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Un sourire venu d’enfer 4

octobre 21, 2020

Un sourire sorti d’enfer 4

Autobiographie approximative

6

La rencontre de Daniel.

Durant l’été, je me suis rendu à Montréal pour travailler afin de payer les frais de la prochaine année scolaire. Tout ce que j’ai su dénicher : éclairagiste dans un club pseudo arabe, puis, dans un club à gogo, comme desserveur de tables. Cette dernière expérience me marqua davantage puisqu’on m’appelait « le petit gars » et que je fus confronté pour la première fois de ma vie à la réalité gaie.

Ma première rencontre fut celle d’un noir. Il s’organisait toujours pour m’attirer à sa table. Il a même inventé de renverser sa bière. Il me tapait sur les nerfs. À la fin de la soirée, il me fit part de ses ennuis : il ne savait pas où aller. Je lui ai conseillé un endroit en lui indiquant bêtement que je m’y rendais toujours après le travail. Il m’a aussitôt fait part de son intention de m’y retrouver. Ce soir-là, je suis sorti plus tard qu’à l’habitude. Je n’étais pas seulement naïf, j’étais niaiseux.

J’aimais bien ce travail. Le milieu insolite. Les filles du club arabe m’ont demandé  de leur envoyer des petits vieux, quand j’ai commencé à travailler dans un autre club, un club de gogos femmes. En retour, j’avais droit à une commission payée en nature. Salaire que je n’ai jamais eu, même si j’ai envoyé bien des intéressés. Cependant, l’honnêteté n’était pas toujours de rigueur dans ces clubs.

J’ai passé pour le roi des imbéciles un après-midi parce que j’ai défendu un client qui avait oublié un appareil photo alors qu’une des serveuses voulait la garder pour elle. Ce qu’elle fit, malgré mes protestations. Je n’aimais pas non plus qu’on fasse les poches des clients quand ils étaient trop saouls à la fin de la soirée, avant de les mettre dehors.

Ma jeunesse me valait des avantages. Une des serveuses me fit une crise de

jalousie parce que souvent j’avais de bons pourboires pour rien ou encore des clients qui me payaient volontiers un verre. Je ne comprenais pas le pourquoi de tant de générosité jusqu’à ce qu’elle me dise : « T’as qu’à regarder ces messieurs te convoiter l’arrière-train pour saisir ce qui se passe.»

Plus tard, les patrons s’amusèrent à m’envoyer chercher de la glace dans un club gai de la rue Stanley. Ils prétendaient que je serais un jour un des futurs clients de ce bar.

C’était toute une découverte : je voyais pour la première fois de ma vie, dans ma vingtaine, deux hommes danser ensemble. Un seul spectacle a su me distraire autant : le club des lesbiennes. Je les ai vues un soir sortir un bonhomme qui s’était probablement trompé d’adresse… il toucha très peu aux marches. Les femmes sont parfois très fortes.

Montréal me semblait propice à une expérience pédéraste (amourajeuse). Il était impossible qu’avec autant de petits gars, je ne finisse pas par en rencontrer un qui soit intéressé. En attendant, je travaillais et j’écrivais de la poésie. Parfois, je me permettais de partir à la recherche de l’âme sœur. Le cruising est aussi palpitant que les parties de jambes en l’air.

Un après-midi, dans le métro, en me rendant au travail, j’aperçus un magnifique petit bonhomme. Il était blond et semblait avoir environ 14 ans. Je lui fis des clins d’œil, il me sourit. Je lui montrai deux dollars, tout en lui faisant signe de me suivre, ce qu’il fit sans hésitation. J’étais au ciel. Je croyais rêver. Je me suis rendu avec lui dans une toilette d’un restaurant. Il accepta, après quelques caresses, à se rendre chez moi. J’étais fou de joie. Je n’aurais jamais cru qu’une telle chose était possible. Je remerciais le Bon Dieu d’avoir créé Montréal.

Je m’absentais du travail pour la première fois. J’ai passé l’après-midi avec lui.

Je le revois nu dans mon lit alors que ma langue voyageait encore moins vite sur son corps que le plaisir qui courait dans ma tête. Je sentais que le plaisir était complètement partagé. Son sourire, les gestes de son corps prouvaient qu’il goûtait tout aussi bien la situation que moi. Daniel était divin. Il avait en plus une drôle de façon de réagir à nos baisers. À chaque fois, il branlait le nez. Nous avons parlé assez longtemps pour que je le connaisse assez bien. Son père était dans l’armée et sa mère vivait, à Montréal, avec lui. La séparation de ses parents l’affectait beaucoup. Son grand rêve était de s’acheter une bicyclette.

Peu à peu, les remords m’ont envahi, car je me sentais encore coupable d’être amourajeux. Je l’aimais trop pour le rendre à jamais malheureux. J’avais peur que mes goûts se transmettent et je ne voulais pas lui rendre la vie aussi malheureuse que la mienne.

J’ai supplié Daniel de me pardonner. J’ai voulu lui faire peur en lui disant qu’une telle dégénérescence conduit à la prison. Daniel se contenta de s’approcher de moi et me dire que lui aussi avait déjà eu des problèmes avec la police. Et, il m’embrassa avec passion. Que pouvais-je dire de plus?

Après que Daniel m’eut laissé, la vie n’était plus pareille. J’étais follement amoureux de lui. Daniel m’avait promis de revenir bientôt et de me présenter sa petite amie. Il ne le fit jamais et je me suis mis à sa recherche.

Daniel, c’était tout ce qui comptait dorénavant. Je vivais dans l’anxiété de le revoir. J’ai tenté de le rejoindre au téléphone, épuisant le répertoire de toutes les familles qui répondaient à son nom. Le soir quand j’arrêtais une seconde de travailler, je me rendais près de la porte où je scrutais les passants. Viendra-t-il enfin?

Pour le graver davantage dans ma mémoire, je griffonnais cet amour sur un bout de papier. Je me fichais bien maintenant que ma mère hésite à me livrer à la police puisque le dimanche précédent, elle et mon père, m’avaient surpris la main dans le pantalon d’un autre petit gars qui aimait bien se faire tâter le moineau. La faim justifie les imprudences.

Peut-être que mes parents n’auraient jamais osé mettre leur menace à exécution; mais je savais être, encore une fois, une raison pour eux d’être malheureux de m’avoir comme fils. Ça m’affligeait beaucoup, c’était même une raison de plus pour me haïr. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je croirais que d’être amourajeux est tout à fait normal.

J’étais presque fou. Je voulais revoir Daniel par tous les moyens. Chaque endroit où j’avais vécu quelques secondes avec lui était devenu de véritables lieux de pèlerinage et ils le sont demeurés plus de dix ans.

Au travail, ce fut comme si les patrons auraient compris qu’il se passait quelque chose de nouveau en moi. Ils multipliaient mes missions dans le club gai. Ce travail a eu un avantage extraordinaire : il enleva à jamais ma peur des gais. Si j’en étais un d’une certaine façon, j’avais conservé toutes les peurs que mon éducation avait créées. Loin d’être dangereux, comme on me l’avait appris, ces messieurs étaient tout égard, toute tendresse. Je me sentais de plus en plus valorisé quand un homme me regardait avec avidité. Moi, qui m’étais toujours cru si laid, je découvrais que pour certains je pouvais même leur paraître beau. Ce n’est pas une petite découverte, ce fut extrêmement important pour moi.

Petit à petit, j’ai commencé  à  fréquenter  les  pissotières.  Le  travail  s’en  trouva valorisé d’autant…

Un jour, en entrant du travail, une lettre de France m’annonçait que j’étais lauréat d’un concours de poésie en Normandie. Le poème gagnant avait été écrit pour illustrer mes tentations amourajeuses : LA NOCE. En même temps, le lieu d’où je gagnais le concours était lié directement à un autre personnage religieux qui m’influençait énormément : Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle était arrivée dans ma vie à travers une mine d’or en Ontario, la Thérèsa.

Je ne savais plus si je devais être heureux ou découragé. Je priais pour revoir Daniel. J’avais peur, mais cette fois l’amour fut si vif que ce fut la grande métamorphose. Plutôt que de percevoir Dieu comme un juge, je le découvrais comme un protecteur : il ne pouvait pas condamner l’amour. Lui, qui se dit l’Amour.

Daniel. C’était déjà un rêve, une force comme je n’en avais jamais vécu. J’étais prêt à tout pour le revoir, pour lui dire combien je l’aimais. Son absence m’a mené à encore plus de révolte.

J’ai commencé à écrire des poèmes dans lesquels Jésus était un adepte des Amitiés particulières. À chaque mot, je mourrais de peur puisque je craignais que ce soit des blasphèmes. J’écrivais en tremblotant et bien conscient qu’il y avait une nouvelle force en moi. Une force de nature insoupçonnée : j’étais prêt à défier Dieu lui-même pour revoir Daniel.

Je me fichais pour la première fois des cinq ans de prison possibles, même de la mort, pour le revoir une minute, l’aimer encore autant, avec autant de passion.

Heureusement, la poésie m’aida à retrouver mon équilibre. Je me suis rappelé peu à peu ma grande découverte en prison : aimer et jouir sont aussi des prières. Je ne culpabilisais plus. Daniel ne m’entraînait pas aux blasphèmes, il consacrait l’amour que j’ai en moi. Il m’unissait à Dieu par un nouveau moyen, par une nouvelle route.

Ainsi, Daniel me permettait de m’accepter comme amourajeux, sans être en contradiction avec ma foi. Quelle importance cela avait-il que Jésus ait aimé un petit gars aux Jardins des Oliviers? Était-ce vraiment Saint-Jean ? Pour moi, Jésus devenait encore plus grand, tout aussi divin. Qu’il ait aimé la chair en s’incarnant, rien de plus naturel; le contraire, en aurait fait un masochiste pur. Dieu cessait d’être un exécrable individu pour devenir véritablement un AMI. La religion cessait d’être une condamnation, mais un appel à l’amour.

Je suis retourné à Québec dans cet état d’esprit. Cela ne m’avait rien apporté financièrement d’avoir travaillé tout l’été. Je n’avais réussi qu’à payer mes dettes de l’année précédente et le service aux étudiants voulait couper mon aide en fonction de ce que j’avais gagné. Je me ramassais ainsi dans une situation financière pire que si je n’avais rien fait pour m’en sortir.

Le service d’aide aux étudiants me refusa à nouveau l’argent nécessaire pour terminer ma deuxième année chez les Jésuites. J’étais puni d’avoir travaillé. Puisque j’avais essayé de me débrouiller, j’avais droit à moins d’aide. Quel genre de débiles dirigent tous les services d’ordre social? Ils ne comprennent rien. Tu es puni, dès que tu veux faire un effort pour t’en sortir. Au lieu de t’aider, ils te calent encore plus dans la merde.

Je voulais me suicider, même si je savais que je ne mettrais jamais ce désir à exécution. Le suicide est une maladie mentale ou un manque de courage. Comment vivre sans aimer? Comment trouver un sens à mes actions, si je ne pouvais pas partager la tendresse qui me dévorait?

À la fin du premier semestre, mon désespoir s’est transformé en révolte. Il ne suffisait plus d’écrire L’Homo-vicièr, je devais m’affirmer.

En décembre ou janvier, à l’occasion des examens, j’ai écrit dans le journal étudiant un grand extrait de mon roman dénonçant les examens. En sociologie, quand le professeur demanda d’expliquer le haut taux de suicide chez les étudiants, j’ai répondu que l’imbécilité de ces cours était une raison viscérale de vouloir en finir avec la vie. Celui-ci me traita de fou en classe. J’ai repris les examens avec succès et l’incident fut oublié.

Au cours du second semestre, je me suis fait une petite amie. Nous avions été attirés l’un à l’autre par le même amour des lettres. La chicane ne tarda pas à nous opposer. Elle fut d’abord jalouse du petit gars qui recevait nos manteaux à l’entrée de la salle de danse. Elle trouvait que je mettais trop de passion à le regarder. La jalousie est surtout un déséquilibre féminin. Un juron contre la liberté. Il était très beau, j’en conviens. Je serais demeuré planté là à l’examiner durant des heures. Malheureusement, quand on est avec une femme, il faut qu’il n’y ait qu’elle dans le paysage. Une forme d’autisme nommé couple. Tout autour doit être laid ou invisible.

Elle vit ensuite dans la visite d’un de mes cousins, un autre danger. Les flammèches ne tardèrent pas. Je ne tolère pas la jalousie. C’est refuser à l’autre son droit de choix fondamental. Les féminounes s’imaginent que jouir de la présence d’un autre, c’est leur manquer de respect, car l’autre peut leur être supérieur. En fait, elles vivent d’insécurité et de complexes d’infériorité. Elles projettent   sur   les   autres   leurs   complexes   d’infériorité   et   leur   paranoïa.

La jalousie est un élément décadent, ressurgissant de l’inconscience de la vie des   harems   et   du   statut   de   la   femme   dans   une   société    de   machos hétérosexuels.

Le statut de la femme dans nos civilisations a toujours été celui de l’infériorité. Pourtant, nos civilisations s’imaginent que l’hétérosexualité est tout ce qui a de normal. J’aime les femmes qui ont dépassé cet état mental et émotif. Les femmes qui ont su intégrer la beauté de leur sexualité. J’aime les vraies féministes.

La crise a pris de l’ampleur. Elle s’identifiait, sans avoir tort, à Esther, un personnage de L’Homo-vicièr qui présage des luttes des mouvements de libération de la femme. La femme qui, sous prétexte d’égalité, veut dominer dans le couple non plus en cachant son jeu comme elle l’a toujours fait, mais ouvertement, sans artifice.

Ce fut une période très riche d’échange de lettres d’amour. Finalement, elle me reprochait d’être trop cochon.  Ce qui arriva à force de me faire agacer. Elle aurait pu me passer à travers un mur pour me sentir bandé en dansant, ce qui arrivait moins souvent que je l’aurais souhaité, mais ce geste m’amenait à vouloir lui poigner les seins et mettre sa main dans mes culottes.

Chaque fois, cela la scandalisait, mais chaque fois j’y décelais un désir qui était bien celui d’une victime qui se cherche un bourreau. Bien agréable le bourreau à petite matraque tant qu’il ne s’en sert pas.

Ce fut le pire problème de mon éducation sexuelle : Plutôt que nous apprendre à contrôler nos désirs sexuels, c’était bien ça mon problème, on préfère ne pas en parler parce qu’on les craint, d’où notre incapacité d’avoir un équilibre émotif.

Mon professeur de sociologie fit sa connaissance. Une fois, sous prétexte de connaître mes réactions, il lui fit croire à Micheline que je m’étais suicidé de chagrin par sa faute. La pauvre fille n’en a pas dormi de la nuit.

La rupture était inévitable, j’étais trop cochon, trop chaud, et je ne comprenais pas pourquoi cette invasion des remords de conscience, fruit de notre ignorance de la nature humaine. Pourquoi devenir fou pour des gestes somme tout très agréables? Quel danger y a-t-il à se caresser?

À cette époque, si je l’avais mis enceinte, je l’aurais mariée. Je crois même qu’on se serait beaucoup aimé, car le sexe était tout ce qui nous séparait et marié cela n’aurait plus été un problème… il devrait y avoir une loi garantissant que tout gars qui met une fille enceinte se doive de l’aider à élever l’enfant, soit en la mariant, soit en lui versant une pension jusqu’à ce que l’enfant ait atteint la fin de son secondaire. Ainsi, on aurait plus besoin de l’avortement.

Vers la fin de l’année, j’ai publié deux autres textes dans Le Garnier, soit le journal des étudiants des Jésuites.

Le premier affirmait que les enfants ne doivent rien à leurs parents puisque l’Amour est gratuit.

Ce fut au tour des professeurs de morale et de philosophie de faire l’apologie de

ma folie dans leurs classes. Dans l’autre texte, je parlais de ma visite en  prison, tout en faisant connaître mon amour des garçons.

Les Jésuites n’ont pas tenu le coup. J’eus le choix entre payer tout de suite ou ne pas pouvoir me présenter aux examens de fin d’année. Une façon de me renvoyer, car ils savaient très bien que je n’avais pas d’argent… C’était un noble moyen pour me forcer à débarrasser le plancher. Et, une bonne justification, si je devais tenter une nouvelle action, susceptible d’intéresser les journaux.

Mon professeur de sociologie me reprocha d’avoir abandonné la lutte : « un type de ton intelligence n’a pas le droit de laisser tomber. » Le professeur venait de découvrir les événements de mai 1968, en France, et le souffle de la nouvelle révolution sexuelle annoncée en Californie. Puisque j’avais exprimé ces idées quelques mois auparavant, que L’Homo-vicièr en parlait, j’étais devenu pour les étudiants un héros ou tout au moins un prophète. C’était trop tard. Ma décision était prise. Je me servirais de ma bourse d’études pour publier mon premier livre.

À ce point de vue, ma rencontre avec Micheline a été très profitable. Une fois, par semaine, nous nous rendions danser, mettre notre émotivité en danger… Nous cherchions tous les moyens pour entrer en transe et dès que nous le pouvions, nous nous faisions part de nos découvertes, en vue de nous en servir dans nos écrits. Malgré nos chicanes, ces soirées étaient consacrées au rire et à l’ironie. Elle était très intelligente et mon admiration pour elle me la rendait vraiment très attachante. Pourquoi quand nous sommes jeunes ne nous apprend-on pas qu’il est normal d’avoir la libido forte? On préfère la censure et l’hypocrisie… une société de moutons… On oublie que ceux qui ont créé les règles de la civilisation actuelle vivaient dans un tout autre contexte. Mais, c’est plus facile de ne pas les remettre en cause.

Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel. Aussi, avais-je pensé qu’en publiant Hymne à l’amour, le vice et la révolte, la police ferait enquête afin de me condamner. Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait-ce que  quelques minutes, le temps qu’il témoigne contre moi. J’étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute. La folie ne porte pas qu’à tuer. L’amour est un besoin tellement essentiel. En être privé peut nous déranger les méninges.

J’ai travaillé à la publication d’Hymne à l’amour, le vice et la révolte tout au long de l’année.  Finalement, ce fut un homme de Montréal, un pur étranger, un  éditeur qui vint me trouver pour publier le livre. Il considérait que j’étais bourré de talent. Le livre fut publié sans qu’il me coûte un sou.

Mon livre de poésie ne connut pas le succès escompté. Les critiques littéraires étaient unanimes « je n’ai pas de talent».

« Plus équivoque et pas très prometteur s’annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau… Enfin, Jean Simoneau nous promet une œuvre fort abondante et nous prie, sur un feuillet publicitaire, de commander vivement, car le nombre est restreint. Comme M. Simoneau est étudiant, il s’agit peut-être d’une farce, après tout! » (Livres et auteurs canadiens 1968, p.114).

Villon faisait des farces d’étudiants et il fut pendu.

Dans le journal Le Devoir, Jean-Éthier Blais affirma que même si je n’ai pas de talent, je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne. Je sais maintenant pourquoi il parlait ainsi. Ce n’était pas pour mon talent d’écrivain, mais mon apostrophe entre les deux jambes qui le faisait rêver et qui l’intéressait sans doute plus que ma poésie.

Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m’a valu toutes les foudres possibles. Personne ne voulait plus me parler. Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces. On les interprétait tout de travers, comme si j’avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s’agitait.

Écrire un livre t’immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort. Aussi, pour moi, une dédicace c’était la plus grande preuve d’amour, c’était offrir mon cœur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi. Mon livre en était parsemé. Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible. J’avais oublié d’en dédicacer un à mon frère Serge. Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire un oubli aussi stupide?

De guerre lasse, je suis retourné à Barnston. J’en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook.

M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l’on cherchait un bon journaliste. J’ai été réengagé pour une troisième fois, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m’embaucher.

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