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Radioactif 383

mai 23, 2022

Radioactif 383

Texte de 2008

Plaintes et suite.   

J’étais plus près de Suzanne que des petits gars, dans le sens, que nous vivions tous les deux une petite idylle.

Je respectais aussi le principe de ne pas intervenir auprès des enfants, sauf en cas de violence, ou s’ils en manifestent eux-mêmes le désir.  Malgré ça, je jouais souvent à la cachette avec eux et je luttais avec les gars.  Deux ou trois contre moi. C’était le paradis. 

Au début du mois quand Suzanne reçut son bien-être, nous avons décidé d’amener Patrick et Yanie dans une salle de jeux.  La déception des autres, de se sentir écartés, était tellement évidente et cruelle que nous avons décidé, puisque j’avais aussi de l’argent, de les amener avec nous. Ce fut des heures de plaisir. 

Aussi, puisque le matin, Suzanne et moi, aimions traîner avant de nous rhabiller, nous avons averti nos enfants et leurs petits amis de ne pas venir le matin parce qu’on aimait être nus et qu’on ne voulait pas être obligés de les mettre à la porte.  Inutile de dire qu’on a dû insister pour faire respecter cette consigne.   Ils sont même venus un matin, dans l’intention j’imagine de nous pendre nus au lit.  

Un soir que je gardais à la demande de Suzanne, les petits m’ont invité au salon pour participer à l’un de leurs jeux.  Quand j’y fus, il fallait que j’enlève un morceau de linge si je ne répondais pas correctement aux questions de l’animateur ou quelque chose du genre.  Rendu aux pantalons, j’ai hésité.  Que faire ?  Je n’avais pas de sous-vêtement.  Par ailleurs, qu’est-ce que ça donne de prêcher de ne pas avoir honte de son corps et de refuser de le montrer? J’étais pris avec mes principes et j’ai décidé de les respecter.  J’ai baissé mon pantalon, je me suis branlé le derrière quelques secondes et je me suis rhabillé.  À peine le temps qu’ils se rendent compte que j’étais nu.  J’avoue que ça m’a fait plaisir de me respecter.  Le temps passa et la vie se déroulait toujours aussi extraordinaire.  

Un soir, Patrick survint à la maison en pleurant.  Il racontait que les parents de ses petits compagnons, en apprenant qu’on était parfois nus à la maison, avaient appelé la police.  La suite d’une petite chicane d’enfants : Patrick avait refusé de partager ses chips avec eux.  Suzanne les rencontra, mais ils étaient parfaitement hystériques.  Nous avons été poursuivis en cour d’injustice.

Tas de mensonges.

Quand nous fûmes en cour, la surprise fut de taille. Les jeunes inventaient. Ils étaient les meilleurs romanciers de Montréal.  À les entendre dire, nous les avions fait participer à des initiations sexuelles.  Un des jeunes se serait couché nu sur Suzanne et je lui aurais pesé sur les fesses pendant qu’il faisait l’amour.  Je me demande s’il en avait une assez longue pour arriver à réussir cet exploit.  Je ne sais pas.  Je n’ai pas vérifié. Je n’y ai même pas pensé.

Quant à notre visite à la salle de jeux, nous l’avions fait dans l’intention bien arrêtée de gagner la confiance des trois jeunes accusateurs afin de pouvoir enlever leurs pantalons et nous livrer à toutes nos expériences.  Comment peut-on mieux que les gens savoir ce qu’ils pensent? On nous prêtait des intentions qu’on n’avait jamais eues.

Encore mieux, nous les avions fait fumer du pot.  Je n’avais jamais entendu autant de bêtises sortirent de la bouche de quelqu’un.  Nous étions cuits à l’os devant ces témoignages accablants et révoltants.  T’as beau avoir la morale élastique, il y a quand même des limites. Puis, le miracle survint. 

Un des jeunes qui m’aimaient bien n’a pas su tenir le coup : « Je ne sais pas si ce que je vous dis, c’est ce qui s’est passé ou ce que la police m’a dit de dire.», s’est-il exclamé en pleurs.  Le juge a aussitôt décidé de se récuser, mais la police a maintenu des charges pour ne pas échapper le morceau. On nomma un nouveau juge.  (À noter qu’actuellement on aura un tribunal pour se charger d’accompagner les victimes, ce tribunal coûte des millions. Où sera l’équilibre?)

À ce second procès, les jeunes affirmèrent que je ne les avais jamais touchés ou incités à des gestes quelconques de nature sexuelle.  On fit relâche et le temps que je suis allé prendre un café, j’entendais le père d’un des petits demandé aux policiers : « Est-ce qu’il va s’en sortir, ce christ-là ? S’il s’en sort, c’est moi qui vais le tuer. »   Plus fou, t’es enfermé. 

Puisqu’on ne pouvait pas me mettre en dedans à partir de ce que les jeunes avaient dit, j’ai été appelé à témoigner.  Ce fut leur ciel, la contemplation de la justice. J’ai raconté le jeu avec les petits au salon puisqu’on m’interrogea là-dessus. Je ne pouvais pas mentir, c’est contre mes principes et je fis état d’avoir baissé mes culottes comme ce que je le raconte dans le billet précédent. 

Le juge a déchiré sa chemise. Il a commencé à dire que ce n’est pas parce que ça se fait en Europe, de se promener nu chez-soi, que je devais éduquer ainsi tout le quartier et il m’infligea trois mois de prison.  À l’âge qu’il avait alors, il doit sûrement être mort et griller en enfer parce que Dieu ne peut certainement pas avoir une conversation bien longue avec un étroit d’esprit de cette espèce. 

Je n’en voulais pas aux jeunes, mais à leurs parents, des imbéciles.

Suzanne voyait les choses autrement : à son avis, ils savaient ce qu’ils faisaient et mentir pour la police ou les parents, c’est très mal entreprendre la vie.  Pour avoir la paix, Suzanne trouva un appartement en dehors de Montréal.  Cette situation ne nous a pas éloignés, au contraire, je suis allé vivre avec eux.


Procès d’intention.

Ce qui m’a renversé dans cette histoire, c’est que la police a réussi à faire raconter toutes sortes de menteries à ces jeunes et si ce n’eut été de celui qui éclata en sanglots, tout le monde les aurait crus. 

J’aimerais bien savoir ce qui arriva à ce jeune.  On me raconta bien évidemment qu’il avait fait une dépression à cause de moi, mais je n’avais rien à faire là-dedans.  Son père était assez fou pour le rendre malade. Le pauvre petit gars était pris entre des parents carrément hystériques, une police qui le poussait à mentir pour avoir ma peau et les sentiments qu’il avait pour moi.  À mon sens, ce n’était pas de sa faute. 

Les Québécois deviennent fous dès qu’ils entendent le mot prédateur sexuel. 

Ses parents auraient pu lui interdire de revenir chez Suzanne plutôt que d’appeler la police.  Il avait peur.  La pression était trop grande pour refuser de collaborer, mais en même temps, il m’aimait assez pour refuser de me faire du mal.  Il a été malgré lui très courageux dans sa faiblesse. 

Les trous-de-cul là-dedans, c’étaient ceux qui ne le respectaient pas. Ce qui me choquait aussi c’est qu’on me jugeait à partir de jugements d’intention. On me prêtait des intentions.  Nous avions amené les jeunes seulement parce qu’ils étaient trop déçus de ne pas venir.  On ne met pas un gars en dedans en présumant de ses intentions.  Et, c’est pourtant ce qu’on voulait faire. 

C’est certain que j’ai souhaité à un moment où à un autre de jouer aux fesses avec eux, mais le désir n’a jamais pu être réalisé.  J’étais assez fou pour croire que je méritais ce qui m’arrivait parce que je l’avais sûrement déjà souhaité ; mais en même temps, je crevais de peur.  La prison, c’est l’insécurité.  Tu peux te faire battre ou tuer, n’importe quand, selon les rumeurs qu’on entretient à ton égard. 

Je ne voyais pas sur le coup de lien entre cette arrestation et le politique. 

Je ne connaissais pas encore le sens d’emprisonnement préventif, c’est-à-dire qu’on te poigne dans un piège ou pour te faire parler ou pour tuer l’influence que tu peux avoir alors qu’on a peur que ça dégénère.  

Je venais de terminer ma lutte pour le français.  J’ai toujours cru que c’est arrivé de même par pure coïncidence.  

Si c’était un coup monté, je ne m’en suis pas rendu compte.  Mais, j’ai toujours été naïf au point de nier parfois la réalité pour ne pas avoir conscience de la méchanceté des gens qui se croient plus purs que toi.

Radioactif 382

mai 22, 2022

Radioactif  382

Texte de 2008        
Les attraits de Suzanne.

Sans le vouloir, la politique m’avait encore attrapé. Mais survint, un événement encore plus important sur un plan personnel. 

Un ami me présenta Suzanne qui, tout comme moi, croyait dans la doctrine éducative de Summerhill.  Elle avait deux enfants : une petite fille de neuf ans, Yanie, et un garçon de dix, Patrick.

Je n’aurais jamais cru que cette rencontre bouleverserait aussi profondément ma vie. 

Au début, j’étais un peu paranoïaque.  Suzanne connaissait les felquistes.  Elle les avait rencontrés à la Maison du pécheur, en Gaspésie, mais elle était aussi membre en règle du parti libéral.  Une équation que j’avais bien de la difficulté à m’expliquer. 

Au début, je me sentais plus comme un spectateur.  C’était la première fois que je rencontrais des enfants éduqués selon les principes de ma bible en éducation: Libres enfants de Summerhill

Suzanne les envoyait déjà à la seule école libre qui existait au Québec.  Inutile de dire que cette expérience me ravissait, mais je ne serais jamais attendu qu’elle arriverait à me séduire autant. 

Avec Yvette, c’était Non, rien de rien, d’Édith Piaf, qui marquait notre relation.  Avec Suzanne, ce fut Il était une fois dans l’Ouest.  Sans parole.  Une musique extraordinaire pour faire l’amour, un peu gelé. 

Les jours passèrent et je devins de plus en plus une partie intégrante de la famille.  Suzanne m’avait ébloui.  

La liberté sexuelle en éducation.         

Libres enfants de Summerhill, c’est un livre publié à la suite d’une expérience en éducation, en Angleterre.  En général, selon cette vision, il ne faut pas pousser les jeunes à se morfondre dans des cours à l’école ; mais répondre à leurs intérêts, quand ils en manifestent le besoin.  Trouver leur goût et les nourrir aussi abondamment possible.  Cette approche est fondée sur la confiance envers les enfants. 

L’école n’est plus du bourrage de crâne, mais le plaisir de la découverte, de la découverte de soi ou à partir de soi.  Malgré les retards de notions académiques qui peuvent nous sembler très importantes, dont l’absence nous fait même paniquer, l’enfant est capable de les rattraper très rapidement.  Il suffit qu’il soit intéressé et que ça réponde à un besoin dans sa vie.  Souvent, les jeunes reprennent en un ou deux ans, ce qui prend des années à emmagasiner ordinairement.  Pourquoi ?  Parce qu’ils sont intéressés.  Aussi, parce qu’il n’y a pas de morale sexuelle contraignante.

L’éducation sexuelle sert à répondre à ses questions, à se comprendre et prendre ses responsabilités au fur et à mesure que le jeune évolue.  Apprendre à respecter l’autre. 

La curiosité des jeunes quant à la sexualité est tout à fait normale et doit être ainsi perçue par les adultes éducateurs.  Pas question de voir de mal, là, où il n’y en a pas ou de mentir pour faire semblant des protéger d’un danger qui réside seulement dans l’ignorance. 

Les adultes n’avaient pratiquement rien à dire.  Ils géraient et réglaient les conflits qui surviennent en agissant comme modérateurs. 

C’était une interprétation très radicale de la liberté dans l’éducation des enfants, même beaucoup plus grande que dans le livre sur Summerhill.  Une éducation qui était même plus osée que je le pensais quand je songeais aux réformes que l’éducation devrait vivre. 

C’est, dans certains cas, la meilleure formule pour contrer le décrochage scolaire quoiqu’il faille maintenir une structure, une exigence de base quant aux notions à devoir apprendre.  Évidemment, penser l’éducation selon cette philosophie, ça déborde le cadre général de l’école.  Il faut être cohérent et vivre cette liberté dans la vie quotidienne pour ne pas détruire tout ce qu’on prône de liberté individuelle à l’école. 

La liberté de pensée est un mode de vie, une vision de la vie. 

Elle fait peur à tous nos dirigeants.   Par exemple, la nudité.  Nous considérions, Suzanne et moi, qu’il est tout aussi normal de vivre nus que de vivre habillés.  Le besoin détermine si on doit l’être ou pas.  Ça semble niaiseux, mais c’est une modification essentielle à notre système de pensée occidental : créer ses propres valeurs. 

Vouloir vivre nu, quand ça nous plaît, à la maison, par exemple, c’est une révolution en soi.  Une révolution, car c’est tout simplement en dehors de tout ce qu’on a appris, donc, acquis comme vérité fondamentale et héréditaire.  Comme si on naissait habillé. 

C’est une révolution parce que c’est rejeter toutes les valeurs bourgeoises rattachées à la pudeur.

La pudeur est une notion orgueilleuse, élitiste, fondée sur sa prétendue supériorité.  Une maladie basée sur le besoin de se sentir tellement supérieur qu’il ne faut plus être naturel.  Une notion d’aristocratie dans ce qu’il y a de plus vil, en établissant une hiérarchie des êtres humains.  À part de devoir se protéger selon la température, tout n’est que conventions sociales.  On croit devoir s’habiller parce qu’on ne peut pas se donner le droit de penser par soi-même et vivre autrement que la majorité. 

C’est évident que la plupart du temps, dans notre monde, on doit vivre habillé.  Je serais le premier à avoir des réticences à vivre toujours nu.  L’hiver, c’est froid.  En plein été, sur une plage qu’est-ce qui nous oblige de devoir se vêtir?  Sommes-nous si cochons qu’on ne puisse vivre nus sans devenir des prédateurs sexuels violents?  Si c’est le cas, on a des problèmes mentaux.  Pourquoi faut-il avoir un costume de bain quand on va se baigner?  C’est plus indécent de porter un costume que d’être nu, car pour réagir ainsi, il faut avoir honte de son corps et condamner la vue des autres.  Rien de justifiable.  On invente un «mal» qui n’existe pas.  Une obsession religieuse. 

Cette notion d’école libre rejoignait ma conception à l’effet qu’on apprend plus rapidement en ayant du plaisir. 

J’admirais Suzanne qui partageait cette vision de notre réalité.  Je n’ai jamais fait les premiers pas pour conquérir une femme, tout simplement parce qu’en ayant été rejeté tout le temps quand j’étais jeune, je ne voulais plus perdre mon temps, dépenser des énergies et surtout être à nouveau déçu. 

J’étais paranoïde dans le sens que j’avais appris à boire pour oublier les humiliations d’être rejeté par les filles. 

Yvette, à Lac-Mégantic, Hélène, mon égyptienne de Sherbrooke, étaient des exceptions.  Elles m’avaient harponné et j’en étais très satisfait.  L’aventure en valait la peine.  Toutes ces femmes avaient une réalité en commun : elles ne croyaient pas dans la répression sexuelle.  Elles étaient capables même sexuellement de se sentir égale à un homme.  Elles l’étaient d’ailleurs comme toutes les femmes.  C’étaient toutes d’authentiques féministes.

Cela m’avait même donné l’idée d’avoir un enfant, mais comment faire sans avoir à endurer la mère : les femmes sont en général trop scrupuleuses.  Elles prétendent détester le sexe et pourtant toute leur démarche tourne autour de leur besoin de séduction et de leur jalousie.  Je ne faisais pas d’effort pour comprendre les femmes puisque ma pédérastie compensait largement ce besoin émotif et la nécessité de me croire normal. 

Puisque je pouvais maintenant « cruiser » un homme sans honte, j’étais devenu plus épanoui car j’acceptais cette part de féminité en moi. 

Suzanne a simplement eu le tour de venir me chercher dans ma carapace de gars qui avait mis un «X» sur la gent féminine.  

Par expérience, je savais que je pouvais être parfaitement heureux sans femmes. J’avais tellement d’autres préoccupations, en ayant recommencé à me politiser, que je n’avais pas de temps à perdre à me casser la tête pour plaire. 

Avec Suzanne, nous étions un monde en phase d’exploration, d’expérimentation quant à l’éducation.  Comme l’avait écrit un grand écrivain français : tous les éducateurs sont des pédérastes conscients ou non. 

Pour me plaire, il fallait avoir une ouverture d’esprit telle qu’on en retrouve rarement. C’était le cas de Janou St-Denis, Gilbert Langevin et Gaétan Dostie.  Des êtres extraordinaires.

Pour m’intéresser, il fallait avoir cette ouverture d’esprit.  J’ai toujours détesté vivre dans une société bornée.  Je choisissais mes amis.          

Radioactif 381

mai 21, 2022

Radioactif 380

Texte de 2008

L’anglicisation du Québec.       

Étant déménagé à Barnston, très jeune, je n’avais aucune colère, ni aucune forme de mépris pour un anglophone.  Un humain, c’est un humain.  La lutte linguistique n’existe pas entre individus, mais à une échelle nationale.

Enfant, la langue nous avait séparé comme la religion ; il existait une séparation automatique entre francophones et anglophones.  Mais le temps et le plaisir de vivre ensemble a estompé toutes les haines et / ou les jalousies entre nous. 

J’ai appris mon anglais chez les Descôteaux, l’amour du western vient également de Galen et Pauline Descôteaux.  Les jeunes Descôteaux parlaient français et leurs parents pas un mot, mais il n’y avait plus d’animosité entre nous.  Nous étions devenus ce que devraient être tous les humains normaux : des amis, une forme de fraternité transcendante. 

Ce fut tout un choc que de me retrouver un demi-siècle plus tard, à l’époque des guerres linguistiques et religieuses ; mais à Montréal, il est évident que les anglophones ne veulent pas seulement exister et vivre comme tout le monde, ils ont dans leurs «gênes» le besoin absolu de dominer et de se croire supérieurs aux francophones. 

Et, les francophones ont tellement peu confiance en eux et de respect pour leur passé qu’ils se mettent à trembler et se frapper la poitrine de repentir dès qu’ils sont accusés d’être racistes.  Ils sont trop colonisés pour se rappeler que ce sont, eux, la majorité au Québec (ce ne le sera plus bientôt). 

On a encore ce réflexe de colonisés de devoir apprendre l’anglais pour survivre au Québec. 

En ce sens, je suis d’accord avec Stephen Harper : le Canada est anglais comme le Québec est français. Ça n’empêche pas les plus brillants d’être bilingues et peut-être même trilingues.  Le pouvoir leur appartiendra. 

L’espagnol est aussi une des langues de l’Amérique.  Je ne comprends pas pourquoi on ne s’entend pas dans le monde parce que l’on parle une langue différente.  On peut avoir une langue commune, quitte à parler d’autres langues pour mieux communiquer, sans être obligé de se taper sur la gueule.  Faites l’amour, pas la guerre. 

C’était une réalité, la guerre linguistique, que j’avais complètement oubliée, car au Canada, j’ai fini par admettre que ce pays est anglais.  Il nous laisse une petite marge de survie, juste pour justifier qu’il ne faut pas que le Québec se sépare, sous prétexte de permettre la survie de ces îlots francophones. 

Maintenir un bilinguisme canadien folklorique, c’est idiot puisque tous les francophones ou presque sont déjà de parfaits bilingues.   

En mettant les pieds à Montréal, j’ai dû réapprendre qu’on ne vise qu’une chose au Canada  : nous assimiler.  Tant que nous sommes majoritaires, les anglophones doivent se tenir tranquilles pour ne pas réveiller les francophones et surtout, ne pas les radicaliser.   

Les anglophones de Montréal cherchent à instaurer leur domination à petit feu, lentement mais sûrement, en se servant de langue de travail, de l’affichage, de l’éducation et surtout , de l’immigration. 

La lutte linguistique au Québec suit exactement à la lettre le plan de Durham qui demandait de nous noyer pour nous rendre service. 

Ma visite au Canada m’aidait à prendre conscience de ce désir du reste du Canada de nous voir devenir une province comme les autres. 

Un jour, les anglophones seront assez forts, grâce aux immigrants, pour renverser la vapeur et angliciser le Québec, à moins qu’on se sépare avant. 

Qui n’est pas prêt à apprendre une autre langue pour survivre?  Le livre Les juifs de Montréal, de l’écrivain Raoul Roy, nous rappelle la haine de ceux-ci pour les francophones et leur obsession à combattre surtout aux États-Unis,   toute idée d’indépendance pour le Québec.

Cependant, il faut maintenant commencé à nuancer : certains ont compris notre désir d’autonomie. 

Radioactif 379

mai 20, 2022

Radioactif 379

Texte de 2008

Français au travail.

Il faut travailler pour gagner sa vie et aucun emploi n’est idiot. J’ai été engagé à la Ronald Federated Graphics, une imprimerie importante de Montréal. Tout se passait en anglais à l’écrit.  J’étais révolté, mais tu te dois d’avoir un emploi pour survivre.

Déchiré entre la réalité et mes principes, j’ai décidé de frapper un grand coup.  Je me suis mis à tout traduire en français.  Évidemment, les patrons m’ont averti de cesser, sinon je devrais me trouver un emploi ailleurs. 

Un matin quand je suis entré, un des patrons m’a invité à son bureau.  J’ai mis un petit couteau, près d’une pomme que j’avais amenée, pour entreprendre une autre discussion qui changerait probablement ma vie. 

— Tu veux m’impressionner avec ton couteau ?  
— Non, j’en ai besoin pour couper ma pomme.  Mais, je suis bien content que ça vous rappelle le cas de Meloche (un gars qui avait tué ses patrons).   
— Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?       
— Que tout soit écrit en français quand ça se passe au Québec. 

On n’est pas arrivé à s’entendre.  J’ai été congédié.

Je suis reparti chez moi et je me suis fait une pancarte.  Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.  Puis, je suis revenu devant la bâtisse de la compagnie.  Peu de temps après, des policiers de Montréal arrivaient.  Je leur ai donné mon nom et mon adresse comme ils étaient en droit d’exiger. Quand ils ont voulu m’amener au poste, je leur signifiai que s’ils m’y amenaient, je les poursuivrais pour arrestation illégale.  Ils vérifièrent et me dirent, quand ils revinrent me trouver : «Y connait la loi, le petit.» 

Ils s’installèrent pas loin et pour la première fois de ma vie,  je me suis mis à piqueter, seul, sous les yeux de la police.  J’avoue que j’en ai presque fait dans mes shorts, mais c’était trop tard, je ne pouvais plus reculer. 

Je paradais à tous les jours. 

Après une soirée de poésie, à la Casanou, j’avais bien arrosé ça en compagnie de Gilbert Langevin.  On s’est engueulé sur le bord du trottoir à savoir qui paierait la prochaine bière et Gilbert est parti me laissant seul.  Je me suis fait arrêter et on m’a amené encore une fois en prison pour la nuit.  Ce fut plus civilisé qu’à Sherbrooke, je ne fus pas battu ; mais on me demanda si j’étais celui qui manifestait pour le français. 

On me mit dans une cellule alors que dans l’autre, la voisine, il y avait un gars qui criait en anglais que tous les felquistes étaient des crosseurs, des mangeux de queue.  Je me suis levé.  Je me suis installé devant lui et je lui ai demandé s’il en avait une belle. Ridiculisé, il se ferma la gueule et je lui dis que je savais qu’il comprenait le français. 

Au tribunal, je n’ai pas eu le temps de dire un mot qu’une autre personne avait plaidé coupable à ma place.  Quand vint le temps de sortir, je me suis engueulé parce que les policiers avaient écrit  » wallet  » au lieu de portefeuille. 

À cette époque, les indépendantistes avaient assez d’intelligence pour savoir que le pouvoir politique est une guerre de propagande.  Ils avaient eu la sagesse de créer le JOUR, un quotidien indépendantiste.  

Aussi, le premier juillet, jour de la fête du Canada, j’ai décidé d’aller manifester.  Après discussion, puisque c’était suicidaire d’y aller seul, l’amie de coeur de Gilbert Langevin, Mireille Despard, décida de venir avec moi.  Ça s’est bien passé probablement parce que personne n’avait pu imaginer quelqu’un d’assez fou pour tenir une manifestation pour le français au coeur des fêtes du Canada, à la Place du Canada, à Montréal.            

J’eus tout au plus un petit accrochage et quelques bons coups à l’abdomen, mais rien de sérieux.  J’envoyais communiqués de presse sur communiqués.  J’ai même fait appel à l’ONU.  J’étais peut-être cinglé, mais au moins je défendais ce en quoi je croyais : un Québec français. 

Ma campagne serait morte au feuilleton si le gouvernement libéral de Robert Bourassa ne s’était pas lancé dans l’aventure de faire accepterla fameuse loi 22.  On proclamait le français comme seule langue officielle du Québec, mais à l’intérieur, dans son application ça aidait plutôt les anglais.  Comme la notion de nation des Conservateurs aujourd’hui, aussi hypocrite, juste pour avoir les votes du Québec.  

Puisqu’il y avait une commission parlementaire, ce n’est pas d’aujourd’hui que c’est populaire chez les libéraux du Québec, j’ai décidé de m’y rendre.  Avant de monter, on a préparé la pancarte.  J’ai écouté le conseil de Gilbert Langevin et d’un côté j’ai écrit la 22/ la 22.  J’écrivais tellement mal que je me suis arrêté là, alors que le conseil de Gibert était d’écrire la 22 sur la 22 ou la 222 ? 

J’étais étonné que les députés et ministres semblent aussi touchés par ma pancarte.  Puis, j’ai allumé : la 22 c’est une arme.  Moi qui passais déjà pour un felquiste. 

Malgré cela, le ministre du Travail, Yvan Cournoyer est venu discuter avec moi et m’a même dit qu’il s’occuperait de mon cas. 

Plus tard, je me suis rendu en commission parlementaire.  J’ai dû, comme prévu, laisser ma pancarte à l’entrée ; mais j’avais prévu le coup, alors je m’étais mis des cartons et un crayon feutre sur lesquels j’écrivais Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.  Je les brandissais à nouveau à bout de bras. Il en fut ainsi jusqu’à ce que Bourassa me fasse expulser.

J’étais un peu paranoïaque en manifestant, car je pensais que le fédéral voulait se servir de cette crise pour occuper le Québec, ce que j’ai exprimé à Bourassa dans une lettre. 

Je ne savais pas que mon action serait suivie par celle d’un groupe de femmes qui ont pris ma relève pour manifester à la commission.  Elles se sont enchaînées pour qu’elles, on ne puisse pas les sortir.  Je suis d’ailleurs allé témoigner à leur Tribunal de la femme par la suite.  J’ai toujours admiré ces femmes qui n’hésitaient pas à se lever pour sauver notre héritage. 

Puis, ce fut la fête de la francophonie (cette année-là, c’était à Québec), même Trudeau s’y rendait. 

Quand je me suis présenté devant le parlement, à l’ouverture de la semaine de la francophonie, à Québec, j’ai été pris d’assaut par les journalistes : Combien serez-vous de manifestants ? « Je ne sais pas, je suis seul à avoir perdu mon emploi». 

Les journalistes attendaient une manifestation contre la loi 22, étant donné la présence de toute la presse internationale ; mais j’étais seul.  Les journalistes ont dû se contenter de parler avec moi de mon cas. Y paraît que ça eut des échos jusqu’en Afrique.  En tous cas, une dizaine d’année plus tard, le Paris match reprenait une photo de ma pancarte avec un article sur les jeunes souverainistes du Québec. 

Dernière expédition : je me suis rendu à Ottawa pour pancarter Trudeau. Il était à la salle de presse avec sa femme qui insistait pour qu’il monte au parlement en machine sous surveillance. Trudeau a décidé de faire la marche à pied. 

Les policiers qui le protégeaient s’arrangeaient pour que les photographes ne puissent pas prendre ma photo jusqu’à ce qu’un journaliste s’enfarge dans les marches et que Trudeau lui offre la main pour l’aider à se relever. J’en ai profité pour que ma pancarte soit prise en photo.  Je sais qu’elle fut diffusée par la Presse Canadienne, car on m’a donné une copie qui se retrouve dans mes archives, les archives gaies, à Montréal. 

En retournant à Montréal, j’ai appris que l’agent Samson, de la Gendarmerie royale, venait de sauter alors qu’il allait porter une bombe au nom du FLQ. 

La Ronald Federated a changé pour un nom français.  Je suis assez fier de cette campagne pour un Québec français.  Il y a eu une manifestation de 100,000 personnes peu de temps plus tard.  J’étais au premier rang…

Radioactif 378

mai 19, 2022

Radioactif  378

Texte de 2008

Le bon vieux temps…      

C’est drôle de vouloir devenir un écrivain alors que je le fus dans les années 1970.  Même si nos moumounes nationales essaient de m’éliminer de la littérature québécoise parce que je dis que je suis pédéraste, ça  n’enlève rien à la réalité passée. 

J’ai publié bien avant aujourd’hui et je continue d’avoir quelques lecteurs, même si mes livres sont introuvables. 

En quoi mes livres sont plus mal écrits, si pendant cet exercice d’écriture, je rêve de faire une pipe à un intéressé ?  C’est tellement agréable. Ça remplace le soleil qu’on n’a pas.  .

Je ne suis pas une vedette nationale, ni internationale, mais j’ai eu mes petits moments de gloire.  Ils m’ont suffi. Tout ce que j’avais besoin pour trouver la vie cool.  Je pouvais m’aimer malgré mes limites.

Écrire, c’était vivre à 300 milles à l’heure, sur une chaussée glissante.  Aujourd’hui, je manque de libido.  Je dois me faire croire que j’existe encore parce qu’on a décidé que je n’existe pas, ayant osé dire ce dont il ne faut pas parler dans un monde de liberté d’expression comme dans « liberté d’expression, mon cul»

Écrire, c’est se battre contre une bande de bornés qui essaient de nous refiler la vieille cassette du « fais-le bon petit gars, sinon tu vas faire pleurer le petit Jésus».

À cette époque, mes meilleurs amis étaient Janou St-Denis, Gaétan Dostie et Gilbert Langevin.  Eux, ils avaient l’esprit assez ouvert pour ne pas se demander si je fais bien le va-et-vient du bout des doigts ou si j’ai la langue en tourlourette, en mangeant mon partenaire.  Ils savaient que ça ne les regarde pas. Je ne vais pas demander à un hétéro s’il est éjaculateur précoce.

Aujourd’hui, on nous supplie jusqu’à la télévision de devenir les êtres les plus abjects qui existent dans la nature humaine : des dénonciateurs ou des stools.   C’est bien le règne des femmes ! 

Nous n’étions pas des enfants de chœur.  Nous aimions nous saouler un peu, fumer un petit joint de temps en temps. On voulait encore mieux s’assurer que la vie coule toujours par la même bonne petite «champlure».  Il faut toujours un boyau pour arroser son jardin. 

Freud, quant à lui, disait que les femmes occidentales n’avaient pas accepté le fait qu’elles sont dépourvues de pénis… Même si on était à l’aube du vrai féminisme, les pénis avaient encore une place et les femmes savaient les retrouver.  On vivait notre vie d’artiste. 

Ce fut des années que je vous souhaiterais à tous de vivre, car cette liberté qui m’animait fut totalement écrasée et la situation actuelle ne permet pas de la revivre. 

Les scrupuleux sont prisonniers de leurs crânes. Et l’autocensure s’installe avec l’âge. Le Québec est plus que centenaire.

On ne se mêlait pas comme aujourd’hui de la morale des autres.  On était bien trop occupé à devoir réaliser notre propre rédemption.

C’était le bon temps !  Aujourd’hui, je suis plus dépolitisé et surtout, plus dépoétisé.  Je sais que la liberté d’expression, c’est une farce monumentale. Une hypocrisie de genre.

Le printemps commence demain matin.  Prendre note que le Québec est une bergerie, on y préfère l’argent à la liberté, c’est un moyen d’encourager la paresse.   « Ça donne rien de vouloir réveiller nos moutons, ils rêvent à partir des vapeurs de l’essence de leurs autos. » 

Comme les Indiens que je rencontrais dans l’Ouest, quand tu «sniffes», t’as pas à être conscient et mes compatriotes adorent sniffer l’odeur des portefeuilles. 

J’en suis toujours à me chercher une nouvelle vocation et je vois notre langue en déclin, la pauvre.


Poésie libre !          

À mon arrivée à Montréal, j’étais loin de la politique et je ne pensais qu’au moyen de ne pas payer l’amende pour remplacer la vitrine brisée à Vancouver.  Investir dans le système judiciaire, c’est investir dans la pègre. 

Je n’avais pas d’argent comme d’habitude.  Je ne sais pas pourquoi, l’argent brûle dans mes mains.  Quand j’ai une augmentation de salaire de 0.25$, je subis en même temps, à peu près 50$ de hausses de toutes sortes de choses à payer : métro, hydro, intérêt sur les retours d’impôts (comme si tu n’en payais pas assez avec ce qu’on enlève sur ta paye), services de toutes sortes. On appelle ça l’augmentation du coût de la vie…

Des professionnels qui chargent plus cher à toutes les années en se «crissant» que les plus pauvres soient pénalisés.  Il faut que tout ce beau monde, bourré de diplômes universitaires, puissent manger plus de caviar et boire de champagne « une image»… c’est ça la mafia légale, une bourgeoise

Ne vous en faites pas, eux, ils peuvent se payer des prostituées sans danger. La police n’intervient pas auprès des gros bonnets.   Mon ami Pierre Faucher fut agent de police à la Sûreté du Québec.  Il m’a confié plus tard, combien de fois, la police aurait dû intervenir parce que des gros bonnets avaient réservé les services de mineures, mais rien n’avait été fait à cause des ordres de tout laisser tomber. 

Si la répartition des richesses était plus juste, ce serait plus normal, car il y a une hiérarchie partout dans la nature ; mais c’est toujours au dépens des plus pauvres …   Après tout, ce n’était pas la faute du jeune surveillant à l’hôtel, si j’avais parlé français dans le pays de l’anglais et du mandarin. 

Par contre, s’il avait été moins pisseux, il aurait essayé de comprendre ce que je demandais et il aurait pu orienter mon retour à la maison. C’est tout ce que je voulais.  J’avais été plus surpris que lui de voir s’effondrer la vitre de la porte.  Un petit coup de pied de trop, trop fort, pour attirer l’attention parce qu’il se sauvait. J’étais coupable, pas de doute et d’excuses, c’était à moi de moins fêter mon retour au Québec. 

Par contre, j’avais absolument raison de dénoncer le racisme de la police de Vancouver à l’endroit des francophones, racisme qui était encore embryonnaire, comparé à celui développer contre les Autochtones. 

Mon petit côté révolutionnaire et « délinquant » l’emportait.  La délinquance a toujours un petit aspect narcissique : tu veux épater la galerie avec tes exploits. 

Il faut bien quelque chose pour te sentir aimé et ne pas être « abandonné » sur le fleuve avec un petit Moïse trop jeune pour explorer la vie.  S’il avait été plus vieux, ça aurait été agréable de partager sa couche et devenir moi aussi un petit prince. Celui de St-Exupéry est formidable, je l’ai lu des centaines de fois. Recommandé à tous les jeunes.

Mon amour de la bouteille de vin m’a vite fait vivre encore bien des petites aventures, surtout avec Gilbert Langevin. 

Janou St-Denis se battait, elle, pour la poésie,  le droit de parler pendant que le maire de Montréal, se battait pour plus de censure.  Il faut se rappeler l’affaire du Corridart, une exposition interdite avant même d’avoir lieu. On l’a démantibulée durant la nuit.

(À suivre… Mademoiselle Benji commence à avoir les yeux croches à force d’essayer de me faire comprendre que le temps avance et que son estomac se vide.)  

De retour vers le futur…  Janou St-Denis animait Places aux poètes, un endroit où on allait réciter.  Je l’adorais, car même si elle n’approuvait pas ma pédérastie, elle a attenu de voir si je pouvais être dangereux pour les jeunes avant de me rejeter ou de devenir mon amie. 

Janou savait que ma pédérastie était un peu malade dans le sens que le sexe prenait parfois trop d’importance par rapport à l’amour, ce qui est inacceptable pour une femme.  C’est un comportement que l’on retrouve souvent chez les homosexuels.  Là-dessus, elle avait parfaitement raison. 

Mais, c’est une réaction qui est créée par la répression sexuelle et la censure.  Quand t’as presque rien, tu essaies de sauter sur la moindre occasion qui s’offre.  Elle me reprochait aussi la façon de m’exprimer quand il était question des femmes dans mes livres.  Selon elle, les femmes étaient assez opprimées comme ça, sans devoir subir les attaques d’un gars qui ne les haï pas.   

Pourtant, je trouve que j’ai toujours été plus respectueux avec les femmes que bien des mâles qu’elles aimaient et que je trouvais affreusement machos.  Je ne défends pas le droit des jeunes filles parce que je ne crois pas savoir ce qu’elles veulent et ce qui est bien pour elles.  Par contre, je «connais» ce que c’est d’être un mâle.  Je ne sais pas, je connais…

Je sais que les grandes manifestations morales aboutissent toutes à condamner la sexualité, soit notre nature profonde, sans distinction, avec ou sans idéal.  Comme si la vie était un sens unique.   Mon amour pour la bouteille de vin et la poésie a fait en sorte que j’ai vécu bien des petites aventures de verres, spécialement avec le grand poète Gilbert Langevin, qui n’avait rien d’un homosexuel et qui ne jugeait pas ma pédérastie.  

Langevin, c’était le poète des poètes. Le poète du peuple.  Le poète de la chanson, lui, qui aurait toujours voulu être un chanteur. « La voix que j’ai ». On avait en commun l’amour du petit peuple, comme diraient nos élus.  C’était un bel homme, comme tous les jeunes Indiens.   Comme moi, Langevin aimait la «swing».  Je le trouvais pourtant un peu macho peut-être parce que j’aimais bien ses blondes, mais ça ne se savait pas, je suis pédéraste.  Il avait une attitude avec les femmes qui faisait que je me demandais toujours pourquoi il en avait autant.  Mais, ce temps-là, les femmes aimaient les hommes virils, j’imagine.  Je regardais ailleurs, donc, je ne pouvais pas être jaloux.  Ou c’était peut-être sa célébrité ? 

Même les pédérastes se demandent pourquoi les autres poignent plus qu’eux.  En tous cas, nous avions l’habitude de nous rendre prendre une bière à la taverne Chérier.  Aussi, un soir, je lui racontais mon aventure à Dawson Creek quand j’ai décidé de démontrer la force d’un petit couteau. J’en mis un sur la table.  J’ai alors demandé au serveur de se hâter un peu plus pour servir « le dur que je pensais être devenu ». 

Je ne me rappelle plus tous les détails, mais le serveur était encore moins peureux que moi.  Il m’a pris et jeté littéralement à la porte, le pied au cul.   Mon pauvre Langevin, aussi pesant qu’une feuille, tenta de le persuader de me laisser revenir, car je n’étais pas le méchant que j’avais bien voulu laissé croire.  La première chose que j’ai sue, mon Gilbert était dans les airs et garroché sur le trottoir.  Et Langevin, étant plus long et plus léger, donc. il en a plané une claque.

Quelques jours plus tard, nous avons été ré acceptés puisqu’on n’était pas des bagarreurs.  Le serveur en a profité pour me faire la leçon.  Il m’a expliqué qu’il avait agi ainsi non seulement parce qu’il était en colère, mais parce que dans un endroit de ce genre on ne commence pas à se promener avec des armes blanches, de peur qu’un fou surgisse et décide de nous faire la peau.  Il suffit qu’un paranoïaque se sente viser pour que ça arrive.  Il n’avait pas agi ainsi parce qu’il avait peur, mais pour me protéger.  Chérier, ce n’était pas toujours du gâteau et se pavaner avec un petit couteau, c’était dangereux.  Ce fut une éviction préventive. 

Je me rappelle aussi une discussion avec Denis Vanier.  C’était le grand poète de la révolution avec sa petite amie, la Fée des étoiles.  Il venait de publier un livre avec une photo du clitoris de sa fée et je lui ai dit que ça n’avait rien de révolutionnaire puisque ça faisait plaisir à tout le monde de jeter un coup d’oeil hypocrite sur le sexe d’une femme et de prétendre que ça dépasse les bornes.   « Prône le droit à la pédérastie, tu verras que c’est tout autrement ». La très grande majorité des humains sont, même s’ils ne savent pas pourquoi, contre les relations sexuelles d’un mâle adulte avec un mâle imberbe.  Les mâles de cette époque ne pouvait même pas y penser. Ils n’avaient pas assez été sucés pour se rappeler comment c’est délicieux. La très grande majorité ne l’a peut-être jamais été.  

Quand Parti pris annonça mon livre Laissez venir à moi les petits gars, la publicité était accompagnée par la photo d’un beau petit gars nu dans un ruisseau.  

À cette époque, de la grande authenticité, j’étais fier d’être pédéraste et surtout de me prendre pour un felquiste : on a droit à une double personnalité, en autant qu’elle ne se contredise pas.  Dans mon cas, j’étais pisseux, mais trop orgueilleux pour le faire voir.

C’est aussi pourquoi j’ai toujours fait mes manifestations seulAinsi, on ne pouvait arrêter personne à cause de moi.         

C’étaient des discussions on ne peut plus habituelles et normales entre poètes parce qu’à cette époque, on n’était pas jaloux du succès des autres.  On était tous amis, donc, tous heureux quand quelqu’un était porté aux nues. On se réjouissait du succès des autres. 

Aujourd’hui, les moumounes de la droite religieuse essaient de me faire éliminer de la liste des écrivains parce qu’elles (ils) se pensent les seules à avoir du talent.  C’est peut-être vrai, mais ce talent est semé en terre sèche, le désert.  Une graine, ça ne pousse pas dans le désert.  Elles devraient le savoir, elles sont tellement contre la sodomie.  

Être seul permet de ne pas avoir à se comparer et devoir utiliser des mots vides pour avoir l’air fragile ou romantique.  Avoir besoin d’une baise, il n’est pas pas nécessaire de le cacher, c’est normal.   

En général, j’aime goûter à tout ce qui s’écrit, surtout ce qui est différent de moi.  La littérature, ce n’est pas juste vendre un livre, c’est d’abord un partage, une amitié. La guerre existe entre les ennemis, pas entre les créateurs… Langevin aimait ce que je faisais, surtout à cause des finales, des punchs, comme il disait. 

Les textes de Langevin étaient bons du début à la fin et tout voulait dire quelque chose.  J’étais aussi très près de la poésie engagée de Janou.  Que Dieu ait leur âme !  Leurs poèmes sont magnifiques;    mais on ne les lit pas encore partout, à cause du politique.   Ils sont comme moi, dangereux.

On dit qu’il ne faut pas parler de politique dans la poésie, ni de religion, ni de cul…C’est rendu plate en hostie de se croire poète. 

La poésie, c’est la révolution, la liberté.

Radioactif 377

mai 18, 2022

Radioactif 377

Texte de 2008

La paternité.           

Quand je suis revenu au Québec, même si j’avais appris que les individus sont plus importants que les communautés et les nations parce que c’est à travers eux qu’on juge la vie, j’étais encore plus séparatiste que jamais.

On ne pouvait plus me faire pleurer en me faisant croire que le Canada est un pays bilingue, car c’est plutôt un pays avec des îlots folkloriques francophones et Radio-Canada français, d’un océan à l’autre.  Le pays, dans ma tête, ce n’est pas encore une soucoupe de télévision. 

Il est peut-être possible de se contenter de pouvoir fréquenter des francophones partout au Canada pour se faire croire que le Canada est un pays bilingue, ça ne te donne pas un territoire avec lequel tu peux t’identifier en dehors du Québec.   J’étais peut-être plus séparatiste, mais j’étais devenu beaucoup moins fanatique. 

La vie m’avait appris et prouvé qu’il y a des bons gars et des merdes dans toutes les nationalités.   J’aurais bien voulu apprendre les réalités culturelles de l’univers en vivant un bout de temps avec un petit gars de toutes les couleurs et de toutes les nationalités du mondeUn rêve qui en vaut bien d’autres !  

J’avais aussi compris que ce n’est pas la politique qui te donne à manger. 

Je savais que le NPD faisait semblant d’appuyer l’autodétermination du Québec pour avoir des votes et que l’Ontario domine le Canada. 

C’est encore tellement vrai que Bob Ray est déjà le chef du parti libéral du Canada et qu’il n’y aura des élections qu’au moment où les libéraux croiront avoir rattrapé le terrain perdu en Ontario.  Par ailleurs,  je ne suivais plus ce qui se passait en politique au Québec depuis de nombreux mois.  J’étais plus ignorant, donc, plus dépolitisé. 

Par contre, l’écriture avait presque pris une possession exclusive de toutes mes préoccupations.  Je me croyais un écrivain.  Écrire, c’était tout. 

Je me sentais important et je ne vivais qu’à travers la plume.  Peut-être était-ce parce que sexuellement j’étais moins écrasé et moins scrupuleux.  Vivre ta sexualité comme tu l’entends, ça te rend plus libre, plus autonome et moins obsédé.  T’as plus besoin de passer ta vie à essayer de créer un «momentum» pour pouvoir enfin te rassasier. 

J’étais moins coupable parce que grâce à mes aventures et mes lectures, je prenais conscience que ceux qui inventent nos règles de vie sont souvent des scrupuleux et des hypocrites qui servent un système qui fait de l’argent à pleine poche parce qu’ils dominent notre réalité quotidienne.  Ce sont des «lois fuckées» qui servent à maintenir les religions au pouvoir. 

Nos lois ne font que répartir le territoire entre la police et la pègre.   La mafia légale est parente avec les juges qui en sont les porte-paroles interprètes.  Les règles sexuelles ne sont là que pour maintenir le pouvoir des religions.

Je pouvais vivre sans problème comme je l’entendais.  Je n’ai jamais manqué de sexe en voyage.  Petit à petit, j’échappais aux peurs de mon enfance provoquées par les médias. 

J’appréciais maintenant d’être convoité par un bonhomme, quoique je ne fasse jamais, à cette époque, les premiers pas comme avec les femmes. 

À mon avis, forcer quelqu’un à un rapport sexuel c’est un viol, donc, quelque chose de fondamentalement contre mes idées.  Je n’arrive pas à percevoir comment tu peux ressentir un plaisir sexuel quelconque devant quelqu’un qui souffre. Je ne sentais plus le besoin de ne penser qu’à ça, puisque la vie se chargeait de me rendre aux bons endroits, aux bons moments.  Ça me suffisait alors. 

Mon désir d’avoir un enfant s’était amenuisé du fait que je n’aurais pas assez d’argent et de stabilité pour créer une famille.  Pourquoi rêver à l’impossible?  Avais-je vraiment été père à Lac-Mégantic comme le prétendait Yvette? 

Les femmes que je rencontrais prétendaient toutes que je serais un excellent père, mais prenaient toutes la pilule pour s’empêcher de tomber enceinte.  La vie de couple n’avait qu’un sens : sans avoir un enfant à gâter, car j’aurais aimé vivre cette responsabilité, mais j’étais complètement désintéressé par les filles. 

J’aurais fait un bon Chinois, quoiqu’aujourd’hui je trouve leur politique de natalité complètement stupide et aberrante.  La nature sait mieux choisir que des règles politiques ou religieuses.

Quand je rêvais de paternité, je me demandais déjà ce que je ferais si je me ramassais père d’une petite fille.  Est-ce que j’aurais autant d’intérêt pour elle?  Est-ce que je pourrais la comprendre?  Juste se poser la question est un signe de déséquilibre.  Vouloir les supprimer, comme en Chine, c’est un crime abominable contre l’humanité. 

Si les Chinois ne veulent pas de filles, ils n’ont qu’à être gais.  Un enfant, c’est un enfant.  Une merveille à priori.  C’est à la fois un potentiel de problèmes et de félicité, qu’il soit un gars ou une fille, c’est un être humain. 

La relation père-enfant est bien au-delà des sexes.  C’est une responsabilité extraordinaire et permanente.  Ce n’est pas un caprice d’un jour.  Est-ce que je crois vraiment assez dans la liberté sexuelle pour élever un enfant sans le vouloir génitalement ?   C’est une question que je me posais aussi de temps en temps, mais elle occupait peu mes neurones.  Je vivais au jour le jour.  De toute façon, je n’avais ni métier, ni avenir.

J’avais même travaillé dans un sauna gai pour survivre.  Je faisais du ménage et je réalisais que la vie peut-être très excitante, même dans ces conditions. 

À force de chercher un emploi, je me suis ramassé commissionnaire à la Ronald Federated Graphics, une importante imprimerie où je faisais un travail de petit jeune débutant, mais ça me payait bien.  J’étais commissionnaire.   

Radioactif 376

mai 17, 2022

Radioactif 376

Texte de 2008

Le sexe : un droit individuel.     

Si la sexualité est un droit individuel fondamental, la vie privée en est un aussi.  C’est pourquoi, à mon sens, la sexualité doit être personnelle et ne répondre qu’à un seul critère : la non-violence et non-domination. 

Comme je le disais, il n’y a pas qu’une seule interprétation de la sexualité qui soit juste.   Personne ne possède assez la vérité pour pouvoir imposer ses propres valeurs aux autres, qu’il soit pape, d’Alaï lama, juif ou chef musulman.  La sexualité est un droit fondamental, mais ce n’est pas une priorité comme éliminer la violence, la misère et redistribuer les richesses de façon à ce que chaque individu sur la terre puisse jouir de la chance de réussir sa vie, c’est -à- dire d’avoir accès au bonheur. 

Devoir encore nous battre sur ce point de vue (la conception personnelle de la sexualité tant qu’il n’y a pas de violence et / ou de domination), c’est perdre notre temps, en ce sens, que ça devrait déjà être une réalité (égalité des hommes et des femmes) afin de pouvoir s’attaquer entièrement à d’autres problèmes avant que la planète ne se charge d’éliminer l’humain, cette race d’animal devenue son pire ennemi. 

La domination riche et bourgeoise retarde la mise en place de politiques aptes à régénérer la planète.  Est-il normal que les profits des multinationales soient plus importants que le sort de millions d’êtres humains ?  

Il y a quelques principes fondamentaux qu’il faut implanter d’urgence sur toute la planète : la non-violence, incluant l’interdiction de la peine de mort ; une répartition des richesses naturelles qui permet à chaque individu de pouvoir se nourrir, avoir un endroit convenable à habiter, d’être soigné, d’être éduqué ou d’avoir un emploi rémunérateur.  Il faut dans les pays plus riches diminuer la surconsommation.  Que faisons-nous pour éliminer la possibilité d’une surpopulation planétaire ?  

Nous allons manquer d’eau, que faisons-nous pour protéger celle qui existe et les pays qui en sont propriétaires ?  Le réchauffement de la planète risque de nous éliminer comme espèce.  Que fait-on pour mettre les multinationales à leur place et face à leurs responsabilités? Rien.  Elles empochent et créent des crises économiques, si elles n’empochent pas assez. 

Pendant ce temps, on perd notre temps à faire comprendre à ceux qui nous mènent que se promener à poil ne signifie pas une entorse morale suffisante pour entraîner notre perdition.  Pour qui nous prenons-nous pour dicter aux autres pays quelle morale doit être imposée avec le tourisme sexuel?  Ils sont peut-être plus naturels et moins «fucké» que nous, avec notre morale?  Il faut être bourgeois et fucké pour prendre la liberté sexuelle pour un mal.  

Si on n’avait rien à manger vendrions-nous notre sexe pour survivre ? Est-ce si important qu’au lieu de nourrir des milliers de personnes, on préfère dépenser des millions pour combattre le tourisme sexuel?  Et si ces prostitués (es) aiment ça?  Pourquoi n’exige-t-on pas de ces pays des règles pour garantir la non-violence et le consentement?  Le respect des prostitués (es). 

La liberté de prostitution individuelle devrait exister partout

Si nos petites bourgeoises qui font le combat contre la prostitution libre crevaient de faim un peu, peut-être que leur petit cerveau leur indiquerait que leurs principes est vraiment moins important que de survivre.

S’il y a du tourisme sexuel, c’est que nos sociétés sont trop bornées pour accepter le droit à la prostitution individuelle. Il faut aller ailleurs pour éviter la prison.  Au lieu d’envoyer un pédophile en prison parce qu’il est allée avec une mineure (si elle est consentante), pourquoi celui-ci ne serait-il pas plutôt condamné à devoir participer à répondre à ses besoins fondamentaux jusqu’à la fin de ses études?  Si on peut bénéficier de privilèges sexuels pourquoi ne devrait-on pas assurer la sécurité financière (ou du moins une partie) pour lui permettre de s’en sortir, si elle le veut?  Les lois actuelles sont une forme de jalousie féminine : c’est un travail tellement payant qu’on veut en priver les autres?  Il me semble que ce serait plus responsable et plus intelligent que de ramener le pédophile dans son pays  pour le mettre en prison ( ce qui coûte une fortune)  alors que les victimes, comme elles disent, sont ainsi elles aussi condamnées à crever de faim. Complètement débile nos moralistes !  


Le sexe et  la tv.    

C’est très intéressant d’écouter les deux chroniques de fin de mars 2008 de Denis Lévesque, sur LCN.  On peut nettement distinguer ce qu’est un vrai journaliste animateur (Denis Lévesque) qui demeure majoritairement objectif dans ses présentations, quoique amusé dans la première, et un journaliste pourri de TVA qui a un parti pris, Michel Jean.  Ce dernier ne semble pas conscient de faire du journalisme de reportage de bas-étage en parlant de la prostitution.  Il n’arrive pas à mettre de côté son petit nombril (ses valeurs personnelles) et son étroitesse d’esprit afin de présenter un reportage objectif et constructif sur ce qui pourrait être une plaie sociale ou un moyen, mal perçu par nous, de survivre : le tourisme sexuel. 

Dans le premier contexte, M. Lévesque interroge M. Pierre Maranda, un anthropologue de l’université Laval, qui nous met aux parfums de sociétés qui ont évolué tout à fait différemment de nous.  Des sociétés matriarcales ou sous le pouvoir des femmes. 

Il est bien évident qu’avec les découvertes scientifiques actuelles sur le développement de la sexualité, ces sociétés sont dépassées. Leur étude nous permet cependant de mieux comprendre comment leur vision a évolué et pourquoi nous croyons les choses de notre façon.   Cela nous oblige à se rendre compte que nos conceptions sont probablement tout aussi dépassées que les leurs.  D’ailleurs, elles ne sont presque plus existantes puisque nous, les blancs, qui savent tout grâce à nos dieux, leur avons appris que leur façon d’interpréter la vie n’est pas la bonne puisque elle diffère de la nôtre. 

Dans ces sociétés matriarcales, les hommes sont jaloux du pouvoir féminin et de leur clitoris.  Pour trouver une certaine égalité avec la femme, l’homme pénètre dans la mer où il se fait une érection afin de pouvoir se lacérer le pénis et ainsi être enfin menstrué, pouvoir rattaché à la fertilité.  Et pour que les très jeunes garçons aient un jour un sperme assez énergique pour pouvoir féconder une femme, ils doivent boire le sperme de leurs aînés de 18 à 25 ans. 

Dans cette société, l’homme et la femme sont six mois hétérosexuels et six mois homosexuels.  Dans d’autres sociétés, pour avoir le sperme nécessaire pour procréer le jeune, dans une cérémonie d’initiation, devait se faire enculer par un mâle adulte afin qu’il y dépose la semence qui lui permettra ensuite d’éjaculer.  Fruit de mes longues soirées de lecture.

Avec ce reportage, on comprend que le monde n’a pas toujours évolué de la même façon et que les situations naturelles peuvent expliquer des phénomènes d’interprétation qui nous semblent complètement bizarres ou même débiles (mais on pense ainsi parce qu’on est des ignorants).  

N’est-il pas normal qu’une société qui voit toujours les pénis sans y attacher d’importance soit intriguée par les règles féminines et qu’elles aient aussi un petit pénis… alors que le mâle n’a pas de règle et ne peut pas procréer.  Qui est le dieu ? La fertilité ? 

Aujourd’hui, nous savons que ça ne fonctionne pas ainsi.  Ce que j’ai aimé de l’attitude de M. Lévesque, c’est qu’il ne s’est pas mis, contrairement à son collègue, à se prendre pour un curé venu nous rappeler les bonnes mœurs. 

Michel Jean est tellement peu objectif qu’il a pu voir le dédain ou le malheur dans les yeux des prostituées.  Yé fort en hostie !  Pauvre petit, il a l’âme trop sensible pour essayer comprendre ceux qui ne pensent pas comme lui.  Il devrait savoir que chez les bouddhistes, la sexualité n’a absolument pas l’importance sacrée que nos sociétés y accordent.  Chez eux, le cul c’est un élément naturel alors qu’ici on est des obsédés (des pécheurs) parce qu’on a confondu les besoins maladifs du pouvoir mâle des religieux avec la parole de Dieu et qu’on est ainsi devenu des aliénés qui se pensent plus intelligents que les autres. 

Je suis bien d’accord avec la mère de M. Maranda qui disait que les femmes du Québec n’ont pas besoin des féministes (un pouvoir des gouvernements fédérasses) pour avoir le pouvoir, car ce sont elles qui gèrent tout par en arrière.  D’ailleurs, ce sont les femmes et les syndicats de la fonction publique qui ont battu l’indépendance lors du premier référendum et qui s’apprêtent à donner un gouvernement majoritaire à Harper-Bush. Les Yvette et le gel des salaires des fonctionnaires. 

Aujourd’hui, les féministes réclament ce qu’elles appellent l’égalité (numérique– un homme, une femme–), mais qui est en réalité une dictature absolue, car elles cherchent une solidarité féminine qui détient déjà la majorité numériqueSi on ajoute tous les programmes spécifiques aux femmes, les hommes n’ont plus aucun espace.  Mais, les hommes qui ne peuvent s’empêcher de rêver au trou qu’ils n’auront pas, s’ils protestent, préfèrent se taire.  Un homme québécois est uniquement un pourvoyeur incapable de sensibilité et souffrant du complexe de Moïse.  Il n’a même plus droit à ses tavernes alors que les femmes ont leur salon de coiffure ou leurs soupers de filles pour se réunir sans homme…

Plutôt que de nous endoctriner ou nous empoisonner moralement, le représentant de TVA devrait prendre quelques cours d’anthropologie et attendre d’être assez mûr pour ne pas exposer ses états d’âmes parce qu’il ne peut pas supporter une vision différente du monde que la sienne, soit celle de petit bourgeois, incapable de comprendre les autres. Comme un Américain. 

Un reportage, c’est pour comprendre une situation et non pour essayer de prouver que tous les gens étrangers là-bas sont des vieux cochons qui ont dû déménager en Thaïlande pour satisfaire leur appétit sexuel, en oubliant que chez nous notre morale de bornées les voue automatiquement à la prison.  Des fous ?  Vive la liberté retrouvée ! 

On ne vit pas tous comme le veulent les religieux. Ces vieux cochons qui pour se protéger de leurs tentations ont interdit tout ce qui pouvait grouiller autour d’eux. Qu’est-ce que le patriarche faisait dans le pantalon de son petit pour décider qu’il doit être circoncis ?  Le vrai problème : ces jeunes ont-ils vraiment la liberté de choisir, agissent-ils ainsi contre leur gré ou est-ce pour survivre ?  Dur de savoir quand on ne connaît ni la langue, ni la culture.  Y a pas d’ouvrage dans ces pays ?   La prostitution, paye plus ?  Comment les jeunes peuvent-ils survivre et s’épanouir en faisant autre chose ? Voler, tuer ?  Est-ce vraiment mieux ? 

La prochaine fois quand Michel Jean ira au Vietnam, c’est ce qu’il souhaite, il faudrait qu’il soit une semaine sans manger et qu’il ne puisse pas obtenir un repas sans se laisser faire une pipe, peut-être comprendrait-il qu’une morale de petit bourgeois, ça ne peut pas s’appliquer dans un contexte de survie. 

C’est ça le vrai problème de la vie dans la prostitution… c’est bien beau de jouer aux âmes pures, mais quelle solution peut-on offrir, sauf leur enlever leur gagne-pain ?

Radioactif 375

mai 16, 2022

Radioactif 375

Texte de 2008

Mœurs sexuels.    

On m’a fait connaître une émission de télévision du 27 mars dernier (2008) qui est extraordinaire : il faut aller à http://lcn.canoe.ca/ dans la rubrique Denis Lévesque : Peuple aux mœurs particulières, c’est super.

Sexe et petit catéchisme.

Et, nous revoilà revenus à l’époque du petit catéchisme !  Depuis quelques temps à la télévision, nos obsédées de la morale sexuelle féminoune et religieuse font des annonces publicitaires pour supposément nous apprendre nos droits en matière sexuelle. 

À prime abord, c’est intéressant, mais quand on s’y arrête, on se rend compte que ce sont encore des publicités de paranoïaques. 

Au lieu de débuter en soulignant que tout le monde a le droit de dire oui ou non à des relations sexuelles, de parler des responsabilités reliées à nos choix, on ne nous présente que la situation d »agression, en vue bien évidemment de nous inviter à dénoncer les autres. On ne fait aucune nuance quant à la gravité des gestes.   

Une forme de campagne publicitaire puritaine, américanisée, qui insiste que sur le droit de dire non et qui, sans le dire ouvertement, t’amène à rejeter la sexualité. 

Les femmes qui ont peur du mâle, cet être qui est automatiquement un gros cochon, crient encore au viol.  Une perception assez arriérée, si on ne fait pas la nuance de gravité entre un attouchement et une pénétration.

Au lieu d’inviter les gouvernements à revoir leurs lois « dans le sens unique du soyez contre, soyez chastes », on devrait penser à des façons de pouvoir vivre la liberté sexuelle, sans danger, sans bitchage, et en protégeant autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre.

On cherche à développer inconsciemment chez nous le rejet de la liberté sexuelle puisqu’en aucun moment on ne laisse entrevoir que le sexe peut être beau, peut être un plaisir.  

Le sexe est directement branché sur le plaisir.  Rien ne nous amène à se demander s’il peut exister une autre approche qui nous permet d’être en faveur de la liberté sexuelle, sans être des bandits ou un couple monogame.  

L’amour est-il possible sans correspondre à des normes bien établies par une bande de bourgeois(es)?   Un attouchement, c’est un meurtre, disait notre chantre de la dénonciation. Et on paye pour apprendre aux jeunes à être des «stools». Dénoncer est et sera toujours un geste écœurant.  Belle société en vue! 

On essaie à travers ces publicités de nous inculquer la peur, comme si toutes les relations sexuelles étaient seulement des agressions.  

Même si on ne peut qu’applaudir très fort du fait de dénoncer toute forme de violence en sexualité, il est inacceptable qu’on présente qu’un côté du problème.  On n’essaie pas, dans ces annonces de nous protéger.  On nous force à partager leur morale qui, en partant, conçoit la sexualité en dehors du mariage comme une attaque, un viol.  Même les gais doivent se marier pour mettre fin aux langues sales.

La raison en est fort simple : pour avoir de bonnes subventions (police et fondations), il faut beaucoup de cas d’agressions et s’il en manque dans les statistiques pour justifier l’emploi d’autant d’argent, il faut essayer d’en provoquer.   Voilà un excellent exemple de manipulation de masse. On appelle ça un viol des consciences

On éduque pour accroître son propre pouvoir et non l’autonomie des jeunes.  Pour qu’il y ait des mouvements de support, des fondations de toutes sortes et qu’elles fassent de l’argent, il faut bien qu’il y ait assez des «victimes», des cas, pour justifier les millions dépensés de nos impôts par nos gouvernements.  Mais, cette préoccupation des mouvements féminounes est la même que celle de la pègre et de la police… les finances sont partagées à un niveau supérieur. Il faut des clients.

Il n’y a pas qu’une façon de percevoir la sexualité.  C’est un droit fondamental, individuel et relevant fondamentalement de la vie privée. 

Tout individu est le seul et unique maître de son corps et de son esprit. Si c’est la base de notre philosophie de vie, si on accepte qu’un être humain est plus important qu’un $$$, que la violence est pire que la sexualité, on essaiera de créer des règles qui soient acceptables pour tous. 

En fait, ce que je reproche à ces publicités, c’est de ne pas démontrer que le oui est aussi un droit fondamental.   Une dénonciation, sans chercher de solutions, à part encore une fois plus de répression, c’est appeler au fascisme, une suite logique de leurs propos. 

Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il y a autant de façons d’aborder la sexualité qu’il y a des religions et de civilisations. 

Il n’y a pas qu’une seule civilisation qui a raison.  Elles ont toutes leur part de bon et de mauvais.  Mais nous, les Occidentaux, avec nos religions, on s’imagine tellement être la pureté absolue qu’on n’arrive pas à voir qu’une autre perception de la vie puisse être aussi bonne pour l’humain.

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que nos civilisations sont le fruit de nos expériences sociales antérieures et donc qu’elles ne peuvent être que différentes, selon leurs racines, c’est-à-dire les lois naturelles qui ont assuré leur survie.  

La sexualité, c’est la chose la plus naturelle qui existe et comme les peuplades d’Océanie qui entendent parler de notre morale à travers la Bible, on est en lieu de se demander quelle folie a poussé Adam et Ève à avoir honte d’être nus en sortant du paradis terrestre. 

On sait que la Bible se sert abondamment de symbolisme, est-ce que dans ce cas le mot « nu » est vraiment une référence aux vêtements plutôt qu’une manière d’exprimer leur étonnement de découvrir jusqu’à quel point ils sont ignorants par rapport à leur Dieu?  Ne venait-il pas de découvrir qu’ils sont mortels en dehors de la protection divine? 

On peut faire croire n’importe quoi quand on interprète un passé qui n’avait même pas recours à l’écriture. 

Aussi, nos religions juives, musulmanes et chrétiennes ont les mêmes racines avec une manipulation différente mais semblable, des textes.  Ce n’est pas par hasard que toutes les religions sont misogynes et rejettent, comme les curés, la beauté de la sexualité. 

Et si les peuplades d’Océanie avaient raison quant à leurs structures sociales. Elles ne sont pas, elles, aux prises avec le problème du suicide et de la violence. Pas besoin des pilules des psychiatres pour aimer la vie dans ces mondes dit primitifs.   

Et, si c’était nous, les primitifs avec tous nos interdits débiles.   A-t-on vraiment évolué ?

Radioactif 374

mai 15, 2022

Radioactif 375

Texte de 2008

Mœurs sexuels.    

On m’a fait connaître une émission de télévision du 27 mars dernier (2008) qui est extraordinaire : il faut aller à http://lcn.canoe.ca/ dans la rubrique Denis Lévesque : Peuple aux mœurs particulières, c’est super.

Sexe et petit catéchisme.

Et, nous revoilà revenus à l’époque du petit catéchisme !  Depuis quelques temps à la télévision, nos obsédées de la morale sexuelle féminoune et religieusefont des annonces publicitaires pour supposément nous apprendre nos droits en matière sexuelle. 

À prime abord, c’est intéressant, mais quand on s’y arrête, on se rend compte que ce sont encore des publicités de paranoïaques. 

Au lieu de débuter en soulignant que tout le monde a le droit de dire oui ou non à des relations sexuelles, de parler des responsabilités reliées à nos choix, on ne nous présente que la situation d »agression, en vue bien évidemment de nous inviter à dénoncer les autres. On ne fait aucune nuance quant à la gravité des gestes.   

Une forme de campagne publicitaire puritaine, américanisée, qui insiste que sur le droit de dire non et qui, sans le dire ouvertement, t’amène à rejeter la sexualité. 

Les femmes qui ont peur du mâle, cet être qui est automatiquement un gros cochon, crient encore au viol.  Une perception assez arriérée, si on ne fait pas la nuance de gravité entre un attouchement et une pénétration.

Au lieu d’inviter les gouvernements à revoir leurs lois « dans le sens unique du soyez contre, soyez chastes », on devrait penser à des façons de pouvoir vivre la liberté sexuelle, sans danger, sans bitchage, et en protégeant autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre.

On cherche à développer inconsciemment chez nous le rejet de la liberté sexuelle puisqu’en aucun moment on ne laisse entrevoir que le sexe peut être beau, peut être un plaisir.  

Le sexe est directement branché sur le plaisir.  Rien ne nous amène à se demander s’il peut exister une autre approche qui nous permet d’être en faveur de la liberté sexuelle, sans être des bandits ou un couple monogame.  

L’amour est-il possible sans correspondre à des normes bien établies par une bande de bourgeois(es)?   Un attouchement, c’est un meurtre, disait notre chantre de la dénonciation. Et on paye pour apprendre aux jeunes à être des «stools». Dénoncer est et sera toujours un geste écœurant.  Belle société en vue! 

On essaie à travers ces publicités de nous inculquer la peur, comme si toutes les relations sexuelles étaient seulement des agressions.  

Même si on ne peut qu’applaudir très fort du fait de dénoncer toute forme de violence en sexualité, il est inacceptable qu’on présente qu’un côté du problème.  On n’essaie pas, dans ces annonces de nous protéger.  On nous force à partager leur morale qui, en partant, conçoit la sexualité en dehors du mariage comme une attaque, un viol.  Même les gais doivent se marier pour mettre fin aux langues sales.

La raison en est fort simple : pour avoir de bonnes subventions (police et fondations), il faut beaucoup de cas d’agressions et s’il en manque dans les statistiques pour justifier l’emploi d’autant d’argent, il faut essayer d’en provoquer.   Voilà un excellent exemple de manipulation de masse. On appelle ça un viol des consciences

On éduque pour accroître son propre pouvoir et non l’autonomie des jeunes.  Pour qu’il y ait des mouvements de support, des fondations de toutes sortes et qu’elles fassent de l’argent, il faut bien qu’il y ait assez des «victimes», des cas, pour justifier les millions dépensés de nos impôts par nos gouvernements.  Mais, cette préoccupation des mouvements féminounes est la même que celle de la pègre et de la police… les finances sont partagées à un niveau supérieur. Il faut des clients.

Il n’y a pas qu’une façon de percevoir la sexualité.  C’est un droit fondamental, individuel et relevant fondamentalement de la vie privée. 

Tout individu est le seul et unique maître de son corps et de son esprit. Si c’est la base de notre philosophie de vie, si on accepte qu’un être humain est plus important qu’un $$$, que la violence est pire que la sexualité, on essaiera de créer des règles qui soient acceptables pour tous. 

En fait, ce que je reproche à ces publicités, c’est de ne pas démontrer que le oui est aussi un droit fondamental.   Une dénonciation, sans chercher de solutions, à part encore une fois plus de répression, c’est appeler au fascisme, une suite logique de leurs propos. 

Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il y a autant de façons d’aborder la sexualité qu’il y a des religions et de civilisations. 

Il n’y a pas qu’une seule civilisation qui a raison.  Elles ont toutes leur part de bon et de mauvais.  Mais nous, les Occidentaux, avec nos religions, on s’imagine tellement être la pureté absolue qu’on n’arrive pas à voir qu’une autre perception de la vie puisse être aussi bonne pour l’humain.

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que nos civilisations sont le fruit de nos expériences sociales antérieures et donc qu’elles ne peuvent être que différentes, selon leurs racines, c’est-à-dire les lois naturelles qui ont assuré leur survie.  

La sexualité, c’est la chose la plus naturelle qui existe et comme les peuplades d’Océanie qui entendent parler de notre morale à travers la Bible, on est en lieu de se demander quelle folie a poussé Adam et Ève à avoir honte d’être nus en sortant du paradis terrestre. 

On sait que la Bible se sert abondamment de symbolisme, est-ce que dans ce cas le mot « nu » est vraiment une référence aux vêtements plutôt qu’une manière d’exprimer leur étonnement de découvrir jusqu’à quel point ils sont ignorants par rapport à leur Dieu?  Ne venait-il pas de découvrir qu’ils sont mortels en dehors de la protection divine? 

On peut faire croire n’importe quoi quand on interprète un passé qui n’avait même pas recours à l’écriture. 

Aussi, nos religions juives, musulmanes et chrétiennes ont les mêmes racines avec une manipulation différente mais semblable, des textes.  Ce n’est pas par hasard que toutes les religions sont misogynes et rejettent, comme les curés, la beauté de la sexualité. 

Et si les peuplades d’Océanie avaient raison quant à leurs structures sociales. Elles ne sont pas, elles, aux prises avec le problème du suicide et de la violence. Pas besoin des pilules des psychiatres pour aimer la vie dans ces mondes dit primitifs.   

Et, si c’était nous, les primitifs avec tous nos interdits débiles.   A-t-on vraiment évolué ?

Radioactif 374

mai 14, 2022

Radioactif 374

Texte 2008

Richard Martineau.

Richard Martineau a produit un texte, il y a plusieurs mois qui a permis de me calomnier quant à mon orientation sexuelle, en disant que je suis pédophile alors que je suis pédéraste. 

Il y a une gigantesque différence dont la société ne tient pas compte dont principalement le droit à la vie privée et à l’intégrité absolue des enfants.

Évidemment, cette accusation a été reprise par les Pirates de Jeff Fillion et Québecor – Canoë.  C’était  et c’est encore une des premières choses qu’on lisait de moi sur le web, lors d’une recherche. 

C’est à la suite de cet article que je fus évincé de l’Association des auteures des Cantons de l’Est et de l’UNEQ, sous prétexte que je n’ai pas payé ma cotisation. On avait en fait refusée mon paiement. J’ai appris depuis que c’est une recommandation de leur comité d’éthique. 

On dira ensuite que le Québec ne connaît plus la censure.  Même l’UNEQ ne respecte pas la liberté d’expression.

L’UNEQ a retiré toutes ses informations à mon sujet du service aux auteurs québécois qui s’appelle «L’Île».  On y retrouvait ma biographie, ma photo et la liste de mes écrits. 

Cela contrevient à la Charte québécoise des droits de la personne, mais la Commission des droits ne veut pas me représenter et me dit de me trouver « un avocat ». Je n’ai pas le sou pour engraisser la mafia légale, donc, quand je mourrai ce mensonge se perpétuera grâce à l’internet, car ces textes sont encore là.  On y retrouve aussi le point de vue d’un sexologue tellement ignorant qu’il ne sait pas la différence entre la pédophilie et la pédérastie.

Un individu qui voulait lire mes livres est parti à leur recherche.  Il a constaté que l’on a retiré mon nom de la liste de tous les écrivains existants au Québec. 

Quand il est allé à la Bibliothèque Nationale, il a constaté que non seulement on ne peut pas sortir mes livres (c’est normal, les exemplaires sont devenus d’une rareté infinie), mais en plus le préposé lui a infligé une leçon de morale dans le genre : « Vous savez quelle sorte de mauvais garçon vous lisez là?  C’est un pédophile ».  Un mot qui devrait faire trembler l’univers alors que je tremble d’amertume et de colère quand j’entends Stephen Harper, George Bush, Poutine, la Chine et les Républicains américains défendre la mafia économique. 

J’ai porté ma cause à la Commission des droits de la personne, en y croyant pas tellement, parce que la majorité des employés sont des femmes et leur vision de la sexualité est fortement altérée par les féminounes.  Les féministes progressistes sont disparues ou devenues les réactionnaires (féminounes) d’aujourd’hui puisque le seul rapport qu’elles ont avec la sexualité est : la peur et la répression. 

On m’a dit de prendre un avocat. J’ai pas d’argent a dépensé, sachant très bien que c’est une façon de nourrir la mafia, car les lois actuelles font en sorte que c’est payant pour la police (les subventions), la pègre (parce qu’elle conserve ses droits acquis territoriaux, les clubs, d’où la sexualité est une partie de leur empire), le système judiciaire, grâce aux procès et aux amendes, et les fondations de toutes sortes qui peuvent ainsi s’en mettre plein les poches, en prétendant défendre les opprimés.

L’exploitation de la pauvreté est devenue une industrie comme les autres.  La crise du logement en est la preuve.

Cependant, les puritaines semblent manquer de cas, car elles doivent présenter actuellement de la publicité à la télévision pour inciter les gens à dénoncer. 

Ce serait parfait si on disait aux jeunes quels sont leurs droits, même sur le plan sexuel, car la vie privée n’existe pas qu’à 60 ans. Les jeunes  ont aussi le droit de dire «oui» ou « non », mais ça nuirait à l’industrie légale et illégale de la sexualité.  C’est plus payant quand tu ramasses l’argent des deux côtés à la fois.

Pour que la pédophilie soit payante, il faut multiplier les cas afin de justifier les millions versés par les contribuables en impôts qui iront dans les poches de la police qui combat ce fléau artificiel, car  seuls les cas de violence justifient une intervention.  Sans violence ou domination, le sexe est un plaisir, une réalité corporelle et psychique agréable.

Pendant ce temps, on laisse la mafia s’étendre avec sa violence; c’est moins dangereux de chercher un pédophile sur internet que d’arrêter un membre de la mafia, même si ce dernier est un million de fois plus dangereux.

On refuse de faire la nuance entre la pédérastie et la pédophilie. Autant la première, avec consentement mutuel, est une expérience heureuse quoique pas nécessaire pour tous, alors que la pédophilie, le sexe avec des enfants de moins de 10 ans doit être de facto interdite.

Si les gens sont éduqués sur les réalités sexuelles, le système devra changer ses lois qui datent de la préhistoire et permettre la liberté non violente, le consentement des individus.  Mais, ça paie moins, donc, ça n’arrivera pas.

Qu’on le veuille ou non, la liberté est la seule approche progressiste. 

Cependant, toute violence physique sexuelle ou autre doit être très fortement réprimée. 

Mais, la liberté sexuelle n’est pas assez payante pour justifier la libéralisation de la sexualité. Je ne sais pas quel nouveau sida sera bientôt inventé.  Ainsi, la morale bourgeoise et religieuse franchira un pas de plus vers la dictature morale planétaire.   On doit déjà commencer à y penser.  Cette dictature des bonnes âmes durera le temps de faire sauter la planète, c’est-à-dire le temps que notre consommation devienne telle que notre globe ne pourra plus fournir.  Ce sera la guerre partout, car il y aura trop d’humains  et la consommation nourrira la crise climatique. La surpopulation, tout comme la mondialisation, ne sert qu’à augmenter les revenus d’un petit nombre aux dépends de la majorité.

Si on veut légiférer quant à la pornographie, on devrait rendre illégal les scènes de sodomie. Ainsi, on pourrait cesser de prétendre qu’être gai c’est automatiquement être sodomite.

Quant à moi, je ne suis pas de taille à me battre contre tout un système.  Je me dois d’être heureux pendant les quelques années qu’il me reste.  Avec la loi que fédéral vient de passer sur la culture, le Québec sera étouffé et ne sera jamais assez fort, solidaire, pour devenir un pays. 

J’espère me tromper.  Les mesures de guerre morales permanentes permettront au fédéral de contrôler la création ou du moins de diminuer sa participation financière à la culture québécoise. 

Puisque ça prend de l’argent pour produire, ceux qui ne prôneront pas les valeurs fédérastes seront appelés à disparaître.  C’est ce qu’on m’applique déjà en se servant de ma lutte sexuelle pour éliminer un séparatiste… le temps que tu parles de cul, tu n’as pas le temps de convaincre les autres que l’indépendance est la seule façon de demeurer un Québec français..

.

Richard Martineau(2).      

Voici le texte publié dans ma page personnelle avant qu’on l’interdise et qu’on me donne une telle nouvelle adresse si compliquée que je ne sais même plus moi-même comment y avoir accès.

Avant d’écrire la réponse que j’ai faite parvenir à Richard Martineau, je tiens à préciser que l’on ne se connait pas personnellement.  Ainsi, en citant un extrait de mes livres, on peut me condamner et me faire passer pour le monstre que je ne suis pas.  En effet, je ne crois pas qu’une pipe, à n’importe quel âge à partir de la pré-puberté, ça fasse bien mal.  C’est assez irréfutable.

Cette situation me fait penser à un événement qui est survenu au moment où je vivais avec Suzanne qui envoyait ses deux enfants à l’école libre.  Nous croyions tous les deux dans la liberté des enfants pour permettre un plein apprentissage de l’autonomie, car le plus beau cadeau que tu puisses faire à un jeune, c’est de lui offrir la possibilité de créer sa propre conscience personnelle, sans se faire empoisonner le cerveau par les péchés ou l’approche maladive de la sexualité par les religions.

Je travaillais donc à la construction de la Maison des enfants. Un Summerhill, in Québec… Un jeune garçon, qui était au premier étage, voulut monter au deuxième.  Malheureusement, il n’y avait pas encore d’escaliers.  Or, on s’est entendu que je le lèverais pendant qu’un autre adulte au deuxième le tirerait par les mains pour lui permettre de monter. 

Quand il fut en haut, une bonne femme s’est mise dans tous ses états et me traita de cochon et encore pire.  Je me demandais bien qu’elle mouche l’avait piquée.  Je ne pouvais pas monter le jeune sans le pousser par les fesses pour qu’il lève assez haut pour être accroché par l’autre adulte au deuxième étage. 

Cette scrupuleuse savait que j’étais pédéraste puisque je ne m’en cachais pas.  Elle savait aussi fort bien qu’il ne pouvait pas y avoir d’autres moyens pour l’aider à monter et qu’il n’y avait aucun mal, à moins de voir du mal partout. Tout le monde le fait sans jamais se poser de question et personne y trouve quoique ce soit à redire.  Mais, elle, elle piqua sa crise.  Selon elle, j’étais un cochon parce qu’elle avait vu dans mes yeux que j’adorais ça. 

Je n’y avais jamais réfléchi, car c’est un geste banal sans conséquence morale.  Je n’ai pas réalisé que j’étais plus heureux et encore moins que je devais en avoir honte.  C’est fou, mais j’ai vraiment cru cette personne complètement déséquilibrée pour voir ainsi apparaître le mal là où il n’y en a pas. 

Je n’ai probablement pas le droit, moi, un homme, d’être heureux en présence d’un garçon.  Et, après on pleure parce que les hommes sont assez intelligents pour ne pas vouloir d’enfants trop près d’eux.  Ils ne veulent pas se faire accuser faussement d’être pédophile.  Il y a des gens qui en voient jusque dans leur soupe et rêve encore au bon temps où durant l’Inquisition, les âmes pures faisaient brûler les impurs.

J’ai d’abord été insulté de la voir projeter ses problèmes psychologiques sur une situation aussi banale.  Puis, j’ai compris que la perception que ces gens ont, vient de l’éducation qu’ils ont reçue et des scrupules qu’ils se sont créés. 

Avoir une conscience aussi vite torturée explique bien que si tu vis ainsi 20 ans, il soit possible que tu craques un jour et que tu souffres de séquelles.  Il n’y a pas de séquelles sans culpabilisation d’avoir eu du plaisir en dehors des balises maladives, sexuellement admises et fixées par les religions. 

C’est une situation éducative qui n’est rien d’autre que le viol de la conscience des enfants en introduisant la peur du péché et l’interdit. Des millénaires de peur ça déforme, ça crée une norme qu’on n’a pas l’intelligence de remettre en question, car ce serait un effort colossal de rééducation. 

Je n’ai vu M. Martineau, qu’une fois et je ne suis même pas certain que c’était lui. C’était dans l’unique défilé gai auquel j’ai assisté.  Il était déguisé en évêque, comme je le fus durant ma campagne Rhinocéros, pour montrer qu’il n’était pas homophobe.  J’ai trouvé ça drôle.  Tout comme j’ai toujours bien aimé ses chroniques. 

J’ai assez d’admiration pour lui, pour pardonner le fait qu’il ne s’est pas mieux renseigné avant d’écrire à mon sujet.  C’est aussi une des raisons pour lesquelles je n’ai pas engagé de poursuites judiciaires contre lui.

Radioactif 373

mai 13, 2022

Radioactif 373

Texte de 2008

Le sexe et le bonheur.

La vie est une perpétuelle course après le bonheur.  C’est comme le sexe, la tentation est souvent bien meilleure que la couchette.  Elle te fait rêver plus longtemps.  Vivre juste pour les plaisirs sexuels, c’est réducteur et ça conduit souvent à un vide intérieur

Par contre, cette recherche de l’autre est aussi importante que l’oxygène.  C’est comme un festin, sa rareté lui confère son prestige.  Une réalité bien pédéraste.  Si la perle rare est trop facile d’accès, elle perd de sa valeur. 

Le bonheur se cache dans sa capacité de jouir des petites choses et nous éblouit souvent lorsqu’on s’y attend le moins.  En fait, sauf les problèmes de sécurité financière, je vivais une très belle vie, mouvementée et imprévisible.  Ce ne pouvait pas être celle que j’avais imaginée puisque je ne l’ai jamais fait. 

J’ai toujours ressenti ma vie comme un don de Dieu, même si parfois, je me prends un peu pour Job.  J’accepte le moment présent et je suis toujours convaincu qu’il sert à créer une joie future encore plus profonde.  

En ce sens, je suis encore très profondément croyant dans une forme de spiritualité.   

Même si je rejette toutes les religions, je reconnais qu’elles peuvent être toutes aussi utiles que nuisibles.   Ma vie fut jusqu’alors, je dirais même jusqu’à aujourd’hui, une suite de coïncidences.  J’étais devenu journaliste parce que j’ai envoyé une lettre d’opinion alors que j’étais camelot de la Tribune et celle-ci fut assez abondamment commentée pour que j’en aie l’écho.  À cette époque, je faisais une faute de français à tous les deux mots. 

J’ai obtenu la réputation de révolutionnaire parce que je ne crois pas dans l’objectivité journalistique.  Cependant, un vrai journaliste d’informations ne s’implique pas dans une cause comme je le faisais, en particulier, pour garder une distance avec les événements.  Un journaliste ne peut jamais être totalement objectif, tout simplement parce qu’il est un individu, et tous les individus vivent au « je ».

Par hasard, j’ai rencontré et côtoyé tous les chefs prétendus du FLQ.  Qu’on le veuille ou non, on est tous plus près de telles ou telles valeurs.  C’est à partir de cette constatation que j’ai commencé à croire que tout individu devrait pouvoir choisir et aller vivre sur le territoire où il se sent le plus compatible avec les valeurs du milieu.  Les esprits libres avec les esprits libres. Les scrupuleux avec les scrupuleux. 

L’immigration devrait être une espèce d’enchères, une recherche des compétences dont le pays a besoin pour se réaliser ainsi que vivre ses valeurs propres.  Ainsi, je pourrais aller vivre et travailler dans un pays où je ne serais pas exclu comme au Québec tout simplement parce que de temps en temps j’aime faire une pipe à un petit gars.  Je peux jurer que ça ne lui aucun mal. 

J’étais trop sensible à la misère des autres pour pouvoir rester objectif et indifférent.  Je me battais comme un patriote, le patriote que je croyais être.  Je ne craignais pas de mettre ma vie en danger pour défendre les miens et ce en quoi je croyais, même si je suis fondamentalement un « pissous». 

En fait, ce qui agençait tout dans ma vie de hasard, c’était ma curiosité et mon besoin illimité de plaisirs et d’apprentissages. Je voulais aimer et être aimé.  Je croyais, comme on nous l’enseignait, que j’aurais un très grand rôle à jouer dans l’histoire de mon pays et pourquoi pas de l’humanité.

Aussi, très jeune, j’avais sur le plan sexuel, acquis de l’expérience avec des petits gars, des femmes, et quand j’ai vaincu ma peur, des hommes inconnus.  Je savais déjà que le plaisir le plus grand est de rencontrer quelqu’un, le sexe a en principe peu d’importance, mais il joue souvent le rôle principal.

C’est plus important de rencontrer quelqu’un qui te plaît et de toujours être entouré de gens qui, comme toi, aiment jouir de la vie.  Ton attrait pour tel ou tel individu, ce n’est pas toi qui en décide, mais ta nature la plus profonde. 

Que je le veuille ou non, un petit gars sera toujours mon premier choix et le pire, ce n’est même pas génital, sa présence me rend automatiquement heureux.  Une vibration d’énergies.  Je suis ébloui par un petit gars.  Je donnerais ma vie pour lui.   C’est fou, mais c’est comme ça.  

Et c’est pourquoi je comprenais de plus en plus qu’il ne faut pas combattre sa nature, mais l’utiliser pour améliorer la vie. Je savais aussi que l’amitié, le plus précieux des cadeaux, peut mourir à la suite de relations sexuelles décevantes. 

La beauté a beau être divine, elle ne suffit pas à créer une permanence comme l’Amitié.  Mon plus grand besoin était de me sentir entouré par la jeunesse. Faire  jouir une autre personne, c’est ma félicité absolue, mais malheureusement circonstancielle.  Le vrai bonheur se trouve donc ailleurs. 

Avoir visité le Canada ne tua pas mon appui à l’indépendance du Québec tout simplement parce que le Canada est un pays étranger pour moi.  Un pays qui se prétend bilingue, mais qui te rejette dès que tu parles français.  Il suffisait d’ouvrir la bouche et de parler ma langue pour que je devienne un citoyen de seconde classe.  Je devais me battre, m’armer de patience pour obtenir les mêmes services que les autres. Un sous-citoyen. 

Voyager m’a simplement confirmé que le Canada n’est pas mon pays.  Un francophone au Canada, c’est à peine une coche au-dessus des Autochtones.  Il ne faut pas s’en faire, pour Harper, le Québec ce sont des votes potentiels pour obtenir le pouvoir absolu.  Les Conservateurs sont des fascistes

Par contre, je devais admettre qu’il y a des gens, comme Darryl, tout aussi bien chez les Canadiens que chez les Québécois.  Même que dans certains cas, il est possible de vivre une amitié encore plus profonde parce que nos différences ne nous rendent pas ennemis, mais servent à nous rapprocher et nous souder davantage dans une espèce de pays émotif, hors du commun.  Le pays de la même orientation sexuelle. Est-ce que le territoire où l’on vit a vraiment de l’importance?   Je croyais encore assez dans les Québécois pour le croire. 

L’important, c’est de se sentir heureux que ce soit n’importe où. 

L’approche de l’indépendance, dans ces conditions, est bien différente

L’indépendance mérite qu’on la préconise que si elle promet une amélioration de la vie quotidienne ou un profond rapprochement avec nos valeurs personnelles.  Un pays, c’est une amitié avec toute une nation.  C’est son miroir territorial. 

C’est pourquoi, pour se sentir bien dans sa peau, il faut pouvoir se mirer dans les valeurs du territoire où l’on vit. 

Ce doit être pour cela qu’inconsciemment, je me cherche un pays. Je ne l’ai pas trouvé, je ne peux qu’en rêver. 
 

Nouvel esprit.

Le mot « révolution» a pris un autre sens, moins émotif, plus précis, avec mes voyages. 

Dorénavant, c’est aussi important pour moi de pouvoir m’identifier à la culture française qu’à la pédérastie.  Dorénavant, il est impossible de dissocier mon amour des petits gars de l’UTOPIE.  C’est bien évident qu’une telle vision ne se réalisera pas du jour au lendemain

Envisager un monde où la pédérastie puisse être acceptée exige une approche totalement nouvelle et différente de la sexualité, de la démocratie et des structures de la société. 

C’est cesser de percevoir la sexualité négativement.

Impossible de maintenir un monde raciste, discriminatoire et violent, si on rêve d’instaurer un monde dans lequel chaque individu peut modeler sa conscience personnelle, à condition de rejeter définitivement la violence. 

Impossible de penser à un monde où l’on ne reconnaît pas l’égalité entre les deux sexes et la plus grande affinité naturelle entre les gens du même sexe, si on veut créer dans les faits une société où chaque individu est maître de son corps ou de son esprit … d’où le besoin d’une plus grande ouverture d’esprit. 

Besoin de repenser l’approche des religions pour éliminer l’impie, soit celui qui ne pense pas comme les autres.  Besoin de reformuler les structures des pays pour neutraliser la violence.

L’abolition du pouvoir d’un petit nombre sur les majorités, du riche sur le pauvre ; l’élimination du commerce des armes et des drogues d’où la perte d’un commerce qui se chiffre dans les milliards. 

La révolution devient alors une profonde réflexion positive sur l’avenir de l’être humain. 

Comment créer un tel monde à l’intérieur de celui qui existe déjà ?  Dialoguer avec un schizophrène paranoïde me semble plus facile que d’essayer de faire comprendre à nos sociétés ce dont je veux parler.  Je me sens Jean-Baptiste dans le désert.

En même temps, une telle approche élimine la violence comme arme de changement.  La violence remplace une bande de bandits par une autre bande encore plus barbare que la première.  Petit à petit, je retrouvais le sens du Peace and love.  

Je tenais au français plus que jamais, mais non pas en interdisant l’anglais au Québec, au contraire, dans un Québec indépendant, le bilinguisme des individus devient un atout et non un handicap

Fondamentalement, je croyais de plus en plus que la plus grande des valeurs c’est la VIE.  Plus j’y réfléchissais, plus je trouvais que cet élément devait prédominer.   Rien ne peut justifier le meurtre d’un humain, même pas des milliards de profits. 

Cependant, je devais admettre que les Anglophones assimilateurs au Québec se servaient des immigrants et par conséquent faisaient jouer le temps en leur faveur pour perpétuer leur croisade sans répit d’anglicisation.  

Malheureusement, ce n’était pas nous qui devions prendre la décision de reconnaître l’importance du français au Québec, mais eux.  Le jour où l’on cessera d’essayer de nous noyer linguistiquement, on aura plus besoin de trouver des moyens radicaux pour nous défendre et survivre.  C’est logique, non?  Nous avons besoin de nous défendre que si on veut survivre, mais est-ce que la langue est si importante?  Notre esprit des choses.  J’ai vite eu la réponse. Oui, elle est à la base de notre culture, de notre manière d’interpréter le sens de nos vies.

Radioactif 372

mai 12, 2022

Radioactif 372

Texte de 2008

Le français en danger.

Après 40 ans, on n’a pas encore eu l’intelligence de trouver une solution qui nous permettra d’assurer d’une façon définitive que l’avenir du Québec se déroulera en français.  Il faut toujours faire des compromis qui, avec le temps, nous entraîne dans l’assimilation anglaise à la petite cuillère. 

Quand le Parti Québécois a pris le pouvoir, on devait présenter la loi 1, qui était encore plus radicale que la loi 101.  On a plié l’échine pour donner la chance aux Anglophones d’accepter ce compromis ; mais la Cour suprême force depuis, la tenue d’un striptease de notre belle Charte de la langue française, invalidant article par article. 

Il faut noyer les francophones de sorte qu’ils restent chez eux à prendre une bière plutôt que de reprendre le combat d’un Québec français.  Quand on passera au crible la loi 104 et que l’on redonnera aux parents le choix de choisir les écoles de la langue de leur choix, on sera fait à l’os.  Comme il y a 40 ans. 

De toute façon, les Québécois s’imaginent que le problème de l’assimilation, ça ne regarde que Montréal. 

Non seulement on manque de couille, mais on n’a pas assez de respect envers nous-mêmes pour affirmer qu’il est temps de forcer ceux qui nous dirigent à trouver une solution définitive.  Le fédéral doit être écarté de tout ce qui touche de près ou de loin à notre culture.   

Qu’on appelle ça, la souveraineté culturelle, comme Robert Bourassa, si l’on veut.  Être maître absolu et unique de notre immigration.  Tout immigrant qui s’installe chez nous doit apprendre le français dans les trois premières années ou déménager au Canada (un pays qui se dit bilingue, mais qui est majoritairement pour ne pas dire de plus en plus uniquement anglais). 

Si l’on ne cesse pas de toujours ramener le problème de la fréquentation scolaire en français, il faudra opter pour une solution encore plus radicale : avoir des institutions scolaires unilingues françaises au Québec. 

Le Canada ce n’est pas mon pays, parce qu’il ne veut pas respecter notre francité. 

Sa constitution a été imposée par Trudeau qui s’accaparait de tous les projets au Québec pour les implanter au fédéral, en prétendant que ces idées venaient de lui et son gouvernement.  Ou Trudeau voulait par son arrogance réveiller les Québécois ou c’était le roi des trous- de- cul.  Le temps nous oblige à pencher pour la dernière hypothèse. 

Le problème fondamental est l’existence des partis politiques qui doivent se déculotter de leurs principes pour avoir un peu de pouvoir de séduction.   La Cour suprême doit cesser de mettre son nez dictatorial dans les lois du français au Québec. 

Si on touche encore à la loi 101, on n’a pas le choix, il faudra se séparer par n’importe quels moyens

Quand j’étais plus jeune, on me disait que nos gouvernements laissent les situations pourrir jusqu’à ce que ça explose

Faire respecter le français, c’est le seul héritage que nous a laissé le FLQ. D’ailleurs, Raoul Roy prétendait que seule la première vague du FLQ était authentique parce qu’elle mettait en priorité la situation du français.  Pas besoin de FLQ, mais des élections qui demandent de mettre au pouvoir des gens qui ont le sort du français à cœur.  La priorité des priorités. 

Il faut quelqu’un qui mette ses culottes et qui force Ottawa à ne plus jamais mettre le nez dans notre vie culturelle. 

Ça implique aussi la mort dans l’œuf des nouvelles lois omnibus. Ce qui ferait bien mon affaire à cause des règles débiles sur la sexualité que l’on veut nous imposer. 

Les partis politiques ne pensent pas à l’intérêt des Québécois.  L’exemple de Stéphane Dion est très éloquent.  Non seulement, il n’exige pas d’élections, sous prétexte que son parti n’est pas prêt ; mais il se vend corps et âme aux conservateurs pour gagner du temps, espérant une seule chose : reprendre le pouvoir. 

C’est évident que pour agir, tu as besoin d’être au pouvoir ; mais si tu es assez pourri pour nier tes principes pour éviter des élections, qu’est-ce que tu ne feras pas quand tu seras au pouvoir?  Il mérite avec son parti qu’il n’y ait pas un seul libéral d’élu au Québec aux prochaines élections.

Je maintiens l’idée de faire un X pour chaque parti.  Pas un seul parti, cette fois, ne mérite mon respect. 

D’ailleurs, depuis trois ans, mon chèque annuel comme écrivain est passé de 1,200$ à 300 $.  Je suis prêt à perdre ce 300$ pour voir le Québec devenir un pays français. 

Le fédéral et nos valeurs.

Le fédéral n’a jamais eu, encore moins aujourd’hui, de respect pour le Québec. 

Non seulement, le fédéral nous a-t-il nui dans notre développement économique (le vol légal de l’assurance-emploi, son implication moribonde pour gérer la crise manufacturière et forestière, l’aide inappropriée aux cultivateurs, etc.) ; mais il est devenu, comme les Américains de Bush, un ennemi des valeurs québécoises.        

L’exemple le plus flagrant est la façon d’aborder la délinquance juvénile.  Le fédéral est le roi des rois de la répression (dans les années 1970, la GRC mettait le feu à une grange, volait les listes de membres du Parti Québécois, faisait comme Hitler la chasse aux homosexuels qu’on prétendait des terroristes et l’agent Samson a sauté en allant déposer une bombe, etc. …  Qui a tué Mario Bachand en France?

La GRC et les services secrets canadiens sont faits de vrais bandits légaux qui opèrent encore au Québec.

Même si les provinces peuvent en théorie choisir leur façon d’appliquer les lois, comment peuvent-elles le faire si elles n’ont pas l’espace nécessaire pour conserver leur autonomie?  Il y a un lien direct entre ces nouvelles lois fédérales et les campagnes contre tout ce qui est sexuel par les médias.  Ça nous force à se demander pour qui, quels intérêts, se font toutes ces croisades quasi-religieuses et qui ressemblent à ce qui se passe chez nos voisins du Sud.  Est-ce pour la politique? Pour protéger l’espace réservé dans la sexualité au crime organisé? 

En ayant une approche religieuse ça permet de maintenir la liberté sexuelle comme un crime.  Pour vivre une sexualité plus éclatée, il faut absolument avoir recours au crime, à l’illégalité.  Ça permet de ne pas protéger les femmes qui sont sous les ordres de leur «pim».  Créer l’interdit, c’est créer le crime.  Tant que la prostitution individuelle ne sera pas permise le système protégera le crime organisé.  Belle mentalité d’hypocrisie religieuse. 

D’autre part, en se rapprochant des États-Unis qui combattent toute forme de tolérance sexuelle, on nous force à avaler les choix de la politique des États-Unis.  Notre Harper national n’a-t-il pas devancé les USA dans son appui à Israël?  La guerre Israël et Palestine est une guerre de fanatiques religieux : les juifs vs les musulmans. Ce qui nous amène avec le pétrole à la guerre en Afghanistan (la Russie n’est pas très loin). 

Le Canada veut être une puissance militaire n’est-ce pas incompatible avec nos valeurs québécoises?   Les libéraux de Stéphane Dion s’écrasent honteusement avec aucun respect pour leurs principes.  Nous sommes les proies des Conservateurs et leur politique de droite religieuse. 

Cette politique englobe aussi les actions des féminounes qui mènent leur guerre contre tout ce qui est sexe (pornographie, tourisme sexuel, etc.) plutôt que de trouver une approche qui engendre le respect de soi et l’autonomie individuelle. 

Ces valeurs millénaires et basées sur l’ignorance finissent par diviser la société entre les purs et les démons, à un point tel qu’au Québec on peut créer des partis politiques à partir de cette peur entretenue par les média.  On applique ainsi la loi du «divisez pour régner…».  Plus on continue de se diviser, moins l’indépendance est possible. 

On a maintenant une autre voie pour les plus jeunes : moi, je ne fais pas de politique. Quelle belle démocrassie! 

Le fédéral est une institution financière comme les autres. On veut garder le Québec non pas parce qu’on nous aime, mais bien parce qu’on est payant.

Le sexe n’est pas péché.

À mon retour de voyage, grâce à mes expériences, j’avais déjà évolué.  Je ne voyais plus la sexualité comme quelque chose de mauvais ou de criminel, en autant qu’elle ne soit pas violente ou une forme de domination.  En d’autres termes, toute expérience sexuelle doit être consentie et apporter du plaisir, voire du bonheur.   Le bonheur repose surtout sur l’estime de soi et de la vie.  Il est intemporel.  Il se construit minute par minute. 

Pour moi, il était évident que Dieu ne pouvait pas savoir de ce dont il parlait quand il condamna la sexualité.  Le péché est un manque d’amour.  Dans mes expériences sexuelles, je tends au contraire à donner de l’amour aux autres. Y a-t-il de bons ou de mauvais amours?   Tous les amours sont bons, mais à des niveaux différents. 

Souvent quand on est plus jeune, une expérience sexuelle est un geste d’égoïsme, l’autre est inconsciemment un symbole, mais il n’y a rien de mal à cela, ça fait partie de notre développement.  La Bible, le Coran, les Évangiles ou toutes autres idéologies sont des inventions humaines.  

Cependant, si on veut respecter la liberté des autres, il est faut aussi leur permettre d’être scrupuleux.  Ça fait partie du droit à dire oui ou non, à se créer une morale personnelle.  C’est une question d’expériences et de conscience. 

Le scrupule naît de notre éducation depuis la tendre enfance.  L’empreinte primaire est tracée selon la façon dont on perçoit le comportement de ses parents, surtout durant la petite enfance, face à la nudité, la merde, la tendresse, la violence et l’opinion des autres.  

Tout dépend de son éducation, d’où la répression sexuelle est surtout vécue chez les bourgeois ou les fanatiques religieux. Un jeune de deux ans qui se fait joliment rabrouer parce qu’il est nu devant des invités, qui se sent profondément humilié ou rejeté, sera traumatisé pour le reste de sa vie.  Ou il aura une soif irrésistible et surprenante de se déshabiller adulte à certains moments, juste pour se prouver qu’il en vaut la peine, qu’il est libre ; ou il fera partie de toutes les organisations qui s’insurgent contre la nudité.  Tout dépend de sa propre force intérieure, de sa libido. 

Sauf que devenu adulte, on confond facilement être à sa place, se respecter et être scrupuleux.  Ce que les autres pensent de nous devient très important, d’autant plus qu’on se croit plus pur que les autres. 

Les scrupuleux sont souvent divisés entre les désirs qui les assaillent et les règles qui ont régné sur eux depuis leur enfance.  Des bombes à retardement d’hypocrisie.  Le problème avec les scrupuleux, c’est qu’ils se pensent si parfaits qu’ils se doivent de gérer le comportement sexuel de tout le monde.  De vrais jaloux. 

Je me savais pédéraste, mais je ne m’aimais pas à cause de la culpabilité engendrée par la morale de mon enfance. 

En fait, j’avais peur de ne pas avoir raison, que mes amours soient négatifs pour les jeunes avec qui je le pratiquais.  Je me croyais le seul pédéraste de l’humanité, une erreur de la nature.  Mais la vie m’a prouvé qu’être pédéraste, c’est tout à fait bien et normal, c’est-à-dire la réponse à ce qu’est ma nature profonde. 

Pour la majorité, je suis un malade…parce que je ne suis pas hétéro.  Et je suis aussi rejeté des gais parce qu’ils ont peur de ce que les autres penseront de l’homosexualité vue comme cause de perversion chez les jeunes.

Selon mes gênes et mes hormones, je suis tout à fait normal puisque exactement ce que commande ma nature.  La seule limite intelligente quant à mon comportement est le respect de la réponse de l’autre. 

J’avais encore besoin de me justifier, de me prouver que je n’étais pas plus mauvais qu’un autre  D’ailleurs, je vivais sans aucun rapport sexuel avec la majorité des jeunes qui m’entouraient.  J’aimais leur présence, leur énergie, leur spontanéité, leur chaleur et surtout leur authenticité. Ça me nourrissait et ça me suffisait. 

Je n’étais pas assez fou pour ne pas percevoir que la très grande majorité des gens, incapables de réfléchir sur la morale qui les oppresse, ne me pardonnera jamais, même si le jeune aura été le plus heureux des gars durant cette liaison.  Selon le système, aucun jeune ne peut être heureux de vivre une expérience sexuelle hors-norme. Heureusement, de plus en plus d’enquête profonde prouvent le contraire si on laisse les jeunes s’exprimer. Les adultes oublient ce qu’ils ont vécu quand ils étaient jeunes, ils préfèrent ne pas penser… C’est idiot, mais c’est comme ça. 

On refuse la réalité pour qu’elle se plie aux enseignements, aux règles qui nous dirigent aveuglément depuis des millénaires.  On est dû pour une réflexion profonde sur la sexualité et surtout d’avoir la sagesse de modifier les lois, en retrouvant la liberté.

Qu’on le veuille ou non, le problème de surpopulation trouvera sa meilleure et sa plus naturelle solution dans l’homosexualité, intergénérationnelle ou pas.  La nature est plus dégourdie que nos grands penseurs religieux.   Quand on sera assez intelligent pour ne pas classer la sexualité dans les perversions, la vie changera pour le mieux. 

Shuhed 2

mai 11, 2022

Shuhed  Ali (2)

Les apparences et les interprétations sont souvent trompeuses.

Aussi, pour qu’il n’y ait pas de confusion, je tiens à préciser, à la suite du premier texte sur Shuhed,  que son père, Adam,  l’aimait beaucoup.   D’ailleurs, son père aidait beaucoup les gens de sa communauté.  C’était un  homme très généreux. Il savait que Shuhed était heureux chez moi, ce qui explique son approbation.

Le choix quant au travail plutôt que l’école était sûrement pour lui très justifié. Ce n’est pas bon ou mauvais de voir les choses de différentes façons, d’angles différents et il faut apprendre à respecter les différents points de vue.

Shuhed habita sporadiquement chez moi. Pour lui, j’étais comme un père.

Je me rappelle que, plus tard, Shuhed avait été un bon moment sans travailler et je lui avais reproché. Ce pourquoi il m’avait dit de me faire une idée, car je chialais parce qu’il ne travaillait pas et que du moment où il travaillait, je chialais encore parce qu’il ne se reposait pas assez. Shuhed était très travaillant, mais comme pour tout le monde, il y a eu des moments sans emploi.  Ce sont des petits souvenirs qui me reviennent et qui me rendent encore plus nostalgique

Ce sont des souvenirs qui nous permettent de voir que la vie est faite de petits incidents qui prennent une toute autre dimension quand le mort se présente. Même ces petits moments deviennent importants en soi.

Je remercie Adam de m’avoir fourni l’occasion de vire avec Shuhed et Rouhed.

Une nièce qui a bien connu Shuhed eut la même surprise que moi quand j’ai découvert son âge véritable. Shuhed avait l’air d’un gars beaucoup plus jeune que la réalité. J’étais convaincu qu’il avait environ 14 ans quand il a vécu avec moi. Si ce n’avait pas été de ses papiers officiels, je n’aurais jamais cru qu’il avait 17 ans. Même aujourd’hui, ça me semble bizarre car sur sa photo, il a l’air d’un gars de 14 ans environ.

Si j’ai de la difficulté à croire l’âge des papiers, imaginez une personne qui n’a jamais vu ces papiers.

Shuhed a réussi à me rendre curieux quant à sa culture et sa religion. J’ai beaucoup de respect pour les étrangers, grâce à lui. J’ajouterais :  « Merci Allah! »

Radioactif 371

mai 11, 2022

Radioactif 371

Texte de 2998

Prostitué : pour apprendre.

Vivre l’expérience de la prostitution, ce n’est pas quelque chose que l’on suggère à qui que ce soit parce que ça peut être très destructif si la personne n’est pas consciente et prête à le vivre. 

Ce n’est pas nécessairement bon pour évoluer dans la vie.  Il est possible de se développer sans ça, mais il faudrait arrêter de voir ça comme la fin du monde.  L’enfer sur terre.  Je voulais connaître la Vérité.

Pour que la sexualité soit négative pour toi, tu dois y coller une valeur religieuse.  La prostitution est un droit individuel comme celui d’une mort digne, dans l’espace réservé à la vie privée.  On naît seul et on meurt seul.  La violence et les drogues sont bien pires que la prostitution.  

Par contre, si tout le monde était prostitué ou pédéraste, la cohésion sociale mangerait toute une claque puisque les familles ont besoin de stabilité pour la période où les jeunes sont à la maison.   Ce serait invivable. La pédérastie a une forme d’égoïsme qui s’assume dans le sens que l’on reconnaît que c’est une liaison qui nous ait tout à fait agréable. Malheureusement, on ne peut pas savoir s’il en est totalement de même pour son partenaire.

L’homosexualité est une exception à la règle, car, on peut encore fonder une famille. L’adoption permet d’avoir des enfants. 

Une relation sexuelle, sans amour et sans lendemain, ça ne donne pas grand-chose.  C’est peut-être payant, mais ce n’est pas aussi valorisant qu’un travail plus conventionnel.  Vendre ou loué son cul au lieu de ses bras ou son cerveau, ça se vaut physiquement. Et, le pire c’est plus payant que de travailler à l’usine.  Comme il est plus payant de jouer au hockey que d’enseigner, une aberration de notre société.  Une de nos bêtises sociales : juger la valeur d’un travail en fonction de ses profits.

 Accompagner quelqu’un dans une petite vite , c’est un petit plaisir très passager, si on aime vraiment jouir.  Une forme de narcissisme.  Par contre, les jeunes n’ont pas besoin d’attendre un plus vieux pour avoir l’occasion d’expérimenter la sensation des caresses, mais c’est à eux, non aux parents, de choisir le ou la partenaire.  Il n’y a pas de danger sur le plan physique, à part les MTS dues à l’ignorance.  C’est le contraire de ce que la morale bourgeoise pense et enseigne.

Le problème quand tu es jeune, c’est de te sentir «dévalué » quand éclate ta relation.  On est trop sujet aux peines d’amour quand on est jeune.  Et, ça fait encore plus mal que chez les adultes.  Quand tu casses ta relation amoureuse la première fois, t’as l’impression que la vie vient de se terminer, que plus jamais tu ne rencontreras une personne que t’aimeras autant.  C’est une des causes du suicide chez les jeunes. 

Cette incapacité de donner le droit au temps de soigner sa peine est toute juvénile.  Quand on est jeune, on s’imagine être un cas unique.  Comment leur apprendre que c’est une chose commune, si on refuse toujours d’aborder le sujet sans scrupule et dans la transparence la plus complète. 

Par contre, j’avais tout ce qu’il fallait pour plonger dans l’univers de la prostitution.  Pour moi, m’offrir, c’était plutôt une forme de charité envers ceux qui avaient des problèmes à se trouver un partenaire. 

Plutôt que de voir un manque de sexe comme un sacrifice volontaire, je percevais ça plutôt comme une perversion masochiste « du sacrifice » pour sublimer son image, un sacrifice inutile et contre-nature.  Je pensais un peu comme dans lefilm La vraie nature de Bernadette, dans lequel Bernadette fait des pipes aux vieux du village pour leur rendre le sourire et la vieillesse un peu plus agréable.   

J’aimais aussi sentir que je poignais.  Être laid et désiré quand même, c’était pour moi une revanche sur ce que la nature ne m’avait pas donné.  Une sensation admirable : d’autant plus que je faisais la planche et je mesurais, je comparais les plaisirs cumulés, selon la façon d’être sucé.  J’étudiais les techniques.  Les essais ont fait en sorte que j’avais de moins en moins peur de ceux qui me couraient après.  Cependant, ce n’était pas ce qu’il y a de plus intelligent, car un malade qui panique parce qu’il se sent coupable, sali d’avoir joué aux fesses et qui décide de te faire payer pour son péché, c’est toujours possible et ça ne leur paraît pas dans le visage quand il te «cruise».

Mais, j’avais grâce à mon petit côté révolté une petite tendance à la délinquance.  J’aimais ce rapport avec le danger et j’admirais ceux qui pouvaient le vivre encore plus jeune que moi.  J’étais peut-être un peu paranoïaque, dans le sens que je faisais bien attention pour ne pas risquer d’avoir des surprises quand je décidais d’accompagner quelqu’un qui semblait me désirer.  J’adorais ça aussi parce qu’alors j’avais l’impression de remplacer le jeune avec qui, moi, j’ai des contacts sexuels.   J’étais le serein d’un plus vieux que moi. En vivant ainsi, je savais ce que peut ressentir le jeune quand il est avec moi.  Je voulais comprendre la nuance entre ce qui est agréable et pénible quand tu es le jeune.  Comment percevoir la vraie nature du jeune pour ne pas le brimer ? 

J’ai compris que les rapports sexuels chez les jeunes doivent absolument être un jeu pour que ce soit agréable pour eux.  L’aboutissement normal, le plaisir le plus complet.  Pour l’exprimer, j’ai inventé le terme d’amourajeux pour le pédéraste ; amourajoie pour la forme d’amour.  Une limite naturelle à toutes les relations : l’obligation d’être agréable pour le jeune. 

Je rejetais d’emblée toutes formes de relations basées sur la violence, l’intimidation et je dirais l’inconscience avec la fausse excuse : je ne savais pas, j’ai été trop surpris pour réagir. 

Pour les gens, j’étais pervers ; mais dans ma tête, je respectais plus ceux avec qui   « je trippais » que le système d’exploitation dans lequel nous plongeons tous volontairement ou non.  Il faut bien gagner sa vie.  En fait, ça pose la seule vraie question : qui sommes-nous et que faisons-nous sur cette terre?  Sommes-nous éternels ?   Il n’y a qu’une vérité : on ne sait rien. On ne sait pas qui on est, d’où on vient et où nous allons. 

Je me servais de mes expériences pour mieux comprendre ce que les jeunes qui venaient avec moi vivent réellement, car nous sommes tous fondamentalement pareils.  Le discours du jeune entrâiné et malheureux était selon toutes les expériences que je vivais d’une fausseté absolue. La culpabilité ne peut exister que si on arrive à te faire croire que le sexe est quelque chose de mal. Et, le système nous ment pour mieux nous exploiter. Où est la vérité? J’aime ou je n’aime pas. La liberté est notre plus grande richesse.

Retour retardé.

Le temps passé à Vancouver fut marqué par la visite de l’île de Vancouver.  Je capotais littéralement quand j’ai vu comme c’est beau d’avoir des fleurs partout.  L’île est certes une des merveilles à visiter quand on va au BC. 

Il y a une plage de nudisme, là où je voulais me rendre ; mais cette destination fut changée pour visiter ce que l’on appelait les « Rain forest trail ».  À cette époque, cette merveille de la nature était indiquée seulement par une petite pancarte. À cause de la dimension des arbres, la flore est d’un vert si tendre que tu penses arriver sur une autre planète. 

J’ai passé le reste de mon temps à écrire à Vancouver.  Je n’avais même plus le temps de jouir de la vie.  J’avais deux romans en marche de front.  Le retour pour le Québec était prévu pour le lendemain matin, aussi le soir, avons-nous pris une maudite bonne brosse.  J’étais tellement saoul que je ne me rappelais plus quel chemin prendre pour aller me coucher. 

J’étais devant un hôtel.  J’ai décidé de m’informer.  La porte était close et il y avait un jeune homme près du bureau de réception.  J’ai d’abord frappé à coups de poing dans la porte en criant en français que je voulais une information.  Le jeune semblait paniquer et il a téléphoné.  Soudain, je me suis rendu compte qu’il ne pouvait pas me comprendre puisque je lui avais parlé en français.  J’ai recommencé à frapper un peu plus fort, pour avoir son attention, car il semblait quitter la salle, mais en parlant cette fois en anglais.  La vitre se brisa d’un coup.  J’étais sidéré. 

Je ne savais plus que faire, donc, je suis parti à pied ; mais j’étais tellement saoul que je suis revenu sur mes pas et je me suis ramassé nez à nez avec la police.  Elle n’avait qu’à me cueillir. 

On m’embarqua dans le panier à salade. Il y avait déjà un autochtone.  On aurait dit qu’ils faisaient exprès pour nous faire «revoler» partout.  Quand je suis arrivé au poste, on a pris mes souliers et l’on commença à prendre mes empreintes.  Les policiers ne savaient pas que je parlais anglais et que je comprenais tout ce qu’ils disaient à mon propos ainsi que pour l’autochtone. Des propos exprimant leur dédain des français.  Tout dans leur langage était affreusement raciste. 

À chaque fois, que le policier s’efforçait de prendre mes empreintes, je m’arrangeais pour donner un petit coup de façon à étendre l’encre et le forcer à recommencer.  Là, il manifestait combien de plaisir il aurait à tuer un de ses maudits français. 

Je recommençais à chaque fois mon petit jeu avec le sourire innocent jusqu’à ce qu’il me frappe à l’abdomen.  Les coups étaient drus.  Je n’ai pas eu d’autre choix que de lui permettre de compléter son travail.  Le lendemain, je me suis présenté en cour, refusant toujours de parler anglais.  L’interprète était affreux.  Il racontait des affaires qui n’avaient aucun sens.  

Quand, à la fin, le juge décida de remettre la cause à plus tard, je me suis permis de lui demander en anglais : « Where are my shoes?  »   Question qui fit rire l’assistance.   Une telle prolongation de séjour à Vancouver dépassait les moyens financiers à ma disposition.  Je ne pouvais pas dépenser davantage et prendre mon billet d’autobus, comme prévu. 

Je suis parti sur le pouce dans l’espoir de me rendre à l’auberge où j’étais déjà arrêté.  Le diable n’y était plus. 

J’eus juste le temps de me faire quelques amis et refuser de me rendre sur une île à la recherche de champignons magiques.  En cour, je refusais toujours de parler anglais.  Le juge m’a sentencié à une amende. 

J’ai quitté la cour, le poing dans les airs, comme le FLQ, et je me suis mis à chanter en français, même si je chante affreusement mal : Prenons un verre, buvons en deux, à la santé des amoureux.  Et, merde à la reine d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre.  Ça l’air brave comme ça, mais personne ne comprenait le français.

L’armée du salut est intervenue et a payé mon billet pour que je revienne à Montréal.  Personne ne pleura mon départ.   On le souhait même.  Je n’ai jamais revu David par la suite.  Il était retourné, j’imagine, chez ses anciens amis. 
 

Shuhed Ali

mai 9, 2022

Shuhed Ali (02-02 1977- 09-05-2022)

Je ne publierai pas de Radioactif demain, car je veux consacrer la journée à la mémoire d’un des trois garçons avec qui j’ai vécu. C’est un moment très difficile à digérer.

J’ai connu Shuhed quand il avait 17 ans. Je l’ai rencontré dans un magasin  situé en face de l’appartement de Gabriel Charpentier avec qui je vivais.

Notre première sortie s’est faite à la cachette, en ce sens, que j’avais obtenu la permission de son père pour l’amener à la ronde. Dès que le OUI fut prononcé , moi et Shuhed, en courant, on s’est dépêché d’aller prendre le métro pour être sûr que son père ne change pas d’idée.

Retournant au Bangladesh, Adam. devait trouver quelqu’un pour garder Shuhed. Shuhed insista tellement pour vivre avec moi que son père décida qu’il vivrait avec moi plutôt qu’avec sa tante. J’ai trouvé un appartement, le 2240 Quesnel, où nous avons vécu une si belle année que l’an suivant son père m’y amena Rouhed, qui n’avait que neuf ans.

Rouhed est mort en 1994 et me laissa une lettre d’adieu qui commençait par Cher papa Jean. Depuis, Shuded m’appelle père.

Shuhed fut séparé de moi parce que son père considérait que l’école n’était pas importante et que Shuhed devait continuer à travailler dans ce en quoi il excellait, soit cuisinier.

Un de ses oncles acheta un restaurant à Hamilton et Shuhed s’y installa. On demeura en contact jusqu’à sa mort. Les relations ne furent  pas toujours pas faciles.  J’aurais bien aimé qu’il en soit autrement.

J’ai profondément aimé les garçons qui sont demeurés avec moi. J’ai toujours cru que c’était ma responsabilité d’être toujours  là pour eux. La seule chose que je me reproche quand je songe à eux, c’est de ne pas en avoir fait plus pour les rendre heureux.  Quand on joue au père, on a toujours des petits moments qui engendrent la culpabilité de ne pas être parfait.

Shuhed était un garçon enjoué. Il devenait tout excité quand on chantait en groupe : Quand l’appétit va, tout va, de Balou, dans Le livre de la jungle. Il me rendait responsable de tous ses problèmes disant que mon sen de la liberté creusait un fossé avec sa culture. Je veux juste lui dire : Je t’aime et je t’aimerai toujours.

Radioactif 370

mai 9, 2022

Radioactif 370

Texte de 2008

À poil pour contester.

Ma plus grande surprise de retour à Dawson Creek fut d’apprendre que la jeune autochtone qui suivait le cours avec nous avait quitté la classe parce que le grand chef cuisinier, le professeur en charge, était constamment sur son dos.  Elle a fini par craquer et abandonner les études dont elle était tellement fière. 

Dès mon arrivée, je l’ai remplacée pour subir les manifestations de racisme de ce monsieur : j’étais francophone.  On apprenait la cuisine, en préparant les repas pour tous les gens sur le campus.  Il ne me lâchait pas.  Je me souviens vaguement qu’il m’avait surtout puni parce qu’un matin j’étais arrivé quelques minutes en retard.  Je n’avais pas de cadran et mon ancien ami curé qui devait me réveiller, pour se venger, j’imagine, m’a laissé passer tout droit.  Je devais, dès la première paye, m’acheter un cadran pour être autonome.  

Quoiqu’il en soit, j’ai décidé de lui offrir la leçon de sa vie.  Mon chef cuisinier fasciste m’a convoqué chez le directeur.  J’y suis allé avec un beau grand couteau de cuisine à la ceinture.  Je l’ai laissé m’engueuler, mais je lui ai expliqué ensuite, en frappant le couteau sur le bureau et en le lui pointant gentiment sous la gorge que je déteste le racisme et le fascisme.  Je fus très convaincant.  Il n’avait plus du tout envie de discuter. 

J’étais d’abord content de mon exploit, mais quand j’ai fait du pouce plus tard, l’homme à qui je me vantais de ma colère me demanda :  » Qu’est-ce que t’aurais fait, si dans sa peur, il aurait eu une crise cardiaque? »  Je n’y avais pas pensé et j’avoue qu’en entendant cette réflexion, je me suis trouvé pas mal idiot de ne pas y avoir songé. Je voulais qu’il comprenne et je n’avais pas pensé que ça aurait pu mal tourner.  Je ne me trouvais plus aussi brillant.  L’atmosphère était devenue pénible. 

J’ai décidé de quitter le cours en employant un moyen qui leur resterait dans la mémoire longtemps.  Aussi, aie-je mis tous mes vêtements dans ma case à l’arrière de la cafétéria.  J’ai enfilé mon costume blanc comme à l’habitude, mais quand la cafétéria fut complètement remplie, je me suis déshabillé dans la cuisine à l’avant et je me suis rendu, complètement nu, à l’arrière de la cafétéria. 

C’était affreusement drôle d’entendre les hurlements comme si j’avais été entouré d’une ceinture d’explosifs.  Mon geste résonna encore plus que ma visite chez le directeur. 

Les jeunes vinrent me trouver et me demandèrent ce qu’ils devaient faire.  Ils étaient prêts de toute évidence à tout démolir, si je prenais la tête de la rébellion ; mais ce n’était pas ce que je voulais.  

Je me suis rhabillé et je suis allé au dortoir chercher mes affaires pour retourner à Vancouver.  J’ai croisé un groupe de surveillants qui me cherchaient.  L’un d’eux me demanda :  » Have you seen this dem french man ? Et, je lui ai répondu : « Non, toi ?  »            

À Vancouver, j’ai raconté l’incident dans un journal hippie, mais à la taverne, un des jeunes résuma sa façon de voir la chose en me disant : «Ce ne doit pas être vrai.  Il t’arrive toujours des affaires comme ça, de brave entre les braves, seulement quand tu es seul.  Ce n’est pas bizarre, ça? ».  Je n’avais pas à être cru, je l’avais fait c’est tout.   . 

J’ai compris que la nudité est une forme plus qu’explosive de contestation dans une société scrupuleuse comme la nôtre.  Verrais-tu ça en Chine, tout le monde à poil?  J’écouterais les jeux en direct : les petits asiatiques sont de toute beauté! 

Saint Québecor !

C’est étonnant de voir les média de Québecor se prendre pour les nouveaux curés du Québec.  Non seulement, ils se font un plaisir quasi hystérique de parler de tous les cas de « cul » qui se présentent en cour ; mais voilà t’y pas qu’ils veulent remplacer Radio-Canada, dans la diffusion des bons préceptes religieux sur la sexualité, en dénonçant le tourisme sexuel à l’étranger. 

Je crois qu’il y a une différence fondamentale entre tomber en amour avec des jeunes et les louer comme des objets sexuels qu’on jette dès le départ.  C’est un manque de respect pour ces gens qui nous plaisent une journée et qu’on échange comme des cochons, le lendemain.  Je ne crois pas à l’amour dans de telles conditions. 

Par ailleurs, je n’ai rien contre tomber en amour en voyage dans un pays étranger.  Au contraire, même si ça permet des relations sexuelles, la libido nourrit la passion et cette passion peut être créatrice.  Elles créent des liens comme toute relation humaine doit le faire.  Pourquoi pas ?  L’amour est d’abord physique avant de devenir un échange plus intellectuel et je dirais même psychique.  

Il y a une différence entre forcer quelqu’un à avoir des relations avec toi et finir par avoir des relations avec quelqu’un qui nous plaît et à qui on plaît.  Un échange de bonheur.  Il faut cesser d’être hypocrite. 

Quand tu crèves de faim, ce peut être un moyen que tu choisis, qui n’a rien d’une dévaluation de ta personnalité, pour essayer de t’en sortir.  C’est bien beau d’être scrupuleux quand tu as tout ce que tu veux dans la vie.  Cependant, c’est aussi une question de valeur, personne n’a le droit d’abuser des autres s’ils ne consentent pas.   Le sexe fait partie de la vie privé et du droit absolu, pour chaque individu, de dire oui ou non.  

Comme je le disais l’autre jour, en parlant de tourisme sexuel, au lieu de mettre les gens en dedans, ceux qui sont pris devraient être obligés de subvenir aux besoins (une allocation) des prostitués (es) pour lesquels ils sont trouvés coupables de façon à ce qu’ils (elles) puissent aller à l’école ou gagner leur vie autrement, sans que leur famille en souffre. 

Si tu veux jouer aux fesses ailleurs, tu dois être assez responsable pour aider ces pauvres personnes à se sortir définitivement de la misère.  Je ne comprends pas pourquoi nous avons à jouer aux prudes et ainsi ignorer les vraies causes profondes du tourisme sexuel. 

Le chantage peut aussi devenir un objet pour favoriser ce tourisme.  On peut exiger des amendes, kidnapper, etc.  Ça ne se joue pas seulement d’un bord.  Le gros cochon qui profite de la victime, selon nous, aide peut-être plus ces gens que la bande de moralistes qui épient sans cesse le fond de nos culottes parce qu’ils sont jaloux et ne sont plus capables de jouir. 

Si, dans le monde, la prostitution individuelle était légalisée, tout en renforçant toutes les lois contre le proxénétisme, on aurait pas besoin de dépenser des fortunes pour faire croire que nous avons un rôle à jouer dans la morale sexuelle mondiale…comme un bande d’hypocrites.  Ta seule responsabilité sexuelle, c’est ton propre cul (ça l’air vulgaire, mais c’est exactement ça).  Occupe-toi de toi.  Augmentez les salaires et les possibilités d’emplois dans les pays où il y a beaucoup de prostitution, ouvrez des écoles comme le fait M. Gérin-Lajoie (lui, c’est un vrai héros) et vous combattrez efficacement le tourisme sexuel.  On se prostitue pour manger ou parce qu’on aime ça ou les deux à la fois. Pourquoi avons-nous besoin des autres pour nous faire la morale?           

Quant à la morale : les pires sont ceux qui permettent qu’il y ait encore autant de pauvres sur la terre.  La liberté sexuelle, c’est nécessairement un choix individuel  pour ou contre. Ce doit être réglé sur le plan individuel et non collectif. C’est ça la liberté de conscience.

Les « mots »

Avec le temps, comme le chantait Léo Ferré, le sens du mot  «révolution » a évolué et changé de signification, tout comme ma façon de voir la sexualité s’est raffinée. 

J’ai cessé de croire dans la révolution militaire ou terroriste parce que la violence engendre la violence.  On remplace une bande d’exploiteurs par une autre bande d’exploiteurs, portés plus à gauche ou plus à droite. 

Je ne sais pas pourquoi, on dirait que tous les politiciens, par exemple, entrent en politique avec le feu sacré et l’envie folle de changer le monde pour le mieux ; mais au fur et à mesure que les années passent, ils pourrissent. 

Ce sont d’ailleurs ces 40 ans de frustration et de vils espoirs qui sont devenus les pires obstacles à l’indépendance du Québec.  Toutes les institutions qui avaient été créées pour le bien du peuple ont été vendues à des étrangers ou détournées de leur fin.  Seulement un petit groupe s’est encore enrichi.  Le mot professionnel est presque devenu synonyme de licence pour exploiter les autres

Par exemple, les hausses successives des prix d’Hydro-Québec.  En soi, il n’y a pas de problème, car 75% des revenus reviendront au service du peuple (qu’on le veuille ou non, c’est une des belles décisions des libéraux du Québec).  On va peut-être cessé de nous casser les oreilles en nous comparant toujours aux autres.  C’est nous qui avons payé pour créer Hydro-Québec, pas les voisins, comme on a fumé pour construire le stade olympique. 

Parlant de fumer, on est vraiment tombé sur la tête avec les nouveaux règlements d’affichage dans les dépanneurs.  Je ne fume plus depuis plus d’un an, mais à force de les voir aussi débiles, ça me tente de recommencer juste pour les envoyer promener, ces bandes d’idiots !  Heureusement, je m’aime, donc je me retiens. 

C’est un exemple flagrant de manque de couille : si on ne veut pas qu’on fume, qu’on l’interdise ; sinon qu’on nous fiche la paix ainsi qu’aux fumeurs.  On a qu’à les avertir qu’ils ne seront pas soignés aux frais de l’État s’ils continuent de fumer et que cette habitude crée la maladie qui les frappe.  Un choix à faire. 

C’est la même chose pour la sexualité : ceux qui sont pour la liberté sexuelle devraient pouvoir vivre cette merveilleuse liberté, tout en apprenant à respecter les autres.  Tout le monde est maître absolu de son corps et de son esprit. 

Les scrupuleux n’ont qu’à s’occuper de leur derrière et qu’ils fichent la paix aux autres.  Seules conditions pour vivre cette liberté : le consentement mutuel, la non-violence, la responsabilité (en amour tu crées automatiquement des sentiments dont tu es responsable) et que ce soit agréable. 

Que tu vendes tes services, que tu les échanges, etc. ça ne regarde que toi.  Il faut dégrossir le tapage fait autour des relations sexuelles et des procès.  Que Québecor abandonne sa soutane.  Le pire combat à mener, c’est la non-violence, le racisme et toutes les discriminations créées par les religions, en d’autres mots, les droits de la personne

Doit-on cesser de payer ses impôts quand notre gouvernement déclare la guerre et qu’on est pacifiste ?  Une chose est certaine, on ne pourra jamais changer le monde seul.  Et, il faut trouver des moyens pacifiques pour y arriver.  Instruire le monde, l’école, c’est la première chose. 

Nu dans le lit.

Le retour sur le pouce fut long et difficile.  Pire, en arrivant à Vancouver, je n’ai pas pu retrouver le groupe de David.  J’allais donc être fauché jusqu’à ce que je m’arrange à nouveau avec le bien-être.  Pour une fois, j’avais faim.  Je faisais connaissance avec cette urgence intérieure.  Le soir d’avant, j’avais dormi sur le ciment dans un terrain de stationnement.  J’étais plutôt mal en point.  C’était nouveau pour moi.  Je faisais face à la misère humaine pour la première fois de ma vie. 

Par hasard, un vieux monsieur s’intéressa à moi.  Les présentations furent très courtes.  Les clauses du contrat très vite précisées : n’importe quoi, sauf être enculé, car je déteste.  Il m’amena au restaurant et me paya un repas de roi. Tel qu’entendu, puisque je n’avais rien à craindre de lui, je me suis rendu à son appartement.  Douche, le laisser me caresser et puis dormir nu sur le lit.  C’était tout ce qu’il voulait.  Était-ce son âge ?  Il avait au moins 75 ans. 

C’était plutôt un geste de charité que de lui donner la chance d’avoir un gars plus jeune que lui dans son lit.  Même s’il l’avait voulu, il n’aurait même pas pu m’enculer, trop flasque !  Il sortit tous ses vibrateurs qu’il s’appliqua pendant que j’essayais de dormir. J’ai adoré l’expérience, car je servais d’incitatif aux plaisirs pour un vieux qui n’aurait probablement pas pu en avoir autrement.  Pourquoi ne pas répandre le bonheur ? Il était très gentil et très délicat dans tout ce qu’il faisait.  Cela m’a permis de m’organiser. 

J’ai commencé à travailler au journal français, le Soleil, et à passer le reste de mon temps à la bibliothèque de la ville à écrire.  J’avoue m’avoir affreusement ennuyé du journalisme.  Le journalisme, c’est comme lire un livre. C’est vivre dans une autre dimension.  La flamme de l’écriture était de retour. 

Comme à l’habitude, j’ai composé des textes qui ne seront jamais publiés. 

J’étais ravi quand David fut libéré.  C’était un poids de moins.  Il nous arrivait encore de temps en temps de « tripper» ensemble.  Par exemple, nous sommes descendus dans le hall d’un hôtel très chic qui avait mis une annonce en français.  Nous avons commencé des incantations comme les prières musulmanes jusqu’à ce que la direction nous menace d’alerter la police.  Nous vénérions le français et nous disions que nous aussi on voulait créer une nouvelle religion parce qu’on voulait devenir riche. 

Une autre fois, après avoir abondamment fumé, nous avons participé à une soirée de prières Krisna.  J’ai passé la majorité de mon temps à danser avec un petit gars.  Si cette religion était toujours ainsi, je me serais converti pour demeurer avec le petit.  

Ma libido est ce qui conduit une bonne partie de ma vie.  Puis, j’ai décidé de quitter le journal pour retourner à Montréal. Je voulais tenter de publier.

Radioactif 369

mai 8, 2022

Radioactif 369

Texte de 2008

Le retour à Dawson.

Je voulais déguerpir pour le Grand Nord, le plus tôt possible, mais je devais d’abord aller chez Gerry.  Il insistait pour que je me rende à son appartement avant de partir, car il serait seul.  Après avoir tant hésité à essayer la technique du bord de lit pour une pipe bien à point, sa première, il voulait absolument regoûter à ce plaisir avant que je quitte la ville.  Promesse faite, promesse tenue. 

Gerry était tellement emballé par cette nouvelle attraction que nous avons recommencé à une demi-heure d’intervalle, une chose qui dans mon cas serait carrément au-dessus de mes moyens depuis bien des années.  La jeunesse a des raisons de se réjouir de ce qu’elle est : la forme et la beauté, dans un seul être.  Pour me récompenser et obtenir la promesse que je me rende chez-lui dès que je redescendrais pour voir David à sa sortie, il me donna quelques joints.  Ce n’était pas le premier pot qui avait un goût de ciel avant de mourir.

Mon voyage avait porté fruit, car on s’était entendu pour qu’une des filles appelle à la prison, d’une boîte téléphonique, et parle avec David.  On savait maintenant qu’il n’avait pas été battu et qu’il vivait sa nouvelle expérience sans trop de problème.  Je considérais que par son comportement, il avait couru après les troubles, même si j’avais été inquiet de son sort comme le serait n’importe quel ami.  Je partais pour le Nord plus tard que prévu. 

J’avais peur de ne pas me rendre à la première auberge de jeunesse pour y passer la nuit, mais je n’avais pas un sou pour envisager une autre solution que la route.  Pour courir les tavernes gaies, il nous fallait d’abord pouvoir se payer le premier verre et le téter jusqu’à ce qu’un des clients te trouve assez de son goût pour venir te chanter fleurette.  Ça ne garantit pas automatiquement un lieu pour dormir.  Aujourd’hui, ce serait même demander un miracle. 

Plutôt que de prendre le risque de sécher sur mon banc, j’ai marché jusqu’à ce que je puisse commencer à faire du pouce.  Je fus extrêmement chanceux et je pus me rendre la journée même à l’auberge désirée.   Puisqu’il manquait de place, j’ai décidé que j’irais coucher dans une tente avec un autre visiteur. 

Durant la nuit, je l’entendis se plaindre : « No, I want do it ». J’ai cru comprendre ce qui se passait en lui, car, nous étions chacun dans notre sac de couchage.  Il voulait partager cet espace, mais il n’osait pas tenter les premiers pas.   Il ressemblait au diable, tellement il était laid. 

Dans ma nouvelle philosophie, je considérais que t’offrir à quelqu’un qui te désirait autant, c’était un acte de grande charité.   Aussi, me suis-je rangé contre lui, me tournant encore plus près.  La tentation l’emporta et il navigua aussi vers les nuages du paradis. Je le laissai me caresser, me manger à sa guise.   Le matin, avant de le quitter, il me remercia très chaleureusement de lui avoir permis de vivre une si belle nuit.  Moi, ça ne m’avait rien coûté et il y avait un gars heureux de plus sur terre. Aussi, le matin, avant de recommencer à        «poucer», j’en ai fumé un bon. 

Mon bon samaritain fut une jeune fille, près de la trentaine.  Elle m’épiait comme si j’étais le pire des malfaiteurs, répétant sans cesse qu’elle avait pris une chance, car elle craignait d’être violée par moi. Les femmes font souvent semblant de craindre d’être la grande victime, tout en espérant qu’elles pourront faire l’amour et s’en sortir dans le plus grand des plaisirs.  Une invitation, comme on jette une ligne à l’eau. C’était son genre. 

J’étais tellement gelé que je découvrais pour la première fois jusqu’à quel point les Rocheuses sont belles.  J’allais de coups de coeur de paysages en coups de coeur, à tel point que je ne m’occupais pas de cette pauvre femme.  Elle n’arrêtait pas de me dire qu’elle avait peur d’être violée dans le but évident d’attirer mon intérêt.  Elle était belle et gentille, mais les paysages m’attiraient encore plus.  Vexée par mon indifférence, elle m’informa qu’elle s’arrêterait pour la nuit à Prince George.  Elle voulait qu’on partage le coût de la chambre.  J’ai dû lui faire part que, dans mon cas, c’était l’absence absolue d’argent :  mais par contre, il me restait un joint.

Je ne sais pas pourquoi,  j’ai pratiquement passé ma vie toujours fauché, mais ne manquant de rien.  J’empruntais à mes amis qui savaient avec certitude qu’ils pouvaient compter sur moi pour respecter la date de remboursement. C’est ça vivre au jour le jour.  Je voulais absolument continuer, donc, je lui ai offert de partager un joint avec moi pour la remercier avant de se quitter.  Elle venait de réaliser que ma fixation sur les paysages n’étaient pas due à elle, mais à la boucane. Je me rendis en ville avec elle et je rencontrai par hasard un ancien pensionnaire de l’auberge qui me recommanda de ne pas m’arrêter trop longtemps, car les policiers de l’endroit me recherchaient pour me faire payer l’audace de les avoir dénoncés dans le journal local. 

Sur le bord du chemin, j’étais tellement gelé, que je me suis mis à voir des « flashs» comme dans l’Exorciste et avoir la certitude qu’à l’auberge, j’avais couché avec le diable qui m’appelait et me demandait de me suicider, en me jetant devant une auto.  Je dus résister à cette vision stupide.  Heureusement, j’ai réussi à me calmer et finalement, je suis parti en camion directement jusqu’à Dawson Creek.  Quels paysages ! 


Le sexe : dans le temps. 

Je ne voudrais pas scandaliser qui que ce soit en racontant que les jeunes de l’époque aimaient découvrir les plaisirs sexuels avec moi.  Ils pouvaient me faire confiance et ça faisait partie de l’évolution.  Quand nous étions jeunes, on essayait de nous faire croire que le sexe est dangereux, que de mauvais prédateurs ne songent qu’à nous kidnapper pour nous torturer sexuellement.  Comme garçon, j’ai vite compris que les souffrances de la torture devraient plutôt s’appeler les plaisirs de la découverte.  Bien évidemment, très jeune, on avait affreusement peur.  On en voyait partout et nous n’avions pourtant même pas Québecor pour mousser une campagne de peur.  On avait par contre, Allo et Photo Police. 

On ne parlait jamais de sexe sous peine de péché mortel.  L’enfer ad vitam aeternam!  On ne nous disait pas que les cas publicisés de méchants prédateurs étaient des exceptions et que la luxure qui les démange est encore moins importante que la maladie mentale qui les frappe.  Avec le temps, j’ai compris que plus on fait peur aux parents, plus on justifie les millions qui coulent de nos impôts pour assumer la prétendue sécurité de la population.  La seule sécurité qui les intéresse est la leur et celle de leur portefeuille. 

Même si les règles actuelles sont autant qu’avant un viol de conscience;  à notre époque, les expériences se vivaient surtout entre personnes du même âge.  Ce doit être la même chose aujourd’hui. 

Quand j’étais jeune, j’ai commencé comme tout le monde par croire dans leurs mensonges à l’effet que se masturber, se sucer, se caresser, c’était mal et dangereux.  Puisque j’aimais ça à la folie, je me croyais anormal.  J’ai cru que j’étais devenu méchant sans savoir ni pourquoi, ni comment.  J’ai appris à m’haïr à cause de la stupidité de leurmensonge.  Ils étaient assez fous pour se croire dans leur mensonge.  On appelait vice tout ce qui faisait plaisir et surtout dès que ça pouvait avoir l’ombre d’une connotation sexuelle. 

À cette époque, il y avait moins de danger qu’aujourd’hui à cause des MTS.  Le sida n’avait pas encore été inventé par les chercheurs qui voulaient créer une nouvelle arme pour la guerre au Vietnam.  Les MTS étaient très peu nombreuses, car il y avait peu de relations en dehors du mariage et aussi peut-être parce qu’elles étaient inconnues par la plupart des gens. 

C’est en vieillissant que j’ai découvert que leur histoire de prédateurs sexuels (en dehors de la pègre) est une pure invention à partir de faits réels survenus à tous les dix ans.  J’ai arrêté de croire dans leur prétendue lutte pour protéger les jeunes.  Je savais dorénavant par expérience personnelle que cette découverte sexuelle se fait sans violence, dans le plaisir.  C’est aussi la principale raison, à part qu’on entretient encore la honte, pour laquelle les jeunes n’en parlent pas.  Ils craignent avec raison la folie des adultes. 

Par contre, c’est un fait que toute violence mariée à la sexualité est strictement inacceptable.  Tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit.  Il faut devenir des personnes autonomes et responsables.  La censure ne sert qu’à nous aliéner, à nous infantiliser, à nous mener par le bout du nez. 

Heureusement, pour moi, ma génération fut la première à se rendre compte de cette duplicité de la peur imposée aux enfants.  Les tenants de la morale sexuelle furent les premiers à refuser que l’on mette des condoms dans les écoles secondaires : bande d’hypocrites. 

La répression sexuelle n’a jamais apporté quoique ce soit de bon pour une population quelconque.  Elle est la porte d’entrée de la paranoïa et de la psychose ; car être trop scrupuleux, c’est encore plus vicieux que la liberté sexuelle.  Elle doit avoir recours à des méthodes carrément abusives pour se maintenir.

Le sexe à l’école.

Tant qu’on continuera d’aborder la sexualité à travers la vision religieuse, nous exposons les jeunes à des réveils douloureux.  L’éducation sexuelle jusqu’à la fin du primaire doit être faite par les parents eux-mêmes afin d’éviter que les valeurs prônées dans la famille soient remises en cause à l’école, à un âge où les jeunes sont encore incapables de former leur propre jugement.  Par ailleurs, les écoles doivent avoir des livres d’éducation sexuelle à la portée de ceux qui sont plus curieux.  Des petits vites, ça existe. 

Si l’on veut que les cours à la fin du primaire soient efficaces, il faudra éliminer toute forme de moralisation stérile.  La sexualité est une belle et bonne chose.  Une invention de Dieu.  Pourquoi ?  Les jeunes détestent ceux qui abordent le sujet en mémère : le temps d’avoir honte des mots est révolu depuis longtemps.

Qu’est-ce qu’un jeune a besoin de savoir avant de devenir ado?  Ce qui se produit de plus en plus jeune, comme le démontrent les études faites aux USA.   

Il y a des choses que les filles doivent savoir et qui n’ont pas besoin d’être enseignées à un garçon : comment mettre le tampon, par exemple. C’est utile pour une fille de savoir comment s’en servir, mais inutile pour un garçon.  Par contre, les deux sexes ont besoin de savoir comment ça se passe pour créer un être humain.  Comment faire jouir une femme. L’hygiène des parties sexuelles est aussi très importante pour combattre les maladies vénériennes. 

Je me souviens que nous avions des films sur les menstruations que nous présentions.  Cela permettait de démystifier les règles, d’enlever le caractère maladif qu’on leur collait à la peau alors que c’est un processus normal et essentiel pour avoir des enfants. On montrait les changements physiques qui allaient survenir (films, textes, bandes dessinées) pour chaque sexe. Un peu comme dans Découvertes, à Radio-Canada … 

L’éducation sexuelle est une partie essentielle de la science, car elle nous permet de s’accepter et de se comprendre.  On analysait ensuite la stupidité des films pornographiques (pas besoin d’en montrer en classe, ils ont presque tous vus chez eux).  Les jeunes doivent connaître leur corps.  Il est anormal de ne pas comprendre pourquoi les organes génitaux d’un garçon se ratatinent sous la douche.  Il faut éliminer la notion de mal avec la masturbation. 

Ce sont des outils qui furent déjà utilisés dans les écoles.  On doit aussi leur apprendre qu’ils sont responsables de leur corps, qu’ils ont le droit de dire          « j’aime ou j’aime pas», qu’ils ont le droit de connaître les moyens pour les aider s’ils sont dans une mauvaise situation, etc.   Et, bien évidemment, leur apprendre à se protéger, s’ils décident de dire oui.  Il en va de leur santé.

On revient lentement à l’hypocrisie et la stupidité avec laquelle on abordait la sexualité quand j’étais jeune.  Tout était mal, tout était péché, il ne fallait pas en parler.   L’ignorance des parents, la peur maladive que l’on crée autour des prétendus prédateurs sexuels (il y a une différence entre un violent et un enjôleur) pour que la police reçoive plus de subventions refont surface au détriment du besoin des jeunes de devenir autonomes ( car, c’est ça devenir adultes) . 

Le retour au tabou sous prétexte de protéger les jeunes, voilà ce qu’est devenu l’effort pour nous libérer des religions qui passaient leur éternité le nez dans nos shorts.  Ce n’est pas à la police de dire oui ou non, c’est au jeune d’apprendre à le dire, très clairement.  Et tout ce qui n’est pas violent devrait être retiré des lois.  Ce n’est pas sorcier comme réforme. 

Qu’on le veuille ou non, si les adultes ne peuvent pas prendre cette attitude responsable, les jeunes ne seront jamais intéressés à retourner à l’école parce que les adultes leur paraîtront des gens constipés, incapables d’évoluer et surtout des menteurs et des hypocrites.  Ils ne comprendront pas que ce n’est pas une farce de dire aujourd’hui qu’il faut aller à l’école pour survivre demain.  C’est juste leur donner confiance. 

Ce n’est pas tout ce qui est nécessaire pour combattre le décrochage (la drogue, l’idéal, la perception à la maison, la stabilité des enseignants, la charge de travail, etc.) ; mais c’est une attitude incontournable.  

J’ai écrit de grands mémoires sur le sujet, mais ça fait comme avec la Transquébécoise : ça prit bien des années et bien des morts avant d’allumer et de changer les choses comme je l’avais prôné.  Je ne suis pas plus intelligent que les autres, mais j’ai parcouru bien du chemin.  Je suis pédéraste… puis, raison de plus, j’adore les jeunes.  Je n’oserais jamais prôner quelque chose qui me semblerait les entraîner dans la misère.  

La franchise, la vérité, les découvertes scientifiques sont là pour justifier le rejet de notre vérité humaine au nom d’une conception religieuse qui s’est avérée fausse.  Agir en scrupuleux, c’est être complice, avec l’ignorance, de la transmission des MTS.

Radioactif 368

mai 7, 2022

Radioactif 368

Texte de 2008

L’appel de l’amitié.

Tout allait pour le mieux, je commençais à reprendre financièrement le dessus quand j’ai reçu un message que je devais me rendre à Vancouver parce que David était en prison et que personne ne s’en occupait. 

Je suis drôlement fait.  Je n’ai presque jamais de vrais problèmes personnels, mais je passe ma vie à sortir les autres de leur enfer. .  Je sais pertinemment que les mauvaises situations que je suis obligé de vivre parce que je suis pédéraste finissent toutes par être l’enseignement le plus profond et le plus précieux que la vie m’apporte.  Le rejet que je subis présentement dans le milieu littéraire, par exemple démontre la paranoïa sociale face à la sexualité.

Je me sens enrichi par mes expériences pédérastes.  Elles constituent une forme d’adoration et mes difficultés sont comme une ouverture vers une solution future : je suis nourri comme écrivain par ces événements et je ne comprends pas encore pourquoi je m’obstine à vouloir être un écrivain, comme si ça avait une valeur au niveau de la connaissance.  Je n’ai pas besoin d’être écrivain pour vivre. Ça ne m’occasionne que des dépenses et des humiliations. Je ne comprends pas pourquoi je continue de publier. Ce doit faire partie de ma folie.

Les mauvais moments se révèlent des prérequis à de nouvelles découvertes dans la façon d’interpréter le sens de la vie.  Je ne suis pas religieux, toutes les religions sont des rackets au même titre que la mafia, mais je crois très profondément à la spiritualité, c’est-à-dire à une dimension, un monde créé à partir de l’électromagnétisme ou une autre énergie qui donne naissance à la vie, l’intelligence et la consciente. C’est cette force que l’on appelle Amour.  La réalité n’est qu’une forme de perception. 

Par ailleurs, je souffre les problèmes des autres comme s’ils étaient les miens ; assez pour croire qu’en quelque part, tous les humais ne sont qu’un seul et même degré d’énergie (essence) qui se subdivise en unité particulière. 

L’âme est, disons, une sorte d’aimant.  Son champ d’action crée notre individualité.  Je ressens leur misère comme si je la vivais personnellement. 

J’entendais David crier intérieurement sa souffrance.  Aussi, aie-je décidé de laisser mon cours, le temps de lui apporter mon aide.  Je suis parti en auto-stop pour Vancouver. 

À mon arrivée, j’ai retrouvé un groupe de jeunes qui étaient les amis immédiats de David.  J’ai passé l’après-midi avec eux à boire et discuter.  Tout le monde était sur le cul d’entendre un gars affirmer carrément aimer les petits gars. Une des filles étaient particulièrement préoccupée de mon rapport avec les femmes.  Elle n’arrivait pas à comprendre que je les aime autant que les garçons, mais d’une manière tout à fait différente.  Comment comprendre qu’un pédéraste puisse les respecter autant ?  Selon elle, bien des machos auraient eu avantage à discuter des femmes avec moi pour apprendre à mieux les respecter. 

Je n’inventais rien, chez moi, un homme ne frappe jamais, jamais, jamais une femme ou un enfant, même si je reconnais que les parents peuvent parfois avoir recours à une claque sur les fesses quand c’est vraiment nécessaire et que toutes formes de dialogue est impossible.  Idéalement, aucun geste violent ne devrait exister, mais dans la réalité parfois, c’est irréaliste  On disait dans la Bible que la peur est le début de la sagesse .  Tant que cette peur provoque une prise de conscience.  Cette jeune fille, à cause de mon âge, me surnomma Pépé.  

Épître selon St-Jean Ti-moineau.

Les Américains auront beau coucher avec la Bible entre les jambes ou sur la poitrine, la foi a pris chez eux le corbillard de l’oubli.  La foi doit nécessairement nager dans un fort courant d’idéal pour respirer et se situer dans la vie quotidienne.  Les liturgies sont des moyens pour nous impressionner, nous pénétrer émotivement, mais avec les nouveaux médias de communication, un frisson hebdomadaire ne suffit plus pour nous conduire à la foi.  Le grégorien ne peut plus nous faire autant vibrer et se mesurer avec tous les crimes décrits dans les journaux.  Nous sommes devenus des voyeurs sados-masochistes

Nos vies sont virtuelles.   Américains, (nous en sommes) nous avons mis dans un seul et même moule une goutte de foi et un gallon d’une morale sexuelle bourgeoise et débile ; tuant ainsi les raisons fondamentales pour lesquelles les religions existent : donner un sens à sa vie.

Et, nous avons étouffé. Les religions sont devenues avec le temps un discours sur la morale presque strictement sexuel, oubliant que leur vraie raison d’exister est d’apprendre à aimer, créer un idéal de vie et découvrir son Dieu, si on en veut un. 

Sauf en Amérique du Sud, où le politique (le pouvoir économique) s’est investi à travers le religieux, l’implication des religions dans la vie quotidienne des gens a été rejetée.               

Comme Richard Martineau nos grands penseurs n’y voient qu’un immense paradoxe (ils ont une vue parcellaire) parce qu’ils refusent de reconnaître que ce n’est pas la religion que les gens ont rejeté au Québec, mais la doctrine sexuelle catholique et protestante.          

Les gens en ont plein le pompon de se faire mener par le bout du nez jusque dans leur lit et d’instinct ils ont compris que ce n’est pas ça qui donne un sens à leur vie.  Nous vivons à une époque de grand transfert entre «l’amour absolu du nombril, son individualisme ou son narcissisme» et le «besoin essentiel de participer à l’évolution humaine», un engagement qui contredit ce que nous ressentons le plus profondément : notre impuissance et notre insignifiance.  

Pour que la foi ait un impact sur ta vie émotive, il faut que tu ressentes un petit «frisson de l’âme» quand tu participes aux rites religieux.   En oubliant l’essentiel, les pratiques religieuses sont devenues un moyen d’exorciser la peur de la solitude.  Ce besoin social tout aussi important que de se nourrir fut totalement obnubilé. 

Impuissants, les hommes, pour survivre, ont dû en tant qu’individu appartenir à une société et de facto laisser le pouvoir entre les mains de quelques « bandits légalisés par la loi du plus fort » pour diriger le sort de l’humanité. 

La démocratie est une longue expérience de conscientisation que nous ne faisons qu’entreprendre.  La catastrophe planétaire éminente nous donne deux choix : exiger une part de responsabilité individuelle plus grande et réelle ou avoir assez peur pour retourner aux religions qui nous prêchent les fins du monde depuis des siècles.  Les gens désertent les églises parce que les religions sont en panne d’idéaux motivants. 

Après des millénaires, la misère l’emporte sur la charité.  Les religions sont comme nos féminounes du Québec, enlisées dans leur obsessionnelle peur du sexe, oubliant entre autres l’essence même du christianisme : aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu.  Erreur qui aboutit à l’échec du christianisme.

Le monde est encore prisonnier de la survie.  Les richesses sont concentrées entre les mains de quelques-uns et la mémoire collective fait que l’on ne peut plus croire que les prières, seules, y changeront quelque chose.   Aussi, le système se sert encore plus de répression pour insuffler les commandements de Dieu dans le comportement individuel ; mais les greffes produisent souvent des rejets. 

La nature est essentiellement une forme d’équilibre qui déborde la libido.  Elle n’accepte pas de compromis hypocrites.  Le grand péché mortel de l’Église fut d’essayer de régir la sexualité individuelle jusque dans les moindres détails et pour régler le problème on a remis la responsabilité de notre sexualité au système judiciaire, dominé par l’arrière-garde conservatrice et encore plus répressive. 

Écœurés, les Québécois qui ont envoyé promener les religions dans les années 1970, se rappellent encore la raison fondamentale de ce rejet, mais se rendent compte que la religion n’était pas que des «préceptes sexuels » , même si c’était la seule chose dont ils entendaient parler par les religieux dépassés par l’arrivée du féminisme, positif et affirmation de la femme, ainsi que le droit  à l’orientation sexuelle, soit d’être homosexuel ou gai.  On a changé de nom pour que l’idée passe plus facilement…

Ça explique exactement ce qui se passe aujourd’hui : on cherche ce qui nous a échappé dans cette libération, oubliant que notre manque d’identité nous a emprisonnés dans des contradictions politiques qui finissent par nous mettre dans la figure notre manque de courage. 

On doit retrouver les racines qui nous identifient, nous unifient, nous donnent une personnalité.  Certaines femmes encore plus esclaves de la morale sexuelle d’antan règlent le problème en se jetant dans les bras d’une religion encore plus exigeante et sexiste, comme par masochisme.  Elles deviennent musulmanes pour mieux cacher leur honte d’être sexuées.  Elles se cachent derrière un voile qui cache ce mauvais corps qu’on ne saurait voir. 

Ce n’est pas étonnant, puisque la majorité des femmes sont déjà prisonnières de la mode, donc, soumises au regard de l’autre.  Cette religion qui veut dominer le monde se fait un devoir d’être vécue sans changer un iota par rapport à ses débuts, ce qui la rend encore plus déphasée.  Mais, elle offre la sécurité sous forme d’immobilisme et dans une structure où la femme est moins que rien, mais où la « vérité » est éternelle et immuable. 

L’histoire est une réalité, surtout depuis l’invention de l’écriture qui contredit cet immobilisme de la pensée.   

Pour le reste, on devient de plus en plus des Américains d’Hollywood, donc matérialistes, hypocrites, insensibles à la violence.  Le profit est le nouveau dieu parce qu’il procure la puissance et le pouvoir.  Et derrière le besoin d’échapper à notre vide, on cultive une passion pour les drogues et la violence parce qu’elle est une source intarissable de profits.  Une consommation assurée.  Un gouffre sans fond. Ionesco est un prophète moderne.

Avec les nouvelles lois pour gérer l’ancienne peur sexuelle qui persiste à travers les nouvelles féministes réactionnaires, les féminounes, on se retrouve dans une forme d’Inquisition qui fera son temps : le temps « Bush ».   La base fondamentale de cette situation grotesque est notre éducation.  Le besoin de bien paraître et de s’élever dans l’échelle sociale à tout prix. La surconsommation par le jugement des autres est une nouvelle religion portée par les médias de communication. 

Nous nous cherchons, mais nous sommes trop paresseux pour penser par nous-mêmes, donc, nous cherchons de nouveaux gourous à travers les journaux. 

Je pense que j’aurais fait un excellent curé.  Non seulement j’ai les doigts longs et agiles ; je suis un adepte inconditionnel de la communion à travers les générations ; et, j’ai un petit côté doctrinaire qui m’agace.  Il ne me manque que ma montagne puisqu’on veut déménager le mont Orford dans le comté de Johnson. Il faudra penser d’y ajouter des abris pour que les piétons puissent s’y rendre, surtout si on décide de construire un casino entre la montagne et la pointe Merry qu’on pourrait appeler « le Christmas», où règnerait la liberté de jouir de la vie et se souhaiter un «Merry Christmas», même durant le congé de Pâques. 

En dehors des griffes de la police casquée du fédéral, on pourrait recommencer à rêver d’avoir du plaisir à vivre.  Et, si on ajoute toutes les fêtes religieuses comprises dans le nouveau programme scolaire, on pourrait vivre de fête en fête à tous les jours de l’année ou presque. Est-ce une société des loisirs en perspectives?  J’opte pour les jeux favoris de mon enfance.  La flûte de Pan, surtout …!

Chez les trafiquants.

La rencontre de l’après-midi avait atteint sa cible.  Le soir, on m’amena dans le groupe auquel David appartenait.  Couché tôt, quelques filles sont venues presque nues pour tirer un joint avec moi.  Ça ne me tentait pas, je préférais dormir.  Si ça avait été de jeunes garçons, j’aurais certainement été plus sensible à leur démarche et on aurait certes pu s’entendre quant aux échanges à compléter. 

Le lendemain matin, à mon réveil, j’entendis des filles discuter de moi.  Elles partageaient leur inquiétude avec des gars, affirmant qu’elles n’avaient jamais vu un gars refuser les avances de filles qui se présentaient presque nues dans son lit et lui offraient de passer la nuit ensemble.  Comment et pourquoi pouvais-je demeurer insensible à leurs charmes? , se demandaient-elles.  Elles finirent par convaincre celui qui semblait être le chef du gang.  Il sortit un revolver qu’il plaça sur la table, affirmant qu’il saurait bien trouver.   » Si c’est un policier, il va regretter d’avoir mis le nez ici. »

Puis, une des jeunes filles se rendit dans la chambre voisine où une autre jeune fille demandait ce qui se passait et pourquoi on parlait avec autant de colère.  Les deux revinrent à la cuisine, où je fis mon apparition quelques minutes plus tard.  Dès que j’apparus dans le porche, celle que j’avais rencontrée l’après-midi d’avant se mit à rire.  Tout le monde se demandait bien pourquoi elle trouvait la situation aussi hilarante.  Elle s’exclama : «Pépé !  Voyons, c’est Pépé ! Ce n’est pas un flic, c’est un ami de David.  S’il n’a pas couché avec vous, c’est simplement parce qu’il était fatigué, mais surtout, j’imagine, parce qu’il aime les garçons. ».

Sa révélation calma le jeu, mais ce fut à mon tour de leur reprocher que personne ne se soit rendu en prison pour visiter David. On m’expliqua qu’une telle visite pouvait mettre tout le monde en danger.  Puis, on me dit comment l’incident était survenu : David avait consommé avec des amis quand la police arriva et décida de les fouiller.  Elle trouva un peu de drogue et un  » jack knife » sur David, mais l’officier n’arrivait pas à le faire fonctionner.  David, toujours baveux, en riant du policier, lui a demandé de lui prêter et il le lui fit claquer au nez d’un coup de doigt. Ce qui lui valut trois mois de prison.  Personne n’y allait, car ça mettrait le groupe en danger. «La filature, ça existe me fit-on remarquer». 

Je ne suis pas un bandit, un vendeur de dope ou rien de ce qui peut être illégal, sauf mes amours, donc, je ne peux pas comprendre d’instinct ces mécanismes de gang.  Mon ami était en prison, je me devais de l’aider, lui, seul, dans une province où tout le monde parle une autre langue et déteste les francophones.  C’était tout ce que j’avais pensé.  

Plus tard, je me suis bien amusé avec le jeune Gerry qui pissait dans son froc juste à l’idée d’avoir un pédéraste qui s’intéressait à lui.  Mais, j’avais le moyen pour l’intéresser.   Après avoir fumé abondamment, avoir ri comme des fous en regardant des bandes dessinées, nous avons décidé de gager.  Inutile de préciser ce que fut l’enjeu.  Il fallait se rendre voir le film « The Exorcist », le plus gelé possible et trouver quelque chose qui soit encore plus épeurant.  Nous avons fait l’exercice ensemble. 

Au retour, j’ai proposé l’histoire suivante : un gang de gars gelés avec une once de pot dans leur poche se rendent voir ce film qui a rendu presque tout le monde fou de peur.  Pendant le spectacle au lieu d’avoir peur, les gars se mettent à rire sans pouvoir s’arrêter ; mais ils ont repéré, par leur attitude, des policiers en civil sont assis juste derrière eux. 

J’ai remporté le concours.  Je devais retourner à Dawson Creek, mais j’avais pu un sou.   

Radioactif 367

mai 6, 2022

Radioactif  367

Texte de 2008

Bob Ray : Vrai chef libéral !

En visitant l’Ouest canadien, j’ai compris que les gens de cette région du pays confondaient «l’Est du pays » avec le Québec.  C’est plus facile de détester un territoire français que de se rendre compte que les finances, c’est à Toronto que ça se passe… 

Le Canada n’existe que pour des raisons économiques.  Les gens de l’Ouest prétendaient, comme nous du Québec, ne rien recevoir du fédéral, mais pensaient-ils, c’était à cause du Québec qui faisait chanter le pays avec sa séparation.  L’Ouest n’a jamais compris que la province qui détermine qui sera le prochain gouvernement du Canada, c’est l’Ontario. 

Le BC ressemble beaucoup au Québec sur le plan économique.  Il a le même défaut que nous : il met tous ses œufs dans le même panier : les USA.  Quant à l’Alberta et les provinces du Centre, la vraie terre promise de Stephen Harper, sa richesse tient aux pétrolières.  Quant à la mentalité, ces derniers sont aussi reculés moralement que les Américains coincés dans la Bible et les pantalons d’Israël. La vraie politique internationale des Conservateurs : lécher le cul des Américains de Bush. 

Grâce à cette ignorance, les libéraux ont été maintenus au pouvoir pendant des décennies parce que l’Ontario votait presque exclusivement libéral.  Pas étonnant que le tata Bob Ray ait fait le saut du NPD au parti libéral.  Dion est tellement faible qu’on pourrait croire qu’il vient de subir une lobotomie.  Maintenant, la partie « langage du cerveau » est déjà complètement envahie par Bob Ray.   Le vrai chef libéral s’en vient au parlement. 

Ignatief devra se contenter d’avoir un sourire de professeur d’université dans les photos du couple à trois.  C’est déjà commencé : qui a parlé du Kosovo pour les libéraux : Boy Ray.  C’est déjà lui le vrai chef libéral parce qu’on pense qu’il redonnera le vote libéral en Ontario.  Si l’Ontario a oublié comment il fut un piètre premier ministre de cette province, pas nous. 

Par ailleurs, Stephen Harper n’a qu’un seul pouvoir : l’absence des autres.  Que restera-t-il du G8 alors que la Russie se range de plus en plus du côté de la Chine et que la Serbie est devenue une nouvelle pomme de discorde pour faire oublier ce qui se passe au Moyen-Orient ?   Reviendrons-nous très bientôt au G7 et à la guerre froide ?  Qu’attend le Québec pour demander de faire partie, seul s‘il le faut, au marché européen, si le Canada ne le fait pas ? 

Au Québec, au lieu de parler du sort du français, on nous endort avec un concours à savoir qui a mieux fourré le peuple québécois.  Charest court vers une réélection, faute d’opposition intelligente.

Se masturber…

J’ai reçu une note ce matin d’une poète qui dit qu’employer les termes  » se masturbent  » n’est pas très poétique.  Je me suis permis la réponse suivante :    

« Je me permets quelques réflexions sur votre message dénonçant l’emploi du mot « masturber ».  Je ne veux surtout pas vous choquer, mais je veux vous donner mon point de vue. 

Quand j’étais jeune, je me souviens que le plus grand problème était la censure concernant tout ce qui était sexuel.  La religion nous empêchait non seulement de vivre le plaisir de jouer un peu avec notre petit zizi, mais il ne fallait même pas en parler et y penser.  Trop de scrupule, c’est très près de la paranoïa et surtout de la psychose. 

Nous utilisions aussi d’autres termes pour identifier nos plaisirs : se masturber, c’était se crosser; faire une fellation, c’était se sucer ; faire l’amour, c’était fourrer.  Comment aimer un mot scientifique comme « scrotum » quand l’emploie de poche est bien plus poétique.

Ces mots ont été décrétés grivois (les interdits de la morale sexuelle sont toujours des gestes religieux et bourgeois) et ils ont été remplacés par des mots que l’on disait plus justes parce que plus scientifiques. 

Ces mots devaient probablement procurer moins de plaisir, ou du moins, moins de fou-rire chez les jeunes dont il fallait sauver les oreilles.  Mais nous, les jeunes nous ne comprenions plus de quoi on parlait et on est demeuré niaiseux et infantilisé parce que les adultes étaient devenus tellement scrupuleux qu’ils avaient même peur des mots parce qu’ils avaient honte de la chose la plus naturelle et la plus normale chez tout être humain : sa sexualité. 

Je n’arrive pas à comprendre qu’on attache plus d’importance à la sexualité des jeunes alors qu’il y a encore autant de violence, de jeunes qui servent de chair à canon  ou de bras sous-payés dans des usines partout à travers le monde ou qui meurent tout simplement de faim ou d’un manque de médicaments.  Y a quelque chose de très fou là-dedans. 

Je vous remercie de m’avoir permis d’exprimer mon point de vue et de commencer à trouver un petit côté poétique dans le « geste ».  Soit dit en passant le poème qui accompagne votre note est très beau.  J’espère que je ne vous ai pas choquée, ce n’est pas mon intention.  Je crois qu’il y a des batailles plus importantes que la morale bourgeoise dans le monde actuel. La morale sexuelle est une forme insidieuse d’aliénation, basée sur la peur du sexe par les féminounes».

Spleen.

Mon intérêt pour l’écriture s’amenuise un  peu plus chaque jour.  Tout est devenu ridicule à cause de la censure.  Il faut être de droite et porter une robe pour intéresser les éditeurs.  Nous sommes sous une dictature féminoune

Tu écris ce que tu veux, me direz-vous.  C’est vrai, sur ce blog, mais pour qui et pourquoi.  Je ne ressens plus la foi que nous avions dans le pouvoir des mots quand j’ai inventé   » la poésie de jet « , même les poètes se prennent pour d’autres et s’imaginent jouer un rôle essentiel dans la vie des nations. 

La poésie n’est ni vertueuse, ni sacrilège, elle est une expression, une manière de dire les choses.  Les croisades de la vertu triturent les mots et nous étouffent.  Nous sommes à l’aube d’une grande crise économique mondiale. 

L’avarice des maîtres qui nous prive d’humanisme fera en sorte que tout va éclater… pour recommencer. Je préfère la liberté, mais on nous a tellement conditionné que même la liberté semble un mot suspect..  Même le ciel est contre nous, il pleut tellement qu’on ne peut même plus aller prendre une marche…


Le curé-police


Au début, tout allait bien à Dawson Creek, la porte du Yukon.  Je regardais la route en me demandant si un jour je pourrai me rendre encore plus au Nord.  Autant que je me rappelle, les cours étaient intéressants et les jeunes garçons, pensionnaires comme moi, étaient beaux et motivants.  Rien de plus captivant que de faire la cour, même si la cible semble être un agace-pissette.  La séduction est un art difficile, surtout quand t’es limité dans l’argent. 

Dawson avait aussi un autre avantage : une piscine publique.  Quel plaisir que de jouer dans l’eau avec les petits autochtones qui n’ont pas encore à avoir peur de tout ce qui est différent.  L’atmosphère est souvent plus importante que le résultat.  La vie est la seconde qui passe

J’étais arrivé à me créer tout un réseau de petits amis tant à la piscine qu’à l’école.  Il y avait parmi nous un curé protestant.  C’était l’aîné.  Je le soupçonnais d’être un indicateur de la police, car il essayait toujours d’avoir plus de détails sur tel ou tel garçon, surtout ceux qui avaient découvert les vertus de la marijuana. 

Un soir, au restaurant, j’ai poussé le curé à se choquer en lui demandant devant tous pourquoi il avait tant d’intérêt pour les jeunes.  Les aimait-il en secret?  Était-il gai?  Le pauvre curé pataugeait d’une réponse à l’autre.  C’était d’autant plus drôle que l’un des jeunes m’avait déjà servi de flûte à bec et l’avait raconté à presque tous ses camarades. 

Tous savaient que le curé n’était pas gai et trouvaient hallucinant de le voir s’emporter ainsi.  

Il confirmait de facto que le sexe n’était pas sa principale préoccupation, mais la mari. 

Je l’ai dénoncé parce que je ne voulais pas qu’un seul de ses jeunes ait des problèmes judiciaires.  Le pauvre curé venait juste de perdre la confiance du groupe et ça me confirmait que souvent les prêtres servent les fins de la police. 

La reconnaissance de mes petits camarades s’est traduite par d’autres concerts de flûte à bec.  C’est fou comme l’amour de la musique a crû dans le groupe.  Je n’avais pas que les lèvres chaudes, le bon coup de patin de la langue et la vitesse pour les garrocher au nirvana ; mais j’étais aussi un très bon chef d’orchestre. Je savais aussi jouer de la «bayette»…pour ceux qui avaient l’âme trop peureuse quoique le ciel est un grand concert qu’il faut préparer sur terre.

Radioactif 366

mai 5, 2022

Radioactif 366

Texte de 2008

San Francisco

Quand nous sommes revenus du Mexique, David a commencé à être sérieusement malade.  Nous nous sommes présentés dans un centre chrétien, un Jesus Save, pour manger et dormir.  J’étais furieux non pas parce qu’il fallait absolument prendre une douche, même si David suait de fièvre ; mais parce qu’un des membres du personnel se servait de cette consigne pour se rincer l’oeil d’une façon impudique. 

Qu’il veuille nous voir nus, pas de problème, mais sans avoir l’air d’être un voyeur compulsif.  Le lendemain, ce même monsieur refusa que David reste pour la journée afin de se soigner.  Nous sommes partis et fort heureusement, grâce à la carte d’assurance- maladie du Québec, David a pu être soigné dans un hôpital de San Francisco.  Il souffrait de la tourista.  

Je ne sais comment, il se déverrouilla intérieurement,  mais il m’a annoncé qu’il avait rencontré quelqu’un avec qui il irait vivre durant quelques jours.  Quand on s’ouvre un peu l’esprit, les réticences morales disparaissent et nous permettent de vivre bien plus heureux.  

Je suis donc parti seul pour les champs de coton, mais je n’ai pas trouvé d’emploi et je suis retourné à San Francisco.  Une ville formidable

Je me suis installé chez un homme qui recevait des touristes gais, grâce à la réputation des Québécois dans cette ville.  

San Francisco est une très belle ville et pour lui donner un peu plus de cachet, je suis arrivé nez-à-nez avec une parade du nouvel an chinois, le jour même de mon anniversaire de naissance.   Je me suis aussi rendu à l’université Berkeley où j’ai pu constater que la bibliothèque avait une copie de mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est. 

C’est aussi à ce moment que j’ai appris que mon père, Émile, avait subi une crise cardiaque et qu’on avait peur pour sa vie.  Il était à l’hôpital.  Je ne pouvais pas retourner assez vite pour le voir si ça tournait mal, car je n’avais plus assez d’argent pour prendre l’avion. 

J’ai constaté, pour la première fois de ma vie peut-être, jusqu’à quel point je l’aimais.  J’aurais voulu lui dire, mais c’était impossible.  Aujourd’hui,  je déplore énormément le fait que l’on rencontre souvent des gens que l’on aime bien, on vit quelques années en leur compagnie, puis la vie nous sépare et la première chose qu’on sait elles sont mortes.  L’amitié est certainement la chose la plus importante dans notre vie, après nos enfants.  Il faut savoir profiter de leur présence,  car personne n’est éternel. 

Je suis revenu à Vancouver en autobus, après avoir subi aussi les affres de la tourista.  Plutôt que de mourir de peur, je me suis amusé à me voir un grand écrivain succombé envahi par la fièvre des mots, mourant assis sur une toilette.  J’ai monté les escaliers en rampant, tant j’avais mal au ventre, puis, sur le bol de toilette, je me suis mis à écrire un long texte que je voulais drôle.  J’ai aussi terminé un poème, en annonçant la fin du président Nixon, car j’avais à travers les brises découvert l’existence du prochain Watergate.   Idiotement, je finissais mon poème en disant : Monsieur le président, il est temps que vous mourriez. On n’est pas toujours très brillant dans sa façon d’écrire.  C’est mon cas. Tel que rédigé, j’aurais pu être arrêté, pour le moins interrogé et peut-être incarcéré, parce que je parlais de Watergate comme d’un attentat.

J’aurais peut-être été mieux d’attendre d’avoir moins la fièvre pour trouver les bons mots.  Mais, bonne nouvelle, l’écriture redevenait le centre de ma vie.  Je ne sais pas pourquoi j’attache autant d’importance à l’écriture. 

Un moyen de parler dans le vide ? Ou de se donner l’impression de vivre.

Retour à Vancouver.       

Avec le retour à Vancouver, c’était aussi faire face à la réalité de notre société : pas d’argent, pas de plaisir, une survie parfois difficile.  On nous apprend vite que plus tu es instruit, plus tu as de chance de t’en sortir ; si tu as un bon emploi, garde-le, car les gens qui font les lois sont tous très bien payés et trop trous- de-cul pour se rendre compte qu’ils font leur argent en épluchant les plus pauvres. 

Plus les professionnels s’engraissent, plus leur solidarité ressemble à une mafia ou une dictature ; plus le coût de la vie augmente et plus le monde de la classe moyenne s’appauvrit… la valeur ajoutée … le pouvoir d’achat …  Qui touche les plus grandes exemptions d’impôts : les multinationales. 

Les pauvres ne servent qu’à engraisser les riches.  Je devais travailler, mais le travail est en contradiction directe avec la liberté d’aller traîner dans les bars.  Le plaisir a aussi ses limites.  Il me prend souvent le goût d’être responsable et utile à la société, même si je suis pédéraste

Un soir, en prenant une petite bière avec un groupe de jeunes venus du Québec, j’ai eu le malheur de proclamer les grandes vérités qui me sautaient à la figure à la suite de mon voyage au Mexique. « Le vrai bonheur, c’est la solidarité entre les gens plus que la richesse.  Par contre, nous sommes peut-être des révolutionnaires, mais nous sommes surtout des bébés gâtés. La pauvreté au Québec ou au Canada, on ne connaît pas ça dans le rang des révolutionnaires.  La vraie pauvreté, ce sont les enfants autochtones ou les gens dans la rue qui la vive.  Ces gens qui n’arrivent pas à obtenir les services promis par nos gouvernements pour faire croire qu’ils sont attentifs aux besoins du peuple.  On les élimine des programmes avec des règles bourgeoises. 

Pendant que les gens crèvent dans la rue, sans le minimum, nos gouvernements donnent des subventions aux plus riches à coups de millions.  Pas besoin d’être marxiste pour constater cet état de fait. 

La révolution, finalement, c’est de permettre à tous de pouvoir partager, même le bonheur.  Et, le bonheur est totalement individuel et particulier.  La seule vraie révolution, ce sont les droits de l’homme. 

Les dirigeants politiques, économiques, judiciaires ou religieux ne pensent qu’à leurs petits intérêts mesquins.  Et, ce sont pour ces intérêts qu’ils se font protéger par les autres, ce qui nous mène aux guerres. 

La révolution tu ne peux pas la faire en dehors de chez toi.  La vraie révolution ne peut pas utiliser la violence parce que c’est une spirale à laquelle personne n’échappe.   La révolution ne s’exporte pas ; à l’étranger, tu n’as pas la même langue, donc, tu peux difficilement comprendre ce que ressentent les gens.  Ensuite, parce que par ta culture, tu n’attaches pas les mêmes valeurs aux mêmes choses. 

Chez les pauvres, la solidarité est essentielle à la survie.  C’est une valeur fondamentale.  Elle permet d’être heureux, même si tu n’as rien dans les poches.  Tu dois tout partager pour survivre.  La solidarité des pauvres repose sur l’égalité des êtres.  Il n’y a plus de races, d’orientation sexuelle, de fins ou de fous; il n’y a que des êtres qui se battent pour survivre. 

On ne peut pas faire l’indépendance du Québec seulement pour des raisons financières.  Dans le pire des cas, on est encore mieux que dans bien des pays du monde au complet.  On doit la faire pour des valeurs uniques à nous, pour permettre de mieux vivre, pour être plus libre. 

La révolution, pour moi, se définissait de plus en plus à trouver le meilleur de tout ce qui se fait partout dans le monde pour l’Importer au Québec et l’appliquer, même encore mieux qu’ailleurs.  La révolution, c’était de faire du Québec un paradis terrestre. 

La révolution, c’était améliorer le sort de tous les Québécois, leur donner une chance de vivre heureux, selon leurs critères de bonheur ; n’importe quoi, sauf la violence.  

Je n’avais pas fini ma très profonde réflexion sur la révolution moderne qu’un des jeunes à ma table m’a sauté dessus, car pour lui, prétendre qu’on était des bébés gâtés comparativement aux gens du Mexique, c’était une aberration.  J’étais devenu un traître.  La censure philosophique existe autant à gauche qu’à droite.  On se fait autant laver la cervelle d’un bord que de l’autre.  La révolution, c’est  de s’ouvrir l’esprit

Aujourd’hui, personne n’accepte ma position sur la sexualité et pourtant, elle ne fait que correspondre à la réalité humaine

Un jour, on sera d’accord avec ma façon de l’aborder, car les règles actuelles nous viennent de la religion et de la bourgeoisie.  Deux choses qui se transformeront ou qui disparaîtront. 

On est rendu tellement bourgeois que l’on se refuse les éclats de rire dès qu’il est question de sexe.  On oublie que le seul maître de ton corps et de ton esprit, c’est toi, et personne d’autre.    

Prince Rupert

Nous vivons dans un monde fou, fou, fou.  «Instruisez-vous, vous aurez plus facilement du travail.» C’est ce qu’on nous dit tous les jours pour nous inciter à aller chercher le plus de diplômes possible. Pourtant, ma candidature pour travailler n’importe où, dans n’importe quoi, dès que ça payait, soulevait des doutes chez les fonctionnaires. 

On me refusait en disant :  » il est impensable qu’un gars qui fut journaliste accepte de travailler dans une usine ou dans une mine. Ça cache sûrement quelque chose. »  C’était totalement idiot parce que pour m’en sortir, j’ai travaillé comme bûcheron, briqueteur, dans une usine de jouets, la construction, le ménage dans un sauna gai, le déménagement, la vente, les sondages, et même desserveur dans des clubs.  Il n’y a pas de sots métiers.  Tout ce que je voulais c’est un endroit qui nous respecte et qui paye assez bien. 

Je ne me suis jamais permis de refuser une offre d’emploi et j’ai toujours été reconnu comme un bon travaillant … J’aime travailler comme j’adore écrire.  Non seulement travailler ça passe le temps, ça permet d’avoir de l’argent pour se payer une petite bouteille de vin les fins de semaine et surtout, ça nous donne une raison de vivre.  C’est moins stimulant que d’avoir des enfants, mais ça me suffisait pour l’instant. 

Le plus important, c’est d’être fier de ta vie, de t’accepter comme tu es. 

Malgré ces frustrations, je suis parti pour Prince Rupert parce qu’on cherchait des travailleurs généraux. 

En route, j’ai remarqué la présence d’un petit gars qui accompagnait un vieux monsieur. Cette petite beauté me reluquait sporadiquement.  Je devais avoir un beau sourire puisqu’il a quitté son compagnon qui me semblait très intéressé par sa petite flûte à bec pour venir s’installer dans mon banc. 

Comme un ange, il s’est installé près de moi.  Il n’a pas perdu de temps et m’a vite fait comprendre que ce changement était un acte d’espérance dans le « ose » qu’il m’avait lu au front.  J’ai immédiatement embrayé dans les sillons de la charité et je lui ai démontré que j’étais bien un des rois de la pipe.  Ce fut assez agréable pour qu’il m’invite à m’installer chez lui, mais mon horaire en avait décidé tout autrement. 

Puisqu’on ne voulait pas m’embaucher dans les postes ouverts à Prince Rupert, j’ai accepté de me rendre à Dawson Creek pour apprendre la cuisine dans une école de métiers. 

Au moins, j’étais payé et je ferais ce que j’avais souvent voulu faire : apprendre la cuisine. C’est quand même mieux que rien. 

4 mai 2022

On m’a aussi refusé un  emploi comme enseignant parce que j’avais trop de diplômes.  Aujourd’hui, on manque de professeurs et on engage des gens qui ne connaissent rien à l’enseignement. J’ai enseigné 15 ans sans la lueur d’une dénonciation contre moi pour des raisons sexuelles.

On a bien trop peur de la sexualité pour rien. Les gars détestent l’atmosphère scrupuleuse de nos écoles.  On ne peut même pas faire une farce sans que les profs deviennent fous.

À partir de 12 ans, pour la plupart, tu sais ce que tu veux et les adultes seraient renversés s’ils savaient la vérité, à savoir que bien des jeunes savent mieux « cruiser » que bien des adultes. Il n’y a que les adultes et leur perversité qui se demandent si leurs enfants ont des pensées ou relations sexuelles avec leurs petits camarades, d’où la loi idiote d’interdire une relation sexuelle entre des jeunes d’âges différents. Une débilité conservatrice et maintenue par les libéraux.

La sexualité prend de l’importance au fur et à mesure que ton corps change et devient celui d’un homme. Ta première éjaculation est un événement fabuleux ou désespérément angoissant parce que tu ne comprends pas pourquoi ce qui t’arrive. Le silence sur la sexualité est un poison pour la majorité des garçons et des filles qui sont assez intelligents pour voir qu’il se passe quelque chose de différent dans leur vie.

Radioactif 365

mai 4, 2022

Radioactif  365

Texte de 2008

L’intelligence mexicaine.

Après Mexico, nous avons pris l’autobus pour Guadalajara.  Je n’avais jamais vu de routes longer ainsi les montagnes et nous donner autant l’impression qu’on va sauter dans le précipice.  Tout un chauffeur ! 

Un autre fait surprenant était de voir les gens se promener avec leurs animaux dans les autobus.  Puis, ce fut Puerto Vallarta.  La mer, la beauté et les petits gars qui commencent à tourner autour de moi comme dans une parade de mode qui m’était spécialement dédiée.  

Avec ce qui s’était passé à Tijuana, David refusait de vivre toute cette liberté.  Il était même devenu paranoïaque.  Ça ne faisait pas tellement mon affaire parce qu’avec autant de beauté, j’aurais voulu me noyer davantage dans l’euphorie des petits Mexicains.  Si cette fascination n’était pas arrivée, je me demande encore si j’aurais même su qu’il y a la mer à Puerto Vallarta. 

Pour David, plus on était à l’intérieur de l’hôtel, plus on était en sécurité.  Malgré mon espagnol plus que déficient, je me suis permis de me rendre aux toilettes pour constater avec stupéfactions trois petits sourires qui m’offraient de voir ce dont rêve tout pédéraste : Un voyage culturel appelé « constater sur place ».

Ces petites tentations vivantes m’ont entraîné jusqu’au bord de la mer où un groupe de petits gars s’amusaient à plonger et me ramener des crustacés qu’ils m’offraient avec leurs sourires et beaucoup de délicatesse.  Je n’arrivais pas à communiquer avec eux, malgré mes quelques mois d’apprentissage de l’espagnol au cégep de Sherbrooke.  Puis, ils m’ont amené à leurs parents ou du moins ce que j’ai pensé être leurs parents.  C’était la foire sur la plage. 

J’ai voulu essayer de remettre les pendules à l’heure avec un «faltudo dinero»  (je n’ai pas d’argent).  Puis, une réponse sembla quand même les rassurer quand ils me demandèrent : « Tu ères Gringo ? (Es-tu Américain ?)» qui fut suivi immédiatement avec beaucoup d’expression de ma part : « No. No. Francès!  De Québec ! Révolution ! » J’avais la certitude que tous les Mexicains étaient des travailleurs de la révolution.  

Au début, je croyais me mêler à leur révolution pour savoir comment on fait ça; mais j’ai vite préféré la jouissance à la célébrité.  Le message doit quand même être passé puisque ceux qui étaient partis revinrent avec un quarante onces de boisson.  Même si j’ai fait attention, pour ne pas déplaire et profiter de la présence des petits gars, je me suis mis à boire avec eux.  Ce fut une soirée extraordinaire. 

J’étais ravi de cette visite au Mexique d’autant plus fasciné que je me croyais en présence des parents de ces petits gars. Plutôt que de paranoïer comme nos bourgeoises féminounes, ils prenaient très clairement plaisir à me voir regarder avec admiration leurs jeunes s’amuser devant moi, peut-être même un peu trop pour moi, car ils semblaient attacher beaucoup d’importance à mes regards. Si tous les parents se comportaient ainsi, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter de la santé sexuelle des jeunes.  Les relations ne pourraient jamais être violentes parce qu’il y a un frustré dans la place.  Ils étaient assez intelligents pour ne pas voir de mal là où il n’y en a pas. 

Le lendemain, je voulais aller voir un film.  Le maître d’hôtel m’informa que tous les films à l’affiche étaient américains. J’ai pris plaisir à lui faire comprendre que si j’étais venu au Mexique ce n’était pas pour voir des productions américaines. 

Je ne serai jamais, à nouveau, assez riche pour y retourner et ça me chagrine beaucoup.  Quoique la folie de la peur des touristes sexuels est comme un cancer ça se répand dans toutes les têtes saines qui voyagent autour du monde, alors peut-être que les Mexicains en seront atteints ? 

Quand nous sommes remontés en Californie, un autre voyageur me fit la leçon et essaya de me faire comprendre que c’est le moyen utilisé habituellement pour nous faire les poches.  Je n’étais absolument pas d’accord.  Ils étaient trop gentils pour avoir réellement voulu me voler. 

Un Mexicain qui écoutait la conversation, lors d’un arrêt, s’empressa d’aller chercher de la tequila pour me féliciter de mon amour des petits Mexicains.  Il me confia que les parents avaient probablement réagi ainsi à cause de l’attention que je portais pour leurs petits gars, car , au Mexique , le plus grand compliment que tu peux leur faire c’est de savourer la présence de leurs enfants.  Ils n’avaient pas encore le cerveau brûlé par la peur bourgeoise des prédateurs sexuels.  J’étais déjà un Mexicain. 

D’ailleurs, je crois que la plus grande révolution à venir sera de pouvoir s’installer dans le pays qui nous conviendra le mieux et qui saura offrir une vie selon nos valeurs.  Pour le moment, il y a surpopulation et on juge les gens selon leur portefeuille ou leur excès de pudeur religieuse.

Un jour on reconnaîtra que toute passion non-violente est une richesse.  Peut- être voyagerons-nous pour connaître des aventures amoureuses avec des représentants de tous les pays du monde ?  Quand cela arrivera, l’homme aura enfin compris que l’Homme est la plus belle des créations. Physiquement, s’il est jeune,  et intellectuellement, s’il est plus âgé.  

J’aimerais vivre cette liberté, mais je suis trop vieux. Je peux seulement affirmer que ce sera le plus beau cadeau que l’on fera à l’humanité que de se débarrasser de l’Inquisition sexuelle.      
  

Québec français.

Vive le pays du Québec!  Avec cette fois Mme Marois, c’est reparti : on peut recommencer à rêver qu’un jour le Québec sera un pays francophone.  Parler français, c’est le premier argument pour vouloir un pays qui soit bien à nous, dans lequel on se retrouve. 

Il faut en toute priorité assurer l’avenir du français au Québec.  La situation risque de devenir à nouveau très explosive quand la Cour Suprême se prononcera quant au droit de choisir son école (la loi 104).  Ça risque fort d’être la goutte qui fait déborder le vase.  Faudra-t-il pour riposter déclarer l’unilinguisme français au Québec ?  Nous ramener à la guerre linguistique ?  Si la Cour nous ramène au libre choix de l’école, il faudra revenir aux manifestations de masse et prouver que cette fois on ne nous passera pas sur le corps sans rien dire.  Il faudra cesser de blâmer les autres et avoir le courage de se séparer du Canada. 

Par contre, je demeure toujours d’avis qu’un Québec indépendant devra être un Québec tolérant ; mais encore pour l’être faut-il être un pays. 

Si la Cour veut nous ramener en arrière, à l’époque de l’assimilation, il faudra choisir, si on veut survivre ou disparaître.  Et, l’indépendance deviendra le seul moyen de non seulement survivre, mais de s’émanciper.  Il faudra poser des gestes urgents pour ne pas dire désespérés afin d’assurer la survie future du français au Québec.  Ce n’est certainement pas la politique de l’ADQ (pour qui le choix de la langue a moins d’importance que la qualité de la main-d’œuvre)   ou celle du parti libéral  (plus t’es riche, plus tu es un immigrant intéressant)  qui garantira le français comme langue majoritaire chez-nous. 

Le français doit être un prérequis pour s’installer au Québec et tous les immigrants qui désirent s’installer chez-nous doivent le savoir.  Attendrons-nous qu’il soit trop tard ?  Savons-nous assez compter pour comprendre qu’au fédéral, on a plus de poids politique?  Il n’y a pas que l’économie qui compte, même si c’est la colonne vertébrale. 

Quand le Québec n’aura plus à craindre son assimilation linguistique, nous saurons vivre en harmonie, être heureux et recevoir avec plaisir tous ceux qui nous aurons choisi. 

Ce ne sont pas les immigrants qui créent un problème, c’est nous qui refusons de nous prendre en main.  On n’est jamais allé au fond des choses.         
Les fédérastes.

Le vote fédéral est d’une certaine façon redevenu un vote de protestation inutile et insignifiant, c’est -à-dire que pour ne pas se le faire voler, on vote Bloc ou Rhino automatiquement.  Auparavant, tant qu’on pouvait croire détenir un minimum de pouvoir, ça avait un certain sens.  Mais, aujourd’hui, Bloc et NPD confondus, ça ne veut rien dire.  Tout se passe entre les Conservateurs et les Libéraux, comme aux États-Unis entre les Républicains (unis) et les Démocrates (s’entre-déchirant). 

Par contre, ici, l’absence de couilles des libéraux font des conservateurs, un parti majoritaire, poigné aux commandes du Canada, jusqu’en 2009. 

Comment voter pour un nouveau gouvernement quand le parti de l’Opposition ne se respecte pas assez pour défaire le gouvernement au pouvoir même si celui-ci passe des lois complètement contraires à ses principes ?  Même le Bloc  et le NPD (qui en a proposé le compromis) ont été assez stupides pour voter en faveur d’une loi qui finit par faire grimper l’âge de consentement sexuel à 16 ans, avec toutes sortes de nouvelles règles qui font en sorte que les jeunes d’aujourd’hui auront deux ceintures de chasteté plutôt qu’une. 

Un recul dans l’évolution des mœurs parce que le Bloc québécois est devenu un parti comme les autres.  Même la censure passe par la porte de derrière. Un peu trop bourgeois pour comprendre le « pauvre peuple ».

Ce soir, on saura si Stéphane Dion devra céder sa place à son concurrent, l’ancien premier ministre NPD de l’Ontario, M. Bob Ray, dont les ambitions ressemblent à Paul Martin quand le baveux de Shawinigan était au pouvoir.  Je vais bientôt lire sa biographie au risque d’en devenir un fan…ah ! ah !

Bob Ray ne semble pas se soucier d’enterrer les Libéraux pourvu qu’il accède bientôt au siège réservé jusqu’ici au père de la loi de la CLARTÉ.  Il peut être trou-de-cul qu’envers les Québécois.  Y a toujours un petit quelque chose qui fait qu’on se fait leurrer, laver, lessiver par les politiciens.  Les peuples sont sous hypnose.  Trop de gaz nocifs dans l’atmosphère.  C’est pour ça que la politique, ça ne vaut pas grand-chose.           


Radioactif 364

mai 3, 2022

Radioactif  364

Texte de 2008

Les jeunes Mexicains sont beaux.

Si je me rappelle bien, j’avais rencontré David sur le pouce et nous nous étions vite liés d’amitiés.  Ce n’est pas facile de voyager sur le pouce avec quelqu’un.  Il faut une certaine forme de complicité, comme dans la vie.  Nous recherchions tous les deux : le plaisir

L’amitié est certes le cadeau le plus important que la vie puisse nous apporter. David en était un. Il demeurait à Montréal et son plus grand rêve était de se rendre vivre avec les Indiens du Mexique.  Il disait qu’il suffisait d’avoir une image d’une certaine Vierge, accrochée au chapeau, pour que ces autochtones nous acceptent comme frères.  Il avait les pièces nécessaires, il ne nous restait plus qu’à se rendre au Mexique. 

Dès que nous avons eu l’argent nécessaire, on s’est embarqué, en autobus, pour Mexico.  Quand on voyage ainsi, il ne nous reste qu’une impression du voyage, souvent celle des paysages.  Les vraies aventures sont assez rares pour oublier le reste.  Il y avait un soldat américain qui connaissait sa géographie comme tous les Américains et qui croyait qu’on était arrivé en Californie du Québec en bateau.   J’ai compris que l’intelligence n’est pas toujours au rendez-vous ; mais tu peux quand même être sympathique. 

Je n’ai pas tellement aimé Los Angelès, L..A., prononcé avec un accent anglais. Nous étions dans un coin de la ville, sale, où la misère semblait le lot de la vie quotidienne.  Nous avons couché dans un hôtel minable où les pensionnaires faisaient la «cruise».  Pas tellement intéressant à voir, à travers une porte mi- ouverte, un laideron âgé qui se masturbe, gémit et te lorgne, les yeux à l’envers, presque la broue à la bouche parce que t’es encore jeune et que ça l’allume. 

Une seule chose épatante dans ce coin de pays : Disney et San Diego.  La richesse, la beauté. Puis, on s’est présenté à la frontière à Tijuana.  Le premier pays vraiment étranger où je pointais le nez et qui était vraiment pauvre.  Ça fait bizarre de voir des policiers mitraillettes à la main, qui te questionnent dans une langue que tu ne comprends pas parce qu’ils parlent trop vite.  T’aurais toutes les chances de t’inventer un scénario catastrophe.  On n’est pas habitué au Québec de voir des gens armés.  Aujourd’hui, je dis tant mieux ; mais dans le temps le petit révolutionnaire que j’étais était bien moins peureux, même s’il était très impressionné. 

Si on devenait indépendant, est -ce qu’on serait obligé d’être armé pour se protéger du Canada qui n’accepte pas notre désir d’indépendance?  Il faut être assez lâche pour les laisser nous dominer.  On a beau crier des : « La liberté ou la mort» ou encore «la liberté luit au bout du fusil», la majorité n’a même pas eu l’intelligence de voter oui aux deux premiers référendums.  Et, qu’on le veuille ou non, il n’y a que deux façons de faire son indépendance : par référendum ou déclaration comme au Kosovo ou en prenant les armes comme le FLQ. 

C’est toujours facile d’imaginer une révolution, la faire c’est une toute autre chose.  Pour réussir une révolution, il faut d’abord que la très grande majorité de la population soit de ton bord, sinon c’est l’échec.  Victor Hugo, Les misérables.             

On n’a pas fait notre révolution et chaque année on se fait plumer encore un peu plus par Ottawa.  Nous sommes des alouettes, mais pas des alouettes en colère, des alouettes masochistes, à l’image de notre passé catholique où l’on pensait être indigent à vie si on acceptait de se faire tirer une pipe. 

On était conditionné par la religion comme les féministes essaient de nous faire oublier aujourd’hui que la vie est aussi une recherche du plaisir.  Nous préférons être des moutons par sécurité.  Nous sommes à l’image des marâtres qui nous mènent à la sainteté par la castration angélique, ce qui fait de nous en naissant un être déchu. 

Quand nous sommes arrivés à Tijuana, nous avons changé notre argent, acheté les billets pour Mexico et nous sommes allés manger. Quand David eut terminé, il paya, donna même un bon pourboire, mais dès qu’il voulut s’en aller, une bande de gros mexicains l’entouraient, montraient les dents, et exigeaient surtout qu’il paye à nouveau.  David était affolé.  Il eut si peur qu’il ne voulut presque jamais remettre le nez dehors tout au long du voyage. 

Cette paranoïa me rendait malade, même si je n’étais pas très brave.  J’étais sous le charme du Mexique parce que de merveilleux petits gars se promenaient autour de l’autobus, alternant des sourires tels que le bon dieu les auraient pris pour des anges et/ou avec des manifestations de leur violence.  Ils sortaient des couteaux et nous les faisaient voir, imitant une exécution.  Quel était leur vrai caractère ?  Je préférais les Anges aux voleurs. 

Nous avions été avertis que les premiers deux cent milles à l’intérieur du Mexique sont très dangereux, mais que rendu dans le pays, c’est une toute autre chose.  J’avais appris un peu d’espagnol au cégep de Sherbrooke pour préparer ces voyages en pays étrangers.  Je pouvais lire les journaux, mais je ne comprenais rien à ce que les gens disaient.  Mon vocabulaire est affreusement restreint. 

Aussi, aie-je profité du charme que produit toujours l’étranger qui essaie de parler la langue du pays pour fasciner deux petits mexicains à l’intérieur de l’autobus qui s’en allait comme par hasard à Mexico.  Si David avait peur, moi, tant de beauté me grisait totalement.  J’avais deux interlocuteurs adorables pour entrer au paradis. 

Les pyramides mexicaines.

L’allure du désert mexicain m’a beaucoup surpris.  Je voyais ça tout fait différemment.  Pour moi, le désert, c’était le Sahara, les hommes bleus, pas une goutte de végétation.  Au Mexique, il y a encore une végétation.  Il y a une ville de temps en temps.  Conseil : n’espérez pas aller aux toilettes (du moins à l’époque) dans un terminus.  Elles sont sales à rendre malade.  Que certains n’aient pas d’éducation, c’est une chose, mais être aussi cochons, c’est invraisemblable.  Des toilettes qui débordent, de la merde sur les murs, en voulez-vous, en voilà.  Tabarnak que ça faisait sec. 

Heureusement, Mexico City est une très belle ville.  Je n’ai pas senti les problèmes de pollution dont on parle aujourd’hui.  Aussi, malheureusement, on nous racontait toutes sortes d’histoires de touristes volés, battus.  Rien de très rassurant, mais les petits étaient tellement rieurs qu’ils ne pouvaient pas me faire peur.  Les Mexicains devraient quand même surveiller davantage leur réputation touristique. 

Ça ne m’a pas empêché de partir avec David visiter les pyramides, grâce au service d’autobus de la ville.  Les pyramides sont très impressionnantes.  J’ai monté sur le temple du Soleil.  Les prêtres y montaient jadis pour faire des sacrifices humains : les plus beaux jeunes hommes étaient sacrifiés au dieu Soleil.  On peut s’en scandaliser, mais si on apprend l’histoire des religions, on sait qu’elles ont toutes des histoires de meurtres, de sacrifices et de drogues. 

En descendant de la pyramide, j’ai constaté que si j’avais été un des prêtres de cette époque, je me serais tué en descendant, avec mon vertige.  J’ai descendu les marches sur les fesses, le coeur à moitié fou.  Si elles sont petites quand on monte, elles semblent être encore plus à pic et plus étroites quand on descend.  Il faut se tenir pour ne pas tomber. 

Quand les prêtres descendaient, gelés comme des balles, il arrivait qu’ils manquent les marches et se tuaient en tombant de la pyramide. On disait que le soleil est tellement beau qu’il les avait éblouis.  C’était un honneur de mourir pour son dieu.  Malgré le souvenir de ces assassinats religieux, c’est un site extraordinaire à visiter. 

Puis, les jeunes essayaient part tous les moyens de me vendre des souvenirs.  Leur beauté est en soi un souvenir impérissable.  Les petits vendeurs portaient tous le soleil sur leurs dents.  J’en ai profité pour choisir un souvenir à chacun de mes parents. 

Je devais être jadis un adorateur du dieu Phallus (pénis) qui se présente parfois sous forme de serpent.  Souvenir inconscient qui explique peut-être que j’y suis tellement accroché.  Pour être aussi profondément incrusté en moi, il a fallu que ça dure durant des siècles.  Je devais être «un calice de sperme officiel et vivant», trimbalant les triomphes de mon dieu, d’où ce culte incompris qui anime chaque moment de tressaillement dans ma vie actuelle.   Mes racines viennent de la préhistoire. 

C’est probablement pour cette raison que le destin m’a fait rencontrer un des plus grands écrivains américains, W. Burroughs, dans une toilette à Montréal, lors d’un congrès. Nous étions tous les deux fascinés par cette époque où le dieu Soleil apparaissait encore sur les pyramides.  La spirale de la vie. 

Mon ticket explosa, ma machine s’est emballée et je voulus tout connaître de ce pays fascinant : le Mexique.  Un voyage préparatoire à la découverte des peuples par une ouverture musicale de jeunes et courtes flûtes à bec. 

Depuis ce temps, je rêve de l’espace-temps où je découvrirai tous les peuples de la terre à travers la musicalité, la vivacité de leur libido.        
   

Monsieur Sourire. 

Quand j’étais jeune, j’ai rencontré le père de Gaétan Dostie, un de mes meilleurs amis en travaillant pour lui à des déménagements.  Ça m’a permis de survivre.  Je l’ai bien aimé, ce Germain Dostie. 

Même si je n’étais pas le plus fort, j’arrivais à surprendre ceux qui m’entouraient par ma force et ma rapidité.  C’était formidable.  Germain Dostie, ce grand patron, a toujours été plus que sympathique avec moi.  Il savait flatter mon orgueil dans le bon sens, m’encourager, me rendre fier de mon rendement. 

 Avec lui, je voulais toujours donner mon 110 pour cent.  Peut- être aussi parce que je suis très sensible aux fleurs que l’on m’envoie.  Il savait qu’avec des gars comme moi il est préférable de les encenser pour obtenir un meilleur rendement.  « Pas si mal pour un gars qui a souffert toute son enfance de ne pas être aussi physiquement capable que les autres ; d’arriver à se faire assez souvent réengagé pour des déménagements. », pensais-je alors.  Puis, je l’ai perdu de vue. 

J’ai appris, en fin de semaine, son décès.  Environ 40 ans après l’avoir connu, je me suis rendu à ses funérailles.  C’était un homme formidable comme mon père. 

Il y a plusieurs années, il a vécu un accident vasculaire.  Aidé de son épouse et ses enfants, il a appris malgré sa paralysie à communiquer grâce à son ordinateur et Internet.  Quel courage !  Il a su ainsi maintenir un lien agréable avec la vie.  On l’aurait même surnommé Monsieur Sourire.   

Où ces grands hommes ont-ils pris leur courage ?  Papa était aussi l’un d’eux.  Il n’a pas hésité d’aller travailler en dehors, à Carillon ou comme concierge dans une école à Magog, pour conserver le magasin à Barnston.  Ce sont de vrais modèles à suivre dans la vie.  Non seulement , ils étaient courageux, mais ils avaient une ouverture d’esprit qui leur permettait d’être tolérant envers ceux qui ne partageaient pas nécessairement leurs valeurs de bons catholiques.  Bon voyage, Émile et Germain.  J’espère que vous vous rencontrerez un jour dans l’au-delà puisque vous êtes tous les deux des hommes de grande trempe. 

Papa est mort très jeune, à 67 ans ; Germain, lui, en avait 83.

Radioactif 363

mai 2, 2022

Radioactif 363

Texte de 2008

Prince George.      

Ce qu’il y a de plus comique dans le BC, les gens sont encore plus loyalistes que la reine elle-même, du moins dans les années 1970.  Pour créer la panique, il suffisait de rire de la reine.  Aussi, nous nous sommes amusés à remplacer la photo, accrochée aux murs, de la reine par celle d’une sorcière qui venait de paraître dans une revue humoristique.  C’était encore plus efficace qu’avoir été 100, 000 personnes dans les rues de Vancouver. 

On avait aussi trouvé une autre faille dans la froidure canadienne : les clubs gais de Vancouver.  La réputation sexuelle des Québécois étaient de l’ordre de Ti-Jean, dans les films de l’ONF.  Il nous suffisait au début de la journée de ramasser l’argent pour s’acheter le premier verre de bière dans une brasserie gaie,  pour y être installés pour toute la journée, soit jusqu’à ce qu’on doive quitter pour entrer à l’hostel du gouvernement, le soir, à heure fixe.  On pouvait se saouler sans que ça nous coûte un sous et sans devoir coucher avec personne.  On recevait gratuitement toute la bière voulue juste à faire un sourire.  Les compliments, les tentatives de séduction fusaient de partout.  On disait qu’un Québécois, ça baise bien.  Mais, pour aller au Mexique, il nous fallait de l’argent.  Aussi, sommes-nous partis pour Prince George à la conquête d’un emploi. 

Nous avons déniché un travail à la piste de ski.  C’était formidable, je recevais et aidais les jeunes à débarquer du monte-pente.  Je m’amusais, même si je chante très mal, je m’époumonais à chanter Alouette, ce qui plaisait énormément aux jeunes.  J’étais au ciel ; mais tout n’est pas parfait.  David, avec ses allures d’Indien du Québec, commença à subir tous les mauvais traitements du grand patron qui parfois se faisait aider par un jeune adolescent.  Tous les travaux déplaisants lui étaient automatiquement donnés.  Au début, je croyais que David se plaignait pour rien, qu’il exagérait ; mais j’ai été forcé de constater que ce qu’il me racontait était même en-dessous de la vérité. 

Un dimanche, à notre arrivée, le grand patron envoya son petit ado communiquer ses ordres.  Je lui dis qu’il pouvait se les mettre là où je pensais, mais il insistait pour qu’on le traite comme s’il était un dieu.  Je suis parti à courir derrière lui avec une pelle menaçante.  Il a vite déguerpi et il est revenu avec le patron.  Nous avons appris que l’amour du patron pour les gens du Québec venait du fait que c’était un anglophone qui avait vendu ses propriétés à Westmount parce qu’il avait peur du FLQ.  Aussi, dès qu’un des nôtres tombaient sous ses ordres, il mettait le paquet pour se venger. 

On a laissé l’emploi et dénoncé son attitude dans le journal de Prince George. 

Nous sommes retournés à Vancouver prendre l’autobus pour le Mexique.  Je la trouvais très drôle.  Quand nous sommes partis, j’étais convaincu qu’on passerait l’hiver à la chaleur et finalement, on avait surtout travaillé dans une piste de ski.  Vancouver est un endroit affreux durant l’hiver parce qu’il pleut au lieu de neiger.  Je préfère la neige à la pluie.  Si David fut malheureux durant notre séjour à Prince George, moi, j’avais eu énormément de plaisir.  Même un peu trop.  

Un soir avant de partir, je suis allé boire.  J’étais tellement saoul que je fus arrêté par la police et mis en cellule.  J’étais avec un indien, qui me dit s’appeler « Big Chief Jos ».  Le matin, la police libéra tout le monde qui parlait anglais, sauf moi et Big Chief Jos, sous prétexte qu’il nous fallait laver les planchers.            
    
Devant cette injustice, je me suis flanqué à poil et nous nous sommes mis à faire autant de bruit à nous deux que si nous avions été tout un bataillon.  Écœurés, les policiers ont ordonné qu’on s’habille et on nous a flaqué à la porte. 

J’étais très fort sur la mise à poil à cette époque parce que se mettre à poil c’était la pire des contestations.  Heureusement, personne ne s’est mis à rire en voyant un aussi petit moineau.      

Il y a même eu une tribu amérindienne qui a presque tout gagné ses revendications par cette méthode : hommes, femmes, enfants nus dans la rue.  Les bonnes âmes qui voyaient ça se pensaient déjà dignes des feux éternels de l’enfer et exigeaient des autorités qu’on règle vite le problème.    

C’est drôle, mais le temps où me suis le plus senti invincible dans ma vie fut cette période de voyage où je n’avais vraiment rien pour croire dans ma sécurité.  Surtout que je voulais tout essayer. 

Un soir avant de partir, j’ai passé une après-midi à la taverne.  Le soir, j’étais assez gommé que je me suis caché sous un banc tant je n’arrivais pas à me resituer.  C’est alors que j’ai vu des danseurs que j’ai eus dans la tête durant des décennies : un couple d’hommes gais dansait sur un air d’Elton John, Benny and the jets, je crois. 

J’étais la cible de bien des regards. Je profitais au maximum d’enfin plaire à quelqu’un.  Et je me croyais au paradis.  Peut-être qu’on peut y entrer par les deux extrêmes.  Je venais de découvrir le plaisir de se croire assez beau pour plaire à quelqu’un.  Cette joie, sans compter la bière, valait bien de me prostituer un peu sans être payé puisque je crois que le sexe n’a pas de prix.  J’aimais être désiré.


Trop osé ?  

La première partie de mon texte sur la liberté sexuelle fut d’abord composée sous le titre Pour en finir avec l’hypocrisie.  C’était plus direct, il me semble.  Une chose est certaine, ce texte s’est ramassé en cour contre moi ainsi que l’Homo-vicièr, le roman où j’ai essayé d’être le plus comique possible.  Ça démontre jusqu’à quel point les fervents de la censure sont non seulement bornés, mais vicieux. 

Au lieu de rire, de constater qu’un essai, c’est une réflexion sur un sujet ; un roman, une histoire inventée ; on voulait en empêcher la diffusion.  C’est d’ailleurs ce qui se produit encore aujourd’hui, après 30 ans. Il ne faudrait surtout pas se rappeler ce gars bizarre qui écrivit avoir aimé et essayé toutes les expériences sexuelles non violentes de la vie. 

Cependant, j’ai aussi écrit une deuxième partie de réflexion sur la liberté sexuelle. 

Elle se raffine en vieillissant pendant que le gars — c’est mon « moi » profond — cherche dans ses mémoires comment interpréter sa lecture de la vie. Heureusement, je n’ai pas besoin comme certains de me prouver que je suis un gars, même si la virilité existe davantage dans mes souvenirs que dans la vie présente. 

Quelques fantasmes m’ont permis de constater que dans la vie le sexe occupe une place inimaginable dans la tête de presque tous les gens qui n’ont rien d’autre à faire que de s’occuper de la sexualité des autres. 

Cependant, le sexe est une deuxième dimension,  une activité à peine perçue par ceux qui sont assez occupés pour ne pas devoir mener de campagnes pour la bonne morale sociale, en cherchant dans le pantalon du voisin ce qui fait défaut dans son propre pantalon

Les chastes ont peur de leur sécheresse intérieure.  Ils sont le «préservatif de l’imagination». 

Leur peur de la quéquette dominatrice les oblige à renier la beauté et l’existence même de leur propre corps.  La morale est toujours bonne, si elle s’applique aux autres. 

Quand je me suis aperçu la bedaine, l’autre jour, en débarquant de la douche, je me suis rendu compte que pour moi, c’est vraiment prêcher dans le désert que de souhaiter de nouvelles aventures ; car le moins qu’on puisse dire c’est que j’offre un tableau affreux à regarder.  Heureusement, on s’accroche à ce que l’on peut et j’aime rêver être à nouveau le roi de la pipe.  Si je continue à manquer d’expériences vivifiantes, je risque fort d’être détrôné. 

C’est agréable d’avoir une bonne image de sa personne, surtout quand la bedaine devient si grotesque qu’elle se prend pour une femme enceinte.  Il faut bien essayer de trouver une petite qualité à son nouveau style de vie.  Rire de soi est aussi important que de s’encenser  et je ne sais pas pourquoi, certains matins, je ne veux que rire de moi et de ma grande carrière d’écrivain non lu du Québec parce qu’on ne me publie plus et qu’on m’a mis sur la liste des personnes proscrites … non grata… Ce qui veut dire que je n’ai personne pour me gratter le dos le matin ou le paquet durant le reste de la journée. 

Cependant, mes longs moments de loisirs m’ont permis de constater qu’il faut absolument jouer aux fesses très jeunes pour ne pas devenir Alzheimer.  En effet, si tu as eu beaucoup d’expériences dans ta jeunesse, du temps où tu pouvais facilement enrichir tes collections de tableaux à mémoriser, tu peux mieux aujourd’hui essayer de t’en souvenir.  Puisque pour passer le temps, rien ne vaut d’essayer de fantasmer un peu, ces vieux souvenirs deviennent des heures de réflexion et d’exercices pour ta mémoire, car, il faut te souvenir du plus petit détail. 

Les jeunes de mon temps étaient rarement circoncis.   Ainsi, le cerveau étant un muscle, si tu as développé l’habitude de la curiosité, tu auras plus de souvenirs à faire remonter à la surface de ton petit cerveau. Le cerveau étant un muscle, plus tu auras eu de plaisir, plus essaieras-tu de t’en rappeler.  Un médicament extraordinaire pour la maladie d’Alzheimer.  Par ailleurs, plus tu as eu l’habitude dans ta jeunesse de te masturber, plus tu as de chance de ne pas souffrir un jour du cancer de la prostate, selon une étude scientifique. 

Voilà pourquoi les hommes contrairement aux femmes doivent s’exercer le poignet : car celles-ci, de toute façon le font souvent. Même si elles n’ont pas de prostate, elles préparent les gâteaux, Ce qui prouve que la prudence est de ne jamais prendre de chance. 

Cette grande découverte faite, cette nuit dernière, à deux heures, trente minutes, cinquante -cinq secondes et un millionième de trillions de battements de coeur (c’est fantasmer fort longtemps),  prouve hors de tout doute qu’il ne faut pas remettre à demain ce qui peut être fait aujourd’hui ou durant la nuit . 

La vie est aussi courte que ton zizi au sortir d’une douche froide. C’est d’ailleurs pour cela que les cadavres deviennent rigides.  Ils débarquent dans la douche du futur astral et ça les fige juste quelques secondes avant de réaliser qu’ils ont changé de monde. 

Aussi, pour cette découverte, le système médical devrait me verser un salaire pour avoir su prévenir les effets pervers de l’insignifiance de la censure active durant la période de l’adolescence. 

La mort est une éjaculation d’âme provoquée par une douche froide.  Un saisissement quelconque.  Une décharge de batterie.  C’est pourquoi il est bon quand on est jeune de se réchauffer les sens.

Je dois y aller.  Il fait un temps superbe et Benji est en maudit que je n’aille pas la promener.  Avant c’était les femmes qui menaient, maintenant, c’est la température…et Benji, ma petite chienne.


Le beau David…

David, un de mes compagnons de voyage, était un très beau garçon.  Il m’aurait certainement beaucoup intéressé, s’il n’avait pas été un peu trop vieux.  Il était, malgré sa ressemblance à Michel-Ange, comme un peu passé date.  Il était trop bâti pour que j’assouvisse, avec lui, ma passion de siphonner les petites flûtes à bec. 

Je préférais la découverte de mon côté féminin qui m’ouvrait à de nouvelles aventures dans les tavernes gaies de Vancouver.  Elles me réconciliaient enfin avec mon propre corps. J’apprenais que tu n’as pas besoin d’être beau pour jouir et être une tentation pour les autres.  C’est quelque chose d’extraordinaire de croire que tu peux fasciner quelqu’un, juste en étant ce que tu es.  Je n’étais pas plus beau, mais je pouvais choisir mon partenaire, tant je poignais. 

Je comprends depuis pourquoi les femmes font toutes semblant de détester la sexualité, d’être vertueuses, alors qu’elles ne rêvent que d’être déshabillées le plus vite possible par le premier venu qui leur tombe dans l’oeil.  Les femmes ont un besoin sans limite de se sentir irrésistible, d’où leur besoin d’hypocrisie pour ne pas se détruire elle-même.  Elles passent leur vie à soigner leur charme présent ou imaginaire.  C’est valorisant de  » venir en demande » comme un objet de luxe. 

Les scrupuleuses devraient tenter ça, elles verraient qu’être entre les mains d’une personne qui connaît ça, c’est comme avoir une valise d’un million qui te permet de découvrir le beau côté de la vie.  Tu t’imagines moins laid que tu es et ça fait du bien de se sentir ainsi désiré. Le contraire de ce que l’on m’a toujours dit.  Il y a des femmes qui en jouant les saintes nitouches passent leur vie à essayer d’améliorer leur petit « look», au cas où un beau mâle les remarquerait.  Quand ça arrive, c’est l’explosion intérieure, puis, quelques temps après, la dépression, car elles sont trop scrupuleuses pour assumer leurs désirs cachés. 

Ces aventures me permettaient aussi de mettre fin à la peur débile que les curés et les journaux nous avaient enseignée. Quand j’étais ado, je faisais du pouce en cachant une roche dans mes poches pour me défendre, s’il le fallait, contre les mauvais conducteurs qui avaient la générosité de m’embarquer. La paranoïa est une folie qui te fait passer à côté de la vie. 

J’aurais bien aimé être une cible sexuelle, tant qu’il n’y a pas de violence, mais je n’étais pas assez beau pour allumer qui que ce soit.  Et trop peureux pour essayer.  J’ai ainsi perdu plusieurs années de ma vie.   De toute façon, je pensais alors plus à la politique qu’au plaisir de vivre. Ça prit des années avant que j’aie le courage de m’offrir ouvertement et de découvrir que c’est aussi très agréable de servir de flûte à bec.  J’avais comme tout le monde entendu les grands discours contre les prédateurs sexuels.  Introduction à la paranoïa 101.  Je ne savais pas que ce vice pouvait enfermer autant de plaisir. 

C’est comme les cours de sexualité que l’on veut offrir à nos jeunes et qui semblent sortir directement des cartons de toutes les plus constipées ou les plus homophobes du Québec.  Pas surprenant, c’est la façon féministe actuelle de voir la sexualité dans notre société.  Ayez peur !  Ayez peur ! Une sexualité de femmes frustrées !  Étouffées par la peur du sexe.  Une vraie folie !

Cette fois, je suis tout à fait d’accord avec Richard Martineau.  Ces cours sur la sexualité seront des cours pour apprendre aux jeunes filles à être invariablement « une guidoune» sans l’être ou ce qu’on appelle « une agace-pissette ».  C’est un peu ce qu’on faisait, en se faisant payer la bière, tout en sachant qu’on ne pouvait pas aller coucher avec qui que ce soit, car on devait entrer à l’hostel.  Donc, on profitait de notre statut de mâle, un instant fait «femme prostituée». Puis, ça me permettait de jouer le jeune qui est vampirisé.  Une situation que j’ai trouvée fort agréable.  J’étais la victime du gros méchant prédateur.  David y participait aussi, sachant très bien qu’il ne pouvait rien lui arriver. 

En m’observant, Il a pris goût à se faire entretenir par les femmes.  Il a mis ses talents qu’ils pratiquaient à la taverne au profit de ses propres aspirations. David a vite appris que les féministes de Vancouver contrairement à celles de nos jours au Québec savaient qu’elles étaient égales aux hommes. David disparaissait une semaine ou deux, le temps d’avoir assouvi la femme qui l’amenait avec elle.  Entretenu par elles, il nous revenait épuisé. 

Les vrais féministes, celles de Montréal durant les années 1970-80 étaient, elles aussi, de cette qualité.  Elles revendiquaient parce qu’elles se croyaient véritablement égales aux hommes, elles cherchaient à prouver cette égalité en se comportant comme elles le voulaient, elles n’hésitaient pas à se choisir un mec. 

Pour elles, ces vraies féministes, liberté voulait dire libération sexuelle contrairement à aujourd’hui où féminisme veut dire avoir peur du sexe. 

Donc, David faisait aussi parti des objets sur convoités.  On ne pouvait pas se marcher sur les pieds, nous avions chacun notre cour. 

Quand j’étais jeune, on séparait les filles de garçons, ce fut une règle durant presque toute ma vie.  Sauf, avec les vraies féministes qui me mettaient le grappin dessus et, j’aimais ça beaucoup, beaucoup. Ce furent mes périodes hétéros.

Radioactif 362

mai 1, 2022

Radioactif 362

Texte de 2008

Autoportrait d’une révolte.        


Mes prochains textes, sont tirés d’Autoportrait d’une révolte. C’est un livre consacré aux adultes pour décrire ce que ressent un pédéraste. 

Je crois sincèrement que certains poèmes doivent être identifiés comme tels s’ils devaient se retrouver en marché libre ou à la portée de tous, comme sur internet.  C’est à mon sens normal de considérer certains textes comme étant strictement réservés aux adultes et je me sens dans l’obligation morale d’en avertir les lecteurs au cas où il y aurait des jeunes.  Une chose que l’on ne peut pas contrôler sur internet.  

La liberté des uns ne doit pas priver les autres de leur liberté, si elle ne leur porte pas préjudices.  Mais, c’est par respect pour leur propre autonomie qu’il faut en informer tout le monde et ainsi souhaiter qu’on en tienne compte.

Un monde à l’envers.

Aujourd’hui, c’est la fête internationale des femmes.  C’est invraisemblable que nous n’ayons pas encore atteint l’égalité salariale homme-femme dans un pays qui se veut à la fine pointe de l’humanité. 

C’est vrai que dans bien des pays, les femmes, à cause de la religion, continuent de devoir se cacher parce que les religions les présentent comme inférieures, comme devant être soumises aux hommes.  Une façon de voir les choses tout à fait idiote. 

Je leur souhaite autant de liberté que je me permets et le bonheur que tout être humain a droit

J’espère que nos gouvernements seront assez intelligents pour proclamer l’égalité homme-femme à la grandeur de la planète, au risque de déplaire aux religions.  S’il y a un Dieu, il ne peut certainement pas accepter que des individus se croient supérieurs aux autres quel que soit le sexe, la couleur ou ce que l’on voudra,  même le portefeuille.  

C’est comique de voir en politique comment se développent les choses : il y a un an, on n’aurait pas parié un sou sur les chances de Jean Charest et pourtant, s’il y avait des élections demain il serait élu.  Qu’a-t-il fait depuis un an?  Rien.  C’est ça le miracle.  Il parle d’économie et fait semblant de se lever devant Ottawa et les gens du Québec se sentent rassurés.  Il faut cependant admettre qu’il jongle avec quelques projets intéressants qui devraient être appuyés à l’unanimité : la nationalisation de l’eau, l’Aléna avec l’Europe. 

Par contre, les libéraux continuent hypocritement à accélérer la disparition du Québec français. 

La présidente de l’Office de la langue française devrait immédiatement être mise à la porte avec quelques bons coups de pieds au cul symboliques.  Ce n’est pas possible de payer pour une irresponsable de son espèce.  Le pire, elle n’est que le reflet de la politique linguistique des libéraux du Québec. 

Le Parti Québécois doit serrer les rangs derrière Pauline Marois, si on ne veut pas d’un balayage aux prochaines élections, car, la majorité des gens ne feront plus confiance à Mario Dumont. Il est trop à droite.  Je me rappelle qu’avant le PQ, les libéraux se voulaient le centre gauche.  Le PQ se divisera-t-il encore?  C’est ce qui va faire toute la différence.

Borderline.

J’arrive de voir Borderline.  Un film à voir qui me rappelle Léolo, personnifié par un petit miracle de la vue : une beauté, quoi !  Je salue le courage de celle qui l’a réalisé d’avoir enfin osé montrer non seulement des seins, mais un pénis.  Un tout petit détail en passant, mais qui démontre jusqu’à quel point nous sommes loin de l’imbécilité des Conservateurs et tous ceux de cette lignée.         
Comme dans la vie, la vision de la nudité n’a qu’un tout petit espace dans cette histoire où la folie occupe plus de terrain.  Elle aligne en complète contradiction la folie des adultes avec l’intelligence des enfants.           

Ce film permet aussi de voir la bêtise de la censure.  Faut-il cacher les corps?  Le plus pornographique de ce film, qui nous tombe d’ailleurs encore le plus sur les rognons, c’est d’entendre les cris des deux amoureux.  Une chose que les jeunes ont compris depuis longtemps.  Une histoire, par contre, bien féminine : une étudiante entre les mains perverses de son prof.

Quoiqu’il en soit, ce film nous prouve qu’on n’a pas besoin de la bourgeoisie pour nous dicter notre morale, ça vaut bien la violence sacralisée dans nos loisirs.. Au moins, c’est plein de psychologie.

Soulignons en passant, la valeur extraordinaire des artistes québécois, dans tous les domaines… Y a de quoi à en être fiers.

Départ pour Mexico.        

À force de vanter les plaisirs de voyager, nous nous sommes retrouvés trois en route pour le Mexique.  Cette fois, grâce à Ghislain, nous étions en auto.  Avant de partir, mon père m’a préparé une commande pour s’assurer que je ne crève pas de faim.  Ce fut une des seules fois dans ma vie où j’ai vu pleurer mon père à cause de moi.  « Tant qu’à toucher quelqu’un d’ici, c’est mieux que t’ailles vivre ailleurs. »

Mon père n’en faisait pas une obligation, mais il partageait ce point de vue et il me l’avait dit on ne peut plus clairement.  C’était honnête de sa part. Il était comme tous les autres à qui on leur a appris dès l’enfance à détester les homosexuels et les étrangers. 

Imaginez comment un père normal doit se sentir quand il apprend que son fils est pédéraste.  Il disait craindre que baveux et fanatique comme je suis, je me retrouve dans une chicane dans une taverne et que je me fasse faire la peau.  Il savait que je déteste en principe l’hypocrisie et que ce n’est pas facile de vivre différent des autres sans vouloir en parler, surtout moi avec ma grande gueule.  Je ne m’en sers pas seulement pour être «le roi de la pipe».         

Il avait aussi très peur de ma fougue quand je parlais de l’indépendance du Québec.  Quel sort aurais-je dans un Canada qui ne respecte pas les francophones qui se tiennent debout, une autre de mes passions capable de créer mille et un problèmes.  On dirait que je cherche les problèmes en embrassant les causes les plus détestées. 

Je venais de terminer mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est, comme le voulait l’éditeur, Léandre Bergeron. 

Au début, j’avais fait un livre comme avec la Thérèsa, c’est-à-dire présenté des dossiers sur les différents problèmes de l’Estrie (Vauxcouleurs), ce qui donnait une immense brique de quelque 400 à 550 pages.  

Comment puis- je croire qu’il y aura des gens qui se passionneront autant que moi à entendre parler des problèmes politiques et d’y chercher des solutions?   

Comme aujourd’hui, comment puis-je croire que bien des gens comprennent que l’avenir du Québec se joue à partir de la liberté sexuelle, parce qu’elle implique un sens profond de la démocratie et un respect total de la vie privée.  C’est aussi elle qui façonne notre personnalité d’où est-elle aussi importante que la langue. 

Je n’étais plus aussi engagé.  J’écrivais quelques articles pour les revues gaies.  Puis, je me suis fait photographier, nu, dans la fenêtre de notre appartement parce qu’on se trouvait juste en billet avec le Palais de l’injustice à Sherbrooke : une manière d’envoyer promener le système puisque je l’ai fait parvenir la photo dans une revue gaie qui l’a publiée.  Une seule personne m’en a parlé : « j’ai été surpris de voir que t’as une si petite bizoune ».

Les premiers jours de voyage furent sans histoire. 

Puis, Ghislain voulut que je tienne parole et que je lui présente Darryl, à Winnipeg.  Ce fut un vrai plaisir de revoir le petit.  Il partageait définitivement ma joie.  Darryl connaissait très bien mon intérêt pour son petit sexe, mais il m’était reconnaissant de l’avoir aidé, sans abuser de la situation, le laissant maître de la liberté que je me permettais avec lui.  Tout était clair entre nous.  Darryl savait très bien que jamais je ne me permettrais de ne pas le respecter même s’il m’attirait.  Une évidence qui renversa Ghislain qui craignait vraiment que je le kidnappe pour l’amener avec moi s’il ne voulait pas me suivre.  Une bravade, une folie que je répétais pour insister sur la beauté irrésistible de Darryl. 

Ghislain y avait interpréter mes paroles au premier degré comme dans sa religion.  Pourtant, il savait que j’étais comme lui : jamais je ne tolèrerai qu’une femme ou un enfant soit frappé (à moins de se défendre). 

Comment avait-il pu croire que je forcerais Darryl à venir avec moi ?   L’amour ne s’impose pas.   Il faut le vivre de façon à rendre positif le pire des défauts, selon la majorité aveugle de notre société. 

Cette situation, nous a permis à moi et Darryl de comprendre jusqu’à quel point il est possible de s’attacher à quelqu’un définitivement à partir d’un très court laps de temps.  Question de sensibilité.  Nous avons mangé au restaurant ensemble et goûté le plaisir de découvrir un être humain extraordinaire, juste en partageant un bout de chemin.        

Puis, nous avons filé vers Edmonton.  Évidemment, l’argent vint à manquer.  Une auto ça prend de l’essence.  Ghislain décida de travailler comme mécanicien, ce qu’il était auparavant. 

Pendant ce temps, je demeurais avec David à l’hostel du gouvernement, une auberge pour itinérants.  Ce fut une vraie malédiction, car un des lits dans lequel je dormais était infesté de poux.  Bains. Honte. Gêne. Mais, on en revient. 

Ghislain ne fit pas que trouver un emploi.  Je ne sais pas comment, mais il redécouvrit les stupidités des Bérets blancs.  Une lettre de sa mère, je crois.  En redécouvrant sa religion, Ghislain décida de sauver mon âme et de me convertir.  Ses sermons portaient d’abord sur le petit Dominique Savio, une façon d’attirer mon attention.  Puis, voyant ma résistance croître, il passa aux taloches.  Les frustrés sexuels deviennent vite des bourreaux.  Ça ne pouvait plus continuer ainsi, donc, nous nous sommes séparés. 

Je suis parti avec David, mon autre compagnon, à peine âgé de 20 ans, sur le pouce, vers Vancouver.  David était très beau garçon. On aurait dit un autochtone. 

L’idée du Mexique venait de lui.  Quant à Ghislain, il partit pour New York parce que la Vierge Marie y apparaissait à Bayside.  Il avait aussi retrouvé sa peur extrême.  Il prétendait que nous étions sur le bord de la fin du monde.  La comète Kouhoutek devait tous nous anéantir.  Elle n’a même pas éraflé la terre, contrairement à toutes les prévisions.   Je l’ai vue au télescope.  Elle était ravissante. 

C’est intéressant de voir comment les religions manipulent les gens grâce aux peurs qu’elles inculquent dans la petite enfance. 

La fin du monde a été promise des centaines de fois depuis le passage de Jésus sur terre ; mais si la terre est détruite, elle le sera par l’homme.  Jésus est entre temps stationné quelque part dans un «no where land » en attendant de revenir sur terre. 

Les pires peurs sont celles de notre enfance, car elles ont un petit côté irrationnel d’où les campagnes contre les prédateurs sexuels sont sujettes à traumatiser les jeunes beaucoup plus qu’à les protéger.

Radioactif 361

avril 30, 2022

Radioactif  361

Texte de 2008

La théorie de la conspiration.   

On parle de plus en plus de la théorie de la Conspiration. 

On sait que, selon cette théorie, George Bush et la CIA sont parmi les principaux responsables des événements survenus le 11 septembre 2001.  Selon cette théorie, Bush aurait accepté ces attentats pour justifier une nouvelle guerre avec l’Irak. 

On sait que le système économique ne peut pas fonctionner sans une guerre régionale, une guerre nucléaire étant trop dangereuse pour toutes les puissances. 

Dans un film, on prétend même que le Word Trade Center aurait aussi été dynamité, ce qui expliquerait l’effondrement des trois tours.  Malheureusement, quand j’ai visionné ce film, la première chose que j’ai pu lire : la page n’est pas disponible.  C’est arrivé pendant que je regardais déjà le film. 

Peu de temps après, j’ai rencontré par hasard des policiers qui connaissaient ce même film, ce qui m’a amené à leur demander : si on sait tout ça, pourquoi ne fait-on rien?  Fini l’information.  Si rien n’est vrai, pourquoi cache-t-on ces documents?  Rien de mieux pour accréditer une thèse que d’en faire un tabou.  Effectivement, dans tout, il faut savoir en prendre et en laisser. 

Le problème, c’est la vérité. 

Par exemple, au Québec, plusieurs ont mis en doute le déroulement des événements d’octobre, version fédérale.  Pourtant, ceux qui savent ce qui s’est passé leur donnent pratiquement raison. 

Pierre Vallières, le chef du FLQ reconnu, est un des premiers à se poser des questions qui sont effectivement très pertinentes, mais qui n’intéressent plus personne.      

Pourquoi avoir entrepris des enlèvements alors qu’on venait quelques mois auparavant de rater une autre opération, donc, d’avoir toute la police aux fesses?  Ceux qui y étaient soupçonnés et fichés par la police ne sont-ils pas automatiquement brûlés?  Pourquoi le FLQ veut-il absolument être responsable de la mort de Laporte, s’il s’est effectivement blessé lui-même en essayant de se sauver?  On l’aurait amené près d’un hôpital militaire afin de lui sauver la vie.  On aurait même envoyé un communiqué à CKAC pour s’assurer que le message passe.  Est-il vrai que Laporte était encore vivant dans le coffre arrière de l’auto?  Aurait-on envoyé ce message, si on avait vraiment voulu la mort de Laporte ?  Que vient faire une nouvelle cellule dont le nom rappelle le Royal 22è régiment (c’est dans le livre de Vallières) et qui prétend être celle qui a exécuté Laporte? Les rumeurs voulant que Laporte ait été sexuellement agressé devaient-elles servir à camoufler des tirs dans le coffre au cas où il y aurait de la dynamite ?  Rumeurs éliminées quand on en a plus eu besoin ?             

Comme on le voit, même ici, on peut s’interroger sur la vérité des informations qui nous sont fournies.  C’est le fruit de la censure.   On peut spéculer durant des mois.  Ce sont des questions qui sont revenues souvent quand j’ai commencé à avoir des troubles en 1996, le lendemain du référendum, alors que je commençais mes lettres à Jean Chrétien et Paul Martin, par Messieurs les chefs de la mafia légale parce que je croyais avec conviction que le fédéral venait de nous voler le référendum.  Une vérité irréfutable.

Le fédéral a organisé l’assermentation d’immigrés pour voter contre l’indépendance, il n’a pas respecté les lois du Québec et a organisé de vastes mouvements pour tuer l’idée de l’indépendance : les «on vous aime pleuvaient ».  Oubliés dès le lendemain matin du référendum.  

Cependant, la question qui revenait toujours en prison : pourquoi Pet a-t-il déclenché les mesures de guerre? Leur réponse : PET Trudeau aurait déclenché les mesures de guerre pour empêcher les États-Unis d’intervenir et d’occuper le Québec. Qui dit vrai là-dedans?  La paranoïa américaine justifie à elle seule de telles intentions.  On pensait bien que Trudeau était un marxiste parce qu’il appuyait Castro.

En fait, ça n’a plus grande importance.  La violence a tué le FLQ

Cependant, s’il est vrai qu’on savait que les événements d’octobre s’en venaient et qu’on a rien fait pour les empêcher, c’est qu’on savait déjà comment les manipuler pour servir la cause fédéraste. 

Ce serait comme la CIA qui ferme les yeux sur des attentats qui font partie d’un plus vaste scénario politique pour justifier la guerre en Irak et donner un coup de main à Israël.  Une chose semble certaine : Bush et la famille Laden, dont Ben lui-même, ont des intérêts communs dans le pétrole.  Pire, Ben Laden a travaillé avec la CIA comme soldat contre la Russie. Afghanistan-Tchétchénie- rapprochement avec les soviétiques—sont de bons sujets de discussions.                  

Qui organisa et bénéficia des secrets d’initiés dont furent victimes les compagnies aériennes mêlées à ces attentats? Des rumeurs d’un écrivain français ou des faits?  Pour combien de millions?    Dis-moi qui en retire les profits et je te dirai qui manipule en arrière. 

Je ne crois pas à une conspiration dans le genre Da Vinci code.  Qu’il y ait un descendant du Christ ou pas, ça change rien.  Mais une guerre de pétrole ça vaut des milliards de $$$.  Tout devient alors possible.

Nous allons droit vers une dictature mondiale à cause du pétrole ou une guerre mondiale dans laquelle on retrouvera les États-Unis contre la Russie et la Chine. 

Le nombre d’humains et leur consommation indue forcera les pétrolières à fermer les goussets et pour l’éviter on est prêt à tout. « Money is the devil even if we need him to prove that there is a God», diront certains.

Pas besoin de conspiration, juste des multinationales assoiffées et qui ne veulent pas voir fondre leurs profits. 

Le but premier est de détourner la vue et la compréhension des événements importants et réels afin d’agir assez vite pour que ce ne soit pas possible de s’en rendre compte.   La loi « de l’ordre public» est de ce genre-là. 

On commence par la pédophilie (protéger les jeunes), puis, la sexualité générale, (protéger l’ordre public). Puis, on proclame que toute personne, qui recherche à détruire l’unité nationale, est un terroriste qui met en danger l’ordre public pour l’enfermer longtemps

Même pattern qu’au moment où j’ai cru que mon procès à Val-d’Or était simplement un coup monté pour me fermer la gueule. 

Je crois encore plus que jamais que ça n’a pas d’importance.  Des services secrets amis peuvent-ils faire un coup dans leur propre pays pour justifier la guerre à un ennemi visible ou pas?  Pas certain que la conspiration est seulement une fabulation.  Quand il y a tant d’argent en jeu.        

Création du mot : féminoune.   

Re-jean, cette lettre d’amour décrit très bien comment je percevais la pédérastie en 1970.  Seuls les scrupuleux peuvent être scandalisés par un tel texte et comme je l’ai déjà écrit : les scrupuleux sont les êtres les plus pervers qui existent parce qu’ils voient du mal partout. 

Notre société dénonce toutes les fois qu’un homme manifeste son affection à un petit gars.  Pourtant, ça arrive fréquemment entre une femme et une petite fille ; mais les enfants sont un espace réservé aux femmes.  Un homme qui chouchoute un petit gars comme le font les filles entre elles est aussitôt perçu et dénoncé comme un maudit pédophile.  Et, on parle d’égalité entre les sexes. 

Je ne suis pas misogyne, mais j’ai connu des féministes, des vraies, qui trouvait tout à fait normal qu’un homme puisse exprimer son amour envers un enfant sans passer pour un cochon.  

J’avais et j’ai toujours beaucoup de respect pour ses femmes qui avaient dépassé la paranoïa sexuelle née de notre religion. 

Je m’en prends aujourd’hui aux féministes, je devrais dire les « fausses féministes», les féminounes, celles qui n’ont pas compris que la répression sexuelle est à la base de la mésestime de soi, de la peur et de la haine des autres, de la dénaturalisation de l’être humain qui, qu’on le veule ou non, est un être sexué. 

Sans violence et avec le consentement mutuel, rien ne doit être interdit dans la sexualité. 

Les féminounes sont les porteuses du message de l’extrême droite, mais il ne faut pas oublier que les deux extrêmes finissent par se fondre entre elles. 

La pire chose qui peut nous arriver, c’est de vivre un état de censure comme quand j’étais jeune. Une folie que j’ai décidé de combattre à jamais.  Il y a trop de jeunes qui se suicident parce qu’on est trop idiot pour reconnaître la grandeur d’être sexué, un processus qui se transmet depuis toujours, des milliards d’années,  qui a permis la survie des races.   

Réjean (réactions).           

Une autre réaction à Re-jean fut celle de ma mère. 

« Il n’y a jamais eu de bière ou de boisson dans les fêtes organisées pour la Thérèsa ».  La Thérèsa est une mine d’or qui était située à Longlac, en Ontario.

Elle avait parfaitement raison.  La Thérèsa préconisait les Lacordaire parce que l’association y avait investi de bons montants.  Les Lacordaire préconisaient l’abstinence totale. C’était fort dans ce temps- là : l’abstinence totale dans tous les domaines. 

En toute honnêteté, il faut apporter cette précision, donc je l’ai corrigée.  Par contre, il ne faut pas croire que cette abstinence était toujours respectée.  L’histoire de la Thérèsa démontre le contraire, même si toute personne prise à boire à la mine était expulsée.  C’est ce qui produit quand un nommé Gosselin a voulu revenir à la Thérèsa, après s’être rendu se marier à Sherbrooke. Il avait de la boisson et il a dû repartir avec son ménage et son épouse parce qu’on l’a découverte. 

C’est une forme de scrupule qui montre jusqu’à quel point la religion envahissait la vie privée des individus.  Par ailleurs, mon père s’est abstenu de boire durant près de 20 ans ou plus pour ne pas nous donner le mauvais exemple.  Faut le faire !       

Je me rappelle avoir fait les promesses du mouvement à plusieurs reprises. Ce fut le cas quand j’avais environ 16 ans. Cette fois, j’étais complètement saoul. On entrait Lacordaire comme on confessait ses péchés, par convention.  Chez nous, nous avons dû tous devenir Lacordaire.

Radioactif 360

avril 29, 2022

Radioactif 360

Texte de 2008

Esclaves du gouvernement.     

Quand tu dépasses 65 ans, tu deviens jusqu’à un certain point l’esclave du gouvernement parce que tu en dépens complètement quant aux revenus. 

Quand j’ai travaillé à la Fondation des aveugles, j’étais extrêmement surpris du nombre de personnes âgées qui vivaient sous le seuil de la pauvreté. Ces gens me disaient qu’ils devaient choisir entre manger ou se soigner.  Jusqu’à quel point était-ce vrai ?

Et, pourtant notre système médical se veut de plus en plus boiteux. 

Que faudra-t-il faire pour en assurer non seulement la subsistance, mais l’efficacité?  Beaucoup de gens blâment l’Office des médecins qui s’arrangent pour toujours avoir moins de médecins, d’infirmiers et infirmières que l’on en a besoin.  Est-ce une pénurie nécessaire pour garder la population en otage?  Pour s’assurer que l’on peut imposer les revenus que l’on exige?  Pourquoi les professionnels sont-ils payés disproportionnellement en fonction de la population en général?  Parce qu’ils savent se rendre aussi indispensables que le pétrole ou l’électricité ? 

Normalement, plus tu es intelligent plus tu devrais être compatissant.  On vit dans une société qui pense de plus en plus qu’en fonction de l’argent.  C’est difficile de faire autrement quand tout augmente. 

C’est comme Hydro-Québec qui passe son temps à augmenter ses tarifs, sous prétexte que c’est moins cher ailleurs.  C’est vrai, mais ailleurs, ce ne sont pas ceux qui en ont payé la construction. 

Quand René Lévesque a pensé à la nationalisation de l’électricité, c’était pour combattre la pauvreté.  On est loin de ce but maintenant.  On dirait que la pauvreté ne disparaît pas, mais se répand davantage. Une impression ou une réalité?  On chiale contre les assistés sociaux et on donne des millions en subventions aux industries qui s’en iront s’établir ailleurs. 

Michael Fortier

J’aimerais rappeler à Monsieur Fortier que si nous sommes si bien au Québec, comme il l’a dit à Tout le monde en parle, ce n’est pas grâce au fédéral, mais c’est MALGRÉ le fédéral. 

Le Québec a été assez fort pour devenir la nation que nous sommes aujourd’hui, grâce à la révolution tranquille et non grâce aux infamies fédérastes. 

Il suffit de se rappeler le coup de l’aéroport international Pet Trudeau, des mesures de guerre, du rapatriement unilatéral de la constitution et des industries qui sont parties du Québec subventionnées par le fédéral pour s’installer ailleurs, du vol de l’assurance-chômage pour savoir que le Québec existe malgré les efforts fédérastes pour nous assimiler et nous réduire à une toute petite minorité silencieuse. 

Le Québec s’est développé grâce à des hommes comme René Lévesque, Jacques Parizeau, le Dr Camille Laurin, etc.  Ce sont, eux, qui  tout en tenant tête au fédéral qui s’immisce de plus en plus dans les pouvoirs du Québec tout  en nous faisant croire qu’il a compris qu’on est une nation, qui ont construit le Québec

Avec les Conservateurs et leurs nouvelles lois de la censure et de l’aliénation, on peut dire qu’on a même maintenant une raison culturelle de se séparer du reste du Canada. 

On a plus rien à attendre de positif du fédéralisme, ce sont toujours les mêmes mensonges, les mêmes hypocrisies et les même stratégies.  Dès qu’on aura retrouvé notre mémoire, on saura que le temps presse pour créer le pays du Québec.            

La conspiration, ce sont les chefs de pétrolières qui défendent leurs intérêts sur toute la planète. Une guerre de compagnies d’essence et de profits.  Peut-être aussi pour la contrebande du pavot.         

Ce n’est pas nos soldats que nous n’appuyons pas, mais les raisons économiques qui motivent ces guerres. 

Censure de mes livres.   


Je sais que mes livres ne sont pratiquement pas trouvables.  Ça fait partie de la décision de m’effacer de la liste des écrivains québécois parce que j’ose écrire que je suis un pédéraste heureux et les jeunes ont, non seulement une sexualité, mais le droit à celle-ci et à leur vie privée.  Disons, que je suis le créateur d’une morale sexuelle pédéraste en évolution. 

Tout est permis tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination, qu’il y a consentement, amour et responsabilité, et finalement, que ce soit agréable pour tous les participants.  Ce qui va de soi. 

La CENSURE au Québec cherche à éliminer tout ce qui est sexuel et éventuellement capable de se ramasser dans les mains des moins de l’âge de consentement.  On a pour cela créé la littérature de la jeunesse.  On se fiche de la violence, c’est du cul dont il ne faut jamais parler. Je dirais même penser. 

Les adultes sont hystériques dès qu’il est question de sexe.  C’est normal, nous avons été élevés ainsi. 

Si on ne veut pas qu’une idée fasse son chemin, on n’a même pas besoin de l’interdire, on en empêche la diffusion.  Ça coûte très cher d’être écrivain quand tu ne dis pas ce que le système veut entendre.  Le signe de piastre $$$ est la liberté dans notre monde. 

On retrouve certains de mes livres dans les bibliothèques des universités et à la Bibliothèque nationale.     

Ce n’est pas n’importe qui (de n’importe quel âge) qui y a accès.  Je n’écris pas pour les jeunes, mais pour changer les règles de notre société face à la sexualité.  Passer d’une vision religieuse à une vision scientifique de la sexualité

Il y a même un de mes livres que l’on retrouve à la bibliothèque de l’Assemblée nationale Le temps d’agir parce que je suis encore politisé et que je rêve plus que jamais que le Québec devienne un pays. 

Un ami qui a cherché mes livres durant des mois s’est fait disputer à la Bibliothèque nationale, sous prétexte que je suis un pédophile, ce qui est absolument faux.  Je suis pédéraste.  Par ignorance crasse, on refuse de faire la distinction.  Je devrais, étant donné mon expérience, me classer plutôt du côté des libres penseurs. 

Effectivement, je devrais plutôt dire, plus que je vieillis, plus je suis un «masturbo-fantasmeux», si notre orientation sexuelle signifie les gestes sexuels que l’on vit au moment présent.           

Je sais que les lois fédérastes vont dans le même sens que la CENSURE qui a miné la vie du Québec jusque dans les années 1970.  On ne pouvait même pas dire le mot «queue ou pissette», je dirais même qu’on n’avait même pas le droit d’y penser.  On devenait rouge dès que le mot sein nous effleurait l’esprit. 

Notre morale sexuelle dans sa rigidité tient de la débilité la plus absolue. 

Un tabou dont on ne parle pas, on n’y pense même pas. 

Selon nos autorités, tout ce qui se passait sexuellement en-dehors de vouloir procréer dans le cadre du mariage seulement était interdit.  Nous retournons à une vitesse grand « V » à cette époque de grande noirceur, grâce aux Conservateurs au fédéral et à la droite féminoune au Québec. 

Je pensais que nous étions sortis de cette ère de débilité due à l’ignorance, mais on ne fait qu’y replonger.  On ne veut pas que je sois un modèle pour les autres pédérastes parce que je m’accepte comme je suis, tout en me créant une morale personnelle.           
    
Je ne passe pas mon temps à avoir peur quoique la dernière visite en prison m’ait rendu beaucoup plus paranoïaque.  Je ne pourrai pas continuer ainsi sans un jour «péter les plombs».   On refuse de faire une distinction entre un geste volontaire et un geste de violence ou de domination.  Il y a une différence entre aimé et abusé.

Le ministère de la Justice fédéral a même subventionné une étude à l’Université de Montréal, sur moi et sur ceux qui ont écrit dans Sortir, un livre des Éditions de l’Aurore, publié par Jean Basile. 

De plus, on a peur que je sois un mauvais exemple pour les jeunes.  C’est mal me connaître et les jeunes aussi.  Cependant, je refuse de continuer d’appuyer une morale qui élimine notre sexualité (la base même de notre personnalité) et qui reste silencieuse devant la violence. 

Je ne veux pas d’un pays malade du tabou sexuel, un cancer de l’estime de soi qui fait que tout ce qui est sexuel en dehors de «l’ordre public» est un crime.  

M’empêcher d’en parler, c’est du fascisme.

Béret blanc pédéraste.   

Quand je suis revenu pour la première fois de Vancouver, à Sherbrooke, j’ai rencontré un pédéraste béret blanc. Ça semble quasi impossible qu’un fils de ce mouvement maladivement conservateur comme les Mormons puisse être pédéraste.  Non seulement il était pédéraste, mais parfois, il essayait lui aussi de tirer un joint avec nous.  Il s’est ainsi ramassé quelques fois à l’urgence de l’hôpital, n’ayant pas assez confiance pour nous instruire de ses peurs. 

Ghislain avait toutes les adresses pour obtenir toutes les revues pornographiques américaines.  Il allait les chercher à Newport où il les faisait venir par la poste.  Je n’ai jamais vu d’aussi belles revues, sauf celles qu’un de mes lecteurs m’a, plus tard, apporté d’Europe pour me remercier de mes écrits. 

 Malheureusement, j’ai dû me départir de tout, quand je suis déménagé à Magog parce que mon frère est totalement hétéro, normal comme me diraient certains de mes amis, et il n’accepterait jamais que de telles photos le mettent en danger.  Ces merveilles servent à t’exciter, à te créer des fantasmes, à te masturber.   

J’aurais probablement pu les cacher, mais pour qu’il n’y ait pas de problème, j’ai jeté tout ce que j’avais. Ça fait partie de l’hypocrisie canadienne que d’entretenir des croisades contre la pornographie. Cependant, je tiens à ce que mes goûts n’entraînent pas de problèmes à ceux qui m’aident. 

C’est facile de faire de telles croisades, ça impressionne la galerie, ça maintient la peur de la sexualité chez les femmes et, par conséquent, le conservatisme social.  

Je n’ai jamais compris cet interdit, sauf auprès des producteurs.  C’est, chez eux, que la police devrait sévir, mais elle ne le fait pas parce que la police doit les protéger.  La police s’attaque aux individus et non à la pègre.   Il y a des millions de $$$ en jeu ; c’est comme la drogue. On interdit le petit pot local pour mieux passer les drogues dures. 

En quoi une personne qui se masturbe en regardant des revues, des films ou internet dérange-t-elle la communauté dans son sommeil ? 

L’interdit sexuel conduit à des gestes beaucoup plus graves : à la frustration, au fanatisme religieux, par exemple.   Il permet de se haïr et de mépriser les autres et de péter les plombs.  Rien ne crée une situation de vengeance aussi grave, aussi intense que la répression sexuelle. 

On le sait, mais on ne change rien.  Au contraire, on s’attaque aux individus déviants sexuels jusqu’à leur rendre la vie impossible.  Quand ils «pettent au fret», qu’ils se suicident, on fait semblant de se demander pourquoi ça arrive.     

On ne fait rien pour légaliser les gestes sexuels sans violence parce que la répression permet un contrôle plus large des individus. 

Plus on permet aux gens de s’imaginer, de s’inventer des horreurs, particulièrement sexuelles pour les femmes, plus on maintient la peur, et plus, on rend une toute petite minorité, sans pouvoir, responsable de tous les crimes de la terre.   C’est un phénomène vieux comme le monde.  Ce n’est pas pour rien que 96 % des Québécois sont contre des rapports sexuels avec des mineurs.  Ça fait des siècles que l’Église en garde le monopole. 

Plus tu es frustré, plus t’es une bombe à retardement.  Toutes les religions savent ça.  La chasse aux pédérastes a un autre avantage : elle permet d’avoir de grosses, grosses subventions ; de faire des études sur des personnes vivantes comme les nazis le faisaient (combien dur bandes-tu quand quelque chose t’excite ? On va te mettre un appareil sur le gland pour le mesurer.  

C’est mieux d’avoir une prison à Gaspé pour éloigner les curieux.  Au moins les prisonniers-cobayes ont droit à de la pornographie gratuite.  Puis, ces personnes ne sont pas violentes.  Elles meurent de peur, aussi est-il facile pour le système d’arrêter quelques pédophiles de temps en temps pour prouver son efficacité.  C’est moins dangereux que de courir après les vrais criminels, mais pour ça il faut faire croire qu’il y a un véritable danger. Il faut tout encadrer avec des lois, dans un langage de l’épouvante.  

Si les argents allaient pour la recherche des personnes disparues, au moins ce serait plus normal, mais la police risquerait de passer pour une organisation inefficace.   Des pédés, il y en a partout, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.  Croire dans leur extinction (la croisade actuelle), c’est de l’angélisme schizophrénique. 

Je n’en ai pas contre la police, elle obéit aux ordres.  Je pense que la mafia légale donne les ordres pour que ça rapporte le plus.  La police sert la mafia légale.  Elle sert à emmurer la pègre, à s’assurer que les meurtres et la violence se passent juste entre eux.  Pourquoi ne se sert-on pas de tous les moyens pour retrouver les personnes disparues?  Pourquoi ne trouve-t-on pas moyen d’empêcher un chauffard de faucher d’autres vies humaines?  Pourquoi ne se sert-on pas des lois existantes contre les gangs de rue? 

Comme je l’ai déjà dit au ministre de la Sécurité du temps de Lucien Bouchard : on est bien meilleur pour protéger les pénis que pour protéger les cerveaux de la drogue et de la violence.

J’ai voulu développer une façon morale de constater qu’on est pédéraste sans constituer un danger pour les jeunes et demeurer authentique.  C’est pourquoi j’ai ajouté les notions de non-violence, de consentement, de responsabilité et de plaisir mutuel.  Tu es le seul maître de ton corps.

Une solution qui passe essentiellement par l’éducation.  « Comment te percevras-tu quand tu seras à l’article de la mort?  Si t’es heureux de la vie que tu as vécu, c’est tout ce qui compte.»           

Une philosophie que la prison te permet de comprendre, car c’est essentiel pour la réhabilitation d’avoir confiance en soi et de l’estime pour soi. 

Nos gouvernements l’ignorent.  Ils sont trop occupés à trouver de nouveaux moyens pour nous faire les poches. Nous sommes victimes d’une dictature fasciste sous le règne du gouvernement Harper.

Radioactif 359

avril 28, 2022

Texte de 2008

Les seins.   

Je ne comprends pas pourquoi on fait tant de chichis quand il est question de sexe et qu’il n’y a pas de violence ou de domination.  On est loin de la réalité féministe « ton corps t’appartient».  Personne ne meurt ou n’est blessé par la nudité. 

Quand j’étais jeune. Il y avait toujours une bande de folles qui s’évertuaient à dénoncer les revues cochonnes.  Il fallait les cacher comme les cigarettes De quel droit ces malades décident-elles de la morale des autres?  Si elles sont scrupuleuses, c’est leur problème. Qu’elles s’enferment chez-elles. On ne doit pas se priver de tout,  juste à cause de ces esprits étroits et malades. 

Je n’arrive pas non plus à m’imaginer comment un professeur d’éducation physique puisse être accusé pour attouchements sur des fillettes de neuf ans environ.  Qu’est-ce qu’il peut avoir touché?  Il leur a mis la main entre les cuisses?  Comment peut-il toucher des seins qui n’existent pas encore?  Jeune, des seins pouvaient nous exciter, mais au moins il y avait déjà des bourrelets.  À neuf ans, autant que je me rappelle, il y a encore absolument rien.  La planche ne peut pas être plus planche, alors comment peux-tu toucher des seins qui n’existent pas encore ?  Quel intérêt? Ou ce sont les femmes qui sont assez malades pour s’imaginer que c’est déjà mal.

Les gens et les autorités qui appuient ce qui me semble un excès de pudeur ont une façon de voir qui est carrément vicieuse et débile.  Pourquoi vouloir nous imposer une morale déphasée?  C’est de la pure paranoïa, selon les informations fournies dans les bulletins de nouvelles. 

Je comprends que les seins sont ce qu’il y a de plus tentant et excitant chez une femme, tout comme je comprends qu’il doit y avoir un accord, une permission, avant d’y mettre la patte, mais une fille de neuf ans, ça pas de sein qui suscite de l’intérêt.  Peut-être y a-t-il des détails dans ces attouchements que l’on n’a pas?  Je ne suis pas juge, Je n’ai pas leur paye, mais je sais que des causes de ce genre-là, ça coûte une fortune.   

La cour doit servir à des causes plus sérieuses, d’autant plus qu’on crie à l’engorgement comme dans nos urgences. 

Je pense que ça entretient la folie de la peur.  Il faudrait plutôt avoir recours à des psychologues pour soigner celles qui maintiennent la sexualité dans un état de psychose nationale.


Égalité : homme-femme. 

Eh oui ! J’ai toujours appuyé l’égalité entre les hommes et les femmes, même si je suis pédéraste.
  C’est une réalité qui va de soi. Un homme ou une femme, c’est un être humain. 

Je trouve d’ailleurs incroyable qu’il a fallu des siècles avant qu’on s’aperçoive que les hommes et les femmes sont des êtres humains.  Nous voyons là l’effet pervers de l’éducation religieuse qui prétend que la femme doit être soumise à l’homme et qu’elle est objet de péché ou de mal.  En établissant les rôles sociaux de l’homme et de la femme, les religions ont consacré la soumission de la femme à l’homme. Toutes les religions sont misogynes parce qu’elles ont été inventées par des prêtres et que les femmes n’avaient même pas le droit de parole, pour ne pas dire le droit d’exister. 

Les religions ont été les premières à introduire la notion de la femme inférieure, tentation perpétuelle pour l’homme incapable de diriger les élans de son pénis.  Les religieux intégristes étaient déjà assez malades pour ne pas permettre aux femmes de vivre sans être cachées derrière des vêtements.  Il ne fallait pas voir un pouce de leur chair pour ne pas être tenté ou pour conserver le droit exclusif de propriété.  Femmes et enfants étaient les esclaves du bonhomme que celui-ci soit un bon individu ou le pire des salauds. 

Cacher ainsi la femme est une vision qui sous-tend aussi que tous les hommes sont trop cochons pour pouvoir maîtriser leur instinct sexuel.  

Une des plus belles réalisations au Québec est cette égalité femme- homme ; même si on la confond encore parfois à une égalité mathématique.  Il sera impossible de définir une véritable égalité tant et aussi longtemps que l’on ne modifiera pas la base de nos philosophies qui engendrent nos personnalités.  La discrimination nous vient souvent de l’exemple donné par les adultes.

Il faut proclamer sans réserve l’égalité, dès la naissance, de tous les êtres humains, les enfants y compris.  « Ton corps et ton esprit n’appartiennent qu’à toi ».  Voilà ce qui mérite d’être retenu de la lutte des féministes. 

Cette lutte ne sera valable que si l’on remplace l’approche religieuse de la sexualité par une approche scientifique. 

Malheureusement, sous prétexte de défendre les jeunes, on leur impose une morale bourgeoise et paternaliste comme les curés d’antan.  Leur lutte est un retour à la pensée maladive de la sexualité par les religions.  Maladive, car elle nie l’essentiel nous sommes tous, sans exception, mortels et sexués.

Le nier ne peut que semer la mésestime de soi et le rejet des façons minoritaires de vivre sans violence sa sexualité. 

Quand les sociétés comprendront-elles le droit de se créer individuellement une morale sexuelle personnelle dont les balises sont simples et claires : le consentement mutuel, la non-violence, la responsabilité et le plaisir d’aimer. 

Chaque individu a le devoir de fixer sa morale.  Quand on aura dépassé ce stade qui nous enferme dans la sexualité des autres, on pourra commencer à agir sur les vrais problèmes dans le monde : la misère, la violence et les drogues.  On pourra revivre des idéaux qui ne sont pas qu’une recherche de profits financiers et qui nous rendent conscients de notre responsabilité envers la planète. 

Dès lors, on aura compris que notre seule raison de vivre est le bonheur individuel et non d’être les esclaves de systèmes économiques.  Nous vivons pour vivre le plus d’expériences possibles, car elles constituent notre intériorité.  La seule chose qui compte est qu’à la fin de notre vie, on puisse dire: ma vie est une expérience qui en valait la peine. 

Et, ceux qui croient ajouteraient que pour cela il faut en être reconnaissant envers son Dieu, car la vie sur terre est juste un apprentissage quant à savoir reconnaître ce qu’il a fait pour nous. 

Pour les autres, la mort ‘est le vide absolu. Ainsi, le moment présent est tout ce qui compte.  On ne saura jamais laquelle des deux vérités est la bonne et ça n’a pas grand importance.

Vancouver, la belle !        

Vancouver, c’est le contraste absolu avec le Québec, et pourtant, émotivement c’est ce qui nous ressemble le plus au Canada.

Comme tous les pouceux, je me suis ramassé à l’Hostel du gouvernement, à Vancouver, un endroit où on pouvait aller coucher gratuitement, en autant qu’on y entrait assez tôt le soir.  On nous donnait aussi un billet pour aller manger au restaurant chinois bien entendu.    

C’est fantastique que déjà à cette époque, on pouvait parcourir le Canada d’Est en Ouest, sans jamais avoir de misère.  La pauvreté ne devrait pas exister dans un pays comme le Canada.  On chiale contre le « bien-être», mais on oublie les millions que nos gouvernements donnent en subventions à des multinationales ou des industries qui n’ont pas eu la présence d’esprit de se moderniser.  Un bien-être social pour millionnaires. 

J’ai aimé Vancouver à cause du parc Stanley et de la plage de nudisme. 

Une de nos différences apparaissait déjà dans les discussions : si le Québec a le droit d’être francophone, est-ce que Vancouver a le droit de parler mandarin?Il y avait déjà plus de Chinois que de Francophones.  Mais, Vancouver n’est rien à côté de l’Île de Vancouver et sa « Rain forest trail».  C’est une merveille.  Dans cette forêt, t’as l’impression d’être sur une autre planète.  À cause de la hauteur des arbres, toute la végétation est d’un vert différent. 

De plus, sur l’île, il y a des fleurs partout.  J’ai visité le Bushhard Garden (quelque chose du genre), grâce à un homme qui voulait que je retourne au Québec avec une belle impression de sa province.  Il m’a payé l’entrée. 

Les gens qui t’embarquent sur le pouce sont extrêmement gentils ou certains sont un peu plus vicieux.  L’homme qui m’a fait visiter Victoria, la riche, se donnait toutes les raisons du monde pour se pencher sur moi et me passer les doigts dans la région de la braguette, sous prétexte qu’il me montrait une architecture particulière.  Je n’avais pas peur, car c’était évident qu’il n’était pas violent, même si c’est un risque à prendre.  J’étais déjà assez vieux pour décider.  À vrai dire, j’aimais ça.  Je suis agace-pissette. 

À Vancouver, j’en ai profité pour travailler pour le journal le Soleil, un hebdomadaire francophone. 

Je n’avais pas un sou, je vivais d’assistance publique et j’étais certainement plus heureux que la moyenne des hommes.  J’étais libre.  J’ai écrit et publier un texte dans les journaux pour demander comment Paul Rose pouvait être condamné pour le meurtre de Laporte alors qu’il n’y était même pas?  C’est ce que j’avais lu et ce que je croyais. 

Quand je suis revenu, j’ai presque fait le trajet en trois coups.  Un moment donné, je m’étais adjoint un petit Trudeau pour voyager avec moi.  La police nous a arrêtés.  Quand on nous demanda qui nous étions, je leur dis de bien faire attention, que le petit Trudeau était le cousin du premier ministre PET lui-même.  Ce fut très expéditif, au cas où. 

Par contre, j’ai appris qu’un autre Jean Simoneau parcourait le pays et volait, se battait et faisait les 400 coups.  Heureusement, grâce à mon numéro d’assurance sociale, on a pu établir que c’était un autre gars. 

J’ai peut-être tous les défauts du monde, mais j’essaie d’être honnête.  Même ma façon d’aborder la sexualité sera un jour celle qui prévaudra dans le monde… question de temps. Ce sera libre, mais avec consentement et non-violence. Un plaisir.

La censure fédéraste.     

On va peut-être un jour me croire et comprendre.  La censure que l’on m’inflige depuis quelques années, sous prétexte que j’ai le malheur d’écrire que je suis heureux d’être pédéraste, est maintenant la même, à l’échelle de toute la culture québécoise, autant straight que gai. 

C’est maintenant claire : la lutte à la pornographie pour la supposée protection morale des jeunes contre les prédateurs sexuels, n’est qu’hypocrisie pour restaurer LA CENSURE par la porte de derrière. 

Évidemment, pour fermer la gueule à un individu qui a la trappe trop grande, rien de mieux que de l’accuser d’attouchements sexuels.  Il sera aussitôt détruit à jamais.  Il ne pourra plus travailler, ni voyager, il ne pourra même plus faire de bénévolat jusqu’à la fin de sa vie.  On va même essayer de l’écraser financièrement pour qu’il n’ait jamais les moyens de se relever.  C’est automatique. Tout le monde s’insurgera contre lui. 

Toutes les âmes affamées de médisances et de calomnies, comme les vampires dans les films d’Hollywood, vont lui sauter dessus pour l’exterminer, jusqu’à faire disparaître toute trace de passage dans cette vie. 

Là, on risque de s’apercevoir que tout ce que l’on veut c’est revenir à la bonne vieille société puritaine d’antan.  Non seulement on ne veut pas que les jeunes entendent les moindres propos sur la sexualité comme si on était des bouts de bois de sa naissance à ses 18 ans ; mais on veut priver les adultes des toutes les scènes, de tous les mots, qui pourraient leur rappeler qu’ils sont sexués. 

On a enlevé les cours de sexualité de nos écoles, on a créé une littérature de la jeunesse où aucune connotation sexuelle ne doit apparaître et on a inventé une télévision qui nous gave quotidiennement d’attentats à la pudeur ou à la décence pour nous faire croire que c’est un grave problème de société.  Ainsi, la police peut avoir plus de subventions pour s’attaquer à ce danger pour la jeunesse. 

Maintenant, que tout le monde dort, il ne reste plus qu’à partir en guerre contre Le danger est dans la tête de ceux qui voient du mal dans la sexualité. On enlève toutes les scènes osées sexuellement dans toutes les productions, en attendant de revenir à la censure politique comme avec ON EST AU COTON.  La loi est passée en troisième lecture.  Qui cherche-t-on à exterminer ainsi ?  Le Québec récalcitrant. 

Ce maudit adolescent qui ne boit pas toutes les paroles de Poutine-Bush-Harper (agents des pétrolières) et qui croit encore que les délinquants peuvent être réhabilités.  Paranoïaque?  Le sénat ne le sera jamais assez fort pour tuer dans l’œuf cette censure supposément apte à établir une dictature bénévole. 

Fermons encore les yeux et laissons-nous guider par ceux – là même qui n’ont pas vu passer l’éléphant de la censure. 

On revient au temps où l’on n’avait même pas le droit d’avoir une pensée de nature sexuelle.  Quelqu’un qui a une morale de soumis sexuellement est soumis politiquement.  On appelle ça des aliénés.  Des gens qui embrassent leurs chaînes.  

Nos partis politiques sont bien trop occupés dans leurs stratégies pour aller chercher des votes et le pouvoir pour voir comment on s’y prend pour nous passer un sapin qui anéantit toute liberté. 

Le fascisme s’introduit ainsi pernicieusement jusqu’à ce que ses dirigeants aient pris le contrôle. La peur est la drogue universelle.    

Paul Martin avait probablement raison : Harper est pire que le diable.  Mais ce n’est que la tête de l’iceberg.

Via Rail

avril 27, 2022

Via  Rail

Je veux féliciter Via Rail pour son magnifique service à la clientèle.

J’ai dû me rendre dernièrement à Hamilton et j’ai décidé de le faire par train pour ne pas avoir à changer de gare à Toronto.

Je ne sais pas si c’est à cause de mon âge, mais je n’ai jamais été aussi bien accompagné.  Il a suffi de dire que j’avais besoin d’assistance pour avoir une personne qui m’a me montré le chemin pour passer, à Toronto, du train à l’autobus.  Il n’y a, semble-t-il, qu’une gare maintenant et elle est immense.

À l’aller, la gare était pleine à cause de la joute de hockey, ce qui m’a fait penser à mon ami Jacques qui ne manque aucune joute du CH.

Puis, ce fut l’alerte à la bombe qui s’est produite près des portes où j’étais déjà rendu pour cette fois prendre l’autobus en direction d’Hamilton. J’ai pris l’autobus, car en arrivant à Hamilton,  je sais où je suis, alors qu’en train je ne sais pas quelle sortie prendre pour être au centre-ville. Jubed serait là pour me cueillir.

À mon retour, j’ai raté le dernier autobus pour Montréal par dix minutes. Je devais donc trouver un autre moyen.  Donc, je suis retourné à Via Rail et j’ai pu dénicher une place me permettant de me rendre le soir même à Montréal.

Puisqu’il  n’y a plus de service d’autobus Montréal-Magog après huit heures, j’ai dû me prendre une chambre d’hôtel, mais rendu à Montréal, je me sens un peu plus chez-moi, ce qui facilita la solution.

Radioactif 358

avril 27, 2022

Radioactif 358

Texte de 2008

Le visage du Canada.     
J’ai été très surpris de la beauté du Canada.  Chaque coin de pays a ses particularités quoique sans être chauvin, c’est un phénomène que l’on retrouve aussi pour chaque région du Québec. 

Je me souviens du Nord de l’Ontario parce que c’est, avec l’Alberta, les seuls endroits où une auto a fait un « crochet » assez prononcé pour je dusse me jeter à l’arrière pour ne pas être happé.  En Ontario, les Autochtones (c’est plus beau de dire les Indiens) étaient en pleine guerre avec les Blancs.  Dans l’Ouest, on ne digérait pas mes cheveux longs. Les cheveux en parachute, comme disait Jim Corcoran. 

Ceux qui pensent que le Canada est un pays bilingue ne sont pas sortis du Québec.  Il y a Radio -Canada, d’un océan à l’autre, mais c’est presque tout.  Tu vas trouver des francophones partout, si tu les cherches.  Même à Sudbury, la francophonie est devenue un mythe, une expression folklorique. 

J’ai été très surpris des Prairies.  Je m’étais figuré ça beaucoup plus plate.  Je me suis surtout amusé avec un petit renard qui ne savait pas s’il devait avoir peur de moi ou pas.  En Saskatchewan, un Anglais qui m’engueulait s’est retrouvé devant un Métis qui lui fit sagement fermer la gueule.  Ce Métis disait qu’en chaque francophone, il y a un Métis.  Par la suite, lui et ses amis, m’ont amené là où Louis Riel a enseigné.  J’ai pu trouver mes initiales sur un banc de la classe de Riel, à Batoche. 

Notre histoire ne nous raconte pas comment le gouvernement de Macdonald a fait tuer des centaines de Métis pour permettre aux trains de poursuivre la Conquête de l’Ouest.  Riel était un des nôtres. On l’a pendu parce qu’il voulait un pays indépendant pour ses Métis.  Son seul problème : il parlait trop avec Dieu.  Il a fait confiance aux sales à Ottawa qui ont ordonné à l’armée de prendre le territoire par la force.  Le Canada a été créé dans le sang.

L’histoire du Canada est tachée du sang de ces pauvres innocents qui ont eu le courage de défendre leur territoire jusqu’à la mort.  Money first !  On exploita aussi les Chinois.  Le mal triomphe toujours. 

Les Rocheuses m’ont déçu.  Je me figurais ces montagnes plus escarpées, plus hautes.  Je les redécouvrirai dans mon deuxième voyage lorsque je dus y faire du pouce.  Des souvenirs – images extraordinaires.  Les montagnes que je me figurais me sont apparues en Europe, mais je ne serais pas surpris d’avoir déjà vécu dans les Himalaya.  Quand je les vois dans des films, j’ai l’impression de revivre ces paysages. 

J’ai adoré Vancouver et les fleurs de l’île de Vancouver.   Les fleurs sont probablement ce que j’ai vu de plus beau.  Elles sèment la gaité.

Que dire des clubs de nudistes.  La nudité est une élévation de l’âme.  Sa beauté est transparente. Seuls les esprits pervers en sont offusqués.  

Plage de nudisme.           

Derrière l’université, à Vancouver, il y a une des plages de nudisme les mieux connues du Canada.  Il faut descendre dans les banquises de sable pour s’y rendre.  Ce fut pour moi le paradis.  Il y avait là une mère et ses deux jeunes fils.  L’eau du Pacifique était affreusement froide, alors les jeunes se baignaient nus dans un trou d’eau sur la plage.           

Nous avons escaladé ensemble les banquises, nous avons construit des châteaux, nous nous sommes enterrés mutuellement, sous la surveillance de l’œil maternel.  En fait, nous avons filé des heures de parfait bonheur ensemble. Pour compléter le décor, devant nous, aux États-Unis, une montagne et ses neiges éternelles.  Imaginez la scène.  L’extase.  Que demandez de plus à la vie?  J’avais dans une seule vison, tout ce qui représente le paradis et ce qu’il y a de plus sublime à contempler. 

J’ai tellement été heureux que j’ai oublié ma maladie de peau, mon vitiligo, et je me suis ramassé dangereusement brûlé.  J’en étais réduit à marcher comme un canard, à avoir de la difficulté à endurer la moindre pièce de linge sur moi, mais j’étais heureux comme un fou. 

Cette vision du paradis m’a tellement profondément hanté qu’en retournant au Québec, lorsque je suis arrêté en Saskatchewan chez un peintre et sculpteur, un nommé Fafard, je crois.  Il avait fait un immense éléphant sur le toit d’un bâtiment.  Tout ce que j’ai su exprimer dans ma tentative de dessin fut de reproduire cette scène qui m’habite encore : la plage, les jeunes nus, l’eau froide et la montagne devant avec ses neiges éternelles.

Mes brûlures ont eu pour résultats d’activer mon vitiligo au point d’en être couvert partout sur le corps et confirmer que je suis bien un nègre blanc d’Amérique.  Ces quelques heures valent à elles seules la peine de vivre. 

Le cirque libérateur.        
    
C’est en hommage à Marc Lachance que je veux écrire ce petit mot.

Radio-Canada vient de montrer comment le Cirque du monde, un petit du cirque du Soleil, permet aux jeunes de la rue de s’en sortir.  C’est exactement le projet qu’animait mon ami Marc Lachance, en Éthiopie.  Les jeunes de la rue pouvaient s’inscrire, s’instruire et participer aux activités du cirque. 

Marc s’est suicidé pour sauver son œuvre du scandale parce que des lettres anonymes du Québec le dénonçaient comme pédéraste. Dans leur langage diabolique, on appelle ça de la pédophile alors que le mot juste est de la pédérastie (à cause de l’âge de ses amants).   

Ce sont ces étroits d’esprit qui représentent un danger pour la société en faisant pleuvoir les subventions au service de sécurité des pays.  Ils font disparaître tous les bons sentiments qui animent des projets pour venir en aide aux démunis, sous prétexte qu’il y a du sexe.  Je serais d’accord avec ces dénonciations, si une des raisons pour être inclus à ces activités soit d’être obligé de participer à des activités sexuelles .  Ce n’est plus pareil.  Il n’y a plus de plaisir, s’il n’y a pas  de consentement mutuel.  

Quoiqu’il en soit, Marc a créé une foule de cirques en Éthiopie.  Le chantage lui faisait tellement peur qu’il s’est pendu quelque part en Amérique du Sud pour sauver la réputation de ses cirques.  Avant de mourir, il avait écrit qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre. Il faisait référence à la nuance que je fais entre pédophilie et pédérastie et affirmait que la pédérastie est une orientation sexuelle

Disons que le jeune qui expérimente cette forme d’expression de sa sexualité et qui s’y reconnaît peut déjà se dire gai.  Si tu te sens accepté comme tel, c’est énorme.  C’est ce que les hétéros ne veulent pas reconnaître : les jeunes savent très jeunes ce qui les attirent et les excitent sexuellement.  Il n’y a aucun mal dans cet exercice de ta réalité humaine. 

 Le cirque est un excellent moyen pour revaloriser ces jeunes qui quittent la rue et réussissent enfin quelque chose de positif et de créateur.  C’est une œuvre merveilleuse avec ou sans sexe…  

Marc a ainsi réussi à donner un visage positif à sa pédérastie ; mais les trous-de-cul de la chasteté lui ont enlevé la vie pour le salir.  

Bravo mon gars!   Ta vie valait d’être vécue et merci au nom de tous ces jeunes que tu as sorti de la misère et d’une chasteté d’hypocrite.


La nudité.    

La seule raison pour laquelle on considère la nudité comme de la pornographie vient de nos conceptions religieuses qui nient la valeur du corps et considère l’esprit comme la seule richesse de l’homme.  L’interprétation d’une phalange gnostique.   Avec le temps, les religions nous ont tellement lavé la cervelle qu’on n’arrive pas à imaginer une autre échelle de valeurs. 

Pourtant, même si nous savons que nous allons tous mourir, nous devrions avoir l’intelligence de reconnaître jusqu’à quel point le corps est une invention admirable.  Pire, notre corps est la seule chose qui existe sans aucun doute possible. 

L’existence d’un niveau spirituel est évidente, mais pour la très grande majorité, la conception que l’on en a vient des autres.  Pourquoi sommes-nous devenus aussi scrupuleux, à part les intérêts de l’industrie du vêtement ?  On est encore bébé qu’on essaie de nous « dompter » à être vêtu.  Qu’est-ce qui peut justifier une telle panique face à la nudité ?  Pourquoi pense-t-on que la nudité est mal en soi? 

Il suffit d’avoir essayé le nudisme ou le naturisme pour savoir que rien n’est plus sain et naturel que de vivre nu, du moins, à certains moments de notre existence. 

C’est ainsi qu’il est plus normal de se baigner nu, plus agréable aussi.  Pourtant, les lois nous obligent à porter un costume de bain. Nous n’avons pas été habitués à vivre certains moments nus, en compagnie des autres.  On a peur de leurs regards, de ne pas être assez beau, d’être moins attrayant que l’autre. Quand tu te ramasses avec un groupe de nudistes, être à poil devient la dernière de tes préoccupations. 

On s’imagine aussi que la nudité nous rend plus cochon.  Pas du tout.  On dirait même que sans te poser de question, la nudité semble établir une limite dans nos relations.  Un plus grand respect de l’autre. 

Si dans les premières minutes, on peut être voyeur, dès que l’on est habitué, la gêne nous quitte et la nudité n’a plus grande importance.  On est rendu à un autre niveau de relation comportementale. 

Les vrais cochons sont les prudes.  Pour être prudes, tu dois d’abord croire « mal » de te retrouver nu.  Être prude, c’est d’avoir honte de son corps.  Il est bien évident que la nudité a des limites : je ne me figure pas nu, dans une foule bien habillée, dans un centre d’achats…

La troisième guerre mondiale

avril 26, 2022

La troisième guerre mondiale.

Poutine est un tel malade mental que tout indique que d’une manière ou d’une autre,  nous nous retrouverons  bientôt dans la troisième guerre mondiale. 

Si l’Otan continue de faire dans ses culottes, Poutine provoquera un événement pour justicier cette nouvelle catastrophe mondiale.  Il est déjà assez fou pour sacrifier les plus beaux gars de son pays, juste pour avoir raison.

Une solution. L’ONU exige un cessez le feu immédiat, surveillance aérienne, maritime  et sur le terrain,   

Organisation, sous surveillance de l’ONU,  de référendums pour déterminer avec qui veulent vivre les gens des régions que l’on tente présentement de s’approprier illégalement par les armes. Le résultat de ces référendums indiquent à qui appartiendront ces régions.

Dans un monde civilisé, on ne résout pas nos problèmes avec les armes.

Radioactif 357

avril 26, 2022

Radioactif 357

Texte de 2008

Voyage et consentement.          

En voyage, j’ai appris que je ne suis pas le seul à accepter de jouir un peu des plaisirs de la vie.  Plus un pays est sexuellement scrupuleux, plus les moments où tu peux jouir de ta sexualité sont excitants.  Tous les moyens sont bons pour créer l’événement.  

Ceux qui prétendent que les jeunes de dix et plus ne savent pas ce qui se passe, qu’ils sont intimidés ou qu’ils ont peur quand il s’agit de sexe sont des ignorants ou des menteurs. 

Ce n’est pas étonnant : notre morale a toujours essayé de nous faire croire que les jeunes n’ont pas de besoins sexuels.  Est-ce parce que les jeunes pensent qu’une aventure peut être sans suite qu’ils manifestent très clairement et très vite leur intérêt pour la chose, surtout si l’autre est un étranger qui disparaîtra aussi vite du décor qu’il aura fallu pour le faire grimacer de plaisir ? 

Darryl ne fut pas le seul à me forcer à comprendre plus vite leur approbation, mais j’avoue que j’ai fait un effort pour comprendre vite.  Plus les choses sont claires, moins il y a de pertes de temps. 

Je me rappelle qu’un après- midi, dans un hôtel du gouvernement, j’avais un jeune qui était couché près de moi.  Nous étions les deux seuls à partager cette chambre.  J’écrivais une lettre dans laquelle j’expliquais en même temps la tentation que représentait ce jeune voyageur.  Il a suffi de regards, d’un petit grattage instantané, insistant à la bonne place pour que je saisisse que je pouvais m’aventurer à offrir le plaisir d’une bonne pipe.  Je n’avais pas fini ma lettre que je buvais le paradis et réalisais mes vœux les plus osés.          

Mon plus grand plaisir est facile à combler : regarder jouir à chaque mouvement de ma langue sur son corps. 

Le voyage m’a aussi fait découvrir mon côté féminin ou prostitué.   J’avoue que j’étais probablement, malgré mon âge, beaucoup plus peureux que les jeunes qui s’offraient à moi.  J’étais plus conscient qu’il existe vraiment des dangers potentiels.  Des fous y en a partout.  Contrairement à ce que j’avais entendu dire, me prostituer sans me faire payer n’engendrait aucun mépris ou sous- estime de moi.  C’était parfois même perçu comme une vocation : donner du plaisir. 

Était-ce parce que je ne demandais jamais quoique ce soit que je n’avais pas de scrupule? Loin de me mépriser davantage, au contraire, puisque je me suis toujours perçu comme affreusement laid, me sentir désiré par un autre, surtout quand il s’agissait d’un jeune, était comme un hommage sans borne.  C’est ce qui m’a permis de m’ouvrir un peu. 

Plusieurs pédérastes ne veulent rien savoir des femmes ou des hommes parce que leurs organes génitaux ne les attirent pas, mais les répugnent.  Pourquoi? Je n’en ai aucune idée. C’est ainsi point à la ligne.

Cette exclusivité aux jeunes leur permet de demeurer dans la sphère de leur propre enfance.  Le pédéraste vit dans une «aura» idéaliste, il se croit indispensable au bonheur ou au plaisir du jeune dont il est amoureux, ce qui est probablement sa propre projection de lui dans l’autre. Il est comme figé d’admiration devant  la peinture de ce qu’est la pureté, l’authenticité et la beauté pure.  

La pédérastie se vit seulement par et pour l’amour. C’est un motif moral bien plus valable que d’aimer la vie pour l’argent ou la drogue.  C’est un «diapason de vibration », voilà tout. 

Il est impossible de le réaliser ou de le reproduire en dehors de la pédérastie. Un hétéro ne sera jamais homo, c’est la même chose pour la pédérastie, sauf que la personne convoitée est plus jeune.  Pourquoi ce qui te fait tripper correspond spécifiquement à certaines personnes?  Une question d’attraction d’énergies, de vibration. Notre corps est sensible à certaines géométries. On peut l’expliquer par la différence de réaction des individus devant une toile.

Fort probablement que  l’on découvrira pourquoi à travers les modifications que l’on a découvertes autour des gênes qui déterminent notre sexe et notre genre.

Mon premier voyage.      

Dans mon premier tour du Canada, j’étais plutôt « politique ».  Le sexe avait moins d’importance. L’indépendance du Québec et la survie de la langue française prenaient toute la place.  J’ai ainsi pu comprendre pourquoi le Canada est plus près de Paris que du Québec.            

En jouant les vierges offensées sur notre façon de parler et notre accent, Ottawa peut se justifier de ne pas appuyer un français qui n’est pas celui de la France, comme un outrage à notre langue.  On a assez honte qu’on s’imagine ne pas parler français, même si notre joual était la langue parlée à l’état pur, à la Cour de Versailles.  

Les français hors-Québec, appuyant ce point de vue d’Ottawa, sont complètement déconnectés quant à ce qui se passe au Québec.  Le clergé de l’Ouest n’aime pas ce Québec trop libéral.  C’est pour ça qu’à tous les référendums, ils sont contre nous. 

Quand j’ai dénoncé ce fait, à Edmonton, les journalistes qui me recevaient à la radio ont perdu leur emploi.  J’ai constaté que si la langue est l’élément le plus important pour choisir l’indépendance ; nos valeurs moins puritaines que les protestants en sont le deuxième élément.  Finalement, vient la question d’argent.  C’était aussi la grande vérité d’alors.  Je suis de plus en plus apolitique et pourtant de plus en plus indépendantiste, séparatiste.  Il faut cesser de croire dans la possibilité d’un trait-d ‘union avec le Canada.  Le Canada est anglais et le Québec est français.

En même temps, sur un plan mondial, je suis de plus en plus pédéraste. C’était un homme bohême, sans famille, sans pays, qui parcourait sans relâche l’univers.  Homme libre de la terre, ton pays c’est ta planète, disais-je dans la chanson le bohême 

Pourtant, je me rappelle avoir alors tellement manqué de français dans l’Ouest que j’ai braillé comme un bébé la première fois que j’ai entendu chanter Pauline Julien à mon retour.   Québec mort ou vivant.  

Aujourd’hui, le Québec est détruit brique par brique et si on ne se réveille pas bientôt, nous ne pourrons même plus devenir indépendant. 

Dès que Montréal sera assez majoritairement anglophone (avec les immigrants) ce sera numériquement impossible de gagner un autre référendum.  Adios les french pea soup!  Nous qui avions tant d’avenir, si on avait su prendre notre destin en main quand c’était encore temps…

On préfère chialer contre Madame Pauline Marois.

La politique, c’est une perte de temps et d’énergie et pourtant si on veut que le Québec soit un jour un pays, il faudra bien reprendre le pouvoir et prendre les moyens pour devenir un pays.  Nous ne serons jamais assez forts pour prendre les armes lorsqu’on ne pourra plus créer notre pays démocratiquement. 

Ceux qui font les gorges chaudes aujourd’hui seront peut-être moins fiers quand on sera une minorité stérile au sein de l’Amérique anglaise et protestante, scrupuleuse.

Dans mon premier voyage, ce fut une rencontre avec Riel et j’ai découvert le nudisme. Je pense que dans l’avenir, le nudisme jouera un rôle plus primordial que mes initiales sur un des bancs d’école où Riel enseignait. 

Dans le temps on ne tuait pas pour le pétrole, mais pour les chemins de fer. Rien de fondamental n’a changé.  Le Canada a été érigé par le meurtre des Métis.

L’immigration.

Le problème au Québec, comme ailleurs, c’est que les questions fondamentales doivent être résolues par le parlement, mais nos partis politiques sont trop étroits d’esprit pour créer l’unanimité autour d’enjeux essentiels.   Nos prétendus leaders passent l’intérêt de leur formation politique avant celui du peuple. 

Stéphane Dion vient d’en donner un exemple éloquent au fédéral, si éloquent que l’on peut dire sans se tromper qu’il n’y a aucune différence entre les conservateurs et les libéraux.  Aucune conscience.   Qu’on regarde à Québec ou à Ottawa, le pire ennemi du peuple, c’est le manque de planification et de couilles pour préparer l’avenir. 

Tout le monde sait que l’immigration est un élément indispensable au développement du Québec.  Nous voulons tous que le Québec soit un territoire français, alors pourquoi ne pas s’entendre sur ce qui constituerait une politique d’immigration acceptable pour tous?  Que devrions-nous faire pour s’assurer que les immigrants doivent apprendre le français? 

D’abord, leur dire la vérité avant qu’ils entreprennent de venir s’établir chez-nous.  Il faut leur dire clairement qu’il n’y a aucun compromis possible sur deux ou trois éléments en venant s’établir au Québec : le fait français (si tu ne veux pas l’apprendre installe-toi ailleurs) , la laïcité , au Québec la religion se vit dans les foyers et les temples, tu dois accepter le principe de ne pas imposer tes règles religieuses ou tes rites aux autres si tu veux être heureux chez-nous,  et finalement, l’égalité entre tous les individus ( quel que soit l’âge et le sexe). 

Il me semble que ce n’est pas compliqué de trouver des politiques qui garantissent que ces éléments soient connus et respectés quand on s’installe au Québec. 

Ce sont des sujets qui sont tellement importants que les partis politiques devraient s’entendre pour que ce soit une réalité.  Ils apprennent le français avant d’arriver ou ils ont une immersion dans cette langue dès leur arrivée.  Si les enfants vont tous à l’école française (on devrait abolir les écoles privées) en arrivant, leurs parents doivent pouvoir les assister dans leur cheminement. 

Plus tard, si on a des gouvernements qui ont assez de panache pour s’assurer que la langue de travail soit le français, nous sommes assurés que le Québec sera français. 

Il devrait y avoir des élections où la seule question soit : Que ferez-vous pour vous assurer que le Québec sera un territoire français ?

Je devrais dire un pays, mais pour cette unanimité, il faut que ça dépasse la lutte entre fédérastes et séparatistes.  Qu’on commence par solutionner un problème fondamental, puis, on passera à l’autre.  Comme c’est là, les libéraux sont les pires agents d’anglicisation ; l’ADQ ne sait pas trop où se brancher pour obtenir les faveurs populaires et le PQ a trouvé moyen de se recréer une lutte interne.  On fait du sur place !  Et, Ottawa continue d’avoir un mot à dire sur notre immigration.

Radioactif 356

avril 25, 2022

Radioactif  356

Texte de 2008

Âge de consentement.    

Je ne dois pas prendre assez de café, le matin, puisque des compagnies aériennes m’offrent le nom des compagnies, les prix, les destinations les moins coûteuses.  Erreur. J’aimerais connaître les pays qui respectent leur loi sur le consentement sexuel.  Par exemple, au Mexique, c’est douze ans. 

Nos âmes cheaps ou scrupuleuses — notre guérilla ou Gestapo sexuelle canadienne — semblent ne pas savoir si à l’étranger, on applique les lois canadiennes qui sont stupides par essence ou celles des pays où ça se passe. 

Dans certains pays, on ne veut rien savoir de cette lutte bourgeoise contre le tourisme sexuel, car, si ça se vit de façon responsable, ça permet à des gens de pouvoir vivre un peu mieux que ce que le pays peut leur offrir.  Quand tu as été assez longtemps sans manger à ta faim, tu t’aperçois que cette morale sexuelle bourgeoise basée sur l’âge est répugnante et ne tient pas compte de la réalité.  Elle se mêle de choses qui ne la regardent pas.  Le choix est individuel, tout comme le consentement est essentiel.

Quel est l’âge de consentement en Haïti, en Thaïlande, en Birmanie, en Indes ou en Russie ? 

Les changements d’âge de consentement démontrent toute l’ampleur de l’imbécilité de vouloir appliquer une morale bourgeoise à toute la planète.  Encore un effet pervers des religions

Pour voir ou sentir de la perversion dans la sexualité, il faut avoir un esprit pervers.  C’est un irrespect flagrant de la grandeur de son Créateur. 

 Pour avoir cette étroitesse d’esprit, l’obsession ne vient pas d’un abus de relations sexuelles, mais de sa privation. 

Les gens les plus obsédés sont ceux qui sont le plus en manque ou les plus scrupuleux, ce qui revient au même. 

Incapables de s’offrir une réponse satisfaisante à leur besoin de jouir pour atténuer les cris de leur libido, ils essaient d’empêcher les autres de profiter de ce qu’ils n’ont pas et de vivre selon leur conscience personnelle. 

Donc, les plus cochons sont ceux qui essaient d’empêcher les autres de vivre leur vie sexuelle comme ça leur convient, tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination.  Il n’y a pas qu’un moyen de jouir, il suffit d’un peu d’ouverture, tout en étant responsable.  Ne pas respecter l’âge de consentement des autres pays, c’est ne pas respecter leur souveraineté.

Les fesses de Darryl.      

 
Si le Canada était les fesses de Darryl, je serais un ardent patriote canadien. (Un sourire  arraché à l’enfer, tome 2, l’exil ou la liberté)

Je l’ai rencontré la première fois que j’ai fait le tour du Canada sur le pouce.  J’étais coincé, comme tout le monde, dans le bout de Wawa, en Ontario.  Il était là, depuis quelques jours, découragé, sans le sou et sans ressource, à se demander ce qu’il adviendrait de lui et comment il pourrait échapper à ces interminables heures d’attente. 

Wawa était l’enfer des pouceux.  Un couple a dû attendre si longtemps pour prendre la route qu’ils ont eu le temps de tomber en amour et se marier. 

 On m’a dit que c’était dû au fait qu’il y avait une prison dans le bout et que les passants, le sachant, aimaient autant ne pas prendre de chance. On ne sait jamais quel genre de type  on embarque.     

 Je suis inévitablement entré en contact avec ce merveilleux petit garçon d’une quinzaine d’années.  Il était accompagné de deux autres jeunes.  Je lui ai offert de prendre la route avec lui.  Il était très content de ma proposition.  Darryl venait du Manitoba.  Il était très beau et très gentil.  Après quelques heures, on embarqua à l’arrière d’une petite camionnette. Il pleuvait légèrement.  On s’en foutait, au moins on s’en sortait un peu ; mais le type devait s’arrêter dans une petite ville de l’Ontario. 

Le soir, à Marathon, je crois, rien ne laissait présager que nous aurions une «ride» et la nuit s’annonçait très froide, surtout que nous étions trempés jusqu’aux os.  J’avais encore un peu d’argent, mais prendre une chambre d’hôtel, c’était presque tout dépenser ce que j’avais d’un coup.  Darryl me plaisait tellement que la question fut vite réglée.  Pas question qu’un aussi bel ange ait la moindre misère, du moins, avec moi.  Ainsi, nous nous sommes ramassés dans une chambre d’hôtel. 

 Darryl a décidé de prendre une douche, mais il a oublié de fermer la porte.  Quand il se sécha, je lui aperçus son magnifique «pain maison».  Habituellement, j’aurais été tout à fait indifférent puisque je ne suis pas sodomite ; mais là, j’étais ravi pour ne pas dire extasié.  Cette vue fut si impressionnante de beauté que plus de trente ans plus tard, je ferme les yeux et quand je revois mentalement la scène : mon coeur se met à palpiter. 

Je me rappelle comment j’étais encore poigné.  La morale bourgeoise est pire que le cancer et l’arsenic. Elle nous gruge de l’intérieur et nous détruit, nous amène à nous mépriser. Et j’ai passé une partie de la nuit à réprimer mes instincts naturels. Mais, Darryl était sauf.  Nous avons sagement dormi quelques heures, malgré ces assauts de tentation. 

Le matin, pour qu’il soit plus chanceux, nous nous sommes séparés.  Les jeunes attisent moins la peur.  Il m’embrassa avant de me quitter.  Là, j’ai compris que peut-être il n’avait tout simplement pas voulu fermer la porte pour que je le voie. 

Je pleurais quasiment quand je l’ai vu partir, mais il m’avait laissé son adresse.  Quel moment sublime!  C’est pour ça que la vie mérite d’être vécue.  Quelques heures d’amour valent des années de souffrance pour les connaître et les apprécier.

La folie porte aussi au bonheur.

La politique, c’est de la merde. 

Quand il s’agit de politique, on assiste de plus en plus à la preuve que ceux qui nous dirigent n’ont ni idéologie, ni tête, ni couille.         

C’est vrai que ça ne donne rien d’avoir des élections pour réélire le même gouvernement minoritaire.  C’est vrai que nos gouvernements ne pensent qu’à l’argent et son  » pendant « .  La sécurité vise à nous faire ré-avaler de force leur maudite morale sénile. 

Plus le temps passe, moins on discute sérieusement, tout est stratégie pour conserver ou ravir le pouvoir.  Gang de crosseurs!  Ils sont à l’image de l’économie.  Bombardier qui existe, grâce en bonne partie aux impôts des canadiens à travers contrats et subventions, fait du chantage contre l’indépendance à chaque référendum et menace d’aller s’installer ailleurs.  Pendant ce temps, Shermag s’interroge sur ses usines en Chine. 

Les crises économiques sont un moyen de garnir le portefeuille de ceux qui sont déjà riches

Je lis présentement un livre sur les sociétés secrètes.  La merde « Bush » existerait depuis que le grand-père, membre en autorité de la banque, aurait appuyé avant la guerre d’un certain Hitler. 

Toujours selon ce livre, les Bush auraient un mot à dire dans la mort de John Kennedy, la politique contre Cuba, et la guerre en Irak.  Poutine est dans le pétrole par-dessus la tête.       

La vraie révolution, c’est de les ignorer, d’arriver à vivre en parallèle, heureux avec un minimum de consommation.  Il faut survivre sans pétrole.  Il faut vivre en dehors de leurs règles de bandits qui se servent de la morale pour dominer et aliéner les peuples. 

Pendant que les gens font dans leur culotte en crevant de peur, devant la possibilité de la mort, les dirigeants font ce qu’ils veulent.  L’ère des romains bat son plein !  Vive le Kosovo libre ! 

Ceux qui nous dirigent sont des pourris qui ne pensent qu’à leurs sales intérêts.  On accepte ça depuis des millénaires.   Tant qu’on les élira, on justifie leurs gestes. 

C’est pourquoi il faut créer un réseau de gens qui vivent différemment et en dehors du système. 

Aucune frontière .Le respect et l’honnêteté suffisent.

Facebook 355

avril 24, 2022

Radioactif 355

Texte de 2008

Le viagra.

(Attention cette courte série de textes est à prendre avec humour.)    

Attention !  Attention ! J’ai reçu une offre promotionnelle de Viagra.  Est-ce que mes textes laissent entendre que Charliene peut plus lever le nez et cracher dans le crachoir? 

J’aurais préféré quelque chose de plus stimulant pour l’imagination, car même le vin ne suffit plus.  Il m’étourdit trop vite.

C’est bien beau vendre du viagra, mais plus le temps passe, plus on revient à notre bonne vieille morale québécoise traditionnelle et débile. 

J’ai l’impression que l’esprit me rétrécit à tous les jours.  On étouffe sous la morale féminoune au Québec! 

Est-ce que le sexe est d’un quelconque intérêt quand on franchit les 65 ans ?             

Aussi, faute d’inspiration, j’ai décidé de publier à raison de un ou deux textes par jour, ma poésie intitulée Autobiographie d’une révolte.  C’est ce groupe de poèmes qui m’a valu d’être lapidé par nos bonnes âmes constipées qui semblent reprendre le pouvoir chez-nous.  Il faut peut-être laissé passer la tempête. 

La vie est un cycle, alors on devrait bientôt revenir à l’ouverture d’esprit qui régnait dans les groupes que je fréquentais dans les années 1970. 

Autrement, le viagra c’est se donner une pilule d’envie qu’on ne peut même pas réaliser.  Ça ne donne rien d’avoir un Charlie, à l’air, toujours dans les airs, s’il n’a que pour but fondamental de se recoucher.             

D’ailleurs, Viagra, si on avait bien lu mes textes, saurait que ce n’est pas moi qui ai besoin de viagra pour faire mon bonheur.   Les soubresauts entre les jambes animent un petit Éros qui connaît ça.  Moi, je  préfère manger à  m’introduire dans des tunnels inconnus.      

C’est beau d’écrire un blogue (carnet), mais ça n’émousse pas tellement les sens.  Tu ne peux plus te masturber en te regardant dans le miroir quand tu prends trop de bedaine.

L’autre jour, un de mes lecteurs me disaient : t’es beaucoup lu, mais tu ne sais pas combien de policiers sont de tes lecteurs assidus.  Je m’en fiche, ais- je aussitôt rétorqué, tant que le fou à Harper n’aura pas passé toutes ses lois.   Je ne peux pas être poursuivi pour ce que j’écris. Alors, autant en profiter avant que les caves d’Ottawa nous écrasent avec une nouvelle loi et que nous gémissions comme des porcs parce qu’on n’a pas assez de couille pour voter notre indépendance.

Le sexe et mes 65 ans… 


Il faudrait honnêtement reconnaître que je ne suis pas gras comme un porc avec mes pensions et une Benji extraordinaire qui me force à prendre des marches en plein air et contempler les éclipses de la lune et du soleil.  Même les astres font du striptease.  J’aurais jamais cru que la lune ait la peau aussi rose ?  Sauf, qu’il me manque l’ingrédient essentiel pour rendre le viagra intéressant : la tentation. 

Il n’est pas impossible d’avoir un enfant à 65 ans ; mais, à mon sens, c’est un besoin égoïste.  La peur de ne pas être éternel.  Une prolongation de la pédérastie, car, c’est aussi un besoin de jeunesse éternelle.  La pédérastie est une échelle de vibration.      

Avec les années, la sexualité prend un autre visage.  On se caresse des yeux.  Ce n’est plus une stricte recherche du plaisir, mais de l’affection, en somme, un moyen pour combattre la solitude.  Le plaisir est dans la rencontre, moins physique, plus intellectuelle. Cette rencontre peut même être un livre, un air musical, un film ou un fantasme.           

De ça, au moins, je n’en manque pas ; même si je n’en construis plus depuis des décennies.  Heureusement, que je n’ai pas écouté.  La vie est belle !  Je manque seulement d’un peu de délinquance.  

Castro doit être heureux d’avoir fait un pied de nez à l’oncle Sam durant des décennies.  Cuba  a le droit de rêver.  David et Goliath … les David sont toujours des gens intéressants.      

Le pénis allongé : rêve ou folie?         

Quand t’es petit, tu peux penser que t’as le pénis trop petit quand tu le compares aux autres ; mais un jour, un médecin m’a dit que t’as toujours un pénis proportionnel à ta taille.  Donc, la nature se charge des proportions.      

Je voyais ça autrement.  Je me demandais plutôt si cet appendice cadrait vraiment avec le visage et la forme totale du corps.  Il y en a de toutes les formes, de toutes les longueurs, de toutes les grosseurs, circoncis ou pas.  Les obèses en ont-ils tous des petites grosses ? 

Y a de quoi mener une enquête éternelle tant qu’il y en a de toutes les formes. Quand j’étais petit, il fallait accepter ce que le Bon Dieu a bien voulu nous donner sans le prendre pour un Séraphin, un mesquin.  Y paraît qu’il s’est livré un bout de temps à collectionner les prépuces.  Une chance qu’il a arrêté, car on aurait jamais pu savoir qui est juif ou chrétien.  Mais, ce n’est pas une raison pour recevoir dans ton courriel une note de Luciano Lacy, sur les méthodes pour se faire allonger le pénis. 

Je suis bien content de ce que j’ai et je n’ai pas une fortune à dépenser pour essayer de me rallonger le moral à travers la quéquette.  C’est l’abstinence qui me rend malade.

Je ne souffre pas que la mienne soit trop petite, c’est d’être privé d’objets de comparaison qui me fait peur.  Je me demande bien qui est ce Luciano?  Est-ce que les Italiens en auraient maintenant des si volumineuses qu’ils compétitionnent avec les noirs ?  Si en plus, ils ont le sang chaud, qu’est-ce qui nous attend ? 

Eh oui, la note vient dans mon email de Luther phallus extented.  Bizarre. Luther était un protestant qui s’amusait aux sacrifices, pas aux compétions de celui qui pisse le plus loin.  Il était tellement scrupuleux que ce n’est sûrement pas lui qui nous a appris à se servir de son petit membre pour faire du «bonji». 

Ce doit être un preachers américain. C’est l’emploi qui leur permet de dire aux gens de s’abstenir et de mener par derrière un florissant harem. 

Preachers, ce n’est pas d’un pénis que tu as besoin pour garder tes zouaves, mais d’un lasso.  Je suis certain que le gars qui m’a envoyé cet email voulait vérifier si les Québécois sont aussi «gréyés» de pénis que de ventre. Ce doit être un gars de la Floride?      

Bijou d’éléphant.  

Quand j’ai regardé pour la première fois une revue gaie, je ne me suis pas reconnu.  Ils étaient tous super formés. Tous les gars avaient des trompes d’éléphant.  J’en ai déduit que plus tu as la queue longue et grosse, plus tu es gai ; mais si ça ne pouvait pas fonctionner ainsi dans mon cas.   J’étais hors-compétition.

J’ai ensuite connu un gars extrêmement malheureux parce qu’il ne pouvait pas utiliser son «bâton», tant il était gros.  C’était un arabe. Ça blessait toutes les femmes qui voulaient copuler avec lui.  Il aurait vendu sa chemise pour avoir une plus petite bitte, plus efficace et plus jouisseuse.  Je me suis donc demandé s’il n’est pas plus important d’être intelligent, d’avoir une excellente culture que d’avoir une grosse queue. 

Mon expérience m’a appris que la performance de mon petit zizi est, comme les autres j’imagine, beaucoup plus rattachée à la personnalité de la personne désirée qu’à son aspect physique.  J’aime la phrase et le livre « Small is beautiful». C’est l’avenir.

Une bonne conversation où tu apprends quelque chose vaut plus que la paresse d’un gros boyau, déjà tout déroulé, endormi, qui ne change pratiquement pas d’allure à l’éveil.  Ça ne m’illumine pas tellement.  Certaines personnes peuvent avoir un pénis gargantuesque, mais une cervelle d’oiseau.  Je tiens plus à mon cerveau.

C’est ce qu’on vient de m’offrir  dans un nouveau email : Béatrix Goss, de Jessica Gargantuas Pénis.  Je préfère la réalité à la fiction.  Je ne suis pas plus intéressé à me faire « picosser le gland» qu’à me faire élargir les fondations.       

Les personnes de l’industrie du « je ne m’accepte pas comme je suis » semblent toutes avoir une partie d’anatomie dans leur nom.  Je devrai répondre en utilisant un nom comme   «Jean Lèvres, douces expertes».  Chez-nous «Gosse », ce sont les testicules.  Chaque culture a son expression.

Ces experts feront bien ce qu’ils voudront, la nature a voulu que le sperme éjecté dans le délire est une toute petite quantité. Peut-être mille fois plus petite que ce que nous voyons dans les films pornographiques.  Raison fondamentale pour laquelle les jeunes savent que la pornographie est une caricature de la vraie jouissance. 

Bientôt, on vendra des microscopes pour gager sur les courses des spermatozoïdes. On pourra y ajouter un médicament pour accélérer leur vitesse.

Par contre, ceux qui se font grossir les «couilles» sont plutôt rares parce que d’avoir une trop grosse poche, ça débalance par en avant et c’est aussi très malcommode quand tu fais du jogging. 

Quand on a la cervelle assez fragile pour ne pas apprendre à se servir de ce que l’on a, on ne sera jamais heureux et toujours un peu plus pauvre. 

Rabelais s’amusait-il autant que moi? La littérature, ça donne des ailes comme Red «boules».


Pénis ou clitoris ?

Le dernier message que j’ai reçu de l’administration du site radioactif me vient de « viagra pour femmes ».   Ah !  Ah !  Wow ! , me dis-je immédiatement.  Peut-être est-ce le filon tant attendu pour enfin comprendre ma liberté face à une société qui s’enlise dans la morale des religions? Peut-être ne suis-je pas aussi pécheur que les Livres Saints le prétendent? Ou peut-être aie-je le pénis si petit que les grands esprits de la communication, Mercure en premier, me confondent dans le temps et l’espace avec Cupidon? Comme vous voyez, j’avais déà tout pour écrire «  Les derniers amours de Platon ».    

Je me savais doté d’un petit zizi, mais de là à le confondre à un clitoris comme le voulait cette publicité, je ne m’étais jamais rendu jusque-là.  Même après une douche, j’arrive à faire la différence.  Même si mes testicules cherchent plus de chaleur, que j’ai le yoyo raccourci, mes boules, par ailleurs, demeurent au soleil ou du moins elles n’essaient pas de se creuser un tunnel à l’intérieur de mon corps.  

 Peut-être que les vagins ont ainsi été creusés, il y a plusieurs siècles?  Peut – être que sans le savoir, je suis un hermaphrodite et que je m’appelle Jeannette.  C’est avec ces questions que l’on s’interroge aujourd’hui sur son genre.

Pourtant, j’ai les fesses rondes et je n’ai pas les hanches en bouteilles.  Je dirais même que je n’ai pas l’air androgyne, ni efféminé.  Remarquez que depuis la révolution des féministes convaincues, les hommes sont de plus en plus roses.  Ils ne sauraient se passer d’une femme à cause de leur petit côté missionnaires.  Pénis et clitoris, ça se ressemble très étrangement.  Ça ne sert qu’à jouir, lors des masturbations ou chez les plus dégourdis, lors des fellations.  Mais, de là à y voir la voie herméneutique de notre vie future, il y a tout un monde.  Une flèche, c’est masculin (qu’elle pointe vers le haut ou le bas) alors qu’un rond, c’est féminin. 

 J’ai toujours eu, malgré ma pédérastie, une certaine attirance pour les seins qui sont encore petits comme des poires ou des pommes.  Serait-ce le retour au Paradis terrestre?  Mon ange de naissance est Samaël… Bien oui ! Satan, le tentateur.  Ou peut-être que le paradis terrestre commence là où l’homme et la femme ne forment qu’un seul animal, l’être humain? 

Une chose est certaine, les femmes rêvent de gros seins ronds.  Elles souffrent si elles sont plates comme des galettes,, tout comme les hommes rêvent d’avoir une trompe d’éléphant et courent chez les médecins se la faire allonger.  Serions- nous aussi chialeux quant à la performance de notre sexe que nous le sommes pour la température ? La saison est toujours trop longue ou trop courte ;  trop chaude ou trop froide. 

Les gais avec les siècles ont confondu les formes puisqu’ils recherchent des fesses rondes.  Serait-ce que l’orientation sexuelle est question de forme ? 

Vous direz après que tout est facile à comprendre. Il y a toujours quelqu’un qui n’est pas content ou contente. Le bonheur, c’est sûrement savoir s’accepter comme on est.

Radioactif 354

avril 23, 2022

Radioactif  354

Texte de 2008

Un attouchement. 

Il faut vraiment être tombé sur la tête pour attacher plus d’importance à un attouchement sexuel que d’avoir des jeunes qui n’ont rien à manger, qui ne peuvent pas fréquenter l’école, qui sont embrigadés dans des armées. 

Pourquoi un attouchement sexuel consenti est-il criminel?  Il n’y a rien qui motive le fait de considérer ce geste comme un crime, à moins qu’il soit violent ou non consenti.   Il faut être vraiment vicieux pour considérer un toucher comme un crime tel qu’on puisse poursuivre des gens, quel que soit le coût, à travers le monde entier et des décennies plus tard.   

Est-ce qu’un attouchement non violent peut blesser un ado qui, moins stupide que les adultes, apprend à en jouir ou du moins à ne pas en faire tout un plat?  Comment peut-on penser que se faire toucher, une caresse, ça fait mal?  Personne n’a déjà été blessé par un attouchement consenti. 

Pour ceux qui pensent ainsi,  ça correspond à une maladie de l’esprit qui s’appelle l’aliénation.  Ces règles morales viennent directement des religions.  Elles existent parce que personne n’ose remettre leur pertinence en cause, même si la science contredit l’idée de perversité dans des gestes à caractère sexuel consentis en dehors du mariage.

Ce sont habituellement les dirigeants religieux qui, à travers leurs sacrifices, essaient d’entrer dans une autre dimension.  Mais, quand tu souffres trop et que tu rentres dans un monde euphorique, c’est que tu as un problème de perception.  Elle est faussée par la douleur : le masochisme.  La douleur peut aussi avoir l’effet d’une drogue. 

Même si rien ne justifie de criminaliser un attouchement non violent et consenti, on en fait un tel drame que ça devient les nouvelles à TVA et de Radio-Canada.  On dirait que nos médias se prennent pour les nouveaux curés d’Ars du Québec.  Est-ce un nouveau moyen d’attirer l’attention pour qu’on ne voie pas qu’il se passe des choses bien pires ailleurs ? 

Je me souviens d’une nouvelle où un gars a été condamné parce qu’il avait mis la main sur la cuisse d’une petite fille.  Le juge a décidé que c’était avec une intention perverse.  Je pense que pour voir partout des intentions perverses, il faut d’abord être pervers.  C’est mal parce que les autorités ont décidé que tout ce qui est sexuel et n’est pas procréation est mal. 

Ce sont d’abord des raisons d’ordre économique.  Le contrôle du petit peuple en insufflant dès l’enfance l’idée de péché de la chair ce qui justifie une perception négative de soi dès que l’on a le malheur de se sentir. 

C’est mal parce qu’on ne veut pas que les jeunes apprennent que c’est le fun.

Quarante ans plus tard, il faudrait recommencer la même discussion que celle qui a entouré l’avortement.  Pourquoi est-ce mal d’avoir du plaisir, s’il n’y a pas de violence?  

C’est un abus de pouvoir et la négation du droit à avoir une vie privée. 

Contrôler la sexualité des jeunes plutôt que de respecter leur droit à leur sexualité, c’est ce qui est criminel. 

Heureusement, en 2022, le gouvernement du Québec vient de reconnaître que l’intérêt de l’enfant est sacré quand il s’agit de l’application de la loi.

Christophe Colomb a maîtrisé les autochtones en leur faisant croire que la lune ne reviendrait jamais, lors d’une éclipse de la lune comme ce soir.  Nous sommes comme les aborigènes, on nous fait croire qu’un toucher sexuel c’est mal, et nous, on est assez niais pour le croire.


Partir sur le pouce.          

Il faut être borné pour voir dans une campagne électorale rhinocéros, un geste terroriste.  Pourtant, c’est bien ce que certains croyaient. 

Quand je me suis présenté à la télévision, le soir des résultats, j’ai voulu dire que plus de 900 votes de poseurs de bombes dans une petite ville comme Sherbrooke, c’est quand même une menace considérable. On me refusa toute entrevue.  Si je trouvais ça drôle, ce n’était pas le cas du système.  Je ne savais pas que rire pouvait semer l’effroi.  Mais, après le vote, je devais décider de ce que j’allais devenir. 

Je ne voulais surtout pas vivre à la remorque de mon père d’autant plus que celui-ci avait tellement aidé de gens qu’il devait s’expatrier et travailler à l’extérieur pour permettre au magasin de survivre.  Je ne voulais pas non plus entrer en conflit avec mon père parce que je suis pédéraste.  Il a déjà assez honte de moi comme ça. Il fallait trouver une solution radicale. 

Je ne sais pas où je suis allé chercher cette idée, mais j’ai décidé de me rendre à Vancouver sur le pouce.  Tout ce que j’avais pour le voyage : une immense poche de toutes sortes de victuailles pour survivre. 

Quand on ne sait pas, on fait toutes sortes d’erreurs.  C’est ainsi que je me suis amené du macaroni Kraft.  J’ai pensé que cela me serait utile d’autant plus que j’aime bien ça.  L’imprévu : comment pouvoir le faire cuire? 

Je me rappelle cette soirée où je l’avais à portée de main. Je n’avais pas mangé et j’ai dû commencer à frapper aux portes sans succès pour obtenir le droit de faire cuire mon macaroni.   J’ai été forcé de me rappeler que du macaroni ça doit être cuit pour être mangé.  Heureusement, j’avais un très bon sleeping bag. 

J’ai tellement aimé cette expérience de voyage que je me demande si je ne devrais pas la réessayer maintenant.  Qui aurait peur d’un petit vieux comme moi?  Mais, il s’est passé tellement de mauvaises affaires au Canada sur le pouce qu’aujourd’hui personne n’en fait. C’est uneautre évolution de notre paranoïa collective.   

D’une manière ou d’une autre, tant que Benji, ma petite chienne, sera là, pas possible d’entreprendre de tels voyages.  Benji a 11 ans, ce qui lui fait au moins 70 ans et plus.  Elle fait parfois des convulsions.  Elle raidit comme si elle était pour paralyser.  Elle a les yeux sortis et tu peux y lire une peur bleue.  C’est une expérience affreuse à chaque fois que ça se produit. 

Tant que Benji sera là, pas question de partir en voyage, sauf pour aller voir Claude, son ancien propriétaire dont elle se rappelle très bien.  Benji est une petite chienne adorable, très intelligente et tête de cochon. 

Au moins, on peut encore la flatter, vider un peu le trop plein d’affection, sans qu’il y ait un esprit assez sale pour y voir du mal ; mais je suis persuadé que ça arrivera un jour. 

La folie est encore pire quand on voit tout comme l’opération du diable.  

Le sexe et l’autorité.        

Je suis totalement d’accord avec l’idée qu’il ne faut pas avoir de rapport sexuel avec les personnes qui sont sous notre autorité. C’est une notion qui me semble aller de soi. 

Si tu es en autorité, le jeune peut percevoir ton désir comme un ordre.  Il peut avoir peur et croire que ne pas se conformer à ton désir entraîne des représailles.  Alors, ce n’est plus un consentement. 

Cependant, en dehors de ton travail, tu reprends le droit de vivre ta vie comme tu l’entends.  Il y a toute une différence entre un jeune à qui tu enseignes et un autre qui ne fait que fréquenter la même école.

C’est stupide de prétendre qu’un professeur est en devoir 24 heures sur 24 ; 365 jours par année parce que t’enseignes et que tu dois donner l’exemple.   C’est complètement irréel et par conséquent complètement idiot.  Cependant, s’il se passe quelque chose, ça ne doit pas être directement en relation avec ton travail.  

Que tu rencontres des jeunes auquel tu n’enseignes pas, tu ne peux pas être en conflit d’intérêt, à cause de ton statut d’autorité. Les jeunes savent très vite ce que tu veux et peuvent très vite te communiquer leur approbation ou leur refus.  Ils sont moins idiots qu’on pense.   Un abus de pouvoir, c’est être professeur, changer les notes, le menacer pour cruiser et obtenir ainsi les faveurs d’un étudiant. Tu peux placer le jeune dans une situation qui n’est pas claire, qui l’indispose ou le divise intérieurement

Le problème est parfois devenu maladif du fait qu’on entretient la peur de la sexualité. On passe à un autre extrêmeTu ne peux plus manifester aucune affection, aucun intérêt à un enfant  sans que tu sois taxé de pédophile.  C’est rendu une vraie maladie. 

Un jour on paiera pour cette paranoïa.  L’abandon scolaire est une des conséquences, quoiqu’à mon avis, ce soit moins important que les drogues. 

Les jeunes ont besoin de se sentir valorisés alors si toute forme d’intérêt devient suspecte, tu évites de manifester ta sympathie et les jeunes payent pour cet excès de pudeur. 

J’ai enseigné 15 ans. Je n’ai rien à me reprocher depuis que j’ai été agrégé professeur.  J’ai soigné mes désirs à coups de poignet, le soir, seul, à la maison, à la cachette.   On a quand même su me «piéger» en dehors de l’école pour des raisons plus politiques que sexuelles.  Même si on a utilisé le témoignage d’un jeune contre moi, il y pleuvait des centaines de  » je ne me rappelle pas « , « peut-être »,  » je ne sais pas ».  Ce sont les termes utilisés très largement quand l’histoire est montée par la police ou la DPJ, selon mon ami ex-policier Pierre Faucher.   Le but évident n’est pas de protéger le jeune, mais de te faire coffrer. Suite d’un référendum perdu.

Revenir à l’essentiel et sortir de mon nombril, maudit que c’est difficile. 

Il y aussi une autre dimension qui, à mon sens, justifie de ne pas avoir de rapports sexuels dans une situation d’autorité : la réputation. 

On dit que la personne qui est arrêtée nuit à la réputation de l’œuvre, de l’employeur, surtout que les médias se chargent de répandre la bonne nouvelle, même si on invente une partie du scénario.  Comment un employeur peut-il être responsable de son employé en dehors des heures de travail? C’est fou.

À vrai dire, je trouve le tourisme sexuel moins hypocrite que de te servir d’une institution pour te rapprocher des jeunes. 

Certains pays, d’ailleurs, refusent d’entrer dans le bal des obsédés du cul pour la bonne raison qu’il y a bien des pédérastes qui aident les gens qui les entourent.  Un échange sincère.  Qu’est-ce qui est le pire : crever de faim ou avoir une relation sexuelle?

L’obsession sexuelle est une maladie occidentale de bourgeoises (is) qui n’ont aucune autre cause intelligente.  C’est un mal qui fut créé par les religions pour diriger chaque âme en l’aliénant.  Quand tu ne manges pas tout le temps, t’es loin de te soucier de ton cul, sinon pour t’en servir pour gagner à manger

La prostitution est une forme de travail individuel.  C’est aussi acceptable que n’importe quel autre emploi.  Si c’est ce qu’on veut faire.  C’est plus digne que de voler le peuple en le surtaxant.  Tout est toujours question de $$$ et de pouvoir. 

On est loin de l’égalité des chances pour tous les humains.             

La conscience personnelle c’est pourtant ce qui garantit la liberté.           

Radioactif 353

avril 22, 2022

Radioactif 353

Texte de 2008

La petite bande.    

Un après-midi, j’étais devant un restaurant et je grillais tranquillement une cigarette.  Trois jeunes garçons passent, me regardent de travers avec mépris.  Je les regarde avec insistance, l’un d’eux se retourne et me crie : « Hey! Mon hostie de tapette, regarde ailleurs. »  Je lui souris et je lui réponds :             « J’admire tout ce qui est beau ! »          

Le jeune s’est précipité vers moi.  Je pensais avoir un très mauvais parti, aussi, lui dis-je dès qu’il fut près : « T’aurais peut-être envie de prendre un coke? — Je ne suis pas seul. — T’as juste à amener tes chums. » Nous sommes entrés tous les quatre au restaurant et nous avons pris notre coke, tout en parlant et en riant.  Je les ai invité chez-moi et, à ma grande surprise, ce fut accepté sans aucune hésitation.    

En chemin, nous sommes arrêtés acheter des croustilles. À la maison, nous avons commencé par jouer aux cartes.  Nous avions du plaisir à revendre.  On riait comme des fous.  On se bousculait parfois amicalement. Toute bonne chose à une fin.  Nous avons décidé de changer de jeu.  Chacun proposa le sien.  On accepta finalement de jouer aux «douanes».  Il faut cacher un tout petit objet sur soi et le douanier doit le découvrir. T’as droit juste à une question générale.  Genre : vers quelle hauteur?  Il y a en toujours un pour qui la cachette se situe sous les caleçons.  Nous avons joué très longtemps puisque les jeunes adoraient ça.  Quand ils sont repartis, celui qui m’avait accosté me dit : « Je pensais que t’étais un monstre.  On nous a toujours dit de se méfier des plus vieux comme toi, des vieux cochons, mais t’es le gars le plus gentil que je connaisse.  »

Les jeunes sont revenus très souvent.  Ils passaient des heures avec moi et ça aboutissait toujours de la même façon : multiplier le plaisir. La pipe de Popeye était très populaire. J’étais ravi et surpris de la vitesse avec laquelle ils perdaient leurs scrupules au fur et à mesure qu’ils perdaient leur gêne et leur inhibition.   Je répondais à toutes les questions du mieux que je pouvais.          

Puis, un jour, un jeune de 16 ans environ est venu seul me retrouver. Nous parlions, parlions, puis, un moment donné je lui ai demandé ce qu’il voulait au juste.  Ma réputation de roi du plaisir l’avait atteint et il venait vérifier si elle était surfaite.  Lui aussi, voulait savoir si c’est aussi le fun qu’on le dit.  Il ne doit pas avoir été déçu, car il est revenu presqu’à tous les jours durant tous les mois que j’ai habité cet appartement.  On avait plus besoin de perdre notre temps à tourner en rond, je savais ce qu’il voulait. 

J’avais une voisine qui, comme moi, adorait le vin.  J’ai commencé à la rencontrer de temps en temps parce que je n’aimais pas être seul et d’ailleurs, pour boire, toutes les raisons sont bonnes.  Les jeunes ont senti qu’elle leur dérobait ma présence. 

Un après-midi, quand je suis arrivé à la maison, j’ai été témoin d’un incident que je n’aurais jamais cru possible, si je ne l’avais pas entendu de mes propres oreilles. 

Les jeunes engueulaient royalement, bêtement, avec sacres et menaces, ma voisine.  Ils voulaient lui faire comprendre qu’elle était mieux de s’enlever de la route parce que « je leur appartenais et qu’il n’était pas question pour eux de me partager.» Ça semble totalement invraisemblable, mais c’est exactement ce qui est arrivé. 

Les adultes ne comprennent pas les jeunes parce qu’ils croient que les jeunes sont aussi niaiseux qu’on l’était. 

Quand un jeune tombe en amour avec toi, il devient encore plus jaloux qu’une femme. Incroyable, mais vrai !   C’est ça avoir du vécu.  L’interdit ne fait que mettre encore un peu plus de piquant à l’expérience, mais c’est aux dépends de la santé mentale de nos jeunes. 

Tout repose sur une ignorance profonde de ce que vivent les adolescents. En créant un interdit contre nature on les force à avoir honte d’eux  et se créer des culpabilités qui n’existeraient pas si nos lois respectaient la Charte des droits.            Donc, le droit à la vie privée, même si tu es jeune, d’où la nécessité absolue de cours de sexologie qui respecte la vérité et non les histoires de péché.           

Les paranoïas.      

J’ai toujours eu beaucoup de difficulté avec l’argent.  Pour moi, le plus important a toujours été d’aider mes enfants et de publier mes livres– je dépense plus que j’ai de revenus– donc, si écrire est une vocation, elle exige le vœu de pauvreté

C’est encore pire si on obéit à la ligue des saintes nitouches du Québec : les gens obsédés par les prédateurs sexuels, même jouissifs et non violents. 

Notre système a toujours essayé de faire croire qu’il est plus immoral de jouer aux fesses en bas âge que de se servir de la violence, mais c’est la nature qui décide de la vitesse et de la forme de tes premiers orgasmes. 

C’est intéressant que des études scientifiques viennent nous démontrer que c’est complètement idiot de prétendre que les jeunes ne savent pas ce qu’ils font lorsqu’ils s’amusent dans des relations sexuelles

En fait, cette guerre aux prédateurs sert à améliorer les statistiques sur l’efficacité de la police : c’est plus facile d’espionner un individu sur internet et de visionner en même temps ses films de culs que de s’en prendre au crime organisé, aux voleurs à cols blancs, aux abuseurs de personnes âgées dont on vide les portefeuilles.     

S’en prendre aux abuseurs sexuels ça permet de gonfler les statistiques afin de prétendre améliorer les notes de performance de la police (c’est aussi pourquoi on ne légalise pas le pot (ça changé) et la prostitution. Il faudrait s’occuper des vrais bandits pour avoir plus de subventions de nos gouvernements. Un autre moyen légal de voler la majorité, car si on changeait les lois, la police devrait s’occuper des vrais crimes.   

Pour entretenir cette nouvelle industrie de la peur, rien de mieux que la paranoïa sexuelle.  Mais, il y a vraiment des trous-de-cul qui s’en prennent violemment aux jeunes, c’est vrai. Il ne faut le nier, ce serait essentiel d’avoir plus de ressources pour retrouver les personnes disparues, par exemple.  Il y a les marchés pour les organes, les psychopathes, les drogues, etc. ; mais eux, on les laisse tranquilles.  Ils rapportent beaucoup d’argent. 

Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai entendu dire que Dutroux (le gros scandale en Belgique) ne serait pas un pédophile, mais un individu qui fait la traite des enfants esclaves.  En d’autres mots, il n’aurait pas agi pour satisfaire ses besoins sexuels personnels ; mais pour les profits tirés dans une organisation mondiale de trafic d’esclaves.  Si c’est vrai, on a leurré des millions de gens.  Quoiqu’une ou l’autre des situations est affreuse ; mais en prétendant que c’est sexuel, on multiplie la peur qu’on doit avoir de la sexualité. 

On entretient une paranoïa religieuse qui sème la mésestime de soi et par conséquent, l’esprit d’aliénation.  On oublie que les grandes recherches actuelles sont : — pour l’armée, trouver la drogue qui permettra de tuer sans remord et, dans le civil,  le contrôle des masses –. 

Comment trouver et identifier un ennemi commun et s’assurer que tout le monde le déteste : comme le sexe ou le diable?  Cette haine permet l’instauration facile de ce qu’on appelle un dictateur bénévole, grâce au fanatisme. 

Aux États-Unis, on étudie une loi pour établir que toute personne qui conteste le système et son autorité, soit reconnue comme terroriste. 

1984, c’est déjà de la petite gomme. C’est une autre paranoïa : celle de la conspiration? 

Pour vivre en paix, il ne reste que les droits individuels et le droit à la vie privée. Plus on a peur du cul, plus on a peur de l’autre, plus on est paranoïaque. C’est pourtant mieux de se payer un bon verre de vin ensemble, c’est un peu plus aphrodisiaque, parole de rhinocéros. 

Sexe et humour.   

Aujourd’hui, c’est la grande visite à Montréal.  Un espace superbe. Un oeil sur la beauté du monde à travers les visages, les sourires et les peurs ; mais en même temps, une petite appréhension : rencontrer face-à-face petit Gabriel.

Petit Gabriel est un jeune homme que j’ai gardé durant des années, malgré sa maladie mentale. M’ayant battu au point de me ramasser à l’hôpital, j’ai dû quitter mon appartement,  car on croyait que la prochaine fois, il me tuerait.

C’est incompréhensible : je veux savoir ce qu’il advient de lui, mais en même temps, je veux demeurer invisible pour lui.  Je souffre quand je pense à sa situation.  Je ne sais pas si je dois m’en vouloir, mais si je n’avais pas agi (déménagé) ainsi je ne serais plus de ce monde pour me poser la question. 

Le système ne comprend pas l’itinérance, encore moins, à la maladie mentale. 

On s’imagine que l’on doit mener ces gens malades comme s’ils comprenaient tout. On est trop moraliste et on n’intervient pas quand ce serait le temps.  Rien n’est vraiment à leur disposition parce qu’on leur demande une autonomie qu’ils n’ont plus.  Les jeunes aiment qu’on ait un rapport avec eux qui ne soit pas moraliste.  Ils aiment se sentir accepter, tout simplement parce qu’on les aime. 

Les étudiants m’aimaient bien, je crois, parce que je savais faire des farces sur tout, même les choses les plus graves.  L’humour est une forme de relation extraordinaire, mais passagère.  L’humour permet de dédramatiser les choses. 

Qu’on le veuille ou non, l’humour parle souvent de sexe. C’est un sujet qui fut surexploité.  Peut-être qu’on est prêt à passer à autre chose.  Espérons que les médias cesseront de se prendre pour des curés, ça ira plus vite.

Radioactif 352

avril 21, 2022

Radioactif  352

Texte de 2008

Des questions fondamentales…          

Bizarre qu’aujourd’hui on ne se pose plus ou rarement des questions aussi fondamentales que : les différentes sortes d’amour, le plaisir et la douleur ; le bien-être et la misère ; le bonheur et le malheur.  Pourquoi passons-nous souvent d’une extrémité à l’autre ?    

Pourquoi certains jeunes veulent-ils se suicider?  Pourquoi la vie est-elle belle un jour ; affreuse, le lendemain?  Y a-t-il vraiment un cycle bonheur-souffrance?  L’homme peut-il cesser d’être l’animal le plus destructeur de la planète?  Pourquoi sommes-nous là?  Est-il vraiment important de le savoir?  Nos vies ont-elles un sens? Notre raison de vivre est-elle le rejet du plaisir?  Quel est ce lien entre le désir, le plaisir sexuel, le bonheur et l’amour. Une pensée qui hante les bouddhistes.   

Étant donné que j’enseignais, il est bien évident que je ne pouvais pas crier sur tous les toits : je suis pédéraste.  Quand j’enseignais, j’avais le sentiment d’être utile.  Je n’avais pas besoin de cette étiquette, loin de là, sauf en parler à certains pour être authentique.  Dès que l’on sait que tu es pédéraste, tu ne peux rien faire, tu es bloqué partout, complètement inutile, car tu ne peux même pas faire du bénévolat ; tout ça quand il manque de profs, qu’on s’arrache les cheveux pour essayer de trouver un moyen d’intéresser les jeunes à l’école.  Heureusement, je prends ma retraite.  Je n’ai pas le choix. 

Donc, je dois trouver un but à ma vie pour les 20 prochaines années.  Quand j’ai enseigné, j’ai appris le sens du désir.  C’est évident qu’il y avait toujours un étudiant pour me garrocher dans les pommes, mais ça ne devait pas paraître et se régler seulement le soir, si la tentation était trop forte, par une belle masturbation visualisant en imagination les fantasmes impossibles. 

D’autre part, j’ai eu des périodes luxueuses où j’étais absolument comblé. Plus de petits gars que j’en avais besoin.  Je me suis aperçu alors que les plaisirs génitaux finissent par ne vouloir rien dire et parfois même nous tomber sur les nerfs s’ils ne signifient pas un moyen de rendre le partenaire plus heureux.  Donc, il faut absolument de la tendresse, de l’amour.  Mais qu’est-ce que l’amour?           
 
D’expériences, je dois dire que les deux choses les plus importantes de la vie sont de s’accepter comme on est , de le vivre du mieux que l’on peut et d’essayer de se donner corps et âme pour les autres.              

La pédérastie se vit entre quatre yeux, deux sourires et des ondes qui s’attirent et s’amplifient mutuellement.  Pas besoin de haut-parleur !  Elle peut prendre autant de visages qu’il y a des formes d’amour.  Tous les pédérastes que j’ai connus (ils sont pratiquement tous déjà morts) étaient comme moi : contre toute forme de violence, déchirés par la peur de nuire à un enfant comme on le prétend à tort. Ils vivaient tous en adultes dans des esprits d’enfants. 

Personnellement, je ne peux pas tolérer de voir un adulte être violent avec une femme et encore moins avec un enfant.  Je capote quand j’écoute les nouvelles, ce qui arrive me semble tellement invraisemblable.  Je n’arrive pas à croire à toutes ces histoires qu’on nous raconte.  La seule chose dont je suis certain : le tabou, le silence entourant la sexualité, est ce qui nous a nui le plus dans notre épanouissement, et pourtant, une multitude de gens se battent pour conserver cette éducation débile que l’on nous a appris à travers le silence, l’irrespect, en nous prenant pour des crétins, en méprisant notre jugement. 

Sommes-nous un peuple de masochistes?  La souffrance n’a de sens que si elle nous apprend à apprécier le bonheur.  C’est percevoir le Beau et le Bien en tout. C’est très beau, mais qui y parvient ?


Spleen à Magog.   

Je ne suis pas riche.  Je n’ai jamais été riche et je ne le serai jamais avec toutes mes dettes.   Je ne serai jamais assez riche pour combler mes désirs ou avoir le profil du bon gars.  Je ne me prostituerai jamais assez pour payer toutes mes dettes.  Il me faudrait faire 4,400 pipes à 100$ chacune ou recevoir 135 fois un paiement de 329$ par année du Conseil des Arts du Canada pour mes textes retrouvés dans les bibliothèques.  C’est pas mal d’années à vivre pour un gars qui souffre de l’estomac.   

Au Québec, on m’a éliminé de la liste des auteurs.  On ne me donne rien et je suis parfaitement payé puisque je n’existe pas.  Cependant, on tente de me faire croire qu’il faut réaliser l’indépendance pour sauver « ma » culture. 

Ce n’est pas important d’être pauvre, mais ça limite.  Les autos coûtent trop chers pour faire le tour du globe d’autant plus que je ne veux pas promouvoir la guerre en encourageant les pétrolières.  Que Céline Dion m’entende.  Elle est notre fierté nationale.  Au moins, elle, elle aide son prochain… Si j’étais riche, je partirais pour enseigner dans un pays pauvre.  Cuba, Haïti, les Indes?  N’importe où, mais dans un endroit où aimer les garçons n’est pas encore un crime, même si tu n’es pas une femme.   

J’irais dans un pays où mon savoir, ma petite maîtrise en français, pourrait aider quelques individus à s’en sortir.  Mon savoir est-il plus important que ma pédérastie?  J’irais dans un pays de sida pour penser à la nécessité de ma chasteté.  Je ne sais pas pourquoi, mais plus je lis, plus j’écoute la télévision, plus je me rends compte que plus tu es haut dans l’échelle du pouvoir, plus tu es pourri.  Je constate aussi que la plus grande usine de violence, de haine et de mépris est la religion. 

Lucifer aurait-il eu raison de refuser de se prosterner devant un animal qui ne respecte pas la nature, qui n’hésite pas de faire souffrir les autres espèces, qui méprise même ses propres semblables?  L’homme est-il voué à créer sa propre destruction? 

Pourtant, quand tu rencontres les gens de toutes sortes, individuellement, rien n’est plus beau qu’un être humain, si tu le regardes dans les yeux.  Serait-ce que le passé de notre civilisation est garant de notre déclin collectif?  Notre petit cerveau peut-il endurer la surpopulation?  Notre espace vital est-il celui de nos rêves et de nos amours ?  Je ne suis pas très optimiste aujourd’hui.  J’ai même vérifié si j’avais bien pris mes pilules, car, à un certain âge, on fonctionne à la pilule. 

La vie est encore pleine de promesses.  Il y a encore des enfants.  L’hiver est formidable, on ne manque pas de neige.  C’est mieux que lorsqu’il pleut tout le temps.  J’ai plus de gens qui me lisent, mais je ne sais pas s’ils détestent ce qu’ils lisent ou aiment bien ça.  J’ai une petite Benji qui dort à mes côtés pour m’accompagner dans mon travail.  Elle remplit bien sa vie de chienne de compagnie.  Est-ce que les animaux sont supérieurs aux hommes : ils ne font pas la guerre, eux?  Ils sont plus près de l’équilibre.  Leur dieu est la vie : le repas à manger, la femelle à contenter. Nous, nous étouffons dans les signes de $$$.  Une espèce de papiers mangeur de forêts.      

Ça va mal notre affaire. Vive le Kosovo !  Bienvenu à l’ONU !  Quand viendra le tour du Québec?  Le cerveau est-il un malaxeur qui brouille l’œuf de nos cogitations?   


Le contact.  

Enfin, une étude démontre que les jeunes savent très bien de quoi il en retourne quand ils parlent avec un pédéraste et son intention. 

Voici quelques extraits parus dans La Tribune, de Sherbrooke, aujourd’hui (18 février 2008) : C’est le cauchemar de tout parent : un pédophile qui sévit sur la Toile, se faisant passer pour un enfant pour en leurrer d’autres. (C’est ce que fait aussi la police, mais elle est payée pour le faire). Elle regarde elle aussi, est-ce mieux? Pour y arriver ne doit-elle pas faire penser au sexe à l’enfant qu’elle protège? 

Cette nouvelle étude démontre que ce scénario relève plutôt de la légende urbaine que de la réalité.  Des chercheurs parrainés par l’Association américaine de psychologie peignent un nouveau portrait des cybers prédateurs sexuels et de leurs victimes.             

La plupart des agresseurs opèrent à visage découvert sur la Toile, a constaté l’équipe dirigée par la professeure Janis Wolak, de l’Université du New Hampshire.  Dans un cas typique, ils échangeront longtemps avec leur victime afin de gagner leur confiance.  Ce ne serait pas plutôt pour ne pas abuser de leur naïveté et s’assurer qu’ils ont bien compris de quoi il en retourne? Résultats les adolescents qui tombent dans le panneau ont l’impression de se lancer dans une relation romantique avec un adulte.  « Les médias d’information laissent entendre que ces crimes sont violents, que les agresseurs bernent des enfants très jeunes, et ce n’est pas le cas, explique la Dre Wolak, jointe par La Presse.  Ces agresseurs sont très ouverts.  Ils ne cachent à personne qu’ils sont des adultes, et cachent rarement leur intérêt sexuel. »

La recherche qui sera publiée aujourd’hui dans la revue American Phychologist, condense les résultats de 3,000 entretiens avec des internautes âgés de 10 à 17 ans, et de 612 entrevues avec des policiers de différents États et provinces.  On y apprend qu’à peine 5% des agresseurs se font passer pour des enfants pour attirer leur victime et que 75% rencontrent leur agresseur face à face à plusieurs reprises.  «Il n’y a rien de nouveau là-dedans, tranche Xavier Von Erck, fondateur de l’organisme californien Pervited Justice.      

Nous aurions pu dire ça il y a trois ans.   N’empêche, ces nouvelles données pourraient modifier en profondeur la façon dont les forces policières combattent les prédateurs sexuels sur internet.  Car les victimes sont souvent moins impuissantes, moins naïves qu’il y paraît. 

« On se rend compte que le comportement des adolescents prouve qu’ils sont au moins partiellement conscients de la rencontre qu’ils vont avoir avec un adulte, explique Benoît Dupont, professeur au Centre international de criminologie comparée.  Ils savent aussi pourquoi l’adulte veut les rencontrer, c’est-à-dire avoir des relations sexuelles. » « Nous devons être beaucoup plus francs avec les jeunes au sujet de ce type de criminalité, estime Janis Wolak. 

En fait, ces résultats devraient nous inciter à éduquer les jeunes adolescents bien davantage au sujet des relations sexuelles avec les adultes.  J’ajouterais que si on veut considérer une relation sexuelle adulte-ado comme un crime, il faudra pourvoir le justifier. 

La répression est une attaque au droit des individus de vivre et de jouir de leur sexualité comme ils l’entendent quelle que soit l’âge et le sexe.  Évidemment, je fais exception avec la pédophilie (10 ans et moins) et il serait urgent de faire la distinction entre des rapports non violents et violents, dominateurs. 

Ces spécialistes ont certainement eu de bonnes subventions pour faire cette étude.  Pourtant, je dis la même chose depuis 30 ans ; mais moi, on essaie de m’interdire partout. Vive l’hypocrisie !    

Radioactif 351

avril 20, 2022

Radioactif 351

Texte de 2008

Économie.

Le Québec a-t-il vraiment évolué ou s’est-il dégradé? Ça dépend des domaines.  C’est certain qu’il est bien différent et qu’il doit prendre les bouchées doubles pour continuer à prospérer.  Quel sera le Québec de demain?  Une chose est certaine, il sera à l’image de ce qu’on en aura fait maintenant. 

C’est évident qu’après 40 ans, on doit refaire le point et se demander si on est sur la bonne voie.  J’ai l’impression de revivre les mêmes problèmes qu’il y a 40 ans, le chômage, en moins, et la censure, en plus.  
    
Je trouve qu’on ne s’occupe pas assez de la relève.  Sur le plan économique, les mêmes secteurs qui étaient en crise hier le sont encore aujourd’hui.  On invoquait l’Asie pour justifier nos malaises jusqu’à ce qu’on apprenne que les concurrents asiatiques étaient les mêmes compagnies qui œuvraient ici, mais qui portaient un nom différent à l’étranger.  Les secteurs mous n’ont pas su se moderniser et ils voudraient que l’on paye pour leur insouciance.  Pire, ce sont les secteurs du cheap labor

Le seul moyen de combattre la concurrence mondiale est d’exiger que les compagnies venant des pays riches  qui s’installent dans des pays pauvres ou en voie de développement soient obligées de payer le même salaire de base que dans leur pays d’origine.  Ce pourrait être une règle promulguée par l’ONU. 

D’autre part, en nous disant non comme pays, nous n’avons pas les reins assez forts pour protéger nos entreprises locales.  C’est particulièrement frappant dans le monde agricole.  Sommes-nous plus près de l’autosuffisance qu’il y a 40 ans? 

Nous avons créé Hydro-Québec avec nos impôts et pourtant chaque année pour justifier une nouvelle hausse on nous dit qu’on paye moins qu’ailleurs.  Je l’espère.  Après tout c’est notre argent qui a été investi dans ce développement.  Qu’attend-on pour avoir des autos électriques ?   L’argent est-il redistribué plus équitablement? 

On dirait que tout ce que l’on a construit comme peuple n’a servi qu’à rendre que quelques privilégiés plus riches.  C’est une réflexion qu’on doit entreprendre.  On fait un pays pour que les citoyens soient plus autonomes, plus riches, non pas juste pour créer une petite bourgeoisie.  Le Québec indépendant doit pouvoir offrir mieux que ce que nous avons maintenant pour être attirant.  On a évolué, mais pas encore assez.  Les 15 prochaines années vont être des années difficiles, il faut s’y préparer avant que ce ne soit trop tard.  

Le sexe dans mes livres.


Le sexe a toujours eu une place de choix dans mes livres et dans ma vie ; mais il n’y a pas que ça pour que la vie soit intéressante.  Je crois fondamentalement que nous sommes sur terre pour découvrir les délices de la vie, la beauté de vivre et rencontrer d’autres âmes qui nous appellent pour mieux se découvrir mutuellement. La vie est belle à travers les autres comme elle peut être un enfer à cause d’eux. 

Comment écrire et ne pas en parler?  Même si je parle surtout de l’amour des petits gars, je pense avoir toujours été correct dans la description de cette forme d’amour qui est vécu par une très petite minorité de gens.  Je me suis créé une morale à travers les années de manière à me sentir certain qu’aucun jeune ne soit blessé ou détruit par une mauvaise influence. 

Par contre, je trouve que la censure est une forme de viol de leur conscience.  La censure s’exerce surtout en ce qui concerne la sexualité parce qu’on croit les jeunes trop imbéciles pour comprendre et savoir adopter ce qui leur convient le mieux.  

Chez les jeunes, le sexe est un jeu comme les autres et c’est ce détachement qui rend ces rapports aussi précieux.  Leur faire croire que c’est mal, c’est les violer psychiquement. 

Pour qu’un jeune consente à participer à des jeux sexuels, il doit avoir atteint une très grande confiance en toi, te percevoir comme son égal et posséder un amour très profond pour toi.  C’est un jeu, mais c’est en même temps, un rite sacré. 

C’est comme si le jeune savait d’instinct qu’il s’agit là d’un don total par sa profondeur.  Les jeunes savent beaucoup plus ce qu’ils veulent que ce que veut bien nous le dire le système. Ils sont moins innocents, dans le sens d’imbéciles, qu’on nous le dit. 

D’ailleurs, le système les utilise à ses guerres, il les fait travailler au lieu d’aller à l’école ; mais il nous fait la morale, dès qu’on veut les faire jouir.  Les jeunes savent qu’en ces occasions, il n’y a qu’une chose qui compte : le plaisir de la découverte.  Les moralistes veulent les protéger, mais les protéger de quoi, s’il n’y a pas de violence et que de l’amour? 

Très souvent, mes nouveaux lecteurs ne savent pas à qui je m’adresse, ils ont l’impression que je suis en amour par-dessus la tête avec une déesse.  C’est normal, car il ne se passe rien de différent durant les caresses que dans une relation amoureuse entre deux adultes hétérosexuels.  J’essaie d’être clair, pour être honnête, tout en étant respectueux.            

Je ne crois surtout pas dans leur prétendue pureté.  Le sexe n’est que la cerise sur le sundae, car ce qui est excitant, c’est la beauté des visages, la vitalité, les rires, les senteurs, les jeux et finalement, les proportions.  L’affection occupe presque toute la place. Je suis bien plus intéressé à le voir jouir qu’à ce qui m’arrive. 

D’ailleurs, dans mon premier blogue avec MSN, j’avais des messages pour me féliciter pour ma capacité à décrire les sentiments amoureux.  Je parle plus des sentiments qui entourent mes relations que ce qui se passent dans le lit parce qu’il me semble que c’est ce qu’il y a de plus important.  J’ai remarqué qu’il y a un point de vue différent, selon que l’on est avec une femme, un homme ou un petit gars… et le genre de contact s’établit autrement à travers la complicité.            

C’est peut-être moi qui le vis ainsi ; mais c’est une réalité. 

Quand j’étais avec une femme ou un homme, je me sentais en général celui par lequel le plaisir arrive.  Il y a peu d’échanges véritablement profonds.  Les hommes sont exigeants quant à ce qu’on les suce le plus vite et le mieux possible. Ils veulent recevoir et ils ne sont pas très vite à te le rendre, sauf si tu vis avec eux.  Là, le sexe est très différent.  Ça devient un moyen de se faire plaisir l’un en t’autre.             

À la longue, on découvre le petit gars qui a besoin de se faire cajoler et qui a réappris qu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.  Les femmes ont besoin de se faire croire qu’elles t’ont hypnotisé par leur beauté. C’est comme si elles se goûtaient elle-même à travers ton plaisir. Par contre, au début, jouir génitalement leur semble toujours un geste délinquant.  Elles font semblant de ne pas y être intéressées, mais dès qu’elles ont franchi le porche de leur volupté, elles ne peuvent plus s’arrêter. 

Quiconque a vécu la liberté sexuelle finit par ranger les plaisirs du lit bien derrière les plaisirs de vivre ensemble, de vouloir réaliser des buts communs et de rêver ensemble.  Faudrait que je revois mes relations avec tous et chacun pour savoir si elles ne sont pas particulières à chaque individu plutôt qu’une règle générale. 

Les années 1968-1973 furent celles où j’ai le plus souvent publié.  Ceux qui suivent mon histoire depuis quelques mois ont pu lire tous les textes qui se retrouvaient dans Hymne à l’amour, le vice et la révolte.  Je ne suis pas le plus grand écrivain pornographe, mais je suis un des premiers à aborder la pédérastie au Québec.  On m’a déjà dit en riant que je serai un grand écrivain le jour où le lecteur aura une érection en lisant mon livre.  J’en suis encore très loin et à vrai dire ça ne me tente pas particulièrement.  Un excès de pudeur?           

Je trouve assez comique d’entendre les jeunes d’écrire le SLAM parce que c’est étrangement ce que je proposais quand j’ai inventé la poésie de jet.  Ça n’a rien à voir avec une éjaculation, comme certains esprits tordus ont pensé ; ça veut tout simplement dire que je ne me sentais pas un assez bon poète pour imposer mes textes et ma façon de les rédiger. 

Le matériel dont je me servais à la base pour écrire était tout à fait différent de celui qu’on retrouve chez les pros, qui étaient alors beaucoup plus nationalistes que moi.  Mes textes pouvaient parler de tout.  En autant qu’ils exprimaient un sentiment.  C’est ce qui comptait.  Les hymnes ont raconté le début de mon expérience pédéraste.  Daniel a tout chambardé.  Grâce à lui, je suis passé de la culpabilité à l’affirmation. 

Je me demande encore comment et pourquoi des éditeurs se sont intéressés à moi.  On me trouvait génial.  Comme c’est drôle !  Ce livre m’a ouvert les portes de la poésie quand je suis arrivé à Sherbrooke.  J’étais peureux, mais j’étais fier de moi, même si je doutais encore de mes talents.

Quant à Oraison pour des salauds dans Chair de poule, il n’y eut comme vous l’avez vu aucun vers sur ma pédérastie. 

D’ailleurs, mes amours étaient peu connus, excepté pour les gens qui m’entouraient.  La révolution prenait toute la place dans mon petit cerveau. J’espérais en prenant ma retraite de tout reprendre ça où je l’ai laissé ; mais à force de me faire écœurer, j’ai de la difficulté à écrire autre chose que ces petits billets…  Un passage obligé peut-être…  

Quant à Réjean, publié avec les Auteurs réunis et lu par Ronald France, en 1969, aux Ateliers des inédits, àRadio-Canada, c’était une longue lettre d’amour écrite pour Réjean.  Après l’avoir lu, il m’a dit avoir trouvé ça très beau, mais il m’a reproché la fin : « Petit prince, je t’adore » ; me disant qu’on adore seulement Dieu.     

Comment ne pas aimer la vie quand d’aussi belles histoires d’amour se succèdent?   J’ai simplement besoin d’en vivre une autre.


Sexe et amour.      

L’amour est différent, selon chaque personne aimée.  Si Daniel fut une période de pure folie, la recherche d’un fantasme vécu ; Réjean fut mon coup de foudre absolu.  Dès que je l’ai vu, je fus hypnotisé.  Son sourire me rendait fou.  Il était le seul attrait, ma seule pensée, ma seule joie… infinie, illimitée ; mais tellement temporelle.  Les coups de foudre envahissent l’âme et le cerveau. 

Je travaillais à La Tribune à Sherbrooke et lui demeurait à Québec.  Je lui écrivais lettres sur lettres, par l’intermédiaire de cette chère Mme Gosselin, car j’aurais voulu être avec lui à chaque seconde de ma vie.  Je me torturais la conscience parce que je le désirais physiquement et lui était scrupuleux, religieux comme pas un.  J’en étais encore à couper les cheveux en quatre parce que je ne voulais jamais faire un geste ou prononcer une parole qui aurait pu le moindrement le vexer et le rendre malheureux. 

Je vivais la période de séduction et je jouissais juste à le voir dès que je mettais les pieds à Québec, même s’il savait me dire non, tout en ne fermant pas la porte à sa chaste chapelle.   Qui connaît un pédéraste, sait que nous essayons par tous les moyens de fascination d’être accepté, de plaire à celui qui nous envoûte. Il n’y a jamais de limites raisonnables.  On peut se saigner à blanc et très souvent on saigne notre portefeuille pour lui offrir tout souhait exprimé. Le moindre désir devient un ordre.  Juste penser que je pouvais me rendre le voir valait plus que de remporter un million à la loto (remarquez que je ne l’ai pas encore gagné).  Réjean, c’était mon firmament, ma minute d’extase devant mon dieu.  Mais, Réjean était très scrupuleux, ce qui nourrissait encore plus mes désirs et mes culpabilités. 

Je savais que j’avais fait de la prison pour un tel amour, mais j’oubliais tous les maux de la terre si je le voyais heureux à cause de moi.   Je lui ai acheté une table de billard juste parce que c’était ce dont il rêvait le plus.  S’il fallait que je lui dise un mot ou que je fasse un geste qui semblait lui déplaire, je croyais déjà qu’il me méprisait, qu’il ne pourrait jamais me pardonner ma pédérastie ; mais maintenant je suis certain qu’il s’en fichait éperdument.        

J’en avais des semaines à me torturer; mais le voir sourire effaçait tous ces malaises.  Ce n’était plus que de l’amour, mais une passion vive, un fer brûlant dirigé droit au coeur.   Être avec lui, c’était encore mieux qu’être au ciel, c’était une béatitude inespérée.   J’aurais abandonné mon travail si j’avais pu être quelques secondes de plus avec lui ; mais lui aussi allait à l’école.  Il faut bien manger et manger ça se paye avec un salaire ou du moins, ce qu’on n’a pas donné à nos gouvernements.      

Des amis qui l’avaient aussi connu me transportaient à Québec.  Ils me savaient en amour par-dessus la tête.  Je resplendissais trop le bonheur parfait pour que ce ne soit que d’aller à Québec qui me rende aussi heureux.  Tout mon comportement me trahissait. 

Ce fut toute une surprise pour eux quand je leur ai avoué que l’objet de ces délices c’était Réjean et non la fille qu’ils s’étaient inventée.  Mais, ils ont trouvé ça tellement beau de me voir aussi follement amoureux, heureux, qu’ils en ont oublié que c’était un petit gars.  Je tremble encore quand je songe à lui. Quelle flamme! !   

Malheureusement, c’est le passé et que je le veuille ou non, je ne le reverrai probablement jamais.  Être aussi profondément en amour, c’est la plus belle chose que l’on puisse vivre.  Un vrai cadeau de Dieu.  Un cadeau que je souhaite à tous, car une telle passion dépasse les orientations sexuelles et tous les plaisirs de la terre.  L’amour est encore le plus grand cadeau dans la vie ; avec ou sans sexe.  Ce n’est pas qu’une heure de plaisir, mais une éternité à se le rappeler…             

J’étais très profondément en amour avec lui, mais j’avais tellement peur de lui manquer de respect, de l’amener à me détester à cause de mon besoin d’essayer de le toucher.  Je lui écrivais des lettres dans laquelle je l’implorais de me pardonner d’être ce que j’étais. 

Puis, un jour, sans savoir pourquoi, il m’a fait comprendre en se collant sur moi au cinéma que je pouvais commencer à vivre plus intensément et aller au bout de mes désirs. Finis les scrupules !  Je n’ai jamais su pourquoi il avait changé, mais je rappelle du plaisir que j’eus la première fois.

Radioactif 350

avril 19, 2022

Radioactif 350

Une belle nuit d’amour.  

Un jour, on m’a demandé d’écrire mon autobiographie. 

J’y ai travaillé pendant des mois, mais quand est venu le temps d’être édité, on refusa mon manuscrit parce qu’il parlait trop de politique et ne parlait pas assez de sexe.  

Aujourd’hui, on me reproche de trop parler de cul et pas assez de politique.  On ne sait jamais ce que l’on veut.  Je ne suis pas pornographe dans l’âme. Ça n’a rien à voir avec la pudeur, mais le respect de la vie privée. 

Même si je ne vois rien de mal aux relations sexuelles consenties, mais hors-norme, je garde toujours une certaine pudeur pour ne pas choquer ceux qui me lisent. Cependant, les moralistes d’aujourd’hui condamnent même le fait que l’on ose y penser comme autrefois avec le péché de la chair se produisait dès qu’une pensée avait le malheur d’aller dans cette direction. Les sermons des curés sont remplacés par la morale antisexuelle des féminounes.

Je trouve important aujourd’hui, de raconter comment se passent les rencontres pédérastes pour démentir ce que le système nous raconte.  Je veux ainsi affirmer que ces relations n’ont rien de dangereux, s’il n’y a pas de violence. Le consentement doit être clair et absolu pour qu’une relation sexuelle soit positive.
 
Il faudrait être absolument malheureux, diabolisé, dès qu’on aime les petits gars. On refuse de reconnaître les résultats des recherches sur la sexualité parce qu’elles contredisent ce que l’on nous a toujours enseigné.  L’orientation sexuelle  ne se contente pas de binaire, elle est éclatée. La pédérastie n’est qu’une de ses manifestations.

Le jeune adolescent  n’est pas toujours une victime. C’est absolument faux, il jouit aussi de la situation, si cela correspond à ses désirs. 

Si je suis honnête avec moi-même,  je dois avouer que mes expériences m’ont rendu parfaitement heureux ainsi que les jeunes qui m’ont rencontré. 

Il arrive que des individus qui ont aimé ça quand cela s’est produit, pensent aujourd’hui, parce que c’est la mode ou la nouvelle norme d’être plus scrupuleux, qu’ils furent des victimes. Le geste qu’ils avaient aimé à cette époque devient une honte et une forte culpabilité. J’ai vécu ce phénomène.

Les associations pour te faire croire que ta vie a été détruite parce que tu as eu une relation sexuelle étant jeune sont financées à coup de millions par les gouvernements. Elles sèment, surtout à la télévision, la honte et la culpabilité. En fait, au lieu d’être manipulé par un pédéraste, le jeune est manipulé par ceux qui lui font croire que cela a bouleversé sa vie. 

 Avec le temps, je suis devenu plus paranoïaque; mais je veux défendre la vérité. 

Pour ne pas propager le goût du sexe en bas-âge, le système voudrait que l’on dise que ça nous rend éternellement malheureux.  Pour obéir à la morale de notre société, il faut être paranoïaque, castré, masochiste et servile.  Il ne faut qu’aimer les femmes, les hommes et croire que la sexualité ce n’est que la pénétration.         
    
C’est tout le contraire de ce qui se vit dans la pédérastie où les caresses sont la touche de dieu sur un petit corps-harpe.   
    
Dans mon cas, le summum est de voir jouir le jeune, de l’entendre souffler ou se lamenter de plaisir.  C’est de boire dans ses yeux la joie de la découverte. C’est de sentir la beauté des lignes et des formes de ce jeune.  C’est la musicalité des rires.  C’est l’extase que ça procure.  Il y a un niveau de communication que je n’ai jamais connu avec des adultes.   Parmi mes expériences, j’aime me rappeler l’histoire d’une très courte rencontre avec deux jeunes à Sherbrooke.             
 
Je m’étais rendu au terminus dans l’espoir de rencontrer un jeune qui s’offre au plaisir.  À mon arrivée, deux jeunes étaient au téléphone.  Je m’en suis approché et j’ai constaté qu’un des deux faisait semblant de parler avec quelqu’un à l’autre bout du téléphone.  Je lui demandai comment ça allait. Et, il me répondit qu’il s’était un peu blessé à une jambe et qu’il n’avait pas l’argent pour retourner chez lui, à Montréal.  Il prétendait qu’il devrait passer la nuit dehors puisqu’il ne savait pas où aller.  Je lui ai d’abord offert de leur payer l’autobus.  Ils ont refusé. Je l’ai invité à venir chez-moi ainsi que son petit ami.   
    
Rendu à la maison, il me demanda de soigner sa blessure.  J’ai commencé par essayer de la rejoindre en levant son pantalon, mais elle était plus haute. Donc, il décida d’enlever ses culottes.  C’était une blessure plus que minime, une éraflure, mais juste le temps de lui appliquer un médicament, il était bandé comme un cheval.            

C’était évident qu’il voulait que je n’occupe de ce petit bout qui sautait sous son sous-vêtement.  Il me trouvait lent à réagir.  En fait, c’était vrai.  Je ne savais pas si c’étaient mes désirs qui m’attiraient ou s’il cherchait vraiment à me faire succomber à ses charmes.  Pas question de forcer qui ce soit.  Il me demanda de prendre un bain.  J’ai fait couler l’eau et dans moins d’une seconde, il était nu devant moi.  Il se pavana en attendant qu’il y ait assez d’eau, puis il s’enfila dans le bain.  Il me demanda de l’aider à le laver. 

Il prenait de toute évidence un plaisir fou à sentir mes mains parcourir ses belles lignes de corps.  On aurait dit que chaque partie était électrocutée au fur et à mesure que s’y présentait mes doigts.  Après quelques secondes, il était évident que c’est ce qu’il recherchait et aimait.         

Nous avons décidé qu’il était l’heure d’aller au lit.  Alors nous nous sommes installés sur un matelas à côté du lit où nous avions installé le plus jeune.   Après une demi-heure de plaisir, le plus petit s’est mis à rechigner.  Il voulait aussi être du party.  Je pensais qu’il ne savait pas ce qui se passait, mais il enleva son caleçon et nous prouva que lui aussi était capable de jouir.  Endormis, nous fûmes réveillés vers trois heures du matin par un groupe de mes amis qui arrivaient de Montréal, des poètes.      

Au début, j’avais cru que c’était la police et qu’on m’avait monté un piège.  Mes poètes étaient tous excités, car la police recherchant de présumés felquistes, les avaient arrêtés, fouillés, suivis.   Quand ils se sont aperçus que j’étais couché avec deux jeunes, ce fut toute une scène, car ils m’avaient appelé pour venir à la maison. 

Je croyais que c’était pour un autre jour.  J’avais oublié ce rendez-vous.   Comment pouvais-je vivre dans le danger perpétuel d’être arrêté et me conduire comme si de rien n’était ?           

Quand ils ont vu que les jeunes n’étaient pas obligés, qu’ils prenaient un vilain plaisir à la situation, qu’ils ne manifestaient aucune envie de crier au secours, l’atmosphère, c’est détendu.  Nous avons mangé et nous nous sommes recouchés.  J’étais au paradis avec mes deux jeunes.    

Le lendemain, je devais assister à une réunion. J’ai laissé un mot sur la table et un peu d’argent pour le plus vieux, lui promettant que je serais vite de retour.  Quelle fut longue cette réunion ! 

Je suis arrivé chez moi à bout de souffle.  J’avais tellement hâte de revoir mes deux moineaux.  Mais, personne.  En cherchant, je me suis rendu compte qu’ils avaient découvert où je cachais mon argent et qu’ils avaient filé avec.  J’étais renversé.  S’ils étaient restés, ils en auraient eu beaucoup plus et surtout nous aurions pu nous arranger pour que ce bonheur soit plus perpétuel.          

Je suis toujours très paranoïaque quand je raconte de tels événements, mais il le faut pour que la vérité soit connue et que notre très cher système apprenne que ces séances de liberté sexuelle absolue sont aussi appréciées par les jeunes que par les vieux.  Et elles sont encore moins dangereuses pour eux que la violence et les drogues.      

Un tel incident, c’est pour moi, des fantasmes vivants pour des années à venir.  C’est le paradis.  Malheureusement, ceux qui nous jugent se servent de ces moments bénis pour créer l’enfer autour de nous.  Mais, ils ne peuvent pas extirper de tels moments de bonheur de notre mémoire.   

Qui sont les plus vicieux ?  Les tartuffes de la chasteté et de l’Inquisition qui nous méprisent ou ceux qui ont compris que la vie est un plaisir renouvelable…       

Mais, je suis bien conscient que pour la très grande majorité, une telle nuit n’est pas le paradis. À chacun son orientation sexuelle!

Sexe et internet.    

Je suis surpris de voir les campagnes contre les individus en ce qui a trait à la pornographie juvénile sur internet. 

Depuis que j’ai cet appareil, je dois chercher mon blog, car  il y a toujours une maudite maison de pornographie qui a mis un lien sur le mot radioactif.  Ainsi, au lieu de me retrouver sur mon carnet (blog), je me retrouve sur un site pornographique.     

Ainsi, quand je veux me rendre sur mon site pour écrire, je me ramasse d’abord dans une maison de pornographie qui s’affiche Nuevo estilos ou hackerclip ou Casino Cesar, etc. 

Je ne veux rien savoir de la pornographie, et pourtant, ces maudites maisons s’affichent à mon écran, à mon insu.  Qu’est-ce que le système attend pour nous débarrasser de cette merde ?  On aime mieux s’en prendre à des individus. Bande d’hypocrites ! 

Si je veux voir des scènes pornographiques, que je suis seul dans ma chambre à me rincer l’oeil et fort probablement à jouer avec mon tatahouin,  qu’est-ce que ça fait de mal ?  Plutôt que de toujours avoir la police pour surveiller ce que les jeunes regardent, on serait mieux de leur apprendre à faire de bons choix, à agir de façon responsable ; mais ça ne procure pas des subventions. Il faut plus d’arrestations pour avoir plus de subventions.

Quand les parents doivent avoir une police pour s’assurer que les jeunes ne vont pas essayer de voir ce qui les attire, c’est qu’il y a un maudit problème social.   Les parents ne peuvent pu suffire aux besoins économiques, d’où ont-ils besoin de travailler tous les deux, ce qui les empêche de remplir leur travail de parents.  Ils le font faire par la police.          

J’ai hâte qu’on commence à s’attaquer plutôt aux producteurs qu’aux consommateurs. C’est une belle connerie pour prendre en défaut le plus de gens possible;  mais, j’ai oublié que dans notre société ce qui compte, c’est que ça paye… Dieu est un $$$$…

Sexe et ignorance.           

C’est incroyable que le mot « sexe » fasse encore trembler 96% de la population du Québec quand il s’agit de reconnaître le droit des jeunes d’être les seuls à avoir droit de regard sur leur propre sexualité. 

Pourtant, toutes les études scientifiques prouvent que les jeunes ont déjà leur sexualité propre dès la naissance.  D’ailleurs, une étude américaine démontre que dès l’âge de cinq ans, il est possible de dire pratiquement sans presque jamais se tromper, l’orientation sexuelle d’un enfant par le comportement de la dilatation de la pupille de ses yeux, en regardant des images.  Je suis content d’apprendre que je ne suis pas seul à bander des yeux quand quelqu’un me plaît. 

Bien des facteurs jouent dans le choix d’une personne qui nous plaît, l’allure générale (la forme du corps qui correspond au symbole de flèche-pénis ou ronds-seins, symbole inconscient qui existe vraiment), le rapport primaire avec son père et sa mère, la senteur, la voix, le velouté de la peau, la couleur, etc.   Le cerveau capte le signal et dicte la réaction. On n’a même pas un mot à dire quant à ce qui nous excite.

Cela prouve jusqu’à quel point, on s’est fait laver le cerveau à partir des religions qui ont été créées pour servir la domination mâle.  Sauf, qu’en méprisant la femme, on lui a inculqué une telle peur et haine de la sexualité qu’elles ont encore plus de misère que les hommes de se libérer de l’emprise des religieux. 

C’est comme aux Indes (reportage de ce soir à Radio-Canada), où les veuves n’ont pratiquement pas le droit de survivre à leur mari ou de la Chine qui se débarrasse des filles.  Qu’est-ce qu’on fait du droit des individus? 

Les jeunes ont droit de décider de leur sexualité d’autant plus que l’on sait maintenant que la sexualité est une composante essentielle à leur personnalité.  Les gens agissent en fonction de la force de leur libido. 

L’ignorance crasse dans laquelle on a été élevé doit être combattue avec énergie et remplacer par le respect, la tolérance et la non-violence.  La vie privée n’a pas d’âge.  C’est un droit fondamental.   

Radioactif 349

avril 18, 2022

Radioactif 349

Texte de 2008

L ‘ R du Q.   

Quand j’ai laissé la Tribune, après avoir gagné ma révision pour avoir droit à l’assurance-chômage, j’ai décidé de retourner à l’école.  Je suis donc allé au CEGEP de Sherbrooke. 

J’ai alors participé à la rédaction du journal étudiant que l’on appelait   L’ R du Q.  Il était très engagé.  Il a été nommé ainsi en mémoire de Gaston Gouin.

Le premier numéro est passé sans problème ; mais le deuxième a fait des flammèches parce qu’on parlait abondamment de ma candidature comme candidat Rhinocéros dans Sherbrooke.      

J’avais aussi écrit un long texte sur la liberté sexuelle quand un des responsables du journal m’a appris qu’il serait contresigné par une jeune fille que je ne connaissais pas.  J’en étais très fier, car, enfin, une fille s’impliquait dans cette révolution de l’esprit.  

C’était d’autant plus intéressant que Sherbrooke est une des places les plus conservatrices et religieuses (ça va ensemble) du Québec.  Puis, une fois imprimé alors qu’on commençait à le distribuer, la jeune fille se serait déclarée victime d’une arnaque : cette idée n’aurait pas été la sienne, mais, on lui aurait imposé en signant à sa place, sans la consulter.       

Ce n’était pas la version que le responsable du journal me donnait.  J’aurais été le premier à dénoncer ce procédé si cela avait été vrai.  Puis, on est venu à la conclusion d’une entente,  selon laquelle on publiait quand même, puisqu’il était déjà imprimé, mais on bifferait la signature de la jeune fille.     

Personnellement, je n’avais rien à dire dans le journal, je n’avais qu’écrit des textes, commandés par un de ses directeurs.  quoique j’aie choisi les sujets. 

La direction du CEGEP s’en est mêlée et a décidé de le confisquer et de le brûler, malgré cette entente. 

J’étais persuadé que ce geste était beaucoup plus de nature politique que pour respecter les bonnes mœurs sexuelles de cette jeune fille qui avait toute une équipe pour l’entourer.  Pourquoi aurait-elle signé ce texte si elle ne l’avait pas lu?  Bizarre d’autant plus qu’on reprochait très clairement la trop grande visibilité du parti Rhinocéros dans L’ R du Q.           

On prétendait même que j’essayais de m’en servir comme organe officiel du parti.  Si on regarde tous les textes publiés dans le journal étudiant de l’université de Sherbrooke, on s’aperçoit que cette saga existait plutôt parce que des jeunes appuyaient ce changement de cap politique.   Les jeunes ont même organisé trois soirées de débat entre tous les candidats, soit un au CEGEP, à l’université Bishop et à l’université de Sherbrooke.           Aussi, niaiseux que ça puisse paraître, les libéraux avaient peur de cette nouvelle force.          

Je n’avais rien à dire quant au contenu du journal et encore moins sur sa publication.  Aujourd’hui, je me rends compte que ma position sur la sexualité n’a rien à faire dans la répression que l’on exerce sur moi ; mais elle permet de me fermer la gueule ou du moins de ne pas avoir d’influence politique.   

C’est tellement clair que récemment ma pédérastie a rebondi dans les chroniques du Néo rhino pour bien indiquer que je n’étais pas le bienvenu dans ce nouveau parti supposément drôle et devenu bilingue dans tous les sens du mot.  Tellement drôle, qu’on s’accroche à mes ébats sexuels.  Un ou une imbécile prétendait que je me sers du parti Néo rhino pour appuyer mon orientation sexuelle.  D’ailleurs, cette personne est assez stupide pour ne pas faire de nuance entre la pédophilie et la pédérastie.  Un bon moyen de constater que c’est devenu un parti comme les autres : au prise avec le cancer féministe réactionnaire.   Seul le nom est révolutionnaire. 

Si je voulais faire la promotion de la pédérastie, je choisirais un parti politique susceptible de pouvoir changer les lois criminelles à Ottawa.              

Si je me tiens debout, aux prochaines élections, j’annulerai mon vote avec certitude.  Aucun parti fédéral n’a été assez intelligent pour défendre le droit des jeunes à leur sexualité et à leur vie privée.  Ils jouent les papas et les mamans qui interdisent, n’ayant pas le courage de discuter franchement de sexualité.           

Michel Chartrand. 

Quand j’ai été invité à participer à une soirée rhino à Montréal,   L’R du Q venait d’être interdit.  Nous en avons parlé et nous avons obtenu l’aide de Michel Chartrand pour dénoncer cette censure. 

À l’entendre crier et s’exclamer, comme s’il tournait un show, je me demandais s’il n’était pas un peu sonné : « Qu’est-ce que vous attendez pour virer ça de boutte, ce cégep-là? »   Puis, il nous dit qu’il nous aiderait pour faire connaître l’événement.        

Le lendemain, le communiqué n’était pas parti des bureaux de la CSN et nous en avons averti Michel Chartrand.  Je vous assure qu’il ne faisait pas que déplacer de l’air.  Je n’ai jamais vu un gars avoir autant le sens de l’organisation et de l’efficacité. 

Après m’avoir entendu, à la soirée rhino, il n’avait pu retenir sa perception critique : « je n’ai jamais vu ou entendu quelqu’un d’aussi plate de ma vie. »            

Évidemment, notre communiqué de presse fut envoyé et repris par plusieurs journaux.  Merci à Michel Chartrand !  C’était un gars qui se tenait debout.  D’ailleurs, Jim Corcoran a fait une chanson qui s’intitule  » Comme Chartrand « .  Si j’ai bien compris, il parlait de mes cheveux en parachute, de moi, léniniste, felquiste qui se crisse de tout ou peut-être voulait- il parler de quelqu’un d’autre ? 

C’est comme avec l’Homo-vicièr. J’avais discuté toute une nuit avec Paul Chamberland de mon livre et de ma pédérastie. Ça l’avait bien touché et il m’a envoyé une petite lettre.  Stupidement, sans lui en parler, en croyant qu’il serait bien d’accord, nous l’avons mis sur la dernière page de mon livre.  J’ai appris plus tard que c’était un genre de critique qu’on s’envoyait entre écrivains pour la forme.  Est-ce vrai ?  Je ne le revois jamais, donc, je ne peux pas lui demander. 
Je ne sais pas si ses textes ont subi les mêmes censures que les miens quand il parla de pédérastie.  La censure, c’est tellement stupide que ça touche n’importe quoi qui peut remettre le système en question.      

 Harper pourra-t-il faire adopter ses lois débiles avant de se lancer en élection?       

Personnellement, pour la première fois de ma vie, je ne voterai pas pour le Bloc.   «Je vais voter pour moi : je fais des XXX partout ». 

Finie la charogne!  Vivre dans un Québec arriéré, ce n’est pas mieux que dans un Canada arriéré.»           

Malheureusement, je ne suis pas assez riche pour aller vivre au Mexique. Là-bas, les politiciens sont assez intelligents pour mettre l’âge de consentement à 12 ans. 

Le Québec ferme les églises, mais maintient sa morale débile.  Pas étonnant qu’il marche à reculons depuis 40 ans.  Un Québec fort dans un Canada uni : c’est de la pure schizophrénie

Spectacles rhinocéros.  

Il y eut trois soirées au cours desquelles tous les candidats expliquaient leur programme et répondaient aux questions. 

Au Cégep de Sherbrooke, j’ai surtout fait un show autour d’un texte sur la langue.  Je me souviens qu’en sortant, il y avait une bande de libéraux qui m’engueulaient et me traitaient de felquiste.  J’avoue que je n’ai jamais compris le lien entre le FLQ et les Rhinos, sauf que les Rhinos présentaient presque toujours des vedettes.   Quand on est borné comme ces libéraux, on voit des choses que les autres ne voient pas.   

Par contre, à l’université Bishop, je me suis fait désarçonner par une série de questions sérieuses.  Quand je faisais mes spectacles, j’arrivais là avec des lunettes immenses, une très longue pipe dans laquelle je fumais du vrai pot et une fleur immense pour me moquer de Trudeau.  Je l’avais d’ailleurs invité à un concours de natation : faire dix fois le tour d’une barboteuse, à la nage.           

Puis, je lançais de bonbons à la foule.  » Des bonbons ? Je ne les promets pas, je les donne « 

À Bishop, le jeune qui s’adressait à moi fit valoir que je venais de quitter le journalisme et insistait par conséquent sur le fait que je devais être le plus compétent, de ceux qui se présentaient.  À son avis, je devais être celui qui connaissait le mieux l’Estrie.  J’ai finalement obtempéré à sa demande.  Et, j’ai commencé à prendre plaisir à ma candidature.  Enfin, je faisais du théâtre. 

La troisième fois, ce fut à l’université de Sherbrooke.   

Université de Sherbrooke.        

Le meilleur spectacle s’est sans doute déroulé à l’université de Sherbrooke pour la bonne raison que je m’éloignais de la politique par amour pour les planches.  Je me voyais de plus en plus en vedette. D’ailleurs, on avait mieux organisé la mise en scène. 

Je m’étais mis une paire de culotte courte, sous ma soutane d’évêque, et nous avions placé un poster du petit René Simard, juste où se situait le libéral René Pelletier. 

Je suis entré en scène habillé en évêque.  Je bénissais l’assistance et dans mon sermon, je promettais de construire des taudis, de créer de la misère puisqu’en bons chrétiens « plus on mange de merde plus on va vite au ciel ».  

Puis, j’ai strip-teasé, en affirmant que le rouge me rendait malade.  J’ai aussi commencé à dire aussi que le candidat libéral avait peut-être un beau sourire, mais qu’il était beaucoup moins beau que René Simard. J’avoue avoir eu énormément de plaisir à ce jeu. 

Si ma campagne électorale, grâce à Pierre Brisson, devenait de plus en plus vivante et intéressante ; les libéraux ne le prenaient de la même façon. 

Un soir que je m’étais rendu au Pub, notre lieu de rencontre, il y avait un handicapé qui disait très fort que j’étais son président.  Un groupe de bonhommes ont commencé à lui faire un mauvais parti.  Donc, je m’y suis rendu pour calmer le jeu et demander à ces imbéciles de cesser de l’outrager.

« Comme ça, tu veux te mêler de ça.  » Et, c’était parti mon kiki ! J’en ai mangé une bonne.      

Les libéraux ont toujours eu des fiers à bras et ils se promènent autour du monde pour prêcher la démocratie du Canada.  Tu ne peux même pas dire que t’es pédéraste, ici, sans te condamner à crever de faim, dans le mépris le plus absolu.  Vive la démocratie !           

Je dois dire qu’aujourd’hui que j’ai bien aimé la décision du parti libéral de sortir des Communes pour ne pas endosser la loi sur l’âge du consentement.  Sans respect pour le droit des jeunes à leur sexualité, les Conservateurs veulent nous imposer la manière du Canada- américain de concevoir la sexualité.  Vierge jusqu’à l’assèchement du cerveau.  Un retour en arrière à des milliers d’années, au Moyen-âge, au moins.      

À ma surprise, le Bloc a voté pour cette loi débile.  Il est peut-être temps de leur rappeler que le Québec a toujours eu une politique plus ouverte.  Pas mal débranché, le Bloc.  Ça vient d’y coûter mon vote.  Je suis peut-être seul, mais cela peut-être significatif.  Mon vote aux prochaines élections fédérales sera une série de XXXX, si je vais voter …

Canadien ou Québécois castré, t’es castré. On est vraiment rendu des Américains. Il n’y a que l’argent qui compte.

Radioactif 348

avril 17, 2022

Radioactif 348

Texte de 2008

Vol de mon livre.   

Rouhed, le plus jeune de mes deux fils adoptifs,  s’est suicidé le 3 juin 1994, à 21 ans. 

C’est alors que tous mes problèmes ont commencé. 

Même si je l’aidais du mieux que je pouvais, avec le temps, après sa mort, je me suis mis à avoir  des remords.  Est-ce que j’aurais vraiment pu travailler à Montréal plutôt qu’à l’extérieur et ainsi être plus près de lui?   J’aurais pu faire mieux et être moins mesquin. Je ne lui donnais pas toujours tout l’argent qu’il me demandait.

Par contre, la mère de sa blonde, Sarah, m’a dit que j’avais tort quand  je lui ai fait part de mes culpabilités : « Tu as fait mieux que bien des parents naturels ».  

J’avais conservé pour Rouhed notre appartement au 2240, rue Quesnel, à Montréal.  Je croyais qu’il recevrait davantage d’aide pour fréquenter le CEGEP.  Je suis intervenu pour lui auprès du ministère de l’Éducation. J’étais très fier de l’intelligence de Rouhed.

De plus, il travaillait dans une fromagerie et il aimait bien ce travail. 

Rouhed était de plus en plus souvent dépressif.  Il m’avait indirectement, quelques mois plus tôt, parlé de son désir de quitter ce monde qu’il trouvait injuste envers la majorité des êtres humains, après avoir vu l‘Assommoir, avec Renaud, sa grande vedette.  Je ne savais trop quoi penser de sa boutade, car il m’avait simplement dit : Et, si c’est moi qui parlais de suicide, est-ce que t’aurais peur?          

Ses menaces m’avaient foutu la trouille, car, je le savais assez déterminé,  assez extrémiste, pour faire ce qu’il le disait.  D’ailleurs, quelques jours avant que j’apprenne sa mort, je lui avais demandé au téléphone s’il avait perdu ses idées  suicidaires.  Ça m’inquiétait.  J’avais commencé mes démarches pour être transféré de Val d’Or à la Commission scolaire de Montréal comme enseignant. J’avais ma permanence et une maitrise, ce qui ne se perd pas.

Quand je suis descendu de Val-d’Or à Montréal, j’ai tellement demandé à Dieu de partager la souffrance de sa mort que je suis arrivé à Montréal en ressentant un mal de cou, comme si je mettais suicidé avec lui. Ce fut affreux. Affreux. Affreux. 

Quand Rouhed s’est suicidé, il y avait plein de nouvelles personnes que je ne connaissais pas qui se présentaient à la maison. 

C’est alors qu’on a dérobé mon livre L’Homo -vicièr.  Bizarrement, ce livre s’est retrouvé entre les mains de la police de Val-d’Or, deux ans plus tard, comme preuve contre moi.  Comment avait-on prévu le coup?  Pourquoi tous les papiers d’identité de Rouhed avaient-ils disparus?  Pourquoi la police ne les avait-elle pas? Où est passé son portefeuille?           

Y avait-il quelqu’un que Rouhed connaissait et de qui je ne me méfais pas qui essayait de me faire payer pour ma participation antérieure à des ateliers sur la pédérastie quelques années plus tôt?   

En effet, quelques années plus tôt, j’avais décédé de participer comme conférencier aux ateliers sur les homosexualités, organisées par le psychologue Lucien Bouchard.

Je voulais que l’on dédramatise le fait d’être pédéraste.  Dans le temps, on ne parlait pas encore de pédophilie, donc, on faisait encore moins les nuances qui s’imposent entre ces deux formes de vie.  J’avais peur qu’un pédéraste pris de peur tue son partenaire. C’était une de mes obsessions parce que j’avais peur que ça m’arrive. Il fallait absolument faire comprendre au monde entier que ces relations sont souvent acceptées par tous les participants et un plaisir plutôt qu’une mauvaise aventure.

Mon médecin, une dame, dit être tombée en-bas de sa chaise quand elle m’entendit, car elle ne l’aurait jamais deviné et qu’elle avait des fils. Je voulais que l’on dise la vérité sur le sujet plutôt que de semer la paranoïa devant tout ce qui est sexuel.

C’est en lien avec ces conférences que j’ai rencontré tous ceux qui deviendront mes amis avec le temps.  

À cette époque, je n’imaginais même pas que je puisse un jour être différent. Je croyais qu’on ne peut pas être autre chose que pédéraste quand on l’est, parce qu’on ne choisit pas ce qui nous attire et un pédéraste est attiré par les jeunes mâles et non ceux de son âge ou plus vieux que lui. Le désir est la base de toutes les relations sexuelles, non?

Quand j’ai commencé à vivre avec Shuhed et Rouhed, le frère aîné de Rouhed, je répondais à ceux qui me demandaient où était mon épouse : j’ai déjà assez de travail à élever deux enfants pour ne pas devoir m’imposer, en plus, de devoir endurer une femme.

Je n’acceptais pas la notion, le devoir, d’être le seul partenaire dans un couple.  La fidélité absolue me semblait une fausse préciosité, un geste moral  sans fondement.  Pourquoi avoir le droit et le devoir de faire l’amour si on est marié et que ce geste devient le péché des péchés, s’il n’est pas accompli avec la même personne?    Je croyais dans la fidélité, mais comme forme de responsabilité, vis-à-vis, la famille que l’on a créée.

Quand Rouhed est mort, j’ai connu des femmes qui le connaissaient, semble-t-il, mieux que moi.

Par hasard, j’ai cru comprendre que Marie-Louise avait aidé à l’arrestation d’un infirmier que j’avais déjà connu et qui fut condamné pour attouchement sexuel sur un mineur.  Puisque René-Louise se disait une psychologue ou une intervenante pour défendre le droit des adultes à avoir une relation sexuelle avec des mineurs, je n’y avais pas attaché d’importance. 

J’ai cru avoir mal compris et je n’ai pas pensé une seconde qu’elle pouvait jouer double jeu.  Je n’ai même pas vérifié.

Selon René-Louise, qui disait tout connaître des musulmans, Rouhed ne s’était pas suicidé uniquement parce que Sarah l’avait quittée, mais surtout pour protéger quelqu’un.  Qui? Moi?

J’étais politiquement très engagé, mais me croire en danger à cause de mes idées était à mon avis tout à fait farfelu. En principe, on ne tue pas encore nos ennemis politiques au Canada

À sa mort, Rouhed m’a laissé une lettre dans laquelle le message se résumait avec la présentation : « Cher Papa Jean, don’t  worry, be happy! » C’était la première fois que Rouhed m’appelait papa. Shuhed a commencé à faire de même, mais il lui il m’appelait « Père ».

Les plus beaux moments, les plus belles années de ma vie furent quand j’étais le père et quand j’ai enseigné. J’avais alors une raison de vivre et une très grande fierté de ce que je faisais.

Marc, pédéraste.   

Un jour, j’ai reçu une lettre de Marc Lachance, qui voulait me rencontrer, ayant lu Laissez venir à moi les petits gars.  Il m’a raconté ses amours et ses problèmes, car il venait des se faire prendre avec un jeune de ses connaissances.  Sa relation avec la mère du petit s’était détériorée et il avait peur.  Il cherchait un moyen pour se déculpabiliser, se sortir du trou, tout en reconnaissant qu’il était toujours très profondément amoureux de ce petit.         

Il aimait jongler et il émanait de lui une telle douceur, une telle tendresse, que je lui ai recommandé de devenir professeur.  Tant qu’il n’y a pas de violence, je n’ai rien contre la pédérastie, bien au contraire.  Ça peut paraître bizarre d’enseigner quand tu es pédéraste et pourtant je suis convaincu que les pédérastes font les meilleurs enseignants du monde

Être pédéraste, c’est être heureux à l’infini d’être en compagnie de petits gars.  Puisqu’on se dit, dès les débuts, qu’on se répète quotidiennement « never on the job », les jeunes sont encore plus en sécurité avec nous qu’entre les mains des professeurs qui enseignent juste pour le salaire.    

Quand j’ai commencé à enseigner, j’ai été de nombreuses nuits à ne pas dormir tant j’étais excité par les jeunes: leur beauté, leur intelligence, leur spontanéité.  Je les adorais et je n’arrivais jamais à en faire assez pour avoir l’impression d’avoir fait mon travail.  Le travail comme tel m’importait peu ; je les adorais et j’aurais donné ma vie pour qu’ils réussissent.  Je me sentais responsable de leur apprentissage.  De l’amour de la beauté des corps, j’étais passé à la contemplation de leur développement intellectuel.           

Ce fut des années de masturbations solitaires pour ne pas succomber à leurs charmes.  J’ai été très surpris quand j’ai commencé à enseigner d’entendre autant de vieux profs gémir sur leur sort et vouloir compléter leur maîtrise le plus vite possible pour entrer au Ministère de l’Éducation parce qu’ils ne pouvaient plus endurer la turbulence d’un enfant. 

Je me suis promis que le jour où je n’aimerais plus les jeunes – et c’est possible : en vieillissant, on a plus autant de patience – je laisserais mon emploi.      

Marc a d’abord enseigné dans des écoles privées à Montréal où il était très apprécié.  Il se servait de ses connaissances dans la jonglerie pour organiser des spectacles.  Il était parfait.  Puis, il est parti pour l’Éthiopie où il enseigna à un groupe de jeunes juifs qu’on décida un jour d’amener en Israël, ce qui le blessa énormément parce qu’il s’était attaché à eux.            

Il retourna en Éthiopie et décida de créer un cirque pour les jeunes de la rue.  En échange, de participer au cirque, les jeunes étaient nourris et devaient aller à l’école. Comment ne pas trouver ça magnifique?  Même s’il aurait eu des relations sexuelles avec certains, tant qu’ils étaient d’accord, c’était merveilleux : au moins ils mangeaient, ils avaient un endroit pour rester, ils étaient aimés.  Pour se scandaliser de cette situation, il faut vraiment n’avoir jamais eu faim.  Une morale de bourgeois incapables d’obliger les gouvernements d’aider les plus démunis.           

Quelques années plus tard, à la suite d’une lettre anonyme, Marc fut accusé d’avoir pris part à des rencontres sexuelles avec des jeunes   Y paraît que la lettre venait du Québec. 

Moi, quand j’avais eu mon procès, le père de Mathieu (le jeune qui m’accusait) m’avait demandé qui était Marc parce que la police avait ramassé chez-moi 52 photos de jeunes.   Aucun n’était sans vêtement ou dans une posture sexuelle.  Une très grande partie appartenait à Rouhed.  C’étaient des membres de ma famille ou des amis et parmi celles-ci, il y en avait une de Marc.  Je n’aurais jamais pensé que le père de Mathieu agissait pour la police.

Je ne voulais pas mêler Marc à mes affaires, d’autant plus que tout le monde paniquait avec l’affaire Dutroux.   Aussi, avais-je dit en mentant qu’il était en Amérique du Sud plutôt qu’en Éthiopie.  

Marc, avant de se suicider, écrivit sur internet que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que son suicide soit considéré comme un meurtre. 

Sur le coup, j’ai vraiment eu peur qu’il se soit tué parce qu’on l’avait vu sur une photo chez-moi,  mais, sa mère me fit parvenir une copie des communications de Marc juste avant sa mort. 

Quel choc ce fut quand j’appris qu’il était mort en Amérique du Sud alors que je ne savais même pas qu’il était parti d’Éthiopie ; d’autant plus, que quelques mois auparavant Radio-Canada avait fait une émission sur ses cirques. 

Marc se serait tué pour ne pas compromettre son œuvre et s’assurer qu’elle se poursuive.  La chasteté est-elle plus importante que la vie? C’est une forme de débilité qu’on a inventé pour créer l’exclusivité de  la monogamie.

Personnellement, à mon avis, un Québec qui vit dans les noirceurs idéologiques de mon enfance et le viol de conscience entretenu autour de la sexualité n’est pas mieux qu’un Canada constipé par la religion.  Je ne veux rien savoir ni de l’un ; ni de l’autre.  

Au Québec, je constate que la sexualité demeure la pire prison émotive et mentale de notre peuple
. Je ne serai pas complice de ce refus d’évoluer.   Le péché de la chair, ça n’existe pas. Tout ce qui est condamnable est la violence et le non consentement. Je pense que nos députés ont accepté de remplacer l’indépendance du Québec par la dictature féminoune.

Je suis conscient de n’avoir aucun pouvoir et ça ne me dérange plus.  Je me suis déjà assez battu inutilement dans la vie pour changer les choses.  Maintenant, je m’occupe seulement de ma petite personne. 

Shuhed,  mon autre fils adoptif, si on peut dire, vit en Ontario. J’arrive de là, car il est entre la vie et la mort, dans un coma.    Qu’Allah décide s’il est préférable pour lui de vivre ou d’aller le trouver. 

Shuhed  et Rouhed seront toujours ce que Dieu m’a donné de plus beau et de plus fantastique dans ma vie.

Radioactif 347

avril 16, 2022

Radioactif 347

Texte de 2008

L’expérience

Je ne peux pas dire que mon expérience comme journaliste m’a aidé à avoir une belle opinion de notre société.  En dix ans, tout ce que j’ai vu,  ce sont des riches qui essaient de manger les pauvres ; des institutions qui inventent des règles pour saper davantage les portefeuilles des gens qui ont déjà de la difficulté à survivre. 

La vie au Québec est certes une des meilleures sur terre ; mais pour que ça continue comme ça, il faut faire les efforts nécessaires.  Il faut un peu de vigilance. 

On voit venir un manque de main-d’œuvre depuis des années : qu’est-ce qu’on fait de particulier pour se préparer et affronter avec succès ce problème ?  Où sont les écoles de métiers ?  Que fait-on contre le décrochage ?  Ne voit-on pas un lien assez direct avec la consommation de drogues et le décrochage ? 

Malheureusement, on n’essaie pas de trouver un moyen de faire face à cette réalité.  On manque de places dans les urgences et pourtant on trouve moyen de faire de la petite politique sur le dos des malades. 

On a nationalisé l’électricité pour que les gens les plus démunis puissent en profiter, mais on nous fait subir des augmentations à toutes les années sous prétexte qu’on paye moins cher que les autres (je l’espère, on a construit ce réseau avec nos taxes).   On dirait que tout ce qui a été fait collectivement pour améliorer notre sort est devenu un simple moyen pour le gouvernement de s’en mettre encore plus dans les poches.   

Je résume ce changement dans Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous :

« Je suis sorti pour les vrais raisons, c’est-à-dire politiques plutôt que disciplinaires, comme l’aurait voulu La Truie Brune ». 

En effet, les boss se spécialisaient à me faire enrager pour monter contre moi un dossier disciplinaire qui aurait justifié le renvoi que les politiciens exigeaient tout en y cachant l’aspect politique.  Cependant, M. Dubé, président de la Tribune, prétend toujours qu’il n’y a jamais eu de pression politique pour me faire perdre mon emploi. Il n’est pas particulièrement bien placé pour dire le contraire.

La jouissance.       

Depuis que je suis jeune, la jouissance est l’une de mes raisons principales de vivre. 

J’ai retrouvé dans Il était une fois les Cantons de l’est le passage suivant : « Tous les moyens sont pris pour nous faire accepter la vie absurde dans laquelle nous vivons, en faisant croire que nous n’avons pas d’autres alternatives.  Au Brésil, des milliers d’indiens ont été tués, au cours des dernières années, grâce à la compagnie Brascan dans laquelle on retrouve les Jésuites et notre ministre des Affaires extérieures du Canada, Mitchell Sharp.  La Brascan, cette même compagnie responsable de la guerre des poulets et des œufs, celle qui a fait faire banqueroute à bien des cultivateurs du Québec, celle de la bonne bière 50 que nos gens de gauche oublient de boycotter. 

Les grands de ce monde ont été capables d’inventer des religions, le capitalisme et le communisme. Ils ont été capables de faire mourir des millions de gens en 1914,1939, au Biafra, en Asie, un peu partout, pour dominer les gens. 

Après ces supposées guerres idéologiques, bien organisées et bien orchestrées, la répression sera étendue à l’échelle internationale pour en venir à avoir qu’un seul gouvernement.  Tu te crisses pas mal de cette société qui a besoin de sang pour se maintenir.  Pendant que dans l’Estrie, nous ne trouvons pas le 1.5 milliard nécessaire pour permettre aux gens de bien vivre, chaque année, les penseurs doivent s’organiser pour dépenser inutilement en guerre chaude ou froide $219 milliards.  Et pendant ce temps, la grande majorité continue de croire dans ce monde artificiel.  Chacun accepte de sacrifier son état d’Homme, sa Liberté, en échange d’un petit peu de gloire, d’une automobile ou d’une autoneige.  Nous préférons tuer à fumer du pot.  Nous préférons les guerres à se poigner le cul, et, chercher tous ensemble à changer l’existence actuelle.

Aujourd’hui, j’ajouterais que nos féministes bourgeoises réactionnaires (les féminounes) arrivent à monopoliser les efforts et l’argent de tous les systèmes de police de la planète pour retrouver un pédophile.  Elles semblent ignorer que ces gouvernements qui les appuient laissent des centaines de milliers de jeunes enfants s’enrôler dans des armées d’assassins.  Hey !  Allumez les féminounes!  Ici même, dans notre beau Canada, la pauvreté chez les jeunes est telle qu’elle met l’avenir du pays en danger… Ce n’est pas pire que de jouir en se faisant faire une pipe ou une petite vite ?

Quand j’ai promis de faire de l’Estrie le centre de la culture du pot en Amérique, c’était comme tous les Rhinocéros, une farce ; mais elle voulait tout dire. On l’aurait vite eu notre 1.5 milliard nécessaire pour relancer l’industrie, si je réalisais cette promesse.  Je n’ai jamais fait une farce aussi logique.


Jouir au bout.        

Il y a pas qu’une façon de voir la jouissance : certains la trouve dans leur pantalon, alors que d’autres la trouve dans le sacrifice. 

C’est intéressant de noter que Bouddha quand il a quitté son palais avait connu toutes les formes de jouissance possibles, sauf peut-être se faire sucer (manger, comme on dit dans le milieu) par un homme ou un petit gars, car l’homosexualité, à cette époque et selon ces cultures, n’était pas tellement bien vue, encore moins la sodomie.  Disons que ça se vivait éternellement plutôt en cachette. L’illumination devait se réaliser autrement.

Bouddha pouvait tout s’offrir, son père lui aurait tout permis pour le garder sous son toit ; mais le Magnifique a voulu connaître la misère de son peuple et la partager.  On oublie facilement que Bouddha s’est rendu au plus profond de la douleur après avoir été au plus profond de la jouissance, avant de découvrir l’illumination.  À remarquer que je ne suis pas un spécialiste des religions, mais c’est ainsi que j’ai senti que ça pouvait s’être passé

Il n’y a pas que les drogues qui créent des hallucinations, il y a aussi la souffrance Si tu te fais trop taper sur la tête, t’as toutes les chances de devenir assez sénile pour discuter directement avec Dieu.  Trop de sacrifices rend fou autant que le meilleur des opiums.  Il crée autant d’hallucinations.  Pas étonnant que l’on ait des apocalypses. 

D’autre part, j’ai appris que la jouissance la plus absolue, quand même que j’aurais atteint tous les points G du monde, est éphémère. 

Je me souviens qu’à une époque où j’étais plus curieux, j’aimais partager le «spanish fly» pour aller au fond de ce que l’on pouvait ressentir.  Une expérience que j’ai partagé avec un jeune qui m’avait élu comme partenaire idéal parce qu’il prétendait que j’avais des lèvres de  pieuvre et un battement de tempo égyptien dans l’action , sachant marier le rythme le plus soutenu à celui du plus rapide, comme me l’avait montré un ami. 

J’ai même essayé ce procédé dans une scène d’orgie sur le mont Royal.  Une dizaine de gars qui te tâte ou te suce le moindre pouce de chair.  J’ai dû en conclure que le plaisir ne conduit pas au bonheur parce qu’il s’éteint dès que tu as atteint ses sommets.  La vraie jouissance ne se trouve ni dans le sadisme ni dans le masochisme. Elle est trop éphémère, même si j’aurais atteint le top des tops ; ça ne dure pas.   

La vraie jouissance est permanente, elle ne peut pas être une fin atteinte en soi, elle doit transcender notre capacité à ressentir les choses physiquement.   Donc, elle doit se vivre à un niveau supérieur.  Ce n’est pas un simple jeu sexuel, c’est une communication spirituelle, atteindre l’orgasme, c’est atteindre la fascination, l’osmose, la même longueur d’onde. 

Y a-t-il plus grand plaisir que de dévorer l’absolue jouissance des yeux éclatés d’un garçon sous le choc d’une première éjaculation?  Mais, ça dure très peu de temps et ce n’est pas tout le monde qui y est intéressé .


La filière féminoune.        

Le lien entre les féminounes (surtout dans les médias) pour faire la chasse aux pédophiles-pédérastes à travers le monde et les moyens employés par la pègre pour se débarrasser de quelqu’un qui ne leur plaît pas en prison est très alarmant.  On dirait que le courant passe bien entre ces deux formes de vengeance.

Évidemment, en prison, il y a la possibilité de la raclée ; mais ça peut paraître trop ; alors on utilise habituellement le harcèlement.  Il s’agit d’écœurer quotidiennement un individu pour le pousser au suicide.  Cette méthode peut s’exercer autant dans la société qu’en prison. Pour y parvenir, il faut un système de fichage pour empêcher l’individu de pouvoir travailler et même faire du bénévolat.  On appelle ça un dossier judiciaire. C’est un outil qui est entre les mains de la police qui s’en sert abondamment.    L’esprit, dans cette façon d’agir, est de les isoler, de les faire paniquer et ultimement de les pousser au suicide puisque qu’elles ne peuvent pas les tuer. 

 C’est ce qui ait arrivé avec mon ami Marc Lachance.  On l’a menacé et fait chanter jusqu’à ce qu’il se pende.  On l’a poursuivi jusqu’en Amérique du Sud.  On aurait bien aimé que ça arrive aussi dans mon cas, mais je ne suis pas pédophile et je ne me sens pas coupable d’être pédérasteJe préfère semer la jouissance plutôt que la virginité sacrificielle des religions.

Ce n’est pas pour rien qu’on veut avoir accès à ce que l’on nomme la liste des prédateurs sexuels et que l’on veut que cette chasse soit internationale. Cette branche de la mafia d’extrême droite fera le travail sale que la police ne peut pas accomplir.  Leur fascisme peut se vivre avec la bénédiction de la société entière d’où la nécessité d’éliminer la différence entre la pédérastie et la pédophilie.  Ainsi, le système de répression peut frapper peu importe l’âge des personnes concernées, que ce soit violent ou non violent ; consentant ou non. 

Souvent les crimes que l’on reproche sont minimes, mais en les classant comme le « crime d’un prédateur sexuel», ça leur confère une portée comme si c’était un grand danger qui existe incognito prêt à frapper toujours et partout. 

Cette peur, cette hystérie, permet de maintenir une paranoïa collective, particulièrement chez les femmes.       
 
Quoique inacceptable, selon nos lois archaïques, la masturbation mutuelle, par exemple, apparaît comme plus dommageable qu’une guerre. On est tellement obsédé que l’on prétend même que le voyeurisme est un crime grave, sans faire aucune nuance sur la façon que ça se passe.  Plusieurs de ces crimes ne sont d’ailleurs pas dénoncés parce que les gens qui les subissent sont consentants et y découvrent beaucoup de plaisir. 

Quand t’as eu bien du fun, on a beau te dire qu’un attouchement sexuel, c’est pire qu’un meurtre, tu sais qu’au contraire, c’est très agréable. 

Tout y passe aux yeux de cette gestapo-religio-féminounes, du voyeurisme à la sodomie, car, elles rêvent d’éliminer les pénis, symbole de la masculinité.  Les féminounes sont homophobes et ne rêvent que de castration. 

Le réseau de chasse-aux-sorcières est déjà très bien implanté et reçoit la même bénédiction sociale que les assassins dans les parcs de Montréal bénéficiaient quand ils frappaient ou tuaient un homosexuel, il y a à peine quelques années. 
 
Elles veulent mettre les photos sur les poteaux, mais refusent qu’on en parle publiquement (mes textes sont cachés, bannis, on m’a même éliminé des listes d’écrivains ou d’auteurs).  On a peur que j’en propage le goût.  Tout pour me faire disparaître est entrepris.  Je ne dois pas exister parce que je dénonce leur psychose.  Elles me prêtent toutes sortes d’intentions.  Ce qui serait normalement perçu comme de la générosité devient dans leur langage de la manipulation.
  
Elles interdisent ainsi aux jeunes de bénéficier des droits qu’elles revendiquent pour elles :« Ton corps n’appartient qu’à toi seul, tu en es le maître absolu».   Leur droit à vie privée existe aussi, même si ils ne sont pas majeurs.  On retire aux jeunes le droit de jouir de leur corps et de leur vie privée. 

Ces mouvements de droite sont liés aux religions.   LA DICTATURE FÉMINOUNE EST EN PLEIN ESSOR ; mais elle cache une dictature millénaire, celle des religions qui s’attaquent à la sexualité pour créer des pécheurs payants et obéissants.  Les religions se cherchent une nouvelle voie pour protéger leur commerce.  Le sexe est une arme extraordinaire pour attaquer la religion catholique à travers la pédophilie, ça aide ensuite au recrutement des autres religions.

Puisqu’en dedans, la pègre obéit au chantage des féminounes, en servant de bras, peut-on y voir un lien direct entre le féminisme antisexuel et la pègre ?          

Permettre la prostitution individuelle, sans violence, c’est mettre en danger la pègre qui a la mainmise sur les femmes et qui est protégée par une prescription de deux ans, ce dont aucun « prédateur sexuel » ne peut bénéficier, même s’il est non violent.  Les vieux curés sont actuellement condamnés à aller se faire tuer en prison pour faire plaisir aux féminounes qui rêvent de porter la soutane.       

On préfère les voir mourir à tolérer l’idée qu’une pipe, c’est agréable.  Un vieux ne peut plus être un danger, car souvent il ne bande plus et, à part la sodomie, le reste est un plaisir. Ceux qui prétendent le contraire sont gravement malades ou des menteurs inconscients.           

Radioactif 346

avril 15, 2022

Radioactif 346

Texte de 2008

Antoine Naaman.  

Même le français était un acquis pour sauver la région.  Réjean Beaudoin nous enseignait comment s’en servir pour améliorer le tourisme dans les Vaucouleurs. (Estrie) 

Ainsi, Frédéric avait décidé de peinturer la plus haute cheminée au monde, à Scotstown.  À Sherbrooke, avec Antoine Naaman, on rêvait de créer un immense pavillon littéraire de la francophonie mondiale et de faire de Sherbrooke, le centre mondial de la francophonie.  Il suffisait  d’un petit « oui » du gouvernement pour le réaliser, mais tout ce que je touchais devenait automatiquement pour les libéraux, le mal qu’il ne fallait pas endosser.

Tout au long de mes dernières années à la Tribune, je me suis rongé les méninges pour trouver des moyens de combattre la pauvreté et de créer des emplois. 

Quant aux autorités locales, une brigade d’amorphes, ils ont toujours mis les bâtons dans les roues dès qu’on inventait un projet.  C’est vrai que j’étais presque toujours derrière les projets pour aider l’Estrie à se relever.  Mais, personne ne le savait et ça n’avait pas d’importance, sauf, que ça me rendait d’autant plus vulnérable. 

Même si j’avais eu du pouvoir, il aurait suffi au gouvernement de laisser filtrer que je suis pédéraste pour que tout soit considéré avec dédain.  La partisannerie politique l’emportait sur tout.  De quoi nourrir le scepticisme adéquiste pour des centaines d’années et leur donner raison de chanter qu’il ne faut pas se mouiller

Il ne suffit pas d’avoir une grande gueule pour changer les choses.  Je l’ai appris à mes dépens.  Je n’ai rien changé, même si j’y ai tout laissé.  Ça me tenterait de dire en riant qu’une belle langue, ça fait drôlement mieux l’affaire quand on s’en sert pour jouir et faire jouir. 

Ma démission.       

J’étais devenu un peu fou, après un an de harcèlement pour me forcer à prendre la porte.  J’étais protégé par un syndicat très fort, même si on trouvait que j’en mettais trop. 

J’avais trouvé comme moyen d’envoyer promener mon patron, d’écrire mes assignations quotidiennes, comme s’il s’agissait de messages indiens.  » Au grand chef de la Torture, Petit Paquet se rendra à Richmond, à l’heure où le soleil se rince l’oeil, etc. « . On pouvait difficilement me mettre à la porte pour si peu. 

Puis, la fin s’est présentée : un petit cadeau d’East Angus.  J’ai découvert les preuves irréfutables d’un cas de patronage libéral.  Les patrons ne voulaient rien publier.  Je leur ai donné une semaine pour le faire, sinon, je ne travaillais plus pour eux. 

Le journal n’a eu qu’à ne pas me prendre au sérieux et je me suis ramassé en chômage puisque j’ai tenu parole. J’étais encore une fois sans le sou, sans travail et l’assurance-chômage refusait de me verser mon dû, sous prétexte que je n’avais pas été congédié, mais que j’avais démissionné. 

J’ai amené la cause en révision et le comité de juges a reconnu que c’était effectivement pour moi une question d’honnêteté.  Entre temps, le frère du député libéral de Stanstead s’est présenté chez mes parents pour leur demander comment ils se sentaient d’avoir un fils avec les mains tachées du sang de Pierre Laporte.  J’étais écœuré, car en aucun temps, je ne fus mêlé à cet événement.  Mais, on avait réussi à me faire passer pour un felquiste radical, dangereux et actif. 

Ça m’enflait la tête en même temps, car je ne me trouvais pas assez brave pour me mériter ce titre.  Très peu de personne savait que je n’étais pas fier de la fin des événements d’octobre puisque la vie vaut plus que n’importe quelle cause.  Je demeurais fondamentalement un peace and love, grâce à ma pédérastie. 

La vie était belle, malgré la politique.  J’attachais d’ailleurs plus d’importance à ce que j’écrivais qu’à tout ce qui se passait.  Je voulais déjà devenir un écrivain.  Et, des livres, j’en écrivais à la tonne.  Je pensais d’ailleurs reprendre ce métier avec ma retraite.  Je n’avais pas prévu que je serais assez écœuré pour songer à tout laisser tomber.  Mon vase déborde d’amertume.  Le monde d’aujourd’hui est encore plus sale que celui que je dénonçais il y a 40 ans.

Le français. 

Avec ce qui se passe à l’Office de la langue française et au Conseil supérieur de la langue ; il n’y a plus qu’une solution : des élections au Québec sur l’état du français. 

Mario Dumont doit démontrer que l’intérêt du Québec passe avant l’intérêt du parti et qu’il n’est pas que le «faire-valoir» de Jean Charest.  Eh oui ! Deux élections et j’espère deux nettoyages à fond.         

Le journalisme.     

Les gens disent que les journalistes sont des menteurs.  Pour avoir exercé ce métier durant plus de 10 ans, je m’inscris en faux quant à cette réputation.  C’est vrai qu’il arrive que les détails fournis dans un texte soient faux.  On oublie que ce n’est pas celui qui écrit qui est menteur, mais celui dont il rapporte les propos. 

En principe, un bon journaliste transmettra avec exactitude les informations qui lui sont fournies ; mais il ne peut pas toujours savoir s’il s’est fait emplir.  C’est vrai qu’il doit normalement contrôler la véracité de ses informations avant d’écrire ; mais on lui pousse dans le dos pour produire le plus vite possible. 

La majorité des informations sont fournies par la police, les services ambulanciers, les partis politiques et les différents mouvements sociaux ou autres qui veulent se faire connaître.  Les médias d’information n’ont pas tellement évolué.  Ils manquent souvent de profondeur.  Le journalisme d’enquête est le meilleur journalisme qui soit. 

Par contre, on pourrait se passer de l’opinion des journalistes.  Ce que l’on veut ce sont les faits, pas leurs points de vue. 

Aujourd’hui, on continue d’utiliser le     « que ressentez- vous ? » à la sortie de cour.  C’est bien évident que la personne qui s’est fait ouvrir le ventre avec un couteau, voler des centaines de dollars, dira qu’elle est heureuse de voir son agresseur en prison.  Il devrait être plus longtemps à l’ombre, dira-t-on automatiquement.  Rares sont les personnes assez chrétiennes pour dire qu’elles lui ont pardonné. 

C’est tout aussi évident, si trois jours plus tard, ce même agresseur tourne autour de sa maison et qu’il a été libéré par un juge sous prétexte qu’il est malade mental, que tu auras peur. 

Qu’est-ce que ça nous fait comprendre sur la maladie mentale?  Sur le problème de forcer quelqu’un à prendre ses médicaments et les dangers que ça représente? 

Les journaux, en agissant ainsi, maintiennent un niveau de superficialité qui nuit à l’avancement d’une prise de conscience et d’une recherche d’une vraie solution.  C’est plus facile et moins cher de se tenir en cour pour avoir de la nouvelle, mais ça donne l’impression que notre société est encore plus pourrie qu’on se l’imagine.  Ça rehausse le niveau de paranoïa. 

De plus, on s’attaque à la vie privée des gens.  On les traîne dans la boue, comme Guy Lafleur, alors que ça ne nous apporte rien et ça le détruit.  Pourquoi acceptons-nous que ce qui se passe en cour soit nos manchettes ?  Ce n’est pas vrai que les procès sont d’intérêt public.  Une nouvelle qui est d’intérêt public est celle qui est susceptible d’influencer le déroulement social de la vie. 

Ce qui se passe en cour, ça ne change rien dans ma vie, donc, je n’ai pas besoin de cette information pour bien ou mieux fonctionner. 

Quand Richard Martineau a parlé de mon livre, La pédérastie mise à nu, ce fut une catastrophe ; même s’il écrivait le contraire de ce que j’avais écrit, il ne s’est jamais rétracté.  Il n’a jamais eu le professionnalisme de citer des paragraphes qui auraient pu lui échapper et qui modifiait tout le portrait en dehors de la réputation que l’on voulait me faire.  Non, c’est mieux de détruire quelqu’un. Martineau, c’est un trou-de-cul ! 

Il est impossible de rêver que la vérité soit connue à moins de menacer qu’un avocat s’en mêle.  Est-ce normal ?       

Radioactif 345

avril 14, 2022

Radioactif 345

Texte de 2008

L’industrie des vieux.

Les subventions aux grosses compagnies, les crises économiques provoquées par le système pour aller chercher plus de subventions, le fédéral qui payent les industries pour quitter le Québec et s’installer au Canada pour maintenir la peur, les fédérastes au pouvoir et le contrôle de l’information ; j’avais toutes les bonnes raisons pour être fanatique.  Mais, aussi, toutes les raisons pour désespérer de la race humaine. 

Heureusement, en contrepartie, il y avait la pédérastie.  C’est ce qui m’a apporté le plus de bonheur dans ma vie. 

Je me souviens toujours avec plaisir les délices de ces aventures et quelle que soit la gestapo féminoune, la petite pègre légale de la moralité, on ne peut pas m’empêcher de m’en rappeler avec plaisir.  Mes partenaires aimaient ça autant que moi, c’était l’évidence même.

Depuis des années, je me contente que de ça : m’en rappeler.  C’est la seule chose qui a valu la peine d’être vécue : me sentir en amour ou être aimé. 

Que ce soit déséquilibré ou pas, obsédé ou pas, au moins ainsi, la vie méritait d’être vécue.  J’ai apporté bien du plaisir de vivre à plusieurs autour de moi. 

Aujourd’hui, il n’y a que l’argent qui compte. 

On revient, par derrière, hypocritement comme on a toujours vécu notre sexualité au Québec : aux enseignements paranoïaques des religions qui bannissent la sexualité et consacrent l’infériorité de la femme. 

Au lieu des curés, on a l’état et la télévision.  Au lieu des sermons, on a les appels féminounes à la dénonciation. Quand tu en entends certaines féministes, tu ne peux faire autrement que de recommencer à croire que les religions ont raison ; certaines sont vraiment stupides de peur. 

L’hystérie des femmes qui n’acceptent pas leur sexualité n’a pas de limite.  Les hommes ne sont pas mieux.  Elles ne peuvent pas s’occuper d’elles, elles doivent violer la vie de tous ceux qui n’ont pas leurs scrupules.  On dirait que certaines femmes adorent leur statut de victimes sexuelles potentielles, car, tout en jouant les scrupuleuses, elles s’agenouillent devant l’industrie de la femme coquette et jalouse.  Au lieu d’assumer leur féminité, elles braillent sur leur chasteté perdue.   

J’aimerais bien connaître le lien entre ces féministes, la pègre et les fédérastes américanisées. C’est une filière de la Gestapo québécoise fédéraste appuyée par les médias d’information.  Qu’importe !  Personnellement, ça ne me touche pas.  Je trouve ça moins important, très banal, par rapport au sort que l’on prépare aux vieux, sans le sou. 

 Sommes- nous à l’orée du siècle de la torture ? 

Tout est argent. Plus les vieux ont peur, plus ils seront disposés à payer plus cher pour leur sécurité.  Une roue qui tourne et les mafiosi savent que c’est une manne temporaire, donc, qu’il faut l’exploiter à fond durant que c’est payant .

Il n’y aura jamais eu autant de vieux .  L’industrie des vieux est déjà lucrative.  Il ne faut pas croire que les vieux échapperont à l’insensibilité économique.  Pour faire de l’argent, il ne faut pas avoir de coeur. 

On laisse des milliers de jeunes se ramasser sur le trottoir parce qu’on veut conserver le commerce de la drogue,  pensez-vous que ce ne sera différent pour les vieux? 

Le système se fout de leur bien-être, il veut leur argent.  Qu’arrivera-t-il à ceux et celles qui n’ont pas d’argent?  On n’essaiera pas de les maintenir en vie par amour, mais parce qu’en agissant ainsi, les gouvernements dévoreront jusqu’à leur dernier sou.  Plus ils seront malades longtemps, plus on devra les maintenir artificiellement en vie, plus ça coûtera cher et plus ça nourrira les goussets de l’industrie médicale.  C’est un sujet qu’il faudra bien aborder un jour. 

Est-il préférable d’endurer une vie malheureuse, de souffrance, plutôt que de pouvoir entreprendre le grand voyage à son rythme? 

Personnellement, si dois devenir indigent, j’espère qu’il y aura quelqu’un d’assez charitable pour me donner le moyen d’accélérer les choses.  Je n’ai pas peur de la mort, mais je ne veux pas souffrir.  Aucun acharnement thérapeutique comme le voulait maman et si possible, comme elle, mourir extrêmement vite et dignement.  

C’est là où j’en suis dans ma réflexion, mais j’ai peut-être encore de 10 à 20 bonnes années à vivre.  C’est un goût personnel : je préfère vivre.  Je ne veux pas influencer qui que ce soit ; je ne suis pas le seul à penser ainsi.  Des réflexions d’une personne qui a plus de 65 ans… Il faut en profiter au boutte, ça achève. 

Ça ne donne rien de se lamenter, on va mourir pareil. 

L’intégrité 1.           

Il était impossible pour La Tribune de me laisser continuer à vivre mon radicalisme.  On a engagé des patrons pour surveiller mes moindres gestes.  On avait tellement peur que je touche à quelque chose de politique ou que ça le devienne qu’on ne me laissa pas faire une recherche aux États-Unis sur une nouvelle taxe aux frontières américaines.  Ce n’est que quelques semaines plus tard que la direction a constaté, quand ce fut publié ailleurs, qu’on venait de laisser échapper une primeur mondiale. 

Je ne peux pas seulement blâmer la Tribune, j’étais devenu vraiment fanatique.  Je me voyais en croisade pour le Bien de la population.  Je détestais ce système qui étrangle les travailleurs, qui ne rêvent que de pouvoir et d’argent.  Abdiquer, c’était donner raison à une bande de voleurs légaux.  Je croyais même parfois que ma vie était en danger.  Tu ne la risques pas quelques fois, sans refuser ensuite de te tenir debout.  C’était à l’absolu opposé de mes valeurs qui, qu’on le veuille ou non, étaient issues de la religion catholique et de ma pédérastie. 

Loin de manipuler et exploiter les gens, cette pédérastie me rendait très généreux, elle me sensibilisait aux malheurs des autres, elle m’ouvrait l’esprit à la nécessité de combattre un système pourri. 

Oui.  Je jouais aux fesses, comme on dit aux Québec, (des petits attouchements, une petite masturbation mutuelle ou au mieux, voir à travers les yeux de celui que l’on suce, s’ouvrir le paradis, et Dieu sourire de nous voir heureux). 

Je succombais aux charmes des plus jeunes que moi, mais ils adoraient ça autant que moi et ils n’avaient pas la maladie paranoïaque de la sexualité qu’ont les plus vieux et les gens de mon âge parce qu’ils ne s’étaient pas encore fait laver le cerveau par la religion.  Pas de violence, que du plaisir !  Et, quel plaisir ! 

Je comprends que les frustrés soient jaloux.  Aussi, je me sentais piégé de toute part puisqu’on condamnait aussi mes amours.  Je ne voulais pas être un paria de la société, même si je n’en pensais pas grand bien

Pour moi, les gens, eux, étaient corrects et ça valait la peine de se battre pour eux.   Et, c’était pour eux que je me battais.  Pour améliorer leur sort.  

L’intégrité 2.           

Après coup, je me suis demandé si je n’avais pas tort.  Je ne pouvais pas être seul à avoir raison. 

D’ailleurs, dans Il était une fois les Cantons de l’Est, j’écris : «Je passe bien des entrevues chez les boss à me faire dire que si j’accepte les règles de la Truie Brune, je serai bien avec eux ou sinon balayer le plancher.   

Accepter les règles de la Truie Brune, c’est laisser un peu la Transquébécoise, taire un peu les cris contre les grosses compagnies, ficher la paix au gouvernement qui s’est embourbé dans ses promesses.  C’est arrêter de me battre pour les gens, c’est abdiquer au désir de publier la vérité. »

La Tribune ne m’a pas que donné des coups de pieds au cul, elle m’a offert de très beaux postes, mais j’ai refusé au nom de « L’INTÉGRITÉ».  Je ne sais pas ce que ça m’a apporté, sinon de changer ma vie complètement : de me forcer à partir en voyage. 

Quarante ans ou presque, après cette croisade, je me suis souvent demandé ce que ça m’a apporté d’autre que de la merde. 

La vie s’est chargée de me donner une réponse : J’ai au moins la fierté de m’être tenu de bout, à tort ou à raison, de ne pas m’être laissé acheter, même si je dois concéder que le système est plus fort que moi et tous les pauvres de la terre.  Le système est une pourriture illimitée et éternelle.  Et, je n’ai pas fini de manger de la merde, parce que je me bats encore contre lui.  Je ne suis pas son vassal.  Je me sens propre et libre. 

 J’écrivais alors en 1973 : « J’t’écœuré.  Ce n’est pas possible.  Toujours être en guerre contre son boss, le gouvernement ou les grosses compagnies, sans compter les flics qui s’en mêlent.  Remarque que ce dernier aspect n’est pas tellement important, mais emmerdant, ça nourrit la paranoïa ». 

Par ailleurs, je n’en veux absolument pas à mes patrons de cette époque. 

Nous avions une façon de voir et de sentir les choses et rien ne dit que ce n’était pas eux qui avaient raison.  Je suis même fier d’avoir eu des patrons d’aussi haut calibre.  Je me suis même permis, l’an dernier, de leur téléphoner parce que non seulement c’est fini, que je ne leur en veux pas, mais je suis très reconnaissant de ce qu’ils m’ont appris. 

En journalisme, si je n’avais pas eu Yvon Dubé, je ne comprendrais pas la nécessité de toujours avoir les deux côtés de la médaille, d’être tolérant et de respecter ce que l’on croit coûte que coûte.  Sans Pierre Paul, je n’aurais jamais autant aimé la poésie ; comme sans Antoine Naaman, je n’aurais pas su écrire.  J’ai appris.  

J’ai affreusement souffert d’avoir laissé le journalisme.  J’en ai rêvé durant des années.  Ce fut une première vie.  Je comprends maintenant qu’il n’y a rien a changé, car on y peut rien. Il faut apprendre à s’adapter à tout, à jouir de tout, surtout avec les gens qui nous entourent. 

 L’argent est le maître du monde et même de la vie, le dieu moderne, tout puissant, car, le système n’hésite pas à tuer pour avoir ses profits et ses guerres. 

Au moins, j’ai vécu, j’ai survécu jusqu’à maintenant. J’ai compris que les religions conduisent à la haine.

Radioactif 344

avril 13, 2022

Radioactif 344

Texte de 2008

(Je n’ai pas pu publier de textes durant les quelques jours précédents puisque j’ai dû me rendre à l’extérieur).

La torture de Bush.          

 Quand Dieu, Yahvé ou Allah riment avec meurtres ou tortures, c’est une preuve que le fanatisme religieux est de forme grave de maladie mentale. 

Quand un individu est prêt à tuer ou torturer un autre individu, c’est qu’il est profondément atteint.  C’est pourtant un des choix qui se présente à George W. Bush.  Il se demande si simuler une noyade (water-bording) est une torture.  Ce gars-là, comme les chefs du parti Républicain américain viennent des mouvements religieux.  Ceux qui les suivent ne sont guère plus équilibrés.  Ils ont un portefeuille ou un dieu à la place du cerveau.  Dieu serait-il l’inconscient ? 

Être religieux, c’est d’essayer d’améliorer la vie dans notre enfer terrestre et savoir reconnaître la grandeur de Dieu ou de l’Amour, s’il y en a un.  Si ce n’est pas ça, la religion n’est qu’une exploitation au même titre que les multinationales en pleine croissance.  Il suffit de faire peur aux bébés boomers avec la mort pour que se multiplient les profits, surtout dans l’immobilier (où demeurer avant de mourir) ou dans le pharmaceutique (les pilules pour prolonger la vie). 

Si c’est ainsi, les religions seraient un lavage de cerveau à partir de l’imaginaire et des hallucinations des prêtres, sous l’effet de drogues très efficaces.  La peine de mort légale ou illégale doit tout simplement être abolie partout dans le monde, comme toutes les formes de torture. 

L’avenir de l’humanité repose sur le respect des droits de la personne.  L’ONU devrait prendre position et en faire une loi planétaire.  Le chef d’un État ou le premier ministre d’un pays devrait être responsable de ce qui se passe dans son pays et pouvoir être poursuivi s’il ne prend pas les moyens pour éviter cette dépravation.  Ainsi, celui qui donne l’ordre serait aussi responsable que celui qui l’exécute.   Si on veut changer le monde, on va apprendre à s’aimer plutôt qu’à se dominer et s’exploiter mutuellement.  On va apprendre à avoir de la compassion pour les gens plus pauvres et reconnaître notre responsabilité avant que la planète se déchaîne contre les abus humains. 

En dehors de cet idéal, les religions ne sont rien.  On se préoccupe à savoir comment on saigne un animal qu’on tue pour le manger (ça crée un commerce exclusif) ; mais on est totalement insensible à la misère humaine que notre système économique génère à la grandeur de la planète. 

Les religions sont-elles autres choses que des commerces qui exploitent des interdits?  Juif (USA) ou musulman (Russie), un commerce planétaire?  Il est urgent qu’il y ait une autre voie, soit celle des droits de la personne, du respect de l’humain et de la vie

À Val- d’Or, Jean-Paul , le père de Mathieu (qui m’a accusé) était tout excité parce que mon procès se ferait entre mon influence politique (qui n’a jamais existé) et la force monétaire des Mormons (qui représentait la religion de son épouse d’avec laquelle il venait de divorcer) .  Ça m’a permis de voir comment les religions (les Mormons dirigent Hollywood en ce qui concerne la censure au cinéma) se cachent derrière des événements qu’elles ont imaginés et comment elles font exécuter leurs coups de cochon.  La mafia n’est pas la pègre ; c’est elle qui donne les contrats à la pègre, les exécutants. 

À qui vont les profits de la vente des drogues ?  Quel est le lien entre la maladie mentale, l’itinérance, qui fait irruption chez-nous et la vente des drogues fortes?  Tant qu’on parle de cul, on ne s’intéresse pas aux vrais problèmes.  Pourquoi ne veut-on pas légaliser la vente de la marijuana?  Simplement, parce que le gouvernement pourrait y exercer un contrôle comme avec le jeu, la boisson, etc.  Ainsi les mafiosi perdraient des millions de revenus.   La pègre n’est que l’organisation qui justifie la police. 

Les Démocrates sont les Américains protectionnistes, recroquevillés sur eux-mêmes, qui rêvent de se retirer de leur empire alors que les Républicains sont les guerriers qui croient être assez puissants pour dominer seuls la planète entière.  Si les Américains voulaient garder leur pouvoir, ils modifieraient leurs politiques extérieures et viendraient au secours des peuples plutôt que d’en être les exploiteurs. 

S’ils avaient voulu gagner la guerre au Vietnam, au lieu d’envoyer l’armée, ils auraient prévenu le coup en aidant le peuple, en lui offrant une meilleure vie.  Au lieu de crever de faim, ils auraient découvert un ami et un système qui leur aurait permis de mieux vivre.  Le communisme et le capitalisme sont un même système économique ; basé sur la guerre. 

Ce système ne peut survivre sans affronter l’autre.  Si l’on crée des amis au lieu des ennemis, le commerce et l’échange deviennent possible.  C’est ça changer le monde.  Il ne faut pas que les individus pensent ainsi, car l’exploitation devient impossible ou du moins très limitée.           


Les « crosses» fédérales.          

J’ai oublié de parler d’une révélation importante quand j’ai rencontré feu Pierre Laporte. 

M. Laporte prétendait quand il était dans une réunion publique et y faisait un discours que la violence était une des causes de la fuite des capitaux et des industries du Québec. 

Par contre, quand il était chez les libéraux, il disait que ça n’avait pas grande importance et qu’il n’avait pas peur du FLQ parce que ce n’était qu’un petit groupe de voyous. 

Je lui ai demandé pourquoi il mentait ainsi et il m’avait dit que pour être compris des Québécois, il faut parler en se servant de caricatures afin d’amplifier les faits. 

Il venait de perdre son auréole.  Mon père l’aimait bien ainsi que M. Lapalme.  Donc, j’en avais toujours entendu parler positivement et je le respectais. Cela n’aurait pas été aussi important, si je n’avais pas appris plusieurs années plus tard ce que ça signifiait. 

À une élection fédérale, un des amis de mon plus jeune frère, Maurice, se présentait comme candidat conservateur dans Sherbrooke.  Il était de l’équipe de Joe Clark, premier ministre.  Même si j’avais été candidat rhinocéros, celui-ci me demanda d’être son attaché de presse.  Ce que j’ai accepté et que les journaux ont rapporté avec plaisir, se demandant ce qu’un rhinocéros faisait avec un conservateur. 

J’avais accepté à la condition qu’il se prononce clairement pour le droit du Québec à son autodétermination, donc, pour le OUI au référendum qui s’en venait. 

Pendant ce mandat, je me suis servi de mon titre pour vérifier une information que j’avais eu à l’effet que le gouvernement fédéral subventionnait les industries du Québec qui voulaient nous quitter pour s’installer ailleurs au Canada, spécialement en Ontario.  On se rappelle du cas de la Sun Life et de Cadbury (je poursuis toujours mon boycotte de ce chocolat).  Or, j’ai appelé au bureau de M. Clark pour savoir si ces subventions fédérales pour détruire l’économie du Québec étaient importantes, fréquentes ou accidentelles. 

Le bureau du premier ministre Clark a alors refusé de me donner les statistiques, mais la raison invoquée en disait très long : c’était tellement courant que si les Québécois apprenaient la vérité, on risquait de provoquer une révolution.  C’est drôle comme ça ressemble à ce qui se passe aujourd’hui. 

 Je trouve ça pas mal plus grave et important que d’apprendre qu’un certain monsieur a masturbé son petit copain, qui était d’accord, qui a bien aimé ça, mais qui n’avait pas l’âge permis par la morale bourgeoise pour jouir de la vie.

La gravité des faits n’est pas la même pour tout le monde…  Pourtant, les gens vont croire que la masturbation c’est bien pire que l’hypocrisie, le vol, le mensonge et de provoquer des suicides.  Une folie due à l’ignorance, grâce à l’éducation religieuse .


Les riches du bien-être.  

Le système, c’est comme un serpent qui se mange la queue, plus il a la queue dodue, plus il chantonne.  Les athlètes se bourrent de drogues de toutes sortes pour se gonfler les muscles (les vieux prennent du viagra), le système, lui, a besoin de crises pour se régénérer. 

À certains niveaux, les crises économiques sont utiles à tous les ans, d’autres plus payantes ne peuvent pas se produire qu’à quarante ans d’intervalle, c’est-à-dire le temps voulu pour que personne ne se rappelle de la crise précédente et du montant injecté pour y mettre fin. 

Au Québec, les industries qui reçoivent le plus de bien-être social sont les secteurs mous.  Ce sont des usines de textile qui habituellement exploitent les femmes.  Petits salaires. Aucune sécurité d’emploi, etc. Pas de vrais syndicats surtout.  Quand on veut des subventions, on se met à crier contre l’Asie ou les pays pauvres qui concurrencent leur pauvreté. 

Puis, il y a les secteurs forestiers ou même miniers.  Des domaines où ceux qui ferment n’ont pas eu l’intelligence de s’assurer que la richesse ne serait pas épuisée en quelques années.  On a aussi des domaines où on n’a pas été assez prévoyants pour multiplier ses marchés.  Ils ont tout mis dans le même panier.  Une crise, c’est payant.  

Au nom des emplois perdus, les gouvernements subventionnent ces pauvres entreprises pour qu’elles continuent d’exploiter les moins bien nantis.  Un petit peu, ça vaut mieux que rien du tout ou l’équivalent du bien-être social. 

J’ai dû y vivre quelques mois dans ma vie sur 65 ans ; je ne pouvais pas faire autrement, sous prétexte d’avoir touché un petit zizi (ça complètement dévasté l’Amérique), je suis passé de 55,000$ par année à un pourcentage sur la vente d’un gilet à 29.75$; mais j’aurais dû continuer d’être aussi riche, selon le gouvernement. 

L’aide qu’on m’a apporté n’est rien à côté des centaines de millions qu’on a investi dans des sociétés qui ont ensuite fermé leurs portes. 

Quand je travaillais avec les cultivateurs, j’ai appris que ce sont dans ce cas les usines de transformation qui haussent les prix (valeur ajoutée) et se font de l’argent. 

Par contre, dans le domaine industriel, les usines de transformation permettent de combattre le chômage.  Plus il y en a, plus il y a possibilité de stabilité économique.  Mais, le problème fondamental du Québec on ne sait pas le sens du mot « prévoir ».

Au lieu de créer des politiques qui auraient assuré notre indépendance alimentaire (comme le voulait le ministre péquiste Garon), on a tout vendu. Quelques patrons s’en sont mis pleins les poches et nous sommes devenus tributaires d’autres pays pour survivre.  Qu’adviendrait-il dans le cas d’un blocus alimentaire pour nous forcer à changer d’idée si les Québécois venaient qu’à se réveiller et voteraient pour créer enfin un pays ? 

Mme Marois a parfaitement raison : avant de revivre un référendum, il faut poser des gestes concrets qui assurent d’avoir les reins assez forts.  Il faut par exemple avoir une loi qui garantisse à tous les aînés de continuer à recevoir pleinement leur pension de vieillesse, malgré le résultat du référendum.  Tout le monde sait que ce serait ainsi d’une manière ou d’une autre ; mais ajouter une loi qui rassure les aînés, ça ne coûte rien et ça tue dans l’œuf les peurs que les fédérastes ont toujours fait circuler. 

Pour le moment, il faut reprendre le pouvoir, une élection sur notre identité française : voulez-vous que le Québec soit français ?  C’est une urgence nationale au Québec. 

Charest élimine tout ce qui pourrait nous protéger de l’irrespect d’Ottawa.  Les nationalistes ont peu de temps pour prouver qu’ils n’ont pas su profiter du nationalisme pour s’enrichir, mais la peur des Québécois a toujours empêché les choses de se réaliser comme elles se devaient. 

On n’appuie pas sur les freins en même temps que sur l’accélérateur, à moins d’être débile.  

Radioactif 343

avril 8, 2022

Radioactif 343

Texte de 2008

Le français au Québec.   

Ceux qui pensaient que Jean Charest mérite d’être le premier ministre du Québec ont certainement changé d’idée ce matin.  Ce diable, tombé d’Ottawa de l’arbre pourri conservateur, a déclaré qu’il ne modifiera pas la loi 101 pour lui donner plus de rigueur.  Quel salaud ! Il se fiche complètement de la survivance du français au Québec.

Il sait que la Cour Suprême, dans sa dictature, a aboli presque tous les articles qui nous permettaient d’assurer le développement du français chez-nous. Cette impudence mérite que le gouvernement soit renversé et que les prochaines élections au Québec posent une seule question : Voulez-vous que le Québec soit français? 

Pire, on apprend que l’Office de la langue française n’a plus que quatre inspecteurs pour tout le Québec.  On se rappelle les lamentations des anglophones contre la police de la langue   (qui a été remplacée par la police des cigarettes). 

Se fier à Charest pour franciser le Québec, c’est de la bêtise à son état pur.  En attendant des élections, il faudrait réapprendre à descendre dans la rue.   


Mea culpa.  

Parlant de français, j’ai d’une certaine manière un mea culpa à faire à ce niveau.  En effet, quand j’ai écrit Il Était une fois les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous, nous étions en pleine guerre d’identité : le joual vs le français international.  On s’en servait d’ailleurs pour couper toute connexion entre les francophones de l’Ouest et les Québécois.  En dehors du Québec, on ne voyait que Paris, ignorant totalement la révolution qui bouillait chez-nous.  À cette époque, j’ai pris la défense du joual parlé et j’ai même voulu manifester ce choix en multipliant les fautes de français volontaires dans mon livre. 

Quarante ans plus tard, je reconnais que de joncher un texte de fautes pour faire valoir son point de vue fut une erreur. 

Si le joual est acceptable en français parlé (la diction n’est qu’une forme de bourgeoisie), il en va tout autrement du français écrit.  Contrairement à ce que je croyais alors, je pense que si nous aimons le français nous nous efforcerons d’avoir une écriture de qualité. 

Je n’ai pas prôné que des bonnes choses dans ma vie.  Je me suis parfois trompé.  Par exemple, je me suis opposé au port de la ceinture de sécurité au nom de la liberté.  Une erreur.  Mais, une amie de notre famille venait de mourir à Baldwin Mills dans un accident. Elle était restée prise dans sa ceinture.  Ça explique mon point de vue d’alors. 

Sans être nécessairement bourgeois, le français international nous permet de communiquer avec le reste du monde, c’est une rigueur nécessaire.  Mon erreur n’est pas pire qu’introduire de l’anglais dans le français, mais ça demeure une erreur… 


La manipulation de masse.       

Les deux principaux moyens employés pour manipuler les masses sont les religions et les médias. 

Sans l’ignorance de la masse, il est impossible pour le système de faire croire dans tout ce qu’il veut.  La manipulation de l’information, c’est un sujet très connu comme la propagande. 

Au Québec, cette manipulation est d’autant plus facile qu’il y a concentration des médias aux mains de deux ou trois propriétaires importants, tous fédérastes. 

Parmi les tactiques employées, on supprime de l’information, on choisit les opinions propagées, on coupe des textes, on les retarde, on leur accorde une importance secondaire ou on en fait des manchettes, on donne une figure sympathique ou non. 

C’est ce que La flaque fait tous les dimanches en nous présentant un Jean Charest, petit, baveux, mais sympathique alors que Mme Marois est une espèce de bourgeoise incapable de parler anglais comme si au Québec, un chef d’état français doit être bilingue.  Remarquez que La flaque est quand même une de mes émissions favorites.  Je sais encore rire d’une caricature…

Un autre exemple de manipulation est du côté de Québecor où on passe rarement une période d’actualité sans essayer de déterrer une histoire de crime sexuel.  En insistant sur la vie privée des gens, ce qui se passe en cour, on revit l’histoire des Lavigueur.  Répéter à satiété que le sexe est sale et pervers pour qu’on ne l’oublie pas. Cependant, consciemment ou non, on propage l’idée que la sexualité, c’est la perversité.  On maintient inconsciemment un enseignement religieux, pour ne pas dire un viol de conscience qui nous a écrasés comme société pendant des siècles.  On nous rebaigne dans l’atmosphère de la peur du sexe et du mauvais étranger.  On entretient un régime de peur. Un toucher est un crime.  Une caresse ça fait mal en maudit.   

Puisqu’on se tourne de plus en plus vers l’autorité pour maintenir notre sécurité, on accepte ainsi de sacrifier la tolérance et les droits individuels particulièrement des jeunes pour la sécurité.  Petit à petit, nous perdons jusqu’à notre âme comme société.  

Il ne nous reste que la langue et, avec Jean Charest, elle disparaîtra bientôt comme la religion, sous prétexte des besoins économiques et le refus d’exiger que les nouveaux arrivants parlent français ou aient un certain temps pour l’apprendre.  C’est une question de survie.  Tout comme la bonne entente tient de la nécessité d’accepter que la religion ça se vit dans sa maison ou dans un temple point à la ligne. 

Le fanatisme religieux est d’abord sexuel.  On retrouve l’obsession de la sexualisation des cheveux.

Cependant, personne ne peut empêcher les gens de vivre leur religion à l’intérieur de cette contrainte.  Vivre et laisser vivre, sans violence, c’est le défi. On se servira de l’économie pour nous mettre à genoux.. On dit déjà que le Québec sera privé de pétrole dans quelques années. On sait ce que ça veut dire.  Les pétrolières dirigent le monde sans pitié …. Avec les guerres, s’il le faut. 

Aurons-nous appris à pouvoir s’en passer ?  Ça urge … Qu’est-ce qu’on attend pour protéger notre eau?  L’eau comme nos forêts que l’on disait  inépuisables. 

Radioactif 342

avril 7, 2022

Radioactif  342

Texte 2008

Le piège fédéraste…        

Stephen Harper a dû reculer parce que son intransigeance l’a amené à penser que les gens sont de purs caves. Il ne pensait pas que les gens comprendraient que pour les conservateurs, l’intérêt du parti passe avant celui de la population.  Un milliard, c’est insuffisant pour régler une crise cyclique, organisée par la finance mondiale.

Dans l’état actuel, voter Harper ou Dion, c’est voter pour que nos soldats continuent d’aller se faire tuer inutilement en Afghanistan, si la situation empire. 

Mafia légale.

C’était évident, le juge a donné raison au bien-être qui veut saisir mes avoirs, en m’enlevant la protection de la loi Lacombe ou du dépôt volontaire.  Cependant, selon ce qu’un avocat du bel âge m’a dit, ma pension de professeur, mes rentes, ma pension de vieillesse sont intouchables, avec ou sans loi Lacombe. 

Pourtant, le fédéral a saisi une partie de ma pension de retraite à la CARRA, même si les avocats me disent que c’est illégal.  Je n’ai pas un sou.  Je ne peux donc pas permettre à ce trou noir fédéraste de s’engraisser avec ce qui me resteCe qui m’amène à me demander à quoi servent les lois si le fédéral ne respecte pas les lois du Québec. 

Je n’ai pas un sou, je n’ai pas un meuble, je n’ai pas d’auto, que veulent-ils mes sous-vêtements ?  Je peux aller leur porter direct au Parlement.  Quand je suis allé en prison, j’ai compris que tous les partis politiques et tous les gouvernements sont là pour nous vider les poches. 

L’idéal est le discours à employer alors le Parti Québécois est au pouvoir. On nous fait rêver à une indépendance dans laquelle on ne croit pas puisqu’on ne fait rien pour la réaliser.. 

Quand on en est tanné, que les gens sont prêts à payer n’importe quel prix, les libéraux prennent la relève. La seule différence, on se fait voler plus directement, sans autre explication.  Les libéraux sont là pour le profit.  Ce sont les serviteurs de la mafia et de l’establishment.  

Pour élargir le plateau de ceux qui se servent, on a ajouté maintenant les tiers partis qui ont aussi le rôle de nous diviser pour nous empêcher de gagner un jour le référendum sur l’indépendance.  On fait aussi jouer ce rôle aux mouvements féministes.   Québec solidaire, mouvement féministe, est un moyen fédéraste de diviser le vote pour empêcher le PQ de reprendre le pouvoir. Je ne crois pas du tout dans le désir de Québec solidaire d’appuyer l’indépendanceLes fonctionnaires veillent à la continuité de la collecte.  Ce sont nos vrais gouvernants. 

On pense que la situation dans le milieu hospitalier est affreuse, un vrai scandale.  Ce n’est rien à côté du système judiciaire.  De la pourriture à l’état pur. 

Les Lavigueur again.      

La série sur les Lavigueur dérange plusieurs personnes.  Même si c’est une fiction, les anciens, encore vivants, trouvent nécessaire de s’expliquer.  Personne ne les connaissait, mais elles veulent être connues.  Question de réputation, je comprends. 

Cependant, les gens doivent être assez intelligents pour savoir qu’il s’agit d’une fiction. Donc, il y a des personnages et des passages qui sont romancés, même si les Lavigueur, dans cette série, ne sont pas les plus brillants.  Ils sont très humains et personne ne peut rester insensible à ce qu’on leur fait vivre.  Les plus sales : les médias d’information. 

L’ensemble est la perception du seul Lavigueur qui a survécu au drame, à cette saleté médiatique.  Il n’épargne pas non plus sa famille ; mais nos médias ne se reconnaissent pas. Ils vivent dans cette merde depuis trop longtemps pour pouvoir continuer à la sentir.   Ce n’est pas nouveau.  Créer cet esprit tordu est le propre de nos médias portés à détruire les droits à la vie privée et qui se prennent pour nos nouveaux curés.

Ça fait penser à Guy Cloutier (même si je ne peux pas être d’accord, puisqu’il ne semble pas y avoir eu consentement) et encore pire l’affaire Guy Lafleur.  En quoi ces problèmes nous regarde-t-il ?  Qu’est-ce que ça m’apporte d’en être informé ?  En quoi ça change ma vie de citoyen que d’apprendre les détails de ces événements sordides.  Rien. C’est pour permettre aux journaux de vendre plus de copies et à la télévision d’avoir des nouvelles qui ne coûtent pas cher à ramasser. 

Les moumounes qui ont le nez dans les shorts du voisin sont contentes.  Leur insignifiance est nourrie quotidiennement.  Ceux qui se scandalisent de leur image auraient dû y penser avant, dans le temps, et mettre un frein à l’exploitation médiatique de cette pauvre famille.  C’est presque dans les gênes des médias : 20 ans plus tard, on nous casse les oreilles avec le HEC. On nous intoxique l’esprit.  Personne ne peut admettre la violence, ce n’est pas une raison d’en faire un culte annuel. 

L’important dans cette série : retenir le côté dégueulasse d’une certaine presse quasi religieuse… Quand elle se met à jouer aux preachers, c’est exactement ce que la presse vaut dans la série des Lavigueur.  On est loin de certaines émissions de qualité d’information que l’on retrouve à Radio- Canada.  Le jaunisme n’est pas d’aujourd’hui. 

Pierre Péladeau prétendait que les journalistes n’ont pas à répondre de la vérité, pour lui, il fallait fournir au peuple ce qu’il demandait.  On sait où ça mène.  Le Québec est tellement débâti qu’il lui faudrait qu’une petite poussée pour s’effondrer.  Il y a Charest et à sa droite, le beau Mario, pour y arriver. 

La vie privée n’a rien à voir avec notre droit à l’information.  C’est un moyen hypocrite de manipuler les consciences.  Les nouvelles sont tellement négatives qu’on se croit vivre dans un monde de fous. 

Pourtant, quand on rencontre les gens individuellement, on s’aperçoit qu’il y a une tonne de gens sympathiques.  Nettement la majorité.  Il y a des milliers d’actions positives et belles chaque jour, mais on n’en entend jamais parler dans nos nouvelles.  Il y a tellement de talent au Québec qu’on pourrait être estomaqué 24 heures sur 24, si on les connaissait tous. 

L’existence humaine en vaut la peine, malgré ses dirigeants pourris.  Mais on n’en parle pas.  Les sales sont au pouvoir et les riches mangent du pauvre.

Radioactif 341

avril 6, 2022

Radioactif 341

Texte de 2008

Ma fierté.      

Je suis très fier d’avoir été aussi radical quand je fus journaliste en Estrie (Vaucouleurs). 

Je me suis probablement enflé la tête quant à mon rôle réel joué dans le développement du Québec.  Je faisais mon possible en écrivant des lettres ouvertes, en essayant d’attirer l’attention, en organisant des manifestations où j’étais seul, pour ne pas impliquer personne à cause de ma pédérastie et pour dénoncer les manœuvres fédérastes.  Et ce, même si j’ai toujours été un maudit peureux.  J’ai vaincu mes peurs. 

Aujourd’hui, on oublie ou on n’a pas vécu comment le fédéral a mis notre démocratie sous arrêt.  Harper se promène dans le monde en se prétendant démocrate et il n’est même pas capable de respecter sa plus grosse majorité : les francophones.  Les lois pour défendre le français sont menottées.  La loi 101 a été charcutée.  Nous revivons les mêmes crises économiques qu’il y a quarante ans.  On utilise tout simplement un vocabulaire différent.  Est-ce que ces crises sont organisées cycliquement par le pouvoir pour gratter encore plus dans nos poches?  C’est l’évidence même. 

Je suis aussi très fier d’avoir créé pour moi une morale qui tienne compte de la réalité dans ma pédérastie.  Contrairement, à ce que certains disent ma première préoccupation, ce fut, c’est et ce sera toujours le bien des jeunes.  Il faut absolument combattre le suicide chez les jeunes.  Le suicide, à l’adolescence, tient du mépris que l’individu nourrit contre lui-même, en se détestant ou en refusant de s’accepter comme il est.  Déjà, pour plusieurs, adolescence veut dire déception de soi, se sentir détesté des autres, être inférieur.  Alors, y ajouter ce qu’une partie de la société considère comme une perversité (alors que tout être humain est sexué) ; c’est la goutte qui fait déborder ses capacités à endurer la méchanceté du regard des autres.  Nos chastes âmes en rut n’ont pas l’intelligence d’apporter des nuances à leur intolérance.  Une intolérance assassine.

Ce défaut, ma pédérastie, s’est muté en tolérance.  J’ai compris qu’il ne faut pas laisser les autres être notre seul juge.  Nos âmes pures et chastes n’hésitent pas à piétiner n’importe qui pour se donner bonne conscience.  Elles ont besoin de régler tout ce qui se passe dans le pantalon du voisin.  Tant qu’il n’y a pas de violence, que les participants sont conscients, consentants et responsables, les découvertes sexuelles ne peuvent être que bénéfiques,  malgré la paranoïa que les groupes de droite ou féministes réactionnaires (féminounes) essaient de nous inculquer.  «Connais-toi toi-même.» 

Ma façon d’aborder une solution à te découvrir différent me semble plus appropriée que la répression.  La même que nous avons connue quand nous étions jeunes.  Mais de notre temps, au lieu de combattre ce qui se passe sur internet, ces âmes chastes combattaient la pornographie des revues que l’on retrouvait sur les tablettes des dépanneurs.  Elles n’ont jamais compris que leur attitude obsessionnelle est carrément malade. 

La répression coûte chère et ne fait qu’augmenter les problèmes jusqu’au suicide des jeunes.  Je suis peut-être un idiot, mais j’ai décidé de combattre sur le plan sexuel le mensonge et l’hypocrisie de la société dans laquelle j’ai été élevé. 

C’est à mon sens essentiel pour créer une véritable égalité entre les humains et combattre la violence sous toutes ses formes.  La vie n’est pas qu’un signe de $$$$.   

Rencontre avec la mafia légale.           

Je me rendrai demain matin au Palais de l’Injustice de Sherbrooke pour connaître la décision du juge.  Puisque j’ai travaillé au cours de la dernière année, pour avoir un avocat, je dois contribuer à l’aide juridique.  Si j’étais dans la pègre, on m’organiserait ça, de façon à ce que ça ne me coûte pas un sou.  C’est ce que tout le monde dit et je n’ai aucune raison de ne pas les croire.  Le juridique est un niveau de mafia différent du politique.  Mieux organisé et plus sale, plus haut dans la hiérarchie, il doit s’autonourrir d’où il y a de plus en plus d’avocats.     

On vole des centaines de millions, mais on fait chier le peuple pour moins de 50,000$.  On fraude des vieux, mais ce n’est pas grave, ils vont quand même mourir bientôt.  Même s’ils souffriraient un peu avant, psychologiquement, ce n’est pas grave.  On a des «connes» pour nous faire croire qu’un attouchement sexuel, c’est dangereux.            

Les féminounes sont devenues une partie intégrante de la Gestapo québécoise. Si en 1996, on n’avait pas essayé de me planter à la suite du référendum, je n’aurais jamais eu ces dettes (lire : je suis volé par le gouvernement) puisque je gagnais un très bon salaire.  Depuis, c’est le harcèlement incessant.  Pas de travail.  Même pas de bénévolat.  La prison jusqu’à la mort pour avoir mis la main sur un petit pénis, même si le propriétaire est revenu pour s’assurer que notre relation ne soit pas brisée par les accusations. 

Je me suis arrangé pour ne pas me faire vivre par les autres.  J’ai pris le travail que j’ai pu.  Je n’ai rien, mais je ne dois rien, en mon âme et conscience. 

Je me rappelle d’une discussion avec Vallières où je défendais ma position pour la non-violence.  Je ne suis plus certain que j’avais raison.  C’est peut-être du masochisme ?  Mais, je crois toujours que si on se débarrasse d’un gouvernement, on en a un autre aussi pire pour le remplacer, sauf que ce n’est plus la même gang qui en profite.  La démocratie est-elle autre chose que la dictature de la majorité ? 

Je sors d’un bureau d’avocat, c’est bien normal que je sois écœuré..  Je suis trop vieux pour recommencer à contester, mais ça me tente.  Ces folies mangent ma santé. 

Je vais aller prendre de l’air, ça va me calmer les nerfs et Benji aime bien ça dans ce temps-là. On marche plus longtemps. Les dieux sont tombés sur la tête, mais on sait maintenant que les dieux sont des tyrans… 

Ça brasse ! 1.         

Je cite quelques passages de mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous.

En parlant de langue, ça me fait penser à la séance du Comité de la constitution canadienne… Il y a quelques semaines, j’ai commencé à travailler avec les gars de la construction comme animateur.  Pendant ces périodes de travail nous avons étudié la situation des Cantons de l’est.  Nous devions poursuivre ce travail, mais nous avons dû nous consacrer à un problème plus urgent : à cause des nouveaux décrets du ministre Cournoyer, les travailleurs subissaient une baisse assez appréciable de leur salaire.

Imagine-toi un peu la situation ; as-tu déjà vu les députés, les juges et les policiers, qui protègent le régime, subir une baisse de leur salaire ? … À force de brasser le député, il a réussi à organiser quelques rencontres entre les partis intéressées.  Puisque que personne ne voulait se grouiller, nous avons décidé de rédiger un manifeste : le Manifeste du royaume des amorphes, lequel dénonce notre situation dans l’Estrie.  Pour avoir une publicité qui dépasse les cadres régionaux, nous l’avons fait distribuer à l’occasion d’une première mondiale d’un film au Granada.  Je n’aurais jamais cru qu’une telle décision puisse faire autant de bruit.  Pensez-y un peu, les étudiants qui distribuaient le manifeste en question portaient des tuques des patriotes et de plus, le texte a été livré aux stations de radio sans être identifié. 

Parce que le manifeste se terminait par  » Avec ou sans vous, nous vaincrons. « , les mass-médias ont fait paniquer tout le monde en tenant un suspense ridicule à savoir s’il s’agissait d’un manifeste du FLQ ou autre.  Cela nous a créé quelques problèmes.  À tout événement, les travailleurs de la construction, en assemblée générale, ont décidé d’appuyer le document et de le présenter à la séance tenue par le Comité sur la constitution canadienne.  Nous avions appris que l’on devait se servir de Sherbrooke pour faire une propagande pas possible sur un petit coin du Québec où les deux ethnies s’entendent à merveille.  Cela devait se faire d’une marre à l’autre, directement du chic motel Le Baron.  Faute de peau, les organisateurs qui avaient commencé leur publicité en ce sens ont dû abandonner.

À notre arrivée à cette assemblée, nous avons distribué les manifestes à tous les membres de la Commission, lesquels n’en ont pas glissé une ligne dans leur compte-rendu officiel.  Lors du début de la session, on s’est vite aperçu que cette rencontre pour connaître le point de vue du peuple était un gros show publicitaire organisé à l’avance.  Les dirigeants avaient même le culot de nous parler en anglais et de nous fermer le micro sous le nez quand les témoignages n’étaient pas à leur goût.  Aussi, pas plus fou que d’autres, nous avons attrapé la fièvre collective de l’éternuement.     

Évidemment, la maire Marc Bureau, de Sherbrooke, nous a priés de bien vouloir nous abstenir de tousser, mais c’était impossible dès que les dirigeants de la Commission nous parlaient dans une langue étrangère.  Ça prenait un gars qui a du front tout le tour de la tête pour nous forcer à subir l’humiliation de devoir se traduire entre nous ce qu’il avait l’obligeance de nous dire.  Pauvre sénateur Molgat !  Nous l’avons offensé en exigeant qu’il nous parle français.       

À un moment donné, nous nous sommes bien aperçus que nous étions de trop à cette assemblée.  Aussi, avons-nous décidé de sortir et de convertir notre présence (qui avait pour but de faire connaître partout la situation pénible de la population de l’Estrie et le problème des gars de la construction) en une manifestation pacifique.  Nous sommes revenus avec des pancartes et nous avons circulé gentiment en chantant.  Évidemment, le lendemain, les journaux anglais ont fait apparaître la situation comme si des bombes avaient presque éclatées de partout. La Truie Brune, qui doit normalement défendre les intérêts de la population de l’Estrie, comme elle le prétend, a fait passer les gars de la construction pour une bande de mal élevés. L’éditorialiste Alain Guilbert a mis le paquet et dépasser les faits réels pour salir davantage la réputation des contestataires.  Il a toujours eu la tête enflée. 

Évidemment, le système a pris peur. À cause de ma participation à cette manifestation, le député fédéral Paul Gervais a exigé mon renvoi du journal et la GRC aurait augmenté ses effectifs.  Pour prouver que nous n’avions rien à nous reprocher, nous avons invité les policiers, les éditorialistes, à venir nous donner un coup de main. C’est tout ce que nous voulions : justice pour tous.  Un flic de la SQ est même venu me voir à la Truie Brune, pour savoir qui avait écrit le manifeste.  Je comprends mal pourquoi ils ont fait tout ce chichi.  

Les maires ont tenu une assemblée de l’Association des cités et villes, à Richmond, et les mass-médias, particulièrement CJRS qui ne s’y rendaient jamais, étaient bien représentés.  À cette occasion, évidemment, un contre -manifeste a été lu.  J’ai appris à cette occasion qu’une cellule d’information du FLQ opérait à Sherbrooke et était reliée à Montréal.  C’est ainsi, qu’à travers leur stupidité, je suis devenu publiquement un grand révolutionnaire, comme si j’avais déjà été assez brave pour en être un.  Le contre-manifeste avait été pondu pour un officier de la ville de Sherbrooke qui ne manquait pas d’imagination et flattait mes tendances napoléoniennes.  Être felquiste, après tout, c’est à envier. 

Les flics ont poussé l’enquête jusqu’à Scotstown. Ils voulaient savoir ce que j’avais fait dans l’occupation de l’école et ils l’ont su : mon métier de journaliste. La lutte a permis aux travailleurs de gagner une augmentation de 1.38 $ l’heure en moyenne pour les trois prochaines années.  Si l’on ne s’était pas battus, les travailleurs de la région auraient perdu au moins 5 millions $.  Ils auraient subi une baisse de salaire entre 0.45$ à 0.75$ l’heure. Pour le système, ces luttes, même si nous avons demandé qu’elles soient non violentes, sont négatives.  Si nous avions remporté toutes les luttes entreprises, elles auraient simplement apportées quelque 1.2 milliard au Cantons de l’est.  C’est là tout le problème, cette fois, ce n’aurait pas été les gros qui auraient fait de l’argent, donc, ça devient négatif.   

C’est pas étonnant, qu’on ne retrouve pas mon livre dans les bibliothèques de la ville de Sherbrooke.  Le temps m’a donné raison. Il a fallu plusieurs morts, avant que le système se décide de réaliser une Transquébécoise à quatre voies (vers 2006).


Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous, Éditions Québécoises, 1973

Radioactif 340

avril 5, 2022

Radioactif 340

Texte de 2008

FLQ 1.

J’ai couru après ma réputation de révolutionnaire, je l’ai nourrie, je n’ai jamais rien fait pour le nier, car à l’époque, je me prenais pour un petit Che Guevara. 

Ce n’est pas que j’étais brave. J’ai toujours été pisseux, mais trop orgueilleux pour le laisser voir.  J’étais fanatique.  Je vivais au niveau de mes émotions.  Et, j’avais raison d’être radical : il faut se défendre dans la vie.

Deux choses étaient claires, à la suite de mes rencontres avec Pierre Vallières : il savait que j’étais non-violent, même si je me prenais pour un révolutionnaire et   que je n’avais pas l’intention de changer.

Je croyais à une révolution de l’intérieur.  Puis, je trouvais cette situation explosive palpitante.  Je fumais pas mal et la vie se chargeait de m’exciter encore plus.  Plus on me tapait dessus, plus je ruais comme lorsque je boxais quand j’étais plus jeune.  

Par contre, j’appuyais sans réserve et sans artifice les buts du FLQ dans sa lutte à la pauvreté.  J’ai raconté l’histoire de cette période dans une nouvelle littéraire intitulée Nous vaincrons.  Cette nouvelle littéraire fut publiée à Val-d’Or.   En 1970, je me suis surtout révolté le jour où on a arrêté Gaétan Dostie, un étudiant poète, qui revenait d’Afrique et qui avait la malaria.  Un ami de Gaston Gouin.  

Pour le protéger, j’ai voulu faire croire que j’étais encore plus radical que lui.  Je croyais qu’on pouvait faire disparaître des gens peu connus, mais que ce serait beaucoup plus difficile de le faire avec un journaliste.  Alors, je me suis autoproclamé révolutionnaire.  

C’était exagéré. On ne tue pas encore au Canada, mais ça se passait ainsi partout dans le monde.  La seule chose que j’ai faite pour marquer mon appui à la cause révolutionnaire, j’ai commencé à la fin de mes récitals de poésie à crier : Vive le Québec libre!  Vive le FLQ !  Nous vaincrons ! 

À cette époque, toute personne solidaire au FLQ pouvait être arrêtée et purger cinq ans de prison.  Pourquoi les libéraux ont-ils cru que j’étais un felquiste dangereux?  Je n’en ai aucune idée ; mais pour eux, c’était une vérité de l’Évangile.  On pensait même que j’étais lié aux cellules opérantes alors que je n’y connaissais absolument rien.   Tout ce que je savais du FLQ, je l’avais lu dans un petit journal qui expliquait comment ça fonctionnait.  Disons que j’étais plutôt « trippeux » que révolutionnaire. 

J’étais peureux, parfois paranoïaque, parce que je me retrouvais sur une glace mince que je ne connaissais pas.  La police me soupçonnait, mais les gars du FLQ savaient que je n’étais pas le Che qu’on prétendait.  Pouvais- je, sans le savoir, répéter des choses que je ne savais pas secrètes.  En vérité,  je ne savais rien.   En fait, je n’étais même pas préparé à jouer le jeu de terroriste et je me devais d’improviser comme si j’étais savant dans le domaine.   Ça me foutait la chienne, et en même temps, je ne pouvais pas cesser d’agir puisque j’étais encore journaliste. 

Je croyais le FLQ beaucoup plus organisé et fort.  Je me savais espionné par le système.  Un collègue m’avait averti du fait que la police commençait à me soupçonner, même s’il leur avait dit que j’avais peur du sang. Je me savais suivi très souvent.  C’était évident ou un hasard? 

C’est ainsi qu’un soir, au club, j’ai été averti que des gens bizarres essayaient de comprendre tout ce qu’on disait à notre table.  J’ai décidé de dire que mon plus grand rêve serait de violer une sœur vierge. Un petit jeu que je jouais avec mon Égyptienne.        

Croyez-le ou non, 10 ans plus tard, j’ai été arrêté bien saoul à Le Pas, au Manitoba.  On m’a gardé parce que j’ai commencé à dire aux policiers qu’ils n’avaient encore rien vu et qu’on leur chaufferait encore plus le derrière qu’en 1970.  Or, le lendemain, la rumeur qui courait partout en ville était que j’avais violé des sœurs.  Avec un dossier presque vieux de 30 ans, ma première incarcération en 1963, ça m’a valu de perdre mon emploi en 1989, je crois.   Maudite boisson !

Le FLQ 2.     

J’ai entretenu cette image de révolutionnaire parce que ça donnait de bons résultats quand je négociais des projets, par journalisme interposé, avec les gouvernements.  Ils avaient une peur bleue de mon influence sur la population. 

Un jour, j’ai écrit le Manifeste du royaume des amorphes. Le jeune qui m’admirait pour mon combat politique et qui me détestait tout autant de m’entendre parler de ma pédérastie et de lui proposer de se la laisser manger, décida de remettre le texte aux médias sans apporter d’informations quant à sa provenance.  On le présenta à la radio comme un manifeste régional du FLQ.  On dénonça l’œuvre d’une cellule de communication dans l’Estrie et même si on ne me nommait pas, il était possible d’y voir mon portrait.   

Il n’y avait rien de fondé dans tout ça.  Je n’avais aucun rapport avec le FLQ, même si j’appuyais sans réserve sa défense des travailleurs et que je finissais mes récitals de poésie en criant un « Vive le FLQ. ! »   Un geste sincère d’appui, mais aussi de provocation. 

Je terminais aussi une séance d’animation (j’avais appris ce métier et j’étais assez bon animateur) avec les gars de la construction lorsque le sénateur libéral fédéral Molgat annonça sa visite à Sherbrooke.  Il voulait parler de l’avenir du Canada. 

Quand je me suis présenté au micro, il me redemanda à deux ou trois reprises de répéter mon nom, comme s’il ne le comprenait pas.  Je lui ai alors répondu, avec un accent anglais,      «John Simonez, tabarnak ! ». 

Puis, après avoir dit ce que j’avais à dire, j’ai demandé aux travailleurs de la construction dont certains me surnommaient le Paul Rose des Cantons de l’Est, de me suivre et de quitter la salle. Le député libéral fédéral, M. Paul Gervais, commença à demander ma tête comme journaliste.  On m’a dit que des gars lui auraient dit ainsi qu’au représentant de la Tribune que la dynamite était prête et qu’il ne manquait plus qu’à l’allumer, ce qui arriverait si on me touchait.  Le journal a publié le manifeste. 

Honnêtement, à cette époque, je me croyais vraiment un grand révolutionnaire.  Paranoïaque, tout était raison de plus pour en vouloir au système.  C’était plus vrai dans mon imaginaire que dans la réalité.  Probablement, l’effet du bon « stock ». 

C’est pourquoi, je suis devenu catégoriquement opposé à la drogue.  La vie est trop courte pour être gâchée.

En fait, quand je me suis dépolitisé, j’ai eu beaucoup de difficulté de me défaire de cette image intérieure qui ne collait pas vraiment à ce que je suis.  Je l’ai même écrit dans quelques poèmes ; mais c’est difficile d’admettre que t’as eu     « une période de ta vie où tu n’étais pas toi-même pour produire le personnage que les autres pensaient que tu étais ». 

J’ai eu de la difficulté à me pardonner d’avoir su me mentir ainsi au niveau de mes intentions et de la projection que je donnais de moi.  Cette réputation aurait été la première cause de mon procès à Val-d’Or, en 1996.  On m’a dit que j’avais été le seul felquiste à ne pas avoir payé pour sa participation aux événements d’octobre 1970. 

On craignait qu’à la suite du référendum, je me relance dans des gestes plus fanatiques les uns que les autres.  Alors, on m’a présenté un petit gars, tendu un piège et on m’a accusé de l’avoir touché.  Ce qui, à mon avis, ne regardait que moi et le jeune.  On s’est servi de l’Homo-vicièr pour prouver au juge que  j’étais déjà pédéraste.  Juste aller avec Mathieu, avoir été seul avec lui,  être pédéraste, me rendait déjà coupable, même si aucun geste de nature génitale n’aurait été posé.  J’étais pédéraste.  Donc, ça prouve que j’ai joué aux fesses avec lui automatiquement. Quelle connerie !  Mais, j’aurais bien aimé ça.

Je le savais, je le sentais.  Je me suis promis que cette fois je ne ferais pas de prison pour rien.  Durant ce temps, je ne pouvais rien faire pour m’expliquer pourquoi on tenait tant à avoir ma tête.  Pourquoi avait-on dit à mes élèves, peu de temps avant mon arrestation que j’étais un felquiste qui avait posé des bombes à Montréal puisque les jeunes me l’ont demandé durant un de mes cours.

Ce qui m’étonnait, c’est que ça se passait sous un gouvernement péquiste. Pourquoi? Ou on ne voulait pas que je mette le feu aux poudres ou on n’aimait pas mes «en-têtes» de lettres aux journaux où je disais que Chrétien et Martin étaient les chefs de la mafia légale parce qu’ils avaient volé le référendum. 

En fait, je crois maintenant que l’on a monté un « Mister Big ». J’avais écrit dans les journaux que l’idée de renaissance du FLQ n’existait que dans la tête de la police qui prétendant que l’on avait retrouvé d’autres communiqués felquistes, à Montréal.

Comme par hasard, j’étais en prison quand Stéphane Dion a présenté la loi sur la clarté. 

Comme on m’a dit¸ quand je croyais encore que l’on était pour reconnaître que ces accusations étaient une méprise : «ça fait 20 ans au moins qu’on veut ta peau, imagine-toi pas,  qu’on va tout laisser tomber, maintenant qu’on te tient. »

J’ai voulu créer l’impression d’être un dur, je m’y suis cru et j’ai payé pour.  C’est la vie.  Ça continue parce que j’écris toujours et je me ramasse encore en cour. J’ai préparé un mémoire pour la Commission sur les accommodements. Religieux. Je ne sais pas comment, mais je vais le payer encore une fois.  Il m’arrive quelque chose à chaque fois que je me mêle de politique.


Les raclées.

J’avais quand même raison d’avoir peur.  Je jouais à un niveau de danger dont je ne connaissais pas les règles.   D’ailleurs, on venait d’assassiner Gaston Gouin.  Ce fut ensuite le tour de Mario Bachand, un peu plus tard, en France.   Y paraît que les assassins seraient deux agents fédéraux de la GRC qui demeurent maintenant au Québec.  Personne ne le sait.  Ça me semble invraisemblable que le FLQ l’ait éliminé sous prétexte qu’il portait des sous-vêtements avec des fleurs de lys.

Dans ces affaires, il y a toujours de la désinformation de manière à nuire à son ennemi.  Où est la vérité?  C’est malheureux que la France n’ait pas résolu ce meurtre.  Une chose est certaine, au début des années 1970, s’afficher pour l’indépendance du Québec, s’était prendre des risques. 

Un soir, j’avais bu, je gueulais un peu fort.  Des policiers sont arrivés et j’ai vite servi de «punching bag».  Puisque je n’aimais pas la violence, plutôt que d’essayer de me défendre, je me suis mis à frapper sur une très jolie auto, près de moi.  Le propriétaire est arrivé. Il était reconnu comme un des dirigeants de la petite pègre de Sherbrooke.  J’ai cessé de me débattre et je leur ai demandé depuis quand la police et la pègre coopéraient ensemble. 

Puis, j’ai recommencé à recevoir des coups.  Je ne me rappelle pas du chemin parcouru pour m’amener en cellule.  J’étais paniqué.  Je me suis foutu à poil. Je frappais sur les barreaux et je criais : « Vous êtes comme Saulnier, vous avez des problèmes de télévision».  Saulnier était un chef de police coincé dans un scandale puisqu’on lui avait donné des téléviseurs.  Quand les dirigeants de la police sont arrivés avec les policiers qui m’avaient battu, je me suis mis à crier à celui que je reconnaissais :  » Sors-le ton hostie de gun, pis tires, gros tabarnak. Demain tes problèmes vont commencer.  »   Les officiers sont repartis en disant que j’étais pire que Chartrand. comme dans la chanson de Jimmy Corcoran, Comme Chartrand.

J’étais encore journaliste et je savais qu’on ne pouvait pas me tuer.  Effectivement, le matin, je fus relâché. Je me suis rendu au journal et j’ai demandé au journaliste appointé à couvrir les procès de m’accompagner.  Je juge, un bon libéral, me condamna à une sentence suspendue et m’ordonna de ne pas en parler dans les journaux locaux.  Ce fut fait, mais le dimanche suivant, Québec- Presse, un hebdomadaire diffusé à la grandeur du Québec rapportait la situation.

 Pourquoi la pègre me faisait toujours la leçon quant à mon parti pris indépendantiste.  « Les hosties de séparatistes, on leur casse les jambes.». Je l’ai entendu plus d’une fois.            

Quelques expériences comme celle-ci suffisent à te faire craindre la « légalité du système ».  Une situation qui se poursuivit après le référendum de 1995, mais cette fois, ma vie fut vraiment en jeu. Il m’arrive toujours quelque chose dès que je mets le nez dans les affaires politiques.   


Ma peur.      

Ça peut paraître idiot que d’avoir peur de dire des choses qu’il n’aurait pas fallu dire durant les événements d’octobre ; mais quand tu es ignorant, parfois,  tu fais des gaffes sans même t’en rendre compte et dans mon esprit de solidarité, c’est une chose dont je n’avais pas droit.  Je suis très fidèle, même à mes amoureux. 

Mes craintes sont nées d’un événement.  J’avais fait parvenir des textes à Pierre Vallières, peu de temps, avant le premier enlèvement, soit de Richard Cross.  Évidemment, quand le manifeste du FLQ a été publié, on m’a demandé à la salle de rédaction, si je m’étais aperçu de la faute dans le mot Domtar que l’on retrouvait dans le manifeste.  On me fit remarquer que j’étais probablement le seul journaliste à écrire Domptar.   

Par la suite, après l’intervention de l’armée, un dimanche après-midi, je crois, j’ai dû travailler en temps supplémentaire.  On m’envoya avec le photographe Royal Roy.  En chemin, celui-ci a commencé à me raconter que les felquistes avaient été vus et arrêtés à East-Angus.  Je capotais parce que j’avais envoyé un texte sur la Domtar d’East Angus. On aurait pu intercepter celui-ci, car, les autorités fouillaient déjà dans tout, donc, sûrement, dans le courrier de Pierre Vallières.  Comment aurais-je pu prévoir ce que se passerait quand j’avais envoyé mes informations ?  Je n’étais pas felquiste et il n’y avait pas encore de crise. 

J’étais très malheureux puisque, la façon que Royal me présentait ça, j’avais tout lieu de croire que, sans le vouloir, mis la police sur une piste.  J’essayai d’en savoir plus et j’étais très étonné qu’on n’en parlait pas dans les bulletins d’informations. 

À mon arrivée à la rédaction, on célébrait presque cette arrestation, sollicitant évidemment mes commentaires. Je doutais, donc, je me suis montré le plus prudent possible et j’ai demandé combien de terroristes avaient été arrêtés.  On me dit une vingtaine.  Là, j’avais ma réponse.   » C’est impossible. Il n’y a jamais plus que quatre à cinq personnes par cellule.  Et, personne n’est supposé de connaître l’autre pour éviter les dénonciations accidentelles. »  

J’étais bien content d’avoir lu ça dans un petit journal jaune.  J’avais l’impression d’être écouté par la police, grâce au service d’intercom, reliant la rédaction à l’imprimerie. Les questions venaient du chef de la rédaction, un gars plutôt fédéraste et très ami avec les policiers. 

Quand je suis sorti, je me suis immédiatement senti suivi.  Par hasard, dès que je changeais de rue, un peu plus loin, je pouvais voir passer une auto patrouille.  Il y en avait toujours une sur une des rues parallèles où je marchais.  J’étais certain d’être arrêté.  Mais, il ne s’est rien produit d’autre que l’avertissement de mon collègue sur les soupçons que la police avait à mon égard.  Quand je repense à tout ça, c’était une situation ridicule.  Réelle ou le fruit de mon imagination ? 

Tout ce que l’on pouvait me reprocher, c’était d’appuyer les buts du FLQ parce qu’il se battait pour les gens moins fortunés, épluchés par les gouvernements. Je me battais pour l’Estrie et je croyais dans ma mission. 

Je me rends compte en relisant Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres aux gens de par chez-nous, que les médias d’information en temps de crise joue un rôle essentiel.  Ils peuvent manipuler l’opinion publique d’un bord ou de l’autre. 

Par ailleurs, j’ai de la difficulté à comprendre que la police défende les gouvernements qui nous exploitent.  Ce sont des gens comme nous, pourquoi choisissent-ils de protéger les exploitants? Juste parce qu’ils sont mieux payés par eux? 

C’est vrai qu’après l’élection du Parti Québécois je me suis senti protégé quand je manifestais seul contre les commissions fédérastes pour nous réintégrer dans le Canada. 

Ils surveillaient de loin le déroulement de mes manifestations.  J’étais toujours seul pour ne pas avoir à me reprocher d’avoir entraîné quelqu’un avec moi. 

Les policiers, s’ils avaient vraiment enquêté, ne pouvaient pas ne pas savoir que je me battais pour le bien des pauvres gens contre la pauvreté, donc, contre le mauvais sort que pouvaient même vivre plusieurs membres de leur propre famille. Mais, c’est la vie. 

 Je n’ai rien contre la police, au contraire, en combattant la violence, elle est un service essentiel.  Mais pourquoi ne nous protège-t-elle pas aussi contre les abus du pouvoir?

Radioactif 339

avril 4, 2022

Radioactif 339

Texte de 2008

L’autre côté.           

Durant cette période, un soir, je devais demeurer à Scotstown pour la nuit et je devais coucher dans une tente avec un groupe de petits gars. Leur mère me faisait confiance. 

J’ai bu comme un trou et le soir quand j’ai retrouvé la tente, les jeunes avaient décidé que j’étais de trop. « Pas de fifi avec eux ».  Vexé, je suis retourné sur le pouce à Sherbrooke.  J’en ai marché une claque, puis comme à mon habitude, j’ai entamé une grande discussion avec Dieu. 

Je lui reprochais la guerre au Vietnam et de laisser des petits gars mourir dans cette atroce réalité.     » Si j’avais un de ces enfants avec moi, lui, au moins, il serait heureux plutôt que le mourir dans cette guerre absurde. Ce serait beaucoup mieux pour lui. « 

Une prière qui a duré longtemps et que j’ai crié très fort.  Assez fort, pour qu’il m’entende puisqu’une dizaine d’années plus tard, j’ai rencontré et tombé en amour avec une petit vietnamien, venu ici pour échapper à la guerre. 

 Une des plus belles complicités de ma vie avec Dieu.  Certains diraient un « signe », mais Scotstown fut aussi des moments de tortures morales. 

Un soir, alors que faisais mon round up, c’est-à-dire qu’à tous les soirs, au journal, on téléphone à la police, aux pompiers, aux ambulances pour savoir s’il est survenu quelque chose dont on n’avait pas été informé. Et, j’y appris que mon ami Claude Robidas était décédé dans un accident d’auto en revenant du Lac St-Jean.  Claude était hétérosexuel et ne connaissait pas mon amour pour les petits gars. Ce n’était pas nécessaire.

Quand il arrive des choses comme ça, tu commences par paralyser, tu refuses d’y croire, tu fabules toutes sortes d’autres situations ; mais la réalité finit par te rejoindre.  Ce fut un coup très dur à encaisser. 

Une autre expérience émotive fut que les femmes de cette localité refusaient que leurs enfants soient amenés en autobus à l’école à Bury, plusieurs milles plus loin, au lieu de rester à l’école locale, car c’était un voyage trop exigeant vu leur âge.  Elles faisaient tout ce que je proposais : pétition, marche, etc.  Elles décidèrent, avec mon appui, puisque j’informais les gens à travers mes articles de ce qui se passait, d’occuper l’école.  Elles se ramassèrent en cour et furent condamnées à une amende qui fut en partie payée par la vente d’une peinture de Frédéric

Je me sentais coupable de les avoir incitées à affronter la direction de la commission scolaire, mais elles n’étaient pas de cet avis.   » Nous sommes assez vieilles pour assumer nos décisions. »

Le directeur de la commission scolaire responsable de cette décision perdit son emploi, mais les enfants ne revinrent pas à l’école à Scotstown. N’empêche que je me suis fortement culpabilisé de leur avoir recommandé d’occuper l’école de Scotstown.   

Quand j’entreprenais une lutte avec quelqu’un contre le despotisme, je me sentais absolument responsable de mes conseils.

Mes grands amours.       

Scotstown est un symbole parfait de ce que signifiait affirmer ma pédérastie. 

Cette ville était paralysée, il fallait trouver une solution pour la sortir de sa torpeur économique.  Aussi, en aie-je discuté avec l’artiste Frédéric qui y vivait, en plus d’avoir un appartement à Sherbrooke. 

À ma surprise, quand je suis allé à Scotstown, j’ai découvert que Frédéric avait beaucoup d’appuis dont le fils de l’ancien président de la Thérèsa.  Claude Robidas.  À force de discuter, il fut entendu que Frédéric organiserait une immense murale avec les enfants.  Une idée née de mes amours.  Frédéric était l’un de ceux qui savait que j’avais entrevu un petit gars qui me plaisait énormément et me faisait battre assez le cœur pour m’engager à fond de train pour sauver les gens de Scotstown de la misère économique.  Le jeune a-t-il déjà su qu’il me fascinait autant? Je ne le crois pas. 

Pour être en amour, je n’ai pas besoin de viagra, ça se passe à un autre niveau, surtout dans ma tête.  Je jouis juste à contempler la beauté du jeune qui m’intéresse. Je capote, s’il me sourit ;   je deviens fou, s’il me parle ; imaginez le reste, si on devient ami et qu’on s’engage dans une relation d’amitié.  Tout doit se dérouler en fonction de sa façon d’agir avec moi.  Pas question de forcer qui que ce soit, mais dès les débuts, je tiens à ce que les choses soient claires pour ne pas me faire dire après   » je n’avais pas compris ». 

On sait immédiatement par la réponse non verbale du jeune s’il est intéressé ou non.  Tout réside particulièrement dans le plaisir indicible de sentir très profondément chacune de ses émotions et d’arriver à ne faire qu’un avec lui au niveau des ondes de communication.  Une contemplation ou une adoration de la beauté qui surgit par sa simple présence.  Vivre à travers et pour le plaisir de l’autre. 

C’est ce qui motivait de plus en plus chacune de mes actions.  J’étais prêt à mourir pour assister le jeune de qui je tombais amoureux, pour le rendre heureux.  Il pouvait me ruiner ça n’avait pas d’importance.  Je savais que ce sentiment ne pouvait pas toujours exister, donc, l’instant présent prenait toute la place dans ma vie. Le jeune devenait le centre, le cœur de tous mes intérêts.  Il était tout. C’est un peu une forme d’autisme, en ce sens, que cet émerveillement se suffit à lui-même et crée une bulle d’amour qui nous met en retrait de toutes les saletés du monde. 

Les gens qui vivaient autour de moi le devinait que j’étais en amour sans même que j’aille un mot à le dire. 

Frédéric disait : « Si on veut savoir si un petit gars te plaît, avec toi, on ne regarde pas si ton pantalon gonfle, on te regarde les yeux.  C’est la première fois que je vois un gars bander des yeux.» 

Inutile de dire que Scotstown était devenu super-important.  J’y allais souvent et je suivais chacun des développements.  Nous avions trouvé une vocation touristique et culturelle pour Scotstown. 

Un soir, nous devions assister à une pièce de théâtre, Oliver Twist, organisée par les anglophones.   Durant la pièce, le plancher a cédé et tout ce que nous avons vu ce sont les jeunes et les décors s’enfoncer dans le vide.  J’ai eu peur comme tous les spectateurs.  Heureusement, personne ne fut blessé.

Luc Lavoie

avril 3, 2022

Luc Lavoie avait raison.

Le chroniqueur Luc Lavoie, à la Joute de LCN, est celui qui fut le plus éclairant en ce qui a rapport à la guerre en Ukraine. Il nous disait dès le début que la Russie voulait prendre le Donbass, le Donest et la Crimée pour réaliser son projet d’Eurasie, une voie d’accès aux mers par la Russie.  

M. Lavoie, qui est habituellement un véritable fou quand il nous parle de notre identité nationale, ajoutait que cette voie permettait aussi à la Chine de réaliser sa « Route de la soie ».

Très intelligent, il se demandait pourquoi l’Ukraine résisterait, étant donné la nette supériorité militaire des Russes. Pourquoi être ainsi démoli alors que l’on savait que ce serait finalement le résultat de la guerre?

Évidemment, sur le fond de la réalité, il avait raison; mais sur le plan moral, sur le plan du respect de l’humain, sur le plan du respect des règles internationales et de la souveraineté des états, il oubliait que toutes les sociétés doivent  tout faire pour évider la guerre. Poutine a démontré qu’il n’a aucune morale, que c’est un psychopathe.

Si Poutine n’avait pas attaqué, il n’y aurait pas eu de guerre.

Cette guerre deviendra-t-elle un affrontement régional qui habituellement sert à créer des dépenses inutiles pour remettre le système économique sur les rails?  Une guerre pour réaliser les plans de Poutine? Un réalignement mondial autour de l’Occident et du monde communiste?  Le vrai visage des nations est plus clairement défini à savoir si elles sont dans un camp plutôt que l’autre dans cette guerre du pétrole. Le cas de l’Inde et du Brésil.

Chose certaine, cette guerre a prouvé la nécessité de revoir l’ONU, de lui donner le pouvoir  pour empêcher de nouvelles guerres et pour combattre les forces militaires nucléaires. 

Elle nous indique aussi besoin de continuer à fournir de l’armement à l’Ukraine pour se défendre, si jamais Poutine veut recommencer, car s’il l’a fait maintenant après huit ans, il pourrait bien prendre une petite pause avant de recommencer pour compléter ses rêves.

Poutine et son entourage sont des monstres. Ils se fichent complètement de la vie humaine et de la vérité. Il veut maintenant recruter tous  les jeunes russes de 18 ans.  

C’est pourquoi, il sera possible de parler de règlement de la guerre en Ukraine  que le moment où il n’y aura plus un seul Russe en Ukraine et que l’on soit certain que les troupes russes ne seront  tout simplement en réorganisation pour attaquer de nouveau.

Il faut aussi espérer que le président ukrainien ne sera pas tué dans une embuscade créée avec les négociations.

Une chose est certaine, les réflexions à tenir pour empêcher qu’une telle guerre de pouvoir ne puisse plus être possible, sont nombreuses.

Personne ne peut maintenant être indifférent au fait que la propagande de tous les belligérants peut être des mensonges. Le prix de la VÉRITE est infini.

Les vies humaines sont bien plus importantes que l’économie.

Radioactif 338

avril 3, 2022

Radioactif  338

Texte de 2008

Rencontre avec Pierre Laporte.           

À la suite de la décision du gouvernement fédéral concernant l’aéroport international, je n’étais pas seulement aigri, j’étais devenu fanatique.  J’avais symboliquement acheté ma carte de membre dans le Parti Québécois comme je l’avais dit. 

Aux élections provinciales,  je fus assigné pour accompagner Pierre Laporte dans sa tournée électorale de l’Estrie. J’ai décidé d’afficher ma nouvelle adhérence politique en sa compagnie, en portant le bouton du Parti québécois. 

Bizarrement, habituellement, je revenais au journal avec mon photographe ; mais, cette fois, je ne sais pas pourquoi, je fis le voyage en compagnie de Laporte. 

Dans ses discours, Laporte disait que l’ambiance, entre autre à cause du FLQ, faisait fuir les investissements du Québec.  Seul, il me dit que ce n’était pas vrai, mais qu’il fallait faire de telles caricatures de la réalité pour que les gens soient capables de comprendre. Je trouvais ça une insulte à l’intelligence des gens du Québec. 

Puis, le soir, à une des rencontres à son programme, il me lança en m’apercevant : « tiens ! Voilà mon petit pédéraste !»  Et bourru comme un âne, je lui répondis : Un jour, au Québec, on sera plus fier d’être pédéraste que d’être fédéraste. 

Durant la soirée, il proclamait à qui voulait l’entendre qu’il n’avait pas peur du FLQ.  Cette rencontre m’est revenue en mémoire à la suite des événements d’octobre.

J’étais en maudit d’entendre Laporte parler ainsi ; mais je n’aurais jamais cru que quelques mois plus tard il serait tué dans des enlèvements.  Laporte mentait peut-être, mais il ne méritait pas ce sort, pas plus qu’aucun humain. 

Selon ce que j’avais entendu dire à cette époque, Laporte ce serait blessé lui-même en essayant de se jeter par une fenêtre.  On m’avait dit que les felquistes ne savaient plus quoi faire avec lui et pour lui donner une chance, ils auraient décidé de l’amener sur le terrain de l’armée à St-Hubert parce qu’il y avait là tout près l’hôpital militaire.  On l’aurait mis dans la valise de l’auto et après l’avoir laissé là, on aurait averti CKAC pour confirmer les informations.  Cependant, avec les mesures de guerre, on a refusé de diffuser l’information.  Sur place, plutôt que d’ouvrir le coffre, on aurait attendu à la demande du ministre de la Justice, Jean Chrétien, sous prétexte qu’on avait peur que l’auto soit bourrée d’explosifs.  Laporte qui y aurait été déposé vivant serait mort parce que les soins ont pris trop de temps.  On aurait même pensé tirer dans le coffre de l’auto pour s’assurer qu’il n’y avait pas de bombe. (Cela me semble invraisemblable, mais on a peut-être confondu ce bruit au téléphone à celui fait pour ouvrir le coffre)

Évidemment, c’est une autre version des faits.  Elle me semble quand même très plausible.  Vallières a toujours prétendu que la vérité n’était pas ce qu’on nous racontait.  D’une manière ou d’une autre, la mort de Laporte a aussi signifié la mort du FLQ.  Au Québec, autant de violence, ça ne passe pas. Et, c’est correct ainsi.  

Par ailleurs, les libéraux se sont conduit comme des salauds par la suite.  Ils accusaient le PQ d’avoir les mains tachées du sang de Laporte, même s’ils savaient, qu’il n’y avait aucun lien entre le PQ et le FLQ.   René Lévesque condamnait clairement la violence.

Pour les libéraux mentir, c’est juste normal, mais c’est peut-être le propre de tous les mouvements politiques.  

(On a essayé de faire croire à mes parents que j’étais mêlé à l’enlèvement et la mort de Laporte, mais je ne connaissais rien, ni personne du FLQ à cette époque. Tout ce que je savais, je l’apprenais dans les journaux. Pour moi, le FLQ, c’était comme Mandrin. Quelqu’un qui se battait pour les plus pauvres, pour le peuple. Je suis même allé faire un reportage sur la ferme du FLQ, à Ste-Anne-de-Larochelle et je n’ai appris que bien plus tard qu’il s’agissait d’un repère felquiste. J’avais trouvé bizarre de trouver des photos des felquistes recherchés sur une ferme de hippies, mais je n’en ai jamais parlé.)

Quand je suis retourné à l’université du Québec, à Montréal, j’ai fait un travail avec Paul Rose.  Nous n’avons jamais glissé un mot sur les événements d’octobre 1970.  Je n’avais jamais rencontré Rose auparavant et je dois dire que je l’ai trouvé très sympathique.   

Ce travail m’a fait découvrir que Castro a énormément amélioré le sort de son peuple, contrairement, à ce que nous disent les Américains qui continuent un blocus débile.

Si Chrétien a fait une bonne chose alors qu’il était au pouvoir : c’est d’avoir refusé de se mêler à la guerre en Irak.   Trudeau n’a fait qu’une seule bonne chose : il a toujours appuyé Castro.

Les événements d’octobre.

Voici comment j’ai présenté les événements d’octobre, dans mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres aux gens de par chez-nous, aux Éditions Québécoises.

«Ces foutus d’événements, même si je suis bien d’accord avec les revendications, ont entraîné un paquet de répression.  Il y en avait bien eu avant puisque, par exemple, les politicailleurs avaient essayé de faire perdre la job au R. F. Bouffard, à East Angus, à la suite des élections.  Heureusement qu’il était aimé de la population, il a pu continuer son boulot, après des manifestations, début d’occupations, etc.  Mais là ça déborde.  Durant cette période, nous nous sommes fait saisir des tracts demandant aux gens de résister de façon pacifique à l’occupation du Québec par les forces armées étrangères du Canada, comme les tracts du groupe maoïstes, demandant d’appuyer le FLQ.  Ça n’a pas pris de temps, ils n’étaient même pas distribués qu’ils ont été en partie saisis. Par ailleurs, une douzaine de personnes ont été arrêtées dont Gaétan Dostie. On a voulu le faire passer pour un communiste parce qu’il avait un livre sur le sujet, mais il était signé de l’imprimatur de l’archevêque de Sherbrooke.  Leur affaire a donc échoué et ça nous a permis de rire de l’érudition des bœufs. »

D’autres bêtises.   

Toujours tiré de Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouverts aux gens de par chez-nous, Éditions Québécoises, 1973.

«Les bœufs sont même allés plus loin. Ils sont complètement fous. À preuve : À ma suggestion, nous avons fait tirer une peinture de Réginald Dupuis, artiste-peintre de Sherbrooke, pour le mouvement de la Défense des prisonniers politiques.  Peu de temps après, son beau-frère (de Réginald Dupuis) était arrêté à l’usine où il travaillait à Montréal pour la vente de ces billets, illégale, disait-on, parce que pas conforme aux lois de la loto (comme les bingos d’ailleurs) et il a perdu son emploi.  Il y en a une maudite gagne qui ont fait de la prison, perdus leurs emplois pour des riens.  Que peut-il y avoir de dangereux dans une peinture ou encore dans les textes commémoratifs de la mort du poète Gaston Gouin?  La lucidité? À cette époque, les gens se sont aussi acharnés contre ceux qui ne partageaient pas l’opinion du gouvernement.  À East Angus un couple a dû quitter la ville puisqu’il ne cessait d’être persécuté pour leurs opinions politiques. C’est affreux tout ce que l’on a pu inventer pour faire du trouble à ceux qui ne partageaient pas les vues du führer Choquette et Cie.  Quant à moi, à vrai dire, je n’ai pas été tellement achalé.  Je crie fort, mais je ne fais jamais rien. Il ne serait pas surprenant qu’à un moment donné nous ne puissions même plus crier.»

65 ans.         

Eh oui ! J’ai 65 ans, aujourd’hui.  J’ai hâte de voir comment tout ça va finir.  Je suis dans le dernier quart de ma vie au gros max. 

La cour, le 5 février, y jouera certainement un grand rôle.  Je suis comme en 1970, en balance entre le  » peace and love » et la « révolution ». 

Quand je suis allé chez papa avec mon ami rosicrucien, Gilles, est venu au cimentière avec moi. Je voulais savoir qui était enterré, là où il y avait tant de neige.  Il me demanda de partir sous prétexte qu’il ne faut pas déranger les morts. Puis, il me demanda la mort de qui, papa ou mon chien, me ferait le plus mal.  Une seconde, j’ai pensé à Kiki que j’adorais.  Quand papa est décédé, je me suis senti affreusement coupable d’avoir eu ce sentiment comme si j’y pouvais quelque chose.  C’est comme s’il m’avait donné le choix et que j’aurais choisi le mauvais… puis, Gilles avait refusé la main de papa quand vint le tour de lui lire son avenir.  Gilles m’a fait une carte du ciel.  Il me prédit une mort atroce, dans la misère la plus profonde, l’indigence totale. 

Par contre, trois autres visionnaires me voient vivre une fin exceptionnelle.  La première : je deviens très riche à cause d’une histoire de mine d’or qui n’en est pas une.  La Thérèsa?  La deuxième, je deviens très riche grâce à la loto comme me l’avait promis mon ami Jean Ferguson avant de mourir… mais j’y ai déjà rêvé, donc ça n’arrivera pas.  Le troisième, je meurs sur une île, entouré de petits gars, et je reste connu très longtemps après ma mort, à cause de mes écrits sur la philosophie pédéraste.       

C’est une constante quand on me parle de mon avenir : je suis plus connu après qu’avant ma mort, je deviens même célèbre.  

Moi, j’aimerais juste demeurer dans un Québec libre et tolérant.  Je sais qu’être heureux veut dire, dans mon cas, être en amour avec un petit ou des petits gars. Je me souhaite ni rien de plus, ni rien de moins : l’amour.

2 avril 2022

( Je n’aurais jamais pensé qu’à 79 ans, je fêterais 10 années vécues avec Jacques, un gars de mon âge, et que le système m’aurait encore mis en prison pour une vieille affaire de plus de 20 ans.  On m’a alors promis qu’à ma mort on retiendrait seulement que je suis un salaud.

J’ai cessé de publier mes livres parce que je paye pour les faire  imprimer et qu’ils restent dans la chambre d’amis, empilés, parce que je ne sais même plus à qui les donner. Et, le pire c’est que je m’en fiche. Je sais qu’après la mort, il n’y plus rien. Le trou total. Si on m’oublie, je serai un des milliards d’humains qui ont connu ce même sort.)          

Radioactif 337

avril 2, 2022

Radioactif 337

Texte de 2008

La révolution.        

Plus fondamental, on n’avait pas la même vision de la révolution, moi et Pierre Vallières.  J’étais encore aux couches quant à cette manière de percevoir les changements. 

D’abord, dans ma tête, le capitalisme et le communisme, c’est la même chose par les extrêmes : un système économique. 

Le capitalisme, ce sont des individus ou des groupes d’individus qui rêvent de profits et de pouvoir.  L’un ne va pas sans l’autre.  Le capitalisme sauvage se fiche bien de ce qui arrive aux humains.  Les humains sont des esclaves.  Du cheap Labor.  Ils ne sont qu’un outil pour enrichir les riches davantage.  Aucun respect des lois et des pays.  Quand ça ne marche pas comme on veut, on achète ou on renverse les gouvernements, car ce sont eux qui font les lois. 

Le communisme, c’est la même chose, sauf qu’on fait croire qu’il peut y avoir une dictature du prolétariat.  Alors que tout devrait revenir au peuple, tout finit par se retrouver entre les mains des quelques-uns qui dirigent le parti communiste. 

Ils ont le même but que le capitalisme : le fric ou le pouvoir ; mais en utilisant un délire verbal différent pour arriver à la même chose, soit dominer pour empocher.  Fidel Castro a presqu’été une exception; mais de sauveur de son peuple, il est devenu son tyran.

C’est pourquoi j’étais attiré par une solution différente. Vallières rêvait de détruire le système alors que moi je voulais améliorer notre sort de l’intérieur du système.  Meilleurs moyens de communication, plus d’emplois, meilleures payes, meilleure vie pour tout le monde. 

Sur le plan national fédéraliste, le mieux serait la création d’une vraie confédérationUn Québec culturel indépendant, dans un Canada anglais.  Ce qui revient à la souveraineté culturelle de Bourassa. Un Québec français et laïc avec sa propre culture et les moyens pour y parvenir, comme être le maître absolu de son système d’éducation et son immigration.  Être comme les autres provinces, du point de vue économique, obéissant au prorata de la population.

Les provinces participeraient monétairement au fonds mis en commun pour le fédéral.  Le fédéral n’aurait pas de pouvoir exceptionnel, comme le pouvoir de  dépenser. .Et pour le reste, disons que la question du dernier référendum trace très bien les limites du Québec : maître de ses lois, libre de signer des ententes internationales et d’être maître de ses taxes et impôts sur son territoire.  

Je croyais qu’en créant un tel Québec, le pouvoir serait plus près du peuple.  Il répondrait mieux ainsi aux besoins réels des Québécois. 

Nous n’arriverons jamais à être sur la même longueur d’ondes que le reste du Canada. Nous n’avons pas le même passé et les mêmes valeurs.  Plutôt que de s’entretuer, de s’endetter les uns les autres, il est préférable de changer les structures et de tous être plus heureux à l’intérieur. 

À mon sens, changer une bande de voleurs et d’assassins par une autre bande, ça ne change rien de fondamental. 

On revient toujours au dominant-dominé ; mais il y a moyen que le dominé puisse aussi vivre une vie agréable. On a seulement besoin que de ce que l’on connaît.  Je vivais plus que je réfléchissais.


Pierre Vallières.     

Loin d’être le diable en personne, Pierre Vallières était un gars bien gentil, surtout un bon journaliste qui avait des relations que je n’aurai jamais.  Il n’a pas fallu des heures de discussion pour qu’il soit établi que je ne suis pas violent, même si je suis radical et que certains pensent même que je suis un peu fou.  On a fait le tour de la situation économique de la région ainsi que des solutions que j’appuyais. 

Même si Vallières me prenait pour un petit bourgeois, nous nous sommes entendus sur le fait que je lui ferais parvenir tous les textes refusés (censurés) par la Tribune ainsi que les dossiers significatifs.  Il est bien normal que l’on s’aide entre journalistes. 

J’aimais bien Vallières et je ne croyais définitivement pas qu’il fut coupable de ce dont on l’accusait.  J’aimerais bien voir la tête de Trudeau, s’il entendait que certaines personnes prétendent qu’il était le vrai chef du FLQ.  Je ne suis pas le seul qui croyait qu’il écœurait les Québécois pour les réveiller.   Certains l’ont aussi cru.  S’il fallait que toutes les rumeurs soient vraies, ça ne serait plus vivable. 

Avec cette complicité, le journal local ne pouvait plus tout cacher quand ça ne faisait pas l’affaire des libéraux. 

Guy Lafleur.

Est-ce que le procureur de la Couronne était une femme ou un homme dans le cas de Guy Lafleur?  Ça peut paraître non pertinent et pourtant ce l’est absolument. 

Quand on connait, l’obsession pour ne pas dire le harcèlement des féminounes dès qu’on touche de près ou de loin au sexe (son fils est accusé de quoi ?) notre système s’emballe.   

Avant nous avions les curés, les soutanes, pour nous mentir et nous rendre coupables d’être sexués ; aujourd’hui, on a les féminounes qui se prennent encore pour des objets et qui s’imaginent que les hommes sont tous des cochons parce qu’ils ont une queue. 

Cependant, il faut le dire haut et fort, on ne peut pas accepter le viol, mais on en met trop.  Il ne faut pas montrer un corps nu sur internet, mais les jeunes passent leur journée sur des jeux, des films, des sites qui leur apprennent la violence.  La violence, elle, n’influence pas. 

Nous vivons dans une société de plus en plus débile, axée sur la castration et l’argent.  Tout est commerce, comme je le disais dans l’Homo-vicièr. 

Je ne suis pas fâché de ne plus en avoir très long à vivre quand je constate qu’au lieu de devenir plus humain, plus intelligent, notre monde devient de plus un enfer. Les troupes diaboliques seraient-elles celles des morales religieuses?  J’aurais jamais cru qu’un jour je mépriserais autant notre société. 

C’est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un qui est gai : vivre dans une société de féminounes homophobes et castrées.  

Je ne sais pas si vous avez entendu la psychologue à la télévision commenter cette situation.  Je doute même de son équilibre, mais elle a les papiers et son discours faisait bien l’affaire de cette station de télévision. 

 Je vais aller prendre une marche avec Benji, j’ai besoin d’air.  D’oublier que le Québec régresse un peu plus à tous les jours .  On ne va plus à l’église, mais on est encore plus écrasé par sa morale. 

On m’a dit que le seul échec de Trudeau fut de ne pas avoir pu mettre l’Église à sa place au Québec.  On ajoute que Trudeau adorait les individus et le Québec, mais détestait ses institutions.  Je ne pourrai jamais savoir si c’est vrai.  Il est mort.

Radioactif 336

avril 1, 2022

Radioactif 336

Texte de 2008

Censure.

C’est incroyable de voir tous les moyens entrepris par le système pour me fermer la gueule. 

On veut maintenant une permission de la Cour pour me saisir.   Pas d’argent, pas de livre!  Non seulement hypocritement, on a fait disparaître mon nom de la liste des écrivains québécoismais sous prétexte de défendre la chasteté de nos jeunes, on fait disparaître mes écrits ou on refuse de les ajouter dans les bibliothèques des universités ou des cégeps (ce doit être des jeunes de moins de 14 ans qui les fréquentent). 

La raison est toute simple, on ne veut pas entendre mon argumentation sur une nouvelle approche de la sexualité chez les jeunes et on prêche partout à travers le monde la beauté de notre esprit démocratique.  Quelle bande d’hypocrites ! 

Si je publiais des textes pour des jeunes de moins de 14 ans, c’est évident que ces livres seraient ou devraient être expurgés de certains passages de manière à ce qu’ils soient adaptés à eux.  Certains de mes textes ou certains poèmes ne doivent pas être remis entre les mains de jeunes de moins de 14 ans, c’est évident.  Je n’écris pas pour eux. 

Je n’ai pas écrit La pédérastie mise à nu pour les jeunes, mais pour les adultesPour combattre ce qui, à mon avis, est le pire scandale au Québec : le viol de conscience.

Je ne veux pas que nos descendants soient maintenus dans la peur et la haine de la sexualité comme nous le fûmes. 

Mon livre s’adresse aux adultes pour combattre l’hystérie et la paranoïa que l’on entretient encore quant à la sexualité des ados.  Je préconise que l’on abolisse l’âge de consentement pour le remplacer par l’entrée au secondaire, de façon à respecter le rythme de développement sexuel de chaque individu ; mais à la condition, que ce changement soit accompagné de cours sur la sexualité à la fin du primaire. 

L’objectif est d’amener le jeune à se connaître physiquement, à être valorisé par l’existence de son corps et qu’il connaisse son droit absolu de dire « oui ou non» à une relation sexuelle de son choix.  Les jeunes ont le droit à la vie privée. 

Je combats l’état d’hystérie qui accompagne tous les procès en matière sexuelle dès qu’il n’y a pas de violence.

Et, s’il n’y a pas de violence, quand un individu a fait son temps, il n’a pas à être pourchassé, harcelé par l’hypocrite « Gestapo de la pudeur paranoïaque». 

Tous les procès devraient avoir lieu en fonction d’un seul critère : le consentement et la violence. 

Je ne vois pas pourquoi il peut y avoir prescription pour le proxénétisme quand il s’agit des femmes comme si elles étaient des êtres de second ordre.  L’égalité des hommes et des femmes reposent aussi sur la valorisation de la vocation sexuelle de l’un et de l’autre. 

Il est temps que l’on cesse de vivre l’hypocrisie et la paranoïa religieuse qui entourent tout ce qui touche la sexualité.

La peur de la sexualité est aussi une maladie de la personnalité, une forme de mésestime de soi. 

« Border line » pédéraste.

J’ai la poésie de jet comme la santé : toujours border line. 

La prière d’un pédéraste, c’est le genre de poème qui, j’en conviens, ne doit pas se retrouver entre les mains de personnes trop jeunes.  Ce n’est pas que c’est mal, mais trop jeune, tu pourrais être troublé.  J’ai effectivement placé ce texte dans L’autoportrait d’une révolte.  Ce qu’on ne sait pas, ces textes étaient un choix préalable pour compléter définitivement ce qui illustrerait ma poésie.  Je l’ai mis parce que je ne crois pas qu’il soit possible de créer un autoportrait de moi, sans tenir compte de cet aspect profond de mon rapport avec Dieu et la pédérastie. 

Le but est de bien démontrer mon évolution spirituelle à travers la pédérastie. 

Du péché la pédérastie, sa culpabilisation est devenue une prière de remerciements.  Un Alléluia!  J’ai vécu bien des années pour en venir à cette prière qui me semble toute aussi respectueuse que toutes les autres que j’entends. C’est elle qui cerne le mieux mon état d’esprit. 

Je suis d’accord qu’un tel poème n’est pas fait pour un enfant.  Et, je n’ai jamais publié en visant les enfants.  Donc, les adultes seulement devraient le lire, si ça les tente Je ne veux pas scandaliser personne.  Ce texte veut marquer la fin de ma culpabilité. Qu’elle  est bien maintenant une chose du passé.

Prière d’un pédéraste.    

Rien n’est plus beau         
qu’un petit gars, nu, bandé,         
sinon le sourire de Dieu   
qui l’observe ainsi magnifique.

Rien ne  vaut la jouissance         
dans ses yeux allumée     
par ma langue sur son corps       
par mes lèvre sur son gland        
par mes doigts sur sa peau          
sinon Dieu qui se réjouit  
de m’entendre le remercier          
de m’avoir offert l’extase   
d’avoir créé tant de vie et de beauté …  

J’aimerais mourir d’aimer  
ce Dieu qui se mire en toi
que j’adore dans notre jouissance         
à travers l’illumination de nos sens éclatés.    
La passerelle de notre matière    
avec l’amour de vivre sans délai 
de toi, de toi, beauté infinie …

Dieu est beau         
Dieu est extase       
Dieu est sourire      
Dieu est amour

Tu es le chemin qui m’y conduit.
Pourquoi son accès par ton corps         
sa lumière à travers ton regard    
sa vie au rythme de notre jouissance    
nous seraient-ils interdits ?

Si Dieu est amour  
t’aimer comme je t’aime     
est la plus belle des prières …     
Et, le mal : argent égoïste 
Père de la violence …  

Crises cycliques.  

Quand j’ai appris la mort suspecte de Gaston Gouin, ce fut tout un choc.  Pour la première fois, j’apprenais que l’existence du FLQ débordait les frontières de Montréal et qu’il était possible de trouver des terroristes dans les Vaucouleurs(Estrie). 

Beaucoup plus tard, Paul Rose affirmera qu’il n’y a jamais eu de FLQ en Estrie.  Rien ne nous aurait permis d’entrevoir l’existence du FLQ dans notre région.  Même mes textes les plus engagés dans le journal n’avaient rien de vraiment révolutionnaire.  Un langage un peu plus radical, tout au plus.  

L’idée de gouvernement régional pour décentraliser les projets et déconcentrer les budgets faisait du sur-place.  Les autorités de la région chiaient dans leur pantalon dès qu’il fallait s’opposer aux décisions de Québec ou d’Ottawa.  Que tu le veuilles ou pas, pour que tu puisses comme journaliste relater des manifestations, encore faut-il qu’il y ait des gens prêts à les organiser.  Tu ne peux pas parler de ce qui n’existe pas. 

Ce n’est pas parce que tu écris « vive la révolution » que tu es Che Guevara.  Par contre, dès que tu disais que le Québec devrait se séparer du Canada, les oreilles ouvraient et on passait à la discussion afin que cette mauvaise idée ne se répande pas. 

Dommage que les Québécois n’aient pas compris la valeur de leurs votes, ils auraient pu tout chambarder si le Canada s’était vraiment senti menacé ; mais il avait nos rois-nègres pour nous faire passer pour des lunatiques, des terroristes, des petits sales accrochés à leurs joints de pot. 

Comme aujourd’hui, on dévalorise les référendums parce que c’est la façon démocratique de créer un pays et si on votait très majoritairement «oui» le Canada serait obligé de négocier un nouveau partage des pouvoirs ou cette séparation définitive. 

C’était intéressant de rencontrer Pierre Vallières, même s’il était coiffé du titre de chef du FLQ.  Notre discussion campa très vite les différences entre nous deux. 

Vallières avaient une connaissance intellectuelle des discours révolutionnaires, du marxisme, alors que moi tout ce que j’avais de révolutionnaire, c’était d’être en maudit de voir comment les autorités se fichaient des gens.  Mon expérience portait surtout sur les problèmes économiques de la région et de leurs effets sur la vie des gens. 

J’étais aussi un peu éclaté émotivement à cause de ma pédérastie et du plaisir de découvrir le pot. 

Le fédéral se fichait carrément de nous, tout en nous taxant.  Les problèmes qu’il y avait il y a 40 ans touchaient les mêmes secteurs qu’aujourd’hui, particulièrement le textile (en compétition avec l’Asie), la vie agricole, et l’approvisionnement des papetières. Exactement comme aujourd’hui, la même chose, avec les mêmes formules de solutions : le gouvernement du Québec paie, paie, paie ; mais, le gouvernement c’est nous, les pauvres, qui le nourrissons avec les impôts et les taxes. Le peuple se fait littéralement               « épocher ». 

Le Canada n’aura jamais les mêmes intérêts ou les mêmes valeurs que le Québec. 

On dirait que ces problèmes économiques sont cycliques.  Le temps qu’on oublie qu’ils ont déjà existé et que l’on a déjà versé des sommes astronomiques pour trouver des solutions.  Pourtant, ces mêmes industries ont rien fait pour éviter que ça recommence.  Elles ne se sont pas modernisées.  Elles n’ont pas diversifié leurs productions.  Elles n’ont pas cherché de nouveaux marchés.  Elles n’ont pas essayé d’être autosuffisantes chez-nous avant d’élargir leurs champs d’action.  Ces secteurs ont toujours pensé qu’aux profits immédiats et crut que pour conserver les emplois, les gouvernements cracheraient à coup de millions les subventions pour les maintenir artificiellement en vie. 

En fait, ce sont des crises créées par le manque de vision de ceux qui dirigent ces secteurs et de nos gouvernements.  Ce sont des rackets qui éclatent tous les 30-40 ans, en employant un vocabulaire différent, mais qui touche exactement les mêmes points. 

Heureusement, pour ceux qui empochent, ce ne sont plus les mêmes acteurs et les gens n’ont pas de mémoire.

Révolution = Évangile.    

D’une certaine manière, je croyais que si on mettait en pratique l’Évangile, selon Jean, on réalisait la plus grande des révolutions : celle de la tolérance et de l’amour.  Je dois avouer que je n’ai pas tellement changé d’idée. 

La vraie révolution est à la fois personnelle, judiciaire et politique.  Elle est individuelle parce qu’elle repose sur la défense des droits de l’homme et de la vie privée.  L’essentiel, c’est de promouvoir la conscience personnelle, combattre la violence légale et illégale, assurer un minimum vital de bien-être à tous les individus de la terre.  Éliminer les frontières et créer des pays par un regroupement des gens qui vivent les mêmes valeurs.  Tout doit être pensé et fait en fonction du fait que chaque individu est sur terre pour apprendre, pour se développer spirituellement (pas religieux), pour être heureux quelle que soit sa vie.  Apprendre à s’aimer soi-même. 

Je suis plus idéaliste que révolutionnaire parce que la violence conduit à la violence. 

La révolution, c’était me battre pour améliorer le sort de ceux qui m’entourent, c’était faire construire la Transquébécoise pour améliorer la vie économique des Estriens.  Je trouvais ça mauditement excitant de vouloir transformer le monde.  

Je n’avais pas compris encore qu’il n’y a qu’une sphère d’influence ou de rayonnement pour chaque individu.  Avec la mort de Gouin, je me rendais compte qu’en voulant améliorer le sort des autres, on devenait la cible, les victimes d’un système menteur et sale qui est prêt à n’importe quoi pour protéger ses acquis et les faire fructifier, même si ça va à l’encontre du bien de tous, même s’il faut tuer.  Tout pour conserver le pouvoir. 

Si on tuait des gens ailleurs dans le monde, ça pouvait être la même chose ici.  Pour la première fois, j’apprenais que les services secrets des pays peuvent tuer une personne, n’importe quand, n’importe où, dès qu’ils jugent un individu dangereux pour le pouvoir.  

Être révolutionnaire, c’est juste essayer d’écrire la vérité, essayer de sauver ta peau en dénonçant ce monde de bandits «légitimés» par les lois.  Améliorer la vie, sans violence.    

Radioactif 335

mars 31, 2022

Radioactif 335

Texte de 2008

Négociations.

Les plus radicaux pourraient être scandalisés d’apprendre qu’au moment de rencontrer Pierre Vallières, chef du FLQ, j’étais certain que l’indépendance du Québec n’était pas vraiment une fin en soi.  C’était d’ailleurs ce que pensait une bonne partie des gens. 

Quand Daniel Johnson, père, faisait la promotion de son « Égalité ou indépendance », je ne sais pas jusqu’à quel point il y croyait. Quant à René Lévesque, il réclamait un statut particulier pour le Québec (souveraineté-association).  Je suis convaincu que dans sa tête, si le fédéral ne nous donnait pas ce que l’on veut, il aurait choisi de partir, de séparer le Québec du Canada. 

L’indépendance, c’était l’arme pour réviser notre situation au sein du Canada. Pour que ce soit efficace, tu as besoin d’avoir une très bonne majorité du peuple derrière toi.  René Lévesque voulait réviser la constitution.  On remaniait les pouvoirs, mais si ça ne marche pas, là, on pourrait faire l’indépendance, devenir un pays.  

La question référendaire portera d’ailleurs en 1980 sur un mandat de négocier et non sur I’ indépendance.  Je crois que personne au gouvernement du Québec n’a vraiment voulu réaliser la séparation totale du Québec, sauf certains comme Jacques Parizeau, au dernier référendum.  Quand on suit Jacques Parizeau on sait que l’indépendance est indispensable au développement du Québec. On dirait que Parizeau est le seul à être demeuré visionnaire.       

Aujourd’hui, je suis plus radical : c’est l’indépendance, pas d’association.  On négociera quand on sera un pays libre. 

Ce n’est pas Charest qui va défendre le français au Québec, il ne pense qu’en termes d’économie comme le G8.  Il sait que ce sont les pauvres qui permettent aux riches de faire la belle vie…

Charest a ramené le gang qui a réussi, grâce aux peurs économiques, à faire mourir les Québécois de peur.  Il essaie d’être un nouveau Bourassa et de diriger le Québec à coup de sondages. 

Quant au PQ, je serais surpris qu’il soit vraiment indépendantiste pour des raisons tout à fait pragmatiques, réalistes : le Québec ne peut pas exiger son indépendance totale aux Nations Unies, sans avoir l’appui d’une bonne majorité des Québécois. 

Ceux qui crient contre les référendums oublient qu’il n’y a que deux moyens de faire son indépendance : pacifiquement, par voie de référendum ou avec les armes.   

En critiquant les référendums, ces grands gueules sabotent la démocratie vraie. 

Quand je suis allé en prison la dernière fois (bizarre mais c’est toujours quand ça chauffe ou que j’ai écrit quelque chose de percutant),  mon avocat m’a demandé ce qui s’était passé avec Pierre Laporte et m’a dit que je ne serais pas protégé en dedans. 

Quand je suis sorti de prison, par hasard, on m’a rappelé la fin tragique du Dr Ferron.  Certains, à Rouyn avaient même déjà acheté leur bouteille de vin pour fêter ma mort en prison.  Même pour les souverainistes, J’étais trop radical. 

Pour les libéraux et les fédérastes, je ne suis qu’un baveux, un «brasseur de merde».  Pour certains péquistes, je nuis à la cause parce que je parle trop ouvertement de ma pédérastie. J »ai le front de proposer une façon de voir la sexualité qui, à mon avis, est plus humaine et protège plus réellement les jeunes. 

J’ai créé une morale pour pédéraste en me servant de mon expérience de pédéraste.  Ça arrangerait bien du monde que je me taise un peu. Puisque je ne le fais pas, on essaie d’en arriver aux mêmes résultats en me bannissant de toutes les listes d’écrivains, de l’enseignement, même du bénévolat (la Fondation de la bibliothèque Memphrémagog).    

La vie d’un gars, avec ma réputation, la prison, c’est jouer à la roulette russe avec sa vie.  Mais, je ne me tairai pas.   


Mon ignorance.     

À part d’être excité par l’existence d’un mouvement terroriste au Québec, je ne connaissais rien du FLQ. 

J’étais même idiot dans ma perception de ce mouvement terroriste.  Je voyais le FLQ comme l’indépendance : un moyen de réveiller Ottawa et de se faire respecter. 

Tel que je percevais le projet indépendantiste, la séparation du Québec du Canada était un moyen de chantage pour forcer le fédéral à nous remettre notre dû.  Il fallait prendre notre place et, rien de mieux, que de leur dire qu’on ferait cavalier seul pour les forcer à nous écouter. 

Il faut avoir été journaliste, avoir aidé à piloter un projet comme l’aéroport international de Drummondville pour savoir quele Québec pour le fédéral, c’est absolument rien. Le French power, qui devait être le cheval de Troie québécois à Ottawa, n’était finalement qu’un moyen de créer une nouvelle bourgeoisie fédéraste au Québec, pendante à la bourgeoisie fédéraste plus importante qui vivait en Ontario. 

Le Québec devait avoir des retombées pour son réveil, mais les retombées ne se sont effectuées que dans les poches des libéraux fédérastes.  Quand je l’ai compris, j’ai traité Jean Marchand, au téléphone, de traitre.  Ça n’a rien donné, mais ça m’a fait du bien de lui faire comprendre que cette fois on savait.  Aujourd’hui, il me répugne encore plus ainsi que son grand patron, PET Trudeau. 

Je suis bien content d’avoir refusé une heure d’entrevue avec Trudeau, en disant à ceux qui me l’offraient que je ne me tiens pas avec des putains.  C’est exactement la place historique qui revient au French Power. 

Un ami qui travaillait au restaurant du parlement canadien me raconta que Marchand se payait la traite avec les cartes de crédit du Canada. Ça aurait coûté bien plus cher que ce que je dois au gouvernement provincial et fédéral ensemble.  Ce furent nos rois-nègres. 

Je pensais que Trudeau était un indépendantiste qui jouait du coude avec Lévesque juste pour nous réveiller.  Maintenant plus je réexamine notre histoire proche, plus je pense que je m’étais royalement trompé.  Pet Trudeau fut un salaud pour le Québec. 

Je ne peux pas en vouloir à la Tribune de m’avoir interdit d’utiliser la ligne directe avec Ottawa, j’avais couru après, en ne me contrôlant pas.  Je pensais que les bombes à Montréal, c’était du cinéma.  Des bombes placées pour faire peur, mais qu’il ne devait pas y avoir de blessés ou de morts. Je le croyais tellement, qu’à mon avis, Pierre Vallières était innocent. 

C’était un peu normal.  On ne connaissait rien du FLQ à Sherbrooke ; mais qu’un des nôtres, Gaston Gouin, un poète, soit assassiné pour des motifs politiques, on ne pouvait pas prendre ça.  C’était révoltant. 

J’étais sidéré d’apprendre que le système se protège en éliminant ceux qui le contestent.

Le génie politique.

On a toujours essayé de nous faire croire que les Québécois sont astucieux, qu’ils ont du génie politique à revendre.   

Je ne crois pas à cette thèse.  Les Québécois n’ont jamais donné le pouvoir nécessaire au gouvernement du Québec pour fairel’indépendance.  La seule stratégie pour ne pas avoir à se mette à genou devant Ottawa.

Au contraire, ils veulent que le gouvernement du Québec se tienne debout, mais ils lui enlèvent toute crédibilité.  Ottawa sait bien que les francophones s’épuisent et que ce n’est qu’une toute petite question de temps pour que leurs votes n’aient plus d’importance.  Très bientôt nous serons si minoritaires que le fédéral n’aura pas besoin du Québec pour avoir un gouvernement majoritaire.  Alors ce sera trop tard, il ne nous restera plus qu’à disparaître.

Tous les partis au fédéral, sauf le Bloc, sont essentiellement fédérastes. Voter Harper, c’est voter George Bush.  Voter pour un gars comme Dion qui hésite entre le bien du pays et celui de son parti politique, c’est prendre le risque de se ramasser simplement avec un Harper rouge.  Voter conservateur ou libéral, c’est voter pour la guerre en Afghanistan.  Chaque fois qu’un des nôtres meurt au combat, ceux qui ont voté libéral ou conservateur peuvent se dire et être certains que leur vote à contribuer à cette mort.  Une guerre, ça sert à mettre de l’argent dans la caisse de la mafia afghane. 

Certains films se demandent si la CIA et le gouvernement Bush n’ont pas un mot à dire dans la réalisation des événements survenus à New York.  Est-ce qu’un gouvernement démocrate fera la lumière?  Je me souviens d’un livre à partir d’une étude faite pour John Kennedy sur la nécessité des guerres locales pour maintenir l’économie dans laquelle on disait que les recherches pour contrôler la température étaient entreprises, mais qu’elles ne connaissaient pas encore beaucoup de succès.  Est-ce que ce qui se passe actuellement est le résultat de ces recherches militaires ?  

Nos soldats sont extraordinaires, mais nous n’avons pas à mettre le nez en Afghanistan.  Si on veut combattre les talibans qui veulent dominer le monde au nom d’Allah, le mieux c’est d’aider le peuple et instruire ses enfants.  La domination religieuse a besoin d’ignorance et d’intolérance pour survivre.   Ce n’est pas ce qui passe sur les champs de bataille qui nous intéresse, nous savons que nous avons les soldats les plus braves du monde.  Ce qu’on veut savoir : est-ce que la population, les pauvres ont besoin de nous?  Est-ce eux qu’on aide?

Si on veut freiner les Talibans, c’est en refusant l’accès aux fanatiques de l’Islam dans notre pays.  Quant aux musulmans non fanatiques, ils sont comme nous.  Ils prient et ne rêvent pas de dominer tous les autres.

La religion et la guerre.   

Il ne faut cependant pas oublier, quand il est question de la guerre en Afghanistan, qu’il faut définitivement stopper et empêcher que l’humanité devienne l’esclave de la Charia (ou les règles de n’importe quelle autre religion ), car ces règles sont d’un autre temps et ne respectent pas l’évolution de la connaissance. 

C’est la seule chose pour laquelle Bush a raison.  L’homme ne doit pas être l’esclave d’un dieu ou d’une puissance religieuse, même protestante ou mormone. 

Que des milliers de personnes descendent dans la rue pour des caricatures sur le prophète Mahomet prouve bien que cette foi aveugle est loin de conduire à la tolérance et à la sérénité.  Il y a une différence entre Mahomet et Allah, aussi grande qu’entre Jésus et Dieu.  Si on accepte que les deux (Jésus et Mahomet) sont des prophètes, rien n’interdit de reproduire leur image.  C’est faire preuve de fanatisme que de tout vandaliser pour des caricatures. 

Entretenir l’amour des autres, ça devrait être un principe de base de toutes les religions.  Malheureusement, on l’a oublié.  Si ces mouvements de foule existent, c’est qu’il y a des leaders qui les provoquent.  Comment ne pas attirer une islamophobie quand ils agissent ainsi ?  

Il appartient aux fidèles eux-mêmes de refroidir les ardeurs trop virulentes de leurs leaders. C’est aussi vrai en ce qui concerne Israël.  

Pour être membre de l’ONU, tous les pays devraient avoir obligatoirement des gouvernements laïcs.  Il faut séparer la religion, du judiciaire et du politique que ce soit juif, musulman, chrétien ou autre. 

Dieu est une entité spirituelle non une réalité matérielle… Il est urgent que l’on sorte des vieilles guerres de religions maintenues régionalement pour permettre aux grandes puissances d’écouler leurs anciennes armes.  La guerre est un instrument pour faire fonctionner l’économie. 

Je ne sais pas jusqu’à quel point ce que l’on m’a raconté sur Hitler est exact.  On m’a déjà dit qu’Hitler n’avait plus le choix parce que l’Allemagne était étouffée par les banques mondiales, ce qui expliquerait sa haine des juifs.  Quoiqu’il en soit, rien ne justifie ce qui s’est passé, mais si c’est exact plutôt que de camoufler la vérité, on serait mieux de la dire pour prévenir que d’autres folies du genre soient commises. 

La lutte aux Talibans passe par la construction d’école et la lutte à la pauvreté.  Si l’humanité était plus juste et répartissait mieux ses richesses, on ne vivrait pas de telles situations. 

Qu’il faille des soldats pour maintenir la sécurité, c’est certain, mais pas dans n’importe quelle mission.  Apprendre aux Afghans à se protéger, à établir une démocratie, c’est protéger la paix et non faire la guerre. Par contre, toute mission de paix ou de guerre a son lot de morts, malheureusement.   

Les soldats ont notre sympathie et notre appui, pas la guerre.

Radioactif 334

mars 30, 2022

Radioactif 334

Texte de 2008

Les dieux… 

Il y a toutes sortes de gens dans toutes les religions. Tous ceux qui ont lu le Coran, comme la Bible ou les Évangiles savent très bien que ce sont des écrits en vue de réfléchir, de belles histoires.  Rien pour rendre fanatique. 

La très grande majorité des gens se servent de leur religion comme d’un moyen pour avoir un lien avec Celui qu’ils appellent Dieu, l’infini, la force supérieure. 

Avant les humains inventaient les dieux comme de nouvelles liqueurs. Il y en avait des tonnes.  Un dieu par peur.  Un dieu par élément de la nature qui pouvait se déchaîner.   

À la suite de bien des guerres, les hommes ont mis de côté ceux de la Grèce antique, puis de Rome, puis, ont adopté un seul Dieu.  Les juifs l’ont appelé Yahvé, les musulmans Allah et nous, Dieu.  C’est toujours le même. 

Alors si nous avons le même Dieu pourquoi menons-nous des guerres pour le dieu de notre dénomination, c’est le même que celui des autres avec un autre nom?  Pourquoi vouloir que le nôtre domine celui des autres? 

Les Sages, les prêtres ont essayé de définir Dieu et en son nom ils ont inventé toutes sortes de préceptes, toutes sortes de lois, en prétendant que c’était Dieu qui les donnait à l’homme.  Puisqu’on ne connait rien, qu’on est des peureux devant la mort, on a accepté de croire dans ces règles qui dominent notre vie et on a appelé ça religion. 

Avec le temps, les autorités religieuses ont pris le pouvoir, sous prétexte de détenir seuls la vérité.  Ils ont inventé les péchés et les sacrifices.  Ils ont créé des rites.  Nous sommes nés avec les connaissances de nos parents qui les ont transmises.  Ignorer cela, nous permet d’être fanatique, mais ne fait que marquer notre ignorance. 

Pourquoi les dieux d’une telle culture seraient-ils mieux que ceux d’une autre culture?  Les dieux sont inventés par les hommes.

Fanatisme.

Le vrai problème des religions, c’est que pour devenir plus riches, plus vite, elles mélangent de plus en plus le commerce et la politique à la religion. 

Les religions sont toutes dirigées par des fanatiques parce qu’ils s’appuient sur les traditions pour maintenir leur pouvoir.  Les chrétiens ne peuvent pas se croire bien supérieurs aux juifs et aux musulmans quand ils écoutent le pape ou la reine parler de sexualité ou de partage. Les Borgia et les Tudors nous rappellent que nos religions sont issues d’orgies sanguinaires.

Il n’y a aucune différence entre un juif, un catholique ou un musulman.  Ils sont tous tellement possédés de Dieu que leur pratique religieuse semble être d’avantage une forme de schizophrénie que de prières. 

Les religions, loin de pousser les hommes à s’entraider,  les poussent plutôt à se haïr parce qu’ils s’imaginent à être les seuls à avoir raison, que leur religion est supérieure et qu’il faut établir la loi de leur dieu. 

Comment « un être strictement spirituel » peut-il régner sur les hommes?  Seulement si ces hommes ont le pouvoir de faire croire qu’ils parlent au nom de dieu.  C’est le seul moyen d’ailleurs pour expliquer les interventions de dieu dans la vie sexuelle des individus. 

L’homme est un animal et ça lui prend beaucoup de temps pour évoluer.  C’est l’animal le plus dangereux.  C’est le seul être qui est assez bête pour essayer d’empiler des milliards $$$ quand on sait que tout le monde va crever de faim. Pas d’exception.

C’est aussi en inventant ce qui se passe après la mort ou avant la naissance que les prêtres ont pu avec leur imaginaire inventer des philosophies qui expliquent tout, même si on s’aperçoit que ça ne tient pas tellement debout.   

Les fanatiques n’ont pas une seule cellule du cerveau connecté à la réalité. 

Quand tu es prêt à tuer pour ta religion. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ton petit cerveau, quelle que soit la religion.

La tolérance.          

Fort heureusement, les croyants ne sont pas tous des fanatiques.  Les fanatiques sont ceux qui dirigent les religions. 

Tout le monde pense que tous les musulmans sont fanatiques.  C’est loin d’être vrai ; tout comme c’est aussi vrai que ce ne sont pas tous les juifs qui sont riches.  Ce qui compte : être humain et être tolérant. 

Un exemple : Je m’étais rendu chez mon fiston et bien évidemment les enfants qui m’appellent « dada », l’équivalent de grand-père, étaient bien contents que j’achète des pizzas pochettes. J’ai vérifié pour être certain qu’il n’y avait pas de porc et nous avons vécu un vrai party.  Quand j’y suis retourné, j’ai voulu organiser la même fête et je suis allé chercher des pizzas pochettes pour les enfants.  C’était le régal, jusqu’à ce que mon fils lise les données sur la boîte et que l’on se rende compte que cette fois les maudites pizzas contenaient du cochon.  Ça aurait pu tourner au vinaigre, mais on a vite conclu que je ne l’avais pas fait exprès. C’était grave, selon leur religion, les enfants pouvaient être damnés à cause de moi, mais on m’a pardonné J’en n’ai pu jamais rachetées quand j’y suis retourné.  C’est ça de la tolérance. 

Par contre, quand mon plus jeune fils s’est suicidé, j’ai eu le malheur de dire à l’Iman que Rouhed était très chanceux parce qu’il pouvait emprunter autant le chemin de Jésus que du Prophète pour se rendre au ciel.  L’Iman est presque devenu fou. Il ne voulait plus que Rouhed soit enterré dans un cimetière musulman parce qu’il avait vécu avec un chrétien. 

Heureusement, son cousin qui demeurait aussi chez- moi, a pu leur expliquer que Rouhed était libre de prier et qu’il avait même son petit tapis pour le faire. 

À cause de mes enfants, j’ai lu le Coran et j’ai eu la surprise de découvrir que la plus grande qualité d’Allah, c’est d’être miséricordieux.  Les dirigeants religieux oublient que l’on ne peut pas aimer dieu si on n’aime pas son prochain. 

Réfléchir, c’est un des aspects pour lequel les religions méritent d’exister, en autant qu’elles respectent l’espace publique. 

Permettre la liberté religieuse, c’est permettre de croire ce que l’on veut, de pratiquer chez-soi la religion que l’on veut, de pouvoir assister aux offices religieux que l’on veut ; mais quand un iman, un prêtre ou n’importe prêche la violence, ce n’est plus de la religion, mais de la politique. 

Le Québec n’a rien à faire dans la guerre des juifs (Israël, États-Unis) contre les musulmans (Iran, Palestine, Chine et Russie).  Ici, tu as droit à ta religion, mais tu ne peux pas l’imposer aux autres. 

Le secteur de l’éducation est non confessionnel, ça veut dire dans toutes les institutions scolaires ou préscolaires.  Le parent qui ne veut pas que son enfant mange la même nourriture que les autres n’a qu’à préparer le repas que mange son petit. 

Ce qui se passe à Montréal est inacceptable, surtout qu’on veut forcer la garderie à payer 4,000$ d’amende.  De la folie pure.  Ce n’est pas ça un accommodement raisonnable.  C’est du chantage religieux.  C’est au père à fournir sa viande, s’il ne veut pas que son enfant mange comme les autres.

Les communistes.

Fin des années 1960 début des années 70, le mot «révolution» revenait plus souvent que le mot idéal. 

Nous rêvions tous de changer le monde pour le mieux et au fur et à mesure qu’on vivait, plus on s’apercevait que ce n’est pas si facile que ça.  

Le problème est le même aujourd’hui : on ne connaît pas l’histoire.  Bien des jeunes s’imaginent qu’ils savent tout, qu’en se prétendant autonomiste, ils ont inventé une nouvelle façon de penser, que tous les vieux sont de vieux cons qui ne leur ont laissé que des dettes, oubliant que ce dont ils profitent aujourd’hui, c’est grâce aux vieux cons. 

La vie des générations portent toujours son lot de bêtises et de bons coups.  Ainsi, le monde actuel appartient aux jeunes et c’est tant mieux.  C’est à leur tour d’essayer d’améliorer les choses et, comme nous, ils s’apercevront que parfois notre solution est pire que le mal que l’on veut soigner.  Dommage cependant qu’ils ne se rendent pas toujours compte que le Québec a toujours été le paradis des francophones…

Je n’étais pas à priori de la mouvance révolutionnaire communiste, je ne connaissais même pas ça.  

Quand j’étais plus jeune, la face de Staline m’a toujours été présentée comme étant celle du diable.  En fait, il a été aussi pire, sinon pire qu’Hitler ou Pol Pot ; mais ce dernier est moins connu, même si des millions de gens sont morts au nom de son idéologie.  Il n’a jamais été traîné en cour.  Que diront les dictionnaires de George Bush, de Poutine ou de Harper?  Du colonialisme? De l’esclavagisme?  De l’âgisme? 

Quand on parlait de communistes dans la paroisse, des films à l’appui, on nous montrait les mauvais Viêt-Cong qui envahissaient tranquillement le sud du Vietnam.  Il était difficile pour des enfants de comprendre pourquoi tant de gens doivent fuir leur village.  Un enfant n’a pas encore l’esprit assez sale pour penser que les guerres sont bonnes pour les humains.  Ils ne connaissent pas encore les systèmes économiques ou d’exploitation.  Pourquoi les gens s’entretuent-ils?  Les adultes sont des fous. 

Un communiste, ça ne voulait pas dire grand-chose en nos campagnes, mais dès qu’on traitait quelqu’un de mauvais, on le disait communiste.  Donc, une évidence, être communiste c’était le mal ambulant, la voie de l’enfer et du diable.  Un communiste, c’était un étranger qui s’installait et qui ne venait pas à la messe.  C’était à peu près tout ce que je savais du communisme.     

Radioactif 333

mars 29, 2022

Radioactif 333

Texte de 2008

Assassinat de Gouin.      

Un soir, en entrant à la salle de rédaction, Alain Guilbert qui aimait bien rire de moi, m’a dit que je devais être content de ne plus être le deuxième poète de Sherbrooke puisque Gaston Gouin était décédé.  Je dois avouer que ça m’a insulté. 

J’avais beaucoup de respect et d’admiration pour Gaston Gouin.  Je ne suis pas le genre de gars à souhaiter la mort de quelqu’un pour avoir la première place.  Même si j’ai un gros nombril, je ne crois pas avoir la tête aussi enflée.  Suis-je le seul à croire que je suis un bon garçon ? 

Une chose est certaine, si j’écoutais ce qu’on invente à mon sujet, les intentions que l’on me prête, j’irais me suicider sans tarder.Faire une pipe, c’est pire que de forcer des enfants à vivre dans la misère?  

Je me suis demandé si ce n’est pas ce que le système cherche à me faire croire depuis que mon fils adoptif Rouhed s’est suicidé par amour pour Sara.  Si ce n’est pas ça, ça y ressemble en maudit.   Je ne me sens pas coupable, je suis relativement toujours heureux ;  même si parfois je panique et que je me dis que je serais mieux mort.  

Me suicider ce serait permettre à ceux qui me harcèlent de triompher.  J’ai toujours ressenti cette chasse-aux-sorciers comme étant des gestes politique camouflés sous la haine de la pédophilie, pour excuser leurs gestes politiques dignes de la Gestapo. 

Les féminounes sont une des armes de la nouvelle Gestapo de la droite américaine … Qu’importe! 

Peu de temps après la mort de Gouin, j’ai été mis au courant de la grande rumeur à l’effet que Gaston Gouin aurait été tué dans un accident de motocyclette, provoqué par une blessure à une main.  Il aurait été atteint par une balle tirée par un gars de la GRC ou des services secrets canadiens. 

Avec sa mort, la révolution n’était plus un jeu pour moi.  Nos vies étaient vraiment en danger quand on ne pensait pas comme l’establishment. 

Je ne croyais pas dans la culpabilité de Pierre Vallières, le chef du FLQ ; mais dans la perception que j’avais de la vie politique, que le système ait éliminé Gaston Gouin était possible. 

Nous vivions un film de Costa Gravas en vrai.  Allende a bien été renversé et assassiné avec l’aide de la CIA. 

Être tué par le système, c’était une nouvelle réalité.  Comment ne pas prendre cette histoire au sérieux ?  On disait que Gaston Gouin était felquiste, qu’il était celui qui avait craché au visage de Jean-Jacques Bertrand, le premier ministre et traître linguistique avec sa loi 63, qui donnait le libre choix aux parents italiens du choix d’école.  C’était un sujet explosif comme aujourd’hui, quand il est question de langue ou de religion. 

D’ailleurs, Pauline Julien et Pierre Vallières assistaient aux funérailles.  C’était la première fois que je discutais avec le chef du FLQ.  J’ai cru de plus en plus dans la version du meurtre, quoique la famille le nie encore aujourd’hui.  Paranoïa ou réalité? 

C’est comme la mort d’André Fortin, le chef des créditistes.  La rumeur voulait qu’il ait dû se jeter dans le fossé pour échapper à une auto qui lui entrait dedans.  Une mort suspecte?  Du moins, selon la rumeur. 

C’était toujours les mauvais séparatistes attaqués par les assassins fédérasses.  Mario Bachand qui organisait la lutte pour un Québec français aurait été tué par deux policiers fédéraux, en France.   Ces derniers vivraient maintenant au Québec.  C’est ce qu’on disait.  Comment vérifier de telles affirmations. 

Dans mon cas, ça faisait monter l’adrénaline et ça stimulait mon radicalisme, même si je demeurais non-violent.  Je croyais sincèrement qu’on pouvait changer le système de l’intérieur.  Je me percevais comme un journaliste très engagé, mais je ne croyais pas à violence.  Changer une bande de bandits par d’autres bandits, ce n’est pas ça la révolution.  Lors de la révolution française, ceux qui ont joué de la guillotine, on ensuite goûté à la guillotine. 

Mais, dans ma petite tête, j’admirais encore Mandrin et j’aurais bien voulu lui ressembler.

Charest .      

Nous avons trois exemples extraordinaires de la nécessité pour le Québec à devenir  d’urgence un pays pour se protéger avant que les effets de notre misère climatique nous atteignent et que les Américains – Canadiens décident de nous voler tout ce que nous avons en eau et en richesses naturelles. 

Si pour le moment, ils se servent de leur armée pour aller vider d’autres pays (comme le font la Russie, la Chine et les autres grandes puissances) de leurs richesses, nous passerons dans le « collimateur » dès qu’ils ne pourront plus faire la loi dans le reste de la planète. 

Un pays qui peut restaurer le droit à la torture et aux meurtres politiques est un pays satanique, dangereux qui n’a aucun respect pour la vie des autres. 

Les solutions économiques pour le Québec étaient déjà envisagées et même en voie de réalisation il y a plusieurs décennies. 

Malheureusement, ceux qui nous dirigent n’ont pas encore compris que nous sommes étouffés par les règles canadiennes parce nous n’avons pas les mêmes intérêts.  Ceux qui nous informent font partie intégrante de la machine qui doit nous laver le cerveau, amener tous les gens à une obéissance aveugle de leurs dirigeants despotes.  Un Québec fort, dans un Canada uni.  

Bush a volé ses élections, comme le fédéral a volé le dernier référendum.  Nous sommes encore tributaires des politiques des gouvernements supérieurs. 

Jean Charest présente actuellement trois réformes qu’on envisageait déjà, il y a plusieurs années. Que le Québec soit partenaire du Marché commun européen, ce n’est pas d’hier que cette idée flotte dans l’air.  On voulait, même avec le projet d’aéroport international, faire du Québec la plaque d’entrée de l’Europe en Amérique.  Même sur le plan culturel, Antoine Naaman, de l’Université de Sherbrooke, voulait faire de sa ville le centre mondial de la littérature francophone.  L’Europe a toujours été dans le portrait pour diversifier notre marché. 

Ce projet ne pourra jamais se réaliser, car s’il est intéressant pour le Québec, il l’est définitivement moins pour les Canadiens et les Américains. Mais, on nous fait croire que l’indépendance qui nous permettrait de réaliser ce rêve n’est pas avantageuse.  On nous fait des coups de la Brinks et on les croit.  Si notre marché avait été plus diversifié comme on le prônait, nous n’aurions pas la crise forestière.  C’est aussi le cas, en ce qui concerne, la lutte aux effets de serre.  Pourquoi le Québec a-t-il empêché Hydro-Québec de réaliser des automobiles électriques?  

L’Ontario, en basant son économie surtout la production automobile ne pouvait que se préparer un avenir de crève-faim, car nous sommes à la remorque totale de l’économie américaine.  Quand Trudeau, l’horreur Trudeau (on devrait dire libérale puisque ce fut cette même mentalité de haine envers le Québec qui a persisté jusqu’à nos jours) disait que l’indépendance était un crime contre l’humanité, il devait penser que les pétrolières sont le salut de l’humanité. 

Le Québec ne peut pas modifier l’atmosphère à lui seul, il peut juste être pollué par ses voisins.  Si au moins le Québec avait les moyens de réaliser ses politiques, en étant indépendant, ce serait déjà un grand pas.  Tous les Américains ne seront pas toujours aveuglés par les discours religieux. 

Finalement, si le Québec était indépendant, on ne serait pas en Afghanistan.  Les fédérastes appuient les guerres dans lesquelles le Canada s’est enlisé pour lécher le derrière de M. Bush.  

Les politiques économiques de Jean Charest sont intéressantes, mais elles ne pourront pas être réalisées tant que le Québec ne sera pas un pays. 

Ils ne comprennent pas vite …


Accommodements.

Les premières fois que j’ai rendu visite à maman alors que je venais d’adopter Shuhed, c’était toujours un peu compliqué, car maman qui a toujours été la bonté même n’arrivait pas à comprendre tous les interdits musulmans, comme ne pas manger de porc. 

Mon mets favori a toujours été le ragoût de pattes de cochon de maman.  Elle s’efforça donc à notre première visite de me faire son fameux ragoût, mais quand le petit est venu pour en manger, il ne voulait rien savoir et, pour moi, il n’était pas question de le forcer à ne pas respecter sa religion.  Maman dû lui faire autre chose et apprendre ses règles comme moi. 

Elle a surnommé mon fils «sa chouette», ce qui était plus facile à retenir que Shuhed et aussi parce qu’elle l’aimait bien.    

C’est un peu le même problème avec les accommodements à Montréal, à moins que ce soit rendu un moyen de chantage pour avoir des compensations financières comme on fait avec la pédérastie.

L’Église toute riche a payé et maintenant, comme je l’avais dit dans mon livre Le Temps d’agir, ce chantage se poursuit de plus belle.  C’est un commerce très lucratif.  Ça justifie aussi de ramasser de l’argent à travers des fondations, sous prétexte de défendre les jeunes contre les mauvais prédateurs.   Cependant, on n’a pas l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que pour leur bien, qu’afin qu’il puisse devenir autonome, l’idéal ce n’est pas le 911 et la police et tout ce cirque traumatisant, mais une saine éducation pour les préparer à vivre en fonction de leur décision. Ton cul t’appartient ...

Si on regarde objectivement la règle musulmane ou juive concernant la nourriture (c’est une entrée d’argent extraordinaire), c’est stupide de la maintenir.  On ne pouvait pas manger de cochon parce que les gens autour du prophète Mahomet vivaient dans le désert et le porc est un animal qui devient un poison à la chaleur, s’il n’est pas mangé rapidement.  C’était une chose qui survenait souvent.  Donc, c’était un enseignement responsable de la part du prophète ; mais la situation a complètement changé avec les frigidaires. 

Le porc n’est plus une nourriture nocive.  Ce n’est pas parce que cet animal mange sa merde qu’il est plus impur que les autres.  Moins appétissant si on y pense en mangeant, mais pas de plus mauvaise qualité nutritive que les autres. 

Les musulmans ne veulent rien changer parce qu’ils doivent obéir à la lettre à ces enseignements et la tradition.  Ils refusent qu’on l’ajuste en fonction de la réalité actuelle. (C’est la même chose pour les autres religions). 

Toutes nos religions occidentales viennent de la même source ; de Yahvé, le dieu des Juifs, de la Bible et du Coran. 

À la suite de guerres en n’en pas finir, on a accepté qu’un seul dieu, mais les musulmans, eux, l’appellent Allah.  Nous, c’est Dieu. Ça change quoi ? Rien, mais cette nuance justifie bien des guerres. C’est comme les protestants qui sont nés des abus des catholiques avec les indulgences, etc. 

Quand tu étudies l’histoire des religions, tu ne peux pas ne pas être étonné des scandales que portent nos saintes religions.  Par contre, quand tu n’es pas fanatique, la religion est une maudite bonne affaire, car en principe elle nous apporte tous un idéal de vie.   Tout n’est pas que folie.  

Radioactif 332

mars 28, 2022

Radioactif 332

Texte de 2008

Pédérastie = handicap.   

Je ne pensais pas que la politique viendrait tout bouleverser à ce point. 

Même si j’avais récité un poème en disant que ma poésie se cueille sur les lèvres d’un garçon (j’aurais été mieux de parler de pipe, ça aurait été plus authentique).  À ma surprise, des gens partageaient et applaudissaient le fait qu’il y ait enfin une personne assez  » brave ou sautée  » pour lever le voile sur ce tabou. 

Il y avait peu de gens qui savaient que je suis pédéraste. Ça ne te paraît pas dans le front. Je ne suis pas efféminé, alors impossible de le savoir à moins que j’en parle. 

Je me considérais anormal.  J’avais peur de moi et je me demandais si c’était possible que je   « pette un jour au frette » et devienne violent.  J’avais peur que la peur me rende fou.  Je me détestais et je cherchais, comme aujourd’hui, à me comprendre et à comprendre

Naître pédéraste, c’est venir au monde avec un maudit handicap émotif.  C’est inné. Tu peux te tuer. Ou tu peux essayer de le dissimuler toute vie et mourir en te détestant, en te disant que t’es le produit de ton hypocrisie.  Ou tu peux chercher un moyen de l’assumer. C’est ce que j’ai essayé de faire. 

Une bonne partie de mes amis voyaient la solution en changeant de pays.  Là, où on n’a pas une bande des bourgeoises névrosées qui font la lutte à tout ce qui est sexuel. 

Ce n’est pas bête, car si tu tombes en amour avec un petit gars là-bas, tu vas essayer de l’aider ainsi que sa famille, comme le disait le grand écrivain français: Tony Duvert.  Cependant, il y a des fous partout sur la terre, tout n’est qu’une question de fanatisme.  

Le problème avec cette solution: c’est égoïste, même si c’est un moyen d’échapper au suicide.  Tu es là-bas un bout de temps, puis tu reviens.  Le jeune qui s’est attaché à toi est laissé sur le pavé et il vit une situation encore pire qu’avant de te connaître parce que tu lui as ouvert l’esprit à autre chose que sa misère quotidienne quand tu étais là. 

Je n’ai jamais été un touriste sexuel, mais j’en ai assez entendu parler pour ne pas me laisser emplir par toutes les histoires qu’on raconte pour justifier l’existence de bien plus grosses subventions. 

On recherche un pédophile alors que les grandes puissances subventionnent en cachette les guerres, les soldats-enfants, les enfants qui travaillent, les enfants qui sont tués par des escouades de la mort;  mais ces jeunes meurent chastes au moins, ils ne sont pas pervertis par le sexe.         

De plus, de nombreux mouvements missionnaires religieux servent de tremplin à l’espionnage et aux services secrets des grandes puissances.  Il faut bien les connaître un peu pour mieux les mâter et voler leurs richesses naturelles…

Pédéraste, tu te ruines pour ton serin alors que les responsables du commerce charnel des femmes, de la drogue, des ventes d’armes opèrent en groupe, sous la protection de la police internationale.  Toute une différence !      

Les projets à l’eau…         

L’apathie des gens et la peur des autorités locales nous ont coûté tous les grands projets pour sortir les Cantons de l’Est (Vaucouleurs) de l’impasse ; mais avec les cultivateurs,  j’ai appris que si tu veux quelque chose, tu dois brasser un peu la cage. 

Comme me l’a appris, en France, un fonctionnaire du bureau du premier ministre : Il faut parfois créer des petites crises pour laisser la fumée du volcan s’échapper en geysers. 

Si je n’avais pas réussi avec l’aéroport international de Drummondville (un petit investissement d’un milliard), la zone spéciale, etc. ; au moins, j’avais la parole de Robert Bourassa quant à son accord pour la construction de la Transquébécoise ainsi que la tenue d’une étude de mon projet de 100 millions de développement pour tirer l’Estrie de la misère économique. 

Nous n’avons pas eu tout ça, mais je dois avouer en toute honnêteté qu’il a accepté qu’on verse 55,000$ pour étudier le projet à travers le Centre de développement régional.  Le projet tombait peut-être dans les mains de fonctionnaires, mais au moins, il avait une chance de se concrétiser.  Bourassa n’était pas un fou, c’était un économiste compétent, mais il faisait dans ses culottes dès qu’il était question d’indépendance. 

Malheureusement, toutes ces promesses commencèrent à tourner au vinaigre.  Une lenteur à faire mourir un escargot d’impatience.  On m’avait aussi retiré du projet de la Transquébécoise, une politique que semblait adorer la Tribune : on me laissait faire tous les cris primaires, aboyer à qui mieux mieux après la lune, puis, on me retirait le projet parce que j’étais trop électrique. 

Quand les libéraux sentaient que je leur chauffais trop le derrière, il obtenait que je sois écarté du dossier. 

Une chance que je ne buvais pas sur la job.  Je suis beaucoup plus baveux après avoir bu qu’après avoir un fumé un joint.  Le joint me rend paranoïaque ou fou comme une punaise de lit, comme m’avait dit Mme Emma Descôteaux (you are crazy as a bed bug). 

Non seulement Bourassa a accepté le projet, mais ils ont  commencé les travaux de construction de la Transquébécoise (la 55 aujourd’hui),

 Quand Antonio Pinard, ministre la Voirie, est venu inaugurer le projet, je fus remplacé et il en a profité pour citer quelques brides de mon petit livre Réjean, une façon de marquer sa complicité avec ma campagne pour obtenir cette autoroute.  Mais, ça démontrait aussi que certains ministres étaient bien au courant de mon orientation sexuelle.  On m’avait dit que certaines grandes personnalités partageaient mes goûts. Je n’ai jamais vérifié.  C’était un petit clin d’oeil pour me calmer les nerfs.  

Réjean, c’est une lettre d’amour pour un petit gars du même nom. Quand il l’a lue, sa seule réaction fut : C’est très beau, mais on n’adore que Dieu. Mon livre finit par : « Petit prince, je t’adore».  

Réjean est le seul livre qui m’a vraiment payé parce qu’il a été lu par Ronald France, aux Ateliers des inédits, à la radio de Radio-Canada. 

Quand je suis paranoïaque, je pense qu’on me prépare une retraite définitive, mais on veut s’assurer avant qu’on ne pourra pas trouver mes livres. Pas trouvable.  Si en plus mon nom ne paraît nulle part, je serai très vite oublié.

Un libéral…

Définition : Un individu qui a troqué son cerveau par des $$$$$$….        


Les partis politiques.       

Les partis politiques devraient en principe nous permettre de nous situer dans la société et défendre des valeurs particulières.  Malheureusement, les partis politiques ne savent pas sortir de leurs petits intérêts mesquins et voir le bien véritable du peuple.  C’est le cas, du fait français. 

 À moins d’être idiot, tout le monde sait que très bientôt les francophones représenteront la minorité québécoise la plus importante à Montréal et au Canada, le Québec pèsera moins qu’une plume.  

Cette situation ne nous vient pas seulement de l’immigration, surtout si les immigrants apprennent le français en arrivant ou avant de venir.  

L’immigration est une merveille, elle permet un métissage de toutes les  beautés; mais l’immigration joue un rôle négatif déterminant ; si nous n’avons pas le courage de nous définir comme nation francophone.  Nous sommes à peu près le seul peuple sur terre à être assez schizophrène pour ne pas savoir qui il est.  On vote pour des gouvernements indépendantistes, mais on refuse de passer par un nouveau référendum, sous prétexte que ça coûte de l’argent.  On aime mieux avoir des journalistes qui pensent pour nous que de penser. 

Le moins qu’on devrait s’attendre de nos dirigeants, c’est que l’intérêt de la nation passe avec celui des partis politiques. 

Quand je me suis battu pour le français dans les sondages, c’est la Commission des droits de la personne et de la jeunesse qui a défendu le dossier.  La Commission sur la langue ou l’Office sur la langue française ne voulait rien savoir.   Non seulement le Canada ne respecte pas notre langue, mais il élimine nos valeurs : les jeunes délinquants, la guerre en Afghanistan, l’âge de consentement, etc. 

Au fédéral, Stéphane Dion semble un mollusque quand on l’entend parler des prochaines élections.  Il est capable de se comporter en frondeur seulement quand il s’en prend aux Québécois comme s’il avait déjà pris pour acquis que nous sommes un troupeau de moutons. 

Une nation qui n’a pas de pouvoir, c’est comme un homme sans colonne vertébrale…

Radioactif 131

mars 27, 2022

Radioactif 331

Texte de 2008

La pédophilie.        

J’ai discuté avec une représentante de la Commission des droits, ce matin.  J’ai compris qu’on ne peut rien dire pour accélérer l’émancipation du Québec.  Nous sommes encore inconsciemment prisonniers de la morale religieuse, même si nous n’allons jamais à l’église.     . 

Pour la Commission des droits quelle que soit la réalité sexuelle chez les adolescents, toute personne qui a une relation sexuelle avec un enfant de moins de 14 ans est un pédophile.  C’est aberrant que des gens en autorité soient aussi bornés.  On peut bien n’être qu’une province.  Je maintiens mon point de vue.  La pédophilie s’intéresse aux enfants de moins de 10 ans et les pédérastes ceux de plus de 10 ans. C’est basé sur le concept de développement chez Freud.  Normalement, la période        de latence se termine vers 10 ans. Chaque individu est différent.

Si l’on veut respecter la Charte quant à l’intégrité de l’enfant, il faut qu’à tous les âges , il puise se former une conscience personnelle en vue de l’autonomie qu’il devrait acquérir avec la vie adulte.           

 Idéalement, il ne devrait pas y avoir d’âge de consentement parce que le rythme de développement de chaque individu est différent. La sexualité est la base la plus fondamentale de la liberté et de la vie privée. 

Par contre, pour empêcher les abus, il devrait y avoir des cours de sexualité à la fin du primaire qui explique le fonctionnement du corps, les transformations à l’adolescence , les maladies vénériennes et les moyens de contraception, et surtout,  un cours qui leur apprend à dire oui ou non à des relations sexuelles.  Le fameux «  j’aime ou je n’aime pas ». Ce cours doit tenir compte de notre réalité émotive et les dangers qui s’en suivent.       Le fameux savoir vivre ensemble.

Par ailleurs, plus de propagande, de procès dans les médias, fini le temps des grandes hystéries et des procès où les victimes doivent raconter ce qui s’est passé.

La Cour ne devrait prendre en considération seulement le fait qu’il y a eu violence ou pas, consentement ou pas.  D’où l’importance d’insister sur un oui ou un non clair, sans nuance et sans interprétation possible.  Tout ça pour respecter l’autonomie du jeune et lui apprendre qu’il est le seul propriétaire et maître de son corps.  Le bien psychologique de l’enfant sera au coeur de toutes les dénonciations et de toutes les solutions.  Le jeune aura son mot à dire pour la suite des choses.  On respectera aussi son émotivé et son cheminement.  Il y a une différence entre un jeune qui a une relation sexuelle dans laquelle il s’est amusé et l’autre qui a ressenti cela comme un viol. Les deux sont possibles.     

 Avant la fin du primaire, même si des livres devraient être là pour la consultation des enfants plus curieux, l’éducation sexuelle ne devrait pas se faire à l’école ; mais être la responsabilité des parents.  Les lois sont là pour les protéger, pas les écraser.  Je suis convaincu que dans 40 ans, le Québec aura encore régressé, mais je n’y serai plus .

Pour appuyer leur mauvaise foi et leur irrespect du droit des jeunes à leur sexualité, on fait remarquer qu’il y a une tonne d’autres lois qui contournent l’âge de consentement, par exemple, sur la pornographie.  De cette façon, le véritable âge de consentement est de 18 ans.  Ottawa nous a encore fourrés.  On ne se réveille pas vite par chez-nous…

Les aveugles.        

Personne ne m’a informé des 800$ que j’aurais eus en trop du BS lorsque je travaillais pour aider les aveugles en vendant des objets de promotion.

J’avais vendu un gilet 27$. La dame ne voulait pas qu’on y aille le soir même pour livrer son gilet.  Elle ne se sentait pas bien.  Le lendemain, je l’ai rappelé.  Quand on passa ramasser l’argent en échange du gilet, la madame donna un chèque de 1,000$.  On vérifia pour être certain que tout était correct.  La dame nous avait choisis pour donner un don à la suite de la mort de son mari. J’ai demandé à mes patrons de lui envoyer des photos avec des gros mercis.  J’ai eu une commission de 300$ comme c’était la norme. Ça m’a permis de changer mon frigidaire qui venait de rendre l’âme. 

Entre temps, ma nièce m’avait parlé d’une petite fille battue dans une garderie de Magog et devenue aveugle à la suite de cet événement.  Je suis de ceux pour qui la violence faite à un enfant est strictement interdite.  Je suis bien d’accord avec ceux qui croient que les responsables doivent être sévèrement punis et suivis pour que ça ne puisse jamais se reproduire. 

Puis, la madame a décidé de redonner 5,000$ à la Fondation des aveugles.  On devait me remettre le tiers, selon leurs règles, soit 1,300$.  Or, on m’a dit que si on me remettait tout ce montant, on ne pourrait pas organiser la visite du Père Noël pour les enfants aveugles de famille pauvre.  C’est pourquoi, j’ai ré accepté une commission de 300$ pour que les jeunes ne soient pas privés de cet événement. 

Un des patrons a même fait une enquête pour être sûr que la dame était bien en santé de corps et d’esprit, ce qui avait d’ailleurs bien choquée la pauvre dame.  Et, j’ai exigé pour faire ce sacrifice que la petite aveugle dont on m’avait parlé à Magog puisse venir chercher ses cadeaux.  On a d’abord hésité parce qu’elle n’avait pas l’âge requis, mais on a fait exception. 

Le dimanche, avant la visite du Père Noël à ces enfants pauvres et aveugles, j’ai envoyé un fax à tous les média.  À notre surprise, il n’y avait pas que le Père Noël, mais une tonne de journalistes.  Probablement que la fondation a écrit qu’elle avait reçu les 6,000$, mais oublié de changer ce qui m’avait été versé, soit 600$ et non 2,000$.  C’est ce que le gouvernement veut que je leur rembourse. 

Je ne crois pas que je leur dois.  J’ai toujours été pauvre : pas seulement parce que j’ai bien vécu ; mais parce que j’ai aidé bien des gens.

Je n’ai jamais pu m’en sortir parce qu’on m’a trouvé coupable d’attouchement sexuel.  Je ne suis pas mieux, ni pire que d’autres, mais je n’aime pas l’impression d’être volé surtout si c’est  par le gouvernement.

Cocktail explosif.  

La fin des années 1960 jusqu’à 1972 fut une période particulièrement explosive dans ma vie.  Premières publications, premiers essais de marijuana, première femme, première visite en prison, premier journaliste engagé. 

J’ai d’abord compris que la morale que l’on nous force à respecter au Québec (c’est encore vrai de nos jours) est celle du mensonge religieux, de l’hypocrisie et de l’intolérance, le tout chapeauté par la censure. 

Même si je suis très peureux de nature, j‘ai commencé à penser que si Jésus est un homme-dieu, il se devait d’assumer qu’il était sexué, sinon il ne comprendrait pas grand-chose à l’être humain. Puis, je le soupçonnai d’avoir eu une liaison avec Marie-Madeleine jusqu’à ce que l’écrivain Raoul Roy arrive à me convaincre que Jésus avait aussi un amour illimité pour son petit cousin, l’apôtre Jean, qui n’avait  que 15 ans. 

Loin de me scandaliser, ça me fortifia dans ma quête de déculpabilisation.  Cette révélation et la rencontre de Daniel ont tout chambardé.  J’ai décidé d’affirmer ma pédérastie à travers mes écrits et de la vivre ouvertement, ce qui à mon sens,  m’assurait que je ne pouvais pas brimer la volonté d’un jeune puisque non seulement il le savait, mais ceux qui l’entouraient aussi.  Une protection contre la peur, la violence, contre moi-même.

Par ailleurs, je suis devenu plus politisé parce qu’en perdant la construction d’un aéroport international à Drummondville pour sauver la région d’une situation économique catastrophique, j’ai clairement compris que le fédéral nous domine, nous exploite et nous ignore pour ne pas dire nous méprise.             

Les libéraux devaient nous sauver au fédéral, grâce au French Power, mais ce n’était que mensonge.  Ils sont là pour créer une bourgeoisie fédérale au Québec et se la couler douce à nos frais. 

Dans le journalisme, j’appris à recommander les actions qui attirent l’attention et qui font avancer les dossiers.  Je parle de plus en plus de révolution, même si pour moi, c’est encore pacifique.  Je suis une grenade ambulante.  On me craint parce qu’on ne me connait pas et qu’on ne sait pas que je suis non-violent.  Je me sens responsable des causes que j’endosse. 

Définition.

Le Québec a toujours réagi très / trop émotivement, presque maladivement, dès qu’il est question de sexe

C’est bien normal puisque nous avons été traumatisés par la dictature de l’Église, remplacée aujourd’hui, par une député adéquiste qui veut remplacer la police, en poursuivant l’Inquisition contre un danger hautement exagéré : les prédateurs sexuels. 

Notons aussi que personne, moi y compris, accepte la violence dans une relation sexuelle (même entre adultes) et je suis d’accord pour que les contrevenants soient plus sévèrement punis, s’il y a violence. 

Un de mes points de vue, c’est justement le besoin de reconnaître la différence entre des gestes à caractère sexuels consentis ou sans violence et ceux qui sont imposés par la violence, les viols. 

Du temps de Freud, les femmes en chaleur qui voulaient revirer le monde à l’envers avec leur imaginaire trop puritain étaient soignées.  Leur état était souvent causé par un manque de rapports sexuels ou leur peur de la sexualité.  Eh oui! Pas assez de sexe peut te rendre aussi déséquilibré que trop

Avec notre libération, on aurait dû apprendre que la censure a pour but évident de nous garder dans l’ignorance et le mensonge. 

On prétend qu’il n’y a pas de différence entre la pédophilie et la pédérastie, tout simplement parce qu’on a arbitrairement décidé contre tous les dictionnaires, contre les constatations médicales et psychologiques, qu’il n’y a pas de différence. L’adolescent n’a pas les mêmes considérations qu’un jeune garçon de moins de 10 ans. C’est normal à cause de sa constitution physique qui se modifie. Le nier, c’est irresponsable et pourtant, c’est ainsi qu’au fédéral, on  a fixé l’âge de consentement légal. C’est vraiment d’une malhonnêteté intellectuelle incroyable. 

C’est ne pas tenir compte la réalité sexuelle des jeunes.  C’est leur refuser le droit d’avoir un rythme différent dans leur développement sexuel.  La sexualité est un droit individuel encore plus fondamental que la religion et le refuser aux jeunes, c’est de la discrimination, c’est une gifle à leur droit à une vie privée, malgré leur âge. 

C’est incroyable que ce ne soit pas le point de vue de la Commission des droits.  Essayer de nous imposer cette définition légale, c’est oublier que notre droit évolue au moins cent ans en arrière de la réalité.  C’est ridicule.  

Par contre, je suis content que la Commission reconnaisse que c’est de la discrimination que de me classer pédophile, mais on ajoute que je devais bien m’attendre à de mauvaises réactions en traitant de la pédérastie.

 Pourquoi les religions sont-elles protégées, elles ?  Personne n’est obligé d’être d’accord avec la pédérastie.   Je ne l’ai jamais contesté.  Cependant, j’ai le droit d’émettre mon opinion.  Je trouve inconcevable que l’on ajoute qu’ayant été journaliste, j’aurais dû comprendre que l’on n’a pas le droit de tout dire. 

La censure politique dans nos journaux, c’est connu de tous.  J’ai déjà perdu mon emploi à cause d’elle.  C’est un raisonnement parfaitement débile venant des représentantes de la Commission des droits de la personne. Serait-ce qu’aucune femme n’est capable d’objectivité quand il est question de la sexualité des jeunes?

Ce n’est pas fort comme raisonnement sur la démocratie.  Malheureusement, il faudrait me défendre à partir d’un avocat. Je n’ai pas d’argent.  J’en aurai encore moins quand on m’aura plumé, le 5 février prochain ou à ma sortie de prison. 

En dedans, il peut arriver n’importe quoi, personne n’a le droit à l’information dans notre pays qui donne des leçons de démocratie aux autres.

Notre civilisation.  
Si je croyais beaucoup au paranormal, je dirais que je fus dans une vie antérieure un disciple de Socrate ou de Platon, d’où mon amour pour la philosophie, la vérité, les petits gars et la vie intellectuelle. 

Je n’ai pas le courage de Socrate parce que j’ai compris que ça ne donne rien de mourir pour un idéal.  Le système est un tas de pourris : t’en changes un, il y en a 10 pour le remplacer. 

Nous en avons contre la pédérastie parce que nos ancêtres ont choisi de se développer dans la civilisation romaine plutôt que grecque.  Chez les Grecs, comme chez plusieurs autochtones, la pédérastie est un passage à l’âge adulte.  En principe, t’en sors vite, dès que tu as été initié, mais le pédéraste, lui, demeure pris à ce stade de développement.  C’est un éternel enfant ou ado.  Il deviendra facilement prêtre.

Nous, notre civilisation est celle des Romains : l’hypocrisie, le vol, l’assassinat, le pouvoir, l’argent dont la principale vocation est avocat. 

C’est une civilisation décadente.  Nous vivons profondément dans a pourriture sociale.  Les dirigeants peuvent détruire la planète pourvu que ça les paye. 

Je parlais de ma pédérastie à certaines personnes de mon environnement immédiat, des gens en qui j’avais une confiance absolue tout simplement parce que dans ma petite tête, c’était une façon de m’assurer que je ne serai pas assez fou pour violenter un garçon afin d’avoir un rapport sexuel avec lui.  Je n’avais pas encore fait le lien entre la violence sexuelle chez un garçon et la sodomie.

La fascination sexuelle est question d’ondes.  L’aboutissement normal de l’amour entre personnes de même sexe est une très profonde amitié.  Très souvent elle ne comporte pas de contacts génitaux. 

Puisque je m’intéressais au petit zizi, selon ce j’avais lu, j’étais un pervers, un fou.  Je ne voulais pas prendre le risque de devenir assez méchant pour faire mal à un plus petit que moi. 

Au fur et à mesure que je vivais et que je savais exactement comment ça se passe, je m’apercevais qu’on nous ment à pleine gueule quand il est question de sexe.  

Je pouvais comprendre, moi, le descendant grec, dans une civilisation romaine, ce que Jésus voulait dire dans son procès quand il dit : «mon royaume n’est pas de ce monde».  Je suis un intellectuel  perdu dans un monde matériel..

On ne nous a jamais dit au Québec que la pédérastie était le sommet de l’amour dans une des plus grandes civilisations humaines. 

Que les plus grands génies Verlaine, Tchaïkovski, Léonard de Vinci étaient pédérastes.  On le cache pour ne pas donner le mauvais exemple. Et, on pense qu’on est évolué, en étant de purs hypocrites. Aucun humain peut vivre dans sexualité.

Leçons de guerre.

mars 26, 2022

Leçons de guerre.

Poutine nous ramène à l’homme d’avant la naissance de la civilisation.

Pire, il fait la preuve que de s’armer ne garantit pas la paix.  Tous les pays s’armeront davantage pour faire face à la folie de quelques-uns qui s’imaginent que la puissance militaire est encore possible à l’ère du nucléaire.

C’est normal de vouloir s’armer davantage pour protéger son peuple, mais ça ne mène à rien de positif. Ce sont toujours les plus faibles qui paieront la note.

La guerre actuelle n’est pas contre la Russie, mais contre ses dirigeants.

Poutine nous pousse non seulement à moyen terme vers une crise économique, mais il nous force à oublier les changements climatiques. Encore de l’argent pour les pétrolières et les fabricants d’armes.

Cette situation existera tant que tous les pays démocratiques n’accepteront pas d’éliminer toute forme de commerce avec la Russie et tous les pays qui l’appuient.  

Nous reviendrons à nos deux mondes, chacun son bord.

Nous avons déjà le pouce dans le tordeur et il semble que bras y passera au complet à travers une guerre nucléaire. Comment continuer de voir un peuple massacré sous nos yeux sans intervenir?  Pourtant, sauf donner des armes et des moyens se subsistances pour la population, on ne peut rien d’autre que d’être impuissant et en colère, car sinon,  le prix à payer pour la bêtise de Poutine sera la destruction de l’humanité.

Le principe même qui est défendu en protégeant l’Ukraine est celui de la souveraineté absolue des états. Il nous fait comprendre combien la mondialisation n’est qu’un moyen d’enrichir les plus riches.

L’Ukraine est un pays que Poutine y croit ou non.

Ce conflit nous amène aussi à s’interroger sur l’ONU.  Comme je l’avais dit auparavant dans un livre précédent , cette organisation ne peut pas fonctionner sans l’abolition des droits de véto et sans l’organisation d’une armée mondiale, neutre, capable d’intervenir rapidement pour forcer les pays à respecter la paix.

L’ONU doit s’assurer en priorité de la disparition des armes nucléaires, car il y va du salut de l’humanité.

Poutine a provoqué la guerre quoiqu’on ramène de vieilles histoires pour lui pardonner un peu d’être avec ses semblables des monstres qui ne respectent pas la vie et la beauté de l’existence des individus. Il fait la guerre comme il y a des siècles où il fallait tout raser.

Par contre, on ne pousse pas un paranoïaque dans ses derniers retranchements. Voir les politiciens pavoiser et rire est troublant dans les circonstances.

Pour moi, la mort et la destruction qu’elle soit occidentale ou russe me peine et me désole. Je constate que les humains n’ont pas su profiter de l’histoire pour s’assagir un peu. Le pouvoir est encore trop souvent entre les mains de fous.

Des psychopathes !

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Radioactif 330

mars 26, 2022

Radioactif 330

Texte de 2008

Le vol légal du gouvernement. 

Quand j’eus un prêt pour retourner à l’école, après avoir dû abandonner l’idée de retourner à l’enseignement, (je croyais sincèrement que je ne pouvais qu’être innocenté, c’était impossible autrement), j’ai demandé ma pension.  J’ai eu le premier versement rétroactivement durant mes études.             

Le gouvernement avec ses juges a décidé que je devais leur remettre tout ce que j’avais reçu sur le bien-être, soit plus de 3,500 $.  Je n’avais jamais entendu dire qu’il fallait rembourser le bien-être, c’est un aide.  Le reste, c’est le vol légal que constituent les intérêts. 

Pendant ce temps-là, au fédéral, on vivait les commandites, des vols à coups de millions. Belle justice! Tous les vrais voleurs de ce réseau de fraudes sont libres.  Si t’as pas d’argent, il faut au moins des connexions…          

Depuis, on veut m’exclure de la liste des écrivains du Québec parce que j’ai écrit un essai, une opinion, une étude intitulée : La pédérastie mise à nue.  Parce que je suis pédéraste et que je ne m’en cache pas. 

Destituer des écrivains, faire comme s’il n’avait jamais écrit, cela ne s’était vu que dans le livre de Orwell, 1984. D’ailleurs, c’est illégal selon la Charte des droits de la personne en fonction d’un article sur les associations.           

Y paraît que nous sommes maintenant à la phase d’apprendre à diriger et à manipuler les masses.  C’est peut-être pour ça qu’il faut que je devienne la cible de toutes les haines.  Cette recherche suit de près celle sur la composition d’une drogue qui permettrait aux soldats de tuer, sans avoir de remords par la suite.  Mais, ça c’est de la petite bière à côté de mes dettes. Ils vont gagner : ils font les lois et s’engraissent sur le dos des plus pauvres.  Je suis seul entouré d’un mur comme en Palestine.  On veut me débarrasser de la loi des dépôts volontaires afin de pouvoir rogner le peu qui me reste.  Pas d’argent, pas de publication : un ferme ta gueule très efficace.        

 À ma dernière visite, derrière les barreaux, on m’a dit que j’étais supposé y laisser ma peau.  Mais on aurait remis ma mort à plus tard.  La prochaine fois, la prison sera le règlement de compte, l’accident, de la pure paranoïa ?  C’est ce que l’on m’a dit.

Qu’importe au moins, j’aurai écrit ma version sur la tolérance québécoise et ça fera peut-être, un jour, un maudit bon scénario. 

Comme dans les Lavigueur, l’écœurant n’est pas celui qui est accusé, le père ; mais la mafia qui voulait s’emparer de son argent.  Il manque seulement que mon carnet (blogue) soit lu par une meute d’agents secrets pour compléter le roman.  J’espère seulement avoir le temps de finir ma biographie.  Je n’aime pas les trous de mémoire.  

Les dettes.  

Depuis que j’ai perdu mon emploi comme professeur, il y a dix ans, il est bien évident que les salaires ont fondu.  Or, durant une certaine période, j’ai dû recourir au bien-être pour m’en sortir.  

Il était impossible de réorienter ma carrière dans l’internet, même si on avait déjà accepté le prêt dans le cadre d’un projet de retour à l’école, Sprint comme le nom d’une compagnie de téléphone, on me l’a retiré, sous prétexte que c’était une erreur administrative.

À la place, probablement pour me récompenser d’avoir travaillé pour le Bloc aux élections, le fédéral a gelé mon compte de banque.  J’avais environ 10$ pour survivre.  Belle bande de trous-de -culs au Canada !      

Les universités me refusaient comme étudiant pour un doctorat sous prétexte que je fais encore des fautes de français.  Ce qui est vrai.  Je trouve ça normal d’écrire sans faute.  Plus jeune, il fallait une équipe pour corriger mes textes.  Un bel accomplissement.   Un doctorat m’aurait permis d’enseigner dans un cegep et de gagner ma vie. 

Finalement, j’ai obtenu des prêts pour aller chercher un diplôme en scénarisation, à l’UQAM.  Je pensais que je pourrais m’en sortir en écrivant des films.  J’ai même écrit un synopsis de la Thérèsa.  Ce fut un échec total, car personne n’était intéressé.  Il faut commencer avec un scénariste professionnel pour avoir des bourses, si j’ai bien compris.  Et, je n’avais pas cette relation obligatoire. Je ne connaissais personne du milieu cinématographique.           

Quant à réenseigner, inutile d’y penser, même chez les adultes.
  Comme m’a dit André Boisclair alors ministre de l’immigration « même pas besoin d’envoyer ton cv».  Je ne pouvais même pas enseigner aux adultes.   Le seul endroit que l’on m’a proposé : Bordeaux Beach.  Je ne sais pas pourquoi je n’étais pas tellement intéressé.           

Selon le système, j’imagine qu’une fois que tu es reconnu coupable de relations sexuelles avec un jeune, tu devrais te suicider.  Tu ne peux plus rien faire, tu seras toujours le grand danger public. Ce beau système d’hypocrites te barre partout.  Pas question que tu travailles ou t’ailles vivre ailleurs. Tu n’as pas le droit de sortir du pays.  Ce n’est pas tout le monde qui veut mourir, même si on leur rend la vie infernale.      

Ce doit être à cause cette nouvelle désobéissance que l’on ne me lâche pas, même si ça fait 10 ans.  Quant au FLQ, ça fait 40 ans, si j’avais eu à récidiver, je l’aurais déjà fait, il me semble.            

Le bien-être a prétendu que je n’avais pas déclaré tous mes revenus quand je travaillais à la Fondation des Aveugles.  Il prétendait qu’il lui manquait 800$. 

À cette époque, j’étais tellement pauvre et je gagnais si peu (je suis un très mauvais vendeur, je déteste ça) que je m’achetais des bananes pour que ça coûte moins cher de repas afin de pouvoir apporter des sous à Petit Gabriel, qui vivait avec moi, qui souffrait de schizophrénie et qui s’était ramassé en prison.  Puisque je n’étais pas là, que j’étais déjà en prison quand il a été condamné, je me sentais coupable.  Quand je dépassais la limite permise de ce que l’on a droit de gagner par mois, je l’indiquais, mais y parait que ce n’était pas la bonne manière de l’écrire. Un juge a finalement statué que je n’avais pas tenté de frauder

 Aujourd’hui, je crois comprendre pourquoi. Ils ont pu prétendre que je leur devais de l’argent.  La Fondation des aveugles a indiqué avoir reçu 5,000$ en don d’une dame. Ce qui s’est vraiment passé. J’aurais dû toucher le tiers;  mais, pour permettre d’organiser la venue du Père Noël pour les petits aveugles pauvres, je n’ai pas touché ce qui me revenait de droit. Je ne l’ai donc pas déclaré puisque je n’ai jamais eu l’argent.   La Fondation a quant à elle déclaré ce montant.   

Je ne connaissais pas ce détail quand je suis passé en Cour du Bien-être. Y paraît que de toute façon, les tribunaux administratifs ne sont là que pour appuyer les institutions qu’ils représentent.   

À mon avis, c’est le gouvernement qui m’a volé et non l’inverse.


La mafia légale se déchaîne.     

J’ai reçu ce soir une tonne de papiers pour m’amener en cour le 5 février prochain.  Le plaignant : le bien-être social du Québec.   Ça me surprend parce qu’habituellement on me tape sur la gueule juste avant des élections.  Il n’y en a pas de prévu au provincial à court terme, du moins, à ce que je sache. 

Si c’était venu du fédéral, comme aux dernières élections, je n’en n’aurais pas été surpris.  Aux dernières élections, on a gelé une partie de ma retraite, sous prétexte que le fédéral ne doit pas obéir aux lois du Québec. Je suis sur la loi Lacombe ou des dépôts volontaires.  Donc, ce geste était illégal. 

On voit comment les fédérastes nous respectent, en dehors des référendums. 

Le bien-être, ce sont les Libéraux et l’ADQ, tous des fédérastes.  Serait-ce qu’aux prochaines élections, on revient aux luttes fédérastes-séparatistes?  Tous les fédérastes dans le même bateau.     

 À la suite du dernier référendum volé, comme le pouvoir de Bush aux USA, j’ai écrit que Jean Chrétien et Paul Martin étaient les chefs de la mafia légale au Canada. Quant à Stéphane Dion, je l’ai accusé d’inciter à une guerre civile à travers son projet de partition. 

J’ai appris le sens du droit d’opinion : les politiques m’ont arrangé le portrait. 

On a monté une belle mise en scène et je me suis ramassé dedans.  Mais, on ne peut pas monter des pièges ou fabriquer de nouvelles histoires à tous les cinq minutes.  Pour m’accuser, il faut qu’il y ait une victime et là, je vis seulement avec mon frère aîné et ma petite chienne Benji, très difficile de réorganiser un autre procès sexuel pour me faire haïr encore plus.  Il ne leur reste plus que l’argent. 

Le système économique est là pour créer des crises quand les gens deviennent trop lucides.  S’ils mangent assez de merde, ils oublient ceux qui les ont enfoncés dans le tas de merde et, au contraire, ils deviennent tout reconnaissants d’avoir un sauveur.  C’est une bonne méthode pour organiser ce que l’on appelle une dictature bénévole ou volontaire

Il n’y a plus de choix possible : ils sont tous corrompus.  Revenir à l’obéissance aveugle, demander pardon à genoux et prier, prier, prier pour que le ciel soit plus clément ; c’est le lot de ceux qui crient trop fort.  Écraser l’individu, une méthode que l’on emploie à outrance en politique canadienne. 

En1970, ils ont envoyé toute une armée contre une douzaine de gars.  Ils avaient peur… la mafia légale, c’est fort

L’angélisme nous coûtera-t-il l’indépendance du Québec ?


Les voleurs au pouvoir. 

La force de la mafia, c’est qu’elle est présente autant dans les hautes sphères policières que dans la pègre.  L’un est le bras légal de l’autre, mais les deux nourrissent la même mangeoire et paye les mêmes personnes qui opèrent à un échelon plus élevé.       

Grâce à mon emploi, soit effectuer des sondages, je payais ma loi Lacombe, comme on me l’avait expliqué ; mais, sans qu’on nous avertisse, la loi a été changée.  Il aurait fallu en payer plus. 

Le gouvernement, c’est le pire vampire.  Il opère par décrets.   On dirait que le gouvernement pense qu’on passe notre vie à écouter les délibérations à l’Assemblée nationale pour connaître toutes les modifications qu’ils apportent aux lois. 

Les règles du jeu n’étaient plus les mêmes.  Il aurait fallu en payer plus, mais je ne le savais pas.  Hostie !  Je vivais déjà dans la pauvreté totale et il aurait fallu que je leur en donne plus.  Tu gagnes rien (en bas de 25,000$ aujourd’hui c’est rien), mais t’as des retours d’impôt à payer.  Payez les caves!  Votre agent est nécessaire à la grande mafia bourgeoise qui fait la belle vie à vos frais.       

La petite pègre légale du Québec a trouvé qu’à 10$ l’heure, on gagne beaucoup trop.  Le cheap Labor qu’on appelait ça, dans le temps du FLQ.  Je n’avais pas ma carte de membre, mais je savais lire les journaux.  Aujourd’hui, nos voleurs légaux professionnels jappent après moi, mais augmentent les bénéfices des multinationales. 

J’étais prof, on n’avait rien à me reprocher, on a voulu m’embarquer dans un coup monté en dehors de mon enseignement. Parce qu’on avait besoin de s’assurer que je n’étais plus un membre du FLQ, pire parce qu’on aurait aimé que je sois chef d’un nouveau FLQ organisé par la police, piège dans lequel je ne suis pas tombé  Un « Mister big », comme on dit dans District 31, un ajout à la réflexion en 2022.

On a même kidnappé deux enfants pour y arriver, on m’a refusé ensuite toutes les jobs payantes et on voudrait que je leur remette ce qui m’a permis de survivre.  Gang de trous-du-cul! Le coût de la vie augmente, grâce aux pétrolières, à leurs vassaux politiques. On dit que c’est le coût des voyages pour nous apporter ce que nous consommons.   Nous payons pour nous faire voler et on aime ça. On en redemande. 

 Jean Garon, ancien ministre de l’agriculture, sous le PQ, préconisait l’autosuffisance du Québec en agriculture.   Aujourd’hui, on paye pour ne pas l’avoir écouté et bientôt, grâce à l’immigration, ce sera impossible de créer un Québec indépendant pacifiquement.  Ça n’a peut-être plus grande importance pour moi, je serai bientôt mort.  On m’y aide tranquillement à y arriver plus rapidement. 

Les chacals gouvernementaux s’acharnent déjà sur ma dépouille. 

Au fait, même les néo rhinos ne sont plus drôles et se prennent au sérieux « il ne faut pas de Jean Simoneau », depuis que les féminounes y réclament l’égalité.  Je peux annuler mon vote sans eux. 

En votant Bloc, je ne choisis pas le salaud qui va nous diriger, mais au moins, il y a un petit rempart pour nous protéger du fascisme canadien et québécois.   On peut continuer de faire semblant de croire dans la démocratie.

On est plus à l’époque de rire, mais de reprendre le pouvoir et de créer un pays.

Québec anglais.    

Jadis, M. Harper voulait que le Québec soit unilingue français et le Canada unilingue anglais.  C’est une réalité à presque 100% puisque l’assimilation est plus rapide chez les canadiens français hors-Québec. Le français c’est du folklore, en dehors du Québec, au Canada. 

Il a dû mettre de l’eau dans son vin.  Les multinationales ne veulent pas d’un Québec français (l’étiquetage, le bilinguisme, etc.).  Il faut donc continuer de nous angliciser et nos nouveaux princes-nègres (journalistes) essaient de nous faire croire qu’il n’y a rien là.  Charest s’occupe de la mise à mort du Québec français (même si économiquement il a raison de vouloir nous intégrer à l’économie de l’Europe). 

Il l’a bien dit : il ne faut pas d’une immigration à deux vitesses : les riches et ceux qui ont l’intelligence d’apprendre le français (les pauvres).  On comprend son message : il faut continuer d’assimiler le Québec avec des immigrants riches.  Il oublie que les jeunes qui nous arrivent auront à apprendre le français le plus vite possible pour vivre dans un pays francophone et non se faire vivre par lui. 

Très bientôt Montréal sera constitué d’une minorité de francophones.  Voyons donc, il ne faut pas nous prendre pour des valises.   Quant à la langue du travail, on est en train de troquer le français pour une job. 

Nous sommes les nouveaux esclaves de l’économie.  La liberté c’est d’être riche ; mais pourri.   Mon texte précédent était meilleur, mais je suis tanné de toujours devoir recommencer.  Je m’en excuse.

Quand j’écrivais mes grandes épîtres, il arrivait assez souvent que je les effaçais en essayant de les publier.  Ce qui démontre que je ne connaissais pas grand-chose dans l’art de publier sur l’internet.

Radioactif 329

mars 25, 2022

Radioactif 329

Texte de 2008

La pédérastie mise à nu.

Citation :

Le propre de la pédophilie est que l’enfant âgé de moins de 10 ans est encore incapable de distinguer entre le bien ou le mal, ce qu’il aime et n’aime pas.  Il pourrait être traumatisé par la peur de ce qu’il voit ou ce qu’il ressent.  Tout dépend évidemment du comment et de ce qui se passe pour qu’il y ait traumatisme.  Mais, mieux vaut de ne pas prendre de chance.  En ce sens, personne ne peut accepter la pédophilie.

           
La pédérastie mise à nu, page 32.

 La pédérastie est une orientation sexuelle, donc qui devrait être permise par la Charte des droits. Cependant, personne ne peut accepter la pédophilie, car, les enfants de moins de 10 ans pourraient être traumatisés par une expérience sexuelle qui ne respecte pas leur rythme de développement physique et psychologique.

La pédérastie mise à nu, page 13 

Comment Richard Martineau, du Journal de Montréal, a-t-il pu écrire que je suis pédophile, s’il a lu mon livre avant de le critiquer ?  Est-il analphabète ?

Sexualité éclatée 1.

Je n’ai pas vécu une sexualité aussi éclatée pour éduquer qui que ce soit ou me comporter en héros, mais j’adore philosopher. 

Et, je crois, que je suis lent à me faire une idée définitive sur des sujets très importants.  Je ne veux pas être un exemple, je ne veux pas tenter de montrer un harem de petits, je veux tout simplement comprendre et partager mon expérience de la vie et les réflexions qu’elle m’a amené à porter sur l’homme. 

Je cherche ce qui pourrait nous aider à vivre plus heureux.           

Pour certains,  je suis un vieux cochon qui n’a pas su dire «non», le spécimen parfait du jouisseur irresponsable qui ne pense pas au bien-être de son petit compagnon.  Les psychologues ont créé toute une variété de traumatismes chez les jeunes qui font une expérience précoce de leur sexualité.   Pourtant, les sondages démontrent clairement que les spécialistes du sexe ne savent pas de ce dont ils parlent.  Ils disent le contraire de ce que l’expérience dans la vie nous apprend. D’ailleurs, on ne veut pas rendre public les sondages fait auprès des jeunes, car ceux-ci démentent tout ce que l’on nous enseigne.      

Ma réflexion me porte à entrevoir une nouvelle approche personnelle de la sexualité. Si elle peut servir à quelqu’un : tant mieux !  Sinon, j’aurai eu le plaisir de la vivre et de l’écrire.    

Aussi longtemps qu’on remonte dans l’histoire de l’humanité, il y a des gens qui se sont posé des tonnes de questions pour essayer d’améliorer les choses.  D’autres étaient obsédés par le pouvoir.  La science a alors servi, comme les religions, à justifier les interdits sexuels.   On était prêt à tout déformer pour donner raison aux puritains.          

 Je suis un petit curieux qui essaie de comprendre la vie.  Pourquoi l’homme est-il à la fois le pire et le meilleur des animaux ? Comment pourrait-on apprendre à vivre sans guerre?  Dans l’amour. 

Personne n’est à blâmer pour ce que j’ai fait, sauf moi. 

Je remercie Dieu des circonstances qui m’ont amené à être «un peu hétéro, un peu gai, un maximum pédéraste».  Je suis un petit jouisseur comme tous les êtres humains, malheureusement, je le suis plus en esprit qu’en chair. 

Même si je suis un pisseux naturel, je n’ai jamais hésité à cueillir un plaisir sexuel.

Comme le disait jadis mon confesseur, l’abbé Roméo Laurencelle : je suis un moteur de Cadillac dans une petite volks.  Je voulais tout connaître.  On peut savoir à travers les livres ou les autres instruments de connaissance, mais il n’y a qu’un moyen de connaître vraiment : l’expérience, le vécu.  

Je ne crois pas dans la fidélité et pourtant je suis assez fidèle pour me priver du nécessaire juste pour venir en aide à ceux que j’aime.  On a prouvé récemment que les femmes ont une partie du cerveau qui expliquerait leur obsession pour la fidélité, une obsession qui n’existe pas chez les hommes.  Elles secrèteraient une hormone ou quelque chose du genre qui les amène à focaliser sur la fidélité.  Ce geste du cerveau aurait été développé dans le cerveau féminin par des siècles à s’occuper de la famille.   

Je crois que chez les femmes, la fidélité est synonyme de sécurité et de responsabilité.  Ce sont elles qui enfantent et élèvent la famille. L’homme a moins de racines familiales d’où une plus grand frivolité.  Les femmes peuvent avoir mal dans une relation sexuelle, elles saignent alors que pour les hommes le sexe n’est que plaisir d’où cette interprétation différente de la sexualité. 

Les femmes ont plus peur et sont plus sensibles au regard des autres femmes.  Elles sont même carrément jalouses. La fidélité ne me semble pas héréditaire, mais le résultat de milliers d’années à subir des rôles différents pour les femmes et les hommes.            

La fidélité est une nuance essentielle entre l’homme et la femme

La femme n’accepte pas que l’homme puisse voir d’autres femmes par insécurité.  Une exclusivité pire que la prison. On ne voit pas la vie sexuelle de la même façon quand elle est vue comme un plaisir plutôt qu’une perversité. Il faut aussi tenir compte du fait qu’une femme qui connaît une aventure sexuelle sera normalement pénétrée, ce qui qui modifie sûrement la perception que l’on a. Cela justifie sa réticence et solidifie son besoin d’exclusivité.

Une aventure sexuelle chez un hétéro, même chez les mâles, est différente de celle entre gais.  Un gai ne peut pas avoir d’enfant en faisant l’amour.  Le lien est donc moins important, de nature, strictement émotive. Par contre, aujourd’hui, le gai peu avoir le sida plus facilement qu’un hétéro. À remarque que cela ne s’applique qu’aux gais qui pratiquent la sodomie, ce qui n’est pas le cas de tous les gais.

Chez les pédérastes, même si le sexe est ce qu’il y a de plus convoité, ce n’est pourtant pas ce qu’il y a de plus important.  La pédérastie est la communication extraordinaire qui s’établit avec un garçon. Une forme de complicité.  Un partage de jeunesse. 

Fondamentalement, la réalité sexuelle féminine est la même que celle de l’homme, mais elle a dévalorisé, en écoutant les religions, tout ce qui touche à la génitalité.  Un pénis n’est pas qu’un clitoris allongé, mais c’est aussi un symbole. Selon Freud, toutes les femmes rêvent d’avoir un pénis et se sentent désavantagées parce qu’elles en auront jamais, plutôt que de s’accepter..      

Une chose est certaine : dieu étant de nature spirituelle n’a pas dicté comment agir dans notre espace temporel. 

En fait, les prêtres qui dirigeaient tout, ont inventé à travers les Écritures, les rôles de l’homme et de la femme ; en précisant les devoirs de chacun et en choisissant ce qui faisait le mieux leur affaire.  Une femme ne peut pas faire autrement que de rêver au prince charmant et à une vie à deux ad vitam aeternam, tout simplement parce que son rôle en est un de pure dépendance. 

Dans les anciens mariages, elle est strictement qu’une marchandise.  Tout est fait en fonction du mâle.  Les femmes doivent même se voiler, disparaître pour ne pas être une tentation parce que le mâle est trop cochon et tout puissant.  Il ne peut pas en voir une femme qui est belle, sans tomber en érection.  L’homme agit ainsi comme tous les animaux qui ont leur rut.   

Par contre, l’homme est le pourvoyeur, le chasseur et donc, le prédateur.  Il ne pense pas plus au cul que les femmes, mais, lui, il n’en a pas peur.  Il ne sera jamais mère.  Pour la femme. Le sexe est une responsabilité alors que pour l’homme le sexe est un plaisir.

Depuis le début de l’humanité, il se doit d’être un chasseur.  Je suis content de ne pas avoir été simplement hétéro, j’aurais manqué une bonne partie du tableau de la vie.  Je suis juste né ou re-né au mauvais moment.  J’aurais été très heureux dans la Grèce antique.  Là, ou la tempérance était une vertu, la vertu qui d’ailleurs se transforma en abstinence ce qui tua d’ailleurs la pédérastie.

La femme a peur de tout ce qui pourrait lui faire perdre son pouvoir sur son homme, même ses enfants, d’où sa haine de la pédérastie.  Elle perçoit le pédéraste comme un concurrent potentiel ou un individu qui vient briser son nid.  Une compétition inégale.  Sa peur se traduit le mieux dans la sa lutte contre la pornographie et les revues de femmes fatales.  Elle prend acte de la compétition au niveau des fantasmes mâles, lutte qu’elle imagine plus sanglantes que la guerre.  Plus elle prétend dominer son homme par la beauté, plus elle est fragile et faible parce que le corps vieillit. 

Quant à la pédophilie, la femme scrupuleuse la craint, car elle se projette dans la peau de sa petite fille ou de son petit gars qu’elle perçoit comme une partie d’elle-même.  Elle perçoit, pour eux, les mêmes problèmes de la découverte d’une sexualité qui l’a rendu honteuse de l’avoir connue.  Pour elle, la sexualité est le mal absolu, une perversion, une saleté propre aux hommes. 

Sans s’en rendre compte, les féminounes sont des homophobes et des pédophiles perverses, car elles sont toujours obsédées par le sexe des enfants. 

Le pire, ces scrupules féminins transmettent ainsi ce que j’appelle « le gêne féminin héréditaire de honte et de dégoût» parce qu’elle ne s’aime pas assez comme femme sexuée pour se percevoir, sur ce terrain, égale de l’homme.  Cette aliénation est le fruit de l’enseignement religieux qui diminue toujours la femme.  Pour avoir sa femme, son objet sexuel, l’homme doit passer par ses règlements.        

Qu’on le veuille ou non, grâce à leur manipulation des sentiments, les femmes wokes sont devenues les vraies patronnes.  Elles mènent tout, par derrière, en hypocrites, en se plaignant ; mais c’est bien elles qui dirigent tout.  Je parle bien évidemment de certaines femmes. 

Dans les pays musulmans, les femmes sont toujours rien, les esclaves des hommes, leur chose. 

Ainsi, s’il y a une inégalité entre les hommes et les femmes, c’est à cause des religions qui ont voulu que le sexe, la génitalité (ce qui est bien différent de la sexualité) ne serve qu’à procréer.  Le plaisir, c’est le mal.  

Évidemment, tout n’est pas mauvais dans l’héritage des religions si on n’est pas assez fanatique pour prendre les Saintes Écritures à la lettre.  Il faut bien qu’il y ait un mâle, un amant, un mari exemplaire de temps en temps. 

Je suis bien content d’avoir essayé plus d’un statut dans ces relations humaines.  Loin de me juger coupable, je crois que ces rôles me permettent de mieux me mettre dans la peau des autres.  Je ne sais même pas si j’ai tort ou raison.  Mon jugement sur ma vie ne vaut que pour moi.             

La seule difficulté, la seule question demeure : Est-ce que j’ai eu sans le vouloir un mot à dire dans le suicide de Rouhed?  Comment aurais-je pu empêcher le petit Gabriel de se faire sauter le cerveau avec la drogue?  Aie-je été un mauvais père ou une mauvaise mère?  

On se ment souvent quand il est question de faire son procès personnel.


Le mariage. 

J’aimais bien la façon de mon Égyptienne de concevoir la possibilité d’avoir un amant, tout en demeurant fidèle à son mari et à ses enfants.            

Comme Aristote, elle répertoriait l’amour en différentes formes d’expression, selon le genre de relation. 

Il peut y avoir des amours mari-épouse; parents-enfants ; cousins-cousines, amis-amis, etc. 

Tout le monde sait qu’il est plus facile d’établir une relation avec les gens du même sexe, si on écarte bien évidemment pour la plupart, la génitalité.  L’amitié n’est pas gai en soi quoiqu’elle est l’élément essentiel.

L’amour de son mari et de son fils est bien différent pour l’un et l’autre.  On ne fera pas avec l’un ce que l’on fait avec l’autre.  D’ailleurs, le temps a donné raison à ce précepte sexuel. 

Les relations entre les personnes consanguines créent des problèmes.  Donc, même pas besoin de grands exercices moraux pour accepter cette règle.  La nature s’en charge. 

Ça élimine de facto, l’inceste.  Par contre, les raisons qui restreignent la possibilité d’avoir un amant pour une personne mariée peuvent être surtout émotives ou économiques.  On se marie pour avoir des enfants.  Les parents sont responsables de leurs rejetons jusqu’à ce qu’ils puissent voler de leurs propres ailes.  Dans mon temps, on volait en solo très jeune. 

Aujourd’hui, avec l’université, ça n’en finit plus.  Les parents ont à peine le temps de respirer qu’ils ont déjà l’âge d’or.  Il arrive même que des grands-parents élèvent leurs petits-enfants.     

Dans la famille, le lien fondamental est particulièrement la sécurité économique ; mais les familles unies sont celles qui génèrent de l’amour maternel, paternel et familial.  Personne ou presque ne songera à coucher avec sa sœur ou sa mère.  C’est une loi qui va de soi, sans même une éducation universitaire.  

Dans certaines cultures, le mariage est complètement dénué de sentiments ou d’amour.  Le père choisit pour son enfant, selon la dote.  La femme est un objet d’échange et le mariage sert parfois à améliorer le rang occupé dans la hiérarchie de la communauté.   Pour certains, la polygamie (un homme avec plusieurs femmes) et la polyandrie (une femme avec plusieurs maris) sont acceptées.  Pourquoi pas, si tout le monde est heureux dans cette forme d’union ?  Le but premier de la vie c’est d’être heureux, content d’avoir vécu. Mais souvent dans ces mariages, les humains sont moins importants que leur valeur financière ou celle de rang.        

Pour mon Égyptienne, le mariage était une forme de contrat émotif : elle pouvait avoir un amant tant que ça ne nuisait pas à ses relations avec son mari ou ses enfants.  L’amant pouvait exister tant que personne dans sa famille n’était privé de quoique ce soit à cause de son existence. 

J’ai joué ce rôle jusqu’à ce qu’elle rencontre un autre poète plus jeune, plus beau, plus fou et plus performant au lit que moi probablement.  Le changement fait du bien.  Plus tard, elle a aussi divorcé de son mari.      

Malheureusement, je n’avais pas été assez vite pour me rendre compte, quoique je le soupçonnais, que son fils avait de l’intérêt pour ma pauvre personne.  Je n’étais pas un oiseau rare uniquement pour sa mère.             

Quand les féministes ont commencé à revendiquer leur droit à la liberté, le sens du mot « égalité  » tenait surtout au droit de pouvoir changer d’hommes ou de pouvoir entreprendre une carrière. 

Jusque-là, les femmes étaient des objets sexuels et des ménagères parce que ça avantageait le système économique qu’elles s’occupent de la famille.  Le jour, où on a compris qu’amener les femmes sur le marché du travail permettait d’augmenter le coût de la vie et par conséquent les profits, les dirigeants ont laissé s’opérer le changement ; mais on refusait toujours qu’à « travail égal, les femmes aient un salaire égal».      

Aujourd’hui, pour les féministes, l’égalité c’est une question de nombre égal, la fameuse parité.  

J’ai toujours pensé que l’égalité entre homme et femme est qu’« on est tous fondamentalement pareils, égaux, avec les mêmes droits et les mêmes responsabilités, à travers nos différences». 

Aujourd’hui, il faut deux salaires pour qu’un foyer puisse survivre.  Les enfants existent pour assurer l’avenir, mais n’ont jamais le temps de découvrir ce que veut dire le mot tendresse, affection.           

Il est impossible où presque de vivre seul à cause du coût de la vie. 

C’est comme avant, tu pouvais te rendre n’importe où sur le pouce.  Il y a eu tellement de barbaries que maintenant c’est dangereux de faire du pouce.  Est-ce que le monde d’aujourd’hui vaut mieux que celui de mon temps, où l’on pouvait faire confiance à ceux qui nous entouraient ? Nous rêvions d’être meilleurs un jour. 

Aujourd’hui, on cauchemarde la fin de la terre.  Les hommes se détruisent par avidité.  Au lieu de partager le plaisir d’aimer, on se fusille. On se dénonce. Un monde malade.   

Un nègre blanc.    

À cette époque, j’avais encore plus de difficulté avec l’homosexualité qu’avec les femmes. Je n’aime pas les grosses queues.  Nous ne parlions jamais de sexualité avec des gens qui connaissaient vraiment ça, donc, on s’en faisait une idée selon ce que l’on entendait. Une grosse queue c’était nécessairement un violeur et ce devait être douloureux parce que trop gros. On n’arrivait pas à s’imaginer l’homosexualité sans la sodomie. Un élément qui permettait de crier au besoin de protéger les enfants contre les mâles à grosse queue.          

Mes expériences avec des hommes murs furent très restreintes, même si j’ai travaillé dans un club où je devais faire des commissions dans un autre club, qui lui était gai.  Tout ce que j’en connaissais : on disait qu’ils étaient malades mentaux, les gens normaux détestaient tous les homos. Les fifis.  

Je ne croyais pas encore que la pédérastie était une forme d’homosexualité, que les gais aiment ça ou pas.         

On s’imaginait aussi qu’il était impossible de jouir entre hommes sans passer par la sodomie, une autre chose qui ne me disait absolument rien.  Les gais rôdaient souvent dans les toilettes publiques et parfois quand je me sentais assez brave, je faisais comme eux. Je m’exposais.  Je trouvais ça excitant, mon petit côté féminin ou prostitué.  Une autre forme d’expérience. 

Un regard, une couple de mots, quelques tâtonnements et une invitation à aller ailleurs ou regarder l’autre se masturber.  J’adorais me faire manger et encore plus le faire, mais seulement avec des jeunes parce qu’ils avaient une petite queue.  Il y a des hommes qui n’ont jamais connu autre chose que la masturbation sur le plan génital durant toute leur vie.  Dommage !  C’est très embryonnaire comme relation humaine.  J’étais trop pisseux pour prendre des risques parce que dans les journaux on parlait souvent de crimes à caractère sexuel.  J’étais niaiseux, direz-vous, mais j’étais comme tout le monde de l’époque.      

Un moment donné dans ma vingtaine, j’ai commencé à voir du vitiligo.  J’ai une peau brune.  On en riait parfois, soit qu’on disait que j’étais sale ou un petit nègre ; mais j’ai bien vu plus tard que je suis loin d’être aussi noir qu’un Africain ou même un Haïtien.  J’étais gêné des taches blanches qui se multipliaient sur mon corps.  J’avais honte d’être de deux couleurs. Je ne m’acceptais pas.   

Puis, un jour, je dus rencontrer Frédéric, un peintre de Sherbrooke pour un reportage sur la peinture.  Frédéric venait de Scotstown, mais il vivait à Sherbrooke avec sa gérante.  En plus de son immense moustache, Frédéric était officiellement gai. 

Notre entrevue, chez lui, se déroula comme toutes les autres.  Puis, il me prit gentiment une main dans les siennes et me demanda si j’avais beaucoup de ces taches.  Il m’invita par la suite de lui montrer mon torse. La chemise disparut.  J’étais mort de gêne.  Mais, il était évident que ça lui faisait plaisir.  Alors, je m’exécutai.  Tout ce qu’il me dit alors, même si c’était presque rien, transforma ma vie : de honteux à fier.  « Pourquoi es-tu gêné d’avoir de telles taches ?  Nous on doit porter d’immenses moustaches pour attirer l’attention et toi tu as une mappemonde sur le corps et ça t’humilie.  Réveille ! »

J’ai alors compris qu’il faut avoir la sagesse de s’accepter comme on est.  D’autant plus qu’il n’existe pas de médicament pour la dépigmentation de la peau.   » Tu peux te ruiner si tu veux, mais tu n’y changeras jamais rien ! « , m’avait dit un dermatologue.  Alors, j’ai accepté d’avoir un corps deux couleurs.   

C’est exactement la même chose avec la pédérastie.  Tu ne peux rien y changer. 

Malheureusement, la société est tellement haineuse envers les pédophiles et les pédérastes qu’il est préférable que tu vives ta réalité en secret ou avec des gens assez intelligents pour te laisser vivre.   La société, quand elle se met à haïr un genre d’individus se comporte exactement comme l’Inquisition et la Gestapo.

Radioactif 328

mars 24, 2022

Radioactif 328

Texte de 2008

Ça ne dure pas longtemps.       

Après une soirée de poésie dans laquelle je déclarais mon amour pour les petits gars, à ma grande surprise, je n’ai jamais autant été sollicité par des femmes.  On aurait dit qu’elles voulaient me prouver leur supériorité en amour et me rendre coupable parce que je leur préférais un petit gars. 

Le poète en moi leur plaisait probablement moins que le plaisir que j’avais à découvrir des âmes sœurs.  Un beau phénomène d’égalité.  Qu’on le veuille ou non la pédérastie m’a énormément apporté dans la vie dont, entre autres, de ne pas faire de distinction de sexe, de race, de langue et de religion. 

Un humain, c’est en soi un être extraordinaire. 

À mon sens, il y a du bon et du mauvais en tout, reste à savoir lequel l’emporte.  Baiser, point à la ligne, ça n’apporte pas grand-chose, sinon un bon kik d’une seconde ou deux.  Le point G, l’éjaculation, pour un gars, ça dure infiniment peu de temps. 

Le temps des chatouillements, des caresses préalables, l’éjaculation et tout est fini.

J’ai lu dans l’histoire de la répression sexuelle qu’il fut un temps où tout le corps était considéré comme zone sexuelle, Malheureusement, les moumounes ont rétréci cette zone de plaisir à ce qu’elles appellent les « parties». Les hommes  étaient probablement trop hypocrites pour affirmer que la majorité sont d’abord excités par les seins. 

Quand ils font l’amour, ce n’est pas pour faire jouir l’autre, mais jouir eux-mêmes.  C’est normal, c’est ainsi qu’ils furent nourris, donc, qu’ils ont connu les premiers et les plus grands plaisirs de la vie. 

Il faut vraiment être vraiment cochon pour être incapable de résister à une silhouette féminine au point de les forcer à se dissimuler derrière des vêtements pour ne pas être tentés.  C’est pourtant ce que firent les religions dominées par les mâles. 

Le plaisir mâle ne dure pas une éternité. Ce n’est pas fort en durée ; par contre, c’est tout puissant comme plaisir. 

C’est ainsi que j’ai dû répondre à une question que je ne m’étais pas tellement posée jusqu’alors : aimes-tu les femmes? 

Dans ma vie, j’ai toujours considéré l’expérience comme la raison de vivre, et la réflexion, la méditation comme la plus grande des jouissances, celle du cerveau.  Nous sommes sur terre pour être heureux.  La contemplation aboutit habituellement à un sentiment intérieur de plénitude et de satisfaction. 

Puisque je crois dans la Beauté, je la cherche et je la trouve partout.  Les plus beaux moments de ma vie furent une forme d’extase : être en amour.  C’est une participation active à la richesse de la vie, même s’il y a des horreurs qui surviennent à cause toujours de la violence. 

Les moments les plus difficiles de ma vie furent de ressentir ce que j’imaginais comme la misère des autres. 

Ce besoin de rendre les autres heureux m’amena à parler de relations sexuelles non seulement égalitaires, libres, mais aussi responsables. 

C’est d’ailleurs ce qui m’a amené à tant me demander si la pédérastie peut vraiment nuire aux jeunes.  Être en amour avec tout, tout le monde, ce serait encore mieux. 

Ce besoin m’interpelle toujours, car il exige de se demander : qu’est-ce qui pourrait être fait pour qu’il n’y ait plus de démunis sur la terre?   Je veux dire ceux qui n’acceptent pas et souffrent de cette situation ; car, tu peux être démuni parce que tu cherches une réponse, une vérité, à travers la misère comme Bouddha.    J’ai aussi un petit côté spirituel.    

La pédérastie mise à nu.

Citation :

Cependant, il faut avoir la sagesse de reconnaître l’existence d’une vie sexuelle dès l’enfance et le besoin de protéger les enfants de moins de 10 ans contre des gestes qui ne respectent pas leur rythme de développement, car des aventures trop précoces peuvent hypothéquer leur imaginaire, en créant des peurs ou des scrupules qui,  même s’ils ne seront plus justifiés à l’âge adulte, les hanteront quand même.           
La pédérastie mise à nu, page 31,       

Sexe et pot.

On dit que la sexualité, la cigarette et les drogues stimulent la même partie du cerveau.  Je ne le sais pas, mais je peux affirmer que les relations sexuelles étaient plus agréables, sous les effets de la drogue. Mais, si les drogues sont trop fortes, comme aujourd’hui, ça ne donne pas grand-chose puisque tu ne t’en rappelles pas.  Tu t’endors.

Quand t’étais gelé, dans mon temps, t’avais l’impression que l’éjaculation allait prendre une éternité.  Par contre, si tu te mettais à avoir peur de ne pas venir, t’avais peur longtemps.  Ça rendait le fait de faire l’amour avec une fille – parce que ton orgueil compte aussi – beaucoup moins intéressant qu’avec un garçon, car, dans ce cas, ça n’avait aucune importance que tu viennes ou pas.  

Était-ce parce que je buvais en même temps ou que je me masturbais trop souvent pour avoir ainsi peur de ne pas venir? (éjaculer) Ou est-ce parce que je ne me fais pas confiance ?

La première fois que j’ai essayé de fumer du pot, j’étais avec mon ami Réginald Dupuis, Denise, son épouse, et Hélène, mon Égyptienne. C’était une des féministes qui avaient décidé de me faire regretter de leur préférer les garçons.  C’est du moins ce que j’ai pensé à cette époque. 

Au début, moi et Réginald étions autour de la table de la cuisine, nous regardions l’Égyptienne se prélasser, s’étendre sur le bord du sofa, perdue dans ses rêves.  Nous étions persuadés qu’elle essayait de nous en mettre plein la vue.  À force d’en rire, de ne plus pouvoir nous arrêter de rire, nous avons été bien obligés d’admettre que nous étions gelés comme des balles.  L’expérience était très positive. Nous avons récidivé. 

J’ai fumé durant quelques années, mais jamais au travail.  Un soir, alors que l’Égyptienne était revenue me reconduire en auto, elle a commencé à me parler en changeant de voix, en se disant une sœur, qui avait un oeil sur le goupillon de son confesseur.  Inutile de dire que j’ai plongé dans l’improvisation et j’ai attentivement mené les débats jusqu’à ce que filent ses bas-culottes, à l’arrière de l’auto.  Son expérience était un acquis invraisemblable. 

Tout s’est terminé par une communion complète et j’en suis ressorti illuminé des grâces de la jouissance totale.  La glace était rompue et nous avons poursuivi cette idylle, même si elle était mariée.  Je me rendais chez elle quand le mari couchait à l’extérieur.  C’est aussi, à ce moment-là, que j’ai connu son fils, mon petit juif, qui s’amenait toujours en pyjama quand on regardait la télévision et qui me dévorait des yeux.  Je ne me suis occupé de lui, qu’après ses révélations, six ans plus tard.  Il me confia qu’il aurait bien aimé que je me soucie un peu plus de lui quand il était petit garçon; ce qui prouve que je ne suis pas toujours très vite. 

Sa petite sœur était jalouse, elle voulait sa mère pour elle seule.   Elle me manifestait très clairement qu’elle aurait bien aimé me voir ailleurs. 

Quant au père du garçon, nous sommes devenus de parfaits amis et je n’ai jamais su s’il a deviné ma relation avec son Égyptienne.  Pour lui, j’étais le petit comique.  Le petit pédéraste.  Était-il gai ?  Je ne le saurai jamais.

L’Égyptienne.

C
e fut une des périodes de ma vie où je fus surtout hétéro.  Ce n’est pas que les petits gars ne m’intéressaient plus, mais en trouver un, qui soit volontaire, qui aime ça autant que moi, ça ne court pas les rues.  L’Égyptienne me comblait à tous les points de vue.  La course à la perle rare était abandonnée temporairement. 

Plus tard, un homme avec qui j’ai demeuré me disait que la définition de l’amour est ce qu’il y a de plus simple : être bien avec quelqu’un. 

Non seulement, Hélène était très belle, on faisait souvent l’amour. Elle me fit connaître le pot et elle avait une très grande connaissance dans tous les domaines culturels.  De quoi charmer n’importe qui. Elle était une précurseur, elle vivait, bien en avant son temps.  Enfin, une femme avec laquelle je savais de quoi parler et qui m’en apprenait.  Une grande lectrice. 

C’était aussi une féministe qui se riait des femmes encore prises dans le carcan de la morale religieuse et bourgeoise.  Elle prouvait qu’une femme peut être supérieure à bien des hommes.  L’amour exige une forme d’admiration, de fascination pour l’autre que tu sois de l’orientation sexuelle que tu voudras.  

L’Égyptienne est la seule pour laquelle je porterai une marque physique de notre engouement réciproque.  J’étais allé faire de la motoneige avec elle.  On avait loué un vieil appareil Bombardier (nouveau dans le temps) qui n’avait pas de protecteur.  Quand j’ai voulu l’embrasser, en me tournant vers elle, je me suis profondément coupé à un genou.  Ça saignait en tabarouette.  Je n’ai pas eu mal sur le coup, je m’en suis aperçu qu’en voyant mes jeans pleins de sang.  J’ai dû passer un mois à marcher avec une canne.  Ça fait plus mal après que pendant. 

La souffrance nous détourne des plaisirs du lit . J’ai toujours la cicatrice au genou.  Cette relation avec l’Égyptienne fut fabuleuse. 

Un soir, nous nous étions rendus dans le bord d’un bois, près d’un lac, admirer les étoiles,  mon sport national.   Nous avons aperçu ce qui nous a semblé un objet non-identifié.  Malgré ce « punch » imprévu, les heures qui suivirent à faire l’amour nu sur des roches, le lac dans l’œil, furent immortelles à ma mémoire.  Évidemment, au retour, nous avons plutôt parlé de l’ovni avec son époux, un scientifique, juif, athée. 

Nous avions vu un appel intérieur de l’infini qui se traduisait dans notre réalité.  Un point comme une étoile qui se déplaçait à une vitesse ahurissante, agissant comme s’il était propulsé par un faisceau de lumière.   

C’est aussi elle qui me fit découvrir Léo Ferré.  Après la première partie du spectacle, à la suite de sa chanson sur le crachat, je voulais partir.  Elle me demanda de rester, ce que je fis ; mais je n’aurais jamais cru que je serais debout à l’ovationner comme un fou à la fin de son spectacle. 

Pour la première fois, je reconnaissais à travers un chanteur ma réalité, mon identité politique : anarchiste, libre penseur.  Contrairement, à ce que l’on pense, l’anarchie est une philosophie contre la violence.  L’ordre dans le désordre.  Je venais, grâce à elle, d’évoluer un peu plus.   Elle était aussi indépendantiste.

Radioactif 327

mars 23, 2022

Radioactif 327

Texte de 2008

Citation de La pédérastie mise à nu.   

« Si la pédérastie est une orientation sexuelle, donc, qui devrait être permise par la Charte des droits, personne ne peut accepter la pédophilie, car, les enfants de moins de 10 ans pourraient être traumatisés par une expérience qui ne respecte pas leur rythme de développement physique et psychologique. 

Même face à la pédophilie, il faut être assez intelligent pour faire la nuance– ce que notre système ne fait pas — quant à la gravité des gestes. 

Il y a tout un monde entre une pénétration et un attouchement ; mais on réagit comme si c’était la même chose.  La gravité n’a rien à voir avec la morale.  Nous ne devons pas juger selon notre morale d’adulte, mais le bien-être réel de l’enfant : quelle est la signification et l’importance réelle de la situation quant à l’enfant?  À quel point les gestes posés risquent-ils de le perturber et de le marquer? »          

Au lieu de punir, il serait préférable de soigner l’enfant et de s’assurer qu’il ne souffre d’aucun traumatisme. 

Par contre, si le cerveau peut réparer des années d’enfance très difficiles quand on est transporté dans un bon milieu, affectueux, compréhensif, je me demande comment un enfant demeure perturber par un simple attouchement puisqu’un attouchement sexuel ne fait pas très mal et peut même être très agréable quoique c’est très payant de faire croire le contraire.» Aie-je ajouté depuis.                                                                    

La pédérastie mise à nu, page 13.

Gaston Gouin.       

La guerre pour un Québec français s’est transportée dans une manifestation à East-Angus, à l’occasion de la visite du premier ministre Jean -Jacques Bertrand, en plein débat sur le bill 63.

 À cette occasion, les journaux ont tous raconté qu’un des manifestants, identifié plus tard , comme étant Gaston Gouin, un poète et professeur au CÉGEP de Sherbrooke, aurait craché au visage du premier ministre Jean-Jacques Bertrand alors qu’un autre manifestant aurait donné un bon coup de pied au cul du ministre des Terres et forêts, M. Claude Gosselin. 

Pourquoi je ne voulais pas l’écrire ?  Tout simplement parce que je n’ai pas vu l’incident et que je ne voulais pas parler d’une chose aussi grave sans en être absolument certain. 

Aujourd’hui, j’imagine que ce doit être vrai.  Tout ce que je me rappelle de cet événement que j’avais été appelé à couvrir : des proches du premier ministre sont entrés dans l’hôtel où se terminait la manifestation et où j’étais déjà, en disant que c’étaient des maudits cochons. 

Je crois me rappeler que quelqu’un s’était essayé le visage avec son mouchoir, mais qui?  C’est trop vague pour que je puisse être capable d’identifier qui que ce soit.  Je ne pouvais pas l’affirmer, je ne savais pas.  Si ça avait été le premier ministre, je l’aurais reconnu.

Je savais que ça avait brassé, mais je n’en avais pas été témoin.  Je suis sorti pour assister à ce qui se passait.

Je ne me rappelle pas pourquoi j’étais plutôt à l’intérieur de l’édifice qu’à l’extérieur.  Probablement parce que je ne voulais pas manquer ma chance d’interviewer le premier ministre sur la loi 63, la loi sur la langue. 

Ça m’étonne que je n’aie pas été mêlé à la manifestation.  La Tribune m’envoyait toujours à l’Intérieur des manifs, sous prétexte que j’avais une gueule à semer la confiance et être mieux être accepté des manifestants pour avoir plus de détails croustillants. Je pensais déjà, avec l’affaire de l’aéroport et la misère économique de la région, exactement comme eux. 

Quoiqu’il en soit, j’ai été approché pour rectifier mon texte et j’ai appris qu’on me croyait plus radical que je suis en réalité. 

C’était mal me connaître.  Effectivement, pour la langue, je suis devenu et je serai toujours radical, mais, je l’étais encore plus en ce qui touche la vérité pour un journaliste : Je ne pouvais pas écrire une chose sans savoir que c’était vrai.  

Je crois que le Québec doit être un état français, même encore plus aujourd’hui.   C’est tellement important que ça devrait être un sujet qui déborde les mesquineries des partis politiques. 

Si le Québec cessait de toujours avoir peur de son assimilation, et ce n’est pas de la paranoïa, on pourrait se montrer beaucoup plus tolérant envers ceux qui ne parlent pas français et créer une véritable unité nationale québécoise, unité qui sera bien nécessaire quand ça ira encore plus mal sur un plan international et économique. 

Mais les quarante ans où je me suis plus ou moins mêlé de politique prouvent que les Anglophones ne se contenteront jamais de la place de seconde langue.  Ils veulent l’égalité, ce qui dans leur tête, veut dire domination comme les féminounes interprètent l’égalité homme-femme.   

S’il y a un domaine où tous les francophones du Québec devraient être d’accord, c’est celui de la langue.  Si on ne peut pas s’entendre sur un sujet aussi fondamental, y a rien à faire.  Nous ne pouvons même pas être fiers d’être ce que nous sommes.  Même un Robert Bourassa, après Meech, n’aurait pas admis que le français soit encore plus piétiné.

Murray Hill. 

La fin des années 1960 et le début des années 1970 furent une litanie de manifestations.  Je me suis ramassé à Montréal, comme journaliste, lors de la grève de la police qui s’est terminée par le meurtre de Murray Hill.  

Les policiers s’étaient retranchés dans une aréna et tenaient une réunion syndicale.  Certains, pour ne pas dire une maudite bonne gang, avaient la buvette très facile et les pattes plutôt croches.  Quand dans mon rapport à la Tribune je soulignai cette aberration, deux policiers me malmenèrent et s’assurèrent d’entendre ce qu’il voulait bien entendre.  C’était leur conception de la démocratie.  Je me suis éloigné et j’ai recommencé mon rapport au journal. 

Cette soirée de manifestation fut particulièrement frappante du fait que j’étais dans les premières rangées de la parade avec les manifestants.  C’était très impressionnant d’entendre s’effondrer les vitrines et voir les gens courir les bras pleins de nouveaux produits volés dans les magasins vandalisés.  Rien de bien valorisant.  Quel vacarme !  Je ne me suis pas rendu là où les chauffeurs de Murray Hill devinrent les cibles. On apprit ensuite que la victime était un policier qui avait infiltré les manifestants et avait été tiré par un autre policier. 

C’est d’ailleurs ça le problème des manifs, le système les infiltre et leurs policiers déguisés en êtres humains mettent le trouble partout.  Ça justifie l’intervention des autres policiers qui passent leur temps à se pratiquer sur l’art de cabocher la démocratie.  Ainsi, les manifs perdent tout leur sens : les journaux ne parlent que des trouble-fête et ne disent pas un mot sur la motivation de cette manifestation ainsi que les principales revendications. 

Le système est assez pourri pour organiser la violence et ainsi manipuler l’information.  Les morts, ça n’a pas l’air de les fatiguer, mais ils nous font la morale sur notre façon de se comporter. 

À notre décharge, on doit avouer qu’ici c’est quand même moins pire que dans bien des endroits dans le monde.  Ce n’est pas une raison pour que ça puisse arriver chez-nous.

Peace and love.    

Si je me radicalisais un peu plus à chaque manifestation, c’est sûrement parce que j’avais de moins en moins peur. Le journal m’a aussi permis de connaître le premier incident où enfin des gens avaient la jugeote de se baigner nus devant les médias atterrés.  Se baigner nu, c’est dix fois plus agréable qu’avec un maillot. 

En effet, après m’avoir bien averti que je ne pouvais pas fumer ou droper sur la job, les dirigeants de la Tribune m’ont envoyé passer une semaine à Manseau où on célébrait le premier Woodstock en Québec.  

J’étais là avant même le début des spectacles.  Le premier soir, j’ai passé la nuit debout avec les jeunes complètement à jeun, donc, dans une docilité absolue.  Plus tard, j’ai recommencé l’expérience, mais cette fois, il y avait un beau petit gars qui ne cessait de me regarder et qui me passa son joint de hash.  Le hash m’a toujours fait exploser les fusibles de la sexualité, particulièrement, du toucher.  Les moments suivants furent exquis d’extases. 

J’étais non seulement journaliste, mais on m’avait fait la réputation d’un bon tireur de joint.  Les pauvres, qui m’offraient de fumer, le regrettaient vite, car j’étais d’une avidité sans borne.  Aussi, je devenais complètement une autre personne.  Drôle comme un singe.  Je poursuivais deux ou trois idées en même temps. Les dimensions de l’esprit sont très intéressantes quand elles se pénètrent et se superposent les unes aux autres.  

Évidemment, je faisais quand même attention parce que je ne voulais pas perdre mon emploi.  Qui a déjà écrit gelé, sait que tu te reprends souvent. La dérive est plus que facile.   Ce fut tellement amusant qu’un de mes grands patrons, Alain Guilbert, est venu me rejoindre, tout comme Bourassa est venu faire son petit tour d’hélicoptère. 

J’avais beau me surveiller, j’avais quand même appris à me fier à mes premiers « tripeux » et à partager les plaisirs de la communication musicale.  C’est ainsi que j’ai glissé les doigts dans une enveloppe où se trouvait une petite poudre qu’on portait à la bouche.  La danse qui s’en suivit fut extraordinaire.  Sans le savoir, j’ai dû absorber une drogue que je ne connaissais pas. 

Du plaisir, de la danse, je suis passé à la fin de la soirée à la paranoïa totale.  J’ai cru que le chanteur était une réincarnation du diable.  J’avais tellement peur que le lendemain matin, quand je me suis réveillé, je me suis aperçu, ô bonheur, que j’étais couché dans un sac de couchage avec un petit gars.  Rien ne combat aussi bien le diable que la tendresse.

Pour moi, cette manifestation de la musique remettait en question mes nouveaux sentiments politiques.  Qu’est-ce qui est la vraie révolution : changer la vie, vivre sans contrainte, ou se battre en politique pour changer quelque chose qui reviendra exactement pareil quelques années plus tard? 

Peace and love ou FLQ ?  Qu’étais-je vraiment ? 

Le Peace and love est égoïste, mais tellement plus agréable à vivre. Il est aussi beaucoup plus profond.  Le Peace and love est plus universel et sera certainement plus permanent.  Le Peace and love est jeune et rêve.

 Le pot.         

C’était une atmosphère survoltée à tous les points de vue.  Ce qui m’a sauvé et m’a empêché de sombrer dans l’enfer total de la drogue fut ma peur des drogues plus fortes et de leur effet sur mon petit cerveau. 

Malgré cette peur, j’ai eu mes quelques années de bons voyages, une expérience que je ne regrette pas, mais que je ne recommencerais pas.  Ce fut une bonne chose que je craigne les drogues.  J’ai préservé ma dignité, j’ai conservé ma conscience.    À cette époque, on avait de  » l’assez bon pot  » mexicain.  Il était beaucoup moins dangereux que celui d’aujourd’hui, mais j’aurais pu facilement devenir dépendant. 

Je ne sais pas par quel miracle j’ai cessé de fumer.  Malgré ce que certains disaient quand je suis arrivé à Val-d’Or, je ne fumais plus depuis longtemps.  Je trouvais que ça me rendait trop paranoïaque.  Par contre, je n’ai jamais empêché quelqu’un de fumer, même les jeunes qui étaient avec moi.  

Depuis, j’ai modifié ma perception des drogues.  Je suis convaincu, même si je ne suis pas médecin, que la drogue est la principale cause du nombre effarant de jeunes qui souffrent de maladies mentales.    

Le pot est trop fort pour ne pas laisser de séquelles. Je suis honnêtement persuadé qu’en permettant à nouveau d’en cultiver chez soi pour sa propre consommation ce serait le meilleur moyen de contrôler sa force et ses dommages.  Il faut le décriminaliser (en fermant toute possibilité pour les drogues dures) et le vendre comme de la boisson, sous une certaine surveillance quant à la force et la qualité.

C’est exactement comme la prostitution.  Comment enrayer les maladies vénériennes si tu ne peux pas en connaître l’étendue?  Comment exiger que les prostituées soient médicalement suivies de très près tant que c’est un crime?  Comment éviter les maladies vénériennes chez les ados si on revient à la censure d’antan, à la folie de ne pas pouvoir en parler?  

On serait mieux de lâcher un peu la cigarette et le sexe et s’occuper de nos jeunes, de la violence, sans agir comme de veilles mangeuses de balustres déconnectées de la réalité. 

J’ai arrêté de fumer la cigarette, il y a environ deux ans.  Les moments les plus difficiles sont quand on commence à nous casser les oreilles avec leurs maudites campagnes de non-fumeurs à la télévision.  Je viens tellement enragé que ça me tente de recommencer juste pour avoir la sensation de les avoir envoyé chier. 

Je trouve que nos gouvernement ont le nez trop longs dans nos vies personnelles : le sexe, le jeu, la cigarette, la bouffe, et pis quoi encore  

Pourquoi la fumée secondaire des cigarettes est-elle plus dommageable que celle des milliers de tonnes de pollution du pétrole dans les villes?   J’ai bien de la misère à croire ça.  

Higgins avait fait une étude pour nous prouver que Ste-Scholastique, c’était le bon choix pour l’aéroport international ; mais il avait été payé pour arriver à cette conclusion.  Avec le temps on peut dire que son étude était là pour mieux nous emplir.  Ce sera peut-être un jour comme pour les patates que l’on condamnait. Elles ont été réhabilitées parce qu’elles se vendent bien.  Tout marche au fric !

Law 21

mars 22, 2022

Law 21

Law 21 is a law for Québec in Québec.  It is different  with english canadian people because of our difference of  culture. We have a french history and you have an english one , these two culture dont see the religion in the same way. Québec have an history true laïcism that other do not have. In the 1960, we stop to be catholic prisonners.

I do not understand why other provinces are talking about law 21, knowing that majority of Quebecers agree with that law .  Why Canada  can take position about the Quebec governement rules for their workers?  It can be a syndicat preoccupation but not  a Canadian one.  Canada  dont even have to live under that rule. So, what is the problem out Quebec?

They are thinking exacly as when the goverment of Canada decided to kill the indian in all indian child.  After law 21, it will be law 96, against  french, because we would like Québec to be englisn speaking country as all over Canada.

Law 21 is the same for all religions in Quebec. It is a way to be sure religion take the place that should take a religion in our life.  At home and in temples.

A muslim woman can go where ever she wants with an hijab in Québec. The law will even protect her from to be butter by others.  But no one,  whatever the religion, can teach with a religious sing,  The same if you are a police or a judge.

With law 21 we wanted to stop all these fights for power of religions. Indeed, hijab is never name in the Coran, so we can wonder why we pretend it is a rule for muslim.   Lot of women around the world do not wear hjjab ans still good muslim. It just proove that men still want to have hand on women . There is a difference between religion and prosélytisme.

Stop lying!   The teacher did not loose her job because of law 21. She has been transfert, so she can respect the law, like it should have been done at the beginning.

If you dont want Québec to be laïc and french culture, just put us out of Canada. In fact, we never sing the new constitution, so we are already out.

We will be super happy that Québec be independant if you do not respect our culture. We are not a nother Ukraine where Roc tell us how to live.

If you change the constitution and have respect for our culture, we might be happy to be canadian. The realty is that there  already trwo Canada in one. French (Québec)  and Enghish (the rest of Canada).

 And we also have to respect and agree that the First nations are also completely part of our country.as egal nations  partners.  They were the first in this land. Respect us and maybe one day we will be happy to be canadian.

j

Radioactif 326

mars 22, 2022

Radioactif 326

Texte de 2008

Les Lavigueur.      

En écoutant la série télévisée sur les Lavigueur, je vois que ce n’est pas d’aujourd’hui que le Journal de Montréal manque d’éthique professionnelle.  Je me sens dans la peau de cette pauvre famille humiliée par les propos de ce journal.  Aujourd’hui, je subis le même sort. 

D’abord Richard Martineau publie une chronique en oubliant d’indiquer la nuance que j’établis entre la pédophilie et la pédérastie.  Cette nuance est d’autant plus importante que le gouvernement canadien modifie l’âge de consentement pour faire plaisir à la police et aux mouvements religieux.  Il me pointe comme un des porte-parole des pédophiles, ce que je n’ai jamais été et ne serai probablement jamais.  J’écris sur la pédérastie et non la pédophilie, toute une nuance.

La pédophilie, quant à moi, met en danger les jeunes, ce qui me suffit pour que je n’y souscrive jamais.  Des stations de radio de la ville de Québec (avec le groupe de Jeff Fillion) reprennent ce texte malhonnête puisqu’il ne traduit pas ce que j’ai écrit et elles le diffusent.  Pire, le service canoë s’organise sur le web pour que l’on retrouve, dès le début d’une recherche sur moi, les accusations de Richard Martineau. 

Même si je lui ai fait parvenir des textes pour rétablir la vérité, celui-ci n’a pas eu le professionnalisme de s’excuser et rétablir les faits.  À cause de cette accusation, l’Association des auteures des Cantons de l’Est me bannit de ses rangs alors que l’UNEQ fait enlever ma présentation comme auteur québécois sur le site «L’Île», sous prétexte que je ne suis pas (plus) membre de l’UNEQ.  C’est vrai parce que je n’ai pas renouvelé ma cotisation de titulaire depuis des années.  Puis, on m’a mis à la porte de ce cartel culturel.

On essaie de faire disparaître mon nom de tout ce qui est littéraire, sous prétexte que je suis pédéraste, comme si je n’écrivais que sur ce sujet.  Je ne vois pas pourquoi on puisse m’interdire d’écrire parce que je suis pédéraste.  J’écris sur ce sujet pour contrer la désinformation comme j’ai participé dans les années 1980 à des ateliers pour faire connaître le phénomène de la pédérastie.   Des médecins, même des policiers, assistaient à mes présentations. 

Bizarre que mon manuscrit La pédérastie mise à nu soit acceptée pour publication à Paris et rejeté au Québec.  Malheureusement, je ne suis pas assez riche pour poursuivre ce projet.  Par ailleurs, si on veut lire mes poèmes, c’est possible de le faire sur des sites en France puisqu’au Québec je suis proscrit.  Là-bas, on semble être assez intelligent pour reconnaître la différence entre pédophilie et pédérastie. 

Freud dirait que c’est une question de stade dans le développement de la sexualité des individus.  Les pédophiles s’intéressent aux jeunes de moins de 10 ans.  Ce n’est pas de ma faute, s’il n’y a pas un terme pour les adolescentes.  Même si l’évidence confirme cette nuance, les féminounes croient toujours qu’on peut être blessé par un attouchement sexuel. Elles sont ignorantes ou carrément de mauvaise foi. 

Ce n’est quand même pas moi qui oublie de constater les différences (surtout sociales à partir du mariage) sexuelles entre la perception de la sexualité par un gars et une fille : ignorance ou hypocrisie

Au prix que la chasse aux pédophiles coûte, il faudrait commencer d’avoir le droit d’en parler : elle est payée à même nos impôts

Est-il vrai que les mouvements religieux missionnaires sont infiltrés par les services de renseignements secrets, d’où cette soudaine peur pour le sexe des jeunes orientaux ? 

Les peurs libérales…       

Ça y est, la machine à faire peur libérale vient de repartir.  Selon Jean Charest, la déclaration de Madame Pauline Marois, du PQ, signifie que le Québec connaîtra cinq autres années de perturbations, si elle pose des gestes à caractère souverainiste. 

Ça rappelle la belle époque où le gouvernement fédéral avait fait organiser les événements de la Brinks pour faire peur à la population, juste avant des élections.  Une foule de documents avaient été placés dans des camions de la Brinks pour fuir le mauvais Québec séparatiste.  On s’est ensuite aperçu que ce n’était qu’un bluff, une petite mise en scène pour faire croire qu’un Québec indépendant ferait fuir tous les capitaux. 

Serions-nous redevenus assez naïfs pour ne pas comprendre que selon les dernières déclarations de Jean Charest, le fédéral n’a pas l’intention de respecter les résultats d’un futur référendum démocratique ? 

Quand le FLQ existait, Pierre Laporte se vantait dans les réunions des libéraux que ses discours sur la fuite des capitaux et la fermeture d’usines n’étaient que des mensonges nécessaires puisque la plupart des gens sont trop insignifiants pour comprendre sans exagération, sans caricature.  Faudrait-il en déduire que le Parti libéral est celui des Anglais, des menteurs et des épouvantails ? 

Pendant des années, dans les Cantons de l’Est, on s’est demandé qui étaient les terroristes qui posaient des bombes un peu partout ?  Plusieurs années plus tard un bon libéral me disait que c’était l’œuvre de la GRC ou des services secrets canadiens.  Vrais? 

M. Charest devrait savoir qu’il est bien évident que le fédéral tentera par tous les moyens d’empêcher le Québec de devenir un pays indépendant.  Le fédéral ne respecte pas les lois quand c’est dans son intérêt.

J’aurais été arrêté et accusé d’attouchements sexuels (ça te coupe de tout le monde) pour dissimuler que l’on voulait me punir d’avoir été supposément un membre du FLQ.  J’ai appris en prison que le Canada doit, si l’indépendance passe dans un référendum, ressusciter le FLQ, dans cadre d’une opération nommée «Pathfinders».  Selon ce projet, ce groupe formé d’ex-membres de la GRC et de l’armée poseraient des bombes au nom du FLQ à Montréal. Ainsi, ça créerait une situation de violence de façon à justifier une nouvelle intervention de l’armée, comme en 1970. 

 Quand on sait que l’agent Samson, de la GRC, a sauté avec la bombe qu’il allait placer durant un conflit syndical à Montréal, on sait que c’est possible.  Personnellement, je suis convaincu que si on était sûr que ça réussirait, les fédérastes n’hésiteraient pas une seconde.   

C’est vrai que la séparation du Québec du Canada créera avec certitude des perturbations, mais elles ne seraient pas nécessairement négatives pour les Québécois, bien au contraire, mais elles pourraient être illégales et organisées par Ottawa, comme ce fut déjà le cas. 

Ottawa ne respecte pas les lois du Québec, il se croit supérieur.  Quant à Stéphane Dion, il a préconisé la partition.  Ceux qui ont vu l’émission  » Une heure sur terre« , parlant d’Israël et de la Palestine, comprendront que Stéphane Dion préconise avec la partition que le Québec soit un gruyère comme la Palestine… beau défenseur du Québec.  On a pas besoin de mur, on a déjà le mur linguistique.  On a déjà nos vendus pour nous humilier et nous maintenir muets. 

Manif pour le français.

La principale raison de vouloir que le Québec soit un pays, c’est le français.  On semble oublier qu’à la fin des années 1960, la langue était le principal enjeu politique.  Il n’y avait rien de différent dans le discours des assimilateurs : le libre choix des parents.  L’anglais, pour avoir un emploi. 

Ce fut la principale raison d’exister, selon l’écrivain Raoul Roy, de la première vague du FLQ.  Je n’étais pas à la manifestation de St-Léonard, mais j’ai participé à quelques autres manifestations.  D’ailleurs, une dame a été tuée dans une de ces manifestations quand l’anti-émeute a chargé les manifestants, cette dame enceinte a été piétinée.

Dans une autre manifestation, on avait décidé de me faire goûter aux plaisirs d’affronter la police.  J’étais au premier rang des manifestants.  Deux autres gars, un chaque bord, me tenaient par la main, avec consigne que j’avançais ainsi tant qu’ils ne me diraient pas de partir pour sauver ma peau.   Je peux vous garantir que l’escouade était assez virulente pour nous faire trembler dans nos culottes.  Quand ils frappaient leurs boucliers, en marchant au pas sur nous, ce sont comme des machines qui se fichent de la vie. Des tueurs en puissance. Comment des humains peuvent-ils être considérés comme des êtres conscients, pensants, et agir ainsi, même s’ils sont bien payés ? 

À un moment donné, nous étions tout près, les autres m’ont lâché en criant « cours» et je vous garantis que c’est ce que j’ai fait.  Nous nous sommes retrouvés derrière des barricades, nous avons mis le feu et tirés des roches ; mais la police anti-émeute n’a été retardée que quelques minutes.  Nous nous sommes enfuis dans une entrée de métro.  Je me rappellerai toute ma vie le bruit de leurs bâtons sur les portes. 

Aujourd’hui, on a qu’à faire une petite croix pour changer de gouvernement, d’en choisir un qui a assez de respect pour protéger notre langue et on ne vote même pas.  Si le sort du français ne nous préoccupe pas, nous n’avons qu’à apprendre l’anglais, car nous serons très bientôt irrévocablement assimilés.  Le respect de soi, pour nous, passe par le respect du français.  Faudra-t-il reprendre la rue pour se faire respecter ? 

L’économie, c’est une arme de domination comme l’anti-émeute pour imposer la peur. C’est le propre de nos gouvernements de ne rien faire tant que la situation n’est pas devenue intenable. Ensuite, ils placent leurs fomenteurs de trouble pour justifier leur sadisme.  L’économie est devenue au même titre que la bombe atomique, l’arme de persuasion. Vous fermez votre gueule, où on ne vous donnera plus d’argent. C’est un bon moyen pour obliger tout le monde à être obéissant.

Le bilinguisme.      

Avec le bill 63, le Québec s’enfonçait.  Les aliénés (ceux qui sont contents d’être vassaux) semblent aussi nombreux que les colonisés.  Les aliénés sont ceux qui ont perdu tout respect envers eux-mêmes et leur nationalité québécoise.  Ils acceptent d’être traités comme s’ils étaient des étrangers dans leur propre territoire.  Mais, la langue est un sujet presque aussi tabou que la religion et la sexualité parce qu’elle charrie un énorme potentiel émotif. 

Plutôt que de s’expliquer, on préfère nier le problème ou s’invectiver de bêtises.  Pour certains,  être bilingues,  c’est une nécessité que le travail leur a imposé ; pour d’autres, c’est une forme d’accomplissement, de plaisir de posséder plusieurs langues alors que pour d’autres, l’unilinguisme anglais, c’est une manifestation de leur prétendue supériorité parce qu’ils ne sont pas assez intelligents pour apprendre le français ou déménager dans un territoire anglophone comme le Canada.  Ils masquent leur déficience en faisant valoir leur droit de pouvoir utiliser l’anglais au Québec. 

Personne ne veut empêcher personne de parler anglais, mais on demande que l’on ait assez de respect envers la majorité pour apprendre aussi le français et pouvoir ainsi communiquer avec les autres en français. 

Ces unilingues anglophones masquent leur déficience en faisant valoir le droit d’utiliser l’anglais au Québec.  C’est pas ma faute, c’est à cause des autres. Personne ne peut reprocher à un autre de vouloir connaître le maximum de langues parce que ça permet d’étendre ses connaissances sur un plan social et culturel.  Être ouvert aux autres, c’est une qualité et non un défaut.  Il n’y a que les petits bourgeois pour s’arrêter aux accents toniques. 

Que tu parles anglais, même si tu vies au Québec, il n’y a rien là ; mais que tu ne parles que l’anglais et que tu vives au Québec, tu as un foutu problème de respect envers les autres.  La langue utilisée au Québec, c’est le français ; mais plusieurs nouveaux arrivants ne se donnent même pas la peine et la chance de l’apprendre. Si nous étions plus, que nous ne serions pas noyés dans une mer anglophone, la langue aurait moins d’importance.  C’est pourquoi un Québec indépendant sera capable de mieux accepter le bilinguisme qu’aujourd’hui.  Nous n’aurons plus à craindre l’assimilation ou si elle se fait, ce sera de notre faute.  Un autre élément de ce problème est qu’il est pratiquement concentré à Montréal.

Perception

Même si le français est la langue d’usage au Québec, un bon nombre d’immigrants ne l’apprennent pas.  Ces gens ne semblent pas penser à leurs enfants qui, à l’école, doivent apprendre le français. 

Auparavant, le gouvernement défrayait les coûts des cours de français.  Aujourd’hui, c’est encore plus restreint et les Québécois ne perçoivent l’immigration qu’en fonction de ce qu’elle nous coûte.  « Ils ont tous les avantages dès leur arrivée, alors que les nôtres peuvent compter sur aucune aide. », pensent plusieurs. 

Avant d’apprendre l’anglais, si tu respectes ceux qui te reçoivent, tu apprends leur langue : le français.   Par contre, ça coûterait infiniment moins cher si les immigrants apprenaient le français dans leur pays avant de venir au Québec.  Ils pourraient assurer leur survie (l’aide serait moins dispendieuse), tout en apprenant le français, un métier, notre histoire, nos coutumes.  Quand ils arriveraient ici, ils pourraient voler de leurs propres ailes.   Non seulement ça coûterait moins cher, mais ça permettrait aux immigrants d’avoir tous les outils pour vivre cette nouvelle liberté qui leur est donnée.  Ça permettrait d’entretenir l’immigration, car nous en avons définitivement besoin. 

Qu’est-ce qui empêcheraient les industries qui ont besoin de main-d’œuvre de participer à leur formation, moyennant un certains nombres d’années garanties de travail?  Mais, pour créer tout ça, il faut d’abord reprendre totalement en main notre immigration.  Le fédéral s’en est toujours servi pour nous assimiler et combattre l’indépendance

Radioactif 325

mars 21, 2022

Radioactif 325

Texte de 2008

Raymond Garneau.         

J’étais peut-être devenu un peu trop fanatique.Par exemple, Raymond Garneau, le ministre des Finances, s’était rendu au Pub, rencontrer les gens de Sherbrooke.  J’ai refusé de lui donner la main parce qu’il représentait celui qui rejetait ou du moins ralentissait la réalisation de nos projets.  Il détenait la bourse. 

Comme il me connaissait, il fut étonné de ma réaction et me dit simplement qu’il m’avait connu dans des moments où j’étais plus gentil.  Effectivement, je crois que je venais de déborder émotivement mon rôle de journaliste. 

Plutôt que de simplement rapporter les faits, je prenais la cause du bien-être des gens en main. Si La Tribune était trop libérale pour que ce soit acceptable, j’étais trop Estrien pour être encore objectif.  Je voyais les revendications et je m’identifiais à ceux qui les revendiquaient. 

En fait, je surévaluais peut-être le pouvoir des manifestations et de la contestation par rapport aux résultats qu’auraient apporté de bonnes relations avec les autorités.  J’étais un petit Robin des bois délinquant.  Il a fallu 40 ans pour que la Transquébécoise soit terminée comme je le préconisais. J’aurais peut-être été plus efficace pour la région si j’avais été un peu moins revendicateur. 

J’étais le genre de journaliste qui croyait plus dans l’obligation à la vérité et aux résultats qu’à l’objectivité.  J’étais trop engagé et je croyais trop dans le quatrième pouvoir, celui de la presse.  J’en conviens. 

En ce sens, je ne devais pas être un cadeau à contrôler. 

Heureusement, cependant, je n’en ai jamais fait une affaire personnelle.  Je comprends mes anciens patrons, mais ça n’excuse pas qu’un journal soit pratiquement le porte-parole d’un parti politique.  Le journal se doit plutôt à ses lecteurs.  Je croyais dans la vocation de ce métier : défendre les intérêts du peuple et de la vérité.  J’étais un peu trop fanatique.   

J’ai connu le même désaccord avec Pierre Péladeau quand j’ai travaillé dans un de ses hebdos, à Port- Cartier.  Je prenais pour le monde et non pour le patron.  J’ignorais la consigne voulant qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. J’avais ma chronique Ti-casse-divague pour pratiquer mon humour.


En dehors du travail, j’étais un épicurien. Une doctrine qui place le plaisir au centre de ses valeurs.  Jouissons maintenant, on ne sait pas quand on mourra.  D’ailleurs, j’étais en amour avec un petit gars qui l’était autant que moi. Il venait me chercher au journal et ne repartait pas sans moi.  Les secrétaires étaient renversées d’apprendre qu’il vrai qu’un jeune peut désirer autant un vieux. 

Journaliste engagé.         

À mon avis, l’erreur que j’ai fait comme journaliste à cette époque fut de me mettre dans la peau de la population et de faire mien le besoin de sortir l’Estrie de son impasse économique alors que les représentants de la région n’étaient qu’un amas d’amorphes. 

Ils avaient tellement peur du politique, qu’ils pliaient l’échine à la moindre décision comme s’il était impossible de faire changer d’avis un gouvernement.  Contester, il ne connaissait pas ça, il faisait partie de ce pouvoir qui ne pense qu’à réglementer et gruger davantage ton portefeuille, même s’ils étaient les victimes.  Et, malgré ça, nous arrivions à obtenir que des projets prennent forme. 

C’est ainsi que Robert Bourassa a promis en campagne électorale de poursuivre la construction de la Transquébécoise et que Georges Vaillancourt, le député de Stanstead, a appuyé le projet de développement Sherbrooke-Magog-Orford.  Ça n’a pas tellement changé puisqu’il est évident plus que jamais que dans le cas du mont Orford, on n’a pas une vision régionale pour régler le problème.  

Il faut créer un territoire touristique qui dépasse les limites de la montagne et dure à l’année longue.  Il faut un lien entre le zoo de Granby, le Centre musical, les théâtres, Magog et Sherbrooke, un lien très rapide qui permet aux touristes d’évoluer autant sur le plan de la beauté de la nature de la région que de son développement culturel. 

Pour connaître l’Estrie, il faut développer des activités qui exigent que le touriste doive y venir souvent et longtemps.  C’est une industrie du sourire et de la gentillesse.  Le tourisme, c’est une atmosphère de plaisir à tous les niveaux. 

Je prenais ce développement trop à coeur.  Je devenais trop partisan, pour ne pas dire fanatique.  Je n’étais pas attaché à un parti politique, quoique j’aie acheté ma carte au Parti Québécois pour protester contre la décision du fédéral de créer Mirabel au lieu d’appuyer le projet de l’aéroport international de Drummondville. J’étais surtout un régionaliste. 

Dans mon évaluation de la solution, il devenait de plus en plus clair et impératif que le Québec devienne un pays, si on voulait s’en sortir ; mais dans ma tête, c’était encore assez vague.  L’indépendance servait à éliminer un palier de gouvernement ; aujourd’hui, je dirais un palier de voleurs légaux.

Bourassa à Asbestos.

La Tribune m’envoyait là où elle avait besoin d’un journaliste.  C’est ainsi que je me suis ramassé à Asbestos.  Cette ville minière est reconnue, depuis la fameuse grève de 1949, comme un endroit où le syndicalisme est très important. 

Quand j’y suis allé, on faisait face à la nécessité de construire un nouvel hôpital puisque l’ancien était condamné à tomber dans le trou de la mine.  Lors de la conférence de presse, Robert Bourassa, qui me connaissait bien, avançait ses solutions, tout en disant à ceux qui y assistaient : « C’est bien ça.  C’est bien ce que j’ai dit, n’est-ce pas, Jean? » J’étais un peu mal à l’aise, je penchais par nature davantage en faveur de la population.  Je doutais des promesses politiques d’autant plus que la réalisation de la Transquébécoise allait moins vite que je l’avais espéré quand Bourassa a accepté le projet. 

Aussi, dans le corridor, le président du syndicat qui marchait avec moi me demanda si je devais le croire.  Je lui fis remarquer que personnellement, je le trouvais pas mal menteur.  On toussa à côté de moi et un autre marcheur que je n’avais pas remarqué était nul autre que Robert Bourassa qui écoutait notre conversation. 

En privé, Bourassa m’offrit un retour en politique, n’importe quand, selon mon bon plaisir.  Je n’avais qu’à lui signifier. 

Bourassa fut toujours gentil avec moi ; mais il ne pensait probablement pas qu’un jour on serait complètement quasi ennemi et que je lui dirais qu’il n’était qu’un maudit menteur.  J’admets que non seulement c’était polisson, mais ça ne donnait rien.  En devenant ennemi avec Bourassa que j’avais connu et admiré, je perdais toute crédibilité comme journaliste impartial. 

Que voulez-vous, on est des êtres émotifs, parfois trop?  Le journal ne me laissait plus couvrir les conférences de presse parce que j’étais trop politisé alors j’étais rendu du côté des manifestants.  En groupe, j’étais encore plus fanatique. On veut devenir objet d’admiration, faute d’avoir un pouvoir réel. 

Si Robert Bourassa avait fait un référendum sur l’indépendance immédiatement après le lac Meech, je l’aurais appuyé à 100 pour cent ; mais il a préféré négocier l’entente inacceptable de Charlottetown.  Trop peu, trop tard, disait-on. Mais, on a jamais eu le courage d’appliquer l’unique solution qui nous reste : créer un pays.   

Le français est la principale raison d’exister du Québec. Il sera très bientôt trop tard.

 
Manif contre Bishop.       

Peu de temps après mon arrivée à la Tribune, un autre sujet que l’économie prenait de plus en plus de place : le français. 

À Sherbrooke, on entendait peu parler de l’assimilation et de la résistance à apprendre le français. Ça semblait un problème propre à Montréal.  Pourtant, ce qui se passait dans la métropole avait aussi des incidences sur nous. 

J’avais appris, comme tout le monde, qu’il y avait un mouvement terroriste à Montréal, le FLQ ; mais ça ne m’intéressait pas particulièrement.  Je faisais comme tous les autres lecteurs : je lisais le titre et parfois quelques paragraphes.  Je n’y connaissais rien, sauf qu’avec le projet de l’aéroport international, c’était évident que nous, du Québec, nous n’étions rien dans la pensée fédérale. 

Le problème de la langue, lui, était contagieux parce qu’il faisait ressortir que nous sommes des colonisés.  Il faisait appel à notre sensibilité.  Il nous atteignait directement.  Par exemple, j’ai été mandaté de couvrir une manifestation pour un Bishop français.  Bishop, c’était l’université anglophone, à Lennoxville. 

À vrai dire, je trouvais ça un peu ridicule, car je ne voyais pas ce que l’existence d’une université anglaise chez-nous apportait de problème.  Nous avions une université française à Sherbrooke et je travaillais avec Antoine Naaman, à faire la promotion d’un projet de faire de Sherbrooke, le centre international de la littérature francophone, le CELEF, à Sherbrooke. 

Comme d’habitude les dirigeants de la Tribune ont demandé que je fasse le travail au sein des manifestants.  Au début, tout était calme, mais soudain, les anglophones choqués ou apeurés ont commencé à nous tirer des balles de neige, à nous bousculer et certains se présentèrent aux fenêtres, les fusils à la main.  J’ai trouvé que «nos anglais» en mettaient pas mal. 

D’autre part, pour la première fois, je me sentais solidaire de ceux qui manifestaient pour le fait français.  Une nouvelle vocation.  Ce fut un bain presqu’une noyade de patriotisme. 

Je venais de découvrir que nous, les francophones, nous étions exploités chez-nous non seulement sur un plan économique, mais pire, dans notre identité.  Je venais d’ajouter un élément à la perception que l’on avait de nous, le petit peuple. 

Par contre, je rejetais toute la philosophie voulant que nous ne sachions pas parler notre français.  Je percevais ça comme un autre moyen bourgeois de nous humilier. Le joual est une langue juste un peu plus régionale.  Il n’y a pas qu’à Paris qu’on sache parler français, mais on est juste un peu moins snob.

Les partis politiques.       

Donc, la manifestation pour la francisation de l’université Bishop, à Lennoxville m’a, à ma grande surprise, sensibilisé sur notre situation de majoritaire qui se comporte en minoritaire à travers les partis politiques fédérastes. 

Quarante ans plus tard, ça n’a pas changé : le Parti libéral est toujours celui des fédérastes, des Canadiens dominants et de la finance.  L’Union nationale est disparue parce qu’elle jouait aux nationalistes québécois et fut remplacée d’abord par le Parti québécois, puis, est apparue l’Action démocratique, fidèle à l’Église, mais issue du Parti libéral.  Des libéraux de droite.  Rien de plus.   

Qu’y a-t-il de changé ?  Rien de fondamental.  Le Parti libéral est toujours un parti fédéraliste qui tente de nous faire croire que nous sommes mieux à l’intérieur du Canada alors que le Parti québécois est un parti plus associationiste qu’indépendantiste pour des raisons évidentes : c’est le seul moyen non-violent de marcher vers la construction d’un pays, le Québec. 

Par ailleurs, la venue de l’Action démocratique est simplement l’apparition d’une droite à l’intérieur du Parti libéral, la girouette sur le plan constitutionnel.  Les positions de Mario Dumont nous forcent d’admettre que son parti est dorénavant carrément fédéraliste. Son vrai visage est vite identifiable sur l’échiquier politique à cause des positions de Mario Dumont sur tout ce que préconise Mme Pauline Marois. 

C’est comme la prétendue ouverture du Nouveau parti démocratique envers le Québec.  Nous savons tous maintenant, comme je l’avais dit dans les années 1970, que le Nouveau parti démocratique est essentiellement fédéraliste, même opposé à une vraie confédération canadienne.  Le NPD est contre l’indépendance du Québec, c’est devenu clair.  QS est pareil.

D’autre part, les fédéralistes d’extrême droite se servent du féminisme pour essayer d’augmenter le nombre de votes fédéralistes chez les femmes.  D’autant plus que les femmes sont de plus en plus la vraie majorité numérique. 

 Avec la création de petits partis politiques féministes, la récupération sera facile pour les libéraux qui multiplient les baisers à la cause féministe que l’on identifie à une lutte contre la liberté sexuelle.  On ne divise pas la gauche, il n’y a jamais eu de gauche et de droite au Québec. Il y a les conservateurs (religieux) et les progressistes.

Ainsi, le Québec se retrouve dans une bien drôle de situation politique.  On essaie de faire croire qu’il faut diriger le Québec, sans se mêler de la guerre fédéraliste-indépendantiste, comme si on pouvait éliminer ce débat. 

Jamais, avec Stephen Harper, comme premier ministre, le Québec a été aussi prisonnier des politiques d’extrême droite américaine.  Nous sommes en guerre en Afghanistan parce que nous sommes Canadiens.

Un Québec indépendant serait neutre et contre cette forme de guerre qui protège les intérêts des pétrolières, des religions, des Seigneurs de la guerre, de la drogue, etc.  Mais elle fait ressortir une nouvelle fois la bravoure des nôtres.    

Radioactif 324

mars 20, 2022

Radioactif  324

Textes de 2008

Constitution

Un autre bel exemple d’hypocrisie politique est d’offrir la possibilité que le Québec soit reconnu comme nation à l’intérieur du Canada alors que cette reconnaissance est fondue dans une Constitution canadienne qui est encore plus rigide qu’un corset

Ils doivent croire les Québécois très stupides pour oser proposer une formule vide, qui ne veut rien dire.  

C’est le statut que le Québec gagne pour l’éternité après 40 ans de lutte pour s’affirmer. 

Chaque année, le Québec perd un peu d’espace et de pouvoir à l’intérieur du fédéralisme.  Chaque année, le Québec se voit noyer par l’anglais qui reprend le terrain, grâce au fédéral.  C’est comme nous demander d’organiser des fêtes nationales pour marquer la disparition du fait français en Amérique. 

Plus nous adhérons aux valeurs des soaps Américains à la télévision, plus nous nous enlisons dans notre disparition comme peuple.  Qui les écoute le plus : les femmes.  Pas étonnant que la campagne morale contre la pornographie nous frappe autant, c’est l’arme choisie par les protestants et les Mormons pour conquérir la population américaine et combattre le catholicisme, en accusant ses curés aux doigts trop longs. 

Une croisade réactionnaire reprise par les mouvements féminounes incarnant chez nous l’âme conservatrice par excellence.  C’est le contraire de l’égalité des sexes.  Les femmes sont encore les victimes.   Elles nient une partie d’elles-mêmes.  Au lieu de s’ouvrir à la sexualité, elles la combattent et créent même une forme de paranoïa quant à la sexualité des jeunes.

Poésie de jet.

Les changements dans ma poésie ne tenaient pas autant à mon talent qu’à l’atmosphère poétique dans laquelle je nageais et je voulais nager.  Sauf que dans mon temps, la morale débile qui anime nos scrupuleux (es)et féminounes issues de la religion, était vertement contestée.  On en avait assez de leurs mensonges et de leur hypocrisie, de leur lavage de cerveau. 

C’était le début de la prise de la parole.  On le faisait les fesses serrées, à moins d’être gelés comme des balles.  Ou c’était pour le kick plus que par conviction.  C’était notre coup de poing dans l’infâme censure sexuelle. 

C’est en ce sens d’ailleurs que ça n’a pas changé.  Il suffit simplement d’évoquer une «poésie de jet» pour que nos vieilles paranoïaques pensent que c’est une poésie pédophile.  Aucun rapport.  Ça marque simplement leur ignorance, car, je vous assure qu’un jeune de seize ans n’a rien à envier dans la production spermatique à un petit vieux de la cinquantaine qui a besoin de sa pilule viagra pour produire sa gouttelette.  Le fleuve St-Laurent ne coule pas qu’à travers nos terres,  mais les âges y jouent un rôle prépondérant. 

Un jeune c’est plus un volcan qu’un jet.  Sauf, que je me politisais.  C’était peut-être très comique d’exiger que j’aie le droit d’avoir une photo de Réjean sur mon bureau, à la Tribune, au même titre que mes patrons exposaient celles de leur femme et de leurs enfants ; mais c’était une conversation, une discussion en trois ans de contestation.  Pourquoi n’aurais-je pas le même droit de voir mon petit amant aussi souvent qu’eux regarde leur épouse ?  Ça n’enlève rien à personne, sauf à moi, si j’en suis privé. 

Je n’ai jamais compris de quoi ces gens se mêlent.  C’était le même phénomène pour l’avortement : en quoi la décision d’une jeune fille les regardaient-elles?  Un paquet de gens manifestaient contre ce droit individuel.  Certains scrupuleux rendus malades par leur morale ont même commis des actes criminels pour empêcher les autres de choisir. 

Heureusement, les féministes ont remporté leur combat pour le droit des femmes de diriger leur sexualité et ça amorcé un profond changement dans notre société.  Malheureusement, on n’a pas encore complètement appris à se mettre le nez dans nos affaires et respecter la liberté des autres.  Les fascistes sont de retour pour régler la vie sexuelle de tous et chacun à partir d’une interprétation farfelue de la sexualité par les religions

À moins qu’il y ait violence, la sexualité d’un individu ne regarde que lui.  La sexualité libre est le premier élément d’une politique de respect de la vie privée.  C’est même son fondement.  Si on ne peut pas le concevoir, on ne peut pas comprendre le sens du mot démocratie ; car on veut imposer notre point de vue à tout le monde, surtout aux jeunes.

Ça paye, le sexe .  

Les pseudos séquelles que l’on subit en ayant des relations sexuelles, sans domination et sans violence, entre un jeune et un adulte, sont une invention des «psys» pour s’en mettre plein les poches et ruiner l’Église catholique.  Les Mormons et les preachers ont parti le bal, dès que les féminounes ont commencé à se servir de la pédophilie pour essayer d’écraser l’Église catholique parce qu’on voulait que les femmes puissent devenir prêtres.        

De la protection de l’enfance, on est passé à l’arnaque facile et communautaire, en ce sens, que tous les acteurs peuvent vite et facilement se graisser la patte.  Il suffit de dire que vous avez eu du plaisir durant un certain temps avec un petit vieux pour prétendre que ça vous a traumatisé et, pour le reste de votre vie, l’argent vous inonde. 

Si vous avez été traumatisé, c’est plutôt que vous avez été élevé dans une atmosphère trop puritaine et que vous n’avez pas su faire la part de choses, croyant que vous étiez la personne visée dès qu’il était question de sexe.  Un petit problème de personnalité est définitivement à la base de tels traumatismes.  Vous réagissez comme si tout le monde savait avec qui vous avez joué aux fesses. 

Le délire religieux est bien plus dangereux qu’un attouchement sexuel; car, le plaisir d’un attouchement sera une invitation à recommencer tandis que le délire religieux est la porte d’entrée de la schizophrénie et de la paranoïa. 

En fait, ce n’est pas la personne avec laquelle vous avez un contact sexuel qui est la principale responsable, elle n’est que l’élément déclencheur de votre instabilité affective, le principal responsable est l’éducation que vous avez reçue. 

Vous auriez eu tout simplement besoin d’une personne assez ouverte pour être capable de vous en parler.  Ce n’est pas une relation sexuelle qui rend un individu méchant ou sale, indigne ou autre qualificatif du genre ; mais sa façon de concevoir la sexualité. 

Les cochons sont ceux qui voient du mal dans la sexualité. 

Que dire de l’entrée en scène de tout ce cirque judiciaire dès qu’il est question de sexe.  C’est assez pour rendre n’importe quel enfant fou. 

En tous cas, recevoir 100,000$$ pour s’être fait faire une pipe par un curé, c’est mauditement bien payé.  Je suis persuadé que n’importe quel travailleur du sexe aimerait que ça le paye autant.

Les pieux mensonges.

Quand je suis allé dedans, j’ai rencontré un des gars qui venait d’être présenté à la télévision comme une victime d’un prêtre qui était aussi ébloui par son petit zizi que les prêtres incas par le soleil. 

Il m’a d’abord raconté comme à la télévision qu’il s’était éveillé alors qu’un mauvais curé aux doigts longs venaient de s’emparer de son petit  goupillon et qu’il lui avait crié de manière à éveiller les soupçons des autres et ainsi sauver sa «josephtée».  Cet incident l’aurait marqué encore plus que la révélation de son homosexualité quelques années plus tard. 

Quand on est ignorant, on croit qu’une orientation sexuelle ça s’attrape dans sa soupe.  Une autre fois, nous sommes revenus sur le sujet.  Cette fois, le curé avait entrepris une petite fellation qui lui procura assez de plaisir pour le réveiller.  Il ne lui mordait pas le gland comme un écureuil, il le léchait comme un cornet de crème glacée. Choqué,  il aurait asséné un coup de poing sur le nez du curé, mais il serait resté encore plus traumatisé que la première fois qu’il a essayé la cocaïne.

En fait, ce n’était jamais arrivé.  Tous les jeunes qui se font prendre essaieront de faire croire qu’ils ont été forcés ou qu’ils n’en ont pas eu connaissance, tout simplement pour se disculper.  C’est normal.  Ils font croire que leur vie a été un enfer parce qu’ils ont participé à une activité sexuelle (qu’ils avaient alors pourtant bien aimée) parce que plus ils ont été malheureux, plus l’Église va payer.

Dénoncer, c’est moche.  C’est vouloir reprendre de la valeur auprès de ses siens en se proclamant victime comme si d’avoir du plaisir traumatise autant que de souffrir. 

Puisque la sexualité est encore mal vue et que les adultes deviennent fous dès qu’il est question de prédateurs sexuels comme s’ils étaient nécessairement tous dangereux, il y a peu de chance qu’on ne devienne pas un héros de la lâcheté.    

Radioactif 323

mars 19, 2022

Radioactif 323

Textes de 2008

Une courroie.         

En fait, c’est vrai que je n’étais pas une personne importante et je ne le serai jamais ; mais je déplaçais beaucoup d’air avec mes articles.  Je semais du vent et j’ai récolté la tempête : on essaie maintenant de s’assurer que je sois bien relégué aux oubliettes, comme une vieille chose afin que ne se propage pas cet esprit de liberté ou d’ouragan. 

Tout ce que je faisais, j’alignais mes entrevues pour élargir les champs de conscience.  J’ai réalisé l’esprit et l’écrit d’un premier projet de développement de l’Estrie, le projet des 200 millions et j’ai essayé de concrétiser cet élan, en me servant de mon emploi de journaliste. 

Pour les entrevues, je trouvais la personne qui disait ce que je voulais entendre dire.  Mes entrevues avaient un but : aider les plus pauvres à mieux s’en tirer, ce qui est devenu pour moi synonyme d’indépendance du Québec. 

Je n’étais pas plus fin que les autres, mais j’essayais de comprendre et d’agir. 

À cette époque, contestation et révolution avaient un tout autre sens qu’un éclat de rire.  Quand j’ai laissé le journalisme, j’ai éliminé tout mon pouvoir d’éducation et d’action.  En continuant d’écrire, je suis encore un tantinet fatigant, car j’essaie de réfléchir et ça remet encore des choses en question. 

En 1996, on a cru que je prenais définitivement ma retraite.  En étant accusé et reconnu coupable d’avoir touché le zizi d’un petit compagnon de voyage, je perdais toute crédibilité. Il suffit de le rappeler pour que je sois un moins que rien. 

Pourtant, le juge avait dit : « il n’est pas un danger pour les garçons, mais il en est un pour les institutions du pays. » Même l’enquête policière n’a pas pu relever une ombre d’infraction après avoir interrogé les garçons de l’école où je travaillais.

Le système est une organisation de bandits légaux et non légaux mille fois plus forts que moi.  Je suis devenu pour le système qu’une simple flatulence.


Poésie de jet.         

Oraison pour des salauds
dans Chair de poule, aux éditions Tic-tac, marque l’évolution non seulement des thèmes abordés dans mes poèmes, mais un changement de structures qui se personnifie à l’intérieur même de la calligraphie des textes.  Les césures sont plus claires.  Ce changement notable est dû à la fréquentation des poètes, grâce aux nombreuses relations de mon ami Gaétan Dostie. 

Entendre, voir, fréquenter les plus grands poètes du Québec a modifié mon écriture d’autant plus que, dans le temps, l’enseignement de la poésie à l’école n’existait pas.  Il est venu avec les cégeps.  En fait, comme le reste, je l’apprenais sur le tas. 

Aujourd’hui, à force d’être refusé, je n’écris presque plus de poésie quoique j’adore encore en lire.  La poésie demeure pour moi l’expression profonde des sentiments et puisque je vivais une période très politisée, il était bien normal que la politique s’insère dans ma poésie. 

Pour combattre, les indépendantistes, ce qui rimait avec artistes de tous les genres, on a commencé à dire que la poésie ne pouvait pas avoir un contenu politique.  Puis, pour protéger les jeunes de leur réalité, on a fait de même avec la pédérastie. 

Tu peux tout dire en autant que tes images de nature sexuelle soient hétéros ou gaies et que  ta façon de vivre ta sexualité s’exprime dans les mêmes formes, gestes et expression que le veut les adultes.  La pédérastie est délinquante. On semble ne pas se rendre compte que l’interdire c’est toujours de la censure, donc  un emprisonnement de l’esprit. 

À force de vouloir rendre la poésie impuissante et épurée, elle finit par ne rien signifier.  Cependant, j’avoue être encore envoûté par les mots.  Il faut faire un choix, car il y a un choix immense de talents dans toutes les catégories. 

En fait, tous les poètes méritent d’être connus : certains nous plaisent plus que d’autres, comme en toutes choses.  Poésie rime avec amitié. 

Grâce à la poésie, j’ai compris que la révolution ce n’est pas renverser un gouvernement par les armes, car tu te sers du même instrument qu’il utilise pour sa domination ; mais en créant un monde tout à fait parallèle

Plutôt que de penser en fonction d’idéologies, religions, partis politiques ; les gens devront apprendre à se regrouper selon leur univers de valeurs.  Il faudra apprendre à s’unir et à agir en fonction de ses croyances, tout en respectant le droit des autres à en faire autant.  Tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination, tout doit être permis. 

Plus le temps passe, plus les frictions seront graves et nombreuses entre pays, même entre individus.  Nous embarquons lentement dans la société de la restriction.  La planète ne peut plus nous nourrir tous et les riches sont trop radins pour vouloir partager.


Les manifestations.

Je n’organisais pas les actions, mais on me consultait sur leur éventuelle efficacité. Que devait-on faire pour être diffusé, comment agir pour avoir le maximum d’impact dans les médias.  Un exemple : la guerre des producteurs de lait. 

Pour mieux se faire entendre des députés fédéraux, les producteurs avaient organisé un face à face avec eux, à la veille des élections.  Puisque ça me semblait insuffisant pour faire cracher Ottawa, j’ai discuté avec les autorités du syndicat quant au genre d’actions qu’il fallait organiser pour attirer l’attention.  C’est ainsi qu’il y eut une très importante manifestation des cultivateurs dans les rues de Sherbrooke dont le thème aurait pu être : nos vaches sont à Ottawa.

Ce qui m’aidait, c’est qu’en plus d’écrire pour La Tribune, je partageais mes informations avec Québec-Presse, un hebdomadaire national, qui employait le futur ministre de la Culture, M. Gérald Godin.

On décida de multiplier les manifs à travers tout le Québec.  Ainsi, plus tard, quand, M. Olsen, le ministre fédéral de l’Agriculture, est venu à Richmond, les cultivateurs l’ont reçu avec des pancartes.  Il était impossible que le ministre retourne à Ottawa, sans avoir compris l’urgence d’agir.  Une petite action qui l’a décidé à verser 10 millions $ pour les cultivateurs de production laitière qui risquaient de perdre leur ferme. 

Ce n’est peut-être pas énorme, mais c’est le genre de résultat pour lequel je me sentais très fier et qui compensait pour la dévalorisation que créaient mes attirances sexuelles délinquantes. 

 Au cours d’une négociation avec les autorités fédérales, les représentants de l’UPA m’ont raconté qu’on se servait de mon nom pour faire avancer les pourparlers quand les discussions s’enlisaient.   Il suffisait de dire qu’on me téléphonerait pour que ça débloque.  J’étais très fier de ce pouvoir et je m’en servais toujours pour améliorer le sort des Cantons de l’Est.  Dommage que dans nos sociétés, il faille de la violence pour faire débloquer les choses.

Palestine.

Dramatique de voir le parti conservateur de Stephen Harper essayer d’être encore plus conservateur la Palestine que son modèle républicain Georges W. Bush. 

Harper n’a pas assez d’argent pour aider l’industrie du bois du Québec, mais il donne 300 millions $$ à la Palestine pour participer au processus de paix de Bush au Moyen-Orient. 

Les conservateurs n’ont pas encore compris qu’il s’agit non seulement d’une guerre d’eau potable, mais surtout d’une guerre de religion entre juifs fanatiques et musulmans fanatiques pour ne pas dire complètement sautés.

Contrairement, à ce qui s’est passé au Liban, le Canada donne son appui à la Palestine, mais à travers un parti susceptible d’appuyer Israël.  C’est mieux que la guerre, j’en conviens ; mais le Canada devrait inviter Israël à serrer un peu les armes et à respecter davantage les Palestiniens. Est-ce pour aider une population qui souffre quotidiennement de cette mésentente religieuse ou pour appuyer le parti qui est le plus susceptible de se rallier à Israël ? 

On dirait que le mot d’ordre dans cette région du globe est : mieux vaut mourir dans la foi que d’avoir l’intelligence de partager un territoire où tous les dieux ont été créés par une même religion qui a éclaté à travers les siècles en de multiples religions. Pour presque chaque virgule différente, dans les divers textes, il y a une nouvelle religion.

Par contre, les morts sont réels. En ligne Israël, les USA, le Canada contre la Palestine, l’Iran et la Russie.  Qui va enterrer la hache de guerre ? C’est ainsi que je perçois cette situation : la paix viendra quand se tairont les religieux.

Jérusalem ne devrait pas appartenir aucun de ces pays ou de ces religions, mais être un patrimoine mondial, supervisé par les Nations Unies, où chaque religion apprend à s’ouvrir aux autres.  Il n’y aura plus de fanatisme, plus de motif de guerre, si on oublie que l’énergie, le pétrole,  tue la terre.

Radioactif 322

mars 18, 2022

Radioactif 322

Textes de 2008

La guerre.   

La guerre est d’abord un processus économique, un moyen pour ceux qui dirigent de s’approprier l’avoir des moins bien nantis.  Sans une foi aveugle, un pouvoir politique ou judiciaire absolu, la guerre est impossible.  La guerre vit de nos taxes et de notre consommation.  Elle existe grâce à notre ignorance et notre indifférence à ce qui arrive à l’autre. 

La guerre règne depuis les débuts de l’humanité parce qu’on a laissé le pouvoir entre les mains de quelques bandits légalisés qui peuvent se permettre de tout piller.  La guerre est un commerce planétaire excessivement payant.  Elle est de ce fait un processus économique ; car, elle oblige à devoir investir de nouvelles fortunes pour rendre la vie acceptable et rendre un petit groupe de gens plus riches en devant créer plus d’armes.. 

La guerre, c’est vouloir la domination de sa foi, de son dieu sur tous les autres.  La guerre est de ce fait un phénomène d’ignorance, de fanatisme religieux et de racisme.  S’il n’y avait pas les religions, les individus auraient une conscience personnelle qui leur permettrait de se rendre compte que la guerre ne peut être qu’un abus de sa force.   Dieu est pour plusieurs le bras qui leur fait croire qu’ils sont supérieurs à tous les autres et ils essaient de l’imposer aux autres.  La guerre est un phénomène d’ignorance et de finances.       

Alors qu’on est prêt à remuer ciel et terre pour diriger la sexualité de chaque individu surtout dans les sociétés riches (un moyen de détourner l’attention de la violence), on assiste en silence au viol de conscience de milliers de jeunes qui, contre leur gré, doivent joindre les rangs des armées de soldats-enfants.  Plutôt que de dénoncer la misère des gens qui forcent des jeunes à se prostituer, on s’en prend au tourisme sexuel, un bon moyen d’éviter de dénoncer la misère de ceux qui sont forcés d’avoir recours à la prostitution pour survivre. 

C’est plus facile de s’en prendre à quelques individus qu’à des régimes politiques qui abusent de leur population.  Même si on sait que ça existe, le viol n’est pas encore considéré comme un crime de guerre.  Quand victoire rime avec défoulement collectif, qu’avons-nous de plus à offrir que les animaux ? 

Souvent les guerres sont moussées hypocritement par les intérêts des grandes puissances ou pour défendre ceux des multinationales qui ne respectent rien, sauf leurs profits. 

La guerre ce sont quelques dirigeants, qui à travers les banques, le développement, tirent les ficelles pour s’en mettre encore plus dans les poches.  La guerre, c’est un système planétaire entre les mains d’une poignée de dirigeants. La guerre commence avec les services secrets des pays et l’absence de morale individuelle, ce qui fait en sorte que l’argent est plus important que la vie ou les individus.  

Comment combattre la guerre?  Faudra-t-il que la vie sur terre soit irréversiblement condamnée à disparaître pour agir ? 

La lutte à la guerre est individuelle.  Elle passe par le refus systématique de tous les individus à souscrire à un gouvernement qui met de l’argent dans les armements. 

Si les religions jouaient leur vrai rôle d’apprendre à s’aimer et s’entraider quelle que soit ta foi, elles pourraient créer une solidarité et une conscience universelle qui tuerait l’ignorance géopolitique qui permet la guerre. 

Pour cela, les Nations Unies devraient être la seule organisation mondiale qui possédé le pouvoir d’intervenir pour solutionner les conflits.  On devrait s’entendre pour que l’humanité cherche à éliminer la pauvreté, l’ignorance et mette en place un minimum de lois qui, au lieu de se concentrer sur la sexualité, porteraient sur l’élimination de la violence individuelle et collective. 

Il est impossible d’éliminer la guerre sans le respect de l’égalité entre chaque Homme-Femme.  Pour éliminer la guerre, il faut combattre la misère, l’ignorance.  Il faut orienter nos recherches en vue d’améliorer la vie physique et sociale de l’humanité entière, en passant par l’amélioration du niveau de vie et de la qualité de vie de tous les individus où qu’ils se trouvent sur la planète.  Notre façon de vivre actuelle est par son insouciance un crime permanent. 

Ma mort. Un scénario.     

Je l’avais pressenti, mais je n’y croyais pas.  Je ne savais pas que ça pouvait être un passage aussi doux.  Ce fut comme si j’avais perdu les commandes de mon propre jeu vidéo et qu’il se serait mis à exécuter toutes sortes de programmes que je n’avais pas demandés ; mais qui ne m’étaient pas inconnus, des séquences de ma vie précédente.      

J’ai juste ressenti dans la nuit une profonde déchirure intérieure.  Un glissement vers le centre d’un brouillard opaque.  Je me sentais comme un spermatozoïde dans une mer de sperme.  Je faisais quelque fois surface, ce qui me permettait de reconnaître par ci, par-là, des paysages terrestres.  La sensation avait été assez forte pour m’indiquer qu’il ne s’agissait pas d’un rêve.  Aucune douleur, une fascination blanche et une peur de l’inconnu m’habitaient.  Ma vue était une montagne russe dont les pics émergeaient dans la réalité terrestre.

Si je m’introspectais, j’observais que j’étais comme une gouttelette, bel et bien plus petit qu’un atome, attiré vers je ne sais quelle destination. Quand j’ai ré aperçu mon corps, il n’était pas tellement différent de l’image que je me fais de moi, sauf que quelqu’un m’avait taillé la barbe et je fus à même de constater que j’avais une immense bedaine de Québécois en Floride. Puis, je suis revenu dans mon épais brouillard.   On aurait dit qu’il s’était partiellement dissipé avec mes doutes. 

J’étais plus ou moins indifférent d’avoir disparu.  La mort est comme un tout petit trou dans la trame d’un film.  L’entrée dans une caravane en marche vers un nouvel ovule.  L’action se continue, mais elle n’a pas nécessairement rapport avec l’image qui précède.  Je demeurais un Je.  «Je» identifiais clairement des scènes.  Je ne paniquais plus autant qu’au moment où pour la première fois j’ai pris conscience de ma disparition dans le film de la réalité. 

J’ai profité de ce sentiment de reprendre en main mes désirs pour aller vérifier à nouveau si j’étais vraiment devenu un fantôme.  Rien de plus vrai.  J’étais une furtive allusion dans un dictionnaire.  La vie se déroulait maintenant sans moi.  On ignorait jusqu’à mon existence perdue parmi des milliards d’autres vies. 

Je compris que le brouillard traversé était fait d’un nombre incalculable de petites cellules comme moi, suspendues je ne sais où.  La déchirure fut plus profonde comme une marque de conscience.  J’étais déjà un autre «je » en devenir.

La structurite.

Je ne suis pas devenu indépendantiste seulement parce qu’on a refusé le projet de l’aéroport international à Drummondville, mais parce que le refus de ce projet et les difficultés que l’on vivait dans l’Estrie étaient presque toujours liées au fédéral. 

D’abord, nous n’existions pratiquement pas au niveau fédéral.  Il fallait en prendre conscience et y remédier si on voulait évoluer un peu.  Dès qu’on avait un problème de fond, on se rendait compte que la solution aurait été une intervention d’Ottawa, l’inaccessible.  Nos besoins étaient toujours contraires aux besoins d’une autre partie du Canada et le reste du Canada passait toujours avant nous quand il s’agissait de solutionner un problème. 

Par exemple, on avait donné 200 millions $$ aux producteurs agricoles de l’Ouest, mais on ne pouvait rien avoir pour nos producteurs laitiers qui crevaient de faim au Québec.   Notre seul début de conscience était le parti créditiste : le grand-père du parti Néo rhino par son côté loufoque. 

Par contre, je craignais une autre manie que j’ai appelé « la structurite».  Souvent, pour solutionner un problème, on créait un nouveau palier de gouvernement ou une commission d’enquête dont les résultats iront mourir sur les tablettes.  Problème oublié, problème réglé jusqu’à ce qu’il refasse surface dix fois pire qu’avant. C’est peut-être bon pour créer de nouveaux emplois , mais ça ne règle rien, au contraire, c’est ce qui faisait que toutes les solutions nous coûtaient encore plus cher.          

Les institutions semblaient être des bulldozers pour recueillir de nouvelles taxes qui étaient remises aux grandes industries qui changeaient de location dès qu’elles avaient retiré toutes les aides que nos gouvernements leur donnaient.  C’était le bien-être social des riches, des multinationales, une première forme de mondialisation.  

Plus t’as de paliers de gouvernements, plus tu peux imposer différentes sortes de taxes ; mais les profits se ramassent toutes dans les mêmes poches au bout de la ligne, soit quelques riches qui contrôlent l’économie ou le monde.    

Les autorités pouvaient se sauver des services à rendre à la population en disant qu’il relève d’un autre niveau de gouvernement.  Toujours le même pelletage dans la cour du voisin.

Les juridictions.    

La structurite, c’est l’enfant pauvre, un niveau inférieur à l’empiétement des juridictions constitutionnelles, à partir du même principe : partager le plus de pouvoirs possibles pour mieux taxer.  Plus t’as de gouvernements qui se prétendent responsables et ne font rien pour régler les problèmes, plus ils peuvent revendiquer de champs de taxation.  Un vol légal. 

On nous dévalise à partir de nos impôts et comme si ce n’était pas suffisant, on y ajoute les taxes.  Chaque palier est une valeur ajoutée.   On devrait éliminer tous les retours d’impôts pour ceux qui gagnent (seul ou en famille) moins de 25,000$ par année.  En- bas de ce montant, tu ne vies pas, tu existes à peine, car tout coûte plus cher et comme je l’écrivais dans l’Homo- vicièr, tout est maintenant commercial.

Quand tu gagnes 100,000$ par année et plus, tu ne peux pas te rappeler ce que c’est de devoir sans cesse te casser la tête pour arriver à payer ton toit et ta nourriture.  Tu penses que la prostitution est une dépendance décadente et tu rêves à des lois de plus en plus répressives sous prétexte de protéger les plus jeunes et les générations à venir. Tes valeurs changent.  Les profits deviennent ta raison de vivre.  Le respect, la compassion pour les autres disparaissent.  Tu juges parce que tu payes. 

En fait, pour qu’il puisse y avoir des riches, il faut de petits poissons pour les nourrir.  Les riches s’imaginent que les petits ne sont que des dépenses, oubliant que sans les petits, il n’y a plus de consommateurs.  S’il n’y a plus de consommateurs, il n’y a plus de ventes, plus de profits.  Tout comme s’il y en a trop, car ce sont alors les richesses naturelles qui manquent au rendez-vous.  Le problème Nord-Sud, pays développé vs les pays pauvres ou en développement.  Pour que la société augmente son train de vie, il faut des travailleurs et surtout des ignorants.  Ainsi, on peut leur faire croire que leur salut en dépend et les faire travailler en payant le minimum.  Si les gens réfléchissent trop, ça met la stabilité du système en danger. 

Les juridictions ont un autre avantage indéniable : quand survient un problème, tu peux prétendre que c’est d’une autre juridiction.  On retrouve ça aussi quand les ministères se lancent la balle les uns les autres pour que rien ne bouge.  C’était exactement ce qui arrivait dans l’Estrie. 

C’est chiant d’avoir un petit maudit journaliste qui réveille les gens.  J’étais, ainsi l’ennemi de l’establishment.    Réveiller les gens, ça implique de critiquer les structures en place.     

Radioactif 321

mars 17, 2022

Radioactif 321

Texte de 2008

Censure.

Il y a des moments dans la vie où on laisserait tout tomber.  C’est un matin de même.  Je suis vraiment écœuré.  J’irais prendre une marche avec Benji, mais il pleut, les chiens ont l’avantage de ne pas te juger… sur ta sexualité. 

Je constate que je n’existe plus dans la liste des auteurs du Québec, c’est du moins ce que m’a donné ma recherche sur le site de l’UNEQ, le syndicat des écrivains du Québec (à moins que je me sois trompé, je suis très poche sur ordinateur). 

Surprenant que la droite ait autant de pouvoir au Québec.  Le Québec serait-il devenu à l’image des États-Unis et leurs républicains?   Selon leurs perspectives, en mars je serai totalement disparu de la carte des écrivains.  Ils travaillent fort en ce sens comme dans le roman de George Orwell 1984, l’état avait le pouvoir de faire disparaître toutes traces d’un individu dont il ne voulait plus entendre parler. 

Tant pis pour moi, j’aurai écrit tous ces livres pour rien.  Heureux que quelques-uns aient eu du plaisir à me lire avant de disparaître.

Pour que l’on puisse agir ainsi, il faut une unanimité extraordinaire. Je dois être un des gars les plus haïs du Québec. 

Je vais continuer d’écrire pour vous jusqu’à ce que mon barre ici aussi.  Écrire, est un geste d’amour.  Le don de soi

Que l’expérience soit bonne ou mauvaise. Avec ou sans talent.  Y a des avantages à une telle saloperie.  Je ne dépenserai plus d’argent pour essayer de publier, ce qui épuisait toutes mes ressources, et puisque je suis trop vieux pour commencer à « cruiser », je ne dépenserai plus pour aider qui que ce soit. . 

Je vais abandonner la rigueur d’une biographie (ce que je fais déjà) et je vais me laisser aller dans des coups de cœur comme si je discutais avec des gens que je connais et que j’aime bien.  Des gens en qui je peux avoir confiance parce que je ne mets pas leur  » vol ou leur viol de conscience  » en danger.  Vive la liberté !

La mort de Madame Alice Gosselin.   

Je suis allé en visite chez Madame Alice Gosselin.  J’étais en amour par-dessus la tête avec Réjean et je filais une période de bonheur parfait, même si j’étais toujours dévoré par les peurs engendrées par mes scrupules. 

La nouvelle qu’elle m’annonça avec tact m’a atterré : elle avait un cancer et il ne lui restait plus que quelques mois à vivre.  Quelle chose affreuse à apprendre ! 

Un soir, durant les événements d’octobre 1970, je me rendais avec mon ami Réginald Dupuis donner du sang pour répondre à un appel d’urgence puisque j’avais la catégorie demandée.  Une automobile fonça dans le camion dans lequel j’avais pris place à l’arrière.  Bizarre, je revenais juste de me relever, car quand je m’étais étendu, j’avais la tête exactement où l’autre auto nous enfonça.  Je me suis retrouvé avec une immense bosse au front et à l’hôpital.  Tout à coup, j’ai eu une peur affreuse.  Ma vie se déroula dans une fraction de seconde et Dieu me jugeait.  J’ai tout revu ce qui m’était arrivé avec les résultats de mes gestes. Je m’en voulais pour le mal que j’avais fait à autrui.  Non seulement je voyais mes gestes, mais leur répercussion. Un jugement qui venait de l’intérieur comme si Dieu était en nous.  Je me sentais affreux et je me suis mis à prier. 

Quand je suis sorti de l’hôpital, je me suis rappelé que Madame Gosselin m’avait juré de venir me dire, après sa mort, si Dieu existe.  J’ai immédiatement compris qu’elle venait de mourir. 

À ses funérailles, j’ai constaté que ma montre, celle qu’elle m’avait donnée avec Réjean, s’était arrêtée exactement au jour et à l’heure de son enterrement.  Bien évidemment quand on m’a dit chez-moi que j’avais eu un téléphone de Québec, je savais que c’était pour m’annoncer cette triste nouvelle. 

Aussi curieux que cela puisse paraître, il m’arrivait de me mettre à penser à des gens sans trop comprendre pourquoi. Ils prenaient tout d’un coup beaucoup d’importance et d’espace dans mes pensées.  Et, presqu’invariablement, on m’appelait pour m’apprendre leur mort.  Ce fut entre autres le cas de ma marraine, Médora Turgeon. 

Réjean déménagea et je le perdis de vue.  À cette époque, j’avais une peur bleue d’être celui qui pourrait le rendre malheureux.  Je suis très sensible au nombre de gens qui se sont suicidés et que j’avais bien connus.  J’ai toujours eu une peur affreuse d’avoir la moindre responsabilité dans leur malheur.  

Pédéraste, on n’a pas besoin des féminounes pour faire des examens de conscience.  La vie quotidienne s’en charge. Malheureusement, on n’est pas dans la tête de ceux qu’on aime et on doit se fier à ce qu’ils nous disent pour interpréter leur acceptation ou leur refus, leur sourire et leur bouderie.  Le seul moyen de définir s’ils aiment que vous viviez ensemble un si grand amour, c’est qu’ils soient heureux de vous voir. 

Ma mort.

Dans les dossiers de l’UNEQ, on m’a vraiment complètement fait disparaître: aucune mention, même pas mes livres où je ne dis pas un mot de pédérastie. 

C’est comme si on m’annonçait ce matin que je suis mort.  Disparu. Oublié.  Quelle saloperie!  On dirait qu’on est en maudit que je ne me sois pas suicidé.  Je me sens comme si on venait non seulement de m’assassiner, mais qu’on ait fait disparaître toutes traces de mon existence, de mon meurtre. Je ne croyais pas que ça faisait aussi mal. Nos moralistes sont des écœurants !

L’Ukraine.

mars 17, 2022

La guerre en Ukraine.

La peur est normale quand on fait face à la mort ou à la guerre.  Ce qui se passe actuellement en Ukraine nous démontre que le fil est mince entre la sagesse et la couardise.

Qui arrêtera Poutine s’il n’y a pas le « cesser le feu » exigé par le plus haut tribunal de l’ONU? Qui lui mettra les menottes ainsi qu’à ses vassaux quand l’ONU aura le eu le courage de le faire reconnaître comme un criminel de guerre, mettant la survie de l’humanité en danger?

La prudence est une chose, mais préparer l’avenir est plus important.

Qui aurait pu dire que les armes nucléaires dont on se servait pour éliminer les dangers de guerre mondiale et faire régner la paix deviendraient la raison invoquée pour demeurer impuissant devant le massacre d’un peuple qui ne demande qu’à être souverain?

Si Poutine n’est pas mis hors-de-combat maintenant, tout recommencera bientôt avec une autre nation et ce sera pire parce qu’alors il aura organisé le soutien de tous les autres pareils à lui qui ne veulent que dominer et s’enrichir.

Cette guerre me permet de reconnaître mon impuissance d’homme de 79 ans. Il y a un an je me serais porté volontaire pour enseigner puisqu’il manquait de professeurs diplômés.  J’ai une maîtrise et des années d’expérience, mais on n’aurait pas voulu de moi parce que je suis pédéraste et que je ne m’en cache pas.  Je dois avouer que j’ai ressenti une petite mesquinerie vengeresse, mais la situation est trop importante pour ne pas s’élever au-dessus de son petit moi.

Cette fois, j’ai pensé me rendre combattre à côté des Ukrainiens, mais à bien y penser j’ai compris que je serais plus un fardeau qu’un aide.  J’ai de la difficulté à marcher et les pilules me tiennent en vie.

Cette guerre me permet d’haïr encore un peu plus les politiciens qui s’en servent pour faire de grandes conférences de presse pour augmenter leur valeur en vue des élections, mais qui ne font rien pour empêcher le massacre de l’Ukraine. Un bla bla politique.

Si Poutine et ses vassaux s’en sortent le sort de l’humanité ne sera qu’en sursis. Le problème avec le politique, c’est qu’il ne fait que réagir plutôt que de comprendre que le présent construit l’avenir. L’Ukraine vaincra!

Radioactif 320

mars 16, 2022

Radioactif 320

Texte de 2008

Le scandale Trudeau.     

Durant la campagne en faveur du projet d’aéroport international à Drummondville, j’avais pris de l’assurance. 

Je pouvais facilement interroger un ministre et parfois même le mettre en boîte puisque je préparais mes dossiers.  Même qu’un jour, à la rédaction, presque tout le monde est devenu fou parce que je refusais de  laisser un appel qui avait été commencé alors qu’un certain Robert Bourassa, chef de l’Opposition au Québec,  voulait me parler.  C’était idiot, mais je pensais sérieusement que «la fonction ne te rend pas plus important qu’un autre individu.» 

Je savais que, dans ce cas précis, j’aurais plus de difficulté à entrer à nouveau en contact avec la personne avec qui je discutais pour avoir des informations que de rejoindre à nouveau Robert Bourassa, même s’il s’impatientait.   

Robert Bourassa a toujours été un gentilhomme et je n’ai pas encore de raison de remettre sa gentillesse en doute.  Je savais qu’il pouvait comprendre que ce n’était pas parce qu’il m’appelait que son appel devait nécessairement passer en priorité.  Bourassa était encore à cette époque un politicien que je respectais. 

Quant à moi, je pense aujourd’hui que j’étais un peu-beaucoup trop tête enflée. 

Je connaissais le pouvoir de ma plume à travers le journal ; mais en même temps, j’apprenais que les autorités municipales et autres n’avaient pas assez de colonne vertébrale pour contester la décision du fédéral.  Il devenait clair que le French Power, c’était de la frime.  Trudeau et cies venaient de me prouver qu’ils se fichaient amplement des Québécois. 

Pour moi, le Canada n’était plus mon pays.  Je n’acceptais pas les interventions de Toronto dans un dossier qui ne les regardait pas.  La raison fondamentale pour laquelle l’équipe Trudeau a rejeté le projet de Drummondville fut la peur de l’indépendance du Québec.  Advenant l’indépendance, l’aéroport situé à Drummondville devenait propriété du gouvernement du Québec et c’était indiscutable.  Par contre, à Ste Scholastique, à cause des corridors aériens, dans une négociation, le fédéral conserverait l’aéroport.  Quand je l’ai appris, je n’étais pas fâché, j’étais furieux.  Quelle bande de salauds ! 

Qu’adviendra-t-il du développement économique de l’Estrie?  J’étais insulté qu’un groupe de politiciens du Québec puissent faire croire aux Québécois qu’ils défendaient leurs intérêts alors qu’ils étaient des marionnettes fédérastes des « big boss » de Toronto. Mais, on nageait en pleine trudeaumanie.

Pour essayer de récupérer assez d’argent, pour nous sortir du pétrin, j’ai inventé la zone spéciale.  Un projet d’aménagement de 200 millions pour l’Estrie.  Trudeau semblait disposé à en discuter. 

Pour compenser ?

Quand tu commences ta vie en te faisant dire que t’es un malade mental parce que tu es accroché aux petits pénis, il faut bien trouver quelque chose pour compenser et rééquilibrer l’estime de soi essentiel au bonheur de chaque individu. 

C’est ainsi que j’interprète ces croisades pour améliorer le sort économique des gens de l’Estrie.  Elles devenaient des croisades personnelles.  J’aurais laissé ma peau pour ces gens que je ne connaissais même pas, mais qui me permettaient à travers « mon baume à leurs souffrances » d’être fier de moi.  Autant de zèle méritait bien une petite compensation sans culpabilisation : un petit amour par ci, par là.  

Évidemment, je travaillais très souvent en temps supplémentaires.  Le syndicat m’a demandé de calmer mes ardeurs, car ça nuisait aux autres journalistes moins en chaleurJournaliste, c’est une vocation : l’absolu nécessité de rechercher d’abord la vérité et de promouvoir des valeurs comme la solidarité humaine, la compassion et la tolérance.  Ma fièvre compensait pour la léthargie de nos députés et de nos maires trop poignés dans leur fidélité à leurs partis politiques. Ça n’a pas changé depuis. Il suffit que le chef dise qu’il pleut pour que tous les partisans s’abritent sous un parapluie, même si le soleil brille.  Même si j’avais pu travailler mille fois plus, je me suis calmé un peu les nerfs par solidarité syndicale. 

Qu’on le veuille ou non, le rapport de force ne se modifiera que le jour où tous les syndicats de la planète se battront tous ensemble pour améliorer le sort de tous les ouvriers du monde.   Si les patrons sont unis, les travailleurs doivent l’être encore plus, si on veut un jour un peu de justice sociale. 

Notre beau Jean Marchand, à qui j’élèverais un autel pour le pire des vire-capots, s’est objecté à ce que l’Estrie soit une zone priorisée dans le choix des zones spéciales, c’est-à-dire les régions ayant des subventions spéciales pour l’établissement d’industries en dehors de Montréal. 

Quant à Pierre Trudeau, il m’a offert une heure d’entrevue particulière en tête à tête avec lui et j’ai refusé. 

Je venais d’apprendre que les manifestations bien organisées sont aussi importantes que la curiosité journalistique.  On me dit que Marchand téléphonait très souvent pour avoir ma peau ; mais M. Dubé, président du journal, prétend qu’il n’a jamais subi de telles pressions, mais qu’on se lamentait parce que je parlais trop du projet de Drummondville. 

Ça fait drôle de constater que pour les autorités locales l’appartenance à un parti politique avait plus d’importance que le bien de leurs commettants.   


Smiley Pépin.

Il a fallu organiser une manifestation, lors de son passage à Drummondville, pour que le ministre de l’Industrie et député de Drummond, Smiley Pépin, se rende compte que tout ce tapage se passait dans son comté. 

Quand j’ai su qu’Ottawa, contre la volonté de tout le Québec, avait choisi un autre site, j’ai immédiatement téléphoné à M. Bonardelli, au bureau du ministre des Transports.  Quand il m’a répondu, j’ai commencé par lui lancer : « Vive le Québec libre ». Ce à quoi, il m’a répondu : «je vois que tu es au courant.».  Ce n’était peut-être pas important pour lui, mais ça signifiait que je venais de comprendre que le French Power n’était pas là pour aider le Québec, mais permettre aux bailleurs de fonds québécois de participer à la dégustation de la manne $$$ fédéraste. 

Bonardelli me confirma ce que j’avais entendu à la radio.  J’étais intérieurement pire que la bombe d’Hiroshima.  J’ai appelé Jean Marchand.  J’ai rappelé à son chef de cabinet que les Anglais avaient triomphé des Français sur les Plaines d’Abraham, grâce à un traître qui leur avait montré par où passer pour se rendre sur les plaines et j’ai ajouté : « Et vous, Monsieur Marchand, comment vous sentez-vous dans des culottes de traitre? » Il ne m’a pas raccroché au nez comme je m’y attendais, mais il m’a averti que si je ne changeais pas de ton, c’était ce qui était pour arriver.

Né pour un petit pain, à moins de se nourrir à la bourgeoisie fédéraste canadienne,  La Tribune m’enleva, avec raison, le privilège de me servir de la ligne directe avec Ottawa.  Puisque les autorités régionales pliaient l’échine devant le verdict, je ne pouvais plus rien, sinon créer un autre projet du genre.  Au moins, j’avais compris que Trudeau et son French Power, c’étaient plutôt les rois- nègres de Toronto que les défenseurs du Québec


La Transquébécoise.      

Pendant que les animateurs sociaux et moi, nous nous cassions la tête pour organiser le développement économique de la région, nos autorités municipales jouaient aux têtes enflées et refusaient systématiquement tous les projets qui ne faisaient pas plaisir aux députés du coin.  Les absents. 

Sherbrooke menait le bal.  Les dirigeants de Sherbrooke ne comprenaient pas que la situation économique ne pouvait pas se résorber sans avoir une vision régionale cohérente.  On aurait dit qu’ils rêvaient tous de devenir un jour députés et que, pour cela, ils ne voulaient pas se mettre à dos les partis politiques. 

Avec le CERCE ou le Conseil économique régional des Cantons de l’Est, nous avions créé ce que j’ai surnommé le projet des 200 millions$, c’est-à-dire qu’on demandait cette somme pour réaliser un projet de développement régional. 

Si nous ne pouvions plus rêver à des milliards d’investissements, grâce à l’aéroport, de rayer le chômage à partir de ce seul projet, au moins ainsi on pouvait panser les plaies.  Tout y passait, mais le coeur du projet était la construction de la Transquébécoise, une autoroute nord-sud.  On avait même intégrer le tourisme comme argument. 

Grâce au peintre Frédéric, et un peu de mes amours, Scoststown devenait le centre de la peinture.  Avec Frédéric, nous avions fait réaliser une immense murale par les enfants.  Ça me permettait de voir le petit gars qui me virait à l’envers.  Juste le voir était ma récompense.  L’autre attraction majeure, c’était Magog-Orford. 

À cette époque, même le ministre Claude Gosselin était contre la construction de l’autoroute.  Il préconisait plutôt qu’on élimine les courbes sur la 5-22.  Par contre, Robert Bourassa appuyait nos projets.  Économiste, il comprenait ce que nous cherchions à faire. 

Effectivement, avec les élections, non seulement il appuya le projet de construction de la Transquébécoise, mais il me confirma que son gouvernement étudierait le projet des 200 millions$.  J’étais très heureux et à cette époque, j’aimais bien Bourassa.   

Radioactif 319

mars 15, 2022

Radioactif 319

La censure.

À la fin d’Hymne à l’amour, le vice, la révolte, j’avais produit un long texte pour appuyer la décriminalisation de l’homosexualité ; mais je n’étais pas encore assez libéré pour trouver ça normal.  Je parlais d’une maladie de la personnalité.  Il m’a fallu 65 ans d’expériences de vie pour comprendre que la censure dans laquelle on nous oblige de vivre est la principale responsable des séquelles qu’on impute à la pédophilie. 

C’est toujours difficile de reconnaître l’hypocrisie et l’ignorance d’une société.  Tu crois que c’est toi, le fou.  Ils ne peuvent pas tous se tromper.   C’est vrai, mais pour de l’argent et le pouvoir, ils peuvent tous te tromper.   

Si on ne reconnaît pas le droit des jeunes à une orientation personnelle, ainsi qu’à leur droit de l’expérimenter tant que les participants sont volontaires, c’est qu’on est encore prisonnier de la morale de l’Église : un viol de conscience pire que la pédophilie. 

En refusant de décriminaliser la sexualité et la marijuana, pour mieux les encadrer, les autorités de notre système judiciaire prouvent leur appartenance à la mafia.  Ils peuvent ainsi recevoir les profits à la fois de la police (subventions pour la sécurité) et de la pègre (les gangs).  Il y a sûrement une ou des personnes qui s’en mettent plein les poches et qui ont intérêt à ce que cette grande noirceur se perpétue. 

Le projet d’aéroport international.

Mais, pour l’instant, je veux me concentrer à rappeler le cas de l’aéroport international de Drummondville et par conséquent, la trahison du Québec par les fédérastes. 

L’aéroport fut l’événement qui me fit devenir définitivement séparatiste, même si parfois, j’ai cru que de revenir à une vraie confédération, des états associés, ça pouvait être aussi une solution acceptable. 

Depuis que j’ai compris le lien entre Bush, Harper, la droite religieuse, je suis définitivement absolument séparatiste.  Ceux qui votent pour l’un ou l’autre de ce tandem votent pour les pétrolières et pour la guerre.   Ils sont responsables des assassinats qui se produisent dans le monde au nom de dieu et de l’énergie.


Les problèmes.

Quand je dis que l’Estrie avait de nombreux problèmes. Voici ce que j’en dis dans : Il était une fois dans les Cantons de l’est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous. Ce livre a été publié par les Éditions Québécoises, à 5,000 copies.  Il a été présenté au Salon du livre de Paris et j’en ai trouvé une copie à l’université Berkeley, en Californie. On ne retrouve aucune copie de ce livre dans les bibliothèques publiques du Québec.    

— 50,000 personnes sur quelques 200,000 (25%) vivent en-deçà du seuil de la pauvreté.
— 11 à 12% de chômage l’hiver.             
— Magog, Coaticook, Richmond, Asbestos, Sherbrooke face à des problèmes de logements.
— Salaires proportionnellement plus bas à Sherbrooke que dans le reste du Québec.
— Cultivateurs pénalisés de trop produire d’où abandon massif des fermes.
— Menaces de fermetures et de mises à pied dans les pâtes et papiers, les textiles et le bois (scierie).           
— Moins une industrie comme bilan de travail de la députation libérale du coin.
— Épuisement des ressources naturelles au profit des étrangers.  
— Pollution grandissante des rivières St-François et Magog par la Domtar et Dominion Textiles.       
— Pollution et contrôle de l’information.
— Conversion des matières brutes à l’extérieur de la région.           
— Peur, puritanisme et conservatisme maintenus par l’omniprésence de la religion.
— Impuissance et castration psychologique semées par l’asservissement anglo-américain.
— La censure du film de Denis Arcand : On est au coton.

L’importance de l’aéroport.       

Toujours dans Il était une fois les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous, un tableau illustre l’importance qu’avait le projet d’aéroport international à Drummondville     :

—   40, 000 emplois juste à l’entretien.   
—   40% de la population québécoise bénéficierait d’une relance économique.
— 1,500, 000 personnes en tout seraient influencées par le choix de Drummondville avec les régions du Bas St-Laurent, de la Gaspésie et du Nord-ouest , la population du centre du Québec est celle qui réalise les plus bas revenus annuels, subit le plus haut taux de chômage saisonnier, encaisse les plus fortes baisses de population (perte de main-d’œuvre au profit de Montréal).
—   Investissements prévus de l’ordre de 1 milliard.    
— Amorcerait un solide développement infra-structural au coeur du Québec.     
— L’aéroport international de Montréal implanté à Drummondville deviendra la force-motrice de l’élan évolutionnaire ; il établira la destinée du secteur tertiaire et rendra possible l’établissement d’un secteur secondaire répondant aux potentiels de la région centrale du Québec.   

Évidemment quand Jean Marchand a annoncé le choix de Ste-Scholastique, tout le monde a plié l’échine.  

Mirabel.

Peu de temps avant le choix de Mirabel par le fédéral.  Le gouvernement du Québec, sous la direction de M. Jean-Jacques Bertrand, prenait position pour un site situé à St-Jean, un site dont on n’avait pratiquement jamais entendu parler auparavant.  Ce site aurait reçu cet appui parce que des amis du parti pensaient se faire une bonne passe en spéculant sur les terrains. 

Par ailleurs, Ottawa laissait entendre qu’une autre possibilité était le nord-ouest de Montréal.  Il a même mandaté Benjamin Higgins pour effectuer une étude d’impact. 

À mon sens, cette étude avait pour mandat de faire ressortir les avantages du choix du gouvernement Trudeau.  Ce site était aussi largement appuyé par un nommé Benhacker qui représentait les intérêts de Toronto.  Ce fut la surprise quand Jean Marchand annonça le choix de Mirabel, privant dorénavant le Québec de ses meilleures terres agricoles.  J’avais le feu au cul !

Radioactif 318

mars 14, 2022

Radioactif 318

Textes de 2008

En route pour Ottawa !

Le projet d’aéroport international à Drummondville prenait de plus en plus d’ampleur.  Il n’y avait plus que La Tribune, de Sherbrooke, qui en parlait, mais les autres médias commençaient à étudier le projet. 

Inutile de dire que dans mon cas, c’était la passion totale.  Enfin, je pouvais, malgré mes limites, aider l’Estrie, voire même le Québec, en améliorant leur sort. Ce projet était vraiment à lui seul le salut économique de l’Estrie.  

Faute de savoir en profondeur ce qui se passait à Ottawa, une visite dans la capitale du Canada s’imposait.  Le président de la Tribune, M. Yvon Dubé, me fit venir à son bureau et me demanda si j’accepterais un emploi rémunéré avec un chiffre suivi de quatre ou cinq zéros.

« Je travaille pour l’argent seulement quand je suis obligé, c’est-à-dire pour survivre.  Je ne suis pas à vendre. »

Au pire, de penser M. Dubé, je me riverais le nez à Ottawa.   J’avais déjà un contact, il était impossible que je n’arrive pas à mettre au moins la main sur une bonne déclaration ministérielle.             
  
 Ma réponse était évidente : je tenais à participer à la réussite de ce sauvetage économique de l’Estrie.  Pour moi, ce qui comptait, c’était de sortir les Cantons de l’Est de son calvaire économique.  Je me serais saigné pour réussir et aider ainsi ma région, plus particulièrement, aider tous les petits gars que je ne connaissais même pas et que je devais m’imaginer.  Je le faisais aussi pour Réjean, même s’il ne vivait pas en Estrie. Plus je travaillais, moins je pensais à lui, moins je m’ennuyais. 

Je voulais améliorer le sort futur de tous les petits Réjean de l’Estrie.  C’est complètement fou, je le sais.  Être attiré par les garçons et leur petit pénis, c’est complètement malade ; mais c’est le contre-pied, le désavantage de ma pédérastie, et, je l’assume du mieux que je peux.  J’ai besoin de me dépenser pour le jeune du quel je suis amoureux.        
 
 Je me souviens qu’après ma condamnation à Val-d’Or en 1996, avoir voulu enseigner en Afghanistan ou en Haïti puisqu’au Québec, on était assez stupide pour m’empêcher d’enseigner même aux adultes, et ce, même s’il y a un manque de profs et un million et plus d’analphabètes.   On avait peur que je contamine les jeunes.  Je suis contre la violence et j’exige un consentement clair et le plus absolu possible, en dehors seulement de mon travail, dans ma vie privée. Je ne comprenais pas que je ne pourrai jamais plus enseigner pour une raison aussi peu valable.

En ayant été condamné, je tombais dans le réseau d’harcèlement féminoune, mis sur pied pour traquer les prédateurs sexuels.   Une bande d’imbéciles qui s’imaginent améliorer notre race alors qu’elles ont l’esprit pourri.  Voir du mal partout, c’est être plus malade que moi.

J’ai enseigné quinze ans sans qu’on puisse me reprocher la moindre chose.  Pour avoir ma peau, il a fallu monter un piège (la maman mormone) en dehors de mon enseignement.  Un jour, je devrai raconter comment la police a  kidnappé deux enfants pour que le garçon avec qui j’étais allé en voyage me dénonce. Belle justice pourrie!         

 
Paul Hellyer.

Effectivement, devenir journaliste, dans un parlement que tu ne connais pas, ce n’est pas évident.  Tu ne connais pas tous les coins secrets.  D’autant plus que la salle de presse à Ottawa n’est pas située au parlement.  Mais, pour sauver la région, j’étais tout feu – toute flamme. 

J’ai rencontré le secrétaire du ministre des Transports, un M. Bonardelli, je crois, et nous avons convenu de souper ensemble.  Au souper, je lui ai expliqué pourquoi ce projet était tellement important pour l’Estrie.  Je lui ai même confié, qu’à mon sens, ce projet était tellement important que si Ottawa le refusait, je deviendrai séparatiste.  J’ai voulu lui faire comprendre que je ne croyais pas que le fédéral puisse être tellement contre le Québec, qu’il lui refuserait une voie pour se sortir de son marasme économique.

Il m’a écouté avec beaucoup de politesse et avant de me quitter, il m’a donné des conseils quant à la façon d’attraper le ministre des Transports, M. Paul Hellyer qui refusait de m’accorder une entrevue.             

Le ministre s’y prenait toujours de la même façon pour échapper aux journalistes.  Bien entendu, j’ai suivi ces conseils et j’ai eu mon entrevue avec le ministre coincé dans l’élévateur, seul, avec moi.  J’ai appris par la suite qu’il s’est longtemps demandé comment j’avais réussi à deviner sa stratégie pour échapper aux journalistes et le saisir au vol. Il m’avait trouvé bien tenace.

La police de Trudeau.

Au début des débats, je me tenais devant la porte d’entrée aux Communes pour y interroger ceux qui passaient et qui m’intéressaient.  Après quelques jours de ce manège, le dernier jour où je devais y être, après avoir réalisé de nombreuses entrevues, deux gros policiers sont venus me trouver et m’ont demandé si j’étais celui qui écœurait toujours le premier ministre Trudeau père. 

« Je ne l’écœure pas.  Je me place ici et j’interroge ceux qui m’intéressent parmi ceux qui passent.  Quand c’est Trudeau, habituellement, il passe-droit et revient pour me répondre.  S’il ne veut pas me parler, il n’a qu’à continuer.  Et, tout à l’heure, quand il était dans les escaliers, il me faisait toutes sortes de guili-guili ; est-ce qu’il fait ça à tous les jeunes qu’il connaît ?  Je veux lui donner une copie d’un livre que j’ai écrit, est-ce que je peux me rendre à son bureau pour lui remettre?»

Finalement, il fut convenu que je pouvais monter à son bureau, escorté par les policiers.  J’ai alors croisé Paul Hellyer qui semblait avoir de la difficulté à retenir son rire.  J’ai remis Hymne à l’amour, le vice et la révolte, mais je n’ai pas rencontré Trudeau à nouveau.  C’était le temps de revenir à Sherbrooke.  Mission accomplie.           

Smily Pépin, le ministre de l’Industrie et député de Drummondville, ne s’était pas encore rendu compte que ce projet était essentiel au Québec.  Ce monsieur était seulement capable de sourire aux anges.  Un poids mort dans un gouvernement.  Quant à Marchand, il tournait toujours autour du pot.  J’ai commencé à douter de la force et de la pertinence du French Power à Ottawa pour reprendre le pouvoir en faveur des francophones, plus particulièrement, pour le Québec. 

La guerre.

mars 13, 2022

La guerre

La guerre en Ukraine est la première ciselure établissant les deux mondes qui exploiteront la terre. D’un côté, les États-Unis et les pays dits démocratiques et de l’autre les pays communistes et les dictateurs;  à moins que cela dégénère en guerre nucléaire et que l’on dise adieu à la vie humaine sur terre.

Cette situation est le fruit de ce que l’on a permis depuis 50 ans. On pensait que la peur nucléaire calmerait les ardeurs et empêcherait même de rêver à avoir recours à ce type d’armes. On est allé à chaque fois un peu plus loin dans l’inacceptable. Les armes chimiques ont fait leur apparition.

Par contre, on savait que les religions sont des mines de haine absolues, malgré les discours de paix et d’amour.  On a vécu cette forme de guerre avec la guerre à l’État islamique, doublé bien évidemment du problème du pétrole. Religion et économie sont des synonymes.

Les guerres régionales servent à remettre à flot le système économique, donc, il en faut bien quelques-unes de temps en temps. Comme le disait, le livre  La paix indésirable, il faut bien subventionner des recherches pour améliorer notre système de défense, question de subvenir aux besoins économiques d’avoir des dépenses inutiles pour que fonctionne l’ensemble du système, en augmentant la moyenne de la qualité de vie.  Ces dépenses rendent la vie supportable, grâce aux salaires bien payés. On a connu depuis, son côté sombre, grâce cette fois à l’ajout du problème climatique, le cher Covid-19.

La guerre contre l’Ukraine devait être une guerre régionale; mais on a oublié que la souveraineté d’un pays est la cellule fondamentale de la démocratie. En attaquant l’Ukraine, Pouline oublie que tous les pays sont souverains et le paria est celui qui attaque.

L’occident ne peut pas se permettre de répliquer par peur d’une troisième guerre mondiale; mais il ne peut pas demeurer sur la défensive, impuissant, quand un pays souverain est rasé de la carte pour réaliser les rêves fous du chef d’une puissance nucléaire.

Parfois, c’est très difficile de voir la différence entre la prudence et la lâcheté, mais c’est la vie de millions de gens qui en dépendent. La patience reste de mise tant qu’on continue de défendre un pays assiégé. La ligne rouge est cette possibilité d’aider les Ukrainiens. Si Poutine l’attaque, il faudra avoir les couilles pour y répondre.

Comment les humains peuvent-ils accepter des millions de morts possibles d’un bord ou de l’autre, c’est simplement de la folie. La guerre est la pire des folies.

Se priver de confort, en diminuant au maximum l’achat d’essence et de gaz russes, ne vaut-il pas mieux que de regarder impuissant  le massacre d’un pays souverain? C’est difficile, mais ce soit être organisé d’urgence.

Radioactif 137

mars 13, 2022

Radioactif  317

Texte de 2008

Fanatisme = folie ?

Est-ce que la religion rend fou?  C’est vraiment la question qui me vient à l’esprit quand je constate l’effet religieux sur la vie politique de nos voisins du Sud. 

Les États-Unis se demandent si l’on peut voir dans la Constitution la possibilité de condamner à mort un criminel reconnu coupable du viol d’un enfant.  Personne ne peut défendre le viol d’un enfant, c’est horrible, c’est l’évidence même.  Mais qui définira ce qu’est un viol?  Il faut parler de violence pour qu’il y ait viol. Veut-on dire entraîner un jeune aux plaisirs défendus, sous prétexte qu’il ne peut pas décider? C’est le droit du jeune de décider s’il est consentant ou pas.

Les Américains sont totalement capables de sauter par-dessus la Constitution pour répondre à leurs interprétations de la Bible.  Quand un pays approuve la torture, il faut se demander quel est l’état mental de ses citoyens.  Quelle différence d’avec la Gestapo? 

En fait, les religions quand elles prônent, en paroles et en actes, l’amour, la compassion, l’ouverture à l’autre et le pardon, ce ne peut être qu’une très bonne chose.  Si les religions prônaient l’entente et la charité, il y aurait moins de guerres sur notre petite planète. 

Malheureusement, les religions ont inclus, grâce à la sexualité, un discours paranoïde, en prétendant que nous sommes tous des pécheurs. Il faut une cible et identifier un ennemi qui justifiera notre intolérance.  Cette peur du mal vécue en groupe donne naissance à tous les fanatismes possibles. 

C’est ainsi que le président Bush a pu prétendre faire la guerre au mal et obtenir la torture comme moyen de renseignement normal.  Est-ce un retour à l’Inquisition? 

Fanatisme = folie ?           

Le fanatisme ou la folie religieuse est, avec les richesses naturelles, une des principales causes des guerres qui se poursuivent présentement sur la terre. 

La religion, c’est le ciment qui relie les communautés par une pensée unique.  Alors si on commence à voir le mal dans les autres, dans son voisin ; pour se protéger et protéger les siens, il faut apprendre à les éliminer.  La religion n’est plus alors une foi qui te permet de mieux vivre en harmonie avec les autres, mais la racine de la haine envers tous les autres différents de toi et qui ne partagent pas ta foi aveugle et démente. 

C’est la même chose pour l’athéisme.  Le fanatisme est un déséquilibre mental.  Peut-être faudrait-il commencer à s’interroger plus sérieusement sur le rôle des religions dans les guerres et l’intolérance qui sévit un peu partout à travers la planète?  Quel est le lien entre les religions et les banques? 

Ce sont des questions qui émergent du fait que je vive ouvertement ma pédérastie.  L’intolérance des justes est-elle moins pernicieuse que celle des damnés?  La modération a bien meilleur goût.  Devrait-on le rappeler à ceux qui nous dirigent? 

Il y a une différence entre prier son Dieu et pendre son voisin au nom de ce même Dieu, lequel est supposé être la miséricorde absolue, selon tous les livres prétendus sacrés. 


L’assassinat : une arme politique ?    

Qui a tué John Kennedy?  Qui a tué Mario Bachand?  Gaston Gouin est-il mort dans un accident provoqué?  Toutes ces questions refont surface quand on lit qu’un membre de la mafia américaine a reçu l’ordre, en 1974, de tuer Pierre E. Trudeau parce qu’il était un ami trop près de Fidel Castro. 

Est-ce vrai que le 11 septembre fut organisé par l’establishment religieux américain pour justifier la guerre en Irak afin d’appuyer Israël dans sa lutte contre les Arabes?  Une guerre entre fanatiques de deux religions?  En quoi le communisme est-il différent du capitalisme, si les deux tuent pour conserver leurs dictatures? Que peut faire le gars de la rue contre ces assassins légalisés, opérant sur une base planétaire? 

La censure est ce qui permet à ces assassins de ne jamais devoir nous donner les vraies réponses.  Ils ont le pouvoir de l’imposer : une balle et on passe à autre chose.   Qu’arriverait-il s’il y avait un site permanent sur le net pour diffuser toutes ces irrégularités?  Comment savoir qui dit la vérité?          

Radioactif 316

mars 12, 2022

Radioactif 316

Textes 2008

Ouverture d’esprit.           

La création d’un gouvernement régional me semblait la première réponse à apporter à nos problèmes parce que nous avions besoin de solidarité.  Au Québec, on ne nous a pas appris à se parler, à se dire les vrais choses, à avoir des idées différentes et de pouvoir les exprimer sans se cogner sur la gueule. 

C’est comme la poésie, voire même la littérature : il ne faut pas parler de politique, de sexe, de religion, de peur de froisser une oreille dans le détour, donc, il ne reste rien d’essentiel à dire.  Disons, qu’on manquait d’ouverture d’esprit. 

Je croyais que la littérature est un échange. La censure est maintenant cent fois pire, qu’il y a plus de 40 ans. 

À cette époque, tout était géré par l’Église à travers les commandements de Dieu et de l’Église, supervisés par la confession.  Il ne fallait pas être gai alors imaginez être pédéraste.  C’était la fin du monde et pourtant j’arrivais à vivre mes passions, en plein bonheur avec la complicité des femmes qui prenaient le temps de me connaître et qui savaient que je n’étais pas dangereux pour leurs garçons.  Elles se contentaient de dire qu’elles auraient bien aimé avoir un gars qui les auraient autant aimées que j’aime les petits gars. 

Mais, dès que je travaillais, la tâche principale était mon travail. 

La sexualité, c’était le fruit du hasard.  Rare, rare, mais très intense.  Il fallait m’avoir lu pour savoir que je suis pédéraste, car je ne suis définitivement pas efféminé.  Avec la poésie, c’était mon secret que je livrais sur la place publique parce que je voulais changer le monde à ma manière : pouvoir «se» vivre comme on est, en autant qu’il n’y ait pas de violence et une pleine liberté, deux éléments strictement essentiels pour une jouissance spirituelle ou physique de la pédérastie.   

Par contre, la honte qu’on a créée autour de la pédérastie rend plus difficile de le dire à son entourage, car peu sont assez ouverts pour l’entendre.  Dire que t’es pédéraste, c’est te condamner à ne plus pouvoir travailler, là, où il y a de jeunes garçons… et des jeunes, il y en a partout.  Pourtant, c’est la pédérastie qui nous rend capable de les comprendre mieux que les autres.


Réjean: amour connu.    

Quand je suis tombé en amour avec Réjean, je me suis assuré pour être certain que je sois toujours bien correct avec lui,  que nos lettres passeraient d’abord entre les mains de Mme G.  Ainsi, il était évident que si je devenais trop hardi, elle interviendrait pour s’assurer que le petit soit bien dans sa peau et sur la même longueur d’ondes que moi.  C’est rarissime, exceptionnel, de rencontrer quelqu’un d’aussi profondément chrétien en qui on peut avoir une totale confiance. 

Je savais qu’elle l’aimait beaucoup et qu’elle n’aurait jamais toléré que je lui fasse le moindre mal. En servant d’intermédiaire, elle pouvait ainsi s’assurer que notre relation ne lui nuisait pas, mais au contraire, l’aiderait à mieux s’accepter.   J’avais même un couple-ami, hétéro et nouvellement marié, qui m’amenait avec eux de Sherbrooke à Québec. 

Un jour, ils ont commencé à me dire que j’étais trop heureux, trop languissant de me rendre à Québec pour que ce besoin existe sans que je sois follement amoureux.  Je leur parlai de Réjean. Ce fut d’abord un choc ; mais me connaissant bien, ils ne se sont pas scandalisés de la situation.  Ils étaient contents eux aussi, autant pour le petit que pour moi, disaient-ils. 

Comme tous les pédérastes, je suis très papa gâteau quand je le peux ; mais je suis surtout fou d’amour, ce que bien des jeunes ont besoin.  Leur présence est tout : un échange d’énergies.  Une osmose.  Si tout baigne dans l’amour et dans le respect mutuel, le jeune ne peut qu’en sortir grandi.  Par contre, puisque je savais possible que cette rencontre conduise à un rapport vraiment génital, je voulais m’assurer que je ne profiterais pas de la situation. 

Le mieux pour les jeunes, c’est de pouvoir directement en parler, car ainsi s’il arrive quelque chose qui ne leur plaît pas, qui ne les aide pas, ils peuvent eux aussi le dire, sans danger que tous les adultes deviennent fous. 

Notre société n’a pas encore une vision aussi pure de la sexualité : on s’imagine que la pureté c’est la chasteté ou le jansénisme. 

Je préfère ma notion de conscience personnelle.  Ainsi, c’est le jeune lui-même qui décide s’il aime ça ou pas ; s’il se sent bien dans cette forme de relation ou non.   S’il veut continuer de me voir ou non.  À vrai dire, ça ne regarde que lui.  S’il croit s’en sortir amoindri, il doit mettre fin à la relation par respect envers lui-même.  On n’est pas totalement responsable de son éducation et de ses scrupules.  Il faut apprendre à assumer autant ses scrupules que son ouverture d’esprit.  On est responsable de notre bonheur

Le but de la vie est que l’ensemble de sa vie soit assez satisfaisant pour être content de l’expérience terrestre. 

Le mal, c’est de juger les autres.  Les jeunes souffrent beaucoup plus d’une société trop scrupuleuse que d’un monde tolérant. 


Réjean.

Le sourire de Réjean m’a littéralement fait exploser.  Il avait une façon hallucinante de me regarder avec des petits yeux, à la fois espiègles, moqueurs et gênés.  Sa voix a fini par m’aimanter à lui.  Après Patrice et Daniel, c’était à nouveau le grand amour parce qu’il pouvait durer. 

Une différence existait pourtant.  Cette fois, tous ceux qui m’entouraient ne le devinaient pas, mais le savaient clairement et s’en réjouissaient.  Réjean avait besoin d’un copain plus vieux pour redorer sa confiance en lui, de se sentir aimé par un mâle, pour lui indiquer des moyens d’être heureux. Il avait un besoin urgent de sortir de sa solitude. 

J’avais peur de mon attrait sexuel voir génital envers lui.  Aurais-je la force de me retenir?  J’avais encore peur qu’une aventure génitale tue l’amour, qui est davantage sexuel. 

Je craignais qu’à force de subir des refus ou de m’imposer la continence, je puisse utiliser ma force ou d’autres moyens pour venir à bout de sa petite chasteté.  Je n’avais pas tellement confiance en moi.  J’aurais viré le monde à l’envers pour lui.  Je ne voulais prendre aucune chance et le froisser sans m’en rendre compte, en étant trop rapide. Ma peur de le rendre malheureux me rendait malade. 

J’étais encore, suite à mes premières expériences, très scrupuleux quant à l’effet de mon amour sur son bonheur.   L’amour est d’abord la beauté d’un petit corps, jeune et beau, qui nous attire, mais pour évoluer, il faut se dépasser et filer vers des sentiments plus profonds, plus responsables. 

L’avenir de cet enfant m’apparaissait comme capital et je m’efforçais de l’aider dans son développement.  C’est pourquoi je n’arrive pas à comprendre pourquoi on ment autant concernant cette forme d’amour extrême et très rare. 

Pourquoi préfère-t-on un puritanisme qui conduit à la violence, plutôt qu’à l’amour, aussi impur soit-il, s’il n’est pas violent?  Il a sa forme, son degré de pureté ? Chacun sa morale…             

Les scrupuleuses (eux). 

Cette expérience de liberté m’a permis de voir la différence entre un état de liberté et celui de répression.   Je crois que les gens scrupuleux ne sont pas seulement les plus cochons de notre société, mais aussi ceux qui ont l’esprit le plus tordu. 

Quand Dieu nous a créés, s’il l’a fait, il ne nous a pas habillés pour naître, au contraire, nous naissons tous nus.  Le premier péché fut Lucifer qui refusa de se prosterner devant la nouvelle créature de Dieu : l’homme. Un refus de la liberté. Si nous nous habillons, c’est parce qu’il fait froid, pour se protéger des blessures.  Aussi, dès notre enfance, on nous apprend une certaine pudeur qui est acceptable, mais qui repose sur rien, rien qui puisse la justifier. 

La tradition.  C’était de même hier, c’est ainsi aujourd’hui, ce sera pareil demain.  Pas fort.  Cependant, les scrupuleuses (eux), elles, voient de la saleté, du mal dans le fait d’être nu – pour elles, tout est pornographique – comme si nos corps étaient quelque chose dont on devrait toujours avoir honte. La honte est au centre de leur phobie antisexuelle.   Il ne faut pas voir de beaux jeunes corps qui nous rappellent notre laideur. 

À l’époque de la reine Victoria d’Angleterre, les médecins avaient même inventé une tôlée de médicaments pour calmer entre autres, les érections chez les petits gars.  Une érection, c’est pourtant ce qu’il y a de plus normal et naturel.

Que dire des découvertes de Freud où la majorité des cas de névroses ou d’hystérie venaient des femmes qui réprimaient leur nature réelle, c’est-à-dire leur sexualité?   Selon toutes les religions, les femmes ont toujours été le mal incarné ou la projection de vieux frustrés qui déterminaient ce qu’il faut croire.  Les religions sont toutes misogynes. 

Pourtant, quand on se bat pour décriminaliser la sexualité, pour obtenir une égalité entre les hommes et les femmes qui dépassent un simple geste de parité mathématique, ce sont elles, les premières qui montent aux barricades et qui organisent des mouvements pour la chasteté ou contre la pornographie.  Serait-ce qu’elles aiment ce rôle traditionnel de pécheresse ? 

Quant à moi, comme je l’ai écrit, je préfère être névrosé à être psychosé. 

Cette situation m’a aussi fait prendre conscience que cette liberté sexuelle exige une très grande responsabilité. 

L’adulte ne vit pas nécessairement une période d’abstinence sexuelle simplement pour gagner la confiance du petit ; mais parce qu’il faut créer une relation d’égalité absolue pour ne pas risquer que le jeune soit traumatisé ou indisposé par une relation sexuelle non consentie.  Il doit la désirer autant que son partenaire adulte. Habituellement, ces contacts sont très rares puisque les jeunes vivent leurs expériences entre jeunes. Ce qui est très bien.

La pédérastie, c’est vibrer au même diapason que le jeune d’où cette possibilité d’échanges qui devient pratiquement une osmose, à travers la complicité.

En la judiciarisant, tu mets le jeune dans une situation émotive qui ne peut que le traumatiser.  Voir des adultes venir fous autour de toi pour une relation sexuelle génitale avec une personne adulte, c’est assez pour croire que t’as commis le crime du siècle

Le bien des enfants est-il plus important qu’une morale bourgeoise ?

Radioactif 315

mars 11, 2022

Radioactif 315

Tous des pédérastes ?

Je connaissais et admirais le ministre Gérard Pelletier.  C’était un journaliste très articulé.  Quant à Trudeau, comme ministre de la Justice, il avait réussi un exploit : faire admettre que la police n’a pas à se mettre le nez dans les chambres à coucher. 

Ça justifiait l’opposition de mon père à cet individu jugé trop favorable aux homosexuels.  D’ailleurs, même s’il aimait bien l’écrivain Jacques Hébert, papa était persuadé que les «deux nigauds en Chine» étaient plus un couple gai que de simples amis. 

Il faut dire qu’à cette époque tout le monde un peu spécial passait pour gai.  Ce n’était pas encore à la mode, mais on commençait à s’apercevoir que l’homosexualité existait. On prétendait que Jacques Hébert, Pierre Trudeau et Robert Bourassa étaient pédérastes comme moi. C’étaient des rumeurs connues et entretenues, je ne sais trop par qui et pourquoi. 

Je n’ai jamais eu de relations  suivies ou intimes avec les politiciens de l’époque. Je les voyais souvent à cause de ma fonction de journaliste, mais là s’arrêtait notre intimité.

Je connaissais Jacques Hébert comme auteur de J’accuse les assassins de Coffin et d’un livre sur la prison de Bordeaux.   Quant à Trudeau, je trouvais ça intéressant qu’il soit gai et qu’il ait eu le courage de faire face à l’étroitesse d’esprit qui dominait chez les Québécois religieux.

  Quant à Marchand, je m’étais engueulé avec lui, à Victoriaville, alors qu’il était président de la CSN.  Je le trouvais pédant. Il riait de l’ignorance des travailleurs qui payaient pourtant son salaire. 

J’avais pris l’habitude de passer aussi mon point de vue dans mes questions.  C’est ainsi que j’avais aussi eu maille à partir avec Jean Lesage parce qu’il ne s’intéressait pas assez au sort des pauvres habitants de la Beauce qui avaient dû subir le gros show du barrage Gayhurst.  L’élimination du barrage leur coûtait plus d’un million en prévention.

C’était sûrement baveux d’engueuler ainsi le premier ministre comme s’il était un chauffeur de taxi ; mais dans ma conception, tous les hommes sont égaux, ce qui valait aussi pour les politiciens. 

C’est un peu dans ce contexte que se déroulait la campagne pour obtenir la construction de l’aéroport international de Drummondville.  Fallait-il leur faire confiance ? Il disait une chose un jour et le contraire le mois suivant. 

On n’aimait pas que j’organise des dossiers de recherche avant de les interroger, car je les mettais en contradiction avec leur propre déclaration antérieure. On prétendait ainsi que je faisais de l’éditorialisme au lieu de la nouvelle.

Le French Power. 

J’avais d’abord entendu parler, au moment où j’étais dans le parti libéral, de l’arrivée du French Power.  Les « trois moineaux » qui se prenaient pour des «colombes» (Pierre E. Trudeau, Gérard Pelletier et Jean Marchand).   Ils devaient, à eux seuls, virer Ottawa bout pour bout, afin que le Québec ait une meilleure part du gros gâteau fédéraste.  

Dans le temps, je trouvais l’idée fort intéressante.   Un cheval de Troie à Ottawa. Why not?  J’étais, à cette époque, presqu’aussi naïf que les adéquistes qui s’imaginent qu’Ottawa va tout nous donner en cadeaux sans avoir reçu auparavant quelques bons coups de pied au derrière ; sauf que je n’étais pas comme eux, du genre à me présenter le cul pour les inviter à fesser les premiers. 

Je venais d’abandonner la politique et à mon sens c’était pour l’éternité.  Mon expérience m’avait déjà confirmé une des façons que mon père avait de concevoir la politique.  « En politique, disait-il, mets tous les politiciens, quel que soit le parti, dans un même sac, quand tu mettras la main dedans et tu la ressortiras pleine de merde». 

Par contre, j’étais comme Dominique Michèle : je me replongeais toujours à contre-courant des bye bye politiques.  « Tenais-je » ça de mes bonnes résolutions quant à mes goûts sexuels ?  Je ne sais pas, mais «tenais-je» ça frappe comme sonorité. 

Je savais m’amuser de tout, même du son des rumeurs.  La vie n’est-elle pas une immense pièce de théâtre?  Une interminable comédie?  Comme la neige a neigé, quand je suis redevenu journaliste, je mangeais à tous les jours un banc d’informations et je savais que dans nos pauvres vies tout est politique…tout, tout, tout !

La propagande.    

La lutte pour créer un gouvernement régional m’avait mis en contact avec presque toutes les autorités de la région et faisait son petit bonhomme de chemin. Donc, quand je suis revenu à Sherbrooke, je me suis servi de mes contacts pour prôner le projet d’aéroport international à Drummondville. 

De plus en plus de municipalités faisaient parvenir leur appui au gouvernement fédéral.  Le projet était superbement ficelé.  Aucune objection majeure ne pouvait être apportée et retenue.  On avait même pensé à la valeur des fermes qui seraient touchées.  Quant aux transports, on avait imaginé un train à haute vitesse et des avions qu’on appelait des «short land take off», à décalage vertical, ce qui compensait pour la distance avec le centre de Montréal où l’on aménagerait un site d’atterrissage spécialement pour ces avions. 

L’aéroport pressenti avait un avantage extraordinaire : il était situé en plein cœur du Québec.  On pouvait y desservir autant la capitale, Québec que la métropole, Montréal.  Et, c’était évidemment, un développement extraordinaire pour tout le Québec. 

Avec un tel outil, on pouvait rêver à tous les développements économiques possibles.  Aussi, quant à la distance, tous les nouveaux aéroports construits dans le monde tentent de s’éloigner des centres trop populeux. 

Grâce au journal, il a fallu peu de temps pour que le projet soit pris au sérieux, sauf à Ottawa. 

Aussi, j’ai écrit « mon petit mémoire » pour appuyer cet emplacement ; mais comment le remettre?

Par hasard, Pierre Trudeau, premier ministre du Canada, participerait au Carnaval de Québec.  Quelle occasion, même si on craignait que ça brasse un peu.  J’ai obtenu le feu vert du journal pour y aller. 

Jean Marchand.

Je me suis fait parvenir une passe comme journaliste pour assister aux différents événements du Carnaval de Québec puisque j’avais eu l’approbation du grand patron, M. Yvon Dubé qui résumait l’affaire ainsi : « Le pire qui puisse arriver, c’est que tu ne parviennes pas à faire une entrevue. « 

Je m’y suis rendu avec le petit mémoire que j’avais écrit sur l’aéroport au cas où. 

À mon arrivée, on me remit ma passe et au lieu d’être avec les journalistes je me suis ramassé en plein cœur de la cérémonie pour souhaiter la bienvenue à Pierre-E. Trudeau, premier ministre du Canada. 

Je n’ai jamais compris pourquoi, ni comment.  J’en ai donc profité pour remettre une copie de mon mémoire à Jean Marchand, qui était alors ministre du Développement et responsable du Québec, je crois.  Il reçut l’enveloppe dans laquelle se trouvait le texte ; il la soupesa, la tâtonna entre ses doigts, en disant qu’il espérait que ce ne soit pas une bombe.  Je l’ai vraiment pris pour un paranoïaque et un imbécile, avec son petit sourire en coin, comme la «guidoune-éponge» que j’ai toujours vu en lui.  Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai jamais ressenti le moindre respect pour ce minable qui se prenait pour un autre.  

Puis, je m’avançai vers Trudeau et je lui remis l’enveloppe.  Ça semblait l’amuser.  Il me dit, en parlant du nez comme d’habitude, quelque chose comme : « Vous ne voulez quand même pas que je le lise ça dès maintenant?  Qu’est-ce que c’est?  Une thèse faite à la Platon?»  Il me regardait avec un grand sourire et des yeux étincelants.  Je n’avais encore aucune raison d’en vouloir à Trudeau, au contraire, je l’admirais.  Était-il vraiment l‘Homme qui devait planter le fédéral au nom du Québec ?

Je suis ressorti de cette assemblée complètement bouleversé.  Je ne me serais jamais attendu à ce qu’il soit aussi facile d’entrer en communication avec lui, car on était en pleine trudeaumanie.  Je me rappelais surtout son «Je le lirai.» Je dois avouer que j’étais charmé parce que j’admirais son sang-froid.  

À son élection, il s’est présenté comme invité à la fête de la Saint-Jean, à Montréal, alors que personne ne voulait de lui parce qu’il représentait le fédéral.  Alors que tout le monde courait pour échapper aux projectiles, lui, il s’entêtait à rester là, ce qui fit dire à mon père qui ne l’aimait vraiment pas : « Il vient de se faire élire. » Ce qui était arrivé.  Trudeau passait aussi pour un grand intellectuel, ce qui donnait encore plus de brillant à son allusion à Platon.  J’étais dans les vaps.

J’ai rencontré une journaliste qui voulait que j’assiste à la parade du carnaval avec elle, ce à quoi je lui répondis que je ne pouvais pas puisque j’avais un fils et que je ne voulais pas qu’il se ramasse dans une émeute.  Je n’étais quand même pas pour lui avouer que j’avais un petit amant à Québec.  Un jeune que j’adorais à la suite d’un vrai coup de foudre. J’étais tombé en amour avec Réjean dès que je l’ai vu.

Cependant, nous avons convenu de nous rendre au bal de la reine du carnaval qui se déroulait au Château Frontenac.  Le soir, quand j’y suis arrivé, nous nous sommes placés de façon à ce que le cortège passe devant nous, très près, car l’autre journaliste voulait le voir de près.  Ce qui s’avéra une bonne décision.  Quand Trudeau passa, je lui demandai s’il avait eu le temps de jeter un coup d’œil sur mon mémoire.  Il passa, me sourit et continua son chemin, après hésitation.  Je ne pouvais pas me contenter d’une telle réponse. 

Aussi, je suis parti à la course, j’enjambai les marches de l’escalier menant à la salle de bal, du côté droit alors que le cortège s’amenait par la gauche.

À peine rendu en haut, le cortège entrait dans la salle de bal.  Je regardai Trudeau avec un grand « puis», collé au visage.  Le premier ministre continua son chemin, puis, laissa la reine et vint me trouver en me répétant : « Je vais le lire votre mémoire.  Je vais le lire. »

J’étais tellement content que je lui ai flanqué une bonne claque sur l’épaule, comme on fait souvent quand on est très content.  Il sourit, se tourna et alla retrouver la reine qu’il avait abandonnée en cours de route. 

Les policiers arrivèrent à la course, complètement fous, en beau maudit de ce qui venait de se passer.  « Es-tu malade? On aurait pu te tuer. On aurait pu croire dans un attentat. ». C’est un fait.  On craignait beaucoup de grabuge cette fin de semaine-là à cause de sa présence. 

Trudeau était un baveux né. Mais, j’étais trop heureux pour contrôler ma joie de le voir volontairement quitter la reine et le protocole pour venir me répondre.  J’étais carrément fou de joie. 

Je suis immédiatement après rentré à la maison où Réjean m’attendait.  Une soirée au paradis. Une chose comme ça, n’arrive qu’une fois dans sa vie…

L’hypocrisie concernant la loi 21 et le consentement sexuel.

mars 10, 2022

L’hypocrisie concernant la loi 21 et l’âge de consentement.

L’hypocrisie pour ne pas dire la malhonnêteté de notre système judiciaire est de plus en plus évidente.

Je n’aurais jamais cru que la vérité vienne d’un conseiller de Steven Happer. Mais, Dimitri Soudas vient de nous ouvrir un peu les yeux.

La loi 21 n’empêche personne d’être  musulman puisque le voile n’est qu’un rite au même titre que de porter un signe de la croix à la boutonnière.

Or, la loi 21 s’applique à toutes les religions, bannissant le prosélytisme dans la fonction publique pour les gens en état d’autorité.

Toutes les religions sont soumises aux nouvelles règles.

Comme le disait M. Soudas, il s’agit simplement d’une règle régissant la main-d’œuvre travaillant pour le gouvernement du Québec. Pas de signe religieux pour personne dans différentes fonctions.  

En quoi cela regarde-t-il le gouvernement fédéral ou les forces extérieures du Québec?

Le prosélytisme est contre la loi, mais on semble l’ignorer. La Cour suprême sera-t-elle aussi tordue pour les lois 21 et 96 qu’elle le fut pour la loi 101?

L’âge de consentement.

Pendant que l’on essaie de nous faire croire que l’âge de consentement sexuel n’a jamais été de 14 ans, M. Soudas, dans les Mordus de politique, nous rappelle qu’à son avis le meilleur coup du gouvernement Harper fut de d’augmenter l’âge de consentement de 14 ans à 16 ans.

On oublie que le 14 ans a été choisi pour respecter les droits individuels des jeunes et les protéger contre des parents trop scrupuleux ou trop religieux.

J’avais souligné ce changement quand je me suis présenté en Commission parlementaire sur la laïcité.

Comment peut-on être aussi malhonnête et essayer d’effacer la réalité par des mensonges idéologiques?  

Radioactif 314

mars 10, 2022

Radioactif 314

Le gouvernement régional.

Sur le plan forestier, les compagnies se plaignaient de devoir se rendre trop loin pour répondre à leurs besoins en bois pendant que le gouvernement essayait d’exiger que les compagnies assurent la plantation de nouvelles coupes pour assurer l’avenir.  Le pire ennemi de la région était l’individualisme de chaque localité.  Elles agissaient individuellement, sans se soucier de l’impact sur leurs voisins. 

Aussi, les autorités s’enflaient la tête avec leur petit pouvoir et ne réalisaient pas l’absolue nécessité d’une vision régionale pour solutionner le problème. 

À mon avis, la solution était la création à partir de l’Association des cités et villes, des Centres de développement et des comtés, de ce que j’ai appelé un gouvernement régional. 

Cette nouvelle structure exigeait une très forte décentralisation et déconcentration des pouvoirs du fédéral et provincial vers le local.   C’était ma certitude et j’y travaillais de tout mon cœur quand la Tribune m’envoya comme journaliste à Drummondville.

Aéroport international.

L’offre ne tarda pas à venir. Les membres d’un comité formé pour proposer un projet d’aéroport international à Drummondville me rencontrèrent et m’expliquèrent leur point de vue :  Nous avons un projet d’aéroport international pour remplacer Dorval qui est devenu trop petit et qu’on ne peut pas agrandir à cause de l’espace et du bruit ; si tu nous épaules nous te rendons la réciproque dans ton projet en vue de créer un gouvernement régional.  L’entente fut vite scellée. 

En plus de la régionalisation, il fallait revoir les infrastructures et garantir une meilleure communication entre les villes pour diminuer les coûts d’approvisionnement et offrir des possibilités de réduire les dépenses aux industries qui décidaient de s’installer dans notre région, d’où le projet de Transquébécoise, qui se rendait à Drummondville et Trois-Rivières, puis, au lac St-Jean. 

On avait aussi identifié l’urgence de créer des usines de transformation pour augmenter les emplois disponibles et s’assurer que les salaires soient rémunérateurs, d’où la nationalisation de l’amiante.  Il fallait que les villes cessent de survivre avec la mono industrialisation, ce qui met la vie de ses habitants continuellement en danger économique.

En plus, la beauté de l’Estrie, avec son cachet francophone, était un des éléments qui permettaient, grâce à la proximité de New York, de rêver à d’immenses réalisations sur le plan touristique.  Quand j’avais besoin de déclarations pour promouvoir le tourisme en français, j’appelais Réjean Beaudoin. 

Imaginez!  Drummondville, plaque tournante, entrée de l’aviation commerciale internationale pour l’Est de l’Amérique.  Quels rêves étaient impossibles, si on réalisait ce projet.  C’était l’idéal pour sortir l’Estrie du gouffre économique pour bien des décennies.  J’acceptai et je commençai à mener les deux projets de front. 


Plus ça change, plus c’est pareil.

Il y a 40 ans, les compagnies de textile fermaient leurs portes, sous prétexte de la concurrence déloyale des compagnies de Taïwan.  Un jour, nous avons appris que ces mauvaises compagnies étaient les mêmes que par chez-nous, sauf qu’elles avaient changé de noms.

L’économie mondiale est un réseau de voleurs crapuleux qui profitent des hommes les moins instruits, les plus religieux (les plus aveugles) comme chair à canon et comme bras à faibles salaires pour engranger les profits. 

M. Weber a d’ailleurs déjà démontré que le capitalisme est simplement une sublimation de la sexualité à travers la religion protestante

Les multinationales s’installent dans les pays où il est le plus facile de corrompre les dirigeants et installer des dictatures économiques pour maximiser les profits sans problème.  On appelle ça, la mondialisation, mais on devrait plutôt parler des politiques de la banque mondiale. 

Du règne du Dieu ($$$$) dollar.  Il ne faut pas penser que le communisme est mieux, c’est juste une façon différente d’exploiter la masse.   Tous les individus sont au service d’une même clique de dirigeants.  Sauf, que maintenant la planète est trop petite pour répondre à l’appétit de ces voraces requins, sans que les plus faibles crèvent de faim.

Poutine et sa clique

mars 10, 2022

Poutine et sa clique sont les pires déchets de l’humanité.

Radioactif 313

mars 9, 2022

Radioactif 313

31 Décembre 2007
Un plan d’aménagement.

Il y avait à Bromptonville, M. Dorilas Gagnon.  C’était un maire qui désirait sincèrement modifier les choses et aider la population.  Un maudit bon gars.  Il se prêtait facilement à mes entrevues.  J’y dirigeais le fond et le contenu par mes questions, je ne m’en cache pas.  C’était ma façon d’être engagé. 

Je trouvais la situation affreusement difficile pour un tas de familles.  J’étais sans dessus dessous juste à l’idée de voir souffrir ces gens.  Sauver l’Estrie devint presque une mission personnelle. Je connaissais le pouvoir de l’écrit et je dirais même que je l’exagérais. 

Grâce à mon poste de journaliste, je pouvais facilement entrer en contact avec les hommes politiques, d’autant plus que plusieurs ex-ministres se rappelaient de moi.  J’avais aussi de bons rapports avec le ministre des Terres et forêts, M. Claude Gosselin, ce qui me permettait de me faire une meilleure idée du problème forestier. 

Ma solution fut de faire ressortir le besoin d’un plan d’aménagement régional.  En me servant de ma possibilité d’orienter mes entrevues, nous avons préparé ce projet en faisant ressortir ce qui pourrait être fait rapidement dans la région pour relancer l’économie.  Ce plan préconisait entre autres la construction de la Transquébécoise : une autoroute, partant des États-Unis jusqu’au Lac St -Jean.   

Pour nous , si on voulait modifier quelque chose sur le plan économique , il fallait d’abord améliorer les transports.  Il fallait aussi revaloriser les liens avec Montréal. 

31 Décembre 2007
Crise économique.

Quand je suis revenu dans les Cantons de l’Est, notre région souffrait alors du même mal économique qu’aujourd’hui à la grandeur du Québec : les usines de textiles fermaient, les compagnies de papier dénonçaient la crise dans la foresterie, les cultivateurs songeaient à abandonner leur ferme et le chômage grossissait à vue d’oeil.  Il semblait ne pas y avoir de solutions. 

Le pire, c’est qu’il n’existait aucune solidarité entre les municipalités.  On semblait ignorer que si ça allait bien à un endroit, ça aidait les voisins.  Tout est interactif en économie. 

Sherbrooke jouait son rôle de métropole régionale seulement pour mieux profiter des autres.  Je ne connaissais pas grand-chose en économie, mais de toute évidence, il fallait créer un plan global régional qui permettrait de relancer l’économie et tuer les problèmes créés par le chômage. 

Heureusement qu’il y avait le CRD (Centre régional de développement) qui pensait comme moi.  Un plan fut aménagé petit à petit, à partir des informations que j’obtenais pour les différentes municipalités.  Le développement, c’est un état d’esprit.  C’est oser. 

Le principal problème était que toutes les municipalités se coupaient le cou entre elles.  Il fallait trouver une solution sans tomber dans la «structurite».  Au Québec, on est des créateurs de structures à n’en pas finir.  On avait déjà le provincial qui nous ignorait et le pire, le fédéral qui était le seul vrai responsable et capable d’intervenir. 

Ottawa, c’est tellement loin que personne ne savait d’où on venait quand on disait qu’on était de Sherbrooke.  Whose is this guy?  Is he from Mars or the Moon?  They don’t speak English, is it not terrible ? 

J’étais un petit maudit journaliste qui n’avait pas peur d’exiger de parler au premier ministre du Canada sans fondre de peur.  Et, j’en profitais. 

31 Décembre 2007

Bonne année 2008 !

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2008 !        

Au début de cette année 2008, je tiens à remercier tous ceux qui prennent le temps de lire mes écrits et je souhaite à ceux qui me combattent d’avoir une plus grande ouverture d’esprit.

Je tiens aussi à affirmer ma fierté d’être Québécois.  Nous avons peut-être quelques défauts, comme tous les autres, mais nous vivons sûrement dans une société où plusieurs voudraient vivre.

J’espère qu’au cours de cette année, nos gouvernements s’attaqueront surtout à éliminer la pauvreté et l’itinérance.  Dans notre abondance, il est inadmissible, voire honteux, qu’un individu manque de l’essentiel pour survivre.

Espérons aussi que le Québec accomplira un pas important vers la création du pays du Québec.

Je souhaite à tous de la santé, de l’amour et du bonheur !

Radioactif 312

mars 8, 2022

Radioactif 312

30 Décembre 2007
Le syndicalisme

Comment un auteur de centre gauche peut-il écrire un texte antisyndical et anti-bourgeois à la fois? 

Dans les années 1960, mon expérience syndicale n’était pas tellement positive.  Quand j’ai commencé à Sherbrooke, je gagnais 35$ maximum par semaine.  Avec le coût de la vie, je réussissais à m’en mettre de côté.  Aussi, quand je fus transféré à Lac -Mégantic, le syndicat avait décidé de ne pas intervenir parce que je n’avais pas ma permanence. 

La période où je fus journaliste à Lac -Mégantic et Victoriaville s’est donc déroulée sans que je sois membre du syndicat.

Mes expériences postérieures furent toutes autres. Les syndicats défendent toujours ceux qui n’en ont pas nécessairement le plus besoin.  Ils passent souvent leur intérêt corporatif bien avant celui du membre individuel.  Par exemple, quand j’enseignais et qu’il votait des grèves où l’on demandait des augmentations de salaires, j’étais contre. 

Par contre, les gens qui travaillent pour des agences de sondages et qui sont exploités (ce ne fut pas le cas de Som, la dernière maison pour laquelle j’ai travaillé) n’ont même pas droit de se syndiquer. 

Aujourd’hui, je considère que le syndicalisme, malgré ses défauts, est encore utile.  Ils rempliront leur rôle quand ils travailleront à l’échelle mondiale contre l’exploitation des multi- nationales. 

31 Décembre 2007

L’indépendance du Québec.

Ainsi, quand René Lévesque fut expulsé du parti libéral, on peut se demander si cette situation ne reflétait pas davantage une guerre entre les petits coqs du parti qu’à une opposition pour son projet de souveraineté-association, l’excuse employée pour s’en débarrasser

l n’était pas encore question de se séparer du Canada ; mais de devenir plus souverain.  D’ailleurs, je me demande jusqu’à quel point le Parti Québécois a vraiment cru et voulu un pays du Québec, complètement détaché du reste du Canada comme l’entendait Pierre Bourgault ou le disait Jean Chrétien?  Je suis loin d’en être convaincu. 

Les politiciens savaient qu’à ce chapitre, il était impossible de prôner un Québec totalement indépendant, car le plus haut taux d’adhésion fut de 35 % des gens.  Ainsi, tous les projets ont tourné autour de l’association.  L’association de deux états indépendants ou une vraie Confédération, ça n’a jamais été très clair. 

Il y avait sûrement à la base des gens qui , comme moi, rêvait de plus en plus d’un vrai pays du Québec, presque cent pour cent francophone, totalement respectueux de ses minorités, absolument contre les guerres (des inventions du système économique pour dominer)  et contre l’esclavage de la majorité de la population mondiale entre les mains d’une minorité de riches.  

À cette époque, je ne pensais pas encore que le vrai dieu humain est la finance ou l’économie

Je croyais dans des valeurs plus fondamentales et spirituelles comme nous l’avait si bien enseigné la religion catholique ; mais je commençais de plus en plus à m’apercevoir que mêmes les religions sont des multinationales qui s’enrichissent en se mariant à une idéologie.  Elles inventent toutes sortes de passes qui ont eu lieu il y a des milliers d’années ; donc, dont nous sommes  incapables de vérifier la véracité. 

La foi est aveugle, sourde et, si on ne la questionne pas, celle est complètement stupide. 

Si on avait voulu faire l’indépendance, on se serait doté des moyens de communication pour faire accepter le projet par une forte majorité. 

31 Décembre 2007
L’ignorance.

La majorité des gens de l’époque ne saisissaient probablement pas la nécessité pour le Québec de devenir une entité politique carrément extérieure à la structure canadienne. 

Certains , au Québec, ressentaient le peu de respect qu’avaient les autorité du Canada envers le Québec que l’on considérait comme une bande de «pea soup » qui s’agitaient autour des plus voleurs. 

La corruption du système politique du Québec était évidente.  Les politiciens dirigeaient tout en subventionnant les travaux qu’ils faisaient exécuter par leurs amis. 

Quand j’ai été candidat rhinocéros, j’avais d’ailleurs dénoncé le joint existant entre le parti libéral et la Chambre de commerce.  J’ai eu bien du plaisir à lire le roman de Roch Carrier, De l’amour dans la ferraille  une grosse brique qui nous rappelle ces tendances politiques. 

J’étais aussi révolté d’apprendre que la religion était un pouvoir entre les mains de ceux qui nous dominaient ; mais je n’étais pas encore assez brillant pour saisir tout l’aspect économique des religions. Je sentais que ce pouvoir catholique était aussi d’une certaine façon en opposition avec le pouvoir anglais, c’est-à-dire protestant. 

Le problème n’a pas changé depuis.  Harper multiplie les lois envisagées par les plus conservateurs de l’Ouest du pays, lesquels sont en même temps les détenteurs des portefeuilles de l’industrie du pétrole, comme Bush et Ben Laden.  Plus t’as d’argent, plus tu domines. 

Nous sommes revenus à la situation que vivaient les Cantons de l’Est quand je suis arrivé à nouveau à La Tribune comme journaliste.  J’étais déçu, mais mes amours me permettaient de croire qu’un jour il sera possible de vivre en toute liberté en autant que l’on exclue la violence. 

René Lévesque, en ayant permis la nationalisation de l’électricité avait créé un pouvoir énergétique qui pouvait concurrencer le pétrole, mais dans ce temps-là, on y pensait même pas, sauf, peut-être ceux qui étaient assez riches pour en avoir peur.

31 Décembre 2007
Le gouvernement régional.       

Puis, vint l’idée principale : la création d’un gouvernement régional. 

Dans mon esprit , le gouvernement régional n’était pas qu’une nouvelle structure, mais un moyen de rapprocher les solutions des problèmes.  Les autorités municipales, étant plus immédiates, elles pouvaient prendre les meilleures décisions, les plus bénéfiques pour le milieu, car, souvent les fonctionnaires ne savent pas de ce dont ils parlent quand ils analysent une situation en dehors de leur milieu. 

Le gouvernement régional permettait aussi d’avoir les autorités à l’œil et éviter que certains s’emplissent les poches aux dépens des gens qu’ils administrent. 

J’ai travaillé très fort sur ce projet avec M. Dorilas Gagnon, de Bromptonville, et le CRD.  Nous arrivions de plus en plus à faire reconnaître le bien-fondé de la formation d’un gouvernement régional.  Mais, pour y arriver, il ne fallait pas seulement décentraliser, ramener sur un plan régional les décisions fondamentales; mais avoir aussi les budgets, grâce à la déconcentration. 

Nous arrivions même à forcer Sherbrooke à prendre conscience que son sort est rattaché à celui de l’Estrie.  Puis, la Tribune me muta temporairement à Drummondville.  Là, j’ai négocié mon appui à l’aéroport international de Drummondville contre l’appui aux gouvernements régionaux.

Radioactif 311

mars 7, 2022

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28 décembre 2007 
Vitesse d’évolution.         

Même si je m’en prenais à la SSJB de Québec parce que je la trouvais trop réactionnaire, je n’étais pas tellement plus rapide dans mon évolution politique. 

J’évoluais à l’intérieur de l’idée d’un statut particulier pour le Québec à l’intérieur du Canada (aujourd’hui, l’autonomisme rachitique de l’ADQ) quoique je trouvais l’indépendance une idée extra- séduisante. 

Jean Chrétien n’avait pas encore inventé les «séparatistes». Une perception mesquine, niaiseuse et irrespectueuse des Québécois nationalistes. 

Je pensais qu’on n’avait pas encore les reins assez solides pour devenir un pays indépendant.  En fait, j’étais à l’image de la ville de Québec face à Montréal.  Québec ne connaît pas les mêmes problèmes. Elle n’a surtout pas le problème de la diversité, de la langue. 

À Québec, on ne parle pratiquement que le français.  Il y a peu d’immigration et la religion est encore toute puissante.  La religion à Québec est comme dans nos campagnes, quoique ça change, car toutes nos églises ferment les portes. 

À Barnston, les anglais étaient devenus nos amis.  J’ai toujours dit en riant : grâce à la musique et aux jeux de fesse.  Pourquoi cela ne serait pas universellement possible? 

La mentalité religieuse arriérée de la région de Québec nous fera-t-elle manquer notre rendez-vous avec l’histoire? 

En attendant, on va lui souhaiter un joyeux 400è anniversaire.  Québec est une ville merveilleuse quand on oublie la politique.  J’y ai vécu cinq des plus belles années de ma vie.


28 décembre 2007 
L’indépendance du Québec.

Quand René Lévesque a amené l’idée de la souveraineté–association sur la table libérale, ce n’était pas une idée tout à fait nouvelle.  Il voulait juste qu’on puisse respirer à l’intérieur du Canada. 

Au cours des dernières campagnes électorales, le nationalisme était de plus en plus à l’honneur : Daniel Johnson, père, prônait l’égalité ou l’indépendance.  Même sous Jean Lesage, on écrivait plus PQ pour province de Québec, mais «État du Québec» et le slogan du parti était « Maître chez-nous». 

Nous avons assisté au lynchage d’un ministre libéral, René Lévesque,  qui voulait aller trop vite et trop loin pour la capacité mentale des libéraux d’alors. »   On prétendait, comme à l’époque de Maurice Duplessis, que René Lévesque était un communiste. 

Était-ce seulement à Québec, où on est beaucoup plus religieux, que  ce genre de connerie prend encore ?  La grogne ne tenait certes pas seulement à son idée de souveraineté association, mais on voulait s’en débarrasser parce qu’il faisait grincer les financiers des dents. 

Avant ce congrès, j’étais à souper chez Mme G, lorsque je reçus un appel  téléphonique de M. Éric Kierans qui voulait me rencontrer, car je lui envoyais souvent des réflexions qu’il trouvait intéressantes,  par son petit côté gauchiste. 

Il y avait une guerre de coqs, derrière toute cette campagne anti Lévesque.  Dès que t’exprimais de la sympathie pour ses idées ou pour lui, tu étais taxé de communiste. Tu étais non seulement un suspect, mais une victime de leur paranoïa.  Tu étais un «infiltré»  qui avait pour but de déstabiliser le parti et faire glisser le Québec dans le camp communiste. 

La place que le Québec devait avoir au sein du Canada était un sujet habituel à Montréal.  On parlait entre autres d’un statut particulier, de la souveraineté association, d’états associés, de souveraineté culturelle, sans être un grand pécheur.  L’indépendance, c’était surtout le discours du Rassemblement pour l’indépendance du Québec (le RIN), de Pierre Bourgault.  Montréal était indépendantiste (comme les États Généraux) alors que Québec était demeuré fédéraste. La principale raison de ce retard idéologique et politique est la foi catholique

J’étais assis entre deux chaises parce que pour moi la pauvreté occupait trop d’espace ainsi que la lutte à la corruption pour être devancées par des structures de pouvoir. 

Quand j’ai eu à choisir, j’ai choisi Lévesque.  Le soir, après de fortes pressions, j’ai été devant l’assistance où j’ai remis ma démission comme président des Jeunesses libérales de Limoilou, car je ne représentais plus l’opinion de mes membres, mais j’ai ajouté que je restais libéral pour défendre le droit au pain et au beurre des petites gens. 

Ce fut la seule fois de ma vie où j’ai eu droit à un «standing ovation» et d’être reçu dans les bras de Kierans et Lesage.  Cependant, le mal était fait. 

J’étais désintéressé de la politique que je trouvais maintenant trop sale.  Je me suis rendu travailler à Montréal où  j’ai rencontré Daniel dont je suis devenu amoureux fou. L’amour est plus fort que la bêtise humaine.          
   

30 Décembre 2007
Jouir: le vrai sens de la vie.

Qu’on le veuille ou non, avant de crever, il faudra faire le bilan de sa vie. 

Dans mon cas, ce qui aurait dû être la malédiction totale, la pédérastie, s’est vite avérée comme la chose la plus merveilleuse que j’ai dû vivre, car l’aspect sexuel n’arrivait pas à la cheville de l’échange spirituel que de telles relations signifiaient.  Ainsi, je ne pouvais pas m’en culpabiliser.  Quoiqu’en toute honnêteté, j’ai toujours eu peur que ce soit les autres qui aient raison. 

Suis-je responsable de la fin tragique de ceux que j’ai aimés ?  Est-ce que je pouvais vraiment y changer quelque chose ?   Les plaisirs que j’ai vécus avec les petits gars valent mille fois tous les inconvénients de la débilité morale de nos sociétés actuelles, car j’avais créé ma morale personnelle: Pas de violence, consentement, plaisir mutuel. 

La raison pour laquelle cette éthique allait de soi est fort simple : notre système exige de vivre contre-nature pour obéir aux lois des religions.  Il suffisait de le comprendre.  Nous sommes sur terre pour adorer et glorifier Dieu, admirer sa création, participer à son épanouissement et non se mortifier, sous prétexte que l’on est pécheur. 

Parmi les expériences humaines, l’hédonisme, le plaisir, est fondamental pour ne pas dire notre loi fondamentale. 

Le plaisir est malheureusement momentané, «un moment privilégié, mais limité» qu’il faut savoir saisir dans sa vie.   Il conduit encore plus à la félicité que le sacrifice. 

La notion de salut par la souffrance n’est que du sadomasochisme.  Une forme de plaisir qui existe à travers la souffrance et le sacrifice d’où cette notion de l’abstinence sexuelle que l’on retrouve dans toutes nos religions.  Une projection de vieux frustrés. 

Tout le monde sait que l’on jouit davantage dans un  rêve que dans la réalité.   Pas fous les prêtres !  L’abstinence rend l’éjaculation plus jouissante et plus abondante dans les rêves blancs.  Mais, ils ont oublié, que trop la retarder ou l’empêcher, la rend carrément vicieuse, car ne pas éjaculer peut créer des problèmes avec le sperme quoique le système a prévu une forme d’évacuation avant de nous empoisonner.. 

Ce n’est pas dieu, mais les religieux qui ont inventé la notion de péché de la chair.  Ils voulaient garder l’exclusivité de cette connaissance.  Aimer Dieu, C’EST JOUIR ET APPRÉCIER sa création. Donc, de s’apprécier soi-même. 

C’est essentiel, si l’on veut une bonne raison d’être reconnaissant.

30 Décembre 2007
Poésie de jet.

Je n’ai jamais cru que ma poésie de jet est de la grande poésie; mais elle permettait de définir, peindre un sentiment qui faisait tableau.  Pour moi, la poésie était l’expression vocale, musicale de la peinture. 

Ce n’est pas étonnant que quelques années plus tard,  je participe avec Janou St-Denis à un mouvement ayant pour but de rassembler tous les artistes autour de leur art. Tous les arts sont de la même famille.  

La poésie était parfois très limitée à la noirceur de ses propos.  Heureusement, il n’y a pas qu’une forme d’expression poétique. 

La poésie est un moyen d’expression qui peut se présenter de bien des manières.  La chanson est de cette famille.  Elle peut être un aboutissement  poétique.  L’important, c’est que la poésie réponde à notre personnalité et nous incite à jouir de la BEAUTÉ des mots et des images, des rythmes et des sons.  

Malheureusement, il n’y a pas de récitals de poésie pour les adolescents.  J’admets que ça me permettrait de jouir des yeux et des oreilles.  Donc, il est bien évident qu’on m’interdirait d’organiser de tels concours à cause du danger pour leur chasteté que je représente pour les ignorants et les esprits bornés.

L’important , c’est qu’un tel concours force le jeune à se dépasser et à se respecter.  La vie a un sens quand elle a un but.  La poésie peut intégrer tous les comportements, sauf la violence physique.  Pourquoi ne pas permettre de la laisser s’exprimer? 

À quand un concours national de poésie organisé par la jeunesse ? 

Radioactif 310

mars 6, 2022

Radioactif 310

28 décembre 2007 
Femmes et religion.

Il fut une époque au cours de laquelle les féministes avaient compris que l’inégalité de la femme est le fruit des religions et de la bourgeoisie. 

La Bible, par exemple, multiplie les passages où la femme est la servante de l’homme.  Chez les musulmans, selon mon expérience, la femme est supposée être plus libre parce que Mahomet la présentait comme une partenaire; mais les dirigeants religieux ont implanté, même en plus fanatique,  la même peur de la femme, objet de convoitise pour les hommes.

Le mépris de la femme sur le plan physique est devenu systématique et sous prétexte de péché possible,  on a forcé la femme à se couvrir de façon ridicule.  Plus tu es fanatique, plus tu es près de la violence. Ta foi t’aveugle. T’oublies que tu es un mortel et que ton dieu n’est qu’une vision, une invention de ton esprit. 

Tu veux la domination de ton dieu qu’il soit Yahvé, Allah ou Jésus parce que sans ta foi tu n’existes pas comme individu.  C’est moins fatiguant.  De la folie?  Le fanatisme, certainement.

Comment, si un  homme n’est pas fou peut-il vouloir la mort d’un autre humain pour une force qui n’a rien de matériel? 

Les guerres de religions sont de la démence en action.  Les religions prêchent toutes l’amour et la charité.  Ce sont juste des mots ou une réalité?  Si elles évacuaient la sexualité de leur discours et leur façon de voir l’humain, elles pourraient servir à créer un monde meilleur.          

28 janvier 2007       
Les religions.

Il n’y a pas plus de fanatiques dans une religion que dans une autre. 

Il y aura toujours des fanatiques pour imposer la domination religieuse soit par la Charia,  la Bible ou le catéchisme.  Chez-nous, le règne abusif religieux se caractérise par sa position sur la sexualité

Mais, dans toutes les religions, il y a des gens de «raison»  fort sympathiques qui se servent de ta religion comme moyen de réflexion pour avoir un «agir» plus responsable, et de plus en plus humain, charitable et heureux d’exister. 

La religion, depuis le début du monde, est une façon d’interpréter les forces indomptables et inexplicables de la nature.  Ainsi, plusieurs dieux ont été créés par l’homme et sont disparus à travers l’histoire parce que la connaissance remettait en question leur existence. 

Cependant, le désir de dominer est telle chez certaines religions qu’elles sont devenues des puissances financières et économiques même plus grandes que les multinationales.  Et elles ne se trouvent pas encore assez puissantes.   Elles veulent que leur dieu domine l’humanité entière. 

Le fanatisme religieux est une force collective de l’inconscient qui remplace et nie toute forme d’individualité. 

Pour dominer, les religions ont besoin d’une morale (pour entretenir leur commerce de bonnes intentions) et c’est pour cela que l’on s’oppose si farouchement à une morale individuelle. 

Si les gens se servaient des religions pour méditer sur leur propre valeur et leur raison d’exister, ils se rendraient compte que le plus important  est la situation globale de son être, personnelle et immédiate.  Ils se rendraient compte que l’on ne peut pas être heureux, si les autres ne le sont pas.  « Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu». 

On s’empresserait d’éliminer toutes formes de peine de mort (légale et illégale) , de jugements sur les autres.  On essaierait de participer à un bonheur à la fois individuel et collectif.  On reconnaîtrait que les livres religieux peuvent nous aider à méditer, à être encore meilleur et plus heureux comme de bons livres de psychanalyse. 

Les religions cesseraient leur croisade contre la liberté sexuelle et deviendraient farouchement opposées à tout ce qui est violence et haine. 

S’il y a un dieu et qu’il nous a créé, c’est pour que nous soyons heureux.  Les religions ne sont que des accessoires pour nous aider à y parvenir.        

29 décembre 2007 
Ma différence.

Une seule chose me différenciait des autres : je trouvais autant de plaisir à vivre une expérience sexuelle avec une femme, un homme et surtout un petit gars. 

La prison m’avait rendu plus religieux, une régression bien normale; mais avec le retour à l’école, je me resituais lentement sur un plan émotif et sans trop m’en rendre compte mes poèmes me permettaient de choisir les valeurs qui devraient animer ma vie. 

L’école m’a permis de me confirmer un goût pour le travail et me battre pour mon pays qui devenait de plus en plus le Québec.  J’étais déçu de la société, mais devoir me battre pour prendre ma place ne faisait que raffermir ma volonté de devenir quelqu’un. 

Les Jésuites, quant à eux, ont été une source de questions philosophiques.  Une nouvelle découverte, une nouvelle façon de penser.  En d’autres termes, je vieillissais lentement. 

Ma visite à Montréal, la fin de mes études obligée par l’exigence financière des Jésuites que je ne pouvais pas respecter, m’ont servi à prendre de l’assurance, parfois même un peu trop. 

Grâce à Mme G et quelques autres dames , j’ai appris que malgré tout, il est préférable de s’ouvrir aux gens qui nous entourent et ainsi ne pas créer un tsunami qui éclate un jour, laissant voir nos différences. 

Rares sont les gens qui comprennent et qui vivent vraiment leur religion d’amour.  L’authenticité, c’est ce qui permet de ne pas éclater comme un ballon trop gonflé.  

Malheureusement, la chasse aux pédophiles que l’on confond avec les pédérastes ne permet pas toujours de vivre ce degré d’honnêteté.  Il est impossible de se dire pédéraste et d’occuper un poste où il y a des jeunes.  Pourtant, ce devrait être le contraire, surtout si on applique la loi que j’ai apprise au début de mon engament dans l’enseignement : never on the job.  C’est pourquoi on a dû monter un piège pour me prendre en dehors de l’école. Confirmer pédéraste, tu n’as plus aucune crédibilité.  

Pire, tu es haï de presque tout le monde. On a honte de te connaître.  Tu ne peux plus travailler dans ton métier (surtout si tu es professeur), tu crèves de faim, tu t’endettes, tu n’as plus de pouvoir… Tu es un mort ambulant. 

La société ne pense qu’à la virginité des jeunes et prétend que nous sommes les obsédés. Une belle projection.  Seuls ceux qui peuvent imaginer le péché peuvent être pécheurs. 

Serait-ce que ceux qui combattent avec autant d’obsession la pédophilie sont les vrais pédophiles ?  Ce sont eux et elles qui sont les plus obsédées par le sexe des enfants.

Radioactif 309

mars 5, 2022

Radioactif 309

27 décembre 2007 
Féminisme positif.          

Les féministes ont déjà joué un rôle très important et très positif dans l’évolution de la société québécoise.  Il fut un temps où elles préconisaient la liberté sexuelle quand ça faisait leur affaire. 

« Nos corps nous appartiennent» , scandaient-elles quand elles se battaient pour le droit à l’avortement et le droit de choisir le moment de leurs relations sexuelles et avec qui. Elles établirent leur droit à choisir entre la maternité et la carrière. Elles furent aussi les premières à réclamer le droit au plaisir sexuel, en dehors des obligations matrimoniales. 

C’est une époque à laquelle je souscrivais complètement à leurs revendications, car leur vision de la sexualité dépassait enfin l’étroitesse d’esprit des religions face à la sexualité.  Je trouvais même inimaginable qu’en 2000 on soit encore assez arriéré pour ne pas avoir établi complètement l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. 

Cependant, dès qu’elles eurent atteint leur but, elles ont commencé à revendiquer, sans le savoir, le retour au paternalisme.  Elles voulaient jouer ce rôle qu’elles avaient tant dénoncé d’où elles entreprirent une guerre pour sauver les jeunes de leur sexualité

Elles sont devenues pédophiles, c’est-à-dire obsédées par le sexe de leurs enfants. Elles projetèrent sur les jeunes filles leur misère quand elles découvrirent les relations sexuelles, elles proclamèrent que tous les hommes sont des cochons qui ne veulent que les violer ou les battre. 

Elles nous prônent depuis lors les mêmes aberrations que les religions nous ont toujours prêchées.  Ce qui avait été bon pour elle cessa de l’être pour les autres le jour où elles obtinrent pour elles ce qu’elles souhaitaient. 

Elles recommencèrent à propager la peur de la sexualité.  Leur peur.  Certaines plutôt que d’opter pour l’évolution et la liberté voudraient nous ramener à l’époque de la grande censure. 

Comme je l’écrivais dans La pédérastie mis à nu, l’égalité des hommes et des femmes ne sera possible que le jour où les femmes accepteront leur sexualité.  Le jour où les femmes cesseront de se croire les esclaves des mâles.  Le jour où elles auront aussi compris que l’égalité ne nie aucunement la différence de perception ou de vision de la sexualité chez l’homme et la femme. 

Nous devons pouvoir concevoir une société où le père est aussi responsable de son enfant que la mère (donc, il devrait avoir les mêmes droits sans préjugés).  Il faut que la mère cesse de voir ses enfants comme des poupées (incapables d’autonomie) à protéger. 


28 décembre 2007 
La vie à Québec.

Je vivais très intensément.  Il y avait « ma petite blonde» qui n’aimait pas l’agressivité de mes doigts autour de ses petits seins ; mais qui m’aurait écrasé contre un mur pour mieux sentir «Charlie» se lever dans mon pantalon.  Comment comprendre cette contradiction?

Ses scrupules s’opposaient à la détermination de Laurent.  Il me confirmait par ses réactions qu’il est possible d’avoir des relations sexuelles avec un gars, sans lui faire peur, sans rien promettre, sans le menacer ou user de la moindre violence ; simplement en lui offrant la possibilité de goûter de nouveaux plaisirs procurés par une main experte. 

Quant à la politique, j’avais été en quelque sorte forcé de démissionner de la présidence des Jeunes Libéraux de Limoilou, parce que j’avais appuyé René Lévesque qui devint mon idole. 

Le parti libéral de Jean Lesage, ayant rejeté un statut particulier pour le Québec, à l’intérieur du Canada, il ne nous restait que l’indépendance pour permettre au Québec de s’épanouir comme société francophone en Amérique. 

Je comprenais l’idée que l’on prêtait au French power (la même que celle prêchée par Stéphane Dion) soit : s’intégrer dans le pouvoir fédéral pour obtenir tout ce que le Québec voulait.  Il était encore trop tôt pour en juger de la pertinence. 

Dans mon esprit, la pauvreté était encore le pire problème des Québécois. 

Peu de temps après, d’autres grands mouvements intérieurs allaient être enclenchés par mon entrée dans un environnement gai, même si les salons où je travaillais étaient des clubs de danseuses nues pour payer mes études,  

Je remportais aussi un concours de poésie en France et je rencontrais Daniel, l’amour suprême.  Le futur petit « Deus vicièr ».    

Radioactif 308

mars 4, 2022

Radioactif   308

26 décembre 2007 
L’enseignement religieux de la sexualité.

L’enseignement religieux de la sexualité est non seulement arriéré, mais il est fondé sur des mensonges, des ignorances et des absurdités comme celle du péché et de l’interdit sous peine de péché mortel. 

Comment Dieu, un être strictement spirituel, sans limite dans l’espace et le temps, peut-il te dire comment agir sur un plan strictement matériel, mortel? 

Par contre, les jeunes doivent être informés scientifiquement de cette réalité ainsi que des responsabilités que la possibilité de devenir parent, apporte.   Quand tu as un bébé comme résultat, ce n’est pas un engagement d’un an, mais pour le reste de la vie.  Ce n’est pas juste garantir la survie de l’espèce ; mais permettre à un humain de vivre heureux.   Un apprentissage long et difficile. 

L’interdit crée des séquelles psychologiques beaucoup plus graves que la liberté, car l’autonomie d’un individu ne naît pas à un moment précis, c’est le fruit d’un long apprentissage, souvent semé d’erreurs. 

Apprendre à être autonome, responsable et heureux, c’est toute une vie d’apprentissage. On a pas de temps à perdre avec une vision de vieux scrupuleux qui ont projeté sur Dieu leurs envies et leurs désirs frustrés, en manque de sexe, où même les fantasmes les plus naturels sont interprétés à leurs yeux comme des désirs indécents

Quand t’es «fucké», tout est indécent, même la nudité.


27 décembre 2007 
Les mensonges religieux sur la sexualité.

Sur le plan strictement physique, les religions mentent aux jeunes presque à chaque phrase qu’elles disent quand il est question de sexualité. 

C’est bien normal.  Elles se basent sur la connaissance que l’on avait de la sexualité, il y a plusieurs milliers d’années.  Notre connaissance de la sexualité a évolué, mais les religions se bouchent les oreilles pour ne pas changer leur discours. 

L’homme est passé d’un problème de survie comme espèce à celui de la surpopulation, d’un trop grand nombre de consommateurs pour notre pauvre petite planète. 

Déjà là, toute notre conception de la natalité est modifiée.  Les urgences ne sont plus les mêmes.  Puis, avec la science, on a appris que la naissance est loin d’être un choix divin, une bénédiction ou une malédiction.  C’est la rencontre d’un petit spermatozoïde avec un ovule.  Comme dans tous les processus de sélection, de choix, il peut arriver que les gênes se mêlent un peu de recette, se transforment, se mutent et que ce dosage donne des résultats bien différents.  On a dû tenir compte de ce facteur dans l’évolution, créant ainsi l’orientation sexuelle. 

Le petit être qui en sort est tout à fait normal et naturel, même s’il est déjà prédisposé à être gai.  Il joue un petit tour à la nature en ayant un petit changement imprévu.  Un petit clitoris rebelle qui s’affiche un pénis (d’où les religieux voulaient le dévoiler, le circoncire) et voilà que pour cette petite nuance dans un chromosome ou plus, la vie sociale future est toute changée. 

On ne veut pas changer parce que les prêtres avaient inventé la Tradition  religieuse et se sont chargés de répartir les rôles entre les hommes et les femmes, se gardant bien évidemment la meilleure place.  L’homme est le dominateur, le conquérant comme les singes d’où ils proviennent. 

On fera toutes les recherches du monde, pour le moment, une femme a un utérus et l’homme une prostate, reliée à une paire de couilles.  Que certaines femmes fassent dépression sur dépression parce qu’elles n’ont pas de pénis, n’y changera rien ; sauf, que notre société évolue si vite qu’un moment donné, il pourra être possible de changer de sexe.  Non seulement j’ai connu des expériences sexuelles avec des femmes, des hommes et des petits gars ;  mais j’ai aussi vécu différents rôles. 

J’ai été la mère gardienne du foyer et des enfants durant une année complète minimum, pour que ma douce aille à l’école.  Puis, auprès de mes deux fils adoptifs,  j’ai été le père célibataire j’ai joué le rôle de mère quant au travail à la maison et le papa éducateur; parce que ma pédérastie venait d’être transformée par la réalité. 

Notre société n’admet pas un contact physique entre le père et son fils.  Le rôle du pédéraste devient comme à l’époque de la Grèce Antique, celui du professeur des vertus et des idéaux pour le jeune.  Par conséquent, pour donner l’exemple, pour ne pas mal influencer le jeune, il apprendra à jouir de la présence des jeunes, sans avoir de rapports sexuels avec eux.  La pédérastie devient vite une relation platonique.

L’homme et la femme peuvent occuper tous les rôles, mais la maternité demande une plus grande sensibilité, une compassion plus profonde.  La mère est une nombriliste qui en nourrit plusieurs, émotivement, bien entendu!

Elle aime sans limite et laisse à l’homme le soin de s’occuper de la discipline.  Il devient alors impossible d’avoir ce même rapport d’égalité qui existe entre un petit gars et un pédéraste, car le père est synonyme d’autorité, donc, d’inégalité. 

Cependant, cette inégalité peut être annihilé par la façon d’enseigner, soit en cherchant de procurer l’autonomie au jeune, en se servant de l’exemple pour leur faire apprendre leur rôle de petit gars, futur homme.


27 décembre 2007 
L’avortement.

Quand on légiféra sur l’avortement, je n’étais pas pour l’avortement comme tel.  Tout être conçu a le droit à la vie. 

Cependant, l’avortement se pratiquait quand même à la cachette, à des prix extravagants et avec des moyens qui mettaient la vie de la mère en danger. Ce n’était pas une question de principe pure, mais le choix entre deux maux, face à une réalité bien présente. 

Personnellement, j’ai choisi la liberté pour les femmes parce que ça faisait ressortir l’hypocrisie de la religion et de ceux qui se prétendaient les défenseurs de la vie.  On ne voulait pas d’avortement, mais on stigmatisait toutes les jeunes femmes enceintes hors du mariage ainsi que leurs enfants conçus dans le péché.  Bandes de malades!  Où est le péché? 

À mon avis, la lutte à l’avortement demandait un changement d’attitude face aux filles- mères. 

Au lieu de s’en prendre à elles et à leurs bébés, ce qui est injuste, il fallait plutôt les aider à être de bonnes mères.  Il fallait libéraliser l’adoption, si c’était le désir de la mère,  de manière à permettre à ces mères  de s’assurer que leur enfant ait une bonne et une belle vie, comme tous les enfants ont droit

Dans sa grande charité, la religion appelait les enfants nés hors du mariage des bâtards.  Ces derniers étaient stigmatisés pour le reste de leur vie au nom d’un dieu d’amour et plein de charité.  Une société trop scrupuleuse est une société d’hypocrites et une société d’injustice sociale. 

Il ne faut pas se tromper, ce sont les mêmes genres de personnes qui aujourd’hui font la lutte à la pédérastie : des mangeuses de balustrades, qui ont tellement honte de leur corps qu’elles font aussi la guerre à la nudité qu’elles prennent pour de la pornographie. 

Les scrupuleux de nos jours sont du même acabit que ceux d’hier.  Ils doivent gérer ce qui se passe dans le pantalon du voisin puisqu’il ne se passe plus rien dans les leurs.  « Tu ne jugeras point.», règle incontournable de tout bon chrétien et musulman. 

Le sexe sans amour tourne vite au vinaigre et à la déception.  C’est important que les jeunes le sachent.  Personne n’est parfait ici-bas et exiger de l’être, c’est de la démence. 

Une foi qui doit être soutenue par la violence est une foi qui ne vaut pas grand-chose.

Radioactif 307

mars 3, 2022

Radioactif 307

26 décembre 2007 

Un texte idiot.          
Les filles du Québec.       

Les filles du Québec jouent aux artistes           
l’œil vide, elles regardent nulle part       
et, mortes de peur, font semblant d’aimer tout.

Elles voudraient bien de leurs doigts de fantômes    
tâter un peu l’amour, qu’elles consument en désir.   
Elles rient, elles pleurent, elles dansent           
au plateau des momies.  Pauvres hypocrites !

Filles du Québec, adorables beautés,   
l’amour vous dit merde et merde encore           
vous qui ne savez gonfler vos seins                 
sans laisser tomber de bourrures.          

26 décembre 2007.
Un poème stupide.

On n’écrit pas toujours des textes extraordinaires, certains sont mêmes carrément stupides, même s’ils reflètent un sentiment passager.  C’est le cas de ce poème sur les filles du Québec. 

C’est une petite vengeance personnelle généralisée à la gent féminine. 

À ma défense, je dois cependant rappeler que durant des années,  j’ai expérimenté la «douleur intérieure», grâce aux filles.  Je m’étais si souvent fait refuser, humilier, lors des danses, que c’est là que j’ai commencé à remplacer les filles par la bouteille de bière

Puis, j’ai eu des blondes qui auraient voulu passer jour et nuit, dans le lit, à faire l’amour, ce qui n’était pas désagréable, mais épuisant à la longue.  C’était peut-être bien intéressant, mais ça manquait souvent de profondeur. 

Les rapports humains ne sont pas que sexuels.  De toute façon, on dirait que le moment où tu as ce que tu désires, ça perd en intérêt. 

Si j’aimais bien m’amuser,  j’aurais bien voulu devenir père.  La paternité change toute ta vie, car tu dois t’occuper de quelqu’un d’autre que toi.  Être parent, c’est plus qu’acheter des cadeaux, c’est accepter la responsabilité que tout ce que tu fais marquera l’avenir de ton enfant.  C’est la différence fondamentale entre la pédérastie et la paternité.

Le père est automatiquement un représentant de l’ordre. L’éducation, ce ne sont pas que des paroles en l’air.  C’est surtout donner l’exemple.  C’est exigeant. On m’a toujours dit que je ferais un bon père jusqu’à ce que je le devienne par adoption, de deux garçons, sans femme. 

Je fus un papa gâteau et j’en suis bien content.  J’ai été gâteau parce que j’étais tout à la fois : le père et la mère.  En riant,  je disais à ceux qui me demandaient qui était la mère : j’en ai déjà assez d’endurer les deux gars, pour ne pas y ajouter une femme.

Une farce qui fait montre d’étroitesse d’esprit ; mais j’étais ainsi.   

La gent féminine a été en réalité une découverte formidable pour moi sur le plan émotif. J’aime encore les femmes qui m’ont accompagné dans la vie.         

26 décembre 2007 
Les scrupuleuses.

Et, j’en ai aussi connues des filles qui, tout en étant scrupuleuses au boutte, passent leur temps à te provoquer par leur façon d’agir.   Elles jouent aux offusquées dès que tu veux passer à l’acte.  C’est ce que j’appelais des agace-pissette. 

Ce fut le cas de Jackie à qui était dédié ce poème.  Elle m’a quitté sous prétexte que j’étais trop idiot pour passer à l’acte alors que je cherchais à la respecter parce que je voulais la marier.

Avec les filles, j’étais souvent noyé dans les contradictions.  Je voulais me marier, donc, il me fallait préserver ma pureté et leur virginité; mais on me mettait de côté parce que j’étais trop niaiseux. 

Je voulais jouir un peu trop vite de la vie, alors on me mettait encore de côté, mais cette fois parce que j’étais trop cochon.  J’étais exaspéré par ces contradictions féminines à deux vitesses. 

Par contre, j’avais peur que les curés aient raison et qu’en faisant l’amour je n’arrive pas à éjaculer, parce que je m’étais trop masturbé.  Une insécurité qui tuait souvent le plaisir.   J’étais loin de vivre un tel problème avec les gars. 

Avec eux, c’était clair «oui ou non » et leurs réponses ne souffraient aucune ambiguïté.  Quand ils t’envoyaient promener en te traitant de tapette, tu savais à quoi t’en tenir.  Avec eux, j’ai appris le sens des sourires, des yeux doux, des démarches lascives, des « ça m’intéresse» et « des fiche-moi la paix». 

Assez curieux, dès que les femmes apprenaient que je suis pédéraste, je prenais de la valeur comme malade à guérir.  C’est comme si elles ne pouvaient pas endurer l’idée qu’un gars puisse vivre sans s’intéresser aux filles, à elle, en particulier.     
           

Radioactif 306

mars 2, 2022

Radioactif 306

24 décembre 2007 
Abus sexuel à 13 ans?

Je viens de lire dans le Journal de Montréal une autre infamie : un jeune garçon de 13 ans, des ballets canadiens, a été poursuivi par d’autres enfants un tout petit peu plus jeune pour abus sexuels.  Et oui !  Vous avez bien lu.&n