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Xénéphon 6

décembre 21, 2020

Xénéphon 6

Camarades!

Le temps de l’éducation est venu. Vivez maintenant. La liberté ne prise aucune frontière, sinon le respect des Autres. Hors de la violence, toutes les idées, les versions, les interprétations sont bonnes. L’Amour est au-delà de la loi.  »   

Les disciples se dispersèrent et vécurent de leur mieux la non-violence, imitant ainsi le beau Xénéphon, bonze sacré. Ils faisaient l’amour, ils fumaient du pot, ils respectaient les autres, mais se fichaient des lois qui ne sont pas raisonnables. Ils vivaient de musique et de méditation. C’étaient de belles vaches! Les apôtres avaient appris que la seule révolution possible pour un individu est de vivre heureux et de demeurer disponible à combattre avec son cerveau et son imagination pour la justice, la paix et l’Amitié. Et ce, même dans la vie des vaches.  

Xénéphon comprenait qu’en 1972, il était impossible de faire de véritables guerres. Les Américains, grâce à la CIA, apprenaient en même temps qu’il n’est pas toujours possible de faire ce qu’ils veulent des peuples aspirant à la liberté, comme le Vietnam. Au Québec, on avait su prévoir que le monstre américain tenterait par toutes les formes de contraintes de les pousser à utiliser les armes afin d’ensuite les envahir, les écraser et les dominer. Xénéphon avait opté pour la non-violence, la résistance pacifique et entreprit la guerre verbale par la dénonciation des abus et il se servit aussi de l’occupation raffinée.        

Xénéphon s’installa sur une montagne et se mit à prêcher aux vaches et aux bœufs combien il pourrait être plus agréable de vivre dans la bonne entente plutôt qu’à s’entre-déchirer dans sa propre famille. Elle conçut donc un plan, insérant comme au Québec, la libération sexuelle dans son projet de révolution et dans lequel l’art jouait un rôle de tout premier plan. « Tu ne peux pas aimer les autres, si tu ne t’aimes pas toi-même. » Tous les moyens pour éliminer la violence furent essayés. Plutôt que l’individu porte sur lui des argents pour avoir du blé, les vaches prirent des cartes. Tout ce service était concentré dans un grand édifice régional qui établissait la possibilité d’achats pour chacun. Un autre édifice central comprenait aussi ces détails pour permettre aux gens de voyager à l’intérieur du pays. Par ailleurs, on offrait à la vache qui se rendait à l’étranger, l’argent international nécessaire. Par contre, les besoins fondamentaux étaient assumés par l’état : nourriture, logement, habillement, éducation, santé. D’autre part, une organisation indépendante surveillait de façon à ce qu’il n’y ait pas d’erreur, à ce que chaque individu ait justice, à ce que le régime ne devienne pas un moyen de favoritisme ou de répression contre ceux qui ne partageaient pas ces vues d’où la nécessité auparavant d’apprendre la  Co évaluation pour que l’individu puisse aussi porter jugement sur ce qu’il faisait. Ce régime devint même la cause de la création de nouveaux biens, de nouveaux emplois : enquêteurs, défenseurs et tout le pataclan.      

Il fit aussi réviser à cette fin le système d’éducation pour apprendre à l’enfant à devenir son propre moteur d’évolution sans toujours compter sur des motivations extérieures,  des craintes ou autres.   Ainsi, l’enfant laissé libre, à sa propre curiosité, à sa propre vitesse d’évolution devenait-il un être responsable et non un robot servile. La découverte de sa responsabilité vis-à-vis la société, par sa propre expérience sur lui-même,  permit à l’enfant de tuer la jalousie, le fol orgueil et par conséquent, le besoin de tricher et de mentir. Les autorités avaient appris que ce désir prend racine qu’au moment où un individu se sent frustré ou incapable de parvenir à retenir l’affection dont exige sa sensibilité. Un être heureux rejette la violence, ne vole pas et respecte naturellement et automatiquement la vie.          

Xénéphon prêchait nuit et jour. Pas une maudite vache ne l’écoutait, sauf ses apôtres de moins en moins nombreux. Il décida donc de s’adresser directement aux hommes. Il se mit dans la panse un tourne-disque et deux haut-parleurs, un dans la bouche, l’autre, dans le trou-du-cul, d’où Xénéphon devait toujours garder la queue raide, dans toutes ses conversations avec les hommes. Les Japonais n’avaient pas encore miniaturisé tout le matériel nécessaire à cette transplantation de la parole, mais c’était déjà un pas en avant dans la révolution technique. 

Il partit ainsi passer sa bonne nouvelle, entre deux joints et deux Blacks Label.

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