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Un sourire venu d’enfer 8

octobre 25, 2020

Un sourire venu d’enfer 8

Autobiographie approximative

Page 46-55

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Le projet des 200 millions.

Des négociations ont été entreprises pour obtenir au moins comme le promettait Jean Marchand, une compensation valable pour les Vauxcouleurs (Estrie). C’est au cours de ces assemblées de négociations que j’ai appris que certains membres de l’équipe fédérale étaient liés à la CIA.

Ces pourparlers n’ont pas abouti, car même si j’avais créé un projet totalisant environ 200 millions de dollars à être investis dans la région, les maires avaient trop l’esprit de clocher pour l’endosser et récupérer au moins ces argents.

Nos maires, presque tous des libéraux, comme c’est encore le cas aujourd’hui, préféraient préparer leur propre avenir politique, se battre entre eux, s’écraser, selon le meilleur esprit de clocher et de mesquinerie. La politique était plus sale que je ne l’avais jamais imaginée.

Pour cerise sur le gâteau, pour nous humilier encore plus, Trudeau accepta l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke de participer aux fêtes de la Saint-Jean. Quelle arrogance! Je voyais déjà couler le sang des rues à cause de ce maudit baveux.

Je rêvais déjà de lui cracher au visage tandis que la GRC multipliait ses efforts auprès des municipalités pour être « informée » de toutes les personnes jugées radicales ou de tout nouvel étranger arrivé dans la région. Puisque la trahison peut aider à l’avancement politique, nos autorités municipales appuyaient Ottawa.

Selon les rapports  de la GRC il y aurait un bain de sang dans les rues si Trudeau se présentait à Sherbrooke. Je craignais aussi cette éventualité. Un tel traitre ne peut pas se promener chez nous sans qu’il reçoive ce qu’il mérite. Mais, il y a la population et les enfants.

Heureusement, il y eut une bombe et Trudeau resta chez lui.

Quand j’ai appris comme tout le monde que durant une la nuit une bombe avait sauté à la fédéraste SSJB de Sherbrooke, j’étais à la fois consterné et fou de joie. Pas un seul blessé, mais un avertissement de taille. La SSJB décida de décliner son invitation, même si Trudeau la traitait de lâche. C’était une victoire exemplaire.

Faute de pouvoir réaliser le projet des 200 millions, j’ai mis toutes mes énergies à vendre un nouveau projet qui, par la bande, rejoignait l’aéroport, soit la construction d’une autoroute, la Transquébécoise, une autoroute qui franchirait le Québec du Sud au Nord. Ce projet demeurait dans les cartons, j’ai donc poussé pour obtenir une réalisation rapide cette autoroute. Je suivais le déroulement de ces projets à travers mes entrevues avec les autorités du coin.

Robert Bourassa était à nouveau venu à Sherbrooke. Il était jeune et semblait très honnête. Nous nous étions rencontrés lors de la campagne à la chefferie du parti libéral, et ipso facto, je l’avais préféré à Pierre Laporte.

D’abord, Bourassa m’a promis de construire l’autoroute entre Sherbrooke et Richmond, projet qui me semblait essentiel pour répondre aux multinationales qui refusaient de finir chez nous leurs produits sous prétexte que les routes étaient trop mauvaises. De plus, la route existant entre Sherbrooke – Richmond était de l’avis des techniciens de la circulation celle qui détenait tous les records quant à la fréquence et la gravité des accidents au Québec, d’où son remplacement devenait prioritaire.

Robert Bourassa s’était engagé à étudier le projet des 200 millions, projet qui faisait dire à Arthur Tremblay, de l’Office de Planification et de développement  du Québec, que les Vauxcouleurs étaient la première et la seule région au Québec qui s’était doté d’un plan de développement et j’en étais le penseur.

Il fallait auparavant procéder à une consultation des mouvements de la région. Cela était d’autant plus évident que j’étais l’auteur et que je n’avais aucun

mandat. Cependant, je savais trouver des gens responsables au CRD qui appuyaient ma démarche. Par exemple, si je voulais parler du besoin de francisation et du tourisme, je téléphonais à Réjean Beaudoin qui préconisait cette avenue.

Bourassa me semblait moins fanatiquement fédéraste que Laporte.

À une assemblée pour mousser la candidature de Laporte à la chefferie du parti, un libéral m’a présenté à son chef comme le petit pédéraste du coin, ce à quoi j’avais répondu que « je préférais être pédéraste à être fédéraste ».

Laporte me déplaisait parce qu’il mentait consciemment aux gens. Le soir dans une réception libérale officielle, Laporte avouait qu’il était faux de prétendre que le FLQ était, comme il le disait publiquement, la raison majeure pour laquelle le Québec recevait moins d’investissements. Il y avait trois autres facteurs plus importants, dont la conjoncture économique internationale. Je ne savais pas encore à cette époque que l’Ontario et le fédéral subventionnaient des industries pour quitter le Québec et s’installer en Ontario. Un moyen pour faire peur aux gens.

Au cours de cette soirée, un journaliste anglophone qui me savait indépendantiste me proposa que chacun de notre côté, par nos articles, nous moussions le fanatisme linguistique. J’ai refusé ayant trop de respect pour l’être humain, qu’il soit de la langue ou de la religion qu’il voudra. Un individu est toujours un humain.

Mes illusions sur les Anglais des Vauxcouleurs étaient pourtant tombées lors d’une manifestation pour un Bishop français. Cette première régionale m’avait valu une balle de neige dans la figure ainsi que quelques coups de bâton d’anglophones qui se plaisaient à nous frapper puisque nous étions en plus petit nombre. Comme à l’habitude La Tribune m’avait envoyé couvrir l’événement du côté des manifestants. J’aurais aimé y retourner en plus grand nombre et voir cette fois qui aurait eu le coup de pied au cul.

Les manifestants avaient raison : la minorité anglaise, grâce à nos taxes, avait un système d’éducation deux fois plus évolué que celui de la majorité française. Pourquoi devons-nous payer pour ensuite nous faire cracher à la figure? Par masochisme ou colonialisme?

Une fois encore durant la campagne électorale j’ai dû supporter les mensonges de Pierre Laporte. Laporte se promenait d’une usine à l’autre annonçant qu’elle fermerait ses portes si le Parti québécois prenait le pouvoir. Aujourd’hui, le PQ est au pouvoir et aucune de ces usines n’a fermé ses portes.

Chemin faisant, en retournant seul avec Laporte, je lui ai demandé pourquoi tous ces mensonges. Il a reconnu qu’il en était ainsi parce que les gens ont besoin de caricatures pour comprendre. Cela me mettait hors de moi. Pourquoi manquait-on autant de respect pour les gens?

Les affirmations de ceux qui nous connaissaient, à savoir qu’il était plus nationaliste que moi alors que moi j’étais plus libéral que lui, me sont toujours demeurées un mystère. Cinquante ans plus tard, j’ai appris de la bouche de son fils Jean, que Laporte était un fidèle défenseur du fait français. Si j’avais su ça, je l’aurais plus respecté. Mais j’étais trop jeune pour connaître son travail de journaliste au Devoir.

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Retour à l’amour et à l’écriture

Pour oublier un peu mon désarroi, je me suis remis à l’écriture. J’ai recommencé à crier dans mes poèmes mon amour pour les petits gars. La fascination qu’exerce leur corps sur moi et mon désir de vivre pour eux et eux seulement.

Vauxcouleurs, c’était eux.

Toute la passion que j’avais pour Réjean se fondait dans cet amour impersonnel que représente le combat pour l’amélioration de la situation socio-économique des gens. Vauxcouleurs, c’était Réjean en désir. J’étais créé, comme le capitalisme, par mes sublimations.

Bizarrement, la décision fédérale quant à Mirabel a coïncidé avec les premiers refroidissements entre moi et Réjean.

Après une année, Réjean tournait les yeux vers un autre. Cette situation m’asphyxiait la vie. Pour lui dire, j’ai écrit une longue lettre d’amour que les Auteurs réunis décidèrent de publier. Ce fut Re-jean, un petit récit. Je remis cette longue lettre d’amour au Réjean concerné sous forme de livre. Le livre était encore la seule forme de cri que je pouvais lui adresser. Ma poésie était rejetée partout.

Quand Réjean lut mon récit, il se contenta d’y critiquer ma dernière phrase dans laquelle je disais : « Petit prince, je t’adore ». Il était visiblement fier d’avoir été la muse de ce texte écrit pour lui spécifiquement, mais il était aussi tellement religieux qu’il ne pouvait pas accepter mon cri d’amour.

« On adore que Dieu », avait-il tranché.

Tout aussi incompréhensible, il commença à me voir comme un plaisir sexuel dont il faut savoir tirer parti.

Dans l’Estrie littéraire, Gaston Gouin était le seul à ma connaissance à trouver une certaine originalité à mes poèmes. J’étais refusé partout.

Aussi, quand Gouin organisa sa nuit de poésie au cégep de Sherbrooke, il ne manqua pas de m’inviter.

Je faisais face à un public pour la première fois. J’étais convaincu d’être mal reçu puisque je terminais mon récital en proclamant de toute évidence et sans cachette, mon amourajoie; mais je devais foncer. Ce n’est pas tout d’écrire, il faut assumer les mots. Il faut les vivre. La pédérastie compte plus de périodes de chasteté obligatoires que de séquences d’aventures réelles.

Pourquoi pas toi ?

Si tu le veux dès demain tous les deux

nous irons au banquet chez Satan des amants favoris du feu.

Je boirai sur et par ton corps le sang blanc de ta jeunesse

dans le mot, j’immortaliserai ce rite.

Abandonne-moi tes lèvres laisse sur ton corps ma main t’introduire à l’extase.

Ne dit pas non trop vite le bonheur est le plaisir le plaisir serait

mes mains, mes lèvres sur ta courte verge.

Ma poésie se cueille

sur les lèvres d’un garçon.

L’assistance sidérée écouta en silence parfait. Elle était tout à fait muette, ce qui me faisait de plus en plus peur, jusqu’à ce que j’entende crier dans un coin le petit mot : bravo !

Cette soirée et la publication de Re-jean m’embarquaient de plain-pied dans la vie littéraire de la région.

À cette époque, je me croyais boudé par le groupe de Gaétan Dostie qui réclamait une poésie plus substantielle. Pour moi, les Gaston Gouin, Gaétan Dostie et Jocelyn Fournier étaient les grands maîtres de la poésie, à Sherbrooke. Il était naturel qu’ils ne m’accordent pas leur attention n’étant qu’un petit poète peu connu arrivant de Québec, un lieu qui est loin d’être de gauche. Il me suffisait d’être écouté pour être complètement varlopé par les mots.

Contrairement, à ce que j’avais cru, ce sont les femmes qui acceptèrent le mieux mon ouverture d’esprit et ma sincérité. Ce qui donna lieu à des discussions à n’en plus finir et des amitiés tout aussi longues.

La publication de Re-jean fut bien accueillie partout au début. On ignorait que c’était une lettre d’amour pour un vrai petit gars. Toutes les 1,000 copies furent vendues et le texte a même servi dans quelques classes de littérature de la région.

Presque personne n’avait pris connaissance du contenu. Alors, quand on a découvert que le récit était autant amourajeux que prose poétique, on ne tarda pas à vouloir ma peau. J’ai dû quitter bientôt les Auteurs réunis.

Comment expliquer aux autorités du petit séminaire qu’un texte amourajeux ait été retenu, aussi poétique fût-il?  Mais, il fallait l’avoir lu très attentivement pour déceler cette réalité pédéraste. En fait, il n’y avait qu’un très court passage qui rendait la chose évidente.

Il n’y avait qu’une solution pour les Auteurs réunis : se dissocier immédiatement de la racine de ce scandale, c’est-à-dire de moi.

Et, c’est ainsi que de loin, j’ai peut-être hanté les dortoirs et les toilettes du petit séminaire alors que de belles petites brebis songeant à autant de tendresse et d’amour branlaient l’arbre à la racine pour y laisser se perdre la semence pour laquelle j’aurais bien sacrifié une partie de ma vie pour la boire.

Je n’étais pas du genre à me désespérer. Avec d’autres membres et poètes, j’ai commencé à mettre sur pied des soirées de poésie au parc Jacques Cartier.

Plus tard, nous rendions dans les villes de la région donner des récitals de poésie. Aie-je eu espoir qu’un jour ces poèmes me permettent de vivre une aventure avec un des petits auditeurs? Sûrement. Secrètement. Pourquoi pas? Je ne suis pas si fou. Par ailleurs, ceux qui venaient nous écouter étaient tous des adultes, aimant la littérature. Très rares sont les jeunes qui courent les récitals de poésie.

Re-jean m’apporta une lueur d’espoir. Peu de critiques furent négatives, certaines étaient même fortement encourageantes. J’étais selon un docteur en lettres à l’université de Washington, que m’avait présenté Antoine Naaman, le premier écrivain depuis Rimbaud chez qui elle trouvait autant de souffle. Pour sa part, Roger Peyrefitte que j’admirais pour Les amitiés particulières me félicita, tout en me faisant savoir qu’il avait des correspondants à Sherbrooke.

À cette période poétique de ma vie, je fis connaissance avec Réginald Dupuis, un peintre qui, pour gagner sa croûte, travaillait dans la décoration intérieure.

Réginald était un pur hétérosexuel, nullement intéressé de changer de gibier comme diraient les féminounes. Il devint mon meilleur ami.

Chaque fin de semaine, je me rendais dans sa famille (qui habitait juste au- dessus de chez ma tante Aurore où je logeais) où nous avions des discussions sur toutes sortes de sujets. La poésie était à l’honneur et nous faisions ensemble de la peinture. Son épouse Denise était non seulement très gentille, mais elle était très intelligente. Elle avait une noblesse d’âme que j’admirais beaucoup.

Réginald devait souvent parler de moi puisqu’un jour il m’apprit qu’une poétesse voulait faire ma connaissance. Fort de mes mésaventures, j’étais quelque peu misogyne.  Cette  rencontre  retarda  jusqu’à  ce  qu’elle  s’impose  d’elle-même.

À mon arrivée, j’ai été ébloui par la beauté de cette femme, sa jeunesse et son ouverture d’esprit. Elle avait un petit air égyptien, exotique. Hélène venait d’entrer dans ma vie à côté de Réjean avec qui je vivais un froid de plus en plus glacial.

La conversation porta vite évidemment sur mes écrits, mon amourajoie. Elle faisait preuve d’une très grande érudition. Elle m’arracha un aveu : Réginald m’avait vanté son intelligence, mais il m’avait caché sa beauté. Je l’ai regardé avec le même œil, par lequel je vois un petit gars, c’est-à-dire la fascination pure.

L’amitié souda vite les deux groupes.

Cette rencontre cristallisa toutes mes émotions autour de la poésie, de sa signification. Petit à petit, je devins moins sauvage avec ma belle Égyptienne qui se découvrait aussi totale que moi dans sa recherche de la beauté, de la jeunesse et de la joie.

Ensemble, nous étions comme deux enfants, deux amants de la nature. Nous vivions des moments de joie si intenses que j’en oubliai ma misogynie. Alors que je récitais publiquement mon adoration pour les petits gars, je vivais une aventure presque sublime avec une femme. J’ai toujours vécu des décalages dans le temps qui marquent bien ma progression presque handicapée dans la découverte de mes émotions et de ma sexualité.

Je venais pourtant quelque temps auparavant de m’attaquer aux femmes dans un de mes poèmes, car je m’étais senti trahi par la jalousie de la précédente. Quel changement!  Nous avions Hélène et moi, ensemble,  la passion poétique et Réginald qui nous amenaient lentement à l’amour des couleurs, de la peinture. Tout était art dans notre vie. J’étais tellement souvent chez Réginald que je me suis souvent demandé si je n’abusais pas.

La vie de groupe s’élargit à d’autres poètes et peintres des deux sexes, un véritable petit cénacle. On parlait de plus en plus d’école littéraire  de Sherbrooke. Notre réputation atteignait même Montréal. Ma petite amie m’apprivoisait petit à petit, acceptant de temps en temps de me laisser commenter la beauté d’un gamin. Ainsi, je pouvais être authentique, tout en découvrant autre chose dans la vie que le désir d’un petit gars.

Au fond, elle aurait bien voulu me « guérir » de ce qui lui  semblait  « ma  maladie ». Tout au moins aurait-elle aimé que je puisse écrire, un jour pour une femme, une aussi belle lettre d’amour que celle que je venais de publier pour Réjean.  Même si son fils était en  âge de  m’intéresser, j’aurais cru  tricher de   lui faire les moindres propositions. Je me contentais de l’admirer alors que je le sentais me désirer en silence.

Mes aventures sexuelles pédérastes se résumaient à regarder parfois à l’improviste la nudité de ce garçon quand il prenait son bain devant moi. Cela n’était pas nouveau puisque dans mon travail, mes désirs sexuels n’ont jamais influencé comme tel le contenu de mes écrits dans le journal. Je prévenais ceux avec qui je travaillais de près de mes « vrais attraits pour les garçons » afin de m’assurer que jamais il ne soit possible de m’accuser d’avoir trahi leur confiance. Un échec dans la maîtrise de la petite nature était toujours possible. La tentation l’emporte souvent sur la raison.

Un souci d’honnêteté que l’on me reprocha très souvent. On pensait que c’était de la provocation alors que c’était simplement un désir de respect pour les gens qui ne partageaient pas ma perception de la morale sexuelle. C’est très rare d’ailleurs que des hétéros admettent que l’on puisse tomber amoureux d’un petit gars sans lui nuire. On est incapable d’imaginer qu’un petit gars puisse partager ces émotions et ce goût pour le plaisir. Pourtant, ils sont très nombreux. Je trouve cela préférable à se suicider parce qu’on ne s’accepte pas en découvrant sa nature sur le plan sexuel.

Cette époque fut très importante à bien des points de vue. J’apprenais qu’il est possible d’avoir des amis qui pensent différemment de toi, même si toute ton âme est dirigée vers les petits gars. On n’est pas qu’un amourajeux. Mes relations étaient franches et ne souffraient pas l’hypocrisie vomie dans L’Homo- vicièr. Tout était poésie, peinture, musique, un fleuve d’énergies vitales, d’amour, de rire et de beauté. Vérité et authenticité étaient ma raison fondamentale de vivre. Même mon esprit révolutionnaire était un moyen d’essayer d’aider les autres.

Les mères me faisaient confiance parce qu’en sachant mon orientation sexuelle, elles pouvaient mieux s’assurer que leurs petits étaient bien en ma compagnie. Il

y a une différence entre un maniaque dangereux et un gars amoureux de votre petit gars. Elles leur faisaient confiance puisqu’elles croyaient comme moi que ta sexualité n’appartient qu’à toi. C’était un credo féministe.

Aussi savoir que je suis amourajeux permettait de parler franchement de ce qui se passait entre moi et les jeunes. Elles pouvaient en parler avec leurs fistons sans déclencher de drame. Elles pouvaient leur faire part de leur morale, tout en les laissant libres de juger par eux-mêmes. C’était beaucoup mieux ainsi. La vérité est préférable au silence de la censure.

Personne ne paniquait ou ne paranoïait à cause de ma réalité. Elles me disaient franchement ne pas partager mon point de vue, mais que de le savoir permettait d’avoir la vérité sur tout ce qui se passait en discutant avec leurs fils, s’ils le voulaient bien évidemment. En fait, le seul danger dans une telle relation est la violence, la domination de l’adulte sur le petit gars et en me disant amourajeux je la rendais impossible.

En fait, la base de la répression sexuelle est d’abolir l’absence totale du droit du jeune de réfléchir et de décider lui-même pour lui-même de sa vie et de sa sexualité. Dans notre société, le droit des jeunes n’existe pas, les parents décident tout pour eux. Ils n’ont pas droit au chapitre, même si c’est leur vie.

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