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Simoneau.théâtre 4

janvier 7, 2021

Théâtre. Simoneau 4

Fuck la reine 4

Au mot “ petit gars ”, le Québécois se lève d’un bond, il regarde autour de lui en sifflotant tendrement.

                                   Le Québécois

Astérix? Où es-tu? Pst! Sacré farceur… je pense que tu m’as fait manger un peu trop de Bison ravi, j’ai dormi tout le long du voyage… je t’ai fait un de ces maudits voyages… je me croyais pris par la police, battu au «boutte» parce que je suis français du Québec. Ce n’est pas croyable.

Le Canada bilingue, ce serait-t’ y comme à la Ronald Federated Graphic, 6300 Park Avenue, Montréal… Ce serait un pays bilingue exclusivement anglais. Le bilinguisme, ce doit être pour marquer les accents. Un bilinguisme que MM. Springate et Chia Chia représentent très bien, en devenant les martyrs, grassement payés, d’une cause qui n’existe pas puisque les Anglais ne perdent aucun droit avec le bill 22, mais au contraire, en reprennent. 

C’est écœurant, non, de toujours essayer de fourrer les Québécois comme ça, de toujours nous prendre pour des imbéciles.

Des Anglais qui braillent quand on leur donne plus de droits que nous, puisqu’eux au moins ils peuvent travailler dans leur maudite langue. Que dire des policiers de GRC qui foutent des bombes ou engagent des manifestations violentes en provoquant les autres comme à Murray Hill, aux fêtes de la St-Jean, chez Steinberg, comme tant d’autres qu’on ne sait pas encore parce que le gouvernement ne veut pas dire qu’il accepte et encourage ces tactiques pour péter la gueule au monde qui ne pense pas comme lui.

Bande de Christs de sales! Ça mériterait qu’on s’arme, qu’on s’arme vite et qu’on leur plombe le cul… Pauvres enfants!   Assister à une telle dégénérescence sociale…

Un long silence. Le jeune Québécois pose la main sur le comptoir alors que le flic en blanc escalade ce comptoir avec effort, faisant tout pour ne pas être remarqué, allant même jusqu’à se cacher le visage derrière une feuille de papier blanc, tachée de rouge. Soudain, il saute d’un bond sur les doigts du Québécois qui hurle de douleur.

                               Policier en blanc

Voilà les empreintes sont prises !

Le Québécois hurle en se secouant les doigts.

                              Policier en blanc

T’es rien qu’un étranger. Si tu ne veux pas avoir de trouble, reste dans ton goddem frogs paradise. Funny looking queer !

Il se sauve, le Québécois à ses trousses.

                                        Le Québécois

Viens ici, mon hostie, je vais te montrer ce qu’elle peut faire la grenouille !

Le policier en blanc se réfugie derrière les autres. Ils entourent le Québécois, qu’ils battent. Celui-ci tombe et se relève. Le policier en blanc lui présente une planche de bois avec un numéro dessus.

                            Le policier en blanc

Tiens-moi ça !

Le Québécois prend le bout de bois alors que le policier en blanc saisit une caméra et le photographie. Le Québécois, au même moment, lui lance la planche sur les orteils.

                                    Le Québécois

Je ne veux pas voir votre « Wiziwézo ». J’en connais rien qu’un qui a bien du bon sens, pis du rythme, pis y é pas dans l’Ouest, y é au Québec. C’est du gai monde, ce gars-là!

Deux policiers arrivent, le déchaussent, pendant que le policier en blanc reprend sa photo en tenant cette fois, pour lui calmer les nerfs, une photo de Raoul Yogourt Duguay.

                                Policier en blanc

Tiens-toi tranquille,  pis on te fera entendre la bite à Ti-Bi.

                                Un policier (chante avec accent)

Il faut bien que ça marche.

Un autre policier tient le menton du jeune Québécois…

                              Autre policier

L’important, c’est que l’on s’aime.

Cet autre policier  avance et crache au visage du jeune Québécois.  Le premier policier crie encore plus fort :

                                 Le policier

Moi, j’aime assez les Québécois pour les chasser et leur manger dans le crâne. J’aimerais tuer un Québécois. (Il tient toujours le jeune par le menton) J’aimerais même davantage tuer un Québécois qu’un Indien. Les Indiens pour avoir du courage mangeaient le cœur des missionnaires, peut-être que nous en mangeant une cervelle de Québécois, ça nous donnerait enfin une culture.  

Ah! S’il peut survenir d’autres mesures de guerre, qu’on va t’y en profiter. J’ai hâte. Ça fait si longtemps que je n’ai pas bien frappé quelqu’un; je meurs d’ennui.

Le policier entonne alors:

                  I am a lonely boy
                  lonely and blue
                  I am all alone
                  with nothing to do

Une autre voix poursuit:

                    I’ve got everything
                    you can think of
                    but I still alone
                    with no fun to live.

Un troisième continue:

                     Lonely, lonely
                     hate all over the world
                     some time I think
                     I am an American.


Le jeune Québécois pleure et dit :

C’est- y triste d’être aussi seul; mais quelle idée aussi d’être des maudits Américains.

Il ajoute sur l’air du Tempo mergo (religion en moins)
                     Yankee go home
                      au plus collé, bine
                      nous n’avons plus besoin
                      de vos bombes au napalm
                      y a assez que vos expériences
                      en Afrique
                      nous ont laissé le sida
                      la main de Dieu
                     avec l’esprit du diable
                             Amen

Un flic s’approche du Québécois
 
                             Policier

Veux-tu téléphoner?

Le Québécois hoche la tête en réponse affirmative. Le flic lui tire un livre. Le Québécois s’assied avec le téléphone sur les genoux.

                          Le Québécois

À quatre heures du matin, à qui pourrais-je bien téléphoner?

Il se met à chanter en feuilletant les pages jaunes…

               Gaston y a le téléphon qui sonne
                pis y a jamais person qui y répond…

                             Le Québécois

C’est-y pas curieux… Y manquent sept pages, pis ce sont justement les pages où sont inscrits les numéros des avocats.

Le Québécois entonne un chant sur un air bien connu, grâce à la baie James, qui a relancé la Manic :

          C’est fou comme on s’ennuie
           à Vancouver. Y pleut tout le temps
           les gens sont froids
           à Vancouver, BC.


           J’aimerais bien mieux être chez ma mère
           à 3,000 milles d’ici. Qu’ai-je pensé
           de venir m’échouer à Vancouver BC?
            Y a des Chinois, ça parle anglais
            tape les français et pis cé plate à Vancouver BC.

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