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Un sourire venu d’enfer 23

novembre 9, 2020

Un sourire venu d’enfer 23

Autobiographie approximative

Quant à mon amour pour les petits gars, mon père n’y comprenait rien.

« Comment un gars aussi intelligent que toi peut-il être pédéraste (amourajeux)? »

Ma mère, elle, me disait que je serais mieux mort plutôt que de répandre mon vice et ainsi me permettre d’être sauvé. C’était sa façon de m’aimer parce qu’elle était très croyante.  J’eus plus tard la preuve de son amour pour moi. Personne à cette époque, et même aujourd’hui, ne pouvait croire que ce soit vraiment notre nature. Si on était si méchant, c’est qu’on était  la réincarnation de quelque chose de mauvais. Ces croyances stupides étaient la vérité absolue. Ma mère n’était pas mauvaise, au contraire, c’était une femme merveilleuse. Elle était comme toutes les femmes de son époque au Québec, trop religieuse. Même si les femmes sont dénigrées par la Bible, la Bible a raison.  Elles perpétuent la peur du sexe. Elles n’ont pas changé depuis, au contraire, elles remplacent l’Église dans sa lutte pour la chasteté. Les féministes sont devenues des féminounes.

Grâce à la bêtise religieuse, jouer au docteur, c’était le mal d’entre tous les maux, même si c’était pour plusieurs le jeu le plus amusant. C’était pire que d’assassiner. Il suffisait à un jeune de dire que l’adulte tué avait peut-être voulu l’agresser sexuellement pour qu’on lui pardonne son crime et qu’il devienne presque un héros. Une martyre sainte nitouche qui préfère mourir à succomber au plaisir. L’éducation des femmes fait que le sexe est pour elle encore plus important que la vie. Nous sommes une société rendue débile par la chasteté.

Il y avait même un groupe de folles qui se battaient pour interdire la vente des Playboys, car un enfant pouvait mettre la main dessus. C’était, d’ailleurs, le rêve normal de tous les jeunes garçons de plus de dix ans, sauf ceux qui se déniaisaient plus vieux, faute d’en avoir entendu parler avant.

La censure était présente partout. Ces folles pensaient qu’elles protégeaient la société. Elles n’avaient certainement pas lu grand-chose pour être aussi arriérées. Ça n’a pas évolué depuis au Québec, ça même empiré partout dans le monde, toujours à cause des religions. La censure est omniprésente et se gave maintenant de politique autant que de chasteté.

Aujourd’hui, pour ces mêmes folles, on crée des services de police spéciaux pour combattre la pornographie enfantine pendant que les jeunes se font défoncer le cerveau par les drogues ou attrapent des maladies vénériennes, car il ne faut surtout pas parler de sexe. Ils naissent avec des jeux qui sacralisent la violence, mais ça n’a pas d’effets néfastes sur les jeunes. Il n’y a rien que la nudité qui doit être proscrite. Voir un corps nu, ça te traumatise plus que tuer. Quelle maladie mentale !

Nos jeunes deviennent fous, mais au moins ils sont chastes. Ils sont fous à cause la drogue et de la violence dans les jeux vidéo, mais ils sont chastes. Ces maniaques de la chasteté capotent même quand il est question de filles en brassières sur les calendriers ou à la télévision. Un bel homme en bobette les fait capoter de rage au lieu de profiter de la scène.

Dans ce temps-là, les féministes n’avaient pas encore inventé le mot pédophile. Elle n’avait pas atteint l’irrationnelle peur du sexe des féminounes. Être pédéraste, c’était comme si j’avais attrapé la peste ou si le diable commençait à me dévorer tout cru.

Mon père était tellement hétéro qu’il ne pouvait certainement pas comprendre mon obsession pour les petites queues. Moi non, plus d’ailleurs. Je ne sais pas comment elles sont devenues aussi importantes dans mes intérêts ou même le sens profond de ce besoin, mais il était de plus en plus envahissant.

Ma pédérastie (amourajoie), c’était d’abord l’émerveillement face à la beauté d’un petit gars. J’aurais passé ma vie à regarder des photos de petits gars, tant je les trouvais beaux. Puis, avec le temps, j’ai commencé à me demander si nus ils étaient tous aussi élégants ou encore plus beaux. J’étais habité par le goût de découvrir toutes les races et toutes les nations. Quelle différence peut-il bien exister entre un petit Québécois et un Inuit? Pourquoi chacun est-il si différent tout en étant si identique, était devenu la question de ma vie.

Je ne m’intéressais plus qu’à la beauté de mes petits camarades de Barnston et de Coaticook, mon interrogation était devenue planétaire, même universelle, car je m’interrogeais même à savoir ce dont un petit gars extra-terrestre aurait l’air.

Plus j’en apprenais sur la sexualité, plus j’étais ébahi par la grandeur de ce phénomène. Comment un petit liquide qui te fait jouir autant peut-il être responsable d’une naissance? Comment la vie pouvait-elle se transmettre ainsi? Par quel miracle le sperme est-il sécrété en chacun, sans même qu’on sache la recette? N’est-ce pas la chose la plus fabuleuse? C’est meilleur qu’un miracle.

La pédérastie (amourajoie) était une forme d’émerveillement, d’envoûtement qui naissait avec la présence du semblable. La présence d’un autre que j’aimais. C’était comme naître dans une autre dimension où le bonheur de l’autre devenait ma principale préoccupation. Si, selon les lois de la nature, le pareil éloigne; dans mon cas, c’était le contraire. J’étais soudé à mon propre sexe. Je recherchais la vitalité et la beauté dans l’énergie d’un petit gars, mais surtout son intelligence et sa gaité. Tout est beau dans un petit pré-adolescent.

Les filles, c’étaient au contraire, la vanité, le scrupule, surtout la jalousie, les problèmes, mais il fallait les endurer pour être normal aux yeux des autres. Par contre, j’adorais mes sœurs et mes cousines. Il y avait une sorte de communication différente qui s’établissait entre nous.

La danse et la poésie étaient rattachées aux filles avec lesquels je correspondais. Elle m’envoûtait intellectuellement.

Pourquoi les filles ne m’attiraient-elles pas physiquement? Je n’arrivais simplement pas à savoir de quoi leur parler. Tout ce que l’on nous présentait comme le plaisir des plaisirs, embrasser par exemple, ne m’excitait pas du tout. Au contraire, « frencher » me semblait assez dégueulasse fort possiblement parce que plus jeune j’associais le péché de la chair à cette forme de baiser. Un cas de parfaite ignorance.

Cette perception normale avant l’adolescence, d’un monde exclusivement de gars lors de la période de latence, a simplement continué quand je suis devenu adulte plutôt que de prendre la direction habituellement hétérosexuelle.

Je ne rêvais pas comme les autres, aux mêmes choses, je m’intéressais surtout à la justice sociale, à la violence dans le monde, à l’immoralité de ceux qui nous prêchaient, mais qui nous disaient de faire le contraire de ce qu’ils prêchaient. Tout ça, simplement pour oublier ou compenser le fait que j’étais amourajeux (pédéraste). D’ailleurs, tous les scrupuleux et scrupuleuses sont habituellement des gens qui combattent le vice pour échapper à leur profonde perversité.

L’incompréhension de ma pédérastie me rendait très malheureux. La réaction de mes parents me peinait énormément, même si je croyais comprendre. J’acceptais comme normale leur condamnation. Et, si on les en blâmait, je les défendais.

Moi et mon père, on a convenu d’une solution au cours d’une brosse. Il m’avait dit, les larmes aux yeux :

  • Si tu es pour toucher les jeunes d’ici; j’aime autant que tu ne viennes pas nous voir.

Et, j’ai décidé pour ne pas leur faire cette peine. J’ai décidé de partir et ne pas revenir; mais je ne suis parti que pour un petit bout de temps.

Nous nous respections trop profondément pour rester sur ces positions. Il n’y avait que ma pédérastie (mon amourajoie)  qui clochait dans ma vie.

À mon avis, mon père ne pouvait pas me comprendre parce qu’il aimait les femmes. Les hétéros n’arrivent pas à comprendre qu’aimer un gars c’est exactement la même chose qu’aimer une femme; mais que cela n’est possible que dans l’authenticité la plus profonde de ce que tu es. Tu ne décides pas ce qui t’attire. C’est là, c’est un fait et tu dois faire avec.

Mon père aurait même dit à une de mes sœurs :

  • Si au moins, il était homosexuel (le mot gai n’avait pas encore été inventé), mais les enfants!

Dans le fond, il était comme les autres à qui les curés ont essayé de refiler leur mystique de haine du plaisir et  de  la chair.  Il croyait  qu’aimer  voir  et  sentir  les jeunes découvrir la jouissance, c’est les profaner. Comme si ceux-ci ne ressentaient pas de la complicité dans ces relations. On refuse de voir la réalité, le mal ne peut pas être un plaisir. La morale sexuelle est une idiotie. Elle est le fruit de la peur de la communication des maladies chez les bourgeois. Elle est devenue avec le temps une obsession de classe sociale. Pourtant, sans violence ou domination, le sexe est le plaisir divin.

Je comprenais ce que mes parents pouvaient ressentir. Je pouvais peut-être être tellement perverti que je n’arrivais pu à voir le mal où il est. Pourquoi le sexe est- il mal ? Je ne voyais rien qui pouvait le justifier. J’ai passé le reste de ma vie à chercher une réponse à cette question.

De retrouver mon père fut très salutaire. Contrairement, à bien d’autres, je n’ai jamais détesté mes parents. Ils agissaient comme c’était normal d’agir avec l’ignorance que l’on avait de la sexualité à cette époque.

Quand je suis parti, j’aimais encore plus mon père et je ne pouvais même pas imaginer que mes parents ne m’aimaient pas. Ils n’aimaient pas ma pédérastie, mais ils savaient que j’étais aussi quelque chose d’autre. Ils n’étaient pas bornés.

J’ai toujours été très fier de mes parents. J’aurais voulu faire quelque chose pour leur témoigner mon amour, mais je ne savais pas quoi. Ma relation avec Dieu était toute aussi houleuse, car je ne comprenais pas pourquoi il m’avait créé ainsi. C’était dégueulasse de sa part, mais encore là, je voyais ça comme une épreuve à surmonter. Je suis aussi très profondément chrétien.

J’avais la certitude que mes parents et moi, nous nous comprenions, nous nous aimions, malgré nos différences de point  de  vue.  Pour  eux,  le  sexe  était  mal; pour moi, le sexe est la preuve la plus profonde de la grandeur du Créateur, s’il y en a eu un. Je devais apprendre à transcender mes désirs de nature physique avec les jeunes et de ce fait m’investir davantage dans l’amélioration de la vie de tous.

Si W. Reich m’avait connu, je crois qu’il se serait servi de moi pour faire comprendre le besoin de se pardonner d’être ce que l’on est. Il faut vieillir avant de comprendre la stupidité de la perception de la sexualité de nos sociétés.

On refuse de comprendre l’évolution parce qu’avec les dernières découvertes, on s’aperçoit du ridicule de l’approche que l’on a de la sexualité. Le diable avait pris la place des hormones. Il est temps qu’on s’aperçoive que nos interprétations sont le fruit d’une imagination pas mal perturbée.

La fraternité et la tendresse entre mon père et moi ne s’étaient jamais exprimées avec autant d’éloquence. Je savais qu’il était malade, mais je ne le croyais pas aussi atteint. Je ne serais jamais parti.

Nous avons filé dès que nous avons reçu notre premier chèque de bien-être social.

Notre première visite fut pour Darryl, à Winnipeg. Il est venu me rencontrer à l’auto, devant chez lui, où nous avons pris quelques photos. Elles ont été malheureusement égarées par hasard dans la poste. Darryl n’a pas voulu me suivre, comme je le savais déjà. Il y a toute une différence entre ce que l’on dit pour épater la galerie et la réalité.

Gérald lui a raconté mes menaces de le kidnapper, s’il ne voulait pas venir avec nous. Darryl s’est contenté de rire. Il me connaissait assez pour savoir que je ne lui imposerais jamais rien, surtout ce qu’il ne voudrait pas. Gérald jouait tellement au protecteur qu’on se demandait si on devait en rire. Il avait même songé à avertir la police. Darryl m’a informé qu’il voulait joindre l’armée.

  • Contre les Québécois? lui demanda un Gérald taquin, car on savait que des escouades spéciales d’intervention militaire se pratiquaient dans l’Ouest canadien pour intervenir si le Québec se déclarait indépendant.
  • Ça jamais, de rétorquer Darryl.

Le petit se promenait en bedaine comme pour me rappeler sa beauté, une beauté qui m’envoûtait. À cette époque, on ne songeait même pas au mariage gai. Je me fichais qu’il soit de langue ou de race différente. L’amourajoie ou pédérastie est une forme de fascination qui déborde toutes ces limites  idiotes. Un humain, c’est un humain, un être sacré. Chaque être a son « diapason », sa tonalité, son énergie, sa force de communication.

J’ai vu dans ses yeux, la façon qu’il me regardait, qu’il me considérait comme un véritable ami. Quand il a répliqué à Gérald, j’ai compris qu’il n’était pas gai, mais qu’il me respectait profondément. J’avais réussi à lui laisser une bonne impression des Québécois, malgré ma pédérastie.

En Saskatchewan, nos portefeuilles étaient déjà crevés. Nous avons obtenu l’aide gouvernementale. À cette époque, l’Ouest canadien était alors plus à gauche et plus généreux que le Québec quant à son aide sociale. Cela nous a permis de continuer notre chemin.

À Saskatoon, nous avons dû nous rendre à un comptoir familial. Puisque nous étions partis pour le soleil du Mexique, nous n’avions pas prévu les rigueurs de l’hiver avant de descendre dans le Sud. J’ai reçu un manteau que, cinq ans plus tard, je porte encore avec fierté.

L’absence des petits gars, une réminiscence de mon passage angélique au paradis, et l’insécurité d’être ainsi à la merci de l’aventure a modifié complètement mes rapports avec Gérald.

Gelé comme un bœuf, Gérald tombait amoureux de moi, même s’il reconnaissait le caractère compensatoire de la situation. J’étais trop aux aguets de petits gars à découvrir pour comprendre ce qu’il ressentait. J’étais sa sécurité. La tension était trop grande quand nous sommes arrivés à Edmonton. Faute de place, j’ai dû aller coucher dans une auberge de jeunesse « un hostel du gouvernement », comme on disait, assez crasseuse.

Quelques jours après, j’avais des rougeurs aux bras et aux mains. Je croyais que je m’étais empoisonné, cela ne faisait aucun doute. J’ai aussitôt couru pour une consultation médicale. Le diagnostic fut une surprise, une honte comme je n’en avais jamais eu : j’étais bourré de puces. Lavages. Rires. Gêne. L’enfer.

Nous étions installés dans un hostel du gouvernement, un endroit où l’on est nourri, logé, jusqu’à ce qu’on trouve un emploi. Jimmy et moi ne faisions pas de grands efforts. Nous passions nos journées à lire des livres québécois à la bibliothèque municipale. J’en profitais aussi pour écrire. Deux nouvelles littéraires furent expédiées à Hélène, à Sherbrooke, pour qu’elle me les garde. J’écrivais aussi mes impressions à Gaétan Dostie et je lui envoyais les découpures d’articles de journaux que je croyais intéressants.

Au moins, mon exil servait à faire savoir aux Québécois ce qui se passe réellement dans l’Ouest, les politiciens ayant toujours un double langage : un pour les francophones, l’autre, pour les anglophones. De soldat de la Révolution, je passais à l’espion. Je me renseignais du mieux que je pouvais.

De temps en temps, j’allais travailler pour que l’on puisse s’acheter des cigarettes

ou se payer une bonne bière. Je voyais là l’occasion rêvée à travers ces voyages de découvrir ce qui est mieux que chez nous. Mieux informés, un jour, au Québec, nous vivrons ces améliorations sociales. Aider le Québec fut une de mes obsessions permanentes. Je vis pour l’indépendance du Québec.

Gérald trouva un emploi de mécanicien. Il s’est installé seul dans un appartement.  Avec lui, la vie était de plus en plus intenable. Il était jaloux de mes relations avec Jimmy. Il me voulait exclusivement.

C’était la première fois que je vivais une telle situation. J’étais plutôt attentif à ce que j’apprenais.

Comment pouvais-je me ramasser avec un bonhomme jaloux alors que j’ai toujours fui les femmes, à cause de leur jalousie et leur maudite manie de vouloir te posséder à elle seule comme si t’étais un meuble de la maison? Une forme de possession que l’on appelle la vie de couple. Une vie automatiquement versée dans la jalousie parce que les humains n’ont pas encore réussi à contrôler leur vie sentimentale.

Un midi, à l’hostel du gouvernement, un anglophone se mit à crier contre les maudits « french man ». Nous n’avons rien dit quand soudain, un vrai bélier mécanique indien saisit l’Anglais par le collet. Il voulait le forcer à s’excuser. À son avis, nous, les francophones avons été là avant les Anglais et nous étions moins racistes qu’eux. « Dans tout français, disait-il, il y a du sang indien. » C’est bizarre que plus tard, Jean Ferguson, un professeur et écrivain Micmac,à Val-d’Or, m’accorde le statut de métis dans son association.

Entre moi et les Indiens, ça cliquait toujours. Les Indiens me reluquaient, je leur souriais. On aurait dit qu’ils ressentaient les sentiments que j’avais pour eux.  Une telle communication est possible seulement quand tu enseignes. J’avais pour eux un grand respect et une tentation formidable de visiter nos « différences ». J’aurais donné la lune pour une expérience sexuelle avec un petit Indien.

J’étais aussi révolté du sort qu’on leur faisait. Règle générale, les Indiens ne couchent pas dans la même bâtisse que nous, dans des lits soyeux et propres, mais sur le plancher, dans un autre édifice. Le racisme n’existait pas qu’envers les Indiens. Gérald ne pouvait même pas parler français avec ses confrères de travail francophones, dans les quinze minutes de détente, sous peine de congédiement.

Edmonton avait un journal francophone et une station de radio française. Le vrai sens du bilinguisme à la Trudeau prenait tout son relief. Ces instruments d’information, subventionnés par Ottawa, refusaient tout ce qui était québécois. Rien n’était bon si ça ne venait pas de la France.

Je reprochais aux journaux francophones de ne pas jouer un rôle positif, non seulement pour une meilleure compréhension du Québec, mais aussi afin d’éliminer bien des préjugés tels : les gouvernements francophones sont automatiquement de la mafia. C’était probablement vrai dans le temps du roman de Roch Carrier, de De l’amour dans la ferraille, mais ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui, depuis le passage de René Lévesque.

Je reprochais à la radio francophone de ne pas faire connaître la vraie culture québécoise, une culture hautement d’avant-garde et très humaine. Il n’y avait que du western à la radio, musique bien minoritaire au Québec, pour nous représenter.

Les fonds versés par Ottawa aux associations francophones servaient au culte religieux, à l’organisation de soirées sociales et de bingos. Les activités étaient superficielles et devaient évincer toute forme de contestation. Pour eux, Paris était bien plus important que le Québec.

Le bilinguisme était un mythe pour permettre l’anglicisation du Québec, la seule province qui prenait Trudeau au sérieux.

Une petite ville francophone près d’Edmonton venait d’être noyée dans l’élément anglophone et les moyens économiques de la minorité ne parvenaient plus à faire rêver d’une autonomie quelconque.

Au journal, il fut clairement établi que les francophones de l’Ouest préféraient des relations culturelles avec Paris parce que c’est meilleur pour l’unité canadienne.

Le patron du journal m’a dit, après avoir souligné que le Franco-Albertain avait remporté la médaille du meilleur hebdomadaire canadien : « À Montréal, au terminus ou dans les lieux publics, vous n’avez même pas de musique et de chansons québécoises. Vous n’avez rien à nous montrer.»

Il ne pouvait pas être plus clair : Trudeau maintient folklorique ment la francophonie pour duper les Québécois avec sa politique du bilinguisme, qui ne réussit même pas à stopper l’anglicisation des francophones hors Québec.

J’ai écrit une lettre ouverte dénonçant cette situation malheureuse et hypocrite. Le journal l’a publié intégralement.

J’ai aussi participé à une émission de radio où j’ai affirmé que la crise du pétrole est artificielle et n’existe que pour justifier une augmentation des profits pour les exploiteurs. Cela a eu l’effet d’une bombe. Les deux animateurs de la radio, M. et Mme Jeff Brown ont perdu leur emploi parce qu’ils m’avaient laissé parler sur les ondes de cette station de radio. Un bel exemple de liberté d’expression.

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