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Spirale intraprojective 24

septembre 29, 2020

Spirale intraprojective  24

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 224 à 233)

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Avec ce livre, j’ai voulu tourner la page.  En finir avec toutes ces réflexions.  Je veux cesser de croire dans les films que je me suis créé et vraiment aimer ceux qui m’entourent.

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Après cette critique du système, aurais-je le courage de m’analyser et de changer ce qui ne va pas dans ma propre vie ?  Puis-je vraiment être charitable?  Est-ce normal d’avoir tant besoin de se faire dire que l’on t’aime?  Suis-je un voyant du futur ou un malade mental qui a besoin de soins?  Suis-je aussi bon que je me pense ?  Pourquoi devenir paranoïaque ?  Pourquoi cette peur d’être supprimé ainsi que ceux qui m’entourent ?  Pourquoi croire que tous ceux que j’aime se suicident comme Rouhed ?  Son suicide a été pour moi un affreux coup de poignard au coeur et à la tête.  En suis-je resté traumatisé ? Cela ne m’a-t-il pas rendu complètement paranoïaque ?         

Est-ce que je respecte les autres dans mes rapports sexuels ?  Les autres aiment-ils autant ça que je le crois ?  Est-ce que j’ai une bonne influence ou aie-je complètement tort?          

J’ai aussi besoin d’aide, car je ne sais plus ce qui est la vérité.  Je ne veux pas nuire à quiconque, mais en m’arrêtant on a prétendu qu’en aidant, je nuisais.  Le savent-ils mieux que moi ?  Dois-je me sentir coupable d’aimer ou serait-ce la nature même de toute personne qui est bonne? Je doute de moi.  J’ai peut-être la misère que je mérite.           

Je dois cesser de boire et de m’apitoyer sur mon sort. Cesser de croire que j’ai raison et remettre ma vie en question.  Faire le point. C’est le but de ce livre. Chaque épisode doit être scruté.  Il faut tout exprimer pour enfin tourner la page.  Redéfinir ma vie en fonction du peu de temps qui me reste.  J’ai déjà 60 ans et les années filent comme des mois.   Une chose est certaine mes expériences sexuelles m’empêchent de pouvoir agir avec crédibilité, car les gens sont encore prisonniers de ce qu’on leur a fait croire depuis leur enfance.          

Je dis que je suis pédéraste par besoin d’authenticité, pour ne mettre personne en danger et ne pas décevoir.   Il est essentiel d’être authentique.  Pourtant, dans la réalité, je suis devenu gai comme on m’avait dit que je devais réaliser si je voulais avoir la vie heureuse.          
Nous sommes le seul juge de la valeur de notre vie.  Je ne demande à personne de devenir pédéraste, ni même d’accepter mon point de vue, mais au moins comprendre ce que je peux ressentir.  Je ne veux pas toujours me sentir condamné. Une mésestime de moi que je traîne de l’époque où les filles me rejetaient.  Maudite adolescence !          

                   
 *   *    *    *

 On m’a dit que des gens voulaient la peau du premier ministre, M. Bouchard.  Qu’on aurait même un dossier long comme le bras pour justicier un attentat contre le premier ministre.  C’est probablement un scénario de film, car au Québec, personne ne rêve d’attentat.  Qui m’avait parlé de ça ?  C’est le problème de perdre la mémoire, mais si je le dis c’est pour passer le message et protéger M. Bouchard.           

Si les souverainistes ne savent pas reprendre la faveur populaire avant les prochaines élections et le prochain referendum, le Québec sera tout simplement anglicisé…

Sans un tournant radical en faveur de son indépendance, le Québec francophone aura disparu de la carte dans moins de 25 ans.  Ce sera un génocide en douceur du peuple du Québec comme l’écrivait le syndicaliste Pierre Vadeboncoeur.  La prochaine élection devrait strictement porter sur l’économie et les soins directs à apporter à la population.  Il est urgent de comprendre que tu es pauvre si tu as un revenu inférieur à 25,000$ par année au Québec.  

Le Parti québécois devrait obtenir un mandat clair pour percevoir complètement et seul toutes les taxes et tous les impôts sur le territoire du Québec et définir son mode de participation au Canada, s’il doit y avoir une association.  Il faut certes empêcher le fédéral de jouer dans nos champs de compétence.           

Le Québec doit être le maître absolu de sa vie sociale et politique.  Les Québécois doivent cesser d’être exploités par une foule de niveaux de gouvernements.  Il ne peut pas continuer dans un Canada centralisateur, non seulement pour sauver sa culture francophone, mais cesser de s’enfoncer financièrement.  Il faut revenir à une planification sur une décennie au minimum.      

J’ai pour mon dire qu’une mafia légale suffit, on n’a pas besoin de celle du fédéral. La souveraineté ne doit pas être qu’une question d’élites pour passer à l’histoire, mais de trouver un statut qui garantit au Québec le mieux-être de sa population.          

La souveraineté doit être faite dans la vérité absolue, pas question de tricher pour influencer les opinions.  L’indépendance doit être faite dans l’intérêt du peuple.  Le statut politique d’un pays est moins important que le bien-être du peuple entier, quoique ce bien-être puisse être affecté par les structures de l’état qui modifie les taxes et les impôts.

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Comme je l’ai dit précédemment : quand bien même j’aurais joué aux fesses avec Mathieu, que je l’aurais sucé tous les jours quand nous étions ensemble en voyage, le petit de treize ans et 358 jours pouvait consentir ou non. Il ne pouvait donc pas être traumatisé.

Mathieu a sûrement été plus traumatisé par l’intervention planifiée de la police dans sa vie privée et l’obsession de sa mère pour avoir sa garde.  Le chèque est plus grand si les deux enfants sont sous sa garde. Elle était bien représentée par des féminounes de Val-d’Or qui manifestaient durant le procès et des Mormons qui défendaient leur croyance stupide face à la sexualité, en appuyant financièrement la mère. 

Que sont devenus les jeunes garçons qui ont subi indirectement cette affaire?  A-t-on pensé à eux ?  Est-il moins sale de tuer au nom d’une morale ou d’une guerre que de tuer légalement ?  De laisser les jeunes se débrouiller avec les maladies mentales que développent les grosses drogues ?         

N’essayait-on pas de reconstituer au Québec le scandale Dutroux qui ébranlait le gouvernement belge ? 

La sexualité, sans violence, ne regarde que les personnes directement concernées. Trudeau avait absolument raison sur ce point : ce qui se passe dans mes pantalons, ne regarde que moi.

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La sexualité doit être absolument libre et privée tant qu’elle ne nuit pas à un ou une autre.  Et, seule, la ou les personnes concernées devraient avoir le pouvoir de décider si on porte plainte ou non. 

Toute plainte sexuelle, s’il n’y a pas de violence, devrait être prescrite à deux ans, après avoir obtenu l’âge de majorité.  Toutes ces plaintes devraient cesser d’exister si elles ne sont pas formulées alors que l’individu a atteint 20 ans.  Ça lui donne assez de temps pour réfléchir et réagir.  C’est simplement une bonne marge de manœuvre pour assurer une sécurité aux jeunes.          S’il y a eu violence, il n’y a plus de date de prescription.    

La vie sexuelle des ados ne regardent pas les parents, sauf pour transmettre ce qu’ils croient être les meilleures valeurs.  Leur hystérie et leur paranoïa, face à la sexualité, justifient parfois qu’ils auraient plus besoin que leurs propres jeunes à être instruits de la réalité physique de l’être humain.

Nos écoles devraient permettre aux très jeunes de pouvoir consulter sans honte et mépris des films ou des livres sur l’anatomie humaine.  Les nus permettront de cesser d’avoir honte d’avoir un corps et répondre à nos questions sur le nôtre. Question de satisfaire leur curiosité et leur rythme.  Il ne devrait pas y avoir de cours généraux au début du primaire, car l’éducation sexuelle à cet âge relève des parents.  La sexualité est individuelle. Pourquoi répondre à un besoin qui n’existe peut-être pas encore et risque même de troubler un jeune qui n’en est pas rendu à se poser des questions sur la sexualité.           

Pouvoir s’informer sur demande devrait suffire et surtout ne pas contraindre à un éveil qui n’est pas encore nécessaire.
L’individu a la perception de sa famille de la sexualité.  Il ne doit pas être traumatisé par le choc que les autres peuvent avoir de cette même réalité. La rigueur des parents peut être très négative.    

Par contre, à la fin du primaire, des cours devraient expliquer tout ce qui touche le fonctionnement de l’anatomie et la vie sexuelle.  Le jeune doit alors apprendre son droit le plus strict d’aimer ou ne pas aimer être touché

L’éducation sexuelle ne doit jamais être morale.  Les adolescents doivent être aussi libres à cet égard que les adultes. Question d’autonomie.  L’humain obéit aux hormones plus qu’aux inventions religieuses.  

La sexualité doit être enseignée de manière large, c’est-à-dire en incluant tous les aspects émotifs qui l’entourent.  Les peines d’amour à l’adolescence sont aussi une cause de suicide.  Comment contrôler ses émotions ?       

Tous les mouvements répressifs qui s’occupent de voir à ce que les autres vivent moralement bien leur sexualité sont des mouvements d’hypocrites.  La sexualité est strictement individuelle ou en couple.           

Une personne qui s’évertue sans relâche pour le bien du peuple a droit d’avoir accès à une amitié particulière sans devoir y mettre toutes ses énergies pour défendre sa carrière contre les racontars.  Même s’ils avaient la sexualité et la langue facile, Kennedy et Clinton ont été les meilleurs présidents des États-Unis.

J’ai toujours vécu ma pédérastie par fidélité à ma révolution.  En la proclamant, j’ai toujours voulu m’assurer de ne mettre personne en danger.  Ce faisant, j’ai toujours été doublement exposé, mais j’ai toujours cru jusqu’à date que les Québécois sont assez intelligents pour comprendre mon scrupule.            

Bien évidemment, je ne pouvais pas me vanter à l’école d’être pédéraste, mais je ne m’en cachais pas dans mes écrits qui étaient à la portée de tous.  Plusieurs me connaissaient pour mes interventions politiques, mais ne savaient pas que je suis pédéraste. Aujourd’hui, pour être plus fidèle à la réalité, je me dis gai, ce que je suis devenu normalement.        

Ma petite hypocrisie entre l’écrivain et la vie réelle était forcée d’exister.  Je devais garder le silence pour survivre.  Tous ceux qui m’entouraient pouvaient connaître ma réalité.  Tous ceux qui le devaient connaissaient mon amour pour les petits gars. Jean Fergusson le savait et cette complicité me suffisait.            
 Malheureusement, mes farces (étant moi-même un moineau, j’aime surtout les serins) pour garder un équilibre entre mon authenticité et mon devoir de transparence étaient souvent interprétées différemment.  Je ne voyais pas la nécessité de clamer mon amour pour les petits gars auprès de me mes amis professeurs.  Au contraire, la moindre confession m’aurait coûté mon droit d’enseigner.  Une profession que j’adorais. Pourquoi donner la chance aux imbéciles de te détruire ?

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Ce que Mathieu prétendait était carrément exagéré, donc, faux.  Les heures d’interrogation qu’on lui a fait subir pour avoir ma peau étaient mille fois pires, plus négatives pour lui que d’être avec moi.    

Un toucher, une caresse n’a jamais fait mourir personne… la peur d’une raclée, d’être enlevé de ta famille, ça traumatise bien plus ; mais c’était la police qui appliquait le traitement pour avoir les données pour accuser.  Ce que les autres pensent de toi, quand tu es jeune, c’est central dans la vie …        

On se préoccupe beaucoup plus d’avoir de bonnes statistiques que de la vie des jeunes que l’on prétend protéger.  La procédure judiciaire en matière de crimes avec les mineurs est plus néfaste que tout ce qu’ils pourraient subir de sexuel, s’il n’y a pas de violence.

 Dans sa première déclaration à la DPJ, il affirma que tout ce qu’il voulait c’était de ne plus me revoir ; mais juste à la veille du verdict de mon procès, il venait de passer la soirée avec moi et père.  Il voulait toujours venir en voyage avec moi et voulait s’assurer que je ne lui en voulais pas. 

Un désir qu’il a souvent exprimé même après avoir porté plainte, et ce,  même s’il connaissait toutes mes tendances sexuelles. 

C’est même ce qu’il a dit en cour, quoiqu’il a ajouté pour se donner bonne contenance qu’il avait manifesté des objections en enlevant ma main de sa culotte.        

Le juge nota lui-même que la résistance semblait bien faible car je ne pouvais pratiquement pas me servir d’un de mes bras.  Ce devait être un petit scrupule mormon, une très faible objection.  Une objection, accompagnée d’un si large sourire que ce jeu semblait lui plaire, d’autant plus qu’il n’avait pas à craindre que je rejoigne son petit moineau d’amour parce qu’il portait une ceinture tellement serrée qu’il aurait fallu la couper pour mettre la main dans ses culottes… une mission impossible.   

Le plus surprenant, c’est qu’après m’avoir eu accusé, il m’a souvent demandé de venir quand même avec moi en voyage.  Nous nous aimions bien.  Je lui ai vite pardonné, car son témoignage était celui d’un jeune qui avait bien plus eu peur de la police que de moi.  On l’avait arrêté et amené au bureau de la police, sans mandat.  On appelle ça un kidnapping.          

Au début du procès, je devais l’avoir touché, effleuré une trentaine de fois, mais cela arrivait, disait-il, seulement quand nous étions seuls.  À la fin de l’interrogation, il s’avéra qu’il n’avait en fait été que deux ou trois fois complètement seul avec moi. Même là, il n’a jamais été nu quand je lui faisais la bedaine à Mathieu (lui frotter la bedaine).       

Selon mon avocat, mon seul crime fut d’avoir été seul avec lui à quelques rares occasions. 

J’aurais dû être plus avide, ça aurait au moins valu la peine … Pour arriver à lui rejoindre le zizi, il aurait fallu qu’il soit bâti comme un bœuf et que je sois très fort à cause de sa ceinture.  Tu pouvais tout au plus symboliquement entrer les doigts dans le bord e la ceinture.  Par contre, il adorait se faire flatter la bedaine, un petit jeu drôle, inventé pour faire rire sa petite sœur.  Fallait voir le sourire pour comprendre ce plaisir anodin !   

 *  *  *   *   *

 Dans toute cette grande purge du début du siècle, j’ai quand même eu plus de chance que mon ami Marc Lachance, fondateur des cirques d’Éthiopie quand on l’a forcé à se suicider pour échapper au scandale qui aurait pu éliminer son œuvre.  Marc appelait cela tendrement être Boys lovers.  Ça me faisait penser à mon premier recueil de poésie qui ne fut jamais publié : L’Amourajeux.  Comme moi, il considérait la pédérastie comme idéal.  Être le serviteur des jeunes.  Marc n’était pas politisé. Donc, le chantage ne pouvait pas être politique.

Cette purge d’extrême-droite aurait été mondiale pour marquer le début du nouveau millénaire.  On ne veut pas d’impurs dans les 100 prochaines années.  Une autre maladie innée des religions.           

Malheureusement, en ce qui touche la liberté sexuelle, la droite et la gauche sont sur un même pied d’égalité. 

Il n’ont pas encore vu la différence entre la vie individuelle, la vie privée et le commerce international.  On se fiche de ce qui se passe chez les jeunes qu’on rend scrupuleux et par conséquent malheureux pour le reste de leur vie. Ils ont subi le même sort avant.      

* *  *  *            

À toutes les fois que j’ai eu des problèmes avec la justice, ça coïncide avec des périodes marquantes dans l’histoire de l’indépendance du Québec. 

La première était une lutte entre les libéraux et les unionistes.  Je réfléchissais comme un adolescent torturé moralement qui se découvre et ne se comprend pas.  À part, d’avoir romancé cet événement, c’est exactement ce que je raconte dans  Laissez venir à moi les petits gars. 

La deuxième fois est survenue juste avant la prise de pouvoir du Parti Québécois, en 1974, au moment où je paradis pour le français avec ma pancarte «  Congédié pour avoir écrit en français à Montréal »  L’autre fois c’était juste après le dernier referendum.  Je venais de démissionner comme président de La Société nationale des Québécois, à Val d’Or. C’est le cas Mathieu dont je viens de parler.  J’ai été inscrit dans la liste des radicaux sacrifiés.       

J’ai compris très vite que l’indépendance du Québec nuit au besoin des petits bourgeois québécois.  Leurs grands-frères fédérastes, le French Power préfère manger dans l’auge du fédéralisme. C’est plus payant.  L’avenir du Québec et du Canada tenait à deux hommes : René Lévesque et Pierre Trudeau ; mais autour d’un seul thème : l’évolution de la francophonie en Amérique.       

Ou le Canada accepte le bilinguisme intégral de Trudeau pour nos trois peuples : le Québec, le Canada, les Autochtones ou selon la vision de René Lévesque, le Québec devient un pays pour conserver, sauver sa langue et sa culture.   

La francophonie, c’est l’avenir si elle cesse d’être purement commerciale ou colonialiste.  Et, comme le disait René Lévesque, le français au Québec doit avoir le même statut que l’anglais en Ontario.  

D’ailleurs, Pet Trudeau a aussi dit qu’il ne se pendrait pas dans le grenier, si le Québec choisissait de devenir indépendant.  Est-ce comme en 1980 alors qu’il promettait qu’un «non» serait un «oui» pour le changement fondamental de la constitution, changement que l’on attend toujours après 30 ans et un autre referendum.
 

Voilà pourquoi le Bloc québécois est aussi important à Ottawa.  Il ne permet pas aux francophones vendus à l’anglicisation de pouvoir parler au nom des Québécois.  Le Bloc permet au Canada de connaître la pensée du peuple du Québec et non le point de vue d’une bourgeoisie fédéraste et nombriliste.  

Le rôle principal du Bloc doit demeurer de défendre les intérêts premiers du Québec, mais aussi de venir l’opposition officielle du Québec à Ottawa.  Le Bloc pourrait jouer un rôle de négociation si on tentait de créer une restructuration du Canada pour en faire une véritable confédération et non un instrument de centralisation.   Il doit être situé beaucoup plus à gauche que le Reform protestant.  Quand la Confédération sera créée, l’Ouest vivra bien comme ils l’entendent.  

Et, comme le pensait si bien Antoine Naaman, qui avait créé le CELEF, Centre des études littéraires francophones, à l’université de Sherbrooke : le Québec doit être un des principaux chefs de file de la francophonie dans le monde.  La francophonie doit être un pays planétaire, sans frontière, ni couleurs, ni religions, ni préjugés.  Un espace où on s’entraide tous.  Un monde de culture.  Un citoyen d’un pays francophone devrait être automatiquement un citoyen sans frontière à l’intérieur de la francophonie.           

En ce sens, au risque d’être haï, je suis ravi que Stéphane Dion s’occupe de la francophonie au Canada.  Il est bien placé pour savoir s’il est possible que le Canada réalise un jour le rêve de Trudeau et devienne un pays bilingue d’une marre à l’autre. Actuellement, c’est le contraire qui se passe.  Malheureusement, d’autre part, il a la stupidité de venir faire la leçon au Québec en propulsant son obsession anti-Québec. Un vrai délire.  On dirait qu’il veut prouver à son défunt père qu’il avait tort d’être un fédéraste fatigué et que le Canada a, coûte que coûte, sa raison d’exister.   

Jean Chrétien (je l’ai appelé jean Crétin sur les ondes de Radio-Canada) est celui qui me surprend le plus.  On dirait que son discours veut se renouveler, qu’il essaie sans grand succès peut-être, de se tenir debout devant les États-Unis et son président Bush qui veut absolument nous embarquer dans une nouvelle guerre. Il semble avoir perçu le besoin de s’éloigner un peu des Etats-Unis, mais ce n’est pas encore certain qu’il l’ait vraiment compris.

Le prochain chef politique fédéral devra envisager la création d’un nouveau statut politique et constitutionnel pour le Canada, car autrement, le Canada se disloquera avant de devenir une nouvelle étoile au drapeau américain. 

L’énergie principale du Québec est l’électricité alors que la guerre actuelle se fait pour le pétrole … la matière première pour l’Alberta, les autos de l’Ontario.  Ou le Canada se divisera, selon ses richesses et ses intérêts ou les États-Unis avaleront le Canada au complet.  C’est déjà commencé.           

*  *

Même si le droit de dire ce que l’on veut existe grâce à la Charte des droits de la personne, la Commission des droits de la personne n’a pas tenu compte de ma dénonciation quant au fait que l’on se soit servi de l’Homo-vicièr, un livre de pure fiction, d’humour, pour mon procès.     

Personne ne m’a aidé à faire valoir mes droits.  Personne, même les associations d’écrivains n’ont parlé de la sacro-sainte liberté d’expression.  Nos « révolutionnaires littérateurs » ne sont que des lâches qui défendent seulement le droit des hétéros, comme si on écrivait avec son orientation sexuelle ou « des laissez-moi tranquille, je n’ai rien à faire avec cela».  Comme me le disait un imbécile de Radio-Canada : tes affaires de cul ne nous regardent pas et on ne veut rien savoir.  Ce fut la même chose en Allemagne quand Hitler s’attaqua aux homosexuels et aux juifs.           

Le syndicat ne voulait pas s’en mêler parce que ça c’était passé complètement en dehors de l’école.  Pour la Commission des droits de la personne, mon livre n’avait été qu’un élément inspirant ma condamnation alors que pour l’Union des écrivains, je payais pour avoir appuyé l’indéfendable.  C’était une position personnelle et non révolutionnaire.  Comme intelligentsia, ça fait plutôt pitié.    

La Commission des droits de la personne d’alors (dirigée par un libéral) s’est contentée d’affirmer que la liberté d’expression est totale au Canada, tant que l’on ne prêche pas la violence, mais elle n’a rien fait pour défendre mes droits d’écrivain, prétendant que l’Homo-vicièr n’était qu’un élément de preuve.  Elle n’a même pas protesté.  Cela ne m’a pas empêché de demander un statut de prisonnier politique puisque mon procès était d’abord politique, même si on évoquait des questions de cul pour faire diversion ou justifier ma mise au rancart.  N’avais-je pas écrit aux ministres fédéraux qu’ils incitaient à la violence, à la guerre civile, avec leur projet de partition ?     

Personne n’a bougé, mais le film   » Les Ordres », de Brault, peut nous faire comprendre comment 1970 a été pour le gouvernement fédéraste avec les mesures de guerre, le moyen d’essayer de tuer tous les résistants, tous ceux qui croyaient réellement dans l’indépendance.  Qu’adviendra-t-il bientôt de ceux qui ne pensent pas comme Bush ?  « Qui n’est pas avec moi est contre moi», a-t-il proclamé.  Il essayait de nous faire croire qu’il valait John Kennedy.  Le pouvoir crée parfois une telle paranoïa dans les haut-lieux que des mesures de guerre appréhendée (en 1970) sont devenues des lois mises en force.  Belle leçon de «démocrassie». 

Les États-Unis ont absolument besoin d’une guerre pour permettre à l’économie de rouler.  Si les gens ne s’en aperçoivent pas, que faudra-t-il démontrer pour leur ouvrir les yeux ?   

Quant à l’Union des écrivains, elle avait déjà entrepris son virage vers le parti libéral.  Elle était dominée par la go-gauche et les féminounes.

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