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Spirale intraprojective 34

octobre 9, 2020

Spirale intraprojective  34

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 324 à 334)

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 En 1760, en 1837 et avec la pendaison de Louis Riel, le statut colonialiste était clair, mais avec la venue du prétendu French Power, le colonialisme a perdu de son évidence parce que l’on a pu ensuite prétendre que les francophones du Québec étaient bien représentés à l’intérieur du gouvernement fédéral libéral.         

En fait, il y a deux rêves : L’indépendance du Québec avec Lévesque ou le Canada bilingue avec Trudeau, deux beaux et grands rêves, mais dont le second est absolument irréaliste à cause du refus de la population anglophone du Canada d’apprendre aussi le français.  L’Alliance canadienne en témoigne quotidiennement.

Le French Power a créé une nouvelle bourgeoisie franco-canadienne pouvant masquer le colonialisme, entretenir la dualité, parce que sur un plan international, on peut prétendre, grâce aux votes, que les francophones sont dûment, démocratiquement représentés à Ottawa.  On passe sous silence que leur rôle est d’écraser tout ce qui est bon pour le Québec et va à l’encontre des intérêts du reste du Canada.   

Ainsi, tant que le Québec élit des Trudeau, Mulroney, Chrétien, on peut prétendre que les Québécois ne sont pas colonisés parce que leurs représentants fédéraux sont démocratiquement élus, et ce, même si ce n’est qu’une façade.   Une bonne partie des gens votent sans même savoir pourquoi ils votent.  Et, sous ce même prétexte, on défend le vote aux jeunes de 16 ans et plus. 

Nos démocrates auraient intérêt à relire ce qui se passait en Grèce antique, même si l’esclavage existait et que la situation de la femme était totalement inacceptable quoique son rôle ne fût pas aussi inférieur qu’on le dit puisqu’elle gérait les fermes de leur mari.  Malheureusement, c’était tout ce dont elle avait le droit et elle était perçue comme un être servile, au service du mari.  Chaque époque a un degré d’évolution.  

Le véritable pouvoir est actuellement entre les mains de l’Ontario (chauffée par l’Alberta), grâce à la complicité d’une nouvelle bourgeoisie canadienne-française plus riche que la petite bourgeoisie du Québec, vue comme une bourgade.     

C’est un nouveau clan, plus riche qui profite de son appartenance pour exploiter les Québécois (rien de plus payant que les guerres (vraies ou fausses)… C’est ce que j’appelle la mafia légale : ceux qui profitent de la crédulité du peuple pour se faire de l’argent…          

D’ailleurs, cela est rendu encore plus évident par la présence du Bloc québécois qui fournit la preuve que le peuple québécois est devenu simplement et carrément la PLUS GROSSE MINORITÉ DU CANADA avec un statut qui confère au Québec de moins en moins de pouvoirs.  Le Bloc se voit déjà incapable de remplir ne serait-ce que le rôle d’opposition officielle.  C’est une réalité numérique et non une invention.          

Pire encore, plus le temps s’écoulera moins le Québec aura de pouvoirs au sein du Canada
.  
 
Le Québec est d’ores et déjà condamné à être dans un état de plus en plus minoritaire à l’intérieur de la Fédération canadienne parce que le Canada anglais refuse obstinément de reconnaître sa spécificité ou l’égalité des peuples fondateurs.   Le gouvernement du Québec est de plus en plus un simple gestionnaire et, non plus, celui qui décide ce qui va se passer chez-lui.

Cette situation justifie en soi, à elle seule, la présence du Bloc québécois afin de prouver que le parti libéral n’est pas plus représentatif des Québécois que les Conservateurs.  Par contre, il faut reconnaître que les changements de gouvernements ne changeront jamais profondément la société, tant que les fonctionnaires, les exécutants seront là à vie.

La souveraineté ou la peur d’un référendum gagnant au Québec constitue une barrière à l’assimilation galopante, même si les Anglophones sont loin d’avoir aussi peu de pouvoirs au Québec que les Francophones dans les autres provinces.
 
Le Québec ne peut même plus à l’intérieur du Canada prétendre être une société distincte avec de vrais pouvoirs. La Cour Suprême intervient toujours pour modifier la loi 101, par exemple.

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LE FRENCH POWER

Il est clair que pour les Anglophones, l’existence d’une deuxième bourgeoisie dite canadienne française est l’argument pour nier la réalité colonialiste du peuple québécois à l’intérieur du Canada. 

La guerre interne des francophones permet la domination économique orangiste de l’Ontario dont la puissance repose, comme par hasard, comme aux États-Unis, sur l’industrie de l’automobile et du pétrole.         

C’est la trahison du grand rêve de Trudeau de créer l’unité canadienne en créant un Canada bilingue et biculturel d’une marre à l’autre, sans se soucier que le Québec soit assimilé.  Mais, avec le temps, seul le Québec sera vraiment bilingue.  Et, le bilinguisme institutionnel est l’autoroute de l’assimilation.  Ce n’est pas pour rien que l’immigration demeure majoritairement entre les mains d’Ottawa.  Elle a permis d’ailleurs à Ottawa, lors du dernier référendum d’obtenir une majorité fédéraste et de le voler.          

L’assimilation du Québec n’est qu’une question de temps : Montréal en est la preuve vivante.  Bientôt, les francophones seront minoritaires.   

Par contre, l’arrivée des écoles linguistiques donne un cachet inestimable et unique à Montréal.  Je ressens toujours beaucoup de plaisir et de fierté à entendre de jeunes immigrants se parler en français.  Serait-ce l’avenir du Québec ?  Le bien-être de tous ces petits humains n’est-il pas ce qu’il y a de plus important ?

Les rois-nègres, nos trois colombes libérales, furent officiellement le lot du néo-colonialisme.  Ils le rendirent possible.  C’est aussi évident qu’en Afrique.  Ce colonialisme repose surtout sur le besoin de nous humilier, de nos diminuer. 

Mais, dans le contexte, il était impossible de faire mieux.  Trudeau ne pouvait quand même pas se proclamer indépendantiste.  Il croyait que nous ne pouvions pas nous en sortir hors du Canada, alors que René Lévesque croyait, au contraire, dans l’émancipation du peuple du Québec.           

Il faut aussi être ouvert à l’idée que ces jeunes idéalistes ont vraiment à leur façon essayer de changer les choses et créer un Canada qui soit acceptable pour tous; mais c’est peine perdue, le Québec est et sera toujours rejeté par le Canada anglais.      

Le résultat de leur défaite nous a été livré à la télévision quand Jean Marchand a quitté Ottawa en disant que la décision sera prise au Québec.  Peut-être ont-ils été honnêtes dans leurs efforts, mais cela n’a pas suffi.  Le Canada ne veut rien savoir du bilinguisme et du biculturalisme.  Reste le projet de René Lévesque ou de la Confédération (états associés) de Bernard Landry, ce qui revient au même. Personnellement, mon projet est que le Québec devienne une république avec ou sans attache avec le fédéral)  Si les Canadiens ne veulent pas de nous, tant pis !   

En octobre 1970, nous avons eu la preuve, avec les mesures de guerre, qu’Ottawa n’hésiterait jamais d’envoyer l’armée au Québec si le Québec votait un oui majoritaire en faveur de l’indépendance.   

Le radicalisme anglophone, avec la partition, à la suite du référendum, en exprime aussi la preuve.  La raison fondamentale qui aurait incité le fédéral à déclarer les mesures de guerre et nous faire vivre les Ordres (un film de Brault) serait que les Américains s’apprêtaient à envahir le Québec si le fédéral ne le faisait pas.  Ils étaient déjà à notre frontière… Les États-Unis n’attendent qu’un mauvais coup du Québec pour l’envahir.  En ce sens, les événements du 11 septembre justifient la mainmise américaine sur le Canada.  C’est contraire, de ce que Trudeau a voulu nous transmettre, soit notre indépendance vis-à-vis les États-Unis.  Si Trudeau était contre le Québec, il rêvait quand même d’un Canada autonome en Amérique.    
 
La loi de la clarté est une forme de chantage, en créant une exigence qui soit presqu’inacceptable.  Par contre, il faut reconnaître que la création d’un Québec nouveau ne doit pas se faire minoritairement, même si le gouvernement est élu, ou, en dansant sur la ligne.   La question doit venir du Québec et n’a pas à subir ce qu’Ottawa en pense.  Tant qu’au vote nécessaire, ce fut et ce sera toujours 50% plus un.           
 
Ce chantage ne doit pas nous arrêter.  Si le Canada veut jouer un rôle sur la scène internationale, il devrait commencer par donner l’exemple.  Il devra respecter un «oui» majoritaire québécois.  La démocratie ne doit pas être qu’un sermon.

Jusqu’à date, le fédéral a obtenu une majorité, grâce aux mensonges et à son hypocrisie.  Non seulement il a volé le référendum, mais on peut se demander s’il n’est pas le premier responsable de la mort de Pierre Laporte.  En 1970, les interprétations des faits étaient différentes, selon les informations.           

Certains prétendent que le FLQ a tué par Pierre Laporte, c’est la version retenue, officielle ; mais on dit aussi que c’était après que Pierre Laporte se soit lui-même blessé dans une tentative d’évasion d’autres voient en octobre 1970 l’aboutissement d’un complot fédéraliste.  

Selon une des versions, Laporte se serait dangereusement blessé dans une tentative d’évasion.  Ayant perdu leur sang-froid, à bout de ressources, les ravisseurs auraient décidé de le faire soigner, car ils craignaient pour sa vie.  Fanatiques politiques, mais pas meurtriers.  Ils ont amené Laporte à un endroit où grâce à l’hôpital de la base militaire, il pouvait être soigné en toute vitesse.  Pour s’assurer que la police agisse promptement on a même envoyé un message en ce sens, où trouver Laporte, à CKAC, une radio.    

Certains ont prétendu que le FLQ avait été infiltré par la GRC et qu’un de ses agents de la cellule Louis Riel était en constante et directe communication avec le ministre de la Justice fédérale d’alors, Jean Chrétien, afin de l’informer de l’état physique des deux détenus soient MM. Cross et Laporte.  D’où sort cette cellule?  Quelle a été son rôle ?   

C’est alors qu’Ottawa, pour prendre le contrôle de la situation ou vraiment protéger les soldats aurait ordonné que l’on tire dans la malle du véhicule contenant Laporte blessé, sous prétexte que l’on aurait pu y trouver de la dynamite.  Les ministres fédéraux étaient particulièrement paranoïaques, spécialement Jean Marchand.    

Laporte a-t-il été touché par une ou des balles tirées sur la malle du véhicule ?  Ces blessures et le temps pris pour ouvrir le coffre de l’auto auraient-elles entraîné la mort de Laporte ?   

Pour justifier ces blessures, Ottawa (à travers les médias d\’information) a prétendu que les ravisseurs étaient des agresseurs sexuels. On disait même aux informations que Laporte avait été agressé sexuellement.  Ce qui a été démenti par le coroner.  On a aussi parlé de l’entrée en jeu d’une cellule Dieppe Royal 22è, laquelle aurait exécuté Laporte.  On en entend parler que dans le livre de Pierre Vallières, le chef du FLQ, sur l’exécution de Pierre Laporte.           

D’autres prétendent que Laporte a été attaché dans le coffre de l’auto avec une sorte de nœud qui fait que plus tu bouges, plus tu t’étouffes toi-même.  Ainsi, Laporte paniqué se serait lui-même étouffé en voulant souligner sa présence dans le coffre aux soldats.  D’une manière ou d’une autre, la mort de Laporte a été un accident provoqué par le fédéral.          
 
En mettant la mort de Laporte sur le dos du FLQ, on faisait oublier que celui-ci avait négocié sa vie avec les ravisseurs et qu’en étant libéré, s’il avait tenu parole, il aurait fourni les liens qui unissaient le parti libéral à la mafia.

Est-ce que les événements d’octobre ont un lien avec le scénario qui a conduit au 11 septembre et à la guerre en Irak ?  Les terroristes sont toujours faciles à inventer par les services secrets.         

*   *   *   *

Les États-Unis doivent, pour défendre Israël, la revanche juive, faire croire dans la guerre au terrorisme.   Pour Israël, la paix passe par le sort de la Palestine, de l’Irak et des pays musulmans.  Les juifs transportent en Amérique une guerre qui ne nous regarde pas.       

Pendant qu’on nous fait croire que le peuple américain est la cible, à cause du 11 septembre, on ramasse de l’argent pour éliminer tous ceux qui ne font pas l’affaire des magnats du pétrole dans le monde.  Ce n’est pas une guerre contre les États-Unis, mais contre l’arrogance de leur politique étrangère parce qu’ils sont infatués, impérialistes.  Ils ne sont pas les seuls.  C’est une vraie course à la folie, à la guerre.    

Le problème de la propagande est de savoir qui nous ment le plus.  Tout le monde a droit de parole.  La partition au Québec est, comme je l’ai écrit à Stéphane Dion, un appel à la violence.  Tout appel à la violence, venant même d’un chef d’état doit être interdit.  Nous avons besoin de tolérance, pas de guerre et encore moins, de guerres de religions.        

L’enquête du coroner sur la mort de Pierre Laporte aurait dû répondre à ces questions, car même Pierre Falardeau, dans le scénario écrit de son film Octobre, les ravisseurs en auto laissent échapper un étrange : « Ce n’est pas nous qui avons fait cela ».   

Cela a permis, pendant des années, aux libéraux d’accuser le Parti québécois d’avoir participé à cet événement, d’avoir les mains tachées de sang, alors qu’en réalité Pierre Laporte aurait été tué, accidentellement ou pas, sous les ordres de Jean Chrétien. Le FLQ n’a jamais eu de liens avec le Parti Québécois, même si certains étaient membres de ce parti.  

Quand saurons-nous la vérité ?  Est-ce important aujourd’hui ?    

Qui, des jeunes, se rappellent octobre 1970.  La majorité des jeunes n’étaient même pas encore nés.           

Ottawa aurait agi ainsi afin que la mort de Laporte retombe sur le dos des indépendantistes et tue le rêve d’indépendance du Québec, tout en justifiant Trudeau et son gouvernement de parler de prétendue rébellion appréhendée (plutôt une paranoïa bien réelle) puisque les Québécois sont viscéralement contre la violence.  Un scénario qui fut très efficace puisque ça tué le FLQ.      

Le comportement de la GRC, le vol de la liste des membres du Parti québécois, le feu mis par la GRC dans une ferme de Ste-Anne-de-la-Rochelle en Estrie, le prétendu refuge central du FLQ, l’assassinat de Mario Bachand, un des principaux agitateurs pour le fait français (et peut-être Gaston Gouin) , l’explosion de l’agent Samson, de la GRC, qui allait porter sa bombe au nom du FLQ, permettaient de simuler un état d’insurrection et de répression militaire.       
 

On prétendait aussi que l’armée des États-Unis était à nos frontières, prête à intervenir. Les États-Unis seraient le plus grand obstacle à la création d’une vraie confédération canadienne.  Ils veulent tout le Canada, toutes ses richesses naturelles, pas seulement le Québec….    

C’est le scénario que devait ressusciter le fédéral advenant une victoire référendaire pour l’indépendance du Québec.  Une raison pour nous envahir…       

Le projet d’une vraie confédération ne permet plus un tel scénario militaire.  C’est une dernière main tendue, car la Cour suprême a tranché à l’effet qu’il doit obligatoirement y avoir des négociations si le Québec propose un nouveau fédéralisme, advenant un OUI à un referendum sur son indépendance.      

La stratégie militaire fédéraliste déjouée prouve que le Québec est une bonne vache à lait pour le reste du Canada, sinon pourquoi le fédéral est-il décidé à prendre les armes pour forcer le Québec à demeurer au sein du Canada ? 

Leurs campagnes de peur fédéralistes (on peut penser à la Brinks, à la Sun Life, à Cadbury) visaient les intérêts du ROC (Canada anglais) et n’avaient rien de crédibles.  Elles étaient pourtant très insultantes pour les Québécois.          
 
Si le Québec était si pauvre, on ne serait pas prêt à y envoyer l’armée pour le maintenir dans le giron canadien.  Une domination psychologique évidente.¨          
 
Les Québécois, pense-t-on à Ottawa, sont une bande de niaiseux pleurnichards qui ne se tiennent pas entre eux et surtout qui pisseront dans leur culotte dès qu’il faudra faire un geste le moindrement musclé pour se faire respecter.  Et voilà, ce que l’on pense de nous.  C’est du moins ce que la prison m’a permis de comprendre
 
*   *

La seule question qui me hante est de savoir jusqu’à quel point la politique a vraiment joué un rôle dans le déroulement de mon procès.  Était-ce vraiment un moyen pour me casser politiquement à jamais ?  Comme je me le demandais quand je pris le chemin des cellules, suis-je vraiment assez important pour que le politique intervienne ?  Je ne me savais pas aussi efficace.           

Est-ce que l’on est vraiment assez fou pour croire qu’un attouchement sexuel mérite la prison et avoir un dossier quasi éternel ? Essaie-t-on de créer un lien entre le terrorisme et la sexualité ?  Un moyen facile d’intervention dans la vie des gens ? C’est vrai que je ne savais pas encore que le ministre Dion présenterait sa loi de la clarté et que je me battrais, malgré mes accusations, contre son plan B.  Si on me prenait vraiment pour un felquiste, on avait raison de commencer à avoir peur…  

Était-ce seulement un simple frame-up sexuel dans le but de me faire cracher le plus d’argent possible comme on le fait présentement avec l’Église catholique ?  Le père de Mathieu aie-je appris plus tard ne faisait pas tout à fait une dépression nerveuse, mais il aurait été un consommateur de cocaïne.  C’était peut-être pour ça qu’il m’amenait Mathieu en le menaçant de le laisser chez-moi s’il ne l’écoutait pas.  Avec la mort de Rouhed, une autre menace de suicide m’obligeait à être encore plus ami.         

Voulait-on m’éliminer comme écrivain et surtout comme polémiste ?  J’écrivais peu, car je mettais tous mes efforts à enseigner, un métier que j’adorais.  Étais-je victime d’un réseau de chantage ? Le réseau féminoune était déjà en ébullition chez les Roc Machines.   

Juste avant ma condamnation, un soir que nous avions bu beaucoup, mon ami Jean Ferguson me dit que le tout avait été soigneusement préparé dans le but de me soutirer le plus d’argent possible.  Même si j’étais toujours cassé, j’avais tellement d’amis, dont Fergusson, qui m’aidait si j’en avais besoin que j’étais comme un gars riche.  On m’a demandé 10,000$ ou la prison.  C’est un chantage plus que payant, une nouvelle méthode de la mafia que j’avais préventivement dénoncé en témoignant à la Commission Bélanger-Campeau.     

Qu’on m’accuse d’être pédéraste, d’avoir touché Mathieu, c’est le risque quotidien de tous les pédérastes. Si le jeune est consentant, ça peut arriver.  Je dirais même que ça va sûrement arrivé.  Le problème, c’est en faire tout un plat.  La peur que les adultes ont pour le sexe chez les jeunes tient de la folie furieuse.


J’ai plaidé non coupable parce qu’une très bonne partie du témoignage de Mathieu était fausse. Ce devait être à cause des idées qu’il s’est fait à la suite de son interrogatoire. C’était normal, il s’était fait laver la cervelle. J’étais trop lâche pour jouer aux héros et commencer à démontrer que le système est complètement fou quand il est question des relations sexuelles avec les jeunes. Je ne voulais pas perdre mon droit d’enseigner. Je me considérais comme un bon prof et je n’avais rien à me reprocher. Quand bien même j’aurais touché le pénis de Mathieu une fois ou deux, ça ne l’aurait quand même pas fait souffrir. Seules les féminounes pensent qu’un attachement ça fait mal.


Je crois que la révolution tient à la liberté sexuelle, car elle combat la violence, la frustration et la sexualité est un élément de base dans le développement de la personnalité et du droit à la vie privée.  Renier ta sexualité, c’est renier ton authenticité.

Comment Mathieu aurait-il pu tenir secret une relation sexuelle alors que sa mère est mormone et que la police s’est présentée à son insu pour l’amener au poste, sans rien lui dire, sauf, qu’il n’avait plus le droit d’être en contact avec son père. Il evait chier dans ses culottes.  Sa petite sœur m’a raconté que Mathieu avait ri tout le temps en se rendant au poste de police. C’est ce qu’on fait quand on est trop nerveux.       

Selon son père, Mathieu se serait mis à table après deux jours en famille d’accueil et aurait subi des heures d’interrogation sur nos rapports.  Je l’avais massé, un massage suédois.  Je l’ai donc effectivement touché partout, sauf au sexe, car ce n’est pas inclus dans le forfait. Il était malade et c’était le meilleur médicament ; mais on lui fit interpréter le geste autrement.     

Selon notre société, je suis coupable de ne pas croire que la sexualité est mauvaise. Je pense au contraire, que c’est le plus grand plaisir que Dieu a créé pour assurer la survie de la race humaine.  Tout est là.  Si tu penses que la sexualité est mauvaise, tout devient mal.  Malheureusement, notre civilisation a toujours été charrié contre le sexe,  sauf dans la Grèce antique où la sexualité était considérée comme normale et un plaisir, non, comme un mal.      

La répression sexuelle est le moyen par excellence pour mépriser ta personne, car, on est tous sexués et essayer de ne pas l’être est contre-nature. Ceux qui croient dès le départ que la sexualité est dangereuse, mauvaise pour les enfants et les adultes, ne peuvent pas voir un attouchement sexuel comme quelque chose d’agréable.  Pour eux, en dehors la reproduction, tout est mal.  Pourquoi suis-je obligé de croire une telle bêtise ?   Quel est l’imbécile a décidé qu’être sexué est mal, pervers, sale ?           

Nous avons été élevés au Québec, comme ailleurs, avec la haine et la peur du sexe.  On est devenu carrément malade, hystérique concernant tout ce qui est sexuel. Personne ne peut justifier le rapport sexuel avec les jeunes, sauf dire : c’était comme ça, c’est comme ça, et ça va demeurer comme ça ; même si scientifiquement, on se rend compte que c’est la répression sexuelle qui n’est pas normale et naturelle.      
 
Oui, j’ai touché des jeunes, j’en ai caressé, ils ont aimé ça et moi aussi.  Je crois que ceux qui y voient du mal ont l’esprit tordu.  La sexualité chez les jeunes n’a pas la même signification que chez les adultes.  C’est un jeu, un moyen de tuer la curiosité, de se faire plaisir en découvrant une nouvelle excitation.    
 
On n’interdit pas la violence ; mais on vient fou dès qu’on voit un peu de nudité.  Je pense que cette peur de la sexualité est beaucoup plus malade que de la vivre librement, avec respect.         
 
Mathieu savait que je couchais nu. Nous en avions parlé avant de partir en voyage et je lui avais dit que pour moi, il n’était pas question de changer, Il aurait dû me le dire avant si c’était un problème.  Ça ne lui faisait rien, m’avait-il dit.   

Il fut aussi question de mes farces consistant à lui flatter la bedaine en l’appelant la bedaine à Mathieu, ce qui le laissait tout aussi indifférent.  Je croyais plutôt que ça lui faisait plaisir.  Ce petit jeu avait commencé alors que sa petite sœur m’avait vu sans chemise et m’avait dit que son père était plus beau que moi qu’il avait une plus belle bedaine, d’où j’avais flatté celle de Mathieu en lui disant que c’était sûrement lui le plus beau parce qu’il avait la plus belle.  Un geste que je répétais souvent parce qu’il venait tout à l’envers, sourire aux lèvres. Ça semblait le calmer. J’ai donc continué ce manège à cause du sourire de Mathieu. C’est vrai que j’avais ajouté la farce de faire semblant d’aller plus bas, ce qui le faisait encore plus réagir, mais je n’aurais jamais pu tant il serrait sa ceinture de pantalon. Même un doigt n’aurait pas pu s’y glisser.  Je le savais, mais ça demeurait drôle.    

Son père m’a aussi lu une lettre de sa mère qui se demandait avant mon départ si j’amenais souvent des jeunes avec moi — ce qui arrivait de temps en temps — on pouvait tous les interroger puisqu’ils étaient tous prêts à venir témoigner en ma faveur. J’avais plus de 20 jeunes qui m’ont offert de venir témoigner pour moi.  Même aujourd’hui, le plus grand nombre de mes amis sur Facebook, sont de mes anciens (es) élèves.  

Quand je suis parti avec lui, j’eus le pressentiment que c’était un piège. J’ai même pensé : «qu’il se passe quelque chose ou pas, c’était évident qu’en bout de ligne je me ramassais accusé».  J’ai même songé que tant qu’à manger de la merde, je devrais au moins m’arranger pour en profiter un peu.  J’ai pensé à Camus et son étranger parce que ce soir-là il y avait pleine lune… puisque c’était le contraire du soleil, il était donc normal que ce soit moi qui soit la cible…

J’ai aidé le père de Mathieu a formulé une plainte à la déontologie policière en bonne et due forme pour l’arrestation illégale de ses deux enfants (Mathieu et sa petite sœur).  Je vois ça plutôt comme un kidnapping de la police parce qu’elle n’avait pas les autorisations obligatoires pour être légale.  Évidemment, cette démarche n’a rien donné. Le système, c’est la mafia légale et illégale.

Quand Gabriel m’a raconté une enquête policière à la suite de mon incarcération, il fut le premier à me dire que la nouvelle mafia était composée d’hommes d’affaires. La pègre ne vend plus que de la marijuana, mais des drogues dures fabriquées au Québec en laboratoire. La pègre ce sont maintenant des hommes d’affaires.

Note : Une des felquistes qui a kidnappé Richard Cross en 1970 a affirmé que le fédéral était au courant de ces enlèvements. La police avait loué des appartements, une au-dessus et l’autre en face de l’appartement où M. Cross a été détenu et avait sous écoute l’emplacement de la cellule Chénier qui a kidnappé Pierre Laporte, avant même les kidnappings. Donc, le fédéral savait tout ça et il a laissé se produire la mort de Pierre Laporte. vice-premier ministre du Québec, sans intervenir. Selon le fils de M. Laporte, Jean, le fédéral a cependant négocié pour sauver M. Cross, un fonctionnaire de sa Majesté. Le fédéral a aussi déclaré les mesures de guerre qui entraîna l’emprisonnement de 450 personnes qui n’avaient rien à voir avec le FLQ.

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