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Xénéphon 7

décembre 23, 2020

Xénéphon prêchait son expérience quand soudain elle entendit à l’intérieur d’elle-même :

« Si tu continues de parler comme ça, tu vas te faire emprisonner. La Vérité n’est jamais bien acceptée, surtout quand elle tend à libérer tout le monde. Ça dérange les gros, les moyens et ceux qui se croient moyens. Aussi, la majorité t’écrasera-t-elle. Tu devras accepter de te battre presque seul. Pour tuer la honte, il faut d’abord tuer cette espèce de serre chaude qu’on a appelé “la réputation” et qui n’est en somme qu’un moyen pour empêcher l’individu de transgresser la loi. »           

Xénéphon était en crisse.

« S’il faut maintenant que cette maudite machine que j’ai dans les tripes se mette à penser et essayer de me créer une conscience personnelle, ce ne sera pas un maudit cadeau… Quand on sait : les choses n’ont plus le même visage…»  

Xénéphon devint les yeux rouges, le corps blanc et les cuisses ainsi que la queue verte. Un Québécois qui passait par là pensa aussitôt au drapeau des patriotes. Il fut rempli d’une telle émotion qu’il se précipita pour embrasser Xénéphon; mais juste avant de l’atteindre son petit pied droit resta figé sur une roche alors que son gros orteil retenait toute l’attention par ses élancements hors du seuil de la douleur. Quel cri! Le pauvre Québécois tomba bouche première sur la corne gauche de Xénéphon  et y laissa reposer un gros morceau de dent en or. De quoi faire penser que Xénéphon était un nouvel Eldorado… mais Xénéphon ne connaissait pas les pierres précieuses. Quand il déambulait sous les rayons de la lune, il n’en croyait pas ses yeux : il avait dorénavant une étoile à sa corne. Xénéphon avait ainsi complètement l’allure du drapeau des patriotes et devant marcher la queue en l’air, elle prenait souvent l’allure d’une vache patriote comme on en retrouve souvent dans les communiqués du Front de libération des Vaches… qui ne voulaient plus être sacrées, mais libres. Xénéphon vieillissait. Il était fatigué. Il avait son voyage de la révolution, même s’il ne retirait pas son appui à la cause. Ainsi, décida-t-il d’en finir.      

Il partit pour Bombay. Rendu en ville, il se dirigea directement vers le bureau d’enregistrement radiophonique. Il y enregistra durant des jours et des jours discours par-dessus discours. Il composa ses dix commandements et décida de sacrer le camp incognito pendant quelques années. La radio commença à diffuser ses enregistrements.        

« Le beau Xénéphon  (petit rire puisque l’annonceur savait que c’était en réalité une vache sacrée) est présentement dans nos studios, enregistrant de nouveaux sermons. Écoutons ces messages de notre vache sacrée qui valent bien les messages des prophètes de l’Ancien Testament » :       

« Amis! Amies! Frères! Veaux! Vaches! Cochons! Poulets! Gens de La Fontaine! Sachez qu’il faut vivre. Vivre le karman, le brama et le Brahms. Tant pis pour Mozart, Beethoven et Liszt !

La religion vous tient, en vous défendant de vous nourrir des plaisirs de la matière. Elle vous ment. Sachez que la religion, quand cesse la révolution d’un peuple, doit devenir un outil pour appeler à la VIE ou un moyen national de psychanalyse pour aider les âmes faibles à supporter les peurs et le changement.

Oui! nous mourons, mais nous nous réincarnons, selon nos vœux, nous aspirons à naître sur la feuille de Lotus du NIRVANA, le “no where” sidéral, tant que nous n’y serons pas parvenus. En refusant la terre, vous refusez le nirvana; car, sachez-le bien, il est impossible de rejoindre Bouddha, hors de la terre, puisque Bouddha, le cachottier, reviendra éternellement par nous, vivre de nous et avec nous, des partouzes bien terrestres. Le fun est dans déjà la bécosse.     

Pour atteindre le nirvana, il faut un tel degré de perfection spirituelle, d’énergie, qu’il faut se réincarner pour réajuster la vie à ses nouvelles dimensions.       

Aussi, devons-nous pour que l’éternité vienne, pour que le nirvana se fonde en nous, améliorer le monde dans lequel nous vivons pour qu’à notre prochaine réincarnation le monde soit déjà meilleur, de plus en plus heureux. Le nirvana n’existera qu’au moment où la plus petite parcelle d’existence sera rendue au maximum de sa perfection. Nous créons ce phénomène…

Nous devons dès maintenant semer la joie pour qu’à travers la communauté humaine et animale, la communauté vivante, devrais-je dire, donc, en transformation, soit créée le plus vite possible le nirvana, la stabilité éternelle, à travers la perfection infinie. Soyons heureux. Profitons de la vie, mais ne nous attachons à rien.            

C’était un message réservé et payé par ses frères Krishna et Çiva. Allez !  Faites l’Amour. Vivez tant qu’il en est encore temps. »

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