaïque.

La violence physique m’apparaissait incorrecte dès qu’elle touchait un être humain. Je comprenais et utilisais la violence verbale; mais à mon avis, devoir se servir de violence physique n’était pas un signe d’intelligence, mais un cri d’impuissance et de désespoir.

Tu dois régler des choses avec ta tête; car si tu utilises tes bras, tu es un imbécile.

Le fédéral le faisait largement. Il ne respectait rien, même pas les lois qu’il avait édictées. Comme en Amérique du Sud où le meurtre de ceux qui réfléchissent trop est courant, la mort de Gouin confirmait que le système chez nous commençait à s’installer. Aux États-Unis, les Black Panthers étaient mitraillés dans leurs appartements ou dans les prisons par la police qui n’a jamais eu à répondre de ces meurtres.

La GRC fédéraste n’avait-elle pas intérêt à écraser les Québécois? J’avais de maudits problèmes de conscience : comment être un pacifiste dans ces conditions?

Les politiciens en auraient sûrement tiré parti s’ils avaient connu cette faiblesse; mais je m’en cachais bien. Quand je buvais, j’offrais l’image du dur, de l’irréductible; mais je devenais en même temps un casse-pied pour mes amis. Après un certain nombre de bières, je tombais dans des crises de paranoïa inouïes. Tout le monde devenait policier ou felquiste, Je reprochais à mes amis de ne pas être sincères.

Comment pouvait-on m’aimer en refusant d’admettre que l’amourajoie ne cause aucun préjudice aux jeunes? C’est l’équivalent de me condamner.

Je n’avais pas toujours tort d’être parfois paranoïaque. J’étais testé de toutes les façons. À la taverne, les questions sur mon amourajoie et la révolution fusaient de partout. Je donnais mon interprétation sans jamais expliquer que ma plus grande peur était la violence : j’aimais trop les jeunes pour les voir souffrir dans une guerre avec le fédéral. Mais, jamais je ne pourrai accepter le fédéralisme, car il tue le Québec.

À cet amour, à cette passion, mon amourajoie ajoutait tout le mépris imaginable contre l’exploitation subie par mes ancêtres. Ainsi, je devais avouer que si une guerre civile commençait, je serais inévitablement aux barricades. « Vous ne nous ferez pas avaler la merde que vous avez fait avaler à nos aînés, on vous fera sauter avant», pensais-je.

C’était un de mes plus profonds sentiments.

Pour moi, la révolution n’avait rien à voir avec ce que nous prêchaient les marxistes-léninistes. Mon but premier n’était pas de renverser le système capitaliste; mais de combattre pour que la vie des enfants qui viendront soit sans les difficultés connues à travers l’histoire jusqu’à maintenant. Je pouvais visionner le monde désiré et celui que nous avions alors.

L’objectif majeur était d’éliminer les sources de violence en faisant sauter les sources de frustration.

Il faut tuer tout fanatisme tant sur le plan de la morale, de la religion ou de l’état. Il faut croire que l’homme est vraiment l’être le plus beau et le plus prometteur de la création. Je ne voulais pas de la révolution par vengeance, mais par la transformation de la vie quotidienne pour le mieux-être de tout le monde.

Il est évident qu’à ce moment-là, les bêtises d’un système sont d’abord perçues à travers celui que tu vies, mais les bêtises des autres finalement finissent par te rattraper. En d’autres mots quant à moi la révolution n’était pas de détruire des systèmes, mais de rendre la société plus humaine.

Pour arriver à ça, il ne fallait pas seulement l’indépendance du Québec, mais une révolution culturelle.

Quand on ne me parlait pas de révolution, on discutait de l’amourajoie.


J’ai dû comme révolutionnaire justifier mes amours presque tous les soirs. C’était une autre croix à porter.

Je n’avais pas encore lu W. Reich qui prouve que la répression sexuelle des jeunes vise dans notre système à créer une situation permanente de culpabilisation n’ayant d’autre but qu’améliorer les performances de la production pour recouvrer l’absolution sociale.

Aujourd’hui, on essaie de discréditer W. Reich en soulignant qu’il a terminé sa vie en asile psychiatrique. Ce qui arrive à ceux qui tentent d’amener des idées et des perceptions nouvelles… La lutte pour faire valoir ton point de vue peut t’amener à des extrêmes, mais est-ce que Reich avait totalement tort? Ne parle- t-on pas aujourd’hui d’énergie noire qui compose notre système dans une très grande proportion et qu’on ne peut classifier d’aucune manière. Est-ce l’énergie à la base de la vie est différente de toutes les énergies comme le prétendait Reich? Dans cas, il aurait été proclamé fou parce qu’il fut plus intelligent que ceux qui régissent le système. Sa conception remettait en cause le système économique qui se confond à l’exploitation humaine.

Tout ce que je  pouvais  expliquer,  c’était  le  comportement  des  jeunes garçons avec qui j’avais eu des expériences amoureuses. Je savais qu’il est faux de prétendre qu’il y a violence ou domination. Les seules séquelles que j’ai eues à faire face à la suite de telles expériences furent le plaisir indicible de se revoir. Très souvent on n’en reparlait pas parce que depuis le petit gars s’était marié et cela aurait été débile de risquer de briser une vie de couple. Souvent les femmes ou les hommes sont jaloux du passé de son partenaire.

Tout le monde était étonné d’apprendre que ça se passait en dehors de la sodomie, sans violence ou domination de ma part. Pour moi le plaisir du petit était plus important que le ciel, mais je n’ai jamais exigé un geste de leur part. Tout devait se dérouler selon leur goût. Jamais je n’ai demandé à un jeune de faire quoi que ce soit. Les choses arrivaient alors que nous étions prêts tous les deux à les vivre. Plus souvent qu’on le croyait, le jeune était tout aussi intéressé, sinon plus que moi, à cause d’une curiosité encore inassouvie. Les jeunes devenaient mes amis, même s’il ne s’agissait que d’aventures passagères et encore plus surprenant, les petits gars qui étaient hétérosexuels mettaient eux- mêmes fin à la relation génitale, tout en demeurant mes amis. Toute la culpabilisation autour des rapports amourajeux est le fruit de notre morale qui est complètement déconnectée de la réalité humaine. Les émotions jouent un rôle primordial dans une relation amourajeuse. Elle ne peut pas exister sans une confiance et une admiration sans bornes.

Loin d’être négatifs, mes rapports avec eux permettaient souvent qu’ils prennent encore plus confiance en eux. Ils repartaient le sourire aux lèvres et ils manifestaient beaucoup de plaisir à me revoir. Pourquoi en aurait-il été autrement?

Avec le temps, je les ai perdus de vue comme ça arrive si souvent dans la vie. Cela crée un autre problème pour l’amourajeux. Il peut survenir une accusation plusieurs années plus tard à la suite d’un acte passé, même si tu t’es totalement transformé ou que le jeune s’imagine qu’il peut se faire bien du fric avec le chantage… une nouvelle industrie de la droite religieuse et des féminounes.

Le sexe physique est un plaisir à découvrir. Une expression d’amitié s’il est accompagné de sentiments véridiques et profonds.

Évidemment, toutes ses activités se déroulaient dans le cadre de la vie d’un jeune, c’est-à-dire à travers le jeu et le plaisir. C’est pourquoi les séances génitales n’avaient pas d’importance dans le cas des jeunes. Comme me l’avait dit un des psychiatres consultés: « On ne peut pas être contre la façon selon laquelle tu vies ton amourajoie, car elle tient absolument en compte l’effet sur la vie du jeune. C’est un respect qui ressemble à une forme d’adoration.»

La question qui revenait toujours était la domination.

On admettait difficilement qu’un jeune puisse se sentir vraiment égal à un adulte. On s’imagine qu’un jeune a automatiquement peur d’un plus gros que lui. Ce qui est absolument faux.

Peu de personnes ont eu la chance d’expérimenter la liberté dans le cadre d’une morale ouverte. Contrairement, à ce que la vie m’apprenait, les féminounes répandaient qu’une relation durable avec un jeune avait pour but d’obtenir une confiance inébranlable pour pouvoir en abuser par la suite. Abuser de quoi ? Du plaisir ? On dirait que les femmes ne peuvent pas voir la sexualité en dehors de la nausée.

On oubliait que le pédéraste tombe littéralement en amour avec le jeune qui lui plaît et que c’est tout à fait réciproque. La relation est souvent le fruit d’une relation plus que fortement émotive. C’est plus souvent un échange d’énergies que de la simple génitalité. D’ailleurs l’un n’empêche pas l’autre. L’affection est aussi importante que le cul dans une telle relation. La tendresse est le langage employé.

Les gens refusent la réalité, simplement parce qu’ils ont toujours entendu dire que le jeune est une victime comme s’il ne pouvait pas jouir de la situation. Le jeune a sa propre sexualité depuis sa pré naissance, donc une expérience amourajeuse peut très bien et doit d’ailleurs se situer dans son développement. Il peut y avoir des conséquences négatives que si le jeune est appelé à vivre sans tenir compte d’où il est rendu dans son cheminement. La relation intergénérationnelle est une réalité depuis le début de la vie; car, le garçon apprend à être un homme à travers l’homme plus âgé.

Comment peut-on continuer de baser son agir en hypocrite quand on sait que ce que l’on nous a appris est parfaitement faux.

C’est pourtant ce qui arrive dans notre société. Je savais, par expérience, que les jeunes en ressortaient plus heureux. Ceux qui parlent d’un profond traumatisme doivent avoir beaucoup d’imagination et très peu de connaissance de l’adolescent pour se le faire croire. Évidemment, je parle de situations dans lesquels le jeune est parfaitement libre.

La vérité n’est-elle pas plus importante que le mensonge? Ce qu’on enseignait a pour but de contrôler les émotions de tous les individus. Pour maintenir le pouvoir moral sur la masse, il faut mentir et laver les cerveaux dès l’enfance. Il n’y a pas que l’esclavage économique, il y a aussi l’esclavage émotif.

Je connaissais aussi la névrose qu’on alimente en s’interdisant ces plaisirs, somme toute insignifiants. La relation entre gais peut être différente de la relation hétérosexuelle, car elle ne donne pas naissance à nouvel être. L’amour gai ou hétéro se déroule obligatoirement en dehors de toute forme de violence et de domination. L’amour est d’abord un partage. L’amour gai n’exige pas une fidélité pour protéger l’avenir de ses enfants.

Cette morale unidimensionnelle de notre société est fortement implantée dès la naissance chez tous. Dès que tu en dévies de la morale que l’on t’enseigne, tu es écrasé par une honte terrible. T’es un cochon, un monstre, un pervers. Mais, dans le fond, tu n’y peux rien, c’est strictement ta « petite nature », une réalité que tu n’as même pas choisie et qui, sans violence, ne procure que du plaisir et du bien. Qui est blessé par une fellation?

Pire tu vis constamment dans la peur des langues sales qui sont prêtes à te faire exécuter au nom de leur dieu d’amour. Comment ne pas être fasciné par la beauté d’un adonis? Comment ne pas être paranoïaque en sachant que chaque moment de ta vie pourrait être le dernier en liberté? Comment accepter des règles de la société quand tu sais que le point de départ est faux, basé sur une ignorance crasse de la réalité humaine?

Comment peux-tu croire que tu peux nuire à ton jeune amant quand tu sais que cet interdit est ridicule et contre nature? Il y a bien des niveaux et beaucoup de formes en amitié comme en amour. La peur de la sexualité à l’adolescence repose sur le fait que la jeune fille peut être enceinte; mais dans le cas d’une liaison gaie, ce problème n’existe plus. Sans entacher l’égalité homme femme, il faut savoir reconnaître l’existence des différences.

Personne n’est pareil. La répression sexuelle est une mode, une façon de vivre qu’on t’imprime dans la tête dès la plus tendre enfance. Cette règle est non seulement payante pour la mode; mais pour les religions, les psychiatres, les avocats et les juges. Il y a évidemment des détraqués dangereux dont la société doit protéger les enfants, c’est évident, mais les règles ne font aucune nuance entre ce qui est violent et ce qui ne l’est pas. Ce qui est viol ou un plaisir  partagé. On agit comme si le plaisir sexuel était le mal en soi. C’est d’ailleurs pourquoi ce sont les parents qui décident de ce qui est bien ou mal, plutôt que les jeunes. Comment peut-on ainsi créer une conscience personnelle? Comment peut-on vivre des expériences qui forment notre propre jugement?

C’est le racket de la protection des jeunes dans sa totalité. L’interdit repose sur la sacralisation d’une partie du corps – celle qui transmet la vie – parce qu’on ne comprenait pas et qu’on n’arrivait pas à expliquer le phénomène des naissances. On a donc inventé des moyens pour protéger la procréation essentielle à la survie de l’espèce. La base des interdits vient du fait que l’on croyait que le sperme était une partie du cerveau ou en quantité limitée d’où fallait-il le protéger.

Le meilleur moyen pour les religions afin de tout contrôler face à une telle ignorance est de tout interdire en dehors de la procréation, s’assurer qu’il ne peut pas y avoir d’amour en dehors des règles établies. Le rôle des religions est de donner un sens à la vie, à l’expliquer, ce qui est impossible quand tu ne connais pas encore l’existence des spermatozoïdes ainsi que le fonctionnement de l’homme et de la femme. Tout ce qu’on savait : si on faisait l’amour, on pouvait avoir un enfant et l’homme devait abandonner une partie de son cerveau. Pauvre homme ! On niait l’existence de l’homosexualité ou on la prenait pour une maladie mentale.

Plusieurs sociétés ont créé des rites différents à partir de leur expérience de la vie. Les règles sexuelles sont donc des ententes sociales. Une interprétation de la nature. Une manière de conjurer ses peurs. Comme le disait Jean-Jacques Rousseau, c’est un contrat social.

Avec les religieux, ce fut encore pire : on prétendit que le sexe nous éloignait de Dieu. Ainsi, on créa de toutes pièces des règles venant d’un Dieu qu’on inventa. On créa une force intérieure assez forte pour être quasi incontrôlable, des interdits auxquels on ne peut pas échapper, car on peut être tué par les religieux qui les appliquent. Sans contrôler la sexualité, l’homme était, disait-on, encore pire que la bête.

Un sourire venu d’enfer 11

octobre 28, 2020

Autobiographie approximative

Page 75 à 85

Au début, la crise d’octobre était prise à la légère.

Un soir, au souper, après le kidnapping de Laporte, le président du journal me demanda si à mon avis la situation paraissait assez sérieuse pour justifier l’intervention de l’armée. « Ça n’y changerait rien. », avais-je dit.

Peu de temps après, le président s’amusait de mon silence quand les soldats mitraillette au poing venaient dîner au même restaurant que nous. S’il avait su que je participais à une résistance pacifique, il m’aurait sûrement trouvé moins docile.

Tous ceux qui me connaissaient me savaient inconditionnellement pour la non- violence quoique d’accord avec les buts du FLQ comme des milliers de Québécois. J’avais la certitude que cette crise était l’aboutissement d’une profonde injustice fédéraste. J’approuvais le FLQ et c’était l’image que je voulais que l’on retienne de moi, malgré ma peur panique.

Il était normal que des gens un peu plus conscients prennent des moyens pour faire peur, faire réfléchir, équilibrer la peur qu’entretenaient les libéraux contre l’indépendance du Québec. Il fallait surtout faire sortir la vérité. Il était impossible de toujours tricher un peuple, sans que personne ne s’en aperçoive.

Aussi, à une soirée de poésie, j’ai récité des poèmes virulents contre les juges qui avaient fait enfermer certains prétendus chefs du FLQ. C’était l’époque du procès de Michel Chartrand. Je suis devenu membre du Comité des prisonniers politiques.

J’avais parfois l’impression de comprendre les messages felquistes publiés dans les journaux engagés et je croyais que l’on avait été consultés comme dans les films de Costa Gavras sur le sort de Pierre Laporte. Je me prenais de plus en plus au sérieux.

J’ai appris la mort de Pierre Laporte à la radio alors que je me promenais avec Réginald. J’étais complètement démoralisé. Comment avait-on pu assassiner un humain? Jusqu’où devais-je en porter la responsabilité? Est-ce que mon emballement aurait pu me rendre assez fou pour accepter la mort d’un être humain? Malgré ma fureur révolutionnaire, je demeurais un parfait petit chrétien contre toute forme d’assassinat.

Mes convictions profondes en prenaient une claque. Je me sentais responsable, même si je n’avais rien eu à dire. J’ai toujours été contre toute forme de peine de mort, à moins que ce soit pour défendre sa propre vie. Que valait mon opinion

puisque je ne connaissais aucun felquiste, même si je pensais que Gouin et ses amis pouvaient en avoir été? Plus je réfléchissais, plus il me semblait impossible que le FLQ ait fait le coup. J’ai commencé à soupçonner la CIA.

J’ai assez pris mon rôle au sérieux pour en devenir prisonnier.

J’ai inconsciemment modifié mon langage et développé l’image du vrai terroriste. De fait, je me croyais totalement l’un des leurs. J’étais fier de me prendre pour un felquiste, même si cela n’avait de réalité que dans ma tête et peut-être dans celle de la police qui me talonnait de plus en plus.

Plus j’étais fier de moi, plus j’étais paranoïaque. J’étais divisé intérieurement.

Guilbert prétendait que j’étais mêlé à ces évènements puisque selon lui dans le communiqué original du FLQ, on retrouvait une erreur de vocabulaire, soit Domptar au lieu de Domtar, erreur que j’étais le seul journaliste à produire en série. Le pire, au début des événements, comme convenu, j’avais fait parvenir un document sur la Domtar à Pierre Vallières. J’ai commencé à croire qu’on avait intercepté ma lettre d’où la mise en scène de la salle de rédaction.

De plus, un camarade de travail, le très bon journaliste Yvon Rousseau qui s’occupait de la police pour le journal me fit part à deux reprises de l’intention de la police de perquisitionner chez moi. La police lui aurait demandé si je pouvais vraiment être felquiste, ce à quoi il aurait répondu : « C’est impossible. Il ne peut même pas voir un blessé grave ou un mort sans s’évanouir. » Ce qui était presque vrai.

J’étais fier de moi. Je n’étais plus seulement le peureux, le niaiseux que j’avais toujours été. Je vivais une noble mission. Sans nécessairement me prendre pour un autre, ma paranoïa explosait de partout. J’avais peur, mais la révolution devenait ma raison de vivre. La révolution était plus forte que la peur. Je me battais pour le bien du peuple.

Une fin de semaine, je devais rencontrer un ami à Montréal. Je lui avais écrit auparavant que j’avais trouvé du « bon stock, pas cher » et que je lui en apporterais. J’ai ensuite pris conscience du danger, car si la GRC ouvrait parfois le courrier, on se ferait remarquer. J’avais alors une maudite peur que l’on croie que je le faisais exprès pour nous mettre dans le trouble. Autant je pouvais avoir peur quand j’y pensais, autant je me foutais de tout, quand je n’y réfléchissais pas.

Est-ce que la peur est un sentiment que l’on peut cultiver, nourrir en nous? Si j’avais peur du FLQ parce que j’avais peur d’être un imposteur, la police m’effrayait encore plus, car ils ont le pouvoir des médias pour faire croire ce qu’ils veulent. On parlait de personnes mystérieusement disparues et je croyais un peu dans ces histoires, car si elles se vivent ailleurs pourquoi ne seraient- elles pas vraies au Québec ?

J’étais à mes yeux un vrai révolutionnaire, même si je remettais en question la violence. La répression de la révolution crée souvent plus de morts que la révolution elle-même.

Je me souviens de m’être senti suivi par la police tout au long du voyage à Montréal. L’un des bonshommes, assis derrière moi dans l’autobus, dit clairement « s’ils sont tous comme lui, on n’est pas sorti du bois. » Non seulement je me suis senti visé, mais je dus par la suite les semer dans le métro, car ils continuaient de me suivre. Ma paranoïa était peut-être un peu fondée.

À ce moment, j’avais aussi peur du FLQ que de la police, car je croyais que les felquistes ne me pardonneraient pas de m’afficher FLQ alors que je n’y connaissais rien. Ma peur était stupide, car en fait je m’étais radicalisé pour essayer d’empêcher qu’il se passe au Québec ce qui se passait en Amérique latine. Si on peut tuer le président d’un pays, on peut tuer n’importe qui. Mais, au moins, si tu es journaliste, on peut craindre que le vrai visage de la répression soit connu plus vite d’où hésiterait-on un peu plus.

Si le journal avait permis aux policiers de me tendre un piège, c’est que l’on me soupçonnait.

J’étais parti à Montréal avec la peur de me faire exécuter parce que je jouais un jeu dangereux qui ne m’appartenait pas. J’avais décidé de faire face à mon destin et de tout simplement m’expliquer. On me croirait ou pas. J’étais un révolutionnaire sincère, malgré la peur que je dissimulais très bien.

Avec le recul, je me demande si ces peurs n’étaient pas des produits momentanés dus à ma consommation de marijuana. « Il est évident que les felquistes savent, eux, que je ne suis pas un felquiste », me disais-je. J’étais assez fou pour croire que je puisse être liquidé à cause de cette tromperie si je n’arrivais pas à m’expliquer.

Quand je me suis senti suivi, mon amour pour ce copain fut si vif qu’une seule idée m’obsédait : je devais les semer.

Ma peur fut encore pire quand j’ai été intercepté par deux autres policiers à l’entrée du métro. Ceux-ci ont exigé que je m’identifie et que je justifie mon voyage à Montréal. « Je viens faire la tournée des grands-ducs. », fut ma raison. Ils m’ont aussitôt laissé partir.

J’ai emprunté mille et un moyens pour m’assurer que je n’étais plus suivi par les deux hommes de l’autobus avant de me rendre chez mon camarade. J’ai eu si peur, j’étais si nerveux, qu’à mon arrivée chez mon ami, j’ai fondu en larmes. Cependant, après un bon joint, quand la musique remplaça les doutes, ce fut un

des plus beaux voyages de mon existence. Je revenais vite le bouffon que je m’étais efforcé d’être depuis que je prenais de la marijuana.

La paranoïa est une drôle de bibitte. Elle repose beaucoup sur la mésestime de soi. Je vivais cette réalité probablement à cause du fait que dès mon enfance, ayant été surprotégé je me sentais faiblard et ainsi parfois mon environnement me rendait peureux. J’étais surprotégé par ma mère à cause de mon état physique et je me créais facilement un monde. C’est ainsi qu’en entendant parler des écrits d’Allô Police et autres, je m’étais créé une peur affreuse des gais alors que j’aurais bien voulu être caressé par eux, ce qui retarda probablement ma prise de conscience quant à ma véritable orientation sexuelle.

En ce sens, je crois que les méfaits psychologiques d’une aventure sexuelle quand tu es jeune viennent plutôt de la peur et du mépris que la société fait naître autour de la sexualité. Ainsi, les féminounes remplacent les curés.

La prison n’avait rien fait pour diminuer mes appréhensions. La peur est cumulative. Comment vivre selon ta nature si tout condamne tes goûts les plus fondamentaux? Dans le temps, l’idée d’orientation sexuelle n’existait pas encore. On croyait les stupidités religieuses quant à la sexualité.

Mon engagement politique était-il un moyen de me revaloriser, de me déculpabiliser d’aimer les petits gars ?

J’ai vite cru que Laporte avait été assassiné par la CIA ou la GRC, son alliée. Pourquoi tuer un Québécois plutôt qu’un Anglais? N’est-ce pas un bon moyen pour tuer à jamais le FLQ dont la popularité grandissait à toute vitesse? Pourquoi une cellule avec un nom de régiment militaire plutôt qu’un nom de patriote? Qui d’autre que la police, pour réaliser les menaces de Trudeau, pouvait avoir déposé une bombe sous une salle de danse à Granby? Pourquoi le FLQ se serait-il privé de son meilleur atout : avoir un otage? Que Laporte ait été ou non un salaud n’avait rien à faire dans son droit de vivre. Quel Québécois ne connaît pas l’aversion de son peuple vis-à-vis la violence?

Aujourd’hui, j’ajouterais : pourquoi comme dans le cas d’Aldo Moro, ces évènements surviennent-ils juste avant les élections? Ces gestes rendent la population encore plus conservatrice. Elle opte vite pour la droite politique. Une chose est certaine Jean Drapeau profita de la crise pour obtenir un vote plus à droite. Au Québec, il suffit qu’il y ait de la violence pour que la majorité se tourne en faveur de l’autorité. On a été élevé ainsi.

Craignant que la CIA soit impliquée, je me suis mis à avoir peur que l’armée américaine soit dans le coup. À force d’y penser, il me vint à l’idée que l’armée américaine se sert parfois de télépathie pour communiquer. Je ne voulais pas les aider, comme si cela avait été possible. Aussi, ai-je commencé, le soir, à

m’empêcher de dormir et de réfléchir… au cas où. Quelle stupidité! Dans ma douce folie, il y avait deux mondes : les bons felquistes et les mauvais policiers.

Pour rendre la chose encore un peu plus bête, le frère du ministre Georges Vaillancourt questionnait ma mère pour savoir où j’étais le soir de la mort de Laporte. Étant de plus en plus fanatique, ma mère me croyait possiblement impliqué.

Ces peurs n’existaient pas toujours. C’étaient des peurs itinérantes. Elles m’habitaient de temps en temps, mais prenaient alors un espace considérable.

Aussi, pris entre ces deux peurs je partais parfois pour la gloire. Il arrivait souvent quand je fumais du pot un peu fort de croire, dès les premières réactions, que je venais de prendre du poison. La peur me prenait de plus belle en songeant que je mourrais sans avoir de réels reproches à me formuler; mais le plaisir revenait avec l’apparition de la musique.

J’avais tellement peur de vendre le FLQ sans le savoir (ce qui était complètement impossible puisque je ne connaissais rien du FLQ) que  j’acceptais de mourir pour ne pas lui nuire. En réalité, j’aurais été plus brave si j’avais été un vrai felquiste, je n’aurais pas eu ces doutes idiots.

Pour qu’un non- violent intransigeant en vienne à accepter la violence comme seul moyen de rétablir la justice, il faut que les coups de cochon et l’anti démocratie fussent évidents. Le fédéralisme est un mensonge perpétuel au Québec. C’est normal, car on ne veut pas perdre la vache à lait qu’est le Québec au sein du Canada.

Je me suis tellement pris pour un révolutionnaire, que j’en suis venu à prendre tout le monde pour des policiers. Je n’avais pas l’étoffe d’un terroriste. Je doutais parfois de mes meilleurs amis et même ma famille n’y échappait pas. Je croyais sans cesse être assassiné ou parfois je pensais que je devrais me suicider pour ne pas aider les forces de l’ordre, l’ordre de ceux qui nous exploitent. Cela devait déprendre de la sorte de pot que je consommais. Une chose est certaine la musique rendait les voyages très agréables et le sexe encore plus.

Je vivais parfois un vrai calvaire intérieur. Je prenais conscience que j’étais très insécurisé, fruit de la chicane permanente entre mon éducation et la vraie vie. Mes valeurs et celles de la société. Ça ne paraissait pas, car, j’étais tout autant brave que paranoïaque quand il s’agissait de défendre les intérêts de la région.

Je croyais dans ma mission. Je voulais aider les pauvres de la région à se sortir de la misère. J’étais prêt à mourir pour améliorer la situation des miens.

J’étais heureux seulement quand je me sentais en amour et en lutte pour un autre petit gars, devenu le symbole de mon engagement. Ça n’avait aucune signification dans la réalité et je le savais. Le petit gars était seulement la raison

de ne pas obéir aux règles d’une société que je percevais comme de plus en plus pourrie. Ma pédérastie était ma force, celle de l’Amour.

19

Mon amourajoie (pédérastie)

C’est probablement parce que durant toute mon enfance je voulais devenir un saint. L’amour est le centre de l’enseignement chrétien, le summum de cette religion. Pourtant, dans la même phrase on interdit les gestes sexuels quand on parle d’amour. On les proclame péchés.

Enfant, on est déjà divisé intérieurement, car si on se livre à ses instincts naturels on est classé comme des pervers, des cochons. On n’a pas besoin que le discours s’adresse à nous, en particulier, on sent ce que les gens pensent de nos pareils pour nous juger. On applique ces réflexions à notre petite personne. C’est ainsi que la morale sexuelle québécoise est responsable du suicide de tous ces jeunes qui n’arrivent pas à accepter de se découvrir gais. La morale sexuelle actuelle porte la mort de tous ces jeunes, car elle l’a provoquée. S’il y a des sévices dans une relation sexuelle pédéraste, c’est que cette morale vient démolir le plaisir pour en faire un crime. Et quand tu es jeune, tu ne peux pas répondre à la question : pourquoi est-ce mal ? D’ailleurs, aucun adulte ne pourrait apporter une réponse intelligente à cette question, car il y a des siècles que la répression sexuelle existe.

En réalité, mon amourajoie était bien plus souvent faite de désirs que de passage à l’acte, même si pour les autres, mes aventures pouvaient paraître très nombreuses. Malheureusement, il s’agissait plus d’aventures que d’un amour continu partagé. C’est normal puisque les relations adulte-ado sont toujours vues comme anormales. Une situation définit par la peur du sexe entretenue par les religions et aujourd’hui les féminounes. La pédérastie transperce peu souvent le temps et s’identifie davantage à un épisode de découverte de son identité sexuelle.

Il y a dans l’amourajoie une complicité intergénérationnelle qui vaut toutes les éternités de contemplation religieuse. Être en amour avec l’amour, nous permet de vivre comme sur un nuage, avec l’impression d’être branché directement à Dieu. Dieu dans le sens de plaisir intérieur si englobant que cette énergie transcende tous les moindres problèmes. Une sorte d’euphorie tranquille aussi enveloppante qu’un bon bon verre de vin.

Sans le savoir, je me libérais de plus en plus de ma culpabilité religieuse d’enfance. Plus je me déculpabilisais, plus je m’affirmais et plus j’étais heureux.

Si tout allait mal dans la région, heureusement pour moi c’était le contraire. Un événement était venu rétablir l’équilibre.

Un soir près d’une auto accidentée, près de chez moi, un jeune garçon examinait les dommages. Sa beauté était très grande. Je l’ai invité chez moi, malgré les dangers.

Il s’appelait Gaétan comme mon colocataire.  Il avait 16 ans. Je trouvais ça drôle, car je vivais alors chez un autre Gaétan.

Il prit une bière en me racontant comment il se protégeait des fifis avec l’arme qu’il dissimulait dans sa poche. J’avais fait exactement la même chose durant des années quand j’étais adolescent et que je faisais de l’auto-stop. Sa beauté m’attirait trop pour ne rien risquer. Je m’avançai, je le complimentai sur sa beauté et sa jeunesse, et lentement, mais sûrement, j’étendis les doigts sur son pantalon.

Sans surprise, j’ai constaté qu’il était bandé comme un bœuf ou un cheval (à votre goût) et avec plus de consternation, j’ai vite pu visualiser une queue beaucoup plus longue et grosse que la mienne, s’il vous plaît. On n’a pu les garçons de 16 ans qu’on avait. Non seulement ils sont plus émancipés qu’on l’était, mais ils sont aussi plus développés. On pourra jamais  me faire croire   que ça ressemble à de la pédophilie, car non seulement chacun est consentant, mais chacun en jouit. Il savait ce qu’il voulait et il avait les instruments pour tracer son chemin…

Fort de cet exploit, la chasse fut ouverte avec frénésie. Chez les amourajeux comme les gais, la chasse ou la cruise est un instant privilégié. L’excitation de l’incertitude « titille » autant que le partage concrétisé. Elle te vire l’âme à l’envers. La seconde du oui mutuel ou du dur rejet humiliant est attendue comme le bruit de la foudre après un éclair.

Un jour, dans un restaurant, j’ai fait la connaissance d’un petit rouquin qui, pour quelques faveurs, me laissa boire à sa fontaine de jouvence. Un éveil à la vie et à la joie. Tant pis pour les gens scrupuleux qui n’auront jamais connu l’arrivée au paradis… Avec lui, je retrouvais la paix et le bonheur. J’étais pour lui toute tendresse. Éric avait un petit zizi juste assez costaud pour répondre à mes rêves.

Éric m’amena quelques-uns de ses petits copains à un tel point que ceux qui me connaissaient parlaient de fan-club. On disait alors que l’amour est plus fort que la police et la peur. Chose certaine, ce peu de félicité m’amena à vouloir à nouveau faire face à tous les dangers.

Les petits m’aimaient certainement moins que les avantages que leur procurait mon portefeuille. Coco, par exemple, avait toujours des problèmes de finance desquels il voulait que je le tire. Évidemment, cesser d’être toujours attiré, sans jamais pouvoir satisfaire ses désirs, devenait de moins en moins chose courante. Je me posais peu de scrupules, car, il était évident que ces jeunes ne manifestaient pas d’intérêt qu’envers moi. Ils connaissaient le tabac. Ignoré que cela est possible chez bien des jeunes, c’est être naïf et aveugle. La plupart du temps, ils essayaient de m’exploiter et tout aussi souvent je me prêtais à leur jeu. Le partage est naturel dans une telle relation. C’était l’échange de bons services.

Je refusais cependant les relations d’ordre purement commerciales. Je voulais des amis. Les jeunes trouvaient souvent moyen de me soutirer de l’argent, mais le chantage n’existait pas encore. La tendresse est une force inimaginable chez les amourajeux. Un beau regard vaut cent ans de paradis. Pas besoin de relations strictement sexuelles génitales. Un regard est souvent complet en soi. Il procure du moins, toute la sensation d’une caresse à l’âme. La flamme du désir.

Leur besoin d’argent ne m’apparaissait pas comme un défaut. C’est quelque chose qui survient bien naturellement chez les jeunes qui ont besoin de plus d’argent. La privation leur apparaît comme le refus qu’on leur fait de pouvoir avoir ce que les autres ont, ce qui à leurs yeux les diminue et devient une offense à leur fierté. On vit dans une telle société de consommation. Les limites deviennent un outrage à notre personnalité. L’argent n’était pas la raison fondamentale pour faire l’amour, car il n’était pas question de payer juste pour ça. Ils le savaient. Je donnais surtout à ces jeunes la chance de  partager  avec  un  adulte  leur  besoin de s’affirmer, ce qui leur permettait de se voir déjà adultes. Les jeunes adoraient l’égalité qui existait entre nous dans ces relations.

Cette réalité ne les diminuait pas : ils savaient fort bien qu’ils pouvaient tout avoir sans avoir à jouer aux fesses avec moi. La force du plaisir, la force de contempler une beauté me suffisaient souvent. Leur présence est ce qui était le plus important dans cet échange d’énergies. Les jeunes aimaient ces expériences sexuelles et j’aurais été un imbécile de m’en priver, sous prétexte que la majorité n’y comprend rien et l’interdit par ignorance

Coco m’a amené un jour un de ses copains qui voulait expérimenter la chose. À ma surprise, à l’excitation que je ressentais dans chaque pore de sa peau, lors de cette fellation, j’ai saisi qu’il jouissait plus que je ne le pourrai jamais. C’était en soi une récompense de le voir jouir autant.

Ces nouvelles aventures et mes poèmes m’ont amené à discuter ouvertement de mon amourajoie. Je ne craignais plus de dire à un petit « tu es si beau, je te  veux ». Dans les Vauxcouleurs conservatrices, c’était plus qu’osé; mais j’étais heureux de ne plus toujours devoir vivre en hypocrite.

J’étais convaincu que légalement, ces aventures ne pouvaient pas attirer d’ennui à personne d’autre que moi. Je m’en étais informé auprès d’avocats qui me l’avaient confirmé. Ainsi, j’étais certain que jamais on ne pourrait se servir de  mes relations avec les jeunes pour attaquer mes amis ou le FLQ. Il aurait suffi que l’on dise que des felquistes étaient gais pour détruire le mouvement tant

l’opinion publique croyait encore qu’il était anormal d’être gai.

Dans ma famille, à cette époque, peu étaient au courant de mon orientation sexuelle plutôt particulière. Mon père rejetait complètement mes amours et ma mère me dit parfois qu’elle préférerait me voir mort et sauvé que vivant et amourajeux. Ce n’était pas par méchanceté, c’était ce que l’Église nous apprenait. C’était le genre d’intolérance que la charité chrétienne prônait à cœur de jour. Une ineptie du genre : tu dois détester le péché et non le pécheur qui se mélangeait dans la tête des bons catholiques. Ces principes religieux sont devenus des formes de discrimination de la part de la majorité qui croyait détenir seule la vérité. C’était normal. Le sexe était le péché des péchés, la Cadillac pour se rendre en enfer. Le contraire de ce que nous propose une religion d’amour, si on y réfléchit.

Parce que j’étais encore un bon petit catholique, les remords de conscience refaisaient parfois surface. Mes expériences m’avaient profondément éloigné de la religion catholique. J’ai toujours eu un petit problème avec l’autorité. Je ne vois pas sur quoi repose le droit de décider pour moi ce qui est bien ou mal. Ce n’est pas parce que Dieu l’aurait défendu qu’il faut vivre contre nature. Il n’est pas matériel, lui, pour nous dire comment vivre nos limites. On ne peut pas aimer si on ne s’accepte pas.

Je doutais de plus en plus de la pertinence de m’interdire de partager une expérience sexuelle avec un autre garçon plus jeune que moi s’il en manifestait le désir. Je ne voyais réellement pas en quoi ces plaisirs pouvaient être dangereux ou néfastes pour ces garçons. Il n’y a rien de souffrant à se faire toucher la queue, même si on nous a appris que c’est pire que la bombe d’Hiroshima. Au contraire, c’est le ciel !

Pour une fille, ça pouvait être différent, car elles croient plus facilement que le sexe est mal, honte ou sévices. Les conséquences sont aussi différentes. Et, les filles n’ont pas la même émotivité que les gars. Pour moi, la seule chose qui comptait, c’était la vérité. Pourquoi nous mentait-on sur tout ce qui touche la sexualité? Pourquoi en avoir honte? La sexualité est humaine, personne n’y échappe.

La prison m’avait appris que le christianisme est profondément hypocrite, car il confond ses racines avec la Bible qui, elle, repose sur la punition, la condamnation  du sexe.  L’Évangile, tout au contraire, repose sur la tolérance    et l’amour du prochain. Plus je méditais, plus je percevais la différence entre Dieu et Jésus. Plus je m’approchais de Jésus, plus je trouvais le Dieu des Juifs fanatique et pervers, car il ne pensait qu’à punir et faire la guerre. Ce fut d’ailleurs un des points que j’ai développés dans L’Homo-vicièr.

Les chrétiens ont choisi le chemin de la lutte contre leur nature profonde et leur

sexualité. Ils oublient que dans les Évangiles en aucun moment Jésus ne considère le sexe comme quelque chose de mal. Il dit même à Marie-Madeleine qu’elle est pardonnée parce qu’elle a su aimer. Jésus condamnait aussi ceux qui jugeaient leurs voisins. L’amour était le centre de son message et non d’interdire le sexe. Pour lui, l’amour à l’intérieur du péché éliminait le mal. Même la Bible ne condamne que le sexe sans amour, sans sentiment. Quant à la phrase à savoir qu’il est préférable d’être jeté à la mer pour qui scandalisera un enfant, il serait urgent qu’on se demande s’il parlait vraiment de scandale d’ordre sexuel. Scandaliser un enfant, c’est lui mentir, c’est lui apprendre le mal. Mais, le mal est-il sexuel?

Le seul problème, le seul élément pervers que je voyais en moi, c’était dans ma manie de toucher le garçon perdu dans la foule qui me plaisait sans le lui demander, même si  je jugeais  de son accord ou son rejet  selon sa réaction.  Ce geste n’était probablement pas un geste d’amour. Il ne durait pas, dans le sens qu’il n’engendrait pas une amitié, mais il assouvissait une curiosité. Je ne voyais aucun mal à m’amouracher des garçons que je trouvais beaux. Mais, juste toucher pour le fun, ça ne cadrait pas dans la définition que je me faisais de l’amour. C’était un besoin compulsif. Une prison mentale et émotive. Je percevais cela plutôt comme une forme de perversion. Le fruit défendu.

Ma perception morale se raffina à travers la vie.

Un sourire venu d’enfer 10

octobre 27, 2020

Autobiographie approximative

Page 63 à 75

La vérité était devenue une vraie croisade. Du journalisme d’information, j’étais passé au journalisme de combat. J’exigeais de faire des liens entre les événements et de les resituer dans leur vraie perspective, ce que les patrons appelaient de l’éditorial. Pour moi, ce n’était  qu’éclairé   l’événement   pour   que   les   gens   comprennent. J’étais   un chevalier sans cheval, ni armure. Un Don Quichotte. J’étais très vulnérable. J’étais amourajeux, un défaut que personne ne saurait me pardonner parce qu’au Québec on s’imagine encore que la sexualité sans violence, c’est pire que de prendre de la cocaïne ou de tuer.

On n’évolue pas très bien le sens de pédophilie parce qu’on a peur d’être mal jugé par les autres. Être ami avec un pédophile, ça fait de toi un pédophile. On n’a même pas le réflexe de se demander si la pédérastie et la pédophilie sont semblables. Juste à entendre le mot pédophile et on perd la tête.

Je suis retourné à Québec. Je ne pouvais pas être plus longtemps sans Réjean, ça me faisait trop souffrir. Cette fin de semaine, non seulement mes amours avec Réjean ont ré ouvert une plaie; mais voir Mme G. littéralement fondre me bouleversa.

Elle me dit avoir apprécié Re-jean, le dernier livre qu’elle lut. Elle affirma y avoir trouvé la franchise et la sincérité qui me caractérisent et qu’elle admirait en moi. Cependant, elle doutait à savoir si c’était bon d’avoir laissé se développer ce rapport entre moi et Réjean.  À mon départ, Mme G. fondit en larmes et me dit en guise d’adieu : « Mon pauvre Jean ».

Jamais je n’ai ressenti autant mon incapacité à supporter la souffrance. Je ne pouvais plus me rendre à Québec. C’était trop dur… trop d’émotions.

16

Le meurtre de Gaston Gouin

Peu de temps après, un autre événement néfaste se produisait dans les Vauxcouleurs (Estrie), cette fois.

Gaston Gouin eut un accident en motocyclette. L’accident fut vite considéré par ses amis comme un meurtre commis par la GRC. Plusieurs faits demeuraient énigmatiques. Est-ce que le trou dans son gant était vraiment un trou de balle de revolver?

Comme plusieurs, j’ai cru que la GRC ou les services secrets canadiens venaient d’assassiner un des nôtres, le poète en noir, un poète de chez nous, car on le soupçonnait d’être un felquiste. Par contre, j’avais honte d’avoir été flatté quand Guilbert, au journal, m’avait dit : « Tu dois espérer qu’il meure. Ainsi, tu seras le poète des poètes de la région. » En réalité, cette remarque m’a révolté.

Lors des funérailles de Gouin, j’ai rencontré le chef du FLQ, Pierre Vallières. C’était la première fois que m’était présenté un gars mêlé officiellement à la révolution du Québec. Une chose m’intriguait: pourquoi le faisait-on connaître comme le chef des terroristes? Pour mettre en confiance et permettre les contacts? Parce qu’en était chef on pouvait ainsi selon les rencontres trouver ceux que l’on jugeait comme de vrais radicaux?

J’étais quand même très fier de rencontrer un gars qui faisait l’histoire d’où mes questions avaient peu d’importance. Quel rapport avait-il avec Gouin? Gouin était-il felquiste ou nationaliste? Et ses amis?

Ma rencontre avec Vallières fut très décevante. Pour lui, la Transquébécoise n’était pas importante. Elle permettrait aux «boss» d’avoir de meilleures routes. Il ne tenait absolument pas compte des 20,000 signatures de la population et la raison fondamentale d’un tel projet : transformer chez nous l’amiante.

C’est vrai que depuis que l’amiante est nationalisé, les Américains l’ont fait interdire sur tout le globe.

Cependant en discutant avec Vallières j’ai constaté que leur cause était noble et était très près de la mienne, soit plus de justice sociale pour les Québécois.

J’étais révolté. Si j’avais toujours été radicalement opposé à la violence, je commençais à comprendre que d’autres ne le soient pas et qu’il faut parfois y avoir recours pour se défendre ou se faire comprendre. J’acceptais l’idée que le système réagit seulement quand il y a une crise.

Pour des millions de dollars l’establishment hésiterait-il à tuer, à truquer des procès?

Quand un ami est tué par la police ou que du moins tu le crois, tu réfléchis sur la valeur démocratique de ta société.

Dorénavant, si je demeurais contre la violence, j’étais pour le droit de se défendre. Si Gouin avait été tué, qui serait le prochain? Non seulement les fédérastes étaient des menteurs, mais aussi des assassins.

J’ai commencé à envisager la révolution non plus comme un acte condamnable, mais de « juste guerre ». C’était la justice ou la vengeance. Je croyais les felquistes tellement purs qu’il m’était impossible d’entrevoir qu’ils puissent mentir.

Je n’avais pas oublié la mort de Gouin quand j’ai rencontré Claude Robidas, un ami d’enfance qui organisait un festival de la peinture à Scotstown avec Frédéric. Réginald m’y invita. J’ai passé plusieurs jours en compagnie des peintres qui participaient à ce festival.

Dès l’ouverture, j’ai été attiré par un petit gars qui se comportait comme dans

« Mort à Venise » et se plaisait à se retrouver partout sur mon chemin. Puisque toutes mes passions amourajeuses, mêlées à mon travail, se soldaient par des relations platoniques qui nourrissaient mon imaginaire esthétique, mes poèmes, cette nouvelle aventure se déroula sans scandale. Seulement ceux qui me connaissaient bien savaient que j’étais en amour avec lui. Ça les faisait sourire. Une petite complicité. Un rêve de plus.

L’échange de regards remplaçait mes longs moments d’adoration pour la nature. Ça m’aidait à retrouver mon calme. Tout était beau, il n’y avait que quelques nuages noirs.

Cependant, j’avais une peur affreuse que le petit m’insulte, ce qui arriva à quelques reprises. Il ne pouvait pas savoir jusqu’à quel point il me faisait souffrir quand il se moquait de ma passion pour lui devant ses petits camarades, moqueries qu’il s’efforçait de faire vite oublier quand il se détachait du groupe. Ces moqueries se transformaient en sourires et en pauses à répétition jusqu’à me rendre fou.

J’en voulais à cette hypocrisie, ne comprenant pas toujours qu’il soit essentiel pour un jeune de paraître « normal » aux yeux de ses compagnons. Se moquer de l’aimé pour se donner bonne prestance est chose assez courante chez les jeunes.

Ce cher Petit Prince, je l’aimais, même si parfois je croyais qu’il se foutait bien de moi. À le voir me chercher, j’aurais dû comprendre que tout cela n’était qu’un jeu pour lui. Une nouvelle expérience : être la flamme d’un bonhomme de qui il n’avait rien à craindre.

Les jeunes aiment exploiter l’effet de leur fascination sur un homme tant que ça demeure entre eux. Ils ne veulent pas être perçus comme gai, car, c’est encore perçu par eux comme quelque chose de honteux.

À cette époque, j’étais pas mal niaiseux et mes méthodes d’approche étaient loin d’être au point. J’avais encore trop peur. Aussi, la plupart du temps, je me

retrouvais seul à rêver. Les exceptionnelles réussites tenaient du miracle. Les aventures réelles étaient plus que passagères. Bien des désirs demeuraient de l’ordre des soupirs.

J’aimais ce petit, je le trouvais beau, ce qui revient au même. Et, je croyais qu’il s’en foutait. Quel imbécile ! Sa démarche était  pourtant  on  ne  peut  plus  claire. Cela a duré au moins deux ans et pas une seule fois je l’ai touché. Pourtant, il compte dans la liste de mes grands amours. L’amour repose sur les sentiments

Quoi qu’il en soit, à la fin de ce festival à Scotstown, Claude Robidas, mon copain d’enfance à travers l’aventure de la Thérèsa partit en voyage se reposer. Il apportait sans doute les pincements au cœur qui nous avaient effrayés quand les membres d’une jeune troupe anglaise de théâtre s’étaient effondrés avec le plancher, au cours d’une représentation théâtrale d’Oliver Twist.

Au moins, cet incident m’avait permis de rencontrer un petit anglophone un peu moins scrupuleux. Comment ne pas aimer les petits anglophones? Tous les petits gars sont beaux quelle que soit la race. Les limites raciales sont les murs de notre prison mentale.

Le festival avait été un succès, nous en étions tous fiers.

Deux jours plus tard, les patrons me demandaient de préparer un papier sur la mort de mon ami Claude Robidas. J’ai noté, en bon journaliste, tous les détails de son accident d’auto. Je vivais comme dans un nuage, tant ce malheur me secouait. Cela me semblait impossible. Je croyais dans un coup monté. J’écrivais la nouvelle entre deux larmes. C’était une partie de moi qui venait de partir, de beaux souvenirs. Les patrons ne m’auraient peut-être jamais laissé travailler sur cette nouvelle s’ils avaient su que Claude était un ami d’enfance.

J’étais encore sous le choc quand j’appris la mort de Mme G. Cette période de ma vie fut tellement douloureuse, à cause de toutes ces morts, que je ne suis plus certain de l’ordre chronologique du déroulement des événements.

17

La mort de Mme G.

Un soir, nous nous rendions à l’hôpital, moi, Réginald Dupuis et Gaétan Dostie, donner du sang. Un appel venait d’être lancé à la radio et notre sang correspondait à ce qui était demandé d’urgence.

J’avais la tête appuyée sur le bord du camion, à l’intérieur, derrière le chauffeur.

Tout à coup, Gaétan cria : « mais ces fous-là vont nous rentrer dedans. »

Je me suis relevé. J’entendis un grand bruit. Je vis le champ de vision devant moi tournoyer, puis, les outils me flotter de chaque bord de la tête. Ce fut un beau spectacle. Je ne sais pas si je me suis évanoui, mais quand je suis sorti, j’ai senti une immense « prune » au front.

Des gens demandaient que l’on fasse venir une ambulance, alors que Gaétan s’intéressait à ce  qui  m’était  arrivé.  Je  trouvais  que  le  temps  était  très  long. Plutôt que d’attendre, je suis parti à pied pour l’hôpital qui n’était plus tellement loin.

À mon arrivée, je me suis senti crever. J’ai affreusement eu peur, puis en songeant au fait que Dieu ne peut pas être contre l’amourajoie la sérénité m’a envahi. Il n’y avait plus que la lumière, et petit à petit, les infirmières s’agitèrent autour de moi.

Bizarre, mais par cette situation je venais de comprendre un message : Dieu existe. Je mourrais comme dans mon rêve fait quelques jours auparavant. Ma montre, un cadeau de Mme G. et de Réjean avait avancé et arrêté net à l’heure et à la date où Mme G. fut ensevelie. À cause de tous ces signes, je savais que Mme G. venait de mourir à Québec. Et, comme elle me l’avait promis, elle venait me donner la réponse qu’elle avait jurée m’apporter à sa mort : OUI. Dieu existe.

Si Gaétan n’avait pas parlé au moment de l’accident, j’aurais aussi été du grand voyage sans retour.

Pour moi, la mort de Mme Gosselin fut très cruelle. J’ai ressenti une révolte viscérale contre l’injustice divine. Je venais de perdre celle que j’appelais « ma mère spirituelle. » Celle qui me montrait que le christianisme est d’abord et  avant tout fait de compassion, de compréhension et de pardon. Un monde dans lequel tu n’es pas jugé.

Elle venait de transformer ma vie en me laissant aimer un petit gars plutôt que de m’invectiver et me promettre toutes les peines de la terre. Elle était la charité incarnée. La réalité du christianisme.

Je n’avais pas tout à fait bonne conscience. Je me reprochais de ne pas y être allé assez souvent. Mme G. calma mes appréhensions dans un rêve.

J’étais avec Réjean. Je voulais l’embrasser et demeurer avec lui plutôt que de me rendre aux funérailles. Après un effort quasi surhumain de sincérité, je me retrouvais dans un autobus, en route vers Québec, avec Réjean comme compagnon de route. Alors que je l’embrassais, tout se mit à tourner. Je me suis

retrouvé face à face avec Dieu, un dieu à l’air païen. Il s’approcha de moi et me tendit une coupe. J’étais fou de peur. J’ai bu en écoutant Dieu me dire de boire

« à la coupe de la Vie ». Je me suis réveillé avec une sensation de bienfait extraordinaire. L’inconscient a des armes défensives invraisemblables. Ce rêve bénissait et consacrait mon amourajoie.

Je ressentais très profondément que l’amour ne peut pas être condamnable. Aimer Dieu comme on contemple amoureusement un petit gars, c’était un paradis qui me tentait, me fascinait, c’était l’amour que je ressens. Ça n’a pas besoin d’autre chose pour nous combler. Pourquoi ne serait-ce pas ce qui se passera quand on sera mort? Ressentir Dieu, s’y intégrer dans une osmose qui n’a pas besoin d’autre chose pour nous rendre absolument heureux. Voir est-ce aussi ressentir?

J’étais survolté. En l’espace de quelques mois, j’avais perdu trois amis et un amant. C’en était trop. Une vie qui s’arrête en plein milieu alors qu’elle pourrait devenir agréable. Je n’arrivais pas à comprendre les signes d’une bonté divine dans cette réalité. Quand on est humain, on ne peut pas comprendre l’ordre cosmique. C’est trop pour notre petite cervelle.

Je jugeais aussi de plus en plus négativement le système dans lequel on vit. Un monde pourri qui laisse souffrir la majorité de la population pour les intérêts de quelques-uns. Un monde assez corrompu pour que la police fédéraste  assassine ceux qui combattent le régime. Des êtres assez hypocrites et fanatiques pour condamner toutes les formes d’amour, en dehors du mariage. Condamnation selon laquelle le plaisir sexuel est plus grave qu’un meurtre. Quelle folie ! Jamais, sauf à mon deuxième procès, je n’ai autant souffert de l’étroitesse d’esprit de certains Québécois.

Si le christianisme est hypocrisie, Mme G., par sa tolérance, me prouvait qu’il pourrait facilement en être autrement. Je me sentais mieux compris, accepté  par  elle.   Ma   mère   comprenait   mal   mes   sentiments   envers Mme Gosselin. Je ne la jugeais pas et je ne lui en voulais pas. Elle était à sa manière, tout aussi fantastique que ma mère. Maman était plus croyante et moins politisée que papa, à mon avis. Son mépris pour mon orientation sexuelle était loin cependant du fanatisme irrecevable de certains autres. Elle voulait mon salut, non me condamner. Maman était juste plus à cheval sur les règles sexuelles. Une question d’éducation probablement. Mme G. avait ce qui en faisait une vraie chrétienne. C’était quelqu’un capable de comprendre les autres sans les condamner.

Je me révoltais contre les tentatives pour me faire réfléchir, me convertir, car c’était toujours la même histoire religieuse qui sous-tendait cette prétendue prise de conscience. Au lieu de comprendre pourquoi le sexe est le mal, j’avais la

certitude au contraire qu’au Québec, on exagère tout ce qui touche à la sexualité. On accepte les règles sans même savoir pourquoi elles existent. Je ne savais pas encore que c’était pire ailleurs. C’est tout simplement plus fou dans certaines autres religions.

Dans l’islam, ça devient de la folie furieuse pour ne pas dire criminelle avec la Charia.

Chez moi, on me trouvait tellement baveux que mes parents craignaient que je me fasse tuer ou battre au cours d’une de mes brosses.

Comment mes parents qui me voyaient peu souvent à cette époque pouvaient- ils comprendre qu’un être si doux, si gélatineux, soit devenu un tel volcan? Le journalisme me faisait voir la vie autrement.

La corruption politique était évidente, criante. La liberté d’expression était très mince et c’est au compte-goutte qu’on laissait paraître l’information complète. J’avais déjà perdu deux fois mon emploi à la Tribune pour des raisons politiques. J’avais appris, que dans ce journal, il ne faut pas s’en prendre efficacement au parti libéral, car, la Tribune est rouge. Comment faire éclater la vérité sans être à nouveau congédié ?

Plus tard, quand un accident semblable se répétera, j’ai commencé à croire qu’il ne s’agissait pas d’accidents, mais d’attentats dans le but de tuer moi et mon ami Gaétan Dostie qui devint d’ailleurs un des prisonniers à la suite des mesures de guerre.  Le mot le dit bien.

18

Les événements d’octobre 1970

À force de te faire piller sur les orteils, t’as beau ne pas être malin, la chaleur finit par faire monter la moutarde au nez. Avec tout le ressentiment accumulé, j’ai accueilli avec joie l’enlèvement de James Cross.

Je croyais, comme tout le monde, j’imagine, assister « live » à un roman-réalité de télévision. C’était tout au moins aussi excitant.

J’étais d’autant plus heureux que le FLQ ne se gênait pas pour dénoncer la situation pénible faite au peuple du Québec. Un peuple qui vivait dans l’inconscience totale.

Le FLQ, c’était Mandrin.

Mandrin est un bandit français qui volait les riches pour distribuer ensuite les résultats de ses prouesses aux pauvres. Il est mort guillotiné. Contrairement à Robin Hood, il a déjà existé pour vrai.

J’avais peut-être 14 ans quand j’ai vu cette histoire à la télévision. J’étais outré par ce manque de justice sociale. Je me suis juré de rétablir sa réputation. Voler pour le remettre aux pauvres, ce n’est pas voler. Si j’étais contre la violence, j’appréciais l’audace, le courage Mandrin qui risquait sa vie pour un peuple qui lui cracha au visage.

Après Cross, ce fut Laporte. Le FLQ devint tout simplement héroïque à mes yeux.

À lui seul, il tenait tête à deux gouvernements corrompus.

La crise d’octobre fut un souffle de liberté. Enfin, des hommes se tiennent debout face au pouvoir et lui crachent au visage. J’admirais une telle force. J’aurais voulu avoir autant de cran.

Le temps passait. Je devenais plus radical.

Les soirées de poésie dans les petites villes de la région se poursuivaient de plus belle. Nous avons même élargi notre territoire. À Thetford Mines, nous avons tenu un récital à la mémoire de Gaston Gouin et une exposition de peinture. Pierre Vallières nous accompagnait. Nous avons connu deux poètes qui furent de bons amis.

Jean Grondin me plaisait beaucoup parce qu’il était simple et franc. Il est mort quelques mois après notre rencontre dans un drame tout à fait bizarre qui emporta aussi une autre poétesse du groupe.

Quant à Gisèle Morissette, de Richmond, c’était ma préférée. Son amour de la poésie était si intense qu’il fallait oublier certaines faiblesses de sa plume. Je n’ai jamais rencontré une autre poète, sauf Janou St-Denis, qui ait autant le feu sacré. Gisèle était toute maternelle, toute tendresse. Elle organisa souvent des rencontres poétiques à son magnifique chalet qui fut plus tard la proie des flammes. J’aimais Gisèle parce que même si elle n’acceptait pas mon amourajoie, elle ne se mêlait pas de mes amours avec un petit anglais de la région de Richmond. Elle était témoin et confidente discrète de cet amour platonique. Sans la peur, l’amourajoie est un sourire dans la vie qui est souvent un enfer, car tout y est amour profond et passionné.

Nous ne nous sommes chamaillés qu’une fois en parlant des partis politiques que nous appuyions. J’étais séparatiste et Gisèle était fédéraste. Gisèle avait le même sens du respect des autres qui m’avait conquis chez Mme G.. Elle comprenait qu’il peut y avoir pluralisme même dans la morale. Mon credo était et est toujours : tout sauf la violence. Il est super important que l’amour que tu témoignes à l’autre lui soit bénéfique. C’est tout le contraire de ce que les féminounes essaient de nous faire croire en accusant la pédérastie (amourajoie) de tous les crimes. Elles inventent des dangers qui n’existent pas pour faire croire au danger pédophile,

Pauvre Gisèle, les malheurs se sont abattus sur elle. Elle est décédée dans un accident d’avion.

J’aimais organiser des soirées, des récitals, répandre la poésie et boire la beauté, la fraîcheur des âmes qui s’éveillaient à la magie des mots. La poésie est le premier cri d’un individu qui se libère. Vouloir la censurer, c’est la tuer. Janou St- Denis disait : « tuer la poésie, c’est tuer la race humaine. »

Plus tôt en 1970, un soir alors que nous rendions chez Gaétan Dostie le chercher pour participer à une soirée de poésie, à Valcourt, nous avons été avertis de ne pas l’attendre : la police était chez lui et il serait vraisemblablement amené en prison. Pourquoi était-il arrêté? Parce qu’il était indépendantiste? Ami de Gouin?

Ce soir-là, à Valcourt, entre nos poèmes, nous dénoncions ces arrestations arbitraires. Les événements d’octobre n’étaient plus un événement étranger. Ils s’attaquaient à tous ceux qui ne partageaient pas les vues de Trudeau. Je me faisais plaisir à crier : Vive le Québec libre! Vive la révolution !

Pour s’assurer que Gaétan ne soit pas tué lui aussi, comme cela se faisait en Amérique du Sud et aux États-Unis (les Black Panthers), par une meute de policiers enragés, j’ai travaillé avec un groupe de jeunes à distribuer des pamphlets. J’ai rencontré ces jeunes, car ils disaient vouloir travailler pour la révolution du Québec.

L’un d’eux était particulièrement beau. Malheureusement, lui et son compagnon ne voulaient rien savoir de mes amours. Saoul, cela a même soulevé quelques étincelles, car quand je bois, je suis probablement comme tous les autres, affreusement idiots. Un double de moi-même. Ma vie de frustré sort alors au grand jour.

J’ai donc dit au plus radical pour qui tout n’était que politique : « Pour moi, la révolution et le cul, c’est indissociable. Ça ne donne rien d’avoir un Québec politiquement libre, si on est sexuellement arriéré et prisonnier de la morale religieuse.»

J’ai temporairement rompu mes relations avec lui sous prétexte que je ne voulais pas jouer le rôle de père, car il vouait un véritable culte à mon esprit révolutionnaire.                            .

Malgré ces incidents, le premier tract fut préparé. Cette résistance passive permettrait au moins, à mon avis, qu’aucun ami ne soit tué par la police. Tous les pays peuvent devenir fascistes du jour au lendemain.

Chose curieuse, avant même que les tracts soient distribués, ils étaient souvent

saisis par la police. Nous voulions recommencer ailleurs, mais la police était au rendez-vous avant nous. Qui nous trahissait? Je ne l’ai jamais su, mais l’évidence parlait d’elle-même : c’était quelqu’un du groupe. La police n’aurait jamais pu le savoir autrement.         

Une chose était certaine : ce ne pouvait pas être moi puisque je me prenais vraiment pour un révolutionnaire et je n’avais aucun lien avec quelque policier que ce soit. Cela ne m’aurait même pas effleuré l’esprit. J’ai toujours été clean comme on dit. Certains se posaient des questions parce que, selon eux, si j’étais vraiment pédéraste (amourajeux) je ferais de la prison, Ce qu’ils ne savaient pas c’est que j’en avais déjà fait pour des raisons sexuelles et que ça arriverait à nouveau toutes les fois que je retrouverais dans une situation chaude en politique.

J’ai bien aimé cette première lutte. C’était comme quand nous étions petits et nous jouions au cowboy. La même intrigue. Tout se faisait secrètement. Les ballades en moto, alors que nous étions gelés comme des balles, étaient bien plus excitantes. C’était vivifiant. Tout en prenant mon rôle de révolutionnaire très au sérieux, je m’amusais.

Un dimanche, la direction de la Tribune me demanda de faire des heures supplémentaires et de couvrir un événement à Roch Forest. En m’y rendant, avec le vétéran photographe Royal Roy, celui-ci m’informa que des felquistes avaient été repérés à Magog et arrêtés à East Angus.

Même si Cross avait été enlevé, je venais de faire parvenir deux dossiers à Pierre Vallières, le chef présumé du FLQ. L’un des deux dossiers portait sur la pénible situation des travailleurs d’East Angus. J’espérais que Vallières trouverait quelqu’un pour les publier à Montréal. La peur me prit. J’ai aussitôt cru que ces dossiers avaient été interceptés par la police et la cause de ces arrestations.

J’étais malheureux. Sans le savoir, à cause de mon imbécilité, j’étais devenu un traitre. J’avais si honte que j’eus de la difficulté à remplir convenablement ma tâche de journaliste. Par contre, j’étais intrigué que la radio n’en fasse aucune mention dans leurs bulletins de nouvelles. Pourquoi ne parlait-on pas d’une primeur d’une telle importance?

De retour au bureau, le grand Alain Guilbert se moqua des felquistes arrêtés. Il me dit qu’ils étaient au moins seize. Selon mon peu de connaissance et les pauvres lectures que j’avais faites pour comprendre comment fonctionne un mouvement terroriste, cela était impossible. Chaque cellule se compose de tout au plus de trois ou quatre personnes et aucun lien direct n’existe entre les cellules et les dirigeants.

Je lui ai alors fait remarquer victorieusement son erreur; certain plus que jamais d’avoir été piégé. La salle de rédaction n’était-elle pas liée par un service interphone avec l’atelier? Ainsi tout pouvait être entendu ailleurs sans être vu.

J’étais fait. Je venais de m’aventurer sur un terrain dont je ne connaissais pas la composition des sables mouvants. J’avais à l’idée les cinq ans de prison pour tous ceux qui s’avouaient pro felquistes. Ce que je faisais à chaque récital de poésie. J’avais à peine la capacité de tolérer l’idée d’y retourner ne serait qu’une seule journée.

Cependant, pour moi, la révolution était devenue une vocation et une profession de foi. Nous étions carrément en guerre avec Ottawa qui mange nos portefeuilles, mais nous néglige comme commettants.

Malgré la peur, je me suis déclaré solidaire de cette révolution. Quant aux objectifs, c’était parfaitement vrai; mais pour ce qui était des moyens, c’était totalement faux. Même Vallières savait que j’étais opposé à la violence. Pour Vallières, je n’étais qu’un petit bourgeois.

J’attendis patiemment que les questions m’indiquent le sens de cette mise en scène. Cela ne tarda pas. Les questions fusèrent de partout concernant Gaétan Dostie qui était alors en prison. Animé par le désir de le sauver, comme se devait de le faire tout bon ami, j’affirmai que Gaétan Dostie n’était qu’un petit « passeur de journaux ». Je croyais ainsi lui éviter bien des problèmes.

Était-il mêlé aux événements comme je le croyais puisqu’il avait été arrêté? Gaétan a toujours été mieux informé que moi et plus radicalement indépendantiste. C’était donc normal que je le prenne pour un felquiste. Il venait d’être arrêté, ce qui le confirmait.

Pour être cru, je devais, à mon sens, passer pour un vrai felquiste. C’était le premier acte de bravoure de ma vie. Je devrais plutôt parler de première prise de position envers une amitié naissante. Mon premier vrai acte de solidarité humaine.

J’avais rencontré Gaétan Dostie qu’à l’occasion de l’incident Gouin, puis, au cours de soirées de poésie. Je ne connaissais rien de ses opinions personnelles, sauf, qu’il était sans compromis pour l’Indépendance du Québec. Je l’admirais comme un dieu.

À mon départ du bureau, je vis un bonhomme me suivre, puis un flic qui faisait semblant de coller un billet sur un pare-brise devant la sortie de La Tribune. Il en passa d’autres en voiture à toutes les intersections dès que je les avais franchies. Finalement, après être entré chez ma tante, je vis un autre individu quitter la maison, comme si j’avais été suivi.

J’étais convaincu que c’était un coup monté par la police. Aussi ce soir-là, je me suis couché tout habillé, prêt à être arrêté. Que c’est long cinq ans!

J’avais une peur bleue. Je n’ai jamais été bien brave. Mais, plus j’avais peur, plus je me montrais sous un visage radical et fanatique. On me pensait ainsi beaucoup plus baveux que je le suis en réalité.

Quand Gaétan Dostie fut libéré, j’ai appris qu’en dedans il aurait eu bien des difficultés à obtenir les médicaments dont il avait besoin, ayant attrapé la malaria en Afrique. Nous avons loué un appartement ensemble.

On avait arrêté Gaétan Dostie, croyant qu’il était communiste puisqu’il était en possession d’un livre traitant de ce sujet, livre qui avait d’ailleurs l’imprimatur de l’archevêque de Sherbrooke, probablement un autre communiste.

Les  perquisitions  ont  frappé  d’autres  membres  des  Auteurs   réunis.   Même Réginald Dupuis n’y échappa pas. Pour ne pas nuire à ce que j’avais dit pour protéger Gaétan, j’ai continué à affirmer mon appui au FLQ, mouvement qui n’existait probablement pas à Sherbrooke. C’est du moins ce que Paul Rose affirma plus tard.

J’aurais bien aimé être aussi brave que les felquistes, mais j’étais toujours à me reprocher un petit fond de lâcheté. Les « j’aurais dû » ou « j’aurais peut-être dû » parsemaient ma vie. J’aurais bien voulu être un de ces braves, mais j’étais un peureux. Ma poésie avait changé littéralement de ton. Elle devint plus révoltée, plus révolutionnaire, ce qui correspondait réellement à ce que je ressentais.

À la suite de cet incident, j’ai essayé de faire retomber sur moi tous les soupçons, en croyant qu’on ne toucherait pas à un journaliste, mais en réalité, je faisais dans mes culottes.

Ma thèse était simple : puisque je n’y connaissais rien, il était impossible que je nuise au FLQ et ma démarche créait une diversion. Je ne pouvais pas indiquer quoi que ce soit à la police puisque non seulement je ne connaissais rien du FLQ, mais je ne voulais rien savoir pour ne pas lui nuire. Je suis par nature trop bavard. « Je ne veux rien savoir, mais je suis prêt à faire passer tous les messages. », disais-je à ceux que je soupçonnais d’être felquistes.

En fait sur le plan régional, malgré mes efforts, j’étais tout au plus un allumeur de conscience comme se le doit tout bon journaliste. Je prenais mon rôle très au sérieux. J’en étais même prisonnier.

J’ai fait parvenir deux lettres assez incriminantes pour moi au président du Parti québécois. Ces derniers n’étant pas au courant de mes peurs s’interrogeaient sur le sens de ces agissements étranges. C’était simple: je voulais drainer tous les soupçons sur moi pour protéger Gaétan, car je me sentais défendu par mon statut de journaliste. Je pouvais ainsi grâce à mon ignorance faire retarder les découvertes de la police s’il devait y en avoir. J’avais eu si peur de trahir involontairement le FLQ que je me comportais avec autant de remords que si cela avait été vrai. Pourtant les preuves que tout cela était faux étaient évidentes. J’étais comme un petit adolescent devant les événements d’octobre. Le temps effaça mes soupçons et j’en vins à la conclusion que l’on m’avait monté un bateau avec ces fausses arrestations pour me mettre à l’épreuve.

J’agissais autant par conviction que par peur. Les deux étaient très intrinsèquement liées. J’étais effrayé et surexcité. J’étais traqué dans un piège sans raison de m’y retrouver. J’ai appuyé instinctivement le FLQ parce qu’il combattait pour le bien des pauvres, de la population. Il cherchait la justice sociale.

Un sourire venu d’enfer 9

octobre 26, 2020

Un sourire venu d’enfer 9

Autobiographie approximative

Page 55 à 63

Puis, j’ai connu la marijuana. Fumer était presque un rite sacré. J’adorais cette nouvelle dimension. Ce miroir révèle un aspect de la vie qui demeure inconnu sans cet artifice. Petit à petit, le pot est devenu un instrument pour mieux saisir la musicalité de la poésie. Par contre, la drogue avait un effet néfaste. Les extases devant les réalisations des autres me faisaient découvrir ma vraie dimension intellectuelle, soit d’être un ignorant pour ne pas dire un véritable imbécile.

En somme, la mari eut des retombées très positives. Elle transforma toute ma perception poétique, grâce au contact avec de meilleurs poètes que moi. Contrairement à ce m’avait dit mon psychiatre, je n’ai jamais cherché à dépasser le stade du hachisch. Je me trouvais déjà assez fou pour ne pas risquer de le devenir plus.

La mari est une des plus belles inventions poétiques quoique prise avec abus elle conduit à un certain état de paranoïa. Gelé, j’étais méditatif ou rieur, mais aussi de plus en plus paranoïaque au cours des premières minutes, tant que la musique ne faisait pas son apparition. Je croyais souvent au début que je venais de m’empoisonner en ressentant les changements se produire en moi. Une fois le plaisir musical installé, le voyage n’avait pas de prix quant au bonheur qu’il procurait.

Mes nouvelles passions faisaient l’affaire des patrons. J’étais moins radical, moins engagé, moins fatigant. J’étais moins politisé.  

Parfois, il était possible de confondre ma permissivité avec la réalité, tant notre vie était différente des moteurs conventionnelles.

La perversité n’existe que dans la tête des gens qui croient que la sexualité est perversité. Au Québec à cause des religions, on ne voit du mal que dans la sexualité d’où je crois que les religions déforment la réalité humaine afin d’entretenir une hystérie collective qui renforce la mésestime de soi si on vit une sexualité un peu plus éclatée que la société accepte.

Les jeunes qui se suicident n’acceptent pas leur différence, que très souvent ils n’arrivent pas à comprendre.

15

Au chalet du gouvernement

Une fin de semaine au grand scandale de mes patrons j’ai accepté une invitation du ministre des Terres et forêts, M. Claude Gosselin, de participer à une expédition de pêche au chalet du gouvernement. Je croyais pouvoir ainsi, en connaissant mieux le ministre, servir les intérêts de la région.

Je n’y posais qu’une condition : Réginald devait m’accompagner. La raison était simple: je n’aimais pas assez la pêche pour y aller seul et Réginald était le seul qui pouvait m’y conduire, car je n’avais pas d’auto et d’instruments de pêche. Et lui, il adorait la pêche.

Cette fin de semaine fut adorable. Le soir, le ministre distribua les chambres. Il laissait celle du bas aux amoureux qui étaient en l’occurrence moi et Réginald. Quelle folie! Sur le coup, nous n’avons pas saisi l’allusion. Plutôt que de faire  des chichis nous avons passé cette soirée à boire, tout en peignant. Nous avons écouté de la musique, discuté et peint jusqu’au petit matin. Le matin, nous avons remis nos peintures en remerciements au ministre qui n’a pu s’empêcher de nous citer en exemple aux autres invités.

Plus tard, le ministre apprit en faisant connaissance avec Denise, l’épouse de Réginald, qu’il n’y a jamais eu de relations homosexuelles entre Réginald et moi; mais que nous vivions une très profonde amitié.

J’ai été cependant scandalisé durant ce périple d’entendre le ministre Gosselin raconter comment Maurice Duplessis se servait de la peur des communistes pour gagner ses élections. Duplessis avait même inventé que des communistes attaquaient Québec alors qu’il s’agissait de travailleurs qui travaillaient dans ce secteur du cap. La peur des communistes était fréquente en politique et presque toujours rentable.

Elle est revenue à la mode avec Claude Ryan. C’est ainsi que l’on assista à une guerre sainte pour forcer le retrait de la pièce de théâtre « Les fées ont soif ». Les cultivateurs criaient aussi au communisme dans l’agriculture. Ça rappelle le

temps où le parti libéral a fait battre le « communiste René Lévesque » pour écarter le projet de souveraineté-association.

Le Québec a de la difficulté à s’émanciper, car il se crée des peurs.

Je n’étais pas un exclu dans le groupe de mes amis, même si tous savaient que je suis pédéraste (amourajeux).  Ils acceptaient que je sois différent. Ils savaient que je ne présentais aucun danger pour les garçons, sauf si on s’imagine que le plaisir consenti d’un attouchement est un meurtre, comme on le pense maintenant. La peur de la sexualité a atteint au Québec, grâce aux féminounes, un degré qui n’est pas loin du fanatisme. Il faut avoir eu la chance d’avoir une expérience sexuelle à l’adolescence pour savoir que jouir est un moment extraordinaire, si on est assez intelligent pour ne pas s’en culpabiliser.

Personne à part moi ne parlait de mon amourajoie et elle ne me paraissait pas dans la figure. On savait que je n’étais pas dangereux d’autant plus que Réginald et Denise n’avaient que deux filles. Pire, j’étais toujours avec Hélène et notre amour était évident pour tout le monde. Cet amour était sincère, malgré mon attrait pour les petits gars.

Le groupe formé des familles de Réginald et d’Hélène, mon Égyptienne, a vécu plus longtemps que le rêve suscité par mon petit lutteur, le fantôme de mes rêves depuis déjà deux ans.

Hélène était devenue le vrai centre de mes amours.

Aussi, mon agressivité à combattre la malhonnêteté des libéraux n’aurait peut- être pas refait surface s’il n’y avait pas eu octobre 1970.

Chapitre 2

Au Québec pour réussir, faut-il être malhonnête ?

Au début de l’année 1970, avant l’arrivée d’Hélène, tout était centré sur Réjean. J’aurais voulu que notre amitié soit rétablie comme au début dans toute sa pureté et sa force, mais j’avais de la concurrence. Et, ce concurrent avait l’avantage sur moi de demeurer à plein temps à Québec avec Réjean alors que j’étais toujours dans l’Estrie.

J’étais jaloux et je ne voulais pas l’avouer. Cependant cette situation ouvrait toute grande la porte à une nouvelle forme d’aventure. Je n’ai jamais vécu une sexualité normale, car je ne vois pas l’importance d’aimer un sexe plutôt que l’autre. Il me semble que nous aimons des humains parce qu’il existe une connivence entre nous. Un attrait comme la force d’attraction.

Après une couple d’années, Réjean ne semblait pas partager cet amour fougueux qui marquait mes visites. Quand je le visitais, il faisait tout ce qui est inimaginable pour attiser ma jalousie. Il prenait un vilain plaisir à jouer au billard avec un nouveau pensionnaire. Il agissait comme s’il était très large d’esprit. Il profitait de mes scrupules pour me montrer que j’étais plus niaiseux que son nouvel ami. Sa démarche semblait dire : lui, ce n’est pas qu’un tas de scrupules.

Les jeunes savent très vite comment manipuler l’adulte qui tombe en amour avec eux. Ils savent qu’ils ont tous les pouvoirs. Pour la première fois de ma vie, j’ai été confronté à une réalité difficile à croire, mais bien réelle : les jeunes en connaissent plus sur la sexualité que nous voulons bien le croire, car aujourd’hui, même avec la censure, ils ont des moyens de s’informer et apprendre ce qu’ils veulent savoir. Ils savent instinctivement comment exploiter les sentiments. Il leur suffit de jouer aux innocents devant leurs parents.

Réjean, c’était le corps, le centre, la réalité. Je l’adorais comme je le disais dans

Re-jean.

Réjean, c’était la raison pour laquelle la vie me semblait précieuse et digne de combats. Réjean, c’était mon espoir incarné. Il était l’énergie qui me poussait à la poésie, mon vœu de voir un jour les hommes comprendre que ce lien est plus important que tout autre idéal… L’amour est ce qu’il y a de plus important dans la vie. Je vivais avec lui, l’amour à l’état vierge. Il n’était certainement pas chaste de ma part, mais absolument pur. Comment peux-tu être un danger pour un petit gars que tu aimes si follement?

Réjean était une vision du monde qui se dessinait, s’expliquait par les autres éléments de la vie. Une forme d’extase. Pourtant, cet amour s’effondrait comme l’aéroport international de Drummondville et être remplacé par la belle Hélène.

Mon travail me forçait à prendre conscience d’une autre réalité, moins angélique celle-là, la plupart des gens sont exploités, prisonniers d’une structure qui nous condamne à lutter entre nous, les uns contre les autres, comme dans une jungle.

Heureusement, les Vauxcouleurs (Estrie) sont une des plus belles régions que j’ai connues et mon travail me forçait à la visiter, à apprendre que la terre est parsemée de petits Réjean.

La Tribune de Sherbrooke m’avait affecté à la couverture des événements régionaux, c’est-à-dire tout ce qui se passe en dehors de Sherbrooke et de ces bureaux régionaux. Elle avait mis une auto à ma disposition pour me déplacer dans la région.

La nature et une certaine liberté dans mon travail commençaient à me permettre de rêver à un monde dans lequel le bonheur, la sincérité, la franchise étaient des éléments de base.

J’étais aussi naïf que les douze ans de Réjean. Émotivement, j’étais probablement déséquilibré, car j’étais trop extrémiste. C’était sûrement dû au profond sentiment d’infériorité que je ressentais parce que j’étais pédéraste. Et ma réalité physique avait fait en sorte que j’avais été trop protégé par maman, à mon goût du moins.

Il me semblait impossible qu’il puisse exister des gens pour qui la fortune, la gloire, le pouvoir, l’argent puissent être plus importants que la vie humaine. Sans le savoir, j’étais profondément chrétien, malgré mon amourajoie. C’était normal avec l’enfance que j’avais vécue. On n’envoie pas Dieu promener quand on l’a vécu aussi profondément dans sa chair.

Je rêvais et j’apprenais petit à petit que ce monde idéal n’existe que dans ma tête.

Réjean était de plus en plus froid avec moi et j’avais rencontré Hélène qui le remplaçait en tenant une place bien différente. Avec elle, la vie intellectuelle était aussi précieuse que la sexualité.

Comment ignorer l’autre vérité? Dans les Vauxcouleurs un fort pourcentage de gens était réduit au chômage ou à l’assistance sociale.

Les députés, les uns après les autres, trahissaient leurs promesses. Il suffisait d’imaginer et de présenter des solutions exigeant un changement social pour améliorer le sort de la population pour se valoir d’être amèrement combattu.

Il était évident qu’il fallait changer de gouvernement, pousser plus loin les réflexions sociales sans tomber dans le fanatisme. Le Québec avait besoin d’une autre révolution.

Une révolution de la conscience et des émotions.

Je croyais encore assez dans l’intelligence humaine pour espérer. J’ébauchais des réponses. Chacune de celles-ci se frappait au même mur : tant que le Québec appartiendra au Canada, il n’y a aucun espoir.

Les autorités pouvaient bien faire semblant de comprendre, mais à moyen et à long terme la trahison ne tardait pas de devenir évidente.

L’Union nationale n’était qu’un parti de petit patronage et de patinage politique au provincial.

Au fédéral, j’ai cru un temps que le « French Power » partageait l’idéal pour lequel il avait été créé : permettre aux francophones d’avoir le pouvoir à Ottawa et établir l’égalité entre les deux nations française et anglaise.

L’aéroport m’avait prouvé qu’il en était aujourd’hui comme autrefois : les Canadiens anglais se croient les seuls maîtres et nous regardent avec dédain.

Malheureusement au Québec, l’Église a créé un masque à l’exploitation. Ainsi les gens aiment leur misère et croient aveuglément dans l’autorité. L’Église par sa manière d’enseigner l’Évangile garantit la mort-née de tout sentiment de contestation. C’est ce qui explique sa doctrine sociale sur la sexualité, car c’est la méthode par excellence de nous dominer pour toujours en nous culpabilisant et en nous infériorisant. Elle était dans les Vauxcouleurs tout aussi politique qu’ailleurs, mais un peu plus hypocrite. Puisque dans les milieux conservateurs, il est impossible d’échapper à ses émotions religieuses, installées à coups de mythes et de peur, il ne pouvait pas être question d’y déraciner facilement l’esprit de résignation, de colonisé qui régnait partout.

Puis, comme l’avait prédit Gaston Gouin, il se mit à faire mauvais sur tout ce territoire.

Lors d’une visite à Québec, j’ai appris que Mme G. avait juste quelques mois à vivre. Elle était atteinte du cancer.

Mme G. m’apprit la nouvelle avec tant de douceur que j’ai cru qu’il s’agissait d’une farce. L’humour était chez elle un trait de caractère qu’elle employait parfois pour nous sonder ou pour nous faire confronter les réalités de la vie. Je ne l’ai pas crue. Cela me semblait beaucoup trop injuste. Elle était trop bonne pour  mourir aussi jeune.  Maintenant qu’elle était heureuse, elle  mourait.

Je n’ai rien retenu de cette nouvelle qui me semblait invraisemblable puisque Mme G. semblait encore en pleine santé, malgré sa dernière opération.

Mes amours refirent vite surface.

Réjean me témoignait de plus en plus d’indifférence. Je ne savais plus comment l’atteindre. C’était un dard en flammes à chaque apparition. Il essayait de me rendre jaloux de plus en plus. Il m’opposait toujours à un nouveau pensionnaire plus jeune et me laissait entendre qu’il était beaucoup plus cool que moi. J’étais d’autant plus jaloux que je soupçonnais ce nouveau d’être gai.

J’ai décidé d’espacer mes visites. Peut-être ainsi s’occupera-t-il plus de moi quand j’irai à nouveau?

Je m’interrogeais sur l’amour. Aimer son prochain, est-ce se battre comme journaliste pour le bien de la région? Est-ce plutôt s’attacher à un individu en particulier? Est-ce manquer de charité que de combattre les politiciens qui nous semblent malhonnêtes?

Ma conception du christianisme avait émergé avec ma première visite en prison. J’étais devenu plus croyant, mais aussi plus conscient que ce que l’on nous demandait était carrément contre nature. Il faut toujours se vaincre. Pourquoi? Qu’est-ce que ça apporte aux autres? En quoi la chasteté nous rend-elle meilleur ou plus pur?

La plus grande des prières est la joie de connaître Dieu dans tout ce qu’il a de plus beau. Par conséquent, l’amourajoie était ma réalisation la plus sublime quand je l’acceptais et que je cherchais à la vivre honnêtement. Est-ce erroné? Qu’est-ce que la vie? Pourquoi un Dieu qui se dit amour laisse-t-il souffrir et mourir de misère autant de monde?

Ma grande peur était, comme je l’entendais partout, de blesser, de nuire au garçon que j’aimais. J’étais à ce sujet extrêmement scrupuleux. Je croyais possible que les petits soient sans défense et facilement brisables, influençables comme on le prétendait, même si toutes mes aventures me prouvaient le contraire. La peur de la pédophilie est ancrée dans une mésestime éhontée des jeunes que l’on prend pour de parfaits idiots.

Sans violence, un jeune ne fait que ce qui lui plaît.

J’ai pris des années à découvrir que les adultes perçoivent la réalité sexuelle des jeunes à travers leur propre peur, née de leur éducation. En imposant leur morale, ils se foutent de briser la curiosité sensitive des jeunes. Une curiosité toute normale, tout aussi essentielle pour garder une attitude positive devant la vie. Ils leur apprennent à haïr leur corps comme ils le font pour eux-mêmes. La morale est un crime quand elle te pousse à rejeter ce que tu es fondamentalement.

Pourquoi plus de femmes souffrent de névrose que d’hommes, sinon parce que la perception du corps de la femme est dans notre éducation la fin, la tentation sexuelle de tout individu, le mal? Elles doivent répondre à tous les critères inventés par une société de mâles qui profitent de leur soi-disant besoin d’intimité. Les femmes sont esclaves de leur besoin de bien paraître. L’Église les condamne, ce qui les place dans un perpétuel état d’infériorité par rapport à l’homme. Ainsi, plus de femmes ne savent pas vivre dans la joie d’avoir un corps.  Pourquoi tolérer que la société continue à entretenir une telle imbécilité?

Je ne pouvais pas nuire à Réjean en l’aimant, en lui prouvant l’intérêt que je lui portais. Mes cadeaux étaient liés à ses performances à l’école. Comment peux- tu nuire à un être que tu adores? La perception des vibrations entre les humains, ça existe. Réjean s’éloignait de moi et je respectais finalement sa volonté. Je ne pouvais pour mon bien et le sien qu’espérer revivre avec un autre ce que je venais de vivre avec lui.

J’étais encore trop attentif à ce qu’en disaient les autres pour me sentir complètement déculpabilisé. Pourquoi le sexe avec une personne qui n’est pas adulte devient-il automatiquement quelque chose de mal? Si la chair est perçue comme le mal, c’est qu’on le fait croire et ça ne correspond nullement à la réalité. Bien des petits gars vont vivre une aventure homosexuelle et demeureront hétéros si c’est leur nature. Une relation sexuelle ne représente aucun danger physique pour un garçon si elle est sans violence ou domination. Ce n’est qu’un pur plaisir. Malgré cette vérité, ne sachant pas encore que l’éjaculation est la source de tous les interdits parce qu’on croyait que le sperme est une partie du cerveau, je voulais devenir « normal ».

À Sherbrooke, Hélène m’attirait de plus en plus, alors que mes relations avec Réjean étaient de plus en plus espacées. Je me demande même si je n’ai pas connu Hélène seulement après la fin de mes amours avec Réjean. Une fin qui me tuait, car ma passion pour Réjean avait été très éblouissante.

Mais à un moment donné, Réjean n’avait plus le monopole. Hélène faisait de plus en plus partie du décor. Mes hésitations à monter à Québec tenaient d’une chose que je ne connaissais pas avant : la jalousie. Je reprochais aux femmes d’être exclusives et jalouses et je vivais exactement ce que je leur reprochais.

Hélène partageait ma ferveur grandissante pour la cause du peuple, mon besoin de révolution dans le sens d’un changement profond. Elle avait réussi ce que je n’aurais jamais cru possible : me faire oublier qu’elle est une femme. Elle m’avait permis de comprendre que l’on n’aime pas un homme ou une femme, mais une personne.

Hélène m’entraînait dans la poésie. Nous étions heureux. J’aimais cette ambiguïté sécuritaire, même si c’était de bien moindre importance que mon besoin d’authenticité d’où je continuais à me proclamer pédéraste.

Comment un amourajeux peut-il aimer vraiment une femme? Amourajeux était un terme que j’avais inventé comme titre d’un de mes livres de poésie. L’amourajeux est-il nécessairement et uniquement gai? Est-ce que l’âge entre amoureux a réellement de l’importance? Comment ne pas sertir la joie des autres qui t’estiment maintenant sur la « voie de la guérison » ?

J’étais encore assez niaiseux pour croire qu’il est mal d’être pédéraste, de croire que l’amourajoie est anormale. J’adorais Réjean et plus il le savait, plus il s’en servait pour me manipuler. Son petit copain ne servait qu’à me le rendre encore plus indispensable.

Quant aux Vauxcouleurs (Estrie), la flamme politique se faisait plus rare et toute autre forme de vie m’ennuyait.

J’avais complètement perdu foi dans la députation. Nos représentants ne connaissaient rien à nos problèmes et nous en avions à revendre. Tout ce qui les intéressait, c’était leur maudit pouvoir, être réélu.

Aucun secteur économique ne se portait bien et dans chaque cas, le fédéral était toujours le principal responsable. Les deux paliers de gouvernement se garrochaient les problèmes, ce qui leur permettait de ne rien résoudre.

J’attachais autant d’importance au sort de la région qu’à mes propres amours.

Les gens réagiront. Ils finiront bien par comprendre. Ils ne peuvent pas se faire emplir tout le temps, sans finir par identifier les menteurs et les profiteurs, pensais-je.

La majorité était aveuglée par les discours ou elle était trop paresseuse pour chercher à bien s’informer. Les gens croyaient tellement dans les gouvernements qu’ils ne pouvaient pas accepter les changements globaux qui leur permettraient de s’en tirer. 

J’attachais une importance sans limites à la vérité.

Un sourire venu d’enfer 8

octobre 25, 2020

Un sourire venu d’enfer 8

Autobiographie approximative

Page 46-55

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Le projet des 200 millions.

Des négociations ont été entreprises pour obtenir au moins comme le promettait Jean Marchand, une compensation valable pour les Vauxcouleurs (Estrie). C’est au cours de ces assemblées de négociations que j’ai appris que certains membres de l’équipe fédérale étaient liés à la CIA.

Ces pourparlers n’ont pas abouti, car même si j’avais créé un projet totalisant environ 200 millions de dollars à être investis dans la région, les maires avaient trop l’esprit de clocher pour l’endosser et récupérer au moins ces argents.

Nos maires, presque tous des libéraux, comme c’est encore le cas aujourd’hui, préféraient préparer leur propre avenir politique, se battre entre eux, s’écraser, selon le meilleur esprit de clocher et de mesquinerie. La politique était plus sale que je ne l’avais jamais imaginée.

Pour cerise sur le gâteau, pour nous humilier encore plus, Trudeau accepta l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke de participer aux fêtes de la Saint-Jean. Quelle arrogance! Je voyais déjà couler le sang des rues à cause de ce maudit baveux.

Je rêvais déjà de lui cracher au visage tandis que la GRC multipliait ses efforts auprès des municipalités pour être « informée » de toutes les personnes jugées radicales ou de tout nouvel étranger arrivé dans la région. Puisque la trahison peut aider à l’avancement politique, nos autorités municipales appuyaient Ottawa.

Selon les rapports  de la GRC il y aurait un bain de sang dans les rues si Trudeau se présentait à Sherbrooke. Je craignais aussi cette éventualité. Un tel traitre ne peut pas se promener chez nous sans qu’il reçoive ce qu’il mérite. Mais, il y a la population et les enfants.

Heureusement, il y eut une bombe et Trudeau resta chez lui.

Quand j’ai appris comme tout le monde que durant une la nuit une bombe avait sauté à la fédéraste SSJB de Sherbrooke, j’étais à la fois consterné et fou de joie. Pas un seul blessé, mais un avertissement de taille. La SSJB décida de décliner son invitation, même si Trudeau la traitait de lâche. C’était une victoire exemplaire.

Faute de pouvoir réaliser le projet des 200 millions, j’ai mis toutes mes énergies à vendre un nouveau projet qui, par la bande, rejoignait l’aéroport, soit la construction d’une autoroute, la Transquébécoise, une autoroute qui franchirait le Québec du Sud au Nord. Ce projet demeurait dans les cartons, j’ai donc poussé pour obtenir une réalisation rapide cette autoroute. Je suivais le déroulement de ces projets à travers mes entrevues avec les autorités du coin.

Robert Bourassa était à nouveau venu à Sherbrooke. Il était jeune et semblait très honnête. Nous nous étions rencontrés lors de la campagne à la chefferie du parti libéral, et ipso facto, je l’avais préféré à Pierre Laporte.

D’abord, Bourassa m’a promis de construire l’autoroute entre Sherbrooke et Richmond, projet qui me semblait essentiel pour répondre aux multinationales qui refusaient de finir chez nous leurs produits sous prétexte que les routes étaient trop mauvaises. De plus, la route existant entre Sherbrooke – Richmond était de l’avis des techniciens de la circulation celle qui détenait tous les records quant à la fréquence et la gravité des accidents au Québec, d’où son remplacement devenait prioritaire.

Robert Bourassa s’était engagé à étudier le projet des 200 millions, projet qui faisait dire à Arthur Tremblay, de l’Office de Planification et de développement  du Québec, que les Vauxcouleurs étaient la première et la seule région au Québec qui s’était doté d’un plan de développement et j’en étais le penseur.

Il fallait auparavant procéder à une consultation des mouvements de la région. Cela était d’autant plus évident que j’étais l’auteur et que je n’avais aucun

mandat. Cependant, je savais trouver des gens responsables au CRD qui appuyaient ma démarche. Par exemple, si je voulais parler du besoin de francisation et du tourisme, je téléphonais à Réjean Beaudoin qui préconisait cette avenue.

Bourassa me semblait moins fanatiquement fédéraste que Laporte.

À une assemblée pour mousser la candidature de Laporte à la chefferie du parti, un libéral m’a présenté à son chef comme le petit pédéraste du coin, ce à quoi j’avais répondu que « je préférais être pédéraste à être fédéraste ».

Laporte me déplaisait parce qu’il mentait consciemment aux gens. Le soir dans une réception libérale officielle, Laporte avouait qu’il était faux de prétendre que le FLQ était, comme il le disait publiquement, la raison majeure pour laquelle le Québec recevait moins d’investissements. Il y avait trois autres facteurs plus importants, dont la conjoncture économique internationale. Je ne savais pas encore à cette époque que l’Ontario et le fédéral subventionnaient des industries pour quitter le Québec et s’installer en Ontario. Un moyen pour faire peur aux gens.

Au cours de cette soirée, un journaliste anglophone qui me savait indépendantiste me proposa que chacun de notre côté, par nos articles, nous moussions le fanatisme linguistique. J’ai refusé ayant trop de respect pour l’être humain, qu’il soit de la langue ou de la religion qu’il voudra. Un individu est toujours un humain.

Mes illusions sur les Anglais des Vauxcouleurs étaient pourtant tombées lors d’une manifestation pour un Bishop français. Cette première régionale m’avait valu une balle de neige dans la figure ainsi que quelques coups de bâton d’anglophones qui se plaisaient à nous frapper puisque nous étions en plus petit nombre. Comme à l’habitude La Tribune m’avait envoyé couvrir l’événement du côté des manifestants. J’aurais aimé y retourner en plus grand nombre et voir cette fois qui aurait eu le coup de pied au cul.

Les manifestants avaient raison : la minorité anglaise, grâce à nos taxes, avait un système d’éducation deux fois plus évolué que celui de la majorité française. Pourquoi devons-nous payer pour ensuite nous faire cracher à la figure? Par masochisme ou colonialisme?

Une fois encore durant la campagne électorale j’ai dû supporter les mensonges de Pierre Laporte. Laporte se promenait d’une usine à l’autre annonçant qu’elle fermerait ses portes si le Parti québécois prenait le pouvoir. Aujourd’hui, le PQ est au pouvoir et aucune de ces usines n’a fermé ses portes.

Chemin faisant, en retournant seul avec Laporte, je lui ai demandé pourquoi tous ces mensonges. Il a reconnu qu’il en était ainsi parce que les gens ont besoin de caricatures pour comprendre. Cela me mettait hors de moi. Pourquoi manquait-on autant de respect pour les gens?

Les affirmations de ceux qui nous connaissaient, à savoir qu’il était plus nationaliste que moi alors que moi j’étais plus libéral que lui, me sont toujours demeurées un mystère. Cinquante ans plus tard, j’ai appris de la bouche de son fils Jean, que Laporte était un fidèle défenseur du fait français. Si j’avais su ça, je l’aurais plus respecté. Mais j’étais trop jeune pour connaître son travail de journaliste au Devoir.

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Retour à l’amour et à l’écriture

Pour oublier un peu mon désarroi, je me suis remis à l’écriture. J’ai recommencé à crier dans mes poèmes mon amour pour les petits gars. La fascination qu’exerce leur corps sur moi et mon désir de vivre pour eux et eux seulement.

Vauxcouleurs, c’était eux.

Toute la passion que j’avais pour Réjean se fondait dans cet amour impersonnel que représente le combat pour l’amélioration de la situation socio-économique des gens. Vauxcouleurs, c’était Réjean en désir. J’étais créé, comme le capitalisme, par mes sublimations.

Bizarrement, la décision fédérale quant à Mirabel a coïncidé avec les premiers refroidissements entre moi et Réjean.

Après une année, Réjean tournait les yeux vers un autre. Cette situation m’asphyxiait la vie. Pour lui dire, j’ai écrit une longue lettre d’amour que les Auteurs réunis décidèrent de publier. Ce fut Re-jean, un petit récit. Je remis cette longue lettre d’amour au Réjean concerné sous forme de livre. Le livre était encore la seule forme de cri que je pouvais lui adresser. Ma poésie était rejetée partout.

Quand Réjean lut mon récit, il se contenta d’y critiquer ma dernière phrase dans laquelle je disais : « Petit prince, je t’adore ». Il était visiblement fier d’avoir été la muse de ce texte écrit pour lui spécifiquement, mais il était aussi tellement religieux qu’il ne pouvait pas accepter mon cri d’amour.

« On adore que Dieu », avait-il tranché.

Tout aussi incompréhensible, il commença à me voir comme un plaisir sexuel dont il faut savoir tirer parti.

Dans l’Estrie littéraire, Gaston Gouin était le seul à ma connaissance à trouver une certaine originalité à mes poèmes. J’étais refusé partout.

Aussi, quand Gouin organisa sa nuit de poésie au cégep de Sherbrooke, il ne manqua pas de m’inviter.

Je faisais face à un public pour la première fois. J’étais convaincu d’être mal reçu puisque je terminais mon récital en proclamant de toute évidence et sans cachette, mon amourajoie; mais je devais foncer. Ce n’est pas tout d’écrire, il faut assumer les mots. Il faut les vivre. La pédérastie compte plus de périodes de chasteté obligatoires que de séquences d’aventures réelles.

Pourquoi pas toi ?

Si tu le veux dès demain tous les deux

nous irons au banquet chez Satan des amants favoris du feu.

Je boirai sur et par ton corps le sang blanc de ta jeunesse

dans le mot, j’immortaliserai ce rite.

Abandonne-moi tes lèvres laisse sur ton corps ma main t’introduire à l’extase.

Ne dit pas non trop vite le bonheur est le plaisir le plaisir serait

mes mains, mes lèvres sur ta courte verge.

Ma poésie se cueille

sur les lèvres d’un garçon.

L’assistance sidérée écouta en silence parfait. Elle était tout à fait muette, ce qui me faisait de plus en plus peur, jusqu’à ce que j’entende crier dans un coin le petit mot : bravo !

Cette soirée et la publication de Re-jean m’embarquaient de plain-pied dans la vie littéraire de la région.

À cette époque, je me croyais boudé par le groupe de Gaétan Dostie qui réclamait une poésie plus substantielle. Pour moi, les Gaston Gouin, Gaétan Dostie et Jocelyn Fournier étaient les grands maîtres de la poésie, à Sherbrooke. Il était naturel qu’ils ne m’accordent pas leur attention n’étant qu’un petit poète peu connu arrivant de Québec, un lieu qui est loin d’être de gauche. Il me suffisait d’être écouté pour être complètement varlopé par les mots.

Contrairement, à ce que j’avais cru, ce sont les femmes qui acceptèrent le mieux mon ouverture d’esprit et ma sincérité. Ce qui donna lieu à des discussions à n’en plus finir et des amitiés tout aussi longues.

La publication de Re-jean fut bien accueillie partout au début. On ignorait que c’était une lettre d’amour pour un vrai petit gars. Toutes les 1,000 copies furent vendues et le texte a même servi dans quelques classes de littérature de la région.

Presque personne n’avait pris connaissance du contenu. Alors, quand on a découvert que le récit était autant amourajeux que prose poétique, on ne tarda pas à vouloir ma peau. J’ai dû quitter bientôt les Auteurs réunis.

Comment expliquer aux autorités du petit séminaire qu’un texte amourajeux ait été retenu, aussi poétique fût-il?  Mais, il fallait l’avoir lu très attentivement pour déceler cette réalité pédéraste. En fait, il n’y avait qu’un très court passage qui rendait la chose évidente.

Il n’y avait qu’une solution pour les Auteurs réunis : se dissocier immédiatement de la racine de ce scandale, c’est-à-dire de moi.

Et, c’est ainsi que de loin, j’ai peut-être hanté les dortoirs et les toilettes du petit séminaire alors que de belles petites brebis songeant à autant de tendresse et d’amour branlaient l’arbre à la racine pour y laisser se perdre la semence pour laquelle j’aurais bien sacrifié une partie de ma vie pour la boire.

Je n’étais pas du genre à me désespérer. Avec d’autres membres et poètes, j’ai commencé à mettre sur pied des soirées de poésie au parc Jacques Cartier.

Plus tard, nous rendions dans les villes de la région donner des récitals de poésie. Aie-je eu espoir qu’un jour ces poèmes me permettent de vivre une aventure avec un des petits auditeurs? Sûrement. Secrètement. Pourquoi pas? Je ne suis pas si fou. Par ailleurs, ceux qui venaient nous écouter étaient tous des adultes, aimant la littérature. Très rares sont les jeunes qui courent les récitals de poésie.

Re-jean m’apporta une lueur d’espoir. Peu de critiques furent négatives, certaines étaient même fortement encourageantes. J’étais selon un docteur en lettres à l’université de Washington, que m’avait présenté Antoine Naaman, le premier écrivain depuis Rimbaud chez qui elle trouvait autant de souffle. Pour sa part, Roger Peyrefitte que j’admirais pour Les amitiés particulières me félicita, tout en me faisant savoir qu’il avait des correspondants à Sherbrooke.

À cette période poétique de ma vie, je fis connaissance avec Réginald Dupuis, un peintre qui, pour gagner sa croûte, travaillait dans la décoration intérieure.

Réginald était un pur hétérosexuel, nullement intéressé de changer de gibier comme diraient les féminounes. Il devint mon meilleur ami.

Chaque fin de semaine, je me rendais dans sa famille (qui habitait juste au- dessus de chez ma tante Aurore où je logeais) où nous avions des discussions sur toutes sortes de sujets. La poésie était à l’honneur et nous faisions ensemble de la peinture. Son épouse Denise était non seulement très gentille, mais elle était très intelligente. Elle avait une noblesse d’âme que j’admirais beaucoup.

Réginald devait souvent parler de moi puisqu’un jour il m’apprit qu’une poétesse voulait faire ma connaissance. Fort de mes mésaventures, j’étais quelque peu misogyne.  Cette  rencontre  retarda  jusqu’à  ce  qu’elle  s’impose  d’elle-même.

À mon arrivée, j’ai été ébloui par la beauté de cette femme, sa jeunesse et son ouverture d’esprit. Elle avait un petit air égyptien, exotique. Hélène venait d’entrer dans ma vie à côté de Réjean avec qui je vivais un froid de plus en plus glacial.

La conversation porta vite évidemment sur mes écrits, mon amourajoie. Elle faisait preuve d’une très grande érudition. Elle m’arracha un aveu : Réginald m’avait vanté son intelligence, mais il m’avait caché sa beauté. Je l’ai regardé avec le même œil, par lequel je vois un petit gars, c’est-à-dire la fascination pure.

L’amitié souda vite les deux groupes.

Cette rencontre cristallisa toutes mes émotions autour de la poésie, de sa signification. Petit à petit, je devins moins sauvage avec ma belle Égyptienne qui se découvrait aussi totale que moi dans sa recherche de la beauté, de la jeunesse et de la joie.

Ensemble, nous étions comme deux enfants, deux amants de la nature. Nous vivions des moments de joie si intenses que j’en oubliai ma misogynie. Alors que je récitais publiquement mon adoration pour les petits gars, je vivais une aventure presque sublime avec une femme. J’ai toujours vécu des décalages dans le temps qui marquent bien ma progression presque handicapée dans la découverte de mes émotions et de ma sexualité.

Je venais pourtant quelque temps auparavant de m’attaquer aux femmes dans un de mes poèmes, car je m’étais senti trahi par la jalousie de la précédente. Quel changement!  Nous avions Hélène et moi, ensemble,  la passion poétique et Réginald qui nous amenaient lentement à l’amour des couleurs, de la peinture. Tout était art dans notre vie. J’étais tellement souvent chez Réginald que je me suis souvent demandé si je n’abusais pas.

La vie de groupe s’élargit à d’autres poètes et peintres des deux sexes, un véritable petit cénacle. On parlait de plus en plus d’école littéraire  de Sherbrooke. Notre réputation atteignait même Montréal. Ma petite amie m’apprivoisait petit à petit, acceptant de temps en temps de me laisser commenter la beauté d’un gamin. Ainsi, je pouvais être authentique, tout en découvrant autre chose dans la vie que le désir d’un petit gars.

Au fond, elle aurait bien voulu me « guérir » de ce qui lui  semblait  « ma  maladie ». Tout au moins aurait-elle aimé que je puisse écrire, un jour pour une femme, une aussi belle lettre d’amour que celle que je venais de publier pour Réjean.  Même si son fils était en  âge de  m’intéresser, j’aurais cru  tricher de   lui faire les moindres propositions. Je me contentais de l’admirer alors que je le sentais me désirer en silence.

Mes aventures sexuelles pédérastes se résumaient à regarder parfois à l’improviste la nudité de ce garçon quand il prenait son bain devant moi. Cela n’était pas nouveau puisque dans mon travail, mes désirs sexuels n’ont jamais influencé comme tel le contenu de mes écrits dans le journal. Je prévenais ceux avec qui je travaillais de près de mes « vrais attraits pour les garçons » afin de m’assurer que jamais il ne soit possible de m’accuser d’avoir trahi leur confiance. Un échec dans la maîtrise de la petite nature était toujours possible. La tentation l’emporte souvent sur la raison.

Un souci d’honnêteté que l’on me reprocha très souvent. On pensait que c’était de la provocation alors que c’était simplement un désir de respect pour les gens qui ne partageaient pas ma perception de la morale sexuelle. C’est très rare d’ailleurs que des hétéros admettent que l’on puisse tomber amoureux d’un petit gars sans lui nuire. On est incapable d’imaginer qu’un petit gars puisse partager ces émotions et ce goût pour le plaisir. Pourtant, ils sont très nombreux. Je trouve cela préférable à se suicider parce qu’on ne s’accepte pas en découvrant sa nature sur le plan sexuel.

Cette époque fut très importante à bien des points de vue. J’apprenais qu’il est possible d’avoir des amis qui pensent différemment de toi, même si toute ton âme est dirigée vers les petits gars. On n’est pas qu’un amourajeux. Mes relations étaient franches et ne souffraient pas l’hypocrisie vomie dans L’Homo- vicièr. Tout était poésie, peinture, musique, un fleuve d’énergies vitales, d’amour, de rire et de beauté. Vérité et authenticité étaient ma raison fondamentale de vivre. Même mon esprit révolutionnaire était un moyen d’essayer d’aider les autres.

Les mères me faisaient confiance parce qu’en sachant mon orientation sexuelle, elles pouvaient mieux s’assurer que leurs petits étaient bien en ma compagnie. Il

y a une différence entre un maniaque dangereux et un gars amoureux de votre petit gars. Elles leur faisaient confiance puisqu’elles croyaient comme moi que ta sexualité n’appartient qu’à toi. C’était un credo féministe.

Aussi savoir que je suis amourajeux permettait de parler franchement de ce qui se passait entre moi et les jeunes. Elles pouvaient en parler avec leurs fistons sans déclencher de drame. Elles pouvaient leur faire part de leur morale, tout en les laissant libres de juger par eux-mêmes. C’était beaucoup mieux ainsi. La vérité est préférable au silence de la censure.

Personne ne paniquait ou ne paranoïait à cause de ma réalité. Elles me disaient franchement ne pas partager mon point de vue, mais que de le savoir permettait d’avoir la vérité sur tout ce qui se passait en discutant avec leurs fils, s’ils le voulaient bien évidemment. En fait, le seul danger dans une telle relation est la violence, la domination de l’adulte sur le petit gars et en me disant amourajeux je la rendais impossible.

En fait, la base de la répression sexuelle est d’abolir l’absence totale du droit du jeune de réfléchir et de décider lui-même pour lui-même de sa vie et de sa sexualité. Dans notre société, le droit des jeunes n’existe pas, les parents décident tout pour eux. Ils n’ont pas droit au chapitre, même si c’est leur vie.

Un sourire venu d’enfer 7

octobre 24, 2020

Un sourire venu d’enfer 7

Autobiographie approximative

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L’aéroport international de Drummondville.

Le hasard fit que pendant la saison des vacances, j’ai été appelé à remplacer un journaliste de Drummondville. Selon les patrons, j’étais celui qui pouvait s’adapter le plus vite à une telle situation, soit un manque de personnel dans un des bureaux essentiels.

J’ai poussé là aussi l’idée d’un gouvernement régional. Et, petit à petit, j’ai connu un projet qui fut la plaque tournante de mon travail : construire un nouvel aéroport international devant remplacer Dorval, à Drummondville. C’était clair : j’appuyais le projet d’aéroport et les gens de la région de Drummondville appuyaient en retour l’idée de créer des gouvernements régionaux.

Je me suis fait le propagandiste de ce projet puisque sa réalisation devait entraîner la création d’au moins 100,000 nouveaux emplois dans les Vauxcouleurs (Estrie). J’ai mis toutes mes énergies, toutes mes capacités à faire valoir le bien-fondé de cette solution.

J’ai même rédigé un mémoire plutôt niaiseux que j’ai remis à P.-E. Trudeau et Jean Marchand.

Dans mon mémoire, je préconisais de faire de ce projet le symbole de l’unité nationale. L’argumentation reposait sur des notions de psychologie plutôt mal assimilées. Je croyais en jouant le trémolo de l’unité nationale donner plus de chance de succès au projet de Drummondville, celui-ci étant du ressort fédéral.

J’ai profité du Carnaval de Québec auquel Pet Trudeau devait assister pour lui remettre mon mémoire en main propre. J’avais une accréditation comme journaliste, donc, il ne me suffisait plus que de l’approcher.

Je suis arrivé en retard à l’ouverture des cérémonies marquant sa participation au Carnaval de Québec, ce qui me priva au début de mon macaron de journaliste. En arrivant à l’hôtel de ville, j’ai présenté ma lettre de créance. Les responsables sans attendre m’ont aussitôt fait passer à la salle de réception. Ces derniers m’avaient probablement confondu à un invité. J’avais l’air stupide avec mes bottes sur le beau tapis de l’hôtel de ville.

Trudeau était là avec une meute de femmes. J’ai dû attendre que les femmes cessent de lui parler et j’ai dû lui frapper sur l’épaule pour attirer son attention, avant de pouvoir lui remettre mon document. Trudeau se contenta de me dire en riant : « Vous ne voulez tout de même pas que je vous lise ça en fin de semaine? Est-ce du Platon? »

Jean Marchand se trouvait plus loin, je lui ai aussi remis. Il tâta l’enveloppe et me demanda : « Ce n’est pas une bombe toujours? »

Je n’aimais pas tellement Jean Marchand parce que je l’avais déjà entendu rire des ouvriers alors qu’il dirigeait un syndicat. Je l’ai trouvé profondément paranoïaque. Mais là je m’en fichais, l’important c’était de passer mon message.

Le samedi, je me suis rendu au Patro Rocamadour poursuivre les entrevues que le journal se hâtait de publier. Les journalistes me disaient fou; les patrons disaient que j’avais eu au moins l’audace de m’essayer.

Infiltré dans le cordon de protection, j’ai réquisitionné les ministres pour avoir  mes entrevues. Ainsi, pour la deuxième fois, je démentais les organisateurs du festival qui avaient insisté sur le fait que je ne pouvais pas approcher le premier ministre à plus de 30 pieds.

Le samedi soir, c’était le défilé et le bal de la reine du Carnaval. J’ai convenu avec Réjean de me rendre seul au bal, mais de regarder avec lui la parade. Je ne voulais pas que Réjean soit pris seul dans une manifestation anti-Trudeau, comme cela était annoncé dans les journaux.

Au Château Frontenac, j’ai rencontré une femme qui se disait étudiante en journalisme et qui voulait voir Trudeau de près. Nous nous sommes  installés près des marches au bas de l’escalier et quand Trudeau passa, j’y suis allé d’une nouvelle question. Trudeau s’arrêta et répondit à moitié. Insatisfait, j’ai passé sous le cordon de sécurité, entraînant l’étudiante par la main, et nous sommes allés nous installer à l’entrée de la salle de bal. Quand Trudeau y arriva, j’ai  repris ma question. Trudeau s’arrêta, laissa sa reine, s’approcha de moi et me  dit : « Ne vous en faites pas, votre mémoire, je le lirai. »

J’étais fou de joie. Aussi, je lui ai flanqué une claque sur l’épaule avec un éclatant « merci, Monsieur Trudeau ». C’était le délire. Les policiers de la Gendarmerie royale se précipitèrent inquiets. J’ai eu droit à un sermon genre : « T’es complètement fou. Nous aurions pu croire qu’il s’agissait là d’un attentat et te descendre. »

Je m’en fichais, j’avais réussi.

J’avais parfaitement accompli ma mission et comme journaliste j’avais eu beaucoup d’entrevues concernant le projet d’aéroport international à Drummondville. Il me fallait maintenant me débarrasser de l’étudiante afin d’aller rejoindre Réjean. Comment lui dire : « mon amant à 12 ans, je l’adore, et je ne veux pas passer cette soirée sans être à ses côtés. » La guerre étant la guerre, j’ai menti, je lui fis croire que Réjean était mon fils et qu’il m’attendait comme il l’avait été convenu ensemble auparavant.

Quelques mois plus tard, un photographe de la Tribune qui avait rencontré cette même étudiante à Québec m’a demandé combien de petits bâtards j’avais ainsi semés à travers le Québec. Je n’étais plus complètement le vieux garçon qui ignore à quoi sert cette bibitte entre les deux jambes, mais un grand Don Juan. Elle lui avait raconté que j’avais un fils bien évidemment!

Ces rencontres furtives avec Trudeau m’avaient marqué. Il m’avait littéralement fasciné. Trudeau m’avait épaté quand il se prononça en faveur de l’homosexualité. J’ai même voté pour lui. C’était un type que j’admirais profondément. Mon père, au contraire, le haïssais. Papa était conservateur.

J’ai continué grâce au téléphone de m’occuper du projet d’aéroport international à Drummondville à partir de la salle de rédaction à Sherbrooke. Je me suis ainsi fait des contacts. Le journal mit même une ligne directe avec Ottawa à ma disposition.

Fort de mon premier succès, à Québec, j’ai obtenu du journal la permission de me rendre à Ottawa rencontrer les ministres concernés par le projet d’aéroport international.

Le président du journal, M. Yvon Dubé, m’avait auparavant demandé à son bureau, question de s’assurer que je refuserais un poste dans les six chiffres, si on m’offrait un emploi.

M. Dubé est une des personnes que je respecte le plus dans le monde journalistique. Il a essayé de m’apprendre qu’un bon journaliste cherche toujours à trouver la vérité, à comprendre les deux côtés de la médaille quand il se produit un évènement.

Je ne crois pas dans l’impartialité, car nous sommes tous gérés par notre inconscient qui, lui, ne ment pas. Nous sommes tous animés par des sentiments, mais la conception de M. Dubé demeure à mon sens le but premier du journalisme : la recherche de la vérité dans le respect de ses lecteurs.

Aujourd’hui, il n’y a plus de journalistes, mais des chroniqueurs qui croient tout savoir et qui pensent pour les lecteurs en se faisant passer pour des experts.

Je n’étais toujours pas achetable. Personne ne pouvait en douter. J’aimais trop les Vauxcouleurs (Estrie) pour y préférer mes intérêts personnels.

Jean Marchand fut le plus arrogant. Un vrai « frais chié ». Quant aux autres, sauf Paul Hellyer, ils furent presque paternalistes. Je n’étais que dans la vingtaine.

Le deuxième soir, j’ai soupé avec le secrétaire du ministre des Transports,         M. Hellyer, qui voulait savoir pourquoi j’attachais autant d’importance à ce projet. Tout en notant la beauté et la jeunesse du secrétaire de Jean Chrétien, j’ai longuement expliqué comment et pourquoi, si le projet de Drummondville était rejeté, je devrais conclure à la trahison du « french Power » et en l’inévitable nécessité de séparer le Québec du reste du Canada.

Je lui ai rappelé comment grâce aux chemins de fer, le sud de l’Ontario avait été développé alors qu’on ne fit rien pour assurer un tel progrès au Québec. Je me suis éternisé sur le rôle économique similaire que cet aéroport serait appelé à jouer à l’avenir.

Ma réflexion était facile : pour développer le Québec, il faut développer son mode de transport pour retrouver un poids économique et une concurrence à l’Ontario. Cette province s’était grâce à nous, puisque nos taxes servaient au développement du Canada, approprié tout le secteur de l’automobile. Il était donc normal que cette fois le Canada serve au développement économique du Québec.

À la fin du souper, il m’expliqua que le ministre prend toujours le même ascenseur afin d’échapper aux journalistes. Quand je rejoins Hellyer dans l’ascenseur, celui-ci ne comprenait pas comment je m’étais pris pour réussir à la questionner, lui, qui me refusait tout entretien ne serait-ce même que d’une minute.

Quant à Trudeau, au début cela fut facile. Je me tenais à la porte des Communes et je lui posais des questions quand il entrait. Il revenait parfois sur ses pas et me répondait.

Le deuxième après-midi, à sa sortie, il cessa de grimper les marches vers son bureau, il me sourit et me fit un signe d’adieu de la main.

Le lendemain, j’étais au poste quand trois gros bétails m’encerclèrent.

T’es celui qui embête le premier ministre?

Je ne l’embête pas. S’il ne veut pas me répondre, il n’a qu’à continuer sa route.

De toute façon, j’ai un livre que j’ai écrit et que je veux lui remettre. Je prends l’avion dans deux heures.

Les policiers me conduisirent à son bureau, mais Jean Marchand arriva. Poussé par le temps, j’ai dû me contenter de laisser mes Hymnes à l’amour à son bureau, sans voir Trudeau. J’ai quitté le parlement escorté de deux policiers, ce qui fit rire Paul Hellyer quand il me croisa.

J’ai quitté Ottawa avec en poche une promesse verbale d’entrevue avec Trudeau au cours des quelques mois qui suivaient.

C’est une belle expérience que de représenter un journal sur la Colline parlementaire. Ça te donne un accès privilégié aux différents ministres.

En travaillant sur les problèmes économiques,  je  me suis vite rendu compte  que les intérêts du Québec sont incompatibles avec ceux du Canada.

Dans un des articles sur l’aéroport, il y a eu un malentendu entre moi et Robert Bourassa. Celui-ci était alors chef de l’Opposition. Il me téléphona. J’étais déjà à l’appareil. Je l’ai fait attendre au grand désespoir des patrons, alerté par ce coup de téléphone peu commun.

Au journal, à chaque fois que je rejoignais un personnage politique d’envergure, c’était la même chose : tout le monde devenait fou. J’en avais pourtant l’habitude. Par exemple, au début de mes articles sur la crise socio-économique des Vauxcouleurs, j’avais essayé de rejoindre Stanfield durant plus d’une semaine. Sa réponse était toujours qu’il étudiait le sujet. Fatigué, j’ai réussi à lui faire demander par un député créditiste en Chambre : si un jour vous prenez le pouvoir, continuerez-vous à toujours étudier pour ne pas vous prononcer sur les événements? Le jour même, Stanfield me rendait mon appel. J’avais peut-être ce succès du fait que le lendemain si on ne me répondait pas, une note sur le sujet paraissait dans le journal.

Le projet de construire le futur aéroport à Drummondville était d’une importance capitale. À lui seul, il pouvait éliminer le chômage et l’assistance sociale de la région. De plus, de par ce site, le Québec pouvait espérer supplanter les aéroports de l’est des États-Unis et devenir le point central des échanges Europe-Amérique.

Dans ma conception, le développement aérien était aussi important que le furent les chemins de fer. Il était donc essentiel que le Québec ne se fasse pas refaire le coup de la Confédération. L’Ontario a toujours tout centralisé aux dépens du reste du pays, particulièrement l’Est. Ailleurs qu’à Drummondville, cela signifiait la mort de Dorval aux dépens de Toronto.

Le problème de la distance n’existait pas vraiment, au contraire. Partout dans le monde les aéroports internationaux ayant été étouffés par un manque d’espace, la tendance était de les construire le plus loin possible et de compenser par des transports rapides avec les grands centres. Le Canada pouvait grâce aux avions à atterrissage vertical répondre facilement à cet inconvénient. Paul Hellyer et ses fonctionnaires cachaient leur vraie motivation. L’aéroport remplaçant Dorval devait surtout servir Ottawa et le sud de l’Ontario. Il ne devait surtout pas être situé au cœur du Québec, au cas où le Québec se séparerait.

Finalement, pour le gouvernement du Québec, c’est le poids de la caisse électorale qui eut le plus d’importance.

Pour le fédéral, à Ste-Scholastique, l’aéroport devenait un nouvel instrument de chantage contre le Québec. En cas de séparation, en décrivant une forme ovale, les avions devaient passer sur le territoire du Canada. Or, advenant des négociations de séparation, pour cette raison, le nouvel aéroport international reviendrait de droit à Ottawa.

Les nouvelles étaient très peu encourageantes, car les fonctionnaires fédéraux voulaient un site servant davantage Ottawa et Toronto. Tout ce que nous faisions, tous nos arguments, étaient récupérés pour donner raison à ces fédérastes. Des économistes ont eu trois semaines pour fournir une argumentation appuyant la décision fédérale. André Raynaud faisait partie du groupe du rapport Higgins.

Évidemment, Trudeau et compagnie a engagé une firme d’ingénieurs pour prétendre que ce projet devait se réaliser à Ste-Scholastique pour des raisons économiques. Un aéroport qui détruisait les meilleures fermes du Québec. Ce rapport permettait simplement à Toronto de garder la main haute sur le trafic aérien avec l’Europe.

Un soir, Jean Marchand fit connaître son appui à un site situé à l’ouest de Montréal. Ce fut la goutte de trop. Quant à Jean-Luc Pépin, ministre de Trudeau et député de Drummondville, il ne se prononçait jamais. Le député de Sherbrooke, Paul Gervais, ne savait même pas qu’il existait un tel projet.

Drummondville était défendu par un petit groupe dont le maire, M. Philippe Bernier, M. Robert Malouin, qui devint ensuite député libéral et un photographe unioniste, M. Paul Dozois.

J’avais été averti que si la chose était nécessaire un groupe d’étudiants était prêt à manifester leur mécontentement. Suite à la conférence de Marchand, j’ai demandé que cette manifestation soit organisée. Elle a eu lieu le dimanche, à l’occasion d’une conférence de presse de Jean-Luc Pépin.

Dans son discours, le ministre du Commerce me rendit responsable de cet éclatement de frustration de la jeunesse. Pourtant, je n’avais dit que d’y aller, c’était le temps.

Cette rencontre a eu son effet, Jean-Luc Pépin a eu assez chaud pour changer son attitude et s’intéresser au projet, mais c’était trop tard. La décision fut prompte à venir.

Malgré l’appui des trois quarts des municipalités du Québec au projet de Drummondville, Ottawa annonça son choix : Ste-Scholastique.

Cet endroit permettait, parce que les avions passaient au-dessus du Canada, de ne pas devenir un enjeu si l’indépendance se faisait.  Il serait automatiquement  à cause de cet élément, une propriété fédérale alors qu’à Drummondville, l’aéroport devenait propriété du Québec, advenant l’indépendance.

Ce n’était donc pas une pure coïncidence que toutes les décisions étaient prises à l’encontre des intérêts du Québec. C’était une réalité historique. Ottawa est la marionnette de l’Ontario, son double testicule économique.

Après le coup des textiles, c’était maintenant celui de l’aéroport international… le Québec ne serait pas le port d’entrée aérien de l’Europe en Amérique parce que Toronto n’acceptait pas le projet de Drummondville. La concurrence était trop forte.

Ma fascination pour Trudeau se muta en haine d’Ottawa. J’ai alors décidé que dorénavant je serais membre du Parti Québécois comme je l’avais dit au secrétaire du ministre des transports.

Ma guerre avec La Tribune commença, non seulement parce que j’étais devenu fanatique; mais parce que j’y vis une forme de censure. On me dit que Bourassa et Marchand demandaient ma tête presque toutes les semaines.

M. Dubé m’a affirmé plusieurs années plus tard qu’il n’y a jamais eu de telles pressions politiques à mon endroit, mais que les instances régionales étaient fatiguées de voir l’intérêt que la Tribune portait au projet d’aéroport international à Drummondville.

C’était simplement la survie économique de notre région qui était en jeu… Mais l’appartenance aux libéraux était plus importante que le bien de la population.

Quoi qu’il en soit, je suis depuis absolument indépendantiste. La décision du gouvernement fédéral venait compléter les raisons pour être à jamais séparatiste. Chaque jour m’apporte depuis une raison nouvelle de nous séparer du Canada.

C’était évident que les décisions se prennent toujours en fonction des intérêts du Canada anglais. D’ailleurs, si on lit l’histoire du Québec, on s’aperçoit que si notre peuple a toujours été vaillant, il a toujours été une bande de moumounes quant au besoin de s’émanciper. Nous sommes dirigés par des politiciens qui se prétendent les voix du peuple, des menteurs-prédicateurs au service des intérêts anglophones plutôt que ce celui du peuple francophone.

Avec l’Église, nous sommes habitués à écouter les ordres venus de Dieu et de ses représentants. La décision fédéraste était prise par Trudeau et Marchand. Ils savaient que c’était contraire aux besoins du Québec, mais ils s’en fichaient. Je les ai classés, Trudeau, Marchand et cies, à titre de vendus, de traitres au Québec. Au lieu de s’améliorer, leurs pareils ont toujours été juste un peu plus dégueulasses, comme les Lalonde et Jean Chrétien.

Le Québec vivait des moments difficiles et ce projet aurait transformé le visage économique du Québec. Ils nous auraient donné une raison d’espérer. Mais non! Toronto avait le dernier mot.

Quand le fédéral a ordonné une étude, c’était juste pour justifier le choix qui avait déjà était fait : Ste-Scholastique.

Smiley Pépin, qui était ministre fédéral à Drummondville, ne connaissait même pas l’impact qu’avait ce projet sur sa région. Ce qui prouve bien que ce n’est pas tout d’avoir des ministres dans un cabinet qui change quoi que ce soit pour une région.

Même le projet de St-Jean-sur-Richelieu ne fut pas retenu, sauf par l’Union nationale.

C’était évident pour moi qu’économiquement le Canada ne s’arrête même pas une seconde aux besoins du Québec. La vache à lait de la fédération. La crème qui permet au Canada d’avoir un tel train de vie.

Furieux n’est pas le mot pour dire ce que je ressentais. Et dire qu’aujourd’hui, on est assez fou pour appeler Dorval, l’aéroport Trudeau. Quelle bande de masochistes! Célébrer une trahison historique!

Dès que je fus en communication avec le secrétaire de M. Hellyer, je dis comme simple bonjour : « Vive le Québec libre! » « Je vois que tu connais la décision, » fut sa réplique.

J’ai ensuite parlé avec le ministre Jean-Luc Pépin, à qui j’ai dit qu’il ne me restait plus qu’à prendre ma carte du Parti québécois.  Selon Jean-Luc Pépin, si je prenais cette décision c’est qu’elle couvait profondément en moi depuis longtemps.

Puis, je lançai chef du cabinet de Jean Marchand s’informer auprès de son patron à savoir comment on se sent dans des culottes de traitre. « L’histoire se répète, lui dis-je. Aux Plaines d’Abraham, il a fallu  un français pour nous trahir, et cette fois, c’est encore la même chose. Si en 1769 on ne connaît pas le nom du traitre au moins en 1969, on le sait. C’est Jean Marchand. »

Puis ce fut autour du bureau de Trudeau. Son attaché de presse me rappela que Trudeau acceptait de m’accorder prochainement une entrevue personnelle d’une heure, ce que certains journalistes attendent depuis une année. « Je refuse cet entretien, dis-je, je ne me tiens pas avec des putains. »

Cette décision était un coup de masse. Elle mettait définitivement fin à mes espoirs dans le supposé French Power. Ça donnait raison à mon père qui ne cessait de me rappeler qu’à chaque fois que les Anglais ont voulu fourrer le Québec, ils se sont servis de francophones.

Le lendemain, la direction du journal m’informait sans que je puisse les blâmer que je ne pouvais plus téléphoner à Ottawa sans permission. Je venais de perdre ma ligne directe.

Pour la première fois de ma vie, j’espérais que le FLQ s’en mêle. J’avais toujours été complètement opposé à la violence, par respect pour les humains, par amour pour les enfants. J’aurais aimé voir sauter les édifices fédéraux des Vauxcouleurs.

J’ai aussitôt préconisé des mesures visant à bloquer l’autoroute 20, la Transcanadienne. « Ottawa doit apprendre que nous ne sommes ni des peureux, ni des masochistes. » Ce qui ne se réalisa pas, car à tour de rôle, tout le monde se rangea à ce qu’on disait le bon sens : plier devant le fédéral.

Je n’aurais jamais cru que le gouvernement du Québec aurait la malhonnêteté de choisir un autre site pour rendre la chose payante aux fournisseurs de sa caisse électorale. Pour moi, la situation territoriale démontrait bien que ce nouvel aéroport ne servirait pas les intérêts du Québec.

L’avenir m’a donné raison, c’est un éléphant blanc. Les cultivateurs ont été plumés. Les syndicats Québec-Ontario ont connu de telles luttes qu’on parla de guerre de frontière.

Jean Marchand avait eu raison. Quand je l’avais rencontré, il avait confirmé l’arrivée impressionnante de lettres et de télégrammes d’appui d’individus, de municipalités au projet de Drummondville; mais avait-il dit : « Cela n’est pas important puisque jamais les autorités municipales ne descendront dans la rue pour s’opposer au fédéral. » Effectivement, rien ne bougea.

C’était une trahison complète.

L’union Nationale, au pouvoir à Québec, préférait sauver les intérêts de sa caisse électorale et appuyer un site dans la région de Farnham, contrairement à ce qu’il affirmait publiquement, du moins selon ce que m’avait dit Maurice Bellemare.

La Tribune ne tarda pas à me retirer du dossier. J’étais effectivement devenu beaucoup trop fanatique.

Petit à petit, le groupe de Drummondville qui était composé presque exclusivement de libéraux, sauf le photographe, abandonna. Tout espoir était perdu.

Les autorités drummondvilloises organisèrent une soirée au cours de laquelle Drummondville devait me rendre hommage. Le président de La Tribune y fut délégué à ma place. Je ne pouvais pas recevoir ces honneurs alors que des centaines de personnes en pleurs téléphonaient à nos bureaux. L’aéroport devint un nouveau motif de désespoir.

Je n’étais pas un vendu et je ne pouvais pas être dupe d’Ottawa. Je n’étais plus un adepte d’un changement constitutionnel superficiel, j’étais à ce jour devenu séparatiste.

À moins d’aimer souffrir, il était impossible de tenir une autre position. La trahison de l’équipe de Trudeau était trop évidente.

Ottawa se sert du Québec pour maintenir son unité nationale. Il ne s’intéresse au Québec que si celui-ci est dans une position de pouvoir réellement réussir l’indépendance, car c’est dangereux pour lui . Alors, tous les mensonges et tous les écarts à la loi deviennent permis, même l’occupation militaire comme en 1970.

Un sourire venu d’enfer

octobre 23, 2020

Un sourire venu d’enfer 6

Autobiographie approximative

 9

Gouin et le bill 63

J’avais travaillé deux fois pour La Tribune avant les incidents judiciaires de Lac- Etchemin. La première fois, je travaillais à Lac-Mégantic et j’ai perdu mon emploi après la fameuse affaire Gayhurst. Puis, La Tribune est revenue me chercher comme journaliste, alléguant que tout s’était probablement déroulé ainsi parce que j’étais trop jeune pour diriger un bureau régional.

C’était donc la troisième fois et cette fois, j’étais journaliste au régional, c’est-à- dire tous les endroits où La Tribune n’avait pas de correspondant. Cette fois, La Tribune me fournissait même l’automobile.

Quelques mois après mon arrivée, j’ai eu un incident avec Gouin et ses amis. C’était à l’époque du fameux bill 63 sur la langue française au Québec.

Les protestations étaient si vives partout qu’une manifestation fut organisée avec la venue du premier ministre Jean-Jacques Bertrand, à East Angus. J’avais discuté avec les manifestants avant de me rendre à la réception comme le commandait mon affectation.

À cet endroit, j’eus une prise de bec avec le premier ministre et ses ministres concernant cette législation impopulaire. Je suis parti pour me rendre à la salle où devait se dérouler d’autres activités, après m’être entendu avec le premier ministre que je lui ferais parvenir un projet de loi qui serait mieux reçu par les Québécois.

Probablement que le premier ministre Jean-Jacques Bertrand m’avait dit de lui écrire un meilleur projet de loi si je me croyais si fin. Une offre que je ne pouvais pas refuser, car je croyais à cette époque avoir du talent. C’est ce qu’on appelle avoir la tête enflée. Aussi complexé que je puisse être, aussi tête enflée j’étais.

La cohorte du premier ministre devait prendre le chemin quelques minutes plus tard pour participer à une réunion.

Durant ce changement de lieux, les manifestants encerclèrent les dignitaires et à ce que je vis, l’un frappa un député avec sa pancarte alors qu’un autre flaqua un solide coup de pied au cul au ministre des Terres et Forêts, Claude Gosselin. Un des ministres présents entra en traitant les manifestants de maudits cochons.

J’étais à rédiger mon texte à partir des notes prises lors de ces incidents quand mes patrons arrivèrent pour vérifier s’il était exact que le premier ministre s’était fait cracher au visage.

J’avouai ne pas en avoir eu connaissance quoique j’avais assisté me semble-t-il à toute la scène de la manifestation.

Le lendemain, nous étions les seuls à ne pas avoir relaté cet incident ou cet exploit dans le journal, selon où on se trouve sur l’échiquier politique.

Il n’en fallut pas plus pour que Gaétan Dostie me rencontre et me manifeste en son nom et au nom de ses amis son étonnement du fait que le seul journaliste vu par eux comme étant honnête à ce journal fut aussi tarte.

J’ai expliqué mon point de vue : j’aurais été malhonnête d’écrire qu’il s’était passé quelque chose sans avoir la preuve qu’un tel geste avait eu lieu. L’entretien tourna au vinaigre et je fus probablement couché sur la liste des journalistes vendus.

Cela ne m’empêcha pas de participer à titre personnel aux manifestations organisées, à Sherbrooke, contre le bill 63 et même entrer en conflit avec mes confrères; car, l’association des gens de la presse (qui ne fit pas long feu) refusa de se prononcer sur le problème de la langue et celui de la liberté de presse. On rejeta carrément la résolution que j’avais présentée.

Comme convenu, j’ai fait parvenir au premier ministre, ce qui me semblait une loi contenant un minimum de justice pour les francophones.

J’étais déjà trop radical et trop mou à la fois, selon d’où on m’observait. Plus tard, il a été confirmé que Gaston Gouin avait effectivement craché au visage du premier ministre Jean-Jacques Bertrand.

J’admirais  profondément  Gouin.  C’était  un  vrai  poète.  Il  parlait  avec  tant  de passion de la poésie qu’il ne pouvait pas nous laisser indifférents. Je l’ai malheureusement rencontré trop peu souvent. Gouin avait la voix. Il fascinait. Il était impossible de demeurer indifférent au poète en noir.

Sur le plan politique, je me faisais écœurer par un groupe de maoïstes. Ils m’ont certainement plus retardé dans mon cheminement politique qu’autrement. Ils passaient leur temps à nous dire que les petits bourgeois de mon espèce seraient liquidés le jour de la révolution. Je gagnais 135 $ par semaine quand j’ai laissé la Tribune. J’avais commencé au salaire de 35 $ par semaine. Quel bourgeois ! Ce langage m’écœurait. Comment croire que l’Indépendance sert les Québécois quand elle est présentée aussi bêtement.

Je travaillais avec acharnement. J’adore le journalisme. J’y mettais toutes mes énergies. Après le travail, je redevenais ce deuxième être qui avait pointé en moi à Québec : une espèce de fou assoiffé de poésie, d’amour, d’ironie et de vie vraie. On a qu’une vie, il ne faut pas la manquer.

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Réjean arrive dans ma vie

Je m’étais installé chez ma tante Aurore et son fils, Jacques.

Un dimanche soir, en retournant à la maison, j’ai rencontré un splendide petit garçon. J’ai lutté avec lui. Il était léger comme une plume et s’abandonnait dans mes bras avec une espèce d’appel à l’embrasser. Ses yeux flambaient de désir et ses lèvres peu entrouvertes m’offraient la résurrection.

Cette soirée, pourtant insignifiante pour la plupart des gens, a été le moteur de tous mes désirs, mes actions, une année durant. Le soir et le matin, je déambulais  dans  le  parc  où  je  l’avais  rencontré,  dans  l’unique  espoir  de  le revoir. La vie des amourajeux est souvent un rêve qui s’est manifesté quelques secondes dans la réalité. Un rien prend l’allure d’un univers. Une explosion de la sensibilité. Le big bang individuel.

Il s’était offert à moi comme une fleur. L’amour reprenait place. Encore une fois, j’étais toute sensibilité, à l’écoute de la vie, à la recherche de la beauté. La vie à travers le corps des gamins n’est-elle pas à la fois une communion et une prescience de ce que sera le paradis? La vie terrestre est-elle l’avant-première d’un endroit où se joue la vie? Une espèce de répétition générale?

Une explosion se produisait en moi. Un miracle était encore possible. Je n’étais pas tout à fait mort à l’amour. Ce passage a tissé le nid de ce que je définirais comme mon premier grand amour : Réjean.

Un samedi, en me rendant à Québec; j’ai fait connaissance avec Réjean. Ce fut la plus belle folie de ma vie. Réjean prenait la place de Daniel. Il était en plus d’être réel, la réincarnation de l’ange rencontré à Sherbrooke.

Je l’adorai immédiatement entre deux remords, fruit de mon éducation.

Réjean devait avoir environ 12 ans. Comme tous ceux de son âge, il ne fut pas long à comprendre ce qui se passait entre nous et ce que je désirais. Hésitant et scrupuleux, Réjean ne me laissait pas le toucher, mais il savait comment me rendre fou de lui, me posséder, me faire fléchir, ramper à ses désirs. Ce fut un coup de foudre. Une explosion gronda dans mes yeux, dans mes doigts. Réjean devenait la lumière, la pierre philosophale.

Mon âme dansait, retrouvait sa légèreté, et pourtant en même temps, j’étais envahi d’une foule de scrupules : je ne pouvais pas salir une telle beauté. Pour rendre suspect un si beau désir, des gestes aussi naturels, seule la religion peut nous corrompre à ce point en nous lavant le cerveau dès notre enfance. J’avais peur comme en prison de lui faire du mal. Je l’adorais trop pour oublier que la chasteté est une déviation maniaque, une maladie religieuse qui s’imagine que Dieu est contre la beauté de la sexualité alors que ce Dieu a lui-même créé le corps.

Je frémissais entre deux désirs comme un piano sous la main d’un grand maître. Un appel d’âme à âme, d’énergie à énergie. La fascination d’une beauté d’un autre ordre que celui de la matière. Un appel à boire la beauté et l’innocence, c’est-à-dire l’absence de restrictions mentales.

Par peur de moi et par amitié, j’ai révélé  mes  sentiments  envers  Réjean à Mme G.

Je croyais qu’elle me fermerait à jamais la porte de sa maison. Surprise ! Elle m’avoua me connaître depuis le début, et, même être au courant de mes trois mois passés en prison. « Tu sais la petite nature », disait-elle amicalement.

Pour la première fois de ma vie, une adulte m’acceptait comme je suis. Si     Mme G. n’avait pas été là, je n’aurais jamais écrit. Ce fut la lumière spirituelle dans ma vie. Cette femme m’a plus appris sur la tolérance et l’amour que toutes les leçons de catéchisme aussitôt violées. Ce fut le premier héros véritable que j’ai rencontré. Mme G. savait fort bien que j’aimais beaucoup trop Réjean pour risquer de le corrompre. J’en faisais trop de scrupule. Cependant, si la chose devait arriver, il était évident, forcé par cet aveu que je venais de faire que le petit serait consentant. D’ailleurs, la curiosité sexuelle est-elle corruptrice ou simplement naturelle? Notre société n’a-t-elle pas inventé le mal à travers tout ce qui est sexuel pour introduire en nous l’idée que nous sommes tous pécheurs? Une perception maladive d’une réalité essentielle pour la survie de l’espèce. En fait, je me sentais coupable d’être amourajeux. J’avais la prison pour me le rappeler. Je croyais encore qu’un attouchement sexuel pouvait être pervers parce qu’on me l’avait appris ainsi.

Réjean me tentait sans arrêt. Je m’essayais souvent à le toucher. Je manquais mon coup. Je le regrettais. Je me contentais de sentir son haleine sur ma joue quand nous luttions ensemble. Une vapeur qui nourrissait mes rêves. Nous jouions de longues heures au billard sur la table que je venais de lui donner en cadeau. Si ces relations n’étaient pas toujours des désirs chastes, elles étaient toujours pures.

Au journal, à Sherbrooke, tout le monde croyait que j’avais rencontré la femme de ma vie.

Je brûlais le temps. Les semaines étaient trop longues. J’aurais quitté mon emploi pour être à chaque instant près de lui. Réjean, c’était ma raison de vivre. Un pan de ciel en enfer. J’avais le feu aux entrailles et la tête en fête chaque fois qu’il était entendu que je descendais à Québec. Réjean, c’était pour moi, la beauté à l’état pur. Le désir volcanique de mes sens étouffés depuis si longtemps. C’était le sourire, l’allure de serpent. Réjean, c’était celui qui, à mon arrivée, préparait sans doute les couvertures puisque celles-ci étaient souvent placées de façon à ce que je puisse y voir une belle petite bosse, juste à la bonne place. Juste question de nourrir mes tentations. Réjean, c’était en même temps, celui qui mettait du papier collant à la braguette de son pyjama, juste au cas, où j’aurais pu être tenté de le toucher durant la  nuit.  Nous sommes tous des êtres de contradictions intérieures.

Réjean, c’était celui à qui j’aurais acheté une lampe d’Aladin. Réjean, c’était celui pour qui j’allais à la messe chanter les « je t’aime » des sanctus parce qu’il m’accompagnait et que je pouvais ainsi lui crier mon amour en public. Réjean, c’était tout, c’était les métamorphoses ressenties quand j’allais communier petit, celles où le monde devenait sujet d’adoration puisque partie intégrante de Dieu.

Réjean, c’était la vie. L’anxiété, le désir, la fable du bonheur. J’étais l’amant qui se promenait avec lui, main dans la main, qui l’embrassait malgré la foule, au départ, au terminus. Réjean, c’était le feu de la St-Jean, la promesse de vivre. C’était l’échelle de Jacob.

Pour ne pas trop souffrir de son absence, je me jetais tête première dans le travail à un point tel que les Vauxcouleurs (Estrie, Cantons de l’Est) devinrent Réjean.

11

Le gouvernement régional

J’attachais toutes mes énergies à publier la vérité sur la situation économique peu reluisante de l’Estrie (Vauxcouleurs). Chaque semaine, je devenais plus conscient de la situation. Je cherchais des solutions concrètes. Tout l’amour que j’avais pour Réjean, je l’orientais dans mon travail, devenu une espèce de mission.

La méconnaissance des députés des problèmes régionaux m’exaspérait. À mon avis, la seule façon de régler les problèmes exigeait un traitement à l’échelle

régionale. J’en vins à rechercher la création d’un gouvernement régional, pour compenser l’absence des gouvernements provincial et fédéral.

Pour eux, on n’existait pratiquement pas. Je venais de comprendre le besoin de décentralisation et de déconcentration.

Je rêvais d’un gouvernement régional, car j’y voyais là le seul moyen de répondre efficacement à nos problèmes régionaux à cause de l’ignorance d’Ottawa quant à notre existence même. Ottawa se fiche du Québec. Un gouvernement régional permettait aussi de voir de plus près à ce que nos élus fassent leur travail, soit de défendre les intérêts de ses électeurs.

N’avons-nous pas assez d’un gouvernement au Québec? Pourquoi en ajouter un qui contredit les décisions prises par l’Assemblée nationale? C’est exactement la même lutte pour un gouvernement responsable qu’ont menée les patriotes de 1837.

Je croyais encore cependant que le Canada voulait de nous à l’intérieur de la fédération canadienne. Le projet d’aéroport international à Drummondville devait être à mon avis la preuve que le Canada se soucie de nous, car un tel projet mettait fin à la misère économique dans l’Estrie. C’était plus d’un milliard d’investissements et plus de 100,000 emplois.

Ce gouvernement du peuple devait être formé des autorités locales et des mouvements de base, particulièrement, le Conseil de développement. Il était ainsi susceptible de créer une meilleure confiance, un meilleur climat de travail apte à résoudre les problèmes.

Cette solution fut vite écartée par les autorités locales. Les députés et les maires ne cherchaient qu’à augmenter leurs avantages politiques. L’esprit de clocher régnait en maître partout. (Voir Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous.) Pourtant, nous avons  obtenu l’appui de plus de 90 pour cent des municipalités du Québec pour la réalisation de ce projet.

La situation empirait de jour en jour en Estrie. L’économie régionale était dans l’impasse. Le chômage et l’assurance sociale montaient en flèche. Ces problèmes m’auraient certainement laissé indifférent si à chaque endroit où j’étais assigné, il n’y avait pas eu des mères qui pleuraient, des enfants épouvantés devant la détresse des adultes, détresse qui leur était incompréhensible. Je n’étais pas seulement le clairon, mais le miroir de ces petits.  Je  souffrais  comme  les  Vauxcouleurs  à  chaque  mauvaise  nouvelle.

Les nouvelles idées étaient la plupart du temps rejetées. Tout le monde avait peur  du  changement.  Le  système  sait  installer  un  esprit  de  fatalisme   pour conserver son pouvoir.

La situation se détériora à un tel niveau que j’ai réussi à faire proclamer l’état d’urgence par le président de l’Association des cités et villes, M. Dorilas Gagnon, un des rares maires assez honnêtes pour se soucier davantage du bien de la région à celui de ses petits intérêts politiques personnels.

Mon combat échappait dorénavant à la notion régionaliste, il était devenu national. Il fallait forcer les gouvernements supérieurs à se rendre compte qu’on existait. Comme tout journaliste, j’étais l’expression, le cri du désespoir d’une bonne partie de la population. Souvent, je devais littéralement arracher les déclarations. Heureusement, mes rencontres avec les jeunes exprimaient le désir d’un avenir, d’un changement, d’une libération. Je vivais chaque état d’âme régional. J’adorais les Vauxcouleurs et sa population. Je m’y confondais parfaitement.

Les patrons n’y voyaient encore aucun inconvénient. Le journal semblait ainsi prendre ses responsabilités sociales et défendre les hauts  intérêts  de  la  région. En réalité, le journal  était  manipulé  et  au  service  du  parti  libéral.  Mes écrits faisaient plaisir aux patrons puisqu’au provincial les libéraux étaient dans l’opposition et que je préparais inconsciemment la voie du changement.

Vauxcouleurs est le nom proposé par la revue de Raoul Roy pour remplacer Estrie.

Un sourire venu d’enfer.

octobre 22, 2020

Un sourire venu d’enfer 5

Autobiographie approximative

La crise a pris de l’ampleur. Micheline s’identifiait, sans avoir tort, à Esther, un personnage de L’Homo-vicièr qui présage des luttes des mouvements de libération de la femme. La femme qui, sous prétexte d’égalité, veut dominer dans le couple, non plus en cachant son jeu comme elle l’a toujours fait, mais ouvertement, sans artifice. C’est ce que je croyais à l’image de ce que voyais.

Ce fut une période très riche d’échange de lettres d’amour. Finalement, elle me reprochait d’être trop cochon parce qu’à force de me faire agacer : elle aurait pu me passer à travers un mur pour me sentir bandé en dansant, ce qui arrivait moins souvent que je l’aurais souhaité, mais qui m’amenait à vouloir lui poigner les seins et mettre sa main dans mes culottes. Je ne comprenais pas ce oui qui se transformait soudain en non.

Chaque fois, cela la scandalisait, mais chaque fois j’y décelais un désir qui était bien celui d’une victime qui se cherche un bourreau. Bien agréable le bourreau à petite matraque. Même si on en a parlé, la situation se reproduisait comme si c’était un automatisme. Je croyais qu’elle adorait ces situations, mais les repoussait pour obéir à la morale qu’elle avait apprise.

Plutôt que nous apprendre à contrôler nos désirs sexuels, on préfère ne pas en parler parce qu’on les craint, d’où notre incapacité d’avoir un équilibre émotif…

Mon professeur de sociologie fit la connaissance de Micheline. Une fois, sous prétexte de connaître mes réactions, il lui fit croire que je m’étais suicidé de chagrin par sa faute. La pauvre fille n’en a pas dormi de la nuit.

La rupture était inévitable, j’étais trop cochon, trop chaud, et je ne comprenais pas pourquoi cette invasion des remords de conscience, fruit de notre ignorance de la nature humaine. Pourquoi devenir fou pour des gestes somme tout très agréables? Quel danger y a-t-il à se caresser?

À cette époque, si je l’avais mis enceinte, je l’aurais mariée. Je crois même qu’on se serait beaucoup aimé, car le sexe était tout ce qui nous séparait. Et marié, cela n’aurait plus été un problème. Il devrait y avoir une loi garantissant que tout gars qui met une fille enceinte se doive de l’aider à élever l’enfant, soit en la mariant, soit en lui versant une pension jusqu’à ce que l’enfant ait atteint sa majorité ou la fin de son secondaire. Ainsi, on aurait plus besoin de l’avortement.

Vers la fin de l’année, j’ai publié deux autres textes dans Le Garnier, soit le journal des étudiants des Jésuites.

Le premier affirmait que les enfants ne doivent rien à leurs parents puisque l’Amour est gratuit.

Ce fut au tour des professeurs de morale et de philosophie de faire l’apologie de ma folie dans leurs classes. Dans l’autre texte, je dénonçais la prison, tout en faisant connaître mon amour des garçons.

Les Jésuites n’ont pas tenu le coup. J’eus le choix entre payer tout de suite ou ne pas pouvoir me présenter aux examens de fin d’année. Une façon de me renvoyer, car ils savaient très bien que je n’avais pas d’argent… C’était un noble moyen pour me forcer à débarrasser le plancher. Et, une bonne justification, si je devais tenter une nouvelle action susceptible d’intéresser les journaux.

Mon professeur de sociologie me reprocha d’avoir abandonné la lutte : « un type de ton intelligence n’a pas le droit de laisser tomber. » Le professeur venait de découvrir les événements de mai 1968, en France, et le souffle de la nouvelle révolution sexuelle annoncée en Californie. Puisque j’avais exprimé ces idées quelques mois auparavant, j’étais devenu pour les étudiants un héros ou tout au moins un prophète. C’était trop tard. Ma décision était prise. Je me servirais de ma bourse d’études pour publier mon premier livre.

J’ai travaillé à la publication d’Hymne à l’amour, le vice et la révolte et tout au long de l’année, j’ai pondu L’Homo-vicièr.

À ce point de vue, ma rencontre avec Micheline a été très profitable. Une fois, par semaine, nous nous rendions danser, mettre notre émotivité en danger. Nous cherchions tous les moyens pour entrer en transe et dès que nous le pouvions, nous nous faisions part de nos découvertes, en vue de nous en servir dans nos écrits. Malgré nos chicanes, ces soirées étaient consacrées au rire et à l’ironie. Elle était très intelligente et mon admiration pour elle me la rendait vraiment très attachante. Pourquoi quand nous sommes jeunes ne nous apprend-on pas qu’il est normal d’avoir la libido forte? On préfère la censure et l’hypocrisie… une société de moutons… On oublie que ceux qui ont créé les règles de la civilisation actuelle vivaient dans un tout autre contexte. Mais, c’est plus facile de ne pas les remettre en cause.

Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel. Aussi, avais-je pensé qu’en publiant Hymne à l’amour, le vice et la révolte, la police ferait enquête afin de me condamner. Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait-ce que  quelques minutes, le temps qu’il témoigne contre moi. J’étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute. La folie ne porte pas qu’à tuer. L’amour est un besoin tellement essentiel. En être privé peut nous déranger les méninges.

Mon livre de poésie ne connut pas le succès escompté. Les critiques littéraires étaient unanimes « je n’ai pas de talent».

« Plus équivoque et pas très prometteur s’annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau… Enfin, Jean Simoneau nous promet une œuvre fort abondante et nous prie, sur un feuillet publicitaire, de commander vivement,

car le nombre est restreint. Comme M. Simoneau est étudiant, il s’agit peut-être d’une farce, après tout! » (Suzanne Paradis, Livres et auteurs canadiens 1968, p.114).

Villon faisait aussi des farces d’étudiants et il fut pendu.

Dans le journal Le Devoir, Jean-Éthier Blais affirma que même si je n’ai pas de talent, je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne. Je sais maintenant pourquoi il parlait ainsi. Ce n’était pas pour mon talent d’écrivain, mais mon apostrophe entre les deux jambes qui l’intéressait sans doute.

Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m’a valu toutes les foudres possibles. Personne ne voulait plus me parler. Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces. On les interprétait tout de travers, comme si j’avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s’agitait.

Écrire un livre t’immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort. Aussi, pour moi, une dédicace c’était la plus grande preuve d’amour, c’était offrir mon cœur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi. Mon livre en était parsemé. Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible. J’avais oublié d’en dédicacer un à mon frère Serge. Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire un oubli aussi stupide?

De guerre lasse, je suis retourné à Barnston. J’en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook. M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l’on cherchait un bon journaliste. J’ai été réengagé pour une troisième fois, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m’embaucher.

7

Congrès du parti libéral.

Sur le plan politique, je n’avais pas évolué, sauf, dans le sens, de l’écœurement total.

D’abord, dans une assemblée libérale, un ex-ministre était venu promettre qu’en reprenant le pouvoir les libéraux créeraient un ministère dont la lutte au  patronage serait la fonction véritable. Un autre nous informa de la guerre Lesage-Lévesque, en présentant René Lévesque comme le pire des communistes.

Je n’avais rien compris avant le congrès des jeunesses libérales où j’ai été informé du projet d’Indépendance du Québec de René Lévesque. J’étais plus préoccupé par mon projet visant à nettoyer les mœurs politiques.

J’ai pris position pour une espèce de troisième voie, présentée par M. Paul Gérin-Lajoie (des états associés, si je me rappelle bien) projet qui m’apparaît encore aujourd’hui comme étant très autonomiste, sans en porter le nom.

J’étais délégué au congrès des adultes, mais je n’avais pas les sous nécessaires pour y participer. L’équipe de Jean Lesage m’offrit de payer à la condition de voter contre René Lévesque. J’ai refusé. Je me suis présenté au clan de Lévesque afin d’avoir le financement nécessaire, tout en leur disant que j’avais déjà voté contre le projet de leur chef et que je ne changerais probablement pas d’idée par ce simple soutien financier. Malgré ma franchise, ils acceptèrent.

Le congrès était complètement paqueté. Les libéraux avaient sorti tous les petits vieux des hospices pour venir battre le communiste Lévesque.

Le projet constitutionnel d’états associés fut rejeté. Nous n’avions plus que le choix entre le statu quo et l’option indépendantiste. Quand je me suis présenté au microphone, tout le monde écoutait. J’étais jeune et, venant de Limoilou, je ne pouvais être que du bon bord.

« Entre un statu quo qui ne va pas assez loin dans les réformes souhaitées, qui nous étouffe et une option qui m’apparaît comme allant trop loin, je ne peux que choisir d’aller le plus loin possible, dans l’intérêt du Québec. Pour cette raison, je voterai favorablement au projet de René Lévesque.»

Les protestations fusèrent de partout. Les délégués de comté m’ont aussi vite désigné comme « un traitre ». Ils prétendaient même que j’avais infiltré le parti pour appuyer l’indépendance.  Ce qui était absolument faux  et débile. J’étais  très désappointé du peu de démocratie à l’intérieur de ce congrès. Chose certaine, je n’étais pas genre à appuyer les propositions visant à augmenter le patronage.

Je suis allé manger seul, réfléchissant à ce que je devais faire. Lévesque s’était déjà exclu du parti. Ses partisans avaient quitté la salle.

De retour au congrès, le soir, je suis allé dire à peu près ceci à l’assistance : « Il est évident que j’ai perdu toute crédibilité. Je ne crois plus représenter dorénavant les vœux des membres de mon comté et, par conséquent, je démissionne de la présidence des Jeunes libéraux de Limoilou. Cependant, je considère qu’il est urgent, comme le disait M. Lesage, de s’occuper du pain et du beurre et à ce chapitre, je crois, qu’il me sera possible de mieux servir le Québec en demeurant dans le parti. Il faut s’unir et reprendre le pouvoir.»

Espèce de cave! J’espérais toujours que mon projet de nettoyage des mœurs politiques, référé à un comité d’étude, puisse un jour aboutir à des actions concrètes.

J’ai eu droit à la seule ovation debout de toute ma vie. Les gens me tendaient la main de chaque côté des rangs comme si j’avais été le chef de ce parti. Kierans et Lesage me donnèrent l’accolade.

Je savais pourtant au fond de moi-même qu’il n’était plus question pour moi de continuer dans la politique active : la foi venait de tomber pour très longtemps. La blessure était profonde. Je ne croyais plus dans la démocratie.

J’ai écouté les discours. J’ai eu presque mal au cœur d’entendre Pierre Laporte vanter le fédéral. C’était à se demander ce qu’il faisait au Québec. On était loin du Maître chez nous des années 1962.

Aussi, suis-je entré une troisième fois à La Tribune. Je n’avais surtout pas l’intention de m’occuper de politique à nouveau. C’était, à mon avis, bien trop sale !

8

La poésie

Hymne à l’amour, le vice, la révolte produisait lentement ses fruits même si, selon mon patron Alain Guilbert, il faut un très haut taux de folie pour écrire une poésie comme la mienne.

Pour la première fois, j’ai affirmé la nécessité de mes amours illicites pour bien réaliser mon travail. Mes amours sont mon moteur. Je perçois la vie à travers elles.

« Ne vous en faites pas, à chaque fois qu’il y a du jus dans mes reportages, il y a toujours un petit gars qui me fascine derrière l’événement. Plus je suis fasciné, plus les mots viennent facilement ».

Ces amours étaient toujours platoniques, mais ils dirigeaient ma vie émotive. Ma soif de beauté et de liberté.

Cette réponse a très vite clos la discussion.

Rien n’était plus vrai. À chaque ville ou village, j’essayais de rencontrer des petits gars et de découvrir à travers eux, dans leurs yeux, les bonheurs et les malheurs des habitants de l’endroit. Si un jeune me plaisait, j’étais pris d’une espèce d’envoûtement, de frénésie, de fascination pour l’endroit. S’il me souriait, c’était l’extase. Une simple communion de regards, un léger vent dans l’âme; cette localité était gravée dans ma mémoire pour des années. J’y retournais souvent d’instinct dans le but inavoué d’apercevoir à nouveau celui qui m’avait si follement fait tourner la tête. Pourtant, je ne leur parlais jamais. Regarder leur beauté me suffisait.

À cette époque, la beauté était des noms et des visages de garçons. Une obsession sans doute absolument folle, mais non dangereuse.

La vie, c’était la vibration en voyant la beauté d’un petit corps, la sensation de communiquer la poésie vivante qui m’envahissait. La flamme du désir inassouvi qui te brûle de l’intérieur. Ma vie était une perpétuelle tentation et je n’aurais pas péché pour ne pas la perdre. La vie est le plus beau des poèmes.

Le premier poète à me critiquer sans me démolir complètement fut nul autre qu’Alfred Desrochers.

Après avoir lu Hymne à l’amour, le vice et la révolte, Desrochers me fit parvenir une note dans laquelle il disait ni ne me conseiller, ni ne me déconseiller de continuer d’écrire. J’étais fou de joie. L’hommage de cette neutralité venait de haut, mais Guilbert, mon patron immédiat, après avoir lu cette lettre, prétendit que M. Desrochers voulait rire de moi, car il avait ajouté à peu près ceci :

« Dommage que tu ne sois pas venu avant St-Denis-Garneau, t’as beaucoup plus de couilles que lui. »

Selon Guilbert, il s’agissait là d’une plaisanterie quant à mon amourajoie.

« Desrochers a voulu rire de toi. » Me dit-il.

Ce même Hymne à l’amour attira aussi l’attention (je lui avais envoyé) de celui qu’il est bien convenu d’appeler le leader littéraire régional de cette époque : Gaston Gouin.

Gouin, tout en y reconnaissant des faiblesses littéraires, trouvait très courageux d’y révéler mes amours. J’ai rencontré Gouin quelques fois. Il me fit une critique de L’Homo-vicièr et il me fit retirer près de la moitié du contenu. Nos divergences politiques refroidirent nos échanges. Il était trop radical pour moi. Gouin admettait la nécessité de la violence pour obtenir l’indépendance du

Québec alors que je m’y opposais viscéralement. Pourtant, on me raconta, que cela n’a pas empêché Gouin de choisir Hymne à l’amour, le vice, la révolte, comme lecture de chevet.

Un sourire venu d’enfer 4

octobre 21, 2020

Un sourire sorti d’enfer 4

Autobiographie approximative

6

La rencontre de Daniel.

Durant l’été, je me suis rendu à Montréal pour travailler afin de payer les frais de la prochaine année scolaire. Tout ce que j’ai su dénicher : éclairagiste dans un club pseudo arabe, puis, dans un club à gogo, comme desserveur de tables. Cette dernière expérience me marqua davantage puisqu’on m’appelait « le petit gars » et que je fus confronté pour la première fois de ma vie à la réalité gaie.

Ma première rencontre fut celle d’un noir. Il s’organisait toujours pour m’attirer à sa table. Il a même inventé de renverser sa bière. Il me tapait sur les nerfs. À la fin de la soirée, il me fit part de ses ennuis : il ne savait pas où aller. Je lui ai conseillé un endroit en lui indiquant bêtement que je m’y rendais toujours après le travail. Il m’a aussitôt fait part de son intention de m’y retrouver. Ce soir-là, je suis sorti plus tard qu’à l’habitude. Je n’étais pas seulement naïf, j’étais niaiseux.

J’aimais bien ce travail. Le milieu insolite. Les filles du club arabe m’ont demandé  de leur envoyer des petits vieux, quand j’ai commencé à travailler dans un autre club, un club de gogos femmes. En retour, j’avais droit à une commission payée en nature. Salaire que je n’ai jamais eu, même si j’ai envoyé bien des intéressés. Cependant, l’honnêteté n’était pas toujours de rigueur dans ces clubs.

J’ai passé pour le roi des imbéciles un après-midi parce que j’ai défendu un client qui avait oublié un appareil photo alors qu’une des serveuses voulait la garder pour elle. Ce qu’elle fit, malgré mes protestations. Je n’aimais pas non plus qu’on fasse les poches des clients quand ils étaient trop saouls à la fin de la soirée, avant de les mettre dehors.

Ma jeunesse me valait des avantages. Une des serveuses me fit une crise de

jalousie parce que souvent j’avais de bons pourboires pour rien ou encore des clients qui me payaient volontiers un verre. Je ne comprenais pas le pourquoi de tant de générosité jusqu’à ce qu’elle me dise : « T’as qu’à regarder ces messieurs te convoiter l’arrière-train pour saisir ce qui se passe.»

Plus tard, les patrons s’amusèrent à m’envoyer chercher de la glace dans un club gai de la rue Stanley. Ils prétendaient que je serais un jour un des futurs clients de ce bar.

C’était toute une découverte : je voyais pour la première fois de ma vie, dans ma vingtaine, deux hommes danser ensemble. Un seul spectacle a su me distraire autant : le club des lesbiennes. Je les ai vues un soir sortir un bonhomme qui s’était probablement trompé d’adresse… il toucha très peu aux marches. Les femmes sont parfois très fortes.

Montréal me semblait propice à une expérience pédéraste (amourajeuse). Il était impossible qu’avec autant de petits gars, je ne finisse pas par en rencontrer un qui soit intéressé. En attendant, je travaillais et j’écrivais de la poésie. Parfois, je me permettais de partir à la recherche de l’âme sœur. Le cruising est aussi palpitant que les parties de jambes en l’air.

Un après-midi, dans le métro, en me rendant au travail, j’aperçus un magnifique petit bonhomme. Il était blond et semblait avoir environ 14 ans. Je lui fis des clins d’œil, il me sourit. Je lui montrai deux dollars, tout en lui faisant signe de me suivre, ce qu’il fit sans hésitation. J’étais au ciel. Je croyais rêver. Je me suis rendu avec lui dans une toilette d’un restaurant. Il accepta, après quelques caresses, à se rendre chez moi. J’étais fou de joie. Je n’aurais jamais cru qu’une telle chose était possible. Je remerciais le Bon Dieu d’avoir créé Montréal.

Je m’absentais du travail pour la première fois. J’ai passé l’après-midi avec lui.

Je le revois nu dans mon lit alors que ma langue voyageait encore moins vite sur son corps que le plaisir qui courait dans ma tête. Je sentais que le plaisir était complètement partagé. Son sourire, les gestes de son corps prouvaient qu’il goûtait tout aussi bien la situation que moi. Daniel était divin. Il avait en plus une drôle de façon de réagir à nos baisers. À chaque fois, il branlait le nez. Nous avons parlé assez longtemps pour que je le connaisse assez bien. Son père était dans l’armée et sa mère vivait, à Montréal, avec lui. La séparation de ses parents l’affectait beaucoup. Son grand rêve était de s’acheter une bicyclette.

Peu à peu, les remords m’ont envahi, car je me sentais encore coupable d’être amourajeux. Je l’aimais trop pour le rendre à jamais malheureux. J’avais peur que mes goûts se transmettent et je ne voulais pas lui rendre la vie aussi malheureuse que la mienne.

J’ai supplié Daniel de me pardonner. J’ai voulu lui faire peur en lui disant qu’une telle dégénérescence conduit à la prison. Daniel se contenta de s’approcher de moi et me dire que lui aussi avait déjà eu des problèmes avec la police. Et, il m’embrassa avec passion. Que pouvais-je dire de plus?

Après que Daniel m’eut laissé, la vie n’était plus pareille. J’étais follement amoureux de lui. Daniel m’avait promis de revenir bientôt et de me présenter sa petite amie. Il ne le fit jamais et je me suis mis à sa recherche.

Daniel, c’était tout ce qui comptait dorénavant. Je vivais dans l’anxiété de le revoir. J’ai tenté de le rejoindre au téléphone, épuisant le répertoire de toutes les familles qui répondaient à son nom. Le soir quand j’arrêtais une seconde de travailler, je me rendais près de la porte où je scrutais les passants. Viendra-t-il enfin?

Pour le graver davantage dans ma mémoire, je griffonnais cet amour sur un bout de papier. Je me fichais bien maintenant que ma mère hésite à me livrer à la police puisque le dimanche précédent, elle et mon père, m’avaient surpris la main dans le pantalon d’un autre petit gars qui aimait bien se faire tâter le moineau. La faim justifie les imprudences.

Peut-être que mes parents n’auraient jamais osé mettre leur menace à exécution; mais je savais être, encore une fois, une raison pour eux d’être malheureux de m’avoir comme fils. Ça m’affligeait beaucoup, c’était même une raison de plus pour me haïr. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je croirais que d’être amourajeux est tout à fait normal.

J’étais presque fou. Je voulais revoir Daniel par tous les moyens. Chaque endroit où j’avais vécu quelques secondes avec lui était devenu de véritables lieux de pèlerinage et ils le sont demeurés plus de dix ans.

Au travail, ce fut comme si les patrons auraient compris qu’il se passait quelque chose de nouveau en moi. Ils multipliaient mes missions dans le club gai. Ce travail a eu un avantage extraordinaire : il enleva à jamais ma peur des gais. Si j’en étais un d’une certaine façon, j’avais conservé toutes les peurs que mon éducation avait créées. Loin d’être dangereux, comme on me l’avait appris, ces messieurs étaient tout égard, toute tendresse. Je me sentais de plus en plus valorisé quand un homme me regardait avec avidité. Moi, qui m’étais toujours cru si laid, je découvrais que pour certains je pouvais même leur paraître beau. Ce n’est pas une petite découverte, ce fut extrêmement important pour moi.

Petit à petit, j’ai commencé  à  fréquenter  les  pissotières.  Le  travail  s’en  trouva valorisé d’autant…

Un jour, en entrant du travail, une lettre de France m’annonçait que j’étais lauréat d’un concours de poésie en Normandie. Le poème gagnant avait été écrit pour illustrer mes tentations amourajeuses : LA NOCE. En même temps, le lieu d’où je gagnais le concours était lié directement à un autre personnage religieux qui m’influençait énormément : Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle était arrivée dans ma vie à travers une mine d’or en Ontario, la Thérèsa.

Je ne savais plus si je devais être heureux ou découragé. Je priais pour revoir Daniel. J’avais peur, mais cette fois l’amour fut si vif que ce fut la grande métamorphose. Plutôt que de percevoir Dieu comme un juge, je le découvrais comme un protecteur : il ne pouvait pas condamner l’amour. Lui, qui se dit l’Amour.

Daniel. C’était déjà un rêve, une force comme je n’en avais jamais vécu. J’étais prêt à tout pour le revoir, pour lui dire combien je l’aimais. Son absence m’a mené à encore plus de révolte.

J’ai commencé à écrire des poèmes dans lesquels Jésus était un adepte des Amitiés particulières. À chaque mot, je mourrais de peur puisque je craignais que ce soit des blasphèmes. J’écrivais en tremblotant et bien conscient qu’il y avait une nouvelle force en moi. Une force de nature insoupçonnée : j’étais prêt à défier Dieu lui-même pour revoir Daniel.

Je me fichais pour la première fois des cinq ans de prison possibles, même de la mort, pour le revoir une minute, l’aimer encore autant, avec autant de passion.

Heureusement, la poésie m’aida à retrouver mon équilibre. Je me suis rappelé peu à peu ma grande découverte en prison : aimer et jouir sont aussi des prières. Je ne culpabilisais plus. Daniel ne m’entraînait pas aux blasphèmes, il consacrait l’amour que j’ai en moi. Il m’unissait à Dieu par un nouveau moyen, par une nouvelle route.

Ainsi, Daniel me permettait de m’accepter comme amourajeux, sans être en contradiction avec ma foi. Quelle importance cela avait-il que Jésus ait aimé un petit gars aux Jardins des Oliviers? Était-ce vraiment Saint-Jean ? Pour moi, Jésus devenait encore plus grand, tout aussi divin. Qu’il ait aimé la chair en s’incarnant, rien de plus naturel; le contraire, en aurait fait un masochiste pur. Dieu cessait d’être un exécrable individu pour devenir véritablement un AMI. La religion cessait d’être une condamnation, mais un appel à l’amour.

Je suis retourné à Québec dans cet état d’esprit. Cela ne m’avait rien apporté financièrement d’avoir travaillé tout l’été. Je n’avais réussi qu’à payer mes dettes de l’année précédente et le service aux étudiants voulait couper mon aide en fonction de ce que j’avais gagné. Je me ramassais ainsi dans une situation financière pire que si je n’avais rien fait pour m’en sortir.

Le service d’aide aux étudiants me refusa à nouveau l’argent nécessaire pour terminer ma deuxième année chez les Jésuites. J’étais puni d’avoir travaillé. Puisque j’avais essayé de me débrouiller, j’avais droit à moins d’aide. Quel genre de débiles dirigent tous les services d’ordre social? Ils ne comprennent rien. Tu es puni, dès que tu veux faire un effort pour t’en sortir. Au lieu de t’aider, ils te calent encore plus dans la merde.

Je voulais me suicider, même si je savais que je ne mettrais jamais ce désir à exécution. Le suicide est une maladie mentale ou un manque de courage. Comment vivre sans aimer? Comment trouver un sens à mes actions, si je ne pouvais pas partager la tendresse qui me dévorait?

À la fin du premier semestre, mon désespoir s’est transformé en révolte. Il ne suffisait plus d’écrire L’Homo-vicièr, je devais m’affirmer.

En décembre ou janvier, à l’occasion des examens, j’ai écrit dans le journal étudiant un grand extrait de mon roman dénonçant les examens. En sociologie, quand le professeur demanda d’expliquer le haut taux de suicide chez les étudiants, j’ai répondu que l’imbécilité de ces cours était une raison viscérale de vouloir en finir avec la vie. Celui-ci me traita de fou en classe. J’ai repris les examens avec succès et l’incident fut oublié.

Au cours du second semestre, je me suis fait une petite amie. Nous avions été attirés l’un à l’autre par le même amour des lettres. La chicane ne tarda pas à nous opposer. Elle fut d’abord jalouse du petit gars qui recevait nos manteaux à l’entrée de la salle de danse. Elle trouvait que je mettais trop de passion à le regarder. La jalousie est surtout un déséquilibre féminin. Un juron contre la liberté. Il était très beau, j’en conviens. Je serais demeuré planté là à l’examiner durant des heures. Malheureusement, quand on est avec une femme, il faut qu’il n’y ait qu’elle dans le paysage. Une forme d’autisme nommé couple. Tout autour doit être laid ou invisible.

Elle vit ensuite dans la visite d’un de mes cousins, un autre danger. Les flammèches ne tardèrent pas. Je ne tolère pas la jalousie. C’est refuser à l’autre son droit de choix fondamental. Les féminounes s’imaginent que jouir de la présence d’un autre, c’est leur manquer de respect, car l’autre peut leur être supérieur. En fait, elles vivent d’insécurité et de complexes d’infériorité. Elles projettent   sur   les   autres   leurs   complexes   d’infériorité   et   leur   paranoïa.

La jalousie est un élément décadent, ressurgissant de l’inconscience de la vie des   harems   et   du   statut   de   la   femme   dans   une   société    de   machos hétérosexuels.

Le statut de la femme dans nos civilisations a toujours été celui de l’infériorité. Pourtant, nos civilisations s’imaginent que l’hétérosexualité est tout ce qui a de normal. J’aime les femmes qui ont dépassé cet état mental et émotif. Les femmes qui ont su intégrer la beauté de leur sexualité. J’aime les vraies féministes.

La crise a pris de l’ampleur. Elle s’identifiait, sans avoir tort, à Esther, un personnage de L’Homo-vicièr qui présage des luttes des mouvements de libération de la femme. La femme qui, sous prétexte d’égalité, veut dominer dans le couple non plus en cachant son jeu comme elle l’a toujours fait, mais ouvertement, sans artifice.

Ce fut une période très riche d’échange de lettres d’amour. Finalement, elle me reprochait d’être trop cochon.  Ce qui arriva à force de me faire agacer. Elle aurait pu me passer à travers un mur pour me sentir bandé en dansant, ce qui arrivait moins souvent que je l’aurais souhaité, mais ce geste m’amenait à vouloir lui poigner les seins et mettre sa main dans mes culottes.

Chaque fois, cela la scandalisait, mais chaque fois j’y décelais un désir qui était bien celui d’une victime qui se cherche un bourreau. Bien agréable le bourreau à petite matraque tant qu’il ne s’en sert pas.

Ce fut le pire problème de mon éducation sexuelle : Plutôt que nous apprendre à contrôler nos désirs sexuels, c’était bien ça mon problème, on préfère ne pas en parler parce qu’on les craint, d’où notre incapacité d’avoir un équilibre émotif.

Mon professeur de sociologie fit sa connaissance. Une fois, sous prétexte de connaître mes réactions, il lui fit croire à Micheline que je m’étais suicidé de chagrin par sa faute. La pauvre fille n’en a pas dormi de la nuit.

La rupture était inévitable, j’étais trop cochon, trop chaud, et je ne comprenais pas pourquoi cette invasion des remords de conscience, fruit de notre ignorance de la nature humaine. Pourquoi devenir fou pour des gestes somme tout très agréables? Quel danger y a-t-il à se caresser?

À cette époque, si je l’avais mis enceinte, je l’aurais mariée. Je crois même qu’on se serait beaucoup aimé, car le sexe était tout ce qui nous séparait et marié cela n’aurait plus été un problème… il devrait y avoir une loi garantissant que tout gars qui met une fille enceinte se doive de l’aider à élever l’enfant, soit en la mariant, soit en lui versant une pension jusqu’à ce que l’enfant ait atteint la fin de son secondaire. Ainsi, on aurait plus besoin de l’avortement.

Vers la fin de l’année, j’ai publié deux autres textes dans Le Garnier, soit le journal des étudiants des Jésuites.

Le premier affirmait que les enfants ne doivent rien à leurs parents puisque l’Amour est gratuit.

Ce fut au tour des professeurs de morale et de philosophie de faire l’apologie de

ma folie dans leurs classes. Dans l’autre texte, je parlais de ma visite en  prison, tout en faisant connaître mon amour des garçons.

Les Jésuites n’ont pas tenu le coup. J’eus le choix entre payer tout de suite ou ne pas pouvoir me présenter aux examens de fin d’année. Une façon de me renvoyer, car ils savaient très bien que je n’avais pas d’argent… C’était un noble moyen pour me forcer à débarrasser le plancher. Et, une bonne justification, si je devais tenter une nouvelle action, susceptible d’intéresser les journaux.

Mon professeur de sociologie me reprocha d’avoir abandonné la lutte : « un type de ton intelligence n’a pas le droit de laisser tomber. » Le professeur venait de découvrir les événements de mai 1968, en France, et le souffle de la nouvelle révolution sexuelle annoncée en Californie. Puisque j’avais exprimé ces idées quelques mois auparavant, que L’Homo-vicièr en parlait, j’étais devenu pour les étudiants un héros ou tout au moins un prophète. C’était trop tard. Ma décision était prise. Je me servirais de ma bourse d’études pour publier mon premier livre.

À ce point de vue, ma rencontre avec Micheline a été très profitable. Une fois, par semaine, nous nous rendions danser, mettre notre émotivité en danger… Nous cherchions tous les moyens pour entrer en transe et dès que nous le pouvions, nous nous faisions part de nos découvertes, en vue de nous en servir dans nos écrits. Malgré nos chicanes, ces soirées étaient consacrées au rire et à l’ironie. Elle était très intelligente et mon admiration pour elle me la rendait vraiment très attachante. Pourquoi quand nous sommes jeunes ne nous apprend-on pas qu’il est normal d’avoir la libido forte? On préfère la censure et l’hypocrisie… une société de moutons… On oublie que ceux qui ont créé les règles de la civilisation actuelle vivaient dans un tout autre contexte. Mais, c’est plus facile de ne pas les remettre en cause.

Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel. Aussi, avais-je pensé qu’en publiant Hymne à l’amour, le vice et la révolte, la police ferait enquête afin de me condamner. Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait-ce que  quelques minutes, le temps qu’il témoigne contre moi. J’étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute. La folie ne porte pas qu’à tuer. L’amour est un besoin tellement essentiel. En être privé peut nous déranger les méninges.

J’ai travaillé à la publication d’Hymne à l’amour, le vice et la révolte tout au long de l’année.  Finalement, ce fut un homme de Montréal, un pur étranger, un  éditeur qui vint me trouver pour publier le livre. Il considérait que j’étais bourré de talent. Le livre fut publié sans qu’il me coûte un sou.

Mon livre de poésie ne connut pas le succès escompté. Les critiques littéraires étaient unanimes « je n’ai pas de talent».

« Plus équivoque et pas très prometteur s’annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau… Enfin, Jean Simoneau nous promet une œuvre fort abondante et nous prie, sur un feuillet publicitaire, de commander vivement, car le nombre est restreint. Comme M. Simoneau est étudiant, il s’agit peut-être d’une farce, après tout! » (Livres et auteurs canadiens 1968, p.114).

Villon faisait des farces d’étudiants et il fut pendu.

Dans le journal Le Devoir, Jean-Éthier Blais affirma que même si je n’ai pas de talent, je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne. Je sais maintenant pourquoi il parlait ainsi. Ce n’était pas pour mon talent d’écrivain, mais mon apostrophe entre les deux jambes qui le faisait rêver et qui l’intéressait sans doute plus que ma poésie.

Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m’a valu toutes les foudres possibles. Personne ne voulait plus me parler. Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces. On les interprétait tout de travers, comme si j’avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s’agitait.

Écrire un livre t’immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort. Aussi, pour moi, une dédicace c’était la plus grande preuve d’amour, c’était offrir mon cœur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi. Mon livre en était parsemé. Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible. J’avais oublié d’en dédicacer un à mon frère Serge. Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire un oubli aussi stupide?

De guerre lasse, je suis retourné à Barnston. J’en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook.

M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l’on cherchait un bon journaliste. J’ai été réengagé pour une troisième fois, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m’embaucher.

Un sourire venu d’enfer 3

octobre 20, 2020

Un sourire venu d’en enfer 3

Autobiographie approximative

 4

L’école normale

Septembre. J’avais à nouveau réussi ma onzième année, mais cette fois une onzième scientifique et non générale.

J’ai voulu continuer mes études à l’école Normale pour hommes à Sherbrooke. Je n’avais pas d’argent et le service d’aide aux étudiants refusait mes demandes. C’était comme au secondaire; pour avoir des sous il aurait fallu que j’affirme que mes parents m’avaient foutu dehors du bercail. Je tenais à la vérité, et par conséquent, à la bonne réputation de mes parents. La décision de mon père de ne pas me nourrir jusqu’à 75 ans était pleine de bon sens : il me forçait ainsi à apprendre à compter sur moi-même et à me déniaiser un peu.

Mes parents me remettaient parfois mes trois mois de prison sur le nez, mais qui ne l’aurait pas fait? Puisque je comprenais leur attitude sans les blâmer, j’étais de l’avis d’un psychiatre, d’un masochisme maladif.

À cette époque, je me croyais vraiment un salaud d’être amourajeux. Je ne savais pas que cet interdit est le fruit d’une savante formule de répression pour mieux abuser des gens. Je n’avais pas encore de morale personnelle. Je croyais dans ce que dit le système comme la plupart des gens.

Par hasard, j’ai appris que l’ancien président de la commission scolaire de Victoriaville, un Monsieur Morissette, était devenu ministre adjoint à l’Éducation. J’avais travaillé souvent avec lui à Victoriaville et ce dernier ne pouvait avoir qu’un bon souvenir de mon professionnalisme comme journaliste. Il n’en fallait pas plus pour que je frappe à sa porte. Il me prêta l’argent pour poursuivre mes études à Sherbrooke.

J’ai ainsi renoué connaissance avec les libéraux. Ils étaient au pouvoir et ma seule planche de salut. J’ai pensé que ce n’était peut-être pas vrai que les libéraux avaient été les instigateurs de mon arrestation en 1963. Après tout, ces gens n’étaient que des organisateurs locaux.

Ce fut toute une expérience d’entrer à « l’École Normale de Sherbrooke », sous la protection du ministre adjoint à l’Éducation. Jamais tout n’avait été si bien

préparé pour me recevoir; jamais le prêt d’honneur n’avait été aussi rapide à m’accorder une bourse d’études.

Mes études furent complètement bouleversées par une nouvelle fièvre de poésie. J’ai essayé d’écrire. Personne ne croyait dans mon talent. Je faisais aussi des paroles pour les chansons de mes jeunes frères. Une version de No where man, des Beatles devint :

C’était un homme bohème sans famille, sans patrie

qui parcourait sans relâche l’univers.

Par amour de la liberté il n’apprit aucun métier

faisant mille petits travaux par le monde.

Homme libre de la terre ton pays est ta planète

et tous les hommes ta famille.

Cette nouvelle dimension de la vie m’éblouissait, mais me traumatisait tout autant.

Tous les journaux, toutes les revues refusaient mes textes. Ceux-ci étaient pourtant de moins en moins religieux. Selon les auteurs-modèles qui m’avaient amené à la plume, Rimbaud, c’est un si joli garçon, et Jacques Prévert, dont la révolte m’obsédait, il était impossible que j’évolue autrement.

Je correspondais avec une poétesse de Québec, Madeleine Guimont. Elle était toute sensibilité et douceur. Malgré mes échecs, j’écrivais, j’écrivais, j’écrivais. J’adorais ce Nouveau Monde où tout est imagination, jeux de mots. Peut-être aujourd’hui dirais-je, je pleurais, je braillais. Poèmes et chansons étaient ma vie. Je me lamentais et je ne me pardonnais pas d’être amourajeux.

J’étais profondément vexé que les orchestres de mes frères ne connaissent pas autant le succès que je le voulais et qu’ils le méritaient. Leur premier orchestre fut les Stellairs, qui fut dissous et remplacé par les Pyramides et les Rembrandt, qui connurent un certain succès.

Cette création, baignant dans une atmosphère de révolte et de sensualité, fut la source de mes problèmes. Mes textes étaient de plus en plus révoltés et seul l’aumônier de l’école normale semblait y attacher de l’importance. Ce fut alors ma période de recherches ésotériques. J’étais obsédé par un nouveau thème : la mort. Par contre, j’étouffais ma peur et je commençais à décrire mes émois amourajeux. Les petits gars reprenaient du terrain. Mon texte La Mort du beau Pierrot devint le symbole de ma nouvelle façon d’embrasser la vie. Tout maintenant.

Les études n’avaient plus d’importance. J’allais boire avec un groupe d’amis étudiants et je cherchais ce qui pouvait arriver après la mort. J’avais l’obsession de l’au-delà. J’avais peur du vide c’est-à-dire de l’avenir.

Pour moi, tout devint clair. Puisque le cerveau est l’outil essentiel, le centre de la perception, à la mort, il n’y a rien qui puisse subsister. C’est le grand vide total éternel, mais l’énergie que nous sommes ne peut pas disparaître totalement. Avec la mort, nous devenons une énergie diffuse et inconsciente, car rien ne se perd et rien ne se crée. De l’énergie noire, la plus en abondance dans l’univers, mais dont on ne sait rien. Demeure-t-elle une source de conscience?  Conscience de quoi? Les âmes seraient-elles comme les nuages noirs perçus dans ma vision en prison? Le bonheur serait-il quant à lui  une  énergie  blanche? Une énergie qui se suffit par elle-même.

La vie est une force énergétique plus concentrée que l’énergie nucléaire. Une énergie, qui, comme la vie sexuelle, n’a pas encore été mesurée puisque l’on n’a pas encore découvert les moyens d’y parvenir. Une énergie plus concentrée, d’une plus grande qualité. Ce qui permet la conscience et donc la création de ce qu’on considère comme la réalité. Notre vie serait un regard sur les énergies qui passent. Sentir ce qui se passe, son environnement, serait notre seule réalité.

Les étudiants les plus âgés me comparaient à Teilhard de Chardin. Je ne l’avais pas encore lu, aussi, je ne savais pas si ces rapprochements étaient plus ou moins fondés. Sa théorie que j’ai lue plus tard est fascinante et ressemble effectivement à ce que je pense.

Je faisais des expériences d’hypnose et de télépathie, expériences que j’ai vite mises au service de mon amourajoie. Ce fut une période assez féconde pour trouver un sens à ma vie personnelle : aimer les petits gars. Je me découvrais amourajeux dans toutes les fibres de mon corps. C’était encore à mes yeux quelque chose de défendu, de mal, d’où bien des tourments et une association Satan-amourajoie dans mes poèmes. Mais je ne savais pas encore (je l’ai appris à 67 ans) que mon ange de naissance était Samaël, dit Satan. Je serais bien mort de haine envers moi s’il avait fallu à cette époque que je sache cette croyance. Je voulais bien que Satan m’aide pour avoir les faveurs d’un petit gars, mais je m’étais déjà rendu compte que de prier Dieu et de me morfondre en regrets après, était beaucoup plus efficace. Comme si Dieu aurait été bien d’accord.

La poésie m’amena à appliquer la même recherche à la prose. Une rédaction sur mon premier voyage en avion, comparé à un voyage dans le ventre d’un aigle,

me fit échouer en français. Mon professeur n’avait pas aimé l’allégorie.

Je détestais les mathématiques et puisque j’aurais voulu enseigner le français, j’ai répondu par un poème au concours du ministère de l’Éducation. Ce poème reprochait à la civilisation occidentale de n’avoir qu’un but : l’argent. Je visais aussi le ministre de l’Éducation, Gérin-Lajoie, car à mon sens, il n’avait fait qu’une réforme administrative.

Cette offense me valut l’avertissement de ne plus me représenter à cette école supérieure, car, si j’étais un petit gars de grand talent; mais mon éducation familiale était à la source de grandes carences. Pour les autorités, je n’étais rien d’autre qu’un névrosé. Un révolté. Un instable.

Avant la fin de l’année, les libéraux avaient décidé d’en appeler au peuple. J’ai offert mes services à ceux que je connaissais : Émilien Lafrance, qui gardait un bon souvenir de moi, à cause de mes prises de position contre la cigarette, au temps des Disciples de la Croix; M. Morissette qui venait de m’aider; Georges Vaillancourt pour qui j’avais déjà fait deux discours aux élections précédentes, et Carrier Fortin, ministre du Travail, que j’avertissais de mon impopularité à cause des réformes que je préconisais. Seule l’organisation de Carrier Fortin sembla intéressée à mes idées.

On désirait que je me présente à la télévision afin de rassurer les gens à savoir que la réforme de l’éducation n’entraînerait pas la sortie des  crucifix  des  écoles. J’ai refusé ce geste de politicaillerie, car je croyais que d’autres idéaux étaient bien plus importants pour le Québec : un changement dans le système électoral, trouver des façons d’éliminer le patronage.

Ces réformes avaient même été timidement entreprises par Jean Lesage (sans que j’aie un mot à dire évidemment), mais ces sujets me captivaient davantage que la religion dans les écoles. D’ailleurs, j’étais encore assez religieux pour m’opposer à la laïcisation des écoles. Ce qui prouve que je n’étais pas encore bien éveillé. Tout ça, ça ne me fournissait pas un moyen de gagner ma vie. Et, je le devais. Je n’avais pas le choix…

5

La rentrée scolaire à Québec.

De retour à Québec, les Jésuites étaient la seule institution scolaire qui m’acceptait. Il fallait payer des frais de scolarité énormes. Pour y arriver, je devais obtenir une bourse d’études.

J’ai repris les démarches, auprès du Ministère de l’Éducation. Révolté de ne rien obtenir, j’ai décidé de me rendre passer le chapeau à la porte du bureau du ministre de l’Éducation., avec le chapeau de M. Gosselin et un communiqué de presse.  Je n’ai récolté que quelques sous, mais l’intérêt soulevé par la presse incita le ministère à bouger. Première réaction : il me fit passer pour fou.

Il fut aussitôt décrété que je devais passer un examen psychiatrique avant d’avoir une bourse, car, on devait savoir en qui on investissait l’argent des contribuables. Cet examen suscita la colère des mouvements étudiants qui se battaient pour l’enseignement gratuit. Ceux-ci invitèrent les autorités à passer le même test. Manque de peau, l’examen révéla seulement une certaine tendance à éparpiller mes énergies (c’est ce qu’on appela ma névrose), mais on insistait surtout sur ma capacité définitive de pouvoir poursuivre des études universitaires et bien au- delà. Ce bien au-delà m’a toujours tracassé.

En politique, j’étais toujours persuadé de la nécessité de se débarrasser du système de patronage. J’ai entrepris la lutte dans une section de la Société Saint-Jean-Baptiste, à Québec.

La lutte au patronage m’était apparue plusieurs années plus tôt comme un élément essentiel pour répondre à Gordon, cette espèce de chien en culotte du Pacifique Canadien, qui prétendait que les francophones étaient trop idiots pour occuper un poste de commande.

À mon avis, il fallait nettoyer notre vie politique de sa réputation et de ses sangsues. Par la suite, si les Anglais continuaient à nous traiter injustement, il n’y aurait qu’une solution : la révolution pour l’indépendance du Québec.

Si j’acceptais cette voie, je refusais celle qui montait à Montréal : le FLQ.

J’avais peur, depuis mon premier emprisonnement et mes lectures du Reader Digest, de la guerre civile et des communistes. Par contre, j’étais un chaud partisan de René Lévesque. J’avais même conseillé au secrétaire de Lesage, Raymond Garneau, la tenue d’un congrès à la direction des libéraux où Lévesque serait appelé à remplacer Jean Lesage.

Je cherchais toutes sortes de solutions qui auraient fait du Québec une province riche et heureuse. Je m’étais penché sur le rôle des députés et j’avais essayé de vendre l’idée d’une espèce de régime présidentiel où les mouvements de base joueraient un rôle indispensable. À cette époque, je voyais l’indépendance du Québec comme une bombe atomique, apte à permettre aux Québécois d’être traités avec égalité par les anglophones, si on n’y parvenait pas autrement.

La SSJB-Québec ne voulait rien entendre sous prétexte qu’elle se voulait apolitique. J’ai été forcé de laisser ce mouvement. J’étais en larmes. J’affirmai que si un jour le FLQ grossissait, ce serait la faute de tous ces irresponsables qui refusent de faire face à la musique et optent pour le statu quo alors que l’injustice est flagrante.       

J’ai à nouveau intégré les rangs des libéraux. Je voulais cette réforme  à  tout prix : un gouvernement du peuple, un gouvernement honnête. Pour ce faire, je devais me consacrer à la politique.

Je me suis rembarqué assez vite dans ma nouvelle mission. J’écrivais aux députés, aux ex-ministres libéraux qui étaient alors dans l’opposition.

À mon avis, la politique était tout comme le journalisme, la tâche la plus noble. Comme le dit l’Éthique à Nicomaque, elle consiste à travailler au mieux-être de ses concitoyens. La politique est donc le summum moral de l’amour. J’ai vite déchanté.

Je m’étais fait la réputation d’un gars du centre gauche. Pour moi, le Québec devait développer le Nord, accentuer la participation des travailleurs à la gestion des entreprises. Le Québec devait assurer universellement les droits fondamentaux pour chaque individu que sont la nourriture, le logement, la santé, le travail et l’éducation. L’état ne devait pas remplacer l’individu, mais garantir qu’il aurait au moins accès au minimum de ces moyens pour se réaliser personnellement et socialement. Les moyens de s’en sortir…

Toujours coupable d’être amourajeux, je me suis présenté en clinique pour me faire traiter. J’avais peur de devenir un maniaque et de m’en prendre à des petits gars comme ce fut le cas d’un certain Dion à Québec. J’avais peur de devenir violent si je devais être confronté à quelqu’un qui voudrait me dénoncer. Je savais que ma manière de percevoir la sexualité n’était pas normale selon la quasi-totalité de l’humanité. Mais, je ne savais pas ce que je devais faire pour m’en guérir.

J’avais inutilement demandé au député Vaillancourt de m’aider pour défrayer le coût d’un traitement psychiatrique. Je me suis débrouillé et je me suis présenté à une clinique Roy-Rousseau pour être traîté gratuitement.

Après une semaine d’observation à la clinique Roy-Rousseau, j’ai été renvoyé sous prétexte que je peux m’en sortir seul. C’était le verdict de trois psychiatres. Le médecin qui me fit part de leur verdict m’avoua n’avoir rien contre l’amourajoie telle que je la vis, car elle est empreinte d’une liberté totale et d’un respect tout aussi grand de la personne de qui je tombe amoureux, mais selon eux, je risquais à nouveau la prison, ce que je ne saurais pas supporter.

Un des médecins me conseilla, comme si cela était possible, que je devienne gai et de cesser d’écrire aux députés puisque mes lettres et mes documents se retrouvaient sûrement au panier. Il oubliait qu’on ne choisit pas son orientation sexuelle, mais qu’on la subit.

J’avais trouvé ce verdict très pertinent. Pourtant, une semaine plus tard, je

recevais un appel du ministre Éric Kierans qui m’offrait de le rencontrer. Je me suis rendu à son bureau et à ma grande surprise, j’ai été présenté à Jean Lesage. Les politiciens discutèrent avec moi et finirent par m’offrir d’apprendre le métier de politicien avec Jean Lesage. J’aurais eu un salaire de 100 $ par semaine. J’ai refusé, croyant qu’ainsi je préserverais mieux ma liberté et que je n’aurais pas besoin de devenir un singe pour faire mon chemin en politique. Je ne voulais pas devenir une marionnette politique.

Kierans venait de donner tort à mon psychiatre. On me lisait.

Mon année scolaire s’est très bien terminée. J’ai facilement réussi. Je ne pouvais pas être distrait, je n’avais que 0.50 $ pour mes dépenses, après avoir payé ma pension.

Un sourire venu d’enfer 2

octobre 19, 2020

Un sourire venu d’en enfer 2

Autobiographie approximative

 3

Retour au journalisme et à l’école

À ma surprise, mon ex-patron de Lac-Etchemin fit appel à mes services pour créer un nouvel hebdomadaire dans Limoilou, à Québec.

Québec, c’était le retour à la vie normale. Le déracinement. Adorant le journalisme, je ne pouvais refuser une telle occasion.

À mon arrivée à Québec, je me suis mis à la recherche d’une chambre et pension.

Après quelques coups de fil, j’avais retenu différentes adresses et rejeté d’autres. Je ne voulais surtout pas me rendre là où la dame semblait autoritaire et bizarre au téléphone. Elle ne cessait de me répéter le coût de la pension sans que j’aie d’abord vu la chambre. Je me suis mêlé dans mes papiers. J’ai sonné exactement chez elle. Trop gêné pour refuser, j’ai accepté de partager la chambre avec un jeune Français.

Mme Alice Thibodeau G. louait chambre et pension aux immigrants. Cette annonce dans le journal fut son unique tentative pour y attirer des Québécois. Quelle coïncidence! Cette dame, à qui je veux absolument rendre hommage joua par la suite un rôle extrêmement important dans ma vie.

Elle avait un fils et deux filles : Georges, Louisette et Rolande.

Son mari était très religieux. De prime abord, il semblait très dur, mais l’expérience me le fit connaître sous un meilleur visage. Je rejetais son besoin  de discipline. Il semblait préférer Dieu à Louisette, sa fille aînée; mais quelque chose m’attirait en lui, quelque chose comme la sagesse et la sincérité.

Louisette s’amouracha d’abord de moi. J’étais, à la fois, son confident, le révolté, le bouffon, le poète. L’enfant à la quête de tout ce qui s’appelait plaisir et jouissance, entre deux enseignements religieux. Je ne pouvais pas envisager avec elle autre chose qu’une amitié; car, je cherchais plutôt désespérément un petit gars à aimer. Je me suis contenté de lui expliquer que pour des raisons personnelles, il nous était impossible de se marier.

Mon expérience au journal était très importante. Elle m’assurait qu’un jour il me

serait possible de vivre normalement, car je me sentais affreusement coupable d’être pédéraste. C’est normal, car jeune on identifie ce que les autres disent à notre propre vie. On nourrit son expérience avec ce que l’on entend et ce que l’on voit. La sexualité étant si sauvagement combattue et condamnée, les jeunes croient que la sexualité est un crime plutôt qu’un plaisir; un crime plutôt qu’une réalité humaine. Ainsi, plusieurs commencent à se haïr, certains iront même jusqu’au suicide. C’est donc une morale contre-productive. Une morale qui sème la mésestime de soi. Ce n’est pas l’apanage de la religion catholique, mais de toutes les religions. Cet état d’esprit entraîne nécessairement toutes les formes de discriminations, tout en les légalisant.

Dans nos moments de loisir, les Français se déconstipaient lentement. Au lieu de brailler, je réapprenais à rire. Nous ne pensions qu’à courir les filles et jouer des tours.

Ainsi, dans un magasin, je fis longuement chercher l’objet dont j’avais besoin pour exercer mon nouveau travail. Le commis impatient me fit avouer mon nouveau métier : cambrioleur. Il fallait voir la tête du pauvre commis. Une  chance qu’il n’avait pas un fusil mitrailleur, je serais allé voler en enfer.

Une autre fois, costumés, nous avons parcouru les principales rues de la ville avant de nous rendre voir une comédie. Nous avons tenu la vedette autant que le film.

Petit à petit, j’oubliais ma conversion et je laissais à nouveau s’exprimer ma révolte.

L’expérience journalistique fut de courte durée. Le journal ne se finançait pas. J’étais toujours un bon journaliste, mais j’étais trop moche dans la vente des annonces pour lui permettre de faire ses frais.

L’hebdomadaire abandonné, l’équipe s’est aventurée dans la rédaction de petits livres d’histoire locale, projet qui a dû être aussi laissé pour compte. Le gars engagé pour s’occuper de la publicité n’était pas ce qu’il y avait de plus honnête, ce qui précipita la fin de ce travail.

J’étais un assez bon vendeur, mais je détestais cet emploi. Je déteste vendre.

À nouveau chômeur, je suis retourné chez moi jusqu’à ce que mon père m’avertisse qu’à mon âge, je devais gagner ma vie puisqu’il ne pouvait pas subvenir à mes besoins jusqu’à la fin de mes jours. J’étais majeur. Il avait absolument raison.

Je suis reparti pour Québec et la pension G. Le plaisir laisse toujours un goût de retour.

Il était essentiel pour moi de cacher aux autres mes penchants naturels : j’en avais trop honte. Je voulais oublier le passé, la prison. Je faisais, malgré ma révolte, des efforts surhumains pour me réhabiliter. Dans cet esprit, j’ai décidé de retourner à l’école.

Après de longues démarches, j’ai été accepté à l’école Jean-François Perrault. Le désir de servir bien caractéristique chez tous ceux qui veulent se convertir m’attirait bien des sympathies. J’étais presque un héros; mais je n’avais pas le choix. Je devais trouver un moyen pour m’en sortir, de gagner ma vie ou crever.

J’ai été élu à la vice-présidence de l’association des étudiants de l’école. Je prêchais   la  responsabilité  sociale.   J’en   arrachais   en maudit  pour  survivre.

M. G., qui au début, ne m’aimait pas plus qu’il ne le faut, se prit petit à petit d’admiration pour mon courage. Il ne comprenait pas pourquoi il m’était si difficile de concrétiser ce besoin d’apprendre pour mieux servir mes semblables. C’était un très brave homme au-dessus des mesquineries sociales.

Cette année ne fut marquée que par un incident : le samedi de la matraque.

À cette époque, j’étais encore bien naïf et surtout un bon petit fédéraste. Je voulais servir mon pays. Tout ce que je connaissais du mouvement indépendantiste était ce que l’on entendait dire avec mépris à Québec : un groupe de gens qui veulent nous forcer à parler en cul de poule comme les tapettes de Radio-Canada.  Ce n’était pas très respectueux, mais c’est tout ce qu’on en disait. Québec a toujours trainé de la patte sur le plan de l’évolution politique. On vote d’ailleurs encore pour la CAQ dans cette région.

Il était de plus en plus question de la venue de la reine, visite qui était fortement contestée par le groupe de Pierre Bourgault, chef indépendantiste de l’époque.

Si je n’étais pas encore favorable à la séparation du Québec, une idée nouvelle qui croissait surtout à Montréal, et qui n’existait pratiquement pas dans l’esprit des gens de Québec, j’étais un fiévreux partisan de l’indépendance du Canada vis-à-vis de l’Angleterre.

Devant la montée des protestations, j’ai fait accepter par les étudiants de l’école d’écrire à sa Majesté, soulignant qu’elle parlait mieux le français que la très grande majorité de nos ministres fédéraux. Je voulais juste calmer le jeu, en attirant l’attention sur la piètre figure du français à Ottawa.

Cette lettre fut interprétée comme un serment de fidélité à la reine à un point tel qu’un journal de Toronto prédisait que le jeune auteur de cette lettre serait un jour un personnage important du gouvernement canadien. Le samedi se passa dans un massacre sans précédent des manifestants par la police. Mon

association étudiante a sévèrement décrié cette effusion de sang inexcusable, mais cette fois, personne ne remarqua l’intervention.

En cadeau de Noël, les quelques étudiants indépendantistes me firent remettre un Union Jack, drapeau national de l’Angleterre. J’étais navré que l’on interprète aussi mal mon geste qui voulait souligner simplement qu’il faudrait d’abord se faire respecter comme francophone dans le gouvernement canadien.

J’étais assez stupide pour être d’avis cette même année que l’on arbore le nouveau drapeau canadien parce que ce geste représentait à mon sens un début de changement : les Anglais comprenaient enfin que les Québécois ne sont pas des trous-du-cul. Si j’avais su que la couleur de la feuille d’érable a été choisie rouge par mépris des Québécois, j’aurais sûrement pensé autrement.

La deuxième session d’études fut plus difficile à réussir, même si j’avais démissionné de la vice-présidence pour ne m’attaquer qu’à mes problèmes de finance.

Pour m’en sortir, j’ai travaillé le soir comme placier dans un cinéma et la fin de semaine dans un restaurant.

J’ai ainsi revu des centaines de fois un film qui m’a beaucoup bouleversé. MONDO CANE. C’était un film traitant à la fois de la misère et des mœurs étranges dans le monde des humains. J’ai commencé, grâce à ce film, à comprendre comment les religions ne sont qu’aberrations mentales, fruits de la peur et de l’ignorance.

J’ai terminé avec succès mes études, et l’été, je me suis rendu travailler pour le Journal de Magog. Ce fut la redécouverte de l’écriture. Si, à l’époque de la Tribune, première vague, ma poésie fut celle de la morale et de l’amitié; cet été- là, ce fut celle du repentir. J’étais plus chrétien que le pape.

À Québec, amoureux d’une jeune fille pieuse, je scrutais masochistement mon état d’amourajeux. Je me croyais coupable d’être ce que je suis. On a savamment amené les humains à haïr la sexualité dès qu’elle n’est pas conforme aux normes des religieux qui, eux, doivent vivre sans sexualité et qui essaient de répandre leur problème dans l’âme de tous les humains. Une projection morbide !

J’ai dû quitter le journal de Magog parce qu’il refusait de publier toute la vérité sur les coûts d’un projet municipal.

À cette époque, j’ai appris que mon père, Émile Simoneau, mon parrain Hormisdas Turgeon, et mon oncle, Arthur Simoneau, étaient depuis longtemps des nationalistes convaincus et actifs.

J’avais du journalisme, une très haute opinion. C’était une espèce de chevalerie.

À mon avis, un bon journaliste se devait à ses lecteurs, plus précisément à la Vérité, au Bien commun.

Au péril de sa vie, il devait faire jaillir la Vérité, exposer problèmes et solutions, servir les pauvres en dénonçant leur détresse.

Sourire en enfer 1

octobre 18, 2020

Sourire en enfer

(autobiographie autobiographique)

À mon grand ami, poète et compositeur

GABRIEL CHARPENTIER.

Le droit d’aimer

Qu’ils se lèvent ou qu’ils meurent ces soleils rouges ou gris

qui tournent l’amour à l’infâme quand passe la vie.

À la face des hommes au mépris de leur loi jamais rien ni personne ne m’empêchera d’aimer.

J’ai le droit d’aimer.

J’en ai le devoir !

En marge des lois je l’ai voulu ce droit

par des matins d’ivresse et des nuits de tendresse.

Luttant pour cet amour hors-norme je l’ai conquis mon droit

par la peur de tout perdre

au risque même de me perdre pour que vive en moi l’amour.

Bien que le temps n’efface ni les deuils, ni les joies

quoiqu’on dise quoiqu’on fasse tant que mon cœur battra quelle que soit la couronne

les exils ou la croix jamais rien, ni personne

ne m’empêchera d’aimer J’en ai le droit

Aimer

à la face des hommes au mépris de leur loi jamais rien, ni personne ne m’empêchera d’aimer de t’aimer

et d’être aimé.

Chapitre 1

1

La Tribune (prise 1)

Avant la prison en 1963, je crois, lors de la première année à La Tribune tout avait été sans histoire, sauf, que je m’amourachais vite des gens rencontrés. J’avais aussitôt de l’admiration et de la sympathie.

J’étais ainsi à fleur de peau comme un radar sentant jusqu’aux entrailles les malheurs dont je devais rendre compte dans le journal. J’étais vite bouleversé, peiné, impuissant. Rien de plus difficile à vivre que l’impuissance surtout que je me sentais culturellement ignorant, ce qui me rendait inférieur.

Lors de mes premières vacances, j’ai cru faire une dépression nerveuse tant les larmes d’un petit bonhomme qui venait de perdre sa mère dans un accident m’avaient terrorisé. Je digérais mal un autre événement : j’avais interrogé un petit gars sur ses réactions quand son petit ami a été happé par une automobile. Ce dernier s’était fait arracher la jambe par un chauffard et mourut quelques heures plus tard à l’hôpital.

C’est écœurant de jouer ainsi avec les sentiments des gens, ce n’est plus du journalisme, mais du voyeurisme. Mais, pour le journal, ma sensibilité était payante. Les gens aiment facilement se régaler du malheur des autres. On dirait une forme d’aboutissement de l’envie. Un petit «kik » de voir l’autre puni, ce qui permet d’oublier que l’on n’est pas parfait nous aussi.

Ce « jaunisme » allait parfois très loin. Pour avoir plus de détails, j’ai dû interroger un bonhomme qui venait tout juste de perdre trois amis dans une noyade. Je me rappelle aussi le cas d’un malade condamné à mort à cause d’une maladie de reins dont j’ai rapporté les pensées jusqu’à sa mort.

On n’avait pas encore Le Journal de Montréal pour nous jouer dans l’âme, mais des petits journaux qui ne parlaient que des crimes. Un journalisme qui permet de garder le peuple dans l’incapacité d’évoluer en dehors des jugements des autres et sur les autres. Un journalisme qui remplace la responsabilité sociale par une curiosité morbide. Je faisais pleurer les lectrices, c’était bon. L’insolite a toujours fait vendre des journaux. Certains propriétaires de journaux sont de vrais fossoyeurs afin de bien gaver les vampires qu’ils alimentent. Quelle saloperie! Les journaux occupent la fonction qu’avait le forum à Rome du temps de Néron et autres empereurs.

Par contre, La Tribune m’envoyait à la rescousse des sinistrés et grâce à la générosité de la population ceux-ci avaient au moins une bonne raison d’espérer. Quand les médias ne font que de l’information, c’est un instrument extrêmement utile. Il est impossible de parler de démocratie sans garantir une liberté absolue de la presse.

J’étais alors un journaliste estimé des patrons. J’étais assez curieux pour toujours vouloir aller au fond des choses et je devinais assez vite les événements à venir. Il me suffisait de quelques indications.

Ayant perdu mon emploi à cause de l’histoire du barrage Gayhurst, Lac- Mégantic, je fus une certaine période en chômage. Cependant, La Tribune me réengagea pour une deuxième fois d’où j’ai aussi exercé ce métier à Victoriaville.

Cette expérience me mena à L’Aiglon où ma vie prit une nouvelle tangente quand je fus accusé sur un plan sexuel.

Spécialisé à décrire les malheurs des gens, j’étais préparé à travailler peu à peu sur le sort des travailleurs du textile, celui des producteurs de lait, lors de ma dernière étape de journalisme à La Tribune.

2

Les Disciples de la Croix

1963. — Pour se débarrasser de moi, certains avaient réussi à me faire incarcérer trois mois pour mes activités amourajeuses. Je travaillais alors pour l’Aiglon de Lac-Etchemin à la suite de deux mauvaises aventures avec La Tribune.

Y avait-il réellement un aspect politique comme on l’a prétendu? Je ne le saurai jamais et cela n’a aucune importance. Les activités sexuelles avaient été en partie réelles. À cette époque, la majorité était de 21 ans¸ puis ce fut 14 ans et maintenant 16 ans avec en plus la folie religieuse qui déferle sur les collines parlementaires à Ottawa et la paranoïa collective féminoune quant à la pédophilie.

Une partie des accusations étaient fondées et je croyais que je devais payer pour mes fautes.

Ces trois mois de prison se sont traduits par un retour à la religion. Je l’ai raconté dans un autre de mes livres Laissez venir à moi les petits gars, publié avec Parti pris. Ce livre n’est pas totalement autobiographique parce que j’ai ajouté des éléments afin de mieux répondre aux objections que l’on inventait pour condamner la pédérastie, devenue dans mon langage, l’amourajoie. Par exemple, il n’y avait jamais eu de jeunes qui n’avaient pas consenti à ces expériences de jeu avec moi et  personne n’était aussi jeune.

L’amourajoie signifie simplement que le sexe est un plaisir et une forme d’amour idéal et non un crime comme on le prétend aujourd’hui. Par contre, les féminounes ont inventé le mot pédophilie pour redorer l’image de la répression sexuelle, sans même tenir compte que la perception de la sexualité chez un enfant n’est pas la même que chez les adultes. Chez l’enfant, la notion de bien ou de mal dans la sexualité n’existe pas, mais nous vivons dans une société où les adultes gèrent la vie des enfants comme s’ils leur appartenaient.

À ma sortie, j’ai travaillé une année à la Dominion textile, à Magog.

J’essayais aussi sous l’impulsion de la pièce, El Condor, de créer mon propre mouvement religieux. C’est dire combien la culpabilité peut rendre sénile.

Les Disciples de la Croix n’ont pas fait long feu. Le temps de rencontrer un petit gars qui m’incendia l’âme par sa beauté. Le temps d’une autre grande curiosité. Le temps d’un autre voyage dans une autre dimension. Le temps de réapprendre qu’aimer est plus important que d’obéir à des règles qui ne savent pas justifier leur existence.

Durant cette année, je demeurais avec mon père. J’apprenais à le connaître et à l’admirer. C’était un homme très généreux, aimant l’humour et la politique. Il travaillait à l’extérieur pour assurer la survie financière du magasin dont il était propriétaire à Barnston, depuis de nombreuses années.

Quant à Mgr Vel, curé à Ste-Marguerite, à Magog, c’était un ami de la famille issu de la Thérèsa, car il était l’aumônier des clubs Thérèsiens. Il croyait tout simplement que j’étais devenu un saint.

Il y a toujours eu une dimension spirituelle dans la sexualité que l’on nie au nom des péchés, oubliant que l’amour est aussi fondamental dans la vie que la liberté. Tout commence par l’admiration, la beauté. C’est l’essentiel du message du Christ dans lequel je croyais très profondément que l’on nie en insistant sur le péché. Tu peux tout faire avec amour dans le respect de l’autre, même jouer aux fesses.

[1] -J’ai écrit ce texte avant d’oublier pour être le plus précis et juste que possible. Une autobiographie est toujours ta vision des choses.

Spirale intraprojective 42

octobre 17, 2020

Spirale intraprojective  42

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 408 à 419)

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Nous n’avons pas besoin de deux paliers de gouvernement pour nous exploiter. 

Le but de notre culture doit être l’accouchement d’un pays et par la suite son émancipation et son rayonnement.
  

Nous avons déjà un rayonnement qui déborde largement nos frontières et prouve la richesse de nos capacités créatives.  Nous ne créons pas un pays pour les autres, mais pour nous tous.  Plutôt que de cracher sur le Québec, nous devons prendre conscience de notre fantastique évolution depuis 1960, une évolution dont on doit être fier.      

Cette évolution n’est pas sans demander une prise de conscience profonde de ce que nous sommes. 

Notre esprit colonialiste tient de notre insécurité bien humaine, individuelle, de ne pas savoir qui l’on est, un phénomène planétaire, et d’avoir accepté de se faire laver le cerveau par les religions (à ne pas confondre avec la spiritualité) 

*  *  *  *  *

En 1950,  l’Église du Québec s’enrichissait sur le dos du peuple ave la peur absolue du péché de la chair et de l’enfer qui nous attendait dès que nous étions assez normaux pour sentir s’agiter notre petit pénis, car selon l’Église, les enfants n’ont pas de sexualité, mais en ont les péchés commis par des étrangers: Adam et Ève.

Puisque les enfants ne sont rien, moins qu’une vulgaire marchandise, pas question de les éduquer quant à leur propre corps.  La découverte de sa sexualité est devenue automatiquement problématique parce qu’il n’y a de vrai que la famille monogame.    

Cela a permis à ces chastes âmes de créer des monstruosités comme le prouvent les enfants de Duplessis.  Dès que tu étais orphelin, ou né sans que cette naissance ait été bénie par le sacrement du mariage, un bâtard, les institutions t’employaient sans aucun respect en faisant croire, pour avoir de plus subventions, que ces enfants étaient des malades mentaux.  Une horreur qui fut dénoncée par mon ami écrivain Bruno Roy. 

Aujourd’hui, l’exploitation n’est plus institutionnalisée, on a mis tous les malades des institutions psychiatriques à la rue… ça coûte moins cher… parce qu’on ne les aide pas.

Le gouvernement se fie sur les familles pour prendre soin des indésirables… malades mentaux ou handicapés. Ils sont indésirables parce qu’ils coûtent beaucoup et ne rapportent rien.

Il faut avouer que le Haut-clergé était du bord des Anglais et des gouvernements, de qui ils tiraient de belles subventions.  Les Églises sont les plus riches multinationales.  Il faut cependant remarquer que les religions ne sont pas une réflexion religieuse et spirituelle, une prise de conscience de ce qu’est l’Être Humain, mais une institution de pouvoir. 

La spiritualité recherche notre identité humaine, la vérité et le but de la vie.    

Dans l’avenir, on doit trouver sa morale personnelle qui respecte les autres et la nature.  On doit apprendre que la vie privée est une richesse qu’il faut absolument défendre.  L’éducation doit être orientée vers l’autonomie de l’individu.  Elle doit être un support au développement individuel et non une «prison sociale hors-nature », qui nous rend esclave de la morale des autres, surtout si elle repose sur la violence et la non-tolérance ; car les institutions qui supportent la morale bourgeoise cherchent le pouvoir et le fric, ce qui en font une branche intégrale de la grande mafia légale, c’est-à-dire le système corrompu des autorités qui nous exploitent.        
 
La spiritualité est une grande réflexion sur l’expérience humaine, l’esprit qui nous anime.  Les Évangiles, le Coran, la Bible sont des lieux de réflexion et non des règles à suivre. Elle doit permettre à chacun, en respectant son individualité, d’y puiser sa propre morale, c’est-à-dire les motifs qui guident son agir. 

Toutes les règles qui cherchent à diriger la sexualité des autres sont une forme d’exploitation dominée par des instruments de peur, de manipulation de l’inconscient et de la honte. 

Tout homme qui veut grandir doit découvrir sa vraie nature, sa vraie richesse et la mettre au service de la communauté d’où la violence et la domination sont les principaux crimes contre l’humanité et mentir aux gens quant à leur sexualité pour les abaisser dans l’esprit des autres, c’est un crime pire que de jouir.           

C’est pour cette raison que dans un Québec indépendant, l’enseignement religieux ne doit pas se donner à l’école au primaire, mais dans les lieux de culte, par les religieux.   Si un élève au secondaire est assez vieux pour entendre parler des religions et comprendre, il peut aussi comprendre comment fonctionne son corps et quelle immense responsabilité est attachée à sa sexualité, garçon ou fille.   

La religion doit respecter l’individu et les religions doivent se soumettre aux lois civiles du pays où elles se trouvent.  Par exemple, l’excision et la circoncision doivent être interdites, sauf pour des besoins médicaux.  Aucune religion ne doit avoir le droit d’exercer ces abominations sur un territoire où c’est proscrit par l’état. Si elle appuie ces rites, elle est aussi coupable que ceux qui les propagent. 

Nous ne sommes plus en moins 5000 avant Jésus-Christ, la science a évolué et nous a montré la sexualité sous une vérité, plus humaine ; même si on s’est toujours servi de la science pour écraser la sexualité.  L’ignorance est la cause première de l’intolérance.

D’ailleurs, c’est complètement idiot de croire que Dieu a régi la vie sexuelle des humains dans les moindres détails, dans ses écritures, car si Dieu est Amour

(une force d’attraction) il se doit en conséquence d’être la LIBERTÉ, car il ne peut pas y avoir d’amour sans liberté, tout comme il ne peut pas y avoir de liberté sans l’égalité de chances d’arriver à son autonomie. 

Nos exigences prouvent que la morale ne vient pas de Dieu, mais d’un patriarcat qui a su projeter ses propres maladies mentales pour créer une morale qui défende son pouvoir.  Par contre, le matriarcat a tendance à surprotéger les enfants, ce qui n’est guère mieux pour créer un être autonome.         

Les institutions cherchent à restreindre la force des Québécois, leur esprit rebelle, une soif de Connaissance et de Liberté. Cette soif de liberté est peut-être plus proche de l’individualisme, mais elle permet d’envisager notre avenir de façon créative.      

*  *  *  *           
Par contre, notre pire défaut n’est pas d’être aussi bonasse que moi, mais d’être de perpétuels jaloux.  On dirait que chez nous le succès des autres nous rend malheureux.  Ce défaut majeur de nombrilisme nous empêche de penser comme un peuple.  

Ce défaut tient au fait que nous avons encore inconsciemment un esprit de colonisé, un esprit d’aliénation qui fait que nous n’avons pas confiance en nous comme si le Québec n’était jamais parvenu à faire la révolution tranquille avec succès. 

Pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant quant à son indépendance ?  On croit facilement toutes les bêtises et toutes les manigances fédérastes ; car, le Canada est simplement un territoire économique.     

Le coup de la Brinks, les mensonges de Trudeau et de Chrétien, en particulier, lors des référendums devraient suffire à nous faire comprendre que les fédérastes essaient de nous manipuler en exploitant nos peurs.           

Aujourd’hui, on essaie de nous faire croire que l’on ne vit pas si mal que ça à l’intérieur du fédéralisme centralisateur canadien et on essaie de nous faire perdre toute confiance en nous comme si le Québec n’avait pas vécu la révolution tranquille avec succès.    

À chaque référendum, le fédéral nous sert la même vieille soupe Trudeau, en promettant de grands changements immédiats ; et, nous sommes encore assez naïfs pour tomber dans le panneau.  Cela prive la population d’avoir le pays dont elle a droit et dont la naissance est plus urgente que jamais.        

Mais, comme le disait le député d’Abitibi-est, M. André Pelletier, le dernier référendum n’a pas été perdu seulement à cause de l’argent (la manifestation illégale, les dépenses illégales) et l’immigration (les milliers d’immigrants assermentés à toutes vapeurs pour voter NON) ; mais aussi parce que les francophones n’ont pas augmenté leurs votes pour l’indépendance.  Certaines femmes ont préféré suivre les féministes et ont voté encore moins lucidement que l’auraient fait certains jeunes de 16 ans.  Les fonctionnaires, eux, ont boudé le pays pour leur petite crise intérieure personnelle.  On ne pourra jamais avoir un pays tant que nous ne serons pas assez mûrs pour passer par-dessus les virgules et attendre que l’indépendance soit faite avant de mettre ses pacotilles en jeu comme si c’était important comme l’indépendance.  

Tant que les francophones n’auront pas compris qu’il y va de leur existence comme nation francophone, il en sera ainsi.  On mange la merde qu’on mérite.  Tu peux et doit être nombriliste dans une élection, mais pas dans un referendum qui statue l’avenir de ton pays.      

 **
 Quant à moi, je me sens socialement complètement rejeté et par conséquent inutile.  J’admets avoir couru après en refusant de me censurer et en essayant de faire connaître ma vérité, mon expérience.

Je me refuse d’abandonner ce que je pense autant pour ce qui est de la souveraineté que de la pédérastie ; mais j’irai manifester sans hésiter une seconde pour un Québec indépendant.  Si ce Québec est pervers sur le plan sexuel après son accession à l’indépendance, je devrai vivre avec ou me battre pour changer les choses ; mais le plus urgent et le plus important, c’est d’indépendance du Québec.         

Le procureur de la Couronne de Val-d’Or (expression de colonisé) a même exigé cette année que je fasse encore une autre année de probation ferme, même, si elle a déjà été complétée. 

Le harcèlement fédéraste se poursuit.  Après m’avoir refusé un projet Sprint pour que je puisse bien gagner ma vie, avoir gelé mon compte à la Caisse populaire d’Outremont, même si ce n’était que 10$ environ, je me demande maintenant quel sera la prochaine façon employée par le fédéral pour m’écraser.  Fera-t-on revivre une vieille relation sexuelle ?  C’est facile quand tu as ma vie écrite aussi clairement… Je suis persuadé qu’un jour ça va arriver car on sait que malgré les coups de cochon, je serai toujours fidèle à ce que je crois, paranoïaque ou non.

*   *   *  *         
Les indépendantistes agissent souvent comme s’ils ne voudraient pas que l’indépendance se réalise.  Par contre, j’ai confiance au nouveau premier ministre, M. Bernard Landry.        

Notre seule façon de devenir souverainiste est  d’exiger que le Québec devienne un état souverain à l’intérieur d’une vraie Confédération, c’est-à-dire un pays absolument décentralisé en faveur des provinces où une minorité d’éléments comme l’armée resteront pour une saine gestion mutuelle entre les mains du gouvernement central.        

Le Québec, selon le jugement de la Cour Suprême a le droit d’exiger ce changement constitutionnel si on vote majoritairement OUI à un référendum sur la question de l’indépendance, ce que le Québec doit le faire de toute urgence, après avoir bien renseigné la population sur les enjeux constitutionnels.           

**

 Maintenant, j’ai terminé mon cri de prison.  Je peux commencer à revivre, rire et agir comme le profond jouisseur que je suis.          

J’ai hâte de terminer ce livre, car ces éternels apitoiements sur mon sort ne sont pas mon genre, je préfère vivre.

Ce livre me fait chier parce qu’il manque d’humour.  Mais, il est essentiel, avant d’entreprendre, après avoir été journaliste et enseignant, une carrière d’écrivain.  Une bouffée d’air dans notre enfer créé par la vie politique.       

COMME C’EST BEAU LA VIE !   
Bordeaux Beach, 1999      
terminé le 3 septembre 2002

Épilogue

Comme par hasard, j’ai appris le kidnapping de Mathieu le jour même de la fête de la Saint-Jean (fête officielle du Québec), après le vol du référendum sur l’indépendance du Québec. C’était en juin 1996.  Ce fut l’introduction à mon propre procès.

J’ai vraiment cru et je crois encore qu’il s’agissait d’un piège politique. Une punition parce que j’étais très engagé pour l’indépendance du Québec et que je propage des idées qui vont à l’encontre de la bourgeoisie québécoise et canadienne, en préconisant le droit des jeunes à leur sexualité. 

Je représente un danger parce qu’on me prend pour un activiste, ce que mon fils adoptif, Shuhed, m’a appris après avoir rencontré la police qui voulait lui faire signer une plainte contre moi.    

Jean-Paul, le père de Mathieu, s’était présenté en pleurs aux manifestations.  Il venait m’avertir que la police était venue chercher Mathieu et sa petite sœur, sous prétexte que la maison était assez malpropre pour représenter un danger. 

C’est vrai qu’elle l’était, mais pas à ce point.  Jean-Paul laissait s’accumuler le linge sale, question d’amener Mathieu à comprendre qu’il devait l’aider.

Il faut dire que Jean-Paul sortait d’un procès contre son épouse mormone pour la garde des enfants. À la suite de ce procès, la petite fille devait vivre avec sa mère et Mathieu avait choisi, puisqu’il était assez vieux, de vivre avec son père. Ce procès avait ébranlé Jean-Paul qui parlait parfois de suicide ou de vengeance contre son ex-épouse. Ça me troublait d’autant plus que le plus jeune de mes fils adoptifs s’était suicidé deux ans auparavant. Un choc énorme, affreux, inqualifiable.

Comment aie-je rencontré Mathieu ? Quand son impatience débordait, Jean-Paul m’amenait le petit et le menaçait de me le laisser.  Après négociations, Mathieu retournait chez lui.  Mathieu l’emportait presque toujours, mais finissait par faire montre d’un peu de bonne volonté qu’il oubliait en franchissant le porche.

Pour mieux faire comprendre à Mathieu le danger de ne pas écouter son père, je l’avais même amené à une assemblée du comité de défense des prisonniers adolescents, au Centre d’accueil, où j’étais bénévole pour l’association de la défense des droits des jeunes contrevenants qui s’y trouvaient.  Je voulais que Mathieu comprenne qu’il avait tort de prétendre qu’il serait mieux traité comme détenu que chez son père.  Mathieu prétendait que son père ne l’aimait pas parce qu’il entrait trop tard le soir.   

J’aurais bien aimé aussi lui faire comprendre qu’il y a du plaisir à travailler, une fierté qu’on ne retrouve pas dans la paresse.      

Quand Mathieu respectait ses engagements envers son père, il avait droit de venir chez moi et de bénéficier d’une récompense : aller au cinéma, aller jouer aux quilles avec moi, etc. Une récompense que je lui donnais pour aider son père. Je m’étais attaché à Mathieu, je l’avoue.  Je le connaissais depuis quelques semaines quand la police amena les deux enfants au poste, même si ce geste ressemble plus à un kidnapping qu’une protection contre le linge sale qui trainait un peu partout dans la maison et que Mathieu ne voulait pas ramasser.
 
La police interdit aux jeunes, Mathieu et sa sœur, d’avoir accès à son père.           

J’ai donc aidé Jean-Paul a envoyé une lettre de protestation aux autorités afin que Mathieu puisse au moins avoir le droit de parler à son père.  À mon sens, cet interdit était illégal puisqu’il n’avait pas été autorisé par la DPJE.  Nous avons déposé une plainte officielle contre cette arrestation illégale à la Commission de police. L’interdit fut levé.

Le lundi soir, je n’avais encore rien à faire dans le portrait, c’était de toute évidence une suite de leur chicane de famille.  Les enfants rentraient sagement à la maison. Ils rencontraient leur père en compagnie d’une travailleuse sociale.            

Ce serait au cours de leur conversation de groupe que Mathieu aurait affirmé que je l’avais touché là où même les anges n’osent pas mettre les ailes de peur de les brûler. La DPJE s’en mêla immédiatement et après plusieurs heures d’interrogatoire, on monta deux dossiers contre moi.  Un deux pour un. 

Pendant que j’étais en voyage, la police procéda à une perquisition chez moi parce que Jean-Paul les avait informé que j »écrivais des textes de poésie sur la pédérastie. J’étais convaincu que tout ça tournerait en queue de poisson. 

C’était mal connaître l’obsession phallique et pédophile de notre société. La police saisit 52 photos, aucune pornographique ou sans nudité, ainsi que des vidéos : les deux soirées de poésie à Montréal et le film « La société des poètes disparus».  On cherchait mon poème « Beau garçon » dont la police avait connu l’existence grâce au père de Mathieu. Je lui avais lu, car j’en étais très fier. 

Si on enlève l’aspect politique, c’est quand même une preuve de plus que notre société se conduit exactement comme l’Inquisition ou la gestapo d’Hitler devant le mot «pédophile».

Pour la société, l’amour des garçons est condamnable sans même qu’on sache pourquoi.  On nie même l’évidence du fait que les jeunes ont une sexualité.  On les brime de leur droit.

Les enfants ne sont rien dans notre monde.  Ils doivent seulement obéir à ce que les adultes croient.  Et, les adultes ont peur de la pédophilie, car ils ne savent pas ce que ça signifie et la télévision entretient une véritable paranoïa à ce sujet. Qui fait la nuance entre la pédérastie et la pédophilie ? Personne parce que les tribunaux devraient tenir en compte le droit des jeunes à leur vie privée, donc, de leur sexualité. Un droit fondamental que l’on préfère ignorer.
       
En poursuivant les pédophiles non violents jusqu’à leur mort, la société est devenue un bourreau pour des gens qui n’ont qu’une seule chose à se reprocher : aimer les enfants différemment.  Je le répète la pédophilie ne doit jamais exister tant qu’elle signifie des rapports entre un(e) adulte et un (une) enfant de moins de 10 ans.

Personne ne peut justifier cette obsession de surprotection quand il n’y a pas de violence ou de domination dans un rapport sexuel entre un adulte et un jeune, sinon par la paranoïa que les journaux maintiennent.  On impose une chasteté contre-nature, une haine de tout ce qui est sexuel pour nous empêcher de rêver de liberté. On est même rendu à définir ce qu’est un adulte en prétendant qu’il y a pédophilie dès que les personnes concernées ont deux ans de différence d’âge. Quelle folie !

Le rapport à la sexualité du gars est complètement différent de celui des filles, tout simplement à cause de la manière dont les religions ont traité la sexualité, une condamnation millénaire de la femme, qui se sent écrasée par le discours sur la sexualité. La sacralisation de la femme vierge incite à la condamnation de la femme sexuée, la Marie-Madeleine.  Pour le gars, la sexualité est loin depuis toujours d’être une chose pénible, mais le plus grand des plaisirs. 

On a si peu de sens de justice sociale et si peu le respect de la vérité que l’on ne fait même pas la distinction entre la pédophilie et la pédérastie. Un interdit : tabou. Indiscutable. Contre-nature, car on prétend le contraire de la réalité à l’effet que l’humain est un être qui a une vie sexuelle de la naissance à sa mort.

On en fait un objet de croisade, oubliant que le pire ennemi des jeunes n’est pas de jouir sexuellement, mais le scrupule entourant la sexualité, la violence, les drogues et le décrochage scolaire. Une domination qui passe par l’émotif.          

Le jour où on s’occupera vraiment du bien des jeunes on se souciera d’avantage de les protéger des dangers qui peuvent en faire des légumes.  Mais, notre société perdrait trop d’argent pour faire ce virage.  Les drogues rapportent des milliards.

Je ne suis pas de ceux qui sont contre la pédophilie pour être contre et ainsi bien paraître, même si je suis pédéraste, mais simplement parce dans le cas de la pédophilie, je ne comprends pas ce désir et je ne suis pas certain que ce ne soit pas dommageable, même si des sociétés ont prouvé que des enfants caressés se portent émotivement mieux quand ils vieillissent. 

Dans les sociétés ouvertes à la sexualité des enfants, il n’y a pas de suicides alors que dans nos sociétés le nombre est effrayant à l’adolescence, ce qui prouve que l’identification sexuelle peut être un drame affreux à cet âge parce que la société ne prend nullement en compte la réalité sexuelle des enfants, mais l’interdit qui nous vient des religions à travers l’histoire. 

Serait-ce qu’on a enfermé la vie dans une tradition à la bêtise, basée sur l’ignorance ?  Un interdit qui détruit le développement de l’autonomie des enfants ?

Je n’ai pas écrit Spirale intraprojective parce que j’ai été condamné.  Dans ma petite tête, c’est très clair : si je n’obéis pas aux règles de la société, même si elles sont complètement débiles, je ne peux pas m’attendre à de la compréhension. 

Les gens ont peur pour leurs enfants, c’est donc normal qu’ils veuillent protéger les jeunes puisque c’est ce qu’on leur a mis dans la tête depuis des centaines d’années.  Cependant, quand cette protection écrase un individu durant toute sa vie pour des infractions qui ne sont même pas à caractère de violence, mais de plaisir, on peut se dire que cette société est devenue folle. Ce n’est plus de la protection, mais de l’Inquisition.

Je vis l’Inquisition en 2010 comme tous les pédophiles (même si mes chums ont 70 ans et plus) parce que les gens sont ignorants et confondent pédophilie, un terme inventé par les féminounes, et pédérastie, comme ça se vivait dans la Grèce antique ou gai, ce que je vis maintenant.

J’assume mes choix. Je ne veux pas pleurer sur mon sort.  Je suis trop politisé pour croire que cette situation ne rejoint pas mon engagement politique envers l’indépendance du Québec. Un Québec comme on vivait en l’an 1950, écrasé sous la morale religieuse, ça doit être dénoncé comme un abus de pouvoir.  Les jeunes ont aussi droit à leur sexualité. Ce droit était inclus dans la Charte des droits de la personne, mais on l’a mis au panier parce que les féminounes ont pris le pouvoir avec la police qui a besoin d’agressions sexuelles pour augmenter ses subventions gouvernementales.

Avec ce livre, je veux dénoncer ces arrestations pour nous faire taire, comme si le fait d’être pédéraste nous empêchait de réfléchir à autre chose que notre petit pénis et nous enlevait le droit d’être politisé.          

Les fascistes condamnent, méprisent tous ceux qui ne pensent pas comme eux.  Qu’ils réfléchissent, c’est croire aux miracles. Donc, je suis pédéraste et le fait d’en parler justifient leur devoir de m’écraser, car, c’est un sujet tabou.  

En soi, faire de la prison pour vivre ce que tu crois, n’a rien de déshonorant.  Pierre-Elliot Trudeau disait : qu’il ne faut pas obéir aux lois qui sont contraires à ta conscience.    
 
La raison pour laquelle j’ai écrit ce livre d’abord sous le titre Voyage au bout de ma folie était tout simplement de dénoncer la situation politique parce que je croyais et je crois encore, même si cela a moins d’importance, que c’était une condamnation politique. 

Je voulais montrer la saleté de notre système qui se prétend juste.  Je voulais faire connaître mon côté de la médaille.  La sexualité est ce qu’il y a de plus politique

Il s’agit d’une majorité qui impose sa morale unique aux autres dans le but de créer un esprit d’asservissement car, avec la morale actuelle, ton corps est une saleté quand tu vis ta sexualité en dehors de leurs normes. Tout ce langage d’abomination employé pour décrire les procès n’a que pour fonction de détruire l’individu qui ose penser autrement qu’eux.

 Mon écriture est un moyen de transcender la censure.  
 Je ne suis pas très fier de la qualité de ce livre, car j’ai voulu écrire comme avec le nouveau roman, tout en facilitant la lecture et les choix en introduisant des «*» qui permettent de connaître d’avance le sujet.  Ceux qui ont lu mon manuscrit y ont surtout vu l’expression de la névrose.

Je devrais retravailler ce texte autrement, car je pense que le fond mérite que je le recommence de manière à le rendre plus vivant, plus digérable. En aurais-je le temps ?           
Là, où la société est perverse, c’est l’intensité avec laquelle elle t’oblige à vivre contre nature. 

Depuis, je n’ai pas le droit de faire la seule chose que j’adore et que je réussis bien : soit enseigner, même si on s’arrache les cheveux pour trouver du personnel.  On engage même des gens qui n’ont aucune qualification, comme si l’ignorance était moins dangereuse que la pédérastie.  Il me semble qu’avoir enseigné durant 15 ans, sans qu’on puisse me reprocher quoique ce soit, me donne le droit de continuer de servir mon pays, le Québec.  Mais, on préfère protéger les pénis plutôt que les cerveaux.            

À cause des fautes laissées quand je réécrivais mes livres, je me dois de les corriger avant de pouvoir les remettre en circulation, ce que je ferai en ayant une nouvelle page Les éditions du temps, Québec. Je ne sais pas quand puisque je suis trop pauvre pour pouvoir me payer un ou une correctrice et ainsi avoir du temps pour des recherches et de nouvelles créations…  Mais ça viendra.    

Lettre au Parti Québécois 

La gouvernance indépendantiste.

Plusieurs remettent en cause la gouvernance souverainiste parce qu’on porte un jugement d’intention sur les dirigeants du Parti Québécois. Peuvent-ils se tenir debout ? Si les gens du Québec ne veulent pas d’un référendum immédiat que devons-nous faire ?  

C’est un fait que la gouvernance souverainiste ne doit pas être un nouveau moyen pour entretenir des carrières politiques indépendantistes éternelles.  Le Québec deviendra un pays au cours des prochains dix ans ou disparaîtra ainsi que le français. Je suis absolument d’accord avec M. Duceppe sur ce point de vue.

Si M. Harper nomme des députés supplémentaires en dehors du Québec, nous n’aurons plus rien à dire à l’intérieur du Canada.  Nous serons sans influence.  Le Parlement du Canada pourra passer toutes les lois, malgré toutes les objections du Québec. Québec ne sera plus qu’une donnée administrative.        

La gouvernance souverainiste n’a aucun sens si elle ne signifie pas qu’avec le PQ, en prenant le pouvoir, l’Assemblée nationale deviendra l’institution dominante au Québec. Les décisions n’appartiendront plus au fédéral, à la Cour Suprême ou à la reine ; mais à l’Assemblée nationale.  Le Québec refusera les intrusions de toutes les instances extérieures. Nous créerons un gouvernement responsable. C’est la même lutte qu’en 1837.

Par exemple, si l’Assemblée nationale décide qu’on rétablit la loi 101 dans son intégrité, le fédéral, la Cour Suprême ou quelques autres instances extérieures n’auront rien à dire. La loi 101 sera rétablie que le fédéral et ses institutions aiment ça ou pas.        

Les dirigeants seront prêts à la désobéissance civile par rapport au fédéral, s’il le faut, pour obtenir ce respect minimum du Parlement de Québec.

Le Parlement du Québec sera l’instance suprême pour le Québec et Ottawa ou la Cour Suprême n’auront rien à dire dans nos décisions.      

En fait, la gouvernance souverainiste ne doit pas être un moyen de gagner du temps, mais le rempart contre les méthodes fédérastes de nous aliéner en attendant d’être un pays. C’est le moyen de dire catégoriquement : nous sommes les seuls maîtres à bord au Québec.         

Le Québec n’a pas à respecter la nouvelle Constitution canadienne, puisque nous ne l’avons jamais signée. D’une manière, nous sommes déjà séparés, il ne nous reste plus qu’à signer les papiers.        

D’autre part, d’ici le prochain référendum, il est essentiel de faire accepter la loi sur la citoyenneté québécoise qui fixera les règles pour que l’on ne nous revole pas notre autonomie encore une fois.  Il faut s’assurer que la GRC ou les services secrets ne manipulent pas les événements.

Nous avons une Constitution à écrire. Nous avons tellement de travail à faire pour créer un projet de société emballant qu’on n’a pas le droit de perdre notre temps dans des chicanes qui n’en finissent pas.             

Que Madame Marois ou une autre personne soit le chef, ça ne change rien à notre devoir de solidarité. Il faut cesser de s’entretuer pour faire de la politique avec un grand V.  Notre but doit être unique : créer la République démocratique du Québec par tous les moyens pacifiques.

Les Anglophones ont l’intelligence d’être solidaires. Pourquoi ne le pourrions-nous pas aussi ? Ce sont des changements essentiels pour avoir un référendum gagnant. Et, l’indépendance ne se fait qu’à partir de deux moyens : un référendum ou la révolution. Et, le Québec sera toujours démocratique.  Il ne reste plus qu’un moyen. On oublie facilement qu’on a gagné le referendum de Charlottetown et que le dernier n’a pas été perdu, mais volé par les fédérastes.        

Évidemment, tout sera inutile si on continue à s’entre-déchirer. On mettra au pouvoir Charest ou Legault (création médiatique) qui ne veut rien savoir du pays du Québec.      

L’indépendance n’appartient pas un individu ou à un parti politique, c’est un besoin qui naît dans l’âme d’un peuple.  L’indépendance devrait être la priorité des priorités d’ici les prochaines élections, car pour tenir un référendum, il faut d’abord prendre le pouvoir. 

Il faut une coalition de tous les indépendantistes. Chaque geste d’autonomie est un pas vers l’indépendance.           

L’indépendance est au-delà des égos, des partis politiques, c’est le moyen pour se réaliser comme nation.            

Le projet d’indépendance ou la création de la République démocratique du Québec doit être le seul enjeu, le lien qui nous unit. On se chicanera sur les virgules ou qui sera le chef après avoir remporté le referendum et réaliser notre indépendance.

Mon ami Raoul Roy, l’écrivain, disait que déléguer le projet d’indépendance dans les mains d’un parti politique, c’est le tuer.  Il faut revenir au temps ou l’indépendance était l’affaire de chacun. L’unité se retrouve à travers l’action. L’indépendance est le projet collectif à réaliser d’urgence.           

À l’époque du projet de l’aéroport de Drummondville, j’ai appris que même économiquement le Québec est méprisé par le fédéral simplement parce que dans la tête des fédérastes les québécois sont des idiots.           

Le racisme systémique, il est là.   
Magog
Fin de la révision

22 août 2011

Spirale intraprojective 41

octobre 16, 2020

Spirale intraprojective  41

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 397 à 408)

*   *   *   *   *   

Si les Talibans arrivaient à élargir leur pouvoir, ce seraient la pire race de tortionnaires, car les fanatiques religieux sont incapables de penser en humains.  Des fanatiques, c’est toujours dangereux.  Ils sont prêts à tuer quelqu’un qui ne pense pas comme eux, et pourtant, leurs connaissances datent toujours de l’antiquité de l’histoire.  Ils refusent d\’évoluer parce qu’ils perdraient le contrôle sur ceux qu’ils dominent. 

La Charia est une forme d’intolérance qui tient du délire.  Par contre, la religion musulmane non fanatique est tout aussi bonne, toute aussi valable que tous les autres religions.  C’est un outil de réflexion pour s’améliorer soi-même.  Le problème avec les religions, c’est qu’elles rêvent toutes de dominer le monde.             

La folie consiste à croire qu’un dieu, illimité, immatériel perd son temps à venir nous dire comment agir et à essayer de contrôler notre sexualité.  Comme si Dieu avait du temps à perdre avec notre sexe.  Dieu est rien d’autre que de l’énergie ou il n’existe pas.  Le Coran, sauf certains passages, vaut bien les Évangiles. C’est un appel à la charité et à la miséricorde, à une recherche de la Sagesse.   Du Coran, je retiens principalement qu’Allah (Dieu) est d’une infinie Miséricorde.  Mais, à cause de la répression sexuelle, les religions d’amour se vautrent dans les histoires de péchés où les femmes sont le diable-tentateur et l’homme le serpent qui a toujours l’aiguillon aiguisé, incapable de résister dès qu’il voit un trou où se planter.

Les religions ont toutes le défaut de refuser d’évoluer.  C’est pourquoi l’essence spirituelle d’une religion est un droit fondamental individuel ; mais les règles religieuses, les morales, sont toutes pernicieuses, car elles rejettent la nature humaine dans ce qu’elles ont de plus beau et de plus laid. 

Les religions créent l’esclavage mental, le déni de la sentimentalité et de chair.  Les religions n’ont aucun cran d’arrêt quand elles deviennent fanatiques, quand elles mêlent la religion à la politique.   Elles deviennent une recherche effrénée du pouvoir.  Un pouvoir qu’elles obtiennent toutes par la peur.

Selon l‘écrivain Raoul Roy, le nouveau FLQ était un instrument de la go-gauche, donc du fédéral, ayant pour but de discréditer le Parti Québécois.  Ce qui était vrai au sein du Parlement du Québec, car les libéraux à la moindre occasion s’empressaient de dire qu’ils n’avaient pas, eux, les mains tachées du sang de Pierre Laporte.  Cependant, si la version que j’ai fait connaître plus tôt, est exacte, c’est le fédéral, dans un excès de paranoïa qui est la cause de la mort de Pierre Laporte. Voulait-on le faire taire définitivement ?         

Par contre, personnellement, je ne crois pas que les Rose soient des flics ou des indicateurs. C’est impossible, mais je sais que Paul est un fervent admirateur de Cuba. La crise d’octobre semble avoir le même scénario que les attentats du World Trade Center de 2001. Les autorités savaient tout, mais n’agissait pas pour trouver une solution, autre que son programme. C’est incroyable, voire impossible, que les agences américaines sur le territoire des USA aient mèche à voir avec ce qui s’est passé.  Cependant, tout indique qu’ils ont laissé faire, qu’ils se sont enlisés dans leurs guerres internes plutôt que de réagir à temps. 

Le meurtre de Pierre Laporte était probablement un cadeau divin si on est fédéraste, car elle devint l’argument principal à la lutte contre l’indépendance, durant de nombreuses années.  De plus, l’enlèvement de Pierre Laporte a servi à justifier les mesures de guerre comme les évènements de 2001 ont justifié la guerre en Irak et en Afghanistan.          

Les familles de Ben Laden et Bush trempent toutes les deux dans le pétrole. Elles étaient d’ailleurs d’excellents amis.  Ben Laden était peut-être la bête noire de la famille, il était quand même le négociateur dans cette partie du monde tandis que les Bush (Républicains) s’alimentaient aux caisses des grandes pétrolières.  Les négociations ont échoué et le grand Ben a piqué sa colère.  Il a profité de l’enseignement musulman fanatisé pour entreprendre sa guérilla avec les États-Unis.  Il croyait que s’il avait pu avoir la peau de la Russie, il aurait bien celle des USA.  Il a organisé son attentat ou du moins ceux qui l’entouraient.  Et vlan les services de sécurité ne bougent pas, car, le système capitaliste est en train d’éclater et, comme on disait dans le temps « il faut une guerre pour permettre à l’économie de se remettre sur pied.»  New York. La cible idéale à cause de ses symboles.

Je ne suis pas savant, mais c’est ainsi que je comprends ce que j’ai lu à travers les journaux et entendu dans les informations.  Suis-je malade de les en croire capables?  Bush en est rendu à vouloir que les États-Unis fassent des guerres préventives. Le diable danse sans son assiette. Il croit aveuglément à la Bible…          

Dès lors, le système peut tout.  L’argent pour l’armée et la sécurité coule à flot.  On mise sur la permanence de cette guerre régionale, mais le grand Ben disparaît ou meurt.  Que faire pour entretenir la peur sinon de partir à la recherche de tous ses lieutenants à travers le monde ? Faut-il, pour avoir un peu de crédibilité, lui nommer un successeur.  Pourquoi pas son fils?  Ou créer des cassettes « Ben Laden », utiles à toutes les fois que les ardeurs paranoïaques s’estompent aux USA.  

Le pire, le serpent-dragon Ben Laden est le même personnage que Saint George Bush. Ils sont aussi fous l’un que l’autre, aussi fanatiques.  Ils sont les porte-paroles des pétrolières.  Ces compagnies, surtout en Afrique, n’ont pas hésité à tuer directement ou indirectement plus de 1.5 millions d’individus pour assurer leur rentabilité, en guerre directe ou indirecte ou en répressions de tous les genres…

C’est une guerre entre les équipes d’espionnage de chaque état.  Une guerre pour mettre la main sur les énergies, plutôt que reconvertir la production.      

Les États-Unis sont le bras armé ; alors que l’Angleterre est le système économique, le système commercial, donc ceux qui empochent avant la distribution.  Israël et la Russie essaient d’en tirer leurs bénéfices : l’eau et l’or noir, le veau d’or.  Il est presque dorénavant impossible de sauver la planète, nous allons un jour aboutir à une nouvelle guerre mondiale parce qu’on ne partage pas la richesse et les énergies dont les gens ont besoin pour survivre.            

Il aurait fallu un gouvernement mondial planétaire qui existe en fonction des besoins de l’homme et non de l’économie… Ça aurait dû être le rôle des Nations-Unis, mais la composition et le droit de véto des grandes puissances en consacrent l’échec.        
 C’est fou de croire que l’incident du World Trade Center a été créé du début à la fin par les dirigeants supérieurs du système financier pour se sortir de l’impasse.  C’est pourtant la seule logique possible.  L’arrivée du premier ministre d’Israël le confirme.  Tout est fait pour tuer toutes les possibilités de paix.         

Tout le monde sait que si on veut obtenir la paix, La Palestine doit être un pays indépendant au même titre qu’Israël.  Quand Israël s’étend au dehors de ses limites, il envahit la Palestine comme la Russie envahit la Tchétchénie.  Que les fermiers israéliens soient plus vaillants que les palestiniens, ça n’a pas d’importance, ils ne sont pas chez eux. 

Par contre, la Palestine doit cesser d’être hostile à Israël.  Les guerres de religion, c’est dépassé.  Qu’ils le veulent ou non, ils seront toujours des voisins.  Israël comme la Palestine sont là pour y rester. 

Jérusalem devrait échapper au fanatisme religieux en devenant un territoire des Nations Unies, un lieu qui n’appartient ni à Israël, ni aux musulmans, ni aux catholiques, mais à l’humanité.  On devrait pouvoir circuler partout en sécurité au-delà des revendications religieuses, sinon on peut se demander si on peut évoluer quand on est le moindrement fanatique religieux.  

À ce compte, le fanatisme religieux devrait être mondialement considéré comme un crime contre l’humanité, un crime beaucoup plus dangereux que la liberté sexuelle individuelle.         

Jérusalem doit être un territoire international qui échappe à toutes les religions et on devrait apprendre à être assez intelligent pour reconnaître l’importance de ce territoire pour toutes les religions. 

Jérusalem doit être comme le Vatican, un état en soi, protégé par les Nations-Unis pour ne pas être la cible des fanatiques. 

Un catholique vaut bien un protestant ou un musulman ; mais aucune religion ne mérite ce nom si elle n’a pas l’intelligence de reconnaître aux autres le droit d’exister dans la différence.     
 La lutte aux terroristes sert de prétexte pour justifier toutes les guerres dans leur absurdité et leur horreur.        

Nos populations n’ont pas encore compris que nos chefs sont une bande d’illuminés par le pouvoir, des disciples de l’économie et les maîtres d’un système où la vie des individus n’a aucune valeur.  Le seul moyen de combattre le pouvoir militaire serait de cesser d’y verser des argents, en exigeant que nos taxes servent l’intérêt de la nation avant celui d’une poignée de profiteurs de plus en plus irrespectueux de la vie et de la survie de la planète.

Ces guerres ne nous regardent pas.  Mais on est assez fous pour les subventionner indirectement.  Il est évident qu’il est plus affreux de vivre sous un régime Taliban que de vivre aux États-Unis ; mais ce n’est pas une raison pour s’entretuer.  Qui finance les Talibans ? 

Les sionistes et les musulmans radicaux devraient comprendre que les règles de vie qu’ils ont créées sont parfois de la dictature et de la bêtise.  Si un écrivain ne peut pas écrire concernant une religion sans être menacé de mort, c’est que cette religion ne vaut pas grand-chose, car elle ne peut pas sans tuer soutenir la preuve de ce qu’elle dit.  Le fanatisme religieux est une maladie mentale au même titre que la schizophrénie.         

Jérusalem prouve seulement, faute d’être un territoire international pour éliminer toute violence, sous contrôle de l’ONU, que les religions conduisent à la violence, donc, qu’elles n’ont rien de divin.      
     
 *   *   *  *   *   

Les religions sont le ciment de nos civilisations.  Malheureusement, les blancs ont toujours cru que les étrangers n’étaient pas des humains parce qu’ils ne partageaient pas la même foi. 

Les religions ont ainsi donné naissance au racisme et à l’esclavage.  Cette ségrégation est tellement ancrée en nous qu’elle existe même entre les noirs eux-mêmes.  Ceux d’Afrique sont moins bien vus que ceux d’Haïti parce que ces derniers ont la peau un peu moins noire.  Et les blancs continuent de se penser la race supérieure.  Quelle folie !          

Le vrai problème ne touche pas la foi religieuse, mais d’accepter la pauvreté sur cette terre.  La pauvreté ne peut exister que s’il n’y a pas d’instruction et d’éducation.  Il serait impossible de maintenir des foules dans la haine, si elles avaient les moyens de vivre décemment.   
 Au nom de l’économie, on est en train de détruire la planète

*  *

Depuis que l’on a monté «mon procès» pour m’empêcher de parler et d’agir, même si je venais de démissionner de la Société Nationale des Québécois, j’ai appris que le mal existe, que la haine est possible et que mon monde sans violence dans lequel je veux croire est probablement l’utopie humaine idéaliste la moins réalisable.       

Aussi, chaque fois que mon jeune punk se ramasse en prison, j’y vois un nouveau moyen de me forcer à me taire.  Paranoïaque, possible ; mais par hasard dès que je me livre à la politique ou il lui arrive quelque chose ou je me fais frapper.  Les coïncidences sont tellement multiples que c’est très difficile de ne pas faire un lien entre mon engagement politique et les raclées qui surviennent.  C’est peut-être stupide d’y voir des liens.  Mais, de l’avis de son avocat, ce qui peut arriver de mieux à des jeunes comme lui pour la société, c’est qu’ils se suicident en prison.  Comment voulez-vous vivre en paix quand vous entendez de tels commentaires ? On vous les répète de toutes les façons, mais, vous, vous l’aimez encore, vous voulez que rien de mal ne lui arrive.  Vous mourrez de peur juste à y penser.  Comment ne pas se révolter contre une morale d’assassins de cette espèce.  Aujourd’hui, c’est l’argent qui mène tout.

En me condamnant, on savait très bien que je n’aurai jamais un nouvel emploi qui me permettra de vivre décemment. 

Les travailleuses sociales me conseillent de tout laisser tomber, de ne plus m’occuper de lui.  C’est un cas trop lourd.  Ce n’est pas de ma faute, je n’y peux rien, je l’aime encore trop pour le laisser aller mourir dans la rue. 

Le bien-être ne permet même pas de trouver pour lui un logement décent.  Les logements pour personnes seules sont absolument crasseux, désuets et à des prix de fous.  Le gouvernement entretient cette misère avec sa maudite morale de bourgeois.  Il se donne bonne conscience en prétendant qu’il aide, ceux qui veulent s’aider.    

Publier ce livre et  que le jeune soit en forme à sa sortie de prison, me permettra peut-être d’obtenir la preuve que je me fais des idées.

J’ai toujours peur que mes idées, mes actions politiques engagent les autres, à cause de moi.  J’adore mes jeunes et j’ai affreusement peur que mon engagement les rende le moindrement malheureux.           

Mon problème est de croire que je suis complètement responsable de la vie de ceux que j’aime.  J’en ai probablement une parcelle, mais je n’ai rien à faire avec les décisions de base.           

Mon impuissance face au suicide de Rouhed aurait dû m’enseigner que notre responsabilité dans la vie ou la mort d’un autre est très limitée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’aider dans la vie, mais je me reproche encore de n’en pas avoir encore assez fait.  Même si notre relation fut absolument sans sexe, certaines personnes ont eu la saleté de prétendre qu’il aurait pu y avoir une forme de relation cachée. 

Rouhed savait que je suis pédéraste, il ne l’acceptait pas pour lui, mais il ne m’en a jamais fait le reproche.  Nous devions d’ailleurs écrire un livre ensemble : Mon père est un pédéraste.Nous voulions montrer la beauté d’une telle amitié et toute sa pureté.  Je le manque encore, malgré les ans.  Il s’est suicidé en 1994, soit peu de temps avant mon procès.  Mathieu est-il apparu grâce à cette peur qui m’habitait, ce désir de tout faire pour empêcher un autre drame du genre ?       

La prison et la mort de Rouhed m’ont appris que le mal, la haine et la douleur sont des réalités.  C’est difficile à accepter, mais c’est une vérité avec laquelle il faut apprendre à vivre.

Un an plus tard, la police de Val-d’Or retrouvait chez moi une photo de mon bon ami Marc et d’un petit Éthiopien qu’il aimait.  Quand on a voulu le faire chanter, pour sauver ses cirques, ses réalisations, il ne l’a pas pris et s’est suicidé pour sauver son œuvre. Il avait écrit que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre. 

Je sais qu’il a été victime de chantage.  J’ai dénoncé la manière dont les médias se servaient de ce fait, mais Radio-Canada a prétendu que Marc était relié à un réseau de pédophiles, ce qui est à mon avis complètement stupide. Marc a toujours été un pédéraste comme moi, c’est à dire très soucieux de la liberté des jeunes.  Il était trop sensible pour accepter de faire le commerce des enfants.  Ils les aimaient trop pour cela.  Je crois qu’il était comme moi, qu’il aurait été prêt à sacrifier sa vie pour le bien de ces petits amants, pour leur épargner la misère.    

Tous les pédérastes que j’ai connus tenaient à cette règle sacro-sainte du           « retiens-toi, tant que le jeune ne soit d’accord pour éviter qu’il soit blessé par cet amour ou perturbé d’une façon ou d’une autre».  Cette obligation morale nous hantait tous.  Le «oui» du petit.  Qu’il y découvre du plaisir et un moyen d’émancipation.  Comment peut-on dans ce cas accepter l’esclavage des enfants?  Nous nous connaissions.  Nous connaissions, parfois avec jalousie, les petits amants de nos amis, mais il n’y avait aucun réseau, il n’a jamais été question d’échanges, encore moins de commerce.  Est-il illégal d’être amis parce que nous sommes des pédérastes ?  Est-ce parce que tu es ami avec quelqu’un que vous formez un réseau ? 

Sur le plan sexuel, notre société est devenue complètement folle depuis qu’on a introduit la notion de pédophilie

Les femmes en particulier ne vivent plus que dans la peur et l’exagération.  Elles n’écoutent pas ce qu’en pensent l’enfant, elles projettent leurs scrupules. Il ne faut plus s’aimer.  

La liberté d’un pédéraste qui n’a pas peur de s’affirmer comme tel est extraordinaire, car il vit de sa vérité et la beauté d’un amour-passion.  Mais, c’est socialement l’enfer à cause de la jalousie qu’engendre cette liberté. Pédéraste, tu risques la prison à tout moment… La société est une GESTAPO.

Je ne devais pas être libéré durant la période des fêtes parce que la loi sur la clarté de Stéphane Dion n’était pas encore acceptée au parlement.  On m’a dit que «mon élu», le gardien responsable de moi, a mangé une tonne de réprimandes parce qu’il avait obtenu que je puisse aller passer les fêtes de Noël chez moi, avec ma mère. Elle a 90 ans et elle fait encore du bénévolat.  Une merveille de maman.  Plus admirable, c’est impossible.         

J’étais certain qu’avec tous leurs mensonges, je ne sortirais pas vivant de la prison.  On m’a dit qu’on craignait que ma présence soit publicisée et que l’on fasse de moi un martyr, surtout après m’être auto-proclamé prisonnier politique.        

Tous mes droits d’écrivain ont été écrasés.      
Personne– ni la Commission des droits de la personne, ni l’Association des écrivains, l’UNEQ — n’est intervenu pour faire admettre que L’HOMO-VICIÈR est un livre de pure fiction.  D’ailleurs, l’Homo-vicièr a été confondu dans mon présententiel avec un livre de Jean Ferguson, sur l’histoire des pets. Rien d’illégal et assez drôle.  Après, on nous dit qu’il est interdit de condamner des livres, à moins qu’ils ne nous incitent à la violence.  Ce n’est pas le cas, loin de là.  On veut garder les jeunes dans la même ignorance de la sexualité que nous.  L’omerta totale.           

Notre Justice est fondamentalement pourrie.  Elle repose sur la notion de punition plutôt que de réhabilitation.  En promouvant la violence : plus tu es bandit, plus tu es quelqu’un de bien.  Même nos gouvernements ont, sous prétexte de gérer le pays, inventer des taxes et impôts pour nous exploiter, nous écraser.  Nos lois créent, en voulant contrôler nos vies privées, le gangstérisme.  Aucune loi sur la sexualité non violente ne peut justifier son existence. 

Je pensais que l’écrivain Raoul Roy était fanatique quand il disait que la go-gauche est fédéraste.  J’ai appris que c’est vrai. 

Le meilleur moyen de tuer l’indépendance est de nous faire oublier que nous sommes francophones.       

Même si les fédérastes essaient de nous faire croire que pour sauver la francophonie, il faille rester à l’intérieur du Canada, il suffit de regarder ce qui arrive au français en Ontario pour comprendre.  Le français est devenu folklorique.  Il est même inutile de s’arrêter à la hantise du fédéral et de la Cour suprême pour détruire la loi 101 au Québec, ce qui fait que le fédéralisme est au contraire le moyen par excellence pour faire disparaître le français en Amérique.

Le Canada est un pays anglais qui est assez opportuniste pour vouloir bénéficier du marché francophone mondial. Ce n’est pas pour rien que les activités de la francophonie internationale se déroulent surtout en Acadie, à Ottawa, plutôt qu’au Québec.  Ottawa veut prouver, justifier sa place dans la francophonie et pouvoir décrier sur un plan international la pensée indépendantiste.  Le fédéral prépare déjà le prochain référendum alors que le Parti Québécois se poigne le cul, comme d’habitude, particulièrement dans le domaine des communications.      

Étant pédéraste, je suis condamné à ne plus avoir le droit de penser et de dire ce que je veux… je ne suis rien et je l’assume.  Dans notre société, être pédéraste  c’est être pervers alors que pourtant c’est une orientation sexuelle qui cherche encore plus le bien des jeunes que bien des familles hétérosexuelles.     

La pédérastie est une reconnaissance du droit d’un jeune à être ce qu’il est c’est-à-dire un être sexué.  Le pédéraste croit qu’un jeune peut décider de sa sexualité.

 ****

Le prochain référendum sera extrêmement rapide.  Il aura pour question : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?  On ne peut plus ajouter dans la question « à l’intérieur d’une fédération canadienne à l’européenne », car avant même de le dire, les anglophones du reste du Canada crient NON. Pas question de renouveler la constitution, tout a été fait pour rendre cela impossible.

Le Québec et le Bloc doivent faire connaître le vocabulaire et les nuances aptes à faire comprendre aux plus orthodoxes,  d’un bord ou de l’autre, que d’une manière ou d’une autre, le Québec et le Canada seront appelés après l’indépendance à s’allier dans différents domaines.  Mais, si on ne peut pas le négocier sans passer par un référendum, c’est bien parce que le Canada ne veut rien savoir du Québec.       

Depuis que le Parti québécois a repris le pouvoir, rien n’est fait pour préparer l’indépendance.  La population veut un bon gouvernement quand nous serons un pays, mais avant de choisir le gouvernement qui prendra en main les rênes du pouvoir, il faut d’abord être indépendant.  Les indépendantistes (même moi) nous devrons apprendre à parler et respecter les fédérastes qui, eux, devront apprendre que le Québec est aussi leur pays.         

Les partis politiques en étant aussi nombrilistes et profiteurs ont réussi à tuer la notion de « politique» et ils l’ont remplacé par intérêts de partis, par politicaillerie.  L’indépendance est une révolution pacifique, anarchiste, qui évolue grâce à l’éducation.          

L’importance de l’impartialité des médias d’information est cruciale.  Aucun média du Québec ne devrait être possédé par quelqu’un de l’extérieur du Québec.  Ce fut la première chose que les jurassiens ont compris.        

Mon ennemi politique pendant que j’étais en prison, Stéphane Dion, a été nommé le défenseur de la francophonie.  Le fédéral s’est toujours servi de québécois de service pour écraser hypocritement le Québec.   

La francophonie en dehors du Québec est folklorique.  Sudbury est le centre par excellence de la francophonie ontarienne et tu ne peux même pas amener tes élèves en immersion française dans cette ville parce que ce que ce n’est plus assez francophone.  Parfois,  les anglophones ont des comportements carrément racistes.  Peut-on aider les francophones hors-Québec sans nuire au Québec ?  Ils nous ont abandonné au dernier referendum tout comme la France l’avait fait en 1789. 

René Lévesque avait raison.  La nouvelle confédération canadienne doit inclure une clause sans laquelle les Francophones et les minorités, dans les autres parties du Canada, devront être traitées exactement ou mieux que les Anglophones du Québec. Pourquoi n’affiche-t-on pas en français et en anglais partout au Canada comme à Montréal (où le français doit être prépondérant), si le Canada est le pays bilingue qu’il prétend être ? 

Une nette prépondérance du français permet de constater que le Québec est francophone.  Si les commerçants n’ont pas l’intelligence de se conformer à cette loi linguistique minimale, ils n’ont qu’à en subir les conséquences (une amende).  En Ontario, gare aux francophones assez fous pour afficher en français.  Ils n’auront pas la police des langues sur le dos, mais le lendemain ils n’auront simplement plus de commerce.  Nous sommes plus tolérants et c’est nous que l’on accuse d’être racistes.      

Nous devrions organiser des manifestations pour protester contre ceux qui ne respectent pas la loi de la langue française au Québec (loi 101)  et même organiser le boycottage de leurs produits.  L’unité et le nombre est notre seule force dans une perspective démocratique et non-violente.      

Comme peuple, nous ne sommes pas assez fiers pour respecter notre culture francophone, nous nous laissons envahir.  Un peuple qui n’a pas assez de couille pour défendre son identité ne mérite pas d’exister.  Par contre, ce mouvement doit venir de la base.

On ne fait pas une révolution, encore moins pacifique, en petit nombre et sous l’impulsion d’une bourgeoisie qui ne sait pas ce qu’est le peuple.  Quand on est au pouvoir, le pouvoir et l’argent font vite oublier tes origines.           

Il est avantageux sur un plan individuel de connaître plusieurs langues, mais il est aussi vrai que le Québec et ses institutions doivent être unilingue français.  Cela n’exclue pas l’humanisme, même si Durham voulait, lui, nous faire disparaître pour notre bien. 

D’ailleurs, aucun immigrant ne devrait être reçu au Québec sans connaître le français et l’histoire du Québec au préalable.  On devrait aussi s’assurer que l’immigrant ait un emploi et que ses diplômes soient reconnus avant d’arriver.  Ce n’est pas parce que pour quelques années nous serons très sélectifs que notre économie va s’effondrer.  Mais, le fédéral ne nous assimilera pas si nous n’avons pas d’immigrants.  Le Canada est assez grand pour recevoir ceux qui ne veulent pas du français du Québec.       

Pendant qu’on perd notre temps à défendre l’unilinguisme dans l’affichage, les Anglophones mènent eux le combat là où ça compte : au travail, à l’école et à l’immigration.

Sur le plan culturel, je reçois dix fois plus de droits d’auteur du fédéral que du Québec, est-ce normal ?           

Pendant qu’on se dispute sur l’affichage à savoir qui est le plus raciste ; comme si l’immigrant qui nous rejette parce qu’on est francophone ne l’est pas, les Anglophones se battent pour que l’anglais soit la langue de travail.   

Au travail, il est de plus en plus impossible de travailler sans être bilingue.  La télévision est devenue le véhicule des valeurs américaines et le français est au poteau.

Rien est fait pour créer une culture authentiquement québécoise ; ni même canadienne puisque les anglophones se contentent de la culture américaine.  Nos deux expressions culturelles ignorent ce que l’un et l’autre fait.    
Il ne s’agit pas de se fermer au monde, bien au contraire, un Québec moderne doit être à la recherche de ce qui se fait de mieux au monde pour l’adapter à ses besoins, tout en étant créatif pour nourrir son aspiration et son appellation de terre de liberté et de progrès. 

Un Québec moderne doit se tourner vers l’avenir et rayonner à l’échelle planétaire. 

Un Québec moderne doit être à l’avant-garde du monde planétaire qui naît grâce aux communications.           
Sur le plan culturel, de notre identité, il est anormal qu’il faille se prostituer au fédéral pour avoir quelques miettes de survie.  Financièrement, c’est l’enfer, je ne perçois aucune aide du Québec pour continuer de produire (même si j’ai déjà participé à la création d’au moins 20 livres) parce que j’ai osé dire que je suis pédéraste, ce qui n’est pas politically correct

La révolution, c’est d’abord de vivre libre et dans la non-violence.     
Je ne suis pas un écrivain commercialement rentable, donc, je ne percerai pas.  Je paye pour mes deux obsessions : la pédérastie et l’indépendance du Québec. 

Je refuse comme Galilée de nier l’un et l’autre.  J’ai peut-être tort ?  Je suis peut-être qu’un malade mental.  Un paranoïaque !  Quelle importance cela a-t-il?  Un malade mental c’est simplement quelqu’un qui n’est pas sur la même longueur d’ondes que les autres.  Il y a des milliers d’itinérants qui sont exactement comme moi.   

Avec les idées de la go-gauche, comme dirait Raoul Roy, le père socialiste de l’indépendance, nous courrons directement à l’assimilation puisque l’on cède notre âme.  Nous ne pensons qu’à la rentabilité.  La souveraineté ne se fera jamais si les milieux culturels, littéraires ne communiquent pas l’espoir d’avoir un pays à nous, d’être individuellement une cellule vivante de ce nouvel être : le Québec. 

Si le Canada ne devient pas une véritable confédération, nous devons avoir assez de couille pour devenir unilatéralement indépendant, malgré le Canada et les États-Unis.        

La création d’un pays, c’est l’émergence de l’esprit à travers un nouvel espace comme dirait Teilhard de Chardin dans Le phénomène humain. Le Québec n’existera pas tant qu’il n’existera pas d’âme québécoise.                 

C’est pourquoi le fédéral prend tous les moyens pour prouver aux Québécois qu’ils ne sont rien. Cela est vrai que dans la mesure où nous n’aurons pas le courage de nous débarrasser du fédéral. 

Nous n’avons pas besoin de deux paliers de gouvernement pour nous exploiter. 

Le but de notre culture doit être l’accouchement d’un pays et par la suite son émancipation et son rayonnement.
  

Nous avons déjà un rayonnement qui déborde largement nos frontières et prouve la richesse de nos capacités créatives.  Nous ne créons pas un pays pour les autres, mais pour nous tous.  Plutôt que de cracher sur le Québec, nous devons prendre conscience de notre fantastique évolution depuis 1960, une évolution dont on doit être fier.       

Cette évolution n’est pas sans demander une prise de conscience profonde de ce que nous sommes.           

Notre esprit colonialiste tient de notre insécurité bien humaine, individuelle, de ne pas savoir qui l’on est, un phénomène planétaire, et d’avoir accepté de se faire laver le cerveau par les religions (à ne pas confondre avec la spiritualité) 

Spirale intraprojective

octobre 15, 2020

Spirale intraprojective  40

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 385 à 397)

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Le problème avec le système de justice , c’est qu’il a le droit de mentir ou de te prêter des intentions comme si les policiers savaient mieux que toi ce qui tu pensais ou que tu penses dans chaque cas particulier.  Pourtant, la Justice exige que l’on tienne compte de la VÉRITÉ, mais ce n’est pas le cas.  Si on cherchait la vérité, les verdicts seraient tout à fait différents.          

Par exemple, la deuxième fois que j’ai été accusé,  la police avait monté un dossier selon lequel , moi et la femme avec laquelle je vivais en compagnie de ses deux enfants, nous avions acheté des friandises et amené les jeunes à des jeux vidéo pour obtenir des faveurs sexuelles.  Ni moi, ni elle n’avions jamais pensé à un tel scénario, lequel est complètement à l’opposé de ce que l’on pense parce qu’un tel geste aurait été une manipulation contre les jeunes et que dans notre tête, les adultes n’ont pas le droit de manipuler les jeunes, mais doivent au contraire respecter l’évolution de leur conscience personnelle. 

Nous avions simplement décidé d’amener les jeunes amis de nos enfants pour leur faire plaisir ainsi qu’aux nôtres.  Une telle malhonnêteté intellectuelle est tolérée, même encouragée dans le système.  On condamne des gens pour faux témoignages et la police fait en sorte de manipuler les gens pour prétendre que les accusés sont des salauds alors que leur tactique est absolument hypocrite et malhonnête.

Dans notre cas, ce qui est le plus surprenant, ce ne sont que les garçons qui furent interrogés, pourtant il y avait aussi des filles, mais leur témoignage aurait réduit les accusations et les extrapolations.  Heureusement, il y avait un jeune qui, je ne le savais pas encore, m’aimait trop pour mentir sans se sentir coupable.  Ainsi, il a affirmé en pleurs au juge qui a dû se récuser : je ne sais pas si ce que je dis c’est ce que la police m’a dit de dire ou si c’est ce qui s’est passé.  Belle justice ! Mon cul !

Père et policiers étaient au désespoir à la suspension de quelques minutes de mon procès repris avec un autre juge, car tous les jeunes à la barre des témoins affirmaient que je ne les avais pas touchés.  La fricaille et le paternel croyaient que j’allais m’en sortir et le père me menaçait de se faire justice si le juge me libérait.  Menaces de mort en compagnie de policiers, mais ça c’est permis.  La GESTAPO moderne.  C’était ne pas compter sur l’imbécillité du juge qui avait repris les accusations contre moi.  J’ai écopé de trois mois de prison pour avoir chez-moi, accepté de participer à un jeu d’effeuilleuse – je n’en avais jamais entendu parlé – appris par les jeunes en camping avec les services sociaux.  T’enlevais le morceau de linge pointé par celui qui menait le jeu et ce fut les culottes.  Je les ai baissées et je les ai remontées aussitôt.  WOW ! Quelle infamie.  Une telle stupidité!   Trois mois de prison pour ce geste.  Si ce n’est pas de la gestapo, je me demande ce que c’est.

Comment aurais-je pu respecter ce que je crois être normal, au point d\’envoyer les enfants dans une école libre, si je m’étais mis à agir comme si la nudité était un péché ?  L’excuse du juge débile fut : «Ce n’est pas parce que ça se vit ainsi en Europe que tu dois étendre ici cette mentalité. Tu n’as pas à enseigner tes valeurs à tout le quartier.»  Quel con !  Défendait-il le bien des jeunes ou la stupidité des règles du système qui sont là parce qu’elles sont là et qu’on ne peut même pas défendre une raison valable de les maintenir, encore moins d’en faire des lois.  
La sexualité des jeunes au Québec c’est mauvais, point à la ligne.  Toutes les découvertes médicales prouvent maintenant que c’est le meilleur moyen pour tuer l’estime de soi que de penser la sexualité d’une façon aussi archaïque que nous le faisons, mais il faut éviter surtout d’en parler.  Nos lois sont de plus en plus fascistes concernant la sexualité.            
En prison, j’ai fait valoir que la pédérastie doit être un droit non seulement pour ceux qui ont de l’argent ou du pouvoir.  La liberté sexuelle doit exister pour tous, sauf dans le cas de la pédophilie où la pénétration, la peur de l’étranger, peut être douloureuse et traumatisante.  La pédophilie n’existe qu’avec les enfants ayant moins de dix ans.  Ils sont donc incapables de juger s’ils aiment ou n’aiment pas la situation. Ils ne peuvent pas encore individuellement porter un jugement moral.  Par contre, si un enfant de cet âge ne peut pas choisir sa sexualité, je ne comprends pas qu’on le fasse choisir sa religion… Pour que la sexualité soit acceptable, elle exige la liberté de conscience.          

Quant aux pédérastes, ils ne s’intéressent qu’aux adolescents.  Ceux qui pensent notre morale oublient qu’à partir de l’adolescence, il y a une différence entre les hommes et les femmes quant à la perception de la sexualité.  Alors que chez les femmes, la sexualité est souvent identifiée à la douleur, au sang, au sale, chez les garçons, la sexualité est un souvenir de plaisirs fous. Je ne connais personne qui a trouvé douloureux sa première éjaculation.  Puisque les caresses conduisent à la pénétration avec une fille, les féminounes font la chasse aux tentations comme le faisaient les curés qui nous oppressaient avec leur morale de chasteté.  Les féminounes oublient que la pédophilie est plus souvent une situation hétérosexuelle alors que la pédérastie est un phénomène venant de la vie homosexuelle.

La plus grande ignorance consiste à croire que pédérastie est synonyme de sodomie, alors que c’est pour plusieurs la sodomie est un geste de bestialité.            

La pénétration est plus hétérosexuelle que pédéraste.  La pédérastie repose surtout sur l’amour et l’éducation, le besoin de vivre en « être égalitaire » avec le jeune, de partager la vie comme un jeu. 

Évidemment, personne ne peut ignorer la place prépondérante de la beauté. C’est avantageux pour le système de faire croire que toute relation pédéraste aboutit à la sodomie, car c’est le seul acte qui puisse montrer le moindrement de violence, de souffrance (mais y paraît que c’est le sommet des points G, une fois le stade la souffrance dépassée. J’ai beaucoup de misère à le croire).  La sodomie est acceptée et voulue par une très petite minorité de jeunes qui la voit comme une expérience : je voudrais l’essayer pour savoir ce que ça fait.  Rares sont ceux qui aiment ça.  Mais, nos lois ne font aucune nuance.  Qui peut prétendre que fellation peut être désagréable ? La seule raison d’avoir chez les garçons une morale sexuelle est d’apprendre leur responsabilité de père s’ils vont avec une fille. 

On ne se responsabilise pas quand on crée un tabou.      

Ce jugement en 1974 a précédé la prise du pouvoir du Parti québécois.             

À ma sortie de prison, j’ai manifesté dans les rues avec Janou Saint-Denis comme poète, pour la révolution pacifique.  Nous réclamions la liberté d’expression et l’unicité des arts.   

Dans ces manifestations, j’étais l’archange Foin-Foin venu annoncer la fin du règne libéral, la fin de l’oppression.  Je croyais fermement que les gens pouvaient se rendre compte que leur perception de la sexualité était biaisée par l’enseignement obsessionnel de la sexualité par l’Église. 

La chasteté est contre-nature, même chez un jeune.                   

*  *   *  * 

Aux élections de 1976, je travaillais pour le poète Gérald Godin, dans Mercier.  On faisait encore du porte-à porte dans ce temps-là. 

J’avais connu Godin, grâce au poète Gaétan Dostie.  J’avais été journaliste à la pige ou plutôt j’envoyais les articles refusés par le quotidien La Tribune, à Québec-Presse, un hebdomadaire qui couvrait, lui, toute la province de Québec et non seulement l’Estrie.

Contrairement à maintenant, à cette époque quand on manifestait, il nous arrivait de manger une raclée par la police.  Ça m’est arrivé à Sherbrooke, entre autres.  Mais, le vent a tourné. Quand j’ai manifesté contre la loi 22, après avoir perdu mon emploi à la Ronald Federated Graphics pour avoir écrit en français, je n’ai eu aucune difficulté avec la police quoique Bourassa leur ait demandé souvent de me sortir du Salon Bleu.  Ça faisait drôle de craindre d’être battu, pour ne pas dire abattu, et que du jour au lendemain la police qui t’entoure devienne un instrument de sécurité.      

Québec recevait aussi les pays de la francophonie.  Je me suis rendu avec ma pancarte « Congédié pour avoir écrit en français à Montréal», d’un bord et 

« Le 22 sur la 22» de l’autre.   Les députés et ministres n’en revenaient pas de voir ce message, seul Yvan Cournoyer est venu discuter avec moi.  J’étais fier de parler avec un ministre qui ne voyait pas qu’un message felquiste sur ma pancarte.  Cela était dû au fait que je suis un très mauvais dessinateur et que je faisais moi-même ma pancarte.  Le grand poète Gilbert Langevin m’avait conseillé d’écrire :           

« Le 22 sur la 22 ou la 222 », mais après avoir écrit le 22 sur la 22, je n’avais plus de place pour continuer et je ne voulais pas recommencer.  

Quand les fêtes de la francophonie ont commencé, je me suis rendu au parlement avec ma pancarte. On m’a même aidé à grimper sur les bords d’un monument pour que celle-ci soit vue par tous. Je n’ai jamais fait autant d’entrevues pour des pays étrangers.       

Je prétendais que la loi 22 n’avait que le titre d’une loi pour faire du Québec un endroit où le français est la langue officielle, ce qui était merveilleux; mais dès qu’on lisait le texte on s’apercevait que certains articles servaient à nous assimiler encore plus rapidement à l’anglais.    

Puisqu’on m’avait forcé de sortir quand j’avais manifesté à la Commission parlementaire ; des femmes ont pris la relève et se sont enchaînées à leur banc pour continuer la contestation qui s’est terminée par la création d’un Tribunal de la langue avant d’aboutir si je me rappelle bien par une manifestation de plus de 100,000 personnes, à Montréal.          

C’est aussi à cette époque que je suis allé pancarter Pierre E. Trudeau et qu’au même moment, à Montréal, l’agent Samson de la GRC sautait en allant poser sa bombe.

J’ai décidé d’escorter Trudeau de la salle de presse au parlement, à Ottawa.  Trudeau a décidé de marcher plutôt que de prendre son auto comme lui recommandait son épouse.  J’ai donc décidé de pancarter Trudeau.  Tout au long du parcours les agents de la GRC m’empêchaient de pouvoir apparaître sur les photos des journalistes qui accompagnaient Trudeau.  À un moment donné, un des photographes est tombé à la renverse et Trudeau lui a tendu la main pour l’aider à se relever.  La police s’occupait d’autre chose, donc j’ai pu ainsi faire croquer ma pancarte dans une photo de La Presse Canadienne.  J’étais content, car mon message passait à la grandeur du Canada.      

Cette campagne pour le français a pris des proportions bien inattendues … Le premier juillet, fête du Canada, je m’étais rendu avec Mirelle Despard, l’amie de coeur de Gilbert Langevin, manifester à la Place du Canada.  Ce coup d’éclat fut repris dans le Jour, un quotidien indépendantiste. C’est ainsi que mon histoire a pratiquement fait le tour du monde.    

Je suis persuadé qu’Ottawa ne peut rien contre l’indépendance du Québec tant qu’elle se fera d’une manière pacifique.  S’il y a quelqu’un de tenté par la violence ce sera le gouvernement du Canada.             
Le fédéral a toujours rêvé de nous écraser à jamais avec les militaires… une deuxième crise d’octobre, organisée encore une fois par Ottawa.

Être indépendantiste dans les années 1960-1970, ça se passait pas comme aujourd’hui.  J’ai mangé une raclée par la police de Sherbrooke qui me croyait un peu trop comme Chartrand.  Même en prison, flambant nu, je leur criais leurs quatre vérités.  Aujourd’hui, juste à y penser je fais dans mon froc.          

Je suis devenu parano.  À chaque fois que j’écris un livre plus osé, plus engagé, j’ai l’impression de jouer ma vie.  C’est que durant des années, je me faisais tabasser à chaque fois que j’écrivais des textes politiques rendus publics. Je crois que les liens entre la pègre et les politiciens fédérastes est évidente.   Une vision paranoïaque qui semblait exister dans la réalité quand, par exemple, le chef du parti créditiste a commencé à vouloir se ranger du côté de l’indépendance.  Par hasard, André Fortin s’endort et meurt dans un accident de voiture.  C’est loin d’être le seul.  Bizarre combien de députés de l’opposition au fédéral ont été blessés ou sont décédés à la suite d’accidents automobiles.  De plus, j’étais souvent menacé. Entre 1970 et 1972, par hasard, deux fois une voiture nous est entrée dedans. J’ai toujours cru qu’il s’agissait d’attentats déguisés en accidents.

En prison, on m’a souvent dit qu’un baveux comme moi, ça ne va pas dedans ou ce n’est pas tué juste pour éviter d’en faire un héros ou un martyr.  On ajoutait : « on admire qu’un gars, seul, se permette de se tenir debout et soit aussi insolent envers le système dans lequel il ne croit pas. » 

« T’es un hostie de fou, ou t’as du cran sans bon sens.», disait-on pour résumer mon cas. 

Je suis à vrai dire peut-être un peu innocent.  La dernière fois que je suis allé en prison, on m’a dit qu’on ne voulait pas que je devienne un second Mandela. Et, quand je suis sorti, un individu m’a dit de ne plus jamais m’occuper de politique, sinon je serais comme le Dr Ferron, retrouvé suicidé sur un banc.           

L’agent Samson a été moins chanceux que les deux agents de cette police fédérale qui habiteraient encore le Québec et qui auraient tué Mario Bachand, un felquiste, en France.  Bachand était trop actif et efficace dans l’organisation de la défense du fait français.  Ce meurtre a été couvert par un prétendu règlement de compte entre felquistes.  Pour un anarchiste, il n’y a rien là de bien rassurant.

À Val-d’Or, les accusations étaient tellement exagérées et constituaient un tel procès d’intentions que j’ai plaidé non coupable.  On sait que dans ce cas, c’est dans l’ordre des choses. La vérité a ses droits et ceux qui prétendent qu’ils connaissent mieux tes intentions que toi-même sont des esprits tordus pour ne pas dire pervers.  Si on ne peut pas t’accuser de faits véridiques pourquoi accepterais-tu de devenir un martyr ?  Pour que les médias puissent encore mieux jouer leur rôle de propagandiste de la peur et de l’imbécilité quand il s’agit de sexualité ?     

J’ai finalement aimé Mathieu, même s’il n’était pas le genre qui m’attirait, je l’ai aidé du mieux que j’ai pu.  Je regrette de ne pas l’avoir sucé au moins une fois, puisqu’ainsi ça aurait valu la peine de faire neuf mois de prison. 

On dirait qu’à toutes les fois qu’il ne se passe rien, c’est là où tu es le plus en danger d’avoir une société qui t’écrase de ses règles débiles puisqu’antinaturelles.  Il manquait une semaine à Mathieu pour avoir l’âge de consentement.  S’il est revenu chez moi pour qu’on redevienne ami, durant le procès, j’imagine qu’il n’aurait pas accepté de me dénoncer s’il avait su ce que ça donnerait. 

Les moralistes semblent ignorer que bien des garçons aiment se retrouver avec un gars plus âgé.  La chasteté forcé chez les jeunes, c’est une maladie sociale pour contrôler la sexualité.     
Par ignorance, parce qu’on ne connaît pas les jeunes, les adultes croient qu’à cet âge, les jeunes n’aiment pas se faire toucher le moineau.  C’est la manière adulte de contrôler la sexualité des enfants en leur refusant le droit d’être eux-mêmes, parce que la société le veut ainsi, sans même savoir pourquoi.

Certains vont faire semblant d’aimer cela plus que d’autres, seulement pour profiter des cadeaux que cette relation introduit (comme le bonhomme chez les hétéros va plus tard «cruiser» en donnant des cadeaux à celle qui l’intéresse).  On se fiche de ce que le jeune vit, on veut juste le contrôler pour qu’il demeure dans les normes imposée par la société.   Est-ce la faute du pédéraste, si le jeune lui ment quant à ses sentiments véritables, mais ce sont là de très rares exceptions. La pédérastie est absolument d’un autre ordre : le besoin de se sentir aussi jeune que le jeune de qui on est en amour.  La pédérastie est cet amour peut nous conduire hors du temps. Cette réalité qui crée une forme d’égalité entre le jeune et le vieux est tout à fait incomprise par les gens qui se prétendent « les normaux ».        

Est-ce que Mathieu m’aimait vraiment ou préférait-il ce que notre relation lui apportait ?  Pourquoi cela est-il si important quand il s’agit d’un petit gars et qu’on ne se pose même pas la question entre adultes, car l’important c’est de vivre notre amour comme on le sent.  C’est évident que Mathieu voulait continuer de voyager avec moi.  Il était alors le centre de toutes mes préoccupations pour le rendre encore plus heureux.      

On dirait que les règles pour empêcher ces relations ne tiennent qu’à la jalousie.  On ne veut pas que d’autres profitent de ces relations extraordinaires. La majorité des gens ne pourront jamais se les payer car ils sont incapables de sauter la clôture, sans mourir de peur et ensuite de remords.

Ceux qui actuellement font tout un tabac avec leur dénonciation, sont des gens qui en ont profité quand ils étaient jeunes et qui ne se rappellent pas jusqu’à quel point ils manipulaient l’adulte qui les aimait.  Plus surprenant, toutes les personnes qui dénoncent ont presque toutes un problème avec la drogue et cherchent des revenus supplémentaires pour mieux se droguer. Blâmer quelqu’un d’autre permet de mieux se pardonner, même si c’est lâche.

Durant notre relation, pour m’assurer que je n’étais pas celui qui l’influençait quant à notre volonté de se revoir, pour respecter le rythme de nos rapports, je ne me suis jamais rendu chez lui sans avoir été invité.  Mathieu devait venir me voir librement et établir le programme de notre rencontre. 

J’étais là pour aider son père et je prenais ce rôle très à coeur.  D’ailleurs, la majorité des rencontres avec Mathieu ont été provoquées par son père, dans le sens, qu’il me l’amenait quand il ne pouvait pas en venir à bout.  J’étais un des rares à réussir à le faire obéir parce qu’il désirait assez ce que je lui offrais (quilles, films, ma présence, etc.)  Il devait sentir que c’était plus important d’obéir s’il voulait en profiter.  Même là, c’était une forme de jeu, car le chantage, la manipulation des adultes par les jeunes c’est pour eux une expérience de leur pouvoir et de leur séduction.  C’est un moyen de te tester.  Tout individu qui a enseigné sait ça.  

S’il voulait être avec moi, c’est lui qui devait le manifester. J’étais « son désir».  Personnellement, j’ai toujours été très curieux et très affectueux, d’où je lui caressais la bedaine, ce qui le calmait quand il faisait ses crises.  Comme je l’ai dit dans un de mes poèmes « Je rêve d’un pays où te caresser ne sera pas un crime. »          

J’ai toujours essayé de respecter l’orientation sexuelle des jeunes de qui je suis tombé amoureux parce qu’elle est à la base de tout leur agir.  C’est non seulement le droit le plus fondamental de tout individu de dire oui ou non, mais c’est aussi respecter l’image qu’ils se font d’eux-mêmes.  L’interdit à la sexualité chez les jeunes, c’est une forme de mépris des adultes à leur égard plutôt qu’une protection.    

Respecter quelqu’un ce n’est pas de ne pas le «cruiser», cruiser c’est un hommage à la beauté.  Être cruisé, c’est formidable puisque tu es enfin quelqu’un pour quelqu’un.  C’est un problème existentiel. Le refoulement tue souvent le plaisir de vivre son adolescence, de vivre le passage du «inexistant» car perdu dans le monde comme un bibelot, à celui dans l’enfance à devenir « personnel », un être en soi, un individu qui franchira bientôt l’âge adulte. 

Être privé de la découverte de la sensation extraordinaire des caresses, du plaisir évanouissant d’une première éjaculation en compagnie d’un autre ne peut qu’être une forme de torture des adultes contre les jeunes.         

Malheureusement, notre société de machos (hétérosexuelles) a amené les filles à découvrir leur sexualité autrement.  On leur a appris à avoir honte, à croire que la pénétration fait automatiquement mal, on leur a appris à être soumises car on les enferme dans le rôle de maman, qui ne jouit pas, mais doit veiller à donner des enfants à la société.  La séduction chez elle devient comme une appropriation de l’autre.  Elles sont jalouses parce qu’elles doivent protéger leur territoire, les autres ne sont pas des alliés pour connaître une vie heureuses, mais des ennemis.  La beauté des autres devient une arme contre elles. 

Voilà ce qui constitue la différence essentielle entre un gars et une fille.  Le gars peut semer partout alors que la pauvre fille doit se contenter du couple pour se réaliser comme la société lui a appris. 

La société est une prison morale qui ne tient absolument pas compte de l’autonomie et de la conscience personnelle

La société est à l’image des « religieux » pour qui l’individualité est tuée pour mieux appartenir à leur dieu.  L’individu n’existe pas, sans être perdu dans cette alchimie universelle qu’est la foi.  L’adolescence est ce passage de l’appartenance à un tout vers la création de son individualité… L’expérience sexuelle est une révélation de soi à soi-même.  Cette identification, cette création de son individualité a parfois besoin de l’adulte, car souvent l’enfant apprend à partir de l’imitation, d’où le besoin d’avoir un adulte de sa propre réalité sexuelle pour évoluer.  Le parfois est très rare, mais non inexistant.

La pédérastie devient chez le jeune une forme d’apprentissage afin de reconnaître sa propre réalité à travers ce qu’il apprend. C’est aussi la raison fondamentale pour laquelle une relation pédéraste est vouée à s’éteindre si les deux partenaires n’ont pas la même orientation sexuelle ou si cette relation se produit entre deux hétéros mâles, donc, que l’apprentissage se confine à l’agir mâle, mais sans aucune relation, car leur réalité ne les y amène pas.   

Notre problème est de vouloir créer une règle générale universelle alors que chaque individu est en soi un cas très particulier.  L’orientation sexuelle est innée et inchangeable.  Même chez le pire des hypocrites, la «petite nature» finira bien par établir son règne. C’est pour ça que l’on ne peut pas soigner l’homosexualité, en se mariant.. L’orientation sexuelle est là de la naissance à la mort. 

Deux jeunes ont hautement payé ce coup monté.  L’accusateur, Mathieu, qui avait été enlevé de chez lui par la police, sous prétexte que la maison était sale, a passé son adolescence en famille d’accueil… pourtant son père a signé l’accusation alors qu’on le menaçait de lui enlever son fils s’il ne le faisait pas.  Une règle digne de la GESTAPO.

On m’a dit depuis que Mathieu boit beaucoup.  Ce pourrait être un grave problème qui indique que la société en voulant me punir l’a détruit complètement.  Mathieu ne sait pas que je ne lui en veux pas.  Aujourd’hui, il doit comprendre que cette fièvre de moralité est un abus de pouvoir de la société contre les jeunes.   

Quant à mon petit punk, qui habitait avec moi, il n’a pas pu digérer la situation.  Il s’est tellement drogué qu’il est devenu schizophrène et on l’a assez drogué pour qu’il croit nécessaire de s’attaquer à moi, sous prétexte qu’en ayant été près du FLQ, j’avais ainsi trahi le Québec.  Donc, on lui a fait subir tout un lavage de cerveau pour l’amener à m’attaquer.  Bien évidemment, on ne l’a jamais soigné, on l’a mis en prison à toutes les fois qu’il était violent avec d’autres que moi.  Bizarre qu’on lui ait appris que le FLQ était un instrument du fédéral pour écraser le Québec en manipulant ceux qui s’y retrouvaient honnêtement par conviction. 

Le FLQ était devenu un réseau de la police au moment où Pierre Vallières fut enlevé et que celui-ci en eut décrété la mort.  Personnellement, je ne crois pas que les Rose puissent avoir été des agents-doubles.  Mais, selon Vallières, ces cellules étaient infiltrées et le gouvernement fédéral tirait les couvertes.   J’ai entendu dire qu’après octobre 1970, il y avait plus de policiers dans le FLQ que de vrais révolutionnaires.  

L’écrivain Raoul Roy, le père spirituel du Front de libération du Québec (FLQ), prétendait que la deuxième vague était une création du gouvernement fédéral pour salir l’image du Parti Québécois et de René Lévesque. 

À son avis, cette organisation aurait vu le jour dans la cuvée de la go-gauche internationale.  La go-gauche est formé des grands gueules du marxisme qui aspire à devenir riches à la place des autres.  Ce sont ceux qui se créent une morale bourgeoise.  L’option gauchiste du FLQ ne fait aucun doute. M. Roy disait que ce nouveau FLQ était une fausse gauche puisqu’il justifiait l’intervention militaire fédérale sans tenir compte de ce que donnaient leurs actions sur le projet d’indépendance. Il voyait ça comme une espèce de conspiration contre le peuple du Québec.  Avec la loi sur la clarté, on ne peut pas dire qu’il s’était trompé puisque toute la gauche canadienne a voté en faveur de cette loi abusive et anti- Québec.          

Par ailleurs, ce n’est pas parce que tu es Anglophone que tu es nécessairement anti- souverainiste et colonialiste.  C’est une ambiguïté certaine.  Les mouvements politiques de gauche à travers le Canada sont contre l’indépendance du Québec.  Ils ont voté favorablement pour la loi de la clarté nébuleuse de Stéphane Dion, car ils n’ont pas compris que le fédéral est l’état colonisateur pour le Québec.         

Dans une vraie Confédération, tout est différent, car nos différences ne tuent plus, elles font ressortir ce qui devrait nous rassembler davantage comme humains.  Le besoin de connaître et aimer l’autre.  La pauvreté n’a pas de race, ni de langue, ni même de pays particulier.

La prétendue go-gauche est dominée par des féminounes qui rêvent d’égalité, mais en dominant, et en refusant le droit aux hommes d’être fiers d’avoir un pénis et de vivre la sexualité dans une plus grande liberté.  Elles ne comprennent pas encore leur aliénation justement parce qu’elles sont aliénées.  La lutte aux pédophiles est la semence d’une nouvelle forme de paranoïa.  Elles la répandent grâce aux médias et tellement bien que bientôt personne ne pourra aimer qui que ce soit en dehors de son propre nombril.  La phobie pédophile du nouvel establishment de féminounes rappelle étrangement la peur maladive des communistes à l’époque et Duplessis.  Les féminounes, sans le savoir imposent à tous l’image que les curés se faisaient de la femme : Marie ou Marie -Madeleine.  Comme si la femme n’était que la virginité ou le péché incarné…   

Nous vivons dans un monde où il n’y a plus que deux classes : les riches et les pauvres.  Les riches ont le pouvoir, grâce à nous, parce qu’ils dirigent l’armée et la police.  Les pauvres n’ont qu’une façon d’y faire face, puisque nous n’avons pas d’armes meurtrières : il faut créer une société complètement parallèle à celle qui nous est imposée sous forme de dictature économique.                     
Il faut inventer une forme de solidarité qui soit inatteignable, fondée sur les individus et sur le respect de la vie.  Il faut éliminer toutes les racines de la violence.  C’est en ce sens, que très jeune, j’ai cru que les Évangiles de Saint-Jean sont des enseignements nécessaires à un changement radical de la société.  La liberté individuelle, la démocratie véritable doit naître avant que la terre ne soit détruite par le capitalisme sauvage.        

Comment devons-nous nous protéger des assassins qui nous dirigent en nous conduisant à la guerre pour avoir le contrôle du pétrole ?  Ils sont tellement imbus de leur pouvoir qu’ils croient avoir raison de tuer tous ceux qui ne pensent pas comme eux.  Le pire ennemi de la planète est la guerre entre Israël et les musulmans, deux factions de fanatiques religieux quoique les dictateurs demeurent aussi un obstacle à la création d’un monde juste.  Imaginez un monde dirigez par les Talibans.  C’est l’enfer.  Ce n’est pas en reculant de trois mille ans que l’humanité va avancer.  Les fanatiques musulmans sont des assassins au même titre que les fanatiques sionistes, que l’inquisition catholique ou la castration protestante. 

Heureusement, la majorité des musulmans ont découvert que la religion peut aussi signifier une vie meilleure, une vie vécue dans les limites du raisonnable et non une forme d’Inquisition maladive.   

Les systèmes religieux autant sioniste-anglo-américain que communiste ou taliban sont des formes de puissance impérialiste, colonialiste, des sans coeur et des sans cerveau.  Des gens qui ne savent pas ce qu’est la nature humaine.       

Les dirigeants de ces religions n’ont d’intérêt que le pouvoir planétaire, le profit et l’argent.  Ces profiteurs planétaires, ces énergivores se fichent des humains, des frontières, des idéologies car le profit et le pouvoir sont leurs seules préoccupations.  Alors, qu’ils dénoncent les terroristes, ils occupent les territoires où se trouvent leurs richesses.  C’est inné chez les protestants et les juifs qui ont le pouvoir à Washington.  Que fait l’Angleterre en Irlande ?   Le commerce n’est qu’un moyen d’infiltration et une poursuite de l’occupation.

Les bourses sont les pires mafias car avec leurs spéculations elles rendent des millions de gens pauvres ou riches, grâce à la spéculation dans l’espace d’un clic sur le clavier d’un ordinateur.           

Spirale intraprojective

octobre 14, 2020

Spirale intraprojective  39

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 375 à 385)

*    *    *   *

L’idée d’un gouvernement continental et d’une confédération canadienne n’a rien d’incompatible avec la nécessité d’un Québec indépendant, bien au contraire.  

Pour qu’une telle union soit possible, il faut que le Québec soit déjà indépendant. 

On ne peut pas toujours demander à des anglophones de prendre les décisions pour la culture francophone.  Étant donné que l’on est les plus petits il faut être encore plus consciencieux et plus exigeants, car les plus gros ont toujours essayé d’avaler les plus petits. 

La terre n’est pas seulement un marché comme semble le penser l’Angleterre, même si elle l’est aussi.  La terre est notre jardin de jeu.

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Aujourd’hui, je me rapproche plus de la pensée que j’avais adolescent de notre structure politique : un Québec indépendant dans une vraie Confédération, si elle est possible puisque il ne faut pas être seul pour créer une telle structure.  Le Canada anglais ne veut, de plus en plus, rien savoir de nous et le Québec ne peut pas faire partie d’un Canada centralisé comme aujourd’hui. 

Dans le fonds, même si je le dis autrement, c’est comme ce prône actuellement M. Bernard Landry. 

Tout comme je n’ai jamais trahi mon sentiment indépendantiste, je n’ai pas trahi ma pédérastie. 

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Dans les deux cas, il faut lutter contre le fanatisme, le racisme et toute forme de discrimination basée sur le sexe, 

Notre perception de la sexualité témoigne de notre ouverture d’esprit et de notre capacité à la compassion.          

D’autre part, je ne nierai jamais avoir appuyé les buts du FLQ, d’avoir été surexcité par leur pouvoir; mais j’ai toujours cru quand même qu’un humain ce doit toujours d’être humain.  C’est facile de juger les autres, c’est plus difficile de faire mieux.  Le monde actuel manque d’idéal.       

De la religion, je ne conserve que l’Évangile selon Saint-Jean, qui est la plus belle philosophie de vie que je connaisse et que l’on retrouve dans toutes les religions si on élimine le fanatisme. 

Mon bon ami, l’écrivain Raoul Roy, prétendait avoir trouvé la preuve que Jésus était en amour avec son petit cousin, Saint-Jean, qui n’avait que 15 ans.  Il appuyait son argumentation sur un passage dans l’Évangile où il est dit que les apôtres étaient couchés nus.  Selon Raoul, Jésus était le chef pacifiste de la rébellion alors que Barrabas était le chef militaire.  C’est ce qu’il exprime dans son livre Jésus, guerrier de l’indépendance. 

Je ne sais pas, je n’étais pas là.  Par contre, je pourrais être jaloux, car Jésus serait le plus célèbre pédéraste avec Michael Jackson.          

En ce sens, je suis avec mes 58 ans, un anarchiste, mais un anarchiste qui veut redéfinir l’anarchie, en éliminant toute pensée de violence. La violence est le pire ennemi de l’homme et non la matérialité ou la sexualité. Mais que faisons-nous quand c’est la société qui nous agresse ?

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Dans un monde vraiment libre et démocratique, il ne peut pas y avoir de violence aveugle, de fanatisme et de domination.  Par contre, il faut faire la nuance entre la force et la violence.  La force est nécessaire, mais elle doit être contrôlée.
  
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J’ai toujours eu comme but ultime d’améliorer le Québec,  Je ne sais pas si des ministres ont lu mes nombreuses lettres, mais chose certaine, ce que je prétendais arrivait presque toujours.  Il y a, bien évidemment, certaines analyses qui passaient à cent milles à côté, mais sur la question nationale comme la pauvreté, je me suis rarement trompé.  Je crois que l’on connaît bien seulement ce que l’on vit.

C’est en ce sens que j’aimerais travailler pour venir en aide aux pauvres et aux décrocheurs.  Mais, si on ne veut pas de moi au Québec, je ne vois pas pourquoi je m’y attacherais à ce point.  

J’ai constaté encore plus que les francophones à cause de la division fédérale-provinciale créent une double bourgeoisie ou si l’on veut un deuxième groupe d’exploiteurs.  Les francophones se nuisent en se divisant entre les indépendantistes et le colonialisme anglophone.    

Les francophones ne devraient pas être à Ottawa pour créer un ghetto, mais pour défendre l’intérêt de tous les francophones, même hors-Québec.  Dans les autres provinces du Canada, seuls les Amérindiens sont plus malmenés que les francophones.  L’assimilation n’est pas galopante pour rien.             

Le Bloc québécois devrait, à mon avis, s’étendre suffisamment pour pouvoir prendre le pouvoir au même titre que les libéraux fédéraux.  Pourquoi n’y aurait-il pas une aile extérieure au Québec qui se batte pour l’autonomie du Québec et la francophonie? Pour eux, le meilleur moyen de se débarrasser du Québec, c’est de les aider à devenir indépendant.    

L’existence du Bloc québécois doit reposer malgré tout sur la défense en priorité des intérêts du Québec, sur la survivance du fait français en dehors du Québec, au Canada.  

Le français garantit une différence culturelle avec les États-Unis, une distinction marquée et profonde.  Par contre, plus le Québec glissera vers la droite, moins le Québec sera différent des autres.           

Quant au Parti québécois, il est aussi bien dirigé par Bernard Landry que Lucien Bouchard ; mais il a besoin d’un sérieux coup de barre à gauche… Il est rendu plus à droite qu’au centre, il est presqu’en compétition avec Mario Dumont et son ADQ.  L’étroitesse d’esprit de l’ADQ est peut-être une suite logique, mais pas nécessaire, de la défaite du referendum de 1995.  Il ne s’agit pas seulement de prendre sa place au Canada, comme il le disait Mario Dumont à la télévision, mais de commencer à exister comme peuple.      

Si le fédéral continue de mettre le nez dans les juridictions provinciales, non seulement les citoyens continueront d’être mal servis en termes de services, mais les gouvernements provinciaux deviendront de simples gestionnaires des fonds fédéraux au Québec.     

Jean Chrétien veut avoir l’impression d’avoir battu tous les séparatistes avant de prendre sa retraite.  S’il veut vraiment passer positivement à l’histoire, il créera la Confédération canadienne, tant qu’il en est encore temps.  Il n’y a que deux alternatives laissés par Trudeau et Lévesque : un Canada bilingue, décentralisé ou un Québec indépendant.       

Pour créer une véritable Confédération, les Québécois et les Canadiens anglais devront apprendre à se parler.  Et, pour se parler, il faut une culture commune, avec des idées différentes, mais conciliables.  Est-ce possible ?   
*  *  *  *  *

Ce ne sont certainement pas la philosophie ou l’approche de la sexualité, surtout chez les Mormons et dans la Charia, qui feront évoluer l’humanité. 

Le pape n’est guère mieux, mais au moins chez les chrétiens ont ne tue pas au nom d’une morale inhumaine.  

La façon de voir de l’Église catholique est absolument dépassée et restée figée à ce qu’on connaissait, il y a des milliers d’années… Les fanatiques, comme les Talibans, rêvent d’une domination mondiale.  C’est l’équivalent de la guerre sainte anglicane d’un George Bush qui obéit à la Bible.  
Dans toutes les religions, les fanatiques rejettent le corps.  Ils n’ont rien de différent selon leur croyance.  C’est la stagnation de l’âme et de l’esprit plutôt qu’une élévation vers Dieu.  C’est le problème de tous ceux qui placent la religion au-dessus de l’amour de soi et du prochain, comme si cette haine était voulue par un Dieu.  

*   *   *   *

L’arrivée de Cauchon au ministère de la Justice prouve avec la loi sur les jeunes contrevenants qu’il n’y a rien à espérer des francophones fédérastes en poste à Ottawa.

Malgré ce que l’on pense au Québec, le nouveau ministre Cauchon (j’ai fait voler mes impôts fédéraux dans ce comté probablement parce que je travaillais pour le Bloc) essaiera d’imposer la même loi des jeunes contrevenants du Québec qu’en Colombie britannique.   Notre brillant nouveau ministre devrait savoir qu’il existe une différence innée entre le Québec et l’Ouest du pays : la tolérance.

Il prouve aussi son côté retard en faisant appel à la Cour suprême contre les mariages gais.

Notre vie n’est pas supposée d’être encore dominée par la dictature de la Cour suprême.  Si l’on veut que le Québec soit un état de droit, on doit se rappeler que le système judiciaire est là pour interpréter les lois et les appliquer, et non, les définir, ce qui est de l’apanage du parlement.    
          
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La pensée protestante se croit supérieure à la pensée catholique.  La seule différence qu’il y a vraiment entre ces deux religions est leur rapport avec l’argent.  On sait que selon Max Weber, le capitalisme est un enfant de la frustration sexuelle, grâce à un mécanisme de défense, la sublimation, qui consiste à transposer ses besoins sexuels sur autre chose. Ce n’est pas la même poche, le même panier d’argent, le même portefeuille que celui du pape… c’est tout ce qui différencie Londres de Rome…      

Les chrétiens sont des conquérants.  Ils s’imaginent que le monde sans eux est chaotique et inexistant.  Ils ne s’aperçoivent pas qu’ils souffrent du même péché que Lucifer, ils se croient supérieurs de tous, même de leur dieu.  Ils souffrent de la même fièvre que les Talibans, le pouvoir.  Ils sont figés dans des écritures du passé. On les interprète comme la Vérité, même si ça ne fait pas de sens.  Ils sont fanatiques et impérialistes.             

Une religion coercitive, qui prône la violence contre des individus sous prétexte qu’ils ont péché et qui a besoin d’employer la force pour s’imposer, prouve en soi par son agir criminel qu’elle est fausse, car Dieu ne peut être qu’AMOUR.

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La guerre entre Bush et Ben Laden est nouvelle.  Ces deux familles s’aimaient bien, car elles avaient un lien commun : le pétrole et les assassinats des services secrets.  Avec la guerre, ils ont maintenant ceci de commun : ils pensent tous les deux que l’autre est le diable, sans s’apercevoir que l’un est simplement le miroir de l’autre.   

George Bush ne peut pas décréter que des prisonniers de guerre sont autre chose que des prisonniers de guerre… même si la lutte commence entre les différents services secrets de ces pays… la guerre n’en est qu’une prolongation.  
        
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Si la Charia est appliquée comme dans les pays de dictatures musulmanes, cette religion devenue politique, est à rejeter au même titre que le régime Pol Pot. 

C’est au peuple de s’en rendre compte et d’effectuer les changements pour que règne un jour la démocratie.  Aucune religion ne devrait avoir un lien avec la politique.  Cette réalité prouve bien que les religions sont des inventions strictement humaines.  Les rites sont des sortes de modes, selon la force de la religion.

Je peux souscrire sans scrupule au Coran, même si je suis catholique, puisqu’Allah y est infiniment miséricordieux.  Les enseignements qu’on en tire cependant me semblent moins pertinents et profonds que l’Évangile selon Saint-Jean.  Quoique la peur et la haine du sexe est la même dans toutes les religions.  La guerre aux impies n’est qu’historique.  Cette chasse aux impies fait des religions des instruments de haine et de violence, d’intolérance. 

Ces religions sont à la base déjà dépassées tout comme l’Église catholique qui s’obstine à centrer ses actions contre l’homosexualité et l’avortement.           

Une religion qui vit qu’en fonction de la tradition, des rites, de la peur du péché, de la répression sexuelle et un pouvoir universel est une forme de perversion mentale et ne mérite pas d’exister. 
La religion est là pour améliorer la conscience des individus, pas pour en faire des névrosés.   Les hommes doivent comprendre que les religions sont des inventions humaines pour répondre à des interrogations qui les dépassent.  Chacune invente son interprétation de la vie et de la mort surtout…          

Être un fanatique religieux est un désordre intérieur, mental, émotif, car on exige de l’autre et de soi ce que l’on croit bien être correct, même si c’est complètement fou.  Trop chercher la perfection peut rendre mentalement malade parce qu’on apprend ainsi à se détester plutôt que de s’aimer.  À se détruire, se diviser plutôt que s’unir et se comprendre dans une juste compassion. Aucun humain n’est parfait… alors pourquoi l’exiger ?

Pourquoi ne pas remettre les religions à l’heure, c’est-à-dire indiquer clairement que ce sont des réflexions sur la nature de l’homme, des expériences communautaires desquelles ont a tiré des leçons, des moyens de progresser intérieurement ?   Mais, le fanatisme exige de ne pas avoir toute sa tête, car on s’imagine être tellement nul que seul le ciel après la mort mérite d’être vécu.  Combien de personnes sont revenues de l’au-delà ?  On a beau essayé de nous faire croire ce que l’on voudra ; personne n’en sait rien.  Les interprétations religieuses sont de belles histoires, des projections imaginaires, des extensions de la mythologie  …   

Par simple logique, il est bien évident qu’à travers la mort, notre cerveau cesse d’être une unité de perception.  Il cesse d’accumuler et identifier les énergies.  Il n’a pas de capteurs.  Par conséquent, notre réalité retourne à l’état pré-cellulaire, pré-moléculaire, en énergie pure.  Énergie consciente ?  Ce changement ne peut pas exister sans modifier totalement notre perception de la réalité.  Une cellule ne peut pas avoir la même perception qu’un corps entier, du moins, d’en avoir la même conscience et la même capacité d’agir.  Une énergie pure ne tient pas la même place et ne perçoit pas de la même façon, l’univers.  Continuons-nous d’exister comme individu ?  Pouvons-nous encore être conscients ?   

Ce sont les questions dont les religions refusent de discuter.  C’est aussi pourquoi on essaie de faire taire le doute, sous prétexte du marché, car ceux qui ne pensent pas comme les autres ne sont pas aussi payants et risquent d’en réveiller d’autres. Le meilleur moyen de garder une dictature philosophique est d’éliminer tous ceux qui pensent autrement.   Ainsi en ne lisant que des livres saints, on prétend ne pas se tromper, on ne peut pas penser autrement, avec ce lavage de cerveau on oublie ainsi qu’une telle pensée sclérosée nous éloigne du choc des idées et paralyse ainsi notre pouvoir de concevoir la vie autrement que les autres.  Nous sommes dans ces conditions des saints, mais non des êtres sains…
 La religion juive, dont on n’ose jamais parler, n’est pas mieux que les autres, on a qu’à regarder ce qui se passe entre Israël et les pays environnants. 

Les religions sont des règles que l’on a léguées pour améliorer nos comportements… point à la ligne.  Ne pas ajuster ces règles avec ce que nous découvrons, c’est simplement nous maintenir dans la stupidité.      

C’est facile d’utiliser l’irrationnel pour dominer les autres, car tous ceux qui ne pensent pas comme nous sont automatiquement dans l’erreur.  C’est le pouvoir que se donne la religion.  C’est ce qui en fait une mafia très payante… Si tu veux te faire de l’argent, tu crées ta propre religion.

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Depuis que l’on a monté «mon procès» pour m’empêcher de parler et d’agir, même si je venais de démissionner de la Société Nationale des Québécois, j’ai appris que le mal existe, que la haine est possible.

Mon monde sans violence dans lequel je crois est probablement l’utopie humaine idéaliste la moins réalisable. Dans le meilleur des systèmes, il y aura toujours des violents, des voleurs et des crosseurs.           
Aussi, chaque fois que le jeune punk qui vit avec moi se ramasse en prison, j’y vois un nouveau moyen pour me forcer à me taire.  Paranoïa, possible ; mais par hasard dès que je me livre à la politique ou il lui arrive quelque chose ou je me fais frapper. 

Les coïncidences sont tellement multiples que c’est très difficile de ne pas faire un lien entre mon engagement politique et les raclées qui surviennent.  C’est peut-être stupide d’y voir des liens.  Son avocat dit que ce qui peut arriver de mieux à des jeunes comme lui pour la société, c’est qu’ils se suicident en prison.  Comment voulez-vous vivre en paix quand vous entendez de tels commentaires ? 

On vous les répète de toutes les façons, mais, vous, vous l’aimez encore, vous voulez que rien de mal ne lui arrive.  Vous mourrez de peur juste à y penser.  Comment ne pas se révolter contre une morale d’assassins de cette espèce.  Aujourd’hui, c’est l’argent qui mène tout.           

En me condamnant, on savait très bien que je n’aurai jamais un nouvel emploi qui me permettra de vivre décemment. 

Dans le cas de mon punk, les travailleuses sociales me conseillent de tout laisser tomber.  C’est un cas trop lourd.  Ce n’est pas de ma faute, je n’y peux rien, je l’aime encore trop pour le laisser aller mourir dans la rue. 

Le bien-être ne permet même pas de lui trouver un logement décent.  Les logements pour personnes seules sont absolument crasseux, désuets et à des prix de fous.  Le gouvernement entretient cette misère avec sa maudite morale de bourgeois.  Il se donne bonne conscience en prétendant qu’il aide, ceux qui veulent s’aider.  
 

Publier ce livre, que le jeune soit en forme à sa sortie, me permettra peut-être d’obtenir la preuve que je me fais des idées.  

J’ai toujours peur que mes idées, mes actions politiques créent des problèmes aux autres. J’adore mes jeunes et j’ai affreusement peur que mon engagement les rende le moindrement malheureux.        
 Mon problème est de croire que je suis complètement responsable de la vie de ceux que j’aime.  J’ai probablement une parcelle de pouvoir, mais je n’ai rien à faire avec leurs décisions de base.           
Mon impuissance face au suicide de Rouhed aurait dû m’enseigner que notre responsabilité dans la vie ou la mort d’un autre est très limitée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’aider dans la vie, mais je me reproche encore de ne pas en avoir encore assez fait. 

Même si notre relation fut absolument sans sexe, certaines personnes ont eu la saleté de prétendre qu’il aurait pu y avoir une forme de relation cachée.  Rouhed savait que je suis pédéraste, il ne l’acceptait pas pour lui, mais il ne m’en a jamais fait le reproche.  Dans son journal de bord de bord, il dit à un moment donné qu’il comprend ce que je peux ressentir. Nous devions d’ailleurs écrire un livre ensemble intitulé Mon père est un pédéraste.

Nous voulions montrer la beauté de notre amitié et toute sa pureté.  Je le manque encore, malgré les ans.  Il s’est suicidé en 1994, soit peu de temps avant mon procès.  Mathieu est-il apparu grâce à cette peur qui m’habitait, ce désir de tout faire pour empêcher un autre drame du genre ?   

La prison et la mort de Rouhed m’ont appris que le mal et la haine sont des réalités.  C’est difficile à accepter, mais c’est une vérité avec laquelle il faut apprendre à vivre.     

Un an après le suicide de Rouhed, la police de Val-d’Or retrouvait chez moi une photo de mon bon ami Marc et un petit Éthiopien qu’il aimait.  Quand on a voulu le faire chanter, pour sauver ses cirques, ses réalisations, il ne l’a pas pris et s’est suicidé pour sauver son œuvre. Il avait écrit que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre.      

Je sais qu’il a été victime de chantage.  J’ai dénoncé la manière dont les médias se servaient de ce fait, mais Radio-Canada a prétendu que Marc était relié à un réseau de pédophiles, ce qui est à mon avis complètement stupide. Marc a toujours été un pédéraste comme moi, c’est à dire très soucieux de la liberté des jeunes. 

Il était trop sensible pour accepter de faire le commerce des enfants.  Ils les aimaient trop pour cela.  Je crois qu’il était comme moi, qu’il aurait été prêt à sacrifier sa vie pour le bien de ces petits amants, pour leur épargner la misère.    

 Tous les pédérastes que j’ai connus tenaient à cette règle sacro-sainte du« retiens-toi, tant que le jeune ne soit d’accord pour éviter qu’il soit blessé par cet amour ou perturbé d’une façon ou d’une autre». 

Cette obligation morale nous hantait tous.  Le «oui» du petit.  Qu’il y découvre du plaisir et un moyen d’émancipation.  Parfait.  Autrement, pantoute ! Comment peut-on dans ce cas accepter l’esclavage des enfants ?  Certains dirigeants sont plus dangereux que moi pour les enfants, en les exploitant au travail ou en en faisant des enfants-soldats.

Nous nous connaissions.  Nous connaissions, parfois avec jalousie les petits amants de nos amis, mais il n’y avait aucun réseau.  Il n’a jamais été question d’échanges, encore moins de commerce.  Est-il illégal d’être amis parce que nous sommes des pédérastes ?  Est-ce parce que tu es ami avec quelqu’un que vous formez un réseau ? 

Sur le plan sexuel, le Québec est devenu complètement fou depuis qu’on a introduit la notion de pédophilie

Les femmes en particulier ne vivent plus que dans la peur et l’exagération.  Elles n’écoutent pas ce qu’en pensent l’enfant, elles projettent leurs scrupules. Il ne faut plus s’aimer.  

La liberté d’un pédéraste qui n’a pas peur de s’affirmer comme tel est extraordinaire, car il vit dans sa vérité et la beauté d’un amour-passion.  Mais, c’est socialement l’enfer à cause de la jalousie qu’engendre cette liberté. Pédéraste, tu risques la prison à tout moment… La société est une GESTAPO.

Je ne devais pas être libéré durant la période des fêtes parce que la loi sur la clarté de Stéphane Dion n’était pas encore acceptée au parlement.  On m’a dit que «mon élu», le gardien responsable de moi, a mangé une tonne de réprimandes parce qu’il avait obtenu que je puisse aller passer les fêtes de Noël chez moi, avec ma mère. Elle a 90 ans et elle fait encore du bénévolat.  Une merveille de maman.  Plus admirable, c’est impossible.         

J’étais certain qu’avec tous leurs mensonges, je ne sortirais pas vivant de la prison.  On m’a dit qu’on craignait que ma présence soit publicisée et que l’on fasse de moi un martyr, surtout après m’être auto proclamé prisonnier politique.        

Tous mes droits d’écrivain ont été écrasés.      

Personne –ni la Commission des droits de la personne, ni l’Association des écrivains, l’UNEQ — n’est intervenu pour faire admettre que L’HOMO-VICIÈR, est un livre de pure fiction. 

D’ailleurs, l’Homo-vicièr a été confondu dans mon présententiel avec un livre de Jean Ferguson, sur l’histoire des pets. Rien d’illégal et assez drôle.  Après, on nous dit qu’il est interdit de condamner des livres, à moins qu’ils ne nous incitent à la violence.  Ce n’est pas le cas, loin de là.  On veut garder les jeunes dans la même ignorance de la sexualité que nous.  L’omerta totale.       

Notre Justice est fondamentalement pourrie.  Elle repose sur la notion de punition plutôt que de réhabilitation. 

En promouvant la violence : plus tu es bandit, plus tu es quelqu’un de bien.  Même nos gouvernements ont, sous prétexte de gérer le pays, inventer des taxes et impôts pour nous exploiter, nous écraser. 

Nos lois créent, en voulant contrôler nos vies privées, le gangstérisme. 

Aucune loi sur la sexualité non violente ne peut justifier son existence. 

La répression littéraire, culturelle est en cours.  Qu’on empêche un de mes livres de circuler, alors qu’il était lu il y a 20 ans, signifie clairement que la liberté de penser est amoindrie pour ne pas dire en danger. 

La liberté de penser est aussi en danger au Canada, qu’aux États-Unis ou dans n’importe quel pays où les intégristes religieux ou idéologiques ont la main haute.  Nous revenons au fascisme le plus intégral et le plus vicieux car on prétend que cette censure est faite pour protéger les jeunes… Quelle hypocrisie !  Quel bel avenir pour l’humanité.  Ce manque de dialogue se retrouve dans de nombreux domaines.           

En télémarketing, il y a seulement deux endroits où il est interdit à un francophone de téléphoner : les États-Unis et la Colombie britannique.  Les clients des études faites dans ces endroits exigent des «natifs» anglophones, car notre prononciation ne serait pas aussi bonne que la leur.  Ils ne peuvent rien comprendre qui dépasse leur petit nombril.         

En Colombie britannique (une province canadienne) il est évident qu’en ayant surtout des immigrants chinois ou japonais, le français comme langue seconde à Vancouver, du moins, est complètement incongru.     
 La Confédération permettrait à chaque élément qui la compose de respecter sa propre identité, sans toujours être en conflit avec les autres ou opposé à la moindre différence, bien au contraire…         

Si nous avions un gouvernement qui cherche la liberté au Québec, nous organiserions notre propre justice.  Nous n’avons pas besoin des lois d’Ottawa pour nous gouverner. 

Nous devons déclarer immédiatement notre indépendance judiciaire et refuser d’appliquer au Québec des lois qui sont contraires à notre culture, comme par exemple celle concernant les jeunes contrevenants. (Depuis on pourrait ajouter l’abolition du registre des armes à feu)

Le gouvernement du Québec doit devenir le seul maître de son destin judiciaire sur son territoire.  Il doit prendre charge de la nomination des juges et nommer sa propre Cour Suprême.  Quant à la police, la GRC ne devrait plus avoir le droit d’exercer au Québec.  Cela cependant, n’empêche pas une collaboration contre la criminalité (et non l’intrusion dans la vie privée des individus) entre la Sûreté du Québec et les autres corps de police de l’Amérique et d’ailleurs.   

L’ennemi n’est plus seulement l’Orangiste, mais le francophone fédéraste, vendu aux intérêts des Orangistes.  Comme tous les rois-nègres, les libéraux et Conservateurs fédéraux sont au service des Anglais dominateurs.  Ce n’est pas pour rien que le petit Charest promet la défusion.  La défusion, c’est le retour à la partition.  C’est le retour à la division de notre territoire.  C’est comme l’obsession des libéraux fédéraux d’aider directement les municipalités alors que celles-ci relèvent directement du Québec.  Ce sont des créatures provinciales.  En mettant le bout du pied dans la porte, il peut ensuite s’approprier du logement.  Le fédéral agit de façon à éliminer toutes les compétences provinciales afin d’être le seul maître d’une marre à l’autre.        

Je préfère la vision unificatrice québécoise à l’éternelle chicane français-anglais, car, en bout de linge nous habitons le même territoire, nous avons les mêmes intérêts et les mêmes inconvénients.  C’est à nous de persuader les immigrants que le savoir-vivre exige d’eux au minimum d’apprendre le français puisque c’est la langue de la majorité au Québec.  Si l’immigration était de juridiction exclusive du Québec, on n’aurait pas ce problème.       

Chaque citoyen du Québec doit comprendre que son intérêt passe par Québec et non par Ottawa.  En télémarketing, même si un bon nombre de Francophones occupent des postes industriels et commerciaux, à Ottawa, les études faites dans cette ville doivent être faites qu’en anglais.  Tu dois même refuser, sous peine de perdre ton emploi, de faire les entrevues en français… Est-ce normal ?           

Si les Francophones fédérastes s’occupaient vraiment de faire valoir le fait français, ils chercheraient à majorer les services chez les francophones hors-Québec.  La saga de l’hôpital Montfort, le seul hôpital francophone en Ontario, démontre jusqu’à quel point cela ne les préoccupe pas.  Quand il s’agit de défendre les Anglophones de Montréal, le Cabinet fédéral est plus rapide et plus puissant.

Nous sommes plus près que jamais de la minorisation, de la disparition, même au Québec, si nous ne nous réveillons pas.          

Spirale intraprojective 38

octobre 13, 2020

Spirale intraprojective  38

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 366 à 375)

Les provinces de l’Atlantique sont particulièrement pauvres et la source même du principe canadien est la péréquation.  Dans les provinces de l’Est, même si le fédéral coupe dans la caisse de l’assurance-chômage (ce qui jette bien des gens dans la misère parce que leur travail est saisonnier) les électeurs sont assez masochistes pour revoter pour ces mêmes partis fédérastes. 

Au Québec, pour protester on a au moins créé le parti Rhinocéros, dont j’ai été le premier et seul candidat dans Sherbrooke. (Le Néo rhino n’a absolument rien des vrais rhinos. Il m’a envoyé promener sous prétexte que je me sers d’eux pour défendre ma pédérastie. Je ne veux plus rien savoir d’eux)

Le problème de la pollution va peut-être tout renverser.  Les énergies de base de nos économies seront modifiées quant à leur emploi.  On va peut-être s’apercevoir que la cigarette est la cerise sur le gâteau en ce qui a trait à donner le cancer, car le pétrole est tout aussi important, même si ça ne paraît pas.  Quant à l’électricité, il faudra s’interroger à savoir ce que de grosses lignes de transmission peuvent avoir comme effets sur le corps humain.      

Il suffit de constater les pénuries d’énergie chez nos voisins du Sud pour saisir que la survie territoriale du Québec et du Canada passe par la création d’une véritable Confédération, pouvant empêcher les États-Unis de sucer toutes nos richesses.

C’est déjà une situation d’urgence à moins de vouloir devenir complètement un citoyen des États-Unis.           

La guerre éthique.

La souveraineté du Québec n’est pas une guerre ethnique, mais un changement de structure sociopolitique qui bénéficiera à tous les Québécois, non seulement aux Francophones.      

En ce sens, il faut un bilan économique crédible qui prouve, hors de tout doute raisonnable que le niveau de vie se maintiendra tel quel ou sinon à un rang supérieur si l’indépendance du Québec se réalise. De là, on pourrait peut-être aboutir à une vraie Confédération. Mais, pour cela, il faut que les Canadiens le veuillent.

Les vieux doivent avoir une pension enregistrée et des régimes de retraite intouchables et ajustables avec les augmentations du coût de la vie.  L’état doit créer assez de logements sociaux pour répondre à leur demande ainsi qu’aux jeunes qui ne sont pas encore sur le marché du travail et qui sont en période de formation.

Cela devrait faire partie d’une constitution québécoise, une garantie à toute épreuve.  Quel imbécile accepterait de vivre moins confortablement aujourd’hui?  Peut-être est-il possible de vivre mieux avec moins, si on retourne vraiment aux règles de fraternité ?

L’indépendance est le contraire d’une catastrophe économique pour le Québec, toutes les études démontrent le contraire. (Même Jean Charest l’admet)

Les études donnent les résultats voulus pour ceux qui payent pour les réaliser.  Bizarre que l’on ne parle plus de l’étude faite aux États-Unis qui concluait que l’indépendance pure et dure (sans association) était économiquement la plus rentable à moyen et à long terme pour le Québec.  

Est-ce parce que nous aurions alors des gouvernements qui respecteraient nos richesses naturelles au lieu de les dilapider ?        

Aucun pouce de notre territoire ne devrait pouvoir être vendu à un étranger.  Il faudrait que ce soit comme à Madagascar quand un étranger est accepté, il ne peut que louer son lopin de terre ou son industrie et il doit la faire fructifier pour continuer de l’occuper et payer les impôts.  Aucun bail ne devrait être plus long que 20 ans.           

Pour mettre le Québec à sa place, Ottawa coupe sans pitié dans les transferts aux provinces (la santé, le logement social, par exemple), il doit pour ne pas perdre la face le faire aussi dans les autres provinces.  Cette crise d’avidité fédéraste ne punit pas que les francophones, mais tous les Québécois et même, tous les gens de l’Est du pays.  Nos riches ont si peu de conscience sociale qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils mangent la classe moyenne comme des vampires.
 Les Anglophones eux aussi, même s’ils sont généralement plus riches, ont besoin de se loger comme les autres.    

Le fédéral a créé une crise dans la santé pour avantager le parti libéral provincial qui pourra renverser son ennemi séparatiste, mais on oublie que les Anglophones du Québec en paye aussi le prix.     

Il est étonnant qu’aucun membre du gouvernement péquiste ne soit nommé pour faire comprendre cette grande vérité aux Anglophones de souche et d’immigration.  Les Anglophones peuvent-ils être les seuls à échapper au chômage provoqué par la propagande haineuse internationale contre le Québec?

Il est bizarre qu’un gars comme le ministre Stéphane Dion puisse dire qu’il affamera le Québec et qu’il puisse sans impunité mettre sur pied avec Paul Martin et Allen Roch, des scénarios de guerre civile avec le Québec (suite normale de la partition) sans avoir à répondre de leurs gestes. 

La politique d’Ottawa serait-elle d’avoir un groupe de personnes très influentes (le cas de l’avocat Guy Bertrand) pour accélérer l’assimilation des francophones québécois puisque nous sommes un peuple de masochistes, trop peureux pour faire une petite croix sur un bulletin de vote qui marque la création de leur pays.

Au premier referendum, Trudeau avait promis des changements pour obtenir son «non».  Un non signifiait un non aux séparatistes ; mais un oui au fédéralisme renouvelé.  Cette promesse qui a été oubliée dès le lendemain des résultats du premier referendum.  Un leurre, un mensonge… Trudeau savait que les Québécois ont la mémoire courte et qu’ils ne connaissent pas leur histoire.    

Que je sois Francophone ou Anglophone, si le Québec est affamé, tout le monde au Québec en paye le prix….                                                               

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Crise d’identité.     
 
Avec l’américanisation galopante (ne pas confondre avec un gouvernement continental), nous perdons le contrôle de nos valeurs et de notre culture. 
 L’américanisation met en danger notre survivance nationale (québécoise et canadienne) parce qu’elle mine notre culture, surtout grâce aux émissions de télévision qui s’adressent plus particulièrement aux femmes. 

Notre culture est devenue, non plus un facteur assembleur et identitaire, mais une grosse industrie qui nie le contenu pour ne s’attarder qu’au contenant, c’est-à-dire encore une fois : le profit.       

Alors que nos valeurs reposent sur l’amour des autres, le respect de l’individu, celles des États-Unis ne cherchent que le profit et la domination.  On y dénonce le sexe comme si c’était le mal absolu sur la planète.  Les dirigeants américains confondent les intérêts pétroliers ou énergétiques, oubliant la liberté de l’homme.  Plus les consommateurs sont esclaves plus les profits seront grands.  Tuer en dix ans deux millions d’humains n’a pas d’importance pour les dirigeants américains du pétrole, en autant que l’establishment pétrolier poursuit sa quête diabolique.

Quelle différence entre les esclaves romains et les peuples que les Américains détruisent pour asseoir leur pouvoir.   Par contre, quand on regarde ce qui se passait à Kaboul et en Israël, on se demande qui des Talibans, des Sionistes ou des Anglicans sont les plus barbares.  C’est la folie du fanatisme religieux dans un camp comme dans l’autre.  Faut-il nous exposer à une guerre mondiale parce que les religions qui mènent le bal sont dirigées par une bande de fous ?

Au Québec, tous nos instruments collectifs de libération sont aux mains d’une bourgeoisie qui ne pense qu’à son profit plutôt qu’à celui du peuple québécois.

Les Caisses populaires et Hydro-Québec sont devenus des exemples flagrants : plutôt que d’être, comme à leur naissance, un moyen pour le petit peuple de s’en sortir ; ils agissent comme les pires des capitalistes.  L’électricité devrait être gratuite ou selon un faible montant mensuel statutaire pour toutes les personnes qui gagnent moins de 25,000$ par année, de façon à ce qu’un logement chauffé représente environ 25% du budget.      

Un gouvernement doit être proportionnellement socialiste à la soif des capitalistes. Si le privé est trop avide, les règles doivent être proposées par un gouvernement qui pense au peuple et non aux $$$$… Le gouvernement est un service du peuple et non le contraire.     

Cela me fait penser à la Thérèsa Gold Mines.  Les dirigeants vivaient très bien pendant que les actionnaires s’arrachaient le coeur pour trouver le moyen d’investir dans le rêve.         

À la télévision, on lave le cerveau des femmes en montrant des «soaps» américains, vides de valeurs traditionnelles. On accepte les entrevues à la télévision et à la radio en anglais, sans traduction ou sinon souvent pleines de fautes.  On encourage la paresse intellectuelle sous toutes ses formes.  

Sur le plan culturel, l’intelligentsia québécoise agit en vrai bonasse, en vrai colonisée.  La liberté est essentielle au développement d’un peuple.  Le choc des idées permet d’assurer une évolution qui répond aux besoins de tous et non seulement à ceux d’une petite bande de privilégiés.  La censure est encore un moyen hypocrite de protéger les plus jeunes de la tentation corporelle.   

L’orgone (libido) est la base de l’homme, sa force et sa capacité.  Cette énergie vitale cherche à s’adapter à son environnement et à se réaliser en tant que plaisir. C’est la base de notre existence.  Le spirituel est une dimension vitale qui nous dépasse.  Nous sommes trop limités pour pouvoir imaginer mieux.  Avec le temps, notre cerveau devrait se développer assez pour nous faire comprendre que la violence est notre pire ennemi.  Elle tient de notre instinct de mort, de notre limitation…

Il faut accepter de crever de faim, si on est indépendantiste.  Il ne faut surtout pas être radical selon la majorité souverainiste, pire encore, du côté fédéraste.  On oublie ainsi que la liberté n’a jamais été offerte gratuitement à ceux que l’on prétend nos ennemis.  Si on veut préserver notre honneur, on devra consentir aux sacrifices et aux efforts nécessaires.   

Je trouve invraisemblable qu’ayant toujours été indépendantiste, je doive reconnaître que ce sont toujours sous les régimes libéraux que j’ai été le mieux servi, sauf évidemment ma période d’enseignement tant que je ne fus pas trop politisé.

En 1960, alors que je n’avais que 17 ans, le sénateur Desruisseaux m’avait engagé comme journaliste à la Tribune de Sherbrooke, en me promettant de me payer des études supérieures ; mais en 1963, j’étais devenu gênant à Lac-Mégantic, parce que je dénonçais le scandale du barrage Gayhurst et de l’hôpital. 

On dirait que corruption rime avec libéral.  J’anticipais la nationalisation de l’électricité et de la santé.  Selon mes patrons, la raison officielle fut que mon bureau était devenu un véritable bordel … Yvette fut en effet une professeur de sexe extraordinaire…

Puis, j’ai travaillé pour un unioniste comme journaliste à L’Aiglon de Lac-Etchemin (Un journal unioniste).  Les libéraux se sont servis de ma pédérastie pour m’écarter, car j’en menais trop large (journal, radio, télévision) et je m’opposais à Jean Lesage, en appuyant le projet de relier Québec-Lévis par un tunnel.  Je ne suis plus aussi certain de la pertinence du projet. 

Comme journaliste, j’étais un petit scrupuleux quant à la nécessité de dire la Vérité.  Je ne voulais pas me laisser acheter.  Je me découvrais pédéraste et même l’homosexualité était encore perçue comme un péché contre-nature.         

J’avais une amie à la sauce catholique, mais je vivais comme tous les bons chrétiens en hypocrite parce que je réalisais de plus en plus préférer les petits gars.  Cette tendance à partager la masturbation fut dénoncée, car j’ai refusé de payer un 0.25 à un jeune qui avait accepté de se masturber avec moi. 

Ce fut ma première expérience en prison.  Mon livre Laissez venir à moi les petits gars est quasi autobiographique. Je suis devenu pratiquement fou de remords, mais la nature est plus forte que la bêtise.           

La prison m’a fait reconnaître ma « petite nature profonde», mais déjà je condamnais toute forme de violence ou de geste imposé dans mes relations pédérastes. 

Ma sainteté est morte en voyant Jeannot, un beau garçon qui avait le sourire facile.  Mais, je savais d’ores et déjà quelle était ma «petite nature» comme me disait Mme Alice Gosselin, une dame super, chez qui j’ai demeuré cinq ans. 

Malheureusement pour moi, le journal pour lequel je travaillais a dû cesser d’exister pour des raisons financières.  Retour à l’école pour m’en sortir.  Je passe le chapeau au bureau du ministre de l’Éducation, M. Gérin-Lajoie, parce qu’on me refusait une bourse pour retourner à l’école au secondaire. On essaye alors de me faire déclarer fou, mais les examens prouvent le contraire. En 1968, les Jésuites me mettent à la porte.  Les élèves font le lien entre ce que je dis et les événements de mai 68, en France.  On y voit une grande parenté.  Je mets la cerise sur le sundae, en osant parler de ma pédérastie et de ma visite en prison dans le journal étudiant, le Garnier.  C’en est trop pour les Jésuites, on exige que je paye tout de suite ou partir.    
 

Par hasard, je reçois un téléphone d’Éric Kierans qui veut me présenter à Jean Lesage.  Il trouvait que j’avais des idées de « gauche» intéressantes.  Je prenais pour les libéraux, en contradiction avec mon père nationaliste de l’Union nationale.  Il faut dire qu’alors je rencontrais facilement des ministres libéraux qui m’écoutaient, ce que personne d’autres ne faisait.  Plus tard, j’ai compris que si j’aimais autant la politique, c’était à cause de mon père qui en mangeait à journée longue.  Sans le savoir, on s’est retrouvé tous les deux dans le Parti Québécois. 

J’adorais et appuyais sans réserve René Lévesque parce qu’il était honnête.  De plus, il était simple et rêvait au bien du peuple plutôt qu’à se bourrer les poches.  Je pouvais me faire valoir dans ce parti politique, donc, j’oubliai mes récriminations et je devins président des Jeunes libéraux de Limoilou.           

J’ai dû démissionner du parti libéral au congrès de ce parti à Québec parce que j’ai osé appuyer René Lévesque et son projet de souveraineté-association.  À cette époque, je n’étais pas séparatiste une seconde.  Par contre, pour moi, c’était clair : on pourrissait dans le statut quo et les Québécois valaient mieux.  On devait donc aller plus loin.  Les dirigeants du parti m’ont forcé dans l’après-midi à prendre la sage décision de démissionner comme président de comté des jeunes libéraux, mais je voulais demeurer dans le parti pour défendre mes idées, surtout nettoyer la politique. 

J’ai continué à être engagé en devenant membre de la SSJB de Québec.  Malheureusement, ce mouvement n’était pas assez nationaliste pour moi.  Par contre, je n’étais pas membre du RIN.  C’était trop nouveau pour moi. Je me croyais même Canadien, car l’idée d’un pays du Québec n’avait pas encore fait son chemin.  C’est seulement à la Tribune de Sherbrooke, à cause la décision de construire un aéroport à Mirabel plutôt que Drummondville que j’ai à travers les créditistes compris que le Québec était trop différent du reste du Canada pour croire à la fédération canadienne.  Avec la décision de Mirabel, j’ai acheté ma carte de membre du PQ.  C’était une décision économique.  Cette décision me prouvait hors de tout doute que jamais on arrivera à trouver notre place au sein du Canada.            

L’histoire m’a ensuite appris le mépris du colonialisme anglais pour toute forme d’humanité qui n’appartient pas à son cercle sacré.      

J’appuyais René Lévesque parce que les «états associés» avaient été éliminés de la réflexion.  Et, René Lévesque était un homme honnête.  Il a su incarner mon idéal, me permettre de rêver dans un monde meilleur.  Grâce à lui, transformer le Québec devenait aussi possible qu’il était impossible de changer le fédéralisme.  Il était le seul à incarner ce désir qui s’était même répandu chez les créditistes.           

Puis, est arrivé Trudeau avec le French Power.  Je le trouvais fascinant parce qu’il défendait le droit à la liberté sexuelle et il avait le courage de dire ce qu’il pensait.  Le FLQ est presque né en même temps.  On riait en disant que FLQ signifiait Fédération Libérale du Québec.  J’ai cru dans Trudeau jusqu’à ce que son gouvernement plie devant Toronto qui voulait que l’aéroport soit construit de manière à ne pas devenir un instrument de développement économique si le Québec devenait indépendant.             

C’est aussi, je crois, grâce au député Georges Vaillancourt (avec qui j’ai prononcé mon seul discours politique Les dieux font festin durant que le peuple crève de faim, qui traduit vraiment le fond de mes préoccupations), que j’ai été réengagé à la Tribune de Sherbrooke, passée aux mains de Power Corp.

On se débarrassa de moi en 1972 parce que je suis devenu trop radical et surtout trop indépendantiste. En fait, le journal a refusé, malgré les preuves, de dénoncer un cas de patronage auquel j’avais attaché mon emploi… Pas de publication, démission. En réalité, j’étais plutôt un petit régionaliste.  Je voulais des gouvernements régionaux, mais sur un plan international, Antoine Naaman m’ouvrait l’esprit à la francophonie.  Il me permit, même s’il était de droite, du moins en apparence, de publier l’Homo-vicièr.  Il m’a prêté l’argent et m’a obligé de le corriger car j’écrivais comme un pied.  Je faisais plus de fautes que j’écrivais de mots.  Ce fut un prof extraordinaire.  Je lui dois ce que je suis devenu en écriture. Il disait que j’étais un petit génie, mais un maudit paresseux.   Les Auteurs réunis ne voulaient plus rien savoir de moi, car Réjean  s’était surtout vendu au petit séminaire de Sherbrooke et en l’étudiant en classe on s’est aperçu de son caractère homosexuel, plus précisément pédéraste. On voyait aussi que j’étais obsédé par la révolution.  À moins d’être idiot, on constatait vite qu’il s’agissait d’une lettre d’amour qui fut d’ailleurs remise au petit gars pour laquelle je l’avais écrite.  Pour l’enseigner, on disait qu’il s’agissait d’une lettre du père à son fils.          

J’ai même à cette époque été dénoncé comme chef d’une cellule felquiste de communication, ce qui était complètement sans fondement, pour ne pas dire carrément stupide. Pour cela, il aurait fallu que j’aie des contacts avec le FLQ.  Pour le chef du FLQ, Pierre Vallières, j’étais un petit bourgeois parce que je croyais (et je crois encore) que la seule possibilité que l’on a pour changer les choses, c’est de l’intérieur.  Pire encore, j’étais essentiellement contre la violence, quoique ça m’excitait comme tous les jeunes de mon âge.           

Je croyais davantage dans la libération économique et intellectuelle du Québec. 

Ma lutte pour la pédérastie tient à la lutte pour l’ouverture d’esprit.  Un combat contre les mensonges que l’Église nous apprenait sur la sexualité, tout en assurant une censure face à la Vérité.

C’était un peu comme le voyait le premier maître à penser felquiste du Québec, Raoul Roy, l’écrivain, non le chanteur.  Pour Raoul Roy la souveraineté était le bien suprême pour le Québec.  Elle se réalisera grâce à la langue et au socialisme.  Raoul Roy était un beauceron, recherchiste à Radio-Canada, obsédé par la langue française et son devenir.  Un bon gaulliste, si on se rappelle la photo du général trônant dans son salon.  Plus obsédé de l’indépendance du Québec que Raoul Roy, j’en connais pas, sauf moi

La seule bourse que j’ai eue comme écrivain me fut accordée par le Conseil des Arts du Canada pour effectuer une recherche sur la sainte mine d’or La Thérèsa, d’où Ste-Thérèse de l’enfant Jésus a pris tant d’importance dans ma vie.  C’était une mine d’or religieuse vers 1950 dans le Nord de l’Ontario.  Une mine pour prouver aux anglais qu’on peut faire autant d’argent avec le signe de la croix que le signe de la piastre.  Cela m’a donné un livre immense, mon projet de maîtrise en création française, un roman Le jeune espion et une série télévisée que l’on refuse de publier et de produire.   

Après avoir connu l’expérience de l’école libre, vers 1974, et être retourné dans les murs de la prison pour avoir osé baisser mes culottes durant un jeu mené par les jeunes, j’ai adopté deux jeunes garçons du Bangladesh, Shuhed et Rouhed. Avec eux, ce furent des années d’extrêmes plaisirs de vivre.

Pour survivre économiquement, je suis allé travailler en Ontario, au Manitoba, puis, à Percival, une école anglaise de Val-d’Or où il y avait plus d’élèves francophones que d’anglophones. J’enseignais enfin le français, langue maternelle, pour la commission scolaire Western Québec.    

On ne pouvait pas me mettre à la porte comme enseignant car sans me prendre pour un autre, j’étais bon. C’est cette expérience qui me motiva à me battre pour des écoles linguistiques plutôt que confessionnelles.  On a donc imaginé, après avoir refusé un pardon, de me monter un piège à partir d’une pédérastie qui me démange particulièrement à tous les 20 ans.  Un beau procès de cul !  Je n’ai pas témoigné, seul, Mathieu, l’accusateur, et son père le firent.

Condamné, je perdais toute forme de crédibilité et pour ne pas passer pour des pareils, ça éloignait tous ceux qui m’entouraient sur le plan politique.   

J’ai enseigné 15 ans, en vantant ma pédérastie dans mes livres, pour qu’un jour on comprenne toute l’exagération de la peur des Québécois face à tout ce qui touche la sexualité. 

Paranoïaque ou névrosé, je ne sais lequel nous colle le plus à la peau, mais c’est l’un des deux.  Heureusement, c’est quand même moins pire que dans l’Islam. On n’a jamais pu rien (on n’aurait jamais pu) me reprocher quoique ce soit sur le plan sexuel quand j’ai enseigné, malgré toutes les fabulations et tous les racontars.  J’adorais ce métier parce que justement j’adorais les jeunes.  J’étais fier de contribuer à leur évolution.         
 

Évidemment, je fus rejeté à nouveau.  Du bon gars,professeur, je passais au statut du pire des trous-du-cul.    

Je me suis ramassé en télémarketing, payé d’abord par des juifs, puis, par des patrons venus de Chicago, sous l’aile d’un bureau de Toronto.  Pourtant, je suis et je serai toujours, à moins qu’on me prouve que c’est mauvais pour le Québec, un indépendantiste.  Je n’ai rien contre les Canadiens, ni même le Canada qui est très beau à visiter, surtout que leurs jeunes y sont très beaux… mais le Québec se doit d’être autonome.  Ce n’est pas une question de vengeance au contraire, c’est une question de confiance en soi, de respect de soi.  Un Québécois, c’est différent d’un Canadien, on n’a pas la même culture.         

Spirale intraprojective 37

octobre 12, 2020

Spirale intraprojective  37

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 356 à 366)

La méritocratie      

Ma façon de voir la méritocratie n’est pas la même pour tous.  Pour moi, la méritocratie ça veut dire que si tu es très intelligent, tu dois produire pour les autres, en fonction du talent qui t’est donné.  Il n’y a pas que l’argent qui compte.  La liberté sexuelle est aussi un facteur dans la qualité de vie, par exemple. 

Nous n’avons qu’une vie à vivre (si on ne croit pas ce que nous enseignent les religions).  Certains grands cerveaux se conduisent qu’en fonction de grossir l’intérieur de leur portefeuille, des «Docteur Wallet».  Ils sont certainement très compétents dans leur domaine d’activités, mais ils sont une faillite sociale absolue car ils ne se rendent pas compte de la souffrance autour d’eux.  La médecine doit être humanitaire, par exemple.  Ce n’est pas une industrie. 

Un individu qui reçoit beaucoup de support de l’État à cause de son talent devrait avoir la conscience qu’il faut pour donner beaucoup en retour.  Il faut se découvrir pour être heureux, mais on ne peut pas aspirer seul au bonheur.  Plus tu es intelligent, plus tu devrais servir ceux qui sont dans le besoin.  L’homme est un être social, ce que l’économie essaie de tuer. On est de plus en plus en déficit d’idéaux.

La priorité politique doit toujours et sans condition être le bien du peuple.  

LE LOGEMENT.  Un autre facteur,

C’est comme le logement où l’on crée artificiellement des crises pour les profits de l’immobilier. 

Il est incroyable qu’un appartement — un et demi — coûte 400$ alors que le chèque de bien-être mensuel est de 450$ par mois pour un jeune , malade mental ou pas.  Souvent, à ce prix, l’électricité n’est même pas comprise.  L’Hydro-Québec a été nationalisé pour servir davantage le peuple, particulièrement les plus pauvres et non pour obtenir des profits en vendant notre électricité aux États-Unis. 

Qu’un capitaliste se fasse un petit profit parce qu’il a des logements locatifs, il n’y a rien là, tant que le peuple y a accès, sinon c’est de l’exploitation.  Les usuriers font aussi partie de la mafia légale internationale.  L’immobilier sert au blanchiment d’argent pour la mafia
Les institutions nationales devraient toutes être sans but lucratif ainsi que le logement social.           
 Si les propriétaires ne sont pas capables d’avoir assez de compassion pour permettre aux jeunes et célibataires de vivre décemment, il faudra penser augmenter leur part de taxes sur les profits immobiliers pour être redistribués à ceux qui sont dans le besoin. 

La Régie du logement devrait avoir le droit de fixer à 100$ maximum par pièce, s’il n’y a pas de services.  Cependant, il faut aussi penser que les locataires ont aussi des obligations quand ils vivent quelque part, de manière à ce que les lieux ne se soient pas dégradés à leur départ du logement.  Le locataire devrait être obligé de remettre le logement à neuf quand il part, s’il l’a pris ainsi.  Mais, le propriétaire devrait être obligé de l’entretenir dans ce qui est essentiel tout au long de la location.  Faudrait peut-être examiner les baux de la Suisse pour comparer.  Un locataire qui part à la cachette pour ne pas payer son loyer, c’est comme voler.    
Ce n’est pas parce que tu es pauvre que tu dois vivre en cochon.
Les logements sociaux devraient avoir la priorité dans toutes les dépenses gouvernementales au niveau de la construction immobilière.  Subventionner de condos pour les riches, c’est voler le peuple pour engraisser une bande de constructeurs qui se fichent même de ce que ces nouveaux logements répondent à un besoin réel, à un prix accessible.      
Toute personne gagnant moins de 25,000$ devrait être considérée pauvre. Par contre, la pauvreté n’est pas un nid pour se faire entretenir par l’état parce qu’on n’a pas su s’accorder en couple.  Si la parenté est une responsabilité à vie, elle est structurée de façon à ce que les parents aident les enfants jusqu’à ce qu’ils soient autonomes et en principe, les enfants devraient aider leurs parents à la fin de leur vie.  Le respect de ses parents existe davantage dans les autres cultures.  Nous, on dirait que les aînés sont des déchets ou des victimes à détrousser.

La perception sociale, face au mariage et ses responsabilités, doit être réexaminée. 
Les individus n’ont pas à juger ou à condamner les autres.  La vie personnelle, ça existe. Le tissu social doit d’abord être familial.  Les préjugés religieux, face à la conception hors mariage, doivent être éliminés. Le mariage, en vue de la procréation, doit être encouragé ; mais c’est aussi un moyen de s’en sortir et de ne pas vivre seul. 

La mère devrait pouvoir, si elle le désire, demeurer à la maison durant les cinq premières années de ses enfants.  Quand le jeune entre à l’école à plein temps, elle doit pouvoir aller travailler, car c’est pratiquement impossible de vivre actuellement sans deux salaires à la maison.  Une nouvelle exigence économique de notre système qui a découvert combien les femmes peuvent être brillantes sur le marché du travail.  

Quant aux homosexuels  ( qu’on appelle aussi gais) le mariage civil est convenable parce qu’il permet un droit de regards sur les richesses du partenaire ou un partage plus équitable. Le mariage gai permet de vivre sa différence sans être condamné à la solitude      

Le nouveau problème du logement tourne autour de la situation suivante : celui qui a de l’argent ( la mafia immobilière) achète des logements décents. Il ne fait rien pour les réparer.  Ainsi, durant ce temps, le revenu est intéressant et vierge.  Quand les logements sont devenus vétustes (ça ne donne rien d’investir, les représentants de nos gouvernements passent pour augmenter les évaluations dès qu’il y a rénovation).  Ils revendent les logements à profits et en achètent d’autres plus neufs, plus décents… et le manège continue permettant ainsi de facilement empocher de nouveaux argents à chaque transaction.  La roue tourne.  Pendant ce temps, le stock des logis décents diminuent et après quelques années, il y a pénurie. C’est la crise.     

Les taxes sont toujours savamment refoulées vers les plus pauvres, les plus nombreux, les plus faciles à voler, les locataires.        

Le gouvernement doit investir dans des logements sociaux.  Il est anormal qu’un logement coûte ce que tu reçois en bien-être social. C’est le cas des jeunes. 

Comment vivre avec un bien-être de 450$ quand tu reçois un chèque de bien-être de 400$ par mois.  C’est de la folie.  J’aimerai bien voir un de nos ministres vivre dans une telle situation.  J’ai l’impression que leurs pensions font en sorte qu’ils oublient le milieu d’où ils sont issus.  C’est ça la bourgeoisie.  Une bande de parvenus qui n’en ont jamais assez. …  

Le bien-être.

Je n’ai jamais rencontré dans ma vie de fonctionnaires qui ont aussi peu de respect pour les êtres humains que les gens du bien-être social.  On dirait qu’ils sont payés à faire chier les bénéficiaires (attentes inutiles, ils sont à la fois juge et partie, etc.). Ils n’ont aucun respect et se croient tout permis comme les fonctionnaires de la Protection de la jeunesse. 

L’ombudsman devrait avoir plus de personnel et plus de pouvoir afin de réagir très vite et permettre une sécurité élémentaire garantissant une certaine justice pour tous.  Un fonctionnaire abusif ou qui ne remplit pas sa tâche devrait être congédié.  Mais, comme le disait si bien Pierre Bourgault, il ne faut pas retourner à l’ère du patronage duplessiste.  De l’amour dans la ferraille, de Roch Carrier, nous en apprend aussi sur le sujet.           

J’ai connu un jeune qui voulait finir son secondaire pour éventuellement prendre un métier (qui exigeait un secondaire quatre).  Malheureusement, il n’avait que son secondaire deux.  Le fonctionnaire dans sa lucidité a décidé que cela prendrait trop de temps et qu’ainsi ça coûterait trop cher à \’état.  Des débilités de cette sorte au bien-être, c’est quasi quotidien.  Il sera assisté toute sa vie est -ce que ça coûtera moins cher ?  C’est ça la compétence de la fonction publique au bien-être social        (qu’on appelle ça aujourd’hui comme on voudra).  Ils peuvent bien chercher les fraudeurs, ce sont eux qui jettent les jeunes à la rue.  Tout est bon, ils fournissent même leurs propres juges pour retrouver le fric qu’ils ont dépensé en aidant ceux qui en avaient besoin.  Mais, les grosse poches se promènent avec des cartes du gouvernement … ça coûte moins cher peut-être ?

Méritocratie

Les médecins devraient connaître ma version de la méritocratie …

Quand tu es très intelligent, tu dois produire pour les autres en fonction des talents qui t’ont été donnés par la nature.  Il n’y a pas que l’argent qui compte dans la vie.  Nous n’avons qu’une vie à vivre.  Certains médecins, (la minorité heureusement) agissent comme des docteurs « Portefeuille».  Ils sont sûrement compétents dans leur domaine, mais une faillite sociale absolue.  La médecine doit être humaine.  Ce n’est pas une industrie. Un individu qui reçoit beaucoup de l’état à cause de son talent devrait avoir la conscience qu’il faut donner beaucoup en retour.  Il faut se découvrir pour être heureux, mais on ne peut pas aspirer seul au bonheur.

Un autre facteur est sûrement que l’on a coupé dans les services plutôt que de modifier l’appareil administratif, plutôt que de dégraisser l’appareil.   On a muté les administrateurs, laissant la plaie béante.  Si leur mauvaise gestion endettait les services de santé, ce n’est pas en les déplaçant dans le secteur de la santé qu’on solutionne le problème.  Dans un hôpital et une école, à mon sens, ce qui est le plus important c’est le personnel, le service aux malades ou à l’étudiant… pas passer son temps à remplir des papiers.

Un autre aspect est la coopération entre les institutions.  Il faut que les individus puissent aller là où il est possible de se faire soigner et que le nouvel hôpital ait droit à un échange d’informations.  Quand tu es malade, il faut être soigné le plus vite possible et non pas être un client qu’on appelle quand on a le temps de s’en occuper.  Quand tu meurs, tu ne reviens plus.         
 Quand je suis arrivé dans l’enseignement, tout feu de mes grands amours pour les jeunes, mon premier scandale fut d’entendre chialer les vieux profs contre les élèves. Ils se défonçaient à trouver la maîtrise qui leur permettrait de passer au ministère plutôt que d’enseigner.  Ce sont ces gens qui haïssaient les jeunes qui aujourd’hui décident comment ça doit se passer dans les écoles.  Pas étonnant qu’il y ait autant de décrochage.      

Assurance-maladie

Mais, plus encore, la santé est devenue avec le vieillissement une industrie lucrative.  Et, qui dit industrie parle profits.  Mais pour qui ? 

Il y a de plus en plus d’aînés qui souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens de se payer les médicaments requis.  L’assurance-médicament devrait permettre, après 60 ans, d’avoir recours à tous les médicaments requis, à un taux de base fixe pour tout le monde, soit celui du bien-être social.  Tous les médicaments devraient être un moyen de se garder en santé et non d’enrichir des industries pharmaceutiques. 

Par contre, on sait que l’industrie pharmaceutique est une vraie mine d’or.  Il serait normal d’éduquer médecins/aînés à combattre l’abus excessif des médicaments.  La surconsommation n’est certes pas un moyen de se garder en santé.

La santé est le meilleur exemple de la manipulation fédérale dans des compétences provinciales.  En sabrant dans les transferts aux provinces, le fédéral crée un manque à gagner au Québec qui ne peut aboutir qu’à la détérioration des soins de santé.        

L’opposition provinciale n’a plus qu’à crier aux mauvais soins pour récolter les votes.  Les journaux s’en occupent.  Ils amplifient.  La crise de la santé est entretenue aussi artificiellement que celle du logement.  Ce n’est pas avec de nouveaux immeubles en béton, dont on n’a peut-être pas besoin, si on se servait des anciens, qui solutionneront les problèmes de la santé ; mais en formant d’urgence plus de personnel.

Il devrait y avoir cinq hôpitaux majeurs à Montréal (un au centre et quatre autres à chaque point cardinal à Montréal) qui servent strictement d’urgence.  Les anciens hôpitaux devraient être recyclés dans de nouvelles fonctions dans le système de la santé.  Pourquoi tant de dépenses inutiles dans notre système actuel ?  Un problème de gestion évident… 

Si le Québec percevait tous les impôts, il pourrait facilement négocier ses droits et ses besoins face à Ottawa … les surplus du fédéral existent toujours sur le dos des provinces parce que ce sont elles qui sont sur la ligne de feu et elles doivent s’arranger avec ce qu’elles ont. 

Selon la constitution, la santé relève des provinces, mais le gouvernement fédéral s’y incruste sous prétexte que la santé n’a pas de frontière.

Dans le cas du Québec, il est évident puisque le parti libéral d’ici est à la remorque du fédéral que celui-ci tentera de se servir des crises engendrées par le fédéral pour déstabiliser le gouvernement péquiste.  On dirait qu’on ne sait pas qu’il ya des problèmes qui sont au-delà de la partisannerie politique.      

C’est le cercle vicieux des enjeux politiques qui se jouent sur le dos des populations.  Ottawa sabre dans la santé (mais il trouve de l’argent pour faire la guerre) la province s’engouffre dans une situation de plus en plus intenable.  L’opposition (si elle est libérale surtout) profite du problème créé par son grand frère d’Ottawa, pour se créer du capital politique.  C’est normal, mais ce sont encore les gens qui payent.           

Il est bien évident que l’intérêt de la population (la politique étant sale de nature) passe derrière les intérêts des acteurs de ce drame.  Les politiciens se sont votés des augmentations de salaires et de pensions qui frisent le vocable de «vol légalisé autorisé».  Qui peut avoir une pension à vie après huit ans ? 

Ainsi, grâce à son fric, payé par nous des provinces, Ottawa peut créer les crises qu’il veut, manipuler comme il le veut les gouvernements provinciaux et étendre malgré la loi (le partage des pouvoirs dans la constitution) sa dictature économique. 

Le temps que la Cour suprême réagisse, il en coûtera plus cher de revenir au bons sens que d’endurer cette inégalité sociale.      

C’est ainsi que le fédéral piétine la constitution avec les programmes partagés.  Cette iniquité durera tant que le Québec ne sera pas un pays.     

Ottawa est souvent, par sa manipulation pour centraliser le pouvoir, le créateur des crises qui surgissent dans les champs de compétence provinciales, laissant croire aux gens que les provinces sont les premières responsables de leurs maux.

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L’HYPOCRISIE ET LE VOL DU RÉFÉRENDUM DE 1995.
On a forcé le premier ministre du Québec à démissionner parce qu’il a osé dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas : Le référendum de 1995 a été battu, grâce aux ethnies et à l’argent. 

J’ajouterais que non seulement il a été battu, mais qu’il a été volé par le camp du non qui n’a pas respecté la loi pour gagner.  Les fédéralistes l’ont remporté à l’arraché, grâce à leurs gestes illégaux. 

La démission de M. Parizeau a été précipitée par les journaux du Québec, qui du jour au lendemain, ont été capables de faire croire aux gens que la déclaration du premier ministre était raciste alors qu’il invoquait simplement les faits.    

Cependant, si au lieu d’avoir les féministes, les vieux qui avaient peur de perdre leur pension de vieillesse et le monde de la droite de la région de Québec, les francophones auraient fait comme les anglophones et voter à 90% en bloc et plus, nous serions déjà indépendant.    

Fallait-il obéir au «politically correct», au gribouillage médiatique ?  La campagne contre Jacques Parizeau prouve que les média au Québec sont une possession centralisée aux mains des fédérastes. 

D’ailleurs, aussi surprenant que cela soit, aucun journal indépendantiste n’a survécu au Québec.  Même le Devoir est devenu plus intellectuelle qu’indépendantiste.

Le colonialisme bourgeois exigeait   » son exécution politique  » pour avoir presque réussi, l’avenir le prouvera.

*  * 
 
Pour des écrits politiques trop engagés, peut-être une lettre à Stéphane Dion et Jean Chrétien, alors que j’étais encore à Val-d’Or, dans laquelle je leur disais que le fédéral incite à la violence, en supposant la partition, on m’a monté un bateau pour me jeter en prison pour me faire comprendre que si je ne la fermais pas, ce serait le reste de ma vie qui se passerait ainsi. 

Le pire ce geste a détruit la vie de deux jeunes et a privé le Québec d’un bon prof : moi.        

On m’a dit qu’on avait dû patienter vingt ans puisque j’étais un des seuls radicaux qui n’avait pas payé pour ses idées et ses activités politiques au début des années 1970.  On m’a toujours identifié à faux comme un terroriste dangereux. 

J’étais un peu fanatique comme tous les jeunes.  J’ai toujours été un petit activiste politique.  J’écris point.  Comme me disait mon avocat : « ton cas est éminemment politique, mais pas dans le sens que tu le penses». 

J’ai toujours été un petit anarchiste ou un libre penseur.  Je ne connais pas exactement la différence, mais je suis un de ceux qui rêve d’un monde meilleur, un révolutionnaire quoi.           

On m’a demandé de plaider coupable pour faire moins de temps, ce que j’ai refusé parce que les faits pour lesquels j’étais accusé étaient faux, gonflés à bloc. Même si j’ai touché à Mathieu, ce n’était pas du tout dans les circonstances et la façon dont on le racontait.  Il n’y a jamais eu la moindre contrainte entre moi et Mathieu. Évidemment, il ne s’est pratiquement rien passé de répréhensible.     

Même si j’avais sucé Mathieu à tous les jours de notre excursion, que je l’aurais masturbé à de multiples reprises, puisque je sais bien faire mon boulot, il ne s’en serait que mieux porté.  Il a sûrement été plus traumatisé que l’on ne mette le nez dans sa vie privée et qu’on le force à me dénoncer. 

Ni la masturbation, ni la fellation ne sont des gestes violents, des gestes qui font mal, bien au contraire, c’est très agréable à moins d’avoir été tellement élevé frustré qu’on croit que l’enfer nous arrive par le bas-ventre… 

On peut trouver ça vulgaire, mais la vulgarité n’existe que dans la tête des hypocrites capables d’imaginer ce qu’est la vulgarité.            

Quand je me suis ramassé en autobus avec Mathieu, j’ai vite compris que quoique je fasse je serais accusé. Un feeling.  Il faisait pleine lune et j’ai pensé à l’étranger de Camus.  Étais-je un Dracula qui se trompe d’artère ?  Non, mais je le sentais.  La lettre de sa mère, avant le départ, annonçait qu’il y aurait de la merde au bout de notre voyage. 

Une mormone féminoune, c’est tout ce qu’il faut pour crier aux attentats à la pudeur au moindre échange de sourires.        

Si on s’était mêlé de ses affaires (les féminounes et les mormons), on n’aurait pas entendu dire qu’il y a des centaines de haut-placés, hétéros, qui dans le monde jouent aux fesses avec la protection, le regard aveugle de la police. 

Tant que les concernés sont consentants et ont un âge qui leur permet de comprendre ce qui se passe, ça ne regarde personne.  C’est à eux et seulement eux de porter plainte.

Sauf que ces gens qui me condamnent parce que je suis pédérastes sont probablement plus sales dans leur âme que je ne le serai jamais.  Moi, je n’ai tout simplement pas leur pouvoir et leur argent. Je n’haïs personne.    
                                              
*  *   *   *

C’est d’ailleurs la raison fondamentale pourquoi Ottawa veut modifier les règles sur l’immigration, il est perdant à long terme.  Il a triché alors que des milliers d’immigrants qui n’auraient pas dû voter ont pu le faire parce que des juges fédérastes les ont assermentés pour voter non.  Le comité du non a aussi volé des votes dans l’Estrie, par exemple.  La prochaine fois, le Québec devra prévois ces coups bas et ces irrégularités.            
En réalité, le Québec n’a pas perdu le referendum ; sans ces irrégularités, il l’aurait emporté : mais si faiblement que ça aurait été peut-être encore une catastrophe.  Mieux vaut tout recommencer.  La question doit être : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?»    Il faut plus de 50% pour le OUI, mais l’idéal serait de 55%, pour que tout soit absolument clair.  Et alors, selon la loi canadienne, le fédéral serait obligé de négocier d’égal à égal avec le Canada pour trouver une nouvelle structure ou pour se séparer.  Puisque le fédéral ne veut pas négocier, il ne reste vraiment que l’indépendance.           

Le fédéral a obtenu une si faible majorité que ça fait honte d’entendre les ténors fédéraux parler d’une vraie victoire.  Depuis, ils essaient de s’introduire dans tous les champs de compétence provinciale, sous prétexte que le peuple leur a donné raison.  C’est faux. 

Pire, ils ont entrepris une chasse aux sorcières pour se débarrasser de tous ceux qui sont radicaux quant à l’indépendance. Une gestapo dans le même esprit que celui qui essaie d’arracher les racines d’une plante pour qu’elle ne repousse plus.

Ottawa respecte les règles de la démocratie, seulement quand ça fait son affaire
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Ainsi, si le Québec francophone veut survivre  — puisque l’immigration sert d’instrument d’assimilation et de colonialisme– le gouvernement du Québec devra mettre ses culottes et interdire le droit de vote à ceux qui obtiennent leur citoyenneté après la date de l’annonce faite de la tenue d’un referendum.             

Ottawa ne doit pas pouvoir répéter son stratagème et revoler le droit d’un peuple à avoir son propre pays.  Il faut absolument ne pas tolérer de violence et s’assurer que les nouveaux modes de votation ne soient pas une nouvelle façon de voler un referendum.  La vieille formule demeure la plus sécuritaire, même si elle est moins rapide.  Plus les bandits ont du temps, plus ils peuvent inventer de nouveaux outils pour mieux exécuter leur crime.  

Il faut aussi convaincre les Anglophones que l’avenir du Québec doit être décidé par et pour les Québécois, eux, y compris, car ils profiteront autant que les francophones des fruits de l’indépendance.  Mais il ne faut pas se fier sur eux pour la réclamer.       

Il est préférable pour le Canada d’avoir un Québec ami qu’un voisin revanchard … Les canadiens anglais doivent comprendre que le meilleur moyen de dire aux Québécois qu’ils les aiment toujours (en dehors de la campagne référendaire) c’est de les respecter assez pour ne pas essayer de leur faire croire que tous les souverainistes sont des cons et de respecter le fait français.           

Vouloir faire la souveraineté n’est pas un geste contre le Canada, mais le rejet du fédéralisme centralisateur.

Il est normal pour un peuple, une nation, de vouloir discuter de la structure politique qui convient le mieux à son émancipation.  Qu’ils le veulent ou non, l’Ouest canadien devra se poser la même question que le Québec : le Canada doit-il exister pour assouvir les besoins de l’Ontario ?        

La base économique du Canada  (Ouest et Ontario) repose sur le pétrole et l’automobile alors qu’au Québec, c’est au contraire, l’électricité. 

Vancouver aura sûrement de la difficulté a faire avaler le bilinguisme franco-anglais quand le mandarin ( le chinois) est la seconde langue la plus populaire en Colombie-Britannique, foulant ainsi aux pieds la vision bilingue du Canada  de Pierre -E. Trudeau, fondée nécessairement sur les deux peuples dits fondateurs.  

Jacques Parizeau a affirmé — maladroitement pour les âmes trop sensibles qui auraient voulu le voir à genoux à implorer pardon … ce qui était la plus stricte vérité mathématique.  Les journaux ont réussi à lui faire porter le poids du NON au referendum, mais c’était un non de voleurs et d’hypocrites

Le referendum a été volé par l’argent (en ne respectant pas les lois du Québec) et les nouveaux immigrants, 55,000 assermentés d’urgence par des juges venus du Nouveau-Brunswick.        

Aujourd’hui, maintenant que l’émotivité est retombée, on reconnaît que le résultat a été faussé par le pouvoir, la malhonnêteté, l’hypocrisie du gouvernement fédéral.  Même les anglophones commencent à comprendre que le vote ethnique ce n’est pas un élan de racisme anti-anglophone, mais simplement dénoncer le moyen employé par Ottawa pour fausser les résultats du referendum.
 Aujourd’hui, de plus en plus de Canadiens anglais comprennent que l’ego trip de la bourgeoisie fédéraste canadienne française ne sert ni l’intérêt du Québec, ni l’intérêt du Canada.  Ottawa rêve de pouvoir et de centralisation de façon à ce que l’Ontario, boive toutes les énergies du reste du Canada.  L’Ontario a deux gouvernements Queens Park et Ottawa, en ayant une très grande majorité de députés libéraux, à Ottawa. 

Ils ont au moins l’intelligence dans cette province de savoir ce qui est le mieux pour eux.      

Quant au Québec, il a beau pleuré, il ne sera jamais rien d’autre au Canada qu’une minorité de plus en plus stérile, ne pouvant même plus former l’opposition officielle. 

L’Ouest se détruira si le débat dure aussi longtemps qu’au Québec en luttes inutiles pour déconcentrer et décentraliser le pouvoir jusqu’au jour où ils comprendront que leur vraie avenir est le même que le Québec soit la création d’un pays qui leur soit propre.          

La force d’Ottawa a toujours été de faire croire aux gens de l’Ouest canadien que l’est (Québec) bénéficie à pleine vapeur des avantages d’une fédération centralisatrice.  La Confédération canadienne, comme l’indique son nom, n’existe pas.  Ce problème n’est est pas seulement un problème de nom, de mots, mais d’une conception schizophrénique de la réalité canadienne.  Pour qu’il y ait une vraie confédération canadienne, il faut d’abord que le Québec soit un pays.

Spirale intraprojective 36

octobre 11, 2020

Spirale intraprojective  36

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 344 à 356)

*   *   *   *

Ainsi, comme dans les grosses compagnies (Bell a congédié des milliers de femmes pour les remplacer par des machines qui nous font perdre notre temps), la santé est devenue une affaire de grosses machines, de gros sous, plutôt que la relation intime entre le médecin et le patient.  Aucun patient ne devrait devoir attendre pour être soigné.          

À force de vouloir créer une élite, on finit par engendrer des pénuries … Le manque de personnel infirmier est une conséquence directe de notre système de gestion de la santé, sans planification, et surtout, sans but, car, on oublie que le système de la santé existe uniquement pour le bien des patients. 

Actuellement, les gestionnaires sont là pour faire économiser des sous et non pour améliorer la qualité des soins de santé.  Pour eux, le $$$ passe bien avant le besoin des patients.  On préfère engager des gens à temps partiel, avoir du temps supplémentaire plutôt que de créer un personnel permanent, de base, du moins. 

Au lieu de couper chez les infirmières, on aurait dû se débarrasser des gestionnaires.  On a, comme dans les écoles, remis la gestion du système entre les mains d’incompétents, c’est-à-dire, peut-être de bons gestionnaires, mais des ignorants absolus de la médecine. 

L’erreur fondamentale : la démocratisation n’est pas que mathématique ; ce n’est pas le retour à la dictature absolue de l’ignorance…         

La définition de la vocation des soins de santé, soit améliorer la vie des citoyens, est devenue : faut pas que ça coûte trop cher, le moins possible, selon le mode capitaliste.

 Mais, les multinationales comme les hôpitaux empochent encore des millions en subventions, parce que leur présence est essentielle pour maintenir un niveau de chômage (ou de soins) acceptable … Elles oublient, cependant, leur devoir face à la population. 

Dans l’état actuel des choses, l’intérêt des peuples est soumis aux profits des multinationales.  Cependant, les gouvernements locaux doivent se conformer à une éthique de gouvernance.  L’aide des pays riches ne doit pas servir seulement à engraisser une poignée de dictateurs narcissiques.    

Cet exemple prouve aussi que les syndicats et les corporations peuvent être les ennemis du bien-être général d’une population parce que les intérêts corporatifs passent avant ceux des membres.         

Le personnel médical et infirmier devrait avoir le pouvoir décisif, et non, les gestionnaires qui viennent de l’extérieur et qui ne connaissent rien dans le domaine.  Tu ne peux pas tout gérer parce que tu sais compter.  Dans la vie, il y a la raison, mais il y a aussi les émotions, l’irrationnel…        

Le communisme n’est pas mieux que le capitalisme.  Ce sont deux systèmes qui manipulent et volent les plus pauvres au lieu de leur venir en aide.  Dans le système capitaliste, le voleur est individuel, une espèce de Dracula alors que dans le communisme, l’état, où la petite clique qui domine au nom du parti est le dictateur exploiteur.  Le fascisme de l’Islam orthodoxe, fanatique, vécu comme les Talibans, est aussi pire que le capitalisme et le communisme.        

Ces philosophies montrent où conduisent l’ignorance et l’irrationnel où la foi a plus d’importance que la dignité humaine. C’est malheureusement le lot de toutes les religions.  L’aspect négatif des religions repose sur la concentration des pouvoirs, la pensée unique, la répression sexuelle et la répression des droits individuels. Les religions tentent de nous faire vivre contre nature quand il s’agit de notre sexualité. On est des hommes et aucun Dieu ne nous a dit que nous devons tous devenir des saints.           
 
J’ai lu quelque part que le président des Etats-Unis (G. Bush), au nom de la sécurité, veut engager dix millions de mouchards pour établir aux États-Unis une dictature sanguinaire et dégueulasse comme Staline. C’est comme si l’acte constitutionnel   d’un pays ne veut rien dire.  Les États-Unis sont pourtant moins pires que bien d’autres pays.  La liberté est le fondement même de l’Amérique avec le respect, légalité de l’Autre. 

Si c’était appliqué non seulement nous vivrons dans un monde de chantage et de délation, mais nous ne pourrons plus identifier la vérité, car les états se servent de la propagande pour nous faire accepter leurs crimes militaires.      
                                                           

 *  *  *  *  *

Je viens de voir un reportage sur RDI où l’on pleure sur le sort des femmes obligées de porter une burka parce que les hommes sont trop vicieux pour regarder une femme sans tomber en tentation.

Même si ça ne vaut pas une guerre, je suis parfaitement d’accord avec les féministes. Les femmes sont égales aux hommes et doivent avoir accès à tout ce qui existe pour les hommes.  La folie s’appuie souvent sur le délire religieux. 

Au début du reportage, la fille porte le voile, elle décide de ne plus en porter.  À la fin du reportage, elle décide de reprendre le voile parce qu’elle se sent assez pure pour le porter.   Le scrupule est-il une maladie féminine ?  C’est donc la faiblesse de l’esprit qui en est responsable, selon ce qu’elle nous raconte.  C’est là que nous conduit la répression sexuelle.  C’est vivre le mot à mot d’une morale inventée il y a des siècles, dans l’ignorance, et sous prétexte que c’est une parole divine, on refuse de la revoir.  On se culpabilise de ne pas être assez aliéné. Dieu ne peut pas être aussi insensible face à la nature humaine.  Les livres saints ont été inventés par des Sages pour créer des lois afin d’assainir la vie sauvage des gens.

*    *

Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je suis pour la liberté de l’être humain.  Je suis anarchiste, je crois.  Je suis contre la misère humaine surtout quand elle est le fruit de l’économie.  Je crois encore que tout philosophie, toute religion qui est vécue dans le fanatisme conduit à la folie.  La tolérance est la porte de la charité et de la solidarité.  C’est une expérience quotidienne.            

Ça me rappelle ma dernière visite chez mon fils aîné qui est musulman.  Nous discutions de l’actualité quand je l’ai profondément vexé en lui disant qu’il faut craindre toutes les formes de fanatismes religieux. Il était outré de mes propos, croyant que je parlais de sa religion.  Nous avons dû avoir recours à de nombreux exemples pour faire comprendre ce qui constitue l’acceptable.  Tuer, lapider quelqu’un pour des raisons sexuelles, c’est de la bêtise pure.  Nous avons fini par nous rallier parce que nous nous aimons assez pour vivre des divergences, mais nous avons conclu qu’il est parfois très difficile de comprendre l’autre, surtout dans les sujets émotifs comme le sexe et la religion.

Nous sommes à un moment de l’histoire où des idéologies et des religions s’affrontent.  Il est difficile de comprendre que chaque religion a sa part de bon et sa part d’excès.       

*   *   *   *        
LE RÉFÉRENDUM VOLÉ : LE FÉDÉRAL NE RESPECTE PAS LA LOI.          

Incapable de gagner le dernier referendum sur la souveraineté du Québec, le gouvernement fédéral et ses alliés l’ont tout simplement volé : un nombre maladif d’assermentation de nouveaux arrivants, une manifestation illégale car c’est au-delà du coût des dépenses fixé par la loi du Québec et une campagne permanente de lavage de cerveaux où l’on promet mers et mondes pour mieux oublier, après le référendum.  Des changements qui ne viendront jamais.    

Le fédéral prône la démocratie, mais ne la respecte pas, en violant les règles établies par le gouvernement du Québec.       

Les fédéralistes utilisent le mensonge et le syllogisme en prétendant que les indépendantistes sont des séparatistes, en rejetant d’emblée un nouveau partenariat entre le Québec et le Canada.      

Il ne s’agit pas de détruire le Canada, mais de créer une nouvelle union complètement décentralisée, revue, selon les besoins du Québec.         

Dans une vraie Confédération, je ne pourrais plus cracher sur les fédérastes, car, nous serons tous des confédéralistes canadiens.  Il n’y aura pas vraiment de vainqueur dans les deux camps, car le Québec fera partie du Canada, tout en étant souverain.  S’il n’y a pas d’union ou de partenariat, c’est que le Canada aura décidé qu’il ne veut plus du Québec.  On y peut rien, c’est leur décision.       

Qu’on le veuille ou non, l’avenir de l’humanité passe par la réunion en continent avant d’aboutir à un gouvernement planétaire.  Ce gouvernement universel verra le jour qu’au moment où le bien de l’homme, de l’individu deviendra la raison d’être de son existence. 

La mondialisation sera positive, le jour où elle cessera d’exister pour la finance et deviendra une philosophie, un mode de vie qui permet une meilleure redistribution de la richesse commune, le salut de la planète.  Alors, la terre appartiendra à tous les individus.

Tout le monde sait qu’avec la mondialisation, il est impossible pour n’importe quel état de devenir totalement indépendant des autres.  Ceux qui pensent le contraire sont décrochés de la réalité.     

Avec un projet de partenariat, les fédéralistes mentent carrément quand ils appellent les indépendantistes des séparatistes puisqu’il ne s’agit pas de découper le Canada, mais de redéfinir les pouvoirs des différents gouvernements constituants … ce qu’accepte déjà la Cour suprême qui penche pourtant presque toujours du côté d’Ottawa.   

Les résultats du référendum de Charlottetown ont très bien marqué la différence entre les Canadiens et les Québécois.  Le Canada trouvait qu’on en donnait trop au Québec, et le Québec trouvait que c’était vraiment trop peu.  

Après le référendum volé de 1995, le fédéral a pensé avoir le pouvoir de créer le pire des coups de force avec le plan B, soit la mise sur place une loi qui, par ses exigences, permettrait au Canada d’intervenir si jamais le Québec gagnait.  Ces penseurs espèrent que les Québécois plieront l’échine.  Voilà pourquoi les anglophones de Montréal ont inventé l’idée de partition (des îlots fédéralistes à l’intérieur d’un Québec indépendant).  Ils croient que prendre le contrôle de Montréal est le meilleur moyen de combattre la souveraineté.  Le fédéral pense s’immiscer dans le pouvoir municipal, une juridiction exclusivement provinciale.          

Ce jeu débile ne pourrait plus exister dans le cadre d’un projet selon lequel des pays indépendants s’associent pour créer une nouvelle confédération.  

Le pouvoir central est extrêmement limité alors que celui des citoyens est plus grand.

Dans une vraie Confédération canadienne, la Charte des droits de la personne et le respect de la vie privée doivent être revues afin qu’elles servent les individus et non les institutions, encore moins le crime organisé.  Le système judiciaire doit apprendre à faire la différence entre un individu et un groupe d’individus.  

Selon le plan B, les fédérastes (GRC et ex-militaires) devaient poser des bombes pour créer l’atmosphère d’une révolution et ainsi permettre une deuxième fois l’invasion du Québec, rendant tout indépendantiste illégal au Canada, grâce à la partition.
 
Ce plan diabolique a été déjoué.  Les déclarations du président d’Alliance-Québec et de leur avocat, Me Guy Bertrand, ne pouvaient pas être plus claires  quant à leur aspect provocateur;  mais le peuple a gardé son calme et les fédéralistes ont passé une loi  qui ne pourra jamais empêcher complètement la souveraineté du Québec ou la mise sur pied d’une vraie Confédération.

Plutôt que de s’occuper du Québec, Stéphane Dion devrait centraliser ses actions sur le sort des francophones hors-Québec, spécialement en Ontario.  Il y a là un tel défi. Il n’a pas à faire la leçon au Québec.  Si les minorités hors-Québec étaient mieux traitées, du moins, aussi bien que les Anglophones au Québec, le problème pancanadien n’existerait plus.     

Dion, Chrétien, Henderson font fi de la démocratie pour nous dire : « Nous sommes les boss», mais un règlement pacifique de la situation québécoise est du plus haut intérêt canadien et même des Anglophones du Québec.

Si les Anglophones de Montréal et du Roc ne voient pas la différence des valeurs entre eux et les Américains, le Canada disparaîtra.  Nous serons un état des USA.  Une étoile de plus à leur drapeau.  Il serait intéressant de savoir combien de Québécois seraient prêts à devenir Américains, si Washington acceptait en son sein le Québec francophone et catholique.         

Dans un monde civilisé, non violent, non colonialiste, le règlement démocratique d’un conflit doit être non seulement recherché, mais le but essentiel à atteindre.          

La violence repose sur le pouvoir et tout abus de pouvoir est un crime.  Il est dommage que pour des têtes brûlées, des égo-trips, on mette la vie, même si ce n’était que celle d’un seul individu, en danger.           

La vie devrait être plus importante que le pouvoir.  Aucun intérêt financier ne vaut une vie humaine.           

Pendant que M. Chrétien sillonne le monde pour prêcher la démocratie, son gouvernement, chez lui, foule aux pieds les règles les plus élémentaires de la démocratie.

Même le droit de parole et de divergence d’opinion n’est pas respecté : il est impossible de publier des textes qui selon la Commission des droits de l’homme, exige seulement de ne pas prêcher la violence, mais aussi qui parle des féministes, des juifs, des religions et de la pédérastie.  Il faudrait aujourd’hui ajouter l’opposition à Jean Chrétien. De quoi a-t-on le droit de parler ?  Seulement de la pluie et du beau temps ? Nous vivons un système d’omerta bourgeoise et religieuse. Une omerta politique.   

Pourtant, le droit de parole, sans appel à la violence, devrait être inaliénable et sans restriction           

*  *

On s’est servi de mon livre l’Homo-vicièr pour confirmer ma pédérastie.  L’UNEQ qui doit pourtant défendre ses membres a refusé de se prononcer.  Ce texte était de la pure fiction ; mais au Québec, les mouvements mêmes intellectuels sont parfois très rétrogrades. 

J’ai compris que pour l’UNEQ la supposée liberté d’expression au Québec, c’est une immense fumisterie.   

La lutte des féminounes nous font revivre les grandes campagnes de nos prédicateurs de retraites fermées où tout ce qui pouvait avoir une consonance avec sexe était synonyme de diable.              

C’est simple au Québec, on ne peut pas toucher à la sexualité. C’est un sujet tabou et si on le fait, on est un cochon. 

Si on ose croire que c’est normal d’être sexué et anormal, contre-nature, aliéné d’être aussi scrupuleux que la majorité des gens, sous prétexte qu’il faut protéger les «bonnes mœurs» des jeunes, on est un pervers…      

On censure encore les livres comme quand j’étais jeune ; mais ça se fait maintenant très hypocritement.   Tuer peut être vu et décrit sans problème, mais la vue de la nudité met la vie des enfants en danger.  « Est-ce que ça va dans leur tête ?» 

Les campagnes menées au nom du féminisme sont identiques à celles de l’Église catholique constipée. Ne touchez pas !  Dénoncez !  Censurez ! Même les institutions créées pour nous protéger de l’arbitraire défendent cette morale archaïque.

Évidemment, mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie et par la suite Mémoire sur la liberté sexuelle ont eu aucune résonnance dans le public.       

On veut mettre la photo de nos visages sur les poteaux, envoyer notre photo partout sur internet pour que tout le monde sache qu’on est des monstres, mais on nous enlève le droit de parole et on prend tous les moyens pour que personne ne sache que vous existez, si vous écrivez favorablement sur la pédérastie.  C’est une des grandes contradictions de cette nouvelle chasse aux sorcières.  C’est aussi un des nouveaux moyens de contrôler la pensée des jeunes.

 Ces scrupules sont même plus importants que d’essayer d’éclairer le pourquoi de l’existence de notre morale. On risque de s’apercevoir de la stupidité de la pensée de la civilisation Occidentale sur la sexualité, si on lit et on réfléchit le moindrement. 

Puisque ça ne se vend pas, les organismes gouvernementaux et paragouvernementaux n’aident pas à la rédaction et la publication de ces écrits qui, pauvres de nous, scandalisent les enfants parce qu’on est trop cons pour admettre qu’il est normal qu’un jeune soit curieux face au plus grand mystère de la vie, la sexualité, la transmission de la vie.

On préfère rester dans notre ignorance, c’est plus payant.  Il faut plus de jobs d’avocat pour permettre aux filles d’avoir des débouchés.

*  *   *   *

Le fédéral manipule le Québec en exploitant les sentiments des Québécois anglophones, en les menaçant de perdre leur identité.          
 
Dans un Québec indépendant, à l’intérieur d’une vraie confédération ou fédéralisme à l’européenne, cela deviendrait tout à fait faux.  Les Anglophones feraient partie du Québec et du Canada au même titre qu’un francophone.  Ils pourraient avoir une carte de citoyenneté québécoise et canadienne, mais c’est le fédéral qui refuse la double identité à ceux qui le demandent. 

En prétendant combattre pour les intérêts des Anglophones de Montréal, Ottawa les place dans une situation économique défavorable, car l’argent que perd le Québec à cause d’Ottawa (ce qui engendre notre crise dans la santé) est tout aussi défavorable pour un Anglophone de Montréal que pour le francophone.  Les Anglophones en payent aussi le prix. 

Les campagnes internationales pour dénigrer le Québec ne touchent pas que les Francophones, mais tous les payeurs de taxes du Québec.  Un autre domaine où notre argent va au fédéral, mais ne revient pas au Québec.  Un autre domaine où on paye Ottawa qui ne fournit aucun service pour l’argent reçu.           

 Il est évident que bien des Anglophones (surtout les personnes âgées) veulent absolument appartenir (et c’est leur droit) au Canada, car c’est le pays auquel ils s’identifient.  Ottawa, en les menaçant de leur refuser une double citoyenneté (Québécoise et Canadienne), un double passeport, devient un maître-chanteur et un manipulateur sans conscience et sans scrupule.  La double citoyenneté existe partout dans le monde. C’est une menace de mauvaise foi. 

 Un Québec indépendant à l’intérieur du Canada, pays associé.  C’était la formule Gérin-Lajoie, celle que j’appuyais quand j’ai dû démissionner des libéraux parce que j’avais pris pour René Lévesque en congrès.

René Lévesque démissionna, mais il aurait quand même été expulsé s’il ne l’avait pas fait.

Une vraie confédération élimine tous les problèmes car tous les Québécois deviennent Québécois-canadiens comme on était avant quand on se disait Canayens.  Avec l’indépendance, puisque la citoyenneté serait de juridiction québécoise, ce serait à lui de l’offrir.       

Il suffit d’un peu de bonne volonté, d’un peu de bonne conscience pour permettre à un vieil Anglophone, sans même la décentralisation, de pouvoir mourir en paix et dans l’honneur.  Une simple question de compassion.  Et, comme le disait monsieur Scowen, ceux qui aiment vivre au Québec, tout en s’identifiant au Canada, pourraient ainsi le faire sans préjudice et sans même devoir avoir recours à un privilège.  Il est sûrement possible aux Anglophones qui n’ont pas le sentiment et le besoin de l’impérialisme, du dominateur colonialiste anglo-américain, de vivre en paix au Québec.       
 
Avec les Dion-Chrétien-Henderson (Alliance-Québec) et Allen Rock, le Québec devrait mettre sur pied une armée de vigilance afin de se défendre si Ottawa veut encore nous envahir militairement comme en 1970. 

Après la loi sur la clarté et le nombre requis de votes pour faire accepter le référendum par le Canada, ces gens trouveront bien toutes sortes d’excuses pour rendre la sécession illégale.  C’est déjà dans un jugement de la Cour Suprême… une forme moderne de colonialisme, grâce aux lois. 

Le Canada respecte la loi et les règles que si elles font son affaire.  Le Canada fait semblant de croire et de respecter la démocratie.  Ils savent très bien que ce sont, eux, qui font les règles… comme des impérialistes.          

D’ailleurs, tous les jugements politiques de la Cour Suprême sont des gestes de dictature politique.  La Cour n’est pas là pour avantager le fédéral, comme ce fut souvent le cas, mais pour interpréter les lois et s’assurer que l’une ne chevauche, ni ne contredise l’autre.

Pourquoi une bande de juges pourraient-ils décider de l’avenir d’un pays, si ce pays est supposément démocratique ?  La Cour Suprême n’a-t-elle pas toujours eu un parti pris pour Ottawa ?   Pourquoi écouterais-je un juge comme s’il pouvait être le seul à décider du bien et du mal ?  Si les juges sont corrects — il n’y a aucun doute, mais de petites exceptions qui sont le fruit d’une nomination politique. Ils doivent leur avancement proportionnellement à leur implication politique, donc, à leur pourriture… 

Seul le peuple peut décider de l’avenir de son territoire.

Par ailleurs, il faut reconnaître que la cour pourrait être un guide efficace, peut-être essentiel, si elle était impartiale.    

Le droit peut être un guide international, s’il cherche vraiment la justice et échappe à l’argent.  Les règles judiciaires, comme les religions qu’elles remplacent, doivent être créées en dehors des intérêts des multinationales, avoir fondamentalement un but de réadaptation. Servir intégralement la paix et la justice. 

Partout, dans le monde, quelle que soit la raison légale ou pas, la peine de mort doit être abolie, même pour les services secrets. 

Il y a deux catégories d’Anglophones au Québec : ceux qui aiment vivre en paix, nous respecter et les fanatiques, les esprits colonialistes et orangistes.  Le pire, ce sont les fanatiques «canadiens», ceux qui, après quelques années, décident que le Québec doit être anglophone parce qu’ils n’ont pas eu l’intelligence de s’établir dans le reste du Canada. Ils agissent comme si l’anglais était devenu tellement fondamental pour eux qu’ils veulent convertir le Québec.   

Cela dit, le Québec doit faire avec et, par conséquent, trouver une tolérance humaine acceptable pour tous. 

Dans une vraie Confédération canadienne, tout le monde est bilingue d’un océan à l’autre, comme le voulait Trudeau, ou le Québec est francophone et le reste du Canada anglophone, comme le veut l’Alliance canadienne.  Il faut choisir ou la réalité le fait pour nous.          

Sans être un expert et malgré la complexité du problème, il est évident que le fédéral comme dans la santé, octobre 1970, manipule le sentiment de tous pour laisser reposer tous les blâmes sur les épaules de ce qu’ils appellent les «séparatistes». 

C’est le problème d’avoir qu’un seul parti qui aspire à la souveraineté du Québec.  On devrait d’ailleurs, de plus en plus, parler de l’autonomie du Québec. C’est comme un adolescent qui décide de prendre son appartement et cesser de donner son salaire à son père qui va le boire…. Cela accélèrerait notre processus de prise de conscience et d’identité collective.     
 
Ce qui est plus indécent, le fédéral crée lui-même les situations qu’il nous reproche.  Il invente les peurs pour protéger les intérêts de ceux pour qui la fédération est une double assiette à beurre.     

Les crises sont faciles en Amérique du Nord.  Il a suffi à Jean Chrétien de dire une vérité évidente : s’il y a eu les événements du 11 septembre, peut-être que l’Occident avec ses services secrets a couru après.  Tu ne peux pas laisser crever de faim le trois quarts de l’humanité, sans que ça te retombe sur le nez.  Pour une fois, bravo M. Chrétien.

Il faut comprendre qu’on puisse être très profondément affectés par la mort de tous ces innocents du World Trade Center, tout en réalisant que la politique sioniste-anglo-américaine est la cause de tout ce remue-ménage. Les Américains, sans le savoir, défendent les intérêts des industries du pétrole et d’Israël … Les Américains, toujours aussi têtes enflées, ont décidé de jouer les bras. Si l’Irak ne peut pas avoir d’armes nucléaires, pourquoi Israël le peut-il?  Pourquoi Israël ne serait-il pas aussi obligé de respecter les décisions de l’ONU ?        

Le Moyen-Orient est en crise pour le pétrole, l’eau, mais aussi à cause du fanatisme religieux autant juif qu’arabe.  Pourquoi la planète serait-elle en danger parce que les fanatiques juifs et musulmans, les religieux, n’arrivent pas à s’entendre ?  On dirait que nous poursuivons la guerre de 1939 et qu’il faut maintenant faire payer les coupables.  Une inversion de la misère … ?   
 
Si les «vivants en Amérique » arrêtaient de nourrir financièrement les pays du Moyen-Orient, n’y aurait-il pas une plus grande chance de paix ? Les juifs américains dépenseraient jusqu’à trois milliards par année pour armer Israël.  Israël et Palestine doivent être deux pays indépendants, libres et pacifiques. 

Il serait temps que l’on cherche réellement la paix.  C’est une horreur de voir et d’entendre autant de massacres, d’un bord ou de l’autre.  Le fanatisme religieux responsable de cette situation est une forme de schizophrénie. 

On dirait que ces pays sont dirigés par des fanatiques qui sont malades mentaux.  Le pire, tu ne peux jamais rien dire sans danger…

La liberté, c’est d’abord d’avoir le droit de croire, de penser, de dire ce que tu penses individuellement. Le jour, où l’on fait croire que dieu savait comment pisser, ceux qui prétendent avoir la vérité ne sont pas plus intelligents que ceux qui dirigeaient l’Inquisition. 

Je me sens un peu le Socrate ou Galilée de la sexualité. La vérité finira toujours par triompher avec le temps peut-être saurons-nous que l’avenir de l’humanité ne peut être garantie que par la compréhension mutuelle et la tolérance. Les religions devraient nous donner l’exemple, si Dieu est Amour, pourquoi accepte-t-il que des assassins parlent en son nom ?    

Sur un plan international, nous sommes de parfaits impuissants …

*   *   *   *

Les aînés.   

Si on pense aux aînés, une confédération pourrait fixer le minimum des pensions de vieillesse qui, à moins d’un changement constitutionnel, ne pourrait jamais être inférieur au plancher établi à la grandeur du Canada, incluant les Amérindiens. 

Cette pension de vieillesse serait annexée automatiquement au coût réel de la vie.  Elle ne serait pas uniforme, mais fixée selon la richesse des bénéficiaires.    

Une telle pension pourrait aussi être créée pour chaque nouvel enfant de 0 à 5ans, soit depuis l’âge de l’école maternelle. La personnalité de l’enfant se développe à ce moment-là, donc, c’est une période cruciale, où le jeune est absolument tributaire de ses parents.  C’est la période où il a absolument besoin d’affection pour se développer normalement. C’est ce qu’on appelle les allocations familiales.

Aussi, après 60 ans, tous devraient avoir le même droit à tous les médicaments et au même prix que les assistés sociaux.  Les laboratoires médicaux (pilules) seraient, selon certains, les plus grandes passes de blanchiment d’argent sale et d’essai pour trouver de nouvelles drogues pour la mafia ou pour l’armée.  Serait-ce que l’on commence à utiliser le savoir technique pour le profit plutôt que l’avancement des humains ?  Est-il vrai qu’on est à la recherche d’une drogue qui permettrait de ne pas avoir de remords si on tue durant une guerre ?          

S’il manque des médecins et des spécialistes, la cause principale est le corporatisme dans ce domaine et le filtrage trop serré des élèves à l’université (contingentement) qui désirent devenir médecins.  En fixant à l’université un contingentement très bas, très serré, comme on fait dans le logement, on joue avec l’offre et la demande.  Même si c’est juste et normal d’exiger une grande compétence de ses médecins, il est anormal que ceux qui ont l’intelligence pour pouvoir devenir médecins ou n’importe quelles autres professions, ne puissent pas l’être pour que l’«ordre des médecins» maintient une carence pour augmenter les coûts et les salaires. 

En fixant, à l’université, un fort contingentement, on arrive comme en économie à jouer avec l’offre et la demande. C’est irresponsable.  La santé est un bien mondial qui doit échapper à l’économie.  Même si c’est juste et normal d’exiger des médecins compétents, c’est de la folie que d’essayer de créer un contingentement qui réponde à des prévisions statistiques, juste pour pouvoir avoir de meilleurs salaires.  Quelqu’un qui a le talent pour devenir médecin devrait pouvoir le faire et ne jamais devoir abandonner pour des raisons aussi futiles que l’argent.  De l’argent, ça se trouve ; de l’intelligence, non, on doit faire avec ce qu’on a.      
 
Même si on essaie de tout mettre sur le dos du Québec pour parler de la crise des urgences, il faut comprendre que l’emprise fédérale sur la santé, la recherche, les études universitaires est de plus en plus déterminantes pour arriver à passer à travers cette crise, la maintenir ou l’empirer.  Si tu ne peux pas mettre l’argent où tu en as besoin à cause du grand frère fédéral, tu viens d’amorcer une crise au cours des prochaines années, crise qui ira en empirant. 

En se mêlant des secteurs qui ne le regarde pas, le fédéral maintient un état de crise permanente au Québec (santé, logement, médicaments, routes, etc.)  Le fédéral reçoit la majorité des taxes et impôts des contribuables du Québec, le Québec en a seulement 48%, mais le fédéral ne fournit aucun des services les plus coûteux.  

Voilà pourquoi, on voulait revoir les pouvoirs entre les différents paliers de gouvernements. Ainsi, même avec la péréquation et le transfert aux provinces, le Québec est dans le trou parce qu’il doit lui répondre aux vrais besoins des citoyens alors qu’Ottawa en reçoit de plus en plus, mais en dépense de moins en moins. C’est pourquoi l’indépendance est économiquement plus payante que de rester à l’intérieur du Canada.       

Tant qu’on sera assez idiot pour donner un million à un gars qui frappe sur une rondelle et qu’en même temps on doive se battre  comme professeur ou infirmiers, pour avoir un régime de vie acceptable, on mérite presque nos malheurs, ou du moins, on se les construit, en les mettant sur le dos du bon Dieu…

On devrait aussi simplifier l’accès des médecins venus de l’étranger.  La correspondance des diplômes devrait être établie avant l’entrée au Québec, tout comme une connaissance minimum du français (pouvoir communiquer avec les gens)…

Avec la responsabilité sociale, ce n’est pas tout d’être intelligent, mais il faut que cette intelligence serve à l’avancement de sa communauté.      

La mafia légale, c’est un petit nombre qui en profite au détriment du peuple.  C’est comme la discrimination positive. C’est de l’injustice au carré. Toute forme de discrimination doit être abolie.  L’âge, le sexe, la couleur, c’est une bêtise.  Un être humain est un humain et de ce fait doit avoir le même droit que tous les autres humains. 

Le système doit simplement s’assurer que tous nous avons la chance de nous réaliser aux maximum pour le bien même de notre communauté. 

Spirale intraprojective 35

octobre 10, 2020

Spirale intraprojective  35

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 334 à 344)

*  *  *  *

Si le projet de Confédération canadienne (comme en Europe) recevait l’assentiment des Québécois, cela créerait un certain problème d’identification pour les indépendantistes absolus comme moi.  Du jour au lendemain, ils devraient accepter que leur pays soit à la fois le Québec et le Canada.  Je ne pourrais même plus appeler les fédéralistes, des fédérastes, car, ça pourrait être interprété comme un manque de respect et dorénavant on serait tous de la grande famille.  Si je suis sincère, le Canada changerait de statut dans ma perception politique ; mais les chances que ça arrive sont très minces, presque inexistantes parce que le Canada anglais n’acceptera jamais.       

C’est tout un respect à inculquer : comment percevoir un ennemi qui devient son allier ?  Le Canada pourrait-il être un exemple mondial de réconciliation, en modifiant simplement ses structures ?  Accepterait-il de mettre de côté les fanatismes pour le bien de tous ?  

Dans un tel projet, une véritable confédération, il s’agit de pays associés, où le gouvernement central ne sert qu’à administrer ce que les parties lui ont unanimement dévolu et ce, sans possibilité de déficit.  Le fédéral deviendrait une espèce de gestionnaire à but non lucratif pour le bien des tous les Canadiens, Québec y compris.   Autrement, il ne nous reste que l’indépendance.      

La vraie Confédération est une position politique que j’avais dès mon adolescence.  Cela enlève simplement le fanatisme relié à l’absolutisme nationaliste de part et d’autre, reconnaissant que dans un monde de mondialisation, l’indépendance totale et intégrale d’un pays est impensable.  Une vraie Confédération, c’est l’indépendance avec une minuscule.  C’est une solution valable et respectueuse en autant que les négociateurs ne soient pas assez lâches pour vendre le Québec pour des intérêts personnels.  Ils existent certainement encore quelques politiciens honnêtes ?             

L’indépendance du Québec (souveraineté) dans une vraie Confédération permet d’éliminer les frictions entre les nations et de redonner son poids au Québec dans l’établissement de cette nouvelle structure politique.    

Les pouvoirs fédéraux ne seraient que l’argent, la dette, l’armée, la citoyenneté canadienne (qui devrait respecter les identités régionales linguistiques), la péréquation et le territoire.
  
Tout le reste appartient aux provinces ou aux nouveaux pays qu’elles sont devenues.

Le fédéral est responsable du territoire parce qu’il doit s’assurer que le pays demeure toujours effectivement une propriété des Canadiens.  Donc pas de propriétaires venant de pays extérieurs ou d’individus qui ne demeurent pas ici.  Ainsi, les étrangers ne pourraient que louer des espaces, dans un temps défini, et se servir de nos richesses que s’ils en garantissent le développement immédiat et le renouvellement postérieur quand ils céderont l’endroit.        

La Confédération assure l’élimination d’un palier inutile de mafia légale, de gens qui s’enrichissent au profit du peuple et du colonialisme puisque l’Angleterre n’aurait plus rien à faire et à dire chez nous, ni de près, ni de loin. 

Il n’y a plus d’exploités, mais trois peuples (francophones, amérindiens, anglophones) qui malgré les différences de langue et de culture ne font qu’un état composé de ces trois pays indépendants, unis pour le bien-être global de tous les citoyens.  

Toute forme de souveraineté qui ne soit pas pour le peuple ne mérite pas d’exister.  Toutes les révolutions ont été faites pour des bourgeois et non pour les peuples d’où l’importance cruciale d’avoir une vraie démocratie et un gouvernement transparent.       

Dans un tel cas, tout est à refaire.          

Les fédéralistes québécois ne défendent pas les intérêts du peuple québécois, mais ceux d’une bourgeoisie qui pour s’enrichir n’hésite pas à étouffer le Québec : le vol de la caisse d’assurance-chômage et la santé sont de bons exemples.         
 
Il faut être manifestement masochiste pour accepter de payer des impôts à deux niveaux de gouvernement (sans tenir compte des municipalités et des commissions scolaires qui ont aussi le droit de taxation) quand on sait, surtout, que le fédéral s’en sert pour envahir les champs de compétence des provinces.
 
Québec n’aura aucun pouvoir de négociation tant qu’il n’aura pas récupéré son pouvoir d’imposition et de perception de tous les impôts et de toutes les taxes payés par les citoyens sur son territoire.         

C’est pour nourrir une petite bourgeoisie qui a confondu son patriotisme à la haine du peuple québécois que l’on s’oppose à l’indépendance du Québec.  C’est, comme me disait autrefois un cousin stationné en Afrique du Sud : les noirs d’Afrique du Sud courent à leur perte sans les blancs. La surprotection est une corde pour te prendre.   

Ottawa devra laisser toutes les compétences autres que celles précitées afin que les citoyens puissent jouir d’un gouvernement efficace.  Un gouvernement plus près du peuple.  Québec doit envisager la même répartition des pouvoirs avec le régional, la même décentralisation et la même déconcentration qu’il exige d’Ottawa.  Le gouvernement n’est pas un outil capitaliste : il ne doit pas jeter ses citoyens à la rue, leur enlever des services pour faire plus de profits . Et, à qui bénéficieraient ces profits ?  C’est pourtant ce qui se passe maintenant.   
 
L’avenir se situe dans un sage partage entre le capitalisme et le socialisme.     

L’état doit aider, mais ne remplace pas l’individu.  Chacun est responsable de sa vie.  Mais, l’état doit aider davantage les démunis pour leur offrir sans cesse l’opportunité de s’en sortir ou de ne pas y laisser leur peau.    

Pour ce qui est des compagnies puisque le travail est la répartition de la richesse, celles-ci devraient payer des impôts en regard des emplois permanents qu’elles créent et maintiennent.  Plus un sou de prêt, sans emploi permanent.  Plus un sou de dons et d’octrois surtout.  

Pour notre sécurité, il faut pouvoir avant le prochain referendum neutraliser la GRC et l’empêcher de créer un troisième FLQ qui nous lancerait dans une guerre civile pour justifier une intervention armée au Québec.  L’indépendance doit se faire dans la non-violence absolue comme Gandhi l’a fait pour les Indes ; mais en évitant les massacres qui ont suivi.  

En attendant, le Québec doit récupérer au plus vite ses pouvoirs essentiels (la langue, la citoyenneté ou immigration, les impôts et les pouvoirs judicaires) afin de s’organiser et avoir un rapport de force et de négociation. 

Pour le moment, le Québec devrait vivre comme si le fédéral n’existe pas.   

Le colonialisme québécois actuel (comme partout ailleurs) n’est pas tout à fait le même qu’en 1837 ; même si on retrouve le problème du gouvernement responsable : Ottawa se donne des pouvoirs qu’il n’a pas.  Il empiète de plus en plus dans les juridictions du Québec.        

Le Québec est moderne, plus ou moins économiquement autosuffisant dans la mesure d’une interdépendance moderne inévitable.  Il se fait cependant gruger (comme les autres provinces) par les États-Unis, en ce qui a trait aux investissements étrangers ici et la vente de nos richesses naturelles.             

Le Québec reste une colonie parce que ses biens sont dilapidés par les forces néolibérales de l’impérialisme américain.  Cependant, tant que les Québécois se diviseront entre eux, il n’y a pas moyen d’espérer une solution.  Aucun referendum ne sera gagnant, tant et aussi longtemps que l’on se divisera et tant que les écœurés de la politique ne reconnaîtront pas la nécessité de leur vote dans un referendum, ce qui est différent d’une élection référendaire.  Les Anglais du Québec votent eux à plus de 90 % dans le même sens, contre la majorité francophone du Québec.  Et, ils se disent étonnés de constater qu’on croit qu’ils nous empêchent de devenir un pays… ils prétendent que Parizeau était raciste quand il a constaté que les 55,000 votes qui ont donné la victoire au fédéralisme au dernier referendum équivalait strictement aux 50,000 nouveaux immigrants que deux juges du Nouveau Brunswick venaient d’assermenter en leur rappelant qu’ils sont d’abord canadiens… une telle malhonnêteté intellectuelle ne se retrouve que dans un mouvement de propagande. 
 
Si les libéraux reprenaient le pouvoir au Québec, il est évident qu’on ne suivrait pas la tradition des Johnson, Lesage, Bourassa qui envisageaient la création d’un État du Québec.  Élire, Jean Charest serait une catastrophe parce que John James (ce sont ses prénoms) n’a aucune racine avec nos préoccupations.  Il est le pantin des Juifs et des Anglophones de Montréal.       

Le pays du Québec doit cesser d’être une menace verbale et devenir une réalité.  Pour le forcer à être uni, le gouvernement doit créer d’urgence le vote proportionnel.  Les vieux seront toujours à très grande majorité des libéraux parce qu’ils ne réalisent pas que le gouvernement fédéral est le principal responsable de la crise en santé.       

Au nom de la mondialisation, les financiers préfèrent un Canada uni, une fédération où le rôle du gouvernement d’Ottawa est central plutôt que d’avoir une vraie confédération où les provinces, les régions ont un plein pouvoir, sauf pour un nombre très limité de pouvoirs qui peuvent être mis en commun et être gérés par un gouvernement central créé par les délégations des pays qui en font partie.

Actuellement, le pouvoir s’exerce du haut vers le bas, du centre vers l’extérieur plutôt que du bas vers le haut ou des provinces vers le gouvernement central.  Il est surprenant que les États-Unis n’aient pas commencé à examiner les avantages pour eux d’un Québec indépendant ou souverain ou d’une union américaine à l’européenne … mais ils ont toujours la tête trop enflée pour se rappeler qu’on existe et qu’on est un grand peuple.         

Malgré le discours officiel, pour parler d’une union à l’européenne, il faut commencer par créer des états indépendants.  De toute façon, Ottawa ne négociera jamais avec le Québec, à moins d’être convaincu que le Québec veut vraiment devenir un pays et qu’il a eu le résultat référendaire le prouvant.        

Les américains ne peuvent pas être assez bêtes pour ignorer qu’un scénario promulguant la souveraineté du Québec est plus payant pour eux (le Québec tient surtout à sa culture et particulièrement à sa langue) que le risque incendiaire des luttes ethnolinguistiques ou raciales sur le continent.  Ils savent que le racisme peut vite prendre des proportions illimitées.  On a appris que les attaques bactériologiques, après les événements du 11 septembre, ont été perpétrées par des blancs Américains de droite ou de la CIA pour maintenir une certaine crédibilité à la nécessité d’entrer en guerre avec l’Irak et l’Afghanistan.  Qu’inventeront-ils maintenant ?         

Qu’on le veuille ou non, le Québec est américain et doit de plus en plus confronter les mêmes problèmes : pauvreté, racisme, sexisme, irrespect de la vie et des richesses naturelles au détriment de l’humain.      

Le Québec est croyant (catholique) et il doit affronter la même crise des valeurs que l’on retrouve à la grandeur des Amériques.  Cette crise est fondamentalement basée sur la répression sexuelle.  On la retrouve au sein de toutes les religions.  Les religions oublient le plus important : Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu ou d’Allah, c’est la même chose.     

Il y a plus, d’éléments dans le monde actuel, malgré les divergences, qui permettent de croire à une nouvelle unité humaine que de points qui annoncent son éclatement (une nouvelle guerre mondiale ou planétaire).  On dirait que la guerre du pétrole au Moyen-Orient se ramifie à travers toute la planète.  Nous sommes de plus en plus à organiser une guerre judéo-chrétienne contre les musulmans. Nous revenons toujours aux guerres de religion, car les humains ne savent pas encontre contrôler leurs émotions et les religions en sont les principaux responsables.  C’est un résultat normal de la répression sexuelle.      

Le dialogue sans fanatisme religieux semble toujours impossible.  La tolérance individuelle et la compréhension collective est le seul moyen d’y parvenir.  Tous les programmes de tolérance zéro sont des pulsions fascistes, stupides, d’abus de pouvoirs qui entretiennent un climat d’oppression ou si l’on veut une atmosphère de violence.         
 
Tant que nous vivrons dans un monde où la violence et l’intolérance sont un péché moins grave que la sexualité, nous vivrons dans un monde de fous.

*  *   *    *        
Le plan B de Stéphane Dion : pour tuer l’indépendance. 

Le plus grand danger pour le Québec et le Canada, c’est la pensée colonialiste du pseudo-French power, à Ottawa, avec Trudeau, car elle exige le «politically correct».  La pensée unique des WAPS — White anglo protestant– stupidité dirigée au Canada par les Orangistes.

Les Québécois à Ottawa sont obsédés par la peur de la souveraineté du Québec et voue une rage maladive contre leurs semblables québécois qui ne sont pas fédérastes.

Ils pensent que tous les Québécois normaux sont des imbéciles.  Cette façon de voir colonialiste de la bourgeoisie canadienne française tient du fait que l’on mélange les intérêts de ses petits amis à ceux du Canada.       

Si les libéraux québécois, nommés à Ottawa, avaient choisi de créer une place au soleil aux francophones à l’intérieur du Canada, comme le prétendait le French Power, ça aurait pu être très intéressant.  

Le French power a perdu ses dents parce qu’il n’a pas su comprendre et appuyer le Québec.  Nous étions trop minables pour eux.    

Mon père disait que les Anglais savaient toujours se trouver de bons francophones québécois de service pour faire la «job de bras » contre les Québécois.

Aujourd’hui, on essaie de nous ramener dans le moule, mais il est un peu trop tard.  Le développement du Québec nous a prouvé que nous sommes capables de grandes choses, comme disait René Lévesque.  Nous sommes passés de l’école de rangs à l’université.  La grande ville — le péché ambulant, absolu, intégré — est devenue un endroit de rêve.  Montréal est une ville formidablement belle, agréable où la population est d’une beauté à te scier les jambes.  Avec la loi 101, les guerres linguistiques tentent de disparaître.       

Si économiquement, la fusion n’est pas l’idée du siècle, comme tout ce qui est créé en gestion et en économie, la possibilité que Montréal devienne une ville où toutes les communautés peuvent vivre dans le respect, où la langue parlée et écrite est le français, tout en permettant aux arrivants de mettre leur culture au service du Québec, c’est un projet emballant.         

La guerre froide ou pacifique que se livrent le Québec et le Canada mettent les deux en péril.  C’est une perte d’énergie inutile.  Si le Québec veut vivre seul pourquoi le forcer à faire partie d’un état fédéraliste centralisateur qui cherche continuellement à l’anéantir ?  Pourquoi ne pas envisager de créer un pays dans lequel tout le monde a sa place ?

Si les Orangistes ont tant besoin de s’étendre et de conquérir qu’ils s’essaient aux États-Unis.  Je ne suis pas certain que ces derniers se laisseraient tondre comme des moutons, comme des Québécois.           

Si la violence recommence aux États-Unis, nous risquons de perdre le Québec et le Canada aux mains des États-Unis.  Nous serons tellement affamés que nous devrons nous intégrer aux États-Unis.  Et, là encore plus que jamais, il y aura deux classes sociales : les très riches et les très pauvres.   
 
Un état continental comme en Europe est une solution possible, si les pays, à l’intérieur de cette confédération demeurent totalement indépendants, et si les Américains, qui ont le pouvoir, le comprennent et voient ce que ça peut tous nous apporter.   Ils chassent encore leurs intérêts mondiaux dans le pétrole.  La guerre en Irak est encore le fruit des guerres entre services secrets des pays dominés par l’intérêt du pétrole.  Connaîtrons-nous une troisième guerre mondiale parce que les financiers des pétrolières ont décidé que dans leurs intérêts la planète doit être en guerre.  La guerre est une industrie, la plus puissante et la plus riche, nourrie du sang des nations et, plus particulièrement, de la jeunesse.

 On a qu’à regarder ce qui se passe au Canada pour comprendre que les divisions actuelles, face à l’environnement, viennent de l’automobile et du pétrole.

En ce sens, même si j’en ai toujours rougi quand Jean Chrétien déclare que l’Ouest a toujours fait crever le reste du monde de faim, je suis content qu’il soit mon premier ministre.  Je ne pas certain que Paul Martin, une marionnette des institutions financières, serait capable de dire non aux guerres américaines.  Peut-être… Je ne sais pas.  Qui dirigent les banques ?       

Un passager seul dans sa petite voiture, symbole de son petit pénis, comme dirait Freud, indique jusqu’à quel point les individus sont devenus des égoïstes. 

*    *    *    *  

L’ex-plan B, c’est d’abord de ruiner le Québec (et son électricité) pour l’empêcher d’avoir la force économique lui permettant d’aspirer à son autonomie.  C’est Dion lui-même qui l’a déclaré.  Le plan B de Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Rock nous menait inévitablement dans le tourbillon de la violence.

La gauche a toujours cru qu’il faut laisser la population crever de faim pour avoir enfin sa révolution. Pendant ce temps, ces parasites de la révolution se gavent comme de dindes.

La disparition de la classe ouvrière ou de la classe moyenne (du milieu) est la pire catastrophe qui puisse arriver à un pays, car il est normal que dans la force de l’âge tu travailles pour aider ton pays à soigner ses vieillards et â préparer ses jeunes à te remplacer. Ton tour viendra de devoir te laisser soigner quand tu seras plus vieux; mais si tu n’as pas d’emploi, tu ne peux pas payer d’impôts et tu peux même être une charge pour les autres.

Le fédéral agit comme si un père était maître du portefeuille de son fils révolté qui veut quitter le giron familial, malgré l’opposition paternelle.  Le papa garde une partie du salaire de son fils pour le forcer à reconnaître qu’il ne peut pas survivre sans lui.  Mais, le père se sert du portefeuille de son fils pour se payer une bonne cuite hebdomadaire.  C’est une source de frustration, donc, de conflit.  Le fils a-t-il raison de croire que son père le vole et d’exiger son plein salaire ?

Plutôt que d’aider le fils (Québec) à réaliser son rêve naturel et légitime d’autonomie à travers une nouvelle relation fondée sur le respect mutuel, le père lui coupe les vivres, façonne toutes sortes d’embuches et essaie par tous les moyens de le déstabiliser. C’est ce que fait le French Power , le parti libéral , à Ottawa.

La santé

Le fédéral a créé entre autres la crise de la santé et de l’assurance-chômage, en coupant à coups de milliards dans des domaines et en se vantant ensuite d’avoir des surplus (surplus pour qui).  Pour les placer dans des banques ailleurs ?  Martin a créé des milliards sur le dos des plus démunis.

Grâce aux coupures fédérales dans la santé, le parti libéral provincial en a profité pour faire croire aux Québécois que le Québec est le principal responsable de la crise dans la santé.  C’est facile puisqu’il y a un ministre provincial de la santé.

Ainsi, les journaux fédéralistes organisent les revendications, comptent les patients dans les urgences, crient après le ministre provincial de la santé.  Les journaux amplifient la critique puisque le monde n’a pas le temps de réfléchir.  Et ainsi, le gouvernement du Québec devient le principal responsable de la crise de la santé alors qu’il ne fait que gérer les états d’âme financiers d’Ottawa.

La santé est l’exemple, par excellence, de la roue que peut inventer deux paliers de gouvernement pour faire porter l’odieux à un autre, soit le Parti Québécois, par hasard, le seul mouvement souverainiste au Québec.       

Le problème existe à plusieurs niveaux, ce qui permet au fédéral, avec son gros portefeuille de maintenir la crise sans que personne ne pense au fait que le fédéral s’est immiscé dans tous les secteurs qui engendrent et maintiennent la crise de la santé : la santé, les recherches, les études universitaires, etc.

Si nous manquons de personnels dans les hôpitaux, c’est que les responsables de notre système d’éducation sont assez pourris pour ne pas prévoir à moyen terme les besoins que nous avons dans différents domaines. C’est la même chose au niveau des métiers de base : électricité, plomberie, etc.

La santé est un secteur où toutes les provinces éprouvent de la difficulté parce que le fédéral s’y plonge le nez.  Le problème avec le fédéral, c’est d’être centralisateur.  Il devrait avoir le minimum de pouvoirs possible et intervenir dans la vie des provinces le moins possible.

Le Canada n’a pas été créé pour un pouvoir central exclusif, mais pour unir des pays (provinces) en vue du mieux-être de la population. Et, faut-il le rappeler les francophones sont noyés dans une mer anglophone.

À remarquer que dans la tête de nos premiers ministres fédéraux orangistes, McDonnald en tête, les Francophones, les Amérindiens et les Métis ne sont pas des hommes civilisés. Parfois même, ils sont certains qu’il n’y a pas d’hommes puisqu’ils sont dans leur tête comme les Blancs des Etats-Unis pour qui les Noirs ne sont pas des humains, mais des bêtes de somme.

Pourtant, ces sont ces Wasps qui ont tort, qui agissent comme des humanoïdes sans âme. Finies les folies !, disait Trudeau.  Nous ne sommes pas assez fous pour ne pas comprendre que les Juifs et les Arabes, qui cherchent mutuellement à dominer les Etats-Unis, dont la survie est liée au pétrole, extrapolent leur lutte en Amérique. 

Le 11 septembre est le fruit des services secrets étrangers, particulièrement des pays saoudiens ou du moins des factions en lutte pour des puits de pétrole.  Les pétrolières américaines ou autres sont les principaux responsables de la misère sur notre planète.  Ils ont beau jeu, l’égoïsme que nous avons atteint ne permet pas de croire que ces gens arrêteront demain des profiter des carburants pour leur engin, même si la planète doit crever de faim.

Plus tu centralises loin de ceux qui ont besoin des services, plus ça coûte cher et moins il y a de service, plus il crée des étapes de services, des comités, des intermédiaires, et moins le bénéficiaire en bénéficie. Cela coûte très cher. C’est comme l’aide internationale qui est détournée par les dictateurs du pouvoir.

Les producteurs de lait du Québec peuvent en dire long sur le domaine de la plus-value. Plus il y a d’intermédiaires, plus que ça coûte cher.

Ce n’est pas pour rien que la parti libéral est considéré comme celui de la finance, des entrepreneurs et de la mafia : c’est le parti du capitalisme sauvage pur. Le seul but est le profit et quand il parle de prospérité économique, il ne parle du peuple, mais de ceux qui peuvent se le payer.

Le problème est le même à gauche, sauf qu’au lieu de nourrir les capitalistes, le système fait rêver les gens sur l’état, sur la vocation, sur des valeurs qui ne servent qu’à leur faire croire que ces gouvernements cherchent le bien du peuple.  Leur doctrine ne sert qu’à enrichir une très faible partie de la population.  Staline est un monstre au même titre qu’Hitler, mais on n’en parle pas.

La Charia qui tient les musulmans à la gorge est l’équivalent en pire du petit catéchisme catholique de l’Inquisition ou de Marx et Mao, pour les communistes. Ces systèmes aboutissent au même résultat : exploiter une majorité au nom d’une doctrine ou d’une religion.  Seule la doctrine change.  L’essentiel serait de trouver une doctrine qui n’exploite pas l’autre, qui élimine la pauvreté sur la planète.   

 LA SANTÉ.

Certains médecins sont en très grande majorité libéraux et plusieurs sont très attachés à leur bien-être financier, comme s’il n’y avait que cela dans la vie.  Cependant, il faut reconnaître que la plupart de nos médecins travaillent comme des fous et que leur situation salariale est loin d’être aussi scandaleuse que le salaire dans le sport professionnel.      

Leur corporation ou leur association ne voit que son nombril d’où pour le système, moins il y a de médecins, plus c’est payant.       

Les normes avec les quotas d’admission à l’université pour aller dans la santé, à cause des contingentements, sont absolument débiles, car elles engendrent à long et à moyen terme, un manque inévitable de personnel.  Quand j’étais jeune journaliste (j’ai commencé à 16 ans), on me cassait toujours les oreilles avec le mot planification … Un mot que nos gestionnaires publics semblent avoir oublié.  On n’a pas dû en faire beaucoup ou, au contraire, on a planifié la crise du manque de médecins comme on planifie les crises dans le domaine du logement.

Cette planification est le plus illustre exemple de méfaits d’un système fédéraliste.  Le fédéral est aussi en partie responsable de l’éducation supérieure.  En investissant, surtout en Ontario, il prive nos universités du Québec des sous dont elles ont besoin pour se développer.  Leur calcul dicte notre façon d’agir comme les transferts fédéraux dans les autres domaines.    

Le problème est cette éternelle guerre entre Québec-Ottawa, car elle élimine toute planification possible puisque le Québec est dépendant du fédéral.  Comment planifier son avenir, si le portefeuille dépend d’un autre ?

Le fédéral, même avec Paul Martin, est un cancer en soi.  Il cherche à tout dominer.  Par exemple, Paul Martin parle déjà de s’occuper des villes.  Or, les entités municipales sont des personnages provinciaux.  Le fédéral n’a pas à y mettre le nez.  Comment un maire de Montréal libéral pourra-t-il accepter de ne pas laisser le fédéral envahir un nouveau champ de juridiction provinciale ?  Plus le fédéral agit, moins les provinces existent, en termes de pouvoir et de juridiction.  Plus il y a concentration et moins cela se fait à la faveur des plus pauvres.

*   *     
 
 Les libéraux ne m’ont pas laissé que la planification dans la tête, ce qui est très bien ; mais ils m’ont marqué par l’individualisme du capitalisme.  Ils ont oublié de me faire comprendre que cette liberté individuelle est nettement proportionnelle avec la grosseur de ton portefeuille.  Si tu as 10,000$, tu ne feras pas de prison, sinon, c’est malheureux pour toi … C’est une des réflexions de l’Homo-vicièr.  Si on veut mieux comprendre, on peut aussi lire Le petit prince, de St-Exupéry.  Un livre à mille fois réfléchir…     

J’ai fait rire de moi, par la famille St-Pierre, de Victoriaville, quand, en conférence à la Chambre de commerce, je crois, j’avais préconisé que les sœurs soient nationalisées pour réaliser l’assurance-hospitalisation. Aujourd’hui, c’est fait.

Spirale intraprojective 34

octobre 9, 2020

Spirale intraprojective  34

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 324 à 334)

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 En 1760, en 1837 et avec la pendaison de Louis Riel, le statut colonialiste était clair, mais avec la venue du prétendu French Power, le colonialisme a perdu de son évidence parce que l’on a pu ensuite prétendre que les francophones du Québec étaient bien représentés à l’intérieur du gouvernement fédéral libéral.         

En fait, il y a deux rêves : L’indépendance du Québec avec Lévesque ou le Canada bilingue avec Trudeau, deux beaux et grands rêves, mais dont le second est absolument irréaliste à cause du refus de la population anglophone du Canada d’apprendre aussi le français.  L’Alliance canadienne en témoigne quotidiennement.

Le French Power a créé une nouvelle bourgeoisie franco-canadienne pouvant masquer le colonialisme, entretenir la dualité, parce que sur un plan international, on peut prétendre, grâce aux votes, que les francophones sont dûment, démocratiquement représentés à Ottawa.  On passe sous silence que leur rôle est d’écraser tout ce qui est bon pour le Québec et va à l’encontre des intérêts du reste du Canada.   

Ainsi, tant que le Québec élit des Trudeau, Mulroney, Chrétien, on peut prétendre que les Québécois ne sont pas colonisés parce que leurs représentants fédéraux sont démocratiquement élus, et ce, même si ce n’est qu’une façade.   Une bonne partie des gens votent sans même savoir pourquoi ils votent.  Et, sous ce même prétexte, on défend le vote aux jeunes de 16 ans et plus. 

Nos démocrates auraient intérêt à relire ce qui se passait en Grèce antique, même si l’esclavage existait et que la situation de la femme était totalement inacceptable quoique son rôle ne fût pas aussi inférieur qu’on le dit puisqu’elle gérait les fermes de leur mari.  Malheureusement, c’était tout ce dont elle avait le droit et elle était perçue comme un être servile, au service du mari.  Chaque époque a un degré d’évolution.  

Le véritable pouvoir est actuellement entre les mains de l’Ontario (chauffée par l’Alberta), grâce à la complicité d’une nouvelle bourgeoisie canadienne-française plus riche que la petite bourgeoisie du Québec, vue comme une bourgade.     

C’est un nouveau clan, plus riche qui profite de son appartenance pour exploiter les Québécois (rien de plus payant que les guerres (vraies ou fausses)… C’est ce que j’appelle la mafia légale : ceux qui profitent de la crédulité du peuple pour se faire de l’argent…          

D’ailleurs, cela est rendu encore plus évident par la présence du Bloc québécois qui fournit la preuve que le peuple québécois est devenu simplement et carrément la PLUS GROSSE MINORITÉ DU CANADA avec un statut qui confère au Québec de moins en moins de pouvoirs.  Le Bloc se voit déjà incapable de remplir ne serait-ce que le rôle d’opposition officielle.  C’est une réalité numérique et non une invention.          

Pire encore, plus le temps s’écoulera moins le Québec aura de pouvoirs au sein du Canada
.  
 
Le Québec est d’ores et déjà condamné à être dans un état de plus en plus minoritaire à l’intérieur de la Fédération canadienne parce que le Canada anglais refuse obstinément de reconnaître sa spécificité ou l’égalité des peuples fondateurs.   Le gouvernement du Québec est de plus en plus un simple gestionnaire et, non plus, celui qui décide ce qui va se passer chez-lui.

Cette situation justifie en soi, à elle seule, la présence du Bloc québécois afin de prouver que le parti libéral n’est pas plus représentatif des Québécois que les Conservateurs.  Par contre, il faut reconnaître que les changements de gouvernements ne changeront jamais profondément la société, tant que les fonctionnaires, les exécutants seront là à vie.

La souveraineté ou la peur d’un référendum gagnant au Québec constitue une barrière à l’assimilation galopante, même si les Anglophones sont loin d’avoir aussi peu de pouvoirs au Québec que les Francophones dans les autres provinces.
 
Le Québec ne peut même plus à l’intérieur du Canada prétendre être une société distincte avec de vrais pouvoirs. La Cour Suprême intervient toujours pour modifier la loi 101, par exemple.

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LE FRENCH POWER

Il est clair que pour les Anglophones, l’existence d’une deuxième bourgeoisie dite canadienne française est l’argument pour nier la réalité colonialiste du peuple québécois à l’intérieur du Canada. 

La guerre interne des francophones permet la domination économique orangiste de l’Ontario dont la puissance repose, comme par hasard, comme aux États-Unis, sur l’industrie de l’automobile et du pétrole.         

C’est la trahison du grand rêve de Trudeau de créer l’unité canadienne en créant un Canada bilingue et biculturel d’une marre à l’autre, sans se soucier que le Québec soit assimilé.  Mais, avec le temps, seul le Québec sera vraiment bilingue.  Et, le bilinguisme institutionnel est l’autoroute de l’assimilation.  Ce n’est pas pour rien que l’immigration demeure majoritairement entre les mains d’Ottawa.  Elle a permis d’ailleurs à Ottawa, lors du dernier référendum d’obtenir une majorité fédéraste et de le voler.          

L’assimilation du Québec n’est qu’une question de temps : Montréal en est la preuve vivante.  Bientôt, les francophones seront minoritaires.   

Par contre, l’arrivée des écoles linguistiques donne un cachet inestimable et unique à Montréal.  Je ressens toujours beaucoup de plaisir et de fierté à entendre de jeunes immigrants se parler en français.  Serait-ce l’avenir du Québec ?  Le bien-être de tous ces petits humains n’est-il pas ce qu’il y a de plus important ?

Les rois-nègres, nos trois colombes libérales, furent officiellement le lot du néo-colonialisme.  Ils le rendirent possible.  C’est aussi évident qu’en Afrique.  Ce colonialisme repose surtout sur le besoin de nous humilier, de nos diminuer. 

Mais, dans le contexte, il était impossible de faire mieux.  Trudeau ne pouvait quand même pas se proclamer indépendantiste.  Il croyait que nous ne pouvions pas nous en sortir hors du Canada, alors que René Lévesque croyait, au contraire, dans l’émancipation du peuple du Québec.           

Il faut aussi être ouvert à l’idée que ces jeunes idéalistes ont vraiment à leur façon essayer de changer les choses et créer un Canada qui soit acceptable pour tous; mais c’est peine perdue, le Québec est et sera toujours rejeté par le Canada anglais.      

Le résultat de leur défaite nous a été livré à la télévision quand Jean Marchand a quitté Ottawa en disant que la décision sera prise au Québec.  Peut-être ont-ils été honnêtes dans leurs efforts, mais cela n’a pas suffi.  Le Canada ne veut rien savoir du bilinguisme et du biculturalisme.  Reste le projet de René Lévesque ou de la Confédération (états associés) de Bernard Landry, ce qui revient au même. Personnellement, mon projet est que le Québec devienne une république avec ou sans attache avec le fédéral)  Si les Canadiens ne veulent pas de nous, tant pis !   

En octobre 1970, nous avons eu la preuve, avec les mesures de guerre, qu’Ottawa n’hésiterait jamais d’envoyer l’armée au Québec si le Québec votait un oui majoritaire en faveur de l’indépendance.   

Le radicalisme anglophone, avec la partition, à la suite du référendum, en exprime aussi la preuve.  La raison fondamentale qui aurait incité le fédéral à déclarer les mesures de guerre et nous faire vivre les Ordres (un film de Brault) serait que les Américains s’apprêtaient à envahir le Québec si le fédéral ne le faisait pas.  Ils étaient déjà à notre frontière… Les États-Unis n’attendent qu’un mauvais coup du Québec pour l’envahir.  En ce sens, les événements du 11 septembre justifient la mainmise américaine sur le Canada.  C’est contraire, de ce que Trudeau a voulu nous transmettre, soit notre indépendance vis-à-vis les États-Unis.  Si Trudeau était contre le Québec, il rêvait quand même d’un Canada autonome en Amérique.    
 
La loi de la clarté est une forme de chantage, en créant une exigence qui soit presqu’inacceptable.  Par contre, il faut reconnaître que la création d’un Québec nouveau ne doit pas se faire minoritairement, même si le gouvernement est élu, ou, en dansant sur la ligne.   La question doit venir du Québec et n’a pas à subir ce qu’Ottawa en pense.  Tant qu’au vote nécessaire, ce fut et ce sera toujours 50% plus un.           
 
Ce chantage ne doit pas nous arrêter.  Si le Canada veut jouer un rôle sur la scène internationale, il devrait commencer par donner l’exemple.  Il devra respecter un «oui» majoritaire québécois.  La démocratie ne doit pas être qu’un sermon.

Jusqu’à date, le fédéral a obtenu une majorité, grâce aux mensonges et à son hypocrisie.  Non seulement il a volé le référendum, mais on peut se demander s’il n’est pas le premier responsable de la mort de Pierre Laporte.  En 1970, les interprétations des faits étaient différentes, selon les informations.           

Certains prétendent que le FLQ a tué par Pierre Laporte, c’est la version retenue, officielle ; mais on dit aussi que c’était après que Pierre Laporte se soit lui-même blessé dans une tentative d’évasion d’autres voient en octobre 1970 l’aboutissement d’un complot fédéraliste.  

Selon une des versions, Laporte se serait dangereusement blessé dans une tentative d’évasion.  Ayant perdu leur sang-froid, à bout de ressources, les ravisseurs auraient décidé de le faire soigner, car ils craignaient pour sa vie.  Fanatiques politiques, mais pas meurtriers.  Ils ont amené Laporte à un endroit où grâce à l’hôpital de la base militaire, il pouvait être soigné en toute vitesse.  Pour s’assurer que la police agisse promptement on a même envoyé un message en ce sens, où trouver Laporte, à CKAC, une radio.    

Certains ont prétendu que le FLQ avait été infiltré par la GRC et qu’un de ses agents de la cellule Louis Riel était en constante et directe communication avec le ministre de la Justice fédérale d’alors, Jean Chrétien, afin de l’informer de l’état physique des deux détenus soient MM. Cross et Laporte.  D’où sort cette cellule?  Quelle a été son rôle ?   

C’est alors qu’Ottawa, pour prendre le contrôle de la situation ou vraiment protéger les soldats aurait ordonné que l’on tire dans la malle du véhicule contenant Laporte blessé, sous prétexte que l’on aurait pu y trouver de la dynamite.  Les ministres fédéraux étaient particulièrement paranoïaques, spécialement Jean Marchand.    

Laporte a-t-il été touché par une ou des balles tirées sur la malle du véhicule ?  Ces blessures et le temps pris pour ouvrir le coffre de l’auto auraient-elles entraîné la mort de Laporte ?   

Pour justifier ces blessures, Ottawa (à travers les médias d\’information) a prétendu que les ravisseurs étaient des agresseurs sexuels. On disait même aux informations que Laporte avait été agressé sexuellement.  Ce qui a été démenti par le coroner.  On a aussi parlé de l’entrée en jeu d’une cellule Dieppe Royal 22è, laquelle aurait exécuté Laporte.  On en entend parler que dans le livre de Pierre Vallières, le chef du FLQ, sur l’exécution de Pierre Laporte.           

D’autres prétendent que Laporte a été attaché dans le coffre de l’auto avec une sorte de nœud qui fait que plus tu bouges, plus tu t’étouffes toi-même.  Ainsi, Laporte paniqué se serait lui-même étouffé en voulant souligner sa présence dans le coffre aux soldats.  D’une manière ou d’une autre, la mort de Laporte a été un accident provoqué par le fédéral.          
 
En mettant la mort de Laporte sur le dos du FLQ, on faisait oublier que celui-ci avait négocié sa vie avec les ravisseurs et qu’en étant libéré, s’il avait tenu parole, il aurait fourni les liens qui unissaient le parti libéral à la mafia.

Est-ce que les événements d’octobre ont un lien avec le scénario qui a conduit au 11 septembre et à la guerre en Irak ?  Les terroristes sont toujours faciles à inventer par les services secrets.         

*   *   *   *

Les États-Unis doivent, pour défendre Israël, la revanche juive, faire croire dans la guerre au terrorisme.   Pour Israël, la paix passe par le sort de la Palestine, de l’Irak et des pays musulmans.  Les juifs transportent en Amérique une guerre qui ne nous regarde pas.       

Pendant qu’on nous fait croire que le peuple américain est la cible, à cause du 11 septembre, on ramasse de l’argent pour éliminer tous ceux qui ne font pas l’affaire des magnats du pétrole dans le monde.  Ce n’est pas une guerre contre les États-Unis, mais contre l’arrogance de leur politique étrangère parce qu’ils sont infatués, impérialistes.  Ils ne sont pas les seuls.  C’est une vraie course à la folie, à la guerre.    

Le problème de la propagande est de savoir qui nous ment le plus.  Tout le monde a droit de parole.  La partition au Québec est, comme je l’ai écrit à Stéphane Dion, un appel à la violence.  Tout appel à la violence, venant même d’un chef d’état doit être interdit.  Nous avons besoin de tolérance, pas de guerre et encore moins, de guerres de religions.        

L’enquête du coroner sur la mort de Pierre Laporte aurait dû répondre à ces questions, car même Pierre Falardeau, dans le scénario écrit de son film Octobre, les ravisseurs en auto laissent échapper un étrange : « Ce n’est pas nous qui avons fait cela ».   

Cela a permis, pendant des années, aux libéraux d’accuser le Parti québécois d’avoir participé à cet événement, d’avoir les mains tachées de sang, alors qu’en réalité Pierre Laporte aurait été tué, accidentellement ou pas, sous les ordres de Jean Chrétien. Le FLQ n’a jamais eu de liens avec le Parti Québécois, même si certains étaient membres de ce parti.  

Quand saurons-nous la vérité ?  Est-ce important aujourd’hui ?    

Qui, des jeunes, se rappellent octobre 1970.  La majorité des jeunes n’étaient même pas encore nés.           

Ottawa aurait agi ainsi afin que la mort de Laporte retombe sur le dos des indépendantistes et tue le rêve d’indépendance du Québec, tout en justifiant Trudeau et son gouvernement de parler de prétendue rébellion appréhendée (plutôt une paranoïa bien réelle) puisque les Québécois sont viscéralement contre la violence.  Un scénario qui fut très efficace puisque ça tué le FLQ.      

Le comportement de la GRC, le vol de la liste des membres du Parti québécois, le feu mis par la GRC dans une ferme de Ste-Anne-de-la-Rochelle en Estrie, le prétendu refuge central du FLQ, l’assassinat de Mario Bachand, un des principaux agitateurs pour le fait français (et peut-être Gaston Gouin) , l’explosion de l’agent Samson, de la GRC, qui allait porter sa bombe au nom du FLQ, permettaient de simuler un état d’insurrection et de répression militaire.       
 

On prétendait aussi que l’armée des États-Unis était à nos frontières, prête à intervenir. Les États-Unis seraient le plus grand obstacle à la création d’une vraie confédération canadienne.  Ils veulent tout le Canada, toutes ses richesses naturelles, pas seulement le Québec….    

C’est le scénario que devait ressusciter le fédéral advenant une victoire référendaire pour l’indépendance du Québec.  Une raison pour nous envahir…       

Le projet d’une vraie confédération ne permet plus un tel scénario militaire.  C’est une dernière main tendue, car la Cour suprême a tranché à l’effet qu’il doit obligatoirement y avoir des négociations si le Québec propose un nouveau fédéralisme, advenant un OUI à un referendum sur son indépendance.      

La stratégie militaire fédéraliste déjouée prouve que le Québec est une bonne vache à lait pour le reste du Canada, sinon pourquoi le fédéral est-il décidé à prendre les armes pour forcer le Québec à demeurer au sein du Canada ? 

Leurs campagnes de peur fédéralistes (on peut penser à la Brinks, à la Sun Life, à Cadbury) visaient les intérêts du ROC (Canada anglais) et n’avaient rien de crédibles.  Elles étaient pourtant très insultantes pour les Québécois.          
 
Si le Québec était si pauvre, on ne serait pas prêt à y envoyer l’armée pour le maintenir dans le giron canadien.  Une domination psychologique évidente.¨          
 
Les Québécois, pense-t-on à Ottawa, sont une bande de niaiseux pleurnichards qui ne se tiennent pas entre eux et surtout qui pisseront dans leur culotte dès qu’il faudra faire un geste le moindrement musclé pour se faire respecter.  Et voilà, ce que l’on pense de nous.  C’est du moins ce que la prison m’a permis de comprendre
 
*   *

La seule question qui me hante est de savoir jusqu’à quel point la politique a vraiment joué un rôle dans le déroulement de mon procès.  Était-ce vraiment un moyen pour me casser politiquement à jamais ?  Comme je me le demandais quand je pris le chemin des cellules, suis-je vraiment assez important pour que le politique intervienne ?  Je ne me savais pas aussi efficace.           

Est-ce que l’on est vraiment assez fou pour croire qu’un attouchement sexuel mérite la prison et avoir un dossier quasi éternel ? Essaie-t-on de créer un lien entre le terrorisme et la sexualité ?  Un moyen facile d’intervention dans la vie des gens ? C’est vrai que je ne savais pas encore que le ministre Dion présenterait sa loi de la clarté et que je me battrais, malgré mes accusations, contre son plan B.  Si on me prenait vraiment pour un felquiste, on avait raison de commencer à avoir peur…  

Était-ce seulement un simple frame-up sexuel dans le but de me faire cracher le plus d’argent possible comme on le fait présentement avec l’Église catholique ?  Le père de Mathieu aie-je appris plus tard ne faisait pas tout à fait une dépression nerveuse, mais il aurait été un consommateur de cocaïne.  C’était peut-être pour ça qu’il m’amenait Mathieu en le menaçant de le laisser chez-moi s’il ne l’écoutait pas.  Avec la mort de Rouhed, une autre menace de suicide m’obligeait à être encore plus ami.         

Voulait-on m’éliminer comme écrivain et surtout comme polémiste ?  J’écrivais peu, car je mettais tous mes efforts à enseigner, un métier que j’adorais.  Étais-je victime d’un réseau de chantage ? Le réseau féminoune était déjà en ébullition chez les Roc Machines.   

Juste avant ma condamnation, un soir que nous avions bu beaucoup, mon ami Jean Ferguson me dit que le tout avait été soigneusement préparé dans le but de me soutirer le plus d’argent possible.  Même si j’étais toujours cassé, j’avais tellement d’amis, dont Fergusson, qui m’aidait si j’en avais besoin que j’étais comme un gars riche.  On m’a demandé 10,000$ ou la prison.  C’est un chantage plus que payant, une nouvelle méthode de la mafia que j’avais préventivement dénoncé en témoignant à la Commission Bélanger-Campeau.     

Qu’on m’accuse d’être pédéraste, d’avoir touché Mathieu, c’est le risque quotidien de tous les pédérastes. Si le jeune est consentant, ça peut arriver.  Je dirais même que ça va sûrement arrivé.  Le problème, c’est en faire tout un plat.  La peur que les adultes ont pour le sexe chez les jeunes tient de la folie furieuse.


J’ai plaidé non coupable parce qu’une très bonne partie du témoignage de Mathieu était fausse. Ce devait être à cause des idées qu’il s’est fait à la suite de son interrogatoire. C’était normal, il s’était fait laver la cervelle. J’étais trop lâche pour jouer aux héros et commencer à démontrer que le système est complètement fou quand il est question des relations sexuelles avec les jeunes. Je ne voulais pas perdre mon droit d’enseigner. Je me considérais comme un bon prof et je n’avais rien à me reprocher. Quand bien même j’aurais touché le pénis de Mathieu une fois ou deux, ça ne l’aurait quand même pas fait souffrir. Seules les féminounes pensent qu’un attachement ça fait mal.


Je crois que la révolution tient à la liberté sexuelle, car elle combat la violence, la frustration et la sexualité est un élément de base dans le développement de la personnalité et du droit à la vie privée.  Renier ta sexualité, c’est renier ton authenticité.

Comment Mathieu aurait-il pu tenir secret une relation sexuelle alors que sa mère est mormone et que la police s’est présentée à son insu pour l’amener au poste, sans rien lui dire, sauf, qu’il n’avait plus le droit d’être en contact avec son père. Il evait chier dans ses culottes.  Sa petite sœur m’a raconté que Mathieu avait ri tout le temps en se rendant au poste de police. C’est ce qu’on fait quand on est trop nerveux.       

Selon son père, Mathieu se serait mis à table après deux jours en famille d’accueil et aurait subi des heures d’interrogation sur nos rapports.  Je l’avais massé, un massage suédois.  Je l’ai donc effectivement touché partout, sauf au sexe, car ce n’est pas inclus dans le forfait. Il était malade et c’était le meilleur médicament ; mais on lui fit interpréter le geste autrement.     

Selon notre société, je suis coupable de ne pas croire que la sexualité est mauvaise. Je pense au contraire, que c’est le plus grand plaisir que Dieu a créé pour assurer la survie de la race humaine.  Tout est là.  Si tu penses que la sexualité est mauvaise, tout devient mal.  Malheureusement, notre civilisation a toujours été charrié contre le sexe,  sauf dans la Grèce antique où la sexualité était considérée comme normale et un plaisir, non, comme un mal.      

La répression sexuelle est le moyen par excellence pour mépriser ta personne, car, on est tous sexués et essayer de ne pas l’être est contre-nature. Ceux qui croient dès le départ que la sexualité est dangereuse, mauvaise pour les enfants et les adultes, ne peuvent pas voir un attouchement sexuel comme quelque chose d’agréable.  Pour eux, en dehors la reproduction, tout est mal.  Pourquoi suis-je obligé de croire une telle bêtise ?   Quel est l’imbécile a décidé qu’être sexué est mal, pervers, sale ?           

Nous avons été élevés au Québec, comme ailleurs, avec la haine et la peur du sexe.  On est devenu carrément malade, hystérique concernant tout ce qui est sexuel. Personne ne peut justifier le rapport sexuel avec les jeunes, sauf dire : c’était comme ça, c’est comme ça, et ça va demeurer comme ça ; même si scientifiquement, on se rend compte que c’est la répression sexuelle qui n’est pas normale et naturelle.      
 
Oui, j’ai touché des jeunes, j’en ai caressé, ils ont aimé ça et moi aussi.  Je crois que ceux qui y voient du mal ont l’esprit tordu.  La sexualité chez les jeunes n’a pas la même signification que chez les adultes.  C’est un jeu, un moyen de tuer la curiosité, de se faire plaisir en découvrant une nouvelle excitation.    
 
On n’interdit pas la violence ; mais on vient fou dès qu’on voit un peu de nudité.  Je pense que cette peur de la sexualité est beaucoup plus malade que de la vivre librement, avec respect.         
 
Mathieu savait que je couchais nu. Nous en avions parlé avant de partir en voyage et je lui avais dit que pour moi, il n’était pas question de changer, Il aurait dû me le dire avant si c’était un problème.  Ça ne lui faisait rien, m’avait-il dit.   

Il fut aussi question de mes farces consistant à lui flatter la bedaine en l’appelant la bedaine à Mathieu, ce qui le laissait tout aussi indifférent.  Je croyais plutôt que ça lui faisait plaisir.  Ce petit jeu avait commencé alors que sa petite sœur m’avait vu sans chemise et m’avait dit que son père était plus beau que moi qu’il avait une plus belle bedaine, d’où j’avais flatté celle de Mathieu en lui disant que c’était sûrement lui le plus beau parce qu’il avait la plus belle.  Un geste que je répétais souvent parce qu’il venait tout à l’envers, sourire aux lèvres. Ça semblait le calmer. J’ai donc continué ce manège à cause du sourire de Mathieu. C’est vrai que j’avais ajouté la farce de faire semblant d’aller plus bas, ce qui le faisait encore plus réagir, mais je n’aurais jamais pu tant il serrait sa ceinture de pantalon. Même un doigt n’aurait pas pu s’y glisser.  Je le savais, mais ça demeurait drôle.    

Son père m’a aussi lu une lettre de sa mère qui se demandait avant mon départ si j’amenais souvent des jeunes avec moi — ce qui arrivait de temps en temps — on pouvait tous les interroger puisqu’ils étaient tous prêts à venir témoigner en ma faveur. J’avais plus de 20 jeunes qui m’ont offert de venir témoigner pour moi.  Même aujourd’hui, le plus grand nombre de mes amis sur Facebook, sont de mes anciens (es) élèves.  

Quand je suis parti avec lui, j’eus le pressentiment que c’était un piège. J’ai même pensé : «qu’il se passe quelque chose ou pas, c’était évident qu’en bout de ligne je me ramassais accusé».  J’ai même songé que tant qu’à manger de la merde, je devrais au moins m’arranger pour en profiter un peu.  J’ai pensé à Camus et son étranger parce que ce soir-là il y avait pleine lune… puisque c’était le contraire du soleil, il était donc normal que ce soit moi qui soit la cible…

J’ai aidé le père de Mathieu a formulé une plainte à la déontologie policière en bonne et due forme pour l’arrestation illégale de ses deux enfants (Mathieu et sa petite sœur).  Je vois ça plutôt comme un kidnapping de la police parce qu’elle n’avait pas les autorisations obligatoires pour être légale.  Évidemment, cette démarche n’a rien donné. Le système, c’est la mafia légale et illégale.

Quand Gabriel m’a raconté une enquête policière à la suite de mon incarcération, il fut le premier à me dire que la nouvelle mafia était composée d’hommes d’affaires. La pègre ne vend plus que de la marijuana, mais des drogues dures fabriquées au Québec en laboratoire. La pègre ce sont maintenant des hommes d’affaires.

Note : Une des felquistes qui a kidnappé Richard Cross en 1970 a affirmé que le fédéral était au courant de ces enlèvements. La police avait loué des appartements, une au-dessus et l’autre en face de l’appartement où M. Cross a été détenu et avait sous écoute l’emplacement de la cellule Chénier qui a kidnappé Pierre Laporte, avant même les kidnappings. Donc, le fédéral savait tout ça et il a laissé se produire la mort de Pierre Laporte. vice-premier ministre du Québec, sans intervenir. Selon le fils de M. Laporte, Jean, le fédéral a cependant négocié pour sauver M. Cross, un fonctionnaire de sa Majesté. Le fédéral a aussi déclaré les mesures de guerre qui entraîna l’emprisonnement de 450 personnes qui n’avaient rien à voir avec le FLQ.

Spirale intraprojective 33

octobre 8, 2020

Spirale intraprojective  33

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 313 à 324)

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Après la défaite militaire de 1760 et la révolution de 1837, les Anglais ont employé des moyens plus subtils pour réaliser l’assimilation.  Le rapport Durham préconisait entre autres : les communications, l’immigration et la langue de travail.

La loi 17, en Ontario, interdisant l’instruction et l’usage du français, est l’exemple le plus frappant du sort que le Canada anglais réservait aux francophones du Canada.  On voulait et on veut toujours que le Canada soit linguistiquement, d’une marre à l’autre, un pays exclusivement anglophone.  Il en fut de même au Manitoba où le fédéral ordonna la pendaison de Riel pour tuer dans l’œuf l’idée d’un pays francophone (métis) dans l’Ouest canadien.   

L’histoire du Canada n’a rien d’angélique.  Elle se nourrit de bien du sang.

J’ai peur que l’on se serve de l’ADQ pour retarder la souveraineté du Québec, en empêchant la tenue d’un nouveau référendum.  On peut aussi accorder aux Anglophones le pouvoir de contrôler notre système d’éducation, en permettant aux parents d’envoyer leurs enfants dans les écoles privées anglaises, grâce au libre choix des parents.    

Si c’est le cas, l’ADQ est un pas  en avant (du nouveau sang et moins de carriéristes de la souveraineté) mais six pas en arrière par une autre vague d’assimilation anglophone à Montréal.  …

Dommage que la nouvelle gauche soit aussi obsédée, manipulée par les féministes et leurs valeurs d’égalité fondées sur la stupidité de la règle du nombre et du rang plutôt que de la compétence et de na nature humaine.  Il n’y a pas d’hommes et de femmes, il n’y a que des humains.

Le Québec a surtout besoin de gens qui s’occupent de fournir les services pour améliorer la qualité de vie de tous.  Actuellement, les pauvres sont trop pauvres.  Ils n’ont rien pour retrouver leur dignité et leur autonomie.  La classe moyenne quant à elle est volée par toutes sortes d’impôts et de taxes.  Les taxes, en plus des impôts, sont des vols légaux.  Il ne devrait y avoir qu’un des deux.

Détruire le fait français hors-Québec permet de l’attaquer ensuite plus concrètement, plus efficacement au Québec, grâce à une certaine minorité de francophones assez irresponsables pour envoyer leurs enfants dans des écoles anglaises.  Ces parents cachent leur état d’âme de colonisés, derrière les droits de la personne et la création d’une supposée élite (les libéraux), grâce aux écoles privées.  

Le Québec devrait abolir le réseau des écoles privées et l’intégrer au public.  Il ne doit pas y avoir deux niveaux d’éducation : un accessible aux plus fortunés et l’autre pour les pauvres
.             

La langue d’un état est une chose, le droit d’être servi dans sa langue pour des fins humanitaires en est une autre.  Tout comme la connaissance individuelle de plusieurs langues afin de mieux communiquer avec les autres humains est un acquis , et non, de l’assimilation, si l’on respecte ses racines.          

Certains Anglophones de Montréal oublient quant à l’affichage, le colonialisme qui les a historiquement aveuglés.  Jamais un commerce en Ontario ne pourrait afficher en français.  Il n’aurait pas à payer une amende, les Red necks le détruiraient.

Actuellement, notre loi linguistique permet le respect de tous en exigeant d’afficher d’abord et en plus gros en français, puis dans une langue seconde.  C’est un compromis acceptable, s’il est respecté.  S’il ne l’est pas assez vite, le Québec doit revenir à la loi 101 et exiger que tout soit uniquement en français.           

Je n’ai jamais compris pourquoi les Italiens, par exemple, veulent afficher en anglais, et non, en italien.  Pourquoi bouder la possibilité de recréer le monde dans une seule ville : Montréal.   N’ont-ils pas assez de fierté pour prouver au monde qu’ils sont aussi capables de comprendre le français ?        

Quel circuit touristique formidable serait Montréal, si chaque communauté exploitait sa culture pour la mieux faire connaître aux autres, tout en préservant le visage français du Québec.     

Le rêve assimilateur des Anglophones qui considèrent encore le Québec comme une          «maladie canadienne» à cause de sa différence n’a pas changé.  Par contre, certains Anglophones, qui rêvent d’une carrière dans la fonction publique, en sont venus à la conclusion qu’à cause de Trudeau et sa loi sur les langues officielles, il est maintenant impossible d’accéder au plus haut niveau, sans être bilingue, même si le degré de bilinguisme pour les Anglophones pour être reconnu comme tel n’est pas le même que pour un francophone.      

Par contre, si le Québec était un pays indépendant ou confédéré avec le Canada, capable d’assurer la survie du français, le bilinguisme individuel deviendrait un atout plutôt qu’un danger, car le savoir est toujours un acquis.  

LA REINE D’ANGLETERRE AU CANADA.

 Le statut colonial se perpétue, malgré le prétendu rapatriement de la constitution canadienne par P.E. Trudeau. Pourquoi la reine d’Angleterre doit-elle être partout (argent-timbres, etc.), si le Canada est indépendant ?  Quelle est la position de l’Angleterre advenant un vote favorable à l’indépendance du Québec ?  Quels pouvoirs oubliés par le fédéral ne ressusciteront-ils pas ?  Si le Canada n’est pas une colonie anglaise pourquoi tous les membres du gouvernement du Canada doivent-ils prêter serment à la Reine d’Angleterre. ?    

Le Canada n’a même pas sa propre constitution puisque le Québec ne l’a jamais reconnue.  Même les gouvernements libéraux du Québec l’ont rejeté.  En quoi la charte de Trudeau est-elle meilleure que la Charte des droits de la personne du Québec ?  Au Québec, les gais ont des droits et l’âge de consentement est de 14 ans.  Même si on ne le respecte pas, la charte confère aussi le droit et le privilège pour les juvéniles, les mineurs de ne pas subir de discrimination à cause de leur âge.  Malheureusement, pour eux, ils n’ont pas d’argent, donc ils n’ont pas le pouvoir de se faire respecter…   

Avec Jean Charest, le Québec serait probablement très vite vendu aux fédérastes, en échange d’à-peu-près rien.  Mais, en lisant une entrevue sur l’Actualité, j’ai constaté que les libéraux, sauf sur le plan constitutionnel, présente une philosophie intéressante.  Mais, les politiciens sont de beaux parleurs.  Ils ne diront rien pour ne pas déplaire en période électorale.   

Comment peut-on parler de Confédération canadienne quand un de ses principaux éléments en est exclus ?        

Ce mal dévoile, c’est le moins que l’on puisse dire, la différence politique, culturelle absolue et irréparable entre le Canada (pays essentiellement anglophone) et le Québec (pays toujours encore, malgré les efforts fédérastes, une nation majoritairement francophone). 

La décolonisation du Canada avec le rapatriement de la Constitution n’est qu’un leurre tant que le Canada inclura une place dans les institutions canadiennes à une reine ou à un roi qui ne devrait plus exister, le cordon ombilical colonialiste ayant supposément été coupé.  Pourquoi avoir une gouverneure générale remplaçant la reine d’Angleterre et étant même la chef des armées du Canada ?  De toute façon, un lien fédéraliste entre les deux nations signifie simplement qu’un des deux peuples fondateurs est dominé par l’autre.       
 
*   *    *      *

OCCUPATION MILITAIRE DU QUÉBEC.

Par contre, c’est à travers la crise d’octobre 1970 au Québec et la chasse aux felquistes (1968 à maintenant) qu’il devient clair que le Canada anglais considère toujours le Québec comme «sa colonie» puisque le fédéral aimerait écraser militairement le Québec.          

Dans toutes les chasses aux sorcières fédérastes, on a identifié les homosexuels et les pédérastes aux révolutionnaires.  Aujourd’hui, on parle de pédophilie, car on sait qu’aucune personne normale sur terre peut-être d’accord avec la pédophilie quand on l’interprète comme une pénétration.  C’est l’arme de destruction massive contre tout individu.  Il n’a même pas à l’être pour être ostracisé, il suffit de créer la rumeur pour qu’il soit déjà socialement un mort vivant.


*    *    *          

On entretient dans la population la haine et la peur hystérique de la pédophilie pour permettre aux services de renseignements  et la police de faire l’équivalent de l’écoute électronique, en prétendant qu’ils visitent chez-toi, ton ordinateur, pour s’assurer que tu n’es pas un mauvais pédophile.

Pendant qu’on enquête tout le monde, le «système» peut continuer son travail de surveillance et d’espionnage en toute tranquillité. On a fourni à la foule, une bête dont il faut absolument avoir peur … un moyen d’attirer l’attention ailleurs… de justifier tout ce que l’on peut entreprendre d’immoral parce qu’on sait qu’à quelques exceptions près, tout le monde déteste les pédophilies.  Tu peux tout faire contre un homme, si c’est un pédophile.  On ne protestera même pas s’il est injustement traité.  Au contraire, on applaudira. 

Pourtant, tous les individus ont droit à leur dignité.  Les malades ne doivent pas être punis, mais être soignés, contrôlés pour s’assurer qu’il n’y ait jamais de cas de violence. 

La police incite à la désobéissance aux lois, en créant ses propres réseaux de pornographie et en les mettant à la disposition des gens pour mieux les baiser.  La prostituée agace-pissette c’est un nouveau mode d’opération de la police, même si c’est dégueulasse. 
 
J’ai toujours pensé qu’il est moins dangereux pour un jeune de jouir génitalement que de se brûler les cellules du cerveau avec les grosses drogues.  Mais, pour le système — pègre et police– la pédophilie n’est pas un secteur assez payant pour être intéressant.  Les vrais pédophiles sont extrêmement minoritaires, des cas d’espèces.  Par contre, ça peut servir à détruire l’Église catholique qui fut trop stupide pour convenir que la liberté sexuelle est voulue de Dieu. Les prêtres étaient pédérastes et non des pédophiles, une réalité inventée par les féministes qui cherchaient à obtenir que les femmes puissent elles aussi devenir prêtres.     

Je comprends mal en quoi cela nuit à un autre qu’il y ait un individu qui se masturbe chez-lui, en regardant de la pornographie.  Une fois vidé, les intérêts tombent. C’est ainsi moins dangereux pour les enfants.        

C’est d’ailleurs ce que l’on fait pour soigner les pédophiles. On les oblige à se masturber pour étudier leur comportement.  La Gestapo en faisait autant.     

Si le système veut vraiment réglementer dans ce domaine, il doit d’abord s’attaquer aux réseaux de fabrication plutôt qu’à ceux qui se rince l’oeil.  La vie privée devrait être absolue pour tout individu, et à moins qu’il se serve de ce droit pour organiser des gestes de violence, il a le plein droit d’être respecté.           

J’accepterai la morale de notre système quand les Américains reconnaîtront qu’il est moins sale d’aider des individus à s’en sortir, même si cette affection conduit à des touchers génitaux, qu’à protéger des systèmes qui engagent des enfants-soldats.  Les guerres de colonialisme et d’impérialisme de nos moralisateurs a coûté la vie à des millions de personnes qui ne partageaient pas leur point de vue sur la sexualité… Combien d’indigènes ont été tués ou pris comme esclaves ?  Et ce sont eux qui nous font la morale !                    

Tuer est devenu moins pire que de jouir… avec notre morale de paranoïaques.  S’il n’y a pas de violence qu’est qu’il y a de mal à vivre sa sexualité ?    
 
Je ne dirais rien si je ne savais pas que la répression sexuelle conduit à l’esclavage émotif et à la violence à cause de la frustration.  Le psychiatre W. Reich dans ses livres a apporté une preuve irréfutable que les jeunes ont été exploités en réussissant à les culpabiliser.  C’est une question de bon sens. 

La répression sexuelle est carrément une affaire d’ignorance et de lavage de cerveau.  Une lutte contre le plaisir.

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Le plan B de Stéphane Dion marque la haine maladive libéraux contre ce qu’ils appellent : les séparatistes.  Tout ce qui vient du Québec doit être écrasé.
 
Selon le plan fédéraste, une équipe d’anciens policiers et soldats de l’armée canadienne simuleront un soulèvement populaire armé à la suite d’un référendum gagnant de manière à justifier l’intervention de l’armée et rendre ainsi les indépendantistes coupables et par conséquent illégaux.    

Cette théorie est justifiée par une certaine go-gauche qui pense que si les gens mangent assez de misère, ils finiront bien par se révolter.  Je n’arrive pas, quant à moi, à justifier la misère humaine au nom d’une idéologie.      

 Toutes les idéologies servent à exploiter les individus. 

 Il est bien évident que le groupe est toujours plus fort que l’individu;  mais il y a aussi été prouvé que les gens en groupe n’ont pas un quotient intellectuel plus élevé qu’un enfant.  En groupe, l’âge mental régresse.      

Selon le plan B, la manœuvre, posage de bombes, devrait être organisé par d’anciens policiers et anciens militaires fédérastes.  La purge devrait, comme en 1970, justifier l’intervention de l’armée pour empêcher les Américains de mettre le pied en territoire québécois.  Tout en écrasant à jamais le Québec, le fédéral tuerait aussi à jamais tout espoir de sécession.    

Puisqu’au dernier référendum l’indépendance demeure une option de presque la moitié de tous les Québécois (49.5%), il a fallu cette fois pour le fédéral d’avoir recours à l’immigration pour voler le référendum.  Il a fallu aux fédérastes de contrevenir aux lois du Québec (la manifestation montre pour nous dire qu’on nous aime avait un coût illégal ; de plus, on a dû faire venir deux juges du Nouveau-Brunswick pour assermenter plus de 50,000 immigrants qui se devaient de voter NON) pour remporter la victoire.         

Puisque le tricheur fédéral l’a emporté de justesse, il a fallu créer la loi de la clarté avant qu’il y ait un autre référendum, au cas où les Québécois choisissent cette fois de créer leur propre pays. 
 
En démocratie, le gagnant l’emporte à 51%.  Si, au Québec, nous avons respecté ces résultats, pourquoi le fédéral ne ferait-il pas de même dans un prochain référendum ?  La démocratie n’existe pas seulement quand ça fait notre affaire.  Évidemment, l’idéal serait un résultat clair d’un bord ou de l’autre.  Mais les fédérastes respecteraient-il un tel référendum ?  Ils ont gagné celui de 1980 où on demandait de négocier un nouveau partage des pouvoirs à travers la souveraineté-association, mais on oublie que le Québec et le fédéral se sont mutuellement dit NON au référendum de Charlottetown.           

Avec ces défaites et l’interprétation des journalistes, les fédérastes pensent que les Québécois cesseront de croire en eux.  Ils jouent à l’autruche, oubliant la fierté que René Lévesque a ressuscitée.           

Les Canadiens ont-ils raison de nous croire pisseux ?  N’ont-ils pas encore compris que notre non-violence innée nous conduira immanquablement à la création de notre pays (avec ou sans association) ?         

Un jour, les Québécois comprendront combien ils sont exploités, à travers le  «on est bien, pourquoi changer ? » 

En refusant de se tenir debout, de s’unir, ils cautionnent les assassinats de milliers de gens autour de la terre parce que leurs impôts permettent de maintenir les machines de guerre.   

La victoire fédéraste anglaise du referendum, si on peut dire victoire alors qu’on parle de vol, fut pour eux celle de retarder la souveraineté du Québec.  Voilà tout ce qui compte chez les fédérastes, parce qu’ils continuent économiquement de jouir de la présence du Québec, tout en l’ignorant.  Au lieu d’accepter des changements constitutionnels majeurs, créer une confédération comme en Europe (Québec, Ontario, Canada), ils préfèrent continuer leur guerre sainte contre les mauvais séparatistes.           

Pour accélérer la défaite québécoise, les fédérastes se servaient de la partition comme moyen de créer une guerre civile.  C’est pourquoi les Anglophones et leurs serviteurs criaient au meurtre quand on leur proposa les fusions municipales.

Le fédéral a peur que si le Québec remporte une victoire, les Amérindiens exigent aussi des territoires à leur tour.       

Si le Québec et le Canada veulent continuer d’exister, ils ne peuvent pas passer sous silence la faim vorace de leur voisin du Sud
.     

Ainsi, contrairement au Québec, le fédéral est prêt à piétiner la loi pour avoir raison.
                    
*    *   
        
     Quand Dion a présenté sa loi référendaire fédéraste pour tuer à jamais l’indépendance, j’étais en prison à Bordeaux.  Eh oui !                    

Comme par hasard, une semaine après le début de mon incarcération, Dion présentait sa prétendue version de la démocratie… un chef d’œuvre de colonialisme. Il appelait sa loi référendaire, la loi de la clarté tout comme la loi du cadenas avait été inventée par Duplessis pour faire taire les syndicats.

Le seul but de cette loi est d’empêcher à jamais le Québec de devenir indépendant, de devenir un pays libre.  Ce coup de force ressemble à la pendaison de Riel alors que Macdonald (fondateur du Canada) criait : « Riel sera pendu, même si tous les chiens aboient au Québec. »  (Le livre noir du Canada anglais, Normand Lester, Les Intouchables, 2001, p. 158).

Dans leur chasse aux sorcières d’après référendum, j’ai été accusé d’actes sexuels par un petit gars venu en voyage avec moi.  Il n’avait aucun lien avec mon école. C’était le fils d’un ami que j’aidais à la demande du père. 

Je ne me suis jamais caché d’être pédéraste, c’était donc un bon moyen pour m’écarter définitivement du monde politique.  Que je lui aie touché le pénis, sans même branler la main, à quelques reprises, aurait mis sa vie en danger.  Malheureusement, il lui manquait une semaine pour avoir quatorze ans, soit l’âge de consentement.   Depuis le fasciste Harper a réussi à porter l’âge de consentement à 16 ans, comme si les petits gars ne se sentaient pas avant, les privant ainsi de leur droit de choix d’orientation sexuelle.  C’est les brimer de leur droit à la vie privée.          

Pour le procès, on a préparé deux déclarations, deux dossiers différents, deux versions pour m’incriminer d’une manière ou d’une autre.  Dans la première, j’étais bandé et j’appuyais mon pénis sur les fesses de Mathieu. Un peu plus et je le sodomisais le jeune à travers nos deux sacs de couchage avec mon petit cinq pouces.  Dans l’autre, il n’en était pas question.  Probablement parce qu’on avait appris mon accident.  Je m’étais disloqué une épaule.  Elle me faisait souffrir à tel point, qu’avec les médicaments, à ce moment-là, je ne pouvais pas bander.  Même si j’avais sucé le jeune à tous les jours durant mon voyage, ça ne lui aurait certainement pas fait mal. 

Qu’il ait été kidnappé par la police et placé en famille d’accueil durant des années à la suite de ce procès a sûrement eu des effets plus négatifs sur sa vie.

En cour, il avait déclaré que tout ce qu’il voulait, c’était de ne plus me revoir ; mais, il était venu souper chez moi la veille pour s’assurer qu’il pourrait revenir en voyage avec moi.        

Kidnappé par la police chez lui, sous prétexte que la maison était trop sale, il ne pouvait qu’avoir peur.  Évidemment, la Cour d’appel était constituée de trois femmes et j’ai dû, durant le premier procès, changer d’avocats.  Pour l’appel, c’est une jeune avocate qui a pris la relève.      
 
Ce n’est pas important que j’aie été condamné, mais ces procès prouvent que la conception de la sexualité chez les jeunes régresse.  Je sais que Mathieu m’aimait bien même après m’avoir accusé.  Lui fut placé et moi je me suis endetté parce que je ne pouvais plus travailler.  Dans ma tête, ces accusations sexuelles cachaient la vérité.  On voulait me faire payer de ne pas m’être écrasé avec le résultat du referendum car je continuais de me battre contre la partition et que j’écrivais : Jean Chrétien, le chef de la mafia légale, quand j’écrivais au gouvernement canadien.            

Je prétendais que le référendum avait été volé, mais j’avais démissionné de mon poste de président de la Société nationale des Québécois, à Val-d’Or, depuis quelques mois.  Tout au long de mon procès, une amie créait, comme moi, que c’était un coup monté politique.  À cette époque, ça avait beaucoup de valeur. Je me croyais un patriote important.     

En fait, j’étais probablement accusé et puni d’avoir trempé dans le FLQ, d’en avoir connu tous ses chefs et on prétendait que je connaissais une vérité qui ne devait pas être connue.  Je n’ai jamais su laquelle. On croyait aussi qu’il y avait des messages secrets dans mes livres, spécialement l’Homo-vicièr.   

Si on a su me prendre dans ce coup monté, est-ce à dire que dorénavant on aura pu besoin de ce petit manège pour se débarrasser de moi advenant que je remette le nez en politique?      
  
Pierre Faucher, un ancien policier de la Sûreté du Québec m’avait dit qu’on reconnaît qu’il y a un frame-up quand la police en fait trop.  Or, le fédéral depuis m’a empêché de participer à un projet Sprint, après l’avoir accepté.  Il a aussi gelé mon compte à la Caisse populaire d’Outremont (12$), sous prétexte qu’il me manquait des papiers à l’impôt concernant ma participation à l’élection fédérale alors que j’avais contribué en don pour le Bloc Québécois.  Et comble des combles, dans une entrevue au SEFRANC pour pouvoir enseigner au Cégep ou aux adultes, question de survivre, j’ai eu 40% en composition française.   J’avais dû donner mon numéro d’assurance sociale d’où la possibilité pour l’organisme de vérifier mon identité et mon dossier judicaire.  En m’accordant une telle note, finit pour moi l’enseignement.  Avec un dossier, finie la possibilité d’aller même enseigner à l’extérieur.     

 Vers 1992, Allen Rock passait ses lois folles sur la littérature pornographique.  On venait, sous prétexte que je fréquentais des jeunes, de me refuser mon pardon.  Il avait d’abord été accepté jusqu’à ce qu’une nouvelle enquête soit exigée par le Conseil des ministres fédéraux d’alors.  

J’ai écrit à ces fédérastes que leur reine Victoria était le symbole de la répression sexuelle et de l’impérialisme britannique, sur lequel je crache avec plaisir.  N’était-ce pas un moyen de continuer à me harceler ?  Pourquoi un refus après avoir été accepté ?      

Fin des années 1980, un peu plus tôt, en se servant de mes anciennes conversations des années 1970 dans une taverne à Sherbrooke, on venait de me faire perdre préventivement mon emploi de professeur de français au Manitoba, à The Pas.     

Je ne suis pas un saint, mais je crois que tout devrait être permis sur le plan sexuel tant qu’il n’y a pas de violence. Il faut seulement le consentement mutuel, le respect de l’autre.  Est-ce moi qui suis fou ? Ou est-ce que les interdits sexuels sont de la folie furieuse qui s’est développée au cours de notre passé dans notre civilisation ?  Suis-je paranoïaque ?  Allez donc voir …            

Pourquoi faut-il un âge au sexe pour avoir le droit d’être libre ?  Pourquoi le sexe n’a-t-il pas toujours été vu comme un plaisir ?  Serait-ce que les jeunes d’aujourd’hui souffrent plutôt que de jouir ?            

En réalité, c’est qu’on refuse la vérité.  On est sexué dès notre naissance. Il y a comme le disait Freud des étapes, des stades de développement et ce sont les adultes dans leur ignorance qui fabulent sur les dangers du sexe chez les jeunes. 

Or, chez les Grecs avoir un petit serin c’était le prestige, c’était celui qui prendrait sa place, celui qui était éduqué par son amant.  Il y a toujours eu un rapport entre les jeunes et les adultes mâles qu’on a essayé de tuer en interdisant les tavernes, remplacées maintenant par les soupers de filles.  Aujourd’hui, en plus de la race, on essaie de créer des catégories d’âge.  Quel monde de fou !  

Pendant que j’étais en prison, on a incarcéré Gab, le jeune punk, qui vivait avec moi.  Il était âgé de plus de 25 ans, alors ne nous énervons pas !  Les féminounes sont vite sur le piton de la dénonciation.  Il était chez moi parce que sa mère croyait que j’étais le seul à pouvoir l’aider. Il n’écoutait que moi. Et, je l’adorais.

Nous savions qu’il était malade parce qu’il s’était sauvé du centre jeunesse et il essayait de me persuader qu’il avait le pouvoir de diriger le monde par sa pensée. À partir ce de cette expérience, j’ai persuadé sa mère d’exiger des examens parce que son discours me semblait devenu complètement irréaliste. Le Centre jeunesse a dû convenir qu’il s’était trompé puisqu’un psychiatre confirma qu’il était schizophrène paranoïde. 

Pendant plus de neuf mois, je me culpabilisais en me croyant coupable de l’avoir mis involontairement dans la rue.  Je croyais qu’il ne méritait pas ce sort.  Il a été emprisonné pour des raisons obscures.  Au moins, il avait un lieu où demeurer, puisqu’il ne pouvait plus compter sur moi. 

On refuse de soigner les jeunes, s’ils n’ont pas été au moins six mois sans consommer.  Ils consomment justement parce qu’ils cessent d’être médicamentés.  L’œuf et la poule.              

Tout son comportement bizarre passait sur le compte de la maladie mentale.  Quand il fut déclaré malade, ce fut pour moi toute une révélation, car cette situation était tout à fait nouvelle.  Il n’avait jamais montré de signes avant-coureurs me permettant de soupçonner auparavant sa maladie.       

La prison pour un schizophrène est une cause de stress invivable.  C’est incroyable ce qu’endure les prisonniers dits « soucoupes».  C’est sûrement l’arme fatale qui démolit à jamais leur santé mentale.             

Par contre, s’il est soigné à l’intérieur et gardé dans un secteur qui le sécurise, cet emprisonnement peut l’aider à se retrouver, car il est forcé de ne pas consommer et de prendre sa médication.  Il peut ainsi se replonger petit à petit dans la réalité.  Malheureusement, il faut d’abord un diagnostic et des gardiens qui s’occupent de leur bien-être.       

S’ils peuvent continuer à être soigné, à se socialiser en sortant, ils peuvent même aller à l’école, apprendre un métier et peut-être s’en sortir, si le Bien-être social ne les coule pas. On dirait qu’une fois que tu as été sur le bien-être, ils font tout pour que tu ne puisses jamais plus t’en sortir.         

C’est aussi en ce sens que je dis que le système est une mafia légale.  On tue les jeunes avec les drogues dures et on fait croire que c’est moins pire qu’une expérience sexuelle.  Le système, par ses lois, crée les bandits qu’il veut. 

La liberté sexuelle individuelle permettrait qu’on s’attaque au vrai problème de la prostitution sexuelle internationale : le proxénétisme et la vente d’organes humains.

On ne veut pas s’attaquer à la grande pègre internationale, celle qui est responsable du kidnapping d’individus pour les organes ou la prostitution ; on préfère s’attaquer aux individus parce que c’est moins d’efforts et ça nourrit mieux les statistiques.    

Marc Lachance, un Québécois et créateur des cirques d’Éthiopie a été forcé, à la suite de la réception d’une lettre anonyme de dénonciation, à se suicider puisqu’il ne voulait pas que son amour des garçons mette en péril l’œuvre de sa vie : permettre à des centaines de garçons en Éthiopie de manger, de vivre décemment en dehors des rues, de pouvoir aller à l’école, grâce au cirque.       

Que certains dans le groupe acceptent de jouer aux fesses avec lui, il n’y a pas lieu de jouer les gorges chaudes (tant qu’ils sont d’accord).  Par contre, s’il y a organisation d’un réseau de prostitution qui force les jeunes à se vendre, c’est autre chose ; mais, c’est le contraire de l’esprit du Marc Lachance que j’ai connu. 

Il compensait sa culpabilité d’être pédéraste par une générosité sans borne, sans limite, même si elle n’était pas parfaite parce qu’elle n’était pas totalement gratuite comme c’est le cas dans la pédérastie et toutes les formes d’amour et d’amitié.  On se recherche d’abord dans l’autre.  C’est une phase normale dans l’évolution individuelle. On est tous plus ou moins des narcisses conscients. La prostitution ne peut être que libre et individuelle pour être acceptable.   Il faut un minimum d’amour.  Toute forme de proxénétisme est condamnable, avec des jeunes ou des femmes, peu importe.  Le consentement libre est essentiel dans toutes les relations. 
 
Marc Lachance avait réussi à rendre extrêmement positive une forme de vie vue par les autre comme la plus condamnable des perversions.  Ils sauvaient des enfants de la misère.  Mais on est trop cave pour faire la différence entre pédophilie-pédérastie ; l’amour entre deux être qui s’aiment malgré leur différence d’âge. On est loin du commerce charnel international.  

Spirale intraprojective 32

octobre 7, 2020

Spirale intraprojective  32

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 303 à 313)

UNE MAFIA LÉGALE.

Quand j’étais jeune, mon père me disait souvent qu’il y a deux sortes de mafia : la petite pègre, les bras ; et la grosse mafia, les collets blancs, juges, etc.         

La grande mafia exploite la majorité sous le masque de la légalité.  Elle construit les lois de manière à créer des criminels (législation sur la marijuana, la prostitution individuelle volontaire, absence de lutte à la pauvreté pour ne pas dire exploitation de la pauvreté).    

Elle exploite tout le monde plutôt que de les intégrer dans un projet planétaire humain.  Elle rend tout criminel pour avoir des amendes à distribuer.  Elle criminalise plutôt qu’encadrer, circonscrire le danger, plutôt que de respecter les droits individuels et la vie privée.  Plus il y a de lois à contourner, plus il y a d’amendes possibles.       

Mais pour justifier l’existence et la nécessité de la police et de ses budgets, il faut de bonnes statistiques. C’est une affaire de propagande et de lavage de cerveau.  De marketing. C’est là où les féminounes sont utiles car elles permettent d’entretenir une paranoïa avec la pédophilie.  Plus on établit de lois et de règles pour régir la vie de tous, plus il y a de contrevenants.

L »abus des lois rend légal l’emprisonnement de la majorité de ceux qui remplissent inutilement nos prisons (crimes non violents) afin d’entretenir un système judiciaire où justice est argent et corruption.  Il est moins nuisible de se faire tailler une pipe ou de le faire que d’agir violemment ou absorber des drogues dures qui, elles, détruisent à jamais le cerveau.  Tout est modération. 

La légalisation du pot permettrait d’assurer la qualité du produit, ou la légalisation de la prostitution individuelle consentie donnerait à la police le droit et le devoir de protéger les prostitués (es) qui sont souvent violenté(es).  Le problème de retrouver des seringues n’est pas un problème de prostitution (si on acceptait les maisons closes), mais il est relié à un des buts de la prostitution soit d’acheter de la drogue.  Il faut d’abord s’attaquer à la consommation des drogues dures.           

La police est un mal nécessaire, voire essentiel.  Nous ne sommes pas encore assez parfaits pour agir avec un tel sens inné de la responsabilité que nous puissions nous passer de surveillance.  La police est aussi un élément essentiel de sécurité, mais s’il n’y avait pas d’abus, elle n’aurait pas raison d’exister.  Mais, encore aujourd’hui, c’est le contraire. On est encore assez idiot pour faire le commerce d’individus… Un bon policier, honnête doit protéger tous les individus.  Il n’a pas à s’enfler la tête avec sa matraque ; mais comprendre que son rôle est de maintenir une bonne qualité de vie pacifique.  Il semble qu’au Québec, on a commencé à le comprendre.  La police ne doit pas être un rempart protecteur des capitalistes qui abusent des travailleurs, mais être au service des citoyens pour que les lois soient respectées.  

Est-il vrai que le pot conduit à la psychose ?  J’ai l’impression que ça peut exister dans le mélange drogue-peur-violence d’où il est important de comprendre les jeux d’Hollywood… Mais, je ne suis pas médecin, ni psychiatre.  Je crois qu’une personne mentalement malade devrait s’en priver absolument. Que faire de ceux qui veulent fumer à l’occasion et poursuivre leur médicamentation ?         

Fait-on des recherches sérieuses et crédibles ?  La maladie mentale est le lot de milliers de jeunes qui vivent dans les rues.  Que peut-on faire pour eux?  Pourquoi ne pas avoir une clinique de psychanalystes et psychologues gratuite pour leur permettre d’évoluer dans leur cheminement ?  Pour éviter les crises dangereuses ?  Pourquoi ne pas avoir une école pour les cas légers et la possibilité de leur trouver un emploi rémunérateur ?  Ce n’est pas parce que tu as un QI faible que tu ne ressens pas le plaisir et la douleur …    

Le vrai problème quant à la légalisation du pot, de la prostitution individuelle consentie et du porno chez soi est que notre société n’a rien fait pour nous y préparer.  Ce sont des sujets qui doivent être abordés, sans mentir, dès le début du secondaire.  Il est clair que consommer avant un cours te garantit d’échouer.  Le travailleur qui visse un boulon dans un train ou un avion et qui a trop consommé risque de fort mal faire son travail et de mettre la sécurité et la vie des personnes en danger.  Par contre, si tu fumes, ton joint le soir, pour relaxer, écouter de la musique, faire l’amour (une expérience bien spéciale), il n’y a rien-là.         

La liberté n’est pas innée. La responsabilisation qu’elle exige ne s’acquiert qu’avec l’expérience.  Elle est nécessairement individuelle et il y a nécessairement des dérapages.      

Nos intervenants continuent d’appliquer une morale castrante comme ils l’ont appris à l’université.  Sur la ligne de feu, il manque de personnel, et surtout, d’un personnel de sciences humaines qui soit plus humain, moins constipé… Au lieu de couper chez les infirmières, chez les enseignants, nous ferions mieux d’éliminer les surplus de curés, d’avocats, de gestionnaires stéréotypés, les sportifs professionnels, toute cette bande de profiteurs… mais ils rapportent des milliards à un groupe de petits riches qui se fichent de ce qui se passe dans le monde pourvu qu’ils aient leur profit.  Des assassins légalisés.      

La projection pour créer des emplois revient à nos universités.  Les dirigeants sont-ils trop bornés pour savoir qu’il faudra un surplus de personnel enseignant ou médical ?  Que la population vieillit et qu’elle exigera une autre approche de la médecine ?   Planifie-t-on en fonction des besoins de la population ou en fonction d’avoir de meilleurs bénéfices ?  Les associations et corporations médicales se prennent-ils pour des syndicats dont le seul but est d’abuser de l’ignorance populaire ?       

Par contre, il faut faire la part des choses, la très grande majorité des professionnels sont très dévoués et ce n’est pas de leur faute si les gestionnaires préfèrent le ciment — parce que ça nourrit plus d’amis — que la santé.           

Il suffit de rendre une chose simple complexe ou difficile pour multiplier les intervenants et, par conséquent, les profiteurs.  Pourquoi les juges ne sont-ils pas nommés grâce aux votes des avocats, pour en assurer l’honnêteté et l’impartialité, plutôt que par les politiciens ?        

La police doit exister pour assurer la sécurité des citoyens, non pas pour défendre les coffres des politiciens.  Il est urgent que l’on fasse une distinction entre malade et bandit.  Être trop dépendant est une maladie, basée sur la honte, la haine de soi, l’insécurité et la peur.  Tuer, blesser, voler, ce sont des crimes dans toutes les cultures avec raison.   

Si on veut éviter des violences inutiles, on s’assurera qu’il y a des relations entre les ministères concernés et un suivi véritable de ceux qui sortent de prison, pas pour les punir davantage, mais les aider à se réintégrer.  Ce ne doit pas être un autre moyen de les tenir en cage, mais une aide dont ils ont absolument besoin pour avoir la force de bien vivre dans la société.  On appelle ça de la prévention.  Un terme qu’on semble oublier comme l’éducation dans les domaines sexuels qui doit cesser d’être religieuse, mais se baser sur les sciences et les découvertes modernes, car on commence à peine à comprendre comment ça fonctionne.  La liberté sexuelle n’a rien de dangereux. 

La frustration sexuelle peut mener à tous les crimes.

La vraie mafia, ce sont les banques, les multinationales qui recherchent des travailleurs sous-payés pour augmenter les profits.  En fait, la vraie mafia ce sont certains membres des gouvernements, juges, policiers, évêques, médecins de corps et d’esprit, tous ceux qui vivent en abusant des payeurs de taxes. Ils ont le pouvoir de créer les règles du jeu.     

Des gens de pouvoir qui exploitent leur charge pour s’enrichir sur le dos des autres. Ce sont ceux qui abusent des payeurs de taxes, qui ne pensent qu’à leur nombril le pouvoir et l’argent.  C’est ce que l’on appelait jadis le système.  Les surtaxes sont aussi un vol, car elles empêchent la majorité de jouir de la vie.     Avoir plusieurs paliers de gouvernements, c’est multiplier les sources de taxation, c’est aussi multiplier les exploitants.  Les dédoublements de pouvoirs permettent de voler légalement en double. C’est ce le principe du fédéralisme canadien.

Chaque palier de mafia a ses règles.  Chaque palier est d’une certaine façon complémentaire et inter-pénétrable puisque la petite pègre n’est que le poing de la mafia légale, en exécutant ses «jobs de bras», en agissant sur un autre terrain.  C’est étonnant que l’on ne parle que des Hells dans la guerre au gangstérisme au Québec.  Ce ne sont pas les maîtres, mais les exécutants musclés. Ils agissent seulement en ce qui concerne le sexe et principalement la drogue.

La mafia légale et la pègre ont le même but : l’argent.  Sur le plan moral, la grande mafia arrive à faire croire que le pire ennemi de la démocratie et du peuple est la pègre alors que celle-ci sert souvent seulement à justifier l’existence du monde légal et judiciaire.  La petite pègre se sert des interdits de la grande mafia pour faire son argent et payer ses redevances à la grande mafia qui, elle, tire profit à la fois du bien et du mal ; puisque la mafia formule les lois de manière à que les deux côtés (celui du bien et celui du mal) rapporte au maximum.  Un nourrit l’autre.       

Par contre, la mafia légale, la grande mafia est un esprit. Une organisation circulaire ou spirale.   Pas besoin de structures, il suffit des règles.          

Sur le plan moral, la grande mafia arrive à faire croire que le pire ennemi du peuple et de la démocratie est la pègre et le terrorisme ; mais le système a aussi ses ennemis intérieurs.  Une guerre de portefeuilles.   La vraie mafia se dissimule en hommes d’affaires, en bourses, en homme de loi, politiciens, hommes de Dieu, professionnels de tous les acabits afin d’exploiter le peuple, faire simplement plus de profits.  Pour de l’argent, on se fiche de faire sauter la planète.
                                                                   
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Quand on m’a mis en prison, on croyait que j’avais des preuves irréfutables, des noms à taire, mais c’était absolument faux.  Je connais ma théorie. J’ai simplement compris le système.  Je ne connais rien de particulier au monde interlope. 

Je suis profondément tanné de me faire dire que  » des gars comme moi, on tue ça parce que c’est moins long et plus sûr.  On n’envoie pas ça trop longtemps en prison pour en faire des martyrs « .  Je suis tanné de me demander ce que je sais de différent de ce que tout le monde sait, mais n’ose pas en parler. J’aimerais bien savoir quoi.

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Puisque la décision vient d’en-haut, rien ne peut changer.  Quand tu changes un groupe d’exploiteurs, il est toujours remplacé par un autre groupe d’exploiteurs avec une doctrine de domination différente.  En être conscient, ça te rend en-soi dangereux.

Le communisme est comme le capitalisme : il vide le pauvre peuple de ses avoirs pour nourrir une mafia légale, une bourgeoisie (bureaucrates, armée, police) inutile et dictatoriale.  Ceux qui ont pensé et dirigé la révolution en 1789 en France n’ont pas échappé à la guillotine à partir de leur propre nettoyage.  Les dictateurs comme Lénine et Staline ont été des assassins aussi cruels qu’Hitler.  La CIA trame des guerres régionales.  Le fond du problème a toujours été la faim obélixienne d’argent et de pouvoir de nos dirigeants. 1984 et Le meilleur des mondes.         

« Tu mets les institutions du pays en danger», comme le disait le juge qui m’a condamné. Il basait probablement son jugement sur mon livre L’homo-vicièr et mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie.  Ce dernier texte a été écrit dans un moment de révolte face à la mort du petit Daniel Desrochers, au suicide du père d’un de mes étudiants faussement accusé de pédophilie et de mon incarcération (une histoire politique que l’on masquait derrière une histoire de pédophilie pour s’assurer que j’y goûte).            Par contre, j’ai toujours dit et j’affirme encore ma pédérastie, même si je n’ai aucun jeune qui m’entoure depuis belle lurette. Ma pédérastie affirme le droit jeunes de 10 ans et plus à leur sexualité..
        
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Cette punition politique — acceptée par tous les partis politiques puisque l’on me croyait un felquiste des années 1970, gardien d’un grand secret — permettait à Stéphane Dion de continuer d’avancer dans son plan B, soit de faire crever le Québec de faim avant de créer de toutes pièces une guerre civile pour rendre les indépendantistes illégaux…

Depuis, le fédéral s’émisse dans tous les champs de pouvoir réservés aux provinces.  La prochaine division canadienne touchera particulièrement, tout ce qui se rapporte au pétrole et à l’industrie de l’automobile.

C’est ce que je dénonçais déjà dans mes écrits … il fallait me faire taire ; donc, on a décidé de me jeter en prison, en se servant de ce que je disais moi-  même dans certains de mes livres.  C’est astucieux, mais dégueulasse.

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Les histoires de sexe inventées pour mon procès ne tenaient pas compte du fait que même si j’avais tripoté Mathieu autant qu’il le prétendait ; il affirmait être venu en voyage avec moi de plein gré.  Il connaissait mes manies de le lui toucher la bedaine, ce qui le faisait bien rire.  Le jeune était définitivement hétérosexuel puisqu’il commençait à regarder en cachette, tard le soir, des films pornos.  Ce fut tout un échange de sourires quand j’en ai fait allusion après que son père m’eut raconté l’histoire.  Selon ce qu’il disait, avant l’intervention de la police, Mathieu se fichait bien que je sois ou non pédéraste.       

Ces touchers innocents ne l’ont certainement pas traumatisé autant que son arrestation parce que la maison chez son père n’était pas assez propre.  Jamais, même si je lui avais mis la main sur le pénis, ce geste l’aurait bouleversé autant que le scénario que l’on a inventé pour m’arrêter.     

Même si je l’avais sucé tous les jours, plusieurs fois par jour, s’il aimait ça, jamais il n’aurait été aussi marqué que l’arrivée de la police de Val-d’Or pour l’amener au poste. Elle l’amena sans même lui dire ce qui se passait.  Avec la restriction de ne même pas avoir le droit de parler à son père.  Ce fut un kidnapping en bonne et due forme, car on l’amena au poste de police et ensuite en famille d’accueil, sans même avoir consulté la DPJ E, l’organisme judicaire qui s’occupe des enfants.  Ce qui est carrément illégal.  (Tous les papiers existent pour le prouver).    

Qui, à cet âge et dans ces conditions, n’aurait pas dénoncé qui que ce soit pour sauver sa peau ? 

Une de mes amies a un garçon de seize ans.  Il est sage comme une image.  Dans une cafétéria, un de ses amis l’a «enfargé».  Et, en essayant de reprendre l’équilibre et de se protéger, il a eu le malheur de toucher de la main le sein d’une jeune fille qui se trouvait sur sa route … comme au cinéma.   La jeune fille a poursuivi le garçon pour attouchement sexuel.  Ça prouve jusqu’à quel point nous sommes rendus fous avec la peur de notre sexualité ?  Les policiers (dont une femme) l’ont traité d’hypocrite et de menteur.  Ils ont ensuite expliqué leur comportement en disant à sa mère qu’ils avaient appris comment faire avouer un crime à ces jeunes menteurs, comme si les jeunes étaient tous des violeurs.  Sont-ils devenus fous ?   Pourquoi tant d’acharnement contre la sexualité alors que c’est ce qu’il y a de plus normal et naturel ?  Tous les témoins confirmaient plus ou moins ce qu’il disait.  Écrase-t-on l’innocent juste pour avoir une bonne cause ?  Pour avoir une bonne réputation statistique ?  N’est-il pas malhonnête d’accuser un innocent ?  Tu l’es, jusqu’à preuve du contraire.        

À mon procès, on a montré 52 photos pour faire croire que j’étais un pornographe.  Elles ne comportaient aucune scène de nus, tous les gens sur les photos étaient bien habillés.  C’étaient des gens de ma famille et de mon fils de 27 ans qui fut le seul à être photographié nu, avant de se marier.  Il voulait cette photo.  Quand il a su tous les troubles que cela avait créés, et, à cause de sa foi musulmane, il l’a amèrement regretté ; mais c’était un petit caprice que j’étais seul à accepter, sans le mettre à la gêne.  Il voulait cette photo pour le plaisir de dire : c’est moi quand j’étais encore libre.  Une farce comme une autre.    

Il y a plus de vingt ans, pour souligner le courage d’écrire sur la pédérastie, on m’a donné des livres de garçons nus.  On m’a aussi plus récemment donné des photos de magazines de petits garçons sexués qui pouvaient m’allumer… des photos de pornographie infantile ou de nudisme ?  Dois-je les jeter pour obéir à une loi débile, car ça ne fait aucun mal à personne que je les regarde de temps en temps.  Je les regarde peu parce que je préfère la réalité. C’est pour moi, un souvenir (que j’ai jeté) Ce fut une forme d’appréciation et une preuve que la répression aujourd’hui est encore pire qu’il y a 30 ans.  À l’époque où on me les a donnés, la notion de pédophilie n’existait pas encore ou du moins elle était inconnue.  Jeter ces cadeaux est de l’imbécilité totale, mais la stupidité de la société actuelle l’exige.  Ils faisaient pourtant partie de mes archives personnelles, des cadeaux que l’on m’a faits.  Ils avaient été apportés d’Europe.  La loi d’ici est peut-être rétroactive ?  La folie ne porte pas qu’à tuer, mais à avoir honte de la beauté …        

Quand les policiers ont effectué leur perquisition chez-moi ils ont saisi mes poèmes et mes vidéos sur la poésie.  Le père jouait-il double jeu car je lui avais déjà parlé de ma poésie.       

En 1963, je me masturbais avec un petit copain un peu plus jeune (j’avais 20 ans et lui 15) pour ne pas violer de filles… À cet âge, j’avais la nature plutôt gaillarde… L’ex-curé de Barnston, l’abbé Roméo Laurencelle (qui ne m’a jamais touché ou même proposé, cat il était aux femmes) disait que j’étais une petite Volkswagen avec un moteur de Cadillac.  Les libéraux n’aimaient pas mes émissions de radio et mon appartenance à un journal de l’Union nationale.  J’y ai vu un lien direct…

La deuxième fois, en 1975, le premier juge a dû se récuser, car un des jeunes témoins a affirmé en pleurs qu’il ne savait plus s’il racontait ce qui s’était passé ou ce que la police lui avait dit de dire.  On a vite changé de juge et on a dû se contenter du fait qu’en jouant avec eux, j’avais baissé mes culottes quelques secondes comme le commandait le jeu auquel ils m’avaient invité. Je ne portais de sous-vêtement.  Je croyais aussi dans la lutte pour la libération de la sexualité.  Les enfants de ma compagne allaient même à une école libre.  Comment faire le contraire sans te prostituer aux normes du système ?         

Je vivais alors avec une femme et ses deux enfants que nous envoyions dans une école libre pour ne pas se faire laver la cervelle comme les jeunes du Québec, spécialement, quand il est question de sexualité.   Pourquoi aurais-je dû vivre le contraire de la liberté que je prônais pour tous ?  Le père et les policiers étaient fous furieux, car ils étaient certains que je n’aurais rien pour sentence.  Mais, le juge a décidé que je n’avais pas à éduquer tout le quartier, même si la nudité à la maison était chose fréquente en Europe.  C’est ce que l’on appelle la vie privée.    

Au Canada, la vie privée n’est pas respectée.  Ça ne veut rien dire.  Pourtant, ce qui se passe dans ta maison ne regarde personne.  Il est temps que l’on songe aussi à s’assurer que les voisins ne se mêlent pas de ce qui ne les regardent pas.  Sans la permission d’un juge, la police ne devrait pas avoir le droit de pénétrer inutilement chez les gens, sans être invitée.        

Les ragots peuvent tuer tout aussi efficacement qu’un fusil.  En 1970, on se servait de la lutte contre le FLQ pour se débarrasser de la face de tous ceux qui ne leur revenaient pas. Quant à moi, j’ai pris officiellement pour la révolution à travers mes poèmes.       

J’ai rencontré en prison un des amis du ministre de la Justice d’alors et j’ai fait mon temps.  Remarqué par des chefs de la mafia qui m’admirait pour mon courage ou mon imbécilité de parler directement de ce que je pensais, ils m’ont offert un job de journaliste pour passer les messages en prison. 

La troisième fois, en 1996, c’était à Val-d’Or.  On s’est servi d’un ami qui m’amenait son fils parce qu’il ne pouvait pas l’endurer.  Il était en pleine chicane et divorce avec son épouse, une mormone.  La bataille faisait rage pour la garde des enfants.  La petite fut obligée de demeurer avec sa mère tandis que le gars a décidé de vivre avec son père.  Le père prétendait que j’avais eu un tel succès avec un petit punk que j’aidais que je devais l’aider à redresser son petit.      

Le jeune a prétendu que je l’ai touché de janvier à juin ; mais nous ne nous sommes connus qu’en mars au plus tôt.  Depuis il a accusé son père d’être gai et un des policiers-enquêteurs sur mon affaire aurait pris le chemin de l’exil vers l’Ouest canadien parce qu’il aurait été accusé lui aussi de lui avoir touché le zizi, durant l’enquête.  À Val-d’Or, on prétend que ce changement d’assignation est plutôt dû à la capacité de cet agent d’implanter une forme de police de quartier d’où on aurait retenu ses services dans l’Ouest.  Qui dit vrai ?          

On a même publié ma photo avec un extrait de l’Homo-vicièr en première page du journal local.  Un bon moyen pour s’assurer que je ne puisse plus enseigner.  On a fait une telle montagne avec ma cause que n’importe quel homme politique serait jaloux d’avoir autant de publicité… de la bonne, par exemple….

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La vraie révolution ne peut reposer que sur l’individu, sur la vraie démocratie.  Ce sont les bourgeois, les aristocrates, les riches qui dominent et contrôlent toutes les structures de notre société.  Ils y imposent leur façon de voir, leur morale …      

Le système, comme on se plaît à l’appeler, n’est pas pourri en soi, comme structure, mais il le devient quand certains de ses éléments existent seulement pour le profit au détriment de la masse.  La structure sociale est comme nous, elle est héréditaire.  On vit ce que ceux qui nous ont précédés nous ont laissé en héritage.

La bourgeoisie omniprésente, infaillible est la plus dangereuse, la plus abusive. Elle ne respecte pas l’homme, elle n’hésitera pas à provoquer une guerre pour défendre ses intérêts, même si elle joue sur les deux tableaux.  La bourgeoisie n’hésitera pas à faire le commerce d’armes, s’il le faut.  Le pétrole est le meilleur exemple de l’exploitation alors que la santé est le second.      

Cette mafia insaisissable n’hésitera pas à massacrer la nature, mettant même l’avenir de la planète en danger (les arbres de l’Amazonie).  Elle remet son pouvoir à l’armée, sous prétexte de défendre ses frontières souvent artificielles, le fruit de l’impérialisme.       

Même si je connais rien ou très peu, le bon sens me dit que la guerre pour l’eau douce en Israël et Palestine devrait porter le nom d’occupation, car, les deux pays doivent exister dans la paix.

Si Jérusalem est une justification religieuse pour cette guerre, la ville devrait devenir un espace international dépendant de l’ONU qui respecte toutes les religions et permette à toutes les sortes de pèlerins de s’y rendre en toute sécurité. 

*  *   *   *   * 

 La mafia légale internationale n’hésite pas à se servir de la religion (du psychisme) pour modifier, sublimer ses interventions, en se servant souvent des idéaux les plus nobles de l’homme pour justifier ses armées et ses guerres. La guerre est souvent organisée par les religions.  Irlande, Al-Qaïda, les religieux protestants en Amérique, des fanatiques qui s’imaginent agir au nom d’un Dieu.    

Tout acte de violence est et sera toujours un geste immoral quelle que soit sa finalité ou sa justification.

Prétendre que l’on se bat pour Dieu ou Allah ou Yahvé, ce n’est que mensonge et hypocrisie puisque si Dieu existe, il ne peut être qu’Amour… Il y a une logique dans ce que l’on enseigne ou on nous ment…           

Le but premier de chaque individu est de devenir autonome.  Tout ce qui opprime ce mouvement naturel — quoique pour se perfectionner, il faut apprendre de ses erreurs — ne peut être que maléfique.  Le plus grand cadeau divin donné à l’homme est son libre arbitre.  Le but de l’homme qui croit en Dieu est d’apprécier sa grandeur, sa création éternellement, non pas de la détruire pour être plus riche.    

Ainsi, le système quand il vise l’enrichissement d’un petit groupe (élite privilégiée, bourgeoisie, aristocratie) au détriment de la masse est ce qu’il convient d’appeler « la grosse mafia».        

Le «système» devrait être, au contraire, l’institutionnalisation du partage des richesses et du pouvoir terrestre à l’ensemble des individus formant l’humanité.  La «grosse mafia» est la pourriture de la structure spirituelle (la pyramide), en laquelle l’homme est en droit d’espérer une amélioration de sa vie.

La dictature, l’impérialisme, le colonialisme, l’aristocratie et la bourgeoisie, l’élitisme privilégié sont le cancer de la démocratie et de la vie sociale, soit l’exploitation individualisée à grande échelle de l’individu.  Une erreur de finalité : le profit, le pouvoir par l’exploitation plutôt que l’amour à travers le partage et le partenariat.

Même si personne n’est parfait, il y aurait moyen d’améliorer la vie de l’homme si l’objectif est autre que celui du pouvoir, de l’avoir et de la violence.   

Il faut créer une société où le centre et la fin de la vie sont le bonheur humain.

Pour que le Québec puisse s’intégrer positivement dans la mondialisation, il doit exister comme entité : comme un individu doit se réaliser lui-même afin de pouvoir pleinement assumer son entité sociale.  Il doit exister pour réinventer et humaniser son propre système afin que la finance, l’économie et le profit cessent de prendre la place de l’homme comme étant la valeur absolue.  Il doit viser le bonheur individuel comme outil de bonheur collectif, car autrement nous n’avons aucune différence inhérente et valable par rapport aux autres.    

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LE QUÉBEC EST ENCORE UNE COLONIE ANGLAISE.  
 
Pour avoir un gouvernement responsable, il faut que le Québec soit maître de ses moyens, que l’Assemblée nationale soit le maître absolu du Québec, ce qui est impossible sans l’indépendance.  Par exemple, les institutions fédérastes comme la Cour Suprême peuvent annuler une loi du parlement du Québec.  C’est d’ailleurs ce qui arrive souvent dès qu’il est question de la langue au Québec.  Les interventions fédérastes ne se comptent plus tant elles sont nombreuses. 

Les rêves de Trudeau et Lévesque sont inachevés.  Trudeau et Lévesque n’ont jamais réalisé leur rêve.  Même si Trudeau s’est toujours opposé au Québec, il n’accepterait certes pas que les États-Unis s’approprient la souveraineté du Canada… La situation du Québec n’a pas tellement changé depuis 1867, sinon que le fédéral a envahi encore plus les champs de compétence du parlement du Québec.  Tout se déroule dans une atmosphère plus hypocrite, à l’image même du gouvernement fédéral.  Tout est mis en place pour éviter que le Québec puisse devenir un pays.       

Le fédéral agit toujours comme s’il était en guerre perpétuelle contre le Québec et plus précisément contre le séparatisme.  Or, il devrait apprendre que le seul moyen de combattre le séparatisme est de fournir une raison valable pour vouloir demeurer uni au sein d’un Canada renouvelé (une vraie confédération), comme l’avait promis Trudeau.  Si le Québec sent qu’il peut vraiment y grandir, il ne cherchera pas la souveraineté pour la souveraineté.  Si le Québec veut faire bande à part, c’est qu’il est mal servi à l’intérieur du Canada.          

La souveraineté du Québec, dans ou en dehors d’une vraie Confédération, lui donnerait le droit et le pouvoir de gérer toutes les sources de revenus sur son territoire pour le bien de tous les Québécois, et non, les amis des différents régimes qui se nourrissent grassement du différent Québec-Ottawa.   

Nous avons deux paliers de mafia légale pour nous diriger parce que nous sommes assez masochistes pour accepter d’être économiquement exploités par plusieurs niveaux de gouvernement.  Quand Ottawa accuse Québec, c’est toujours pour faire voir que le Québec ne sait pas ce qu’il fait et pourtant c’est le contraire.  C’est parfois vrai, mais c’est plus souvent faux. Le Canada aurait intérêt à accepter la nouvelle vision du Canada.  Le fédéral se regarde dans un miroir quand il accuse le Québec.  Il lui reproche ordinairement ce qu’il fait en mille fois pire.           

Le statut colonial du Québec ne peut pas être nié parce qu’il repose fondamentalement sur le refus du Canada anglais de reconnaître les francophones du Québec comme une nation avec les pouvoirs d’une nation.  Ce qu’il fait pourtant pour le Nunavut, les Amérindiens, les seules vraies minorités au Canada.       

Tant que le Québec fera partie du Canada, les Anglophones ne constituent pas une minorité puisqu’ils sont une partie intégrante de la majorité anglophone du Canada.  Au Canada, ce sont les Francophones et les Amérindiens qui constituent la véritable minorité numérique, existant d’une marre à l’autre.       

À la fin des années 1960 jusqu’à l’arrivée de Pierre E. Trudeau tout était clair : les deux solitudes.  
Le Canada est toujours une colonie anglaise ?  Point à la ligne.          

Spirale intraprojective 31

octobre 6, 2020

Spirale intraprojective  31

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp.292 à 303)

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Pour cela, l’homme devra non seulement apprendre, mais pratiquer la tolérance et le respect des autres.  Si le bien-être de l’homme devient le centre des préoccupations, il est bien évident que l’on devra abolir la peine de mort et trouver une solution positive. L’adoption doit cesser d’être un commerce. L’adoption, c’est un moyen pour permettre à un individu condamné à vivre dans la misère d’avoir une chance de vivre heureux. L’assistance à la mère doit remplacer l’avortement. 

Il ne faut pas oublier que la tolérance repose sur la connaissance de soi et la compréhension de l’autre.  C’est un but extrêmement noble et fort probablement la seule raison d’exister de l’homme : l’éternité dans un futur paradis terrestre.  Le ciel n’est rien d’autre que l’éblouissement, la contemplation de la beauté et de la grandeur de la création.  Une relation avec l’énergie au-delà du support corporel quand nous y serons parvenus.  Si nous vivons l’enfer sur terre, c’est que nos civilisations n’ont pas su créer autre chose que l’enfer, grâce aux guerres et la misère, à cause de l’ignorance, de la violence et de l’intransigeance.  Cela fait partie de notre cheminement d’homme.           

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Cela fait peut-être un peu curé pour un écrivain qui a pondu l’Homo-vicièr et Laissez venir à moi les petits gars, mais c’est pourtant sous une forme différente, plus globale, le même message que dans ces livres.

L’Homo-vicièr était une réflexion sur le sens de la vie, comment vivre sa différence, surtout si elle est contraire à tout ce que le monde accepte alors que Laissez venir à moi les petits gars était une dénonciation de l’hypocrisie sociale de l’Église et une apologie de l’Amitié.  Laissez venir à moi les petits gars a été choisi par Gérald Godin alors que j’avais présenté deux romans, celui-là et La fin d’un état.  Pour Godin, Laissez venir à moi les petits gars me représentait beaucoup mieux.  Il fut publié plus tard par Parti pris, sous la direction de Gaétan Dostie, le nouveau patron puisque Godin était devenu ministre.  Je travaillais pour lui dans Mercier en 1976.  Ayant refusé de donner la main à Robert Bourassa, les libéraux me blâmèrent jusqu’à ce que je leur aie expliqué qu’il m’avait fait perdre mon emploi, ce que je voulais lui rendre.      

Malheureusement, comme tous les humains, l’auteur que je suis, progresse dans sa conception de l’homme et de l’univers à travers le temps et l’espace de ses mauvaises et bonnes expériences.  Avec le temps, j’en suis venu à la conclusion que la finalité de l’homme, c’est le bonheur.  (Je conseille un livre de Jean Vanier, Le goût du bonheur, un livre que j’ai découvert depuis)          

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Si, sur le plan technique, l’homme a accompli des merveilles ; sur le plan émotionnel ou psychologique, il est demeuré aussi arriéré que les hommes des cavernes, à cause de religions qui refusent de revoir leur façon d’interpréter la vie.

L’équilibre mental, même de ceux qui nous dirigent, est loin d’être atteint.  Tant que la violence, la manipulation, l’exploitation des autres, le pouvoir ne sera pas identifié comme la maladie mentale par excellence plutôt que les déviations sexuelles, notre société n’évoluera pas.    

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La société actuelle n’a qu’un dieu : l’argent.  Elle n’a qu’une fausse morale : être hypocrite, menteur et crosseur pour réussir.  Son petit nombril et rien d’autre.       

Qu’on le croit ou non, je me considère comme un être profondément religieux, même si je crois que les religions ont tout faussé en créant le péché d’impureté , en rejetant la matière (le corps) comme moyen de se réaliser, d’atteindre, comme le diraient les spiritualistes, la transcendance.         

Le monde de demain doit retrouver le respect de l’individu, de la vie.  Nous devons abolir la peine de mort partout et toujours, car elle prive le fautif du temps qui lui permettra de se retrouver et de tirer les leçons appropriées à ses bêtises, Il faut rendre possible l’élimination des guerres qui sont la base de notre système économique.

Les normes que les religions ont fixées deviennent des absolus plutôt que d’être, comme il se doit, des moyens, des outils-conseils pour accéder, se diriger vers la perfection.

Si tous les hommes sont appelés à devenir des saints, comme on le prétend, chaque individu a sur son chemin, dans une période de temps qui lui est assignée, le nombre d’erreurs qui lui est propre et lui permette d’y parvenir. Ce cheminement lui est personnel et relève surtout de son adaptation à l’environnement.  C’est l’aspect intéressant du bouddhisme : tu reviens pour parachever ta propre perfection à venir dans une vie future.  Une perfection strictement de l’âme.     

Si les religions disaient la vérité, elles n’auraient pas besoin de violence et de chantage individuel pour se maintenir.  Si les religions n’étaient pas des commerces basés sur l’exploitation de la peur individuelle face à la mort, elles n’auraient pas besoin de s’imposer par la menace et le fanatisme, la foi aveugle.       

Si elles respectaient Dieu, elles le respecteraient en chaque individu … Homme ou femme, cela n’aurait pas d’importance ; car l’âme, l’énergie fondamentale de l’existence n’a pas de sexe.  Une énergie est positive et négative.
Le fanatisme religieux est la source par excellence des maladies mentales,

particulièrement, la paranoïa, la schizophrénie et la psychose.      

Il est impossible d’aimer la vie sans une dimension spirituelle, mais l’obsession de la perfection rend débile.  La répression des sens engendre la maladie mentale.

Tout ce qui est bourgeois, comme notre système de valeurs est hypocrisie, mensonge et exploitation.  Le savoir au lieu d’être au service des moins bien nantis sert à exploiter la majorité au profit d’une petite clique de profiteurs.  L’Église catholique est loin de la tolérance de l’évangile selon Saint Jean et les musulmans sont encore plus loin de l’enseignement de Mahomet et du Coran où Dieu est présenté comme la Miséricorde, où le prophète Mahomet clame que la femme est la partenaire égale de l’homme.           

Toute cette merde vient du fait que les religions ont condamné la chair plutôt que la violence, ont rabougri la femme au rôle de servante et de tentation sexuelle.  Ils ont établi la fausse supériorité de certains humains, certaines races sur les autres humains.   

La polygamie et la polyandrie devraient être permises si elles permettent le bonheur de tous les participants(es) de cette famille éclatée
.  

C’est à eux, individuellement, de décider, et non, à la société de mettre le nez, là, où elle n’a pas d’affaire.  Par contre, cette forme de vie doit être totalement libre.  Une union, sans amour, est une masturbation à deux.  Elle est peut-être bien le « fun», mais elle ne conduira jamais au bonheur.   
 
*   *    *

Quand on parle de liberté sexuelle, on parle de responsabilité, de partage de pouvoirs et de tâches, entre les humains, entre les hommes et les femmes.  La génitalité n’est que le plaisir retiré de cette sexualité (l’affection, la tendresse) qui n’aurait jamais été créée si elle était mauvaise.  Le contraire est le même blasphème, la même désobéissance que Lucifer quand il refusa de s’agenouiller devant l’homme.      

Actuellement, la sexualité est régie par toutes les religions de façon paranoïaque, hystérique et psychosée.  En interdisant les sens et leur joie, on force l’homme à vivre en hypocrite. On fait de la génitalité le centre absolu de la sexualité. Pourtant, la sexualité comprend surtout la tendresse et l’affection.    

Comme disait Freud, il y a un monde entre la sexualité et la génitalité… L’Amour, le Bonheur, est le vrai sens de la vie : accepter, intérioriser l’autre plutôt que de le rejeter, de le haïr.  L’amour est d’autant plus parfait qu’il est gratuit. 

La sexualité est émotions, tendresse.  La génitalité est plaisirs.  

Qu’on le veuille ou non, l’amour est d’abord un état affectif qui a sa part de narcissisme.  Les rapports sexuels ou émotifs sont plus importants que les rapports génitaux.  Ils créent plus de liens.  Le génital n’est que la cerise sur le sundae, quelle que soit l’orientation sexuelle.  

Certaines femmes veulent prendre le contrôle absolu des sociétés occidentales, du moins, de rétablir le matriarcat.  Il faudrait plutôt bannir le matriarcat et le patriarcat afin d’établir un nouveau partenariat, respectant les individus.  Le couple ou le groupe doit être une façon de vivre, permettant aux individus de se développer.  Il est alors bien normal qu’il y ait des mutations ; mais la sécurité des enfants doit être primordiale.  

Le problème est encore sexuel, car les dirigeantes sont très souvent des homophobes radicales ou des hétéros totalement frustrées qui rejettent la sexualité, et encore plus, les manifestations sexuelles minoritaires. 

Leur homophobie (dans tous les sens) et leur paranoïa hystérique reposent strictement sur une mauvaise expérience sexuelle individuelle.  Leur peur est projetée dans leurs enfants, mais elles les obligent à refuser toute distinction entre la pédophilie et la pédérastie.  Cette peur-haine est sans borne et carrément maladive.      

Les hommes qui violentent les pédophiles sont souvent eux-mêmes inconscients que leur besoin de justice relève de l’existence de leurs propres désirs incestueux ou pédophiles.  Ils compensent par leur côté macho : tout est réglé par le côté violence et pouvoir du mâle défenseur… Ils s’identifient à la lutte de ces femmes qui crient au secours contre leur propre réalité déviante pour se prouver qu’ils sont fondamentalement hétéros.        

Ceux qui s’acharnent le plus contre les gais sont souvent inconsciemment des homosexuels frustrés, intériorisés qui refusent de se reconnaître tels qu’ils sont.  Ils doivent donc en mettre un peu plus pour se prouver à eux-mêmes qu’ils n’en sont pas.  Leur violence vient de leur haine d’une partie d’eux-mêmes qu’ils ne comprennent pas.       

Bien des femmes veulent être des hommes, mais elles refusent de partager leur pouvoir irréversiblement exclusif à la maternité et aux relations subséquentes avec les enfants.  Elles s’arrogent l’exclusivité d’élever les enfants.  Un privilège légué par le développement de nos civilisations.  Ces femmes veulent être le mâle pour jouir de leur pouvoir, mais continuer d’être la mère… pour se croire indispensable aux enfants…      

Les femmes sont la principale courroie de transmission des valeurs sexuelles transmises aux enfants.  Il ne faut pas les regarder, les pauvres petits vont fondre.  Il ne faut surtout pas les toucher comme si le plaisir était le péché par excellence.  Sont-elles aussi fragiles que les statues de plâtre ?      

Les adultes étendent leur maladie, leur peur de la sexualité, sur les enfants qu’ils prétendent protéger.  En étouffant leur sexualité, ils briment le développement de leur personnalité.  Chaque individu passe par des stades de développement et l’éducation moule son rapport à sa sexualité.  La protection devient vite de la surprotection.  Ce que l’on voit comme primitif est parfois simplement ce qui existait avant que la peur vienne dévier ce que doit être le développement normal d’un individu.          
 
Freud a irréversiblement prouvé que les enfants ont une sexualité propre qui se manifeste différemment, soit par la curiosité pour son corps et celui de l’autre, une sexualité qui se vit à travers le jeu.         

Il faut empêcher qu’un adulte pénètre un garçon ou une fille, non pas pour des raisons morales, mais physiques, à cause des proportions des membres impliqués ; mais de là à faire une crise quand certains touchent une fesse ou un sein encore inexistant, il y a toute une différence : la différence entre une perception ouverte, compréhensive ou scrupuleusement maladive de la sexualité. 

Les femmes transmettent à leur progéniture que les mâles sont tous des salauds.  Avec la peur de l’étranger qui peut te regarder ou te toucher, les adultes répandent la paranoïa.  Il y a une différence entre se protéger d’un danger réel et obéir aveuglément à des normes qui se sont incrustées dans des situations particulières à travers l’histoire.  La promiscuité est devenue avec raison une hantise à l’époque de la peste, mais elle n’est pas disparue ensuite quand le danger fut disparu.         

Plusieurs femmes sont encore divisées entre le plaisir corporel et les obligations, les liens de la maternité avec l’enfant.  C’est pour elle une forme de culpabilisation parce qu’en tant que femme elle choisit le plaisir (faire l’amour) plutôt que la maternité.  C’est un retour pour plusieurs du problème de conscience qu’est l’avortement.  Par ailleurs, aujourd’hui, il est possible d’avoir recours à la contraception pour définir le rôle que l’on veut privilégier.

L’enfant doit-il lui-même apprendre à se servir de sa liberté, acquérir le plus tôt possible son autonomie ?           

Les deux rôles ne sont pas incompatibles.  Si la société réexamine le statut de la femme et de l »homme en fonction de l’égalité des deux, si l’on cesse de voir la femme autrement qu’en mère porteuse d’enfants ou de péchés et le mari comme le pourvoyeur, la société de demain sera plus humaine.  Il ne restera plus que les fanatismes radicaux, religieux, politiques, à extirper pour avoir un monde vraiment agréable à vivre pour tous.          

Ma vérité n’est pas nécessairement celle des autres.  Je peux avoir complètement tort, mais je vois la vie ainsi.  Plus le temps passera, plus la liberté et le respect des autres seront importants. 

La prison m’a amené à cette recherche de l’importance de l’autonomie individuelle pour réaliser un monde vraiment juste et démocratique. J’ai aussi établi que toute vérité qui a besoin de violence pour dominer n’est pas une vérité…

Pourquoi un homme ne pourrait-il pas sans honte, sans être un pédophile, celui qui élève les enfants à la maison ?  Pourquoi la femme doit-elle être la propriétaire des enfants ?  Pourquoi doit-elle s’investir de la vocation de transmettre des valeurs psycho-sexuelles qui dénigrent la sexualité à ses enfants ? Pourquoi l’homme doit-il être une brute qui défend aveuglément la virginité de ses enfants pour ne pas être perçu comme une tapette ? 
Les jeunes ont leur sexualité et doivent devenir autonomes. Pourquoi le sperme devient-il plus indispensable, plus rare et plus riche que les cellules du cerveau que l’on tue à coups de drogues ? 

Nous ne sommes plus à l’époque où l’on croyait que sperme et cerveau ne faisaient qu’un. Personne n’est diminué après avoir eu une relation sexuelle (peut-être moins stressée) même avec un autre homme. 

La société a voulu imposer l’hétérosexualité et la monogamie comme la seule façon acceptable de vivre sa sexualité.  Cette vision  » unique », « bornée » ne date pas d’hier.  Prétendre que c’est la pensée de Dieu, c’est en faire un imbécile qui ne peut pas gérer les différences de sexes.

Pourquoi ces rôles dans un couple ?  La tradition n’est-elle pas, elle aussi, un mode de reproduction de la bêtise où le passé l’emporte sur les connaissances présentes et celles de demain.  La tradition est par définition en arrière de l’évolution humaine, une mise au point momentanée pour permettre un futur meilleur.  Pourquoi le vieux ne devrait-il pas devenir le principal enseignant volontaire des jeunes ?  Comme du temps des chamans et des disciples.  Une forme d’enseignement.  Pourquoi voit-on d’un mauvais oeil une caresse faite par un homme à un enfant ou même à un autre homme, alors que l’on glorifie cette même caresse faite par une femme.      

Cela semble s’éloigner de la réflexion sur la mondialisation, mais ce n’est qu’une apparence. 

La mondialisation est une phase, un ensemble d’énergies qui employé sciemment est très positif puisque très utilitaire.  Il faut revoir la connaissance actuelle partout sur terre de manière à pouvoir changer ce qui doit l’être et cesser d’être dirigé par l’ignorance. 

Et, la première chose à changer pour éliminer la violence est notre point de vue sur la sexualité.    

       
*   *   *   *

Le malheur, les hommes sont encore assez stupides pour voir la mondialisation que sur un plan commercial.  La mondialisation, c’est plus que ça.  Ce sont des règles simples sur un plan planétaire comme la non-violence totale, la liberté sexuelle et le droit à la vie privée.          
 La mondialisation, c’est faire disparaître les autres règlements qui nous empoisonnent la vie, c’est simplifier, mais c’est aussi le respect des territoires. 

Le gouvernement d’un pays est le maître à bord chez lui tant qu’il respecte ces grands principes de non-violence, de vie privée, de droit individuel égalitaire.

La mondialisation, c’est aussi garantir un minimum vital à chaque individu et cela dans l’égalité des hommes, des femmes et des enfants… eh oui. Les enfants ont aussi des droits, tout comme tous nous avons des responsabilités.          

L’ONU (révisé pour être plus efficace) doit prendre les décisions à l’échelle de la planète, elle gère et voit au partage des richesses ; mais elle est aussi la  » police » quant à l’application intégrale et mondiale des ententes ente pays et surtout en ce qui touche l’application de la Charte des droits de l’homme. 

Cependant, si la Charte des droits colle à la peau de chaque individu où qu’il soit sur la terre, la Charte doit être appliquée sur un plan strictement individuel et cesser d’être une nouvelle arme entre les mains de la mafia légale ou de la pègre. 

La Charte doit préserver des individus et non des groupes criminels.  Les religions sont soumises aux règles civiles et doivent respecter la liberté sexuelle individuelle.  Elles n’ont qu’à adapter leurs rites aux valeurs d’aujourd’hui.

Si le fédéral protège autant la mafia, en jouant aux purs, c’est qu’il doit être complètement submergé par la mafia mondiale.  La mafia c’est tout ce qui sert à exploiter les individus.         

Si l’élément premier d’un ensemble est malade, tout l’ensemble est foutu.  Or, actuellement notre société vit sur deux prémisses qui ne peuvent signifier que corruption : La répression sexuelle au lieu de la répression de la violence et les drogues, comme recherche du pouvoir. On vit comme dans «  Le meilleur des mondes  »        

LA MONDIALISATION     

La mondialisation telle qu’elle est vécue actuellement signifie seulement un palier international d’exploitation légale de l’individu.          

Les finances, le profit, et par conséquent, l’économie est le seul instrument de réalisation et le seul but : faire de l’argent.      

C’est la pire mafia sur terre, car, elle n’hésite pas à tuer des individus pour élargir sa domination et la protéger.  Elle n’hésite pas à se servir du savoir, de la science pour dominer et exploiter davantage. Les universités sont au service de la mafia légale mondiale.     

Tout le monde sait que les sphères de la mafia les plus payantes actuellement sont le trafic d’armes et de drogues, les institutions financières, le logement, les médicaments.  Les laboratoires et l’immobilier sont les instruments par excellence pour le blanchiment d’argent.         

La mondialisation permet aux grandes entreprises , aux voleurs comme les banques, les bourses de changer de pays pour mieux exploiter les travailleurs et trouver des abris fiscaux.  Pour le moment, c’est ça la mondialisation.  Une organisation qui permet des fraudes à l’échelle mondiale.             

Faire profiter son profit est la seule raison d’exister.  Et, la rareté des richesses comme le pétrole, artificielle ou réelle, permet de forcer les pays à verser des sommes colossales pour échapper aux crises économiques, profits qui se ramassent évidemment toujours dans les mêmes poches.                      

La mondialisation épurée pourrait à long terme si elle vise la vraie démocratie et le mieux-être des humains, être la porte d’entrée d’un monde pacifique, de l’établissement d’un minimum vital individuel mondial– la fin réelle de la pauvreté, de la misère — la fin de l’impérialisme.                  

On doit apprendre à respecter la culture de chaque nation ou peuple (ce qui n’empêche pas l’émergence de la connaissance et de trois ou quatre langues universelles pour une compréhension entre tous les humains).  

La méditation de  » Small is beautiful « , d’E.F. Schumaker, le Seuil 1978, ne ferait pas de mal.        

La mondialisation pourrait dans une vraie démocratie, et non dans un vote à tous les quatre ans pour un parti qui n’est pas tenu de réaliser son programme; être la fin de la violence et des discriminations.           

On doit, à l’échelle planétaire, respecter l’égalité de tous les humains, grâce à l’autonomie individuelle et le respect intégral de Charte des droits de la personne.  Il faut y ajouter la liberté sexuelle absolue consentie, non violente et responsable pour tous dès qu’on a atteint dix ans.  Alors, l’homme pourrait vivre à un autre niveau de conscience où la vie serait meilleure pour tous…

                                
* *  *  *  *

On comprendrait, sans se scandaliser, puisqu’il s’agit d’une évolution dans le temps, que les religions qui jouaient jusqu’à maintenant le rôle de médecins, psychologues, psychiatres, conseillers, juges, dans des livres soi-disamment de la parole de Dieu. Ces livres ne sont que la projection des conseils des Sages pour préparer le chemin de l’avenir.  Les livres saints sont des histoires pour nous faire réfléchir.  Il est urgent qu’on cesse de les prendre à la lettre.          

La spiritualité, c’est autre chose que des religions.  Le principe même de l’être humain aurait été formulé par André Gide et Shakespeare : mon essence est d’être, le but de vivre est de vivre et la raison, le but de cette état est le bonheur, car la vie est en soi le bonheur si on sait la vivre.   
                                     
*   *   *   *        

Tout gouvernement qui sert de nourrice à sa bourgeoisie au lieu de songer au bien de son peuple en entier est une mafia légale parce qu’elle sanctifie l’exploitation de la majorité par une minorité.  Elle impose ses valeurs au détriment de l’autonomie individuelle.  L’anarchie, c’est l’avenir, la présence des forces brutes en devenir et le libre choix individuel, personnel pour le bien de la communauté.  Le rôle de chaque individu est de se réaliser au maximum pour le bien de tous, lui y compris.           

Actuellement, la mondialisation est au service des banques, de la finance et de l’économie.  Elle est le palier légal et supérieur de la grande mafia internationale.  C’est elle qui invente le bien et le mal, en dirigeant les communications et la connaissance à partager. 

La morale de cette mafia mondiale a pour but de justifier l’ordre et la loi pour exploiter les gens plutôt que de rechercher le vrai Bien de l’homme et de la conscience individuelle en propageant le goût de l’autonomie individuelle.  

Toute forme de dictature, d’impérialisme, de colonialisme, d’hégémonie culturelle ou de bourgeoise est un viol de l’individu.          

L’individu doit être le seul maître de son corps et de son esprit, de sa morale, comme le chantait Léo Ferré.

Cependant, la liberté s’arrête là où elle empiète sur celle des autres.  La violence, le fanatisme, le sexisme, le racisme sont de l’ordre du mal et non du bien.

Il est inacceptable que pour la richesse d’un tout petit nombre, toute une civilisation doive tenir son pouvoir de l’oppression.  Tant que ce que tu veux et fait ne nuit pas à l’autre, tu es dans l’ordre correct des choses.             

Il suffit de songer à l’esclavage ou au massacre des  » Indiens d’Amérique  » au nom de la morale chrétienne, blanche, pour saisir ce que j’appelle l’ordre de la mafia légale.  Ces purs qui tuent pour imposer leur pureté.  De quelle pureté un assassin peut-il se proclamer ?  Non seulement nous leur avons volé leurs terres et leurs richesses, mais, ce qui est plus grave, nous avons massacré leur culture au nom d’un dieu d’Amour. L’existence de notre civilisation est basée sur la violence et sa morale a été une œuvre de destruction de la race humaine.  La chasteté nous a donné des Inquisitions, rien de mieux.           

La souveraineté, c’est de se débarrasser d’un des paliers de la mafia légale, soit les clans colonialistes et bourgeois d’Ottawa
.     

C’est éliminer les dédoublements de gouvernements ; donc, de taxes et d’impôts inutiles, combattre la structurite (le principe de Peter), redonner le pouvoir au peuple : la seule raison d’exister d’un gouvernement étant de servir loyalement ses citoyens.

Spirale intraprojective 30

octobre 5, 2020

Spirale intraprojective  30

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 282 à 292)

L’homme est un animal malade à cause de son avidité.  

L’avenir nous dira si nous aurons tiré la bonne leçon et en profiter pour faire un très profond et très sérieux examen de conscience.

Les Talibans ne sont pas plus, ni moins fous que tous les fanatiques religieux judéo-chrétiens ou athées, etc.  Une religion qui fait appel aux meurtres pour se faire valoir ne vaut pas grand-chose.             

Malheureusement, c’est l’histoire de l’humanité.  Ces fanatiques sont l’expression de religions qui cessent de comprendre que« l’homme est la raison d’être de toutes les religions». Elles servent à interpréter ce qui est incompréhensible et de fournir des règles de vie. 

Le sacré vient de forces que l’on croit plus grandes que nous. La science vaut mieux que toutes les fois religieuses quand il s’agit d’expliquer ce qui nous apparaît comme notre monde, notre réalité.  Si Dieu est Amour, il ne peut pas exister aux dépens de l’Homme.  

Dieu n’a rien à voir avec nos guerres hypocrites pour relancer l’économie.  Il est une Énergie pure, l’ensemble des énergies, des forces pures et des lois ou il n’existe tout simplement pas.  Il est nécessairement d’une autre dimension, alors cessons de faire croire qu’il nous dit ce que nous devons faire et croire.  Dieu est-il circoncis ?     

Ainsi, depuis qu’elles existent, les religions ont semé le mensonge et l’hypocrisie, l’exploitation de la femme par l’homme, du faible par le plus fort.  En quoi sommes-nous supérieurs aux autres animaux ?  La parole ?  Les animaux conversent et se passent des messages.  Le seul point qui nous différencie vraiment est la possibilité de choisir celle ou celui avec qui on fera l’amour. 

L’amour est cette capacité d’attrait ou d’attirance, une force qui nous est spécifique.  Un animal fera l’amour quand il sera en rut, nous nous avons le privilège de pouvoir choisir quand et avec qui.  Nous sommes des êtres plus libres. Rien de moins et rien de plus.         

En établissant une hiérarchie entre l’homme et la femme, les religions ont institutionnalisé la domination du mâle sur la femelle plutôt que d’introduire cette différence physique comme un outil permettant à l’individu de jouer un tel ou tel rôle dans la famille, la communauté.         

En quoi, l’homme et la femme sont-ils vraiment différents ?  Le corps, le fait d’être le semeur ou la porteuse.  Cela existe chez tous les animaux, sauf que nous, nous pouvons y donner un sens, une vocation différente après la naissance des petits.  Mais l’homme et la femme peuvent très bien inter changer les rôles en dehors de ces particularités anatomiques.  Excepté ces distinctions anatomiques, rien ne différencie l’homme de la femme, sinon par le rapport aux émotions.

Et, c’est là où les religions ont faussé le droit à chaque individu d’être un être particulier. C’est là où les religions ont tenté de créer de règles de domination pour les mâles.   La majorité des hommes étant de nature hétéros, ils ont stigmatisé ceux qui leur étaient différents. Pour eux, ce sont concurrents illégitimes. Le même principe s’et appliqué chez les femmes en regard des enfants.  

Les différences d’orientation sexuelle sont une invention pour garantir le contrôle de la majorité, un rappel inconscient de l’uniformité chez les anges qui n’existent qu’en étant un « état d’être » pareil pour tous. 

Platon ne disait-il pas que l’amour est aussi la rencontre d’âmes-sœurs pour expliquer la pédérastie.  L’affection, l’amour, l’attirance, l’orientation sexuelle est une réalité qui dépasse les sexes.  Le maître cherchait à tout donner à son élève.  Le don n’était pas que d’ordre sexuel, mais une forme de transmission de la connaissance. Donc, voilà pourquoi il pensait que la pédérastie sert à la création d’âmes plutôt que de corps, but fondamental de la sexualité entre humain, transmettre. 

La vie de couple a par la suite apporté un autre élément important dans l’amour : la capacité d’éliminer la solitude.  La possibilité d’être deux personnes à avoir soin l’une de l’autre.  Une distinction extraordinaire, mais qu’on a oublié dans la définition des couples. 

L’orientation sexuelle est une attirance qui commence sur le plan charnel ; mais qui se transforme en amour.  Il faut nécessairement une relation spirituelle.  L’osmose de deux âmes est sans sexe, mais un rapport entre énergie pure.  L’amour parfait est impossible dans notre état d’humain.  
   
*   *  *

L’amour et son expérimentation est la raison fondamentale de l’existence parce qu’elle est la découverte de l’énergie sans limite que l’on a surnommé Dieu.  Alors, pourquoi interdire certaines formes de sa manifestation ?  Par ignorance ?  Parce qu’on pense que tout ce qui n’est pas exactement comme nous est mauvais ?  L’homme doit passer par le matériel s’il veut atteindre le spirituel ou l’énergie qui nous permet d’être animé, vivant.  L’esprit, dans son état actuel, ne peut pas vivre sans corps.  C’est comme essayer de transmettre l’électricité sans câble.


L’Église affirme qu’à sept ans un être humain a l’âge de raison, c’est-à-dire qu’il peut différencier le bien du mal.  Alors, pourquoi cette folie de créer un âge de consentement dans le cas de la sexualité ?  

Freud nous apprend aussi que l’enfant est déjà sexué et chacun franchit diverses étapes pour se découvrir, personne n’est pareil, alors pourquoi faut-il créer un moule, identifier un âge spécifique, une réorientation sexuelle ?  

La seule loi en sexualité doit être le consentement.  Dès que deux personnes sont consentantes, elles y trouvent leur bonheur.  Tout ou presque doit être permis, sauf la pédophilie et l’inceste (avec pénétration)  car il s’agit de rapports qui ne peuvent pas être libres, étant donné l’absence d’âge de raison, de responsabilité et du danger de traumatiser.  On ne sait pas si c’est automatiquement le cas, mais faute de certitudes, il est préférable d’agir prudemment. 

Par contre, pour qu’il y ait un problème, il faut que l’enfant ait une expérience négative de l’expérience vécue.  Tout le vacarme que l’on crée autour de telles situations ne peut que traumatiser le petit.  Il devrait être le premier à être aidé. 

Ceux qui s’attaquent aux pédophiles sont aussi malades qu’eux car ils réagissent strictement qu’avec de la violence, des réactions émotives souvent sans fondement.  Ils projettent leur propre peur ou phobie : être souillés.  Comment un enfant peut-il ne pas se sentir souillé, condamnable, quand il entend tout ce que les adultes disent contre ce qu’il vient de vivre. Ils proclament par leurs paroles et leurs gestes, leurs actions, qu’à cause de ces actes, il est devenu moins que de la merde.    

Ceux qui s’imaginent que la sexualité est en soi quelque chose de mal, de laid, de malpropre ont un urgent besoin de se faire soigner.  Le désir sexuel est la force primordiale en chaque humain parce qu’on est programmé pour assurer la survie de l’espèce.  Comment ce besoin se définit-il, c’est une question de gênes. 

Si la pédophilie est une maladie, elle doit être soignée, non pénalisée.  C’est un blocage dans le choix du partenaire dont la cause doit être identifiée, On doit aussi tenir compte du fait que les pédophiles en prison sont battus sous l’oeil approbateur du système qui leur garantit pourtant la sécurité physique.  C’est loin d’être intelligent, même si ça défoule. 
 

L’histoire de la sexualité nous apprend que la pire folie inventée par le système est d’avoir généralisé et créé un seul moule dans la façon de vivre sa sexualité, comme si tout le monde était identique.   Rien n’attire autant la police que la contrainte.  La répression sexuelle ne touche pas que le pénis.  Il suffit d’entendre brailler une personne parce qu’on l’a touchée pour comprendre que la répression sexuelle touche de plus en plus, tous les sens et même le langage.  Le scrupule est une forme de rejet de soi-même. Un mépris de sa réalité.

Tant qu’on n’aura pas appris que la sexualité est bonne, créatrice, unificatrice, on verra toutes ces manifestations comme mauvaises et dangereuses.  Il faut maintenant redéfinir la sexualité pour montrer aux jeunes jusqu’à quel point elle est une force naturelle et bonne pour les êtres vivants. 

Être scrupuleux est une forme de psychose qui généralisée devient une véritable hystérie collective.  Le malade n’hésitera pas à tuer celui qu’il perçoit comme pêcheur. 

Le scrupule, c’est la peur irraisonnée de la sexualité, peur que l’on a inculquée dans notre toute jeune enfance, le manque de confiance en soi dans le dosage de la découverte du plaisir. 

Dans la Grèce Antique, le plaisir était perçu comme une chose bonne pour l’Individu, mais il ne fallait pas en abuser pour des raisons médicales rattachées à l’idée que l’on se faisait du sperme. Le scrupule, c’est la peur de se découvrir dans le miroir de l’Autre.           

Cette peur maladive du plaisir, de la sexualité se retrouve surtout chez les femmes à cause de la situation que les hommes leur ont imposée.  Dès leur enfance, on leur apprend à voir l’autre comme un microbe, comme un prédateur et non comme un amant susceptible de t’aimer. 

En régissant un élément aussi universel que la sexualité, les dominateurs savent très bien que personne ne pourra ainsi y échapper (tout le monde a des sens, en interdire l’accès ne peut que créer des frustrés).  Surtout que l’on a réussi à mélanger sexualité et génitalité …    

L’ignorance permet de créer, diviser des identifications sexuelles qui n’ont même pas lieu d’exister.  La sexualité est devenue l’esclave autant de l’économie que des religions.  Un être humain est un être sexué dès sa naissance, point à la ligne.  Cela ne devrait regarder personne si personne n’est en danger.         

En d’autres termes, dès qu’il y a consentement mutuel, les gens devraient avoir la décence dans le bon sens du mot (le respect) de respecter la vie privée et de ne pas se mettre le nez dans celles autres. 

S’il n’y a plus d’âge de consentement, il faut compenser par une très bonne éducation sexuelle, mais le jour où ce sera accompli, il n’y aura plus de pédérastes.

La sexualité et la mort sont les plus grandes obsessions de l’être humain parce qu’on a interdit ce qu’il y a de naturel : vivre notre propre sexualité selon ce que notre bagage génétique nous a donné à notre naissance.   

La guerre à la pédophilie est une guerre hypocrite contre l’homosexualité.  Et pourtant, la majorité des pédophiles sont hétérosexuels.

Si on veut absolument fixer un âge minimum de consentement, on devrait mette l’entrée du secondaire ou junior High School et introduire de bons cours de sexualité en sixième du primaire.  Avant cela, il devrait y avoir de bons livres pour les plus curieux, mais les laisser se développer à leur rythme.
 

Si on veut absolument fixer un âge de consentement, on devrait le fixer à l’entrée au secondaire ou junior High et introduire dès la fin du primaire des cours sur la sexualité. 

Avant, il devrait y avoir dans les écoles de bons livres pour les plus curieux et les plus précoces, mais leur laisser ainsi le droit de se développer à leur rythme.     

Dans l’enfance, l’éducation sexuelle appartient aux parents et non aux écoles. Si on est indisposé à parler de la sexualité, c’est qu’on a un gros problème. Quoi de plus naturel que de parler de soi et de son corps ?          

C’est bizarre que la sexualité en pensées et en paroles prenne toute cette place alors que dans la vraie vie elle occupe une infime partie de la réalité.  Cela ne tient qu’à l’interdit.  Si on en faisait pas un tel tabac, l’éveil sexuel passerait inaperçu pour plusieurs.        

Tant que nos religions n’auront pas réalisé que tout est faussé parce que la première prémisse est fausse (le péché avec son enfer et son purgatoire), nous vivrons dans un monde chaotique et violent, égoïste et paranoïaque. Nous sommes fermés à l’Autre, car il représente un danger.  

Nous vivons pour vivre. Nous vivons pour créer une expérience personnelle qui nous fasse découvrir à la fois l’infiniment grand et l’infiniment petit.  La plus belle philosophie serait de croire que nous vivons pour nous réincarner de façon à atteindre un jour la perfection.  Avec une telle philosophie, cela voudrait dire que le monde que nous nous offrirons reviendra sur terre et ce jusqu’à ce que la vie sur terre soit devenue le paradis terrestre.  En d’autres termes, nous serions les co-créateurs de l’humanité telle que Dieu voulait la créer.    

Le sens de la vie serait donc de réaliser ce paradis éternel que le créateur a voulu pour nous à travers les siècles et dans nos vies jusqu’à ce qu’on accède au bonheur parfait.  L’immortalité est-elle à la portée de nos mains scientifiques avec le clonage ?  La résurrection à partir d’une même cellule ? La cellule primitive est-elle éternelle ?        

Cela ressemble à la résurrection, au nirvana, au paradis promis par Mahomet, à la différence que nos vies seraient le cheminement responsable de notre propre permanence, du moment de sa manifestation. 

Par contre, Freud ne voyait que de la schizophrénie dans les religions, un moyen de refuser mentalement la réalité, la mort. 

Personne n’est revenu pour nous dire ce qui se passe après la mort, même pas Jésus que l’on prétend ressuscité. Personne ne le fera et en ce sens nous serons toujours des ignorants qui essayons de comprendre.  Si on ressuscitait, on en aurait entendu parler par plus d’une personne décédée. Malheureusement, on ne saura jamais, sauf quand on va mourir, si on en a encore conscience. La mort serait-elle qu’un trou ? Un vide dans un certain espace-temps ?   

Par contre, croire à la réincarnation nous oblige à améliorer le sort de l’humanité, car, c’est notre sort futur qui est en jeu.  Ceux qui nous suivraient (des nous réincarnés) seraient dans un monde encore meilleur que celui dans lequel nous vivons.  Donc, un monde moins violent, un monde où la richesse sera mieux répartie.  Cela nous fait accepter aussi que l’erreur fait partie de la connaissance.

D’autre part, W. Reich et Fourrier ont démontré que notre société en acceptant la répression sexuelle sème l’hypocrisie, la violence, l’exploitation sexuelle, la culpabilisation et la souffrance.  On ajoute à la réalité, une réalité émotionnelle qui n’a rien à voir avec le besoin de l’homme de se reproduire pour survivre.  S’en tenir au péché, c’est éliminer toute une réalité qu’on découvre avec l’amour.  Ces émotions sont essentielles au plaisir et surtout à ce qu’il ait un avenir.

Notre société n’a pas l’humilité nécessaire pour accepter de s’auto juger et s’auto pardonner.  L’homme ne comprend pas l’homme.  En quoi la nudité et les caresses peuvent-elles être nocives à l’homme ?             

Pourtant, c’est ce que la paranoïa sexuelle nous prêche à coeur de journée, comme si se faire des caresses pourrait être violent, faire mal, attaquer notre dignité. Laquelle ?   Avoir un pénis plus grand que l’autre, un sein plus attirant ?  

Le scrupule sexuel est plutôt une maladie à combattre, car c’est le rejet de son corps

Avec notre morale, la psychose est devenue inévitable et collective.  En ce sens, les féminounes ont une bien longue pente à remonter.   Elles se croient le péché incarné, en étant incapable d’assumer leur sexualité et elles projettent leur phobie sur leurs jeunes.

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Sur le plan mondial, il est urgent de réajuster le tir.  Le péché, ce n’est pas la chair, mais un manque de responsabilité face à la sexualité.  Le corps est une création extraordinaire ; mais le pouvoir, la domination, l’égoïsme, la violence et l’irrespect de l’homme et de la nature sont des erreurs que l’on paiera chèrement. On oublie trop facilement le devoir de nous aimer nous-mêmes. 

On oublie souvent trop facilement le devoir de nous aimer soi-même.     

La meilleure preuve du détournement de Dieu aux profits des religions, de la finance, du veau d’or est que toutes les religions sont devenues d’immenses multinationales, grâce à l’exploitation de la peur et de la culpabilité à des fins de cupidité et de pouvoir.

Toutes les religions éliminent hypocritement le don le plus précieux que Dieu a donné à l’homme : la liberté.  Le droit individuel de choisir entre le Bien et le Mal, je dirais même de définir ce qu’ils sont pour soi.     

La liberté est un choix lucide, progressiste, éclairé entre le bien et le mal.  C’est la responsabilité, l’autonomie, en non pas l’obligation de venir un immense troupeau aveugle et ignorant. 

L’Église avait fixé l’âge de la raison à sept ans.  À mon avis, c’est encore trop jeune. .

Le mal, c’est ce qui détruit, blesse, divise, exploite les autres plutôt que d’améliorer l’unité.  L’homme (incluant la femme, son égale et sa partenaire, selon Mahomet) vit pour découvrir la beauté de la création, de la vie.  Il doit à travers son expérience reconnaître la beauté, la bonté, la grandeur de son Créateur, et non pas en faire un fasciste ou un tyran qui cherche à nous dominer jusque dans nos bobettes. Cet amour de la vie et du prochain est loin d’être ce que nous enseignent les religions, source inépuisables de discriminations de tous genres.

Maintenant, le sexe est devenu à cause de notre ignorance psychologique, le meilleur moyen avec la peur et la culpabilité d’exploiter tous les humains individuellement.  Le péché sert à connaître une forme de mépris de soi avant même de pouvoir être autonome.  Les religions essaient de récupérer des pouvoirs divins ou quasi-divins, car ils sont une richesse monétaire illimitée.  C’est le contraire de ce qui, à mon avis, devrait être le mode de vie du vrai chrétien à la suite d’une méditation de l’évangile selon saint Jean. Et, du bon musulman puisque dans le Coran, Dieu est la Miséricorde.  On est loin de la lapidation des femmes pour adultère, de l’excision, de la circoncision ou du meurtre des homosexuels. La Charia est une forme de mépris de l’humain, exactement comme Lucifer devant l’Homme.          

Celui qui crée le péché est exactement comme Lucifer, il se prétend l’égal de Dieu et rejette l’humanité.  C’est absolument logique.  Ce n’est pas moi qui l’ai découvert, mais un archevêque protestant qui faisait de la prison avec moi, qui m’expliqua toutes ces différences.         

 Il est bien évident qu’en défendant de se servir de l’un de nos sens, le toucher particulièrement, la lutte sera générale et sans fin, car c’est un instrument de connaissance et de jouissance.

Avec nos religions, tout est mal dès que c’est sexuel.  Quelle folie !  Ma bande de malades, comme dit la chanson, la vie est un plaisir et non un besoin de faire souffrir et détruire.  

Les règles religieuses devraient être des guides, des réflexions, pour nous aider à atteindre le maximum de la perfection que l’on puisse atteindre comme être limité et non pour juger les autres. 

Il faut avoir l’esprit tordu pour voir du mal dans la sexualité s’il n’y a pas de violence.  Pourtant, tous agissent comme si la sexualité, la moindrement hors-norme est un crime.     

Dans la Bible, le pire ennemi de Dieu, le faux dieu, Lucifer.  Il est l’hypocrite qui se fait passer par Dieu, qui le remplace dans le coeur des hommes.  Aujourd’hui, on devrait parler d’argent, ce veau d’or, la cupidité, l’orgueil, la violence, la destruction. C’est un détournement de la finalité humaine c’est à dire de son bonheur.  Un bonheur que l’on ne peut pas trouver sans l’amour et l’autotomie.  La liberté est ce qui nous distingue de toutes les autres créatures.  Le veau d’or, c’ers l’argent et son pouvoir, c’est l’économie, le financier dans l’avidité, la domination, se croire supérieur aux autres.   

Tout le monde sait que l’on a besoin d’argent pour vivre ; mais à quel moment devient-on esclave de cette nécessité ?  Quand devient-on malheureux parce que l’on ne sait pas se contenter de ce que la vie nous offre. Le bonheur est-il autre chose qu’être satisfait de sa vie ?       

 
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Le veau d’or.

Quand on observe nos sociétés, tout est centré sur l’économie, la finance –une vraie bande de bandits-. L’économie n’est pas utilisée comme un moyen de répartir de façon juste les richesses, de protéger la vie, assurer son évolution naturelle et protéger la nature ; mais pour le pouvoir, la division, la sectorisation (diviser pour régner). 

Il faut des fortunes pour entretenir le armées, la police qui protège le petit nombre de la mafia mondiale aux dépends de la majorité et des moins bien nantis.  S’il n’y a pas de violence, on n’a pas besoin d’armes, d’armées et policiers armés.  Et, comme on le sait, la pulsion peut être réorientée.  Pour avoir des coupables, il faut maintenir que la sexualité est mauvaise.  Le besoin naturel individuel d’être bien, d’être quelqu’un, est à la base de l’idéal.          

Il faut diviser pour régner. 

C’est le rôle des religions, en manipulant le psychisme, les émotions, de façon à créer des clans (les purs et les impurs), des catégories d’individus.  On a créé le péché de l’impureté alors que c’est en réalité l’abus d’une chose, le manque d’amour qui est le péché.  Avec le péché, le désir incarne le mal.  Il faut exploiter des armées, une police pour protéger son pouvoir (son avoir).  On crée de la violence, des attentats, pour justifier la création de ses armées et de sa police.  Les drogues et le sida sont le fruit des recherches militaires américaines pour aider les soldats à tuer sans avoir de remords de conscience.                

Aujourd’hui, ce résultat est presque obtenu grâce au cocktail drogues-cinéma.  Toutes les études prouvent que ce duo crée automatiquement des psychoses.  Pourtant, plutôt que de s’acharner contre la violence, on continue de s’attaquer à la liberté sexuelle, à la liberté de conscience. L’autonomie est l’ennemi de ceux qui nous dirigent.      

Je ne suis pas obligé de croire que leurs règles contre la liberté sexuelle ont le moindre sens, sinon pour contrôler les individus.        

La censure est un contrôle de la pensée.  Elle est une forme de manipulation de la conscience à travers les siècles.

Dans son livre, La paix indésirable, Galbraith, conseiller du président Kennedy, des États-Unis, démontrait comment notre système doit nécessairement entretenir la guerre, ne serait-ce que pour maintenir les budgets de recherches, donc l’emploi rémunérateur.  Notre économie repose sur la guerre pour survivre.          

Pourtant, la vie humaine devrait être plus importante que l’économie et la finance.  Nous recréons le veau d’or biblique, un faux dieu, celui de l’argent, lequel se nourrit de sang et de misère humaine pour survivre et se développer.

Il faut bien l’avouer la mondialisation pourrait être une formule extraordinaire pour l’avenir, sil elle reposait et respectait vraiment les droits individuels et la démocratie.  Bien appliquée, elle permettrait d’éliminer la misère et garantirait à tous les individus de la terre un minimum vital et le respect de la planète.  Il suffirait de transférer cinq pourcents des budgets mondiaux de la défense en service social mondial pour qu’il n’y ait plus de misère sur terre.

La terre pourrait être comme le corps humain, chaque état aurait sa raison d’être comme les organes vitaux, sauf la que la violence serait interdite partout et pourchassée comme on le fait maintenant pour les crimes dits sexuels.  La planète serait le corps dans sa totalité.  On pourrait s’établir où l’on veut.  La planète serait comme le vaisseau spatial et constituerait l’unité humaine.  On vivrait qu’en fonction du bien-être de l’Homme, de tous les hommes. On aurait aussi une égalité parfaite entre l’homme et la femme.

*   *   *   *

La mondialisation doit être la création d’un palier supérieur de gouvernement dont le but principal sera le bien-être de l’espèce humaine. Un palier supérieur de conscience universelle au service de l’Homme et de la préservation de la planète, mais surtout pour le bien-être des individus en fournissant à chacun le moyen de se réaliser totalement, de gagner sa vie en travaillant, dans le pays de son choix, c’est-à-dire celui qui respecte le plus ses valeurs fondamentales.  

La distribution des pouvoirs entre états, régions doit correspondre à la taille du gouvernement soit celui qui peut fournir le meilleur service à la communauté.          

En ce sens, la mondialisation sera positive pour l’homme si elle permet la création de nouveaux états qui correspondent par des intérêts économiques, aux intérêts sociaux-culturels des populations.  En d’autres termes. UN PEUPLE – UNE NATION = UN PAYS.

Le seul but de ces systèmes doit être de faciliter la vie des individus.  Ce n’est pas religieux, ce n’est pas spirituel, ce n’est surtout pas de l’impérialisme.  La structure sociale de l’homme jusqu’à date ne profite qu’à une petite partie des hommes.

Ce changement servirait à éliminer ou du moins de minimiser toutes les sources de conflit.  Si l’homme est intelligent, il n’a pas besoin de guerres pour vivre.

En principe, la mondialisation devrait permettre l’abolition des impérialismes et des frontières pour les individus et le commerce.  Ainsi, tu pourrais vivre dans le pays que tu aimerais le plus. Les frontières marqueraient seulement les limites géographiques (qui correspondent à la possibilité de bien entretenir une population) de l’occupation d’un groupe sur un territoire donné.       

Ce territoire est régi par un gouvernement, qui a la responsabilité sociale des habitants de ce lieu occupé (mais non possédé).  Les gouvernements sont des entités responsables afin d’assurer à une communauté donné de recevoir les services nécessaires à ses commettants.

Le bien-être individuel est aussi le Bien collectif.

L’individu n’est pas jugé quant à ses qualités ou ses défauts, mais en fonction de sa qualité intrinsèque d’être humain et de ce qu’il peut «échanger» en tant qu’être humain.  Quels services est-il le plus apte à remplir ?  Donc, sa réalisation personnelle est sa plus grande et son unique responsabilité en tant qu’être humain. La seule chose proscrite : la violence sous toutes ses formes. 

La raison fondamentale d’exister d’un gouvernement est de s’assurer qu’il n’y a pas sur un territoire donné de pauvreté physique et psychique.  Le gouvernement gère la richesse de vie dans son territoire.           

Un individu se réalisera plus facilement dans un environnement sain qui saura lui fournir le minimum vital (sécurité, amour, nourriture, logement, éducation, services de santé et travail).     

L’individu est une force, une énergie qui prend conscience d’elle (avec le temps et l’expérience) et dont la finalité est la découverte et l’exploitation de son pouvoir créateur, donc, le bonheur.           

 Le pays, quant à lui, est l’environnement, le système social, qui permettra à l’individu de se réaliser au maximum en son sein.     
 

Ainsi pour que chaque individu puisse se développer facilement, il est indispensable que l’environnement s’y prête et lui corresponde le plus possible.   Par contre, il faut rêver qu’un jour la terre sera la communauté d’appartenance de tout être humain, grâce à une conscience universelle, sans frontière, ni violence ; mais ce rêve est loin d’être réalisable car il exige l’élimination de tout fanatisme, du racisme, du sexisme et de toutes les formes de discriminations (dans tous les sens),        


Spirale intraprojective 29

octobre 4, 2020

Spirale intraprojective  29

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp.  269 à 282)

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 Si la religion avait la moindre parcelle de vérité, notre seul but sur terre serait de nous parfaire sur le plan spirituel (énergie fondamentale) de façon à accélérer notre possibilité à vivre un face à face avec Dieu (on a appelé ça le ciel) c’est-à-dire de pouvoir contenir en son propre intérieur l’ensemble de l’énergie universelle, tout en étant un petit grain dans l’infini, d’où la possibilité d’être à la fois tout et rien, unité et l’universalité.           

Donc, il est faux de prétendre que la vie sur terre aboutit à un enfer ou à un ciel.  Il y a encore moins de jugement dernier.  Il y a tout au plus ce regard sur notre vie juste avant de crever.  Mais, si on croit au monde spirituel on accepte que notre expérience serve à ouvrir davantage l’œil de l’amour personnel de la contemplation et du bonheur.  Les psychologues parlent d’esprit positif. 

C’est aussi pourquoi à mon sens, si on croit, la plus grande révolution a toujours été l’application dans la vie des réflexions sur l’Évangile, puisque le seul but de notre vie devrait être de permettre à l’amour (force de fusion ou d’intégration) de se développer, en se purifiant. 

La vie n’étant qu’ondes et lumières ; concentration et pesanteur. Lumière et communication, elle ne compte pas sur le matériel, le corporel pour se développer.  Encore moins sur la souffrance.            

Prétendre que notre vie sexuelle a un rapport avec la pureté, c’est mentir.  Le paradis terrestre n’a pas encore été créé, il est venir à travers le temps, en perpétuelle formation.  Un jour, la vie terrestre disparaîtra qu’en restera-t-il dans l’ensemble cosmique ?  Rien ? L’énergie peut-elle être consciente sans le cerveau ? Cette conscience ne peut certainement pas être la même que durant la vie.        

Dans l’état actuel du savoir, la seule chose dont on puisse être scientifiquement certain, c’est que notre monde est en évolution et par conséquent les gestes et les décisions que nous prenons aujourd’hui sont ce qui modèlera l’environnement dans lequel les futurs humains auront à évoluer.       

Et, si la réincarnation est possible et vraie, le monde, l’environnement que

« nous» aurons créé est le théâtre dans lequel nous serons appelés à rejouer un jour.  Nous sommes maîtres de créer notre futur ciel ou notre futur enfer.  Le monde, dans lequel nous reviendrons dans quelques siècles peut-être, serait ainsi façonné par nous maintenant.    

Chose certaine qu’on lise n’importe quel livre religieux, Dieu ne nous a pas créés pour être malheureux, mais heureux.  Ce sont les hommes qui exploitent les hommes.  Les épreuves sont là pour améliorer notre jugement et non une force intérieure pour nous casser. 

 Si les religions sont vraies, la terre pourrait être un aperçu du ciel si nous avions l’intelligence de baser notre vie sur l’amour plutôt que sur la violence et la cupidité.  Même si cela en a tout l’air, il n’y a pas de morale dans cette forme de réflexion, sinon l’appel à assumer sa liberté et à comprendre que les gestes individuels ont une répercussion immédiate ou future sur la vie de ceux qui sont appelés à repeupler la terre.  

Il est inouï qu’après des siècles d’existence l’homme n’a pas encore appris que la violence est son pire ennemi.  La cupidité est le pétrole de la violence.    

C’est inouï que l’on puisse se rendre sur la lune et que l’on ne sache pas encore traiter le cancer, les maladies mentales et le sida.      

Pourquoi n’y a-t-il pas de recherches pour trouver le médicament qui permettrait de soigner les gens de la paranoïa ou de la schizophrénie de manière à pouvoir, avec une faible médicamentation ou une absorption de marijuana ou de bière, les soigner, car il a été prouvé aux États-Unis que ces substances peuvent être employées comme médicaments ?        

Ces pauvres malades sont aussi très profondément paranoïaques.  On ne fait rien pour eux ou pour ceux qui veulent leur venir en aide. 

La majorité des itinérants sont rendus à ce niveau parce qu’ils vivent en permanence une profonde dépression.  Nos élus politiques gagneraient à lire     « L’intelligence émotionnelle», de Daniel Goleman.     

Une chose est certaine : personne ne sait ce qui se passe après la mort. Les religions ont profité de notre peur pour nous manipuler.  Comment faire croire que Dieu, l’Amour, puisse être pour la guerre et la violence. ?           

Deux choses sont possibles après la mort : 1- il y a un Dieu et notre conscience retourne, comme dans un de mes rêves, dans cette conscience universelle extraordinaire que rien ne saurait décrire 2- ou il n’y a rien.  C’est le vide absolu.  Fini. Fini.  C’est tout. 

C’est aussi une possibilité, même si c’est beaucoup moins exaltant que de rêver à un paradis.  Mais ça risque d’être plus possible.          

D’une manière ou d’une autre, le sens de la vie repose sur celui que l’on donne à la mort.  Il m’apparaît hasardeux et idiot de vivre pour une après-mort alors que l’on ne sait pas ce qui nous attend.  Quant aux versions religieuses, ce n’est que pure spéculation, en faire un acte de foi tient de la folie.   

Bien évidemment croire en la vie exige une nouvelle vision de l’homme où l’on cesse de croire qu’il faut nécessairement souffrir pour grandir intérieurement. C’est une philosophie masochiste dans laquelle dieu est un sadique.  Et/ou on prend conscience que la matière a autant d’importance que l’esprit, l’homme étant fait de chair (matière) et d’esprit (la vie serait-elle une forme d’électricité ?) 

C’est tout un acte de foi et de confiance sans borne que d’accepter, malgré tout ce que l’on voit, que Dieu a créé la vie et que cette création soit en soi quelque chose de bien.         

C’est une remise en question des fondements de toutes les religions, devenues lavage de cerveau pour mieux exploiter les gens en condamnant la chair, la limitation de ce que nous sommes.  L’homme veut d’instinct se reproduire parce qu’il ne veut pas mourir.  Le bonheur et la souffrance sont des parties intrinsèques de notre fragilité et de notre expérience.  On ne peut pas connaître l’autre sans comparaison.          

Comme disait Bouddha, il faut chercher l’équilibre.  

Cette façon de voir la vie remet en question la mondialisation actuelle.  Un esclavage économique.           

Puisque l’argent, le pouvoir, la caste sociale ne doivent plus être le centre de nos univers, nous devons créer un monde pour les humains.  Ce doit être l’humain, la vie, l’Amour qui doit être le centre de notre univers, le chemin de notre bonheur individuel.  

Il est impossible de vivre ces valeurs dans les institutions telles qu’elles existent aujourd’hui.  L’économie est strictement égoïste.  Nos sociétés n’ont pas à changer en fonction de leurs structures, car elles sont efficaces ; mais dans leur but, leur finalité, leur processus de répartition.  Nos sociétés, en agissant contre-nature sur le plan humain, manque de respect à l’individu. Elle ne tienne pas compte de la nécessité de l’individualité, de la vie privée.        
 
Ceux qui prétendent que la mondialisation vient annihiler l’objectif d’un Québec indépendant oublie qu’au contraire la majorité de la population mondiale survivra en dehors de la misère qu’à la condition de revoir la notion de solidarité, d’état, à travers de petites communautés.  Puisque les riches seront plus riches.  Ils tenteront d’être plus répressifs et oppressifs pour mieux asseoir leur pouvoir alors que les pauvres (incluant dorénavant la classe moyenne) devront être de plus en plus solidaires pour survivre dans la dignité humaine parce que dans ce monde de la mondialisation l’être humain, la vie aura moins d’importance que le profit.  D’ailleurs, ce dernier est de plus en plus concentré entre les mains des mêmes riches

La jungle de la survie s’est transformée en arène.  Elle a fait de l’argent le dieu moderne.

La mondialisation, c’est le règne de la mafia mondiale légale, bourgeoisie et aristocratie des affaires, à l’échelle planétaire. 

Alors que dans le monde démocratique le pouvoir part du bas de la pyramide pour s’élever de façon à ce que chacun soit bien traité; dans la mafia légale, particulièrement financière,  le pouvoir est entre les mains d’une petite minorité et le pouvoir s’exerce du haut vers le bas, rejoignant de plus en plus d’individus appelés toujours à mettre la main dans leur portefeuille pour nourrir l’étage supérieur. 

La morale de la mondialisation est l’hypocrisie, l’opacité, le mensonge et l’exploitation dont la fin ultime est de nourrir cette cupidité insatiable des plus riches.  La mafia légale justifie la police et l’armée en créant les bandits.  Le meilleur exemple est celui de l’agression sexuelle alors qu’il y a consentement.  Rien, sauf la violence, ne devrait être interdit. Quant à la violence, à ne pas confondre avec la force, elle doit être soignée, redirigée et non punie ; car on crée ainsi une autre forme de violence.      

À cause de cet esprit mercantile, notre civilisation est sur le bord de l’éclatement, en pleine décadence.  Seul le profit compte.  Au plus fort la poche.                

Après s’être fait mentir par les religions, obsédées par la folie schizo-paranoïaque du péché de la chair, nous avons sur réagi en supprimant tout idéal, toute notion spirituelle, toute valeur humaine, ce qui est à mon avis une erreur fondamentale, car l’esprit fait aussi partie de notre réalité.         

Sur le plan idéologique pratique, le communisme a prouvé qu’il ne vaut pas mieux que le néo-libéralisme et le capitalisme. 

Toutes ces idéologies existantes ont été des idéologies de domination, assujettissant et exploitant le peuple au profit d’une royauté, d’une bourgeoisie pourrie ou un dictateur (majoritairement militaire), créant des états policiers.             

Comme le disait mon ex-patron : où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie.   En ce sens, je préfère l’anarchie, comme elle est décrite dans le livre «L’ordre, moins le pouvoir», deNormand Baillargeon, Agone, Comeau et Nadeau, Montréal, 2001)  

Ce n’est pas la mondialisation comme structure qui est mauvaise en soi, mais la fin pour laquelle on s’en sert.  La mondialisation est le mouvement universel normal de l’intégration de toute l’énergie pour créer un nouvel être ou du moins un nouvel ordre intégrateur.      

Malheureusement, le mouvement tendant à la mondialisation est voué encore à la domination de la majorité par une minorité de plus en plus restreinte. 

La mondialisation devrait être, si on respecte le sens de la démocratie et de la liberté, un accès plus global des richesses de l’espace-temps à tous les individus qui, comme la cellule dans le corps humain, crée un esprit commun.  Elle devrait être la découverte de l’importance de l’individu dans l’ensemble terrestre.  Les pays sont comme les organes, la force d’une culture particulière, donc, l’unité d’un certain type d’énergies.      

Dans un monde idéal, tout individu devrait avoir le droit de vivre là où il se réalise le mieux, dans le pays qui correspond le plus à ses valeurs fondamentales, mais aussi là où il est capable de mieux se réaliser pour le bien de la communauté dans lequel il appartient.    
Ce n’est pas tout que d’avoir des talents, il faut savoir en faire profiter les autres. 

En ce sens, tous les peuples pour éliminer la guerre et permettre une tolérance terrestre absolue, devrait avoir leur espace, donc, leur propre pays. Ils devraient du moins pouvoir vivre sans contradiction avec la majorité qui les accepte.

La base de la mondialisation, je dirais même de notre civilisation, est la violence.  Il faut des guerres pour permettre à l’économie de fonctionner.  Et, les religions ne sont qu’un instrument économique pour dominer. 
C’est la mondialisation, dans le sens d’une concentration des pouvoirs, qu’il faut immédiatement rejeter si l’on ne veut pas faire sauter la planète, même si l’on envisage que des petites guerres régionales ou locales. 

La valeur d’un seul humain est plus grande et plus importante que l’avoir de toute une planète et ses richesses.  Il faut cesser de jouer le jeu de ceux qui veulent nous dominer, savoir qui profitent de qui, dans quel but et en se servant de quel moyen de contrôle.

*   *   *   *   *

Il est possible grâce aux nouvelles communications permises par internet que les nouveaux savoirs éliminent le lavage de cerveau idéologique et religieux qu’on a fait subir au peuple jusqu’ici, en se servant surtout des religions.      

Par contre, pour contrôler ce que pensent et rêvent les gens, on a inventé le crime affreux de pédophilie afin de justifier une nouvelle intrusion dans la vie privée de chaque individu qui ne correspond pas à l’hétérosexualité.  Jamais la pédophilie ne sera acceptée d’emblée.  Cependant, il faut faire une nuance entre la pédophilie et la pédérastie qui, elle respecte le rythme de développement des jeunes, si elle est assortie de trois conditions : le consentement, la responsabilisation, et le plaisir.      

Inutile de souligner que ces trois critères éliminent directement toute forme de violence. Le langage employé par le système pour des relations sexuelles entre un adulte et un jeune devient  une forme de violence verbale.    

Le changement d’attitude vis-à-vis la sexualité est d’abord question de connaissance et de valeurs. On sait que bien des pays se servent des jeunes pour travailler dans les services secrets et que la pédophilie devient un prétexte pour espionner la vie privée des gens sur internet.  En appelant à la délation, on crée un tel esprit de paranoïa que de l’enfance à la mort, on ne peut même pas avoir confiance aux membres de sa propre famille.  Il suffit d’un soupçon pour devenir un pédophile ou un terroriste… les deux identités données à ceux que l’on veut faire taire, Les médias s’occupent ensuite de détruire l’individu en inventant des scénarios qui font lever le coeur.       

Tout le monde sait que la répression sexuelle (chrétienne, juive ou musulmane) entraîne automatiquement la déification de la violence en justifiant la peine de mort et le pouvoir.  Quelle sera ta vie quand tes intérêts sexuels, la force la plus puissante chez chaque individu, devient ce qui peut causer ton exécution ?  Qui étaient les plus menteurs et les plus malades quand on prétendait que l’homosexualité est une maladie mentale ?     

Sur le plan strictement spirituel, la peine de mort est un crime.  Elle est injustifiable car elle empêche un individu d’évoluer assez dans sa vie terrestre pour provoquer un changement d’attitude et une réorientation dans une vie future.  On croit dans une vie future ou on n’y croit pas. La peine de mort ne peut se justifier que pour des raisons économiques : un prisonnier mort coûte moins cher qu’un condamné à perpétuité.    

En spiritualité, il est impossible de retourner en arrière, tu ne peux pas perdre le degré de qualité de l’énergie que tu as déjà atteint.  Par conséquent, une prison à perpétuité peut au contraire t’aider à te purifier plus un peu l’esprit avant la mort.

 La raison d’exister de la prison, c’est de protéger les gens qui sont à l’extérieur et non seulement de punir.  Comment peut-on justifier de mettre en prison une personne pour crime sexuel, comme les vieux prêtres, alors qu’ils ne peuvent même plus bander ?  Comment peuvent-ils être encore capables de rapports sexuels dangereux ?  Ils peuvent tout au plus sucer l’autre.  Un jeune ça court plus vite qu’un vieux de 70 ans et plus.  La peur de la pédophilie est une forme de paranoïa féminoune. Ce sont des gens qui projettent leur haine de la sexualité sur les autres.   

Le nombrilisme, l’individualisme, grâce au capitalisme sauvage est beaucoup plus dangereux pour l’humanité que la pédophilie ; mais c’est la grande messe de ceux qui croient dans l’argent.            

Un jour, les égoïstes devront trouver un nouveau idéal qui sera basé sur la découverte à l’effet qu’il est impossible d’être heureux si les autres autour de nous ne le sont pas.  L’interdépendance est une réalité humaine.     

Chaque individu doit découvrir sa valeur d’être unique, mais aussi il faut savoir reconnaître en chacun la responsabilité collective quant à l’avenir de l’humanité. 

C’est un processus qui est déjà enclenché dans les groupes de non-violence / ou de respect de la nature.  L’avancement de l’humanité dépendra de sa liberté de parole, de ses communications, du sort que l’on fera à la vérité.

*  *  *  *           

La révolution doit reposer sur le peace and love, et non être un facteur économique.  La non-violence est la lutte à la drogue, à la violence, au militarisme. 

La démocratie exige une nouvelle répartition des richesses et un nouveau respect de la nature.  L’homme est l’animal le plus nuisible de la planète en s’accaparant de tout.   

Si Platon croyait qu’il faut d’abord se connaître, il n’éliminait certes pas le devoir de chercher ce qu’il y a de bien chez les autres… est-ce que le respect est de l’angélisme ?  Tout individu a une raison d’exister.           

Quand Sartre parle de la liberté, il n’est certainement pas sans savoir que la liberté absolue chez l’homme est impossible, qu’elle n’existe pas.  Qu’on le veuille ou non, nous avons tous un inconscient.  Notre réalité matérielle obéit à des règles chimiques, à des hormones… Nous sommes tous limités, imparfaits et vouloir se comporter autrement n’est que de l’orgueil.  La liberté ne peut pas exister sans la responsabilité qui exige une remise en question permanente de sa perception et de son agir, car on ne cesse d’avoir de nouvelles connaissances. 

La liberté, l’autonomie s’acquiert dans et par son propre exercice.  La liberté se développe en chacun et permet d’agir sans toujours demander quelque chose en retour.  Mais la liberté peut aussi conduire à l’erreur.         

Le but fondamental de la mondialisation devrait être le désarmement complet de tous les états, la légalité territoriale des états sur les multinationales et une économie sans super puissance économique ou militaire, impérialiste (Chine, Russie, États-Unis, etc.)

La démocratie doit aménager, sur une échelle mondiale, une répartition des richesses qui permet à chaque individu de se réaliser pleinement.  La raison de vivre, c’est de jouir de la vie.  La priorité des priorités doit être la lutte pour l’acquisition pour tous les individus de la planète d’un minimum vital : sécurité, nourriture, logement décent, santé, éducation et travail.

Malheureusement, la mondialisation actuelle, toute mercantile qu’elle est, ne sert pas le mieux-être de l’humain.  Elle cherche à mieux exploiter la masse au profit d’un petit groupe d’exploiteurs, en canalisant tout à travers l’économie et la finance.  Le marché mondial est une vaste fraude tant qu’il dépendra de la spéculation.  Les riches s’enrichissent aux dépens des plus pauvres, car c’est avec de l’argent que l’on fait plus d’argent.  C’est tout ce système de mafia mondial qui se résume dans un mot encore plus indécent que pédophilie : les intérêts.  Les intérêts ou le profit justifient toutes les formes d’exploitation : la violence, les drogues, l’abus des médicaments, la spéculation.           

Le pays dans ce grand ensemble n’est qu’un territoire, une forme de vie qui permet à un individu de se développer.  C’est pourquoi, tout être humain devrait pouvoir se rendre vivre dans le pays le plus près possible de sa propre philosophie de vie, de sa propre longueur d’ondes … pour y vivre heureux, en harmonie avec lui-même.            

Si l’intelligence est de savoir s’adapter à toutes les situations, encore faut-il choisir le milieu qui nous convient le mieux.  En ce sens, les Amérindiens ont absolument raison : personne ne devrait être propriétaire, mais locataire en temps-espace de la terre.  Il est urgent de prendre conscience que notre valeur est d’être un humain et non les richesses que l’on a engrangées.

L’ARGENT ET LE POUVOIR SONT LA CAUSE PREMIÈRE DE LA BÊTISE HUMAINE.

 L’argent est un outil indispensable, moderne qui peut même permettre le développement individuel. C’est indéniable.  Il remplace le troc.  Il permet de jouir de la vie.  Ce n’est pas péché de vouloir être riche, si on l’entend dans le sens de se fournir les outils pour mieux se réaliser ; mais la cupidité, elle, est à bannir.          

Axée sur aider l’homme, l’individu à bien vivre, établir une vraie démocratie, la mondialisation pourrait être bien, une structure organique planétaire formidable, car elle permettrait que le bien-être des citoyens soit respecté dans tous les pays du monde, grâce à un gouvernement mondial (les Nations Unies en mieux) ; mais sans cet objectif humain, la mondialisation actuelle est un cancer, car elle déshumanise le monde et met la survie de la planète en danger pour l’argent et le pouvoir. 

La mondialisation est actuellement purement commerciale.     

La hiérarchie capitaliste (le communisme n’est qu’une version du capitalisme puisqu’il aboutit au même résultat) permet aussi l’exploitation du savoir aux dépens des mieux nantis. 

L’exploitation de l’ignorance est vieille comme le monde et le propre des institutions. Le lavage des cerveaux par les religions se poursuit par l’establishment médical.  D’ailleurs, au temps de la Bible, les prêtres étaient à la fois les psychologues, les juges, les médecins, les chefs guerriers et la police.  Toutes les institutions de l’état.  La caste dominante s’appuyait sur une seule personne : dieu devenu le roi.  Quelle bêtise !  Quel irrespect total des individus. 

Tous les sujets appartenaient au roi avec ou sans consentement.  Aujourd’hui, les chefs politiques ont droit à tout, tant qu’ils ne sont pas pris ; ils ont l’argent et le pouvoir pour s’en sortir.  Ce droit n’existe pas pour les pauvres.   

Pour dominer les individus, on créée des chasses aux sorcières qui aujourd’hui s’appellent les pédophiles parce que personne ne comprend et que ça répugne juste d’en parler.      

On ne s’intéresse même pas à savoir si les jeunes sont vraiment des victimes.  On a décidé que la sexualité est mauvaise donc qu’elle ne doit pas exister chez les jeunes.   C’est une vérité proclamée même si on la sait absolument fausse.  On peut tuer si on a de l’argent, mais on ne peut pas jouir des plaisirs sexuels si on n’est pas  assez vieux.   

La guerre aux pédophiles à travers les religions n’est qu’un moyen de déstabiliser l’autre, en étant un plus névrosé que lui. 

Le système économique se développe seulement s’il y a des guerres.  Il faut donc éviter tous les moyens qui permettent à l’homme de s’aimer.  Prétendre que se faire sucer est une agression, ça tient carrément de la débilité.           

Dans un monde idéal, il faudrait instaurer ce que j’ai appelé la méritocratie. Tout individu naît avec une certaine intelligence et une certaine conscience de l’autre.  Il doit développer ses talents au maximum pour les mettre au service des autres puisque l’humain n’est pas capable de se développer sans l’autre.  Il est aussi important d’aimer et être aimé que de manger. 

Les restrictions sexuelles sont en-soi carrément débiles.  La haine de la prostitution fut créée par les riches qui ne savent pas ce que c’est de souffrir, de manquer de ressources, de l’absence de l’essentiel et qui ne comprennent pas que son corps puisse devenir une valeur marchande. 

La pauvreté des riches est de ne pas avoir le temps de jouir de la vie.  De penser que souffrir, c’est jouir.           
 Au lieu d’en tirer des profits mercantiles, l’humain devrait naturellement tendre à sa propre réalisation et cesser de toujours exploiter l’autre.  Si je suis très intelligent, j’ai plus de responsabilités vis-à-vis non seulement moi-même, mais aussi vis-à-vis les autres.  C’est la gratuité en amour.  Vivre et laisser vivre.  C’est avoir un tel respect de l’autre que je ne peux pas accepter de l’exploiter consciemment, d’où la responsabilité individuelle, le respect de la liberté de l’autre, la remise en question de sa raison d’être.           

Il est possible d’être un salaud en se croyant tout autre.  Le jugement sur nous repose sur la justification que l’on donne à ses gestes et à son existence. Pourquoi passons-nous notre temps à juger les autres ? Pourquoi vivre selon leurs normes ?     
 
La mondialisation est une exploitation consciente de l’homme planétaire.  Et, cette exploitation est l’âme de la mafia mondiale.        

Le pouvoir de la mafia légale repose fondamentalement sur le lavage de cerveaux effectué par les religions qui exploitent sans vergogne la peur de la mort des individus.  On propose un ciel après la mort plutôt que de créer une planète où il sera de plus en plus paradisiaque d’y vivre.  

Si l’homme a évolué techniquement, il demeure émotivement un primitif.  Il gobe tout ce qu’on peut inventer de théorie pour satisfaire son impuissance à comprendre le sens même de son existence.           

L’homme est le seul animal qui tue pour le plaisir ou le pouvoir.  Est-il vraiment l’animal le plus intelligent ?  

Il faut avoir une bien petite conscience pour accepter la peine de mort, légale ou illégale, pour considérer la guerre comme le seul moyen de relancer l’économie, pour accumuler des fortunes individuelles alors que tout autour de nous les gens crèvent de faim.   Personne n’a besoin d’un million de dollars pour bien vivre toute sa vie.  Pourquoi n’y aurait-il pas une limite à ce que puise accumuler un individu aux dépens de la majorité ?  Pourquoi ne veut-on pas contrôler la répartition des richesses entre les individus ?          

Par exemple, même si l’avortement doit être un droit de la femme, un choix de conscience individuelle, pourquoi ne libérerait-on pas les possibilités d’adoption pour ceux qui le désirent, sans que ça coûte une fortune, sous prétexte de défendre la chasteté de l’enfant adopté ?  La peur des prédateurs sexuels est un bon moyen de faire payer davantage les parents potentiels.  Une hypocrisie pour dissimuler le commerce légal d’êtres vivants.  Est-il pire de se faire masturber que de crever de faim ?       

Au lieu de poser la question aux bourgeois qui font les lois, on pourrait le demander à ceux qui crèvent de faim.  Cette bande d’hypocrites.  L’adoption est un racket international : le nouvel esclavage légal.  Il faut payer pour permettre à un être vivant d’être heureux… une vraie bande d’inconscients à force de chercher la surprotection des jeunes, ils en font une denrée.     

En ce sens, l’état, même si cela est contradictoire avec l’idée que l’on se fait de l’anarchie, l’état international peut jouer un rôle unique de distributeur des biens essentiels à sa population et appliquer un respect véritable des droits de l’homme.  Par contre, cela exige une redéfinition et surtout une nouvelle façon de vivre la démocratie.  Cela demande même de redéfinir l’anarchie.  N’est-il pas troublant que tous ceux qui ont conduit des révolutions sont ensuite devenus des tortionnaires qui, parfois, comme en France en 1789 goûtent aux fruits de leur propre révolution.  Peut-on échapper au fanatisme ?  

Toutes les civilisations reposent sur « leur » religion.  Si elles mènent au fanatisme, à la violence, à l’intolérance, n’est-ce pas la preuve qu’elles sont pourries et condamnables ? 

La majorité des guerres naissent avec les religions.  Pourtant, ce sont des philosophies de vie qui devraient nous apprendre à nous aimer, à être tolérants.

Toutes les religions partent de fausses prémisses.  Elles s’appuient sur le délire d’expériences schizophréniques (parano-masochistes)  qui rejettent la matière (la chair) pour mieux contrôler les sens de chaque individu et les rendre coupable de n’être que des hommes plutôt que des anges.           
Les religions agissent comme si les prêtres voulaient devenir eux-mêmes des dieux d’où leur obsession de la pureté qu’ils confondent d’ailleurs avec la chasteté.

Pourtant, le créateur, d’après tous les livres religieux, a jugé sa création bonne.  Pour dieu, autant selon la Bible que le Coran, tous les humains sont beaux et égaux.       
 
Le plus grand, le premier des péchés, selon la Bible, vient de Lucifer qui par orgueil, a refusé de se prosterner devant l’homme.  Un mépris de Dieu et de sa création.  Voilà le vrai péché originel (la perte du paradis terrestre n’en est qu’une conséquence, si on croit dans ce mythe).  Lucifer a refusé qu’un être terrestre, aussi limité que l’homme, ait la même valeur aux yeux de Dieu qu’un ange ou un archange, pourtant plus près de la perfection.  Il a méprisé sa liberté, son droit absolu de choisir.      

Pire encore, l’homme a même le droit de nier, de refuser Dieu.  La chair n’est pas un enjeu.  Adam et Êve étaient nus, ce qui veut autant dire que leur esprit n’avait pas encore subi d’influences extérieures et connus la différence entre un ange et eux.  La honte de la chair fut plutôt la honte de percevoir la réalité de leur matérialité, de leurs limites, de leur temporalité : ils se sont vus, en mangeant la pomme, tel qu’ils sont en réalité.    

D’ailleurs, comment Dieu peut-il condamner la sexualité ? C’est une conséquence essentielle à la matérialité soit d’être en éternel changement.  Pourquoi Dieu a-t-il pensé que sa création était bonne ?  Par ignorance?  Comment peut-il connaître une différence entre l’homme et la femme, des êtres humains, par essence, des êtres limités ?  S’il est un esprit, il ne peut pas connaître la limite matérielle.  Il est bien évident que les livres religieux rejettent la sexualité car elle est une projection des hommes religieux, une projection macho qu’ils ont écrit pour leur faciliter la tâche d’êtres  » supérieurs »… des machos à la recherche du pouvoir.       

Le péché fut l’orgueil en essayant de tout comprendre, tout connaître, grâce à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, une drogue tellement trop forte qu’ils ne pouvaient que faire un bad trip.  Leur état de conscience n’était pas encore prêt à vivre une telle expérience, une telle révélation.  Leur esprit n’était pas encore assez développé pour saisir un tel degré de connaissance.  

Si l’homme est un co-créateur, comme on veut nous le faire croire, cela reviendrait à dire que la réincarnation existe et que le sens de notre existence est de créer à travers les siècles le paradis terrestre que Dieu a créé pour l’homme.  Plus l’homme est parfait, plus la terre sera parfaite pour lui permettre d’accéder au bonheur, c’est-a-dire à la contemplation permanente de la perfection de la création, œuvre de Dieu et par conséquent de son créateur.              

Heureusement que l’homme est aussi une énergie, car il serait définitivement certain qu’il disparaîtra un jour comme la terre et même le soleil.  Le sort de tout ce qui ralentit, froidit, s’obscurcit, principe de matérialité.   

Il est incroyable que toutes les religions aient dévié de cette interprétation plus positive et plus responsable de la vie.  Évidemment, une telle conception élimine totalement le besoin de dominer, c’est plutôt un partage, une communion avec l’Autre.  Selon Saint Jean, il faut être le serviteur de l’Autre. Le péché originel n’a rien à voir avec le corps, la chair, la temporalité, mais le refus de la liberté fut le premier geste de rébellion d’un archange contre Dieu, la première lutte des classes.

Si on lit le Coran, on apprend aussi que le diable a décidé d’attaquer Dieu, en simulant Dieu, en mentant à l’homme pour lui faire partager sa révolte.  Est-ce que ceux qui parlent au nom de Dieu aujourd’hui sont les porte-parole de Lucifer?

Les religions qui condamnent la chair sont-elles le premier geste d’hypocrisie et de mensonge introduit par Lucifer dans la conscience humaine ?  Il a dévié le refus de la création dans le temps, en rejetant la perfection évolutive, créatrice de la race humaine, donc, en rejetant le droit à la liberté, à la conscience individuelle, ce que les êtres supérieurs ne peuvent pas vivre.  Ce mensonge du péché de la chair permet de créer «L’homme révolté» ou le «Sisyphe», de Camus

Lucifer serait-il l’orgueil du pouvoir et la violence de la domination ?  Donc, le Dieu que l’on nous enseigne et qui condamne la chair serait Lucifer ?  Comment l’Amour (Dieu) peut-elle tolérer la haine, la violence, l’inégalité ?  La seule différence entre Dieu et le diable serait-elle une simple question de dosage quant à la perfection des énergies qui les composent ?    

J’ajouterais (en faisait la correction de ce texte après le World Trade Center) que la guerre actuelle ressemble au serpent qui se mange la queue.  Cette attaque ressemble étrangement aux événements d’octobre au Québec.  Tout a été organisé par le système.  

La famille de Ben Laden était de grands amis de la famille de George Bush.  Ils sont tous dans l’industrie du pétrole.  Ils ont même des parts dans la même compagnie de pétrole. Notre société refusait de plus en plus les interventions militaires depuis Kennedy.  Pour sauver le capitalisme, il fallait de quoi d’assez gros pour justifier tous les changements que l’on voulait opérer.  Que les terroristes aient agi ne pouvaient pas se réaliser sans l’aide de la CIA ou du FBI, sans que, du moins, ils ferment les yeux.             

Les États-Unis attaqués, des innocents tués, il était bien évident que toutes les personnes sensées exigeraient que cela ne se reproduise jamais quitte à créer une nouvelle guerre au Moyen Orient pour appuyer en même temps Israël.  

Comme en 1970, on les a laissé faire, on les a peut-être même aidés, en souhaitant qu’une attaque chez-eux fasse réaliser à la population le besoin d’une force militaire à l’extérieur.  Tout le monde sait que Ben Laden était de la CIA ou du moins, aidé par ce vaste mouvement terroriste mondial.  Cet acte sauvage et fou permet de justifier toutes les répressions d’où toutes les nouvelles lois autorisant même la torture.  Hitler l’a aussi utilisé contre les juifs. Un renvoi de l’ascenseur ?  Ne se passait-il pas la même chose en Russie dans sa guerre contre la Tchétchénie, toujours pour le pétrole.

Quelle est la différence entre les républicains et les démocrates ?  Les républicains croient que les Etats-Unis doivent dominer le monde puisque c’est voulu dans la Bible alors que les démocrates croient que les Etats-Unis doivent être protectionnistes.        

Ces guerres permettent de revoir la carte du monde sur la terre.  Les États-Unis sont l’armée, l’Angleterre, le commerce.  Israël en profite pour attaquer et assurer sa suprématie au Moyen-Orient.  Le Cachemire devient un point stratégique plutôt qu’un pays.  On attend pour voir si la Chine bougera et si oui, dans quel sens.  On compte sur le Japon au cas où.  On parle à peine du Népal et du Tibet. 

La Russie peut oublier ses bavures d’invasion de la Tchétchénie puisque les États-Unis pourraient être tentés d’en faire autant au Québec, au Canada et au Mexique. Le commerce est le premier moyen d’éliminer les frontières, tout est artificiel, illusions. 

Pour pouvoir agir ainsi, il faut éliminer la culture québécoise, d’où le rôle de Stephen Harper : créer un état du nord aussi bouché par la paranoïa que les États-Unis.

Cela donne l’impression que tout ce grand brasse-camarade est une lutte entre les riches à savoir qui aura tel ou tel morceau de la couverture.  Les États-Unis comme le Canada appliquent la même politique que Trudeau en se servant d’un faux danger pour envoyer l’armée.  Sous prétexte de sécurité, on est prêt à tuer, à éliminer les droits de la personne.  Pour le profit, on centre l’avenir de l’univers autour du pétrole, même si cela doit nous conduire à la destruction de la planète.

L’homme est un animal malade à cause de son avidité.  

Spirale intraprojective 28

octobre 3, 2020

Spirale intraprojective  28

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp.  259 à 269)

*    *    
J’adorais fumer pour écrire.  Les textes étaient beaucoup plus éclatés ; mais à la longue, le pot est devenu un handicap majeur à la création.  Tu gèles plus vite, et dans mon cas, les choses et les écrits étaient terriblement plus profonds, plus beaux, mais seulement jusqu’à ce que je me réveille.  Lus, dans la pleine réalité, ces écrits merveilleux devenaient de vrais torchons … des images d’un intérieur pas toujours charitable, même pas très bon et parfois fanatique.           

Si la vision du monde est une chose, le pot m’a fait découvrir ma paranoïa.  Le pot rend toutes les visions plus intenses, mais déforme une partie de la réalité.  Il joue sur la capacité à la tolérance … surtout à cause de la violence de notre culture.

*   *   *   *

La modération a bien meilleur goût.      

Il suffit d’apprendre ses limites, même si parfois, il faut les dépasser pour les connaître … Est-ce que le pot fumé régulièrement te rend maussade, agressif, déprimé?  Est-ce le pot qui conduit à la psychose ou ce qu’on ajoute sur le marché noir de la pègre pour faire plus de profits?  Qui a intérêt à ce que le pot demeure interdit?  Qui font fonctionner les laboratoires des drogues dures?  Vendre sur le marché noir est-ce pour bien des pauvres, la seule façon facile (à part la prostitution) de pouvoir acquérir l’argent nécessaire pour manger et, malheureusement, aller plus loin?  N’est-ce pas une forme d’exploitation de la pauvreté ?           

La pauvreté est exploitée au maximum par ceux qui ne recherchent que leurs profits.  Ils se servent de la misère des autres pour s’enrichir.  C’est un véritable scandale, car non seulement des institutions se font engraisser par des subventions en offrant des services bidons, mais ils arrachent les dons, en manipulant les faits. 

En ce sens, un salaire minimum mondial comme l’exige Michel Chartrand au Québec est la solution absolument essentielle à une société qui se veut humaine.      

Il y a du bon dans tous les programmes politiques, mais dès que le parti est au pouvoir, il oublie de les mettre en pratique.  Le propre de nos partis politiques est de promettre et de ne jamais réaliser ses promesses.  

Que les corporations de médecins, parce qu’ils ont le monopole du savoir, fassent chanter tout le monde pour avoir de meilleurs salaires, c’est dégueulasse!  Que les avocats de la pègre soient mieux payés que leurs confrères ou encore mille fois mieux payés que les enseignants et les infirmières, est-ce normal, logique ?   Qui sont les plus indispensables à la société ?  Les profs où ceux qui permettent à la mafia de dominer même les gouvernements ? Pourquoi est-ce plus rentable de frapper une rondelle que d’enseigner ?

Le politique est là pour servir, protéger la société, pas ceux qui veulent l’exploiter.

Le parti libéral peut offrir une vision des droits individuels qu’aucun autre parti n’est capable de promettre.  Les libéraux sont les porte-voix du capitalisme, avec ses qualités et ses défauts.  Le problème de la gauche, c’est qu’elle n’arrive pas à sortir de la vision dépassée de la lutte des classes et des féministes alors que le monde se dirige de plus en plus vers une conception anarchiste de la vie.  Il ne faut pas rejeter l’individualisme, mais apprendre à l’intégrer dans une nouvelle vision sociale du monde où le bien-être individuel remplacera les croyances de domination religieuse.  

Mon problème, je viens juste de découvrir que des gens peuvent vraiment être méchants.  Préconiser la guerre, c’est préconiser l’assassinat légal.       

 *  *     

Je n’ai jamais compris pourquoi les institutions du Québec, comme le bien-être social, me poursuivent avec autant d’acharnement. Des féministes enragées?  Ce n’est pourtant pas le parti libéral qui est au pouvoir, mais bien celui de Lucien Bouchard.

À vrai dire, j’ai toujours été mieux servi par les libéraux.  Par exemple : Mon fils qui s’est suicidé avait obtenu un maximum de bourses pour continuer l’école, à la suite la suite de la parution d’une lettre ouverte que j’avais composée pour lui.   Elle avait été publiée dans plusieurs journaux. Une intervention de la ministre Robillard.  Quant à l’épouse de mon fils aîné, elle a pu venir au Canada, plus rapidement, après l’intervention de Sheila Copps.  Je suis indépendantiste et pourtant mes emplois viennent tous du fédéral.         

Est-ce que le fédéral a besoin de la souveraineté pour asseoir son pouvoir dans le reste du Canada.  Il suffit de parler contre le Québec pour voir le nombre de votes augmenter ailleurs au Canada. 
                                     
*     *     *     *  
     
Sauf que cette fois, j’ai compris que c’est au peuple qu’il appartient de décider vraiment, sinon nous vivons une dictature.  Le Québec sera un jour indépendant au sein d’une véritable confédération.  C’est débile et très coûteux de retarder l’arrivée son indépendance.       

La différence fondamentale entre une fédération et une confédération est très simple : dans une fédération, le pouvoir est complètement centralisé alors que dans une confédération le pouvoir appartient aux entités indépendantes qui la forment.  Le pouvoir vient des provinces.  Pour quoi se séparer pour s’unir ensuite?  C’est très simple.  Les anglophones refuseront toujours de négocier d’égal à égal avec le Québec, tant et aussi longtemps que l’indépendance ne sera pas acquise

La souveraineté est le rapport de force nécessaire pour obtenir une révision des structures du Canada qui lui soit avantageuse.  

Personnellement, je me fous des partis politiques.  Ce sont des  » pouvoirs », des grands gueules, mais de bien petit faiseur.  Les écarts idéologiques au Québec (à part être fédéraste ou souverainiste) sont quasi inexistants.  Il faudrait une loi, selon laquelle les partis politiques sont obligés de réaliser le programme pour lequel ils ont été élus.         

Tout député qui ment devrait être obligé de démissionner.  Peut-être que nos votes seraient plus sérieux que de choisir celui qui a la plus grande gueule et qui cache le mieux son désir de se remplir les poches.  Peut-être que les humains deviendraient assez intelligents pour s’apercevoir que la différence de sexe, homme -femme, n’a absolument aucune importance quant à la compétence pour être député ou ministre.  

                                                       
*  *      
Tout ce que je veux, c’est d’être indépendant, vivre par moi-même, grâce à mon travail.  Pourquoi essaie-ton toujours de m’empêcher de travailler ?  Veut-on me ruiner ?  Est-ce parce que mes écrits dénoncent le fait que les religions sont des institutions financières fournissant l’idéologie justifiant le droit des riches d’abuser des pauvres ?  Que l’économie est une mafia mondiale ?  Que je ne suis qu’au pauvre séparatisse pour les fédérastes qui viennent de remporter (voler) le référendum? 

Cherche-t-on à se débarrasser définitivement de moi ?  Un pédéraste, c’est écœurant pour les esprits trop constipés pour comprendre que ce n’est pas un choix.  T’es pédéraste comme t’es hétéro ou gai.  Tu es ce que tu es, tu n’as pas le choix, tu dois faire avec.        

*   *   *   *

En 2001, le gouvernement libéral et le parti québécois sont-ils presqu’une même chose ?  Le parti libéral est là pour défendre surtout les intérêts des Anglophones et des Juifs anglophones de Montréal (Raoul Roy, Lettre aux Juifs de Montréal)

La promesse de Jean Charest pour la désunion des municipalités permet un retour au chantage de la partition. 

Le Parti Québécois prend le pouvoir quand le vol capitaliste n’est plus possible et que l’on doive faire appel au patriotisme, à l’idéalisme des Québécois, pour continuer à travers nos institutions, à plumer le peuple. 

L’ADQ apparaît comme un instrument de rechange parce que tout le monde est fatigué de voir toujours les mêmes visages et d’entendre les mêmes discours.  Mais pour connaître sa véritable valeur, il faudrait savoir qui est derrière. (2010 : L’ADQ s’est avéré un parti de droite, fédéraste et sclérosé avant même de prendre le pouvoir. À part le rapport Allaire, un appui au OUI en 1995, l’ADQ est le parti des bornés qui ne connaissent rien en politique, mais qui pensent tout savoir et tout comprendre, en voulant mettre l’indépendance de côté).       

La guerre entre Ottawa et Québec permet d’endormir la conscience du peuple quant à son pouvoir de s’autogérer, d’exiger des gouvernements qu’ils soient d’assez bons gestionnaires pour ne pas seulement penser qu’à s’emplir les poches.  Qui profite de cette guerre verbale qui n’en finit plus ?  Sûrement pas le peuple qui continue de payer des taxes et des impôts en double (fédéral-provincial), en triple (avec les municipalités), en quadruple (avec les commissions scolaires).  Un tel système de taxes et d’impôts est-il autre chose qu’une immense mafia légale ?  

Alors, pourquoi avoir deux niveaux de mafia pour nous exploiter ?  Sommes-nous que des masochistes ?         

Le nouvel argument des libéraux est que l’indépendance ne garantit pas d’avoir ensuite un bon gouvernement, comme si un Québec confédéré cessait d’élire ses représentants (gestionnaires) et de vivre dans une démocratie véritable.  Ce n’est pas le système comme tel, la structure qui nous exploite, mais les bandits qui s’en servent.  Une fois l’indépendance acquise, il faudra choisir son gouvernement. 

Peut-être aura-t-on la conscience de voir que les gouvernements ne gouvernent pas tout puisque la permanence de l’état repose sur ses hauts-fonctionnaires. 

Le système peut être aussi bien rodé que l’on voudra, il suffit qu’un individu peu scrupuleux s’y infiltre dans les niveaux supérieurs pour en faire un outil de banditisme.  Comment des gens qui reçoivent des salaires extraordinaires, qui vivent dans le luxe quotidien à nos frais, puissent comprendre la misère des moins bien nantis ?   

L’honnêteté de nos institutions engendre la richesse du pays et elle n’est possible qu’à un niveau individuel, si l’état est très près des gens.        

La politique est le don gratuit de son talent pour améliorer le sort de ses concitoyens.  Point à la ligne. 

Aucune de nos institutions devraient échapper à l’obligation absolue d’être sans but lucratif.  Aucun de ses membres ne devraient être à leur direction plus que quelques années pour éliminer ceux qui ne sont là que pour s’emplir les poches ou bien vivre aux dépends de la population.        

Dans un état qui reconnaît le mérite des individus (j’appelle ça méritocratie), l’individu cesse de vivre pour le simple profit.  Il cherche, au contraire, à s’améliorer individuellement, en servant sa communauté.          

Pourquoi les personnes âgées qui le peuvent ne pourraient pas avoir les moyens de bien vivre, tout en faisant du bénévolat ?  Pourquoi le bénévolat ne serait-il pas une façon de compenser pour une belle retraite universelle ?  Aucun aîné, ayant tout donné pour sa patrie, ne devrait connaître une misère économique dans sa vieillesse

Les enfants et les personnes âgées sont les gens les plus importants dans notre système à cause de leur vulnérabilité.  Il faut leur assurer un minimum décent.  Il faut constitutionnellement les assurer qu’aucun gouvernement ne puisse puiser dans leurs économies passées (fonds de retraite) et leur assurer le maximum de sécurité.

Il en va de même des jeunes qui n’ont pas encore atteint la maturité de travailler.  Les intérêts sur les prêts scolaires ne devraient pas exister.  Il ne devrait y a voir que des bourses.  Les bénéficiaires au travail devraient accepter en revanche de servir la communauté, durant un certain nombre d’années, de manière à remettre l’argent reçu. Cette communauté t’a permis d’atteindre ta pleine capacité physique et intellectuelle.  Il est normal que tu lui en sois reconnaissant.

Il devrait exister aucune taxe, mais un impôt qui, calculé l’année précédente, fixe selon ton échelon financier, ton revenu, ce que tu dois à la communauté.  Pour ce qui est des entreprises, leur taux de participation devrait être établi en fonctions des emplois permanents.  Les services, comme l’électricité, devraient être gratuits pour les pauvres (25,000$ et moins), en étant inclus dans le prix du logement.  Selon le coût de la vie actuelle, personne ne peut vivre sans avoir un minimum de 2,100$ par mois, si tu payes le logement.     

Les intérêts des banques ne devraient jamais excéder deux pourcent de ce qu’elles payent à ceux qui déposent chez elles. Pourquoi les banques qui ne te versent que deux pourcent d’intérêt quand tu déposes de l’argent exigent-elles du neuf pourcent quand elles te prêtent ?   Pourquoi échanger les humains pour des machines ?  Parce que le système économique, c’est la mafia légale, celui qui dicte le mode de vie de la majorité des humains.  Ils volent parce qu’on leur a donné le droit de voler et de nous exploiter.  On a appelé ça la démocrassie.  Pour éliminer les surplus, la mafia doit blanchir son argent. Où?  Dans l’immobilier, les assurances et les médicaments, là, où ça paye.  La spéculation est un vol légalisé.    Les primes au rendement sont de la même famille. L’esclavage moderne, c’est le pétrole. C’est de créer un monopole indispensable.

Avec de telles idées, je ne suis pas aimé par le système.  Mon emprisonnement m’a tout simplement un peu plus révolté, tout en prenant conscience de mon impuissance.  L’argent est le vrai maître.  « Tu payes 10,000$ ou tu vas dedans.»  Rien de plus clair.  Comme si manger une petite queue, c’était pire que d’exploiter un vieux pour avoir ce qu’il a ramassé durant toute sa vie.          

La question de sexe, d’orientation sexuelle, de toutes ces classifications est un moyen de désunir les gens pour mieux les exploiter.  Tant que l’homme et la femme n’auront pas réalisé leur égalité et leur importance particulière rien n’est possible.  Une vie sur cette planète sera toujours un enfer.  Rien ne changera tant que la solidarité n’aura pas été retrouvée.     

Certains de nos syndicats confondent et passent leurs intérêts avant celui de leurs membres (pas un seul syndicat, même si j’ai payé toute ma vie, ne m’a réellement défendu) L’union fait la force, mais cette force peut aussi ne servir que les intérêts d’une petite minorité de leaders.        
 
*    *    
La mort de Rouhed a été pour moi la révélation possible de l’existence d’une vie après la mort, sans être une réincarnation. La virée en prison, elle m’a révolté, car je trouvais cette incarcération injuste, contradictoire avec ma morale. 

Tant qu’il n’y a pas de violence, tout est permis dans la sexualité.  Elle doit être consentie, responsable et joyeuse.  Vérifier la beauté d’un petit gars, le faire jouir un peu, rien de mal, en autant qu’il est consentant et que c’est plaisant pour lui. Il doit approuver et retirer un plaisir lui aussi. 

Ça ne regarde personne puisque ça ne fait de mal à personne.  Le mal dans la sexualité a été inventé par une bande d’illuminés qui s’imaginent que le plaisir nous jette en enfer.           

ette théorie est maintenue depuis des siècles, car les professionnels doivent se faire de l’argent d’où la nécessité de prétendre que ça crée des traumatismes pour le jeune. Qui a déjà été traumatisé à jouir ?

Depuis quand qu’avoir du fun, ça te fait mal ?  

*    *    *    *                

Ce même séjour en de-dedans, provoqué indirectement par les Mormons, m’a permis de mettre la religion en cause dans notre incapacité congénitale de bons bonasses de sortir des enseignements de l’église. Cette soumission aveugle fait que nous n’avons pas l’intelligence de faire l’indépendance du Québec.  Tant que l’indépendance ne sera qu’un désir d’élites et de bourgeois, il n’y a rien à faire.

Les Québécois, nous sommes des pacifistes absolus. 

La révolution aujourd’hui, c’est de dire la vérité, d’être honnête, même si on te menace d’être tué. 

Nous refusons de voir qu’à travers la mondialisation, les puissances mondiales sont à rebâtir leur nouveau royaume.  Pour leurs profits, elles considèrent le meurtre comme une force naturelle de leur pouvoir.  L’exemple de la Russie est éclatant.  On s’imagine avec la violence de pouvoir faire plier n’importe qui, n’importe quand.  

Notre indifférence, ce non-engagement coûtera la disparition de l’espèce humaine sur la terre. Si cette nouvelle guerre n’est pas arrêtée, ça va coûter déjà des milliers de vies.  Les hommes sont des machines d’autodestruction.       

Nous sommes tellement bonasses qu’on n’arrive pas à comprendre que les grandes puissances, pour plus de richesses et de pouvoir, sont prêtes à tuer des millions de vies humaines, soit par le militaire ou la pollution. 

Rien n’a changé, c’est comme auparavant quand les Anglais dans notre histoire faisaient alliance avec le haut-clergé pour nous soumettre.  La rébellion était un péché mortel.  Un ticket pour passer de l’enfer sur la terre à l’enfer dans le ciel…           

Le livre de Normand Lester est une mine d’or pour nous rappeler que notre bonhommie actuelle est plutôt une paresse de la mémoire ou une ignorance crasse de notre intelligence.       

Quand les blancs conquérants sont arrivés en Amérique, nous avons tué des milliers de Peaux-Rouges, sous prétexte qu’ils n’avaient pas d’âme, que leur dieu était différent des nôtres, que leurs fourrures étaient un bien précieux … Nous, les Blancs nous nous sommes crus supérieurs aux autres.  Nous perpétuons notre pillage, en appelant cela du commerce international.             

Nous avons accepté l’esclavage et exploiter les pauvres, ce que nous continuons avec le pétrole et leurs autres richesses naturelles convoitées ; mais la télévision ne nous en parle pas ou très peu. Le cas d’un pédéraste qui a eu un petit party avec une couple de petit gars, c’est bien plus dangereux : vivons-nous dans une société de crétins ou d’hypocrites ?   

FANATISME ET RELIGION        

Si les gens ne croyaient pas aussi aveuglément dans les religions, la tolérance sur la terre serait beaucoup plus grande.    

Ma révolte tient au fait que la morale imposée est une morale d’assassins, d’esprits primaires.  En quoi des pilleurs de planète peuvent-ils me faire la morale sur ma façon de vivre ma sexualité avec un petit gars alors qu’ils n’hésitent pas à créer des guerres et utiliser des enfants-soldats ?     
 
Une pipe ne fait pas le même effet qu’une balle.  Qui est réellement le plus dangereux pour l’humanité ?  Je n’ai jamais commandé de guerres pour m’emplir les poches. Au contraire, je me suis ruiné pour aider les petits gars que j’ai aimés.
 

Alors que toutes les religions n’ont servi qu’à exploiter les gens surtout grâce à leur peur et l’ignorance, la spiritualité quant à elle demeure vierge, un champ d’exploration, une nouvelle possibilité de trouver un sens à la VIE.  Elle est intéressante parce qu’elle est individuelle, personnelle.  Les religions servent à l’exploitation depuis leur création.      

Sur le plan strictement spirituel, toutes les religions prétendent proclamer l’espoir, l’amour et la paix.  Voilà d’ailleurs pourquoi il ne faut pas noyer le poisson en jetant l’eau. 

Nous devons nous réveiller et comprendre que les religions ne sont que des règles inventées, créées, émises par des hommes (pas nécessairement les plus purs d’intentions) peut-être au début pour le meilleur des hommes ; mais qui sont devenues toutes sans exception des modes, des machines d’exploitation. 

Quelle religion aura l’honnêteté de reconnaître ses erreurs ?        

Je me souviens que mon père me disait être bien conscient que la religion l’avait exploité, que les responsables ont créé des péchés dans lesquels ils ne croyaient pas eux-mêmes, mais il ajoutait  aussi : « je suis trop vieux pour en choisir une autre.» 

Avez-vous remarqué que toutes les religions essaient de contrôler la sexualité des individus ? C’est leur pouvoir de manipulation. 

Les Talibans ont démontré comme l’Inquisition catholique jusqu’où l’intolérance peut rendre la foi malade.  Si une religion est vraie, elle n’a pas à être imposée, ça se fera de soi. 

Toutes les religions sont égales aux yeux de Dieu ou d’Allah ou Yahvé si elles ne servent qu’à prier. 

Les Églises vont commencer à jouer leur rôle de pacificateur, de régulateur, d’unificateur des humains quand n’importe quel homme ou femme pourra se rendre en toute égalité dans n’importe quel temple, église ou mosquée.  Les Églises deviendront des modèles quand elles cesseront de s’occuper de la sexualité des gens pour ainsi mieux les culpabiliser et les dominer.

Donnez-moi une raison qui justifie que toutes les religions méprisent les femmes?

La spiritualité, c’est la découverte de l’adoration, du bon, du bien et du beau.  Dans la diversité des individus qui composent le Québec, la spiritualité doit prévaloir sur les religions afin qu’il y ait une certaine harmonisation, homogénéisation– dans le respect du sens de la vie que chacun veut bien se donner. Il faut une tolérance de la pensée de chacun, en laissant l’autre libre de vivre ce en quoi il croit spirituellement. 

La spiritualité pourrait être un axe de communication.  Elle transcende les règles basées sur l’ignorance quant à la sexualité.  Comment pourra-t-on continuer à mentir sur un sujet aussi précieux pour chaque vie humaine,  sous prétexte de posséder seul la pureté que l’on confond avec chasteté.           

****

Le Québec est un pays francophone qui respecte ses minorités linguistiques ; mais la langue institutionnelle, la langue d’usage, d’affaires, judiciaire doit être uniquement le français.  Cela n’empêche pas de faire appel à des interprètes.  Cela n’empêche pas de protéger l’individu.  Pour ce qui est de l’affichage, le français doit demeurer très, très nettement prioritaire et sa qualité doit être respectée.    

La religion au Québec a joué le même rôle moteur que la langue dans la définition de notre identité quoiqu’elle se soit refermée sur la sexualité comme le vrai centre de la vie.  C’est pourquoi, il est aussi important de pouvoir la critiquer comme n’importe quelle valeur afin de définir ce que l’on veut comme avenir.   La religion, c’est le ciment d’un peuple.        

 La religion nous a menti pour faire de nous de très bons moutons.  Il faut faire la part des choses : l’essentiel et ce dont on doit se débarrasser, soit sa conception de la sexualité.                  

L’amour des garçons n’a rien de honteux quand on prend la peine d’analyser l’histoire de la sexualité.  Ça toujours existé et ça existera toujours. Cependant, on doit reconnaître que l’Église en refusant de comprendre les femmes a fait d’elle-même une cible de choix.  Celles-ci se sont attaquées à la pédérastie des prêtres qui, eux, nous prêchaient que le sexe est péché.        

Si la religion avait eu l’honnêteté de reconnaître que la pédérastie est un passage obligé dans la définition de la sexualité de beaucoup de garçons, les scandales seraient moins nombreux. 

Le mépris des femmes ne fait que leur retomber sur le nez.  Par contre, ces dénonciations sont aussi le fruit de luttes inter religieuses. 

C’est devenu une industrie du chantage que la religion catholique a été trop bornée pour voir venir. Elle s’est contentée de payer comme si on pouvait tout acheter.  Le petit gars ou la petite fille qui s’est suicidé parce qu’il avait honte de faire face à sa famille ou aux autres parce qu’on lui avait appris que le sexe est un péché mortel, ne ressuscitera pas avec les millions de l’Église. Le vrai mal ce fut de lui faire croire qu’il y avait là un péché.         

Une chose certaine ce n’est pas en rejetant Dieu que l’on règle le problème de l’humanité, car ce sont les hommes eux-mêmes qui créent les problèmes en se croyant supérieur à tout ce qui les entoure.           

Les jeunes ont besoin de cet espoir, qu’on l’appelle Dieu ou autrement pour passer à travers une société de plus en plus déshumanisée, de plus en plus malade. 

J’ai pu le constater dans mes 15 ans d’enseignement.  Les jeunes d’aujourd’hui vivent un cauchemar dès qu’ils sont adolescents.  Ils doivent avoir foi en quelque chose, avoir une raison valable de vivre.  Il en sera toujours ainsi. Pour les aider, il faut que l’éducation soit totalement gratuite, universelle, et accessible à tous. 

L’éducation permet de réfléchir sur notre réalité sans toujours se faire diminuer avec les pseudo-péchés.  Le travail doit exister pour tous, car le travail est un carburant à la fierté que l’on a de soi.  Tant que l’on sera assez fous pour croire que l’intelligence va de pair avec argent, on continuera à voir le profit comme une raison de vivre jusqu’à ce qu’en vieillissant on s’aperçoive qu’on ne peut pas apporter notre argent quand on meurt.  La richesse et la gloire sont éphémères. 
 
Les différences sexuelles multiplient les discriminations.  Il n’y a pas d’hommes, de femmes, d’hétéros et de gais, il n’y a que des humains.  Ces distinctions servent à maintenir une lutte à partir de nos différences. Diviser, mépriser pour régner.  La société se conduira en malade tant que l’individu ne sera pas reconnu comme une richesse première, primordiale, pour ce qu’il est : un être humain.  La vie est la richesse des richesses.

Spirale intraprojective 27

octobre 2, 2020

Spirale intraprojective  27

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (Pp.  249 à 259)

                      
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Je n’ai rien contre la religion musulmane.  Au contraire, mes deux fils adoptifs, en sont membres.  Comme eux, je crois qu’Allah est Dieu, que Mahomet fut un prophète, mais pour ce qui est des règles de vie, je préfère l’Évangile, selon St-Jean ; car l’Islam ne sait pas se moderniser.  Il est trop fanatique et rigide.  Il me rappelle les périodes noires de l’histoire du christianisme : les croisades et l’Inquisition.  

Les prophètes n’existent que pour leur pays, l’ère et la civilisation pour lesquels ils apportent leur message, la lecture de l’âme de leur peuple.  Ils sont là pour unir les humains autour d’un mode de vie. Mais les religions doivent s’adapter aux découvertes scientifiques, même si celles-ci font ressortir leurs bévues. On peut maintenant manger de la viande le vendredi sans avoir peur d’aller en enfer et pourtant le catholicisme existe encore.          
                                      
*  *  *  *

Par ailleurs, les règles de l’immigration devraient être claires.  Tous les immigrants devraient savoir avant de venir au Québec qu’il s’agit d’un pays francophone, où l’homme et la femme sont des égaux et où tu vis ta religion sur une base privée, c’est-à-dire chez toi ou dans le temple.  Le reste de l’espace est neutre et non religieux.       

Pour s’installer chez-nous, il faudrait que ceux qui font ce choix aient au préalable une connaissance suffisante du français et que leur démarche pour reconnaître leur compétence, leur diplôme soient antérieure à leur venue. 

Le Québec pourrait même organiser des écoles en vue de l’immigration dans différents pays du globe.           

Le Québec doit aussi s’assurer, sur son territoire, que les autochtones soient traités avec respect.  Nous devons leur permettre de retrouver leur langue et une partie de leur culture, en ce sens, qu’il est bien évident qu’il leur est impossible de retourner complètement à une vie de chasse et de pêche.  Dans nos pays, ils devraient cesser de vivre dans des réserves et de devenir des citoyens égaux aux autres, à part entière.           

Cependant, dans une véritable Confédération, il faudrait trouver un territoire qui permet à ceux qui le désirent de retourner à cette forme de vie ancestrale.  Cela n’empêche pas un partenariat rentable pour eux en permettant aux autres de partager les richesses dont ils ne se servent pas sur leur territoire.  Les autochtones doivent avoir droit à leur souveraineté en tenant compte des réalités actuelles.

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 LA RELIGION        
                                                               
 Quant à nous, nous ne devons pas refuser de remettre en question certains éléments de notre passé.  On vit en fonction de l’avenir.  Ce n’est pas seulement vrai pour la langue, mais aussi pour notre religion.  Le sectarisme religieux et linguistique est à l’origine de notre peur des étrangers.       

La foi aveugle est irrationnelle et par conséquent, c’est de la schizophrénie.

Les religions ont toujours été tournées vers le passé et leur domination est universelle. Quel sera son rôle d’unification dans l’avenir ?  Est-ce que les religions peuvent unir au lieu de créer toutes sortes de ségrégations ?        

Il y a du bon et du mauvais dans toutes les religions.  Elles sont toutes à la fois bonnes et mauvaises, selon l’utilisation que l’on en fait.  Pour savoir si elles sont valables, nous devons nous demander leur taux de tolérance et leur capacité de semer l’amour.  Si leur culture conduit à la haine et à l’intolérance, elles ne peuvent pas venir d’un dieu d’amour et elles ne peuvent être que mauvaises.         

L’humanité sort à peine de la mythologie et les religions en sont encore complètement prisonnières.  Elles sont une façon d’expliquer le monde et la vie et nos connaissances actuelles nous prouvent qu’elles sont souvent dans le champ de patates. Une chose est certaine, croire au mot à mot de la Bible, c’est complètement ridicule.       

Aucun pays ne devrait être dominé par une religion.  La religion et l’état sont deux choses totalement séparées.  Aucun exercice religieux ne doit être interdit, à moins qu’il fasse la promotion de la haine et de la violence.  Les religieux ne sont pas au-dessus des lois et n’ont pas le droit de prêcher la violence.  Qu’ils cessent de faire de la politique et s’occupe du spirituel.  Le monde ne s’en portera que mieux.

Aucun pays ne devrait accepter des usages qui mutilent un individu symboliquement ou en réalité (l’excision, par exemple).  Par conséquent, le baptême ou l’entrée dans la foi religieuse ne devrait jamais être possible avant l’âge adulte afin que l’individu ait réellement le choix de sa foi.  S’il est trop jeune pour comprendre sa sexualité, il l’est encore plus pour comprendre les religions et leurs croyances.          

Si tu veux être millionnaire, il suffit d’inventer une religion.  Les «preachers» américains prouvent combien il est facile d’abuser les gens si tu as une bonne gueule.  Pendant qu’ils empochent, qu’ils font la morale aux autres, ils se tapent tout ce que nous ne pourrons jamais espérer de notre vie. 

Quand tu dépasses la connaissance ou le savoir d’une population, tu peux l’exploiter impunément si tu arrives à lui faire croire que cette exploitation est divine.  Les hommes ne demandent qu’à croire…       

Les stratèges militaires ont compris l’importance des communications pour justifier l’injustifiable : la guerre, par exemple.

*   *   *   *

Ce n’est pas pour rien que les fédérastes s’emparent de tous les moyens de communication.  Ils peuvent ainsi faire croire n’importe quoi au peuple. 

Le coup de la Brinks, les promesses de Trudeau en sont des exemples formidables.  Tu peux toujours mentir au peuple, car même s’il s’en rappelle plus tard, il aura quand même réussi à oublier assez vite pour ne pas s’en rappeler aux prochaines élections.

L’assurance-emploi est un exemple de vol légalisé que la population endure bêtement.  Si la violence ne règle rien, il faut avoir l’intelligence de savoir comment se débarrasser démocratiquement d’un gouvernement qui ne nous respecte pas.

La guerre sert toujours les intérêts d’une petite minorité avide qui ne recule pas devant la mort des individus pour s’emplir les poches.  La seule vraie raison des conflits, c’est toujours l’argent, l’énergie, le territoire à occuper.  Peut-être faudrait-il inventer un monde sans argent.  Aucune personne ne devrait avoir droit de posséder plus de dix millions de dollars.     

*    *    *    *   *

Le ciel, le péché, l’enfer ne sont que des histoires, des rêves, des hallucinations, de tentatives de donner un sens à la vie.  C’est une interprétation pour éliminer la peur, spécialement, celle de la mort. 

Mais, avec la morale des bourgeois, c’est le moyen par excellence de nous laver le cerveau et faire de nous de bons moutons.  Il y a dans notre exploitation, une part de crédibilité, d’angélisme, de bonasserie, d’enfant.

                                                                             
*    *

Malgré ce j’écris, je demeure fondamentalement un croyant.  Je crois toujours que la mise en application des Évangiles est la plus grande forme de révolution mondiale.  Parfois, je m’en veux d’être aussi radical dans mes écrits.  Par exemple, ma famille y est parfois malmenée alors qu’en réalité j’ai eu une famille en or. 

Faut-il avoir peur de la fiction dans nos écrits sous prétexte que les lecteurs ne sauront pas faire la part de la réalité et de la fiction ?

Mes livres ne sont pas de vraies biographies, même si on peut le croire, À la base, je me sers simplement de mon expérience pour réfléchir, me conscientiser ; mais j’ajoute ce qui me sert pour créer un texte. Mes livres sont un long délire. Une façon de lécher mes plaies.

La fiction permet une liberté créatrice, un humour, un examen de conscience qui dépasse la réalité et permet de comprendre sans comprendre tout à fait.  Elle permet d’extrapoler les situations, d’intuitionner.  Mais, à quel moment, mon influence, s’il y en a une, devient-elle mauvaise ?


*  *   *  *  *

Je n’écris pas contre la spiritualité des religions.  Je crois sincèrement dans l’existence d’un Dieu qu’on l’appelle Allah, Dieu, Yahvé, n’importe, c’est la même chose. 

Je dénonce les règles, les rites des religions en ce qui concerne la sexualité. 

À cause de leur position sur la sexualité, les religions ont tiré, extirpé toute sagesse dans leur discours.  Leur morale sexuelle tourne à vide.   Ce sont des mots creux, assis sur des ignorances crasses, que l’on te force à voir comme des vérités éternelles. 

Les paroles dites saintes devraient exister pour nous faire réfléchir et non nous faire sentir des pécheurs.  L’Inquisition qu’elle soit de n’importe quelle religion demeure un meurtre froidement exécuté pour nous forcer à croire aveuglément.  Le fanatisme religieux est la pire des schizophrénies.    
     
*

Avant mon procès, mon ami Pierre Faucher, un ex-agent de la Sûreté du Québec, devenu professeur, qui m’entendait parler du plan B et l’intention du fédéral de recommencer l’expérience de 1970 avec ses propres ex-agents et ex-militaires du Pathfinders, me disait d’une naïveté incommensurable.  «Tu crois tout ce que l’on te dit », disait-il.  C’est presque vrai.  Comme ancien journaliste de la Tribune de Sherbrooke, je questionne tout ce que j’entends. 

Par ailleurs, je me suis souvent demandé et je me demande encore si ma paranoïa politique ne repose pas sur un trouble de l’émotion : je n’ai sûrement pas d’influence.  

Je suis ni de loin, ni de près un policier ou un gangster.  Je veux juste être un bon gars.  Je ne juge personne et je voudrais aider le plus de jeunes possible.  L’amour et la curiosité sont mes meilleurs moteurs.  Je crois dans la liberté individuelle.  Je pense aussi être très sensible à la justice et être très généreux quand je le peux.  Peut-être dois-je apprendre à contrôler ma générosité autant que la boisson (médication et boisson me font perdre la tête).  Je ne veux pas nuire à quelqu’un en voulant l’aider. 

*   *

À la suite de mon procès, à chaque fois, que mon jeune punk, Petit Gabriel se ramassait en prison, j’avais peur qu’on essaie de le tuer dans les murs de l’établissement, car il était parfois très bagarreur. 

On m’avait souvent dit que ce type de gars se suicide souvent en tôle.  J’en suis venu à croire qu’on espérait l’aider à s’enlever la vie.  Je prenais ça comme un moyen de chantage pour m’empêcher de me battre pour le Québec.  J’avais peur de mettre sa vie en danger à chaque ligne que j’écrivais, car le système s’en prend habituellement à ceux qui t’entourent pour te faire chanter…    

Cette peur était plus affreuse que ma propre mort.  Que j’en ai mangé des bananes pour gagner assez d’argent pour lui fournir tout ce dont il avait besoin en dedans pour ne pas se décourager.  Les conseils reçus étaient toujours de le laisser tomber.  Je suis certain qu’un prisonnier, plus que quiconque, a besoin au contraire de pouvoir croire qu’en quelque part, il y a un autre individu prêt à l’aider à s’en sortir.  Malheureusement, tu ne peux rien faire, car la décision de ce que sera son avenir lui appartient.

Le système est une mafia légale parce qu’il te force à voir l’honnêteté comme une forme de naïveté.  Il te force à tricher.      

Mon obsession en prison est devenue de ne pas apprendre à haïr, de continuer à vouloir le bien des gens. Je ne devais pas me révolter même si je trouvais ma sentence injuste.        

Depuis que mon plus jeune fils adoptif, Rouhed, s’est suicidé pour une fille et sûrement aussi à cause des drogues dures, j’ai peur de la drogue.  Je ne savais pas que Rouhed consommait car j’enseignais à Val-d’Or alors qu’il avait mon appartement à Montréal.  Depuis sa mort, j’ai encore plus peur de toutes les formes de violence.       

La mort de Rouhed a été pour moi la chose la plus effroyable que j’ai vécue.  J’ai cru être victime de chantage et que l’on s’en prenne à mes proches.  Je savais que mon maillon faible est l’amour que je leur porte.  Je savais que ces peurs sont maladives comme toutes les peurs.  J’avais trop mal pour voir la réalité en face.  Je serais mort à sa place, si j’avais pu.     

« Avec toi, c’est facile d’avoir tout ce que l’on veut, m’avait dit son frère.  Il suffit de te dire « je t’aime» pour que tu perdes la tête et ouvre ton portefeuille.»

Rouhed était mort.  Marc en se suicidant dénonçait le chantage dont il était victime.  On m’avait aussi dit que je perdrais la petite de Rouhed, Maélie, car on l’éloignerait assez longtemps de moi pour qu’elle devienne une étrangère.

On m’a aussi avoué que mon procès était un coup monté, en essayant de se servir de mon entourage pour m’inculper, mais personne n’a accepté de témoigner contre moi

J’apprécie cette marque d’amitié.  Par contre, la dame qui a pris charge de Maéli a envoyé mon livre L’homo-vicièr à la cour pour s’assurer que je ne puisse pas adopter la petite.  Elle était payée pour s’en occuper.  Les femmes sont dégueulasses quand elles se servent des lois pour se venger des hommes. Le juge qui avait dit qu’elles sont pires que les fascistes avaient totalement raison.

Selon Faucher, il n’y a qu’un moyen de dénoncer un coup monté : observer ce l’on fait de trop pour t’inculper et la suite des persécutions.  Si c’est politique, on ne te lâche pas.   

Dans un témoignage monté par la police, celle-ci recommande les « je ne sais pas », les «je ne me rappelle pas » aussi souvent que le témoin déroge du scénario initial, ce qui pourrait porter préjudice à la preuve nécessaire pour obtenir une condamnation.       

Mathieu, mon accusateur, fut avec son père, les seuls témoins, lors de mon procès.  Mathieu s’en est servi dans les différentes versions, au moins plus d’une centaine de fois.  Le procès fut même interrompu pour s’entendre sur la version du dossier sur laquelle reposait le procès, car on avait deux déclarations différentes de Mathieu, venant de la DPJ.      

La DPJ (direction de la protection de la jeunesse) est une nouvelle forme de gestapo pour les jeunes. Elle a présenté deux versions des faits à la suite de l’interrogation de Mathieu, durant plusieurs heures. . Pourquoi deux versions, je ne les ai pas.  L’une d’elle était très peu crédible, à cause de mon bras presque totalement inutilisable. 

Même après avoir été condamné, le système fédéral a continué d’essayer de m’écraser judiciairement en demandant cette année, cinq ans après le premier procès, une prolongation de ma probation. 

Financièrement, après m’avoir accepté dans un projet Sprint, pour réorienter ma carrière en informatique, on me l’a refusé sous prétexte d’une erreur administrative.  J’étais même déjà accepté au CEGEP Maisonneuve.          

Cette chasse aux sorcières n’est pas une illusion.  Je paie encore.   

*   *   *   *        
     
Le French power (Trudeau-Marchand-Pelletier) a une hantise maladive de tout ce qu’il croit séparatiste.  Juste à penser que le Québec pourrait devenir un pays les rend malades.  Cette obsession vient probablement du fait que le Québec comme l’Ontario ont toujours été les vaches à lait au sein du Canada. 

Si le Québec n’est pas rentable pour le Canada, pourquoi insiste-t-il tant pour que nous en fassions partie et pourquoi est-on prêt à y envoyer l’armée pour assurer sa domination linguistique et territoriale ?

Si le Québec ne présentait pas un bon bilan financier, Ottawa ne serait pas intéressé à passer des lois de la clarté pour s’assurer que le Québec ne puisse pas devenir indépendant à la suite d’un referendum.  Le Canada nous mettrait tout simplement dehors. 

Les bourgeois francophones créés avec l’existence du Canada ont peur de perdre les avantages financiers que procurent le jeu de rois-nègres, si le Québec devient un pays indépendant.  Dans le Canada, ils peuvent manger dans les deux plateaux.  S’ils croyaient réellement dans l’avenir du Canada, ils modifieraient notre constitution et nos institutions de façon à créer d’URGENCE un continent américain comme en Europe, sauf, qu’en Europe, cette union commence déjà à ressembler à une fédération.  L’Union européenne ou américaine ne doit pas être qu’un marché, mais l’expression pacifique de toutes les cultures.     

La véritable confédération n’a rien de séparatiste.  Elle envisage une participation du Québec à différentes dépenses confédératives, donc, qui regardent l’intérêt de toutes les parties constituantes et qui représentent les dépenses confédératives.  En ce sens, la péréquation a toujours fait l’originalité du Canada, donc, elle doit être maintenue.  Cette forme d’union permet la libre circulation des personnes, des biens et des services.       

La confédération permettrait la survivance du Canada, mais si l’Ouest ou le reste du pays n’en veut pas, le Québec doit continuer son cheminement seul et se tourner davantage vers l’Europe et l’Asie pour assurer sa survivance économique. 

Une chose est certaine, le fédéralisme, par nature centralisateur, étouffe le Québec

C’est facile, dans une perspective à court terme, de refuser de voir le problème, mais chaque année rend ce cancer plus mortel.  

Que les plus vieux soient des libéraux fanatisés comme les talibans sur un plan politique, c’est un bien mauvais héritage à donner aux générations montantes.  Comment peut-on parler de démocratie, si la population est incapable de changements ?      

Les péquistes ont été les initiateurs de notre société moderne ; mais si les libéraux ne s’étaient pas ancrés et figés dans leur colonialisme anti-Québec, ils auraient pu nous apporter plus de changements, car le consensus aurait été plus grand. 

Le problème des libéraux, c’est qu’ils n’ont pas su évoluer depuis le départ de René Lévesque parce qu’ils refusent de reconnaître la vérité : Ottawa étouffe le Québec.

Des changements sociaux exigent une vision différente, un approfondissement des problèmes.  La liberté sexuelle pour un vieillard, ça risque de ne pas beaucoup jouer dans la balance, mais cette liberté est un élément essentiel au bonheur des jeunes. 

La qualité de vie ne semble pas importante, mais c’est ce qui détermine la capacité de vivre plus longtemps.  C’est bien beau de légaliser la marijuana, mais il faut au préalable s’assurer qu’elle ne sera pas le pire handicap à la scolarisation des jeunes, un frein à la qualité du travail et à sa productivité.

Spirale intraprojective 26

octobre 1, 2020

Spirale intraprojective  26

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (Pp.  243 à 250)

Deuxième partie

Tables des matières :        

1- Le système économique est une mafia légale.      

2- Le diable n’est pas celui qu’on pense … la théorie du veau d’or … grâce à ses lois, le système crée ses saints et ses bandits.  Les religions servent au lavage des cerveaux.et la domination émotive.         

3- En condamnant la sexualité, le système consacre la violence, l’hypocrisie, la culpabilité, à travers un trip de pouvoir …     

4- Le Québec est toujours une colonie anglo-américaine.   

5- Lequel des deux gouvernements (fédéral ou provincial) doit disparaître ?      

6- Le problème des indécis (les indifférents et les ignorants décident).    

7- PQ-Libéral- ADQ (du pareil au même — à cette époque–) … L’indépendance ne se fait pas parce que c’est dans l’intérêt de la petite bourgeoisie locale du Québec et de la bourgeoisie canadienne… L’indépendance, c’est un système pour le peuple, les petites gens. C’est le ciment de nos idéaux.  

8- Le contrôle de l’information et de la vie privée ainsi que la fausse Charte des droits de l’homme protègent la pègre et non les individus.

9- Retour sur l’histoire.      

10- La confusion des mots.         

Une véritable confédération est un ensemble d’états indépendants qui s’associent, tout en conservant leur souveraineté.  Paul-Gérin Lajoie appelait cela, il me semble, des états associés.  Même s’ils délèguent des pouvoirs à un gouvernement central commun pour une gérance commune, le pouvoir appartient toujours aux provinces ou aux régions, en définitive au peuple.  Il n’y a pas que décentralisation, mais aussi déconcentration.     

Une confédération est un regroupement d’états pour la défense d’intérêts communs.  Le Canada été créé par une bande de capitalistes intéressés au chemin de fer, même que cela a coûté la vie à Louis Riel et ses Métis.            

11- Conclusion : Un peuple = un pays.      

Cette table des matières devait me servir de plan pour la rédaction de mon livre à Bordeaux Beach.  À ma sortie de prison, ce livre avait environ 45 pages.  Ça énormément changé depuis : le monde évolue, mes idées aussi.    

Que tu sois Québécois de souche francophone ou immigrants, quand tu payes un double impôt, une double taxation, tu paies quand même trop.  Tu es tout aussi masochiste que l’autre qui accepte ce système schizophrénique à deux têtes.

La loi doit être au service de la sécurité et du bien-être du peuple, et non, au service des multinationales et de la mafia mondiale.

L’économie : une mafia légale mondiale.

*   *   *   *

La souveraineté

L’indépendance ou la souveraineté du Québec, ce n’est pas seulement une question de gros sous, mais un geste de fierté, de confiance en «nous» QUÉBÉCOIS ainsi que la réalisation d’un idéal : vivre dans le pays le plus libre, le plus démocratique et le plus tolérant de la planète.     

Le Québec sera le pays du respect des uns et des autres, du respect de la vie et de l’être humain.  Le pays de l’égalité des sexes et de la fraternité.  Le pays de la liberté.  Un idéal à rechercher.   

Le Québec indépendant doit être l’endroit où il fait le mieux vivre. L’endroit où chacun a le pouvoir de se réaliser au maximum afin de servir sa communauté d’appartenance. 

Ce rêve n’est ni blanc, ni noir, ni hétérosexuel, ni gai, ni catholique, ni protestant, ni musulman, ni bouddhiste, ni matriarcal, ni patriarcal ; mais, tout simplement HUMAIN.

C’est la reconnaissance de la valeur absolue de tout individu, de tout être vivant ainsi que le droit de vivre la vie la plus agréable, la plus confortable, la plus enrichissante possible avec la responsabilité individuelle d’assumer son rêve de vie et de respecter les autres

Le Québec est notre pays, en attendant qu’un jour pour tous les humains, la terre soit le pays de tous les hommes
.  Un monde sans frontière.

Malheureusement, tant que le Québec fera partie du Canada dans sa forme actuelle, la toile de fond demeurera une lutte contre l’impérialisme idéologique hébro-anglo-américain avec le politiquement correct et le colonialisme anglo-saxon. 

Le seul moyen d’échapper à l’impérialisme et au contrôle de la pensée (1984) est la possibilité de permettre à chaque peuple de devenir un pays indépendant.  Pourquoi des Tibet, des Cachemire, des Tchétchénie, des Québec?

Chaque nation, chaque peuple doit avoir le droit absolu d’être un pays dès qu’il peut assurer le bien-être de sa population.       

Dans notre monde, aujourd’hui, il est impensable d’exister sans une forme de partenariat avec les autres.  Les réalités politiques doivent éliminer les tensions entre nations, Le militarisme est une puissance usurpatrice.  Les peuples doivent exister sans guerre, car il y va de l’existence même de l’humain.  Il faut apprendre à partager et non à nous écraser.        
La mondialisation, prise dans ce sens, est essentielle pour nous défendre de l’impérialisme des grandes puissances, mais ces nouveaux pays doivent correspondre à leur réalité intérieure, à leur peuple. 

Chaque pays doit pouvoir assumer complètement la démocratie, même si elle a encore besoin d’être définie.  Chaque pays doit pouvoir garantir sa paix intérieure.  Si deux nations ne peuvent pas s’entendre, on ne doit pas les forcer à demeurer ensemble, on doit créer des pays correspondants au territoire où elles se trouvent si elles sont assez nombreuses pour le justifier et pouvoir assurer leur autonomie. 

Si les minorités ne peuvent pas endurer la majorité, elles doivent trouver un endroit où elles peuvent enfin vivre comme une majorité.  Un jour, on aura peut-être compris que la meilleure solution est la tolérance.  On juge une majorité au respect de ses minorités.  L’intelligence exige que les humains soient respectés en tant qu’humains, n’importe où.   

Les Anglophones du Québec qui ne nous acceptent pas comme francophones, qui ne sont pas heureux de vivre dans un Québec français, ont tout le reste du Canada pour vivre dans une société qui s’exprime seulement en anglais.  Personne a forcé qui que ce soit à s’établir au Québec plutôt qu’ailleurs au Canada.  Par contre, ceux qui sont heureux de vivre au Québec doivent être considérés comme des citoyens à part entière.  Il n’y a pas de citoyens de souche, il n’y a que des gens qui cherchent le mieux-être de tous, dans un espace donné.  La constitution des pays doit assurer la paix intérieure à chaque nation et le respect des citoyens.          

Si les minorités francophones étaient respectées dans le reste du Canada, permettant au Québec de pouvoir cesser de craindre l’assimilation, le problème linguistique serait totalement différent. 

Les Anglophones de Montréal essaient toujours de combattre les droits de la majorité, en essayant d’attirer les immigrants et reprendre leur pouvoir colonialiste.   Tous les moyens sont pris pour permettre aux immigrants de déjouer les lois sur la langue d’enseignement et de revenir à l’école confessionnelle ou anglaise.      

Par contre, ceux qui acceptent le fait français et acceptent de devenir bilingues pour communiquer avec la majorité, savent que le Québec est une terre où il fait bon vivre pour tout le monde. Le Québec doit avoir le pouvoir absolu sur son immigration. 

La majorité des guerres politiques territoriales sont d’abord culturelles, religieuses et économiques.  Elles sont le fruit de l’impérialisme des super puissances.  La planète ne pourra pas toujours subvenir aux besoins de tous les humains si on n’accepte pas un partage plus équitable.  Si on ne se rend pas compte que la planète a aussi ses limites, on acceptera des guerres pour avoir le plus de puissance et de biens alors que d’autres mourront de faim encore plus qu’aujourd’hui.

*  *  *  *  *  

Les religions sont un poison quand elles sont utilisées pour dominer.  Elles peuvent faire croire qu’elles possèdent la vérité.  Avec la foi, les gens peuvent être assez fous (fanatiques) pour mourir … la tête enflée de foi … Une religion qui ne respecte pas la conscience individuelle est une fumisterie.  Dans l’irrationnel, personne ne peut se targuer de détenir la vérité. 

Par contre, il faut faire une nuance entre les fanatiques religieux et ceux qui pratiquent simplement leur religion. Le Coran est aussi un appel à l’amour quoique certains oublient cet aspect essentiel de son enseignement. Par contre, la Charia est un délire dangereux de pouvoir et d’ignorance de la réalité humaine.     
                       
*     *    *    *    

Dans un livre préparé pour l’ex-feu président Kennedy, Galbraith ou Monsieur Doe, dans La paix indésirable, disait qu’il faut absolument des guerres régionales pour sauver l’économie dont la seule distribution est l’emploi. 

À son avis, sans guerre, le système économique n’a pas assez de dépenses inutiles pour survivre.  Même, si tous les habitants de la terre étaient nourris, logés, vêtus, soignés, éduqués, il n’y aurait pas assez de dépenses inutiles (comme les voyages spatiaux qui permettent des milliers d’emplois, très bien rémunérés… un moyen intelligent de se servir des deniers militaires) pour permettre à l’économie de s’auto générer.  

Les guerres sont entretenues par les vendeurs d’armes de toutes les grandes puissances et les sociétés qui exploitent des richesses naturelles.  L’Afrique est l’exemple parfait de cette exploitation.  L’être humain ne compte absolument pas.  C’est là la seule raison valable de rejeter la mondialisation, tel qu’envisagé présentement.

Accepter l’impérialisme judéo-américain, russe, chinois, c’est condamner la planète à sa destruction.  C’est accepter que la loi du plus fort soit celle de la violence.  L’histoire de la terre devrait nous avoir appris que la survivance de l’homme passe par l’abolition du militarisme.     

Une mondialisation qui n’est pas centrée sur l’humain est un véritable cauchemar, car c’est le capitalisme sauvage militarisé … la domination ne peut s’exercer qu’en utilisant les armes.  Le militarisme, c’est l’orgueil incarné.  C’est Lucifer.

Dans la majorité des manifestations, la violence est créée par ceux qui veulent protéger leurs intérêts.  Le système est mille fois plus violent que ses opposants, car, il crée lui-même ceux qui s’opposent à lui.  Quand la situation leur demande d’être assez bandits pour pouvoir tuer ou intervenir sans rendre compte à la population, on crée alors des lois d’exception.   

Le Québec qu’il le veuille ou non est américain ne serait-ce que par sa situation géographique.  Cette proximité peut être réduite par la différence de nos valeurs, même si l’homme est l’homme et que nos croyances finissent toutes par se ressembler. Pourtant, les nuances entre la perception catholique et protestante de la vie sont immenses.  Les protestants utilisent la Bible, les catholiques sont plus portés sur le Nouveau Testament.  Un recherche la domination ; l’autre, la tolérance.  Mais, on les confond de plus en plus.           

Les études sociologiques prouvent que pour les protestants tout est pouvoir et l’argent remplace le sexe.  Cet impérialisme religieux vise à dominer l’univers.  Les États-Unis sont impérialistes comme la Rome ancienne alors que le Québec est un pays qui préconise le droit aux nations d’exister sans être exploitées.

Le Québec est anti impérialiste et colonialiste.  Cette maladie de croire en sa supériorité est un phénomène d’abord individuel.  C’est le fruit de la conscientisation à l’Autre, à son droit et à l’égalité.           

Le colonialisme est un vol légal
.         

De ce fait, le Québec ne sera jamais une partie intégrante des États-Unis, même si cela n’est pas invraisemblable avec le temps sans un changement radical des États-Unis : si Washington consentait à l’État du Québec, les mêmes pouvoirs que ceux exigés dans le referendum — maître absolu de ses lois, de sa culture, de son territoire et de ses relations avec le monde) afin de créer l’Amérique, sous forme de confédération; ce serait un scénario envisageable. 

Mais comment peut-on croire cette union possible quand à Vancouver comme à Indianapolis, on refuse de te parler à cause de ton accent.  Refuser l’accent des autres n’est que le signe que tu as la tête tellement enflée que tu te prends pour un autre.  Tu refuses de faire un effort pour t’ouvrir à ce qui est différent de toi.        

Tout est négociable.  Si le Canada refuse de devenir une véritable Confédération, le Québec devra devenir indépendant ou se créer un programme qui lui permet de devenir un état américain, si on lui assure un partage des pouvoirs qui lui garantisse la survie du français. 

Le peuple québécois ne se portera pas plus mal s’il est américain, sauf que les Américains sont les plus détestés à la grandeur de la planète, qu’ils ne peuvent pas s’empêcher d’essayer d’exploiter les autres et leur iniquité sociale est répugnante.   À quoi ça servirait de vivre dans un pays qui refuse de te reconnaître comme nation ?  Peut-on changer de groupe parce qu’il ne partage pas nos valeurs pour aller dans un autre qui fait de même ? Le racisme est la pire maladie américaine.  Les blancs se croient supérieurs aux autres.    

Les Québécois ne pourront se réaliser comme peuple qu’en assumant leur indépendance ou en transformant le Canada en une vraie confédération  où le fédéral est une superstructure avec un minimum de champs de compétence (péréquation, argent, armée, intégrité territoriale).  L’interdépendance dépend des besoins et des compromis possible pour assurer le bien-être de chaque état membre.   

Les structures et les buts doivent être déterminés par les provinces.  Le pouvoir central doit être strictement un pouvoir de coordination, de gérance entre les provinces ou régions devenues pays et de gestion des compétences que les provinces ou territoires indépendants leur a consenti.       

Le Canada doit exister pour permettre à son peuple d’être différent des États-Unis, pour défendre sa territorialité et ses richesses naturelles.  Si le Canada refuse la possibilité de créer une véritable Confédération avec le Québec, les Québécois doivent se tourner commercialement vers l’Europe et le reste du monde pour éliminer sa dépendance aux États-Unis et devenir un état totalement indépendant à l’intérieur de l’Amérique.           
Il est évident que les États-Unis essaieront de nous avaler afin de se procurer nos richesses.  Un état continental, comme en Europe, devrait être créé avec le Mexique, le Canada, le Québec et les États-Unis le plus tôt possible.  

Les partenaires des États -Unis auront énormément de travail à exécuter pour s’assurer leur indépendance commerciale et militaire ; car, les États-Unis ont toujours pensé que le monde leur appartient.     On devrait maintenant ajouter la Chine.

Le pouvoir des multinationales est la nouvelle forme de colonialisme moderne.

Le projet de Confédération entre le Canada et le Québec ou la souveraineté (c’est la même chose) permettrait d’éliminer nos éternelles querelles et d’éviter que l’on ne se détruise mutuellement.       

Quand le Canada a été créé, le pouvoir devait émaner des provinces d’où la Confédération, mais des profiteurs (chemin de fer, etc.) ont saisi le pouvoir et le Canada est devenu le contraire de ce qu’il devait être : une fédération. Auparavant, on avait la décence d’y reconnaître au moins les deux peuples fondateurs.  

La nouvelle confédération doit exister par et pour le peuple.  Elle doit être créée à la suite d’un referendum.  Cette position constitutionnelle n’a rien d’anti-indépendantiste.  Elle tient simplement du gros bon sens.  Même indépendant, le Québec devra s’unir à d’autres pays pour compléter son marché et avoir une économie solide.     

Dans une vraie Confédération, le Québec a tous les pouvoirs : au minimum, tous les impôts, toutes les lois, sa culture et toutes les relations avec les autres pays comme les autres États formant le Canada (Ontario. Ouest canadien, etc.).  Il s’agira ensuite de partager les dépenses pour l’armée ou la protection du territoire, le système monétaire et la péréquation. 

Le gouvernement central cessera de toujours se mettre le nez sans la vie des provinces devenues des états.  Il n’y aura plus de double juridiction ou de juridiction mixte.  Quant au système judiciaire, il est là seulement pour interpréter les lois créées par le parlement et non pour les changer.  Être à la merci du système judiciaire équivaut à une dictature de la mafia légale. 

Au Québec, la décentralisation et la déconcentration doivent être une pierre angulaire de notre développement avec des gouvernements régionaux.  Le gouvernement et toutes ses institutions doivent devenir des organismes de gérance à but non lucratif.  Tous les profits doivent servir à améliorer la qualité de vie de tous.  L’avenir doit être sévèrement planifié.        

Le Québec doit être un pays indépendant pour la survie de sa culture et de sa langue.

Le Québec est une société distincte. 

Nous n’arriverons jamais à nous entendre avec le reste du Canada, si nous ne vivons pas côte-à-côte plutôt que de continuer cette lutte de domination, ce mariage contre-nature.     

Un pays, c’est l’espace géographique et temporel permettant de partager le cheminement identitaire d’une communauté liée par son appartenance à une culture qui lui est propre.  Cette culture peut aussi contenir, imbriquer plusieurs nations qui doivent cependant avoir décidé d’échanger leur connaissance et leurs expériences afin de créer un diamant de pensée, une pensée collective unique, malgré les multitudes d’expériences individuelles vécues.         

Quand les hommes seront assez intelligents pour s’entendre et se respecter, la notion de pays n’aura plus à exister. La terre est un espace loué dont nous avons la responsabilité, le temps de notre existence.    

Le pays, c’est le moule de cet esprit, de cette culture alors que l’individu est la semence qui grandira et retournera à cette terre-moule nourrissant la spirale de la collectivité qui elle aussi grandira de l’intérieur, en perfection, grâce à ces expériences individuelles.           

Le but de la vie, comme disait André Gide, c’est de vivre.  Cela devrait nous suffire puisque nous ne savons pas d’où nous venons, ce que nous sommes et où nous allons. 

Si les immigrants avaient le moindre respect du Québec, ils s’intégreraient à la francité.  Ils ne nous imposeraient pas leurs valeurs.  Ils n’importeraient pas leurs haines millénaires.         

Si le passé a une puissance d’enseignement, nous ne vivons pas en fonction de celui-ci, car nous ne pouvons rien y changer ; mais en vue de l’avenir, car le présent est garant de l’avenir.           

Si nous semons la haine, il est impossible de récolter le bonheur.  Les arrivants ne doivent pas nous imposer ce pourquoi ils ont quitté leurs propres pays.  S’ils acceptent de vivre au Québec, c’est qu’ils acceptent ce qu’est ce Québec qui les reçoit.  Sinon, ils n’ont qu’à aller vivre ailleurs. C’est leur choix.           

Depuis quand l’hôte est-il raciste tout simplement parce qu’il veut se faire respecter?   

Si je vais me promener chez quelqu’un quand, sans permissions, je me mets à fouiller dans son frigidaire, je ne sais pas vivre … et si l’hôte me reproche mon manque de civilité, il n’est pas raciste, il a tout simplement raison.    

Le Canada est anglais, le Québec est français.  Si je m’installe au Québec, c’est que j’accepte de vivre dans un pays français.  Rien ne m’empêche d’aller vire au Canada ou ailleurs si je veux être dans une communauté qui s’exprime en anglais.  C’est à moi comme immigrant à m’adapter au pays hôte, qui a la générosité de me recevoir, et non, le contraire.          

Si je n’aime pas le fait français je n’ai qu’à aller vivre où ça me plaît au Canada où je serai automatiquement perdu dans une mer anglophone.

Je n’étais pas maître de la maison à mon arrivée, je dois ne pas croire que le temps m’alloue ce privilège.  Ce ne sont pas les Québécois qui doivent s’adapter aux immigrants, mais c’est aux immigrants qu’il appartient de s’adapter au Québec.  Le Québec n’a pas à s’angliciser ou s’islamiser pour faire plaisir aux immigrants.  C’est la même chose pour les Juifs qui essaient toujours de contourner les règles.

Le fanatisme religieux comme tout fanatisme est l’autoroute de la maladie mentale.    

Spirale intraprojective 25

septembre 30, 2020

Spirale intraprojective  24

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (Pp.  233 à 243)

*   *   *   *

L’écrivain Raoul Roy, le penseur d’un Québec socialiste et indépendant, a souvent dit et publié que la go-gauche (la fausse gauche) est à la solde d’Ottawa.  Pour eux, être à gauche est plus important que l’indépendance.  Dans les partis politiques qui se prétendent féministes, le féminisme est plus important que l’indépendance.

Je suis pour un Québec souverain, complètement indépendant, sans aucun trait avec le Canada en particulier, même si je sais qu’aucun pays ne peut vraiment être totalement indépendant des autres. Une véritable Confédération, c’est une structure décentralisée, donc, les provinces décident du rôle limité du gouvernement central. Pour les fédérastes, je suis donc le mal en personne.  C’est pourtant une nuance extrêmement importante.  

Je ne suis pas le pantin des grandes puissances économiques.  Malgré mon penchant populiste, je dénonce les féminounes homophobes ou les homosexuels antiféministes.  Leur division fait le jeu des courants économiques qui se servent des valeurs pour entretenir des guerres et des chicanes de clocher

Il ne devrait pas y avoir de féministes, de gais, de pédérastes, mais strictement des humains. L’humain n’a pas à être catégorisé en fonction des orientations sexuelles. 

Selon ces groupes qui furent déjà marginalisés, je suis un gros cochon qui refuse la morale internationale judéo-chrétienne, musulmane ou autre, la morale des hétéros machos, cette morale de l’inquisition moderne.       

Lénine, Staline Pol Pot ont été de beaux salauds à l’égal d’Hitler.  La Gestapo ou de la CIA américaine, c’est du pareil au même.  La guerre actuelle est perpétuée par les services secrets des différents pays qui sont là seulement pour protéger l’économie de leur pays, se fichant complètement que nous sommes tous des êtres humains condamnés à disparaître, si on ne les arrête pas avant qu’ils aient fait mourir la planète.   

Aujourd’hui, pour des avantages économiques, on assiste au mariage contre-raison des Bush-Poutine.  Dans quelques décennies, quand ils auront vidé la terre de ses richesses naturelles, ces conquérants, ces assassins légaux, s’entre-tueront pour les quelques richesses naturelles qui resteront quand la Chine se sera rassasiée.        

La guerre du pétrole nous démontre à quel point les humains peuvent être des bêtes quand les richesses naturelles servent leurs portefeuilles.  Tuer l’autre pour survivre deviendra la loi et l’ordre…   Les purs chasseront les impies comme dans le temps des Croisades.  L’homme n’a pas évolué.         

Je suis un peu comme Obélix, tombé très jeune dans la potion magique québécoise ; mais je suis aussi un être humain qui peut en avoir plein le casque d’attendre de vivre …  L’océan de mes émotions fut plus qu’houleux au cours des dernières années.  Une peur qui t’infiltre et te paralyse.  La pédérastie est mon contrepoison.  Ce qui me permet d’être encore un rebelle.  Même si j’ai perdu la voix.

Pour les plus cons, je suis un ennemi de la souveraineté parce que j’ose écrire que je suis pédéraste.  Ainsi, je nuirais à l’image.

Pourtant, être soi-même, c’est une qualité pour celui qui rêve de liberté.      

Ceux qui me reprochent de ne pas être tiraillé par les remords sont débranchés de la réalité.  Ils manquent de planification, de vision pour les prochaines années. 

Ma pédérastie n’est pas une excuse pour dissimuler notre aliénation.   Elle dénonce notre incapacité à voir le monde autrement que celui qu’on nous a créé sur mesure.

Je suis qu’un objet de plus à haïr et une excuse pour refuser de voir qu’ils font tout pour perdre les élections.  Ils perdent leur base.  Les gens s’en fichent que je sois pédéraste.  Sauf, qu’ainsi stigmatisé, je perds toute crédibilité. 

Les gens ont besoin d’un sauveur qui répond à ce que doit être un sauveur.  Un miracle. 

La thèse est trop diluée pour que les gens saisissent que la Confédération ou l’Indépendance, ce n’est pas ce qu’il y a de plus fondamental, ce n’est qu’une structure ; mais c’est aussi l’autoroute de la circulation de l’argent.  Le lien confédéral est très tenu et les pays doivent être réellement souverains, maîtres de leur politique intérieure. 

Bernard Landry nous y conduit-il mieux et plus rapidement que Mario Dumont.  L’indépendance est-elle le fruit de la droite ou de la gauche ?  Le mûrissement de notre situation et de sa prise de conscience.  Elle dépend probablement plus des intérêts économiques planétaires que des valeurs.  L’ADQ saurait-il se tenir debout devant Ottawa ?  Chose certaine, il n’y a que le parti libéral qui fera définitivement reculer le Québec, le coloniser davantage, s’il prend le pouvoir, car il est la manne des riches la pourriture au carré.  

Le rapport Allaire bonifié est réalisable si le Québec se tient debout et va chercher les pouvoirs dont il question ou on peut entrer par la grande porte de la souveraineté comme le dit Bernard Landry.     

Pourquoi brasser la cage quand on est aussi bien ?  Il faut absolument changer comme le veulent les journalistes, mais changer pourquoi ?  On devrait dire pour qui, car l’aspect physique prend de l’importance avec le vote féminin.  Pourquoi créer un nouveau pays quand Chrétien-Dion veille sur nous?  Paul Martin est-il plus décentralisateur, plus sensible à la pauvreté ?   A-t-il cette même obsession anti-Québec que le gouvernement Chrétien ?    

Puisque Mario Dumont jouit d’une grande popularité, tous les hypocrites, les nationaleux, les carriéristes de l’indépendance essaieront d’y mettre le pied pour se tailler une place au soleil.  La virginité de l’ADQ a sauté avec les dernières élections partielles.  Elle se prend pour un rayon de soleil ; mais Mario Dumont devra nous dire qu’elle sera la place du français en éducation et comment il réalisera l’application du rapport Allaire, déjà rejeté par Ottawa, sans même y ajouter les juridictions essentielles pour que le Québec puisse y retrouver son compte.   

Le problème avec l’ADQ, c’est que nous pouvons nous retrouver devant un «nouveau deal» à la Charlottetown … Serons-nous soumis aux caprices d’Ottawa, sous prétexte que ce n’est pas le temps de tenir un nouveau referendum.  Jusqu’à quel point serons-nous masochistes ?

Il y a beaucoup d’avantages avec Bernard Landry par rapport à Lucien Bouchard.  On a eu la peau de Bouchard en faisant croire qu’il n’était pas un vrai souverainiste. (Aujourd’hui, je commence aussi à avoir de sérieux doutes.)  Cette fois, je mets les gens au défi de prouver que Bernard Landry n’est pas souverainiste.  Un carriériste ?  Probablement, mais un carriériste de la souveraineté.  Sans tambour, ni trompette, il sort lentement le Québec de ses problèmes ; mais on dirait que personne ne s’en rend compte.  Il manque un peu de poigne face à Ottawa, porte-parole des États-Unis.   M. Landry a l’allure péquiste, un petit idéaliste qui avec son langage peut nous sembler pédant, mais peut-on reprocher à quelqu’un d’être instruit ?  On sait que les Québécois détestent tout ce qui leur rappelle l’accent français.  Il est moins dictateur que Chrétien, mais il semble savoir où il s’en va…        

Au Québec, nous devons tenir un débat de fond sur notre avenir, tenant compte de tous les facteurs, même mondiaux, et n’ayant pas peur de dénoncer tous les nombrilistes qui nous empêchent d’avancer.  Nous devons cesser de rêver la souveraineté et la faire.  L’indépendance doit correspondre à un projet de société. 

D’ailleurs, si le gouvernement était élu, selon un mode de scrutin proportionnel, la vraie démocratie s’en porterait mieux.  Toutes les tendances québécoises seraient représentées, car, qu’on aime ça ou pas, même un libéral fédéraste qui habite le Québec est un citoyen du Québec.       

Par son côté conspiration, la crise d’octobre ressemble à ce qui vient de se passer à New York, en 2001.   La seule différence, les patrons de Ben Laden et de George Bush doivent exister à un niveau financier supérieur au nationalisme, car pour profiter des événements, tu dois servir des intérêts au-delà de ceux des pays.  La crise actuelle est strictement économique.  Une guerre de riches.      

La guerre du pétrole bénéficie à la grande mafia internationale, soit le monde financier, capitaliste et communisme.  Un monde sans âme qui ne recule pas devant la mort des individus pour améliorer les résultats financiers.  Et, nous sommes assez débiles pour donner plus d’argent à la police et à l’armée pour protéger ces assassins légaux.  La CIA a toujours été un nid de terroristes à l’échelle de la planète.  La seule différence, on essaie de nous faire croire qu’il peut y avoir des raisons valables pour justifier la mort d’un humain.  Toute grande puissance est prête à détruire l’autre pour sa suprématie maladive.     

En 2000, on tuait les pédérastes (Marc Lachance, par exemple) et en 2004, on tuera sous prétexte que ce sont des Talibans.  Ces derniers servent à justifier la haine interreligieuse à entretenir pour garder la nécessité d’une purge.  L’appât financier justifie la mise à mort de milliers d’humains à travers des guerres.  C’est ce que représente cette guerre des religions, cette redistribution des richesses naturelles, en faisant semblant que c’est une question de foi.    

Faut-il juste être prêt, car on est totalement impuissant ?  L’avenir appartient en très grande partie à l’honnêteté de la presse.  Journaliste vrai, médecin compatissant, ce sont les nouveaux sacerdoces… Pour survivre, tout sera concentré sur l’Évangile selon St-Jean, c’est à dire que chacun doit devenir le serviteur de l’Autre.  

Le monde changera dès qu’on mettra autant d’énergies à combattre la violence que l’on en met à combattre la pédérastie. 

Quand Pierre Vallières a décidé de prôner la non-violence, après sa séquestration, on a appris que le FLQ de ces années-là, la deuxième vague, était infiltrée de policiers et d’anciens militaires des services fédéraux.  Si le fédéral accepte que des listes de membres du Parti Québécois soient volées, que la Brinks et Cadbury insultent les Québécois, que l’on vole un référendum en ajoutant à la course des milliers d’immigrants à la liste électorale, on peut s’attendre à tout.  Pendant ce temps, le peuple accepte de payer l’armée qui les opprime. 

La sexualité, une affaire plus que politique ! (tiré de SORTIR, éditions de l’Aurore 1978) 

Il est urgent d’abolir les lois sur l’attentat à la pudeur, la grossière indécence, le détournement de mineurs, l’incitation à la délinquance et remplacer le tout par une seule loi : la loi de la «non contrainte ou, si l’on veut, du consentement».  

La répression sexuelle est à la base des complexes d’infériorité et du fascisme (W. Reich, La psychologie de masse du fascisme), la racine de l’esclavage et de l’esprit réactionnaire.  Elle est sciemment maintenue par les religions, la publicité et le système judiciaire pour entretenir cet état de haine de soi nécessaire à un asservissement psychologique permanent.          

Il existe des rapports amoureux, voire sexuels, entre adulte enfant qui peuvent aider au développement global de l’enfant.  Pour ce, la Cour, les cliniques psychiatriques et toutes ces instances répressives ne devraient jamais avoir droit de regard sur la morale, la sexualité de quiconque, à moins qu’il y ait eu contrainte physique et psychologique.  La vie sexuelle des gens ne regarde que les personnes impliquées. C’est un droit fondamental à la vie privée de chaque individu. D’ailleurs, qui choisit son orientation sexuelle ?  On est pris avec celle que nous avons.      

Un affrontement se prépare entre le gouvernement fédéral et provincial concernant la jeunesse : le premier se veut plus contraignant alors que le second veut déjudiciariser, s’appuyer sur la réhabilitation.           

Le gouvernement fédéral avait l’intention de présenter une législation en vertu de laquelle tout récidiviste ayant des rapports sexuels avec des enfants se verrait coller deux ans «indéfinis », sentence que même les prisonniers les plus endurcis n’ont que très rarement.  Cette sentence signifie que tu es totalement à la merci du système carcéral en ce qui regarde ta libération.   On peut demeurer en prison à perpétuité, sans même avoir un droit de rappel.  Le gouvernement fédéral veut aussi rendre criminels les actes des enfants reconnus comme pédophiles.  Pourtant, s’il donne le droit à la police de prendre les empreintes d’un enfant, de le photographier pour les archives comme pour un adulte, le gouvernement est moins prompt à lui donner les droits équivalents.            

Si un jeune peut-être incarcéré en vertu du système judicaire, il doit en même temps avoir le droit de diriger sa propre vie et même de voter.  S’il est jugé apte à être adulte en termes criminels, il doit être aussi, ni moins vieux dans tous les autres domaines.          

Loin d’avancer, la cause des enfants régresse.  Même dans la déjudiciarisation prônée par le provincial, le tribunal continue d’exister, on remplace les flics par des travailleurs sociaux puisque ainsi les aveux sont plus faciles à obtenir.  Les enfants continuent d’être perçus comme des intrus dans un monde d’adultes.  Des intrus fatigants et parfois même menaçants.           

Je connais un petit gars qui ne veut pas aller à l’école : il sera placé dans une institution parce qu’il refuse de s’ennuyer dans le moule dans lequel on le force à vivre.  J’en connais un autre qui a déjà goûté à sa première fin de semaine d’internement. 

Le cas était plus compliqué, du fait qu’il prenait aussi de la drogue.  Pourtant, entre une plainte contre le «pot» et l’interrogatoire du policier de la C.U.M, il y avait tout un monde.  Près de chez lui réside un célibataire qui arrive d’une autre province, mais qui aime les enfants.  Tout ce qui a surtout intéressé les enquêteurs, c’était de savoir si ce célibataire avait joué avec les bijoux de famille du petit.  Décevant, celui-ci ne lui avait jamais poigné la graine.  Je me demande comment un adulte réagirait si, de plein droit, n’importe quel imbécile en costume de flic ou de travailleur social avait le droit de l’interroger sur sa vie privée, ses rapports sexuels avec les gens.  Le respect de la vie privée devrait être le droit le plus élémentaire même pour les enfants…            

Quant à l’école, je ne comprends pas que la loi ne puisse pas être interprétée comme une incitation à respecter le droit de tous les enfants à bénéficier de l’éducation gratuite plutôt que comme une obligation dont la sentence peut aller jusqu’à être placé en institution.  Le problème, c’est que les adultes ont tendance à régler les conflits avec les petits par la répression : il faut sauvegarder la morale et l’ordre bourgeois qu’elle défend.        

Évidemment, il faut protéger la jeunesse.  C’est pourquoi selon la dernière trouvaille des flics travailleurs sociaux psychologues un enfant qui a des rapports sexuels avec un adulte ou avec un autre enfant plus vieux est traumatisé.  Ses problèmes commencent pourtant avec la police et s’amplifient avec la cour, etc.  C’est un pas, on commence à dire la vérité, mais les limites sont vite atteintes : que faut-il faire si on a connaissance de telles relations entre mon fils et un voisin ?          

— Appeler la police, voyons, pour le moment, il n’y a pas d’autres moyens … Le morceau est lâché.  Qui protège-t-on ?  Les lois ?  La morale ?  Ou l’enfant    

À mon avis l’intervention de ces pseudo-scientifiques découle de l’importance que joue la morale dans ‘établissement des structures qui ont toujours pour effet de garder le plus possible le peuple réactionnaire, le plus fasciste possible : ça permet de poursuivre le moulage de travailleurs dociles, étant bien culpabilisés.  Cette structure est tellement bien ancrée dans nos mœurs qu’on se révolte alors qu’il est question de libération.

On pourra toujours dire que MM. Reich et Neil étaient contre l’homosexualité, c’est un fait, mais avaient-ils le choix ?  N’étaient-ils pas déjà pointés comme des maniaques, débaucheurs d’enfants ?  Comment auraient- ils pu poursuivre leurs expériences, s’ils avaient eu le malheur d’aller plus loin ?  Plus tard, des psychiatres donneront raison à ceux qui prétendent que l’homosexualité est loin d’être une maladie : c’est un état de vie, comme dit M. Bory.    

L’élargissement face à la conception de l’homosexualité ne peut pas encore atteindre les relations de l’adulte avec l’enfant, parce qu’encore aujourd’hui la répression homosexuelle est très forte, très raffinée, et surtout elle est soutenue par la majorité et même par certains homosexuels honteux qui s’en prennent aux pédérastes pour cracher leur dépit.  Sont-ils inconsciemment demeurés culpabilisés d’être gais ? Ont-ils oublié combien il est difficile de se découvrir gai? 

On ‘a pas commencé à établir la nuance entre un pédéraste normal, c’est-à-dire un homme qui adore les petits gars (comment pourrait-il leur faire mal) et un sadique qui, par frustration et impuissance, s’attaque à un enfant, souvent pour des raisons économiques ou pour les fins de la guerre? Il y a une grande différence entre une relation consentie et une situation violente.  Le pédéraste est peut-être plus dégoûté que la moyenne des autres gens par de tels attentats ; mais il cherchera à comprendre avant de se lancer dans des réflexions superficielles et stupides sur le taux de répression envisagé.  Si un enfant n’est pas tué par un policier, il est quand même profondément traumatisé quand celui-ci se met le nez dans sa vie sexuelle ; et pourtant ce policier n’est pas puni ; au contraire, il est grassement payé.   

Le problème principal ; dans ce secteur, c’est une éducation pourrie face à la sexualité, une éducation castrante et anti-plaisir. 

Une éducation basée sur la peur qu’entretiennent les curés (aujourd’hui, les féminounes) et les journaux à sensation.  Ce n’est pas encore aux parents qu’on donne du Reich à lire pour leur faire comprendre : « à quoi servent les phobies de la répression sexuelle ?    

Pourquoi les a-t-on moulés dans cette haine du corps ?  À combien de rackets et de sadisme la répression sexuelle a donné naissance ? » On oublie de parler de l’époque où les parents perçaient le prépuce du jeune homme avant d’y introduire des fils afin de s’assurer qu’il n’ait pas d’érections ou le goût de se masturber.  Était-ce parce que la nature était déformée qu’on devait agir aussi follement pour répondre aux ordres des curés, médecins, psychologues pédagogues ?  Qui sont les malades, ceux qui soignent en projetant leurs frustrations sexuelles sur les enfants — les enfants étant trop jeunes pour comprendre les mécanismes de la nature, sont de simples victimes de la morale — ou ceux qui vivent en fonction de l’amour, que ce soit accepté ou non ?

La lutte contre la pédérastie est une guerre inconsciente et hypocrite contre l’homosexualité.  Chaque individu est maître de son corps et de son esprit.
(Enfant dans la partie de texte précédent est synonyme d’adolescent et non plus jeune.)

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Est-il normal que les banques fassent des profits aussi exorbitants ?  Les intérêts sont rien d’autre que des vols légalisés?  Le problème des Québécois est de toujours se laisser envahir le cerveau, d’être trop assis entre deux chaises pour pouvoir enfin se caser.         

Le système économique courait à sa perte.  Il fallait un événement assez terrible pour justifier une intervention mondiale musclée.  Nos riches n’ont pas encore appris qu’il suffirait de cinq pourcents du budget militaire annuel de la planète pour garantir le minimum vital à tous les habitants de la terre.             

Les Hébros-Anglos-Américains veulent absolument diriger la planète, ils sont des conquérants.  Ils devraient commencer à réfléchir à créer une terre plus heureuse plutôt que d’envoyer leurs armées.  Ils seraient plus populaires s’ils combattaient la pauvreté et la pollution.  Mais, aux États-Unis, comme ailleurs, le peuple ne peut rien dire.  La démocratie d’un vote à tous les quatre ans n’est qu’une farce monumentale.  Tout est propagande et marketing. Les humains sont des consommateurs.  Que consommeront-ils quand il y aura ration partout ?

Les Islamistes sont leurs propres ennemis, l’obstacle, les propriétaires du pétrole.  Ils refusent de partager même avec leur peuple.  En réalité, ils ne peuvent pas parler des Talibans qui ont travesti la parole du prophète par celle des maladies mentales du fanatisme et de l’ignorance.  Si les Islamistes mettaient la religion musulmane au pilori parce qu’elle n’arrive pas à contrôler ses fanatiques, ils viendraient de signer leur arrêt de mort parce qu’ils sont trop nombreux pour être ignorés.  La religion est une forme d’irrationnel dont on ne peut jamais prédire exactement la réaction. 

Les grandes puissances devraient commencer à réfléchir à créer une terre où l’on peut survivre, sinon vivre heureux, plutôt que de se servir du militaire pour dominer.  Ils seraient plus populaires s’ils combattaient la pauvreté et la pollution.  Mais, aux États-Unis, comme ailleurs, le peuple ne peut plus dire rien d’efficace et rappeler ses dirigeants au gros bon sens.  La démocratie existera quand nous serons capables tous, sans différence d’âge ou de sexe, exprimer notre avis, sans être écrasés par la propagande et les mensonges de l’establishment.

La démocratie doit être repensée, adaptée à la vie moderne.  Comment permettre à un individu d’être véritablement un citoyen, capable de vraiment pouvoir faire connaître son opinion et pouvoir changer quelque chose?  Comment éliminer les chapelles ?  Comment avoir une information qui crée un monde plus humain ?  L’internet peut-il permettre à chacun qui le désire de faire connaître son opinion et de voter sur tous les changements ?  Pourquoi faut-il avoir un âge pour voter ?     

En prison, j’ai pu réfléchir sur notre avenir.  J’ai compris que pour survivre dans notre système, il faut être hypocrite, menteur et crosseur… Mais dans un Québec indépendant, la survivance du peuple naîtra de sa solidarité contre la mondialisation, puisque dans une guerre de riches, les pauvres sont les premiers à y goûter.  Ils doivent pour survivre apprendre la charité et la tolérance les plus absolues.

Le masochisme du peuple québécois est inquiétant, car le Québec n’a pas d’avenir sans la souveraineté.  Il semble s’américaniser plutôt que de choisir son autonomie.  Une confédération nord-américaine pourrait exister autant qu’une confédération canadienne. Des pays, à l’intérieur d’un continent.     

Avec la mondialisation, la seule solution envisageable pour le Québec et le Canada devient la création d’une véritable Confédération, c’est-à-dire l’union de plusieurs pays qui s’associent en conservant leur souveraineté comme en Europe.  Mais pour cela, il faut des états, des pays, pas des provinces.  Sans cela, le Canada et le Québec se feront vider de leurs richesses naturelles par les États-Unis.  C’est déjà commencé.  Le rythme est accéléré.  Une chose est certaine, Trudeau n’accepterait jamais la prostitution du Canada aux intérêts américains.

Il est impossible dans l’état d’esprit actuel de rajeunir la fédération canadienne, car les trente dernières années ont irréversiblement démontré que les composantes du Canada ont des intérêts tout à fait incompatibles.  Le Canada devra, s’il veut survivre à la mondialisation et la crise internationale, cesser d’être un état maladivement centralisateur pour enfin être une vraie confédération.

Avec Bush, les États-Unis boufferont le Québec et le Canada dans le temps de le dire … la sécurité, l’eau, le bois d’œuvre, le lait, l’électricité, la culture en sont des exemples éclatants.    

Cette solution, la Confédération continentale, ne peut se réaliser sans d’abord l’indépendance du Québec, car c’est le seul moyen de négocier d’égal à égal.  C’est vrai qu’avec une vraie Confédération, les Québécois deviennent des Canadiens-Américains à part entière.      

Les indépendantistes purs et durs, radicaux, qui refusent carrément une certaine union avec le Canada ou une nouvelle Amérique doivent renoncer à cette vision. 

Ce projet est mort-né à cause de la mondialisation ; quoique l’indépendance absolue et intégrale soit la meilleure solution économique à long terme pour le Québec.

C’est plus facile à imaginer qu’à réaliser.  C’est difficile pour un gars, comme moi, habitué avec des Cacanada de changer jusqu’à son vocabulaire, car, la confédération à l’européenne, ce n’est pas une stratégie, un pas vers quelque chose, c’est le but ultime.  Une façon aimante de voir l’avenir de l’humanité.  Comment pouvoir dialoguer avec un Stéphane Dion ?  C’est pourtant le défi d’une confédération : trouver la meilleure solution pour le peuple et non pour l’égo et les intérêts de ceux qui gouvernent. 

Si le Canada ne devient pas une Confédération, il ne nous reste plus que l’indépendance pure et dure.  Comment y arriver sans un soulèvement populaire?

Un Canada absolument décentralisé comme le dit l’appellation confédération exige la recherche et la reconnaissance des intérêts des francophones, anglophones et amérindiens pour la survie de leur territoire commun dans une réalité nord-américaine.            

Dans une vraie Confédération, le Québec doit nécessairement à cause de ses différences être absolument souverain.  Sans cette souveraineté, il ne peut pas y avoir de projet de confédération. 

Il est urgent que l’on précise le vocabulaire que l’on veut utiliser et que l’on cesse de piétiner.  La prochaine question référendaire devrait être : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?       

Le Canada doit devenir la Confédération telle qu’il aurait dû être dès le début.  Si le Canada anglais refuse ce changement, les Québécois sauront ce qu’il reste à faire pour être maître chez eux.         

Pour gagner un referendum, nous devons d’abord être maître absolu de l’immigration et des communications.  

C’est maintenant ou jamais, car le temps nous noiera dans le grand moule de l’assimilation.   Par ailleurs, si nos gouvernements y croyaient, ils mettraient en place tous les instruments nécessaires à l’autonomie (la sécurité territoriale, l’autosuffisance alimentaire, la garantie des pensions, l’honnêteté du vote, etc.)

Dans une nouvelle Confédération continentale, la lutte à la pauvreté sur la planète et l’instauration de régimes vraiment démocratiques seraient une nouvelle valeur de base. 

Il faut aussi se rappeler que, pour l’instant, nous ne pouvons avoir d’influence réelle que si l’on travaille dans notre propre pays.  Il est prétentieux de croire dans son utilité en dehors de ses propres frontières.           

Cependant, rien ne nous empêche de travailler à promouvoir l’idéal d’une planète enfin humaine.            

L’aliénation ce n’est pas seulement subir le colonialisme, mais vivre cet écrasement intérieur, avec le sourire. (Moi-même).         

Le seul problème de ce livre c’est qu »il manque d’humour …

L’armée américaine pourrait intervenir en sol canadien (Métro, page 2, 29 août 2002. Et, depuis, il a été établi que le Canada veut rien savoir du Québec.)         

Spirale intraprojective 24

septembre 29, 2020

Spirale intraprojective  24

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 224 à 233)

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Avec ce livre, j’ai voulu tourner la page.  En finir avec toutes ces réflexions.  Je veux cesser de croire dans les films que je me suis créé et vraiment aimer ceux qui m’entourent.

**

Après cette critique du système, aurais-je le courage de m’analyser et de changer ce qui ne va pas dans ma propre vie ?  Puis-je vraiment être charitable?  Est-ce normal d’avoir tant besoin de se faire dire que l’on t’aime?  Suis-je un voyant du futur ou un malade mental qui a besoin de soins?  Suis-je aussi bon que je me pense ?  Pourquoi devenir paranoïaque ?  Pourquoi cette peur d’être supprimé ainsi que ceux qui m’entourent ?  Pourquoi croire que tous ceux que j’aime se suicident comme Rouhed ?  Son suicide a été pour moi un affreux coup de poignard au coeur et à la tête.  En suis-je resté traumatisé ? Cela ne m’a-t-il pas rendu complètement paranoïaque ?         

Est-ce que je respecte les autres dans mes rapports sexuels ?  Les autres aiment-ils autant ça que je le crois ?  Est-ce que j’ai une bonne influence ou aie-je complètement tort?          

J’ai aussi besoin d’aide, car je ne sais plus ce qui est la vérité.  Je ne veux pas nuire à quiconque, mais en m’arrêtant on a prétendu qu’en aidant, je nuisais.  Le savent-ils mieux que moi ?  Dois-je me sentir coupable d’aimer ou serait-ce la nature même de toute personne qui est bonne? Je doute de moi.  J’ai peut-être la misère que je mérite.           

Je dois cesser de boire et de m’apitoyer sur mon sort. Cesser de croire que j’ai raison et remettre ma vie en question.  Faire le point. C’est le but de ce livre. Chaque épisode doit être scruté.  Il faut tout exprimer pour enfin tourner la page.  Redéfinir ma vie en fonction du peu de temps qui me reste.  J’ai déjà 60 ans et les années filent comme des mois.   Une chose est certaine mes expériences sexuelles m’empêchent de pouvoir agir avec crédibilité, car les gens sont encore prisonniers de ce qu’on leur a fait croire depuis leur enfance.          

Je dis que je suis pédéraste par besoin d’authenticité, pour ne mettre personne en danger et ne pas décevoir.   Il est essentiel d’être authentique.  Pourtant, dans la réalité, je suis devenu gai comme on m’avait dit que je devais réaliser si je voulais avoir la vie heureuse.          
Nous sommes le seul juge de la valeur de notre vie.  Je ne demande à personne de devenir pédéraste, ni même d’accepter mon point de vue, mais au moins comprendre ce que je peux ressentir.  Je ne veux pas toujours me sentir condamné. Une mésestime de moi que je traîne de l’époque où les filles me rejetaient.  Maudite adolescence !          

                   
 *   *    *    *

 On m’a dit que des gens voulaient la peau du premier ministre, M. Bouchard.  Qu’on aurait même un dossier long comme le bras pour justicier un attentat contre le premier ministre.  C’est probablement un scénario de film, car au Québec, personne ne rêve d’attentat.  Qui m’avait parlé de ça ?  C’est le problème de perdre la mémoire, mais si je le dis c’est pour passer le message et protéger M. Bouchard.           

Si les souverainistes ne savent pas reprendre la faveur populaire avant les prochaines élections et le prochain referendum, le Québec sera tout simplement anglicisé…

Sans un tournant radical en faveur de son indépendance, le Québec francophone aura disparu de la carte dans moins de 25 ans.  Ce sera un génocide en douceur du peuple du Québec comme l’écrivait le syndicaliste Pierre Vadeboncoeur.  La prochaine élection devrait strictement porter sur l’économie et les soins directs à apporter à la population.  Il est urgent de comprendre que tu es pauvre si tu as un revenu inférieur à 25,000$ par année au Québec.  

Le Parti québécois devrait obtenir un mandat clair pour percevoir complètement et seul toutes les taxes et tous les impôts sur le territoire du Québec et définir son mode de participation au Canada, s’il doit y avoir une association.  Il faut certes empêcher le fédéral de jouer dans nos champs de compétence.           

Le Québec doit être le maître absolu de sa vie sociale et politique.  Les Québécois doivent cesser d’être exploités par une foule de niveaux de gouvernements.  Il ne peut pas continuer dans un Canada centralisateur, non seulement pour sauver sa culture francophone, mais cesser de s’enfoncer financièrement.  Il faut revenir à une planification sur une décennie au minimum.      

J’ai pour mon dire qu’une mafia légale suffit, on n’a pas besoin de celle du fédéral. La souveraineté ne doit pas être qu’une question d’élites pour passer à l’histoire, mais de trouver un statut qui garantit au Québec le mieux-être de sa population.          

La souveraineté doit être faite dans la vérité absolue, pas question de tricher pour influencer les opinions.  L’indépendance doit être faite dans l’intérêt du peuple.  Le statut politique d’un pays est moins important que le bien-être du peuple entier, quoique ce bien-être puisse être affecté par les structures de l’état qui modifie les taxes et les impôts.

 **

Comme je l’ai dit précédemment : quand bien même j’aurais joué aux fesses avec Mathieu, que je l’aurais sucé tous les jours quand nous étions ensemble en voyage, le petit de treize ans et 358 jours pouvait consentir ou non. Il ne pouvait donc pas être traumatisé.

Mathieu a sûrement été plus traumatisé par l’intervention planifiée de la police dans sa vie privée et l’obsession de sa mère pour avoir sa garde.  Le chèque est plus grand si les deux enfants sont sous sa garde. Elle était bien représentée par des féminounes de Val-d’Or qui manifestaient durant le procès et des Mormons qui défendaient leur croyance stupide face à la sexualité, en appuyant financièrement la mère. 

Que sont devenus les jeunes garçons qui ont subi indirectement cette affaire?  A-t-on pensé à eux ?  Est-il moins sale de tuer au nom d’une morale ou d’une guerre que de tuer légalement ?  De laisser les jeunes se débrouiller avec les maladies mentales que développent les grosses drogues ?         

N’essayait-on pas de reconstituer au Québec le scandale Dutroux qui ébranlait le gouvernement belge ? 

La sexualité, sans violence, ne regarde que les personnes directement concernées. Trudeau avait absolument raison sur ce point : ce qui se passe dans mes pantalons, ne regarde que moi.

 *    *     *

La sexualité doit être absolument libre et privée tant qu’elle ne nuit pas à un ou une autre.  Et, seule, la ou les personnes concernées devraient avoir le pouvoir de décider si on porte plainte ou non. 

Toute plainte sexuelle, s’il n’y a pas de violence, devrait être prescrite à deux ans, après avoir obtenu l’âge de majorité.  Toutes ces plaintes devraient cesser d’exister si elles ne sont pas formulées alors que l’individu a atteint 20 ans.  Ça lui donne assez de temps pour réfléchir et réagir.  C’est simplement une bonne marge de manœuvre pour assurer une sécurité aux jeunes.          S’il y a eu violence, il n’y a plus de date de prescription.    

La vie sexuelle des ados ne regardent pas les parents, sauf pour transmettre ce qu’ils croient être les meilleures valeurs.  Leur hystérie et leur paranoïa, face à la sexualité, justifient parfois qu’ils auraient plus besoin que leurs propres jeunes à être instruits de la réalité physique de l’être humain.

Nos écoles devraient permettre aux très jeunes de pouvoir consulter sans honte et mépris des films ou des livres sur l’anatomie humaine.  Les nus permettront de cesser d’avoir honte d’avoir un corps et répondre à nos questions sur le nôtre. Question de satisfaire leur curiosité et leur rythme.  Il ne devrait pas y avoir de cours généraux au début du primaire, car l’éducation sexuelle à cet âge relève des parents.  La sexualité est individuelle. Pourquoi répondre à un besoin qui n’existe peut-être pas encore et risque même de troubler un jeune qui n’en est pas rendu à se poser des questions sur la sexualité.           

Pouvoir s’informer sur demande devrait suffire et surtout ne pas contraindre à un éveil qui n’est pas encore nécessaire.
L’individu a la perception de sa famille de la sexualité.  Il ne doit pas être traumatisé par le choc que les autres peuvent avoir de cette même réalité. La rigueur des parents peut être très négative.    

Par contre, à la fin du primaire, des cours devraient expliquer tout ce qui touche le fonctionnement de l’anatomie et la vie sexuelle.  Le jeune doit alors apprendre son droit le plus strict d’aimer ou ne pas aimer être touché

L’éducation sexuelle ne doit jamais être morale.  Les adolescents doivent être aussi libres à cet égard que les adultes. Question d’autonomie.  L’humain obéit aux hormones plus qu’aux inventions religieuses.  

La sexualité doit être enseignée de manière large, c’est-à-dire en incluant tous les aspects émotifs qui l’entourent.  Les peines d’amour à l’adolescence sont aussi une cause de suicide.  Comment contrôler ses émotions ?       

Tous les mouvements répressifs qui s’occupent de voir à ce que les autres vivent moralement bien leur sexualité sont des mouvements d’hypocrites.  La sexualité est strictement individuelle ou en couple.           

Une personne qui s’évertue sans relâche pour le bien du peuple a droit d’avoir accès à une amitié particulière sans devoir y mettre toutes ses énergies pour défendre sa carrière contre les racontars.  Même s’ils avaient la sexualité et la langue facile, Kennedy et Clinton ont été les meilleurs présidents des États-Unis.

J’ai toujours vécu ma pédérastie par fidélité à ma révolution.  En la proclamant, j’ai toujours voulu m’assurer de ne mettre personne en danger.  Ce faisant, j’ai toujours été doublement exposé, mais j’ai toujours cru jusqu’à date que les Québécois sont assez intelligents pour comprendre mon scrupule.            

Bien évidemment, je ne pouvais pas me vanter à l’école d’être pédéraste, mais je ne m’en cachais pas dans mes écrits qui étaient à la portée de tous.  Plusieurs me connaissaient pour mes interventions politiques, mais ne savaient pas que je suis pédéraste. Aujourd’hui, pour être plus fidèle à la réalité, je me dis gai, ce que je suis devenu normalement.        

Ma petite hypocrisie entre l’écrivain et la vie réelle était forcée d’exister.  Je devais garder le silence pour survivre.  Tous ceux qui m’entouraient pouvaient connaître ma réalité.  Tous ceux qui le devaient connaissaient mon amour pour les petits gars. Jean Fergusson le savait et cette complicité me suffisait.            
 Malheureusement, mes farces (étant moi-même un moineau, j’aime surtout les serins) pour garder un équilibre entre mon authenticité et mon devoir de transparence étaient souvent interprétées différemment.  Je ne voyais pas la nécessité de clamer mon amour pour les petits gars auprès de me mes amis professeurs.  Au contraire, la moindre confession m’aurait coûté mon droit d’enseigner.  Une profession que j’adorais. Pourquoi donner la chance aux imbéciles de te détruire ?

 *   *
               
Ce que Mathieu prétendait était carrément exagéré, donc, faux.  Les heures d’interrogation qu’on lui a fait subir pour avoir ma peau étaient mille fois pires, plus négatives pour lui que d’être avec moi.    

Un toucher, une caresse n’a jamais fait mourir personne… la peur d’une raclée, d’être enlevé de ta famille, ça traumatise bien plus ; mais c’était la police qui appliquait le traitement pour avoir les données pour accuser.  Ce que les autres pensent de toi, quand tu es jeune, c’est central dans la vie …        

On se préoccupe beaucoup plus d’avoir de bonnes statistiques que de la vie des jeunes que l’on prétend protéger.  La procédure judiciaire en matière de crimes avec les mineurs est plus néfaste que tout ce qu’ils pourraient subir de sexuel, s’il n’y a pas de violence.

 Dans sa première déclaration à la DPJ, il affirma que tout ce qu’il voulait c’était de ne plus me revoir ; mais juste à la veille du verdict de mon procès, il venait de passer la soirée avec moi et père.  Il voulait toujours venir en voyage avec moi et voulait s’assurer que je ne lui en voulais pas. 

Un désir qu’il a souvent exprimé même après avoir porté plainte, et ce,  même s’il connaissait toutes mes tendances sexuelles. 

C’est même ce qu’il a dit en cour, quoiqu’il a ajouté pour se donner bonne contenance qu’il avait manifesté des objections en enlevant ma main de sa culotte.        

Le juge nota lui-même que la résistance semblait bien faible car je ne pouvais pratiquement pas me servir d’un de mes bras.  Ce devait être un petit scrupule mormon, une très faible objection.  Une objection, accompagnée d’un si large sourire que ce jeu semblait lui plaire, d’autant plus qu’il n’avait pas à craindre que je rejoigne son petit moineau d’amour parce qu’il portait une ceinture tellement serrée qu’il aurait fallu la couper pour mettre la main dans ses culottes… une mission impossible.   

Le plus surprenant, c’est qu’après m’avoir eu accusé, il m’a souvent demandé de venir quand même avec moi en voyage.  Nous nous aimions bien.  Je lui ai vite pardonné, car son témoignage était celui d’un jeune qui avait bien plus eu peur de la police que de moi.  On l’avait arrêté et amené au bureau de la police, sans mandat.  On appelle ça un kidnapping.          

Au début du procès, je devais l’avoir touché, effleuré une trentaine de fois, mais cela arrivait, disait-il, seulement quand nous étions seuls.  À la fin de l’interrogation, il s’avéra qu’il n’avait en fait été que deux ou trois fois complètement seul avec moi. Même là, il n’a jamais été nu quand je lui faisais la bedaine à Mathieu (lui frotter la bedaine).       

Selon mon avocat, mon seul crime fut d’avoir été seul avec lui à quelques rares occasions. 

J’aurais dû être plus avide, ça aurait au moins valu la peine … Pour arriver à lui rejoindre le zizi, il aurait fallu qu’il soit bâti comme un bœuf et que je sois très fort à cause de sa ceinture.  Tu pouvais tout au plus symboliquement entrer les doigts dans le bord e la ceinture.  Par contre, il adorait se faire flatter la bedaine, un petit jeu drôle, inventé pour faire rire sa petite sœur.  Fallait voir le sourire pour comprendre ce plaisir anodin !   

 *  *  *   *   *

 Dans toute cette grande purge du début du siècle, j’ai quand même eu plus de chance que mon ami Marc Lachance, fondateur des cirques d’Éthiopie quand on l’a forcé à se suicider pour échapper au scandale qui aurait pu éliminer son œuvre.  Marc appelait cela tendrement être Boys lovers.  Ça me faisait penser à mon premier recueil de poésie qui ne fut jamais publié : L’Amourajeux.  Comme moi, il considérait la pédérastie comme idéal.  Être le serviteur des jeunes.  Marc n’était pas politisé. Donc, le chantage ne pouvait pas être politique.

Cette purge d’extrême-droite aurait été mondiale pour marquer le début du nouveau millénaire.  On ne veut pas d’impurs dans les 100 prochaines années.  Une autre maladie innée des religions.           

Malheureusement, en ce qui touche la liberté sexuelle, la droite et la gauche sont sur un même pied d’égalité. 

Il n’ont pas encore vu la différence entre la vie individuelle, la vie privée et le commerce international.  On se fiche de ce qui se passe chez les jeunes qu’on rend scrupuleux et par conséquent malheureux pour le reste de leur vie. Ils ont subi le même sort avant.      

* *  *  *            

À toutes les fois que j’ai eu des problèmes avec la justice, ça coïncide avec des périodes marquantes dans l’histoire de l’indépendance du Québec. 

La première était une lutte entre les libéraux et les unionistes.  Je réfléchissais comme un adolescent torturé moralement qui se découvre et ne se comprend pas.  À part, d’avoir romancé cet événement, c’est exactement ce que je raconte dans  Laissez venir à moi les petits gars. 

La deuxième fois est survenue juste avant la prise de pouvoir du Parti Québécois, en 1974, au moment où je paradis pour le français avec ma pancarte «  Congédié pour avoir écrit en français à Montréal »  L’autre fois c’était juste après le dernier referendum.  Je venais de démissionner comme président de La Société nationale des Québécois, à Val d’Or. C’est le cas Mathieu dont je viens de parler.  J’ai été inscrit dans la liste des radicaux sacrifiés.       

J’ai compris très vite que l’indépendance du Québec nuit au besoin des petits bourgeois québécois.  Leurs grands-frères fédérastes, le French Power préfère manger dans l’auge du fédéralisme. C’est plus payant.  L’avenir du Québec et du Canada tenait à deux hommes : René Lévesque et Pierre Trudeau ; mais autour d’un seul thème : l’évolution de la francophonie en Amérique.       

Ou le Canada accepte le bilinguisme intégral de Trudeau pour nos trois peuples : le Québec, le Canada, les Autochtones ou selon la vision de René Lévesque, le Québec devient un pays pour conserver, sauver sa langue et sa culture.   

La francophonie, c’est l’avenir si elle cesse d’être purement commerciale ou colonialiste.  Et, comme le disait René Lévesque, le français au Québec doit avoir le même statut que l’anglais en Ontario.  

D’ailleurs, Pet Trudeau a aussi dit qu’il ne se pendrait pas dans le grenier, si le Québec choisissait de devenir indépendant.  Est-ce comme en 1980 alors qu’il promettait qu’un «non» serait un «oui» pour le changement fondamental de la constitution, changement que l’on attend toujours après 30 ans et un autre referendum.
 

Voilà pourquoi le Bloc québécois est aussi important à Ottawa.  Il ne permet pas aux francophones vendus à l’anglicisation de pouvoir parler au nom des Québécois.  Le Bloc permet au Canada de connaître la pensée du peuple du Québec et non le point de vue d’une bourgeoisie fédéraste et nombriliste.  

Le rôle principal du Bloc doit demeurer de défendre les intérêts premiers du Québec, mais aussi de venir l’opposition officielle du Québec à Ottawa.  Le Bloc pourrait jouer un rôle de négociation si on tentait de créer une restructuration du Canada pour en faire une véritable confédération et non un instrument de centralisation.   Il doit être situé beaucoup plus à gauche que le Reform protestant.  Quand la Confédération sera créée, l’Ouest vivra bien comme ils l’entendent.  

Et, comme le pensait si bien Antoine Naaman, qui avait créé le CELEF, Centre des études littéraires francophones, à l’université de Sherbrooke : le Québec doit être un des principaux chefs de file de la francophonie dans le monde.  La francophonie doit être un pays planétaire, sans frontière, ni couleurs, ni religions, ni préjugés.  Un espace où on s’entraide tous.  Un monde de culture.  Un citoyen d’un pays francophone devrait être automatiquement un citoyen sans frontière à l’intérieur de la francophonie.           

En ce sens, au risque d’être haï, je suis ravi que Stéphane Dion s’occupe de la francophonie au Canada.  Il est bien placé pour savoir s’il est possible que le Canada réalise un jour le rêve de Trudeau et devienne un pays bilingue d’une marre à l’autre. Actuellement, c’est le contraire qui se passe.  Malheureusement, d’autre part, il a la stupidité de venir faire la leçon au Québec en propulsant son obsession anti-Québec. Un vrai délire.  On dirait qu’il veut prouver à son défunt père qu’il avait tort d’être un fédéraste fatigué et que le Canada a, coûte que coûte, sa raison d’exister.   

Jean Chrétien (je l’ai appelé jean Crétin sur les ondes de Radio-Canada) est celui qui me surprend le plus.  On dirait que son discours veut se renouveler, qu’il essaie sans grand succès peut-être, de se tenir debout devant les États-Unis et son président Bush qui veut absolument nous embarquer dans une nouvelle guerre. Il semble avoir perçu le besoin de s’éloigner un peu des Etats-Unis, mais ce n’est pas encore certain qu’il l’ait vraiment compris.

Le prochain chef politique fédéral devra envisager la création d’un nouveau statut politique et constitutionnel pour le Canada, car autrement, le Canada se disloquera avant de devenir une nouvelle étoile au drapeau américain. 

L’énergie principale du Québec est l’électricité alors que la guerre actuelle se fait pour le pétrole … la matière première pour l’Alberta, les autos de l’Ontario.  Ou le Canada se divisera, selon ses richesses et ses intérêts ou les États-Unis avaleront le Canada au complet.  C’est déjà commencé.           

*  *

Même si le droit de dire ce que l’on veut existe grâce à la Charte des droits de la personne, la Commission des droits de la personne n’a pas tenu compte de ma dénonciation quant au fait que l’on se soit servi de l’Homo-vicièr, un livre de pure fiction, d’humour, pour mon procès.     

Personne ne m’a aidé à faire valoir mes droits.  Personne, même les associations d’écrivains n’ont parlé de la sacro-sainte liberté d’expression.  Nos « révolutionnaires littérateurs » ne sont que des lâches qui défendent seulement le droit des hétéros, comme si on écrivait avec son orientation sexuelle ou « des laissez-moi tranquille, je n’ai rien à faire avec cela».  Comme me le disait un imbécile de Radio-Canada : tes affaires de cul ne nous regardent pas et on ne veut rien savoir.  Ce fut la même chose en Allemagne quand Hitler s’attaqua aux homosexuels et aux juifs.           

Le syndicat ne voulait pas s’en mêler parce que ça c’était passé complètement en dehors de l’école.  Pour la Commission des droits de la personne, mon livre n’avait été qu’un élément inspirant ma condamnation alors que pour l’Union des écrivains, je payais pour avoir appuyé l’indéfendable.  C’était une position personnelle et non révolutionnaire.  Comme intelligentsia, ça fait plutôt pitié.    

La Commission des droits de la personne d’alors (dirigée par un libéral) s’est contentée d’affirmer que la liberté d’expression est totale au Canada, tant que l’on ne prêche pas la violence, mais elle n’a rien fait pour défendre mes droits d’écrivain, prétendant que l’Homo-vicièr n’était qu’un élément de preuve.  Elle n’a même pas protesté.  Cela ne m’a pas empêché de demander un statut de prisonnier politique puisque mon procès était d’abord politique, même si on évoquait des questions de cul pour faire diversion ou justifier ma mise au rancart.  N’avais-je pas écrit aux ministres fédéraux qu’ils incitaient à la violence, à la guerre civile, avec leur projet de partition ?     

Personne n’a bougé, mais le film   » Les Ordres », de Brault, peut nous faire comprendre comment 1970 a été pour le gouvernement fédéraste avec les mesures de guerre, le moyen d’essayer de tuer tous les résistants, tous ceux qui croyaient réellement dans l’indépendance.  Qu’adviendra-t-il bientôt de ceux qui ne pensent pas comme Bush ?  « Qui n’est pas avec moi est contre moi», a-t-il proclamé.  Il essayait de nous faire croire qu’il valait John Kennedy.  Le pouvoir crée parfois une telle paranoïa dans les haut-lieux que des mesures de guerre appréhendée (en 1970) sont devenues des lois mises en force.  Belle leçon de «démocrassie». 

Les États-Unis ont absolument besoin d’une guerre pour permettre à l’économie de rouler.  Si les gens ne s’en aperçoivent pas, que faudra-t-il démontrer pour leur ouvrir les yeux ?   

Quant à l’Union des écrivains, elle avait déjà entrepris son virage vers le parti libéral.  Elle était dominée par la go-gauche et les féminounes.

Spirale intraprojective 23

septembre 28, 2020

Spirale intraprojective  23

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 212 à 224)

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Tout le monde sait que l’on peut faire appel à des spécialistes pour confirmer les diagnostics.  Je me rappelle que le fédéral avait engagé des ingénieurs pour justifier le choix de Mirabel comme aéroport international.  La vraie raison, c’est que Mirabel contrairement à Drummondville passait un peu au-dessus de l’Ontario, ce qui faisait qu’en cas de négociations avec un Québec devenu indépendant, l’aéroport devenait propriété fédérale, ce qui n’était pas le cas avec Drummondville.

Le French power craignait que le choix de Drummondville soit un argument de plus en faveur de l’indépendance du Québec. 

Pour être propriété fédérale, les avions devaient survoler l’espace aérien fédéral.  Mirabel, cet éléphant blanc, qui a coûté une fortune, a permis de grossir le portefeuille de bien des gens dont la caisse électorale de l’Union nationale  (au pouvoir au Québec à cette époque) ; mais aussi à détruire les fermes les plus productives du Québec.

Nous les imbéciles, on paye avec le sourire.   

Le peuple doit-il se mettre à craindre les plus instruits qui servent les intérêts des mieux nantis ?  Ils deviennent par conséquent une mafia légale de plus en plus puissante ?  Un spécialiste ne devrait-il pas avoir plus de conscience puisqu’il a plus de connaissances qu’un autre ? 

Il en est de même des retraites et des rentes.  Puisque ces garantis ont été payées durant toute une vie, nos gouvernements ne devraient jamais y avoir accès.  Leur stabilité et leur rendement devraient être garantis par la constitution, s’il le faut.  Quand vient le temps de penser, à l’indépendance, les plus vieux ont probablement peur à leurs économies parce qu’ils savent que nos gouvernements sont assez voleurs pour inventer, créer de nouvelles lois, leur permettant de s’en servir. 

À ma connaissance, le gouvernement fédéral peut, sous prétexte de se repayer en impôts, mettre le nez dans des régimes de retraite qui sont pourtant essentiellement privés.  On m’en a présenté un cas. Ce danger n’est pas que fédéral, il existe à tous les paliers de gouvernement.        

Et, des paliers, on sait en créer pour multiplier les raisons de donner naissance à de nouvelles taxes ou impôts : fédéral, provincial, municipal, scolaire, etc.  Cependant, l’éparpillement de ces paliers permet quand il s’agit de services d’en référer à l’autre.  Ces paliers de gouvernement justifient le vol des contribuables.  Nous payons l’intervention des gouvernements fédéral-provincial dans leur lutte de suprématie.  Nous sommes de vrais masochistes…   

Dans l’industrie privée, on essaie par tous les moyens de créer des intervenants, lesquels se prennent une part des profits.  À la fin, il en coûte un bras pour acheter un morceau que tu payais dix fois moins cher quelques années auparavant, sans compter, que parfois on emploie une matière première déficiente pour que la pièce brise presque immédiatement. Tous les moyens sont bons pour gonfler les profits. On dirait que plus tu es malhonnête, plus tu es prospère.  Plus t’as d’avocats, plus tu peux contourner jusqu’aux lois des pays souverains. 

Les services professionnels sont de plus en plus hors de portée pour la classe moyenne. Le système c’est la mafia légale. Il ne vise qu’à exploiter, oubliant sa raison d’être : produire les services dont l’homme a besoin.  Le système vit des crises parce qu’il tue les consommateurs qui le font vivre.     

Tous les services et toutes les institutions relevant du gouvernement devraient être à but non lucratif et devoir assurer un déficit zéro.  Pour obtenir ce minimum garanti d’honnêteté, il faudra revoir complètement nos finances.  Il ne faut pas être très intelligent pour comprendre que les nouvelles règles de l’assurance-emploi, dictée par le gouvernement fédéral, sont une forme déguisée de vol légalisé.

L’interdiction de la cigarette est un leurre.  On pense que les gens sont assez fous pour ne pas savoir que c’est un moyen très payant pour le gouvernement (on a payé le stade olympique avec une taxe sur la cigarette) que d’interdire la cigarette, tout en sachant qu’elle crée une dépendance et que cet interdit crée de la contrebande.  Si elle est vraiment dangereuse qu’on interdise tout simplement sa production puisque les poisons sont ajoutés au tabac naturel.  Les taxes sur les cigarettes (malgré les bonnes intentions quant à la santé) sont un abus de pouvoir et un vol direct.      

Si la cigarette ambiante peut nous tuer, que penser des automobiles dans les villes ?  Une chose est certaine, on devrait interdire aux camions de circuler avant huit heures le matin, car, ils polluent non seulement l’atmosphère, mais ils dérangent par leur bruit infernal.  En fin de semaine, la circulation automobile devrait être interdite dans le centre-ville.  La parade des autos pour faire valoir symboliquement son pénis, on n’en a pas besoin.  Le métro est là, s’il ne brise pas.

En 1995, on s’est fait voler le pays du Québec par le fédéral.         

Le gouvernement fédéral a dû engager deux juges du Nouveau-Brunswick pour assermenter des immigrants qui avaient pour tâche de voter « non » au référendum.  Ce fut le cas de plus de 50,00 d’entre eux et, par hasard, on a perdu le pays du Québec par plus ou moins 50,000 votes.     

D’autre part, certains anglophones ont voté à plus d’une reprise puisqu’ils se sont ramassés en cour.  Pour finir, le fédéral a agi en méprisant les lois du Québec, en  faisant venir des centaines de milliers de Canadiens pour nous dire qu’ils nous aimaient… message oublié le lendemain du referendum.       

Les Anglophones furent assez intelligents pour voter à plus de 90% contre un Québec français.  Pour nous, un Québec indépendant, ça veut dire rien de moins qu’un Québec francophone, car le Canada est un pays anglais.          

Puisqu’ ‘on avait perdu, les journaux de Paul Desmarais et Péladeau ont commencé à crier contre Jacques Parizeau qui avait eu l’audace de dire la vérité : nous avons perdu à cause des ethnies et de l’argent.  La Vérité choque du côté fédéraste. Évidemment, il a eu aussi des francophones (surtout des femmes et des fonctionnaires déçus) qui ont aussi voté contre le pays du Québec.  Comme par hasard, ces gens vivaient surtout dans la région de Québec.  Une région encore fortement sous l’influence de la religion catholique.

J’étais persuadé que le Parti québécois éclaterait rapidement car il y a deux sortes de membres : il a les indépendantistes (ceux qui croient que le Québec a tout à gagner à devenir un pays) et il y a les carriéristes de l’indépendance, ceux qui la prônent, mais qui ne croient pas que ça fera un jour.  Mais, c’est le moteur de leur carrière politique.          

J’ai commencé à douter de la sincérité des carriéristes de l’indépendance avec le referendum.  Il y avait ceux qui voulaient se battre pour le pays, mais pour ce faire, il fallait être dans la grande machine officielle. 

À Val-d’Or, je payais avec le député André Pelletier (un vrai indépendantiste), les annonces de la Société nationale des Québécois, dont j’étais le président, pour obtenir un OUI au referendum.  Même que Radio-Canada a repris mes questions dans le cadre d’émissions d’informations parce qu’on les trouvait justes et pertinentes. On nous a demandé de nous tenir tranquille.  J’étais un de ceux qui comptait sur Lucien Bouchard pour augmenter les votes pour le OUI.  Pour moi, il n’y a pas d’égo dans un tel projet.  L’important c’est de devenir un pays.    

Paul Piché, nommé pour animer la soif de l’indépendance n’a jamais daigné assister à une assemblée de la Société nationale des Québécois, même s’il est venu à Val-d’Or.            

L’indépendance était déjà pour plusieurs un moyen non pas de vouloir aider le peuple, mais d’essayer de se mettre en valeur et se faire de l’argent.

Le problème avec les indépendantistes, c’est que le haut-gratin s’enfle la tête et n’écoute que son nombril.  La souveraineté ne peut être réalisée que par et pour le peuple.  Si on veut être indépendant, c’est qu’on sera mieux dans le pays du Québec qu’au Canada.    

L’indépendance ne se réalisera que dans une certaine désobéissance civile face à Ottawa, à moins d’un miracle ou d’une majorité de OUI lors d’un nouveau référendum pour créer le pays du Québec ou une confédération à l’européenne.       

Le Québec doit se tenir debout et légiférer sur ce comment ça se passe au Québec.  Si Ottawa n’est pas content, on a qu’à l’envoyer promener.  Le Québec doit avoir sa propre police et son propre système judiciaire, ne reconnaissant que le palier international au-dessus de ses décisions, comme tous les autres pays du monde.  Il doit aussi être le maître absolu de ses finances.         
 
Si j’avais les millions que le fédéral a investi pour me persuader d’être canadien, il y aurait moins de misère dans mon entourage. Cet argent aurait profité à combattre la pauvreté, et non, nourrir une clique qui mène des pseudo-guerres Québec-Ottawa pour s’enrichir.  Du vol.  Est-ce moins pire de voler des millions au peuple que de jouer aux fesses ? Qui en profite vraiment ?  Mon ami Pierre Faucher, policier m’a raconté comment il avait dû souvent intervenir dans des partouzes de haut-gratin parce qu’on y retrouvait très souvent des mineures.  Quand tu es juge ou un autre notable en situation, ta verge sert de goupillon … La liberté sexuelle, ce n’est que pour les riches comme dans 1984.     

Mais, avant de songer à relancer le besoin d’un pays, il faudra apprendre aux gens que l’individualisme est l’ennemi d’une société.  Il faudra réapprendre le sens de la charité chrétienne et de la solidarité.  Il faudra prouver que le gouvernement n’est pas le pire des voleurs et accepter qu’au Québec, le vote soit proportionnel.         

L’avenir du pays du Québec regarde chaque citoyen, citoyenne, chacun doit cesser de penser qu’à son petit nombril et nos gouvernements du Québec devront aussi apprendre que ce changement ne doit pas servir que les intérêts d’un petit groupe de bourgeois privilégiés qui ne pensent qu »à s’enrichir aux dépends du peuple.  Il ne peut pas y avoir d’indépendance, sans aucun projet de société qui réponde au bien et aux besoins du peuple.        

La force de René Lévesque était probablement qu’il était assez à gauche pour penser pour le peuple et assez intelligent pour ne pas devenir le jouet des grandes puissances, en exigeant un maximum de transparence.  Il savait que la première indépendance dont nous avons besoin est de se suffire à soi-même. Notre dépendance économique, en temps de crise au Canada et aux États-Unis, prouve encore notre vulnérabilité.  Si les USA s’effondrent, nous suivront inévitablement.

Les intérêts de la nation devraient être les mêmes pour tous les individus qui la composent.  En abuser, c’est priver la nation de pouvoir assurer une distribution équitable.

Le Québec doit cesser d’être un exécutant budgétaire d’Ottawa.  Nous devons planifier notre avenir de façon à garantir les cinq éléments de base essentiels à un individu pour vivre positivement. : La sécurité, la santé, le logement, l’éducation et le travail.  En Amérique, avec le coût de la vie actuelle, il est impossible à un individu de vivre décemment à moins de recevoir 1,500$ par mois minimum ou 25,000$ par année.  Si le Québec veut conserver ce minimum vital, il devra réapprendre, même dans les villes, la solidarité qui le caractérisait autrefois.

Le bénévolat pourrait être une forme de travail, la participation sociale des aînés (mais faudra mettre fin à la paranoïa féministe des prédateurs sexuels) Pourquoi devrais-tu être jeté comme un vieux chiffon dès que tu as 60 ans ?  Le pont entre les générations, ça peut exister à moins d’être encore victime de la paranoïa féminoune.  Si les vieux doivent céder leur place aux plus jeunes, rien n’empêche de voir à faire bénéficier les jeunes de leur expérience.  Le travail est la santé.      

Un gouvernement responsable garantira un système de soins de santé public de très grande qualité et une assurance-médicaments à tous ceux qui n’ont pas les moyens de se les procurer.  Personne ne doit être privé de médicaments quand il est malade.  Il est inadmissible qu’un individu doive se passer des médicaments nécessaires parce qu’il n’a pas les moyens de se les payer.         

Par contre, le gouvernement doit s’assurer que le coût des médicaments ne soit pas abusif, car tout indique que la fabrication de ces produits est un beau racket.  Le fédéral doit cesser de remplacer les provinces et ainsi doubler les coûts.  Comme dans l’enseignement post-secondaire, le financement des universités relève aussi du fédéral.  Il doit trouver autant d’argent pour le Québec qu’il en trouve pour les provinces anglophones.

J’ai démissionné de la présidence de la Société Nationale des Québécois de Val-d’Or parce qu’avec les résultats du référendum et la tournure des événements. L’indépendance était un rêve mort pour au moins 10 ans.        

J’étais aussi écœuré d’être vu comme un extrémiste alors que les solutions proposées n’avaient rien de si radical, sauf que je ne voyais plus la société du même œil que ceux qui la dirigeaient.      

Je ne suis pas un carriériste de l’indépendance et je me demandais même si on ne faisait pas exprès pour qu’elle ne se réalise pas.  On n’en parle jamais.  On accepte les critiques sans répondre.         

Par contre, je croyais aussi que l’intervention de Lucien Bouchard a fait en sorte qu’on avait pratiquement gagné, sauf que pour moi, on nous avait volé le référendum.  Je n’acceptais pas qu’on me dise qu’on avait perdu quand on s’est fait voler.         

L’indépendance me faisait de plus en plus penser à la mine Thérèsa, une mine d’or religieuse. On ne pouvait pas parler directement de fraude puisqu’il y avait vraiment de l’or ; mais non en quantité suffisante pour la rendre rentable.  S’il y a eu fraude, c’est simplement que les propriétaires et le clergé ont pu se servir de ce rêve pour bien vivre le temps que les actionnaires mordent à l’hameçon, mais c’est alors un jugement d’intention. Donc, on ne connaîtra jamais la vérité. Le référendum c’était clair que le fédéral nous l’avait volé, mais avait-on mis toute l’ardeur nécessaire pour gagner ?     

C’est comme se demander si la crise actuelle n’est pas l’œuvre de la CIA et des puissances économiques occultes supérieures pour empêcher le système capitaliste de s’effondrer. 

La crise actuelle sert à justifier l’imposition de la mondialisation afin d’avoir tout le pétrole.  Plus il y aura une grande population, plus il y aura un manque d’énergie.  On risque de vivre plus de guerres que jamais…        

Le fédéral n’hésite pas à être bandit, menteur et hypocrite pour conserver son statut.  Comme le disait si bien M. Parizeau, ils ont volé le dernier référendum en assermentant d’urgence des milliers d’immigrants.  Il y a pire.   

En 1970, le fédéral s’est servi de la mort de Pierre Laporte qu’il a tué pour entreprendre les mesures de guerre et bannir la démocratie afin d’exterminer les      « mauvais séparatistes».  Le plan B actuel, la loi de la clarté de Stéphane Dion et cies, n’aurait pas été possible sans ça. 

Une version veut que des soldats aient tiré et achevé Laporte dans le coffre de l’auto où il était vivant sur un ordre de Jean Chrétien, informé par « un undercover» de la cellule de communication Louis Riel, informateur de Jean Chrétien.  Le ministre fédéral de la Justice aurait été informé à la seconde près de ce qu’il advenait de Laporte ainsi que de la santé de Cross.

Serait-ce que, sans le savoir, la cellule Chénier qui a enlevé Laporte est venue embrouiller le projet fédéral de l’enlèvement de Cross ?  Pierre Vallières, reconnu comme le chef du FLQ, affirme que le fédéral talonnait le FLQ depuis la maison du pêcheur, en Gaspésie, durant l’été.  Vallières a abandonné le FLQ parce qu’il y avait plus de membres du FLQ qui étaient policiers que de terroristes.   Le FLQ est-il devenu, sauf quelques membres, une création fédérale ?  Certains poussaient même la farce en disant que Pet Trudeau était le vrai chef du FLQ.  Puisque le FLQ était entre les mains de la GRC et que les attentats se poursuivaient de plus bel, c’était une demi-vérité. On m’a dit que toutes les bombes posées dans l’Estrie étaient l’œuvre de la GRC.         

Qu’elle est la nouvelle cellule (Dieppe 22è) dont parle Pierre Vallières, sinon ces soldats innocents qui empêchèrent que le coffre soit immédiatement ouvert, ce qui aurait pu sauver la vie de Laporte ?  D’où venait soudain la cellule Louis Riel, car les vrais cellules felquistes devaient porter le nom des patriotes ?  Ça n’a pu grande importance, mais à l’époque il fut facile pour les fédérastes d’accuser le Parti Québécois d’avoir les mains tachées de sang. 

Quant aux mesures de guerre, elles auraient été exigées par Washington pour éviter aux USA de devoir envahir le Québec.

Les versions de la mort de Laporte sont nombreuses.  Certaines veulent que Laporte fut tué par le FLQ.  D’autres prétendent qu’il était encore vivant quand il fut déposé dans le coffre arrière d’une voiture pour l’amener dans un terrain près du service militaire parce qu’il y avait un hôpital militaire à cet endroit qui pouvait le soigner et lui sauver la vie.  D’ailleurs, on aurait alors informé CKAC pour être certain que la police prenne l’information au sérieux.  Mais, Jean Chrétien, le ministre de la Justice d’alors, aurait fait tellement attendre l’ouverture du coffre supposément à cause de la crainte de dynamite que Laporte aurait eu le temps de mourir.       
 
Une autre version dit que la façon dont il était attachée était celle qui faisait qu’en bougeant, il s’étranglait davantage.  D’une manière ou d’une autre, cette mort justifiait aux yeux de la population toutes les représailles fédérales.  Ce serait aussi le cas du WTC.  Nos dirigeants, imbus de pouvoir et de profits pétroliers, accepteraient-ils vraiment que des civils soient sacrifiés ?  N’est-ce pas ce qui est arrivé au Biafra, entre autres, pour ne nommer que ce pays d’Afrique ?  Des milliers de morts, ça ne dérange pas notre système politique parce que les profits n’ont pas d’âme…          
 

Il suffirait peut-être de retourner à l’autopsie de Laporte dans les rapports policiers pour savoir ce qui est vraiment arrivé.  Une question qui n’a pu d’intérêt sauf la vérité historique.  Quels sont les trous dans le gilet de Laporte dont parle l’autopsie dans le livre de Vallières L’exécution de Pierre Laporte (Québec-Amérique, Montréal, 1977).  Est-ce que des soldats ont vraiment tirés dans le coffre pour éviter qu’il y ait de la dynamite ?  Est-ce que ça aurait tué Laporte ?  Quand on disait que Laporte avait sexuellement été attaqué, serait-ce plutôt une balle qui lui aurait fait sauter les bijoux de famille ?  Information qui fut rejetée par le coroner qui affirma que Laporte était intact aux organes génitaux.  La propagande est telle qu’on ne saura jamais la vérité. 

Aujourd’hui, ça n’a pas beaucoup d’importance, car les jeunes ne savent même pas ce que furent les événements d’octobre.  Laporte serait-il vraiment mort dans le coffre à cause d’une intervention de Jean Chrétien ?    

Il semble que la thèse des tirs des soldats n’ait pas conforme à la réalité puisque le coffre de la voiture ne semble pas troué.         

Est-il vrai que les felquistes qui ont tué Mario Bachand, en France, étaient en réalité, deux gars de la GRC qui habitent maintenant le Québec en toute quiétude ?  Gaston Gouin, à Sherbrooke, est-il vraiment mort dans un accident où l’a-t-on exécuté parce que c’était un felquiste ?  Une paranoïa ?             

La vérité est seulement importante parce qu’elle nous fait comprendre comment opèrera le système à un niveau supérieur puisque cela a déjà fonctionné.  Le deuxième FLQ était-il, comme le disait l’écrivain Raoul Roy, en très grande partie une création fédérale ?  Je ne le sais pas.  Il fut un temps où c’était plus important pour moi afin de me comprendre et savoir si j’étais manipulé.  Est-ce que je m’enflais la tête ou il y avait une goutte de vérité ?    

En me faisant perdre mon emploi, on me ruinait et en me ruinant on me rendait non seulement inefficace, mais muet…  

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Small is beautiful  

Un des arguments pour l’indépendance du Québec est que le peuple ne peut avoir une influence démocratique que si le gouvernement est petit.

En Russie, nous avons appris que la pire plaie de l’état est sa bureaucratie. Elle survit à tous les gouvernements et par conséquent, c’est elle qui a le pouvoir avec l’armée.  L’armée mange les finances et permet la suprématie des grandes puissances, détruisant tous les peuples qui n’ont pas compris leur soif illimitée de pouvoir et d’énergie.     

Le gouvernement n’a pas compris que son salut est dans le financement d’une vie sociale acceptable pour tous.  Une forme de capitalisme socialiste.  La qualité de vie, partout sur la planète, devrait être une des principales valeurs humaines, car elle est essentielle à notre survie.           

Les États-Unis (ainsi que toutes les autres grandes puissances) détruisent tout quand ils font la guerre.  Ils oublient que pour survivre ensuite, ils doivent avoir des pays assez riches pour devenir de bons consommateurs.  Puisque les puissants ne pensent qu’aux retombées immédiates, ils doivent sans cesse créer des guerres pour devoir justifier de nouveaux investissements et permettre au système de rouler.      

Le vrai diable, le cercle diabolique, c’est l’économie, l’argent .telle qu’on utilise sans penser à la destruction de la planète.   La religion protestante a permis la naissance du capitalisme.       
 

S’il est vrai que l’argent n’est qu’un moyen de commercer, il serait temps que nos leaders pensent qu’au lieu de détruire un petit pays, il serait préférable d’investir pour éliminer la violence et la pauvreté sur terre.  On devrait offrir l’éducation nécessaire pour ne pas se faire bourrer le crâne comme des dindes par les religions.

Le Québec doit orienter sa politique internationale sur le respect des autres.  Sa capacité d’être tolérant intérieurement est ce qui doit garantir que le Québec travaillera à la construction des autres nations à travers le monde.  L’aide du Québec ne doit jamais être militaire, sinon pour maintenir la paix et toujours chercher à permettre aux peuples des autres continents d’obtenir leur indépendance énergétique et culturelle.  L’aspect humain doit toujours l’emporter sur le commercial.  Notre aide ne doit pas être un moyen d’empocher davantage, mais de permettre aux autres de vivre décemment.

Octobre 1970 comme ce qui vient de se produire à New York, nous ont appris que les Québécois tournent à droite, vers Dieu, dès qu’ils ont un peu de misère.  Par contre, les derniers événements nous révèlent notre dépendance aux États-Unis.  Cette dépendance n’est pas seulement commerciale, elle est aussi géographique.  Qu’on le veuille ou non, le Québec est une partie intégrante de l’Amérique et lorsque celle-ci est bouleversée, le Québec l’est aussi.  Si nous étions un pays on pourrait mieux résister à ces assauts de l’extérieur.        

Sur un plan culturel, nos valeurs sont beaucoup plus européennes qu’américaines.  Un Bush n’arrivera jamais à nous convaincre des valeurs américaines.  Pour nous, tuer légalement ou non, c’est toujours tuer.  Et, ce sera toujours mal, même au nom de Dieu ou d’Allah. Il en est de même pour la torture.

Nous sommes aussi moins matérialistes.  Pour un juif américain, ce sont eux qui mènent (sans être antisémite … la vérité a ses droits).  La vie après la mort n’existe pas.  Il est alors normal de chercher le profit dans le moment présent.  Les États-Unis ne veulent pas réellement de Palestine comme pays s’ils fournissent trois milliards par année à Israël pour s’armer.  Cette dernière guerre est aussi folle que celle de Ben Laden-Bush ; car elle repose sur la suprématie d’une religion (juive) sur une autre (musulmane). C’est une guerre qui existe depuis des kilomètres d’années-lumière dans la le passé de l’humanité… Comment peut-on accepter que des civils et des enfants soient tués dans cette bêtise de fanatisme religieux ou de bouts de territoire ?        
 
 *  *

 Ma visite en prison, avec la certitude d’y laisser ma peau, m’a permis de bien réfléchir sur ce qui est essentiel dans l’existence.           

C’est pourquoi, je ne suis pas différent des autres, et surtout, je n’ai pas envie de pleurer sur mon sort.  Je ne suis pas un ange, les petits gars sont toujours aussi beaux et j’en ai beaucoup trop appris sur moi en allant en prison pour perdre mon temps à brailler.  Ça va prendre des centaines d’années avant que les humains soient assez intelligents pour reconnaître qu’une liaison sexuelle sans violence ça ne regarde que ceux qui la vivent.  Ce n’est pas une question d’âge, mais de sentiments.  

À chaque fois que le système m’a mis en prison ou m’a menacé de le faire, il y a toujours eu le petit côté politique.  On ne s’y habitue pas, mais dans mon cas, la pédérastie leur permet de me coffrer facilement, dès que je représente un danger par de nouvelles idées. 

Si on n’arrive pas à m’enfermer, on invente des raisons pour le justifier.  Il faut juste que ce soit un peu vraisemblable, comme dans les nouvelles littéraires.  Pour eux, tant que je suis aux yeux du public, un mauvais prédateur sexuel, je n’ai aucune influence.   Ainsi, on peut me contrôler comme on veut. C’est ce qui compte.        

Aux Jeux olympiques, en 1976, avant la venue de la reine, nous avions organisé un récital de poésie avec Janou St-Denis, sur un terrain privé du Grand Séminaire où la police ne pouvait pas avoir accès ; mais je fus arrêté dans le métro.  J’ai dû être relâché parce que je récitais de la poésie au Solstice de la poésie, organisé par Gaétan Dostie, dans le cadre des Jeux olympiques. 

Le système a toujours su me freiner politiquement en m’inculpant judiciairement (trois fois) en vertu de mon amour pour les petits gars.  C’est une raison facile et ça fait plus de 30 ans que ça dure.  Être en amour est-ce un crime ?   Mais, pendant que je me remets de ma sentence, je ne fais pas de politique.  Je ne suis pas publié. Je suis moins que rien.

 **

La dernière fois, pour pouvoir procéder à mon inculpation, la police de Val-d’Or a dû kidnapper deux enfants sous prétexte que la maison où ils vivaient était trop sale.  Elle exigea aussi du père, pour conserver la garde de son fils, de signer ma dénonciation.  La prochaine fois, on inventera probablement une cause sans avoir besoin de la moindre preuve, la présomption faisant foi de tout, surtout la récidive.  Le système judiciaire est ce qu’il y a de plus pourri sur cette terre du Canada.  Il est tellement sale, un cancer généralisé, impossible à soigner.  C’est quasi impossible de le réformer. Il nourrit trop de gros bonnets.       

J’ai été consacré anarchiste permanent par la cour puisque seuls les anarchistes reconnaissent que la personne est le seul et absolu maître de son corps et de son esprit, en toute égalité entre l’homme, la femme et l’enfant.  

En cour, on n’a pas avalé que j’ose (alors que j’étais en procès) écrire le texte : Pour en finir avec l’hypocrisie.  Même si cela me condamnait, je me sentais moralement obligé de le faire, comme j’ai fait ma pleine sentence plutôt que de reconnaître ma fausse culpabilité, car pour moi, un attouchement sexuel non violent c’est une caresse et une caresse ne peut pas être un crime.  Et, à cause de ça, je devrai payer pour le reste de ma vie.  Je n’ai même plus le droit de quitter le Canada. 

Le père d’un de mes anciens élèves venait de se suicider parce qu’il avait faussement été accusé d’avoir touché sa fille et qu’il ne pouvait pas vivre cette réprobation sociale.  Daniel Desrochers venait aussi d’être tué par la pègre à Montréal.  Un petit gars tué en pleine rue de Montréal. Un enfant, c’est déjà beaucoup trop.  Les tueurs, m’a-t-on dit en prison auraient tellement pris l’affaire à la légère qu’ils auraient ensuite loué un appartement qu’ils ont surnommé Daniel Desrochers.  Faut-il être pourris ?  Les journaux nous font peur avec les motards pour nous faire oublier que la vraie mafia, leur patron, est en cravate et en collet roulé.  Ce sont des hommes d’affaires. Je ne me mêle pas de ces saletés.

Je ne veux rien savoir ni de la police, ni du crime organisé, de la pègre.  Je suis un simple citoyen et je tiens à le demeurer.  Je n’ai pas à juger qui que ce soit, mais j’ai droit à mes opinions.  Je ne peux pas accepter sans le décrier un système qui permet de tuer des milliers de gens pour contrôler le pétrole ou le pouvoir de diriger le monde.    

Je refuse tout catéchisme, mais je cherche le plus sincèrement possible d’être un humain et un bon croyant.        

Si mon analyse du système est parfois très dure, je ne suis guère plus tendre avec moi.  Aussi surprenant que cela puisse paraître, je doute souvent de moi.  J’ai de véritables maux existentiels quand j’essaie de comprendre ma part dans les suicides de Denise, de Marc, et de mon fils, Rouhed.  Le mariage de Réginald aurait-il tenu le coup, s’il ne m’avait pas connu ?  Denise avait-elle raison de croire que ma «maudite liberté» leur a été néfaste ?   Sans mon goût de la liberté absolue, est-ce que des vies auraient été moins misérables ?  Suis-je seulement un sale égoïste ? (J’ai appris avec la mort de Réginald Dupuis que Denise ne s’était jamais suicidée. La nouvelle de sa mort fut répandue et crue part tous les membres du groupe, mais elle est bien vivante. Je l’ai rencontrée aux funérailles de Réginald)           

Si j’avais été plus à l’écoute de Rouhed et ses problèmes aurais-je pu lui sauver la vie ou changer quelque chose ?  Suis-je pour quelque chose dans le besoin des jeunes que j’ai aimés de boire ou de se droguer ?            

Quel est l’impact de mes écrits ?   J’ai toujours eu peur que l’on interprète mes textes ou mes poèmes où Jésus est sexué, comme un blasphème alors que je voulais crier simplement ma conviction que la chair est bénie de Dieu et non maudite comme toutes les religions essaient de nous le faire croire pour nous leurrer. 

Pendant qu’on parle de cul, ce qui intéresse tout le monde, on oublie qu’on crève de faim dans le monde.         

Parfois, quand je me relis, je trouve mes textes si baveux que je regrette de les avoir pondus.  J’ai peur que mon ironie soit une forme de blasphème et surtout que mes idées servent davantage à détruire qu’à améliorer le monde.  Mes écrits sèment-ils la haine plutôt que de construire un monde meilleur ?   

Contrairement, à ce que l’on pourrait penser, je suis loin d’être certain d’avoir raison.  Ma bonté est-elle qu’hypocrisie ?  Un moyen de me déculpabiliser ?  J’ai parfois peur que ma pédérastie ait nui à ceux que j’ai aimés plutôt que de les aider à vivre plus heureux.  Ne suis-je qu’un orgueilleux qui croit connaître plus que les autres ?   Je me demande souvent si ma vie n’a pas entraîné plus de problèmes à mon entourage que d’effets bénéfiques.  J’ai souvent prié Dieu de cesser d’être pédéraste, avant de comprendre que c’est bien et le remercier de ne pas avoir écouté les autres me condamner. 

Si j’étais absolument convaincu de prêcher la Vérité, aurais-je tous ces problèmes de conscience ?  Pourquoi aie-je ce besoin stupide et orgueilleux de clamer sans cesse partout ma pédérastie alors qu’avec le temps je suis surtout devenu gai, si la masturbation ne compte pas comme une orientation vers le narcissisme ? 

Est-ce vraiment de l’orgueil ou une vocation que de chercher la vérité ?  Quelle est l’importance de faire une nuance entre la pédophilie (aimer les enfants de moins de 10 ans) et la pédérastie (l’amour des adolescents) ?  Qu’est-ce que ça leur apporte ?  Quelle réelle importance la sexualité a-t-elle dans ma vie, puisque j’en parle beaucoup plus dans mes écrits que je la vis ?       

Spirale intraprojective 22

septembre 27, 2020

Spirale intraprojective  22

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 200 à 212)

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Les drogues dures (les médicaments chez les vieux) sont les pires ennemis de l’Occident.  Les drogues détruisent génération après génération.  Pire, mariées à la violence dans le cinéma, et surtout dans les jeux chez les jeunes, elles sont une des causes profondes de la brutalité de notre société.  Ce n’est pas pour rien que les Mormons voient à éliminer toutes les scènes de nus, à Hollywood, mais sont indifférents à tout ce qui est violent.  L’industrie pharmaceutique et l’immobilier sont les moyens par excellence de blanchir l’argent du crime organisé.  Payer un logement, un «un et demi», 450$, même chauffé, c’est du vol, de l’exploitation. C’est de la violence. 

Que l’on protège le réseau des trafiquants de marijuana pour conserver les emplois des vendeurs de rues, ce n’est pas important. C’est même acceptable, selon le système, car les statistiques n’en parlent pas, tant qu’il n’y a pas de guerres internes qui fassent monter le taux des crimes. 

Pourquoi ne s’assure-t-on pas de contrôler d’une manière absolue la qualité et la force de la marchandise si on ne peut pas l’empêcher, spécialement si elle devient accessible aux jeunes ?  Pourquoi détruire un cerveau est moins grave qu’une relation sexuelle pédéraste sans violence ?  

La relation sexuelle individuelle ne paye pas le contre-système qui comprend aussi tout ce qui est fait au noir.  En créant des zones grises, ça permet à la pègre d’opérer en toute impunité.  Un policier a la tâche plus facile quand il s’agit de se noyer l’oeil dans la pornographie infantile, de se faire passer pour un jeune, que de tenter de mettre fin aux réseaux de crime organisé.      

Actuellement, 80% des maladies mentales et émotionnelles chez les jeunes seraient dues à de mauvaises drogues ou aux drogues dures.  Est-il plus dangereux de sucer le sexe d’un petit gars qui y découvre la frénésie de vivre que de lui flamber le cerveau avec des drogues ? 

Pourtant, c’est ce que le système dit en refusant la décriminalisation individuelle de la marijuana et de la liberté sexuelle individuelle.  La prostitution doit être une décision personnelle et non exister à l’intérieur de réseaux qui exploitent le prostitué (es).  Ces règles sont la violation du droit sacré d’être le seul maître de ton corps …        

Les féminounes n’ont pas encore compris que dans ma lutte, je préconise l’égalité de tous les humains, mais la responsabilité individuelle de ta vie et de ton bonheur.  Elles pensent que la sexualité est sale, méprisante, parce qu’elles l’ont vécue comme ça.  Moi, je pense que la sexualité est un moyen de se réaliser individuellement à travers l’amour, qui est d’abord et avant tout l’attraction physique.  Pour elles, la sexualité est encore un monstre comme du temps des Inquisitions.  Et, depuis leur enfance, on leur fait croire que la sexualité est une saleté, un danger.   Notre morale sexuelle rejette la réalité humaine et le droit de jouir de son corps.  C’est une morale malade, irresponsable et diabolique.  On croit que nous devons tous penser pareil. On n’a pas le droit de croire que la sexualité est bonne.     

La loi condamne la prostitution individuelle en encourageant le proxénétisme                 (l’esclavage sexuel féminin organisé).  Est-ce normal ?  Parce que depuis toujours et pour toujours, la majorité des humains sont hétérosexuels.      

Le système, en créant les lois, est à la fois la police et la mafia… une même poche pour encaisser les profits.  Un ami ex-policier de la Sûreté du Québec, Pierre Faucher, me disait : « prouve-moi que la pédérastie est payante et elle est permise demain matin ».  La mort des jeunes est considérée moins importante que de les sauver d’une relation sexuelle avec un adulte qui leur apprendrait à jouir de la vie… comme l’ont toujours fait les grecs anciens et les chamans. 

Chez les dits primitifs, au moins, cette maladie qui veut que la sexualité est condamnable n’existe pas.  Pour la loi et la morale, pour contrôler, notre société est prête à sacrifier sa jeunesse.  Pourtant, la morale sexuelle bourgeoise n’est que le rejet des Autres, de ceux qui lui sont différents.  On préfère tuer à l’amour.  La répression sexuelle est une affaire d’ignorance.  On choisit le point de vue religieux plutôt que celui de la science.    

Cependant, le jeune doit être absolument libre dans son choix à savoir « s’il aime ou n’aime pas » la relation sexuelle qui lui est proposée.  La liberté doit être absolument un chemin conduisant à l’autonomie et la responsabilisation individuelle.  Aucun rapport avec un jeune ne doit être violent ou imposé.  Cette liberté doit tenir compte du fait que pour le jeune, tant qu’il ne peut pas procréer, la sexualité est un jeu, une curiosité à assouvir.  Que l’on cesse de s’imaginer des dangers qui n’existent pas.  Malheureusement, il existe un trafic d’humains qui sans conteste doit être combattu, mais c’est à un autre degré.  C’est le fruit du crime organisé.  Les psychopathes ne sont pas si nombreux.         

Le crime organisé devrait être jugé différemment que l’individu seul, car, l’individu n’a pas les ressources pour s’en sortir seul.  La justice devrait être mondialement réformée pour assurer plus d’équité envers les pauvres.  Pour le moment, ta valeur monétaire égale ton degré de liberté.  Le crime organisé est un état dans l’état, ce qui est absolument inacceptable.       

Je ne suis pas scrupuleux, mais je veux le bien du peuple.


*   *

À Val-d’Or, il y avait un immense problème entre les skinheads et les punks.  Je me faisais traite chez un physiothérapeute, car, j’étais tombé dans ma cave à Montréal et je m’étais blessé à une épaule, m’enlevant presque toute capacité à bouger mon bras droit.           

Un type qui était sur aussi sur une table de traitement près de moi m’a dit que le problème, la guerre entre ces deux groupes de jeunes, (punks et skinheads) avait été solutionné en donnant de la drogue aux jeunes punks. « Ils en ont eu assez qu’ils se sont tous tués à force d’en prendre excessivement. »  Il y avait eu effectivement une vague de suicides chez les jeunes à Val-d’Or.      

Cette révélation m’a scandalisé.  Six jeunes étaient morts d’avoir trop pris de drogues à Val-d’Or, à cette époque précise.  J’ai demandé à cet individu ce qu’il faisait dans la vie pour confirmer ce dont je me doutais.  Il m’a répondu qu’il était policier à Val-d’Or. 

Puisqu’on prétendait devoir m’écarter pour m’empêcher de révéler un secret, ce devait être le secret que je ne devais jamais révéler.  Je n’en vois pas d’autre, sinon la mort de Pierre Laporte, à cause de Jean Chrétien, qui pensait que l’auto dans laquelle Laporte était piégée, ce qui finit par le tuer.     

Je n’en parle pas par vengeance, mais pour m’assurer que jamais plus une telle chose ne soit possible.  Un jeune délinquant est toujours un humain.  Il a besoin d’aide et non d’être écrasé, encore moins tué.   Comment la police acceptait-elle de fournir les drogues qui ont causé ces suicides ?  Même en combattant le crime organisé, ca n’a aucun sens.  J’avais un étudiant qui m’avait fait cette révélation auparavant, mais ça me semblait trop gros pour être cru.     

*    *    *    *     

La société a le droit d’exiger que la police soit au-dessus de tout soupçon et la forcer à respecter la loi.  Un policier qui dévie du respect de la loi devrait payer davantage qu’un criminel, car le peuple est en droit d’exiger un respect absolu de la loi par les policiers et ceux-ci doivent savoir que la prévention est souvent plus importance et efficace que la punition.            

La police devrait s’occuper plus du crime organisé que des actions sans violence commises par des individus contre les règles créées par nos gouvernements pour faire payer le peuple (les voler ?) comme les billets de contraventions , par exemple.  La police n’est pas là pour protéger les bandits devenus riches, mais assurer la sécurité de tous les individus qui forment la société.      

Malheureusement, comme certaines féminounes, la police aime mettre le nez dans les affaires sexuelles des autres.  La sexualité est pourtant ce qui est le plus individuel et privé. La sexualité est la source intarissable de la compréhension, de la communication avec l’autre, de l’empathie et de la solidarité. 

En prônant la dénonciation, les féminounes engendrent la paranoïa, la haine de l’autre et le maintien du pouvoir de la bourgeoisie, car la répression sexuelle tient de cette capacité de contrôler le peuple.  La dénonciation tue le tissu social.

Tout individu a une sexualité et nous avons, tous, un petit reproche à nous faire dans la vie quant à observer scrupuleusement les règles.  Voilà pourquoi, cette honte et cette culpabilité permet de parler de péché originel et de devoir travailler davantage pour se déculpabiliser et se réhabiliter, face à sa propre image.  Ce péché a été créé dans le seul but de dominer l’autre.  Les écrits de W. Reich sont très éloquents à ce sujet.         

Quand tu regardes un film de pornographie sur internet et que tu te masturbes chez toi, ça ne fait pas mal à personne.        

C’est préférable ainsi que de s’attaquer aux jeunes pour oublier ta frustration. Les policiers qui essaient de te prendre l’oeil dans l’appareil jouisse aussi, n’est-ce pas ?  C’est de l’hypocrisie pour justifier leur emploi.  Qu’ils s’occupent de la violence et ils n’auront pas assez de temps pour contempler ou se frustrer de voir les autres jouir. 

Un leurre, ça demeure quelque chose de profondément immoral, même si c’est un moyen employé par la police pour remplacer le père dans les maisons où la mère n’a pas assez d’autorité pour surveiller ce que ses jeunes regardent sur internet.               

 Mon ami Petit Gabriel est un de ses rares punks à survivre.  Il habitait une chambre avec sa blonde dans la cave chez-moi depuis des années.  J’ai eu peur que le système essaie de l’éliminer pour ne plus avoir de témoin. En savait-il trop?  Il était un survivant, mais aussi l’un de ceux à qui on avait défoncé le cerveau…

J’étais seul dans la salle quand le policier me dit que la police avait fourni de la drogue.  Tout comme j’étais seul quand entre les murs, un de mes jeunes voisins affirma, dans l’appartement voisin, qu’il tenait sa drogue de la police.  C’est un de mes élèves qui en reparlera une autre fois.  Il me dit : que des policiers en civil vendaient de la drogue à la tonne au Belvédère de Val-d’Or.  Ce n’était peut-être pas de la paranoïa quand j’ai dit au député péquiste, qui m’appelait, de tout oublier, car la ligne téléphonique était probablement rouge d’oreilles indiscrètes… Mon jeune voisin s’est d’ailleurs retrouvé entre la vie et la mort à l’hôpital, peu de temps après.  Une nouvelle coïncidence ?  Un hasard ou de l’écoute électronique?

Ces voisins ont vendu de la drogue à la tonne au jeune qui habitait chez moi, probablement pour le monter contre moi.  Malade, il m’a même menacé.  La police exigeait que je dépose une plainte de tentative de meurtre contre lui, possiblement parce que son état mental ne permettait pas de l’avoir parmi mes accusateurs.  Sa culpabilité est d’être né dans un milieu très pauvre et fervent consommateur.  Les policiers sont revenus chez moi pour que l’on se rende au poste, sa mère et moi, pour l’accuser.  J’ai refusé de porter plainte, car, dans l’état où il était, il était bien évident qu’il n’était pas conscient.  Un psychiatre a d’ailleurs confirmé mon point de vue dans son diagnostic.  

Au poste, il avait été placé dans une cellule de laquelle on pouvait l’entendre crier.  Grâce à l’intervention du système de santé, il a pu être tiré de là.  Comment se fait-il que nos systèmes de santé ne trouvent pas une solution permanente pour aider ceux qui refusent de reconnaître leur maladie mentale et prendre leurs médicaments ?  Pourquoi la marijuana ne pourrait-elle pas remplacer une bonne partie de ces médicaments ?  Prise intelligemment, elle calme elle aussi.  Ne pourrait-on pas marier faible médication avec très faible consommation de drogues légères, pour éviter les rechutes, et ce, jusqu’à une abstinence volontaire absolue ?       

La dernière fois qu’il fut arrêté, le matin, les policiers et le service de santé l’avaient amené à un psychiatre qui l’a aussitôt libéré.  Si ce médecin s’était occupé de lui, il n’aurait pas eu à passer une autre année en prison.  Le stress pour un schizophrène est le pire ennemi dans sa maladie.  J’imagine que la prison, quand ta maladie est classée «paranoïde»  — où tu as peur d’être tué ou qu’on te rende la vie si difficile pour que tu aies envie de te tuer — ne soit pas un excellent traitement.  Les prisonniers de ce genre doivent être soignés en égard de leur maladie.  Il doit y avoir des psychanalystes, des infirmières spécialisées et des travailleurs sociaux qui les accompagnent en prison et à leur sortie de prison.  Il n’appartient pas aux gardiens d’effectuer ce travail spécialisé.  Je suis très surpris qu’en prison, on s’en occupe aussi bien.        

Aussi invraisemblable que ce soit, la police de Val-d’Or le harcelait parce qu’il ne volait plus.           

Un malade mental n’a pas à être en prison, il appartient au service de santé de le soigner.  Par contre, il est encore possible de recevoir des chocs électriques.   Dans cette condition, tu peux te demander s’il n’est pas mieux en prison où on s’en occupe bien ?  Là, au moins, on ne le torture pas.  Les chocs électriques comme une forte consommation de médicaments les rendent absolument légumes.     

Ce jeune est déjà revenu chez-moi , bourré de bleus, en sortant du poste de police où, après lui avoir donné une raclée, un policier lui avait dit : « de monter la côte  pour aller se faire manger la queue par son vieux, ce qui le calmerait. ». 

Ces événements l’ont détruit, mais ce « n’était qu’un jeune de la rue.»  Que feriez-vous, Monsieur le Ministre, si c’était votre fils ou votre fille ?  Est-on moins humain parce qu’on vient d’un milieu défavorisé ? 

Quant à moi, pendant des années, alors qu’il était en prison, j’avais toujours peur qu’on le tue.  C’était le pire des enfers, car j’avais peur que notre rencontre fortuite dans la vie cause sa perdition.  Je travaillais et je mangeais des bananes pour conserver un maximum d’argent pour lui remettre quand j’aillais lui rendre visite en prison.  J’avais affreusement peur qu’il se suicide.  On m’avait dit que des gars comme lui, consomment, font de la prison et se suicident.  Je l’aimais et pour rien au monde je ne voulais que ça se produise.       
 

J’ignorais qu’il consommait autant de drogues dures.  Je jugeais son comportement en croyant qu’il était tel parce qu’il ne prenait pas ses médicaments.
 

J’ignorais qu’à Val-d’Or la drogue faisait autant de dommages et constituait la pierre angulaire des chicanes entre les factions de jeunes qui voulaient prendre le contrôle de la vente de drogue. 

Je n’ai jamais soupçonné l’ampleur de ce drame, car je ne consommais plus depuis de nombreuses années.  J’ai même arrêté de boire pour donner l’exemple à mes étudiants et conserver mon emploi.           
 

Quant au FLQ, il était mort depuis si longtemps que je ne pensais pas qu’on puisse un jour ressusciter ce cadavre.  J’étais indépendantiste, mais surtout péquiste.  Je croyais encore dans la possibilité de changer le monde de l’intérieur, de rendre la vie du peuple plus agréable à supporter, d’éliminer les situations qui créent la misère.   

Avec la mort de mon fils, son suicide a amené plus tard la question à savoir si c’était un meurtre déguisé.  On peut pousser des gens à se suicider comme ce fut le cas de Marc Lachance.  La sorcière blanche m’avait aussi dit qu’un musulman se tuait pour protéger quelqu’un. Y a-t-il eu un rapport entre les deux incidents, sauf qu’ils me connaissaient tous les deux ?  Je faisais face à une expérience nouvelle : l’impuissance.  Avoir des choses qui demeurent mystérieuses.

Quand il consommait, il partait de la maison.  Je l’aimais tellement que sa disparition était un calvaire quotidien.  Je n’avais rien à me reprocher.  Notre relation n’avait rien de violent ou de sexuel.  Il était même irréversiblement hétéro.  Quant à mon fils, il était mort parce qu’il ne voulait pas que la femme qu’il aimait le quitte.  La drogue y était aussi pour quelque chose.  Sa copine lui aurait fait connaître autre chose que la marijuana, bien à mon insu…     

Je me culpabilisais d’avoir dû payer mes dettes en m’exilant au Manitoba, puis à Val-d’Or, car c’est là que j’ai trouvé du travail.  Je me reprochais de ne pas avoir été assez présent auprès de mon fils adoptif ; même si on me disait que jamais aucun père naturel n’en aurait fait autant pour son fils.  Je me demandais si ma notion de la liberté n’était pas un danger pour les autres parce qu’ils n’exercent pas le même contrôle sur elle que moi.  Je constatais avec désarroi que l’on ne peut pas sauver un autre, car c’est lui seul qui est maître de sa destinée.      

Depuis mon accusation, mon jeune punk a surtout fait de la prison, car il ne voulait pas reconnaître sa maladie dépressive.  C’est toute une honte quand tu revis généralement assez consciemment tous les dégâts de tes quelques secondes de furie.  Il battait aussi sa mère ce qui lui mérita la prison, car la police ne tenait pas compte de notre situation chez moi. 

Comment ces jeunes peuvent-ils prendre conscience de leur état maladif s’ils ne sont pas médicamentés ?  Si on ne leur donne pas la chance de prendre conscience qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans leur vie ?  Comment voulez-vous qu’ils acceptent d’être soignés, si le fait de rencontrer un psychiatre est un véritable exploit.  Ils ne connaissent que la consommation comme but de leur vie.  Ils n’arrivent pas à comprendre et percevoir que le bonheur c’est une foule se petites choses, de petits plaisirs.  Eux, cherchent à ne pas être conscients de la réalité.  D’ailleurs, le problème c’est qu’en sortant de prison, ils n’ont aucune aide.  Ils sont laissés à eux-mêmes.  C’est le vide et la tentation.  Ils recommencent.

Cet enfer dure depuis des années.  Il a abandonné tout ce qu’il avait de positif : dessin, lecture, etc. Il s’est aussi nommé « Détritus junior », lors de sa dernière sortie de prison. 

Il est schizophrène à tendance paranoïde, selon un psychiatre qui refuse de le soigner, sous prétexte qu’il consomme.  Les psychiatres sont-ils les vrais malades ?  Pourquoi ne cherche-t-on pas un médicament léger pour ces individus plutôt que d’ignorer le problème ?  Il est anormal que la prison soit le seul moyen que l’on ait inventé pour les empêcher de consommer.  Avec une faible médicamentation, sans drogue dure, ils sont capables de se réintégrer, malgré leur asociabilité… 

Quand il est en prison, j’ai peur de lui nuire en l’aidant, mais je suis persuadé que si je lâchais prise, comme me disent les intervenantes, je le tuerais.  Il n’aurait aucune sécurité sur laquelle compter. 

Si les jeunes consomment autant, c’est que l’on n’a pas su diagnostiquer leur très profonde dépression.  Ils ont appris à ne pas se faire confiance.  Ils n’ont rien à espérer de notre société hypocrite et égoïste.  Est-il normal qu’un jeune dans la vingtaine soit mieux en prison qu’en liberté ?  Notre peur de la sexualité les prive de l’affection dont ils ont désespérément besoin.          

Depuis près de cinq ans, la seule solution est de le faire emprisonner, ce qui est à la fois à peu près la meilleure et la pire chose qui puisse lui arriver parce que sa maladie repose sur la peur. 

Par contre, l’encadrement de la prison lui accorde une forme de sécurité qui lui permet de vivre sans danger pour lui et les autres.  Il jouit d’un traitement de faveur.  On dirait que pour la société, son emprisonnement est une espèce de pari : cette fois, va-t-il pouvoir tenir le coup ?        

Depuis, je culpabilise parce que je ne sais pas si en cessant de l’aider, je ne l’aiderais pas davantage. Il devrait alors faire face à son problème, sans se fier sur moi.  Mais l’abandonner me semble la pire des trahisons. 

Un de ses avocats m’a même dit que dans de pareils cas, le suicide en prison est la meilleure solution que la société peut espérer.  Cette absence de compassion me révolte profondément.  Plutôt que d’aider ces jeunes en difficulté, tant que quelqu’un s’occupe d’eux, l’état les écrase.  Rien n’est mis vraiment en place pour combattre cette pauvreté intérieure.          

Ces jeunes manquent d’idéal et ne savent pas quel chemin prendre pour faire leur place dans la vie.  Ils ont besoin d’être aidés, pas écrasés.  Quant aux services sociaux, ils moralisent.  Je n’avais jamais cru que notre système puisse être aussi sans coeur.  Ils ne peuvent jamais sortir de leurs livres, ni jamais penser par eux-mêmes.    

Le jeune voulait retourner à l’école, finir son secondaire et se trouver un bon emploi.  Le préposé à l’aide sociale a refusé, car il prétendait que ce retour coûterait trop cher.  Un assisté social à vie, ça ne coûte pas plus cher ?   Quel imbécile !  Cela lui aurait peut-être pris plus de temps que les autres, mais il le pouvait et le voulait. 

Pour qu’un jeune puisse s’en sortir, il faut lui offrir une possibilité de le faire.  Pourquoi faut-il tant de mathématiques pour devenir éboueur ?   Il y a trop de professeurs de mathématiques et pas assez de professeurs de sciences ou de métiers.  On maintient l’obligation d’apprendre l’algèbre contre toute logique.  Pourquoi s’il ne s’en servira jamais de sa vie ?      

On dirait que notre fonction publique n’a pas encore appris le sens de la planification à moyen et à long terme…          

Par contre, il semble qu’en prison on a trouvé depuis ce qui est le mieux pour lui.  Le temps fournira la réponse.  Je sens que cette insécurité me gruge de plus en plus.  Le stress s’attaque au coeur …   

J’ai trop de sensibilité pour demeurer différent à cette misère humaine.  Et, je trouve dégueulasse que ces moralistes de l’argent me jugent et me refusent de travailler à améliorer le sort des jeunes pour sauver leur virginité.  Je ne suis pas un assassin légal.  Je ne fomente aucune guerre.         

Si je fais l’amour avec un jeune, c’est qu’il le veut bien.  Je ne crois pas que l’on ait le droit de prétendre que ces jeunes méritent leur sort et leur misère.  Je suis assez intelligent pour comprendre qu’une personne qui ne veut pas s’aider ou obtenir de l’aide est dans une telle détresse parce que le mot espoir n’existe plus. 

Notre système ne pense pas aux êtres humains.  Il ne pense qu’à l’argent.  Comment peux-tu comprendre la détresse humaine en touchant un salaire de 100,000$ et plus par année ?  Comment peux-tu comprendre la faim quand tu te bourres la panse avec une carte de crédit du gouvernement ?  Qui est alors le pire assisté social : celui qui vole l’état en abusant ou ce pauvre jeune qui n’a jamais eu de chance dans sa vie ?        

Il a beau parler avec son double, se mettre du dentifrice dans les cheveux, se promener avec les sous-vêtements sur ses pantalons, oublier tout ce qui arrive, il n’est pas malade, selon nos psychiatres. 

Quand quelqu’un fait brûler des cierges sur le trottoir, qu’il se prépare à aller à la guerre de Boston, s’il n’est pas malade, comme le prétendent certains psychiatres, je crois vraiment que ce sont nos psychiatres qui sont violemment atteints. C’est comme l’espèce de fou qui fait sauter les couilles de tout le monde dans sa guerre aux pédophiles pour oublier qu’il a perdu un de ses membres…

                          
*   *   * 



J’ai connu un prêtre qui s’est fait castrer chimiquement pour oublier les petits gars. Une année plus tard, il était encore arrêté.  Ça ne se soigne pas, ça existe depuis le début de l’humanité.  Il n’y a rien de mal si les deux sont consentants et qu’ils ont du plaisir.  L’orientation sexuelle se joue entre les deux oreilles.  Tu ne choisis pas avec qui tu tombes en amour.   

*  *   *  *

La désinstitutionalisation psychiatrique est une excellente mesure, mais cela comporte l’obligation gouvernementale pour la protection des autres d’avoir une équipe capable d’intervenir d’urgence pour aider ces individus et non les punir.      

Notre système a oublié de former des intervenants.  Au Québec, on fait des curées, des avocats et des gestionnaires.  On crée des parasites. On pense à éduquer que ceux qui pourront devenir de bons exploiteurs du peuple.      

Il faut éliminer la violence, fournir une aide — des classes et des emplois spéciaux — pour leur redonner la chance de reprendre confiance en eux.  Il faut aussi leur permettre de pouvoir évoluer en société sans toujours avoir peur de manquer de tout.  À force de manger de la merde, ils finissent par ne plus vouloir d’aide, ils se replient tellement sur eux-mêmes que même ceux qui les supportent deviennent leur ennemis.  Ils doivent être appuyés quotidiennement dans leur reprise en main de leur vie, le contrôle de leur situation. 

Il faut donner des moyens à ceux qui vivent avec eux et qui les aiment, de pouvoir intervenir pour les empêcher de péter les plombs.  Sa mère et moi savions et pouvions reconnaître les signes avant-coureurs annonciateurs d’une rechute, mais les psychiatres dans les hôpitaux n’agissent pas sans leur consentement.  Et, c’est compréhensible.  Mais, ils pourraient nous écouter un peu, nous consulter pour connaître le comportement réel et non ce que le jeune veut bien raconter. 

Nous ne sommes pas tous du genre à vouloir les faire passer pour fou pour avoir leur héritage ou s’en débarrasser.  Nous savons quand tout va bien ou que ça commence à aller mal.  Si on nous écoutait alors, il y aurait moins de dommages par la suite.  Les signes ne mentent pas.  Aider seul (la famille) un de ces jeunes, ça coûte une fortune.  S’il chute le soir même qu’il a reçu son chèque de BS, il est ruiné pour le reste du mois.  Si tu l’aides, tu le fais vivre contre un système qui n’a pas le coeur de réagir sans le signe de piastre … Si tu es déjà pauvre, ta situation devient vite intenable.

L’ADQ semble avoir compris que les Québécois en ont assez de se faire plumer.  Quant à la nouvelle gauche, avec Québec solidaire, il faudra qu’elle apprenne qu’il n’y a pas que des féministes au Québec.  Nous devons réfléchir sur ce que veut dire « être égale » pour une femme.  L’égalité n’est pas seulement numérique.  Ça ne veut pas seulement dire qu’il faut autant de femmes que d’hommes qui occupent le même genre de poste. 

L’égalité, c’est d’abolir les différences.  On ne parle plus d’hommes, de femmes, de gais, de féministes, mais on est conscient qu’un homme et une femme sont tous des humains.  La morale n’est qu’un moyen de justifier les discriminations.  

Avec la véritable égalité, il n’y a plus de discrimination… Tout humain a la même chance de réussir.  Les discriminations entre les hommes et les femmes sont entretenues par les religions et la bourgeoisie. On a permis aux femmes d’aller sur le marché du travail parce que ça forçait les familles à devoir recevoir une double paye pour survivre.  De plus, que les enfants soient à l’école très tôt permet de mieux leur laver la cervelle. L’uniformité : on enseigne selon les livres et non l’expérience.           
 

Quant à l’agent de probation qui s’occupait de mon jeune punk, tout ce qu’elle trouvait pour l’aider, c’était de lui fixer un rendez-vous pour lui coller ensuite une charge parce qu’il ne s’y était pas présenté.  Il ne comprend même pas l’obligation de s’y rendre.  Continuer à travailler avec une telle incompétence, c’est une forme d’abus de pouvoir, car, ces prétendus professionnels peuvent modifier au complet, à jamais l’avenir d’un malade.       

J’ai cru devenir fou tant la situation m’a demandé d’énergies.  Vive les pilules pour le coeur !  Et, sans l’aide de spécialistes, je ne peux rien.  C’est trop pour mes petits moyens.  Je regrette mais je ne peux pas demeurer insensible comme de la pierre.  Tout ce qu’il lui faut, c’est une faible médicamentation et des gens bourrés d’amour pour lui permettre de pouvoir recommencer à croire en lui.  Ils sont des milliers comme lui. 

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Les drogues dures détruisent l’Amérique plus efficacement que n’importe quel terroriste. Ceux qui en vendent sont pires que tous les pédophiles de la terre.        


Comment peuvent-ils reconnaître qu’ils sont malades alors qu’ils vivent complètement en dehors de la réalité ?  Ils ont besoin d’une faible médicamentation, pour se sortir de leur sevrage, mais le système de la santé exige des mois d’abstinence avant de fournir une médicamentation.  Quelle folie !  En Californie, on a des institutions de désintoxication.  

Par contre, il y a si peu de psychiatres qu’ils ne peuvent pas agir efficacement.  Comment donner des médicaments à un individu qui pourrait s’en servir pour se suicider ou se geler davantage ?  Il faut un large personnel spécialisé et tout sera parfait.            

Dans ces cas, l’état doit fournir cette équipe de soutien, dès leur sortie de prison.  Et, même cette sortie doit être planifiée.  Les prisons ont besoin d’un personnel qualifié, multidisciplinaire, pour les prendre en main dès leur arrivée en prison et leur donner une chance dans la vie.        

Le problème est que la majorité de nos services gouvernementaux pour venir en aide aux miséreux sont de véritables rackets.  Il faut que l’argent tourne en rond, que l’état reçoive autant qu’il verse.  Ils sont moralisateurs plutôt qu’humains.  Il n’y a pas de suivi entre la sortie de prison et la vie en liberté.             

Le pire, nous qui voulons aider ces misérables, qui pouvons prévenir les coups, puisque le malade qui ne se soigne pas ne croit pas qu’il est malade, nous ne sommes jamais écoutés.  Ce n’est pas d’une probation qu’ils ont besoin, mais de travailleurs sociaux qui les aident, les accompagnent à leur sortie.  Ils ont besoin d’appui, de pouvoir recommencer à croire en eux.  Une raison d’espérer.         

Il semblerait que l’on commence à vouloir commencer à comprendre.  Mais, il n’y a pas encore assez d’intervenants pour suffire à la tâche : leur apprendre à devenir autonome. 

En prison, les jeunes devraient pouvoir poursuivre leur scolarité ou apprendre un métier.  Là, nous ne faisons que les punir, ça coûte une fortune, et ils n’ont rien pour s’en sortir en retournant dans la société.         

Nous vivons dans un système d’assassins légaux : combien de petits Mozart assassinés, faute de leur donner la chance de se réhabiliter.  Le système veut économiser : tant qu’il y a quelqu’un pour aider le malade (la consommation indue est aussi une maladie dépressive), il ne fait rien parce que les proches s’en occupent sans que l’état ait un sou à dépenser.

Avec le temps, j’en suis venu à croire que la drogue est le pire fléau chez les jeunes dans notre société.  Si la décriminalisation de la marijuana est essentielle, il faut reconnaître qu’elle est un facteur négatif pour les jeunes qui vont à l’école, car elle perturbe l’attention et la mémoire.  Encore une affaire d’éducation.            

Quant aux drogues dures, la vente ne doit jamais être permise, ni même tolérée.  Cependant, il pourrait y avoir des lieux restreints comme en Hollande.  Les drogues dures attaquent le cerveau.  Leur vente doit être interdite et des peines plus sévères doivent être imposées pour leur vente.  Je le répète, c’est pire de détruire le cerveau d’un jeune que de lui sucer la queue.
Si le gouvernement du Canada était moins hypocrite, il légaliserait tout simplement la prostitution individuelle et la consommation individuelle de la marijuana.  La légalisation de la prostitution permettrait de protéger les clients ainsi que les prostitués(es), car elles sont souvent battues.           

La possession simple de marijuana permettrait d’avoir le temps de s’attaquer aux autres drogues plus importantes. 

Comme ancien professeur, je dois reconnaître que le pot nuit aux études et au travail.  Il tue la mémoire et la concentration.  C’est une des principales causes du décrochage.  Comment le faire comprendre aux jeunes, tout en respectant leur liberté ?  La légalisation permettrait de contrôler la dangerosité de la drogue. La consommation n’a rien de négatif, si on la contrôle bien, voire mieux.  C’est comme la boisson.  De mon temps, il fallait être Lacordaire. Cela ne m’a jamais empêché de boire comme un trou.            

Si le fédéral n’agit pas, le Québec devrait changer la loi sur son territoire.  Créer son propre système tant au criminel qu’au civil.  Nous n’avons pas à endurer les retards psychologiques des gouvernements fédéraux.      

Cette législation permettrait au Québec de créer son propre système judiciaire, ses propres lois, sa propre police.  Celui-ci devrait être basé sur la chance pour chacun de se réhabiliter.  Tant que cette volonté existe, aussi infime soit-elle, elle mérite d’être encouragée, car c’est la solution à long terme, la moins coûteuse.     
 

Tous les individus devraient être aidés pour apprendre un métier, s’il n’a pas les capacités de devenir un professionnel.  Il est plus important d’avoir un bon électricien que d’avoir un bon avocat.  Notre société produit que des avocats et des curés, il n’est pas surprenant que le judiciaire ait besoin de créer des crimes et une mafia pour survivre, d’où l’intérêt d’Ottawa d’augmenter les peines de prison.

Chaque emploi est une source de revenu et chacun devrait avoir assez de conscience et d’orgueil pour ne pas vivre au crochet des autres.  Si une femme ne peut pas endurer un conjoint pour vivre, rien ne devrait l’empêcher de vivre avec une amie, si c’est possible.  Le sexe peut être cherché ailleurs.  Vivre seul avec des enfants, c’est très onéreux.  Ce sont les enfants qui sont privés de la même chance de réussir que les plus riches.          

Par ailleurs, ceux qui le doivent, n’ont pas à avoir honte et devoir se battre pour être aidés.  Nos gouvernements ont enlevé les soins et les aides de premières lignes, ceux qui sont essentiels.  La pauvreté est devenue une grande industrie. 

J’ai connu une personne qui pouvait seulement bouger les bras et la tête, à cause d’un cancer, dû à son travail ; mais la CST refusait de reconnaître l’invalidité.   Comment peut-on être de si mauvaise foi ?  Pourquoi tous ces appareils gouvernementaux pour aider les malheureux et les malades traitent-ils les gens comme des voleurs ?  Un effet miroir ?        

Spirale intraprojective 21

septembre 26, 2020

Spirale intraprojective  21

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 189 à 200)

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La Cour d’Appel a été égale à elle-même : elle a confirmé le premier verdict, en prétendant qu’elle ne pouvait pas se substituer au premier juge.   

Le présententiel dont on s’était servi à mon procès était bourré d’inexactitudes.  On m’accusait à partir de mes écrits puisque l’Homo-vicièr a été mis en preuve.  Contrairement à ce que l’on prétendait, je ne parlais pas une seule fois de merde et je ne m’en prenais pas aux femmes dans mon livre.  Le présententiel fut aussi court que ma visite chez celle qui l’écrivait.  Elle me posa quelques questions et affirma dans son texte que j’avais le profil du pédophile et aucun remord.  Bizarre qu’on fasse la guerre au profil dans le cas des immigrants et que ce soit permis contre les prétendus pédophiles.           

Pour avoir des remords il faut au moins avoir fait quelque chose de mal à se reprocher.  La dame était accompagnée de sa stagiaire. Je lui ai dit que Mathieu disait parfois la vérité, mais mentait sur l’essentiel.       

J’ai essayé de porter plainte contre la fausseté et la stupidité de cette analyse inutile parce que tout était décidé d’avance dans de savants bouquins dépassés depuis un siècle.  J’aurais cru qu’un pré sententiel, c’était sérieux.  Le juge aussi.      

Pire, à la télévision, on a montré les textes des deux premières pages de l’Homo-vicièr parce qu’elles étaient compromettantes.  Or, malgré ces pages. L’Homo-vicièr est un livre de pure fiction.  C’est l’histoire d’un chaman qui renaît en 1967.  A-t-on déjà vu quelqu’un passer de l’état de Jacalac à celui d’Homo-faber ?  Où sont les dinosaures qui se promènent et écrasent le héros qui renaît dans la peau de Plat-on ?   

À mon procès, on s’est servi de deux textes qui permettaient d’entrer dans l’atmosphère du livre comme des éléments d’accusation ou de confession.  Dans le texte qui se termine par Dieu est pédéraste, il s’agissait d’un syllogisme comme nous l’apprenaient les Jésuites et qui portaient sur quelques affirmations.  D’abord, les fillettes avaient été ajoutées dans le texte à la place des garçons pour éliminer le sexisme et marquer que pour Dieu il n’y a pas de différence entre un homme et une femme.  Tous sont humains.   Puis, le texte disait que les hommes qui veulent toujours êtres des garçons sont des pédérastes. Or, aimer un garçon, c’est de la pédérastie.  Puisque Dieu aime les hommes qui sont des garçons, il est pédéraste.  En fait, tout ça pour dire que Dieu aime les humains.  Mais, tous ne le comprenaient pas ainsi. Voici le texte en question :    

«Je rêve d’une île.  Il n’y a que des enfants. Les fillettes y sont belles comme l’or des champs.  Ces fillettes-garçons que le vent de l’amour n’a pas encore flétris.  Je rêve à des garçons soleils et infinis.  Des corps jeunes qui m’aspergent de leur pureté.  Je rêve à toutes ces jeunes bêtes et je voudrais être le premier à les pâmer de plaisir pour les aimer toujours dans un éternel recommencement.  Maintenant, je sais : Dieu est pédéraste.»     

Quant au deuxième texte de ce livre. il a pris naissance avec une chanson d’Édith Piaf que j’adorais.  Je l’ai changée pour faire valoir que pour les garçons, l’âge de la découverte sexuelle est entre 10 et 15 ans.  On pouvait lire : « Jamais rien, ni personne m’empêchera d’aimer les garçons de mon choix, qu’ils aient 10 ou 15 ans, qu’ils soient blonds ou noirs, que ce soit permis ou non. L’homo-vicièr»   
 

Quand le livre fut imprimé, grâce à M. Antoine Naaman, pourtant, un éditeur de droite et un hétéro absolu, mon ami imprimeur de Windsor considérait qu’il y avait une erreur dans le texte qu’on lui avait remis et au lieu que la signature soit « L’homo-vicièr » (ce qui situait le roman), il la changea pour mon nom.  Il avait déjà imprimé au moins trois à quatre cents livres sur les 900, quand je me suis aperçu de l’erreur.  C’était trop tard pour changer.  Je dois avouer qu’à cette époque, j’étais assez baveux pour accepter de vivre et de porter l’erreur.  J’étais même fier de mes convictions pédérastes.  C’était mon étendard, ma révolution, tout autant que l’indépendance, peut-être même plus.   

J’avais même présenté un poème pédéraste dans une des nuits de la poésie à Sherbrooke.  Ce fut tout un scandale, un silence froid, qui me permit quand même de rencontrer la femme qui m’a le plus marqué à cette époque.  « Oui !  Je provoque à l’amour et à la révolution. », chantait Léo Ferré.            

Avec la prison, ce fut une moitié de pension de retraite.  J’avais dépassé la date pour obtenir davantage, comme le prévoyait le plan de retraite proposé par le premier ministre, M. Lucien Bouchard.  Quant au syndicat, il ne voulait pas me défendre, sous prétexte que cet incident s’était déroulé en dehors de l’école.  Pourtant, j’ai toujours payé mes cotisations.  On disait que mes gestes n’avaient rien à voir avec mon enseignement.  Ce qui était absolument vrai.  Mais, on aurait pu défendre mon droit d’avoir une meilleure pension de retraite.  Pourquoi étais-je pénalisé ?  Parce que j’ai reçu mes premiers paiements rétroactivement en novembre, alors que j’étais retourné à l’université, le bien-être s’est mis à réclamer un prétendu trop-versé.  Il était impossible pour moi de retourner dans l’enseignement, j’ai dû obligatoirement, prendre ma retraite.  C’était la ruine !      

J’ai été très déçu par le syndicalisme parce qu’il trouve souvent le moyen de se faufiler sans nous défendre vigoureusement, ce pourquoi il est pourtant payé.  Ils agissent comme s’ils étaient là seulement pour recevoir les contributions des membres.  J’ai toujours favorisé la formule Rand, le syndicalisme obligatoire.  Je n’ai pas changé d’avis puisque les patrons continuent d’exploiter surtout les femmes.       

Le syndicalisme, c’est le moyen par excellence de défendre les pauvres.  Je ne pouvais pas m’attaquer à quelque chose dans laquelle je croyais fermement.  Les syndicats ont leurs défauts, mais ils sont essentiels. J’exigerais toujours la création immédiate et obligatoire d’un syndicat dès qu’une entreprise a plus de quatre employés.  Sa fidélité et son honnêteté dépens ensuite de ses propres membres.  

J’ai toujours voulu payer mes dettes.  Je ne veux pas être un voleur.  Mais, pour le pouvoir, il me faut un travail décent.              

Je ne peux certainement pas être plus voleur que nos gouvernements qui nous taxent de plus en plus, nous étranglent, sans donner plus de services. Et, mêmes eux sont pris entre les mains des financiers qui les étranglent avec leurs intérêts.    

Par contre, la prison m’a permis de constater que je n’ai jamais été et ne serai jamais, je l’espère, un danger public.  J’ai mes défauts comme tout le monde, mais j’ai toujours voulu être meilleur.  La seule vraie révolution possible est de s’améliorer soi-même.  Je peux dire ce que je pense, mais les gens sont libres de m’écouter.  C’est le défi de la fierté et de la démocratie : croire en l’individu et à l’amélioration de l’espèce humaine, même si elle est terriblement lente à évoluer. 

J’ai toujours cru que la révolution est de travailler avec toutes ses tripes à améliorer la société dans laquelle tu vies … la révolution, c’est rêver un monde idéal.

La révolution est essentiellement non-violente.       

J’ai joué au révolutionnaire pour donner du poids aux mots.  Je m’étais créé un double de moi.  Un double que j’ai nié dans un de mes poèmes, il y a bien longtemps.   La violence est une forme de maladie mentale si elle n’est pas contrôlée.  La répression sexuelle, à mon avis, engendre la violence ; mais notre civilisation accepte et glorifie la violence.  Je suis bien content qu’un écrivain exprime le fait historique qu’il n’y aurait pas eu de deuxième guerre mondiale, si Hitler, dans sa jeunesse, avait joué un peu plus avec son yoyo, instrument de masculinisation et de plaisir. 

*    *     *    *

Le Québec ne peut pas songer à sa souveraineté en se servant de la force et c’est bien ainsi.  Ce sera sûrement plus long, car c’est une question d’éducation.  Et, la conscience est plus longue à réveiller qu’une marmotte ou un ours en hibernation.   

J’avoue avoir été bien d’accord dans les années 1970, avec les buts du FLQ.  Pour moi, le FLQ c’était comme Mandrin ou Robin Hood.  Des gens qui avaient compris que l’état était plus bandit qu’eux.  Les bourgeois volent le peuple avec frénésie. Aujourd’hui, la bourgeoisie a changé de nom. On l’appelle « les professionnels ».  

Les leaders asseyaient leur pouvoir sur la répression.  Le FLQ, c’était l’incarnation de la défense des droits des Québécois puisque les trois colombes, le French power de Trudeau, nous avait trahis.  Les trois colombes confondaient leurs intérêts personnels à ceux du peuple.  Le French power servait de courroie de transmission, de cabinet de service, d’amplificateur de la haine qu’ont les Wasp contre les francophones, surtout du Québec.  

Le French power a trahi le Québec, en ce sens, que ceux qui le formaient se sont crus supérieurs aux autres Québécois. Ce snobisme les a amenés à croire que le peuple du Québec est formé par une bande d’ignorants et d’imbéciles.  Cela n’est pas très nouveau, selon ce que l’on apprend dans Le livre noir du Canada anglais, de Normand Lester.       

Le Québec ne pourra jamais être admis au Canada avec des points de vue totalement opposés au reste du Canada.  Un pays où il fait bon vivre est un pays qui laisse le plus de libertés individuelles possibles.  Une famille ne peut pas être heureuse si ceux qui la composent sont toujours en chicane.         

Il appartient aux citoyens par une plus grande prise de conscience de se sensibiliser.  Si tu vies décemment et librement, tu ne penses pas à te révolter.    

Trente ans plus tard, on se rend compte que le Québec est différent des autres provinces, mais les autres refusent de le reconnaître, d’accepter son identité et sa personnalité.  Cette dualité n’existerait pas si nous avions une autre forme de gouvernement qui ne soit pas centralisé et colonialiste. 

Dans une vraie Confédération, nous n’aurions pas à être ennemis, car les points de divergences fondamentaux n’existeraient tout simplement pas. Le Québec cesserait de se sentir éternellement exploité par Ottawa (le double pouvoir de l’Ontario).  Il ne pourrait plus blâmer les autres quand il y a des bévues.  D’ailleurs, l’objection de certains à la souveraineté est de croire que nous ne pouvons pas constituer un gouvernement honnête qui pense d’abord aux intérêts du peuple.  Pourquoi Ottawa réussirait-il mieux que nous ?   

Quand mon père me parlait des patrons, il me disait qu’un patron va toujours essayer de profiter de son employé.  Au Québec, disait-il, les Juifs sont probablement les meilleurs parce qu’ils ne veulent pas que l’argent, mais tu dois bien travailler pour que ça paye plus longtemps.    Les Anglophones (faudrait ajouter certains immigrants) ne songent qu’à dominer la majorité francophone.  Pour réussir, ils se servent des libéraux francophones.  Ces derniers ont besoin de fournir un petit extra pour prouver qu’ils sont les salauds dont le boss a besoin pour dompter, à leur avis,  cette bande de fainéants.         
 

C’est devenu le rôle du French Power à Ottawa.  C’est pourquoi nous avons eu besoin du Bloc québécois.     

Le French power a aussi trahi le Québec parce qu’il a pris pour acquis que les Québécois étaient leur pire ennemi.  C’est un clan qui s’est éloigné du vrai monde.

L’économie ne peut pas survivre dans notre civilisation s’il n’y a pas de guerres locales ou régionales.  Et, je sais que nos gouvernements soi-disamment démocratiques ne se gênent pas pour inventer des scénarios pour se sortir du trou.  Je me rappelle mon voyage en France, en 1972.  Il y avait un soi-disant début de révolution, une tentative de revivre mai 1968, mais ces manifestations étaient infiltrées et menées par le gouvernement, grâce à ses barbouses.           

Un député m’a expliqué qu’il faut parfois créer des crises si on ne peut pas trouver de solutions à une tension trop forte afin de faire avancer les idées et dénouer les impasses…. lâcher la vapeur.  Comme en 1970, au Québec, et à New York, un peu plus tard, en 2011.  L’attaque du WTC fut organisée pour justifier la guerre en Afghanistan. Est-ce fou ? 

Comment accepter que notre civilisation soit dirigée par l’économie et que cette économie se nourrisse de victimes innocentes de la guerre ?  Qui a cautionné les attentats du 11 septembre, à New York ?  La droite américaine ?  Les Talibans de Ben Laden ?  Est-ce l’extension de la guerre juive-arabe ?  Est-ce que toutes ces morts sont dues aux guerres du pétrole ?  

La mondialisation sera acceptable qu’au moment où elle admettra que la vie de tous les individus est ce qu’il y a de plus important sur terre et que tous les gouvernements sont créés pour appuyer les individus dans leur course au bonheur, en leur rendant la vie plus acceptable.     

Je croyais dans l’innocence de Vallières et j’étais persuadé que les blessures subies lors des attentats du FLQ, à Montréal, étaient des accidents.  J’étais sûrement naïf.et d’une ignorance crasse pour un journaliste, mais je vivais en région, à Sherbrooke. Je ne savais pas ce qui se passait à Montréal.  Nous étions hors des faits et les moyens de communication n’étaient pas ceux d’aujourd’hui.  De plus en 1970, un de mes amis, Gaétan Dostie, avait été arrêté dans le cadre de l’opération des mesures de guerre.  J’avais peur qu’il soit tué par la GRC, comme on m’avait dit que c’était arrivé dans le cas du poète Gaston Gouin.  Je ne savais pas encore que presque tous mes camarades étaient en prison.  Je croyais que le seul moyen de sauver mon ami était de me faire passer pour la tête dirigeante, la tête forte régionale du FLQ, car, en étant journaliste, on hésiterait à s’en prendre à moi.  Ce fut trente ans de prison verbale. J’ai joué le jeu durant tout ce temps.

*****

Aujourd’hui, je m’en suis sorti parce que je peux affirmer avec sincérité que le salut de l’humanité passe par la non-violence d’un Gandhi. 

Le système économique sera toujours plus pourri que mes attouchements sexuels, posés avec amour ou curiosité, car le mépris du système pour tout ce qui est différent conduit jusqu’au meurtre ou au suicide, mais les gens aiment ça comme ça.  On y peut rien. Les gens se font laver la cervelle dès leur enfance.  Il faut des péchés pour avoir des  » fidèles soumis » …    

Toutes les révolutions n’ont servi qu’à mettre d’autres tyrans au pouvoir.  Le mal est en chacun de nous : le refus de l’amour, le rejet de l’autre parce qu’il est différent.  Ce refus est versé en nous depuis notre petite enfance par des religions qui se prétendent tout amour ou toute miséricorde et qui nous apprennent à mépriser ceux qui n’obéissent pas à leurs sornettes.

.J’admets que sans la déformation de l’Église, les Évangiles sont très révolutionnaires, dans le sens, que Jésus remettait tout son système religieux en question.  C’est probablement ce qui pourrait être le plus révolutionnaire actuellement si on mettait son enseignement en pratique. On a qu’à voir comment il traitait Marie-Madeleine et le petit Saint-Jean, l’apôtre de l’amour infini.   

Il faut remettre l’humain au centre de la vie et le vécu humain comme sens de la vie. 

Nous sommes sur terre pour découvrir la beauté de la création, la beauté en nous, et par conséquent, Dieu (si on y croit) dans sa réalité métaphysique. Croire en Dieu, c’est sentir Dieu en nous. C’est quelque chose qui nous anime ou il n’existe pas.       

Les Évangiles, selon Saint-Jean, ne condamnent pas la sexualité.  Bien au contraire, St-Jean est, malgré ses quinze ans, l’apôtre bien-aimé de Jésus ; Marie-Madeleine, la putain, est pardonnée parce qu’elle a su aimer.  Se sauver, c’est donc de pouvoir aimer, même charnellement, puisque nous sommes des animaux sexués. 

Est-ce qu’un pédophile est pire qu’un Staline qui a tué des millions d’individus ?  Que les religieux qui ont fait des croisades et tuer des milliers d’innocents pour s’approprier des reliques ? Tuer pour des motifs économiques comme le pétrole, vider les vieux de leur retraite par des arnaques, c’est moins pire qu’une pipe ? 

Je ne dois pas être le seul fou qui pense que nos sociétés issues de l’Inquisition ne se sont pas encore sorties de leur ignorance, ce qui nous mène à la folie collective.

Pour moi, la révolution, c’est la recherche de la Vérité. 

La révolution demande la décriminalisation de la sexualité.  L’acceptation de l’individu dans sa corporalité, incluant son sexe. 

La mise en doute du paradis serait-elle un premier pas vers la lucidité ?  Certains meurent pour tuer les cochons d’infidèles, mais ce cochon habite en moi comme en chaque individu car c’est la force qui garantit la survie de l’espèce.  Pas de sexualité, pas de futur. 

On est plus à l’époque où l’on croyait que le sperme était une partie de notre cerveau dont on se privait pour avoir une descendance… Est-ce que la jouissance qui a permis de dominer ces peurs est la raison première de notre existence ?  Ce n’est pas tout le monde qui a compris que le seul côté qui limite la jouissance est notre condamnation à mort dès notre naissance, notre éphémérité.   C’est la jouissance qui guide nos pas, même chez les ermites qui croient que les souffrances les purifient.   Ils font simplement une vie de masochistes… Il y a aussi de la jouissance dans la souffrance.   Certains pensent que l’extase est l’aboutissement de la souffrance… Quelle religion peut se vanter de ne pas avoir fait tuer quelqu’un ?  Est-ce que la pureté rend malade ?
              

*   *

J’ai trouvé cependant trouvé encore plus écœurante l’interprétation de l’Homo-vicièr qui a amené mon juge à affirmer « que si je ne suis pas un danger pour les jeunes, je mettais cependant les institutions du pays en danger ».  À son avis, j’étais plus dangereux par mes idées que par mes actions… C’est vrai que je ne suis pas membre en règle de la mafia légale… je suis un pauvre.

Il y a toujours 10 et 20 ans entre chacune de mes accusations sexuelles.  Ça fait bien des coups de poignet (masturbation) entre chacune.  D’ailleurs, ces condamnations sont complètement ignorées dans mon présententiel.           

La conclusion qui définit ma pensée et le but ultime de l’Homo-vicièr, page 100, se lit comme suit : « Il faut chercher ce qu’il y a d’assez valable que même les défauts de la société ne nous arrêtent pas ; mais au contraire, nous incitent à créer un monde où la Connaissance et l’Amour banniront la violence et l’injustice.  Un monde où l’on s’élèvera au-dessus de tout ce qui nous sépare en tant qu’hommes et engendre la violence et la haine.»

C’est vrai que la paix est dangereuse.  La paix tuerait le système économique dans lequel nous vivons et si les hommes s’unissaient peut-être que les quelques milliardaires qui dirigent le monde pourraient commencer à craindre pour leurs fesses. Il faudra trouver comment mettre l’économie au pas, sans que ce soit les pauvres qui payent la note. Les riches ont leur vie ente leurs mains.        

J’ai toujours cru dans la réhabilitation.  J’étais le pécheur repentant, à genoux qui crie pardon d’avoir aimé ses petits compagnons un peu plus jeunes que lui.  J’étais assez stupide pour croire que les interdits sexuels reposent sur des raisons valables, non inventées à mesure pour garder les humains en catégories, pour préserver le pouvoir de la bourgeoisie.   

Ce n’est pas étonnant que je fusse condamné puisque dans mon présententiel, on confondait mon l’Homo-vicièr avec un autre livre de mon bon ami Jean Ferguson dont le titre est : « V’là le bon vent ou L’histoire raisonnée des besoins naturels à travers les pays et les âges.»   

On m’accusait d’avoir un faible pour la merde (d’être scatologique) dans la première partie de l’Homo-vicièr, même s’il n’est jamais question de merde dans mon livre.  Pour ce qui est de la haine viscérale que je voue aux les femmes, je me demande comment j’ai pu vivre avec trois d’entre elles, si cette accusation est fondée ? 

Ferguson a, c’est son droit, toujours été plus radical que moi en ce qui concerne les femmes et les juifs.  Le temps nous dira s’il était plus clairvoyant que moi.  Cela ne nous a jamais empêché d’être d’excellents amis.  On avait souvent l’oeil sur les mêmes garçons, mais on n’était pas jaloux l’un de l’autre. Cela ne nous éloignait pas, au contraire, ça faisait partie du romantisme.   

Malheureusement, il est condamné à mort par un cancer (qui a d’ailleurs déjà fait son œuvre).  C’est un bon écrivain à découvrir. (Au musée d’histoire de Val-d’Or.)

Dans cette lutte stupide, je ne savais plus qui était l’ami ou l’ennemi.  Ferguson me dit un soir, avant mon procès, alors que j’étais saoul comme une botte, que pour s’amuser il avait dirigé les opérations par derrière et que la seule raison pour laquelle j’avais été poursuivi visait à récolter de l’argent. 

Malheureusement, j’ai toujours été endetté, je ne peux pas voir comment j’aurais pu être financièrement intéressant.  D’autre part, il me disait qu’il battrait le père de Mathieu s’il le rencontrait parce qu’il ne pouvait pas lui pardonner de ne pas avoir empêché tout ça.  Pour lui, il ne pouvait plus être son ami.    

Avec Ferguson, on ne savait jamais quand le prendre au sérieux.  C’est probablement pour cette raison qu’on était d’aussi bons amis.

N’empêche que la prison est comme un cancer, elle ouvre les portes à la paranoïa qui s’insinue goutte à goutte, selon tous les gestes de haine qui sont portés contre toi. Plus je vieillis, plus je me sens atteint. 

Je suis aussi fanatiquement pour l’égalité de la femme, car, pour moi, tout individu est le seul maître de son corps.  Il n’y a pas d’hommes et de femmes, il n’y a que des êtres humains avec des corps différents et une vocation différente. 

Tout individu est à la fois un homme et une femme, hétéro-homosexuel, juste une petite question de dosage dans les gênes, dans les hormones, une historicité différente pour qu’un pénis cesse d’être un clitoris.  Pourquoi les hommes qui prétendent tant aimer les femmes se conduisent-ils toujours comme s’ils étaient des êtres supérieurs ?  Pourquoi une femme ne mérite pas le même salaire que l’homme à compétence égale ?  Simplement parce que l’ordre économique est le même que l’ordre religieux. Les femmes ne comptent pas.  Pourtant, dans la vie commune, les vrais maîtres sont les femmes, même si elles se plaignent toujours … c’est dans leur nature… Elles dirigent la famille en se servant de leur pouvoir émotif.

La raison pour laquelle les féministes se plaignent, c’est qu’elles ne parlent pas du même pouvoir.  Elles voudraient participer au pouvoir réel, dominer comme les financiers, les religieux, les politiciens d’égal à égal.      
     
*   *   *

Qui est le con qui a décidé que «punir est préférable à la réhabilitation?»  L’Évangile disait que l’homme devait être le serviteur de l’homme…     
 
Il serait intelligent de faire une nuance entre la façon de vivre la sexualité pour un homme et pour une femme.  La vie sexuelle porte tous les résultats et tous les maux humains…  La honte du corps, entretenue chez la femme est un élément clé de la domination mondiale.  Les femmes transmettent la culture aux enfants.  Les règles morales quant à la sexualité que l’on nous enseigne sont ce que les femmes battues ont retenu de la sexualité. Leur haine est devenue la mesure étalon de nos sexualités.  Ces règles de peur de la sexualité servaient surtout à combattre l’homosexualité.  Or, encore aujourd’hui, un homme caressant un jeune garçon est cochon alors que si la femme fait le même geste elle est simplement une bonne mère, même si ce n’est pas son fils…   

La seule chose que je déteste des femmes tient de leur esprit d’esclave, mode qu’elles nourrissent à travers leur perception négative de la sexualité à cause de la religion dont elles ne se sont pas encore libérées.  Elles ne sont pas capables de s’accepter comme elles sont. Elles se sentent toujours moins belles comme les hommes se pensent supérieurs quand ils ont un gros et long pénis.      

Elles sont esclaves de ceux qui décident de ce qui est beau et laid.  Je déteste le fait que les femmes ne s’assument pas assez pour être fières de ce qu’elles sont, d’avoir un sexe, sans devoir comme les gais, se créer des mouvements qui doivent encore crier qu’elles sont femmes.  Comme si on le savait pas, juste à les regarder… 

L’homme et la femme sont égaux.  Le jour où ce sera mis en application, on n’aura pas besoin de crier sur les toits qu’on est féministe, gai ou bisexuels. On sera ce qu’on est. 

Comme le jour où la science délogera les religions on cessera de parler de l’homosexualité comme un vice.  Pour reconnaître un vice, il faut être vicieux…     

Je déteste le rapport des femmes avec la sexualité, car, il s’établit toujours en disant que la sexualité est laide et sale.  Une paranoïa que les curés ont créée et que je ne peux pas accepter. 

À mon sens, au contraire, la sexualité dans le sens commun (génital comme on l’entend presque toujours), ainsi que dans un sens plus large, soit l’émotion, l’affection est la cerise sur le sundae. C’est l’aboutissement normal, naturel d’une relation humaine.  Sa satisfaction indique notre orientation sexuelle.  Un mâle hétéro n’a pas les mêmes raisons d’aimer les femmes qu’un gai. L’important, c’est que les deux aiment les femmes.        

Comme l’avait découvert la Grèce antique, la sexualité ne sert pas qu’à assurer une descendance, mais elle permet à deux êtres qui s’aiment de combattre à jamais la solitude, en se réalisant réciproquement. C’est la raison pour laquelle le couple l’a emporté sur l’amour des garçons. 

On faisait en sorte, par les règles de la décence, de la retenue, de la tempérance que l’amour des garçons meurt avec l’âge adulte, avec l’apparition de la barbe.  On croyait que la femme était inférieure parce qu’elle était sous l’homme dans les relations amoureuses. Ainsi, dans un couple gai, l’un des deux devenait la femme, ce qui leur semblait inacceptable.

Pour qu’ils pensent que seulement l’homme devienne si chaud que son sang en ébullition créée le sperme, les Grecs ne devaient sûrement pas connaître le point « G » féminin.  Ce devait être comme au Québec quand les bonshommes devaient faire l’amour en combinaison pour ne pas toucher la femme…

Notre civilisation a préféré les Néron et les empereurs romains, des malades comme les rois qui n’hésitaient pas à tuer pour créer leur empire…

Quand tu es jeune, c’est la découverte de ton corps et du plaisir.  Quand tu vieillis, c’est la découverte de la beauté de l’autre, le combat de la solitude …

Malheureusement, on ne tient plus compte de l’affection, mot qui rime avec touchers, caresses, plaisirs, mots qui rendent les féminounes folles, car elles s’imaginent que leur peur de la sexualité est le gros bon sens.  Elles sont incapables de comprendre que leur vison est fausse.  La réalité n’est pas que celle des femmes battues. On ne parle plus alors en termes d’amour, mais de domination.   

L’affection est ce qui manque le plus à notre monde pour avoir un visage plus humain.  Il faut cesser d’avoir peur de s’aimer, de se caresser et de s’aider entre nous.  La peur de l’affection, c’est de la paranoïa pure. 

Mais pour dominer le système économique a encore besoin de nous diviser en catégories.  La lucidité met l’économie en danger, car elle nous permet de se rendre compte que les changements endossés par la société servent seulement à enrichir davantage les plus riches.    

Notre système n’a pas encore assez d’intelligence pour faire la distinction entre l’individu, le privé et le crime organisé.  Puisqu’ils sont aussi bien responsables de la police que de la mafia, les gouvernements en votant les lois s’arrangent pour départager ce qui est payant de ce qui ne l’est pas. 

Comment demander à un monstre à deux têtes de penser normalement?  Quand la police joue au tapin pendant qu’on s’entretue au niveau de la pègre pour le pouvoir ou les territoires, il ne faut pas croire qu’elle jouit d’une grande moralité; mais c’est beaucoup plus plaisant de se faire poigner le cul ou de se faire donner un massage que de recevoir un coup de poing en combattant la pègre sur le terrain… C’est moins dangereux et les arrestations continuent d’alimenter les statistiques pour justifier l’emploi policier et un meilleur salaire…        

On criminalise la pédérastie parce que l’on a peur que trop de jeunes aiment leurs expériences et deviennent gais.  On oublie que l’orientation sexuelle est innée et, à moins de violence, elle est inchangeable.  La chasteté est moins naturelle que la curiosité sexuelle.     

Il est débile que la cour ait sursauté quand j’ai affirmé dans mes écrits que notre système est meilleur pour protéger les pénis que protéger les cerveaux des jeunes de la drogue… Pour la drogue, on tue.  Le petit Daniel Desrochers est l’exemple parfait.  Aujourd’hui, on tue le cerveau des jeunes en leur fournissant la drogue dans les écoles… Attention !  Je suis pour la décriminalisation d’une possession personnelle de marijuana, si elle est produite à la maison, pour des adultes.  Quand on en consomme trop, c’est une maladie, une dépendance, non un crime.             

La pègre vend des drogues dures qui détruisent la jeunesse.  C’est pire qu’une pipe.  

Spirale intraprojective 20

septembre 25, 2020

Spirale intraprojective  19

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 168 à 178)

***
La seule différence dans la morale que l’on m’impose et celle que j’aimerais vivre est la suivante : en assumant ma pédérastie, je dois respecter, par principe personnel le bien du jeune avec lequel je tombe en amour.    

Cependant, je ne reconnais pas, comme Freud d’ailleurs, un âge spécifique de consentement.  Je suis profondément d’accord avec la pensée d’un degré, d’un stade d’évolution individuel, spécifique, dans le besoin, le désir et le plaisir de découvrir l’autre et sa sexualité.  Cet espace dans le temps représente pour lui le moment que l’on appelle «âge de consentement».  Ce moment peut être différent pour chaque individu.  C’est à dire que le jeune commence à vivre sa sexualité à des âges différents pour chacun, selon ses expériences propres et s’il a le droit de choisir son orientation sexuelle.  C’est la raison pour laquelle je préfère que l’on fixe cet âge après des cours sur le sujet à la fin du primaire de façon à lui permettre de décider de sa position en toute connaissance de cause. Si je dois respecter ce moment individuel de chacun, le jeune, lui, se doit d’apprendre à formuler un oui ou un non très clair.            

Je peux tomber amoureux d’un garçon, mais il n’est pas dit que ce soit partagé.  Comme     «sugar dady», je me sens responsable de mon «serin, de l’être aimé».  Aujourd’hui, c’est encore illégal, car on pense la sexualité avec les mêmes notions religieuses qu’il y a des siècles.  Plusieurs voudraient que ce soit toujours illégal, parce que la liberté individuelle nuit à l’esclavage sexuel universel admis et mené par la pègre et l’ordre judiciaire, parce que ce système est plus payant.  La stricte obéissance à la légalité crée souvent plus de mal que de bien.  Le mariage est aussi, depuis toujours, un contrat économique.           

J’ai le droit de me rendre dans un club, où il y a des danses à dix, mais dans ce cas, il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de suite possible.  Le danseur appartient à un milieu qui s’en sert, qui se fait de l’argent avec la beauté de son corps, qui le vide de son propre respect ou de sa propre jouissance.  Il devient une putain (si c’est véritablement son choix, c’est son droit le plus strict et d’une certaine manière un service comme un autre à rendre à l’humanité, un objet de désir. Il devient un phantasme.     

Dans la pédérastie, le jeune a certes des relations sexuelles passagères, s’il le désire.  Celles-ci peuvent l’aider dans la découverte de ses goûts les plus intimes.  Mais, pour qu’elle ait un sens, cette relation doit être amoureuse.   Il peut apprendre à jouir de sa liberté individuelle ou devenir un esclave payant d’un système organisé.  Dans un cas, il grandit pour mieux se connaître, dans l’autre, il peut se détruire.  Il ne joue plus aux fesses pour le plaisir, mais pour de l’argent ou de la drogue.  C’est son droit, mais c’est une différence essentielle.  Dans la pédérastie, le consentement est fondamental et strictement essentiel pour que la relation soit positive.  Elle peut comporter des scènes génitales comme elle peut en être dépourvue.

 J’ai de la difficulté à admettre que les amitiés particulières puissent nuire à un jeune puisque le pédéraste lui apporte souvent beaucoup plus que les remords engendrés par une société antisexuelle.  Les relations sexuelles génitales permettent de se sentir aimé, donc, d’être valorisé.  Ce n’est pas un amour sans faille, car il exige un sens extrêmement aigu de responsabilité individuelle.  Pour certains, l’initiation sexuelle est une étape importante dans leur vie alors que d’autres ne vivront jamais cette étape.  Souvent, l’initiation sera que le fruit du hasard, la rencontre d’une personne qui nous plaît particulièrement.  Si on ne fait pas tout un tapage avec la sexualité, l’initiation se résume au terme  » pour la première fois ».   

La prétendue conscience du péché de la chair ou de la prétendue pudeur naturelle n’est pas innée, mais acquise dans la famille et la société.  C’est l’empreinte primaire que laisse dans l’inconscient de l’enfant le comportement des parents vis-à-vis la sexualité. Ce peut être aussi une certaine honte d’un attribut de notre corps. Elle est évolutive et répandue par la réaction des adultes.  Ce n’est pas surprenant que certaines personnes soient plus sensibles à ce qu’elles entendent contre la sexualité, développent une culpabilité, une phobie de leurs anciennes relations plusieurs années après.  Pour croire que l’on est devenu le mal incarné, il faut d’abord l’avoir vécu dans sa perception de soi.

En fait, la vraie maladie est de découvrir la culpabilité du passé qui hante le présent.  Les psychiatres et les psychologues trouvent tellement ça payant, qu’ils n’ont pas l’honnêteté de dénoncer ce malaise, en leur faisant prendre conscience du besoin de se pardonner, de s’aimer  et de ne pas vivre dans le reproche.  Ce n’est pas non plus en se vengeant que ces personnes se trouveront plus propres.  Les psychiatres savent qu’avec consentement, la sexualité est extraordinaire dans toutes ses formulations.  Il est aussi étonnant que l’on ne fasse aucune distinction entre un garçon et une fille.  En principe, il ne devrait y avoir aucune différence ; mais ce n’est pas le cas, à cause de la différence d’éducation que l’on offre à un gars et une fille          .

Pour être profitable, une expérience sexuelle doit être libre et amoureuse.  Elle doit permettre aux individus de s’épanouir davantage.  Devoir garder une expérience cachée, et s’en vouloir, ne peut que nous détruire éventuellement.     

«Je ne suis pas un monstre, j’ai simplement les doigts rapides», pourrait-on dire de ceux qui ont la libido un peu forte comme moi.

*  *  *  
Le gars qui a tué le petit Livernoche n’était sûrement pas uniquement pédophile.  Il devait sûrement avoir bien d’autres problèmes psychologiques pour expliquer son cas.  Ce n’est pas parce qu’il a agi ainsi que tous les pédophiles du monde sont dangereux.   

Plusieurs ne recourront jamais à la violence ou même à s’imposer.  Ils sont totalement différents.  Pourquoi devraient-ils être privés du droit de vivre une vie normale, sans danger pour eux, mais aussi en s’assurant qu’ils ne sont pas un danger pour les autres.   

La critique des libérations conditionnelles sont souvent un moyen de propagande politique.  Un moyen d’être plus sympathique en étant plus sévère, tout simplement pour avoir plus de votes.  La seule solution n’est pas dans la répression.  Il faut que toutes les libérations conditionnelles soient étudiées profondément par un service multidisciplinaire et que celle-ci soit suivie par un service qui aide à la réhabilitation qui ne se contente pas seulement de surveiller.  Finies les nominations politiques. Toute personne qui a tué devrait être en prison à perpétuité, c’est-à-dire sans libération possible.

*   * *

Dans mon procès, à Val-d’Or, le maire de la ville était président du comité du NON.  Cela a-t-il joué dans la sentence et le verdict, je ne le sais pas, mais c’est possible.  Mon procès ne fut-il pas plus politique que criminel ?         

J’ai été condamné parce que le juge a cru, malgré les contradictions incroyables, le témoignage de Mathieu.  Personne d’autre que son père n’a témoigné.  Et encore, le père a contredit la version du fils.           

L’avocate qui a obtenu la révision de ma sentence a pu en appel présenter plus d’une vingtaine de contradictions sur les faits dans le témoignage du jeune.  Quant à moi, j’ai toujours soutenu que ce qu’il racontait était loin d’être toute la vérité.  Peut-être fut-il influencé par sa mère et son entourage féministe et mormon, par la DPJ et la police ?   La police a amené les enfants au poste de police, sans que leur père ait le droit de leur parler, ils devaient être morts de peur.  À ce moment-là, tout geste qui semble sexuel prend l’allure d’un ébat.

Pourquoi faut-il toujours être condamné par la dénonciation de jeunes avec lesquels tu n’as pratiquement eu aucun rapport sexuel (un attouchement) alors que ceux avec lesquels tu as vécu une véritable relation, de très bons moments, eux, ne parlent jamais.  De quel droit une tierce personne peut-elle porter plainte concernant la sexualité ?  De quoi se mêle-t-elle ?  Seul, le jeune devrait avoir le droit de décider s’il a besoin d’être protégé et comment.    

Si j’ai allumé le petit à des choses qu’il ne voulait pas encore vivre, je le regrette, mais je ne crois sincèrement que ce ne fut pas le cas. Tous les êtres humains croient que s’ils donnent beaucoup, ils ont droit à une certaine reconnaissance en échange.  Et tu as le droit de payer en nature.  Tous les parents rêvent de la reconnaissance de leurs enfants, ce n’est pas sexuel, mais c’est du même ordre. 

Si les gens s’étaient mêlés de leurs affaires, il n’y aurait jamais eu de procès… Mathieu est même revenu chez-moi avant le verdict pour s’assurer que je n’étais pas en colère contre lui. 

Mais, paraît-il que la Couronne était financée par les Mormons… La mère n’aurait pas pu s’empêcher de se venger de son ex-mari, en s’en prenant à son ami…  Mathieu était venu avec moi, parce que je lui avais promis de l’amener s’il réussissait à l’école. Il avait travaillé pour se mériter ce voyage. 

Le premier jour de notre voyage à Montréal avec Mathieu, celui-ci fut malade.  Nous avons dû quitter le parc d’attractions et nous nous sommes rendu chez-moi.  Je voulais qu’il prenne un bain froid parce qu’il faisait légèrement de la fièvre.   Il s’y opposait et refusait de prendre des médicaments.  Devant cette situation, persuadé qu’il fallait le déstresser, je l’ai avec son consentement, massé puisque j’avais pris des cours de massage et qu’un bon massage est excellent pour relaxer, décompresser.  Je ne vois rien de mal à soigner quelqu’un en le massant, même si dans le massage suédois, on masse aussi les fesses et qu’on peut accidentellement toucher le bord du scrotum en massant le haut intérieur des cuisses.  On tire aussi les orteils en l’exécutant.  D’ailleurs, ce fut si efficace que Mathieu a décidé qu’on retournait immédiatement à la Ronde.  

Mon procès a été à l’image de cette anecdote : le procureur de la Couronne a présenté 52 photos de jeunes, tous bien habillés, y compris Mathieu.  Un seul garçon est nu.  C’est mon fils a 27 ans qui avait décidé d’avoir une photo de lui en tenue d’Adam, car il allait se marier et cette photo sera pour lui le symbole de ce changement de vie.  Une drôle d’idée, mais je n’y voyais rien de mal.  J’étais le seul en qui il avait assez confiance pour exprimer ce désir, sans être gêné. 
          

Le procureur de la Couronne, la Charogne, (plus ils peuvent te salir, plus ils le font) essaie de convaincre le juge que je suis un pervers puisque je prends autant de photos de garçons.  Or, ce sont presque tous des photos des membres de ma famille ou de mes étudiants.  Si j’avais eu autant de photos de femmes aurais-je passé pour un coureur de jupons ?  

Quand une société décide de te condamner tout sert à t’accuser, les contraires peuvent même soutenir deux versions radicalement différentes, mais elles ont le pouvoir de t’inculper.  C’est tout ce qui compte.  Les journalistes servent à semer le doute. Le curé Laurencelle disait que j’étais une Volkswagen avec un moteur de Cadillac.  J’ai toujours eu les doigts pétillant de curiosité.  Et après ?           

                                      
 *  *  * 

Le 14 septembre 2001, je n’ai jamais eu aussi honte d’être Québécois : un jury a donné raison à un père de famille qui a battu un pédophile.  Tous ces bons chrétiens devraient savoir qu’ils venaient de donner raison à la pègre (qui emploie cette tactique en prison).  En prison, la pègre fait le sale travail que les policiers n’ont pas le droit de faire en public.  Aussi, les sentences des Comités de la mafia en prison auront la sanction du peuple comme disait l’avocat de la Couronne. 

C’est pour cela que parfois j’ai honte d’être un humain.  Nous vivons dans une société catholique qui divinise la violence et l’intolérance.  L’homme est un grand chimpanzé malade.  Même en prison, l’État est responsable de la santé physique et mentale de ses prisonniers.    La tolérance à la violence doit être un zéro absolu, même en prison.   

*   * 

Mon incarcération tenait-elle à mon passé felquiste plus qu’à ma pédérastie?  En- dedans, je n’ai jamais autant entendu parler de politique.  Quand tu te fais coincer dans un tel coup monté, tu ne sais pas exactement qui blâmer.    
                           
*  *  *  *

Politiquement, j’en étais venu, à cause du référendum en 1995, à croire que tous les partis politiques francophones sont une seule et même chose, sauf, que chacun part d’un point de vue différent.  J’étais insulté que l’on ne se serve pas de tout ce que nous avions à notre disposition pour gagner le dernier référendum.  On aurait dit qu’on voulait perdre.      

La différence entre le légal et la mafia est ténue, comme me l’apprit mon père. Pour moi, tous ceux qui exploitent le peuple légalement ou non sont ce que j’appelle la mafia légale.  Ils ne pensent pas au bien du peuple, mais au profit retiré en faisant semblant de l’aider.  J’étais écœuré que le fédéral puisse se permettre de transgresser toutes les lois du Québec pour gagner…     

Mon seul crime est d’avoir connu tous les penseurs et dirigeants du FLQ et, dans un moment de paranoïa collective, d’avoir été dénoncé comme supposément le chef d’une cellule d’information du FLQ, mais il n’y a jamais eu de FLQ dans l’Estrie selon Paul Rose.  On m’a dit depuis que les bombes qu’on retrouvait à Sherbrooke étaient posées par des agents de la GRC.        

J’étais jeune, engagé et peut-être même un peu écervelé.  Ma révolution a toujours été la liberté sexuelle, la non-violence et de trouver des plans pour améliorer la vie des gens de mon pays.  W. Reich appellerait ça : une compensation sociale.  Un moyen de me faire pardonner d’être pédéraste.  Eh oui ! Ce fut vrai quand j’étais jeune, j’étais encore assez nono pour croire ce qu’on nous enseignait.  Cet enseignement était en contradiction parfaite avec ma petite nature, comme le disait si bien Madame Gosselin, une femme de Québec, que j’ai adorée pour sa compréhension et sa tolérance.  Elle était une vraie chrétienne.    

De plus, je ne croyais pas dans la culpabilité de Pierre Vallières considéré comme le chef du FLQ.  L’injustice m’a toujours répugné. 

J’ai voulu, dès 14 ans, devenir écrivain dans le but de dénoncer l’exécution de Mandrin, un bandit français à la sauce de Robin Hood.  Le film sur sa vie m’avait bouleversé.  Ma petite âme criait déjà justice.          

Avant ma deuxième remise en cellule en 1998 ou 1999 quand la Cour d’appel a confirmé ma culpabilité (on a étudié que l’aspect technique du procès) je manifestais à nouveau chez les Anglophones de Montréal avec une pancarte se lisant : « La partition veut dire guerre civile : est-ce que vous voulez ?  Nous. Non. » J’étais convaincu de combattre ainsi un plan fédéraste, visant à créer une guerre civile au Québec, ou du moins, d’en entretenir la peur pour détruire le rêve d’un Québec indépendant.  Je souffrais d’avance de la possibilité que des jeunes soient tués dans une telle guerre.  Pour une langue ou pas… j’étais contre … mon fils aîné vit en Ontario.  J’aime trop les jeunes pour accepter leur mort dans un geste politique…

*  *  *  *     

Ma position linguistique est claire.  On ne me fera pas croire qu’un Anglophone dans un Québec francophone est un misérable.  Le Canada est un pays anglais.  Si un Anglophone du Québec ne veut pas accepter le fait français, il peut aller vivre au Canada.  Il sera nettement noyé dans l’anglophonie.  Par contre, s’il aime le Québec, s’il s’y assimile en participant à son évolution, il sera très heureux.  Il suffit pour jouir de notre culture de ne pas être arrogant et aveuglé par le colonialisme anglophone que l’on retrouve chez les leaders anglophones de Montréal.        

Certains immigrants arrivent ici en croyant pouvoir tout nous montrer parce que nous n’avons pas leur expérience de la souffrance et de la guerre.  Si nous les remettons à leur place, nous passons pour des xénophobes.  C’est à eux de s’adapter au Québec, et non, au Québec de s’adapter à eux.   Quand tu sais vivre, tu respectes les qualités et les défauts de tes hôtes.  Ça n’empêche pas de donner des conseils.       

L’obsession anglophone nous coûte très cher parce que nous ne sommes pas maîtres de notre destinée à cause d’eux.  Le pire puisqu’ils partagent nos vies, ils paient le prix de cette bêtise comme nous, car ils paient aussi taxes et impôts en double.

Si le Québec n’avait pas toujours peur de perdre son identité, sa population serait très vite parfaitement bilingue sur un plan individuel ; mais on sait que le but des WASP est de faire disparaître les minorités culturelles au Canada et de pouvoir ainsi angliciser plus tard le Québec.  Question de mathématiques : quand t’es devenu le plus nombreux, tu es la majorité.  Pas difficile à comprendre.  C’est pourquoi on veut nous noyer dans une immigration qui ne soit pas francophone.      

Pire, avec ce qui se passe dans le monde, il faut aussi craindre, sans être malade, que l’immigration serve à permettre aux radicaux religieux de prendre le contrôle de l’Occident.  C’est aussi pourquoi les religions doivent disparaître puisqu’elles sont devenues des pouvoirs économiques et politiques plutôt que de s’en tenir à leur vocation spirituelle.    

Par contre, les Francophones se doivent aussi de chercher à être profondément humain dans le choix linguistique du Québec.  Un humain est un humain.  C’est une réalité fondamentale.  À partir de cette base, il n’y a plus de restrictions.  Il faut lui assurer son bien-être comme à tous les citoyens.  Cependant, nous n’avons pas à supporter leurs anciennes haines.  Si tu es devenu Québécois, sois fier de tes racines, essaie même de nous en faire profiter, en les partageant avec nous.  Au Québec, il est une autre valeur non-négociable : nous sommes strictement non-violents.  Nous ne voulons rien savoir des luttes ethniques, religieuses et racistes qui ont cours ailleurs parce que nous reconnaissons l’égalité entre tous les humains.          

Un immigrant doit avoir assez de respect pour comprendre la majorité nationale qui l’accueille.  Je n’ai rien contre les immigrants, bien au contraire, j’en ai adopté deux.  Par contre, je reconnais qu’en votant contre l’indépendance du Québec, les immigrants m’empêchent d’avoir le pays que je veux, ils me forcent à payer plus d’impôts (eux aussi par la même occasion) sans pouvoir décider de ce que nous faisons avec ; donc, ainsi ils ne me respectent pas.  Si quelqu’un vient chez moi, cela ne lui donne pas la permission de défoncer mon frigidaire.  Et, si je lui en passe la remarque, je ne suis pas un raciste puisque c’est lui qui est mal élevé.

En sortant de prison, persuadé, malgré tout , d’avoir travaillé à éviter une guerre civile au Québec, en combattant la partition, un immigrant chez qui nous étions allés acheter des billets d’avion pour permettre à un de ses concitoyens d’aller mourir dans son pays, gueulait en affirmant qu’il mettrait tous les séparatistes en prison.  Nous nous sommes engueulés, car il est notre invité et il n’a pas à nous cracher dessus.  Il se fait de l’argent en nous vendant ses billets.  Ma conclusion : Le Canada est anglais… Le Québec est français.  Si cet immigrant n’aime pas le français, il n’a qu’à choisir de s’installer au Canada.  Ce n’est pas moi qui suis l’immigrant.  Le Canada est assez vaste pour recevoir tous les immigrants qui refusent de s’intégrer au fait français au Québec.  Ils seront même plus heureux dans un pays qui correspond à leur désir et leur ressemble.  Pourquoi sont-ils plus fanatiques quant à la langue que les Anglais du Québec ?        

Ceux qui demeurent parmi nous, par contre, doivent être reconnus exactement comme nos égaux.  Comme tous les humains de la terre. La qualité de vie n’a pas de langue ou de religion. 

 Au Québec, il ne doit pas y avoir des français, des anglais, des chinois, mais des QuébécoisQuant à la religion, c’est une affaire personnelle, comme la sexualité, elle est à la base de la vie privée. . 

Tu vies ta religion dans ta demeure ou tu te rends dans ton lieu de culte pour la vivre socialement.   Autrement, nous vivons dans un état strictement laïc.  La religion et l’état doivent être complètement séparés.  L’état civil doit avoir préséance sur toutes les manifestations extérieures religieuses.  Les religions doivent respecter cette règle de vie.  Leurs rites ne doivent pas se confronter à nos habitudes de vie et à nos lois.   Aucune mutilation ne doit être tolérée pour des raisons religieuses.    

On n’a pas à forcer ou chercher à influencer les autres parce que les religions veulent faire valoir qu’elles ont raison ou qu’elles possèdent la vérité, en le prouvant par le nombre des fidèles.  Par contre, on se doit d’être ouvert d’esprit.  Il y a une différence entre un voile, porter un petit crucifix et une burkaCette dernière est une offense pour les femmes.      

Dans mes manifestations, je dénonçais le plan B des Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Roch qui voulaient organiser un prétendu soulèvement québécois comme en 1970 afin de rétablir la loi des mesures de guerre et en finir avec le Parti Québécois et le Bloc Québécois, en déclarant illégaux tous les mauvais séparatistes. 

La partition garantissait l’existence d’îlots fédérastes à l’intérieur d’un Québec indépendant.  Un bon moyen pour que tout le monde se cogne dessus…    
*   *

Tout ça a abouti à la loi sur la clarté, loi qui passait aux Communes pendant que j’étais à Bordeaux. Beach (c’est ainsi que j’appelais la prison) un bien drôle de hasard.  N’est-ce pas?    
J’avais peut-être hâté mon incarcération, en envoyant mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie, à l’époux de la gouverneur générale du Canada, puisqu’il est prétendument un philosophe.  Quelques jours plus tard, la police de Val-d’Or exigeait par hasard mon arrestation… C’était devenu une urgence alors que pendant mon procès, qui a duré pratiquement une année ou deux ans, j’étais libre. J’ai envoyé ce texte parce que je voulais savoir à qui plaisait tant mon arrestation.  Je voulais savoir si c’était politique et j’eus vite ma réponse.

On me disait que des souverainistes étaient fâchés parce qu’en étant arrêté pour une infraction sexuelle, j’étais dorénavant un fardeau pour la cause.  D’autres prétendaient que c’était un coup monté pour me fermer la gueule.  

C’était à mon avis, un geste dicté par OTTAWA, même si ça plaisait à certaines moumounes souverainistes (ça existe puisqu’il y a des souverainistes de droite) qui ne font pas la différence entre la vie privée et la vie politique.

Un an après ma sortie de prison, la police de Val-d’Or faisait des pieds et des mains pour que je sois une année supplémentaire sous surveillance stricte, grâce à la probation. Si ce n’est pas du harcèlement, je me demande ce que c’est.  Cinq ans plus tard, on me poursuit encore, en m’empêchant de travailler ou de faire du bénévolat.  Cela me rappelle le titre d’un livre qu’on m’a fait connaître en prison : CONSPIRATION, je crois.           

Il s’agit de l’histoire d’un journaliste de Radio-Canada qui a passé, malgré son innocence, de nombreuses années en prison parce qu’il refusait de jouer le jeu de la CIA, soit entre autre, infiltrer le FLQ.  On m’a dit depuis que je ne retournerais pas en prison ; que je ne serais pas un second Mandela mais que je serai tué avant, si je continue à me battre.  Paranoïa ?  Schizophrénie d’un individu qui essayait de m’embarquer dans sa bulle ?  Je ne sais pas, sauf que ça fait chier !     

Entre ma première visite en prison où j’ai écrit un texte se voulant être une Constitution pour le Québec indépendant ou du moins ma vision de ce qui devrait gérer notre nouveau pays, le fédéral a réussi à m’éliminer d’un programme scolaire Sprint qui avait pour but de me recycler et ainsi gagner ma vie.  Avec ce programme, qui était accepté, j’avais le droit d’emprunter jusqu’à 25,000 $ pour apprendre à travailler sur les ordinateurs.  On a prétendu, après m’avoir accepté, qu’il s’agissait d’une erreur économique.           
 Pire, le fédéral a gelé les 12.75 $ qui me restaient dans mon compte de la Caisse populaire d’Outremont., sous prétexte que je n’avais pas payé mes impôts fédéraux.  Aux élections, j’avais obtenu des reçus du Bloc québécois pour lequel j’avais travaillé.  Cette année-là, le fédéral avait accepté mon rapport, mais le fisc fédéral a décidé une année ou deux plus tard que les papiers fournis ne suffisaient plus.  Ils m’ont redemandé 600$.  Quand tu dois déménager deux fois, dont une, morceau par morceau, en autobus de la ville, parce que tu n’es pas assez riche pour faire autrement, 600$ c’est une somme astronomique.         

Va donc retrouver les copies des papiers exigés que tu leur as déjà fait parvenir, c’est commandé un miracle. C’est ainsi que j’ai réalisé que la mafia légale existait au sein du gouvernement fédéral.  La mafia légale, c’est l’exploitation des pauvres … C’est ramasser de plus en plus de taxes et d’impôts, tout en fournissant de moins en moins de services à la population.     

Tous les avocats qui m’ont défendu et qui s’apprêtaient à gagner ont soudainement lâché : l’un pour une cure de désintoxication ; l’autre, parce qu’elle était tellement écœurée du système de justice qu’elle a décidé de se recycler dans l’enseignement, en partant pour les États-Unis où son mari venait d’être muté.

En plus de m’être endetté au maximum, faute de ne pas trouver un emploi payant, pour me réintégrer dans la société, j’ai perdu en appel car on a regardé que le côté technique de mon procès.   

Ma culpabilité a été confirmée par trois femmes juges, m’a-t-on dit, qui ont décidé de ne pas tenir compte et mettre en doute le témoignage de mon jeune accusateur, mais de baser leur verdict sur les seuls éléments techniques du procès.  Toutes les contradictions dans la déposition du jeune sont demeurées lettres mortes, même si mon procès avait été une lutte entre le juge et mon avocat qui refusait d’établir la vérité (probablement proportionnelle à ce que je pouvais payer).   

Le juge lui a même demandé d’amener un élément, seulement un élément, pour créer un doute raisonnable, mais mon avocat s’en tenait à des stupidités.  Quand il questionna Mathieu, non seulement ça n’en finissait plus, mais c’était tellement hors d’ordre et plate que j’ai moi-même failli m’endormir pendant mon propre procès.

À la fin de mon procès, mon avocat m’a aussi avisé que je pouvais porter plainte contre lui et exiger un nouveau procès, parce qu’il avait été poche comme s’il avait voulu que je sois enfermé, mais j’ai refusé.  Je ne voulais pas me sortir du trou en abaissant un autre.           

Je n’ai jamais dit que je ne n’avais pas touché Mathieu.  Je n’ai jamais témoigné. 

Le seul temps où j’ai parlé de mes déboires est venu bien après. D’ailleurs, tant que les gens croiront que la pédophilie est la fin du monde, il est normal de faire quelques mois de prison.  C’est la punition pour avoir désobéi. C’est normal, c’est un geste qui va à l’encontre des vœux de la très grande majorité; mais devoir subir de l’ostracisme, être sujet de recherche jusque dans tes langes de la naissance à la mort, c’est que ta société est devenue une société fasciste, digne de la Gestapo ou de l’Inquisition.

J’ai perdu un peu la tête, je voyais des complots partout : mon fils Rouhed s’était suicidé, mon ami Marc en avait fait autant parce qu’on l’accusait d’être pédéraste et le jeune punk qui vivait avec moi passait son temps en prison pour des conneries.   Je ne savais pas qu’il consommait des drogues dures en plus de ne pas prendre ses pilules pour la schizophrénie. 

Quand ça arrivait, il me battait quand il rentrait à la maison.  Ces événements arrivaient toujours, comme par hasard, pendant des périodes électorales.  Ou ça se produisait dès que j’écrivais un texte de dénonciation et que j’arrivais à le rendre public.  J’y voyais une autre étape du fédéral dans la lutte contre l’indépendance du Québec.  Je ne voulais plus être la victime, mais je voulais toujours me tenir debout.

Spirale intraprojective

septembre 24, 2020

Spirale intraprojective  19

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 168 à 178)

*  *  *  
 
C’était important pour moi de ne rien savoir.  Je connaissais si peu le FLQ que La Tribune m’avait envoyé en reportage dans une commune à Ste-Anne-de-la-Rochelle.  Ce n’est que plusieurs années après, quand j’ai appris que la GRC avait incendié la grande, que j’ai réalisé m’être rendu dans le repère central felquiste sans même le savoir, ni même avoir l’intelligence de le deviner.  Je m’étais bien demandé pourquoi il y avait des affiches du FLQ, mais c’était normal dans une commune d’y trouver des affiches révolutionnaires.  Che Guevara trônait partout.      

**
En réalité, je suis un individu extrêmement peureux.  Je passe peut-être pour un brave, mais il y a une bonne part d’inconscience dans ce que j’ai vécu. 

Je déteste vivre paralysé par le défi à accomplir.  Ce n’est pas de la bravoure, c’est la nécessité d’agir pour réveiller un peu les gens.   

Une chose est certaine, je n’ai pas eu une vie ennuyante.  Mais, il y en a qui ont certainement eu une vie plus agitée que la mienne.  J’ai eu beaucoup de plaisir à vivre et je ne regretterai jamais d’avoir été pédéraste, car, la vie m’a donné raison : on est carrément hystérique au Québec dès qu’il est question de rapport sexuel avec des jeunes. (Avec Harper, c’est encore devenu plus fou)

Je suis persuadé que ma philosophie de la sexualité a aidé beaucoup plus de jeunes qu’elle leur a nui.  J’ai toujours vécu endetté à cause des jeunes que j’ai protégés, mais j’ai développé un sens de la solidarité qui est essentielle entre nous, si on veut un jour créer un pays.  Le cul sera-t-il, comme au temps de l’Église catholique, plus important que l’indépendance ?


*  *  *  *  *       
   
Bien évidemment, pour ma société, je demeure l’impudique des commandements de Dieu.  Une notion qui ne peut être que strictement à conation sexuelle, plus spécifiquement hétérosexuelle, disons même monogame: prendre le bien corporel qui ne t’appartient pas … il ne faut de sexe que dans le mariage…

Ce n’est pas de coucher avec la femme de l’autre qui est mauvais, qui est mal ; mais, la brisure psychologique que cet acte créé dans l’union familiale.  La déchirure intérieure d’être devenu le ou la second (e) dans l’âme de l’autre.  C’est un manque de responsabilité envers les être aimés, plus particulièrement, les enfants qui souffrent de la mésentente entre les parents.  Si personne, à part d’être jaloux, ne remet en question que chaque individu s’appartient, cette déchirure peut être soignée sans trop souffrir.  Si les individus changent, pourquoi les couples ne changeraient-ils pas ?  L’important, c’est que personne n’en souffre.            

*****

Un pays qui accepte la Charia comme les lois du pays prouve qu’il est profondément arriéré, comme les disciples de type mormon.  Tuer pour une question d’adultère prouve que les lois promulguées au nom d’Allah n’ont aucune connaissance de la liberté pour ne pas dire de la réalité de la race humaine.  C’est prendre Allah ou Dieu pour un imbécile.  Si Dieu ou Allah existe hors du temps, éternel, hors de l’espace, partout en étant tout, il ne peut pas être assez arriéré pour ne pas assumer la marche de l’homme vers l’intelligence et l’Amour. 

Ces lois étaient justifiables il y a des millénaires, mais elles ne doivent plus nous régir depuis qu’on sait comment les connaissances d’alors étaient fausses.  Accepter que l’homme est pécheur, ça veut dire accepter qu’il est limité, que le corps est impur … Marie-Madeleine n’a pas été lapidée et le petit Saint-Jean était le disciple bien-aimé… Et, dans le Coran on dit qu’Allah est d’une miséricorde infinie. Ça ne rime pas avec un visage de tortionnaire. Même Mahomet s’est choisi une petite fille de neuf ans.   

La faiblesse humaine n’est pas un mal.  C’est Dieu qui l’a voulue.  C’est Lucifer qui l’a refusée.  Quand on veut punir, au nom de qui le fait-on ?  De Dieu Allah ou de Lucifer ?  La vie sur terre est un parcours pour perfectionner sa capacité d’aimer, d’être en contact avec l’univers dans sa réalité spirituelle.  Ce contact est individuel.  Il est impossible sans la matière, sans le cerveau.  Plus tu es Amour pur, plus tu es parfait.  Comment être Amour, si tu ne sais pas te pardonner et pardonner aux autres ?  Ce n’est pas moi qui l’ai inventé, c’est le Coran qui nous rappelle du début à la fin qu’Allah est miséricordieux.  

*  *  *  *

Quant à mon engagement politique, je n’ai rien fait de terrible, sinon que j’ai agi souvent bien inconsciemment en fonction de ce que j’ai cru bon de faire pour le Québec.

Je suis devenu indépendantiste, après avoir été libéral, parce que je crois sincèrement que c’est le seul moyen pour le Québec d’enfin vivre sa personnalité de nation francophone, tolérante et innovatrice, sans être économiquement étouffé par le fédéral ou les USA.       

Confédération ou état associé au Canada, ce ne sont que des nuances.  La confédération ou l’indépendance absolue sont les seules réponses qui puissent apporter une solution à notre situation qui stagne depuis plus de 30 ans.         

Ne pas avoir le courage d’en finir avec le statut politique tient du masochisme et de l’ignorance.     

Tant que les Québécois n’auront pas l’intelligence d’admettre le colonialisme et l’aliénation du Canada envers l’Angleterre (la monarchie), à l’intérieur de la fédération canadienne actuelle, ils seront exploités, incapables de mener à bien leur projet de société.  Ils accepteront deux paliers de gouvernement pour leur vider les poches.       

Cependant, si l’idée d’une Confédération à l’européenne est retenue, le partenariat entre le Québec et le reste du Canada exigerait de part et d’autre de cesser de se voir comme des ennemis, mais d’être plutôt au service exclusif du peuple canadien, excluant toute forme de pénétration étrangère ou des États-Unis à l’intérieur de notre pays.  On pourrait à la rigueur songer à une Confédération de l’Amérique. Mais, une Confédération exige d’abord que le Québec soit un pays indépendant.  Qu’il soit capable de se faire respecter par les États-Unis, ce qui est de plus en plus difficile à cause de la religion et de l’obsession sexuelle américaine…        
 
Vouloir une Amérique unifiée, c’est refuser d’être vidés éventuellement par les Américains de notre culture et surtout de nos richesses naturelles ; car, on pourrait se protéger à travers une Constitution reconnue par tous.  Il ne s’agit pas d’être contre le peuple américain, mais refuser d’être exploité par eux, sous prétexte qu’on est des pays amis. 

Nous n’avons pas à accepter que notre économie repose nécessairement sur le pétrole ou le marché américain.  Comme disait, je ne sais plus qui, les années 2000 seront l’ère du Québec.         

Il faudra apprendre à aider les autres nations en leur fournissant les moyens de créer leur propre autonomie.  La démocratie et non la démocrassie est un des grands enjeux de notre avenir.  Rien ne sera possible tant que sur le plan mondial, on n’aura pas obtenu l’abolition absolue de la peine de mort et une lutte efficace à la violence.  La violence, étant essentielle à la bonne santé de l’économie, est une chose qu’on doit changer.  La mort provoquée de tout individu, qu’il est fait quoique ce soit, est un meurtre.  RIEN ne justifie la mise à mort d’un individu par les autres.  Encore moins, si c’est pour que celle-ci fasse sauver de l’argent.  Même les dix commandements de Moïse le disent clairement : tu ne tueras point.  Toute mise à mort, légale ou illégale, en temps de guerre ou de paix est un acte barbare, irresponsable et condamnable.  C’est un meurtre légal ou non.      

Le monde doit combattre autant la violence qu’il a combattu la sexualité, s’il veut survivre.  Un jour on comprendra que nos scrupules sexuels, notre ignorance, sont aussi dévastateurs que notre irresponsabilité face à la nature. 

*  *      

J’ai appris en prison à vivre seul dans le monde.   Je me sens utile dans la mesure où je communique mon expérience à ceux qui veulent bien la partager.  J’écris.  Cette expérience n’est ni pire, ni meilleure que celle des autres.  C’est le fruit des circonstances.          
Ma vie fut fort probablement inutile et sans importance pour l’avenir du Québec, même si j’ai été assez stupide pour croire un certain moment que j’étais important.  Être dans sa bulle nous fait perdre la perspective de la réalité et de son insignifiance personnelle quand il y a des milliards d’autres gens qui vivent la même chose différemment.  Que ce doit être sublime de pouvoir vivre toute ces consciences en même temps. 

 *   *  *  *

Aujourd’hui, le Québec est un des rares pays dans le monde où il est possible d’obtenir son indépendance par un referendum positif.  La démocratie est essentielle à l’indépendance, car même après, il faudra continuer de s’assurer qu’elle est toujours vivante. 

L’indépendance demeure une chose absolument nécessaire puisque le Canada refuse de plus en plus de reconnaître la culture québécoise.  Le français est en danger sans elle.       

Pour pouvoir se servir de la force, Ottawa devra inventer toutes sortes de scénarios afin de justifier son intervention contre le Québec.  L’abus de la loi contre le terrorisme peut servir à mettre au pas les irréductibles « guerriers pacifiques» de l’indépendance du Québec.  Le plan B se poursuivra-t-il ?  Si c’est le cas, les fédérastes recommenceront à planter des bombes au Québec au nom des séparatistes pour justifier une intervention militaire.

Actuellement, dans mon travail, je n’ai pas encore à reprendre ma pancarte 

« Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.» pour combattre un autre Ronald Federated Graphics, comme au temps de la loi 22 ; mais, je dois au risque de perdre mon emploi corriger des fautes de français inexcusables… des « disez » pour des « dites », car les ordres sont clairs : on peut être congédié sur le champ si on ne répète pas le mot à mot du texte qu’on nous demande de lire, avec ou sans faute. C.est complètement idiot , mais c’est ainsi dans le marketing.. 

Et, les traducteurs de Toronto sont pourris.  Malgré les ordres écrits, je le fais quand même et j’ai toujours mon emploi quoiqu’on me refuse toutes les augmentations de salaires.  Sondeur est un emploi que j’ai fini par aimer.  J’aime l’atmosphère détendue…          

Je regrette seulement de ne pas contribuer à rendre mes sondages plus efficaces en utilisant une meilleure syntaxe, un meilleur français.  Je considère ces fautes de français comme totalement irrespectueuses des gens que je questionne.  Les Canadiens de l’Ouest méprisent les Québécois, sauf dans les manifestations référendaires pour nous arracher un « non » à l’idée d’avoir un pays qui soit le nôtre. 

Pire, il est difficile d’avoir régulièrement les mêmes heures de travail, car, les gens de Vancouver et des États-Unis refusent notre accent.  Ils prétendent ne pas comprendre notre anglais.  Ainsi, un immigrant anglophone sera mieux considéré parce que son accent passe mieux aux États-Unis.  Qu’est-ce qu’être bilingue au travail ?           

L’indépendance a atteint son creux.     

Je ne partage pas l’expertise d’un de mes amis.  Selon lui, l’anglicisation est sans retour et elle devrait être accélérée : les Québécois méritent d’être assimilés d’un coup parce qu’ils n’ont pas assez de couilles et manque de fierté pour leur langue. Ils sont trop mous pour exiger que le Québec soit un pays francophone.

Les Anglophones du Québec, comme disait Raoul Roy, ne sont pas une minorité tant que nous serons Canadiens, mais une partie intégrante de la majorité canadienne.

La défusion municipale à Montréal est le plan B nommé différemment.  Les Anglophones et les libéraux ont-ils pris avec le contrôle de Montréal ?   Doit-on laisser une chance à Gérald Tremblay ?  Ne dit-il pas qu’il veut créer un Montréal tolérant et agréable à vivre ? 

Les Québécois de toutes les origines doivent apprendre qu’il est plus profitable à tous d’être Québécois, solidaires entre nous, que de continuer à se diviser et se laisser voler par Ottawa.       

À la télévision, il est anormal de ne pas pouvoir prendre plus de chaînes françaises à un prix abordable.  Il devrait y avoir plus de stations françaises qu’anglaises au Québec puisque les francophones sont majoritaires.  Il est aussi anormal que les films soient d’abord présentés en anglais, même s’ils viennent des États-Unis.      

Il fut un temps où le gouvernement du Québec essayait au moins de garder le caractère francophone de nos petits écrans et la main haute sur les communications.  Un gouvernement qui se dit souverainiste et ne s’occupe pas du français et de sa qualité en terre québécoise n’est qu’une fumisterie.  Un ciel imaginaire comme la THÉRÈSA.           

Depuis il y a illico franco.  Tous les francophones de Montréal devraient se faire un devoir de franciser leur programmation.  Les soaps américains sont en train de laver les cerveaux de l’audience et créer chez nous une américanisation de nos valeurs.    

Le bilinguisme, même le trilinguisme, la connaissance de l’espagnol, sur un plan individuel, doit demeurer un acquis pour l’individu, une richesse ; mais sur le plan de l’espace, du pays, le Québec doit être fondamentalement et exclusivement francophone.

Les minorités doivent être respectées ne serait-ce que sur un plan strictement humain.  Traiter l’autre comme on veut être traité.  Par contre, les immigrants doivent se conformer et respecter la culture de la majorité.  Si tu viens vivre dans un pays francophone, tu dois, si tu les respectes le moindrement apprendre la langue du pays qui t’accueille.  L’immigration est vitale pour la survie du Québec.  Le Québec devrait avoir l’exclusivité des pouvoirs en matière d’immigration pour le Québec.  Ottawa a des intérêts anglophones et non francophones.

Le fédéral doit totalement être écarté des communications au Québec.  Le fédéral se sert de notre argent pour nous laver le cerveau avec sa propagande et dès que le Québec essaie de faire un peu comme lui, le fédéral crie comme un cochon qu’on égorge…

Si le Québec veut faire son indépendance, tout est à recommencer, sauf la violence, bien évidemment… on la laisse à la GRC ou aux services secrets fédéraux, des spécialistes dans le domaine. 

Il faut aussi insister sur la nécessité d’une immigration française et une police essentiellement québécoise.  Aucun immigrant ne devrait pouvoir s’installer au Québec, sans connaître le français, avant son arrivée.  

À son arrivée, l’immigrant devrait faire le serment de respecter la langue et les valeurs du Québec.  Le Québec est français et le Canada est anglais ; c’est facile pour un immigrant de décider où s’installer au Canada.  Il a le choix entre les deux langues et les deux cultures.

Quant à la police, pour la sécurité des Québécois , pour éviter les bombes comme celle de l’agent Samson de la GRC ou le feu des granges, le vol des listes des partis politiques, il faudrait une police strictement, exclusivement québécoise.  Dès l’indépendance ratifiée, une des premières choses est de signaler à GRC qu’elle est non grata au Québec.      

Il faut aussi remettre à date toutes les preuves de la nécessité économique et financière de l’indépendance.

*  *      

Personnellement, mon rôle est d’essayer d’être un bon écrivain puisqu’on me refuse d’être journaliste ou professeur.  Mais comment le devenir quand tu es sans le sou ?  Aucun éditeur ne veut de moi car ils sont tous à genoux devant ceux qui nous dirigent.  Je ne suis pas assez riche pour m’auto-publier.           

Dois-je continuer de regarder passer le train ?  

Ne plus enseigner (je l’ai fait 15 ans) et plus être journaliste (je l’ai aussi été 15 ans) fait partie de ma malédiction, comme d’être expulsé des associations d’auteur(es) et ne plus exister sur les tablettes des bibliothèques publiques, car le système veut que je sois oublié.   

Je suis un bon citoyen tant que je ne bouge pas et que je me la ferme
. Les indépendantistes radicaux sont dangereux pour Ottawa.  Les pacifistes devront-ils devenir des terroristes parce que dans le système on écoute que la violence ?  Ou est-ce parce que je suis pédéraste ?         

L’encadrement policier que l’on me sert hypocritement avec le Séfranc (concours de français pour pouvoir enseigner) est aussi dégueulasse. On m’a aussi refusé quand j’ai demandé d’être bénévole pour accompagner des adultes aveugles.  On m’a aussi dit non dans une autre organisation pour distribuer des «hot dog» la nuit aux démunis parce qu’étant pédéraste, je pourrais rencontrer un jeune.              

Le système n’a pas besoin de gens pour aider gratuitement si cet aide peut tourner en soulagement d’une prostate, rêvant d’éjaculation précoce.  Foucault disait dans son étude sur les prisons, que l’on devrait aussi tenir compte du coût de la punition créée dans le tissu social.  Une société a-t-elle le droit d’empêcher un individu de se réadapter parce qu’on craint pour la décence possible ou hypothétique de quelques individus qui pourraient être rencontrés, surtout s’il n’y a pas de violence ?  Malgré le suicide des jeunes garçons pour des raisons d’identification sexuelle, on continue de promulguer des lois fixant un âge de consentement comme si on ne se suicidait jamais parce qu’on se sent différent avant 16 ans ? Tu découvres souvent que tu es gai vers 10 ans.       

*  *  *  * *

 La sécurité sexuelle des jeunes est une véritable phobie, pour ne pas dire folie.  Qu’un jeune crève de faim ou de froid dans la rue, ça n’a pas d’importance pourvu qu’il soit vierge … un adulte aveugle ne pourrait pas se défendre autant qu’un voyant contre un mauvais abuseur sexuel ?  Un aveugle peut très bien te reconnaître même s’il ne t’a jamais vu et se défendre.  Je ne savais pas qu’il n’y a que des aveugles d’âge mineur. C’est aussi stupide que ça.  Le fruit d’une paranoïa collective.           

*  *

Même si je n’ai eu aucun contact sexuel depuis près de dix ans, j’aime les garçons de 14 à 17 ans.  C’est légal puisque l’âge de consentement est de 14 ans.  Je vis dans la légalité.  De toujours souffrir pour pouvoir le dire crée une névrose, une paranoïa.  Ça devient une obsession.  Ça revient sans cesse dans ta vie, comme si le fait d’avoir touché un jeune pénis te rendait plus dangereux que si tu avais le sida.  

J’ai hâte de m’être totalement débarrassé de cette folie, cette peur qui te porte à te mépriser, sans tenir compte de tes qualités.  Je crois être un bon gars, malgré ce petit goût qui fatigue les familles pédophiles, c’est-à-dire celles dont les parents sont obsédés par la vie sexuelle de leurs enfants.    Trop peu de sexe créé un envahissement, un trop grand besoin, pour l’ignorer.  C’est quand même moins pire que d’avoir une bonne psychose, être trop scrupuleux …comme une très bonne partie des féminounes qui me condamnent.          

*  *  *

Je ne comprends pas que la police qui se doit de respecter la loi ne respecte jamais l’âge de consentement. Elle inventera toutes sortes de choses pour contourner cette loi.  En matière sexuelle, à partir de 14 ans, il n’est plus question de mineurs.  En s’attaquant à la sollicitation, la police restreint ce droit à la pègre, qui a des territoires bien établis.  C’est à son image : très hypocrite.   L’âge de consentement a été contre toute intelligence changé AU CANADA POUR 16 ANS, comme si les jeunes n’avaient pas de sexualité avant cet âge.. Connaissance très minable de l’être humain. Fruit de l’hystérie collective féminoune.

*  *

Je trouve l’âge de consentement purement ridicule, anti-scientifique, mais c’est très payant pour les bandits légaux, les judiciaires, de faire croire que, sans violence, la découverte de la sexualité peut affecter la vie d’un individu, autrement que très positivement.  Cela permet à la pègre d’avoir le monopole de la sexualité.  Si tu es différent de la majorité, tu essaieras de te faire accepter dans des milieux différents.  On peut appeler ça la recherche de la « zone grise» 1984, l’amour est impossible en dehors de sa petite caste…          

Les hommes ont des sens et vouloir les supprimer (les péchés d’impureté) au nom d’une morale, c’est être mentalement à côté de la réalité.  Le besoin d’aimer, d’affection, de voir, de toucher, de se sentir utile aux autres est le besoin psychologique le plus fondamental de l’être humain.  On me l’interdit. On me refuse même le droit de pouvoir servir les autres, sous prétexte que je suis un danger. 

Je suis peut-être un névrosé, un obsédé, envahi par le désir sexuel, mais je crois fondamentalement dans la valeur de l’humain.  Je suis moins dangereux pour les jeunes que les gouvernements qui organisent des guerres et qui se servent d’enfants soldats. Je suis certainement moins pire que les policiers qui battent les jeunes délinquants comme ça se faisait, dans mon temps, à Val-d’Or.  On m’a dit que depuis mon départ, il y aurait eu un grand ménage dans la police de cette ville.  Il est essentiel dans une société démocratique que la police et les institutions pénales soient au-dessus de tous les soupçons.  Il ne doit pas exister de «zones grises». LA LOI DEVRAIT INTERDIRE TOUT CE QUI EST VIOLENT… VOLER , C’EST AUSSI VIOLENT.

*  * * 

Comme libre penseur, je suis pour le vivre et laisser vivre, tant qu’il n’y a pas de violence.  C’est fondamental.  Il faut pour cela accepter la différence et les limites de l’Autre.  C’est une frontière infranchissable si on respecte la liberté.  Le jour où le monde acceptera que la sexualité est bonne, il n’y aura plus de honte et de culpabilité.  Les femmes n’auront plus à se faire plus jolies pour être mieux achetées ou vendues par la famille… le mariage ne sera plus un commerce légal comme dans bien des civilisations où la femme est une denrée … mais ce sera dorénavant des histoires d’amour, des choix personnels.             

Il faudra un jour que les êtres humains soient assez importants pour que rien ne puisse égaler la valeur de la vie individuelle.   Il est anormal que pour certains, la vie d’un chien soit plus importante que celle d’un être humain — Remarquez que j’ai eu comme seule compagne durant quelques années, une petite chienne nommée Benji.  Faute d’avoir un lien avec les humains, il faut bien en garder un avec les vivants. –

En vérité, pour le système, je suis dans leur tête pire qu’un bandit et je suis même plus dangereux que les dictateurs.  Que ma passion soit un crime contre l’humanité, c’est de la pure bêtise.  On ne peut pas inventer mieux. Tomber en amour avec un petit gars, cela ne peut pas être mauvais pour lui, s’il est consentant, à moins que le milieu dans lequel il a été élevé le traumatise, le culpabilise avec ses condamnations ou ses remarques  

Si la sexualité était considérée comme bonne, comme cela devrait l’être, il pourrait en bénéficier à tous les points de vue.  Si la sexualité est vue positivement, on n’aura pas peur d’en parler et les parents pourront alors s’assurer que cette liaison ne soit pas néfaste au jeune.  Puisqu’on la condamne, il est plus difficile pour un jeune de reconnaître son identité sexuelle réelle et profonde.

S’il n’est pas comme les autres, il a honte de lui.  Ce n’est pas de jouer aux fesses, comme on dit chez nous, qui est mal, c’est de le condamner. Le jeune différent des autres est vite stigmatisé, même s’il n’est pas gai, mais qu’il est un peu efféminé.  C’est d’accepter le suicide des jeunes plutôt que de leur reconnaître très jeune, à leur vitesse, le droit à leur orientation sexuelle, car elle est l’essentiel dans l’identification du jeune par rapport à lui-même.  Connais-toi toi-même.          

Le système en ne faisant pas la nuance nécessaire entre des amours individuels et la prostitution organisée aide les mafiosos à pouvoir évoluer sans problème.  Pour avoir une police des mœurs, il faut une mafia des mœurs.  Sans violence, la sexualité est un droit individuel et un élément essentiel des lois sur la vie privée.  En Grèce antique, on parlait des plaisirs quand on parlait sexe.

Déjudiciariser la prostitution ou l’amour individuel élimine peut-être le contrôle voyeur de notre société, mais il permet ensuite de pouvoir s’attaquer au vrai problème de l’esclavage sexuel organisé et donc payant : le proxénétisme.  Cela permet de combattre le commerce des organes ou de faire d’un humain un esclave.

Qui en profite ?  Quelle pègre ou quel gouvernement ?  Il y a ceux qui ont le droit légal de s’enrichir sur le dos des humains, certaines de nos institutions légales et ceux qui essaient de faire pareil sans permission, la mafia.  Nous vivons tous à l’intérieur d’un contrat social.  Pourquoi faut-il payer pour permettre à un enfant d’être adopté, d’être sauvé de la misère, d’être enfin heureux et respecté ?  L’adoption devrait être gratuite (peut-être les frais d’une enquête de bonnes mœurs) et internationale en autant que ceux qui adoptent un enfant recherche le bonheur de cet enfant.  Ma conception dans mon Mémoire sur la liberté sexuelle est le début d’une réflexion sur le sujet.  Libérer la sexualité consentie, mais interdire toutes formes de violence, de domination, grâce au consentement mutuel.
 
Changer notre approche de la sexualité, c’est changer l’avenir de l’humanité.   

Ce livre, publié en 2001 est le début d’une longue réflexion écrite, une remise en question totale, profonde, sans artifice, ni secret de la pédérastie, comme la préparation pour la confession quand on était jeune. 

Le but est de percevoir tous les aspects du problème.  Évidemment, d’autres livres ont été écrits par la suite sur le même sujet comme approfondissement logique de cette réflexion. 

La conclusion est la tentative de créer une éthique qui tienne compte du point de vue de toutes les personnes touchées afin d’avoir une approche saine de la sexualité des garçons.

Spirale intraprojective 18

septembre 23, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 156 à 168)

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Ma famille, particulièrement mon père Émile Simoneau et ma mère Irène Gauthier Langlois furent des gens formidables.  Ils n’ont jamais admis mes goûts, mes amours avec de jeunes garçons ; mais ils ne m’ont jamais rejeté complètement.
 
Malgré ses 90 ans, ma mère a continué de m’aider quand je me suis ramassé dans la «merde».  Je n’ai jamais su lui dire jusqu’à quel point ils ont été précieux, malgré bien évidemment leurs petites faiblesses humaines.   

Mon père me croyait trop intelligent pour être pédéraste.  J’ai donc été la déception totale.  J’aimais les petits gars.  Nous avons renoué d’amitié et il est mort alors que nous pouvions commencer à vraiment nous parler, ce qui faisait trembler ma mère de peur.  Il fut mon guide politique alors que je croyais qu’il n’existait pas de communication entre nous.  Il avait un sens de l’humour que je n’avais pas encore compris, ce qui prouve bien que je suis moins intelligent qu’il le croyait.             

Quant à ma mère, elle a toujours su nous garder tous ensemble.  À 91 ans, elle était encore bénévole pour la Fondation Constance Langlois, à Magog. Constance était elle-même une naine.  Elle se rendait à leurs locaux, à toutes les semaines, même s’il y a plus de 20 milles (30 kilomètres) entre Magog et Barnston.  Maman chauffait sa propre voiture qu’elle appelait   » sa liberté ».   Il faut le faire … être ma tante Irène pour autant de gens…        

Cela me fait penser à ma barbe.  Je l’ai laissé pousser comme Castro, en signe de révolution.  Je savais que la CIA a déjà essayé d’éliminer la barbe de Castro, un symbole de révolution comme chez les Talibans aujourd’hui.  Je voulais manifester ma détermination pour un Québec libre et la liberté sexuelle en portant une barbe, un signe de désapprobation.  Malheureusement ou non, cette fameuse barbe est passée de la révolte au Père Noël.  J’aurais l’air bon, selon les petits.  Les jeunes ont des radars.

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Mes livres sur la pédérastie, comme mes conférences- partage sur la pédérastie dans les années 1980 avec le psychologue Alain Bouchard, à Montréal, ont toujours eu pour objectif de faire reconnaître ce droit à la liberté individuelle, mais aussi et surtout d’empêcher la violence dans la sexualité, car les pires ennemis de l’amour véritable sont la jalousie et la domination.      

Les féminounes n’arrivent pas à valoriser leur sexualité (d’où le besoin de tout center sur leur féminité) elles prônent donc la confession publique d’où leurs campagnes intensives de dénonciation, oubliant que ton intégralité, ton intimité exige le respect le plus absolu de la vie privée.  Personne n’a besoin de savoir si tu as été violé.  C’est une affaire personnelle. Si tu as tant besoin de le dire, il y a des professionnels pour ce faire. Tes histoires de cul ne sont pas là pour charmer les autres et te rendre intéressant.  

Ce qui se passe dans ton logement, encore moins dans ton caleçon, ne regarde personne.  Les confessions publiques ne servent qu’à instituer une façon de dénoncer toutes les formes de sexualité qui ne sont pas tolérées.  Par contre, toute personne devrait pouvoir affirmer son orientation sexuelle, si elle le trouve nécessaire, sans qu’elle soit privée de reconnaissance ou d’un travail.  C’est anormal que je ne puisse pas enseigner alors que j’ai une maîtrise et qu’on manque tellement de professeurs qu’on doive engager des gens sans diplômes. Je n’ai jamais agressé mes élèves.      

Pourquoi vouloir soigner un pédophile en l’écrasant par l’opinion publique?  C’est une déviance, on ne soigne pas un malade en dévalorisant le patient ou en le tuant publiquement, ce qui revient au même. On accuse les pédophiles d’être paranoïaques, mais qui ne le serait pas pour moins ?  Dire que tu es pédophile peut, de plus en plus, mettre ta vie en danger.  Les jeunes avec qui j’ai eu des rapports sexuels sont aujourd’hui mariés, ils ont des enfants et manifestent beaucoup de plaisir à me revoir. Je ne suis pas obligé de dire à leur épouse que je leur ai déjà mangé le moineau.  Dans de telles conditions, puis-je croire que je les ai traumatisés ?  Je suis loin, à leur avis, d’être un maniaque dangereux comme le système à avantage de le faire croire.

Cependant, la manie des autres de surveiller la sexualité du voisin est un véritable danger.  On défait la vie de milliers de personnes en projetant ses propres peurs sexuelles.  En autant que ces personnes demeurent vierges tout va très bien, madame la marquise… BANDE DE MALADES … Cesser de faire la guerre au lieu de l’amour … Cessez d’être jalouses de ne pas avoir eu autant de plaisirs que les jeunes.  Vous êtes les fuckées de l’avenir …  Une société de paranoïaques, une société qui rejette tout ce qui vient des autres.  Une société castrée.

Malgré cela, je suis bien conscient que cette façon d’agir n’est pas féminine en soi ; mais le fruit des millénaires d’esclavage macho.  Libéraux-nous des scrupuleux !   La peur du sexe chez les femmes tient du fait qu’on les a toujours méprisées.  Elles sont le produit des religions. Elles méritent mieux que ça.

Je suis un des rares fous à avoir accepté de défendre la pédérastie et la liberté sexuelle afin d’instaurer plus de clémence, de tolérance entre les humains.  Mais je crois de plus en plus que c’est une lutte perdue : on préfère la haine à l’amour.  Tuez-vous, mes frères !  Faites la guerre, subventionnez-la avec nos taxes et vos grosses bagnoles jusqu’à ce que la terre en crève.  Vous êtes le mal!  La sexualité est ce que Dieu a créé de plus beau, s’il a créé quelque chose.

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Les événements du WTC à New York viennent de prouver qu’il faut mettre fin à l’expansion de toutes les religions : l’Islam vise une domination mondiale comme les hébreux, comme le protestantisme, le capitalisme anglo-américain, ou le communisme.  C’est un affrontement inévitable.  Le fanatisme religieux est une maladie mentale. Une faiblesse dans nos émotions humaines.

Le fanatisme dans toutes les religions doit disparaître ou l’on doit se passer de religion car, le pire ennemi de l’homme, c’est la violence, son goût de domination.

*   *  *

La sexualité, y compris la génitalité, est noble, belle, saine, indispensable au développement intellectuel et spirituel de l’homme parce qu’elle comprend d’abord et avant tout une part d’émotion, de communication avec l’Autre.  Sans sexualité, la race humaine serait éteinte.  Quelle importance (sauf pour les personnes directement concernées) cela a-t-il d’être pédéraste, lesbienne ou hétéro pourvu que cet amour soit consenti et créateur, positif pour le développement des deux personnes concernées ?  

Il n’y a qu’une condition : la liberté des deux êtres qui participent à cette rencontre amoureuse.  Je ne suis pas malade, je sais exactement qui je suis même si je vis occasionnellement toutes les orientations sexuelles. Le sexe n’est pas un devoir, une obligation, mais un plaisir.

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J’ai sacralisé, dans mes livres, dans ma poésie, la pédérastie en faisant du Québec   «le petit gars adoré».  C’est une image qui signifie que je veux autant la libération du Québec que celle de la pédérastie. L’engagement est tellement profond dans les deux cas, ce sont mon âme et mon esprit, qui sont engagés.         

Pour moi, la pédérastie est devenue l’expression de la frontière entre l’oppression et l’hypocrisie.  Il s’agit du degré de tolérance que le Québec doit atteindre pour arriver à son indépendance. 

La prison m’a fait réaliser que le Québec a un rapport malsain, maladif avec la sexualité, à cause de la domination toujours existante quoique inconsciente de l’Église catholique qui se perpétue.  On exagère l’importance de la sexualité jusqu’à rendre la vie de certains invivable.

Le Québec ne pourra jamais avoir assez de couille et de personnalité pour revendiquer sa liberté, son indépendance, tant qu’il n’aura pas appris à découvrir la beauté de sa «différence».  Les Québécois ne pourront pas se réaliser tant qu’ils ne pourront pas penser par eux-mêmes et demeurer insensibles à ce que les autres veulent bien qu’ils pensent.  Ils doivent apprendre à devenir autonomes et solidaires, le contraire d’une société de « stools». 

Les femmes ont joué un rôle évident dans la perte des deux autres référendums. On se rappelle les Yvette.

Les féministes n’avaient pas encore appris à être elles-mêmes sans blâmer les hommes. Elles croyaient que ces derniers sont les principaux responsables de leur incapacité à s’accepter comme femmes dans une société de libres penseurs.  Elles n’admettaient pas que la sexualité est aussi belle chez la femme que chez l’homme.  Apprendre l’autonomie.

La fierté d’être femme n’exige pas d’être homophobe. La jalousie est la racine de l’homophobie.

Ce fut ma révolte, ma révolution, car très jeune, je fus comme bien des Québécois, révolté par l’obsession sexuelle répressive et hypocrite de l’Église catholique.  J’ai constaté depuis que toutes les croyances qui éliminent la liberté sexuelle sont aussi très hypocrites…   
              
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Je ne rejette pas tout l’enseignement de l’Église catholique pour autant…  Si elle nous a rendus fou avec ses péchés, elle nous a apporté ce goût du pays, de l’amour et de la charité.  Son apport : les valeurs de fraternité et d’amour que nous donnent les Évangiles.  Ces valeurs sont plus importantes que tout le reste.  La vérité fondamentale de cette philosophie de vie demeure un exercice quotidien dans la foi d’un avenir meilleur et dans l’Homme.  

La religion doit cesser d’être hypocrite, de nourrir ses contradictions, et admettre que la vie sexuelle n’a pas tant d’importance que cela, sauf que si tu en es privé et qu’elle devient une obsession. 

Avec le temps, la sexualité déviante entre dans l’ordre et s’y conforme.  L’important dans toutes les religions devrait être l’amour et la tolérance.  Dieu ne nous demande pas de devenir tous des saints.  Il nous incite à y aspirer, d’y cheminer.  La haine de son corps est diabolique.  Ce mépris nous étouffe.

Dieu n’était pas assez fou pour nous donner une sexualité afin de la proscrire ensuite.  Il a accepté notre évolution, le fait que nous soyons des êtres sexués qui doivent prendre conscience de leur réalité et de s’accepter comme tel.  Le plus grand cadeau de Dieu, c’est la liberté.  Le libre choix. La sexualité est le choix qui nous est accordé, grâce à l’évolution, de participer à la force majeure de l’univers.  Plus cette attraction, cet amour est concentré, plus elle permet de choisir le partenaire (la valeur) qui permettra de grandir et de vivre.  Un animal n’est pas libre, car il est esclave de son instinct sexuel de reproduction.  Cependant, certains animaux se comportent mieux que certains humains, de façon plus responsable. L’animal n’est pas assez fou pour s’imaginer qu’une des plus grande force de la nature en lui est mauvaise.     

Loin de voir du mal dans la sexualité, j’y trouve une raison fondamentale d’apprécier Dieu, de le remercier de nous avoir créés libres.  Toutes nos religions nient ce pouvoir de Dieu : de nous avoir fait libres.  Plutôt que nous apprendre à être reconnaissants, avec tous ces prétendus livres saints qui condamnent la sexualité, nous craignons et maudissons Dieu de nous avoir donné la liberté d’aimer et de choisir qui nous aimons.  Je suis heureux de ne pas être né parfait.

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 Sur un autre plan, même si j’ai approuvé les buts du FLQ — l’indépendance du Québec et le respect des travailleurs — je ne suis pas un terroriste.  Je suis viscéralement contre la violence ; mais je suis prêt à me sacrifier pour l’indépendance.  Le problème est que si nous votions pour l’indépendance, le risque de violence viendrait du Canada ou des États-Unis.            

La non-violence, l’autonomie et la démocratie sont la véritable révolution.  

La violence est créée et sert ceux qui nous oppriment.  Ils créent des guerres pour pouvoir vendre leurs armes ou mettre la main sur les richesses naturelles d’autres pays.  Je n’ai pas à coller de noms aux bandits à cravates, les mafiosos véritables, qui dirigent nos super-nations.  Ça ne me regarde pas, mais ce sont les ennemis de la liberté.  Je ne suis pas un moraliste, mais un individu qui s’oppose à ce que la morale soit engendrée par la bourgeoisie et soit à son service.  

Je prône la morale individuelle comme le faisait Léo Ferré.  Une morale responsable.  Ce qui est bon pour moi, ne l’est pas nécessairement pour les autres.  La morale est une science de l’agir complètement individuelle, une prise de conscience toujours en évolution.  La seule limite de la liberté individuelle est la non-violence et le respect réciproque de l’autre.    

*  *

Il y en avait qui pensaient que je pouvais valoir 10,000$.

Les « pères» du système sont exactement ceux qui donnent naissance aux «sales» de ce monde binaire. (La prison t’amène à déparler, divaguer. c’est un exemple flagrant)   Il faut un diable pour avoir un bon Dieu.  Je n’ai aucun nom à distribuer et ça ne m’intéresse pas.  Ils auraient dû savoir que même mort je suis extrêmement pauvre.          

On m’a dit que si j’avais 10,000 $, je ne ferais pas une seconde de prison, mais sans cet argent, je devais oublier ma liberté.  

Certains me croyaient très riche, étant donné l’effroyable secret que je devais porter et que j’ignore encore ainsi que la montagne d’argent que je devais faire comme professeur de français. 

Tu travailles 35 heures à l’école et en classe, mais tu passes tes soirées et tes fins de semaine à corriger.  Tu reçois de toute évidence un salaire inférieur à ce que touche un joueur de hockey.  Taper sur une rondelle est bien plus important que d’instruire nos jeunes puisqu’un joueur de hockey gagne (rapporte) mille fois plus qu’un professeur.  Quelle justice !  Ce phénomène prouve à lui seul que nos sociétés, en ne vivant que pour le profit, sont profondément malades.     

Mais, il faut des sports pour hypnotiser les gens et faire oublier aux jeunes le sexe et ses misères…           

On a cru que j’étais très riche parce que je prenais beaucoup d’assurances. On ne savait pas que ces assurances ne valaient rien de mon vivant, quoiqu’elles m’aient permis de soigner mon épaule sans m’endetter.   

Quant à mes écrits, ça me coûte une fortune pour être publié et ça ne rapporte rien.  Je reçois entre 0 et 0.42$ du Québec et environ 300 à 1,200 $ du fédéral chaque année.  C’est dégueulasse, mais c’est ainsi … Publier un livre, dire ce que je veux, me coûterait au minimum 3,000$.  Un autre bon moyen pour me fermer la gueule.  On dirait que l’on ne me pardonne pas de comprendre que le Bien et le Mal sont une seule et même chose. Tout ce qui change c’est le point de vue, un point de départ ou un angle différent. 

*  *  *  *

Il est très important pour le système d’avoir des jeunes rendus mongols par la drogue et les sports.  Cela permet de faire oublier dans le jeu ou dans les films que le deux-tiers de la population de la terre crève de faim, que tous les petits garçons sont un merveilleux pénis qu’ils ne doivent pas toucher et qu’en Chine on y voue un tel hommage que l’on essaie de se débarrasser des filles. 

La conscience sociale est ce qu’il y a de plus dangereux pour ceux qui nous exploitent d’où nous divisent-ils en catégories et nous endorment-ils avec différentes religions. Il est bien normal qu’ils veulent diriger ce que l’on nous apprend, sinon on risquerait d’être éveillés.  Ils veulent le contrôle de chaque individu, quoi de mieux que de s’accaparer de leur sexualité puisque tout individu est sexué.           

Une personne consciente est une personne dangereuse pour ceux qui nous dirigent et nous exploitent.   

Pour créer une nouvelle division mentale, on a créé les arts de la jeunesse. Le but ultime : que les jeunes ne soient pas conscients de l’existence de leur sexualité.  Avec une littérature de la jeunesse, il est plus facile de s’assurer que les jeunes ne tombent pas par hasard sur des scènes sexuelles.  Puisque ce secteur est presque exclusivement réservé aux femmes-auteures, cela permet de continuer à forger leurs petites âmes en dehors de la réalité de leur corps.        

C’est à se demander si la jeunesse n’est pas réservée exclusivement aux femmes pour être certain que tous les jeunes deviennent hétéros… Les enfants au Québec, c’est la propriété exclusive des femmes. 

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Tout ce que je dis du FLQ est conforme à ce que j’ai vécu, lu, imaginé ou entendu :

 « Je ne voulais rien savoir de secret, je suis un communicateur.  Par contre, ce que l’on veut qui se sache, on peut compter sur moi pour aider à transmettre le message. »  Tel avait été l’entente avec le chef du FLQ, Pierre Vallières.  

Vallières me considérait, à l’époque, comme un petit bourgeois (je gagnais 110$ environ par semaine comme journaliste, en 1970), mais ce titre tenait plutôt au fait que j’étais très clairement contre la violence et pire je travaillais pour Power Corp.  On sait que Desmarais est aujourd’hui, un des pires ennemis de l’indépendance du Québec. Il a un mot à dire dans presque tous les coups de cochon politiques,    

Au Québec, nous n’avons aucune tradition véritable de droite et de gauche.  L’Union nationale était par son attachement à l’Église plus à droite que le parti libéral, mais il ne fallait pas trop remettre la religion en question sans être perçu comme un communiste même chez les libéraux. 

Le parti libéral qui dans les années 1960 était le parti politique le plus progressiste.  Il a cessé d’être à l’avant-garde quand on a mis René Lévesque à la porte du parti.  Depuis, il pourrit sur place. Après avoir été le parti des Anglais, il est maintenant le parti de la mafia légale.         

Quand René Lévesque fut éjecté du parti libéral, au congrès, j’étais président des Jeunes libéraux de Limoilou.  J’avais présenté une foule de suggestions dans une longue résolution sur la corruption qui fut mise de côté pour être étudiée en commission ou comité.  C’était le moyen de l’époque, pour mettre les idées sur la glace. 

Puisque l’après-midi, j’avais voté en faveur de la proposition de souveraineté-association de René Lévesque, en disant qu’à mon âge, on préfère aller trop vite et trop loin à mourir étouffé.  J’ai dû remettre ma démission comme président des Jeunes libéraux de Limoilou.  Le soir, devant l’assistance, j’ai annoncé ma démission en précisant que je demeurais membre du parti pour veiller « au pain et au beurre » de la population.  Ça m’a valu une ovation debout et les accolades de Jean Lesage et Éric Kierans.        

Pourtant, j’étais complètement détruit, désemparé par ces luttes internes.           

J’étais un jeune en période d’émancipation.  On me disait de centre-gauche, issu d’une famille conservatrice.  Aucun parti politique ne répondait dorénavant à mes aspirations.

La seule et la plus profonde révolution est la conscience.  Elle sert à améliorer la vie quotidienne du peuple et non à servir les intérêts d’une élite, en exploitant ses commettants.    

En 1989, j’ai perdu un poste de professeur de français au Manitoba pour les histoires que j’avais inventées dans une taverne en 1970 pour détourner la GRC de nos affaires.  On a aussi rappelé que j’avais en 1963 fait de la prison pour des raisons sexuelles.  Une vieille affaire de plus de 15 ans.  Ça me fait rire aujourd’hui. 

En 1970, quand on pensait que nous pouvions être observés et écoutés, nous parlions plus fort et on en mettait tant qu’on pouvait.  C’était un moyen d’amusement tout en semant de fausses pistes, car, à cette époque, je me croyais vraiment un grand révolutionnaire. 

J’étais prêt à mourir pour l’indépendance du Québec.  Je me prenais au sérieux, mais c’était vrai qu’on nous surveillait.  Nos discussions de taverne ne pouvaient rien changer, mais elles nous donnaient l’impression d’être en train de changer le monde.          

Comme journaliste, je me battais pour que l’Estrie ait la Transquébécoise.  Pas un sentier de lapin.  Je voulais aussi que l’on injecte 100 millions $ en infrastructures pour combattre le chômage dans l’Estrie.  Je me battais légalement de l’intérieur pour le peuple et non pour des philosophies.  On me disait que je n’avais pas besoin de mitraillette, car, mes écrits étaient encore pires et plus efficaces.  Aussi fou que cela puisse paraître ; j’étais bien plus régionaliste que nationaliste.  Je n’étais pas encore arrivé à l’idée du Québec comme pays. 

Pour moi, la réalité et le rêve d’indépendance du Québec est né avec le projet de l’aéroport international de Drummondville et mes gouvernements régionaux (décentralisation et déconcentration des pouvoirs).  Un maniaque de planification.

Je n’ai jamais rien su de secret et le FLQ est mort depuis plus de 20 ans. 

Quand j’ai accepté comme journaliste de fournir les textes refusés par le système aux journaux que le pouvoir ne contrôlait pas encore (Québec-Presse, le Jour, Point de mire), il était bien entendu que je ne voulais rien savoir de secret, mais j’allais permettre au Québec de savoir ce qu’on ne voulait pas qu’il sache.  C’était idiot de me faire croire dans une trahison involontaire, mais j’aurais dû y voir la vengeance des féminounes qui me prenaient pour un pédophile.  Ça aurait été sûrement plus près de la vérité.        

Puisque je fumais de la marijuana, j’ai vécu la crise d’octobre comme un adolescent.  Je trouvais excitant de me retrouver dans la tornade.  Malgré ma peur, je fonçais.  J’ai toujours été d’accord avec les buts du FLQ, mais j’ai toujours rejeté son emploi de la violence.  Sur ce point, il ne pouvait pas y avoir de compromis ; mais j’étais aussi ébloui par le courage de leurs gestes.       

Actuellement, se servir de la violence au Québec pour faire avancer ses idées, ça ne peut être que l’œuvre des fédérastes… comme ils le faisaient déjà dans les années 1970 en accusant le Parti Québécois d’être une bande d’extrémistes.     

Raoul Roy, l’écrivain socialiste et père spirituel du premier FLQ m’a appris qu’il y a eu deux vagues ou mouvement FLQ.  La première vague se battait essentiellement pour la langue française et l’indépendance du Québec.  Le deuxième, celui de 1970, était surtout dicté par la pensée communiste et ouvriériste.

Dans les deux cas, l’approche de l’indépendance était très différente.  Dans le premier mouvement, le Québec devait être indépendant pour sauver le français, une indépendance plus gaulliste que dans la deuxième génération felquiste où la conscience de l’exploitation des petits était bien plus importante que l’indépendance, vu comme une structure, un état.   Le rêve était une indépendance de gauche où le centre de l’action et la pensée tourne autour de la condition sociale. Un FLQ plus syndicaliste, plus communiste.   

Aujourd’hui, je me sens plus près de la nouvelle gauche, mais elle me semble dominée par les féminounes qui avec leur lutte sexuelle sont strictement et profondément de droite.  La vieille lutte religieuse.  La pauvreté existe surtout chez les femmes, je ne comprends pas que le sexe les étouffe encore.  L’égalité entre l’homme et la femme veut aussi que la femme ait les mêmes privilèges, les mêmes droits sexuels que les hommes.  Elles doivent apprendre à être aussi fières de leur sexe que les hommes.  Et quand tu en es rendu fier, tu n’as pas besoin de passer ton temps à revendiquer que t’es une femme. Tu l’es.   Il est inconcevable que l’homme n’ait pas encore compris que l’homme et la femme sont égaux.  Ils ont simplement une vocation différente dans l’espèce. 

Ça me calme les ardeurs, d’être pointé comme pédophile et je m’ennuie de la politique. Ce n’est rien à côté de l’absence de ma profession de professeur, celle-là elle me tue littéralement.   

Pour la gauche, l’indépendance était seulement un outil proposé comme objectif à atteindre parmi d’autres afin de combattre le capitalisme.  La gauche est ouverte à tout le monde.  C’est aussi une façon de voir le monde à la Trudeau et d’accepter d’être les marionnettes des autres puissances socialistes internationales.  On singeait littéralement les autres plutôt que de créer notre propre philosophie de vie et un pays à notre image. 

Le pouvoir de René Lévesque fut de nous donner confiance alors que Trudeau nous percevait comme une bande de débiles manipulés par les soutanes.  Trudeau, selon ce qu’on m’a souvent répété, aimait le Québec, mais détestait ses institutions trop étouffées par la religion.  René Lévesque sentait que nous avions le potentiel de créer notre propre pays, mais encore plus de créer un des pays où ce serait merveilleux d’y vivre, tant pour son économie que pour sa liberté de vie, sa tolérance. 

Le Québec ne doit pas être un rêve de droite ou de gauche, de telle religion ou de telle autre, mais un vrai paradis pour ceux qui y habitent.     

Un Québec créé par et pour le peuple.             

Pour l’écrivain Raoul Roy, le deuxième FLQ trahissait la cause du Québec.  Tu n’as pas besoin d’être nationaliste pour être de gauche ou de tendance communiste.  Encore pire, la gauche québécoise était soumise à celle du Canada, donc, de tendance fédéraste.  La gauche était identifiée au NPD. 

Les libéraux du Québec sont prisonniers des libéraux canadiens.  Les libéraux ne peuvent rien faire sans la bénédiction des libéraux de l’Ontario et de l’Ouest.  L’Ontario le sait bien.   En se faufilant entre les deux extrémités du pays, l’Ontario domine.  Elle est la plus nombreuse.  Le Québec ne peut même plus constituer le parti de l’Opposition officielle au fédéral.  Et, la gauche anglaise a démontré clairement qu’elle est opposée à l’indépendance du Québec. 

La gauche fédéraliste oublie que le lien actuel entre le Québec et le Canada est un lien colonialiste, d’aliénés.  D’ailleurs, la gauche canadienne a voté en faveur de la loi de la clarté qui a été promulguée strictement pour empêcher le Québec de devenir un pays. 

Il suffit de constater la guerre de l’Ontario contre le français pour comprendre que le Canada anglais veut détruire tout ce qui est francophone en dehors du Québec pour ensuite mieux assimiler le Québec. 

Nous sommes un peuple charmant, mais nous ne serons à jamais, dans le Canada, qu’une minorité, statut dont il faut se débarrasser au plus vite.        

 
Raoul Roy a écrit héroïquement des tonnes de livres pour réveiller le Québec, mais personne ne voulait le publier.  À mon sens, il charriait parfois.  Par exemple, il refusait l’identification québécoise, prétendant que l’on devrait s’en tenir à celle de canadien-français, ce qui serait possible dans une véritable Confédération où l’on reconnaît le statut égal des Indiens, des Francophones et des Anglophones. Les immigrants auraient à intégrer un de ces groupes, ce qui ne veut pas dire abandonner sur un plan communautaire leur origine, au contraire.  Plus il y a diversité, plus le peuple est en santé.          

L’essentiel de son analyse, a toujours été très juste.  Il prétendait que la go-gauche était plus fédéraste qu’indépendantiste (c’est encore le cas avec Québec solidaire (cela a-t-il changé depuis que ce parti se prétend indépendantiste mais dont l’ennemi principal est le Parti québécois ?). 

Raoul Roy nous a prouvé que les juifs de Montréal nous ont salis durant des années dans les journaux américains jusqu’à nous faire passer pour des hitlériens.  Selon Raoul Roy, la pire chose qui est arrivé contre l’indépendance est la prise de pouvoir du Parti Québécois, car, pensait-il, le projet devenait alors porté par une minorité, même si elle est au pouvoir.   L’indépendance devenait un projet pour l’élite et le peuple s’en lavait les mains, se fiant sur son élite pour concrétiser le projet.      

J’ai souvent joué verbalement au « dur » alors qu’en réalité, je suis une vraie moumoune. 

En prison, un des prisonniers m’a d’abord dit qu’il ne croirait jamais que je puisse être un pisseux.  Il venait m’accompagner, seul, dans ma cellule alors qu’on m’avait averti que ce prisonnier pouvait être très dangereux.  Mon entre-jambe compensait pour mon manque de force physique.  Il se contentait de désirer le peu qu’il pouvait entrevoir sous mes bobettes. Le sexe ne sert pas qu’à garantir une descendance.         

J’ai toujours été fidèle à ce que je crois.           


Spirale intraprojective 17

septembre 22, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 148 à 156)

*

J’ai aussi eu un autre ami : un prêtre.  De lui, on a aussi dit des tas de choses pas très catholiques, mais jamais celui-ci ne s’est mal comporté avec moi.  Jamais même il ne fut question de sexe entre nous.  Au contraire, il m’amenait en voyages pour que je lui serve d’interprète.  Je parlais aussi bien l’anglais que le français. Je ne suis cependant pas assez naïf pour ne pas comprendre aujourd’hui qu’il était sûrement pédéraste.    

Ce fut d’ailleurs ma seule crise d’adolescence.  J’avais décidé d’en finir avec la vie parce que je ne pouvais pas aller en Europe avec lui, nous n’étions pas assez riches.   Papa ne pouvait pas me fournir une nouvelle garde-robe pour me permettre de partir en voyage. Le Vieux Curé m’offrait la curiosité et le goût des voyages, sans même, du moins à ma connaissance, me toucher … ce que j’aurais bien aimé.    

Je continue à entretenir une véritable vénération envers cet individu, calomnié, car il m’a donné le goût des voyages et de connaître les gens de l’extérieur.  J’ai pratiquement défailli quand j’ai appris sa mort.  Cet homme m’a appris à aimer la vie.  Le vieux-curé fut certainement la première personne de qui je me suis senti accepté intégralement.  C’était plus qu’un ami, je l’aimais inconditionnellement comme mon chien Kiki m’aimait.       

Dans ma petite enfance, j’étais vraiment bisexuel ou simplement très curieux, d’une naïveté désarmante.  On jouait toujours au docteur ou au «bœuf et à la vache», mais ça finissait toujours par une petite exploration sexuelle. Je n’y ai jamais vu de mal, sauf à l’adolescence, quand j’ai voulu être un saint et que je me suis rendu compte que mes goûts sexuels me privaient de l’éternité…  Je n’avais jamais compris le sens de ce que nous disaient les prêtres ou les autres sur les énigmes du sexe.  Notre vocabulaire était trop différent.  Ils parlaient de masturbation et les jeunes de «crossage».

Une masturbation, ça ne ressemble pas à se crosser.  Se faire manger, ça ne sonne pas comme une fellation.   La poche, c’est quand même plus beau que le scrotum.

Quand j’ai compris, je fus affreusement malheureux.  J’ai même voulu un miracle pour changer… ce que j’allais chercher à Lourdes.  Heureusement pour moi, ce miracle n’a jamais eu lieu.           

Je voulais être un saint.  J’avais peur d’être possédé par le diable quand ces besoins de me masturber naissaient.  Devant la tentation, je cédais toujours, même s’y parfois j’avais assez peur pour m’accompagner d’un acte de contrition.  Je voulais gagner du temps si je mourrais après tant d’efforts pour éjaculer.  J’avais peur d’être damné à cause de ces séances de plaisir.  Quelle naïveté !  Quelle hypocrisie !  Malgré tout, je n’ai jamais pu concevoir Dieu comme assez écœurant pour nous punir de jouir.  Après tout, c’est lui qui nous a créés ainsi.  Mais, on nous disait qu’on pouvait mourir cardiaque quand on éjaculait. Comment ne pas être révolté contre une religion qui nous a ainsi menti ?           
 
Plus tard, je fus attiré par les adultes non seulement pour ce qu’ils pouvaient m’apprendre, mais parce que j’aurais bien aimé savoir pourquoi le sexe est défendu.  J’aimais séduire un autre. Par contre, les grosses et longues queues, contrairement à ce qui se passe chez les chimpanzés, me repoussaient.          

Quand j’ai lu des livres sur l’homosexualité, je n’ai jamais eu la chance de trouver un livre qui lui fut favorable.  Il m’a fallu attendre de découvrir très tardivement André Gide et les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte. 

Selon ce que je lisais, j’étais un malade.  On prétendait que jeune tu pouvais être effrayé à te rendre malade si tu voyais un membre adulte. On semblait ignorer qu’une très bonne éducation était ce qui règlerait définitivement le problème ; mais les livres d’éducation sexuelle européens étaient vus comme des chefs-d’œuvre de pornographie.  La folie ne conduit pas qu’au meurtre.  Mentir en éducation est ce qu’il y a de pire, surtout concernant une affaire aussi fondamentale que ta sexualité. 

Si on t’a menti sur ta sexualité, sur quoi peut-on se fier ?  Probablement que le reste des choses que l’on t’enseigne est aussi mensonger.  Et là, c’est même Dieu qu’on remet en cause.  
                
*  *  *  *  *       
Les religions sont des exploiteurs parce qu’elles nous ont toujours menti à propos de notre sexualité.  Ils sont menteurs ou ils ne savaient pas de quoi ils parlent. 
 
Tous les mensonges qu’on nous raconte pour nous expliquer la sexualité sont pires que la pédophilie.  Ce n’est pas un simple viol de ton corps, c’est un viol de ton âme et ton esprit.

*

J’étais curieux, obsédé par l’anatomie de mes petits compagnons, une curiosité que je n’ai jamais comprise, omniprésente, obsédante.  Peut-être avais-je peur d’être anormal, d’en avoir une trop petite d’où ce besoin de comparer.  Pourtant, je m’en souviens plutôt comme une recherche du plaisir, une curiosité invraisemblable.  Pourquoi être attiré et obsédé par des petits zizis, c’est complètement fou. Mais, c’était ma réalité.

Les autres garçons, avant même que j’aie dix ans, m’attiraient et me fascinaient, possiblement parce qu’ils étaient différents et surtout leur entre-jambe était secret, mystérieux, magique, interdit.  Je n’aimais ni les hommes, ni les femmes, aucun adulte ne m’attirait sexuellement.  Leur anatomie me repoussait.  Je trouvais déjà comme Ovide, Diogène ou Oscar Wilde, un garçon mille fois plus beau.   Plus j’en voyais plus j’étais fasciné par leur beauté.  Leur beauté m’attirait comme un aimant.  C’était irrésistible.  Je n’y pouvais rien. 

Je suis fait ainsi. Ceux qui font des lois pour m’interdire ces plaisirs sont des imbéciles.  Comme le roi, dans le Petit Prince, ils essaient  » de t’empêcher de tousser quand tu as la toux… « 

****
On essaya à l’université de faire croire que j’avais supposément trahi le FLQ en ayant parlé à un agent de la GRC, déguisé en vrai monde.  Cela semblait être sorti et répandu dans le cercle ou la chapelle féministe puisqu’une de mes professeurs à l’université m’en fit le reproche.  Je ne savais pas de quoi elle parlait.  Elle prétendait que puisque je parlais avec des membres du FLQ dans les années 1970 et que selon la rumeur, plus de 90 pourcent du FLQ était déjà composé de policiers, j’avais ainsi parlé à des agents qui se faisaient passer pour des felquistes.  Cette connerie n’a pas tenu longtemps.  Juste le temps de me rendre un peu plus paranoïaque.  Ce mensonge m’attristait quand même, car, depuis mon enfance, le pire crime a toujours été celui de « stool » ou de dénonciateur.  Tu peux être n’importe quoi, mais pas un « stool ». Un stool c’est la pire chose que tu peux être dans la vie.  

C’était d’autant plus étonnant que je n’aie jamais accepté de partager un secret important, justement, parce que sachant que j’ai une grande gueule, je risquais de m’échapper.  Je ne me faisais pas confiance.   Je ne suis ni policier, ni membre du crime organisé, je suis un individu, un anarchiste.  Je me prenais pour un grand révolutionnaire, mais j’avais peu d’envergure.   Je ne suis pas neutre : je veux une planète où l’humain (homme et femme confondus) est le centre de l’existence plutôt que l’argent.  Ma seule préoccupation est de vivre en amour avec ceux qui m’ont toujours accompagné, de pouvoir un jour tenir ma promesse envers ma petite fille, Maéli, qu’on a salement éloignée de moi.    

**
C’est drôle que ces problèmes surviennent toujours avec des femmes.  D’ailleurs, on disait que c’était une femme de Val-d’Or qui fit passer le message aux Rock Machines (un groupe du crime organisé), en prison à St-Jérôme, à l’effet que je devais y goûter parce que j’étais, comme le disaient les journaux de Val-d’Or, un mauvais pédophile.  Ce que je ne suis pas, je suis pédéraste. 

Les féminounes ont-elles un rapport avec le crime organisé ?  Cette guerre contre la pédophilie permettrait-elle à celles qui veulent se venger de pouvoir le faire à bon compte ?  Il suffit de dire que tu es pédophile quand tu es prisonnier pour qu’on s’occupe de te faire avaler ton dentier…  Je ne sais pas qui était cette femme…

Jean-Paul, le père de Mathieu, ma supposée victime, me confia qu’il recevait parfois la raclée par    « les grosses amies féministes » de son épouse.  Vrai ?  Je n’en sais rien.  Je ne sais plus qui mentait ou qui disait la vérité.  Je sais qu’une femme qui veut se venger d’un homme est prête à tout.  Leurs excès verbaux et émotifs n’ont pas de limites.          

Je me suis demandé d’ailleurs si cela n’entre pas aussi en ligne de compte dans le dossier des femmes battues.  Même si un tel comportement est inacceptable, ne rendent-elles pas leurs partenaires complètement fous avec leurs allusions et leurs jalousies ?  Elles ont l’art de te macérer la conscience et de te rendre fou de rage.  Il est évident que ce n’est pas une raison pour accepter la brutalité, mais c’est une question comme une autre. Il faut le savoir pour trouver une solution.

 J’ai aidé Mathieu parce que son père était incapable d’en venir à bout.  Était-ce parce qu’il consommait ?  Il était très dépressif ? Je ne voulais pas qu’il se suicide ce dont il parlait parfois. Je le craignais, Rouhed venait de le faire peu de temps avant.   Si Mathieu n’était pas physiquement de mon goût ou de nature à m’ensorceler, il a réussi à me rendre amoureux de lui.             

Il venait me trouver pour participer à toutes sortes d’activités pour lesquelles je payais dès que son père confirmait que son comportement s’était amélioré.  Je ne me suis jamais rendu chez lui le chercher pour l’amener chez moi.  J’avais promis de l’amener à Montréal s’il travaillait bien à l’école.  Par contre, Mathieu ne fréquentait pas l’école où j’enseignais.           

Après m’avoir dénoncé, Mathieu avait très peur de moi.  Son père lui a expliqué que je ne lui en voulais pas, mais plutôt au système.  Le petit est venu chez moi avec son père pour le constater par lui-même.  Il était littéralement hystérique.  Il se promenait en disant que son père est gai (ce qui est absolument faux, au contraire, il est plutôt très très chaud envers toutes les femmes).  Mathieu disait qu’il était pour vivre en famille d’accueil, mais définitivement pas chez sa mère.  Je me demande souvent ce qu’il est devenu, car il est aussi une pauvre victime d’un système d’étranglement judiciaire.        

On lui avait sûrement lavé le cerveau au cours de la fin de semaine où on l’avait amené en famille d’accueil pour être autant surexcité.  En quelques jours, les plombs lui avaient sauté comme s’il avait été en prison et torturé durant des années.  C’est vrai qu’il a été interrogé deux fois durant plusieurs heures chaque fois, de quoi rendre un jeune fou.

Nous étions en groupe.  Je lui ai flatté la bedaine comme il affirma que je le faisais dans ses accusations.  Ça le calma.  Le sourire revint.  Il repartit de chez-moi, en dansant de joie.  Il savait que je ne lui en voulais pas. 

Pourtant, après mon procès, la cour a prétendu qu’il devrait vivre dans une famille d’accueil sous prétexte que son père était inapte à s’en occuper.  Drôle parce qu’on avait forcé le père à me dénoncer pour maintenir son droit de garde.  C’est ce genre de mensonge, d’hypocrisie qui définit le mieux notre système.   Ils croient leurs mensonges et sont trop idiots pour s’apercevoir qu’ils se mentent.      

Pour ce qui est de Val-d’Or, il faut faire des nuances.  Si j’ai haï les derniers mois avant mon déménagement alors que mon procès se prolongeait (j’ai déménagé à Montréal), j’ai vécu une dizaine d’années extraordinaires à Val-d’Or.  Si je dénonce la police de Val-d’Or, ce sont aussi que quelques individus que je ne connais même pas, même si j’enseignais aux fils de certains policiers qui étaient sûrement très corrects.  On m’a dit que le personnel policier a complètement changé depuis. La police locale aurait été remplacée par la SQ.    

J’ai très profondément aimé Val-d’Or et j’en conserve un souvenir extraordinaire.   Tous mes anciens élèves (gars et filles) sont bienvenus chez-moi.  Ils devinaient tous sans doute que je suis gai, mais je ne le disais pas à l’école.  Cela aurait été suicidaire… j’aurais immédiatement perdu mon emploi.      

J’étais encore sensible à la fibre féminine, la prison y a mis fin.         

Je n’ai jamais vraiment caché mon orientation sexuelle arc-en-ciel, mais tout se passait avec beaucoup d’humour au point où plus personne ne pouvait être certain de mes vrais penchants naturels… Je prétendais être aux serins.  Ce n’était pas de l’hypocrisie, mais une simple question de survie. Un langage gai qui n’est connu que d’eux. On m’appelait bien « Suce moineau » pour Simoneau. Ça scandalise les constipés.     

 Je suis persuadé que je fus un bon professeur parce que j’aimais et j’aime encore tous les jeunes.  Je trouve plus important de les ramener à l’école que d’avoir la maladie du « scrupule sexuel» de notre société.  Même si je les sucerais tous, avec leur consentement il va sans dire, cela serait un acquis car ils auraient appris à jouir et cesser d’avoir peur de tout.  Je suis plus un acquis pour les jeunes, malgré ma pédérastie, qu’un danger quelconque.

Que j’aie parler accidentellement, sans le savoir, à un agent de la GRC dans les années 1970, c’est bien possible, mais je discutais avec ceux en qui on me disait que je pouvais avoir confiance et qu’on me présentait comme étant probablement du FLQ.  Si je croyais qu’elles étaient de la police fédérale, je les faisais gambader, c’est le moins que l’on puisse dire… c’est ainsi que j’ai inventé ma prétendue obsession de violer une sœur encore vierge.            

Je venais de vivre mes premières expériences de marijuana avec une femme qui se plaisait beaucoup à se prétendre une sœur dans nos « voyages » autant sexuels que musicaux… Puisqu’on m’avait dit qu’il y avait probablement une oreille canine à l’autre table, nous étions dans un club, je criais pratiquement pour qu’il entende tout… Mais, rien de ce que je disais n’avait un rapport quelconque avec ce qu’il voulait entendre sur le FLQ.  J’aimais les faire marcher.  C’est ce qui leur a probablement permis dix ans plus tard de répandre la rumeur où j’enseignais (à The Pas, Manitoba) que non seulement j’aimais les jeunes, mais que j’avais un dossier vieux de vingt ans et pire encore, que j’adorais violer les sœurs vierges… 

J’étais tellement dangereux que mon voyage pour visiter le Québec avec les petits manitobains fut maintenu par le directeur de l’école quoiqu’il me fut interdit d’y être, selon les ordres de la Commission scolaire.  Mais, à la demande de la direction de l’école qui ne partageait pas cette peur à mon égard, je fus quand même le guide dès qu’ils sont arrivés au Québec.  « Il faut toujours qu’il arrive des situations comme ça, à chaque fois qu’on a un bon prof», disait le directeur de l’école.  J’avais été congédié préventivement un mois avant la fin de l’année scolaire.  Les policiers avaient vérifié mon dossier, parce qu’ils m’avaient trouvé complètement saoul un soir de fin de semaine. (Malheureusement, j’ai recommencé à boire depuis Val-d’Or, car je me suis dit que tant qu’à être accusé, je n’ai qu’à profiter de la vie et me ficher de ce qui est bien ou mal).

Même si au début de l’année scolaire, les jeunes du Manitoba détestaient tout ce qui était francophone, c’est le seul endroit où j’ai enseigné où les enfants pleuraient parce que je les ai quittés.  Je suis tellement devenu un professeur adoré qu’ils en voulaient à mon fils adoptif Rouhed d’exiger que je retourne vivre avec lui à Montréal…  la raison que j’avais donné pour expliquer que je devais quitter avant la fin de l’année.

*  *  *  
Quand je me suis présenté comme candidat Rhinocéros, en 1972, à Sherbrooke, les libéraux s’en sont pris à un infirme dans le club, « Le Pub », où j’étais invité, sachant que j’étais pour le défendre. Ça leur procurait une excuse pour qu’ils me sautent dessus… j’étais un maudit séparatiste.    

Quand la police de Sherbrooke m’a battu … j’étais un maudit séparatiste.   

En cellule, je me suis mis nu, et je me suis mis à leur crier de me tuer que le lendemain, ils auraient des problèmes.  J’étais journaliste.  Le lendemain matin, à la cour, le juge, un bon libéral, m’a infligé une sentence suspendue.  Je n’avais pas le droit d’en parler dans les journaux locaux et régionaux.  Cela avait été ordonné par le juge.  Alors j’ai envoyé le texte à Québec-presse qui l’a publié.  Le juge n’avait pas ajouté : provincial.             

La différence de certains péquistes qui me trouvent trop enragé et moi, c’est simple : ils sont payés pour prôner l’indépendance, une indépendance qu’ils ne font pas alors que je me fais emprisonner et rouer de coups pour la même cause.  Pire encore, avec ma liberté sexuelle, je porte un double flambeau et je reçois donc les coups en double. 

Dans le temps, Jim Corcoran m’a dit que j’avais été son inspiration quand il a créé sa chanson Comme Chartrand, ce qui m’enfla un peu la tête car Chartrand, c’est tout un homme.           

On oublie trop facilement qu’il y a quelques années, on ne te promettait pas de te casser la gueule parce que tu étais indépendantiste… on le faisait.  Pour être révolutionnaire à cette époque, il suffisait de te dire indépendantiste.  Faire croire que tu aies pu dire quelque chose que tu ne devais pas, c’était un bon moyen de t’isoler.  Aujourd’hui, on t’accuse d’être pédophile, c’est plus efficace.  Tu es honni de tous.

***

Certaines femmes ne peuvent pas endurer qu’un gars se dise pédéraste, car elles pensent que cette option les rejette.  Elles ont absolument besoin de se prouver que rien ne vaut plus qu’une femme. 

Tout individu sait consciemment ou non que chaque être humain est bisexuel.  J’ai aimé certaines femmes parce qu’elles sont arrivées à me séduire autant qu’un petit gars, quoique pour des raisons différentes.  Il y a une forme de communication, de plaisir d’être ensemble qui dépasse la stricte génitalité.  Chaque âge a sa richesse.  J’ai profité de leurs présences parce que c’était agréable pour moi d’être en leur compagnie.  Même si avec le temps, je me dis encore pédéraste, je devrais plutôt dire, si je regarde la réalité depuis des années, que je suis asexué. (Et plus dernièrement, gai) Je me sens disponible à tous les plaisirs possibles.  J’aime découvrir.  Est-ce que je devrais essayer de vivre en couple, gai, marié ?

Malgré mon âge, le mot jouir n’a pas été effacé de mon vocabulaire quoique la définition à des variantes qui se sont imposées avec l’expérience de la vie.  C’est peut-être mon petit côté putain… J’aime être «cruisé», voulu, désiré..  Aristote parlait de différents paliers d’amour qui peuvent nous animer tout au long de notre vie.  Il avait parfaitement raison.  Chaque amitié a sa façon propre de s’exprimer.  Établir des interdits par groupes d’âge, c’est nous priver de la richesse de ce qu’un vieux peut apporter à un jeune et vice-versa.  ¨Ça ne regarde personne, si mutuellement, ils décident de se donner des plaisirs. »

* *

Je dois dire que j’ai bien aimé les femmes avec lesquelles j’ai vécu parce qu’elles étaient intellectuellement supérieures… Elles avaient une largesse d’esprit, une compréhension que seules les femmes de ce calibre ont.     

Malgré tous mes déboires, je ne rejette pas la possibilité de rencontrer un jour, un homme, une femme, de préférence un ado, avec qui je passerai le reste de ma vie.  La vie s’en chargera, j’imagine.  Si ça ne se produit pas, j’irai me chercher une seconde Benji (une petite chienne que j’ai adorée).  
       

*  * *

Ma seule obsession sexuelle est de faire valoir mon point de vue à savoir la différence entre la pédophilie et la pédérastie.  La sexualité est une force bonne et non un péché.  Je tiens à ce qu’on reconnaisse un jour cette vérité, car elle changera la vie de millions d’individus qui n’auront pas à s’haïr.

Que j’aie des relations sexuelles au cours de ma fin de vie ou non, ça n’a pas tellement d’importance.  À mon âge, on se bat pour la VÉRITÉ et non pour avoir le droit de vivre telle ou telle relation physique.  On peut toujours se rincer l’oeil sur internet et se passer un petit poignet, si on ne peut plus se retenir.  Le jour ou on n’aura pas à se présenter comme hétéro, homo, pédé, que l’on aura compris que ce ne sont que des catégories pour expliquer des comportements, le monde évoluera ; car il s’apercevra que notre rapport à la morale est le même que notre conception de  la vie.    

Les découvertes scientifiques prouvent que l’on s’est fait mentir depuis des millénaires ou, du moins, nous croyons dans des explications qui ne tiennent pas debout.  Le sperme n’est pas une partie de notre moelle épinière ou de notre cerveau. Nous ne sommes pas des anges déchus, sinon symboliquement.  Nous savons maintenant que les sacrifices n’ont aucun effet sur notre qualité intérieure. Nous naissons et nous mourrons.  Entre les deux c’est un voyage que nous devons aussi souvent subir qu’organiser.     

La liberté individuelle de conscience est à la base de toutes les réformes sociales, y compris la démocratie.  D’autre part, ma priorité personnelle est ma famille. (Je ne demeure plus avec mon ami Gabriel, qui a plus de 30 ans maintenant, et le plus vieux de mes fils adoptifs Shuhed est maintenant au Bangladesh).

Spirale intraprojective 16

septembre 21, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 138 à 148)

*  *  *  *

Sur le plan politique, cela me fait penser à Trudeau qui disait au premier référendum qu’un vote contre l’indépendance était un vote pour le changement.  Quel menteur…         

Depuis, le gouvernement fédéral du Canada a essayé de nous mettre en cage par tous les moyens en inventant dernièrement la loi de la clarté, une nouvelle loi cadenas à la Maurice Duplessis.  Mais cette fois, on ne veut pas nous interdire le communisme, mais l’indépendance du Québec.

Stéphane Dion essaie d’exécuter le testament trudeauiste, en emprisonnant les Québécois un peu plus dans la fédération canadienne avec sa loi sur la clarté.  Il veut rendre l’indépendance impossible à réaliser. 

Si Trudeau n’avait pas eu peur du nationalisme québécois, Québec serait déjà devenu un grand peuple et un pays.

Certains disent que Trudeau était indépendantiste et qu’ils nous provoquaient pour nous déniaiser.  Est-ce que Trudeau était un révolutionnaire à sa façon ?  Il ne pouvait pas être officiellement indépendantiste, il était le premier ministre du Canada.  Trudeau a toujours été un provocateur.  Il se croyait supérieur à tous les Québécois.  Il ne pouvait pas perdre.  Il était incapable d’accepter la défaite.  Mais, comme Bourassa, Trudeau aurait probablement accepté l’idée d’une véritable confédération, si Lévesque avait accepté l’idée d’une vraie péréquation, pour sauver les provinces de l’Est de la pauvreté.           

À mon avis, Trudeau était un hippie de gauche qui voyait peut-être Staline et Lénine ayant la même soif qu’Hitler ?  Quelle différence y a-t-il entre tous ces personnages sanguinaires ?  Trudeau vomissait sur l’ignorance des Québécois, leur religiosité, ce qui soignait bien ses rancœurs.  Il se croyait supérieur.  Mais, il faut dire à sa décharge que l’appareil politique de Duplessis qu’il combattait était entièrement corrompu.  Et, il était aussi très intelligent.        

René Lévesque s’était aussi attaqué à la grande noirceur : la domination catholique.  Ce pourrait-il que Trudeau et Lévesque furent tous deux, à leur façon, de grands idéalistes ?  Trudeau pensait que les Canadiens-français devraient reprendre leur place dans le Canada et se libérer de l’Angleterre alors que Lévesque croyait que cette indépendance ne pouvait pas se concrétiser sans le détachement du reste du Canada.  Trudeau a bien dit qu’il n’irait pas se pendre dans le grenier, si le Québec décidait, un jour, de devenir un pays.           

Si les libéraux veulent respecter l’esprit de Trudeau, ils devraient mettre de côté la monarchie.  Sommes-nous encore une colonie d’Angleterre ?  Pourquoi retrouvons-nous la reine d’Angleterre sur tous les dollars ?  Pourquoi toutes ces dépenses pour la famille royale et ses représentants, si le Canada est vraiment un pays indépendant ? Trudeau a pourtant signé avec Élizabeth II, notre fausse indépendance…

Quand Trudeau et son «french power» se sont présentés à Ottawa, c’était pour défendre les intérêts du Québec au fédéral.  Le Québec sortait à peine des griffes de Duplessis et du clergé.  Nous vivions à l’âge de pierre.  Nous allions dans des écoles de rangs (j’y suis allé), mais chez-nous Jean Lesage et René Lévesque mettaient en place des instruments collectifs qui nous modernisaient. 

Avec René Lévesque, la politique passait du patronage au gouvernement du peuple.  C’était la décolonisation.  Trudeau et Lévesque étaient deux visionnaires.  Lévesque nous a laissé la modernité dans ce qu’elle a de meilleure alors que Trudeau avec sa société juste a tenté de créer une société juste et libre basée sur la liberté sexuelle et le bilinguisme.  L’esprit conservateur de l’époque, la poigne du clergé exigeaient que le Québec soit écrasé pour songer à de tels changements.  Aujourd’hui, Trudeau serait surpris de constater que l’Ouest canadien est encore plus conservateur que le Québec.  Quant à René Lévesque, sa lucidité nous éclaire encore.  Notre relation avec les Autochtones le prouve assez bien.  

Cependant, si la souveraineté-confédération ne se fait pas rapidement, il est normal que l’on revoie les raisons d’exister du « modèle québécois», qui est là pour garantir une forme de sécurité économique et financière, au début de notre autonomie.  Sinon, ce sont quelques individus qui s’enrichissent de notre beau rêve.

Le Québec ne peut s’affranchir, sans d’abord éliminer les carcans de peur et de naïveté, sans s’assurer qu’il sera toujours un état francophone.  La souveraineté exige que le Québec soit le seul sur son territoire à pouvoir percevoir toutes les taxes et tous les impôts.        

Tant que le Québec n’acceptera pas d’être un pays ou de faire partie d’une vraie confédération (ça revient à la même chose que la souveraineté-association), nous vivons dans un régime colonial.  Les « Red Necks», les « Wasp» anglophones canadiens essaient d’écraser tous ceux qui ne sont pas de cette confrérie.

Quand René Lévesque pensait au peuple, Trudeau pensait Trudeau (il s’adorait lui-même tant il s’admirait) et vivait de la prospérité d’être chef du Canada, même s’il venait d’une très riche famille.

Avec Trudeau, le Canada anglais a commencé à se mirer dans le Québec à travers une lentille déformante.  Il accusait le Québec de tout ce qu’il faisait, tout était mauvais quand ça venait faisait au Québec.  Mais, tout ce qui était avant-gardiste venait du Québec.  Le Québec est vite devenu la mauvaise conscience du reste du Canada.    

Il suffisait que le Québec crée une solution dans un domaine pour que le fédéral essaie de la récupérer, avant de dire que c’était mauvais au Québec.  Cette imitation grotesque du savoir-faire québécois est devenu une véritable industrie politique.

Pendant que le peuple crève de faim parce que les programmes sont inefficaces, trop gros, trop mur à mur, Ottawa dépense des millions pour nous apprendre que l’on est des Canadiens et non des Québécois. (Ce fut prouvé avec les commandites) Cette guerre constitutionnelle rapporte une fortune aux amis du pouvoir.  Pendant que Chrétien se pavane à l’extérieur pour prôner la démocratie, au Canada, l’éditorialiste en chef d’un journal anti-chrétien, est mis à la porte parce qu’il ose le critiquer.  Paul Martin, la marionnette exécutive de la haute finance, essaie de le faire tomber parce que les vrais riches veulent avoir un des leurs pour assurer le bon fonctionnement de leur exploitation.           

Nos institutions et nos lois sont devenues une véritable farce puisqu’elles existent pour servir une mafia légale de plus en plus corrompue pendant que les États-Unis envahissent l’Amérique … comme la Russie avec la Tchétchénie ; et en Asie, la Chine et le Tibet…       
           

* * * * *

En qui peut-on avoir confiance ?  Les Églises ont inventé le péché de la chair pour nous contrôler tous et mieux nous exploiter grâce à la culpabilisation.  La droite américaine juive fait la guerre au catholicisme, la seule religion basée sur l’amour, même si elle prêche et fait le contraire ; les pays ont inventé les frontières pour créer des guerres et favoriser le trafic d’armes.  L’amour est jeté en prison par les faucons pour avoir plus de puits de pétrole ; les Talibans essaient comme les Mormons de nous ramener à la préhistoire de l’humanité. Si on veut croire que les musulmans ne sont pas des islamistes, ils devront dénoncer ceux qui prétendent parler en leur nom.        

* * * *

Au Québec, le parti libéral est le voleur officiel, celui qui veut diriger pour avoir le gâteau à son tour alors que le Parti québécois est celui des idéalistes.  Comment avoir confiance à des professionnels qui ne songent qu’à s’enrichir ?  Combien en coûte-t-il pour avoir des soins dentaires, par exemple, d’urgence.  Pourquoi faut-il toujours recommencer pour s’inscrire à l’aide sociale ?  Est-ce parce que ça permet au gouvernement d’être encore six mois, sans offrir tous les services ?  Faut-il endurer six mois, un mal de dent ?  Pourquoi les logements sont-ils vite devenus une denrée privilégiée de la finance ?  Pourquoi gagne-t-on toujours plus pour être de plus en plus endettés ?         
 
Tant que le pouvoir sera concentré entre les mains d’un tout petit nombre, nous serons les victimes impuissantes de la mafia capitaliste.   

Quand on regarde ce qui se passe en Russie avec la Tchétchénie qui n’a que le malheur d’être riche en pétrole, on sait que le communisme ne vaut pas mieux que le capitalisme,  que les autorités paient la police ou les services secrets pour organiser ses attentats sur le dos de l’adversaire.  

Ottawa essaie de récupérer la confiance des autochtones parce que le Québec vient de signer une nouvelle entente avec eux.  Pour leur fournir plus d’argent, on augmente le prix des cigarettes, ce qui leur permettra grâce à la contrebande de se faire encore plus de profits.  Les pauvres n’avaient que la cigarette car la culture coûte une fortune.  Elle n’est pas abordable à tous.        

Avec les taxes, le droit légal de voler le peuple, ils viennent de perdre aussi le droit de se payer une bonne cigarette.  Les anti tabagistes sont bizarres.  S’il est vrai que les cigarettes polluent à ce point pourquoi nos dirigeants n’exigent-ils pas qu’elles soient totalement interdites ?  À ce moment-là, il faudrait aussi interdire les autos dans les villes…                           
Si on ne le peut pas, qu’on se ferme la gueule, c’est le seul loisir que peuvent encore s’offrir les plus pauvres… fumer pour mourir plus vite … encore là, ça coûte une fortune.

L’erreur du «French Power» fut de tellement s’assimiler aux plus forts, à la bourgeoisie Anglo-orangiste (Wasp) que le parti libéral est devenu obsédé contre l’indépendance du Québec. Dès lors, des Québécois pouvaient nous combattre en faisant croire qu’ils défendaient les intérêts des Québécois.           

Au lieu de céder aux provinces tous les pouvoirs qu’elles peuvent mieux gérer ; le fédéral est devenu un instrument de strangulation pour le Canada lui-même.  Chicanes sur chicanes.  Le fédéral s’est outrancièrement centralisé et il s’est de plus en plus approprié des domaines réservés aux provinces.           

Le « French Power» a découvert son pouvoir :  il suffit de cracher sur le Québec pour devenir des héros nationaux.   

Le parti libéral est devenu le parti des Anglais et des Juifs anglophones de Montréal.  Comme le disait Raoul Roy, dans son livre : Lettres aux juifs de Montréal.

Aujourd’hui les fédérastes sont tellement imbus d’eux qu’ils ne respectent même plus les libéraux du Québec.  Jean Charest est le vassal par excellence.  Il accepte tout en autant que ce soit ce qui nous conduit à devenir majoritairement fédéraste.  Ainsi, il a rejeté d’appuyer vraiment le rapport de l’ex-ministre libéral Seguin, même si cela fait crouler le Québec sous les dettes et le force à se priver d’un bon système de santé public et d’éducation.  Charest a tellement soif des bénéfices du pouvoir qu’il s’écrasait avant même d’être au pouvoir, devant ses vrais patrons Ottawa et la finance.          

Le plan B de Stéphane Dion n’est-il pas d’écraser économiquement le Québec ?  C’est lui-même qui l’a dit.  Même l’ancien ministre libéral, M. Savoie, de Val-d’Or, m’avait confié, croyant que j’étais libéral parce que j’enseignais à Percival, l’école anglaise de Val-d’Or, que le problème du Québec était d’être étouffé par Ottawa.  Les Anglophones du Québec ne sont-ils pas aussi écrasés par Ottawa que les Francophones quand ils paient leurs impôts ?           

Voter ADQ permettra-t-il d’aller chercher plus d’argent à Ottawa ?  Cessera-t-il de revendiquer dès qu’Ottawa leur dira de cesser de japper ?  Que fera l’ADQ quand Ottawa aura officiellement rejeté le rapport Allaire ?   Ce qui l’est déjà officieusement sans même que l’ADQ soit au pouvoir à Québec.  Comment pourra-t-il alors mettre le rapport Allaire en application ?  Sera-t-il bonifié pour répondre aux besoins essentiels du Québec ?  L’ADQ acceptera-t-il toutes sortes de compromis comme il le fait déjà ?  Nous offrira-t-on une nouvelle constitution, genre Charlottetown ?  Une chose certaine, les Québécois veulent qu’il se passe quelque chose, qu’ils cessent d’être étouffés, sans recevoir de services.  Mais, auront-ils la lucidité de mettre fin au centralisme d’Ottawa ?         
 
Le problème : Trudeau et Lévesque ont vécu à la même époque, en même temps.  Il aurait fallu pour notre bien, que ces ceux-là vivent un après l’autre… Trudeau, puis, Lévesque. 

Trudeau nous aurait débarrassés du joug colonialiste de l’Angleterre et Lévesque aurait créé un nouveau pays du Québec.  Au pire, Lévesque n’étant pas un séparatiste, aurait-il prêché la nécessité de devenir une véritable confédération canadienne ou de devenir un état des États-Unis.         

Si le Canada n’a pas l’intelligence politique de créer une véritable confédération, les États-Unis l’auront bientôt avalé.  Jamais Trudeau n’aurait même accepté une chose semblable.  Le Canada a beau être le joujou de l’Ontario, il doit demeurer complètement indépendant des États-Unis, marché commercial ou pas…             

Avec la concentration des entreprises, les États-Unis prennent de plus en plus le contrôle du Canada.  Bientôt, le Canada ne sera plus qu’un satellite américain.  Un état du grand frère, abusé, impuissant, mais béatement comblé car il sera le partenaire de St-Georges Bush.  Nous sommes des aliénés dans le sens moderne du mot …          
                                                  
*  *      

Dans mon procès à Val-d’Or, j’ai appris que les média sont aussi corrompus que la justice.  Ils sèment le mensonge, l’opinion … ils refusent de chercher la vérité, car ils sont au service du pouvoir.  Et voilà pourquoi il demeure tabou de faire la différence entre la pédérastie et la pédophilie.  On préfère le sensationnalisme. 

Les médiasde Val-d’Or ont d’abord prétendu que les accusations venaient de l’école où j’enseignais.  Ce qui était absolument faux.  Mathieu ne fréquentait pas à mon école.  Les média ont suivi mon procès avec insistance.  Même si je ne me présentais pas en cour, la télévision avait des séquences d’archives pour parler de moi. 


 J’étais l’indépendantiste radical pris dans une histoire de cul.  J’avais été longtemps président de la Société nationale des Québécois.  On considérait à Rouyn -Noranda que j’étais trop radical.  Ce procès salissait la Société nationale des Québécois, car, en plus, j’avais été l’attaché de presse « incognito» de M. Irénée Pelletier, député péquiste.  Y paraît qu’il ne m’a jamais pardonné d’être pédéraste parce qu’il l’a appris fort probablement avec mon procès ou par un de mes écrits.  On n’en a jamais parlé ensemble.  Je sais simplement qu’il était étonné de l’existence des homosexuels et qu’il n’en était pas un défenseur.

*  *  *  *

Comme me disait Pierre Péladeau, propriétaire de Quebecor, ce dont il faut parler, c’est ce que les lecteurs veulent entendre.  Comme journaliste, il m’a déjà congédié à Port-Cartier, parce que j’étais trop à gauche.  Ce n’est donc pas exclusif aux libéraux de Paul Desruisseaux ou Power Corp. pour qui j’étais trop nationaliste. 

 J’ai toujours cru et je crois encore que la vérité est le seul maître d’un bon journaliste.  On ne pouvait pas m’acheter, même si j’ai parfois eu très peur.  J’étais trop indépendantiste au goût de Power Corporation, sous Paul Desmarais.   On croyait que j’exprimais trop mon opinion, ce qui est totalement faux.  Par contre, c’est vrai que j’étais trop fanatique.  Je manquais de nuances. C’était carrément enfantin que d’appeler la Tribune de Sherbrooke– la Truie Brune– comme je l’ai fait dans Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez nous.  Fondamentalement, je me révoltais contre la censure.  Les gens de l’Estrie se faisaient littéralement écraser par le fédéral et nous devenions, avec notre silence, des complices.            

Je faisais parvenir à Québec-Presse les articles que La Tribune n’avaient pas l’honnêteté de publier.  Par contre, j’ai toujours beaucoup appris en travaillant à la Tribune.  Je conserve l’essentiel de ce que son président, M. Yvon Dubé, m’a appris :

Il y a toujours deux côtés à une médaille et un bon journaliste ne cherche que la vérité et non à satisfaire les intérêts d’un des côtés concernés.  Il présente les faits tels qu’ils sont, laissant au public le soin de choisir. Je suis toujours d’accord avec cette définition du journalisme.  
 Je crois qu’un bon journal doit chercher à recruter les éléments de toutes les tendances pour travailler avec lui.  Ainsi, il appartient au lecteur de choisir sa vérité.  Un bon journaliste ne peut pas — même si on prétend le contraire — être absolument neutre.  Il y a toujours une part de subjectivité dans le choix même des questions que l’on pose.  Seul le fanatisme qui conduit invariablement à la violence doit être interdit.  Le fanatique ne respecte pas l’autre, celui qui pense différemment.  Le seul maître et le seul but du bon journaliste est de dire la vérité, pas d’être un bon vendeur. 

Il est incroyable que l’on prétende à la liberté de pensée et de parole au Canada et que l’on ne puisse jamais critiquer les femmes sans que les féministes nous prennent pour des misogynes ou les Juifs, sans faire appels aux camps de concentration ou de passer pour des antisémites.  Bientôt, il faudra croire que Ben Laden est un bon gars.  Remarquez qu’il n’est pas pire que George Bush.

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Je les trouve beaux, les petits juifs, avec leurs petites mèches de cheveux sur le bord de la tête.  Je suis content, malgré tous les problèmes que m’a causé ma pédérastie que cela m’a permis d’aimer tous les enfants de la terre et d’ainsi éviter le racisme.  Ma curiosité sexuelle me permit d’aimer les humains bien au-delà de la couleur de la peau.          

Malheureusement, tous les petits juifs et musulmans sont circoncis, ce qui leur enlève le charme de la diversité… Avec ce qui se passe au Moyen-Orient, je ne suis pas certain, que ma farce soit encore drôle.  Aucun enfant ne devrait subir la guerre des adultes et des fanatiques.   

* * * * *

Personnellement, je crois que toutes les mutilations corporelles, religieuses ou non, devraient être interdites, à moins qu’elles soient nécessaires à la santé de l’individu concerné.  La nature peut être mesquine elle aussi.

On devrait interdire l’enseignement religieux dans les écoles.  Cet enseignement devrait se faire par les parents à la maison, les religieux dans les temples des différentes confessions religieuses.  Avant l’âge adulte, les jeunes sont incapables de saisir les religions.  C’est ainsi quand il s’agit de la liberté sexuelle, pourquoi en serait-il autrement pour sa foi ?   

Les religions doivent se soumettre et respecter les règles, les lois de la société civile.  Les symboles religieux n’ont pas à être tolérés en public.  Le jeune n’a pas à se promener à l’école avec un poignard pour rappeler aux gens qu’il a un pénis, peut-être même un peu plus petit que son symbole, mais le temps se chargera bien de le faire allonger.

Qu’on le veuille ou non, les religions ont multiplié consciemment ou non des symboles sexuels.  Il est étrange que l’on croit maintenant que ces symboles sont essentiels.  L’aliénation est fondée sur le contrôle de l’inconscient… Au Québec, les religions qui nous arrivent de l’extérieur, tout comme le catholicisme, doivent se soumettre et respecter l’ordre civil. 

Le Québec veut être un pays laïc, neutre, respectant le droit individuel de professer la religion de ton choix en autant qu’elle respecte la réalité québécoise.

     
*  *

C’est dommage que l’on n’apprécie pas mon sens de l’ironie .     

J’ai toujours trouvé écœurant d’être perçu comme un gars merveilleux jusqu’à ce que je dise que je suis pédéraste comme si ça changeait quelque chose dans leur vie ou dans la mienne .  Tu es hypocrite parce que tu ne l’as pas crié sur les toits, et pourtant, dès que tu as le malheur de croire que les gens sont assez développés pour entendre la vérité et de le dire franchement, tu es automatiquement crucifié, «rejet», vicieux.  T’es le pire des écœurants alors que pourtant tu ne fais que tomber amoureux d’un jeune.
 
Je ne me vante pas d’être pédéraste par orgueil, mais parce que je suis socialement engagé.  Je ne veux pas que mon orientation sexuelle rejaillisse sur ceux qui m’entourent, du moins, tant que les gens ne seront pas assez intelligents pour comprendre qu’il est préférable d’être en amour que d’être violent.  Ce sera ainsi tant que le système s’attaquera à l’entourage et aux témoins pour briser un individu.       

Certains jeunes qui ont vécu avec moi ont affreusement souffert de ma réputation, car ils deviennent automatiquement aux yeux des autres des homosexuels, ce qui n’est pas nécessairement le cas.  Presque tous ceux qui ont vécu très près de moi étaient hétérosexuels. Ce que l’avenir a confirmé.  Mes voisins à Montréal m’ont admiré jusqu’à ce qu’ils apprennent que je suis pédéraste. Là, tout devient différent, je suis un « hostie de cochon»… mais pourtant, je suis exactement le même gars qu’ils admiraient et qu’ils trouvaient si généreux.  Il paraît qu’avec les racontars autour du 2240 Quesnel, après la mort de Rouhed, on aurait pu développer une légende, tellement les grands gueules se faisaient aller.  Le principal problème des humains, c’est de ne pas se mêler de leur affaire et de toujours essayer de contrôler l’autre au lieu de soi-même.      

* * *    

Comment être pédéraste sans mentir ?  Légalement, on peut te poursuivre jusqu’à l’époque de ton adolescence … le fanatisme antisexuel est la plus sauvage des violences… c’est encore pire que la lutte au tabagisme… Ça ne donne rien d’essayer de l’expliquer, ça ne te vaux que des souffrances bien inutiles… l’hypocrisie est mieux vue … la vie humaine est moins importante que la chasteté.  C’est un monde de fous, de fanatisme, mais c’est notre monde… On n’a pas su évoluer. 

Marguerite Yourcenar est un écrivain extraordinaire qui nous a montré que le fanatisme est omniprésent.  Mais l’amour hors-norme est aussi la liberté… donc, une responsabilité.

* *

Ce fut non seulement la question de ma vie, ma quête dans l’Homo-vicièr et Laissez venir à moi les petits gars ; mais celle de tous les pédérastes que j’ai connus.  Pourquoi faut-il toujours vivre en hypocrites ?  Pourquoi un amour illimité, plein de tendresse et de caresses, un petit jeu de sexe de temps en temps, est-il pire que la violence, si le jeune est consentant ? Pourquoi a-t-il le droit de décider qu’à 16 ans ? C’est ignorer le développement des garçons, c’est les contraindre à vivre le contraire de leur nature profonde.  C’est leur mettre dans la tête un mal, un péché qui n’existe pas.            

Pourquoi une guerre est-elle plus acceptable qu’une manifestation d’amour ?  Simplement parce qu’un des partenaires est mineur ?  Pourquoi les grandes puissances sortent toujours leurs armes au lieu d’ouvrir le portefeuille pour solutionner les problèmes et la misère à travers l’humanité ?  Aie-je parfois manqué de discernement ?  Aie-je voulu profiter de quelqu’un sans même m’en rendre compte ?  Aurais-je été un bourreau plutôt qu’un amant?  À ma connaissance, ce n’est pas le souvenir que j’ai laissé aux jeunes que j’ai aimés.

Comme toute personne qui a une conscience, ce sont des questions qui me torturent.  Apprendre à vivre la liberté, avec ses responsabilités, ça ne se réalise pas dans une journée d’expérience.  Je suis «fucké» comme tous les humains parce qu’il y a trop de questions sans réponse.  Suis-je responsable des rumeurs et des mensonges des autres quant à mon état d’humain ?

Le système judicaire — nos tueurs légaux — a inventé deux raisons pour que je puisse être tué en prison.  Une femme de juge à Rouyn-Noranda, m’a-t-on dit, aurait même acheté une bouteille de vin pour fêter ma raclée ou ma mort en dedans.  Ce n’était peut-être pas si stupide de croire qu’on voulait me tuer ?  Mais comment expliquer que ce désir soit partagé par ceux qui menaient le même combat que moi pour l’indépendance du Québec ?  On me prenait probablement pour un gars plus dangereux que je ne le serai jamais.          

Ma conception de la vie, mon idéalisme quant à l’honnêteté et la vérité coûterait trop cher à ceux qui dominent pour la laisser se répandre… De la paranoïa?  Possible.  Quand j’enseignais, je ne publiais presque rien.           

La raison que l’on a évoquée pour justifier ma sentence aurait été quadruple : 

1- Pouvoir prétendre que je suis pédophile, alors que je suis pédéraste.

2- Prétendre que j’ai parlé avec des agents de la GRC.   C’est faux, mais ça permettait de semer le doute chez qui je pouvais exercer une certaine influence en faveur de l’indépendance du Québec et surtout me valoir un attentat en prison.

3- Affirmer que je faisais perdre des millions à la mafia en appuyant la loi antigang. 

4- Avoir touché au pauvre petit zizi de Mathieu qui n’a même pas eu le temps de bander et qui se serait vanté de m’avoir arrangé la face.

J’avais un certain poids politique, mais certes pas assez grand pour faire changer les choses.        

Il y avait d’abord la pseudo-pédophilie dont on m’accusait à tort, en refusant de faire la distinction entre un pédophile, un pédéraste et un psychopathe.  Pourtant, dans tous mes écrits j’ai toujours très clairement condamné la pédophilie (rapport sexuel avec des enfants de moins de 10 ans). 

Je réclame le droit aux jeunes garçons d’avoir la maîtrise absolue de leur corps et à leur liberté du choix de leur apprentissage de l’autocontrôle.  Si les jeunes adolescents le veulent, un adulte peut participer à cet éveil comme au temps des grands maîtres ou des grands chamans, en autant que ce choix soit vraiment libre et celui du jeune.  La liberté sexuelle doit être éclairée par une bonne éducation sexuelle scientifique.   Notre vie amoureuse dépend aussi de notre expérience des émotions, de la connaissance de son propre corps et celui des autres. La vérité doit être absolue quand il est question de sexualité. C’est notre vie qui en dépend.      
 
Qu’on en pense ce que l’on voudra, il est préférable de contrôler la surpopulation par l’homosexualité que par des guerres ou en inventant des sidas en laboratoire, tout en exécutant des recherches militaires pour créer de nouvelles armes chimiques et bactériologiques.  Quand il y a une épidémie, la main de Dieu n’a pas à être celle de la CIA ou de tout autre service secret.        

Quand j’étais jeune, je rêvais aussi d’un mentor qui me guiderait dans la vie et dans ma carrière.  J’avais peur de ne pas avoir les ressources nécessaires pour survivre sans mes parents ou la protection d’un adulte.          
                                 
*  *  * 

Les parents seraient surpris de l’âge où on commence sexuellement à vouloir l’autre.  Je n’avais pas dix ans, malgré ma peur, que j’aurais aimé être séduit, touché, caressé par un  homme que j’aimais bien et que j’accompagnais à son travail.  Il ne m’a jamais touché.  Je l’ai bien aimé et il n’a jamais compris pourquoi son petit chinois (j’avais dit-on les yeux bridés) tenait tant à l’accompagner.  Il me l’a demandé quand il avait plus de 80 ans.  J’étais allé le revoir avec ma mère, après plus de 70 ans, mais je n’ai jamais pu lui avouer, devant ma mère et son épouse, que le petit garçon ne l’accompagnait pas parce qu’il aimait son petit chien, mais parce qu’il rêvait de se faire caresser, chérir, aimer par lui. 


J’aurais voulu être la poupée ou savoir ce qu’on ressent quand un adulte te met la main sur le pénis.  On nous refuse le droit d’avoir de forts besoins sexuels quand on est jeune.  On sait que l’amour conduit à la solidarité.  Et, la solidarité est le pire ennemi d’une institution ou d’un état qui veut nous exploiter.  Dans un monde de solidarité, le plus faible est celui à qui l’on porte le plus d’attention.   

Je parlais très vite de ma pédérastie à tous les jeunes avec qui j’entrais en contact pour m’assurer qu’ils sachent dès le départ qui je suis et qu’ils ne puissent pas prétendre ne pas avoir été consentants.  La masturbation me suffira-t-elle jusqu’à la fin de ma vie ?  C’est tout ce que l’on peut se permettre quand on enseigne.

Bizarrement, depuis ce temps, je vis de plus en plus d’expériences strictement gaies.  Serait-ce que les psychiatres avaient raison à l’effet qu’on peut devenir gai si on est pédéraste ? 

Spirale intraprojective

septembre 20, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 127 à 138)

Le système voulait m’entendre leur dire que j’étais coupable d’être pédéraste.  Je suis pédéraste, mais je me sens coupable de rien.  Il n’y a pas de mal dans la pédérastie, à moins d’être violent, de ne pas respecter l’autre.  La pédérastie est une orientation sexuelle. Je n’ai jamais dit le contraire. 

Par contre, si on avait changé mon classement, comme le voulait un des gardiens, pour définir où je passerais mon temps, je serais probablement déjà invalide.  Que j’aie touché Mathieu, à leur point de vue, constitue un crime odieux. Quant à moi, je ne crois pas que ce soit mal.  Je ne l’ai pas blessé, je lui ai procuré des plaisirs.      

En réalité, le système me frappait parce que je suis politiquement baveux et mes écrits me font craindre.  J’écris ce que je pense.  C’est idiot, mais c’est ainsi.  Pourtant, la Charte des droits des droits de la personne permet de dire tout ce que tu veux, en autant que tu n’incites pas à la violence.  Mais, tu n’as pas le droit de parler de la pédérastie, encore moins, de dire que tu l’es.     

J’étais convaincu d’y passer.  J’avoue que ça me fait encore peur.  Par contre, je ne pouvais pas comprendre pourquoi je serais si important.  Il est quasi impossible de mettre la main sur mes livres.  Étais-je simplement paranoïaque?  C’est hilarant, sachant le rejet que vit un pédéraste, de se demander s’il pourrait être paranoïaque. Tout le monde le serait pour moins que ça.           
 
Un prisonnier m’a dit que j’étais une espèce de rat de laboratoire puisqu’on voulait savoir si mon incarcération serait connue. Quelle influence aie-je chez les révolutionnaires ?  C’est complètement idiot.  Il me dit aussi que je ne serais pas un nouveau Mandela ou un Gandhi parce que la prison a fait d’eux des héros.  Je n’avais jamais pensé à ça.         

Certains journalistes ont eu des copies des documents de cour.  Je leur demandais de ne pas les publier, mais ils avaient la preuve que c’était bel et bien un coup monté, une suite au referendum … Mais par qui ?  Le Comité du NON fédérastes de Val-d’Or, le maire en était le président ?  Par le réseau de chantage institué par les féminounes contre ce qu’elles appellent les pédophiles?  Par les Mormons ? Les féminounes manifestaient contre moi. Moi, on exigeait 10,000$, on en avait exigé 90,000$ du psychiatre en charge de l’hôpital de Val-d’Or. Quand on y pense les deux situations se ressemblent.           

J’ai fait mon temps au complet, neuf mois, sans un mois de rémission de peine comme les autres parce que j’ai maintenu que je me sentais coupable de rien. 

 Le cabinet du gouvernement fédéral en 1992 m’a, après l’avoir accepté, refusé le pardon demandé. 

La raison de ce revirement : j’étais entouré de jeunes garçons.  J’étais professeur et j’avais adopté deux garçons, comment ne pas être entouré de garçons ?  J’ai vu dans ce revirement une vengeance de l’appareil judiciaire de l’époque de la reine Victoria, figé dans le temps au colonialisme anglo-saxon, représenté aujourd’hui par le  » fédéralisme ». On me dit plus tard, que l’enquête avait été reprise à la demande du Cabinet fédéral.     

Avoir un dossier sexuel permet d’empêcher qui que ce soit d’évoluer pour le reste de sa vie. Il ne peut même pas voyager. C’est pire que d’être un terroriste.

Était-ce les vendeurs de drogue, qui circulaient autour de moi, sans que je les connaisse et que je le sache, qui avaient peur que je découvre leur complicité avec certains policiers ?  Un de mes élèves m’avait dit que les plus gros dealers de drogue à Val-d’Or étaient des «policiers déguisés en monde» … J’ai toujours cru à tort ou à raison que la GRC contrôle le trafic des stupéfiants.

À cette époque, je ne m’occupais pas de drogue puisque je n’en prenais pas et je fus plus de cinq ans sans boire d’alcool et de vin pour donner le bon exemple à mes étudiants. Quand on sait jusqu’à quel point j’aime le vin, on ne peut que rester surpris.

Était-ce un coup monté parce qu’on me croyait plus riche et que l’on ne savait pas que mes assurances n’avaient pas de valeurs de rachat ?  Si c’était ainsi, cela signifie que le crime organisé avait commencé à mettre sur pied à Val-d’Or un réseau de chantage pour laver financièrement les pédérastes.         

Cette chasse se poursuit depuis que l’Église a accepté de se défendre en payant ceux qui l’accusent.  Est-ce un moyen pour tuer le catholicisme ?  Ce réseau serait-il international, car plusieurs pédérastes auraient été tués dans la grande purification religieuse millénaire mondiale, selon ce que l’on m’a dit.  

Cette chasse religieuse d »extrême droite s’inscrirait aussi dans la guerre des religions qui sous-pèse la répartition des richesses naturelles de la planète.  Ce serait aussi pourquoi des musulmans fanatiques tueraient les gais.  Mahomet a marié une petite fille de neuf ans.  Pourquoi n’est-il pas un pédophile ? Simplement parce que c’était ainsi dans son temps. Qui veut-on purifier ?  Qui est visé ?      

Mes critiques parfois virulentes ont toujours visé à améliorer le sort des Québécois.

La dernière fois quand je me suis fait arrêter après le résultat de mon appel, les policiers s’excusaient presque de procéder. Ils prétendaient être harcelés par les policiers de Val-d’Or pour que ça se fasse le plus tôt possible.  Je venais comme par hasard d’envoyer mon texte sur la liberté sexuelle au mari de la gouverneur générale du temps, qui était un philosophe.  Drôle de hasard.        

Pourtant, le gouverneur général précédent, M. Leblanc m’avait invité à une soirée pour fêter la décision fédérale d’accepter les écoles linguistiques au Québec au lieu des écoles religieuses ou confessionnelles.   Victoire à laquelle je pouvais participer, ayant fait parvenir un mémoire.  J’ai refusé l’invitation, en envoyant ma photo avec Pierre E. Trudeau, tout en affirmant que je suis indépendantiste.  Même en dehors du Québec, j’acceptais de travailler à l’amélioration du sort du français. L’essentiel, dans un pays, c’est de s’y sentir bien. 

Il ne s’agit pas de faire l’indépendance pour l’indépendance, pour avoir raison, mais parce que la souveraineté permettra une meilleure vie au peuple québécois.

On pensait peut-être aussi qu’en 1970 je partageais les menaces contre le journal La Tribune pour lequel je travaillais parce que dans une réunion avec l’équipe du sénateur Molgat sur l’avenir du Canada, à Sherbrooke, le député fédéral libéral m’avait menacé de perdre mon emploi comme journaliste.  Les travailleurs y avaient répondu par des menaces de représailles. 

J’ai ensuite perdu mon emploi et l’on m’avait dit que c’était sous les demandes incessantes de Jean Marchand et Robert Bourassa, ce que nie l’ancien président du journal, M. Yvon Dubé.   À cette manifestation, nous avions quitté la salle, créant ainsi tout un émoi.   Le sénateur Molgat m’avait demandé mon nom à plusieurs reprises, feignant de ne pas comprendre mon accent, ce qui m’avait impatienté.  Aussi, lui aie-je répondu, car il ne voulait pas faire l’effort de comprendre : «John Simonez, tabarnak !»  Je n’ai jamais compris qu’on pouvait ressusciter de vielles choses de 10 ans et plus, juste pour te planter au cas où.

Je me souviens que les policiers n’appréciaient pas tellement ma présence quand Robert Bourassa venait à Sherbrooke parce que je l’avais traité de menteur.  Après avoir accepté un plan de relance économique pour l’Estrie, il changeait toujours d’idées. Il refusait, contrairement à ses promesses, de le mettre en pratique.  On ne savait probablement pas que je connaissais le premier ministre depuis longtemps.  J’admets cependant que j’étais devenu vraiment fanatique. Un petit baveux qui manquait de mesure.

J’ai même cru à l’époque de Meech que Bourassa ferait l’indépendance.  Je l’aurais soutenu avec plaisir.  Bourassa était un gars fort sympathique.  Il avait le moyen de te faire sentir son égal, malgré son poste.

J’étais polisson à cette époque.  Si j’avais été autrement, j’aurais probablement cru que je me trahissais. L’âge nous apprend que ces excès d’humeur n’apportent rien. Ce sont les bêtises de la boisson et de la drogue, car, au début des années 1970, je fumais de la marijuana et je buvais beaucoup. 

J’avais plus de relations sexuelles avec les femmes qu’avec des garçons, même si je me disais pédéraste. J’étais plus un pédéraste de désirs que de fait.  

On m’interdisait, étant journaliste, de manifester ma colère contre les libéraux de Bourassa qui se contentaient de promesses non tenues.  J’étais baveux, mais non violent.  Aujourd’hui, je serais sûrement moins impoli.  Je suis moins fanatique et je ne m’identifie plus à la révolution quoique je cherche moyen de transformer notre capitalisme en quelque chose de plus juste, de plus égalitaire.  Je dirais même que j’étais un peu fou, car, selon moi, toute forme de fanatisme est de la folie.  J’étais au moins un peu déséquilibré.  On ne peut pas changer le monde seul, même si on est journaliste. Je me prenais trop pour un autre.

Si j’étais fanatique, je n’étais pas pour autant un terroriste.  Dans ma philosophie, on pouvait poser une bombe pour faire peur, faire réfléchir, mais il fallait s’assurer avant que personne ne soit blessé. Du matériel, ça se change ; mais la santé, on ne prend pas de chance. 

Ce fut d’ailleurs ce qui me fit comprendre que la révolution n’a rien à voir avec la violence.  C’est un changement, un programme pour améliorer la vie, non pour la détruire ou empirer les choses.  La violence est ce dont on se sert pour justifier la répression.  C’est pour ça que le système se sert des casseurs. Toute personne normale est contre la violence.  Pour moi, l’Évangile selon Saint-Jean est le plus grand texte révolutionnaire ou du moins de réflexion.  Il nous apprend à vivre la tolérance et l’amour.  C’est en fait, notre seule raison d’exister pour les autres… les découvrir et les aimer comme ils sont.  

Au premier referendum pour l’indépendance du Québec, je me suis battu à coups de poing sur un trottoir à Coaticook contre un méchant libéral qui avait décidé de me fermer la gueule dans la taverne.  Quand les résultats ont été connus, je n’ai jamais pu prendre le chemin de la guerre.  Le peuple avait parlé, je le trouvais insignifiant, mais je n’avais qu’à m’incliner si je croyais dans la démocratie.  Je considérais les Québécois comme une bande de pisseux, de gros parleux, comme moi, mais aussi victimes de leur ignorance politique.        

J’ai toujours été plus près de la pensée de René Lévesque que de la violence.  J’ai d’ailleurs présenté mon premier et seul discours politique, lors d’une réunion à Magog alors que René Lévesque et Claire Kirkland Casgrain étaient les invités.  J’étais alors libéral.  J’appuyais Georges Vaillancourt.  Mon discours est gardé aux Archives gaies du Québec, à Montréal.  On souligna, après mon sermon sur la montagne, que mon avenir politique était assuré.  Lévesque fut non seulement le penseur d’un Québec indépendant, mais soudé au Canada, ou l’idée d’une vraie Confédération canadienne.  Tout devait se dérouler selon la démocratie.      

Même si elle est imparfaite, la démocratie demeure la voie à suivre.  Tout le reste est éducation.      

Plutôt que de prendre les armes, j’ai choisi de prendre le chemin.  J’ai arpenté sur le pouce (en auto-stop) deux fois le Canada.  J’y ai appris qu’un Québécois qui veut parler français n’est chez lui qu’au Québec. Il est rejeté dans l’Ouest canadien. Le Canada bilingue, c’est de l’hypocrisie.  Mais j’ai appris qu’au-delà de tout ça, l’important c’est l’humain.  Quelques bonnes aventures avec de jeunes canadiens m’ont rappelé que l’amour comme la musique n’a pas de race, d’espace-temps.  Tu peux être beau et merveilleux dans toutes les couleurs et toutes les langues.  Quelque quarante ans plus tard, le petit Brian et ses merveilleuses fesses (que j’ai vues quand il prenait sa douche) me fait encore vibrer à son souvenir.      

Ces pérégrinations sont devenues de vrais exercices de propagande en faveur de l’indépendance du Québec, à l’extérieur du Québec.  La curiosité des gens le moindrement politisés était incroyable.  Par contre, en allant au Mexique, j’ai appris que la révolution, ça ne s’exporte pas.  Chaque peuple a ses valeurs. 

Croire que l’on peut changer le monde entier est un rêve d’adolescent, car, chaque individu est structuré différemment par sa culture et aucune n’est mauvaise, mais le fruit de l’expérience de ce peuple.  Chaque peuple est maître de son destin.  Quand je l’ai dit, dans une taverne à Vancouver, en compagnie de mes amis révolutionnaires, ceux-ci m’ont sauté dessus, croyant que je venais de trahir la révolution.  Pourtant, je venais de comprendre que chacun de nous sommes différents et que la révolution n’est pas de rendre tout le monde pareil… mais de respecter tout le monde.

Je trouvais injuste que Paul Rose soit condamné pour le meurtre de Laporte alors qu’il ne pouvait pas l’avoir commis parce que les journaux disaient qu’il n’était même pas là quand Laporte a été tué. Complice, sûrement.  Je voulais seulement que l’on fasse la nuance entre un crime de droit commun et un crime politique.  J’avais même présenté une résolution d’urgence à cet effet, lors d’un congrès du Parti québécois, ce qui mit le feu au derrière de René Lévesque.  Aujourd’hui, je crois qu’un meurtre est un meurtre.  Rien ne peut le justifier.  Toute violence est un crime. La vie me l’a appris et c’est une leçon que je ne veux pas oublier.         

Ma copine avait-elle raison de croire que mon procès était un coup monté à cause de mon passé pro-felquiste ?  Peut-être, mais, en réalité, elle était jalouse.  Elle avait peur des jeunes que je pourrais éventuellement envoûter et elle maudissait le fait que je préfère un jeune garçon à une femme.  Les femmes n’acceptent la pédérastie, elles croient que cette orientation sexuelle les confronte dans leurs relations entre les jeunes et elles.          

Pourtant, la pédérastie pourrait être le moyen le plus radical pour mettre en place l’égalité entre un homme et une femme parce qu’aujourd’hui, les femmes revendiquent faussement d’être les seules à protéger les jeunes.  Le pédéraste est souvent habité par une plus grande sensibilité féminine et artistique que les autres hommes, d’où leur attrait caractéristique pour la beauté.  Le pédéraste préfère les garçons simplement parce qu’il n’y a rien de plus beau dans la création. 

Dans le monde actuel, il suffit d’avoir un sexe féminin pour dominer.  C’est aussi pourquoi les femmes ne peuvent pas comprendre la possibilité d’avoir une relation sexuelle pédéraste sans sodomie.  Les hommes n’ont jamais su que la fellation, ça se fait aussi à une femme.  Pour bien des pédérastes, la sodomie est rejetée et ne vaudra jamais une bonne séance de caresses, de masturbation ou de fellation.  C’est d’ailleurs pourquoi on peut se demander comment un jeune peut souffrir au cours d’une telle expérience.     

Pour un pédéraste, comme moi, la félicité n’est pas seulement génitale ; le summum est un sourire, vivre très intensément la présence de l’aimé.  Retrouver une joie délirante d’être avec lui.  De partager sa vie.  Très souvent, c’est l’extase, un regard en flammes, un sourire enrobant, un rire évocateur, un jeu fascinant, le bonheur absolu du moment présent, de le voir être heureux.  Finalement, la jouissance de sa présence.  Le jeune est une énergie.          

             
*  *  *  
    
Faire l’amour est un comportement d’adulte qui oublie que vivre sa sexualité quand tu es jeune c’est complètement différent, car c’est basé sur la curiosité et sur le jeu.  C’est une réalité émotive.  Les jeux sexuels chez un jeune n’ont pas du tout la même signification que pour un adulte.  Ce sont des jeux.  Point à la ligne.  C’est un partage d’amitié et de curiosité. Un focus totalement dédié à la tendresse.

Un pédéraste ne voit pas la sexualité comme un adulte, car pour rejoindre le jeune, il doit apprendre que la sexualité est un jeu pour eux, une découverte et non un instrument de domination ou de peur. 

Par contre, le jeune apprend très vite à se servir de l’être aimant pour obtenir tout ce qu’il désire.  La manipulation n’appartient pas qu’aux adultes, au contraire.  Les jeunes reconnaissent vite le pouvoir qu’ils ont sur leur amant traumatisé de peur que ça se sache.  Les jeunes deviennent ainsi les maîtres suprêmes.  

Le problème des femmes battues, violées repose sur la domination mâle et le chantage psychologique de «pouvoir» entre un homme et une femme.  Certaines femmes savent torturer psychologiquement leur homme jusqu’à qu’à leur éclatement. Certains mâles sont si jaloux qu’on peut parler de maladie. Les femmes pensent à tord que les pédérastes sont comme leur mâle, ignorant et refusant de croire que dans une relation pédéraste : le maître absolu, c’est le jeune.  Il a tous les pouvoirs.  Il peut en profiter tant qu’il n’est pas pris. 

Il a le pouvoir du jour au lendemain de devenir la victime et le maître chanteur le plus efficace qu’on aura jamais créé.  Heureusement, pour le pédéraste, il a aussi la beauté, la jeunesse.   Le Bien absolu !  La pédérastie est-elle liée à l’immortalité ?  Une immortalité que l’on voudrait éternellement jeune.  Est-ce le refus d’un adulte à devenir adulte ?  Pour lui plaire ou pour un peu d’affection, le pédéraste est l’esclave parfait du jeune.   Dans la conception pédéraste, la sexualité n’est pas mal, tant que c’est un jeu non-violent, consenti, amusant.  C’est d’ailleurs pour ça, que j’ai écrit L’amourajeux.  Ce fut un manuscrit de poésie qui n’a jamais été réellement publié, sinon avec ma maison d’édition Les éditions du temps.  J’espérais faire comprendre cette nuance et ainsi dédramatiser les relations sexuelles qui n’ont rien à voir avec celles d’un psychopathe.   
 
 *
Un soir, j’étais à préparer le repas pour moi et mon jeune ami.  Il avait amené avec lui deux de ses copains que je ne connaissais pas.  Ils étaient très beaux.  À un moment donné, je me suis tourné et que vis-je ?  Les deux petits gars, les culottes baissées, assis face à moi, sur le sofa, qui se masturbaient.  Wow !  Le spectacle était tout simplement féérique pour moi, affreux pour les scrupuleux ; mais je ne pouvais pas leur montrer ce que je ressentais.  Je me suis contenté de me retourner et continuer le repas comme si de rien n’était.  Sincèrement, j’avoue que j’aurais bien aimé manifester mon intérêt.  Mais, j’avais peur.   Un prof ne peut pas accepter ce comportement, mais j’étais chez-moi, avec mon éthique à moi?         

Qu’on le veuille ou non, quand on choisit comme moi de faire connaître aux gens ce qui se passe généralement dans une rencontre pédéraste, pour dédramatiser la situation, on devient paranoïaque.  Tout peut te reconduire en tôle.  On peut retourner presque à l’enfance pour t’inculper.  Est-ce un piège ou un désir sincère ?  Est-ce que les jeunes savent qu’ils pourront ensuite te faire chanter ? 

J’enseignais et je serais devenu moine, avec vœux de chasteté, pour continuer d’enseigner.  J’étais, je crois un bon prof, parce que j’étais un bon pédéraste.  Cela nous permet de facilement vivre égaux avec les jeunes.  Notre admiration pour la jeunesse et la beauté de leur expression, de leur intellect que tu vois grandir à vue d’oeil, nous permet de vivre presqu’en osmose avec eux, avec leurs énergies, renversé par leur beauté à tous les niveaux de vie.

Par contre, j’étais le prof « discipline » parce que je sais que tu ne peux pas apprendre s’il n’y a pas de discipline.  Le succès est de savoir être les deux selon le besoin.  Never on the job !  Préférable de te masturber en les imaginant, au moins là, t’es seul et on ne peut pas encore te mettre en prison pour l’avoir fait.     

On peut croire que c’est une exception.  Quelle erreur !  Les jeunes savent s’y prendre plus que les parents ne le penseront jamais pour découvrir la vraie nature de leur prof. 

Les jeunes savent aussi que les pédérastes meurent de peur face à la société.  Quand j’ai commencé à en parler, je n’étais probablement pas tellement conscient de tout ce que ça voulait dire.  Les préjugés sont tellement profonds qu’on ne fait aucune nuance entre un viol et un « party « .  Bien des jeunes adorent ça et savent très bien qu’il y a une grande différence entre « ce qui fait mal et la jouissance ».  Ils ne sont pas fous.  Les jeux sexuels tissent des liens, des amitiés. 

J’ai appris à retenir mes désirs quand j’ai adopté deux petits gars.  L’un d’eux détestait tout ce qui était gai.  J’ai bien été obligé d’apprendre à le respecter, car juste le fait de vivre quotidiennement avec un enfant, de t’en occuper, tu ne peux faire autrement que d’en tomber amoureux.  Et si ce jeune est scrupuleux, tu n’as pas d’autre choix que de l’être toi aussi par respect pour lui.  C’est « la différence » entre le pédéraste et le père.  Le père est le symbole de l’autorité ; le pédéraste est le symbole du plaisir.  

Le père n’espère aucune reconnaissance.  Son amour est donc plus pur, plus profond, plus gratuit.  Le pédéraste échange ses émotions, ses biens avec un jeune qui peut être complètement extérieur à sa vie ; mais il n’a pas le plaisir de vivre continuellement avec le jeune. Il n’a pas la responsabilité de le faire vivre. Ses dépenses ne sont pas des responsabilités, mais des cadeaux. Voilà, pourquoi le pédéraste est parfois plus intéressant que le père, même si ce dernier est essentiel alors que le pédéraste ne l’est pas. Par contre, le père est identifié à l’autorité alors que le pédéraste est l’égalité en dehors de la frontière de l’âge. 

La pédérastie peut être vécue exactement comme le prônait Platon … c’est plus difficile à vivre, mais c’est tellement plus profond, tellement plus beau.  Sauf, que si le jeune est consentant, ce n’est pas pire, ce n’est pas moins beau ou moins pur que de connaître des rapports génitaux.  Je suis tombé dans le piège. Et j’en suis bien content, car, cette empathie que tu développes envers celui que tu aimes, t’ouvre l’esprit et te permet de voir toute la beauté des autres humains.  C’est cette révélation qui m’a fait prendre conscience du côté malsain des religions.  L’interdit sexuel est la voie à la maladie mentale.

Quand on m’a accusé à Val-d’Or, le Québec vivait à travers les journaux la même histoire d’horreur qu’en Belgique avec l’affaire Dutroux.  Les médias nous faisaient croire que Dutroux était un pédophile alors qu’il était mêlé à un réseau de trafic d’enfants.  Ces réseaux peuvent exister pour le trafic d’organes, des adoptions chez des riches et parfois pour des raisons sexuelles. 

On mélange tout pour mieux entretenir la haine et la peur des pédophiles.  Les cas de pédophilie sont loin d’être les plus fréquents.  C’est une variante qui fait la différence entre une société basée sur la vérité et une civilisation basée sur l’hypocrisie nécessaire pour garder le pouvoir.  La vérité est un droit fondamental, essentiel à la démocratie. Le respect de la vie privée l’est tout autant.

J’avais peur que l’on se serve de moi pour créer au Québec une affaire Dutroux car en Europe le gouvernement de la Belgique était à la merci de toutes sortes d’accusations. On pouvait peut-être essayer la même chose ici, sachant que plusieurs gens en politique sont gais et que je le savais. Quand un système veut la peau d’un gouvernement, tous les coups sont permis et je ne voulais pas être un traitre.  Lucien Bouchard et le Parti Québécois formaient le gouvernement.  Bouchard est anti-pédéraste, mais certains ministres étaient gais et on pouvait essayer de les mettre en boîte en se servant de mon sort.

C’était d’autant plus facile de se servir de moi que je n’étais pas sensibilisé à l’existence de réseaux d’esclavages sexuels ou pas.  J’étais bien plus conscient que la police brésilienne participait à des escadrons de la mort, tuant ainsi des centaines de jeunes pour faire plaisir aux riches. 

D’ailleurs, un peu plus tard, on essaya de créer l’image de l’existence d’un réseau international de pédophilie quand mon bon ami Marc Lachance, qui avait organisé des cirques pour venir en aide aux jeunes en Ethiopie, se suicida.  Une aberration, car Marc était beaucoup trop amoureux des jeunes pour leur faire le moindre mal. 

Je ne pensais pas qu’on pouvait être assez sales pour s’en prendre aux gens qui essaient d’aider les jeunes, même s’ils sont pédérastes.  Est-ce que la chasteté est plus importante que de les sortir de la misère ?  Marc n’avait rien d’un abuseur.  Ses réalisations étaient sa fierté.  Il s’est d’ailleurs tué pour éviter la mauvaise presse et ainsi sauver son œuvre.  Marc n’est pas un salaud, mais un héros.  Comme il l’a écrit avant de se tuer :  » je veux que mon suicide soit perçu comme un meurtre

Certains pays ont d’ailleurs établi un âge de consentement vers 11-12 ans ce qui correspond à la réalité des jeunes plutôt que de le fixer selon les goûts de la police et des religions.  Les jeunes ont aussi droit à leur vie privée et au respect de leur intégrité physique.  Ils n’ont pas à être traités comme s’ils étaient des imbéciles qui ne savent pas décider s’ils aiment ou pas participer à des jeux sexuels. 

La protection des jeunes en fonction de la sexualité est une immense hypocrisie, basée sur l’ignorance du développement sexuel des jeunes. C’est une forme de surprotection bourgeoise.  Les jeunes doivent avoir le droit absolu de dire oui ou non.  Si on était moins hypocrite quant à la prostitution, le problème pourrait être résolu.     

De plus, il y avait la mort du petit Daniel Desrochers, sacrifié à l’autel des vendeurs de drogue à Montréal, ce qui me fit écrire au ministre de la Sécurité que notre système est meilleur pour défendre les pénis que les cerveaux.  Je sais qu’il a eu ma lettre, je lui ai remis en main propre.         

Les politiciens passent des lois plus corsées sur les attouchements sexuels que sur le gangstérisme, faut le faire !  Le terrorisme est une réalité incapable de leur profiter, sauf s’il s’agit de la vente d’armes.  C’est plus émotif, ça poigne plus dans l’émotivité de la population, d’autant plus que les média servent de confessionnaux haut-parleurs.    

J’ai toujours trouvé curieux que tout ça soit survenu après le suicide de mon fils adoptif Rouhed et que l’on se soit ensuite servi de ma peur du suicide pour bien me prendre dans le filet.  Le père de Mathieu prétendait vouloir se suicider tant il était malheureux.  Ainsi, je continuais à m’intéresser à son sort… Je ne l’ai pas vu venir.  Je lui ai dit que j’étais pédéraste.  Je lui ai même lu certains de mes textes.

Je n’aurais jamais été aussi actif dans la lutte contre les préjugés qui existent autour de la pédérastie si je n’avais pas été condamné.  J’aimais trop enseigner pour m’en mêler… C’est égoïste, mais c’était un comportement compréhensible.  D’ailleurs, malgré les enquêtes sur mes quinze ans d’enseignement, on ne peut rien me reprocher.  Plus de dix ans plus tard, je ne peux même pas faire de bénévolat au cas où il y aurait un jeune dans la foule… plus fou que ça tu meurs.      
       
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Le gangstérisme fait partie de ce qu’on appelle le terrorisme, car il se sert aussi de la violence pour dominer.  L’exploitation d’un individu par un autre est en soi une forme de violence.  

*   *  *

 Les autorités devraient admettre, par exemple, que la pornographie est un déversoir libidinal tout aussi efficace que la violence au cinéma, violence qu’on ne remet pas en cause.  Nous sommes noyés dans les films violents sans dire un mot comme si ça n’aurait aucun effet sur les jeunes, mais on crie au scandale dès que l’on voit un pénis.  Les Mormons s’occupent entre autres de la censure des productions à Hollywood.   Cette folie m’a toujours renversé.         

La nudité n’a rien de pornographique.  La loi ne devrait pas se mêler de ce que tu regardes chez toi, mais s’attaquer aux réseaux qui exploitent les jeunes pour produire les films, s’ils ne sont pas consentants. 

Tant qu’on habitera dans un monde pour qui la sexualité volontaire et pacifique est un crime pire que la violence parce qu’on y ajoute une question d’âge, nous vivrons dans un monde de malades, de frustrés et de vicieux.  Il y une différence énorme entre être pédéraste ou pédophile, mais on ne veut pas permettre aux jeunes de savoir qu’ils ont le seul droit de regard sur leur sexualité.

Tant que la police voudra se servir de statistiques d’arrestations sexuelles ou de marijuana saisie pour prouver son efficacité — alors que souvent elle ne fait que collaborer la hausse des prix du pot — la loi continuera de se moquer des droits individuels et de la vie privée et défendra le crime organisé. 

La Charte des droits ne devrait s’appliquer qu’aux individus et non au profit de groupes criminalisés (à travers des individus)  qui ne sont pas encore reconnus comme tels.  Ça donne des mégas procès, mais payés par les contribuables. Des procès que l’on doit déclarer intenables.

Le proxénétisme, la contrainte, l’esclavagisme doivent demeurer des crimes très graves que ce soit particulier ou organisé.  La sexualité doit absolument être un geste purement volontaire.  Contrairement, à la génitalité, où le sexe est très clairement au centre des préoccupations ; la sexualité peut-être le centre d’une relation amoureuse, de la tendresse ou de l’affection. La notion de  » sexuelle » dépend des civilisations. Celle-ci varie à travers les siècles et les pays.

Elle doit être libre et pour être libre, elle doit être consentie et plaisante, le contraire d’un viol. Le choix doit être très clair et non un « je ne sais pas si je veux » ou « continue quand je te dis d’arrêter».  Ce n’est pas un refus, mais une incitation.  On dirait que nos lois essaient de nous imposer la répression de la sexualité afin de créer un état à l’image des féminounes : sans pénis et sans plaisir sexuel. Une société castrée. Sans mâle.         

La dénonciation pour des accusations sexuelles, sans violence, devraient être prescrites à dix-huit ans.   Le proxénétisme jouit d’une prescription de deux ans.  Il ne devrait pas jouir d’une telle prescription et même être plus sévèrement puni, à moins évidemment que la relation soit volontaire, ce qui me semble une contradiction… Peut-on volontairement être esclave ?         


Spirale intraprojective 14

septembre 19, 2020

Spirale intraprojective  14

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 116 à 127)

* * * *

Cela n’a jamais changé ma situation face au crime organisé. Qu’on le veuille ou non, une société doit avoir des lois.  Qu’on aime les policiers ou pas — parce que parfois ils sont complètement idiots dans leur application de la loi– ils ont la tête enflée par leur petit pouvoir– la loi doit prévaloir.  Sauf le conservatisme de bien des juges, nommés par reconnaissance politique, notre système ne serait pas si mal, s’il était orienté autrement. 

On doit modifier le but premier de la justice, en axant tout sur la réadaptation plutôt que la punition.  L’essentiel doit être le côté éducatif de la sentence pour t’apprendre à vivre normalement à l’intérieur de la société et non te punir pour te punir.  Sauf dans les cas de violence, la prison n’a pas sa place.  La prison est une forme d’isolement pour protéger les autres.  Elle doit nécessairement conduire à une nouvelle socialisation, une réintégration sûre.  Le prisonnier a absolument besoin d’aide pour se réintégrer correctement dans la société.  Malheureusement, quand tu sors de prison, t’es jeté à la rue.           

Le crime organisé avec ses gros sous a pratiquement anéanti la Charte des droits de la personne, l’aide juridique et le droit à la vie privée, car ils les modifient ainsi que la manière de s’en servir.  En servant la mafia, ces lois protègent un groupe alors que sont visés des droits strictement individuels.  Cette déviation de la protection de l’individu rend la vie plus difficile aux policiers et notre système ne fixe leurs salaires qu’en fonction des statistiques.  Alors pour justifier leur emploi, les policiers s’en prennent aux individus plutôt qu’au crime organisé.  C’est plus facile et c’est moins dangereux.

Les policiers et la cour devraient faire une discrimination absolue entre la vie privée d’un individu et la protection accordée au crime organisé, entre le riche et le pauvre.

Il est anormal d’être libre quand tu as tué et être enfermé si tu as eu le malheur de jouir avec un autre plus jeune que toi, en autant qu’il soit consentant.  

À mon sens, tuer un autre est beaucoup plus condamnable que de le faire éjaculer, à moins qu’on pense comme dans la Grèce antique que le sperme est une partie du cerveau ou de la moelle épinière.  Si c’était vrai, je n’aurais plus de cerveau.

Heureusement pour moi, la masturbation n’est pas encore illégale… pour l’instant…le féminounes y travaillent.    

*  *

À Val-d’Or, je venais de publier une nouvelle littéraire, intitulée « Nous vaincrons», où je relatais une engueulade dans laquelle j’avais affirmé à feu Pierre Laporte (tué par le FLQ), qui me connaissait, qu’un jour il sera préférable et plus honnête de se dire pédéraste que d’être fédéraste au Québec.  Mon avocat me l’a rappelé, après ma condamnation, m’indiquant qu’en prison je ne pourrais compter sur personne et aucun lien politique. Il ajouta : mêmes les gardiens sont d’accord pour les mauvais traitements infligés par les prisonniers aux gens condamnés comme pédophiles.       

Peu font la nuance entre pédophile et pédéraste, même si elle est immense.          

Je lui ai demandé si le jugement qu’on venait de rendre contre moi n’était pas un appel à échanger l’Évangile, selon Saint-Jean pour l’Évangile selon Mon Boucher (chef des Hells Angels, un groupe de motards criminels).  Je n’avais plus aucun doute quant au lien entre le crime organisé et le parti libéral.   Une tonne de ses lois ne servent qu’à protéger la vraie mafia qui se dit formée de financiers respectables.

J’étais voué à me faire battre ou à être tué en prison… il n’y avait aucun doute quant aux motifs pour m’y envoyer. On voulait se débarrasser de moi.     

J’ai appris depuis qu’il s’agit surtout d’une question de classement : envoyer un prisonnier condamné pour des raisons sexuelles avec la population générale, c’est lui assurer d’avoir la vie dure ou de crever.             
D’ailleurs, avec la loi 65, je crois, les prisons peuvent devenir des tombeaux puisque personne ne peut savoir ce qui s’y passe à l’intérieur des murs. 

Toutes les raclées et les morts (les suicides) dans l’infirmerie ne seraient que des rumeurs, de fausses rumeurs ; mais ça existerait encore quand même à plus petite échelle. C’est pourtant ça la pire terreur quand tu vas en prison : l’insécurité de ne pas savoir qui peut te sauter dessus, souvent pour absolument rien. 

Les prisons devraient avoir un personnel psycho-médical qui permet aux prisonniers d’avoir confiance aux soins qu’on leur apporte.  Ils devraient y avoir des prisons spécialement conçues pour le crime organisé afin de ne pas mêler les gens ordinaires à ceux du crime organisé et ainsi établir des universités du crime.

Si la prison devient une solution pour les personnes qui souffrent de maladie mentale et qui refusent de se soigner à l’extérieur (en tôle, tu dois prendre tes médicaments et en principe tu ne peux pas consommer), il devrait y avoir un programme spécial pour eux : la possibilité de sorties hebdomadaires, des cours disponibles, un placement, selon le degré de violence et de maladie, les deux allant de pair.  L’important, c’est de les récupérer.  Ce sont souvent des personnes extrêmement intelligentes.  C’est à nous de leur donner le goût de vivre autonome.     

Quand j’ai séjourné à Bordeaux pour la deuxième fois, je dois affirmer, sans être lèche-cul, que j’ai toujours été bien traité.  Les gardiens et les gardiennes étaient même polis, à quelques exceptions près.  C’était tout le contraire, une année ou deux auparavant.      

Je me suis longuement demandé le pourquoi de la loi 65, si ce n’est de permettre au crime organisé de conserver le contrôle à l’intérieur  …  mais souvent, nous n’avons qu’une partie de l’information pour comprendre les règlements.  Ce n’est pas un monde que je peux facilement comprendre : je n’ai pas une mentalité selon laquelle le profit est plus important que la vie humaine.  

Je n’avais jamais pensé que mes idées, mon engagement politique et ma foi dans la liberté sexuelle puissent mettre ma vie en danger.  Et pourtant, ce fut le cas.
                         
* *

Je venais aussi de publier « Le chantage», en le dédicaçant à un ami psychiatre de Val-d’Or qui venait d’être accusé d’attouchement sexuel.  C’était aussi le père d’un de mes étudiants.  Un bonhomme formidable.  On m’a dit qu’on lui avait demandé, exigé 90,000$, pour garder sa liberté, alors que dans mon cas, on exigeait 10,000 $.  Il a été assez intelligent pour laisser brailler les féminounes de Val-d’Or et de s’en aller en France, d’où il était natif.

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La guerre à la pédophilie est aussi celle d’un réseau de chantage international entre les mains des services secrets et des féminounes du crime organisé.  Les femmes ont aussi un mot à dire dans le crime organisé.       

Si le système était honnête, il avouerait que la guerre à la pédophilie sert souvent de couverture pour justifier la surveillance et la répression sur internet.  Elle permet, sous prétexte de protéger les enfants, sans faire de nuances entre la pédophilie et la pédérastie, entre un réseau d’esclavage sexuel et des droits individuels, d’entrer dans tous les foyers sans avoir à obtenir la permission obligatoire d’un juge. C’est tellement dangereux un pédophile qui se branle devant le petit écran ! Il faut agir sous prétexte de soupçons et des soupçons ça s’invente selon les besoins…

Tant qu’on entretient cette psychose paranoïde, le système est justifié de censurer tout ce qui se passe, même sur un plan individuel.  C’est une guerre hypocrite qui favorise surtout les services secrets de sécurité.  Tout peut être possible à ce niveau.  Tout peut être codes, messages cachés.  Tout justifie la peur.

Par contre, c’est parfois complètement maladif. 

Certaines personnes m’ont dit que mes livres sont bourrés de codes secrets.  On disait même que l’Homo-vicièr contenait des codes cachés. Faut le faire !
C’est plutôt stupide, car je n’ai aucun lien ni avec la police, avec des services secrets et encore moins avec le crime organisé. Ceux qui cherchent des codes dans mes textes devront le faire durant toute l’éternité sans résultat, car je n’ai rien à cacher.         

La pédophilie est devenue rentable quand l’Église a décidé de payer les victimes.  Je ne veux pas porter de jugement sur ce problème, sinon souligner qu’il y a une différence entre une masturbation et la sodomie.  D’autre part, la situation sociale d’alors rendait les prêtres si importants aux yeux des familles que certains prêtres auraient pu exiger des rapports sexuels. Ce n’est plus rechercher un plaisir mutuel, mais un viol. Certains jeunes auraient été forcés ou auraient obéi car le prêtre était en état d’autorité.  Ce n’est plus pareil, c’est un viol pur et simple. Chaque cas est différent.

Ainsi, pour se faire de l’argent vite et facile, pour s’acheter un peu plus de drogue, certains ont découvert la possibilité de se servir du chantage.             

Il est facile d’accuser qui que ce soit de crimes sexuels, car il suffit d’un petit toucher, d’une insistance qu’on qualifie d’harcèlement.  Souvent la prétendue victime ne se drogue pas pour oublier, elle dénonce pour pouvoir s’acheter plus de produits.  Ce peut être aussi un cri au secours qui ne touche pas que la sexualité, mais le mal de vivre.  Si on te prend pour un pédophile, tu peux être tué … mais ce n’est rien, c’est un pédophile.  Les gens ne paniquent du moment qu’on entend le mot le sexe.  Un accusé de délit sexuel peut être tué et on prétendra qu’il a eu ce qu’il mérite. On fait des films sur la vie des assassins.        

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Les religions ont manipulé les inconscients personnels et collectifs, de la naissance à la mort, en les moulant de telle sorte qu’ils réagissent comme les religions le veulent autant sur le plan de la conscience que du corps.  

Dès l’enfance, il faut être bien habillé, avoir honte d’être nu, il faut répondre aux modes et aux rites religieux.  Une castration psychologique que l’on a imposée à travers les âges.  Il suffit d’interdire dès l’enfance ce que commande ta petite nature pour créer une obsession, une culpabilité qui sert à te mépriser toi-même.  C’est ce qui constitue une empreinte primaire, une règle si profondément ancrée qu’elle régit le reste de notre vie.

Les religions l’ont bien compris, elles en profitent car cette supposée pudeur instinctive est simplement le fruit de la répétition de l’interdit et du besoin d’imitation de l’enfant.  Il vient un temps où la règle est tellement ancrée en nous qu’elle se propage d’elle-même de génération en génération, sans pouvoir être remise en cause, allant tellement de soi.  

Au lieu de payer les victimes ou leurs parents, l’Église aurait été mieux de payer le service de psychiatres aux jeunes afin de s’assurer qu’ils s’acceptent et comprennent que de tels gestes ne les condamnent pas pour l’éternité.   Qu’ils se sont fait mentir par les adultes religieux et fanatiques qui ont inventé ce scénario. Si le milieu avait réagi en chrétien, ces jeunes auraient oublié et surtout se seraient pardonnés. La décadence de la tolérance est responsable du sort de ces victimes autant que les prêtres.           

Dans nos sociétés tout ce qui touche à la liberté en matière de sexe est perçu comme le mal, la honte. Il est difficile d’avoir la force de penser autrement.        

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Je ne préconise ni la pédophilie, ni la pédérastie.  Je condamne la pédophilie, car elle peut être néfaste pour un enfant forcé de vivre un stade de développement pour lequel il n’est pas encore prêt ; mais il faut aussi que l’on cesse de voir le mal dans la sexualité, car c’est tout aussi traumatisant.   Un jeune peut très profiter d’une relation pédophile et même retrouver une façon de vivre le père manquant dans sa vie. Les adultes doivent apprendre à se calmer les nerfs quand il s’agit de confronter une situation sexuelle, tout n’est pas violent et négatif.  Il y a beaucoup de plaisir possible.           

La liberté repose sur une excellente éducation sexuelle.  La sexualité est un phénomène carrément humain, animal, naturel.  Si on veut être véridique et honnête, il faut tenir compte de chaque cas individuel.  La sexualité est l’apprentissage de son corps et je suis persuadé qu’aucun dieu n’exige que l’on rejette notre corps et ses plaisirs.    

Comment pourrais-je briser la vie d’un petit gars si je l’adore, que je suis prêt à tout sacrifier pour le rendre heureux ? 

Je ne suis pas un psychopathe et je ne fais pas le commerce des organes.  C’est le lot de la mafia qui fait le commerce des humains.  Un individu seul ne le peut pas, mais une mafia si.   Pourtant, on ne s’attaque qu’aux individus, c’est plus facile et plus payant pour les statistiques.

Je viens de lire dans le TIMES que des enfants se sont suicidés à la suite d’une telle expérience.  Pourquoi ?  Ils eurent trop honte ?   J’ai peine à croire qu’il puisse exister des gens qui forcent physiquement des jeunes à vivre contre leur conscience et leur nature.   Il est facile pour un jeune de prétendre qu’il s’objectait, quand il acceptait tous les autres avantages. Par contre, si un jeune vit dans un milieu fanatique, il n’osera jamais se confier et finira par se rendre malade.

Si le sexe n’était pas tabou, aucun jeune n’aurait honte d’en parler à ses parents ou à des amis.  Aucun jeune ne se croirait responsable d’avoir été violé.  Aucun jeune ne trouverait que cela est si mal que ça vaut de se suicider.  Il y a quelque chose là-dedans qui n’est pas logique.  Il faut pour qu’un jeune songe à se suicider qu’il se croit incapable de refaire face à son milieu.  Qui fait croire que d’avoir une relation sexuelle c’est l’horreur ?  Ce sont eux les vrais responsables. Où cesse le respect de l’autre ?         

Les pédérastes sont des séducteurs.  Ils prennent le temps qu’il faut pour qu’un jeune jouisse aussi de la relation sexuelle génitale (comme au temps de la Grèce antique).  Devenir victime, c’est de se faire imposer des gestes qu’on refuse.   Les pédérastes se servent au contraire du temps pour s’assurer qu’il s’agit bel et bien d’une acceptation mutuelle, que cette expérience leur sera profitable.  Le jeune se sent aimé et le vieux est en amour par-dessus la tête avec lui.  Le jeune devient le centre de l’univers de l’adulte, capable de le gâter, de lui faire plaisir.  Et, ce plaisir devient la raison première de toute la relation. Comment peut-on ainsi parler d’agression ?        

Comment de tels avantages peuvent être classés par les féminounes comme  » le vol de leur enfance »… D’ailleurs, s’il n’y a pas de panique autour de la découverte de cette relation, le jeune sera bien content de la vivre ou d’y mettre fin.  C’est un état féérique d’être aimé et amoureux, même si on est jeune.             

Malheureusement, les adultes oublient qu’un enfant ne réagit pas comme eux parce qu’il n’a pas les mêmes hormones et que son cerveau est encore incapable de symbolisme.  Pour lui, sauf la réaction des adultes, il n’y a rien de mal dans la sexualité.  Il n’est pas encore contaminé par la morale religieuse.           

C’est aussi un principe chez les pédérastes de s’assurer que le jeune est bel et bien consentant ou que du moins il semble avoir du plaisir.  C’est contre ses normes de forcer un jeune à relation sexuelle.           

Ceux qui sont absolument contre la pédérastie sont persuadés du contraire parce que ce respect va à l’encontre des séquelles qu’ils ont inventées.  Cela permet de retourner, revenir sur le passé de l’adulte, même après 40 ans, faut le faire, pour condamner un pédéraste.  Les maniaques de la protection ont peur que l’adulte crée mieux qu’eux des liens nobles avec le jeune.  Une amitié qu’ils envient.  Avec nos lois, c’est pire de faire une pipe que de tuer. Un gars qui tue peut maintenant avoir un jour une libération conditionnelle. Un pédéraste ou un pédophile est strictement ostracisé à vie.

Le lien pédéraste ressemble étrangement à celui de père, quoiqu’il soit plus communicatif, car l’homme n’y est pas qu’un pourvoyeur et surtout, l’autorité. Il doit être présent. Il doit être aimé.  Pourquoi prétend-on vouloir protéger le jeune quand un vieux de plus de 70 ans est mis en prison ? Il ne bande même plus.  Quel danger représente-t-il ? Un jeune n’a plus peur d’un tel vieillard depuis longtemps.  

Le problème de l’Église catholique ainsi que les autres religions est l’hypocrisie. 

Le pédéraste existe depuis le début de l’humanité.  Une déviance ?  Sûrement si on croit que le sexe ne sert qu’à procréer.  La pédérastie contrôlée, donc sans violence, peut être très positive, même pour le jeune, car, c’est une forme d’amour.  Il faut retourner à ce que signifie réellement (sans l’interprétation des féminounes) tomber en amour.       

Pourquoi la pédérastie existe-t-elle ?  Je ne le sais pas.  Plutôt que de la nier, si l’Église avait eu l’humilité d’avouer qu’elle s’est trompée quant à sa façon d’aborder la sexualité, elle ne serait pas dans le pétrin dans lequel elle s’enfonce maintenant. 

L’Église nous a menti quant à la sexualité et on n’est pas prêt à lui pardonner. Un péché avoué, est plus vite pardonné. 

On sait maintenant que la confession était un moyen de contrôler chaque individu.  Les gens ne pourront pas toujours être aveugles. 

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La pédérastie, si elle ne devient pas une forme innée de culpabilité est une expression toute aussi bonne de la sexualité que les autres (gais, hétéros), en autant évidemment qu’elle respecte le consentement des partenaires.  Le péché d’impureté qui nous condamne à l’enfer, ça n’existe pas, c’est même la preuve la plus tangible de la stupidité des arguments dont les religions se servent pour mousser leur propre chasteté. 

Le pire péché des religions, c’est de mentir à tous concernant la sexualité.  Si on a réussi à enlever l’obligation de ne pas manger de viande le vendredi, sans danger d’être damné, l’Église pourrait simplement se taire quand il est question de sexualité plutôt que de dire des bêtises.             

La pédérastie et l’homosexualité sont des réalités toute aussi normales que l’hétérosexualité.  C’est une forme d’expression de sa sexualité.       

Les autorités ont simplement tout divisé en catégories.  Ce qui est anormal, c’est de refuser la réalité de l’existence de la pédérastie contre laquelle on ne peut rien.  On ne peut tout de même pas modifier les gênes mutants avant la naissance.  On devrait accepter cette réalité humaine comme une forme d’homosexualité.  Tout le monde saurait qu’un pédéraste ça existe et qu’ils ne sont pas tous dangereux, sauf certains.  Si on en parlait ouvertement, c’est le jeune qui déciderait de le fréquenter ou non, et non les autres.  Ceux qui l’interdisent s’imaginent que seule leur orientation sexuelle est acceptable.    

La séduction est une réalité humaine.  Tient-elle seulement à un sourire?  Pourquoi devons-nous essayer de persuader les jeunes que de vivre sa sexualité, c’est mal.  Qui a décidé qu’il faut un certain âge pour le vivre ?  C’est ce genre de folie où la chasteté est plus importante que la vie de ces jeunes qui est inacceptable.  Est-ce qu’approuver la liberté sexuelle permettrait d’éliminer la mauvaise conscience que beaucoup se crée ? N’a-t-on pas essayé jusqu’à il y moins de vingt ans à nous faire croire qu’être gai, c’est anormal ?  Pourquoi tous ces mensonges ?  On ne cherche pas le bien du jeune, mais l’application, sans nuances, d’une morale préétablie qui n’accepte que l’hétérosexualité.        

Pourquoi, si je suis un salaud, les jeunes avec qui j’ai eu une expérience sexuelle sont-ils toujours heureux de me revoir ?  Suis-je différent sans le savoir ?  Puis-je être victime de l’hypocrisie de celui qui vit une aventure avec moi ?  La victime est-elle un être qui se culpabilise à cause de ce que les autres pensent de lui plutôt qu’un être assez fort pour décider lui-même ce qui est bien ou ce qui est mal pour lui ?  Le jeune se suicide-t-il pour avoir eu du bon temps en participant à des jeux sexuels ou parce qu’il ne peut pas subir la pression de la société qui l’écrase à tous les jours de son mépris pour la sexualité, hors-norme ?    

Les jeunes qui se prostituent le font-ils pour avoir de la drogue ou se droguent-ils pour oublier qu’ils se prostituent pour avoir de la drogue ?  Le sexe n’est pas le problème essentiel ; le vrai problème, c’est la drogue. 

Si ces jeunes vivaient dans un milieu qui ne condamne pas ces pratiques ; mais considère la sexualité comme quelque chose de grand et beau, ils ne vivraient pas tous ces problèmes de culpabilisation et de mésestime d’eux.  Il n’y aurait plus de suicides pour des raisons de différences sexuelles.  Ils obéissent à la loi du milieu qui crie au scandale.  Ils se croient impurs, alors que la pureté existe à travers les actes de l’amour.  Ils confondent ainsi pureté qui est plutôt attachée aux intentions avec chasteté qui elle est en rapport avec le refus de vivre sa sexualité.

Malheureusement, on apprend jamais aux jeunes, comme le disait Freud, qu’il y a une période normale dans l’adolescence où les jeux sexuels sont plus de nature homosexuels qu’hétérosexuels.  Les moumounes ont même réussi à faire passer la théorie de Freud pour erronée juste pour maintenir les mensonges du passé, de nos religions.

Cette phase gaie dans le développement n’arrive pas à tous les jeunes, et ce n’est qu’un stade, un passage, d’où la pédérastie ne peut pas être vécue éternellement, ce qui constitue un désavantage évident quant à la vie d’un couple constitué de personnes ayant atteintes leur maturité et ainsi une stabilité qui ne peut pas exister à l’adolescence. 

Le principal est d’éliminer la culpabilité quand un adolescent passe par ce stade.  Il doit savoir que c’est normal.  S’ils savaient, ils ne se sentiraient pas déprécier pour avoir osé répondre à leur curiosité.  

Chez les Grecs de la Grèce antique, spécialement ceux qui avaient de l’éducation et du pouvoir, il était normal et même bien vu qu’un vieux éduque un jeune afin de lui transmettre sa connaissance et son expérience.  Les plaisirs faisaient partie de la connaissance.  Ils servaient aussi à devenir plus tard de meilleurs maris.  Cette initiation permettait une meilleure et plus profonde découverte de SOI.  Qui plus qu’un autre homme peut mieux instruire un jeune sur ses les gestes provoquant la jouissance ?  N’y a-t-il pas une différence entre la pédérastie et la sodomie ?  Ce sont deux choses totalement différentes, car la pédérastie peut se passer complètement de sodomie.      

L’élimination de la violence dans la sexualité passe par une bonne éducation.  Pour que la sexualité devienne positive, elle doit nécessairement s’appuyer sur le consentement mutuel, cesser d’être un tabou, un objet de honte et de haine. On doit pouvoir en parler sans fausse honte.  On peut aussi être contre, mais la décision revient toujours au jeune à savoir s’il aime ou n’aime pas.

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Pour me sentir utile, avoir un but pour vivre, j’irais bien enseigner gratuitement dans n’importe quelle peuplade puisqu’on ne veut pas de moi au Québec.  Je ne peux même pas travailler à un salaire assez convenable pour payer mes dettes envers le gouvernement avant de mourir.  Qui puis-je ?  On refuse même que je fasse du bénévolat des années après une mise en accusation que j’ai toujours identifiée comme un coup monté d’ordre politique plus que le résultat d’avoir mis la main sur le pénis d’un petit gars. C’est le cas à la Fondation de la bibliothèque Memphrémagog.

Au moins là-bas, je servirais à quelque chose, j’enseignerais, on aurait besoin de moi et je serais utile, même si je risquerais ma vie.  Je servirais à quelque chose.  C’est impossible de comprendre si on n’a pas déjà eu ce sentiment d’être rejeté par tous. 

Le plus difficile à supporter est d’avoir autant de possibilités et de ne pas pouvoir s’en servir pour en faire bénéficier les autres parce que les bourgeois se servent de la répression sexuelle pour asseoir leur pouvoir.   Il semble plus important pour eux qu’un jeune demeure chaste que de pouvoir manger à sa faim.  Est-ce pire de toucher le pénis d’un jeune que de le forcer à jouer au soldat ?  Monde bizarre ! Je ne suis sûrement pas le plus «fucké».

Je n’ai rien d’un martyr.  Je sais qu’un attouchement, c’est illégal ; mais je sais en même temps que c’est complètement fou.  Je ne vis pas non plus pour défendre la pédérastie.  Ce fut un accident dans ma vie.  L’amour idéal.  Je suis peut – être complètement masochiste, mais ceux que j’aime prennent cette importance.  Comme on me l’a déjà dit :  » Avec toi, c’est facile de te mener par le bout du nez, il suffit de te dire qu’on t’aime pour que tu sois notre esclave. »  

Mes amours m’ont toujours ruiné.  J’ai donné mon maximum pour aider ceux que j’aime et, légal ou pas, c’est ce que j’ai fait de mieux dans ma vie.  J’ai aimé jusqu’à la folie.  Pourquoi serait-ce anormal de rechercher la tendresse, l’affection, l’amour chez un partenaire plus jeune ou plus vieux que toi ?  La beauté d’un jeune n’est pas que corporelle.  C’est un sourire de l’âme, un appel au dépassement, un passage à un niveau de contemplation et de bonheur que l’on n’obtient pas autrement.  À cause de l’exemple que tu t’efforces de donner, c’est un appel au dépassement.   
 
Lors de ma dernière présence en prison, on a cru, un prisonnier l’ayant affirmé, que j’étais un terroriste. C’est totalement faux, mais j’en ai profité, car c’est presque vrai. Je suis anarchiste, non violent. Un révolutionnaire.  Celui qui veut améliorer le sort des êtres vivants sur cette terre. Je suis possiblement baveux pour ceux qui me trouvent trop radical.  La violence naît de la frustration d’où ma haine pour toutes formes de censure.   La violence comme la répression sont des moyens pour exploiter le peuple.  Je sens la révolte des pauvres monter avec raison.           

Ma réputation de révolutionnaire fut surfaite.  Elle a permis à certains de mes étudiants de se vanter d’avoir envoyé en mon nom, sur internet, des lettres d’insultes à des ministres fédéraux.  Le système était-il assez stupide pour croire que ça venait de moi alors que je n’avais pas encore internet.  Je n’ai jamais voulu détruire quelqu’un, j’ai toujours cherché à améliorer la vie des individus qui composent la société dans laquelle je vis.            

Il est hautement préférable en prison d’être un prisonnier politique qu’être reconnu comme étant un pédophile.    

Je n’ai parlé qu’à quelques occasions en prison de ma pédérastie et de ce fait que je crois que cet acharnement contre moi est plutôt d’ordre politique.  Ma lutte pour la décriminalisation de la pédérastie et de la marijuana est révolutionnaire dans le sens qu’elle apporte une nouvelle liberté aux individus, mais aussi une perte financière très importante pour le crime organisé.

Par contre, mon appui aux politiques de gauche progressiste fait aussi de moi un ennemi du système parce que je suis contre l’exploitation du peuple et surtout contre toutes formes de peine de mort.  Je suis un fanatique créateur d’un monde plus humain, où l’individu peut aspirer au bonheur.  Je ne crois pas que l’on soit sur terre pour expier.  C’est encore un enseignement pour nous exploiter.  Le rôle de la culpabilisation est clairement défini dans les livres de Wilhem Reich.     

Les prisonniers à qui j’ai dit à qui j’ai dit qu’on s’était servi d’une histoire de cul pour se débarrasser de moi, politiquement, m’ont vite rappelé qu’il était préférable de me taire.  Je n’ai pas menti, je n’ai même pas eu le temps, ni l’occasion de m’expliquer.  Dans ce cas, le silence m’a sauvé de bien des problèmes.  C’était mieux ainsi.  Je ne serais peut-être pas vivant aujourd’hui si j’avais passé mon temps à vouloir défendre mon point de vue sur la pédérastie.  Toute caresse est sexuelle, disait Freud.  Peu semble le savoir.  Donc, j’ai eu des rapports sexuels avec Mathieu.  Je l’ai massé.  Il n’a pas semblé ne pas avoir aussi aimé ça. Je sais cependant qu’il n’aurait jamais accepté d’aller plus loin. Mathieu était foncièrement hétéro, comme mes deux fils adoptifs.

 Le système voulait m’entendre leur dire que j’étais coupable d’être pédéraste.  Je suis pédéraste, mais je me sens coupable de rien.  Il n’y a pas de mal dans la pédérastie, à moins d’être violent, de ne pas respecter l’autre.  La pédérastie est une orientation sexuelle. Je n’ai jamais dit le contraire. 

Par contre, si on avait changé mon classement, comme le voulait un des gardiens, pour définir où je passerais mon temps, je serais probablement déjà invalide.  Que j’aie touché Mathieu, à leur point de vue, constitue un crime odieux. Quant à moi, je ne crois pas que ce soit mal.  Je ne l’ai pas blessé, je lui ai procuré des plaisirs.      

Spirale intraprojective 13

septembre 18, 2020

Spirale intraprojective  13

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 106 à 116)

L’éthique que j’ai développée est basée sur le fruit de mes découvertes et je la mets totalement en application.   D’où me viennent ces règles de non-violence et de consentement, d’être responsable et agréable.  

À Val-d’Or, mon procès fut plus politique que moral.  Selon le jeune lui-même (il a été le seul avec son père à témoigner), je n’ai même pas essayé de le masturber, encore moins, de réaliser une fellation … deux plaisirs considérés comme un crime par pure ignorance et fanatisme, rattachés aux préjugés millénaires religieux, entretenus contre l’homosexualité depuis des millénaires.          

Quel manque de discernement dans la gravité des actes !  Neuf mois de prison et ne pas pouvoir enseigné, même être bénévole, ne pas pouvoir quitter Canada,  même après 15 ans.  Si ce n’est pas complètement fou, je me demande ce que c’est.  Cette condamnation a coûté plus cher à la société que si elle m’avait permis de continuer de vivre parmi le monde sans essayer de m’étrangler. Je ne serais pas endetté et je serais un acquis pour la société.
Les changements dans le nombre de fois que ça se serait produit (le nombre 31 a fondu à maximum de deux possible) indiquent bien comment c’était peu sérieux.  La DPJE avait fabriqué deux dossiers différents racontant les mêmes événements. On a pris celui qui semblait le plus vraisemblable et finalement, le juge a cru qu’un père n’aurait certes pas laissé son fils venir avec moi, s’il me savait pédéraste… il le savait. 

C’est pourquoi la police est venue faire une perquisition pour retrouver les poèmes où je parlais de mes amours pédérastes. Quel jeu jouait le père puisqu’il m’informait tout en nourrissant la police ? 

Tous ces éléments ont été ramenés pour discussions quand j’ai demandé un appel; mais quand celui-ci fut entendu,  on a seulement tenu compte de l’aspect technique et légal du premier procès, d’où a-t-on conclu qu’il avait été mené selon les règles de l’or (art).  

Par contre, mon avocat, à la fin de mon procès à Val-d’Or m’avait dit que je pouvais faire déraper le procès en invoquant son manque d’efforts à faire valoir ma défense.  Ce que je n’ai pas fait. Ce n’est pas mon genre de caller les autres pour m’en sortir.  

Mathieu était non seulement libre d’être avec moi, mais aussi très heureux de l’être, car, même durant le procès, il est venu chez moi avec son père pour obtenir que nos projets de voyage ne soient pas modifiés, malgré les événements.  Est-ce parce que tu lui as été touché au sexe que tu l’as blessé, rendu impuissant pour le reste de la vie ?  N’est-ce pas plutôt quelque chose d’agréable ?  Mathieu a-t-il souffert ?  A-t-il été blessé ?  A-t-il eu peur ?  Si tu   consens, même si tu n’as que treize ans, 355 jours, pour satisfaire ta curiosité, te demander ce que tu peux ressentir quand ça se produit, quel est le problème? Ça ne fait pas de toi un criminel ou un malfaiteur.       

Sauf que si tu es jeune et que tu vois et entends tous les adultes devenir hystériques parce que tu as été touché, tu as de grands avantages à devenir la victime.  Et, des inconvénients encore plus incommensurables à dire que ça t’a plus.  On dirait que les adultes qui en ont déjà joui aussi, ça leur fait mal de constater que tu as pu jouir plus jeune qu’eux. Ça les met en colère.     

C’est parce qu’ils le disent que tu deviens sale, même si tu ne sais toujours pas pourquoi.  Leur colère est tellement grande que tu dois nécessairement croire que c’est affreux.  Leur fabulation devient ta fabulation.  Ce sont eux les violents, les agresseurs.


Il est préférable d’être victime que d’avouer avoir bien aimé ça.  Juste à voir les adultes devenir aussi fous de rage, que la police et la télévision s’en mêlent, que des bonnes femmes manifestent devant le palais de justice, tu t’imagines à cet âge avoir participé au pire des crimes.  Tu te sens odieux et tu finis par croire que ces paranoïaques ont raison. 

Pourquoi les adultes n’arrivent jamais à se rappeler le plaisir qu’ils ont eu quand ils ont découvert leur sexualité ?  Pensent-ils que leur âge, leur vitesse d’évolution est la même pour tous… une autre erreur scientifique. Chaque individu a une vitesse de développement sexuel qui lui est particulier.

Trudeau disait que tu n’as pas le droit d’obéir à des lois qui vont contre ta conscience personnelle. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas de remords. Il disait qu’au moment où ces lois ne seront plus respectées par une majorité, elles tomberont d’elles-mêmes.  Trudeau connaissait la marijuana et la pédérastie. C’était impossible autrement à cause de son côté voyageur, ce qui a fait de lui un guide.  Il a formulé un début de loi, selon laquelle tout ce qui se passe dans la chambre à coucher de deux personnes adultes consentantes, ça ne regarde personne. Ce dont je suis parfaitement d’accord, en autant que ça s’applique à toutes les personnes capables de décider si elles aiment ça ou pas.  Trudeau a étudié chez les Jésuites, il ne pouvait pas ignorer la Grèce antique.     

Je n’ai pas à dire à l’autre qu’elle est son orientation sexuelle, ça ne me regarde pas.  Cependant, comme être humain responsable, rejeté à cause de sa pédérastie, je dois communiquer ce pourquoi et comment je le vis puisque je cherche à formuler une éthique qui respecte davantage la réalité humaine et non les récits farfelus des religions.    

Mes écrits ne sont pas une invitation à la pédérastie, mais une tentative d’explication du phénomène et ce que ça provoque.  Ce qui est totalement différent.  Aristote prétend que l’on ne connaît vraiment que ce que nous avons expérimenté.

Je n’ai pas à dire à l’autre qu’elle doit être sa façon d’agir, ça ne me regarde pas. Cependant, comme être humain responsable, rejeté à cause de sa pédérastie, écrivain, je me dois de témoigner.  Je me dois de faire comprendre aux autres que leur morale m’exclut comme être humain alors qu’au contraire, cette connaissance que je propose peut être un atout pour les jeunes dans le monde.  Rien ne vaudrait plus qu’un emploi qui me permette de défendre le sort des jeunes. 

Pour moi, l’aspect négatif de la pédérastie se retrouve plutôt dans l’exploitation commerciale et financière, pas seulement sexuelle, des jeunes, et surtout, au niveau du travail, de la guerre et des drogues.  Je serais un excellent défenseur des jeunes qui sont exploités parce que je les adore.  Pourquoi les policiers s’attaquent-ils aux individus plutôt qu’aux réseaux ?  Serait-ce que la pédérastie est devenue comme une espèce de standard social secret pour riche très puissant ? Une forme de retour aux privilèges de la royauté? Ce droit devrait appartenir à tous.                  
   

Pour moi, le bonheur des jeunes, leur liberté est une priorité.  Je revendique leur droit à leur autonomie ainsi qu’à leur intégrité physique et spirituelle.  Ils ne sont pas qu’un morceau de chair fraîche, ils sont la beauté, l’avenir, l’amour… Je ne peux pas être un danger pour eux, bien au contraire.  Ma propre vie, mes besoins ont toujours été relégués au second plan.   Ceux que j’aime prennent toujours la première place.     

Dans les années 1960, je m’étais présenté dans une clinique psychiatrique parce que j’avais peur que la pédérastie me conduise à la monstruosité.  Il venait d’y avoir le cas Dion, à Québec.  Il avait tué trois jeunes garçons.  J’avais peur qu’un jour je manque de respect aux jeunes que j’adore.  Je craignais qu’avec la peur d’être pris, après avoir fait de la prison, je devienne violent.  Le verdict des trois médecins fut unanime : jamais je ne pourrai être un danger pour un jeune, mais la société sera toujours un danger pour moi. 

Le conseil que l’on m’a alors donné fut de devenir homosexuel, oubliant que tu ne choisis pas ton orientation sexuelle.  Elle est innée et tu n’y peux rien.  L’orientation sexuelle est ce par quoi tu es sexuellement attiré, une attirance définitivement inconsciente et parfois même incompréhensible.  Un vieux ne sera jamais aussi beau qu’un garçon, du moins, selon mes goûts.  Pour certains, ce fut mon cas, la compréhension, l’apprentissage de la sexualité fut un exercice plus long et plus difficile. Le scrupule entretenu m’a nui dans le développement de mon identité sexuelle. L’omerta de la société sur la sexualité fut une catastrophe.


Ce qui a compté pour le système à Val-d’Or, ce sont les ouï-dire et le besoin des féminounes qui manifestaient afin de supposément protéger le jeune (Mathieu avait 14 ans à son procès, il savait donc ce qu’il voulait et ce qu’il faisait).  Un des moyens d’étouffer les jeunes, c’est de faire croire qu’ils sont trop niaiseux pour savoir ce qui se passe. Les féminounes ne sont pas capables de réfléchir par elles-mêmes, sont-elles plus intelligentes?  

Le système voulait, m’a-t-on dit, me faire payer pour mes allégeances felquistes et ainsi me faire taire en m’accusant d’un crime impardonnable dans la société.  Un procès préjugé. Je ne pouvais pas m’en sortir à cause de ce que j’avais déjà écrit et mon passé.       
 
J’étais condamné avant même que le procès ait lieu.           

Une amie m’avait rencontré probablement pour obéir aux féminounes afin que je plaide coupable, sous prétexte de ne pas forcer le jeune accusateur à devoir témoigner.  Je considérais que s’il était assez conscient pour pouvoir me dénoncer, bien qu’il fût coincé lui aussi, il devait l’assumer.         

D’autre part, une grande partie de ce qu’il racontait était faux.  Alors pourquoi aurais-je dû prétendre que c’était vrai et plaider coupable ?  L’avoir touché ou pas, ça n’a pas d’importance, ça ne regardait que nous deux.  Il ne boitait pas après.  Il n’avait connu aucune souffrance en étant avec moi.   Il voulait même revenir.

Sauf qu’en prison, il y a le danger d’être battu pour lui avoir mis la main sur le pénis, une trentaine de fois, disait-il, même si je ne bougeais pas la main quand elle était rendue à destination… C’est assez fort.  On ne parlait pas du fait qu’il portait toujours une ceinture si fermement tendue qu’elle aurait pu le fendre en deux.  Comment aurais-je pu introduire ma main dans son pantalon alors que mon bras était aussi mal-en-point ?  L’important n’est pas si je l’ai touché ou pas, mais s’il le voulait ou pas. J’aimerais bien savoir s’il est circoncis…      

Selon son témoignage, cela ne se produisait qu’au moment où l’on était seul, d’où avait-il amené un ami avec lui.  Or, nous aurions pu être seuls, selon son propre témoignage, que deux ou trois fois.  Cette contradiction prouvait qu’il ne disait pas toute la vérité, mais évidemment elle ne fut pas retenue.  Il prétendait que nous aurions eu des jeux sexuels depuis janvier alors que je ne le connaissais que depuis la fin février ou mars au plus tôt.           

La police avec la DPJ avaient préparé un dossier pour prouver mes attouchements sexuels.  On disait qu’en luttant, je lui aurais mis la main dans la fourche et par conséquent, je lui aurais saisi le zizi.  Quel horreur !   À la télévision, aux jeux olympiques, des lutteurs enfourchent ainsi leur adversaire pour leur coller les épaules au plancher…. On n’en a pas parlé parce que cela faisait peu sérieux d’autant plus qu’ayant été blessé à l’épaule droite (il m’était impossible de bouger le bras droit à plus de 80% lors de l’accident) en novembre.  En janvier, j’avais commencé un traitement chez « le physiothérapeute ce qui était un véritable calvaire et qui exigeait des exercices quotidiens.  

Notre système judiciaire est tellement pourri, que tu risques moins de te faire tabasser pour avoir tué que d’avoir touché au pénis d’un jeune tout heureux de découvrir les frissons.        

Quant au jeune, selon les textes présentés par la DPJ , il me dénonçait pour se venger de ne pas avoir reçu autant d’argent qu’il l’aurait souhaité, même si cette fin de semaine avec lui m’avait coûté une fortune, soit plus de 800$ ( près de 1,000 euros) même si j’habitais un  logement qui me coûtait rien.  Comme son père m’avait dit au retour : « c’est un jeune qui est très dépensier.  Il coûte très cher.»

Son père a aussi vérifié si ma façon de masser son fils était vraiment conforme au massage suédois.  Mathieu avait été malade en arrivant à Montréal.  Nous avions dû retourner à l’appartement.  Là, j’ai constaté qu’il faisait de la fière, un coup de chaleur.  J’ai voulu qu’il prenne un bain à l’eau de plus en plus froide, rien à faire.  Il a cependant accepté un massage, chose que je venais d’apprendre à la suite d’une dizaine de cours.  Jean-Paul est venu à la conclusion que je n’avais que fais un massage selon la manière enseignée.  Tout avait été normal, quoique le fils ait cru que l’étirement des pieds correspondait à essayer de l’amener à me toucher.  Un procès d’intention ? Le problème est qu’à cette époque, on voyait encore le massage comme un péché plutôt que de reconnaître ses vertus thérapeutiques. Il fut si efficace que nous sommes retournés à la Ronde.    

En racontant ceci, je n’ai pas l’intention de prétendre que j’étais non coupable. Mais tant qu’à être aussi puni, j’aimerais aimé que le crime en vaille le prix.  Même un petit toucher ne vaut pas autant de prison.  Mais, ça ne regarde personne puisque le jeune était consentant, libre, et qu’il avait tellement aimé son voyage avec moi qu’il voulait recommencer.  Il lui manquait une semaine pour avoir le droit de décider, car selon la loi, une semaine plus tard, il aurait pu avouer avoir été consentant, ce qui éliminait toutes possibilités de recours en justice. 

J’ai fait mon temps et plus (au complet, je n’ai pas bénéficié du sixième) en prison.  J’ai payé pour ce que je crois être respectable, pour avoir aidé ce jeune à vivre mieux chez lui ; mais au moment où son père vivait un divorce, je me suis ramassé entre l’arbre et l’écorce.  J’ai payé pour la chicane de ménage.  Les mormons chez qui vivaient dorénavant la maman de mon accusateur ont énormément de pouvoir comme toutes les religions.  Ils auraient financé le procès.

La raison de la tenue de ce procès est loin d’être claire.                  

Le père de Mathieu venait de divorcer et son épouse avait joint un groupe mormon auquel elle appartenait.  Celui-ci prétendait également avoir souvent été battu par son épouse, qui faisait venir sa grande copine féministe quand elle n’y parvenait pas.  Il parlait souvent de suicide, ce qui me terrorisait puisque le plus jeune de mes fils adoptifs venait de passer à l’acte.  Inutile de dire que je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai appris qu’il consommait de la cocaïne.         

Le père avait fait appel à mon aide car il n’arrivait pas à se faire écouter par son fils.  Celui-ci ne voulait pas l’aider et les deux, gardant leur position, la maison était aussi pire qu’une porcherie. 

Il prétendait que puisque j’étais venu à bout d’un jeune reconnu comme drogué et voleur, je pourrais faire entendre raison à son fils.  Ce dont je me suis employé.  Cependant, il fut convenu que si le jeune voulait que notre relation se poursuive, il devait lui-même venir me trouver, car je ne voulais pas aller chez lui.  C’était un peu égoïste, mais je trouvais que j’avais assez de problème dans la vie, sans en ajouter un.  Sauf, qu’aider un ami, ce n’est pas pareil.          

La dénonciation est venue d’une féminoune amie de la maman ou de la maman elle-même qui a prétendu que la maison du père du garçon était tellement sale qu’elle était un danger pour Mathieu et sa petite sœur.  La police est allée chercher les enfants et les a remis à un centre, avec l’interdiction pour le père d’entrer en contact avec les enfants.  Il s’agit d’une procédure carrément illégale, car la DPJE n’avait pas encore été consultée.           

La motivation de la mère semble être(si je me fie à ce que me racontait le père) qu’elle avait été accusée par son mari durant un procès pour obtenir la garde des enfants d’avoir eu des gestes sexuels indécents (se caresser) devant sa petite fille de cinq ans.  Le garçon avait décidé de demeurer avec son père plutôt que sa mère. Bizarrement, le dossier de ce procès avait, selon lui, disparu.        

Cette décision de Mathieu avait de quoi évidemment pour frustrer la maman installée chez les Mormons qui se voyait priver de l’âme (l’allocation) d’un de ses enfants… Ce n’est pas pour rien que les Mormons sont la source de la censure des films venant d’Hollywood.  C’est aussi très bizarre que l’on m’accuse des gestes qui ressemblent aux caresses que sa mère se donnait devant la petite sœur.  Étendre la main sur le pénis, ne même pas tenter de le saisir, c’est assez bizarre chez un pédéraste d’expérience, mais c’est pourtant ce que Mathieu a prétendu.  Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé.  Je l’ai touché, on n’a pas le droit dans notre belle société et j’ai payé pour. Il n’y a rien là. Mais qu’un geste aussi banal chante toute ta vie quand certains tuent et sont vite libérés, il y a de qui se scandaliser.           

Cette maladie de vouloir se « fourrer le nez dans le pantalon du voisin » pour commérer, c’est strictement féminin.  Les femmes adorent les dénonciations, et pourtant les gaies sont celles qui parlent le moins de leur expérience.  Elles ont compris que le principal n’est pas d’en parler, mais de pouvoir le vivre sans faire de vagues. 

La libération gaie est la même lutte : le droit d’être ce que l’on veut être, en autant que l’autre ou les autres personnes concernées soient d’accord et n’en souffrent pas.  Notre système a mis au point des dizaines de moyens pour permettre à un jeune de dénoncer les abus sexuels (on n’arrive pas à en faire autant avec le taxage et la drogue dans les écoles).  C’est parfait.  Mais, la calomnie, la médisance, le commérage sont des défauts.  Il y aurait moins de misère dans le monde si les gens se mêlaient de leurs affaires.        

Dès qu’un jeune parle de sexe, les adultes sursautent, gémissent et décident, pour eux, de les protéger.  Leur protection est si efficace qu’elle détruit leur vie à jamais.  Ils ne sont plus sexués, mais ils ne pourront plus jamais être heureux, tellement la répression les aura marqués. 

Il a été prouvé, en Ontario, que la répression sexuelle est l’arme par excellence pour se venger de ceux que l’on n’aime pas.  L’accusé est écrasé si vilement que même s’il est reconnu non-coupable, hors de tout doute raisonnable, il ne s’en remettra jamais.  Les victimes de ce chantage ont-elles moins d’importance que les délateurs ?  Pourquoi les adultes décident-ils à la place de leur jeune?  Pourquoi ne respectons-nous pas leur droit à leur intégrité physique et à leur vie privée ?          

Si Mathieu ne voulait pas se faire toucher, il n’avait qu’à clairement le manifester. C’était un jeu. Il aimait visiblement cela.    

            
 * * *

Nous vivons dans un monde tellement fou qu’il faudrait maintenant pour suivre les préceptes protestants-capitalistes, vivre en catégories : les jeunes avec les jeunes, les vieux seuls, parce qu’ils sont des microbes ambulants.  Ces pauvres vieux n’ont même plus droit à leur animal de compagnie.

Ces malades de la morale oublient que très souvent les jeunes sont très heureux d’être initiés et le sont plus souvent par leurs gardiennes que par des pédérastes … mais c’est une femme, c’est correct, seules les femmes peuvent toucher à un enfant sans être accusées de contacts sexuels …

On a même créé une littérature de la jeunesse pour diviser davantage les jeunes des plus vieux.  Diviser pour régner.  La terre est entre les mains de quelques grandes puissances qui se la divisent.  Elles ne sont pas mieux les unes que les autres. Ce sont toutes des forces impérialistes et dictatoriales, sous des façades hypocrites de  «démocrassie».

Je n’ai jamais compris que si tu n’aimes pas cela, tu retournes sans cesse chez celui qu’on appellera plus tard ton prédateur.  Quelle hypocrisie !  Pourquoi y retourner à maintes reprises, si tu n’aimes pas ce qui se passe ?   Ce retour est, pour le moins que l’on puisse dire, une façon de marquer ton accord.           

**

 C’est comme cette amie qui voulait tellement coucher avec moi qu’elle le fit avec mon meilleur ami pour me rendre jaloux. 

Elle croyait, elle aussi, dans un complot politique contre moi et ajoutait : « penses-tu que tu peux t’en sortir ?  Ils cherchent à t’avoir depuis plus de 20 ans.  C’est évident qu’ils ne te laisseront pas filer maintenant qu’ils te tiennent. » Elle avait aussi entendu la version selon laquelle on se servait de cette accusation sexuelle pour me punir d’avoir appuyé le FLQ dans les années 1970.  On croyait que j’étais le seul terroriste qui avait réussi à leur filer d’entre les doigts.         

Ce sont des petits détails de ce genre qui m’ont persuadé d’être pourchassé par le système à cause de mon adhésion aux buts du FLQ, même si je n’acceptais pas les moyens employés.  Puisque les mesures de guerre n’existaient plus, on ne pouvait plus me planter.  Je ne voyais pas en quoi ce passé pouvait me rattraper, après plus de 20 ans ?  Mais à The Pas, en 1989, la police avait fait ressortir des conversations de taverne que j’avais tenues plusieurs années auparavant, donc, on avait un dossier sur ma pauvre petite personne.  Même si je disais que le dernier referendum de 1995 a été volé par les fédérastes, en désobéissant à la loi, je ne préconisais quand même pas la violence.  J’avais même démissionné comme président de la Société nationale des Québécois de Val-d’Or. 

Par contre, le programme des commandites montrent jusqu’à quel point il était important pour le fédéral de passer le rouleau compresseur, après le référendum.

Je me rappelais qu’avec mon petit punk, la police de Val-d’Or avait un comportement débile.  Après qu’il eut été un an avec moi, qu’il eut cessé de voler, il y avait toujours un policier qui le harcelait verbalement, lui demandant quand il recommencerait à voler, lui disant qu’il s’ennuyait de ne pas lui mettre la main au collet, etc.  La police ne pouvait plus le battre.  On ne pense pas possible qu’un adulte puisse aimer un jeune sans plaisirs sexuels.  Vrai ou faux, en quoi cela les regarde-t-il, si le jeune l’accepte et aime ça.          

Les rapports sexuels le traumatisaient-ils plus que les raclées que la police lui donnait avant de lui dire «d’aller se faire consoler par son vieux en haut de la côte, en se faisant manger la queue ?             

Mon amie me disait que sur le plan sexuel je n’étais pas très dangereux, car on ne m’arrêtait qu’à tous les 10 ou 20 ans.  Ce qui me conduisait en 2020 environ avant de récidiver.  Effectivement, j’ai toujours cru (et je le crois encore) que les jeunes avec lesquels j’ai eu des rapports sexuels aimaient ça autant que moi.  C’est évident que j’essaie de les séduire, de les amener à accepter, c’est ça «cruiser», même entre hétéros. C’est une condition que je me suis toujours imposée.  Évidemment, il est normal quand les policiers s’en mêlent, que les parents deviennent fous, que le jeune nie cette liberté, car il pense à ce que les gens vont dire de lui. 

La première fois que j’ai été accusé, je n’avais que 20 ans, j’étais obsédé par la culpabilité, par l’idée de péché ; moi, qui voulait être un saint.    

Nous avions décidé, moi et un ami qui avait quinze ans environ, de nous masturber mutuellement afin de ne pas devenir des agresseurs sexuels, car nous avions peur de violer une fille tant nous rêvions de leur faire l’amour.   À remarquer que plus tard, la société ayant évoluée, je n’aurais même pas été poursuivi, car c’était devenu légal (le consentement était dorénavant de quatorze ans).         

Quand je suis sorti de prison, j’ai fondé les Disciples de la croix, un organisme voué à la sainteté qui a duré jusqu’à la beauté d’un des disciples…  Pour être saint, il faut fuir les tentations, oubliant que sans ces tentations la sainteté n’existe pas.  La vie est l’école de la modération, du juste milieu, de la nécessité, de la non-violence.  Tu n’as pas commencé à maîtriser toutes tes leçons que déjà tu es dans un autre monde.     

Cette fois, j’avais été vendu parce que je refusais par principe de payer 0.25$ à un autre jeune.  Pas un sou pour le sexe, un geste d’amour…  Je faisais de la radio à St-Georges-de-Beauce et j’étais un commentateur qui n’avait pas froid aux yeux.  De plus, je travaillais pour un journal bleu (de l’Union nationale), alors que Jean Lesage était au pouvoir.  Je me sentais affreusement coupable d’être pédéraste.

Cela explique sans doute que l’on ait réussi à me faire avouer ma culpabilité à une vingtaine d’accusations dont je ne connaissais même pas l’existence… Je voulais en finir au plus vite …  Je voulais payer pour me racheter d’avoir ce vice, quel con !  J’ai ainsi payé pour les bêtises sexuelles du concierge de l’école, car c’était lui que les jeunes dénonçaient, en le prenant pour moi.  Et, c’est alors que j’ai commencé, dans ma paranoïa, à mélanger sexe et politique. 

La deuxième fois, plus de dix ans plus tard, je demeurais avec une femme qui, comme moi, croyait à l’école libre et à la liberté sexuelle.  Cette fois, la liberté sexuelle était devenue un acte de foi.          

Au début de ce procès, un jeune se mit à pleurer, se demandant s’il disait la vérité ou s’il disait ce que la police exigeait qu’il dise, ce qui fit se récuser le premier juge.        

À entendre les déclarations au procès de Suzanne, nous avions forcé les jeunes à avoir des relations sexuelles, ce qui était totalement faux.  On disait que nous leur avions même payé des jeux vidéo pour les séduire. On ajoutait que parfois on aimait vivre nu chez nous, dans notre appartement. 

Nous avions été dénoncés par un des petits amis du garçon de Suzanne, Patrick, parce que Patrick avait refusé de lui donner des croustilles.  Pour se venger, il avait dit à ses parents outrés que nous vivions nus dans notre appartement.  Les parents avaient aussitôt appelé la police.  Aujourd’hui au moindre incident, on réfère à la police plutôt que de régler nos problèmes entre nous.  Les parents n’avaient rien voulu savoir des explications de Suzanne, même que nous avions interdit aux jeunes de venir chez nous le matin, car nous ne voulions pas nous promener nus devant eux.  Ce qu’ils n’avaient pas respecté. 

À la reprise de mon procès, avec un nouveau juge, la police ne pouvait pas me faire coffrer parce que je n’avais pas eu de relations sexuelles avec les jeunes.  On pouvait seulement retenir que dans un jeu, initié et organisé par les petits eux-mêmes, j’avais baissé mes pantalons, branlé le derrière quelques secondes avant de me ré enculotter alors que je ne portais pas de sous-vêtement.  Les policiers et le père d’un des jeunes étaient littéralement hystériques.  Ils voulaient absolument ma peau.   

Dans de tels cas, la réaction de certains parents est si folle qu’on dirait que les enfants ont été tués.  Comment un (une) jeune ne peut pas être traumatisé(e) quand la mère dit à la télévision qu’en apprenant ce qui s’était passé dans un autre procès à Val-d’Or (un bonhomme fringant, en caleçon sur le lit), que sa petite fille était devenue si sale à ses yeux qu’elle avait peine à la regarder maintenant.  Si ce n’est pas un comportement de malade, je me demande ce que c’est …

Le juge qui reprit le procès de ma deuxième cause prétendit que même si cela se faisait couramment en Europe, je n’avais pas à éduquer tout le quartier.  Il oublia que je devais être cohérent avec ce que je crois. 

En prison, j’ai rencontré un homme avec qui je suis facilement devenu ami.  La journée de mon départ, il a demandé à me voir pour me dire qu’il admirait ma franchise, car lui aussi, un prêtre, un ami du ministre de la Justice d’alors avait été condamné pour avoir touché une petite fille, mais jamais il n’osait pas en parler.  Moi, je crois dans le droit à la nudité.  Je n’y vois aucun mal.       

En prison, j’ai parlé de ma pédérastie et de la révolution.  Heureusement, Suzanne venait me voir, ce qui m’empêcha probablement d’en manger une bonne, grâce à un dirigeant de la mafia italienne incarcéré pour outrage au tribunal (ayant refusé de dénoncer) et qui plaida pour moi quand on lui proposa de me faire la peau.  Il considérait qu’il faut être complètement fou ou courageux pour parler aussi librement de ses accusations quand il s’agit de sexe.          

En tôle, tout se sait.  La mafia m’a souvent exprimé le fait que des gars dans mon genre, on leur casse les jambes ou on les tue.  Cependant, exceptionnellement, on admirait que j’aie le cran de me battre seul contre le système pour ce que je crois.  Par contre, je meurs de peur quand je songe que ma vision du monde ira à l’encontre de leurs intérêts puisque je suis absolument contre les grosses drogues et pour la prostitution sur un plan personnel.  Avec la violence, les drogues dures sont les pires ennemis de l’Occident.  Des générations complètes sont sacrifiées aux bénéfices de la vente des drogues dures. Les pilules sont aussi des drogues.

Après ma sortie de prison, je suis retourné à la poésie.  J’ai manifesté dans les rues de Montréal avec Janou Saint Denis et les autres poètes… J’étais l’archange Foin Foin venu annoncer la fin du règne libéral.  Nous voulions aussi le droit de voir descendre les arts dans la rue et cesser de les cloisonner, de les séparer.  Un écrivain, c’est aussi un artiste.  C’était pacifique et nous avions bien du plaisir à être poète. On venait aussi de vivre Corridart, une exposition interdite avant même qu’elle ait lieu.  La moto d’un des policiers qui nous escortait s’enlisa.  Nous avons dû la pousser, ce que le photographe de la Presse ne manqua pas de voir.  Une petite vie de jouisseur … À cette époque, Montréal vivait une répression artistique totale.  Le système avait peur de ce que les artistes exprimaient, face à la sexualité et surtout le politique.        

Un an plus tard, un autre juge a prononcé un non-lieu dans le cas de Suzanne, la mère des deux enfants avec laquelle je vivais.  Selon lui, nos deux enfants avaient amplement souffert de la situation.  Les enfants poursuivaient toujours leurs études dans une école libre, type Summerhill… la Maison des enfants, à St-Hilaire.  Toute une aventure, mais enfin, un juge fut assez intelligent pour choisir d’être assez humain pour comprendre.    
                            

Spirale intraprojective 12

septembre 17, 2020

Spirale intraprojective  12

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 95 à 106)

* * * *

Avec la trahison du «french power», il suffit d’être vraiment indépendantiste au Québec, être radical ou viscéral, pour ne pas avoir sa place. Il suffit d’avoir des principes et y tenir pour devenir « reject».  Il suffit d’être féministe pour être trois fois béni, être pédéraste pour être trois fois damné.        

Les féminounes du Québec sur un plan sexuel sont des martyres qui s’immolent avec leur pudeur, de parfaites masochistes nourries de la honte de leur sexualité qui doit être vécue en hypocrites parce qu’elles ont peur du jugement de l’Autre.  Elles sont homophobes et antisexuelles, soit le contraire de ce que sont les vraies féministes progressistes. 

Dans notre société, malheureusement, leur sexualité se résume souvent à avoir honte, peur de leur corps et de leurs désirs.  Leur sexualité n’a pas encore débordé des champs de l’émotionnel.  L’histoire de la sexualité est tellement déformée par certaines féminounes qu’elles essaient même de nier l’existence de l’homosexualité dans la Grèce antique.  On dirait qu’elles croient, grâce aux religions, que l’existence de la libido n’a pas encore été prouvée.  Le principal problème des féminounes tient à ce qu’elles ont appris soit de devoir se conformer à toutes sortes de rites pour plaire aux hommes, oubliant que dans la vie la seule personne à qui tu dois plaire pour être heureux , c’est à toi-même.   

Cette mésestime de soi féminine est normale puisque les religions les ont toujours humiliées, dépréciées, maintenues dans l’indifférence ou l’infériorité. 

***

Le contrôle du corps, de la sexualité et de la mode est un élément clé dans le Manifeste des sages de Sion. C’est un programme d’action d’une branche juive qui veut dominer le monde. Elle se compose de fanatiques religieux. On agit pour plaire aux autres, en obéissant à la mode.

Par contre, certains hommes sont tellement machos qu’ils sont intellectuellement incapables de s’apercevoir qu’ils sont obsédés par un «trou» pour combler sans amour leur libido comme si la femme était un objet sexuel.  L’amour est devenu véritablement à l’image du commerce, comme je le dis dans l’Homo-vicièr.  Le négoce est devenu le pouvoir de séduction. On reproche aux pédérastes de vouloir séduire le plus jeune, mais on accepte ça comme normal quand on agit ainsi avec une femme.  On prétend que le jeune n’a pas la liberté et la maturité de comprendre comme si les jeunes étaient tous des imbéciles et ne comprenaient rien aux plaisirs du sexe comme les femmes.  Plusieurs jeunes aiment ça, mais notre société est trop hypocrite pour l’admettre.

Freud a établi différents stades de développement de la sexualité allant de paire avec le développement de la personnalité.  Il parle de latence (le désintérêt pour la chose sexuelle) entre cinq et neuf ans, puis, à un retour vers la curiosité sexuelle après la dixième année.  Le garçon recommence à s’interroger sur son propre corps qui n’en finit plus de changer, mais aussi sur celui des autres à savoir s’il est normal, d’où cette période normale d’homosexualité, car il commence à se comparer aux autres.  Évidemment, à partir de ce qui est plus près de lui, un autre garçon.  Il veut savoir s’il est pareil et par la suite, il cherche chez les femmes ce qui le différencie et l’attire.

Si on veut respecter un enfant, on n’essaiera pas de lui interdire cette phase essentielle de curiosité quant à son développement.  Cela n’est pas un passage obligatoire pour tous les garçons puisque le développement est individuel et particulier.  Il dépend de ton expérience de la vie ainsi que de ton environnement.  Plutôt que de parler de péché, on devrait enseigner l’autonomie sexuelle et ses responsabilités.  Pour la protection, nous avons des lois sur le viol, donc, les autres règles sont hautement superflues et répressives.

Au lieu de fixer un âge de consentement, la société doit s’assurer que l’individu puisse vivre cette expérience sans interférence.  Cette liberté n’abolit pas des champs de curiosité, elle ne s’en mêle pas, tant que le jeune n’est pas en véritable danger d’être traumatisé, c’est-à-dire obligé de vivre un stade où il n’est pas encore rendu.  Par contre, ce même stade peut être vécu à différentes époques, selon les individus, et avec des personnes de tous les âges.  Ce n’est qu’une expérience bien temporelle.  L’en empêcher, c’est une surprotection qui peut être néfaste, car écrasante.  La curiosité insatisfaite peut virer assez vite à l’obsession, la compulsion, à la haine de soi.  Cette morale antinaturelle est la responsable du suicide d’une très grande partie des jeunes garçons. Continuer de la promouvoir, c’est strictement criminel.

On dira ce que l’on voudra, un homme est mieux compris par un homme, une femme par une femme.  L’amitié est ce qu’il y a de plus précieux dans la vie. 

J’ai toujours voulu comprendre pourquoi je suis pédéraste ? 

J’ai supposé que le fait que nous sommes six garçons (je suis le troisième) est une des composantes.  J’ai certainement adoré mon père et mes frères depuis ma tendre enfance. Mais, il y a aussi des pédérastes qui sont des enfants uniques. 

Ma sœur aînée d’une année, Mariette, est morte alors que j’étais tout petit. Ça aurait été, selon mes gardiennes, une tragédie dans ma vie.  Ma mère a dû me faire garder à l’extérieur parce que j’essayais sans cesse de lui donner des bananes à manger, salissant ainsi son cercueil.  Cela aurait-il pu créer une peur associée inconsciemment à la castration ?  Suis-je resté sexuellement figé à cette âge ? 

Chose certaine, j’ai toujours aimé les seins féminins et les mamelons sont peut-être une seule et même chose que le plaisir de sucer un petit pénis ?  Mon éternelle attirance à vouloir tout voir, tout toucher, tout manger.            

Jeune, j’adorais les femmes.  Elles m’envoûtaient, mais me rejetaient.  Est-ce simplement parce que je voulais être comme les autres ?  Je ne le crois pas.  J’étais attiré par curiosité par les garçons, mais cette curiosité passait par la fascination, par leur beauté irrésistible.  Je voulais peut-être vouloir me comprendre moi-même et me prouver que j’étais quand même comme eux, car je me trouvais très laid.

Je me rappelle avoir beaucoup souffert de ne pas avoir été aimé par certaines filles.  Ce rejet féminin a profondément marqué mon adolescence.  Tout mon côté alcoolique vient de ce rejet des filles. Ça m’humiliait.  J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose comme le charme.   Je n’ai jamais pu identifier vraiment ce qui occasionna ce changement dans ma nature.  Serais-je né ainsi ?

La pédérastie est aussi innée que l’homosexualité et l’hétérosexualité. Ces distinctions ne devraient même pas exister dans un monde évolué car quelle que soit ton orientation sexuelle, tu n’en es pas moins un être humain à part entière.    

                                 
* * * *

Le Québec est un état historiquement matriarcal, même si les «grands boss» des âmes féminines cachaient un pénis sous leur soutane. 

La femme est depuis toujours le vrai patron dans le foyer. L’homme n’est que le pourvoyeur.  Toute notre littérature est marquée par l’absence du mâle.  Chez les jeunes, les femmes occupent toute la place : au foyer, à la maternelle et au primaire.  Les gars voient presque seulement des femmes jusqu’au secondaire, c’est-à-dire jusque vers 12 ans.    

Malgré notre prétendue libération sexuelles dans les années 1970, nous sommes encore prisonniers de l’esprit conservateur parce que cette libération n’a été que très artificielle.  Quoiqu’avec la lutte contre le phénomène des femmes battues a modifié le rapport entre les deux sexes. Combattre la violence mâle, dans certains couples, c’était une nécessité. La femme n’est pas la propriété de l’homme ou vis-versa.

Quand tu vis bien ta sexualité, tu n’as pas à te préoccuper de celle des autres.  Tu n’as pas besoin de lois portant sur la nudité ou la pornographie.  Ce n’est pas parce que tu entends le mot « cul» que tu meurs de peur… une caractéristique des féminounes.


* * *

Il faut avoir vécu l’expérience d’un camp de nudiste pour savoir qu’après très peu de temps, tu ne t’aperçois plus que tu es nu.  Il faut que la pornographie soit interdite pour y porter le moindre intérêt et être mentalement malade pour croire que la nudité est de la pornographie. 

Le rejet de la nudité est une habitude qui repose sur la honte de son corps.  On désire l’interdire parce qu’on ne veut pas se voir dans un miroir.  On ne tolère pas qu’une autre personne soit plus belle que soi.  Il en est de même dans la chasse aux homosexuels.  Ce sont habituellement des homosexuels refoulés qui ne s’acceptent pas qui font la chasse aux pédérastes. 

Tout individu devrait savoir qu’il est à la fois physiquement un homme et une femme, les nuances s’étant opérées qu’à la toute fin de notre constitution physique avant la naissance.  Seule la nature a choisi : pénis ou clitoris.  Et que tu le veuilles ou non, il en sera ainsi jusqu’à ta mort. Que tu le veuilles ou non, qu’on l’explique comme on voudra, t’es pris dans un corps que tu dois apprendre à aimer.

* * * * *

Les religions qui font la chasse aux homosexuels prouvent que leur lien avec Dieu, un Dieu d’amour, le créateur, est ténu ou complètement inexistant….

La religion est un pouvoir économique qui se cache derrière une forme de spiritualité pour le discours.  Les preachers sont des voleurs légaux, grâce à leur manipulation psychique…Ce sont aussi souvent les plus cochons.


Si on veut que la vie ait un sens, les religions devront être assez intelligentes pour se réajuster au fur et à mesure que la science fournit des explications. 

Par exemple, au début de l’humanité, on pensait que pour avoir des enfants, il fallait qu’un mâle encule l’adolescent pour aller porter la semence qui lui permettra de procréer.  Cette initiation était dans leur tête un passage obligé.  Aujourd’hui, tout le monde sait que c’est faux. 

Le spirituel (la vie) permet d’expliquer positivement notre existence, mais les religions sont dépassées avec leur petit catéchisme sexuel.  Cela ne les empêche pas d’y puiser leur morale.  Les expériences quant à la nature humaine ont prouvé que la foi peut être bien utile pour combattre le stress.  Les religions nous aident à contrôler nos vies sans être obligés à de longues sessions d’introspection.  Elles permettent de guider nos actions. 

Le seul problème des religions, c’est qu’elles refusent d’évoluer.  Elles deviennent vite du fanatisme.  On a oublié que le centre de la vie est chaque individu.  Se passer de la spiritualité, du contact avec les autres, avec les forces universelles, ce serait la pire de nos erreurs.  Notre conception de la mort dicte notre façon de vivre, de voir la vie. 

Pour les riches, il n’y a rien après l’argent … outil du moment et de la liberté, l’argent prend toute la valeur.  Les musulmans sont surexploités. les régimes n’ont pas à avoir d’armée, il suffit de leur faire croire qu’il y a un ciel après la mort pour offrir les femmes aux martyrs.  Les indulgences catholiques ont été un des rackets les plus payants.  Quant au christianisme, la loi de l’amour est vite devenue celle du puritanisme sexuel… les petits anges asexués … On ne voit pas la vie de la même façon selon la religion et aucune ne peut prétendre détenir la Vérité. 

* * * *

J’ai beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi une cigarette me rend cancéreux alors que les villes sont devenues des cas de pollution ambulante.  Je ne comprends pas que la pollution des automobiles soit moins nocive que elle des cigarettes… parce qu’elles sont inhalées ?  La pollution aussi.  Serait-ce parce que la cigarette est la goutte de trop pour nos poumons ?  Quels sont les intérêts financiers qui entretiennent cette guerre à la cigarette et non au pétrole? 

Pourquoi peut-on justifier de tuer des milliers d’innocents dans des guerres en Afrique pour avoir leur pétrole ou leurs richesses naturelles ?  Est-il normal que des pays producteurs de pétrole aient des populations qui crèvent de faim ?  Si 80,000 personnes ont attrapé le cancer à cause des essais nucléaires en sol américain, pourquoi ne les interdisons-nous pas à l’échelle de la planète ? 

D’où vient réellement le sida ?  Pourquoi le laissons-nous se répandre ?  Est-il vrai qu’il existe en Afrique un médicament qui le guérit complètement?  Empêche-t-on sa vente en Occident pour continuer la lutte à l’homosexualité ?  Pourquoi les recherches scientifiques ou autres profitent-elles seulement aux armées plutôt qu’au Bien de l’humanité ?  La santé n’est-elle pas plus importante que la guerre ?           

Un bel exemple de jansénisme maladif est l’interdit de toilettes dans le métro de Montréal.  Il est préférable de faire dans tes culottes que de risquer ta «josephté» dans une toilette de métro. Quelle société malade ! Je préfère me laisser voir la queue que de chier dans mes culottes.

Mon idée doit être celle d’un perverti sexuel.  Avoir des toilettes dans le métro ou dans les lieux publics comme s’il n’existe pas des besoins naturels chez l’homme.  Pourtant, le bien-être physique fait hautement partie de la sécurité, spécialement chez les aînés.  Et, même si tu vois l’organe d’un autre en pissant, ce regard ne le fera pas fondre.   N’est-il pas évident qu’avec le vieillissement de la population, des toilettes publiques sont indispensables ? 

Je suis malade, car je prêche le droit à la pédérastie, droit de l’adulte, mais aussi du jeune. Les jeunes adolescents ont le droit à l’amour et à posséder leurs corps.  L’enfant n’est pas une propriété des parents.  Les parents sont là pour garantir la sécurité de leur apprentissage et de leur développement.  Ils doivent orienter, mais non diriger comme des dictateurs.  Ils créent l’ambiance du développement. 

Chaque individu en naissant n’appartient qu’à lui-même, comme il sera seul à sa mort.

En acceptant une approche scientifique de la sexualité, en éliminant l’âge des rapports sexuels, en le remplaçant par le consentement ( le respect de l’autre) , c’est plus réaliste et intelligent, mais la pédérastie n’existe plus.  Sans l’élément de l’âge, tu es simplement gai ou hétéro.  La pédophilie est inventée par les féminounes.

Chez les garçons, la sexualité se découvre habituellement après dix ans, avec le jeu des hormones et l’apparition des poils et de l’éjaculation. Ce n’est pas toi qui en a le   contrôle.  Chacun a son propre rythme de développement.  C’est individuel et sans âge.  C’est carrément un fait scientifique qu’aucune religion ne peut nier   Mais, la répression sexuelle continue en s’appuyant sur des mensonges et des ignorances de la nature humaine. La peur de la sexualité permet d’entretenir un monde de haine et de guerre, en augmentant la paranoïa. La peur est le meilleur et le plus payant des commerces.

*

À la fin de la rédaction de ce livre, je veux redéfinir mon orientation sexuelle pour être plus conforme à ma réalité présente, mais je crois qu’elle n’existe pas, car je suis simplement « jouisseur ». 

Je suis sexuellement ouvert à la personne qui m’aime et que j’aime.  Je préfère l’Amour au génital, l’amitié aux rapports accidentels, furtifs; mais pour moi, il n’y a pas d’amour sans relations génitales.  Se caresser sans amour, ça ne veut rien dire.  C’est le fun, mais ça finit là. L’amour sans caresses est un mensonge.

J’arrive à me développer intellectuellement et intérieurement qu’en travaillant pour les autres.  Il faudrait peut-être créer une science pour rappeler aux gens qu’ils sont les fabricants de leur propre bonheur.  Et, le bonheur est une jouissance.

* * *    

Aujourd’hui, l’individu a droit à son orientation sexuelle, mais en autant que ce soit celle prônée par le système.  Si tu as droit à ton orientation sexuelle, qu’est-ce que l’âge vient faire là-dedans ?  Pourquoi faut-il un âge pour être gai ou hétéro ?  Pourquoi cette jeune vie de gai devrait-elle se passer qu’entre jeunes puisque les     «aînés vertueux» ont décidé de la contrôler ?  Pourquoi ne pas avoir droit d’être un chaman moderne ?  Pourquoi un jeune n’aurait-il pas le droit de tomber en amour avec le plus vieux ?  Pourquoi cela ne serait-il pas autant possible qu’entre deux adultes ?  Parce que la société en a décidé ainsi?  Pourquoi cet amour est-il plus sale, plus mal que l’amour entre deux personnes du même âge ?  C’est de la stupidité pure, le kidnapping de l’autre sous prétexte de le protéger.

Tant que la sexualité sera perçue comme quelque chose de mal, il en sera ainsi.  Le contrôle de sa sexualité est fait pour éliminer toute morale personnelle, individuelle.  Bouddha n’a pas connu que le sacrifice, le malheur ou la pureté.  Il a trouvé que l’équilibre est le chemin du milieu pour conduire à l’illumination. 

Fixer un âge et une méthode de vivre sa sexualité est un acte de dictature morale et de discrimination envers les jeunes, même avec les meilleures intentions du monde.           
C’est croire que les individus sont encore assez irresponsables qu’il faille leur dire comment vivre plutôt que de chercher à développer leur autonomie.

Il est normal qu’un adulte tombe amoureux d’un jeune pour lequel il devient le père, le tuteur, le professeur, le protecteur, l’initiateur comme à l’époque de Platon.  Le jeune devient sa raison d’exister.  Son immortalité.  C’est une forme de procréation karmique.  Deux âmes qui se complètent mutuellement pour obtenir la fusion irréversible due à l’amour, le vrai but de la vie. 

Comme disait Platon, le pédéraste ne porte pas et ne donne pas naissance à un corps, mais à des âmes. 

Cette fusion peut être temporaire, car le jeune cherchera à compléter sa vie à travers l’homme ou la femme de son choix.  La pédérastie est un moment dans l’identification de sa sexualité. Une simple expérience qui devrait normalement aboutir à l’homosexualité ou l’hétérosexualité, selon le sujet.  

Dans la pédérastie, la séparation physique du couple formé peut être un aboutissement normal, car le jeune est dans une phase selon laquelle il essaie de se connaître.  La pédérastie est une forme d’éducation qui conduit à l’autonomie. C’est le jeune aimé qui doit déterminer si cette connaissance doit se poursuivre avec le même homme ou changer, même complètement.  Souvent, le jeune à travers cette expérience découvrira qu’il est hétérosexuel et que seules les femmes lui conviennent ou il s’acceptera plus facilement homosexuel. Dans ce cas, l’aîné se doit de respecter le développement et la découverte du jeune.

Le plus vieux, lui, cherchera sa raison de vivre, la passion amoureuse, son immortalité dans l’âme de cet enfant.  En vieillissant, il est normal que le fossé des générations mette fin à toutes relations de type pédérastique parce que le jeune en vieillissant se transforme.  Le plus vieux, s’il ne sait pas reconnaître le besoin absolu du jeune à battre de ses propres ailes, peut devenir un obstacle qui empêche le jeune de se développer.  La finalité même de cette amitié est le bonheur de l’autre, d’où l’égalité essentielle entre les amants et le partage sans artifices. 

Par contre, les Grecs avaient tort quand ils croyaient les plaisirs sexuels néfastes à la santé. Une erreur rattachée aux connaissances scientifiques de l’époque.  Qui voudrait perdre une partie de son cerveau, de sa colonne vertébrale ou mourir consumé par le grand mal ?  On ne connaissait pas mieux.  C’est ainsi qu’on expliquait la jouissance. 

Cependant, l’amitié qui se transforme et qui suit cette relation pédéraste peut aussi être très longue et se prolonger sur un plan émotionnel jusqu’à la mort, devenir un couple gai. Mais, chez les Grecs, on croyait qu’une telle réalité faisait des amants des prostitués parce qu’ils croyaient que cette période d’initiation devait aboutir à une relation hétérosexuelle.

Même séparé, l’Autre devient en quelque sorte comme un autre Soi dans ses propres expériences de la connaissance.        

En Amérique, l’homosexualité est acceptée en autant qu’elle est conscrite, entre personne d’un certain âge, dans un certain ghetto et sous haute surveillance. 

La sexualité doit être de préférence majoritairement hétéro pour continuer de peupler la terre.  On oublie trop facilement que très bientôt les deux principaux problèmes de l’être humain seront la pollution qui entraînera la stérilité à cause de la surpopulation.   

On prétend qu’il faut un âge pour être gai et par conséquent, pour être libre ; mais on a déjà en soi notre orientation sexuelle dès notre naissance.  On ne veut pas de relations avant 16 ans pour s’assurer que le jeune ne sera pas influencé dans le choix de son orientation sexuelle, oubliant que celle-ci n’est pas un choix, mais une réalité individuelle dès la naissance. Pire, en agissant ainsi, on force le jeune à tenter de vivre hétéro pour obéir à la société.

On a tellement peur que le jeune soit gai que dans la publicité télévisée, les bébés sont déjà attirés par leur blonde.  Ce qui est faux, une simple projection d’adultes.  La liberté ne s’apprend qu’en la vivant comme disait Aristote, à travers les bonnes et les mauvaises expériences. 

La libido, le désir, l’orientation sexuelle est innée.  Rien ne peut la modifier, sauf la violence ou un chambardement intérieur personnel.          

L’interdit de la pédérastie, sous prétexte de la responsabilité des parents, n’est qu’une forme hypocrite de vouloir dominer, orienter, incarcérer la sexualité individuelle. Les parents en forçant les jeunes à obéir à leurs caprices, en les forçant à devenir hétéros, ne les respectent pas et brisent leur besoin d’autonomie.

La sexualité est un moyen de prédilection pour la découverte de la vie, et par conséquent, vouloir la caser, l’enfermer, l’orienter, c’est emprisonner l’individu, le priver de son intimité, de sa vie privée, de son droit à la découverte et à sa liberté individuelle. 

Je n’ai jamais entendu parler qu’un enfant ait souffert physiquement d’avoir été caressé, sauf s’il y a été pénétré.  L’abus blesse, l’abus ne peut pas être plaisir. La sexualité est en soi quelque chose d’agréable.  Il y a un problème seulement, si elle ne l’est pas.  Il n’y a du mal que là où on voit du mal.  Notre peur de la sexualité repose sur de l’ignorance crasse.             
La sexualité n’appartient pas aux parents, mais seulement aux jeunes eux-mêmes.  Un jeune qui se laisse séduire, c’est qu’il aime être séduit.  Tu peux avoir un corps d’homme, mais vivre ta vie intérieure, ton identité, comme si tu étais une femme.  Le jeune ne doit en aucun temps se sentir forcé de vivre une relation, même sentimentale, et il doit pouvoir y mettre fin et s’éloigner quand il le veut.  Il doit apprendre ce qu’il aime ou n’aime pas.  Il doit savoir comment faire respecter ce choix et pouvoir obtenir la protection nécessaire s’il ne le peut pas.          

L’autre jour, je me promenais sur le trottoir en route pour mon travail.  Un jeune garçon de dix à douze parlait fort avec ses amis pour attirer mon attention.  Les mots « enculer» et « sucer» m’ont sauté à l’oreille.   Je me suis retourné.  Je l’ai regardé.  Il s’est pris une pause et m’a lancé, avec un sourire à faire bander les bœufs : « Suis-je assez beau pour toi ? » Si j’avais succombé, serais- je coupable ?   Plus tard, quand il se droguera, il dira que c’est la faute de gars comme moi qui n’ont pas su résister à ses avances.           

En sexualité infantile, seules les mutilations (excision, castration), la pénétration, la contrainte doivent être interdites.  Jamais de violence, mais le respect absolu de la volonté du jeune.  Jamais d’interdit, mais apprendre à savoir dire catégoriquement oui ou non

La séduction (que ce soit envers un petit gars ou un adulte) n’est pas une contrainte, si elle est vécue ouvertement afin d’empêcher qu’avec les années, face à une société plus puritaine, elle dérape en une forme de honte ou de culpabilisation de sa vie passée.       

C’est ce que les psychologues appellent dans leur langage, les séquelles.  Celles-ci ne sont qu’une forme de culpabilisation, de honte, de rejet de son passé à retardement ou parfois un moyen de chantage par un jeune devenu plus vieux, mais qui a besoin de plus d’argent.   Il devient, grâce aux tribunaux, un maître-chanteur pour pouvoir s’acheter plus des drogues ou tirer d’autres bénéfices.  Les pédérastes sont recherchés pour leur argent. 

Par contre, le pédophile qui pénètre un jeune enfant est un malade, car, le jeune sera blessé et sa sexualité deviendra pour lui ou une blessure, un mal, une honte, une obsession.  C’est un geste qui blesse, qui fait souffrir pour des raisons de dimension de pénis, et non, de moralité. Les jeunes ne comprennent pas la moralité, donc, elle ne les atteint pas, sinon par imitation des parents. . 

La pénétration d’un enfant n’est pas un toucher innocent, par curiosité, par humour, qui ne laisse aucune séquelle.  C’est carrément un viol parce qu’il y a souffrance et peut-être humiliation.  Par contre, on attache un poids, un sens, à des attouchements qui demeuraient sans conséquences, si on avait la sagesse de ne pas en faire tout un plat.  Ce n’est pas parce que c’est mal, mais parce que ça peut blesser physiquement ou faire peur, donc être traumatisé, ce qui est automatiquement inadmissible.            

Il est impératif dans ces cas, de se placer dans l’optique de ce qui serait le mieux pour l’enfant, pour lui porter secours.  Et, le jeune n’en parlera certainement pas s’il croit que c’est mal ou que cela va lui occasionner des problèmes.  On devrait pouvoir parler de sexualité avec ses parents comme de la pluie et du beau temps.  Jusqu’à quel point l’enfant est-il conscient et marqué par ce qui se passe ?  Est-ce que ce sont seulement les parents qui trouvent ça si effrayant?  Quelle est la meilleure solution pour que l’enfant ne soit pas traumatisé ?   
 
Quant au pédophile, il doit être soigné et non puni.  La punition est une réaction émotive, une approche qui peut être hystérique et qui empire la culpabilité du jeune face à l’adulte. 

On dit que les pédophiles sont paranoïaques, mais à qui peuvent-ils demander de l’aide quand ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas dits normaux ?  S’il a le malheur d’ouvrir la bouche, il est condamné à la prison et à y manger une raclée quand il y sera.  Qui est assez fou pour vouloir se faire tuer pour être soigné ?       

Qui peut parler de ce phénomène quand nos lois sont assez idiotes pour sévir contre toi, même pour des choses qui se sont passées, il y a plusieurs années.  Comme si par toi-même, tu ne pouvais pas évoluer.  On traque tellement ces gens qu’ils ne peuvent que craquer.  Est-ce de la charité chrétienne ?  Où est le droit à l’erreur ?  Est-ce comprendre que ces personnes sont emprisonnées dans leur malheur et incapables de se comprendre et de s’en sortir seules ?  Faut-il les pousser à une telle détresse qu’ils en perdent la tête et deviennent des tueurs potentiels ou des suicidés ? 

La pédophilie est une orientation sexuelle.  Donc, les pédophiles sont prisonniers de cette situation durant toute leur vie. L’important, c’est qu’ils apprennent que la sexualité exige le consentement des deux et une capacité de juger à savoir si ce que tu fais peut anéantir l’autre. Il y a un très grand respect dans la complicité. 

Ceux qui condamnent ces gestes sont aussi parfois ceux qui acceptent que pour de l’argent on puisse tuer les autres sous prétexte de défendre ses propres intérêts.  Toute la conception de la sexualité est faussée, tout simplement parce que les religions ont créé le péché de la chair.  Toutes les religions prônent des faussetés, car leur jugement conduit à l »intolérance, à un manque d’amour, à la haine et à la violence. 

On a une vision féminoune de la sexualité.  Tout est sale, honteux, déplaisir, à partir de la projection de ses propres expériences.  Les femmes qui prennent en main leur sexualité sont aussi capables que les hommes de décider quand une relation est positive pour elles plutôt que de se sentir une victime. 

Les féminounes voient leur vie dans celles des jeunes filles qu’elles prétendent défendre contre le gros mâle prédateur et violent.  Pourquoi la sexualité ne pourrait-elle pas être un plaisir autant pour la femme que pour l’homme ? C’est une responsabilité individuelle.  

Si le pédophile ne voit pas de mal à pénétrer un enfant, c’est non seulement un manque absolu de jugement, mais un danger. 

Par contre, c’est carrément paranoïaque de croire qu’une jeune fille qui se fait toucher un sein, qui n’existe même pas encore, comme automatiquement la pire des calamités.  Ce geste peut être agréable, être caressant, en autant qu’il y a consentement ou du moins la découverte d’un plaisir.  Une caresse n’est pas une gifle.  Le pédophile manque de responsabilité s’il n’a pas compris la fragilité de l’autre ; mais ce n’est pas en le jetant en prison que tu vas le lui faire comprendre ou du moins ça ne me semble pas la meilleure pédagogie.        

La sexualité ne peut être acceptée que si elle est une source de communication et de jouissance, exactement le contraire de ce que nos civilisations occidentales nous ont appris jusqu’à maintenant, surtout chez les femmes.  Leur frigidité ne vient-elle pas de la façon qu’elles ont été élevées ?   Trouver que la sexualité est écœurante est un signe de maladie émotive profonde.  C’est se dévaloriser.     

Les études aux USA ont nettement démontré que l’orientation sexuelle (sans traumatisme postérieur, ni jeu de mots) est déjà irréversible à cinq ans.      

Je n’ai jamais totalement caché être pédéraste, même si cette étiquette ne me correspond plus depuis longtemps comme prépondérante dans ma vie sexuelle actuelle. On est toujours pédéraste quand c’est notre orientation sexuelle primaire.  Elle devient tout simplement plus passive qu’active.   Est-ce juste un phénomène de vieillissement ou la nouvelle ouverture vers les hommes plus âgés ? 

Ma réflexion m’a amené à me poser beaucoup de questions à savoir que l’on doit faire pour que l’agir soit acceptable.          

Spirale intraprojective 11

septembre 16, 2020

Spirale intraprojective  11

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 76 à 86)

* *

 Je ne suis pas un monstre, mais les dirigeants croient que je pourrais être aussi monstrueux qu’eux.  Pourtant, je ne peux pas tuer, faire des guerres pour imposer mes idées ou voler les richesses naturelles des autres.  Je crois au partage.  Au contraire, notre civilisation est basée sur l’exploitation des plus faibles par les plus riches.

Ils ne tiennent pas compte du fait que mon rapport avec les jeunes doit être nécessairement amoureux.  Comment peut-on être un danger, sauf si on est jaloux, quand on aime quelqu’un ? 

L’exemple qui me revient le plus facilement à l’esprit, c’est l’Arrache- coeur, de Boris Vian… La mère étouffe ses enfants à cause de sa surprotection. 

On me juge à partir de moments qui ont plus ou moins marqué ma vie.  Je ne suis pas intéressant, comme pédéraste, tout le monde me haït ; c’est facile ; mais sur le plan politique, je suis révolutionnaire et donc dangereux parce que les vrais bandits pourraient perdre beaucoup d’argent s’il les gens m’écoutaient.

*

Ça me rappelle une de mes aventures en Colombie-Britannique.  Nous nous amusions à changer durant la nuit le portrait de la reine Élizabeth, qu’on retrouvait partout, par celui d’une sorcière qui lui ressemblait étrangement et qui venait d’être publié dans une revue comique américaine.  Ce simple geste d’humour était pire que de poser des bombes.  Les gens étaient atterrés de voir qu’on pouvait se moquer de leur reine.  Au Québec, on a toujours voulu se débarrasser de ce symbole colonial.

C’était mon dernier soir à Vancouver où j’avais travaillé comme journaliste au Soleil, le seul journal français de Vancouver.  J’avais trop bu et j’ai décidé d’appeler un taxi.  Je me suis rendu au premier hôtel que j’ai vu.  Malheureusement, on venait de fermer les portes.  J’ai frappé, car il y avait un jeune garçon au téléphone.  Trop saoul, je ne me suis pas aperçu immédiatement que je lui parlais en français.  Il était mort de peur et il a appelé la police, probablement.         

Constatant mon erreur, j’ai frappé plus fort, avec le pied dans le bas de la porte et la vitre a sauté en éclats.  J’ai eu peur.  Je suis parti pour me cacher, mais j’étais tellement saoul que je revins exactement devant l’hôtel où la police n’eut qu’à me cueillir.  La police m’a tabassé, bien évidemment, mais tout ce qui m’importait, je devais entrer le lendemain au Québec.

Les autochtones étaient très fiers de me voir tenir tête à la police, car, au Canada, les autochtones sont encore plus maltraités que les francophones.  Mais, le fédéral paie bien les chefs de bande afin de combattre leur autonomie.  Le fédéral veut les angliciser, tout le contraire de la politique autochtone menée par René Lévesque, ancien premier ministre du Québec.  À son avis, les autochtones doivent assurer leur survivance culturelle.  Le Québec a mille fois plus de respect pour les autochtones que le régime fédéral.        

J’ai été relâché en attendant d’avoir mon procès, ce qui retarda mon retour à la maison.

Après avoir été condamné à l’amende, je suis sorti de la Cour, levant le poing, comme les révolutionnaires et en chantant :

Prenons un verre, buvons en deux

à la santé des amoureux.

Et, merde à la reine d’Angleterre

Qui nous a déclaré la guerre !

Le juge était étonné, mais, heureusement pour moi, il ne comprenait rien.

À mon entrée à un de mes procès à Val- d’Or, je dis à mon premier avocat (j’en eus trois) que cela me rappelait un incident.  Je lui racontai cette histoire et je lui chantai même « ma petite tune» … L’avocat se contenta de sourire, me regarda et me dit :      

 « T’es content !  Cette fois, la reine t’a entendu. »

Je n’ai peut-être pas aidé mon cas, car, pour aller entendre ma sentence, je portais un gilet, conçu pour la promotion du film de Falardeau «15 février 1839».   Je voulais que le juge soit bien conscient que c’était un exécution politique, et non, une affaire de cul bien ordinaire.  Mon procès avait été monté de toutes pièces.  Même si je savais que je ne pouvais pas m’en sortir, je voulais leur faire savoir que je le savais… Tout comme je savais quand je suis parti pour Montréal avec le jeune que je serais accusé qu’il se passe quelque chose ou pas.  C’était trop tard.

Mon procès ne fut pas le seul incident politique à ce moment.  Plusieurs personnes, m’a-t-on dit, soupçonnées dans les années 1970 d’avoir eu des liens avec le FLQ, ont commencé à être importunées par le fédéral, à la suite du référendum perdu en 1995. 

Cette fois, les fédérastes ont décidé d’agir encore plus en hypocrites et de s’en prendre aux individus plutôt qu’aux organisations puisque le FLQ n’existe plus.  Depuis que la police peut-être une prostituée pour arrêter les prostituées, tu ne sais jamais quand le système présente ses faveurs pour le plaisir ou pour t’écraser, te prendre au piège.  Ce doit être pour ça qu’on m’a dit, que la GRC de Val-d’Or était maître d’œuvre dans la vente de la drogue. 

Tant que les fédérastes centralisateurs seront au pouvoir à Ottawa, le Canada sera en lutte contre le Québec.  Comme le jeu du prix des cigarettes est une récompense aux mafias indiennes : plus les cigarettes coûtent chères, plus la contrebande est florissante.  Plus il y a de saisies de marijuana, plus son coût est élevé sur le marché.  Au profit de qui ?  Bientôt, il faudra arrêter de fumer, mais humer le pétrole des voitures, c’est très bon pour notre petite santé.  Nous prend-on pour de parfaits imbéciles ?  Des aliénés suprêmes ? Je me le demande. 

Le ministre de l’immigration du Québec (André Boisclair) m’a dit que je n’aurai jamais de travail auprès des immigrants, qu’il était même inutile d’envoyer mon CV.  Je suis de la même formation politique que lui.  Un combattant pour l’indépendance depuis toujours.

C’est bizarre, d’autant plus que depuis Lucien Bouchard s’est proclamé un défenseur des jeunes à la sauce de Nathalie Simard.  Le RRQ m’a mis à la porte ainsi que le parti Néo rhino parce que je parle de pédérastie et de ce fait j’en fais la promotion. Comment combattre un tabou si on ne peut pas en parler ?

Est-ce que les immigrants adultes n’ont pas besoin de prof de français ?  L’immersion française des immigrants adultes au Québec est un leurre, un moyen pour les gouvernements locaux d’exiger de payer plus de taxes et faire semblant qu’ils s’occupent de franciser les nouveaux arrivants au Québec.

* * * *  

Je suis allé enseigner à Val-d’Or pour une Commission scolaire protestante.  Grâce au détournement de la loi 101, le secteur français était plus développé que le secteur anglais.  Pour justifier cette aberration, l’école permettait le choix sur une base religieuse.  Les parents n’avaient qu’à enregistrer leurs enfants à la religion « neutre», entendant par là toute autre religion que catholique, pour pouvoir aller à Percival.  Une école où j’ai adoré travailler, grâce à son directeur, un peintre anglophone, Michael Henderson.

Il ne faut pas oublier que la religion a joué un rôle prépondérant dans le choix de la langue des immigrants.  Les catholiques refusaient les protestants (surtout les juifs), d’où ceux-ci sont devenus un facteur important d’anglicisation au Québec.  D’une certaine manière, nous avons nous-mêmes créé les ghettos qui servent à nous angliciser, grâce aux religions. 

Aujourd’hui, les musulmans aimeraient bien avoir des écoles anglaises pour leurs pratiques religieuses.  Ce sont aux religions de s’adapter. La vie est en français au Québec et l’état est laïc.

Les écoles doivent être absolument neutres sur le plan religieux.  À moins d’être hypocrite, il faut reconnaître que le choix religieux est strictement familial et culturel.  Il appartient aux religions de faire leur recrutement et leur enseignement dans leurs églises, non dans les écoles.  Ce peut être aussi un bon moyen de sauver notre patrimoine culturel.  La pratique religieuse des enfants est un devoir familial et non celui de l’état.

L’école secondaire peut à la rigueur enseigner toute les religions pour permettre aux jeunes de se choisir une morale ; mais l’école n’a pas à s’immiscer dans la vie collective, en soutenant une religion plus que l’autre.   Toutes les religions se valent bien, car ce sont des inventions humaines.   Avec leurs règles morales, les religions deviennent, grâce par exemple, à la Charia et le petit catéchisme, des systèmes de dictature morale et psychologique, à compter de l’enfance. 

À Percival, la guerre contre les nationalistes était menée par l’assistante directrice, une bonne libérale fédéraste francophone.  Le parti libéral est celui des juifs anglophones et des anglais de Montréal. Aux États-Unis, ce serait le parti républicain, le maître des assassins du pétrole, les centralisateurs, les protectionnistes, la haute finance.  À Montréal, les leaders anglophones de la Gazette croient déjà dans leur slogan : « The Gazette is Montreal.»

 Le parti libéral, il y a quelques années, était celui du progrès.  Mais, depuis l’existence du Parti Québécois, il est devenu le symbole des «sclérosés».         

Je me suis fait suspendre à Percival parce qu’à travers ma présidence de la Société nationale des Québécois, je défendais la place occupée par le drapeau québécois sur l’école.  Mais, je n’avais pas les millions de dollars nécessaires pour lancer l’équivalent d’un programme de commandites (un grand scandale découvert quelques années plus tard). 

Il suffisait que l’on respecte la loi pour me donner raison.  Malheureusement, nos mouvements nationalistes pensent plus à vendre de l’assurance que de faire l’indépendance… J’étais, à leur avis, beaucoup trop radical. J’enseignais aussi aux élèves en difficulté, dans le cadre d’un programme fédéraste « L’école, avant tout».  Pourtant, l’éducation relève strictement du Québec.  Une autre intrusion d’Ottawa dans les compétences du Québec.

Je suis beaucoup plus intéressé au sort du français qu’à la position du drapeau sur l’école Percival, une lutte un peu infantile, mais je devais continuer le travail de mes prédécesseurs et nous l’avons finalement gagné.  La loi était de notre côté.

Rendu à Montréal, je me suis servi du bureau de Stéphane Dion pour y introduire mon expérience quant aux méthodes employées par les Allophones pour fréquenter illégalement les écoles anglaises au Québec.  J’ai demandé que l’on m’entende en commission parlementaire à Ottawa, en m’adressant à son bureau.  On doit m’avoir confondu avec un libéral, personne ne me connaissait à Montréal, et j’ai été invité à me rendre à Ottawa présenter mon mémoire.  Je n’avais pas d’argent et, surtout, je n’avais pas d’occasion pour me rendre à Ottawa.   Pas un député du Bloc québécois ne voulait m’amener. Je ne dois pas être de ceux qui ont de l’importance. Certains pensaient que si on gagnait cette bataille, il serait plus difficile plus tard de mobiliser la population sur la languie.  J’ai fait parvenir mon mémoire par fax à la dernière minute. 

Depuis, nous avons obtenu la loi sur les commissions scolaires linguistiques.  Le gouverneur général, M. Roméo Leblanc, m’a invité à une réception pour marquer ce changement important afin de sauver le visage français du Québec.  Je lui ai répondu, en lui faisant parvenir ma photo avec Pierre E. Trudeau, mais en modifiant le bas de vignette, en me servant de la phrase pour laquelle j’avais été condamné et que l’on avait reproduite en première page du journal de Val-d’Or : « Jamais rien, ni personne ne m’empêchera d’être indépendantiste ».  Dans l’Homo-vicièr, en 1968, on pouvait lire : « Jamais rien, ni personne, ne m’empêchera d’aimer le garçon de mon choix, qu’il est 10 ou 15 ans, que ce soit permis ou pas.»   J’y ajouterais aujourd’hui des bémols : consentement, non-violence, plaisir.

Au Québec, plutôt que d’améliorer le service dans les écoles publiques, nous avons des gouvernements assez snob pour courir les écoles privées.  Ce secteur ne devrait pas toucher un seul sou du gouvernement.  C’est normal de vouloir envoyer ses enfants dans la meilleure des écoles, mais c’est ignoble quand la seule raison est de vouloir que ces enfants parlent parfaitement anglais, alors qu’ils ne connaissent pas leur langue maternelle.  Ce bilinguisme a toujours permis que les enfants ne sachent à l’écrit, ni l’une, ni l’autre, des langues apprises.  C’est aberrant que les parents qui ne peuvent pas éduquer leurs deux ou trois rejetons viennent enseigner à des professeurs qui en ont 30 comme les leurs, comment se comporter.  Les enfants difficiles à l’école ont des parents surprotecteurs ou aussi difficiles qu’eux.  Le snobisme de l’élite ressemble aux exigences que l’on retrouve en marketing… ça n’a pas de fin.

Je travaille actuellement en télémarketing et déjà les États-Unis s’apprêtent pour janvier 2003 à tout concentrer ses services à Chicago.  Cela veut dire que cette compagnie engagera bientôt des immigrants anglophones et des anglophones pure-race parce que les clients du marché américain ainsi que de l’Ouest du Canada refusent de répondre aux gens qui, selon eux, parlent avec un accent. 

«L’état-unisation», c’est apprendre à devenir raciste (White Anglo Protestant).  On ne nous interdit même plus de parler le français du Québec (le joual) ; mais on veut nous imposer de parler l’anglais sans accent.  (Je les ai poursuivis et ils m’ont versé une indemnisation).

Que les parents veulent choisir une école parce qu’elle est mieux disciplinée, j’en suis… Pour son orientation pédagogique unique, j’en suis… Mais, au Québec, l’enseignement est d’abord en français quoique l’on puisse encourager les enfants à parler, à communiquer dans plusieurs langues.  Par snobisme, on boude les métiers.  On exige stupidement de l’algèbre pour avoir ses diplômes, pourtant, le plombier n’est pas plus dépendant de l’état que le sous-ministre et tout aussi important.

Rien n’empêche d’avoir des cours d’immersion linguistique au secondaire ou au cegep. L’enseignement écrit d’une langue seconde au primaire empêche les jeunes d’avoir une connaissance acceptable à l’écrit de sa langue maternelle.  Si on aime les enfants, on ne les dirige pas dans ce snobisme contre-productif au plan des acquisitions. 

En éducation, le secteur privé ne devrait recevoir aucune subvention du gouvernement

En santé, le secteur privé peut avoir une certaine place, s’il permet de décongestionner le système public.  Les malades traités, grâce leur statut privilégié, doivent accepter de verser un surplus au secteur public pour avoir ce privilège.  Les établissements fournissant ce privilège doivent être limités en nombre et la cotisation au service publique doit continuer d’exister.   Il faut aussi que ces argents soient totalement réinvestis dans le secteur public.   

La langue de travail dans un hôpital québécois doit être le français, mais la langue de communication avec le patient doit être si possible celle du patient ou du moins une des langues les plus connues.  Sur une civière, il n’y a pas de lutte linguistique, il y a des gens qui ont besoin d’être rassurés.  Les méga-hôpitaux font que l’on investisse plus dans le ciment que la santé des gens.    

En santé, on a mis à la retraite tous les médecins et infirmières, mais on a conservé les mêmes administrateurs.  Ceux qui créent les problèmes.  Ce sont eux qui préfèrent des travailleurs à temps partiels plutôt que de créer des équipes de travail.  Ce sont eux qui préfèrent investir sans cesse dans des mégaprojets qui n’aboutissent pas et coûtent une fortune.  Ces argents seraient mieux utilisés s’ils payaient mieux le personnel.  Les travailleurs de premières lignes sont les mieux placés pour trouver des solutions.  Les administrateurs peuvent facilement être des poigne-cul.  Des inutiles qui gèrent les situations avec les cartes de crédit de l’état. 

* * * *

Le danger pour le Québec est le manque de planification.  Par exemple, si nous manquons de médecins, c’est que ces professions se protègent en créant une pénurie, comme on le fait dans le domaine du logement.  Ces corporations, qui jouent le rôle de syndicats, sont des institutions «nombrilistes» qui vont à l’encontre des besoins du Québec et sont gérés par les petits amis fédérastes. La droite est toute puissante.

Au Québec (2001), le problème du Parti québécois : il a perdu l’écoute du peuple.  Il se pense seul à avoir raison et il s’est aussi fait moucher par Mario Dumont.  Les Québécois paient, mais ils n’ont pas les services pour lesquels ils paient.  Nous sommes des masochistes puisqu’on aime payer en double.  Le fédéral se met de plus en plus le nez dans les affaires strictement provinciales (la santé, les routes, l’éducation, les relations avec les villes, la langue, etc.) Il centralise les finances et sa gérance est de plus en plus capitaliste : récolter le plus d’impôts possibles, en dépensant le moins possible.  On dirait des voleurs plus assoiffés que la mafia elle-même.

Par contre, si avec l’ADQ on revient au libre choix de l’école pour la langue d’enseignement, ça met notre avenir en danger.  Nous risquons de nous enliser encore dans l’éternel problème de notre identité.  Si les immigrants peuvent choisir leurs écoles, ils iront à l’école anglaise.  Aucune école religieuse ne devrait avoir le droit d’exister puisque l’état est laïc.  Si l’ADQ a le mérite de mettre le doigt sur les problèmes qui nous préoccupent vraiment, ça ne veut pas dire qu’elle a nécessairement les bonnes solutions.  Par contre, le rapport Allaire, comme je le disais dans Le temps d’agir (éditions d’ici et d’ailleurs, Val-d’Or ,1991) pourrait être un pas, une étape vers la création d’une vraie confédération.  Il doit être cependant un peu plus étoffé en ce qui concerne les pouvoirs que le Québec doit récupérer.  Avec le PQ, c’est un programme d’un bloc, avec l’ADQ, c’est en pièces détachées.

Le pouvoir doit demeurer aux mains des souverainistes quel que soit le parti.

Les péquistes ont oublié qu’ils avaient parlé et écouté le peuple quand ils n’étaient pas assez snobs pour éliminer le porte-à -porte.  La force d’un parti, c’est sa base.  Tous les partis au pouvoir ont séché dans leur chapelle.  Même avec René Lévesque, c’était souvent la guerre entre les membres et le cabinet du gouvernement au pouvoir.

Quand je suis allé en prison, en me considérant un prisonnier politique, j’en conclus que les personnes au pouvoir ne veulent pas de l’indépendance du Québec.

Elles ne sont pas touchées par le nombre invraisemblable d’analphabètes au Québec. Puisque notre avenir démocratique tient à nos votes, l’éducation devrait être la priorité des priorités.  Un pays ne peut pas être autonome, si les électeurs n’ont pas pour eux cette même autonomie.  Les gouvernements doivent cesser d’accumuler des richesses pour le grand jour de l’indépendance et réaliser la souveraineté de jour en jour.

Ceux qui arrivent au Québec devraient être assez respectueux et reconnaissants pour se plier, sans toujours chialer, aux règles et aux valeurs de la majorité francophone.  Rien ne les empêche, s’ils veulent partir pour les États-Unis, de s’installer en terre anglophone à leur arrivée au Canada.  C’est un choix qu’ils ont en arrivant…

Tous les immigrants reçus devraient être assermentés quant à leur fidélité aux valeurs, aux institutions et au territoire québécois.  Tous les immigrants qui veulent venir s’installer chez-nous devraient avoir un statut d’immigrants reçus, mais ne pouvoir voter comme citoyen à un referendum qu’après avoir vécu chez nous assez longtemps pour s’être intégrés ou déménagés.  Actuellement, aux États-Unis, ce pays est en guerre avec le reste du monde parce qu’il est dirigé par les juifs et les arabes qui sont des religieux fanatiques, qui mettent sans cesse la planète en danger. 

Ces deux religions sont figées dans le ciment du fanatisme et de la haine…     

L’immigration a toujours servi de moteur pour assimiler les Québécois.  Tout comme le terrorisme a toujours été le bras armé de la misère, de l’impuissance. Les riches vendeurs d’armes organisent les insurrections.  La guerre, c’est payant.

*  *  *  * * 

Il n’y a pas que les Arabes qui soient machos.  L’inégalité de la femme est malheureusement le propre de toutes nos traditions religieuses, de toutes les civilisations que je connaisse.  La Bible est parfois moins humaine envers les femmes que le Coran et l’enseignement de Mahomet.         

Toutes les religions nous amènent à créer des discriminations envers les autres que ce soit racial, l’orientation sexuelle, les capacités physiques ou économiques. Pourtant, ces religions existent pour nous apprendre à nous aimer.  Les religions de l’amour sont devenues les religions de la haine.           

**. 

Pour rembourser mes dettes, c’est le coût à payer quand tu es accusé, j’ai besoin d’un travail qui me paye plus que 9.45$ l’heure. Travailler pour un pays qui te crache sans cesse au visage, parce que tu n’acceptes pas sa morale sexuelle maladive, héritage de milliers d’années de jansénisme, ça donne parfois l’envie de changer de pays.

On m’a dit qu’à Mont-Laurier, quatre professeurs auraient été pris dans un scandale sexuel et que deux d’entre eux se seraient suicidés.  Il faut vivre dans une société vraiment débile pour que le sexe soit plus important que la vie.  Il faut qu’on est éliminé toute forme de réflexion pour que ce soit possible. 

Quand tu es pédéraste, ce n’est pas ton choix et très souvent ta générosité compense bien pour ce petit penchant génital, qui peut être néfaste à un jeune seulement s’il y a violence.  Il ne peut pas y avoir d’effets secondaires, des séquelles, si cette relation est consentie.  Les amoureux sont libres.  S’ils aiment ça tous les deux, tant mieux.  Pourtant, pour cela tu seras constamment en danger d’être emprisonné (on peut même remonter jusque dans tes couches pour te piéger.) Tu seras constamment obligé de vivre en hypocrite, tu seras constamment frustré.

J’ai aussi penché pour le suicide durant mon éternel procès.  J’ai même essayé quelques secondes pour voir ce que l’on ressentait, mais tout a bousculé quand on m’a dit que ma mort ne changerait rien, car mes accusateurs s’en réjouiraient.  Ils diraient que c’est tant mieux puisqu’il y a un maudit cochon de moins. 

J’ai réalisé que nos cœurs purs qui clament la vengeance sont des âmes si sales qu, pour elles, la vie n’a pas d’importance.  Il faut vraiment être rendu débile pour qu’un jeu de cul devienne plus important que la vie.  Quel mal ces condamnations créent-elles chez les proches de ces accusés ?  Foucault l’a très clairement abordé.  

La honte, les sarcasmes, toutes les bassesses des machines à rumeur.  Il faut avoir ressenti une fois, toute la haine, de tous, quand tu es reconnu coupable d’un crime de nature sexuel (sans violence) pour comprendre la corruption qu’engendre le mot pureté et la surprotection des enfants.  Est-ce plus mal de jouir que d’avoir des policiers qui ne cherchent qu’à te prendre en défaut ?  Est-ce plus mal de jouir que de laisser vivre des jeunes dans la misère de la rue ?  Est-ce plus mal de jouir que d’organiser des guerres pour avoir le contrôle du pétrole ? 

Ce fut ma première réaction à mon inculpation et à mon incarcération : qu’ils aillent tous chier, cette bande d’hypocrites.  Ils ne me méritent pas.  Ici, ton orientation sexuelle est plus importante que le cerveau.    La drogue tue les cerveaux, une pipe fait jouir un cerveau.      

Des jeunes se tuent parce qu’ils ont honte d’être homosexuels (gais).  Beaucoup de parents souffrent de l’impossibilité émotive de constater que leurs enfants peuvent être gais ?  Le rejet de l’homosexualité existe maladivement dans toutes les religions.  On invente des condamnations divines pour appuyer sa folie.  La seule raison pour laquelle l’homosexualité devait être bannie était au début de l’humanité, fut le besoin d’avoir une plus grande population pour avoir de meilleures armées.  Or, aujourd’hui, à cause de la surpopulation, il en va tout autrement.

Spirale intraprojective 10

septembre 15, 2020

Spirale intraprojective 10

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 76 à 86)

* *

Ce doit être dans ce même esprit que le ministère de l’Éducation du Québec a refusé de m’octroyer un prêt-bourse pour obtenir un bac en littérature (différent d’une maîtrise en création que j’ai déjà) , ce qui m’aurait permis de réorienter mon enseignement vers le cegep.  Même si j’ai une maîtrise de l’université de Sherbrooke, cette formation ne me permet pas d’enseigner la littérature française, car ça exige d’autres connaissances.  Ce avec quoi je suis d’accord.  Il faut savoir de ce dont tu parles quand tu enseignes.   

J’ai fait une erreur en choisissant d’abord d’aller chercher un certificat en scénarisation, en pensant qu’avec la Thérèsa, je pourrais travailler sur un film, ce qui me permettrait de me sortir du trou financièrement et de reprendre une vie normale.  Je pensais sincèrement qu’en créant de bons scénarios de films, je pourrais me faire assez d’argent pour remettre les dettes que je venais de créer. Mais ce moyen a tourné contre moi. Je me suis endetté davantage et je n’ai jamais pu obtenir un contrat pour un scénario de film.  Ce fut des études quasi inutiles puisqu’elles ont servi qu’à me faire dépenser de l’argent.

En création, tu peux travailler des années inutilement.  Les créateurs reçoivent une récompense de famine alors que ceux qui exploitent leurs idées s’enrichissent.  Je n’y vois rien à critiquer, sauf, qu’un créateur devrait pouvoir s’occuper de son œuvre, sans perdre son temps à gagner sa vie en dehors de son travail de créateur.  Ainsi, tu dois travailler pour payer ce dont tu as besoin pour tenter de produire un exercice qui rapporte assez pour te faire vivre. Juste avec ce carnet si on me donnait un sou par visite, je n’aurais plus de dettes et j’aurais même de l’argent pour voyager.

Selon le ministère, je dois rembourser mes dus, avant de pouvoir suivre une autre formation universitaire, même si j’ai déjà remboursé tout ce que j’ai eu pour faire mon bac.  C’est impossible de t’en tirer. T’as besoin de formation pour trouver un emploi, mais pour avoir cette formation, tu dois payer plus que tu en es capable. J’ai déjà remboursé tout ce qui m’a permis d’enseigner durant 15 ans, en payant aussi des impôts.  J’ai dû aussi trouver l’argent pour m’occuper jusqu’à leur majorité des deux jeunes garçons que j’avais adoptés légalement (que le système aime ça ou pas).   J’avais remboursé tout ce que je devais en raison de la loi des dépôts volontaires.  Je ne devais plus un sou.  Je travaillais.

Je voudrais bien en refaire autant, mais on doit me permettre d’en avoir les moyens.  Je dois travailler, tout en ne nuisant pas à mon métier d’écrivain.

On me le refuse. On dirait qu’au cinéma, on a peur qu’il y ait trop de jeunes nus dans mes films.  J’avoue qu’en plus d’être voyeur, je crois que la liberté de la nudité est une évolution nécessaire dans l’esprit des humains.  Je n’ai pas honte de la nudité.  Ça ne fait de mal à personne d’être vu nu.  Mais, selon le système, il ne faut surtout pas réveiller les désirs. Quels cons !  Il faut être fascistes et réprimer le plaisir. Je suis trop vieux pour changer de trip.

En littérature, on a peur que mes textes soient des messages politiques cachés, en plus, d’être favorables à la pédérastie.  Deux raison pour m’écarter.  Donc, il faut me rayer le plus possible des rayons des bibliothèques.  À Montréal, on refuse, on censure mes écrits.  Des moralistes doivent décider, auparavant, ce qui sera lu par la population.  Il est ainsi presque impossible de retrouver mes livres.  Par contre, jusqu’à date, la bibliothèque nationale a presque tout ce que j’ai écrit ainsi que la bibliothèque de l’UQAM (sauf le dossier sur la Thérèsa qui est aux archives du gouvernement québécois, à Sherbrooke, sous un titre chiffré). 

Et, dans la vie quotidienne, on a peur que je rencontre la jeune âme-sœur… quelle société d’abrutis !  L’amour est pourtant moins dangereux que la violence ! Mon ami actuel à 70 ans. Je suis la jeune victime de son charme.

* * *

La démocratie passe par la vraie libération sexuelle de la femme, c’est-à-dire celle où elle est fière de vivre sa différence corporelle et de l’assumer pleinement.  C’est loin de la perception sexuelle homophobe des féminounes.

Les femmes ne seront égales que le jour où sexuellement elles cesseront d’avoir honte d’être femmes et de se sentir objet sexuel (Pouvoirs de l’horreur, Julia Kristeva, éditions du Seuil, 1980), mais qu’elles se verront comme un partenaire dans la réalisation d’un plan de vie avec une autre personne, comme le disait même Mahomet. 

Actuellement, leur chasse aux pédérastes (qu’elles nomment malhonnêtement pédophiles) et aux homosexuels (c’est ce qui couvre sous la cendre) cache presque toujours une chasse aux marginaux, aux libres penseurs ; car, s’il y en avait trop, on risquerait de semer le doute dans le système.  Cette couverture permet aux autorités de faire diversion comme les sports et de s’infiltrer dans les foyers. La répression sexuelle est la base des mouvements de droite dans le monde pour faire revivre le fascisme.  C’est un contrôle psychique…

* * * *

Au Québec, on veut un pays et on n’a même pas l’intelligence politico-culturelle de créer une littérature nationale.

Les hauts-fonctionnaires qui perpétuent l’exploitation du peuple reçoivent, même              « tablettés», des salaires mirobolants alors que les créateurs (écrivains, scénaristes, peintres, musiciens, etc.) continuent de crever de faim s’ils ne sont encore très connus. 

Ce fut le cas de Gaston Miron et de Gilbert Langevin, les deux plus grands poètes du Québec. Comment créer un pays si tu ne veux même pas assurer à tes créateurs le pouvoir de s’occuper de leurs œuvres sans crever de faim ?  Comment créer un pays sans ses propres héros ?  Pourquoi la littérature est- elle maintenant presque exclusivement féministe ?  Elle est même féminoune, car on a créé une littérature de la jeunesse pour protéger les enfants trop intelligents contre les allusions au sexe et éliminer toute curiosité sur le sujet.  Un autre moyen de contrôler la pensée des gens dès leur enfance.

* *

Aussi invraisemblable que cela puisse être, je reçois dix fois plus d’argent (redevances) du Conseil des Arts du Canada que du Québec.  Pourtant, j’ai toujours cru que la raison principale pour laquelle j’écris et pour laquelle je me suis battu, soit l’indépendance du Québec, repose surtout sur le fait que le reste du Canada nie ma culture francophone.         
 
Ce que j’ai à dire sur la pédérastie n’a pas de langue, ni de race, ni de pays.  Il s’agit de la liberté de l’individu.  On sait que les jeunes ne réclameront pas leurs droits.  Dans la Charte des droits de la personne, toute discrimination d’âge est interdite, mais on dirait que c’est un élément juste pour paraître, faire avant-gardiste. On le dit mais il ne faut surtout pas que ce soit appliqué dans la réalité.

Si je ne vaux rien comme écrivain que l’on me le dise. 

Je vais réajuster complètement ma vie sans l’écriture.  En attendant, je dois payer pour me faire entendre.  En ce sens, je doute fortement que j’ai assez de talent pour devenir un écrivain mondialement connu.  La littérature est devenue un commerce.  Il faut être bon vendeur pour être publié. Moi, j’écris pour changer les choses.

Par contre, dans ma vie quotidienne, on me défend mes amours pédérastiques à la Roger Peyrefitte, mes amours de « sugar dady ».  On rend criminel des rapports sociaux individuels qui ne devraient regarder que les personnes directement concernées.  Alors qu’en réalité, la sexualité n’occupe que très peu de place dans mon « temps physique », son interdiction a fait qu’elle noie tout. Ça me fait perdre un temps hallucinant.

Pendant que je perds mon temps à essayer de faire comprendre mon point de vue sur la pédérastie, que je braille sur mon sort alors que je demeure, malgré mes difficultés, un petit enfant gâté parce que je travaille à autre chose que mon écriture pour survivre. 

La société bourgeoise resserre son emprise.  Plutôt que de devenir plus libertaire, elle contrôle tout, en tuant, s’il le faut. On ne retient de la sexualité que les raisons pour l’interdire.  Au lieu de féminiser l’homme, comme le voulaient les mouvements féministes des années 1970, où chacun acceptait sa part, sa réalité, homme-femme, on a gardé les raison de craindre la sexualité et la combattre.  Cette paranoïa sexuelle ne cesse de se propager.        

Demain, nous vivrons dans un monde où plus personne ne sera libre de s’aimer.  La peur de l’Autre est devenu le moteur de notre agir et de nos suicides chez les jeunes, particulièrement, s’ils se découvrent gais.   

*****        

L’ascétisme, c’est le morbide, le masochisme dans la sexualité.    

On circoncise l’homme pour enlever de son corps toute trace, même symbolique, de sa féminité, d’où la circoncision est en soi (sauf pour des raisons médicales) une création macho.  On excise les jeunes filles pour les empêcher de jouir par stupidité.  Pratiques religieuses ou culturelles barbares qui devraient être universellement proscrites.          

Ces mutilations inutiles et stupides prouvent bien que sur le plan sexuel, nous ne sommes pas encore sortis des cavernes.  On nous oblige, grâce aux interdits sexuels, de penser à autre chose pour mieux vider nos portefeuilles.  Si l’on peut être assez naïf pour croire dans le péché de la chair, on est de bons moutons à tondre. …

Sur le plan sexuel, il n’y a pas de péchés, mais chacun de nos gestes portent en soi une très grande responsabilité.  Toutes ses pratiques symboliques religieuses anti-sexe de masse devraient être interdites.  De plus, le spirituel ne doit pas se confondre avec le politique.

Quand on est capable de nier ou de rejeter sa sexualité, on peut devenir par la suite assez fanatique pour se suicider pour un dieu.  Le lavage de cerveau est complet.

Je ne suis pas de ceux qui croient qu’il faut nécessairement souffrir pour grandir.  C’est en partie vrai, car la souffrance nous fait réfléchir, mais ça peut-être aussi le contraire… la souffrance peut aussi nous faire régresser. Elle peut nous rendre bêtes.  Notre société est dirigée par les faucons, l’orgueil, le commerce et la domination ; voilà pourquoi on bénit la violence et son économie.

* *

 Pour améliorer mon sort, on m’a refusé un prêt étudiant dans le cadre du projet Sprint pour qui me permettait de me recycler dans la connaissance des ordinateurs et de l’internet.   Pour m’empêcher de polluer l’esprit des jeunes, j’imagine.  Le pire on avait déjà accepté.  Mon entrée était réglée au cegep ; puis, on a tout cancellé en disant que l’on avait fait une erreur administrative.

On a peur que je leur enseigne peut-être pour éviter les touchers défendus.  Je les vois déjà ces pauvres jeunes se tordre de plaisir au bout de mes lèvres. Une première question surgit : A-t-on le droit de laisser jouir la jeunesse ?  Je dois être anormal, je préfère sucer à l’être… question de direction des énergies, de boire à la source de la beauté plutôt que de m’offrir aux énergies dissipées dans le nuage du passé… criait un fantôme. On crut reconnaître Verlaine, mais ça pouvait aussi être n’importe quel vent.

Comment peut-on penser qu’il est préférable de laisser un jeune crever de faim plutôt que de le voir vivre de l’amour d’un bonhomme, qui l’a remarqué et en en est tout simplement tombé amoureux ? 

La morale sexuelle répressive est une psychose paranoïde.  Tout le monde sait que le fascisme de gauche et de droite naît de la répression sexuelle. Les deux extrêmes se rejoignent sur ce plan.  La répression sexuelle tient de la peur et de la honte que le système a inventé autour du sexe.  Elle permet aussi la notion de propriété privée : mon épouse n’appartient qu’à moi.  La répression naît des tabous.

* * *

J’écoutais l’autre jour, à la télévision un ex-jeune se plaindre d’avoir été sucé par un prêtre. On a prétendu que ce prêtre avait volé sa jeunesse.  Ce geste l’a sûrement mutilé.  Se serait-il asséché ? Les cadeaux reçus et les voyages faits lui furent sûrement aussi très néfastes.  Si néfastes qu’il a pu continuer d’en profiter en le dénonçant.  Adulte, il a porté plainte contre l’Église catholique qui, dans son idiotie, lui a versé 350,00$ américains … C’est cher pour une pipe.           

Comment peut-on faire croire que se faire sucer fait si mal que ça t’enlève ta jeunesse ?  La jeunesse tombe avec le bandage ?  Il faut être débile pour croire dans ces mensonges et ces hypocrisies.  Les jeunes qui se sont suicidés avaient-ils d’autres problèmes émotifs ou était-ce dû à leur incapacité à endurer le regard des parents et leur état d’hystérie ? 

En réalité, la droite américaine avec ses preachers, a décidé d’occuper plus de territoire.  Pour cela, il faut écraser le pouvoir de la religion catholique.  Cela fait aussi l’affaire des autres religions.  Plus on est hypocrite, plus c’est payant.  Nous assistons à une guerre pour la suprématie religieuse, la domination des âmes … Chaque confession accuse l’autre de ses propres péchés.

L’amour des garçons existe depuis le début de l’humanité.  On ne peut rien contre la petite nature, on naît ainsi.  On ne peut apprendre qu’à la contrôler et s’en servir le plus positivement possible, mais l’homme est trop hypocrite pour l’admettre.  Il préfère prétendre que c’est contre nature et que Dieu, dans son infinie sagesse, est un imbécile qui s’est trompé en mélangeant les gênes.

Le problème de notre société, face à la sexualité, est de ne pas comprendre qu’il y a tout un monde entre deux êtres qui tombent amoureux, même par la séduction du plus vieux, et le commerce, les réseaux sexuels qui sont protégés par la loi et basés sur le proxénétisme ou l’esclavage… On oublie de faire la nuance entre le trafic d’enfants pour le travail, leurs organes, les bénéfices du parrainage international et de l’adoption et l’amour qui peut tout simplement s’établir entre deux êtres.  Un amour qui n’a pas de sexe, de couleur ou d’âge.

La pédérastie n’est pas un réseau, ce sont deux êtres qui tombent en amour l’un de l’autre … sans limite d’âge et de sexe.  Aux États-Unis, on en est rendu à définir la pédophilie comme étant les rapports entre un jeune de 16 ans et un plus jeune que lui. Comme société malade, on ne peut pas envisager mieux … mais, on peut bien vendre des armes aux enfants, sous prétexte de la liberté.  Un fusil doit être moins dangereux qu’une fellation !


Les réseaux sexuels tout comme ceux de la drogue sont très payants pour le système (il ne leur faut pas de concurrence déloyale).  Voilà pourquoi on s’attaque aux plus petits, aux individus plutôt qu’aux réseaux.  Détruire les réseaux, c’est bien plus difficile et coûteux, et le système n’en tire pas vraiment profit.  On a même essayé de faire croire qu’il y avait un lien entre le FLQ et les homosexuels … On s’attaque aux individus en leur donnant une image qui ne soit pas populaire, de manière à avoir plus de succès dans la répression.  C’est cela de la désinformation ! Tisser des liens qui n’existent pas.

La sexualité individuelle (un, deux ou en petits nombres) devrait être absolument acceptée et acceptable, en autant que tous les participants soient d’accord ; mais elle est une concurrence pour l’exploitation sexuelle organisée, d’où est-elle défendue.  

C’est le prétexte employé pour bien subventionner les milieux policiers.  L’amour entre un vieux et son protégé ne paye ni la police (l’état), ni la mafia (le contre-état), mais le jeune.  Cet amour est interdit parce que le jeune est le seul à pouvoir en profiter financièrement ou autrement.

Pendant des siècles, les maîtres et les chamans ont initié des garçons et nous ont légué des génies.  Ces derniers n’auraient jamais été capables de se développer, s’ils n’avaient pas rencontré l’adulte qui les a pris sous sa gouverne et les a aimés. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?

Les jeunes doivent être protégés, mais non surprotégés. Écrasés.

La sexualité libre est un drame parce que les adultes en font un drame.  Un drame qui n’existe qu’entre les deux oreilles parce qu’ils n’ont pas évolué… 

Quand j’étais petit, il ne fallait pas manger de viande le vendredi sous peine de péché mortel.  Aujourd’hui, plus personne ne se rappelle de cette loi religieuse.  Où sont allés, après leur mort, tous ceux qui ont mangé de la viande depuis que cette loi n’existe plus ?  Est-ce ça, la justice divine ?

C’est exactement la même chose avec le péché mortel d’impureté.  En le créant, tu pollues l’existence des jeunes quand ils découvrent leur sexualité. Cela crée automatiquement un sentiment profond de mésestime de soi.   Avec ces histoires de fous, ils peuvent être scandalisés, se détester, se culpabiliser à cause de cette invention religieuse.  Puis, un jour, ils découvriront qu’ils se sont fait mentir toute leur vie.  Notre civilisation est marquée par ce jansénisme maladif.

On attache un milliard de fois trop d’importance à la sexualité, qui devient tout le bien, tout le sacré, tout le mal, grâce à son interdit qui contrevient à toutes les réalités de la nature…  À nous entendre parler, on dirait que la sexualité est la seule chose qui compte dans la vie alors qu’en réalité, pour moi en tous cas, comme la plupart j’imagine, la sexualité est «une absence omniprésente», une force, un moteur émotif.  On la vie, sans toujours y penser. 

La sexualité n’est pas que génitale, c’est aussi tomber en amour.  La libido agit comme un phantasme, une obsession déambulante.  Elle est de plus en plus rarement, malheureusement, une expérience physique du réel, de la vie quotidienne.  C’est notre moteur individuel que l’on condamne. 

On commence à peine à reconnaître le côté mafieux des divisions sexuelles puisqu’on n’a pas encore été capable d’écrire une histoire de la sexualité qui contient l’aspect positif de toutes ses manifestations (hétérosexualité, homosexualité, pédophilie, pédérastie, bestialité, etc.) dans toutes leurs beautés et parfois leurs horreurs.

On prétend qu’un enfant ne doit pas vivre une expérience sexuelle au cas où il serait traumatisé par la suite dans sa vie d’adulte.  Même si l’enfant vit dans un monde où la sexualité est culpabilité et honte, le jeune n’en demeure pas moins un être sexué et curieux.  Cette réalité de la sexualité est déjà en contradiction avec la réalité religieuse. Un jour ou l’autre, il sera confronté à cette contradiction.  Cette morale religieuse, du péché partout, même là où il n’y en a pas, est menteuse et surtout profondément hypocrite.  On aura beau dire, mais en quoi la chèvre (l’animal) est-elle traumatisée parce que son maître l’encule ? Nous projetons notre désaccord en y voyant du mal.  Personnellement, je trouve ça plus stupide que dégueulasse.   Souffre-t-elle comme nous le prétendons ?  On ne le sait pas, mais le bon sens demande que tu ne partages pas ta sexualité avec une autre sorte d’animal. 

On a oublié d’autre part que ce qui se passe dans le pantalon du voisin ne nous regarde pas.  La morale est une invention humaine.  Un miroir de ses peurs et parfois le reflet de son ignorance. 

Je me rappelle mes premières lectures où l’on prétendait qu’un jeune pouvait être traumatisé par la grosseur du pénis d’un adulte.  Je ne comprenais vraiment pas pourquoi voir un «gros bâton» pouvait à ce point nous affecter, à moins de se faire enculer.  Avais-je manqué quelque chose ? Je trouvais ça répugnant, mais pas traumatisant.  Je me demandais pourquoi les psychologues exagèrent toujours ? Ils basent toute leur réflexion sur l’apriori que la sexualité est mal en dehors de la procréation, comme les religieux.  Leur approche est aussi bornée.

La sexualité est encore vécue comme une chose, une force irrationnelle, incomprise.  Aux yeux de beaucoup, la sexualité est mauvaise parce que certaines traditions humaines l’ont décrétée mauvaise. Par contre, on a sacralisé la Vierge.  Une pudeur de pure hypocrisie que de vouloir enfanter, sans avoir fait l’amour, comme si c’était l’idéal.

Pourquoi priver les autres de ce que l’on se prive ?  Remarquer l’obsession de ceux qui arrêtent de fumer et qui veulent depuis éliminer la cigarette de la terre. Est-ce pour universaliser sa douleur, sa privation ?  Pour sublimer son mal en le projetant et en le partageant ?  Est-ce que ça fait moins mal de sentir sa douleur partagée ?  Superficiellement.

La sexualité chez les enfants est un jeu, une liberté, une curiosité.  Elle est souvent vécue comme étant pratiquement inexistante ou une aventure momentanée.  Elle est la découverte de son corps, de ses hormones et de la différence de l’Autre.  C’est la beauté de cette découverte de son corps et en même temps de celle du plaisir.   Apprendre à accepter d’avoir un corps, des limites dans le temps, apprécier la différence, apprendre à accepter de devoir d’aimer les autres comme soi-même, c’est le travail de l’éducation d’un enfant. (Tout se passe avant six ans, Fitzhugh Dodson, Marabout)

L’apprentissage génital ne vient que vers 10 ans ou après, pour la plupart des garçons.  Il est l’expression d’un plaisir quasi innommable, indéfinissable, tant il est grand et sournois.  Déjà, l’orientation sexuelle fait toute la différence car, elle constitue le degré d’attraction, de recherches des formes et des symboles, des expressions qui nous séduisent, qui nous guident bien inconsciemment dans notre soif de plaisirs

La sexualité pour un jeune n’a rien de dramatique, sinon l’emphase que les adultes mettent autour.  Pour l’enfant, elle est curiosité, découverte, plaisir.  Malheureusement, chez les filles, on enseigne encore que leur sexualité peut être signe de danger, elle est souvent présentée comme sale, honteuse, souffrante.   Elle ne peut engendrer que la peur et la honte. Il n’est pas surprenant que tous les Hoover (un chef du FBI gai, qui pour que ça ne paraisse pas, faisait la chasse aux gais) se retrouvent aujourd’hui chez les féminounes qui se projettent dans les filles moins âgées. 

Les plus scrupuleux sont très souvent ceux qui croient les autres pervertis parce qu’inconsciemment, ils se sentent et se savent des pervertis et se maudissent de l’être, comme si l’homme devrait être parfait.

La répression sexuelle ne sert qu’à établir une nouvelle division : les purs et les impurs.  Elle sert à caractériser les gens.  Cette division est à l’origine de la discrimination et du racisme.  L’autre, nous est toujours inférieur quand on se croit pur.

Plutôt que d’interdire les relations sexuelles entre les jeunes et les plus vieux, on devrait au contraire établir des règles quant à la responsabilité civile qu’engendrent ces relations.  Ces dernières devraient durer assez longtemps pour qu’elles soient profitables aux jeunes.  Aux ateliers sur les homosexualités, les jeunes prostitués dénonçaient l’éphémérité et l’irresponsabilité des relations dans la prostitution. 

Le premier point qui ressortait : personne ne devrait se prostituer contre sa nature.  Si t’es hétéro que fais-tu avec un gai ? Personne ne devrait être scandalisé d’être «cruisé» parce que tu as la liberté de dire oui ou non.  Un rapport humain sans amour a beau être très bien payé, ce n’est qu’une transaction.  Elle ne pourra jamais être bénéfique pour le jeune.  Devoir vivre ses amours à la cachette est toujours malsain.  Comment faire autrement tant que les parents n’auront pas appris à accepter leurs enfants tels qu’ils sont ?  Cela n’empêche pas de fournir une éducation saine, c’est-à-dire une éducation à la recherche de l’autonomie.  Une possibilité qui s’offre dans la tendre enfance, car devenus ados, les jeunes écoutent de moins en moins les adultes.  En fait, le rôle des parents et des éducateurs est de créer des êtres responsables, autonomes. Il y a toute une différence entre tout défendre et tout permettre.         

Quel est le pire ?  Tout défendre engendre des hypocrites ; des frustrés alors que tout permettre crée des enfants gâtés. Des enfants qui ne savent pas accepter les sacrifices.

Dans la pédérastie, c’est la tendresse, l’amour, le plaisir de vivre ensemble qui l’emporte ; car le pédéraste sait découvrir son âme d’enfant pour vivre d’égal à égal avec celui qu’il aime.  Il n’y a pas de rapport de force.  Le vieux est souvent celui qui est exploité, contrairement, à tout ce que l’on dit.  Ainsi, cette relation ne pourra jamais être satisfaisante sans une osmose d’âme- à- âme, sans que cette relation se transforme en une amitié profonde.     

La pédérastie n’est pas que génitale, c’est une senteur, un sourire, un geste du corps, une tendresse, une extase.  C’est tomber follement en amour.  Si Dieu a créé plus beau, il l’a gardé pour lui. Pourquoi ce serait dangereux ou culpabilisant, si l’on accepte comme dans la Grèce antique que la sexualité est bonne ?  Si elle est vécue en toute liberté, sans hypocrisie ?         
 

Le client du prostitué peut être d’un égoïsme lamentable, car sa relation lui permet, sans responsabilité de jouir du moment et d’abandonner l’autre comme un chiffon.  Par contre, si les deux sont consentants à une telle relation, ça ne regarde qu’eux.  Nous n’avons pas à juger les individus et leur notion d’éphémérité.  Mais, avec la philosophie de surprotection des femmes, on fait du jeune un bibelot : regarde, mais ne touche pas… c’est 10$…        

Un jour, un de nos politiciens fédérastes a dû apprendre qu’on ne tape sur les fesses d’une de ses électrices.  Il a perdu sa course à la chefferie de son parti pour un geste aussi banal. Et moi, j’ai dû apprendre qu’il ne faut surtout pas féliciter un jeune qui a bien joué aux quilles en lui assénant une belle petite tape sur les fesses à son passage.

Cet interdit, ce reproche que l’on m’a fait, est une idée de bourgeois constipé !  Quelle connerie !  Il y a souvent la projection de sa propre paranoïa à travers nos lois qui veulent régir la sexualité.  Une jalousie du plaisir ? 

Pour l’adulte, la sexualité est autre chose, non seulement dans sa manifestation, mais dans les responsabilités que la procréation engendre. Elle prend la tournure d’une forme de possession chez les femmes et de domination chez les hommes, comme si l’amour ne pouvait pas se manifester de dehors de la pénétration, de la possession. 

Qu’on le veuille ou non, l’interdit sexuel est relié à la procréation, au contrôle de la masse, puisque le seul but «accepté» socialement pour la sexualité est de procréer, et non de communiquer, encore moins de jouir

La répression sexuelle est strictement un phénomène économique.  Elle permet de contrôler les futures dépenses de la société.  

La droite combat le péché, l’avortement ; mais ne semble pas comprendre que le meilleur moyen de combattre l’avortement serait de créer des mécanismes pour venir en aide aux femmes qui doivent avorter de manière à ce qu’elles puissent plutôt donner naissance et ne pas ensuite devoir payer pour leur geste pour le reste de leur vie et celle de leur enfant.  On a qu’à rendre l’adoption plus facile.  

Dieu ne nous demande pas de suivre ses ordres à la lettre, il sait que nous n’en sommes pas capables… On n’est pas tous parfaits comme lui.

Le retour à la peur de la sexualité va de pair avec l’arrivée de la majorité féminine.  Les féminounes proclament la chasse aux pédophiles parce qu’elles retrouvent à travers les enfants, la même peur des mâles qu’elles doivent reconnaître en elles.  Si on les écoutait, personne ne devrait faire confiance à un mâle et tout le monde devrait se protéger de tout ce qui est étranger.  Mais, grâce aux religions, elles seront toujours des putains si elles vivent librement leur sexualité et qu’elles essaient de plaire aux mâles, comme leur nature le veut bien.  Être à la fois la Vierge Marie et Marie-Madeleine… ce serait-il ça être femme ? Pourquoi ne peuvent-elles pas choisir la carrière plutôt que la procréation ?  Leur vie leur appartient.

Spirale intraprojective 9

septembre 14, 2020

Spirale intraprojective 9

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 66 à 76)

* * * *

Au fédéral, cette mafia légale a su créer tous les trucs pour exploiter les pauvres, car ils sont sans défense.  Le vol légal de la caisse de l’assurance -emploi (assurance-chômage) est un exemple type. Mais nous sommes assez masochistes pour réélire ceux qui nous volent ainsi.  

Au Québec, tous les instruments collectifs créés pour assumer notre indépendance et notre bien-être collectif ont été détournés de leur fin pour devenir l’outil et l’instrument ultime de la richesse d’une petite bourgeoisie qui semble se préoccuper plus de son portefeuille que du bien-être de la société.        

Les sociétés d’état sont là pour permettre à tous les habitants du Québec de jouir des mêmes privilèges de base et de la même conception sociale … faire une belle vie.  Il y a seule différence dans les partis politiques, l’un préconise le fédéralisme et l’autre, l’indépendance pour y arriver.  Les objectifs socio-économiques devraient être les mêmes, le bien du peuple.

Toutes les institutions gouvernementales et paragouvernementales devraient être à but non-lucratif et obligées de se conformer à l’existence d’un déficit zéro.     

Il est anormal qu’après la nationalisation de l’électricité, les citoyens, soient encore obligés de payer des prix de fous pour se chauffer.  La vente des surplus d’électricité aux Américains doit strictement servir à diminuer ou éliminer au maximum tous les comptes d’électricité des pauvres.  C’est ce dont rêvait René Lévesque.  Pourquoi les caisses populaires ne servent plus le petit peuple pour lui permettre de se sortir du trou ?     Pourquoi les Caisses populaires sont-elles devenues aussi sales que les banques ?   Qu’attend-on pour garantir dans la future constitution du Québec que jamais les pensions ne seront diminuées, et que dans aucun cas ni le gouvernement, ni les institutions privées ne pourront les saisir en partie ou en entier.  Les anciens rejettent l’indépendance parce qu’ils ont peur de se faire voler le petit peu qu’ils ont par des gouvernements voraces.  La confiance dans les gouvernements n’existe plus.  Même si Paul Martin prenait le pouvoir, tout le monde sait qu’il est un magnat de la finance : ses excédents budgétaires n’ont pas empêché qu’on plume les plus petits par l’assurance emploi, par exemple.      

Avec mon procès. je me suis fait voler sur tous les plans par l’état et le système économique.

J’avais investi 10,000$ en REER.  J’ai payé cet argent comptant.  Pourtant, je n’ai pu retirer que 4,500$ pour payer mon avocat.  C’était clair : où je payais 10,000$ où j’allais dedans.  Si ce n’est pas un vol légal, je me demande ce que c’est.  Je n’avais pas l’argent, donc, je suis allé dedans…           

Quant au système judiciaire, il est tellement pourri qu’il n’est peut-être plus réformable.  Juges, avocats, mafias font bon ménage, c’est de plus en plus connu.  Pour nourrir tous les parasites du système judicaire avec les pègreux et la police, il faut inventer des crimes.  D’où nous viennent les crimes sexuels sans violence.

J’ai souvent utilisé un langage violent pour mieux passer pour un révolutionnaire (surtout après une bouteille de vin quand je perds la tête), mais j’ai toujours voulu conjurer, éliminer toutes les formes de violence rattachées à l’injustice sociale qui existe chez-nous et dans le monde.  Faire peur pour éliminer la peur.  Traduire la peur dans un vocabulaire traditionnel, un langage que tout le monde comprend. 

Vouloir le bien de tous, particulièrement des enfants et des personnes âgées, car ils sont sans défense.  Et, leur existence ne se confine pas à un «sexe».  Une petite pipe pour 20$ est sûrement préférable à ne pas manger durant de nombreux jours.  Ça toujours été ma principale préoccupation.  Je ne peux pas endurer de voir la douleur des autres, ça me fait trop mal.   
                                                               
*  *  *  *           
 Il est bien évident qu’un jour les pauvres découvriront peut-être que leur sort ne tient pas à la religion, mais à une petite bande de trous-du-cul qui dominent le monde : les financiers.         

Il ne faudra pas se surprendre alors que les pauvres songeront à empêcher tous les individus de posséder plus de un million (dollars américains) par an chacun, car en ne partageant pas les surplus de leurs argents, ils contribuent au malheur dans lequel doit vivre la majorité des gens sur la planète.  Ils privent l’humanité du bonheur dont elle a droit.  Je ne crois pas qu’il soit violent de dire : attention !  Un jour les hommes se réveilleront. 

Le système capitaliste est en soi une pourriture basée sur le pouvoir et la compétition. , mais il peut aussi être une force brute nécessaire, si elle est équilibrée par des gouvernements tout aussi fortement socialistes.  Les individus ont besoin de challenge pour évoluer.  Vaincre la misère peut en être un.  L’état existe par et pour le peuple.          

Un jour, les riches paieront la note, car ils refusent de le comprendre… ils refusent de partager.  Ce n’est pas prôner la violence, c’est au contraire, essayer par la prise de conscience de l’extirper, d’empêcher la violence d’arriver, en décriant ce qui semble les causes profondes de ce que sera la grand révolution mondiale. 

C’est tenter d’éviter que la naissance du Québec soit une autre Thérèsa. 

(Si j’avais des éditeurs, on saurait de quoi je parle … Puisqu’on m’a offert de publier l’étude faite concernant cette mine d’or en moins de pages, cela se produira bien un jour … mais pour pouvoir écrire, il faut du temps et de l’argent, il faut pouvoir survivre… ce que je n’ai pas pu concrétiser réellement jusqu’à maintenant.)

Le salut de l’humanité passe par l’éducation de tous les peuples, de tous les individus.  Les sociétés sont à l’image des individus qui les forment.  La question à savoir ce que nous devons faire pour vivre en harmonie avec l’Autre doit être au centre de nos préoccupations.  Comment créer la tolérance, apprendre à accepter chaque individu tel qu’il est, partager ?        

Dans les années 1970, nous étions tous déjà plus libres qu’aujourd’hui.  Il a fallu un ou des imbéciles qui décident de resserrer l’application des lois pour que nous revenions au Moyen-âge.  Je n’ai plus l’impression de vivre dans un état libre, mais dans un état policier, comme le répétait quotidiennement mon ami Pierre Faucher, un ancien policier de la Sûreté du Québec, qui enseignait le français avec moi, à Val-d’Or.

Un pays libre crée le minimum possible de règles. Il est interdit de tuer, blesser, voler, frauder, violer, d’être violent.  Même si la loi est la même pour tous, les juges sont là pour définir les variantes dans son application, c’est-à-dire la gravité des cas. Un viol est un million de fois plus inacceptable qu’un attouchement sexuel dans le seul but de se procurer un peu de plaisir à travers des caresses.  Pourtant, on ne fait aucune distinction.

*                 

Notre système judiciaire doit reposer sur la réhabilitation et non la punition quoique parfois la punition doive être intégrée à un processus de réhabilitation.  Comme Foucault le dit, si un individu est incarcéré, la prison doit être un lieu de réflexion, un endroit où les psychologues et travailleurs sociaux l’aideront à réévaluer ta vie, ses valeurs, ses motifs d’action. 

La prison doit fournir aux jeunes la chance d’apprendre un métier, d’avoir une aide particulière pour se réintégrer dans la société.  Un jeune prisonnier devrait immédiatement être pris en charge par une équipe multidisciplinaire chargée de l’aider. Ça n’existe pas encore mais c’est urgent.  Un jeune de retour au travail coûte moins cher que de pourrir en prison. 

Et, comme le disait Foucault, le coût de l’incarcération comprend aussi le déséquilibre que subit son milieu. Il y a un prix à payer pour mettre un gars en prison. Par exemple, j’ai une maîtrise et tous les diplômes pour enseigner et l’on m’empêche de travailler dans l’enseignement.  On préfère des jeunes qui finissent à peine leur secondaire. Il faut être crétin pour établir de telles règles. En prônant une telle morale, on est responsable des carences sociales que ça donne.

Il faut aussi apprendre à respecter les droits de l’individu, sans restriction inutile et définir ce qu’est la vie privée, l’intimité, pour pouvoir garantir le droit à l’orientation sexuelle et de créer sa vie.            

Tant qu’il n’y a pas de violence ou de proxénétisme, le sexe ne regarde personne.  La prison n’est pas là pour permettre à ceux qui jouissent de voir les autres souffrir de vivre comblés. 

La prison est un outil de réflexion. Les lois sont là pour permettre une certaine égalité de chance entre tous les hommes et aussi, faut bien l’admettre, interdire les débordements de la passion humaine.  Il est facile de nourrir les statistiques pour justifier la présence de la police en s’attaquant à la sexualité plutôt que de combattre le crime organisé, mieux structuré et plus dangereux.

Qu’un individu regarde de la pornographie infantile ou pas, seul, chez lui, en se masturbant, c’est moins dangereux que la répression sexuelle et ça ne fait mal à personne.  Si les prisons sont remplies, c’est que l’état se met le nez partout où ça ne le regarde pas. C’est à dire là où il n’y a même pas de violence.  Le judiciaire veut dominer la sexualité des individus à la place de l’Église.

La justice est là pour protéger les individus et non devenir un instrument pour contrôler les individus et les sociétés. Ça coûterait moins cher si l’Étant enlevait son nez de nos bobettes.

Quand nos policiers s’attaqueront au vrai crime organisé, ils n’auront plus le temps de venir compter le nombre de secondes que ça te prend pour bander en regardant un film pornographique.  Ces recherches sont du pur fascisme.  Le meilleur moyen de ne pas avoir d’obsédés, donc de gens dangereux, c’est leur laisser la chance de répondre à leur fantasme devant un ordinateur.  D’ailleurs, qu’est-ce que la pornographie ?

La pornographie est en principe ce qui choque visuellement ou auditivement les valeurs d’une personne, face à la nudité et à la sexualité.  Rien n’est plus difficile à définir, car elle est essentiellement individuelle, basée sur ton ouverture d’esprit et ta culture.  Pour moi, le sadomasochisme et la sodomie sont de la pornographie que ce soit filmé avec des adultes ou avec des enfants.  Ce n’est pas nécessairement le point de vue de tous.  La pornographie est donc déterminée selon ses propres valeurs. 


Sauf la sodomie et le sadomasochisme, qui m’écœurent plus qu’ils me troublent, rien n’est pornographique.  La pornographie devrait être libre, car, du moment que tu en as assez vu, tu n’as plus d’intérêt à regarder. Il est plus dangereux de demeurer sur la soif de sa curiosité sexuelle que d’y répondre.  C’est un principe freudien de base. La nudité n’a rien à voir avec la pornographie.

Quant à la pornographie infantile plutôt que la police contrôle l’internet de tous, qu’elle essaie même de les piéger (comme si on pouvait être coupable d’être intéressé ou curieux) ; on devrait s’occuper de la production, s’assurer que tous les participants sont libres et que ces productions ne servent pas de vitrines pour un quelconque commerce charnel international.  Le reste, ça ne regarde personne. . Personne n’est diminué parce qu’on l’a vu nu.  L’intérêt pour la répression de la sexualité des autres cache toujours chez ces disciples de la morale un lot de morbidité et d’hypocrisie.

En 1967, je travaillais comme déblayeur de tables dans un club, à Montréal, pour payer mes études.  À chaque fois que des inspecteurs de la moralité passaient, il fallait leur servir gratuitement tout ce qu’ils désiraient.  Toutes les brigades de la moralité devraient être abolies, car elles sont toutes plus vicieuses que le moins vicieux des clients.  C’est trop facile de devoir te laisser sucer pour pouvoir accuser quelqu’un.  Ce n’est pas très souffrant, mais c’est mauditement hypocrite.

 Dans les années 1970, j’ai eu en cadeaux des livres qui seraient classés aujourd’hui comme étant pornographiques alors qu’ils étaient en vente libre dans les pays (Hollande, je crois) où on se les avaient procurés.  Ils sont effectivement pornographiques, sans violence, de belles gueules. 

J’aurais pu être condamné pour les avoir en ma possession depuis au moins 20 ans.  Je ne les regardais que très rarement (je préfère la réalité) et je les conservais parce qu’ils avaient pour moi une valeur émotive : c’était une façon de me remercier de me battre pour la liberté sexuelle individuelle. C’était le signe d’un «certain appui» d’une très infime partie de la population pour mes textes sur la pédérastie.  Certains comprenaient que ces livres visaient la libération des individus.

Est-ce que la bêtise humaine peut exiger que je sois obligé de me départir ces lires reçus en cadeaux ?  Qui a souffert que je regarde de temps en temps ces petites beautés nues ?  En sexualité, seule la violence, incluant le proxénétisme (exigé d’un autre la distribution de services sexuels pour en toucher les bénéfices) doit être totalement et à jamais interdite.        

Une des pires caractéristiques humaines est d’exiger des autres le même comportement que soi, même s’il est parfaitement morbide comme le scrupule.  Le scrupule conduit à la paranoïa, car il repose sur la honte de son corps, donc, sur une certaine forme de mépris de soi.  Il marque aussi l’impossibilité de l’individu à vivre en se sentant regardé.   Le problème avec nos scrupuleux, c’est qu’ils ne font aucune nuance.  C’est normal d’avoir une petite gêne ;  mais quand on en est rendu à faire la guerre aux soutiens gorges trop voyants, on est devenu pas mal sauté.  Les scrupuleux proscrivent tout et toujours, sans même s’en rendre compte, au nom de principes religieux.      

Pourquoi exiger des autres qu’ils aient ta morale ?  « Le problème avec la morale, disait Léo Ferré, c’est que c’est toujours la morale des autres.» Qui es-tu pour être assez parfait pour exiger que les autres doivent se plier à « ta morale»?  Si tu ne veux pas voir de nus, regarde ailleurs ou ne regarde pas.  La vue d’un nu n’a jamais rendu personne malade… sinon de désir… Si tu es trop hypocrite pour accepter tes désirs, les autres n’ont pas à se priver, à sacrifier leur plaisir parce que tu ne sais pas te comporter et que le désir est pour toi une raison de succomber à ta vraie nature.  On dirait que toutes nos grandes âmes, chastes et pures, cherchent à empêcher les autres de jouir de ce qu’elles se privent.  Cette peur était-elle autre chose qu’une forme de jalousie ?

C’est le même principe quant aux drogues légères.  Il y a quelques années, la police tolérait la possession simple ou le fait de laisser pousser de la marijuana pour consommation personnelle chez toi. (Au Québec).    Cette règle a été renversée pour aider le crime organisé.  Si le pot n’a pas été traité, il y a une grande chance que tu sauras éviter toute dépendance.  On peut y ajouter ce que l’on veut. Et, si tu ne contrôles la vente de drogues légères, tu pourras pousser la vente de drogues dures. L’interdiction de la marijuana est un compromis du système judicaire en faveur de la mafia.  Pour consommer, il faut absolument passer par la mafia.

La possession simple de marijuana doit être permise.  Quant aux drogues dures, elles doivent être interdites et leur commerce doit correspondre à des peines équivalentes à des tentatives de meurtres, car elles sont responsables de la majorité des crimes, soit par leur effet sur le cerveau ou les moyens employés pour pouvoir s’en procurer.  D’où viennent localement les drogues dures ?  De quels laboratoires ?  C’est ce à quoi la police devrait œuvrer.  Chasser le producteur est non le consommateur ; car en chassant ce dernier, on ne fait que garantir de perpétuer le système.

Cependant, il faut admettre qu’une trop grande quantité de pot ou une trop longue consommation quotidienne entraîne de graves problèmes de mémoire et de concentration.  Même que le petit pot peut devenir le pire ennemi de l’école, à l’adolescence.  Non seulement le pot peut être nuisible aux études ; mais aussi, à la productivité quand on est sur le marché du travail.  C’est le cas de ceux qui consument parce qu’ils ne s’acceptent pas ou se déprécient.

À la longue, même une drogue douce peut amener chez certains des problèmes d’humeur.  Ce n’est pas pire que la boisson, mais comme elle, la modération a bien meilleur goût.

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Notre système est entièrement pourri.  On ne pourra jamais s’en sortir tant que les hauts fonctionnaires mènent la barque.  Les gouvernements passent, mais les fonctionnaires restent.          

On croit vivre la démocratie seulement en votant, mais c’est faux à cause de nos divisions, de la différence de nos intérêts à se regrouper.  Le politique devrait être le summum de l’amour parce qu’il s’agit d’un amour gratuit, pour le bien de tous les citoyens.  C’est ce que l’on nous apprend, mais c’est loin d’être la vérité.

Les gouvernements sont les gérants d’une caisse monétaire qui est distribuée selon les gagnants des luttes de pouvoir qui s’y livrent.  Pour qu’il y ait une ombre de vérité, il faudrait que tous les gouvernements élus soient obligés de réaliser le programme pour lequel ils ont été élus.  Ainsi, au moins, en votant, on saurait pourquoi on vote. 

Tous les hauts-fonctionnaires devraient être imputables et démis s’ils ne respectent pas les consignes d’un nouveau gouvernement.  Cependant, pas question de changer les travailleurs de la base. Cela s’applique seulement pour les cadres qui doivent être utilisés ailleurs. Toutes les institutions gouvernementales et paragouvernementales (seules capables d’avoir les subventions de l’état) devraient être sans but lucratif et soumises à la règle du déficit zéro.

 Aucune industrie privée ne devrait toucher un sou de subventions des gouvernements.  Il s’agit du bien-être social pour multimillionnaires.           

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Le don gratuit n’est pas de nature humaine, sauf peut-être chez Jésus et des saintes comme Ste-Thérèse, mère Thérèsa.  Même dans ce cas, il faudrait trouver leurs motifs d’action avant de crier à la gratuité.  Chaque jour, dans les gestes de la banalité de la vie quotidienne, tout le monde découvre en soi un héroïsme édifiant.  Nous savons d’instinct que le seul vrai sens de la vie est de découvrir la beauté et la joie de vivre l’instant présent, de se laisser séduire par la beauté des Autres. 

Découvrir la beauté de la vie, à travers Soi et les Autres, c’est une prière permanente, la quête quotidienne du visage de Dieu.  (À remarquer qu’à toutes les fois qu’on va dedans, on en ressort pour un temps encore plus religieux).  Nos religions se servent de rites pour garder l’oeil sur l’état de la foi et contrôler sa puissance psychique sur chaque individu, d’où le besoin de collectivité religieuse.  Qu’il y ait une plus grande force énergique dans un groupe, c’est probable et possible.  Mais, on ne doit pas prier pour se faire remarquer.  Je n’ai pas besoin d’un prophète pour me dire comment je dois m’y prendre pour me tenir la bourse quand je vais pisser.

Tu n’as pas à attirer l’attention pour prier, ça se passe entre tes deux oreilles.  La pensée n’a pas besoin de signe extérieurs pour se répandre et se communiquer.  C’est instantané. Les paroles n’ont pas à être apprises et répétitives.  Les signes extérieurs ne servent aux autres que pour vérifier ton taux d’obéissance, la profondeur de ton engourdissement religieux.  

La communication avec l’au-delà est une onde à créer. Elle est plutôt de nature implosive, personnelle. Ça fait un peu curé, mais il n’y a pas d’autres moyens pour le dire.

Toutes les traditions sont des moyens employés par différentes civilisations pour soi-disamment nous apprendre le bonheur et donner un sens à nos vies.  En réalité, on nous prépare à être de bons moutons, à vivre dans le troupeau, à ne pas poser de questions.  Sous prétexte de la connaissance, on maintient le carcan individuel, l’engourdissement du cerveau, en faisant appel aux traditions.  Les rites sont des moyens inventés pour nous contrôler.  Si la prière a une valeur, c’est au niveau de l’énergie, sûrement pas sur la fréquence et de la façon de prier. 

Malheureusement, les traditions sont tellement nébuleuses et ancrées, sclérosées que l’on refuse de les remettre en question.  Ainsi, des milliers d’années plus tard, on a une technologie de pointe militaire absolument fantastique, car on a toujours investi dans le militarisme pour justifier les dépenses inutiles essentielles à la survie de l’économie ; mais on n’a pas encore avancé dans la compréhension des déficiences individuelles (maladies de toutes sortes) et remédier au malheur de l’homme…

Nos traditions ont échoué, car elles portent toutes le même prémisse : défendre la chair et diviniser la violence et le pouvoir.

S’il y a vraiment eu trois ensemencements humains par des extraterrestres, comme dirait mon grand ami Jean Ferguson, quoique je n’y crois pas, disons que les financiers sont les extraterrestres de bas niveaux, les conquérants.  Ils vivent d’intérêt et de plus-values.  Ce sont les exploiteurs, ceux qui vivent aux dépens des autres.  Par exemple, le producteur d’un film se fait des millions alors que celui qui a créé l’histoire crève de faim. 

Dans notre monde, il y a les exploiteurs et les exploités.  Les exploiteurs se nourrissent d’avoir et de paraître.  Ils ne pensent pas, ils ne créent pas, ils «stratégisent».  Ils ont une faim infinie de richesses.  Ils se nourrissent d’avoir, de paraître, d’extérieur.  Ce sont de dangereux charognards.  Des êtres sans âmes.  C’est l’esprit financier, militaire, conquérant.  Celui qui se croit parfait. Le dominateur.  L’exploiteur.  Le financier, quoi !  Il a tout et ne veut rien partager à moins qu’on ne le force.

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À cause de leur insatiabilité, les financiers sont les vrais fabricants de guerre.  Ce sont les pires voleurs légaux, sans âme, ni conscience.  Les intérêts des institutions financières sont la plus grand forme de vols légalisés quand l’intérêt pour l’argent que tu déposes est inférieur à celui qu’ils veulent te donner quand c’est eux qui prêtent. 

Pire, sans le vouloir, les classes moyennes avec leurs taxes et leurs impôts financent les armées des GROS qui les dominent (USA, Russie, Chine, etc.) Ce sont les riches qui sont les fabricants d’enfer.

Dans son livre La paix indésirable, l’ancien conseiller du président Kennedy disait qu’il faut absolument des guerres locales puisque le système économique repose, existe, grâce aux dépenses inutiles créées par les guerres.  Sans elles, le système ne peut pas survivre. 

La guerre est la nourriture de tous les systèmes qu’ils soient capitalistes, communistes ou fascistes. La guerre permet le colonialisme, la domination des uns par les autres. La guerre nécessite la création de emplois les plus développés dans le domaine de la recherche qu’elle soit médicale ou autre.          

Chaque gouvernement doit répondre aux exigences essentielles de sa population.  La terre peut être le ciel ou l’enfer, tout dépend des hommes.         

Aimer plus Dieu ou plus l’argent que l’Homme, c’est carrément stupide et mauvais ; car, dans tous les livres saints de toutes les religions, il est écrit qu’il faut aimer l’Autre comme Soi-même pour l’Amour de Dieu.   Dieu doit vraiment être vexé de voir autant d’êtres humains qui n’arrivent pas à vivre la réalité et prétendre qu’ils ne doivent vivre que pour Lui. Rejeter sa création, c’est le rejeter, non ? Dieu est un artiste.

Le fanatisme religieux est basé sur une telle inflation de l’En-soi qu’il exige la disparition de l’individu en tant qu’être.  Pourtant, chaque humain qui ne s’aime pas est incapable d’être charitable envers les Autres.  Sa prétention de servir Dieu est alors hypocrisie et mensonge, car selon Dieu lui-même, il faut aimer l’autre comme son égal.  Il est impossible d’aimer les autres, si tu ne t’aimes pas toi-même.  La paix peut-elle être possible avec des êtres qui rêvent de domination ou qui sont indifférents à la douleur des autres ?

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Parfois, je me sens comme le petit gars de dix ans que j’étais, servant la messe, à Barnston, et, qui se demandait comment éliminer la guerre avec les communistes (l’ennemi dans tous nos journaux).  Je voyais dans la mondialisation une cause des futures guerres parce que les humains sont incapables de planification, de marier leur passé à une expérience présente pour un meilleur avenir … ce jeune moi voyait et vivait dans ses rêves la fin du monde utopique, organisée par les grandes puissances, une pollution due aux retombées de la pollution.

La tentative de ramener la paix en lui et chez lui l’habitait.

J’étais ce jeune qui voulait la paix parce qu’il désirait surtout que son petit ami protestant soit aussi sauvé.  Toutes les religions ont la même obligation : y appartenir pour aspirer à l’au-delà (tu ne seras pas sauvé si tu n’es pas catholique, protestant, musulman, etc.)   Quelle intolérance !  Quelle soif de pouvoir !  Il devrait être interdit de parler au nom de Dieu, car personne ne peut lui demander si ce que l’on dit en son nom est vrai.

Pour créer la paix, il utilisa les communications.  La mondialisation se réalisa dans la violence jusqu’à ce que le pouvoir revienne aux états nouvellement formés pour répondre aux cultures de chacun. 

* * * * *

Pourtant, tous savent qu’il n’y a pas de mort dans le sens d’une destruction irréversible, totale, conduisant au néant. Tout se perd et tout se recrée disait un certain Einstein… Il n’était pas fou puisqu’il ne croyait pas en une seule façon de voir la vie. 

Dans l’histoire humaine, il y eut bien des fanatismes : pour Moïse, tout n’est que loi ; pour Jésus, tout n’est qu’amour ; pour Freud, tout n’est que sexe ; pour Marx, tout n’est que capital, mais selon Einstein, le seul, qui avait à mon sens du génie, tout est relatif…

La matière est la matière, le chaos, l’inerte…

Dieu est Dieu. L’onde, la force électromagnétisme, l’orgone, la structure, la pensée, l’intelligence, la beauté, ce qui habite la matière qui elle, est uniforme, inerte. Dieu, c’est la vie.

 La création a été la première rencontre de Dieu, principe d’amour, donc, d’organisation, de vie avec un Autre, la matière, le chaos.  

Cette première rencontre, ce premier toucher, cette première interpénétration a été le plus grand, le plus jouissant geste d’amour de Dieu, son premier toucher… la découverte du plaisir… sa première éjaculation d’énergies …

(Je ne fumais pourtant pas quand j’ai écrit ce passage)

Spirale intraprojective 8

septembre 13, 2020

Spirale intraprojective 8

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

*  *

Le gouvernement a trouvé une nouvelle méthode pour m’empêcher d’enseigner : un concours de français qui est soumis à l’existence d’un dossier judicaire.  Tout passe par le concours de français obligatoire où l’on exige d’abord ton numéro d’assurance sociale. On s’arrange ensuite pour te couler.           

Quand j’ai décidé de retourner à l’enseignement auprès des adultes puisque je devais oublier la possibilité d’enseigner au secondaire, je n’aurais jamais cru qu’on se servait du test de français pour empêcher les gens qui ont un dossier de pouvoir enseigner. .       

Je n’aurais pas corrigé mes fautes en me présentant au concours du SÉFRANC que ça n’aurait rien changé.  Le sort en était jeté avant même la correction, grâce aux liens avec la police.  C’est ainsi que l’on m’a collé un 40% pour une composition, lors de l’examen de français, un gros zéro pour l’argumentation, ça dit tout.  J’étais révolté, mais je n’y pouvais rien.  Je n’avais plus d’argent pour tenter le moindre retour.  Adieu l’enseignement, même s’il y a plus d’un million d’analphabètes au Québec.           
 
Avec cette note du SÉFRANC, je peux maintenant me permettre au moins une faute par paragraphe pour être à la hauteur de son évaluation.   J’espère qu’avec ce livre, mes lecteurs ne me donneront pas un zéro pour l’argumentation.     

Le texte portait sur le retour au travail des retraités en éducation.  Je prétendais qu’on devait plutôt envisager un choix individuel, car certains se sentent encore capables d’enseigner alors que d’autres sont ravis de voir arriver la retraite.  Pour enseigner, il faut pouvoir se faire aimer par ses élèves et la santé y est donc pour beaucoup.  J’ai connu bien des professeurs qui rêvaient d’une maîtrise pour enfin aller travailler au ministère de l’Éducation parce qu’ils ne pouvaient plus endurer les élèves.  Quand tu détestes les élèves, il est urgent que tu quittes l’enseignement, tu n’es plus à ta place.  Le pire, ce sont eux qui aujourd’hui gèrent notre système d’éducation.  On peut bien avoir les réformes que l’on a.

Je me demande depuis si le SÉFRANC ne sert pas davantage à ratisser les dossiers judiciaires des futurs enseignants qu’à examiner réellement leur compétence.

Le but de cette malhonnêteté intellectuelle et professionnelle est d’empêcher que des professeurs soient un danger pour les jeunes, ce qui est très bien en soi.  Mais quand il y a un manque flagrant d’enseignants, ceux qui font le métier depuis des années ne devraient pas se faire flouer pour des raisons morales à moins que le candidat représente un véritable danger. À moins que ce concours soit bidon, simplement un moyen pour te forcer à retourner à l’université ? Je n’en serais pas surpris. C’est ce que prétendait mon ami Pierre Faucher qui eut le même problème, car, tout le monde coule le premier examen. C’est comme un rituel.

Je n’ai pas encore compris pourquoi je représente pour l’establishment un tel danger puisque pour moi la révolution rime avec conscience et évolution, la démocratie et les droits de la personne.  Mes critiques n’ont toujours eu qu’un but : prévoir et éliminer l’injustice sociale et la violence.  Trouver des solutions pour le bien- être du peuple, pas seulement pour une minorité de petits bourgeois.     

Le but de ma vie a toujours été d’essayer d’améliorer la vie des Québécois.  C’est une vieille idée des philosophes de la Grèce antique de voir dans la responsabilité sociale le sommet de l’Amour.  Si j’ai pu enseigner durant 15 ans, sans que malgré les enquêtes, on ne puisse pas me reprocher un iota sur mon comportement, je ne comprends pas pourquoi on puisse me liquider de l’enseignement alors que mon procès concernait un événement qui s’était complètement déroulé en dehors de ma fonction d’enseignant.  Probablement parce que la vérité est celle que m’a fourni mon avocat : c’est éminemment politique…    

Le SÉFRANC est un simplement un outil qui fut dans mon cas, le moyen de m’empêcher d’enseigner à jamais. Un métier dans lequel j’étais pourtant très bon.    

L’ignorance, le scrupule, la peur de la sexualité sont officiellement plus importants que de vivre convenablement, en sachant lire et écrire. On peut dire que le pouvoir veut garder le peuple dans la peur et la honte afin que la sexualité permette de continuer l’exploitation des individus, en se servant de son pouvoir émotionnel.
 

C’est le plus grand danger de la mondialisation : la pensée unique, la morale unique, bannir toute différence pour le dieu-économie.      

La répression sexuelle sert à humilier les individus, à leur faire croire qu’ils sont des pécheurs ambulants et de naissance.  Un besoin essentiel pour maintenir au pouvoir l’aristocratie et la bourgeoisie.  On prétend que c’est dépassé, et pourtant, le Canada a encore une représentante de sa reine.

*  *  *  *           
 Ça s’intègre aussi très bien dans la campagne fédérale qui cherche à faire croire aux Québécois qu’ils sont de très mauvais francophones, ignorants, sans culture avec surtout un très mauvais accent.  Le seul but de cette campagne fédérale est de provoquer chez nous un tel sentiment de honte et de culpabilité que l’on n’ose plus se servir de nos tripes pour revendiquer notre identité francophone trop québécoise.  La mascarade de l’assimilation.             

On oppose le français parisien et le joual pour couper la communication avec les autres francophones, canadiens français, en particulier.  Les rois-nègres fédérastes sont au service colonial anglo-saxon. C’était aussi le point de vue de Gérald Godin, poète, et de tous ceux pour qui le joual ne faisait pas se hérisser sur le dos les poils du langage «des maîtres». 

En récupérant le français, en opposant celui de Paris au joual (français du Québec), la langue redevient la marque de la bourgeoisie du clan fédéraste, au Québec. Les Québécois veulent sauver une langue qu’ils ne savent même pas parler correctement, essaie-t-on de nous faire croire.  Un assommoir qui revenait dans tous les combats pour préserver le français au Québec. Honteux, d’être radical, on offrait un compromis de plus ou on se le faisait imposer par la Cour Suprême.     

Le joual était un premier pas dans la quête de notre identité, de notre différence, car il permettait de s’accepter et s’aimer tel que nous sommes.  Cependant, et fort heureusement, l’évolution linguistique s’est poursuivie.  Tout le monde aujourd’hui est d’accord pour utiliser le français international à l’écrit.  Les différences régionales sont des beautés de notre langue, on veut les faire disparaître que par snobisme.  La langue va avec la classe sociale, qu’on le veuille ou non.

Quand j’ai écrit mon livre Il était une fois les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez nous, aux éditions Kébécoises, en 1972, les fautes y étaient faites exprès (même si j’écrivais affreusement mal) pour dénoncer la bourgeoisie et l’esprit du français fédéraste colonialiste.          

Quand je me suis présenté à la radio, vers 1974, à Edmonton, en Alberta.  J’y ai dénoncé le colonialisme attaché à l’emploi de notre accent français versus celui de Paris pour rejeter le joual du Québec ainsi que le colonialisme religieux de l’Ouest pour créer un mur entre les francophones hors Québec et les Québécois.  

Hors Québec, on ne vend aucune forme de littérature ou de culture québécoise.  On privilégie tout ce qui vient de Paris.  Les deux personnes responsables de mon entrevue ont été congédiées sur le champ.  C’est le genre de liberté d’expression qui existe au Canada pendant que nos représentants font la morale au reste du monde sur les libertés individuelles. 

Le cas de Normand Lester, à Radio-Canada avec Le livre noir du Canada anglais, Les Intouchables, Montréal, 2001, est un autre exemple.  Pourquoi un journaliste n’a-t-il pas le droit de dire la vérité, sa vérité ?  Au Québec, la liberté de penser et de presse existe tant que tu ne critiques pas les femmes, les Anglais, les Juifs, les immigrants et que tu sois anti pédophile à en faire de l’urticaire…
 
La bourgeoisie stigmatise tout ce qui est peuple, car elle se croit la seule bonne et se veut la seule règle valable, comme s’il n’y avait qu’un chemin et une façon valable de découvrir la vie.  La bourgeoisie ne semble pas comprendre qu’elle peut être remplie de savoir, mais ne possède pas la connaissance.  Elle est encore plus infecte que le peuple sur lequel elle crache parce qu’elle a, elle, les moyens économiques de parfaire ses vices et ses vertus… l’un étant le pendant de l’autre…

* * *    

Il y a toujours, chez tous les êtres humains, du bon et du mauvais ; mais la prison m’a fait comprendre que la vie est un éternel jeu de découvertes afin de reproduire le grand puzzle de la création et ainsi commencer à contempler son créateur.  Chacun doit découvrir son rôle.  Chaque individu est un film en soi dont il est à la fois l’acteur principal et le scénariste.  La sexualité est l’oeil de l’amour.  Elle est comme un «casque virtuel» qui te permet d’investir et comprendre l’Autre de l’intérieur.  Si l’oeil est le point d’attirance vers la beauté, la lumière ; le toucher, lui, est l’affection, la tendresse, la découverte du plaisir.           
Le seul problème est de savoir s’arrêter quand c’est le temps, car le Bien et le Mal ne sont qu’une et même chose, une simple question de dosage… Si le milieu est là pour t’apprendre à évoluer, selon ton rythme ; la famille, elle, doit être permanente, car elle garantit la sécurité à l’enfant, et par conséquent, son incubation comme un cocon social.  C’est pour cela qu’il appartient à l’individu de décider quant il est temps pour son initiation à la sexualité, la découverte de soi.  Cette initiation n’appartient pas qu’aux gardiennes et peut prendre différentes formes.  Mais, elle est presque toujours un jeu, à moins d’être assez vieux et de tomber en amour.      

L’initiation sexuelle est « dans le temps», très souvent sporadique et répétitive et non globale et unique.  Elle est souvent plusieurs expériences.  C’est une recherche de sa propre personnalité, de son orientation sexuelle, et par conséquent, de son évolution. Une étude qui nous permet de se connaître profondément.

La jouissance ne peut pas exister sans un profond respect de ses désirs.  L’amour est toujours d’abord une jouissance narcissique, avant de devenir une ouverture au monde.

N.L.R.D : Je comprends pourquoi les éditeurs ont refusé ce livre.  C’est fatigant de changer de sujet avec les étoiles… Ce n’est pas un succès quand on le relit en l’écrivant huit ans plus tard.  Une autre réalité : remarquez comment la culpabilisation de la prison redonne un air de « preachers», dans mon cas.  C’est ça se prendre pour quelqu’un d’autre : croire dans l’importance de son message. 

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Ainsi, Paris et les francophones libéraux fédérastes au pouvoir à Ottawa ont gardé le monopole du bon- parler.  Cela nous a forcé à faire du surplace.  Pendant qu’on culpabilisait, qu’on se demandait si on doit avoir honte de mal parler, de notre ignorance linguistique, les fédérastes se servaient de notre mésestime de nous-mêmes pour gagner du terrain.  

Le Canada est sûrement un des rares pays au monde où la présidente de la francophonie est anglophone.  Le Canada est aussi un des rares pays à appartenir à la fois à la francophonie et au Commonwealth. Ce qui prouve que l’argent, l’économie n’a qu’un accent : le profit.    

Les Européens, depuis Châteaubriand, ont toujours adoré l’imagerie américaine : les beaux Indiens nus dans d’immenses forêts, une Amérique francophone de l’Acadie à la Louisiane, en passant par Québec, oubliant qu’au Canada, en dehors du Québec, la lutte de la francophonie est héroïque, mais (sauf en Acadie) folklorique. 

D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi l’Acadie ne veut pas être un seul pays francophone avec le Québec… L’accent acadien est adorable.  Les régionalismes en français, ça existe partout.  L’accent est lié aux classes sociales.  Plus tu es bourgeois, plus tu es obtus, plus tu es pointu… L’ignorance de sa langue est encore pire, car la langue forge la pensée.  Il faut lentement remplacer à l’écrit le joual par le français international, même dans le parler quotidien.  Une question d’instruction et de communication avec le reste du monde  …

Refuser de simplifier le français ne sert que les intérêts d’une élite qui accepte de voir disparaître le français plutôt que de comprendre que le peuple a autre chose à faire que d’apprendre des exceptions aux règles grammaticales.           

LE FÉDÉRALISME CANADIEN EST UN GHETTO POUR LE FRANÇAIS.      

Les Européens ne savent pas qu’il y a moins de 100 ans, des provinces, comme l’Ontario, interdisait le français.       

L’esprit bourgeois, traditionnel, académicien, empêche le français de se répandre dans le monde comme l’anglais, plus facile à apprendre.  Tant que la francophonie ne sera que l’instrument privilégié de Paris, comme le Commonwealth pour Londres, nos cultures ne produiront pas l’unité culturelle dont le monde a besoin.  Tout comme l’Orient doit devenir une nouvelle dimension de notre savoir.        
                  
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Si nous voulons la paix, nous devons marier la Bible et le Coran.  Nous devons nous attaquer à la racine du mal : la pauvreté.  La dictature islamique est une parodie de la religion musulmane.  Elle nous prouve le danger pour un peuple d’être asservi à une religion.      

On a déformé le Coran et on a inventé la Charia qui sert à « charrier » l’intolérance. Cet appendice religieux marque bien à quoi servait les religions dans le passé, soit de policiers et de psychologues.  Ces règles de vie sont comme le petit catéchisme en plus violent.  Elles devraient être là pour guider nos vies, non pour nous emprisonner dans le fanatisme.     

Ce fanatisme marque aussi le danger d’interpréter ce que l’on appelle les Écritures, dans le mot à mot, sans tenir compte du développement de la société.  Cela nous prouve aussi le danger de vivre pour une vie après la mort et son lavage de cerveau.     

Les religions étaient communiquées à la base dans une seule langue (l’arabe, le Coran; l’hébreu, la Bible; le grec, puis, le latin, pour le nouveau Testament).  Ce besoin des religions est relié, comme dans le catholicisme, avec le dicton : « Hors de l’Église point de salut ».  Le latin permettait l’unité, mais personne ne savait ce que la prière signifiait.   

Les religions peuvent ainsi faire croire qu’elles sont les seules à savoir et pouvoir interpréter les écritures.  Leur « connaissance » ou «leur secret» leur permettait de dominer les hommes.  Comme les médecins trop avides (principalement les psychiatres) peuvent oublier que l’on n’est pas l’initiateur de son génie ou de son intelligence.  Si nous possédons l’intelligence, c’est pour la mettre au service des autres et non pour les exploiter.  Le corps n’est que le contenant.  Il en est de même de tous les talents.           
                                        
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Voilà pourquoi, l’éducation et la transparence sont si importantes quand on parle de démocratie.  Il est impossible de voter sagement si tu peux être dupe de tous ceux qui se présentent.  Les individus doivent être ouverts au savoir et à la connaissance.  L’homme ne saura pas accepter l’Autre, tant qu’il n’y aura pas sur terre, au point de vue individuel, une ou des langues communes mondiales de communication.  Il faut répondre au besoin de s’ouvrir à l’autre plutôt que de le percevoir comme un danger.         

Le plus grand danger de la mondialisation ou de la prise de pouvoir par la droite anglo-américaine ou la Chine est l’homogénéisation de la pensée.  La nouvelle dictature culturelle.  L’extrême droite et l’extrême gauche sont une seule et même chose tant leurs valeurs finissent par se rejoindre. Leurs chefs parlent le même langage : dominer pour profiter.  Il est bien évident que toutes les dictatures religieuses sont encore pires, car elles font appel à l’inconscient.  Le 11 septembre 2001 nous prouve qu’il ne faut pas mêler la religion à la politique.  Le fanatisme religieux conduit à l’assassinat de l’autre, en te croyant un saint ou un martyr alors que tu n’es qu’un malade mental ou un esclave de l’esprit des dirigeants religieux qui abusent de ta foi.  La foi est en soi une imbécillité si elle n’a pas sa part de doute.   

Si l’Amérique et les super puissances continuent de fermer les yeux sur la misère humaine dont elles sont en grande partie responsables, un jour, elles éclateront comme du verre.

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Depuis mes déboires, les responsables du bien-être social vouent un culte spécial à l’ardeur de vouloir me défoncer financièrement.  La cour du bien-être me réclame des ristournes comme pour me priver d’avoir une envie fondamentale de continuer à travailler pour mon propre confort et le bien-être de la société.         

Sans argent, tu ne peux rien faire.  Je ne peux pas vivre sans me sentir utile aux autres.  Ma seule vraie peur en prison était de devenir aigri, de cesser d’aimer l’humain, sans condition.  Aucun humain ne peut être heureux seul.  

Me refuser le droit d’aider les autres, même gratuitement comme bénévole, me paraît stupide.  C’est comme si le sexe est la chose ultime dans la vie des individus.  Si tu es un danger sexuel, tu ne peux plus approcher un humain.  Il est préférable de laisser le petit gars dans la misère plutôt que de l’exposer à la tentation.  Il faut sauver une âme contre le péché de la chair, oubliant que l’âme n’est qu’énergie, une structure, qui ne peut pas exister sans le corps.  Elle ne peut pas mal réagir aux plaisirs corporels.           

Au BS, on rencontre souvent des fonctionnaires de l’incompétence incarnée… les premiers créateurs de la pauvreté.  On dirait qu’ils ne savent pas comprendre ce qu’est la pauvreté.  Peut-être faudrait-il que nos agents sociaux fassent un stage comme itinérants ou remplacer la mère d’une famille monoparentale durant quelques mois pour mieux comprendre.   

L’assisté reçoit si peu d’aide qu’il ne peut pas faire autrement pour s’en sortir que d’emprunter à des parents ou à des amis, dans les moments difficiles.  Ainsi, quand il reçoit son chèque suivant, il est déjà encore plus endetté.  Tu tournes en rond et vouloir essayer de boucler le budget devient la pire obsession.  Puisqu’il faut toujours de nouvelles dépenses pour t’en sortir, tu t’enfonces toujours plus.           

C’est encore pire si tu souffres d’une infirmité ou une maladie mentale.  On te fixe un agenda pour lequel tu n’as rien à dire, qui n’est pas conforme à tes besoins, car il annule souvent tes efforts pour t’en sortir. 

J’aurais bien aimé que les psychiatres qui refusaient d’aider mon punk (il refuse d’admettre sa maladie et il se soigne dans la consommation et la dépression permanente) vivent à ma place ou celle de sa mère durant quelques mois.  Ils seraient peut-être moins insolents, imbus d’eux-mêmes et capables de réaliser ce que vivent les gens qui veulent aider les personnes en difficulté, sans le traiter comme des ordures…      

Ils peuvent sûrement pouvoir trouver un médicament qui permette, sans danger, la consommation légère de marijuana ou d’alcool, sans compromettre le traitement.  Le nœud du problème semble que le type est tellement enfoncé dans sa peur, dans ses échecs qu’il ne sent même plus le besoin ou l’attrait de s’en sortir.   Au Québec 80% des maladies mentales et des suicides chez les jeunes sont dus à la vente de mauvaises drogues.  Et on met l’argent pour combattre la pornographie infantile Qui entretient ce commerce de la maladie mentale ?  Quel laboratoire fournit les drogues ?  Pourquoi n’y a-t-il jamais d’arrestations dans le domaine des drogues dures ?

Je me suis saigné à blanc pour aider ce jeune punk parce que, selon moi, malade ou pas, tu mérites toujours d’être traité en humain et dans toute ta dignité humaine.  Un humain, ça demeure un humain.  Il mérite d’être aimé et aidé.    

C’est anormal qu’une société si chrétienne soit aussi peu réceptive à la misère humaine.  On a plus d’attention pour les animaux que pour nos itinérants.  On les protège mieux que les humains en détresse.  La misère humaine, la peur de l’insuccès, la peur des autres, c’est cumulatif.  Ça ne se guérit pas par l’intolérance ou dans une opération de marketing pour montrer que l’on s’occupe de nos pauvres.  Les discriminations d’âge sont les pires handicaps à la réhabilitation.

Il faut prendre le temps et les énergies nécessaires pour qu’un assisté social commence à travailler, à payer des impôts ; c’est socialement plus rentable que de les écraser.  Comment un fonctionnaire qui a plus de 30,000 $ de salaires peut-il comprendre l’angoisse de la personne qui n’a même pas 10,000$ pour vivre par année.        

Chez certains fonctionnaires, l’indécence morale est souvent doublée d’imbécillité parce qu’ils ne respectent pas (ce ne sont pas tous, heureusement) les individus qu’ils sont supposés aider en combattant la pauvreté.  Ils font une « job » qui demeure encore de véritables vocations : enseignants, infirmières, travailleurs sociaux, médecins, psychiatres, etc.  Non seulement tu dois faire ton travail, mais tu dois aimer assez ceux avec qui tu travailles pour les sauver, souvent bien malgré eux.     

Certains de nos fonctionnaires jugent les pauvres et leurs besoins avec dédain, comme s’ils étaient les protecteurs sans conscience et sans pitié de l’état pour lequel ils travaillent.  Une personne enfoncée dans la misère jusqu’à devoir faire appel au bien-être social (encore faut-il qu’elle ait une adresse pour recevoir son chèque) ou l’itinérant n’en sortira pas du jour au lendemain.  Il faut compter sur des années pour leur redonner confiance en eux.  Ils doivent se redécouvrir pour recommencer à exister et non seulement survivre physiquement.  Leur état de dépression les conduit directement à la consommation … une autre maladie qui mène, même parfois, au suicide.  

Le « c’est à lui de se prendre en main » est à la fois vrai, mais inacceptable.  Le rôle d’un service social est de sauver des individus de la misère.  Les miséreux doivent réussir, même des peccadilles, pour reprendre confiance en eux.  Un programme de réhabilitation ne coûte certainement pas plus cher que la vie en prison.  Chaque cas est personnel.  Il ne peut pas y avoir qu’une façon d’aborder le problème.  Il faut le personnel nécessaire pour encadrer, soutenir, diriger la personne en difficulté.           

On dirait que bien-être est là pour t’empêcher de t’en sortir plutôt que de t’aider.  Pour aider ces gens, il faut avoir non seulement une bonne compréhension du court terme, du problème présent, mais aussi une bonne vue à moyen et long terme.  Il faut un personnel qui puisse accompagner la personne dans le besoin, pas seulement donner un chèque.  

Le BS est radin et il exige de lui remettre ce que tu as reçu dans les moments où tu ne pouvais pas t’en sortir seul.  Il l’exige tout, tout de suite, comme si tu te sortirais de la misère du jour au lendemain.  On pourrait au moins avoir la décence de ne pas te l’enlever sur ton chèque mensuel.  Comme si le BS était un prêt.  Il y a peut-être des fraudeurs, mais il y a aussi des fonctionnaires qui écœurent le peuple par leur insensibilité.    

J’ai eu deux cas de trop-payé.  Dans le premier cas, je faisais de la vente pour aider les aveugles.  J’avais une avance journalière et une paye hebdomadaire.  J’étais devenu pauvre et je suis très mauvais vendeur.  Je mangeais des bananes pour souper pour ne pas trop dépenser et pouvoir amener quelques sous à mon punk en prison parce que j’avais peur qu’il se suicide, s’il souffrait trop. 

Je me serais trompé d’environ 700$ dans mes déclarations (c’est impossible car elles étaient mensuelles) pour une année.  Je sais que c’est faux, car quand tu vis à la cenne près, tu ne peux pas te tromper pour ce montant. 

Leur trop- payé quand tu fais déjà tout pour t’en sortir, c’est une forme de vol légal.  Les juges des tribunaux administratifs sont des fonctionnaires payés par le gouvernement pour protéger les intérêts du gouvernement et non, pour la justice. 

Quand t’es dans le trou, l’important c’est de retrouver ton autonomie, retourner travailler, cesser d’être au crochet des autres.  Nos dirigeants pensent que le Bien-être social est une charité remboursable.  Comme à la DPJ, ils se prennent pour d’autres et se croient capables de décider de ta vie, de l’avenir des autres.           

Pourtant, ce sont parfois des bornés qui n’arrivent pas à sortir des schémas conventionnels.  Ils n’ont ni cœur, ni intelligence.  Ils ne fonctionnent qu’aux papiers et ils sont si stupides qu’à chaque fois que tu retournes au BS, ils exigent les mêmes papiers, comme s’il fallait chaque fois recommencer … Ils doivent avoir des ordinateurs sans mémoire.  Pourtant, pour ravoir les papiers exigés, tu dois encore payer.           

Le bien-être social s’est servi d’un de ces juges pour me condamner à leur verser ce qu’ils ont appelé le trop-payés.   

S’arranger pour que tu crèves de faim, c’est un des meilleurs moyens pour forcer à te taire.  

Pour m’en sortir, j’ai dû avoir recours au bien-être social.  Puis, je suis retourné à l’université afin de me réorienter. J’étudiais en scénarisation, grâce à un prêt. Donc, j’avais déjà abandonné le bien-être.  Le BS avait été une petite passe, le temps d’essayer de me réorganiser. 

On n’a pas accepté que ma demi-pension de professeur m’arrive vers la fin de cette étape scolaire.  L’université me permettait de changer de profession, car il était de plus en plus évident que l’on ne me laisserait jamais enseigner à nouveau.  J’avais trouvé ça tellement impossible que ça arrive que j’ai demandé ma pension beaucoup plus tard après la première condamnation. 

J’espérais que je serais lavé de toute accusation avec l’appel, mais ce qui ne fut pas le cas. Les appels ne touchent que l’aspect du déroulement du procès et non à vérifier si les témoignages disent la vérité.  On a jugé qu’il n’y avait pas de vice de forme. Donc, j’ai perdu.     

Je n’ai jamais entendu parler que d’autres aient à rembourser une aide temporaire.  Je n’étais pas capable d’une façon ou d’une autre.   La cour administrative est à la fois juge et partie. Ce sont des nominations politiques Son verdict est à mon sens un vol légal.  Si on ne voulait pas que je sois obligé de faire appel au BS, on avait qu’à ne pas m’empêcher d’enseigner.  Pendant qu’on étrangle les plus pauvres, les hauts fonctionnaires se remplissent les poches et font la belle vie avec l’argent des impôts. 

Je voulais travailler, je serais retourné enseigner, mais j’étais un danger pour les institutions politiques.  Même si j’enseignais dans le secteur français d’une école secondaire anglophone, j’avais plus de parents devenus indépendantistes que dans le secteur francophone lui-même. J’étais trop un danger pour pouvoir enseigner aux adultes.   

Évidemment, le syndicat a refusé de me défendre et m’a aussitôt averti que je pourrais tout perdre étant donné la nature des accusations.  Un attouchement sexuel sur un garçon à qui il manque une semaine pour avoir le droit de consentement et qui ne va même pas à la même école où j’enseignais. C’est punissable de la prison à vie. C’est ce qui arrive pour tout ce qui est sexuel, même si on te relâche après quelques mois, tu ne peux plus travailler nul part, tu es sur la liste des indésirés.        

Un tueur une fois libéré n’a pas de dossier qui l’empêche de vivre après qu’il a fait son temps, c’est sûrement moins pire qu’un attouchement sexuel.  Bande de malades ! 

J’avais toujours cru dans le syndicalisme.  Personnellement, je rendrais la syndicalisation obligatoire dans les secteurs où on emploi des femmes et des immigrants, car, c’est là que les patrons sont abusifs, de vrais cochons.   

J’ai connu un individu complètement paralysé (sauf la tête) à cause de son travail.  Il avait développé une espèce de cancer.   La CSST refusait de le reconnaître invalide.  Il pouvait, disait-on, encore quêter à partir d’une chaise roulante.  Si ce n’est pas écœurant, je me demande ce que c’est.  On dirait que nos institutions de charité sont devenues une industrie.  Souvent, elles ne payent pas pour ceux qui ont vraiment besoin d’aide. 

Spirale intraprojective 7

septembre 12, 2020

Spirale intraprojective 7

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

* * *    
  
La reconnaissance de la normalité de l’homosexualité a signifié une baisse des discriminations et même du racisme.  Elle a entraîné une baisse de la criminalité.  La reconnaissance des droits de l’homme et de la vie privée permettront de rétablir le lien de confiance entre les individus et leurs institutions, en rétablissant le respect des gens entre eux malgré leurs différences. 

Si ce n’est pas ainsi, les dangers intérieurs à cause la droite, de la mafia mondiale, de la voracité des riches seront encore plus grands que ceux que l’on peut inventer au nom des musulmans. 

Pourquoi la combinaison de la violence à la télévision et au cinéma avec les drogues dures n’engendrerait-elle pas la violence ?  Ces drogues ont été créées pour donner de la vigueur aux soldats en mission au Vietnam.  Le sida est une erreur de laboratoire, des expériences scientifiques faites en Afrique, qui ont mal tournées. 

En quoi un pénis vu à la télévision est-il plus dangereux qu’un revoler, son symbole ?  Pourquoi fait-on la chasse à la liberté sexuelle, tout, en glorifiant la violence, sous prétexte du devoir de ne pas oublier ? On est foncièrement mélangé, c’est le moins qu’on puisse dire.           

* * * * *           
 
Chez un croyant, la liberté sexuelle devrait permettre de reconnaître que l’Autre est «différent», qu’il peut être l’Amour, et par conséquent, la découverte de Dieu.             

Malheureusement, c’est le contraire que nous constatons.  L’orientation sexuelle est encore un moyen de plus pour écraser l’autre, le mépriser.          

Un monde d’amour n’est pas un monde de guerre.  Il était normal, il y a 4,000 ans, en pleine ignorance de ce qu’est l’être humain, que les prêtres, qui jouaient aussi le rôle de police, interdisent l’homosexualité. On voulait assurer et protéger la descendance, avoir de bons bras et une bonne chair à canon parce que le nombre de soldats pouvait faire toute la différence dans une guerre.      

Aujourd’hui, avec la surpopulation, la différence d’orientation sexuelle joue un tout autre rôle : celui d’éviter la guerre parce que la terre-mère ne peut pas fournir tout ce que l’on consomme.  L’homosexualité, en dehors de l’amour, joue le même rôle que le condom, tout en permettant à deux personnes du même sexe de jouir des avantages de l’amour dans une relation.  Éliminer la solitude.  Malheureusement, on n’a pas encore appris à partager assez les richesses pour éviter de s’entretuer.  Aussi, fait-on la promotion des valeurs qui justifient la violence et la domination.           

L’homosexualité permet aussi de constater que la seule vraie différence entre un homme et une femme est strictement physique : les organes génitaux et les différences d’humeurs dues aux hormones.  Ainsi, on peut affirmer que l’homme et la femme sont physiquement différents, mais que cette différence, ne change rien au fait que tous les individus sont égaux.  Nous sommes tous un corps et un esprit qui ont une existence à réaliser.  La vocation peut être différente, mais elle vise le même but : la réussite de sa vie.           

Le droit à l’égalité formulé par la Charte des droits entre homme et femme doit aussi s\’appliquer aux jeunes sans restriction.  Toute discrimination fut-elle la plus positive possible demeure une discrimination.        

L’individu, la personne doit devenir le centre de la vie, la raison d’être d’exister. Aristote définissait ce but par le bonheur.  Mourir content de la vie que l’on a vécue.

Il est dommage qu »après des millénaires, l’homme soit la seule bête prête à tuer pour rien, par plaisir ou pour le pouvoir.  Les animaux, eux, au moins, savent qu’une énergie aussi fondamentale que la sexualité est à la base de la force de chaque individu, de sa personnalité, et qu’elle ne disparaîtra jamais. Si l’homme est si intelligent, il va apprendre à s’en servir de façon positive, comme un moyen de réaliser son bonheur, et, non, comme un péché, une saleté, une honte.

* * *    

La répression sexuelle est le canal fondamental de la violence irraisonnée. Elle est vicieuse, antinaturelle, la pierre angulaire des extrêmes droite et gauche, qui se rejoignent.       

« Nous semblons enfermés aujourd’hui dans un absolutisme sexuel où la définition du mâle est fixée et limitée par le capitalisme, doctrine qui insiste sur l’exploitation de tout ce qui ne lui est pas conforme. (p. 454)   La peur de l’acte homosexuel englobe donc la peur du paganisme. (p. 460).  Mais, le plaisir sexuel est l’expérience la plus intense de notre vie, c’est l’opposition ultime à la mort ; il emporte avec lui la possibilité de résurrection perpétuelle, l’immortalité du gêne égoïste qui jamais ne doit s’éteindre. (p.461)   Histoire de l’homosexualité, Colin Spencer, Le pré aux Clercs, 1998).  

La sexualité est la voie non seulement la plus rapide, mais la plus agréable, la plus privilégiée dans la découverte de Dieu chez un croyant parce qu’elle exige avant tout de découvrir la beauté et la grandeur de l’Homme (y voir nécessairement une femme à son égal… devrait-on être obligé de le souligner alors que cela va de soi ?)         

Comme tous les pédérastes, je suis écarté du monde ; car cette différence, ma pédérastie, fait de moi un éternel «rejet».      
  
*

À la suite de mon incarcération, je n’ai pas pu me réintégrer dans la société facilement.  T’es ruiné pour commencer. Tu ne peux pas travailler, car tu as un dossier. T’es perçu comme le pire des salauds. Tu ne peux même plus faire de bénévolat.

Tu peux tuer, tu peux voler des millions, faire ce que tu voudras, mais ne touche jamais au pénis d’un mineur, même s’il le veut.  Plus fou que ça tu meurs et c’est pourtant un fait.     

Je n’ai pas plaidé non coupable pour rien.  D’abord, je voulais que l’on établisse la vérité.  Aie-je respecté suffisamment les scrupules de Mathieu qui avait une éducation mormone ? Ce n’est pas à sa mère de le décider, mais à lui. 

Je l’avais averti avant de partir pour Montréal que je couchais nu et que si l’on devait par hasard se retrouver dans la même chambre, je ne changerais pas mes habitudes.  Il était d’accord.  Je lui ai demandé si mes farces à savoir de lui frotter la « bedaine  » l’indisposait. 

C’était une farce qu’on avait commencé à vivre ensemble pour faire rire sa petite sœur qui prétendait selon son échelle de la hiérarchie des grosseurs de bedaines que Mathieu était le plus « cute », ce que personne ne contestait.  Ça décrochait un sourire à Mathieu, car sa sœur prétendait que celui qui avait la plus petite bedaine était le plus beau.  Ce qui est fatalement vrai.  Évidemment, son père était aussi plus beau que moi. 

Mathieu affirma que ça le laissait totalement indifférent, que ça ne lui faisait absolument rien, mais à chaque fois que je le faisais il avait un sourire qui parlait par lui-même. Se faire frotter la bedaine, ce n’est pas si désagréable que ça, surtout quand tu te fais dire que tu es très beau.        

Avec les années, le respect du jeune et de sa liberté a pris dans ma vie de plus en plus d’importance.  Je n’ai peut-être pas toujours été assez sévère envers moi-même à cet égard, mais la liberté est un cheminement, une école.            

Le seul problème de conscience qui me valait tous les reproches : je détestais le côté égoïste et narcissique de la pédérastie.  Une préoccupation morale.  Par contre, qu’on le veuille ou non, il y a toujours un petit côté commerce-économie dans toutes les relations humaines.  C’est difficile à admettre, mais c’est une vérité à laquelle personne n’échappe.  Peut-être est-ce parce que les communications sont fondamentalement basées sur les échanges ? 

La beauté de l’Amour ou de l’Amitié dépend de son degré de gratuité.  Ce fut très vite une préoccupation personnelle.  Je suis loin d’être un saint.  Y aspirer est normal dans un pays catholique comme le Québec, mais tout écraser, sous prétexte de combattre le mal, est un mépris de la nature humaine faite de faiblesses et d’expériences bonnes ou mauvaises.         

Les adultes ne semblent pas comprendre que très souvent les jeunes sont heureux de participer à des petits jeux sexuels, mais qu’ils joueront très vite les martyrs si cela se sait.  Tous les adultes autour d’eux crient au meurtre, alors il est bien normal qu’ils se défendent en devenant victimes et accusateurs. La morale sexuelle se développe avant six ans par imitation de la réaction de son milieu.

La deuxième raison ne tient pas à l’orgueil, mais à ma philosophie de vie.  Je ne crois pas au mal dans la sexualité tant qu’il n’y a pas violence. On m’accusait d’être pédophile alors que je suis pédéraste (depuis que je l’ai écrit).  Il y a tout un univers entre les deux termes. 

Il y a d’abord l’âge.  Un pédophile aime indifféremment les garçons et les filles de moins de dix ans alors qu’un pédéraste est foncièrement gai, et aime les petits gars à la pré-puberté ou puberté.  Tous les pédérastes que j’ai connus respectent cette nuance.  Ce doit-être la même chose pour une femme gaie ?  Il y a sûrement des monstres sexuels dangereux, j’en conviens, mais quand je préconise la liberté sexuelle chez un adolescent, je demande strictement la même intégrité physique pour lui que pour un adulte.          

***

À mon avis, ils sont comme nous les seuls responsables de leur corps.  C’est aussi pourquoi, j’ai toujours été ouvert aux exigences des féministes ; même si historiquement, selon l’histoire de l’homosexualité, les femmes refusent la pédérastie parce qu’elles perdent le contrôle et la domination sur les enfants qu’elles perçoivent comme un prolongement d’elles-mêmes dans le temps et l’espace.  Elles oublient que les jeunes ont leur propre évolution. 

Au Québec, les adultes ont autant besoin que les enfants d’être rééduqués, car on ne peut pas percevoir la sexualité en dehors du regard des curés.  Si la sexualité est mauvaise, pourquoi a-t-elle été créée par Dieu ?     

La pédérastie ne comprend pas et élimine même souvent la pénétration.  Tu peux être pédéraste sans être sodomite.  Ce sont deux choses bien différentes.  Certains jeunes aiment se faire sodomiser, ils le recherchent même parce qu’ils éprouveraient une très grande jouissance à travers cette pratique, une jouissance de la prostate.  Je n’y connais rien, alors, disons que ça existe, voilà tout.  

La liberté sexuelle (sans violence) et le respect de l’individu sauveront un jour le monde.  Je le crois.  Une folie ?  Ce n’est sûrement pas pire que de vendre des armes et attiser des guerres.  C’est ma révolution.  Je suis un radical, mais je ne suis pas un extrémiste.  J’ai le droit de croire que la liberté sexuelle doit être un bien pour tous et non seulement pour les adultes.  La liberté sexuelle engendre la tolérance. 

Écrire en faveur de la pédérastie (du moins essayer de la comprendre) c’est nécessairement te condamner à être éternellement rejeté, haï par la majorité ; du moins, jusqu’à ce qu’on te comprenne.  Je n’ai rien d’un martyr ; mais je défends quelque chose dans laquelle je crois de toute mon âme et pour le bien du Québec.

Je ne peux pas affirmer et garantir d’avoir raison.  C’est une bien vacillante certitude, car la sexualité est quelque chose de strictement privé, individuel.  La sexualité est très souvent prétexte au chantage parce qu’on lui donne une importance qu’elle n’a pas. 

Ce qui est vrai pour moi peut être faux pour une autre personne.  Cependant, je suis certain qu’une relation sexuelle sans violence, dans le plaisir entre un jeune et un adulte ne peut pas causer de traumatismes, elle peut même être bénéfique, ne serait-ce que pour les faveurs que le jeune en retire. 

Aujourd’hui, ces relations doivent être vécues dans l’hypocrisie, ce qui les rend malsaines.  Une tonne de personnages importants ont vécu cette forme d’amour, car dans la Grèce antique, la pédérastie était perçue comme la force d’aimer la plus spectaculaire, et je le crois.  Un pédéraste en amour est souvent prêt à crever pour son jeune. 

 *  *

Tu ressors toujours un peu paranoïaque de prison.  Deux ans après, c’était encore le cas.  J’avais peur que l’on s’attaque à mes parents et amis, particulièrement, un jeune punk qui demeurait avec moi depuis Val-d’Or ainsi qu’à mon autre fils adoptif, le plus vieux. « Le système, m’a-t-on dit s’attaque à son entourage pour briser un individu».  Tu ne peux jamais savoir lequel croire.      

J’ai même commencé à penser que le suicide de mon plus jeune fils adoptif était un meurtre déguisé, l’aboutissement d’un chantage. J’avais peur qu’on se serve de mes finances, non seulement pour me faire taire, mais pour me faire chanter, en me faisant perdre le tout petit peu d’argent que j’ai pour survivre, soit ma petite retraire et mes rentes du Québec.  J’ai une imbécile au BS, qui n’arrêtait pas d’essayer de me prendre en défaut et me faire payer davantage. J’ai eu peur que les insinuations sur ma mort prochaine m’influencent dans mes écrits.  J’avais peur de commencer à haïr les humains. J’ai eu peur que l’on cherche à me rendre assez fou pour ne plus être crédible et suicidaire.  J’ai eu peur d’agir ou d’écrire sans déclencher une avalanche de réactions négatives.  Étais-je vraiment si paranoïaque ?  Le temps le dira, mais en attendant, cette peur m’empêchait d’être créatif.      

Mon pire ennemi demeure que pour gagner ma vie, je n’ai pas le temps d’écrire autant que je le voudrais.  Mais, ce n’est pas à moi de reconnaître si je suis un écrivain de talent ou on. Je me crois plutôt médiocre.     

Par conséquent, je suis encore en prison puisque celle-ci peut être de plusieurs ordres. 

La pire prison, c’est moi-même, à cause de la dégradation qu’entraîne automatiquement le fait d’avoir un dossier judiciaire, l’argent, et finalement le pire, l’impossibilité de se réaliser dans le monde, la recherche de la solitude absolue.  Cesser d’être un acquis pour ton pays.  Devenir un déchet.    

Le système judiciaire te condamne à un certain temps derrière les barreaux, mais il te maintient en réclusion durant des années par des moyens divers : probation, dossier, harcèlement, non emploi, etc.

Être coupable d’un crime sexuel même sans violence ou domination est une peine à subir toute ta vie alors que l’on prétend que notre système est basé sur la réhabilitation.  Tuer est moins pire que de sucer un petit sexe : une morale judéo-chrétienne bien débile…   

Même si mon procès a eu lieu en 1996, ce n’est qu’en 1999 que je suis allé en prison pour purger ma peine, après avoir perdu en appel aux mains de juges féminines.  En 2001, après avoir fait ma probation, le procureur de Val-d’Or, un idiot, demandait que je recommence ma probation en sortant de prison.  Mon responsable a refusé.  Si ce n’est pas du harcèlement de la part de la Couronne, qu’est-ce que c’est ?  Une mesure politique ?   D’autant plus qu’à l’automne 2002, le fédéral établira une liste des personnes condamnées pour crime sexuel.  De plus, il est toujours possible de remonter jusqu’à 30-40 ans en arrière pour pouvoir te t’accuser.  Une pipe ça traumatise en tabarnache !

Tu vies avec une possibilité d’inculpation presque de la naissance à la mort.  Et, on prétend que les pédérastes sont des paranoïaques.  Qui ne le serait pas?   On met beaucoup moins de zèle à condamner les vrais criminels, les violents… Il est évident quant à moi, que toute relation sexuelle avec violence, est un viol, donc, un crime.  On a beau me dire que je suis un cas particulier, un hostie de bon gars, je n’en demeure pas moins pour le système un ennemi à abattre.  Tant qu’on peut me discréditer sur le plan sexuel, je ne représente plus un danger politique.  L’habit fait le moine

*

Avant de choisir ce que serai pendant les 20 prochaines années, si Dieu me prête vie, j’ai décidé de reprendre tout ce que j’ai écrit jusqu’à date… question d’y mettre un point final, de recommencer une nouvelle vie.  Je serai allé au bout de ce que je crois.  Le public en fera bien ce qu’il voudra … C’est un CRI en faveur de ce que je crois être le gros bon sens. 

La répression sexuelle repose sur des tabous et des préjugés millénaires entretenus par les églises pour dominer les individus.  J’ai étudié les écrivains grecs tout comme Marguerite Yourcenar et j’en suis tombé amoureux.   
 
Ainsi, je pourrai recommencer dans une année ou deux, une carrière d’écrivain — si j’ai des éditeurs.  Grâce à mon âge et les temps libres que ma retraite devrait me procurer, je devrais pouvoir enfin produire ce qui me tente.  Créer une façon personnelle de voir le monde, un monde gai, éblouissant et aussi passionnant que la vie, que la beauté des Autres.  Cesser de me prendre pour un petit Jos Connaissant afin de revenir le jouisseur avide de découvrir qui je suis fondamentalement.

Je suis beaucoup plus mollasson que dans ma jeunesse, question de libido et la prison rend un peu plus névrosé, paranoïaque, mais elle nous permet d’atteindre une plus grande maturité, un sagesse qui pourra profiter aux jeunes, s’ils en veulent.     

À part le suicide de mon fils adoptif en 1994 (ou la mort des autres que j’ai aimés, mais particulièrement, lui), la pire calamité dans ma vie fut : quoique je fusse un bon professeur, qu’il y a des milliers de décrocheurs, des millions d’analphabètes, que j’aie enseigné sans problème depuis 15 ans, de ne pas pouvoir continuer d’enseigner parce qu’un jeune à qui je n’ai jamais enseigné disait que je lui avais touché le pénis.        

Mon dieu que c’est grave !  Il aurait pu en sécher !   Le jeune durant le procès affirma que je lui avais frôlé le pénis ou plus exactement  mis la main dessus sans bouger, même pas une petite masturbation ,et fini le droit d’enseigner, de gagner décemment  ta vie… La société est beaucoup plus malade que moi. Je n’ai jamais fait mal, blessé ou encore moins tué un enfant. Les enfants sont sacrés pour moi, même si je ne crois pas que la sexualité est un danger pour eux. 

Le pire fut cette misère de me retrouver socialement inutile, un rejet total, un démon qui ne fait que du mal.  Être classé renégat, un sale, un pas bon, une nuisance pour la société pour le reste de sa vie, car j’avais touché le pénis d’un gars à qui il manquait une semaine pour avoir le droit de me dire oui.     

Je ne crois pas être plus sale que le commandant en chef de l’armée qui ordonne de tuer pour protéger les acquis monétaires des dirigeants de son pays, mais lui, c’est un TUEUR-HÉROS, il obéit aux ordres. Il tue au nom de la liberté… liberté qu’il étouffe pourtant, la liberté anglo-saxonne qui se mesure à la valeur capitaliste des bénéfices financiers.  Par ailleurs, dans toutes les religions, il y a des pédophiles, des pédérastes, des gais et des hétéros.  Le nier, c’est mentir.  Pourquoi toujours juger les autres ? L’intolérance morale crée les situations violentes. À force de te faire écœurer tu finis par éclater.    

Notre société doit être très profondément malade pour que le «cul» soit plus important que l’instruction et l’éducation.  On oublie que la répression sexuelle est la source, par excellence, du fascisme.  Nos dirigeants seraient-ils tous des néo-fascistes ?          

Si j’étais un monstre qui pourrait blesser ou tuer un enfant (ou un ado) pour avoir une relation sexuelle, je suis bien d’accord qu’alors il serait important de me tenir à l’écart ; mais, la façon avec laquelle je vis ma pédérastie, exigeant un consentement mutuel et du plaisir, c’est complètement différent. Une telle obsession répressive ne se justifie pas.  Elle nuit même à la société.       
 
Ce n’est pas parce que je refuse la morale des féminounes, une morale d’hypocrites et de menteurs, que je dois passer pour un danger international.  Je ne suis pas un taliban et son amour des femmes.  Être scrupuleux au point d’empêcher les autres de recevoir des caresses, ce n’est pas de la pudeur, mais de la psychose. 

Avoir aussi peur du sexe, c’est de la paranoïa.  Prôner la délation, ce n’est pas de la charité ou de la force, mais encourager la jalousie, la médisance et parfois même la calomnie.  Agir ainsi, c’est créer une société de demain inhumaine, une société incapable d’aimer parce que la peur est leur motivation la plus profonde.  On croit qu’il est préférable de se détruire mutuellement à se caresser.  Voilà où nous conduit invariablement la répression sexuelle.          
 
Ce livre a été pensé en prison, bien avant le 11 septembre 2001, soit avant que l’on puisse saisir jusqu’où le profit des pétrolières peut nous attirer, surtout si de par le monde, il y a des religions qui enseignent la haine plutôt que la clémence d’un Gandhi.  Si tous les prophètes de la paix et de l’égalité humaine ont été tués, comme John Lennon, des Beatles, John Kennedy, président des États-Unis, Luther King, des droits civiques, par l’extrême droite américaine, comprenant tout aussi bien la mafia que les services secrets de la police, comment ne pas craindre pour ta vie quand tu te bats pour un idéal qui représente le mal pour ce même système.  Car pour eux la liberté sexuelle est le crime des crimes et, ils ont raison, les droits individuels combattent la violence, la guerre, et la pensée unique des religions.  C’est l’ennemi de ceux qui cherchent à tout dominer.    

Même si on me tuait ma mort ne ferait pas de vague, ça ne changerait rien.  On a même pu tuer le président des États-Unis à Dallas sans qu’on puisse même savoir qui l’a tué. Dans le système, autant islamique, capitaliste que communiste, on tue pour les profits.      

Malheureusement avec les communications, la vitesse me rattrape plus vite.  Si L’homo-vicièr était en avant de son temps en 1968, aujourd’hui, je suis déjà dépassé dès que j’écris.

Comme le dit le juge quand il prononça son verdict : j’ai été incarcéré surtout parce que je présentais davantage un danger pour les institutions du pays qu’un danger pour les petits gars.   

Je ne pense pas comme les autres.  Si on acceptait ma façon de voir la vie et la société, nos dirigeants seraient obligés de condamner la guerre et la violence.  Les profits des multinationales ne parviendraient plus à justifier la mort d’un humain. Je suis conséquemment un danger public, car d’autres pourraient commencer à penser comme moi. Il ne faut pas trop pleurer sur mon sort, j’existe exactement pour transmettre ce point de vue.  Pour toutes les religions, accepter la liberté sexuelle individuelle, c’est le fiasco financier, car, c’est éliminer la dictature émotive que les religions ont sur les individus. C’est perdre le contrôle sur les individus car tous ont une sexualité. Et, la culpabilité fait que tu es prêt à tous les cadeaux pour être pardonné.     

Pour tous les systèmes économiques prôner la non-violence, c’est enseigner leur éclatement.  Voilà pourquoi je suis vraiment dangereux.  Le système est basé sur la nécessité de faire des guerres, sur les profits des reconstructions.  Sans guerre, il n’y a pas assez de dépenses inutiles pour l’alimenter.            

En allant en prison, je ne suis pas un martyr puisque je suis authentiquement pédéraste qui refuse d’y voir quelque chose de condamnable ou de mal.   Puisque la société pense autrement, c’est normal que l’on me punisse pour être un individu qui ne se sent pas coupable. Dans bien des pays, je serais fusillé juste pour dire que je suis pédéraste.  Il n’y aurait même pas de procès.  C’est la différence entre un pays civilisé et un qui ne l’est pas.  Avec l’âge de consentement à 14 ans (Le fédéral est assez stupide pour l’avoir élevé à 16 ans) je peux tomber en amour avec un jeune de cet âge en toute légalité.  En fait, ça rejoint mon point de vue. Je crois que le jeune a un droit absolu sur sa sexualité dès la préadolescence et si on espère tel ou tel comportement on a qu’à lui enseigner avant qu’il franchisse cette étape.   

Pour la majorité des hommes, je suis un sale parce que, malgré cette orientation sexuelle qui devrait me discréditer, j’ose m’affirmer pédéraste et revendiquer mon droit à aimer qui je veux, si l’autre personne est consentante.       

Pire, j’ose écrire en faveur de la paix et de la démocratie.  J’ai l’audace de prétendre qu’étant une force individuelle, la vie privée et la liberté sexuelle sont des pré-requis essentiels, indispensables à la démocratie, car la pédérastie exige le respect des autres.  La liberté ne s’acquiert pas sans expériences.  On ne veut rien savoir de ce que je pense et on prétend ainsi que ma pédérastie met les institutions qui nous exploitent en danger, car j’exige qu’on prouve que cette forme d’amour est mauvaise pour le jeune, j’exige le respect des individus.     

À la suite de ma deuxième visite à Bordeaux Beach, après l’effondrement de ma demande en appel (on se protège entre juges), je n’ai rien à dire contre la prison.

Même si des rumeurs voulaient que les accusés de crimes sexuels soient victimes des Comités de prisonniers, battus ou forcer à se suicider, je n’en ai pas eu la preuve.  On m’a raconté bien des choses, mais je ne pouvais pas le vérifier puisque j’étais dans une aile de protection.  En prison, les rumeurs courent plus vite que l’éclair.  Comment savoir s’il est vrai que le tonnerre est tombé.  

On disait que les prisonniers, membres des comités, faisaient justice eux-mêmes pour remplacer une police qui n’a pas le droit de le faire.  L’omerta sur les prisons aurait été maintenue par les gardes qui acceptent cette sanction, mais qui ne peuvent pas la faire subir.  La raclée par ses paires pour les pédérastes incarcérés est une nouvelle sentence, née de la haine maladive de tout ce qui touche le sexe et la femme, dans une certaine droite et les milieux interlopes. (À remarquer, qu’un proxénète peut battre son employée).          
 

On oublie ou on ne sait pas que l’amour pédéraste existe depuis toujours et qu’il a même été reconnu comme le plus grand amour, avant que les religions et la médecine bourgeoise en fasse un crime.  Avant que la société doive dominer les individus pour contrôler la nouvelle vie citadine.      

On dit que le prisonnier peut être battu par les autres sans que ceux-ci soient réprimandés à la condition que le prisonnier battu puisse se tenir debout, d’où deux prisonniers tiendraient par sa ceinture le gars battu afin qu’il ne tombe pas.  Pour que la violence soit possible en prison, dans des lieux comme où j’étais détenu, petit et constamment surveillé, il faut la complicité des prisonniers et des gardiens pour être possible.  Cela peut aussi se produire si l’agent affecté au classement envoie un prisonnier qui devrait être sous protection dans des salles publiques, soit directement entre les mains de ses bourreaux.   

Le reste, les rumeurs s’en chargent ou les journaux spécialisés dans les procès, car ils servent à transmettre à travers la couverture des procès, les renseignements dont les prisonniers ont besoin pour rejuger ceux qu’ils croient ne pas être assez punis.  Évidemment, ça ne s’applique qu’aux crimes à caractère sexuel.  Il n’y a qu’un prisonnier qui m’a confirmé avoir été battu dans une autre prison parce qu’on le croyait pédéraste. «Ils m’ont pris pour toi.», m’avait-il confié.       

Quoiqu’il en soit, si c’est vrai, c’est inacceptable.  L’individu emprisonné est sous la responsabilité de l’état et non de la mafia ou des féminounes.  Dans toutes les prisons, il ne doit y avoir qu’une règle d’or : tolérance zéro absolue pour la violence, la torture et le taxage.      

Les prisons doivent aussi être dotées d’un bon personnel et service médical, car elles sont responsables de ceux qui les habitent.  Et, les «dérangés» y goûtent plus que personne.       
En deux ans, il y a eu des améliorations surprenantes.  Les gardiens ont même appris à être polis avec les prisonniers.  Une raison de moins pour inciter à la violence.

À cause d’un incident, hors de ma portée, un prisonnier a commencé à dire que j’étais un terroriste.  Je ne fus plus vu comme un prisonnier pour des motifs sexuels, mais un prisonnier politique. Ce que j’étais à toute fin pratique.  D’ailleurs, j’ai curieusement été emprisonné pendant que Stéphane Dion défendait sa sale loi de la clarté pour empêcher le Québec de devenir indépendant.

Spirale intraprojective 6

septembre 11, 2020

Spirale intraprojective 6 (pp. 33 à 44)

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

* *       
Si j’avais vécu dans une société libre et évoluée, je suis certain que mon procès ne se serait jamais produit.  J’enseignerais encore puisque malgré toutes les enquêtes faites sur ma carrière (15 ans) et auprès des jeunes à l’école, on n’a pas trouvé l’ombre d’un reproche à me faire.  Comme Gabriel Charpentier m’avait déjà dit : Neveron the job !          

Je n’ai pas à répondre aux rumeurs publiques.   L’imagerie populaire est menteuse, cruelle, sans scrupule et sans limite. Même s’il y a une pénurie de professeurs, je ne peux pas enseigner depuis plus de 10 ans.  On croit plus les cancans que la réalité. Par exemple, un an, après avoir cessé de boire, je me suis rendu dans un club y retrouver des amis.  Le changement de luminosité m’affectait tellement que je trébuchais partout.  Le lundi suivant, un de mes élèves prétendait que ses parents m’avaient vu en état d’ébriété et que je mentais à tous, en prétendant ne plus boire. Pourtant, j’ai été sans boire une goutte durant des années juste pour donner l’exemple à mes élèves parce que j’enseignais la morale.  Et, voilà pour la valeur des rumeurs.  

Qui fut responsable ou qui a commandité ce coup monté n’a pas d’intérêt.  J’en suis sorti péniblement, mais c’est du passé. Cela m’a permis de réfléchir encore plus sur la pédérastie.           
     
Le système m’empêche de travailler dans mon métier et l’on essaie de m’égorger financièrement, grâce à mon dossier.  Je suis condamné au maximum, car même si je suis plein d’énergies, le système m’exclus complètement parce que j’assume totalement ma pédérastie.  On ne veut même pas que je fasse du bénévolat, même auprès des adultes. On préfère les tueurs aux amants ou aux boys lovers. Ces tueurs sont des psychopathes ou des sociopathes, pas des pédérastes. Un pédéraste est en amour avec son petit gars.     

Quant à moi, je suis condamné à perpétuité puisque bientôt on établira une liste de personnes condamnées pour crime sexuel et cela doit aussi apparaître dans le passeport.  Donc, plus de voyage en dehors du Canada.  Cela veut dire que je serai à jamais privé du droit à la « vie» qu’ont tous les autres humains, simplement , parce qu’un jour, un juge a décidé qu’un jeune disait la vérité plutôt que moi, qu’il a cru que j’étais coupable d’avoir touché son pénis, une fois à cinq fois, alors que j’aurais été seul avec lui.  De ce fait, je suis devenu un dangereux personnage parce que j’aime les garçons et que je suis prêt à donner ma vie pour le bonheur de ceux que j’aime.  Malheureusement pour moi, je ne crois plus dans le péché de la chair … C’est contre ma conscience.

***

Que l’on protège les enfants, j’en suis.  Par contre, ce n’est pas à la société de protéger la sexualité en imposant une morale et la répression.  Comme disait Léo Ferré : « Le problème avec la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.»

Par contre, le ministre de l’Éducation du Québec (16-12-2001) a raison de demander une vérification des antécédents judiciaires de toutes les personnes appelées à travailler avec des jeunes de la maternelle et de l’école primaire.  Les plus jeunes doivent être protégés tant qu’ils n’auront pas atteint le développement affectif leur permettant de choisir eux-mêmes ce qu’ils aiment ou n’aiment pas. 

La sexualité doit être enseignée positivement en faisant ressortir toute sa beauté.  Ce que l’on appelait des péchés étaient des peurs à contrôler parce que c’étaient des façons d’interpréter ce que l’on ne connaissait pas ; mais aujourd’hui, on doit pouvoir parler plutôt de plaisir et de responsabilité sexuelle que de péchés.       

 Au secondaire, après avoir reçu une bonne éducation sexuelle dans les dernières années du primaire, qui ne soit pas une mise en accusation de la sexualité, mais une bonne connaissance du développement de son corps et de son développement psychologique, pour mieux se comprendre, le jeune devrait être le seul à décider de ce qui se vit à l’intérieur de ses bobettes.  C’est à lui de décider, en autant qu’il n’y ait pas de violence, de domination, d’intimidation, ce qui lui plaît ou non.       

La répression sexuelle au secondaire n’est plus une protection pour les jeunes, mais une supercherie, une façon malicieuse de diriger leur sexualité, une forme de surprotection, un encadrement injustifié.  On apprend à une personne qui a soif à contrôler ses désirs en l’écartant dans un désert.  Plutôt que d’aborder la sexualité sous la forme de la répression (qui est injustifiable), on doit leur apprendre à vivre une sexualité responsable vis-à-vis eux-mêmes et les autres.          

Qu’on le veuille ou non, le jeune de plus de dix ans environ est beaucoup plus influencé par ses pairs que par ses parents.  Malheureusement, pour aider un jeune, il faudrait souvent rééduquer les parents ou avoir prise sur ses amis.         

Toutes les pressions sociales, de la peur à la honte, sont tournées chez le garçon, contre l’homosexualité.  Pour être normal, un jeune doit être hétérosexuel.  Nous avons ainsi créé une société d’hypocrites. 

Être gai, c’est aussi tout à fait naturel puisque l’on naît selon un bagage génétique dans lequel on a rien à dire.  Qu’on aime ça ou pas, selon la nature humaine, hommes et femmes sont potentiellement, inévitablement, viscéralement, bisexuels.  Tout tient par la suite au développement et au dosage des hormones, des gênes.  Pourquoi n’y aurait-il pas à l’occasion des petits mélanges aberrants, mais naturels ?  L’individu est-il responsable de ce qu’il reçoit en héritage ?  Du milieu où il naît.  ?   Dieu est-il un imbécile parce qu’il s’est trompé de mélange ?  C’est pourtant ce dont les religions essaient de nous faire croire.  Elles sont des mines d’illogismes et de discriminations.          

Le passage à l’acte génital est souvent le fruit d’une recherche de l’expression de sa personnalité, une réaction ou une affirmation de ses propres goûts.  Il peut exister une très profonde amitié entre deux êtres, sans relations génitales, mais non sans relations sexuelles.  D’ailleurs, une caresse, une preuve passagère, une marque d’affection n’affecte pas ton orientation sexuelle.  L’amitié est une très riche relation humaine possible, plus souvent qu’autrement, entre deux gens de même sexe.        

Le problème avec les morales religieuses est qu’ en plus d’être sans nuances, elles interdisent plutôt que nous apprendre à nous contrôler.  C’est la même chose au niveau sexuel, on doit avoir l’intelligence de faire la nuance entre un attouchement sexuel, un geste de tendresse et un viol.  C’est à l’individu de décider quand un geste ne le respecte pas et non aux règles millénaires qui ont établi le péché de la chair, selon lequel, dès que tu rêves de plaisir, tu es déjà en faute.  Comme si le plaisir devrait être absolument interdit.  

Notre civilisation a une approche féminoune et paranoïaque de la sexualité.  Une approche basée sur l’ignorance et le mépris de tout ce qui est mâle.  On voudrait d’une société castrée… Une société de féministes.   

Souvent, toucher le pénis de quelqu’un ne veut pas dire que tu ne le respectes pas, mais que tu es curieux à son endroit.  Ce plaisir doit cependant être partagé pour conserver son sens « d’hommage» à la virilité.  C’est un jeu masculin. Stupide peut-être, mais ce n’est pas pire que les crises de jalousie ou du besoin de se maquiller durant des heures chez les femmes. Les féminounes réussissent là où tous les curés ont échoué : amener les hommes à croire qu’il est irrespectueux de se laisser voir nu, regarder ou palper les organes génitaux, comme si un toucher était l’équivalent d’une pénétration.  Pour être pur, il faut être asexué, car on a mélangé pureté et chasteté. La curiosité d’un enfant mâle l’amène souvent à mesurer, comparer, son zizi à celui d’un autre, et il n’y a rien là, sauf si les adultes en font un drame.  C’est une curiosité bien masculine.  Chercher à voir est aussi féminin.

Les féminounes ont réussi à propager leur paranoïa sexuelle, à universaliser leur peur et leur dégoût du pénis.  Freud dirait probablement qu’elles ont réussi à faire croire qu’être asexuel, être castré (sans pénis) pour un garçon, c’est normal alors que les études démontrent que la libido est bien présente même chez les enfants. 

Pour un garçon, le plaisir de bander, de se sentir électrisé dans le bas du ventre par des attouchements, même s’il n’éjacule pas encore, ça vient très vite… entre neuf et douze ans, selon les individus, souvent après une période de latence, c’est-à-dire une période où, la curiosité ayant été satisfaite dans l’enfance, le jeune ne s’intéresse plus à la sexualité.  Pas d’hormone, pas d’attrait … Sauf, que dans la publicité, on essaie de nous faire croire qu’un jeune garçon est déjà attiré par une fille, ce qui n’est pas le cas de la majorité.  Jeune, un gars est porté à ne pas aimer les filles.  Question de jeux différents, probablement.   Les tentations, le plaisir naissent avec les modifications physiques de l’adolescence. Ce n’est pas ton orientation sexuelle qui fait que tu es normal ou pas.


Malheureusement, plusieurs hétérosexuels vivent leur sexualité tout autrement.  Ils confondent génital et sexuel.  Ils interdisent tout, car, leurs rapports sexuels ne peuvent pas se limiter qu’au plaisir de se caresser.  Ils passent à la pénétration et qui dit pénétration dit danger de procréation.  Est-ce strictement éducatif ?  De l’ignorance millénaire ?  L’arme par excellence pour dominer tous les individus ?  Il est intéressant de noter que les viols, la sodomie chez les garçons ne sont pas surtout le produit des homosexuels, mais très majoritairement l’œuvre d’hétérosexuels.  (Ça arrive aussi à des garçons, Michel Dorais, VLB éditeur, 1997).        

La répression sexuelle permet aux autorités l’espionnage individuel comme le faisait les confessions.  Elle oblige tous les individus à être conformes à ce que la société s’attend d’eux, car sinon, ils deviennent objets de tous les racontars, les esclaves de tous les maîtres-chanteurs, les répudiés de l’idéologie dominante. 

Croire et penser autrement que les autres est un crime.  Pourtant, ceux qui appliquent cette morale ne se gênent pas pour se servir de la violence, du chantage, de la répression pour maintenir tous les êtres humains sous leur joug de violence.  La violence devrait être le premier ennemi de l’homme, pas sa sexualité.

*         

J’ai écrit ce livre dans le but de comprendre entre autre toutes les règles contre la pédérastie alors qu’il fut un temps que c’était reconnu comme la forme d’amour la plus évoluée.  Pourquoi ce changement ?   D’autre part, je crois sincèrement, que nos décisions dans la vie ont un rapport direct avec notre degré d’autonomie, de conscience personnelle.  C’est la voie, la seule, à mon avis, « pouvoir s’exprimer ouvertement et librement pour l’amour du Québec», qui permettra au Québec de se libérer en prenant conscience de la différence des valeurs québécoises des valeurs canado-américaines. J’espère que le jour où le Québec naîtra, ce sera un peuple de haute tolérance.   

*

Qu’est-ce qu’une féminoune ?  C’est un terme inventé pour identifier les féministes rétrogrades qui sont obsédées par le sexe et la parité numérique entre gars et fille. Elle cherche l’égalité homme-femme, en voulant prendre le pouvoir.  

J’ai inventé ce mot car il faut faire une nuance totale avec les féministes québécoises des années 1970 qui ont fait évoluer énormément la société québécoise. Elles ont encore un rôle essentiel à jouer, si elles décrochent de leur peur de la sexualité.     

****

La fédération canadienne actuelle, modifiée ou non, sera toujours un carcan colonialiste anglo-américain, pour le Québec.  D’autre part, il faut bien se rendre compte que l’indépendance pure et nette, sans forme d’alliance avec le Canada, ne sera probablement jamais acceptée par les Québécois.  

Par contre, M. Bernard Landry (c’est maintenant Mme Pauline Marois) est devenu premier ministre.  Il a mis de l’avant la création d’une confédération à l’européenne comme statut politique pour le Québec.  Ainsi, le Québec est à l’intérieur du Canada et de l’Amérique.  Cette union des pays de l’Amérique comme l’Europe peut être la solution puisque chaque état garde son souveraineté et se base sur un nouveau partage des pouvoirs.  

Cette idée avait été lancée auparavant par nul autre que Robert Bourassa et correspond exactement à l’avenir politique que j’entrevoyais depuis ma jeunesse pour le Québec.  Quand j’écrivais dans la vingtaine, je préconisais la création d’une vraie confédération, ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau, s’il y a une différence, aux états associés ou à la souveraineté- association de René Lévesque.
 
La confédération — deux ou plusieurs pays associés– représente le compromis tant recherché entre l’indépendance pure et dure du RIN, de Pierre Bourgault, la souveraineté-association, de René Lévesque et le biculturalisme de Trudeau puisque dans une telle forme d’union, le Québec dans une confédération canado-américaine devient le seul maître d’œuvre de sa culture et de son immigration.   

Le Québec assume les pouvoirs dont il a besoin pour protéger son visage français et se développer économiquement. Il participe à l’avenir commercial, économique et défensif de son territoire à l’intérieur de l’Amérique.  C’est un état associé.  Daniel Johnson (père), Jean Lesage, Robert Bourassa, Paul Gérin-Lajoie, tous l’ont prôné. (sauf avec les États-Unis).  N’y aurait-il que les fédérastes qui la refusent qui ont raison ? Ne rejettent-ils pas la Confédération continentale parce que le pouvoir vient du peuple, des provinces, des pays, plutôt que de leur domination ?    

Les événements du 11 septembre 2001 prouvent la nécessité pour le Québec d’avoir une voix, aussi faible soit-elle, aux Nations Unies.        

Le Québec est résolument un pays pacifiste et démocratique alors que le Canada est philosophiquement assis entre deux chaises puisque l’Ouest canadien est plus militariste, dictateur, religieux, plus américain. 

* * * * *           

Les approches catholiques et protestantes sont deux entités d’une même racine de notre philosophie religieuse.  Elles engendrent une perception très différente du monde et de la vie.  L’histoire de la répression sexuelle le démontre fortement, car pour les protestants, les péchés de la chair sont extrêmement graves.  (L’histoire de la répression sexuelle, Jos Van Hussel, éditions du Jour/Laffont.)  La différence touche aussi le rapport à l’argent.  Pourtant, la sexualité est un moindre danger à côté de la violence et de toutes les formes de fanatismes qu’entraînent les religions et le système économique.       

* * * * *           

Au lieu de se pencher sur la misère de l’homme sur la planète, on préfère encore investir dans l’armement, la répression. En ajouter encore est de la folie pure.  Nous en sommes responsables puisque nous votons pour les politiciens qui le préconisent.          

Si la domination armée des États-Unis est inacceptable, car elle protège hypocritement les intérêts du commerce international hébro-anglo-américain à travers la planète ; la conception religieuses des dirigeants de l’Islam politique, leur embourbement dans leurs traditions et leur irrespect total de l’intelligence humaine et des textes de Mahomet, l’est aussi.   Même s’il est compréhensible, leur anti-américanisme est loin d’être louable.  Aucun des deux ne montre une tolérance qui donne espoir à l’évolution de l’homme vers la paix et le plaisir de vivre. 

Entre un Bush qui se prend pour St-Georges et un Ben Laden qui diffuse une religion criminelle. Je ne parle pas ici de la foi dans le Coran, une foi que je partage, mais dans le fanatisme de son application, Bush devient presque un saint.

Personne ne peut accepter la domination islamique des Talibans, car c’est une position de haine tout comme chez les hébreux, un fanatisme religieux.  Le problème de ces deux religions est qu’elles répandent leur haine mutuelle à travers le monde afin de le dominer.        

Je crois qu »Israël doit être un pays tout comme la Palestine, selon les frontières fixées sous un accord mondial, sous la supervision des Nations Unies.      

Jérusalem doit être une ville sous le contrôle strictement international des Nations-Unies afin que chaque religion respecte les autres.  Le fanatisme religieux quel qu’il soit devrait être considéré comme un crime s’il nourrit la violence et la guerre.    
 
La religion est un droit fondamental individuel.  La manifestation extérieure des religions n’est pas un droit individuel, mais un droit collectif.  Cette manifestation doit être absolument pacifique ou interdite. 

Un état, qui est le moindrement sage, acceptera que tous les religions puissent participer dans leur temple à leurs rituels.  Mais, si ces rituels vont à l’encontre de la non-violence ; ils doivent être interdits. 

Les Églises devraient avoir la Sagesse de ne pas exiger des manifestations religieuses publiques à leurs membres en dehors de ses offices religieux.   Prier Dieu ou Allah, c’est une chose ; détester les Juifs et les Américains, c’est une autre chose ; mais prôner la violence pour se venger, c’est la limite qu’il ne faut pas franchir. 

L’intolérance est une absence d’intelligence.  La tolérance est au contraire une preuve de sa capacité de communiquer avec les autres, de les respecter.  Les religions doivent se conformer aux règles de l’État.       

****

Peut-on accepter la guerre pour protéger les intérêts des pétrolières américaines en dehors des États-Unis ?  Les USA ne veulent pas seulement chasser Hussein du pouvoir parce qu’il est un dictateur, et qu’il peut, comme dans Nostradamus, se servir d’armes atomiques ; mais parce qu’il contrôle une partie du marché du pétrole.

Notre danger est que l’on a déménagé nos vieilles folies de l’histoire chez nous : le rejet de l’homosexualité, les querelles juifs-arabes ; le fascisme et le communisme ; l’infiltration juive et arabe pour dominer une partie du gouvernement américain, grâce à l’argent ou aux communications.      

Nos projets de vie sont modifiés et définis par cette pensée stupide : on est les seuls sur la terre à avoir raison.  Après des millénaires, l’homme est aussi fou et aussi esclave de ses peurs face à la sexualité que l’homme des cavernes.  On a développé la technique d’une façon extraordinaire, mais on n’a pas soigné le cerveau de l’homme contre sa rapacité, sa soif de pouvoir et d’argent.           

S’il est vrai qu’un tel geste (le World Trade Center) ne doit pas demeurer impuni, il faudrait aussi essayer de trouver les vraies racines du mal : la pauvreté et l’exploitation.  Que faisons-nous pour les extirper ?           

La présente guerre est celle des riches du monde du pétrole.  Les pauvres ne sont que les victimes alors que les participants de part et d’autre sont des assassins légaux ou non, car les civils sont impliqués.  Comme citoyens, nous approuvons la guerre en consommant plus de pétrole et en acceptant un budget qui inclut des dépenses militaires.      

Je crois que ces événements, tout comme la Brinks, les événements d’octobre 1970, sont dictés par les financiers et non les politiciens.  Ils sont organisés à partir du sommet occulte des finances pour manipuler les masses, comme le plan B des fédérastes en 1999 : Écraser le peuple québécois afin de justifier la répression à travers la peur d’une guerre civile dirigée, organisée par le fédéral, au nom des «séparatistes».       

Les anti-américains veulent que les États-Unis réalisent en souffrant chez eux, le mal qu’ils font à travers le monde alors que les Anglophones (juifs y compris) essaient de tout écraser en pensant qu’ils sont le Bien.  Toutes les communications cachent une guerre larvée des religions ou, du moins, des pouvoirs économiques qu’elles représentent. 

Les événements de New York ressemblent souvent à ce qui se passe au Québec. La conspiration des années 1970, le plan B de Stéphane Dion et cies, à Ottawa, sont une copie allégée des événements mondiaux qui se déroulent maintenant : un état d’être, de crise, qui justifie, sous prétexte de la protection, toutes les formes de répression.     

La partition conduisait inévitablement à la guerre civile.  J’ai donc écrit à Jean Chrétien et Stéphane Dion, une lettre affirmant qu’ils incitaient à la violence (ce qui est contre la loi).  Malheureusement, cette missive portait le titre de :  » Aux armes, citoyens !  » Et, il semble que ce soit tout ce qu’ils ont retenu.           

Revenu à Montréal, je me suis armé d’une pancarte et j’ai défilé devant les institutions anglophones afin de leur faire comprendre le danger et la folie de leur geste.  Si le Québec tousse, l’Amérique a le rhume…        

Ma pancarte portait un message non-équivoque :« Partition means civil war, is that what you want ?  Not us.» J’aime assez les jeunes pour me battre contre la guerre.  D’autant plus que mon fils et ses enfants vivent en Ontario. C’est une bonne raison pour être plus compréhensif. 

C’est dans ce contexte que j’ai dû reprendre le chenin de la prison puisque le verdict de la Cour d’appel était de ne rien changer au procès de première instance… Tu perds presque toujours en appel.  On refusait de tenir compte des seuls témoignages et on en resta au côté technique.  Le procès avaient suivi les règles.  La cour est là pour te rappeler qui est le boss.  Question aussi de solidarité entre les juges, j’imagine.  J’aimerais bien savoir qui étaient ces juges. On m’a dit qu’il n’y avait que des femmes-juges.                        

Le plan B de Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Roch (de la santé à l’industrie) et Anne McClennan (remplacée par Martin Cauchon) avait été défini par le rôle qu’ils jouaient dans le gouvernement fédéral afin de mettre le Québec à genoux, sans que les Québécois ne s’en rendent trop compte puisque le pire défaut des Québécois est leur naïveté et leur paresse intellectuelle.  Il suffit de leur dire qu’ils sont racistes pour leur faire accepter n’importe quoi.  Ils ont peur de ce que l’on pense d’eux.    

Cette loi de la clarté pourrait éventuellement permettre la chasse aux                         « indépendantistes» que les fédérastes appellent les « séparatisses»        

Les fédérastes ne respectent pas le Québec dans sa façon de voir le problème des jeunes contrevenants, du terrorisme, du crime organisé et de la langue.  Le Québec est plus près de l’Alliance canadienne (jadis les Conservateurs), dans ce dernier domaine, quand elle préconise que la langue est un pouvoir exclusif aux provinces.  Pourquoi Québec devrait-il obéir à des règles fédérales qui ne le respectent pas ?  Qu’attend-on pour simplement vivre comme nous voulons vivre ?

Serait-ce qu’Ottawa a beaucoup de bonnes raisons de protéger le crime organisé?  Pourquoi la GRC est- elle investit des enquêtes sur le terrorisme au Canada et particulièrement au Québec quand on sait qu’elle a volé des listes de membres du Parti Québécois, brûler une grande, poser des bombes au Québec pour justifier la chasse aux «séparatistes» ? 

Jean Charest a pour mission de mettre le feu au Québec en préconisant la défusion aux Anglais de la région de Montréal et en permettant de remettre sur pied le plan B du gouvernement fédéral.           

Selon ce que j’ai appris, le plan B devait être mené comme octobre 1970 par le gouvernement fédéral.  Les poseurs de bombe ou kidnappeurs devaient être d’anciens policiers et militaires canadiens, appelés les «Pathfinders». Ils devaient, par leurs gestes, créer l’agitation nécessaire pour justifier une nouvelle occupation militaire du Québec.  La renaissance du FLQ devait permettre au fédéral de justifier cette nouvelle occupation, sous prétexte de la sécurité nationale.

C’était pour éviter ce scénario que j’ai manifesté contre la partition. Je ne voulais pas la mort inutile de jeunes idéalistes.  On sait que pour s’en sortir notre société bien-pensante organise elle-même les crises.  Cette même société peut nous envoyer en prison pour avoir étendu les doigts sur le pénis d’un petit garçon alors qu’elle permet d’en tuer des milliers d’autres pour protéger ses intérêts économiques et politiques dans une autre partie du monde. Mais, le mauvais, c’est le premier bien entendu…          
 

Le fédéral voulait créer une situation qui rende la souveraineté du Québec à jamais impossible.  Je ne sais pas exactement quel rôle on voulait me faire jouer.  Fallait-il un nouveau chef felquiste, vraisemblable, plausible?   Cherchions-nous un individu pour infiltrer les souverainistes ? Des prisonniers m’ont prêté un livre intitulé CONSPIRATION. Ce livre raconte comment un journaliste de Radio-Canada a purgé plus de dix ans de prison parce qu’il refusait de travailler pour la CIA à Cuba.  Une réalité ? Tout l’indique. Les faits semblent vérifiables.            

Vous pouvez vous imaginer ce que je ressentais quand environ un an après ma sortie, Paul-Hervé m’a proposé de travailler dans une société de marketing alors qu’un journaliste du Journal de Montréal venait d’écrire que cette compagnie de Chicago était un nom emprunté de la CIA.  J’ai dû écraser mes peurs et marcher sur ma paranoïa.  Aujourd’hui, je crois que ce journaliste était tombé sur la tête ou un grand romancier… Il n’y avait que des sondages, du moins, chez Market Facts.

Pour avoir des pouvoirs répressifs, il faut des actes répressifs.  C’est pourquoi tous les actes violents posés au nom de la souveraineté sont des diversions employées par le fédéral pour nous faire oublier l’essentiel : son ultracentralisation.

Le projet de dé fusion municipale à Montréal est du même genre que la partition.  En ce sens, donner le pouvoir aux libéraux maintenant, c’est collectivement suicidaire.  

Quel que soit le prochain gouvernement, il doit être souverainiste pour négocier la future confédération.  Il ne faut pas croire que c’est grâce à notre force, qui va à l’encontre des puissances du pétrole et de l’automobile que l’on deviendra indépendant, mais parce que les États-Unis ont décidé de nous avaler pour se protéger.

L’attaque à New York permet de justifier toutes les formes de répression en Amérique et nous empêche de constater que les États-Unis de Bush veulent bouffer le continent.  Sous prétexte que l’on est tout petit, on croit que nous n’y pouvons rien.        

Par ailleurs, aux prochaines élections (si Charest n’est pas élu) la nouvelle carte montréalaise pourrait prouver que même dans le Grand-Montréal et le Québec par extension, il est possible pour les Anglophones de travailler avec les Francophones pour le bien général de la communauté.  Créer un espace dans lequel le bien-être de tous ses habitants est vraiment le centre des préoccupations, tout en ayant un Québec de plus en plus francophone.        

Si le radicalisme est toujours de mise dans des négociations, l’intolérance ne l’est pas.  La terre existe pour l’homme, pour chaque homme

Jean Charest est un opportuniste qui ne rêve qu’à son pouvoir, tout en étant le pantin des fédéralistes, spécialement de Stéphane Dion.  Tout ce qu’il sait dire : le PQ va bientôt déclencher des élections ou le PQ ne rêve qu’à son referendum.  À quoi Jean Charest rêve-t-il, sinon au pouvoir ?  Ces amis sont-ils si affamés ?  Si un referendum passait, Ottawa accepterait-il le verdict ?  La démocratie existe dans la bouche de nos fédéralistes seulement quand ça fait leur affaire.  

Les événements du 11 septembre 2001 (condamnables en soi) sont, je crois, commandités par la haute finance planétaire et rendus possibles, grâce à l’aide de la CIA.  Ils apportent à nos dictateurs locaux la raison de pouvoir se doter des outils dont ils ont besoin pour dominer davantage, en plus grande sécurité.  Ça permet de justifier une guerre.  Quand nos gouvernements parlent de sécurité, nos leaders pensent à leur sécurité, non à celle du peuple, bien entendu.       

L’attentat palestinien en Israël contre un ministre et l’attaque d’un contribuable au parlement en Suisse lui donnent raison d’avoir peur.  En ce sens, les Canadiens pourraient perdre beaucoup de leur liberté, car ici, heureusement, même le pire ennemi politique peut se promener sans danger.  Il serait dommage que la situation internationale modifie cette étonnante possibilité pour un chef d’état ou d’opposition de pouvoir rencontrer la population sans craindre pour sa vie.  Juste faire perdre cette possibilité d’accès à nos hommes politiques serait dommage.  Ce serait un signe que le fanatisme s’installe chez- nous et que la démocratie, que nous voulons tous, commence à être dangereusement malade.

Il est étonnant qu’à l’aube d’un nouveau millénaire, le Québec ne veuille pas réaffirmer son indéfectible pacifisme et sa foi dans la démocratie, les Nations Unies et la Charte des droits de la personne, comme minimum d’une civilisation acceptable en tant qu’humains.           

Nous avons vécu deux conscriptions, refusé deux guerres mondiales.  Les dirigeants de ce monde en organisent actuellement une troisième.  Serons-nous des pacifistes ?  Certainement.  Mais tout aussi certainement des victimes du développement de la technologie militaire.  Comment éliminer tous ces meurtres ?  En votant contre ces gouvernements ?  En faisant la guerre commerciale aux pétrolières et aux automobiles ?  En combattant le racisme afin de mieux comprendre l’enjeu de la survie de l’Humain ?  Chaque achat que nous faisons est un vote en soi .  

Spirale intraprojective 5

septembre 10, 2020

Spirale intraprojective  5 (pp. 23 à 31)

 Ou Voyage au bout de ma folie

L’indépendance et la mondialisation .Un peuple-un pays.

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J’ai commencé à écrire ce livre en prison (les 45 premières pages).  Je voulais y exprimer toute ma révolte et expliquer pourquoi à mon point de vue la liberté sexuelle est si importante dans l’imagerie et la compréhension de la vie pour nous, les Occidentaux. 

Ce fut mes premiers pas dans la théorie à l’effet que la liberté sexuelle individuelle est l’élément le plus important pour la libération des esprits et la capacité de repenser notre système.  La liberté sexuelle permettra une meilleure communication et une humanisation nouvelle.

Éliminer la violence, les drogues, remplacer notre lutte au plaisir par la lutte à la violence.  Je ne suis pas le premier à avoir perçu là quelque chose de fondamental si l’on veut changer le monde.  La liberté sexuelle, la non violence, c’est la révolution.  La même que celles des droits individuels et à la vie privée.

Cela explique aussi cette drôle de structure dans laquelle je passe du politique à la sexualité, ce qui lui confère cet air un peu névrosé, spirale, nouvel essai comme dans le nouveau roman. Tout est lié.

Cette perception de quelques-unes des années qui ont suivi mon aventure comme professeur à Val-d’Or et mon engagement pour l’indépendance du Québec peut être carrément paranoïaque, mais ça n’a aucune importance, ce fut un événement qui a marqué mon cheminement.  Je n’ai jamais pu enseigner par la suite et en tirant le diable par la queue, je n’ai jamais pu me réengager politiquement comme je l’aurais voulu.

Puisque l’on ne pouvait pas m’attaquer sur un plan politique, ni même me reprocher quoique ce soit comme professeur (nerver on the job), pour me la fermer le système a monté un procès après m’avoir tendu un piège, en fournissant le petit gars. Une innocente victime qui a eu bien du plaisir à jouer son rôle de victime.

Ce qui s’est sexuellement passé entre nous est tellement insignifiant que l’on a dû se servir d’un de mes livres sur la pédérastie, écrit en 1968, pour me condamner. On s’est servi de L’homo-vicièr pour prouver que je suis pédophile.  Une étiquette qui ne me colle pas à la peau car je me suis toujours présenté comme pédéraste. Ça se ressemble, mais ce sont deux mondes tout à fait différents.

À mon avis, mon incarcération faisait partie de la répression qui a suivi le référendum perdu en 1995.  Il fallait écraser à jamais les indépendantistes québécois qui venaient presque de réussir la création du pays du Québec. Je venais aussi de démissionner comme président de la Société nationale des Québécois.  On croyait que j’avais été mêlé au FLQ (un mouvement terroriste, le Front de Libération du Québec qui a existé dans les années 1970).  

Ma flamme nationaliste n’était pas éteinte au contraire.  Je poursuivais ma lutte contre le fédéralisme canadien.  Comme on me l’a bien expliqué en prison : pour le système, un prisonnier politique, c’est dangereux, ça crée des martyrs et des héros. Par contre, être reconnu coupable de pédophilie, ça fait de toi un monstre, un salaud, un perverti, pire que les faucons qui, eux, ne sont que des assassins légaux. C’est surtout vrai à certain moment, comme à cette époque, où tout le monde ne faisait que parler de l’affaire Dutroux.

Pour réaliser ce plan, la police de Val-d’Or a kidnappé deux enfants (une petite fille de six ans environ et un garçon qui allait bientôt pour avoir 14 ans, soit l’âge de consentement au Québec, à cette époque.  La police les a séquestrés une fin de semaine, étant placés sous le regard d’une famille d’accueil, avec l’interdit pour leur père d’entrer en communication avec eux.  Puisque la police n’avait pas communiqué avec la DPJE, c’était un geste illégal. 

Puis, on a choisi entre deux versions des faits reprochés par le jeune garçon.  Ces versions avaient été établies, après coup, à la suite de nombreuses heures d’interrogation par une représentante de la DPJE (une amie de la gouverneure générale actuelle, Mme Michaël Jean) et la police.  On a probablement choisi celle qui paraîtrait la plus crédible. 

Je ne sais pas pourquoi on a choisi la version présentée en cour, mais celle qui fut rejetée ne tenait pas compte que je venais quelques mois plus tôt d’être gravement blessé à l’épaule droite, ce qui m’empêchait à toute fin pratique d’utiliser mon bras droit.  Cet accident m’avait temporairement rendu impuissant.  La douleur l’emportait sur le besoin de jouir.

Le physiothérapeute pouvait en témoigner, mais mon avocat ne l’a jamais demandé à la barre. Le juge l’a même pratiquement supplié de lui fournir la moindre preuve s’il voulait me faire innocenter.  Il n’y eut que deux témoins : le père, Jean-Paul et le fils, Mathieu.

J’ai refusé de témoigner.  Si je respecte ce que je crois, je suis innocent, même si je l’ai touché, alors que dans notre système judiciaire je suis pire qu’un assassin.   Puisqu’on fabulait, j’ai plaidé non coupable.  Mon avocat a aussi refusé la liste d’une vingtaine de jeunes et amis qui voulaient venir témoigner en ma faveur.  Les élèves m’aimaient bien. Je pense que j’étais un bon prof.

D’ailleurs, j’avais été averti :  » si tu n’as pas 10,000$ pour te défendre, oublie ça, tu iras en prison. » Je n’avais pas cet argent.  Et, avec ce que j’avais déjà écrit et publié, j’étais condamné d’avance.

J’ai fait mes neuf mois de prison, j’ai payé.  Maintenant, je peux avouer sans problème que je l’ai touché, je l’ai mangé comme un vampire et il en a fait autant.  Si vous êtes assez crétin pour le croire, car il était irréversiblement hétérosexuel, comme son père, vous êtes de bons citoyens.  Je ne sais même pas encore s’il est circoncis.

 Le procès a-t-il été poussé par les libéraux, les féminounes ou les Mormons ? Le père du petit me dit qu’on assisterait à une lutte entre un gars de pouvoir politique québécois et l’argent de la religion, les Mormons. 

Une chose est certaine, le père était en lutte pour la garde des enfants avec son épouse qui venait de joindre les Mormons quelques années plus tôt.  Inutile de dire que nous avons des valeurs tout à fait différentes.  Son père m’avait prévenu avant mon départ pour Montréal avec son fils de bien faire attention, car on voulait absolument me piéger.  Pour le prouver, il m’avait montré une lettre de sa mère, indiquant sa préoccupation quant au voyage de son fils Mathieu avec moi. 

Quand j’ai demandé au père ce qu’il en pensait, sa réponse fut :  » J’ai connu des homosexuels qui jamais ne m’ont touché. »   Par conséquent, il me faisait confiance.  Je l’aidais parce qu’il était dépressif et qu’il avait beaucoup de difficultés avec Mathieu.  Le voyage était une promesse, une récompense, si Mathieu s’améliorait à l’école. 

Quant à Jean Paul, le père, Mathieu le rendait fou, car il ne voulait jamais lui obéir.  Puisque, selon lui, j’en avais récupéré de plus coriaces, il croyait que je pourrais avoir raison de la paresse de son fils. La maison était effectivement devenue incroyablement sale, car Mathieu refusait d’aider son père nouvellement divorcé.

 Le père est venu me trouver avec Mathieu pour que je l’aide.   » Garde-le, il ne veut rien comprendre. »  Depuis quelques mois, Mathieu venait me trouver avec son père s’il avait fait des progrès.  J’aillais alors avec lui jouer aux quilles ou au cinéma, lui donner une récompense à mes frais bien entendu.  Ça me faisait d’autant plus plaisir que Rouhed venait de se suicider et que Gabriel, un jeune qui venait souvent habiter avec moi, était retenu dans une institution judiciaire pour délinquants. J’étais devenu un bénévole avec sa mère pour que l’on puisse l’aider aussi.  Mathieu comblait un besoin. 

Selon mes règles, le seul endroit où l’on ne devait pas savoir que je suis pédéraste, c’était l’école.  Un mot sur le sujet et je ne peux plus jamais enseigner.  Je n’en parlais tout simplement pas.  « Never on the job !  »  Par contre, mon ami Jean Ferguson partageait mes goûts et était ami avec le père du petit Mathieu.  Tous deux connaissaient mon orientation sexuelle.
 
Ça n’a pas d’importance que j’aie fait de la prison pour des attouchements sexuels, car je sais que la société québécoise n’admet pas la pédérastie.  Si je m’y livre, je dois en assumer les conséquences. Cependant, je ne pouvais pas plaider coupable à un tel délire puisque c’était affreusement exagéré et que l’on ne tenait pas compte de la vérité.  On me jugeait en me prêtant des intentions, en interprétant des situations. Je sais qu’en vivant ma pédérastie, je suis contre les règles de notre société.  Je le fais consciemment, donc, il est normal qu’on veuille me le faire payer ; mais je suis moins dangereux que des présidents ou des premiers ministres qui font éliminer ceux qui ne pensent comme eux.  Je ne crois pas que la pédérastie soit mal, péché ou négative, s’il n’y a pas de violence ou de domination.

À Montréal.

Effectivement, en arrivant à la Ronde, à Montréal, Mathieu s’est dit malade.  On est entré chez moi. Il faisait un peu de fièvre.  J’ai voulu qu’il prenne un bain, il ne voulait pas.  Il était très tendu, je lui ai donc offert de le masser, ce que je venais d’apprendre dans des cours de massage.  Si ça peut faire plaisir au système, c’est vrai que je l’ai touché presque partout en faisant ce massage suédois complet.  C’est ainsi que ça se donne.  Lui aie-je effleuré le pénis ou la poche (scrotum), une fois ou deux ?  C’est possible, même probable, puisque ça arrivait quand je pratiquais dans mes cours.  L’aie-je touché aux fesses.  Définitivement, ça fait partie du massage. 

Mon remède a dû être très efficace, car on est reparti pour la Ronde presque immédiatement après.  Que je l’aie touché, possible, mais comme il a dit en cours : je ne l’ai même pas masturbé. J’ai mis la main sur son pénis, sans même bouger un doigt. Quel crime !  On voulait me donner trois ans, mais on s’est contenté de neuf mois.  À la fin du procès, des 32 fois où je l’aurais touché, il en restait une ou deux possible, selon son propre témoignage.  Il dit que ça n’arrivait que lorsque nous étions seuls.  C’était sa parole contre la mienne. 
Il est vrai que je n’ai pas la même conscience de la sexualité que les normes de cette civilisation qui privilégie le meurtre à l’orgasme comme nous le disait Charles Fourrier, dans Vers la liberté en amour.  Je privilégie l’orgasme au meurtre, à la torture.  Question de point de vue.
Ce que j’ai vécu avec Mathieu ne regarde que lui et moi puisqu’il n’y a jamais eu de violence.  Malheureusement, il n’eut 14 ans, âge du consentement, qu’une semaine après ce voyage.  Puisqu’ainsi il était mineur, la police pouvait procéder quoiqu’il en pense.  Mathieu est venu me voir, une semaine avant ma sentence pour s’assurer qu’il pourrait quand même pouvoir venir en voyage avec moi.  Nous étions en vacances à mes frais.  Une chose est certaine, ça ne s’est pas passé comme il l’a raconté lors du procès.  Je l’aimais. Je l’affectionnais.  Je lui caressais le ventre pour le faire rire, le soigner quand il était trop stressé.  Je lui ai donné un massage.  Rien de tout ça n’est condamnable. Sauf, si on vit dans une société bornée.  Et, sur le plan de l’homosexualité, le Québec catholique l’a toujours profondément été.
Je lui pardonne.  Il a été victime de l’imbécillité humaine.  Il fut manipulé par les féminounes qui prétendaient le protéger et qui manifestaient à l’extérieur, lors du procès.  D’ailleurs, son père était parfois battu par les petites amies de sa mère.  C’est du moins ce qu’il me racontait.
Mathieu n’a jamais manifesté de réticence à mes farces, sauf, serrer sa ceinture à s’en rompre la colonne vertébrale, pour s’assurer que je ne pourrai jamais descendre les doigts plus bas. Dans l’enquête préliminaire, il a affirmé vouloir venir avec moi, même s’il connaissait mes goûts.  Je lui avais dit avant de partir que je couchais nu et que je ne ferais pas d’exception durant ce voyage.  On m’accusa de m’être montré nu devant ce pauvre enfant qui a dû sûrement sentir son âme le quitter. Il a aussi ajouté avoir mollement essayé de me retenir le bras pour me le retirer de son pantalon, soulignant ainsi sa désapprobation.  Je me rappelle que son sourire était très joyeux quand je lui flattais le ventre.  Peut-on être condamné pour le désir d’avoir été en voie d’accomplir un geste ? 
Caresser un ventre ou une tape sur les fesses pour le féliciter aux quilles n’ont rien d’illégal.  Il faut vraiment être malade pour y voir du mal, comme le prétendait le Procureur de la Couronne.  On sait que ceux-ci sont payés pour salir les accusés … comme si représenter le bien commun signifie écraser les individus dans le grand cirque de la justice.  Je croyais que la vérité y avait encore une toute petite place, mais je me trompais.

Mettre la main sur le pénis de quelqu’un, même le sucer, s’il est d’accord, ça n’a jamais asséché personne.  Au contraire, l’orgasme, le sentiment d’être désiré a toujours été bénéfique, une pilule formidable de bonheur.  Un médicament sans pareil contre le stress. 

La répression sexuelle est un acte d’ignorance, un moyen pour contrôler les individus.  Sans la répression sexuelle, les policiers ne pourraient pas mettre le nez dans la vie privée des individus et les contrôler jusque dans leur poste internet, sous prétexte de surveiller la pornographie infantile ou le terrorisme … Pire que 1984, Big Brother se fait passer pour une putain afin de mieux te piéger … La loi devrait être là pour te protéger, non pour te piéger.
Si ce procès n’était pas politique pour me faire payer au départ un prétendu crime felquiste (terroriste) commis 25 ans plus tôt , je me demande pourquoi mon avocat m’a dit que je devais écoper de trois ans de prison parce que ce procès était éminemment politique, mais dans un autre sens que celui que j’entends habituellement.
Si mon procès n’était pas politique pourquoi le père de Mathieu a-t-il parlé de mes poèmes à la police ?  Cela leur a permis de perquisitionner chez moi et de saisir mes trois vidéos sur la poésie, soit Les nuits de la poésie à Montréal en 1970 et 1980 ainsi que le film La société des poètes disparus. Ce sontdes textes très dangereux et un film absolument pornographique. Quelle stupidité !

Avoir fait du temps pour un attouchement sexuel, c’est stupide, mais ce sont nos lois débiles.  Je le sais et je n’ai aucunement l’intention de les respecter. On est plus puni pour attouchement que d’avoir volé les retraites des personnes âgées. Je le sais et je n’ai qu’à contrôler mes doigts.  Si je désobéis, c’est ma responsabilité, mais je dois avant tout respecter mes propres valeurs.  Au Québec, on ne fait aucune différence entre ce qui passe sans violence, dans le plaisir d’avec la violence et le viol. 

C’est d’autant plus écœurant que notre société dirige nos esprits à coups de violence, d’ignorance, en se prétendant capable de respecter les droits de l’homme. Ce qui me fatigue, c’est que cette intervention et ce procès furent, je crois, un coup monté politique. De toute façon, tout est politique. Si tu ne t’occupes pas de la politique, elle s’occupera de toi.
  Si ce n’était pas un coup monté, comment l’Homo-vicièr, un de mes romans écrit en 1968, qu’on trouve qu’avec beaucoup de difficulté, s’est-il ramassé entre les mains de la police de Val-d’Or ?  Était-ce le même que celui qui venait de disparaître dans l’appartement de Rouhed, juste après son suicide, à Montréal ?  Je ne connaissais pas les nouvelles amies de Rouhed, mon fils adoptif et c’est l’une d’elle qui a envoyé le livre.  

Je comprends qu’une lettre dans laquelle je disais que notre système est meilleur pour protéger les pénis que les cerveaux que je venais de remettre en main propre au ministre de la Sécurité du Québec, Me Serge Ménard, se soit retrouvée dans mon procès.  Je l’avais écrit pour appuyer la création d’une loi antigang parce qu’on venait d’assassiner un petit gars à Montréal, le petit Daniel Desrochers.   J’ai aussi écrit à cette époque, un mémoire qui s’intitulait :  » Pour en finir avec l’hypocrisie ».  Pour dénoncer les suicides qui sont rattachés à la répression sexuelle et à la drogue.  Ces suicides sont surtout dus à notre jansénisme et à l’homophobie. On est trop scrupuleux pour reconnaître qu’être gai à l’adolescence est une étape normale et nécessaire dans le développement de notre sexualité. Tout comme il est normal de se reconnaître hétéro par la suite si c’est le cas. Un processus d’identification dans le développement de sa personnalité.

La police avait fait une perquisition chez moi.  Dans les photos saisies par la police de Val-d’Or, il y en avait une de mon bon ami Marc Lachance qui avait créé de nombreux cirques en Éthiopie pour permettre aux jeunes de la rue d’ y participer, ce qui leur garantissait de manger et de pouvoir fréquenter l’école. Une œuvre extraordinaire de générosité ! 

Est-ce une coïncidence qu’il se pende quelques mois plus tard, car il aurait été dénoncé dans des lettres anonymes.  Il aimait les garçons comme moi.  Dans sa dernière lettre, il nous demandait d’interpréter son suicide comme un meurtre.  Un policier de Londres l’accusait d’appartenir à un réseau international pédophile, ce qui me semble carrément stupide puisque ça ne lui ressemble absolument pas.  Ce n’était pas dans ses conceptions de forcer un jeune, encore moins de l’exploiter.  Marc avait, je crois, un très grand respect des jeunes qu’il aimait.  Donc, je ne crois pas dans ces accusations.  Par contre, si on écoute le film Au nom du Père, on comprend mieux ce qui peut s’être produit. Les accusations se muent souvent en acharnement.

Ce procès m’a aussi empêché de pouvoir remplir la promesse faite à mon fils de m’occuper de son enfant.  La personne qui l’a adoptée ne me faisait pas confiance.  Si elle avait pu me faire disparaître, elle l’aurait fait.  Ce serait elle qui aurait envoyé l’Homo-vicièr. J’espère que Maéli connaîtra un jour le souhait de son père et le respectera. Qu’elle ira une fois prier sur sa tombe.

À travers la justice, j’ai appris que les êtres humains peuvent se conduire pire que les animaux, sans aucune nuance, aucune tolérance, aucun effort de compréhension.  Comme on me l’a dit, à cette époque, « quand tu reverras Maéli, elle sera assez veille.  On lui aura tellement inculqué le désir de te rejeter d’emblée qu’elle te détestera sans même vraiment te connaître ».

Avant mon procès réel, une dame a tenté de me confronter une première fois chez un ami à nous, à Montréal.  Je lui faisais confiance.  Cette enquête enregistrée sur cassette audio, disait-elle, était fort attendue car  » On se servira d’une limousine pour m’amener à Ottawa, si le plan réussit.   » 

De quel plan s’agissait-il ?  Pour quel parti ?  Essayait-on de me mettre en confiance pour « enregistrer » mes possibles aveux ?  
 
Dans cette entrevue, j’y ai expliqué le pourquoi de l’existence des jeux, consistant à flatter la bedaine de Mathieu, une farce qui existait entre nous depuis plusieurs mois.  Je disais aussi pourquoi il n’y avait rien de mal là-dedans, car il était impossible qu’il ait un pénis assez long pour se rendre près de sa ceinture… même un adulte aurait été une exception pour réussir un tel exploit en longueur…  Pourquoi cette entrevue ? 

Je n’aime pas parler de rumeurs, mais je fais exception cette fois-ci ?  Est-il vrai qu’un policier de Val-d’Or a dû s’exiler dans l’Ouest canadien parce que Mathieu, le jeune qui a porté plainte contre moi, aurait prétendu que l’agent qui l’interrogeait à mon sujet aurait aussi succombé à ses attraits ?  Pourquoi a-t-il affirmé chez moi, au retour de sa fin de semaine en famille d’accueil, après avoir déposé une plainte contre moi, que son père était gai alors qu’il est sans nuance hétérosexuel ?  En quoi le divorce de Jean-Paul faisait-il partie de cette mise ne scène ?  Le jeune prétendait qu’il serait placé en famille d’accueil, mais que jamais il n’accepterait d’aller vivre chez sa mère ? 
 Qui au cours de cette fin de semaine a réussi à lui faire croire que son père était homosexuel ?  

En cour, Mathieu a dit être venu en voyage, même s’il connaissait toutes mes tendances et mes goûts.  Malheureusement, il lui manquait une semaine pour avoir le droit au consentement.  Peut-on consentir seulement qu’au moment, à minuit, où on a l’âge requis ?  Ne devient-on conscient que sur les coups de minuit, marquant ton entrée dans tes quatorze ans ? Quelle connerie !

Mathieu aurait dû être le seul à pouvoir porter plainte contre moi, s’il le désirait, mais librement.  Sauf en ce qui concerne l’enfance (avant l’âge de raison, comme disait l’Église), la sexualité devrait être absolument individuelle, libre, et axée sur la vie privée et l’intimité désirée par chacun.  L’orgasme n’est pas un péché, mais une libération.  Dieu n’a pas créé un corps pour que nous le maudissions, mais pour nous accepter même dans nos faiblesses. La génitalité existe pour permettre la survie de la race.
 
Autant la pédophilie doit être interdite, quand il est question de pénétration, la pédérastie devrait être décriminalisée pour respecter le développement des jeunes, si tout est vécu sans violence et dans un consentement mutuel.  Toute personne devrait être le seul maître de son corps et de son esprit.

Quant aux plus jeunes, la sexualité devrait être ce qu’elle est déjà, soit une exploration de soi-même et des autres. Un jeu.  Les lois concernant l’incitation, les touchers, les caresses sans violence, ne sont pas protectrices, mais surprotectrices ; car, elles ne respectent pas la réalité. 

Elles exagèrent le degré de danger et ignorent le droit fondamental de tout individu à être le seul maître absolu de son corps et de son esprit. C’est au jeune de décider s’il aime ça ou pas. Les séquelles sont une invention pour justifier l’interdit.

Le mal sur le plan sexuel n’existe que dans la tête des adultes corrompus par une civilisation qui a toujours condamné la sexualité (La lutte sexuelle des jeunes, Wilhem Reich, petite collection Maspero 100, 1972)

Spirale intraprojective 4

septembre 9, 2020

Spirale intraprojective 4  (pp. 13 à 23)

La liberté de penser et de dire doit servir à créer l’ordre de la démocratie, et non, pas comme parfois on se sert de la science, à justifier les points de vue des dirigeants.  Sauf, si elle incite à la violence, la liberté d’expression individuelle doit être absolue.  Les règles actuelles pour défendre les réputations doivent être maintenues. Les sujets tabous ne doivent pas exister.
Une chose est certaine, dans la guerre actuelle, le langage de la propagande des deux côtés est mensonger.
Dans les deux camps, on oublie l’essentiel : l’être humain.  Dans les deux camps, on se fiche de ce qu’il en coûte aux individus pourvu que l’on assoit son pouvoir.  Chacun fait appel à l’inconscient, à l’irrationnel religieux pour justifier sa barbarie.  St-Georges Bush est Lucifer par son orgueil alors que les Talibans sont Satan, en charriant au maximum des lois vieillottes.  Ils exploitent la peur du sexe et leur interdit contre toute rationalité.  Une lutte de pouvoir, de religion.
D’un côté, il y a ceux qui veulent justifier une guerre dite aux  » terroristes », c’est-à-dire à tous ceux qui s’opposent à l’hégémonie mondiale judéo-anglo-américaine, au pouvoir du pétrole.  De l’autre côté, la religion musulmane, celle du nombre, qui sert à dénoncer ceux qui s’approprient leur territoire et qui se disent agressés.  La riposte du premier ministre d’Israël ressemble plus à une invasion qu’une simple punition.  Cette haine indéfendable est devenue pure folie dans un camp comme dans l’autre. Que faire contre les fanatismes religieux ? 
 La situation actuelle ne sert que les riches et le monde militaire.  Rien ne saurait justifier la mort d’un seul humain.  Ces guerres ne font ressortir que le mensonge et l’hypocrisie de tous ceux qui prônent dieu.  Les serviteurs de la violence sont automatiquement les serviteurs de Satan.
Ces idéologies, dissimulées derrière les religions, permettent de cacher la vraie nature des affrontements : rediviser la planète entre riches, diviser ce qui restent d’énergies.
Puisque les religions sont des multinationales ou des pouvoirs financiers énormes, nous nous retrouvons presqu’au temps des Croisades.  Notre monde est en pleine régression.
Les anglo-américains ont créé un capitalisme, de plus en plus sauvage et sans âme, alors que le monde islamique politique a déformé les paroles de Mahomet (du Coran) pour justifier une véritable répression diabolique.  De la folie pure que de vouloir voir le monde d’aujourd’hui comme il y a des milliers d’années.

Alors que les Talibans ont créé un fanatisme maladif, en inventant la Charria, les religions judéo-chrétiennes, fondées sur l’Amour, prétendent que leurs valeurs fondamentales sont mises en danger.  Où est la guerre contre la violence et l’intolérance que prône l’enseignement de l’Évangile, selon St-Jean ?  Raoul Roy, écrivain, a raison de prétendre que Jésus fut le révolutionnaire pacifiste, par excellence.

Cette nouvelle rage gagne aussi l’Asie alors que nous assistons à des tueries entre hindous et musulmans.  Nous avons des Cachemire, Tibet, Tchétchénie, etc.  Où cela s’arrêtera-t-il ?  Les guerres sont le fruit des religions ?  

Pourtant, aucune de ces religions ne devrait prôner la violence.  C’est contraire à tous les enseignements.  Pour le Coran, Allah est d’une infinie miséricorde, les femmes sont, selon le prophète Mahomet, les partenaires de l’homme alors que chez les chrétiens, Dieu est amour.  Quant à la position des femmes, on peut dire que nos religions « d’amour » en font  » le péché vivant « , faisant ressortir tout le côté macho de la Bible.  Marie-Madeleine fait plus peur que la Vierge Marie.  Comment peut-on parler de justice quand il n’y a pas d’égalité entre les individus ?
C’est la première fois de l’histoire humaine, à cause de la technologie, du 11 septembre et de ses suites, que les hommes sont appelés à confronter leurs croyances, à faire face à leur illogisme et leur contradiction.  (Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais)…
 Plutôt que d’être des sources intarissables de tolérance et d’Amour, les religions, pour leur pouvoir, sont devenues des nids de vipères.  En arrivant en Amérique, les chrétiens ont anéanti des peuples entiers au nom de la foi en un dieu de l’amour, devenu trop friand de commerce… Les communistes, Staline, Lénine, Pol Pot, en tête, ont assassiné des millions de leurs propres fidèles.  Fait-on la révolution pour être tué par elle?  C’est inévitable, si l’on croit que la révolution n’est que la lutte des classes.  Une lutte pour le pouvoir.

La mondialisation ne cherche pas encore le bonheur de l’humanité, la fin du colonialisme et la mise au rancart définitive de l’esclavage (qui a simplement un nouveau visage).   Même après le 11 septembre, les États-Unis ont réussi à tenter de voler leur meilleur ami, le Canada, en infligeant une nouvelle taxe sur le bois d’œuvre.  Comment faire confiance à une nation qui ne respecte même pas ses traités ?  Même avec les effets de serre, le pétrole demeure l’or noir, le pouvoir économique.  Que fait-on pour corriger la situation ?  Israël rêve de s’approprier la Palestine ; la Russie écrase la Tchétchénie ; la Chine s’en prend au Tibet .

Il faut créer d’autres formes d’alliances qui éliminent la violence, l’ignorance et l’intolérance.  Ne serions-nous pas mieux avec un vrai gouvernement mondial, une autorité reconnue et acceptée, à la porte d’un nouvel ordre planétaire ?  Serons-nous assez orgueilleux pour refuser d’admettre que l’avenir est dans le compromis, la tolérance ; car la planète ne pourra pas répondre aux besoins de la surpopulation et de sa consommation.

Pour qu’il y ait de l’ordre, il faut que ce qui sert d’autorité mondiale ait un visage humain.  Il faut un minimum pour chaque individu. Il faut assurer sur la planète le respect des droits de l’Homme, de la personne.  L’individu naît seul et meurt seul.  Il est le centre de la vie vraie. Tant que la finance et les religions domineront, tout ne sera que violence.
Qu’on le veuille ou non, la mondialisation exige la création urgente d’un gouvernement mondial (ou une organisation du genre Nations Unies en plus solide, plus démocratique, capable de faire respecter le bien des humains, en mettant au pas les institutions financières et les multinationales. 

Cette urgence ne peut pas être mise en doute.   Ce pallier de pouvoir doit être consacré au bien-être des individus et non à la planétarisation d’une classe dominante.

Personne ne semble avoir compris l’urgence de définir un nouveau pouvoir qui garantisse à l’homme, à l’individu, d’avoir tout ce qui est essentiel pour pouvoir se développer (sécurité, nourriture, système de santé, logement, éducation-travail).  Tout le monde sait qu’à moins de 10% de l’argent investi dans l’armement, tous ces bénéfices sociaux peuvent être livrés à chacun des individus de la planète.  Les Nations Unies, comme gouvernement planétaire, devraient non seulement assurer la santé écologique de la planète, mais éliminer partout la peine de mort.  Il ne devrait plus exister de droit de véto pour les super puissances et chacun devrait travailler à se démilitariser.  Un peuple = un pays. Si on apprend à se respecter, on n’a pas besoin d’armée.

Cela dépend du bon vouloir de chaque pays, mais comment faire accepter la non-violence, la répartition juste de l’énergie ?  Il faut être maladivement crédule pour croire que les propriétaires des surplus s’en déferont pour la beauté des yeux de leur voisin.  D’autant plus que nos sociétés ont choisi la violence plutôt que la liberté sexuelle ou la liberté individuelle (tout court).  On ne semble guère se soucier de la vie individuelle et privée, d’où la mafia est mieux protégée par le système judiciaire que les individus.  

On oublie qu’actuellement les drogues fortes détruisent les jeunes et les vieux.  Est-il vrai que les bureaux de recherches pharmaceutiques ainsi que le domaine de l’immobilier seraient les endroits privilégiés du blanchiment d’argent ?  Le crime organisé est-il en train de devenir le vrai maître du monde ?  Pendant qu’on prive la police d’enquêteurs en les affectant à la poursuite de crimes sexuels non violents, la mafia internationale organise une traite mondiale des organes, un trafic de plusieurs milliards de dollars de drogues qui tuent nos jeunes. Nous sommes dans un monde qui est meilleur pour protéger les pénis que les cerveaux de nos jeunes.

En plus, de la peine de mort et de la guerre, le racisme est aussi un préjugé qui excuse la violence au nom de la race ou des religions.  Pour assurer une paix durable sur la terre, il faut absolument retrouver l’anarchie, dans le sens du livre de Normand Baillargeon : «L’ordre, moins le pouvoir».   Il faut retourner à l’individu.  Mais, l’individu doit savoir que le bonheur ne peut pas exister dans la solitude.  La vie sociale est un besoin aussi indispensable à l’homme que la nourriture.

Si les pays doivent correspondre au territoire d’un peuple ou d’une nation, tous ceux qui demandent maintenant leur autonomie devraient se la voir accorder dès qu’ils peuvent fournir la preuve qu’ils sont capables de veiller au bien de leurs commettants. Le moyen le plus démocratique pour accepter ou non la naissance d’un nouveau pays demeure le referendum.

Il est vrai que la mondialisation humanisée, enlevée des mains des financiers, des systèmes militaires, des multinationales pourrait permettre une redistribution plus équitable, en partant d’une base planétaire ; mais c’est rêver en couleurs tant que la planète ne vivra pas une véritable démocratie.  Pour qu’il y ait une liberté planétaire, il faut instaurer d’abord le respect et la tolérance envers chaque individu.

La mondialisation pour l’homme ne sera réalisable qu’au moment où les richesses seront partagées selon les besoins des peuples et non celui de ceux qui les exploitent.  Les banques devront cesser de toujours être là pour leurs profits.  L’argent a été inventé pour éliminer les désavantages du troc et non, faciliter les moyens faire des profits sur le dos des plus pauvres. Est-il normal que des banques fassent des milliards de profits quand les individus crèvent de faim ?  Mais, dans nos structures actuelles, sans argent il est impossible d’agir, de survivre.

Le problème de nos gouvernements est de nourrir les amis plutôt que d’offrir les services minimaux que les payeurs sont en droit d’attendre.  Beaucoup de nos chefs de gouvernement sont pourris et pourtant c’est nous qui les élisons.

Tant que l’esprit de domination prévaudra, il y aura des super puissances, de la répression, de la censure, des armées et de la violence, une violence orchestrée maintenue autour des religions, donc, du fanatisme.

Alors que les religions devraient nous apprendre à nous aimer, elles sèment la discrimination en rejetant l’homosexualité, par exemple. En nous maintenant dans un passé qui est structuré sur l’ignorance, les religions nous empêchent de progresser.

L’esprit planétaire fondé sur le respect de l’humain peut exister, mais qu’on le veuille ou non, ce n’est pas pour demain la veille.  C’est impossible tant que l’économie ne sera pas revue en fonction du bien commun global et que les religions acceptent de réviser leur agir quant à la tolérance part rapport à la sexualité.  Actuellement, trop d’éléments servent à diviser l’homme : les races – les classes sociales- les sexes – la répression sexuelle – la censure – les religions-les âges- pour qu’il y ait un véritable équilibre. 

Un changement global exige un changement de mentalité, de point de vue.

Est-ce qu’un jour, les riches seront assez sensés pour admettre qu’il y a assez de richesses pour tous, si on ne garde pas tout pour soi ou que l’on ne dépense pas en fous, privant les autres du nécessaire.   La révolution pacifiste anarchiste peut-elle créer une véritable démocratie ?  Ne devrait-on pas redéfinir un cadre moral pour ceux qui nous dirigent, comme en Grèce Antique, la première préoccupation dès la jeunesse étant de se préparer à avoir des dirigeants intègres et dévoués pour tous?

Si Darwin et Teilhard de Chardin ont raison : la création n’est pas un geste du passé, mais un acte d’avenir.

Selon Chardin, la vie serait une suite programmée, de mélanges d’énergies qu’accumulerait l’homme depuis les commencements.  Cette évolution, loin de nous tourner vers le passé pour nous améliorer, nous oblige à remettre en cause tout ce que nous avons appris.  La création est un acte temporel qui se poursuit à travers les siècles.  Dans une telle perspective, le paradis terrestre n’est pas un endroit dont nous avons été chassés pour une banale question de sexualité, mais un espoir qui nous habite en vue de créer un paradis terrestre.  Le paradis terrestre est à créer par l’homme. 

Puisque personne n’est revenu de la mort (sauf, Jésus, un esprit après sa résurrection), il est possible de concevoir que notre seule raison d’exister soit de mieux vivre, vivre au maximum, pour créer dans l’avenir un espace vital plus attrayant, qui permettra à notre réalité énergétique d’atteindre sa capacité de vivre heureux.   

En d’autres termes, nous construisons à chaque moment le futur paradis terrestre.  Nous en avons la réalisation entre les mains. S’il est vrai que l’on renaît, le paradis ou l’enfer est ce que nous avions créé lors de notre vie antécédente.  Ce que nous faisons maintenant sera le monde dans lequel nos enfants devront vivre.

Il est possible de ce point de vue d’expliquer notre existence aussi bien et même mieux qu’avec les religions, ayant la responsabilité de se réaliser plus humainement, ce que ne font pas nos religions actuelles qui nous mènent à l’intolérance et à la guerre.  La course aux adeptes est similaire à la course aux armements.  Il faut vivre intensément le présent pour l’avenir.

De toute façon, ce ne sera pas pire que de s’auto culpabiliser avec un passé duquel nous ne pouvons absolument rien changer.  Pourquoi l’histoire de l’humanité n’existerait pas dans le sens opposé, celui du futur et non du passé, celui de l’évolution ?  S’il n’y a rien après la mort, ce sera le vide, mais au moins ceux qui viendront, vivront dans un monde meilleur.  Voilà tout.  Le pari de Pascal révisé tient toujours autant…

Cette philosophie va à l’encontre de tout ce que l’on apprend parce que l’on refuse la beauté de notre nature corporelle.  Or, selon les Écritures et le Coran, le pire des péchés, le premier a été celui de Lucifer qui a refusé de s’agenouiller devant l’homme et reconnaître la beauté de la création de Dieu.  Une faute d’orgueil.  Était-ce à cause de l’évolution exigée ? Est-ce un beau conte ?

Le plus abominable est que l’évolution spirituelle de l’homme est un phénomène de conscience.  L’individu est au centre de tout changement.  La conscience individuelle est essentielle à l’existence de la démocratie.  Et, ce changement est si fondamental qu’il n’est pas pratiquement réalisable à court terme.  Il repose sur l’éducation, la connaissance plutôt que le savoir, sur l’amour plutôt que la violence. 

Avec la violence comme moteur de nos sociétés, de notre agir, l’homme est destructif, égoïste.  Sommes-nous, sauf sur le plan technique, plus évolués que nos ancêtres ?  Est-ce que nous nous sommes améliorés ?  Avons-nous appris à nous aimer, à rejeter toutes les guerres ?  Nous glorifions la violence et condamnons le corps, la sexualité, exactement comme Lucifer dans les récits religieux.  La répression sexuelle est appuyée sur une ignorance crasse de la réalité humaine. Le rejet de notre corps est celui de notre réalité matérielle et donc temporelle.

Or, pour dominer, l’information est travestie, comme dirait Noam Chomsky.  Même la science est souvent utilisée pour démontrer des faussetés et permettre de continuer l’exploitation des moins connaissant, de la masse humaine.  Et, sans vérité, sans connaissance véritable, la démocratie est impossible à une échelle mondiale.

Ce grand brassage mondial tient à ce que l’on appelle la mondialisation.  Les riches, les financiers tentent par tous les moyens de trouver de nouvelles sources de revenus pour accumuler encore plus de richesses. 

Ils n’auront bientôt que la classe moyenne à saigner, à exploiter.  Quand la très grande majorité sera pauvre, nous nous retrouverons encore une fois devant les résultats de la révolution française, nous devrons changer de maîtres, mais, cette fois, à l’échelle planétaire.  L’existence de la planète étant en danger peut-être comprendrons-nous que la mondialisation doit servir le mieux-être des individus et non des institutions. 

Il faut trouver de nouvelles raisons de vivre qui respectent les Autres ou le système est bloqué. Il est inévitablement appelé à exploser.  À cette époque, on n’avait pas encore créé la crise économique actuelle, soit la plus grande entreprise de fraude à l’échelle planétaire.

Une telle situation rappelle ce qui s’est passé en 1972, en France, où le pouvoir avait décidé que la société était bloquée et qu’il fallait organiser un nouveau mai 1968 pour forcer les choses à se tasser.  Malheureusement, il y eut un mort et après enquête, on a trouvé que les agitateurs à l’origine de cette situation étaient des barbouses, des policiers.  C’est aussi ce qui ce serait produit au Québec en 1970, alors que le gouvernement fédéral, pour porter un coup fatal aux « séparatisses » a pris le contrôle de la crise d’octobre, en faisant croire que la mort de Pierre Laporte était le fruit des supporteurs de la souveraineté.  Le FLQ n’était absolument pas un mouvement émanant du Parti québécois. 

À chaque crise, le Québec retourne vers ses sources, et s’enfonce dans les idées de droite.

La guerre que nous vivons touche essentiellement la redistribution des richesses de la planète, du pétrole en particulier et sert à justifier une nouvelle vague de répression.

Faut-il des morts pour que l’humain réfléchisse ?

On fait face à l’éternelle obsession de l’homme : dominer l’autre, s’approprier ses biens.  Pourquoi ne pourrait-on pas apprendre à se contenter de se suffire à soi-même ?  De chercher le bonheur ailleurs que dans la «piastre» ?  Pourquoi sacrifier la liberté pour enrichir un petit groupe d’individus et d’institutions qui dominent la planète ? 

Bibliographie :

Vers la liberté en amour, Charles Fourrier, Folio, Gallimard, 1977.
Pouvoirs de l’horreur, Julia Kristeva, édition du Seuil, 1980.
La lutte sexuelle des jeunes, Wilhem Reich, Maspero, 1972.
L’ordre moins le pouvoir, Normand Baillargeon, Agone, 2001.
La société bloquée, Michel Crozier, Seuil, 1970.
Surveiller et punir, Michel Foucault, Gallimard, 1975.
Études sur les classes sociales, Georges Gurvitch, 1966.
Jésus, guerrier de l’indépendance, Raoul Roy, Parti pris, 1975.
Mémoire sur la liberté sexuelle, Jean Simoneau, Les éditions du temps, 1999.

PRÉFACE

Tout ce qui conduit à la violence, à la guerre, à la destruction, est diabolique. Selon Freud, tout schéma religieux est en soi de la schizophrénie (peur de la mort).  Par contre, l’Évangile, selon Saint Jean (bible de Jérusalem), où Dieu est Amour, présente une philosophie de vie, un chemin, un idéal qui mérite d’être médité, voir vécu.  Dieu, Allah, c’est une seule et même chose : un Dieu, un être, infiniment miséricordieux. Malgré mon opposition aux religions, je suis très fervent quant à la spiritualité.

Même si l’on me dit souvent qu’une personne qui en sait trop ou qui est trop idéaliste doit nécessairement être tuée ; je crois que la terre est une planète où chaque être humain est le centre et le but de la vie.     

Il n’y a que la finance ou l’économie pour qui la vie n’a pas d’importance, étant remplacée par le profit.  Et, dans leur cas, comme disait mon père, Émile, si tu veux connaître le responsable d’un acte, demande-toi à qui il profite ?
 
La révolution anarchiste par excellence s’appuie sur le respect absolu de la vie de chaque être humain . l’ordre dans le désordre, les droits individuels, l’égalité d’essence entre les individus, l’inviolabilité de la vie privée, la responsabilité de la liberté, la fusion des pensées des différentes civilisations, le respect des autres, la non-violence, la conscience, la démocratie à travers les Nations Unies. 

La terre est le futur paradis terrestre et la vie, la conscience est la raison fondamentale de l’existence.

Rien n’est plus important que la vie d’un être humain, d’un vivant

Rien n’est plus important que sa vie privée, ses droits et sa liberté.  Il n’y a que l’homme qui soit assez fou pour exploiter d’autres hommes, même le dernier des animaux ne tue pas ou n’exploite pas l’autre par plaisir ou cupidité. 

Actuellement, le premier octobre 2001, nous assistons impuissants à une guerre impérialiste , celle des Anglo-américains contre le monde afin de dominer. Il s’agit de l’hégémonie colonialiste anglaise.  Depuis l’incident du 11 septembre 2001, plutôt que de combattre l’injustice de la faim dans le monde, les «gros» s’ingénient à asseoir militairement leur pouvoir.  C’est une lutte économique de territoire créée par ceux qui s’enrichissent avec la guerre.  Cette guerre permet à nos gouvernements de faire accepter par le peuple, tout ce qui leur était impossible de lui faire avaler jusqu’ici.  Les terroristes sont devenus aussi pire que ceux qui vendent de la drogue dure aux jeunes.  Les vendeurs d’armes sont nos caïds.  Les droits individuels sont foulés au pied.  Pourtant, la violence qu’elle soit d’un côté ou de l’autre demeure le propre de la bêtise humaine. 

Les Américains tentent de trouver support chez leurs amis inconditionnels comme Israël à qui ils ont donné naissance par césarienne.  La guerre du Moyen-Orient est une guerre, d’abord religieuse, puis non seulement de territoire, mais d’eau contre la Palestine.  En Afghanistan, on combat pour le passage du pétrole et la culture d’opium.  Des guerres dissimulées derrière le fanatisme religieux.  C’est une guerre de riches. 

Le terrorisme, la mafia organisée, le système sont une seule et même entité.  Pendant que les petits soldats se font tuer au nom de la liberté ou d’Allah, les Chefs calculent en pouce carré la nouvelle répartition énergétique de la planète.

Alors que chaque peuple devrait pouvoir décider pacifiquement d’être un pays, nous continuons de vivre la dictature du colonialisme et de l’impérialisme. 

Chaque pays devait pouvoir exister dès qu’il est prouvé qu’il peut assumer chez lui, pour son peuple, sa sécurité intérieure, sa sécurité économique et la démocratie.  Chaque nouvelle nation devrait avoir à part égale le pouvoir de faire partie des Nations Unies dont la seule fonction est de préserver la race humaine et la planète terre.

Voilà aussi pourquoi nous nous retrouvons dans une guerre de religion puisque toutes les religions sont des lavages de cerveaux pour préserver l’unité de pensée alors que chaque peuple a un code à respecter pour évoluer vers une civilisation meilleure.  Ces codes sont tous fondés sur les expériences des Sages, qui au nom de Dieu, ont inventé les livres saints.  Leur philosophie tourne toujours autour du rejet de la sexualité, des sens, du corps, donc, de la limite physique de l’homme parce que cela assure la domination inévitable de l’individu. 

Avec une morale anticorps, antisexuelle, la terre devient une immense prison, celle de l’ange déchu, l’oeil de Big Brother ou l’oeil-prison de Foucault, fondé sur la dénonciation de l’autre.

Toutes les religions sont bonnes sur un plan spirituel, mais elles sont toutes des multinationales où l’exploitation des cerveaux et la richesse ont beaucoup plus d’importance que leur enseignement à l’amour et au bonheur de l’homme.  La tolérance devrait être la vertu fondamentale de tous les humains si Dieu est la Miséricorde, comme le prétendent les religions, mais à cause de la sexualité les religions sont des condamnations de la nature humaine, des prisons intérieures. 

Les dirigeants de toutes les religions ont tout déformé en prétendant parler au nom de Dieu.  Les religions sont devenues la projection de leur maladie mentale, le refus du corps et de la mort.  La violence n’est que l’aboutissement de la schizophrénie et de la paranoïa des dirigeants de notre planète.  L’aboutissement d’une soif irraisonnée d’énergie et de pouvoir, le maintien absolu et non évolutif de la tradition, sans tenir compte des découvertes de la science.

Plutôt que de chercher des solutions qui permettent plus d’espoir, de justice, d’amour, nos dirigeants cherchent à asseoir davantage leur pouvoir, à s’enrichir ainsi que leurs copains.

La mondialisation dans sa forme actuelle est un enjeu militaire masqué parce que son vrai visage est financier.  On essaie de redélimiter les frontières des pays sur la planète, tout en préservant le privilège d’exploiter « dans leurs mots» les plus pauvres de chaque nation.  La planète doit être régie par la Charte des droits de la personne où les droits individuels garantissent à chaque individu de vivre dans un milieu décent, selon son orientation sexuelle.  La peine de mort et la torture doivent être totalement abolies.  

Chaque pays doit être membre et respecter les règles des Nations Unies.  Tous les pays doivent être démocratiques et laïcs.

Il faudrait peut-être dans ces moments difficiles chercher davantage comment contrôler la violence plutôt que de la cautionner.  La tolérance doit passer par chaque individu.  S’il y a une mission, une raison d’exister sur terre pour les religions, c’est bien celle de développer la tolérance et l’Amour des individus, leur liberté et par conséquent, leur responsabilité.  Pour ce faire, les religions doivent revoir totalement leur enseignement, car actuellement, elles fomentent la haine. Ce sera impossible qu’il en soit autrement tant que les religions verront du mal dans la sexualité, en dehors de la violence. La sexualité a une très grande importance car c’est elle qui dirige notre façon d’interpréter la vie.  Elle façonne notre personnalité,

 La violence engendre la violence.  Même les pays les plus pacifistes (le Canada) risquent de perdre leur peu de droits individuels au nom de la guerre et de la dictature morale.  Le Canada est un exemple d’hypocrisie avec sa loi anti-terroriste, ces nouvelles lois sur le sexe.  Elles donnent le feu vert au gangstérisme et la chasse aux séparatistes.  Tout dépendra de l’abus que l’on en fera ou pas.
 Si on veut qu’u jour il soit possible de se comprendre les uns et les autres, il faut bien que le peuple sache extirper son expérience à travers ses individus.  Il faut redéfinir ce qui est essentiel.  Comment éliminer la violence ? Comment respecter l’individu, malgré les différences ?

Le livre est divisé selon les sujets qui sont indiqués à partir du nombre d’étoiles. Donc, si un sujet ne nous intéresse pas, on a qu’à passer à un autre. Par, exemple, si on aime que la politique, on suit les **** quatre étoiles. Les sujets s’emboîtent ainsi Ils sont au nombre de 5, soit :

*      général 
**     le procès et ses suites ;
***    la pédérastie et la liberté sexuelle ;
****   la politique, et finalement,
*****  la religion.  
 

La paranoïa est le début de la Sagesse. (Gilbert Langevin).




Spirale intraprojective 3

septembre 8, 2020

Spirale intraprojective 3 (pp. 6 à 13)

Avant-propos (début des années 2000)

L’homme mérite-t-il d’exister ?  Serons-nous des Bar-b-q pour quelques barils de pétrole ou quelques gouttes d’eau ?  C’est la question que nous devons nous poser alors que nous gambadons à une vitesse vertigineuse vers une troisième guerre mondiale.  » Quand les hommes politiques se promènent, ça n’augure rien de bon… », disait mon père.

Pendant que nous nous rendons pesamment au travail pour remettre quelques dollars d’impôts à nos tout-puissants maîtres, nous oublions que ces argents servent à alimenter notre propre destruction : les religions et la machine militaire alimente la haute finance.  Plus nous payons comme contribuables, et moins nous recevons de services en retour.  Nous ne semblons pas être conscients que des millions d’humains souffrent d’un manque de l’essentiel.

Tout a commencé bien avant un certain 11 septembre 2001, à New York.

Depuis déjà quelques années, les magnats du pétrole et du sacré saint cénacle des milliardaires ont décidé de revoir la distribution des richesses naturelles sur terre.

On a alors inventé le phénomène de la mondialisation.

Nous avons commencé à revivre la dérive économique comme celle des continents, la création de marchés continentaux.  La destruction du World Trade Center illustre un des premiers soubresauts provoqués par la fureur maladive de ses acteurs.

« Mieux vaut mourir que de ne pas tout avoir. »

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les magnats de la finance et du pétrole anéantissent peuples et pays.  L’Afrique a été dévastée et les forêts de l’Amazonie diminuent à vue d’oeil.  L’homme n’a pas sa place dans le mot «économie». 

L’homme est devenu un grand singe terriblement malade du cerveau puisqu’il juge la valeur de la vie en termes d’argent et de pouvoir.  Toute la malédiction de cette éphémérité repose sur l’exploitation de l’homme par l’homme, sa peur de la mort et le sens donné à la vie.  Pour ne pas encore les rendre plus maladivement jalouses faudrait-il y inclure les femmes qui rêvent de redevenir Amazones ?

La tradition ou la civilisation est une obsession omniprésente du passé, rattachée aux rêves de pouvoir entretenus par nos dirigeants de toutes les classes : le colonialisme et l’hégémonie.

Cette perception de nos vies nous plonge au centre de «1984» afin de découvrir encore de nouvelles méthodes de répression.  En est-il, comme dans 1984 où le pouvoir inclut aussi la révolution, où des guerres sont organisées pour justifier la répression ? 

Ainsi, au lieu de voguer vers l’avenir, sommes-nous plongés en plein Moyen-âge et en pleines guerres de religion.

 En fait, on pourrait dire que notre civilisation est foncièrement malade depuis, bien avant le capitalisme et le communisme, une accélération de l’esclavage économique mondial moderne.   

La bêtise des classes a commencé avec la royauté.  La royauté est un phénomène qui tient peut-être du comportement des singes, là, ou celui qui a le plus long et le plus gros pénis domine les autres.   C’est possiblement depuis ce temps qu’on parle aussi des bijoux de famille. (Tentative de farce qui n’a pas sa place ici.)

 La royauté était le centre du pouvoir et des intérêts d’une nation.  Un marxiste dirait que l’aristocratie et la bourgeoisie dominaient les classes ouvrières et agricoles.  Mais, un fait existait déjà, le pouvoir venait d’en-haut et non de la démocratie participative.  Et bien évidemment, il fallait faire croire que ces dominateurs agissent pour le plus grand bien de la majorité. Échouer, signifie une rébellion.

Pour dominer, il a fallu inventer « la vision de dieu», celle d’une puissance absolue.  Pour assurer la suite dans ce pouvoir, on a inventé les lignées postérieures pour les familles royales, le principe de la descendance.  Le sang a pris une importance symbolique extraordinaire et a donné naissance aux premiers mouvements de répression sexuelle en créant une morale bourgeoise. Une morale de classe.

C’était une vision du monde, une interprétation qui avait l’avantage de ne jamais pouvoir être remise en question.  C’était la vérité avec un grand V.  Par conséquent, le pouvoir religieux s’est lié au pouvoir économique et politique, donnant ce que l’on a appelé « nos civilisations » puisque chaque religion a incarné une explication de l’existence et des règles à suivre. 

Dans chaque cas, cette vérité a dû être défendue par des mises à mort pour ne pas être remises en question.  » Hors de l’Église, point de salut ! »

Notre histoire est une illustration constante de la schizophrénie des hommes et des femmes qui nous dominent.  Leur instinct de pouvoir s’est muté en une véritable paranoïa … « Le peuple est sale, ignorant, vicieux, nous devons être là pour veiller au grain », semblent-ils penser. Freud y verrait certainement encore l’œuvre du péché, de sermons des prêtres, mais Dieu, s’il y en a un (et je crois qu’il y en a un) ne peut être qu’Énergie, et par conséquent, il est d’une autre dimension.  Il doit se sentir blasphémé avec tout ce qu’on lui fait raconter et tout ce que l’on dit de Lui.  Au mieux, Dieu est un nom donné à la puissance d’organisation, de structures, de pensée que l’homme a intuitivement créé pour expliquer la réalité et se protéger de son ignorance et de sa peur.

En fait, en cherchant une raison d’exister, l’homme a maudit sa temporalité, son corps, (sa mort) au point de créer le péché de la chair plutôt que celui de la « jalousie et de l’orgueil».  Il a démonisé le sexe pour glorifier la violence, la violence, le pouvoir de l’Un sur l’Autre. Sa soif d’immortalité a suscité toute une imagerie autour du ciel et de l’enfer (le Bien et le Mal) pour échapper à sa condition d’être condamné à mort.

Même si ce langage semble celui de l’extrême droite, c’est le même que celui de l’extrême gauche (dieux en moins).  Quelle différence y a-t-il à être existant, mais impuissant à intervenir, ou ne pas exister ?  La seule existence dont tu peux temporairement être certain, c’est TOI.    

Qu’arriverait-il si on réalisait une vision anarchiste où chaque individu est le centre de l’univers, où la terre est la planète de tous les humains, où le seul mal véritable serait de tuer, blesser, violer, voler, faire la guerre, essayer de dominer et exploiter l’Autre ?  Comment ces vérités religieuses immuables d’aujourd’hui résisteraient-elles logiquement à l’interdiction planétaire de tuer un autre être humain quelles que soient les raisons ? Comment réagiront les fanatiques de tous acabits quand on décidera universellement de redonner à l’homme son droit de vivre dans la dignité, sans violence.   

L’homme doutera-t-il enfin des vérités qui ont besoin de meurtres pour survivre ? 

La première erreur monumentale de notre civilisation est que nous avons accepté dans nos croyances la bêtise générale qu’un certain Montesquieu a essayé de nous faire avaler, à savoir que la cause de la décadence des Grecs et des Romains fut l’homosexualité, oubliant qu’à cette époque, la force des états tenait du nombre de ses soldats et leur folie meurtrière à combattre tout étranger.  Ce problème militaire a enfanté une réaction saine des femmes d’alors qui en avaient assez de perdre fils et maris.  Elles ont fait la grève du sexe contre les guerres en se refusant aux hommes qui étaient, malgré la pédérastie, en très grande majorité hétérosexuelle.

L’erreur de Montesquieu fit de blâmer le sexe plutôt que la violence,  de la soif du pouvoir. La violence a toujours été vue comme un attribut masculin, une qualité, malheureusement pour l’homme.

La force des amours grecs, platoniques ou non, a été bien au contraire, comme l’a si bien compris Marguerite Yourcenar, un des grands moteurs de la bravoure des armées grecques.  Ils font penser jusqu’à un certain point aux kamikazes d’aujourd’hui.  On leur promet un paradis parsemé de vierges, donc, du sexe à volonté et pour l’éternité. On leur fait croire dans un paradis après la mort pour les motiver, mais qui est revenu de ce paradis pour en confirmer l’existence?  Personne.

Le pouvoir est en quelque sorte ce qu’on arrive à faire croire et retenir comme la vérité. Le pouvoir est un acte de foi, donc un acte religieux. Irrationnel, émotif.

Dans un tour de plume homophobe, on a renié l’essentiel de la réflexion humaine de la civilisation grecque quant à l’individualité et la différence de chaque humain.  On a rejeté la philosophie grecque, la pensée, la réflexion la plus évoluée sur nous humains, au dépens de la violence décadente des romains et au profit des religions

Depuis la répression sexuelle a donné naissance au fascisme et à l’exploitation des muscles de la jeunesse.  La culpabilité a remplacé l’amour comme moteur de la vie (La lutte sexuelle des jeunes, W. Reich) pour nourrir la société économique et industrielle.

Nous avons ainsi commencé à croire que la violence était moins dangereuse que le sexe.  Et, nous avons constitué tous les enseignements jansénistes de la planète, religions et sectes confondues.  Nous avons inventé pour le pouvoir les castes secrètes : les services secrets et les vendeurs d’armes.  Le pouvoir d’agir de l’exploitation commerciale dite colonialiste.  

Charles Fourrier semble, avec le Marquis de Sade, un des rares à comprendre que l’hypocrisie qui naît nécessairement d’une telle forme de société ne peut qu’un jour nous éclater au visage.  Mais, ils furent catalogués comme fous, car, ils avaient oublié un principe fondamental qui refera surface qu’avec Sartre : la liberté ne peut pas exister sans une très profonde conscience de sa responsabilité.  Et, la liberté n’est pas un abus, mais un contrôle de l’agir sur une fenêtre de la vie. 

Il faut replacer le corps dans une perspective qui nous offre une raison de vivre.  André Gide nous disait qu’il a réussi sa vie, tout simplement parce qu’il l’a vécue.  Revoir le but de la vie engendre un déséquilibre profond sur le plan religieux, par conséquent économique.

Même s’ils conduisent inexorablement à notre destruction, il est plus facile de continuer d’agir en fonction de nos systèmes basés sur la violence et la cupidité que d’essayer de les remplacer

Loin d’emprunter le tonneau de Diogène pour remettre en cause les fondements mêmes de la propriété, les dirigeants de notre monde ont inventé le marché, la torture et la prison pour mieux asseoir leur pouvoir sur l’individu et le peuple (Surveiller et punir, Michel Foucault) 

Plutôt que de chercher la justice, la tolérance, la réhabilitation, on a basé le système judiciaire sur la peur et la punition.  « La crainte est le début de la sagesse», disait-on. Oubliant que la violence conduit à la folie.

L’importance que l’on accorde à tout ce qui se passe dans les cours judiciaires fait renaître l’esprit de spectacle que la justice avait commencé à abandonner, ce qui leur donnait un air un peu plus noble.  Les hommes, et surtout les femmes, sont obsédés par ce qui se passe dans le pantalon du voisin.  Cette façon de se minimiser et de se rejeter soi-même est d’ailleurs un principe de base des féminounes actuelles qui aimeraient vivre dans une société castrée.
Cette vision féminoune de la société sans amour, sans pénis, paranoïaque, envahit le monde, grâce aux religions et aux pseudo-luttes contre la pédophilie (sans distinction avec la pédérastie).  Tout est basé sur le rejet du corps.  La sexualité y est vue comme le mal d’où faut-il protéger la jeunesse contre le plaisir.

Notre société vit à l’image individuelle de la peur que les féminounes ont de la sexualité.  Plus elles seront majoritaires, plus il en sera ainsi.   Elles occupent toute la vie sociale des enfants (éducation au primaire, santé, littérature, etc.) à un tel point que l’homme est absolument absent de l’imagerie, de l’imaginaire des Québécois. 

Avec leur surprotection, même les lois sont rendues discriminatoires quant aux droits des hommes sur leur progéniture.  On dirait qu’elles croient qu’un homme ne rêve que d’un trou et n’est rien d’autre qu’un pourvoyeur.  L’absence des hommes leur donne raison.  Tant qu’on ne fait pas la nuance entre pédophile et pédéraste, notre société pourchasse l’individu plutôt que le crime organisé, le proxénétisme.  Pourtant, la sexualité et la vie privée devraient être les éléments de base de la création d’une véritable démocratie.   » Ce qui se passe dans la chambre à coucher ne regarde personne « , disait-Pierre E. Trudeau.  La violence et la drogue sont les pires ennemis de l’Amérique et de toutes les sociétés démocratiques.
Avec cette peur d’aimer, une caresse devient plus criminelle qu’un assassinat ou de faire sauter un cerveau avec les drogues.

Ces chasses aux sorcières cachent toujours la recherche de l’ennemi politique.  La chasse à la pédophilie –il est normal d’être contre la pédophilie, si elle signifie pénétration, car elle touche les jeunes de moins de dix ans — s’exerce contre l’individu plutôt que le crime organisé.  Elle permet à la police d’avoir un taux de réussite qui justifie son existence, grâce aux bonnes statistiques, tout en protégeant la mafia, qui elle exploite la sexualité avec le proxénétisme. 

La peur de la pédophilie, entretenue par la propagande, permet à la police et aux services secrets de pouvoir s’introduire dans la vie privée de tous les individus, sous prétexte de combattre un mal international, pernicieux et caché ; mais elle est gonflée à bloc car on ne tient pas compte de la nuance entre pédophilie et pédérastie. Dans notre façon de penser, le jeune n’a aucun droit sur sa sexualité. 

On s’en sert pour combattre tout ce que l’on voit comme de la pornographie.  Quel mal un individu fait-il aux autres en se masturbant, seul, devant son petit écran, ou une photo dite pornographique ?  Plutôt que de s’attaquer aux fournisseurs, on s’attaque au client, c’est plus facile et plus payant.

Karl Marx a inventé le communisme comme miroir réversible parfait du capitalisme : la dictature du prolétariat, oubliant que le communisme est en- soi une dictature raffinée, déguisée sous le masque de la liberté, en démocrassie.  Au lieu d’agit pour un dieu, on agit au nom du peuple pour mieux l’exploiter avec son consentement… On a remplacé dieu par le pouvoir des militaires et des bureaucrates.  Ces kafkaïens ont étouffé leur société. Le communisme est simplement une autre version du capitalisme. Une autre poche dans laquelle l’or tombe.

Une nouvelle vision de la société n’est pas qu’un changement moral, philosophique, c’est une remise en question de nos civilisations.

Dans une étude américaine où Galbraith se surnomme M. Doe, et intitulée La paix indésirable, celui-ci démontre que le système économique ne peut vivre et se nourrir sans une guerre, car même en assouvissant tous les besoins essentiels de tous les hommes sur la planète, le système ne produit pas assez de dépenses inutiles pour générer une prospérité qui alimente le circuit économique.  Les dépenses militaires sont indispensables à l’économie.  C’est pourquoi, ayant peur de la bombe atomique et d’une destruction globale, nos dirigeants doivent entretenir des guerres locales… sans cela, l’économie s’effondre.

C’est un des messages des événements du WTC : sans tolérance, l’homme est un être profondément malade et dangereux pour les humains eux-mêmes …

La guerre qui divise présentement notre monde en est une de riches dans laquelle les individus et les peuples n’ont aucune place.  C’est une guerre dans un but économique de profits, sur un fonds de fanatisme religieux.

La mondialisation ne sert pas qu’à créer un terrain commercial, le marché.  Elle permet de resserrer l’accumulation des richesses dans les mêmes mains.  Les colonisateurs se redivisent la planète, et par conséquent, la solution-problème doit être encore plus répressive, car, elle vient d’en-haut, de ceux qui veulent protéger leurs intérêts de riches.  Dans cette optique, l’Homme n’est rien, tout est argent.     

Que peuvent faire les Nations-Unies tant qu’il y a des super puissances militaires qui ont le droit de veto ?  La mondialisation a-t-elle servi à redéfinir les normes pour qu’un peuple puisse avoir accès à son territoire ou son indépendance ?
 
De telles réflexions, si l’on veut aboutir à un gouvernement planétaire qui pense au Bien de l’Homme, sont pourtant essentielles, mais elles ne semblent pas encore amorcées.

Ne serait-il pas préférable d’avoir plus de pays que d’entretenir des guerres locales et régionales ? 

Il faut que la recherche soit effectuée pour le bien des gens, et non au service de l’armée et de la mafia mondiale.   Quels devraient être les critères qui permettent à un peuple ou une nation d’accéder pacifiquement à son indépendance ?  Peut-on rêver de l’égalité des hommes sans avoir l’égalité absolue entre l’homme et la femme ?  Il ne faut pas lui laisser aux féminounes le pouvoir de définir seule la morale sexuelle puisque pour elle la sexualité est synonyme de mal.  L’homme-femme est un seul être humain, avec des vocations différentes.  Pourquoi une différence physique ne leur donne-telle pas les mêmes droits, ne serait-ce strictement qu’à titre d’être humain ?  Qu’attend-on pour promouvoir la liberté sexuelle absolue, sans âge, ni sexe, si elle est consentante, et surtout, sans violence, sans domination. Un plaisir.

Tout cela est impossible tant que le pouvoir vient d’en-haut, qu’il est descendant.  La démocratie est au contraire, basée sur l’individu.  La liberté.  Le pouvoir est ascendant. Malheureusement, dans notre système, seuls les profits grimpent dans le haut de la pyramide et le bas plus nombreux nourrit le maître, en haut.

Si on regarde les résultats de la révolution française, on peut dire que celle-ci, même si beaucoup d’institutions ont été créées avec elle, n’a pas permis le renversement de la monarchie comme structure, mais elle a servi à changer uniquement les    » maîtres au pouvoir « . 

La liberté est-elle un si long et si impossible apprentissage ? 

Serait-ce que pour avoir une société vraiment démocratique, il faut chercher la solution au plan individuel à partir de la Charte des droits de la personne ?  Est-ce que Rousseau avait raison en affirmant que l’homme naît bon et la société le corrompt ?  Ne serait-ce pas plutôt que l’homme naît ni bon, ni mauvais, mais qu’il est la somme d’énergies en devenir qui deviendra bonne ou mauvaise, selon le milieu dans lequel elle se développe ?  Freud appelait ça être pervers polymorphe.  Le Candide de Voltaire n’est-il pas plus vivant et plus présent aujourd’hui qu’on le pense ?  L’éducation n’est-elle pas le germe de la démocratie ?  Sans éducation, pas de démocratie.  La Charte des droits n’est-elle pas devenue une arme de plus dans l’arsenal de la mafia ?  Cette charte doit protéger l’individu, et non, les religions et le crime organisé. 

La religion doit avoir le droit d’exister, mais elle doit se soumettre à l’état et s’occuper uniquement de spiritualité.

Spirale intraprojective (présentation)

septembre 6, 2020

Spirale intraprojective est un essai tiré du Cd L’insoumis.

L’insoumis est un CD qui renferme la majorité de mes romans. Il commence par une série de notes sur la vie.

Pour la suite des textes, je vais publier un essai qui s’intitule Spirale intraprojective.

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La révolution est une désobéissance civile.  Elle ne peut pas être violente, car la violence perpétue la domination.  La révolution consiste plutôt à changer les règles, modifier l’environnement, afin que chaque individu puisse ensuite s’autodéterminer et vivre heureuxJean Simoneau


Le but de la vie est d’être heureux. Aristote.


Être heureux, c’est être satisfait de soi, de la vie que l’on a menée.
Jean Simoneau



La loi des lois : Aime ton prochain comme toi-même pour l’Amour de Dieu.
L’Évangile.


Tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination, Vivre et laissez vivre. Jean Simoneau, Bordeaux Beach.


La censure de l’Association des auteures des Cantons de l’Est et de l’UNEQ à mon endroit est une régression vers l’ère de la censure, de l’index, de l’omerta, de l’Inquisition.
 L’expression d’un Québec borné. Jean Simoneau


La répression sexuelle des jeunes sert à détourner l’attention des crimes violents et économiques.
Jean Simoneau


Le Québec est malade dans sa façon d’aborder la sexualité chez les jeunes. On les surprotège, on les infantilise, en répandant la paranoïa entretenue par les féminounes et le discours religieux.  Le sexe est un plaisir et non un crime.  Si on mettait autant d’efforts à combattre la violence que la liberté sexuelle, les guerres, le colonialisme, l’aliénation, la discrimination, seraient moins possible. Ton rapport à ta sexualité détermine ta vision de la vie.

Jean Simoneau

Richard Martineau n’a jamais eu l’honnêteté professionnelle de s’excuser, malgré les preuves qui lui ont été fournies à l’effet que je dis dans mon livre que je suis contre la pédophilie.  Je ne suis pas un pédophile  (invention féminoune), mais un pédéraste. Jean Simoneau
 
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Spirale intraprojective ou Voyage au bout de ma folie (dans la version originale). 

Ce livre a été écrit en prison, vers l’an 2000, après une condamnation en 1996 de neuf mois pour des attouchements sexuels sur un jeune garçon que j’avais amené en voyage. Je ne sais pas si cette condamnation est strictement un geste politique, car j’étais politiquement très actif durant la période référendaire. De plus, à cette époque, je combattais la partition. Ceux qui votaient NON voulaient quand même être partie de Canada, faisant du Québec un gruyère.

Les parents du garçon, des Mormons, étaient en procès pour un divorce et la garde des enfants. La police a dû kidnapper les jeunes, (un garçon et sa petite sœur) sous prétexte que la maison était  trop sale, pour m’inculper, après avoir interrogé le petit gars durant des heures, sinon des jours.  D’ailleurs, son père eut le choix entre signer une plainte ou perdre la garde de son fils.  Le jeune Mathieu fut tellement traumatisé qu’il vint me voir, durant le procès, pour s’assurer que je ne lui en voulais pas et qu’il pourrait revenir en voyage avec moi.

On aurait surtout voulu me punir pour avoir été identifié au FLQ au cours des années 1970. Ce qui constituait un danger de récidive pendant que le fédéral acceptait la loi de la clarté et que certains prétendaient redonner naissance au FLQ. Je décriais cette possibilité, car à la fin de sa vie, le FLQ était infiltré par la police. 

Aie-je été enfermé pour l’avoir touché ou pour mes actions politiques ? Je ne le saurai vraiment jamais.

Accusé de pédophilie, tu deviens un mort-vivant, car tu ne peux même plus faire de bénévolat.  Jusque-là je pensais que je pouvais être taré parce que c’est difficile d’admettre que la pédérastie est normale, mais ce geste judiciaire m’a fait comprendre que je ne le serai jamais autant que le système et ses féminounes.

Ce sont les délires qui surgissent normalement quand on va en prison. Le but fondamental de la prison demeure de vous briser intérieurement, de vous soumettre. 

Ce livre s’intitulait d’abord Voyage au bout de ma folie. Il a été reformulé sous le titre de Spirale intraprojective. (Voir page 587)

Cicatrice à l’âme 9

septembre 5, 2020

Cicatrice à l’âme 9
(pp. 72 à 83)
Tiré du livre Laissez venir à moi les petits gars, par Parti pris, en 1981

C’est ça d’un coup que faisait revivre la prison. Une vie à se découvrir cloche en tout, impuissant dans tous les sens du mot. À nouveau pour la deuxième fois, comme à 15 ans, je me voyais dans le grand miroir : un être déchu, brisé seulement parce qu’il commit à un moment donné un christ de péché qui s’appelait l’impureté.

C’était comme à 16 ans, avec en plus, un dégoût croissant, proportionnel au degré de déchéance, d’expériences amoureuses et de fonds de bouteille, avec le désir de plus en plus ancré de me suicider ou de me faire tuer, n’ayant pas le courage de le faire, avec la peur panique de ces instincts devenus indomptables.

Il ne me restait plus qu’un moyen pour venir à bout de moi : faire de la prison et m’enfermer dans un monastère, souhaitant mourir le plus tôt possible. Le seul moyen de dominer mes instincts me semblait d’empêcher la tentation et, s’il le fallait, de m’empêcher de vivre.

J’ai obtenu la permission des gardiens d’écrire à mon directeur de conscience et à la trappe d’Oka pour y obtenir mon admission. Cependant, j’ai dû prendre deux semaines pour le faire puisque nous n’avions droit d’écrire qu’une fois par semaine,

Mon Père,

Après plusieurs années de ma vie dans le péché, grâce à l’implacable justice de Dieu, je paie présentement mes dettes à la société. Je purgerai mon esprit pendant je ne sais combien de temps de toute tache d’impureté. Puisque j’ai corrompu tant de jeunes garçons, je me dois pour le reste de ma vie de m’isoler du monde pour me permettre de prier afin de m’assurer que ces pauvres garçons n’aient pas tout au long de leur vie à souffrir de mon mauvais exemple. Ah! S’il fallait qu’un seul enfant se damne à cause de moi. Je préférerais être damné à sa place. Aussi, je me dois de disparaître à jamais du monde puisque je suis corrompu jusqu’à la racine. Je ne peux plus voir un garçon sans être assailli par mille et une mauvaises pensées. Je ne peux rien faire pour m’en empêcher et, chaque fois que la situation me le permet, je succombe. Je voudrais être exorcisé puisque la confession ne suffit pas. Je prie, je vous en supplie d’en faire autant, pour que Dieu permette ma mort afin que je cesse de faire autant de mal, malgré moi. À ma sortie de prison, pour me défendre et protéger les autres, je vous prierais de m’accepter dans votre institution.

Le temps se déroulait avec lenteur. Je craignais la folie puisque je me sentais un peu comme dans un voyage dans un monde étranger, les milles dans le temps me semblaient longs à parcourir et le temps ne coulait plus. Émotivement immobilisé, sidéré, je priais sans cesse pour ne pas avoir de mauvaises pensées et m’adonner au péché.

Le samedi, j’aurais aimé vérifier ce qui se passerait lors de mon émission de radio, mais j’étais trop occupé à prier, j’y ai pensé trop tard.

Le dimanche, à ma grande surprise, les gens chez qui j’habitais au Petit Lac vinrent me rendre visite. Pour eux, ce n’était pas important que je sois pédéraste, j’étais demeuré un être humain, et surtout, un bon gars.

Il était étrange de parler à quelqu’un à travers deux grillages, séparés par un corridor, avec un garde qui écoute ce que vous dites en plus des micros possibles. Avec l’habit du prisonnier, vous êtes drôlement gênés. Je les ai longuement regardés, perdu dans mes prières, avant de parler, pendant cinq minutes, de banalités. Ces gens ne sauront jamais jusqu’à quel point ils m’ont fait plaisir. Ils prouvaient par leur présence que je n’étais pas un salaud, mais un être sensible, qui ressent la solitude et la condamnation, peut-être même plus intensément que quiconque. Ces gens qui ne me devaient rien, qui avaient pourtant un fils de 13 ans avec qui j’aurais pu jouer aux fesses, venaient me rassurer, m’affirmer que je restais un bon garçon, malgré ce handicap, somme toute, pas si important que ça. J’étais bouleversé. J’ai alors pensé que les vrais chrétiens sont ainsi : ils ne font pas qu’aller à la messe le dimanche, mais ils pardonnent, ils sont tolérants, ils aiment les autres. Ce ne sont pas des fanatiques de la lutte contre l’enfer et le péché, mais des êtres fidèles, sincères et authentiques.

(Mon seul commandement est de vous aimer les uns les autres)

J’ai profité de mes temps libres au début de la semaine pour écrire une longue lettre à mon directeur spirituel.

« Mon Père,

Que Dieu soit loué! Je ne ferai plus de mal aux jeunes. Je suis en prison, heureux de payer ma dette envers la société.

J’aimerais avant de vous entretenir de mon sort, vous charger d’une mission. Mes parents souffrent beaucoup de mon arrestation. Je voudrais que vous leur écriviez et possible que vous leur rendiez visite. Je sais que vous sauriez trouver les mots qu’il faut pour qu’ils acceptent cette pénible situation. Penser aux souffrances que cela crée dans ma famille : c’est le plus lourd fardeau que j’ai à porter. Comme j’ai été méchant de ne pas avoir songé à eux avant mes plaisirs égoïstes. Je vous en supplie, faites-leur la grâce d’obtenir une consolation dans une aussi pénible situation. Vous savez, vous, qu’il m’est possible, si je le veux, d’endurer les pires sacrifices ; mais qu’il m’est intolérable d’être à l’origine du malheur des autres. Que Dieu me punisse jusqu’à la mort s’il le faut; mais qu’au moins, il épargne ceux que j’aime.

Si tel est mon désir de me racheter, je ne vous cache pas que souvent je mets en doute ma sincérité. Je n’arrive vraiment plus à savoir si je suis coupable de tous les crimes dont je suis accusé. Il n’y a qu’un moyen de mettre fin à cette attraction pour les garçons : me tuer. Tout a échoué autrement. Ce n’est pas une question d’efforts ou de volonté, mais un état.

Oui! J’ai beau examiner la situation sous tous ses angles, je n’arrive pas à me condamner totalement. Si vous saviez combien je souffrais moralement. Je vous ai raconté tous les efforts faits pour m’en sortir et tous les échecs qui ont suivi. J’aurais dû m’enfoncer avant dans un cloître puisqu’il m’était impossible de résister à cette passion qui me pousse vers tous les garçons qui me fascinent par leur beauté.

Ce n’est pas de l’amour, mon père, je les adore. Que Dieu me pardonne ces paroles, mais je ne peux conserver ces fautes sur la conscience plus longtemps ainsi que mes craintes,

Comme vous aviez raison de me mettre en garde contre les effets néfastes de la passion pour les jeunes garçons. Je me rappelle vos prophéties disant que si je n’apprenais pas à me maîtriser cela me conduirait à la prison ou à la folie, à trahir mon pays.

Je n’ai jamais oublié vos paroles. Comme j’ai eu peur par la suite? Plus j’avais peur, moins je pouvais me contrôler. Après vos paroles, ce ne fut jamais plus pareil. Chaque aventure était suivie d’une peur intenable. J’étais plusieurs jours à craindre de voir les policiers survenir et m’arrêter. Chaque fois qu’une auto de la police tournait autour de moi, je m’imaginais avoir été trahi. Cette peur a modifié amplement mes rapports avec les jeunes. Quand j’arrivais à avoir une expérience avec l’un d’eux, tout se passait comme dans un rêve. Je perdais toute notion du temps et de l’espace, goûtant ces rares minutes comme si immédiatement après j’allais être condamné à mort. C’est probablement cette

peur qui engendra des tremblements de tout mon être quand je regardais pisser un jeune ou qui créa cet état de félicité parfaite quand je parvenais à aller plus loin avec lui…

Je me rappelle qu’après chaque tentative, j’attendais pour voir s’il bavasserait. S’il ne parlait pas parce qu’il était gêné d’en parler ou parce qu’il avait aimé l’expérience, il devenait pour moi un être avec qui je parvenais à communiquer. Je m’éprenais de lui et je cherchais automatiquement à le revoir. C’est comme si en ne me dénonçant pas, il fournissait la preuve qu’il m’acceptait intégralement. Je perdais toute espèce de peur et je me retrouvais en lui, avec lui, une vie qui m’abandonnait dès qu’il était absent. Avec lui ou avec eux (puisqu’il y en a eu des centaines), je peux être moi-même jusque dans les détails quotidiens. J’aimais tellement leur présence que je n’avais qu’une idée en tête : les revoir, passer ma vie avec eux. Les inonder de tendresse.

En leur absence, je souffre d’une solitude asphyxiante. Je perds toute ma sécurité et tout ce qui me permet d’être heureux. Vous savez, m’ayant écouté à maintes reprises, combien je perds le goût de vivre, combien je retrouve avec acuité un sentiment intolérable de mépris de moi et le sentiment d’être profondément humilié, inférieur et vicié jusqu’à la racine quand je ne suis pas avec eux? Leurs rencontres sont des îlots de bonheur, des espaces dans le temps, où je me sens être à l’image de Dieu. Un être aimant. Malheureusement, il ne m’est possible de vivre aussi intensément et heureux que dans ce que vous prétendez un vice. J’espère que vos prophéties s’arrêteront là, car je ne voudrais pas devenir fou et encore moins trahir mon pays. Je sais que la peur de ces éventualités me hantera longtemps puisque vos prédictions quant à la prison se sont réalisées. J’ai peur de la fatalité au point d’en être victime.

Vous savez, avant mon arrestation, j’étais fier de voir venir ce sacrifice puisque j’avais peur de devenir un maniaque comme Léopold Dion et de tuer un jeune avec qui je me serais laissé aller, par peur d’être dénoncé. Vous ne savez jamais ce que la peur peut créer. Dion tuait peut-être les petits gars parce que c’était la société punitive qu’il tuait à travers l’enfant ainsi que lui-même. En tuant l’enfant, il s’auto punissait, en souhaitant être lui-même tué à la suite de ce geste, ce qu’il n’aurait pas pu faire lui-même. Dion était rendu au suprême degré du dégoût de l’absurde de sa vie et du désespoir… pas même les psychiatres, les prêtres et encore moins les forces de l’ordre comprennent la pédérastie.

Pour protéger des queues, ils sévissent jusqu’à ce que le pédéraste tue ou se fasse tuer. Personne ne veut comprendre au bout, le fond du problème. Si Dion n’avait pas été incarcéré au début, si la prostitution avait été légalisée et accessible à peu de frais, les quatre petits vivraient encore. Si les journaux ne parlaient pas de Dion, d’autres ne seraient pas traumatisés par cet exemple et poussés à répéter ce geste rituellement, si la peur conduit à la folie. La peur est la pierre angulaire de la violence. Elle fait perdre tout contrôle. C’est par peur de devenir un second Dion que je suis heureux d’être en prison. Je suis plus en sécurité ici contre moi qu’en liberté. Je ne voudrais jamais être amené comme lui

à un tel degré de folie que je doive d’abord tuer la société dans leur corps, avant de leur faire l’amour.

Je ne me serais jamais laissé aller à ces extrêmes puisque je suis viscéralement contre la violence ; mais étant très influençable et obsédé par la peur de me faire poigner, on ne sait jamais. La folie est comme le ixième coup de marteau sur la tête. Elle vous arrache des gestes quand il ne vous est plus possible d’encaisser de nouveaux coups. Quel intérêt la société a-t-elle à forcer les pédérastes à se haïr jusqu’au suicide? Faut-il qu’un pédéraste soit psychopathe pour devenir dangereux?

Ayant été trahi pour 25 cents, j’ai pensé me venger comme il m’arrivait parfois de songer à tuer quelqu’un pour anéantir en un geste les humiliations d’une société qui refuse de comprendre. Ce désir naissait à force de me sentir éternellement et irrémédiablement une bête traquée. Ces pensées, quand elles faisaient surface, m’effrayaient et je les repoussais avec un sentiment d’effroi. C’était absurde. Je ne peux vouloir me venger, je les trouve encore beaux, trop beaux pour leur en vouloir. Juste les voir, c’est déjà une félicité.

J’aime tellement les petits gars avec qui je me livre à mes passions que je les excuserais même de me faire fusiller. Je suis entre leurs mains une pâte qu’ils moulent comme ils le désirent. Je ne peux rien leur refuser tant que ça ne va pas à l’encontre de ce que je crois. Non! À moins de devenir fou de peur, je n’aurais jamais pu faire aucun mal aux jeunes. Je les aime trop, même si c’est mal.

Pardonnez-moi et absolvez-moi. J’ai été le plus franc et le plus sincère possible. »

Le temps coulait de plus en plus lentement. De plus en plus atrocement. Un inutile sacrifice fait d’heures passées à revivre ma vie, me condamner, des heures à rechercher la faille, la minute qui légitimerait mon emprisonnement et me rendrait enfin responsable de mes actes.

Je regardais les murs en songeant au service que je me rendrais en m’y fracassant la tête. Jamais je n’osais. Je m’accusais d’être hypocrite, de ne pas me faire justice. Je me haïssais comme il est impossible de se haïr, tout en ayant un corps qui, ayant fait la fiesta, refusait de se détruire.

La vie n’existait pus. J’étais un cerveau ambulant entre la réalité des quatre tables de la salle commune, quatre tables rondes, avec autour, au bout des tiges de fer rondes, six petits bancs ronds aussi. Une réalité composée d’une dizaine de personnes ne trouvant pas mieux à faire que de jouer aux cartes, discuter pendant des heures de sujets les uns plus banals que les autres, jouer aux dames et rediscuter des mêmes sujets que la veille. J’étais le loup du palace, exécutant toujours les mêmes pas, au même rythme, à la poursuite de la preuve flagrante de culpabilité. Toujours les mêmes mots, des prières récitées, collées

aux mêmes grains d’un chapelet camouflé toujours dans la même poche gauche, à l’arrière de mon pantalon pour éviter les tentations. Le vertige de ces sentiers s’arrêtait devant une petite salle située à gauche, vers l’Est, où se trouvaient deux douches, douches que je repoussais toujours, craignant toujours que le Gros m’y retrouve et m’encule; ou encore, dans la petite salle, toujours à gauche, mais cette fois vers l’Ouest, vers la cour, toujours pareille avec son ciment, où il était possible de se dissimuler dans l’une ou l’autre des trois toilettes ; ce que j’évitais, à moins d’y être contraint par la nécessité, afin d’éviter la tentation de me crosser.

Chaque jour, c’était la même chose. Lever tôt, six heures, je crois. Réveillés par des gardes qui hurlent en frappant les barreaux. Chaque prisonnier s’affairait aussi dans une odeur peu agréable à se rendre aux toilettes vider sa chaudière. C’était la danse des cris et des bruits, mes premières prières jusqu’à ce que je perde le sommeil et commence à me lever plus tôt pour prier les bras en croix. Les pas partaient des cellules, alignées de chaque côté dans cette aile de la bâtisse, dos à dos, donnant chacune sur un petit couloir qui se situait entre les escaliers menant à la cour, escaliers qu’il nous était impossible de franchir à cause des portes de fer. Les fenêtres étaient toutes barricadées de fer.

Après l’opération toilette, c’était le déjeuner. Craignant que les tentations ne deviennent trop impérieuses à cause de Jeannot, j’ai commencé un jeûne. Cette décision me faisait d’autant plus respecter des autres que je distribuais ce que je ne mangeais pas. J’ai petit à petit étendu ce jeûne à tous les repas. Puis, au cours de la journée, deux sorties à l’extérieur. On se rendait dans la cour à travers un passage unique, fermé aux deux extrémités par des portes de fer. La cour, c’était de l’asphalte et un mur de ciment de plusieurs pieds de hauteur. La visite à la cour était attendue comme la liberté. C’étaient quinze minutes différentes des autres. Au moins, si on faisait le même trajet, la cadence était moins étourdissante. Parfois, il était même possible d’y jouer au ballon. La cour, c’était, malgré sa gueule d’asphalte et de ciment, différent, ce qui brisait la monotonie de la salle commune puisque les prisonniers qui habitaient les deux étages  se  rencontraient.   C’était   l’aventure,   comme   l’arrivée  d’un nouveau.

Un nouvel arrivant était nouveau une journée ou deux puisqu’en peu de temps il était possible de saper chaque seconde de sa vie, de les discuter, de les confronter  et  de  tirer  le  portrait  exact  du  nouvel  ami  ou  du  nouvel ennemi.

Je ne me livrais pas à ces examens, j’étais seconde après seconde replié dans mes souvenirs, comme un coffre mystérieux afin de m’accuser davantage. Et pourtant, mes cent pas, mes longues prières n’y parvenaient pas facilement, comme en fait foi cette autre lettre à mon directeur de conscience; la quatrième lettre était pour ma mère que j’ai toujours profondément aimée ainsi que mon père.

Mon Père,

J’ai beau prier, chercher en moi le mal, mettre en doute jusqu’à mon honnêteté, je ne parviens pas à croire totalement dans ma méchanceté. Je me sens surtout victime d’une situation. Est-ce ma faute si à quatre ans, j’aimais déjà le sexe? Est-ce ma faute si je n’ai compris que bien plus tard ce qu’est le péché d’impureté? Ah si j’ai souffert de cette découverte! J’ai bu et je me suis révolté contre religion et famille; mais n’est-ce pas une condition normale chez une personne qui se sent sans cesse rejetée, chez quelqu’un qui n’a pas la force de faire face à la réalité? Moi aussi, j’étais un enfant. On m’a violé en introduisant le péché de la chair…

Eh oui ! Je n’arrive pas à croire que je fasse mal aux jeunes en les introduisant à l’impureté. Aucun de ceux avec qui je me suis livré à mes supposés « bas instincts » n’a mal tourné. Ils réussissent tous à vivre heureux. Je suis seul à demeurer prisonnier, probablement parce que je suis le seul à me culpabiliser.

Je ne peux pas voir en quoi aimer quelqu’un peut être négatif, si ce n’est par désobéissance aux règles fixées par la société. Je les aime, mon Père. Je les aime à ne pouvoir résister à leur toucher, à les découvrir en tout. Je les aime à n’avoir d’apaisement qu’après avoir bu la liberté avec eux puisqu’alors il y a à jamais un secret qui nous unit. Je ne vois pas en quoi de telles expériences peuvent leur nuire.

Habituellement, au contraire, de telles relations nous placent sur un pied d’égalité. Nous sommes complices. Deux contre les adultes. Vous savez très bien que si je leur faisais mal, je préfèrerais mourir plutôt que de continuer. Je pense parfois que l’on exagère la gravité de cet amour de la chair parce que tout le monde est attiré par elle et chacun par ce stratagème arrive à se le cacher. Quelle différence y a-t-il entre être possédé par le corps d’une femme ou celui d’un garçon? N’est-ce pas une obsession aussi? Vous me direz : « tu en souffres et tu communiques ton mal, voudrais-tu que d’autres subissent ces mêmes remords? » Justement. Si l’on n’en faisait pas tout une histoire, je n’en souffrirais pas. Si cela n’était pas défendu (on ne sait même pas pourquoi), je n’aurais profité que des profondes joies que cela m’apportait. J’aurais été profondément heureux d’aimer avec une telle violence ceux qui m’attirent.

(L’amour, c’est donner sa vie pour ceux qu’on aime.)

Vous savez comme moi que, somme toute, la défense de toucher l’appareil génital de l’autre, s’il accepte, c’est stupide. Pourquoi interdire de se toucher la pissette et non le nez? C’est aussi une partie du corps. Pourquoi bafouer un instinct et une curiosité, somme toute plus forte que tout? Une curiosité savamment nourrie par l’interdit…

Je n’arrive pas à y voir du mal. Plus j’y songe, moins je comprends. Le Christ n’a-t-il pas défendu une putain? Ne demande-t-il pas d’être comme les enfants? Les enfants ne sont-ils pas des êtres pour qui naturellement le péché de la chair n’existe pas dans l’assouvissement de leur curiosité et de leur penchant sexuel à moins que les adultes ne leur aient implanté leurs

« scrupules »?

Quand je songe au « mal » que j’ai fait aux garçonnets, je ne peux m’empêcher de me rappeler le feu de leurs regards, la joie épanouie sur leurs sourires, la fierté et l’amour qui nous enivrait pendant et après ces péchés. Je ne connais personne ou presque qui ait par la suite souffert de nos relations. Ils ont toujours été plus épanouis, moins hypocrites, plus joyeux, probablement parce qu’ils ne se laissaient pas dévorer de remords comme moi et ce qui me semble plus naturel puisque nous n’y voyions alors pas de péchés. Nous  nous  cachions pour le faire instinctivement comme fumer une cigarette, les adultes se réservant des plaisirs pour se distinguer des enfants. Égoïsme? Je ne crois pas puisque j’ai toujours gardé un respect, pour ne pas parler d’une sorte de fascination envers tous mes camarades de jeux. Je me sens à jamais leur amant, même s’ils sont nombreux. Est-il égoïste de faire partager aux autres tout ce qui nous a rendus heureux? Peut-être? En gardant pour moi seul les remords.

Je ne sais plus si ma conversion de prison n’est pas davantage de la folie que mes péchés. Je vous avoue souffrir le martyre et préférer crever quand je songe à la peine que je crée pour mes parents. Pour tout oublier, je prie. Ainsi, je ne pense plus.

(Les Jésus Freaks, les créditistes, le marxisme, la méditation bouddhiste ou autres ont les mêmes fins : faire oublier la réalité. Nous faire nier notre nature. )

Aimer, c’est ce qui est important dans la religion et pourtant les enseignements de cette même religion nous amènent à haïr tout le monde, sauf ceux qui partagent notre idéologie. Je ne comprends pas comment, sans être hypocrite, il est possible d’être charitable et en même temps de mépriser communistes, protestants, musulmans et mauvais catholiques.

Tout au long de ma vie, la religion a été incompatible avec l’enseignement et la pratique et c’est pour cela que je me suis révolté contre l’Église. Par amour de Dieu. Je ne peux admettre que l’Église soit si riche alors que tant de gens crèvent de faim. Je ne puis admettre que l’on tue en prônant une religion d’amour. Dans mon enfance, j’ai eu des amis protestants. Ça a toujours été une guerre avec la famille pour leur demeurer fidèles. Que de soirées j’ai été puni, enfermé dans ma chambre, pour m’empêcher de voir mes amis. Ah! Si je me rappelle avec quel pincement au cœur j’ai commencé à mettre en doute la justice divine puisqu’elle permet que par ignorance, tant de gens n’aillent pas au ciel. Comment accepter la damnation de gens que vous aimez, de gens qui vous parlent de Dieu avec plus de foi que celle rencontrée souvent chez ceux qui les condamnent. C’est ignoble de penser, avec combien de haine l’on a su nous empoisonner les cerveaux face aux étrangers parce qu’ils dérangent nos croyances et nos traditions. Qui nous prouve que nous avons plus raison qu’eux?

Je les ai peut-être trop aimés. Je me rappelle parfaitement les liens qui m’ont uni à Raymond et qui n’avaient rien de génital, mais plutôt cette sorte d’envoûtement de la nouveauté, de l’étrange et de la découverte.

Que d’heures agréables j’ai passées à apprendre que hors notre pays des millions d’autres gens vivent différemment. J’aurais pu écouter toutes ces histoires de pays où les gens sont tassés les uns sur les autres, où déjà la guerre est survenue comme un cancer pendant des années. Des soirées durant, j’ai montré des paysages, j’ai aimé des couchers de soleil et des nuages avec eux ; pendant de longues sessions, j’ai appris l’existence de cinémas et de théâtres et j’aurais dû fuir parce qu’ils étaient protestants… Finis aussi les jeux de cosmonautes.

(Tu aimeras ton prochain comme toi-même)

Raymond m’a pénétré de sa voix, de ses gestes, comme jadis Galen et sa famille m’avaient initié à la musique. C’est par fidélité que j’ai fait les 400 coups qui m’ont mérité mon renvoi du juvénat des Pères de Saint- Paul parce que je ne voulais pas être séparé de Raymond, dont la famille devait fuir à l’Ouest, sans le revoir, sans refumer à la cachette une cigarette avec lui, faisant tomber en même temps le rêve de ma mère d’être son curé. Et Patrice, est-ce si grave que je sois tombé amoureux de sa voix et de ses yeux. Que de chicanes ai-je dû endurer pour le fréquenter. Que de scandales quand son père me parlait contre les curés et mon grand-père qui me traitait de vaurien parce que je n’acceptais pas de les quitter, ayant trop peur de mourir de chagrin de ne plus revoir le petit… De mauvais communistes. Comment me suis-je fait traiter de fois de fifi en classe par les filles à cause de Patrice? Comme j’ai dû me révolter contre l’école, en être expulsé, manger des coups pour l’aimer, lui demeurer fidèle. J’ai adoré Patrice… sa voix et son petit accent français.

Oui! Je me suis révolté contre cette religion qui m’enseignait la charité et qui pour être bien pratiquée exigeait que je haïsse une bonne partie de l’humanité. Je suis mêlé. Je ne sais plus ce qui est bien et mal, mais comment faire pour comprendre quand l’agir est différent de l’enseignement? Est-ce ma faute si j’ai cru tout ce que l’on m’enseignait  du Christ, que je voulais imiter le plus parfaitement possible, et si je me suis révolté dès que je me suis rendu compte que dans la vie quotidienne, il en était tout autrement? Le Christ ne vivait-il pas et n’aimait-il pas les bandits de son temps? N’a-t-il pas été le premier à s’élever contre l’hypocrisie de la religion et son époque et de son pays?

(Sépulcres blanchis, vaches du dimanche.)

Je voudrais bien être un bon catholique, mais je ne peux m’empêcher de me révolter devant autant de haine, de bêtise et de conservatisme. Je suis fait pour l’amour et non la guerre.

(Il chassa les voleurs du temple et pleura sur

Jérusalem)

Il me semble avoir fait ce que je devais pour être un bon gars, un gars correct et je me suis sûr que de poigner le cul à un petit gars ne peut que lui faire du bien, si les deux sont consentants. Je ne vois pas pourquoi je serais damné ou même un mauvais gars. Nous le faisons tous. La violence est certainement un acte beaucoup plus répréhensible. Je ne peux m’accuser que d’avoir aimé. Bien ou mal, c’est une autre affaire. Un problème de responsabilité et non de morale.

J’étais mieux de prier puisque sans ces répétitions d’Ave, c’est avec un plaisir exquis que je me rappelais ces scènes d’histoires d’amour rejaillissant de mon enfance. Je me rappelais particulièrement bien mes aventures avec les garçons d’une famille, habitant près du village. Nous avions tous entre 10 et 17 ans. J’ai commencé par jouer avec les deux plus vieux qui m’intriguaient comme tous les garçons de cet âge. Gaétan devait avoir à peu près 14 ans. Nous étions toujours pliés de rire quand celui-ci enlevant son pantalon exhibait une toute petite queue de deux pouces environ soutenue par une immense poche, fortement disproportionnée. Cela nous amusait plus que n’importe quel jeu que nous aurions pu inventer, d’autant plus que cette énorme poche était complètement flasque. Son frère était bien proportionné, mais n’attirait pas tellement mon attention, étant détourné parce qu’il était surexcité, criard et vite éclipsé par la beauté de son frère cadet. Celui-ci était d’une beauté pas possible. Je l’adorais. Son agilité et son allure de petit chevreuil me fascinaient. Ses grands yeux bleus me hantaient, mais certes encore moins que son rire. Ce rire qui m’a si souvent et profondément troublé. Ce rire si beau qu’il se répercutait même jusque dans ses regards. Ah! Que j’ai aimé ce rire! Il rivalisait bien avec la beauté de ce petit corps qu’il m’exhiba qu’après plusieurs visites chez le docteur. Il était beau de partout avec son petit corps de douze ans et ses petits trois pouces qu’il montrait avec fierté. Que d’attachement j’ai ressenti à son égard. Je l’aurais voulu toujours avec moi. J’aurais voulu toujours répéter ce geste de descendre à toute allure à bicyclette, mes doigts contre ses côtes, au risque de me casser la gueule. Mes mains se frayaient un chemin jusqu’à son pantalon vite gonflé. Il a été un  de  mes grands  amours;  c’est  pourquoi  je  devais cesser de me le rappeler, car ma conversion aurait vite fiché le camp.

Cicatrice à l’âme

septembre 4, 2020

Cicatrice à l’âme 8


Tiré du livre Laissez venir à moi les petits gars, publié par Parti pris, Paroles 58,1981.

Sortant tard, buvant beaucoup, cherchant passionnément et sans succès femmes ou garçons, sentant les autres pensionnaires prendre ma place du fait que l’hôtesse ne me devait plus de vivre décemment, en chicane perpétuelle avec mon patron parce que je refusais son autorité, haï des patroneux, je devins de plus en plus agressif.

Ma révolte insécurisait la pauvre dame. Je ne ménageais pas mes paroles quant à sa manie de passer la journée, les portes verrouillées, toiles baissées de peur de se faire violer.

Par ailleurs, mon compagnon m’avait tellement entraîné à rechercher des femmes que j’ai commencé à prendre les grands moyens pour me défouler. Le soir, faute de femme, je mimais, avec mes couvertures femmes ou avec mes mains, de faire l’amour. Je régressais dans ma vie, retrouvant un plaisir de mes treize ans. Je trouvais délectable de me concentrer au point de me ressentir physiquement tout jeune, avec un corps de douze ans. Je m’usais à ce jeu, n’arrêtant qu’une fois absolument épuisé. Après plusieurs mois, même si nous courions pratiquement tous les clubs, sans succès, à la recherche de femelles faciles, je recommençai à m’intéresser aux garçons. Je m’occupai de la promotion  du  hockey  mineur  et  j’entrai,  pour  des  raisons  sociales,  dans  la

J.O.C. C’est d’ailleurs par le biais de ce mouvement que je me trouvai  à nouveau confronté au parti libéral alors que dans la Jeune Chambre, j’essayais de vendre l’assurance hospitalisation. J’avais pensé tout un système, mais je faisais rire de moi puisque dans mon projet, il fallait nationaliser les bonnes sœurs.

Faute de trouver une proie à Victoriaville, je me servis d’une amie pour assouvir mes besoins.

Je fréquentais à intervalles irréguliers une jeune fille depuis des années. Je ne sais si je l’aimais vraiment, mais je le pensais. J’étais devenu un vrai cochon. Elle me trouvait complètement transformé depuis mon séjour à Lac-Mégantic. Je m’épuisais  en  vain   à  vouloir   lui  faire   partager   mes   désirs   de couchette.

J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. Je l’invitai chez moi, une fin de semaine, ayant tout manigancé pour coucher avec elle. Dès le premier soir, j’ai profité des lieux. Il y avait en haut ma chambre et celle de Bernard, séparées l’une de l’autre par un rideau; en bas, la chambre de la dame. J’exigeai que mon amie couche dans mon lit alors que je coucherais avec Bernard. La dame s’y opposant, voulant qu’elle couche avec elle, je m’engueulai. Rejetant complètement la politesse, je les traitai de lesbiennes. J’eus gain de cause.

Au cours de la soirée, je me glissai dans mon lit, et, malgré les protestations de mon amie, je la pénétrai comme je l’avais longuement prémédité. Je retournai ensuite me  coucher  avec  Bernard  avec  qui  je   me  livrai  à  d’autres  plaisirs.

J’ai ensuite laissé choir cette amie. Une honte, qui me poursuivra longtemps, s’installa au fur et à mesure que je réalisais à quel point j’étais rendu bas, esclave de mes instincts.

Après cette aventure, j’eus « le bout » tellement en sang que je dus me tenir tranquille un certain temps.

Peu après cette kermesse, je tombai en amour avec Simone, une des filles de la dame chez qui j’habitais. À cause de ma grossièreté et de mon arrogance, avec les pressions de sa parenté, Simone me laissa choir petit à petit. Je n’en ai pas eu trop de remords : après tout, elle était austère dans sa vie sexuelle, et somme toute, elle n’était pas si belle que ça.

J’étais épuisé par mes sorties et mes longues heures de réflexion sur la nécessité d’une révolution au Québec. J’étais absorbé par les réformes à apporter au système électoral, aux moyens à prendre pour assainir nos mœurs politiques et prouver aux Anglais notre capacité d’occuper la place à laquelle nous avons droit, j’étais même farouchement anti séparatiste.

Je tentai d’écrire un livre sur le sujet.

Je rêvais alors de devenir un jour premier ministre. J’étais persuadé que j’y parviendrais à 27 ans, mais qu’en publiant cette dénonciation, je me condamnais à devoir abandonner ce rêve tout en risquant la prison pour oser dire la vérité. Je pris mon courage à deux mains, j’écrivis trois chapitres et les envoyai aux Éditions de l’Homme. Les lecteurs ont dû rire comme des fous en lisant ce texte. On le refusa poliment, disant que je n’apportais rien de nouveau.

J’ai alors rencontré Jimmy. Un très beau garçon de 17 ans. Grand. Blond. Un corps semblable à celui des jeunes grecs. Je l’initiai aux plaisirs de la chair.

Tout en lui faisant part de mes obsessions, dont celle d’avoir un enfant, devenir quelqu’un d’important pour me consacrer au bien du pays, je rêvais souvent au petit qu’Yvette aurait eu si elle ne s’était pas fait avorter. Quand Jimmy n’y était pas, je jouais avec un autre pensionnaire intéressé ou j’allais à la recherche d’un petit amant. Je » trôlais « tout autant les filles pour avoir » mon « enfant. Je me voyais déjà le promener, main dans la main, lui enseignant tout ce qu’il y a de beau et de joyeux dans la vie. En l’absence de cet enfant, Jimmy prenait sa place.

Je me rappelle ces soirées à l’embrasser sur tout le corps, à admirer son adorable visage. J’adorais Jimmy. Il était la campagne sauvage, chaude, en pleine ville.

Avec lui, je me livrais à tous mes caprices et il me le rendait bien. Il parvint à me faire oublier tous mes amours antérieures dont particulièrement celle d’un jeune garçon de Coaticook qui m’avait littéralement hypnotisé. Avec Jimmy, je prenais conscience de mon territoire. Je n’admettais plus que la dame fasse irruption dans ma chambre sans m’avertir. Puis, j’installai Jimmy comme pensionnaire en payant la note de la semaine pour lui. J’en étais follement amoureux et par conséquent, je le voulais le plus souvent possible avec moi. Rien ne comptait en dehors de lui. Je commençai à être plus exigeant, plus chialeur, remettant sur le nez de la pauvre dame (qui n’y comprenait plus rien) de ne pas me permettre de vivre avec Jimmy les fins de semaine, sans payer une pension supplémentaire. J’avais peur de le perdre.

Si ma vie sexuelle, grâce à Jimmy, était devenue satisfaisante, au journal, au contraire, j’avais de sérieux problèmes. Je menais campagne avec la J.O.C. sur les besoins d’une meilleure politique des loisirs. Les politiciens n’aimaient pas tellement mes interventions et les possibilités de plus en plus évidentes que le cercle libéral se fasse malmener par moi. Tous les organismes importants de la ville étaient noyautés par les libéraux. Mes textes ne plaisaient pas à plusieurs.

Non seulement j’avais des difficultés avec les libéraux, mais aussi avec le syndicat des textiles et Jean Marchand, président provincial. Ce dernier, après avoir méprisé les créditistes, se vantait d’avoir bien possédé les ouvriers. Un type qui avait voulu prendre la parole s’était fait ridiculiser. J’étais révolté et je dénonçai Marchand, rapportant ce qu’il m’avait confié alors qu’il était saoul. Cet incident,  même  si  je  fus  ensuite  barré  quant  au  droit  de  couvrir  quelques assemblées syndicales que ce soit, n’aurait eu aucune importance, si le maire  de la place, M. Osias Poirier, ne m’avait pas accusé faussement d’avoir rapporté des propos qu’il n’avait pas tenus, à la Chambre de Commerce .

Il était appuyé par mon patron immédiat qui ne demandait pas mieux que de me voir partir, puisque je lui étais totalement insoumis, refusant d’être son esclave.

Il ne supportait guère mes révoltes contre son attitude. S’il est du droit du journaliste de se laisser acheter, comme c’était son cas, je lui refusais cependant celui de censurer mes textes et l’information en général, et de me faire passer pour un prostitué. De plus, il y avait mes pseudo scandales :

J’étais antireligieux (en parole puisque dans le fond j’étais encore un bon mouton), je buvais beaucoup, et surtout, je me permettais d’engueuler en public les hommes politiques.

C’est ainsi qu’après un discours, je m’en étais pris à Jean Lesage qui venait de déclencher des élections. Je lui avais demandé ce que ferait le gouvernement pour venir en aide aux gens de la Beauce qui avaient perdu environ un million à cause du barrage Gayhurst, à Lac-Mégantic. Devant sa réponse à l’effet qu’il avait à penser à des problèmes plus importants, ayant à administrer des centaines de millions, je lui tombai dans la face, lui disant qu’il était évident que pour lui qui n’avait jamais manqué d’un sou, un million, ce n’était pas grand- chose, mais que pour le petit ouvrier, c’était énorme.

Lesage rougissait autant en m’écoutant que les gens blanchissaient de chaque côté de moi. Offensé, Lesage m’écarta alors que je le traitais de sale bourgeois.

– Je pensais qu’il allait te mettre son poing sur la gueule, me confia un photographe alors qu’un autre journaliste tentait de me faire comprendre qu’au Québec, il ne faut jamais parler ainsi à des personnalités.

Personnalité mon cul! Si j’étais jeune, j’étais quand même assez vieux pour comprendre que ce respect a toujours été entretenu pour exploiter le pauvre. Qu’avait-il, Lesage, de plus que moi, pour se permettre comme Marchand d’envoyer chier les ouvriers? Avec ce léchage de cul, soit pour obtenir une faveur, soit pour éviter la prison, nous avons toujours eu des gouvernements de trous-de — cul qui, pour empocher durant leur règne, jouent avec la vie des gens comme si, quand on n’a pas de fric, on est des galeux. Il faut toujours être polis, les entendre mentir à pleine gueule, fourrer tout le monde, sans dire un mot puisqu’ils ont le système judiciaire pour les protéger, les journaux pour purger le langage. Comment peut-on faire valoir notre révolte contre la pauvreté en s’excusant de dénoncer l’injustice? Quand on a peur de dire d’aller chier à ceux qui nous écrasent, il est difficile de pouvoir se faire entendre ou de passer à des actes plus radicaux. Malheureusement, nous avons tous été éduqués comme des machines à recevoir des coups, les sacrifices de l’économie, les bons chrétiens nés pour souffrir afin de jouir quand il sera trop tard, dans un paradis quelconque, à regarder en pleine face un dieu qui nous a toujours vus crever dans notre misère sans intervenir. J’étais dans mon tort. Un gars du peuple n’a pas le droit de parler, de se défendre, il n’a que le droit d’accepter son sort avec soumission, résignation, dans la joie du sacrifice. La valeur d’un homme se mesure à l’épaisseur de son portefeuille.

J’ai continué ensuite à attaquer la clique libérale, maire Poirier, Morissette, St-Pierre, etc., malgré les ordres formels du chef de notre bureau. Plus j’allais, plus je devenais embarrassant, plus il fallait me faire sauter…

Aussi, j’ai été à nouveau congédié pour  insubordination  et  incompatibilité avec les objectifs du journal. Ça ne me donnait rien de gueuler, le peuple s’est toujours laissé endormir par la notion d’autorité. Si le gouvernement veut qu’il fasse la guerre, il la fait, s’il veut qu’il travaille, il travaille. L’homme est un « ordinateur » d’énergies à dépenser pour le bien de la collectivité. Les Québécois ont toujours aimé leur esclavage puisqu’ils se sentent impuissants à vivre sans autorité.

Je m’en fichais : chômeur, je pourrais être plus longtemps avec Jimmy. Je quittai Victoriaville avec lui « sur le pouce ». L’escapade dura peu de temps. Nous sommes revenus à Victoriaville et Jimmy me quitta pour aller vivre à Montréal, où ce serait plus payant.

Sans lui, je n’avais plus rien à faire dans cette ville. Je la quittai ainsi que le poste de correspondant du Nouvelliste que je remplissais, même si ce nouveau travail m’aurait à peine permis de m’acheter une soupe aux nouilles par jour.

Quant à la dame chez qui j’habitais, je savais que, non seulement elle ne m’en voulait pas de m’être comporté ainsi avec elle, elle m’était reconnaissante de lui avoir permis de rapatrier ses deux filles, rêve qui, sans moi, lui eut été tout à fait irréalisable. Je sais l’avoir bien aidée, mais je m’en veux d’avoir essayé d’abuser de mon intelligence pour obtenir ce que je voulais, même ce dont je n’avais pas le droit : avoir un amant sans payer sa pension de fin de semaine.

De toute façon, je me suis toujours reproché tous mes gestes ayant pour résultats de m’affirmer aux dépens de quelqu’un. J’ai toujours cherché à être parfaitement bon, du moins, dans la mesure du possible pour un humain. J’ai mélangé égoïsme et droit, charité et masochisme. Pour tout le monde, sauf moi, j’étais un gars extrêmement généreux. En bon québécois, ça veut dire que je me laissais manger la laine sur le dos sans dire un mot. Je me donnais aux autres et je n’arrivais pas à excuser qu’en retour je veuille aussi quelque chose, pas grand-chose, juste le droit de pouvoir poigner le cul des petits gars qui me plaisent et qui le veulent bien, sans danger de me ramasser en prison ainsi que de  ne  pas  être  un  vulgaire  instrument  entre  les  mains  des  gens  qui  nous manipulent, au service de leurs intérêts. Je demande le même droit accordé aux grosses poches, même si je suis pauvre et n’ai pas l’intention de me vendre aux conquérants : je vais vivre ma vie, ma liberté.

Ces congédiements ne pouvaient certes pas me redonner confiance en moi; j’en avais pourtant autant besoin que de la beauté d’un gamin.

10

J’ai été condamné à ma naissance à une piètre santé, tout au long de ma vie. Je suis né « crevé », avec un nombril problème. Pour me protéger, m’éviter d’être plus malade, ma mère me recommandait d’être sage, de ne pas me chamailler, de ne pas me surexciter. À dix ans, alors que tous les petits levaient 50 livres au bout de leur bras, j’en levais dix. J’ai pris beaucoup de temps avant de pouvoir prouver que je pouvais en faire autant et même mieux.

À cette époque, je devins un boxeur respectable. Je faisais beaucoup d’exercices. Par contre, dans les jeux de société et d’adresse, j’étais la nullité même. Je me blâmais de mon impuissance alors qu’elle était probablement due au peu de pratique en ce sens. J’avais trop d’arrérages à récupérer pour me permettre de rattraper l’adresse des autres. À cet égard, j’ai manqué de colonne vertébrale. Plutôt que de me rattraper, je me suis donné à Dieu et aux étoiles. À dix ans, j’étais déjà un intellectuel de salon.

J’ai passé plusieurs années, le nez dans les livres à étudier l’astronomie et les sciences. Mon intérêt à cet égard me créa bien des complications. Plutôt d’être écouté, d’être quelqu’un de bien, comme je le souhaitais, je créais un fossé encore plus profond entre moi et les autres. Je ne pouvais pas parler, comme eux, d’autos et de camions. Je n’y connaissais rien, et surtout ça ne m’intéressait pas. D’autre part, mes soirées à examiner les étoiles, mes prophéties grâce à la télévision, affirmant que bientôt l’homme irait sur la lune, ne m’apportaient que mépris et sarcasmes. Au lieu de m’insérer dans mon milieu, j’en étais encore plus rejeté. Seuls les jeux de cowboys, les courses me permettaient d’être à la hauteur, même au hockey, j’avais des problèmes.

Jeune, on m’appelait Chita, le singe de Tarzan. Je n’y faisais pas attention. Plus vieux, on m’appela Gordie Howe, joueur de hockey du Détroit. J’ai commencé à m’identifier à celui-ci à un point tel que la vie m’était rendue impossible ; j’étais incapable de différencier la haine qu’on portait à ce joueur de la haine contre moi. Tout le monde prenait fanatiquement pour Canadien, plus particulièrement Maurice Richard, que personnifiait mon frère Marcel. Je commençai à être jaloux de Marcel qui ne manquait pas une chance de nous démontrer sa supériorité. Du même coup, je ne supportais plus la popularité de Richard et je paniquais dès qu’on parlait contre Gordie Howe. Pour moi, les

succès et les insuccès de Howe étaient miens. Quand Détroit perdait, je m’enfermais dans ma chambre, ne pouvant pas subir l’humiliation de me faire dire :

  • Hein! Le Canadien est le meilleur…

J’étais vexé, non plus seulement de mes incapacités, mais même dans mes héros, dans mes identifications. Même mes idoles étaient rejetées.

Ainsi, devins-je sauvage dans les jeux. Je me fâchais dès que je me sentais vaincu, je frappais pour vrai, pour blesser, pour faire pleurer. Ordinairement, j’étais plus porté à bouder, à créer mon monde à moi, mes rêves.

Un autre phénomène m’irritait beaucoup dans mon enfance, soit la méchanceté des gens envers les animaux. J’ai toujours pris en pitié les vaches à cause de leurs grands yeux tristes. Plusieurs les mènent à coups de banc comme les chevaux. J’avais surtout pitié des veaux.

Mon père tenait une boucherie en plus du magasin. Inutile de dire que ce mode de gagner sa vie ne me plaisait pas particulièrement. Je ne comprenais pas comment un gars comme Ti-Charles Bergeron, le boucher employé par mon père, peut être à la fois si bon et boucher en même temps.

J’ai toujours aimé les animaux et la nature. Pourtant, j’étais assez méchant avec les bêtes qui me répugnaient : serpents, grenouilles, souris, petites bêtes enfouies dans la terre et dont j’avais peur. Je vivais avec les animaux de ferme.

Nous avions, par exemple, commencé l’élevage des lapins. Nous allions cueillir leur nourriture favorite sous des pommiers. Ces animaux tombaient malades et mouraient. Nous cherchions par toutes sortes de moyens de les sauver. Nous en avions entré dans la maison, croyant qu’ils gelaient. Nous les avions enveloppés et mis sur la porte du fourneau. Ils sont tous morts, même le petit angora. Sans le savoir, nous leur donnions des ingrédients empoisonnés. Que de chagrin nous avons eu! Cette expérience nous terrifia : il était ainsi possible de briser la vie de quelqu’un en voulant lui être utile et agréable. Ce fait présentait bien l’image du comment je percevais mes relations avec les autres : alors que je voulais être bonbon, j’étais arsenic.

C’est à partir de cette époque que j’ai probablement connu le plus de peurs et de frustrations. Je m’imaginais être non seulement rejeté dans ma famille, mais aussi par le milieu. C’était certes moins vrai que dans mes souvenirs, mais c’est bien ainsi que je m’en souviens. Disons que j’avais des goûts tellement différents   qu’à   part   jouer   aux   fesses,   nous   n’avions   rien   en   commun.

En plus de croire tout ce que l’on racontait, j’étais d’une sensibilité maladive. Au regard,  je pouvais deviner  une  mine de sentiments.  Par exemple,  j’ai voulu

être pour la première fois recherchiste et écrivain, à la suite d’une projection à la télévision de la vie de Mandrin. Mandrin était un Robin des bois français qui creva sous la guillotine. Après avoir vérifié l’authenticité de son existence, j’avais décidé d’écrire un livre pour restaurer sa réputation. Un homme assez bon pour risquer sa vie pour les pauvres, même si en combattant un régime il se voit obligé de voler, n’est pas un bandit, mais un être respectable, un être à admirer. C’est comme les felquistes, même si on n’approuve pas leurs moyens, on ne peut pas s’empêcher de les comprendre et de les admirer.

Il est facile de saisir qu’il peut exister des gens qui ressentent si profondément la misère et l’humiliation de leur peuple qu’en eux chaque seconde devient une longue crucifixion morale. Il est malheureux que les flics aient infiltré le FLQ pour le détruire et faire passer ce mouvement pour un danger public. Combien de bombes ont été placées par les agents de la GRC au nom du FLQ?

Mon projet quant à Mandrin fut abandonné. D’autres expériences ont su me révéler l’ampleur de l’injustice sociale à un point tel que je ne savais plus où donner de la tête.

Naïf, sensible, j’étais amoureux du monde entier. Je me rappelle les rêves dans lesquels je recevais « un petit Chinois », acheté à la Sainte-Enfance et avec quelle tendresse il devenait mon frère. Je choisissais les images avec précaution et amour. Comme j’aurais aimé vivre avec eux !

Si chaque pointe de colère, chaque mensonge, chaque jalousie et chaque mouvement de fierté, interprété comme orgueil, étaient sévèrement réprimés, je ne faisais pas de sacrifice pour me purifier, mais pour les missions comme Ste- Thérèse que j’admirais beaucoup ainsi que saint François d’Assise. Je priais les bras en croix, je me flagellais et je portais des pois dans mes souliers. Je me privais parfois de sucreries pour le bonheur de l’humanité. J’étais innocent dans toute la force du mot.

C’est dire quel choc ce fut de comprendre un jour, vers 15 ans, l’existence du péché mortel d’impureté. De la sainteté, je passais au rôle de valet

« inconscient » du diable, de possédé.

En une minute, toute ma vie s’écroulait. La seule chose que j’aimais en moi, mon esprit, était aussi vicié. Ma pureté et mon innocence s’effondraient. Je perdais toute notion du bien et du mal. Je n’avais que la religion pour me sentir égal aux autres ou du moins acceptable et cette même religion me chiait dans les mains. J’étais complètement désemparé, désespéré. Depuis toujours, alors que je me croyais un saint, j’étais possédé du diable. Ce fut le moment le plus affreux de ma vie. C’était encore pire que les heures enfermées dans ma chambre pour m’empêcher de rejoindre mes amis parce qu’ils étaient protestants et que les protestants sont des communistes déguisés. Brisé, solitaire,

j’apprenais à me mépriser. Je me révoltais contre mon sort. Je décidai de me détruire.

(Aimez votre prochain comme vous-mêmes pour l’amour de Dieu)

De l’enfant discipliné sortait le démon si souvent refoulé. Pour oublier ma honte, je commençai à voler pour boire. Je ne pouvais plus sauter un samedi sans mon rye.

Je suis devenu, influencé par un camarade, chef d’un groupe créé pour briser et voler. J’ai accepté de partager la codirection, à condition que les nouveaux membres aient à se déculotter pour en faire partie. Je me fichais de tout. Au fond de moi, je me sentais hypocrite d’avoir été si longtemps pécheur en me croyant un saint. Comment me faire confiance si je me trompe aussi grossièrement sur moi? La Vérité n’existait plus. Il me semblait devenu impossible de savoir quand on se ment ou pas. Je me haïssais puisque malgré mes sacrifices, je continuais d’aimer la chair. J’étais impuissant à maîtriser mes tendances. J’avançais dans le mal.

(Les disciples d’Emmaüs étaient tristes. L’armée de Jésus avait été écrasée à Jérusalem.)

Je me sentais si malheureux qu’un ami entraîné par un copain se mit à me vendre ce qu’il appelait de la drogue. Je volais mon père pour acheter ce breuvage qui devait me rendre fort, intelligent et me faire oublier la vie vraie. J’ai su, plus tard, qu’il s’agissait de toutes sortes de remèdes mêlés ensemble. J’ai commencé à perdre la mémoire. J’oubliais même ce que je faisais la veille. Je m’en fichais. Tant que ce n’était pas souffrant, tous les moyens pour me tuer étaient bons : n’étais-je pas qu’un perverti?

J’avais aussi pris le goût du petit bandit. Je me sentais plus capable de faire face à la vie en jouant au « tough », mais je revenais vite au repentir, aux sacrifices.

J’avais de la difficulté à comprendre ce qui se passait en moi. Je m’en foutais. J’étais laid. Affreux. Je n’étais pas intelligent, trop lâche pour me suicider, j’avais décidé de me détruire à petit feu.

Une seule fois, j’ai tenté de me tuer pour vrai. C’était beaucoup plus pour

faire peur à mes parents que pour me tuer réellement.

Nous avions rencontré un prêtre, l’abbé Paul Tourigny, le vieux curé qu’on l’appelait, qui nous amenait partout avec lui. J’avais environ 14 ans. Je m’étais bien épris de lui et je lui rendais souvent visite. Il était devenu mon ami et mon confident. Nous avons fait quelques voyages ensemble.     

À cette époque, tout n’allait pas pour le meilleur des mondes. J’étais le désespoir de mes parents. Je me rappelle qu’à un début d’après-midi, en plein hiver, il faisait la pire tempête, m’étant chicané avec les autres ma mère me dit :

  • Si tu n’étais pas venu au monde, on serait bien. C’est toujours toi qui es le trouble. C’est du moins ainsi que je l’ai interprété. Je savais que maman m’aimait bien, mais elle se mettait parfois en colère.

Mes copains de jeux reprirent la sentence de ma mère:

  • Ouais! Si ne t’étais pas là, on aurait la paix. On serait mieux. Bêtises que tous les jeunes se lancent par la tête au moins une fois dans leur vie.

Il n’en fallait pas plus. Je quittai la maison légèrement vêtu, décidé à me rendre chez le vieux curé, le seul qui m’écoutait et me trouvait « fin ». Je croyais mourir gelé en chemin, je le souhaitais. Pour la première fois, les larmes aux yeux, je quittais la maison avec l’intention de ne jamais y remettre les pieds. J’arrivai chez le curé plus tôt que prévu puisqu’après trois milles de marche, un automobiliste insista pour me faire monter dans son auto. J’avais les doigts tellement gelés que j’eus peine à fumer. Je m’en fichais puisque je n’étais pas aimé, je voulais mourir. Le vieux curé, à l’instigation de mes parents, me renvoya chez moi. Plutôt que d’être reçu avec tendresse, comme je l’espérais, seul, mon père m’adressa la parole :

  • Si tu recommences ça, tu vas en manger une maudite.

Je buvais et je mettais ma mère « dans tous ses états ». Un jour, j’avais peut-être seize ans, le vieux curé m’offrit d’aller en Europe. Je commençai à apprendre l’espagnol puisque je devais lui servir de guide. Devant l’objection de mes parents de réaliser ce rêve, je décidai de m’empoisonner. Mon geste n’obtint pas le résultat recherché, j’avais fait exprès pour me faire prendre, je n’ai été que malade. J’ai alors fait une scène, traitant mes parents d’avaricieux, puisque non seulement je croyais qu’ils ne voulaient pas me laisser aller en Europe parce qu’il faudrait m’acheter un habit, mais aussi parce que l’on refusait de me payer des études universitaires. En réalité, mes parents ne pouvaient pas faire face à cette dépense, même s’ils l’avaient voulu. Tout le monde était en maudit, ma mère pleurait. On ne savait plus que faire avec moi. Mon père trancha la question :

— J’aime mieux le voir se débourrer que de toujours se refouler comme d’habitude.

À la recherche des filles, j’ai voulu être Presley. J’ai essayé d’apprendre la guitare et le chant, mais les résultats furent catastrophiques. J’ai voulu être un « dur », mais je ne pouvais pas voler et, de plus, je n’étais pas assez fort. Le

banditisme est certes ce qu’il y a eu de plus fascinant. Un bandit, ça boit et ça voyage. Un bandit, c’est le fun. Si ce n’eut été de mes sentiments religieux, je serais certainement, malgré la peur, devenu un grand bandit. Ça aurait été ma façon de me venger, de devenir riche.

  • Tu ne m’aimes pas, eh bien, bang! bang! … Mais j’avais la violence en horreur. Comment devenir un bandit sans être violent?

J’ai trouvé un substitut : Jerry Lewis. J’ai commencé à rêver à devenir une grande vedette pour faire beaucoup d’argent et ensuite le partager avec les pauvres. J’aurais été un genre de sauveur pour les pauvres. J’aurais ainsi été aimé des gens; mais je n’avais plus de mémoire, quoique j’aie un certain talent au théâtre, plus particulièrement dans la comédie. Ne pouvant devenir bandit ou clown, j’ai voulu réaliser ce qui en garde le caractère ambivalent : premier ministre. Je voulais absolument devenir quelqu’un de grand pour être accepté et être aimé… quelqu’un vite… comme nous y pousse le système d’éducation…

Cicatrice à l’âme 7

septembre 3, 2020

Cicatrice à l’âme 7

Tiré de  Laissez venir à moi les petits gars.(pp. 53 à 63)

Ça me grugeait jusqu’aux rognons. On ne saura jamais jusqu’à quel point de dégénérescence on a alourdi le mot fifi et avec quelle intensité il peut déraciner tout sentiment d’appartenance humaine quand on vous accable de ce sobriquet. Dans notre société, l’intransigeance à l’égard de la vie sexuelle, hors des cadres, est la plus haute forme de sadisme sublimé et de torture sociale et morale. La société apprend systématiquement, hypocritement aux jeunes à haïr, persécuter et dénoncer ceux qui n’ont pas une vie sexuelle selon les normes établies par  les religions.

Aussi, avais-je pris cet être en haine à l’entendre m’accuser, même si c’était vrai. J’avais peur. J’avais honte. Adolescent, être fifi, c’est la pire des hontes, la pire injure que l’on puisse subir; même s’il est établi que l’homosexualité à cette période de la vie est un phénomène normal et très répandu.

Ce fut l’expérience la plus négative de cette époque, si j’exclus mes jurons à la blonde d’un copain parce qu’elle refusait de coucher avec moi. Plus tard, je me suis senti coupable de la mort d’Xavier que j’avais pourtant essayé d’aider, jusqu’à ce qu’il me rende complètement fou de peur, comme s’il n’était pas possible dans la nature humaine de finir par haïr quelqu’un qui t’assaille quotidiennement.

Je l’ai fait muter à Sherbrooke puisqu’il me rendait la vie impossible, m’accusant aussi de vouloir le congédier pour y mettre un ami personnel à sa place et aussi, parce qu’il me nuisait dans mes rapports avec les petits gars. Je n’ai jamais songé à le congédier. J’avais pitié de lui, mais il m’assommait avec ses folies. Il nuisait à mon travail. Je commençai à lui réagir agressivement comme à tous ceux qui s’interposaient dans ma vie sexuelle. C’est une haine bien graduelle, mais inévitable. Je ne suis pas purement masochiste. J’endurais Xavier parce qu’il faut aimer son prochain. Je faisais mon possible pour me réconcilier avec lui, mais il empirait chaque jour. N’importe qui à ma place serait devenu fou à subir son harcèlement.

Je ne croyais pas qu’il était de mes prérogatives de décider de son sort, mais il m’en donna l’idée, et à force d’être écœuré, j’ai commencé des démarches en ce sens. D’autant plus qu’un ami se présenta vite pour le remplacer.

Paranoïaque au bout, il tomba malade quelques mois plus tard et mourrait sur une table d’opération. Je savais ne pas l’avoir tué, mais je me culpabilisais de l’avoir fait muter et ne pas l’avoir  enduré davantage. Quel aide pouvais-je    lui donner de plus? J’oubliais qu’il me rendait malade avec ses interminables scènes. Je rendais aussi le journal coupable de l’avoir tué en le faisant travailler trop fort. Ce sentiment, nettement exagéré, caricaturait ma sensation voulant que La Tribune n’ait d’intérêt pour nous qu’en fonction de notre rôle d’objet de production.

Je me demandais si je n’étais pas celui qui lui donna le coup de grâce en l’envoyant à Sherbrooke, dans un milieu où il se sentirait encore plus persécuté. À vrai dire, ce transfert lui était apparu comme une promotion, ce qui n’était pas totalement faux. Il se sentait plus important que moi, c’était tout  ce  qu’il  désirait; donc, mes scrupules étaient loin d’être fondés.

Ceux qui ont connu l’histoire de Xavier m’ont, devant mes remords, assuré que je n’y étais pour rien et qu’ainsi me culpabiliser de ne pas l’avoir aimé davantage n’était que de la démence, me rendant responsable d’un crime que je n’ai pas commis.

Somme toute, étant pour la  première  fois  dans  un  groupe  qui  l’acceptait comme tel, sans vouloir s’embarquer dans ses manies de persécuté, c’était déjà une vive amélioration sur son passé.

Le fou : je croyais l’avoir tué par mon incompréhension.

Il n’y a pas qu’une façon de tuer : on peut persécuter quelqu’un sans qu’il puisse savoir s’il est fou ou a raison; rendre quelqu’un dingue en exploitant son insécurité et son instabilité, en exploitant sa peur et ses sentiments d’infériorité. Ce sont des moyens plus subtils, mais combien plus efficaces! Si j’avais été plus renseigné, je l’aurais envoyé voir un psychiatre; mais je ne le savais pas, je ne savais même pas que son comportement était à ce point maladif… Je l’ai enduré au summum de sa folie. Sans cette fin tragique, je dois avouer avoir été un des seuls amis de Xavier à avoir tenté de le comprendre, excepté un de ses professeurs et Pier Pol qui a toujours été la compassion même. Xavier faisait tellement pitié qu’il nous rendait dépressifs juste à vous raconter ses malheurs; à l’examiner physiquement ou le regarder travailler.

Xavier ne savait sûrement pas comment il me blessait quand il me menaçait de tout dire pour les petits gars et d’en avertir la police. Je sentais déjà toute ma vie s’arrêter, tous mes amis me quitter. C’était une véritable crucifixion. Je ne voulais pas que ça se sache partout. Comment aurais-je pu avoir des filles pour me libérer? Puis, être un fifi, c’est « dégradant ». C’est « anormal ». Même la psychologie n’a pas l’honnêteté d’admettre qu’il est préférable de s’accepter homosexuel ou pédéraste que de le refouler ou le combattre jusqu’à la folie ou jusqu’au suicide. J’avais une véritable hantise quant à entendre les gens et à les voir me pointer du doigt : voilà le fifi! Chaque fois, je me sentais tiré au cœur. Ça beau être une première manifestation paranoïaque, on s’habitue à tout et j’ai appris à surmonter ce problème en affichant une indifférence extérieure alors qu’en réalité, à l’intérieur, ça déchirait de plus en plus. J’avais les médailles du masochisme que j’épinglais par refoulement dans mon inconscient.

— Je ne suis qu’une bête, je mérite mon sort.

Mais je recommençais toujours avec les petits gars, je les trouvais de plus en plus beaux et je m’en culpabilisais de plus en plus. Après quelques semaines d’efforts de continence, je devenais d’un caractère impossible. Je voulais tuer tout le monde, moi le premier. Cesser d’avoir une vie sexuelle satisfaisante,

comme tout le monde, me rendait d’un sadisme dégoûtant… c’est ainsi que je me jugeais, mais en réalité, j’étais ce qu’il a de plus comme les autres…

Xavier n’a pas été le seul à goûter mon sale caractère. Mon frère Denis n’admettait pas tant de « putains » et de beuveries. Il s’est même battu avec moi. Je n’acceptais pas son respect des règles, sa quétainerie et ses cours de morale. J’ai voulu le chasser de ma chambre, où nous vivions ensemble, puisque ça ne faisait pas son affaire et qu’il voulait m’empêcher de vivre « ma vie».

J’avais recommencé à boire. Je faisais la foire le plus possible pour oublier ma réalité. En ayant bien du plaisir, des occupations à n’en plus finir, je n’avais pas le temps de penser continuellement aux petits gars. Je voulais m’en sortir. Je lisais autant que possible pour trouver des moyens me permettant d’abandonner ces pratiques. Il n’y avait rien à faire. Elles sont plus fortes que la famille, le travail, la religion, les railleries, la prison, le patriotisme et la mort.

Je vivais dans cette atmosphère d’efforts pour me « normaliser », de crainte que l’on me connaisse tel que je suis, confiant de changer avec un peu de chance, tout comme Yvette me le disait : « N’y penses pas, ça va se passer tout seul », quand elle m’apprit que je serais père… d’un petit gars, espérais-je. J’étais fier. J’aurais un enfant. Mais…

Il y a toujours un mais.  Serait-il aussi mauvais que moi? Serait-il aussi laid?

Mon directeur de conscience ne m’avait-il pas traité de cochon, menacé de folie ou de prison, pour avoir couché avec Yvette ou masturbé un gars. Et l’enfant? Que dira-t-il d’avoir une putain pour mère et un fifi comme père?

Ces problèmes m’obsédaient. Qu’allais-je faire? Me marier comme le voulait Yvette? Pourrais-je envisager le risque d’avoir un jour à avouer à mon fils : « Ton père, c’est un maudit fifi. »

Le plaisir d’avoir un enfant, d’aimer une fille (j’ai aimé Yvette même si tout le monde se moquait d’elle), de vouloir me marier se transformait à nouveau en cauchemars… j’aurais un jour à l’avouer, je ne pourrais pas être malhonnête au point de toujours le cacher…

— Ton père, c’est une christ de tapette. Il t’a fait parce qu’il voulait quelqu’un à aimer, à gâter, de qui être enfin aimé, pour qui il ne serait jamais de trop.

Kâliss! Est-ce possible?

Et, chez moi, ma mère me faisait des crises parce qu’un homosexuel, pour se venger de ma passivité à son égard, l’avait avisée de ma mauvaise conduite avec les femmes. Il prenait de grands airs religieux et ma mère s’y laissait prendre. Il suffit de parler de Dieu pour fourrer et ensorceler nos bonnes mères québécoises. C’est à rendre malade.

Ma mère pleurait. Je souffrais autant de la voir pleurer que lorsque mon père parlait fort pour la gérance du magasin (pleurer est devenu depuis un excès sensibilité, une marque de commerce familiale qu’on tient de maman). Je ne pouvais accepter de créer à mon tour une situation qui m’avait tant peiné et révolté. Je me sentais un bourreau, un bourreau divisé entre ma femme, ma mère et mon enfant qu’elle ignorait. J’encaissais le drame, totalement brisé.

J’avais de l’admiration et de la sympathie pour Yvette. Plus jeune, elle avait été dépucelée ou plutôt violée par un bon père de famille. Elle prit goût à ce plaisir et partit à sa conquête. Courageuse, elle avait décidé de garder l’enfant qu’elle avait obtenu de se première relation, malgré tous les racontars d’une petite ville. Malgré sa personnalité et son humanisme, je n’arrivais pas à m’y attacher solidement. Elle était laide et grosse. J’étais bien petit et imbécile…

(Pour oublier sa défaite, Jésus faisait l’amour à son petit Jean, au Jardin des Oliviers)

Je tenais pourtant à Yvette parce qu’elle m’avait fait un enfant ou plutôt, je tenais à cet enfant. Je rêvais du petit. Je me voyais déjà me promener avec lui, le guidant par la main. Je l’adorais  déjà. J’étais redevenu vivant. Puis, tout est tombé. Les copains m’affirmaient leur réserve quant à ma paternité.

— Elle veut se marier parce qu’elle a fait un petit avec un autre, puis te connaissant, elle t’a choisi pour justifier sa grossesse, s’il y en a vraiment une. Elle sait comment t’es « bonasse ». Et, à son âge, on a besoin de trouver un mari.

Je suis retourné de plus belle aux petits gars; avec eux, il n’y avait jamais de telles angoisses. Je cherchais aussi une épouse

« digne », comme on disait.

Souffrant trop de la situation, Yvette décida finalement de se faire avorter et de s’expatrier.

Tabarnak! Maudits tabous de Christ!

C’est sûrement cette décision qui fit revenir à la surface mon dégoût pour l’accouplement. Je me suis à traiter Yvette comme une chose sale. Ce fut pourtant une des meilleures personnes que j’ai connues dans ma vie. Pourquoi toujours écouter les commérages? Pourquoi croire que les autres savent mieux que moi ce qui est bien pour moi?

Comme je le voulais, j’ai trouvé une « pure ». Hélène. C’était une ex-fille-mère, qui me laissa tomber parce que je ne voulais pas quitter l’armée pour elle, et surtout, ne pas la toucher, acte que je brûlais de consommer. Beau cave, j’étais là qui l’adorait comme la Vierge. Je me sentais enfin normal. Je voulais me caser. Je me battais avec mon meilleur ami pour une fille. Je parlais de fiançailles. Je pensais, ne vivais que par elle. J’étais cassé comme un clou, aussi parfois, j’allais coucher avec Yvette qui, ayant pitié  de ma pauvreté, me faisait les faveurs de sa bourse. Puis, je sortais avec mademoiselle. J’aimais, enfin, puisque j’étais chaste.

Je priais pour notre union, mais Dieu plus intelligent que les hommes, fit qu’elle se dégonfla, même si j’ai eu une longue et pénible peine d’amour. Je n’avais pas été assez chaud avec elle. Comment comprendre les femmes? Quel con!

Ma chambre, que j’avais aménagée à l’arrière de mon bureau au journal (ce qui leur permettait de ne pas me payer un salaire trop onéreux), redevint le bordel communautaire.

« Tout le monde jase, tu devrais faire attention. »

Et le monde a assez jasé que les patrons furent alarmés. J’ai promis de « faire une bonne vie », c’est-à-dire de ne plus coucher avec les filles sans me cacher des qu’en-dira-t-on, pour conserver mon emploi. À la demande des patrons, je quittai ma chambre à même le bureau pour étouffer le scandale de « mes mauvaises mœurs ». T’es avec un gars, c’est un crime; t’es avec une fille,  c’est un scandale.

Je me retrouvai seul ou plutôt en pension chez mon ami Conrad.

J’étais si frustré et obsédé que le matin, je sortais du lit et me rendais près de mon compagnon m’amuser à tâter « son bâton de baseball, d’au moins six -huit pouces, gros comme un poignet. Cet instrument m’enchantait. N’y avait-il pas là performance à attirer toutes les filles? Cet ami ne me disait-il pas, avec tous les autres,

sa fierté d’être aussi bien bâti; moi, qui en avait si peu? Lui, il avait facilement des filles avec sa grosse queue… moi, j’étais toujours seul avec ma laideur et mon incapacité de « poigner ». J’étais traumatisé par la petitesse de ma queue et les rires de mes copains à son endroit.

Quand je fréquentais Yvette, ne devais-je pas toujours faire attention pour ne pas me faire poigner le cul par les gars? Ce n’était pas par pudeur, mais par honte.

— Il doit en avoir une petite?

J’avais honte et je croyais ne pas être développé normalement. Un médecin mit fin à mes craintes une année plus tard. Après examen, il m’affirma que j’étais tout ce qu’il y a de plus normal.

Conrad demandait aussi souvent à Yvette :

— Pourquoi me le préfères-tu? Il ne doit rien avoir d’excitant?

— Il plante bien!, disait-elle.

Toutes les filles me repoussaient. Il fallait avoir faim en maudit pour condescendre à faire l’amour avec un laideron de mon espèce. Je lui en étais reconnaissant. Mais, nous avions été séparés.

Le matin, après avoir bien tâté le six pouces de mon compagnon, je me recouchais, mettant bien en vue mon petit bout, espérant qu’à un moment donné, mon compagnon me masturbe ou encore que sa mère, veuve depuis longtemps, donc, supposais-je sexuellement affamée, décide de me vouloir… Elle avertit son fils qui, amicalement, me demanda de mieux me couvrir puisque ça embêtait sa mère.

Les problèmes au journal étaient loin d’être écartés. À cette époque, une famille riche du coin, grâce à sa façon d’exploiter ses travailleurs, venait d’engager des fiers-à-bras pour me dompter, car je n’avais pas obtempéré à leur menace et publié quand même un texte qui les concernait.

« Pas achetable! » : ils auraient dû le savoir.

Daniel Johnson, père, l’avait appris. Pourquoi pas eux?

Johnson était venu donner une conférence dans le cadre de la chefferie à l’Union nationale. Après le souper, son attaché de presse glissa le communiqué avec 10 $. J’exigeai la venue de Johnson au bureau afin de lui remettre l’argent et lui expliquer que je ne voulais rien savoir de ces cadeaux. Johnson écouta ma petite leçon de morale, mais me laissa quand même l’argent malgré mon insistance pour qu’il le reprenne. Il me dit admirer ma franchise et se dit content de notre rencontre.

J’ai toujours gardé rancune à Johnson d’acheter les journalistes, oubliant que c’est le jeu politique habituel. Je l’ai cru pourri pour cela. Je le trouvais menteur avec ses promesses politiques, et ce, probablement plus qu’il l’était en réalité, quoique l’Union nationale a toujours été le parti politique du petit patronage.

Cette détermination de n’écrire que la vérité s’accentuait au lieu de décroître.

On le savait, ceux qui ne le savaient pas l’apprenaient.

Pour tenir une promesse électorale à l’effet d’acheter le barrage Gayhurst, à Lac-Mégantic, les libéraux inventèrent que ce barrage risquait de céder. Je ne croyais pas au danger d’effondrement du barrage. Je commençai une enquête sur sa solidité. Au début, on me pressa d’abandonner.

Je continuai de plus belle. Je refusais de mentir aux gens pour des intérêts que je croyais politiques ou financiers. Ma campagne prit une telle proportion qu’il s’organisa une manifestation. Le sujet avait pris presque une ampleur internationale.

Une ville serait-elle détruire par l’éclatement du barrage? Lac-Mégantic se trouvait pourtant 10 milles en amont du barrage. Comment l’eau pouvait-elle remonter? Ce qui démontre bien la valeur des informations internationales.

J’ai poursuivi mon enquête en tentant de démontrer la grossièreté de la farce.

« Les poissons nagent sur le côté, à cause du manque d’eau », m’écriais-je dans une de mes émissions hebdomadaires à la radio.

Des ingénieurs vinrent s’expliquer. Je les accusais de mentir quant à leur travail. Ils m’ont menacé : si je ne cessais pas de faire le guignol, j’en paierais le prix… On m’invita, c’était passé minuit, à me faire visiter les environs. J’avais peur d’être tué. Je refusai.

Au  sortir  bu  bureau,  un  type  m’invita  à  prendre  place  dans  sa voiture; comme il avait l’air bien sympathique, je le fis. Il vanta mon intelligence, mes possibilités et tenta de me faire comprendre que si j’oubliais le barrage, je pourrais, en plus de me faire 35,000 $, avoir une carrière intéressante. Le type, voyant mes scrupules, me dit qu’un jour ou l’autre, peut-être plus tôt que je le pensais, je devrais me brûler les ailes, sinon je ne ferais pas long feu dans le métier. Je ressortis de l’auto, sûr que l’histoire Gayhurst n’était que de la merde politique. Les libéraux sont experts là-dedans.

Le lendemain, j’appelais le patron, convaincu que le barrage serait détruit, grâce à une brèche que venaient d’ordonner les ingénieurs. C’est évident, le barrage était construit dans un amoncellement de terre glaise. Les patrons ne me prirent pas au sérieux puisqu’il n’y avait que cette tentative de m’acheter pour prouver «  que  tout  n’était  pas  tellement  catholique dans  l’affaire   Gayhurst.»

Risquerait-on de tuer des milliers de gens pour un projet politique? me demanda-t-on, sans que je puisse répondre. Mais, on déplaça ce danger vers la Beauce qui, elle, était bien sur le chemin de la rivière si le barrage cédait.

Le barrage est depuis, un monument, près d’une immense brèche qui laisse s’écouler la rivière. Le lac artificiel est vide de son contenu. Les Beaucerons ont été les seuls perdants : ils ont dépensé près d’un million pour fuir le prétendu danger.

J’ai décidé de quitter le journal. J’ai démissionné pour des raisons de santé. Les patrons du journal refusèrent et me donnèrent des vacances. Après un repos, je reprenais le travail, mais je n’avais plus le goût, croyant définitivement dans la malhonnêteté du journal qui, après avoir protégé les Cliches, les Stearns, protégeait maintenant les libéraux. J’ai fait les 400 coups, j’ai quitté le travail sans avertir. J’ai fait le fou jusqu’à ce que les patrons décident de me renvoyer. J’ai quitté l’emploi avec joie en chantant devant les patrons étonnés :

  • C’est le plus beau jour de ma vie, j’ai retrouvé ma liberté!
  • Je suis arrivé à Victoriaville à la suite d’une longue période de chômage, m’étant  exercé  à  jouer  de  la  pelle  et  de  la  hache,  lors  de  travaux d’hiver.

La Tribune m’a réengagé parce que j’étais très productif, mais surtout, parce qu’elle était  mal  prise,  elle ne  trouvait  pas  de journaliste bouche-   trou.

La direction de la Tribune disait reconnaître s’être trompée : « Nous t’avons envoyé à Lac-Mégantic alors que tu  n’étais  encore  qu’un  enfant.  Nous  aurions dû penser qu’il était impossible qu’il y arrive autre chose. Si jeune! (J’avais environ 17 ou 18 ans). Si loin, responsable d’un bureau! C’était une trop grande responsabilité pour ton âge.»

Par contre, épuisé de me chercher un travail, je reconnaissais m’être laissé emporter dans mon jugement, accordant finalement le bénéfice du doute au journal. Il n’était pas libéral, il avait voulu me protéger…

J’ai choisi, à Victoriaville, de vivre dans une famille pauvre, espérant qu’il me serait plus facile d’avoir un petit gars, même si j’étouffais cela sous le masque de lui venir en aide. Je deviendrais son ami, j’aiderais ses parents et je le gâterais ce qui, à la fois, me donnerait un enfant, désir qui m’obsédait, et justifierait mon droit, ma légitimité de lui poigner le cul, s’il aimait ça. Je n’aurais alors jamais cru que cette liberté serait ma plus grande prison.

Manque de chance, Benoît, un copain avec qui je courais les femmes et la bière, me trouva une famille. Madame Barrette était seule à la maison (quoique Bernard arriva peu de temps après moi), ses deux filles étant placées aux études, à l’extérieur. Son état lamentable me fit accepter quand même d’y vivre.

Au début, j’avais pitié d’elle et j’ai fait mon possible pour la rendre heureuse. Je lui permis, grâce à mon support supplémentaire aux frais de pension, d’acheter un tourne-disque, quitte à manger très souvent du spaghetti rachitique, ayant eu le malheur de lui dire que j’aimais ça. Je l’ai même amenée à une réception afin qu’elle connaisse les beaux côtés de la vie. J’ai eu honte à mort. Elle buvait, tout écartelée, mettant en vedette ses surcroîts de graisse. Les gens qui riaient autour de nous venaient me demander si c’était ma mère. En plus de mal se tenir, elle était laide à faire peur. Je fondais, mais je ne regrettais pas mon geste.

Tout a été pour le mieux pendant de longs mois. La dame s’acheta deux machines à coudre, aimant la couture, qu’elle abandonna aussitôt. D’autre part, malgré mes réprimandes, l’hiver, quand je quittais la maison, elle ne se chauffait pas, par mesure d’économie. Je comprenais ses phobies et j’essayais de lui faire comprendre qu’elle n’avait rien à craindre, je ne la laisserais jamais crever de faim ou de froid. Je l’aidais encore plus, essayant de lui faire connaître les douceurs de la vie.

Cicatrice à l’âme 6

septembre 2, 2020

Cicatrice à l’âme 6

Publié par Parti pris sous le titre de : Laissez venir à moi les petits gars.

(pp. 43 à 53)

 

7

En prison, je soupesais tous les pour et tous les contre pour évaluer mon degré de perversité, je devrais dire d’innocence ou d’ignorance. J’étais convaincu d’être fou; mais je ne savais pas si c’était en me posant autant de questions ou, en liberté, en répondant simplement à mes besoins naturels de toucher tous ces petits êtres que je trouve beaux.

J’ai décidé de recommencer à réciter mes prières les bras en croix. Un tel sacrifice et beaucoup de prières m’aideraient certainement à me faire oublier mes penchants pour Jeannot. Je me devais dorénavant d’être chaste; j’avais été trop longtemps « un maniaque ».

Après le déjeuner, je me rendis dans la cour, comme après chaque repas. Une cour asphaltée, entourée de murs, où, comme d’habitude, pour faire changement, nous marchions. Ce n’était pas tellement nouveau, mais pouvoir respirer de l’air pur suffisait à donner à ces minutes une très grande valeur.

Je ne parlais pas à personne ou presque, sinon à Claude, un individu incarcéré depuis plus d’un an pour ne pas avoir payé ses dettes. Il était très sympathique et agissait comme un frère. Il disait être là depuis un an et ne pas savoir quand il en sortirait.

Tout le monde avait appris les raisons de mon incarcération. J’étais craintif quant à ce que l’on en pensait; car, même si peu me parlaient, Pierre, un jeune de 19 ans, assez beau, je dois l’avouer, cherchait sans cesse à m’insulter. Je ne savais pas quand sa haine deviendrait de la violence physique.

  • Regarde ailleurs, hostie de chien. Maudite tapette. Tu ne m’auras pas, mon christ. Suceux de cul! Tu peux manger les jeunes, mais ne t’essaies pas sur moi parce que je vais te la casser, ta kâliss de gueule. T’en suceras plus d’autres.

Lui gueulait, moi, je crevais de peur.

C’était en fait le chant de ceux qui aimeraient bien être attaqués et cherchent à se déculpabiliser en pourchassant ceux qui symbolisent leurs désirs irréalisés.

Malgré tous mes efforts, je me surprenais à avoir beaucoup d’anxiété quant aux récréations. Même si je rejetais ces pensées, je me prenais souvent à rêver l’arrivée d’un petit jeune, beau comme un coeur, sympathique, de qui je tomberais amoureux. Parfois, j’espérais même me faire reluquer par un petit vieux; même si je ne souhaitais pas avoir une aventure avec eux. Je ne pouvais entrevoir une telle liaison sans sodomie. Jeune, un Anglais m’avait initié à cette pratique. Je n’avais pas du tout aimé ça. Je craignais de la revivre. Il va sans dire que les menaces du Gros de le faire étaient aussi pour moi un « moyen » cauchemar. Je n’ai jamais pu avoir une aventure avec un adulte, sans avoir affreusement peur de me faire tuer. Cette crainte avait persisté, malgré les années,  et  s’était  même  renforcée.  J’avais  peur  d’être  assailli,   violé  et  tué, malgré la surveillance des gardes, qui se rendaient peu souvent aux douches collectives.

Quand j’étais plus jeune, mes parents nous avaient raconté avec les photos d’Allo-Police comment un pédophile avait déchiqueté un petit gars. Ce fut la hantise de ces maniaques. Par surcroît, un après-midi en me rendant à une ferme, près de Barnston, nous nous étions fait courir par un type que notre imagination nous rendait chaque jour plus laid. J’avais eu terriblement peur. Pendant près d’un an, nous marchions sur le bord des champs pour nous sauver, si jamais il réapparaissait alors qu’il n’a peut-être même jamais existé. Plusieurs années plus tard, quand je faisais de l’auto-stop, je portais toujours une roche dans mes poches, pour me défendre au cas où se présenterait une mauvaise situation.

Enfant, ces histoires te traumatisent en maudit. De plus, ce qui m’avait certes tenu loin des adultes, les grosses bittes m’écœuraient.

À la prison, je pouvais fréquenter les petits vieux du deuxième sans danger, surtout que rares étaient les occasions de passer à l’action. Petit à petit, j’appris de leurs bouches tous les rudiments du vol. Devant mon peu d’intérêt, leurs leçons se concentrèrent et se spécialisèrent sur les moyens possibles de conquérir un gamin. Comment l’amener, malgré lui, à te tâter la queue, en lui offrant du maïs soufflé. J’écoutais en priant. Puis, c’était le retour à la chambre commune pour reprendre à nouveau de longues et pénibles réflexions ou prier.

J’étais en proie à un fort sentiment de culpabilité. Cette angoisse portait surtout sur trois points fondamentaux : je ne parvenais pas à oublier mon attitude à Victoriaville, face à la dame où j’avais été pensionnaire; je me croyais de toute éternité condamné à être possédé du diable, ayant marchandé mon âme avec Satan pour obtenir certains garçons; je me reprochais aussi d’avoir été un garçon difficile pour ma famille.

Si j’acceptais d’avoir été la victime de mon ignorance infantile, je me rendais coupable de ne pas avoir eu assez de courage et de volonté pour me départir de ma passion alors qu’il en était encore temps… Comme si cela eût été possible, oubliant qu’il s’agit là d’une imbécilité que nous racontaient les curés en nous faisant croire que c’était un crime.

Un regard, un sourire suffisaient pour qu’un garçon me fasse faire le tour de la terre.

8

Après une enfance profanée par les peurs, à cause de la censure sur la sexualité, j’eus une adolescence tout aussi tumultueuse. Il n’était plus question pour moi de douter de ne pas être aimé, mais une certitude… j’étais déchiré entre ce que nous apprenait la religion et ma petite nature qui voulait jouir de plus en plus. Avec le temps, j’ai appris qu’il s’agissait plutôt de moi qui prenais tout au sérieux, même les bêtises de mon imagination.

À l’école, la situation n’était guère plus reluisante. Je m’y sentais tout aussi de trop et les remarques d’un professeur disant que je questionnais beaucoup simplement pour me faire remarquer m’avaient décidé à ne plus jamais reparler en classe. J’étais en onzième année. Pour oublier mon sort, je consacrai toutes mes énergies à devenir un bon correspondant pour la Tribune, de Sherbrooke. Je réussis si bien qu’on m’offrit un travail d’été.

J’avais été engagé pour l’été à la suite d’une rencontre dans laquelle le patron Me Desruisseaux m’avait promis de me payer des cours universitaires, promesse qu’il ne tint jamais, mais qui m’a décidé à me lancer dans le journalisme. Je devais en septembre retourner aux études. Même si j’étais accepté à l’université, je ne pouvais pas m’y rendre sans aide, mes parents étant trop pauvres.

À cette époque, je n’étais qu’au début de mon blocage intellectuel à cause de mes hantises sexuelles. J’avais 17 ans environ.

Je craignais que « ma mauvaise habitude » de me masturber se reflète dans ma personnalité, sur mon visage ou dans mes manières comme nous le disaient les prédicateurs. J’interprétais chaque sous-entendu comme si on le savait. Aussi, les invitations à des partys, dans lesquelles je pourrais faire l’amour, me torturaient tout autant que de longues heures de tentative à échapper aux tentations de me masturber. C’était pour m’humilier, rire de moi… mais j’aurais bien aimé l’expérience tout de même, au cas où cela aurait réussi… pour savoir ce que ça ferait comparativement à mes exploits à quatre ans. J’étais évidemment puceau et je ne savais pas que me masturber aussi jeune ne nous rend nullement impuissant avec les femmes.

(Si vous vous masturbez, vous ne pourrez pas satisfaire votre partenaire quand vous serez plus vieux, ayant trop dépensé vos énergies seul dans le péché. Vous aurez aussi des boutons au visage.)

Je voyais dans ces aventures avec des filles, malgré la peur qu’elles me donnaient, d’être humilié en n’éjaculant pas, une chance de devenir homme… si je réussissais. Je pouvais aussi ne pas pouvoir bander, comme on nous le disait. Qu’est-ce qu’on dirait? À chaque fois que l’on me parlait de ces partys, j’avais l’impression que l’on devinait mes habitudes, tant elles survenaient dans une période où je m’éclatais seul. Les invitations arrivaient toujours le lendemain d’une « chute », pourtant j’essayais de ne pas me masturber pour être en forme, pour bander à coup sûr.

J’espérais aussi cesser d’être fasciné par les garçons.

J’étais trop gêné pour oser inviter une fille, à cause de ma laideur. J’avais peur de la perdre si jamais elle acceptait, à cause de ma maladresse à savoir l’intéresser à moi. D’autre part, pour sortir une fille, il faut de l’argent et je n’avais pas le sou pour ces fréquentations. Je ne gagnais, après tout, que 35 $ par semaine. J’étais souvent cassé. Plus souvent qu’à mon tour. Aussi ai-je dû me contenter de danser parfois au salon du Parthénon, là où je pensionnais depuis mon arrivée à la Tribune, jusqu’à ce que monseigneur Cabana intervienne et fasse cesser nos « partys » qui prenaient fin pourtant à 11 heures le soir. Cela avait été possible du fait que la maison était tenue par un prêtre. Cette intervention de l’archevêque a nourri par la suite ma crise antireligieuse qui commençait à faire des siennes. Je réalisais que la foi pouvait bien être une grande escroquerie.

D’autre part, je croyais que les autorités du journal regrettaient mon embauche. J’avais été choisi à cause de ma grande production, à Barnston, où j’étais correspondant; je révélais, à Sherbrooke, un tas de faiblesse : j’écrivais affreusement mal mon français, les fautes se multipliaient comme les étoiles dans la Voie lactée en août; j’étais super lent à la dactylo et j’avais tellement peur de me tromper qu’au début, je ne faisais montre d’aucun esprit d’initiative. J’avais peur encore une fois que mon audace se tourne contre moi… j’attendais chaque jour avec l’appréhension d’être congédié.

Vint septembre. Il manquait de personnel et, malgré mes défauts, j’avais pris vitesse et sécurité. J’étais bon journaliste, sauf qu’il fallait un autre journaliste pour corriger mes textes. C’était mieux que rien. On me persuada d’abandonner mes projets d’études. Desruisseaux renia sa promesse et, n’ayant plus le choix, je me devais de rester dans la grande famille de la Tribune.

Étant naïf, peu sûr de moi, me trouvant même médiocre, j’étais utilisé comme un objet, une poupée, une bonne proie…

D’autant plus que j’étais d’un caractère sauvagement pacifiste, prêt à me précipiter chez tous les médecins de l’esprit de la terre, si jamais par malheur, à force de me faire écraser, j’avais réagi violemment. J’étais une bonne bête de somme… férocement passionnée quand je m’embarquais dans quelque chose. Je ne croyais dans aucune organisation, même révolutionnaire… Être mené par l’un ou par l’autre, c’est la même patente; tu dois toujours te conformer… être menacé sans cesse de se faire liquider par l’un ou par l’autre, ça finit par être drôlement emmerdant.

Même si j’étais devenu un bon producteur, ce en quoi je mettais tout mon orgueil, j’avais toujours la crainte et la certitude d’être mis à la porte d’un moment à l’autre. Les patrons ne nous emploient que dans la mesure où ça paye et je ne me sentais pas tellement rentable. Cette crainte m’angoissait. Je me sentais inférieur aux autres. Ils étaient plus cultivés, plus raffinés. Ils s’y connaissaient  en musique et en lettres. Moi, je ne m’y connaissais en rien. Je me sentais à jamais inférieur à eux puisque je n’avais pas de sens critique. J’ai commencé à lire et à écrire des poèmes, influencé par un poète et un homme de très grande sensibilité. Pier Pol était, à la fois, un collègue, mon ami et presque mon professeur littéraire. Sa poésie était douce, musicale, charmeuse, quoique parfois nostalgique.

Certains confrères se moquaient assez souvent de lui, à son insu, de façon très injuste, s’en prenant à sa sensibilité : c’était « le poète ». On ridiculise toujours ceux que l’on sent supérieurs. Cette situation atteint son point culminant lorsque, par erreur, Pierre termina un poème sur un manchot en disant qu’il s’était retourné en caressant son chien. Guilbert, qui riait de tout le monde, sauf de lui-même, avait sauté sur l’occasion. Cette situation m’avait été pénible. Je ne pouvais accepter de rire de bon cœur de cette anecdote; cela me semblait injuste envers mon ami, mais par contre, je ne pouvais m’empêcher de la trouver bien drôle. J’ai été inconfortable et même gêné, jusqu’à ce que Pier Pol lui- même rie de cet incident. C’est un genre de situation qui se produit dans le cas de tous les grands écrivains. La distraction fait partie de la vie. De cette première époque à Sherbrooke, je me rappelle mon baptême de journaliste par les policiers. J’étais de service une fin de semaine. J’ai été envoyé à Cookshire, Guilbert ayant décidé que j’étais assez solide pour couvrir un prétendu meurtre.

J’avais une peur affreuse des morts, peur que je n’ai jamais su surmonter, ayant été trop profondément traumatisé dans mon enfance par les histoires de revenants, de punition, d’enfer et de purgatoire que nous avait racontées l’institutrice en religion à la première année. Parfois quand je servais une messe de funérailles, je devais sortir de l’église pour ne pas m’évanouir en approchant des cercueils. Si je n’osais pas me rendre seul dans le hangar chez moi, craignant d’être poursuivi par les morts, plus particulièrement mon grand-père, je tremblais encore plus de devoir m’occuper de meurtre. Bravement, je m’exécutai quand même.

Près du cadavre, un des policiers, percevant mes hésitations, s’amusait à jouer avec la langue du cadavre. C’était une mort naturelle, crise cardiaque. Donc, un événement sans importance… Mourir, ce n’est pas important; être assassiné, ce n’est pas la même chose : ça permet aux policiers et aux lecteurs de ne pas s’enliser dans la routine.

Nous nous sommes rendus à l’hôtel. On commença par vouloir déterminer mon poids. Pour ce faire, je devais grimper sur le dos d’un des détectives. Me méfiant, je sautai avec une telle rapidité qu’au lieu de pouvoir me rabattre fortement un bâton sur les fesses, le préposé à ce boulot dut retenir son coup. Après m’être fait prendre partiellement à ce jeu, ils décidèrent de se venger en essayant de m’effrayer en soutenant qu’ils pouvaient m’arrêter puisque j’étais dans un hôtel, sans l’âge requis. Je m’engueulai tellement avec eux qu’ils en étaient en christ. Non seulement ils m’avaient fait peur, mais je les avais amenés à se faire prendre à leur propre jeu.

Je ne leur avais pas caché mon agressivité naturelle envers les représentants de l’ordre, plus particulièrement la police.

– Vous m’avez payé une bière, vous êtes donc aussi dans l’illégalité.

Avant de me donner des claques sur la gueule, le jeu fut abandonné et ils me payèrent une autre bière, me disant que je serais un bon journaliste puisque je ne m’en étais pas laissé imposer. Avec les policiers, tous les gens sont des criminels. Ils oublient que les êtres humains réagissent à la souffrance et à l’humiliation. Ils se cuirassent contre l’homme pour ne songer qu’aux règles.

Mon départ de Sherbrooke pour Lac-Mégantic fut très pénible. Le syndicat ne voulait pas me défendre, puisque je n’avais pas droit de refuser une promotion. J’étais en maudit, persuadé que je serais aussitôt congédié.

Je soupçonnais le journal de vouloir se débarrasser de moi et ne pas le pouvoir, à cause du syndicat. En m’envoyant à l’extérieur, je ne serais plus syndiqué et je serais complètement à leur merci. Je figurais ainsi le raisonnement des patrons à cause de mon français, et le syndicat pensait comme moi… Les dirigeants du journal avaient besoin d’un bouche-trou pour remplacer un correspondant dans une ville où aucun journaliste n’arrivait à rester.

  • À quoi ça sert un syndicat? Seulement aux augmentations de salaire?

J’étais en fusil, soupçonnant le syndicat de complète impuissance. Ça m’a pris des années à comprendre que l’exécutif syndical avait été pris au dépourvu autant que moi et qu’une assemblée n’aurait servi à rien, sinon à faire pourrir encore plus le climat dans les négociations en cours. Malheureusement, les

Québécois n’ont pas encore appris à sortir d’eux-mêmes, de leur structure mentale de colonisés. Même les syndicats et les syndiqués ne s’intéressent qu’à ce qui les touche de près, c’est-à-dire à leurs revenus. Ils n’ont aucune conscience professionnelle. C’est le propre de tout homme exploité de ne jamais voir au-delà de son nez. La pauvreté physique va simplement de pair avec une certaine forme de pauvreté d’esprit ou plus exactement avec une absence totale ou presque de prospective. L’exploitation est soutenue par un tel individualisme.

Par contre, je savais que le journal avait de la difficulté à se trouver un journaliste pour Lac-Mégantic à cause de la réputation (à cette époque et dans mon milieu) de cette ville. J’irais comme bouche-trou, sinon j’étais congédié. C’était clair.

Faible, naïf, il y avait toujours quelqu’un pour profiter de ma facilité à tout croire.

À la description que l’on m’avait faite de Lac-Mégantic, j’étais persuadé de courir à une mort certaine. Guilbert et les flics, ses amis, car il a toujours aimé ça m’humilier ou me faire paniquer, m’avaient démontré qu’il ne me faudrait pas grand temps pour me faire enculer dans cette ville, une pratique que je craignais et avais en horreur. Ils me traitaient, Guilbert et ses flics, comme si j’étais un niais. Ce que je suis, mais pas encore assez pour les laisser se payer ma tête sans que je le sente. Je les laissais s’amuser, ne sachant pas exactement ce qu’il me fallait croire… dans le fonds, me faire enculer, peut-être que maintenant j’aimerais ça. J’ai toujours eu peur des maniaques, mais je n’en connaissais aucun.

Quand j’arrivai dans cette ville, boueuse à cause du printemps, perdue dans le bois, ayant un bureau à l’allure de taudis, j’étais désespéré. J’étais loin de me douter que j’y vivrais une des plus belles années de ma vie; que ce « trou », comme on m’avait dit, est un véritable trésor de beautés tant par la nature que par les gens qui y vivent.

Je me suis mis au travail avec acharnement pour oublier mes craintes. Je travaillais tant, que je trouvais à peine le temps de manger. Mon angoisse s’apaisa après une semaine. Je m’étais fait beaucoup d’amis à cause de mon courage qui, en réalité, n’était que de la peur sublimée.

Si je croyais à quelque chose, si je m’y impliquais, je me donnais entièrement jusqu’à ce que je sois vidé… Quand vous êtes quotidiennement certain de mourir, les guerres quotidiennes paraissent assez anodines.

Les grands changements dans mes relations avec Lac-Mégantic se sont effectués à l’armée.

Je m’étais rendu au manège militaire, dès le premier dimanche. Il y avait

fêtes et compétitions. J’y étais allé malgré toutes les recommandations contraires.

« N’y va pas, tu vas te faire descendre. On y haït les journalistes à mort. » Le devoir étant le devoir, je m’y suis présenté les fesses serrées.

À mon arrivée, un sergent, avec un groupe de femmes, pour se signaler, hasarda :

  • Montre-moi, si t’en as une belle…

Je sursautai et répondis aussitôt :

  • Ça, Monsieur, ça ne vous regarde pas…

Les femmes étaient conquises et l’effronté niaisa. La soirée se poursuivit de plus belle. Le sergent m’avait fiché la paix.

Je décidai de m’asseoir pour prendre une bière. Un caporal, remarquant mon arrivée, se mit à vociférer contre les journalistes. Au début, je ne dis rien, malgré la provocation, mais je ne pus tenir longtemps. Je signalai à ce caporal que c’était avec des gens bornés de son espèce qu’il était possible d’avoir des journalistes comme il les avait décrits. Il s’ensuivit une engueulade.

Le caporal se leva, se précipita vers moi. J’ai cru m’évanouir, mais je me levai, lui tendant la main en indiquant mon nom, comme un noble accepte un duel. J’étais certain de manger la raclée de ma vie. À ma surprise, il me serra la main avec joie, criant :

  • Enfin! Nous avons un vrai journaliste.

C’en était fait. J’avais l’armée de mon bord, et d’autre part, tous mes amis étaient reconnus pour être de solides bagarreurs et des jouisseurs hors pair : Paul, le Flo, André, etc. Je n’avais rien à craindre. Si on avait essayé, de me toucher ne fut qu’un poil de la tête, j’aurais un  vrai  régiment  pour  me  défendre. Je m’étais aussi fait soldat pour porter l’uniforme. J’avais ainsi mille et un privilèges. Je commençai à boire, à courir les filles et à me livrer à tous les jeux possibles.

Dans très peu de temps, j’avais acquis la réputation d’un journaliste honnête, courageux, qui ne recule devant rien et qui était carrément du côté du peuple. Les gens, du moins ceux que je voyais, admiraient ma bravoure de m’attaquer aux patroneux, d’essayer de trouver moyen de dénoncer ceux qui ambitionnaient qu’ils soient industriels, curés ou même le conseil municipal. Tout le monde se demandait si j’aurais ma commission d’enquête sur le patronage en ce qui avait trait à la construction de l’hôpital; patronage qui impliquait le maire

du temps et un médecin, organisateur libéral.

Le maire, qui me croyait plus vieux, avait porté plainte au journal en disant que je ne lui laissais pas un pied de corde. Les dirigeants du journal m’encourageaient, mais j’avais de la difficulté à faire publier mes textes. Certains écrits paraissaient coupés et recoupés.

Il a toujours été de la politique du journal de me faire croire qu’il était de mon bord, c’est-à-dire qu’il défendait les petits, alors qu’en réalité, il appuyait les gens au en autorité, en coupant, retardant ou minimisant mes nouvelles.

On me disait qu’il fallait faire connaître la vérité, mais que tout dépendait de la façon de le dire. Je n’ai jamais été étouffé par la diplomatie, considérant cela comme mensonge et hypocrisie. Le littéraire est l’excuse souvent employée en vue de la manipulation ou du snobisme intellectuel, lequel est une nouvelle forme, esthétique cette fois, d’autoritarisme. Il n’en fallait pas plus pour que mes textes soient hautement censurés.

J’étais fier de moi. Je parvenais, malgré mon jeune âge, ma vie plus qu’active (filles, boisson, bagarres et surtout petits gars) à obtenir raison dans presque toutes mes revendications. Il faut dire qu’en moins d’un an, le tirage du journal avait pratiquement doublé et j’avais acquis un très large appui de la population. Même la requête signée contre moi dans l’affaire du Centre Mgr Bonin par bien de bons catholiques, à l’instar du curé de la paroisse, un Monseigneur dont je ne me rappelle plus le nom, n’a pas réussi à me faire expulser de la ville. Le Monseigneur craignait mes indiscrétions quant aux sous employés pour la construction du centre de loisirs. Ce curé avait décidé de m’apprendre « qu’il ne faut jamais manger du prêtre, car on s’étouffe avec les boutons de la soutane ». J’avais dû, cependant, accepter en compromis de laisser tomber ma lutte et ma haine antireligieuse. La menace d’être expulsé m’avait effrayé, mais j’ai appris en même temps le haut taux de popularité dont je jouissais dans la population.

Presque une année après mon arrivée à Lac-Mégantic, j’ai dû par principe laisser tomber l’emploi.

Malgré ma débauche, j’avais su produire une telle quantité de textes que c’était considéré comme un record de production, surtout pour une petite ville. J’avais, au cours de mon séjour, ayant menacé de démissionner, obtenu les services d’un secrétaire qui s’occupait particulièrement de la circulation du journal. Le bureau était nouvellement logé dans un endroit plus attrayant, plus vaste, dans lequel je m’étais aménagé une chambre. L’armée m’avait offert d’être sous-lieutenant et de suivre un cours pour la sous-lieutenance. J’avais refusé. Tout allait bien, même si j’avais, depuis mon arrivée, une vie sexuelle très remplie, mais très douloureuse.

Un mois après mon arrivée à Lac-Mégantic, j’ai rencontré Yvette, une

supposée fille de joie.

Lors de notre première aventure, j’avais peur. Ne m’avait-elle pas averti qu’elle voulait nous faire prendre par la police? J’ai surveillé à la fenêtre durant quelques heures pour prévenir l’arrivée des policiers. Puis, dans le lit, j’ai pris un temps interminable pour avoir une érection. Les craintes dissipées ainsi que la gêne de me croire trop peu bâti, tout alla pour le mieux et comment! J’étais comme un chien qui l’on dresse à l’amour. Surprise de m’avoir dépucelé, moi, qui voulais être curé, elle se prit de remords. Moi, j’étais bien content d’avoir abandonné les espoirs de la cure. J’étais fier comme un jeune coq d’avoir été si irrémédiablement « sali ». J’avais adoré l’expérience que je n’ai pas manqué de répéter en maintes occasions et de bien des façons.

En général, j’ai toujours mal régi à faire l’amour; car je n’ai pas totalement joui. Je suis parfois comme certaines femmes : je prends un temps fou à éjaculer. Pour elles, c’est parfait; mais quant à moi, c’est un vrai combat. Plutôt que de profiter des moments, sachant bien que tout saura venir à temps, je m’énerve, je me révolte contre tout ce temps nécessaire, je me mets à penser aux petits gars. Je fais l’amour avec eux dans ma tête. C’est le plus grand stimulant ou encore je me concentre en pensant que je fais un « petit ». Je le sculpte, membre par membre.

Je n’ai jamais trouvé beau le corps d’une femme alors qu’au contraire j’adore celui d’un garçon. Par contre, le corps d’une fillette me semble beaucoup plus beau que celui d’un homme. Je fais l’amour avec une femme pour me prouver ma virilité alors qu’avec un garçon, je le fais par jouissance. Cela explique certainement mes longueurs à éjaculer, ayant à créer un monde de phantasmes, avant d’y parvenir, comme lors de mon adolescence, alors que je me forçais « à venir » plutôt que laisser les choses s’opérer naturellement. Par notre éducation nord-américaine, faire l’amour ne sert pas à la jouissance, mais à affirmer sa virilité, on n’a qu’à regarder Playboy ou les annonces pour le voir.

Qu’importe! Le sexe a pris alors pour moi une nouvelle dimension. Même si je couchais avec Yvette, je cherchais l’amour avec un petit gars pour compenser d’une part, le manque d’aventures, et d’autre part, l’absence de chaleur dans les communications. Les petits gars demeuraient l’extase, la beauté, la plénitude et la globalité; puisque pour les rejoindre, je dois revivre (pour qu’il ne me craigne pas et ne se sente pas forcé) le seul être que j’ai aimé en moi : l’enfant.

Je parlais donc très peu de mon penchant pédéraste puisque quelques semaines avant mon départ de Sherbrooke, ayant averti une mère de famille de mes tendances pour me protéger de moi-même et sauvegarder la pudeur de son fils qui m’intéressait de plus en plus, elle m’avait flanqué à la porte. L’authenticité, ça se paye.

Heureusement, j’avais retenu les amitiés d’un petit bonhomme du coin. Je l’ai amené avec moi une fin de semaine. J’ai commencé à profiter de l’obscurité pour obtenir sa petite queue que j’avais déjà bien tâtée, avec son approbation, dans la morgue du journal… mais, cette fois, il prétendait ne pas être intéressé.

Plus tard, il me dit s’être laissé faire, ayant été trop surpris de mes avances, ce qui me semble possible. Mais, comment deviner?

Il a bien aimé son séjour, malgré mes insistances du début, c’est-à-dire dès que je le crus  sincère dans  son refus.  Pas  question  de forcer  qui que ce soit.

Règle générale, à ma connaissance, les garçons qui se sentent forcés à participer à de telles expériences détestent ensuite les ‘homosexuels pour le reste de leur vie puisqu’ils en sortent dégoûtés ou culpabilisés. C’est une expérience qu’ils s’efforcent d’oublier. Si un jeune est fasciné par un homosexuel et que les relations sont passagères, habituellement, il redeviendra hétérosexuel et indifférent au phénomène homosexuel. D’autres sont très jeunes et à jamais homosexuels. Par contre, le jeune qui a de la difficulté dans sa famille, dans son entourage ou surtout, s’il a de la difficulté avec les filles, deviendra facilement   un « bon serin ». Quant aux parents qui feront un drame s’apercevant que leur fils a des expériences homosexuelles, ou qui feront intervenir curé ou police, leurs jeunes deviendront forcément instables et peut-être même névrosés. C’est le genre de garçon qui se marie, rend sa famille malheureuse, car il a peur d’épuiser une expérience nécessaire qui lui permette de se définir dans sa  réalité profonde.

Plusieurs ont besoin de vivre une étape homosexuelle intense pour assouvir leur narcissisme avant de pouvoir obtenir des relations saines et complètes avec l’autre sexe. Il est stupide de rougir d’un tel besoin et de ne pas l’assouvir puisque cette situation naît nécessairement d’un problème qui s’est passé dans l’enfance et qui ne pourra être résorbé que par son assouvissement. Souvent, il s’agit d’une étape dans le déroulement de la construction de son

« identité », profonde, primaire, un processus normal, mais plus lent que chez d’autres. Il vaut mieux avoir des rapports sexuels fréquents que de refouler le désir, devenir obsédé et empoisonner la vie de tout le monde par un refoulement transformé en agressivité.

Je ne sais ce qu’il est advenu de lui, mais fort probablement que, tels à tous ceux avec qui je me suis amusé, il doit être marié ou en bonne voie. L’homosexualité dans l’adolescence est souvent temporaire. Curieusement, à quelques exceptions près, tous ceux avec qui j’ai eu une aventure manifestent beaucoup de plaisir à me rencontrer, contrairement à ce que l’on serait porté à croire. Ils sont tous devenus rangés et heureux…

Yvette connaissait mes tendances. Je ne pouvais pas les lui cacher. C’était mon problème. De plus, je voulais être sincère. Je l’estimais de plus en plus. Il y avait aussi mon confesseur ou plutôt directeur de conscience qui connaissait mes déboires. Mon assistant au journal, Xavier, me voyant agir, devina et me harcelait de ses scrupules. Il m’écœurait avec son chantage :

  • Je vais le dire à tout le monde.

J’en avais peur. Je croyais qu’il le ferait. Je me sentais pointé. J’entendais :

  • Voilà le maudit fifi.

Cicatrice à l’âme

septembre 1, 2020


Publié par Parti pris sous le titre : Laissez venir à moi les petits gars.

5 b

Le garde arriva avec les journaux. Tous les prisonniers se sont attroupés. Je n’avais jamais vu autant d’intérêt pour l’information. Les textes rapportant les procès de la journée précédente étaient lus à haute voix; il y avait souvent des protestations contre le peu d’importance accordée à certaines causes ou quant à la rédaction du texte. Pour certains, au contraire, l’anxiété les déchirait et c’est en tremblant qu’ils vérifiaient si leurs noms y figuraient. Il est toujours pénible de saisir que sa vie dépend d’un article de journal. Certains souffrent plus en pensant que les personnes que l’on voudrait ignorantes savent tout, irrémédiablement, que de subir la prison elle-même. Surtout qu’en prison, il est impossible de mesurer la portée de l’article : donc, toutes les spéculations deviennent plausibles. J’ai aussi constaté que tous les prisonniers condamnés à plus de dix mois préfèrent une sentence de plus de deux ans. Dans un pénitencier, le temps passe plus vite puisqu’on peut s’occuper, alors que dans une prison commune, pour les sentences de moins de deux ans, l’ennui devient pire que la torture physique. Dix heures par jour à penser, à n’avoir rien d’autre à faire, à méditer tes tourments, à revivre ta vie, telle une perpétuelle agonie qui prend fin au moment où la mort devient un phantasme présent, obsessionnel; c’est la pire des torturesÊtre privé de liberté, c’est être privé de moyens pour tuer la monotonie.

Comme prévu, dans le journal, il n’était pas question de ma comparution. Le Gros en fit la remarque, mais personne n’y porta attention.

J’étais étonné de constater la gloire que certains prisonniers tiraient des articles de journaux. C’était une véritable compétition à savoir qui avait le plus longuement la vedette, comme on mesure parfois la valeur des gens à la longueur de leur pissette. (Même les policiers se livraient parfois à cette compétition amusante.)

Le souper et la soirée en salle commune se passèrent sans incident.

Vint le tour des cellules.

Pour la première fois, j’observai que tous les soirs, ce sont les mêmes farces plates qui se répètent:

  • Fais moins de bruit en te crossant…
  • Voyons !    C’est Maurice qui vient de défoncer sa chaudière en déchargeant.

Il y en a aussi toujours un qui simule l’orgasme, comme un loup qu’on égorge, alors que les autres décrivent la belle avec qui ils font l’amour.

Puis, vient le silence. Un silence d’enfer, brisé parfois par le déplacement d’une de ces infectes chaudières puantes placées pour les besoins naturels, que l’on doit vider le matin avant de déjeuner.

Comme d’habitude, j’ai passé la soirée à prier. J’étais pris de remords d’oser remettre en question ma perversité. Comment pouvais-je oser penser et croire à mon irresponsabilité, à ma non-culpabilité, alors que toute la société pense que la pédérastie est un défaut, une misérable passion qui prend racine dans les âmes abjectes?

J’ai repassé pour la millionième fois tout ce processus qui m’avait conduit à l’incapacité biologique de refuser à mes mains d’exercer leur charme sur le corps des gamins.

Cette révision m’amena à accepter deux faits : d’une part, je suis obsédé par les petits gars au point de devenir vraiment impuissant à leur résister; d’autre part, à vrai dire, je ne comprends pas pourquoi il est mal d’aimer un garçon. Pourquoi? Qu’est-ce qui justifie cet interdit? Je ne ressens rien qui me dégoûte, seuls l’opinion publique et l’environnement qui me forcent à toujours me condamner, acceptant à priori que la majorité ne puisse pas avoir tort. D’ailleurs, à cette époque, j’étais loin de savoir que la pédérastie fut pratiquée par des peuples entiers et qu’elle a déjà porté l’humanité au sommet de sa grandeur et non de sa décadence, comme la société a intérêt à le faire croire pour continuer à dominer les gens. Quant à la protection des enfants, il n’y a rien de plus stupide; car, sans violence, le jeune sort souvent de cette expérience beaucoup plus épanoui. Il ne peut pas avoir peur puisque l’adulte doit retrouver l’égalité avec le jeune pour jouer avec lui. Sans cette réciprocité, ce jeu serait sans charme, sans féérie. Aimer un garçon, c’est aussi revivre avec lui son enfance.

6

Je ne savais pas que la « perversion » peut produire la majorité des êtres qui, par la suite, seront considérés comme des génies par la civilisation qui aura tenté de les écraser ou des névrosés qui n’auront pas su surmonter l’ignorance de la masse et qui se seront culpabilisés.

Toute ma vie était un acte d’accusation. N’avais-je pas dès mon enfance commencé comme les élus de Satan à me livrer à ces plaisirs? N’avais-je pas tenté de vendre mon âme au diable en le priant pour avoir un petit gars? N’avais-je pas dans mes rêves voulu masturber l’Enfant Jésus, avoir même touché la poupée qui le représentait pour savoir si Jésus avait un pénis? Ne m’étais-je pas arrêté durant des heures à contempler la beauté du petit Dominique Savio?

Je me voyais Don Bosco, l’étreignant dans mes bras et lui passant gentiment les mains sur les cuisses. Je sentais sous son pantalon s’agiter une gentille petite bizoune. Durant de longues minutes, je m’interrogeais sur la longueur et la grosseur de ce divin membre. Serait-il digne d’un aussi magnifique corps? Je vivais plusieurs années plus tard les mêmes passions que saint Jean Bosco avait eues pour ce petit saint, si mignon. Ayant réussi à vivre de magnifiques moments avec le petit Dominique, je me rendais ensuite dans la toilette me masturber.

Je me rappelais avoir été tenté de masturber presque tous les jeunes de ma classe. Que de situations n’ai-je pas inventées pour me retrouver près de tel ou tel camarade, afin de pouvoir, sous les bancs, étendre mes doigts contre un petit pipi qui s’agitait. Comme c’était excitant. Obsédé par le désir de voir et toucher, j’étais prêt à tout pour réussir, même à inventer.

C’est ainsi que je priais pour des tempêtes de neige; ayant à coucher avec un autre, j’aurais certes la chance de la lui toucher. Il est curieux de constater que cette obsession n’a toujours eu qu’un but exploratoire. Je voulais savoir comment les autres étaient développés.

Combien de nuits n’ai-je pas dormi? Quand un garçon me plaisait, ayant à coucher dans la même chambre, j’attendais patiemment que tout le monde dorme. Alors, je m’approchais du lit de l’invité, je le fixais, observant ses moindres gestes, sa respiration et lentement je posais ma main sur con corps. S’il bougeait, j’arrêtais, accroupi près du lit. J’attendais. Je recommençais. C’est un art. Il fallait juste telle pression pour circonscrire l’appareil recherché. Par la suite, il me fallait trouver le moyen de m’enfiler la main sous les couvertures. Tout devait se faire sans le réveiller, en combattant les remords puisque c’était censé être un péché. C’était un art, procurant toutes les gammes de l’anxiété, de la peur, pour aboutir à un soulagement indicible quand ma peau, enfin, sur la douceur d’un organe orgueilleux se jouait à deviner tous les détails. Que de passion dans le besoin de voir. J’ai souvent dû attendre des heures la position propice. Compter et recompter, puisque cela me permettait d’évaluer le degré du sommeil et la possibilité d’un réveil. J’ai amélioré mon système, ayant remarqué que par ma concentration, il est possible de faire bouger quelqu’un dans son sommeil. Ah! Ce furent les plus longues et les plus belles nuits de ma vie. Frissonnant à la fois de peur, d’anxiété et de désir.

Ensuite, je voulais voir nu cet organe royal, le tâter, toute une nuit si possible. Je n’en fermais pas l’œil, s’il le fallait. Essayant en tremblant. Échouant parfois. Toujours recommençant. Découvrir. Connaître chacun dans ce qu’il a de plus beau, de plus intime, de plus secret, m’apportait un soulagement paradisiaque. J’étais sans cesse fasciné et surpris de ces découvertes, chaque graine   étant   sensiblement   différente,   malgré   une   apparence d’uniformité.

Voir et toucher, les deux à la fois, créaient en quelque sorte un lien sacré,

impossible à profaner; un lien qui m’unissait à jamais à ma « victime ». Jamais je n’acceptais une défaite. J’imaginais toutes sortes de jeux qui me conduisaient à réussir. Si je jouais aux Indiens, je pensais à attacher les prisonniers et les déculotter comme tourment:

  • Tu parleras ou…

On ne parlait jamais et je m’exécutais avec plaisir, excepté si la victime refusait assez fortement pour que ça ait l’air vrai, sincère. J’adorais lutter pour pouvoir à la fois deviner et approcher, vérifier des doigts mes approximations. Des jours suivaient à me rappeler mes tentatives et à me masturber. Je me masturbais jusqu’à épuisement, si je n’éjaculais pas. Combien de fois j’ai recommencé, n’ayant plus la force de poursuivre? J’avais le bras mort. Le corps en sueurs. Je m’arrêtais et je recommençais ensuite, essayant de trouver l’image qui me permettrait de me mettre dans un tel état d’excitation et d’éjaculer.

  • Tu vas venir mon christ!

Éjaculer fut pour moi toute une découverte. Je me rappelle encore cette première fois. Nous étions un groupe à nous amuser dans un lit. Ayant introduit mon pénis entre les cuisses, sous le scrotum d’un de mes partenaires, j’ai été effrayé après maints mouvements, de me sentir aussi mal. J’ai cru m’évanouir. Je me suis rendu à la toilette, croyant que j’allais dégueuler. J’examinai mes organes génitaux. Je m’aperçus que je venais de réussir le même exploit que mon cousin m’avait enseigné l’année d’avant et non de subir les foudres du Seigneur. Quand mon cousin m’avait montré ce phénomène, cela m’avait étonné. Je l’avais oublié, me rappelant davantage son bouton sur la verge et l’immensité de celle-ci. J’étais loin de penser qu’il m’arriverait, un jour, la même chose. D’ailleurs, je vivais une période passablement calme en ce qui a trait à ma vie sexuelle. J’eus si peu en mémoire ces cours antérieurs de mon cousin que ce n’est que plus tard que je fis la relation entre les sensations et l’éjaculation. Foudre du Seigneur ou pas, j’avais aimé les sensations. Ça suffisait. Mon goût pour la masturbation et cette nouvelle sensation (ce n’était plus des décharges électriques ou des chatouillements comme auparavant) prirent une telle importance que je recommençai mes explorations des autres de plus belle. La masturbation habituellement pouvait aussi jouer un rôle compensatoire à ma phobie d’être rejeté : ne me sentant  pas  voulu  des  autres, je m’aimais proportionnellement au besoin éprouvé.

J’ai découvert le sens du péché d’impureté à cette époque. J’avais quatorze ou quinze ans.

Ce péché m’avait antérieurement bien intrigué. Je ne pouvais pas comprendre de quoi il était question. Au cours d’une leçon de catéchisme, soudain, j’ai perçu toute la dimension de ce vice. J’étais effrayé. Je me damnerais. J’ai essayé d’en parler à ma mère; mais ma curiosité ne sut que lui tirer des larmes. Elle me lança que je n’étais qu’un cochon.

J’étais désespéré. Que faire pour m’arrêter? Plus j’y pensais, plus j’avais peur. Plus ça m’obsédait. Plus le nombre de garçons intéressants augmentait.

Mon confesseur me recommanda de prier. Plus je priais. Plus j’y pensais. Plus les tentations étaient belles. Même si j’y mettais toute ma ferveur, ça ne s’arrêtait pas. Ça empirait.

Je n’osais plus me toucher ou me regarder en allant à la toilette; ce qui me créait de nouveaux problèmes puisque, parfois, je pissais à côté de l’objectif. Comment peux-tu pisser sans te toucher, ni même te regarder?

Pour assurer mon salut, je me confessais tous les matins dès que je tombais dans les griffes de Satan. J’ai fait mes neuf premiers vendredis du mois, qui garantissaient le salut à coup sûr.

Je continuais d’être hanté. J’ai pensé que j’étais un vampire… qui mordait à quelques endroits différents près…

J’ai recommencé à rêver à un miracle. Ayant une ferveur spéciale pour la Vierge, je me mis à croire que sa statue me répondait. Je la voyais sourire ou pleurer. Parfois, j’y voyais purement le jeu de mon imagination, mais souvent, je croyais dans ses manifestations. Personne ne parlant de l’allure de la statue, je crus préférable de garder pour moi ce qui m’avait semblé des miracles. Ça foutait une claque à ma sainteté, mais c’était mieux ainsi.

Mes problèmes ont pris une tournure encore plus torturante alors que certains matins, je me suis réveillé trempé. Je me croyais dès lors totalement perverti. Je craignais d’être devenu fou au point de ne pas parvenir la nuit à maîtriser mes mains et, qui plus est, de ne pas en avoir connaissance.

Je me masturbais certes la nuit puisque j’éculais. Comment en serait-il autrement?

Je me dégoûtais. Je ne savais pas que les garçons ont biologiquement et naturellement des pollutions nocturnes (quel drôle de nom)… il n’y avait pas de cours de sexualité de mon temps, les gens étaient trop scrupuleux… et je paye bien pour ce puritanisme.

Je souffrais atrocement de me voir aussi vulnérable au péché. Je tentais de m’empêcher de penser pour  écarter  les  tentations.  J’essayais  tout  ce  qui  me paraissait une solution, mais je ne parvenais pas à me corriger. J’ai même songé à me rendre à Lourdes. Seul un miracle pouvait me sauver. J’en avais contre  ma  volonté,  contre  tout  mon  être.  Je  priais  pour  changer  ou mourir.

Un matin, alors que j’étais près du poêle, à me réchauffer en sous- vêtements avec mes frères, ma mère nous donna tout un sermon parce que

nous avions des érections. Nous étions encore des cochons. Si cette leçon me permit de cesser de croire perpétuer un péché à me regarder ou me toucher en pissant, je n’en ai pas moins, assimilé le péché à l’érection. C’était un événement qui survenait souvent : j’étais très souvent en état de péché mortel. Je me dégoûtais encore plus.

Pour me déculpabiliser, et adorant ma mère, je ne finissais pas de l’aider dans les durs travaux. Je ne pouvais tolérer de la voir travailler fort. Ce que je faisais, au moins, lui épargnait cette part de corvée. Peut-être ma charité rachèterait ma perversité.

Malgré tout, la nuit, je ne dormais presque plus, devant surveiller mes mains et mes pensées pour éviter les rêves érotiques. Je croyais que le diable viendrait me chercher. J’avais une peur affreuse. Un caractère de chien et d’éternels remords. Certains soirs, des matous venaient grignoter dans les poubelles, situées dans l’appartement voisin. J’y reconnaissais les cris du diable. J’avais peur. Je suais de peur.

Une autre fois, mes frères durent me réveiller puisque debout dans mon lit, je pleurais de ne pas pouvoir enfiler ma soutane qui n’était que la couverture de mon lit. Ce rêve  exprime  bien  l’angoisse  que  me  procurait  mon  incapacité de devenir prêtre puisque j’étais pourchassé par le diable. Non seulement j’avais trahi ma mère en ne tenant pas mes promesses d’être un jour le prêtre de la famille. J’étais un être abject.

Je rêvais des cauchemars abominables ou des rêves dans lesquels je me livrais à mes désirs inassouvis. Tout n’était que mort et religion, que fins du monde et monstruosités.

C’était clair, j’étais damné. J’étais possédé du diable. J’ai essayé de m’exorciser en m’infligeant toutes sortes de sacrifices. Pour essayer de me sauver, j’ai décidé un jour de me donner à Dieu en écrivant ce don total, irrévocable, sur un papier avec mon sang; comme je l’avais déjà entendu dans un conte. Je ne me souviens pas si je l’ai fait. Je me rappelle seulement la peur éprouvée de devoir me mutiler. Il me semble avoir posé mes empreintes digitales en sang, ayant écrit cependant la lettre à l’encre… je devais ainsi moins saigner…

J’avais peur de mourir sans pouvoir me racheter. Aussi dès que j’avais une grippe, de la fièvre, je m’assurais de me confesser, de communier avant d’attendre impatiemment la mort puisque celle-ci me délivrerait. Elle avait alors plus d’importance que la vie. Inconsciemment, probablement que cette névrose obsessionnelle de la mort est née de ma peur de Dieu qui sait tout : étant coupable, je n’avais plus qu’à mourir parce que je lui désobéissais. J’étais convaincu que ma vie sexuelle me tuerait. Dieu me punirait. J’avais peur et chaque faiblesse était associée à la mort.

Cicatrice à l’âme 4

août 31, 2020

Cicatrice à l’âme 4

(tiré de Laissez venir à moi les petits gars)

Après m’être changé, j’ai retrouvé le groupe dans la salle commune. L’anxiété commençait à me gruger plus que jamais. Cette situation psychologique ne provenait pas des dix longues heures par jour à tuer le temps, ayant pour seule activité la réflexion; mais de la souffrance éprouvée du fait qu’aucun membre de ma famille ne s’était présenté au procès. On n’avait pas donné signe de vie. J’avais compté sur cette présence. Si mes parents eussent été dans la salle, c’eût signifié qu’ils comprenaient : j’avais fait une erreur et ils me la pardonneraient. Notre mode de vie sexuelle conduit à une infantilisation à un âge avancé.

J’étais seul. C’était bien ce qui m’effrayait. Ainsi, pour cette seule tare, je ne pouvais pas miser sur la compréhension, l’appui de ceux que j’aimais.

(Tous les apôtres ont fui.)

Cette offense à la société prenait toutes ses proportions.

Vous pouvez voler, vous pouvez tuer, ce n’est rien. Vos proches accourront, vous supporteront, ils vous excuseront.

  • C’est impossible, mon fils ne peut pas être ainsi. Qu’est-ce que tu as pensé?

Quand il s’agit d’un délit sexuel, tout le monde étant individuellement poigné dans une éducation contre nature, la réaction est toute autre : plus de pitié. Plus de compréhension.

  • Ah! Le christ de cochon… Qu’avons-nous fait au Bon Dieu? Nous l’avons bien élevé pourtant… comme les autres. Nous l’avons nourri, logé, instruit. Que fait-il pour nous récompenser? Il se masturbe avec des plus  jeunes.  L’écœurant. Qu’a-t-il pensé? N’avait-il plus de conscience? N’avait-il pas un bon emploi? Ah ! L’imbécile! Se condamner à crever de faim pour un petit bout de queue.

J’entendais déjà ces reproches, ces reproches qui, au fond, étaient encore moins amers que l’absence de mes parents à mon procès. Cette absence était plus significative de l’ampleur de mon délit que toutes les mesures de sécurité prises à mon égard pour protéger la société. Mon délit était-il si grave que même mes parents ne pouvaient pas me le pardonner?

J’étais seul. Même ceux que j’avais défendus avec acharnement au risque de me faire casser la gueule n’y étaient pas. Ils affichaient une indifférence totale à mon égard. Pour la première fois, je comprenais que les gens vous aiment, vous approuvent, vous soutiennent moralement quand vous défendez gratuitement, quotidiennement, leurs intérêts. Ils sont fiers d’avoir un bouc émissaire pour crier pour eux puisqu’ils sont trop lâches pour le faire eux-mêmes; mais au premier coup dur, ils disparaissent. Vous êtes seul devant la situation, et là, vous comprenez que vous avez été un jouet entre leurs mains; un jouet qui s’est offert sincèrement, naïvement; un bateau sur une rivière bouillonnante; un être qui pour s’aimer et se sentir aimé a le besoin incessant de donner, de s’intégrer à une lutte. Vous comprenez que l’engagement est un instrument pour vous déculpabiliser ou vous affirmer.

(Pierre, avant que le coq chante, tu m’auras trahi trois fois… Et nous voilà à la troisième révolution, de nouveau avec Pierre… 1837, le Bloc populaire, le F.L.Q.)

Moi, j’avais toujours eu besoin de me déculpabiliser de ma pédérastie et de n’être pas plus intelligent…

Ceux pour qui je m’étais usé n’y étaient pas et n’y seraient jamais. Ils ne lèveraient pas le petit doigt pour m’aider; même mon rêve que quelqu’un me prête l’argent nécessaire à mon cautionnement s’était estompé. Je les entendais déjà crier:

— ça prenait un maudit hypocrite. Nous, qui lui accordions toute confiance. Il pouvait bien être tout corps et tout esprit avec nous, le kâliss, tout ce qu’il cherchait c’était gagner notre confiance pour coucher avec nos garçons.

(La foule criait : Barabbas! Barabbas!)

Le pire, c’était vrai et ce sera toujours vrai parce qu’il en sera toujours ainsi. Je trouve normal que si tu risques tout pour le monde tu puisses, au moins, vivre librement ta sexualité. Quand je vois un garçon, je l’aime sans me poser de question.

Avoir été coincé tuait tout ce qu’il y avait de positif en moi. Ce crime éliminait socialement toutes mes qualités. Je savais que j’étais devenu pour la masse des gens, tout comme pour mes proches, une grossière indécence ambulante. J’étais pire qu’un bandit. Un bandit n’est jamais un bandit pour l’acte qu’il a commis, mais le symbole que prodigue son arrestation. Même la culpabilité fictive ou réelle n’a aucune importance. Le fait social capital est d’être arrêté. J’étais plus qu’un bandit, j’étais une incarnation diabolique.

Je sentais tout le mépris qu’il fallait avoir à mon égard dans de telles circonstances et le besoin social inévitable de ne jamais pardonner à ceux qui, comme moi, osent profaner la société. J’acceptais même cette intransigeance. Qu’adviendrait-il, s’il fallait laisser des êtres de mon espèce vivre en liberté?

Il m’apparaissait clairement qu’à un moment donné, probablement dès ma naissance, un geste ou une situation avait fait de moi de toute éternité un damné. Je frissonnais à cette pensée, tout en me demandant comment Dieu qui connaît tout accepte, malgré la volonté de la personne concernée, la naissance d’être tel que moi. Il sait que rien ne nous écartera de notre destin, que nous serons malheureux toute une vie, car qui veut être méchant, simplement parce que sans que nous le voulions, lui, Dieu, nous aura donné le rôle de salaud? Pourquoi moi plutôt qu’un autre? Si Dieu est bon, pourquoi n’empêche-t-il pas de telles situations? Où sont sa bonté et sa toute-puissance? Où est sa justice, s’il se crée des instruments du mal pour s’en servir?

Autant dire que mon « péché », résumant tout autre péché, fut de naître; mais comment peut-on s’empêcher de naître? Comment être responsable d’être homosexuel depuis l’âge de quatre ans ou de sa naissance?

(Jésus porta le poids des péchés du monde, lui, qui était innocent et sans tache. Simple pédéraste, il fut embrigadé, malgré lui, dans la société de violence, lui, qui ne rêvait que de paix et de liberté pour tous les hommes de la terre. Mais son pays avait si mal…)

Dieu aime ceux qu’il éprouve.

J’acceptais ma situation, confiant que Dieu devait sûrement avoir une bonne raison pour me laisser m’enfoncer dans cette misère. Je saisissais bien l’imbécilité de ma condamnation, mais je me haïssais. Il fallait tout supporter. Je me sentais coupable d’un crime dont je n’étais nullement responsable.

Je me voyais un grand saint… il est impossible d’en avoir tant enduré pour rien. Dieu avait admis ces injustices parce qu’il voulait un saint. Il y pourvoirait. Je serai le pécheur repentant… la brebis pour qui il abandonne le troupeau.

D’autre part, j’étais socialement mort. Mourir dans la société, c’est disparaître. Faire un trou, même un trou vite comblé. J’étais mort… en état de péché mortel : accusé d’un crime qui effaçait d’un coup toutes mes bonnes œuvres. En fait, mon péché fut autant de mourir que de naître. Si je n’avais pas été pris, j’aurais peut-être remporté une victoire sociale. Je serais peut-être devenu un héros local et comme tous les héros, je serais mort d’une douce agonie. J’aurais vu pousser ma légende alors que le véritable individu aurait été oublié. Les héros meurent parce qu’ils perdent leur influence dans la vie quotidienne de leurs admirateurs ou de leurs protégés. Héros, j’aurais été un mystique; homme, j’étais un pédéraste. Je n’avais ni parent, ni pays, ni amis, je n’avais que ma liberté et un vertige insaisissable de vivre, malgré la société qui me condamnait et venait grâce à sa police de m’enlever le dernier souffle de vie.

J’ai compris à la suite de ces réflexions que le péché n’était rien d’autre que la mort. Le péché est un faux. C’est d’abord et avant tout l’anxiété, la peur. S’il n’y avait pas de mort, il n’y aurait pas de péchés : les hommes n’auraient jamais eu à inventer l’âme. Les hommes n’auraient jamais connu ni le bien, ni le mal. Ils auraient vécu sans devoir inventer un mythe garantissant leur survie de dominateurs : le ciel et l’enfer. Il n’y aurait pas eu ces lois contre nature, faisant de nous des sacrifiés pour un bonheur éternel.

(Je suis comme le Père. Qui connaît le Père me connaît. Le péché n’est pas d’être humain. C’est de juger l’autre. )

La conscience du péché naît de notre infériorité alors que face au grand savant qu’est Dieu, nous devenons dominés, effrayés, hantés par cette invention schizophrénique du surmoi; vision maintenue par la religion, cette déviation névrotique.

(Jésus chasse les voleurs du temple en révélant leur racket et en enseignant à l’homme à vivre en homme et non en esclave.)

Le Dieu que nous connaissons est la censure sociale. Un dieu de peur. C’est l’autorité. Celle qui nous écrase et nous hante. Pour nous le rendre

propice, pour amenuiser nos peurs, nous avons inventé une foule de rituels. Les rites qui réussissaient à nous apaiser intérieurement devenaient le bien, le magique; ceux qui échouaient créaient le mal. La chair, étant sans effet positif sur la nature qui nous effrayait (le dieu-parent) et qui a été souvent source de bien des maux, fut inévitablement identifiée au péché : manifestée dans les blessures et la maladie. Dieu-autorité exige de nous nier, de nier notre corps, notre puissance pour nous accorder sa grâce. Le vrai Dieu nous apparaît comme un bienfaiteur,  un  libérateur,  et  non,  comme  un  tyranIl  nous  AIME, même si nous sommes des hommes et peut-être même parce que nous sommes des hommes. Malheureusement, le tyran l’emporte dans nos perceptions de dieu. Et, déjà enfant, nous rejetons sur nous la responsabilité de nos imperfections, nous devenons dociles parce qu’en partant nous nous croyons coupables et même capables de l’être sans même le vouloir.

C’était de belles explications, mais pour ne pas trop penser, ce qui devenait infernal, je me promenais dans la salle, parlant peu à mes camarades de prison. Je les regardais jouer aux cartes. Soudain, le Gros m’assaillait pour me faire acquiescer à ses désirs.

— Tu verras, ma belle, je finirai bien par t’enculer. Je t’accrocherai bien une bonne fois dans les douches.

Je refusais facilement ses avances; mais je craignais davantage mon admiration incontrôlable de la beauté de Jeannot, qui semblait n’avoir  que quinze ans. J’avais envie de lui, de sa fraîcheur, de sa beauté. Sans dire un mot, j’ai appris avec déception sa décision de se faire raser la tête. Cette drôle d’idée marquait bien tout ce qu’il fallait inventer en prison pour ne pas crever d’ennui. (Les prisons communes sont comme Parthenais). Il y aurait dorénavant une course perpétuelle à savoir quels cheveux pousseraient le plus vite. De plus, la pousse indiquera également le temps passé dans cette prison.

Devant mon dégoût, le Gros prenait plaisir à crier à qui voulait l’entendre les raisons de ma visite. Il ajoutait tout un cérémonial d’effusion sentimentale, auquel les autres se livraient avec plaisir. Il se moquait de moi ou plutôt il tuait le temps à me gêner. J’aurais préféré me faire faire la cour par Jeannot, mais je n’aurais probablement pas su résister.

(L’apôtre bien-aimé se pencha sur la poitrine du Seigneur qui, du bout des doigts sous la table, lui caressait le zizi.)

Ce beau corps élancé me créait plus de problèmes que de penser sans cesse à ma culpabilité. Je voulais sincèrement me convertir. Ce n’était pas en me mettant les mains dans le feu que j’y parviendrais. Aussi, pour ne pas m’abandonner aux plaisirs de la chair qui s’éveillent même en prison, j’ai préféré de pénibles réflexions, accompagnées de prières. Plus je réfléchissais, plus je priais. Plus je me croyais méchant.

Le lendemain, mon avocat vint me dire que ma sœur Pauline avait téléphoné:

  • Enfin ! Il me semblait aussi qu’elle ferait quelque chose.

C’est alors que je sus que mon père en apprenant la nouvelle avait pleuré.

  • Comment ont-ils appris la chose?
  • Tes parents ont décidé de te rendre visite au journal. Le Petit Lac était sur le parcours de leur voyage. C’est là qu’ils ont appris ton arrestation.
  • Ils auraient pu venir me voir, me donner signe de vie.

— Ils ont continué leur voyage en demandant à Pauline d’entrer en communication avec toi. Tes parents ont décidé de ne pas te rendre visite parce que ton père, souffrant du cœur, ne pourrait pas supporter le coup.

J’ai accepté cette situation, m’imaginant le choc que doit causer à des parents une telle découverte.

Pendant des heures, je me sentis une malédiction pour ma famille. Je ressuscitais tous les mauvais coups, toutes les déceptions et je m’apitoyais sur le sort de mes parents d’avoir un tel monstre dans les rangs. Je ne suis qu’un monstre de corps et d’esprit, et je suis pourtant plus pur que tous les êtres dits sains.

(Se tournant vers ses disciples, Jésus dit des maquisards : voici mon frère, voici ma mère)

Cette culpabilité s’est enfoncée en moi comme des fléchettes. S’il est possible à un individu de tout endurer, il est une chose qui lui est insupportable : se sentir responsable de la souffrance des autres, surtout quand ces autres, vous les aimez profondément.

Je n’avais cru haïr mon père, comme bien d’autres, qu’à mon adolescence ou peut-être même vers 10 ans. Je me souviens qu’à cette époque, son métier d’épicier ne me semblait pas un travail.

Alors qu’un soir, nous étions, chez Phips Pope, à regarder les bœufs monter les vaches, à fumer des cigarettes aux bouts trempés dans du gingembre pour nous faire grimacer, à nous électriser avec un fusil spécialement confectionné à cette fin, on annonça que papa allait mourir d’une maladie du coeur. J’avais peur. Je me rendais responsable de cette situation, ayant déjà souhaité sa mort. Je n’en avais parlé à personne, mais je fus le plus rasséréné des enfants quand j’appris qu’il s’en sortirait bien.

Cette honte de mon premier meurtre par intention ainsi qu’une autre chicane, quelques années plus tard, m’a probablement marqué à vie de manière à détester par la suite toute intention de blesser ou de tuer.

Alors que papa était hospitalisé pour une seconde fois, j’arrivais du pensionnat d’où je m’étais fait foutre à la porte. J’étais retourné à l’école St-Luc (que je voulais plus tard qu’on appelle Émile Simoneau) de Barnston. Faible, je ne disais jamais un mot, même quand le grand Hercule me frappait. Cette situation existait depuis plusieurs mois. C’était le printemps.

Mon frère Roland, qui fut toujours bon bagarreur, me donna de violentes leçons de boxe ainsi que mon autre frère, Marcel. Un midi, le grand Hercule s’approcha et me flanqua sans raison le pied dans les couilles. J’étais en maudit.

Je me sentais plus léger, plus libre de mes mouvements, grâce au printemps. Donc, aussi plus fort. Aussi, lui lançais-je une invitation à nous battre régulièrement. Nous avons décidé de boxer.

Le grand Hercule m’effleura la joue alors que je lui appliquais un solide coup, droit au museau. Ça fait flash et le sang rougit la neige. Il partit à la course vers l’école. Au retour de la récréation, l’institutrice m’invita à voir les résultats. Je fus peiné de le voir saigner autant. Je regagnai mon rang, penaud. Qu’avais-je fait? J’avais peur qu’il meure. Je pense n’avoir jamais autant regretté un de mes actes. Quelques heures plus  tard,  on  m’apprit  devant  la  classe  que  le  grand Hercule serait transporté à l’hôpital, vu la forte perte de sang et les nombreux évanouissements.

  • Qu’est-ce que t’as fait? me répétait l’institutrice.

Je priais comme un fou pour que cessent les hémorragies de ma victime.

(Si quelqu’un vous frappe, présentez l’autre joue)

Cette bagarre, qui me valut par la suite un tas de mises en garde, mais aussi le respect de chacun, prit une tout autre allure quand on raconta mes exploits à la maison.

Ma mère était consternée, découragée. Non seulement je venais de me faire jeter à la porte du juvénat, de la désespérer à jamais dans ses espoirs de me voir un jour porter la soutane; mais j’assommais maintenant mes compagnons de classe comme j’avais brutalisé mes frères Denis et Serge d’un coup de bâton de baseball ou de soulier au front ou au visage, alors que mon père était gravement malade.

— Tu veux bien tuer ton père? Comment peux-tu être aussi méchant?

Haranguait ma mère.

Pourtant, je ne m’étais que défendu. Je ne pouvais tolérer qu’on se moque toujours de moi. Je dois être un de ces êtres qui naissent foncièrement méchants… quand on n’est pas sûr d’être bon, et qu’on ne veut pas se tromper, on se laisse foncer dedans par ceux qui sont certains d’être bien corrects… je subissais les événements comme d’habitude.

Ce soir-là, délégation à l’hôpital. Je restai au magasin. Quand et comment annoncer une telle bêtise à mon père, hospitalisé au même endroit qu’Hercule, d’où l’impossibilité de le lui cacher, d’autant plus que le père d’Hercule courrait dans la chambre de mon père pour l’informer ainsi que le menacer de poursuites judiciaires parce que j’avais fait éclater le nez de son fils en dix morceaux.

  • Y commence à être temps qu’il se défende, fut le seul verdict de mon père.

J’étais fier. Pour une fois, mon père m’approuvait. Je me sentais devenu un homme. Être comme les autres. Par ce simple geste, je me rapprochais de mon père qui, pour une fois, avouait être fier de moi.

Le grand Hercule, après plusieurs jours, revint à l’école. J’aurais voulu me faire pardonner; mais lui, déjà, s’exerçait pour la revanche de son nez qu’il aura crochu désormais, pour jamais.

Peu de temps plus tard, je devais ravaler ce qui me restait de doute quant au courage de mon père. Il était très sensible, malgré son apparente froideur. Pour aider des familles et leur éviter de crever de faim, mon père avait avancé de très fortes sommes de victuailles. Je trouvais mon père séraphin parce que  je ne comprenais encore rien à la vie. Je ne lui pardonnais pas d’engueuler ma mère à propos du magasin comme ce n’était pas normal de ne pas toujours avoir les mêmes opinions.

Je ne savais pas que nous étions souvent au bord de la faillite. Mon père pour éviter cette situation fâcheuse s’expatria et travailla de façon à nous éviter tous ces inconvénients. J’avais honte de mes jugements précédents, je l’admirais beaucoup. J’étais fier de mon père qui faisait maintenant plus que tous les autres pour nous. Qu’il devait nous aimer, être courageux pour consentir à de tels sacrifices!

Cette admiration ne m’empêcha pas moins, quelques années plus tard, de refuser de verser une partie de mon salaire, comme les fils indignes, en déclarant qu’il n’avait pas le droit de réclamer quoi que ce soit. J’étais encore trop égoïste pour comprendre.

  • Si on ne voulait rien me donner, on n’avait qu’à ne pas me faire.

Ma mère pleurait quand je faisais de tels jugements.

Cette affirmation avait provoqué une véritable nausée. Cette révolte, malgré la répugnance qu’elle me laisse, était pourtant bien normale. Adolescents, on reproche tous, ou presque, à nos parents de nous avoir mis au monde. Nous nous imaginons que nos parents sont les grands responsables de nos malheurs.

Il va sans dire, la prison m’est apparue comme la punition de ces crimes.

J’ai toujours aimé chaque membre de ma famille. À chaque mot, chaque geste de révolte correspondait des heures de remords, comme s’il était anormal de connaître de tels élans, des sautes d’humeur.

J’avais tout de même une consolation quand j’ai su comment mes parents ont réagi à mon arrestation. J’ai appris que mon père en pleurant aurait dit :

  • C’est impossible, lui, qui était si intelligent.

Jamais mon père n’avait témoigné la moindre attention à mon intelligence. Je l’avais pourtant entendu, une fois, alors qu’il ne savait pas que je l’entendais, se vanter à un commis voyageur d’avoir un fils journaliste drôlement grave. Dans les familles québécoises, se manifester de la tendresse, c’est un crime, une honte. Aussi nous n’apprenons qu’à nous faire des reproches. Peu souvent, nous parvenons à exprimer nos sentiments.

Cicatrice à l’âme 3

août 30, 2020

Tiré de : Laissez venir à moi les petits gars (pp. 18 à 29)

4

Il y avait un jeune agent de police. Gentil. Après avoir rempli quelques formulaires, il me lança : « Ainsi, tu n’aimes pas les femmes? »

– « Ce n’est pas que je n’aime pas les femmes, au contraire, je les aime trop. Les petits gars, c’est autre chose. Ils me fascinent. Je ne peux m’empêcher de les trouver sublimement beaux… Dès lors, je rêve de les voir nus, les toucher. Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. L’appel est plus grand que la crainte. Ils sont comme le vent qui nous attire aux hautes collines. Comme la pluie tiède  des après-midi trop pesants. Ils sont la Voie lactée d’une nuit de grande noirceur. J’aime en eux la vie. Cette vie qui me manque et me hante. Ils répondent à un besoin insatiable de tendresse. Tendre une main sur une épaule, une main qui respire les cheveux qui s’y couchent dedans. Leur corps est vertige. »

Oui! J’aime les femmes… J’ai même commencé tout enfant à les découvrir, mais leurs organes génitaux qui, comme un mollusque intérieur, avalaient nos brins de foin, comme des anus, me répugnaient déjà. J’étais trop jeune pour jouir de la différence. Pourquoi cette différence?

À quatorze ans, alors que j’avais repris, après plusieurs années de relative inactivité, mes jeux avec les garçons, je rêvais d’une blonde. Je rêvais de danser, de séduire, de discuter et d’aimer. Un après-midi, après m’être amusé dans un parc, sous le balcon, je décidai de passer outre aux ordres de ne pas jouer surtout à la cachette, avec les jeunes filles et j’en embrassai une. J’étais au ciel. Je l’adorais. J’avais osé, croyant que s’embrasser était ce pour quoi on nous interdisait tant la présence des filles, profaner l’interdit. J’avais brisé cette peur par laquelle tout ce qui est femelle était mal.

(Jésus trouva la pécheresse si belle qu’il se mit entre elle et les pierres. Aimer n’est pas s’abstenir de fourrer, mais s’empêcher de mépriser les autres au nom de la pureté.)

Des jours, je me suis battu contre des remords de conscience avant d’écrire pour m’excuser. Quelques jours plus tard, de retour à la maison pour dîner, à la table, chacun lut une phrase de la jeune fille à tour de rôle. Chacun y allait de son ironie. J’étais là bouche bée, pétrifié, humilié. J’avais l’impression que l’on me profanait. Que devenait-il ce seul secret dans ma vie, lui, qui me paraissait si important? Je perdais mon droit à la vie privée et je devenais en même temps la risée de tous. Je devais répondre à autant de questions que si j’avais assassiné le président des États-Unis. Au mur qui existait déjà entre nous, venaient s’ajouter des poutres d’acier qui m’enfermaient encore plus dans ma honte.

Il s’ajoutait une nouvelle cicatrice, plus profonde, plus aiguë, la pointe d’une épée dans mes incertitudes.

À l’école, les autres garçons écrivaient des poèmes aux filles. Je n’arrivais pas à placer deux lignes de suite, ni à comprendre pourquoi la poésie m’était aussi difficile. J’étais aussi étonné de la frivolité des garçons… Leur secret avait-il si peu d’importance? … Je n’avais aimé qu’une fille, on l’avait salie en lisant ma lettre. Comment recommencer à écrire à sa bien-aimée après une expérience aussi traumatisante?

Ce n’est que deux ans plus tard que j’essayai à nouveau d’embrasser une fille de force. Dans mon pauvre petit cerveau : aimer quelqu’un était devenu embrasser quelqu’un. J’avais une compagne, bien sûr, comme tout le monde, mais elle ne m’aimait pas, elle ne voulait pas m’embrasser et se laisser tripoter les seins. Je ne sais pas pourquoi les seins hypnotisent tous les gars. C’était l’époque du refus, des tentatives d’embrasser de force, de vouloir moi aussi goûter le côté magique du baiser.

(L’homme est un animal, dirigé par des instincts de jouissance propres à la vie, qu’une civilisation de frustrés tente d’écraser pour se maintenir au pouvoir. Et, dans cette galère, l’homme se réalise comme il le peut, contre ce poids social… cette meule au cou.)

J’ai décidé d’abandonner. Puis, quand mademoiselle dit oui, j’ai été affreusement déçu. Pourquoi ses baisers ne m’enchantaient-ils pas comme les autres garçons? Je devais être anormal. Pour échapper à cette nouvelle honte, j’ai fui les filles, même celles qui m’invitaient à leur caresser les seins parce que ces perverses cherchaient aussitôt à m’embrasser, ce qui me faisait craindre les pires calamités. Je m’étais souvent fait traiter de cochon à vouloir auparavant les embrasser de force. J’avais appris par ces remarques combien il est important pour une société d’écraser la sexualité pour avoir des animaux dociles. Quand la sexualité meurt; meurt le cerveau.

Si j’ai aimé les femmes… J’ai souffert le martyre pour leurs maudites sottises, car vouloir une fille, sans en vouloir une, c’est comme vouloir respirer en se bouchant le nez et la bouche. Je me suis traîné dans les salles de danse suppliant presque les jeunes filles de danser avec moi. Si, par bonheur, l’une acceptait, je ne pouvais pas par la suite lui parler de sujets intéressants tant j’étais ému. À la seconde demande, elle refusait irrémédiablement de danser avec moi. J’étais trop laid et trop gauche. Je n’arrivais pas à les contenter. Aussi, je m’assoyais et je buvais, ne sachant pas que cette situation était normale à la puberté.

À la maison, personne ne voulait me consacrer beaucoup de temps pour m’apprendre à danser — j’avais les jambes trop raides — sauf pour Pauline, la plus vieille de mes sœurs. En pleurant, je m’assoyais devant le tourne-disque et j’écoutais les chansons mélancoliques : « I’m just a lonely boy », et autres du genre. Je me cachais, car les garçons ne doivent pas pleurer. À quinze ans, j’étais déjà désespéré.

Dans les partys, il me semblait toujours être mis de côté, ou plutôt je n’osais plus m’avancer. Aussi, je n’invitais plus souvent les filles à danser après un refus. Chaque refus me renvoyait dans la kyrielle des raisons faisant de moi un enfant misérable, pas comme les autres. J’étais comme les rats névrosés, crevant de faim devant la nourriture électrisée.

Pourtant j’ai réussi à apprendre à danser, grâce à mes sœurs Pauline et Henriette, et même, à l’époque, je suis devenu un as de cet art. J’étais déchaîné sur le plancher, malgré les supposés péchés de l’Église de la Frustration, cet entrepôt du mal, toute catholique. J’admirais Presley et j’aurais bien aimé chanter comme lui; mais je chantais faux, tout comme je ne valais presque rien dans tout ce que j’entreprenais.

J’ai retiré peines et frustrations à vouloir être aux filles alors que je n’avais pas de problèmes majeurs avec la majorité des garçons.

Avant d’entrer ici, j’essayais, malgré mes rapports avec les garçons, de me trouver une amie pour devenir « normal. »

(Jésus a marché sur les eaux de la mer psychologique et tenta vainement d’infuser sa force et sa connaissance aux autres. Pierre cala le premier… il avait honte d’être homosexuel. Sois ce que tu es, lui avait pourtant appris Jésus. De toute façon, le Christ aimait St- Jean, le bel adolescent, pour compenser…)

5

Un cri invita le jeune policier à se rendre dans un autre bureau. Il me laissa seul. Quelques secondes plus tard entrait un bétail de flic. Il se précipita à un bureau, tira le tiroir, y déposa un revolver, puis repartit. Je n’en croyais pas mes yeux. Je m’approchai, je tirai le tiroir, je le refermai.

J’ai pensé m’évader, mais je revins vite sur ma décision, songeant que je devrais alors peut-être devoir me servir de violence. Je retournai m’asseoir. D’ailleurs, à l’extérieur, je serais simplement dans une prison plus vaste, ayant sans cesse à me cacher.

Quand l’armoire à glace revint avec mon compagnon, je hasardai :

  • Vous n’êtes pas très prudent de laisser ainsi une arme à ma portée.

Le policier réfuta mes dires, mais son compagnon vérifia mes affirmations. La preuve était faite. L’armoire à glace commença à m’engueuler, affirmant que j’avais tenté de m’évader.

  • Si j’avais voulu m’évader, pourquoi n’ai-je pas pris l’arme et vous en ai-je parlé?

(Au Jardin des Oliviers, les soldats tombèrent sous les arguments de Jésus qui, à son tour, fut pris par l’escouade antiémeute romaine.)

Les cris fusèrent de partout. Arrivèrent de nouveaux policiers.

Sans pouvoir placer un mot pour me défendre, j’apprenais avoir saisi le revolver, essayé de me sauver et avoir été démasqué, désarmé miraculeusement, grâce au courage de l’armoire à glace. Je n’en croyais pas mes oreilles. Tout le monde croyait ce maudit menteur. Conscient que chaque mot empirait mon cas, je fermai ma gueule. J’étais sidéré de peur.

(Pierre saisit son épée et coupa l’oreille du centurion)

Je venais d’être initié aux interrogatoires des policiers. Ceux-ci montent une histoire, vraisemblable ou remaniée, jusqu’à ce qu’elle soit plausible, puis, ils la font avouer et signer par tous les moyens, même par la force, s’il le faut.

(Le chef national de la rébellion était appelé Dieu. Aussi, le juge demanda à Jésus s’il était Dieu. Gelé au bout, fier de sa mission, Jésus répondit que son royaume n’était pas de ce monde. On l’interpréta : je le suis.)

Ces premières mesures d’intimidation avaient suffi : il ne faut jamais contrarier des policiers s’ils croient avoir raison. Ils ont tous les moyens et le temps nécessaires pour arriver à leur fin. Il est préférable d’avouer tout ce qu’ils veulent faire avouer, que ce soit vrai ou faux, et contester en cour la valeur du rapport, quoique les juges ou le jury peuvent être assez caves pour ne pas saisir que psychologiquement voire physiquement il est dans l’intérêt de l’accusé de dire comme les policiers. À quoi cela sert-il de se faire battre; de toute façon, les flics arriveront quand même à te faire dire ce qu’ils veulent entendre. On dirait qu’ils sont payés au nombre d’aveux ou d’arrestations pour justifier la pertinence de leur ouvrage. C’est même, chez eux, la préoccupation majeure, car  avoir  de  bonnes  statistiques  signifie  une  bonne  entrée  de  subventions.

(On mit une couronne d’épines sur sa tête et un roseau entre ses doigts. Dis-moi qui t’a frappé. Les soldats avaient enlevé leurs badges.)

— Viens! Petit christ de sale!, me lança un des bœufs.

Je quittai le bureau. Je me rendis alors dans une pièce où se trouvaient plusieurs policiers affairés à prendre les empreintes digitales. Après les empreintes, la photographie. Un policier me passa au cou un bout de bois avec une immatriculation… comme pour une automobile. J’aurais aimé voir la photo.

Je poursuivais mon hallucination Far West. J’étais accroché sur les poteaux des féminounes. Wanted!

J’examinais les autres prisonniers, étonné de constater que les bandits ont un visage comme tout le monde, parfois même très sympathique. La télévision et le cinéma nous mentent en présentant un cas type, un visage type, un bonhomme type, au visage rude et à l’allure méchante pour nous éloigner du désir de devenir des gangsters et nous rapprocher des bœufs en nous les montrant toujours comme des amis, de gentils protecteurs.

(Jésus savait très bien que les prêtres ne servaient pas Dieu, mais leur commerce, qu’ils appliquaient des lois sous peine de damnation pour se maintenir au pouvoir, qu’ils partageaient avec leurs ennemis : les rois, les empereurs, en somme, avec Rome.)

Si les gens voyaient comme c’est différent dans la réalité. Les policiers ont parfois beaucoup plus l’allure de bandits ou de SS que les prisonniers eux- mêmes. De véritables brutes. C’est le monde à l’envers. Probablement plus vrai.

Les corps policiers gardent leurs membres sympathiques dans la foule et leurs sadiques dans les bureaux.

Après une journée seulement, j’avais rencontré plus d’ordures, c’est-à-dire de désincarnés, chez les policiers que chez les pensionnaires involontairement retraités de la société; mais eux, les bœufs, ils sont rémunérés pour n’avoir ni âme, ni cerveau. Bien des policiers sont des sadiques qui auraient un urgent besoin de traitements psychiatriques.

J’ai aussi constaté, par la force des choses, que dorénavant je ne serais plus dans notre société qu’un abject numéro. Pour moi, la réputation, c’était chose du passé. Il ne me serait jamais plus possible d’être un gars comme les autres. J’aurai un dossier. À la moindre mésaventure, je serai devrai faire face à mon passé. Fini le temps de la pureté sociale. Je suis, je serai toujours maintenant un être sali, un être avec un « mais » ou un « moins ».

(Les dieux et les mythes sont créés par la société pour se déculpabiliser d’avoir détruit un homme de son vivant. À certaines époques, on les appelle dieux; à d’autres, sorciers. Tout dépend combien la masse est déshumanisée et quel mensonge elle croira le plus facilement.)

Cette situation ne me peinait pas outre mesure, car à mon avis, la réputation, les qu’en-dira-t-on sont les moyens de pression sociale pour nous standardiser, nous garder bien enracinés dans le contexte, un moule pour nous appeler à jouer le jeu que le milieu nous assigne.

J’ai pourtant longuement réfléchi à cette nouvelle réalité, sachant très bien qu’après 20 ans, la réputation est synonyme d’acceptation sociale, de sécurité quant à la justesse de comportement. Loin d’être autonomes, nous sommes tributaires du milieu. Il est, cet environnement inquisiteur, notre juge. En être privé, c’est dire adieu de façon définitive à la sécurité. J’aurai à m’habituer à devenir seul juge de mes actions, à subir toujours à priori la condamnation. Quel que soit le geste posé, je serai jugé en fonction de mon passé. Je ne serai plus jamais, comme tout le monde, un innocent à priori. Un toucher sexuel, c’est pire qu’un meurtre pour les plus fanatiques.

De retour à la salle publique, j’ai compris, en écoutant les autres, la différence entre un bandit et un honorable citoyen : l’un a eu la malchance de se faire prendre alors que l’autre a eu la veine de ne pas l’être.

Autant cette conclusion est plausible, autant il devient évident que la peine encourue et le scandale public sont proportionnels à l’argent que l’on peut débourser.

Il suffit souvent d’ailleurs d’être contre les valeurs du système, contre la domination de l’homme par l’homme, pour être hors la loi.

Plus tard, au cours de cette journée, j’ai été confronté au problème de me choisir un avocat. Je n’avais pas d’argent. Un prisonnier me donna le nom d’un défenseur   des   droits   de   l’homme,   opérant   à   crédit.    Cependant,    il était proportionnellement moche à vos possibilités postérieures de payer.

(Le peuple eut à choisir son pire ennemi entre Jésus, le chef révolutionnaire par l’esprit, la réforme, la non-violence, et Barabbas, le terroriste. Jésus, étant plus dangereux à long terme pour un pouvoir qui repose sur l’armée, la violence, fut condamné grâce aux barbouzes dissimulés dans la foule.)

À la décharge de mon avocat, même s’il est venu me voir moins souvent que si j’eusse été plus riche, il fut assez sympathique pour me payer à quelques reprises des cigarettes… mes parents le rembourseraient. Quoi qu’il en soit, je ne me rappelle pas de ne l’avoir jamais payé parce que j’étais en maudit de son manque de communication avec moi, mais c’est impossible que je n’aie pas ouvert les goussets, car, l’honnêteté était pour moi une valeur fondamentale. Un défaut me suffit.

Conformément à la loi, dès le lendemain, je passai en cour. Le matin, les policiers m’avaient envoyé des papiers sur lesquels figuraient dix chefs d’accusation; presque tous étaient fournis par Danny. Je devais payer pour les répétitions des mêmes gestes.

Les policiers divisent les événements en fréquences, selon les règles et selon les gestes posés. Cette multiplication des accusations pour un même fait permet de rendre encore plus répugnante l’accusation et ainsi obtenir une sentence plus sévère. Comme dans la Rome ancienne, contre les chrétiens, plus la sentence est lourde, plus elle enthousiasmait la foule.

Je regrettais qu’il se soit mis à table. Pas pour moi. J’étais inquiet de ce qui lui arriverait. Nous nous aimions à notre façon. Ses parents le placeraient-ils dans une maison de rééducation? Je savais déjà, mais d’instinct seulement, très bien que les troubles d’ordre sexuel n’existent vraiment qu’en fonction de la répression exercée par l’Église, qui rend les gens malades avec ses folies.

S’il était possible, jeune et adolescent, d’avoir des relations sexuelles libres, sans que ça fasse un drame, même si elles sont homosexuelles, les jeunes seraient plus heureux. Les parents ignorent ce qui se passe, car ils ont déjà le cerveau empli des enseignements religieux et ils sont incapables de faire preuve de compréhension. Le sexe est des émotions. Et, plusieurs ne les contrôlent pas. Si au lieu de punir, les parents essayaient de comprendre, il y aurait moins de drames. Si les curés cessaient de raconter leurs peurs, nous serions tous un peu plus naturels, moins paranoïaques.

Il est impossible pour certains d’échapper à l’homosexualité. C’est notre nature. C’est une phase tout à fait normale dans l’adolescence d’où, faut-il proscrire la gêne ou la culpabilisation. À mon avis, à cause de cette mésaventure, Danny serait irrémédiablement marqué, diminué à cause de l’intolérance du milieu. Devoir se confesser à des policiers comme si on avait commis un crime, c’est déjà se mettre en doute, se dégoûter soi-même. Le temps, les inquisitions des curés et des parents hystériques se chargeront de créer par la suite une situation sans autre issue que la névrose ou pire la psychose. Tout ce que les parents ont à faire, s’ils apprennent les aventures de leurs fils avec un autre gars (si la vie ou la santé du fils n’est pas en danger) : feindre de tout ignorer. Combien ont été psychiquement assassinés au nom de la vertu? Je craignais pour Danny. Je l’aimais profondément.

Ce matin-là, j’ai dû me changer de vêtements. En prison, on portait un blouson de toile grise ainsi qu’un pantalon dont l’une des jambes était grise, l’autre rouge-orange.

(Jésus fut chargé d’une tunique pour le confondre avec le titre de roi qu’il s’attribuait.)

Devant le juge, il fallait être bien vêtu, bien peigné : la tenue vestimentaire est importante pour attirer sa clémence, tout comme l’aspect de soumissions et de profonds regrets. J’avais été savamment informé par mes collègues d’infortune à ce sujet.

Avant la séance, nous étions un petit groupe de détenus dans un local spécial. Chacun partait à tour de rôle pour faire face au juge.

J’étais anxieux. Déjà, je souffrais de l’attente interminable d’être plongé dans l’incertitude quant à ce que me réservait l’avenir. Je faisais les cent pas comme un loup. Je ne savais plus quoi inventer pour me calmer.

Le Gros, qui avait fait l’éloge de ma beauté à mon arrivée, me regardait avidement. Il me fatiguait et m’effrayait.

  • T’as des christs de belles fesses…

Je le regardai, écœuré.

— Qu’est-ce que vous en dîtes les gars? Y doit donner une maudite bonne botte? En tout cas, Maurice, t’as sûrement raison. Regarde lui aller les fesses quand il marche. Wow!

Je regardai Maurice qui souriait béatement.

  • Eh oui, ma belle, Maurice m’a dit pourquoi t’es icitte, t’auras plus besoin de jouer au prude. Ce sont les petits gars, hein?

J’avais mon voyage. Le salaud de Maurice lui avait tout raconté. Je savais que je n’aurais plus, à cause de sa grande gueule, une seule minute de paix.

J’étais aussi choqué de me faire appeler  « sa noire », ayant toujours eu  une aversion pour les efféminés. Je craignais qu’il ait raison et que mes gestes trahissent mes habitudes sexuelles. Même si enculer ne me disait absolument rien, pouvait-on juste, dans ma démarche, s’apercevoir que j’aime les garçons? Auparavant, personne n’avait mis ma virilité en doute, au contraire.

Quand le Gros quitta la salle, il me lança un baiser.

  • Souhaite-moi bonne chance, ma belle crotte. Nous ferons l’amour une autre fois, lança-t-il. Il essaya de s’approcher de moi et de me tâter les fesses. J’étais si effrayé que j’avais totalement oublié mon procès.

Je m’approchai de Maurice.

  • T’es un beau salaud. Je ne savais pas qu’il fallait se méfier de tout le monde en taule.

Maurice m’apprit qu’il s’était livré à ces confidences pour quelques cigarettes.

(Judas accepta de renier son maître pour quelque 30 deniers afin d’acheter sa cocaïne, comme les étudiants prostituent la révolution pour un emploi, bel exploit de jeunesse, que de devenir cadets de César.)

Je repris mes cent pas, dégoûté, jusqu’à ce que l’on crie mon nom.

Avant d’entrer à la cour, entre les grillages, le journaliste du Soleil me demanda comment j’allais. Il me garantit qu’aucun texte ne serait publié quant à ma comparution. Ma présence semblait le gêner. Après un échange de sourires, j’entrai dans le vestibule de l’enfer. Il me souhaita bonne chance.

Apparaître au tribunal fut comme être soudainement pris d’une forte fièvre. Les jambes me tremblaient. Tout était trouble et l’estomac me tournait dans le ventre comme un quarante-cinq tours. C’était un long voyage, hors la réalité qui s’étendait à mes yeux comme une fresque à peine perceptible. Je me sentais physiquement à demi séparé de mon corps, comme si un autre en moi m’avait permis de percevoir le cadavre que j’étais debout au banc des accusés.

Un bonhomme défilait dans un blabla continuel : accusation par-dessus accusation. Chaque nouvelle parole était comme un bouton que l’on arrachait à froid dans une toge formée de mes chairs, toge qui se déchirait me faisant ressentir tout ce qui dorénavant me séparait du monde. À chaque mot, chaque geste des lèvres, j’entendais de moins en moins. Je souffrais trop. J’ai tenté de me ressaisir.

Je regardai impassible la foule, attendant les regards et les bruissements scandalisés des lèvres; mais le public ne réagissait point. Les curieux n’avaient probablement rien compris aux litanies de grossières indécences. Je regardais et je priais, pétrifié, attendant leur assaut. J’étais prêt à souffrir pour mes péchés. Cependant, mes accusations avaient été transformées d’attentat à la pudeur à grossière indécence ou vice-versa à cause de mes vingt ans, afin de m’éviter d’être éternellement aux prises avec ces bévues de jeunesse, dont on se chargerait de me corriger. Ainsi, on ne saurait pas plus tard s’il s’agissait de garçons ou de filles, m’avait-on dit.

Les marionnettes du grand spectacle se mirent à s’exclamer, à crier, à perdre souffle et recommencer. J’avais le trac. J’étais une Jeanne d’Arc, nue, sans bûcher. Les politiciens s’adressent à la foule pour lui faire reconnaître qu’ils sont les meilleurs alors que les avocats et les juges haranguent les journalistes pour avoir de bonnes manchettes, une bonne réputation et de ce fait, une belle et payante carrière. Le jury, s’il y en a, décerne le prix au meilleur acteur.

Tout semblait sérieux au plus haut point. J’oubliai que mon sort s’y jouait sans que j’aie un mot à dire. C’est alors que je compris combien avait été infect mon travail de journaliste à la Cour de Lac-Mégantic et combien de malheureux j’ai dû faire naître à la misère, juste en faisant ce travail que le journal exigeait de moi et que j’accomplissais en croyant dans la nécessité de ma mission de dire la vérité. C’est un travail disgracieux, inhumain, qui fait ressortir l’intolérance des justes qui ont besoin de comptes rendus judiciaires pour se sécuriser, grâce à leur projection; pour se rassasier de voir leurs semblables payer pour les crimes qu’ils se reprochent peut-être de faire en silence ou de vouloir faire. J’ai regretté de ne pas avoir été tolérant à l’époque; mais nous avons tous en nous le justicier qui se punit, se purifie, à travers les autres. Il est assez difficile de combattre pour la tolérance puisqu’on se croit tous exempts de fautes; ce n’est qu’après avoir éprouvé la fragilité de la culpabilité et sa séparation de la responsabilité qu’il devient impossible de porter un jugement vraiment humain. La douleur et le vide intérieur s’expriment de mille façons, mais surtout dans la violence et l’intolérance.

  • D’autres accusations viendront, souligna le procureur de la Couronne, s’acharnant à démontrer ma perversité.

Affichant un air de dégoût, il ajouta :

  • Autant attendre d’avoir le dossier au complet.
  • La cause est remise à la semaine prochaine, statua le juge.

Je ressortis étonné de n’avoir presque rien compris à ce numéro de cirque. J’aurais bien passé le chapeau pour la représentation, mais le public aussi n’y avait rien compris. C’eut été injuste… il n’en avait même pas eu pour son attention.

J’étais déboussolé de ne pas avoir été condamné. C’est tellement long, attendre, ne pas savoir ce qui nous pend au bout du nez.

(Jésus passa la nuit au Jardin des Oliviers à prier. Il suait aussi, sachant bien que les hommes aiment les jeux dans les arènes romaines.)

C’est la pire des tortures. Qu’importe! C’était le jeu. Je n’avais qu’une chose à faire : m’y résigner. Fermer ma gueule et attendre.

L’incertitude était cette meule qu’il est préférable de ne pas avoir au cou quand on est jeté à la mer… à la prison.

Cicatrice à l’âme 2

août 29, 2020

 

 3

Mes expériences sexuelles au Petit Lac pouvaient s’expliquer par cette enfance bouleversée par la censure et la morale judéo-chrétienne qui nous faisant vivre loin de notre petite nature.

Elles s’étaient confinées à Michel, Danny, François, à de longs moments à dévisager quand un garçon me plaisait. Il y avait entre autres un groupe de jeunes d’une même famille avec qui je luttais, essayant de tâter et de sentir s’exalter sous mes doigts une petite graine toute folle de se faire caresser.

Il y eut aussi André, le l’oubliais.

J’ai été affreusement bête avec lui. Il venait souvent lutter avec moi. Je ne tentais rien, je le trouvais possiblement trop bavard. Jeune, on sent ces choses. Un jour, il vint à la salle développer des films avec moi. Dans l’obscurité, il me dit avoir quelque chose à me remettre. En vitesse, il dégaina ma braguette… je n’ai pas réagi tant j’étais surpris. Il avait dix ans, mais il savait ce qu’il voulait. Aujourd’hui, quand j’y pense, je sacre en bleu, car lui et Jean-Guy auraient pu être deux partenaires fiables. Quant à Jean-Guy, je ne tentais rien puisque j’habitais chez lui, j’y étais bien et je ne voulais pas tromper la confiance de ces gens que j’aimais bien. Je n’avais pas osé assez vite, aussi n’y a-t-il rien eu. À cet âge, si rien ne vient les traumatiser, c’est-à-dire, leur faire peur, il est normal pour les garçons d’aimer jouer aux fesses avec ceux qui s’occupent d’eux; ça leur permet de se découvrir et de découvrir les autres. Si aucune complication ne se présente, les garçons, après s’être comparés, avoir découvert les secrets de la sexualité, poursuivront leur recherche chez les filles. C’est une période tout à fait normale, voire essentielle; donc, il ne faut pas se surprendre du grand nombre de garçons qui s’offrent gratuitement ou à grand prix puisque cela peut aussi devenir un moyen de se faire de l’argent ou de se valoriser.

Recherche éternelle, essoufflante; quelques aventures, voilà ce que m’a valu la prison commune… parce qu’un jour, j’ai refusé de verser 25 sous à Michel, qui m’a vendu aux policiers. J’ai préféré la prison plutôt que de m’abaisser à son sinistre chantage…

Je savais quelques semaines avant mon incarcération que la police enquêtait sur mes activités pédérastes. Par contre, l’ardeur avec laquelle on me combattait à cause de rancunes politiques m’était complètement inconnue. J’avais vite écarté cette possibilité. Il me semblait impossible que mes opinions politiques  influencent  l’approfondissement  de  l’enquête.  Je  trouvais  cela  trop dégueulasse pour être vrai, même vraisemblable… j’étais jeune  alors, Danny eut raison quand il me répéta les paroles d’un groupe  de  libéraux du coin : nous n’aurons de repos que s’il est enfermé. « Et je le fus. Probablement, pas autant, comme je l’aurais cru, pour protéger la jeunesse, que pour protéger leurs intérêts patroneux que je commençais à parvenir à mettre en danger. Je fus ainsi parmi les premiers prisonniers politiques du Québec de cette époque, sans même le savoir.

Au cours des premiers jours, l’activité policière autour de moi, loin de m’apeurer, me procurait un certain plaisir. Je m’amusais à la pensée de les suivre par imagination dans leur enquête. Je saluais les policiers quand ils passaient près de moi. Cet état de nonchalance venait du fait que j’étais persuadé qu’il serait impossible de monter une preuve suffisante pour m’impliquer… avec si peu de fait…

La première semaine s’est déroulée sans panique. À la fin de semaine, je partais en vacances. Je me rendais dans ma famille, puis en voyage aux États- Unis. J’ai songé à déguerpir et à ne plus jamais remettre les pieds au Québec.

Ce nouveau sentiment de désarroi s’était infiltré avec les derniers développements de la fin de semaine.

Au cours des deux dernières semaines, Danny m’avait fait part de ses inquiétudes : « La police veut t’avoir. Elle mettra le temps nécessaire. Il ne faut plus se revoir, c’est trop dangereux. Tout le monde parle de l’enquête. Mes parents ont été questionnés par la police. Ils ont éclaté de rire. Ils ont dit que tu es le meilleur gars qu’ils connaissent. J’ai peur. Si tu es arrêté, promets-moi de ne jamais parler de nous.»

J’ai fait cette promesse, intérieurement brisé. L’amitié est bonne pourvu qu’elle ne nous apporte pas de problèmes. C’était une trahison…

Ce soir-là, je me suis rendu à une danse avec un copain. Attiré par le buste d’une jeune fille, je croyais de plus en plus possible « ma conversion ». Danny en serait bien fier.

Le lendemain, avant mon départ pour les vacances, le  patron  m’a demandé à son bureau : « J’ai entendu dire que les policiers enquêtent à ton sujet depuis plusieurs jours. Il semble que t’as profité de ton travail dans la chambre noire pour poigner le cul des petits gars. Je te ferai remarquer que j’ai peine à y croire, mais si c’est le cas, tu en subiras les conséquences.»

Le parton était mal à l’aise. Il m’aimait bien, me trouvant travailleur et foncièrement honnête, ce qui est de plus en plus rare de nos jours. Je n’avais eu qu’une fois des mots avec lui au sujet de mes écrits journalistiques. J’avais eu l’intention de tout quitter : je n’acceptais pas la censure. Pour moi, la vérité est faite pour être connue et un bon journaliste ne peut pas passer à côté de ce devoir.

Celui-ci, après s’être laissé emporter, m’avait expliqué que les libéraux n’aimaient pas mes articles et menaçaient de retirer leur publicité. « Si ça arrive, le journal ne sera plus rentable. Je ferai faillite et tu perdras ton emploi. Dis la même chose, mais écris-le autrement, moins durement. » Sans menace, sans scène, paisiblement, il m’expliqua les rouages de la publicité et son importance pour la vie d’un journal. Il m’indiqua jusqu’à quel point je pouvais me rendre dans mes articles sans mettre la vie du journal en danger, puisque souvent la survie des hebdos repose sur la publicité politique ou celle de grosses entreprises qui ont en même temps le contrôle de l’économie d’une ville.

Il avait raison. Je me suis senti devenir solidaire d’une lutte contre un système pourri, tout en garantissant au journal de survivre. Je n’avais pas à cacher la vérité, mais je devais la dire moins durement, moins clairement. Juste semer des doutes. Que les plus intelligents comprennent.

La pédérastie, être un maudit fifi, c’est difficile à faire admettre à son patron : c’est souvent le renvoi. Pour la première fois, j’ai menti. Il a réitéré sa confiance en moi et je suis reparti complètement défait. Ce n’était pas seulement la honte ressentie en répondant à ses questions qui m’accablait, mais d’avoir menti. Ça me pesait sur la conscience. J’aurais été étendu sous un rouleau compresseur, j’y aurais été plus à mon aise.

Aux États-Unis, je n’ai pas mis à exécution mes projets de fuite puisqu’il me semblait de mon devoir de faire face à la musique. J’avais désobéi à la loi de Dieu et des hommes, il me fallait maintenant payer pour mes écarts. Quand on raisonne aussi bêtement, on mérite presque son sort… j’avais été bon beurre dans le moule des valeurs québécoises.

De retour au Petit Lac, j’ai vite senti que l’enquête de la police prenait des proportions insoupçonnées. Je commençais à sentir la soupe chaude. Ayant des émissions de radio, je me rendis à St-Georges de Beauce les enregistrer. Des membres de l’Union nationale m’offrirent d’entrer en politique. Ils n’en revenaient pas que je sois si jeune et aussi dégourdi. J’ai refusé. Par opposition à mon père, j’étais libéral. Cependant, dans le cas précis du pont de Québec, je considérais que Jean Lesage se moquait des gens. Je n’étais pas du genre à dire qu’il avait raison quand je croyais qu’il avait tort. Le bien du peuple passait en premier.

À mon retour au Petit Lac, en auto-stop, j’eus une « ride » avec le chef de police. Je lui lançai cyniquement : « Comme ça la police enquête sur moi? Est- ce qu’elle a de bons résultats? » Il nia tout de l’enquête.

Le mercredi suivant, je me rendais à l’église. Les nerfs flanchaient et j’étais pris de panique. Devant l’immense crucifix, je demandai à Dieu de m’épargner la prison, sinon, de tirer une bonne leçon de mon châtiment. Je pleurais de peur. Je suis entré à la maison et je me suis  étendu sur  le  divan à  plat  ventre.  Mme Martel me dit laconiquement : « T’es couché sur ton mal. » J’étais seul à savoir combien vrai c’était.

J’étais dorénavant convaincu que je serais arrêté. J’étais comme le chien que je vis un jour attaché à un arbre, qui se lamentait de douleur puisqu’on venait de le tirer à la carabine, mais on l’avait atteint dans le cou. Pourquoi ne nous tue-t-on pas d’un coup quand on décide de nous dompter? Ce serait moins difficile pour nous et plus économique pour la société. Ce doit être que la société a besoin d’institutions pour employer ses sadiques et les cobayes sont rares. Donc, il faut les économiser…

Je continuais à travailler même si j’avais perdu l’appétit. J’éprouvais une difficulté sans borne à me concentrer. Je lisais Confiance en la divine providence pour me préparer à tout. Et, le temps s’allongeait. Le fait de ne pouvoir cesser de penser avait commencé ses tortures. J’étais en pleine éternité… sans possibilité de m’en sortir.

Je travaillais au montage du journal quand le chef de police accompagné de deux agents de la S.Q. fit apparition. J’ai continué comme si de rien n’était. En découpant des articles, j’eus envie de frapper le chef de police avec mes ciseaux. Je me réjouissais déjà de sentir le sang de cette crapule mensongère me couler entre les doigts. J’ai vite mis fin à cette impulsion, ayant pour réaction un fort sentiment de culpabilité. J’étais non-violent. Je n’avais aucun motif pour me transformer. Pour devenir violent, il faut auparavant avoir goûté à la puissance ou mourir de peur. Je suis d’un peuple qui n’a vécu que la servitude et, comme lui, je préfère le martyre à la violence… faute peut-être d’instinct de domination.

Tu aimeras même tes ennemis

J’étais impuissant. Un de ces insectes qui a comme seul moyen pour se défendre de piquer avant de se faire écraser, n’ayant ni la force, ni le cran de se défendre de ceux qui les oppriment. J’étais la brebis que l’on mène au poteau pour être exécutée.

À la demande des  policiers,  je leur ai fait visiter  les  lieux  et principalement « le lieu du crime, le laboratoire à photos ». Un des policiers me fit alors part de leur intention de me questionner. Voulant savoir s’il s’agissait d’une enquête ou d’une arrestation, je les informai que je devais laisser une note au patron avant de quitter le bureau. Devant mon insistance à connaître l’heure de retour, un des policiers m’indiqua de l’oublier, car « ça risquait d’être long.»

Dans l’auto, j’étais assis à l’arrière, les policiers à l’avant. Je m’amusai à les questionner quant au fonctionnement de leurs appareils de radio. Ma curiosité irrita l’un d’eux. J’en rigolai intérieurement. C’était l’occasion de me venger, malgré ma décision quasi mystique de payer en purgeant le maximum de la peine et ensuite me retirer dans un monastère : il me fallait souffrir jusqu’à la mort en expiation de mes scandales chez les jeunes et de ma vie entière de débauche. Quand on commence à se croire coupable, on n’a pas peur d’en mettre.

(Malheur à celui par qui le scandale arrive. Il est mieux valu pour lui de lui attacher une meule au cou et le jeter à la mer.)

Le scandale, c’est de mentir aux jeunes, leur raconter des peurs, leur apprendre à se haïr et à haïr les autres… dans ce temps-là, c’étaient les pensées, les regards, les touchers, tout ce qui était vie et plaisirs. Tout ce qui était sexuel.

Ce désir de me moquer des policiers a vite été écrasé et ma résolution « de payer comme il est juste » me fit subir à mon égard un profond dégoût. Comment expier et me convertir dans de tels sentiments de vengeance? Je commençai à prier.

C’est incompatible que de vouloir se convertir et songer à s’amuser.

(À Cana, le Christ s’était amusé. Hippie, il s’est présenté à la noce avec ses amis, mais ceux-ci étant refusés, Jésus décida de donner une leçon à son vieil hôte. Aussi, avait-il siphonné le meilleur vin des barils contenant normalement de l’eau, laissant quelques autres barils de vin intacts. Les invités saouls, Jésus fit entrer ses amis et partagea avec tous le nouveau vin. Les domestiques n’y virent que du feu et se mirent à crier au miracle. )

Il s’agissait d’y penser. Aimer la vie est le plus grand des péchés quand on n’appartient pas à la classe de ceux qui peuvent se le permettre. Il faut être très riche pour être pédéraste.

(Jésus commença son enseignement : vivre de Dieu, c’est vivre saoul de joie. Buvons! Fumons! Aimons-nous!)

À mon arrivée, à la salle d’entrée de la prison, sans plus de commentaires ou d’avertissements, les policiers me firent vider mes poches. J’ai aussitôt été conduit,  après  être  passé  devant  les  cellules,  dans  une  salle  publique.

Dans cette suite interminable de portes métalliques, grâce aussi au plancher de  ciment,  à  trois  il  est  possible  de  faire  autant  de  bruit  qu’un  bataillon.

Tout le monde me regardait étrangement comme dans les clubs homosexuels de Montréal, où, en entrant, tu ne vaux pas plus qu’une livre de beurre.

J’avais l’impression de vivre un film de cowboy et de me payer une bonne expérience. Je n’ai pas répondu aux questions des prisonniers concernant les raisons de ce « voyage », sinon au grand Maurice qui m’avait connu antérieurement et qui professait à mon égard une profonde admiration.

— Vous verrez, les gars, c’est un type plus qu’intelligent. Il va les posséder, lui, les juges.

Un tel témoignage à mon intelligence étant si rare, je n’ai pas hésité à lui donner quelques cigarettes de récompense.

J’affirmai orgueilleusement être bien décidé à demander au juge le maximum de la peine, soit cinq ans. Les prisonniers riaient de moi, affirmant qu’après quelques jours de cette retraite, je changerais bien d’avis.

(Aimer, c’est donner sa vie pour ceux qu’on aime.)

Quelques minutes après mon arrivée, les gardes nous conduisirent à nos cellules.

(Jésus, durant trente jours, se retira dans le désert, fumer et pratiquer la méditation transcendantale. Sur le LSD, il prit conscience de sa divinité, par son appartenance au grand TOUT, et il partit en guerre contre son gouvernement religieux qui faisait de bonnes affaires avec Rome.)

Je vivais dans un rêve. J’avais peine à disséquer la réalité. Je sentais très bien que je n’arrivais plus à percevoir les objets comme avant. J’avais toujours l’étrange besoin de rire, à force d’avoir envie de pleurer. Je me retrouvais dans la peau d’un animal que je ne connaissais pas. L’animal cellule 295 ou 312. Je sentais un étrange sentiment de flottaison. Je me suis pris à songer aux prisons du Far West et c’est avec le sourire que je songeai à me suicider.

(Tu ne tueras pas)

Qu’importe les maux. La loi, c’est la loi! Tuer, ce n’est permis qu’aux papes, aux évêques, aux politiciens, aux soldats, aux policiers pour assurer sur la terre une juste répartition des vengeances du Seigneur contre les masses ignobles d’impureté, de jalousie commise par les douces brebis alors qu’eux n’ont pas à se le reprocher, étant au-dessus de la loi.

(Je ne me nourris pas de ce pain et je n’ai pas besoin de légions pour me faufiler dans les foules. Je prêche la non-violence. Je suis le décrocheur des règles stériles. Le décrocheur institutionnel. Contre moi et mon Père, aveugles, vous péchez en convertissant vos « quéquettes » en épée… mon père est tout amour.)

Ma ceinture ou la jambe de mon pantalon aurait bien fait l’affaire.  Je n’avais qu’à m’accrocher à la porte de ma cellule. J’étais enduit d’une sensation de perméabilité et j’irais jusqu’à dire de béatitude de me sentir enfin pour la première fois de ma vie complètement détruit.

Encore un peu de temps et je serai un saint. J’espérais ce moment depuis si longtemps. Il faut souffrir pour être digne du ciel…

Je me suis toujours souverainement détesté de ne pas être parfait comme ils nous l’enseignaient, de ne pas être un saint… Aujourd’hui, je perçois la sainteté comme la réalisation complète, parfaite, du masochisme, le parachèvement par excellence de l’autodestruction, avec l’impression d’accomplir une grande œuvre. Enfin! J’avais cette œuvre : m’approcher de la divinité au point d’y toucher du regard et des lèvres. La coupe du pardon à boire dans la souffrance de l’humiliation.

Les images se succédaient en moi avec une rapidité inouïe. J’ai pensé à ma famille. Cette idée m’a transpercé comme une lance. J’ai sangloté et j’ai décidé de me vider la tête de toute réflexion. Je souffrais trop. Il me semblait préférable

de ne pas tenter de résoudre d’un coup un problème aussi nouveau et aussi grave. Le temps arrangerait bien les choses.

(En mon nom, les familles seront divisées. Le fils trahira le Père, comme en Russie ou à Haïti. Je suis la Voie, la Vérité, la Vie.)

Je recommençai mes prières jusqu’à ce que je m’endorme. J’ai eu bien des difficultés à y parvenir. Dans mon petit sanctuaire meublé d’un lit et d’une chaudière, qui puait fortement, pour nous permettre de soulager nos besoins pressants ou de déposer le sperme après quelques bons coups de poignet, comme disaient les autres… je fixais le plafond.

(Jésus s’approcha de Lazare et lui demanda : « Es-tu mort? » Et Lazare, ivre au « boutte », après avoir chié trois fois dans ses culottes, répondit :

« Bin non, idiot, je voulais essayer du nouveau “stock” et je me suis piqué à l’héroïne ». — « Viens, nous allons te désintoxiquer. » Et, Jésus sortit prendre un café au lait.)

Douce nuit qui nous berce à l’encontre des orages, j’irai sourire aux lèvres, le cœur chaud, oublier ces moments maudits, cette enfance charmante malgré la brume lourde de mes 20 ans. Dans une cellule, il y a malgré l’horreur de son spectre plus de cieux plus de verdure qu’en ces champs jadis ou d’une saine allégresse, j’allais conquérir par le péché les spasmes de la vie. Il y a plus de temps à meubler de remords fous un mur blanc de chaux suintant l’ennui à découvrir du bout des doigts les parois de sa bière froide. Il a plus de temps à souffrir qu’à nommer sa liberté…

(Il ne faut pas en vouloir à Lazare. Dans tous les mouvements de libération nationale, il y a des soldats qui s’enferment dans des caveaux, craignant la répression).

Un bruit de fer, des hurlements, des jurons me tirent de mon linceul noir, le seul endroit qui, sans cauchemar, me permettait un peu de répit. À ma sortie du lit, je sentis la répulsion d’être presque nu à la merci des yeux indiscrets des gardes. Je retrouvais cet étrange sentiment de pudeur qui m’avait hanté préadolescent. Il ne fallait pas me montrer… mais je cherchais à examiner tout le monde.

(Jésus, gourou, au sortir du sépulcre, n’en croyait pas ses oreilles. Il y avait encore des gens qui parlaient de lui comme du Sauveur. La rébellion avait bel et bien commencé contre César. Ça pétait de partout.)

J’ai fait une prière et je suis sorti de ma cellule après avoir bien décidé de me confier le moins possible aux autres. Après un déjeuner qui, je dois l’avouer, était assez bon, je me rendis dans un coin, regarder jouer aux cartes. Un gros bonhomme fit l’éloge de ma beauté et chercha à maintes reprises à me prendre les mains. Je frissonnais de rage à chacune des tentatives. J’ai remarqué, d’autre part, la beauté de Jeannot, un adolescent de 19 ans. Ses yeux me troublèrent. Pour échapper à la tentation de lui caresser les cheveux et le désir irrésistible de lui passer la main sur la cuisse, je me mis à faire les cent pas… La pédérastie a toujours été un remède pour moi… elle me permet de supporter la méchanceté sociale…

Peu de temps plus tard, un garde lançait mon nom.

Je me rendis à ses côtés dans un premier bureau. J’avais franchi trois barrières, je crois. Un monsieur assez insignifiant me demanda si j’acceptais un cautionnement ou si je poursuivais mon incarcération. J’ai réfléchi. Je voulais souffrir pour mes péchés… et surtout, ni moi, ni mes parents n’avions l’argent nécessaire pour payer la somme exigée. Je signai quelques papiers et je passai aussitôt dans un autre bureau.

 

(Il avait suffi de Judas pour le trahir pour 30 $ et d’assez d’amis pour payer son cautionnement. Ceux qui font le sacrifice de leur vie pour leur pays sont vite abandonnés quand vient la répression)

Cicatrice à l’âme 1

août 28, 2020

Cicatrice à l’âme

1963. Après plusieurs mois de chômage, je suis arrivé au Petit Lac, plein de bonne volonté. J’y serai journaliste pour le seul hebdo du coin, l’Aiglon. La Tribune, de Sherbrooke, venait de me congédier pour des raisons d’ordre politique. Je me suis installé chez les Bernard, une famille composée de Carole, Diane et Jean-Guy,

En plus de mon travail régulier, je participerai à une émission radiophonique au cours de laquelle je commenterai l’actualité. Ce sera au cours de cette émission que je combattrai la politique de Jean Lesage en ce qui a trait à la construction de l’actuel pont Pierre-Laporte; je favorisais davantage un tunnel entre Québec et Lévis. Cette émission deviendra la principale cause de l’acharnement des libéraux du coin à me détruire. Et c’est ainsi que le sexe devint une politique répressive.

1

La nature dans ce coin du comté de Dorchester était, règle générale, encore plus pauvre que dans la région de Lac-Mégantic. Les gens étaient emprisonnés dans une situation misérable. Sauf les églises, qui atteignaient une élégance très disproportionnée par rapport au niveau de vie de la population. Tout semblait abandonné au gré des hivers… les jeunes n’y étaient que plus beaux.

À mon arrivée, je me suis plu à faire croire à Michel que j’étais millionnaire, propriétaire de puits de pétrole, quelque part dans le monde. J’avais inventé cette histoire pour attirer son attention. Il me plaisait beaucoup. Michel avait environ 14 ans. Noir. De beaux yeux railleurs. En l’apercevant, je le déshabillais des yeux. Je le voyais se promener avec fierté, exhibant des belles petites fesses rondes, douces à caresser, et de l’autre côté une magnifique petite graine de quelque trois pouces, un peu crochue, quand il était bien bandé. Michel était mon favori quant à l’aspect physique. Il était une de ces merveilleuses petites putains, conscientes de leur beauté, agace-pissette ou prostituées, selon les humeurs. Un de ces petits qui se font coureurs de jupons avec les garçons de leur âge pour éblouir et qui songent continuellement à coucher avec des amants payants pour se faire admirer davantage. Deux ou trois fois, je l’ai masturbé. Je l’aurais bien sucé, mais à l’époque cette pratique me gênait, même si, plus jeune, je l’avais quelquefois particulièrement savouré avec un camarade.

Michel s’est très vite aperçu de mon penchant à l’égard de son magnifique corps d’adolescent et, durant quelques semaines, il est venu tendre la perche de mon côté. Il a accepté de se déculotter après quelques allusions et pour répondre à un pari quant à ses performances. Pauvre Michel! Il était aux femmes… c’est pourquoi je ne l’ai jamais chassé davantage… j’ai toujours eu beaucoup de respect quant au désir des autres, même si parfois, à l’occasion, la passion devient si forte après une longue période d’abstinence que je me permets d’insister.

Michel me présenta Danny dont le père était propriétaire du cinéma de l’endroit. Dès notre première rencontre, il fut irréfutablement établi par la façon dont il s’offrait qu’il n’y aurait aucune résistance de sa part. Danny est devenu, somme toute, mon meilleur petit ami au Petit Lac. Il jouissait honnêtement de ma  présence. Nous n’avions pas à nous combattre. Nous étions heureux de travailler et de jouer ensemble. Il était mon confident et en retour, je me dépensais à l’aider ainsi que sa famille. Je n’avais pas à craindre d’être à nouveau exploité financièrement. Il est très rare d’avoir des amis qui n’ont aucun intérêt à le demeurer.

Comme moi, Danny voulait se débarrasser de ses « mauvaises habitudes ». Aussi, nous étions-nous entendus pour restreindre toutes nos activités sexuelles avec les autres. Nous nous consacrerions mutuellement au salut de nos âmes en nous masturbant mutuellement quand le besoin se ferait « trop sentir ». Nous nous exhortions l’un et l’autre à la chasteté et pour y parvenir nous créions toutes sortes de jeux et de travaux… Cette sublimation nous garantissait de vivre ainsi plus paisiblement avec nous-mêmes, car nous avions un moyen à la fois de ne pas répandre « notre perversion » et de satisfaire nos appétits quand ceux-ci atteignaient dans leur refoulement un point d’asphyxie.

Un après-midi, nous nous étions rendus en groupe nous baigner. J’avais alors essayé de voir comment était bâti chacun de ces charmants compagnons. Mon intérêt pour les formes du maillot et surtout les ouvertures aux cuisses fut vite remarqué et toute cette jeune bande d’enfants moqueurs, honteux, mais adorant les plaisirs de la chair, prit plaisir à faire défiler et refiler leur élégance qu’ils apprenaient à bien mettre en évidence. L’innocence et la chasteté des enfants n’existent que dans la mémoire maladive des parents qui confondent la répression sexuelle à laquelle ils ont éternellement été asservis et les véritables sentiments éprouvés lors de leurs excursions dans la vie : le plaisir. Les jeunes peuvent jouer aux fesses sans problème jusqu’à ce que la haine maladive du corps engendré par notre civilisation les ait profondément atteints.

Quant à moi, je jouissais de voir à travers des ouvertures trop grandes, les magnifiques appareils d’amour dans ces vêtements qui les compressaient un peu sur le ventre. Conscients du jeu, je jouais. J’ai cherché et réussi à voir deux d’entre eux, nus, quand se déshabillant à tour de rôle, ils faisaient semblant de ne pas me voir et m’exhibaient des anatomies bien différentes, mais toutes deux très  agréables  au  regard.  Le  premier  avait  environ  15  ans  et  le  deuxième

12. Pour toute cette jeunesse, ce simple jeu a, je l’ai compris par la suite, pris l’allure d’un véritable péché collectif… les parents et les policiers venaient d’entrer dans le décor. En s’accusant de s’être laissé inciter à ce jeu, ils inauguraient leur rôle de victimes, de pauvres âmes à consoler de s’être fait déflorer par un maniaque… Les jeunes ont beaucoup d’intérêt à tirer de telles expériences : d’une part, ils aiment l’aventure, d’autre part, s’ils se font prendre, ils en déchargent la responsabilité sur celui les a entraînés. Ce malheureux monopolise toutes les haines, et finalement, les jeunes bénéficient des traitements  de  faveur  accordés  aux  pauvres  victimes  des  démons  libérés

Malheur à ceux qui scandalisent les enfants.

De ce groupe, François était un des plus jeunes, mais de beaucoup le plus beau. Il ne s’était pas fait tellement remarquer ce jour-là; mais, par la suite, il est souvent venu à bicyclette avec moi. J’ai pris goût à ses mains sur mon corps, à ses lèvres contre mes joues quand nous luttions ensemble, et surtout, à la chaleur qu’il mettait à m’étreindre. Après avoir longuement parlé et joué ensemble à lutter, j’ai passé ma main dans son pantalon. Il était bandé. François s’est arrêté et m’a dévisagé.

— T’as une belle petite queue. Veux-tu me la montrer?

François refusa. J’ai cru qu’il agissait ainsi, comme plusieurs, pour me forcer, en jouant au pudique, à recommencer avec plus de tact ou plus de force. Plusieurs jeunes aiment se sentir adorés et ils jouent aux vierges offensées — tout en feignant la putain — avant de se livrer. Ils peuvent ainsi mieux assouvir leur besoin, se faire dire qu’ils sont beaux, se faire caresser, se sentir désirés, dignes de provoquer des crises. Ils cherchent souvent dans ces jeux une affection qu’ils ne trouvent pas dans leur famille. Pourquoi en aurait-il été autrement avec François?

Le diable pénètre comme l’illumination

Je luttai à nouveau avec François. Il semblait avoir tout oublié. Nous riions. J’ai profité de ma force pour défaire sa ceinture, descendre sa braguette et son caleçon. Il avait une petite queue adorable. Je le masturbai un peu jusqu’à ce qu’il ait une nouvelle érection. Il me regardait impassible. Soudain, il se releva, se reculotta puisque je l’avais maintenant presque nu devant moi et partit en pleurant. Je ne comprenais rien, j’avais peur de l’avoir blessé sans m’en rendre compte. Chez lui, comme dans toutes nos familles, le sentiment d’être amoindri ou diminué en se laissant poigner le cul est une forme d’éducation tellement enracinée qu’en de telles occasions on se laisse faire, comme le commande la nature, puis on le regrette après, comme nous le commande notre éducation. Si on ne le regrette pas, selon son éducation, la perversion est telle, que seuls la prison, l’asile ou l’enfer sont à la hauteur du crime. Aussi se repent-on pour pouvoir recommencer avec plus d’aisance, dans une plus grande sécurité. J’étais un enfant, brisant un bibelot de prix dans un musée. Je regrettais d’avoir agi ainsi.

Un péché accusé est à moitié pardonné

2

J’ai commencé à m’intéresser à la vie sexuelle vers quatre ou cinq ans. Je jouais au docteur avec les autres ainsi qu’au bœuf et à la vache. J’avais même une blonde, Christiane. Je me rappelle qu’on se moquait de moi à ce sujet, ne comprenant pas ma gêne de faire l’amour avec les autres. Mes aînés étaient

pourtant de bons professeurs.

Mon attrait pour les garçons a pris forme quand je fus surpris de constater que Coco, un gars volumineux, avait une toute petite queue comme moi. Je m’attendais au contraire. Pendant des années, j’en ai rêvé et essayé de la voir à nouveau ainsi que de la toucher. J’ai entraîné dès lors tous les garçons sur mon passage pour y mesurer et constater la relation entre la grandeur, le poids du corps et les dimensions de la verge. Probablement que mon excès de pudeur et la honte maladive de mon nombril ont commencé par cette perception d’avoir en plus de la laideur, la faiblesse dont tout le monde se moquait, l’isolement dans lequel je me sentais prisonnier, l’infirmité d’avoir une petite queue, infirmité si honteuse que plus tard je la transférais sur le nombril pour mieux oublier l’outrage subi par une telle offense. J’en avais toujours moins que les autres. Les différences de formation m’excitaient beaucoup. Je n’arrivais pas à perdre cette hantise de voir les autres, de les admirer…

D’autre part, j’étais viscéralement attiré par la beauté des visages des garçons. Moi, j’étais si affreusement laid. Mon père ne cessait de me le répéter pour m’agacer, et moi, pauvre imbécile, je le prenais au sérieux.

Heureux ceux qui souffrent, ils seront consolés…

Jeune, j’étais très complexé. Je me croyais laid, déformé puisque j’avais une légère infirmité au nombril.

L’atmosphère dans laquelle je vivais était très religieuse. Aussi, j’ai voulu devenir  un  saint.  Je  retrouvais au  pied  de  l’autel  l’amour   qui   me  manquait ailleurs.

Malgré toutes mes tentatives de bonté, j’avais un caractère de chien. Ne sachant à qui et surtout de quoi parler ou parlant trop à ceux qui m’écoutaient, il ne me restait plus qu’à me sauver dans le bois quand la douleur devenait trop forte.

Je me sentais inférieur aux autres. J’avais un monde à part. J’étais rejeté. Incapable comme les autres d’avoir des amis, des goûts dont tout le monde se moquait et une impuissance chronique à saisir cette dualité entre le paradis et l’enfer. Pour aimer, j’étais prêt à tout…

Si mon impuissance à être comme les autres me torturait, les jeux par contre m’amenaient à adorer la vie. Je crois qu’à cette époque j’étais moins conscient des frustrations que je me l’imagine aujourd’hui. Je vivais trop inondé de la chaleur de la beauté. Ce fut une période où j’ai vécu de poésie. C’était comme si la nature avait décidé de dialoguer avec moi pour remplacer les hommes. J’étais très religieux, une âme qui prenait vite froid, mais qui mélangeait facilement une grippe avec une pneumonie.

Ma curiosité sexuelle ne pouvait pas être minime puisqu’en tout j’étais très passionné. J’ai essayé surtout de m’amuser avec Gilles, qui m’avait littéralement fasciné. Il avait dix ans, j’en avais douze. C’était mon moyen d’être bon. J’aimais ceux qui m’attiraient sexuellement. Je leur pardonnais tout. Devant ces interminables refus de se laisser masturber, j’ai employé ma force en luttant pour passer ma main dans son pantalon. Il aima ça. C’est comme si je venais de faire ce qu’il voulait depuis longtemps. Ces exercices de lutte se sont répétés durant deux ou trois ans avec lui ce qui me permit de perdre intérieurement ma réputation de « faiblesse ». C’est très important à cet âge.

Gilles savait qu’il me fascinait et cherchait toujours à lutter avec moi, jouant aussi à la vierge offensée devant mon ardeur à tenter de lui mettre les mains dans les culottes. Il les retirait, mais ne cessait pas de lutter pour autant. Il aimait ça autant que moi, peut-être plus.

Son bandage le prouvait bien. Un jour, il a joué le jeu jusqu’au bout. Il s’est laissé déculotter et je l’ai examiné durant une bonne demi-heure. Par la suite, je n’ai jamais été tenté de recommencer avec lui, sinon une fois ou deux pour me le rappeler…

C’est étrange qu’une fois fasciné j’aie agi de la même façon avec François, quoiqu’il m’a anéanti par ses larmes. Comment n’aie-je pas pu sentir qu’il ne mentait pas? Je suis habituellement plus attentif à cet égard, car je ne veux froisser personne. François était peut-être trop beau!

Pourquoi François m’a-t-il autant plu? C’est probablement qu’il me rappelait physiquement Marc. Il était presque identique. Marc avait onze ans. Je ne le voyais que le dimanche. J’allais à la messe que pour le voir. Marc avait un air de séraphin et le sourire du petit Alexandre dans les Amitiés particulières. Je l’adorais.

Je travaillais toute la semaine avec sa figure dans la tête. Je ne songeais qu’aux intrigues à inventer pour le rencontrer et à la façon de m’y prendre pour le déshabiller. Je me voyais déjà l’embrasser, le serrer dans mes bras en jouant avec lui. Je rêvais à de grandes randonnées à bicyclette avec lui. Il était tout pour moi. Je vivais de lui et je m’attachais à tout ce qui le touchait. Par lui, tout devenait beau. Le lac avait un sourire. La région était un trésor enfoui quelque part sous le ciel. Les boisés étaient d’immenses forêts de fleurs. Le village, une tribu. Tous les problèmes de la région, du bois au pont de Québec, devenaient mes problèmes puisqu’ils touchaient la vie de celui que j’aimais. Aussi, pour le protéger, assurer sans qu’il le sache son bonheur, j’étais décidé à me battre pour cette région, y laisser ma peau, s’il le fallait… tout comme mon âme… 

Durant mon enfance, j’avais peur d’être de trop, d’être abandonné de mes parents. C’était une crainte sporadique probablement liée à la mort d’une de mes sœurs aînées. Mariette était morte à la suite d’une longue maladie alors que je n’avais que deux ou trois ans. J’ai peut-être identifié cette absence au danger d’être castré, d’être liquidé ou abandonné de mes parents.

Tout jeune, j’étais exclusif et jaloux, surtout de mon frère cadet, Denis, que je croyais le « préféré » de ma mère.

En première année, j’étais d’une sensibilité effarante, surtout d’une folle naïveté.

L’institutrice, pendant les cours de religion, nous racontait des histoires de saints et de revenants. Baptême! J’avais assez peur que je n’osais plus circuler près du cimetière, je n’osais plus aller seul dans le noir et la nuit… que de rêves affreux : fin du monde, squelettes, monstre qui voulait sans cesse tuer mon frère cadet. Je me réveillais, la nuit, en sursauts, trempé jusqu’aux oreilles de sueurs. Je me rangeais alors contre Denis, duquel je me sentais justement préféré; je cherchais sa protection puisqu’il n’avait pas peur, tremblotant plus que si j’avais été nu à 20 degrés sous zéro. Fasciné par la sainteté et invariablement coupable. Ce fut presque globalement mon enfance : des extases à n’en plus finir et autant de sacrifices pour sauver le monde. Des remords interminables à

toutes les colères, à chaque tentative de m’affirmer, à chaque mensonge… comme je me haïssais de ne pas toujours être sage, comme j’avais peur que le diable en profite pour prendre possession de moi, sans que je puisse dire un mot.

Je viendrai comme un voleur.

Dès ma première année scolaire, je suis tombé amoureux de mon institutrice. J’avais tellement besoin d’affection… Je rêvais d’être blond et frisé, ce qui me semblait le summum de la beauté, pour qu’elle ne me repousse pas son attention de moi. Je l’aimais et j’en étais jaloux. Comme je l’ai boudée quand elle m’a appris ses fiançailles, moi, qui à six ans, rêvais déjà de l’épouser.

Marc était le petit gars que j’aurais voulu être. Michel était physiquement balancé comme j’aurais aimé l’être. Il était le portrait-robot de ceux dont la curiosité me poussait à vérifier sur place les formes physiques même si le besoin de toucher guidait mes gestes et mes pensées. Une obsession fascinante. Faire l’amour avec un garçon, même si cela ne consistait qu’à le masturber, c’était me le rendre plus beau, plus vivant, plus créateur. J’oubliais ma laideur et ma solitude. C’était un vieux problème et une veille solution.

Avec ou sans expérience sexuelle, ces liaisons prenaient souvent la tournure de profondes amitiés.

Je me souviens, lors de ma première année scolaire, m’être lié à Léonard. Je l’aimais comme un fou probablement pour une double raison : il était aussi rejeté des autres et m’introduisait dans un monde tout à fait nouveau, un monde d’inventions, d’imagination, sans violence et marqué par un profond amour de la nature.

Je l’admirais profondément de pouvoir transformer un champ sauvage en un véritable petit zoo, alors que je ne pouvais rien faire de mes mains. J’attachais une importance particulière aux poissons. J’ai toujours aimé les animaux et condamné la rudesse des gens à leur égard. Par contre, l’hiver c’était le temps des glissades, des tunnels, des forts. C’était la poudrerie, le temps des rires. Au- delà de mes malheurs, qu’elle était belle cette nature! Elle me rendait heureux. Elle était si captivante qu’elle me faisait oublier le temps, elle m’enseignait la gaieté. Somme toute, j’étais heureux. J’oubliais très vite mes déboires affectifs. Ne trouvais-je pas dans les jeux de fesses satisfaction à ma curiosité? Moyen  de m’approcher des autres? Façon d’être excité et même d’attirer tout le monde à me rechercher? Par ce moyen, n’apprenais-je pas à profondément accepter les autres? À devenir tolérant? La nature, ce profond océan de fascination, ne m’éblouissait-elle pas suffisamment pour me faire oublier les fantômes? N’avais- je pas un ami? J’étais heureux par méditation, par découverte. J’étais passionné des autres à travers moi. Égoïste, comme tous les enfants.

Mon amitié avec Léonard avait germé après un accident qui m’avait

culpabilisé. Copain avec un autre, dont je ne me rappelle plus le prénom, j’avais, il me semble, engendré une bagarre dans laquelle Léonard s’était fracturé une jambe. Ça m’avait impressionné. Je suis d’abord apitoyé sur son sort pour ensuite l’aimer en le découvrant.

Mon enfance a été de cette façon psychologiquement insupportable et tyrannique, tout en possédant une façade dont le bonheur était d’une intensité extraordinaire. Si ce n’eût été de ce sentiment (qui n’avait aucune attache dans la réalité) d’être de trop, d’être détesté et de cette course folle pour me revaloriser, j’aurais eu une enfance comme il ne s’en passe que dans les contes de fées… mais il y eut la religion… les péchés de la chair et leur culpabilisation.

Cicatrices à l’âme (présentation)

août 27, 2020

Jean Simoneau

Les éditions du temps

Illustration et conception de la page couverture : Jean Simoneau

Correction du texte : Jérôme Daviault

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Tous droits réservés :

© Copyright : Les Éditions du Temps 1211, rue Sherbrooke

Magog (Québec) J1X 2T2

Courrier électronique de l’éditeur : jeansimoneau@cgocable.ca

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Distributeur officiel : Les Éditions du Temps

Dépôt légal

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 4e trimestre 2014 Bibliothèque et Archives Canada, 4e trimestre 2014

Présentation

Cicatrice à l’âme a été publié par les éditions Parti pris en 1981, sous le titre de Laisser venir à moi les petits gars, Paroles 58.

Le but de cette publication était de faire comprendre la vie impossible exigée des hommes qui ont la libido très forte et qui sont attirés par les garçons. Aujourd’hui, on ne les enferme pas seulement en prison, on essaie de les ostraciser jusqu’à ce que le suicide leur apparaisse comme la seule solution à une situation qu’ils n’ont pas voulu, car ils sont nés ainsi.

Cette morale sociale écrasante est aussi responsable des suicides chez les adolescents qui n’arrivent pas à faire face à leur réalité sexuelle. C’est un drame de se découvrir différent des autres et ne rien pouvoir y changer, car c’est ta nature profonde. La petite nature, comme on disait.

En racontant le séjour en prison d’une façon quasi autobiographique, car beaucoup d’éléments ont été ajoutés pour le déroulement romanesque, l’argumentaire permettait de saisir comment le condamné peut se sentir et quelle évaluation il fait de cette peur chronique, paranoïaque de la sexualité, particulièrement chez les jeunes.

La peur était alors justifiée, car des individus adultes avaient tué de jeunes garçons, fruit de leurs frustrations. C’est la peur de devenir un tel monstre qui anima la rédaction de ce livre.

La liberté sexuelle 27

août 27, 2020

La liberté sexuelle  (pp. 261 à la fin)

Continuer de rejeter le plaisir à travers la sexualité pour obéir aux rites religieux, c’est consacrer l’inégalité de la femme par rapport à l’homme, car, elle demeure un objet de luxure et de honte par le simple fait d’être une femme.

Légalité de la femme n’est pas qu’une égalité de salaires, de possibilité d’exercer un pouvoir socio-économique ; mais la fierté de sa propre nature en tant qu’être humain. C’est consacrer son absolu égalité à l’homme , même si sa constitution physique lui offre à priori la chance de pouvoir exercer une vocation différente de l’homme, soit d’être mère. C’est aussi rejeter tous les enseignements qui préconisent la supériorité du mâle sur la femelle.

Dans les structures sociales actuelles, créées par les religions et la bourgeoisie, il est impossible de voir naître une femme qui ne soit pas exploitée, car on rejette une part de sa réalité : une sexualité différente de l’homme. Et, en les cataloguant ainsi au nom des saintes vérités, on en fait automatiquement des êtres à part.

Si la société actuelle est une pensée mâle, il est urgent de la redéfinir en fonction de l’égalité des êtres humains. Par contre, tant que les femmes accepteront de voir la sexualité comme quelque chose de mal, de sale, de honteux ou de dangereux, elles permettront de maintenir et d’exploiter cette inégalité. On ne peut être égal que si on se conçoit égal.

C’est pourquoi l’enseignement de la sexualité doit porter sur les connaissances scientifiques et non sur des conceptions vieillottes dues à l’ignorance.

Certains jeunes ont toujours eu une sexualité précoce. Qui n’a pas connu quelques expériences cachées ? Taire cette réalité, c’est strictement se mentir. Au lieu de nous faire croire en toutes sortes de mensonges (la masturbation donne des boutons, rend fou, comme les religieux l’enseignaient) si on nous apprend que la sexualité est en soi quelque chose de très beau dont on peut parler sans honte, le combat pour l’égalité humaine sera beaucoup plus avancé.

Plutôt que culpabiliser les gens nous devrions réfléchir sur la responsabilité de vivre une sexualité de plaisir qui peut déboucher ou non sur la procréation.

On aurait pas besoin d’entretenir de nouvelles peurs et de continuer, en hypocrite , à ignorer la nuance entre la pédophilie et la pédérastie et le droit absolu d’un individu de vivre ou non une expérience sexuelle qui lui est proposée ou qu’il cherche à obtenir souvent juste pour savoir.

Quand avoir une relation sexuelle dans ta jeunesse devient plus important que de voler ou, tuer ou te faire tuer, il y a un problème dans l’évaluation de la gravité des gestes.

Il ne faut pas oublier que les séquelles dont on parle tant sont dues à la réponse hystérique des parents et amis quand on apprend l’existence de ces rapports.

Quel jeune peut-être assez fort pour dire j’aimais ça quand tout le monde autour réagit pire que si on l’avait tué ?

Je me rappelle une émission sur la pédophilie. Une mère de Val-d’Or racontait que sa fille était allée travailler chez un homme qui s’est couché en bobette sur son lit et se caressait pour attirer l’attention de la fillette. La mère continua en disant à la télévision qu’elle avait maintenant des haut-le-cœur quand elle voyait sa fille devenue « une souillure ». Quelle malade ! Si ma mère avait parlé de moi dans ces termes, je me demande si je n’aurais pas aussi été traumatisé.

Comme le disait Jean Ferguson, un écrivain de Val-d’Or, dans son livre Le journal noir, les jeunes se présentent plus souvent qu’on le pense pour partager de telles expériences, en autant que cela n’attaque pas leur image. Si la sexualité ne représentait pas un tel crime, les jeunes n’auraient pas honte d’en parler et on n’aurait pas besoin de chercher à créer une société de délation.

Si la sexualité était enseignée comme étant quelque chose de naturel, sans tabou, il y aurait pratiquement plus de honte à avoir tenté la chose et par conséquent plus de séquelles. Ces réactions tardives sont trop payantes pour les professionnels, comme les psychologues et les psychiatres, pour être dénoncées comme le résultat d’un scrupule disproportionné à la faute.

«J’aime ou j’aime pas », devrait être la seule règle individuelle. D’ailleurs, le jeune devrait être le seul à pouvoir dénoncer la situation et cette dénonciation ne devrait pas tenir lieu de chantage. Si ces causes n’étaient pas le lieu de prédilection du jaunisme de notre journalisme, la peur-phobie d’être violé à tout moment n’existerait pas. Il est bien évident qu’aucune société ne peut accepter le viol, car ce n’est plus un moment de joie, mais de violence et de torture. Là, est toute la différence.

Malheureusement, l’Église a payé et on s’imagine maintenant que la dénonciation est le moyen par excellence de devenir riche facilement.

Quel danger un homme de plus de 70 ans peut-il objectivement vraiment représenter ? Doit-on, sous prétexte de protéger les jeunes, devoir l’incarcérer parce que 20 ans plus tôt il a eu une aventure avec un jeune qui avec le temps, à cause de l’image, prétend ne pas avoir aimé ça ?

En quoi ces gestes sont-ils plus graves qu’un individu saoul qui tue un enfant dans un accident d’automobile ou en lui faisant sauter le cerveau en lui vendant des drogues fortes ? Ces derniers seront libres après quelques années alors  que le pauvre «pédophile » est condamné pour le reste de sa vie. On croit ça

tellement grave qu’il sera consigné dans une liste qui le suivra le reste de ces jours.

Il est bien évident que cette disproportion dans les punitions est une folle aberration.

Il serait plus juste de dire que le dénigrement de la sexualité est un viol des consciences et des âmes.

Cette identification au mal est le propre de l’approche de la sexualité de tous les adultes qui ont de fort troubles de personnalité et qui voit du mal partout. Cette fixation sur la sexualité n’existe pas dans la tête des enfants, mais constitue le vécu des remords et de la honte que l’on voudrait accoler à tous les jeunes qui ont une expérience précoce. C’est payant pour un psychiatre de faire croire que tous les problèmes de la vie tiennent à une expérience précoce de la sexualité.

En poursuivant leur lutte hystérique, certaines féministes permettent, grâce à leur fanatisme qui tient du fait que les parents se projettent et d’identifient dans leurs enfants (surtout les mères) de maintenir un haut taux d’infantilisation de la sexualité. La lutte à la pédophilie tient de la haine et de la peur des femmes face à leur propre sexualité. Elles préconisent ce que les religieux ont essayé de nous imposer. Elles permettent au judiciaire d’avoir une approche comme du temps de l’Inquisition et du nazisme.

Une peur constante de la sexualité rend celle-ci pire que tous les crimes. « Ils ont volé notre enfance », comme s’ils ne pensaient qu’à cela quand ils sont jeunes. Les jeunes ne sont pas aussi obsédés par la sexualité que nous l’avons été. Nous avons été damné durant des siècles, juste à y penser, on paralysait de peur.

Il serait temps que l’on cesse de voir la tendresse comme un crime et que l’on combatte la violence. Mais notre système ne peut pas s’épanouir sans violence et victimes. Et qui dit violence dit domination, délation, jugement.

Ne serait-il pas temps que l’on revienne à un meilleur équilibre et une évaluation un peu plus juste et équilibrée de la gravité des gestes sexuels ?

Tout individu est le seul responsable de son corps. Il lui appartient de décider s’il aime être ou non cajolé ? Il existe sûrement des situations d’abus, mais toutes les lois sur le viol existent pour y faire face. Un abus c’est quand il n’y a pas eu un consentement d’où le besoin d’apprendre à dire clairement et fermement « oui ou non», «j’aime ou je n’aime pas». La sexualité est essentiellement liée au droit de chaque individu à sa vie privée.

Il est moins dangereux pour un jeune de participer à des jeux sexuels, s’il y consent, que de se faire battre par des parents moralistes, d’être un dénonciateur ou de crever de faim

Magog, 11 mai 2005

Conclusion

Je suis pédéraste et j’ai décidé d’expliquer ma philosophie de vie, même si je sais que cela pourra fournir les preuves nécessaires pour m’écraser à nouveau parce qu’on juge que mon point de vue met les institutions du pays en danger…

Même si personne ne partage mes 60 ans de réflexion, je sens que c’est le message le plus fondamental que je doive livrer, si j’aime l’humanité, en espérant que ce point de vue apportera une discussion sincère et profonde.

Que j’aie raison ou non, ça n’a pas d’importance, ce fut le sens de ma vie.

Je suis heureux d’être pédéraste puisque cet amour m’a fait connaître les plus beaux et les plus tristes moments de mon existence. Malgré le suicide du plus jeune de mes fils adoptifs parce qu’une fille l’a quitté, malgré le suicide d’un de mes amis parce qu’il n’a pas voulu subir le chantage d’être dénoncé, ce fut une très belle expérience.

Je regrette seulement d’avoir été forcé de vivre presque inutilement durant les dix dernières années , c’est-à-dire d’avoir assumé d’être à jamais un « reject total» alors que mes compétences m’auraient permis d’avoir un petit grain de sel de plus dans le développement du Québec, d’autant plus que le pays manque de professeurs.

Les 20 premières années de ma vie ont été, sur le plan moral, un voyage entre la mystique et le calvaire quand j’ai appris que le sexe pouvait nous damner. Journaliste et poète, j’ai découvert la politique et j’ai pu commencer à définir ce que j’appelle le «système», un appareil de vols et d’assassinats pour exploiter  les individus et garder le pouvoir. Ces années folles de 1970 ont été ma première affirmation quant au droit d’aimer qui que ce soit, en autant qu’il n’y ait pas de violence. Ce fut l’époque où la pédérastie m’a empêché de sombrer dans la haine.

Évidemment, quand je fus professeur, seuls, mes lecteurs assidus et quelques personnes connaissaient mon point de vue. À Longlac, les parents de mes étudiants ont appris mon orientation, mais ils ont décidé de faire confiance à

leurs garçons. Ce fut une expérience extraordinaire en faveur de la  transparence. Par contre, à The Pas, au Manitoba, on a mélangé mon passé politique et professionnel, de façon à ce que je perde mon employé parce que j’avais eu un dossier judiciaire 20 ans plus tôt. Une telle expérience a resserré mon goût pour m’affirmer tant que je serais professeur. Je suis fier d’avoir été 15 ans dans l’enseignement, capable de mettre n’importe qui au défi de prouver, même prétendre, que je me suis servi de mon statut pour attirer des jeunes. Ce fut un métier que j’ai tout simplement adoré. Je crois même avoir été un bon professeur. Ce sont les jeunes à qui j’ai enseigné qui peuvent répondre…

Je suis peut-être un faux pédéraste parce que j’ai vécu avec quelques femmes et des hommes de mon âge, que j’ai aimé ça, que je ne suis pas devenu absolument misogyne. Au contraire, je crois que l’égalité des femmes apportera un équilibre essentiel au développement de l’humanité et qu’elles seront probablement les premières à reconnaître que la morale qui nous a forcé à vivre dans la culpabilité est un viol de conscience indicible.

Je n’aurais jamais cru que la libération individuelle exige une période aussi longue. Je suis conscient plus que jamais du danger que représente de vouloir être sincère et honnête dans un monde pour qui Dieu est synonyme de profit…

26 mai 2005.

La liberté sexuelle 26

août 27, 2020

La liberté sexuelle 26

RELIGION ET SEXUALITÉ

Il est impossible de parler de démocratie, sans assurer d’abord le droit des peuples à l’autodétermination, la liberté sexuelle, absolue, consentante et non- violente, le droit individuel de vivre sa religion chez-soi ou de participer à sa liturgie dans un temple, si elle ne viole pas les lois civiles du pays ou ne se mêle pas de politique.

Les religions ont pour seule raison d’exister de construire l’amour entre les individus, donner un sens à la vie, de prétendre à l’existence d’un dieu. Aucune ne détient «la Vérité» et aucune n’est supérieure à l’autre.

On sait que les Livres Saints ont été conçus par des SAGES, parce qu’à ces époques, les religieux étaient ceux qui te disaient en qui et en quoi croire, en plus d’être la police, le psychologue, etc. Le monde était dirigé par des religieux. Depuis ce temps, la science s’est opposée souvent à ce que l’on croyait des vérités incontestables. Elle a essayé de départager l’imaginaire de la réalité scientifique.

Le fanatisme religieux est une forme de violence soutenue par une image spécialement négative de Soi (grâce à la sexualité, tout individu est un pécheur). Cette perception de l’homme – pécheur, aliéné et coupable d’avoir un corps permet l’exploitation matérielle des individus et même des peuples entiers par ceux qui pensent détenir à eux seuls la Vérité.

Ce misérable état d’âme permet la justification de toutes les dominations, car le capitalisme sauvage est rien d’autre que sublimation ou si l’on veut une forme de rejet de la sexualité, compensée par les biens matériels plutôt que culturels ? Quelle valeur ou autre sentiment justifie une telle peur de la sexualité ? En quoi la nudité est-elle mauvaise ? Pourquoi la sexualité est-elle perçue comme un mal, une honte qui justifie une chasse aux sorcières qui existe depuis des millénaires ? En quoi un religieux et une féministe qui voit du mal dans tout ce qui est sexuel sont-ils différents d’un soldat SS en grande mission pour détruire les homosexuels et les juifs (représentant de la suprématie financière des banques) ?

La chasse aux pédophiles, sans accepter la différence avec la pédérastie, est un dénie du droit à l’individu de vivre sa puberté comme pouvant être la première expérience de sa sexualité, de tomber en amour ainsi que le droit à son orientation sexuelle et sa vie privée. La Charte des droits de la personne s’oppose pourtant à toutes formes de ségrégation à cause de l’âge. La sexualisation d’un individu ne commence pas à une date fixe. Mais, le système a cru bon d’ignorer la Charte pour prétendre à la protection des jeunes, confondant protection et surprotection comme dans l’ Arrache-coeur, de Boris Vian. La Charte des droits, c’est quand ça fait notre affaire…

Toutes les institutions cherchent à exploiter les gens en leur dictant comment vivre. C’est un esclavage, comme celui « du regard ou de ce que pense l’autre», de la naissance jusqu’après sa mort. Tout y passe. Tout est exploité, comptabilisé et la morale pour permettre cette exploitation des individus est force de loi, pour ne pas dire de vie ou de mort. Pourtant, leurs règles sont une façon cachée, hypocrite de combattre l’homosexualité, en rejetant sans nuance toute forme déviée de la sexualité hétérosexuelle monogame. Cette protection des adultes contre le crime d’être sexué n’est rien d’autre qu’un moyen de contrôler l’individu, car la libido est la force fondamentale de l’homme.

Le système doit justifier la violence plutôt que la tendresse s’il veut expliquer l’existence de ses armées pendant que des millions de gens crèvent de faim. Le combat contre la liberté sexuelle non-violente a pour but de détourner le regards des individus des enjeux véritables dans le monde, de voir la corruption des systèmes dans lequel ils sont élevés et d’entretenir, grâce aux médias , une paranoïa sexuelle chez les femmes et les enfants. La peur est un immense trou noir de l’exploitation.

Pour exister les religions n’ont pas besoin de signes extérieurs pour se manifester ou se mesurer aux autres, c’est un droit tout à fait personnel, un choix tout à fait intime. C’est l’orientation, le sens que l’on veut donner à « sa vie » et le choix des moyens que l’on veut prendre pour y arriver.

En créant des règles, les principes de vie, les religions ont, pendant des siècles, des siècles, dominé les consciences individuelles, interprété la vie. Avouons-le, elles se sont fabuleusement enrichies en exploitant l’inconscient et la culpabilité des individus, en inventant l’idéal absolu. Selon les religions, il faut «miser» sur la perfection, mais sans jamais pouvoir l’atteindre. L’image de l’homme parfait est devenue une source d’hypocrisie et de fanatisme.

Toutes les religions pour manipuler les fidèles ont entretenu la haine et la peur de la sexualité. En réprimant les sens, particulièrement la vue, le toucher, le génital, aucun individu ne pouvait échapper aux griffes des religions, car ce sont des points qui correspondent à la réalité de chaque individu. On a vite compris la règle selon laquelle un interdit crée une faute.

La réglementation d’un mur à l’autre de cet interdit, surtout qu’il est incompatible avec la nature humaine réelle, s’il est appliqué sans nuance, est une source sociale de profits inestimables. En interprétant, surtout en interdisant ou circoncisant le phénomène sexuel, les religions ne pouvaient pas se tromper : elles aliénaient tous les humains, car, tous sont sexués, un universalisme indéniable et on ne peut plus payant.

Nos institutions religieuses sont de parfaites « manipulatrices» de l’inconscient et de l’irrationnel. Elles devaient expliquer la vie et répondre à nos peurs ; elles ont plutôt exploité celles-ci pour s’enrichir et se créer un statut, un pouvoir de vie ou de mort. Un pouvoir indiscutable.

L’ignorance individuelle a servi à mettre au monde des perceptions de l’être qui n’ont rien à voir avec la réalité, qui sont souvent en contradiction avec l’« humain profond », la « petite nature » et l’absolu de la charité : tu ne jugeras point. Plutôt que de que de servir de ciment à l’humanité, à l’amour et à la charité, les religions sont devenues les causes de dissension et de haine entre les individus. Elles ont troqué leur raison d’être, soit de glorifier le Créateur pour le pouvoir immédiat que représente la culpabilisation des individus et le profit incommensurable exigé pour s’amender. Les religions comme Lucifer ont refusé à Dieu, de s’agenouiller devant l’homme, sa création. Elles ont ainsi commis le premier et le pire des péchés : l’orgueil.

Le moyen le plus efficace de détourner le regard des autres, c’est bel et bien de faire exploser le danger qu’une situation représente tout en en minimisant une autre. Par exemple, quelques années suivant de nombreux meurtres, comment un individu peut-il devenir moins dangereux que celui qui, sans violence, initie un jeune à la fellation ? Quand tu te fais sucer, tu ne t’assèches quand même pas ! Mais, c’est sexuel et la sexualité est une hantise entretenue par le système bourgeois et religieux pour faire oublier les vraies abjections.

Nous vivons dans un monde où la violence est normale alors que la sexualité, un phénomène physique, hormonal et génétique sur laquelle l’individu n’a aucune prise sinon un certain contrôle, est devenue le crime le mieux entretenu par la paranoïa et l’hystérie. Cette peur du sexuel est entretenue par les religieux, le système judiciaire et les féminounes. On découvrira un moment donné que les féminounes ont servi au fédéral pour tuer l’indépendance du Québec en exploitant des règles qui conduisent à une sous-estimation de soi.

Il est impossible de parler de démocratie quand les individus sont sous le joug de super-états, d’empires ou d’une fédération centralisatrice. Il est impossible de parler de démocratie quand les peuples se voient refuser l’accession à l’auto- détermination par des voies non-violentes.

Il est impossible de rêver démocratie quand les empires existent et se servent de la violence, de leur force pour s’imposer. Il est impossible de vivre la démocratie tant que nos institutions n’ont pas un très profond respect pour les individus. Les services secrets sont anti-démocratiques car ils sont le bras invisible de l’armée.

La démocratie commencera à pointer le nez partout dans le monde au moment où universellement toutes nos sociétés entreprendront une lutte farouche à la violence et à l’analphabétisation.

La démocratie n’existera que le jour où les états auront le contrôle sur les multinationales ainsi que sur leur économie, leur vie sociale et juridique. Le jour où les Nations Unies ne seront plus des créations serviles des grandes puissances et pourront assumer à chaque peuple le respect de la Charte des droits de la personne et des peuples.

La démocratie aura un sens quand on aura redonné ses lettres de noblesse à l’individu, par le simple fait d’exister.

Il est impossible de parler de démocratie tant que les peuples n’auront pas le droit de créer pacifiquement un pays à leur image et selon des normes acceptables pour tous.

La démocratie ne peut tolérer l’ignorance, le colonialisme, l’absence d’éducation et l’aliénation comme mode d’agir et d’exploitation des individus. Par conséquent, la démocratie ne peut pas vivre sans transparence et liberté. Et qui dit liberté, parle aussi de responsabilité.

Il est facile de confondre  » démocrassie » avec le vote, sous une dictature bénévole et le contrôle des individus par les communications ou l’économie. Il suffit de laisser dominer l’intolérance, l’imperméabilité et de cultiver le culte de la supériorité morale ou psychique sur les autres pour trahir le vrai sens de la démocratie.

La démocratie n’est pas qu’un rite hypocrite, diplomatique, politique, juridique ; c’est une réalité individuelle quotidienne.

« La vraie démocratie confirme la liberté de l’individu dont la limite est «ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’il te soit fait ».

L’histoire est cousue d’exemples dans laquelle des millions d’êtres humains ont été sacrifiés à l’autel du pouvoir afin d’imposer aux autres «sa» morale. Si les religions peuvent semer la compassion, celles-ci jusqu’à nos jours ont été les germes de la dissension et de la violence dans le monde. Le fanatisme religieux est une maladie mentale plus perverse que la pédophilie. Les homosexuels ont été une des premières cibles d’Hitler. La course à l’extermination des juifs prenaient racine quant à elle dans l’étouffement économique que l’international faisait subir à l’Allemagne.

Toutes les religions ont entretenu la honte et la peur de la sexualité pour entretenir leur pouvoir sur les individus. Ces données morales ont permis de créer l’esclavage psychologique, car, qui peut échapper à sa réalité sexuelle ?

Hitler s’est centuplé avec le temps. Staline, Pol Pot, Poutine, Bush, la Gestapo féministe réactionnaire du Québec, ce sont tous des dirigeants qui utilisent la force des religions ou des idéologies pour tuer et contrôler les gens.

Malgré les constatations de Freud, Fourrier et Reich, à l’effet que la répression sexuelle engendre une société de violence, cette castration continue d’être ce que l’on enseigne et que l’on impose par l’aliénation culturelle et religieuse à la majorité des humains.

On préfère la violence, à la tolérance. On aime mieux la paranoïa que la tendresse. On sacralise, on idolâtre l’argent, le pouvoir et la violence aux dépens de l’humanisme et de l’amour. Tout ça au nom d’un Dieu d’amour. Grâce à la répression des Églises (religions) et des féministes radicales, les femmes sont des citoyennes de zone inférieure et désire le demeurer. Lire : Pouvoirs de l’horreur, de Julia Kristiva, Éditions du Seuil, no 152.»

En ce sens, il faut se réjouir de la décision de ne plus enseigner « la religion » dans nos écoles, mais une vue d’ensemble des philosophies historiques de toutes les religions parce qu’elles profitent à l’avancement socio-moral des peuples et des individus.

Par contre, si on ne peut pas enseigner la réalité sexuelle dans nos écoles au primaire sous prétexte que ça peut traumatiser les enfants, il faudrait empêcher tout enseignement religieux avant le CEGEP puisqu’ils ne sont pas plus capables de choisir une religion à cet âge que d’apprendre sur leur sexualité.

Savoir pourquoi les religions ont été inventées, ce qu’elles apportent aux individus est essentiel à une réflexion sur la vie ; mais cet enseignement doit être complété par des cours de civisme et donné qu’à partir du secondaire. On doit savoir que toutes les religions se recoupent dans une seule phrase de l’Évangile ou dans tous les livres dits-saints : « Aime ton prochain comme toi-même pour l’Amour de Dieu».

La race humaine évoluera le jour où elle pointera l’ignorance, la violence, autant le capitalisme sauvage que le communisme et les drogues comme l’ennemi no 1 de la vie et rétablira les lettres de noblesse de la sexualité, comme expression des la tendresse et de l’amour.

Pendant des siècles, les religions nous ont présenté la sexualité comme étant le mal absolu. Leur enseignement de la sexualité a été, à mon avis, le pire viol des consciences chez les humains. On a érigé l’ignorance de la réalité humaine, corporelle en système de réflexion et d’agir. La peur de la sexualité constitue une castration des sens, particulièrement, de la vue et du toucher.

Si les gens veulent participer aux activités d’une Église, ils n’ont qu’à se rendre à leur temple le dimanche pour y recevoir un enseignement plus exhaustif, cela permettra aux états de sauver la culture religieuse ; car, tout n’est pas mal dans une religion, bien au contraire, puisqu’elles ont été créées pour indiquer un chemin possible vers sa réalisation. Des règles.

Cependant, les religions ne devraient jamais se mêler de politique et elles doivent être subordonnées aux règles de la vie civile.

Les religions doivent être personnelles ou un échange avec les autres pour les rendre plus vivantes. Ceci inclut «la morale». Celle-ci doit être individuelle, viser une meilleure vie en société, ce qui élimine la répression et l’étroitesse d’esprit dans laquelle nous avons été emprisonnés par la notion de péché, inventée par nos religions pour mieux nous aliéner.

Heureusement, au Québec, nous avons eu des gens comme Jeannette Bertrand pour essayer de remettre un peu les pendules à l’heure. Nous avons aussi pu compter sur notre sens de l’humour pour diminuer les effets pervers de la peur et de la paranoïa sexuelle qui sont entretenues par le jaunisme de nos média d’information comme chez nos voisins du Sud.

Il est plus qu’urgent que nos sociétés soient repensées pour redécouvrir le support qu’elles doivent apporter aux individus afin de leur permettre de s’épanouir puisqu’elles nous écrasent aujourd’hui.

Le prochain millénaire sera celui du partage individuel ou de la destruction humaine. La mesquinerie, l’avarice, l’exploitation des autres, le pouvoir concentré dans les mains de petits groupes, surtout à un niveau d’état, sont les germes de notre destruction planétaire.

En ce sens, il faut avoir à l’esprit que notre survivance passe par notre capacité à créer un « nouveau monde »dans lequel la solidarité remplacera l’abondance, la tendresse remplacera le prétendu péché de la chair : une invention religieuse pour maintenir l’aliénation des femmes et les structures sociales dans lesquelles nous évoluons aujourd’hui.

Si la morale religieuse actuelle persiste, elle continuera à semer le racisme, l’intolérance et le mépris des autres … Il faut accepter l’humain tel qu’il est.  On n’apprend pas à un jeune à devenir responsable et autonome avec la peur, la culpabilité, la honte et le mépris de soi. Si les religions avaient mis autant d’emphase à enseigner l’amour et la charité qu’elles ont mis à prétendre au péché de la chair, le monde serait déjà plus pacifique et les milliards engloutis dans les armées serviraient à nourrir les moins bien nantis de notre monde.

La religion doit être strictement individuelle, sauf, pour la participation à une liturgie qui lui est particulière et sans appel à la violence. La valeur des religions doit être jugée selon leur capacité à unir les hommes, à les déculpabiliser, à les accompagner dans le cheminement et la recherche de leur réalisation.

Les religions n’ont de sens que dans la spiritualité et si elles continuent de se mettre le nez dans la morale sexuelle, leur disparition sera ce qu’il y aura de mieux pour l’avenir de l’humanité.

Voilà ce qui compte dans les futurs cours de religion, s’il y en a : la fraternité humaine : faites l’amour, pas la guerre.

L’enseignement de la sexualité.

L’enseignement de la sexualité doit reposer sur la connaissance scientifique et non, sur les préjugés religieux qui ont généré une foule de ségrégations, spécialement quant au statut de la femme et de l’homosexualité.

La sexualité ne doit pas être enseignée à travers le prisme vicié du scrupule ou de l’esprit des gens qui n’acceptent pas leur nature matérielle, limitée, et devant

être sexués pour assurer la survie de l’espèce. Il est temps de leur poser la question à savoir comment Dieu, qui n’a jamais eu de corps ou la nécessité d’affronter l’éphémère, peut-il comprendre un être aussi inférieur que l’homme, matériel et limité dans le temps et l’espace ?

Qui a décidé que la sexualité est sale, mauvaise et honteuse ?

Notre morale, basée sur l’ignorance et les préjugés, est-elle autre chose que la projection de la peur que les religieux entretiennent envers leur propre sexualité

? Le refus de toucher à l’autre est-il autre chose que l’affirmation de la  supériorité du bourgeois et de la Cour sur le petit peuple, d’où prétend-on être sali en touchant et en étant touché ? La honte d’être l’égal d’une classe inférieure, la perpétuation de l’esclavage, la lutte des classes, voilà ce que cache réellement la haine du système judiciaire en criminalisant la sexualité.

Il est captivant de constater jusqu’à quel point l’hypocrisie déforme l’information pour créer un monstre avec les pédérastes que l’on confond avec les pédophiles pour mieux entretenir une paranoïa collective.

D’ailleurs, n’est-il pas hors de proportion qu’un individu ait à payer toute sa vie pour avoir osé un attouchement sexuel sans violence : prison, dette, rejet absolu (même plus le droit de faire du bénévolat) , être sur une liste perpétuelle de prédateur, traqué par certaines féministes folles et hystériques, ne plus avoir de passeport pour trouver un endroit moins débile ?

C’est choisir le mode de pensée romain plutôt que celui de la Grèce antique.

Qui sommes-nous pour juger de la pertinence de la « petite nature» des individus ?

Nos justiciers se croient-ils supérieurs à leur Créateur ? Comment peut-on continuer d’agir comme s’il n’y avait aucune différence entre la pédophilie et la pédérastie ? Comment peut-on nier la valeur des relations maître mentor ; élève et disciple, chez les Grecs ? Cette relation existe depuis le début des temps et existera toujours.

Sous prétexte de protéger le petit innocent, les adultes le contrôlent dans ce qu’il y a de plus intime et de plus privé chez leur garçon. Mais, le protéger de quoi ?

Tout le monde sait que la masturbation, par exemple, est un moyen efficace pour combattre l’anxiété. Pourquoi regarder, seul, chez-soi des photos de nus, même s’ils sont jeunes, est plus dangereux que de tuer un enfant dans une guerre pour s’approprier les richesses naturelles des autres ou les forcer à travailler à des salaires de crève-faim ? Est-il plus acceptable de tuer un jeune que de l’initier à la jouissance d’une caresse ou d’une pipe ? C’est de l’hypocrisie. C’est prétendre que la virginité sexuelle est plus importante que la vie. Il y a une différence fondamentale entre la jouissance et le viol : le OUI.

Comme le propose Freud, on doit nettement distinguer entre sexualité et génitalité.

Alors que la sexualité caractérise notre sensualité, notre tendresse, notre rapport émotionnel à l’autre ; la génitalité a une toute autre raison d’exister : la survie de l’espèce humaine. Ne point faire la nuance est ce qui a entraîné le rejet de la notion de « plaisir » dans notre vie.

Sur ce point , les mouvements d’émancipation modernes féministes, dans les années 1970 , en particulier , ont permis de rejeter le statut « d’esclave» , du péché, particulièrement, pour les femmes et les gais. Il était impossible de faire accepter l’avortement sans d’abord réclamer la propriété exclusive de son corps ainsi que le droit de jouir.

Avec le temps, l’humain a compris que la richesse d’un individu tient à sa propre existence. La valeur d’un être humain ne peut pas être altérée par son orientation sexuelle. Il y a vingt ans être gai était considéré comme une maladie mentale. Il y a moins de 100 ans, dans certaines communautés on brûlait les gais, ces déviants de l’approche hétérosexuelle exclusive.

Tous les humains sont fondamentalement nés égaux avec des vocations de vie différentes. Il n’y a pas d’individus meilleurs ou pires que les autres à la naissance. La vie se chargera de départager le bien (l’amour) du mal (la violence).

Malheureusement, aujourd’hui, on semble accepter, à cause des faussetés que les religions ont imprégnées en nous que le pouvoir et la violence sont préférables à la tendresse et à la solidarité. La sexualité est devenue mal, surtout dans l’esprit des mâles dirigeants, des religieux et des féministes radicales homophobes ; la pudeur sert davantage à entretenir la paranoïa que la charité et le respect de soi.

C’est pire de caresser un autre que de le tuer. La violence est devenue notre Dieu, même si toutes les religions prêchent le pardon.

Les gens sont étonnés de constater l’existence de la sexualité chez les jeunes. Pourtant, nous savons tous que la libido existe chez tous les individus de la naissance à la mort. Continuez d’agir comme si on l’ignorait n’est qu’hypocrisie.

La précocité n’est pas nouvelle, mais on est souvent trop hypocrite pour se rappeler ses expériences personnelles. On a peur de ce que les autres pensent de nous. Freud a très bien illustré les étapes du développement sexuel de l’humain. La sexualisation existe déjà à la naissance.

Durant la petite enfance, les jeunes perçoivent les premières différences anatomiques. Ils découvrent leur corps et adaptent leur comportement à cette découverte en fonction de leur environnement. Entre cinq et neuf ans, les jeunes connaissent une période de latence, au cours de laquelle la sexualité semble inexistante. Puis, vient la puberté. Ces changements psycho-physiques provoquent une nouvelle poussée de curiosité et d’expériences qui sont d’ailleurs souvent gaies. C’est l’époque de la comparaison, si on peut dire. Se comprendre à travers les autres. L’individu s’interroge dorénavant sur les autres et son rapport avec eux. Cette évolution n’est pas une question d’âge, mais d’hormones. Elle est personnelle et nous échappe souvent. Finalement, dans la majorité des cas, la découverte débouchera très souvent sur l’hétérosexualité et entraînera la création de couple.

Si la sexualité occupe une telle place qu’elle t’empêche de vivre en société normalement, tu es névrosé ; mais si le scrupule te rend tout ce qui est sexuel sale et honteux, tu es psychosé. Il s’agit d’atteindre un équilibre.

Notre éducation sexuelle tient plus de la projection des « religieux » qui ont bien de la difficulté à maintenir un équilibre entre leur vision faussée de la sexualité et leur vie religieuse contre nature , en rendant l’homme esclave d’un dieu plutôt que responsable de sa morale.

Qu’on le veuille ou non, la façon de vivre la sexualité chez les jeunes n’a absolument aucun rapport avec la perception de la sexualité chez les adultes.

Pour un jeune garçon, les expériences sexuelles ne débouchent pas automatiquement sur la paternité, d’autant plus que très souvent la sexualité à cet âge se vit entre garçon. C’est une question de curiosité : qui a la plus belle et la plus longue ? Répondre à cette interrogation pour savoir si tu es normal ne crée aucune culpabilisation. Au contraire, elle rassure. Voir la différence …

Les jeunes ne font pas tout un plat avec la sexualité. Pour eux, ce sont des jeux de tendresse, de performance, l’exploration de la jouissance. Loin d’être une raison pour faire une crise d’hystérie, comme bien des parents , le jeune y prendra plaisir et n’y verra aucun mal. Avec raison d’ailleurs ! Pour qu’il y ait mal, il faut d’abord une approche viciée de la sexualité.

Toute personne normale rejette la pédophilie, car elle consiste en des gestes génitaux avec des enfants de la naissance à la pré-puberté, vers 10 ans environ. Les jeunes ne sont physiquement pas encore développés. Cette forme de relation n’est pas encore un plaisir.

Le rejet de la pédophilie tient plus au développement normal des individus que de la morale. L’enfant n’est pas constitué physiquement, ni mentalement, pour ce genre de rapport. Cette expérience prématurée peut entraîner à jamais le dégoût

ou la peur de la sexualité. Cependant, en ajoutant un âge pour le consentement, on élimine l’expérience. Une expérience dont chaque individu à le droit, tant qu’elle s’exerce avec le consentement de l’autre.

Chaque individu a une libido bien personnelle et un rythme d’évolution qui constituent d’ailleurs la base de sa future personnalité. S’aimer et se sentir aimé est tout aussi nécessaire à la vie psychique que de respirer. Par contre, si l’on veut absolument encadrer la sexualité des jeunes, chez un garçon, l’âge de consentement se situe scientifiquement beaucoup plus près de 10 ans que plus vieux, car la pré-puberté commence souvent autour de cet âge.

Tous les individus ont une conscience particulière de leur développement dans le temps et on pourrait même dire à travers leur développement corporel. Si on veut réellement respecter les individus on cessera de parler d’âge fixe. Pour respecter leur développement on décriminalisera la sexualité en fonction de l’entrée au secondaire (junior High). Ainsi, chaque individu pourra suivre son rythme biologique individuel. Et très important : ainsi tous les jeunes auront eu le temps d’étendre leur connaissance de leur propre corps et de leur désir, sans sombrer dans la culpabilisation dont parle tant W. Reich, particulièrement dans son livre : La lutte sexuelle des jeunes. Et, comme Marcuse pose la question dans Éros et civilisation : serait-il pire d’accepter de vivre ces déviances tant qu’elles ne sont pas violentes ?

Il faudra apprendre aux jeunes, dès le primaire, ce qu’est le consentement ainsi que la responsabilité individuelle dans les rapports avec les autres. On devra leur apprendre à dire un «oui» ou un «non» clair et non un oui ou un non d’agace. Il leur faudra apprendre à vivre dans la dignité quel que soit le choix qu’ils font. La responsabilité exige d’être conscient de ce que l’on aime et de ce que l’on n’aime pas. Il ne peut pas y avoir de mal si l’on ne croit pas très profondément que ce que l’on fait est mal. Si on s’y arrête quelques secondes, rien ne justifie de percevoir les relations sexuelles ou la nudité comme un mal. Dieu nous a-t-il créés habillés ?

L’interdit comme nous le connaissons actuellement empêche une réflexion essentielle sur « soi», sous prétexte que l’on n’est pas prêt. Mais, comment l’être sans une connaissance approfondie de ce que nous sommes dans notre totalité et dans nos rapports avec les autres, ce qui souvent demande des années de réflexion et d’expériences. Certains prendront des décennies à se définir.

La liberté et le choix ne commencent pas à exister le soir de l’arrivée de l’âge de consentement, mais c’est un processus toujours en progression, selon l’image que l’on se fait de la vie et de ses besoins. Notre seule limite doit être que la liberté s’arrête là où celle de l’autre commence. Maintenir qu’un jeune ne sait pas ce qu’il fait ou ce qu’il veut, c’est entretenir un degré inacceptable d’infantilisation. Les remords pour obéir à l’image que l’on a de soi dans la société ne peuvent

pas exister si l’on nous a appris que « notre corps nous appartient et que nous sommes les seuls juges et responsables de celui-ci ».

On doit faire une nette nuance entre une caresse, un attouchement et une pénétration. Le consentement est au coeur de cette liberté individuelle. Un attouchement n’est certes pas pire qu’une circoncision non nécessaire ou les rites d’ablation chez les femmes. Une fellation n’a jamais asséché qui que ce soit.

La jouissance et la nudité ne sont pas mal, sauf, dans l’esprit de ceux qui voit du mal partout. Nous avons eu le cerveau lavé avec ces péchés et ces tabous depuis des siècles ; il est donc normal qu’une remise en question de la gravité de ces gestes soulève un tel problème.

Par contre, il faut développer le sens de la responsabilité en ce qui a trait à la procréation, l’éducation d’un nouvel être, la responsabilité quant à sa protection jusqu’à ce qu’il puisse s’assumer lui-même.

Il faut connaître ses limites et les moyens de se protéger contre les maladies transmises sexuellement. Cet enseignement doit être préventif, mais il doit aussi respecter la vitesse de l’intérêt des individus pour la chose sexuelle.

Il y a une différence entre l’enseignement de groupe et répondre aux interrogations particulières. En ce sens, la CECM, dans les années 1980, avait tenté des expériences éducatives très intéressantes à partir d’une vision positive de la sexualité. Le fascicule «Ce que tout jeune homme devrait savoir » est une réussite.

Il y avait aussi un film sur l’homosexualité qui était aussi très bien, car il faisait la nuance entre un adulte qui veut profiter d’un jeune, en faire son objet sexuel seulement et un adulte qui veut partager l’expérience de la vie avec lui ou en d’autre mot qui en est amoureux.

Qu’on le veuille ou non, dans notre société actuelle la perception de la sexualité chez les jeunes est très différente qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille.

Le garçon vit sa sexualité sans culpabilisation et honte alors que la fille y voit plutôt quelque chose de honteux, de sale parce qu’on a toujours abordé la sexualité chez les filles comme un tabou.

Si on en parle comme quelque chose de normal, sans secret, chaque individu peut tirer ses conclusions quant à ses gestes. Si on en parle normalement, le jeune n’aura pas toujours l’impression d’être le seul humain à vivre les expériences qu’il connaît.

1 – Cette information s’avéra fausse. Tony Duvert ne fut pas tué comme on me l’avait rapporté.

La liberté sexuelle 25

août 26, 2020

La liberté sexuelle 25

Qu’est-ce que la pédérastie ?

La pédérastie est non seulement une orientation sexuelle, mais c’est aussi la plus belle, la plus pure, la plus fougueuse des passions. C’est un hymne à la beauté de l’être humain, une recherche de la jeunesse éternelle et la tendresse infinie. C’est développer son âme d’enfant. Alors que le père se doit d’être autoritaire pour aider son garçon, le pédéraste va chercher l’égalité sentimentale, la complicité et le plaisir. Son but ne sera pas d’élever le jeune homme, mais de l’accompagner dans sa découverte de la vie. Malheureusement, certains peuvent abuser en se bornant qu’aux relations génitales, mais est-ce encore de la pédérastie ?

La pédérastie est, à mon sens, l’acte d’amour, de tendresse le plus achevé que la nature a créé puisque c’est une extase devant l’être aimé, un mélange d’amour maternel (de par son côté absolu) et paternel (par la responsabilité qu’elle engendre). Pour le pédéraste, son serin est tout. C’est l’acceptation sans limite de l’autre, la fascination, l’échange : la communication intégrale.

Quoiqu’en dise ceux qui dénigrent cette relation, le pouvoir dans la pédérastie n’appartient pas à l’adulte, mais à l’enfant qui apprend vite à se servir de ses charmes : le corps, le regard, la senteur des cheveux, le sourire, l’intonation de la voix et sa manière de réagir à la jouissance physique. Il apprend vite à se servir de sa puissance de séduction pour diriger à son bénéfice la relation amoureuse de l’adulte afin que celui-ci soit prêt à tout lui donner autant matériellement qu’intellectuellement.

Quoique l’on dise dans une relation pédérastique, l’enfant est roi. C’est d’autant plus vrai qu’on lui a donné le pouvoir de dénoncer quand les choses ne tournent pas comme il veut. Il suffit de dire qu’il a été sexuellement touché pour que sa communauté veuille pendre celui qui l’a fait. C’est tout un pouvoir, car, maintenant sa parole vaut toutes les autres. La victime est devenue un dieu, car se faire caresser est devenu une croix. Pourtant, il a bien plus de gens qui souffre par manque de tendresse, de caresses que de pauvres malheureux qui en ont trop.

La sexualité en pédérastie s’exprime presque toujours à travers le jeu puisque l’adulte essaie de vivre au même niveau que son jeune la découverte du corps, du plaisir et de la tendresse. La pédérastie est un effort de l’âme pour boire à la fontaine de Jouvence. Tout est axé sur la jouissance du jeune : il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir. Malheureusement, c’est aussi le défaut de la pédérastie, car, le jeune est habitué à tout avoir sans faire d’effort. Il est trop gâté. Voilà pourquoi il serait bon que le pédéraste puisse communiquer avec les parents pour savoir si cette relation permet au jeune d’être plus heureux.

Voilà d’ailleurs pourquoi cette relation ne peut pas être  » en soi  » traumatisante. L’atmosphère de la morale communautaire actuelle — qui condamne la sexualité qui ne correspond pas à ses normes — l’est bien davantage. Elle professe le rejet de la nudité en faveur d’un respect de soi qui est en réalité une honte de son corps.

Les campagnes de dénonciation engendrent la haine des autres et une forme de racisme ou de discrimination qui consiste à croire dans la supériorité de la morale dominante. L’intégrisme quant à lui, fait que la vie a moins d’importance que cette pudeur maladive. Cette morale a donné naissance à des guerres et des purges religieuses comme l’Inquisition, les sorcières de Salem, etc. Les assassinés furent des millions. Beau résultat moral !         

Évidemment, les pervers, les tordus rejettent à travers une morale sénile le corps et voient l’enveloppe charnelle comme vile pour ne pas dire impure. Le corps et alors le péché, l’obstacle à l’élévation spirituelle.

Les machos hétéros et les féministes homophobes radicales prétendent que la pédérastie est un geste qui nuit à l’enfant. Au contraire, ne serait-ce que sur le plan de s’accepter et d’avoir confiance en soi, l’enfant vit bien la découverte fabuleuse du plaisir d’avoir un corps, mais aussi celle de la tendresse des caresses, des émotions, parfois même de la passion.

La pédérastie est une expérience de communication absolue à travers les caresses et la joie d’être l’un avec l’autre. L’AMOUR règne, sans compter tous les bénéfices matériels (argent, voyages, cadeaux, etc.) … Aucun jeune n’est mort, ne s’est asséché ou a perdu un membre à la suite d’une relation amoureuse avec un adulte.

Cependant, la sodomie devrait être totalement interdite avant l’âge adulte.

Très souvent, la pédérastie prend aussi la forme de la relation maître-élève, puisque l’adulte essaie d’initier son amant à ses connaissances intellectuelles, à ses goûts culturels. Le pédéraste cherche à procurer à son aimé le bonheur et l’épanouissement de sa personnalité naissante. Comme autrefois, le pédéraste servait de guide à l’apprenti. Elle lui permet de découvrir et d’exploiter ses talents. La pédérastie n’est-elle pas le coeur même du chamanisme moderne ?

Sur un plan strictement physique, qui peut prétendre que de se faire cajoler, masturber ou sucer procure de la douleur. C’est pourtant ce qu’on dit. Tous les pédérastes ne sont pas des sodomites ou des psychopathes.

Plusieurs pédérastes, bien au contraire, se révoltent contre le sort réservé aux enfants dans nos sociétés bien pensantes : pauvreté, exploitation sexuelle non consentie, commerce d’adoptions ou trafic d’organes (le cas Dutroux), travail abrutissant des enfants, la destruction des cerveaux par la drogue, brigade de la mort au Brésil, les enfants modernes de la rue de Duplessis-Rochon. Est-ce que toutes ces souffrances ne sont pas pires que des caresses, des cadeaux, de l’amour fut-il pédéraste ?

L’enfant n’est pas un fou, tout comme il n’est pas un être asexué comme l’a si bien démontré Freud. Il sait aimer et sent bien que cet amour n’exige de lui que sa présence, sa fraîcheur, son sexe, puisque cet amour est un hommage incessant et sans borne à sa seule personne, à sa beauté. Et, il le sait.

C’est aussi, et c’est là toute sa force, une osmose temporaire de l’âme de l’être aimé et de l’amant. L’amant digne de ce nom saura être attentif à l’aimé, à ses moindres désirs, à ses moindres problèmes, à ses moindres besoins. L’aimé devient presque un dieu et l’être qui permet ainsi à l’amant (qui vit cette expérience avec responsabilité) de découvrir la joie de contempler l’AMOUR dans son essence même pour ne pas dire la joie de contempler Dieu.

L’amour pédéraste est un avant-goût du ciel. La pédérastie est un partage, une initiation à la vie, aux rapports humains dans ce qu’ils ont de plus positifs. L’acceptation intégrale de « soi » (corps et esprit) pour être en harmonie c’est-à- dire en amour avec les autres.

Cependant, ces expériences sexuelles sont généralement passagères chez le jeune. Elles lui permettent de découvrir sa réalité sexuelle et de mieux assumer son orientation sexuelle, sa réalité corporelle. Le jeune hétéro ne sera pas intéressé à ce genre de découverte et d’expérience homosexuelle. Il s’en éloignera de lui-même. Si personne ne s’en mêle, l’aventure sera très vite oubliée s’il y a eu quelque chose de traumatisant.

Qu’on le veuille ou non, le rejet de la pédérastie est le rejet hypocrite de l’homosexualité. La peur que le jeune aime tellement ça qu’il devienne homosexuel est stupide. Tout individu est génétiquement orienté vers une telle orientation sexuelle dès la naissance.

Il y a une différence entre être gai ou vivre une expérience pour savoir si on l’est.

L’anthologie de la pédérastie en de Jean Ferguson (qui ne fut jamais publiée) nous rappelle que la pédérastie existe depuis les débuts de l’humanité. Elle a même été la forme d’amour dominante de la culture grecque. Elle a joué à travers les siècles, le rôle de chaman, du passage de la vie d’enfant à celui d’homme.

Les femmes ont toujours craint la pédérastie parce qu’elle sous-tend un partage de leur pouvoir et de leur relation privilégiée avec les enfants.  Leur projection  est celle de leur propre peur de la sexualité. Elles ont aussi toujours craint que cette initiation prédispose le jeune à préférer l’homosexualité à l’hétérosexualité. Pourtant, rien n’est plus faux. S’il n’y a plus la conception comme finalité en quoi les orientations sexuelles sont-elles différentes dans leur manifestation ?

Des études américaines ont clairement démontré que déjà à cinq ans (à moins d’expériences violentes et traumatisantes) l’orientation sexuelle de l’individu est non seulement prévisible, mais irréversible.

La pédérastie est une expression parmi tant d’autres de l’amour et plusieurs ont d’ailleurs, comme moi, expérimenté plus d’une forme d’expression sexuelle : hétérosexualité, pédérastie, homosexualité, bisexualité, etc.

La pédérastie est simplement une forme différente d’expression de l’homosexualité selon l’attrait  » de l’âge », donc, du développement du corps. Cependant, le pédéraste n’est généralement pas intéressés à des rapports avec

ceux qui ont le même âge que lui ou qui ont plus de 18-20 ans, car un jeune qui savoure une aventure avec un gars de son âge est simplement homosexuel… et c’est possible à tous les âges…

Malheureusement, la barbarie romaine l’a emporté au niveau des valeurs morales et depuis la pédérastie est décriée sous tous les toits particulièrement par les machos qui s’imaginent que leur pouvoir de domination tient à la grosseur et à la longueur de leur pénis comme chez les primates. Les féministes radicales, elles, souffrent d’homophobie virulente quotidienne, viscérale même, assez pour qu’elles rêvent qu’un jour la terre n’appartienne qu’aux femmes.

Ainsi, la pédérastie est-elle la cible de toutes les calomnies et d’une foule de mensonges quant à la façon de s’exercer et les résultats qu’elle engendre. Le sujet est tabou. Ne pouvant être officiellement barbare dans une société qui prétend respecter les droits de l’homme, le système s’est organisé pour que les vrais ou faux prétendus prédateurs sexuels subissent une raclée ou soient tués en prison. Cela peut aussi se produire en leur rendant la vie si insupportable que le suicide soit la seule solution restante, un meurtre légal. Ce que la police n’arrive pas à faire, elle le fait faire par la pègre à l’intérieur du  » silence  » des murs des prisons.

Cette chasse-aux-sorcières tient d’une première erreur, soit de confondre pédérastie et pédophilie. Pourtant, il y a tout un monde entre les deux.

La pédérastie est un amour purement homosexuel-lesbien qui ne s’intéresse qu’aux préadolescents et aux adolescents alors que la pédophilie ne s’intéresse qu’aux jeunes, surtout les filles, disons de 0 à 10 ans.

Le pédéraste est sidéré par la beauté physique et mentale de l’adolescent (ou préadolescent) alors que le pédophile agit parce qu’il n’arrive pas à établir un lien avec les adultes qui lui permette de trouver amour et sécurité. Cependant, dans les deux cas, la curiosité sexuelle semble la même. Voir le corps de l’autre, y toucher. Briser le mystère …

Dans le cas de la pédérastie, le jeune est bien conscient de ce qui se passe, il a déjà sa propre morale à savoir s’il aime cela ou pas, si dans sa tête, c’est bien ou mal. Les pressions de la société contre l’amour du « trop jeune pour aimer  » ressemblent plus à un lavage de cerveau qu’à l’exercice de sa liberté, le jeune n’a pas le choix à savoir s’il accepte ou pas.

Dans le cas de la pédophilie, le ou la jeune est incapable de choisir à cause de son âge et de sa vulnérabilité. Il subit la situation sans pouvoir comprendre et s’y opposer. C’est là toute une différence. Là, où les prétendus purs font erreur.

Les pédérastes sont plutôt homosexuels alors que les pédophiles sont plus souvent hétérosexuels.         

Si les jeunes jouent à la victime comme le veut la société quand ils sont pris dans un scandale sexuel, c’est qu’ils sont socialement incapables de supporter le jugement des autres et d’affirmer leurs propres valeurs.

Pour la société, la pédérastie est une tare parce qu’on croit à tort qu’elle conduit le jeune à devenir homosexuel. Au contraire, le jeune hétéro prétendra plus tard dans sa vie qu’il a été abusé, brisé par cet abus, parce qu’il n’aura pas assez mûri dans la connaissance sexuelle de sa propre personne pour accepter la responsabilité de ses propres choix et encore moins, la force de se servir de ses erreurs pour mieux se connaître et se renforcer.

Bien des jeunes qui prétendent avoir subi un traumatisme, rejaillissant bizarrement à l’âge adulte, viennent d’effectuer une visite chez un psy. On note aussi que souvent le jeune est retourné chez la personne par qui il prétend avoir été assailli. Après une première expérience qui devrait le mettre en garde s’il n’y consentait pas, un tel comportement est étonnant. Si on ne consent pas pourquoi retourne-t-on librement chez son agresseur ?

Dans une foule de cas, on retrouve cette culpabilisation chez des jeunes qui ont des difficultés avec leur consommation de drogue. Leur expérience sexuelle se confond-elle à une certaine forme de prostitution ? Devenus adultes, ces jeunes refusent de reconnaître que malgré leur véritable orientation hétérosexuelle ils ont accepté des jeux homosexuels ce qui les rend honteux d’eux-mêmes. Alors, plutôt que de faire porter à la drogue son effet négatif sur la sexualité (trop de drogue, trop longtemps rend impuissant), ces jeunes prétendent que leur impuissance sexuelle tient à leurs expériences passées.

Il est plus facile de blâmer les autres que de reconnaître ses propres défauts. Leur véritable honte est orientée vers l’adulte qui leur a fourni l’occasion d’obtenir ce qu’il voulait en se prostituant. Il blâme l’autre plutôt lui-même. Mais, il est le véritable responsable. Il n’a pas su respecter sa nature profonde d’hétéro en échange de drogues. C’est son droit et cela ne regarde que lui, mais il doit l’assumer.

La possibilité de dénoncer un acte sexuel jusqu’à plus de 20 ans plus tard permet d’exercer un chantage contre ceux avec ils ont déjà eu de telles expériences. Devenir victime pour obtenir des compensations financières, c’est un nouvel emploi. Celle du chantage à retardement.

Pourquoi dans les cas de proxénétisme (ce qui est pire puisque sur une base collective) la proscription est-elle de deux ans ? Les lois sont-elles faites pour défendre la mafia et écraser ceux qui n’empruntent pas les réseaux commerciaux ? En rendant la pédérastie, un geste strictement individuel illégal, ne force-t-on pas le pédéraste à devoir obligatoirement avoir recours au service

de la mafia ? C’est comme avec la marijuana, en la rendant illégale, on permet à la mafia de s’enrichir en la vendant exclusivement.

D’ailleurs, dans toutes les études sur la pédérastie, on ne demande jamais des candidats qui ont connu une telle expérience dans leur jeunesse qui ont aimé cela et qui en sont sorti grandis. Si cette vérité était dévoilée, on s’apercevrait qu’il s’agit d’un processus normal à l’adolescence. Il y en a probablement  eu  plus que ceux qui ont des reproches à faire à ces expériences. Le plaisir ne crie pas sa joie sur les toits.

Malheureusement, on oublie les propos de Freud, A. S. Neil, W. Reich et Fourrier. On préfère maintenir le mensonge. On préfère la violence à l’amour. Tous ces hommes de sciences et écrivains ont établi sans nul doute le lien direct et automatique entre la frustration sexuelle et la violence.

Ceux qui nous conduisent à la guerre pour leur propre intérêt sont les mêmes qui imposent cette morale sexuelle collective alors que rien n’est plus privé que la sexualité. On essaie de faire croire que la pédérastie est un crime contre l’humanité alors que ces mêmes agents de la pureté ont organisé des guerres, des génocides, des viols et meurtres.

La pédérastie ne doit pas être confondue avec l’exploitation commerciale que  l’on en fait. La pédérastie, c’est un amour-passion individuel qui peut être positif ou négatif. Il ne pourra jamais être collectif (le pédéraste est jaloux comme une femme) puisque cet amour lie deux personnes et les petits amants sont rares. En quoi le pédéraste peut-il être aussi condamnable que la CIA, Staline ou Hitler ? Les caresses n’ont jamais blessé, ni tué. Au contraire, pratiquer la fellation est le sommet des plaisirs.

Pire, on ne fait aucune différence entre les gars et les filles. Alors que pour bien des filles, la découverte de la sexualité est peur, honte, danger, angoisse ; chez le garçon, cette découverte est un bienfait, la fierté de la révélation de sa virilité et des plaisirs qui s’y rattachent. Le garçon connaît la jouissance et tendresse, même si le jeune n’éjacule pas encore. Chez la femme, la sexualité s’entoure encore de tabous et de responsabilités parce que c’est elle qui engendre.

La femme par sa structure corporelle prend-elle plus de temps à découvrir la jouissance de son propre corps. Elle doit aussi combattre l’image « macho » de la femme (objet) que la société vénère.

La peur de la nudité révèle le peu de respect que bien des hommes et des femmes portent à leur corps.

La libération de la femme ne saura se réaliser qu’avec la libération sexuelle de tous les individus. Elle n’existera que le jour où la femme cessera de porter le fruit « macho » d’être la tentation et laissera à l’homme la responsabilité de contrôler ses pulsions sexuelles.

Cette conception de la liberté sexuelle absolue ne pourra émerger que si l’on reconnaît que chaque individu, quel que soit le sexe, l’âge, est libre et responsable. L’amour est un besoin aussi essentiel que l’air que l’on respire. La libération de la femme ne se réalisera que le jour où l’on comprendra que le péché de la chair, ça n’existe pas, sinon pour contrôler les individus.

Toutes nos religions font croire que la chair est le mal. Pourtant, l’acte sexuel est un geste d’amour. Il ne peut qu’être beau et bien. Dieu est AMOUR …

Le péché qu’on lie à la sexualité tient plutôt au manque de responsabilité vis-à- vis l’enfant qui peut naître et de la société qui devra en prendre charge. Le péché de la chair est de ne pas assumer les responsabilités que portent les relations sexuelles. S’occuper de sa famille exige dévouement et fidélité pour créer un  lieu d’apprentissage propice aux enfants. C’est manquer à cette obligation qui est mal et non le plaisir rattaché à la sexualité.

Ceux qui ont tracé les paramètres de notre morale sociale sexuelle étaient souvent des malades mentaux puisqu’ils rejetaient la réalité corporelle et affichaient ainsi un amour de la souffrance qui tient parfois de la démence. Ils ont su créer un dieu macho à leur propre image, leur projection, où la femme est la servante. Pourtant, même Mahomet affirme que la femme doit être la partenaire égale de l’homme. Tant que la sexualité ne sera pas perçue pour ce qu’elle est, un plaisir, l’expression de l’amour, un moyen de développement personnel , la femme ne saura personnifier rien d’autre que la tentation, la chute, le péché… une obsession des machos qui ont créé le péché pour se défendre contre leurs propres pulsions, même si ces frustrations conduisent à la violence.

À mon sens, si j’ai bien lu les Évangiles et le Coran, le seul péché vient de Lucifer qui a refusé de se prosterner devant l’homme. Il refusait la grandeur de la LIBERTÉ que Dieu offrait à l’homme en cadeau.

Le vrai péché n’est pas la chair, mais l’orgueil. Lucifer a cri que la liberté est une erreur faite par Dieu, lors de la création.

Si nos religions venaient de Dieu, elles engendreraient l’amour et la paix. Au contraire, elles nous font connaître la ségrégation, la violence, l’argent et la domination, le pouvoir. Ce sont tous des attributs du veau d’or, donc, du diable plutôt que de Dieu. Ne doit-on pas juger un arbre à ses fruits pour le reconnaître? Si Dieu est AMOUR alors pourquoi l’amour charnel ne serait-il pas sous toutes ses formes une manifestation de Dieu ? Le péché ne serait pas la chair, mais le mensonge et l’hypocrisie de faire croire que le plaisir de la chair est un péché.

Admettre que la création est à l’image de Dieu exige que l’on accepte la liberté et les limites humaines ainsi que la responsabilité que cela implique.

D’ailleurs, dans le Coran, Lucifer dans son pari avec Dieu affirme qu’il se servira du mensonge pour confondre l’homme. N’est-ce pas ce qu’il a réussi de mieux en créant le péché de la chair et en donnant assez d’orgueil à ceux qui le servaient pour prétendre parler au nom de Dieu. Le seul péché, s’il en est un,  est le manque d’amour. Or, personne ne peut être plus en amour qu’un pédéraste et son mignon.

Toutes les religions sont des moyens bourgeois pour exploiter le peuple et le contrôler. Elles sont donc le contraire de ce que Dieu attend de l’homme. L’homme est incapable de vivre sans aimer et être aimé, la folie paranoïaque de notre morale bourgeoise essaie de nous empêcher de jouir de nos sens afin de diviser les individus et les empêcher de créer une conscience personnelle ou collective dans laquelle la violence, la haine, le fanatisme, le racisme n’existeraient pas. La haine, la division, voilà le vrai sens du mot mal. L’absence d’amour. La guerre pour assurer une bonne économie.

En ce sens, les féministes ont raison : l’individu est le seul responsable de son corps, de sa sexualité. Sa morale individuelle doit ne pas être violente et respecter la liberté de chacun. Ni l’état, ni les Églises n’ont le droit de soumettre une morale individuelle aux normes d’une morale collective. La liberté doit être respectée, si les gestes sexuels sont consentis par ceux qui les donnent et les reçoivent. Les fantasmes sont encore plus personnels.

La liberté sexuelle sur un plan individuel et la vie privée sont fondamentaux dans une véritable Charte des droits et des libertés qui n’est pas détournée pour défendre l’exploitation des individus par les institutions ou un régime judiciaire dans lequel la police se confond avec la pègre.

De nos jours, la pègre a tellement infiltré le système judicaire que l’on ne peut plus parler de justice, mais de règlements de compte sociaux. C’est pourquoi, la Charte des droits et liberté ne défend plus les individus, comme elle le devrait, mais les organismes criminels. Il faut être très riche pour avoir une simple apparence de justice.

Et, si l’amour et la vie sont ce qu’il y a de plus précieux, aucune ne forme de sexualité vécue dans l’amour et la responsabilité n’est mauvaise.

J’ai beaucoup de respect pour des êtres comme Marc Lachance qui ont su rendre positif cet amour des garçons qui le dévorait. Il s’est suicidé plutôt que d’y renoncer et que l’œuvre qu’il avait construit soit salie par le chantage. C’est un courage que je n’ai pas.

Marc savait que l’on ne choisit pas et que l’on n’échappe pas à son orientation sexuelle. Elle finit toujours par nous rattraper. Il aimait les jeunes garçons et il a vécu en fonction de son amour. Il a donc décidé de vivre sa passion de manière positive. Marc Lachance fut d’abord un enseignant afin de faire profiter les jeunes de son amour pour eux. Puisqu’il aimait jongler, Marc essaya de communiquer ce talent à ses jeunes protégés dans une école privée de Montréal. Fatigué de la pression pernicieuse et paranoïaque que les pédérastes doivent vivre au Québec, Marc décida de se rendre enseigner en Éthiopie.

Rendu sur place, il enseigna et créa un premier cirque bien particulier : il réunissait les jeunes de la rue et leur offrait éducation, gîte, nourriture en échange de leur prestation dans le spectacle. Cet amour du cirque se propagea tellement que cela devint à une véritable institution nationale. Marc était considéré à l’ambassade du Canada comme le plus grand ambassadeur du Canada en Éthiopie. Évidemment, Marc avait ses amants. Victime de chantage à travers des lettres anonymes, Marc, pour protéger la réputation du cirque, s’exila en Amérique du Sud. Puisque ce chantage se poursuivait, Marc décida de se pendre, laissant sur internet un message dans lequel il disait que son suicide devait être interprété comme un meurtre.

Évidemment, à Radio -Canada, on essaya de faire croire que Marc était relié au tourisme sexuel international. Je n’en crois pas un mot. Je sais par expérience que la police peut souvent fausser la vérité pour avoir la tête de celui qu’elle accuse. Mais, je trouve étrange que dans cette même période de chasse aux pédérastes, qu’on appelle pédophile, Tony Duvert aurait aussi été assassiné ainsi que son petit amant1. Y aurait-il maintenant une escouade mondiale de la pureté pour éliminer tous les pédérastes ? Des espèces de malades qui ont décidé de purifier la terre.

La liberté sexuelle 24

août 25, 2020

La liberté sexuelle 24     
(pp. 232 à 240)

Le Québec ne pourra jamais être un pays tant que les femmes n’auront pas solutionné leur problème émotif concernant la sexualité. Le féminisme politisé retarde l’inévitable ascension du Québec vers son indépendance ou la création d’une véritable confédération. Les Québécois exigent d’être respectés. Ce n’est pas parce que tu es un indépendantiste ou un fédéraliste que tu es un crétin. L’intelligent choisira la structure qui puisse le mieux servir les prochaines générations.

La guerre sexuelle est individuelle. Elle sert à faire oublier le plus important : la fin des guerres et de la misère, la création planétaire d’une véritable démocratie, un retour au respect de la nature, et finalement, sur le plan des valeurs, de découvrir «sa» vérité puisque la Vérité a été détournée pour assurer le pouvoir de nos institutions. Dieu n’est pas qu’un pouvoir financier…

La pédérastie est un acte d’amour qui ne peut pas rapporter financièrement à nos institutions : voilà pourquoi on la chasse, sous prétexte qu’il faut protéger les jeunes.

Pour illustrer la stupidité du système face à la pédérastie , un attouchement sexuel , sans violence , peut valoir neuf mois de prison , sans possibilité de libération conditionnelle, à moins de se proclamer un paria , un être abject , alors qu’un type qui a commis deux meurtres est libéré parce qu’il est un délateur …

La pédérastie n’est pas de la pédophilie.

Je suis toujours étonné de l’hypocrisie, de l’hystérie collective ou de la psychose que suscite le mot  » pédophile  » ou « prédateur sexuel » dans la collectivité québécoise, surtout qu’on l’interprète faussement, en confondant volontairement pédophilie et pédérastie.

La pédophilie est strictement un rapport avec les enfants des deux sexes âgés de moins de 10 ans. Personne ne peut appuyer sans restriction la pédophilie puisque le jeune n’est pas encore en mesure de comprendre ce qui se passe et ainsi profiter d’une telle expérience.

S’il peut connaître une certaine curiosité, «faire l’amour», comme on dit chez les adultes, implique une pénétration, une douleur évidente, une peur de domination. Cela ne correspond pas à ses besoins et à son développement. Ce n’est pas une question de morale, mais une réalité physique.

Freud a établi qu’avant cinq ans, les bambins développent leur personnalité à travers différents stades de développement. Quant à sa sexualité, disons que l’orientation sexuelle de base est déjà acquise, à l’âge de cinq ans. Par ailleurs, de cinq a dix ans, le jeune connait habituellement une phase de latence c’est-à- dire de désintéressement quasi total de la sexualité. Par contre, vers 10 ans, selon chaque individu, car la vitesse de développement est différente pour chacun, on assiste à l’éveil de la sexualité.

Contrairement au bambin qui s’intéresse à son petit zizi par curiosité, le jeune adolescent s’intéresse tout autant à l’autre que ce qui se passe dans son corps. Il vit des sensations nouvelles dues à la puberté. Cette phase est souvent homosexuelle. C’est la période des comparaisons avec les camarades. Puis, l’intérêt pour les filles apparaît avec les nouvelles hormones. S’il n’y a pas d’éducation sexuelle, le jeune peut considérer tous ces changements comme de plus en plus mauvais. Ce rejet de soi est souvent à la source des suicides. Le discours moralisateur de la société lui donne l’impression qu’il est un monstre ou un dégénéré.

Pour les jeunes, âgés de plus de 10 ans, la violence et les drogues sont une réalité bien plus dangereuse que la découverte sans violence de leur sexualité, même si celles-ci obtiennent une moins bien grande attention des adultes. La peur de la sexualité est la plus insidieuse, la plus fondamentale, la plus ancrée dans l’inconscient collectif. C’est celle qu’on inculque dès la petite enfance.

Fort probablement que la panique des parents lorsqu’ils découvrent l’intérêt des enfants pour la sexualité (qui correspond à leur âge) est plus traumatisante pour l’enfant que l’expérience même. Comment ne pas trouver cela important puisque les parents font une véritable crise d’hystérie devant les manifestations sexuelles des jeunes qui prennent conscience de ce nouveau besoin-plaisir.

La sexualité a fait naître la peur parce que les humains ne la comprenaient pas. On avait toujours peur que la sève soit limitée.

Pourquoi dès qu’il est question de la sexualité des jeunes dont-on réagir comme de parfaits ignorants ou comme des hystériques ? Est-ce le fait que la presse se prend pour la conscience du peuple, confondant droit à l’information et jaunisme. Avec le voyeurisme, on préfère voir ce qui se passe dans le pantalon des autres plutôt que ses propres défauts. C’est souvent pour combler sa propre impuissance.

Pourquoi retient-on seulement l’enseignement maladif de la sexualité des religions plutôt que le message essentiel de tolérance que l’on retrouve dans toutes les religions :«aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu»? Pourquoi n’admet-on pas que chaque individu possède «sa» propre sexualité potentielle, dès sa naissance, ainsi que son propre rythme de développement ? N’est-il pas étonnant que l’on magnifie les lois répressives concernant la sexualité, même si l’on sait que les conceptions et les interprétations religieuses ont justifié la grande noirceur, la peur, le fanatisme et le fascisme ?

N’est-il pas étonnant que l’on accorde plus d’attention aux rapports sexuels des jeunes qu’à l’insécurité face à l’entrée dans la vie adulte, la violence, le vol et la drogue ?

Personne n’est diminué physiquement ou autrement à la suite d’une relation sexuelle consentie et heureuse, qu’importe le sexe ou l’âge ; mais la consommation d’une drogue trop forte peut faire éclater un cerveau. On dirait que dans cette échelle de valeur le sexe est plus important que la vie.

La pédérastie n’est pas responsable d’autant de maladies mentales, d’autant de décrochage scolaire que la drogue et la violence. Pourtant, on en fait tout un plat. Pourquoi les lois sur le proxénétisme permettent-elles une prescription de deux ans, n’est-ce pas encourager clairement l’esclavage féminin ? N’y a-t-il aucune différence entre un rapport sexuel obligé, donc un viol, et une expérience consentie et heureuse ?

Il serait temps que l’on aborde la sexualité d’une façon positive et responsable. Si le colonialisme est l’esclavage des peuples, la répression sexuelle est celui des individus, leur aliénation.

Il est plus simple de condamner toutes relations entre un adulte et un jeune plutôt que de tenir compte du développement et de l’épanouissement sexuel qui existent chez tous les préadolescents, à la suite d’une aventure heureuse. C’est plus facile d’interdire que d’éduquer les individus.

Admettre que les relations sexuelles peuvent grandir les individus ça change fondamentalement l’interprétation et la lecture de tous les rapports dans ces relations humaines.

On ignore l’approche scientifique de la sexualité, basée sur la liberté, la conscience et la responsabilité. C’est plus simple d’aliéner les individus en leur faisant croire qu’ils sont des pécheurs dès la naissance parce que tous les individus sont sexués. On est encore à la peur que nous ont léguée les religieux et la bourgeoisie. La « responsabilité » est automatiquement plus exigeante et nuancée que l’interdit. La sexualité n’est pas que «génitalité ». Elle est aussi, et surtout, émotion, tendresse et communication.

L’interdit sexuel réprime l’imagination, la vue, le toucher, même la parole. C’est un tabou, un silence qui est une des principales causes de destruction pour bien des humains. L’interdit aveugle de la sexualité comprend automatiquement un rejet de sa «corporalité», de ses limites et une inconscience totale de sa véritable valeur. On écoute des gens nous ont, à travers leur propre projection, en nous faisant croire qu’ils parlaient au nom de Dieu, appris à mépriser notre corps ainsi que celui des autres.

Cette hypocrisie des adultes, face à la sexualité, repose sur notre éducation religieuse et le faux motif de protéger les jeunes. Les protéger de quoi, du plaisir?

Est-ce les protéger que de les tenir de force dans une vision hétéro-macho de la sexualité ? Les rapports sexuels sont-ils autre chose que la pénétration, soit une forme de communication ? Est-ce protéger les jeunes que de leur faire croire  que Dieu peut avoir indiqué comment se comporter dans sa sexualité, lui, qui n’aura jamais ni de corps, ni de limite ? N’est-ce pas plutôt le besoin des adultes de dominer les adolescents plutôt que de les informer et leur apprendre à se servir de leur « libre arbitre» ? Faut-il imposer sa morale ou transmettre la compréhension et l’application de ses valeurs ? Est-il préférable d’obéir aveuglément à des valeurs que de les faire siennes, après avoir compris leur raison d’être ? L’éducation n’est-elle pas d’apprendre à vivre ce phénomène de façon positive ?

Pourquoi un jeune devrait-il accepter que jouir est plus condamnable que la violence ? Dans notre folie actuelle, mieux vaut tuer que de jouir. Est-ce la perception de la sexualité que l’on veut transmettre aux jeunes ?

La sexualité est-elle autre chose que l’horreur que nous définissent les féministes homophobes ou toutes les religions qui entretiennent la femme dans un rôle inférieur à l’homme, grâce à cette perception ? Ne nous disait-on pas quand nous étions jeunes que se masturber donnait des boutons, rendait fou ou nous empêcherait de satisfaire notre partenaire à l’âge adulte ? Pourtant, la masturbation est un geste normal et souvent un moyen de combattre l’anxiété. Si on a pu nous mentir sur une chose aussi fondamentale que notre sexualité ne peut-on pas nous avoir menti sur d’autres sujets ? Pourquoi ne fait-on aucune nuance entre la tendresse, l’amour et la génitalité ? En quoi jouir est-il mal ?

La richesse des rapports sensuels est-elle une valeur positive seulement si les rapports humains se réalisent entre personne d’un même âge ?

L’histoire de l’humanité prouve que le contact entre les adultes et les adolescents peut servir à l’épanouissement du plus jeune : les chamans, l’expérience grecque, etc. ?

Contrairement, à ce que l’on pense au Québec, plusieurs jeunes cherchent et aiment vivre de telles expériences parce qu’elles procurent beaucoup de plaisir.

Contrairement, à ce que l’on prétend, plusieurs jeunes sortent grandis d’une telle expérience. On refuse cette vérité simplement parce que l’on a peur que celle-ci se propage, car dans l’esprit des adultes « sexe » rime avec « péché ». Les siècles ne nous ont pas encore débarrassés de cette vision erronée.

Il en sera ainsi tant que la sexualité ne sera pas jugé positivement : comme un moyen de s’épanouir, un moyen d’enrichir sa relation avec la réalité.

Il en est autrement de la pédophilie, car, elle consiste avec des rapports sexuels entre un enfant de 0 à 10 ans et un adulte. Personne ne peut accepter une telle situation pour au moins deux raisons fondamentales.

La spécificité de la pédophilie est de ne pas ne pas pouvoir prouver sans doute raisonnable de respecter le point du vue du plus jeune et agir avec son consentement. Avant dix ans, un jeune peut accepter par intimidation. Le problème c’est qu’on ne sait pas exactement quand c’est le cas. Cependant, il ne faut pas devenir fou. Il y a des jeunes qui cherchent à répondre à leurs questions, leurs interrogations et l’une d’elle est, parce qu’on en fait un tabou : comment est constitué l’adulte physiquement ? Si on ne faisait pas un tel drame avec la nudité, ce problème n’existerait même pas. La curiosité est normale.

S’il y a violence ou manifestation de pouvoir en utilisant la peur, c’est automatiquement une forme de viol. L’autre raison repose sur un fait évident : les organes génitaux d’un adulte sont trop développés pour une pénétration sexuelle avec un jeune dont le physique n’est pas encore complètement constitué.

Il en ait tout autrement en ce qui concerne la pédérastie puisque le plus jeune est en âge de décider s’il aime ou pas ce genre de contacts. Les parents peuvent croire que les ados ne sont pas encore assez vieux pour le décider, mais s’ils peuvent choisir une religion, ils peuvent bien choisir leur partenaire et vivre leur évolution sexuelle comme ils l’entendent. Ils doivent apprendre à faire confiance à leur jeune. Il peut en toute connaissance de cause refuser ou accepter. Pour cela, il est impérieux cependant de recevoir une éducation qui lui permette de faire le choix en toute connaissance de cause. Pas question de leur faire peur, de les moraliser, mais de les informer des faits.

Concevoir la sexualité, sans égard à l’âge, aux changements corporels qui naissent dans le corps du préadolescent, est le priver de son droit à la vie privée.

Tout individu a droit à sa morale personnelle dès qu’il peut décider pour lui (ou elle) ce qui est bien ou mal, et ce, évidemment, en autant que cette liberté ne brime pas celle des autres. La répression refuse le respect du « droit sacré de chaque individu» à l’effet que son corps n’appartient qu’à lui. Les moralistes se prétendent supérieurs aux autres.

Serait-ce que des milliers d’années de domination religieuse, d’intolérance vis-à- vis la sexualité, de prétendues damnations pour les péchés de la chair, ont si profondément marqué les humains que l’on doit maintenant parler de la domination abusive des adultes envers les jeunes ?

S’il était normal, dans les temps anciens de concevoir la sexualité uniquement pour donner naissance à un enfant puisque la survie de l’humanité en dépendait, ce n’est plus la situation actuelle avec la surpopulation.

La sexualité doit être revue comme une relation de communication et d’harmonisation entre humains. Le but de la vie n’est plus de transmettre la vie, mais d’améliorer la qualité de vie pour rendre la vie agréable à tous. Si la douleur nous forme, elle n’est pas indispensable. Notre regard sur notre communauté peut nous indiquer les voies à suivre pour améliorer sa vie.

La répression sexuelle engendre l’obsession sexuelle, le mépris de soi. Elle nous amène les moralistes à croire que leur valeur morale est la seule valable.

La répression sexuelle crée la haine, la foi dans sa supériorité et l’inégalité entre les individus. Le « castré moral » croit que tous ceux qui trouvent du plaisir dans la sexualité sont des monstres. Il est incapable de saisir que c’est se priver d’une telle réalité qui est anormale.

La répression sexuelle permet de criminaliser tous les individus dès leur naissance, car tous naissent avec une libido. Cette castration mentale, psychologique et morale fait en sorte qu’il faut être honteux d’être humain. Et, cette morale macho fait de la femme un péché ambulant, car elle est objet de désir. La tempérance n’est pas la finalité de la vie. Ne nous a-t-on pas appris que même le désir était un péché mortel ? Une punition éternelle en est le prix. N’est-il pas normal d’être attiré par un (e) autre ? En est-on toujours responsable?

La répression sexuelle ne permet pas seulement à envoyer un signal aux jeunes à l’effet que la sexualité est pire que les drogues et la violence ; elle permet de maintenir l’inégalité entre les hommes et les femmes. C’est invraisemblable que les féministes ne se soient pas encore rendu compte de cette réalité. Entretenir la peur sexuelle, c’est maintenir la honte innée de son corps. Ce que notre système s’est toujours appliqué à faire.

D’un autre point de vue, on fait de la sexualité un tel monstre que l’on s’imagine qu’un crime sexuel est plus grave qu’un crime économique. Caresser est devenu pire que tuer. Assez idiot merci !

Les pétrolières et les multinationales tuent quotidiennement des enfants pour voler sans scrupule les pays conquis, mais, pour eux, la mort de ces humains ne semble pas importante. Puisqu’ils vivent des réalités religieuses et culturelles différentes, ces enfants ne sont pas des humains, mais des « sous êtres ».

On accorde plus d’importance à un attouchement sexuel (pourtant ça ne fait mal à personne, au contraire) que la responsabilité sociale face à la guerre et à la destruction de la planète. Sauf pour le chantage, les rapports sexuels sont

individuels, donc, moins payants. Est-il plus criminel de toucher un pénis que de permettre la mort de sept personnes et la maladie de centaines d’autres, par négligence ? En payant des taxes pour maintenir un système militaire, on endosse la violence et le crime organisé légalisé au nom de Dieu, d’Allah ou de son pays.

La sexualité est l’élément primordial, fondamental de la vie privée et, à ce titre, ce qui se passe dans les culottes des autres ne me regarde pas.

Par contre, il est impossible d’échapper à la psychose collective, héritage de notre religion, qui consiste à crucifier tout ce qui est différent par pure ignorance. On a une telle peur viscérale de la sexualité qu’on en perd la tête et les justes proportions.

On semble ignorer que des nuances, ça existe, qu’il y a une différence aussi épaisse que le mur entourant Israël, entre un viol, la prostitution, le commerce charnel, le proxénétisme, la pédérastie et la pédophilie.

Si on regarde la situation avec un oeil religieux, conservateur, fanatique, le « cul

» c’est notre perte. Par contre, si on l’observe avec une conscience scientifique (et qu’on ne cherche pas, comme certains psychologues, l’interprétation psychologique la plus payante possible), on se rend vite compte que le système entretient cette peur, ce dégoût parce qu’il permet à des professionnels de s’en mettre plein les poches, en exploitant l’ignorance et la peur des gens. La culpabilité est un mal payant à soigner.

Pendant qu’on tergiverse à la télévision et les journaux sur le sort d’un individu qui, une fois condamné pour crime sexuel, ne fait que commencer à vivre son enfer ; le système peut détourner nos pauvres petits yeux de leurs crimes

«légaux» commis quotidiennement : des guerres qui tuent des milliers d’humains, une exploitation économique de la très grande majorité des populations, de recherches militaires de drogues et de maladies pour attaquer le clan ennemi.

La plus grande valeur morale dans un tel système est de maximiser son avoir en exploitant les autres. Plus tu es riche, plus tu as de pouvoir. Et, la richesse est concentrée entre les mains d’un bien petit nombre, capable de définir, grâce aux religions et au pouvoir judiciaire, ce qui est bien et ce qui est mal. Au lieu qu’être humain soit une valeur en soi, la valeur humaine est maintenant définie en rapport à ce qu’elle rapporte. Le sens de la vie n’est plus d’être capable d’aimer la vie parce qu’elle nous rend heureux, d’admirer la création, mais de pouvoir aveuglément survivre à l’exploitation économique du système.

Ce détournement de la réalité permet de légaliser meurtres (guerres) et vols, car vol est classé «profit», que le travail devient un esclavage ou la vente de son corps et de son esprit en pièces détachées. Au lieu de signifier épanouissement, très souvent travail signifie malheureusement« exploitation ». Pourtant, le travail est un moyen de se réaliser.

Les individus peuvent être exploités en tous temps dès leur naissance jusqu’après leur mort pour permettre aux riches de maintenir leur statut et leur exploitation.

Focaliser sur le sexe permet d’ignorer que l’on vit dans un système pernicieux, responsable de décréter ce qui est bien et ce qui est mal. Le bien étant maintenant confondu avec «profit »et le mal avec sexe (individualité).

Notre religion vient d’une morale évangélique chrétienne : pardonner, ne pas juger les autres, aider son prochain, tendre la joue plutôt que de répondre par la violence à la violence. Mais à l’Évangile, nous avons ajouté Ancien Testament, Bible, Charria, Torah, tous ces livres religieux basés sur l’interprétation des religieux des paroles de Dieu. On oublie qu’il est impossible d’aimer Dieu, sans aimer les humains. On nous fait croire que ces livres sont religieux parce qu’on les étudie à l’université. Pour mieux contrôler, les religions ont besoin de recherches comme dans tous les autres domaines. La théologie doit se donner un petit air scientifique ou du moins universitaire.

Pour assurer leur pouvoir, les différents systèmes ont mis en place leurs religions et leur prétendue infaillibilité, ce qui permet de dominer tous les autres, tout en justifiant tous les crimes qui leur rapportent un profit matériel ou spirituel.

Les religions veulent être protégées par les gouvernements, car leur pouvoir réside dans le fait de ne pas pouvoir être contredites, surtout, par la science et la logique. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens, les musulmans, les juifs veulent instaurer leurs lois : les religions permettent le contrôle des individus.

Malgré leurs appels hypocrites à la tolérance, toutes les religions se confondent essentiellement dans un même grand melting pot devenu la larve de toutes les intolérances. Un cancer social. La pensée rationnelle est remplacée par l’émotif et l’irrationnel.

Il n’y a plus d’humanisme dans notre monde, tout ce qui compte c’est le pouvoir, l’argent et encore l’argent.

Plutôt que d’aborder la sexualité — qui n’est pas que la génitalité — comme quelque chose de bien, de grand ; on nous a appris à mépriser notre corps, à préférer juger les autres. On choisit la violence plutôt que les caresses. On nous a inculqués à tous que les femmes sont le péché ambulant des hommes. On oublie que ces règles étaient créées pour défendre les créateurs de ses livres divins de leurs tentations de machos. Ces règles servent à les défendre de leurs pures projections.

Partout, dans nos Écritures dites saintes, on dévalorise la sexualité à pleines pages. Comment peut-on faire croire aux individus qu’ils sont le mal ambulant, sans leur interdire une chose dont ils ne peuvent pas se passer : leur corps, leurs sens, leur sexe. En interdisant le corps et le plaisir qu’il apporte, sous prétexte d’être un ange déchu qui ne rêve qu’à une spiritualité intemporelle et immatérielle, on peut contrôler tout le monde, car, un jour ou l’autre, tout le monde désobéira à cette règle folle de la dégénérescence et de la chasteté. Interdire d’aimer son corps, de jouir de ses sens, de désirer les autres, permet une domination psychique de l’être qui accepte une telle aliénation comme sa propre rédemption.

Qu’on le veuille ou non, cette mer d’informations venues d’en-haut, détourne nos regards de ce qui se passe de plus grave quant à l’exploitation légale des individus par un système qui se sert de sa morale pour aliéner les individus.

Pendant que l’on nous endort, on nous vide les poches… Pendant qu’on décapite un individu, on subventionne la violence pour s’approprier du bien des moins bien nantis.

Cette nouvelle conscience sociale permet de nous faire accepter de vivre comme si nous étions des robots. L’ordinateur remplace les mouvements créés pour défendre les individus, les institutions n’ont pour seule valeur que les profits qu’elles génèrent. Bientôt, nous n’aurons qu’accès à des services en ligne et des boîtes téléphoniques. Nous serons les nouveaux esclaves de nos ordinateurs et de ceux qui les programment.

C’est déjà une réalité quotidienne dans le monde du travail, par exemple.

Est-ce vraiment le monde que l’on veut laisser en héritage à la future humanité?

La liberté sexuelle 23

août 24, 2020

La vie sexuelle 23

Auparavant, les médias ne parlaient pas de suicide parce que ça pouvait avoir un effet d’entraînement. Notre américanisation est le fruit du peu de place que nous accordons à notre propre culture et les médias en sont les principaux responsables.

Même la culture est dorénavant la propriété des riches et des féminounes, un relan de religiosité. Pourquoi les émissions américaines défoncent-elles nos écrans ?

Selon les féminounes, il faut parler des procès pour avertir les gens qu’il y a un prédateur sexuel dans leur milieu. Cette publicité multiplie la haine et la peur contre un individu, mais elle oblige seulement celui-ci à vivre plus hypocritement. Pourquoi amplifierait-il la haine que l’on crée autour de lui au nom de la charité chrétienne. Puisqu’il est radié de partout sa vie devient un enfer.

Cependant, en agissant ainsi elle apporte un petit «kick» supplémentaire aux jeunes qui décident d’aller vérifier le danger sur place. Vaincre sa peur pour affronter l’interdit a toujours meilleur goût, surtout quand il permet de découvrir un nouveau plaisir.

Faut-il vivre une sexualité castrée, anti-pénis ? Le féminisme est une lutte prioritaire, tant qu’elle demeure une lutte d’égalité et non une revanche féminoune, une haine absolue du pénis et une recherche à tout prix de la supériorité féminine sur le mâle. Pour certaines, l’égalité est une prise de pouvoir.

Un individu équilibré n’est ni homophobe, ni misogyne, puisque tout individu est à la fois homme et femme, à quelques petites nuances biologiques près. Les autres différences ont été inventées par les sociétés. Apprendre à respecter les autres, à savoir dire oui ou non, à se créer une morale personnelle et responsable, à se mêler de ses affaires et aider les autres plutôt que les damner, voilà un cheminement vraiment égalitaire et chrétien.

Le problème féministe est que son discours n’a pas évolué depuis 1970. La place des femmes dans notre société doit être celle de l’égalité de la responsabilité, et non, en songeant au nombre et à la domination. Le discours des féministes voulant qu’il y ait exactement le même nombre de candidats dans les partis politiques démontre à quel point la notion d’égalité préconisée est stupide dans un tel contexte. Ce n’est pas le nombre de personnes qui est important, mais la qualité des candidats, sans aucune différence à partir de la notion de sexe. La majorité, comme moi, ne regarde pas le sexe auquel appartient l’individu, mais ce qu’il pense et sa détermination.

Les féministes font du voile le symbole de la domination mâle. Pourtant, en pleine liberté, des femmes choisissent de porter le voile pour se sentir pures. C’est ça être aliénée : embrasser son joug. Au lieu de prôner une égalité

numérique, les féministes seraient mieux venues de prôner la qualité intérieure. Le sens de la vie est de se réaliser pleinement, un objectif qui ne peut pas être plus personnel. Que ce soit un homme ou une femme de qualité, les autres finiront bien par reconnaître leur valeur.

Quant aux religions, si le discours maladif de la chasteté n’est pas totalement éliminé, ces institutions continueront à produire des fanatiques et à être la principale raison de l’existence des guerres. Par contre, il serait débile de rejeter la vraie spiritualité, car, il est important de comprendre un jour ce que nous sommes, d’où nous venons et où nous allons. En d’autres termes pourquoi existons-nous ? Même si les religions sont malades quand il s’agit de sexualité, elles apportent dans leur enseignement matière à réflexions et des valeurs qui sont, elles, nécessaires à l’épanouissement humain, telle la charité.

Si les religions s’étaient attardées à prôner l’amour plutôt que de créer des règles antinaturelles pour dominer les consciences, elles auraient toutes les raisons d’exister, car elles permettraient de créer un paradis terrestre, malgré nos faiblesses.

Une véritable justice sociale est bien plus importante que l’orientation sexuelle. Toutes les religions sont au moins multimillionnaires. Le profit a remplacé  l’amour que Jésus prônait. S’il y a une religion qui méprise les femmes, c’est bien l’Islam. Pourtant, Mahomet a été le premier à parler du partenariat et de l’égalité homme femme.

Les médias vont évidemment essayer de faire croire que savoir ce qui se passe en Cour est d’intérêt public et que les empêcher de nous informer sert à réprimer la liberté de presse, le droit à l’information. Mais qu’est-ce que ça me donne de savoir ce qui se passe en Cour ? Ça permet simplement aux médias d’avoir des informations qui coûtent peu cher à obtenir, mais qui détruisent souvent des réputations. C’est un voyeurisme dégueulasse.

La pédérastie est-elle un tabou ?

Puisque l’on refuse de dire la vérité sur la pédérastie, c’est non seulement un tabou, mais un mensonge socioreligieux.

La répression sexuelle est surtout inhérente à la société anglaise, surtout depuis l’époque de la reine Victoria d’Angleterre où l’on avait même inventé un contrôle de la nourriture, sous prétexte de pouvoir ainsi dominer ses bas instincts.

Rien n’est plus politique que la pédérastie, car, elle exige un nouvel ordre de pensée qui modifie les rapports sociaux. La sexualité cesse d’être vue

négativement. On reconnaît au contraire son importance dans l’identification individuelle, donc, sa place dans l’estime de soi.

Le colonialisme a peu d’espoir d’exister de nos jours, sans être appuyée par une aliénation profonde qui nous fait accepter de vivre avec les valeurs des autres. Le Québec, grâce à sa culture francophone, est l’endroit privilégié en Amérique du Nord pour résister à la pensée unique judéo-chrétienne américaine conservatrice.

Les États-Unis de Bush sont davantage prisonniers des «biblistes» judéo- chrétiens et leurs fondamentalistes même si le Canada tourne de plus en plus à droite.

Ils oublient que l’Ancien Testament est strictement en opposition avec le Nouveau Testament. L’un est basé sur la guerre alors que l’autre est un discours de paix.

Si on veut être cohérent, il faut décider si l’on est chrétien, juif, musulman ou autre. Les religions peuvent-elles exister sans violence, sans domination, sans lavage de cerveaux ? Plutôt que les religions, pour la protection du droit des individus à la réflexion, la société civile doit conserver la mainmise sur les institutions et le respect des droits individuels.

Les religions essaient de dominer par leur interprétation du mystère et de l’inconscient. C’est pourquoi, la religion est un droit individuel. La religion, ça se vit à la maison et au temple. C’est aux religions de s’adapter à la société civile et non le contraire. En proclamant des règles sur la sexualité, les  religions dominent ainsi tous les individus depuis leur enfance.

Les fanatiques juifs, islamistes ou autres nous obligent à choisir entre Israël et la Palestine. L’ONU a fixé les territoires, les deux pays doivent exister et apprendre à vivre ensemble. Que fait la Chine au Tibet ? L’athéisme communiste est aussi une religion. Curieux que l’on y retrouve Bombardier qui s’excuse en rappelant que le Canada a existé grâce aux chemins de fer, omettant volontairement la mort de Riel et ses métis…Le fédéralisme est en soi une structure de domination. Le territoire est un trophée de guerre.

Juifs et Islamistes nous entraînent dans une guerre religieuse à savoir quelle religion exercera «sa» domination mondiale. Nous vivons comme au temps des croisades : une guerre de religions entre les judéo-chrétiens et les fanatiques islamistes, avant une guerre religieuse tout azimut. D’ailleurs, la dénonciation pédophile des prêtres catholiques s’inscrit dans cette mouvance : tuer l’Église catholique, en s’attaquant à ses faiblesses. Plus l’Église est discréditée, plus les sectes s’en mettent plein leur poche. La religion peut être ce qu’il y a de plus payant, même si le spirituel n’a rien à voir avec le matériel puisque c’est une pure spéculation de l’esprit !

La Russie et la Chine ne font que profiter de cette nouvelle guerre religieuse, pour y vendre des armes. La guerre est l’industrie la plus payante, après les religions. Quel que soit l’issu, à long terme, les pays communistes sont ceux  qui en profiteront le plus. Plus les États-Unis sont affaiblis, plus la Russie et la Chine, peuvent rêver de l’époque où elles feront le beau et le mauvais temps sur la planète. Avec le danger nucléaire, on peut mener seulement des guerres régionales, si on ne veut pas revivre le sort de l’Atlantide.

Les systèmes économiques (capitalisme et communisme) reposent sur la nécessité absolue de guerres et de destructions pour survivre. Le militaire sera fondamental tant qu’on n’aura pas une vision planétaire égalitaire entre pays. La paix à tout prix…Le droit des nations à l’existence. Un nouveau monde, une nouvelle approche de la vie… Les gouvernements doivent servir leur population, et non, les exploiter…

La guerre d’Israël au Moyen-Orient, à part les richesses naturelles, est celle de la Bible contre le Coran. Les spiritualistes, eux, parleraient plutôt de la guerre des Anciens et des Modernes puisque si l’on veut sauver l’humanité, il faut revoir ses fondements (croyances et cultures) pour créer un monde de coopération plutôt que de domination. Le moteur de la planète doit cesser d’être le profit pour être remplacé par le bien-être quotidien ou le développement de tous et chacun. Chaque pays existe pour le bien de chacun de ses citoyens.

En ce sens, tant que le Québec sera membre de la fédération canadienne, il n’aura jamais un vrai droit de parole, ni même une existence. Ce n’est pas le Canada que les Québécois rejettent ; mais le fédéralisme.

Donc, une structure institutionnelle. Le parti politique canadien qui aura l’intelligence de proposer une structure confédérale ou des états associés, assortie d’une formule de péréquation, possédera le pouvoir pendant longtemps. Cette solution n’est pas encore envisagée parce qu’il est plus rentable pour les petits amis des partis politiques de vivre dans la confrontation (Québec et le Roc) plutôt que de chercher une vraie solution. Ainsi affaibli, le Canada est de plus en plus un satellite américain.

Le jour où le Canada deviendra une vraie confédération, il deviendra une nouvelle puissance mondiale : ce que ni les États-Unis, ni les pays communistes ne voient d’un bon œil, car, pour eux, l’émergence d’une nouvelle puissance internationale axée sur la paix et la lutte à la misère humaine, signifie partager le pouvoir. Pour avoir une vraie confédération, le Québec doit d’abord devenir un pays.

La domination américaine au Canada passe par la culture. Sous prétexte que ça coûte moins cher, les médias canadiens répandent la pensée américaine à travers les romans fleuves, présentés particulièrement durant la journée pour les

femmes à la maison. Elles aiment bien toutes les histoires de divorces. Un bitchage sans conséquence…

Changer les valeurs et la perception émotive de la société, c’est livrer une guerre des valeurs afin d’obtenir l’appui de la population. Au Québec, le vrai pouvoir est entre les mains des femmes, c’est elles qui imposent la façon de penser à leurs maris. Elles les sculptent. Elles dominent, en peignant l’émotivité sociale. Les médias tentent de fondre l’opinion canadienne à celle des États-Unis. Une guerre de valeurs. On oublie qu’en Amérique, la vraie et seule différence qui existe est que l’on est riche ou pauvre…

Pour justifier le tabou sur la pédérastie, on crée des lois pour empêcher qu’on en parle, sous prétexte que ça pourrait donner envie aux jeunes de l’essayer, comme s’ils avaient besoin de ça pour évoluer. Les hormones s’en chargeront bien …

Le tabou sexuel n’est pas maintenu pour rien. Il permet de détourner l’attention des vrais enjeux de notre société : éliminer la guerre pour permettre une justice sociale ; instaurer une vraie démocratie et se mobiliser contre les pétrolières  pour sauver la planète. Le clan Bush et ses républicains favorisent la dictature de la pensée. Pour conserver sa suprématie, il faut un tournage à droite, d’où l’importance d’un regain de religiosité. La naissance, la renaissance et la résurgence, pour entretenir la peur, du jouet de la CIA, nommé Ben Laden, justifie la guerre aux terroristes …

La peur rapporte des milliards et permet de conserver le pouvoir si on sait faire semblant d’être le protecteur indispensable. C’est une industrie qui fait oublier que l’évolution passe nécessairement par l’éducation. L’aide militaire canadienne est inutile si elle n’est pas accompagnée par l’appui à la lutte contre l’ignorance et l’installation d’une vraie démocratie.

À chaque début de millénaires, les esprits fanatiques décident de nettoyer la planète du mal. Cette fois, on a voulu s’attaquer à la pédérastie pour l’éliminer à jamais. On oublie un fait essentiel : qu’on le veuille ou non, la pédérastie est naturelle, même si elle est une déviance, et par conséquent, il ne sera jamais possible de la faire disparaître. La lutte sexuelle doit porter sur l’élimination de toutes formes de violence ou de domination pour les individus mâles ou femelles, de n’importe quel âge.

La lutte contre la pédérastie est basée sur la peur de mélanger la connaissance des aînés au pouvoir des jeunes. Quel danger, un vieux de plus de 70 ans peut-il représenter pour un adolescent, capable de le planter cent fois, s’il se sent agressé ? Le retour à 20 ou 30 ans en arrière pour accuser un individu ne sert qu’à alimenter les statistiques pour prouver l’efficacité de la police et justifier d’avoir un salaire supérieur à d’autres fonctions plus importantes pour la société comme les infirmiers ou les professeurs.

Le combat contre la pédérastie est un combat d’arrière-garde. Il démontre clairement que les religieux nous ont menti durant des siècles, en nous assommant avec leur ciel et leur enfer, leur besoin de souffrance pour évoluer spirituellement. En nous culpabilisant ainsi, ils ont semé la maladie mentale qui consiste à percevoir l’autre comme le mal incarné. Nous construisons une société de paranoïaques. Plutôt que d’aimer, l’essence même des relations pédérastes et du sens de la vie, le but ultime de nos vies se traduit dans le mot

«profit».

Le combat féministe, restreint à la sexualité, empêche la gauche politique de se définir une place dans l’avenir québécois. Les deux seules nuances entre un homme et une femme sont biologiques (la maternité) et émotives. Pour obtenir leur égalité, les femmes devront non seulement modifier la perception des mâles à leur endroit, mais leur auto perception. Le pire ennemi des femmes est leur sentiment d’infériorité, née de leur perception de la sexualité à cause des religions.

Les féminounes ont une perception strictement émotive, selon laquelle le mari et ses enfants leur appartiennent. Elles sont aveuglées par leur jalousie et leur insécurité émotive, à un point tel que leurs cibles sont les pédérastes, les homosexuels ou l’amant. La fidélité est un miroir qui leur renvoie au visage leur dépendance puisqu’elle déborde largement la nécessité de créer une famille stable. La fidélité, c’est la responsabilité face aux autres dans le temps. Mais, l’évolution, c’est l’autonomie. Certaines femmes croient qu’elles détiennent un pouvoir certain tant que les mâles ont strictement besoin d’elles pour avoir «un trou». Les pédérastes et les homosexuels deviennent ainsi des concurrents ennemis. Le débat devrait plutôt porter sur ce qu’est l’amour.

Les pédérastes ne font qu’affirmer la valeur absolue et intrinsèque de tout être humain, son égalité à tous les autres, son droit de choisir une morale personnelle. À long terme, si les femmes cherchent vraiment l’égalité, les pédérastes devraient être leurs plus grands alliés. La société n’est pas hommes et femmes ; elle est humaine. Tout individu naît égal à un autre et s’il est plus mal nanti, à cause de la maladie ou autre, la société doit d’abord s’occuper de l’aider. Les vrais ennemis des féministes sont les machos hétéros qui considèrent la femme comme une servante. Personne n’appartient à qui que ce soit. La réussite de sa vie est strictement individuelle. Seule la violence, qui ne veut pas dire colère, devrait être interdite. Autrement, tout est question d’éducation et de développement personnel…Que fait-on dans cette vie ? Qu’est-ce que la vie ?

Selon les féministes en Amérique, les hommes n’ont aucun espace et aucun droit dans la famille, sinon celui de pourvoyeur. Leur haine du mâle est de nature strictement émotive, une construction de leur insécurité. Ce n’est pas pour rien que l’homme est complètement absent de la culture québécoise.

Le Québec ne pourra jamais être un pays tant que les femmes n’auront pas solutionné leur problème émotif concernant la sexualité. Le féminisme politisé retarde l’inévitable ascension du Québec vers son indépendance ou la création d’une véritable confédération. Les Québécois exigent d’être respectés. Ce n’est pas parce que tu es un indépendantiste ou un fédéraliste que tu es un crétin. L’intelligent choisira la structure qui puisse le mieux servir les prochaines générations.

La guerre sexuelle est individuelle. Elle sert à faire oublier le plus important : la fin des guerres et de la misère, la création planétaire d’une véritable démocratie, un retour au respect de la nature, et finalement, sur le plan des valeurs, de découvrir «sa» vérité puisque la Vérité a été détournée pour assurer le pouvoir de nos institutions. Dieu n’est pas qu’un pouvoir financier…

La pédérastie est un acte d’amour qui ne peut pas rapporter financièrement à nos institutions : voilà pourquoi on la chasse, sous prétexte qu’il faut protéger les jeunes.

Pour illustrer la stupidité du système face à la pédérastie , un attouchement sexuel , sans violence , peut valoir neuf mois de prison , sans possibilité de libération conditionnelle, à moins de se proclamer un paria , un être abject , alors qu’un type qui a commis deux meurtres est libéré parce qu’il est un délateur …

La liberté sexuelle 22

août 23, 2020

La liberté sexuelle 22 (pp. 216 à 226)

C’est valorisant, enveloppant de savoir que des centaines de personnes pleurent sur ton sort ; mais, un «mouchard», c’est plus souvent qu’autrement un ignoble individu qui ne peut penser qu’à ses «tripes». Les victimes, étant maintenant dédommagées, ces dénonciations ne sont-elles pas davantage une forme de chantage ? Un revenu inespéré d’autant plus qu’aujourd’hui il suffit de dire que  tu es une victime sexuelle pour que toute la communauté soit en émoi.

La personne inculpée d’avoir eu une relation sexuelle dix ou vingt ans plus tôt et qui se retrouve devant la cour voit sa vie détruite, que l’accusation soit fondée ou pas, car les médias raffolent de ce jaunisme, sous le faux prétexte que ces jeux dans les pantalons des autres sont d’intérêt public. Ces informations se rapprochent plus du «bithchage» que de l’intérêt public. Elles permettent d’évacuer les vrais problèmes de la société. C’est plus facile de réaliser un topo à partir de la cour et c’est beaucoup plus écouté. C’est un bon « deal » pour les producteurs, car les informations ne coûtent alors presque rien.

Si l’assassin peut retrouver sa liberté après une dizaine d’année, avec le droit de ne plus être pourchassé, il en va tout autrement pour le pédéraste reconnu coupable d’un simple attouchement sexuel. Non seulement il risque sa vie en prison ; mais quand il est libéré, contrairement à tous les autres, son nom sera couché sur une liste de «prédateurs sexuels » pour 20 ans. Tuer, c’est donc moins grave que de jouer aux fesses avec un jeune ? D’autant plus, qu’à la sortie, il devient impossible à celui condamné pour des actes sexuels de retrouver un emploi convenable, de voyager ou même de faire du bénévolat. Cette chasse à la chasteté des jeunes tient de la folie.

Coupable, tu ne peux même plus aller enseigner en Haïti ou ailleurs, même si le taux de sida dévaste des populations complètes. Mieux vaut être illettré que d’être en contact avec un mauvais «pédophile» non violent , comme disent les féministes qui ne distinguent pas entre pédophilie et la pédérastie La valeur la plus importante dans la vie humaine , c’est de demeurer chaste tant que tu n’as pas l’âge de te marier. C’est plus important que la vie même. N’est-ce pas complètement idiot ?

En quoi le décrochage scolaire est-il moins important que des jeux sexuels quelle que soit l’âge ? Crée-t-on le même drame devant la misère des jeunes  qui vivent dans la rue ? Pourquoi n’attache-t-on pas d’importance à leur misère

? Pourquoi ne s’attaque-t-on pas aux drogues et à la boisson qui entraînent parfois des mortalités ? Personne n’a succombé à une pipe bien faite…

Il y a quelque chose de profondément malade à accorder autant d’importance à la chasteté des jeunes.

La pédérastie n’a rien de pire que le proxénétisme, c’est-à-dire l’esclavage sexuel de la femme. Aussi, il devrait y avoir une prescription qui permette au jeune de dénoncer une situation imposée par un adulte jusqu’à la majorité.

Dénoncer est une manière d’agir qui s’apparente plus au chantage et à l’extorsion qu’à la défense des jeunes victimes.

Seules les dénonciations de situations où il y a eu violence devraient  être suivies.

Par ailleurs, on devrait retirer je nom d’un individu considéré non violent des listes de prédateurs après dix ans et une enquête policière comme cela se fait pour le « pardon ». La situation actuelle est une forme de fascisme.

Il existe un degré de dangerosité dans chaque cas. On devrait en tenir compte ainsi que les répercussions d’une mise en accusation. C’est souvent pire de dénoncer que le silence de ce qui s’est passé plusieurs années avant.

Doit- on parler de sa pédérastie ?

Tant que la sexualité des jeunes sera abordée dans le mensonge et l’hypocrisie , tant que le système judiciaire ne respecte pas ses propres lois (l’âge de consentement) , tant que la sexualité des jeunes demeure un préjugé inébranlable, tant qu’il n’y aura pas prescription , tant que l’on ne fera pas la différence entre une relation sexuelle violente ou dominatrice et une relation qui se déroule dans le plaisir, le consentement , la non-violence et l’amour, on peut se demander s’il est utile de vouloir parler de «sa pédérastie» et «vivre dans la vérité».

Dans l’état actuel des choses, la société ne veut pas connaître la vérité, elle veut imposer une morale mur à mur.

Parler de sa pédérastie, ce peut être mettre sa vie en danger. Vouloir faire connaître cette orientation sexuelle, c’est s’exposer à la prison, risquer qu’un frustré décide de faire justice et te tue ; mais c’est aussi reconnaître sa valeur en tant qu’être humain. C’est choisir que le sens de la vie n’est pas que l’argent, mais la vérité et l’amour. C’est avoir une conscience personnelle.

Le danger d’affirmer sa pédérastie est bien réel. L’écrivain Jean Ferguson, de Val-d’Or, a été victime de chantage de la part de certains policiers qui promettaient de le coffrer. Ces derniers étaient insultés qu’aucun jeune et aucun parent ne consentent à porter plainte contre lui parce qu’on l’aimait bien, même si on connaissait ses goûts pour les garçons.

Ces gens avaient compris qu’il y a plusieurs genres de pédérastes, les bons et super-généreux ainsi que les salauds, comme dans toutes les catégories de gens ou d’orientation sexuelle.         Le comportement de chacun doit être évalué, selon la réalité et non les qu’en- dira-t-on. …

Jean Ferguson a souvent été l’objet de chantage. Pire, un individu a même essayé de l’écraser avec son automobile. Un pédéraste victime de la haine des scrupuleux et des ignares ça n’existe pas. Tous les gens, qui ne le connaissent pas intimement, s’enflent la tête avec les rumeurs ou se racontent des histoires. Ils sont pour qu’on lui fasse la peau. Un sale de moins, croit-on, comme si la dignité humaine n’existait pas en soi. Ces justiciers sont inconscients d’être des fascistes qui s’ignorent.

On dépense des milliers pour dédramatiser l’homosexualité chez les jeunes, mais en même temps on invente des lois pour les empêcher de vivre, s’ils le désirent, une expérience avec l’adulte de leur choix, sous prétexte qu’ils sont trop jeunes.

Même si c’est le contraire de la réalité des adolescents, les adultes ont décidé qu’un jeune ne peut pas aimer, avoir une relation sexuelle avec un adulte, sans être contraint. Sous prétexte de les protéger, on leur lave le cerveau et  on  détruit toute l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes s’ils ne suivent pas à la lettre ce que la morale a déterminé pour eux. On oublie que bien des jeunes aiment se retrouver avec des partenaires plus âgés qu’eux.

Après on se surprend qu’il y ait des suicides. Comme disait Léo Ferré, le problème avec la morale est que c’est toujours la morale des autres. Pour les jeunes, ce que pensent les autres est un poids immense à supporter. La contradiction va jusqu’à permettre de s’adresser aux étudiants et de lancer un appel à la haine ou à la dénonciation. Cet appel est très différent de celui de pouvoir en parler librement. C’est refuser le droit des jeunes à leur sexualité. C’est condamner toutes relations adultes-adolescents, c’est empiéter sur le droit à son orientation sexuelle et par conséquent, le droit de choisir son partenaire.

Maintenir la paranoïa, ce n’est pas sans incidence. La peur de l’étranger est à la base de la philosophie selon laquelle «nous» sommes les purs, nous sommes les seuls à voir raison, nous devons soupçonner, pour ne pas dire haïr, tout ce qui nous est étranger. Une morale de fanatiques, d’aveugles, de racistes et de fascistes.

La société cultive le culte de la peur et de la victime parce que c’est devenu une industrie très payante. Elle exploite particulièrement, les jeunes et les aînés, les démunis, ceux qui ne peuvent pas se défendre. Nombre de fondations sont des crève-cœur pour soutirer de l’argent. Combien d’argent va vraiment pour aider les jeunes en difficulté ? Tant de fondations permettent de croire que tous les indigents peuvent être assistés, mais une bonne partie de ces institutions sont les vaches à lait des propriétaires ou des vendeurs. Ça permet aux gouvernements de se retirer de leurs obligations, surtout quand il s’agit de venir

en aide aux handicapés et aux malades mentaux. C’est le cas de dire que « les plus riches » font leur fortune aux dépends des démunis.

Quand tu payes 400 $, à Montréal, pour un trou qu’on prétend une chambre, il n’est pas surprenant qu’il y ait autant d’itinérants et de suicidaires… Tout le monde sait qu’à part les drogues, les endroits privilégiés de la mafia pour «blanchir l’argent » sont l’immobilier, les institutions pharmaceutiques et les compagnies d’assurances.

On combat la pédérastie parce qu’on y voit le même «monstre» que l’homosexualité, que l’on combattait auparavant en affirmant que tout individu normal ne peut être qu’hétérosexuel.

Pour bien paraître, se donner des airs de personnes tolérantes, on essaie de combattre indirectement l’homosexualité, en s’attaquant à ce que l’on suppose sa racine, la pédérastie.

On s’imagine encore dans notre ignorance qu’une expérience homosexuelle dictera définitivement l’orientation sexuelle. On croit que cela marquera sa personnalité pour le reste de sa vie, que c’est une expérience qui ne peut être qu’affreusement douloureuse ou traumatisante.

Dans notre monde, presque tous les individus sont prisonniers de la morale judéo-chrétienne bourgeoise. On n’est pas encore né qu’on nous la rentre de force dans la tête. Pourtant, le sens profond de la vie, c’est la liberté et l’amour.

La responsabilité et l’équilibre n’existent pas dès notre naissance, ils s’acquièrent à travers les expériences bonnes et mauvaises de la vie. À moins d’un grand changement, Dieu n’a pas encore demandé à tous les individus de devenir saints ou prophètes. S’il faut un idéal, se prendre pour un autre ou se faire défenseur de la chasteté, ce n’est guère mieux que n’importe quelle dépendance quoique ça se passe au niveau de l’esprit.

Pour défendre son point de vue, la bourgeoisie joue sur les mots. Elle invente sa façon de dire les choses et considère qu’une formulation plus compréhensible est vulgaire, donc, du peuple. Plusieurs jeunes ne comprennent pas ce que l’on veut leur enseigner quand il est question de sexualité ; car, le vocabulaire qu’ils utilisent ne correspond absolument pas à celui employé dans leur vie quotidienne. Il faut être snob pour être décent. On a aussi peur des mots que  s’ils salissaient autant que l’étroitesse d’esprit.

Pour que les gens acceptent le changement et passent à autre chose, on a changé les noms. Par exemple, on n’est plus homosexuel, on est gai ; on ne devrait plus être pédéraste, mais amourajeux ; on est plus indépendantistes, on est souverainistes ou autonomistes ; on fait semblant de vivre dans une confédération alors que nous vivons dans une fédération.

Tous ces mots se prétendent des synonymes, mais dans chaque cas, le français nous rappelle que chaque mot a son sens propre et sa propre définition. Changer les mots, c’est simplement travestir la réalité pour la rendre plus acceptable. On effectue ces changements en perdant toujours un peu du sens primitif. On évolue vers le bas. On était beaucoup plus libre dans les années 1970 que nous le sommes maintenant. Probablement, parce non seulement nous nous cherchions une identité, mais aussi une « authenticité». Depuis, nous nous faisons laver le cerveau, pour avoir une pensée unique où l’économie de marché remplace l’amour. Tout est argent.

L’hypocrisie et le mensonge blanc (s’abstenir de tout dire), sont la base de notre système. Les profits servent toujours aux mêmes pour s’enrichir, ce sont toujours les riches aux dépends des démunis. Tous les profits vont à ceux qui font les règlements. Il faut payer des taxes pour les faire observer ou récolter les amendes s’ils ne sont pas. observés. Plus il y a de règlements, plus il y a de chances de faire de l’argent. Plus il y a de règles, plus il y a de chances de prendre l’individu en défaut ; c’est plus payant que de chercher à sensibiliser et responsabiliser les gens.

Dans l’état actuel des choses, si une personne veut parler ouvertement de sa pédérastie ; elle contribue à nourrir son propre rejet par la majorité de ses paires plutôt que d’éclairer réellement «sa » réalité en tant qu’être humain.

Vouloir se définir pédéraste, c’est se condamner aux mépris des autres. C’est presque du masochisme parce que la pédérastie est combattue avec tous les acharnements, tous les harcèlements et toutes les hypocrisies possibles en la confondant à la pédophilie.

Battre les enfants : ça les traumatisent probablement plus, mais, au moins, ils sont vierges … Pourtant, vouloir vivre «sa» vérité est un des premiers devoirs de tout être humain responsable.

Malheureusement, on a confondu la pureté de l’enfant avec la chasteté. La pureté c’est du domaine de la connaissance et de l’intention ; c’est avoir la capacité de voir le bien, le beau, sans croire que tout est mal ; c’est reconnaître l’amour et être reconnaissant à son Créateur pour avoir inventé une si belle chose qu’est la vie. La chasteté, au contraire, c’est une invention humaine qui prétend venir de Dieu. Elle déforme l’amour ; car elle ne peut être conçue sans étroitesse d’esprit. La chasteté est une invention strictement religieuse. Un interdit. Un rejet de l’autre et de sa réalité matérielle. Plutôt que d’être fiers de ce que l’on est, on méprise la création en la diabolisant, car, si on n’était pas issu du péché, on serait éternel.

Il existe des philosophies, tout aussi valables, qui ne perçoivent pas la sexualité comme un interdit parce qu’elles ne croient pas au ciel, à l’enfer ou au péché.

La sexualité est un moteur naturel, une force individuelle positive. La chasteté devenue scrupule t’empêche d’évoluer dans ta responsabilité vis-à-vis toi-même et les autres. Elle est un mur de préjugés et de haine. La pédérastie, au contraire, tend vers la recherche du beau, de l’amour, de l’autre.

La pédérastie peut-être une prière, donc, un acte spirituel. Contrairement, à la religion, il ne s’agit plus d’un interdit, mais d’une toute autre perception de la finalité, du sens de la vie.

Loin d’être mal, la sexualité sert à identifier et ressentir la beauté spirituelle à travers la matière, un hommage à la vie plutôt que de craindre la mort. La beauté du matériel, du changement perpétuel est alors une voie vers l’admiration et l’adoration, donc, vers le sacré.

La sexualité ne sert plus seulement qu’à garantir la survie de l’espèce, mais à reconnaître et saisir une force, qui transcende l’éphémère. C’est une forme de contemplation. Spiritualisée, la pédérastie est la confirmation de l’éternité et de l’existence, dans une beauté indescriptible, d’un ensemble supérieur dont nous ne saisissons que l’infiniment petit. L’enfant est la créature le plus près de ce nirvãna. Ça explique le désir de devenir un adulte-enfant…Une régression et une fixation.

Le platonisme est alors compréhensible, car il permet, dans une recherche spirituelle, d’atteindre un niveau supérieur, grâce à la maîtrise de la sexualité. Retarder le plaisir, pour le vivre avec plus d’intensité. Une telle vision fait que l’esprit de la personne aimée devient plus belle et plus attirante que son corps qui est déjà irrésistible. C’est une approche différente de la perception et de l’interprétation de la vie et de la mort. Nous n’avons pas été chassés du paradis terrestre, nous sommes à le construire,

Évidemment, si on est un mouton, on va croire que l’on a tort de percevoir ainsi la sexualité puisque la majorité pense autrement. La vérité n’a pas d’importance quand il s’agit de préjugés. On a peur de s’affirmer.

C’est absurde et faux de prétendre, devant des étudiants, qu’il s’agit de manipulation quand un jeune aime ça, que c’est l’adulte qui arrive à lui faire croire qu’il peut aimer ça. Tous les individus sont sexués et aiment le plaisir ; faire croire que c’est mal, c’est dénaturer la réalité.

La perception de la sexualité d’un jeune n’est pas du tout la même que celle de l’adulte. C’est d’abord, une curiosité, un jeu, un plaisir.

La sexualité est un phénomène à découvrir, il est bien normal de vouloir comprendre.  Pourquoi la vie se transmet-elle à travers un petit spermatozoïde  et un ovule ? Comment sont-ils formés ? D’où viennent-ils ? Ce sont des questions fondamentales, même les adultes ne peuvent pas y répondre. Ils ont honte plutôt que de trouver tout le phénomène de la reproduction comme quelque chose d’extraordinaire, d’inexplicable. Pourquoi les caresses chatouillent-elles autant ? Pourquoi est-il plus agréable de se faire toucher que de se toucher soi-même ? Les jeunes ne sont pas assez fous pour ignorer ces questions. Le scrupule est basé sur la honte de soi. C’est une forme de perversion.

Dans certains peuples et religions, il existait un culte de la fertilité avec sa déesse, tout comme d’autres vivaient le culte du pénis ou du soleil. Ces gens-là n’étaient pas des fous, c’étaient les croyances populaires. Si la réincarnation existe ne serait-il pas normal d’en avoir un petit souvenir inconscient ? Existe-t-il en nous, une mémoire des temps passés ?

Il est important qu’un jeune puisse parler de ses aventures sans crainte d’être jugé , condamné , avec ses parents ou ses éducateurs , sans que les services de la «gestapo morale» s’en mêle, afin de prévenir que s’installent des culpabilités. Certains jeunes seraient élevés avec beaucoup plus de bonheur et d’affection par des pédérastes que par leurs propres parents. C’est étonnant que l’on évalue une expérience sexuelle comme pire qu’être battu ou humilié.

Il serait moins nocif qu’un pédéraste puisse clairement s’identifier comme tel. Les parents et les jeunes qui seraient en contact avec lui sauraient exactement à quoi s’en tenir. Si on peut en parler librement, les adultes sont capables d’évaluer si le jeune est vraiment en danger ou s’il a la chance de vivre une expérience privilégiée. Ils sont capables de juger si, sur un point de vue émotif, cette rencontre est positive ou négative pour le jeune.

Malheureusement, les préjugés rendent maintenant cela impensable. Qui peut exercer un métier qui le met en contact avec des jeunes s’il se dit pédéraste ? Qui est assez fou pour être haï de presque tous parce qu’il veut vivre assez honnêtement pour dire qu’il aime les jeunes ? On préfère l’hypocrisie.

Dans ce cas, c’est vrai que la sexualité perd son naturel.

En fait, on devrait pouvoir vivre sa pédérastie sans problème et pouvoir ouvertement en parler pour s’assurer que le jeune profite positivement de cette situation et faire jaillir les problèmes s’il y a lieu.

C’est bizarre que l’on soit prêt à identifier les gens sur des photos placées sur les poteaux pour que tous puissent les haïr, mais si tu dis que tu es pédéraste, on va tout faire pour t’empêcher de parler, sous prétexte qu’il faut protéger les enfants. Quoique tu dises, c’est automatiquement pervers dans la tête déformée de nos moralistes, particulièrement les féminounes.

Non seulement on s’occupe de sa sexualité, mais on oblige les autres à penser et à vivre comme nous : dans la honte de son corps.

Les procès sont-ils d’intérêt public ?

Si on cherche la vengeance, rien de mieux que de rendre public les procès à caractère sexuel. Que ça détruise des familles entières, qu’il ne soit dorénavant à jamais possible de gagner à nouveau sa vie normalement, que tu sois à jamais l’objet des calomnies et des médisances, ce n’est pas important. L’Inquisition moderne s’assure que tu obéisses sans poser de question.

Il faut maintenir la peur de la sexualité et la haine de ceux qui la vivent librement, de ceux qui trouvent normal de ne pas en faire tout un plat.

Bizarrement, selon les statistiques, seulement les oncles, les pères, les paires aînés devraient être surveillés et dénoncés, car on ne parle jamais de femme ou presque. La dénonciation détruit le tissu social en sabotant la confiance.

Être condamné pour un délit sexuel même si c’est sans violence, c’est aussi pire que d’être condamné à mort.

Une personne accusée de meurtre se verra incarcérer durant une certaine période et personne ne pourra intervenir dans sa vie quand il aura fait son temps alors que pour un crime sexuel, l’individu verra son nom, après avoir purgé sa peine, allongé la liste des prédateurs pour une autre période de 20 ans. Pourquoi être l’objet d’une telle sévérité, s’il n’y a pas eu de violence, mais que du plaisir ?

De nombreuses personnes ont été innocentées, mais le fait que l’on a publicisé la situation, leur vie est devenue pour elles et leur entourage un véritable calvaire. Pour éviter de tels drames, il devrait être interdit aux journaux de pouvoir parler des procès d’ordre sexuel, avant que la personne soit reconnue coupable. Toute personne est innocente jusqu’à preuve du contraire.  Mais,  notre système de justice en est un d’hypocrite.

En quoi un procès à caractère sexuel est-il d’intérêt public, sinon permettre un «bithchage national » ?

Pour qu’un événement soit d’intérêt public, cet événement doit modifier la vie sociale ou l’environnement des individus. Qu’est-ce que ça me donne de savoir comment un crime s’est déroulé, sinon de satisfaire une curiosité morbide ? Le voyeurisme institutionnalisé permet l’éclosion du mensonge, de la rumeur et de la destruction des individus. Il joue le même rôle que les arènes romaines. Du sang pour défrustrer les frustrés.

C’est plus facile et moins coûteux pour les médias d’assister aux procès que de chercher de l’information réelle et valable. Que nous apporte la connaissance de ce qui se passe en cour ? Rien. Mais, de toujours en entendre parler donne l’impression qu’on vit dans un monde pire que jamais, nécessitant un regard permanent de la police sur nos activités.

Cette facilité médiatique entretient la paranoïa et la haine. Des bulletins de nouvelles qui s’attardent aux procès donnent l’impression que l’on vit dans un monde plus violent qu’il ne l’est, où la compassion n’a plus d’espace.

Même si le taux de criminalité diminue, les médias nous forcent à croire que ça empire et qu’il faudrait augmenter les peines. La répression n’a jamais obtenu d’aussi bons résultats que la prévention et de la réhabilitation, mais la foule pleure pour des peines plus lourdes.

La couverture de ces procès permet d’informer les prisonniers et ainsi organiser une justice parallèle à l’intérieur des murs. Cette justice parallèle est bien réelle. Le prisonnier fera du temps léger ou pénible, selon les accusations. Passer du temps dans une aile où tout le monde te hait, par devoir, c’est très pénible.

Attacher autant d’importance à ce qui se passe en cour peut peut-être garantir une justice plus équitable et plus de perméable, mais quel changement cela peut-il apporter puisque nos gouvernements ont détruit, pour des raisons économiques, la commission chargée de réviser les lois ?

En quoi, ce qui arrive à un individu qu’on ne connaît même pas peut-il modifier notre vie ou notre environnement ? Ça permet seulement de saliver un peu plus sa haine et son désir de vengeance. Ça permet de nous détourner  de  l’essentiel : fouiller les décisions politiques et économiques, réfléchir sur ce qui pourrait améliorer nos vies, nos valeurs. Les médias jouent exactement le même rôle que les arènes romaines sous Néron.

Le Canada ressemble de plus en plus par ses politiques au gouvernement Bush. Nous acceptons de plus en plus aveuglément les valeurs américaines. Faire la guerre pour protéger les intérêts de ses multinationales, qui se prennent pour la nation, les guerres religieuses, la paranoïa, le bithchage sexuel et l’économie qui prend toute la place.

Que peuvent moralement nous apporter les États-Unis, après avoir assassiné leur président, être tombés entre les mains des pétrolières et envahis l’Irak ? Ce n’est sûrement pas mieux chez les autres supers nations, mais le Canada doit demeurer en dehors de cette géopolitique qui permet tous les assassinats pour conserver le pouvoir. Un meurtre qu’il soit militaire ou civil, ça demeure un meurtre ; sauf, que dans un cas, on le prétend justifié. La vie humaine devrait être plus importante que tout.

Auparavant, les médias ne parlaient pas de suicide parce que ça pouvait avoir un effet d’entraînement. Notre américanisation est le fruit du peu de place que nous accordons à notre propre culture et les médias en sont les principaux responsables.

Même la culture est dorénavant la propriété des riches et des féminounes, un relan de religiosité. Pourquoi les émissions américaines défoncent-elles nos écrans ?

Selon les féminounes, il faut parler des procès pour avertir les gens qu’il y a un prédateur sexuel dans leur milieu. Cette publicité multiplie la haine et la peur contre un individu, mais elle oblige seulement celui-ci à vivre plus hypocritement. Pourquoi amplifierait-il la haine que l’on crée autour de lui au nom de la charité chrétienne. Puisqu’il est radié de partout sa vie devient un enfer.

Cependant, en agissant ainsi elle apporte un petit «kick» supplémentaire aux jeunes qui décident d’aller vérifier le danger sur place. Vaincre sa peur pour affronter l’interdit a toujours meilleur goût, surtout quand il permet de découvrir un nouveau plaisir.

Faut-il vivre une sexualité castrée, anti-pénis ? Le féminisme est une lutte prioritaire, tant qu’elle demeure une lutte d’égalité et non une revanche féminoune, une haine absolue du pénis et une recherche à tout prix de la supériorité féminine sur le mâle. Pour certaines, l’égalité est une prise de pouvoir.

Un individu équilibré n’est ni homophobe, ni misogyne, puisque tout individu est à la fois homme et femme, à quelques petites nuances biologiques près. Les autres différences ont été inventées par les sociétés. Apprendre à respecter les autres, à savoir dire oui ou non, à se créer une morale personnelle et responsable, à se mêler de ses affaires et aider les autres plutôt que les damner, voilà un cheminement vraiment égalitaire et chrétien.

Le problème féministe est que son discours n’a pas évolué depuis 1970. La place des femmes dans notre société doit être celle de l’égalité de la responsabilité, et non, en songeant au nombre et à la domination. Le discours des féministes voulant qu’il y ait exactement le même nombre de candidats dans les partis politiques démontre à quel point la notion d’égalité préconisée est stupide dans un tel contexte. Ce n’est pas le nombre de personnes qui est important, mais la qualité des candidats, sans aucune différence à partir de la notion de sexe. La majorité, comme moi, ne regarde pas le sexe auquel appartient l’individu, mais ce qu’il pense et sa détermination.

Les féministes font du voile le symbole de la domination mâle. Pourtant, en pleine liberté, des femmes choisissent de porter le voile pour se sentir pures. C’est ça être aliénée : embrasser son joug. Au lieu de prôner une égalité

numérique, les féministes seraient mieux venues de prôner la qualité intérieure. Le sens de la vie est de se réaliser pleinement, un objectif qui ne peut pas être plus personnel. Que ce soit un homme ou une femme de qualité, les autres finiront bien par reconnaître leur valeur.

Quant aux religions, si le discours maladif de la chasteté n’est pas totalement éliminé, ces institutions continueront à produire des fanatiques et à être la principale raison de l’existence des guerres. Par contre, il serait débile de rejeter la vraie spiritualité, car, il est important de comprendre un jour ce que nous sommes, d’où nous venons et où nous allons. En d’autres termes pourquoi existons-nous ? Même si les religions sont malades quand il s’agit de sexualité, elles apportent dans leur enseignement matière à réflexions et des valeurs qui sont, elles, nécessaires à l’épanouissement humain, telle la charité.

Si les religions s’étaient attardées à prôner l’amour plutôt que de créer des règles antinaturelles pour dominer les consciences, elles auraient toutes les raisons d’exister, car elles permettraient de créer un paradis terrestre, malgré nos faiblesses.

Une véritable justice sociale est bien plus importante que l’orientation sexuelle. Toutes les religions sont au moins multimillionnaires. Le profit a remplacé  l’amour que Jésus prônait. S’il y a une religion qui méprise les femmes, c’est bien l’Islam. Pourtant, Mahomet a été le premier à parler du partenariat et de l’égalité homme femme.

Les médias vont évidemment essayer de faire croire que savoir ce qui se passe en Cour est d’intérêt public et que les empêcher de nous informer sert à réprimer la liberté de presse, le droit à l’information. Mais qu’est-ce que ça me donne de savoir ce qui se passe en Cour ? Ça permet simplement aux média d’avoir des informations qui coûtent peu cher à obtenir, mais qui détruisent souvent des réputations. C’est un voyeurisme dégueulasse.

La liberté sexuelle 21

août 22, 2020

La liberté sexuelle 21

( 205 à pp 217)

En combattant la pédérastie, en essayant de l’éliminer de la face de la terre, on oublie que ce phénomène existe depuis sa création. L’amour n’a pas de maître. Mais, on ne la décriminalisera jamais tout simplement parce qu’elle ne sera jamais payante pour les institutions ; même si parfois, c’est toute la famille qui en profite, car elle apporte un baume à leur détresse économique.

Quant à l’homosexualité, c’est une orientation sexuelle entre adultes de même sexe consentants. Il n’y a pas 50 ans, le système prétendait que c’était un crime. Puis, on a crié à la maladie mentale, mais quand elle est devenue rentable, elle est devenue normale. La seule différence avec la pédérastie est l’écart d’âge.

Malheureusement , pour permettre de transmettre plein de faussetés sur ce qui se passe entre un jeune et un vieux , on interdit d’en parler , sous prétexte que ça pourrait en donner le goût à certains, même si on sait que l’orientation sexuelle ne tient pas à une expérience.

Toute la démarche pour comprendre ce phénomène est pure hypocrisie. Tout ce qui est dit est transformé et utilisé contre la personne qui a osé tenter de lever le voile. On ne veut pas comprendre qu’il pourrait y avoir des effets très positifs pour le jeune, on veut tout interdire et trouver les moindres détails pour justifier d’autres raisons d’interdire et exiger des peines plus sévères. La pédérastie est pourtant moins dangereuse que la drogue ou la guerre.

Ceux qui créent les lois savent très bien interdire ce qui n’est pas rentable de rendre légal. La pédérastie touche un trop petit nombre pour l’être. Les pédérastes sont non-violents, mais il faut des interdictions pour avoir des bandits. Il faut des bandits pour justifier la police et le système judiciaire. Il faut un juste milieu, des concessions au crime organisé pour que les bandits ne soient pas trop violents. Puisque presque toutes les femmes ont peur du sexe ou du viol, tous les hommes se rangeront à leurs demandes pour continuer d’avoir du sexe. La pédérastie devient la cible idéale ; car, l’ensemble de la société est déjà persuadé que la pédérastie est le mal absolu.  La violence, le vol, l’abus  des aînés, le pillage, le viol durant les guerres, les impôts abusifs, tout peut être oublié puisqu’enfin il est possible d’identifier le responsable de tous les mots de l’univers : la pédérastie.

La pédérastie coûte très cher au pédéraste ; mais elle ne rapporte pas aux institutions. Elle est trop restreinte pour devenir une source de profits intéressante. Voilà la vraie raison pour laquelle on n’envisage même pas de la décriminaliser dans les cas de non-violence.

Chez plusieurs pédérastes, la sodomie ou enculer est complètement exclue. Caresses, masturbation, fellation sont les gestes les plus fréquents. Et, qu’on le veuille ou non, plusieurs jeunes sont étonnés et ravis du plaisir qu’ils en retirent. Le problème avec les aînés, c’est de toujours mentir aux jeunes pour leur faire peur. La peur peut être un excitant supplémentaire plutôt qu’un frein.

La pédérastie n’a rien de différent des autres orientations sexuelles dans sa manifestation, sauf, que pour la très grande majorité, le côté purement érotique est loin d’être aussi important que le fait de pouvoir revivre son enfance à travers les activités proposées par le jeune. La pédérastie est surtout un état d’âme. La recherche-miroir.

La pédérastie est une telle adoration du jeune. Le rendre heureux est la priorité des priorités. La pédérastie est essentiellement une histoire d’amour. L’aimé est la plus chose qui existe.

Malheureusement, la pédérastie est souvent condamnée à ne pas pouvoir durer, car, à l’adolescence, il arrive très souvent que le jeune vit des expériences homosexuelles avant de se définir hétérosexuels.  D’abord,  se découvrir soi, puis que l’autre nous ressemble, avant de rechercher la différence, c’est tout à fait normal. Les adultes refusent de reconnaître cette vérité et cette curiosité parce qu’elle ne convient pas à leur vision rétrécie de la vie sexuelle que la société nous a légué dans son hypocrisie. On ne veut pas en parler parce que si tout le monde parlait et disait la vérité, on apprendrait que les aventures homosexuelles sont plus fréquentes qu’on le dit.

On ne peut pas imaginer que d’autres puissent jouir à autre chose que ce qui nous attire nous-mêmes. Hors de l’hétérosexualité point de salut. Pendant qu’on rejette la pédérastie parce que c’est une union qui ne peut pas durer, on invente tous les moyens pour la briser. Si la société ne lui faisait pas un tel procès, les unions pédérastes pourraient s’épanouir et être très stables.

Notre incapacité de percevoir la sexualité d’une façon plus large tient du fait que l’on a mélangé génitalité et sexualité.

La sexualité déborde la procréation. C’est l’expression globale de son être, la  joie de se faire caresser, d’exprimer sa tendresse, d’affirmer ses sentiments. Avec notre pudeur, on oublie ce besoin fondamental de l’homme de s’aimer et être aimé. On a interdit le plaisir de découvrir ses sens : il ne faut pas se voir, se toucher. On mélange caresse et douleur, à un point tel que l’on imagine un massage érotique comme de la prostitution. La pudeur essaie de tuer les joies que nous apportent nos sens.

On refuse de voir que l’absence d’affection de ses parents ou de ses amis est une des principales causes des suicides chez les jeunes. L’Église nous a appris qu’il ne faut pas se toucher et notre plus grande cause de stress est que nous manquons d’affection et de tendresse. Quand notre âme est trop asséchée, il faut chercher des compensations matérielles.

Si la pédérastie est fondamentalement homosexuelle, elle existe aussi chez les femmes entre elles. C’est simplement un sujet encore plus tabou, plus caché.

Pourquoi les manifestations d’une amitié femme-femme est-elle mieux perçue qu’entre hommes ? On ne fait pas tout un scandale quand une femme en embrasse une autre, ou qu’elles se touchent très affectueusement ; mais, c’est le contraire, entre deux hommes … Pourquoi ?

On nie qu’un individu puisse être polymorphe. Il peut vivre des expériences sexuelles très différentes sans devoir croire que cette orientation sexuelle est

«sa» réalité définitive. La vie est une suite d’expériences. Pourquoi une personne aurait-elle nécessairement une seule orientation sexuelle ? C’est une classification restrictive. Pourquoi ne peut-on pas concevoir qu’il est normal de vivre différentes expériences avant de décider de l’orientation qui nous plaît le mieux et nous permet de mieux nous réaliser en tant qu’être humain ?

Pourquoi un homme aurait-il à avoir honte de se sentir plus confortable avec un autre homme ou une femme avec une autre femme ? C’est la réalité de la majorité de nos relations. À cause de nos affinités entre gens de même sexe, il est possible de pouvoir ainsi surmonter sa gêne, ses limites et de connaître une amitié plus durable.

Rien n’est plus beau qu’une amitié sincère et durable. Ce n’est pas parce que l’on se touche ou se caresse que cette amitié devient plus suspecte. C’est qu’à travers le temps, on a défendu de voir et toucher certaines parties du corps, oubliant que l’on peut être érotisé par toutes. Tout individu peut être adorable, même s’il est laid comme un pichou. L’amour a une dimension spirituelle que  l’on a tendance à nier.

L’affection, la tendresse sont le propre de toutes les relations pédérastes. C’est le summum, le plus important, même s’il y a forcément un attrait génital. Pourtant, on parle de «protéger» le jeune. Il est impossible de prévoir une rencontre avec un jeune qui se poursuive dans le temps, si, comme on essaie de le faire croire, elle repose sur la domination ou l’autorité.

Au contraire, les jeunes cherchent l’absence d’autorité, la tendresse et l’idolâtrie. Ils aiment se sentir désirés, d’avoir beaucoup de valeur juste parce qu’ils existent.

La pédérastie, c’est un amour fougueux, une attirance inexplicable (le beau est ce que l’on décrète beau) envers une autre personne de même sexe beaucoup plus jeune. Comme dans les expériences hétérosexuelles, l’attrait est d’abord celui d’un corps jeune et beau ; mais la génitalité n’atteindra jamais le paroxysme du bonheur que procure la possibilité de se sentir revivre sa propre enfance à travers les expériences de son protégé. C’est le narcissisme éclaté dans le miroir de l’autre. Rien ne vaut ses rires, ses sourires, ses moments de fascination. C’est le ciel à l’état pur. C’est une recherche de la pureté d’âme de la jeunesse perpétuelle, de l’immortalité, qui n’a rien à voir avec la chasteté. Cette recherche de la beauté conduit, pour ceux qui croient, jusqu’à l’adoration de Dieu, à travers l’univers matériel corporel.

Évidemment, pour maintenir l’interdit, ceux qui prônent leur moralisme outrancier, diront que ce n’est pas un bon amour, comme s’il était possible que l’amour soit bon ou mauvais.

On oublie le droit individuel proclamé par la Charte des droits quant à l’orientation sexuelle et l’article selon lequel il ne doit pas exister de ségrégation à cause de l’âge ; mais ceux qui appliquent la Charte, la modifie pour donner raison à l’interdit. Les autorités s’imaginent que la responsabilité et la conscience naissent sous les coups de minuit à seize ans. Empêcher un individu de vivre librement sa sexualité, c’est aussi de la discrimination. La loi juge les jeunes comme des imbéciles, incapables de «conscience».

Les lois permettent de maintenir cette hypocrisie. C’est le jeune adolescent qui sait si une relation est bénéfique pour lui. Il devrait être le seul à pouvoir porter plainte à la police, s’il croit que ses droits sont violés ou que cette relation lui est imposée et préjudiciable. Cela ne l’empêche pas de pouvoir en discuter avec ses parents, s’ils sont assez ouverts et conscients de ses besoins, car parfois, l’amour rend aveugle.

Souvent, les jeunes sont dépucelés par des gardiennes beaucoup plus âgées, mais ils n’en parlent pas parce qu’ils ont aimé ça. C’est vite oublié et moins néfaste parce que c’est hétérosexuel.

Le silence créé par la peur existe beaucoup plus dans la tête des adultes que dans la réalité. C’est normal puisque bien des adultes ne font qu’essayer de l’entretenir sous prétexte de protéger les jeunes. Il n’y a que les esprits croches qui voient du mal partout quand il est question de sexe… les esprits «tordus»…

La pédérastie n’échappe pas aux défauts que l’on retrouve chez les hétérosexuels : jalousie, dépendance, chantage émotif, etc. En ce sens,  elle peut entraîner des situations malheureuses sur le plan émotif et être négatives. Si le jeune a une relation amicale avec ses parents, il en discutera avec eux. Il ne faut pas sous-estimer les ravages d’une peine d’amour ou la possibilité d’évolution d’un individu quand ils sont surmontés.

La pédérastie permet aussi à certains de mieux s’accepter tel qu’ils sont physiquement. On néglige le fait que l’adolescence doit nous apprendre à s’accepter comme on est. Il est impossible d’aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même. Pouvoir s’aimer permet de s’ouvrir aux autres. La pédérastie peut être un moyen efficace pour combattre le racisme. Quand l’enfance est reconnue comme la plus grande richesse, les enfants n’ont pas d’âge ou de couleurs.

Cependant, il faut être extrêmement clair à l’effet que la pédophilie, l’inceste ou de profiter de son statut d’autorité ne pourront jamais être acceptés. Si l’on veut faire attention pour que cette situation ne dégénère pas en véritable hystérie, on s’occupera davantage d’examens psychologiques et de traitements, si nécessaire, à prodiguer à la victime et à l’adulte, car le pédophile a sûrement besoin d’être traité très sérieusement pour s’assurer qu’il n’y aura pas de récidive, ce que la prison ne peut pas assurer. Le pédophile est un malade qui a besoin de soins et non d’être détruit, car , l’enfoncer davantage dans sa maladie peut l’amener à devenir violent. Sa situation doit le placer dans un équilibre mental très précaire.

Il est vrai qu’un enfant de moins de 10 ans peut être perturbé simplement par la grosseur des organes adultes, par les caresses d’un étranger ou avoir très peur. Il ne faudrait cependant pas croire que c’est automatique.

Plus âgé, s’il a été bien éduqué, il saura très vite comment se comporter. À moins d’être séquestré, il peut fuir la situation. Il sait qu’il est le seul à choisir s’il aime ça ou non. S’il fait confiance à ses parents ou à quelqu’un dans le système éducatif, il n’aura pas peur d’en parler, car ce sera naturel. Le silence engendré par la culpabilisation est l’élément le plus susceptible de créer des séquelles dans l’avenir. La peur de ce que les autres penseront est la raison fondamentale de ce silence. L’attitude autour des révélations peut être encore plus néfaste que ce qui s’est passé, car, on amplifie les raisons de s’en rappeler plus profondément.

La raison d’interdire l’inceste n’est pas seulement qu’une question de consanguinité, même si c’est physiquement la principale. Mais, le fait que l’adulte soit une personne en qui on le jeune a confiance, peut créer des perturbations très profondes si le jeune se sent un jouet qui risque de tout perdre s’il parle. L’inceste peut plus facilement être une forme de viol. Si un jeune est obligé de faire ce qui ne le tente pas avec une personne dont il est dépendant, parce qu’il sent que c’est mal, ça peut briser à jamais sa confiance en elle-même et briser sa personnalité.

C’est la même chose pour une personne en autorité. Cependant, cela s’applique seulement si la personne adulte se sert de son statut d’autorité pour faire chanter l’autre. Par exemple, si un professeur exige des relations sexuelles pour donner de bonnes notes au bulletin. Cette situation existe pendant la durée que l’adulte peut vraiment exercer son autorité pour obtenir ce qu’il veut parce que le jeune peut craindre des représailles.

La pédérastie est une relation amoureuse basée sur la fascination. Elle n’a rien de différent d’une relation d’un autre couple, sauf que l’adulte s’identifie carrément au jeune de qui il est amoureux. Une façon de vivre en enfant dans un corps et un esprit d’adulte. À cause de la fragilité du jeune, le pédéraste doit s’assurer que sa relation est profitable au jeune : non violente, consentie et responsable.

Pourquoi n’y a-t-il pas prescription ?

Un attouchement sexuel doit être aussi pire que la fin du monde puisqu’il n’y a aucune prescription, même si c’est un déni de l’existence et du droit à la sexualité chez les jeunes.

C’est bien un des seuls méfaits qui puissent rebondir dans la vie d’un individu plus de 20 ans plus tard. Pire, c’est le seul crime basé sur le plaisir des participants. Et c’est aussi le seul crime pour lequel , après avoir purgé toute ta peine (à moins d’être mort de remords ou détruit sur le plan des idées et de la personnalité ) , tu peux être surveillé durant les 20 prochaines années , en faisant partie d’une liste de «prédateurs» ce qui t’empêche de travailler, d’être bénévole , qui t’enlève même le droit de voyager.

Si tu es pédophile ou pédéraste, tu es mieux de te suicider, semble nous dire notre bon système de justice, car tu seras ostracisé.

Le vocabulaire est choisi pour donner des nausées : prédateurs, abus sexuels, détournement de mineurs, grossière indécence. Si un pédéraste est en amour avec un jeune, même s’il n’y a pas de relations sexuelles, ce n’est pas de l’amour, évidemment : c’est un gros cochon qui attend d’avoir gagné la confiance de son amant. Tout est déformé pour condamner cette forme de relation humaine. Bien des pédérastes sont tellement en amour qu’ils seraient prêts à tout pour plaire ou sauver leur petit amant.

En vérité, dans la très grande majorité des cas, les jeunes sont loin d’être traumatisés, car ils ne sont pas forcés de participer à une expérience pédéraste. Ils sont consentants. Ils y cherchent simplement leur plaisir. Ces aventures seraient impossibles sans leur désir d’y participer. S’il y a actuellement beaucoup de cas devant les tribunaux, ce n’est pas que les jeunes dénoncent plus et demandent réparations, mais parce que les parents et les travailleurs sociaux paniquent et appellent la police. C’est bien normal qu’avec autant de campagnes publicitaires à la télévision et dans les journaux qu’au moindre fait, certains se pensent obligés de faire intervenir la police. Le chantage sexuel est devenu une industrie très payante.

Les jeunes dénoncent ensuite ce qui s’est passé parce qu’ils ont peur de leur entourage. Ils sont dépassés par l’ampleur du scandale que de simples aventures sexuelles peuvent déchaîner : police, travailleurs sociaux, familles détruites, journaux, télévision. Pourtant, on retrouve les mêmes jeux sexuels dans une aventure pédéraste que ceux connus par la majorité des gens durant l’enfance, sauf qu’il y a un participant adulte, plus vieux

La règle devient « entre jeunes, pas de problème » ; mais tout est mal et dangereux, dès qu’un adulte ou un autre garçon plus âgé est resté accroché à ces jeux d’enfants. Pour un adulte, c’est permis entre qu’entre adultes comme  s’il ne pouvait pas exister de relations affectives entre un jeune et un adulte.

Pour étoffer une preuve, la vérité n’a aucune forme d’importance. Tout devient mal, interpréter dans la seule optique que l’adulte voulait entraîner le jeune. Un toucher sur sa sainte personne innocente, même si parfois le jeune est plus connaissant que l’adulte, est automatiquement un geste dégradant d’irrespect.

Tout ce qui est habituellement normal, dans toutes relations humaines, devient un geste horrible.

En Californie, les psychiatres ont démontré qu’à force de se faire talonner, un jeune peut non seulement inventer la situation, mais tellement se mentir qu’il finit par y croire absolument.

Pire , on attache encore plus d’importance à un attouchement sexuel individuel ou en groupe d’un adulte avec des jeunes consentants qu’au crime organisé , au commerce pornographique international , la peine de mort , la possession d’armes , la fraude, le vol , la misère , les drogues dures , la violence à travers le monde , la dictature et les génocides.

C’est le seul domaine où tout accusé risque sa vie en prison formelle ou statutaire.

Les religieux et spiritualistes de tout acabit ont décidé qu’il n’y aurait plus de pédophiles ou pédérastes au cours des prochains siècles, même si ça toujours existé. Il y a peu de temps les dirigeants de la société n’étaient pas aussi hypocrites et permettaient le mariage avec des filles de 12 ans.

Aujourd’hui, il ne faut pas apprendre à jouir sexuellement avant 16 ans, c’est une leçon de vie beaucoup trop pénible à supporter.

L’homme est un être condamné au culte de la castration jusqu’à 16 ans.

Le «dieu-sexe» se prétend tellement supérieur qu’il se dit déshonoré dès qu’on le touche. Et, on prétend que c’est normal. On ne sait pas pourquoi, c’est comme ça depuis  toujours,  donc,  il  faut  aveuglément  s’y plier…comme des moutons.

Cet interdit ne protège pas les jeunes, car, tout ce que l’on peut reprocher aux pédérastes c’est d’organiser des «partys» assez réussis pour savoir créer une telle atmosphère de plaisir que les participants se laissent aller à leur naturel …

et chez les jeunes , la curiosité et le plaisir sexuel viennent vite en tête de peloton. Si ces jeux ne sont pas violents qui protège-t-on pour qu’ils soient dénoncés avec une telle véhémence et aussi unanimement ?

Ça rappelle le discours de nos autorités politiques durant la crise d’octobre où l’on prétendait que tout le monde pouvait être la cible du FLQ, même si son but était de dénoncer l’exploitation des petits. Pour que le peuple y croit, il faut diaboliser l’adversaire, entretenir la confusion. Georges Bush ne serait pas au pouvoir sans Ben Laden, un «diplômé »de la CIA et des intérêts pétroliers.

La pédérastie permet aux autorités de faire croire que tous les individus sont des proies potentielles. Pour maintenir cette peur, on utilise la croisade des médias, des religieux et des féministes. En faisant croire qu’il est d’intérêt public de parler de ce qui se passe en cour, un «bithchage» national, on amplifie la peur des parents. Mais, encore là, cette irrationalité fait oublier que la décriminalisation de la prostitution, accompagnée de la protection des travailleuses de sexe, serait un des moyens les plus efficaces de combattre le viol.

La lutte contre la boisson et la drogue chez les batteurs de femmes serait beaucoup plus efficace que la prison pour réussir une vraie réhabilitation. Ne pas battre une femme, c’est une question de culture et d’éducation. Ce crime n’est- il pas parent avec celui de la jalousie ou de la possession ? La soumission des femmes est prêchée dans tous les livres dits saints. Est-ce vraiment Dieu qui méprise autant les femmes ?

La chasse à la pédérastie est un moyen d’entretenir une paranoïa collective, de détourner l’attention quant aux vrais crimes et au mixage banditisme-autorité. Il permet de faire passer les autres crimes pour de la petite gomme et de faire croire que les argents dépensés pour la sécurité du peuple servent vraiment à protéger la population.

C’est plus facile de s’attaquer à un individu sans violence qu’au crime institutionnalisé. Les meurtres d’enfants ne sont-ils pas liés à la maladie mentale plus qu’à la pédophilie ? Pourquoi parler de pédophilie dans le cas de Dutroux alors que lui-même ne l’était pas, mais faisait le commerce international des jeunes filles ? En quoi un Biafra pour protéger les droits des pétrolières en Afrique est-il moins condamnable qu’un attouchement sexuel ? Parce que ce sont des noirs ? La mort de faim de ces milliers d’enfants était- elle plus légitime que la chasse aux mauvais garçons qui trippent sur leur petit sexe ? Est-ce plus innocent de créer le sida, lors de recherches militaires pour trouver de nouvelles armes afin de combattre plus efficacement au Vietnam ? Les lois servent parfois d’outils pour garnir le grand coffre de l’exploitation des individus.

Même si la peur de la sexualité entre un adulte et un adolescent est irrationnelle, reposant sur des mensonges millénaires, elle s’exprime, dans nos sociétés, par ce que l’on appelle une loi dite « préjugé», c’est-à-dire une loi voulue, acceptée

par tous, appliquée pour tous, sans égard à son intelligence, et même si elle est démesurée jusqu’à la folie, et n’est surtout jamais remise en cause. C’est mal, c’est tout. Personne ne peut remettre cette règle en question.

Mais, en quoi un attouchement sexuel peut-il être aussi violent et aussi grave que les enfants soldats ou les enfants battus, aussi dévastateur que l’analphabétisation ou les cerveaux détruits par les nouvelles drogues ? C’est idiot, mais c’est la réalité de nos sociétés.

Des millions de jeunes seraient-ils devenus asséchés par leurs éjaculations précoces, des millions d’autres auraient-ils souffert le martyr quand ils sont «venus» pour la première fois, des millions d’autres auraient fondu quand ils ont été caressés et des millions d’autres auraient-ils perdu l’esprit devant les plaisirs de la tentation ?

C’est idiot, complètement fou ; mais c’est pourtant le discours qu’entretiennent toutes les religions, les féministes et les systèmes judiciaires sur la planète.

La terre est gouvernée par de plus en plus par des malades mentaux pour qui tuer est préférable à jouir. Notre société se nourrit de violence. Pas de masturbation, ni de marques d’affection, mais le droit, dès sa naissance, de posséder son arme à feu, symbole phallique… C’est sûrement moins dangereux et plus essentiel pour un être humain d’être armé que d’avoir appris et appliquer les proverbes : « Vivre et laisser vivre» ; « Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie » ou plus religieusement « Tu ne jugeras pas. Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu ». Pas étonnant que des enfants aient déjà commis autant de carnages aux États-Unis. Pas étonnant qu’il y ait autant de suicides chez les jeunes au Québec. On a rendu illégale la curiosité sexuelle, les caresses, même les paroles pour protéger une morale anti- naturelle, qui castre tout individu qui n’a pas atteint l’âge fixé par des millénaires de frustrations et de mensonges.

Les jeunes ont encore assez de santé mentale pour refuser d’obéir à ces inepties quand il n’y a pas de violence ou de domination. Même s’ils sont jeunes, ils savent que leur sexualité ne regarde personne, ni leurs parents, ni la police, ni l’état. La sexualité, c’est ce qu’il y a de plus privé…

Les hommes pour justifier leur bonté ont besoin de chasser le mal. Ce sont, depuis le début de l’humanité, les pédérastes qui ont été décrétés « monstres» parce que ce prétendu vice peut atteindre tous les individus : tous les êtres vivants sont sexués et responsables de la survie de l’espèce humaine. Tous doivent être hétérosexuels, niant ainsi toute une dimension de la vie affective. C’est plus facile de prétendre que des expériences sexuelles précoces nuisent aux futurs adultes, comme s’ils pouvaient s’assécher, que de leur enseigner à devenir des individus responsables. Si on ne peut pas gérer la réalité comment parviendra-t-on à percer les secrets de l’irrationnel ? Pourtant, personne n’en est mort et les blessés sont plus souvent qu’autrement les victimes de leurs scrupules et de l’ignorance.

Il ne faut pas rejeter comme facteur d’évolution et de changements les connaissances acquises en matière de sexualité. Par exemple, ce n’est pas parce que, à une certaine époque, les humains pensaient qu’un jeune garçon devait être enculé à l’adolescence par un chaman, pour lui fournir par ce geste la sève qui lui permettra de devenir un homme que la sodomie fut décrétée essentielle à la survie de la race. Le chaman allait, en sodomisant le jeune garçon, déposer le pouvoir et la capacité d’éjaculer, donc, de devenir reproducteur. Si cette croyance avait été maintenue, tous les jeunes garçons devraient encore être enculés par un chaman pour pouvoir éjaculer à leur tour… Les sociétés primitives ont eu la sagesse de s’adapter avec les nouvelles connaissances.

La guerre de certaines féminounes contre les pédérastes existe depuis toujours simplement parce que ces femmes prétendent que leurs enfants sont leur propriété exclusive et qu’elles ont peur de la sexualité. Elles la considèrent comme un mal, une souffrance ou une tache. Elles y projettent leur peur. Les hommes sont relégués au rôle de pourvoyeurs ou de cochons. Ils n’ont aucun droit sur les enfants. Et surtout, puisque les hommes sont des cochons, qui ne pensent qu’à la chair fraîche : il ne faut surtout pas leur laisser le droit de manifester leur affection. Un homme affectueux est potentiellement un homme dangereux.

Chez-nous la pureté est confondue avec la chasteté. Son importance est telle qu’il faut accorder plus d’ampleur à une réflexion sur la sexualité que sur la guerre et ses conséquences.

La société est responsable des guerres puisque les individus fournissent, en payant leurs impôts, l’argent nécessaire pour les rendre possibles. Les guerres sont la base de l’économie. Elles permettent de créer des dépenses inutiles de reconstruction qui assurent au système de devoir toujours recommencer. Puisque les guerres nucléaires mettent maintenant en danger l’existence de la planète, les guerres doivent dorénavant exister sur un plan strictement régional.

C’est d’ailleurs pour cette raison que maintenant les luttes militaires existent seulement pour acquérir plus de richesses ou d’énergies, mais sous forme de guerres religieuses ou idéologiques et culturelles. La planète est devenue si petite qu’il faut trouver la puissance qui détiendra le pouvoir. Il faut reclasser les pays selon leur puissance, en oubliant que le plus important c’est la vie, principalement celle de tous les êtres vivants. Pour remettre un peu d’ordre, il faudrait créer un gouvernement mondial qui assure la victoire des idéaux sur l’économie.

La guerre entre Israël et la Palestine n’est pas qu’économique est aussi de nature religieuse, une guerre entre fanatiques. Sous prétexte de défendre la vérité, les fanatiques nient tout ce que l’histoire nous apprend. Ainsi, ils apprennent tout par cœur pour s’assurer qu’aucun iota ne sera changé. Ces religions omettent de reconnaître que les Livres Saints étaient écrits en fonction des situations et des connaissances du temps.

Le fanatisme religieux repose sur le besoin des religions de prétendre qu’elles sont seules à détenir la vérité. Les religions ont été créées pour donner un sens à la vie, mais elles se sont détournées de leurs buts en inventant des règles pour se maintenir au pouvoir. Les catholiques ont eu leur Inquisition, les Sionistes ont toujours rêvé de dominer le monde, tout comme les musulmans doivent endurer le fanatisme de l’Islam. C’est une guerre larvée et hypocrite pour assurer que sa religion sera la seule à dominer les consciences. Que les guerres multiplient les morts, les viols, les services secrets et les recherches pour de nouvelles armes au détriment des masses, ce n’est pas important. La violence n’est pas été remise en question par nos sociétés parce que nos sociétés sont établies de façon à protéger les exploiteurs plutôt que les populations.

C’est avec nos taxes que l’on maintient notre joug. Les gens font encore plus confiance à un système qui survit en assassinant ceux qui s’y opposent qu’à la liberté de créer une conscience individuelle responsable. Un monde sans violence.

On prétend que les pédérastes sont paranoïaques ; mais qui pourrait vivre leur insécurité ? Ce sont les seuls qui après des années peuvent voir anéantir toute leur vie parce que 30 ans plus tôt ils ont touché le pénis d’un petit gars. Quel crime ! Même les femmes ne sont pas aussi bien protégées, car les proxénètes ont droit à une prescription de deux ans.

Cette perception serait légitime dans les cas de violence ou de domination, mais c’est loin d’être le cas. Le «pim» lui maintient sa victime entre ses mains, grâce à la violence, mais c’est lui que l’on protège..

La majorité des expériences sexuelles des pédérastes sont non-violentes et remplies d’amour. Cette ignorance quant à ces rapports permet des aberrations plus ou moins invraisemblables quant à l’application des lois.

Un individu vient d’être condamné à quatre ans de pénitencier, même s’il a été établi que dans son cas, il n’y avait eu aucune violence. Les participants étaient des jeunes de 13 à 17 ans. L’âge du consentement est encore de 14 ans. Le fait qu’il y ait eu un ou plusieurs jeunes de moins de quatorze ans permet aux policiers d’intervenir automatiquement, même si le ou les jeunes étaient consentants.

Chaque geste permet d’ajouter des chiffres d’accusation. Cette multiplication des charges a pour but de rendre cette expérience sexuelle plus odieuse et obtenir des sentences plus fortes. On justifie cette condamnation sous prétexte qu’il y avait eu consommation de petites drogues. Dans ce cas, pourquoi est-on plus clément envers la vente de drogues dans les écoles ou dans les rues ?

En même temps, une autre personne recevait une demi-libération, même s’il y avait danger de récidive dans le commerce de drogues fortes, sous prétexte qu’il n’y avait pas danger de crimes violents. Qu’est-ce qui est plus dommageable pour les jeunes : un ou des partys à caractère sexuel ou le commerce des drogues fortes ? Les pénis doivent-ils être plus protégés que les cerveaux de  ces jeunes qui étaient libres de participer à ces jeux ? La majorité des jeunes qui vivent de telles situations, sans que le système s’en mêle, oublieront vite leur expérience alors que la vente de drogues dures est la principale responsable de l’éclosion catastrophique des maladies mentales chez les jeunes.

Ceux qui ont déjà connu une expérience sexuelle sous l’effet d’une drogue légère savent que leur plaisir est multiplié, amplifié. Il n’est donc pas étonnant que ces jeunes recherchent ce plaisir. Est-ce plus nocif et plus dangereux de risquer de se détruire le cerveau en consommant des drogues dures que de jouir davantage en éjaculant ?

Un autre individu a été condamné à un an de prison, mais il n’en fera que le sixième, pour avoir conduit en état d’ébriété et causé la mort de ses trois amis. La protection de la chasteté chez les jeunes est-elle plus importante que la vie ?

Un autre individu vient d’être sentencié à huit mois de prison à être purgés chez- lui pour avoir comploté afin de frauder le gouvernement fédéral d’un milliard. Pourquoi de telles disparités ?

Ce n’est pas en pénalisant davantage que le système obtient de meilleurs résultats de réhabilitation. C’est une question de responsabilisation ou d’éducation. Il faudrait peut-être revoir comment on évalue les dangers et les conséquences. La réhabilitation a toujours été plus profitable. Il arrive souvent que les dégâts soient pires pour les jeunes que si on ne s’en était pas mêlé, mais la loi c’est la loi. Stupide ou pas.

Un retour avec autant d’années en arrière permet-il à un individu de retrouver son équilibre psychologique, juste en pouvant se venger ? Pourquoi faut-il plus de 20 ans à un individu avant de se rendre compte que des expériences sexuelles précédentes l’ont si profondément troublé ? Pourquoi doit-il recevoir réparation sur la place publique ? En quoi la vengeance a-t-elle un effet thérapeutique ? Qu’est-ce que ça apporte de plus à la victime ou celle qui joue à la victime, si elle était alors consentante ? Elle est bien payée, voilà tout. Le chantage est un nouveau moyen de se sortir du trou.

La liberté sexuelle 20

août 21, 2020

La vie sexuelle 20 (pp. 194 à 205)

Si on avait l’honnêteté de parler de sexualité sans honte et mépris et si l’adoption était financièrement à la portée des familles qui le désirent, il n’y aurait probablement presque plus d’avortements, car, ils seraient tout à fait inutiles. Encore là, les religions viennent tout mélanger.

Ce sont les vieilles personnes qui ne peuvent plus procréer qui montent les premières aux barricades pour défendre une morale dépassée plutôt que de permettre, en ne jugeant pas les autres, que le nouveau- né puisse jouir de la même sécurité que tous les enfants. Quel bâtard, comme on disait, n’a pas connu la honte d’être un enfant né en dehors des normes du mariage établies par les religions ? Est-ce la charité qu’on devrait retenir des enseignements religieux ?

En ce sens, il est essentiel d’éduquer tout individu à assumer sa part de responsabilité. Un enfant est autant une responsabilité paternelle que maternelle. Si tu crées un enfant, tu es responsable de cet enfant. La famille est sa garanti de sécurité.

Ne pas tout légaliser veut simplement dire que l’on maintient cette responsabilité civile. C’est pourquoi il est nécessaire de revoir comment enseigner la sexualité avec ouverture et non seulement sous forme de mise en garde médicale. Il faut distinguer très clairement la différence entre la sexualité et la génitalité, comprendre ses responsabilités et savoir qu’il existe de nombreux moyens de faire l’amour sans procréer. Il n’y a pas de tendresse sans amour. Il n’y a pas d’amour sans responsabilité.

On doit cesser de voir la sexualité comme un crime, car elle est une partie constituante de nous-mêmes. Ce n’est pas en l’interdisant qu’on acquerra discipline et sagesse. La sexualité doit tenir compte du bien-être des individus. C’est plus qu’une recherche égoïste de son plaisir personnel, elle comporte une large part d’émotions. Plus l’amour est profond, plus il est responsable. L’amour totalement gratuit est un idéal. Les motivations sont parfois très hypocrites et insoupçonnées.

Les jeunes doivent connaître les moyens pour éliminer les maladies vénériennes et savoir que l’amour quand il s’effondre peut aussi engendrer la détresse et le malheur. Ce n’est plus un jeu au fur et à mesure que l’on vieillit. Les personnes qui transmettent des maladies vénériennes devraient en subir les conséquences judiciaires, dans le sens d’être obligées à se soigner et devoir demeurer chastes en attendant d’être guéries, si elles n’ont pas les moyens de se protéger correctement. Ça semble plus raisonnable que de tout interdire. La prostitution individuelle devrait être acceptée. Tout individu est le maître absolu de son corps.

Ceci dit, il existe certes des maniaques dangereux (es), violents, dominateurs, mais ce sont des exceptions ou des personnes rattachées au milieu criminel où l’on a commercialisé le sexe. Ces individus sont souvent atteints de maladie mentale conduisant à la violence. Ils sont condamnés pour leurs gestes de nature sexuelle alors que l’on devrait plutôt considérer leurs gestes comme le résultat de leur santé mentale et les soigner en conséquence.

Aucune personne normale ne peut jouir dans la souffrance ou à faire souffrir. Être sadique ou masochiste, c’est une déviance. Il ne faut pas oublier que l’amour génère des émotions. Où commence le respect ? Est-il seulement charnel ou psychique ? Qui n’a pas souffert d’une peine d’amour ?

Il faut apporter des nuances dans nos jugements quant à la gravité des gestes. Il ne doit y avoir aucun compromis face à la violence et la domination.

La seule question qui devrait intéresser le système judiciaire est à savoir si les personnes concernées étaient consentantes ou traitées avec violence ou domination.

Agir contre la volonté d’un autre, c’est un viol. Cela existe dans la loi donc on pas besoin d’en inventer d’autres pour que le geste soit condamnable. L’important c’est de déterminer avec précision s’il y a eu consentement ou non. La boisson ou les drogues ne sont pas des excuses pour justifier un regret tardif, mais s’en servir à l’insu de l’autre pour obtenir ce que l’on veut, c’est un viol. . Le sort de la victime est aussi important que la peine à infliger. S’assurer que le jeune n’ait pas été traumatisé et si oui de l’aide à lui apporter pour qu’il puisse retrouver son équilibre et se déculpabiliser. Jeune veut évidemment aussi bien dire la fille que le garçon.

Il est nettement exagéré pour ne pas dire complètement stupide d’attacher plus d’importance à un attouchement sexuel qu’à la vie des individus. Personne n’a encore séché ou ne fut blessé en se faisant toucher, ordinairement, au contraire, c’est très agréable.

Alors pourquoi, prétend-on qu’il en est autrement pour un adolescent qui vit une relation sexuelle avec un autre ou un aîné ? Est-ce parce qu’on a peur qu’il aime ça ? En réalité, c’est qu’on craint encore l’homosexualité… Pire, c’est qu’en fait, dans notre esprit puritain, cette orientation sexuelle est le mal extrême : ça permet de connaître la tendresse et la jouissance, sans procréer. C’est une désobéissance aux règles imposées par ignorance au cours des millénaires, même si ces règles sont injustifiées et injustifiables, c’est elles qui régissent nos vies. C’est interdit, c’est tout. Pourquoi ? Ça n’a pas d’importance. On entretient la peur plutôt que la responsabilité. La peur est un des marchés les plus payants qui soit.

Évidemment, on croit immédiatement que le jeune n’a pas pu céder à la tentation seul parce qu’on a toujours nié la sexualité des adolescents. Il suffit de se rappeler les guerres que les jeunes ont dû livrer pour avoir le droit de porter les cheveux longs pour saisir que l’on combat tout ce qui est sexuel , même les symboles. Qui se rappelle de la guerre contre la danse menée par les religieux sous prétexte qu’elle conduisait au mal…mais, en signe d’ouverture religieuse, la Cour Suprême accepte le kirpan dans les écoles… C’est vrai que ce n’est pas une arme dangereuse, mais un symbole phallique. Essayer d’imposer publiquement ses symboles religieux au peuple qui a eu la gentillesse de vous accepter en son sein, c’est faire preuve d’insensibilité et d’irrespect. C’est rejeter le droit de notre société de vouloir être laïque. Ce n’est pas la dangerosité du kirpan qui est en cause ici ; mais le fait de ne pas respecter la décision du peuple québécois à l’effet que la religion ça se vit à la maison et dans le temple seulement…

Nous ne sommes pas en théocratie : ce n’est pas au civil de s’ajuster aux religions ; c’est aux religions de promulguer des règles qui ne sont pas incompatibles avec l’ordre civil. Si on ne veut pas admettre ces règles,  on a  qu’à chercher un endroit où l’on peut vivre selon ce que l’on désire. Avec ce jugement, la majorité n’a pas le droit d’exprimer sa foi, un privilège réservé aux immigrants…

Nos juges de la Cour Suprême interprètent les lois en faisant le jeu des politiciens fédéraux en imposant le multiculturalisme. C’est essentiel de respecter les autres, mais ce l’est tout autant que les autres nous respectent. La religion ça se vit à la maison et dans les temples, nul part ailleurs. On n’a pas besoin d’un lieu pour prier, nous avons notre cerveau, ça suffit…C’est inutile que les autres sachent que l’on prie… L’hypocrisie exige l’approbation de ceux qui nous entourent… Cela démontre jusqu’à quel point nos juges sont décrochés de la réalité…

Pourquoi un attouchement sexuel peut-il entraîner neuf mois de prison alors que des chauffeurs ivres qui ont tué des enfants ou des adolescents purgent cinq ans de prison dans la communauté ? Est-ce que «la chasteté» d’un adolescent a moins d’importance que «sa vie» ? Comment peut-on expliquer que la négligence de fonctionnaires, ayant coûté la vie et la santé de plusieurs autres en laissant l’eau se contaminer, est plus acceptable qu’un homme qui regarde des films pornos avec des adolescents ? En quoi les commandites qui ont privé les contribuables de millions de dollars sont-elles moins pires qu’un attouchement sexuel ? Pourquoi y a-t-il une prescription de deux ans pour le proxénétisme alors que l’on interdit la prostitution individuelle et que l’on peut revenir sur des gestes qui ont été posés par un adulte sur un adolescent il y a plus de 20 ans ? La pudeur des jeunes a-t-elle plus d’importance que d’accepter que des milliers de jeunes soient condamnés à vivre sur les trottoirs ? En quoi  un crime économique est-il moins pire qu’un crime sexuel ? Ce n’est pas en augmentant la sévérité des sentences que l’on obtiendra justice …

La Justice est au service de la mafia en protégeant l’institutionnalisation de la sexualité.

Dès qu’une personne est accusée de crime sexuel sa vie est brisée à jamais. Alors qu’une personne qui a tué a droit à une libération conditionnelle, un individu reconnu coupable d’attouchement sexuel se retrouve pour le reste de sa vie sur une liste de personne à proscrire. Il lui est impossible de voyager, de  faire du bénévolat, car il est sur une liste noire.

L’analphabétisme est-il moins dangereux pour la démocratie qu’un toucher consenti sur un jeune garçon ? Une expérience sexuelle rend-elle infirme ? Pourtant, ceux qui l’ont expérimenté pourront vous dire qu’il n’y a pas de plaisir plus fort que de voir jouir l’autre, que le feu dans leurs yeux et le tressaillement de leur corps : c’est loin de faire mal.

Protéger quelqu’un ce n’est pas lui imposer «sa» morale ou sa façon de voir les choses, mais l’accompagner dans sa quête personnelle d’autonomie et de bonheur.

Le lexique employé dans les causes sexuelles démontre l’hypocrisie de notre système. Quand il s’agit de condamner un individu, on morcelle la sexualité et les gestes sexuels pour multiplier les accusations ; mais dès qu’il faut interdire la sexualité, on place tout dans le même sac de la pédophilie pour assurer que les statistiques prouvent la nécessité de devoir continuer à sévir.

Par exemple, on accuse, pour les mêmes gestes, un individu d’une panoplie d’actes qui permettront d’arriver à l’accusation : incitation à la délinquance, attentat à la pudeur, grossière indécence, assaut sexuel, sodomie, etc. Plus il y  a d’accusations, plus la cause semble importante et morbide. Plus il est possible de faire croire dans son infamie, plus elle est une information rentable pour les médias.

Le vocabulaire employé donne en soi la nausée, même si souvent le geste est anodin. Par exemple, un toucher aux organes génitaux pendant une séance de lutte : pourquoi est-ce permis à la télévision entre deux lutteurs, mais interdit autrement entre un jeune et un adulte qui s’amuse ensemble ? Personne ne  s’est fait arracher le zizi dans une séance de lutte, même si on se le prenait à répétition.

D’autre part, pour rendre le geste encore plus sale, on ne fait pas la distinction entre les accusations, même si le français permet de faire bien des nuances. Ainsi, on parle de pédophilie pour dénoncer l’inceste … de grossière indécence ou assaut sexuel pour un acte de sodomie. Pourtant, il y a toute une différence dans l’appréciation du geste par la victime : ce n’est pas la même sensation quand tu es masturbé qu’être sodomisé de force.

Chaque geste est déjà sanctionné par un article du code criminel. En parlant seulement de pédophilie, ça permet d’entretenir la peur et de faire croire que c’est plus fréquent que la violence ou le vol. Pourtant, le vol du chèque d’une vieille retraitée peut avoir plus de mauvaises conséquences si elle n’a plus l’argent pour acheter ses médicaments ou ses vivres que des actes sexuels.

En fait, ce n’est pas tant le nombre de fois que les choses se sont passées qui est important ou qui rend la chose plus ou moins acceptable, c’est la réaction  des personnes concernées. Il y a une différence fondamentale entre une sodomie volontaire et une raclée pour forcer quelqu’un à la subir, un viol. Ce qui compte vraiment est de savoir si le jeune était volontaire ou s’il a été traumatisé ; c’est ce qu’il faut faire pour lui rendre sa quiétude et sa fierté de lui-même. En d’autres termes, comment s’assurer qu’il ne soit pas culpabilisé ou honteux de ce qui se passe ? Quand tu es violé, tu n’as définitivement pas consenti. Mais, la honte est toujours là et dans ce cas ça s’applique aussi aux filles. Voilà pourquoi il est urgent de s’occuper d’éliminer cette honte.

La prostitution volontaire est interdite. Ça enlèverait une part de la clientèle à la pègre.

Les victimes c’est-à-dire les personnes non consentantes doivent cesser de vivre dans la peur et la honte. La seule chose qui devrait être pris en cause et compter en cour n’est pas de devoir décrire ce qui s’est passé ; mais s’en tenir strictement au seul fait du consentement. Tous les gestes sexuels doivent être consentis par ceux qui les reçoivent pour être acceptables.

Qu’on le veuille ou non, il existe encore des formes de violences sexuelles. Si la sexualité sans violence et consentie doit être une liberté individuelle, fondamentale, il existe des rapports humains qui ne devront jamais être permis : le viol, la traite d’un humain, la pédophilie avec pénétration, le proxénétisme et la domination physique ou émotive.

Cependant, il faut avoir la sagesse de reconnaître l’existence d’une vie sexuelle dès l’enfance et le besoin de protéger les enfants de moins de 10 ans contre des gestes qui ne respectent pas leur rythme de développement. Des aventures trop précoces peuvent peut-être hypothéquer leur imaginaire. Ces peurs ou scrupules qui, même s’ils ne sont plus justifiés à l’âge adulte, les hanteront quand même. Les alentours sont parfois un juge inhumain.

L’essentiel est de garantir une bonne éducation non moralisante, objective et totale. Le mensonge par «abstinence» est tout autant un mensonge.

Le tabou génère plus de mal que le plaisir. Protéger les jeunes, ce n’est pas leur interdire la sexualité, mais s’assurer que toute expérience sexuelle soit positive. Si elle est traumatisante, il faut fournir les moyens de dédramatiser la situation et de la rendre acceptable pour cet individu, quel que soit le sexe ou l’âge. La répression est responsable de trop de drames.

Il faut pouvoir se parler sans honte et avec compassion.

La réaction hystérique des adultes quand ils se rendent compte qu’un adulte entretient une relation sexuelle avec un garçon, même s’il est évident que le jeune est consentant, ne peut que desservir négativement le développement de l’enfant.

Il serait préférable que les plaintes ne puissent être faites librement que par les jeunes qui désirent être protégés. Quant à la solution, la répression est de loin la meilleure façon d’aider les jeunes.

Ces situations devraient être vues au tribunal civil, en dehors des médias. Le seul objectif devrait être d’offrir la meilleure situation possible pour garantir un développement harmonique du jeune.

On devrait modifier le vocabulaire employé pour parler avec plus de respect de cette forme de relation amoureuse. L’intervention judiciaire ne devrait exister que pour les cas où il y a violence ou non consentement d’une des parties impliquées

Que se passe-t-il entre un pédéraste (amourajeux) et un jeune ?

Il faut faire une nette distinction entre la pédophilie, la pédérastie (amourajoie), l’homosexualité et la sodomie.

Le propre de la pédophilie est que l’enfant est âgé de moins de 10 ans. Il est à mon avis encore incapable de distinguer entre le bien et le mal. Il peut être traumatisé par la peur de ce qu’il voit ou ce qu’il ressent. Tout dépend évidemment, du comment et de ce qui se passe, pour qu’il y ait traumatisme. Mais, mieux vaut de ne pas prendre de chance. En ce sens, personne ne peut accepter la pédophilie.

L’Église catholique a fixé l’âge de la raison à huit ans, mais c’est un peu jeune, car la pré-puberté n’apparaît que vers 10-11 ans et ça ne donne rien d’instruire les jeunes sur leur sexualité trop à l’avance, sans tenir compte de leur développement et de leur intérêt. Cet enseignement doit nécessairement avoir lieu à la fin du primaire pour que les jeunes sachent et comprennent bien ce qui leur arrive et ce que veut dire « consentement ».

La sexualité, c’est d’abord une question d’amour, donc, de liberté et de responsabilité.

Vers neuf ans, il est essentiel qu’un enfant connaisse le fonctionnement de son corps et les changements qu’il va subir à l’adolescence. Ainsi, personne ne se croit unique dans son orientation sexuelle. Il n’aura pas peur d’en parler.

Si on connaît d’avance les transformations de l’adolescence, on aura moins peur ou on sera moins compulsif quand elles surviendront, car, on ne se sentira pas coupable de connaître de nouveaux besoins ou des attirances qui nous paraissent parfois assez louches. L’adolescence, c’est l’époque des essais, parfois même dangereux. C’est aussi l’âge où l’on pense que notre première peine d’amour est la fin du monde. C’est le temps où l’on doit apprendre à contrôler ses émotions.

Les futures séquelles à l’âge adulte, à la suite d’une expérience sexuelle pédéraste à l’adolescence sont très souvent le fruit de l’ignorance : si tu ne peux pas survivre aux jugements que tu penses que les autres portent sur toi tu éclates avec le temps.

Les séquelles sont l’aboutissement de la faiblesse et de la fragilité de ta personnalité et l’incapacité de pouvoir en parler. La haine et la honte que tu portes contre toi sont le fruit de ton éducation familiale. Malheureusement, nous vivons encore dans un monde où les scrupules engendrent les tabous qui, à leur tour, produisent les maladies mentales. Les professionnels refusent de dire la vérité, car, ils perdraient trop de clients… On accepte la peur et la honte de la sexualité comme un état normal. L’ignorance est l’arme de l’aliénation.

Cela nous empêche de faire les nuances qui s’imposent et ainsi on oublie que la seule chose qui doit être interdite, c’est la domination ou la violence. Pour éviter les séquelles à venir, le jeune doit se sentir non-coupable, absolument libre et capable de parler de ses expériences personnelles, si elles le troublent, malgré les préjugés sociaux. Si le jeune ne parle pas, c’est qu’il ne peut pas faire confiance à la compréhension et la compassion des adultes qui l’entourent ou qu’il a tout simplement aimé ça, mais tout ce qu’il entend dit qu’il ne le faut pas.

Dès qu’il ouvrira la bouche, ça créera un véritable tsunami. Les adultes ne sont pas capables écouter, ils possèdent la vérité, la morale, et ne pensent qu’à sévir pour remédier à ce qui ne leur plaît pas. Quand un jeune est surpris avec un adulte, les adultes paniquent, ils condamnent et rêvent de se venger comme si c’étaient eux qui venaient de vivre l’événement ou comme si le jeune aurait été tué ou rendu infirme pour le reste de sa vie. On ne s’intéresse pas à la vérité et encore moins à savoir si le jeune a aimé ça ou s’il est intéressé à poursuivre une telle aventure. On condamne aveuglément.

Le jeune n’a rien à dire : il doit se contenter de voir basculer sa vie dans une tempête de folie due à l’ignorance et à l’hystérie de ses parents ou de la police. Tout y passe : des adultes devenus hystériques, la police, les médias ; c’est presque aussi pire que le déclenchement d’une guerre atomique.

Cette emphase ne peut faire autrement que te faire croire que t’es un sale ou un cochon, simplement parce que tu as été trop curieux et que tu as aimé ça. Ça rappelle l’époque où un simple baiser te semblait le plus grand et le plus grave des crimes. La société te criait à répétition son unique credo existant : il est anormal de ne pas être attiré par l’autre sexe, même si ça ne correspond pas encore à tes besoins à cet âge.

On ne fait pas la même campagne médiatique contre les drogues parce que l’information est contrôlée par un certain féminisme obsédé par le cul, la haine des hommes et une égalité mathématique : les féminounes.

Cette morale féminoune est supportée par le crime organisé parce qu’elle permet de soutenir la mentalité macho, selon laquelle l’homme est le pourvoyeur et protecteur absolu de la femme et son enfant. Les hommes sont exclus des rapports avec les jeunes. Dès qu’un homme caresse un enfant : c’est le drame total.

Il en va tout autrement pour les femmes parce qu’on a décrété sans fondement que c’est ainsi. Quand des réseaux de télévision investissent dans la lutte à la sexualité des jeunes, sans apporter les nuances qui s’imposent quant à l’âge, au détriment même de la vérité, c’est que ça rapporte beaucoup.

Le peuple québécois est très généreux, surtout envers les enfants et les victimes de la vie, mais pour que subsiste cette générosité, il faut entretenir le mal. L’argent de bien des fondations pour aider les jeunes sert plutôt à enrichir ceux qui sont aptes à exploiter cette misère pour améliorer leur propre sort. Pour que ce genre de commerce demeure lucratif, il faut que ces besoins soient confirmés par de bonnes statistiques.

On ignore le sort des jeunes qui doivent «vivre sur le trottoir». Ils sont encore moins bien traités que certains chiens. C’est plus grave, plus inacceptable, mais on n’en parle pas, comme si la seule vraie et unique misère était de subir un attouchement sexuel. Même si l’Église catholique s’affaiblit sans cesse au Québec, la sexualité demeure l’obsession. Nous avons été marqués au fer.

La vraie misère des jeunes nous est complètement indifférente, surtout si elle ne nous coûte pas de sous supplémentaires en impôts. Que tous les jeunes lâchent l’école, ce n’est pas important : au moins ils ne jouent pas aux fesses avec un adulte.

La religion nous a inculqués qu’en dehors du sexe, il n’y a rien d’important. On  se contente, face à cette misère croissante, du verdict populaire selon lequel « C’est leur choix ». Plus on est superficiel, moins on est conscient, moins ça fait mal. Les média sont là pour moduler les environnements et nous empêcher de réfléchir.

En ce sens , la prise de position de certains films québécois contre la vraie misère des jeunes , qui dénoncent notre perception à l’effet que ne pas manger ou avoir un endroit où vivre , est un délit moins pire que la perte de sa chasteté , a le mérite de nous rappeler à la réalité. Par contre, cette vérité n’est pas vraie seulement pour les jeunes, elle l’est pour tous les âges. La drogue, l’immobilier ou la construction de condos ainsi que les profits des industries pharmaceutiques sont les domaines privilégiés pour le blanchiment d’argent. Les deux extrêmes de la pyramide d’âge, qui devraient être le souci quotidien de tous les gouvernements qui se respectent, sont devenus les vaches à lait du crime organisé international. Les jeunes sont exploités par les drogues comme les vieux par les médicaments.

Même l’indépendance du Québec est moins importante dans un certain discours féminoune que le féminisme lui-même. C’est ainsi qu’on implanta ce faux- féminisme dans un nouveau parti politique … Les femmes sont majoritaires. Il faut donc leur proposer quelque chose qui leur ressemble. Ce qui les touche encore le plus, c’est la peur de la sexualité.

Le discours féminoune n’a pas évolué depuis 30 ans. La liberté mâle n’est pas axée sur le mépris de la sexualité. Tant que les féminoune se cramponneront à leur mépris de la sexualité pour revendiquer leur égalité, elles échoueront parce que leur discours est trop superficiel.

Nous sommes loin d’une définition collective de ce que nous aurions besoin pour vivre le bonheur et l’amour dans ce monde obsédé par les profits. Le discours féminoune est vieillot et tourne en rond parce qu’on est passé du rêve d’avoir des «hommes roses» à celui des «femmes au pouvoir». L’essentiel de la réforme sociale demeure l’égalité entre l’homme et la femme, mais on oublie de réviser la perception féminine de la sexualité.

Pour trouver l’égalité, il faut d’abord s’entendre sur ce qui nous rend identique, tout en permettant d’assumer complètement les différences.

Le mariage d’un certain féminisme avec une certaine gauche n’a rien d’étonnant parce que la morale sexuelle n’a jamais progressé. C’est une chose que de prétendre qu’il n’y a pas de dieu, que la répression sexuelle est la base du fascisme, mais s’en est une autre que de le traduire dans la vie quotidienne, que de se rappeler que responsabilité rime avec liberté.

Ce ne sont certainement pas Lénine, Staline, Pol Pot ou Mao qui se sont battus le plus hardiment pour la libération sexuelle. Leur lutte fut strictement économique : une révision du partage du pouvoir. D’ailleurs, toutes les super nations et toutes les religions favorisent la répression sexuelle des jeunes parce qu’elle facilite l’exploitation individuelle et l’aliénation. Les superpuissances correspondent à l’empire romain : une recherche sans limite des richesses et du pouvoir.

Cependant, la «gauche progressiste » serait, à Cuba, à revoir sa conception sur la sexualité. L’avenir nous dira s’il y a encore place à la compréhension humaine dans la vie privée…Être un esclave du capitalisme ou du communisme, ça ne change pas grand-chose.

Quant à la gauche canadienne, qui a toujours fait croire dans son progressisme, elle a perdu toute crédibilité quand elle s’est prononcée pour le fédéralisme, une structure centralisée d’exploitation.

La tactique préférée des fédérastes a toujours été de diviser pour régner. Certains Québécois ont la mémoire tellement courte et sont si jaloux de leurs voisins qu’ils oublient qu’il y a deux moyens de diriger la masse : en faisant appel à une idéologie ou un idéal ou en créant les structures qui permettent de voler légalement directement, en exploitant la majorité.

Il suffit d’écraser l’ennemi, le syndicat, de permettre au privé de devenir un partenaire et, ensuite, s’assurer que les contrats puissent être obtenus sans appel d’offres pour permettre au patronage d’occuper la même place qu’à l’époque de Maurice Duplessis. L’exploitation et sociale est moins importante dans l’esprit des gens que la chasteté et ça rapporte tellement plus …

Pourtant, l’avenir du Québec sera nécessairement au centre gauche, car le politique est un équilibre entre l’économique et le social. Le politique doit veiller au bien-être des citoyens et non les exploiter. Les politiciens l’oublient trop facilement. C’est pourquoi l’État est appelé à se prononcer sur l’âge de consentement. Qu’on le veuille ou non, même la sexualité est une affaire politique. L’âge de consentement n’est pourtant pas exigé quand il s’agit de choisir sa religion. C’est pourtant beaucoup plus fondamental. Mais, ça cadre dans le plan du lavage de cerveau dès l’enfance. Créer une empreinte qui disposera du reste de la vie…

Quand la police a démantelé un réseau de prostitution juvénile dans Outremont, on ne s’est pas tellement vanté du fait que les jeunes ont affirmé y avoir participé pour les caresses et non l’argent. Les policiers furent terrifiés d’apprendre que les jeunes avaient pris cette décision d’organiser leur propre réseau de prostitution juvénile, sans l’intervention d’un adulte, juste pour «enfin» connaître le sens du mot «tendresse». Tous les jeunes étaient fils de riches ; ils n’agissaient pas pour se payer ce qu’ils n’auraient pas pu avoir autrement, mais pour enfin se sentir désirés. C’est difficile pour quelqu’un qui gagne un salaire astronomique de comprendre que tu peux vouloir troquer ton petit sexe contre un bien que tu ne pourras jamais avoir autrement. D’autant plus que ça procure beaucoup de plaisir…Pourquoi s’en priver ? C’est encore plus rare de concevoir qu’à cet âge, le jeune peut avoir compris qu’on lui ment pour lui interdire. Il est difficile de croire que le sexe divinisé et intouchable est dangereux lorsque après l’avoir essayé tu en ressors ébahi, que tu en fantasmes juste à te rappeler les merveilleux frissons que tu as vécus. C’est un fantasme qui vaut mieux qu’une revue pornographique.

Le pire ennemi des enfants sur le plan sexuel, ce sont l’ignorance, le mensonge et le fait que les adultes en font tout un plat. Faute d’avoir les informations qui influenceront leur vie, les jeunes se la procurent alors, souvent tout croche, auprès de leurs camarades ou en essayant de se renseigner dans la pornographie. Les adultes ne comprennent pas que leur interdit est le meilleur allié de la pornographie.

Il est normal de vouloir connaître, essayer, te comparer quand tu es jeune. Si les adultes sont incapables de leur en parler, il ne reste qu’à aller chercher les réponses ailleurs. Les adultes se plaindront de cet intérêt et pleureront sur une prétendue décadence parce qu’ils ont oublié ce qu’ils ont vécu, ils sont trop

«poignés» pour s’en rappeler correctement. Une pudeur injustifiée de la sexualité est aussi un déséquilibre mental qui, poussé trop loin, conduit à la paranoïa.

La pédérastie est l’amour entre un adulte et un adolescent (10 ans et plus) qui découvre sa sexualité. Elle est même conseillée dans certaines religions ou pratiques philosophiques comme le tantrisme. C’était aussi la forme d’amour la plus élevée durant la Grèce Antique.

Évidemment, puisque ces pratiques sexuelles ne conviennent pas à la majorité des religions d’aujourd’hui, elles sont interdites presque partout.

Les preachers et les gourous ont droit aux femmes pour assouvir leurs passions… c’est un amour dit normal.

Toutes les religions ont droit d’être protégées, sauf, celles qui reconnaissent aux jeunes le droit de découvrir l’amour avec un adulte : une des plus grandes hypocrisies de notre culture.

On peut inventer toutes les peurs que l’on voudra, il en demeure pas moins que très souvent comme l’écrivait Jean Ferguson, un grand écrivain de Val-d’Or, dans son «Journal noir », le jeune est souvent plus que consentant.

Contrairement, à la pédophilie, la dénonciation devient un excellent indicatif pour le jeune, car il n’a plus besoin de se casser la tête, sachant que la personne dénoncée connaît l’affaire. S’il veut l’essayer, il sait où aller. Il le fera à la cachette. Il sait déjà ce qu’il veut quand il se rend chez l’individu dénoncé. Il saura bien se faire comprendre. Les jeunes sont moins niais qu’on le croit. Placer la photo du pédophile sur un poteau, c’est fournir un carnet d’adresses à ceux qui seraient tentés par l’expérience.

La liberté sexuelle 19

août 20, 2020

La liberté sexuelle 19  (pp. 183 à 194)

Les policiers peuvent aussi remonter dans la vie d’un individu même si ça s’est passé 20 ans plus tôt. Si ça te prend plus de 20 ans pour t’apercevoir que c’était une curiosité malsaine, une forme de prostitution sans promesse d’avenir , ou un besoin de cocaïne à combler , on peut se demander si dénoncer n’est pas une forme de chantage pour recouvrer ce dont on est maintenant privé parce qu’on a pu garder sa même vache-à- lait ?

Les séquelles que l’on prétend provenir d’une expérience sexuelle ne sont-elles pas, au contraire, le fruit du déséquilibre émotif ? Le prétendue victime a permis ces expériences, mais ne peut pas tolérer de vivre dans la culpabilité et la honte maintenue par la société ? N’est-ce pas autant l’aboutissement d’une névrose sous-jacente, d’un trouble de caractère, une psychose ou d’une paranoïa que les séquelles d’une expérience sexuelle ? La honte d’avoir aimé ça, malgré la réprobation social. Il suffit de lire A. Poe pour en comprendre le mécanisme.

Pour la police , s’alimenter l’œil sur le web , c’est loin d’être aussi dangereux et nécessaire que de faire la chasse aux vrais criminels , mais une arrestation individuelle par-ci par-là , ça alimente très bien les médias d’information et les statistiques.

Pendant que l’on s’attaque au tout-petit fretin ; les gros ont les outils pour opérer sans être dérangés. On ne parle plus alors d’expériences plus ou moins consenties, mais de la traite et de la vie d’êtres humains.

Pendant que l’on dépense des fortunes à entretenir la peur des individus vicieux, la mafia règnent en maître sur notre planète. Les pédophiles ne sont pas habituellement des proxénètes. Contrairement à ce que l’on pense, la pègre bénéficie du pouvoir de ceux qui veulent nous dominer et nous exploiter, car au bout de la ligne, c’est dans leurs poches que les profits aboutissent.

Aujourd’hui, les féminounes et les médias, en essayant d’entretenir la peur du sexe chez les jeunes, poursuivent le rôle tenu jadis par la religion. Leur pudeur est la projection de leur propre peur.

La peur est ce qu’il y a de plus payant. Ce n’est pas pour rien qu’on l’entretient. C’est devenu une réalité quotidienne grâce aux bulletins d’information. Dans le livre «1984», le pays créait des guerres pour maintenir son pouvoir sur «sa» population. Il faut un ennemi diabolisé pour justifier les chasses-aux-sorcières. Les humains sont des êtres binaires qui voyagent d’un côté à l’autre du pendule…entre le scrupule et une trop grande permissivité.

Comme me disait mon père, Émile, il faut faire une nette distinction entre la mafia et la pègre. La mafia, ce sont de gros bonnets (archevêques, juges, politiciens, banquiers, policiers, etc.), des gens de pouvoir corrompus qui dictent les lois de façon à ce que tous les profits tombent incognito dans leurs poches alors que la pègre ce sont les hommes de main, les gens du terrain qui font les sales opérations pour le profit de la mafia. Puisque dans la mafia, tous les participants sont des gens hors de tout soupçon, des personnes vénérées par le bon peuple, la majorité est prête à les défendre, même si c’est par elle qu’elle se fait exploiter. Elle fabule leur morale et juge de la valeur de leur vie en fonction de son dicta puisqu’ils sont incapables par leur aliénation de remettre en cause ce qui leur a été appris.

La conscience individuelle exige un trop grand effort contre l’insécurité et la peur pour créer sa propre philosophie ou interprétation de la vie. L’autonomie est une force qui s’acquiert. Cet esclavage ne peut être vaincu que par l’alphabétisation de tous les humains et une prise de conscience profonde.

Notre prétendue justice ne trouve rien de mieux à faire que de s’en prendre à des individus qui ont le malheur d’avoir la curiosité un peu forte ou les doigts un peu trop longs plutôt qu’au commerce international , sans scrupule , de la sexualité.

La place faite aux femmes dans les livres saints permet de maintenir une forme d’aliénation personnelle, car, personne n’est à l’abri d’une tentation…Si on ne s’est pas libéré de ces enseignements, la vie ne peut être qu’une auto- flagellation, sous prétexte d’obéir à un dieu qui n’a jamais eu de corps. Il n’est pourtant pas nécessaire de souffrir pour apprendre à se discipliner. En s’attaquant à la sexualité, le système peut être certain que personne n’y échappera.

Ce n’est qu’hypocrisie. L’argent des contribuables devrait être utilisé pour la prévention et protéger les victimes, et non pour permettre à une bande de frustrés de gagner leur vie en jouant sur des ordinateurs ou en organisant des procès à des particuliers, devenus des shows de télévision.

Si on voulait vraiment protéger les victimes de crimes sexuels, c’est au trafic d’humains et aux disparitions que l’on s’attaquerait. Se masturber en regardant des photos dites indécentes chez-soi , ça n’a jamais encore blessé personne ; mais c’est une des obsessions pudibondes d’une société qui n’a rien d’autre à faire que de surveiller la morale sexuelle des autres.

Si la décriminalisation de la sexualité était respectée, la société représentée par les forces de l’ordre devrait aussi veiller à la sécurité des gens qui vivent de la prostitution. Cependant, pour le respect des individus, leur liberté, il faudrait interdire le proxénétisme sous toutes ses formes et sans prescriptions, comme on le fait présentement pour la pédophilie ; mais la traite des femmes c’est un commerce de la mafia, une denrée payante. On se fiche que les prostituées se fassent battre ou blesser dans l’exercice de leur fonction. Il faut les protéger.

Le système politique dépense des milliards pour une armée dont on n’a pas besoin et ne trouve pas les sous nécessaires pour assurer la sécurité des gens qui utilisent internet. Être assis dans un bureau, à visionner des petits films cochons, en essayant de prendre les mauvais voyeurs ; c’est moins dangereux que de s’en prendre au trafic international de la mafia.

La loi devrait s’attaquer aux producteurs de pornographie infantile, non pas à ceux qui en consomment. Il est extrêmement facile de s’en procurer sur internet gratuitement.

Le vrai problème, c’est la traite d’êtres humains. C’est comme la drogue. L’officier de police, qui a décidé que pour la consommation de la marijuana, ce serait tolérance zéro, avait de grands intérêts dans le trafic des drogues, plus particulièrement, dans la cocaïne. En interdisant aux individus de produire chez- eux leur propre consommation, on les forçait ainsi à devoir acheter dans la rue, donc, du crime organisé. Plutôt que de perdre leur temps à combattre la sexualité non-violente, la police devrait attacher autant d’importance aux crimes économiques que sexuels, même si c’est moins émotif, donc, moins sensationnel.

Tant que l’on peut faire croire que la femme est le péché incarné ou du moins ce qui y conduit irrémédiablement, il est impossible de prétendre à l’égalité entre l’homme et la femme. La perception de la sexualité est très différente entre l’homme, à qui on a appris à jouir sans scrupule, et la femme, à qui on a appris à avoir honte et peur du viol depuis son enfance. L’égalité entre les deux sexes est indéniable du seul fait qu’un être humain est humain, quel que soit le rôle qu’il a à jouer dans l’évolution.

La compréhension de l’autre sexe en ce qui a trait à la sexualité est encore un gouffre. La sexualité chez les adultes est confondue avec le pouvoir homme femme plutôt que d’être perçue comme une différence, surtout émotive.

L’interprétation de l’après-mort et le jugement sur son existence sont devenus une question de «croit ou meurs » dans toutes les religions. Qui peut prétendre que c’est vrai ou faux ? Personne n’est revenu pour nous le dire. C’est aussi logique de penser qu’il n’y aura rien après la mort que de croire dans les fables inventées par les religions ou la spiritualité sur l’après-mort. La seule certitude est que nous n’en savons rien. L’ignorance est le pire ennemi de la liberté et de l’autonomie. C’est le siège par excellence de l’orgueil et de l’autoritarisme. Une foi aveugle permet la manipulation et le contrôle de tous les individus.

Le fanatisme religieux est la principale cause de la violence dans nos sociétés. Pourtant, les religions devraient exister pour nous apprendre la tolérance et l’amour.

Nier la sexualité chez les jeunes, c’est comme l’Église catholique qui condamnait et brûlait ceux qui affirmaient que la terre est ronde. Prétendre qu’une relation sexuelle, sans violence ou domination, est source de souffrance ; c’est carrément mentir. C’est un viol de conscience.

Ce péché a été créé pour aliéner les individus. Qu’est-ce qui est le plus malsain pour le jeune et cause plus tard des séquelles dans sa vie : l’expérience elle- même ou la condamnation par un arrondissement social acéré par l’automatique «préjugé-tabou » de la sexualité chez les jeunes ? Une négation gratuite de la réalité.

Il est bien normal qu’après des siècles de lavage de cerveau et des millénaires basés sur la peur de la mort, de la sexualité ainsi que les prétendus commandements de Dieu donnés par lui-même en personne que la presque la totalité des gens croient encore que les crimes sexuels sont aussi importants que la violence et le vol.

En prétendant qu’il s’agit directement d’une désobéissance à un ordre de Dieu, ça permet de faire croire que l’on doit obéir aveuglément à ce mensonge universel pour assurer son salut personnel. Qui voudrait être damné pour un petit plaisir instantané ?

Nous vivons dans un monde dirigé par une mafia légale planétaire pour qui la guerre est moins importante que le sexe.

Le système est un moyen d’exploiter les gens. Non seulement il s’en prend aux plus défavorisés pour les voler davantage ; mais il remet le fruit de cette exploitation à une poignée de propriétaires de toutes les richesses de la terre.

Quand ces bandits légaux n’ont pas ce qu’ils veulent, ils poussent les peuples à la guerre. La guerre permet au système économique de fonctionner puisqu’elle engendre des dépenses inutiles qui font fonctionner la machine économique. La guerre permet la création d’emplois. Elle se nourrit de croyances fanatiques parce qu’elle a besoin dans son esprit de domination, de croire qu’elle a absolument raison, pour se justifier de tuer d’autres humains qui pensent différemment.

L’humain est le seul animal qui tue ses semblables pour accumuler le plus d’avoir possible. Pourtant, quand on meurt personne n’apporte ses richesses dans l’au-delà ; mais l’au-delà permet d’éviter et de contenir les révolutions qui s’accumuleraient si les hommes pensaient qu’il n’y a pas un ciel après, car, ils exigeraient leur part de richesses et de bonheur immédiatement sur terre.

Pour dominer , les décisions doivent s’exercer du haut, un tout petit nombre, vers le bas, la masse , et imposer à toutes les couches sociales inférieures des redevances , s’assurant toutefois que les profits fassent le chemin contraire : l’exploitation du plus grand nombre, du peuple, pour un tout petit nombre qui récolte les profits en haut de la pyramide.

Cette exploitation inversée est possible par le colonialisme et l’aliénation. Le consensus humain ne sera possible que le jour où les gens pourront acquérir assez de connaissances pour constater l’égalité de chacun d’entre nous, malgré la diversité et parfois la différence de chaque individu. Alors on exigera un minimum vital pour chaque individu où qu’il soit sur la planète.

Le système est en partie un ramassis de crapules qui prétendent dicter non seulement les lois du marché, mais la morale à observer. Ces bandits à cravates ont tous les pouvoirs : religieux et judiciaires ; économiques et commerciaux ; idéologiques et politiques ; sociaux et communications. Toutes ces différentes structures se mélangent ensemble, s’interpénètrent, en faisant croire que chacune de ses parties est indépendante l’une de l’autre, empêchant de constater que leur ensemble forme le pouvoir absolu dont le seul vrai dieu est le profit. Ceux qui ont le pouvoir ont droit de vie ou de mort sur les moins bien nantis. Ils se nourrissent de leurs taxes, impôts ou amendes. Le pouvoir, c’est l’argent, cette denrée indispensable à la survie et au développement de chacun. Le système est un vampire…

Il existe sur terre une majorité de gens bien-pensants qui veulent vivre une morale qui respecte les autres, sinon la vie ne serait qu’un enfer.  Tu n’es pas  un salaud parce que tu es riche ou en autorité. Au contraire, il y a sûrement une très grande majorité de gens qui font leur possible. Le paradis terrestre sur terre est un projet à très long terme puisqu’il exige une profonde évolution de la conscience et un meilleur contrôle des émotions. En attendant, qu’on le veuille ou non, il faut un système imparfait pour partager les richesses ; tout comme il faut des policiers pour faire respecter les lois. La vie sur terre sera facilitée quand on aura encadré l’économie autant que le sexe, de manière à voir  un minimum de justice sociale.

Notre histoire, notre évolution, c’est simplement le total de nos expériences bonnes ou mauvaises. Notre société est le fruit de l’expérience antérieure.

Pour dominer, le système a besoin que la masse accepte un certain nombre de compromis qui lui assure assez d’appuis pour maintenir son pouvoir. Dans les pays pauvres, la survie économique individuelle, face à l’armée ou la police, force les individus à se taire et se rallier aux gens du pouvoir. Dans les pays riches , il faut détourner l’attention du dieu – argent , en assouvissant les gens à la consommation , aux modes , à l’envie et la jalousie du voisin , et en incitant les individus à vivre en voyeurs quant à ce qui se passe dans le pantalon du voisin plutôt que d’avoir une conscience personnelle. La nouvelle forme d’exploitation, c’est la peur et les émotions. Nous vivons dans un monde de plus en plus féminisé.

Il suffit de trouver une victime pour amener des centaines de gens à donner leur chemise pour lui venir en aide ; mais cette générosité se retrouve souvent dans les poches des exploiteurs de la misère humaine. Le gouvernement du Québec dépense 800,00 $ pour inciter les gens à dénoncer. Et, s’il n’y avait que ce 10 % connu d’abus sexuel qui soit vrai ? Qu’est-ce que le gouvernement vient faire dans des campagnes de dénonciation ? On trouve l’argent pour ces niaiseries, mais on en pas pour l’éducation. Évidemment, ça élimine des emplois potentiels pour les dames qui rêvent de devenir procureures. S’il n’y a pas assez de causes, il faut moins d’avocates. La nouvelle mode.

On a créé un commerce de la « victimisation ». L’agresseur est le protecteur de l’agressé et il en retire donc tous les profits. La dénonciation demeure un geste infâme, car elle ne vise que la vengeance.

Même si l’on sait que les religions servaient auparavant de pensée judiciaire pour discipliner le peuple et mieux l’exploiter , on continue à maintenir l’hypocrisie et le mensonge quant à la sexualité des jeunes afin de mieux les embrigader… comme si le fait de connaître une expérience sexuelle non-violente et voulue était un acte si grave qu’il peut «voler ton enfance».

On domine les individus par la culpabilité, la honte et la peur ; mais les jeunes ne sont pas aussi obsédés par la sexualité parce qu’ils n’ont pas été élevés dans un même degré de paranoïa que nous l’avons été. Ils ne voient pas la sexualité comme les adultes. Ce n’est plus le péché qui nous condamne à l’enfer, mais un plaisir à partager avec responsabilité, ce qui permet de penser à autre chose et ne pas en faire une montagne. En jouant la carte de l’innocence des jeunes, qui en savent souvent aujourd’hui autant que leurs parents, sinon plus, on permet de prétendre de les sauver de la misère en les castrant de leur sexualité.

Ce n’est pas parce que tu vies une aventure sexuelle précoce que tu te lances dans les drogues, mais parce que tu ne peux pas faire assez confiance en ton milieu pour pouvoir en parler sans honte ou sans danger. Tu es le coupable et tu penses que tu es le seul dans l’humanité à vivre cette situation. Très souvent les solutions du système pour protéger un jeune de ce qu’ils appellent un abus sexuel sont tellement hystériques qu’elles sont pires que l’expérience sexuelle elle-même parce qu’elles ne tiennent pas compte des émotions.

Refouler honte et culpabilité, c’est s’assurer qu’un jour le couvercle va sauter. Le problème est qu’on ne remet jamais en cause la pertinence de cet interdit. Quand les intervenants décident de sauver un jeune d’un abus sexuel, ils ne lui demandent pas son avis : ils imposent leur solution. Souvent, celle-ci est plus dommageable pour le jeune, dont on ne tient pas compte de l’émotivité, que d’avoir vécu ce qu’il a subi, surtout s’il a aimé ça. Ce devrait être la victime qui décide finalement de la solution choisie entre les différentes possibilités. Ce doit être elle et elle seule qui a le droit de dénoncer et non l’environnement (parents, travailleur social, etc.).

Puisque les femmes transmettent les valeurs, les religieux et les idéologues ont stigmatisé, à travers elles, leur propre haine de la sexualité. Ces hommes, sans le savoir, condamnait leur aspect féminin. C’est d’ailleurs pour éliminer le prépuce, identifié à un attribut féminin, que les religions ont inventé la circoncision. On oublie trop facilement qu’il y a une part de femme dans chaque homme et inversement

La femme fut toujours présentée comme la tentation, le péché, le mal, la servante de l’homme. Si Dieu est aussi macho que le prétendent les Livres Saints quand ils parlent de la femme, on pourrait en conclure que c’est un être sanguinaire, plein de préjugés, qui n’est pas très agréable à rencontrer… Qui voudrait aller vivre éternellement avec un tel monstre ? C’est loin d’être un Dieu d’Amour…Un Dieu d’Amour ne condamne pas…

Les religions ont toujours prôné la haine, la destruction de ceux et celles qu’elles décrétaient comme le Mal. Est-ce qu’on interdit les religions parce qu’elles engendrent des fanatiques ? Les fanatiques religieux sont  plus  dangereux qu’un pédéraste non violent ? Les fanatiques tuent au nom de leur Dieu et de leur idéologie alors que les pédérastes aiment Dieu à travers les jeunes…

Le fanatisme religieux est une maladie mentale qui conduit facilement aux meurtres ou à la guerre.

Tout individu est sexué dès sa naissance. Interdire de l’être ou te punir parce que tu es différent des autres quant à ton orientation, c’est-à-dire ce qui t’attire ; c’est contrecarrer la nature humaine dans son essence même et son évolution. C’est le genre de recherche que faisais les nazis.

C’est prétendre que Dieu fut tellement stupide qu’il s’est trompé dans sa recette et qu’il a créé des êtres vils de par leur « petite nature ».

En confondant sexualité et génitalité et en conférant à la sexualité un caractère quasi- divin, on lui approprie un respect que l’on confond avec scrupules, une honte déraisonnée de son corps.

Les gens qui s’opposent à la nudité sont principalement des gens qui rejettent leur propre corps. Corps qu’ils ont honte de comparer à un autre. Ces gens jaloux ne peuvent tolérer que les autres puissent jouir d’une liberté qu’elles n’osent plus penser pour eux-mêmes.

Les idéologues fascistes, communistes et capitalistes soutiennent la répression sexuelle pour détourner les regards de leurs crimes de guerre : tuer pour posséder davantage, car, toute guerre est d’abord et avant tout économique.

Si on voulait vraiment protéger les humains, on interdirait toute peine de mort, légale ou non, justifiée ou non. Ceux qui imposent la guerre devraient être considérés comme les pires, des criminels. On s’attaquerait au viol commis durant les guerres ou en temps de paix. Et, le viol serait considéré comme tel dès qu’un individu n’a pas fourni son consentement. On reconnaîtrait que le proxénétisme est un viol. Ces règles devraient être planétaires, mais ce sera impossible tant qu’il y aura des superpuissances qui ont avantage, pour garder leur pouvoir, de maintenir des guerres culturelles. Elles seraient d’ailleurs les premières à être accusées.

On a créé un tel «préjugé» avec la sexualité qu’il faut une vie entière juste pour se justifier et comprendre que c’est un moyen de contrôler les masses et de pulvériser toutes les manières de penser en dehors de la procréation. Comment un religieux peut-il juger de la vie familiale alors qu’il se fait vivre par les autres ? Comment un juge qui gagne plus de 100,000 $ par année peut-il comprendre celui ou celle qui est contraint de se prostituer pour survivre ? Non seulement il  a les moyens de se payer qui il veut, mais il est protégé par la police. Qui ne se rappelle pas que le juge le plus dur avec les prostituées à Montréal était celui qui les fréquentait à la cachette ? Pourquoi un policier ou policière peut-il, dans un état qui se prétend démocratique, se travestir en prostituée pour pouvoir arrêter ceux qui lui font des propositions ? Un système basé sur la sollicitation et l’hypocrisie cherche-t-il le bien général de la population ou est-ce un bon moyen de se faire des profits à travers un système judiciaire dépassé et de plus en plus décadent ?

Il n’y a pas que le lavage de cerveau des religions qui influence notre comportement sexuel, même la publicité commerciale s’en mêle. Ignorant que jusqu’à un certain âge les garçons détestent les filles et vice-versa ou, du moins qu’on n’est pas attiré par l’autre sexe à cet âge ; on est encore aux couches dans ces publicités, qu’on cherche à accoupler le petit gars à «une blonde» pour marquer qu’il est bien normal : si tu n’as pas de blonde, tu n’es pas normal.

Les religions, les médias et la publicité servent à créer un environnement, comme les arènes romaines, qui nous rendent esclaves de «ce qu’en pensent les autres». Si notre environnement peut altérer notre développement, il peut aussi, grâce au refoulement sexuel créer une «prison émotionnelle», cause de notre incapacité à créer nos propres références, surtout quand elles engagent notre inconscient ou qu’elles ne réfèrent pas à celles de la majorité. Religions et publicités servent à nous laver le cerveau, à meubler notre inconscient de préjugés et ainsi déterminer à notre insu ce qui est normal ou pas.

Aujourd’hui, l’humanité n’a plus autant besoin de s’occuper du nombre de naissances pour assurer sa survie ou créer de bonnes armées. Au contraire, plus il y a d’individus, plus la richesse collective à partager est restreinte, plus il risque d’y avoir de conflits pour partager le peu qu’il y a. C’est la principale raison pour laquelle il faut totalement repenser les religions ou le judiciaire, l’économie ou les pays, la politique ou la redistribution des richesses, si on ne veut pas que l’homme soit l’artisan de sa propre destruction. L’avidité économique incommensurable d’un tout petit nombre crée le malheur universel dans lequel nous vivons.

On peut vivre en amour et être heureux, sans nécessairement avoir des enfants après chaque action génitale.   Mais, pour ne pas crouler sous la culpabilisation, il faut avoir rejeté les tabous, grâce à un enseignement scientifique de la sexualité.

Il faut pouvoir parler de sa sexualité sans honte. Il n’y a pas qu’une façon de vivre la sexualité. Le pédéraste de la Grèce antique , tout comme le chaman , faisaient l’amour avec leur petit gars , dans un rite d’initiation , pour lui apprendre de devenir un bon époux et savoir comment se comporter sexuellement pour faire «jouir» sa femme.

Aujourd’hui, il appartient aux parents de faire cette éducation théorique. Il doit aussi exister des livres et des films capables de répondre aux questions des jeunes. Si les jeunes ne peuvent pas avoir accès à une information scientifique et juste sur la sexualité, ils combleront leurs besoins d’information en allant les chercher dans la pornographie. S’ils le doivent, c’est que les adultes sont trop ignorants ou trop scrupuleux pour comprendre qu’il est normal pour un jeune de s’informer sur la sexualité. L’ignorance de leurs enfants continuera à générer l’aliénation.  Les familles continueront de vivre dans l’instabilité. Et, les jeunes  qui auront connu des expériences sexuelles, en dehors des règles de la société, continueront à accumuler culpabilité et mépris d’eux-mêmes parce qu’on ne leur aura pas appris que la sexualité est un phénomène normal chez tous les humains.

Évidemment, pour certains, la chasteté est encore plus importante que le suicide des jeunes. Souvent le suicide aurait pu être évité, si ces jeunes avaient connu quelqu’un qui les informe et les sécurise dans leur découverte et leur cheminement pour prendre leur place en société. Ils sont au moins morts chastes, penseront les scrupuleux. La corruption est un état d’esprit.

Le secret, le silence, la culpabilité et la honte sont les principales causes des séquelles sexuelles dont se plaignent certaines victimes. S’il y avait eu moins d’hypocrisie dans leur entourage, ils auraient pu discuter de leurs peurs, sans culpabilité et sans honte. Ils n’auraient pas eu besoin d’un psychologue pour leur faire croire, 20 ans plus tard, que leur expérience sexuelle avec un adulte est «la» cause de leur détresse. C’est facile de rejeter tous les blâmes sur l’autre, surtout quand le tout a été mélangé à la drogue. On oublie de dire qu’à long terme la drogue finit aussi par détruire un individu.

Au fur et à mesure que l’on commence à comprendre la différence entre la sexualité et la génitalité, on s’aperçoit que les «faiseurs de morale» s’attachent

toujours au sacrifice pour évoluer et garantir leur propre salut alors que l’amour est, au contraire, un moteur essentiel à l’action qui peut procurer joie et épanouissement. L’amour n’est ni une perversion, ni une punition, ni une contrainte ; mais les religions l’ont oublié pour assouvir leur rêve de dominer le monde.

La sexualité est un instinct de vie alors que sa répression en est un de mort. Ils ont créé un monde reposant sur le rejet du corps afin de redevenir l’ange qu’ils prétendent avoir déjà été alors qu’une société qui accepte la sexualité est , au contraire, basée sur la fierté d’être humain. Le corps est beau. La vie est sacrée. Les valeurs sont différentes.

Pour justifier leur interprétation négative de la création, les religions ont dû inventer d’autres livres saints pour les conduire à la domination individuelle et morale de chacun de leurs membres. Le fanatisme est impossible si on ne croit pas d’abord détenir seul la Vérité. Auparavant, les religions servaient de police et de psychologues. Les règles étaient établies au meilleur de leurs connaissances. La science a clairement démontré depuis que bien des dogmes reposent sur l’ignorance. La libération est donc la connaissance.

Le péché de la chair, qui était jadis justifié par notre ignorance, se voit aujourd’hui relégué au rang des aberrations.

La répression sexuelle est une des principales causes de maladies mentales parce qu’elle repose sur une mésestime de soi inconsciente entretenue par la honte et la culpabilité. Si l’on veut s’attaquer aux séquelles, on devrait d’abord faire renaître le respect de soi, la déculpabilisation, la confiance en soi ; mais on préconise plutôt de se venger en devenant ce qui peut être le plus abject chez un humain : devenir un «stool». Vouloir se venger, ce n’est pas la même chose que d’apprendre à se pardonner ; c’est un geste de haine.

C’est surprenant de constater que de nombreux pays qui auraient avantage à diminuer leur population soient aux prises avec des religions empêtrées dans leurs traditions de procréation et de domination mâle alors que dans d’autres parties du monde , au Québec , par exemple, où on a un très grand besoin de jeunesse, à cause du vieillissement de la population. Les naissances sont de plus en plus une question à savoir si on en a les moyens financiers ou si on est homosexuel.

Pourtant, l’orientation sexuelle ne devrait pas empêcher la création de familles : l’enfant a surtout besoin d’un lieu stable, sécuritaire et aimant pour se développer.

L’homosexualité a permis l’éclatement de la définition de l’amour qui se devait jusqu’à maintenant d’être strictement hétérosexuel et reproductif.

Malheureusement, nos lois sont encore trop archaïques pour reconnaître la pédérastie.

Si les parents sont responsables des jeunes enfants, l’entrée des jeunes à l’école secondaire marque le début de la véritable capacité d’individualisation des adolescents.

Cette évolution entraîne de plus en plus l’impossibilité des parents à décider de ce que font et pensent leurs adolescents. Souvent les paires ont même plus d’importance que les parents. Avec l’adolescence, l’individu devient le seul responsable de lui-même et de sa morale ; mais si ce passage dans l’évolution d’un individu ne nie en rien le besoin d’avoir une bonne famille pour réussir dans la vie.

Il faut faire une nette distinction entre décriminaliser et légaliser la sexualité. Dans le cas de la décriminalisation, on cesse de rendre illégal des rapports sexuels individuels non violents ou dominateurs. Il faut qu’il y ait consentement ou désapprobation claire. La loi doit s’en tenir à assurer la clarté de ce consentement. Un oui ou un non, ce doit être clair. Cette notion conçoit toujours la procréation comme étant le but premier de la sexualité ; tout en reconnaissant que la sexualité peut aussi avoir d’autres finalités : l’amour, la tendresse, le partage, la communication.

Platon prétendait que l’amour conduisait à la naissance charnelle de nouveaux êtres alors que l’amitié, elle, créait de nouvelles âmes. Comme Aristote, il pensait qu’il existe différent niveau d’amour.

Si le jeune ou l’adulte n’ont plus de déboires judiciaires avec les autorités sur un plan sexuel, cette approche conserve la nécessité d’une responsabilité fondamentale individuelle. Il y a bien des moyens de vivre sa sexualité, sans pénétration, et de plus en plus de moyens de contraception. Si on veut vivre une sexualité libre, il faut connaître ses responsabilités tant sur un plan médical que ses obligations parentales s’il y a procréation. Ce n’est pas en taisant celles-ci, en continuant de maintenir le tabou autour de la sexualité que l’on créera une conscience personnelle.

Avec l’ADN, les hommes et les femmes devront comprendre que faire un enfant c’est une responsabilité de deux personnes. Cette responsabilité doit assurer à l’enfant les moyens économiques et psychiques de se développer en toute sécurité. Cependant, l’enfant ne doit pas être une denrée de chantage comme c’est présentement le cas dans bien des séparations.

Certaines féminounes ont même avoué que la pédophilie était leur arme la plus sure contre les hommes…

La liberté sexuelle 18

août 19, 2020

La liberté sexuelle 18 (pp. 171à183)

L’abstinence sexuelle est contre – nature. Les rêves ou les règles s’en chargeront d’ailleurs naturellement…mais pour un jeune ignorant, les rêves peuvent être la preuve que sa perversité est telle qu’il ne peut même pas la fuir dans ses rêves. L’ignorance fait plus de dommages que l’expérience. Que les adultes aiment cela ou pas, de nombreux jeunes adorent ça parce qu’ils sont baignés dans une atmosphère de jeu, de tendresse, de cadeaux et d’une attention qu’ils ne connaîtront probablement jamais autrement. Ce n’est pas parce que tu es noyé de cadeaux que tu es devenu «accro» à la personne qui te les donne : c’est que ça te fait plaisir et que tu te sens considéré.

Si on n’avait pas maintenu la sexualité taboue aussi longtemps, le jeune n’aurait pas peur d’en parler. Adolescent, c’est lui le maître de ses fréquentations. Le point de vue des paires est souvent plus écouté que celui des parents et ceux-ci sont souvent impuissants, car un véritable dialogue est difficile. Bien des parents deviennent dingues juste à penser qu’ils doivent parler de sexualité avec leurs enfants.

Plutôt que d’étouffer le jeune avec la morale, il faut lui apprendre à devenir maître de ses sentiments et de ses émotions. Le développement humain, ce n’est pas d’être chaste, c’est de devenir autonome et responsable. La pureté ce n’est pas d’être chaste, mais avoir de bonnes intentions et agir avec amour.

Rien ne justifie les règles sexuelles actuelles, s’il n’y a pas de violence. Ces règles existent uniquement pour nous culpabiliser et nous dévaloriser afin de rendre l’homme exploitable de sa naissance à sa mort. Le psychiatre W. Reich l’explique très clairement dans ses livres sur la révolution sexuelle. La culpabilité permet une meilleure performance au travail pour se revaloriser face à la société.

C’est donc pourquoi, on implante chez l’individu un profond sentiment de culpabilité et de mépris de soi : le péché originel ou de la chair. La culpabilité et le mépris de soi sont les meilleurs moyens d’exploiter sans arrêt les individus, car, ils sont programmés dans la conscience de l’enfant, avant même de pouvoir comprendre. Les adultes sont trop marqués par l’éducation qu’ils ont reçue pour s’apercevoir que rien ne justifie cette peur sexuelle et l’ostracisme à laquelle on est condamné dès l’enfance.

On prétend qu’il y aura de prétendues séquelles, oubliant que ces séquelles se confondent généralement avec le chantage et le désir de continuer à recevoir une rétribution affective ou monétaire. La prétendue victime n’accepte plus  d’être privée et le besoin est énorme surtout si elle fait usage de drogues. Plutôt que de blâmer les drogues, le système préfère prétendre que c’est un traumatisme sexuel. Mettre quelqu’un en accusation, ce peut être très lucratif. Mais, s’il n’y a pas assez de dénonciations, ça ne vaut plus la peine de nourrir et entretenir une industrie créée autour de l’interdit sexuel et du phénomène de «victime». Voilà pourquoi il faut être encore plus sévère : strictement pour justifier son existence.

D’autre part, les séquelles naissent davantage à partir de la situation hystérique autour d’un jeu sexuel qui tourne à l’enfer quand les adultes en entendent parler.

Les pédérastes savent d’expérience que la majorité des jeunes sortent grandis de cette expérience s’ils ne croient pas qu’ils sont condamnés aux foudres divines ou celles des adultes. Une telle liberté met en danger la capacité de créer un beau troupeau docile. C’est pourquoi tout est traité sous forme générale, les mêmes règles s’appliquent à tous, même si ce sont tous des cas particuliers. C’est au jeune de voir s’il aime ça ou pas.

Qu’on le veuille ou non, l’amour charnel des aînés pour les adolescents existe depuis le début de l’humanité. C’est la recherche de la beauté, de la jeunesse et de l’immortalité ou la tentative de revivre sa propre enfance à travers son amant. Le pédéraste veut combler des désirs et des besoins qui ne le furent pas quand ils étaient jeunes. C’est une forme de fixation et de régression. La pédérastie est encore moins présente dans la société que l’homosexualité d’où sa capacité de provoquer une peur injustifiée.

Pour les pédérastes, très souvent, ces élans sont inexplicables. Leur adoration pour les jeunes, cette manie de les couvrir de cadeaux, de les amener en voyages, de rechercher leur joie ne sont pas seulement une forme de séduction ou de sécurisation inconsciente, mais ce sont aussi et surtout des marques d’amour et d’affection.

C’est bizarre que pour le pédéraste, selon les adultes, tomber en amour ou donner des cadeaux, c’est une feinte pour mettre le jeune en confiance, pour lui cacher ses vrais désirs, alors que tous les adultes vivent la même chose quand ils se fréquentent. On dira qu’il y a une différence d’âge ; mais une différence d’âge ne veut pas dire que le jeune ne sait pas ce qu’il fait. Ce jugement sur la capacité du jeune d’avoir l’intelligence de comprendre ce qui se passe ne peut pas justifier la répression de l’autonomie individuelle.

La Charte des droits de la personne prétend défendre les jeunes contre la ségrégation à cause de l’âge ; mais quand il est question de sexe, la Charte n’a plus rien à dire. En quoi les cadeaux pour les fréquentions adultes sont-ils moins une façon d’obtenir ce que l’on veut, une forme différente de séduction ou de prostitution que les échanges entre un adulte et un jeune ? C’est de l’hypocrisie. Avec le jeune, c’est acheter ses services sexuels tandis que pour les adultes, c’est acheter l’amour. D’une manière ou d’une autre, c’est attirer l’attention et l’affection du partenaire recherché. Quelle différence ? De l’amour, c’est de l’amour. L’amour n’a pas d’âge. Personne ne peut survivre dans la vie sans amour…

Pour justifier les règles sexuelles, on les a subdivisées, s’assurant ainsi qu’il y aura au moins un élément qui permettra de crier au crime. Quand il y a une situation sexuelle, on confond pédophilie, pédérastie, viol, inceste, etc. pour que le public n’y voit que du feu. Il faut créer l’horreur pour donner un bon exemple et faire un bon papier.

D’ailleurs, cette prétendue liberté de presse autour des tribunaux ne fait que permettre aux prisonniers d’être informés pour qu’ils donnent la raclée à cet accusé , raclée que la police ne peut pas donner , car, malgré l’intolérance aveugle des «guerriers de la fausse pudeur » , il existe encore chez plusieurs une tentative de compréhension et une foi , une espérance dans la réhabilitation. À la décharge des prisons, il faut savoir que les criminels sexuels sont maintenant dans des lieux plus sécuritaires, en autant que ça ne se sache pas.

Qui peut croire dans un espoir de réhabilitation quand on exige d’un individu de se détruire lui-même pour avaler la culpabilité sexuelle obtuse que l’on transmet de générations en générations pour exploiter la conscience de tous les individus? Si l’on ne peut pas modifier une orientation sexuelle, on peut la conscientiser  et la contrôler pour assurer qu’elle se manifeste dans la non-violence, le consentement et le respect de l’autre.

La pédérastie ne peut être valable, comme dans toutes les relations humaines, que s’il y a un amour profond et sincère. Évidemment, les spécialistes du système refusent d’y entrevoir cette possibilité. Si on accepte que c’est un rapport amoureux, on ajoute immédiatement pour justifier sa répression que c’est un amour malsain…comme s’il peut exister des amours sains et malsains.

Les spécialistes ne veulent pas faire la nuance entre pédophilie et pédérastie, car ils perdraient leur raison d’intervenir et de se faire des sous. La répression est plus payante que la liberté.

Elle est payante pour le système judiciaire et pour la pègre puisque pendant qu’on s’occupe des individus, le crime organisé domine le proxénétisme et la traite des esclaves humains à l’échelle mondiale. Il n’y a pas que le sexe avec le crime organisé, il y a aussi la vente d’organes, le chantage, le vol et le meurtre, etc. C’est plus facile et plus rentable, en terme de statistiques et de « show », de s’attaquer à un individu que de s’en prendre au crime organisé.

D’ailleurs, en bout de piste, les profits vont dans les mêmes poches. Les crimes comme les attouchements, attentat à la pudeur ou la possession de marijuana permettent la survie économique d’une meute de professionnels : trop sévère ou pas assez, tu crées une clientèle. Mais, si on veut être juste, il faut reconnaître qu’il y a plus de policiers honnêtes et bien intentionnés que de ripoux. Aucune société évoluée ne peut se passer de lois et de policiers pour les faire respecter, car il y en aura toujours qui essaieront de contourner les règles. Qu’on le veuille ou non, il faut faire une nuance entre l’exploitation, l’aliénation et la discipline.

La discipline est essentielle à l’évolution de tout individu. Elle est plus efficace et plus stable qu’une morale imposée, surtout si celle-ci est injustifiable.

Le sexe est le seul cas dans la vie occidentale où le chantage est non seulement accepté, mais sacralisé. Le sexe, en dehors de la procréation, était un lieu commun de haine absolue approuvé par toute la société jusqu’à il n’y a pas très longtemps. C’est une preuve que l’inconscient collectif obéit encore aux vieilles règles religieuses ignares. Que tu dises n’importe quoi en faveur de la pédérastie, les paroles seront détournées pour en prouver encore plus sa nocivité. De quoi le système a-t-il peur ? Si on permet à l’individu de créer sa propre conscience, la vraie démocratie risque de s’installer.

Pour certaines féminounes, la séduction des jeunes – une obsession on ne peut plus féminine – est un geste de mépris. Selon elles, la femme est la proie, l’objet convoité qu’on veut acheter. Elles s’imaginent donc que les jeunes qui découvrent leur sexualité sont aussi des proies faciles et idiotes. Si la société n’accordait pas une importance indue, maladive, aux rapports sexuels des jeunes et ce à quoi les autres pensent de nous, les jeunes pourraient cesser d’avoir une image négative d’eux. Il n’y aurait plus toute cette ambivalence culpabilisante entre le désir et l’interdit sexuel.

Privés d’une culpabilisation innée et du mépris d’être humain qui en découle automatiquement, comprenant le besoin de se connaître, les jeunes découvriraient que dire «je t’aime», ça peut se manifester de bien des façons et à tout âge.

C’est plus important de leur apprendre à être responsable, à respecter la décision de l’autre, à être autonome ; car, la sexualité dans sa manifestation totale (tendresse, amour, amitié, désir de voir l’autre heureux, etc.) est ce qu’il y a de plus essentiel pour s’épanouir et vivre heureux, fiers de ce que l’on est.

Cette responsabilité touche aussi les gens qui nous entourent, ce qui en multiplie les effets bénéfiques ou pervers. Tant que les humains, particulièrement les femmes, seront esclaves des modes pour des besoins de séduction, elles n’ont qu’à s’en prendre à elles-mêmes parce qu’en jouant à la poupée, elles entretiennent elles-mêmes le mythe de la femme objet qu’elles dénoncent. Vivre selon la mode, c’est avant tout une affaire de femmes… tout comme vivre avec la peur de la sexualité. Un des principes fondamentaux pour vivre heureux c’est de s’accepter comme on est. Seule la violence devrait être interdite.

Les femmes n’ont pas qu’un physique à montrer pour se faire désirer…La beauté n’est pas un gage d’intelligence et d’amour, mais un moyen de «flasher». Apprendre à vivre sans toujours avoir peur de ce que pensent les autres, ce serait un bien meilleur moyen de lutter pour obtenir une égalité homme femme véritable. Les scrupules féministes ne sont pas que sexuels.

Dans une égalité réelle, il n’y a plus ni hommes, ni femmes, il n’y a que des humains.

Tout ramener à la peur d’être un appât sexuel recentre le débat au niveau strictement physique de la femme. Les femmes auraient avantage à insister sur leur différence. C’est un aspect plus positif. Ce n’est pas parce que tu es différent que tu es inférieur, bien au contraire.

Les féminounes focalisent sur le moins important : être un objet de désir ; mais c’est ce qu’elles engendrent et dénoncent en même temps. Si elles veulent l’égalité, ce doit être aussi sur un plan moral et émotif, car toutes les religions présentent la femme – donc la sexualité — comme le mal suprême. Les femmes doivent faire ressortir le mensonge de cet enseignement millénaire. Elles doivent prouver que la femme apporte une richesse de créativité intellectuelle, artistique et sociale beaucoup plus importante qu’un simple désir physique hypocritement dénoncé comme le mal ambulant.

Normalement, on ne passe pas sa vie à penser à sa sexualité…il y a des choses bien plus importantes. Et, contrairement à ce que l’on dit, pour l’adulte qui aime les jeunes, sa vie sexuelle tourne beaucoup plus autour de ses fantasmes et de la masturbation, car il y a moins de relations génitales qu’on le fait croire.

Maintenir la peur et la haine de la sexualité, c’est garantir l’impossibilité d’une égalité entre les hommes et les femmes ; car pour être égales les femmes doivent être aussi fières de leur sexualité que les hommes. Que l’on cesse de s’occuper de ce qui se passe dans les culottes des autres et le monde ne s’en portera que mieux. Que l’on s’en prenne à la violence et il sera possible de rêver un monde plus égalitaire.

Il faut apprendre aux jeunes que l’allure physique d’un individu n’est pas la seule chose qui compte. Il faut vivre une vie qui nous permettra de se dire en mourant : ce fut une expérience enrichissante.

Les jeunes doivent cesser d’être esclaves de la mode et inventer une morale individuelle, responsable et permanente.

Tant que les religions focaliseront sur la sexualité avec leur unicité du savoir et de la vérité, leur exclusivité à interpréter Dieu, elles mettront au monde des fanatiques et seront la première cause des guerres après l’économie.

Si on veut vivre sur une planète pacifique ; il faudra accepter les individus tels qu’ils sont et combattre l’ignorance. Il faudra remettre l’économie au service de l’humain et non le contraire. L’humanité doit apprendre que la tolérance est plus glorieuse et porteuse de progrès que la lutte à la sexualité vécue sans violence. Si on ne veut pas vivre sur une planète où l’on risque à chaque instant que surgissent des religions fanatiques qui nous mettent en danger, il faudra apprendre le besoin et le désir de se parler pour trouver la vérité. Si on arrive à imposer la Charia dans le monde, nous nous retrouverons vite avec les assassinats collectifs que l’on dénonçait chez les Talibans.

L’amour pédéraste n’a rien de différent d’un amour hétérosexuel ou homosexuel, sauf, l’âge du couple concerné.

Dans un amour pédéraste, le plus âgé s’efforce de vivre la jeunesse à travers cet amour. C’est la fascination, la tendresse, l’amour fou, la passion. Le partage de jeux et d’émotions. Si le milieu ne les condamne pas, cette expérience s’avérera très positive pour les jeunes à cause de l’élargissement de leurs connaissances et de la variété des expériences que cette situation crée. Si l’aîné est sincère, il offrira en partage le meilleur de sa vie au plus jeune. Cette relation permet aussi au jeune de découvrir sa propre personnalité et d’expérimenter ses talents.

La pédérastie est surtout axée sur la tendresse. Loin d’être que de la chair fraîche, le jeune est une éponge de tendresse, l’âme qui n’a pas encore appris à haïr, le plaisir de vivre. L’amour, c’est être bien avec un autre. L’attrait pour un autre n’a rien à voir avec le sexe et l’âge. La pédérastie est une corde de transmission du savoir puisque l’âgé fait don de son expérience au jeune. La pédérastie est l’initiation à la vie qu’on retrouve à l’adolescence dans toutes les civilisations.

Par contre, cette expérience ne peut être que néfaste si elle se réalise dans la violence ou l’abus de pouvoir. Ce n’est pas parce qu’un individu est adulte qu’il fait automatiquement peur au jeune. Les jeunes d’aujourd’hui savent se défendre, ils savent qu’ils peuvent détruire l’autre par le simple fait de les dénoncer.

La majorité des adultes ne voient que du feu dans ces rapports adultes – enfants parce qu’ils se comportent comme de vrais hystériques dès qu’il est question de sexe. Il a suffi longtemps pour le jeune de dire qu’on avait abusé sexuellement de lui pour excuser tous ses gestes, allant même parfois jusqu’au meurtre.

Ce pouvoir de chantage n’est pas ignoré par les jeunes et les féminounes qui le préconisent. C’est une force illimitée. Plusieurs adultes innocents ont vu leur vie brisé en miettes pour permettre aux jeunes de se venger ou d’obtenir une bonne compensation financière, à la suite d’une expérience qu’ils ont imaginée ou adorée.

Combien d’adultes ont été accusés faussement par vengeance ou parce que le jeune voulait attirer l’attention ? Quand tu retournes voir ton soi-disant prédateur, ce n’est certes pas parce que tu en as peur ou que tu es forcé d’y retourner ; mais bien parce que tu as aimé ça ou que tu recherches ce que cet échange te procurait.

Créer des êtres autonomes, c’est créer des gens qui savent dire oui ou non et respecter leur décision. S’il y a ambivalence sexuelle à l’adolescence, ce n’est certainement pas le jeûne absolu qui permettra d’éclaircir ses vrais désirs profonds.

Il faut aussi se demander, pour comprendre les séquelles sexuelles, si l’usage de la drogue à long terme crée les mêmes effets que ceux que l’on attribue habituellement à un abus sexuel dans son enfance : honte de soi, besoin de faire n’importe quoi pour avoir l’argent nécessaire pour se droguer, incapacité d’avoir une relation sexuelle satisfaisante avec une autre personne, problème d’érection, etc. Qu’est-ce qui a provoqué cet état ? Un jeune se prostitue-t-il pour avoir plus d’argent afin d’acheter de la drogue ou se drogue-t-il pour être capable de se prostituer ?

Quand il est question des effets à long terme de ces activités, on devrait avoir l’honnêteté de se demander si une personne se serait droguée ou non sans avoir connu une expérience sexuelle précoce ? C’est comme la question de l’œuf et de la poule. Le problème de mésestime de soi est-il dû à une expérience sexuelle, à la drogue ou autre chose ? Cela a-t-il été provoqué par une expérience sexuelle ou par la drogue ou les deux ? Cette culpabilité est-elle le fruit de son éducation ? C’est si facile de se mentir.

Certains peuvent s’en vouloir de ne pas avoir su maintenir tous les privilèges qu’ils avaient étant jeune et croire que cette situation, ce rejet, est la cause de tous leurs déboires. C’est plus facile de prétendre au tsunami d’une expérience sexuelle que d’admettre sa fragilité intérieure antérieure. Si on pouvait parler sans honte de sa sexualité, on n’aurait pas à éclater comme une bombe à retardement dix ans plus tard. On n’aurait pas besoin de faire sien tous les reproches qui se disent et de voir chez les autres des expériences qui se confondent à son cas personnel.

On se rend souvent compte qu’il y a des séquelles quand les psychologues ont mis dans la tête des poursuivants une jeune aventure sexuelle qui a mal tourné. Serait-ce les intervenants qui ont l’esprit tordu, en manipulant leurs propres scrupules de façon à ce que leurs clients se perçoivent automatiquement comme des victimes ?

Une chose est certaine, la drogue est la principale source des maladies mentales au Québec. Des générations entières ont été sacrifiées au profit des narcotiques. La drogue est aussi la principale cause du décrochage. Pourtant, les adultes y attachent bien moins d’attention qu’à la sexualité. Ils préfèrent encore une fois l’interdit plutôt que le contrôle. Pourquoi ne pas décriminaliser la marijuana, permettre sa production individuelle ? C’est le meilleur moyen de combattre les produits nocifs, mais on ne le fait pas. C’est comme si le système judiciaire était le meilleur allié du crime organisé.

Les jeunes savent très bien comment il est facile d’extirper tout l’argent voulu d’une personne accusée d’un crime sexuel, s’ils ne la savent pas, les adultes qui les entourent le savent bien. La morale sexuelle, déguisée en service de protection pour les jeunes, est devenue le mode de chantage par excellence et le moyen d’assurer la survie de l’aliénation.

C’est facile de créer des fondations pour aider au paiement des poursuites : l’accusé acceptera ce chantage, qu’on lui vide les poches pour échapper à la prison où sa vie est quotidiennement menacée. C’est un commerce super – lucratif. S’il n’y a pas assez de dénonciations, les statistiques ne justifient plus d’entretenir une telle peur. Souvent les fondations constituent un bon fond de retraite pour les propriétaires ou un excellent moyen de payer sa consommation de cocaïne. Rares sont les fondations qui sont véritablement à but non-lucratif : les frais d’administration mangent plus que la moitié de dons.

En refusant de reconnaître que la pédérastie est une orientation sexuelle autre que la pédophilie (que de plus en plus de scientifiques reconnaissent comme une orientation sexuelle), la société continue d’entretenir la peur et la répression sexuelle chez les adolescents. Alors qu’on leur enseigne que la sexualité est non seulement quelque chose de normal, mais de bien ; on donne le signal contraire en dénonçant et punissant toute liaison sexuelle avec un adulte. Sur quoi repose une telle restriction ? En quoi l’adulte est-il plus dangereux qu’un jeune ? Non seulement cette situation est incohérente, mais elle est totalement hypocrite. Rien, excepté ce que l’on prétend que Dieu a dit, ne justifie une telle approche négative de la sexualité. On juge ce qui se passe maintenant avec les yeux ignorants de l’homme des cavernes, à cause des religions.

On fait croire n’importe quoi pour justifier et entretenir la haine de la pédérastie que l’on confond volontairement avec la pédophilie, l’inceste et le commerce charnel international. La pédérastie est l’amour entre deux personnes et n’a rien à voir avec le crime organisé. La vie privée doit être un droit sacré pour tous les individus.

À chaque fois que les médias focalisent sur la sexualité, c’est pour dénoncer la pédophilie. On rappelle ainsi aux jeunes et aux adultes qu‘il y a quelque chose de fondamentalement mal et mauvais dans la sexualité, comme si la sexualité était une maladie ou une expérience réservée aux plus vieux. En réalité, on ne protège pas le jeune contre un danger, mais on essaie de l’empêcher de vivre une expérience sexuelle en dehors du mariage, donc, en dehors de la procréation.

Ce n’est pas le jeune que l’on cherche à protéger ainsi, mais la morale. Tout est hypocrisie. On dirait que toucher un pénis est pire encore que de tuer. Cette hystérie est pure folie. Faudrait-il que tous les hommes soient castrés pour faire plaisir aux féminounes homophobes ? Ce n’est quand même pas la faute de l’homme s’il a un pénis et que pour lui une expérience sexuelle est jouissante.

La société serait gagnante de faire preuve d’une approche plus humaine, plus tolérante et compréhensive de la sexualité.

Il n’y a pas de sur-sexualisation des adolescents, mais commercialisation du sexe. Dans notre système, l’importance de la vie se résume au mot «profit» qu’il soit légal ou non. C’est pourquoi qu’en rendant la sexualité en partie légale et illégale, c’est plus payant, plus universel. Le système reçoit ainsi les profits des institutions mises sur pied pour régenter légalement la sexualité, tout en profitant également des profits de la pègre, forcée de créer des moyens pour contourner les lois. En focalisant sur la pédophilie, on arrive à faire ignorer l’ampleur des autres crimes. Dans notre société, le sens du mot «universel» se résume au fait que tous les individus deviennent un marché potentiel.

La sexualité a toujours été un attrait indescriptible pour les adolescents (es) ; mais on avait peur. Rien avant le mariage…Ceux et celles qui se battent contre la sexualisation des jeunes ne pensent pas autrement. Ils n’ont aucun respect pour l’individu. Ils veulent imposer leur norme.

C’est renversant de voir autant de vieux et de vieilles dans les manifestations ou les mouvements à caractère sexuel. Ils ont vécu leur vie pourquoi se mêlent-ils d’imposer leur vue aux autres ? Pourquoi être aussi obsédés par ce qui se  passe dans le pantalon du voisin (tu ne jugeras pas) ? Est-ce parce qu’il ne se passe plus rien dans le leur ? La morale est un droit et une norme individuelle, sauf s’il y a violence ou domination. Maintenir les lois actuelles sur la sexualité est un viol de conscience, car, on fait croire dans un mal ou un danger qui n’existe pas… à moins de continuer à croire qu’une relation sexuelle est un péché mortel qui nous conduit droit en enfer.

Plusieurs ont connu des expériences en bas âge et se rappellent l’état euphorisant qu’elles communiquaient. Cependant, à notre époque, la sexualité est vue comme le crime suprême. Nous avons ainsi développé une approche hypocrite. Les aînés veulent maintenir leur morale et s’inquiètent de ce que les jeunes ne ressentent pas la même nausée qu’eux face à la sexualité. Cette nausée qu’on leur imposait par l’enseignement d’une sexualité-péché.

Il est temps qu’on laisse les jeunes vivre leur vie. Il faut apprendre à leur faire confiance. La vie n’a aucun sens sans amour. L’amour est aussi indispensable que l’air que l’on respire. Cet amour, sans violence, est fondamentalement bon qu’il soit déviant ou non et qu’il s’exprime entre personnes du même sexe, du même âge ou d’âge différent. Si l’on apprenait à ne pas juger les autres, ça ne nous intéresserait pas de savoir comment ils vivent leur sexualité.

Tant qu’il n’y a pas de violence, il n’y a que du plaisir.

Cependant, la vraie protection exige une éducation qui montre les moyens à prendre pour vivre une sexualité responsable, vraiment respectueuse de l’autre. Si l’aspect charnel est important pour éviter les maladies ; il faut se rappeler que les jeux sexuels sont aussi accompagnés d’émotions qu’il faut aussi apprendre à gérer pour son bien et celui des autres.

Malheureusement, les maladies transmises sexuellement, ça existe tout comme les personnes intolérantes. Ne pas éduquer les jeunes face à ces problèmes, c’est plus criminel que le plaisir.

Un système mondial qui rejetterait la violence, tout en reconnaissant la beauté de la sexualité, modifierait complètement nos vies… mais il serait moins payant. C’est pourquoi on le combat avec autant d’acharnement. La paix et la liberté ne produisent pas assez de dépenses inutiles pour nourrir le système économique. La guerre est la nourriture essentielle à la survie de l’économie …

La pédérastie est une orientation sexuelle dans le sens d’une attirance. Cependant, puisque la relation est établie entre un adulte et un jeune garçon, pour la protection de ce dernier, il faut s’assurer que toute relation sexuelle soit consentie, sans violence et responsable. Le pédéraste consciencieux doit s’assurer que sa relation permette au jeune d’y être heureux et assurer le développement de sa personnalité.

Personne ne peut échapper à son orientation sexuelle, à sa petite nature. Cependant, la société doit aussi s’assurer que ces relations ne mettent pas le jeune en danger. Interdire la pédérastie, c’est priver le jeune de son droit à la vie privée et à la formation d’une conscience personnelle.

Les lois actuelles protègent-elles vraiment les jeunes ou la morale du système ?

L’interdit sexuel, quand il n’y a pas de violence ou de domination, repose sur rien, sinon la tradition, une interprétation religieuse et bourgeoise millénaire. L’évolution de la connaissance scientifique démontre clairement que ce scrupule est absurde, car, il repose sur le péché mortel, l’existence d’une après-mort et le désir d’éviter l’enfer une pénalité contre le plaisir.

C’est un «préjugé social» plutôt qu’une philosophie ou une façon de percevoir la vie, qui survit, grâce à l’ignorance, sous la lorgnette de la mort. Il rejette le corps,

donc, le plaisir, et prétend que l’homme est un être dégénéré parce qu’il a été chassé du paradis terrestre, grâce bien évidemment à l’intervention de Ève ou de la femme-sexualité.

Selon les religions, le corps est soit une imperfection de l’esprit, sa prison, soit un Cénacle, habitacle de Dieu, des visions qui sont tout à fait l’inverse l’une de l’autre, mais qui aboutissent au même résultat : le rejet du corps.

Alors que la science repose sur des preuves vérifiables, les religions émanent de l’imaginaire, des mythes ou de l’inconscient. Elles conduisent directement à la maladie mentale lorsqu’elles deviennent des croyances fanatiques. Le problème avec les religions, c’est qu’en prétendant être des vérités éternelles, immuables, elles créent des dogmes et des certitudes, qui les empêchent d’évoluer. Alors que tout était écrit sous forme symbolique, les fanatiques voudraient que ces paroles soient interprétées, en dehors du temps, et mot à mot. Ce rejet de la réalité est une forme de schizophrénie.

Ne pas être touché pour ne pas être sali ; penser qu’un toucher aux endroits prescrits par une société de plus en plus bigote est un manque de respect envers son intimité, comme si tu étais fait différemment et plus précieusement que les autres : c’est la bourgeoisie qui a établi cette façon de penser pour bien marquer sa supériorité sur les gens du peuple.

Il y a cent ans, en Angleterre, particulièrement, la sexualité était un des commerces les plus florissants. On donnait même une nourriture spéciale aux nourrissons pour s’assurer qu’ils ne bandent pas. Auparavant, évidemment, il fallait s’abstenir de tout plaisir sexuel pour suivre la doctrine de l’Église – aucun plaisir en-dehors du saint sacrement du mariage – pour éviter les flammes de l’enfer. Que la chair soit interdite parce qu’elle est un péché ou parce qu’elle est trop précieuse ; c’est la même chose par son inverse : un interdit. Tu te crois ou trop bien ou trop mal ; mais d’une manière ou d’une autre tu n’arrives pas à t’accepter comme tu es : une force innée qui se développe par les acquis puisés dans son milieu de vie.

Le système remet la répression sexuelle individuelle entre les mains du judiciaire, mais il ferme les yeux sur les dangers réels. C’est plus facile de s’attaquer à un individu qu’à la mafia. Le sexe est moins dangereux que la drogue ; mais on y accorde plus d’importance.

Le crime sexuel violent est souvent international et presque toujours le fruit de la pègre. Il est le fruit du crime organisé planétaire, du manque de respect de l’être humain à qui on préfère le «profit». Le dieu que l’on nous enseigne et qui domine actuellement ne devrait pas s’appeler Dieu, Yaveh, Je suis, Allah ou Bouddha, Jésus ; mais « Pouvoir économique ». Les multinationales et les cartels internationaux n’ont rien de différent de l’esclavage et de la puissance romaine. Dans les pays riches, l’homme est soumis à son pouvoir d’achat et on lui fait

croire qu’il vit  dans une démocratie parce qu’il peut  voter de temps en temps.  La mafia, c’est un cartel international économique qui n’a qu’une  raison  d’exister : le profit. Et, le profit ne peut pas exister sans le pouvoir. L’amour se confond mal avec un signe de piastre.

Pendant que l’on fait la traite des blanches ou des enfants (souvent pour voler leurs organes vitaux : reins , yeux, etc.) , que l’on tue des enfants parce qu’ils troublent l’économie par leur pauvreté comme au Brésil ou qu’on enrôle de force des enfants dans des armées, que les gens se font arnaquer à cœur de journées par des vols d’identité ou des contrats politiques, qu’on ne compte plus les disparitions ; les policiers de chez-nous ont pour tâche de jouir en regardant des sites web de pornographie juvénile. La police est devenue gardienne d’enfants, comme si elle n’avait rien de mieux à faire.

Toute une manière de supposément protéger les enfants de leur curiosité (ils en profitent quand leurs parents ne sont pas là) ou d’un prédateur sexuel éventuel.

Si la police veut vraiment protéger les jeunes, elle ne passera pas trois mois avant d’obtenir un rendez-vous lui permettant d’incriminer un individu sur  internet. Il y a bien d’autres urgences. C’est évident que si le policier s’identifie, le prétendu prédateur va disparaître. Le jeune a toutes les chances du monde de ne plus jamais en entendre parler. Et, je ne crois pas que si ce prétendu prédateur a déjà donné ses coordonnées, il sera tenté de recommencer de sitôt. Sur n’importe quel site, il est d’ailleurs possible de signaler les abus. Pourquoi investir des millions pour la même chose ?

Il suffirait d’écrire  » vous avez la police à votre écoute » et le signaler à un service de police qui colligerait ce genre d’information, au cas où ça continuerait. Je suis certain que le bonhomme abandonnerait et aurait en reçu une leçon pour les prochains.

Même pas besoin d’être policier pour créer la peur nécessaire ; la maman suffit. Et ainsi, on n’est pas pris avec le syndrome du 911, soit que la police remplace le père absent. Ça coûterait pas mal moins cher et ça permettrait aux policiers de s’occuper des vrais crimes violents.

D’ailleurs, il est prouvé qu’habituellement les pédérastes ne parlent pas en cachant leur intention. L’important, c’est qu’aucun jeune ne soit mis dans une position dangereuse. Si les jeunes n’avaient pas honte de parler de sexe, ils avertiraient leurs parents si un individu ose les approcher par internet. Si le jeune le fait à la cachette, c’est qu’il est conscient du problème.

La manière d’aborder la sexualité représente un danger véritable, car le jeune n’osera pas avertir ses parents si une telle situation se présente. Le sexe est devenu un enjeu politique. Pour avoir des votes, il faut faire plaisir aux féminounes. Il faut des arrestations pour justifier les subventions à la police et pour la création de prison.

La liberté sexuelle 17

août 18, 2020

La liberté sexuelle 17 (pp. 160-171)

Cette conception de l’humain aurait été impossible sans le cheminement préalable des féministes. Il a fallu la lutte des féministes pour le droit à l’avortement pour interpréter la sexualité autrement qu’un moyen pour perpétuer la race.

Jusque-là les religions prétendaient que tout « désordre sexuel » conduisait en enfer. Il suffisait d’une mauvaise pensée, un mauvais regard, un mauvais toucher pour aller brûler éternellement dans les flammes de l’enfer. Quant à la bourgeoisie, cela permettait de créer un mur social entre le riche et le pauvre, l’instruit et l’ignorant. Cela permettait de créer un monde basé sur l’exploitant et l’exploité. Plus on divisait, plus le pouvoir était éternel : diviser pour régner…

Heureusement, les féministes ont fait ressortir les nouvelles données de la science à l’effet que tout humain est à la fois un homme et une femme. Ce choix de sexe se fait avant même la naissance. La prédominance du sexe échappe totalement à l’individu. Il ne choisit pas, il doit apprendre à faire avec ce que ces gênes construisent. C’est un événement fondamental, car ce choix est identitaire. Les humains n’ont pas encore établi l’égalité entre les sexes.

Les féministes ont aussi introduit la notion de plaisir et celui de la propriété de son propre corps d’où le droit de décider pour soi de sa sexualité. Ce fut le premier pas vers une liberté sexuelle individuelle et la naissance de la responsabilité individuelle et collective dans ce domaine. Nos lois sont évidemment des siècles en retard sur la réalité.

Malheureusement, les féministes contemporaines (féminounes) ont ramené à l’avant-plan les vieilles peurs et les tabous sexuels religieux.  Elles essaient  dans leurs croisades contre les pédophiles de projeter leur propre état d’âme sur leur progéniture. La sexualité salit. Pour cela, il a bien fallu nier la pédérastie et  la noyer dans la haine de la pédophilie. De progressives, elles sont devenues réactionnaires. Ce n’est pas parce que tu es à gauche que tu as une interprétation progressive de la sexualité : l’histoire démontre le contraire.

Sur le plan québécois, les féminounes d’aujourd’hui poursuivent une lutte rétrograde qui joue le même jeu «fédéraste» que celui de la go-gauche des années 70. Diviser pour régner. Elles maintiennent une peur qui est injustifiée puisque les enfants n’ont pas encore la notion du bien et du mal. Leur éducation en est encore au stade de l’imitation.

Les féminounes sont- elles devenues une force de chantage, capable d’empêcher l’indépendance du Québec ? L’indépendance naît du besoin de libération, d’échapper à un carcan politique qui maintient le système en place.

Il serait urgent de passer à autre chose et commencer à penser et à agir de manière planétaire pour combattre l’analphabétisme, la violence et la pauvreté ; mais après 30 ans de tournage en rond, il est urgent au Québec que l’on règle le problème : ou le Québec devient un pays ou le Canada se transforme en véritable Confédération. Le fédéralisme est une forme d’exploitation centralisée. Si le Québec devient un pays, il lui appartient de créer ses propres lois.

Sur le plan idéologique, face à sexualité, l’extrême droite et l’extrême gauche sont une même chose…Pire que la colonisation, il y a l’aliénation. Dans cette optique, la morale sexuelle permet de s’attaquer aux individus qui ne font pas l’affaire du système. Ces individus empêchent les institutions (d’exploitation) d’être seules à profiter de la sexualité. Ils font concurrence à l’exploitation institutionnalisée. Pourquoi ? Les profits vont directement au crime organisé, grâce à l’interdiction légale de la prostitution pour des fins personnelles. En individualisant l’interdit, ça permet en même temps au système judiciaire de faire vivre tout un tas de monde qui joue le rôle de justiciers. Ainsi, le système judiciaire en n’ayant pas les moyens de s’attaquer directement au crime organisé, devient le plus grand protecteur de la pègre qui , elle, commercialise la sexualité à la grandeur de la planète à travers le proxénétisme et le commerce sexuel.

C’est la même chose avec la drogue et la violence. La société actuelle tue toute forme d’individualisation en uniformisant la pensée, les désirs, les rires et les passions. Après avoir exploité la classe moyenne, on se sert maintenant des pauvres et des enfants pour créer une nouvelle industrie purement commerciale : la protection. Il suffit de faire pleurer les personnes riches, mais qui ont encore un cœur et une sensibilité, pour récolter d’immenses profits, en mettant au monde toutes sortes de fondations.

De là, on a créé la société du chantage et de la protection plutôt que de décriminaliser et créer un contrôle individuel qui protège réellement le petit peuple. On maintient des points de vue qui permettent le développement de l’aliénation. Cette aliénation individuelle permettra de semer ensuite n’importe quelle paranoïa collective et de justifier toutes les guerres. Les individus étant devenus des champs fertiles pour y semer toutes les peurs, il suffit de choisir la peur que l’on prétendra combattre pour assurer sa sécurité personnelle et individuelle. C’est plus facile et moins dangereux de s’attaquer à un individu que de s’en prendre à un groupe organisé. La guerre est le commerce le plus rentable (vente d’armes) : elle maintient l’économie en santé.

Les extrêmes sont identiques et se rejoignent quoique opposés. C’est pourquoi toutes les idéologies finissent par se rejoindre. C’est pourquoi la répression sexuelle individuelle est plus payante que si on s’attaquait au commerce sexuel planétaire, un commerce trop bien organisé pour être combattu efficacement. Pour justifier de nouvelles interventions, il faut maintenant faire appel aux valeurs. Comme du temps des croisades, les religions justifient toutes les guerres…

La science offre-t-elle une réponse ? Si les chromosomes X et Y sont responsables du sexe de l’individu ; les hormones sont, elles, responsables de la curiosité sexuelle, particulièrement chez les adolescents. L’orientation sexuelle fixe inconsciemment ce qui t’attire.

Est-on responsable du fonctionnement de son cerveau ? Peut-il arriver que le cerveau connaisse certaines défaillances ? L’individu qui les vit est-il responsable de naître avec un problème ? Par exemple, on vient de découvrir que la sexualité est affectée par deux zones du cerveau. Qui a les outils pour réajuster un cerveau qui ne lui plaît pas ? En ce sens, qu’on le veuille ou non, la vie est limitée, mais la liberté aussi.

Un des buts secrets de la lutte à la pédophilie est de pouvoir un jour justifier la possibilité de soigner un individu en lui jouant dans le cerveau. Pour qu’on puisse y parvenir, il faut inventer un tel problème que la masse entérinera les moyens créés pour intervenir sur les individus. La recherche de la perfection à tout prix est un danger, car elle conduit au fascisme. La lutte aux pédophiles ressemble à celle de la Gestapo contre les infirmes et les gais.

Tant que la sexualité ne sera pas considérée comme un droit strictement individuel, ce sera un commerce basé sur « l’exploitation de la séduction des femmes ». Ce sont les femmes qui permettent aux modes d’exister. Puisque le profit est le but ultime de cette mascarade, tout est institutionnalisé, commercialisé, industrialisé. L’exploitation du sexe » sera payante tant qu’elle sera entre les mains du système (la mafia légale) qui fixe les règles morales et de la pègre qui exploite les interdits. La pègre paye ses redevances, sa part de profits au système. C’est pourquoi on essaie d’empêcher l’individualisation afin de s’assurer que les profits reviennent à ceux qui en détiennent le monopole.

Décriminaliser la sexualité, c’est restreindre les profits des groupes criminels organisés. Dans ce domaine, la vertu est plus payante que le plaisir puisque les pays sont prêts à investir de grosses sommes pour combattre la prostitution individuelle ou la pédophilie. Le système a donc avantage à ce que les choses ne changent pas.

En naissant, l’individu a un certain potentiel inné. Même si nous naissons tous avec un certain potentiel, nous nous développons en fonction des acquis puisés dans notre environnement. Le problème est de s’accepter comme on est ou essayer de changer ce que l’on n’aime pas en nous. C’est le développement de sa personnalité, l’expérience. Les sens, tout comme le sexe, sont une prolongation de notre cerveau. C’est pourquoi toute répression sexuelle est contre nature.

Aucun individu ne choisit son orientation sexuelle c’est-à-dire ce par qui il est attiré. Les seules choses sur lesquelles il peut possiblement agir sont la violence, la domination, la contrainte, la responsabilité, le plaisir, le développement de sa personnalité.   Plus les individus seront éduqués et conscients moins l’exploitation sera possible.

La liberté absolue est un leurre, car, elle implique une connaissance et une capacité d’agir absolues de /sur ce que l’on est. La recherche de l’autre est fondamentalement un moyen de tuer sa solitude et de se parfaire à travers et grâce à l’autre. Elle peut avoir un but physique, mais pour être satisfaisante elle doit surtout être psychique. Cette rencontre permet, grâce à la fusion des deux, de trouver un meilleur équilibre et une meilleure réalisation de soi. Ce besoin de se compléter peut très bien se réaliser sans physiquement donner naissance à un autre être. Le but est simplement différent, d’un autre ordre, disons plus spirituel… Une vision de Platon ? Le platonisme est une projection de son admiration pour sa tempérance. On ne doit pas oublier qu’à cette époque, faire l’amour c’était le don d’une partie de son cerveau. Ça rend la tempérance un peu plus importante…

Une relation sexuelle peut être positive seulement que si elle permet aux personnes concernées de s’enrichir intérieurement, grâce à cette relation. En ce sens, l’adulte peut apporter une mine de richesses et d’expériences au jeune. L’essentiel, c’est la liberté de chaque individu. C’est vrai pour la pédérastie, mais c’est aussi vrai dans une relation de polygamie ou de polyandrie. C’est à l’individu de décider si cette relation est profitable pour lui ou non. Les lois existent pour éviter les abus.

Être obsédé par le sexe est une névrose. Elle devient néfaste à ton développement et te braque sur un seul désir et un seul intérêt, diminuant ainsi ta capacité de réussir dans la vie. La psychose sexuelle est encore pire. Elle est le résultat d’une peur paranoïde de la sexualité, un besoin de castration sacralisée, un étouffement du Moi. Cette peur fut entretenue par les autorités mâles, grâce aux lois formulées à partir de «leur peur» et de la honte de «leurs» désirs. Puisqu’on a toujours maintenu la femme dans la honte d’être femme, les empêchant d’être égale, mais différente de l’homme ; on retrouve la psychose ou la paranoïa sexuelle, plus répandue chez elle. Comme les religieux, elles sont trop scrupuleuses… elles refusent de constater que tout est sexué, qu’il n’y a  rien de mal ou de mauvais là-dedans. Elles craignent la sexualité parce qu’elles ont peur de leur émotivité et de leur sensibilité. Refuser de reconnaître que la liberté sexuelle est d’abord et avant tout individuelle leur permet de rejeter leur part de responsabilité dans leur propre exploitation sexuelle. Comme le disait les féministes, ton corps t’appartient. C’est à toi de dire clairement oui ou non. Le voyeurisme, entretenu par nos médias, ainsi que cette manie de vouloir imposer sa morale aux autres est une preuve flagrante d’immaturité.

La sexualité est partie intégrante de ce qu’on appelle « ta petite nature ». Sans violence, vivre sa sexualité, c’est se développer à tous les niveaux. L’éducation est donc primordiale. Elle permet de connaître sa nature profonde et de ne pas agir en fonction de l’ignorance. Il est bien normal que les femmes entretiennent les femmes sur leur réalité et que l’homme informe les garçons, sans scrupule, sans hypocrisie, sans tabou, sur la leur. Tout le monde doit pouvoir comprendre le fonctionnement de son corps sans se scandaliser. Il est temps que l’on apprenne la grandeur et la beauté de son corps plutôt que d’en avoir honte.    Les seules prohibitions doivent être la domination et la violence.

Être trop scrupuleux, c’est aussi anormal que pas assez. En ce sens, toutes les orientations sexuelles sont normales. Seule la pédophilie, quand il est question de pénétration ou d’imposer un comportement préjudiciable à l’enfant, doit être interdite (même si on ne peut pas la bannir) pour protéger les enfants qui ne sont pas encore physiquement ou psychologiquement capables d’assumer ces expériences. Question de proportions des organes.

Si on abolit la honte et la peur de parler de sexualité, en fixant l’âge de consentement à l’entrée au secondaire, l’enfant est capable de répondre par oui ou non et se protéger des personnes qui refusent de respecter sa décision. Si on doit en parler, ce n’est pas pour semer la peur et la honte ; pour «stooler» les méchants, mais constater que tout le monde est physiquement constitué pareil, qu’on peut parler de sexe comme d’autre chose. Éliminer la honte d’en parler, c’est s’assurer que personne ne soit abusé par ignorance, en privilégiant le secret, le tabou.

Si on continue à ignorer la différence entre pénétration, viol et attouchement ; une telle ouverture est impossible. Pour protéger réellement l’enfant, il faut que la gravité de la situation l’exige. La gravité, c’est à quel point la situation peut perturber la vie de l’enfant pas celle des parents. La gravité n’est pas définie par le degré de scrupule des parents, mais par la réaction du jeune. L’aventure est- elle heureuse, stimulante, positive ou traumatisante et violente ? S’agit-il d’une stricte aventure génitale ou d’une expérience d’amour et d’amitié ? C’est très différent. Comment réagit profondément et réellement le jeune, sans être écrasé par la peur de la réaction des adultes ?

Une chose est certaine : on crée un tel tabac autour d’un «délit sexuel » qu’il est impossible qu’un jeune ne soit pas marqué à vie par le traitement qu’on en fait, même si les médias cachent son identité. Comment peut-il comprendre une telle hystérie des adultes quand il n’a eu que du plaisir ? On dirait qu’un simple toucher au pénis ça mérite la mort …ou c’est vraiment grave ou les adultes sont malades…

La pédérastie est un préjugé qui semble être en lien direct avec la peur de la mort. La hantise sexuelle à l’adolescence est surtout d’ordre féminin. Les femmes semblent avoir inconsciemment identifié les premières menstruations ainsi que les premières expériences sexuelles à la douleur et à la mort. Cette interprétation, reliée dans la Bible à la punition, puisque la femme souffre et saigne, entretient le danger de mort que peut constituer la procréation. Cela se transpose aussi à l’éjaculation puisque l’Église a toujours fait croire que le sperme est du sang blanc, donc, le sang le plus riche de l’homme. Les religions ont créé pour mieux en profiter un caractère à la fois sacré et démoniaque à partir d’une même sexualité.

L’expérience chez les jeunes hommes est tout à fait différente : le chaman initiait le jeune au plaisir, tout comme dans la Grèce antique, où l’aîné devait assumer la complète éducation du jeune, y compris, le plaisir à faire l’amour.

La pédérastie a toujours été et sera toujours d’abord de l’ordre de l’esthétique. Rien n’est plus beau qu’un garçon entre 12-14 ans.

De plus, en Grèce antique, quand un jeune homme se mariait il initiait une jeune fille à faire l’amour, il savait quoi faire pour ne pas la faire souffrir, mais plutôt la faire jouir, car son amant lui avait fait part de son expérience.

Sauf pour copuler, selon les Traditions, la sexualité est toujours négative, une perte ou un péché. Dans cette optique, tout en dehors de la procréation est une déviance, mais c’est une affirmation qui constitue un viol de conscience parce que les règles et le fondement de cette assertion sont l’ignorance et le mensonge. Combattre la sexualité est contre- nature.

Par contre, si on voit la pédérastie comme une expression de sa libido, c’est tout à fait normal comme toutes les autres orientations sexuelles, sauf qu’il s’agit d’une attirance vers les petits gars plutôt qu’entre adultes. La haine des pédérastes existent comme jadis on haïssait les gais parce qu’on confond encore pédophilie et pédérastie.

Si on naît pédéraste, il faut plutôt apprendre à vivre cette différence pour le meilleur pour nous et pour les autres. Il savoir que la pédérastie est très rare comme la pédophilie. On croit le contraire parce que les médias ne cessent pas d’en parler comme s’il n’y avait que ça.

La pédérastie est- elle une orientation sexuelle ?

L’orientation sexuelle est ce par quoi on est attiré. L’attraction pour une autre personne correspond à la réponse de notre cerveau (la sécrétion de différentes hormones). Elle est souvent provoquée à notre insu par la vue et l’odorat, la  voix, le sourire, les yeux. Nos réactions, étant souvent inconscientes, nous n’avons pas toujours emprise sur ce qui nous attire. En proclamant qu’aucune finalité de la sexualité n’existe en dehors de la procréation, les hommes ont tout simplement dénaturé la sexualité, car ils ont confondu génitalité et sexualité. En agissant ainsi, ils éliminent tout l’aspect émotif, amoureux lié à la sexualité. Les caresses sont de l’ordre de la tendresse et non de la génitalité pure.

La sexualité est une expression psychique beaucoup plus vaste que la procréation : c’est le moyen de communication non-verbal par excellence et l’expression de sa tendresse, entre les individus. C’est le besoin fondamental d’aimer et être aimé. Un besoin aussi indispensable que de respirer. Et il n’y a pas qu’une façon d’aimer.

La pédérastie est une orientation sexuelle et elle devrait être permise par la Charte des droits. Cependant, personne ne peut accepter la pédophilie active avec pénétration, car les enfants de moins de 10 ans pourraient être traumatisés par une expérience qui ne respecte pas leur rythme de développement physique et psychologique.

Même face à la pédophilie, il faut être assez intelligent pour faire des nuances – ce que notre système ne fait pas – quant à la gravité du geste.

Il y a tout un monde entre une pénétration et un attouchement ; mais on réagit comme si c’est la même chose. La gravité n’a rien à voir avec la morale. Nous  ne devons pas en juger selon notre morale d’adulte, mais le bien-être réel de l’enfant : quelle est la signification et l’importance réelle de la situation quant à l’enfant ?  Jusqu’à quel point les gestes posés risquent-ils de le perturber et de  le marquer dans l’avenir ? Si un cas nous est signalé, il faut que cet enfant soit vu par un professionnel capable d’éliminer les possibilités de culpabilité, de honte. Puisqu’il entend toutes sortes de choses, le jeune pourrait croire qu’il a été sali et vivre avec ce mensonge intérieur jusqu’à ce qu’il éclate. Les contes d’Edgar Poe sont des exemples de la force de l’inconscient.

Cependant, il existe une complicité extraordinaire entre le jeune adolescent et le vieux dans le cas de la pédérastie, car les deux prennent un plaisir divin à goûter à ce fruit défendu tant que la situation n’est pas découverte par les autres. Quand ça se sait et que tout le monde panique, c’est normal pour le jeune d’avoir affreusement peur et de crier qu’il ne voulait pas.

Plus tard, s’il a trop besoin d’argent pour acheter de la drogue ou qu’il soit frustré de ne pas pouvoir revivre les moments de bonheur où il avait tout sans faire d’effort, il se vengera contre la personne avec qui il a vécu une aventure sexuelle et qui la prive de ses rêves en se détournant de lui. Cette dénonciation permet d’effacer sa part de responsabilité, de devenir une victime pour laquelle tout sera pardonné, effacé, même la vérité.

L’interdit, la culpabilisation, le tabou sexuel et la réaction de l’environnement immédiat face à la sexualité sont les principaux responsables des séquelles à l’âge adulte. Il est plus facile de blâmer quelqu’un d’autre, en particulier, sous prétexte de son innocence, que de comprendre que le système en montant ces situations en épingle, en les condamnant incruste en nous le mépris de soi et une culpabilité injustifiée.

Les consultants, s’ils étaient honnêtes, feraient comprendre qu’il n’y a pas lieu de se culpabiliser si on pose un geste que l’on ne sait pas répréhensible ou qui nous est imposé. C’est toujours l’intention qui compte…

Il faut avoir la sagesse de nuancer entre une relation basée sur l’affection, le plaisir et une relation maintenue par la violence et la domination. Une caresse n’a jamais blessé personne et il n’y a pas un nombre donné d’éjaculations avant de s’assécher. L’interdit sexuel est strictement injustifié, basé sur ce des réflexions et une compréhension nettement dépassée de la sexualité.

Cet interdit existe parce qu’à travers l’histoire de la race humaine, les autorités religieuses et bourgeoises ont décidé que c’était mal d’aimer en dehors du mariage, sans procréer. Personne n’ose remettre en question le bien-fondé de cet interdit. On agit alors avec nos émotions et dans la peur de ce que les autres pensent de nous.

Souvent, si ce n’était de l’entourage, tout se déroulerait pour l’enfant comme si rien ne s’était passé. Si les parents réagissent en hystériques alors que l’enfant n’y a vu qu’une situation bizarre ; ils risquent fort d’être les vrais responsables du traumatisme futur de l’enfant. Tout ce que le jeune comprend à travers le comportement de ses parents, c’est « qu’il faut que ce soit extrêmement grave pour qu’il y ait autant de personnes qui s’énervent autour de sa petite personne».

La réaction des adultes est parfois plus malsaine, plus traumatisante, que ce qu’a vécu l’enfant, qui souvent n’a même pas conscience de l’enjeu, car, il a pris plaisir à cette désobéissance. D’ailleurs, certains jeunes fantasment sur la sexualité et sur le désir d’être agressés : ce n’est pas qu’ils voudraient souffrir, bien, au contraire, mais ils veulent retenir enfin une attention bienveillante. Autant prendre un risque que de ne pas exister.

Il a été établi dans les procès en Californie, qu’après un certain temps, le jeune ne sait plus ce qui est vrai et ce qu’il a inventé. Il n’y a rien de mal à vouloir être un objet de désir, de rechercher l’attention ou la tendresse. C’est un besoin inné et vital chez l’homme. La séduction n’est pas qu’une affaire d’âge, ni de sexe, elle découle du besoin inné de vouloir être aimé, un besoin fondamental des humains.

L’intervention des adultes est un vrai lavage de cerveau. Sous prétexte de  savoir la vérité, on manipule le jeune jusqu’à ce qu’il dise ce que l’on veut bien entendre et ainsi avoir «sa» poursuite judiciaire. Si le jeune peut être manipulé pour jouer aux fesses, il l’est encore plus quand il a peur et qu’on le force à dénoncer l’autre. Tous les jeunes connaissent bien le drame que l’on crée autour de la sexualité, ils n’ont qu’une voie : nier qu’ils le voulaient et qu’ils ont aimé ça. Ils diront tout ce que la police et autres intervenants veulent bien leur faire dire, même si ça ne correspond plus à la vérité. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé dans mon deuxième procès.

Pour ce qui est des séquelles qui rebondissent une vingtaine d’années plus tard, sauf dans un cas de viol où il n’y a pas de consentement, ce peut être un bon système de chantage pour être compensé financièrement ou permettre l’achat  de drogue. Ce peut être aussi un très bon moyen de blâmer une autre personne de ses propres problèmes de comportement et de personnalité. Si cette culpabilité a fait boule de neige, c’est qu’on n’en a pas parlé quand c’était le temps. À remarquer que si le système en n’avait pas fait de la sexualité un sujet honteux, cela aurait été plus facile d’en parler et d’intervenir pour prévenir de vivre des années d’enfer.

Si le système n’en n’avait pas fait le crime des crimes, les jeunes sauraient la différence entre un viol et un consentement sans vivre par la suite perpétuellement dans la culpabilité et le mépris de soi. Les jeunes sauraient qu’il n’y a pas de zone grise entre un non et un oui. Ce doit être absolument clair : on ne peut pas accepter pour les cadeaux que ça nous procure et se culpabiliser par la suite pour obéir à la morale qui nous reproche d’avoir eu du fun. Ton corps t’appartient en exclusivité et tu es la seule personne sur terre à avoir le droit de décider si tu aimes le partager avec une telle personne ou non.

Par contre, toute victime d’un viol devrait être protégée et non écrasée. Tu n’as pas à te culpabiliser ou te sentir sali pour une chose dont tu n’es pas responsable. Un secours psychologique devrait être gratuitement donné  à toutes personnes violées.

Quel que soit l’âge ou le sexe, une situation qui implique violence, peur ou douleur, est nécessairement néfaste. Chez le jeune, si cette expérience est agréable, c’est un jeu vite oublié comme un autre. Pour un jeune, la sexualité n’a aucun autre sens que de satisfaire une curiosité ou découvrir un nouveau plaisir. Même si le jeune n’éjacule ne pas encore, toucher provoque un tel chatouillement que ce sont des délices. La souffrance de l’enfant dans de tels événements non violents existe seulement dans la tête des adultes : les enfants ne ressentent pas le plaisir autrement que les adultes. Il y a une différence entre une claque et une caresse.

La souffrance de l’enfant, touché sexuellement, est la projection de la phobie féminine de la sexualité et de la peur que les femmes ont de leur première expérience sexuelle. Il ne peut pas y avoir de douleur, si tout est tendresse et d’amour. Le nez n’a rien de différent du pénis, sauf, que les censeurs ont décidé où on a droit de toucher ou non. Ce qu’il faut cacher ou non. Ce sont les rites de la vie sociale.

La réaction des adultes est prépondérante. Puisque le jeune n’a pas encore établi ses bornes quant à ce qui est bon ou mauvais pour lui, la réaction de ses parents indiquera la gravité de ce qui s’est passé. De plus, il se croit vite responsable de tout ce qui lui arrive. Il est aussi très sensible à ce pensent ses parents et ses paires. Réagir comme des fous, des hystériques, réagir comme si c’est aussi pire que s’il avait été tué, peut avoir des conséquences beaucoup plus néfastes pour le jeune que l’on prétend protéger que l’expérience sexuelle elle-même.   Moins on en fera un plat, moins ce sera grave pour le jeune, moins il en souffrira.

La décriminalisation des rapports non violents permettra aussi à l’adulte de ne pas devenir violent par peur de ce qui se passera si on le découvre. C’est peut être un facteur primordial pour éviter les situations violentes, surtout quand le

«prédateur», comme disent les féminounes, est malade mental. Y ajouter la peur, c’est peut-être y ajouter la violence. Si on veut vraiment protéger les jeunes, c’est un point de vue qui mérite considération.

Que les adultes aiment cela ou pas, de très nombreux jeunes adorent ce genre d’expérience parce qu’elles sont entourés d’une affection et d’un plaisir qu’ils n’auront jamais autrement. Les jeunes connaissent beaucoup plus vite comment interpréter les regards, les sourires ou les signes qu’on ne le croit. En d’autres termes, ils sont bien moins niais que nous l’avons été. Ils sont plus dégourdis parce qu’ils sont mieux renseignés, malgré tous les efforts du système pour tout censurer. Très rares sont ceux qui ne comprennent pas quand ils sont «cruisés».

Les jeunes ne perçoivent pas la sexualité comme les adultes : elle a peu d’importance si elle se confond à un jeu, une curiosité à satisfaire.

Cela devient un crime total seulement quand les parents, la police, les éducateurs et les psychologues s’en mêlent comme si le jeune venait de participer au crime du siècle. On ne se demande même pas si le jeune est plus

ou moins consentant, s’il est traumatisé ou heureux de son expérience, on condamne point à la ligne.

S’il ne faut pas banaliser l’amour qui entoure la sexualité pour permettre à l’âge adulte d’en respecter la grandeur, de la sacraliser ou idéaliser, il faut cesser de réagir à ces situations comme si ce qui venait de se passer est le pire crime de l’humanité. Une caresse ou un toucher n’a jamais asséché ou blessé quelqu’un.

La seule vraie raison pour l’interdit sexuel d’exister est que l’on maintient une morale d’hypocrites et de menteurs, en prétendant que c’est Dieu lui-même qui a fixé les règles. Rien d’autre ne justifie les interdits sexuels non violents.

L’obéissance à ces règles prétendument formulées par l’Au-delà est du même ordre que le fanatisme, une émotivité qui se veut une forme de paranoïa. La dictature du Moi.

Les gens réagissent en fous pour prouver à tout le monde qu’ils n’approuvent pas et ne sont pas complice… pour éviter la punition divine. Ils ont une telle peur de ce que les autres penseront d’eux qu’ils inventent une peur quintuplée par la honte. Ce lavage de cerveau est le pouvoir de l’ignorance universelle, transmissible parce que tous les individus se retrouvent dans une morale contre nature en étant confinée à la procréation.

C’est ainsi qu’on a pu faire croire auparavant que l’homosexualité, par exemple, est une maladie mentale.

La sexualité, après une période de latence, se manifeste avec l’apparition de l’adolescence vers 10 ans et plus. Chaque individu vit cette expérience à différents âges, de manière particulière à sa personnalité. Cette expérience peut être absolument heureuse ou décevante, parfois même traumatisante.

Si on veut respecter le jeune, on ne fixera pas d’âge de consentement, mais on établira qu’entre neuf et 16 ans, c’est le retour à la sexualisation. L’âge n’est pas le même pour chaque individu. Certains sont plus précoces ou retardataires que d’autres.

En ajoutant des cours positifs et sans censure sur la sexualité à la fin de l’élémentaire et en fixant l’âge de consentement avec l’entrée au secondaire, on s’assure de respecter le rythme biologique de développement du jeune et de lui fournir tous les moyens pour décider de ce qui est bien ou mal pour lui. Tout lui interdire, c’est lui mentir, le surprotéger, l’irresponsabiliser.

L’individu doit être préparé à dire oui ou non et à être autonome et responsable de sa sexualité. Il est impossible de rêver à une véritable autonomie, si l’individu ne devient pas l’unique maître absolu de son corps et de ses émotions. Il est hypocrite de parler de démocratie s’il n’existe pas une conscience individuelle et la capacité de faire entendre son opinion.

Contrairement à ce que l’on pense, plusieurs jeunes tentent des expériences sexuelles avec des adultes pour satisfaire leur curiosité et sont heureux des résultats. Pourquoi ? Ces jeunes n’ont pas subi de lavage du cerveau leur faisant croire que toute relation sexuelle est mauvaise et néfaste. Le «mal / péché de la chair » n’est rien d’autre que de l’ignorance. Pour le jeune, vivre une telle aventure, c’est souvent, au contraire, la découverte de son pouvoir de séduction, de la tendresse et du plaisir. Ils sont ravis d’être le centre d’attention d’un adulte et ils savent très bien en profiter. Il est bien évident que cette découverte est beaucoup plus fréquente entre des jeunes d’un même âge.

Contrairement, à ce que l’on fait croire, dans ces relations, le jeune n’est pas maltraité, au contraire, il est trop gâté. C’est d’ailleurs, parfois, un des points négatifs de cette forme de relation. Quand cette expérience, comme toute expérience amoureuse, se termine, le jeune peut se sentir rejeté. Comme toute rupture, celle-ci peut être particulièrement douloureuse, car souvent l’adulte est devenue une personne signifiante très importante. La pédérastie est soumise à toutes les lois des relations humaines et provoque les mêmes émotions qu’une relation hétérosexuelle entre adultes ou entre personnes du même âge. C’est pourquoi le pédéraste est responsable de la personne aimée.

Les «préjugés» du milieu font qu’une relation pédéraste durable est impossible. La seule différence entre les relations adultes jeunes et la prostitution ; c’est l’amour, l’amitié, la durée. La pédérastie devrait pouvoir exister si elle est  positive pour le jeune ; mais, la société ne permet pas que ce soit vécu au grand jour. Il faut la vivre d’une manière hypocrite, à la cachette et coupable.

Les jeunes ne sont pas assez bêtes pour ne pas comprendre que pour la très grande majorité des gens avoir une aventure sexuelle, si on n’a pas l’âge, c’est un crime épouvantable. Tout ce qui est d’ordre sexuel demeure un interdit pour le jeune. On pense automatiquement que le jeune n’est pas assez intelligent pour identifier ses besoins et les plaisirs de son corps. On oublie tout le bien que peut procurer une telle amitié. La seule différence entre l’amour et l’amitié, c’est le désir de procréation relié automatiquement à l’amour. Quant à la passion, elle est reliée aux émotions et aux sentiments.

Ce n’est pas une expérience qui fera dévier l’orientation sexuelle profonde d’un individu. Même si un jeune tente l’expérience, il reviendra, s’il l’est, à sa «petite nature» d’hétérosexuel. Accepter de participer à répétition à des activités homosexuelles ou autres alors que ce n’est pas sa nature, pour les raisons que l’on voudra, c’est s’exposer émotionnellement à exploser un jour ou l’autre.

Étant donné que l’on parle peu ce phénomène, il se peut que le jeune en ait honte ensuite et qu’il s’interroge plus profondément sur sa véritable orientation

sexuelle. Si nous vivions dans un monde où l’on n’a pas honte de consulter les autres quand on a des doutes, ce problème n’existerait pas. Les prétendues séquelles sexuelles sont le fruit d’une mauvaise éducation sexuelle qui maintient le tabou et la honte d’être ce que l’on est… hors de cette pensée unique, c’est la damnation éternelle.

L’abstinence sexuelle est contre – nature. Les rêves ou les règles s’en chargeront d’ailleurs naturellement…mais pour un jeune ignorant, les rêves peuvent être la preuve que sa perversité est telle qu’il ne peut même pas la fuir dans ses rêves. L’ignorance fait plus de dommages que l’expérience. Que les adultes aiment cela ou pas, de nombreux jeunes adorent ça parce qu’ils sont baignés dans une atmosphère de jeu, de tendresse, de cadeaux et d’une attention qu’ils ne connaîtront probablement jamais autrement. Ce n’est pas parce que tu es noyé de cadeaux que tu es devenu «accro» à la personne qui te les donne : c’est que ça te fait plaisir et que tu te sens considéré.

La liberté sexuelle 16

août 17, 2020

La liberté sexuelle 16 

Partie 2

« TU ES LE SEUL MAÎTRE DE TON CORPS ET TON ESPRIT »

Toutes les règles concernant la sexualité devraient reposer, à travers le monde, sur cette phrase : « Tu es le maître absolu de ton corps et de ton esprit » pour gérer la sexualité individuelle.

Cette règle devrait s’appliquer partout. La sexualité d’une personne ne regarde qu’elle-même en autant qu’elle est non violente, consentie et responsable. C’est non seulement une question de respect de l’intégrité physique et psychologique

de chaque individu, reconnue dans de nombreuses chartes ; mais un droit absolu à la vie privée.

Par ailleurs, tant qu’il y aura des religions, les lois sur la sexualité devraient être soumises aux règles de l’état civil et les lois civiles devraient avoir priorité sur les lois religieuses. Toutes ces lois devraient affirmer l’intégrité physique et psychologique, le droit à l’orientation sexuelle et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Les religions condamnent toutes, la sexualité en dehors de la procréation, mais la science démontre que personne n’est responsable de son orientation sexuelle — par qui elle est attirée –. Tu ne choisis pas à ta naissance, si tes pulsions seront conformes aux normes sociales ou déviantes, encore moins criminelles. D’une manière ou d’une autre, tu n’as pas le choix, t’es pris à vivre avec. Les religions peuvent continuer de nous damner, si elles ne veulent pas évoluer ; mais, quant à l’état, il faudrait établir une nuance entre protection et sur- protection ou aliénation des individus, particulièrement des mineurs. Un état qui contrôle la sexualité de ces citoyens est un état qui s’assure un contrôle absolu sur la vie privée individuelle de ses citoyens. Sauf, s’il y a violence ou domination, l’état et le système judiciaire n’ont rien à voir avec la sexualité des gens, même si ce sont des enfants.

La sexualité des enfants relève des parents et non de la police, à moins d’avoir besoin d’une intervention extérieure pour la protection physique de l’enfant.

Aucune personne n’a encore souffert de regarder de la pornographie sur son internet. D’ailleurs, la nudité est moins dangereuse que la violence et la discrimination que l’on implante dans les jeux pour les enfants. Personne ne s’est asséché après s’être masturbé ou avoir joui d’une fellation. Cependant, pour des raisons religieuses, on maintient particulièrement auprès des enfants, une paranoïa quant à tout ce qui touche la sexualité. On apprend aux jeunes à se méfier des « hommes » : il faut avoir peur des étrangers, des oncles, parfois du père ; mais on ne parle jamais ou presque des femmes. Ce qui nous incite à  dire, sans peur de se tromper, qu’on vise l’homosexualité.

On fait un tel drame autour d’une aventure sexuelle d’un jeune qu’il croit qu’une expérience d’exploration sexuelle avec un camarade fera de lui un « fifi » pour le reste de sa vie. Il croit que de jouir de sa sexualité est le pire des crimes, que la chasteté à son âge est plus importante que la violence ou les drogues.

Pendant qu’on surveille la sexualité de nos jeunes, on accepte qu’il y ait encore des milliers d’enfants soldats ou d’enfants battus ou qui crèvent de faim. Si on veut vraiment protéger les jeunes, on doit apprendre aux parents comment exercer la surveillance de leurs enfants. La police n’a pas à remplacer les parents. Contre la pornographie sur internet, on doit s’attaquer aux producteurs et non à ceux qui utilisent ce moyen de communication moderne pour se rincer

l’oeil. C’est moins dangereux pour les enfants qu’un adulte se masturbe en regardant de la pornographie infantile sur internet qu’un frustré qui se cherche une proie en chair et bien vivante. Les «nouvelles sont plus pernicieuses pour l’équilibre que la sexualité.

Personne ne peut tolérer la pédophilie, s’il y a pénétration, car, sauf la curiosité, la sexualité peut être perçue par cet enfant comme un geste dangereux, traumatisant. Selon les stades de développement précisé par Freud, la pédophilie concerne les jeunes entre 0 et 10 ans alors que la pédérastie s’intéresse aux jeunes de plus de dix ans.

La pédérastie est une orientation sexuelle plus que millénaire. Refuser d’établir cette nuance, c’est de la mauvaise foi pour pouvoir s’attaquer à toute forme de sexualité chez les jeunes. Pire, c’est leur refuser le droit à leur intégrité et à leur droit de choisir s’ils aiment ou n’aiment pas la relation qui se présente à eux. Comment construire une conscience personnelle, si on doit tous obéir à une même morale collective ? C’est de la surprotection, un viol des consciences.

Par contre, pour respecter vraiment les enfants, quant à leur développement et le besoin de se comprendre, les écoles devraient vers neuf ou dix ans (ce qui correspond selon Freud à la fin de la période de latence et respecte la vitesse de développement sexuel qui est strictement individuelle) des cours sur la sexualité. Ces cours permettront aux jeunes de savoir comment fonctionne leur corps, les changements à venir avec l’adolescence, le danger des maladies vénériennes et comment réagir dans le cas de rencontres avec des gens violents ou qui puissent leur imposer leur vue. On doit aussi parler des liens affectifs qui se créent dans une relation sexuelle.

Il faut surtout leur apprendre leur droit de pouvoir autant dire «oui», ou «non», « j’aime ou j’aime pas » à une relation sexuelle, même si elle est strictement exploratoire.

La décision à savoir si une relation est positive ou non, acceptée ou refusée, est un droit individuel fondamental. Un droit relié à l’intégrité physique de l’individu. Cette décision appartient à l’individu et ne doit pas être régie par les règles d’une morale mur à mur.

«Tu es maître absolu de ton corps ».

Cependant, les jeunes doivent avoir l’écoute des adultes pour s’assurer que leur morale personnelle soit respectée. Ils doivent être les seuls à pouvoir porter plainte si une relation sexuelle ne leur plaît pas. La sexualité est un geste libre. Un geste de plaisir, mais aussi un geste qui se doit d’être responsable, car il n’est  pas  seulement  physique,  mais  il  contient  une  large  part  d’émotions.

Plutôt que de crier au meurtre quand un jeune parle de sa sexualité, on devrait l’écouter et respecter comment lui, il se sent dans sa sexualité. On doit se rappeler que les normes morales ne sont que des conventions sociales.

S’il y a une forme de violence (viol) ou de proxénétisme, en cour , le procès ne devrait pas être de tout raconter dans tous les détails de ce qui s’est passé et examiner même les expériences antécédentes, la réputation des victimes ou des accusés ; mais d’établir d’une façon claire et nette que la personne ne voulait  pas de cette relation au moment où elle se passe ; d’où la nécessité dans l’éducation des plus jeunes de leur faire bien saisir l’importance du oui ou du non. En sexualité, un «noui» c’est un oui. Il n’y a pas d’espaces grises, c’est oui ou non ; j’aime ou je n’aime pas.

Pour protéger quelqu’un, il faut qu’il y ait danger. Or, la sexualité est ce qu’il y a de plus naturel chez les humains et les règles de notre morale sont le fruit de conventions sociales et de délires religieux contre- nature. On confond encore danger et péché. Malheureusement, la sexualité sous le prisme des religions repose sur les hallucinations des religieux frustrés plutôt que sur une approche plus scientifique, selon laquelle la sexualité est une partie intégrante de notre vie et de notre développement.

On peut parler de protection quand il y a violence ou non consentement. On peut aussi dans certains cas parler de violence ou une domination abusive par le client d’une personne prostituée. C’est aussi une violence de devoir se protéger contre le chantage des vertueux. Sauf la violence, rien ne justifie des règles qui créent une autocensure qui repose sur la peur et l’omerta. Le tabou engendre l’aliénation.

Tout individu a le droit se d’informer pour connaître son corps, même très jeune, s’il le désire. Cette éducation avant l’âge de 10 ans devrait appartenir aux parents ; non à l’école ou la police, appelée en renfort pour remplacer des parents qui doivent travailler tellement longtemps qu’ils ont perdu contacts avec leurs enfants.

D’autre part, les professeurs devraient pouvoir indiquer les sources littéraires et visuelles qui répondraient aux interrogations. Les photos pour informer les gens sur les réalités sexuelles n’ont rien de pornographique comme la nudité, d’ailleurs. Présenter la sexualité comme le mal des maux, c’est plutôt ça qui est anormal et vicieux.

C’est un pur viol des consciences. Pour voir du mal dans la sexualité, il faut avoir un esprit tordu. Pourtant, c’est ce que l’on fait quand on parle de sexualité avec les jeunes. Des policiers ont même déjà saisi des livres d’éducation sexuelle comme un matériel pornographique ou se font passer pour un jeune (un leurre) pour attraper toute personne qui s’intéresse sexuellement aux jeunes. Est-ce pour protéger les jeunes ou une chasse aux sorcières ?

La création d’un âge de consentement viole le droit des jeunes à leur sexualité, car elle ne respecte pas la vitesse individuelle de développement et la création d’une morale personnelle et individuelle face à la sexualité.

La liberté ne s’acquiert pas au coup de minuit, à partir d’un âge donné, mais à la suite de ses expériences bonnes et mauvaises. L’âge est un facteur de discrimination pour les jeunes, dans tous les pays qui établissent un âge de consentement qui ne respecte pas les données de la science. Ces payas fondent leurs règles sur les élucubrations des religions qui, avouons-le, sur le plan sexuel, sont des misogynes, entraînant l’inégalité entre les hommes et les femmes ainsi que la peur de l’autre.

Les religions avec les médias créent une véritable paranoïa face à la liberté sexuelle. Toutes les religions devraient respecter ce droit individuel qui consacre d’ailleurs l’égalité absolue entre un homme et une femme. La peur de la sexualité est très souvent confondue avec la peur de l’homosexualité.

Tous les individus devraient pouvoir faire appel à tous les mécanismes judiciaires et policiers pour protéger leur droit de vivre selon leurs propres valeurs, en autant qu’elles soient non violentes, qu’elles respectent le consentement de l’autre, qu’elles soient conscientes de sa responsabilité et je dirais même agréables. L’individu a le droit de dire non autant qu’il a le droit de dire oui ; mais dans notre société puritaine, on prône que le non. Les individus ont droit à la vérité, et par conséquent, d’avoir accès aux informations susceptibles de les renseigner sur la sexualité.

Actuellement, sous prétexte de protéger les plus jeunes, les pays créent un âge de consentement. Bien que cette mesure vise le bien-être des jeunes, elle est une façon de les surprotéger et d’accorder aux adultes, voire les parents, le droit ou le devoir de gérer leur sexualité. Ce qui contrevient au respect de l’intégrité des jeunes ainsi qu’à leur vie privée.

Bien entendu, il est normal que les parents s’inquiètent parfois des relations de leurs jeunes. Cependant, si cette situation est fréquemment abusive, c’est que les parents, à cause de leur autoritarisme ou de leur façon d’aborder les jeunes sur la sexualité, sont incapables de les mettre assez en confiance pour en faire des amis. Quand une mère dit que sa fille lui soulève le coeur à toutes les fois qu’elle la voit, depuis qu’elle a été en présence d’un vieux qui se taponnait sur son lit, elle a un urgent besoin de traitements.

Les religions ont toujours rejeté le plaisir. Pourquoi les féminounes essaient-elles d’imposer à nouveau cette norme : le rejet et le dégoût de tout ce qui est sexuel? Notre civilisation, à cause des religions, a tellement méprisé les femmes qu’il est compréhensible qu’elles rejettent le sexe, symbole de leur assouvissement, oubliant que la sexualité est une belle et normale réalité humaine. Il en sera ainsi tant que notre éducation abordera négativement la sexualité.

La sexualité est un droit individuel fondamental et sacré. L’état ne doit pouvoir intervenir que pour assurer à l’individu la liberté absolue de sa propre sexualité, le protéger du crime organisé ou des proxénètes. En ce sens, des règles doivent assurer la protection et la libération de toutes les personnes qui sont piégées par l’immense industrie du sexe, de façon, à ce que leur «liberté individuelle», soit totalement respectée. Tout individu devrait obtenir la protection de la cour (donc de la police) si elle présente une plainte à l’effet qu’elle est forcée de se prostituer ou participer à des activités sexuelles contre son gré. Cependant, toutes les plaintes devraient être pour être reconnues, formulées par la personne elle-même.

De plus, il devrait exister un syndicat du sexe dans tous les pays afin de protéger la personne qui se sert de la prostitution pour survivre. Le fait d’être humain l’emporte sur la morale et par conséquent, rien ne justifie, que la personne prostituée devrait accepter la violence, le chantage ou toute autre forme de discrimination liée à son mode de vie. On attache une trop grande importance au sexe par rapport à la violence ou aux drogues. Faut-il être sans manger durant une semaine pour comprendre que pour certains(es) le sexe peut signifier la  » survie  » ou le « plaisir » ? Notre morale est une invention religio- bourgeoise qui ne respecte pas notre réalité d’ «animal sexué». Il est urgent que l’on adopte une approche plus réaliste et plus scientifique. Tout individu a le droit de « jouir sexuellement », en dehors des sacro-saintes règles du mariage et de la procréation. Tu es le maître absolu de ton corps et de ton esprit, même dans le mariage.

Pourquoi la sexualité est-elle perçue comme une saleté ?

Toute notre approche de la sexualité vient des religions d’où sa condamnation, car les religieux croient que l’homme est un ange déchu. Le corps est le résultat de cet état d’éternelle infériorité.

Les religions prétendent que Dieu lui-même est venu nous dire de ne pas jouer avec notre zizi en dehors de la procréation. Comment un être strictement spirituel peut-il nous guider dans notre rapport avec notre corps ? Comment un être infini, éternel, peut-il savoir exactement ce qui se passe chez les mortels ? N’est-il pas supposé avoir une vue d’ensemble et non de détails ?

Les enseignements religieux émanent de l’interprétation, de la fabulation des religieux face au sexe et leur obsession de chasteté. Selon eux, la sexualité en dehors de la procréation est source de mal.

Cette vision dominante condamne la sexualité à être méprisée. Elle est motivée par la connaissance que les hommes avaient alors de la sexualité. Il était impératif pour l’espèce humaine d’avoir une relève afin de ne pas disparaître d’où la nécessité chez l’homme de préserver le sperme afin de s’assurer qu’il n’en manque jamais, qu’il soit toujours de très bonne qualité d’où tous les rituels d’initiation. Pour cela, on a élaboré toute une morale qui aujourd’hui, avec nos connaissances, démontre que leur approche n’était nullement fondée sur la réalité, sur la nature réelle de la sexualité. Pourquoi continuer d’agir à partir de cette ignorance ?

Malheureusement, le but des réflexions sur la sexualité sert toujours à justifier ces règles aberrantes, portées par l’ignorance, et qui rejettent le plaisir et la dimension émotive de la communication à travers les jeux sexuels. On a même créé un langage spécifique pour anéantir le respect de la sexualité dès l’enfance.

Le rejet de la vie sexuelle prend l’aspect d’un dégoût de ce qu’il y a de plus beau et de plus formidable dans la nature.

Les religions ont perverti la sexualité en méprisant la femme. Elle représente pour les religieux une source de tentation et un obstacle à la chasteté. La femme est le mal en chair et en os.

Quant à l’homosexuel, c’est le diable en personne. Cette vision négative de la sexualité est une forme de déséquilibre émotif plutôt qu’un idéal. Elle entraîne automatiquement toutes sortes de ségrégations : homme- femme ; de race, etc.

Celui qui pense que la chasteté est l’idéal des idéaux ne peut concevoir l’autre autrement que plus infect qu’un cochon. Tout individu étant sexué est voué au péché.

L’aspect fondamental de la sexualité n’est pas que la génitalité, la transmission de la vie ; mais c’est aussi l’amour, le lien émotif qui s’établit entre deux individus.

Un jour, on comprendra peut-être que la violence et les drogues sont un danger beaucoup plus grave, réel et immédiat pour les jeunes que la sexualité.

La pédérastie est-elle une déviance sexuelle ?

La conception et la naissance d’un enfant est, depuis le début des temps, la seule finalité de la sexualité, car, elle assure la survie de l’espèce. Qu’y a- t-il de plus mystérieux que le phénomène de la conception et de la naissance d’un être vivant ? N’est-ce pas le geste sacré par excellence ? Est-il étonnant que les religions s’en soient appropriées ?

Puisque les humains ne comprenaient pas le processus sexuel, la vie, les forces de la nature ; ils ont inventé des divinités pour expliquer l’inexplicable. Les religieux d’alors ont voulu mater ces forces naturelles en les convertissant en dieux et en leur offrant des sacrifices pour les garder de bonne humeur.

Les mythes illustrent bien l’absence de connaissance et le besoin de sécurité de l’homme primitif que nous sommes encore d’ailleurs aujourd’hui. Les mythes, en prenant de l’ampleur, ont donné naissance aux religions. En détenant seul le savoir, ça permit aux religieux de dominer les profanes.

Pour étendre ce pouvoir, on a inventé la royauté, puis, le système, c’est-à-dire les castes et les classes sociales, donc, un moyen pour un petit groupe de contrôler et d’exploiter tous les autres individus de leur naissance à la mort. On inventa une structure sociale dans laquelle il y avait ceux qui dirigent, qui inventent les lois, définissent ce qui est bien ou mal. Les dirigeants pour s’assurer que ceux qui ne respectent pas ces règles parmi le peuple soient punis ont créé des armées dans le but de protéger leur pouvoir et asseoir leur autorité. Un pouvoir qui se doit d’être lucratif.

Les dominants constituèrent des classes à part : l’aristocratie et la bourgeoisie, une mafia légale ou le système, qui recevaient ainsi autant les bénéfices des dévots que de la pègre. Dominer devint synonyme d’exploiter, de lever des impôts. Exploiter donna naissance au commerce. Pour garder la mainmise sur les individus, on inventa la morale, d’où les religions sont une série d’interdits, de règles et de rites. La peur religieuse maintenait l’ordre.

Toutes les peurs avaient leur dieu, leurs règles et leurs rites afin de contrôler chaque moment de la vie. Pour étendre leur pouvoir, ces règles exigeaient parfois même des sacrifices humains. On donnait un petit exemple par ci et par là.

Pour comprendre le sadomasochisme des religions, il faudrait aussi comprendre le rôle et le sens du sacrifice dans la tradition. Il faut souffrir pour être pur, être castré psychiquement. Avec le temps, on a confondu pureté avec chasteté… Avec la place que les Livres Saints ont faite aux femmes, la sexualité est devenue la raison par excellence de la malédiction féminine. La femme se devait d’obéir à son mari. Elle n’existait pratiquement pas. Elle n’avait aucun droit.

Pour dominer, les religieux ont institué les Sages qui ont écrit les livres saints. Ces livres sont la pensée condensée des Sages à travers l’histoire des peuples juifs et arabes : la Torah, la Bible, le Coran et les Évangiles. Les prophètes étaient des individus qui portaient leur peuple en eux et pouvaient ainsi comprendre et prédire le destin des leurs. C’étaient des hommes qui cherchaient une nouvelle avenue spirituelle pour accéder au bonheur et au vrai sens de la vie.

Selon l’écrivain, Raoul Roy, dans Jésus, guerrier de l’indépendance, les prophètes, particulièrement Jésus, étaient les penseurs de la révolution locale contre la domination de Rome. Sous prétexte que les prophètes parlaient au  nom de Dieu, tous les humains devaient obéir aveuglément à leurs règles pour survivre, car les autres étaient là pour veiller au grain. La cohésion du groupe reposait sur la foi aveugle et l’infaillibilité des règles religieuses. On les imposa. Les Talibans sont un exemple moderne de cet esclavage qui n’en porte pas le nom.

Les règles pour régir la sexualité sont nées de cette même peur et de cette même ignorance. On avait entre autre peur que l’on cesse de pouvoir procréer, si on éjaculait trop souvent ou librement.

Les règles ont aussi été créées parce que la sexualité est accompagnée de plaisir. Un plaisir pour lequel bien des humains ne savent pas freiner leurs désirs. La femme était un titre de propriété.

Ces règles sociales ont été acceptées et sacralisées autant par la gauche que la droite, comme si religions et idéologies transcendaient la vie sociale et politique.

En réalité, ces règles universelles permettent d’empêcher l’éclosion d’une conscience individuelle et élimine le danger d’éclatement du système maintenu par la dictature morale.

La répression sexuelle permet aux religions ou aux idéologies, à travers le fanatisme, de prouver leur supériorité sur les autres, qui sont nécessairement identifiés à la tentation et aux impies. La haine du péché devint vite la peur et la haine de l’autre, de la différence.

Encore aujourd’hui, comme à cette époque, la force d’une religion tient à son fanatisme et au nombre de ses membres.

C’est pourquoi les religieux de toutes les sortes rejettent la laïcité : ils doivent porter publiquement des signes extérieurs (le voile islamique, la croix, par exemple) pour prouver leur force et leur supériorité. Les signes extérieurs religieux jouent le même rôle social que le vote dans une élection prétendument démocratique : préciser le nombre d’adhérents et engendrer la peur de leur pouvoir. Ainsi, les religions ont bâti leur empire sur l’ignorance, la peur et les émotions.

Rien, sinon la bêtise et l’ignorance ne justifient logiquement la répression sexuelle. Qui peut croire qu’un Dieu purement immatériel peut nous guider dans une réalité aussi humaine que la sexualité ? Mais, les dirigeants religieux l’avaient compris, la peur de la sexualité, principalement chez les femmes, empêche l’égalité entre l’homme et la femme. Cette peur morbide entretient la paranoïa et une domination macho de l’homme. Elle identifie la vie au sacrifice plutôt qu’au plaisir. Elle condamne l’autre à la saleté et au rejet.

La frustration justifie ensuite la violence et la domination, car, la frustration est source de violence. Le fanatisme religieux est la cause par excellence des guerres. C’est la lutte pour dominer, être la vérité, mais on oublie que la vérité est d’abord une réalité individuelle.

Les religions universelles (judéo – chrétienne – islamique) tuent toute conscience individuelle et relèguent la femme au rôle de servante de l’homme macho tout- puissant. Elles oublient que la Bible est très profondément en opposition avec l’Évangile.

L’Évangile rejette la violence alors que dans la Bible elle est sacrée. Dans la Bible, les homosexuels à travers Sodome et Gomorrhe sont condamnés ; dans les Évangiles, Marie-Madeleine est sauvée par Jésus et Saint – Jean, qui n’a que 15 ans, est le favori du Christ. Dans l’évangile selon St- Jean (bible de Jérusalem), ils se retrouvent, en toute lettre d’ailleurs, couchés nus au Jardin des Oliviers.

Les formulations religieuses, parfois mensongères, même si elles avaient pour but d’expliquer et de mettre un peu d’ordre dans la barbarie qui sévissait, sont pires que le viol d’un corps ; elles sont le viol de la conscience humaine.

L’ignorance à la base des mythes et des religions a permis la naissance du fanatisme. C’est ce fanatisme qui nous tient aujourd’hui sur le bord d’une guerre de religions ou une guerre mondiale.

Qui, aujourd’hui, peut encore croire que le sperme est le sang blanc de l’homme, le plus riche sang qui soit ? Qui croit encore que la masturbation est une forme d’assassinat parce que les spermatozoïdes meurent ? Pourquoi y a-t-il  des rêves blancs (wet dreams) ? Pourquoi les règles chez les femmes sont-elles présentées comme la «maladie des femmes » ? Ce sont pourtant les  mensonges qu’entretenait la religion au Québec…La danse était l’autoroute du mal. Plutôt que de centrer ces messages sur l’amour, l’essentiel du christianisme, l’Église a préféré entretenir la peur du sexe.

Encore aujourd’hui, la majorité des garçons et des filles ignorent pourquoi et comment fonctionnent leur corps, plus particulièrement, du point de vue sexuel parce que les adultes ont si honte qu’ils ne savent pas comment en parler. C’est encore un sujet tabou, sous prétexte que c’est vulgaire.

La vulgarité est relative et permet souvent de mettre fin à l’exploitation humaine, car ce que le système considère vulgaire est souvent de l’hypocrisie traduite en mots. Les mots deviennent une forme de domination en soi.

On inventa un vocabulaire «bourgeois», dit scientifique, qui permet le rejet des mots utilisés par le peuple pour expliquer la sexualité et ainsi maintenir un langage particulier entre riches et pauvres.

Pour éliminer la sexualité, on a même inventé une littérature spécifique à la jeunesse ce qui permet depuis aux multinationales de pouvoir tenir les jeunes dans leur mire commerciale et aux féminounes homophobes de poursuivre leur combat identitaire : elles s’imaginent que les jeunes sont comme elles, d’involontaires proies sexuelles. Elles rêvent de vivre dans un monde asexué, castré, dominé par les femmes. Plusieurs semblent confondre égalité et domination ; pureté et castration…Les féministes sont devenues des féminounes, les curés modernes.

L’ignorance permet de dominer. Pendant qu’on pleure sur le sort du pauvre jeune qui a eu le plaisir de se faire sucer, des centaines de milliers de jeunes n’ont aucun accès à l’éducation, des centaines sont tués dans des guerres, des millions ne mangent pas à leur faim…mais au moins ils sont chastes. Les règles sexuelles sont celles des religions, de la bourgeoisie : les règles de l’hypocrisie et de la débilité incarnée par l’ignorance.

La morale sexuelle actuelle est la valorisation des valeurs bourgeoises. Il est facile d’être contre la prostitution quand tu peux toujours manger à ta faim.

Encore aujourd’hui, la police confisque des livres d’éducation sexuelle parce qu’il est possible de voir des jeunes nus. Nos autorités n’ont pas encore eu la sagesse de comprendre que la nudité n’a rien de pornographique tout comme la sexualité n’a rien de sacré.

Au Québec, on invente même de nouvelles infractions. La dernière : priver une famille de son enfant. Personne ne sait d’où ça sort.

C’est encore difficile pour les jeunes d’obtenir une réponse objective et scientifique sur la réalité sexuelle. Les adultes capotent devant l’intérêt des ados face à leur sexualité parce qu’ils nient un phénomène tout à fait naturel et ne semblent pas se rappeler leur propre expérience.

La répression sexuelle est le fruit de l’ignorance, de la peur et de la culpabilité. Et, comme disait mon père, quand on veut tenir un peuple en esclavage, il suffit de le tenir ignorant.

Nos tribunaux et la guerre des féministes contre la pédophilie dans les médias ont simplement remplacé l’Inquisition.

Pendant qu’on parle d’un pédophile, on n’a pas à parler de ceux qui nous volent dans nos gouvernements, des guerres qu’ils provoquent à l’étranger pour s’enrichir, le commerce d’humains du crime organisé comme à l’époque des esclaves, etc. Cette peur maintient l’industrie de l’insécurité et de la peur.

Il faut maintenir la peur et le dégoût de la sexualité à tout prix, car elle permet de parler des faux problèmes et de meubler les statistiques. C’est moins risqué de combattre les individus pédophiles que le crime organisé, mais ça justifie tout

autant les besoins d’augmenter les budgets sous prétexte d’assurer la sécurité du grand public. Les statistiques servent à cette fin.

La pédophilie est un sujet majeur de nos actualités. On en parle comme si c’était aussi important que la guerre ou la faim de la majorité des jeunes dans ce monde.

C’est une façon de lui donner de l’importance et de manipuler notre perception de la sexualité. On maintient ainsi la paranoïa contre tout ce qui est sexuel : du langage au toucher, en passant par l’intérêt ou la curiosité que l’on identifie au harcèlement. En traitant du sujet quotidiennement, on croit que les jeunes auront assez peur pour leur petit cul qu’ils ne s’approcheront d’aucun étranger, oubliant que les jeunes ont une toute autre perception de la sexualité : ils ne comprennent pas grand-chose à cette hystérie. À la fin, ces croisades médiatiques finissent par entretenir la peur et le dégoût du sexe chez les femmes, ce qui permet la domination des mâles puisqu’elles entretiennent elles- mêmes à leur égard une culpabilité autodestructive.

Les hommes sont peut-être «cochons», mais ils s’acceptent comme ils sont, eux, … l’hypocrisie et le «bithchage» ne sont pas leurs sports favoris. Certaines féminounes ont déjà reconnu que le chantage est devenu dans les cas de divorce leur arme ultime contre les mâles.

Cette peur permet la commercialisation institutionnalisée de la sexualité. Si l’on cessait de percevoir les manifestations sexuelles consenties sur une base individuelle comme de l’exploitation, on prendrait vite conscience que le commerce sexuel rend possible une exploitation universelle et institutionnalisée. Le sexe représente autant le bien que le mal, car ainsi, il assure la possibilité de récolter des profits très lucratifs, en opposant la loi et la prostitution, mais en récoltant le fruit de l’un et de l’autre. Pour ce faire, il faut à tout prix conserver  une zone grise qui assure le profit des deux. En créant des lois contrôlant les individus, cela permet de s’attarder à eux et de ficher la paix au crime organisé.

Si l’on considère la procréation comme étant, pour la sexualité, la seule raison d’exister ; il est bien évident que toutes formes de sexualisation, autre que la reproduction, est une déviance.

Il s’agit d’ailleurs de la dictature morale qu’ont voulu imposer les religions judéo- chrétiennes et islamiques. L’amour fut remplacé par l’économie ou la dote, oubliant que pour survivre une relation humaine est strictement basée sur l’amour ou une profonde amitié (de l’amour que l’on a nommé autrement strictement pour préserver l’hétérosexualité de l’homosexualité). Selon les religions, rien en dehors d’une pénétration visant essentiellement à donner naissance à un être humain, n’est acceptable. Pour justifier ce point de vue, il a fallu inventer un péché, nier le plaisir, limiter les sens et la pensée pour faire croire dans la supériorité morale de cette doctrine.

Il faut limiter le «naturel», lui donner un sens péjoratif et sale pour maintenir le joug absolu du péché. Sauver quelqu’un contre lui-même n’est-ce  pas  la formule idéale pour obtenir de lui l’obéissance absolue ? Devenir asexué  comme un ange, n’est-ce pas le rêve de l’homme religieux, cet ange déchu qui ne veut pas de corps pour vivre que par l’esprit?

Il a fallu attendre des siècles avant que l’on constate que l’amour peut aussi être un acte de communication et de tendresse. Aussi surprenant que cela puisse être cette prise de conscience fut le fruit du féminisme.

Plutôt que nous apprendre à gérer notre sensibilité et nos émotions, on nous les a interdites ainsi que les sens qui pouvaient les procurer. Cette castration contre– nature a engendré le fanatisme seul capable de maintenir cette ignorance aberrante. Ainsi, toute pensée d’ordre sexuelle est devenue un péché. La foi aveugle dans l’autorité a engendré le fanatisme et les guerres ; les guerres et le profit ; le profit et la domination. Point de salut, hors de son petit nombril ! Les religions devinrent des institutions extrêmement riches et cupides. Pour dominer, tout fut permis…même les guerres, ces assassinats légalisés et bénis.

Cette conception a permis, grâce à la culpabilité face à ce que pensent les autres de maintenir une main -d’œuvre à bon marché et d’entretenir une bonne chair à canon. (Voir W. Reich). Les Grecs ont été les premiers à s’apercevoir qu’un soldat combattait plus férocement lorsqu’il le faisait par amour pour son petit ami, mais Platon a tenté de récupérer cette force , en tentant de démontrer qu’un jeune convoité perd de son importance quand on lui a fait l’amour.

Donc, la jeunesse et la beauté ne furent plus les seules raisons d’un amour recherché, on a aussi voulu que ce bonheur perdure à travers le désir non assouvi. Montesquieu a par la suite essayé de justifier l’amour hétérosexuel monogame en prétendant que l’homosexualité avait été la cause de la déchéance de Rome. Cette perception permettait d’élargir les interdits.

L’Amour ne s’explique plus seulement par le plaisir corporel, il implique l’existence d’une énergie au-delà du matériel. Ça rappelle «l’orgone» de Reich, une énergie électromagnétique ou la libido de Freud, la vie étant comme l’électricité, une énergie plus condensée que toute énergie du monde physique où le corps est une espèce de fil conducteur…une prolongation mécanique du cerceau (ordinateur).

Plutôt que d’enseigner aux filles et aux garçons leur réalité corporelle, on préfère se taire et crier aux meurtres quand ils se questionnent ou que les choses ne se passent   pas   pour   un  individu  comme  c’est   le  cas   pour   tous   les autres.

On oublie que la perception de la sexualité change selon les âges, les cultures et les connaissances que l’on en a. Son interdiction dicte la place de la sexualité dans nos vies : plus elle est interdite plus elle est obsessionnelle. C’est normal, car le principe même de la libido, c’est de réaliser le plaisir commandé.

Dans certaines cultures, par exemple, il est correct de flatter les organes génitaux des bambins. Personne n’y voit de mal. Aucun bambin ne marque des signes de traumatismes devenu adulte. Le mal est dans la tête de ceux qui le proclament : on appelle ça des scrupuleux ou des esprits tordus. Dans ces pays, il n’y a pas de suicides chez les jeunes.

Le tabou sexuel ainsi que sa sacralisation permettent de maintenir un commerce très lucratif et de dominer les consciences par une peur qui entretient la paranoïa, grâce à la culpabilité. Ce manque de communication nous emprisonne dans l’ignorance de soi et des autres. Il engendre la honte des phénomènes physiques pourtant normaux chez tous les individus : ovulation, éjaculation, bander…Ainsi, tous ont honte d’être ce qu’ils sont, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils se sont faits royalement mentir, mais il est trop tard pour réagir, ça peut prendre une vie avant d’en avoir pris conscience… Ce rejet de soi permet d’entretenir, particulièrement chez les femmes, une forme universelle d’exploitation : la mode.

Plus profondément, la sexualité était partie intégrante des philosophies ou des visions générales pour expliquer la vie et la mort. Les religions ont ajouté Dieu pour justifier la rédemption après la mort et la présence d’une force supérieure. Les règles, les rites et leur vision de Dieu furent pensées par les prêtres des différentes religions à travers la projection de leurs propres problèmes à vivre leur état d’hommes frustrés. Leur approche était souvent basée sur la nécessité de plaire à leur dieu en effectuant des sacrifices ; car, le corps est impur et l’esprit est divin. Ainsi, le plaisir fut vite perçu comme un ennemi de son propre salut. Il faut souffrir pour se purifier…Cette conception était riche : si on  n’accepte pas le sacrifice, on n’accepte pas non plus un travail qui ne nous plaît pas…

Aujourd’hui, plusieurs prétendent que nous sommes une énergie consciente parmi des milliards d’autres énergies à travers l’univers. La vie serait simplement un infime point d’équilibre dans les forces de l’univers. Sa durée ne serait rien  de plus, ni rien de moins que la durée de cet équilibre. Sa rupture serait la mort, le changement. Ce qui fait que nous sommes qu’une simple énergie à la fois éternelle (rien ne se perd, rien ne se crée) et mortelle, car, nous sommes aussi créés à partir d’éléments matériels.

Personne ne peut dire ce qu’il y a avant la naissance ou après la mort, car personne n’en est revenu. Aucune résurrection n’est contemporaine. Ainsi, toutes les interprétations sont formulées par l’imaginaire.

Le péché existe, selon cette nouvelle interprétation de la vie et de la mort, comme une absence d’amour, un manque de sens de la responsabilité. Tout est présent. La seule réalité est le «maintenant». La nouvelle «donne» est qu’il faut s’accepter comme on naît puisqu’on y peut rien. Il faut essayer à partir de cette réalité de construire quelque chose de bien pour soi et pour les autres. Les individus sont ainsi coresponsables de leur vie. On peut leur demander seulement de faire leur possible, considérant que dans cette nouvelle idéologie, l’amour est la force la plus grande puisqu’elle permet d’entrer en contact avec les autres . L’amour a le privilège de donner un sens à la vie.

Dans cette optique , refuser la création comme elle est , c’est un blasphème , car c’est prétendre que Dieu est trop nigaud pour créer autre chose que quelque chose de bien , sans défaut , de parfait , instantané et en évolution. C’est refuser à Dieu le droit d’être Amour ; l’amour étant un appel absolu à la tolérance, à la Connaissance et à essayer de comprendre ce qui est différent. C’est accepter le corps comme partie intégrante de son identité. C’est accepter le changement et l’expérience de l’instant. C’est une autre façon d’expliquer la mort. Être content d’être humanoïde avec toutes les restrictions que cela comporte.

D’ailleurs, contrairement à ce qu’enseignent les religions, le premier péché ne fut pas d’ordre sexuel, mais l’orgueil de Lucifer quant à reconnaître la valeur de l’homme comme création. Il a refusé de s’agenouiller devant l’Homme.

Cette conception de l’humain aurait été impossible sans le cheminement préalable des féministes. Il a fallu la lutte des féministes pour le droit à l’avortement pour interpréter la sexualité autrement qu’un moyen pour perpétuer la race.