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Un sourire venu d’enfer 9

octobre 26, 2020

Un sourire venu d’enfer 9

Autobiographie approximative

Page 55 à 63

Puis, j’ai connu la marijuana. Fumer était presque un rite sacré. J’adorais cette nouvelle dimension. Ce miroir révèle un aspect de la vie qui demeure inconnu sans cet artifice. Petit à petit, le pot est devenu un instrument pour mieux saisir la musicalité de la poésie. Par contre, la drogue avait un effet néfaste. Les extases devant les réalisations des autres me faisaient découvrir ma vraie dimension intellectuelle, soit d’être un ignorant pour ne pas dire un véritable imbécile.

En somme, la mari eut des retombées très positives. Elle transforma toute ma perception poétique, grâce au contact avec de meilleurs poètes que moi. Contrairement à ce m’avait dit mon psychiatre, je n’ai jamais cherché à dépasser le stade du hachisch. Je me trouvais déjà assez fou pour ne pas risquer de le devenir plus.

La mari est une des plus belles inventions poétiques quoique prise avec abus elle conduit à un certain état de paranoïa. Gelé, j’étais méditatif ou rieur, mais aussi de plus en plus paranoïaque au cours des premières minutes, tant que la musique ne faisait pas son apparition. Je croyais souvent au début que je venais de m’empoisonner en ressentant les changements se produire en moi. Une fois le plaisir musical installé, le voyage n’avait pas de prix quant au bonheur qu’il procurait.

Mes nouvelles passions faisaient l’affaire des patrons. J’étais moins radical, moins engagé, moins fatigant. J’étais moins politisé.  

Parfois, il était possible de confondre ma permissivité avec la réalité, tant notre vie était différente des moteurs conventionnelles.

La perversité n’existe que dans la tête des gens qui croient que la sexualité est perversité. Au Québec à cause des religions, on ne voit du mal que dans la sexualité d’où je crois que les religions déforment la réalité humaine afin d’entretenir une hystérie collective qui renforce la mésestime de soi si on vit une sexualité un peu plus éclatée que la société accepte.

Les jeunes qui se suicident n’acceptent pas leur différence, que très souvent ils n’arrivent pas à comprendre.

15

Au chalet du gouvernement

Une fin de semaine au grand scandale de mes patrons j’ai accepté une invitation du ministre des Terres et forêts, M. Claude Gosselin, de participer à une expédition de pêche au chalet du gouvernement. Je croyais pouvoir ainsi, en connaissant mieux le ministre, servir les intérêts de la région.

Je n’y posais qu’une condition : Réginald devait m’accompagner. La raison était simple: je n’aimais pas assez la pêche pour y aller seul et Réginald était le seul qui pouvait m’y conduire, car je n’avais pas d’auto et d’instruments de pêche. Et lui, il adorait la pêche.

Cette fin de semaine fut adorable. Le soir, le ministre distribua les chambres. Il laissait celle du bas aux amoureux qui étaient en l’occurrence moi et Réginald. Quelle folie! Sur le coup, nous n’avons pas saisi l’allusion. Plutôt que de faire  des chichis nous avons passé cette soirée à boire, tout en peignant. Nous avons écouté de la musique, discuté et peint jusqu’au petit matin. Le matin, nous avons remis nos peintures en remerciements au ministre qui n’a pu s’empêcher de nous citer en exemple aux autres invités.

Plus tard, le ministre apprit en faisant connaissance avec Denise, l’épouse de Réginald, qu’il n’y a jamais eu de relations homosexuelles entre Réginald et moi; mais que nous vivions une très profonde amitié.

J’ai été cependant scandalisé durant ce périple d’entendre le ministre Gosselin raconter comment Maurice Duplessis se servait de la peur des communistes pour gagner ses élections. Duplessis avait même inventé que des communistes attaquaient Québec alors qu’il s’agissait de travailleurs qui travaillaient dans ce secteur du cap. La peur des communistes était fréquente en politique et presque toujours rentable.

Elle est revenue à la mode avec Claude Ryan. C’est ainsi que l’on assista à une guerre sainte pour forcer le retrait de la pièce de théâtre « Les fées ont soif ». Les cultivateurs criaient aussi au communisme dans l’agriculture. Ça rappelle le

temps où le parti libéral a fait battre le « communiste René Lévesque » pour écarter le projet de souveraineté-association.

Le Québec a de la difficulté à s’émanciper, car il se crée des peurs.

Je n’étais pas un exclu dans le groupe de mes amis, même si tous savaient que je suis pédéraste (amourajeux).  Ils acceptaient que je sois différent. Ils savaient que je ne présentais aucun danger pour les garçons, sauf si on s’imagine que le plaisir consenti d’un attouchement est un meurtre, comme on le pense maintenant. La peur de la sexualité a atteint au Québec, grâce aux féminounes, un degré qui n’est pas loin du fanatisme. Il faut avoir eu la chance d’avoir une expérience sexuelle à l’adolescence pour savoir que jouir est un moment extraordinaire, si on est assez intelligent pour ne pas s’en culpabiliser.

Personne à part moi ne parlait de mon amourajoie et elle ne me paraissait pas dans la figure. On savait que je n’étais pas dangereux d’autant plus que Réginald et Denise n’avaient que deux filles. Pire, j’étais toujours avec Hélène et notre amour était évident pour tout le monde. Cet amour était sincère, malgré mon attrait pour les petits gars.

Le groupe formé des familles de Réginald et d’Hélène, mon Égyptienne, a vécu plus longtemps que le rêve suscité par mon petit lutteur, le fantôme de mes rêves depuis déjà deux ans.

Hélène était devenue le vrai centre de mes amours.

Aussi, mon agressivité à combattre la malhonnêteté des libéraux n’aurait peut- être pas refait surface s’il n’y avait pas eu octobre 1970.

Chapitre 2

Au Québec pour réussir, faut-il être malhonnête ?

Au début de l’année 1970, avant l’arrivée d’Hélène, tout était centré sur Réjean. J’aurais voulu que notre amitié soit rétablie comme au début dans toute sa pureté et sa force, mais j’avais de la concurrence. Et, ce concurrent avait l’avantage sur moi de demeurer à plein temps à Québec avec Réjean alors que j’étais toujours dans l’Estrie.

J’étais jaloux et je ne voulais pas l’avouer. Cependant cette situation ouvrait toute grande la porte à une nouvelle forme d’aventure. Je n’ai jamais vécu une sexualité normale, car je ne vois pas l’importance d’aimer un sexe plutôt que l’autre. Il me semble que nous aimons des humains parce qu’il existe une connivence entre nous. Un attrait comme la force d’attraction.

Après une couple d’années, Réjean ne semblait pas partager cet amour fougueux qui marquait mes visites. Quand je le visitais, il faisait tout ce qui est inimaginable pour attiser ma jalousie. Il prenait un vilain plaisir à jouer au billard avec un nouveau pensionnaire. Il agissait comme s’il était très large d’esprit. Il profitait de mes scrupules pour me montrer que j’étais plus niaiseux que son nouvel ami. Sa démarche semblait dire : lui, ce n’est pas qu’un tas de scrupules.

Les jeunes savent très vite comment manipuler l’adulte qui tombe en amour avec eux. Ils savent qu’ils ont tous les pouvoirs. Pour la première fois de ma vie, j’ai été confronté à une réalité difficile à croire, mais bien réelle : les jeunes en connaissent plus sur la sexualité que nous voulons bien le croire, car aujourd’hui, même avec la censure, ils ont des moyens de s’informer et apprendre ce qu’ils veulent savoir. Ils savent instinctivement comment exploiter les sentiments. Il leur suffit de jouer aux innocents devant leurs parents.

Réjean, c’était le corps, le centre, la réalité. Je l’adorais comme je le disais dans

Re-jean.

Réjean, c’était la raison pour laquelle la vie me semblait précieuse et digne de combats. Réjean, c’était mon espoir incarné. Il était l’énergie qui me poussait à la poésie, mon vœu de voir un jour les hommes comprendre que ce lien est plus important que tout autre idéal… L’amour est ce qu’il y a de plus important dans la vie. Je vivais avec lui, l’amour à l’état vierge. Il n’était certainement pas chaste de ma part, mais absolument pur. Comment peux-tu être un danger pour un petit gars que tu aimes si follement?

Réjean était une vision du monde qui se dessinait, s’expliquait par les autres éléments de la vie. Une forme d’extase. Pourtant, cet amour s’effondrait comme l’aéroport international de Drummondville et être remplacé par la belle Hélène.

Mon travail me forçait à prendre conscience d’une autre réalité, moins angélique celle-là, la plupart des gens sont exploités, prisonniers d’une structure qui nous condamne à lutter entre nous, les uns contre les autres, comme dans une jungle.

Heureusement, les Vauxcouleurs (Estrie) sont une des plus belles régions que j’ai connues et mon travail me forçait à la visiter, à apprendre que la terre est parsemée de petits Réjean.

La Tribune de Sherbrooke m’avait affecté à la couverture des événements régionaux, c’est-à-dire tout ce qui se passe en dehors de Sherbrooke et de ces bureaux régionaux. Elle avait mis une auto à ma disposition pour me déplacer dans la région.

La nature et une certaine liberté dans mon travail commençaient à me permettre de rêver à un monde dans lequel le bonheur, la sincérité, la franchise étaient des éléments de base.

J’étais aussi naïf que les douze ans de Réjean. Émotivement, j’étais probablement déséquilibré, car j’étais trop extrémiste. C’était sûrement dû au profond sentiment d’infériorité que je ressentais parce que j’étais pédéraste. Et ma réalité physique avait fait en sorte que j’avais été trop protégé par maman, à mon goût du moins.

Il me semblait impossible qu’il puisse exister des gens pour qui la fortune, la gloire, le pouvoir, l’argent puissent être plus importants que la vie humaine. Sans le savoir, j’étais profondément chrétien, malgré mon amourajoie. C’était normal avec l’enfance que j’avais vécue. On n’envoie pas Dieu promener quand on l’a vécu aussi profondément dans sa chair.

Je rêvais et j’apprenais petit à petit que ce monde idéal n’existe que dans ma tête.

Réjean était de plus en plus froid avec moi et j’avais rencontré Hélène qui le remplaçait en tenant une place bien différente. Avec elle, la vie intellectuelle était aussi précieuse que la sexualité.

Comment ignorer l’autre vérité? Dans les Vauxcouleurs un fort pourcentage de gens était réduit au chômage ou à l’assistance sociale.

Les députés, les uns après les autres, trahissaient leurs promesses. Il suffisait d’imaginer et de présenter des solutions exigeant un changement social pour améliorer le sort de la population pour se valoir d’être amèrement combattu.

Il était évident qu’il fallait changer de gouvernement, pousser plus loin les réflexions sociales sans tomber dans le fanatisme. Le Québec avait besoin d’une autre révolution.

Une révolution de la conscience et des émotions.

Je croyais encore assez dans l’intelligence humaine pour espérer. J’ébauchais des réponses. Chacune de celles-ci se frappait au même mur : tant que le Québec appartiendra au Canada, il n’y a aucun espoir.

Les autorités pouvaient bien faire semblant de comprendre, mais à moyen et à long terme la trahison ne tardait pas de devenir évidente.

L’Union nationale n’était qu’un parti de petit patronage et de patinage politique au provincial.

Au fédéral, j’ai cru un temps que le « French Power » partageait l’idéal pour lequel il avait été créé : permettre aux francophones d’avoir le pouvoir à Ottawa et établir l’égalité entre les deux nations française et anglaise.

L’aéroport m’avait prouvé qu’il en était aujourd’hui comme autrefois : les Canadiens anglais se croient les seuls maîtres et nous regardent avec dédain.

Malheureusement au Québec, l’Église a créé un masque à l’exploitation. Ainsi les gens aiment leur misère et croient aveuglément dans l’autorité. L’Église par sa manière d’enseigner l’Évangile garantit la mort-née de tout sentiment de contestation. C’est ce qui explique sa doctrine sociale sur la sexualité, car c’est la méthode par excellence de nous dominer pour toujours en nous culpabilisant et en nous infériorisant. Elle était dans les Vauxcouleurs tout aussi politique qu’ailleurs, mais un peu plus hypocrite. Puisque dans les milieux conservateurs, il est impossible d’échapper à ses émotions religieuses, installées à coups de mythes et de peur, il ne pouvait pas être question d’y déraciner facilement l’esprit de résignation, de colonisé qui régnait partout.

Puis, comme l’avait prédit Gaston Gouin, il se mit à faire mauvais sur tout ce territoire.

Lors d’une visite à Québec, j’ai appris que Mme G. avait juste quelques mois à vivre. Elle était atteinte du cancer.

Mme G. m’apprit la nouvelle avec tant de douceur que j’ai cru qu’il s’agissait d’une farce. L’humour était chez elle un trait de caractère qu’elle employait parfois pour nous sonder ou pour nous faire confronter les réalités de la vie. Je ne l’ai pas crue. Cela me semblait beaucoup trop injuste. Elle était trop bonne pour  mourir aussi jeune.  Maintenant qu’elle était heureuse, elle  mourait.

Je n’ai rien retenu de cette nouvelle qui me semblait invraisemblable puisque Mme G. semblait encore en pleine santé, malgré sa dernière opération.

Mes amours refirent vite surface.

Réjean me témoignait de plus en plus d’indifférence. Je ne savais plus comment l’atteindre. C’était un dard en flammes à chaque apparition. Il essayait de me rendre jaloux de plus en plus. Il m’opposait toujours à un nouveau pensionnaire plus jeune et me laissait entendre qu’il était beaucoup plus cool que moi. J’étais d’autant plus jaloux que je soupçonnais ce nouveau d’être gai.

J’ai décidé d’espacer mes visites. Peut-être ainsi s’occupera-t-il plus de moi quand j’irai à nouveau?

Je m’interrogeais sur l’amour. Aimer son prochain, est-ce se battre comme journaliste pour le bien de la région? Est-ce plutôt s’attacher à un individu en particulier? Est-ce manquer de charité que de combattre les politiciens qui nous semblent malhonnêtes?

Ma conception du christianisme avait émergé avec ma première visite en prison. J’étais devenu plus croyant, mais aussi plus conscient que ce que l’on nous demandait était carrément contre nature. Il faut toujours se vaincre. Pourquoi? Qu’est-ce que ça apporte aux autres? En quoi la chasteté nous rend-elle meilleur ou plus pur?

La plus grande des prières est la joie de connaître Dieu dans tout ce qu’il a de plus beau. Par conséquent, l’amourajoie était ma réalisation la plus sublime quand je l’acceptais et que je cherchais à la vivre honnêtement. Est-ce erroné? Qu’est-ce que la vie? Pourquoi un Dieu qui se dit amour laisse-t-il souffrir et mourir de misère autant de monde?

Ma grande peur était, comme je l’entendais partout, de blesser, de nuire au garçon que j’aimais. J’étais à ce sujet extrêmement scrupuleux. Je croyais possible que les petits soient sans défense et facilement brisables, influençables comme on le prétendait, même si toutes mes aventures me prouvaient le contraire. La peur de la pédophilie est ancrée dans une mésestime éhontée des jeunes que l’on prend pour de parfaits idiots.

Sans violence, un jeune ne fait que ce qui lui plaît.

J’ai pris des années à découvrir que les adultes perçoivent la réalité sexuelle des jeunes à travers leur propre peur, née de leur éducation. En imposant leur morale, ils se foutent de briser la curiosité sensitive des jeunes. Une curiosité toute normale, tout aussi essentielle pour garder une attitude positive devant la vie. Ils leur apprennent à haïr leur corps comme ils le font pour eux-mêmes. La morale est un crime quand elle te pousse à rejeter ce que tu es fondamentalement.

Pourquoi plus de femmes souffrent de névrose que d’hommes, sinon parce que la perception du corps de la femme est dans notre éducation la fin, la tentation sexuelle de tout individu, le mal? Elles doivent répondre à tous les critères inventés par une société de mâles qui profitent de leur soi-disant besoin d’intimité. Les femmes sont esclaves de leur besoin de bien paraître. L’Église les condamne, ce qui les place dans un perpétuel état d’infériorité par rapport à l’homme. Ainsi, plus de femmes ne savent pas vivre dans la joie d’avoir un corps.  Pourquoi tolérer que la société continue à entretenir une telle imbécilité?

Je ne pouvais pas nuire à Réjean en l’aimant, en lui prouvant l’intérêt que je lui portais. Mes cadeaux étaient liés à ses performances à l’école. Comment peux- tu nuire à un être que tu adores? La perception des vibrations entre les humains, ça existe. Réjean s’éloignait de moi et je respectais finalement sa volonté. Je ne pouvais pour mon bien et le sien qu’espérer revivre avec un autre ce que je venais de vivre avec lui.

J’étais encore trop attentif à ce qu’en disaient les autres pour me sentir complètement déculpabilisé. Pourquoi le sexe avec une personne qui n’est pas adulte devient-il automatiquement quelque chose de mal? Si la chair est perçue comme le mal, c’est qu’on le fait croire et ça ne correspond nullement à la réalité. Bien des petits gars vont vivre une aventure homosexuelle et demeureront hétéros si c’est leur nature. Une relation sexuelle ne représente aucun danger physique pour un garçon si elle est sans violence ou domination. Ce n’est qu’un pur plaisir. Malgré cette vérité, ne sachant pas encore que l’éjaculation est la source de tous les interdits parce qu’on croyait que le sperme est une partie du cerveau, je voulais devenir « normal ».

À Sherbrooke, Hélène m’attirait de plus en plus, alors que mes relations avec Réjean étaient de plus en plus espacées. Je me demande même si je n’ai pas connu Hélène seulement après la fin de mes amours avec Réjean. Une fin qui me tuait, car ma passion pour Réjean avait été très éblouissante.

Mais à un moment donné, Réjean n’avait plus le monopole. Hélène faisait de plus en plus partie du décor. Mes hésitations à monter à Québec tenaient d’une chose que je ne connaissais pas avant : la jalousie. Je reprochais aux femmes d’être exclusives et jalouses et je vivais exactement ce que je leur reprochais.

Hélène partageait ma ferveur grandissante pour la cause du peuple, mon besoin de révolution dans le sens d’un changement profond. Elle avait réussi ce que je n’aurais jamais cru possible : me faire oublier qu’elle est une femme. Elle m’avait permis de comprendre que l’on n’aime pas un homme ou une femme, mais une personne.

Hélène m’entraînait dans la poésie. Nous étions heureux. J’aimais cette ambiguïté sécuritaire, même si c’était de bien moindre importance que mon besoin d’authenticité d’où je continuais à me proclamer pédéraste.

Comment un amourajeux peut-il aimer vraiment une femme? Amourajeux était un terme que j’avais inventé comme titre d’un de mes livres de poésie. L’amourajeux est-il nécessairement et uniquement gai? Est-ce que l’âge entre amoureux a réellement de l’importance? Comment ne pas sertir la joie des autres qui t’estiment maintenant sur la « voie de la guérison » ?

J’étais encore assez niaiseux pour croire qu’il est mal d’être pédéraste, de croire que l’amourajoie est anormale. J’adorais Réjean et plus il le savait, plus il s’en servait pour me manipuler. Son petit copain ne servait qu’à me le rendre encore plus indispensable.

Quant aux Vauxcouleurs (Estrie), la flamme politique se faisait plus rare et toute autre forme de vie m’ennuyait.

J’avais complètement perdu foi dans la députation. Nos représentants ne connaissaient rien à nos problèmes et nous en avions à revendre. Tout ce qui les intéressait, c’était leur maudit pouvoir, être réélu.

Aucun secteur économique ne se portait bien et dans chaque cas, le fédéral était toujours le principal responsable. Les deux paliers de gouvernement se garrochaient les problèmes, ce qui leur permettait de ne rien résoudre.

J’attachais autant d’importance au sort de la région qu’à mes propres amours.

Les gens réagiront. Ils finiront bien par comprendre. Ils ne peuvent pas se faire emplir tout le temps, sans finir par identifier les menteurs et les profiteurs, pensais-je.

La majorité était aveuglée par les discours ou elle était trop paresseuse pour chercher à bien s’informer. Les gens croyaient tellement dans les gouvernements qu’ils ne pouvaient pas accepter les changements globaux qui leur permettraient de s’en tirer. 

J’attachais une importance sans limites à la vérité.

Un sourire venu d’enfer 8

octobre 25, 2020

Un sourire venu d’enfer 8

Autobiographie approximative

Page 46-55

13

Le projet des 200 millions.

Des négociations ont été entreprises pour obtenir au moins comme le promettait Jean Marchand, une compensation valable pour les Vauxcouleurs (Estrie). C’est au cours de ces assemblées de négociations que j’ai appris que certains membres de l’équipe fédérale étaient liés à la CIA.

Ces pourparlers n’ont pas abouti, car même si j’avais créé un projet totalisant environ 200 millions de dollars à être investis dans la région, les maires avaient trop l’esprit de clocher pour l’endosser et récupérer au moins ces argents.

Nos maires, presque tous des libéraux, comme c’est encore le cas aujourd’hui, préféraient préparer leur propre avenir politique, se battre entre eux, s’écraser, selon le meilleur esprit de clocher et de mesquinerie. La politique était plus sale que je ne l’avais jamais imaginée.

Pour cerise sur le gâteau, pour nous humilier encore plus, Trudeau accepta l’invitation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke de participer aux fêtes de la Saint-Jean. Quelle arrogance! Je voyais déjà couler le sang des rues à cause de ce maudit baveux.

Je rêvais déjà de lui cracher au visage tandis que la GRC multipliait ses efforts auprès des municipalités pour être « informée » de toutes les personnes jugées radicales ou de tout nouvel étranger arrivé dans la région. Puisque la trahison peut aider à l’avancement politique, nos autorités municipales appuyaient Ottawa.

Selon les rapports  de la GRC il y aurait un bain de sang dans les rues si Trudeau se présentait à Sherbrooke. Je craignais aussi cette éventualité. Un tel traitre ne peut pas se promener chez nous sans qu’il reçoive ce qu’il mérite. Mais, il y a la population et les enfants.

Heureusement, il y eut une bombe et Trudeau resta chez lui.

Quand j’ai appris comme tout le monde que durant une la nuit une bombe avait sauté à la fédéraste SSJB de Sherbrooke, j’étais à la fois consterné et fou de joie. Pas un seul blessé, mais un avertissement de taille. La SSJB décida de décliner son invitation, même si Trudeau la traitait de lâche. C’était une victoire exemplaire.

Faute de pouvoir réaliser le projet des 200 millions, j’ai mis toutes mes énergies à vendre un nouveau projet qui, par la bande, rejoignait l’aéroport, soit la construction d’une autoroute, la Transquébécoise, une autoroute qui franchirait le Québec du Sud au Nord. Ce projet demeurait dans les cartons, j’ai donc poussé pour obtenir une réalisation rapide cette autoroute. Je suivais le déroulement de ces projets à travers mes entrevues avec les autorités du coin.

Robert Bourassa était à nouveau venu à Sherbrooke. Il était jeune et semblait très honnête. Nous nous étions rencontrés lors de la campagne à la chefferie du parti libéral, et ipso facto, je l’avais préféré à Pierre Laporte.

D’abord, Bourassa m’a promis de construire l’autoroute entre Sherbrooke et Richmond, projet qui me semblait essentiel pour répondre aux multinationales qui refusaient de finir chez nous leurs produits sous prétexte que les routes étaient trop mauvaises. De plus, la route existant entre Sherbrooke – Richmond était de l’avis des techniciens de la circulation celle qui détenait tous les records quant à la fréquence et la gravité des accidents au Québec, d’où son remplacement devenait prioritaire.

Robert Bourassa s’était engagé à étudier le projet des 200 millions, projet qui faisait dire à Arthur Tremblay, de l’Office de Planification et de développement  du Québec, que les Vauxcouleurs étaient la première et la seule région au Québec qui s’était doté d’un plan de développement et j’en étais le penseur.

Il fallait auparavant procéder à une consultation des mouvements de la région. Cela était d’autant plus évident que j’étais l’auteur et que je n’avais aucun

mandat. Cependant, je savais trouver des gens responsables au CRD qui appuyaient ma démarche. Par exemple, si je voulais parler du besoin de francisation et du tourisme, je téléphonais à Réjean Beaudoin qui préconisait cette avenue.

Bourassa me semblait moins fanatiquement fédéraste que Laporte.

À une assemblée pour mousser la candidature de Laporte à la chefferie du parti, un libéral m’a présenté à son chef comme le petit pédéraste du coin, ce à quoi j’avais répondu que « je préférais être pédéraste à être fédéraste ».

Laporte me déplaisait parce qu’il mentait consciemment aux gens. Le soir dans une réception libérale officielle, Laporte avouait qu’il était faux de prétendre que le FLQ était, comme il le disait publiquement, la raison majeure pour laquelle le Québec recevait moins d’investissements. Il y avait trois autres facteurs plus importants, dont la conjoncture économique internationale. Je ne savais pas encore à cette époque que l’Ontario et le fédéral subventionnaient des industries pour quitter le Québec et s’installer en Ontario. Un moyen pour faire peur aux gens.

Au cours de cette soirée, un journaliste anglophone qui me savait indépendantiste me proposa que chacun de notre côté, par nos articles, nous moussions le fanatisme linguistique. J’ai refusé ayant trop de respect pour l’être humain, qu’il soit de la langue ou de la religion qu’il voudra. Un individu est toujours un humain.

Mes illusions sur les Anglais des Vauxcouleurs étaient pourtant tombées lors d’une manifestation pour un Bishop français. Cette première régionale m’avait valu une balle de neige dans la figure ainsi que quelques coups de bâton d’anglophones qui se plaisaient à nous frapper puisque nous étions en plus petit nombre. Comme à l’habitude La Tribune m’avait envoyé couvrir l’événement du côté des manifestants. J’aurais aimé y retourner en plus grand nombre et voir cette fois qui aurait eu le coup de pied au cul.

Les manifestants avaient raison : la minorité anglaise, grâce à nos taxes, avait un système d’éducation deux fois plus évolué que celui de la majorité française. Pourquoi devons-nous payer pour ensuite nous faire cracher à la figure? Par masochisme ou colonialisme?

Une fois encore durant la campagne électorale j’ai dû supporter les mensonges de Pierre Laporte. Laporte se promenait d’une usine à l’autre annonçant qu’elle fermerait ses portes si le Parti québécois prenait le pouvoir. Aujourd’hui, le PQ est au pouvoir et aucune de ces usines n’a fermé ses portes.

Chemin faisant, en retournant seul avec Laporte, je lui ai demandé pourquoi tous ces mensonges. Il a reconnu qu’il en était ainsi parce que les gens ont besoin de caricatures pour comprendre. Cela me mettait hors de moi. Pourquoi manquait-on autant de respect pour les gens?

Les affirmations de ceux qui nous connaissaient, à savoir qu’il était plus nationaliste que moi alors que moi j’étais plus libéral que lui, me sont toujours demeurées un mystère. Cinquante ans plus tard, j’ai appris de la bouche de son fils Jean, que Laporte était un fidèle défenseur du fait français. Si j’avais su ça, je l’aurais plus respecté. Mais j’étais trop jeune pour connaître son travail de journaliste au Devoir.

14

Retour à l’amour et à l’écriture

Pour oublier un peu mon désarroi, je me suis remis à l’écriture. J’ai recommencé à crier dans mes poèmes mon amour pour les petits gars. La fascination qu’exerce leur corps sur moi et mon désir de vivre pour eux et eux seulement.

Vauxcouleurs, c’était eux.

Toute la passion que j’avais pour Réjean se fondait dans cet amour impersonnel que représente le combat pour l’amélioration de la situation socio-économique des gens. Vauxcouleurs, c’était Réjean en désir. J’étais créé, comme le capitalisme, par mes sublimations.

Bizarrement, la décision fédérale quant à Mirabel a coïncidé avec les premiers refroidissements entre moi et Réjean.

Après une année, Réjean tournait les yeux vers un autre. Cette situation m’asphyxiait la vie. Pour lui dire, j’ai écrit une longue lettre d’amour que les Auteurs réunis décidèrent de publier. Ce fut Re-jean, un petit récit. Je remis cette longue lettre d’amour au Réjean concerné sous forme de livre. Le livre était encore la seule forme de cri que je pouvais lui adresser. Ma poésie était rejetée partout.

Quand Réjean lut mon récit, il se contenta d’y critiquer ma dernière phrase dans laquelle je disais : « Petit prince, je t’adore ». Il était visiblement fier d’avoir été la muse de ce texte écrit pour lui spécifiquement, mais il était aussi tellement religieux qu’il ne pouvait pas accepter mon cri d’amour.

« On adore que Dieu », avait-il tranché.

Tout aussi incompréhensible, il commença à me voir comme un plaisir sexuel dont il faut savoir tirer parti.

Dans l’Estrie littéraire, Gaston Gouin était le seul à ma connaissance à trouver une certaine originalité à mes poèmes. J’étais refusé partout.

Aussi, quand Gouin organisa sa nuit de poésie au cégep de Sherbrooke, il ne manqua pas de m’inviter.

Je faisais face à un public pour la première fois. J’étais convaincu d’être mal reçu puisque je terminais mon récital en proclamant de toute évidence et sans cachette, mon amourajoie; mais je devais foncer. Ce n’est pas tout d’écrire, il faut assumer les mots. Il faut les vivre. La pédérastie compte plus de périodes de chasteté obligatoires que de séquences d’aventures réelles.

Pourquoi pas toi ?

Si tu le veux dès demain tous les deux

nous irons au banquet chez Satan des amants favoris du feu.

Je boirai sur et par ton corps le sang blanc de ta jeunesse

dans le mot, j’immortaliserai ce rite.

Abandonne-moi tes lèvres laisse sur ton corps ma main t’introduire à l’extase.

Ne dit pas non trop vite le bonheur est le plaisir le plaisir serait

mes mains, mes lèvres sur ta courte verge.

Ma poésie se cueille

sur les lèvres d’un garçon.

L’assistance sidérée écouta en silence parfait. Elle était tout à fait muette, ce qui me faisait de plus en plus peur, jusqu’à ce que j’entende crier dans un coin le petit mot : bravo !

Cette soirée et la publication de Re-jean m’embarquaient de plain-pied dans la vie littéraire de la région.

À cette époque, je me croyais boudé par le groupe de Gaétan Dostie qui réclamait une poésie plus substantielle. Pour moi, les Gaston Gouin, Gaétan Dostie et Jocelyn Fournier étaient les grands maîtres de la poésie, à Sherbrooke. Il était naturel qu’ils ne m’accordent pas leur attention n’étant qu’un petit poète peu connu arrivant de Québec, un lieu qui est loin d’être de gauche. Il me suffisait d’être écouté pour être complètement varlopé par les mots.

Contrairement, à ce que j’avais cru, ce sont les femmes qui acceptèrent le mieux mon ouverture d’esprit et ma sincérité. Ce qui donna lieu à des discussions à n’en plus finir et des amitiés tout aussi longues.

La publication de Re-jean fut bien accueillie partout au début. On ignorait que c’était une lettre d’amour pour un vrai petit gars. Toutes les 1,000 copies furent vendues et le texte a même servi dans quelques classes de littérature de la région.

Presque personne n’avait pris connaissance du contenu. Alors, quand on a découvert que le récit était autant amourajeux que prose poétique, on ne tarda pas à vouloir ma peau. J’ai dû quitter bientôt les Auteurs réunis.

Comment expliquer aux autorités du petit séminaire qu’un texte amourajeux ait été retenu, aussi poétique fût-il?  Mais, il fallait l’avoir lu très attentivement pour déceler cette réalité pédéraste. En fait, il n’y avait qu’un très court passage qui rendait la chose évidente.

Il n’y avait qu’une solution pour les Auteurs réunis : se dissocier immédiatement de la racine de ce scandale, c’est-à-dire de moi.

Et, c’est ainsi que de loin, j’ai peut-être hanté les dortoirs et les toilettes du petit séminaire alors que de belles petites brebis songeant à autant de tendresse et d’amour branlaient l’arbre à la racine pour y laisser se perdre la semence pour laquelle j’aurais bien sacrifié une partie de ma vie pour la boire.

Je n’étais pas du genre à me désespérer. Avec d’autres membres et poètes, j’ai commencé à mettre sur pied des soirées de poésie au parc Jacques Cartier.

Plus tard, nous rendions dans les villes de la région donner des récitals de poésie. Aie-je eu espoir qu’un jour ces poèmes me permettent de vivre une aventure avec un des petits auditeurs? Sûrement. Secrètement. Pourquoi pas? Je ne suis pas si fou. Par ailleurs, ceux qui venaient nous écouter étaient tous des adultes, aimant la littérature. Très rares sont les jeunes qui courent les récitals de poésie.

Re-jean m’apporta une lueur d’espoir. Peu de critiques furent négatives, certaines étaient même fortement encourageantes. J’étais selon un docteur en lettres à l’université de Washington, que m’avait présenté Antoine Naaman, le premier écrivain depuis Rimbaud chez qui elle trouvait autant de souffle. Pour sa part, Roger Peyrefitte que j’admirais pour Les amitiés particulières me félicita, tout en me faisant savoir qu’il avait des correspondants à Sherbrooke.

À cette période poétique de ma vie, je fis connaissance avec Réginald Dupuis, un peintre qui, pour gagner sa croûte, travaillait dans la décoration intérieure.

Réginald était un pur hétérosexuel, nullement intéressé de changer de gibier comme diraient les féminounes. Il devint mon meilleur ami.

Chaque fin de semaine, je me rendais dans sa famille (qui habitait juste au- dessus de chez ma tante Aurore où je logeais) où nous avions des discussions sur toutes sortes de sujets. La poésie était à l’honneur et nous faisions ensemble de la peinture. Son épouse Denise était non seulement très gentille, mais elle était très intelligente. Elle avait une noblesse d’âme que j’admirais beaucoup.

Réginald devait souvent parler de moi puisqu’un jour il m’apprit qu’une poétesse voulait faire ma connaissance. Fort de mes mésaventures, j’étais quelque peu misogyne.  Cette  rencontre  retarda  jusqu’à  ce  qu’elle  s’impose  d’elle-même.

À mon arrivée, j’ai été ébloui par la beauté de cette femme, sa jeunesse et son ouverture d’esprit. Elle avait un petit air égyptien, exotique. Hélène venait d’entrer dans ma vie à côté de Réjean avec qui je vivais un froid de plus en plus glacial.

La conversation porta vite évidemment sur mes écrits, mon amourajoie. Elle faisait preuve d’une très grande érudition. Elle m’arracha un aveu : Réginald m’avait vanté son intelligence, mais il m’avait caché sa beauté. Je l’ai regardé avec le même œil, par lequel je vois un petit gars, c’est-à-dire la fascination pure.

L’amitié souda vite les deux groupes.

Cette rencontre cristallisa toutes mes émotions autour de la poésie, de sa signification. Petit à petit, je devins moins sauvage avec ma belle Égyptienne qui se découvrait aussi totale que moi dans sa recherche de la beauté, de la jeunesse et de la joie.

Ensemble, nous étions comme deux enfants, deux amants de la nature. Nous vivions des moments de joie si intenses que j’en oubliai ma misogynie. Alors que je récitais publiquement mon adoration pour les petits gars, je vivais une aventure presque sublime avec une femme. J’ai toujours vécu des décalages dans le temps qui marquent bien ma progression presque handicapée dans la découverte de mes émotions et de ma sexualité.

Je venais pourtant quelque temps auparavant de m’attaquer aux femmes dans un de mes poèmes, car je m’étais senti trahi par la jalousie de la précédente. Quel changement!  Nous avions Hélène et moi, ensemble,  la passion poétique et Réginald qui nous amenaient lentement à l’amour des couleurs, de la peinture. Tout était art dans notre vie. J’étais tellement souvent chez Réginald que je me suis souvent demandé si je n’abusais pas.

La vie de groupe s’élargit à d’autres poètes et peintres des deux sexes, un véritable petit cénacle. On parlait de plus en plus d’école littéraire  de Sherbrooke. Notre réputation atteignait même Montréal. Ma petite amie m’apprivoisait petit à petit, acceptant de temps en temps de me laisser commenter la beauté d’un gamin. Ainsi, je pouvais être authentique, tout en découvrant autre chose dans la vie que le désir d’un petit gars.

Au fond, elle aurait bien voulu me « guérir » de ce qui lui  semblait  « ma  maladie ». Tout au moins aurait-elle aimé que je puisse écrire, un jour pour une femme, une aussi belle lettre d’amour que celle que je venais de publier pour Réjean.  Même si son fils était en  âge de  m’intéresser, j’aurais cru  tricher de   lui faire les moindres propositions. Je me contentais de l’admirer alors que je le sentais me désirer en silence.

Mes aventures sexuelles pédérastes se résumaient à regarder parfois à l’improviste la nudité de ce garçon quand il prenait son bain devant moi. Cela n’était pas nouveau puisque dans mon travail, mes désirs sexuels n’ont jamais influencé comme tel le contenu de mes écrits dans le journal. Je prévenais ceux avec qui je travaillais de près de mes « vrais attraits pour les garçons » afin de m’assurer que jamais il ne soit possible de m’accuser d’avoir trahi leur confiance. Un échec dans la maîtrise de la petite nature était toujours possible. La tentation l’emporte souvent sur la raison.

Un souci d’honnêteté que l’on me reprocha très souvent. On pensait que c’était de la provocation alors que c’était simplement un désir de respect pour les gens qui ne partageaient pas ma perception de la morale sexuelle. C’est très rare d’ailleurs que des hétéros admettent que l’on puisse tomber amoureux d’un petit gars sans lui nuire. On est incapable d’imaginer qu’un petit gars puisse partager ces émotions et ce goût pour le plaisir. Pourtant, ils sont très nombreux. Je trouve cela préférable à se suicider parce qu’on ne s’accepte pas en découvrant sa nature sur le plan sexuel.

Cette époque fut très importante à bien des points de vue. J’apprenais qu’il est possible d’avoir des amis qui pensent différemment de toi, même si toute ton âme est dirigée vers les petits gars. On n’est pas qu’un amourajeux. Mes relations étaient franches et ne souffraient pas l’hypocrisie vomie dans L’Homo- vicièr. Tout était poésie, peinture, musique, un fleuve d’énergies vitales, d’amour, de rire et de beauté. Vérité et authenticité étaient ma raison fondamentale de vivre. Même mon esprit révolutionnaire était un moyen d’essayer d’aider les autres.

Les mères me faisaient confiance parce qu’en sachant mon orientation sexuelle, elles pouvaient mieux s’assurer que leurs petits étaient bien en ma compagnie. Il

y a une différence entre un maniaque dangereux et un gars amoureux de votre petit gars. Elles leur faisaient confiance puisqu’elles croyaient comme moi que ta sexualité n’appartient qu’à toi. C’était un credo féministe.

Aussi savoir que je suis amourajeux permettait de parler franchement de ce qui se passait entre moi et les jeunes. Elles pouvaient en parler avec leurs fistons sans déclencher de drame. Elles pouvaient leur faire part de leur morale, tout en les laissant libres de juger par eux-mêmes. C’était beaucoup mieux ainsi. La vérité est préférable au silence de la censure.

Personne ne paniquait ou ne paranoïait à cause de ma réalité. Elles me disaient franchement ne pas partager mon point de vue, mais que de le savoir permettait d’avoir la vérité sur tout ce qui se passait en discutant avec leurs fils, s’ils le voulaient bien évidemment. En fait, le seul danger dans une telle relation est la violence, la domination de l’adulte sur le petit gars et en me disant amourajeux je la rendais impossible.

En fait, la base de la répression sexuelle est d’abolir l’absence totale du droit du jeune de réfléchir et de décider lui-même pour lui-même de sa vie et de sa sexualité. Dans notre société, le droit des jeunes n’existe pas, les parents décident tout pour eux. Ils n’ont pas droit au chapitre, même si c’est leur vie.

Un sourire venu d’enfer 7

octobre 24, 2020

Un sourire venu d’enfer 7

Autobiographie approximative

12

L’aéroport international de Drummondville.

Le hasard fit que pendant la saison des vacances, j’ai été appelé à remplacer un journaliste de Drummondville. Selon les patrons, j’étais celui qui pouvait s’adapter le plus vite à une telle situation, soit un manque de personnel dans un des bureaux essentiels.

J’ai poussé là aussi l’idée d’un gouvernement régional. Et, petit à petit, j’ai connu un projet qui fut la plaque tournante de mon travail : construire un nouvel aéroport international devant remplacer Dorval, à Drummondville. C’était clair : j’appuyais le projet d’aéroport et les gens de la région de Drummondville appuyaient en retour l’idée de créer des gouvernements régionaux.

Je me suis fait le propagandiste de ce projet puisque sa réalisation devait entraîner la création d’au moins 100,000 nouveaux emplois dans les Vauxcouleurs (Estrie). J’ai mis toutes mes énergies, toutes mes capacités à faire valoir le bien-fondé de cette solution.

J’ai même rédigé un mémoire plutôt niaiseux que j’ai remis à P.-E. Trudeau et Jean Marchand.

Dans mon mémoire, je préconisais de faire de ce projet le symbole de l’unité nationale. L’argumentation reposait sur des notions de psychologie plutôt mal assimilées. Je croyais en jouant le trémolo de l’unité nationale donner plus de chance de succès au projet de Drummondville, celui-ci étant du ressort fédéral.

J’ai profité du Carnaval de Québec auquel Pet Trudeau devait assister pour lui remettre mon mémoire en main propre. J’avais une accréditation comme journaliste, donc, il ne me suffisait plus que de l’approcher.

Je suis arrivé en retard à l’ouverture des cérémonies marquant sa participation au Carnaval de Québec, ce qui me priva au début de mon macaron de journaliste. En arrivant à l’hôtel de ville, j’ai présenté ma lettre de créance. Les responsables sans attendre m’ont aussitôt fait passer à la salle de réception. Ces derniers m’avaient probablement confondu à un invité. J’avais l’air stupide avec mes bottes sur le beau tapis de l’hôtel de ville.

Trudeau était là avec une meute de femmes. J’ai dû attendre que les femmes cessent de lui parler et j’ai dû lui frapper sur l’épaule pour attirer son attention, avant de pouvoir lui remettre mon document. Trudeau se contenta de me dire en riant : « Vous ne voulez tout de même pas que je vous lise ça en fin de semaine? Est-ce du Platon? »

Jean Marchand se trouvait plus loin, je lui ai aussi remis. Il tâta l’enveloppe et me demanda : « Ce n’est pas une bombe toujours? »

Je n’aimais pas tellement Jean Marchand parce que je l’avais déjà entendu rire des ouvriers alors qu’il dirigeait un syndicat. Je l’ai trouvé profondément paranoïaque. Mais là je m’en fichais, l’important c’était de passer mon message.

Le samedi, je me suis rendu au Patro Rocamadour poursuivre les entrevues que le journal se hâtait de publier. Les journalistes me disaient fou; les patrons disaient que j’avais eu au moins l’audace de m’essayer.

Infiltré dans le cordon de protection, j’ai réquisitionné les ministres pour avoir  mes entrevues. Ainsi, pour la deuxième fois, je démentais les organisateurs du festival qui avaient insisté sur le fait que je ne pouvais pas approcher le premier ministre à plus de 30 pieds.

Le samedi soir, c’était le défilé et le bal de la reine du Carnaval. J’ai convenu avec Réjean de me rendre seul au bal, mais de regarder avec lui la parade. Je ne voulais pas que Réjean soit pris seul dans une manifestation anti-Trudeau, comme cela était annoncé dans les journaux.

Au Château Frontenac, j’ai rencontré une femme qui se disait étudiante en journalisme et qui voulait voir Trudeau de près. Nous nous sommes  installés près des marches au bas de l’escalier et quand Trudeau passa, j’y suis allé d’une nouvelle question. Trudeau s’arrêta et répondit à moitié. Insatisfait, j’ai passé sous le cordon de sécurité, entraînant l’étudiante par la main, et nous sommes allés nous installer à l’entrée de la salle de bal. Quand Trudeau y arriva, j’ai  repris ma question. Trudeau s’arrêta, laissa sa reine, s’approcha de moi et me  dit : « Ne vous en faites pas, votre mémoire, je le lirai. »

J’étais fou de joie. Aussi, je lui ai flanqué une claque sur l’épaule avec un éclatant « merci, Monsieur Trudeau ». C’était le délire. Les policiers de la Gendarmerie royale se précipitèrent inquiets. J’ai eu droit à un sermon genre : « T’es complètement fou. Nous aurions pu croire qu’il s’agissait là d’un attentat et te descendre. »

Je m’en fichais, j’avais réussi.

J’avais parfaitement accompli ma mission et comme journaliste j’avais eu beaucoup d’entrevues concernant le projet d’aéroport international à Drummondville. Il me fallait maintenant me débarrasser de l’étudiante afin d’aller rejoindre Réjean. Comment lui dire : « mon amant à 12 ans, je l’adore, et je ne veux pas passer cette soirée sans être à ses côtés. » La guerre étant la guerre, j’ai menti, je lui fis croire que Réjean était mon fils et qu’il m’attendait comme il l’avait été convenu ensemble auparavant.

Quelques mois plus tard, un photographe de la Tribune qui avait rencontré cette même étudiante à Québec m’a demandé combien de petits bâtards j’avais ainsi semés à travers le Québec. Je n’étais plus complètement le vieux garçon qui ignore à quoi sert cette bibitte entre les deux jambes, mais un grand Don Juan. Elle lui avait raconté que j’avais un fils bien évidemment!

Ces rencontres furtives avec Trudeau m’avaient marqué. Il m’avait littéralement fasciné. Trudeau m’avait épaté quand il se prononça en faveur de l’homosexualité. J’ai même voté pour lui. C’était un type que j’admirais profondément. Mon père, au contraire, le haïssais. Papa était conservateur.

J’ai continué grâce au téléphone de m’occuper du projet d’aéroport international à Drummondville à partir de la salle de rédaction à Sherbrooke. Je me suis ainsi fait des contacts. Le journal mit même une ligne directe avec Ottawa à ma disposition.

Fort de mon premier succès, à Québec, j’ai obtenu du journal la permission de me rendre à Ottawa rencontrer les ministres concernés par le projet d’aéroport international.

Le président du journal, M. Yvon Dubé, m’avait auparavant demandé à son bureau, question de s’assurer que je refuserais un poste dans les six chiffres, si on m’offrait un emploi.

M. Dubé est une des personnes que je respecte le plus dans le monde journalistique. Il a essayé de m’apprendre qu’un bon journaliste cherche toujours à trouver la vérité, à comprendre les deux côtés de la médaille quand il se produit un évènement.

Je ne crois pas dans l’impartialité, car nous sommes tous gérés par notre inconscient qui, lui, ne ment pas. Nous sommes tous animés par des sentiments, mais la conception de M. Dubé demeure à mon sens le but premier du journalisme : la recherche de la vérité dans le respect de ses lecteurs.

Aujourd’hui, il n’y a plus de journalistes, mais des chroniqueurs qui croient tout savoir et qui pensent pour les lecteurs en se faisant passer pour des experts.

Je n’étais toujours pas achetable. Personne ne pouvait en douter. J’aimais trop les Vauxcouleurs (Estrie) pour y préférer mes intérêts personnels.

Jean Marchand fut le plus arrogant. Un vrai « frais chié ». Quant aux autres, sauf Paul Hellyer, ils furent presque paternalistes. Je n’étais que dans la vingtaine.

Le deuxième soir, j’ai soupé avec le secrétaire du ministre des Transports,         M. Hellyer, qui voulait savoir pourquoi j’attachais autant d’importance à ce projet. Tout en notant la beauté et la jeunesse du secrétaire de Jean Chrétien, j’ai longuement expliqué comment et pourquoi, si le projet de Drummondville était rejeté, je devrais conclure à la trahison du « french Power » et en l’inévitable nécessité de séparer le Québec du reste du Canada.

Je lui ai rappelé comment grâce aux chemins de fer, le sud de l’Ontario avait été développé alors qu’on ne fit rien pour assurer un tel progrès au Québec. Je me suis éternisé sur le rôle économique similaire que cet aéroport serait appelé à jouer à l’avenir.

Ma réflexion était facile : pour développer le Québec, il faut développer son mode de transport pour retrouver un poids économique et une concurrence à l’Ontario. Cette province s’était grâce à nous, puisque nos taxes servaient au développement du Canada, approprié tout le secteur de l’automobile. Il était donc normal que cette fois le Canada serve au développement économique du Québec.

À la fin du souper, il m’expliqua que le ministre prend toujours le même ascenseur afin d’échapper aux journalistes. Quand je rejoins Hellyer dans l’ascenseur, celui-ci ne comprenait pas comment je m’étais pris pour réussir à la questionner, lui, qui me refusait tout entretien ne serait-ce même que d’une minute.

Quant à Trudeau, au début cela fut facile. Je me tenais à la porte des Communes et je lui posais des questions quand il entrait. Il revenait parfois sur ses pas et me répondait.

Le deuxième après-midi, à sa sortie, il cessa de grimper les marches vers son bureau, il me sourit et me fit un signe d’adieu de la main.

Le lendemain, j’étais au poste quand trois gros bétails m’encerclèrent.

T’es celui qui embête le premier ministre?

Je ne l’embête pas. S’il ne veut pas me répondre, il n’a qu’à continuer sa route.

De toute façon, j’ai un livre que j’ai écrit et que je veux lui remettre. Je prends l’avion dans deux heures.

Les policiers me conduisirent à son bureau, mais Jean Marchand arriva. Poussé par le temps, j’ai dû me contenter de laisser mes Hymnes à l’amour à son bureau, sans voir Trudeau. J’ai quitté le parlement escorté de deux policiers, ce qui fit rire Paul Hellyer quand il me croisa.

J’ai quitté Ottawa avec en poche une promesse verbale d’entrevue avec Trudeau au cours des quelques mois qui suivaient.

C’est une belle expérience que de représenter un journal sur la Colline parlementaire. Ça te donne un accès privilégié aux différents ministres.

En travaillant sur les problèmes économiques,  je  me suis vite rendu compte  que les intérêts du Québec sont incompatibles avec ceux du Canada.

Dans un des articles sur l’aéroport, il y a eu un malentendu entre moi et Robert Bourassa. Celui-ci était alors chef de l’Opposition. Il me téléphona. J’étais déjà à l’appareil. Je l’ai fait attendre au grand désespoir des patrons, alerté par ce coup de téléphone peu commun.

Au journal, à chaque fois que je rejoignais un personnage politique d’envergure, c’était la même chose : tout le monde devenait fou. J’en avais pourtant l’habitude. Par exemple, au début de mes articles sur la crise socio-économique des Vauxcouleurs, j’avais essayé de rejoindre Stanfield durant plus d’une semaine. Sa réponse était toujours qu’il étudiait le sujet. Fatigué, j’ai réussi à lui faire demander par un député créditiste en Chambre : si un jour vous prenez le pouvoir, continuerez-vous à toujours étudier pour ne pas vous prononcer sur les événements? Le jour même, Stanfield me rendait mon appel. J’avais peut-être ce succès du fait que le lendemain si on ne me répondait pas, une note sur le sujet paraissait dans le journal.

Le projet de construire le futur aéroport à Drummondville était d’une importance capitale. À lui seul, il pouvait éliminer le chômage et l’assistance sociale de la région. De plus, de par ce site, le Québec pouvait espérer supplanter les aéroports de l’est des États-Unis et devenir le point central des échanges Europe-Amérique.

Dans ma conception, le développement aérien était aussi important que le furent les chemins de fer. Il était donc essentiel que le Québec ne se fasse pas refaire le coup de la Confédération. L’Ontario a toujours tout centralisé aux dépens du reste du pays, particulièrement l’Est. Ailleurs qu’à Drummondville, cela signifiait la mort de Dorval aux dépens de Toronto.

Le problème de la distance n’existait pas vraiment, au contraire. Partout dans le monde les aéroports internationaux ayant été étouffés par un manque d’espace, la tendance était de les construire le plus loin possible et de compenser par des transports rapides avec les grands centres. Le Canada pouvait grâce aux avions à atterrissage vertical répondre facilement à cet inconvénient. Paul Hellyer et ses fonctionnaires cachaient leur vraie motivation. L’aéroport remplaçant Dorval devait surtout servir Ottawa et le sud de l’Ontario. Il ne devait surtout pas être situé au cœur du Québec, au cas où le Québec se séparerait.

Finalement, pour le gouvernement du Québec, c’est le poids de la caisse électorale qui eut le plus d’importance.

Pour le fédéral, à Ste-Scholastique, l’aéroport devenait un nouvel instrument de chantage contre le Québec. En cas de séparation, en décrivant une forme ovale, les avions devaient passer sur le territoire du Canada. Or, advenant des négociations de séparation, pour cette raison, le nouvel aéroport international reviendrait de droit à Ottawa.

Les nouvelles étaient très peu encourageantes, car les fonctionnaires fédéraux voulaient un site servant davantage Ottawa et Toronto. Tout ce que nous faisions, tous nos arguments, étaient récupérés pour donner raison à ces fédérastes. Des économistes ont eu trois semaines pour fournir une argumentation appuyant la décision fédérale. André Raynaud faisait partie du groupe du rapport Higgins.

Évidemment, Trudeau et compagnie a engagé une firme d’ingénieurs pour prétendre que ce projet devait se réaliser à Ste-Scholastique pour des raisons économiques. Un aéroport qui détruisait les meilleures fermes du Québec. Ce rapport permettait simplement à Toronto de garder la main haute sur le trafic aérien avec l’Europe.

Un soir, Jean Marchand fit connaître son appui à un site situé à l’ouest de Montréal. Ce fut la goutte de trop. Quant à Jean-Luc Pépin, ministre de Trudeau et député de Drummondville, il ne se prononçait jamais. Le député de Sherbrooke, Paul Gervais, ne savait même pas qu’il existait un tel projet.

Drummondville était défendu par un petit groupe dont le maire, M. Philippe Bernier, M. Robert Malouin, qui devint ensuite député libéral et un photographe unioniste, M. Paul Dozois.

J’avais été averti que si la chose était nécessaire un groupe d’étudiants était prêt à manifester leur mécontentement. Suite à la conférence de Marchand, j’ai demandé que cette manifestation soit organisée. Elle a eu lieu le dimanche, à l’occasion d’une conférence de presse de Jean-Luc Pépin.

Dans son discours, le ministre du Commerce me rendit responsable de cet éclatement de frustration de la jeunesse. Pourtant, je n’avais dit que d’y aller, c’était le temps.

Cette rencontre a eu son effet, Jean-Luc Pépin a eu assez chaud pour changer son attitude et s’intéresser au projet, mais c’était trop tard. La décision fut prompte à venir.

Malgré l’appui des trois quarts des municipalités du Québec au projet de Drummondville, Ottawa annonça son choix : Ste-Scholastique.

Cet endroit permettait, parce que les avions passaient au-dessus du Canada, de ne pas devenir un enjeu si l’indépendance se faisait.  Il serait automatiquement  à cause de cet élément, une propriété fédérale alors qu’à Drummondville, l’aéroport devenait propriété du Québec, advenant l’indépendance.

Ce n’était donc pas une pure coïncidence que toutes les décisions étaient prises à l’encontre des intérêts du Québec. C’était une réalité historique. Ottawa est la marionnette de l’Ontario, son double testicule économique.

Après le coup des textiles, c’était maintenant celui de l’aéroport international… le Québec ne serait pas le port d’entrée aérien de l’Europe en Amérique parce que Toronto n’acceptait pas le projet de Drummondville. La concurrence était trop forte.

Ma fascination pour Trudeau se muta en haine d’Ottawa. J’ai alors décidé que dorénavant je serais membre du Parti Québécois comme je l’avais dit au secrétaire du ministre des transports.

Ma guerre avec La Tribune commença, non seulement parce que j’étais devenu fanatique; mais parce que j’y vis une forme de censure. On me dit que Bourassa et Marchand demandaient ma tête presque toutes les semaines.

M. Dubé m’a affirmé plusieurs années plus tard qu’il n’y a jamais eu de telles pressions politiques à mon endroit, mais que les instances régionales étaient fatiguées de voir l’intérêt que la Tribune portait au projet d’aéroport international à Drummondville.

C’était simplement la survie économique de notre région qui était en jeu… Mais l’appartenance aux libéraux était plus importante que le bien de la population.

Quoi qu’il en soit, je suis depuis absolument indépendantiste. La décision du gouvernement fédéral venait compléter les raisons pour être à jamais séparatiste. Chaque jour m’apporte depuis une raison nouvelle de nous séparer du Canada.

C’était évident que les décisions se prennent toujours en fonction des intérêts du Canada anglais. D’ailleurs, si on lit l’histoire du Québec, on s’aperçoit que si notre peuple a toujours été vaillant, il a toujours été une bande de moumounes quant au besoin de s’émanciper. Nous sommes dirigés par des politiciens qui se prétendent les voix du peuple, des menteurs-prédicateurs au service des intérêts anglophones plutôt que ce celui du peuple francophone.

Avec l’Église, nous sommes habitués à écouter les ordres venus de Dieu et de ses représentants. La décision fédéraste était prise par Trudeau et Marchand. Ils savaient que c’était contraire aux besoins du Québec, mais ils s’en fichaient. Je les ai classés, Trudeau, Marchand et cies, à titre de vendus, de traitres au Québec. Au lieu de s’améliorer, leurs pareils ont toujours été juste un peu plus dégueulasses, comme les Lalonde et Jean Chrétien.

Le Québec vivait des moments difficiles et ce projet aurait transformé le visage économique du Québec. Ils nous auraient donné une raison d’espérer. Mais non! Toronto avait le dernier mot.

Quand le fédéral a ordonné une étude, c’était juste pour justifier le choix qui avait déjà était fait : Ste-Scholastique.

Smiley Pépin, qui était ministre fédéral à Drummondville, ne connaissait même pas l’impact qu’avait ce projet sur sa région. Ce qui prouve bien que ce n’est pas tout d’avoir des ministres dans un cabinet qui change quoi que ce soit pour une région.

Même le projet de St-Jean-sur-Richelieu ne fut pas retenu, sauf par l’Union nationale.

C’était évident pour moi qu’économiquement le Canada ne s’arrête même pas une seconde aux besoins du Québec. La vache à lait de la fédération. La crème qui permet au Canada d’avoir un tel train de vie.

Furieux n’est pas le mot pour dire ce que je ressentais. Et dire qu’aujourd’hui, on est assez fou pour appeler Dorval, l’aéroport Trudeau. Quelle bande de masochistes! Célébrer une trahison historique!

Dès que je fus en communication avec le secrétaire de M. Hellyer, je dis comme simple bonjour : « Vive le Québec libre! » « Je vois que tu connais la décision, » fut sa réplique.

J’ai ensuite parlé avec le ministre Jean-Luc Pépin, à qui j’ai dit qu’il ne me restait plus qu’à prendre ma carte du Parti québécois.  Selon Jean-Luc Pépin, si je prenais cette décision c’est qu’elle couvait profondément en moi depuis longtemps.

Puis, je lançai chef du cabinet de Jean Marchand s’informer auprès de son patron à savoir comment on se sent dans des culottes de traitre. « L’histoire se répète, lui dis-je. Aux Plaines d’Abraham, il a fallu  un français pour nous trahir, et cette fois, c’est encore la même chose. Si en 1769 on ne connaît pas le nom du traitre au moins en 1969, on le sait. C’est Jean Marchand. »

Puis ce fut autour du bureau de Trudeau. Son attaché de presse me rappela que Trudeau acceptait de m’accorder prochainement une entrevue personnelle d’une heure, ce que certains journalistes attendent depuis une année. « Je refuse cet entretien, dis-je, je ne me tiens pas avec des putains. »

Cette décision était un coup de masse. Elle mettait définitivement fin à mes espoirs dans le supposé French Power. Ça donnait raison à mon père qui ne cessait de me rappeler qu’à chaque fois que les Anglais ont voulu fourrer le Québec, ils se sont servis de francophones.

Le lendemain, la direction du journal m’informait sans que je puisse les blâmer que je ne pouvais plus téléphoner à Ottawa sans permission. Je venais de perdre ma ligne directe.

Pour la première fois de ma vie, j’espérais que le FLQ s’en mêle. J’avais toujours été complètement opposé à la violence, par respect pour les humains, par amour pour les enfants. J’aurais aimé voir sauter les édifices fédéraux des Vauxcouleurs.

J’ai aussitôt préconisé des mesures visant à bloquer l’autoroute 20, la Transcanadienne. « Ottawa doit apprendre que nous ne sommes ni des peureux, ni des masochistes. » Ce qui ne se réalisa pas, car à tour de rôle, tout le monde se rangea à ce qu’on disait le bon sens : plier devant le fédéral.

Je n’aurais jamais cru que le gouvernement du Québec aurait la malhonnêteté de choisir un autre site pour rendre la chose payante aux fournisseurs de sa caisse électorale. Pour moi, la situation territoriale démontrait bien que ce nouvel aéroport ne servirait pas les intérêts du Québec.

L’avenir m’a donné raison, c’est un éléphant blanc. Les cultivateurs ont été plumés. Les syndicats Québec-Ontario ont connu de telles luttes qu’on parla de guerre de frontière.

Jean Marchand avait eu raison. Quand je l’avais rencontré, il avait confirmé l’arrivée impressionnante de lettres et de télégrammes d’appui d’individus, de municipalités au projet de Drummondville; mais avait-il dit : « Cela n’est pas important puisque jamais les autorités municipales ne descendront dans la rue pour s’opposer au fédéral. » Effectivement, rien ne bougea.

C’était une trahison complète.

L’union Nationale, au pouvoir à Québec, préférait sauver les intérêts de sa caisse électorale et appuyer un site dans la région de Farnham, contrairement à ce qu’il affirmait publiquement, du moins selon ce que m’avait dit Maurice Bellemare.

La Tribune ne tarda pas à me retirer du dossier. J’étais effectivement devenu beaucoup trop fanatique.

Petit à petit, le groupe de Drummondville qui était composé presque exclusivement de libéraux, sauf le photographe, abandonna. Tout espoir était perdu.

Les autorités drummondvilloises organisèrent une soirée au cours de laquelle Drummondville devait me rendre hommage. Le président de La Tribune y fut délégué à ma place. Je ne pouvais pas recevoir ces honneurs alors que des centaines de personnes en pleurs téléphonaient à nos bureaux. L’aéroport devint un nouveau motif de désespoir.

Je n’étais pas un vendu et je ne pouvais pas être dupe d’Ottawa. Je n’étais plus un adepte d’un changement constitutionnel superficiel, j’étais à ce jour devenu séparatiste.

À moins d’aimer souffrir, il était impossible de tenir une autre position. La trahison de l’équipe de Trudeau était trop évidente.

Ottawa se sert du Québec pour maintenir son unité nationale. Il ne s’intéresse au Québec que si celui-ci est dans une position de pouvoir réellement réussir l’indépendance, car c’est dangereux pour lui . Alors, tous les mensonges et tous les écarts à la loi deviennent permis, même l’occupation militaire comme en 1970.

Un sourire venu d’enfer

octobre 23, 2020

Un sourire venu d’enfer 6

Autobiographie approximative

 9

Gouin et le bill 63

J’avais travaillé deux fois pour La Tribune avant les incidents judiciaires de Lac- Etchemin. La première fois, je travaillais à Lac-Mégantic et j’ai perdu mon emploi après la fameuse affaire Gayhurst. Puis, La Tribune est revenue me chercher comme journaliste, alléguant que tout s’était probablement déroulé ainsi parce que j’étais trop jeune pour diriger un bureau régional.

C’était donc la troisième fois et cette fois, j’étais journaliste au régional, c’est-à- dire tous les endroits où La Tribune n’avait pas de correspondant. Cette fois, La Tribune me fournissait même l’automobile.

Quelques mois après mon arrivée, j’ai eu un incident avec Gouin et ses amis. C’était à l’époque du fameux bill 63 sur la langue française au Québec.

Les protestations étaient si vives partout qu’une manifestation fut organisée avec la venue du premier ministre Jean-Jacques Bertrand, à East Angus. J’avais discuté avec les manifestants avant de me rendre à la réception comme le commandait mon affectation.

À cet endroit, j’eus une prise de bec avec le premier ministre et ses ministres concernant cette législation impopulaire. Je suis parti pour me rendre à la salle où devait se dérouler d’autres activités, après m’être entendu avec le premier ministre que je lui ferais parvenir un projet de loi qui serait mieux reçu par les Québécois.

Probablement que le premier ministre Jean-Jacques Bertrand m’avait dit de lui écrire un meilleur projet de loi si je me croyais si fin. Une offre que je ne pouvais pas refuser, car je croyais à cette époque avoir du talent. C’est ce qu’on appelle avoir la tête enflée. Aussi complexé que je puisse être, aussi tête enflée j’étais.

La cohorte du premier ministre devait prendre le chemin quelques minutes plus tard pour participer à une réunion.

Durant ce changement de lieux, les manifestants encerclèrent les dignitaires et à ce que je vis, l’un frappa un député avec sa pancarte alors qu’un autre flaqua un solide coup de pied au cul au ministre des Terres et Forêts, Claude Gosselin. Un des ministres présents entra en traitant les manifestants de maudits cochons.

J’étais à rédiger mon texte à partir des notes prises lors de ces incidents quand mes patrons arrivèrent pour vérifier s’il était exact que le premier ministre s’était fait cracher au visage.

J’avouai ne pas en avoir eu connaissance quoique j’avais assisté me semble-t-il à toute la scène de la manifestation.

Le lendemain, nous étions les seuls à ne pas avoir relaté cet incident ou cet exploit dans le journal, selon où on se trouve sur l’échiquier politique.

Il n’en fallut pas plus pour que Gaétan Dostie me rencontre et me manifeste en son nom et au nom de ses amis son étonnement du fait que le seul journaliste vu par eux comme étant honnête à ce journal fut aussi tarte.

J’ai expliqué mon point de vue : j’aurais été malhonnête d’écrire qu’il s’était passé quelque chose sans avoir la preuve qu’un tel geste avait eu lieu. L’entretien tourna au vinaigre et je fus probablement couché sur la liste des journalistes vendus.

Cela ne m’empêcha pas de participer à titre personnel aux manifestations organisées, à Sherbrooke, contre le bill 63 et même entrer en conflit avec mes confrères; car, l’association des gens de la presse (qui ne fit pas long feu) refusa de se prononcer sur le problème de la langue et celui de la liberté de presse. On rejeta carrément la résolution que j’avais présentée.

Comme convenu, j’ai fait parvenir au premier ministre, ce qui me semblait une loi contenant un minimum de justice pour les francophones.

J’étais déjà trop radical et trop mou à la fois, selon d’où on m’observait. Plus tard, il a été confirmé que Gaston Gouin avait effectivement craché au visage du premier ministre Jean-Jacques Bertrand.

J’admirais  profondément  Gouin.  C’était  un  vrai  poète.  Il  parlait  avec  tant  de passion de la poésie qu’il ne pouvait pas nous laisser indifférents. Je l’ai malheureusement rencontré trop peu souvent. Gouin avait la voix. Il fascinait. Il était impossible de demeurer indifférent au poète en noir.

Sur le plan politique, je me faisais écœurer par un groupe de maoïstes. Ils m’ont certainement plus retardé dans mon cheminement politique qu’autrement. Ils passaient leur temps à nous dire que les petits bourgeois de mon espèce seraient liquidés le jour de la révolution. Je gagnais 135 $ par semaine quand j’ai laissé la Tribune. J’avais commencé au salaire de 35 $ par semaine. Quel bourgeois ! Ce langage m’écœurait. Comment croire que l’Indépendance sert les Québécois quand elle est présentée aussi bêtement.

Je travaillais avec acharnement. J’adore le journalisme. J’y mettais toutes mes énergies. Après le travail, je redevenais ce deuxième être qui avait pointé en moi à Québec : une espèce de fou assoiffé de poésie, d’amour, d’ironie et de vie vraie. On a qu’une vie, il ne faut pas la manquer.

10

Réjean arrive dans ma vie

Je m’étais installé chez ma tante Aurore et son fils, Jacques.

Un dimanche soir, en retournant à la maison, j’ai rencontré un splendide petit garçon. J’ai lutté avec lui. Il était léger comme une plume et s’abandonnait dans mes bras avec une espèce d’appel à l’embrasser. Ses yeux flambaient de désir et ses lèvres peu entrouvertes m’offraient la résurrection.

Cette soirée, pourtant insignifiante pour la plupart des gens, a été le moteur de tous mes désirs, mes actions, une année durant. Le soir et le matin, je déambulais  dans  le  parc  où  je  l’avais  rencontré,  dans  l’unique  espoir  de  le revoir. La vie des amourajeux est souvent un rêve qui s’est manifesté quelques secondes dans la réalité. Un rien prend l’allure d’un univers. Une explosion de la sensibilité. Le big bang individuel.

Il s’était offert à moi comme une fleur. L’amour reprenait place. Encore une fois, j’étais toute sensibilité, à l’écoute de la vie, à la recherche de la beauté. La vie à travers le corps des gamins n’est-elle pas à la fois une communion et une prescience de ce que sera le paradis? La vie terrestre est-elle l’avant-première d’un endroit où se joue la vie? Une espèce de répétition générale?

Une explosion se produisait en moi. Un miracle était encore possible. Je n’étais pas tout à fait mort à l’amour. Ce passage a tissé le nid de ce que je définirais comme mon premier grand amour : Réjean.

Un samedi, en me rendant à Québec; j’ai fait connaissance avec Réjean. Ce fut la plus belle folie de ma vie. Réjean prenait la place de Daniel. Il était en plus d’être réel, la réincarnation de l’ange rencontré à Sherbrooke.

Je l’adorai immédiatement entre deux remords, fruit de mon éducation.

Réjean devait avoir environ 12 ans. Comme tous ceux de son âge, il ne fut pas long à comprendre ce qui se passait entre nous et ce que je désirais. Hésitant et scrupuleux, Réjean ne me laissait pas le toucher, mais il savait comment me rendre fou de lui, me posséder, me faire fléchir, ramper à ses désirs. Ce fut un coup de foudre. Une explosion gronda dans mes yeux, dans mes doigts. Réjean devenait la lumière, la pierre philosophale.

Mon âme dansait, retrouvait sa légèreté, et pourtant en même temps, j’étais envahi d’une foule de scrupules : je ne pouvais pas salir une telle beauté. Pour rendre suspect un si beau désir, des gestes aussi naturels, seule la religion peut nous corrompre à ce point en nous lavant le cerveau dès notre enfance. J’avais peur comme en prison de lui faire du mal. Je l’adorais trop pour oublier que la chasteté est une déviation maniaque, une maladie religieuse qui s’imagine que Dieu est contre la beauté de la sexualité alors que ce Dieu a lui-même créé le corps.

Je frémissais entre deux désirs comme un piano sous la main d’un grand maître. Un appel d’âme à âme, d’énergie à énergie. La fascination d’une beauté d’un autre ordre que celui de la matière. Un appel à boire la beauté et l’innocence, c’est-à-dire l’absence de restrictions mentales.

Par peur de moi et par amitié, j’ai révélé  mes  sentiments  envers  Réjean à Mme G.

Je croyais qu’elle me fermerait à jamais la porte de sa maison. Surprise ! Elle m’avoua me connaître depuis le début, et, même être au courant de mes trois mois passés en prison. « Tu sais la petite nature », disait-elle amicalement.

Pour la première fois de ma vie, une adulte m’acceptait comme je suis. Si     Mme G. n’avait pas été là, je n’aurais jamais écrit. Ce fut la lumière spirituelle dans ma vie. Cette femme m’a plus appris sur la tolérance et l’amour que toutes les leçons de catéchisme aussitôt violées. Ce fut le premier héros véritable que j’ai rencontré. Mme G. savait fort bien que j’aimais beaucoup trop Réjean pour risquer de le corrompre. J’en faisais trop de scrupule. Cependant, si la chose devait arriver, il était évident, forcé par cet aveu que je venais de faire que le petit serait consentant. D’ailleurs, la curiosité sexuelle est-elle corruptrice ou simplement naturelle? Notre société n’a-t-elle pas inventé le mal à travers tout ce qui est sexuel pour introduire en nous l’idée que nous sommes tous pécheurs? Une perception maladive d’une réalité essentielle pour la survie de l’espèce. En fait, je me sentais coupable d’être amourajeux. J’avais la prison pour me le rappeler. Je croyais encore qu’un attouchement sexuel pouvait être pervers parce qu’on me l’avait appris ainsi.

Réjean me tentait sans arrêt. Je m’essayais souvent à le toucher. Je manquais mon coup. Je le regrettais. Je me contentais de sentir son haleine sur ma joue quand nous luttions ensemble. Une vapeur qui nourrissait mes rêves. Nous jouions de longues heures au billard sur la table que je venais de lui donner en cadeau. Si ces relations n’étaient pas toujours des désirs chastes, elles étaient toujours pures.

Au journal, à Sherbrooke, tout le monde croyait que j’avais rencontré la femme de ma vie.

Je brûlais le temps. Les semaines étaient trop longues. J’aurais quitté mon emploi pour être à chaque instant près de lui. Réjean, c’était ma raison de vivre. Un pan de ciel en enfer. J’avais le feu aux entrailles et la tête en fête chaque fois qu’il était entendu que je descendais à Québec. Réjean, c’était pour moi, la beauté à l’état pur. Le désir volcanique de mes sens étouffés depuis si longtemps. C’était le sourire, l’allure de serpent. Réjean, c’était celui qui, à mon arrivée, préparait sans doute les couvertures puisque celles-ci étaient souvent placées de façon à ce que je puisse y voir une belle petite bosse, juste à la bonne place. Juste question de nourrir mes tentations. Réjean, c’était en même temps, celui qui mettait du papier collant à la braguette de son pyjama, juste au cas, où j’aurais pu être tenté de le toucher durant la  nuit.  Nous sommes tous des êtres de contradictions intérieures.

Réjean, c’était celui à qui j’aurais acheté une lampe d’Aladin. Réjean, c’était celui pour qui j’allais à la messe chanter les « je t’aime » des sanctus parce qu’il m’accompagnait et que je pouvais ainsi lui crier mon amour en public. Réjean, c’était tout, c’était les métamorphoses ressenties quand j’allais communier petit, celles où le monde devenait sujet d’adoration puisque partie intégrante de Dieu.

Réjean, c’était la vie. L’anxiété, le désir, la fable du bonheur. J’étais l’amant qui se promenait avec lui, main dans la main, qui l’embrassait malgré la foule, au départ, au terminus. Réjean, c’était le feu de la St-Jean, la promesse de vivre. C’était l’échelle de Jacob.

Pour ne pas trop souffrir de son absence, je me jetais tête première dans le travail à un point tel que les Vauxcouleurs (Estrie, Cantons de l’Est) devinrent Réjean.

11

Le gouvernement régional

J’attachais toutes mes énergies à publier la vérité sur la situation économique peu reluisante de l’Estrie (Vauxcouleurs). Chaque semaine, je devenais plus conscient de la situation. Je cherchais des solutions concrètes. Tout l’amour que j’avais pour Réjean, je l’orientais dans mon travail, devenu une espèce de mission.

La méconnaissance des députés des problèmes régionaux m’exaspérait. À mon avis, la seule façon de régler les problèmes exigeait un traitement à l’échelle

régionale. J’en vins à rechercher la création d’un gouvernement régional, pour compenser l’absence des gouvernements provincial et fédéral.

Pour eux, on n’existait pratiquement pas. Je venais de comprendre le besoin de décentralisation et de déconcentration.

Je rêvais d’un gouvernement régional, car j’y voyais là le seul moyen de répondre efficacement à nos problèmes régionaux à cause de l’ignorance d’Ottawa quant à notre existence même. Ottawa se fiche du Québec. Un gouvernement régional permettait aussi de voir de plus près à ce que nos élus fassent leur travail, soit de défendre les intérêts de ses électeurs.

N’avons-nous pas assez d’un gouvernement au Québec? Pourquoi en ajouter un qui contredit les décisions prises par l’Assemblée nationale? C’est exactement la même lutte pour un gouvernement responsable qu’ont menée les patriotes de 1837.

Je croyais encore cependant que le Canada voulait de nous à l’intérieur de la fédération canadienne. Le projet d’aéroport international à Drummondville devait être à mon avis la preuve que le Canada se soucie de nous, car un tel projet mettait fin à la misère économique dans l’Estrie. C’était plus d’un milliard d’investissements et plus de 100,000 emplois.

Ce gouvernement du peuple devait être formé des autorités locales et des mouvements de base, particulièrement, le Conseil de développement. Il était ainsi susceptible de créer une meilleure confiance, un meilleur climat de travail apte à résoudre les problèmes.

Cette solution fut vite écartée par les autorités locales. Les députés et les maires ne cherchaient qu’à augmenter leurs avantages politiques. L’esprit de clocher régnait en maître partout. (Voir Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous.) Pourtant, nous avons  obtenu l’appui de plus de 90 pour cent des municipalités du Québec pour la réalisation de ce projet.

La situation empirait de jour en jour en Estrie. L’économie régionale était dans l’impasse. Le chômage et l’assurance sociale montaient en flèche. Ces problèmes m’auraient certainement laissé indifférent si à chaque endroit où j’étais assigné, il n’y avait pas eu des mères qui pleuraient, des enfants épouvantés devant la détresse des adultes, détresse qui leur était incompréhensible. Je n’étais pas seulement le clairon, mais le miroir de ces petits.  Je  souffrais  comme  les  Vauxcouleurs  à  chaque  mauvaise  nouvelle.

Les nouvelles idées étaient la plupart du temps rejetées. Tout le monde avait peur  du  changement.  Le  système  sait  installer  un  esprit  de  fatalisme   pour conserver son pouvoir.

La situation se détériora à un tel niveau que j’ai réussi à faire proclamer l’état d’urgence par le président de l’Association des cités et villes, M. Dorilas Gagnon, un des rares maires assez honnêtes pour se soucier davantage du bien de la région à celui de ses petits intérêts politiques personnels.

Mon combat échappait dorénavant à la notion régionaliste, il était devenu national. Il fallait forcer les gouvernements supérieurs à se rendre compte qu’on existait. Comme tout journaliste, j’étais l’expression, le cri du désespoir d’une bonne partie de la population. Souvent, je devais littéralement arracher les déclarations. Heureusement, mes rencontres avec les jeunes exprimaient le désir d’un avenir, d’un changement, d’une libération. Je vivais chaque état d’âme régional. J’adorais les Vauxcouleurs et sa population. Je m’y confondais parfaitement.

Les patrons n’y voyaient encore aucun inconvénient. Le journal semblait ainsi prendre ses responsabilités sociales et défendre les hauts  intérêts  de  la  région. En réalité, le journal  était  manipulé  et  au  service  du  parti  libéral.  Mes écrits faisaient plaisir aux patrons puisqu’au provincial les libéraux étaient dans l’opposition et que je préparais inconsciemment la voie du changement.

Vauxcouleurs est le nom proposé par la revue de Raoul Roy pour remplacer Estrie.

Un sourire venu d’enfer.

octobre 22, 2020

Un sourire venu d’enfer 5

Autobiographie approximative

La crise a pris de l’ampleur. Micheline s’identifiait, sans avoir tort, à Esther, un personnage de L’Homo-vicièr qui présage des luttes des mouvements de libération de la femme. La femme qui, sous prétexte d’égalité, veut dominer dans le couple, non plus en cachant son jeu comme elle l’a toujours fait, mais ouvertement, sans artifice. C’est ce que je croyais à l’image de ce que voyais.

Ce fut une période très riche d’échange de lettres d’amour. Finalement, elle me reprochait d’être trop cochon parce qu’à force de me faire agacer : elle aurait pu me passer à travers un mur pour me sentir bandé en dansant, ce qui arrivait moins souvent que je l’aurais souhaité, mais qui m’amenait à vouloir lui poigner les seins et mettre sa main dans mes culottes. Je ne comprenais pas ce oui qui se transformait soudain en non.

Chaque fois, cela la scandalisait, mais chaque fois j’y décelais un désir qui était bien celui d’une victime qui se cherche un bourreau. Bien agréable le bourreau à petite matraque. Même si on en a parlé, la situation se reproduisait comme si c’était un automatisme. Je croyais qu’elle adorait ces situations, mais les repoussait pour obéir à la morale qu’elle avait apprise.

Plutôt que nous apprendre à contrôler nos désirs sexuels, on préfère ne pas en parler parce qu’on les craint, d’où notre incapacité d’avoir un équilibre émotif…

Mon professeur de sociologie fit la connaissance de Micheline. Une fois, sous prétexte de connaître mes réactions, il lui fit croire que je m’étais suicidé de chagrin par sa faute. La pauvre fille n’en a pas dormi de la nuit.

La rupture était inévitable, j’étais trop cochon, trop chaud, et je ne comprenais pas pourquoi cette invasion des remords de conscience, fruit de notre ignorance de la nature humaine. Pourquoi devenir fou pour des gestes somme tout très agréables? Quel danger y a-t-il à se caresser?

À cette époque, si je l’avais mis enceinte, je l’aurais mariée. Je crois même qu’on se serait beaucoup aimé, car le sexe était tout ce qui nous séparait. Et marié, cela n’aurait plus été un problème. Il devrait y avoir une loi garantissant que tout gars qui met une fille enceinte se doive de l’aider à élever l’enfant, soit en la mariant, soit en lui versant une pension jusqu’à ce que l’enfant ait atteint sa majorité ou la fin de son secondaire. Ainsi, on aurait plus besoin de l’avortement.

Vers la fin de l’année, j’ai publié deux autres textes dans Le Garnier, soit le journal des étudiants des Jésuites.

Le premier affirmait que les enfants ne doivent rien à leurs parents puisque l’Amour est gratuit.

Ce fut au tour des professeurs de morale et de philosophie de faire l’apologie de ma folie dans leurs classes. Dans l’autre texte, je dénonçais la prison, tout en faisant connaître mon amour des garçons.

Les Jésuites n’ont pas tenu le coup. J’eus le choix entre payer tout de suite ou ne pas pouvoir me présenter aux examens de fin d’année. Une façon de me renvoyer, car ils savaient très bien que je n’avais pas d’argent… C’était un noble moyen pour me forcer à débarrasser le plancher. Et, une bonne justification, si je devais tenter une nouvelle action susceptible d’intéresser les journaux.

Mon professeur de sociologie me reprocha d’avoir abandonné la lutte : « un type de ton intelligence n’a pas le droit de laisser tomber. » Le professeur venait de découvrir les événements de mai 1968, en France, et le souffle de la nouvelle révolution sexuelle annoncée en Californie. Puisque j’avais exprimé ces idées quelques mois auparavant, j’étais devenu pour les étudiants un héros ou tout au moins un prophète. C’était trop tard. Ma décision était prise. Je me servirais de ma bourse d’études pour publier mon premier livre.

J’ai travaillé à la publication d’Hymne à l’amour, le vice et la révolte et tout au long de l’année, j’ai pondu L’Homo-vicièr.

À ce point de vue, ma rencontre avec Micheline a été très profitable. Une fois, par semaine, nous nous rendions danser, mettre notre émotivité en danger. Nous cherchions tous les moyens pour entrer en transe et dès que nous le pouvions, nous nous faisions part de nos découvertes, en vue de nous en servir dans nos écrits. Malgré nos chicanes, ces soirées étaient consacrées au rire et à l’ironie. Elle était très intelligente et mon admiration pour elle me la rendait vraiment très attachante. Pourquoi quand nous sommes jeunes ne nous apprend-on pas qu’il est normal d’avoir la libido forte? On préfère la censure et l’hypocrisie… une société de moutons… On oublie que ceux qui ont créé les règles de la civilisation actuelle vivaient dans un tout autre contexte. Mais, c’est plus facile de ne pas les remettre en cause.

Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel. Aussi, avais-je pensé qu’en publiant Hymne à l’amour, le vice et la révolte, la police ferait enquête afin de me condamner. Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait-ce que  quelques minutes, le temps qu’il témoigne contre moi. J’étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute. La folie ne porte pas qu’à tuer. L’amour est un besoin tellement essentiel. En être privé peut nous déranger les méninges.

Mon livre de poésie ne connut pas le succès escompté. Les critiques littéraires étaient unanimes « je n’ai pas de talent».

« Plus équivoque et pas très prometteur s’annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau… Enfin, Jean Simoneau nous promet une œuvre fort abondante et nous prie, sur un feuillet publicitaire, de commander vivement,

car le nombre est restreint. Comme M. Simoneau est étudiant, il s’agit peut-être d’une farce, après tout! » (Suzanne Paradis, Livres et auteurs canadiens 1968, p.114).

Villon faisait aussi des farces d’étudiants et il fut pendu.

Dans le journal Le Devoir, Jean-Éthier Blais affirma que même si je n’ai pas de talent, je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne. Je sais maintenant pourquoi il parlait ainsi. Ce n’était pas pour mon talent d’écrivain, mais mon apostrophe entre les deux jambes qui l’intéressait sans doute.

Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m’a valu toutes les foudres possibles. Personne ne voulait plus me parler. Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces. On les interprétait tout de travers, comme si j’avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s’agitait.

Écrire un livre t’immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort. Aussi, pour moi, une dédicace c’était la plus grande preuve d’amour, c’était offrir mon cœur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi. Mon livre en était parsemé. Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible. J’avais oublié d’en dédicacer un à mon frère Serge. Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire un oubli aussi stupide?

De guerre lasse, je suis retourné à Barnston. J’en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook. M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l’on cherchait un bon journaliste. J’ai été réengagé pour une troisième fois, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m’embaucher.

7

Congrès du parti libéral.

Sur le plan politique, je n’avais pas évolué, sauf, dans le sens, de l’écœurement total.

D’abord, dans une assemblée libérale, un ex-ministre était venu promettre qu’en reprenant le pouvoir les libéraux créeraient un ministère dont la lutte au  patronage serait la fonction véritable. Un autre nous informa de la guerre Lesage-Lévesque, en présentant René Lévesque comme le pire des communistes.

Je n’avais rien compris avant le congrès des jeunesses libérales où j’ai été informé du projet d’Indépendance du Québec de René Lévesque. J’étais plus préoccupé par mon projet visant à nettoyer les mœurs politiques.

J’ai pris position pour une espèce de troisième voie, présentée par M. Paul Gérin-Lajoie (des états associés, si je me rappelle bien) projet qui m’apparaît encore aujourd’hui comme étant très autonomiste, sans en porter le nom.

J’étais délégué au congrès des adultes, mais je n’avais pas les sous nécessaires pour y participer. L’équipe de Jean Lesage m’offrit de payer à la condition de voter contre René Lévesque. J’ai refusé. Je me suis présenté au clan de Lévesque afin d’avoir le financement nécessaire, tout en leur disant que j’avais déjà voté contre le projet de leur chef et que je ne changerais probablement pas d’idée par ce simple soutien financier. Malgré ma franchise, ils acceptèrent.

Le congrès était complètement paqueté. Les libéraux avaient sorti tous les petits vieux des hospices pour venir battre le communiste Lévesque.

Le projet constitutionnel d’états associés fut rejeté. Nous n’avions plus que le choix entre le statu quo et l’option indépendantiste. Quand je me suis présenté au microphone, tout le monde écoutait. J’étais jeune et, venant de Limoilou, je ne pouvais être que du bon bord.

« Entre un statu quo qui ne va pas assez loin dans les réformes souhaitées, qui nous étouffe et une option qui m’apparaît comme allant trop loin, je ne peux que choisir d’aller le plus loin possible, dans l’intérêt du Québec. Pour cette raison, je voterai favorablement au projet de René Lévesque.»

Les protestations fusèrent de partout. Les délégués de comté m’ont aussi vite désigné comme « un traitre ». Ils prétendaient même que j’avais infiltré le parti pour appuyer l’indépendance.  Ce qui était absolument faux  et débile. J’étais  très désappointé du peu de démocratie à l’intérieur de ce congrès. Chose certaine, je n’étais pas genre à appuyer les propositions visant à augmenter le patronage.

Je suis allé manger seul, réfléchissant à ce que je devais faire. Lévesque s’était déjà exclu du parti. Ses partisans avaient quitté la salle.

De retour au congrès, le soir, je suis allé dire à peu près ceci à l’assistance : « Il est évident que j’ai perdu toute crédibilité. Je ne crois plus représenter dorénavant les vœux des membres de mon comté et, par conséquent, je démissionne de la présidence des Jeunes libéraux de Limoilou. Cependant, je considère qu’il est urgent, comme le disait M. Lesage, de s’occuper du pain et du beurre et à ce chapitre, je crois, qu’il me sera possible de mieux servir le Québec en demeurant dans le parti. Il faut s’unir et reprendre le pouvoir.»

Espèce de cave! J’espérais toujours que mon projet de nettoyage des mœurs politiques, référé à un comité d’étude, puisse un jour aboutir à des actions concrètes.

J’ai eu droit à la seule ovation debout de toute ma vie. Les gens me tendaient la main de chaque côté des rangs comme si j’avais été le chef de ce parti. Kierans et Lesage me donnèrent l’accolade.

Je savais pourtant au fond de moi-même qu’il n’était plus question pour moi de continuer dans la politique active : la foi venait de tomber pour très longtemps. La blessure était profonde. Je ne croyais plus dans la démocratie.

J’ai écouté les discours. J’ai eu presque mal au cœur d’entendre Pierre Laporte vanter le fédéral. C’était à se demander ce qu’il faisait au Québec. On était loin du Maître chez nous des années 1962.

Aussi, suis-je entré une troisième fois à La Tribune. Je n’avais surtout pas l’intention de m’occuper de politique à nouveau. C’était, à mon avis, bien trop sale !

8

La poésie

Hymne à l’amour, le vice, la révolte produisait lentement ses fruits même si, selon mon patron Alain Guilbert, il faut un très haut taux de folie pour écrire une poésie comme la mienne.

Pour la première fois, j’ai affirmé la nécessité de mes amours illicites pour bien réaliser mon travail. Mes amours sont mon moteur. Je perçois la vie à travers elles.

« Ne vous en faites pas, à chaque fois qu’il y a du jus dans mes reportages, il y a toujours un petit gars qui me fascine derrière l’événement. Plus je suis fasciné, plus les mots viennent facilement ».

Ces amours étaient toujours platoniques, mais ils dirigeaient ma vie émotive. Ma soif de beauté et de liberté.

Cette réponse a très vite clos la discussion.

Rien n’était plus vrai. À chaque ville ou village, j’essayais de rencontrer des petits gars et de découvrir à travers eux, dans leurs yeux, les bonheurs et les malheurs des habitants de l’endroit. Si un jeune me plaisait, j’étais pris d’une espèce d’envoûtement, de frénésie, de fascination pour l’endroit. S’il me souriait, c’était l’extase. Une simple communion de regards, un léger vent dans l’âme; cette localité était gravée dans ma mémoire pour des années. J’y retournais souvent d’instinct dans le but inavoué d’apercevoir à nouveau celui qui m’avait si follement fait tourner la tête. Pourtant, je ne leur parlais jamais. Regarder leur beauté me suffisait.

À cette époque, la beauté était des noms et des visages de garçons. Une obsession sans doute absolument folle, mais non dangereuse.

La vie, c’était la vibration en voyant la beauté d’un petit corps, la sensation de communiquer la poésie vivante qui m’envahissait. La flamme du désir inassouvi qui te brûle de l’intérieur. Ma vie était une perpétuelle tentation et je n’aurais pas péché pour ne pas la perdre. La vie est le plus beau des poèmes.

Le premier poète à me critiquer sans me démolir complètement fut nul autre qu’Alfred Desrochers.

Après avoir lu Hymne à l’amour, le vice et la révolte, Desrochers me fit parvenir une note dans laquelle il disait ni ne me conseiller, ni ne me déconseiller de continuer d’écrire. J’étais fou de joie. L’hommage de cette neutralité venait de haut, mais Guilbert, mon patron immédiat, après avoir lu cette lettre, prétendit que M. Desrochers voulait rire de moi, car il avait ajouté à peu près ceci :

« Dommage que tu ne sois pas venu avant St-Denis-Garneau, t’as beaucoup plus de couilles que lui. »

Selon Guilbert, il s’agissait là d’une plaisanterie quant à mon amourajoie.

« Desrochers a voulu rire de toi. » Me dit-il.

Ce même Hymne à l’amour attira aussi l’attention (je lui avais envoyé) de celui qu’il est bien convenu d’appeler le leader littéraire régional de cette époque : Gaston Gouin.

Gouin, tout en y reconnaissant des faiblesses littéraires, trouvait très courageux d’y révéler mes amours. J’ai rencontré Gouin quelques fois. Il me fit une critique de L’Homo-vicièr et il me fit retirer près de la moitié du contenu. Nos divergences politiques refroidirent nos échanges. Il était trop radical pour moi. Gouin admettait la nécessité de la violence pour obtenir l’indépendance du

Québec alors que je m’y opposais viscéralement. Pourtant, on me raconta, que cela n’a pas empêché Gouin de choisir Hymne à l’amour, le vice, la révolte, comme lecture de chevet.

Un sourire venu d’enfer 4

octobre 21, 2020

Un sourire sorti d’enfer 4

Autobiographie approximative

6

La rencontre de Daniel.

Durant l’été, je me suis rendu à Montréal pour travailler afin de payer les frais de la prochaine année scolaire. Tout ce que j’ai su dénicher : éclairagiste dans un club pseudo arabe, puis, dans un club à gogo, comme desserveur de tables. Cette dernière expérience me marqua davantage puisqu’on m’appelait « le petit gars » et que je fus confronté pour la première fois de ma vie à la réalité gaie.

Ma première rencontre fut celle d’un noir. Il s’organisait toujours pour m’attirer à sa table. Il a même inventé de renverser sa bière. Il me tapait sur les nerfs. À la fin de la soirée, il me fit part de ses ennuis : il ne savait pas où aller. Je lui ai conseillé un endroit en lui indiquant bêtement que je m’y rendais toujours après le travail. Il m’a aussitôt fait part de son intention de m’y retrouver. Ce soir-là, je suis sorti plus tard qu’à l’habitude. Je n’étais pas seulement naïf, j’étais niaiseux.

J’aimais bien ce travail. Le milieu insolite. Les filles du club arabe m’ont demandé  de leur envoyer des petits vieux, quand j’ai commencé à travailler dans un autre club, un club de gogos femmes. En retour, j’avais droit à une commission payée en nature. Salaire que je n’ai jamais eu, même si j’ai envoyé bien des intéressés. Cependant, l’honnêteté n’était pas toujours de rigueur dans ces clubs.

J’ai passé pour le roi des imbéciles un après-midi parce que j’ai défendu un client qui avait oublié un appareil photo alors qu’une des serveuses voulait la garder pour elle. Ce qu’elle fit, malgré mes protestations. Je n’aimais pas non plus qu’on fasse les poches des clients quand ils étaient trop saouls à la fin de la soirée, avant de les mettre dehors.

Ma jeunesse me valait des avantages. Une des serveuses me fit une crise de

jalousie parce que souvent j’avais de bons pourboires pour rien ou encore des clients qui me payaient volontiers un verre. Je ne comprenais pas le pourquoi de tant de générosité jusqu’à ce qu’elle me dise : « T’as qu’à regarder ces messieurs te convoiter l’arrière-train pour saisir ce qui se passe.»

Plus tard, les patrons s’amusèrent à m’envoyer chercher de la glace dans un club gai de la rue Stanley. Ils prétendaient que je serais un jour un des futurs clients de ce bar.

C’était toute une découverte : je voyais pour la première fois de ma vie, dans ma vingtaine, deux hommes danser ensemble. Un seul spectacle a su me distraire autant : le club des lesbiennes. Je les ai vues un soir sortir un bonhomme qui s’était probablement trompé d’adresse… il toucha très peu aux marches. Les femmes sont parfois très fortes.

Montréal me semblait propice à une expérience pédéraste (amourajeuse). Il était impossible qu’avec autant de petits gars, je ne finisse pas par en rencontrer un qui soit intéressé. En attendant, je travaillais et j’écrivais de la poésie. Parfois, je me permettais de partir à la recherche de l’âme sœur. Le cruising est aussi palpitant que les parties de jambes en l’air.

Un après-midi, dans le métro, en me rendant au travail, j’aperçus un magnifique petit bonhomme. Il était blond et semblait avoir environ 14 ans. Je lui fis des clins d’œil, il me sourit. Je lui montrai deux dollars, tout en lui faisant signe de me suivre, ce qu’il fit sans hésitation. J’étais au ciel. Je croyais rêver. Je me suis rendu avec lui dans une toilette d’un restaurant. Il accepta, après quelques caresses, à se rendre chez moi. J’étais fou de joie. Je n’aurais jamais cru qu’une telle chose était possible. Je remerciais le Bon Dieu d’avoir créé Montréal.

Je m’absentais du travail pour la première fois. J’ai passé l’après-midi avec lui.

Je le revois nu dans mon lit alors que ma langue voyageait encore moins vite sur son corps que le plaisir qui courait dans ma tête. Je sentais que le plaisir était complètement partagé. Son sourire, les gestes de son corps prouvaient qu’il goûtait tout aussi bien la situation que moi. Daniel était divin. Il avait en plus une drôle de façon de réagir à nos baisers. À chaque fois, il branlait le nez. Nous avons parlé assez longtemps pour que je le connaisse assez bien. Son père était dans l’armée et sa mère vivait, à Montréal, avec lui. La séparation de ses parents l’affectait beaucoup. Son grand rêve était de s’acheter une bicyclette.

Peu à peu, les remords m’ont envahi, car je me sentais encore coupable d’être amourajeux. Je l’aimais trop pour le rendre à jamais malheureux. J’avais peur que mes goûts se transmettent et je ne voulais pas lui rendre la vie aussi malheureuse que la mienne.

J’ai supplié Daniel de me pardonner. J’ai voulu lui faire peur en lui disant qu’une telle dégénérescence conduit à la prison. Daniel se contenta de s’approcher de moi et me dire que lui aussi avait déjà eu des problèmes avec la police. Et, il m’embrassa avec passion. Que pouvais-je dire de plus?

Après que Daniel m’eut laissé, la vie n’était plus pareille. J’étais follement amoureux de lui. Daniel m’avait promis de revenir bientôt et de me présenter sa petite amie. Il ne le fit jamais et je me suis mis à sa recherche.

Daniel, c’était tout ce qui comptait dorénavant. Je vivais dans l’anxiété de le revoir. J’ai tenté de le rejoindre au téléphone, épuisant le répertoire de toutes les familles qui répondaient à son nom. Le soir quand j’arrêtais une seconde de travailler, je me rendais près de la porte où je scrutais les passants. Viendra-t-il enfin?

Pour le graver davantage dans ma mémoire, je griffonnais cet amour sur un bout de papier. Je me fichais bien maintenant que ma mère hésite à me livrer à la police puisque le dimanche précédent, elle et mon père, m’avaient surpris la main dans le pantalon d’un autre petit gars qui aimait bien se faire tâter le moineau. La faim justifie les imprudences.

Peut-être que mes parents n’auraient jamais osé mettre leur menace à exécution; mais je savais être, encore une fois, une raison pour eux d’être malheureux de m’avoir comme fils. Ça m’affligeait beaucoup, c’était même une raison de plus pour me haïr. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je croirais que d’être amourajeux est tout à fait normal.

J’étais presque fou. Je voulais revoir Daniel par tous les moyens. Chaque endroit où j’avais vécu quelques secondes avec lui était devenu de véritables lieux de pèlerinage et ils le sont demeurés plus de dix ans.

Au travail, ce fut comme si les patrons auraient compris qu’il se passait quelque chose de nouveau en moi. Ils multipliaient mes missions dans le club gai. Ce travail a eu un avantage extraordinaire : il enleva à jamais ma peur des gais. Si j’en étais un d’une certaine façon, j’avais conservé toutes les peurs que mon éducation avait créées. Loin d’être dangereux, comme on me l’avait appris, ces messieurs étaient tout égard, toute tendresse. Je me sentais de plus en plus valorisé quand un homme me regardait avec avidité. Moi, qui m’étais toujours cru si laid, je découvrais que pour certains je pouvais même leur paraître beau. Ce n’est pas une petite découverte, ce fut extrêmement important pour moi.

Petit à petit, j’ai commencé  à  fréquenter  les  pissotières.  Le  travail  s’en  trouva valorisé d’autant…

Un jour, en entrant du travail, une lettre de France m’annonçait que j’étais lauréat d’un concours de poésie en Normandie. Le poème gagnant avait été écrit pour illustrer mes tentations amourajeuses : LA NOCE. En même temps, le lieu d’où je gagnais le concours était lié directement à un autre personnage religieux qui m’influençait énormément : Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle était arrivée dans ma vie à travers une mine d’or en Ontario, la Thérèsa.

Je ne savais plus si je devais être heureux ou découragé. Je priais pour revoir Daniel. J’avais peur, mais cette fois l’amour fut si vif que ce fut la grande métamorphose. Plutôt que de percevoir Dieu comme un juge, je le découvrais comme un protecteur : il ne pouvait pas condamner l’amour. Lui, qui se dit l’Amour.

Daniel. C’était déjà un rêve, une force comme je n’en avais jamais vécu. J’étais prêt à tout pour le revoir, pour lui dire combien je l’aimais. Son absence m’a mené à encore plus de révolte.

J’ai commencé à écrire des poèmes dans lesquels Jésus était un adepte des Amitiés particulières. À chaque mot, je mourrais de peur puisque je craignais que ce soit des blasphèmes. J’écrivais en tremblotant et bien conscient qu’il y avait une nouvelle force en moi. Une force de nature insoupçonnée : j’étais prêt à défier Dieu lui-même pour revoir Daniel.

Je me fichais pour la première fois des cinq ans de prison possibles, même de la mort, pour le revoir une minute, l’aimer encore autant, avec autant de passion.

Heureusement, la poésie m’aida à retrouver mon équilibre. Je me suis rappelé peu à peu ma grande découverte en prison : aimer et jouir sont aussi des prières. Je ne culpabilisais plus. Daniel ne m’entraînait pas aux blasphèmes, il consacrait l’amour que j’ai en moi. Il m’unissait à Dieu par un nouveau moyen, par une nouvelle route.

Ainsi, Daniel me permettait de m’accepter comme amourajeux, sans être en contradiction avec ma foi. Quelle importance cela avait-il que Jésus ait aimé un petit gars aux Jardins des Oliviers? Était-ce vraiment Saint-Jean ? Pour moi, Jésus devenait encore plus grand, tout aussi divin. Qu’il ait aimé la chair en s’incarnant, rien de plus naturel; le contraire, en aurait fait un masochiste pur. Dieu cessait d’être un exécrable individu pour devenir véritablement un AMI. La religion cessait d’être une condamnation, mais un appel à l’amour.

Je suis retourné à Québec dans cet état d’esprit. Cela ne m’avait rien apporté financièrement d’avoir travaillé tout l’été. Je n’avais réussi qu’à payer mes dettes de l’année précédente et le service aux étudiants voulait couper mon aide en fonction de ce que j’avais gagné. Je me ramassais ainsi dans une situation financière pire que si je n’avais rien fait pour m’en sortir.

Le service d’aide aux étudiants me refusa à nouveau l’argent nécessaire pour terminer ma deuxième année chez les Jésuites. J’étais puni d’avoir travaillé. Puisque j’avais essayé de me débrouiller, j’avais droit à moins d’aide. Quel genre de débiles dirigent tous les services d’ordre social? Ils ne comprennent rien. Tu es puni, dès que tu veux faire un effort pour t’en sortir. Au lieu de t’aider, ils te calent encore plus dans la merde.

Je voulais me suicider, même si je savais que je ne mettrais jamais ce désir à exécution. Le suicide est une maladie mentale ou un manque de courage. Comment vivre sans aimer? Comment trouver un sens à mes actions, si je ne pouvais pas partager la tendresse qui me dévorait?

À la fin du premier semestre, mon désespoir s’est transformé en révolte. Il ne suffisait plus d’écrire L’Homo-vicièr, je devais m’affirmer.

En décembre ou janvier, à l’occasion des examens, j’ai écrit dans le journal étudiant un grand extrait de mon roman dénonçant les examens. En sociologie, quand le professeur demanda d’expliquer le haut taux de suicide chez les étudiants, j’ai répondu que l’imbécilité de ces cours était une raison viscérale de vouloir en finir avec la vie. Celui-ci me traita de fou en classe. J’ai repris les examens avec succès et l’incident fut oublié.

Au cours du second semestre, je me suis fait une petite amie. Nous avions été attirés l’un à l’autre par le même amour des lettres. La chicane ne tarda pas à nous opposer. Elle fut d’abord jalouse du petit gars qui recevait nos manteaux à l’entrée de la salle de danse. Elle trouvait que je mettais trop de passion à le regarder. La jalousie est surtout un déséquilibre féminin. Un juron contre la liberté. Il était très beau, j’en conviens. Je serais demeuré planté là à l’examiner durant des heures. Malheureusement, quand on est avec une femme, il faut qu’il n’y ait qu’elle dans le paysage. Une forme d’autisme nommé couple. Tout autour doit être laid ou invisible.

Elle vit ensuite dans la visite d’un de mes cousins, un autre danger. Les flammèches ne tardèrent pas. Je ne tolère pas la jalousie. C’est refuser à l’autre son droit de choix fondamental. Les féminounes s’imaginent que jouir de la présence d’un autre, c’est leur manquer de respect, car l’autre peut leur être supérieur. En fait, elles vivent d’insécurité et de complexes d’infériorité. Elles projettent   sur   les   autres   leurs   complexes   d’infériorité   et   leur   paranoïa.

La jalousie est un élément décadent, ressurgissant de l’inconscience de la vie des   harems   et   du   statut   de   la   femme   dans   une   société    de   machos hétérosexuels.

Le statut de la femme dans nos civilisations a toujours été celui de l’infériorité. Pourtant, nos civilisations s’imaginent que l’hétérosexualité est tout ce qui a de normal. J’aime les femmes qui ont dépassé cet état mental et émotif. Les femmes qui ont su intégrer la beauté de leur sexualité. J’aime les vraies féministes.

La crise a pris de l’ampleur. Elle s’identifiait, sans avoir tort, à Esther, un personnage de L’Homo-vicièr qui présage des luttes des mouvements de libération de la femme. La femme qui, sous prétexte d’égalité, veut dominer dans le couple non plus en cachant son jeu comme elle l’a toujours fait, mais ouvertement, sans artifice.

Ce fut une période très riche d’échange de lettres d’amour. Finalement, elle me reprochait d’être trop cochon.  Ce qui arriva à force de me faire agacer. Elle aurait pu me passer à travers un mur pour me sentir bandé en dansant, ce qui arrivait moins souvent que je l’aurais souhaité, mais ce geste m’amenait à vouloir lui poigner les seins et mettre sa main dans mes culottes.

Chaque fois, cela la scandalisait, mais chaque fois j’y décelais un désir qui était bien celui d’une victime qui se cherche un bourreau. Bien agréable le bourreau à petite matraque tant qu’il ne s’en sert pas.

Ce fut le pire problème de mon éducation sexuelle : Plutôt que nous apprendre à contrôler nos désirs sexuels, c’était bien ça mon problème, on préfère ne pas en parler parce qu’on les craint, d’où notre incapacité d’avoir un équilibre émotif.

Mon professeur de sociologie fit sa connaissance. Une fois, sous prétexte de connaître mes réactions, il lui fit croire à Micheline que je m’étais suicidé de chagrin par sa faute. La pauvre fille n’en a pas dormi de la nuit.

La rupture était inévitable, j’étais trop cochon, trop chaud, et je ne comprenais pas pourquoi cette invasion des remords de conscience, fruit de notre ignorance de la nature humaine. Pourquoi devenir fou pour des gestes somme tout très agréables? Quel danger y a-t-il à se caresser?

À cette époque, si je l’avais mis enceinte, je l’aurais mariée. Je crois même qu’on se serait beaucoup aimé, car le sexe était tout ce qui nous séparait et marié cela n’aurait plus été un problème… il devrait y avoir une loi garantissant que tout gars qui met une fille enceinte se doive de l’aider à élever l’enfant, soit en la mariant, soit en lui versant une pension jusqu’à ce que l’enfant ait atteint la fin de son secondaire. Ainsi, on aurait plus besoin de l’avortement.

Vers la fin de l’année, j’ai publié deux autres textes dans Le Garnier, soit le journal des étudiants des Jésuites.

Le premier affirmait que les enfants ne doivent rien à leurs parents puisque l’Amour est gratuit.

Ce fut au tour des professeurs de morale et de philosophie de faire l’apologie de

ma folie dans leurs classes. Dans l’autre texte, je parlais de ma visite en  prison, tout en faisant connaître mon amour des garçons.

Les Jésuites n’ont pas tenu le coup. J’eus le choix entre payer tout de suite ou ne pas pouvoir me présenter aux examens de fin d’année. Une façon de me renvoyer, car ils savaient très bien que je n’avais pas d’argent… C’était un noble moyen pour me forcer à débarrasser le plancher. Et, une bonne justification, si je devais tenter une nouvelle action, susceptible d’intéresser les journaux.

Mon professeur de sociologie me reprocha d’avoir abandonné la lutte : « un type de ton intelligence n’a pas le droit de laisser tomber. » Le professeur venait de découvrir les événements de mai 1968, en France, et le souffle de la nouvelle révolution sexuelle annoncée en Californie. Puisque j’avais exprimé ces idées quelques mois auparavant, que L’Homo-vicièr en parlait, j’étais devenu pour les étudiants un héros ou tout au moins un prophète. C’était trop tard. Ma décision était prise. Je me servirais de ma bourse d’études pour publier mon premier livre.

À ce point de vue, ma rencontre avec Micheline a été très profitable. Une fois, par semaine, nous nous rendions danser, mettre notre émotivité en danger… Nous cherchions tous les moyens pour entrer en transe et dès que nous le pouvions, nous nous faisions part de nos découvertes, en vue de nous en servir dans nos écrits. Malgré nos chicanes, ces soirées étaient consacrées au rire et à l’ironie. Elle était très intelligente et mon admiration pour elle me la rendait vraiment très attachante. Pourquoi quand nous sommes jeunes ne nous apprend-on pas qu’il est normal d’avoir la libido forte? On préfère la censure et l’hypocrisie… une société de moutons… On oublie que ceux qui ont créé les règles de la civilisation actuelle vivaient dans un tout autre contexte. Mais, c’est plus facile de ne pas les remettre en cause.

Une année plus tard, je rêvais encore à Daniel. Aussi, avais-je pensé qu’en publiant Hymne à l’amour, le vice et la révolte, la police ferait enquête afin de me condamner. Au moins au procès, je pourrais le voir ne serait-ce que  quelques minutes, le temps qu’il témoigne contre moi. J’étais prêt à faire cinq ans de prison pour le revoir une minute. La folie ne porte pas qu’à tuer. L’amour est un besoin tellement essentiel. En être privé peut nous déranger les méninges.

J’ai travaillé à la publication d’Hymne à l’amour, le vice et la révolte tout au long de l’année.  Finalement, ce fut un homme de Montréal, un pur étranger, un  éditeur qui vint me trouver pour publier le livre. Il considérait que j’étais bourré de talent. Le livre fut publié sans qu’il me coûte un sou.

Mon livre de poésie ne connut pas le succès escompté. Les critiques littéraires étaient unanimes « je n’ai pas de talent».

« Plus équivoque et pas très prometteur s’annonce le recueil difficile à nommer et à décrire de Jean Simoneau… Enfin, Jean Simoneau nous promet une œuvre fort abondante et nous prie, sur un feuillet publicitaire, de commander vivement, car le nombre est restreint. Comme M. Simoneau est étudiant, il s’agit peut-être d’une farce, après tout! » (Livres et auteurs canadiens 1968, p.114).

Villon faisait des farces d’étudiants et il fut pendu.

Dans le journal Le Devoir, Jean-Éthier Blais affirma que même si je n’ai pas de talent, je devais être un étudiant agréable à rencontrer à la taverne. Je sais maintenant pourquoi il parlait ainsi. Ce n’était pas pour mon talent d’écrivain, mais mon apostrophe entre les deux jambes qui le faisait rêver et qui l’intéressait sans doute plus que ma poésie.

Dans le milieu littéraire de Québec, ce livre m’a valu toutes les foudres possibles. Personne ne voulait plus me parler. Scandalisé par son contenu amourajeux, on digérait encore moins mes dédicaces. On les interprétait tout de travers, comme si j’avais couché avec tous ceux à qui je dédiais un texte. Le Québec niaiseux s’agitait.

Écrire un livre t’immortalise, car, tu laisses une trace après ta mort. Aussi, pour moi, une dédicace c’était la plus grande preuve d’amour, c’était offrir mon cœur et mon âme pour rendre cette personne immortelle à travers moi. Mon livre en était parsemé. Chez moi, on me fit remarquer un oubli terrible. J’avais oublié d’en dédicacer un à mon frère Serge. Cela me peinait beaucoup. Comment peut-on faire un oubli aussi stupide?

De guerre lasse, je suis retourné à Barnston. J’en ai profité pour descendre de la Vieille Capitale avec le député libéral Georges Vaillancourt, car, de toute façon, il se rendait à Coaticook.

M. Vaillancourt me conseilla de me présenter à La Tribune de Sherbrooke, où l’on cherchait un bon journaliste. J’ai été réengagé pour une troisième fois, les patrons ayant déjà entrepris des démarches afin de me localiser et m’embaucher.

Un sourire venu d’enfer 3

octobre 20, 2020

Un sourire venu d’en enfer 3

Autobiographie approximative

 4

L’école normale

Septembre. J’avais à nouveau réussi ma onzième année, mais cette fois une onzième scientifique et non générale.

J’ai voulu continuer mes études à l’école Normale pour hommes à Sherbrooke. Je n’avais pas d’argent et le service d’aide aux étudiants refusait mes demandes. C’était comme au secondaire; pour avoir des sous il aurait fallu que j’affirme que mes parents m’avaient foutu dehors du bercail. Je tenais à la vérité, et par conséquent, à la bonne réputation de mes parents. La décision de mon père de ne pas me nourrir jusqu’à 75 ans était pleine de bon sens : il me forçait ainsi à apprendre à compter sur moi-même et à me déniaiser un peu.

Mes parents me remettaient parfois mes trois mois de prison sur le nez, mais qui ne l’aurait pas fait? Puisque je comprenais leur attitude sans les blâmer, j’étais de l’avis d’un psychiatre, d’un masochisme maladif.

À cette époque, je me croyais vraiment un salaud d’être amourajeux. Je ne savais pas que cet interdit est le fruit d’une savante formule de répression pour mieux abuser des gens. Je n’avais pas encore de morale personnelle. Je croyais dans ce que dit le système comme la plupart des gens.

Par hasard, j’ai appris que l’ancien président de la commission scolaire de Victoriaville, un Monsieur Morissette, était devenu ministre adjoint à l’Éducation. J’avais travaillé souvent avec lui à Victoriaville et ce dernier ne pouvait avoir qu’un bon souvenir de mon professionnalisme comme journaliste. Il n’en fallait pas plus pour que je frappe à sa porte. Il me prêta l’argent pour poursuivre mes études à Sherbrooke.

J’ai ainsi renoué connaissance avec les libéraux. Ils étaient au pouvoir et ma seule planche de salut. J’ai pensé que ce n’était peut-être pas vrai que les libéraux avaient été les instigateurs de mon arrestation en 1963. Après tout, ces gens n’étaient que des organisateurs locaux.

Ce fut toute une expérience d’entrer à « l’École Normale de Sherbrooke », sous la protection du ministre adjoint à l’Éducation. Jamais tout n’avait été si bien

préparé pour me recevoir; jamais le prêt d’honneur n’avait été aussi rapide à m’accorder une bourse d’études.

Mes études furent complètement bouleversées par une nouvelle fièvre de poésie. J’ai essayé d’écrire. Personne ne croyait dans mon talent. Je faisais aussi des paroles pour les chansons de mes jeunes frères. Une version de No where man, des Beatles devint :

C’était un homme bohème sans famille, sans patrie

qui parcourait sans relâche l’univers.

Par amour de la liberté il n’apprit aucun métier

faisant mille petits travaux par le monde.

Homme libre de la terre ton pays est ta planète

et tous les hommes ta famille.

Cette nouvelle dimension de la vie m’éblouissait, mais me traumatisait tout autant.

Tous les journaux, toutes les revues refusaient mes textes. Ceux-ci étaient pourtant de moins en moins religieux. Selon les auteurs-modèles qui m’avaient amené à la plume, Rimbaud, c’est un si joli garçon, et Jacques Prévert, dont la révolte m’obsédait, il était impossible que j’évolue autrement.

Je correspondais avec une poétesse de Québec, Madeleine Guimont. Elle était toute sensibilité et douceur. Malgré mes échecs, j’écrivais, j’écrivais, j’écrivais. J’adorais ce Nouveau Monde où tout est imagination, jeux de mots. Peut-être aujourd’hui dirais-je, je pleurais, je braillais. Poèmes et chansons étaient ma vie. Je me lamentais et je ne me pardonnais pas d’être amourajeux.

J’étais profondément vexé que les orchestres de mes frères ne connaissent pas autant le succès que je le voulais et qu’ils le méritaient. Leur premier orchestre fut les Stellairs, qui fut dissous et remplacé par les Pyramides et les Rembrandt, qui connurent un certain succès.

Cette création, baignant dans une atmosphère de révolte et de sensualité, fut la source de mes problèmes. Mes textes étaient de plus en plus révoltés et seul l’aumônier de l’école normale semblait y attacher de l’importance. Ce fut alors ma période de recherches ésotériques. J’étais obsédé par un nouveau thème : la mort. Par contre, j’étouffais ma peur et je commençais à décrire mes émois amourajeux. Les petits gars reprenaient du terrain. Mon texte La Mort du beau Pierrot devint le symbole de ma nouvelle façon d’embrasser la vie. Tout maintenant.

Les études n’avaient plus d’importance. J’allais boire avec un groupe d’amis étudiants et je cherchais ce qui pouvait arriver après la mort. J’avais l’obsession de l’au-delà. J’avais peur du vide c’est-à-dire de l’avenir.

Pour moi, tout devint clair. Puisque le cerveau est l’outil essentiel, le centre de la perception, à la mort, il n’y a rien qui puisse subsister. C’est le grand vide total éternel, mais l’énergie que nous sommes ne peut pas disparaître totalement. Avec la mort, nous devenons une énergie diffuse et inconsciente, car rien ne se perd et rien ne se crée. De l’énergie noire, la plus en abondance dans l’univers, mais dont on ne sait rien. Demeure-t-elle une source de conscience?  Conscience de quoi? Les âmes seraient-elles comme les nuages noirs perçus dans ma vision en prison? Le bonheur serait-il quant à lui  une  énergie  blanche? Une énergie qui se suffit par elle-même.

La vie est une force énergétique plus concentrée que l’énergie nucléaire. Une énergie, qui, comme la vie sexuelle, n’a pas encore été mesurée puisque l’on n’a pas encore découvert les moyens d’y parvenir. Une énergie plus concentrée, d’une plus grande qualité. Ce qui permet la conscience et donc la création de ce qu’on considère comme la réalité. Notre vie serait un regard sur les énergies qui passent. Sentir ce qui se passe, son environnement, serait notre seule réalité.

Les étudiants les plus âgés me comparaient à Teilhard de Chardin. Je ne l’avais pas encore lu, aussi, je ne savais pas si ces rapprochements étaient plus ou moins fondés. Sa théorie que j’ai lue plus tard est fascinante et ressemble effectivement à ce que je pense.

Je faisais des expériences d’hypnose et de télépathie, expériences que j’ai vite mises au service de mon amourajoie. Ce fut une période assez féconde pour trouver un sens à ma vie personnelle : aimer les petits gars. Je me découvrais amourajeux dans toutes les fibres de mon corps. C’était encore à mes yeux quelque chose de défendu, de mal, d’où bien des tourments et une association Satan-amourajoie dans mes poèmes. Mais je ne savais pas encore (je l’ai appris à 67 ans) que mon ange de naissance était Samaël, dit Satan. Je serais bien mort de haine envers moi s’il avait fallu à cette époque que je sache cette croyance. Je voulais bien que Satan m’aide pour avoir les faveurs d’un petit gars, mais je m’étais déjà rendu compte que de prier Dieu et de me morfondre en regrets après, était beaucoup plus efficace. Comme si Dieu aurait été bien d’accord.

La poésie m’amena à appliquer la même recherche à la prose. Une rédaction sur mon premier voyage en avion, comparé à un voyage dans le ventre d’un aigle,

me fit échouer en français. Mon professeur n’avait pas aimé l’allégorie.

Je détestais les mathématiques et puisque j’aurais voulu enseigner le français, j’ai répondu par un poème au concours du ministère de l’Éducation. Ce poème reprochait à la civilisation occidentale de n’avoir qu’un but : l’argent. Je visais aussi le ministre de l’Éducation, Gérin-Lajoie, car à mon sens, il n’avait fait qu’une réforme administrative.

Cette offense me valut l’avertissement de ne plus me représenter à cette école supérieure, car, si j’étais un petit gars de grand talent; mais mon éducation familiale était à la source de grandes carences. Pour les autorités, je n’étais rien d’autre qu’un névrosé. Un révolté. Un instable.

Avant la fin de l’année, les libéraux avaient décidé d’en appeler au peuple. J’ai offert mes services à ceux que je connaissais : Émilien Lafrance, qui gardait un bon souvenir de moi, à cause de mes prises de position contre la cigarette, au temps des Disciples de la Croix; M. Morissette qui venait de m’aider; Georges Vaillancourt pour qui j’avais déjà fait deux discours aux élections précédentes, et Carrier Fortin, ministre du Travail, que j’avertissais de mon impopularité à cause des réformes que je préconisais. Seule l’organisation de Carrier Fortin sembla intéressée à mes idées.

On désirait que je me présente à la télévision afin de rassurer les gens à savoir que la réforme de l’éducation n’entraînerait pas la sortie des  crucifix  des  écoles. J’ai refusé ce geste de politicaillerie, car je croyais que d’autres idéaux étaient bien plus importants pour le Québec : un changement dans le système électoral, trouver des façons d’éliminer le patronage.

Ces réformes avaient même été timidement entreprises par Jean Lesage (sans que j’aie un mot à dire évidemment), mais ces sujets me captivaient davantage que la religion dans les écoles. D’ailleurs, j’étais encore assez religieux pour m’opposer à la laïcisation des écoles. Ce qui prouve que je n’étais pas encore bien éveillé. Tout ça, ça ne me fournissait pas un moyen de gagner ma vie. Et, je le devais. Je n’avais pas le choix…

5

La rentrée scolaire à Québec.

De retour à Québec, les Jésuites étaient la seule institution scolaire qui m’acceptait. Il fallait payer des frais de scolarité énormes. Pour y arriver, je devais obtenir une bourse d’études.

J’ai repris les démarches, auprès du Ministère de l’Éducation. Révolté de ne rien obtenir, j’ai décidé de me rendre passer le chapeau à la porte du bureau du ministre de l’Éducation., avec le chapeau de M. Gosselin et un communiqué de presse.  Je n’ai récolté que quelques sous, mais l’intérêt soulevé par la presse incita le ministère à bouger. Première réaction : il me fit passer pour fou.

Il fut aussitôt décrété que je devais passer un examen psychiatrique avant d’avoir une bourse, car, on devait savoir en qui on investissait l’argent des contribuables. Cet examen suscita la colère des mouvements étudiants qui se battaient pour l’enseignement gratuit. Ceux-ci invitèrent les autorités à passer le même test. Manque de peau, l’examen révéla seulement une certaine tendance à éparpiller mes énergies (c’est ce qu’on appela ma névrose), mais on insistait surtout sur ma capacité définitive de pouvoir poursuivre des études universitaires et bien au- delà. Ce bien au-delà m’a toujours tracassé.

En politique, j’étais toujours persuadé de la nécessité de se débarrasser du système de patronage. J’ai entrepris la lutte dans une section de la Société Saint-Jean-Baptiste, à Québec.

La lutte au patronage m’était apparue plusieurs années plus tôt comme un élément essentiel pour répondre à Gordon, cette espèce de chien en culotte du Pacifique Canadien, qui prétendait que les francophones étaient trop idiots pour occuper un poste de commande.

À mon avis, il fallait nettoyer notre vie politique de sa réputation et de ses sangsues. Par la suite, si les Anglais continuaient à nous traiter injustement, il n’y aurait qu’une solution : la révolution pour l’indépendance du Québec.

Si j’acceptais cette voie, je refusais celle qui montait à Montréal : le FLQ.

J’avais peur, depuis mon premier emprisonnement et mes lectures du Reader Digest, de la guerre civile et des communistes. Par contre, j’étais un chaud partisan de René Lévesque. J’avais même conseillé au secrétaire de Lesage, Raymond Garneau, la tenue d’un congrès à la direction des libéraux où Lévesque serait appelé à remplacer Jean Lesage.

Je cherchais toutes sortes de solutions qui auraient fait du Québec une province riche et heureuse. Je m’étais penché sur le rôle des députés et j’avais essayé de vendre l’idée d’une espèce de régime présidentiel où les mouvements de base joueraient un rôle indispensable. À cette époque, je voyais l’indépendance du Québec comme une bombe atomique, apte à permettre aux Québécois d’être traités avec égalité par les anglophones, si on n’y parvenait pas autrement.

La SSJB-Québec ne voulait rien entendre sous prétexte qu’elle se voulait apolitique. J’ai été forcé de laisser ce mouvement. J’étais en larmes. J’affirmai que si un jour le FLQ grossissait, ce serait la faute de tous ces irresponsables qui refusent de faire face à la musique et optent pour le statu quo alors que l’injustice est flagrante.       

J’ai à nouveau intégré les rangs des libéraux. Je voulais cette réforme  à  tout prix : un gouvernement du peuple, un gouvernement honnête. Pour ce faire, je devais me consacrer à la politique.

Je me suis rembarqué assez vite dans ma nouvelle mission. J’écrivais aux députés, aux ex-ministres libéraux qui étaient alors dans l’opposition.

À mon avis, la politique était tout comme le journalisme, la tâche la plus noble. Comme le dit l’Éthique à Nicomaque, elle consiste à travailler au mieux-être de ses concitoyens. La politique est donc le summum moral de l’amour. J’ai vite déchanté.

Je m’étais fait la réputation d’un gars du centre gauche. Pour moi, le Québec devait développer le Nord, accentuer la participation des travailleurs à la gestion des entreprises. Le Québec devait assurer universellement les droits fondamentaux pour chaque individu que sont la nourriture, le logement, la santé, le travail et l’éducation. L’état ne devait pas remplacer l’individu, mais garantir qu’il aurait au moins accès au minimum de ces moyens pour se réaliser personnellement et socialement. Les moyens de s’en sortir…

Toujours coupable d’être amourajeux, je me suis présenté en clinique pour me faire traiter. J’avais peur de devenir un maniaque et de m’en prendre à des petits gars comme ce fut le cas d’un certain Dion à Québec. J’avais peur de devenir violent si je devais être confronté à quelqu’un qui voudrait me dénoncer. Je savais que ma manière de percevoir la sexualité n’était pas normale selon la quasi-totalité de l’humanité. Mais, je ne savais pas ce que je devais faire pour m’en guérir.

J’avais inutilement demandé au député Vaillancourt de m’aider pour défrayer le coût d’un traitement psychiatrique. Je me suis débrouillé et je me suis présenté à une clinique Roy-Rousseau pour être traîté gratuitement.

Après une semaine d’observation à la clinique Roy-Rousseau, j’ai été renvoyé sous prétexte que je peux m’en sortir seul. C’était le verdict de trois psychiatres. Le médecin qui me fit part de leur verdict m’avoua n’avoir rien contre l’amourajoie telle que je la vis, car elle est empreinte d’une liberté totale et d’un respect tout aussi grand de la personne de qui je tombe amoureux, mais selon eux, je risquais à nouveau la prison, ce que je ne saurais pas supporter.

Un des médecins me conseilla, comme si cela était possible, que je devienne gai et de cesser d’écrire aux députés puisque mes lettres et mes documents se retrouvaient sûrement au panier. Il oubliait qu’on ne choisit pas son orientation sexuelle, mais qu’on la subit.

J’avais trouvé ce verdict très pertinent. Pourtant, une semaine plus tard, je

recevais un appel du ministre Éric Kierans qui m’offrait de le rencontrer. Je me suis rendu à son bureau et à ma grande surprise, j’ai été présenté à Jean Lesage. Les politiciens discutèrent avec moi et finirent par m’offrir d’apprendre le métier de politicien avec Jean Lesage. J’aurais eu un salaire de 100 $ par semaine. J’ai refusé, croyant qu’ainsi je préserverais mieux ma liberté et que je n’aurais pas besoin de devenir un singe pour faire mon chemin en politique. Je ne voulais pas devenir une marionnette politique.

Kierans venait de donner tort à mon psychiatre. On me lisait.

Mon année scolaire s’est très bien terminée. J’ai facilement réussi. Je ne pouvais pas être distrait, je n’avais que 0.50 $ pour mes dépenses, après avoir payé ma pension.

Un sourire venu d’enfer 2

octobre 19, 2020

Un sourire venu d’en enfer 2

Autobiographie approximative

 3

Retour au journalisme et à l’école

À ma surprise, mon ex-patron de Lac-Etchemin fit appel à mes services pour créer un nouvel hebdomadaire dans Limoilou, à Québec.

Québec, c’était le retour à la vie normale. Le déracinement. Adorant le journalisme, je ne pouvais refuser une telle occasion.

À mon arrivée à Québec, je me suis mis à la recherche d’une chambre et pension.

Après quelques coups de fil, j’avais retenu différentes adresses et rejeté d’autres. Je ne voulais surtout pas me rendre là où la dame semblait autoritaire et bizarre au téléphone. Elle ne cessait de me répéter le coût de la pension sans que j’aie d’abord vu la chambre. Je me suis mêlé dans mes papiers. J’ai sonné exactement chez elle. Trop gêné pour refuser, j’ai accepté de partager la chambre avec un jeune Français.

Mme Alice Thibodeau G. louait chambre et pension aux immigrants. Cette annonce dans le journal fut son unique tentative pour y attirer des Québécois. Quelle coïncidence! Cette dame, à qui je veux absolument rendre hommage joua par la suite un rôle extrêmement important dans ma vie.

Elle avait un fils et deux filles : Georges, Louisette et Rolande.

Son mari était très religieux. De prime abord, il semblait très dur, mais l’expérience me le fit connaître sous un meilleur visage. Je rejetais son besoin  de discipline. Il semblait préférer Dieu à Louisette, sa fille aînée; mais quelque chose m’attirait en lui, quelque chose comme la sagesse et la sincérité.

Louisette s’amouracha d’abord de moi. J’étais, à la fois, son confident, le révolté, le bouffon, le poète. L’enfant à la quête de tout ce qui s’appelait plaisir et jouissance, entre deux enseignements religieux. Je ne pouvais pas envisager avec elle autre chose qu’une amitié; car, je cherchais plutôt désespérément un petit gars à aimer. Je me suis contenté de lui expliquer que pour des raisons personnelles, il nous était impossible de se marier.

Mon expérience au journal était très importante. Elle m’assurait qu’un jour il me

serait possible de vivre normalement, car je me sentais affreusement coupable d’être pédéraste. C’est normal, car jeune on identifie ce que les autres disent à notre propre vie. On nourrit son expérience avec ce que l’on entend et ce que l’on voit. La sexualité étant si sauvagement combattue et condamnée, les jeunes croient que la sexualité est un crime plutôt qu’un plaisir; un crime plutôt qu’une réalité humaine. Ainsi, plusieurs commencent à se haïr, certains iront même jusqu’au suicide. C’est donc une morale contre-productive. Une morale qui sème la mésestime de soi. Ce n’est pas l’apanage de la religion catholique, mais de toutes les religions. Cet état d’esprit entraîne nécessairement toutes les formes de discriminations, tout en les légalisant.

Dans nos moments de loisir, les Français se déconstipaient lentement. Au lieu de brailler, je réapprenais à rire. Nous ne pensions qu’à courir les filles et jouer des tours.

Ainsi, dans un magasin, je fis longuement chercher l’objet dont j’avais besoin pour exercer mon nouveau travail. Le commis impatient me fit avouer mon nouveau métier : cambrioleur. Il fallait voir la tête du pauvre commis. Une  chance qu’il n’avait pas un fusil mitrailleur, je serais allé voler en enfer.

Une autre fois, costumés, nous avons parcouru les principales rues de la ville avant de nous rendre voir une comédie. Nous avons tenu la vedette autant que le film.

Petit à petit, j’oubliais ma conversion et je laissais à nouveau s’exprimer ma révolte.

L’expérience journalistique fut de courte durée. Le journal ne se finançait pas. J’étais toujours un bon journaliste, mais j’étais trop moche dans la vente des annonces pour lui permettre de faire ses frais.

L’hebdomadaire abandonné, l’équipe s’est aventurée dans la rédaction de petits livres d’histoire locale, projet qui a dû être aussi laissé pour compte. Le gars engagé pour s’occuper de la publicité n’était pas ce qu’il y avait de plus honnête, ce qui précipita la fin de ce travail.

J’étais un assez bon vendeur, mais je détestais cet emploi. Je déteste vendre.

À nouveau chômeur, je suis retourné chez moi jusqu’à ce que mon père m’avertisse qu’à mon âge, je devais gagner ma vie puisqu’il ne pouvait pas subvenir à mes besoins jusqu’à la fin de mes jours. J’étais majeur. Il avait absolument raison.

Je suis reparti pour Québec et la pension G. Le plaisir laisse toujours un goût de retour.

Il était essentiel pour moi de cacher aux autres mes penchants naturels : j’en avais trop honte. Je voulais oublier le passé, la prison. Je faisais, malgré ma révolte, des efforts surhumains pour me réhabiliter. Dans cet esprit, j’ai décidé de retourner à l’école.

Après de longues démarches, j’ai été accepté à l’école Jean-François Perrault. Le désir de servir bien caractéristique chez tous ceux qui veulent se convertir m’attirait bien des sympathies. J’étais presque un héros; mais je n’avais pas le choix. Je devais trouver un moyen pour m’en sortir, de gagner ma vie ou crever.

J’ai été élu à la vice-présidence de l’association des étudiants de l’école. Je prêchais   la  responsabilité  sociale.   J’en   arrachais   en maudit  pour  survivre.

M. G., qui au début, ne m’aimait pas plus qu’il ne le faut, se prit petit à petit d’admiration pour mon courage. Il ne comprenait pas pourquoi il m’était si difficile de concrétiser ce besoin d’apprendre pour mieux servir mes semblables. C’était un très brave homme au-dessus des mesquineries sociales.

Cette année ne fut marquée que par un incident : le samedi de la matraque.

À cette époque, j’étais encore bien naïf et surtout un bon petit fédéraste. Je voulais servir mon pays. Tout ce que je connaissais du mouvement indépendantiste était ce que l’on entendait dire avec mépris à Québec : un groupe de gens qui veulent nous forcer à parler en cul de poule comme les tapettes de Radio-Canada.  Ce n’était pas très respectueux, mais c’est tout ce qu’on en disait. Québec a toujours trainé de la patte sur le plan de l’évolution politique. On vote d’ailleurs encore pour la CAQ dans cette région.

Il était de plus en plus question de la venue de la reine, visite qui était fortement contestée par le groupe de Pierre Bourgault, chef indépendantiste de l’époque.

Si je n’étais pas encore favorable à la séparation du Québec, une idée nouvelle qui croissait surtout à Montréal, et qui n’existait pratiquement pas dans l’esprit des gens de Québec, j’étais un fiévreux partisan de l’indépendance du Canada vis-à-vis de l’Angleterre.

Devant la montée des protestations, j’ai fait accepter par les étudiants de l’école d’écrire à sa Majesté, soulignant qu’elle parlait mieux le français que la très grande majorité de nos ministres fédéraux. Je voulais juste calmer le jeu, en attirant l’attention sur la piètre figure du français à Ottawa.

Cette lettre fut interprétée comme un serment de fidélité à la reine à un point tel qu’un journal de Toronto prédisait que le jeune auteur de cette lettre serait un jour un personnage important du gouvernement canadien. Le samedi se passa dans un massacre sans précédent des manifestants par la police. Mon

association étudiante a sévèrement décrié cette effusion de sang inexcusable, mais cette fois, personne ne remarqua l’intervention.

En cadeau de Noël, les quelques étudiants indépendantistes me firent remettre un Union Jack, drapeau national de l’Angleterre. J’étais navré que l’on interprète aussi mal mon geste qui voulait souligner simplement qu’il faudrait d’abord se faire respecter comme francophone dans le gouvernement canadien.

J’étais assez stupide pour être d’avis cette même année que l’on arbore le nouveau drapeau canadien parce que ce geste représentait à mon sens un début de changement : les Anglais comprenaient enfin que les Québécois ne sont pas des trous-du-cul. Si j’avais su que la couleur de la feuille d’érable a été choisie rouge par mépris des Québécois, j’aurais sûrement pensé autrement.

La deuxième session d’études fut plus difficile à réussir, même si j’avais démissionné de la vice-présidence pour ne m’attaquer qu’à mes problèmes de finance.

Pour m’en sortir, j’ai travaillé le soir comme placier dans un cinéma et la fin de semaine dans un restaurant.

J’ai ainsi revu des centaines de fois un film qui m’a beaucoup bouleversé. MONDO CANE. C’était un film traitant à la fois de la misère et des mœurs étranges dans le monde des humains. J’ai commencé, grâce à ce film, à comprendre comment les religions ne sont qu’aberrations mentales, fruits de la peur et de l’ignorance.

J’ai terminé avec succès mes études, et l’été, je me suis rendu travailler pour le Journal de Magog. Ce fut la redécouverte de l’écriture. Si, à l’époque de la Tribune, première vague, ma poésie fut celle de la morale et de l’amitié; cet été- là, ce fut celle du repentir. J’étais plus chrétien que le pape.

À Québec, amoureux d’une jeune fille pieuse, je scrutais masochistement mon état d’amourajeux. Je me croyais coupable d’être ce que je suis. On a savamment amené les humains à haïr la sexualité dès qu’elle n’est pas conforme aux normes des religieux qui, eux, doivent vivre sans sexualité et qui essaient de répandre leur problème dans l’âme de tous les humains. Une projection morbide !

J’ai dû quitter le journal de Magog parce qu’il refusait de publier toute la vérité sur les coûts d’un projet municipal.

À cette époque, j’ai appris que mon père, Émile Simoneau, mon parrain Hormisdas Turgeon, et mon oncle, Arthur Simoneau, étaient depuis longtemps des nationalistes convaincus et actifs.

J’avais du journalisme, une très haute opinion. C’était une espèce de chevalerie.

À mon avis, un bon journaliste se devait à ses lecteurs, plus précisément à la Vérité, au Bien commun.

Au péril de sa vie, il devait faire jaillir la Vérité, exposer problèmes et solutions, servir les pauvres en dénonçant leur détresse.

Sourire en enfer 1

octobre 18, 2020

Sourire en enfer

(autobiographie autobiographique)

À mon grand ami, poète et compositeur

GABRIEL CHARPENTIER.

Le droit d’aimer

Qu’ils se lèvent ou qu’ils meurent ces soleils rouges ou gris

qui tournent l’amour à l’infâme quand passe la vie.

À la face des hommes au mépris de leur loi jamais rien ni personne ne m’empêchera d’aimer.

J’ai le droit d’aimer.

J’en ai le devoir !

En marge des lois je l’ai voulu ce droit

par des matins d’ivresse et des nuits de tendresse.

Luttant pour cet amour hors-norme je l’ai conquis mon droit

par la peur de tout perdre

au risque même de me perdre pour que vive en moi l’amour.

Bien que le temps n’efface ni les deuils, ni les joies

quoiqu’on dise quoiqu’on fasse tant que mon cœur battra quelle que soit la couronne

les exils ou la croix jamais rien, ni personne

ne m’empêchera d’aimer J’en ai le droit

Aimer

à la face des hommes au mépris de leur loi jamais rien, ni personne ne m’empêchera d’aimer de t’aimer

et d’être aimé.

Chapitre 1

1

La Tribune (prise 1)

Avant la prison en 1963, je crois, lors de la première année à La Tribune tout avait été sans histoire, sauf, que je m’amourachais vite des gens rencontrés. J’avais aussitôt de l’admiration et de la sympathie.

J’étais ainsi à fleur de peau comme un radar sentant jusqu’aux entrailles les malheurs dont je devais rendre compte dans le journal. J’étais vite bouleversé, peiné, impuissant. Rien de plus difficile à vivre que l’impuissance surtout que je me sentais culturellement ignorant, ce qui me rendait inférieur.

Lors de mes premières vacances, j’ai cru faire une dépression nerveuse tant les larmes d’un petit bonhomme qui venait de perdre sa mère dans un accident m’avaient terrorisé. Je digérais mal un autre événement : j’avais interrogé un petit gars sur ses réactions quand son petit ami a été happé par une automobile. Ce dernier s’était fait arracher la jambe par un chauffard et mourut quelques heures plus tard à l’hôpital.

C’est écœurant de jouer ainsi avec les sentiments des gens, ce n’est plus du journalisme, mais du voyeurisme. Mais, pour le journal, ma sensibilité était payante. Les gens aiment facilement se régaler du malheur des autres. On dirait une forme d’aboutissement de l’envie. Un petit «kik » de voir l’autre puni, ce qui permet d’oublier que l’on n’est pas parfait nous aussi.

Ce « jaunisme » allait parfois très loin. Pour avoir plus de détails, j’ai dû interroger un bonhomme qui venait tout juste de perdre trois amis dans une noyade. Je me rappelle aussi le cas d’un malade condamné à mort à cause d’une maladie de reins dont j’ai rapporté les pensées jusqu’à sa mort.

On n’avait pas encore Le Journal de Montréal pour nous jouer dans l’âme, mais des petits journaux qui ne parlaient que des crimes. Un journalisme qui permet de garder le peuple dans l’incapacité d’évoluer en dehors des jugements des autres et sur les autres. Un journalisme qui remplace la responsabilité sociale par une curiosité morbide. Je faisais pleurer les lectrices, c’était bon. L’insolite a toujours fait vendre des journaux. Certains propriétaires de journaux sont de vrais fossoyeurs afin de bien gaver les vampires qu’ils alimentent. Quelle saloperie! Les journaux occupent la fonction qu’avait le forum à Rome du temps de Néron et autres empereurs.

Par contre, La Tribune m’envoyait à la rescousse des sinistrés et grâce à la générosité de la population ceux-ci avaient au moins une bonne raison d’espérer. Quand les médias ne font que de l’information, c’est un instrument extrêmement utile. Il est impossible de parler de démocratie sans garantir une liberté absolue de la presse.

J’étais alors un journaliste estimé des patrons. J’étais assez curieux pour toujours vouloir aller au fond des choses et je devinais assez vite les événements à venir. Il me suffisait de quelques indications.

Ayant perdu mon emploi à cause de l’histoire du barrage Gayhurst, Lac- Mégantic, je fus une certaine période en chômage. Cependant, La Tribune me réengagea pour une deuxième fois d’où j’ai aussi exercé ce métier à Victoriaville.

Cette expérience me mena à L’Aiglon où ma vie prit une nouvelle tangente quand je fus accusé sur un plan sexuel.

Spécialisé à décrire les malheurs des gens, j’étais préparé à travailler peu à peu sur le sort des travailleurs du textile, celui des producteurs de lait, lors de ma dernière étape de journalisme à La Tribune.

2

Les Disciples de la Croix

1963. — Pour se débarrasser de moi, certains avaient réussi à me faire incarcérer trois mois pour mes activités amourajeuses. Je travaillais alors pour l’Aiglon de Lac-Etchemin à la suite de deux mauvaises aventures avec La Tribune.

Y avait-il réellement un aspect politique comme on l’a prétendu? Je ne le saurai jamais et cela n’a aucune importance. Les activités sexuelles avaient été en partie réelles. À cette époque, la majorité était de 21 ans¸ puis ce fut 14 ans et maintenant 16 ans avec en plus la folie religieuse qui déferle sur les collines parlementaires à Ottawa et la paranoïa collective féminoune quant à la pédophilie.

Une partie des accusations étaient fondées et je croyais que je devais payer pour mes fautes.

Ces trois mois de prison se sont traduits par un retour à la religion. Je l’ai raconté dans un autre de mes livres Laissez venir à moi les petits gars, publié avec Parti pris. Ce livre n’est pas totalement autobiographique parce que j’ai ajouté des éléments afin de mieux répondre aux objections que l’on inventait pour condamner la pédérastie, devenue dans mon langage, l’amourajoie. Par exemple, il n’y avait jamais eu de jeunes qui n’avaient pas consenti à ces expériences de jeu avec moi et  personne n’était aussi jeune.

L’amourajoie signifie simplement que le sexe est un plaisir et une forme d’amour idéal et non un crime comme on le prétend aujourd’hui. Par contre, les féminounes ont inventé le mot pédophilie pour redorer l’image de la répression sexuelle, sans même tenir compte que la perception de la sexualité chez un enfant n’est pas la même que chez les adultes. Chez l’enfant, la notion de bien ou de mal dans la sexualité n’existe pas, mais nous vivons dans une société où les adultes gèrent la vie des enfants comme s’ils leur appartenaient.

À ma sortie, j’ai travaillé une année à la Dominion textile, à Magog.

J’essayais aussi sous l’impulsion de la pièce, El Condor, de créer mon propre mouvement religieux. C’est dire combien la culpabilité peut rendre sénile.

Les Disciples de la Croix n’ont pas fait long feu. Le temps de rencontrer un petit gars qui m’incendia l’âme par sa beauté. Le temps d’une autre grande curiosité. Le temps d’un autre voyage dans une autre dimension. Le temps de réapprendre qu’aimer est plus important que d’obéir à des règles qui ne savent pas justifier leur existence.

Durant cette année, je demeurais avec mon père. J’apprenais à le connaître et à l’admirer. C’était un homme très généreux, aimant l’humour et la politique. Il travaillait à l’extérieur pour assurer la survie financière du magasin dont il était propriétaire à Barnston, depuis de nombreuses années.

Quant à Mgr Vel, curé à Ste-Marguerite, à Magog, c’était un ami de la famille issu de la Thérèsa, car il était l’aumônier des clubs Thérèsiens. Il croyait tout simplement que j’étais devenu un saint.

Il y a toujours eu une dimension spirituelle dans la sexualité que l’on nie au nom des péchés, oubliant que l’amour est aussi fondamental dans la vie que la liberté. Tout commence par l’admiration, la beauté. C’est l’essentiel du message du Christ dans lequel je croyais très profondément que l’on nie en insistant sur le péché. Tu peux tout faire avec amour dans le respect de l’autre, même jouer aux fesses.

[1] -J’ai écrit ce texte avant d’oublier pour être le plus précis et juste que possible. Une autobiographie est toujours ta vision des choses.

Spirale intraprojective 42

octobre 17, 2020

Spirale intraprojective  42

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 408 à 419)

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Nous n’avons pas besoin de deux paliers de gouvernement pour nous exploiter. 

Le but de notre culture doit être l’accouchement d’un pays et par la suite son émancipation et son rayonnement.
  

Nous avons déjà un rayonnement qui déborde largement nos frontières et prouve la richesse de nos capacités créatives.  Nous ne créons pas un pays pour les autres, mais pour nous tous.  Plutôt que de cracher sur le Québec, nous devons prendre conscience de notre fantastique évolution depuis 1960, une évolution dont on doit être fier.      

Cette évolution n’est pas sans demander une prise de conscience profonde de ce que nous sommes. 

Notre esprit colonialiste tient de notre insécurité bien humaine, individuelle, de ne pas savoir qui l’on est, un phénomène planétaire, et d’avoir accepté de se faire laver le cerveau par les religions (à ne pas confondre avec la spiritualité) 

*  *  *  *  *

En 1950,  l’Église du Québec s’enrichissait sur le dos du peuple ave la peur absolue du péché de la chair et de l’enfer qui nous attendait dès que nous étions assez normaux pour sentir s’agiter notre petit pénis, car selon l’Église, les enfants n’ont pas de sexualité, mais en ont les péchés commis par des étrangers: Adam et Ève.

Puisque les enfants ne sont rien, moins qu’une vulgaire marchandise, pas question de les éduquer quant à leur propre corps.  La découverte de sa sexualité est devenue automatiquement problématique parce qu’il n’y a de vrai que la famille monogame.    

Cela a permis à ces chastes âmes de créer des monstruosités comme le prouvent les enfants de Duplessis.  Dès que tu étais orphelin, ou né sans que cette naissance ait été bénie par le sacrement du mariage, un bâtard, les institutions t’employaient sans aucun respect en faisant croire, pour avoir de plus subventions, que ces enfants étaient des malades mentaux.  Une horreur qui fut dénoncée par mon ami écrivain Bruno Roy. 

Aujourd’hui, l’exploitation n’est plus institutionnalisée, on a mis tous les malades des institutions psychiatriques à la rue… ça coûte moins cher… parce qu’on ne les aide pas.

Le gouvernement se fie sur les familles pour prendre soin des indésirables… malades mentaux ou handicapés. Ils sont indésirables parce qu’ils coûtent beaucoup et ne rapportent rien.

Il faut avouer que le Haut-clergé était du bord des Anglais et des gouvernements, de qui ils tiraient de belles subventions.  Les Églises sont les plus riches multinationales.  Il faut cependant remarquer que les religions ne sont pas une réflexion religieuse et spirituelle, une prise de conscience de ce qu’est l’Être Humain, mais une institution de pouvoir. 

La spiritualité recherche notre identité humaine, la vérité et le but de la vie.    

Dans l’avenir, on doit trouver sa morale personnelle qui respecte les autres et la nature.  On doit apprendre que la vie privée est une richesse qu’il faut absolument défendre.  L’éducation doit être orientée vers l’autonomie de l’individu.  Elle doit être un support au développement individuel et non une «prison sociale hors-nature », qui nous rend esclave de la morale des autres, surtout si elle repose sur la violence et la non-tolérance ; car les institutions qui supportent la morale bourgeoise cherchent le pouvoir et le fric, ce qui en font une branche intégrale de la grande mafia légale, c’est-à-dire le système corrompu des autorités qui nous exploitent.        
 
La spiritualité est une grande réflexion sur l’expérience humaine, l’esprit qui nous anime.  Les Évangiles, le Coran, la Bible sont des lieux de réflexion et non des règles à suivre. Elle doit permettre à chacun, en respectant son individualité, d’y puiser sa propre morale, c’est-à-dire les motifs qui guident son agir. 

Toutes les règles qui cherchent à diriger la sexualité des autres sont une forme d’exploitation dominée par des instruments de peur, de manipulation de l’inconscient et de la honte. 

Tout homme qui veut grandir doit découvrir sa vraie nature, sa vraie richesse et la mettre au service de la communauté d’où la violence et la domination sont les principaux crimes contre l’humanité et mentir aux gens quant à leur sexualité pour les abaisser dans l’esprit des autres, c’est un crime pire que de jouir.           

C’est pour cette raison que dans un Québec indépendant, l’enseignement religieux ne doit pas se donner à l’école au primaire, mais dans les lieux de culte, par les religieux.   Si un élève au secondaire est assez vieux pour entendre parler des religions et comprendre, il peut aussi comprendre comment fonctionne son corps et quelle immense responsabilité est attachée à sa sexualité, garçon ou fille.   

La religion doit respecter l’individu et les religions doivent se soumettre aux lois civiles du pays où elles se trouvent.  Par exemple, l’excision et la circoncision doivent être interdites, sauf pour des besoins médicaux.  Aucune religion ne doit avoir le droit d’exercer ces abominations sur un territoire où c’est proscrit par l’état. Si elle appuie ces rites, elle est aussi coupable que ceux qui les propagent. 

Nous ne sommes plus en moins 5000 avant Jésus-Christ, la science a évolué et nous a montré la sexualité sous une vérité, plus humaine ; même si on s’est toujours servi de la science pour écraser la sexualité.  L’ignorance est la cause première de l’intolérance.

D’ailleurs, c’est complètement idiot de croire que Dieu a régi la vie sexuelle des humains dans les moindres détails, dans ses écritures, car si Dieu est Amour

(une force d’attraction) il se doit en conséquence d’être la LIBERTÉ, car il ne peut pas y avoir d’amour sans liberté, tout comme il ne peut pas y avoir de liberté sans l’égalité de chances d’arriver à son autonomie. 

Nos exigences prouvent que la morale ne vient pas de Dieu, mais d’un patriarcat qui a su projeter ses propres maladies mentales pour créer une morale qui défende son pouvoir.  Par contre, le matriarcat a tendance à surprotéger les enfants, ce qui n’est guère mieux pour créer un être autonome.         

Les institutions cherchent à restreindre la force des Québécois, leur esprit rebelle, une soif de Connaissance et de Liberté. Cette soif de liberté est peut-être plus proche de l’individualisme, mais elle permet d’envisager notre avenir de façon créative.      

*  *  *  *           
Par contre, notre pire défaut n’est pas d’être aussi bonasse que moi, mais d’être de perpétuels jaloux.  On dirait que chez nous le succès des autres nous rend malheureux.  Ce défaut majeur de nombrilisme nous empêche de penser comme un peuple.  

Ce défaut tient au fait que nous avons encore inconsciemment un esprit de colonisé, un esprit d’aliénation qui fait que nous n’avons pas confiance en nous comme si le Québec n’était jamais parvenu à faire la révolution tranquille avec succès. 

Pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant quant à son indépendance ?  On croit facilement toutes les bêtises et toutes les manigances fédérastes ; car, le Canada est simplement un territoire économique.     

Le coup de la Brinks, les mensonges de Trudeau et de Chrétien, en particulier, lors des référendums devraient suffire à nous faire comprendre que les fédérastes essaient de nous manipuler en exploitant nos peurs.           

Aujourd’hui, on essaie de nous faire croire que l’on ne vit pas si mal que ça à l’intérieur du fédéralisme centralisateur canadien et on essaie de nous faire perdre toute confiance en nous comme si le Québec n’avait pas vécu la révolution tranquille avec succès.    

À chaque référendum, le fédéral nous sert la même vieille soupe Trudeau, en promettant de grands changements immédiats ; et, nous sommes encore assez naïfs pour tomber dans le panneau.  Cela prive la population d’avoir le pays dont elle a droit et dont la naissance est plus urgente que jamais.        

Mais, comme le disait le député d’Abitibi-est, M. André Pelletier, le dernier référendum n’a pas été perdu seulement à cause de l’argent (la manifestation illégale, les dépenses illégales) et l’immigration (les milliers d’immigrants assermentés à toutes vapeurs pour voter NON) ; mais aussi parce que les francophones n’ont pas augmenté leurs votes pour l’indépendance.  Certaines femmes ont préféré suivre les féministes et ont voté encore moins lucidement que l’auraient fait certains jeunes de 16 ans.  Les fonctionnaires, eux, ont boudé le pays pour leur petite crise intérieure personnelle.  On ne pourra jamais avoir un pays tant que nous ne serons pas assez mûrs pour passer par-dessus les virgules et attendre que l’indépendance soit faite avant de mettre ses pacotilles en jeu comme si c’était important comme l’indépendance.  

Tant que les francophones n’auront pas compris qu’il y va de leur existence comme nation francophone, il en sera ainsi.  On mange la merde qu’on mérite.  Tu peux et doit être nombriliste dans une élection, mais pas dans un referendum qui statue l’avenir de ton pays.      

 **
 Quant à moi, je me sens socialement complètement rejeté et par conséquent inutile.  J’admets avoir couru après en refusant de me censurer et en essayant de faire connaître ma vérité, mon expérience.

Je me refuse d’abandonner ce que je pense autant pour ce qui est de la souveraineté que de la pédérastie ; mais j’irai manifester sans hésiter une seconde pour un Québec indépendant.  Si ce Québec est pervers sur le plan sexuel après son accession à l’indépendance, je devrai vivre avec ou me battre pour changer les choses ; mais le plus urgent et le plus important, c’est d’indépendance du Québec.         

Le procureur de la Couronne de Val-d’Or (expression de colonisé) a même exigé cette année que je fasse encore une autre année de probation ferme, même, si elle a déjà été complétée. 

Le harcèlement fédéraste se poursuit.  Après m’avoir refusé un projet Sprint pour que je puisse bien gagner ma vie, avoir gelé mon compte à la Caisse populaire d’Outremont, même si ce n’était que 10$ environ, je me demande maintenant quel sera la prochaine façon employée par le fédéral pour m’écraser.  Fera-t-on revivre une vieille relation sexuelle ?  C’est facile quand tu as ma vie écrite aussi clairement… Je suis persuadé qu’un jour ça va arriver car on sait que malgré les coups de cochon, je serai toujours fidèle à ce que je crois, paranoïaque ou non.

*   *   *  *         
Les indépendantistes agissent souvent comme s’ils ne voudraient pas que l’indépendance se réalise.  Par contre, j’ai confiance au nouveau premier ministre, M. Bernard Landry.        

Notre seule façon de devenir souverainiste est  d’exiger que le Québec devienne un état souverain à l’intérieur d’une vraie Confédération, c’est-à-dire un pays absolument décentralisé en faveur des provinces où une minorité d’éléments comme l’armée resteront pour une saine gestion mutuelle entre les mains du gouvernement central.        

Le Québec, selon le jugement de la Cour Suprême a le droit d’exiger ce changement constitutionnel si on vote majoritairement OUI à un référendum sur la question de l’indépendance, ce que le Québec doit le faire de toute urgence, après avoir bien renseigné la population sur les enjeux constitutionnels.           

**

 Maintenant, j’ai terminé mon cri de prison.  Je peux commencer à revivre, rire et agir comme le profond jouisseur que je suis.          

J’ai hâte de terminer ce livre, car ces éternels apitoiements sur mon sort ne sont pas mon genre, je préfère vivre.

Ce livre me fait chier parce qu’il manque d’humour.  Mais, il est essentiel, avant d’entreprendre, après avoir été journaliste et enseignant, une carrière d’écrivain.  Une bouffée d’air dans notre enfer créé par la vie politique.       

COMME C’EST BEAU LA VIE !   
Bordeaux Beach, 1999      
terminé le 3 septembre 2002

Épilogue

Comme par hasard, j’ai appris le kidnapping de Mathieu le jour même de la fête de la Saint-Jean (fête officielle du Québec), après le vol du référendum sur l’indépendance du Québec. C’était en juin 1996.  Ce fut l’introduction à mon propre procès.

J’ai vraiment cru et je crois encore qu’il s’agissait d’un piège politique. Une punition parce que j’étais très engagé pour l’indépendance du Québec et que je propage des idées qui vont à l’encontre de la bourgeoisie québécoise et canadienne, en préconisant le droit des jeunes à leur sexualité. 

Je représente un danger parce qu’on me prend pour un activiste, ce que mon fils adoptif, Shuhed, m’a appris après avoir rencontré la police qui voulait lui faire signer une plainte contre moi.    

Jean-Paul, le père de Mathieu, s’était présenté en pleurs aux manifestations.  Il venait m’avertir que la police était venue chercher Mathieu et sa petite sœur, sous prétexte que la maison était assez malpropre pour représenter un danger. 

C’est vrai qu’elle l’était, mais pas à ce point.  Jean-Paul laissait s’accumuler le linge sale, question d’amener Mathieu à comprendre qu’il devait l’aider.

Il faut dire que Jean-Paul sortait d’un procès contre son épouse mormone pour la garde des enfants. À la suite de ce procès, la petite fille devait vivre avec sa mère et Mathieu avait choisi, puisqu’il était assez vieux, de vivre avec son père. Ce procès avait ébranlé Jean-Paul qui parlait parfois de suicide ou de vengeance contre son ex-épouse. Ça me troublait d’autant plus que le plus jeune de mes fils adoptifs s’était suicidé deux ans auparavant. Un choc énorme, affreux, inqualifiable.

Comment aie-je rencontré Mathieu ? Quand son impatience débordait, Jean-Paul m’amenait le petit et le menaçait de me le laisser.  Après négociations, Mathieu retournait chez lui.  Mathieu l’emportait presque toujours, mais finissait par faire montre d’un peu de bonne volonté qu’il oubliait en franchissant le porche.

Pour mieux faire comprendre à Mathieu le danger de ne pas écouter son père, je l’avais même amené à une assemblée du comité de défense des prisonniers adolescents, au Centre d’accueil, où j’étais bénévole pour l’association de la défense des droits des jeunes contrevenants qui s’y trouvaient.  Je voulais que Mathieu comprenne qu’il avait tort de prétendre qu’il serait mieux traité comme détenu que chez son père.  Mathieu prétendait que son père ne l’aimait pas parce qu’il entrait trop tard le soir.   

J’aurais bien aimé aussi lui faire comprendre qu’il y a du plaisir à travailler, une fierté qu’on ne retrouve pas dans la paresse.      

Quand Mathieu respectait ses engagements envers son père, il avait droit de venir chez moi et de bénéficier d’une récompense : aller au cinéma, aller jouer aux quilles avec moi, etc. Une récompense que je lui donnais pour aider son père. Je m’étais attaché à Mathieu, je l’avoue.  Je le connaissais depuis quelques semaines quand la police amena les deux enfants au poste, même si ce geste ressemble plus à un kidnapping qu’une protection contre le linge sale qui trainait un peu partout dans la maison et que Mathieu ne voulait pas ramasser.
 
La police interdit aux jeunes, Mathieu et sa sœur, d’avoir accès à son père.           

J’ai donc aidé Jean-Paul a envoyé une lettre de protestation aux autorités afin que Mathieu puisse au moins avoir le droit de parler à son père.  À mon sens, cet interdit était illégal puisqu’il n’avait pas été autorisé par la DPJE.  Nous avons déposé une plainte officielle contre cette arrestation illégale à la Commission de police. L’interdit fut levé.

Le lundi soir, je n’avais encore rien à faire dans le portrait, c’était de toute évidence une suite de leur chicane de famille.  Les enfants rentraient sagement à la maison. Ils rencontraient leur père en compagnie d’une travailleuse sociale.            

Ce serait au cours de leur conversation de groupe que Mathieu aurait affirmé que je l’avais touché là où même les anges n’osent pas mettre les ailes de peur de les brûler. La DPJE s’en mêla immédiatement et après plusieurs heures d’interrogatoire, on monta deux dossiers contre moi.  Un deux pour un. 

Pendant que j’étais en voyage, la police procéda à une perquisition chez moi parce que Jean-Paul les avait informé que j »écrivais des textes de poésie sur la pédérastie. J’étais convaincu que tout ça tournerait en queue de poisson. 

C’était mal connaître l’obsession phallique et pédophile de notre société. La police saisit 52 photos, aucune pornographique ou sans nudité, ainsi que des vidéos : les deux soirées de poésie à Montréal et le film « La société des poètes disparus».  On cherchait mon poème « Beau garçon » dont la police avait connu l’existence grâce au père de Mathieu. Je lui avais lu, car j’en étais très fier. 

Si on enlève l’aspect politique, c’est quand même une preuve de plus que notre société se conduit exactement comme l’Inquisition ou la gestapo d’Hitler devant le mot «pédophile».

Pour la société, l’amour des garçons est condamnable sans même qu’on sache pourquoi.  On nie même l’évidence du fait que les jeunes ont une sexualité.  On les brime de leur droit.

Les enfants ne sont rien dans notre monde.  Ils doivent seulement obéir à ce que les adultes croient.  Et, les adultes ont peur de la pédophilie, car ils ne savent pas ce que ça signifie et la télévision entretient une véritable paranoïa à ce sujet. Qui fait la nuance entre la pédérastie et la pédophilie ? Personne parce que les tribunaux devraient tenir en compte le droit des jeunes à leur vie privée, donc, de leur sexualité. Un droit fondamental que l’on préfère ignorer.
       
En poursuivant les pédophiles non violents jusqu’à leur mort, la société est devenue un bourreau pour des gens qui n’ont qu’une seule chose à se reprocher : aimer les enfants différemment.  Je le répète la pédophilie ne doit jamais exister tant qu’elle signifie des rapports entre un(e) adulte et un (une) enfant de moins de 10 ans.

Personne ne peut justifier cette obsession de surprotection quand il n’y a pas de violence ou de domination dans un rapport sexuel entre un adulte et un jeune, sinon par la paranoïa que les journaux maintiennent.  On impose une chasteté contre-nature, une haine de tout ce qui est sexuel pour nous empêcher de rêver de liberté. On est même rendu à définir ce qu’est un adulte en prétendant qu’il y a pédophilie dès que les personnes concernées ont deux ans de différence d’âge. Quelle folie !

Le rapport à la sexualité du gars est complètement différent de celui des filles, tout simplement à cause de la manière dont les religions ont traité la sexualité, une condamnation millénaire de la femme, qui se sent écrasée par le discours sur la sexualité. La sacralisation de la femme vierge incite à la condamnation de la femme sexuée, la Marie-Madeleine.  Pour le gars, la sexualité est loin depuis toujours d’être une chose pénible, mais le plus grand des plaisirs. 

On a si peu de sens de justice sociale et si peu le respect de la vérité que l’on ne fait même pas la distinction entre la pédophilie et la pédérastie. Un interdit : tabou. Indiscutable. Contre-nature, car on prétend le contraire de la réalité à l’effet que l’humain est un être qui a une vie sexuelle de la naissance à sa mort.

On en fait un objet de croisade, oubliant que le pire ennemi des jeunes n’est pas de jouir sexuellement, mais le scrupule entourant la sexualité, la violence, les drogues et le décrochage scolaire. Une domination qui passe par l’émotif.          

Le jour où on s’occupera vraiment du bien des jeunes on se souciera d’avantage de les protéger des dangers qui peuvent en faire des légumes.  Mais, notre société perdrait trop d’argent pour faire ce virage.  Les drogues rapportent des milliards.

Je ne suis pas de ceux qui sont contre la pédophilie pour être contre et ainsi bien paraître, même si je suis pédéraste, mais simplement parce dans le cas de la pédophilie, je ne comprends pas ce désir et je ne suis pas certain que ce ne soit pas dommageable, même si des sociétés ont prouvé que des enfants caressés se portent émotivement mieux quand ils vieillissent. 

Dans les sociétés ouvertes à la sexualité des enfants, il n’y a pas de suicides alors que dans nos sociétés le nombre est effrayant à l’adolescence, ce qui prouve que l’identification sexuelle peut être un drame affreux à cet âge parce que la société ne prend nullement en compte la réalité sexuelle des enfants, mais l’interdit qui nous vient des religions à travers l’histoire. 

Serait-ce qu’on a enfermé la vie dans une tradition à la bêtise, basée sur l’ignorance ?  Un interdit qui détruit le développement de l’autonomie des enfants ?

Je n’ai pas écrit Spirale intraprojective parce que j’ai été condamné.  Dans ma petite tête, c’est très clair : si je n’obéis pas aux règles de la société, même si elles sont complètement débiles, je ne peux pas m’attendre à de la compréhension. 

Les gens ont peur pour leurs enfants, c’est donc normal qu’ils veuillent protéger les jeunes puisque c’est ce qu’on leur a mis dans la tête depuis des centaines d’années.  Cependant, quand cette protection écrase un individu durant toute sa vie pour des infractions qui ne sont même pas à caractère de violence, mais de plaisir, on peut se dire que cette société est devenue folle. Ce n’est plus de la protection, mais de l’Inquisition.

Je vis l’Inquisition en 2010 comme tous les pédophiles (même si mes chums ont 70 ans et plus) parce que les gens sont ignorants et confondent pédophilie, un terme inventé par les féminounes, et pédérastie, comme ça se vivait dans la Grèce antique ou gai, ce que je vis maintenant.

J’assume mes choix. Je ne veux pas pleurer sur mon sort.  Je suis trop politisé pour croire que cette situation ne rejoint pas mon engagement politique envers l’indépendance du Québec. Un Québec comme on vivait en l’an 1950, écrasé sous la morale religieuse, ça doit être dénoncé comme un abus de pouvoir.  Les jeunes ont aussi droit à leur sexualité. Ce droit était inclus dans la Charte des droits de la personne, mais on l’a mis au panier parce que les féminounes ont pris le pouvoir avec la police qui a besoin d’agressions sexuelles pour augmenter ses subventions gouvernementales.

Avec ce livre, je veux dénoncer ces arrestations pour nous faire taire, comme si le fait d’être pédéraste nous empêchait de réfléchir à autre chose que notre petit pénis et nous enlevait le droit d’être politisé.          

Les fascistes condamnent, méprisent tous ceux qui ne pensent pas comme eux.  Qu’ils réfléchissent, c’est croire aux miracles. Donc, je suis pédéraste et le fait d’en parler justifient leur devoir de m’écraser, car, c’est un sujet tabou.  

En soi, faire de la prison pour vivre ce que tu crois, n’a rien de déshonorant.  Pierre-Elliot Trudeau disait : qu’il ne faut pas obéir aux lois qui sont contraires à ta conscience.    
 
La raison pour laquelle j’ai écrit ce livre d’abord sous le titre Voyage au bout de ma folie était tout simplement de dénoncer la situation politique parce que je croyais et je crois encore, même si cela a moins d’importance, que c’était une condamnation politique. 

Je voulais montrer la saleté de notre système qui se prétend juste.  Je voulais faire connaître mon côté de la médaille.  La sexualité est ce qu’il y a de plus politique

Il s’agit d’une majorité qui impose sa morale unique aux autres dans le but de créer un esprit d’asservissement car, avec la morale actuelle, ton corps est une saleté quand tu vis ta sexualité en dehors de leurs normes. Tout ce langage d’abomination employé pour décrire les procès n’a que pour fonction de détruire l’individu qui ose penser autrement qu’eux.

 Mon écriture est un moyen de transcender la censure.  
 Je ne suis pas très fier de la qualité de ce livre, car j’ai voulu écrire comme avec le nouveau roman, tout en facilitant la lecture et les choix en introduisant des «*» qui permettent de connaître d’avance le sujet.  Ceux qui ont lu mon manuscrit y ont surtout vu l’expression de la névrose.

Je devrais retravailler ce texte autrement, car je pense que le fond mérite que je le recommence de manière à le rendre plus vivant, plus digérable. En aurais-je le temps ?           
Là, où la société est perverse, c’est l’intensité avec laquelle elle t’oblige à vivre contre nature. 

Depuis, je n’ai pas le droit de faire la seule chose que j’adore et que je réussis bien : soit enseigner, même si on s’arrache les cheveux pour trouver du personnel.  On engage même des gens qui n’ont aucune qualification, comme si l’ignorance était moins dangereuse que la pédérastie.  Il me semble qu’avoir enseigné durant 15 ans, sans qu’on puisse me reprocher quoique ce soit, me donne le droit de continuer de servir mon pays, le Québec.  Mais, on préfère protéger les pénis plutôt que les cerveaux.            

À cause des fautes laissées quand je réécrivais mes livres, je me dois de les corriger avant de pouvoir les remettre en circulation, ce que je ferai en ayant une nouvelle page Les éditions du temps, Québec. Je ne sais pas quand puisque je suis trop pauvre pour pouvoir me payer un ou une correctrice et ainsi avoir du temps pour des recherches et de nouvelles créations…  Mais ça viendra.    

Lettre au Parti Québécois 

La gouvernance indépendantiste.

Plusieurs remettent en cause la gouvernance souverainiste parce qu’on porte un jugement d’intention sur les dirigeants du Parti Québécois. Peuvent-ils se tenir debout ? Si les gens du Québec ne veulent pas d’un référendum immédiat que devons-nous faire ?  

C’est un fait que la gouvernance souverainiste ne doit pas être un nouveau moyen pour entretenir des carrières politiques indépendantistes éternelles.  Le Québec deviendra un pays au cours des prochains dix ans ou disparaîtra ainsi que le français. Je suis absolument d’accord avec M. Duceppe sur ce point de vue.

Si M. Harper nomme des députés supplémentaires en dehors du Québec, nous n’aurons plus rien à dire à l’intérieur du Canada.  Nous serons sans influence.  Le Parlement du Canada pourra passer toutes les lois, malgré toutes les objections du Québec. Québec ne sera plus qu’une donnée administrative.        

La gouvernance souverainiste n’a aucun sens si elle ne signifie pas qu’avec le PQ, en prenant le pouvoir, l’Assemblée nationale deviendra l’institution dominante au Québec. Les décisions n’appartiendront plus au fédéral, à la Cour Suprême ou à la reine ; mais à l’Assemblée nationale.  Le Québec refusera les intrusions de toutes les instances extérieures. Nous créerons un gouvernement responsable. C’est la même lutte qu’en 1837.

Par exemple, si l’Assemblée nationale décide qu’on rétablit la loi 101 dans son intégrité, le fédéral, la Cour Suprême ou quelques autres instances extérieures n’auront rien à dire. La loi 101 sera rétablie que le fédéral et ses institutions aiment ça ou pas.        

Les dirigeants seront prêts à la désobéissance civile par rapport au fédéral, s’il le faut, pour obtenir ce respect minimum du Parlement de Québec.

Le Parlement du Québec sera l’instance suprême pour le Québec et Ottawa ou la Cour Suprême n’auront rien à dire dans nos décisions.      

En fait, la gouvernance souverainiste ne doit pas être un moyen de gagner du temps, mais le rempart contre les méthodes fédérastes de nous aliéner en attendant d’être un pays. C’est le moyen de dire catégoriquement : nous sommes les seuls maîtres à bord au Québec.         

Le Québec n’a pas à respecter la nouvelle Constitution canadienne, puisque nous ne l’avons jamais signée. D’une manière, nous sommes déjà séparés, il ne nous reste plus qu’à signer les papiers.        

D’autre part, d’ici le prochain référendum, il est essentiel de faire accepter la loi sur la citoyenneté québécoise qui fixera les règles pour que l’on ne nous revole pas notre autonomie encore une fois.  Il faut s’assurer que la GRC ou les services secrets ne manipulent pas les événements.

Nous avons une Constitution à écrire. Nous avons tellement de travail à faire pour créer un projet de société emballant qu’on n’a pas le droit de perdre notre temps dans des chicanes qui n’en finissent pas.             

Que Madame Marois ou une autre personne soit le chef, ça ne change rien à notre devoir de solidarité. Il faut cesser de s’entretuer pour faire de la politique avec un grand V.  Notre but doit être unique : créer la République démocratique du Québec par tous les moyens pacifiques.

Les Anglophones ont l’intelligence d’être solidaires. Pourquoi ne le pourrions-nous pas aussi ? Ce sont des changements essentiels pour avoir un référendum gagnant. Et, l’indépendance ne se fait qu’à partir de deux moyens : un référendum ou la révolution. Et, le Québec sera toujours démocratique.  Il ne reste plus qu’un moyen. On oublie facilement qu’on a gagné le referendum de Charlottetown et que le dernier n’a pas été perdu, mais volé par les fédérastes.        

Évidemment, tout sera inutile si on continue à s’entre-déchirer. On mettra au pouvoir Charest ou Legault (création médiatique) qui ne veut rien savoir du pays du Québec.      

L’indépendance n’appartient pas un individu ou à un parti politique, c’est un besoin qui naît dans l’âme d’un peuple.  L’indépendance devrait être la priorité des priorités d’ici les prochaines élections, car pour tenir un référendum, il faut d’abord prendre le pouvoir. 

Il faut une coalition de tous les indépendantistes. Chaque geste d’autonomie est un pas vers l’indépendance.           

L’indépendance est au-delà des égos, des partis politiques, c’est le moyen pour se réaliser comme nation.            

Le projet d’indépendance ou la création de la République démocratique du Québec doit être le seul enjeu, le lien qui nous unit. On se chicanera sur les virgules ou qui sera le chef après avoir remporté le referendum et réaliser notre indépendance.

Mon ami Raoul Roy, l’écrivain, disait que déléguer le projet d’indépendance dans les mains d’un parti politique, c’est le tuer.  Il faut revenir au temps ou l’indépendance était l’affaire de chacun. L’unité se retrouve à travers l’action. L’indépendance est le projet collectif à réaliser d’urgence.           

À l’époque du projet de l’aéroport de Drummondville, j’ai appris que même économiquement le Québec est méprisé par le fédéral simplement parce que dans la tête des fédérastes les québécois sont des idiots.           

Le racisme systémique, il est là.   
Magog
Fin de la révision

22 août 2011

Spirale intraprojective 41

octobre 16, 2020

Spirale intraprojective  41

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 397 à 408)

*   *   *   *   *   

Si les Talibans arrivaient à élargir leur pouvoir, ce seraient la pire race de tortionnaires, car les fanatiques religieux sont incapables de penser en humains.  Des fanatiques, c’est toujours dangereux.  Ils sont prêts à tuer quelqu’un qui ne pense pas comme eux, et pourtant, leurs connaissances datent toujours de l’antiquité de l’histoire.  Ils refusent d\’évoluer parce qu’ils perdraient le contrôle sur ceux qu’ils dominent. 

La Charia est une forme d’intolérance qui tient du délire.  Par contre, la religion musulmane non fanatique est tout aussi bonne, toute aussi valable que tous les autres religions.  C’est un outil de réflexion pour s’améliorer soi-même.  Le problème avec les religions, c’est qu’elles rêvent toutes de dominer le monde.             

La folie consiste à croire qu’un dieu, illimité, immatériel perd son temps à venir nous dire comment agir et à essayer de contrôler notre sexualité.  Comme si Dieu avait du temps à perdre avec notre sexe.  Dieu est rien d’autre que de l’énergie ou il n’existe pas.  Le Coran, sauf certains passages, vaut bien les Évangiles. C’est un appel à la charité et à la miséricorde, à une recherche de la Sagesse.   Du Coran, je retiens principalement qu’Allah (Dieu) est d’une infinie Miséricorde.  Mais, à cause de la répression sexuelle, les religions d’amour se vautrent dans les histoires de péchés où les femmes sont le diable-tentateur et l’homme le serpent qui a toujours l’aiguillon aiguisé, incapable de résister dès qu’il voit un trou où se planter.

Les religions ont toutes le défaut de refuser d’évoluer.  C’est pourquoi l’essence spirituelle d’une religion est un droit fondamental individuel ; mais les règles religieuses, les morales, sont toutes pernicieuses, car elles rejettent la nature humaine dans ce qu’elles ont de plus beau et de plus laid. 

Les religions créent l’esclavage mental, le déni de la sentimentalité et de chair.  Les religions n’ont aucun cran d’arrêt quand elles deviennent fanatiques, quand elles mêlent la religion à la politique.   Elles deviennent une recherche effrénée du pouvoir.  Un pouvoir qu’elles obtiennent toutes par la peur.

Selon l‘écrivain Raoul Roy, le nouveau FLQ était un instrument de la go-gauche, donc du fédéral, ayant pour but de discréditer le Parti Québécois.  Ce qui était vrai au sein du Parlement du Québec, car les libéraux à la moindre occasion s’empressaient de dire qu’ils n’avaient pas, eux, les mains tachées du sang de Pierre Laporte.  Cependant, si la version que j’ai fait connaître plus tôt, est exacte, c’est le fédéral, dans un excès de paranoïa qui est la cause de la mort de Pierre Laporte. Voulait-on le faire taire définitivement ?         

Par contre, personnellement, je ne crois pas que les Rose soient des flics ou des indicateurs. C’est impossible, mais je sais que Paul est un fervent admirateur de Cuba. La crise d’octobre semble avoir le même scénario que les attentats du World Trade Center de 2001. Les autorités savaient tout, mais n’agissait pas pour trouver une solution, autre que son programme. C’est incroyable, voire impossible, que les agences américaines sur le territoire des USA aient mèche à voir avec ce qui s’est passé.  Cependant, tout indique qu’ils ont laissé faire, qu’ils se sont enlisés dans leurs guerres internes plutôt que de réagir à temps. 

Le meurtre de Pierre Laporte était probablement un cadeau divin si on est fédéraste, car elle devint l’argument principal à la lutte contre l’indépendance, durant de nombreuses années.  De plus, l’enlèvement de Pierre Laporte a servi à justifier les mesures de guerre comme les évènements de 2001 ont justifié la guerre en Irak et en Afghanistan.          

Les familles de Ben Laden et Bush trempent toutes les deux dans le pétrole. Elles étaient d’ailleurs d’excellents amis.  Ben Laden était peut-être la bête noire de la famille, il était quand même le négociateur dans cette partie du monde tandis que les Bush (Républicains) s’alimentaient aux caisses des grandes pétrolières.  Les négociations ont échoué et le grand Ben a piqué sa colère.  Il a profité de l’enseignement musulman fanatisé pour entreprendre sa guérilla avec les États-Unis.  Il croyait que s’il avait pu avoir la peau de la Russie, il aurait bien celle des USA.  Il a organisé son attentat ou du moins ceux qui l’entouraient.  Et vlan les services de sécurité ne bougent pas, car, le système capitaliste est en train d’éclater et, comme on disait dans le temps « il faut une guerre pour permettre à l’économie de se remettre sur pied.»  New York. La cible idéale à cause de ses symboles.

Je ne suis pas savant, mais c’est ainsi que je comprends ce que j’ai lu à travers les journaux et entendu dans les informations.  Suis-je malade de les en croire capables?  Bush en est rendu à vouloir que les États-Unis fassent des guerres préventives. Le diable danse sans son assiette. Il croit aveuglément à la Bible…          

Dès lors, le système peut tout.  L’argent pour l’armée et la sécurité coule à flot.  On mise sur la permanence de cette guerre régionale, mais le grand Ben disparaît ou meurt.  Que faire pour entretenir la peur sinon de partir à la recherche de tous ses lieutenants à travers le monde ? Faut-il, pour avoir un peu de crédibilité, lui nommer un successeur.  Pourquoi pas son fils?  Ou créer des cassettes « Ben Laden », utiles à toutes les fois que les ardeurs paranoïaques s’estompent aux USA.  

Le pire, le serpent-dragon Ben Laden est le même personnage que Saint George Bush. Ils sont aussi fous l’un que l’autre, aussi fanatiques.  Ils sont les porte-paroles des pétrolières.  Ces compagnies, surtout en Afrique, n’ont pas hésité à tuer directement ou indirectement plus de 1.5 millions d’individus pour assurer leur rentabilité, en guerre directe ou indirecte ou en répressions de tous les genres…

C’est une guerre entre les équipes d’espionnage de chaque état.  Une guerre pour mettre la main sur les énergies, plutôt que reconvertir la production.      

Les États-Unis sont le bras armé ; alors que l’Angleterre est le système économique, le système commercial, donc ceux qui empochent avant la distribution.  Israël et la Russie essaient d’en tirer leurs bénéfices : l’eau et l’or noir, le veau d’or.  Il est presque dorénavant impossible de sauver la planète, nous allons un jour aboutir à une nouvelle guerre mondiale parce qu’on ne partage pas la richesse et les énergies dont les gens ont besoin pour survivre.            

Il aurait fallu un gouvernement mondial planétaire qui existe en fonction des besoins de l’homme et non de l’économie… Ça aurait dû être le rôle des Nations-Unis, mais la composition et le droit de véto des grandes puissances en consacrent l’échec.        
 C’est fou de croire que l’incident du World Trade Center a été créé du début à la fin par les dirigeants supérieurs du système financier pour se sortir de l’impasse.  C’est pourtant la seule logique possible.  L’arrivée du premier ministre d’Israël le confirme.  Tout est fait pour tuer toutes les possibilités de paix.         

Tout le monde sait que si on veut obtenir la paix, La Palestine doit être un pays indépendant au même titre qu’Israël.  Quand Israël s’étend au dehors de ses limites, il envahit la Palestine comme la Russie envahit la Tchétchénie.  Que les fermiers israéliens soient plus vaillants que les palestiniens, ça n’a pas d’importance, ils ne sont pas chez eux. 

Par contre, la Palestine doit cesser d’être hostile à Israël.  Les guerres de religion, c’est dépassé.  Qu’ils le veulent ou non, ils seront toujours des voisins.  Israël comme la Palestine sont là pour y rester. 

Jérusalem devrait échapper au fanatisme religieux en devenant un territoire des Nations Unies, un lieu qui n’appartient ni à Israël, ni aux musulmans, ni aux catholiques, mais à l’humanité.  On devrait pouvoir circuler partout en sécurité au-delà des revendications religieuses, sinon on peut se demander si on peut évoluer quand on est le moindrement fanatique religieux.  

À ce compte, le fanatisme religieux devrait être mondialement considéré comme un crime contre l’humanité, un crime beaucoup plus dangereux que la liberté sexuelle individuelle.         

Jérusalem doit être un territoire international qui échappe à toutes les religions et on devrait apprendre à être assez intelligent pour reconnaître l’importance de ce territoire pour toutes les religions. 

Jérusalem doit être comme le Vatican, un état en soi, protégé par les Nations-Unis pour ne pas être la cible des fanatiques. 

Un catholique vaut bien un protestant ou un musulman ; mais aucune religion ne mérite ce nom si elle n’a pas l’intelligence de reconnaître aux autres le droit d’exister dans la différence.     
 La lutte aux terroristes sert de prétexte pour justifier toutes les guerres dans leur absurdité et leur horreur.        

Nos populations n’ont pas encore compris que nos chefs sont une bande d’illuminés par le pouvoir, des disciples de l’économie et les maîtres d’un système où la vie des individus n’a aucune valeur.  Le seul moyen de combattre le pouvoir militaire serait de cesser d’y verser des argents, en exigeant que nos taxes servent l’intérêt de la nation avant celui d’une poignée de profiteurs de plus en plus irrespectueux de la vie et de la survie de la planète.

Ces guerres ne nous regardent pas.  Mais on est assez fous pour les subventionner indirectement.  Il est évident qu’il est plus affreux de vivre sous un régime Taliban que de vivre aux États-Unis ; mais ce n’est pas une raison pour s’entretuer.  Qui finance les Talibans ? 

Les sionistes et les musulmans radicaux devraient comprendre que les règles de vie qu’ils ont créées sont parfois de la dictature et de la bêtise.  Si un écrivain ne peut pas écrire concernant une religion sans être menacé de mort, c’est que cette religion ne vaut pas grand-chose, car elle ne peut pas sans tuer soutenir la preuve de ce qu’elle dit.  Le fanatisme religieux est une maladie mentale au même titre que la schizophrénie.         

Jérusalem prouve seulement, faute d’être un territoire international pour éliminer toute violence, sous contrôle de l’ONU, que les religions conduisent à la violence, donc, qu’elles n’ont rien de divin.      
     
 *   *   *  *   *   

Les religions sont le ciment de nos civilisations.  Malheureusement, les blancs ont toujours cru que les étrangers n’étaient pas des humains parce qu’ils ne partageaient pas la même foi. 

Les religions ont ainsi donné naissance au racisme et à l’esclavage.  Cette ségrégation est tellement ancrée en nous qu’elle existe même entre les noirs eux-mêmes.  Ceux d’Afrique sont moins bien vus que ceux d’Haïti parce que ces derniers ont la peau un peu moins noire.  Et les blancs continuent de se penser la race supérieure.  Quelle folie !          

Le vrai problème ne touche pas la foi religieuse, mais d’accepter la pauvreté sur cette terre.  La pauvreté ne peut exister que s’il n’y a pas d’instruction et d’éducation.  Il serait impossible de maintenir des foules dans la haine, si elles avaient les moyens de vivre décemment.   
 Au nom de l’économie, on est en train de détruire la planète

*  *

Depuis que l’on a monté «mon procès» pour m’empêcher de parler et d’agir, même si je venais de démissionner de la Société Nationale des Québécois, j’ai appris que le mal existe, que la haine est possible et que mon monde sans violence dans lequel je veux croire est probablement l’utopie humaine idéaliste la moins réalisable.       

Aussi, chaque fois que mon jeune punk se ramasse en prison, j’y vois un nouveau moyen de me forcer à me taire.  Paranoïaque, possible ; mais par hasard dès que je me livre à la politique ou il lui arrive quelque chose ou je me fais frapper.  Les coïncidences sont tellement multiples que c’est très difficile de ne pas faire un lien entre mon engagement politique et les raclées qui surviennent.  C’est peut-être stupide d’y voir des liens.  Mais, de l’avis de son avocat, ce qui peut arriver de mieux à des jeunes comme lui pour la société, c’est qu’ils se suicident en prison.  Comment voulez-vous vivre en paix quand vous entendez de tels commentaires ? On vous les répète de toutes les façons, mais, vous, vous l’aimez encore, vous voulez que rien de mal ne lui arrive.  Vous mourrez de peur juste à y penser.  Comment ne pas se révolter contre une morale d’assassins de cette espèce.  Aujourd’hui, c’est l’argent qui mène tout.

En me condamnant, on savait très bien que je n’aurai jamais un nouvel emploi qui me permettra de vivre décemment. 

Les travailleuses sociales me conseillent de tout laisser tomber, de ne plus m’occuper de lui.  C’est un cas trop lourd.  Ce n’est pas de ma faute, je n’y peux rien, je l’aime encore trop pour le laisser aller mourir dans la rue. 

Le bien-être ne permet même pas de trouver pour lui un logement décent.  Les logements pour personnes seules sont absolument crasseux, désuets et à des prix de fous.  Le gouvernement entretient cette misère avec sa maudite morale de bourgeois.  Il se donne bonne conscience en prétendant qu’il aide, ceux qui veulent s’aider.    

Publier ce livre et  que le jeune soit en forme à sa sortie de prison, me permettra peut-être d’obtenir la preuve que je me fais des idées.

J’ai toujours peur que mes idées, mes actions politiques engagent les autres, à cause de moi.  J’adore mes jeunes et j’ai affreusement peur que mon engagement les rende le moindrement malheureux.           

Mon problème est de croire que je suis complètement responsable de la vie de ceux que j’aime.  J’en ai probablement une parcelle, mais je n’ai rien à faire avec les décisions de base.           

Mon impuissance face au suicide de Rouhed aurait dû m’enseigner que notre responsabilité dans la vie ou la mort d’un autre est très limitée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’aider dans la vie, mais je me reproche encore de n’en pas avoir encore assez fait.  Même si notre relation fut absolument sans sexe, certaines personnes ont eu la saleté de prétendre qu’il aurait pu y avoir une forme de relation cachée. 

Rouhed savait que je suis pédéraste, il ne l’acceptait pas pour lui, mais il ne m’en a jamais fait le reproche.  Nous devions d’ailleurs écrire un livre ensemble : Mon père est un pédéraste.Nous voulions montrer la beauté d’une telle amitié et toute sa pureté.  Je le manque encore, malgré les ans.  Il s’est suicidé en 1994, soit peu de temps avant mon procès.  Mathieu est-il apparu grâce à cette peur qui m’habitait, ce désir de tout faire pour empêcher un autre drame du genre ?       

La prison et la mort de Rouhed m’ont appris que le mal, la haine et la douleur sont des réalités.  C’est difficile à accepter, mais c’est une vérité avec laquelle il faut apprendre à vivre.

Un an plus tard, la police de Val-d’Or retrouvait chez moi une photo de mon bon ami Marc et d’un petit Éthiopien qu’il aimait.  Quand on a voulu le faire chanter, pour sauver ses cirques, ses réalisations, il ne l’a pas pris et s’est suicidé pour sauver son œuvre. Il avait écrit que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre. 

Je sais qu’il a été victime de chantage.  J’ai dénoncé la manière dont les médias se servaient de ce fait, mais Radio-Canada a prétendu que Marc était relié à un réseau de pédophiles, ce qui est à mon avis complètement stupide. Marc a toujours été un pédéraste comme moi, c’est à dire très soucieux de la liberté des jeunes.  Il était trop sensible pour accepter de faire le commerce des enfants.  Ils les aimaient trop pour cela.  Je crois qu’il était comme moi, qu’il aurait été prêt à sacrifier sa vie pour le bien de ces petits amants, pour leur épargner la misère.    

Tous les pédérastes que j’ai connus tenaient à cette règle sacro-sainte du           « retiens-toi, tant que le jeune ne soit d’accord pour éviter qu’il soit blessé par cet amour ou perturbé d’une façon ou d’une autre».  Cette obligation morale nous hantait tous.  Le «oui» du petit.  Qu’il y découvre du plaisir et un moyen d’émancipation.  Comment peut-on dans ce cas accepter l’esclavage des enfants?  Nous nous connaissions.  Nous connaissions, parfois avec jalousie, les petits amants de nos amis, mais il n’y avait aucun réseau, il n’a jamais été question d’échanges, encore moins de commerce.  Est-il illégal d’être amis parce que nous sommes des pédérastes ?  Est-ce parce que tu es ami avec quelqu’un que vous formez un réseau ? 

Sur le plan sexuel, notre société est devenue complètement folle depuis qu’on a introduit la notion de pédophilie

Les femmes en particulier ne vivent plus que dans la peur et l’exagération.  Elles n’écoutent pas ce qu’en pensent l’enfant, elles projettent leurs scrupules. Il ne faut plus s’aimer.  

La liberté d’un pédéraste qui n’a pas peur de s’affirmer comme tel est extraordinaire, car il vit de sa vérité et la beauté d’un amour-passion.  Mais, c’est socialement l’enfer à cause de la jalousie qu’engendre cette liberté. Pédéraste, tu risques la prison à tout moment… La société est une GESTAPO.

Je ne devais pas être libéré durant la période des fêtes parce que la loi sur la clarté de Stéphane Dion n’était pas encore acceptée au parlement.  On m’a dit que «mon élu», le gardien responsable de moi, a mangé une tonne de réprimandes parce qu’il avait obtenu que je puisse aller passer les fêtes de Noël chez moi, avec ma mère. Elle a 90 ans et elle fait encore du bénévolat.  Une merveille de maman.  Plus admirable, c’est impossible.         

J’étais certain qu’avec tous leurs mensonges, je ne sortirais pas vivant de la prison.  On m’a dit qu’on craignait que ma présence soit publicisée et que l’on fasse de moi un martyr, surtout après m’être auto-proclamé prisonnier politique.        

Tous mes droits d’écrivain ont été écrasés.      
Personne– ni la Commission des droits de la personne, ni l’Association des écrivains, l’UNEQ — n’est intervenu pour faire admettre que L’HOMO-VICIÈR est un livre de pure fiction.  D’ailleurs, l’Homo-vicièr a été confondu dans mon présententiel avec un livre de Jean Ferguson, sur l’histoire des pets. Rien d’illégal et assez drôle.  Après, on nous dit qu’il est interdit de condamner des livres, à moins qu’ils ne nous incitent à la violence.  Ce n’est pas le cas, loin de là.  On veut garder les jeunes dans la même ignorance de la sexualité que nous.  L’omerta totale.           

Notre Justice est fondamentalement pourrie.  Elle repose sur la notion de punition plutôt que de réhabilitation.  En promouvant la violence : plus tu es bandit, plus tu es quelqu’un de bien.  Même nos gouvernements ont, sous prétexte de gérer le pays, inventer des taxes et impôts pour nous exploiter, nous écraser.  Nos lois créent, en voulant contrôler nos vies privées, le gangstérisme.  Aucune loi sur la sexualité non violente ne peut justifier son existence. 

Je pensais que l’écrivain Raoul Roy était fanatique quand il disait que la go-gauche est fédéraste.  J’ai appris que c’est vrai. 

Le meilleur moyen de tuer l’indépendance est de nous faire oublier que nous sommes francophones.       

Même si les fédérastes essaient de nous faire croire que pour sauver la francophonie, il faille rester à l’intérieur du Canada, il suffit de regarder ce qui arrive au français en Ontario pour comprendre.  Le français est devenu folklorique.  Il est même inutile de s’arrêter à la hantise du fédéral et de la Cour suprême pour détruire la loi 101 au Québec, ce qui fait que le fédéralisme est au contraire le moyen par excellence pour faire disparaître le français en Amérique.

Le Canada est un pays anglais qui est assez opportuniste pour vouloir bénéficier du marché francophone mondial. Ce n’est pas pour rien que les activités de la francophonie internationale se déroulent surtout en Acadie, à Ottawa, plutôt qu’au Québec.  Ottawa veut prouver, justifier sa place dans la francophonie et pouvoir décrier sur un plan international la pensée indépendantiste.  Le fédéral prépare déjà le prochain référendum alors que le Parti Québécois se poigne le cul, comme d’habitude, particulièrement dans le domaine des communications.      

Étant pédéraste, je suis condamné à ne plus avoir le droit de penser et de dire ce que je veux… je ne suis rien et je l’assume.  Dans notre société, être pédéraste  c’est être pervers alors que pourtant c’est une orientation sexuelle qui cherche encore plus le bien des jeunes que bien des familles hétérosexuelles.     

La pédérastie est une reconnaissance du droit d’un jeune à être ce qu’il est c’est-à-dire un être sexué.  Le pédéraste croit qu’un jeune peut décider de sa sexualité.

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Le prochain référendum sera extrêmement rapide.  Il aura pour question : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?  On ne peut plus ajouter dans la question « à l’intérieur d’une fédération canadienne à l’européenne », car avant même de le dire, les anglophones du reste du Canada crient NON. Pas question de renouveler la constitution, tout a été fait pour rendre cela impossible.

Le Québec et le Bloc doivent faire connaître le vocabulaire et les nuances aptes à faire comprendre aux plus orthodoxes,  d’un bord ou de l’autre, que d’une manière ou d’une autre, le Québec et le Canada seront appelés après l’indépendance à s’allier dans différents domaines.  Mais, si on ne peut pas le négocier sans passer par un référendum, c’est bien parce que le Canada ne veut rien savoir du Québec.       

Depuis que le Parti québécois a repris le pouvoir, rien n’est fait pour préparer l’indépendance.  La population veut un bon gouvernement quand nous serons un pays, mais avant de choisir le gouvernement qui prendra en main les rênes du pouvoir, il faut d’abord être indépendant.  Les indépendantistes (même moi) nous devrons apprendre à parler et respecter les fédérastes qui, eux, devront apprendre que le Québec est aussi leur pays.         

Les partis politiques en étant aussi nombrilistes et profiteurs ont réussi à tuer la notion de « politique» et ils l’ont remplacé par intérêts de partis, par politicaillerie.  L’indépendance est une révolution pacifique, anarchiste, qui évolue grâce à l’éducation.          

L’importance de l’impartialité des médias d’information est cruciale.  Aucun média du Québec ne devrait être possédé par quelqu’un de l’extérieur du Québec.  Ce fut la première chose que les jurassiens ont compris.        

Mon ennemi politique pendant que j’étais en prison, Stéphane Dion, a été nommé le défenseur de la francophonie.  Le fédéral s’est toujours servi de québécois de service pour écraser hypocritement le Québec.   

La francophonie en dehors du Québec est folklorique.  Sudbury est le centre par excellence de la francophonie ontarienne et tu ne peux même pas amener tes élèves en immersion française dans cette ville parce que ce que ce n’est plus assez francophone.  Parfois,  les anglophones ont des comportements carrément racistes.  Peut-on aider les francophones hors-Québec sans nuire au Québec ?  Ils nous ont abandonné au dernier referendum tout comme la France l’avait fait en 1789. 

René Lévesque avait raison.  La nouvelle confédération canadienne doit inclure une clause sans laquelle les Francophones et les minorités, dans les autres parties du Canada, devront être traitées exactement ou mieux que les Anglophones du Québec. Pourquoi n’affiche-t-on pas en français et en anglais partout au Canada comme à Montréal (où le français doit être prépondérant), si le Canada est le pays bilingue qu’il prétend être ? 

Une nette prépondérance du français permet de constater que le Québec est francophone.  Si les commerçants n’ont pas l’intelligence de se conformer à cette loi linguistique minimale, ils n’ont qu’à en subir les conséquences (une amende).  En Ontario, gare aux francophones assez fous pour afficher en français.  Ils n’auront pas la police des langues sur le dos, mais le lendemain ils n’auront simplement plus de commerce.  Nous sommes plus tolérants et c’est nous que l’on accuse d’être racistes.      

Nous devrions organiser des manifestations pour protester contre ceux qui ne respectent pas la loi de la langue française au Québec (loi 101)  et même organiser le boycottage de leurs produits.  L’unité et le nombre est notre seule force dans une perspective démocratique et non-violente.      

Comme peuple, nous ne sommes pas assez fiers pour respecter notre culture francophone, nous nous laissons envahir.  Un peuple qui n’a pas assez de couille pour défendre son identité ne mérite pas d’exister.  Par contre, ce mouvement doit venir de la base.

On ne fait pas une révolution, encore moins pacifique, en petit nombre et sous l’impulsion d’une bourgeoisie qui ne sait pas ce qu’est le peuple.  Quand on est au pouvoir, le pouvoir et l’argent font vite oublier tes origines.           

Il est avantageux sur un plan individuel de connaître plusieurs langues, mais il est aussi vrai que le Québec et ses institutions doivent être unilingue français.  Cela n’exclue pas l’humanisme, même si Durham voulait, lui, nous faire disparaître pour notre bien. 

D’ailleurs, aucun immigrant ne devrait être reçu au Québec sans connaître le français et l’histoire du Québec au préalable.  On devrait aussi s’assurer que l’immigrant ait un emploi et que ses diplômes soient reconnus avant d’arriver.  Ce n’est pas parce que pour quelques années nous serons très sélectifs que notre économie va s’effondrer.  Mais, le fédéral ne nous assimilera pas si nous n’avons pas d’immigrants.  Le Canada est assez grand pour recevoir ceux qui ne veulent pas du français du Québec.       

Pendant qu’on perd notre temps à défendre l’unilinguisme dans l’affichage, les Anglophones mènent eux le combat là où ça compte : au travail, à l’école et à l’immigration.

Sur le plan culturel, je reçois dix fois plus de droits d’auteur du fédéral que du Québec, est-ce normal ?           

Pendant qu’on se dispute sur l’affichage à savoir qui est le plus raciste ; comme si l’immigrant qui nous rejette parce qu’on est francophone ne l’est pas, les Anglophones se battent pour que l’anglais soit la langue de travail.   

Au travail, il est de plus en plus impossible de travailler sans être bilingue.  La télévision est devenue le véhicule des valeurs américaines et le français est au poteau.

Rien est fait pour créer une culture authentiquement québécoise ; ni même canadienne puisque les anglophones se contentent de la culture américaine.  Nos deux expressions culturelles ignorent ce que l’un et l’autre fait.    
Il ne s’agit pas de se fermer au monde, bien au contraire, un Québec moderne doit être à la recherche de ce qui se fait de mieux au monde pour l’adapter à ses besoins, tout en étant créatif pour nourrir son aspiration et son appellation de terre de liberté et de progrès. 

Un Québec moderne doit se tourner vers l’avenir et rayonner à l’échelle planétaire. 

Un Québec moderne doit être à l’avant-garde du monde planétaire qui naît grâce aux communications.           
Sur le plan culturel, de notre identité, il est anormal qu’il faille se prostituer au fédéral pour avoir quelques miettes de survie.  Financièrement, c’est l’enfer, je ne perçois aucune aide du Québec pour continuer de produire (même si j’ai déjà participé à la création d’au moins 20 livres) parce que j’ai osé dire que je suis pédéraste, ce qui n’est pas politically correct

La révolution, c’est d’abord de vivre libre et dans la non-violence.     
Je ne suis pas un écrivain commercialement rentable, donc, je ne percerai pas.  Je paye pour mes deux obsessions : la pédérastie et l’indépendance du Québec. 

Je refuse comme Galilée de nier l’un et l’autre.  J’ai peut-être tort ?  Je suis peut-être qu’un malade mental.  Un paranoïaque !  Quelle importance cela a-t-il?  Un malade mental c’est simplement quelqu’un qui n’est pas sur la même longueur d’ondes que les autres.  Il y a des milliers d’itinérants qui sont exactement comme moi.   

Avec les idées de la go-gauche, comme dirait Raoul Roy, le père socialiste de l’indépendance, nous courrons directement à l’assimilation puisque l’on cède notre âme.  Nous ne pensons qu’à la rentabilité.  La souveraineté ne se fera jamais si les milieux culturels, littéraires ne communiquent pas l’espoir d’avoir un pays à nous, d’être individuellement une cellule vivante de ce nouvel être : le Québec. 

Si le Canada ne devient pas une véritable confédération, nous devons avoir assez de couille pour devenir unilatéralement indépendant, malgré le Canada et les États-Unis.        

La création d’un pays, c’est l’émergence de l’esprit à travers un nouvel espace comme dirait Teilhard de Chardin dans Le phénomène humain. Le Québec n’existera pas tant qu’il n’existera pas d’âme québécoise.                 

C’est pourquoi le fédéral prend tous les moyens pour prouver aux Québécois qu’ils ne sont rien. Cela est vrai que dans la mesure où nous n’aurons pas le courage de nous débarrasser du fédéral. 

Nous n’avons pas besoin de deux paliers de gouvernement pour nous exploiter. 

Le but de notre culture doit être l’accouchement d’un pays et par la suite son émancipation et son rayonnement.
  

Nous avons déjà un rayonnement qui déborde largement nos frontières et prouve la richesse de nos capacités créatives.  Nous ne créons pas un pays pour les autres, mais pour nous tous.  Plutôt que de cracher sur le Québec, nous devons prendre conscience de notre fantastique évolution depuis 1960, une évolution dont on doit être fier.       

Cette évolution n’est pas sans demander une prise de conscience profonde de ce que nous sommes.           

Notre esprit colonialiste tient de notre insécurité bien humaine, individuelle, de ne pas savoir qui l’on est, un phénomène planétaire, et d’avoir accepté de se faire laver le cerveau par les religions (à ne pas confondre avec la spiritualité) 

Spirale intraprojective

octobre 15, 2020

Spirale intraprojective  40

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 385 à 397)

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Le problème avec le système de justice , c’est qu’il a le droit de mentir ou de te prêter des intentions comme si les policiers savaient mieux que toi ce qui tu pensais ou que tu penses dans chaque cas particulier.  Pourtant, la Justice exige que l’on tienne compte de la VÉRITÉ, mais ce n’est pas le cas.  Si on cherchait la vérité, les verdicts seraient tout à fait différents.          

Par exemple, la deuxième fois que j’ai été accusé,  la police avait monté un dossier selon lequel , moi et la femme avec laquelle je vivais en compagnie de ses deux enfants, nous avions acheté des friandises et amené les jeunes à des jeux vidéo pour obtenir des faveurs sexuelles.  Ni moi, ni elle n’avions jamais pensé à un tel scénario, lequel est complètement à l’opposé de ce que l’on pense parce qu’un tel geste aurait été une manipulation contre les jeunes et que dans notre tête, les adultes n’ont pas le droit de manipuler les jeunes, mais doivent au contraire respecter l’évolution de leur conscience personnelle. 

Nous avions simplement décidé d’amener les jeunes amis de nos enfants pour leur faire plaisir ainsi qu’aux nôtres.  Une telle malhonnêteté intellectuelle est tolérée, même encouragée dans le système.  On condamne des gens pour faux témoignages et la police fait en sorte de manipuler les gens pour prétendre que les accusés sont des salauds alors que leur tactique est absolument hypocrite et malhonnête.

Dans notre cas, ce qui est le plus surprenant, ce ne sont que les garçons qui furent interrogés, pourtant il y avait aussi des filles, mais leur témoignage aurait réduit les accusations et les extrapolations.  Heureusement, il y avait un jeune qui, je ne le savais pas encore, m’aimait trop pour mentir sans se sentir coupable.  Ainsi, il a affirmé en pleurs au juge qui a dû se récuser : je ne sais pas si ce que je dis c’est ce que la police m’a dit de dire ou si c’est ce qui s’est passé.  Belle justice ! Mon cul !

Père et policiers étaient au désespoir à la suspension de quelques minutes de mon procès repris avec un autre juge, car tous les jeunes à la barre des témoins affirmaient que je ne les avais pas touchés.  La fricaille et le paternel croyaient que j’allais m’en sortir et le père me menaçait de se faire justice si le juge me libérait.  Menaces de mort en compagnie de policiers, mais ça c’est permis.  La GESTAPO moderne.  C’était ne pas compter sur l’imbécillité du juge qui avait repris les accusations contre moi.  J’ai écopé de trois mois de prison pour avoir chez-moi, accepté de participer à un jeu d’effeuilleuse – je n’en avais jamais entendu parlé – appris par les jeunes en camping avec les services sociaux.  T’enlevais le morceau de linge pointé par celui qui menait le jeu et ce fut les culottes.  Je les ai baissées et je les ai remontées aussitôt.  WOW ! Quelle infamie.  Une telle stupidité!   Trois mois de prison pour ce geste.  Si ce n’est pas de la gestapo, je me demande ce que c’est.

Comment aurais-je pu respecter ce que je crois être normal, au point d\’envoyer les enfants dans une école libre, si je m’étais mis à agir comme si la nudité était un péché ?  L’excuse du juge débile fut : «Ce n’est pas parce que ça se vit ainsi en Europe que tu dois étendre ici cette mentalité. Tu n’as pas à enseigner tes valeurs à tout le quartier.»  Quel con !  Défendait-il le bien des jeunes ou la stupidité des règles du système qui sont là parce qu’elles sont là et qu’on ne peut même pas défendre une raison valable de les maintenir, encore moins d’en faire des lois.  
La sexualité des jeunes au Québec c’est mauvais, point à la ligne.  Toutes les découvertes médicales prouvent maintenant que c’est le meilleur moyen pour tuer l’estime de soi que de penser la sexualité d’une façon aussi archaïque que nous le faisons, mais il faut éviter surtout d’en parler.  Nos lois sont de plus en plus fascistes concernant la sexualité.            
En prison, j’ai fait valoir que la pédérastie doit être un droit non seulement pour ceux qui ont de l’argent ou du pouvoir.  La liberté sexuelle doit exister pour tous, sauf dans le cas de la pédophilie où la pénétration, la peur de l’étranger, peut être douloureuse et traumatisante.  La pédophilie n’existe qu’avec les enfants ayant moins de dix ans.  Ils sont donc incapables de juger s’ils aiment ou n’aiment pas la situation. Ils ne peuvent pas encore individuellement porter un jugement moral.  Par contre, si un enfant de cet âge ne peut pas choisir sa sexualité, je ne comprends pas qu’on le fasse choisir sa religion… Pour que la sexualité soit acceptable, elle exige la liberté de conscience.          

Quant aux pédérastes, ils ne s’intéressent qu’aux adolescents.  Ceux qui pensent notre morale oublient qu’à partir de l’adolescence, il y a une différence entre les hommes et les femmes quant à la perception de la sexualité.  Alors que chez les femmes, la sexualité est souvent identifiée à la douleur, au sang, au sale, chez les garçons, la sexualité est un souvenir de plaisirs fous. Je ne connais personne qui a trouvé douloureux sa première éjaculation.  Puisque les caresses conduisent à la pénétration avec une fille, les féminounes font la chasse aux tentations comme le faisaient les curés qui nous oppressaient avec leur morale de chasteté.  Les féminounes oublient que la pédophilie est plus souvent une situation hétérosexuelle alors que la pédérastie est un phénomène venant de la vie homosexuelle.

La plus grande ignorance consiste à croire que pédérastie est synonyme de sodomie, alors que c’est pour plusieurs la sodomie est un geste de bestialité.            

La pénétration est plus hétérosexuelle que pédéraste.  La pédérastie repose surtout sur l’amour et l’éducation, le besoin de vivre en « être égalitaire » avec le jeune, de partager la vie comme un jeu. 

Évidemment, personne ne peut ignorer la place prépondérante de la beauté. C’est avantageux pour le système de faire croire que toute relation pédéraste aboutit à la sodomie, car c’est le seul acte qui puisse montrer le moindrement de violence, de souffrance (mais y paraît que c’est le sommet des points G, une fois le stade la souffrance dépassée. J’ai beaucoup de misère à le croire).  La sodomie est acceptée et voulue par une très petite minorité de jeunes qui la voit comme une expérience : je voudrais l’essayer pour savoir ce que ça fait.  Rares sont ceux qui aiment ça.  Mais, nos lois ne font aucune nuance.  Qui peut prétendre que fellation peut être désagréable ? La seule raison d’avoir chez les garçons une morale sexuelle est d’apprendre leur responsabilité de père s’ils vont avec une fille. 

On ne se responsabilise pas quand on crée un tabou.      

Ce jugement en 1974 a précédé la prise du pouvoir du Parti québécois.             

À ma sortie de prison, j’ai manifesté dans les rues avec Janou Saint-Denis comme poète, pour la révolution pacifique.  Nous réclamions la liberté d’expression et l’unicité des arts.   

Dans ces manifestations, j’étais l’archange Foin-Foin venu annoncer la fin du règne libéral, la fin de l’oppression.  Je croyais fermement que les gens pouvaient se rendre compte que leur perception de la sexualité était biaisée par l’enseignement obsessionnel de la sexualité par l’Église. 

La chasteté est contre-nature, même chez un jeune.                   

*  *   *  * 

Aux élections de 1976, je travaillais pour le poète Gérald Godin, dans Mercier.  On faisait encore du porte-à porte dans ce temps-là. 

J’avais connu Godin, grâce au poète Gaétan Dostie.  J’avais été journaliste à la pige ou plutôt j’envoyais les articles refusés par le quotidien La Tribune, à Québec-Presse, un hebdomadaire qui couvrait, lui, toute la province de Québec et non seulement l’Estrie.

Contrairement à maintenant, à cette époque quand on manifestait, il nous arrivait de manger une raclée par la police.  Ça m’est arrivé à Sherbrooke, entre autres.  Mais, le vent a tourné. Quand j’ai manifesté contre la loi 22, après avoir perdu mon emploi à la Ronald Federated Graphics pour avoir écrit en français, je n’ai eu aucune difficulté avec la police quoique Bourassa leur ait demandé souvent de me sortir du Salon Bleu.  Ça faisait drôle de craindre d’être battu, pour ne pas dire abattu, et que du jour au lendemain la police qui t’entoure devienne un instrument de sécurité.      

Québec recevait aussi les pays de la francophonie.  Je me suis rendu avec ma pancarte « Congédié pour avoir écrit en français à Montréal», d’un bord et 

« Le 22 sur la 22» de l’autre.   Les députés et ministres n’en revenaient pas de voir ce message, seul Yvan Cournoyer est venu discuter avec moi.  J’étais fier de parler avec un ministre qui ne voyait pas qu’un message felquiste sur ma pancarte.  Cela était dû au fait que je suis un très mauvais dessinateur et que je faisais moi-même ma pancarte.  Le grand poète Gilbert Langevin m’avait conseillé d’écrire :           

« Le 22 sur la 22 ou la 222 », mais après avoir écrit le 22 sur la 22, je n’avais plus de place pour continuer et je ne voulais pas recommencer.  

Quand les fêtes de la francophonie ont commencé, je me suis rendu au parlement avec ma pancarte. On m’a même aidé à grimper sur les bords d’un monument pour que celle-ci soit vue par tous. Je n’ai jamais fait autant d’entrevues pour des pays étrangers.       

Je prétendais que la loi 22 n’avait que le titre d’une loi pour faire du Québec un endroit où le français est la langue officielle, ce qui était merveilleux; mais dès qu’on lisait le texte on s’apercevait que certains articles servaient à nous assimiler encore plus rapidement à l’anglais.    

Puisqu’on m’avait forcé de sortir quand j’avais manifesté à la Commission parlementaire ; des femmes ont pris la relève et se sont enchaînées à leur banc pour continuer la contestation qui s’est terminée par la création d’un Tribunal de la langue avant d’aboutir si je me rappelle bien par une manifestation de plus de 100,000 personnes, à Montréal.          

C’est aussi à cette époque que je suis allé pancarter Pierre E. Trudeau et qu’au même moment, à Montréal, l’agent Samson de la GRC sautait en allant poser sa bombe.

J’ai décidé d’escorter Trudeau de la salle de presse au parlement, à Ottawa.  Trudeau a décidé de marcher plutôt que de prendre son auto comme lui recommandait son épouse.  J’ai donc décidé de pancarter Trudeau.  Tout au long du parcours les agents de la GRC m’empêchaient de pouvoir apparaître sur les photos des journalistes qui accompagnaient Trudeau.  À un moment donné, un des photographes est tombé à la renverse et Trudeau lui a tendu la main pour l’aider à se relever.  La police s’occupait d’autre chose, donc j’ai pu ainsi faire croquer ma pancarte dans une photo de La Presse Canadienne.  J’étais content, car mon message passait à la grandeur du Canada.      

Cette campagne pour le français a pris des proportions bien inattendues … Le premier juillet, fête du Canada, je m’étais rendu avec Mirelle Despard, l’amie de coeur de Gilbert Langevin, manifester à la Place du Canada.  Ce coup d’éclat fut repris dans le Jour, un quotidien indépendantiste. C’est ainsi que mon histoire a pratiquement fait le tour du monde.    

Je suis persuadé qu’Ottawa ne peut rien contre l’indépendance du Québec tant qu’elle se fera d’une manière pacifique.  S’il y a quelqu’un de tenté par la violence ce sera le gouvernement du Canada.             
Le fédéral a toujours rêvé de nous écraser à jamais avec les militaires… une deuxième crise d’octobre, organisée encore une fois par Ottawa.

Être indépendantiste dans les années 1960-1970, ça se passait pas comme aujourd’hui.  J’ai mangé une raclée par la police de Sherbrooke qui me croyait un peu trop comme Chartrand.  Même en prison, flambant nu, je leur criais leurs quatre vérités.  Aujourd’hui, juste à y penser je fais dans mon froc.          

Je suis devenu parano.  À chaque fois que j’écris un livre plus osé, plus engagé, j’ai l’impression de jouer ma vie.  C’est que durant des années, je me faisais tabasser à chaque fois que j’écrivais des textes politiques rendus publics. Je crois que les liens entre la pègre et les politiciens fédérastes est évidente.   Une vision paranoïaque qui semblait exister dans la réalité quand, par exemple, le chef du parti créditiste a commencé à vouloir se ranger du côté de l’indépendance.  Par hasard, André Fortin s’endort et meurt dans un accident de voiture.  C’est loin d’être le seul.  Bizarre combien de députés de l’opposition au fédéral ont été blessés ou sont décédés à la suite d’accidents automobiles.  De plus, j’étais souvent menacé. Entre 1970 et 1972, par hasard, deux fois une voiture nous est entrée dedans. J’ai toujours cru qu’il s’agissait d’attentats déguisés en accidents.

En prison, on m’a souvent dit qu’un baveux comme moi, ça ne va pas dedans ou ce n’est pas tué juste pour éviter d’en faire un héros ou un martyr.  On ajoutait : « on admire qu’un gars, seul, se permette de se tenir debout et soit aussi insolent envers le système dans lequel il ne croit pas. » 

« T’es un hostie de fou, ou t’as du cran sans bon sens.», disait-on pour résumer mon cas. 

Je suis à vrai dire peut-être un peu innocent.  La dernière fois que je suis allé en prison, on m’a dit qu’on ne voulait pas que je devienne un second Mandela. Et, quand je suis sorti, un individu m’a dit de ne plus jamais m’occuper de politique, sinon je serais comme le Dr Ferron, retrouvé suicidé sur un banc.           

L’agent Samson a été moins chanceux que les deux agents de cette police fédérale qui habiteraient encore le Québec et qui auraient tué Mario Bachand, un felquiste, en France.  Bachand était trop actif et efficace dans l’organisation de la défense du fait français.  Ce meurtre a été couvert par un prétendu règlement de compte entre felquistes.  Pour un anarchiste, il n’y a rien là de bien rassurant.

À Val-d’Or, les accusations étaient tellement exagérées et constituaient un tel procès d’intentions que j’ai plaidé non coupable.  On sait que dans ce cas, c’est dans l’ordre des choses. La vérité a ses droits et ceux qui prétendent qu’ils connaissent mieux tes intentions que toi-même sont des esprits tordus pour ne pas dire pervers.  Si on ne peut pas t’accuser de faits véridiques pourquoi accepterais-tu de devenir un martyr ?  Pour que les médias puissent encore mieux jouer leur rôle de propagandiste de la peur et de l’imbécilité quand il s’agit de sexualité ?     

J’ai finalement aimé Mathieu, même s’il n’était pas le genre qui m’attirait, je l’ai aidé du mieux que j’ai pu.  Je regrette de ne pas l’avoir sucé au moins une fois, puisqu’ainsi ça aurait valu la peine de faire neuf mois de prison. 

On dirait qu’à toutes les fois qu’il ne se passe rien, c’est là où tu es le plus en danger d’avoir une société qui t’écrase de ses règles débiles puisqu’antinaturelles.  Il manquait une semaine à Mathieu pour avoir l’âge de consentement.  S’il est revenu chez moi pour qu’on redevienne ami, durant le procès, j’imagine qu’il n’aurait pas accepté de me dénoncer s’il avait su ce que ça donnerait. 

Les moralistes semblent ignorer que bien des garçons aiment se retrouver avec un gars plus âgé.  La chasteté forcé chez les jeunes, c’est une maladie sociale pour contrôler la sexualité.     
Par ignorance, parce qu’on ne connaît pas les jeunes, les adultes croient qu’à cet âge, les jeunes n’aiment pas se faire toucher le moineau.  C’est la manière adulte de contrôler la sexualité des enfants en leur refusant le droit d’être eux-mêmes, parce que la société le veut ainsi, sans même savoir pourquoi.

Certains vont faire semblant d’aimer cela plus que d’autres, seulement pour profiter des cadeaux que cette relation introduit (comme le bonhomme chez les hétéros va plus tard «cruiser» en donnant des cadeaux à celle qui l’intéresse).  On se fiche de ce que le jeune vit, on veut juste le contrôler pour qu’il demeure dans les normes imposée par la société.   Est-ce la faute du pédéraste, si le jeune lui ment quant à ses sentiments véritables, mais ce sont là de très rares exceptions. La pédérastie est absolument d’un autre ordre : le besoin de se sentir aussi jeune que le jeune de qui on est en amour.  La pédérastie est cet amour peut nous conduire hors du temps. Cette réalité qui crée une forme d’égalité entre le jeune et le vieux est tout à fait incomprise par les gens qui se prétendent « les normaux ».        

Est-ce que Mathieu m’aimait vraiment ou préférait-il ce que notre relation lui apportait ?  Pourquoi cela est-il si important quand il s’agit d’un petit gars et qu’on ne se pose même pas la question entre adultes, car l’important c’est de vivre notre amour comme on le sent.  C’est évident que Mathieu voulait continuer de voyager avec moi.  Il était alors le centre de toutes mes préoccupations pour le rendre encore plus heureux.      

On dirait que les règles pour empêcher ces relations ne tiennent qu’à la jalousie.  On ne veut pas que d’autres profitent de ces relations extraordinaires. La majorité des gens ne pourront jamais se les payer car ils sont incapables de sauter la clôture, sans mourir de peur et ensuite de remords.

Ceux qui actuellement font tout un tabac avec leur dénonciation, sont des gens qui en ont profité quand ils étaient jeunes et qui ne se rappellent pas jusqu’à quel point ils manipulaient l’adulte qui les aimait.  Plus surprenant, toutes les personnes qui dénoncent ont presque toutes un problème avec la drogue et cherchent des revenus supplémentaires pour mieux se droguer. Blâmer quelqu’un d’autre permet de mieux se pardonner, même si c’est lâche.

Durant notre relation, pour m’assurer que je n’étais pas celui qui l’influençait quant à notre volonté de se revoir, pour respecter le rythme de nos rapports, je ne me suis jamais rendu chez lui sans avoir été invité.  Mathieu devait venir me voir librement et établir le programme de notre rencontre. 

J’étais là pour aider son père et je prenais ce rôle très à coeur.  D’ailleurs, la majorité des rencontres avec Mathieu ont été provoquées par son père, dans le sens, qu’il me l’amenait quand il ne pouvait pas en venir à bout.  J’étais un des rares à réussir à le faire obéir parce qu’il désirait assez ce que je lui offrais (quilles, films, ma présence, etc.)  Il devait sentir que c’était plus important d’obéir s’il voulait en profiter.  Même là, c’était une forme de jeu, car le chantage, la manipulation des adultes par les jeunes c’est pour eux une expérience de leur pouvoir et de leur séduction.  C’est un moyen de te tester.  Tout individu qui a enseigné sait ça.  

S’il voulait être avec moi, c’est lui qui devait le manifester. J’étais « son désir».  Personnellement, j’ai toujours été très curieux et très affectueux, d’où je lui caressais la bedaine, ce qui le calmait quand il faisait ses crises.  Comme je l’ai dit dans un de mes poèmes « Je rêve d’un pays où te caresser ne sera pas un crime. »          

J’ai toujours essayé de respecter l’orientation sexuelle des jeunes de qui je suis tombé amoureux parce qu’elle est à la base de tout leur agir.  C’est non seulement le droit le plus fondamental de tout individu de dire oui ou non, mais c’est aussi respecter l’image qu’ils se font d’eux-mêmes.  L’interdit à la sexualité chez les jeunes, c’est une forme de mépris des adultes à leur égard plutôt qu’une protection.    

Respecter quelqu’un ce n’est pas de ne pas le «cruiser», cruiser c’est un hommage à la beauté.  Être cruisé, c’est formidable puisque tu es enfin quelqu’un pour quelqu’un.  C’est un problème existentiel. Le refoulement tue souvent le plaisir de vivre son adolescence, de vivre le passage du «inexistant» car perdu dans le monde comme un bibelot, à celui dans l’enfance à devenir « personnel », un être en soi, un individu qui franchira bientôt l’âge adulte. 

Être privé de la découverte de la sensation extraordinaire des caresses, du plaisir évanouissant d’une première éjaculation en compagnie d’un autre ne peut qu’être une forme de torture des adultes contre les jeunes.         

Malheureusement, notre société de machos (hétérosexuelles) a amené les filles à découvrir leur sexualité autrement.  On leur a appris à avoir honte, à croire que la pénétration fait automatiquement mal, on leur a appris à être soumises car on les enferme dans le rôle de maman, qui ne jouit pas, mais doit veiller à donner des enfants à la société.  La séduction chez elle devient comme une appropriation de l’autre.  Elles sont jalouses parce qu’elles doivent protéger leur territoire, les autres ne sont pas des alliés pour connaître une vie heureuses, mais des ennemis.  La beauté des autres devient une arme contre elles. 

Voilà ce qui constitue la différence essentielle entre un gars et une fille.  Le gars peut semer partout alors que la pauvre fille doit se contenter du couple pour se réaliser comme la société lui a appris. 

La société est une prison morale qui ne tient absolument pas compte de l’autonomie et de la conscience personnelle

La société est à l’image des « religieux » pour qui l’individualité est tuée pour mieux appartenir à leur dieu.  L’individu n’existe pas, sans être perdu dans cette alchimie universelle qu’est la foi.  L’adolescence est ce passage de l’appartenance à un tout vers la création de son individualité… L’expérience sexuelle est une révélation de soi à soi-même.  Cette identification, cette création de son individualité a parfois besoin de l’adulte, car souvent l’enfant apprend à partir de l’imitation, d’où le besoin d’avoir un adulte de sa propre réalité sexuelle pour évoluer.  Le parfois est très rare, mais non inexistant.

La pédérastie devient chez le jeune une forme d’apprentissage afin de reconnaître sa propre réalité à travers ce qu’il apprend. C’est aussi la raison fondamentale pour laquelle une relation pédéraste est vouée à s’éteindre si les deux partenaires n’ont pas la même orientation sexuelle ou si cette relation se produit entre deux hétéros mâles, donc, que l’apprentissage se confine à l’agir mâle, mais sans aucune relation, car leur réalité ne les y amène pas.   

Notre problème est de vouloir créer une règle générale universelle alors que chaque individu est en soi un cas très particulier.  L’orientation sexuelle est innée et inchangeable.  Même chez le pire des hypocrites, la «petite nature» finira bien par établir son règne. C’est pour ça que l’on ne peut pas soigner l’homosexualité, en se mariant.. L’orientation sexuelle est là de la naissance à la mort. 

Deux jeunes ont hautement payé ce coup monté.  L’accusateur, Mathieu, qui avait été enlevé de chez lui par la police, sous prétexte que la maison était sale, a passé son adolescence en famille d’accueil… pourtant son père a signé l’accusation alors qu’on le menaçait de lui enlever son fils s’il ne le faisait pas.  Une règle digne de la GESTAPO.

On m’a dit depuis que Mathieu boit beaucoup.  Ce pourrait être un grave problème qui indique que la société en voulant me punir l’a détruit complètement.  Mathieu ne sait pas que je ne lui en veux pas.  Aujourd’hui, il doit comprendre que cette fièvre de moralité est un abus de pouvoir de la société contre les jeunes.   

Quant à mon petit punk, qui habitait avec moi, il n’a pas pu digérer la situation.  Il s’est tellement drogué qu’il est devenu schizophrène et on l’a assez drogué pour qu’il croit nécessaire de s’attaquer à moi, sous prétexte qu’en ayant été près du FLQ, j’avais ainsi trahi le Québec.  Donc, on lui a fait subir tout un lavage de cerveau pour l’amener à m’attaquer.  Bien évidemment, on ne l’a jamais soigné, on l’a mis en prison à toutes les fois qu’il était violent avec d’autres que moi.  Bizarre qu’on lui ait appris que le FLQ était un instrument du fédéral pour écraser le Québec en manipulant ceux qui s’y retrouvaient honnêtement par conviction. 

Le FLQ était devenu un réseau de la police au moment où Pierre Vallières fut enlevé et que celui-ci en eut décrété la mort.  Personnellement, je ne crois pas que les Rose puissent avoir été des agents-doubles.  Mais, selon Vallières, ces cellules étaient infiltrées et le gouvernement fédéral tirait les couvertes.   J’ai entendu dire qu’après octobre 1970, il y avait plus de policiers dans le FLQ que de vrais révolutionnaires.  

L’écrivain Raoul Roy, le père spirituel du Front de libération du Québec (FLQ), prétendait que la deuxième vague était une création du gouvernement fédéral pour salir l’image du Parti Québécois et de René Lévesque. 

À son avis, cette organisation aurait vu le jour dans la cuvée de la go-gauche internationale.  La go-gauche est formé des grands gueules du marxisme qui aspire à devenir riches à la place des autres.  Ce sont ceux qui se créent une morale bourgeoise.  L’option gauchiste du FLQ ne fait aucun doute. M. Roy disait que ce nouveau FLQ était une fausse gauche puisqu’il justifiait l’intervention militaire fédérale sans tenir compte de ce que donnaient leurs actions sur le projet d’indépendance. Il voyait ça comme une espèce de conspiration contre le peuple du Québec.  Avec la loi sur la clarté, on ne peut pas dire qu’il s’était trompé puisque toute la gauche canadienne a voté en faveur de cette loi abusive et anti- Québec.          

Par ailleurs, ce n’est pas parce que tu es Anglophone que tu es nécessairement anti- souverainiste et colonialiste.  C’est une ambiguïté certaine.  Les mouvements politiques de gauche à travers le Canada sont contre l’indépendance du Québec.  Ils ont voté favorablement pour la loi de la clarté nébuleuse de Stéphane Dion, car ils n’ont pas compris que le fédéral est l’état colonisateur pour le Québec.         

Dans une vraie Confédération, tout est différent, car nos différences ne tuent plus, elles font ressortir ce qui devrait nous rassembler davantage comme humains.  Le besoin de connaître et aimer l’autre.  La pauvreté n’a pas de race, ni de langue, ni même de pays particulier.

La prétendue go-gauche est dominée par des féminounes qui rêvent d’égalité, mais en dominant, et en refusant le droit aux hommes d’être fiers d’avoir un pénis et de vivre la sexualité dans une plus grande liberté.  Elles ne comprennent pas encore leur aliénation justement parce qu’elles sont aliénées.  La lutte aux pédophiles est la semence d’une nouvelle forme de paranoïa.  Elles la répandent grâce aux médias et tellement bien que bientôt personne ne pourra aimer qui que ce soit en dehors de son propre nombril.  La phobie pédophile du nouvel establishment de féminounes rappelle étrangement la peur maladive des communistes à l’époque et Duplessis.  Les féminounes, sans le savoir imposent à tous l’image que les curés se faisaient de la femme : Marie ou Marie -Madeleine.  Comme si la femme n’était que la virginité ou le péché incarné…   

Nous vivons dans un monde où il n’y a plus que deux classes : les riches et les pauvres.  Les riches ont le pouvoir, grâce à nous, parce qu’ils dirigent l’armée et la police.  Les pauvres n’ont qu’une façon d’y faire face, puisque nous n’avons pas d’armes meurtrières : il faut créer une société complètement parallèle à celle qui nous est imposée sous forme de dictature économique.                     
Il faut inventer une forme de solidarité qui soit inatteignable, fondée sur les individus et sur le respect de la vie.  Il faut éliminer toutes les racines de la violence.  C’est en ce sens, que très jeune, j’ai cru que les Évangiles de Saint-Jean sont des enseignements nécessaires à un changement radical de la société.  La liberté individuelle, la démocratie véritable doit naître avant que la terre ne soit détruite par le capitalisme sauvage.        

Comment devons-nous nous protéger des assassins qui nous dirigent en nous conduisant à la guerre pour avoir le contrôle du pétrole ?  Ils sont tellement imbus de leur pouvoir qu’ils croient avoir raison de tuer tous ceux qui ne pensent pas comme eux.  Le pire ennemi de la planète est la guerre entre Israël et les musulmans, deux factions de fanatiques religieux quoique les dictateurs demeurent aussi un obstacle à la création d’un monde juste.  Imaginez un monde dirigez par les Talibans.  C’est l’enfer.  Ce n’est pas en reculant de trois mille ans que l’humanité va avancer.  Les fanatiques musulmans sont des assassins au même titre que les fanatiques sionistes, que l’inquisition catholique ou la castration protestante. 

Heureusement, la majorité des musulmans ont découvert que la religion peut aussi signifier une vie meilleure, une vie vécue dans les limites du raisonnable et non une forme d’Inquisition maladive.   

Les systèmes religieux autant sioniste-anglo-américain que communiste ou taliban sont des formes de puissance impérialiste, colonialiste, des sans coeur et des sans cerveau.  Des gens qui ne savent pas ce qu’est la nature humaine.       

Les dirigeants de ces religions n’ont d’intérêt que le pouvoir planétaire, le profit et l’argent.  Ces profiteurs planétaires, ces énergivores se fichent des humains, des frontières, des idéologies car le profit et le pouvoir sont leurs seules préoccupations.  Alors, qu’ils dénoncent les terroristes, ils occupent les territoires où se trouvent leurs richesses.  C’est inné chez les protestants et les juifs qui ont le pouvoir à Washington.  Que fait l’Angleterre en Irlande ?   Le commerce n’est qu’un moyen d’infiltration et une poursuite de l’occupation.

Les bourses sont les pires mafias car avec leurs spéculations elles rendent des millions de gens pauvres ou riches, grâce à la spéculation dans l’espace d’un clic sur le clavier d’un ordinateur.           

Spirale intraprojective

octobre 14, 2020

Spirale intraprojective  39

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 375 à 385)

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L’idée d’un gouvernement continental et d’une confédération canadienne n’a rien d’incompatible avec la nécessité d’un Québec indépendant, bien au contraire.  

Pour qu’une telle union soit possible, il faut que le Québec soit déjà indépendant. 

On ne peut pas toujours demander à des anglophones de prendre les décisions pour la culture francophone.  Étant donné que l’on est les plus petits il faut être encore plus consciencieux et plus exigeants, car les plus gros ont toujours essayé d’avaler les plus petits. 

La terre n’est pas seulement un marché comme semble le penser l’Angleterre, même si elle l’est aussi.  La terre est notre jardin de jeu.

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Aujourd’hui, je me rapproche plus de la pensée que j’avais adolescent de notre structure politique : un Québec indépendant dans une vraie Confédération, si elle est possible puisque il ne faut pas être seul pour créer une telle structure.  Le Canada anglais ne veut, de plus en plus, rien savoir de nous et le Québec ne peut pas faire partie d’un Canada centralisé comme aujourd’hui. 

Dans le fonds, même si je le dis autrement, c’est comme ce prône actuellement M. Bernard Landry. 

Tout comme je n’ai jamais trahi mon sentiment indépendantiste, je n’ai pas trahi ma pédérastie. 

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Dans les deux cas, il faut lutter contre le fanatisme, le racisme et toute forme de discrimination basée sur le sexe, 

Notre perception de la sexualité témoigne de notre ouverture d’esprit et de notre capacité à la compassion.          

D’autre part, je ne nierai jamais avoir appuyé les buts du FLQ, d’avoir été surexcité par leur pouvoir; mais j’ai toujours cru quand même qu’un humain ce doit toujours d’être humain.  C’est facile de juger les autres, c’est plus difficile de faire mieux.  Le monde actuel manque d’idéal.       

De la religion, je ne conserve que l’Évangile selon Saint-Jean, qui est la plus belle philosophie de vie que je connaisse et que l’on retrouve dans toutes les religions si on élimine le fanatisme. 

Mon bon ami, l’écrivain Raoul Roy, prétendait avoir trouvé la preuve que Jésus était en amour avec son petit cousin, Saint-Jean, qui n’avait que 15 ans.  Il appuyait son argumentation sur un passage dans l’Évangile où il est dit que les apôtres étaient couchés nus.  Selon Raoul, Jésus était le chef pacifiste de la rébellion alors que Barrabas était le chef militaire.  C’est ce qu’il exprime dans son livre Jésus, guerrier de l’indépendance. 

Je ne sais pas, je n’étais pas là.  Par contre, je pourrais être jaloux, car Jésus serait le plus célèbre pédéraste avec Michael Jackson.          

En ce sens, je suis avec mes 58 ans, un anarchiste, mais un anarchiste qui veut redéfinir l’anarchie, en éliminant toute pensée de violence. La violence est le pire ennemi de l’homme et non la matérialité ou la sexualité. Mais que faisons-nous quand c’est la société qui nous agresse ?

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Dans un monde vraiment libre et démocratique, il ne peut pas y avoir de violence aveugle, de fanatisme et de domination.  Par contre, il faut faire la nuance entre la force et la violence.  La force est nécessaire, mais elle doit être contrôlée.
  
 *  * 
J’ai toujours eu comme but ultime d’améliorer le Québec,  Je ne sais pas si des ministres ont lu mes nombreuses lettres, mais chose certaine, ce que je prétendais arrivait presque toujours.  Il y a, bien évidemment, certaines analyses qui passaient à cent milles à côté, mais sur la question nationale comme la pauvreté, je me suis rarement trompé.  Je crois que l’on connaît bien seulement ce que l’on vit.

C’est en ce sens que j’aimerais travailler pour venir en aide aux pauvres et aux décrocheurs.  Mais, si on ne veut pas de moi au Québec, je ne vois pas pourquoi je m’y attacherais à ce point.  

J’ai constaté encore plus que les francophones à cause de la division fédérale-provinciale créent une double bourgeoisie ou si l’on veut un deuxième groupe d’exploiteurs.  Les francophones se nuisent en se divisant entre les indépendantistes et le colonialisme anglophone.    

Les francophones ne devraient pas être à Ottawa pour créer un ghetto, mais pour défendre l’intérêt de tous les francophones, même hors-Québec.  Dans les autres provinces du Canada, seuls les Amérindiens sont plus malmenés que les francophones.  L’assimilation n’est pas galopante pour rien.             

Le Bloc québécois devrait, à mon avis, s’étendre suffisamment pour pouvoir prendre le pouvoir au même titre que les libéraux fédéraux.  Pourquoi n’y aurait-il pas une aile extérieure au Québec qui se batte pour l’autonomie du Québec et la francophonie? Pour eux, le meilleur moyen de se débarrasser du Québec, c’est de les aider à devenir indépendant.    

L’existence du Bloc québécois doit reposer malgré tout sur la défense en priorité des intérêts du Québec, sur la survivance du fait français en dehors du Québec, au Canada.  

Le français garantit une différence culturelle avec les États-Unis, une distinction marquée et profonde.  Par contre, plus le Québec glissera vers la droite, moins le Québec sera différent des autres.           

Quant au Parti québécois, il est aussi bien dirigé par Bernard Landry que Lucien Bouchard ; mais il a besoin d’un sérieux coup de barre à gauche… Il est rendu plus à droite qu’au centre, il est presqu’en compétition avec Mario Dumont et son ADQ.  L’étroitesse d’esprit de l’ADQ est peut-être une suite logique, mais pas nécessaire, de la défaite du referendum de 1995.  Il ne s’agit pas seulement de prendre sa place au Canada, comme il le disait Mario Dumont à la télévision, mais de commencer à exister comme peuple.      

Si le fédéral continue de mettre le nez dans les juridictions provinciales, non seulement les citoyens continueront d’être mal servis en termes de services, mais les gouvernements provinciaux deviendront de simples gestionnaires des fonds fédéraux au Québec.     

Jean Chrétien veut avoir l’impression d’avoir battu tous les séparatistes avant de prendre sa retraite.  S’il veut vraiment passer positivement à l’histoire, il créera la Confédération canadienne, tant qu’il en est encore temps.  Il n’y a que deux alternatives laissés par Trudeau et Lévesque : un Canada bilingue, décentralisé ou un Québec indépendant.       

Pour créer une véritable Confédération, les Québécois et les Canadiens anglais devront apprendre à se parler.  Et, pour se parler, il faut une culture commune, avec des idées différentes, mais conciliables.  Est-ce possible ?   
*  *  *  *  *

Ce ne sont certainement pas la philosophie ou l’approche de la sexualité, surtout chez les Mormons et dans la Charia, qui feront évoluer l’humanité. 

Le pape n’est guère mieux, mais au moins chez les chrétiens ont ne tue pas au nom d’une morale inhumaine.  

La façon de voir de l’Église catholique est absolument dépassée et restée figée à ce qu’on connaissait, il y a des milliers d’années… Les fanatiques, comme les Talibans, rêvent d’une domination mondiale.  C’est l’équivalent de la guerre sainte anglicane d’un George Bush qui obéit à la Bible.  
Dans toutes les religions, les fanatiques rejettent le corps.  Ils n’ont rien de différent selon leur croyance.  C’est la stagnation de l’âme et de l’esprit plutôt qu’une élévation vers Dieu.  C’est le problème de tous ceux qui placent la religion au-dessus de l’amour de soi et du prochain, comme si cette haine était voulue par un Dieu.  

*   *   *   *

L’arrivée de Cauchon au ministère de la Justice prouve avec la loi sur les jeunes contrevenants qu’il n’y a rien à espérer des francophones fédérastes en poste à Ottawa.

Malgré ce que l’on pense au Québec, le nouveau ministre Cauchon (j’ai fait voler mes impôts fédéraux dans ce comté probablement parce que je travaillais pour le Bloc) essaiera d’imposer la même loi des jeunes contrevenants du Québec qu’en Colombie britannique.   Notre brillant nouveau ministre devrait savoir qu’il existe une différence innée entre le Québec et l’Ouest du pays : la tolérance.

Il prouve aussi son côté retard en faisant appel à la Cour suprême contre les mariages gais.

Notre vie n’est pas supposée d’être encore dominée par la dictature de la Cour suprême.  Si l’on veut que le Québec soit un état de droit, on doit se rappeler que le système judiciaire est là pour interpréter les lois et les appliquer, et non, les définir, ce qui est de l’apanage du parlement.    
          
*   *   *   *        

La pensée protestante se croit supérieure à la pensée catholique.  La seule différence qu’il y a vraiment entre ces deux religions est leur rapport avec l’argent.  On sait que selon Max Weber, le capitalisme est un enfant de la frustration sexuelle, grâce à un mécanisme de défense, la sublimation, qui consiste à transposer ses besoins sexuels sur autre chose. Ce n’est pas la même poche, le même panier d’argent, le même portefeuille que celui du pape… c’est tout ce qui différencie Londres de Rome…      

Les chrétiens sont des conquérants.  Ils s’imaginent que le monde sans eux est chaotique et inexistant.  Ils ne s’aperçoivent pas qu’ils souffrent du même péché que Lucifer, ils se croient supérieurs de tous, même de leur dieu.  Ils souffrent de la même fièvre que les Talibans, le pouvoir.  Ils sont figés dans des écritures du passé. On les interprète comme la Vérité, même si ça ne fait pas de sens.  Ils sont fanatiques et impérialistes.             

Une religion coercitive, qui prône la violence contre des individus sous prétexte qu’ils ont péché et qui a besoin d’employer la force pour s’imposer, prouve en soi par son agir criminel qu’elle est fausse, car Dieu ne peut être qu’AMOUR.

*  *  *  *

La guerre entre Bush et Ben Laden est nouvelle.  Ces deux familles s’aimaient bien, car elles avaient un lien commun : le pétrole et les assassinats des services secrets.  Avec la guerre, ils ont maintenant ceci de commun : ils pensent tous les deux que l’autre est le diable, sans s’apercevoir que l’un est simplement le miroir de l’autre.   

George Bush ne peut pas décréter que des prisonniers de guerre sont autre chose que des prisonniers de guerre… même si la lutte commence entre les différents services secrets de ces pays… la guerre n’en est qu’une prolongation.  
        
*   *   *   *   *  

Si la Charia est appliquée comme dans les pays de dictatures musulmanes, cette religion devenue politique, est à rejeter au même titre que le régime Pol Pot. 

C’est au peuple de s’en rendre compte et d’effectuer les changements pour que règne un jour la démocratie.  Aucune religion ne devrait avoir un lien avec la politique.  Cette réalité prouve bien que les religions sont des inventions strictement humaines.  Les rites sont des sortes de modes, selon la force de la religion.

Je peux souscrire sans scrupule au Coran, même si je suis catholique, puisqu’Allah y est infiniment miséricordieux.  Les enseignements qu’on en tire cependant me semblent moins pertinents et profonds que l’Évangile selon Saint-Jean.  Quoique la peur et la haine du sexe est la même dans toutes les religions.  La guerre aux impies n’est qu’historique.  Cette chasse aux impies fait des religions des instruments de haine et de violence, d’intolérance. 

Ces religions sont à la base déjà dépassées tout comme l’Église catholique qui s’obstine à centrer ses actions contre l’homosexualité et l’avortement.           

Une religion qui vit qu’en fonction de la tradition, des rites, de la peur du péché, de la répression sexuelle et un pouvoir universel est une forme de perversion mentale et ne mérite pas d’exister. 
La religion est là pour améliorer la conscience des individus, pas pour en faire des névrosés.   Les hommes doivent comprendre que les religions sont des inventions humaines pour répondre à des interrogations qui les dépassent.  Chacune invente son interprétation de la vie et de la mort surtout…          

Être un fanatique religieux est un désordre intérieur, mental, émotif, car on exige de l’autre et de soi ce que l’on croit bien être correct, même si c’est complètement fou.  Trop chercher la perfection peut rendre mentalement malade parce qu’on apprend ainsi à se détester plutôt que de s’aimer.  À se détruire, se diviser plutôt que s’unir et se comprendre dans une juste compassion. Aucun humain n’est parfait… alors pourquoi l’exiger ?

Pourquoi ne pas remettre les religions à l’heure, c’est-à-dire indiquer clairement que ce sont des réflexions sur la nature de l’homme, des expériences communautaires desquelles ont a tiré des leçons, des moyens de progresser intérieurement ?   Mais, le fanatisme exige de ne pas avoir toute sa tête, car on s’imagine être tellement nul que seul le ciel après la mort mérite d’être vécu.  Combien de personnes sont revenues de l’au-delà ?  On a beau essayé de nous faire croire ce que l’on voudra ; personne n’en sait rien.  Les interprétations religieuses sont de belles histoires, des projections imaginaires, des extensions de la mythologie  …   

Par simple logique, il est bien évident qu’à travers la mort, notre cerveau cesse d’être une unité de perception.  Il cesse d’accumuler et identifier les énergies.  Il n’a pas de capteurs.  Par conséquent, notre réalité retourne à l’état pré-cellulaire, pré-moléculaire, en énergie pure.  Énergie consciente ?  Ce changement ne peut pas exister sans modifier totalement notre perception de la réalité.  Une cellule ne peut pas avoir la même perception qu’un corps entier, du moins, d’en avoir la même conscience et la même capacité d’agir.  Une énergie pure ne tient pas la même place et ne perçoit pas de la même façon, l’univers.  Continuons-nous d’exister comme individu ?  Pouvons-nous encore être conscients ?   

Ce sont les questions dont les religions refusent de discuter.  C’est aussi pourquoi on essaie de faire taire le doute, sous prétexte du marché, car ceux qui ne pensent pas comme les autres ne sont pas aussi payants et risquent d’en réveiller d’autres. Le meilleur moyen de garder une dictature philosophique est d’éliminer tous ceux qui pensent autrement.   Ainsi en ne lisant que des livres saints, on prétend ne pas se tromper, on ne peut pas penser autrement, avec ce lavage de cerveau on oublie ainsi qu’une telle pensée sclérosée nous éloigne du choc des idées et paralyse ainsi notre pouvoir de concevoir la vie autrement que les autres.  Nous sommes dans ces conditions des saints, mais non des êtres sains…
 La religion juive, dont on n’ose jamais parler, n’est pas mieux que les autres, on a qu’à regarder ce qui se passe entre Israël et les pays environnants. 

Les religions sont des règles que l’on a léguées pour améliorer nos comportements… point à la ligne.  Ne pas ajuster ces règles avec ce que nous découvrons, c’est simplement nous maintenir dans la stupidité.      

C’est facile d’utiliser l’irrationnel pour dominer les autres, car tous ceux qui ne pensent pas comme nous sont automatiquement dans l’erreur.  C’est le pouvoir que se donne la religion.  C’est ce qui en fait une mafia très payante… Si tu veux te faire de l’argent, tu crées ta propre religion.

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Depuis que l’on a monté «mon procès» pour m’empêcher de parler et d’agir, même si je venais de démissionner de la Société Nationale des Québécois, j’ai appris que le mal existe, que la haine est possible.

Mon monde sans violence dans lequel je crois est probablement l’utopie humaine idéaliste la moins réalisable. Dans le meilleur des systèmes, il y aura toujours des violents, des voleurs et des crosseurs.           
Aussi, chaque fois que le jeune punk qui vit avec moi se ramasse en prison, j’y vois un nouveau moyen pour me forcer à me taire.  Paranoïa, possible ; mais par hasard dès que je me livre à la politique ou il lui arrive quelque chose ou je me fais frapper. 

Les coïncidences sont tellement multiples que c’est très difficile de ne pas faire un lien entre mon engagement politique et les raclées qui surviennent.  C’est peut-être stupide d’y voir des liens.  Son avocat dit que ce qui peut arriver de mieux à des jeunes comme lui pour la société, c’est qu’ils se suicident en prison.  Comment voulez-vous vivre en paix quand vous entendez de tels commentaires ? 

On vous les répète de toutes les façons, mais, vous, vous l’aimez encore, vous voulez que rien de mal ne lui arrive.  Vous mourrez de peur juste à y penser.  Comment ne pas se révolter contre une morale d’assassins de cette espèce.  Aujourd’hui, c’est l’argent qui mène tout.           

En me condamnant, on savait très bien que je n’aurai jamais un nouvel emploi qui me permettra de vivre décemment. 

Dans le cas de mon punk, les travailleuses sociales me conseillent de tout laisser tomber.  C’est un cas trop lourd.  Ce n’est pas de ma faute, je n’y peux rien, je l’aime encore trop pour le laisser aller mourir dans la rue. 

Le bien-être ne permet même pas de lui trouver un logement décent.  Les logements pour personnes seules sont absolument crasseux, désuets et à des prix de fous.  Le gouvernement entretient cette misère avec sa maudite morale de bourgeois.  Il se donne bonne conscience en prétendant qu’il aide, ceux qui veulent s’aider.  
 

Publier ce livre, que le jeune soit en forme à sa sortie, me permettra peut-être d’obtenir la preuve que je me fais des idées.  

J’ai toujours peur que mes idées, mes actions politiques créent des problèmes aux autres. J’adore mes jeunes et j’ai affreusement peur que mon engagement les rende le moindrement malheureux.        
 Mon problème est de croire que je suis complètement responsable de la vie de ceux que j’aime.  J’ai probablement une parcelle de pouvoir, mais je n’ai rien à faire avec leurs décisions de base.           
Mon impuissance face au suicide de Rouhed aurait dû m’enseigner que notre responsabilité dans la vie ou la mort d’un autre est très limitée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’aider dans la vie, mais je me reproche encore de ne pas en avoir encore assez fait. 

Même si notre relation fut absolument sans sexe, certaines personnes ont eu la saleté de prétendre qu’il aurait pu y avoir une forme de relation cachée.  Rouhed savait que je suis pédéraste, il ne l’acceptait pas pour lui, mais il ne m’en a jamais fait le reproche.  Dans son journal de bord de bord, il dit à un moment donné qu’il comprend ce que je peux ressentir. Nous devions d’ailleurs écrire un livre ensemble intitulé Mon père est un pédéraste.

Nous voulions montrer la beauté de notre amitié et toute sa pureté.  Je le manque encore, malgré les ans.  Il s’est suicidé en 1994, soit peu de temps avant mon procès.  Mathieu est-il apparu grâce à cette peur qui m’habitait, ce désir de tout faire pour empêcher un autre drame du genre ?   

La prison et la mort de Rouhed m’ont appris que le mal et la haine sont des réalités.  C’est difficile à accepter, mais c’est une vérité avec laquelle il faut apprendre à vivre.     

Un an après le suicide de Rouhed, la police de Val-d’Or retrouvait chez moi une photo de mon bon ami Marc et un petit Éthiopien qu’il aimait.  Quand on a voulu le faire chanter, pour sauver ses cirques, ses réalisations, il ne l’a pas pris et s’est suicidé pour sauver son œuvre. Il avait écrit que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre.      

Je sais qu’il a été victime de chantage.  J’ai dénoncé la manière dont les médias se servaient de ce fait, mais Radio-Canada a prétendu que Marc était relié à un réseau de pédophiles, ce qui est à mon avis complètement stupide. Marc a toujours été un pédéraste comme moi, c’est à dire très soucieux de la liberté des jeunes. 

Il était trop sensible pour accepter de faire le commerce des enfants.  Ils les aimaient trop pour cela.  Je crois qu’il était comme moi, qu’il aurait été prêt à sacrifier sa vie pour le bien de ces petits amants, pour leur épargner la misère.    

 Tous les pédérastes que j’ai connus tenaient à cette règle sacro-sainte du« retiens-toi, tant que le jeune ne soit d’accord pour éviter qu’il soit blessé par cet amour ou perturbé d’une façon ou d’une autre». 

Cette obligation morale nous hantait tous.  Le «oui» du petit.  Qu’il y découvre du plaisir et un moyen d’émancipation.  Parfait.  Autrement, pantoute ! Comment peut-on dans ce cas accepter l’esclavage des enfants ?  Certains dirigeants sont plus dangereux que moi pour les enfants, en les exploitant au travail ou en en faisant des enfants-soldats.

Nous nous connaissions.  Nous connaissions, parfois avec jalousie les petits amants de nos amis, mais il n’y avait aucun réseau.  Il n’a jamais été question d’échanges, encore moins de commerce.  Est-il illégal d’être amis parce que nous sommes des pédérastes ?  Est-ce parce que tu es ami avec quelqu’un que vous formez un réseau ? 

Sur le plan sexuel, le Québec est devenu complètement fou depuis qu’on a introduit la notion de pédophilie

Les femmes en particulier ne vivent plus que dans la peur et l’exagération.  Elles n’écoutent pas ce qu’en pensent l’enfant, elles projettent leurs scrupules. Il ne faut plus s’aimer.  

La liberté d’un pédéraste qui n’a pas peur de s’affirmer comme tel est extraordinaire, car il vit dans sa vérité et la beauté d’un amour-passion.  Mais, c’est socialement l’enfer à cause de la jalousie qu’engendre cette liberté. Pédéraste, tu risques la prison à tout moment… La société est une GESTAPO.

Je ne devais pas être libéré durant la période des fêtes parce que la loi sur la clarté de Stéphane Dion n’était pas encore acceptée au parlement.  On m’a dit que «mon élu», le gardien responsable de moi, a mangé une tonne de réprimandes parce qu’il avait obtenu que je puisse aller passer les fêtes de Noël chez moi, avec ma mère. Elle a 90 ans et elle fait encore du bénévolat.  Une merveille de maman.  Plus admirable, c’est impossible.         

J’étais certain qu’avec tous leurs mensonges, je ne sortirais pas vivant de la prison.  On m’a dit qu’on craignait que ma présence soit publicisée et que l’on fasse de moi un martyr, surtout après m’être auto proclamé prisonnier politique.        

Tous mes droits d’écrivain ont été écrasés.      

Personne –ni la Commission des droits de la personne, ni l’Association des écrivains, l’UNEQ — n’est intervenu pour faire admettre que L’HOMO-VICIÈR, est un livre de pure fiction. 

D’ailleurs, l’Homo-vicièr a été confondu dans mon présententiel avec un livre de Jean Ferguson, sur l’histoire des pets. Rien d’illégal et assez drôle.  Après, on nous dit qu’il est interdit de condamner des livres, à moins qu’ils ne nous incitent à la violence.  Ce n’est pas le cas, loin de là.  On veut garder les jeunes dans la même ignorance de la sexualité que nous.  L’omerta totale.       

Notre Justice est fondamentalement pourrie.  Elle repose sur la notion de punition plutôt que de réhabilitation. 

En promouvant la violence : plus tu es bandit, plus tu es quelqu’un de bien.  Même nos gouvernements ont, sous prétexte de gérer le pays, inventer des taxes et impôts pour nous exploiter, nous écraser. 

Nos lois créent, en voulant contrôler nos vies privées, le gangstérisme. 

Aucune loi sur la sexualité non violente ne peut justifier son existence. 

La répression littéraire, culturelle est en cours.  Qu’on empêche un de mes livres de circuler, alors qu’il était lu il y a 20 ans, signifie clairement que la liberté de penser est amoindrie pour ne pas dire en danger. 

La liberté de penser est aussi en danger au Canada, qu’aux États-Unis ou dans n’importe quel pays où les intégristes religieux ou idéologiques ont la main haute.  Nous revenons au fascisme le plus intégral et le plus vicieux car on prétend que cette censure est faite pour protéger les jeunes… Quelle hypocrisie !  Quel bel avenir pour l’humanité.  Ce manque de dialogue se retrouve dans de nombreux domaines.           

En télémarketing, il y a seulement deux endroits où il est interdit à un francophone de téléphoner : les États-Unis et la Colombie britannique.  Les clients des études faites dans ces endroits exigent des «natifs» anglophones, car notre prononciation ne serait pas aussi bonne que la leur.  Ils ne peuvent rien comprendre qui dépasse leur petit nombril.         

En Colombie britannique (une province canadienne) il est évident qu’en ayant surtout des immigrants chinois ou japonais, le français comme langue seconde à Vancouver, du moins, est complètement incongru.     
 La Confédération permettrait à chaque élément qui la compose de respecter sa propre identité, sans toujours être en conflit avec les autres ou opposé à la moindre différence, bien au contraire…         

Si nous avions un gouvernement qui cherche la liberté au Québec, nous organiserions notre propre justice.  Nous n’avons pas besoin des lois d’Ottawa pour nous gouverner. 

Nous devons déclarer immédiatement notre indépendance judiciaire et refuser d’appliquer au Québec des lois qui sont contraires à notre culture, comme par exemple celle concernant les jeunes contrevenants. (Depuis on pourrait ajouter l’abolition du registre des armes à feu)

Le gouvernement du Québec doit devenir le seul maître de son destin judiciaire sur son territoire.  Il doit prendre charge de la nomination des juges et nommer sa propre Cour Suprême.  Quant à la police, la GRC ne devrait plus avoir le droit d’exercer au Québec.  Cela cependant, n’empêche pas une collaboration contre la criminalité (et non l’intrusion dans la vie privée des individus) entre la Sûreté du Québec et les autres corps de police de l’Amérique et d’ailleurs.   

L’ennemi n’est plus seulement l’Orangiste, mais le francophone fédéraste, vendu aux intérêts des Orangistes.  Comme tous les rois-nègres, les libéraux et Conservateurs fédéraux sont au service des Anglais dominateurs.  Ce n’est pas pour rien que le petit Charest promet la défusion.  La défusion, c’est le retour à la partition.  C’est le retour à la division de notre territoire.  C’est comme l’obsession des libéraux fédéraux d’aider directement les municipalités alors que celles-ci relèvent directement du Québec.  Ce sont des créatures provinciales.  En mettant le bout du pied dans la porte, il peut ensuite s’approprier du logement.  Le fédéral agit de façon à éliminer toutes les compétences provinciales afin d’être le seul maître d’une marre à l’autre.        

Je préfère la vision unificatrice québécoise à l’éternelle chicane français-anglais, car, en bout de linge nous habitons le même territoire, nous avons les mêmes intérêts et les mêmes inconvénients.  C’est à nous de persuader les immigrants que le savoir-vivre exige d’eux au minimum d’apprendre le français puisque c’est la langue de la majorité au Québec.  Si l’immigration était de juridiction exclusive du Québec, on n’aurait pas ce problème.       

Chaque citoyen du Québec doit comprendre que son intérêt passe par Québec et non par Ottawa.  En télémarketing, même si un bon nombre de Francophones occupent des postes industriels et commerciaux, à Ottawa, les études faites dans cette ville doivent être faites qu’en anglais.  Tu dois même refuser, sous peine de perdre ton emploi, de faire les entrevues en français… Est-ce normal ?           

Si les Francophones fédérastes s’occupaient vraiment de faire valoir le fait français, ils chercheraient à majorer les services chez les francophones hors-Québec.  La saga de l’hôpital Montfort, le seul hôpital francophone en Ontario, démontre jusqu’à quel point cela ne les préoccupe pas.  Quand il s’agit de défendre les Anglophones de Montréal, le Cabinet fédéral est plus rapide et plus puissant.

Nous sommes plus près que jamais de la minorisation, de la disparition, même au Québec, si nous ne nous réveillons pas.          

Spirale intraprojective 38

octobre 13, 2020

Spirale intraprojective  38

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 366 à 375)

Les provinces de l’Atlantique sont particulièrement pauvres et la source même du principe canadien est la péréquation.  Dans les provinces de l’Est, même si le fédéral coupe dans la caisse de l’assurance-chômage (ce qui jette bien des gens dans la misère parce que leur travail est saisonnier) les électeurs sont assez masochistes pour revoter pour ces mêmes partis fédérastes. 

Au Québec, pour protester on a au moins créé le parti Rhinocéros, dont j’ai été le premier et seul candidat dans Sherbrooke. (Le Néo rhino n’a absolument rien des vrais rhinos. Il m’a envoyé promener sous prétexte que je me sers d’eux pour défendre ma pédérastie. Je ne veux plus rien savoir d’eux)

Le problème de la pollution va peut-être tout renverser.  Les énergies de base de nos économies seront modifiées quant à leur emploi.  On va peut-être s’apercevoir que la cigarette est la cerise sur le gâteau en ce qui a trait à donner le cancer, car le pétrole est tout aussi important, même si ça ne paraît pas.  Quant à l’électricité, il faudra s’interroger à savoir ce que de grosses lignes de transmission peuvent avoir comme effets sur le corps humain.      

Il suffit de constater les pénuries d’énergie chez nos voisins du Sud pour saisir que la survie territoriale du Québec et du Canada passe par la création d’une véritable Confédération, pouvant empêcher les États-Unis de sucer toutes nos richesses.

C’est déjà une situation d’urgence à moins de vouloir devenir complètement un citoyen des États-Unis.           

La guerre éthique.

La souveraineté du Québec n’est pas une guerre ethnique, mais un changement de structure sociopolitique qui bénéficiera à tous les Québécois, non seulement aux Francophones.      

En ce sens, il faut un bilan économique crédible qui prouve, hors de tout doute raisonnable que le niveau de vie se maintiendra tel quel ou sinon à un rang supérieur si l’indépendance du Québec se réalise. De là, on pourrait peut-être aboutir à une vraie Confédération. Mais, pour cela, il faut que les Canadiens le veuillent.

Les vieux doivent avoir une pension enregistrée et des régimes de retraite intouchables et ajustables avec les augmentations du coût de la vie.  L’état doit créer assez de logements sociaux pour répondre à leur demande ainsi qu’aux jeunes qui ne sont pas encore sur le marché du travail et qui sont en période de formation.

Cela devrait faire partie d’une constitution québécoise, une garantie à toute épreuve.  Quel imbécile accepterait de vivre moins confortablement aujourd’hui?  Peut-être est-il possible de vivre mieux avec moins, si on retourne vraiment aux règles de fraternité ?

L’indépendance est le contraire d’une catastrophe économique pour le Québec, toutes les études démontrent le contraire. (Même Jean Charest l’admet)

Les études donnent les résultats voulus pour ceux qui payent pour les réaliser.  Bizarre que l’on ne parle plus de l’étude faite aux États-Unis qui concluait que l’indépendance pure et dure (sans association) était économiquement la plus rentable à moyen et à long terme pour le Québec.  

Est-ce parce que nous aurions alors des gouvernements qui respecteraient nos richesses naturelles au lieu de les dilapider ?        

Aucun pouce de notre territoire ne devrait pouvoir être vendu à un étranger.  Il faudrait que ce soit comme à Madagascar quand un étranger est accepté, il ne peut que louer son lopin de terre ou son industrie et il doit la faire fructifier pour continuer de l’occuper et payer les impôts.  Aucun bail ne devrait être plus long que 20 ans.           

Pour mettre le Québec à sa place, Ottawa coupe sans pitié dans les transferts aux provinces (la santé, le logement social, par exemple), il doit pour ne pas perdre la face le faire aussi dans les autres provinces.  Cette crise d’avidité fédéraste ne punit pas que les francophones, mais tous les Québécois et même, tous les gens de l’Est du pays.  Nos riches ont si peu de conscience sociale qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils mangent la classe moyenne comme des vampires.
 Les Anglophones eux aussi, même s’ils sont généralement plus riches, ont besoin de se loger comme les autres.    

Le fédéral a créé une crise dans la santé pour avantager le parti libéral provincial qui pourra renverser son ennemi séparatiste, mais on oublie que les Anglophones du Québec en paye aussi le prix.     

Il est étonnant qu’aucun membre du gouvernement péquiste ne soit nommé pour faire comprendre cette grande vérité aux Anglophones de souche et d’immigration.  Les Anglophones peuvent-ils être les seuls à échapper au chômage provoqué par la propagande haineuse internationale contre le Québec?

Il est bizarre qu’un gars comme le ministre Stéphane Dion puisse dire qu’il affamera le Québec et qu’il puisse sans impunité mettre sur pied avec Paul Martin et Allen Roch, des scénarios de guerre civile avec le Québec (suite normale de la partition) sans avoir à répondre de leurs gestes. 

La politique d’Ottawa serait-elle d’avoir un groupe de personnes très influentes (le cas de l’avocat Guy Bertrand) pour accélérer l’assimilation des francophones québécois puisque nous sommes un peuple de masochistes, trop peureux pour faire une petite croix sur un bulletin de vote qui marque la création de leur pays.

Au premier referendum, Trudeau avait promis des changements pour obtenir son «non».  Un non signifiait un non aux séparatistes ; mais un oui au fédéralisme renouvelé.  Cette promesse qui a été oubliée dès le lendemain des résultats du premier referendum.  Un leurre, un mensonge… Trudeau savait que les Québécois ont la mémoire courte et qu’ils ne connaissent pas leur histoire.    

Que je sois Francophone ou Anglophone, si le Québec est affamé, tout le monde au Québec en paye le prix….                                                               

*    *    *    *

Crise d’identité.     
 
Avec l’américanisation galopante (ne pas confondre avec un gouvernement continental), nous perdons le contrôle de nos valeurs et de notre culture. 
 L’américanisation met en danger notre survivance nationale (québécoise et canadienne) parce qu’elle mine notre culture, surtout grâce aux émissions de télévision qui s’adressent plus particulièrement aux femmes. 

Notre culture est devenue, non plus un facteur assembleur et identitaire, mais une grosse industrie qui nie le contenu pour ne s’attarder qu’au contenant, c’est-à-dire encore une fois : le profit.       

Alors que nos valeurs reposent sur l’amour des autres, le respect de l’individu, celles des États-Unis ne cherchent que le profit et la domination.  On y dénonce le sexe comme si c’était le mal absolu sur la planète.  Les dirigeants américains confondent les intérêts pétroliers ou énergétiques, oubliant la liberté de l’homme.  Plus les consommateurs sont esclaves plus les profits seront grands.  Tuer en dix ans deux millions d’humains n’a pas d’importance pour les dirigeants américains du pétrole, en autant que l’establishment pétrolier poursuit sa quête diabolique.

Quelle différence entre les esclaves romains et les peuples que les Américains détruisent pour asseoir leur pouvoir.   Par contre, quand on regarde ce qui se passait à Kaboul et en Israël, on se demande qui des Talibans, des Sionistes ou des Anglicans sont les plus barbares.  C’est la folie du fanatisme religieux dans un camp comme dans l’autre.  Faut-il nous exposer à une guerre mondiale parce que les religions qui mènent le bal sont dirigées par une bande de fous ?

Au Québec, tous nos instruments collectifs de libération sont aux mains d’une bourgeoisie qui ne pense qu’à son profit plutôt qu’à celui du peuple québécois.

Les Caisses populaires et Hydro-Québec sont devenus des exemples flagrants : plutôt que d’être, comme à leur naissance, un moyen pour le petit peuple de s’en sortir ; ils agissent comme les pires des capitalistes.  L’électricité devrait être gratuite ou selon un faible montant mensuel statutaire pour toutes les personnes qui gagnent moins de 25,000$ par année, de façon à ce qu’un logement chauffé représente environ 25% du budget.      

Un gouvernement doit être proportionnellement socialiste à la soif des capitalistes. Si le privé est trop avide, les règles doivent être proposées par un gouvernement qui pense au peuple et non aux $$$$… Le gouvernement est un service du peuple et non le contraire.     

Cela me fait penser à la Thérèsa Gold Mines.  Les dirigeants vivaient très bien pendant que les actionnaires s’arrachaient le coeur pour trouver le moyen d’investir dans le rêve.         

À la télévision, on lave le cerveau des femmes en montrant des «soaps» américains, vides de valeurs traditionnelles. On accepte les entrevues à la télévision et à la radio en anglais, sans traduction ou sinon souvent pleines de fautes.  On encourage la paresse intellectuelle sous toutes ses formes.  

Sur le plan culturel, l’intelligentsia québécoise agit en vrai bonasse, en vrai colonisée.  La liberté est essentielle au développement d’un peuple.  Le choc des idées permet d’assurer une évolution qui répond aux besoins de tous et non seulement à ceux d’une petite bande de privilégiés.  La censure est encore un moyen hypocrite de protéger les plus jeunes de la tentation corporelle.   

L’orgone (libido) est la base de l’homme, sa force et sa capacité.  Cette énergie vitale cherche à s’adapter à son environnement et à se réaliser en tant que plaisir. C’est la base de notre existence.  Le spirituel est une dimension vitale qui nous dépasse.  Nous sommes trop limités pour pouvoir imaginer mieux.  Avec le temps, notre cerveau devrait se développer assez pour nous faire comprendre que la violence est notre pire ennemi.  Elle tient de notre instinct de mort, de notre limitation…

Il faut accepter de crever de faim, si on est indépendantiste.  Il ne faut surtout pas être radical selon la majorité souverainiste, pire encore, du côté fédéraste.  On oublie ainsi que la liberté n’a jamais été offerte gratuitement à ceux que l’on prétend nos ennemis.  Si on veut préserver notre honneur, on devra consentir aux sacrifices et aux efforts nécessaires.   

Je trouve invraisemblable qu’ayant toujours été indépendantiste, je doive reconnaître que ce sont toujours sous les régimes libéraux que j’ai été le mieux servi, sauf évidemment ma période d’enseignement tant que je ne fus pas trop politisé.

En 1960, alors que je n’avais que 17 ans, le sénateur Desruisseaux m’avait engagé comme journaliste à la Tribune de Sherbrooke, en me promettant de me payer des études supérieures ; mais en 1963, j’étais devenu gênant à Lac-Mégantic, parce que je dénonçais le scandale du barrage Gayhurst et de l’hôpital. 

On dirait que corruption rime avec libéral.  J’anticipais la nationalisation de l’électricité et de la santé.  Selon mes patrons, la raison officielle fut que mon bureau était devenu un véritable bordel … Yvette fut en effet une professeur de sexe extraordinaire…

Puis, j’ai travaillé pour un unioniste comme journaliste à L’Aiglon de Lac-Etchemin (Un journal unioniste).  Les libéraux se sont servis de ma pédérastie pour m’écarter, car j’en menais trop large (journal, radio, télévision) et je m’opposais à Jean Lesage, en appuyant le projet de relier Québec-Lévis par un tunnel.  Je ne suis plus aussi certain de la pertinence du projet. 

Comme journaliste, j’étais un petit scrupuleux quant à la nécessité de dire la Vérité.  Je ne voulais pas me laisser acheter.  Je me découvrais pédéraste et même l’homosexualité était encore perçue comme un péché contre-nature.         

J’avais une amie à la sauce catholique, mais je vivais comme tous les bons chrétiens en hypocrite parce que je réalisais de plus en plus préférer les petits gars.  Cette tendance à partager la masturbation fut dénoncée, car j’ai refusé de payer un 0.25 à un jeune qui avait accepté de se masturber avec moi. 

Ce fut ma première expérience en prison.  Mon livre Laissez venir à moi les petits gars est quasi autobiographique. Je suis devenu pratiquement fou de remords, mais la nature est plus forte que la bêtise.           

La prison m’a fait reconnaître ma « petite nature profonde», mais déjà je condamnais toute forme de violence ou de geste imposé dans mes relations pédérastes. 

Ma sainteté est morte en voyant Jeannot, un beau garçon qui avait le sourire facile.  Mais, je savais d’ores et déjà quelle était ma «petite nature» comme me disait Mme Alice Gosselin, une dame super, chez qui j’ai demeuré cinq ans. 

Malheureusement pour moi, le journal pour lequel je travaillais a dû cesser d’exister pour des raisons financières.  Retour à l’école pour m’en sortir.  Je passe le chapeau au bureau du ministre de l’Éducation, M. Gérin-Lajoie, parce qu’on me refusait une bourse pour retourner à l’école au secondaire. On essaye alors de me faire déclarer fou, mais les examens prouvent le contraire. En 1968, les Jésuites me mettent à la porte.  Les élèves font le lien entre ce que je dis et les événements de mai 68, en France.  On y voit une grande parenté.  Je mets la cerise sur le sundae, en osant parler de ma pédérastie et de ma visite en prison dans le journal étudiant, le Garnier.  C’en est trop pour les Jésuites, on exige que je paye tout de suite ou partir.    
 

Par hasard, je reçois un téléphone d’Éric Kierans qui veut me présenter à Jean Lesage.  Il trouvait que j’avais des idées de « gauche» intéressantes.  Je prenais pour les libéraux, en contradiction avec mon père nationaliste de l’Union nationale.  Il faut dire qu’alors je rencontrais facilement des ministres libéraux qui m’écoutaient, ce que personne d’autres ne faisait.  Plus tard, j’ai compris que si j’aimais autant la politique, c’était à cause de mon père qui en mangeait à journée longue.  Sans le savoir, on s’est retrouvé tous les deux dans le Parti Québécois. 

J’adorais et appuyais sans réserve René Lévesque parce qu’il était honnête.  De plus, il était simple et rêvait au bien du peuple plutôt qu’à se bourrer les poches.  Je pouvais me faire valoir dans ce parti politique, donc, j’oubliai mes récriminations et je devins président des Jeunes libéraux de Limoilou.           

J’ai dû démissionner du parti libéral au congrès de ce parti à Québec parce que j’ai osé appuyer René Lévesque et son projet de souveraineté-association.  À cette époque, je n’étais pas séparatiste une seconde.  Par contre, pour moi, c’était clair : on pourrissait dans le statut quo et les Québécois valaient mieux.  On devait donc aller plus loin.  Les dirigeants du parti m’ont forcé dans l’après-midi à prendre la sage décision de démissionner comme président de comté des jeunes libéraux, mais je voulais demeurer dans le parti pour défendre mes idées, surtout nettoyer la politique. 

J’ai continué à être engagé en devenant membre de la SSJB de Québec.  Malheureusement, ce mouvement n’était pas assez nationaliste pour moi.  Par contre, je n’étais pas membre du RIN.  C’était trop nouveau pour moi. Je me croyais même Canadien, car l’idée d’un pays du Québec n’avait pas encore fait son chemin.  C’est seulement à la Tribune de Sherbrooke, à cause la décision de construire un aéroport à Mirabel plutôt que Drummondville que j’ai à travers les créditistes compris que le Québec était trop différent du reste du Canada pour croire à la fédération canadienne.  Avec la décision de Mirabel, j’ai acheté ma carte de membre du PQ.  C’était une décision économique.  Cette décision me prouvait hors de tout doute que jamais on arrivera à trouver notre place au sein du Canada.            

L’histoire m’a ensuite appris le mépris du colonialisme anglais pour toute forme d’humanité qui n’appartient pas à son cercle sacré.      

J’appuyais René Lévesque parce que les «états associés» avaient été éliminés de la réflexion.  Et, René Lévesque était un homme honnête.  Il a su incarner mon idéal, me permettre de rêver dans un monde meilleur.  Grâce à lui, transformer le Québec devenait aussi possible qu’il était impossible de changer le fédéralisme.  Il était le seul à incarner ce désir qui s’était même répandu chez les créditistes.           

Puis, est arrivé Trudeau avec le French Power.  Je le trouvais fascinant parce qu’il défendait le droit à la liberté sexuelle et il avait le courage de dire ce qu’il pensait.  Le FLQ est presque né en même temps.  On riait en disant que FLQ signifiait Fédération Libérale du Québec.  J’ai cru dans Trudeau jusqu’à ce que son gouvernement plie devant Toronto qui voulait que l’aéroport soit construit de manière à ne pas devenir un instrument de développement économique si le Québec devenait indépendant.             

C’est aussi, je crois, grâce au député Georges Vaillancourt (avec qui j’ai prononcé mon seul discours politique Les dieux font festin durant que le peuple crève de faim, qui traduit vraiment le fond de mes préoccupations), que j’ai été réengagé à la Tribune de Sherbrooke, passée aux mains de Power Corp.

On se débarrassa de moi en 1972 parce que je suis devenu trop radical et surtout trop indépendantiste. En fait, le journal a refusé, malgré les preuves, de dénoncer un cas de patronage auquel j’avais attaché mon emploi… Pas de publication, démission. En réalité, j’étais plutôt un petit régionaliste.  Je voulais des gouvernements régionaux, mais sur un plan international, Antoine Naaman m’ouvrait l’esprit à la francophonie.  Il me permit, même s’il était de droite, du moins en apparence, de publier l’Homo-vicièr.  Il m’a prêté l’argent et m’a obligé de le corriger car j’écrivais comme un pied.  Je faisais plus de fautes que j’écrivais de mots.  Ce fut un prof extraordinaire.  Je lui dois ce que je suis devenu en écriture. Il disait que j’étais un petit génie, mais un maudit paresseux.   Les Auteurs réunis ne voulaient plus rien savoir de moi, car Réjean  s’était surtout vendu au petit séminaire de Sherbrooke et en l’étudiant en classe on s’est aperçu de son caractère homosexuel, plus précisément pédéraste. On voyait aussi que j’étais obsédé par la révolution.  À moins d’être idiot, on constatait vite qu’il s’agissait d’une lettre d’amour qui fut d’ailleurs remise au petit gars pour laquelle je l’avais écrite.  Pour l’enseigner, on disait qu’il s’agissait d’une lettre du père à son fils.          

J’ai même à cette époque été dénoncé comme chef d’une cellule felquiste de communication, ce qui était complètement sans fondement, pour ne pas dire carrément stupide. Pour cela, il aurait fallu que j’aie des contacts avec le FLQ.  Pour le chef du FLQ, Pierre Vallières, j’étais un petit bourgeois parce que je croyais (et je crois encore) que la seule possibilité que l’on a pour changer les choses, c’est de l’intérieur.  Pire encore, j’étais essentiellement contre la violence, quoique ça m’excitait comme tous les jeunes de mon âge.           

Je croyais davantage dans la libération économique et intellectuelle du Québec. 

Ma lutte pour la pédérastie tient à la lutte pour l’ouverture d’esprit.  Un combat contre les mensonges que l’Église nous apprenait sur la sexualité, tout en assurant une censure face à la Vérité.

C’était un peu comme le voyait le premier maître à penser felquiste du Québec, Raoul Roy, l’écrivain, non le chanteur.  Pour Raoul Roy la souveraineté était le bien suprême pour le Québec.  Elle se réalisera grâce à la langue et au socialisme.  Raoul Roy était un beauceron, recherchiste à Radio-Canada, obsédé par la langue française et son devenir.  Un bon gaulliste, si on se rappelle la photo du général trônant dans son salon.  Plus obsédé de l’indépendance du Québec que Raoul Roy, j’en connais pas, sauf moi

La seule bourse que j’ai eue comme écrivain me fut accordée par le Conseil des Arts du Canada pour effectuer une recherche sur la sainte mine d’or La Thérèsa, d’où Ste-Thérèse de l’enfant Jésus a pris tant d’importance dans ma vie.  C’était une mine d’or religieuse vers 1950 dans le Nord de l’Ontario.  Une mine pour prouver aux anglais qu’on peut faire autant d’argent avec le signe de la croix que le signe de la piastre.  Cela m’a donné un livre immense, mon projet de maîtrise en création française, un roman Le jeune espion et une série télévisée que l’on refuse de publier et de produire.   

Après avoir connu l’expérience de l’école libre, vers 1974, et être retourné dans les murs de la prison pour avoir osé baisser mes culottes durant un jeu mené par les jeunes, j’ai adopté deux jeunes garçons du Bangladesh, Shuhed et Rouhed. Avec eux, ce furent des années d’extrêmes plaisirs de vivre.

Pour survivre économiquement, je suis allé travailler en Ontario, au Manitoba, puis, à Percival, une école anglaise de Val-d’Or où il y avait plus d’élèves francophones que d’anglophones. J’enseignais enfin le français, langue maternelle, pour la commission scolaire Western Québec.    

On ne pouvait pas me mettre à la porte comme enseignant car sans me prendre pour un autre, j’étais bon. C’est cette expérience qui me motiva à me battre pour des écoles linguistiques plutôt que confessionnelles.  On a donc imaginé, après avoir refusé un pardon, de me monter un piège à partir d’une pédérastie qui me démange particulièrement à tous les 20 ans.  Un beau procès de cul !  Je n’ai pas témoigné, seul, Mathieu, l’accusateur, et son père le firent.

Condamné, je perdais toute forme de crédibilité et pour ne pas passer pour des pareils, ça éloignait tous ceux qui m’entouraient sur le plan politique.   

J’ai enseigné 15 ans, en vantant ma pédérastie dans mes livres, pour qu’un jour on comprenne toute l’exagération de la peur des Québécois face à tout ce qui touche la sexualité. 

Paranoïaque ou névrosé, je ne sais lequel nous colle le plus à la peau, mais c’est l’un des deux.  Heureusement, c’est quand même moins pire que dans l’Islam. On n’a jamais pu rien (on n’aurait jamais pu) me reprocher quoique ce soit sur le plan sexuel quand j’ai enseigné, malgré toutes les fabulations et tous les racontars.  J’adorais ce métier parce que justement j’adorais les jeunes.  J’étais fier de contribuer à leur évolution.         
 

Évidemment, je fus rejeté à nouveau.  Du bon gars,professeur, je passais au statut du pire des trous-du-cul.    

Je me suis ramassé en télémarketing, payé d’abord par des juifs, puis, par des patrons venus de Chicago, sous l’aile d’un bureau de Toronto.  Pourtant, je suis et je serai toujours, à moins qu’on me prouve que c’est mauvais pour le Québec, un indépendantiste.  Je n’ai rien contre les Canadiens, ni même le Canada qui est très beau à visiter, surtout que leurs jeunes y sont très beaux… mais le Québec se doit d’être autonome.  Ce n’est pas une question de vengeance au contraire, c’est une question de confiance en soi, de respect de soi.  Un Québécois, c’est différent d’un Canadien, on n’a pas la même culture.         

Spirale intraprojective 37

octobre 12, 2020

Spirale intraprojective  37

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 356 à 366)

La méritocratie      

Ma façon de voir la méritocratie n’est pas la même pour tous.  Pour moi, la méritocratie ça veut dire que si tu es très intelligent, tu dois produire pour les autres, en fonction du talent qui t’est donné.  Il n’y a pas que l’argent qui compte.  La liberté sexuelle est aussi un facteur dans la qualité de vie, par exemple. 

Nous n’avons qu’une vie à vivre (si on ne croit pas ce que nous enseignent les religions).  Certains grands cerveaux se conduisent qu’en fonction de grossir l’intérieur de leur portefeuille, des «Docteur Wallet».  Ils sont certainement très compétents dans leur domaine d’activités, mais ils sont une faillite sociale absolue car ils ne se rendent pas compte de la souffrance autour d’eux.  La médecine doit être humanitaire, par exemple.  Ce n’est pas une industrie. 

Un individu qui reçoit beaucoup de support de l’État à cause de son talent devrait avoir la conscience qu’il faut pour donner beaucoup en retour.  Il faut se découvrir pour être heureux, mais on ne peut pas aspirer seul au bonheur.  Plus tu es intelligent, plus tu devrais servir ceux qui sont dans le besoin.  L’homme est un être social, ce que l’économie essaie de tuer. On est de plus en plus en déficit d’idéaux.

La priorité politique doit toujours et sans condition être le bien du peuple.  

LE LOGEMENT.  Un autre facteur,

C’est comme le logement où l’on crée artificiellement des crises pour les profits de l’immobilier. 

Il est incroyable qu’un appartement — un et demi — coûte 400$ alors que le chèque de bien-être mensuel est de 450$ par mois pour un jeune , malade mental ou pas.  Souvent, à ce prix, l’électricité n’est même pas comprise.  L’Hydro-Québec a été nationalisé pour servir davantage le peuple, particulièrement les plus pauvres et non pour obtenir des profits en vendant notre électricité aux États-Unis. 

Qu’un capitaliste se fasse un petit profit parce qu’il a des logements locatifs, il n’y a rien là, tant que le peuple y a accès, sinon c’est de l’exploitation.  Les usuriers font aussi partie de la mafia légale internationale.  L’immobilier sert au blanchiment d’argent pour la mafia
Les institutions nationales devraient toutes être sans but lucratif ainsi que le logement social.           
 Si les propriétaires ne sont pas capables d’avoir assez de compassion pour permettre aux jeunes et célibataires de vivre décemment, il faudra penser augmenter leur part de taxes sur les profits immobiliers pour être redistribués à ceux qui sont dans le besoin. 

La Régie du logement devrait avoir le droit de fixer à 100$ maximum par pièce, s’il n’y a pas de services.  Cependant, il faut aussi penser que les locataires ont aussi des obligations quand ils vivent quelque part, de manière à ce que les lieux ne se soient pas dégradés à leur départ du logement.  Le locataire devrait être obligé de remettre le logement à neuf quand il part, s’il l’a pris ainsi.  Mais, le propriétaire devrait être obligé de l’entretenir dans ce qui est essentiel tout au long de la location.  Faudrait peut-être examiner les baux de la Suisse pour comparer.  Un locataire qui part à la cachette pour ne pas payer son loyer, c’est comme voler.    
Ce n’est pas parce que tu es pauvre que tu dois vivre en cochon.
Les logements sociaux devraient avoir la priorité dans toutes les dépenses gouvernementales au niveau de la construction immobilière.  Subventionner de condos pour les riches, c’est voler le peuple pour engraisser une bande de constructeurs qui se fichent même de ce que ces nouveaux logements répondent à un besoin réel, à un prix accessible.      
Toute personne gagnant moins de 25,000$ devrait être considérée pauvre. Par contre, la pauvreté n’est pas un nid pour se faire entretenir par l’état parce qu’on n’a pas su s’accorder en couple.  Si la parenté est une responsabilité à vie, elle est structurée de façon à ce que les parents aident les enfants jusqu’à ce qu’ils soient autonomes et en principe, les enfants devraient aider leurs parents à la fin de leur vie.  Le respect de ses parents existe davantage dans les autres cultures.  Nous, on dirait que les aînés sont des déchets ou des victimes à détrousser.

La perception sociale, face au mariage et ses responsabilités, doit être réexaminée. 
Les individus n’ont pas à juger ou à condamner les autres.  La vie personnelle, ça existe. Le tissu social doit d’abord être familial.  Les préjugés religieux, face à la conception hors mariage, doivent être éliminés. Le mariage, en vue de la procréation, doit être encouragé ; mais c’est aussi un moyen de s’en sortir et de ne pas vivre seul. 

La mère devrait pouvoir, si elle le désire, demeurer à la maison durant les cinq premières années de ses enfants.  Quand le jeune entre à l’école à plein temps, elle doit pouvoir aller travailler, car c’est pratiquement impossible de vivre actuellement sans deux salaires à la maison.  Une nouvelle exigence économique de notre système qui a découvert combien les femmes peuvent être brillantes sur le marché du travail.  

Quant aux homosexuels  ( qu’on appelle aussi gais) le mariage civil est convenable parce qu’il permet un droit de regards sur les richesses du partenaire ou un partage plus équitable. Le mariage gai permet de vivre sa différence sans être condamné à la solitude      

Le nouveau problème du logement tourne autour de la situation suivante : celui qui a de l’argent ( la mafia immobilière) achète des logements décents. Il ne fait rien pour les réparer.  Ainsi, durant ce temps, le revenu est intéressant et vierge.  Quand les logements sont devenus vétustes (ça ne donne rien d’investir, les représentants de nos gouvernements passent pour augmenter les évaluations dès qu’il y a rénovation).  Ils revendent les logements à profits et en achètent d’autres plus neufs, plus décents… et le manège continue permettant ainsi de facilement empocher de nouveaux argents à chaque transaction.  La roue tourne.  Pendant ce temps, le stock des logis décents diminuent et après quelques années, il y a pénurie. C’est la crise.     

Les taxes sont toujours savamment refoulées vers les plus pauvres, les plus nombreux, les plus faciles à voler, les locataires.        

Le gouvernement doit investir dans des logements sociaux.  Il est anormal qu’un logement coûte ce que tu reçois en bien-être social. C’est le cas des jeunes. 

Comment vivre avec un bien-être de 450$ quand tu reçois un chèque de bien-être de 400$ par mois.  C’est de la folie.  J’aimerai bien voir un de nos ministres vivre dans une telle situation.  J’ai l’impression que leurs pensions font en sorte qu’ils oublient le milieu d’où ils sont issus.  C’est ça la bourgeoisie.  Une bande de parvenus qui n’en ont jamais assez. …  

Le bien-être.

Je n’ai jamais rencontré dans ma vie de fonctionnaires qui ont aussi peu de respect pour les êtres humains que les gens du bien-être social.  On dirait qu’ils sont payés à faire chier les bénéficiaires (attentes inutiles, ils sont à la fois juge et partie, etc.). Ils n’ont aucun respect et se croient tout permis comme les fonctionnaires de la Protection de la jeunesse. 

L’ombudsman devrait avoir plus de personnel et plus de pouvoir afin de réagir très vite et permettre une sécurité élémentaire garantissant une certaine justice pour tous.  Un fonctionnaire abusif ou qui ne remplit pas sa tâche devrait être congédié.  Mais, comme le disait si bien Pierre Bourgault, il ne faut pas retourner à l’ère du patronage duplessiste.  De l’amour dans la ferraille, de Roch Carrier, nous en apprend aussi sur le sujet.           

J’ai connu un jeune qui voulait finir son secondaire pour éventuellement prendre un métier (qui exigeait un secondaire quatre).  Malheureusement, il n’avait que son secondaire deux.  Le fonctionnaire dans sa lucidité a décidé que cela prendrait trop de temps et qu’ainsi ça coûterait trop cher à \’état.  Des débilités de cette sorte au bien-être, c’est quasi quotidien.  Il sera assisté toute sa vie est -ce que ça coûtera moins cher ?  C’est ça la compétence de la fonction publique au bien-être social        (qu’on appelle ça aujourd’hui comme on voudra).  Ils peuvent bien chercher les fraudeurs, ce sont eux qui jettent les jeunes à la rue.  Tout est bon, ils fournissent même leurs propres juges pour retrouver le fric qu’ils ont dépensé en aidant ceux qui en avaient besoin.  Mais, les grosse poches se promènent avec des cartes du gouvernement … ça coûte moins cher peut-être ?

Méritocratie

Les médecins devraient connaître ma version de la méritocratie …

Quand tu es très intelligent, tu dois produire pour les autres en fonction des talents qui t’ont été donnés par la nature.  Il n’y a pas que l’argent qui compte dans la vie.  Nous n’avons qu’une vie à vivre.  Certains médecins, (la minorité heureusement) agissent comme des docteurs « Portefeuille».  Ils sont sûrement compétents dans leur domaine, mais une faillite sociale absolue.  La médecine doit être humaine.  Ce n’est pas une industrie. Un individu qui reçoit beaucoup de l’état à cause de son talent devrait avoir la conscience qu’il faut donner beaucoup en retour.  Il faut se découvrir pour être heureux, mais on ne peut pas aspirer seul au bonheur.

Un autre facteur est sûrement que l’on a coupé dans les services plutôt que de modifier l’appareil administratif, plutôt que de dégraisser l’appareil.   On a muté les administrateurs, laissant la plaie béante.  Si leur mauvaise gestion endettait les services de santé, ce n’est pas en les déplaçant dans le secteur de la santé qu’on solutionne le problème.  Dans un hôpital et une école, à mon sens, ce qui est le plus important c’est le personnel, le service aux malades ou à l’étudiant… pas passer son temps à remplir des papiers.

Un autre aspect est la coopération entre les institutions.  Il faut que les individus puissent aller là où il est possible de se faire soigner et que le nouvel hôpital ait droit à un échange d’informations.  Quand tu es malade, il faut être soigné le plus vite possible et non pas être un client qu’on appelle quand on a le temps de s’en occuper.  Quand tu meurs, tu ne reviens plus.         
 Quand je suis arrivé dans l’enseignement, tout feu de mes grands amours pour les jeunes, mon premier scandale fut d’entendre chialer les vieux profs contre les élèves. Ils se défonçaient à trouver la maîtrise qui leur permettrait de passer au ministère plutôt que d’enseigner.  Ce sont ces gens qui haïssaient les jeunes qui aujourd’hui décident comment ça doit se passer dans les écoles.  Pas étonnant qu’il y ait autant de décrochage.      

Assurance-maladie

Mais, plus encore, la santé est devenue avec le vieillissement une industrie lucrative.  Et, qui dit industrie parle profits.  Mais pour qui ? 

Il y a de plus en plus d’aînés qui souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens de se payer les médicaments requis.  L’assurance-médicament devrait permettre, après 60 ans, d’avoir recours à tous les médicaments requis, à un taux de base fixe pour tout le monde, soit celui du bien-être social.  Tous les médicaments devraient être un moyen de se garder en santé et non d’enrichir des industries pharmaceutiques. 

Par contre, on sait que l’industrie pharmaceutique est une vraie mine d’or.  Il serait normal d’éduquer médecins/aînés à combattre l’abus excessif des médicaments.  La surconsommation n’est certes pas un moyen de se garder en santé.

La santé est le meilleur exemple de la manipulation fédérale dans des compétences provinciales.  En sabrant dans les transferts aux provinces, le fédéral crée un manque à gagner au Québec qui ne peut aboutir qu’à la détérioration des soins de santé.        

L’opposition provinciale n’a plus qu’à crier aux mauvais soins pour récolter les votes.  Les journaux s’en occupent.  Ils amplifient.  La crise de la santé est entretenue aussi artificiellement que celle du logement.  Ce n’est pas avec de nouveaux immeubles en béton, dont on n’a peut-être pas besoin, si on se servait des anciens, qui solutionneront les problèmes de la santé ; mais en formant d’urgence plus de personnel.

Il devrait y avoir cinq hôpitaux majeurs à Montréal (un au centre et quatre autres à chaque point cardinal à Montréal) qui servent strictement d’urgence.  Les anciens hôpitaux devraient être recyclés dans de nouvelles fonctions dans le système de la santé.  Pourquoi tant de dépenses inutiles dans notre système actuel ?  Un problème de gestion évident… 

Si le Québec percevait tous les impôts, il pourrait facilement négocier ses droits et ses besoins face à Ottawa … les surplus du fédéral existent toujours sur le dos des provinces parce que ce sont elles qui sont sur la ligne de feu et elles doivent s’arranger avec ce qu’elles ont. 

Selon la constitution, la santé relève des provinces, mais le gouvernement fédéral s’y incruste sous prétexte que la santé n’a pas de frontière.

Dans le cas du Québec, il est évident puisque le parti libéral d’ici est à la remorque du fédéral que celui-ci tentera de se servir des crises engendrées par le fédéral pour déstabiliser le gouvernement péquiste.  On dirait qu’on ne sait pas qu’il ya des problèmes qui sont au-delà de la partisannerie politique.      

C’est le cercle vicieux des enjeux politiques qui se jouent sur le dos des populations.  Ottawa sabre dans la santé (mais il trouve de l’argent pour faire la guerre) la province s’engouffre dans une situation de plus en plus intenable.  L’opposition (si elle est libérale surtout) profite du problème créé par son grand frère d’Ottawa, pour se créer du capital politique.  C’est normal, mais ce sont encore les gens qui payent.           

Il est bien évident que l’intérêt de la population (la politique étant sale de nature) passe derrière les intérêts des acteurs de ce drame.  Les politiciens se sont votés des augmentations de salaires et de pensions qui frisent le vocable de «vol légalisé autorisé».  Qui peut avoir une pension à vie après huit ans ? 

Ainsi, grâce à son fric, payé par nous des provinces, Ottawa peut créer les crises qu’il veut, manipuler comme il le veut les gouvernements provinciaux et étendre malgré la loi (le partage des pouvoirs dans la constitution) sa dictature économique. 

Le temps que la Cour suprême réagisse, il en coûtera plus cher de revenir au bons sens que d’endurer cette inégalité sociale.      

C’est ainsi que le fédéral piétine la constitution avec les programmes partagés.  Cette iniquité durera tant que le Québec ne sera pas un pays.     

Ottawa est souvent, par sa manipulation pour centraliser le pouvoir, le créateur des crises qui surgissent dans les champs de compétence provinciales, laissant croire aux gens que les provinces sont les premières responsables de leurs maux.

****

L’HYPOCRISIE ET LE VOL DU RÉFÉRENDUM DE 1995.
On a forcé le premier ministre du Québec à démissionner parce qu’il a osé dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas : Le référendum de 1995 a été battu, grâce aux ethnies et à l’argent. 

J’ajouterais que non seulement il a été battu, mais qu’il a été volé par le camp du non qui n’a pas respecté la loi pour gagner.  Les fédéralistes l’ont remporté à l’arraché, grâce à leurs gestes illégaux. 

La démission de M. Parizeau a été précipitée par les journaux du Québec, qui du jour au lendemain, ont été capables de faire croire aux gens que la déclaration du premier ministre était raciste alors qu’il invoquait simplement les faits.    

Cependant, si au lieu d’avoir les féministes, les vieux qui avaient peur de perdre leur pension de vieillesse et le monde de la droite de la région de Québec, les francophones auraient fait comme les anglophones et voter à 90% en bloc et plus, nous serions déjà indépendant.    

Fallait-il obéir au «politically correct», au gribouillage médiatique ?  La campagne contre Jacques Parizeau prouve que les média au Québec sont une possession centralisée aux mains des fédérastes. 

D’ailleurs, aussi surprenant que cela soit, aucun journal indépendantiste n’a survécu au Québec.  Même le Devoir est devenu plus intellectuelle qu’indépendantiste.

Le colonialisme bourgeois exigeait   » son exécution politique  » pour avoir presque réussi, l’avenir le prouvera.

*  * 
 
Pour des écrits politiques trop engagés, peut-être une lettre à Stéphane Dion et Jean Chrétien, alors que j’étais encore à Val-d’Or, dans laquelle je leur disais que le fédéral incite à la violence, en supposant la partition, on m’a monté un bateau pour me jeter en prison pour me faire comprendre que si je ne la fermais pas, ce serait le reste de ma vie qui se passerait ainsi. 

Le pire ce geste a détruit la vie de deux jeunes et a privé le Québec d’un bon prof : moi.        

On m’a dit qu’on avait dû patienter vingt ans puisque j’étais un des seuls radicaux qui n’avait pas payé pour ses idées et ses activités politiques au début des années 1970.  On m’a toujours identifié à faux comme un terroriste dangereux. 

J’étais un peu fanatique comme tous les jeunes.  J’ai toujours été un petit activiste politique.  J’écris point.  Comme me disait mon avocat : « ton cas est éminemment politique, mais pas dans le sens que tu le penses». 

J’ai toujours été un petit anarchiste ou un libre penseur.  Je ne connais pas exactement la différence, mais je suis un de ceux qui rêve d’un monde meilleur, un révolutionnaire quoi.           

On m’a demandé de plaider coupable pour faire moins de temps, ce que j’ai refusé parce que les faits pour lesquels j’étais accusé étaient faux, gonflés à bloc. Même si j’ai touché à Mathieu, ce n’était pas du tout dans les circonstances et la façon dont on le racontait.  Il n’y a jamais eu la moindre contrainte entre moi et Mathieu. Évidemment, il ne s’est pratiquement rien passé de répréhensible.     

Même si j’avais sucé Mathieu à tous les jours de notre excursion, que je l’aurais masturbé à de multiples reprises, puisque je sais bien faire mon boulot, il ne s’en serait que mieux porté.  Il a sûrement été plus traumatisé que l’on ne mette le nez dans sa vie privée et qu’on le force à me dénoncer. 

Ni la masturbation, ni la fellation ne sont des gestes violents, des gestes qui font mal, bien au contraire, c’est très agréable à moins d’avoir été tellement élevé frustré qu’on croit que l’enfer nous arrive par le bas-ventre… 

On peut trouver ça vulgaire, mais la vulgarité n’existe que dans la tête des hypocrites capables d’imaginer ce qu’est la vulgarité.            

Quand je me suis ramassé en autobus avec Mathieu, j’ai vite compris que quoique je fasse je serais accusé. Un feeling.  Il faisait pleine lune et j’ai pensé à l’étranger de Camus.  Étais-je un Dracula qui se trompe d’artère ?  Non, mais je le sentais.  La lettre de sa mère, avant le départ, annonçait qu’il y aurait de la merde au bout de notre voyage. 

Une mormone féminoune, c’est tout ce qu’il faut pour crier aux attentats à la pudeur au moindre échange de sourires.        

Si on s’était mêlé de ses affaires (les féminounes et les mormons), on n’aurait pas entendu dire qu’il y a des centaines de haut-placés, hétéros, qui dans le monde jouent aux fesses avec la protection, le regard aveugle de la police. 

Tant que les concernés sont consentants et ont un âge qui leur permet de comprendre ce qui se passe, ça ne regarde personne.  C’est à eux et seulement eux de porter plainte.

Sauf que ces gens qui me condamnent parce que je suis pédérastes sont probablement plus sales dans leur âme que je ne le serai jamais.  Moi, je n’ai tout simplement pas leur pouvoir et leur argent. Je n’haïs personne.    
                                              
*  *   *   *

C’est d’ailleurs la raison fondamentale pourquoi Ottawa veut modifier les règles sur l’immigration, il est perdant à long terme.  Il a triché alors que des milliers d’immigrants qui n’auraient pas dû voter ont pu le faire parce que des juges fédérastes les ont assermentés pour voter non.  Le comité du non a aussi volé des votes dans l’Estrie, par exemple.  La prochaine fois, le Québec devra prévois ces coups bas et ces irrégularités.            
En réalité, le Québec n’a pas perdu le referendum ; sans ces irrégularités, il l’aurait emporté : mais si faiblement que ça aurait été peut-être encore une catastrophe.  Mieux vaut tout recommencer.  La question doit être : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?»    Il faut plus de 50% pour le OUI, mais l’idéal serait de 55%, pour que tout soit absolument clair.  Et alors, selon la loi canadienne, le fédéral serait obligé de négocier d’égal à égal avec le Canada pour trouver une nouvelle structure ou pour se séparer.  Puisque le fédéral ne veut pas négocier, il ne reste vraiment que l’indépendance.           

Le fédéral a obtenu une si faible majorité que ça fait honte d’entendre les ténors fédéraux parler d’une vraie victoire.  Depuis, ils essaient de s’introduire dans tous les champs de compétence provinciale, sous prétexte que le peuple leur a donné raison.  C’est faux. 

Pire, ils ont entrepris une chasse aux sorcières pour se débarrasser de tous ceux qui sont radicaux quant à l’indépendance. Une gestapo dans le même esprit que celui qui essaie d’arracher les racines d’une plante pour qu’elle ne repousse plus.

Ottawa respecte les règles de la démocratie, seulement quand ça fait son affaire
.

Ainsi, si le Québec francophone veut survivre  — puisque l’immigration sert d’instrument d’assimilation et de colonialisme– le gouvernement du Québec devra mettre ses culottes et interdire le droit de vote à ceux qui obtiennent leur citoyenneté après la date de l’annonce faite de la tenue d’un referendum.             

Ottawa ne doit pas pouvoir répéter son stratagème et revoler le droit d’un peuple à avoir son propre pays.  Il faut absolument ne pas tolérer de violence et s’assurer que les nouveaux modes de votation ne soient pas une nouvelle façon de voler un referendum.  La vieille formule demeure la plus sécuritaire, même si elle est moins rapide.  Plus les bandits ont du temps, plus ils peuvent inventer de nouveaux outils pour mieux exécuter leur crime.  

Il faut aussi convaincre les Anglophones que l’avenir du Québec doit être décidé par et pour les Québécois, eux, y compris, car ils profiteront autant que les francophones des fruits de l’indépendance.  Mais il ne faut pas se fier sur eux pour la réclamer.       

Il est préférable pour le Canada d’avoir un Québec ami qu’un voisin revanchard … Les canadiens anglais doivent comprendre que le meilleur moyen de dire aux Québécois qu’ils les aiment toujours (en dehors de la campagne référendaire) c’est de les respecter assez pour ne pas essayer de leur faire croire que tous les souverainistes sont des cons et de respecter le fait français.           

Vouloir faire la souveraineté n’est pas un geste contre le Canada, mais le rejet du fédéralisme centralisateur.

Il est normal pour un peuple, une nation, de vouloir discuter de la structure politique qui convient le mieux à son émancipation.  Qu’ils le veulent ou non, l’Ouest canadien devra se poser la même question que le Québec : le Canada doit-il exister pour assouvir les besoins de l’Ontario ?        

La base économique du Canada  (Ouest et Ontario) repose sur le pétrole et l’automobile alors qu’au Québec, c’est au contraire, l’électricité. 

Vancouver aura sûrement de la difficulté a faire avaler le bilinguisme franco-anglais quand le mandarin ( le chinois) est la seconde langue la plus populaire en Colombie-Britannique, foulant ainsi aux pieds la vision bilingue du Canada  de Pierre -E. Trudeau, fondée nécessairement sur les deux peuples dits fondateurs.  

Jacques Parizeau a affirmé — maladroitement pour les âmes trop sensibles qui auraient voulu le voir à genoux à implorer pardon … ce qui était la plus stricte vérité mathématique.  Les journaux ont réussi à lui faire porter le poids du NON au referendum, mais c’était un non de voleurs et d’hypocrites

Le referendum a été volé par l’argent (en ne respectant pas les lois du Québec) et les nouveaux immigrants, 55,000 assermentés d’urgence par des juges venus du Nouveau-Brunswick.        

Aujourd’hui, maintenant que l’émotivité est retombée, on reconnaît que le résultat a été faussé par le pouvoir, la malhonnêteté, l’hypocrisie du gouvernement fédéral.  Même les anglophones commencent à comprendre que le vote ethnique ce n’est pas un élan de racisme anti-anglophone, mais simplement dénoncer le moyen employé par Ottawa pour fausser les résultats du referendum.
 Aujourd’hui, de plus en plus de Canadiens anglais comprennent que l’ego trip de la bourgeoisie fédéraste canadienne française ne sert ni l’intérêt du Québec, ni l’intérêt du Canada.  Ottawa rêve de pouvoir et de centralisation de façon à ce que l’Ontario, boive toutes les énergies du reste du Canada.  L’Ontario a deux gouvernements Queens Park et Ottawa, en ayant une très grande majorité de députés libéraux, à Ottawa. 

Ils ont au moins l’intelligence dans cette province de savoir ce qui est le mieux pour eux.      

Quant au Québec, il a beau pleuré, il ne sera jamais rien d’autre au Canada qu’une minorité de plus en plus stérile, ne pouvant même plus former l’opposition officielle. 

L’Ouest se détruira si le débat dure aussi longtemps qu’au Québec en luttes inutiles pour déconcentrer et décentraliser le pouvoir jusqu’au jour où ils comprendront que leur vraie avenir est le même que le Québec soit la création d’un pays qui leur soit propre.          

La force d’Ottawa a toujours été de faire croire aux gens de l’Ouest canadien que l’est (Québec) bénéficie à pleine vapeur des avantages d’une fédération centralisatrice.  La Confédération canadienne, comme l’indique son nom, n’existe pas.  Ce problème n’est est pas seulement un problème de nom, de mots, mais d’une conception schizophrénique de la réalité canadienne.  Pour qu’il y ait une vraie confédération canadienne, il faut d’abord que le Québec soit un pays.

Spirale intraprojective 36

octobre 11, 2020

Spirale intraprojective  36

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 344 à 356)

*   *   *   *

Ainsi, comme dans les grosses compagnies (Bell a congédié des milliers de femmes pour les remplacer par des machines qui nous font perdre notre temps), la santé est devenue une affaire de grosses machines, de gros sous, plutôt que la relation intime entre le médecin et le patient.  Aucun patient ne devrait devoir attendre pour être soigné.          

À force de vouloir créer une élite, on finit par engendrer des pénuries … Le manque de personnel infirmier est une conséquence directe de notre système de gestion de la santé, sans planification, et surtout, sans but, car, on oublie que le système de la santé existe uniquement pour le bien des patients. 

Actuellement, les gestionnaires sont là pour faire économiser des sous et non pour améliorer la qualité des soins de santé.  Pour eux, le $$$ passe bien avant le besoin des patients.  On préfère engager des gens à temps partiel, avoir du temps supplémentaire plutôt que de créer un personnel permanent, de base, du moins. 

Au lieu de couper chez les infirmières, on aurait dû se débarrasser des gestionnaires.  On a, comme dans les écoles, remis la gestion du système entre les mains d’incompétents, c’est-à-dire, peut-être de bons gestionnaires, mais des ignorants absolus de la médecine. 

L’erreur fondamentale : la démocratisation n’est pas que mathématique ; ce n’est pas le retour à la dictature absolue de l’ignorance…         

La définition de la vocation des soins de santé, soit améliorer la vie des citoyens, est devenue : faut pas que ça coûte trop cher, le moins possible, selon le mode capitaliste.

 Mais, les multinationales comme les hôpitaux empochent encore des millions en subventions, parce que leur présence est essentielle pour maintenir un niveau de chômage (ou de soins) acceptable … Elles oublient, cependant, leur devoir face à la population. 

Dans l’état actuel des choses, l’intérêt des peuples est soumis aux profits des multinationales.  Cependant, les gouvernements locaux doivent se conformer à une éthique de gouvernance.  L’aide des pays riches ne doit pas servir seulement à engraisser une poignée de dictateurs narcissiques.    

Cet exemple prouve aussi que les syndicats et les corporations peuvent être les ennemis du bien-être général d’une population parce que les intérêts corporatifs passent avant ceux des membres.         

Le personnel médical et infirmier devrait avoir le pouvoir décisif, et non, les gestionnaires qui viennent de l’extérieur et qui ne connaissent rien dans le domaine.  Tu ne peux pas tout gérer parce que tu sais compter.  Dans la vie, il y a la raison, mais il y a aussi les émotions, l’irrationnel…        

Le communisme n’est pas mieux que le capitalisme.  Ce sont deux systèmes qui manipulent et volent les plus pauvres au lieu de leur venir en aide.  Dans le système capitaliste, le voleur est individuel, une espèce de Dracula alors que dans le communisme, l’état, où la petite clique qui domine au nom du parti est le dictateur exploiteur.  Le fascisme de l’Islam orthodoxe, fanatique, vécu comme les Talibans, est aussi pire que le capitalisme et le communisme.        

Ces philosophies montrent où conduisent l’ignorance et l’irrationnel où la foi a plus d’importance que la dignité humaine. C’est malheureusement le lot de toutes les religions.  L’aspect négatif des religions repose sur la concentration des pouvoirs, la pensée unique, la répression sexuelle et la répression des droits individuels. Les religions tentent de nous faire vivre contre nature quand il s’agit de notre sexualité. On est des hommes et aucun Dieu ne nous a dit que nous devons tous devenir des saints.           
 
J’ai lu quelque part que le président des Etats-Unis (G. Bush), au nom de la sécurité, veut engager dix millions de mouchards pour établir aux États-Unis une dictature sanguinaire et dégueulasse comme Staline. C’est comme si l’acte constitutionnel   d’un pays ne veut rien dire.  Les États-Unis sont pourtant moins pires que bien d’autres pays.  La liberté est le fondement même de l’Amérique avec le respect, légalité de l’Autre. 

Si c’était appliqué non seulement nous vivrons dans un monde de chantage et de délation, mais nous ne pourrons plus identifier la vérité, car les états se servent de la propagande pour nous faire accepter leurs crimes militaires.      
                                                           

 *  *  *  *  *

Je viens de voir un reportage sur RDI où l’on pleure sur le sort des femmes obligées de porter une burka parce que les hommes sont trop vicieux pour regarder une femme sans tomber en tentation.

Même si ça ne vaut pas une guerre, je suis parfaitement d’accord avec les féministes. Les femmes sont égales aux hommes et doivent avoir accès à tout ce qui existe pour les hommes.  La folie s’appuie souvent sur le délire religieux. 

Au début du reportage, la fille porte le voile, elle décide de ne plus en porter.  À la fin du reportage, elle décide de reprendre le voile parce qu’elle se sent assez pure pour le porter.   Le scrupule est-il une maladie féminine ?  C’est donc la faiblesse de l’esprit qui en est responsable, selon ce qu’elle nous raconte.  C’est là que nous conduit la répression sexuelle.  C’est vivre le mot à mot d’une morale inventée il y a des siècles, dans l’ignorance, et sous prétexte que c’est une parole divine, on refuse de la revoir.  On se culpabilise de ne pas être assez aliéné. Dieu ne peut pas être aussi insensible face à la nature humaine.  Les livres saints ont été inventés par des Sages pour créer des lois afin d’assainir la vie sauvage des gens.

*    *

Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je suis pour la liberté de l’être humain.  Je suis anarchiste, je crois.  Je suis contre la misère humaine surtout quand elle est le fruit de l’économie.  Je crois encore que tout philosophie, toute religion qui est vécue dans le fanatisme conduit à la folie.  La tolérance est la porte de la charité et de la solidarité.  C’est une expérience quotidienne.            

Ça me rappelle ma dernière visite chez mon fils aîné qui est musulman.  Nous discutions de l’actualité quand je l’ai profondément vexé en lui disant qu’il faut craindre toutes les formes de fanatismes religieux. Il était outré de mes propos, croyant que je parlais de sa religion.  Nous avons dû avoir recours à de nombreux exemples pour faire comprendre ce qui constitue l’acceptable.  Tuer, lapider quelqu’un pour des raisons sexuelles, c’est de la bêtise pure.  Nous avons fini par nous rallier parce que nous nous aimons assez pour vivre des divergences, mais nous avons conclu qu’il est parfois très difficile de comprendre l’autre, surtout dans les sujets émotifs comme le sexe et la religion.

Nous sommes à un moment de l’histoire où des idéologies et des religions s’affrontent.  Il est difficile de comprendre que chaque religion a sa part de bon et sa part d’excès.       

*   *   *   *        
LE RÉFÉRENDUM VOLÉ : LE FÉDÉRAL NE RESPECTE PAS LA LOI.          

Incapable de gagner le dernier referendum sur la souveraineté du Québec, le gouvernement fédéral et ses alliés l’ont tout simplement volé : un nombre maladif d’assermentation de nouveaux arrivants, une manifestation illégale car c’est au-delà du coût des dépenses fixé par la loi du Québec et une campagne permanente de lavage de cerveaux où l’on promet mers et mondes pour mieux oublier, après le référendum.  Des changements qui ne viendront jamais.    

Le fédéral prône la démocratie, mais ne la respecte pas, en violant les règles établies par le gouvernement du Québec.       

Les fédéralistes utilisent le mensonge et le syllogisme en prétendant que les indépendantistes sont des séparatistes, en rejetant d’emblée un nouveau partenariat entre le Québec et le Canada.      

Il ne s’agit pas de détruire le Canada, mais de créer une nouvelle union complètement décentralisée, revue, selon les besoins du Québec.         

Dans une vraie Confédération, je ne pourrais plus cracher sur les fédérastes, car, nous serons tous des confédéralistes canadiens.  Il n’y aura pas vraiment de vainqueur dans les deux camps, car le Québec fera partie du Canada, tout en étant souverain.  S’il n’y a pas d’union ou de partenariat, c’est que le Canada aura décidé qu’il ne veut plus du Québec.  On y peut rien, c’est leur décision.       

Qu’on le veuille ou non, l’avenir de l’humanité passe par la réunion en continent avant d’aboutir à un gouvernement planétaire.  Ce gouvernement universel verra le jour qu’au moment où le bien de l’homme, de l’individu deviendra la raison d’être de son existence. 

La mondialisation sera positive, le jour où elle cessera d’exister pour la finance et deviendra une philosophie, un mode de vie qui permet une meilleure redistribution de la richesse commune, le salut de la planète.  Alors, la terre appartiendra à tous les individus.

Tout le monde sait qu’avec la mondialisation, il est impossible pour n’importe quel état de devenir totalement indépendant des autres.  Ceux qui pensent le contraire sont décrochés de la réalité.     

Avec un projet de partenariat, les fédéralistes mentent carrément quand ils appellent les indépendantistes des séparatistes puisqu’il ne s’agit pas de découper le Canada, mais de redéfinir les pouvoirs des différents gouvernements constituants … ce qu’accepte déjà la Cour suprême qui penche pourtant presque toujours du côté d’Ottawa.   

Les résultats du référendum de Charlottetown ont très bien marqué la différence entre les Canadiens et les Québécois.  Le Canada trouvait qu’on en donnait trop au Québec, et le Québec trouvait que c’était vraiment trop peu.  

Après le référendum volé de 1995, le fédéral a pensé avoir le pouvoir de créer le pire des coups de force avec le plan B, soit la mise sur place une loi qui, par ses exigences, permettrait au Canada d’intervenir si jamais le Québec gagnait.  Ces penseurs espèrent que les Québécois plieront l’échine.  Voilà pourquoi les anglophones de Montréal ont inventé l’idée de partition (des îlots fédéralistes à l’intérieur d’un Québec indépendant).  Ils croient que prendre le contrôle de Montréal est le meilleur moyen de combattre la souveraineté.  Le fédéral pense s’immiscer dans le pouvoir municipal, une juridiction exclusivement provinciale.          

Ce jeu débile ne pourrait plus exister dans le cadre d’un projet selon lequel des pays indépendants s’associent pour créer une nouvelle confédération.  

Le pouvoir central est extrêmement limité alors que celui des citoyens est plus grand.

Dans une vraie Confédération canadienne, la Charte des droits de la personne et le respect de la vie privée doivent être revues afin qu’elles servent les individus et non les institutions, encore moins le crime organisé.  Le système judiciaire doit apprendre à faire la différence entre un individu et un groupe d’individus.  

Selon le plan B, les fédérastes (GRC et ex-militaires) devaient poser des bombes pour créer l’atmosphère d’une révolution et ainsi permettre une deuxième fois l’invasion du Québec, rendant tout indépendantiste illégal au Canada, grâce à la partition.
 
Ce plan diabolique a été déjoué.  Les déclarations du président d’Alliance-Québec et de leur avocat, Me Guy Bertrand, ne pouvaient pas être plus claires  quant à leur aspect provocateur;  mais le peuple a gardé son calme et les fédéralistes ont passé une loi  qui ne pourra jamais empêcher complètement la souveraineté du Québec ou la mise sur pied d’une vraie Confédération.

Plutôt que de s’occuper du Québec, Stéphane Dion devrait centraliser ses actions sur le sort des francophones hors-Québec, spécialement en Ontario.  Il y a là un tel défi. Il n’a pas à faire la leçon au Québec.  Si les minorités hors-Québec étaient mieux traitées, du moins, aussi bien que les Anglophones au Québec, le problème pancanadien n’existerait plus.     

Dion, Chrétien, Henderson font fi de la démocratie pour nous dire : « Nous sommes les boss», mais un règlement pacifique de la situation québécoise est du plus haut intérêt canadien et même des Anglophones du Québec.

Si les Anglophones de Montréal et du Roc ne voient pas la différence des valeurs entre eux et les Américains, le Canada disparaîtra.  Nous serons un état des USA.  Une étoile de plus à leur drapeau.  Il serait intéressant de savoir combien de Québécois seraient prêts à devenir Américains, si Washington acceptait en son sein le Québec francophone et catholique.         

Dans un monde civilisé, non violent, non colonialiste, le règlement démocratique d’un conflit doit être non seulement recherché, mais le but essentiel à atteindre.          

La violence repose sur le pouvoir et tout abus de pouvoir est un crime.  Il est dommage que pour des têtes brûlées, des égo-trips, on mette la vie, même si ce n’était que celle d’un seul individu, en danger.           

La vie devrait être plus importante que le pouvoir.  Aucun intérêt financier ne vaut une vie humaine.           

Pendant que M. Chrétien sillonne le monde pour prêcher la démocratie, son gouvernement, chez lui, foule aux pieds les règles les plus élémentaires de la démocratie.

Même le droit de parole et de divergence d’opinion n’est pas respecté : il est impossible de publier des textes qui selon la Commission des droits de l’homme, exige seulement de ne pas prêcher la violence, mais aussi qui parle des féministes, des juifs, des religions et de la pédérastie.  Il faudrait aujourd’hui ajouter l’opposition à Jean Chrétien. De quoi a-t-on le droit de parler ?  Seulement de la pluie et du beau temps ? Nous vivons un système d’omerta bourgeoise et religieuse. Une omerta politique.   

Pourtant, le droit de parole, sans appel à la violence, devrait être inaliénable et sans restriction           

*  *

On s’est servi de mon livre l’Homo-vicièr pour confirmer ma pédérastie.  L’UNEQ qui doit pourtant défendre ses membres a refusé de se prononcer.  Ce texte était de la pure fiction ; mais au Québec, les mouvements mêmes intellectuels sont parfois très rétrogrades. 

J’ai compris que pour l’UNEQ la supposée liberté d’expression au Québec, c’est une immense fumisterie.   

La lutte des féminounes nous font revivre les grandes campagnes de nos prédicateurs de retraites fermées où tout ce qui pouvait avoir une consonance avec sexe était synonyme de diable.              

C’est simple au Québec, on ne peut pas toucher à la sexualité. C’est un sujet tabou et si on le fait, on est un cochon. 

Si on ose croire que c’est normal d’être sexué et anormal, contre-nature, aliéné d’être aussi scrupuleux que la majorité des gens, sous prétexte qu’il faut protéger les «bonnes mœurs» des jeunes, on est un pervers…      

On censure encore les livres comme quand j’étais jeune ; mais ça se fait maintenant très hypocritement.   Tuer peut être vu et décrit sans problème, mais la vue de la nudité met la vie des enfants en danger.  « Est-ce que ça va dans leur tête ?» 

Les campagnes menées au nom du féminisme sont identiques à celles de l’Église catholique constipée. Ne touchez pas !  Dénoncez !  Censurez ! Même les institutions créées pour nous protéger de l’arbitraire défendent cette morale archaïque.

Évidemment, mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie et par la suite Mémoire sur la liberté sexuelle ont eu aucune résonnance dans le public.       

On veut mettre la photo de nos visages sur les poteaux, envoyer notre photo partout sur internet pour que tout le monde sache qu’on est des monstres, mais on nous enlève le droit de parole et on prend tous les moyens pour que personne ne sache que vous existez, si vous écrivez favorablement sur la pédérastie.  C’est une des grandes contradictions de cette nouvelle chasse aux sorcières.  C’est aussi un des nouveaux moyens de contrôler la pensée des jeunes.

 Ces scrupules sont même plus importants que d’essayer d’éclairer le pourquoi de l’existence de notre morale. On risque de s’apercevoir de la stupidité de la pensée de la civilisation Occidentale sur la sexualité, si on lit et on réfléchit le moindrement. 

Puisque ça ne se vend pas, les organismes gouvernementaux et paragouvernementaux n’aident pas à la rédaction et la publication de ces écrits qui, pauvres de nous, scandalisent les enfants parce qu’on est trop cons pour admettre qu’il est normal qu’un jeune soit curieux face au plus grand mystère de la vie, la sexualité, la transmission de la vie.

On préfère rester dans notre ignorance, c’est plus payant.  Il faut plus de jobs d’avocat pour permettre aux filles d’avoir des débouchés.

*  *   *   *

Le fédéral manipule le Québec en exploitant les sentiments des Québécois anglophones, en les menaçant de perdre leur identité.          
 
Dans un Québec indépendant, à l’intérieur d’une vraie confédération ou fédéralisme à l’européenne, cela deviendrait tout à fait faux.  Les Anglophones feraient partie du Québec et du Canada au même titre qu’un francophone.  Ils pourraient avoir une carte de citoyenneté québécoise et canadienne, mais c’est le fédéral qui refuse la double identité à ceux qui le demandent. 

En prétendant combattre pour les intérêts des Anglophones de Montréal, Ottawa les place dans une situation économique défavorable, car l’argent que perd le Québec à cause d’Ottawa (ce qui engendre notre crise dans la santé) est tout aussi défavorable pour un Anglophone de Montréal que pour le francophone.  Les Anglophones en payent aussi le prix. 

Les campagnes internationales pour dénigrer le Québec ne touchent pas que les Francophones, mais tous les payeurs de taxes du Québec.  Un autre domaine où notre argent va au fédéral, mais ne revient pas au Québec.  Un autre domaine où on paye Ottawa qui ne fournit aucun service pour l’argent reçu.           

 Il est évident que bien des Anglophones (surtout les personnes âgées) veulent absolument appartenir (et c’est leur droit) au Canada, car c’est le pays auquel ils s’identifient.  Ottawa, en les menaçant de leur refuser une double citoyenneté (Québécoise et Canadienne), un double passeport, devient un maître-chanteur et un manipulateur sans conscience et sans scrupule.  La double citoyenneté existe partout dans le monde. C’est une menace de mauvaise foi. 

 Un Québec indépendant à l’intérieur du Canada, pays associé.  C’était la formule Gérin-Lajoie, celle que j’appuyais quand j’ai dû démissionner des libéraux parce que j’avais pris pour René Lévesque en congrès.

René Lévesque démissionna, mais il aurait quand même été expulsé s’il ne l’avait pas fait.

Une vraie confédération élimine tous les problèmes car tous les Québécois deviennent Québécois-canadiens comme on était avant quand on se disait Canayens.  Avec l’indépendance, puisque la citoyenneté serait de juridiction québécoise, ce serait à lui de l’offrir.       

Il suffit d’un peu de bonne volonté, d’un peu de bonne conscience pour permettre à un vieil Anglophone, sans même la décentralisation, de pouvoir mourir en paix et dans l’honneur.  Une simple question de compassion.  Et, comme le disait monsieur Scowen, ceux qui aiment vivre au Québec, tout en s’identifiant au Canada, pourraient ainsi le faire sans préjudice et sans même devoir avoir recours à un privilège.  Il est sûrement possible aux Anglophones qui n’ont pas le sentiment et le besoin de l’impérialisme, du dominateur colonialiste anglo-américain, de vivre en paix au Québec.       
 
Avec les Dion-Chrétien-Henderson (Alliance-Québec) et Allen Rock, le Québec devrait mettre sur pied une armée de vigilance afin de se défendre si Ottawa veut encore nous envahir militairement comme en 1970. 

Après la loi sur la clarté et le nombre requis de votes pour faire accepter le référendum par le Canada, ces gens trouveront bien toutes sortes d’excuses pour rendre la sécession illégale.  C’est déjà dans un jugement de la Cour Suprême… une forme moderne de colonialisme, grâce aux lois. 

Le Canada respecte la loi et les règles que si elles font son affaire.  Le Canada fait semblant de croire et de respecter la démocratie.  Ils savent très bien que ce sont, eux, qui font les règles… comme des impérialistes.          

D’ailleurs, tous les jugements politiques de la Cour Suprême sont des gestes de dictature politique.  La Cour n’est pas là pour avantager le fédéral, comme ce fut souvent le cas, mais pour interpréter les lois et s’assurer que l’une ne chevauche, ni ne contredise l’autre.

Pourquoi une bande de juges pourraient-ils décider de l’avenir d’un pays, si ce pays est supposément démocratique ?  La Cour Suprême n’a-t-elle pas toujours eu un parti pris pour Ottawa ?   Pourquoi écouterais-je un juge comme s’il pouvait être le seul à décider du bien et du mal ?  Si les juges sont corrects — il n’y a aucun doute, mais de petites exceptions qui sont le fruit d’une nomination politique. Ils doivent leur avancement proportionnellement à leur implication politique, donc, à leur pourriture… 

Seul le peuple peut décider de l’avenir de son territoire.

Par ailleurs, il faut reconnaître que la cour pourrait être un guide efficace, peut-être essentiel, si elle était impartiale.    

Le droit peut être un guide international, s’il cherche vraiment la justice et échappe à l’argent.  Les règles judiciaires, comme les religions qu’elles remplacent, doivent être créées en dehors des intérêts des multinationales, avoir fondamentalement un but de réadaptation. Servir intégralement la paix et la justice. 

Partout, dans le monde, quelle que soit la raison légale ou pas, la peine de mort doit être abolie, même pour les services secrets. 

Il y a deux catégories d’Anglophones au Québec : ceux qui aiment vivre en paix, nous respecter et les fanatiques, les esprits colonialistes et orangistes.  Le pire, ce sont les fanatiques «canadiens», ceux qui, après quelques années, décident que le Québec doit être anglophone parce qu’ils n’ont pas eu l’intelligence de s’établir dans le reste du Canada. Ils agissent comme si l’anglais était devenu tellement fondamental pour eux qu’ils veulent convertir le Québec.   

Cela dit, le Québec doit faire avec et, par conséquent, trouver une tolérance humaine acceptable pour tous. 

Dans une vraie Confédération canadienne, tout le monde est bilingue d’un océan à l’autre, comme le voulait Trudeau, ou le Québec est francophone et le reste du Canada anglophone, comme le veut l’Alliance canadienne.  Il faut choisir ou la réalité le fait pour nous.          

Sans être un expert et malgré la complexité du problème, il est évident que le fédéral comme dans la santé, octobre 1970, manipule le sentiment de tous pour laisser reposer tous les blâmes sur les épaules de ce qu’ils appellent les «séparatistes». 

C’est le problème d’avoir qu’un seul parti qui aspire à la souveraineté du Québec.  On devrait d’ailleurs, de plus en plus, parler de l’autonomie du Québec. C’est comme un adolescent qui décide de prendre son appartement et cesser de donner son salaire à son père qui va le boire…. Cela accélèrerait notre processus de prise de conscience et d’identité collective.     
 
Ce qui est plus indécent, le fédéral crée lui-même les situations qu’il nous reproche.  Il invente les peurs pour protéger les intérêts de ceux pour qui la fédération est une double assiette à beurre.     

Les crises sont faciles en Amérique du Nord.  Il a suffi à Jean Chrétien de dire une vérité évidente : s’il y a eu les événements du 11 septembre, peut-être que l’Occident avec ses services secrets a couru après.  Tu ne peux pas laisser crever de faim le trois quarts de l’humanité, sans que ça te retombe sur le nez.  Pour une fois, bravo M. Chrétien.

Il faut comprendre qu’on puisse être très profondément affectés par la mort de tous ces innocents du World Trade Center, tout en réalisant que la politique sioniste-anglo-américaine est la cause de tout ce remue-ménage. Les Américains, sans le savoir, défendent les intérêts des industries du pétrole et d’Israël … Les Américains, toujours aussi têtes enflées, ont décidé de jouer les bras. Si l’Irak ne peut pas avoir d’armes nucléaires, pourquoi Israël le peut-il?  Pourquoi Israël ne serait-il pas aussi obligé de respecter les décisions de l’ONU ?        

Le Moyen-Orient est en crise pour le pétrole, l’eau, mais aussi à cause du fanatisme religieux autant juif qu’arabe.  Pourquoi la planète serait-elle en danger parce que les fanatiques juifs et musulmans, les religieux, n’arrivent pas à s’entendre ?  On dirait que nous poursuivons la guerre de 1939 et qu’il faut maintenant faire payer les coupables.  Une inversion de la misère … ?   
 
Si les «vivants en Amérique » arrêtaient de nourrir financièrement les pays du Moyen-Orient, n’y aurait-il pas une plus grande chance de paix ? Les juifs américains dépenseraient jusqu’à trois milliards par année pour armer Israël.  Israël et Palestine doivent être deux pays indépendants, libres et pacifiques. 

Il serait temps que l’on cherche réellement la paix.  C’est une horreur de voir et d’entendre autant de massacres, d’un bord ou de l’autre.  Le fanatisme religieux responsable de cette situation est une forme de schizophrénie. 

On dirait que ces pays sont dirigés par des fanatiques qui sont malades mentaux.  Le pire, tu ne peux jamais rien dire sans danger…

La liberté, c’est d’abord d’avoir le droit de croire, de penser, de dire ce que tu penses individuellement. Le jour, où l’on fait croire que dieu savait comment pisser, ceux qui prétendent avoir la vérité ne sont pas plus intelligents que ceux qui dirigeaient l’Inquisition. 

Je me sens un peu le Socrate ou Galilée de la sexualité. La vérité finira toujours par triompher avec le temps peut-être saurons-nous que l’avenir de l’humanité ne peut être garantie que par la compréhension mutuelle et la tolérance. Les religions devraient nous donner l’exemple, si Dieu est Amour, pourquoi accepte-t-il que des assassins parlent en son nom ?    

Sur un plan international, nous sommes de parfaits impuissants …

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Les aînés.   

Si on pense aux aînés, une confédération pourrait fixer le minimum des pensions de vieillesse qui, à moins d’un changement constitutionnel, ne pourrait jamais être inférieur au plancher établi à la grandeur du Canada, incluant les Amérindiens. 

Cette pension de vieillesse serait annexée automatiquement au coût réel de la vie.  Elle ne serait pas uniforme, mais fixée selon la richesse des bénéficiaires.    

Une telle pension pourrait aussi être créée pour chaque nouvel enfant de 0 à 5ans, soit depuis l’âge de l’école maternelle. La personnalité de l’enfant se développe à ce moment-là, donc, c’est une période cruciale, où le jeune est absolument tributaire de ses parents.  C’est la période où il a absolument besoin d’affection pour se développer normalement. C’est ce qu’on appelle les allocations familiales.

Aussi, après 60 ans, tous devraient avoir le même droit à tous les médicaments et au même prix que les assistés sociaux.  Les laboratoires médicaux (pilules) seraient, selon certains, les plus grandes passes de blanchiment d’argent sale et d’essai pour trouver de nouvelles drogues pour la mafia ou pour l’armée.  Serait-ce que l’on commence à utiliser le savoir technique pour le profit plutôt que l’avancement des humains ?  Est-il vrai qu’on est à la recherche d’une drogue qui permettrait de ne pas avoir de remords si on tue durant une guerre ?          

S’il manque des médecins et des spécialistes, la cause principale est le corporatisme dans ce domaine et le filtrage trop serré des élèves à l’université (contingentement) qui désirent devenir médecins.  En fixant à l’université un contingentement très bas, très serré, comme on fait dans le logement, on joue avec l’offre et la demande.  Même si c’est juste et normal d’exiger une grande compétence de ses médecins, il est anormal que ceux qui ont l’intelligence pour pouvoir devenir médecins ou n’importe quelles autres professions, ne puissent pas l’être pour que l’«ordre des médecins» maintient une carence pour augmenter les coûts et les salaires. 

En fixant, à l’université, un fort contingentement, on arrive comme en économie à jouer avec l’offre et la demande. C’est irresponsable.  La santé est un bien mondial qui doit échapper à l’économie.  Même si c’est juste et normal d’exiger des médecins compétents, c’est de la folie que d’essayer de créer un contingentement qui réponde à des prévisions statistiques, juste pour pouvoir avoir de meilleurs salaires.  Quelqu’un qui a le talent pour devenir médecin devrait pouvoir le faire et ne jamais devoir abandonner pour des raisons aussi futiles que l’argent.  De l’argent, ça se trouve ; de l’intelligence, non, on doit faire avec ce qu’on a.      
 
Même si on essaie de tout mettre sur le dos du Québec pour parler de la crise des urgences, il faut comprendre que l’emprise fédérale sur la santé, la recherche, les études universitaires est de plus en plus déterminantes pour arriver à passer à travers cette crise, la maintenir ou l’empirer.  Si tu ne peux pas mettre l’argent où tu en as besoin à cause du grand frère fédéral, tu viens d’amorcer une crise au cours des prochaines années, crise qui ira en empirant. 

En se mêlant des secteurs qui ne le regarde pas, le fédéral maintient un état de crise permanente au Québec (santé, logement, médicaments, routes, etc.)  Le fédéral reçoit la majorité des taxes et impôts des contribuables du Québec, le Québec en a seulement 48%, mais le fédéral ne fournit aucun des services les plus coûteux.  

Voilà pourquoi, on voulait revoir les pouvoirs entre les différents paliers de gouvernements. Ainsi, même avec la péréquation et le transfert aux provinces, le Québec est dans le trou parce qu’il doit lui répondre aux vrais besoins des citoyens alors qu’Ottawa en reçoit de plus en plus, mais en dépense de moins en moins. C’est pourquoi l’indépendance est économiquement plus payante que de rester à l’intérieur du Canada.       

Tant qu’on sera assez idiot pour donner un million à un gars qui frappe sur une rondelle et qu’en même temps on doive se battre  comme professeur ou infirmiers, pour avoir un régime de vie acceptable, on mérite presque nos malheurs, ou du moins, on se les construit, en les mettant sur le dos du bon Dieu…

On devrait aussi simplifier l’accès des médecins venus de l’étranger.  La correspondance des diplômes devrait être établie avant l’entrée au Québec, tout comme une connaissance minimum du français (pouvoir communiquer avec les gens)…

Avec la responsabilité sociale, ce n’est pas tout d’être intelligent, mais il faut que cette intelligence serve à l’avancement de sa communauté.      

La mafia légale, c’est un petit nombre qui en profite au détriment du peuple.  C’est comme la discrimination positive. C’est de l’injustice au carré. Toute forme de discrimination doit être abolie.  L’âge, le sexe, la couleur, c’est une bêtise.  Un être humain est un humain et de ce fait doit avoir le même droit que tous les autres humains. 

Le système doit simplement s’assurer que tous nous avons la chance de nous réaliser aux maximum pour le bien même de notre communauté. 

Spirale intraprojective 35

octobre 10, 2020

Spirale intraprojective  35

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 334 à 344)

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Si le projet de Confédération canadienne (comme en Europe) recevait l’assentiment des Québécois, cela créerait un certain problème d’identification pour les indépendantistes absolus comme moi.  Du jour au lendemain, ils devraient accepter que leur pays soit à la fois le Québec et le Canada.  Je ne pourrais même plus appeler les fédéralistes, des fédérastes, car, ça pourrait être interprété comme un manque de respect et dorénavant on serait tous de la grande famille.  Si je suis sincère, le Canada changerait de statut dans ma perception politique ; mais les chances que ça arrive sont très minces, presque inexistantes parce que le Canada anglais n’acceptera jamais.       

C’est tout un respect à inculquer : comment percevoir un ennemi qui devient son allier ?  Le Canada pourrait-il être un exemple mondial de réconciliation, en modifiant simplement ses structures ?  Accepterait-il de mettre de côté les fanatismes pour le bien de tous ?  

Dans un tel projet, une véritable confédération, il s’agit de pays associés, où le gouvernement central ne sert qu’à administrer ce que les parties lui ont unanimement dévolu et ce, sans possibilité de déficit.  Le fédéral deviendrait une espèce de gestionnaire à but non lucratif pour le bien des tous les Canadiens, Québec y compris.   Autrement, il ne nous reste que l’indépendance.      

La vraie Confédération est une position politique que j’avais dès mon adolescence.  Cela enlève simplement le fanatisme relié à l’absolutisme nationaliste de part et d’autre, reconnaissant que dans un monde de mondialisation, l’indépendance totale et intégrale d’un pays est impensable.  Une vraie Confédération, c’est l’indépendance avec une minuscule.  C’est une solution valable et respectueuse en autant que les négociateurs ne soient pas assez lâches pour vendre le Québec pour des intérêts personnels.  Ils existent certainement encore quelques politiciens honnêtes ?             

L’indépendance du Québec (souveraineté) dans une vraie Confédération permet d’éliminer les frictions entre les nations et de redonner son poids au Québec dans l’établissement de cette nouvelle structure politique.    

Les pouvoirs fédéraux ne seraient que l’argent, la dette, l’armée, la citoyenneté canadienne (qui devrait respecter les identités régionales linguistiques), la péréquation et le territoire.
  
Tout le reste appartient aux provinces ou aux nouveaux pays qu’elles sont devenues.

Le fédéral est responsable du territoire parce qu’il doit s’assurer que le pays demeure toujours effectivement une propriété des Canadiens.  Donc pas de propriétaires venant de pays extérieurs ou d’individus qui ne demeurent pas ici.  Ainsi, les étrangers ne pourraient que louer des espaces, dans un temps défini, et se servir de nos richesses que s’ils en garantissent le développement immédiat et le renouvellement postérieur quand ils céderont l’endroit.        

La Confédération assure l’élimination d’un palier inutile de mafia légale, de gens qui s’enrichissent au profit du peuple et du colonialisme puisque l’Angleterre n’aurait plus rien à faire et à dire chez nous, ni de près, ni de loin. 

Il n’y a plus d’exploités, mais trois peuples (francophones, amérindiens, anglophones) qui malgré les différences de langue et de culture ne font qu’un état composé de ces trois pays indépendants, unis pour le bien-être global de tous les citoyens.  

Toute forme de souveraineté qui ne soit pas pour le peuple ne mérite pas d’exister.  Toutes les révolutions ont été faites pour des bourgeois et non pour les peuples d’où l’importance cruciale d’avoir une vraie démocratie et un gouvernement transparent.       

Dans un tel cas, tout est à refaire.          

Les fédéralistes québécois ne défendent pas les intérêts du peuple québécois, mais ceux d’une bourgeoisie qui pour s’enrichir n’hésite pas à étouffer le Québec : le vol de la caisse d’assurance-chômage et la santé sont de bons exemples.         
 
Il faut être manifestement masochiste pour accepter de payer des impôts à deux niveaux de gouvernement (sans tenir compte des municipalités et des commissions scolaires qui ont aussi le droit de taxation) quand on sait, surtout, que le fédéral s’en sert pour envahir les champs de compétence des provinces.
 
Québec n’aura aucun pouvoir de négociation tant qu’il n’aura pas récupéré son pouvoir d’imposition et de perception de tous les impôts et de toutes les taxes payés par les citoyens sur son territoire.         

C’est pour nourrir une petite bourgeoisie qui a confondu son patriotisme à la haine du peuple québécois que l’on s’oppose à l’indépendance du Québec.  C’est, comme me disait autrefois un cousin stationné en Afrique du Sud : les noirs d’Afrique du Sud courent à leur perte sans les blancs. La surprotection est une corde pour te prendre.   

Ottawa devra laisser toutes les compétences autres que celles précitées afin que les citoyens puissent jouir d’un gouvernement efficace.  Un gouvernement plus près du peuple.  Québec doit envisager la même répartition des pouvoirs avec le régional, la même décentralisation et la même déconcentration qu’il exige d’Ottawa.  Le gouvernement n’est pas un outil capitaliste : il ne doit pas jeter ses citoyens à la rue, leur enlever des services pour faire plus de profits . Et, à qui bénéficieraient ces profits ?  C’est pourtant ce qui se passe maintenant.   
 
L’avenir se situe dans un sage partage entre le capitalisme et le socialisme.     

L’état doit aider, mais ne remplace pas l’individu.  Chacun est responsable de sa vie.  Mais, l’état doit aider davantage les démunis pour leur offrir sans cesse l’opportunité de s’en sortir ou de ne pas y laisser leur peau.    

Pour ce qui est des compagnies puisque le travail est la répartition de la richesse, celles-ci devraient payer des impôts en regard des emplois permanents qu’elles créent et maintiennent.  Plus un sou de prêt, sans emploi permanent.  Plus un sou de dons et d’octrois surtout.  

Pour notre sécurité, il faut pouvoir avant le prochain referendum neutraliser la GRC et l’empêcher de créer un troisième FLQ qui nous lancerait dans une guerre civile pour justifier une intervention armée au Québec.  L’indépendance doit se faire dans la non-violence absolue comme Gandhi l’a fait pour les Indes ; mais en évitant les massacres qui ont suivi.  

En attendant, le Québec doit récupérer au plus vite ses pouvoirs essentiels (la langue, la citoyenneté ou immigration, les impôts et les pouvoirs judicaires) afin de s’organiser et avoir un rapport de force et de négociation. 

Pour le moment, le Québec devrait vivre comme si le fédéral n’existe pas.   

Le colonialisme québécois actuel (comme partout ailleurs) n’est pas tout à fait le même qu’en 1837 ; même si on retrouve le problème du gouvernement responsable : Ottawa se donne des pouvoirs qu’il n’a pas.  Il empiète de plus en plus dans les juridictions du Québec.        

Le Québec est moderne, plus ou moins économiquement autosuffisant dans la mesure d’une interdépendance moderne inévitable.  Il se fait cependant gruger (comme les autres provinces) par les États-Unis, en ce qui a trait aux investissements étrangers ici et la vente de nos richesses naturelles.             

Le Québec reste une colonie parce que ses biens sont dilapidés par les forces néolibérales de l’impérialisme américain.  Cependant, tant que les Québécois se diviseront entre eux, il n’y a pas moyen d’espérer une solution.  Aucun referendum ne sera gagnant, tant et aussi longtemps que l’on se divisera et tant que les écœurés de la politique ne reconnaîtront pas la nécessité de leur vote dans un referendum, ce qui est différent d’une élection référendaire.  Les Anglais du Québec votent eux à plus de 90 % dans le même sens, contre la majorité francophone du Québec.  Et, ils se disent étonnés de constater qu’on croit qu’ils nous empêchent de devenir un pays… ils prétendent que Parizeau était raciste quand il a constaté que les 55,000 votes qui ont donné la victoire au fédéralisme au dernier referendum équivalait strictement aux 50,000 nouveaux immigrants que deux juges du Nouveau Brunswick venaient d’assermenter en leur rappelant qu’ils sont d’abord canadiens… une telle malhonnêteté intellectuelle ne se retrouve que dans un mouvement de propagande. 
 
Si les libéraux reprenaient le pouvoir au Québec, il est évident qu’on ne suivrait pas la tradition des Johnson, Lesage, Bourassa qui envisageaient la création d’un État du Québec.  Élire, Jean Charest serait une catastrophe parce que John James (ce sont ses prénoms) n’a aucune racine avec nos préoccupations.  Il est le pantin des Juifs et des Anglophones de Montréal.       

Le pays du Québec doit cesser d’être une menace verbale et devenir une réalité.  Pour le forcer à être uni, le gouvernement doit créer d’urgence le vote proportionnel.  Les vieux seront toujours à très grande majorité des libéraux parce qu’ils ne réalisent pas que le gouvernement fédéral est le principal responsable de la crise en santé.       

Au nom de la mondialisation, les financiers préfèrent un Canada uni, une fédération où le rôle du gouvernement d’Ottawa est central plutôt que d’avoir une vraie confédération où les provinces, les régions ont un plein pouvoir, sauf pour un nombre très limité de pouvoirs qui peuvent être mis en commun et être gérés par un gouvernement central créé par les délégations des pays qui en font partie.

Actuellement, le pouvoir s’exerce du haut vers le bas, du centre vers l’extérieur plutôt que du bas vers le haut ou des provinces vers le gouvernement central.  Il est surprenant que les États-Unis n’aient pas commencé à examiner les avantages pour eux d’un Québec indépendant ou souverain ou d’une union américaine à l’européenne … mais ils ont toujours la tête trop enflée pour se rappeler qu’on existe et qu’on est un grand peuple.         

Malgré le discours officiel, pour parler d’une union à l’européenne, il faut commencer par créer des états indépendants.  De toute façon, Ottawa ne négociera jamais avec le Québec, à moins d’être convaincu que le Québec veut vraiment devenir un pays et qu’il a eu le résultat référendaire le prouvant.        

Les américains ne peuvent pas être assez bêtes pour ignorer qu’un scénario promulguant la souveraineté du Québec est plus payant pour eux (le Québec tient surtout à sa culture et particulièrement à sa langue) que le risque incendiaire des luttes ethnolinguistiques ou raciales sur le continent.  Ils savent que le racisme peut vite prendre des proportions illimitées.  On a appris que les attaques bactériologiques, après les événements du 11 septembre, ont été perpétrées par des blancs Américains de droite ou de la CIA pour maintenir une certaine crédibilité à la nécessité d’entrer en guerre avec l’Irak et l’Afghanistan.  Qu’inventeront-ils maintenant ?         

Qu’on le veuille ou non, le Québec est américain et doit de plus en plus confronter les mêmes problèmes : pauvreté, racisme, sexisme, irrespect de la vie et des richesses naturelles au détriment de l’humain.      

Le Québec est croyant (catholique) et il doit affronter la même crise des valeurs que l’on retrouve à la grandeur des Amériques.  Cette crise est fondamentalement basée sur la répression sexuelle.  On la retrouve au sein de toutes les religions.  Les religions oublient le plus important : Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu ou d’Allah, c’est la même chose.     

Il y a plus, d’éléments dans le monde actuel, malgré les divergences, qui permettent de croire à une nouvelle unité humaine que de points qui annoncent son éclatement (une nouvelle guerre mondiale ou planétaire).  On dirait que la guerre du pétrole au Moyen-Orient se ramifie à travers toute la planète.  Nous sommes de plus en plus à organiser une guerre judéo-chrétienne contre les musulmans. Nous revenons toujours aux guerres de religion, car les humains ne savent pas encontre contrôler leurs émotions et les religions en sont les principaux responsables.  C’est un résultat normal de la répression sexuelle.      

Le dialogue sans fanatisme religieux semble toujours impossible.  La tolérance individuelle et la compréhension collective est le seul moyen d’y parvenir.  Tous les programmes de tolérance zéro sont des pulsions fascistes, stupides, d’abus de pouvoirs qui entretiennent un climat d’oppression ou si l’on veut une atmosphère de violence.         
 
Tant que nous vivrons dans un monde où la violence et l’intolérance sont un péché moins grave que la sexualité, nous vivrons dans un monde de fous.

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Le plan B de Stéphane Dion : pour tuer l’indépendance. 

Le plus grand danger pour le Québec et le Canada, c’est la pensée colonialiste du pseudo-French power, à Ottawa, avec Trudeau, car elle exige le «politically correct».  La pensée unique des WAPS — White anglo protestant– stupidité dirigée au Canada par les Orangistes.

Les Québécois à Ottawa sont obsédés par la peur de la souveraineté du Québec et voue une rage maladive contre leurs semblables québécois qui ne sont pas fédérastes.

Ils pensent que tous les Québécois normaux sont des imbéciles.  Cette façon de voir colonialiste de la bourgeoisie canadienne française tient du fait que l’on mélange les intérêts de ses petits amis à ceux du Canada.       

Si les libéraux québécois, nommés à Ottawa, avaient choisi de créer une place au soleil aux francophones à l’intérieur du Canada, comme le prétendait le French Power, ça aurait pu être très intéressant.  

Le French power a perdu ses dents parce qu’il n’a pas su comprendre et appuyer le Québec.  Nous étions trop minables pour eux.    

Mon père disait que les Anglais savaient toujours se trouver de bons francophones québécois de service pour faire la «job de bras » contre les Québécois.

Aujourd’hui, on essaie de nous ramener dans le moule, mais il est un peu trop tard.  Le développement du Québec nous a prouvé que nous sommes capables de grandes choses, comme disait René Lévesque.  Nous sommes passés de l’école de rangs à l’université.  La grande ville — le péché ambulant, absolu, intégré — est devenue un endroit de rêve.  Montréal est une ville formidablement belle, agréable où la population est d’une beauté à te scier les jambes.  Avec la loi 101, les guerres linguistiques tentent de disparaître.       

Si économiquement, la fusion n’est pas l’idée du siècle, comme tout ce qui est créé en gestion et en économie, la possibilité que Montréal devienne une ville où toutes les communautés peuvent vivre dans le respect, où la langue parlée et écrite est le français, tout en permettant aux arrivants de mettre leur culture au service du Québec, c’est un projet emballant.         

La guerre froide ou pacifique que se livrent le Québec et le Canada mettent les deux en péril.  C’est une perte d’énergie inutile.  Si le Québec veut vivre seul pourquoi le forcer à faire partie d’un état fédéraliste centralisateur qui cherche continuellement à l’anéantir ?  Pourquoi ne pas envisager de créer un pays dans lequel tout le monde a sa place ?

Si les Orangistes ont tant besoin de s’étendre et de conquérir qu’ils s’essaient aux États-Unis.  Je ne suis pas certain que ces derniers se laisseraient tondre comme des moutons, comme des Québécois.           

Si la violence recommence aux États-Unis, nous risquons de perdre le Québec et le Canada aux mains des États-Unis.  Nous serons tellement affamés que nous devrons nous intégrer aux États-Unis.  Et, là encore plus que jamais, il y aura deux classes sociales : les très riches et les très pauvres.   
 
Un état continental comme en Europe est une solution possible, si les pays, à l’intérieur de cette confédération demeurent totalement indépendants, et si les Américains, qui ont le pouvoir, le comprennent et voient ce que ça peut tous nous apporter.   Ils chassent encore leurs intérêts mondiaux dans le pétrole.  La guerre en Irak est encore le fruit des guerres entre services secrets des pays dominés par l’intérêt du pétrole.  Connaîtrons-nous une troisième guerre mondiale parce que les financiers des pétrolières ont décidé que dans leurs intérêts la planète doit être en guerre.  La guerre est une industrie, la plus puissante et la plus riche, nourrie du sang des nations et, plus particulièrement, de la jeunesse.

 On a qu’à regarder ce qui se passe au Canada pour comprendre que les divisions actuelles, face à l’environnement, viennent de l’automobile et du pétrole.

En ce sens, même si j’en ai toujours rougi quand Jean Chrétien déclare que l’Ouest a toujours fait crever le reste du monde de faim, je suis content qu’il soit mon premier ministre.  Je ne pas certain que Paul Martin, une marionnette des institutions financières, serait capable de dire non aux guerres américaines.  Peut-être… Je ne sais pas.  Qui dirigent les banques ?       

Un passager seul dans sa petite voiture, symbole de son petit pénis, comme dirait Freud, indique jusqu’à quel point les individus sont devenus des égoïstes. 

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L’ex-plan B, c’est d’abord de ruiner le Québec (et son électricité) pour l’empêcher d’avoir la force économique lui permettant d’aspirer à son autonomie.  C’est Dion lui-même qui l’a déclaré.  Le plan B de Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Rock nous menait inévitablement dans le tourbillon de la violence.

La gauche a toujours cru qu’il faut laisser la population crever de faim pour avoir enfin sa révolution. Pendant ce temps, ces parasites de la révolution se gavent comme de dindes.

La disparition de la classe ouvrière ou de la classe moyenne (du milieu) est la pire catastrophe qui puisse arriver à un pays, car il est normal que dans la force de l’âge tu travailles pour aider ton pays à soigner ses vieillards et â préparer ses jeunes à te remplacer. Ton tour viendra de devoir te laisser soigner quand tu seras plus vieux; mais si tu n’as pas d’emploi, tu ne peux pas payer d’impôts et tu peux même être une charge pour les autres.

Le fédéral agit comme si un père était maître du portefeuille de son fils révolté qui veut quitter le giron familial, malgré l’opposition paternelle.  Le papa garde une partie du salaire de son fils pour le forcer à reconnaître qu’il ne peut pas survivre sans lui.  Mais, le père se sert du portefeuille de son fils pour se payer une bonne cuite hebdomadaire.  C’est une source de frustration, donc, de conflit.  Le fils a-t-il raison de croire que son père le vole et d’exiger son plein salaire ?

Plutôt que d’aider le fils (Québec) à réaliser son rêve naturel et légitime d’autonomie à travers une nouvelle relation fondée sur le respect mutuel, le père lui coupe les vivres, façonne toutes sortes d’embuches et essaie par tous les moyens de le déstabiliser. C’est ce que fait le French Power , le parti libéral , à Ottawa.

La santé

Le fédéral a créé entre autres la crise de la santé et de l’assurance-chômage, en coupant à coups de milliards dans des domaines et en se vantant ensuite d’avoir des surplus (surplus pour qui).  Pour les placer dans des banques ailleurs ?  Martin a créé des milliards sur le dos des plus démunis.

Grâce aux coupures fédérales dans la santé, le parti libéral provincial en a profité pour faire croire aux Québécois que le Québec est le principal responsable de la crise dans la santé.  C’est facile puisqu’il y a un ministre provincial de la santé.

Ainsi, les journaux fédéralistes organisent les revendications, comptent les patients dans les urgences, crient après le ministre provincial de la santé.  Les journaux amplifient la critique puisque le monde n’a pas le temps de réfléchir.  Et ainsi, le gouvernement du Québec devient le principal responsable de la crise de la santé alors qu’il ne fait que gérer les états d’âme financiers d’Ottawa.

La santé est l’exemple, par excellence, de la roue que peut inventer deux paliers de gouvernement pour faire porter l’odieux à un autre, soit le Parti Québécois, par hasard, le seul mouvement souverainiste au Québec.       

Le problème existe à plusieurs niveaux, ce qui permet au fédéral, avec son gros portefeuille de maintenir la crise sans que personne ne pense au fait que le fédéral s’est immiscé dans tous les secteurs qui engendrent et maintiennent la crise de la santé : la santé, les recherches, les études universitaires, etc.

Si nous manquons de personnels dans les hôpitaux, c’est que les responsables de notre système d’éducation sont assez pourris pour ne pas prévoir à moyen terme les besoins que nous avons dans différents domaines. C’est la même chose au niveau des métiers de base : électricité, plomberie, etc.

La santé est un secteur où toutes les provinces éprouvent de la difficulté parce que le fédéral s’y plonge le nez.  Le problème avec le fédéral, c’est d’être centralisateur.  Il devrait avoir le minimum de pouvoirs possible et intervenir dans la vie des provinces le moins possible.

Le Canada n’a pas été créé pour un pouvoir central exclusif, mais pour unir des pays (provinces) en vue du mieux-être de la population. Et, faut-il le rappeler les francophones sont noyés dans une mer anglophone.

À remarquer que dans la tête de nos premiers ministres fédéraux orangistes, McDonnald en tête, les Francophones, les Amérindiens et les Métis ne sont pas des hommes civilisés. Parfois même, ils sont certains qu’il n’y a pas d’hommes puisqu’ils sont dans leur tête comme les Blancs des Etats-Unis pour qui les Noirs ne sont pas des humains, mais des bêtes de somme.

Pourtant, ces sont ces Wasps qui ont tort, qui agissent comme des humanoïdes sans âme. Finies les folies !, disait Trudeau.  Nous ne sommes pas assez fous pour ne pas comprendre que les Juifs et les Arabes, qui cherchent mutuellement à dominer les Etats-Unis, dont la survie est liée au pétrole, extrapolent leur lutte en Amérique. 

Le 11 septembre est le fruit des services secrets étrangers, particulièrement des pays saoudiens ou du moins des factions en lutte pour des puits de pétrole.  Les pétrolières américaines ou autres sont les principaux responsables de la misère sur notre planète.  Ils ont beau jeu, l’égoïsme que nous avons atteint ne permet pas de croire que ces gens arrêteront demain des profiter des carburants pour leur engin, même si la planète doit crever de faim.

Plus tu centralises loin de ceux qui ont besoin des services, plus ça coûte cher et moins il y a de service, plus il crée des étapes de services, des comités, des intermédiaires, et moins le bénéficiaire en bénéficie. Cela coûte très cher. C’est comme l’aide internationale qui est détournée par les dictateurs du pouvoir.

Les producteurs de lait du Québec peuvent en dire long sur le domaine de la plus-value. Plus il y a d’intermédiaires, plus que ça coûte cher.

Ce n’est pas pour rien que la parti libéral est considéré comme celui de la finance, des entrepreneurs et de la mafia : c’est le parti du capitalisme sauvage pur. Le seul but est le profit et quand il parle de prospérité économique, il ne parle du peuple, mais de ceux qui peuvent se le payer.

Le problème est le même à gauche, sauf qu’au lieu de nourrir les capitalistes, le système fait rêver les gens sur l’état, sur la vocation, sur des valeurs qui ne servent qu’à leur faire croire que ces gouvernements cherchent le bien du peuple.  Leur doctrine ne sert qu’à enrichir une très faible partie de la population.  Staline est un monstre au même titre qu’Hitler, mais on n’en parle pas.

La Charia qui tient les musulmans à la gorge est l’équivalent en pire du petit catéchisme catholique de l’Inquisition ou de Marx et Mao, pour les communistes. Ces systèmes aboutissent au même résultat : exploiter une majorité au nom d’une doctrine ou d’une religion.  Seule la doctrine change.  L’essentiel serait de trouver une doctrine qui n’exploite pas l’autre, qui élimine la pauvreté sur la planète.   

 LA SANTÉ.

Certains médecins sont en très grande majorité libéraux et plusieurs sont très attachés à leur bien-être financier, comme s’il n’y avait que cela dans la vie.  Cependant, il faut reconnaître que la plupart de nos médecins travaillent comme des fous et que leur situation salariale est loin d’être aussi scandaleuse que le salaire dans le sport professionnel.      

Leur corporation ou leur association ne voit que son nombril d’où pour le système, moins il y a de médecins, plus c’est payant.       

Les normes avec les quotas d’admission à l’université pour aller dans la santé, à cause des contingentements, sont absolument débiles, car elles engendrent à long et à moyen terme, un manque inévitable de personnel.  Quand j’étais jeune journaliste (j’ai commencé à 16 ans), on me cassait toujours les oreilles avec le mot planification … Un mot que nos gestionnaires publics semblent avoir oublié.  On n’a pas dû en faire beaucoup ou, au contraire, on a planifié la crise du manque de médecins comme on planifie les crises dans le domaine du logement.

Cette planification est le plus illustre exemple de méfaits d’un système fédéraliste.  Le fédéral est aussi en partie responsable de l’éducation supérieure.  En investissant, surtout en Ontario, il prive nos universités du Québec des sous dont elles ont besoin pour se développer.  Leur calcul dicte notre façon d’agir comme les transferts fédéraux dans les autres domaines.    

Le problème est cette éternelle guerre entre Québec-Ottawa, car elle élimine toute planification possible puisque le Québec est dépendant du fédéral.  Comment planifier son avenir, si le portefeuille dépend d’un autre ?

Le fédéral, même avec Paul Martin, est un cancer en soi.  Il cherche à tout dominer.  Par exemple, Paul Martin parle déjà de s’occuper des villes.  Or, les entités municipales sont des personnages provinciaux.  Le fédéral n’a pas à y mettre le nez.  Comment un maire de Montréal libéral pourra-t-il accepter de ne pas laisser le fédéral envahir un nouveau champ de juridiction provinciale ?  Plus le fédéral agit, moins les provinces existent, en termes de pouvoir et de juridiction.  Plus il y a concentration et moins cela se fait à la faveur des plus pauvres.

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 Les libéraux ne m’ont pas laissé que la planification dans la tête, ce qui est très bien ; mais ils m’ont marqué par l’individualisme du capitalisme.  Ils ont oublié de me faire comprendre que cette liberté individuelle est nettement proportionnelle avec la grosseur de ton portefeuille.  Si tu as 10,000$, tu ne feras pas de prison, sinon, c’est malheureux pour toi … C’est une des réflexions de l’Homo-vicièr.  Si on veut mieux comprendre, on peut aussi lire Le petit prince, de St-Exupéry.  Un livre à mille fois réfléchir…     

J’ai fait rire de moi, par la famille St-Pierre, de Victoriaville, quand, en conférence à la Chambre de commerce, je crois, j’avais préconisé que les sœurs soient nationalisées pour réaliser l’assurance-hospitalisation. Aujourd’hui, c’est fait.

Spirale intraprojective 34

octobre 9, 2020

Spirale intraprojective  34

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 324 à 334)

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 En 1760, en 1837 et avec la pendaison de Louis Riel, le statut colonialiste était clair, mais avec la venue du prétendu French Power, le colonialisme a perdu de son évidence parce que l’on a pu ensuite prétendre que les francophones du Québec étaient bien représentés à l’intérieur du gouvernement fédéral libéral.         

En fait, il y a deux rêves : L’indépendance du Québec avec Lévesque ou le Canada bilingue avec Trudeau, deux beaux et grands rêves, mais dont le second est absolument irréaliste à cause du refus de la population anglophone du Canada d’apprendre aussi le français.  L’Alliance canadienne en témoigne quotidiennement.

Le French Power a créé une nouvelle bourgeoisie franco-canadienne pouvant masquer le colonialisme, entretenir la dualité, parce que sur un plan international, on peut prétendre, grâce aux votes, que les francophones sont dûment, démocratiquement représentés à Ottawa.  On passe sous silence que leur rôle est d’écraser tout ce qui est bon pour le Québec et va à l’encontre des intérêts du reste du Canada.   

Ainsi, tant que le Québec élit des Trudeau, Mulroney, Chrétien, on peut prétendre que les Québécois ne sont pas colonisés parce que leurs représentants fédéraux sont démocratiquement élus, et ce, même si ce n’est qu’une façade.   Une bonne partie des gens votent sans même savoir pourquoi ils votent.  Et, sous ce même prétexte, on défend le vote aux jeunes de 16 ans et plus. 

Nos démocrates auraient intérêt à relire ce qui se passait en Grèce antique, même si l’esclavage existait et que la situation de la femme était totalement inacceptable quoique son rôle ne fût pas aussi inférieur qu’on le dit puisqu’elle gérait les fermes de leur mari.  Malheureusement, c’était tout ce dont elle avait le droit et elle était perçue comme un être servile, au service du mari.  Chaque époque a un degré d’évolution.  

Le véritable pouvoir est actuellement entre les mains de l’Ontario (chauffée par l’Alberta), grâce à la complicité d’une nouvelle bourgeoisie canadienne-française plus riche que la petite bourgeoisie du Québec, vue comme une bourgade.     

C’est un nouveau clan, plus riche qui profite de son appartenance pour exploiter les Québécois (rien de plus payant que les guerres (vraies ou fausses)… C’est ce que j’appelle la mafia légale : ceux qui profitent de la crédulité du peuple pour se faire de l’argent…          

D’ailleurs, cela est rendu encore plus évident par la présence du Bloc québécois qui fournit la preuve que le peuple québécois est devenu simplement et carrément la PLUS GROSSE MINORITÉ DU CANADA avec un statut qui confère au Québec de moins en moins de pouvoirs.  Le Bloc se voit déjà incapable de remplir ne serait-ce que le rôle d’opposition officielle.  C’est une réalité numérique et non une invention.          

Pire encore, plus le temps s’écoulera moins le Québec aura de pouvoirs au sein du Canada
.  
 
Le Québec est d’ores et déjà condamné à être dans un état de plus en plus minoritaire à l’intérieur de la Fédération canadienne parce que le Canada anglais refuse obstinément de reconnaître sa spécificité ou l’égalité des peuples fondateurs.   Le gouvernement du Québec est de plus en plus un simple gestionnaire et, non plus, celui qui décide ce qui va se passer chez-lui.

Cette situation justifie en soi, à elle seule, la présence du Bloc québécois afin de prouver que le parti libéral n’est pas plus représentatif des Québécois que les Conservateurs.  Par contre, il faut reconnaître que les changements de gouvernements ne changeront jamais profondément la société, tant que les fonctionnaires, les exécutants seront là à vie.

La souveraineté ou la peur d’un référendum gagnant au Québec constitue une barrière à l’assimilation galopante, même si les Anglophones sont loin d’avoir aussi peu de pouvoirs au Québec que les Francophones dans les autres provinces.
 
Le Québec ne peut même plus à l’intérieur du Canada prétendre être une société distincte avec de vrais pouvoirs. La Cour Suprême intervient toujours pour modifier la loi 101, par exemple.

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LE FRENCH POWER

Il est clair que pour les Anglophones, l’existence d’une deuxième bourgeoisie dite canadienne française est l’argument pour nier la réalité colonialiste du peuple québécois à l’intérieur du Canada. 

La guerre interne des francophones permet la domination économique orangiste de l’Ontario dont la puissance repose, comme par hasard, comme aux États-Unis, sur l’industrie de l’automobile et du pétrole.         

C’est la trahison du grand rêve de Trudeau de créer l’unité canadienne en créant un Canada bilingue et biculturel d’une marre à l’autre, sans se soucier que le Québec soit assimilé.  Mais, avec le temps, seul le Québec sera vraiment bilingue.  Et, le bilinguisme institutionnel est l’autoroute de l’assimilation.  Ce n’est pas pour rien que l’immigration demeure majoritairement entre les mains d’Ottawa.  Elle a permis d’ailleurs à Ottawa, lors du dernier référendum d’obtenir une majorité fédéraste et de le voler.          

L’assimilation du Québec n’est qu’une question de temps : Montréal en est la preuve vivante.  Bientôt, les francophones seront minoritaires.   

Par contre, l’arrivée des écoles linguistiques donne un cachet inestimable et unique à Montréal.  Je ressens toujours beaucoup de plaisir et de fierté à entendre de jeunes immigrants se parler en français.  Serait-ce l’avenir du Québec ?  Le bien-être de tous ces petits humains n’est-il pas ce qu’il y a de plus important ?

Les rois-nègres, nos trois colombes libérales, furent officiellement le lot du néo-colonialisme.  Ils le rendirent possible.  C’est aussi évident qu’en Afrique.  Ce colonialisme repose surtout sur le besoin de nous humilier, de nos diminuer. 

Mais, dans le contexte, il était impossible de faire mieux.  Trudeau ne pouvait quand même pas se proclamer indépendantiste.  Il croyait que nous ne pouvions pas nous en sortir hors du Canada, alors que René Lévesque croyait, au contraire, dans l’émancipation du peuple du Québec.           

Il faut aussi être ouvert à l’idée que ces jeunes idéalistes ont vraiment à leur façon essayer de changer les choses et créer un Canada qui soit acceptable pour tous; mais c’est peine perdue, le Québec est et sera toujours rejeté par le Canada anglais.      

Le résultat de leur défaite nous a été livré à la télévision quand Jean Marchand a quitté Ottawa en disant que la décision sera prise au Québec.  Peut-être ont-ils été honnêtes dans leurs efforts, mais cela n’a pas suffi.  Le Canada ne veut rien savoir du bilinguisme et du biculturalisme.  Reste le projet de René Lévesque ou de la Confédération (états associés) de Bernard Landry, ce qui revient au même. Personnellement, mon projet est que le Québec devienne une république avec ou sans attache avec le fédéral)  Si les Canadiens ne veulent pas de nous, tant pis !   

En octobre 1970, nous avons eu la preuve, avec les mesures de guerre, qu’Ottawa n’hésiterait jamais d’envoyer l’armée au Québec si le Québec votait un oui majoritaire en faveur de l’indépendance.   

Le radicalisme anglophone, avec la partition, à la suite du référendum, en exprime aussi la preuve.  La raison fondamentale qui aurait incité le fédéral à déclarer les mesures de guerre et nous faire vivre les Ordres (un film de Brault) serait que les Américains s’apprêtaient à envahir le Québec si le fédéral ne le faisait pas.  Ils étaient déjà à notre frontière… Les États-Unis n’attendent qu’un mauvais coup du Québec pour l’envahir.  En ce sens, les événements du 11 septembre justifient la mainmise américaine sur le Canada.  C’est contraire, de ce que Trudeau a voulu nous transmettre, soit notre indépendance vis-à-vis les États-Unis.  Si Trudeau était contre le Québec, il rêvait quand même d’un Canada autonome en Amérique.    
 
La loi de la clarté est une forme de chantage, en créant une exigence qui soit presqu’inacceptable.  Par contre, il faut reconnaître que la création d’un Québec nouveau ne doit pas se faire minoritairement, même si le gouvernement est élu, ou, en dansant sur la ligne.   La question doit venir du Québec et n’a pas à subir ce qu’Ottawa en pense.  Tant qu’au vote nécessaire, ce fut et ce sera toujours 50% plus un.           
 
Ce chantage ne doit pas nous arrêter.  Si le Canada veut jouer un rôle sur la scène internationale, il devrait commencer par donner l’exemple.  Il devra respecter un «oui» majoritaire québécois.  La démocratie ne doit pas être qu’un sermon.

Jusqu’à date, le fédéral a obtenu une majorité, grâce aux mensonges et à son hypocrisie.  Non seulement il a volé le référendum, mais on peut se demander s’il n’est pas le premier responsable de la mort de Pierre Laporte.  En 1970, les interprétations des faits étaient différentes, selon les informations.           

Certains prétendent que le FLQ a tué par Pierre Laporte, c’est la version retenue, officielle ; mais on dit aussi que c’était après que Pierre Laporte se soit lui-même blessé dans une tentative d’évasion d’autres voient en octobre 1970 l’aboutissement d’un complot fédéraliste.  

Selon une des versions, Laporte se serait dangereusement blessé dans une tentative d’évasion.  Ayant perdu leur sang-froid, à bout de ressources, les ravisseurs auraient décidé de le faire soigner, car ils craignaient pour sa vie.  Fanatiques politiques, mais pas meurtriers.  Ils ont amené Laporte à un endroit où grâce à l’hôpital de la base militaire, il pouvait être soigné en toute vitesse.  Pour s’assurer que la police agisse promptement on a même envoyé un message en ce sens, où trouver Laporte, à CKAC, une radio.    

Certains ont prétendu que le FLQ avait été infiltré par la GRC et qu’un de ses agents de la cellule Louis Riel était en constante et directe communication avec le ministre de la Justice fédérale d’alors, Jean Chrétien, afin de l’informer de l’état physique des deux détenus soient MM. Cross et Laporte.  D’où sort cette cellule?  Quelle a été son rôle ?   

C’est alors qu’Ottawa, pour prendre le contrôle de la situation ou vraiment protéger les soldats aurait ordonné que l’on tire dans la malle du véhicule contenant Laporte blessé, sous prétexte que l’on aurait pu y trouver de la dynamite.  Les ministres fédéraux étaient particulièrement paranoïaques, spécialement Jean Marchand.    

Laporte a-t-il été touché par une ou des balles tirées sur la malle du véhicule ?  Ces blessures et le temps pris pour ouvrir le coffre de l’auto auraient-elles entraîné la mort de Laporte ?   

Pour justifier ces blessures, Ottawa (à travers les médias d\’information) a prétendu que les ravisseurs étaient des agresseurs sexuels. On disait même aux informations que Laporte avait été agressé sexuellement.  Ce qui a été démenti par le coroner.  On a aussi parlé de l’entrée en jeu d’une cellule Dieppe Royal 22è, laquelle aurait exécuté Laporte.  On en entend parler que dans le livre de Pierre Vallières, le chef du FLQ, sur l’exécution de Pierre Laporte.           

D’autres prétendent que Laporte a été attaché dans le coffre de l’auto avec une sorte de nœud qui fait que plus tu bouges, plus tu t’étouffes toi-même.  Ainsi, Laporte paniqué se serait lui-même étouffé en voulant souligner sa présence dans le coffre aux soldats.  D’une manière ou d’une autre, la mort de Laporte a été un accident provoqué par le fédéral.          
 
En mettant la mort de Laporte sur le dos du FLQ, on faisait oublier que celui-ci avait négocié sa vie avec les ravisseurs et qu’en étant libéré, s’il avait tenu parole, il aurait fourni les liens qui unissaient le parti libéral à la mafia.

Est-ce que les événements d’octobre ont un lien avec le scénario qui a conduit au 11 septembre et à la guerre en Irak ?  Les terroristes sont toujours faciles à inventer par les services secrets.         

*   *   *   *

Les États-Unis doivent, pour défendre Israël, la revanche juive, faire croire dans la guerre au terrorisme.   Pour Israël, la paix passe par le sort de la Palestine, de l’Irak et des pays musulmans.  Les juifs transportent en Amérique une guerre qui ne nous regarde pas.       

Pendant qu’on nous fait croire que le peuple américain est la cible, à cause du 11 septembre, on ramasse de l’argent pour éliminer tous ceux qui ne font pas l’affaire des magnats du pétrole dans le monde.  Ce n’est pas une guerre contre les États-Unis, mais contre l’arrogance de leur politique étrangère parce qu’ils sont infatués, impérialistes.  Ils ne sont pas les seuls.  C’est une vraie course à la folie, à la guerre.    

Le problème de la propagande est de savoir qui nous ment le plus.  Tout le monde a droit de parole.  La partition au Québec est, comme je l’ai écrit à Stéphane Dion, un appel à la violence.  Tout appel à la violence, venant même d’un chef d’état doit être interdit.  Nous avons besoin de tolérance, pas de guerre et encore moins, de guerres de religions.        

L’enquête du coroner sur la mort de Pierre Laporte aurait dû répondre à ces questions, car même Pierre Falardeau, dans le scénario écrit de son film Octobre, les ravisseurs en auto laissent échapper un étrange : « Ce n’est pas nous qui avons fait cela ».   

Cela a permis, pendant des années, aux libéraux d’accuser le Parti québécois d’avoir participé à cet événement, d’avoir les mains tachées de sang, alors qu’en réalité Pierre Laporte aurait été tué, accidentellement ou pas, sous les ordres de Jean Chrétien. Le FLQ n’a jamais eu de liens avec le Parti Québécois, même si certains étaient membres de ce parti.  

Quand saurons-nous la vérité ?  Est-ce important aujourd’hui ?    

Qui, des jeunes, se rappellent octobre 1970.  La majorité des jeunes n’étaient même pas encore nés.           

Ottawa aurait agi ainsi afin que la mort de Laporte retombe sur le dos des indépendantistes et tue le rêve d’indépendance du Québec, tout en justifiant Trudeau et son gouvernement de parler de prétendue rébellion appréhendée (plutôt une paranoïa bien réelle) puisque les Québécois sont viscéralement contre la violence.  Un scénario qui fut très efficace puisque ça tué le FLQ.      

Le comportement de la GRC, le vol de la liste des membres du Parti québécois, le feu mis par la GRC dans une ferme de Ste-Anne-de-la-Rochelle en Estrie, le prétendu refuge central du FLQ, l’assassinat de Mario Bachand, un des principaux agitateurs pour le fait français (et peut-être Gaston Gouin) , l’explosion de l’agent Samson, de la GRC, qui allait porter sa bombe au nom du FLQ, permettaient de simuler un état d’insurrection et de répression militaire.       
 

On prétendait aussi que l’armée des États-Unis était à nos frontières, prête à intervenir. Les États-Unis seraient le plus grand obstacle à la création d’une vraie confédération canadienne.  Ils veulent tout le Canada, toutes ses richesses naturelles, pas seulement le Québec….    

C’est le scénario que devait ressusciter le fédéral advenant une victoire référendaire pour l’indépendance du Québec.  Une raison pour nous envahir…       

Le projet d’une vraie confédération ne permet plus un tel scénario militaire.  C’est une dernière main tendue, car la Cour suprême a tranché à l’effet qu’il doit obligatoirement y avoir des négociations si le Québec propose un nouveau fédéralisme, advenant un OUI à un referendum sur son indépendance.      

La stratégie militaire fédéraliste déjouée prouve que le Québec est une bonne vache à lait pour le reste du Canada, sinon pourquoi le fédéral est-il décidé à prendre les armes pour forcer le Québec à demeurer au sein du Canada ? 

Leurs campagnes de peur fédéralistes (on peut penser à la Brinks, à la Sun Life, à Cadbury) visaient les intérêts du ROC (Canada anglais) et n’avaient rien de crédibles.  Elles étaient pourtant très insultantes pour les Québécois.          
 
Si le Québec était si pauvre, on ne serait pas prêt à y envoyer l’armée pour le maintenir dans le giron canadien.  Une domination psychologique évidente.¨          
 
Les Québécois, pense-t-on à Ottawa, sont une bande de niaiseux pleurnichards qui ne se tiennent pas entre eux et surtout qui pisseront dans leur culotte dès qu’il faudra faire un geste le moindrement musclé pour se faire respecter.  Et voilà, ce que l’on pense de nous.  C’est du moins ce que la prison m’a permis de comprendre
 
*   *

La seule question qui me hante est de savoir jusqu’à quel point la politique a vraiment joué un rôle dans le déroulement de mon procès.  Était-ce vraiment un moyen pour me casser politiquement à jamais ?  Comme je me le demandais quand je pris le chemin des cellules, suis-je vraiment assez important pour que le politique intervienne ?  Je ne me savais pas aussi efficace.           

Est-ce que l’on est vraiment assez fou pour croire qu’un attouchement sexuel mérite la prison et avoir un dossier quasi éternel ? Essaie-t-on de créer un lien entre le terrorisme et la sexualité ?  Un moyen facile d’intervention dans la vie des gens ? C’est vrai que je ne savais pas encore que le ministre Dion présenterait sa loi de la clarté et que je me battrais, malgré mes accusations, contre son plan B.  Si on me prenait vraiment pour un felquiste, on avait raison de commencer à avoir peur…  

Était-ce seulement un simple frame-up sexuel dans le but de me faire cracher le plus d’argent possible comme on le fait présentement avec l’Église catholique ?  Le père de Mathieu aie-je appris plus tard ne faisait pas tout à fait une dépression nerveuse, mais il aurait été un consommateur de cocaïne.  C’était peut-être pour ça qu’il m’amenait Mathieu en le menaçant de le laisser chez-moi s’il ne l’écoutait pas.  Avec la mort de Rouhed, une autre menace de suicide m’obligeait à être encore plus ami.         

Voulait-on m’éliminer comme écrivain et surtout comme polémiste ?  J’écrivais peu, car je mettais tous mes efforts à enseigner, un métier que j’adorais.  Étais-je victime d’un réseau de chantage ? Le réseau féminoune était déjà en ébullition chez les Roc Machines.   

Juste avant ma condamnation, un soir que nous avions bu beaucoup, mon ami Jean Ferguson me dit que le tout avait été soigneusement préparé dans le but de me soutirer le plus d’argent possible.  Même si j’étais toujours cassé, j’avais tellement d’amis, dont Fergusson, qui m’aidait si j’en avais besoin que j’étais comme un gars riche.  On m’a demandé 10,000$ ou la prison.  C’est un chantage plus que payant, une nouvelle méthode de la mafia que j’avais préventivement dénoncé en témoignant à la Commission Bélanger-Campeau.     

Qu’on m’accuse d’être pédéraste, d’avoir touché Mathieu, c’est le risque quotidien de tous les pédérastes. Si le jeune est consentant, ça peut arriver.  Je dirais même que ça va sûrement arrivé.  Le problème, c’est en faire tout un plat.  La peur que les adultes ont pour le sexe chez les jeunes tient de la folie furieuse.


J’ai plaidé non coupable parce qu’une très bonne partie du témoignage de Mathieu était fausse. Ce devait être à cause des idées qu’il s’est fait à la suite de son interrogatoire. C’était normal, il s’était fait laver la cervelle. J’étais trop lâche pour jouer aux héros et commencer à démontrer que le système est complètement fou quand il est question des relations sexuelles avec les jeunes. Je ne voulais pas perdre mon droit d’enseigner. Je me considérais comme un bon prof et je n’avais rien à me reprocher. Quand bien même j’aurais touché le pénis de Mathieu une fois ou deux, ça ne l’aurait quand même pas fait souffrir. Seules les féminounes pensent qu’un attachement ça fait mal.


Je crois que la révolution tient à la liberté sexuelle, car elle combat la violence, la frustration et la sexualité est un élément de base dans le développement de la personnalité et du droit à la vie privée.  Renier ta sexualité, c’est renier ton authenticité.

Comment Mathieu aurait-il pu tenir secret une relation sexuelle alors que sa mère est mormone et que la police s’est présentée à son insu pour l’amener au poste, sans rien lui dire, sauf, qu’il n’avait plus le droit d’être en contact avec son père. Il evait chier dans ses culottes.  Sa petite sœur m’a raconté que Mathieu avait ri tout le temps en se rendant au poste de police. C’est ce qu’on fait quand on est trop nerveux.       

Selon son père, Mathieu se serait mis à table après deux jours en famille d’accueil et aurait subi des heures d’interrogation sur nos rapports.  Je l’avais massé, un massage suédois.  Je l’ai donc effectivement touché partout, sauf au sexe, car ce n’est pas inclus dans le forfait. Il était malade et c’était le meilleur médicament ; mais on lui fit interpréter le geste autrement.     

Selon notre société, je suis coupable de ne pas croire que la sexualité est mauvaise. Je pense au contraire, que c’est le plus grand plaisir que Dieu a créé pour assurer la survie de la race humaine.  Tout est là.  Si tu penses que la sexualité est mauvaise, tout devient mal.  Malheureusement, notre civilisation a toujours été charrié contre le sexe,  sauf dans la Grèce antique où la sexualité était considérée comme normale et un plaisir, non, comme un mal.      

La répression sexuelle est le moyen par excellence pour mépriser ta personne, car, on est tous sexués et essayer de ne pas l’être est contre-nature. Ceux qui croient dès le départ que la sexualité est dangereuse, mauvaise pour les enfants et les adultes, ne peuvent pas voir un attouchement sexuel comme quelque chose d’agréable.  Pour eux, en dehors la reproduction, tout est mal.  Pourquoi suis-je obligé de croire une telle bêtise ?   Quel est l’imbécile a décidé qu’être sexué est mal, pervers, sale ?           

Nous avons été élevés au Québec, comme ailleurs, avec la haine et la peur du sexe.  On est devenu carrément malade, hystérique concernant tout ce qui est sexuel. Personne ne peut justifier le rapport sexuel avec les jeunes, sauf dire : c’était comme ça, c’est comme ça, et ça va demeurer comme ça ; même si scientifiquement, on se rend compte que c’est la répression sexuelle qui n’est pas normale et naturelle.      
 
Oui, j’ai touché des jeunes, j’en ai caressé, ils ont aimé ça et moi aussi.  Je crois que ceux qui y voient du mal ont l’esprit tordu.  La sexualité chez les jeunes n’a pas la même signification que chez les adultes.  C’est un jeu, un moyen de tuer la curiosité, de se faire plaisir en découvrant une nouvelle excitation.    
 
On n’interdit pas la violence ; mais on vient fou dès qu’on voit un peu de nudité.  Je pense que cette peur de la sexualité est beaucoup plus malade que de la vivre librement, avec respect.         
 
Mathieu savait que je couchais nu. Nous en avions parlé avant de partir en voyage et je lui avais dit que pour moi, il n’était pas question de changer, Il aurait dû me le dire avant si c’était un problème.  Ça ne lui faisait rien, m’avait-il dit.   

Il fut aussi question de mes farces consistant à lui flatter la bedaine en l’appelant la bedaine à Mathieu, ce qui le laissait tout aussi indifférent.  Je croyais plutôt que ça lui faisait plaisir.  Ce petit jeu avait commencé alors que sa petite sœur m’avait vu sans chemise et m’avait dit que son père était plus beau que moi qu’il avait une plus belle bedaine, d’où j’avais flatté celle de Mathieu en lui disant que c’était sûrement lui le plus beau parce qu’il avait la plus belle.  Un geste que je répétais souvent parce qu’il venait tout à l’envers, sourire aux lèvres. Ça semblait le calmer. J’ai donc continué ce manège à cause du sourire de Mathieu. C’est vrai que j’avais ajouté la farce de faire semblant d’aller plus bas, ce qui le faisait encore plus réagir, mais je n’aurais jamais pu tant il serrait sa ceinture de pantalon. Même un doigt n’aurait pas pu s’y glisser.  Je le savais, mais ça demeurait drôle.    

Son père m’a aussi lu une lettre de sa mère qui se demandait avant mon départ si j’amenais souvent des jeunes avec moi — ce qui arrivait de temps en temps — on pouvait tous les interroger puisqu’ils étaient tous prêts à venir témoigner en ma faveur. J’avais plus de 20 jeunes qui m’ont offert de venir témoigner pour moi.  Même aujourd’hui, le plus grand nombre de mes amis sur Facebook, sont de mes anciens (es) élèves.  

Quand je suis parti avec lui, j’eus le pressentiment que c’était un piège. J’ai même pensé : «qu’il se passe quelque chose ou pas, c’était évident qu’en bout de ligne je me ramassais accusé».  J’ai même songé que tant qu’à manger de la merde, je devrais au moins m’arranger pour en profiter un peu.  J’ai pensé à Camus et son étranger parce que ce soir-là il y avait pleine lune… puisque c’était le contraire du soleil, il était donc normal que ce soit moi qui soit la cible…

J’ai aidé le père de Mathieu a formulé une plainte à la déontologie policière en bonne et due forme pour l’arrestation illégale de ses deux enfants (Mathieu et sa petite sœur).  Je vois ça plutôt comme un kidnapping de la police parce qu’elle n’avait pas les autorisations obligatoires pour être légale.  Évidemment, cette démarche n’a rien donné. Le système, c’est la mafia légale et illégale.

Quand Gabriel m’a raconté une enquête policière à la suite de mon incarcération, il fut le premier à me dire que la nouvelle mafia était composée d’hommes d’affaires. La pègre ne vend plus que de la marijuana, mais des drogues dures fabriquées au Québec en laboratoire. La pègre ce sont maintenant des hommes d’affaires.

Note : Une des felquistes qui a kidnappé Richard Cross en 1970 a affirmé que le fédéral était au courant de ces enlèvements. La police avait loué des appartements, une au-dessus et l’autre en face de l’appartement où M. Cross a été détenu et avait sous écoute l’emplacement de la cellule Chénier qui a kidnappé Pierre Laporte, avant même les kidnappings. Donc, le fédéral savait tout ça et il a laissé se produire la mort de Pierre Laporte. vice-premier ministre du Québec, sans intervenir. Selon le fils de M. Laporte, Jean, le fédéral a cependant négocié pour sauver M. Cross, un fonctionnaire de sa Majesté. Le fédéral a aussi déclaré les mesures de guerre qui entraîna l’emprisonnement de 450 personnes qui n’avaient rien à voir avec le FLQ.

Spirale intraprojective 33

octobre 8, 2020

Spirale intraprojective  33

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 313 à 324)

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Après la défaite militaire de 1760 et la révolution de 1837, les Anglais ont employé des moyens plus subtils pour réaliser l’assimilation.  Le rapport Durham préconisait entre autres : les communications, l’immigration et la langue de travail.

La loi 17, en Ontario, interdisant l’instruction et l’usage du français, est l’exemple le plus frappant du sort que le Canada anglais réservait aux francophones du Canada.  On voulait et on veut toujours que le Canada soit linguistiquement, d’une marre à l’autre, un pays exclusivement anglophone.  Il en fut de même au Manitoba où le fédéral ordonna la pendaison de Riel pour tuer dans l’œuf l’idée d’un pays francophone (métis) dans l’Ouest canadien.   

L’histoire du Canada n’a rien d’angélique.  Elle se nourrit de bien du sang.

J’ai peur que l’on se serve de l’ADQ pour retarder la souveraineté du Québec, en empêchant la tenue d’un nouveau référendum.  On peut aussi accorder aux Anglophones le pouvoir de contrôler notre système d’éducation, en permettant aux parents d’envoyer leurs enfants dans les écoles privées anglaises, grâce au libre choix des parents.    

Si c’est le cas, l’ADQ est un pas  en avant (du nouveau sang et moins de carriéristes de la souveraineté) mais six pas en arrière par une autre vague d’assimilation anglophone à Montréal.  …

Dommage que la nouvelle gauche soit aussi obsédée, manipulée par les féministes et leurs valeurs d’égalité fondées sur la stupidité de la règle du nombre et du rang plutôt que de la compétence et de na nature humaine.  Il n’y a pas d’hommes et de femmes, il n’y a que des humains.

Le Québec a surtout besoin de gens qui s’occupent de fournir les services pour améliorer la qualité de vie de tous.  Actuellement, les pauvres sont trop pauvres.  Ils n’ont rien pour retrouver leur dignité et leur autonomie.  La classe moyenne quant à elle est volée par toutes sortes d’impôts et de taxes.  Les taxes, en plus des impôts, sont des vols légaux.  Il ne devrait y avoir qu’un des deux.

Détruire le fait français hors-Québec permet de l’attaquer ensuite plus concrètement, plus efficacement au Québec, grâce à une certaine minorité de francophones assez irresponsables pour envoyer leurs enfants dans des écoles anglaises.  Ces parents cachent leur état d’âme de colonisés, derrière les droits de la personne et la création d’une supposée élite (les libéraux), grâce aux écoles privées.  

Le Québec devrait abolir le réseau des écoles privées et l’intégrer au public.  Il ne doit pas y avoir deux niveaux d’éducation : un accessible aux plus fortunés et l’autre pour les pauvres
.             

La langue d’un état est une chose, le droit d’être servi dans sa langue pour des fins humanitaires en est une autre.  Tout comme la connaissance individuelle de plusieurs langues afin de mieux communiquer avec les autres humains est un acquis , et non, de l’assimilation, si l’on respecte ses racines.          

Certains Anglophones de Montréal oublient quant à l’affichage, le colonialisme qui les a historiquement aveuglés.  Jamais un commerce en Ontario ne pourrait afficher en français.  Il n’aurait pas à payer une amende, les Red necks le détruiraient.

Actuellement, notre loi linguistique permet le respect de tous en exigeant d’afficher d’abord et en plus gros en français, puis dans une langue seconde.  C’est un compromis acceptable, s’il est respecté.  S’il ne l’est pas assez vite, le Québec doit revenir à la loi 101 et exiger que tout soit uniquement en français.           

Je n’ai jamais compris pourquoi les Italiens, par exemple, veulent afficher en anglais, et non, en italien.  Pourquoi bouder la possibilité de recréer le monde dans une seule ville : Montréal.   N’ont-ils pas assez de fierté pour prouver au monde qu’ils sont aussi capables de comprendre le français ?        

Quel circuit touristique formidable serait Montréal, si chaque communauté exploitait sa culture pour la mieux faire connaître aux autres, tout en préservant le visage français du Québec.     

Le rêve assimilateur des Anglophones qui considèrent encore le Québec comme une          «maladie canadienne» à cause de sa différence n’a pas changé.  Par contre, certains Anglophones, qui rêvent d’une carrière dans la fonction publique, en sont venus à la conclusion qu’à cause de Trudeau et sa loi sur les langues officielles, il est maintenant impossible d’accéder au plus haut niveau, sans être bilingue, même si le degré de bilinguisme pour les Anglophones pour être reconnu comme tel n’est pas le même que pour un francophone.      

Par contre, si le Québec était un pays indépendant ou confédéré avec le Canada, capable d’assurer la survie du français, le bilinguisme individuel deviendrait un atout plutôt qu’un danger, car le savoir est toujours un acquis.  

LA REINE D’ANGLETERRE AU CANADA.

 Le statut colonial se perpétue, malgré le prétendu rapatriement de la constitution canadienne par P.E. Trudeau. Pourquoi la reine d’Angleterre doit-elle être partout (argent-timbres, etc.), si le Canada est indépendant ?  Quelle est la position de l’Angleterre advenant un vote favorable à l’indépendance du Québec ?  Quels pouvoirs oubliés par le fédéral ne ressusciteront-ils pas ?  Si le Canada n’est pas une colonie anglaise pourquoi tous les membres du gouvernement du Canada doivent-ils prêter serment à la Reine d’Angleterre. ?    

Le Canada n’a même pas sa propre constitution puisque le Québec ne l’a jamais reconnue.  Même les gouvernements libéraux du Québec l’ont rejeté.  En quoi la charte de Trudeau est-elle meilleure que la Charte des droits de la personne du Québec ?  Au Québec, les gais ont des droits et l’âge de consentement est de 14 ans.  Même si on ne le respecte pas, la charte confère aussi le droit et le privilège pour les juvéniles, les mineurs de ne pas subir de discrimination à cause de leur âge.  Malheureusement, pour eux, ils n’ont pas d’argent, donc ils n’ont pas le pouvoir de se faire respecter…   

Avec Jean Charest, le Québec serait probablement très vite vendu aux fédérastes, en échange d’à-peu-près rien.  Mais, en lisant une entrevue sur l’Actualité, j’ai constaté que les libéraux, sauf sur le plan constitutionnel, présente une philosophie intéressante.  Mais, les politiciens sont de beaux parleurs.  Ils ne diront rien pour ne pas déplaire en période électorale.   

Comment peut-on parler de Confédération canadienne quand un de ses principaux éléments en est exclus ?        

Ce mal dévoile, c’est le moins que l’on puisse dire, la différence politique, culturelle absolue et irréparable entre le Canada (pays essentiellement anglophone) et le Québec (pays toujours encore, malgré les efforts fédérastes, une nation majoritairement francophone). 

La décolonisation du Canada avec le rapatriement de la Constitution n’est qu’un leurre tant que le Canada inclura une place dans les institutions canadiennes à une reine ou à un roi qui ne devrait plus exister, le cordon ombilical colonialiste ayant supposément été coupé.  Pourquoi avoir une gouverneure générale remplaçant la reine d’Angleterre et étant même la chef des armées du Canada ?  De toute façon, un lien fédéraliste entre les deux nations signifie simplement qu’un des deux peuples fondateurs est dominé par l’autre.       
 
*   *    *      *

OCCUPATION MILITAIRE DU QUÉBEC.

Par contre, c’est à travers la crise d’octobre 1970 au Québec et la chasse aux felquistes (1968 à maintenant) qu’il devient clair que le Canada anglais considère toujours le Québec comme «sa colonie» puisque le fédéral aimerait écraser militairement le Québec.          

Dans toutes les chasses aux sorcières fédérastes, on a identifié les homosexuels et les pédérastes aux révolutionnaires.  Aujourd’hui, on parle de pédophilie, car on sait qu’aucune personne normale sur terre peut-être d’accord avec la pédophilie quand on l’interprète comme une pénétration.  C’est l’arme de destruction massive contre tout individu.  Il n’a même pas à l’être pour être ostracisé, il suffit de créer la rumeur pour qu’il soit déjà socialement un mort vivant.


*    *    *          

On entretient dans la population la haine et la peur hystérique de la pédophilie pour permettre aux services de renseignements  et la police de faire l’équivalent de l’écoute électronique, en prétendant qu’ils visitent chez-toi, ton ordinateur, pour s’assurer que tu n’es pas un mauvais pédophile.

Pendant qu’on enquête tout le monde, le «système» peut continuer son travail de surveillance et d’espionnage en toute tranquillité. On a fourni à la foule, une bête dont il faut absolument avoir peur … un moyen d’attirer l’attention ailleurs… de justifier tout ce que l’on peut entreprendre d’immoral parce qu’on sait qu’à quelques exceptions près, tout le monde déteste les pédophilies.  Tu peux tout faire contre un homme, si c’est un pédophile.  On ne protestera même pas s’il est injustement traité.  Au contraire, on applaudira. 

Pourtant, tous les individus ont droit à leur dignité.  Les malades ne doivent pas être punis, mais être soignés, contrôlés pour s’assurer qu’il n’y ait jamais de cas de violence. 

La police incite à la désobéissance aux lois, en créant ses propres réseaux de pornographie et en les mettant à la disposition des gens pour mieux les baiser.  La prostituée agace-pissette c’est un nouveau mode d’opération de la police, même si c’est dégueulasse. 
 
J’ai toujours pensé qu’il est moins dangereux pour un jeune de jouir génitalement que de se brûler les cellules du cerveau avec les grosses drogues.  Mais, pour le système — pègre et police– la pédophilie n’est pas un secteur assez payant pour être intéressant.  Les vrais pédophiles sont extrêmement minoritaires, des cas d’espèces.  Par contre, ça peut servir à détruire l’Église catholique qui fut trop stupide pour convenir que la liberté sexuelle est voulue de Dieu. Les prêtres étaient pédérastes et non des pédophiles, une réalité inventée par les féministes qui cherchaient à obtenir que les femmes puissent elles aussi devenir prêtres.     

Je comprends mal en quoi cela nuit à un autre qu’il y ait un individu qui se masturbe chez-lui, en regardant de la pornographie.  Une fois vidé, les intérêts tombent. C’est ainsi moins dangereux pour les enfants.        

C’est d’ailleurs ce que l’on fait pour soigner les pédophiles. On les oblige à se masturber pour étudier leur comportement.  La Gestapo en faisait autant.     

Si le système veut vraiment réglementer dans ce domaine, il doit d’abord s’attaquer aux réseaux de fabrication plutôt qu’à ceux qui se rince l’oeil.  La vie privée devrait être absolue pour tout individu, et à moins qu’il se serve de ce droit pour organiser des gestes de violence, il a le plein droit d’être respecté.           

J’accepterai la morale de notre système quand les Américains reconnaîtront qu’il est moins sale d’aider des individus à s’en sortir, même si cette affection conduit à des touchers génitaux, qu’à protéger des systèmes qui engagent des enfants-soldats.  Les guerres de colonialisme et d’impérialisme de nos moralisateurs a coûté la vie à des millions de personnes qui ne partageaient pas leur point de vue sur la sexualité… Combien d’indigènes ont été tués ou pris comme esclaves ?  Et ce sont eux qui nous font la morale !                    

Tuer est devenu moins pire que de jouir… avec notre morale de paranoïaques.  S’il n’y a pas de violence qu’est qu’il y a de mal à vivre sa sexualité ?    
 
Je ne dirais rien si je ne savais pas que la répression sexuelle conduit à l’esclavage émotif et à la violence à cause de la frustration.  Le psychiatre W. Reich dans ses livres a apporté une preuve irréfutable que les jeunes ont été exploités en réussissant à les culpabiliser.  C’est une question de bon sens. 

La répression sexuelle est carrément une affaire d’ignorance et de lavage de cerveau.  Une lutte contre le plaisir.

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Le plan B de Stéphane Dion marque la haine maladive libéraux contre ce qu’ils appellent : les séparatistes.  Tout ce qui vient du Québec doit être écrasé.
 
Selon le plan fédéraste, une équipe d’anciens policiers et soldats de l’armée canadienne simuleront un soulèvement populaire armé à la suite d’un référendum gagnant de manière à justifier l’intervention de l’armée et rendre ainsi les indépendantistes coupables et par conséquent illégaux.    

Cette théorie est justifiée par une certaine go-gauche qui pense que si les gens mangent assez de misère, ils finiront bien par se révolter.  Je n’arrive pas, quant à moi, à justifier la misère humaine au nom d’une idéologie.      

 Toutes les idéologies servent à exploiter les individus. 

 Il est bien évident que le groupe est toujours plus fort que l’individu;  mais il y a aussi été prouvé que les gens en groupe n’ont pas un quotient intellectuel plus élevé qu’un enfant.  En groupe, l’âge mental régresse.      

Selon le plan B, la manœuvre, posage de bombes, devrait être organisé par d’anciens policiers et anciens militaires fédérastes.  La purge devrait, comme en 1970, justifier l’intervention de l’armée pour empêcher les Américains de mettre le pied en territoire québécois.  Tout en écrasant à jamais le Québec, le fédéral tuerait aussi à jamais tout espoir de sécession.    

Puisqu’au dernier référendum l’indépendance demeure une option de presque la moitié de tous les Québécois (49.5%), il a fallu cette fois pour le fédéral d’avoir recours à l’immigration pour voler le référendum.  Il a fallu aux fédérastes de contrevenir aux lois du Québec (la manifestation montre pour nous dire qu’on nous aime avait un coût illégal ; de plus, on a dû faire venir deux juges du Nouveau-Brunswick pour assermenter plus de 50,000 immigrants qui se devaient de voter NON) pour remporter la victoire.         

Puisque le tricheur fédéral l’a emporté de justesse, il a fallu créer la loi de la clarté avant qu’il y ait un autre référendum, au cas où les Québécois choisissent cette fois de créer leur propre pays. 
 
En démocratie, le gagnant l’emporte à 51%.  Si, au Québec, nous avons respecté ces résultats, pourquoi le fédéral ne ferait-il pas de même dans un prochain référendum ?  La démocratie n’existe pas seulement quand ça fait notre affaire.  Évidemment, l’idéal serait un résultat clair d’un bord ou de l’autre.  Mais les fédérastes respecteraient-il un tel référendum ?  Ils ont gagné celui de 1980 où on demandait de négocier un nouveau partage des pouvoirs à travers la souveraineté-association, mais on oublie que le Québec et le fédéral se sont mutuellement dit NON au référendum de Charlottetown.           

Avec ces défaites et l’interprétation des journalistes, les fédérastes pensent que les Québécois cesseront de croire en eux.  Ils jouent à l’autruche, oubliant la fierté que René Lévesque a ressuscitée.           

Les Canadiens ont-ils raison de nous croire pisseux ?  N’ont-ils pas encore compris que notre non-violence innée nous conduira immanquablement à la création de notre pays (avec ou sans association) ?         

Un jour, les Québécois comprendront combien ils sont exploités, à travers le  «on est bien, pourquoi changer ? » 

En refusant de se tenir debout, de s’unir, ils cautionnent les assassinats de milliers de gens autour de la terre parce que leurs impôts permettent de maintenir les machines de guerre.   

La victoire fédéraste anglaise du referendum, si on peut dire victoire alors qu’on parle de vol, fut pour eux celle de retarder la souveraineté du Québec.  Voilà tout ce qui compte chez les fédérastes, parce qu’ils continuent économiquement de jouir de la présence du Québec, tout en l’ignorant.  Au lieu d’accepter des changements constitutionnels majeurs, créer une confédération comme en Europe (Québec, Ontario, Canada), ils préfèrent continuer leur guerre sainte contre les mauvais séparatistes.           

Pour accélérer la défaite québécoise, les fédérastes se servaient de la partition comme moyen de créer une guerre civile.  C’est pourquoi les Anglophones et leurs serviteurs criaient au meurtre quand on leur proposa les fusions municipales.

Le fédéral a peur que si le Québec remporte une victoire, les Amérindiens exigent aussi des territoires à leur tour.       

Si le Québec et le Canada veulent continuer d’exister, ils ne peuvent pas passer sous silence la faim vorace de leur voisin du Sud
.     

Ainsi, contrairement au Québec, le fédéral est prêt à piétiner la loi pour avoir raison.
                    
*    *   
        
     Quand Dion a présenté sa loi référendaire fédéraste pour tuer à jamais l’indépendance, j’étais en prison à Bordeaux.  Eh oui !                    

Comme par hasard, une semaine après le début de mon incarcération, Dion présentait sa prétendue version de la démocratie… un chef d’œuvre de colonialisme. Il appelait sa loi référendaire, la loi de la clarté tout comme la loi du cadenas avait été inventée par Duplessis pour faire taire les syndicats.

Le seul but de cette loi est d’empêcher à jamais le Québec de devenir indépendant, de devenir un pays libre.  Ce coup de force ressemble à la pendaison de Riel alors que Macdonald (fondateur du Canada) criait : « Riel sera pendu, même si tous les chiens aboient au Québec. »  (Le livre noir du Canada anglais, Normand Lester, Les Intouchables, 2001, p. 158).

Dans leur chasse aux sorcières d’après référendum, j’ai été accusé d’actes sexuels par un petit gars venu en voyage avec moi.  Il n’avait aucun lien avec mon école. C’était le fils d’un ami que j’aidais à la demande du père. 

Je ne me suis jamais caché d’être pédéraste, c’était donc un bon moyen pour m’écarter définitivement du monde politique.  Que je lui aie touché le pénis, sans même branler la main, à quelques reprises, aurait mis sa vie en danger.  Malheureusement, il lui manquait une semaine pour avoir quatorze ans, soit l’âge de consentement.   Depuis le fasciste Harper a réussi à porter l’âge de consentement à 16 ans, comme si les petits gars ne se sentaient pas avant, les privant ainsi de leur droit de choix d’orientation sexuelle.  C’est les brimer de leur droit à la vie privée.          

Pour le procès, on a préparé deux déclarations, deux dossiers différents, deux versions pour m’incriminer d’une manière ou d’une autre.  Dans la première, j’étais bandé et j’appuyais mon pénis sur les fesses de Mathieu. Un peu plus et je le sodomisais le jeune à travers nos deux sacs de couchage avec mon petit cinq pouces.  Dans l’autre, il n’en était pas question.  Probablement parce qu’on avait appris mon accident.  Je m’étais disloqué une épaule.  Elle me faisait souffrir à tel point, qu’avec les médicaments, à ce moment-là, je ne pouvais pas bander.  Même si j’avais sucé le jeune à tous les jours durant mon voyage, ça ne lui aurait certainement pas fait mal. 

Qu’il ait été kidnappé par la police et placé en famille d’accueil durant des années à la suite de ce procès a sûrement eu des effets plus négatifs sur sa vie.

En cour, il avait déclaré que tout ce qu’il voulait, c’était de ne plus me revoir ; mais, il était venu souper chez moi la veille pour s’assurer qu’il pourrait revenir en voyage avec moi.        

Kidnappé par la police chez lui, sous prétexte que la maison était trop sale, il ne pouvait qu’avoir peur.  Évidemment, la Cour d’appel était constituée de trois femmes et j’ai dû, durant le premier procès, changer d’avocats.  Pour l’appel, c’est une jeune avocate qui a pris la relève.      
 
Ce n’est pas important que j’aie été condamné, mais ces procès prouvent que la conception de la sexualité chez les jeunes régresse.  Je sais que Mathieu m’aimait bien même après m’avoir accusé.  Lui fut placé et moi je me suis endetté parce que je ne pouvais plus travailler.  Dans ma tête, ces accusations sexuelles cachaient la vérité.  On voulait me faire payer de ne pas m’être écrasé avec le résultat du referendum car je continuais de me battre contre la partition et que j’écrivais : Jean Chrétien, le chef de la mafia légale, quand j’écrivais au gouvernement canadien.            

Je prétendais que le référendum avait été volé, mais j’avais démissionné de mon poste de président de la Société nationale des Québécois, à Val-d’Or, depuis quelques mois.  Tout au long de mon procès, une amie créait, comme moi, que c’était un coup monté politique.  À cette époque, ça avait beaucoup de valeur. Je me croyais un patriote important.     

En fait, j’étais probablement accusé et puni d’avoir trempé dans le FLQ, d’en avoir connu tous ses chefs et on prétendait que je connaissais une vérité qui ne devait pas être connue.  Je n’ai jamais su laquelle. On croyait aussi qu’il y avait des messages secrets dans mes livres, spécialement l’Homo-vicièr.   

Si on a su me prendre dans ce coup monté, est-ce à dire que dorénavant on aura pu besoin de ce petit manège pour se débarrasser de moi advenant que je remette le nez en politique?      
  
Pierre Faucher, un ancien policier de la Sûreté du Québec m’avait dit qu’on reconnaît qu’il y a un frame-up quand la police en fait trop.  Or, le fédéral depuis m’a empêché de participer à un projet Sprint, après l’avoir accepté.  Il a aussi gelé mon compte à la Caisse populaire d’Outremont (12$), sous prétexte qu’il me manquait des papiers à l’impôt concernant ma participation à l’élection fédérale alors que j’avais contribué en don pour le Bloc Québécois.  Et comble des combles, dans une entrevue au SEFRANC pour pouvoir enseigner au Cégep ou aux adultes, question de survivre, j’ai eu 40% en composition française.   J’avais dû donner mon numéro d’assurance sociale d’où la possibilité pour l’organisme de vérifier mon identité et mon dossier judicaire.  En m’accordant une telle note, finit pour moi l’enseignement.  Avec un dossier, finie la possibilité d’aller même enseigner à l’extérieur.     

 Vers 1992, Allen Rock passait ses lois folles sur la littérature pornographique.  On venait, sous prétexte que je fréquentais des jeunes, de me refuser mon pardon.  Il avait d’abord été accepté jusqu’à ce qu’une nouvelle enquête soit exigée par le Conseil des ministres fédéraux d’alors.  

J’ai écrit à ces fédérastes que leur reine Victoria était le symbole de la répression sexuelle et de l’impérialisme britannique, sur lequel je crache avec plaisir.  N’était-ce pas un moyen de continuer à me harceler ?  Pourquoi un refus après avoir été accepté ?      

Fin des années 1980, un peu plus tôt, en se servant de mes anciennes conversations des années 1970 dans une taverne à Sherbrooke, on venait de me faire perdre préventivement mon emploi de professeur de français au Manitoba, à The Pas.     

Je ne suis pas un saint, mais je crois que tout devrait être permis sur le plan sexuel tant qu’il n’y a pas de violence. Il faut seulement le consentement mutuel, le respect de l’autre.  Est-ce moi qui suis fou ? Ou est-ce que les interdits sexuels sont de la folie furieuse qui s’est développée au cours de notre passé dans notre civilisation ?  Suis-je paranoïaque ?  Allez donc voir …            

Pourquoi faut-il un âge au sexe pour avoir le droit d’être libre ?  Pourquoi le sexe n’a-t-il pas toujours été vu comme un plaisir ?  Serait-ce que les jeunes d’aujourd’hui souffrent plutôt que de jouir ?            

En réalité, c’est qu’on refuse la vérité.  On est sexué dès notre naissance. Il y a comme le disait Freud des étapes, des stades de développement et ce sont les adultes dans leur ignorance qui fabulent sur les dangers du sexe chez les jeunes. 

Or, chez les Grecs avoir un petit serin c’était le prestige, c’était celui qui prendrait sa place, celui qui était éduqué par son amant.  Il y a toujours eu un rapport entre les jeunes et les adultes mâles qu’on a essayé de tuer en interdisant les tavernes, remplacées maintenant par les soupers de filles.  Aujourd’hui, en plus de la race, on essaie de créer des catégories d’âge.  Quel monde de fou !  

Pendant que j’étais en prison, on a incarcéré Gab, le jeune punk, qui vivait avec moi.  Il était âgé de plus de 25 ans, alors ne nous énervons pas !  Les féminounes sont vite sur le piton de la dénonciation.  Il était chez moi parce que sa mère croyait que j’étais le seul à pouvoir l’aider. Il n’écoutait que moi. Et, je l’adorais.

Nous savions qu’il était malade parce qu’il s’était sauvé du centre jeunesse et il essayait de me persuader qu’il avait le pouvoir de diriger le monde par sa pensée. À partir ce de cette expérience, j’ai persuadé sa mère d’exiger des examens parce que son discours me semblait devenu complètement irréaliste. Le Centre jeunesse a dû convenir qu’il s’était trompé puisqu’un psychiatre confirma qu’il était schizophrène paranoïde. 

Pendant plus de neuf mois, je me culpabilisais en me croyant coupable de l’avoir mis involontairement dans la rue.  Je croyais qu’il ne méritait pas ce sort.  Il a été emprisonné pour des raisons obscures.  Au moins, il avait un lieu où demeurer, puisqu’il ne pouvait plus compter sur moi. 

On refuse de soigner les jeunes, s’ils n’ont pas été au moins six mois sans consommer.  Ils consomment justement parce qu’ils cessent d’être médicamentés.  L’œuf et la poule.              

Tout son comportement bizarre passait sur le compte de la maladie mentale.  Quand il fut déclaré malade, ce fut pour moi toute une révélation, car cette situation était tout à fait nouvelle.  Il n’avait jamais montré de signes avant-coureurs me permettant de soupçonner auparavant sa maladie.       

La prison pour un schizophrène est une cause de stress invivable.  C’est incroyable ce qu’endure les prisonniers dits « soucoupes».  C’est sûrement l’arme fatale qui démolit à jamais leur santé mentale.             

Par contre, s’il est soigné à l’intérieur et gardé dans un secteur qui le sécurise, cet emprisonnement peut l’aider à se retrouver, car il est forcé de ne pas consommer et de prendre sa médication.  Il peut ainsi se replonger petit à petit dans la réalité.  Malheureusement, il faut d’abord un diagnostic et des gardiens qui s’occupent de leur bien-être.       

S’ils peuvent continuer à être soigné, à se socialiser en sortant, ils peuvent même aller à l’école, apprendre un métier et peut-être s’en sortir, si le Bien-être social ne les coule pas. On dirait qu’une fois que tu as été sur le bien-être, ils font tout pour que tu ne puisses jamais plus t’en sortir.         

C’est aussi en ce sens que je dis que le système est une mafia légale.  On tue les jeunes avec les drogues dures et on fait croire que c’est moins pire qu’une expérience sexuelle.  Le système, par ses lois, crée les bandits qu’il veut. 

La liberté sexuelle individuelle permettrait qu’on s’attaque au vrai problème de la prostitution sexuelle internationale : le proxénétisme et la vente d’organes humains.

On ne veut pas s’attaquer à la grande pègre internationale, celle qui est responsable du kidnapping d’individus pour les organes ou la prostitution ; on préfère s’attaquer aux individus parce que c’est moins d’efforts et ça nourrit mieux les statistiques.    

Marc Lachance, un Québécois et créateur des cirques d’Éthiopie a été forcé, à la suite de la réception d’une lettre anonyme de dénonciation, à se suicider puisqu’il ne voulait pas que son amour des garçons mette en péril l’œuvre de sa vie : permettre à des centaines de garçons en Éthiopie de manger, de vivre décemment en dehors des rues, de pouvoir aller à l’école, grâce au cirque.       

Que certains dans le groupe acceptent de jouer aux fesses avec lui, il n’y a pas lieu de jouer les gorges chaudes (tant qu’ils sont d’accord).  Par contre, s’il y a organisation d’un réseau de prostitution qui force les jeunes à se vendre, c’est autre chose ; mais, c’est le contraire de l’esprit du Marc Lachance que j’ai connu. 

Il compensait sa culpabilité d’être pédéraste par une générosité sans borne, sans limite, même si elle n’était pas parfaite parce qu’elle n’était pas totalement gratuite comme c’est le cas dans la pédérastie et toutes les formes d’amour et d’amitié.  On se recherche d’abord dans l’autre.  C’est une phase normale dans l’évolution individuelle. On est tous plus ou moins des narcisses conscients. La prostitution ne peut être que libre et individuelle pour être acceptable.   Il faut un minimum d’amour.  Toute forme de proxénétisme est condamnable, avec des jeunes ou des femmes, peu importe.  Le consentement libre est essentiel dans toutes les relations. 
 
Marc Lachance avait réussi à rendre extrêmement positive une forme de vie vue par les autre comme la plus condamnable des perversions.  Ils sauvaient des enfants de la misère.  Mais on est trop cave pour faire la différence entre pédophilie-pédérastie ; l’amour entre deux être qui s’aiment malgré leur différence d’âge. On est loin du commerce charnel international.  

Spirale intraprojective 32

octobre 7, 2020

Spirale intraprojective  32

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 303 à 313)

UNE MAFIA LÉGALE.

Quand j’étais jeune, mon père me disait souvent qu’il y a deux sortes de mafia : la petite pègre, les bras ; et la grosse mafia, les collets blancs, juges, etc.         

La grande mafia exploite la majorité sous le masque de la légalité.  Elle construit les lois de manière à créer des criminels (législation sur la marijuana, la prostitution individuelle volontaire, absence de lutte à la pauvreté pour ne pas dire exploitation de la pauvreté).    

Elle exploite tout le monde plutôt que de les intégrer dans un projet planétaire humain.  Elle rend tout criminel pour avoir des amendes à distribuer.  Elle criminalise plutôt qu’encadrer, circonscrire le danger, plutôt que de respecter les droits individuels et la vie privée.  Plus il y a de lois à contourner, plus il y a d’amendes possibles.       

Mais pour justifier l’existence et la nécessité de la police et de ses budgets, il faut de bonnes statistiques. C’est une affaire de propagande et de lavage de cerveau.  De marketing. C’est là où les féminounes sont utiles car elles permettent d’entretenir une paranoïa avec la pédophilie.  Plus on établit de lois et de règles pour régir la vie de tous, plus il y a de contrevenants.

L »abus des lois rend légal l’emprisonnement de la majorité de ceux qui remplissent inutilement nos prisons (crimes non violents) afin d’entretenir un système judiciaire où justice est argent et corruption.  Il est moins nuisible de se faire tailler une pipe ou de le faire que d’agir violemment ou absorber des drogues dures qui, elles, détruisent à jamais le cerveau.  Tout est modération. 

La légalisation du pot permettrait d’assurer la qualité du produit, ou la légalisation de la prostitution individuelle consentie donnerait à la police le droit et le devoir de protéger les prostitués (es) qui sont souvent violenté(es).  Le problème de retrouver des seringues n’est pas un problème de prostitution (si on acceptait les maisons closes), mais il est relié à un des buts de la prostitution soit d’acheter de la drogue.  Il faut d’abord s’attaquer à la consommation des drogues dures.           

La police est un mal nécessaire, voire essentiel.  Nous ne sommes pas encore assez parfaits pour agir avec un tel sens inné de la responsabilité que nous puissions nous passer de surveillance.  La police est aussi un élément essentiel de sécurité, mais s’il n’y avait pas d’abus, elle n’aurait pas raison d’exister.  Mais, encore aujourd’hui, c’est le contraire. On est encore assez idiot pour faire le commerce d’individus… Un bon policier, honnête doit protéger tous les individus.  Il n’a pas à s’enfler la tête avec sa matraque ; mais comprendre que son rôle est de maintenir une bonne qualité de vie pacifique.  Il semble qu’au Québec, on a commencé à le comprendre.  La police ne doit pas être un rempart protecteur des capitalistes qui abusent des travailleurs, mais être au service des citoyens pour que les lois soient respectées.  

Est-il vrai que le pot conduit à la psychose ?  J’ai l’impression que ça peut exister dans le mélange drogue-peur-violence d’où il est important de comprendre les jeux d’Hollywood… Mais, je ne suis pas médecin, ni psychiatre.  Je crois qu’une personne mentalement malade devrait s’en priver absolument. Que faire de ceux qui veulent fumer à l’occasion et poursuivre leur médicamentation ?         

Fait-on des recherches sérieuses et crédibles ?  La maladie mentale est le lot de milliers de jeunes qui vivent dans les rues.  Que peut-on faire pour eux?  Pourquoi ne pas avoir une clinique de psychanalystes et psychologues gratuite pour leur permettre d’évoluer dans leur cheminement ?  Pour éviter les crises dangereuses ?  Pourquoi ne pas avoir une école pour les cas légers et la possibilité de leur trouver un emploi rémunérateur ?  Ce n’est pas parce que tu as un QI faible que tu ne ressens pas le plaisir et la douleur …    

Le vrai problème quant à la légalisation du pot, de la prostitution individuelle consentie et du porno chez soi est que notre société n’a rien fait pour nous y préparer.  Ce sont des sujets qui doivent être abordés, sans mentir, dès le début du secondaire.  Il est clair que consommer avant un cours te garantit d’échouer.  Le travailleur qui visse un boulon dans un train ou un avion et qui a trop consommé risque de fort mal faire son travail et de mettre la sécurité et la vie des personnes en danger.  Par contre, si tu fumes, ton joint le soir, pour relaxer, écouter de la musique, faire l’amour (une expérience bien spéciale), il n’y a rien-là.         

La liberté n’est pas innée. La responsabilisation qu’elle exige ne s’acquiert qu’avec l’expérience.  Elle est nécessairement individuelle et il y a nécessairement des dérapages.      

Nos intervenants continuent d’appliquer une morale castrante comme ils l’ont appris à l’université.  Sur la ligne de feu, il manque de personnel, et surtout, d’un personnel de sciences humaines qui soit plus humain, moins constipé… Au lieu de couper chez les infirmières, chez les enseignants, nous ferions mieux d’éliminer les surplus de curés, d’avocats, de gestionnaires stéréotypés, les sportifs professionnels, toute cette bande de profiteurs… mais ils rapportent des milliards à un groupe de petits riches qui se fichent de ce qui se passe dans le monde pourvu qu’ils aient leur profit.  Des assassins légalisés.      

La projection pour créer des emplois revient à nos universités.  Les dirigeants sont-ils trop bornés pour savoir qu’il faudra un surplus de personnel enseignant ou médical ?  Que la population vieillit et qu’elle exigera une autre approche de la médecine ?   Planifie-t-on en fonction des besoins de la population ou en fonction d’avoir de meilleurs bénéfices ?  Les associations et corporations médicales se prennent-ils pour des syndicats dont le seul but est d’abuser de l’ignorance populaire ?       

Par contre, il faut faire la part des choses, la très grande majorité des professionnels sont très dévoués et ce n’est pas de leur faute si les gestionnaires préfèrent le ciment — parce que ça nourrit plus d’amis — que la santé.           

Il suffit de rendre une chose simple complexe ou difficile pour multiplier les intervenants et, par conséquent, les profiteurs.  Pourquoi les juges ne sont-ils pas nommés grâce aux votes des avocats, pour en assurer l’honnêteté et l’impartialité, plutôt que par les politiciens ?        

La police doit exister pour assurer la sécurité des citoyens, non pas pour défendre les coffres des politiciens.  Il est urgent que l’on fasse une distinction entre malade et bandit.  Être trop dépendant est une maladie, basée sur la honte, la haine de soi, l’insécurité et la peur.  Tuer, blesser, voler, ce sont des crimes dans toutes les cultures avec raison.   

Si on veut éviter des violences inutiles, on s’assurera qu’il y a des relations entre les ministères concernés et un suivi véritable de ceux qui sortent de prison, pas pour les punir davantage, mais les aider à se réintégrer.  Ce ne doit pas être un autre moyen de les tenir en cage, mais une aide dont ils ont absolument besoin pour avoir la force de bien vivre dans la société.  On appelle ça de la prévention.  Un terme qu’on semble oublier comme l’éducation dans les domaines sexuels qui doit cesser d’être religieuse, mais se baser sur les sciences et les découvertes modernes, car on commence à peine à comprendre comment ça fonctionne.  La liberté sexuelle n’a rien de dangereux. 

La frustration sexuelle peut mener à tous les crimes.

La vraie mafia, ce sont les banques, les multinationales qui recherchent des travailleurs sous-payés pour augmenter les profits.  En fait, la vraie mafia ce sont certains membres des gouvernements, juges, policiers, évêques, médecins de corps et d’esprit, tous ceux qui vivent en abusant des payeurs de taxes. Ils ont le pouvoir de créer les règles du jeu.     

Des gens de pouvoir qui exploitent leur charge pour s’enrichir sur le dos des autres. Ce sont ceux qui abusent des payeurs de taxes, qui ne pensent qu’à leur nombril le pouvoir et l’argent.  C’est ce que l’on appelait jadis le système.  Les surtaxes sont aussi un vol, car elles empêchent la majorité de jouir de la vie.     Avoir plusieurs paliers de gouvernements, c’est multiplier les sources de taxation, c’est aussi multiplier les exploitants.  Les dédoublements de pouvoirs permettent de voler légalement en double. C’est ce le principe du fédéralisme canadien.

Chaque palier de mafia a ses règles.  Chaque palier est d’une certaine façon complémentaire et inter-pénétrable puisque la petite pègre n’est que le poing de la mafia légale, en exécutant ses «jobs de bras», en agissant sur un autre terrain.  C’est étonnant que l’on ne parle que des Hells dans la guerre au gangstérisme au Québec.  Ce ne sont pas les maîtres, mais les exécutants musclés. Ils agissent seulement en ce qui concerne le sexe et principalement la drogue.

La mafia légale et la pègre ont le même but : l’argent.  Sur le plan moral, la grande mafia arrive à faire croire que le pire ennemi de la démocratie et du peuple est la pègre alors que celle-ci sert souvent seulement à justifier l’existence du monde légal et judiciaire.  La petite pègre se sert des interdits de la grande mafia pour faire son argent et payer ses redevances à la grande mafia qui, elle, tire profit à la fois du bien et du mal ; puisque la mafia formule les lois de manière à que les deux côtés (celui du bien et celui du mal) rapporte au maximum.  Un nourrit l’autre.       

Par contre, la mafia légale, la grande mafia est un esprit. Une organisation circulaire ou spirale.   Pas besoin de structures, il suffit des règles.          

Sur le plan moral, la grande mafia arrive à faire croire que le pire ennemi du peuple et de la démocratie est la pègre et le terrorisme ; mais le système a aussi ses ennemis intérieurs.  Une guerre de portefeuilles.   La vraie mafia se dissimule en hommes d’affaires, en bourses, en homme de loi, politiciens, hommes de Dieu, professionnels de tous les acabits afin d’exploiter le peuple, faire simplement plus de profits.  Pour de l’argent, on se fiche de faire sauter la planète.
                                                                   
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Quand on m’a mis en prison, on croyait que j’avais des preuves irréfutables, des noms à taire, mais c’était absolument faux.  Je connais ma théorie. J’ai simplement compris le système.  Je ne connais rien de particulier au monde interlope. 

Je suis profondément tanné de me faire dire que  » des gars comme moi, on tue ça parce que c’est moins long et plus sûr.  On n’envoie pas ça trop longtemps en prison pour en faire des martyrs « .  Je suis tanné de me demander ce que je sais de différent de ce que tout le monde sait, mais n’ose pas en parler. J’aimerais bien savoir quoi.

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Puisque la décision vient d’en-haut, rien ne peut changer.  Quand tu changes un groupe d’exploiteurs, il est toujours remplacé par un autre groupe d’exploiteurs avec une doctrine de domination différente.  En être conscient, ça te rend en-soi dangereux.

Le communisme est comme le capitalisme : il vide le pauvre peuple de ses avoirs pour nourrir une mafia légale, une bourgeoisie (bureaucrates, armée, police) inutile et dictatoriale.  Ceux qui ont pensé et dirigé la révolution en 1789 en France n’ont pas échappé à la guillotine à partir de leur propre nettoyage.  Les dictateurs comme Lénine et Staline ont été des assassins aussi cruels qu’Hitler.  La CIA trame des guerres régionales.  Le fond du problème a toujours été la faim obélixienne d’argent et de pouvoir de nos dirigeants. 1984 et Le meilleur des mondes.         

« Tu mets les institutions du pays en danger», comme le disait le juge qui m’a condamné. Il basait probablement son jugement sur mon livre L’homo-vicièr et mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie.  Ce dernier texte a été écrit dans un moment de révolte face à la mort du petit Daniel Desrochers, au suicide du père d’un de mes étudiants faussement accusé de pédophilie et de mon incarcération (une histoire politique que l’on masquait derrière une histoire de pédophilie pour s’assurer que j’y goûte).            Par contre, j’ai toujours dit et j’affirme encore ma pédérastie, même si je n’ai aucun jeune qui m’entoure depuis belle lurette. Ma pédérastie affirme le droit jeunes de 10 ans et plus à leur sexualité..
        
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Cette punition politique — acceptée par tous les partis politiques puisque l’on me croyait un felquiste des années 1970, gardien d’un grand secret — permettait à Stéphane Dion de continuer d’avancer dans son plan B, soit de faire crever le Québec de faim avant de créer de toutes pièces une guerre civile pour rendre les indépendantistes illégaux…

Depuis, le fédéral s’émisse dans tous les champs de pouvoir réservés aux provinces.  La prochaine division canadienne touchera particulièrement, tout ce qui se rapporte au pétrole et à l’industrie de l’automobile.

C’est ce que je dénonçais déjà dans mes écrits … il fallait me faire taire ; donc, on a décidé de me jeter en prison, en se servant de ce que je disais moi-  même dans certains de mes livres.  C’est astucieux, mais dégueulasse.

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Les histoires de sexe inventées pour mon procès ne tenaient pas compte du fait que même si j’avais tripoté Mathieu autant qu’il le prétendait ; il affirmait être venu en voyage avec moi de plein gré.  Il connaissait mes manies de le lui toucher la bedaine, ce qui le faisait bien rire.  Le jeune était définitivement hétérosexuel puisqu’il commençait à regarder en cachette, tard le soir, des films pornos.  Ce fut tout un échange de sourires quand j’en ai fait allusion après que son père m’eut raconté l’histoire.  Selon ce qu’il disait, avant l’intervention de la police, Mathieu se fichait bien que je sois ou non pédéraste.       

Ces touchers innocents ne l’ont certainement pas traumatisé autant que son arrestation parce que la maison chez son père n’était pas assez propre.  Jamais, même si je lui avais mis la main sur le pénis, ce geste l’aurait bouleversé autant que le scénario que l’on a inventé pour m’arrêter.     

Même si je l’avais sucé tous les jours, plusieurs fois par jour, s’il aimait ça, jamais il n’aurait été aussi marqué que l’arrivée de la police de Val-d’Or pour l’amener au poste. Elle l’amena sans même lui dire ce qui se passait.  Avec la restriction de ne même pas avoir le droit de parler à son père.  Ce fut un kidnapping en bonne et due forme, car on l’amena au poste de police et ensuite en famille d’accueil, sans même avoir consulté la DPJ E, l’organisme judicaire qui s’occupe des enfants.  Ce qui est carrément illégal.  (Tous les papiers existent pour le prouver).    

Qui, à cet âge et dans ces conditions, n’aurait pas dénoncé qui que ce soit pour sauver sa peau ? 

Une de mes amies a un garçon de seize ans.  Il est sage comme une image.  Dans une cafétéria, un de ses amis l’a «enfargé».  Et, en essayant de reprendre l’équilibre et de se protéger, il a eu le malheur de toucher de la main le sein d’une jeune fille qui se trouvait sur sa route … comme au cinéma.   La jeune fille a poursuivi le garçon pour attouchement sexuel.  Ça prouve jusqu’à quel point nous sommes rendus fous avec la peur de notre sexualité ?  Les policiers (dont une femme) l’ont traité d’hypocrite et de menteur.  Ils ont ensuite expliqué leur comportement en disant à sa mère qu’ils avaient appris comment faire avouer un crime à ces jeunes menteurs, comme si les jeunes étaient tous des violeurs.  Sont-ils devenus fous ?   Pourquoi tant d’acharnement contre la sexualité alors que c’est ce qu’il y a de plus normal et naturel ?  Tous les témoins confirmaient plus ou moins ce qu’il disait.  Écrase-t-on l’innocent juste pour avoir une bonne cause ?  Pour avoir une bonne réputation statistique ?  N’est-il pas malhonnête d’accuser un innocent ?  Tu l’es, jusqu’à preuve du contraire.        

À mon procès, on a montré 52 photos pour faire croire que j’étais un pornographe.  Elles ne comportaient aucune scène de nus, tous les gens sur les photos étaient bien habillés.  C’étaient des gens de ma famille et de mon fils de 27 ans qui fut le seul à être photographié nu, avant de se marier.  Il voulait cette photo.  Quand il a su tous les troubles que cela avait créés, et, à cause de sa foi musulmane, il l’a amèrement regretté ; mais c’était un petit caprice que j’étais seul à accepter, sans le mettre à la gêne.  Il voulait cette photo pour le plaisir de dire : c’est moi quand j’étais encore libre.  Une farce comme une autre.    

Il y a plus de vingt ans, pour souligner le courage d’écrire sur la pédérastie, on m’a donné des livres de garçons nus.  On m’a aussi plus récemment donné des photos de magazines de petits garçons sexués qui pouvaient m’allumer… des photos de pornographie infantile ou de nudisme ?  Dois-je les jeter pour obéir à une loi débile, car ça ne fait aucun mal à personne que je les regarde de temps en temps.  Je les regarde peu parce que je préfère la réalité. C’est pour moi, un souvenir (que j’ai jeté) Ce fut une forme d’appréciation et une preuve que la répression aujourd’hui est encore pire qu’il y a 30 ans.  À l’époque où on me les a donnés, la notion de pédophilie n’existait pas encore ou du moins elle était inconnue.  Jeter ces cadeaux est de l’imbécilité totale, mais la stupidité de la société actuelle l’exige.  Ils faisaient pourtant partie de mes archives personnelles, des cadeaux que l’on m’a faits.  Ils avaient été apportés d’Europe.  La loi d’ici est peut-être rétroactive ?  La folie ne porte pas qu’à tuer, mais à avoir honte de la beauté …        

Quand les policiers ont effectué leur perquisition chez-moi ils ont saisi mes poèmes et mes vidéos sur la poésie.  Le père jouait-il double jeu car je lui avais déjà parlé de ma poésie.       

En 1963, je me masturbais avec un petit copain un peu plus jeune (j’avais 20 ans et lui 15) pour ne pas violer de filles… À cet âge, j’avais la nature plutôt gaillarde… L’ex-curé de Barnston, l’abbé Roméo Laurencelle (qui ne m’a jamais touché ou même proposé, cat il était aux femmes) disait que j’étais une petite Volkswagen avec un moteur de Cadillac.  Les libéraux n’aimaient pas mes émissions de radio et mon appartenance à un journal de l’Union nationale.  J’y ai vu un lien direct…

La deuxième fois, en 1975, le premier juge a dû se récuser, car un des jeunes témoins a affirmé en pleurs qu’il ne savait plus s’il racontait ce qui s’était passé ou ce que la police lui avait dit de dire.  On a vite changé de juge et on a dû se contenter du fait qu’en jouant avec eux, j’avais baissé mes culottes quelques secondes comme le commandait le jeu auquel ils m’avaient invité. Je ne portais de sous-vêtement.  Je croyais aussi dans la lutte pour la libération de la sexualité.  Les enfants de ma compagne allaient même à une école libre.  Comment faire le contraire sans te prostituer aux normes du système ?         

Je vivais alors avec une femme et ses deux enfants que nous envoyions dans une école libre pour ne pas se faire laver la cervelle comme les jeunes du Québec, spécialement, quand il est question de sexualité.   Pourquoi aurais-je dû vivre le contraire de la liberté que je prônais pour tous ?  Le père et les policiers étaient fous furieux, car ils étaient certains que je n’aurais rien pour sentence.  Mais, le juge a décidé que je n’avais pas à éduquer tout le quartier, même si la nudité à la maison était chose fréquente en Europe.  C’est ce que l’on appelle la vie privée.    

Au Canada, la vie privée n’est pas respectée.  Ça ne veut rien dire.  Pourtant, ce qui se passe dans ta maison ne regarde personne.  Il est temps que l’on songe aussi à s’assurer que les voisins ne se mêlent pas de ce qui ne les regardent pas.  Sans la permission d’un juge, la police ne devrait pas avoir le droit de pénétrer inutilement chez les gens, sans être invitée.        

Les ragots peuvent tuer tout aussi efficacement qu’un fusil.  En 1970, on se servait de la lutte contre le FLQ pour se débarrasser de la face de tous ceux qui ne leur revenaient pas. Quant à moi, j’ai pris officiellement pour la révolution à travers mes poèmes.       

J’ai rencontré en prison un des amis du ministre de la Justice d’alors et j’ai fait mon temps.  Remarqué par des chefs de la mafia qui m’admirait pour mon courage ou mon imbécilité de parler directement de ce que je pensais, ils m’ont offert un job de journaliste pour passer les messages en prison. 

La troisième fois, en 1996, c’était à Val-d’Or.  On s’est servi d’un ami qui m’amenait son fils parce qu’il ne pouvait pas l’endurer.  Il était en pleine chicane et divorce avec son épouse, une mormone.  La bataille faisait rage pour la garde des enfants.  La petite fut obligée de demeurer avec sa mère tandis que le gars a décidé de vivre avec son père.  Le père prétendait que j’avais eu un tel succès avec un petit punk que j’aidais que je devais l’aider à redresser son petit.      

Le jeune a prétendu que je l’ai touché de janvier à juin ; mais nous ne nous sommes connus qu’en mars au plus tôt.  Depuis il a accusé son père d’être gai et un des policiers-enquêteurs sur mon affaire aurait pris le chemin de l’exil vers l’Ouest canadien parce qu’il aurait été accusé lui aussi de lui avoir touché le zizi, durant l’enquête.  À Val-d’Or, on prétend que ce changement d’assignation est plutôt dû à la capacité de cet agent d’implanter une forme de police de quartier d’où on aurait retenu ses services dans l’Ouest.  Qui dit vrai ?          

On a même publié ma photo avec un extrait de l’Homo-vicièr en première page du journal local.  Un bon moyen pour s’assurer que je ne puisse plus enseigner.  On a fait une telle montagne avec ma cause que n’importe quel homme politique serait jaloux d’avoir autant de publicité… de la bonne, par exemple….

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La vraie révolution ne peut reposer que sur l’individu, sur la vraie démocratie.  Ce sont les bourgeois, les aristocrates, les riches qui dominent et contrôlent toutes les structures de notre société.  Ils y imposent leur façon de voir, leur morale …      

Le système, comme on se plaît à l’appeler, n’est pas pourri en soi, comme structure, mais il le devient quand certains de ses éléments existent seulement pour le profit au détriment de la masse.  La structure sociale est comme nous, elle est héréditaire.  On vit ce que ceux qui nous ont précédés nous ont laissé en héritage.

La bourgeoisie omniprésente, infaillible est la plus dangereuse, la plus abusive. Elle ne respecte pas l’homme, elle n’hésitera pas à provoquer une guerre pour défendre ses intérêts, même si elle joue sur les deux tableaux.  La bourgeoisie n’hésitera pas à faire le commerce d’armes, s’il le faut.  Le pétrole est le meilleur exemple de l’exploitation alors que la santé est le second.      

Cette mafia insaisissable n’hésitera pas à massacrer la nature, mettant même l’avenir de la planète en danger (les arbres de l’Amazonie).  Elle remet son pouvoir à l’armée, sous prétexte de défendre ses frontières souvent artificielles, le fruit de l’impérialisme.       

Même si je connais rien ou très peu, le bon sens me dit que la guerre pour l’eau douce en Israël et Palestine devrait porter le nom d’occupation, car, les deux pays doivent exister dans la paix.

Si Jérusalem est une justification religieuse pour cette guerre, la ville devrait devenir un espace international dépendant de l’ONU qui respecte toutes les religions et permette à toutes les sortes de pèlerins de s’y rendre en toute sécurité. 

*  *   *   *   * 

 La mafia légale internationale n’hésite pas à se servir de la religion (du psychisme) pour modifier, sublimer ses interventions, en se servant souvent des idéaux les plus nobles de l’homme pour justifier ses armées et ses guerres. La guerre est souvent organisée par les religions.  Irlande, Al-Qaïda, les religieux protestants en Amérique, des fanatiques qui s’imaginent agir au nom d’un Dieu.    

Tout acte de violence est et sera toujours un geste immoral quelle que soit sa finalité ou sa justification.

Prétendre que l’on se bat pour Dieu ou Allah ou Yahvé, ce n’est que mensonge et hypocrisie puisque si Dieu existe, il ne peut être qu’Amour… Il y a une logique dans ce que l’on enseigne ou on nous ment…           

Le but premier de chaque individu est de devenir autonome.  Tout ce qui opprime ce mouvement naturel — quoique pour se perfectionner, il faut apprendre de ses erreurs — ne peut être que maléfique.  Le plus grand cadeau divin donné à l’homme est son libre arbitre.  Le but de l’homme qui croit en Dieu est d’apprécier sa grandeur, sa création éternellement, non pas de la détruire pour être plus riche.    

Ainsi, le système quand il vise l’enrichissement d’un petit groupe (élite privilégiée, bourgeoisie, aristocratie) au détriment de la masse est ce qu’il convient d’appeler « la grosse mafia».        

Le «système» devrait être, au contraire, l’institutionnalisation du partage des richesses et du pouvoir terrestre à l’ensemble des individus formant l’humanité.  La «grosse mafia» est la pourriture de la structure spirituelle (la pyramide), en laquelle l’homme est en droit d’espérer une amélioration de sa vie.

La dictature, l’impérialisme, le colonialisme, l’aristocratie et la bourgeoisie, l’élitisme privilégié sont le cancer de la démocratie et de la vie sociale, soit l’exploitation individualisée à grande échelle de l’individu.  Une erreur de finalité : le profit, le pouvoir par l’exploitation plutôt que l’amour à travers le partage et le partenariat.

Même si personne n’est parfait, il y aurait moyen d’améliorer la vie de l’homme si l’objectif est autre que celui du pouvoir, de l’avoir et de la violence.   

Il faut créer une société où le centre et la fin de la vie sont le bonheur humain.

Pour que le Québec puisse s’intégrer positivement dans la mondialisation, il doit exister comme entité : comme un individu doit se réaliser lui-même afin de pouvoir pleinement assumer son entité sociale.  Il doit exister pour réinventer et humaniser son propre système afin que la finance, l’économie et le profit cessent de prendre la place de l’homme comme étant la valeur absolue.  Il doit viser le bonheur individuel comme outil de bonheur collectif, car autrement nous n’avons aucune différence inhérente et valable par rapport aux autres.    

*   *   *   *

LE QUÉBEC EST ENCORE UNE COLONIE ANGLAISE.  
 
Pour avoir un gouvernement responsable, il faut que le Québec soit maître de ses moyens, que l’Assemblée nationale soit le maître absolu du Québec, ce qui est impossible sans l’indépendance.  Par exemple, les institutions fédérastes comme la Cour Suprême peuvent annuler une loi du parlement du Québec.  C’est d’ailleurs ce qui arrive souvent dès qu’il est question de la langue au Québec.  Les interventions fédérastes ne se comptent plus tant elles sont nombreuses. 

Les rêves de Trudeau et Lévesque sont inachevés.  Trudeau et Lévesque n’ont jamais réalisé leur rêve.  Même si Trudeau s’est toujours opposé au Québec, il n’accepterait certes pas que les États-Unis s’approprient la souveraineté du Canada… La situation du Québec n’a pas tellement changé depuis 1867, sinon que le fédéral a envahi encore plus les champs de compétence du parlement du Québec.  Tout se déroule dans une atmosphère plus hypocrite, à l’image même du gouvernement fédéral.  Tout est mis en place pour éviter que le Québec puisse devenir un pays.       

Le fédéral agit toujours comme s’il était en guerre perpétuelle contre le Québec et plus précisément contre le séparatisme.  Or, il devrait apprendre que le seul moyen de combattre le séparatisme est de fournir une raison valable pour vouloir demeurer uni au sein d’un Canada renouvelé (une vraie confédération), comme l’avait promis Trudeau.  Si le Québec sent qu’il peut vraiment y grandir, il ne cherchera pas la souveraineté pour la souveraineté.  Si le Québec veut faire bande à part, c’est qu’il est mal servi à l’intérieur du Canada.          

La souveraineté du Québec, dans ou en dehors d’une vraie Confédération, lui donnerait le droit et le pouvoir de gérer toutes les sources de revenus sur son territoire pour le bien de tous les Québécois, et non, les amis des différents régimes qui se nourrissent grassement du différent Québec-Ottawa.   

Nous avons deux paliers de mafia légale pour nous diriger parce que nous sommes assez masochistes pour accepter d’être économiquement exploités par plusieurs niveaux de gouvernement.  Quand Ottawa accuse Québec, c’est toujours pour faire voir que le Québec ne sait pas ce qu’il fait et pourtant c’est le contraire.  C’est parfois vrai, mais c’est plus souvent faux. Le Canada aurait intérêt à accepter la nouvelle vision du Canada.  Le fédéral se regarde dans un miroir quand il accuse le Québec.  Il lui reproche ordinairement ce qu’il fait en mille fois pire.           

Le statut colonial du Québec ne peut pas être nié parce qu’il repose fondamentalement sur le refus du Canada anglais de reconnaître les francophones du Québec comme une nation avec les pouvoirs d’une nation.  Ce qu’il fait pourtant pour le Nunavut, les Amérindiens, les seules vraies minorités au Canada.       

Tant que le Québec fera partie du Canada, les Anglophones ne constituent pas une minorité puisqu’ils sont une partie intégrante de la majorité anglophone du Canada.  Au Canada, ce sont les Francophones et les Amérindiens qui constituent la véritable minorité numérique, existant d’une marre à l’autre.       

À la fin des années 1960 jusqu’à l’arrivée de Pierre E. Trudeau tout était clair : les deux solitudes.  
Le Canada est toujours une colonie anglaise ?  Point à la ligne.          

Spirale intraprojective 31

octobre 6, 2020

Spirale intraprojective  31

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp.292 à 303)

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Pour cela, l’homme devra non seulement apprendre, mais pratiquer la tolérance et le respect des autres.  Si le bien-être de l’homme devient le centre des préoccupations, il est bien évident que l’on devra abolir la peine de mort et trouver une solution positive. L’adoption doit cesser d’être un commerce. L’adoption, c’est un moyen pour permettre à un individu condamné à vivre dans la misère d’avoir une chance de vivre heureux. L’assistance à la mère doit remplacer l’avortement. 

Il ne faut pas oublier que la tolérance repose sur la connaissance de soi et la compréhension de l’autre.  C’est un but extrêmement noble et fort probablement la seule raison d’exister de l’homme : l’éternité dans un futur paradis terrestre.  Le ciel n’est rien d’autre que l’éblouissement, la contemplation de la beauté et de la grandeur de la création.  Une relation avec l’énergie au-delà du support corporel quand nous y serons parvenus.  Si nous vivons l’enfer sur terre, c’est que nos civilisations n’ont pas su créer autre chose que l’enfer, grâce aux guerres et la misère, à cause de l’ignorance, de la violence et de l’intransigeance.  Cela fait partie de notre cheminement d’homme.           

*   *

Cela fait peut-être un peu curé pour un écrivain qui a pondu l’Homo-vicièr et Laissez venir à moi les petits gars, mais c’est pourtant sous une forme différente, plus globale, le même message que dans ces livres.

L’Homo-vicièr était une réflexion sur le sens de la vie, comment vivre sa différence, surtout si elle est contraire à tout ce que le monde accepte alors que Laissez venir à moi les petits gars était une dénonciation de l’hypocrisie sociale de l’Église et une apologie de l’Amitié.  Laissez venir à moi les petits gars a été choisi par Gérald Godin alors que j’avais présenté deux romans, celui-là et La fin d’un état.  Pour Godin, Laissez venir à moi les petits gars me représentait beaucoup mieux.  Il fut publié plus tard par Parti pris, sous la direction de Gaétan Dostie, le nouveau patron puisque Godin était devenu ministre.  Je travaillais pour lui dans Mercier en 1976.  Ayant refusé de donner la main à Robert Bourassa, les libéraux me blâmèrent jusqu’à ce que je leur aie expliqué qu’il m’avait fait perdre mon emploi, ce que je voulais lui rendre.      

Malheureusement, comme tous les humains, l’auteur que je suis, progresse dans sa conception de l’homme et de l’univers à travers le temps et l’espace de ses mauvaises et bonnes expériences.  Avec le temps, j’en suis venu à la conclusion que la finalité de l’homme, c’est le bonheur.  (Je conseille un livre de Jean Vanier, Le goût du bonheur, un livre que j’ai découvert depuis)          

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Si, sur le plan technique, l’homme a accompli des merveilles ; sur le plan émotionnel ou psychologique, il est demeuré aussi arriéré que les hommes des cavernes, à cause de religions qui refusent de revoir leur façon d’interpréter la vie.

L’équilibre mental, même de ceux qui nous dirigent, est loin d’être atteint.  Tant que la violence, la manipulation, l’exploitation des autres, le pouvoir ne sera pas identifié comme la maladie mentale par excellence plutôt que les déviations sexuelles, notre société n’évoluera pas.    

*   *   *   *   * 

La société actuelle n’a qu’un dieu : l’argent.  Elle n’a qu’une fausse morale : être hypocrite, menteur et crosseur pour réussir.  Son petit nombril et rien d’autre.       

Qu’on le croit ou non, je me considère comme un être profondément religieux, même si je crois que les religions ont tout faussé en créant le péché d’impureté , en rejetant la matière (le corps) comme moyen de se réaliser, d’atteindre, comme le diraient les spiritualistes, la transcendance.         

Le monde de demain doit retrouver le respect de l’individu, de la vie.  Nous devons abolir la peine de mort partout et toujours, car elle prive le fautif du temps qui lui permettra de se retrouver et de tirer les leçons appropriées à ses bêtises, Il faut rendre possible l’élimination des guerres qui sont la base de notre système économique.

Les normes que les religions ont fixées deviennent des absolus plutôt que d’être, comme il se doit, des moyens, des outils-conseils pour accéder, se diriger vers la perfection.

Si tous les hommes sont appelés à devenir des saints, comme on le prétend, chaque individu a sur son chemin, dans une période de temps qui lui est assignée, le nombre d’erreurs qui lui est propre et lui permette d’y parvenir. Ce cheminement lui est personnel et relève surtout de son adaptation à l’environnement.  C’est l’aspect intéressant du bouddhisme : tu reviens pour parachever ta propre perfection à venir dans une vie future.  Une perfection strictement de l’âme.     

Si les religions disaient la vérité, elles n’auraient pas besoin de violence et de chantage individuel pour se maintenir.  Si les religions n’étaient pas des commerces basés sur l’exploitation de la peur individuelle face à la mort, elles n’auraient pas besoin de s’imposer par la menace et le fanatisme, la foi aveugle.       

Si elles respectaient Dieu, elles le respecteraient en chaque individu … Homme ou femme, cela n’aurait pas d’importance ; car l’âme, l’énergie fondamentale de l’existence n’a pas de sexe.  Une énergie est positive et négative.
Le fanatisme religieux est la source par excellence des maladies mentales,

particulièrement, la paranoïa, la schizophrénie et la psychose.      

Il est impossible d’aimer la vie sans une dimension spirituelle, mais l’obsession de la perfection rend débile.  La répression des sens engendre la maladie mentale.

Tout ce qui est bourgeois, comme notre système de valeurs est hypocrisie, mensonge et exploitation.  Le savoir au lieu d’être au service des moins bien nantis sert à exploiter la majorité au profit d’une petite clique de profiteurs.  L’Église catholique est loin de la tolérance de l’évangile selon Saint Jean et les musulmans sont encore plus loin de l’enseignement de Mahomet et du Coran où Dieu est présenté comme la Miséricorde, où le prophète Mahomet clame que la femme est la partenaire égale de l’homme.           

Toute cette merde vient du fait que les religions ont condamné la chair plutôt que la violence, ont rabougri la femme au rôle de servante et de tentation sexuelle.  Ils ont établi la fausse supériorité de certains humains, certaines races sur les autres humains.   

La polygamie et la polyandrie devraient être permises si elles permettent le bonheur de tous les participants(es) de cette famille éclatée
.  

C’est à eux, individuellement, de décider, et non, à la société de mettre le nez, là, où elle n’a pas d’affaire.  Par contre, cette forme de vie doit être totalement libre.  Une union, sans amour, est une masturbation à deux.  Elle est peut-être bien le « fun», mais elle ne conduira jamais au bonheur.   
 
*   *    *

Quand on parle de liberté sexuelle, on parle de responsabilité, de partage de pouvoirs et de tâches, entre les humains, entre les hommes et les femmes.  La génitalité n’est que le plaisir retiré de cette sexualité (l’affection, la tendresse) qui n’aurait jamais été créée si elle était mauvaise.  Le contraire est le même blasphème, la même désobéissance que Lucifer quand il refusa de s’agenouiller devant l’homme.      

Actuellement, la sexualité est régie par toutes les religions de façon paranoïaque, hystérique et psychosée.  En interdisant les sens et leur joie, on force l’homme à vivre en hypocrite. On fait de la génitalité le centre absolu de la sexualité. Pourtant, la sexualité comprend surtout la tendresse et l’affection.    

Comme disait Freud, il y a un monde entre la sexualité et la génitalité… L’Amour, le Bonheur, est le vrai sens de la vie : accepter, intérioriser l’autre plutôt que de le rejeter, de le haïr.  L’amour est d’autant plus parfait qu’il est gratuit. 

La sexualité est émotions, tendresse.  La génitalité est plaisirs.  

Qu’on le veuille ou non, l’amour est d’abord un état affectif qui a sa part de narcissisme.  Les rapports sexuels ou émotifs sont plus importants que les rapports génitaux.  Ils créent plus de liens.  Le génital n’est que la cerise sur le sundae, quelle que soit l’orientation sexuelle.  

Certaines femmes veulent prendre le contrôle absolu des sociétés occidentales, du moins, de rétablir le matriarcat.  Il faudrait plutôt bannir le matriarcat et le patriarcat afin d’établir un nouveau partenariat, respectant les individus.  Le couple ou le groupe doit être une façon de vivre, permettant aux individus de se développer.  Il est alors bien normal qu’il y ait des mutations ; mais la sécurité des enfants doit être primordiale.  

Le problème est encore sexuel, car les dirigeantes sont très souvent des homophobes radicales ou des hétéros totalement frustrées qui rejettent la sexualité, et encore plus, les manifestations sexuelles minoritaires. 

Leur homophobie (dans tous les sens) et leur paranoïa hystérique reposent strictement sur une mauvaise expérience sexuelle individuelle.  Leur peur est projetée dans leurs enfants, mais elles les obligent à refuser toute distinction entre la pédophilie et la pédérastie.  Cette peur-haine est sans borne et carrément maladive.      

Les hommes qui violentent les pédophiles sont souvent eux-mêmes inconscients que leur besoin de justice relève de l’existence de leurs propres désirs incestueux ou pédophiles.  Ils compensent par leur côté macho : tout est réglé par le côté violence et pouvoir du mâle défenseur… Ils s’identifient à la lutte de ces femmes qui crient au secours contre leur propre réalité déviante pour se prouver qu’ils sont fondamentalement hétéros.        

Ceux qui s’acharnent le plus contre les gais sont souvent inconsciemment des homosexuels frustrés, intériorisés qui refusent de se reconnaître tels qu’ils sont.  Ils doivent donc en mettre un peu plus pour se prouver à eux-mêmes qu’ils n’en sont pas.  Leur violence vient de leur haine d’une partie d’eux-mêmes qu’ils ne comprennent pas.       

Bien des femmes veulent être des hommes, mais elles refusent de partager leur pouvoir irréversiblement exclusif à la maternité et aux relations subséquentes avec les enfants.  Elles s’arrogent l’exclusivité d’élever les enfants.  Un privilège légué par le développement de nos civilisations.  Ces femmes veulent être le mâle pour jouir de leur pouvoir, mais continuer d’être la mère… pour se croire indispensable aux enfants…      

Les femmes sont la principale courroie de transmission des valeurs sexuelles transmises aux enfants.  Il ne faut pas les regarder, les pauvres petits vont fondre.  Il ne faut surtout pas les toucher comme si le plaisir était le péché par excellence.  Sont-elles aussi fragiles que les statues de plâtre ?      

Les adultes étendent leur maladie, leur peur de la sexualité, sur les enfants qu’ils prétendent protéger.  En étouffant leur sexualité, ils briment le développement de leur personnalité.  Chaque individu passe par des stades de développement et l’éducation moule son rapport à sa sexualité.  La protection devient vite de la surprotection.  Ce que l’on voit comme primitif est parfois simplement ce qui existait avant que la peur vienne dévier ce que doit être le développement normal d’un individu.          
 
Freud a irréversiblement prouvé que les enfants ont une sexualité propre qui se manifeste différemment, soit par la curiosité pour son corps et celui de l’autre, une sexualité qui se vit à travers le jeu.         

Il faut empêcher qu’un adulte pénètre un garçon ou une fille, non pas pour des raisons morales, mais physiques, à cause des proportions des membres impliqués ; mais de là à faire une crise quand certains touchent une fesse ou un sein encore inexistant, il y a toute une différence : la différence entre une perception ouverte, compréhensive ou scrupuleusement maladive de la sexualité. 

Les femmes transmettent à leur progéniture que les mâles sont tous des salauds.  Avec la peur de l’étranger qui peut te regarder ou te toucher, les adultes répandent la paranoïa.  Il y a une différence entre se protéger d’un danger réel et obéir aveuglément à des normes qui se sont incrustées dans des situations particulières à travers l’histoire.  La promiscuité est devenue avec raison une hantise à l’époque de la peste, mais elle n’est pas disparue ensuite quand le danger fut disparu.         

Plusieurs femmes sont encore divisées entre le plaisir corporel et les obligations, les liens de la maternité avec l’enfant.  C’est pour elle une forme de culpabilisation parce qu’en tant que femme elle choisit le plaisir (faire l’amour) plutôt que la maternité.  C’est un retour pour plusieurs du problème de conscience qu’est l’avortement.  Par ailleurs, aujourd’hui, il est possible d’avoir recours à la contraception pour définir le rôle que l’on veut privilégier.

L’enfant doit-il lui-même apprendre à se servir de sa liberté, acquérir le plus tôt possible son autonomie ?           

Les deux rôles ne sont pas incompatibles.  Si la société réexamine le statut de la femme et de l »homme en fonction de l’égalité des deux, si l’on cesse de voir la femme autrement qu’en mère porteuse d’enfants ou de péchés et le mari comme le pourvoyeur, la société de demain sera plus humaine.  Il ne restera plus que les fanatismes radicaux, religieux, politiques, à extirper pour avoir un monde vraiment agréable à vivre pour tous.          

Ma vérité n’est pas nécessairement celle des autres.  Je peux avoir complètement tort, mais je vois la vie ainsi.  Plus le temps passera, plus la liberté et le respect des autres seront importants. 

La prison m’a amené à cette recherche de l’importance de l’autonomie individuelle pour réaliser un monde vraiment juste et démocratique. J’ai aussi établi que toute vérité qui a besoin de violence pour dominer n’est pas une vérité…

Pourquoi un homme ne pourrait-il pas sans honte, sans être un pédophile, celui qui élève les enfants à la maison ?  Pourquoi la femme doit-elle être la propriétaire des enfants ?  Pourquoi doit-elle s’investir de la vocation de transmettre des valeurs psycho-sexuelles qui dénigrent la sexualité à ses enfants ? Pourquoi l’homme doit-il être une brute qui défend aveuglément la virginité de ses enfants pour ne pas être perçu comme une tapette ? 
Les jeunes ont leur sexualité et doivent devenir autonomes. Pourquoi le sperme devient-il plus indispensable, plus rare et plus riche que les cellules du cerveau que l’on tue à coups de drogues ? 

Nous ne sommes plus à l’époque où l’on croyait que sperme et cerveau ne faisaient qu’un. Personne n’est diminué après avoir eu une relation sexuelle (peut-être moins stressée) même avec un autre homme. 

La société a voulu imposer l’hétérosexualité et la monogamie comme la seule façon acceptable de vivre sa sexualité.  Cette vision  » unique », « bornée » ne date pas d’hier.  Prétendre que c’est la pensée de Dieu, c’est en faire un imbécile qui ne peut pas gérer les différences de sexes.

Pourquoi ces rôles dans un couple ?  La tradition n’est-elle pas, elle aussi, un mode de reproduction de la bêtise où le passé l’emporte sur les connaissances présentes et celles de demain.  La tradition est par définition en arrière de l’évolution humaine, une mise au point momentanée pour permettre un futur meilleur.  Pourquoi le vieux ne devrait-il pas devenir le principal enseignant volontaire des jeunes ?  Comme du temps des chamans et des disciples.  Une forme d’enseignement.  Pourquoi voit-on d’un mauvais oeil une caresse faite par un homme à un enfant ou même à un autre homme, alors que l’on glorifie cette même caresse faite par une femme.      

Cela semble s’éloigner de la réflexion sur la mondialisation, mais ce n’est qu’une apparence. 

La mondialisation est une phase, un ensemble d’énergies qui employé sciemment est très positif puisque très utilitaire.  Il faut revoir la connaissance actuelle partout sur terre de manière à pouvoir changer ce qui doit l’être et cesser d’être dirigé par l’ignorance. 

Et, la première chose à changer pour éliminer la violence est notre point de vue sur la sexualité.    

       
*   *   *   *

Le malheur, les hommes sont encore assez stupides pour voir la mondialisation que sur un plan commercial.  La mondialisation, c’est plus que ça.  Ce sont des règles simples sur un plan planétaire comme la non-violence totale, la liberté sexuelle et le droit à la vie privée.          
 La mondialisation, c’est faire disparaître les autres règlements qui nous empoisonnent la vie, c’est simplifier, mais c’est aussi le respect des territoires. 

Le gouvernement d’un pays est le maître à bord chez lui tant qu’il respecte ces grands principes de non-violence, de vie privée, de droit individuel égalitaire.

La mondialisation, c’est aussi garantir un minimum vital à chaque individu et cela dans l’égalité des hommes, des femmes et des enfants… eh oui. Les enfants ont aussi des droits, tout comme tous nous avons des responsabilités.          

L’ONU (révisé pour être plus efficace) doit prendre les décisions à l’échelle de la planète, elle gère et voit au partage des richesses ; mais elle est aussi la  » police » quant à l’application intégrale et mondiale des ententes ente pays et surtout en ce qui touche l’application de la Charte des droits de l’homme. 

Cependant, si la Charte des droits colle à la peau de chaque individu où qu’il soit sur la terre, la Charte doit être appliquée sur un plan strictement individuel et cesser d’être une nouvelle arme entre les mains de la mafia légale ou de la pègre. 

La Charte doit préserver des individus et non des groupes criminels.  Les religions sont soumises aux règles civiles et doivent respecter la liberté sexuelle individuelle.  Elles n’ont qu’à adapter leurs rites aux valeurs d’aujourd’hui.

Si le fédéral protège autant la mafia, en jouant aux purs, c’est qu’il doit être complètement submergé par la mafia mondiale.  La mafia c’est tout ce qui sert à exploiter les individus.         

Si l’élément premier d’un ensemble est malade, tout l’ensemble est foutu.  Or, actuellement notre société vit sur deux prémisses qui ne peuvent signifier que corruption : La répression sexuelle au lieu de la répression de la violence et les drogues, comme recherche du pouvoir. On vit comme dans «  Le meilleur des mondes  »        

LA MONDIALISATION     

La mondialisation telle qu’elle est vécue actuellement signifie seulement un palier international d’exploitation légale de l’individu.          

Les finances, le profit, et par conséquent, l’économie est le seul instrument de réalisation et le seul but : faire de l’argent.      

C’est la pire mafia sur terre, car, elle n’hésite pas à tuer des individus pour élargir sa domination et la protéger.  Elle n’hésite pas à se servir du savoir, de la science pour dominer et exploiter davantage. Les universités sont au service de la mafia légale mondiale.     

Tout le monde sait que les sphères de la mafia les plus payantes actuellement sont le trafic d’armes et de drogues, les institutions financières, le logement, les médicaments.  Les laboratoires et l’immobilier sont les instruments par excellence pour le blanchiment d’argent.         

La mondialisation permet aux grandes entreprises , aux voleurs comme les banques, les bourses de changer de pays pour mieux exploiter les travailleurs et trouver des abris fiscaux.  Pour le moment, c’est ça la mondialisation.  Une organisation qui permet des fraudes à l’échelle mondiale.             

Faire profiter son profit est la seule raison d’exister.  Et, la rareté des richesses comme le pétrole, artificielle ou réelle, permet de forcer les pays à verser des sommes colossales pour échapper aux crises économiques, profits qui se ramassent évidemment toujours dans les mêmes poches.                      

La mondialisation épurée pourrait à long terme si elle vise la vraie démocratie et le mieux-être des humains, être la porte d’entrée d’un monde pacifique, de l’établissement d’un minimum vital individuel mondial– la fin réelle de la pauvreté, de la misère — la fin de l’impérialisme.                  

On doit apprendre à respecter la culture de chaque nation ou peuple (ce qui n’empêche pas l’émergence de la connaissance et de trois ou quatre langues universelles pour une compréhension entre tous les humains).  

La méditation de  » Small is beautiful « , d’E.F. Schumaker, le Seuil 1978, ne ferait pas de mal.        

La mondialisation pourrait dans une vraie démocratie, et non dans un vote à tous les quatre ans pour un parti qui n’est pas tenu de réaliser son programme; être la fin de la violence et des discriminations.           

On doit, à l’échelle planétaire, respecter l’égalité de tous les humains, grâce à l’autonomie individuelle et le respect intégral de Charte des droits de la personne.  Il faut y ajouter la liberté sexuelle absolue consentie, non violente et responsable pour tous dès qu’on a atteint dix ans.  Alors, l’homme pourrait vivre à un autre niveau de conscience où la vie serait meilleure pour tous…

                                
* *  *  *  *

On comprendrait, sans se scandaliser, puisqu’il s’agit d’une évolution dans le temps, que les religions qui jouaient jusqu’à maintenant le rôle de médecins, psychologues, psychiatres, conseillers, juges, dans des livres soi-disamment de la parole de Dieu. Ces livres ne sont que la projection des conseils des Sages pour préparer le chemin de l’avenir.  Les livres saints sont des histoires pour nous faire réfléchir.  Il est urgent qu’on cesse de les prendre à la lettre.          

La spiritualité, c’est autre chose que des religions.  Le principe même de l’être humain aurait été formulé par André Gide et Shakespeare : mon essence est d’être, le but de vivre est de vivre et la raison, le but de cette état est le bonheur, car la vie est en soi le bonheur si on sait la vivre.   
                                     
*   *   *   *        

Tout gouvernement qui sert de nourrice à sa bourgeoisie au lieu de songer au bien de son peuple en entier est une mafia légale parce qu’elle sanctifie l’exploitation de la majorité par une minorité.  Elle impose ses valeurs au détriment de l’autonomie individuelle.  L’anarchie, c’est l’avenir, la présence des forces brutes en devenir et le libre choix individuel, personnel pour le bien de la communauté.  Le rôle de chaque individu est de se réaliser au maximum pour le bien de tous, lui y compris.           

Actuellement, la mondialisation est au service des banques, de la finance et de l’économie.  Elle est le palier légal et supérieur de la grande mafia internationale.  C’est elle qui invente le bien et le mal, en dirigeant les communications et la connaissance à partager. 

La morale de cette mafia mondiale a pour but de justifier l’ordre et la loi pour exploiter les gens plutôt que de rechercher le vrai Bien de l’homme et de la conscience individuelle en propageant le goût de l’autonomie individuelle.  

Toute forme de dictature, d’impérialisme, de colonialisme, d’hégémonie culturelle ou de bourgeoise est un viol de l’individu.          

L’individu doit être le seul maître de son corps et de son esprit, de sa morale, comme le chantait Léo Ferré.

Cependant, la liberté s’arrête là où elle empiète sur celle des autres.  La violence, le fanatisme, le sexisme, le racisme sont de l’ordre du mal et non du bien.

Il est inacceptable que pour la richesse d’un tout petit nombre, toute une civilisation doive tenir son pouvoir de l’oppression.  Tant que ce que tu veux et fait ne nuit pas à l’autre, tu es dans l’ordre correct des choses.             

Il suffit de songer à l’esclavage ou au massacre des  » Indiens d’Amérique  » au nom de la morale chrétienne, blanche, pour saisir ce que j’appelle l’ordre de la mafia légale.  Ces purs qui tuent pour imposer leur pureté.  De quelle pureté un assassin peut-il se proclamer ?  Non seulement nous leur avons volé leurs terres et leurs richesses, mais, ce qui est plus grave, nous avons massacré leur culture au nom d’un dieu d’Amour. L’existence de notre civilisation est basée sur la violence et sa morale a été une œuvre de destruction de la race humaine.  La chasteté nous a donné des Inquisitions, rien de mieux.           

La souveraineté, c’est de se débarrasser d’un des paliers de la mafia légale, soit les clans colonialistes et bourgeois d’Ottawa
.     

C’est éliminer les dédoublements de gouvernements ; donc, de taxes et d’impôts inutiles, combattre la structurite (le principe de Peter), redonner le pouvoir au peuple : la seule raison d’exister d’un gouvernement étant de servir loyalement ses citoyens.

Spirale intraprojective 30

octobre 5, 2020

Spirale intraprojective  30

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 282 à 292)

L’homme est un animal malade à cause de son avidité.  

L’avenir nous dira si nous aurons tiré la bonne leçon et en profiter pour faire un très profond et très sérieux examen de conscience.

Les Talibans ne sont pas plus, ni moins fous que tous les fanatiques religieux judéo-chrétiens ou athées, etc.  Une religion qui fait appel aux meurtres pour se faire valoir ne vaut pas grand-chose.             

Malheureusement, c’est l’histoire de l’humanité.  Ces fanatiques sont l’expression de religions qui cessent de comprendre que« l’homme est la raison d’être de toutes les religions». Elles servent à interpréter ce qui est incompréhensible et de fournir des règles de vie. 

Le sacré vient de forces que l’on croit plus grandes que nous. La science vaut mieux que toutes les fois religieuses quand il s’agit d’expliquer ce qui nous apparaît comme notre monde, notre réalité.  Si Dieu est Amour, il ne peut pas exister aux dépens de l’Homme.  

Dieu n’a rien à voir avec nos guerres hypocrites pour relancer l’économie.  Il est une Énergie pure, l’ensemble des énergies, des forces pures et des lois ou il n’existe tout simplement pas.  Il est nécessairement d’une autre dimension, alors cessons de faire croire qu’il nous dit ce que nous devons faire et croire.  Dieu est-il circoncis ?     

Ainsi, depuis qu’elles existent, les religions ont semé le mensonge et l’hypocrisie, l’exploitation de la femme par l’homme, du faible par le plus fort.  En quoi sommes-nous supérieurs aux autres animaux ?  La parole ?  Les animaux conversent et se passent des messages.  Le seul point qui nous différencie vraiment est la possibilité de choisir celle ou celui avec qui on fera l’amour. 

L’amour est cette capacité d’attrait ou d’attirance, une force qui nous est spécifique.  Un animal fera l’amour quand il sera en rut, nous nous avons le privilège de pouvoir choisir quand et avec qui.  Nous sommes des êtres plus libres. Rien de moins et rien de plus.         

En établissant une hiérarchie entre l’homme et la femme, les religions ont institutionnalisé la domination du mâle sur la femelle plutôt que d’introduire cette différence physique comme un outil permettant à l’individu de jouer un tel ou tel rôle dans la famille, la communauté.         

En quoi, l’homme et la femme sont-ils vraiment différents ?  Le corps, le fait d’être le semeur ou la porteuse.  Cela existe chez tous les animaux, sauf que nous, nous pouvons y donner un sens, une vocation différente après la naissance des petits.  Mais l’homme et la femme peuvent très bien inter changer les rôles en dehors de ces particularités anatomiques.  Excepté ces distinctions anatomiques, rien ne différencie l’homme de la femme, sinon par le rapport aux émotions.

Et, c’est là où les religions ont faussé le droit à chaque individu d’être un être particulier. C’est là où les religions ont tenté de créer de règles de domination pour les mâles.   La majorité des hommes étant de nature hétéros, ils ont stigmatisé ceux qui leur étaient différents. Pour eux, ce sont concurrents illégitimes. Le même principe s’et appliqué chez les femmes en regard des enfants.  

Les différences d’orientation sexuelle sont une invention pour garantir le contrôle de la majorité, un rappel inconscient de l’uniformité chez les anges qui n’existent qu’en étant un « état d’être » pareil pour tous. 

Platon ne disait-il pas que l’amour est aussi la rencontre d’âmes-sœurs pour expliquer la pédérastie.  L’affection, l’amour, l’attirance, l’orientation sexuelle est une réalité qui dépasse les sexes.  Le maître cherchait à tout donner à son élève.  Le don n’était pas que d’ordre sexuel, mais une forme de transmission de la connaissance. Donc, voilà pourquoi il pensait que la pédérastie sert à la création d’âmes plutôt que de corps, but fondamental de la sexualité entre humain, transmettre. 

La vie de couple a par la suite apporté un autre élément important dans l’amour : la capacité d’éliminer la solitude.  La possibilité d’être deux personnes à avoir soin l’une de l’autre.  Une distinction extraordinaire, mais qu’on a oublié dans la définition des couples. 

L’orientation sexuelle est une attirance qui commence sur le plan charnel ; mais qui se transforme en amour.  Il faut nécessairement une relation spirituelle.  L’osmose de deux âmes est sans sexe, mais un rapport entre énergie pure.  L’amour parfait est impossible dans notre état d’humain.  
   
*   *  *

L’amour et son expérimentation est la raison fondamentale de l’existence parce qu’elle est la découverte de l’énergie sans limite que l’on a surnommé Dieu.  Alors, pourquoi interdire certaines formes de sa manifestation ?  Par ignorance ?  Parce qu’on pense que tout ce qui n’est pas exactement comme nous est mauvais ?  L’homme doit passer par le matériel s’il veut atteindre le spirituel ou l’énergie qui nous permet d’être animé, vivant.  L’esprit, dans son état actuel, ne peut pas vivre sans corps.  C’est comme essayer de transmettre l’électricité sans câble.


L’Église affirme qu’à sept ans un être humain a l’âge de raison, c’est-à-dire qu’il peut différencier le bien du mal.  Alors, pourquoi cette folie de créer un âge de consentement dans le cas de la sexualité ?  

Freud nous apprend aussi que l’enfant est déjà sexué et chacun franchit diverses étapes pour se découvrir, personne n’est pareil, alors pourquoi faut-il créer un moule, identifier un âge spécifique, une réorientation sexuelle ?  

La seule loi en sexualité doit être le consentement.  Dès que deux personnes sont consentantes, elles y trouvent leur bonheur.  Tout ou presque doit être permis, sauf la pédophilie et l’inceste (avec pénétration)  car il s’agit de rapports qui ne peuvent pas être libres, étant donné l’absence d’âge de raison, de responsabilité et du danger de traumatiser.  On ne sait pas si c’est automatiquement le cas, mais faute de certitudes, il est préférable d’agir prudemment. 

Par contre, pour qu’il y ait un problème, il faut que l’enfant ait une expérience négative de l’expérience vécue.  Tout le vacarme que l’on crée autour de telles situations ne peut que traumatiser le petit.  Il devrait être le premier à être aidé. 

Ceux qui s’attaquent aux pédophiles sont aussi malades qu’eux car ils réagissent strictement qu’avec de la violence, des réactions émotives souvent sans fondement.  Ils projettent leur propre peur ou phobie : être souillés.  Comment un enfant peut-il ne pas se sentir souillé, condamnable, quand il entend tout ce que les adultes disent contre ce qu’il vient de vivre. Ils proclament par leurs paroles et leurs gestes, leurs actions, qu’à cause de ces actes, il est devenu moins que de la merde.    

Ceux qui s’imaginent que la sexualité est en soi quelque chose de mal, de laid, de malpropre ont un urgent besoin de se faire soigner.  Le désir sexuel est la force primordiale en chaque humain parce qu’on est programmé pour assurer la survie de l’espèce.  Comment ce besoin se définit-il, c’est une question de gênes. 

Si la pédophilie est une maladie, elle doit être soignée, non pénalisée.  C’est un blocage dans le choix du partenaire dont la cause doit être identifiée, On doit aussi tenir compte du fait que les pédophiles en prison sont battus sous l’oeil approbateur du système qui leur garantit pourtant la sécurité physique.  C’est loin d’être intelligent, même si ça défoule. 
 

L’histoire de la sexualité nous apprend que la pire folie inventée par le système est d’avoir généralisé et créé un seul moule dans la façon de vivre sa sexualité, comme si tout le monde était identique.   Rien n’attire autant la police que la contrainte.  La répression sexuelle ne touche pas que le pénis.  Il suffit d’entendre brailler une personne parce qu’on l’a touchée pour comprendre que la répression sexuelle touche de plus en plus, tous les sens et même le langage.  Le scrupule est une forme de rejet de soi-même. Un mépris de sa réalité.

Tant qu’on n’aura pas appris que la sexualité est bonne, créatrice, unificatrice, on verra toutes ces manifestations comme mauvaises et dangereuses.  Il faut maintenant redéfinir la sexualité pour montrer aux jeunes jusqu’à quel point elle est une force naturelle et bonne pour les êtres vivants. 

Être scrupuleux est une forme de psychose qui généralisée devient une véritable hystérie collective.  Le malade n’hésitera pas à tuer celui qu’il perçoit comme pêcheur. 

Le scrupule, c’est la peur irraisonnée de la sexualité, peur que l’on a inculquée dans notre toute jeune enfance, le manque de confiance en soi dans le dosage de la découverte du plaisir. 

Dans la Grèce Antique, le plaisir était perçu comme une chose bonne pour l’Individu, mais il ne fallait pas en abuser pour des raisons médicales rattachées à l’idée que l’on se faisait du sperme. Le scrupule, c’est la peur de se découvrir dans le miroir de l’Autre.           

Cette peur maladive du plaisir, de la sexualité se retrouve surtout chez les femmes à cause de la situation que les hommes leur ont imposée.  Dès leur enfance, on leur apprend à voir l’autre comme un microbe, comme un prédateur et non comme un amant susceptible de t’aimer. 

En régissant un élément aussi universel que la sexualité, les dominateurs savent très bien que personne ne pourra ainsi y échapper (tout le monde a des sens, en interdire l’accès ne peut que créer des frustrés).  Surtout que l’on a réussi à mélanger sexualité et génitalité …    

L’ignorance permet de créer, diviser des identifications sexuelles qui n’ont même pas lieu d’exister.  La sexualité est devenue l’esclave autant de l’économie que des religions.  Un être humain est un être sexué dès sa naissance, point à la ligne.  Cela ne devrait regarder personne si personne n’est en danger.         

En d’autres termes, dès qu’il y a consentement mutuel, les gens devraient avoir la décence dans le bon sens du mot (le respect) de respecter la vie privée et de ne pas se mettre le nez dans celles autres. 

S’il n’y a plus d’âge de consentement, il faut compenser par une très bonne éducation sexuelle, mais le jour où ce sera accompli, il n’y aura plus de pédérastes.

La sexualité et la mort sont les plus grandes obsessions de l’être humain parce qu’on a interdit ce qu’il y a de naturel : vivre notre propre sexualité selon ce que notre bagage génétique nous a donné à notre naissance.   

La guerre à la pédophilie est une guerre hypocrite contre l’homosexualité.  Et pourtant, la majorité des pédophiles sont hétérosexuels.

Si on veut absolument fixer un âge minimum de consentement, on devrait mette l’entrée du secondaire ou junior High School et introduire de bons cours de sexualité en sixième du primaire.  Avant cela, il devrait y avoir de bons livres pour les plus curieux, mais les laisser se développer à leur rythme.
 

Si on veut absolument fixer un âge de consentement, on devrait le fixer à l’entrée au secondaire ou junior High et introduire dès la fin du primaire des cours sur la sexualité. 

Avant, il devrait y avoir dans les écoles de bons livres pour les plus curieux et les plus précoces, mais leur laisser ainsi le droit de se développer à leur rythme.     

Dans l’enfance, l’éducation sexuelle appartient aux parents et non aux écoles. Si on est indisposé à parler de la sexualité, c’est qu’on a un gros problème. Quoi de plus naturel que de parler de soi et de son corps ?          

C’est bizarre que la sexualité en pensées et en paroles prenne toute cette place alors que dans la vraie vie elle occupe une infime partie de la réalité.  Cela ne tient qu’à l’interdit.  Si on en faisait pas un tel tabac, l’éveil sexuel passerait inaperçu pour plusieurs.        

Tant que nos religions n’auront pas réalisé que tout est faussé parce que la première prémisse est fausse (le péché avec son enfer et son purgatoire), nous vivrons dans un monde chaotique et violent, égoïste et paranoïaque. Nous sommes fermés à l’Autre, car il représente un danger.  

Nous vivons pour vivre. Nous vivons pour créer une expérience personnelle qui nous fasse découvrir à la fois l’infiniment grand et l’infiniment petit.  La plus belle philosophie serait de croire que nous vivons pour nous réincarner de façon à atteindre un jour la perfection.  Avec une telle philosophie, cela voudrait dire que le monde que nous nous offrirons reviendra sur terre et ce jusqu’à ce que la vie sur terre soit devenue le paradis terrestre.  En d’autres termes, nous serions les co-créateurs de l’humanité telle que Dieu voulait la créer.    

Le sens de la vie serait donc de réaliser ce paradis éternel que le créateur a voulu pour nous à travers les siècles et dans nos vies jusqu’à ce qu’on accède au bonheur parfait.  L’immortalité est-elle à la portée de nos mains scientifiques avec le clonage ?  La résurrection à partir d’une même cellule ? La cellule primitive est-elle éternelle ?        

Cela ressemble à la résurrection, au nirvana, au paradis promis par Mahomet, à la différence que nos vies seraient le cheminement responsable de notre propre permanence, du moment de sa manifestation. 

Par contre, Freud ne voyait que de la schizophrénie dans les religions, un moyen de refuser mentalement la réalité, la mort. 

Personne n’est revenu pour nous dire ce qui se passe après la mort, même pas Jésus que l’on prétend ressuscité. Personne ne le fera et en ce sens nous serons toujours des ignorants qui essayons de comprendre.  Si on ressuscitait, on en aurait entendu parler par plus d’une personne décédée. Malheureusement, on ne saura jamais, sauf quand on va mourir, si on en a encore conscience. La mort serait-elle qu’un trou ? Un vide dans un certain espace-temps ?   

Par contre, croire à la réincarnation nous oblige à améliorer le sort de l’humanité, car, c’est notre sort futur qui est en jeu.  Ceux qui nous suivraient (des nous réincarnés) seraient dans un monde encore meilleur que celui dans lequel nous vivons.  Donc, un monde moins violent, un monde où la richesse sera mieux répartie.  Cela nous fait accepter aussi que l’erreur fait partie de la connaissance.

D’autre part, W. Reich et Fourrier ont démontré que notre société en acceptant la répression sexuelle sème l’hypocrisie, la violence, l’exploitation sexuelle, la culpabilisation et la souffrance.  On ajoute à la réalité, une réalité émotionnelle qui n’a rien à voir avec le besoin de l’homme de se reproduire pour survivre.  S’en tenir au péché, c’est éliminer toute une réalité qu’on découvre avec l’amour.  Ces émotions sont essentielles au plaisir et surtout à ce qu’il ait un avenir.

Notre société n’a pas l’humilité nécessaire pour accepter de s’auto juger et s’auto pardonner.  L’homme ne comprend pas l’homme.  En quoi la nudité et les caresses peuvent-elles être nocives à l’homme ?             

Pourtant, c’est ce que la paranoïa sexuelle nous prêche à coeur de journée, comme si se faire des caresses pourrait être violent, faire mal, attaquer notre dignité. Laquelle ?   Avoir un pénis plus grand que l’autre, un sein plus attirant ?  

Le scrupule sexuel est plutôt une maladie à combattre, car c’est le rejet de son corps

Avec notre morale, la psychose est devenue inévitable et collective.  En ce sens, les féminounes ont une bien longue pente à remonter.   Elles se croient le péché incarné, en étant incapable d’assumer leur sexualité et elles projettent leur phobie sur leurs jeunes.

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Sur le plan mondial, il est urgent de réajuster le tir.  Le péché, ce n’est pas la chair, mais un manque de responsabilité face à la sexualité.  Le corps est une création extraordinaire ; mais le pouvoir, la domination, l’égoïsme, la violence et l’irrespect de l’homme et de la nature sont des erreurs que l’on paiera chèrement. On oublie trop facilement le devoir de nous aimer nous-mêmes. 

On oublie souvent trop facilement le devoir de nous aimer soi-même.     

La meilleure preuve du détournement de Dieu aux profits des religions, de la finance, du veau d’or est que toutes les religions sont devenues d’immenses multinationales, grâce à l’exploitation de la peur et de la culpabilité à des fins de cupidité et de pouvoir.

Toutes les religions éliminent hypocritement le don le plus précieux que Dieu a donné à l’homme : la liberté.  Le droit individuel de choisir entre le Bien et le Mal, je dirais même de définir ce qu’ils sont pour soi.     

La liberté est un choix lucide, progressiste, éclairé entre le bien et le mal.  C’est la responsabilité, l’autonomie, en non pas l’obligation de venir un immense troupeau aveugle et ignorant. 

L’Église avait fixé l’âge de la raison à sept ans.  À mon avis, c’est encore trop jeune. .

Le mal, c’est ce qui détruit, blesse, divise, exploite les autres plutôt que d’améliorer l’unité.  L’homme (incluant la femme, son égale et sa partenaire, selon Mahomet) vit pour découvrir la beauté de la création, de la vie.  Il doit à travers son expérience reconnaître la beauté, la bonté, la grandeur de son Créateur, et non pas en faire un fasciste ou un tyran qui cherche à nous dominer jusque dans nos bobettes. Cet amour de la vie et du prochain est loin d’être ce que nous enseignent les religions, source inépuisables de discriminations de tous genres.

Maintenant, le sexe est devenu à cause de notre ignorance psychologique, le meilleur moyen avec la peur et la culpabilité d’exploiter tous les humains individuellement.  Le péché sert à connaître une forme de mépris de soi avant même de pouvoir être autonome.  Les religions essaient de récupérer des pouvoirs divins ou quasi-divins, car ils sont une richesse monétaire illimitée.  C’est le contraire de ce qui, à mon avis, devrait être le mode de vie du vrai chrétien à la suite d’une méditation de l’évangile selon saint Jean. Et, du bon musulman puisque dans le Coran, Dieu est la Miséricorde.  On est loin de la lapidation des femmes pour adultère, de l’excision, de la circoncision ou du meurtre des homosexuels. La Charia est une forme de mépris de l’humain, exactement comme Lucifer devant l’Homme.          

Celui qui crée le péché est exactement comme Lucifer, il se prétend l’égal de Dieu et rejette l’humanité.  C’est absolument logique.  Ce n’est pas moi qui l’ai découvert, mais un archevêque protestant qui faisait de la prison avec moi, qui m’expliqua toutes ces différences.         

 Il est bien évident qu’en défendant de se servir de l’un de nos sens, le toucher particulièrement, la lutte sera générale et sans fin, car c’est un instrument de connaissance et de jouissance.

Avec nos religions, tout est mal dès que c’est sexuel.  Quelle folie !  Ma bande de malades, comme dit la chanson, la vie est un plaisir et non un besoin de faire souffrir et détruire.  

Les règles religieuses devraient être des guides, des réflexions, pour nous aider à atteindre le maximum de la perfection que l’on puisse atteindre comme être limité et non pour juger les autres. 

Il faut avoir l’esprit tordu pour voir du mal dans la sexualité s’il n’y a pas de violence.  Pourtant, tous agissent comme si la sexualité, la moindrement hors-norme est un crime.     

Dans la Bible, le pire ennemi de Dieu, le faux dieu, Lucifer.  Il est l’hypocrite qui se fait passer par Dieu, qui le remplace dans le coeur des hommes.  Aujourd’hui, on devrait parler d’argent, ce veau d’or, la cupidité, l’orgueil, la violence, la destruction. C’est un détournement de la finalité humaine c’est à dire de son bonheur.  Un bonheur que l’on ne peut pas trouver sans l’amour et l’autotomie.  La liberté est ce qui nous distingue de toutes les autres créatures.  Le veau d’or, c’ers l’argent et son pouvoir, c’est l’économie, le financier dans l’avidité, la domination, se croire supérieur aux autres.   

Tout le monde sait que l’on a besoin d’argent pour vivre ; mais à quel moment devient-on esclave de cette nécessité ?  Quand devient-on malheureux parce que l’on ne sait pas se contenter de ce que la vie nous offre. Le bonheur est-il autre chose qu’être satisfait de sa vie ?       

 
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Le veau d’or.

Quand on observe nos sociétés, tout est centré sur l’économie, la finance –une vraie bande de bandits-. L’économie n’est pas utilisée comme un moyen de répartir de façon juste les richesses, de protéger la vie, assurer son évolution naturelle et protéger la nature ; mais pour le pouvoir, la division, la sectorisation (diviser pour régner). 

Il faut des fortunes pour entretenir le armées, la police qui protège le petit nombre de la mafia mondiale aux dépends de la majorité et des moins bien nantis.  S’il n’y a pas de violence, on n’a pas besoin d’armes, d’armées et policiers armés.  Et, comme on le sait, la pulsion peut être réorientée.  Pour avoir des coupables, il faut maintenir que la sexualité est mauvaise.  Le besoin naturel individuel d’être bien, d’être quelqu’un, est à la base de l’idéal.          

Il faut diviser pour régner. 

C’est le rôle des religions, en manipulant le psychisme, les émotions, de façon à créer des clans (les purs et les impurs), des catégories d’individus.  On a créé le péché de l’impureté alors que c’est en réalité l’abus d’une chose, le manque d’amour qui est le péché.  Avec le péché, le désir incarne le mal.  Il faut exploiter des armées, une police pour protéger son pouvoir (son avoir).  On crée de la violence, des attentats, pour justifier la création de ses armées et de sa police.  Les drogues et le sida sont le fruit des recherches militaires américaines pour aider les soldats à tuer sans avoir de remords de conscience.                

Aujourd’hui, ce résultat est presque obtenu grâce au cocktail drogues-cinéma.  Toutes les études prouvent que ce duo crée automatiquement des psychoses.  Pourtant, plutôt que de s’acharner contre la violence, on continue de s’attaquer à la liberté sexuelle, à la liberté de conscience. L’autonomie est l’ennemi de ceux qui nous dirigent.      

Je ne suis pas obligé de croire que leurs règles contre la liberté sexuelle ont le moindre sens, sinon pour contrôler les individus.        

La censure est un contrôle de la pensée.  Elle est une forme de manipulation de la conscience à travers les siècles.

Dans son livre, La paix indésirable, Galbraith, conseiller du président Kennedy, des États-Unis, démontrait comment notre système doit nécessairement entretenir la guerre, ne serait-ce que pour maintenir les budgets de recherches, donc l’emploi rémunérateur.  Notre économie repose sur la guerre pour survivre.          

Pourtant, la vie humaine devrait être plus importante que l’économie et la finance.  Nous recréons le veau d’or biblique, un faux dieu, celui de l’argent, lequel se nourrit de sang et de misère humaine pour survivre et se développer.

Il faut bien l’avouer la mondialisation pourrait être une formule extraordinaire pour l’avenir, sil elle reposait et respectait vraiment les droits individuels et la démocratie.  Bien appliquée, elle permettrait d’éliminer la misère et garantirait à tous les individus de la terre un minimum vital et le respect de la planète.  Il suffirait de transférer cinq pourcents des budgets mondiaux de la défense en service social mondial pour qu’il n’y ait plus de misère sur terre.

La terre pourrait être comme le corps humain, chaque état aurait sa raison d’être comme les organes vitaux, sauf la que la violence serait interdite partout et pourchassée comme on le fait maintenant pour les crimes dits sexuels.  La planète serait le corps dans sa totalité.  On pourrait s’établir où l’on veut.  La planète serait comme le vaisseau spatial et constituerait l’unité humaine.  On vivrait qu’en fonction du bien-être de l’Homme, de tous les hommes. On aurait aussi une égalité parfaite entre l’homme et la femme.

*   *   *   *

La mondialisation doit être la création d’un palier supérieur de gouvernement dont le but principal sera le bien-être de l’espèce humaine. Un palier supérieur de conscience universelle au service de l’Homme et de la préservation de la planète, mais surtout pour le bien-être des individus en fournissant à chacun le moyen de se réaliser totalement, de gagner sa vie en travaillant, dans le pays de son choix, c’est-à-dire celui qui respecte le plus ses valeurs fondamentales.  

La distribution des pouvoirs entre états, régions doit correspondre à la taille du gouvernement soit celui qui peut fournir le meilleur service à la communauté.          

En ce sens, la mondialisation sera positive pour l’homme si elle permet la création de nouveaux états qui correspondent par des intérêts économiques, aux intérêts sociaux-culturels des populations.  En d’autres termes. UN PEUPLE – UNE NATION = UN PAYS.

Le seul but de ces systèmes doit être de faciliter la vie des individus.  Ce n’est pas religieux, ce n’est pas spirituel, ce n’est surtout pas de l’impérialisme.  La structure sociale de l’homme jusqu’à date ne profite qu’à une petite partie des hommes.

Ce changement servirait à éliminer ou du moins de minimiser toutes les sources de conflit.  Si l’homme est intelligent, il n’a pas besoin de guerres pour vivre.

En principe, la mondialisation devrait permettre l’abolition des impérialismes et des frontières pour les individus et le commerce.  Ainsi, tu pourrais vivre dans le pays que tu aimerais le plus. Les frontières marqueraient seulement les limites géographiques (qui correspondent à la possibilité de bien entretenir une population) de l’occupation d’un groupe sur un territoire donné.       

Ce territoire est régi par un gouvernement, qui a la responsabilité sociale des habitants de ce lieu occupé (mais non possédé).  Les gouvernements sont des entités responsables afin d’assurer à une communauté donné de recevoir les services nécessaires à ses commettants.

Le bien-être individuel est aussi le Bien collectif.

L’individu n’est pas jugé quant à ses qualités ou ses défauts, mais en fonction de sa qualité intrinsèque d’être humain et de ce qu’il peut «échanger» en tant qu’être humain.  Quels services est-il le plus apte à remplir ?  Donc, sa réalisation personnelle est sa plus grande et son unique responsabilité en tant qu’être humain. La seule chose proscrite : la violence sous toutes ses formes. 

La raison fondamentale d’exister d’un gouvernement est de s’assurer qu’il n’y a pas sur un territoire donné de pauvreté physique et psychique.  Le gouvernement gère la richesse de vie dans son territoire.           

Un individu se réalisera plus facilement dans un environnement sain qui saura lui fournir le minimum vital (sécurité, amour, nourriture, logement, éducation, services de santé et travail).     

L’individu est une force, une énergie qui prend conscience d’elle (avec le temps et l’expérience) et dont la finalité est la découverte et l’exploitation de son pouvoir créateur, donc, le bonheur.           

 Le pays, quant à lui, est l’environnement, le système social, qui permettra à l’individu de se réaliser au maximum en son sein.     
 

Ainsi pour que chaque individu puisse se développer facilement, il est indispensable que l’environnement s’y prête et lui corresponde le plus possible.   Par contre, il faut rêver qu’un jour la terre sera la communauté d’appartenance de tout être humain, grâce à une conscience universelle, sans frontière, ni violence ; mais ce rêve est loin d’être réalisable car il exige l’élimination de tout fanatisme, du racisme, du sexisme et de toutes les formes de discriminations (dans tous les sens),        


Spirale intraprojective 29

octobre 4, 2020

Spirale intraprojective  29

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp.  269 à 282)

 *  *  *   *   *  

 Si la religion avait la moindre parcelle de vérité, notre seul but sur terre serait de nous parfaire sur le plan spirituel (énergie fondamentale) de façon à accélérer notre possibilité à vivre un face à face avec Dieu (on a appelé ça le ciel) c’est-à-dire de pouvoir contenir en son propre intérieur l’ensemble de l’énergie universelle, tout en étant un petit grain dans l’infini, d’où la possibilité d’être à la fois tout et rien, unité et l’universalité.           

Donc, il est faux de prétendre que la vie sur terre aboutit à un enfer ou à un ciel.  Il y a encore moins de jugement dernier.  Il y a tout au plus ce regard sur notre vie juste avant de crever.  Mais, si on croit au monde spirituel on accepte que notre expérience serve à ouvrir davantage l’œil de l’amour personnel de la contemplation et du bonheur.  Les psychologues parlent d’esprit positif. 

C’est aussi pourquoi à mon sens, si on croit, la plus grande révolution a toujours été l’application dans la vie des réflexions sur l’Évangile, puisque le seul but de notre vie devrait être de permettre à l’amour (force de fusion ou d’intégration) de se développer, en se purifiant. 

La vie n’étant qu’ondes et lumières ; concentration et pesanteur. Lumière et communication, elle ne compte pas sur le matériel, le corporel pour se développer.  Encore moins sur la souffrance.            

Prétendre que notre vie sexuelle a un rapport avec la pureté, c’est mentir.  Le paradis terrestre n’a pas encore été créé, il est venir à travers le temps, en perpétuelle formation.  Un jour, la vie terrestre disparaîtra qu’en restera-t-il dans l’ensemble cosmique ?  Rien ? L’énergie peut-elle être consciente sans le cerveau ? Cette conscience ne peut certainement pas être la même que durant la vie.        

Dans l’état actuel du savoir, la seule chose dont on puisse être scientifiquement certain, c’est que notre monde est en évolution et par conséquent les gestes et les décisions que nous prenons aujourd’hui sont ce qui modèlera l’environnement dans lequel les futurs humains auront à évoluer.       

Et, si la réincarnation est possible et vraie, le monde, l’environnement que

« nous» aurons créé est le théâtre dans lequel nous serons appelés à rejouer un jour.  Nous sommes maîtres de créer notre futur ciel ou notre futur enfer.  Le monde, dans lequel nous reviendrons dans quelques siècles peut-être, serait ainsi façonné par nous maintenant.    

Chose certaine qu’on lise n’importe quel livre religieux, Dieu ne nous a pas créés pour être malheureux, mais heureux.  Ce sont les hommes qui exploitent les hommes.  Les épreuves sont là pour améliorer notre jugement et non une force intérieure pour nous casser. 

 Si les religions sont vraies, la terre pourrait être un aperçu du ciel si nous avions l’intelligence de baser notre vie sur l’amour plutôt que sur la violence et la cupidité.  Même si cela en a tout l’air, il n’y a pas de morale dans cette forme de réflexion, sinon l’appel à assumer sa liberté et à comprendre que les gestes individuels ont une répercussion immédiate ou future sur la vie de ceux qui sont appelés à repeupler la terre.  

Il est inouï qu’après des siècles d’existence l’homme n’a pas encore appris que la violence est son pire ennemi.  La cupidité est le pétrole de la violence.    

C’est inouï que l’on puisse se rendre sur la lune et que l’on ne sache pas encore traiter le cancer, les maladies mentales et le sida.      

Pourquoi n’y a-t-il pas de recherches pour trouver le médicament qui permettrait de soigner les gens de la paranoïa ou de la schizophrénie de manière à pouvoir, avec une faible médicamentation ou une absorption de marijuana ou de bière, les soigner, car il a été prouvé aux États-Unis que ces substances peuvent être employées comme médicaments ?        

Ces pauvres malades sont aussi très profondément paranoïaques.  On ne fait rien pour eux ou pour ceux qui veulent leur venir en aide. 

La majorité des itinérants sont rendus à ce niveau parce qu’ils vivent en permanence une profonde dépression.  Nos élus politiques gagneraient à lire     « L’intelligence émotionnelle», de Daniel Goleman.     

Une chose est certaine : personne ne sait ce qui se passe après la mort. Les religions ont profité de notre peur pour nous manipuler.  Comment faire croire que Dieu, l’Amour, puisse être pour la guerre et la violence. ?           

Deux choses sont possibles après la mort : 1- il y a un Dieu et notre conscience retourne, comme dans un de mes rêves, dans cette conscience universelle extraordinaire que rien ne saurait décrire 2- ou il n’y a rien.  C’est le vide absolu.  Fini. Fini.  C’est tout. 

C’est aussi une possibilité, même si c’est beaucoup moins exaltant que de rêver à un paradis.  Mais ça risque d’être plus possible.          

D’une manière ou d’une autre, le sens de la vie repose sur celui que l’on donne à la mort.  Il m’apparaît hasardeux et idiot de vivre pour une après-mort alors que l’on ne sait pas ce qui nous attend.  Quant aux versions religieuses, ce n’est que pure spéculation, en faire un acte de foi tient de la folie.   

Bien évidemment croire en la vie exige une nouvelle vision de l’homme où l’on cesse de croire qu’il faut nécessairement souffrir pour grandir intérieurement. C’est une philosophie masochiste dans laquelle dieu est un sadique.  Et/ou on prend conscience que la matière a autant d’importance que l’esprit, l’homme étant fait de chair (matière) et d’esprit (la vie serait-elle une forme d’électricité ?) 

C’est tout un acte de foi et de confiance sans borne que d’accepter, malgré tout ce que l’on voit, que Dieu a créé la vie et que cette création soit en soi quelque chose de bien.         

C’est une remise en question des fondements de toutes les religions, devenues lavage de cerveau pour mieux exploiter les gens en condamnant la chair, la limitation de ce que nous sommes.  L’homme veut d’instinct se reproduire parce qu’il ne veut pas mourir.  Le bonheur et la souffrance sont des parties intrinsèques de notre fragilité et de notre expérience.  On ne peut pas connaître l’autre sans comparaison.          

Comme disait Bouddha, il faut chercher l’équilibre.  

Cette façon de voir la vie remet en question la mondialisation actuelle.  Un esclavage économique.           

Puisque l’argent, le pouvoir, la caste sociale ne doivent plus être le centre de nos univers, nous devons créer un monde pour les humains.  Ce doit être l’humain, la vie, l’Amour qui doit être le centre de notre univers, le chemin de notre bonheur individuel.  

Il est impossible de vivre ces valeurs dans les institutions telles qu’elles existent aujourd’hui.  L’économie est strictement égoïste.  Nos sociétés n’ont pas à changer en fonction de leurs structures, car elles sont efficaces ; mais dans leur but, leur finalité, leur processus de répartition.  Nos sociétés, en agissant contre-nature sur le plan humain, manque de respect à l’individu. Elle ne tienne pas compte de la nécessité de l’individualité, de la vie privée.        
 
Ceux qui prétendent que la mondialisation vient annihiler l’objectif d’un Québec indépendant oublie qu’au contraire la majorité de la population mondiale survivra en dehors de la misère qu’à la condition de revoir la notion de solidarité, d’état, à travers de petites communautés.  Puisque les riches seront plus riches.  Ils tenteront d’être plus répressifs et oppressifs pour mieux asseoir leur pouvoir alors que les pauvres (incluant dorénavant la classe moyenne) devront être de plus en plus solidaires pour survivre dans la dignité humaine parce que dans ce monde de la mondialisation l’être humain, la vie aura moins d’importance que le profit.  D’ailleurs, ce dernier est de plus en plus concentré entre les mains des mêmes riches

La jungle de la survie s’est transformée en arène.  Elle a fait de l’argent le dieu moderne.

La mondialisation, c’est le règne de la mafia mondiale légale, bourgeoisie et aristocratie des affaires, à l’échelle planétaire. 

Alors que dans le monde démocratique le pouvoir part du bas de la pyramide pour s’élever de façon à ce que chacun soit bien traité; dans la mafia légale, particulièrement financière,  le pouvoir est entre les mains d’une petite minorité et le pouvoir s’exerce du haut vers le bas, rejoignant de plus en plus d’individus appelés toujours à mettre la main dans leur portefeuille pour nourrir l’étage supérieur. 

La morale de la mondialisation est l’hypocrisie, l’opacité, le mensonge et l’exploitation dont la fin ultime est de nourrir cette cupidité insatiable des plus riches.  La mafia légale justifie la police et l’armée en créant les bandits.  Le meilleur exemple est celui de l’agression sexuelle alors qu’il y a consentement.  Rien, sauf la violence, ne devrait être interdit. Quant à la violence, à ne pas confondre avec la force, elle doit être soignée, redirigée et non punie ; car on crée ainsi une autre forme de violence.      

À cause de cet esprit mercantile, notre civilisation est sur le bord de l’éclatement, en pleine décadence.  Seul le profit compte.  Au plus fort la poche.                

Après s’être fait mentir par les religions, obsédées par la folie schizo-paranoïaque du péché de la chair, nous avons sur réagi en supprimant tout idéal, toute notion spirituelle, toute valeur humaine, ce qui est à mon avis une erreur fondamentale, car l’esprit fait aussi partie de notre réalité.         

Sur le plan idéologique pratique, le communisme a prouvé qu’il ne vaut pas mieux que le néo-libéralisme et le capitalisme. 

Toutes ces idéologies existantes ont été des idéologies de domination, assujettissant et exploitant le peuple au profit d’une royauté, d’une bourgeoisie pourrie ou un dictateur (majoritairement militaire), créant des états policiers.             

Comme le disait mon ex-patron : où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie.   En ce sens, je préfère l’anarchie, comme elle est décrite dans le livre «L’ordre, moins le pouvoir», deNormand Baillargeon, Agone, Comeau et Nadeau, Montréal, 2001)  

Ce n’est pas la mondialisation comme structure qui est mauvaise en soi, mais la fin pour laquelle on s’en sert.  La mondialisation est le mouvement universel normal de l’intégration de toute l’énergie pour créer un nouvel être ou du moins un nouvel ordre intégrateur.      

Malheureusement, le mouvement tendant à la mondialisation est voué encore à la domination de la majorité par une minorité de plus en plus restreinte. 

La mondialisation devrait être, si on respecte le sens de la démocratie et de la liberté, un accès plus global des richesses de l’espace-temps à tous les individus qui, comme la cellule dans le corps humain, crée un esprit commun.  Elle devrait être la découverte de l’importance de l’individu dans l’ensemble terrestre.  Les pays sont comme les organes, la force d’une culture particulière, donc, l’unité d’un certain type d’énergies.      

Dans un monde idéal, tout individu devrait avoir le droit de vivre là où il se réalise le mieux, dans le pays qui correspond le plus à ses valeurs fondamentales, mais aussi là où il est capable de mieux se réaliser pour le bien de la communauté dans lequel il appartient.    
Ce n’est pas tout que d’avoir des talents, il faut savoir en faire profiter les autres. 

En ce sens, tous les peuples pour éliminer la guerre et permettre une tolérance terrestre absolue, devrait avoir leur espace, donc, leur propre pays. Ils devraient du moins pouvoir vivre sans contradiction avec la majorité qui les accepte.

La base de la mondialisation, je dirais même de notre civilisation, est la violence.  Il faut des guerres pour permettre à l’économie de fonctionner.  Et, les religions ne sont qu’un instrument économique pour dominer. 
C’est la mondialisation, dans le sens d’une concentration des pouvoirs, qu’il faut immédiatement rejeter si l’on ne veut pas faire sauter la planète, même si l’on envisage que des petites guerres régionales ou locales. 

La valeur d’un seul humain est plus grande et plus importante que l’avoir de toute une planète et ses richesses.  Il faut cesser de jouer le jeu de ceux qui veulent nous dominer, savoir qui profitent de qui, dans quel but et en se servant de quel moyen de contrôle.

*   *   *   *   *

Il est possible grâce aux nouvelles communications permises par internet que les nouveaux savoirs éliminent le lavage de cerveau idéologique et religieux qu’on a fait subir au peuple jusqu’ici, en se servant surtout des religions.      

Par contre, pour contrôler ce que pensent et rêvent les gens, on a inventé le crime affreux de pédophilie afin de justifier une nouvelle intrusion dans la vie privée de chaque individu qui ne correspond pas à l’hétérosexualité.  Jamais la pédophilie ne sera acceptée d’emblée.  Cependant, il faut faire une nuance entre la pédophilie et la pédérastie qui, elle respecte le rythme de développement des jeunes, si elle est assortie de trois conditions : le consentement, la responsabilisation, et le plaisir.      

Inutile de souligner que ces trois critères éliminent directement toute forme de violence. Le langage employé par le système pour des relations sexuelles entre un adulte et un jeune devient  une forme de violence verbale.    

Le changement d’attitude vis-à-vis la sexualité est d’abord question de connaissance et de valeurs. On sait que bien des pays se servent des jeunes pour travailler dans les services secrets et que la pédophilie devient un prétexte pour espionner la vie privée des gens sur internet.  En appelant à la délation, on crée un tel esprit de paranoïa que de l’enfance à la mort, on ne peut même pas avoir confiance aux membres de sa propre famille.  Il suffit d’un soupçon pour devenir un pédophile ou un terroriste… les deux identités données à ceux que l’on veut faire taire, Les médias s’occupent ensuite de détruire l’individu en inventant des scénarios qui font lever le coeur.       

Tout le monde sait que la répression sexuelle (chrétienne, juive ou musulmane) entraîne automatiquement la déification de la violence en justifiant la peine de mort et le pouvoir.  Quelle sera ta vie quand tes intérêts sexuels, la force la plus puissante chez chaque individu, devient ce qui peut causer ton exécution ?  Qui étaient les plus menteurs et les plus malades quand on prétendait que l’homosexualité est une maladie mentale ?     

Sur le plan strictement spirituel, la peine de mort est un crime.  Elle est injustifiable car elle empêche un individu d’évoluer assez dans sa vie terrestre pour provoquer un changement d’attitude et une réorientation dans une vie future.  On croit dans une vie future ou on n’y croit pas. La peine de mort ne peut se justifier que pour des raisons économiques : un prisonnier mort coûte moins cher qu’un condamné à perpétuité.    

En spiritualité, il est impossible de retourner en arrière, tu ne peux pas perdre le degré de qualité de l’énergie que tu as déjà atteint.  Par conséquent, une prison à perpétuité peut au contraire t’aider à te purifier plus un peu l’esprit avant la mort.

 La raison d’exister de la prison, c’est de protéger les gens qui sont à l’extérieur et non seulement de punir.  Comment peut-on justifier de mettre en prison une personne pour crime sexuel, comme les vieux prêtres, alors qu’ils ne peuvent même plus bander ?  Comment peuvent-ils être encore capables de rapports sexuels dangereux ?  Ils peuvent tout au plus sucer l’autre.  Un jeune ça court plus vite qu’un vieux de 70 ans et plus.  La peur de la pédophilie est une forme de paranoïa féminoune. Ce sont des gens qui projettent leur haine de la sexualité sur les autres.   

Le nombrilisme, l’individualisme, grâce au capitalisme sauvage est beaucoup plus dangereux pour l’humanité que la pédophilie ; mais c’est la grande messe de ceux qui croient dans l’argent.            

Un jour, les égoïstes devront trouver un nouveau idéal qui sera basé sur la découverte à l’effet qu’il est impossible d’être heureux si les autres autour de nous ne le sont pas.  L’interdépendance est une réalité humaine.     

Chaque individu doit découvrir sa valeur d’être unique, mais aussi il faut savoir reconnaître en chacun la responsabilité collective quant à l’avenir de l’humanité. 

C’est un processus qui est déjà enclenché dans les groupes de non-violence / ou de respect de la nature.  L’avancement de l’humanité dépendra de sa liberté de parole, de ses communications, du sort que l’on fera à la vérité.

*  *  *  *           

La révolution doit reposer sur le peace and love, et non être un facteur économique.  La non-violence est la lutte à la drogue, à la violence, au militarisme. 

La démocratie exige une nouvelle répartition des richesses et un nouveau respect de la nature.  L’homme est l’animal le plus nuisible de la planète en s’accaparant de tout.   

Si Platon croyait qu’il faut d’abord se connaître, il n’éliminait certes pas le devoir de chercher ce qu’il y a de bien chez les autres… est-ce que le respect est de l’angélisme ?  Tout individu a une raison d’exister.           

Quand Sartre parle de la liberté, il n’est certainement pas sans savoir que la liberté absolue chez l’homme est impossible, qu’elle n’existe pas.  Qu’on le veuille ou non, nous avons tous un inconscient.  Notre réalité matérielle obéit à des règles chimiques, à des hormones… Nous sommes tous limités, imparfaits et vouloir se comporter autrement n’est que de l’orgueil.  La liberté ne peut pas exister sans la responsabilité qui exige une remise en question permanente de sa perception et de son agir, car on ne cesse d’avoir de nouvelles connaissances. 

La liberté, l’autonomie s’acquiert dans et par son propre exercice.  La liberté se développe en chacun et permet d’agir sans toujours demander quelque chose en retour.  Mais la liberté peut aussi conduire à l’erreur.         

Le but fondamental de la mondialisation devrait être le désarmement complet de tous les états, la légalité territoriale des états sur les multinationales et une économie sans super puissance économique ou militaire, impérialiste (Chine, Russie, États-Unis, etc.)

La démocratie doit aménager, sur une échelle mondiale, une répartition des richesses qui permet à chaque individu de se réaliser pleinement.  La raison de vivre, c’est de jouir de la vie.  La priorité des priorités doit être la lutte pour l’acquisition pour tous les individus de la planète d’un minimum vital : sécurité, nourriture, logement décent, santé, éducation et travail.

Malheureusement, la mondialisation actuelle, toute mercantile qu’elle est, ne sert pas le mieux-être de l’humain.  Elle cherche à mieux exploiter la masse au profit d’un petit groupe d’exploiteurs, en canalisant tout à travers l’économie et la finance.  Le marché mondial est une vaste fraude tant qu’il dépendra de la spéculation.  Les riches s’enrichissent aux dépens des plus pauvres, car c’est avec de l’argent que l’on fait plus d’argent.  C’est tout ce système de mafia mondial qui se résume dans un mot encore plus indécent que pédophilie : les intérêts.  Les intérêts ou le profit justifient toutes les formes d’exploitation : la violence, les drogues, l’abus des médicaments, la spéculation.           

Le pays dans ce grand ensemble n’est qu’un territoire, une forme de vie qui permet à un individu de se développer.  C’est pourquoi, tout être humain devrait pouvoir se rendre vivre dans le pays le plus près possible de sa propre philosophie de vie, de sa propre longueur d’ondes … pour y vivre heureux, en harmonie avec lui-même.            

Si l’intelligence est de savoir s’adapter à toutes les situations, encore faut-il choisir le milieu qui nous convient le mieux.  En ce sens, les Amérindiens ont absolument raison : personne ne devrait être propriétaire, mais locataire en temps-espace de la terre.  Il est urgent de prendre conscience que notre valeur est d’être un humain et non les richesses que l’on a engrangées.

L’ARGENT ET LE POUVOIR SONT LA CAUSE PREMIÈRE DE LA BÊTISE HUMAINE.

 L’argent est un outil indispensable, moderne qui peut même permettre le développement individuel. C’est indéniable.  Il remplace le troc.  Il permet de jouir de la vie.  Ce n’est pas péché de vouloir être riche, si on l’entend dans le sens de se fournir les outils pour mieux se réaliser ; mais la cupidité, elle, est à bannir.          

Axée sur aider l’homme, l’individu à bien vivre, établir une vraie démocratie, la mondialisation pourrait être bien, une structure organique planétaire formidable, car elle permettrait que le bien-être des citoyens soit respecté dans tous les pays du monde, grâce à un gouvernement mondial (les Nations Unies en mieux) ; mais sans cet objectif humain, la mondialisation actuelle est un cancer, car elle déshumanise le monde et met la survie de la planète en danger pour l’argent et le pouvoir. 

La mondialisation est actuellement purement commerciale.     

La hiérarchie capitaliste (le communisme n’est qu’une version du capitalisme puisqu’il aboutit au même résultat) permet aussi l’exploitation du savoir aux dépens des mieux nantis. 

L’exploitation de l’ignorance est vieille comme le monde et le propre des institutions. Le lavage des cerveaux par les religions se poursuit par l’establishment médical.  D’ailleurs, au temps de la Bible, les prêtres étaient à la fois les psychologues, les juges, les médecins, les chefs guerriers et la police.  Toutes les institutions de l’état.  La caste dominante s’appuyait sur une seule personne : dieu devenu le roi.  Quelle bêtise !  Quel irrespect total des individus. 

Tous les sujets appartenaient au roi avec ou sans consentement.  Aujourd’hui, les chefs politiques ont droit à tout, tant qu’ils ne sont pas pris ; ils ont l’argent et le pouvoir pour s’en sortir.  Ce droit n’existe pas pour les pauvres.   

Pour dominer les individus, on créée des chasses aux sorcières qui aujourd’hui s’appellent les pédophiles parce que personne ne comprend et que ça répugne juste d’en parler.      

On ne s’intéresse même pas à savoir si les jeunes sont vraiment des victimes.  On a décidé que la sexualité est mauvaise donc qu’elle ne doit pas exister chez les jeunes.   C’est une vérité proclamée même si on la sait absolument fausse.  On peut tuer si on a de l’argent, mais on ne peut pas jouir des plaisirs sexuels si on n’est pas  assez vieux.   

La guerre aux pédophiles à travers les religions n’est qu’un moyen de déstabiliser l’autre, en étant un plus névrosé que lui. 

Le système économique se développe seulement s’il y a des guerres.  Il faut donc éviter tous les moyens qui permettent à l’homme de s’aimer.  Prétendre que se faire sucer est une agression, ça tient carrément de la débilité.           

Dans un monde idéal, il faudrait instaurer ce que j’ai appelé la méritocratie. Tout individu naît avec une certaine intelligence et une certaine conscience de l’autre.  Il doit développer ses talents au maximum pour les mettre au service des autres puisque l’humain n’est pas capable de se développer sans l’autre.  Il est aussi important d’aimer et être aimé que de manger. 

Les restrictions sexuelles sont en-soi carrément débiles.  La haine de la prostitution fut créée par les riches qui ne savent pas ce que c’est de souffrir, de manquer de ressources, de l’absence de l’essentiel et qui ne comprennent pas que son corps puisse devenir une valeur marchande. 

La pauvreté des riches est de ne pas avoir le temps de jouir de la vie.  De penser que souffrir, c’est jouir.           
 Au lieu d’en tirer des profits mercantiles, l’humain devrait naturellement tendre à sa propre réalisation et cesser de toujours exploiter l’autre.  Si je suis très intelligent, j’ai plus de responsabilités vis-à-vis non seulement moi-même, mais aussi vis-à-vis les autres.  C’est la gratuité en amour.  Vivre et laisser vivre.  C’est avoir un tel respect de l’autre que je ne peux pas accepter de l’exploiter consciemment, d’où la responsabilité individuelle, le respect de la liberté de l’autre, la remise en question de sa raison d’être.           

Il est possible d’être un salaud en se croyant tout autre.  Le jugement sur nous repose sur la justification que l’on donne à ses gestes et à son existence. Pourquoi passons-nous notre temps à juger les autres ? Pourquoi vivre selon leurs normes ?     
 
La mondialisation est une exploitation consciente de l’homme planétaire.  Et, cette exploitation est l’âme de la mafia mondiale.        

Le pouvoir de la mafia légale repose fondamentalement sur le lavage de cerveaux effectué par les religions qui exploitent sans vergogne la peur de la mort des individus.  On propose un ciel après la mort plutôt que de créer une planète où il sera de plus en plus paradisiaque d’y vivre.  

Si l’homme a évolué techniquement, il demeure émotivement un primitif.  Il gobe tout ce qu’on peut inventer de théorie pour satisfaire son impuissance à comprendre le sens même de son existence.           

L’homme est le seul animal qui tue pour le plaisir ou le pouvoir.  Est-il vraiment l’animal le plus intelligent ?  

Il faut avoir une bien petite conscience pour accepter la peine de mort, légale ou illégale, pour considérer la guerre comme le seul moyen de relancer l’économie, pour accumuler des fortunes individuelles alors que tout autour de nous les gens crèvent de faim.   Personne n’a besoin d’un million de dollars pour bien vivre toute sa vie.  Pourquoi n’y aurait-il pas une limite à ce que puise accumuler un individu aux dépens de la majorité ?  Pourquoi ne veut-on pas contrôler la répartition des richesses entre les individus ?          

Par exemple, même si l’avortement doit être un droit de la femme, un choix de conscience individuelle, pourquoi ne libérerait-on pas les possibilités d’adoption pour ceux qui le désirent, sans que ça coûte une fortune, sous prétexte de défendre la chasteté de l’enfant adopté ?  La peur des prédateurs sexuels est un bon moyen de faire payer davantage les parents potentiels.  Une hypocrisie pour dissimuler le commerce légal d’êtres vivants.  Est-il pire de se faire masturber que de crever de faim ?       

Au lieu de poser la question aux bourgeois qui font les lois, on pourrait le demander à ceux qui crèvent de faim.  Cette bande d’hypocrites.  L’adoption est un racket international : le nouvel esclavage légal.  Il faut payer pour permettre à un être vivant d’être heureux… une vraie bande d’inconscients à force de chercher la surprotection des jeunes, ils en font une denrée.     

En ce sens, l’état, même si cela est contradictoire avec l’idée que l’on se fait de l’anarchie, l’état international peut jouer un rôle unique de distributeur des biens essentiels à sa population et appliquer un respect véritable des droits de l’homme.  Par contre, cela exige une redéfinition et surtout une nouvelle façon de vivre la démocratie.  Cela demande même de redéfinir l’anarchie.  N’est-il pas troublant que tous ceux qui ont conduit des révolutions sont ensuite devenus des tortionnaires qui, parfois, comme en France en 1789 goûtent aux fruits de leur propre révolution.  Peut-on échapper au fanatisme ?  

Toutes les civilisations reposent sur « leur » religion.  Si elles mènent au fanatisme, à la violence, à l’intolérance, n’est-ce pas la preuve qu’elles sont pourries et condamnables ? 

La majorité des guerres naissent avec les religions.  Pourtant, ce sont des philosophies de vie qui devraient nous apprendre à nous aimer, à être tolérants.

Toutes les religions partent de fausses prémisses.  Elles s’appuient sur le délire d’expériences schizophréniques (parano-masochistes)  qui rejettent la matière (la chair) pour mieux contrôler les sens de chaque individu et les rendre coupable de n’être que des hommes plutôt que des anges.           
Les religions agissent comme si les prêtres voulaient devenir eux-mêmes des dieux d’où leur obsession de la pureté qu’ils confondent d’ailleurs avec la chasteté.

Pourtant, le créateur, d’après tous les livres religieux, a jugé sa création bonne.  Pour dieu, autant selon la Bible que le Coran, tous les humains sont beaux et égaux.       
 
Le plus grand, le premier des péchés, selon la Bible, vient de Lucifer qui par orgueil, a refusé de se prosterner devant l’homme.  Un mépris de Dieu et de sa création.  Voilà le vrai péché originel (la perte du paradis terrestre n’en est qu’une conséquence, si on croit dans ce mythe).  Lucifer a refusé qu’un être terrestre, aussi limité que l’homme, ait la même valeur aux yeux de Dieu qu’un ange ou un archange, pourtant plus près de la perfection.  Il a méprisé sa liberté, son droit absolu de choisir.      

Pire encore, l’homme a même le droit de nier, de refuser Dieu.  La chair n’est pas un enjeu.  Adam et Êve étaient nus, ce qui veut autant dire que leur esprit n’avait pas encore subi d’influences extérieures et connus la différence entre un ange et eux.  La honte de la chair fut plutôt la honte de percevoir la réalité de leur matérialité, de leurs limites, de leur temporalité : ils se sont vus, en mangeant la pomme, tel qu’ils sont en réalité.    

D’ailleurs, comment Dieu peut-il condamner la sexualité ? C’est une conséquence essentielle à la matérialité soit d’être en éternel changement.  Pourquoi Dieu a-t-il pensé que sa création était bonne ?  Par ignorance?  Comment peut-il connaître une différence entre l’homme et la femme, des êtres humains, par essence, des êtres limités ?  S’il est un esprit, il ne peut pas connaître la limite matérielle.  Il est bien évident que les livres religieux rejettent la sexualité car elle est une projection des hommes religieux, une projection macho qu’ils ont écrit pour leur faciliter la tâche d’êtres  » supérieurs »… des machos à la recherche du pouvoir.       

Le péché fut l’orgueil en essayant de tout comprendre, tout connaître, grâce à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, une drogue tellement trop forte qu’ils ne pouvaient que faire un bad trip.  Leur état de conscience n’était pas encore prêt à vivre une telle expérience, une telle révélation.  Leur esprit n’était pas encore assez développé pour saisir un tel degré de connaissance.  

Si l’homme est un co-créateur, comme on veut nous le faire croire, cela reviendrait à dire que la réincarnation existe et que le sens de notre existence est de créer à travers les siècles le paradis terrestre que Dieu a créé pour l’homme.  Plus l’homme est parfait, plus la terre sera parfaite pour lui permettre d’accéder au bonheur, c’est-a-dire à la contemplation permanente de la perfection de la création, œuvre de Dieu et par conséquent de son créateur.              

Heureusement que l’homme est aussi une énergie, car il serait définitivement certain qu’il disparaîtra un jour comme la terre et même le soleil.  Le sort de tout ce qui ralentit, froidit, s’obscurcit, principe de matérialité.   

Il est incroyable que toutes les religions aient dévié de cette interprétation plus positive et plus responsable de la vie.  Évidemment, une telle conception élimine totalement le besoin de dominer, c’est plutôt un partage, une communion avec l’Autre.  Selon Saint Jean, il faut être le serviteur de l’Autre. Le péché originel n’a rien à voir avec le corps, la chair, la temporalité, mais le refus de la liberté fut le premier geste de rébellion d’un archange contre Dieu, la première lutte des classes.

Si on lit le Coran, on apprend aussi que le diable a décidé d’attaquer Dieu, en simulant Dieu, en mentant à l’homme pour lui faire partager sa révolte.  Est-ce que ceux qui parlent au nom de Dieu aujourd’hui sont les porte-parole de Lucifer?

Les religions qui condamnent la chair sont-elles le premier geste d’hypocrisie et de mensonge introduit par Lucifer dans la conscience humaine ?  Il a dévié le refus de la création dans le temps, en rejetant la perfection évolutive, créatrice de la race humaine, donc, en rejetant le droit à la liberté, à la conscience individuelle, ce que les êtres supérieurs ne peuvent pas vivre.  Ce mensonge du péché de la chair permet de créer «L’homme révolté» ou le «Sisyphe», de Camus

Lucifer serait-il l’orgueil du pouvoir et la violence de la domination ?  Donc, le Dieu que l’on nous enseigne et qui condamne la chair serait Lucifer ?  Comment l’Amour (Dieu) peut-elle tolérer la haine, la violence, l’inégalité ?  La seule différence entre Dieu et le diable serait-elle une simple question de dosage quant à la perfection des énergies qui les composent ?    

J’ajouterais (en faisait la correction de ce texte après le World Trade Center) que la guerre actuelle ressemble au serpent qui se mange la queue.  Cette attaque ressemble étrangement aux événements d’octobre au Québec.  Tout a été organisé par le système.  

La famille de Ben Laden était de grands amis de la famille de George Bush.  Ils sont tous dans l’industrie du pétrole.  Ils ont même des parts dans la même compagnie de pétrole. Notre société refusait de plus en plus les interventions militaires depuis Kennedy.  Pour sauver le capitalisme, il fallait de quoi d’assez gros pour justifier tous les changements que l’on voulait opérer.  Que les terroristes aient agi ne pouvaient pas se réaliser sans l’aide de la CIA ou du FBI, sans que, du moins, ils ferment les yeux.             

Les États-Unis attaqués, des innocents tués, il était bien évident que toutes les personnes sensées exigeraient que cela ne se reproduise jamais quitte à créer une nouvelle guerre au Moyen Orient pour appuyer en même temps Israël.  

Comme en 1970, on les a laissé faire, on les a peut-être même aidés, en souhaitant qu’une attaque chez-eux fasse réaliser à la population le besoin d’une force militaire à l’extérieur.  Tout le monde sait que Ben Laden était de la CIA ou du moins, aidé par ce vaste mouvement terroriste mondial.  Cet acte sauvage et fou permet de justifier toutes les répressions d’où toutes les nouvelles lois autorisant même la torture.  Hitler l’a aussi utilisé contre les juifs. Un renvoi de l’ascenseur ?  Ne se passait-il pas la même chose en Russie dans sa guerre contre la Tchétchénie, toujours pour le pétrole.

Quelle est la différence entre les républicains et les démocrates ?  Les républicains croient que les Etats-Unis doivent dominer le monde puisque c’est voulu dans la Bible alors que les démocrates croient que les Etats-Unis doivent être protectionnistes.        

Ces guerres permettent de revoir la carte du monde sur la terre.  Les États-Unis sont l’armée, l’Angleterre, le commerce.  Israël en profite pour attaquer et assurer sa suprématie au Moyen-Orient.  Le Cachemire devient un point stratégique plutôt qu’un pays.  On attend pour voir si la Chine bougera et si oui, dans quel sens.  On compte sur le Japon au cas où.  On parle à peine du Népal et du Tibet. 

La Russie peut oublier ses bavures d’invasion de la Tchétchénie puisque les États-Unis pourraient être tentés d’en faire autant au Québec, au Canada et au Mexique. Le commerce est le premier moyen d’éliminer les frontières, tout est artificiel, illusions. 

Pour pouvoir agir ainsi, il faut éliminer la culture québécoise, d’où le rôle de Stephen Harper : créer un état du nord aussi bouché par la paranoïa que les États-Unis.

Cela donne l’impression que tout ce grand brasse-camarade est une lutte entre les riches à savoir qui aura tel ou tel morceau de la couverture.  Les États-Unis comme le Canada appliquent la même politique que Trudeau en se servant d’un faux danger pour envoyer l’armée.  Sous prétexte de sécurité, on est prêt à tuer, à éliminer les droits de la personne.  Pour le profit, on centre l’avenir de l’univers autour du pétrole, même si cela doit nous conduire à la destruction de la planète.

L’homme est un animal malade à cause de son avidité.  

Spirale intraprojective 28

octobre 3, 2020

Spirale intraprojective  28

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp.  259 à 269)

*    *    
J’adorais fumer pour écrire.  Les textes étaient beaucoup plus éclatés ; mais à la longue, le pot est devenu un handicap majeur à la création.  Tu gèles plus vite, et dans mon cas, les choses et les écrits étaient terriblement plus profonds, plus beaux, mais seulement jusqu’à ce que je me réveille.  Lus, dans la pleine réalité, ces écrits merveilleux devenaient de vrais torchons … des images d’un intérieur pas toujours charitable, même pas très bon et parfois fanatique.           

Si la vision du monde est une chose, le pot m’a fait découvrir ma paranoïa.  Le pot rend toutes les visions plus intenses, mais déforme une partie de la réalité.  Il joue sur la capacité à la tolérance … surtout à cause de la violence de notre culture.

*   *   *   *

La modération a bien meilleur goût.      

Il suffit d’apprendre ses limites, même si parfois, il faut les dépasser pour les connaître … Est-ce que le pot fumé régulièrement te rend maussade, agressif, déprimé?  Est-ce le pot qui conduit à la psychose ou ce qu’on ajoute sur le marché noir de la pègre pour faire plus de profits?  Qui a intérêt à ce que le pot demeure interdit?  Qui font fonctionner les laboratoires des drogues dures?  Vendre sur le marché noir est-ce pour bien des pauvres, la seule façon facile (à part la prostitution) de pouvoir acquérir l’argent nécessaire pour manger et, malheureusement, aller plus loin?  N’est-ce pas une forme d’exploitation de la pauvreté ?           

La pauvreté est exploitée au maximum par ceux qui ne recherchent que leurs profits.  Ils se servent de la misère des autres pour s’enrichir.  C’est un véritable scandale, car non seulement des institutions se font engraisser par des subventions en offrant des services bidons, mais ils arrachent les dons, en manipulant les faits. 

En ce sens, un salaire minimum mondial comme l’exige Michel Chartrand au Québec est la solution absolument essentielle à une société qui se veut humaine.      

Il y a du bon dans tous les programmes politiques, mais dès que le parti est au pouvoir, il oublie de les mettre en pratique.  Le propre de nos partis politiques est de promettre et de ne jamais réaliser ses promesses.  

Que les corporations de médecins, parce qu’ils ont le monopole du savoir, fassent chanter tout le monde pour avoir de meilleurs salaires, c’est dégueulasse!  Que les avocats de la pègre soient mieux payés que leurs confrères ou encore mille fois mieux payés que les enseignants et les infirmières, est-ce normal, logique ?   Qui sont les plus indispensables à la société ?  Les profs où ceux qui permettent à la mafia de dominer même les gouvernements ? Pourquoi est-ce plus rentable de frapper une rondelle que d’enseigner ?

Le politique est là pour servir, protéger la société, pas ceux qui veulent l’exploiter.

Le parti libéral peut offrir une vision des droits individuels qu’aucun autre parti n’est capable de promettre.  Les libéraux sont les porte-voix du capitalisme, avec ses qualités et ses défauts.  Le problème de la gauche, c’est qu’elle n’arrive pas à sortir de la vision dépassée de la lutte des classes et des féministes alors que le monde se dirige de plus en plus vers une conception anarchiste de la vie.  Il ne faut pas rejeter l’individualisme, mais apprendre à l’intégrer dans une nouvelle vision sociale du monde où le bien-être individuel remplacera les croyances de domination religieuse.  

Mon problème, je viens juste de découvrir que des gens peuvent vraiment être méchants.  Préconiser la guerre, c’est préconiser l’assassinat légal.       

 *  *     

Je n’ai jamais compris pourquoi les institutions du Québec, comme le bien-être social, me poursuivent avec autant d’acharnement. Des féministes enragées?  Ce n’est pourtant pas le parti libéral qui est au pouvoir, mais bien celui de Lucien Bouchard.

À vrai dire, j’ai toujours été mieux servi par les libéraux.  Par exemple : Mon fils qui s’est suicidé avait obtenu un maximum de bourses pour continuer l’école, à la suite la suite de la parution d’une lettre ouverte que j’avais composée pour lui.   Elle avait été publiée dans plusieurs journaux. Une intervention de la ministre Robillard.  Quant à l’épouse de mon fils aîné, elle a pu venir au Canada, plus rapidement, après l’intervention de Sheila Copps.  Je suis indépendantiste et pourtant mes emplois viennent tous du fédéral.         

Est-ce que le fédéral a besoin de la souveraineté pour asseoir son pouvoir dans le reste du Canada.  Il suffit de parler contre le Québec pour voir le nombre de votes augmenter ailleurs au Canada. 
                                     
*     *     *     *  
     
Sauf que cette fois, j’ai compris que c’est au peuple qu’il appartient de décider vraiment, sinon nous vivons une dictature.  Le Québec sera un jour indépendant au sein d’une véritable confédération.  C’est débile et très coûteux de retarder l’arrivée son indépendance.       

La différence fondamentale entre une fédération et une confédération est très simple : dans une fédération, le pouvoir est complètement centralisé alors que dans une confédération le pouvoir appartient aux entités indépendantes qui la forment.  Le pouvoir vient des provinces.  Pour quoi se séparer pour s’unir ensuite?  C’est très simple.  Les anglophones refuseront toujours de négocier d’égal à égal avec le Québec, tant et aussi longtemps que l’indépendance ne sera pas acquise

La souveraineté est le rapport de force nécessaire pour obtenir une révision des structures du Canada qui lui soit avantageuse.  

Personnellement, je me fous des partis politiques.  Ce sont des  » pouvoirs », des grands gueules, mais de bien petit faiseur.  Les écarts idéologiques au Québec (à part être fédéraste ou souverainiste) sont quasi inexistants.  Il faudrait une loi, selon laquelle les partis politiques sont obligés de réaliser le programme pour lequel ils ont été élus.         

Tout député qui ment devrait être obligé de démissionner.  Peut-être que nos votes seraient plus sérieux que de choisir celui qui a la plus grande gueule et qui cache le mieux son désir de se remplir les poches.  Peut-être que les humains deviendraient assez intelligents pour s’apercevoir que la différence de sexe, homme -femme, n’a absolument aucune importance quant à la compétence pour être député ou ministre.  

                                                       
*  *      
Tout ce que je veux, c’est d’être indépendant, vivre par moi-même, grâce à mon travail.  Pourquoi essaie-ton toujours de m’empêcher de travailler ?  Veut-on me ruiner ?  Est-ce parce que mes écrits dénoncent le fait que les religions sont des institutions financières fournissant l’idéologie justifiant le droit des riches d’abuser des pauvres ?  Que l’économie est une mafia mondiale ?  Que je ne suis qu’au pauvre séparatisse pour les fédérastes qui viennent de remporter (voler) le référendum? 

Cherche-t-on à se débarrasser définitivement de moi ?  Un pédéraste, c’est écœurant pour les esprits trop constipés pour comprendre que ce n’est pas un choix.  T’es pédéraste comme t’es hétéro ou gai.  Tu es ce que tu es, tu n’as pas le choix, tu dois faire avec.        

*   *   *   *

En 2001, le gouvernement libéral et le parti québécois sont-ils presqu’une même chose ?  Le parti libéral est là pour défendre surtout les intérêts des Anglophones et des Juifs anglophones de Montréal (Raoul Roy, Lettre aux Juifs de Montréal)

La promesse de Jean Charest pour la désunion des municipalités permet un retour au chantage de la partition. 

Le Parti Québécois prend le pouvoir quand le vol capitaliste n’est plus possible et que l’on doive faire appel au patriotisme, à l’idéalisme des Québécois, pour continuer à travers nos institutions, à plumer le peuple. 

L’ADQ apparaît comme un instrument de rechange parce que tout le monde est fatigué de voir toujours les mêmes visages et d’entendre les mêmes discours.  Mais pour connaître sa véritable valeur, il faudrait savoir qui est derrière. (2010 : L’ADQ s’est avéré un parti de droite, fédéraste et sclérosé avant même de prendre le pouvoir. À part le rapport Allaire, un appui au OUI en 1995, l’ADQ est le parti des bornés qui ne connaissent rien en politique, mais qui pensent tout savoir et tout comprendre, en voulant mettre l’indépendance de côté).       

La guerre entre Ottawa et Québec permet d’endormir la conscience du peuple quant à son pouvoir de s’autogérer, d’exiger des gouvernements qu’ils soient d’assez bons gestionnaires pour ne pas seulement penser qu’à s’emplir les poches.  Qui profite de cette guerre verbale qui n’en finit plus ?  Sûrement pas le peuple qui continue de payer des taxes et des impôts en double (fédéral-provincial), en triple (avec les municipalités), en quadruple (avec les commissions scolaires).  Un tel système de taxes et d’impôts est-il autre chose qu’une immense mafia légale ?  

Alors, pourquoi avoir deux niveaux de mafia pour nous exploiter ?  Sommes-nous que des masochistes ?         

Le nouvel argument des libéraux est que l’indépendance ne garantit pas d’avoir ensuite un bon gouvernement, comme si un Québec confédéré cessait d’élire ses représentants (gestionnaires) et de vivre dans une démocratie véritable.  Ce n’est pas le système comme tel, la structure qui nous exploite, mais les bandits qui s’en servent.  Une fois l’indépendance acquise, il faudra choisir son gouvernement. 

Peut-être aura-t-on la conscience de voir que les gouvernements ne gouvernent pas tout puisque la permanence de l’état repose sur ses hauts-fonctionnaires. 

Le système peut être aussi bien rodé que l’on voudra, il suffit qu’un individu peu scrupuleux s’y infiltre dans les niveaux supérieurs pour en faire un outil de banditisme.  Comment des gens qui reçoivent des salaires extraordinaires, qui vivent dans le luxe quotidien à nos frais, puissent comprendre la misère des moins bien nantis ?   

L’honnêteté de nos institutions engendre la richesse du pays et elle n’est possible qu’à un niveau individuel, si l’état est très près des gens.        

La politique est le don gratuit de son talent pour améliorer le sort de ses concitoyens.  Point à la ligne. 

Aucune de nos institutions devraient échapper à l’obligation absolue d’être sans but lucratif.  Aucun de ses membres ne devraient être à leur direction plus que quelques années pour éliminer ceux qui ne sont là que pour s’emplir les poches ou bien vivre aux dépends de la population.        

Dans un état qui reconnaît le mérite des individus (j’appelle ça méritocratie), l’individu cesse de vivre pour le simple profit.  Il cherche, au contraire, à s’améliorer individuellement, en servant sa communauté.          

Pourquoi les personnes âgées qui le peuvent ne pourraient pas avoir les moyens de bien vivre, tout en faisant du bénévolat ?  Pourquoi le bénévolat ne serait-il pas une façon de compenser pour une belle retraite universelle ?  Aucun aîné, ayant tout donné pour sa patrie, ne devrait connaître une misère économique dans sa vieillesse

Les enfants et les personnes âgées sont les gens les plus importants dans notre système à cause de leur vulnérabilité.  Il faut leur assurer un minimum décent.  Il faut constitutionnellement les assurer qu’aucun gouvernement ne puisse puiser dans leurs économies passées (fonds de retraite) et leur assurer le maximum de sécurité.

Il en va de même des jeunes qui n’ont pas encore atteint la maturité de travailler.  Les intérêts sur les prêts scolaires ne devraient pas exister.  Il ne devrait y a voir que des bourses.  Les bénéficiaires au travail devraient accepter en revanche de servir la communauté, durant un certain nombre d’années, de manière à remettre l’argent reçu. Cette communauté t’a permis d’atteindre ta pleine capacité physique et intellectuelle.  Il est normal que tu lui en sois reconnaissant.

Il devrait exister aucune taxe, mais un impôt qui, calculé l’année précédente, fixe selon ton échelon financier, ton revenu, ce que tu dois à la communauté.  Pour ce qui est des entreprises, leur taux de participation devrait être établi en fonctions des emplois permanents.  Les services, comme l’électricité, devraient être gratuits pour les pauvres (25,000$ et moins), en étant inclus dans le prix du logement.  Selon le coût de la vie actuelle, personne ne peut vivre sans avoir un minimum de 2,100$ par mois, si tu payes le logement.     

Les intérêts des banques ne devraient jamais excéder deux pourcent de ce qu’elles payent à ceux qui déposent chez elles. Pourquoi les banques qui ne te versent que deux pourcent d’intérêt quand tu déposes de l’argent exigent-elles du neuf pourcent quand elles te prêtent ?   Pourquoi échanger les humains pour des machines ?  Parce que le système économique, c’est la mafia légale, celui qui dicte le mode de vie de la majorité des humains.  Ils volent parce qu’on leur a donné le droit de voler et de nous exploiter.  On a appelé ça la démocrassie.  Pour éliminer les surplus, la mafia doit blanchir son argent. Où?  Dans l’immobilier, les assurances et les médicaments, là, où ça paye.  La spéculation est un vol légalisé.    Les primes au rendement sont de la même famille. L’esclavage moderne, c’est le pétrole. C’est de créer un monopole indispensable.

Avec de telles idées, je ne suis pas aimé par le système.  Mon emprisonnement m’a tout simplement un peu plus révolté, tout en prenant conscience de mon impuissance.  L’argent est le vrai maître.  « Tu payes 10,000$ ou tu vas dedans.»  Rien de plus clair.  Comme si manger une petite queue, c’était pire que d’exploiter un vieux pour avoir ce qu’il a ramassé durant toute sa vie.          

La question de sexe, d’orientation sexuelle, de toutes ces classifications est un moyen de désunir les gens pour mieux les exploiter.  Tant que l’homme et la femme n’auront pas réalisé leur égalité et leur importance particulière rien n’est possible.  Une vie sur cette planète sera toujours un enfer.  Rien ne changera tant que la solidarité n’aura pas été retrouvée.     

Certains de nos syndicats confondent et passent leurs intérêts avant celui de leurs membres (pas un seul syndicat, même si j’ai payé toute ma vie, ne m’a réellement défendu) L’union fait la force, mais cette force peut aussi ne servir que les intérêts d’une petite minorité de leaders.        
 
*    *    
La mort de Rouhed a été pour moi la révélation possible de l’existence d’une vie après la mort, sans être une réincarnation. La virée en prison, elle m’a révolté, car je trouvais cette incarcération injuste, contradictoire avec ma morale. 

Tant qu’il n’y a pas de violence, tout est permis dans la sexualité.  Elle doit être consentie, responsable et joyeuse.  Vérifier la beauté d’un petit gars, le faire jouir un peu, rien de mal, en autant qu’il est consentant et que c’est plaisant pour lui. Il doit approuver et retirer un plaisir lui aussi. 

Ça ne regarde personne puisque ça ne fait de mal à personne.  Le mal dans la sexualité a été inventé par une bande d’illuminés qui s’imaginent que le plaisir nous jette en enfer.           

ette théorie est maintenue depuis des siècles, car les professionnels doivent se faire de l’argent d’où la nécessité de prétendre que ça crée des traumatismes pour le jeune. Qui a déjà été traumatisé à jouir ?

Depuis quand qu’avoir du fun, ça te fait mal ?  

*    *    *    *                

Ce même séjour en de-dedans, provoqué indirectement par les Mormons, m’a permis de mettre la religion en cause dans notre incapacité congénitale de bons bonasses de sortir des enseignements de l’église. Cette soumission aveugle fait que nous n’avons pas l’intelligence de faire l’indépendance du Québec.  Tant que l’indépendance ne sera qu’un désir d’élites et de bourgeois, il n’y a rien à faire.

Les Québécois, nous sommes des pacifistes absolus. 

La révolution aujourd’hui, c’est de dire la vérité, d’être honnête, même si on te menace d’être tué. 

Nous refusons de voir qu’à travers la mondialisation, les puissances mondiales sont à rebâtir leur nouveau royaume.  Pour leurs profits, elles considèrent le meurtre comme une force naturelle de leur pouvoir.  L’exemple de la Russie est éclatant.  On s’imagine avec la violence de pouvoir faire plier n’importe qui, n’importe quand.  

Notre indifférence, ce non-engagement coûtera la disparition de l’espèce humaine sur la terre. Si cette nouvelle guerre n’est pas arrêtée, ça va coûter déjà des milliers de vies.  Les hommes sont des machines d’autodestruction.       

Nous sommes tellement bonasses qu’on n’arrive pas à comprendre que les grandes puissances, pour plus de richesses et de pouvoir, sont prêtes à tuer des millions de vies humaines, soit par le militaire ou la pollution. 

Rien n’a changé, c’est comme auparavant quand les Anglais dans notre histoire faisaient alliance avec le haut-clergé pour nous soumettre.  La rébellion était un péché mortel.  Un ticket pour passer de l’enfer sur la terre à l’enfer dans le ciel…           

Le livre de Normand Lester est une mine d’or pour nous rappeler que notre bonhommie actuelle est plutôt une paresse de la mémoire ou une ignorance crasse de notre intelligence.       

Quand les blancs conquérants sont arrivés en Amérique, nous avons tué des milliers de Peaux-Rouges, sous prétexte qu’ils n’avaient pas d’âme, que leur dieu était différent des nôtres, que leurs fourrures étaient un bien précieux … Nous, les Blancs nous nous sommes crus supérieurs aux autres.  Nous perpétuons notre pillage, en appelant cela du commerce international.             

Nous avons accepté l’esclavage et exploiter les pauvres, ce que nous continuons avec le pétrole et leurs autres richesses naturelles convoitées ; mais la télévision ne nous en parle pas ou très peu. Le cas d’un pédéraste qui a eu un petit party avec une couple de petit gars, c’est bien plus dangereux : vivons-nous dans une société de crétins ou d’hypocrites ?   

FANATISME ET RELIGION        

Si les gens ne croyaient pas aussi aveuglément dans les religions, la tolérance sur la terre serait beaucoup plus grande.    

Ma révolte tient au fait que la morale imposée est une morale d’assassins, d’esprits primaires.  En quoi des pilleurs de planète peuvent-ils me faire la morale sur ma façon de vivre ma sexualité avec un petit gars alors qu’ils n’hésitent pas à créer des guerres et utiliser des enfants-soldats ?     
 
Une pipe ne fait pas le même effet qu’une balle.  Qui est réellement le plus dangereux pour l’humanité ?  Je n’ai jamais commandé de guerres pour m’emplir les poches. Au contraire, je me suis ruiné pour aider les petits gars que j’ai aimés.
 

Alors que toutes les religions n’ont servi qu’à exploiter les gens surtout grâce à leur peur et l’ignorance, la spiritualité quant à elle demeure vierge, un champ d’exploration, une nouvelle possibilité de trouver un sens à la VIE.  Elle est intéressante parce qu’elle est individuelle, personnelle.  Les religions servent à l’exploitation depuis leur création.      

Sur le plan strictement spirituel, toutes les religions prétendent proclamer l’espoir, l’amour et la paix.  Voilà d’ailleurs pourquoi il ne faut pas noyer le poisson en jetant l’eau. 

Nous devons nous réveiller et comprendre que les religions ne sont que des règles inventées, créées, émises par des hommes (pas nécessairement les plus purs d’intentions) peut-être au début pour le meilleur des hommes ; mais qui sont devenues toutes sans exception des modes, des machines d’exploitation. 

Quelle religion aura l’honnêteté de reconnaître ses erreurs ?        

Je me souviens que mon père me disait être bien conscient que la religion l’avait exploité, que les responsables ont créé des péchés dans lesquels ils ne croyaient pas eux-mêmes, mais il ajoutait  aussi : « je suis trop vieux pour en choisir une autre.» 

Avez-vous remarqué que toutes les religions essaient de contrôler la sexualité des individus ? C’est leur pouvoir de manipulation. 

Les Talibans ont démontré comme l’Inquisition catholique jusqu’où l’intolérance peut rendre la foi malade.  Si une religion est vraie, elle n’a pas à être imposée, ça se fera de soi. 

Toutes les religions sont égales aux yeux de Dieu ou d’Allah ou Yahvé si elles ne servent qu’à prier. 

Les Églises vont commencer à jouer leur rôle de pacificateur, de régulateur, d’unificateur des humains quand n’importe quel homme ou femme pourra se rendre en toute égalité dans n’importe quel temple, église ou mosquée.  Les Églises deviendront des modèles quand elles cesseront de s’occuper de la sexualité des gens pour ainsi mieux les culpabiliser et les dominer.

Donnez-moi une raison qui justifie que toutes les religions méprisent les femmes?

La spiritualité, c’est la découverte de l’adoration, du bon, du bien et du beau.  Dans la diversité des individus qui composent le Québec, la spiritualité doit prévaloir sur les religions afin qu’il y ait une certaine harmonisation, homogénéisation– dans le respect du sens de la vie que chacun veut bien se donner. Il faut une tolérance de la pensée de chacun, en laissant l’autre libre de vivre ce en quoi il croit spirituellement. 

La spiritualité pourrait être un axe de communication.  Elle transcende les règles basées sur l’ignorance quant à la sexualité.  Comment pourra-t-on continuer à mentir sur un sujet aussi précieux pour chaque vie humaine,  sous prétexte de posséder seul la pureté que l’on confond avec chasteté.           

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Le Québec est un pays francophone qui respecte ses minorités linguistiques ; mais la langue institutionnelle, la langue d’usage, d’affaires, judiciaire doit être uniquement le français.  Cela n’empêche pas de faire appel à des interprètes.  Cela n’empêche pas de protéger l’individu.  Pour ce qui est de l’affichage, le français doit demeurer très, très nettement prioritaire et sa qualité doit être respectée.    

La religion au Québec a joué le même rôle moteur que la langue dans la définition de notre identité quoiqu’elle se soit refermée sur la sexualité comme le vrai centre de la vie.  C’est pourquoi, il est aussi important de pouvoir la critiquer comme n’importe quelle valeur afin de définir ce que l’on veut comme avenir.   La religion, c’est le ciment d’un peuple.        

 La religion nous a menti pour faire de nous de très bons moutons.  Il faut faire la part des choses : l’essentiel et ce dont on doit se débarrasser, soit sa conception de la sexualité.                  

L’amour des garçons n’a rien de honteux quand on prend la peine d’analyser l’histoire de la sexualité.  Ça toujours existé et ça existera toujours. Cependant, on doit reconnaître que l’Église en refusant de comprendre les femmes a fait d’elle-même une cible de choix.  Celles-ci se sont attaquées à la pédérastie des prêtres qui, eux, nous prêchaient que le sexe est péché.        

Si la religion avait eu l’honnêteté de reconnaître que la pédérastie est un passage obligé dans la définition de la sexualité de beaucoup de garçons, les scandales seraient moins nombreux. 

Le mépris des femmes ne fait que leur retomber sur le nez.  Par contre, ces dénonciations sont aussi le fruit de luttes inter religieuses. 

C’est devenu une industrie du chantage que la religion catholique a été trop bornée pour voir venir. Elle s’est contentée de payer comme si on pouvait tout acheter.  Le petit gars ou la petite fille qui s’est suicidé parce qu’il avait honte de faire face à sa famille ou aux autres parce qu’on lui avait appris que le sexe est un péché mortel, ne ressuscitera pas avec les millions de l’Église. Le vrai mal ce fut de lui faire croire qu’il y avait là un péché.         

Une chose certaine ce n’est pas en rejetant Dieu que l’on règle le problème de l’humanité, car ce sont les hommes eux-mêmes qui créent les problèmes en se croyant supérieur à tout ce qui les entoure.           

Les jeunes ont besoin de cet espoir, qu’on l’appelle Dieu ou autrement pour passer à travers une société de plus en plus déshumanisée, de plus en plus malade. 

J’ai pu le constater dans mes 15 ans d’enseignement.  Les jeunes d’aujourd’hui vivent un cauchemar dès qu’ils sont adolescents.  Ils doivent avoir foi en quelque chose, avoir une raison valable de vivre.  Il en sera toujours ainsi. Pour les aider, il faut que l’éducation soit totalement gratuite, universelle, et accessible à tous. 

L’éducation permet de réfléchir sur notre réalité sans toujours se faire diminuer avec les pseudo-péchés.  Le travail doit exister pour tous, car le travail est un carburant à la fierté que l’on a de soi.  Tant que l’on sera assez fous pour croire que l’intelligence va de pair avec argent, on continuera à voir le profit comme une raison de vivre jusqu’à ce qu’en vieillissant on s’aperçoive qu’on ne peut pas apporter notre argent quand on meurt.  La richesse et la gloire sont éphémères. 
 
Les différences sexuelles multiplient les discriminations.  Il n’y a pas d’hommes, de femmes, d’hétéros et de gais, il n’y a que des humains.  Ces distinctions servent à maintenir une lutte à partir de nos différences. Diviser, mépriser pour régner.  La société se conduira en malade tant que l’individu ne sera pas reconnu comme une richesse première, primordiale, pour ce qu’il est : un être humain.  La vie est la richesse des richesses.

Spirale intraprojective 27

octobre 2, 2020

Spirale intraprojective  27

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (Pp.  249 à 259)

                      
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Je n’ai rien contre la religion musulmane.  Au contraire, mes deux fils adoptifs, en sont membres.  Comme eux, je crois qu’Allah est Dieu, que Mahomet fut un prophète, mais pour ce qui est des règles de vie, je préfère l’Évangile, selon St-Jean ; car l’Islam ne sait pas se moderniser.  Il est trop fanatique et rigide.  Il me rappelle les périodes noires de l’histoire du christianisme : les croisades et l’Inquisition.  

Les prophètes n’existent que pour leur pays, l’ère et la civilisation pour lesquels ils apportent leur message, la lecture de l’âme de leur peuple.  Ils sont là pour unir les humains autour d’un mode de vie. Mais les religions doivent s’adapter aux découvertes scientifiques, même si celles-ci font ressortir leurs bévues. On peut maintenant manger de la viande le vendredi sans avoir peur d’aller en enfer et pourtant le catholicisme existe encore.          
                                      
*  *  *  *

Par ailleurs, les règles de l’immigration devraient être claires.  Tous les immigrants devraient savoir avant de venir au Québec qu’il s’agit d’un pays francophone, où l’homme et la femme sont des égaux et où tu vis ta religion sur une base privée, c’est-à-dire chez toi ou dans le temple.  Le reste de l’espace est neutre et non religieux.       

Pour s’installer chez-nous, il faudrait que ceux qui font ce choix aient au préalable une connaissance suffisante du français et que leur démarche pour reconnaître leur compétence, leur diplôme soient antérieure à leur venue. 

Le Québec pourrait même organiser des écoles en vue de l’immigration dans différents pays du globe.           

Le Québec doit aussi s’assurer, sur son territoire, que les autochtones soient traités avec respect.  Nous devons leur permettre de retrouver leur langue et une partie de leur culture, en ce sens, qu’il est bien évident qu’il leur est impossible de retourner complètement à une vie de chasse et de pêche.  Dans nos pays, ils devraient cesser de vivre dans des réserves et de devenir des citoyens égaux aux autres, à part entière.           

Cependant, dans une véritable Confédération, il faudrait trouver un territoire qui permet à ceux qui le désirent de retourner à cette forme de vie ancestrale.  Cela n’empêche pas un partenariat rentable pour eux en permettant aux autres de partager les richesses dont ils ne se servent pas sur leur territoire.  Les autochtones doivent avoir droit à leur souveraineté en tenant compte des réalités actuelles.

*  *  *  *  *

 LA RELIGION        
                                                               
 Quant à nous, nous ne devons pas refuser de remettre en question certains éléments de notre passé.  On vit en fonction de l’avenir.  Ce n’est pas seulement vrai pour la langue, mais aussi pour notre religion.  Le sectarisme religieux et linguistique est à l’origine de notre peur des étrangers.       

La foi aveugle est irrationnelle et par conséquent, c’est de la schizophrénie.

Les religions ont toujours été tournées vers le passé et leur domination est universelle. Quel sera son rôle d’unification dans l’avenir ?  Est-ce que les religions peuvent unir au lieu de créer toutes sortes de ségrégations ?        

Il y a du bon et du mauvais dans toutes les religions.  Elles sont toutes à la fois bonnes et mauvaises, selon l’utilisation que l’on en fait.  Pour savoir si elles sont valables, nous devons nous demander leur taux de tolérance et leur capacité de semer l’amour.  Si leur culture conduit à la haine et à l’intolérance, elles ne peuvent pas venir d’un dieu d’amour et elles ne peuvent être que mauvaises.         

L’humanité sort à peine de la mythologie et les religions en sont encore complètement prisonnières.  Elles sont une façon d’expliquer le monde et la vie et nos connaissances actuelles nous prouvent qu’elles sont souvent dans le champ de patates. Une chose est certaine, croire au mot à mot de la Bible, c’est complètement ridicule.       

Aucun pays ne devrait être dominé par une religion.  La religion et l’état sont deux choses totalement séparées.  Aucun exercice religieux ne doit être interdit, à moins qu’il fasse la promotion de la haine et de la violence.  Les religieux ne sont pas au-dessus des lois et n’ont pas le droit de prêcher la violence.  Qu’ils cessent de faire de la politique et s’occupe du spirituel.  Le monde ne s’en portera que mieux.

Aucun pays ne devrait accepter des usages qui mutilent un individu symboliquement ou en réalité (l’excision, par exemple).  Par conséquent, le baptême ou l’entrée dans la foi religieuse ne devrait jamais être possible avant l’âge adulte afin que l’individu ait réellement le choix de sa foi.  S’il est trop jeune pour comprendre sa sexualité, il l’est encore plus pour comprendre les religions et leurs croyances.          

Si tu veux être millionnaire, il suffit d’inventer une religion.  Les «preachers» américains prouvent combien il est facile d’abuser les gens si tu as une bonne gueule.  Pendant qu’ils empochent, qu’ils font la morale aux autres, ils se tapent tout ce que nous ne pourrons jamais espérer de notre vie. 

Quand tu dépasses la connaissance ou le savoir d’une population, tu peux l’exploiter impunément si tu arrives à lui faire croire que cette exploitation est divine.  Les hommes ne demandent qu’à croire…       

Les stratèges militaires ont compris l’importance des communications pour justifier l’injustifiable : la guerre, par exemple.

*   *   *   *

Ce n’est pas pour rien que les fédérastes s’emparent de tous les moyens de communication.  Ils peuvent ainsi faire croire n’importe quoi au peuple. 

Le coup de la Brinks, les promesses de Trudeau en sont des exemples formidables.  Tu peux toujours mentir au peuple, car même s’il s’en rappelle plus tard, il aura quand même réussi à oublier assez vite pour ne pas s’en rappeler aux prochaines élections.

L’assurance-emploi est un exemple de vol légalisé que la population endure bêtement.  Si la violence ne règle rien, il faut avoir l’intelligence de savoir comment se débarrasser démocratiquement d’un gouvernement qui ne nous respecte pas.

La guerre sert toujours les intérêts d’une petite minorité avide qui ne recule pas devant la mort des individus pour s’emplir les poches.  La seule vraie raison des conflits, c’est toujours l’argent, l’énergie, le territoire à occuper.  Peut-être faudrait-il inventer un monde sans argent.  Aucune personne ne devrait avoir droit de posséder plus de dix millions de dollars.     

*    *    *    *   *

Le ciel, le péché, l’enfer ne sont que des histoires, des rêves, des hallucinations, de tentatives de donner un sens à la vie.  C’est une interprétation pour éliminer la peur, spécialement, celle de la mort. 

Mais, avec la morale des bourgeois, c’est le moyen par excellence de nous laver le cerveau et faire de nous de bons moutons.  Il y a dans notre exploitation, une part de crédibilité, d’angélisme, de bonasserie, d’enfant.

                                                                             
*    *

Malgré ce j’écris, je demeure fondamentalement un croyant.  Je crois toujours que la mise en application des Évangiles est la plus grande forme de révolution mondiale.  Parfois, je m’en veux d’être aussi radical dans mes écrits.  Par exemple, ma famille y est parfois malmenée alors qu’en réalité j’ai eu une famille en or. 

Faut-il avoir peur de la fiction dans nos écrits sous prétexte que les lecteurs ne sauront pas faire la part de la réalité et de la fiction ?

Mes livres ne sont pas de vraies biographies, même si on peut le croire, À la base, je me sers simplement de mon expérience pour réfléchir, me conscientiser ; mais j’ajoute ce qui me sert pour créer un texte. Mes livres sont un long délire. Une façon de lécher mes plaies.

La fiction permet une liberté créatrice, un humour, un examen de conscience qui dépasse la réalité et permet de comprendre sans comprendre tout à fait.  Elle permet d’extrapoler les situations, d’intuitionner.  Mais, à quel moment, mon influence, s’il y en a une, devient-elle mauvaise ?


*  *   *  *  *

Je n’écris pas contre la spiritualité des religions.  Je crois sincèrement dans l’existence d’un Dieu qu’on l’appelle Allah, Dieu, Yahvé, n’importe, c’est la même chose. 

Je dénonce les règles, les rites des religions en ce qui concerne la sexualité. 

À cause de leur position sur la sexualité, les religions ont tiré, extirpé toute sagesse dans leur discours.  Leur morale sexuelle tourne à vide.   Ce sont des mots creux, assis sur des ignorances crasses, que l’on te force à voir comme des vérités éternelles. 

Les paroles dites saintes devraient exister pour nous faire réfléchir et non nous faire sentir des pécheurs.  L’Inquisition qu’elle soit de n’importe quelle religion demeure un meurtre froidement exécuté pour nous forcer à croire aveuglément.  Le fanatisme religieux est la pire des schizophrénies.    
     
*

Avant mon procès, mon ami Pierre Faucher, un ex-agent de la Sûreté du Québec, devenu professeur, qui m’entendait parler du plan B et l’intention du fédéral de recommencer l’expérience de 1970 avec ses propres ex-agents et ex-militaires du Pathfinders, me disait d’une naïveté incommensurable.  «Tu crois tout ce que l’on te dit », disait-il.  C’est presque vrai.  Comme ancien journaliste de la Tribune de Sherbrooke, je questionne tout ce que j’entends. 

Par ailleurs, je me suis souvent demandé et je me demande encore si ma paranoïa politique ne repose pas sur un trouble de l’émotion : je n’ai sûrement pas d’influence.  

Je suis ni de loin, ni de près un policier ou un gangster.  Je veux juste être un bon gars.  Je ne juge personne et je voudrais aider le plus de jeunes possible.  L’amour et la curiosité sont mes meilleurs moteurs.  Je crois dans la liberté individuelle.  Je pense aussi être très sensible à la justice et être très généreux quand je le peux.  Peut-être dois-je apprendre à contrôler ma générosité autant que la boisson (médication et boisson me font perdre la tête).  Je ne veux pas nuire à quelqu’un en voulant l’aider. 

*   *

À la suite de mon procès, à chaque fois, que mon jeune punk, Petit Gabriel se ramassait en prison, j’avais peur qu’on essaie de le tuer dans les murs de l’établissement, car il était parfois très bagarreur. 

On m’avait souvent dit que ce type de gars se suicide souvent en tôle.  J’en suis venu à croire qu’on espérait l’aider à s’enlever la vie.  Je prenais ça comme un moyen de chantage pour m’empêcher de me battre pour le Québec.  J’avais peur de mettre sa vie en danger à chaque ligne que j’écrivais, car le système s’en prend habituellement à ceux qui t’entourent pour te faire chanter…    

Cette peur était plus affreuse que ma propre mort.  Que j’en ai mangé des bananes pour gagner assez d’argent pour lui fournir tout ce dont il avait besoin en dedans pour ne pas se décourager.  Les conseils reçus étaient toujours de le laisser tomber.  Je suis certain qu’un prisonnier, plus que quiconque, a besoin au contraire de pouvoir croire qu’en quelque part, il y a un autre individu prêt à l’aider à s’en sortir.  Malheureusement, tu ne peux rien faire, car la décision de ce que sera son avenir lui appartient.

Le système est une mafia légale parce qu’il te force à voir l’honnêteté comme une forme de naïveté.  Il te force à tricher.      

Mon obsession en prison est devenue de ne pas apprendre à haïr, de continuer à vouloir le bien des gens. Je ne devais pas me révolter même si je trouvais ma sentence injuste.        

Depuis que mon plus jeune fils adoptif, Rouhed, s’est suicidé pour une fille et sûrement aussi à cause des drogues dures, j’ai peur de la drogue.  Je ne savais pas que Rouhed consommait car j’enseignais à Val-d’Or alors qu’il avait mon appartement à Montréal.  Depuis sa mort, j’ai encore plus peur de toutes les formes de violence.       

La mort de Rouhed a été pour moi la chose la plus effroyable que j’ai vécue.  J’ai cru être victime de chantage et que l’on s’en prenne à mes proches.  Je savais que mon maillon faible est l’amour que je leur porte.  Je savais que ces peurs sont maladives comme toutes les peurs.  J’avais trop mal pour voir la réalité en face.  Je serais mort à sa place, si j’avais pu.     

« Avec toi, c’est facile d’avoir tout ce que l’on veut, m’avait dit son frère.  Il suffit de te dire « je t’aime» pour que tu perdes la tête et ouvre ton portefeuille.»

Rouhed était mort.  Marc en se suicidant dénonçait le chantage dont il était victime.  On m’avait aussi dit que je perdrais la petite de Rouhed, Maélie, car on l’éloignerait assez longtemps de moi pour qu’elle devienne une étrangère.

On m’a aussi avoué que mon procès était un coup monté, en essayant de se servir de mon entourage pour m’inculper, mais personne n’a accepté de témoigner contre moi

J’apprécie cette marque d’amitié.  Par contre, la dame qui a pris charge de Maéli a envoyé mon livre L’homo-vicièr à la cour pour s’assurer que je ne puisse pas adopter la petite.  Elle était payée pour s’en occuper.  Les femmes sont dégueulasses quand elles se servent des lois pour se venger des hommes. Le juge qui avait dit qu’elles sont pires que les fascistes avaient totalement raison.

Selon Faucher, il n’y a qu’un moyen de dénoncer un coup monté : observer ce l’on fait de trop pour t’inculper et la suite des persécutions.  Si c’est politique, on ne te lâche pas.   

Dans un témoignage monté par la police, celle-ci recommande les « je ne sais pas », les «je ne me rappelle pas » aussi souvent que le témoin déroge du scénario initial, ce qui pourrait porter préjudice à la preuve nécessaire pour obtenir une condamnation.       

Mathieu, mon accusateur, fut avec son père, les seuls témoins, lors de mon procès.  Mathieu s’en est servi dans les différentes versions, au moins plus d’une centaine de fois.  Le procès fut même interrompu pour s’entendre sur la version du dossier sur laquelle reposait le procès, car on avait deux déclarations différentes de Mathieu, venant de la DPJ.      

La DPJ (direction de la protection de la jeunesse) est une nouvelle forme de gestapo pour les jeunes. Elle a présenté deux versions des faits à la suite de l’interrogation de Mathieu, durant plusieurs heures. . Pourquoi deux versions, je ne les ai pas.  L’une d’elle était très peu crédible, à cause de mon bras presque totalement inutilisable. 

Même après avoir été condamné, le système fédéral a continué d’essayer de m’écraser judiciairement en demandant cette année, cinq ans après le premier procès, une prolongation de ma probation. 

Financièrement, après m’avoir accepté dans un projet Sprint, pour réorienter ma carrière en informatique, on me l’a refusé sous prétexte d’une erreur administrative.  J’étais même déjà accepté au CEGEP Maisonneuve.          

Cette chasse aux sorcières n’est pas une illusion.  Je paie encore.   

*   *   *   *        
     
Le French power (Trudeau-Marchand-Pelletier) a une hantise maladive de tout ce qu’il croit séparatiste.  Juste à penser que le Québec pourrait devenir un pays les rend malades.  Cette obsession vient probablement du fait que le Québec comme l’Ontario ont toujours été les vaches à lait au sein du Canada. 

Si le Québec n’est pas rentable pour le Canada, pourquoi insiste-t-il tant pour que nous en fassions partie et pourquoi est-on prêt à y envoyer l’armée pour assurer sa domination linguistique et territoriale ?

Si le Québec ne présentait pas un bon bilan financier, Ottawa ne serait pas intéressé à passer des lois de la clarté pour s’assurer que le Québec ne puisse pas devenir indépendant à la suite d’un referendum.  Le Canada nous mettrait tout simplement dehors. 

Les bourgeois francophones créés avec l’existence du Canada ont peur de perdre les avantages financiers que procurent le jeu de rois-nègres, si le Québec devient un pays indépendant.  Dans le Canada, ils peuvent manger dans les deux plateaux.  S’ils croyaient réellement dans l’avenir du Canada, ils modifieraient notre constitution et nos institutions de façon à créer d’URGENCE un continent américain comme en Europe, sauf, qu’en Europe, cette union commence déjà à ressembler à une fédération.  L’Union européenne ou américaine ne doit pas être qu’un marché, mais l’expression pacifique de toutes les cultures.     

La véritable confédération n’a rien de séparatiste.  Elle envisage une participation du Québec à différentes dépenses confédératives, donc, qui regardent l’intérêt de toutes les parties constituantes et qui représentent les dépenses confédératives.  En ce sens, la péréquation a toujours fait l’originalité du Canada, donc, elle doit être maintenue.  Cette forme d’union permet la libre circulation des personnes, des biens et des services.       

La confédération permettrait la survivance du Canada, mais si l’Ouest ou le reste du pays n’en veut pas, le Québec doit continuer son cheminement seul et se tourner davantage vers l’Europe et l’Asie pour assurer sa survivance économique. 

Une chose est certaine, le fédéralisme, par nature centralisateur, étouffe le Québec

C’est facile, dans une perspective à court terme, de refuser de voir le problème, mais chaque année rend ce cancer plus mortel.  

Que les plus vieux soient des libéraux fanatisés comme les talibans sur un plan politique, c’est un bien mauvais héritage à donner aux générations montantes.  Comment peut-on parler de démocratie, si la population est incapable de changements ?      

Les péquistes ont été les initiateurs de notre société moderne ; mais si les libéraux ne s’étaient pas ancrés et figés dans leur colonialisme anti-Québec, ils auraient pu nous apporter plus de changements, car le consensus aurait été plus grand. 

Le problème des libéraux, c’est qu’ils n’ont pas su évoluer depuis le départ de René Lévesque parce qu’ils refusent de reconnaître la vérité : Ottawa étouffe le Québec.

Des changements sociaux exigent une vision différente, un approfondissement des problèmes.  La liberté sexuelle pour un vieillard, ça risque de ne pas beaucoup jouer dans la balance, mais cette liberté est un élément essentiel au bonheur des jeunes. 

La qualité de vie ne semble pas importante, mais c’est ce qui détermine la capacité de vivre plus longtemps.  C’est bien beau de légaliser la marijuana, mais il faut au préalable s’assurer qu’elle ne sera pas le pire handicap à la scolarisation des jeunes, un frein à la qualité du travail et à sa productivité.

Spirale intraprojective 26

octobre 1, 2020

Spirale intraprojective  26

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (Pp.  243 à 250)

Deuxième partie

Tables des matières :        

1- Le système économique est une mafia légale.      

2- Le diable n’est pas celui qu’on pense … la théorie du veau d’or … grâce à ses lois, le système crée ses saints et ses bandits.  Les religions servent au lavage des cerveaux.et la domination émotive.         

3- En condamnant la sexualité, le système consacre la violence, l’hypocrisie, la culpabilité, à travers un trip de pouvoir …     

4- Le Québec est toujours une colonie anglo-américaine.   

5- Lequel des deux gouvernements (fédéral ou provincial) doit disparaître ?      

6- Le problème des indécis (les indifférents et les ignorants décident).    

7- PQ-Libéral- ADQ (du pareil au même — à cette époque–) … L’indépendance ne se fait pas parce que c’est dans l’intérêt de la petite bourgeoisie locale du Québec et de la bourgeoisie canadienne… L’indépendance, c’est un système pour le peuple, les petites gens. C’est le ciment de nos idéaux.  

8- Le contrôle de l’information et de la vie privée ainsi que la fausse Charte des droits de l’homme protègent la pègre et non les individus.

9- Retour sur l’histoire.      

10- La confusion des mots.         

Une véritable confédération est un ensemble d’états indépendants qui s’associent, tout en conservant leur souveraineté.  Paul-Gérin Lajoie appelait cela, il me semble, des états associés.  Même s’ils délèguent des pouvoirs à un gouvernement central commun pour une gérance commune, le pouvoir appartient toujours aux provinces ou aux régions, en définitive au peuple.  Il n’y a pas que décentralisation, mais aussi déconcentration.     

Une confédération est un regroupement d’états pour la défense d’intérêts communs.  Le Canada été créé par une bande de capitalistes intéressés au chemin de fer, même que cela a coûté la vie à Louis Riel et ses Métis.            

11- Conclusion : Un peuple = un pays.      

Cette table des matières devait me servir de plan pour la rédaction de mon livre à Bordeaux Beach.  À ma sortie de prison, ce livre avait environ 45 pages.  Ça énormément changé depuis : le monde évolue, mes idées aussi.    

Que tu sois Québécois de souche francophone ou immigrants, quand tu payes un double impôt, une double taxation, tu paies quand même trop.  Tu es tout aussi masochiste que l’autre qui accepte ce système schizophrénique à deux têtes.

La loi doit être au service de la sécurité et du bien-être du peuple, et non, au service des multinationales et de la mafia mondiale.

L’économie : une mafia légale mondiale.

*   *   *   *

La souveraineté

L’indépendance ou la souveraineté du Québec, ce n’est pas seulement une question de gros sous, mais un geste de fierté, de confiance en «nous» QUÉBÉCOIS ainsi que la réalisation d’un idéal : vivre dans le pays le plus libre, le plus démocratique et le plus tolérant de la planète.     

Le Québec sera le pays du respect des uns et des autres, du respect de la vie et de l’être humain.  Le pays de l’égalité des sexes et de la fraternité.  Le pays de la liberté.  Un idéal à rechercher.   

Le Québec indépendant doit être l’endroit où il fait le mieux vivre. L’endroit où chacun a le pouvoir de se réaliser au maximum afin de servir sa communauté d’appartenance. 

Ce rêve n’est ni blanc, ni noir, ni hétérosexuel, ni gai, ni catholique, ni protestant, ni musulman, ni bouddhiste, ni matriarcal, ni patriarcal ; mais, tout simplement HUMAIN.

C’est la reconnaissance de la valeur absolue de tout individu, de tout être vivant ainsi que le droit de vivre la vie la plus agréable, la plus confortable, la plus enrichissante possible avec la responsabilité individuelle d’assumer son rêve de vie et de respecter les autres

Le Québec est notre pays, en attendant qu’un jour pour tous les humains, la terre soit le pays de tous les hommes
.  Un monde sans frontière.

Malheureusement, tant que le Québec fera partie du Canada dans sa forme actuelle, la toile de fond demeurera une lutte contre l’impérialisme idéologique hébro-anglo-américain avec le politiquement correct et le colonialisme anglo-saxon. 

Le seul moyen d’échapper à l’impérialisme et au contrôle de la pensée (1984) est la possibilité de permettre à chaque peuple de devenir un pays indépendant.  Pourquoi des Tibet, des Cachemire, des Tchétchénie, des Québec?

Chaque nation, chaque peuple doit avoir le droit absolu d’être un pays dès qu’il peut assurer le bien-être de sa population.       

Dans notre monde, aujourd’hui, il est impensable d’exister sans une forme de partenariat avec les autres.  Les réalités politiques doivent éliminer les tensions entre nations, Le militarisme est une puissance usurpatrice.  Les peuples doivent exister sans guerre, car il y va de l’existence même de l’humain.  Il faut apprendre à partager et non à nous écraser.        
La mondialisation, prise dans ce sens, est essentielle pour nous défendre de l’impérialisme des grandes puissances, mais ces nouveaux pays doivent correspondre à leur réalité intérieure, à leur peuple. 

Chaque pays doit pouvoir assumer complètement la démocratie, même si elle a encore besoin d’être définie.  Chaque pays doit pouvoir garantir sa paix intérieure.  Si deux nations ne peuvent pas s’entendre, on ne doit pas les forcer à demeurer ensemble, on doit créer des pays correspondants au territoire où elles se trouvent si elles sont assez nombreuses pour le justifier et pouvoir assurer leur autonomie. 

Si les minorités ne peuvent pas endurer la majorité, elles doivent trouver un endroit où elles peuvent enfin vivre comme une majorité.  Un jour, on aura peut-être compris que la meilleure solution est la tolérance.  On juge une majorité au respect de ses minorités.  L’intelligence exige que les humains soient respectés en tant qu’humains, n’importe où.   

Les Anglophones du Québec qui ne nous acceptent pas comme francophones, qui ne sont pas heureux de vivre dans un Québec français, ont tout le reste du Canada pour vivre dans une société qui s’exprime seulement en anglais.  Personne a forcé qui que ce soit à s’établir au Québec plutôt qu’ailleurs au Canada.  Par contre, ceux qui sont heureux de vivre au Québec doivent être considérés comme des citoyens à part entière.  Il n’y a pas de citoyens de souche, il n’y a que des gens qui cherchent le mieux-être de tous, dans un espace donné.  La constitution des pays doit assurer la paix intérieure à chaque nation et le respect des citoyens.          

Si les minorités francophones étaient respectées dans le reste du Canada, permettant au Québec de pouvoir cesser de craindre l’assimilation, le problème linguistique serait totalement différent. 

Les Anglophones de Montréal essaient toujours de combattre les droits de la majorité, en essayant d’attirer les immigrants et reprendre leur pouvoir colonialiste.   Tous les moyens sont pris pour permettre aux immigrants de déjouer les lois sur la langue d’enseignement et de revenir à l’école confessionnelle ou anglaise.      

Par contre, ceux qui acceptent le fait français et acceptent de devenir bilingues pour communiquer avec la majorité, savent que le Québec est une terre où il fait bon vivre pour tout le monde. Le Québec doit avoir le pouvoir absolu sur son immigration. 

La majorité des guerres politiques territoriales sont d’abord culturelles, religieuses et économiques.  Elles sont le fruit de l’impérialisme des super puissances.  La planète ne pourra pas toujours subvenir aux besoins de tous les humains si on n’accepte pas un partage plus équitable.  Si on ne se rend pas compte que la planète a aussi ses limites, on acceptera des guerres pour avoir le plus de puissance et de biens alors que d’autres mourront de faim encore plus qu’aujourd’hui.

*  *  *  *  *  

Les religions sont un poison quand elles sont utilisées pour dominer.  Elles peuvent faire croire qu’elles possèdent la vérité.  Avec la foi, les gens peuvent être assez fous (fanatiques) pour mourir … la tête enflée de foi … Une religion qui ne respecte pas la conscience individuelle est une fumisterie.  Dans l’irrationnel, personne ne peut se targuer de détenir la vérité. 

Par contre, il faut faire une nuance entre les fanatiques religieux et ceux qui pratiquent simplement leur religion. Le Coran est aussi un appel à l’amour quoique certains oublient cet aspect essentiel de son enseignement. Par contre, la Charia est un délire dangereux de pouvoir et d’ignorance de la réalité humaine.     
                       
*     *    *    *    

Dans un livre préparé pour l’ex-feu président Kennedy, Galbraith ou Monsieur Doe, dans La paix indésirable, disait qu’il faut absolument des guerres régionales pour sauver l’économie dont la seule distribution est l’emploi. 

À son avis, sans guerre, le système économique n’a pas assez de dépenses inutiles pour survivre.  Même, si tous les habitants de la terre étaient nourris, logés, vêtus, soignés, éduqués, il n’y aurait pas assez de dépenses inutiles (comme les voyages spatiaux qui permettent des milliers d’emplois, très bien rémunérés… un moyen intelligent de se servir des deniers militaires) pour permettre à l’économie de s’auto générer.  

Les guerres sont entretenues par les vendeurs d’armes de toutes les grandes puissances et les sociétés qui exploitent des richesses naturelles.  L’Afrique est l’exemple parfait de cette exploitation.  L’être humain ne compte absolument pas.  C’est là la seule raison valable de rejeter la mondialisation, tel qu’envisagé présentement.

Accepter l’impérialisme judéo-américain, russe, chinois, c’est condamner la planète à sa destruction.  C’est accepter que la loi du plus fort soit celle de la violence.  L’histoire de la terre devrait nous avoir appris que la survivance de l’homme passe par l’abolition du militarisme.     

Une mondialisation qui n’est pas centrée sur l’humain est un véritable cauchemar, car c’est le capitalisme sauvage militarisé … la domination ne peut s’exercer qu’en utilisant les armes.  Le militarisme, c’est l’orgueil incarné.  C’est Lucifer.

Dans la majorité des manifestations, la violence est créée par ceux qui veulent protéger leurs intérêts.  Le système est mille fois plus violent que ses opposants, car, il crée lui-même ceux qui s’opposent à lui.  Quand la situation leur demande d’être assez bandits pour pouvoir tuer ou intervenir sans rendre compte à la population, on crée alors des lois d’exception.   

Le Québec qu’il le veuille ou non est américain ne serait-ce que par sa situation géographique.  Cette proximité peut être réduite par la différence de nos valeurs, même si l’homme est l’homme et que nos croyances finissent toutes par se ressembler. Pourtant, les nuances entre la perception catholique et protestante de la vie sont immenses.  Les protestants utilisent la Bible, les catholiques sont plus portés sur le Nouveau Testament.  Un recherche la domination ; l’autre, la tolérance.  Mais, on les confond de plus en plus.           

Les études sociologiques prouvent que pour les protestants tout est pouvoir et l’argent remplace le sexe.  Cet impérialisme religieux vise à dominer l’univers.  Les États-Unis sont impérialistes comme la Rome ancienne alors que le Québec est un pays qui préconise le droit aux nations d’exister sans être exploitées.

Le Québec est anti impérialiste et colonialiste.  Cette maladie de croire en sa supériorité est un phénomène d’abord individuel.  C’est le fruit de la conscientisation à l’Autre, à son droit et à l’égalité.           

Le colonialisme est un vol légal
.         

De ce fait, le Québec ne sera jamais une partie intégrante des États-Unis, même si cela n’est pas invraisemblable avec le temps sans un changement radical des États-Unis : si Washington consentait à l’État du Québec, les mêmes pouvoirs que ceux exigés dans le referendum — maître absolu de ses lois, de sa culture, de son territoire et de ses relations avec le monde) afin de créer l’Amérique, sous forme de confédération; ce serait un scénario envisageable. 

Mais comment peut-on croire cette union possible quand à Vancouver comme à Indianapolis, on refuse de te parler à cause de ton accent.  Refuser l’accent des autres n’est que le signe que tu as la tête tellement enflée que tu te prends pour un autre.  Tu refuses de faire un effort pour t’ouvrir à ce qui est différent de toi.        

Tout est négociable.  Si le Canada refuse de devenir une véritable Confédération, le Québec devra devenir indépendant ou se créer un programme qui lui permet de devenir un état américain, si on lui assure un partage des pouvoirs qui lui garantisse la survie du français. 

Le peuple québécois ne se portera pas plus mal s’il est américain, sauf que les Américains sont les plus détestés à la grandeur de la planète, qu’ils ne peuvent pas s’empêcher d’essayer d’exploiter les autres et leur iniquité sociale est répugnante.   À quoi ça servirait de vivre dans un pays qui refuse de te reconnaître comme nation ?  Peut-on changer de groupe parce qu’il ne partage pas nos valeurs pour aller dans un autre qui fait de même ? Le racisme est la pire maladie américaine.  Les blancs se croient supérieurs aux autres.    

Les Québécois ne pourront se réaliser comme peuple qu’en assumant leur indépendance ou en transformant le Canada en une vraie confédération  où le fédéral est une superstructure avec un minimum de champs de compétence (péréquation, argent, armée, intégrité territoriale).  L’interdépendance dépend des besoins et des compromis possible pour assurer le bien-être de chaque état membre.   

Les structures et les buts doivent être déterminés par les provinces.  Le pouvoir central doit être strictement un pouvoir de coordination, de gérance entre les provinces ou régions devenues pays et de gestion des compétences que les provinces ou territoires indépendants leur a consenti.       

Le Canada doit exister pour permettre à son peuple d’être différent des États-Unis, pour défendre sa territorialité et ses richesses naturelles.  Si le Canada refuse la possibilité de créer une véritable Confédération avec le Québec, les Québécois doivent se tourner commercialement vers l’Europe et le reste du monde pour éliminer sa dépendance aux États-Unis et devenir un état totalement indépendant à l’intérieur de l’Amérique.           
Il est évident que les États-Unis essaieront de nous avaler afin de se procurer nos richesses.  Un état continental, comme en Europe, devrait être créé avec le Mexique, le Canada, le Québec et les États-Unis le plus tôt possible.  

Les partenaires des États -Unis auront énormément de travail à exécuter pour s’assurer leur indépendance commerciale et militaire ; car, les États-Unis ont toujours pensé que le monde leur appartient.     On devrait maintenant ajouter la Chine.

Le pouvoir des multinationales est la nouvelle forme de colonialisme moderne.

Le projet de Confédération entre le Canada et le Québec ou la souveraineté (c’est la même chose) permettrait d’éliminer nos éternelles querelles et d’éviter que l’on ne se détruise mutuellement.       

Quand le Canada a été créé, le pouvoir devait émaner des provinces d’où la Confédération, mais des profiteurs (chemin de fer, etc.) ont saisi le pouvoir et le Canada est devenu le contraire de ce qu’il devait être : une fédération. Auparavant, on avait la décence d’y reconnaître au moins les deux peuples fondateurs.  

La nouvelle confédération doit exister par et pour le peuple.  Elle doit être créée à la suite d’un referendum.  Cette position constitutionnelle n’a rien d’anti-indépendantiste.  Elle tient simplement du gros bon sens.  Même indépendant, le Québec devra s’unir à d’autres pays pour compléter son marché et avoir une économie solide.     

Dans une vraie Confédération, le Québec a tous les pouvoirs : au minimum, tous les impôts, toutes les lois, sa culture et toutes les relations avec les autres pays comme les autres États formant le Canada (Ontario. Ouest canadien, etc.).  Il s’agira ensuite de partager les dépenses pour l’armée ou la protection du territoire, le système monétaire et la péréquation. 

Le gouvernement central cessera de toujours se mettre le nez sans la vie des provinces devenues des états.  Il n’y aura plus de double juridiction ou de juridiction mixte.  Quant au système judiciaire, il est là seulement pour interpréter les lois créées par le parlement et non pour les changer.  Être à la merci du système judiciaire équivaut à une dictature de la mafia légale. 

Au Québec, la décentralisation et la déconcentration doivent être une pierre angulaire de notre développement avec des gouvernements régionaux.  Le gouvernement et toutes ses institutions doivent devenir des organismes de gérance à but non lucratif.  Tous les profits doivent servir à améliorer la qualité de vie de tous.  L’avenir doit être sévèrement planifié.        

Le Québec doit être un pays indépendant pour la survie de sa culture et de sa langue.

Le Québec est une société distincte. 

Nous n’arriverons jamais à nous entendre avec le reste du Canada, si nous ne vivons pas côte-à-côte plutôt que de continuer cette lutte de domination, ce mariage contre-nature.     

Un pays, c’est l’espace géographique et temporel permettant de partager le cheminement identitaire d’une communauté liée par son appartenance à une culture qui lui est propre.  Cette culture peut aussi contenir, imbriquer plusieurs nations qui doivent cependant avoir décidé d’échanger leur connaissance et leurs expériences afin de créer un diamant de pensée, une pensée collective unique, malgré les multitudes d’expériences individuelles vécues.         

Quand les hommes seront assez intelligents pour s’entendre et se respecter, la notion de pays n’aura plus à exister. La terre est un espace loué dont nous avons la responsabilité, le temps de notre existence.    

Le pays, c’est le moule de cet esprit, de cette culture alors que l’individu est la semence qui grandira et retournera à cette terre-moule nourrissant la spirale de la collectivité qui elle aussi grandira de l’intérieur, en perfection, grâce à ces expériences individuelles.           

Le but de la vie, comme disait André Gide, c’est de vivre.  Cela devrait nous suffire puisque nous ne savons pas d’où nous venons, ce que nous sommes et où nous allons. 

Si les immigrants avaient le moindre respect du Québec, ils s’intégreraient à la francité.  Ils ne nous imposeraient pas leurs valeurs.  Ils n’importeraient pas leurs haines millénaires.         

Si le passé a une puissance d’enseignement, nous ne vivons pas en fonction de celui-ci, car nous ne pouvons rien y changer ; mais en vue de l’avenir, car le présent est garant de l’avenir.           

Si nous semons la haine, il est impossible de récolter le bonheur.  Les arrivants ne doivent pas nous imposer ce pourquoi ils ont quitté leurs propres pays.  S’ils acceptent de vivre au Québec, c’est qu’ils acceptent ce qu’est ce Québec qui les reçoit.  Sinon, ils n’ont qu’à aller vivre ailleurs. C’est leur choix.           

Depuis quand l’hôte est-il raciste tout simplement parce qu’il veut se faire respecter?   

Si je vais me promener chez quelqu’un quand, sans permissions, je me mets à fouiller dans son frigidaire, je ne sais pas vivre … et si l’hôte me reproche mon manque de civilité, il n’est pas raciste, il a tout simplement raison.    

Le Canada est anglais, le Québec est français.  Si je m’installe au Québec, c’est que j’accepte de vivre dans un pays français.  Rien ne m’empêche d’aller vire au Canada ou ailleurs si je veux être dans une communauté qui s’exprime en anglais.  C’est à moi comme immigrant à m’adapter au pays hôte, qui a la générosité de me recevoir, et non, le contraire.          

Si je n’aime pas le fait français je n’ai qu’à aller vivre où ça me plaît au Canada où je serai automatiquement perdu dans une mer anglophone.

Je n’étais pas maître de la maison à mon arrivée, je dois ne pas croire que le temps m’alloue ce privilège.  Ce ne sont pas les Québécois qui doivent s’adapter aux immigrants, mais c’est aux immigrants qu’il appartient de s’adapter au Québec.  Le Québec n’a pas à s’angliciser ou s’islamiser pour faire plaisir aux immigrants.  C’est la même chose pour les Juifs qui essaient toujours de contourner les règles.

Le fanatisme religieux comme tout fanatisme est l’autoroute de la maladie mentale.    

Spirale intraprojective 25

septembre 30, 2020

Spirale intraprojective  24

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (Pp.  233 à 243)

*   *   *   *

L’écrivain Raoul Roy, le penseur d’un Québec socialiste et indépendant, a souvent dit et publié que la go-gauche (la fausse gauche) est à la solde d’Ottawa.  Pour eux, être à gauche est plus important que l’indépendance.  Dans les partis politiques qui se prétendent féministes, le féminisme est plus important que l’indépendance.

Je suis pour un Québec souverain, complètement indépendant, sans aucun trait avec le Canada en particulier, même si je sais qu’aucun pays ne peut vraiment être totalement indépendant des autres. Une véritable Confédération, c’est une structure décentralisée, donc, les provinces décident du rôle limité du gouvernement central. Pour les fédérastes, je suis donc le mal en personne.  C’est pourtant une nuance extrêmement importante.  

Je ne suis pas le pantin des grandes puissances économiques.  Malgré mon penchant populiste, je dénonce les féminounes homophobes ou les homosexuels antiféministes.  Leur division fait le jeu des courants économiques qui se servent des valeurs pour entretenir des guerres et des chicanes de clocher

Il ne devrait pas y avoir de féministes, de gais, de pédérastes, mais strictement des humains. L’humain n’a pas à être catégorisé en fonction des orientations sexuelles. 

Selon ces groupes qui furent déjà marginalisés, je suis un gros cochon qui refuse la morale internationale judéo-chrétienne, musulmane ou autre, la morale des hétéros machos, cette morale de l’inquisition moderne.       

Lénine, Staline Pol Pot ont été de beaux salauds à l’égal d’Hitler.  La Gestapo ou de la CIA américaine, c’est du pareil au même.  La guerre actuelle est perpétuée par les services secrets des différents pays qui sont là seulement pour protéger l’économie de leur pays, se fichant complètement que nous sommes tous des êtres humains condamnés à disparaître, si on ne les arrête pas avant qu’ils aient fait mourir la planète.   

Aujourd’hui, pour des avantages économiques, on assiste au mariage contre-raison des Bush-Poutine.  Dans quelques décennies, quand ils auront vidé la terre de ses richesses naturelles, ces conquérants, ces assassins légaux, s’entre-tueront pour les quelques richesses naturelles qui resteront quand la Chine se sera rassasiée.        

La guerre du pétrole nous démontre à quel point les humains peuvent être des bêtes quand les richesses naturelles servent leurs portefeuilles.  Tuer l’autre pour survivre deviendra la loi et l’ordre…   Les purs chasseront les impies comme dans le temps des Croisades.  L’homme n’a pas évolué.         

Je suis un peu comme Obélix, tombé très jeune dans la potion magique québécoise ; mais je suis aussi un être humain qui peut en avoir plein le casque d’attendre de vivre …  L’océan de mes émotions fut plus qu’houleux au cours des dernières années.  Une peur qui t’infiltre et te paralyse.  La pédérastie est mon contrepoison.  Ce qui me permet d’être encore un rebelle.  Même si j’ai perdu la voix.

Pour les plus cons, je suis un ennemi de la souveraineté parce que j’ose écrire que je suis pédéraste.  Ainsi, je nuirais à l’image.

Pourtant, être soi-même, c’est une qualité pour celui qui rêve de liberté.      

Ceux qui me reprochent de ne pas être tiraillé par les remords sont débranchés de la réalité.  Ils manquent de planification, de vision pour les prochaines années. 

Ma pédérastie n’est pas une excuse pour dissimuler notre aliénation.   Elle dénonce notre incapacité à voir le monde autrement que celui qu’on nous a créé sur mesure.

Je suis qu’un objet de plus à haïr et une excuse pour refuser de voir qu’ils font tout pour perdre les élections.  Ils perdent leur base.  Les gens s’en fichent que je sois pédéraste.  Sauf, qu’ainsi stigmatisé, je perds toute crédibilité. 

Les gens ont besoin d’un sauveur qui répond à ce que doit être un sauveur.  Un miracle. 

La thèse est trop diluée pour que les gens saisissent que la Confédération ou l’Indépendance, ce n’est pas ce qu’il y a de plus fondamental, ce n’est qu’une structure ; mais c’est aussi l’autoroute de la circulation de l’argent.  Le lien confédéral est très tenu et les pays doivent être réellement souverains, maîtres de leur politique intérieure. 

Bernard Landry nous y conduit-il mieux et plus rapidement que Mario Dumont.  L’indépendance est-elle le fruit de la droite ou de la gauche ?  Le mûrissement de notre situation et de sa prise de conscience.  Elle dépend probablement plus des intérêts économiques planétaires que des valeurs.  L’ADQ saurait-il se tenir debout devant Ottawa ?  Chose certaine, il n’y a que le parti libéral qui fera définitivement reculer le Québec, le coloniser davantage, s’il prend le pouvoir, car il est la manne des riches la pourriture au carré.  

Le rapport Allaire bonifié est réalisable si le Québec se tient debout et va chercher les pouvoirs dont il question ou on peut entrer par la grande porte de la souveraineté comme le dit Bernard Landry.     

Pourquoi brasser la cage quand on est aussi bien ?  Il faut absolument changer comme le veulent les journalistes, mais changer pourquoi ?  On devrait dire pour qui, car l’aspect physique prend de l’importance avec le vote féminin.  Pourquoi créer un nouveau pays quand Chrétien-Dion veille sur nous?  Paul Martin est-il plus décentralisateur, plus sensible à la pauvreté ?   A-t-il cette même obsession anti-Québec que le gouvernement Chrétien ?    

Puisque Mario Dumont jouit d’une grande popularité, tous les hypocrites, les nationaleux, les carriéristes de l’indépendance essaieront d’y mettre le pied pour se tailler une place au soleil.  La virginité de l’ADQ a sauté avec les dernières élections partielles.  Elle se prend pour un rayon de soleil ; mais Mario Dumont devra nous dire qu’elle sera la place du français en éducation et comment il réalisera l’application du rapport Allaire, déjà rejeté par Ottawa, sans même y ajouter les juridictions essentielles pour que le Québec puisse y retrouver son compte.   

Le problème avec l’ADQ, c’est que nous pouvons nous retrouver devant un «nouveau deal» à la Charlottetown … Serons-nous soumis aux caprices d’Ottawa, sous prétexte que ce n’est pas le temps de tenir un nouveau referendum.  Jusqu’à quel point serons-nous masochistes ?

Il y a beaucoup d’avantages avec Bernard Landry par rapport à Lucien Bouchard.  On a eu la peau de Bouchard en faisant croire qu’il n’était pas un vrai souverainiste. (Aujourd’hui, je commence aussi à avoir de sérieux doutes.)  Cette fois, je mets les gens au défi de prouver que Bernard Landry n’est pas souverainiste.  Un carriériste ?  Probablement, mais un carriériste de la souveraineté.  Sans tambour, ni trompette, il sort lentement le Québec de ses problèmes ; mais on dirait que personne ne s’en rend compte.  Il manque un peu de poigne face à Ottawa, porte-parole des États-Unis.   M. Landry a l’allure péquiste, un petit idéaliste qui avec son langage peut nous sembler pédant, mais peut-on reprocher à quelqu’un d’être instruit ?  On sait que les Québécois détestent tout ce qui leur rappelle l’accent français.  Il est moins dictateur que Chrétien, mais il semble savoir où il s’en va…        

Au Québec, nous devons tenir un débat de fond sur notre avenir, tenant compte de tous les facteurs, même mondiaux, et n’ayant pas peur de dénoncer tous les nombrilistes qui nous empêchent d’avancer.  Nous devons cesser de rêver la souveraineté et la faire.  L’indépendance doit correspondre à un projet de société. 

D’ailleurs, si le gouvernement était élu, selon un mode de scrutin proportionnel, la vraie démocratie s’en porterait mieux.  Toutes les tendances québécoises seraient représentées, car, qu’on aime ça ou pas, même un libéral fédéraste qui habite le Québec est un citoyen du Québec.       

Par son côté conspiration, la crise d’octobre ressemble à ce qui vient de se passer à New York, en 2001.   La seule différence, les patrons de Ben Laden et de George Bush doivent exister à un niveau financier supérieur au nationalisme, car pour profiter des événements, tu dois servir des intérêts au-delà de ceux des pays.  La crise actuelle est strictement économique.  Une guerre de riches.      

La guerre du pétrole bénéficie à la grande mafia internationale, soit le monde financier, capitaliste et communisme.  Un monde sans âme qui ne recule pas devant la mort des individus pour améliorer les résultats financiers.  Et, nous sommes assez débiles pour donner plus d’argent à la police et à l’armée pour protéger ces assassins légaux.  La CIA a toujours été un nid de terroristes à l’échelle de la planète.  La seule différence, on essaie de nous faire croire qu’il peut y avoir des raisons valables pour justifier la mort d’un humain.  Toute grande puissance est prête à détruire l’autre pour sa suprématie maladive.     

En 2000, on tuait les pédérastes (Marc Lachance, par exemple) et en 2004, on tuera sous prétexte que ce sont des Talibans.  Ces derniers servent à justifier la haine interreligieuse à entretenir pour garder la nécessité d’une purge.  L’appât financier justifie la mise à mort de milliers d’humains à travers des guerres.  C’est ce que représente cette guerre des religions, cette redistribution des richesses naturelles, en faisant semblant que c’est une question de foi.    

Faut-il juste être prêt, car on est totalement impuissant ?  L’avenir appartient en très grande partie à l’honnêteté de la presse.  Journaliste vrai, médecin compatissant, ce sont les nouveaux sacerdoces… Pour survivre, tout sera concentré sur l’Évangile selon St-Jean, c’est à dire que chacun doit devenir le serviteur de l’Autre.  

Le monde changera dès qu’on mettra autant d’énergies à combattre la violence que l’on en met à combattre la pédérastie. 

Quand Pierre Vallières a décidé de prôner la non-violence, après sa séquestration, on a appris que le FLQ de ces années-là, la deuxième vague, était infiltrée de policiers et d’anciens militaires des services fédéraux.  Si le fédéral accepte que des listes de membres du Parti Québécois soient volées, que la Brinks et Cadbury insultent les Québécois, que l’on vole un référendum en ajoutant à la course des milliers d’immigrants à la liste électorale, on peut s’attendre à tout.  Pendant ce temps, le peuple accepte de payer l’armée qui les opprime. 

La sexualité, une affaire plus que politique ! (tiré de SORTIR, éditions de l’Aurore 1978) 

Il est urgent d’abolir les lois sur l’attentat à la pudeur, la grossière indécence, le détournement de mineurs, l’incitation à la délinquance et remplacer le tout par une seule loi : la loi de la «non contrainte ou, si l’on veut, du consentement».  

La répression sexuelle est à la base des complexes d’infériorité et du fascisme (W. Reich, La psychologie de masse du fascisme), la racine de l’esclavage et de l’esprit réactionnaire.  Elle est sciemment maintenue par les religions, la publicité et le système judiciaire pour entretenir cet état de haine de soi nécessaire à un asservissement psychologique permanent.          

Il existe des rapports amoureux, voire sexuels, entre adulte enfant qui peuvent aider au développement global de l’enfant.  Pour ce, la Cour, les cliniques psychiatriques et toutes ces instances répressives ne devraient jamais avoir droit de regard sur la morale, la sexualité de quiconque, à moins qu’il y ait eu contrainte physique et psychologique.  La vie sexuelle des gens ne regarde que les personnes impliquées. C’est un droit fondamental à la vie privée de chaque individu. D’ailleurs, qui choisit son orientation sexuelle ?  On est pris avec celle que nous avons.      

Un affrontement se prépare entre le gouvernement fédéral et provincial concernant la jeunesse : le premier se veut plus contraignant alors que le second veut déjudiciariser, s’appuyer sur la réhabilitation.           

Le gouvernement fédéral avait l’intention de présenter une législation en vertu de laquelle tout récidiviste ayant des rapports sexuels avec des enfants se verrait coller deux ans «indéfinis », sentence que même les prisonniers les plus endurcis n’ont que très rarement.  Cette sentence signifie que tu es totalement à la merci du système carcéral en ce qui regarde ta libération.   On peut demeurer en prison à perpétuité, sans même avoir un droit de rappel.  Le gouvernement fédéral veut aussi rendre criminels les actes des enfants reconnus comme pédophiles.  Pourtant, s’il donne le droit à la police de prendre les empreintes d’un enfant, de le photographier pour les archives comme pour un adulte, le gouvernement est moins prompt à lui donner les droits équivalents.            

Si un jeune peut-être incarcéré en vertu du système judicaire, il doit en même temps avoir le droit de diriger sa propre vie et même de voter.  S’il est jugé apte à être adulte en termes criminels, il doit être aussi, ni moins vieux dans tous les autres domaines.          

Loin d’avancer, la cause des enfants régresse.  Même dans la déjudiciarisation prônée par le provincial, le tribunal continue d’exister, on remplace les flics par des travailleurs sociaux puisque ainsi les aveux sont plus faciles à obtenir.  Les enfants continuent d’être perçus comme des intrus dans un monde d’adultes.  Des intrus fatigants et parfois même menaçants.           

Je connais un petit gars qui ne veut pas aller à l’école : il sera placé dans une institution parce qu’il refuse de s’ennuyer dans le moule dans lequel on le force à vivre.  J’en connais un autre qui a déjà goûté à sa première fin de semaine d’internement. 

Le cas était plus compliqué, du fait qu’il prenait aussi de la drogue.  Pourtant, entre une plainte contre le «pot» et l’interrogatoire du policier de la C.U.M, il y avait tout un monde.  Près de chez lui réside un célibataire qui arrive d’une autre province, mais qui aime les enfants.  Tout ce qui a surtout intéressé les enquêteurs, c’était de savoir si ce célibataire avait joué avec les bijoux de famille du petit.  Décevant, celui-ci ne lui avait jamais poigné la graine.  Je me demande comment un adulte réagirait si, de plein droit, n’importe quel imbécile en costume de flic ou de travailleur social avait le droit de l’interroger sur sa vie privée, ses rapports sexuels avec les gens.  Le respect de la vie privée devrait être le droit le plus élémentaire même pour les enfants…            

Quant à l’école, je ne comprends pas que la loi ne puisse pas être interprétée comme une incitation à respecter le droit de tous les enfants à bénéficier de l’éducation gratuite plutôt que comme une obligation dont la sentence peut aller jusqu’à être placé en institution.  Le problème, c’est que les adultes ont tendance à régler les conflits avec les petits par la répression : il faut sauvegarder la morale et l’ordre bourgeois qu’elle défend.        

Évidemment, il faut protéger la jeunesse.  C’est pourquoi selon la dernière trouvaille des flics travailleurs sociaux psychologues un enfant qui a des rapports sexuels avec un adulte ou avec un autre enfant plus vieux est traumatisé.  Ses problèmes commencent pourtant avec la police et s’amplifient avec la cour, etc.  C’est un pas, on commence à dire la vérité, mais les limites sont vite atteintes : que faut-il faire si on a connaissance de telles relations entre mon fils et un voisin ?          

— Appeler la police, voyons, pour le moment, il n’y a pas d’autres moyens … Le morceau est lâché.  Qui protège-t-on ?  Les lois ?  La morale ?  Ou l’enfant    

À mon avis l’intervention de ces pseudo-scientifiques découle de l’importance que joue la morale dans ‘établissement des structures qui ont toujours pour effet de garder le plus possible le peuple réactionnaire, le plus fasciste possible : ça permet de poursuivre le moulage de travailleurs dociles, étant bien culpabilisés.  Cette structure est tellement bien ancrée dans nos mœurs qu’on se révolte alors qu’il est question de libération.

On pourra toujours dire que MM. Reich et Neil étaient contre l’homosexualité, c’est un fait, mais avaient-ils le choix ?  N’étaient-ils pas déjà pointés comme des maniaques, débaucheurs d’enfants ?  Comment auraient- ils pu poursuivre leurs expériences, s’ils avaient eu le malheur d’aller plus loin ?  Plus tard, des psychiatres donneront raison à ceux qui prétendent que l’homosexualité est loin d’être une maladie : c’est un état de vie, comme dit M. Bory.    

L’élargissement face à la conception de l’homosexualité ne peut pas encore atteindre les relations de l’adulte avec l’enfant, parce qu’encore aujourd’hui la répression homosexuelle est très forte, très raffinée, et surtout elle est soutenue par la majorité et même par certains homosexuels honteux qui s’en prennent aux pédérastes pour cracher leur dépit.  Sont-ils inconsciemment demeurés culpabilisés d’être gais ? Ont-ils oublié combien il est difficile de se découvrir gai? 

On ‘a pas commencé à établir la nuance entre un pédéraste normal, c’est-à-dire un homme qui adore les petits gars (comment pourrait-il leur faire mal) et un sadique qui, par frustration et impuissance, s’attaque à un enfant, souvent pour des raisons économiques ou pour les fins de la guerre? Il y a une grande différence entre une relation consentie et une situation violente.  Le pédéraste est peut-être plus dégoûté que la moyenne des autres gens par de tels attentats ; mais il cherchera à comprendre avant de se lancer dans des réflexions superficielles et stupides sur le taux de répression envisagé.  Si un enfant n’est pas tué par un policier, il est quand même profondément traumatisé quand celui-ci se met le nez dans sa vie sexuelle ; et pourtant ce policier n’est pas puni ; au contraire, il est grassement payé.   

Le problème principal ; dans ce secteur, c’est une éducation pourrie face à la sexualité, une éducation castrante et anti-plaisir. 

Une éducation basée sur la peur qu’entretiennent les curés (aujourd’hui, les féminounes) et les journaux à sensation.  Ce n’est pas encore aux parents qu’on donne du Reich à lire pour leur faire comprendre : « à quoi servent les phobies de la répression sexuelle ?    

Pourquoi les a-t-on moulés dans cette haine du corps ?  À combien de rackets et de sadisme la répression sexuelle a donné naissance ? » On oublie de parler de l’époque où les parents perçaient le prépuce du jeune homme avant d’y introduire des fils afin de s’assurer qu’il n’ait pas d’érections ou le goût de se masturber.  Était-ce parce que la nature était déformée qu’on devait agir aussi follement pour répondre aux ordres des curés, médecins, psychologues pédagogues ?  Qui sont les malades, ceux qui soignent en projetant leurs frustrations sexuelles sur les enfants — les enfants étant trop jeunes pour comprendre les mécanismes de la nature, sont de simples victimes de la morale — ou ceux qui vivent en fonction de l’amour, que ce soit accepté ou non ?

La lutte contre la pédérastie est une guerre inconsciente et hypocrite contre l’homosexualité.  Chaque individu est maître de son corps et de son esprit.
(Enfant dans la partie de texte précédent est synonyme d’adolescent et non plus jeune.)

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Est-il normal que les banques fassent des profits aussi exorbitants ?  Les intérêts sont rien d’autre que des vols légalisés?  Le problème des Québécois est de toujours se laisser envahir le cerveau, d’être trop assis entre deux chaises pour pouvoir enfin se caser.         

Le système économique courait à sa perte.  Il fallait un événement assez terrible pour justifier une intervention mondiale musclée.  Nos riches n’ont pas encore appris qu’il suffirait de cinq pourcents du budget militaire annuel de la planète pour garantir le minimum vital à tous les habitants de la terre.             

Les Hébros-Anglos-Américains veulent absolument diriger la planète, ils sont des conquérants.  Ils devraient commencer à réfléchir à créer une terre plus heureuse plutôt que d’envoyer leurs armées.  Ils seraient plus populaires s’ils combattaient la pauvreté et la pollution.  Mais, aux États-Unis, comme ailleurs, le peuple ne peut rien dire.  La démocratie d’un vote à tous les quatre ans n’est qu’une farce monumentale.  Tout est propagande et marketing. Les humains sont des consommateurs.  Que consommeront-ils quand il y aura ration partout ?

Les Islamistes sont leurs propres ennemis, l’obstacle, les propriétaires du pétrole.  Ils refusent de partager même avec leur peuple.  En réalité, ils ne peuvent pas parler des Talibans qui ont travesti la parole du prophète par celle des maladies mentales du fanatisme et de l’ignorance.  Si les Islamistes mettaient la religion musulmane au pilori parce qu’elle n’arrive pas à contrôler ses fanatiques, ils viendraient de signer leur arrêt de mort parce qu’ils sont trop nombreux pour être ignorés.  La religion est une forme d’irrationnel dont on ne peut jamais prédire exactement la réaction. 

Les grandes puissances devraient commencer à réfléchir à créer une terre où l’on peut survivre, sinon vivre heureux, plutôt que de se servir du militaire pour dominer.  Ils seraient plus populaires s’ils combattaient la pauvreté et la pollution.  Mais, aux États-Unis, comme ailleurs, le peuple ne peut plus dire rien d’efficace et rappeler ses dirigeants au gros bon sens.  La démocratie existera quand nous serons capables tous, sans différence d’âge ou de sexe, exprimer notre avis, sans être écrasés par la propagande et les mensonges de l’establishment.

La démocratie doit être repensée, adaptée à la vie moderne.  Comment permettre à un individu d’être véritablement un citoyen, capable de vraiment pouvoir faire connaître son opinion et pouvoir changer quelque chose?  Comment éliminer les chapelles ?  Comment avoir une information qui crée un monde plus humain ?  L’internet peut-il permettre à chacun qui le désire de faire connaître son opinion et de voter sur tous les changements ?  Pourquoi faut-il avoir un âge pour voter ?     

En prison, j’ai pu réfléchir sur notre avenir.  J’ai compris que pour survivre dans notre système, il faut être hypocrite, menteur et crosseur… Mais dans un Québec indépendant, la survivance du peuple naîtra de sa solidarité contre la mondialisation, puisque dans une guerre de riches, les pauvres sont les premiers à y goûter.  Ils doivent pour survivre apprendre la charité et la tolérance les plus absolues.

Le masochisme du peuple québécois est inquiétant, car le Québec n’a pas d’avenir sans la souveraineté.  Il semble s’américaniser plutôt que de choisir son autonomie.  Une confédération nord-américaine pourrait exister autant qu’une confédération canadienne. Des pays, à l’intérieur d’un continent.     

Avec la mondialisation, la seule solution envisageable pour le Québec et le Canada devient la création d’une véritable Confédération, c’est-à-dire l’union de plusieurs pays qui s’associent en conservant leur souveraineté comme en Europe.  Mais pour cela, il faut des états, des pays, pas des provinces.  Sans cela, le Canada et le Québec se feront vider de leurs richesses naturelles par les États-Unis.  C’est déjà commencé.  Le rythme est accéléré.  Une chose est certaine, Trudeau n’accepterait jamais la prostitution du Canada aux intérêts américains.

Il est impossible dans l’état d’esprit actuel de rajeunir la fédération canadienne, car les trente dernières années ont irréversiblement démontré que les composantes du Canada ont des intérêts tout à fait incompatibles.  Le Canada devra, s’il veut survivre à la mondialisation et la crise internationale, cesser d’être un état maladivement centralisateur pour enfin être une vraie confédération.

Avec Bush, les États-Unis boufferont le Québec et le Canada dans le temps de le dire … la sécurité, l’eau, le bois d’œuvre, le lait, l’électricité, la culture en sont des exemples éclatants.    

Cette solution, la Confédération continentale, ne peut se réaliser sans d’abord l’indépendance du Québec, car c’est le seul moyen de négocier d’égal à égal.  C’est vrai qu’avec une vraie Confédération, les Québécois deviennent des Canadiens-Américains à part entière.      

Les indépendantistes purs et durs, radicaux, qui refusent carrément une certaine union avec le Canada ou une nouvelle Amérique doivent renoncer à cette vision. 

Ce projet est mort-né à cause de la mondialisation ; quoique l’indépendance absolue et intégrale soit la meilleure solution économique à long terme pour le Québec.

C’est plus facile à imaginer qu’à réaliser.  C’est difficile pour un gars, comme moi, habitué avec des Cacanada de changer jusqu’à son vocabulaire, car, la confédération à l’européenne, ce n’est pas une stratégie, un pas vers quelque chose, c’est le but ultime.  Une façon aimante de voir l’avenir de l’humanité.  Comment pouvoir dialoguer avec un Stéphane Dion ?  C’est pourtant le défi d’une confédération : trouver la meilleure solution pour le peuple et non pour l’égo et les intérêts de ceux qui gouvernent. 

Si le Canada ne devient pas une Confédération, il ne nous reste plus que l’indépendance pure et dure.  Comment y arriver sans un soulèvement populaire?

Un Canada absolument décentralisé comme le dit l’appellation confédération exige la recherche et la reconnaissance des intérêts des francophones, anglophones et amérindiens pour la survie de leur territoire commun dans une réalité nord-américaine.            

Dans une vraie Confédération, le Québec doit nécessairement à cause de ses différences être absolument souverain.  Sans cette souveraineté, il ne peut pas y avoir de projet de confédération. 

Il est urgent que l’on précise le vocabulaire que l’on veut utiliser et que l’on cesse de piétiner.  La prochaine question référendaire devrait être : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?       

Le Canada doit devenir la Confédération telle qu’il aurait dû être dès le début.  Si le Canada anglais refuse ce changement, les Québécois sauront ce qu’il reste à faire pour être maître chez eux.         

Pour gagner un referendum, nous devons d’abord être maître absolu de l’immigration et des communications.  

C’est maintenant ou jamais, car le temps nous noiera dans le grand moule de l’assimilation.   Par ailleurs, si nos gouvernements y croyaient, ils mettraient en place tous les instruments nécessaires à l’autonomie (la sécurité territoriale, l’autosuffisance alimentaire, la garantie des pensions, l’honnêteté du vote, etc.)

Dans une nouvelle Confédération continentale, la lutte à la pauvreté sur la planète et l’instauration de régimes vraiment démocratiques seraient une nouvelle valeur de base. 

Il faut aussi se rappeler que, pour l’instant, nous ne pouvons avoir d’influence réelle que si l’on travaille dans notre propre pays.  Il est prétentieux de croire dans son utilité en dehors de ses propres frontières.           

Cependant, rien ne nous empêche de travailler à promouvoir l’idéal d’une planète enfin humaine.            

L’aliénation ce n’est pas seulement subir le colonialisme, mais vivre cet écrasement intérieur, avec le sourire. (Moi-même).         

Le seul problème de ce livre c’est qu »il manque d’humour …

L’armée américaine pourrait intervenir en sol canadien (Métro, page 2, 29 août 2002. Et, depuis, il a été établi que le Canada veut rien savoir du Québec.)         

Spirale intraprojective 24

septembre 29, 2020

Spirale intraprojective  24

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 224 à 233)

 *

Avec ce livre, j’ai voulu tourner la page.  En finir avec toutes ces réflexions.  Je veux cesser de croire dans les films que je me suis créé et vraiment aimer ceux qui m’entourent.

**

Après cette critique du système, aurais-je le courage de m’analyser et de changer ce qui ne va pas dans ma propre vie ?  Puis-je vraiment être charitable?  Est-ce normal d’avoir tant besoin de se faire dire que l’on t’aime?  Suis-je un voyant du futur ou un malade mental qui a besoin de soins?  Suis-je aussi bon que je me pense ?  Pourquoi devenir paranoïaque ?  Pourquoi cette peur d’être supprimé ainsi que ceux qui m’entourent ?  Pourquoi croire que tous ceux que j’aime se suicident comme Rouhed ?  Son suicide a été pour moi un affreux coup de poignard au coeur et à la tête.  En suis-je resté traumatisé ? Cela ne m’a-t-il pas rendu complètement paranoïaque ?         

Est-ce que je respecte les autres dans mes rapports sexuels ?  Les autres aiment-ils autant ça que je le crois ?  Est-ce que j’ai une bonne influence ou aie-je complètement tort?          

J’ai aussi besoin d’aide, car je ne sais plus ce qui est la vérité.  Je ne veux pas nuire à quiconque, mais en m’arrêtant on a prétendu qu’en aidant, je nuisais.  Le savent-ils mieux que moi ?  Dois-je me sentir coupable d’aimer ou serait-ce la nature même de toute personne qui est bonne? Je doute de moi.  J’ai peut-être la misère que je mérite.           

Je dois cesser de boire et de m’apitoyer sur mon sort. Cesser de croire que j’ai raison et remettre ma vie en question.  Faire le point. C’est le but de ce livre. Chaque épisode doit être scruté.  Il faut tout exprimer pour enfin tourner la page.  Redéfinir ma vie en fonction du peu de temps qui me reste.  J’ai déjà 60 ans et les années filent comme des mois.   Une chose est certaine mes expériences sexuelles m’empêchent de pouvoir agir avec crédibilité, car les gens sont encore prisonniers de ce qu’on leur a fait croire depuis leur enfance.          

Je dis que je suis pédéraste par besoin d’authenticité, pour ne mettre personne en danger et ne pas décevoir.   Il est essentiel d’être authentique.  Pourtant, dans la réalité, je suis devenu gai comme on m’avait dit que je devais réaliser si je voulais avoir la vie heureuse.          
Nous sommes le seul juge de la valeur de notre vie.  Je ne demande à personne de devenir pédéraste, ni même d’accepter mon point de vue, mais au moins comprendre ce que je peux ressentir.  Je ne veux pas toujours me sentir condamné. Une mésestime de moi que je traîne de l’époque où les filles me rejetaient.  Maudite adolescence !          

                   
 *   *    *    *

 On m’a dit que des gens voulaient la peau du premier ministre, M. Bouchard.  Qu’on aurait même un dossier long comme le bras pour justicier un attentat contre le premier ministre.  C’est probablement un scénario de film, car au Québec, personne ne rêve d’attentat.  Qui m’avait parlé de ça ?  C’est le problème de perdre la mémoire, mais si je le dis c’est pour passer le message et protéger M. Bouchard.           

Si les souverainistes ne savent pas reprendre la faveur populaire avant les prochaines élections et le prochain referendum, le Québec sera tout simplement anglicisé…

Sans un tournant radical en faveur de son indépendance, le Québec francophone aura disparu de la carte dans moins de 25 ans.  Ce sera un génocide en douceur du peuple du Québec comme l’écrivait le syndicaliste Pierre Vadeboncoeur.  La prochaine élection devrait strictement porter sur l’économie et les soins directs à apporter à la population.  Il est urgent de comprendre que tu es pauvre si tu as un revenu inférieur à 25,000$ par année au Québec.  

Le Parti québécois devrait obtenir un mandat clair pour percevoir complètement et seul toutes les taxes et tous les impôts sur le territoire du Québec et définir son mode de participation au Canada, s’il doit y avoir une association.  Il faut certes empêcher le fédéral de jouer dans nos champs de compétence.           

Le Québec doit être le maître absolu de sa vie sociale et politique.  Les Québécois doivent cesser d’être exploités par une foule de niveaux de gouvernements.  Il ne peut pas continuer dans un Canada centralisateur, non seulement pour sauver sa culture francophone, mais cesser de s’enfoncer financièrement.  Il faut revenir à une planification sur une décennie au minimum.      

J’ai pour mon dire qu’une mafia légale suffit, on n’a pas besoin de celle du fédéral. La souveraineté ne doit pas être qu’une question d’élites pour passer à l’histoire, mais de trouver un statut qui garantit au Québec le mieux-être de sa population.          

La souveraineté doit être faite dans la vérité absolue, pas question de tricher pour influencer les opinions.  L’indépendance doit être faite dans l’intérêt du peuple.  Le statut politique d’un pays est moins important que le bien-être du peuple entier, quoique ce bien-être puisse être affecté par les structures de l’état qui modifie les taxes et les impôts.

 **

Comme je l’ai dit précédemment : quand bien même j’aurais joué aux fesses avec Mathieu, que je l’aurais sucé tous les jours quand nous étions ensemble en voyage, le petit de treize ans et 358 jours pouvait consentir ou non. Il ne pouvait donc pas être traumatisé.

Mathieu a sûrement été plus traumatisé par l’intervention planifiée de la police dans sa vie privée et l’obsession de sa mère pour avoir sa garde.  Le chèque est plus grand si les deux enfants sont sous sa garde. Elle était bien représentée par des féminounes de Val-d’Or qui manifestaient durant le procès et des Mormons qui défendaient leur croyance stupide face à la sexualité, en appuyant financièrement la mère. 

Que sont devenus les jeunes garçons qui ont subi indirectement cette affaire?  A-t-on pensé à eux ?  Est-il moins sale de tuer au nom d’une morale ou d’une guerre que de tuer légalement ?  De laisser les jeunes se débrouiller avec les maladies mentales que développent les grosses drogues ?         

N’essayait-on pas de reconstituer au Québec le scandale Dutroux qui ébranlait le gouvernement belge ? 

La sexualité, sans violence, ne regarde que les personnes directement concernées. Trudeau avait absolument raison sur ce point : ce qui se passe dans mes pantalons, ne regarde que moi.

 *    *     *

La sexualité doit être absolument libre et privée tant qu’elle ne nuit pas à un ou une autre.  Et, seule, la ou les personnes concernées devraient avoir le pouvoir de décider si on porte plainte ou non. 

Toute plainte sexuelle, s’il n’y a pas de violence, devrait être prescrite à deux ans, après avoir obtenu l’âge de majorité.  Toutes ces plaintes devraient cesser d’exister si elles ne sont pas formulées alors que l’individu a atteint 20 ans.  Ça lui donne assez de temps pour réfléchir et réagir.  C’est simplement une bonne marge de manœuvre pour assurer une sécurité aux jeunes.          S’il y a eu violence, il n’y a plus de date de prescription.    

La vie sexuelle des ados ne regardent pas les parents, sauf pour transmettre ce qu’ils croient être les meilleures valeurs.  Leur hystérie et leur paranoïa, face à la sexualité, justifient parfois qu’ils auraient plus besoin que leurs propres jeunes à être instruits de la réalité physique de l’être humain.

Nos écoles devraient permettre aux très jeunes de pouvoir consulter sans honte et mépris des films ou des livres sur l’anatomie humaine.  Les nus permettront de cesser d’avoir honte d’avoir un corps et répondre à nos questions sur le nôtre. Question de satisfaire leur curiosité et leur rythme.  Il ne devrait pas y avoir de cours généraux au début du primaire, car l’éducation sexuelle à cet âge relève des parents.  La sexualité est individuelle. Pourquoi répondre à un besoin qui n’existe peut-être pas encore et risque même de troubler un jeune qui n’en est pas rendu à se poser des questions sur la sexualité.           

Pouvoir s’informer sur demande devrait suffire et surtout ne pas contraindre à un éveil qui n’est pas encore nécessaire.
L’individu a la perception de sa famille de la sexualité.  Il ne doit pas être traumatisé par le choc que les autres peuvent avoir de cette même réalité. La rigueur des parents peut être très négative.    

Par contre, à la fin du primaire, des cours devraient expliquer tout ce qui touche le fonctionnement de l’anatomie et la vie sexuelle.  Le jeune doit alors apprendre son droit le plus strict d’aimer ou ne pas aimer être touché

L’éducation sexuelle ne doit jamais être morale.  Les adolescents doivent être aussi libres à cet égard que les adultes. Question d’autonomie.  L’humain obéit aux hormones plus qu’aux inventions religieuses.  

La sexualité doit être enseignée de manière large, c’est-à-dire en incluant tous les aspects émotifs qui l’entourent.  Les peines d’amour à l’adolescence sont aussi une cause de suicide.  Comment contrôler ses émotions ?       

Tous les mouvements répressifs qui s’occupent de voir à ce que les autres vivent moralement bien leur sexualité sont des mouvements d’hypocrites.  La sexualité est strictement individuelle ou en couple.           

Une personne qui s’évertue sans relâche pour le bien du peuple a droit d’avoir accès à une amitié particulière sans devoir y mettre toutes ses énergies pour défendre sa carrière contre les racontars.  Même s’ils avaient la sexualité et la langue facile, Kennedy et Clinton ont été les meilleurs présidents des États-Unis.

J’ai toujours vécu ma pédérastie par fidélité à ma révolution.  En la proclamant, j’ai toujours voulu m’assurer de ne mettre personne en danger.  Ce faisant, j’ai toujours été doublement exposé, mais j’ai toujours cru jusqu’à date que les Québécois sont assez intelligents pour comprendre mon scrupule.            

Bien évidemment, je ne pouvais pas me vanter à l’école d’être pédéraste, mais je ne m’en cachais pas dans mes écrits qui étaient à la portée de tous.  Plusieurs me connaissaient pour mes interventions politiques, mais ne savaient pas que je suis pédéraste. Aujourd’hui, pour être plus fidèle à la réalité, je me dis gai, ce que je suis devenu normalement.        

Ma petite hypocrisie entre l’écrivain et la vie réelle était forcée d’exister.  Je devais garder le silence pour survivre.  Tous ceux qui m’entouraient pouvaient connaître ma réalité.  Tous ceux qui le devaient connaissaient mon amour pour les petits gars. Jean Fergusson le savait et cette complicité me suffisait.            
 Malheureusement, mes farces (étant moi-même un moineau, j’aime surtout les serins) pour garder un équilibre entre mon authenticité et mon devoir de transparence étaient souvent interprétées différemment.  Je ne voyais pas la nécessité de clamer mon amour pour les petits gars auprès de me mes amis professeurs.  Au contraire, la moindre confession m’aurait coûté mon droit d’enseigner.  Une profession que j’adorais. Pourquoi donner la chance aux imbéciles de te détruire ?

 *   *
               
Ce que Mathieu prétendait était carrément exagéré, donc, faux.  Les heures d’interrogation qu’on lui a fait subir pour avoir ma peau étaient mille fois pires, plus négatives pour lui que d’être avec moi.    

Un toucher, une caresse n’a jamais fait mourir personne… la peur d’une raclée, d’être enlevé de ta famille, ça traumatise bien plus ; mais c’était la police qui appliquait le traitement pour avoir les données pour accuser.  Ce que les autres pensent de toi, quand tu es jeune, c’est central dans la vie …        

On se préoccupe beaucoup plus d’avoir de bonnes statistiques que de la vie des jeunes que l’on prétend protéger.  La procédure judiciaire en matière de crimes avec les mineurs est plus néfaste que tout ce qu’ils pourraient subir de sexuel, s’il n’y a pas de violence.

 Dans sa première déclaration à la DPJ, il affirma que tout ce qu’il voulait c’était de ne plus me revoir ; mais juste à la veille du verdict de mon procès, il venait de passer la soirée avec moi et père.  Il voulait toujours venir en voyage avec moi et voulait s’assurer que je ne lui en voulais pas. 

Un désir qu’il a souvent exprimé même après avoir porté plainte, et ce,  même s’il connaissait toutes mes tendances sexuelles. 

C’est même ce qu’il a dit en cour, quoiqu’il a ajouté pour se donner bonne contenance qu’il avait manifesté des objections en enlevant ma main de sa culotte.        

Le juge nota lui-même que la résistance semblait bien faible car je ne pouvais pratiquement pas me servir d’un de mes bras.  Ce devait être un petit scrupule mormon, une très faible objection.  Une objection, accompagnée d’un si large sourire que ce jeu semblait lui plaire, d’autant plus qu’il n’avait pas à craindre que je rejoigne son petit moineau d’amour parce qu’il portait une ceinture tellement serrée qu’il aurait fallu la couper pour mettre la main dans ses culottes… une mission impossible.   

Le plus surprenant, c’est qu’après m’avoir eu accusé, il m’a souvent demandé de venir quand même avec moi en voyage.  Nous nous aimions bien.  Je lui ai vite pardonné, car son témoignage était celui d’un jeune qui avait bien plus eu peur de la police que de moi.  On l’avait arrêté et amené au bureau de la police, sans mandat.  On appelle ça un kidnapping.          

Au début du procès, je devais l’avoir touché, effleuré une trentaine de fois, mais cela arrivait, disait-il, seulement quand nous étions seuls.  À la fin de l’interrogation, il s’avéra qu’il n’avait en fait été que deux ou trois fois complètement seul avec moi. Même là, il n’a jamais été nu quand je lui faisais la bedaine à Mathieu (lui frotter la bedaine).       

Selon mon avocat, mon seul crime fut d’avoir été seul avec lui à quelques rares occasions. 

J’aurais dû être plus avide, ça aurait au moins valu la peine … Pour arriver à lui rejoindre le zizi, il aurait fallu qu’il soit bâti comme un bœuf et que je sois très fort à cause de sa ceinture.  Tu pouvais tout au plus symboliquement entrer les doigts dans le bord e la ceinture.  Par contre, il adorait se faire flatter la bedaine, un petit jeu drôle, inventé pour faire rire sa petite sœur.  Fallait voir le sourire pour comprendre ce plaisir anodin !   

 *  *  *   *   *

 Dans toute cette grande purge du début du siècle, j’ai quand même eu plus de chance que mon ami Marc Lachance, fondateur des cirques d’Éthiopie quand on l’a forcé à se suicider pour échapper au scandale qui aurait pu éliminer son œuvre.  Marc appelait cela tendrement être Boys lovers.  Ça me faisait penser à mon premier recueil de poésie qui ne fut jamais publié : L’Amourajeux.  Comme moi, il considérait la pédérastie comme idéal.  Être le serviteur des jeunes.  Marc n’était pas politisé. Donc, le chantage ne pouvait pas être politique.

Cette purge d’extrême-droite aurait été mondiale pour marquer le début du nouveau millénaire.  On ne veut pas d’impurs dans les 100 prochaines années.  Une autre maladie innée des religions.           

Malheureusement, en ce qui touche la liberté sexuelle, la droite et la gauche sont sur un même pied d’égalité. 

Il n’ont pas encore vu la différence entre la vie individuelle, la vie privée et le commerce international.  On se fiche de ce qui se passe chez les jeunes qu’on rend scrupuleux et par conséquent malheureux pour le reste de leur vie. Ils ont subi le même sort avant.      

* *  *  *            

À toutes les fois que j’ai eu des problèmes avec la justice, ça coïncide avec des périodes marquantes dans l’histoire de l’indépendance du Québec. 

La première était une lutte entre les libéraux et les unionistes.  Je réfléchissais comme un adolescent torturé moralement qui se découvre et ne se comprend pas.  À part, d’avoir romancé cet événement, c’est exactement ce que je raconte dans  Laissez venir à moi les petits gars. 

La deuxième fois est survenue juste avant la prise de pouvoir du Parti Québécois, en 1974, au moment où je paradis pour le français avec ma pancarte «  Congédié pour avoir écrit en français à Montréal »  L’autre fois c’était juste après le dernier referendum.  Je venais de démissionner comme président de La Société nationale des Québécois, à Val d’Or. C’est le cas Mathieu dont je viens de parler.  J’ai été inscrit dans la liste des radicaux sacrifiés.       

J’ai compris très vite que l’indépendance du Québec nuit au besoin des petits bourgeois québécois.  Leurs grands-frères fédérastes, le French Power préfère manger dans l’auge du fédéralisme. C’est plus payant.  L’avenir du Québec et du Canada tenait à deux hommes : René Lévesque et Pierre Trudeau ; mais autour d’un seul thème : l’évolution de la francophonie en Amérique.       

Ou le Canada accepte le bilinguisme intégral de Trudeau pour nos trois peuples : le Québec, le Canada, les Autochtones ou selon la vision de René Lévesque, le Québec devient un pays pour conserver, sauver sa langue et sa culture.   

La francophonie, c’est l’avenir si elle cesse d’être purement commerciale ou colonialiste.  Et, comme le disait René Lévesque, le français au Québec doit avoir le même statut que l’anglais en Ontario.  

D’ailleurs, Pet Trudeau a aussi dit qu’il ne se pendrait pas dans le grenier, si le Québec choisissait de devenir indépendant.  Est-ce comme en 1980 alors qu’il promettait qu’un «non» serait un «oui» pour le changement fondamental de la constitution, changement que l’on attend toujours après 30 ans et un autre referendum.
 

Voilà pourquoi le Bloc québécois est aussi important à Ottawa.  Il ne permet pas aux francophones vendus à l’anglicisation de pouvoir parler au nom des Québécois.  Le Bloc permet au Canada de connaître la pensée du peuple du Québec et non le point de vue d’une bourgeoisie fédéraste et nombriliste.  

Le rôle principal du Bloc doit demeurer de défendre les intérêts premiers du Québec, mais aussi de venir l’opposition officielle du Québec à Ottawa.  Le Bloc pourrait jouer un rôle de négociation si on tentait de créer une restructuration du Canada pour en faire une véritable confédération et non un instrument de centralisation.   Il doit être situé beaucoup plus à gauche que le Reform protestant.  Quand la Confédération sera créée, l’Ouest vivra bien comme ils l’entendent.  

Et, comme le pensait si bien Antoine Naaman, qui avait créé le CELEF, Centre des études littéraires francophones, à l’université de Sherbrooke : le Québec doit être un des principaux chefs de file de la francophonie dans le monde.  La francophonie doit être un pays planétaire, sans frontière, ni couleurs, ni religions, ni préjugés.  Un espace où on s’entraide tous.  Un monde de culture.  Un citoyen d’un pays francophone devrait être automatiquement un citoyen sans frontière à l’intérieur de la francophonie.           

En ce sens, au risque d’être haï, je suis ravi que Stéphane Dion s’occupe de la francophonie au Canada.  Il est bien placé pour savoir s’il est possible que le Canada réalise un jour le rêve de Trudeau et devienne un pays bilingue d’une marre à l’autre. Actuellement, c’est le contraire qui se passe.  Malheureusement, d’autre part, il a la stupidité de venir faire la leçon au Québec en propulsant son obsession anti-Québec. Un vrai délire.  On dirait qu’il veut prouver à son défunt père qu’il avait tort d’être un fédéraste fatigué et que le Canada a, coûte que coûte, sa raison d’exister.   

Jean Chrétien (je l’ai appelé jean Crétin sur les ondes de Radio-Canada) est celui qui me surprend le plus.  On dirait que son discours veut se renouveler, qu’il essaie sans grand succès peut-être, de se tenir debout devant les États-Unis et son président Bush qui veut absolument nous embarquer dans une nouvelle guerre. Il semble avoir perçu le besoin de s’éloigner un peu des Etats-Unis, mais ce n’est pas encore certain qu’il l’ait vraiment compris.

Le prochain chef politique fédéral devra envisager la création d’un nouveau statut politique et constitutionnel pour le Canada, car autrement, le Canada se disloquera avant de devenir une nouvelle étoile au drapeau américain. 

L’énergie principale du Québec est l’électricité alors que la guerre actuelle se fait pour le pétrole … la matière première pour l’Alberta, les autos de l’Ontario.  Ou le Canada se divisera, selon ses richesses et ses intérêts ou les États-Unis avaleront le Canada au complet.  C’est déjà commencé.           

*  *

Même si le droit de dire ce que l’on veut existe grâce à la Charte des droits de la personne, la Commission des droits de la personne n’a pas tenu compte de ma dénonciation quant au fait que l’on se soit servi de l’Homo-vicièr, un livre de pure fiction, d’humour, pour mon procès.     

Personne ne m’a aidé à faire valoir mes droits.  Personne, même les associations d’écrivains n’ont parlé de la sacro-sainte liberté d’expression.  Nos « révolutionnaires littérateurs » ne sont que des lâches qui défendent seulement le droit des hétéros, comme si on écrivait avec son orientation sexuelle ou « des laissez-moi tranquille, je n’ai rien à faire avec cela».  Comme me le disait un imbécile de Radio-Canada : tes affaires de cul ne nous regardent pas et on ne veut rien savoir.  Ce fut la même chose en Allemagne quand Hitler s’attaqua aux homosexuels et aux juifs.           

Le syndicat ne voulait pas s’en mêler parce que ça c’était passé complètement en dehors de l’école.  Pour la Commission des droits de la personne, mon livre n’avait été qu’un élément inspirant ma condamnation alors que pour l’Union des écrivains, je payais pour avoir appuyé l’indéfendable.  C’était une position personnelle et non révolutionnaire.  Comme intelligentsia, ça fait plutôt pitié.    

La Commission des droits de la personne d’alors (dirigée par un libéral) s’est contentée d’affirmer que la liberté d’expression est totale au Canada, tant que l’on ne prêche pas la violence, mais elle n’a rien fait pour défendre mes droits d’écrivain, prétendant que l’Homo-vicièr n’était qu’un élément de preuve.  Elle n’a même pas protesté.  Cela ne m’a pas empêché de demander un statut de prisonnier politique puisque mon procès était d’abord politique, même si on évoquait des questions de cul pour faire diversion ou justifier ma mise au rancart.  N’avais-je pas écrit aux ministres fédéraux qu’ils incitaient à la violence, à la guerre civile, avec leur projet de partition ?     

Personne n’a bougé, mais le film   » Les Ordres », de Brault, peut nous faire comprendre comment 1970 a été pour le gouvernement fédéraste avec les mesures de guerre, le moyen d’essayer de tuer tous les résistants, tous ceux qui croyaient réellement dans l’indépendance.  Qu’adviendra-t-il bientôt de ceux qui ne pensent pas comme Bush ?  « Qui n’est pas avec moi est contre moi», a-t-il proclamé.  Il essayait de nous faire croire qu’il valait John Kennedy.  Le pouvoir crée parfois une telle paranoïa dans les haut-lieux que des mesures de guerre appréhendée (en 1970) sont devenues des lois mises en force.  Belle leçon de «démocrassie». 

Les États-Unis ont absolument besoin d’une guerre pour permettre à l’économie de rouler.  Si les gens ne s’en aperçoivent pas, que faudra-t-il démontrer pour leur ouvrir les yeux ?   

Quant à l’Union des écrivains, elle avait déjà entrepris son virage vers le parti libéral.  Elle était dominée par la go-gauche et les féminounes.

Spirale intraprojective 23

septembre 28, 2020

Spirale intraprojective  23

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 212 à 224)

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Tout le monde sait que l’on peut faire appel à des spécialistes pour confirmer les diagnostics.  Je me rappelle que le fédéral avait engagé des ingénieurs pour justifier le choix de Mirabel comme aéroport international.  La vraie raison, c’est que Mirabel contrairement à Drummondville passait un peu au-dessus de l’Ontario, ce qui faisait qu’en cas de négociations avec un Québec devenu indépendant, l’aéroport devenait propriété fédérale, ce qui n’était pas le cas avec Drummondville.

Le French power craignait que le choix de Drummondville soit un argument de plus en faveur de l’indépendance du Québec. 

Pour être propriété fédérale, les avions devaient survoler l’espace aérien fédéral.  Mirabel, cet éléphant blanc, qui a coûté une fortune, a permis de grossir le portefeuille de bien des gens dont la caisse électorale de l’Union nationale  (au pouvoir au Québec à cette époque) ; mais aussi à détruire les fermes les plus productives du Québec.

Nous les imbéciles, on paye avec le sourire.   

Le peuple doit-il se mettre à craindre les plus instruits qui servent les intérêts des mieux nantis ?  Ils deviennent par conséquent une mafia légale de plus en plus puissante ?  Un spécialiste ne devrait-il pas avoir plus de conscience puisqu’il a plus de connaissances qu’un autre ? 

Il en est de même des retraites et des rentes.  Puisque ces garantis ont été payées durant toute une vie, nos gouvernements ne devraient jamais y avoir accès.  Leur stabilité et leur rendement devraient être garantis par la constitution, s’il le faut.  Quand vient le temps de penser, à l’indépendance, les plus vieux ont probablement peur à leurs économies parce qu’ils savent que nos gouvernements sont assez voleurs pour inventer, créer de nouvelles lois, leur permettant de s’en servir. 

À ma connaissance, le gouvernement fédéral peut, sous prétexte de se repayer en impôts, mettre le nez dans des régimes de retraite qui sont pourtant essentiellement privés.  On m’en a présenté un cas. Ce danger n’est pas que fédéral, il existe à tous les paliers de gouvernement.        

Et, des paliers, on sait en créer pour multiplier les raisons de donner naissance à de nouvelles taxes ou impôts : fédéral, provincial, municipal, scolaire, etc.  Cependant, l’éparpillement de ces paliers permet quand il s’agit de services d’en référer à l’autre.  Ces paliers de gouvernement justifient le vol des contribuables.  Nous payons l’intervention des gouvernements fédéral-provincial dans leur lutte de suprématie.  Nous sommes de vrais masochistes…   

Dans l’industrie privée, on essaie par tous les moyens de créer des intervenants, lesquels se prennent une part des profits.  À la fin, il en coûte un bras pour acheter un morceau que tu payais dix fois moins cher quelques années auparavant, sans compter, que parfois on emploie une matière première déficiente pour que la pièce brise presque immédiatement. Tous les moyens sont bons pour gonfler les profits. On dirait que plus tu es malhonnête, plus tu es prospère.  Plus t’as d’avocats, plus tu peux contourner jusqu’aux lois des pays souverains. 

Les services professionnels sont de plus en plus hors de portée pour la classe moyenne. Le système c’est la mafia légale. Il ne vise qu’à exploiter, oubliant sa raison d’être : produire les services dont l’homme a besoin.  Le système vit des crises parce qu’il tue les consommateurs qui le font vivre.     

Tous les services et toutes les institutions relevant du gouvernement devraient être à but non lucratif et devoir assurer un déficit zéro.  Pour obtenir ce minimum garanti d’honnêteté, il faudra revoir complètement nos finances.  Il ne faut pas être très intelligent pour comprendre que les nouvelles règles de l’assurance-emploi, dictée par le gouvernement fédéral, sont une forme déguisée de vol légalisé.

L’interdiction de la cigarette est un leurre.  On pense que les gens sont assez fous pour ne pas savoir que c’est un moyen très payant pour le gouvernement (on a payé le stade olympique avec une taxe sur la cigarette) que d’interdire la cigarette, tout en sachant qu’elle crée une dépendance et que cet interdit crée de la contrebande.  Si elle est vraiment dangereuse qu’on interdise tout simplement sa production puisque les poisons sont ajoutés au tabac naturel.  Les taxes sur les cigarettes (malgré les bonnes intentions quant à la santé) sont un abus de pouvoir et un vol direct.      

Si la cigarette ambiante peut nous tuer, que penser des automobiles dans les villes ?  Une chose est certaine, on devrait interdire aux camions de circuler avant huit heures le matin, car, ils polluent non seulement l’atmosphère, mais ils dérangent par leur bruit infernal.  En fin de semaine, la circulation automobile devrait être interdite dans le centre-ville.  La parade des autos pour faire valoir symboliquement son pénis, on n’en a pas besoin.  Le métro est là, s’il ne brise pas.

En 1995, on s’est fait voler le pays du Québec par le fédéral.         

Le gouvernement fédéral a dû engager deux juges du Nouveau-Brunswick pour assermenter des immigrants qui avaient pour tâche de voter « non » au référendum.  Ce fut le cas de plus de 50,00 d’entre eux et, par hasard, on a perdu le pays du Québec par plus ou moins 50,000 votes.     

D’autre part, certains anglophones ont voté à plus d’une reprise puisqu’ils se sont ramassés en cour.  Pour finir, le fédéral a agi en méprisant les lois du Québec, en  faisant venir des centaines de milliers de Canadiens pour nous dire qu’ils nous aimaient… message oublié le lendemain du referendum.       

Les Anglophones furent assez intelligents pour voter à plus de 90% contre un Québec français.  Pour nous, un Québec indépendant, ça veut dire rien de moins qu’un Québec francophone, car le Canada est un pays anglais.          

Puisqu’ ‘on avait perdu, les journaux de Paul Desmarais et Péladeau ont commencé à crier contre Jacques Parizeau qui avait eu l’audace de dire la vérité : nous avons perdu à cause des ethnies et de l’argent.  La Vérité choque du côté fédéraste. Évidemment, il a eu aussi des francophones (surtout des femmes et des fonctionnaires déçus) qui ont aussi voté contre le pays du Québec.  Comme par hasard, ces gens vivaient surtout dans la région de Québec.  Une région encore fortement sous l’influence de la religion catholique.

J’étais persuadé que le Parti québécois éclaterait rapidement car il y a deux sortes de membres : il a les indépendantistes (ceux qui croient que le Québec a tout à gagner à devenir un pays) et il y a les carriéristes de l’indépendance, ceux qui la prônent, mais qui ne croient pas que ça fera un jour.  Mais, c’est le moteur de leur carrière politique.          

J’ai commencé à douter de la sincérité des carriéristes de l’indépendance avec le referendum.  Il y avait ceux qui voulaient se battre pour le pays, mais pour ce faire, il fallait être dans la grande machine officielle. 

À Val-d’Or, je payais avec le député André Pelletier (un vrai indépendantiste), les annonces de la Société nationale des Québécois, dont j’étais le président, pour obtenir un OUI au referendum.  Même que Radio-Canada a repris mes questions dans le cadre d’émissions d’informations parce qu’on les trouvait justes et pertinentes. On nous a demandé de nous tenir tranquille.  J’étais un de ceux qui comptait sur Lucien Bouchard pour augmenter les votes pour le OUI.  Pour moi, il n’y a pas d’égo dans un tel projet.  L’important c’est de devenir un pays.    

Paul Piché, nommé pour animer la soif de l’indépendance n’a jamais daigné assister à une assemblée de la Société nationale des Québécois, même s’il est venu à Val-d’Or.            

L’indépendance était déjà pour plusieurs un moyen non pas de vouloir aider le peuple, mais d’essayer de se mettre en valeur et se faire de l’argent.

Le problème avec les indépendantistes, c’est que le haut-gratin s’enfle la tête et n’écoute que son nombril.  La souveraineté ne peut être réalisée que par et pour le peuple.  Si on veut être indépendant, c’est qu’on sera mieux dans le pays du Québec qu’au Canada.    

L’indépendance ne se réalisera que dans une certaine désobéissance civile face à Ottawa, à moins d’un miracle ou d’une majorité de OUI lors d’un nouveau référendum pour créer le pays du Québec ou une confédération à l’européenne.       

Le Québec doit se tenir debout et légiférer sur ce comment ça se passe au Québec.  Si Ottawa n’est pas content, on a qu’à l’envoyer promener.  Le Québec doit avoir sa propre police et son propre système judiciaire, ne reconnaissant que le palier international au-dessus de ses décisions, comme tous les autres pays du monde.  Il doit aussi être le maître absolu de ses finances.         
 
Si j’avais les millions que le fédéral a investi pour me persuader d’être canadien, il y aurait moins de misère dans mon entourage. Cet argent aurait profité à combattre la pauvreté, et non, nourrir une clique qui mène des pseudo-guerres Québec-Ottawa pour s’enrichir.  Du vol.  Est-ce moins pire de voler des millions au peuple que de jouer aux fesses ? Qui en profite vraiment ?  Mon ami Pierre Faucher, policier m’a raconté comment il avait dû souvent intervenir dans des partouzes de haut-gratin parce qu’on y retrouvait très souvent des mineures.  Quand tu es juge ou un autre notable en situation, ta verge sert de goupillon … La liberté sexuelle, ce n’est que pour les riches comme dans 1984.     

Mais, avant de songer à relancer le besoin d’un pays, il faudra apprendre aux gens que l’individualisme est l’ennemi d’une société.  Il faudra réapprendre le sens de la charité chrétienne et de la solidarité.  Il faudra prouver que le gouvernement n’est pas le pire des voleurs et accepter qu’au Québec, le vote soit proportionnel.         

L’avenir du pays du Québec regarde chaque citoyen, citoyenne, chacun doit cesser de penser qu’à son petit nombril et nos gouvernements du Québec devront aussi apprendre que ce changement ne doit pas servir que les intérêts d’un petit groupe de bourgeois privilégiés qui ne pensent qu »à s’enrichir aux dépends du peuple.  Il ne peut pas y avoir d’indépendance, sans aucun projet de société qui réponde au bien et aux besoins du peuple.        

La force de René Lévesque était probablement qu’il était assez à gauche pour penser pour le peuple et assez intelligent pour ne pas devenir le jouet des grandes puissances, en exigeant un maximum de transparence.  Il savait que la première indépendance dont nous avons besoin est de se suffire à soi-même. Notre dépendance économique, en temps de crise au Canada et aux États-Unis, prouve encore notre vulnérabilité.  Si les USA s’effondrent, nous suivront inévitablement.

Les intérêts de la nation devraient être les mêmes pour tous les individus qui la composent.  En abuser, c’est priver la nation de pouvoir assurer une distribution équitable.

Le Québec doit cesser d’être un exécutant budgétaire d’Ottawa.  Nous devons planifier notre avenir de façon à garantir les cinq éléments de base essentiels à un individu pour vivre positivement. : La sécurité, la santé, le logement, l’éducation et le travail.  En Amérique, avec le coût de la vie actuelle, il est impossible à un individu de vivre décemment à moins de recevoir 1,500$ par mois minimum ou 25,000$ par année.  Si le Québec veut conserver ce minimum vital, il devra réapprendre, même dans les villes, la solidarité qui le caractérisait autrefois.

Le bénévolat pourrait être une forme de travail, la participation sociale des aînés (mais faudra mettre fin à la paranoïa féministe des prédateurs sexuels) Pourquoi devrais-tu être jeté comme un vieux chiffon dès que tu as 60 ans ?  Le pont entre les générations, ça peut exister à moins d’être encore victime de la paranoïa féminoune.  Si les vieux doivent céder leur place aux plus jeunes, rien n’empêche de voir à faire bénéficier les jeunes de leur expérience.  Le travail est la santé.      

Un gouvernement responsable garantira un système de soins de santé public de très grande qualité et une assurance-médicaments à tous ceux qui n’ont pas les moyens de se les procurer.  Personne ne doit être privé de médicaments quand il est malade.  Il est inadmissible qu’un individu doive se passer des médicaments nécessaires parce qu’il n’a pas les moyens de se les payer.         

Par contre, le gouvernement doit s’assurer que le coût des médicaments ne soit pas abusif, car tout indique que la fabrication de ces produits est un beau racket.  Le fédéral doit cesser de remplacer les provinces et ainsi doubler les coûts.  Comme dans l’enseignement post-secondaire, le financement des universités relève aussi du fédéral.  Il doit trouver autant d’argent pour le Québec qu’il en trouve pour les provinces anglophones.

J’ai démissionné de la présidence de la Société Nationale des Québécois de Val-d’Or parce qu’avec les résultats du référendum et la tournure des événements. L’indépendance était un rêve mort pour au moins 10 ans.        

J’étais aussi écœuré d’être vu comme un extrémiste alors que les solutions proposées n’avaient rien de si radical, sauf que je ne voyais plus la société du même œil que ceux qui la dirigeaient.      

Je ne suis pas un carriériste de l’indépendance et je me demandais même si on ne faisait pas exprès pour qu’elle ne se réalise pas.  On n’en parle jamais.  On accepte les critiques sans répondre.         

Par contre, je croyais aussi que l’intervention de Lucien Bouchard a fait en sorte qu’on avait pratiquement gagné, sauf que pour moi, on nous avait volé le référendum.  Je n’acceptais pas qu’on me dise qu’on avait perdu quand on s’est fait voler.         

L’indépendance me faisait de plus en plus penser à la mine Thérèsa, une mine d’or religieuse. On ne pouvait pas parler directement de fraude puisqu’il y avait vraiment de l’or ; mais non en quantité suffisante pour la rendre rentable.  S’il y a eu fraude, c’est simplement que les propriétaires et le clergé ont pu se servir de ce rêve pour bien vivre le temps que les actionnaires mordent à l’hameçon, mais c’est alors un jugement d’intention. Donc, on ne connaîtra jamais la vérité. Le référendum c’était clair que le fédéral nous l’avait volé, mais avait-on mis toute l’ardeur nécessaire pour gagner ?     

C’est comme se demander si la crise actuelle n’est pas l’œuvre de la CIA et des puissances économiques occultes supérieures pour empêcher le système capitaliste de s’effondrer. 

La crise actuelle sert à justifier l’imposition de la mondialisation afin d’avoir tout le pétrole.  Plus il y aura une grande population, plus il y aura un manque d’énergie.  On risque de vivre plus de guerres que jamais…        

Le fédéral n’hésite pas à être bandit, menteur et hypocrite pour conserver son statut.  Comme le disait si bien M. Parizeau, ils ont volé le dernier référendum en assermentant d’urgence des milliers d’immigrants.  Il y a pire.   

En 1970, le fédéral s’est servi de la mort de Pierre Laporte qu’il a tué pour entreprendre les mesures de guerre et bannir la démocratie afin d’exterminer les      « mauvais séparatistes».  Le plan B actuel, la loi de la clarté de Stéphane Dion et cies, n’aurait pas été possible sans ça. 

Une version veut que des soldats aient tiré et achevé Laporte dans le coffre de l’auto où il était vivant sur un ordre de Jean Chrétien, informé par « un undercover» de la cellule de communication Louis Riel, informateur de Jean Chrétien.  Le ministre fédéral de la Justice aurait été informé à la seconde près de ce qu’il advenait de Laporte ainsi que de la santé de Cross.

Serait-ce que, sans le savoir, la cellule Chénier qui a enlevé Laporte est venue embrouiller le projet fédéral de l’enlèvement de Cross ?  Pierre Vallières, reconnu comme le chef du FLQ, affirme que le fédéral talonnait le FLQ depuis la maison du pêcheur, en Gaspésie, durant l’été.  Vallières a abandonné le FLQ parce qu’il y avait plus de membres du FLQ qui étaient policiers que de terroristes.   Le FLQ est-il devenu, sauf quelques membres, une création fédérale ?  Certains poussaient même la farce en disant que Pet Trudeau était le vrai chef du FLQ.  Puisque le FLQ était entre les mains de la GRC et que les attentats se poursuivaient de plus bel, c’était une demi-vérité. On m’a dit que toutes les bombes posées dans l’Estrie étaient l’œuvre de la GRC.         

Qu’elle est la nouvelle cellule (Dieppe 22è) dont parle Pierre Vallières, sinon ces soldats innocents qui empêchèrent que le coffre soit immédiatement ouvert, ce qui aurait pu sauver la vie de Laporte ?  D’où venait soudain la cellule Louis Riel, car les vrais cellules felquistes devaient porter le nom des patriotes ?  Ça n’a pu grande importance, mais à l’époque il fut facile pour les fédérastes d’accuser le Parti Québécois d’avoir les mains tachées de sang. 

Quant aux mesures de guerre, elles auraient été exigées par Washington pour éviter aux USA de devoir envahir le Québec.

Les versions de la mort de Laporte sont nombreuses.  Certaines veulent que Laporte fut tué par le FLQ.  D’autres prétendent qu’il était encore vivant quand il fut déposé dans le coffre arrière d’une voiture pour l’amener dans un terrain près du service militaire parce qu’il y avait un hôpital militaire à cet endroit qui pouvait le soigner et lui sauver la vie.  D’ailleurs, on aurait alors informé CKAC pour être certain que la police prenne l’information au sérieux.  Mais, Jean Chrétien, le ministre de la Justice d’alors, aurait fait tellement attendre l’ouverture du coffre supposément à cause de la crainte de dynamite que Laporte aurait eu le temps de mourir.       
 
Une autre version dit que la façon dont il était attachée était celle qui faisait qu’en bougeant, il s’étranglait davantage.  D’une manière ou d’une autre, cette mort justifiait aux yeux de la population toutes les représailles fédérales.  Ce serait aussi le cas du WTC.  Nos dirigeants, imbus de pouvoir et de profits pétroliers, accepteraient-ils vraiment que des civils soient sacrifiés ?  N’est-ce pas ce qui est arrivé au Biafra, entre autres, pour ne nommer que ce pays d’Afrique ?  Des milliers de morts, ça ne dérange pas notre système politique parce que les profits n’ont pas d’âme…          
 

Il suffirait peut-être de retourner à l’autopsie de Laporte dans les rapports policiers pour savoir ce qui est vraiment arrivé.  Une question qui n’a pu d’intérêt sauf la vérité historique.  Quels sont les trous dans le gilet de Laporte dont parle l’autopsie dans le livre de Vallières L’exécution de Pierre Laporte (Québec-Amérique, Montréal, 1977).  Est-ce que des soldats ont vraiment tirés dans le coffre pour éviter qu’il y ait de la dynamite ?  Est-ce que ça aurait tué Laporte ?  Quand on disait que Laporte avait sexuellement été attaqué, serait-ce plutôt une balle qui lui aurait fait sauter les bijoux de famille ?  Information qui fut rejetée par le coroner qui affirma que Laporte était intact aux organes génitaux.  La propagande est telle qu’on ne saura jamais la vérité. 

Aujourd’hui, ça n’a pas beaucoup d’importance, car les jeunes ne savent même pas ce que furent les événements d’octobre.  Laporte serait-il vraiment mort dans le coffre à cause d’une intervention de Jean Chrétien ?    

Il semble que la thèse des tirs des soldats n’ait pas conforme à la réalité puisque le coffre de la voiture ne semble pas troué.         

Est-il vrai que les felquistes qui ont tué Mario Bachand, en France, étaient en réalité, deux gars de la GRC qui habitent maintenant le Québec en toute quiétude ?  Gaston Gouin, à Sherbrooke, est-il vraiment mort dans un accident où l’a-t-on exécuté parce que c’était un felquiste ?  Une paranoïa ?             

La vérité est seulement importante parce qu’elle nous fait comprendre comment opèrera le système à un niveau supérieur puisque cela a déjà fonctionné.  Le deuxième FLQ était-il, comme le disait l’écrivain Raoul Roy, en très grande partie une création fédérale ?  Je ne le sais pas.  Il fut un temps où c’était plus important pour moi afin de me comprendre et savoir si j’étais manipulé.  Est-ce que je m’enflais la tête ou il y avait une goutte de vérité ?    

En me faisant perdre mon emploi, on me ruinait et en me ruinant on me rendait non seulement inefficace, mais muet…  

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Small is beautiful  

Un des arguments pour l’indépendance du Québec est que le peuple ne peut avoir une influence démocratique que si le gouvernement est petit.

En Russie, nous avons appris que la pire plaie de l’état est sa bureaucratie. Elle survit à tous les gouvernements et par conséquent, c’est elle qui a le pouvoir avec l’armée.  L’armée mange les finances et permet la suprématie des grandes puissances, détruisant tous les peuples qui n’ont pas compris leur soif illimitée de pouvoir et d’énergie.     

Le gouvernement n’a pas compris que son salut est dans le financement d’une vie sociale acceptable pour tous.  Une forme de capitalisme socialiste.  La qualité de vie, partout sur la planète, devrait être une des principales valeurs humaines, car elle est essentielle à notre survie.           

Les États-Unis (ainsi que toutes les autres grandes puissances) détruisent tout quand ils font la guerre.  Ils oublient que pour survivre ensuite, ils doivent avoir des pays assez riches pour devenir de bons consommateurs.  Puisque les puissants ne pensent qu’aux retombées immédiates, ils doivent sans cesse créer des guerres pour devoir justifier de nouveaux investissements et permettre au système de rouler.      

Le vrai diable, le cercle diabolique, c’est l’économie, l’argent .telle qu’on utilise sans penser à la destruction de la planète.   La religion protestante a permis la naissance du capitalisme.       
 

S’il est vrai que l’argent n’est qu’un moyen de commercer, il serait temps que nos leaders pensent qu’au lieu de détruire un petit pays, il serait préférable d’investir pour éliminer la violence et la pauvreté sur terre.  On devrait offrir l’éducation nécessaire pour ne pas se faire bourrer le crâne comme des dindes par les religions.

Le Québec doit orienter sa politique internationale sur le respect des autres.  Sa capacité d’être tolérant intérieurement est ce qui doit garantir que le Québec travaillera à la construction des autres nations à travers le monde.  L’aide du Québec ne doit jamais être militaire, sinon pour maintenir la paix et toujours chercher à permettre aux peuples des autres continents d’obtenir leur indépendance énergétique et culturelle.  L’aspect humain doit toujours l’emporter sur le commercial.  Notre aide ne doit pas être un moyen d’empocher davantage, mais de permettre aux autres de vivre décemment.

Octobre 1970 comme ce qui vient de se produire à New York, nous ont appris que les Québécois tournent à droite, vers Dieu, dès qu’ils ont un peu de misère.  Par contre, les derniers événements nous révèlent notre dépendance aux États-Unis.  Cette dépendance n’est pas seulement commerciale, elle est aussi géographique.  Qu’on le veuille ou non, le Québec est une partie intégrante de l’Amérique et lorsque celle-ci est bouleversée, le Québec l’est aussi.  Si nous étions un pays on pourrait mieux résister à ces assauts de l’extérieur.        

Sur un plan culturel, nos valeurs sont beaucoup plus européennes qu’américaines.  Un Bush n’arrivera jamais à nous convaincre des valeurs américaines.  Pour nous, tuer légalement ou non, c’est toujours tuer.  Et, ce sera toujours mal, même au nom de Dieu ou d’Allah. Il en est de même pour la torture.

Nous sommes aussi moins matérialistes.  Pour un juif américain, ce sont eux qui mènent (sans être antisémite … la vérité a ses droits).  La vie après la mort n’existe pas.  Il est alors normal de chercher le profit dans le moment présent.  Les États-Unis ne veulent pas réellement de Palestine comme pays s’ils fournissent trois milliards par année à Israël pour s’armer.  Cette dernière guerre est aussi folle que celle de Ben Laden-Bush ; car elle repose sur la suprématie d’une religion (juive) sur une autre (musulmane). C’est une guerre qui existe depuis des kilomètres d’années-lumière dans la le passé de l’humanité… Comment peut-on accepter que des civils et des enfants soient tués dans cette bêtise de fanatisme religieux ou de bouts de territoire ?        
 
 *  *

 Ma visite en prison, avec la certitude d’y laisser ma peau, m’a permis de bien réfléchir sur ce qui est essentiel dans l’existence.           

C’est pourquoi, je ne suis pas différent des autres, et surtout, je n’ai pas envie de pleurer sur mon sort.  Je ne suis pas un ange, les petits gars sont toujours aussi beaux et j’en ai beaucoup trop appris sur moi en allant en prison pour perdre mon temps à brailler.  Ça va prendre des centaines d’années avant que les humains soient assez intelligents pour reconnaître qu’une liaison sexuelle sans violence ça ne regarde que ceux qui la vivent.  Ce n’est pas une question d’âge, mais de sentiments.  

À chaque fois que le système m’a mis en prison ou m’a menacé de le faire, il y a toujours eu le petit côté politique.  On ne s’y habitue pas, mais dans mon cas, la pédérastie leur permet de me coffrer facilement, dès que je représente un danger par de nouvelles idées. 

Si on n’arrive pas à m’enfermer, on invente des raisons pour le justifier.  Il faut juste que ce soit un peu vraisemblable, comme dans les nouvelles littéraires.  Pour eux, tant que je suis aux yeux du public, un mauvais prédateur sexuel, je n’ai aucune influence.   Ainsi, on peut me contrôler comme on veut. C’est ce qui compte.        

Aux Jeux olympiques, en 1976, avant la venue de la reine, nous avions organisé un récital de poésie avec Janou St-Denis, sur un terrain privé du Grand Séminaire où la police ne pouvait pas avoir accès ; mais je fus arrêté dans le métro.  J’ai dû être relâché parce que je récitais de la poésie au Solstice de la poésie, organisé par Gaétan Dostie, dans le cadre des Jeux olympiques. 

Le système a toujours su me freiner politiquement en m’inculpant judiciairement (trois fois) en vertu de mon amour pour les petits gars.  C’est une raison facile et ça fait plus de 30 ans que ça dure.  Être en amour est-ce un crime ?   Mais, pendant que je me remets de ma sentence, je ne fais pas de politique.  Je ne suis pas publié. Je suis moins que rien.

 **

La dernière fois, pour pouvoir procéder à mon inculpation, la police de Val-d’Or a dû kidnapper deux enfants sous prétexte que la maison où ils vivaient était trop sale.  Elle exigea aussi du père, pour conserver la garde de son fils, de signer ma dénonciation.  La prochaine fois, on inventera probablement une cause sans avoir besoin de la moindre preuve, la présomption faisant foi de tout, surtout la récidive.  Le système judiciaire est ce qu’il y a de plus pourri sur cette terre du Canada.  Il est tellement sale, un cancer généralisé, impossible à soigner.  C’est quasi impossible de le réformer. Il nourrit trop de gros bonnets.       

J’ai été consacré anarchiste permanent par la cour puisque seuls les anarchistes reconnaissent que la personne est le seul et absolu maître de son corps et de son esprit, en toute égalité entre l’homme, la femme et l’enfant.  

En cour, on n’a pas avalé que j’ose (alors que j’étais en procès) écrire le texte : Pour en finir avec l’hypocrisie.  Même si cela me condamnait, je me sentais moralement obligé de le faire, comme j’ai fait ma pleine sentence plutôt que de reconnaître ma fausse culpabilité, car pour moi, un attouchement sexuel non violent c’est une caresse et une caresse ne peut pas être un crime.  Et, à cause de ça, je devrai payer pour le reste de ma vie.  Je n’ai même plus le droit de quitter le Canada. 

Le père d’un de mes anciens élèves venait de se suicider parce qu’il avait faussement été accusé d’avoir touché sa fille et qu’il ne pouvait pas vivre cette réprobation sociale.  Daniel Desrochers venait aussi d’être tué par la pègre à Montréal.  Un petit gars tué en pleine rue de Montréal. Un enfant, c’est déjà beaucoup trop.  Les tueurs, m’a-t-on dit en prison auraient tellement pris l’affaire à la légère qu’ils auraient ensuite loué un appartement qu’ils ont surnommé Daniel Desrochers.  Faut-il être pourris ?  Les journaux nous font peur avec les motards pour nous faire oublier que la vraie mafia, leur patron, est en cravate et en collet roulé.  Ce sont des hommes d’affaires. Je ne me mêle pas de ces saletés.

Je ne veux rien savoir ni de la police, ni du crime organisé, de la pègre.  Je suis un simple citoyen et je tiens à le demeurer.  Je n’ai pas à juger qui que ce soit, mais j’ai droit à mes opinions.  Je ne peux pas accepter sans le décrier un système qui permet de tuer des milliers de gens pour contrôler le pétrole ou le pouvoir de diriger le monde.    

Je refuse tout catéchisme, mais je cherche le plus sincèrement possible d’être un humain et un bon croyant.        

Si mon analyse du système est parfois très dure, je ne suis guère plus tendre avec moi.  Aussi surprenant que cela puisse paraître, je doute souvent de moi.  J’ai de véritables maux existentiels quand j’essaie de comprendre ma part dans les suicides de Denise, de Marc, et de mon fils, Rouhed.  Le mariage de Réginald aurait-il tenu le coup, s’il ne m’avait pas connu ?  Denise avait-elle raison de croire que ma «maudite liberté» leur a été néfaste ?   Sans mon goût de la liberté absolue, est-ce que des vies auraient été moins misérables ?  Suis-je seulement un sale égoïste ? (J’ai appris avec la mort de Réginald Dupuis que Denise ne s’était jamais suicidée. La nouvelle de sa mort fut répandue et crue part tous les membres du groupe, mais elle est bien vivante. Je l’ai rencontrée aux funérailles de Réginald)           

Si j’avais été plus à l’écoute de Rouhed et ses problèmes aurais-je pu lui sauver la vie ou changer quelque chose ?  Suis-je pour quelque chose dans le besoin des jeunes que j’ai aimés de boire ou de se droguer ?            

Quel est l’impact de mes écrits ?   J’ai toujours eu peur que l’on interprète mes textes ou mes poèmes où Jésus est sexué, comme un blasphème alors que je voulais crier simplement ma conviction que la chair est bénie de Dieu et non maudite comme toutes les religions essaient de nous le faire croire pour nous leurrer. 

Pendant qu’on parle de cul, ce qui intéresse tout le monde, on oublie qu’on crève de faim dans le monde.         

Parfois, quand je me relis, je trouve mes textes si baveux que je regrette de les avoir pondus.  J’ai peur que mon ironie soit une forme de blasphème et surtout que mes idées servent davantage à détruire qu’à améliorer le monde.  Mes écrits sèment-ils la haine plutôt que de construire un monde meilleur ?   

Contrairement, à ce que l’on pourrait penser, je suis loin d’être certain d’avoir raison.  Ma bonté est-elle qu’hypocrisie ?  Un moyen de me déculpabiliser ?  J’ai parfois peur que ma pédérastie ait nui à ceux que j’ai aimés plutôt que de les aider à vivre plus heureux.  Ne suis-je qu’un orgueilleux qui croit connaître plus que les autres ?   Je me demande souvent si ma vie n’a pas entraîné plus de problèmes à mon entourage que d’effets bénéfiques.  J’ai souvent prié Dieu de cesser d’être pédéraste, avant de comprendre que c’est bien et le remercier de ne pas avoir écouté les autres me condamner. 

Si j’étais absolument convaincu de prêcher la Vérité, aurais-je tous ces problèmes de conscience ?  Pourquoi aie-je ce besoin stupide et orgueilleux de clamer sans cesse partout ma pédérastie alors qu’avec le temps je suis surtout devenu gai, si la masturbation ne compte pas comme une orientation vers le narcissisme ? 

Est-ce vraiment de l’orgueil ou une vocation que de chercher la vérité ?  Quelle est l’importance de faire une nuance entre la pédophilie (aimer les enfants de moins de 10 ans) et la pédérastie (l’amour des adolescents) ?  Qu’est-ce que ça leur apporte ?  Quelle réelle importance la sexualité a-t-elle dans ma vie, puisque j’en parle beaucoup plus dans mes écrits que je la vis ?       

Spirale intraprojective 22

septembre 27, 2020

Spirale intraprojective  22

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 200 à 212)

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Les drogues dures (les médicaments chez les vieux) sont les pires ennemis de l’Occident.  Les drogues détruisent génération après génération.  Pire, mariées à la violence dans le cinéma, et surtout dans les jeux chez les jeunes, elles sont une des causes profondes de la brutalité de notre société.  Ce n’est pas pour rien que les Mormons voient à éliminer toutes les scènes de nus, à Hollywood, mais sont indifférents à tout ce qui est violent.  L’industrie pharmaceutique et l’immobilier sont les moyens par excellence de blanchir l’argent du crime organisé.  Payer un logement, un «un et demi», 450$, même chauffé, c’est du vol, de l’exploitation. C’est de la violence. 

Que l’on protège le réseau des trafiquants de marijuana pour conserver les emplois des vendeurs de rues, ce n’est pas important. C’est même acceptable, selon le système, car les statistiques n’en parlent pas, tant qu’il n’y a pas de guerres internes qui fassent monter le taux des crimes. 

Pourquoi ne s’assure-t-on pas de contrôler d’une manière absolue la qualité et la force de la marchandise si on ne peut pas l’empêcher, spécialement si elle devient accessible aux jeunes ?  Pourquoi détruire un cerveau est moins grave qu’une relation sexuelle pédéraste sans violence ?  

La relation sexuelle individuelle ne paye pas le contre-système qui comprend aussi tout ce qui est fait au noir.  En créant des zones grises, ça permet à la pègre d’opérer en toute impunité.  Un policier a la tâche plus facile quand il s’agit de se noyer l’oeil dans la pornographie infantile, de se faire passer pour un jeune, que de tenter de mettre fin aux réseaux de crime organisé.      

Actuellement, 80% des maladies mentales et émotionnelles chez les jeunes seraient dues à de mauvaises drogues ou aux drogues dures.  Est-il plus dangereux de sucer le sexe d’un petit gars qui y découvre la frénésie de vivre que de lui flamber le cerveau avec des drogues ? 

Pourtant, c’est ce que le système dit en refusant la décriminalisation individuelle de la marijuana et de la liberté sexuelle individuelle.  La prostitution doit être une décision personnelle et non exister à l’intérieur de réseaux qui exploitent le prostitué (es).  Ces règles sont la violation du droit sacré d’être le seul maître de ton corps …        

Les féminounes n’ont pas encore compris que dans ma lutte, je préconise l’égalité de tous les humains, mais la responsabilité individuelle de ta vie et de ton bonheur.  Elles pensent que la sexualité est sale, méprisante, parce qu’elles l’ont vécue comme ça.  Moi, je pense que la sexualité est un moyen de se réaliser individuellement à travers l’amour, qui est d’abord et avant tout l’attraction physique.  Pour elles, la sexualité est encore un monstre comme du temps des Inquisitions.  Et, depuis leur enfance, on leur fait croire que la sexualité est une saleté, un danger.   Notre morale sexuelle rejette la réalité humaine et le droit de jouir de son corps.  C’est une morale malade, irresponsable et diabolique.  On croit que nous devons tous penser pareil. On n’a pas le droit de croire que la sexualité est bonne.     

La loi condamne la prostitution individuelle en encourageant le proxénétisme                 (l’esclavage sexuel féminin organisé).  Est-ce normal ?  Parce que depuis toujours et pour toujours, la majorité des humains sont hétérosexuels.      

Le système, en créant les lois, est à la fois la police et la mafia… une même poche pour encaisser les profits.  Un ami ex-policier de la Sûreté du Québec, Pierre Faucher, me disait : « prouve-moi que la pédérastie est payante et elle est permise demain matin ».  La mort des jeunes est considérée moins importante que de les sauver d’une relation sexuelle avec un adulte qui leur apprendrait à jouir de la vie… comme l’ont toujours fait les grecs anciens et les chamans. 

Chez les dits primitifs, au moins, cette maladie qui veut que la sexualité est condamnable n’existe pas.  Pour la loi et la morale, pour contrôler, notre société est prête à sacrifier sa jeunesse.  Pourtant, la morale sexuelle bourgeoise n’est que le rejet des Autres, de ceux qui lui sont différents.  On préfère tuer à l’amour.  La répression sexuelle est une affaire d’ignorance.  On choisit le point de vue religieux plutôt que celui de la science.    

Cependant, le jeune doit être absolument libre dans son choix à savoir « s’il aime ou n’aime pas » la relation sexuelle qui lui est proposée.  La liberté doit être absolument un chemin conduisant à l’autonomie et la responsabilisation individuelle.  Aucun rapport avec un jeune ne doit être violent ou imposé.  Cette liberté doit tenir compte du fait que pour le jeune, tant qu’il ne peut pas procréer, la sexualité est un jeu, une curiosité à assouvir.  Que l’on cesse de s’imaginer des dangers qui n’existent pas.  Malheureusement, il existe un trafic d’humains qui sans conteste doit être combattu, mais c’est à un autre degré.  C’est le fruit du crime organisé.  Les psychopathes ne sont pas si nombreux.         

Le crime organisé devrait être jugé différemment que l’individu seul, car, l’individu n’a pas les ressources pour s’en sortir seul.  La justice devrait être mondialement réformée pour assurer plus d’équité envers les pauvres.  Pour le moment, ta valeur monétaire égale ton degré de liberté.  Le crime organisé est un état dans l’état, ce qui est absolument inacceptable.       

Je ne suis pas scrupuleux, mais je veux le bien du peuple.


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À Val-d’Or, il y avait un immense problème entre les skinheads et les punks.  Je me faisais traite chez un physiothérapeute, car, j’étais tombé dans ma cave à Montréal et je m’étais blessé à une épaule, m’enlevant presque toute capacité à bouger mon bras droit.           

Un type qui était sur aussi sur une table de traitement près de moi m’a dit que le problème, la guerre entre ces deux groupes de jeunes, (punks et skinheads) avait été solutionné en donnant de la drogue aux jeunes punks. « Ils en ont eu assez qu’ils se sont tous tués à force d’en prendre excessivement. »  Il y avait eu effectivement une vague de suicides chez les jeunes à Val-d’Or.      

Cette révélation m’a scandalisé.  Six jeunes étaient morts d’avoir trop pris de drogues à Val-d’Or, à cette époque précise.  J’ai demandé à cet individu ce qu’il faisait dans la vie pour confirmer ce dont je me doutais.  Il m’a répondu qu’il était policier à Val-d’Or. 

Puisqu’on prétendait devoir m’écarter pour m’empêcher de révéler un secret, ce devait être le secret que je ne devais jamais révéler.  Je n’en vois pas d’autre, sinon la mort de Pierre Laporte, à cause de Jean Chrétien, qui pensait que l’auto dans laquelle Laporte était piégée, ce qui finit par le tuer.     

Je n’en parle pas par vengeance, mais pour m’assurer que jamais plus une telle chose ne soit possible.  Un jeune délinquant est toujours un humain.  Il a besoin d’aide et non d’être écrasé, encore moins tué.   Comment la police acceptait-elle de fournir les drogues qui ont causé ces suicides ?  Même en combattant le crime organisé, ca n’a aucun sens.  J’avais un étudiant qui m’avait fait cette révélation auparavant, mais ça me semblait trop gros pour être cru.     

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La société a le droit d’exiger que la police soit au-dessus de tout soupçon et la forcer à respecter la loi.  Un policier qui dévie du respect de la loi devrait payer davantage qu’un criminel, car le peuple est en droit d’exiger un respect absolu de la loi par les policiers et ceux-ci doivent savoir que la prévention est souvent plus importance et efficace que la punition.            

La police devrait s’occuper plus du crime organisé que des actions sans violence commises par des individus contre les règles créées par nos gouvernements pour faire payer le peuple (les voler ?) comme les billets de contraventions , par exemple.  La police n’est pas là pour protéger les bandits devenus riches, mais assurer la sécurité de tous les individus qui forment la société.      

Malheureusement, comme certaines féminounes, la police aime mettre le nez dans les affaires sexuelles des autres.  La sexualité est pourtant ce qui est le plus individuel et privé. La sexualité est la source intarissable de la compréhension, de la communication avec l’autre, de l’empathie et de la solidarité. 

En prônant la dénonciation, les féminounes engendrent la paranoïa, la haine de l’autre et le maintien du pouvoir de la bourgeoisie, car la répression sexuelle tient de cette capacité de contrôler le peuple.  La dénonciation tue le tissu social.

Tout individu a une sexualité et nous avons, tous, un petit reproche à nous faire dans la vie quant à observer scrupuleusement les règles.  Voilà pourquoi, cette honte et cette culpabilité permet de parler de péché originel et de devoir travailler davantage pour se déculpabiliser et se réhabiliter, face à sa propre image.  Ce péché a été créé dans le seul but de dominer l’autre.  Les écrits de W. Reich sont très éloquents à ce sujet.         

Quand tu regardes un film de pornographie sur internet et que tu te masturbes chez toi, ça ne fait pas mal à personne.        

C’est préférable ainsi que de s’attaquer aux jeunes pour oublier ta frustration. Les policiers qui essaient de te prendre l’oeil dans l’appareil jouisse aussi, n’est-ce pas ?  C’est de l’hypocrisie pour justifier leur emploi.  Qu’ils s’occupent de la violence et ils n’auront pas assez de temps pour contempler ou se frustrer de voir les autres jouir. 

Un leurre, ça demeure quelque chose de profondément immoral, même si c’est un moyen employé par la police pour remplacer le père dans les maisons où la mère n’a pas assez d’autorité pour surveiller ce que ses jeunes regardent sur internet.               

 Mon ami Petit Gabriel est un de ses rares punks à survivre.  Il habitait une chambre avec sa blonde dans la cave chez-moi depuis des années.  J’ai eu peur que le système essaie de l’éliminer pour ne plus avoir de témoin. En savait-il trop?  Il était un survivant, mais aussi l’un de ceux à qui on avait défoncé le cerveau…

J’étais seul dans la salle quand le policier me dit que la police avait fourni de la drogue.  Tout comme j’étais seul quand entre les murs, un de mes jeunes voisins affirma, dans l’appartement voisin, qu’il tenait sa drogue de la police.  C’est un de mes élèves qui en reparlera une autre fois.  Il me dit : que des policiers en civil vendaient de la drogue à la tonne au Belvédère de Val-d’Or.  Ce n’était peut-être pas de la paranoïa quand j’ai dit au député péquiste, qui m’appelait, de tout oublier, car la ligne téléphonique était probablement rouge d’oreilles indiscrètes… Mon jeune voisin s’est d’ailleurs retrouvé entre la vie et la mort à l’hôpital, peu de temps après.  Une nouvelle coïncidence ?  Un hasard ou de l’écoute électronique?

Ces voisins ont vendu de la drogue à la tonne au jeune qui habitait chez moi, probablement pour le monter contre moi.  Malade, il m’a même menacé.  La police exigeait que je dépose une plainte de tentative de meurtre contre lui, possiblement parce que son état mental ne permettait pas de l’avoir parmi mes accusateurs.  Sa culpabilité est d’être né dans un milieu très pauvre et fervent consommateur.  Les policiers sont revenus chez moi pour que l’on se rende au poste, sa mère et moi, pour l’accuser.  J’ai refusé de porter plainte, car, dans l’état où il était, il était bien évident qu’il n’était pas conscient.  Un psychiatre a d’ailleurs confirmé mon point de vue dans son diagnostic.  

Au poste, il avait été placé dans une cellule de laquelle on pouvait l’entendre crier.  Grâce à l’intervention du système de santé, il a pu être tiré de là.  Comment se fait-il que nos systèmes de santé ne trouvent pas une solution permanente pour aider ceux qui refusent de reconnaître leur maladie mentale et prendre leurs médicaments ?  Pourquoi la marijuana ne pourrait-elle pas remplacer une bonne partie de ces médicaments ?  Prise intelligemment, elle calme elle aussi.  Ne pourrait-on pas marier faible médication avec très faible consommation de drogues légères, pour éviter les rechutes, et ce, jusqu’à une abstinence volontaire absolue ?       

La dernière fois qu’il fut arrêté, le matin, les policiers et le service de santé l’avaient amené à un psychiatre qui l’a aussitôt libéré.  Si ce médecin s’était occupé de lui, il n’aurait pas eu à passer une autre année en prison.  Le stress pour un schizophrène est le pire ennemi dans sa maladie.  J’imagine que la prison, quand ta maladie est classée «paranoïde»  — où tu as peur d’être tué ou qu’on te rende la vie si difficile pour que tu aies envie de te tuer — ne soit pas un excellent traitement.  Les prisonniers de ce genre doivent être soignés en égard de leur maladie.  Il doit y avoir des psychanalystes, des infirmières spécialisées et des travailleurs sociaux qui les accompagnent en prison et à leur sortie de prison.  Il n’appartient pas aux gardiens d’effectuer ce travail spécialisé.  Je suis très surpris qu’en prison, on s’en occupe aussi bien.        

Aussi invraisemblable que ce soit, la police de Val-d’Or le harcelait parce qu’il ne volait plus.           

Un malade mental n’a pas à être en prison, il appartient au service de santé de le soigner.  Par contre, il est encore possible de recevoir des chocs électriques.   Dans cette condition, tu peux te demander s’il n’est pas mieux en prison où on s’en occupe bien ?  Là, au moins, on ne le torture pas.  Les chocs électriques comme une forte consommation de médicaments les rendent absolument légumes.     

Ce jeune est déjà revenu chez-moi , bourré de bleus, en sortant du poste de police où, après lui avoir donné une raclée, un policier lui avait dit : « de monter la côte  pour aller se faire manger la queue par son vieux, ce qui le calmerait. ». 

Ces événements l’ont détruit, mais ce « n’était qu’un jeune de la rue.»  Que feriez-vous, Monsieur le Ministre, si c’était votre fils ou votre fille ?  Est-on moins humain parce qu’on vient d’un milieu défavorisé ? 

Quant à moi, pendant des années, alors qu’il était en prison, j’avais toujours peur qu’on le tue.  C’était le pire des enfers, car j’avais peur que notre rencontre fortuite dans la vie cause sa perdition.  Je travaillais et je mangeais des bananes pour conserver un maximum d’argent pour lui remettre quand j’aillais lui rendre visite en prison.  J’avais affreusement peur qu’il se suicide.  On m’avait dit que des gars comme lui, consomment, font de la prison et se suicident.  Je l’aimais et pour rien au monde je ne voulais que ça se produise.       
 

J’ignorais qu’il consommait autant de drogues dures.  Je jugeais son comportement en croyant qu’il était tel parce qu’il ne prenait pas ses médicaments.
 

J’ignorais qu’à Val-d’Or la drogue faisait autant de dommages et constituait la pierre angulaire des chicanes entre les factions de jeunes qui voulaient prendre le contrôle de la vente de drogue. 

Je n’ai jamais soupçonné l’ampleur de ce drame, car je ne consommais plus depuis de nombreuses années.  J’ai même arrêté de boire pour donner l’exemple à mes étudiants et conserver mon emploi.           
 

Quant au FLQ, il était mort depuis si longtemps que je ne pensais pas qu’on puisse un jour ressusciter ce cadavre.  J’étais indépendantiste, mais surtout péquiste.  Je croyais encore dans la possibilité de changer le monde de l’intérieur, de rendre la vie du peuple plus agréable à supporter, d’éliminer les situations qui créent la misère.   

Avec la mort de mon fils, son suicide a amené plus tard la question à savoir si c’était un meurtre déguisé.  On peut pousser des gens à se suicider comme ce fut le cas de Marc Lachance.  La sorcière blanche m’avait aussi dit qu’un musulman se tuait pour protéger quelqu’un. Y a-t-il eu un rapport entre les deux incidents, sauf qu’ils me connaissaient tous les deux ?  Je faisais face à une expérience nouvelle : l’impuissance.  Avoir des choses qui demeurent mystérieuses.

Quand il consommait, il partait de la maison.  Je l’aimais tellement que sa disparition était un calvaire quotidien.  Je n’avais rien à me reprocher.  Notre relation n’avait rien de violent ou de sexuel.  Il était même irréversiblement hétéro.  Quant à mon fils, il était mort parce qu’il ne voulait pas que la femme qu’il aimait le quitte.  La drogue y était aussi pour quelque chose.  Sa copine lui aurait fait connaître autre chose que la marijuana, bien à mon insu…     

Je me culpabilisais d’avoir dû payer mes dettes en m’exilant au Manitoba, puis à Val-d’Or, car c’est là que j’ai trouvé du travail.  Je me reprochais de ne pas avoir été assez présent auprès de mon fils adoptif ; même si on me disait que jamais aucun père naturel n’en aurait fait autant pour son fils.  Je me demandais si ma notion de la liberté n’était pas un danger pour les autres parce qu’ils n’exercent pas le même contrôle sur elle que moi.  Je constatais avec désarroi que l’on ne peut pas sauver un autre, car c’est lui seul qui est maître de sa destinée.      

Depuis mon accusation, mon jeune punk a surtout fait de la prison, car il ne voulait pas reconnaître sa maladie dépressive.  C’est toute une honte quand tu revis généralement assez consciemment tous les dégâts de tes quelques secondes de furie.  Il battait aussi sa mère ce qui lui mérita la prison, car la police ne tenait pas compte de notre situation chez moi. 

Comment ces jeunes peuvent-ils prendre conscience de leur état maladif s’ils ne sont pas médicamentés ?  Si on ne leur donne pas la chance de prendre conscience qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans leur vie ?  Comment voulez-vous qu’ils acceptent d’être soignés, si le fait de rencontrer un psychiatre est un véritable exploit.  Ils ne connaissent que la consommation comme but de leur vie.  Ils n’arrivent pas à comprendre et percevoir que le bonheur c’est une foule se petites choses, de petits plaisirs.  Eux, cherchent à ne pas être conscients de la réalité.  D’ailleurs, le problème c’est qu’en sortant de prison, ils n’ont aucune aide.  Ils sont laissés à eux-mêmes.  C’est le vide et la tentation.  Ils recommencent.

Cet enfer dure depuis des années.  Il a abandonné tout ce qu’il avait de positif : dessin, lecture, etc. Il s’est aussi nommé « Détritus junior », lors de sa dernière sortie de prison. 

Il est schizophrène à tendance paranoïde, selon un psychiatre qui refuse de le soigner, sous prétexte qu’il consomme.  Les psychiatres sont-ils les vrais malades ?  Pourquoi ne cherche-t-on pas un médicament léger pour ces individus plutôt que d’ignorer le problème ?  Il est anormal que la prison soit le seul moyen que l’on ait inventé pour les empêcher de consommer.  Avec une faible médicamentation, sans drogue dure, ils sont capables de se réintégrer, malgré leur asociabilité… 

Quand il est en prison, j’ai peur de lui nuire en l’aidant, mais je suis persuadé que si je lâchais prise, comme me disent les intervenantes, je le tuerais.  Il n’aurait aucune sécurité sur laquelle compter. 

Si les jeunes consomment autant, c’est que l’on n’a pas su diagnostiquer leur très profonde dépression.  Ils ont appris à ne pas se faire confiance.  Ils n’ont rien à espérer de notre société hypocrite et égoïste.  Est-il normal qu’un jeune dans la vingtaine soit mieux en prison qu’en liberté ?  Notre peur de la sexualité les prive de l’affection dont ils ont désespérément besoin.          

Depuis près de cinq ans, la seule solution est de le faire emprisonner, ce qui est à la fois à peu près la meilleure et la pire chose qui puisse lui arriver parce que sa maladie repose sur la peur. 

Par contre, l’encadrement de la prison lui accorde une forme de sécurité qui lui permet de vivre sans danger pour lui et les autres.  Il jouit d’un traitement de faveur.  On dirait que pour la société, son emprisonnement est une espèce de pari : cette fois, va-t-il pouvoir tenir le coup ?        

Depuis, je culpabilise parce que je ne sais pas si en cessant de l’aider, je ne l’aiderais pas davantage. Il devrait alors faire face à son problème, sans se fier sur moi.  Mais l’abandonner me semble la pire des trahisons. 

Un de ses avocats m’a même dit que dans de pareils cas, le suicide en prison est la meilleure solution que la société peut espérer.  Cette absence de compassion me révolte profondément.  Plutôt que d’aider ces jeunes en difficulté, tant que quelqu’un s’occupe d’eux, l’état les écrase.  Rien n’est mis vraiment en place pour combattre cette pauvreté intérieure.          

Ces jeunes manquent d’idéal et ne savent pas quel chemin prendre pour faire leur place dans la vie.  Ils ont besoin d’être aidés, pas écrasés.  Quant aux services sociaux, ils moralisent.  Je n’avais jamais cru que notre système puisse être aussi sans coeur.  Ils ne peuvent jamais sortir de leurs livres, ni jamais penser par eux-mêmes.    

Le jeune voulait retourner à l’école, finir son secondaire et se trouver un bon emploi.  Le préposé à l’aide sociale a refusé, car il prétendait que ce retour coûterait trop cher.  Un assisté social à vie, ça ne coûte pas plus cher ?   Quel imbécile !  Cela lui aurait peut-être pris plus de temps que les autres, mais il le pouvait et le voulait. 

Pour qu’un jeune puisse s’en sortir, il faut lui offrir une possibilité de le faire.  Pourquoi faut-il tant de mathématiques pour devenir éboueur ?   Il y a trop de professeurs de mathématiques et pas assez de professeurs de sciences ou de métiers.  On maintient l’obligation d’apprendre l’algèbre contre toute logique.  Pourquoi s’il ne s’en servira jamais de sa vie ?      

On dirait que notre fonction publique n’a pas encore appris le sens de la planification à moyen et à long terme…          

Par contre, il semble qu’en prison on a trouvé depuis ce qui est le mieux pour lui.  Le temps fournira la réponse.  Je sens que cette insécurité me gruge de plus en plus.  Le stress s’attaque au coeur …   

J’ai trop de sensibilité pour demeurer différent à cette misère humaine.  Et, je trouve dégueulasse que ces moralistes de l’argent me jugent et me refusent de travailler à améliorer le sort des jeunes pour sauver leur virginité.  Je ne suis pas un assassin légal.  Je ne fomente aucune guerre.         

Si je fais l’amour avec un jeune, c’est qu’il le veut bien.  Je ne crois pas que l’on ait le droit de prétendre que ces jeunes méritent leur sort et leur misère.  Je suis assez intelligent pour comprendre qu’une personne qui ne veut pas s’aider ou obtenir de l’aide est dans une telle détresse parce que le mot espoir n’existe plus. 

Notre système ne pense pas aux êtres humains.  Il ne pense qu’à l’argent.  Comment peux-tu comprendre la détresse humaine en touchant un salaire de 100,000$ et plus par année ?  Comment peux-tu comprendre la faim quand tu te bourres la panse avec une carte de crédit du gouvernement ?  Qui est alors le pire assisté social : celui qui vole l’état en abusant ou ce pauvre jeune qui n’a jamais eu de chance dans sa vie ?        

Il a beau parler avec son double, se mettre du dentifrice dans les cheveux, se promener avec les sous-vêtements sur ses pantalons, oublier tout ce qui arrive, il n’est pas malade, selon nos psychiatres. 

Quand quelqu’un fait brûler des cierges sur le trottoir, qu’il se prépare à aller à la guerre de Boston, s’il n’est pas malade, comme le prétendent certains psychiatres, je crois vraiment que ce sont nos psychiatres qui sont violemment atteints. C’est comme l’espèce de fou qui fait sauter les couilles de tout le monde dans sa guerre aux pédophiles pour oublier qu’il a perdu un de ses membres…

                          
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J’ai connu un prêtre qui s’est fait castrer chimiquement pour oublier les petits gars. Une année plus tard, il était encore arrêté.  Ça ne se soigne pas, ça existe depuis le début de l’humanité.  Il n’y a rien de mal si les deux sont consentants et qu’ils ont du plaisir.  L’orientation sexuelle se joue entre les deux oreilles.  Tu ne choisis pas avec qui tu tombes en amour.   

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La désinstitutionalisation psychiatrique est une excellente mesure, mais cela comporte l’obligation gouvernementale pour la protection des autres d’avoir une équipe capable d’intervenir d’urgence pour aider ces individus et non les punir.      

Notre système a oublié de former des intervenants.  Au Québec, on fait des curées, des avocats et des gestionnaires.  On crée des parasites. On pense à éduquer que ceux qui pourront devenir de bons exploiteurs du peuple.      

Il faut éliminer la violence, fournir une aide — des classes et des emplois spéciaux — pour leur redonner la chance de reprendre confiance en eux.  Il faut aussi leur permettre de pouvoir évoluer en société sans toujours avoir peur de manquer de tout.  À force de manger de la merde, ils finissent par ne plus vouloir d’aide, ils se replient tellement sur eux-mêmes que même ceux qui les supportent deviennent leur ennemis.  Ils doivent être appuyés quotidiennement dans leur reprise en main de leur vie, le contrôle de leur situation. 

Il faut donner des moyens à ceux qui vivent avec eux et qui les aiment, de pouvoir intervenir pour les empêcher de péter les plombs.  Sa mère et moi savions et pouvions reconnaître les signes avant-coureurs annonciateurs d’une rechute, mais les psychiatres dans les hôpitaux n’agissent pas sans leur consentement.  Et, c’est compréhensible.  Mais, ils pourraient nous écouter un peu, nous consulter pour connaître le comportement réel et non ce que le jeune veut bien raconter. 

Nous ne sommes pas tous du genre à vouloir les faire passer pour fou pour avoir leur héritage ou s’en débarrasser.  Nous savons quand tout va bien ou que ça commence à aller mal.  Si on nous écoutait alors, il y aurait moins de dommages par la suite.  Les signes ne mentent pas.  Aider seul (la famille) un de ces jeunes, ça coûte une fortune.  S’il chute le soir même qu’il a reçu son chèque de BS, il est ruiné pour le reste du mois.  Si tu l’aides, tu le fais vivre contre un système qui n’a pas le coeur de réagir sans le signe de piastre … Si tu es déjà pauvre, ta situation devient vite intenable.

L’ADQ semble avoir compris que les Québécois en ont assez de se faire plumer.  Quant à la nouvelle gauche, avec Québec solidaire, il faudra qu’elle apprenne qu’il n’y a pas que des féministes au Québec.  Nous devons réfléchir sur ce que veut dire « être égale » pour une femme.  L’égalité n’est pas seulement numérique.  Ça ne veut pas seulement dire qu’il faut autant de femmes que d’hommes qui occupent le même genre de poste. 

L’égalité, c’est d’abolir les différences.  On ne parle plus d’hommes, de femmes, de gais, de féministes, mais on est conscient qu’un homme et une femme sont tous des humains.  La morale n’est qu’un moyen de justifier les discriminations.  

Avec la véritable égalité, il n’y a plus de discrimination… Tout humain a la même chance de réussir.  Les discriminations entre les hommes et les femmes sont entretenues par les religions et la bourgeoisie. On a permis aux femmes d’aller sur le marché du travail parce que ça forçait les familles à devoir recevoir une double paye pour survivre.  De plus, que les enfants soient à l’école très tôt permet de mieux leur laver la cervelle. L’uniformité : on enseigne selon les livres et non l’expérience.           
 

Quant à l’agent de probation qui s’occupait de mon jeune punk, tout ce qu’elle trouvait pour l’aider, c’était de lui fixer un rendez-vous pour lui coller ensuite une charge parce qu’il ne s’y était pas présenté.  Il ne comprend même pas l’obligation de s’y rendre.  Continuer à travailler avec une telle incompétence, c’est une forme d’abus de pouvoir, car, ces prétendus professionnels peuvent modifier au complet, à jamais l’avenir d’un malade.       

J’ai cru devenir fou tant la situation m’a demandé d’énergies.  Vive les pilules pour le coeur !  Et, sans l’aide de spécialistes, je ne peux rien.  C’est trop pour mes petits moyens.  Je regrette mais je ne peux pas demeurer insensible comme de la pierre.  Tout ce qu’il lui faut, c’est une faible médicamentation et des gens bourrés d’amour pour lui permettre de pouvoir recommencer à croire en lui.  Ils sont des milliers comme lui. 

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Les drogues dures détruisent l’Amérique plus efficacement que n’importe quel terroriste. Ceux qui en vendent sont pires que tous les pédophiles de la terre.        


Comment peuvent-ils reconnaître qu’ils sont malades alors qu’ils vivent complètement en dehors de la réalité ?  Ils ont besoin d’une faible médicamentation, pour se sortir de leur sevrage, mais le système de la santé exige des mois d’abstinence avant de fournir une médicamentation.  Quelle folie !  En Californie, on a des institutions de désintoxication.  

Par contre, il y a si peu de psychiatres qu’ils ne peuvent pas agir efficacement.  Comment donner des médicaments à un individu qui pourrait s’en servir pour se suicider ou se geler davantage ?  Il faut un large personnel spécialisé et tout sera parfait.            

Dans ces cas, l’état doit fournir cette équipe de soutien, dès leur sortie de prison.  Et, même cette sortie doit être planifiée.  Les prisons ont besoin d’un personnel qualifié, multidisciplinaire, pour les prendre en main dès leur arrivée en prison et leur donner une chance dans la vie.        

Le problème est que la majorité de nos services gouvernementaux pour venir en aide aux miséreux sont de véritables rackets.  Il faut que l’argent tourne en rond, que l’état reçoive autant qu’il verse.  Ils sont moralisateurs plutôt qu’humains.  Il n’y a pas de suivi entre la sortie de prison et la vie en liberté.             

Le pire, nous qui voulons aider ces misérables, qui pouvons prévenir les coups, puisque le malade qui ne se soigne pas ne croit pas qu’il est malade, nous ne sommes jamais écoutés.  Ce n’est pas d’une probation qu’ils ont besoin, mais de travailleurs sociaux qui les aident, les accompagnent à leur sortie.  Ils ont besoin d’appui, de pouvoir recommencer à croire en eux.  Une raison d’espérer.         

Il semblerait que l’on commence à vouloir commencer à comprendre.  Mais, il n’y a pas encore assez d’intervenants pour suffire à la tâche : leur apprendre à devenir autonome. 

En prison, les jeunes devraient pouvoir poursuivre leur scolarité ou apprendre un métier.  Là, nous ne faisons que les punir, ça coûte une fortune, et ils n’ont rien pour s’en sortir en retournant dans la société.         

Nous vivons dans un système d’assassins légaux : combien de petits Mozart assassinés, faute de leur donner la chance de se réhabiliter.  Le système veut économiser : tant qu’il y a quelqu’un pour aider le malade (la consommation indue est aussi une maladie dépressive), il ne fait rien parce que les proches s’en occupent sans que l’état ait un sou à dépenser.

Avec le temps, j’en suis venu à croire que la drogue est le pire fléau chez les jeunes dans notre société.  Si la décriminalisation de la marijuana est essentielle, il faut reconnaître qu’elle est un facteur négatif pour les jeunes qui vont à l’école, car elle perturbe l’attention et la mémoire.  Encore une affaire d’éducation.            

Quant aux drogues dures, la vente ne doit jamais être permise, ni même tolérée.  Cependant, il pourrait y avoir des lieux restreints comme en Hollande.  Les drogues dures attaquent le cerveau.  Leur vente doit être interdite et des peines plus sévères doivent être imposées pour leur vente.  Je le répète, c’est pire de détruire le cerveau d’un jeune que de lui sucer la queue.
Si le gouvernement du Canada était moins hypocrite, il légaliserait tout simplement la prostitution individuelle et la consommation individuelle de la marijuana.  La légalisation de la prostitution permettrait de protéger les clients ainsi que les prostitués(es), car elles sont souvent battues.           

La possession simple de marijuana permettrait d’avoir le temps de s’attaquer aux autres drogues plus importantes. 

Comme ancien professeur, je dois reconnaître que le pot nuit aux études et au travail.  Il tue la mémoire et la concentration.  C’est une des principales causes du décrochage.  Comment le faire comprendre aux jeunes, tout en respectant leur liberté ?  La légalisation permettrait de contrôler la dangerosité de la drogue. La consommation n’a rien de négatif, si on la contrôle bien, voire mieux.  C’est comme la boisson.  De mon temps, il fallait être Lacordaire. Cela ne m’a jamais empêché de boire comme un trou.            

Si le fédéral n’agit pas, le Québec devrait changer la loi sur son territoire.  Créer son propre système tant au criminel qu’au civil.  Nous n’avons pas à endurer les retards psychologiques des gouvernements fédéraux.      

Cette législation permettrait au Québec de créer son propre système judiciaire, ses propres lois, sa propre police.  Celui-ci devrait être basé sur la chance pour chacun de se réhabiliter.  Tant que cette volonté existe, aussi infime soit-elle, elle mérite d’être encouragée, car c’est la solution à long terme, la moins coûteuse.     
 

Tous les individus devraient être aidés pour apprendre un métier, s’il n’a pas les capacités de devenir un professionnel.  Il est plus important d’avoir un bon électricien que d’avoir un bon avocat.  Notre société produit que des avocats et des curés, il n’est pas surprenant que le judiciaire ait besoin de créer des crimes et une mafia pour survivre, d’où l’intérêt d’Ottawa d’augmenter les peines de prison.

Chaque emploi est une source de revenu et chacun devrait avoir assez de conscience et d’orgueil pour ne pas vivre au crochet des autres.  Si une femme ne peut pas endurer un conjoint pour vivre, rien ne devrait l’empêcher de vivre avec une amie, si c’est possible.  Le sexe peut être cherché ailleurs.  Vivre seul avec des enfants, c’est très onéreux.  Ce sont les enfants qui sont privés de la même chance de réussir que les plus riches.          

Par ailleurs, ceux qui le doivent, n’ont pas à avoir honte et devoir se battre pour être aidés.  Nos gouvernements ont enlevé les soins et les aides de premières lignes, ceux qui sont essentiels.  La pauvreté est devenue une grande industrie. 

J’ai connu une personne qui pouvait seulement bouger les bras et la tête, à cause d’un cancer, dû à son travail ; mais la CST refusait de reconnaître l’invalidité.   Comment peut-on être de si mauvaise foi ?  Pourquoi tous ces appareils gouvernementaux pour aider les malheureux et les malades traitent-ils les gens comme des voleurs ?  Un effet miroir ?        

Spirale intraprojective 21

septembre 26, 2020

Spirale intraprojective  21

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 189 à 200)

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La Cour d’Appel a été égale à elle-même : elle a confirmé le premier verdict, en prétendant qu’elle ne pouvait pas se substituer au premier juge.   

Le présententiel dont on s’était servi à mon procès était bourré d’inexactitudes.  On m’accusait à partir de mes écrits puisque l’Homo-vicièr a été mis en preuve.  Contrairement à ce que l’on prétendait, je ne parlais pas une seule fois de merde et je ne m’en prenais pas aux femmes dans mon livre.  Le présententiel fut aussi court que ma visite chez celle qui l’écrivait.  Elle me posa quelques questions et affirma dans son texte que j’avais le profil du pédophile et aucun remord.  Bizarre qu’on fasse la guerre au profil dans le cas des immigrants et que ce soit permis contre les prétendus pédophiles.           

Pour avoir des remords il faut au moins avoir fait quelque chose de mal à se reprocher.  La dame était accompagnée de sa stagiaire. Je lui ai dit que Mathieu disait parfois la vérité, mais mentait sur l’essentiel.       

J’ai essayé de porter plainte contre la fausseté et la stupidité de cette analyse inutile parce que tout était décidé d’avance dans de savants bouquins dépassés depuis un siècle.  J’aurais cru qu’un pré sententiel, c’était sérieux.  Le juge aussi.      

Pire, à la télévision, on a montré les textes des deux premières pages de l’Homo-vicièr parce qu’elles étaient compromettantes.  Or, malgré ces pages. L’Homo-vicièr est un livre de pure fiction.  C’est l’histoire d’un chaman qui renaît en 1967.  A-t-on déjà vu quelqu’un passer de l’état de Jacalac à celui d’Homo-faber ?  Où sont les dinosaures qui se promènent et écrasent le héros qui renaît dans la peau de Plat-on ?   

À mon procès, on s’est servi de deux textes qui permettaient d’entrer dans l’atmosphère du livre comme des éléments d’accusation ou de confession.  Dans le texte qui se termine par Dieu est pédéraste, il s’agissait d’un syllogisme comme nous l’apprenaient les Jésuites et qui portaient sur quelques affirmations.  D’abord, les fillettes avaient été ajoutées dans le texte à la place des garçons pour éliminer le sexisme et marquer que pour Dieu il n’y a pas de différence entre un homme et une femme.  Tous sont humains.   Puis, le texte disait que les hommes qui veulent toujours êtres des garçons sont des pédérastes. Or, aimer un garçon, c’est de la pédérastie.  Puisque Dieu aime les hommes qui sont des garçons, il est pédéraste.  En fait, tout ça pour dire que Dieu aime les humains.  Mais, tous ne le comprenaient pas ainsi. Voici le texte en question :    

«Je rêve d’une île.  Il n’y a que des enfants. Les fillettes y sont belles comme l’or des champs.  Ces fillettes-garçons que le vent de l’amour n’a pas encore flétris.  Je rêve à des garçons soleils et infinis.  Des corps jeunes qui m’aspergent de leur pureté.  Je rêve à toutes ces jeunes bêtes et je voudrais être le premier à les pâmer de plaisir pour les aimer toujours dans un éternel recommencement.  Maintenant, je sais : Dieu est pédéraste.»     

Quant au deuxième texte de ce livre. il a pris naissance avec une chanson d’Édith Piaf que j’adorais.  Je l’ai changée pour faire valoir que pour les garçons, l’âge de la découverte sexuelle est entre 10 et 15 ans.  On pouvait lire : « Jamais rien, ni personne m’empêchera d’aimer les garçons de mon choix, qu’ils aient 10 ou 15 ans, qu’ils soient blonds ou noirs, que ce soit permis ou non. L’homo-vicièr»   
 

Quand le livre fut imprimé, grâce à M. Antoine Naaman, pourtant, un éditeur de droite et un hétéro absolu, mon ami imprimeur de Windsor considérait qu’il y avait une erreur dans le texte qu’on lui avait remis et au lieu que la signature soit « L’homo-vicièr » (ce qui situait le roman), il la changea pour mon nom.  Il avait déjà imprimé au moins trois à quatre cents livres sur les 900, quand je me suis aperçu de l’erreur.  C’était trop tard pour changer.  Je dois avouer qu’à cette époque, j’étais assez baveux pour accepter de vivre et de porter l’erreur.  J’étais même fier de mes convictions pédérastes.  C’était mon étendard, ma révolution, tout autant que l’indépendance, peut-être même plus.   

J’avais même présenté un poème pédéraste dans une des nuits de la poésie à Sherbrooke.  Ce fut tout un scandale, un silence froid, qui me permit quand même de rencontrer la femme qui m’a le plus marqué à cette époque.  « Oui !  Je provoque à l’amour et à la révolution. », chantait Léo Ferré.            

Avec la prison, ce fut une moitié de pension de retraite.  J’avais dépassé la date pour obtenir davantage, comme le prévoyait le plan de retraite proposé par le premier ministre, M. Lucien Bouchard.  Quant au syndicat, il ne voulait pas me défendre, sous prétexte que cet incident s’était déroulé en dehors de l’école.  Pourtant, j’ai toujours payé mes cotisations.  On disait que mes gestes n’avaient rien à voir avec mon enseignement.  Ce qui était absolument vrai.  Mais, on aurait pu défendre mon droit d’avoir une meilleure pension de retraite.  Pourquoi étais-je pénalisé ?  Parce que j’ai reçu mes premiers paiements rétroactivement en novembre, alors que j’étais retourné à l’université, le bien-être s’est mis à réclamer un prétendu trop-versé.  Il était impossible pour moi de retourner dans l’enseignement, j’ai dû obligatoirement, prendre ma retraite.  C’était la ruine !      

J’ai été très déçu par le syndicalisme parce qu’il trouve souvent le moyen de se faufiler sans nous défendre vigoureusement, ce pourquoi il est pourtant payé.  Ils agissent comme s’ils étaient là seulement pour recevoir les contributions des membres.  J’ai toujours favorisé la formule Rand, le syndicalisme obligatoire.  Je n’ai pas changé d’avis puisque les patrons continuent d’exploiter surtout les femmes.       

Le syndicalisme, c’est le moyen par excellence de défendre les pauvres.  Je ne pouvais pas m’attaquer à quelque chose dans laquelle je croyais fermement.  Les syndicats ont leurs défauts, mais ils sont essentiels. J’exigerais toujours la création immédiate et obligatoire d’un syndicat dès qu’une entreprise a plus de quatre employés.  Sa fidélité et son honnêteté dépens ensuite de ses propres membres.  

J’ai toujours voulu payer mes dettes.  Je ne veux pas être un voleur.  Mais, pour le pouvoir, il me faut un travail décent.              

Je ne peux certainement pas être plus voleur que nos gouvernements qui nous taxent de plus en plus, nous étranglent, sans donner plus de services. Et, mêmes eux sont pris entre les mains des financiers qui les étranglent avec leurs intérêts.    

Par contre, la prison m’a permis de constater que je n’ai jamais été et ne serai jamais, je l’espère, un danger public.  J’ai mes défauts comme tout le monde, mais j’ai toujours voulu être meilleur.  La seule vraie révolution possible est de s’améliorer soi-même.  Je peux dire ce que je pense, mais les gens sont libres de m’écouter.  C’est le défi de la fierté et de la démocratie : croire en l’individu et à l’amélioration de l’espèce humaine, même si elle est terriblement lente à évoluer. 

J’ai toujours cru que la révolution est de travailler avec toutes ses tripes à améliorer la société dans laquelle tu vies … la révolution, c’est rêver un monde idéal.

La révolution est essentiellement non-violente.       

J’ai joué au révolutionnaire pour donner du poids aux mots.  Je m’étais créé un double de moi.  Un double que j’ai nié dans un de mes poèmes, il y a bien longtemps.   La violence est une forme de maladie mentale si elle n’est pas contrôlée.  La répression sexuelle, à mon avis, engendre la violence ; mais notre civilisation accepte et glorifie la violence.  Je suis bien content qu’un écrivain exprime le fait historique qu’il n’y aurait pas eu de deuxième guerre mondiale, si Hitler, dans sa jeunesse, avait joué un peu plus avec son yoyo, instrument de masculinisation et de plaisir. 

*    *     *    *

Le Québec ne peut pas songer à sa souveraineté en se servant de la force et c’est bien ainsi.  Ce sera sûrement plus long, car c’est une question d’éducation.  Et, la conscience est plus longue à réveiller qu’une marmotte ou un ours en hibernation.   

J’avoue avoir été bien d’accord dans les années 1970, avec les buts du FLQ.  Pour moi, le FLQ c’était comme Mandrin ou Robin Hood.  Des gens qui avaient compris que l’état était plus bandit qu’eux.  Les bourgeois volent le peuple avec frénésie. Aujourd’hui, la bourgeoisie a changé de nom. On l’appelle « les professionnels ».  

Les leaders asseyaient leur pouvoir sur la répression.  Le FLQ, c’était l’incarnation de la défense des droits des Québécois puisque les trois colombes, le French power de Trudeau, nous avait trahis.  Les trois colombes confondaient leurs intérêts personnels à ceux du peuple.  Le French power servait de courroie de transmission, de cabinet de service, d’amplificateur de la haine qu’ont les Wasp contre les francophones, surtout du Québec.  

Le French power a trahi le Québec, en ce sens, que ceux qui le formaient se sont crus supérieurs aux autres Québécois. Ce snobisme les a amenés à croire que le peuple du Québec est formé par une bande d’ignorants et d’imbéciles.  Cela n’est pas très nouveau, selon ce que l’on apprend dans Le livre noir du Canada anglais, de Normand Lester.       

Le Québec ne pourra jamais être admis au Canada avec des points de vue totalement opposés au reste du Canada.  Un pays où il fait bon vivre est un pays qui laisse le plus de libertés individuelles possibles.  Une famille ne peut pas être heureuse si ceux qui la composent sont toujours en chicane.         

Il appartient aux citoyens par une plus grande prise de conscience de se sensibiliser.  Si tu vies décemment et librement, tu ne penses pas à te révolter.    

Trente ans plus tard, on se rend compte que le Québec est différent des autres provinces, mais les autres refusent de le reconnaître, d’accepter son identité et sa personnalité.  Cette dualité n’existerait pas si nous avions une autre forme de gouvernement qui ne soit pas centralisé et colonialiste. 

Dans une vraie Confédération, nous n’aurions pas à être ennemis, car les points de divergences fondamentaux n’existeraient tout simplement pas. Le Québec cesserait de se sentir éternellement exploité par Ottawa (le double pouvoir de l’Ontario).  Il ne pourrait plus blâmer les autres quand il y a des bévues.  D’ailleurs, l’objection de certains à la souveraineté est de croire que nous ne pouvons pas constituer un gouvernement honnête qui pense d’abord aux intérêts du peuple.  Pourquoi Ottawa réussirait-il mieux que nous ?   

Quand mon père me parlait des patrons, il me disait qu’un patron va toujours essayer de profiter de son employé.  Au Québec, disait-il, les Juifs sont probablement les meilleurs parce qu’ils ne veulent pas que l’argent, mais tu dois bien travailler pour que ça paye plus longtemps.    Les Anglophones (faudrait ajouter certains immigrants) ne songent qu’à dominer la majorité francophone.  Pour réussir, ils se servent des libéraux francophones.  Ces derniers ont besoin de fournir un petit extra pour prouver qu’ils sont les salauds dont le boss a besoin pour dompter, à leur avis,  cette bande de fainéants.         
 

C’est devenu le rôle du French Power à Ottawa.  C’est pourquoi nous avons eu besoin du Bloc québécois.     

Le French power a aussi trahi le Québec parce qu’il a pris pour acquis que les Québécois étaient leur pire ennemi.  C’est un clan qui s’est éloigné du vrai monde.

L’économie ne peut pas survivre dans notre civilisation s’il n’y a pas de guerres locales ou régionales.  Et, je sais que nos gouvernements soi-disamment démocratiques ne se gênent pas pour inventer des scénarios pour se sortir du trou.  Je me rappelle mon voyage en France, en 1972.  Il y avait un soi-disant début de révolution, une tentative de revivre mai 1968, mais ces manifestations étaient infiltrées et menées par le gouvernement, grâce à ses barbouses.           

Un député m’a expliqué qu’il faut parfois créer des crises si on ne peut pas trouver de solutions à une tension trop forte afin de faire avancer les idées et dénouer les impasses…. lâcher la vapeur.  Comme en 1970, au Québec, et à New York, un peu plus tard, en 2011.  L’attaque du WTC fut organisée pour justifier la guerre en Afghanistan. Est-ce fou ? 

Comment accepter que notre civilisation soit dirigée par l’économie et que cette économie se nourrisse de victimes innocentes de la guerre ?  Qui a cautionné les attentats du 11 septembre, à New York ?  La droite américaine ?  Les Talibans de Ben Laden ?  Est-ce l’extension de la guerre juive-arabe ?  Est-ce que toutes ces morts sont dues aux guerres du pétrole ?  

La mondialisation sera acceptable qu’au moment où elle admettra que la vie de tous les individus est ce qu’il y a de plus important sur terre et que tous les gouvernements sont créés pour appuyer les individus dans leur course au bonheur, en leur rendant la vie plus acceptable.     

Je croyais dans l’innocence de Vallières et j’étais persuadé que les blessures subies lors des attentats du FLQ, à Montréal, étaient des accidents.  J’étais sûrement naïf.et d’une ignorance crasse pour un journaliste, mais je vivais en région, à Sherbrooke. Je ne savais pas ce qui se passait à Montréal.  Nous étions hors des faits et les moyens de communication n’étaient pas ceux d’aujourd’hui.  De plus en 1970, un de mes amis, Gaétan Dostie, avait été arrêté dans le cadre de l’opération des mesures de guerre.  J’avais peur qu’il soit tué par la GRC, comme on m’avait dit que c’était arrivé dans le cas du poète Gaston Gouin.  Je ne savais pas encore que presque tous mes camarades étaient en prison.  Je croyais que le seul moyen de sauver mon ami était de me faire passer pour la tête dirigeante, la tête forte régionale du FLQ, car, en étant journaliste, on hésiterait à s’en prendre à moi.  Ce fut trente ans de prison verbale. J’ai joué le jeu durant tout ce temps.

*****

Aujourd’hui, je m’en suis sorti parce que je peux affirmer avec sincérité que le salut de l’humanité passe par la non-violence d’un Gandhi. 

Le système économique sera toujours plus pourri que mes attouchements sexuels, posés avec amour ou curiosité, car le mépris du système pour tout ce qui est différent conduit jusqu’au meurtre ou au suicide, mais les gens aiment ça comme ça.  On y peut rien. Les gens se font laver la cervelle dès leur enfance.  Il faut des péchés pour avoir des  » fidèles soumis » …    

Toutes les révolutions n’ont servi qu’à mettre d’autres tyrans au pouvoir.  Le mal est en chacun de nous : le refus de l’amour, le rejet de l’autre parce qu’il est différent.  Ce refus est versé en nous depuis notre petite enfance par des religions qui se prétendent tout amour ou toute miséricorde et qui nous apprennent à mépriser ceux qui n’obéissent pas à leurs sornettes.

.J’admets que sans la déformation de l’Église, les Évangiles sont très révolutionnaires, dans le sens, que Jésus remettait tout son système religieux en question.  C’est probablement ce qui pourrait être le plus révolutionnaire actuellement si on mettait son enseignement en pratique. On a qu’à voir comment il traitait Marie-Madeleine et le petit Saint-Jean, l’apôtre de l’amour infini.   

Il faut remettre l’humain au centre de la vie et le vécu humain comme sens de la vie. 

Nous sommes sur terre pour découvrir la beauté de la création, la beauté en nous, et par conséquent, Dieu (si on y croit) dans sa réalité métaphysique. Croire en Dieu, c’est sentir Dieu en nous. C’est quelque chose qui nous anime ou il n’existe pas.       

Les Évangiles, selon Saint-Jean, ne condamnent pas la sexualité.  Bien au contraire, St-Jean est, malgré ses quinze ans, l’apôtre bien-aimé de Jésus ; Marie-Madeleine, la putain, est pardonnée parce qu’elle a su aimer.  Se sauver, c’est donc de pouvoir aimer, même charnellement, puisque nous sommes des animaux sexués. 

Est-ce qu’un pédophile est pire qu’un Staline qui a tué des millions d’individus ?  Que les religieux qui ont fait des croisades et tuer des milliers d’innocents pour s’approprier des reliques ? Tuer pour des motifs économiques comme le pétrole, vider les vieux de leur retraite par des arnaques, c’est moins pire qu’une pipe ? 

Je ne dois pas être le seul fou qui pense que nos sociétés issues de l’Inquisition ne se sont pas encore sorties de leur ignorance, ce qui nous mène à la folie collective.

Pour moi, la révolution, c’est la recherche de la Vérité. 

La révolution demande la décriminalisation de la sexualité.  L’acceptation de l’individu dans sa corporalité, incluant son sexe. 

La mise en doute du paradis serait-elle un premier pas vers la lucidité ?  Certains meurent pour tuer les cochons d’infidèles, mais ce cochon habite en moi comme en chaque individu car c’est la force qui garantit la survie de l’espèce.  Pas de sexualité, pas de futur. 

On est plus à l’époque où l’on croyait que le sperme était une partie de notre cerveau dont on se privait pour avoir une descendance… Est-ce que la jouissance qui a permis de dominer ces peurs est la raison première de notre existence ?  Ce n’est pas tout le monde qui a compris que le seul côté qui limite la jouissance est notre condamnation à mort dès notre naissance, notre éphémérité.   C’est la jouissance qui guide nos pas, même chez les ermites qui croient que les souffrances les purifient.   Ils font simplement une vie de masochistes… Il y a aussi de la jouissance dans la souffrance.   Certains pensent que l’extase est l’aboutissement de la souffrance… Quelle religion peut se vanter de ne pas avoir fait tuer quelqu’un ?  Est-ce que la pureté rend malade ?
              

*   *

J’ai trouvé cependant trouvé encore plus écœurante l’interprétation de l’Homo-vicièr qui a amené mon juge à affirmer « que si je ne suis pas un danger pour les jeunes, je mettais cependant les institutions du pays en danger ».  À son avis, j’étais plus dangereux par mes idées que par mes actions… C’est vrai que je ne suis pas membre en règle de la mafia légale… je suis un pauvre.

Il y a toujours 10 et 20 ans entre chacune de mes accusations sexuelles.  Ça fait bien des coups de poignet (masturbation) entre chacune.  D’ailleurs, ces condamnations sont complètement ignorées dans mon présententiel.           

La conclusion qui définit ma pensée et le but ultime de l’Homo-vicièr, page 100, se lit comme suit : « Il faut chercher ce qu’il y a d’assez valable que même les défauts de la société ne nous arrêtent pas ; mais au contraire, nous incitent à créer un monde où la Connaissance et l’Amour banniront la violence et l’injustice.  Un monde où l’on s’élèvera au-dessus de tout ce qui nous sépare en tant qu’hommes et engendre la violence et la haine.»

C’est vrai que la paix est dangereuse.  La paix tuerait le système économique dans lequel nous vivons et si les hommes s’unissaient peut-être que les quelques milliardaires qui dirigent le monde pourraient commencer à craindre pour leurs fesses. Il faudra trouver comment mettre l’économie au pas, sans que ce soit les pauvres qui payent la note. Les riches ont leur vie ente leurs mains.        

J’ai toujours cru dans la réhabilitation.  J’étais le pécheur repentant, à genoux qui crie pardon d’avoir aimé ses petits compagnons un peu plus jeunes que lui.  J’étais assez stupide pour croire que les interdits sexuels reposent sur des raisons valables, non inventées à mesure pour garder les humains en catégories, pour préserver le pouvoir de la bourgeoisie.   

Ce n’est pas étonnant que je fusse condamné puisque dans mon présententiel, on confondait mon l’Homo-vicièr avec un autre livre de mon bon ami Jean Ferguson dont le titre est : « V’là le bon vent ou L’histoire raisonnée des besoins naturels à travers les pays et les âges.»   

On m’accusait d’avoir un faible pour la merde (d’être scatologique) dans la première partie de l’Homo-vicièr, même s’il n’est jamais question de merde dans mon livre.  Pour ce qui est de la haine viscérale que je voue aux les femmes, je me demande comment j’ai pu vivre avec trois d’entre elles, si cette accusation est fondée ? 

Ferguson a, c’est son droit, toujours été plus radical que moi en ce qui concerne les femmes et les juifs.  Le temps nous dira s’il était plus clairvoyant que moi.  Cela ne nous a jamais empêché d’être d’excellents amis.  On avait souvent l’oeil sur les mêmes garçons, mais on n’était pas jaloux l’un de l’autre. Cela ne nous éloignait pas, au contraire, ça faisait partie du romantisme.   

Malheureusement, il est condamné à mort par un cancer (qui a d’ailleurs déjà fait son œuvre).  C’est un bon écrivain à découvrir. (Au musée d’histoire de Val-d’Or.)

Dans cette lutte stupide, je ne savais plus qui était l’ami ou l’ennemi.  Ferguson me dit un soir, avant mon procès, alors que j’étais saoul comme une botte, que pour s’amuser il avait dirigé les opérations par derrière et que la seule raison pour laquelle j’avais été poursuivi visait à récolter de l’argent. 

Malheureusement, j’ai toujours été endetté, je ne peux pas voir comment j’aurais pu être financièrement intéressant.  D’autre part, il me disait qu’il battrait le père de Mathieu s’il le rencontrait parce qu’il ne pouvait pas lui pardonner de ne pas avoir empêché tout ça.  Pour lui, il ne pouvait plus être son ami.    

Avec Ferguson, on ne savait jamais quand le prendre au sérieux.  C’est probablement pour cette raison qu’on était d’aussi bons amis.

N’empêche que la prison est comme un cancer, elle ouvre les portes à la paranoïa qui s’insinue goutte à goutte, selon tous les gestes de haine qui sont portés contre toi. Plus je vieillis, plus je me sens atteint. 

Je suis aussi fanatiquement pour l’égalité de la femme, car, pour moi, tout individu est le seul maître de son corps.  Il n’y a pas d’hommes et de femmes, il n’y a que des êtres humains avec des corps différents et une vocation différente. 

Tout individu est à la fois un homme et une femme, hétéro-homosexuel, juste une petite question de dosage dans les gênes, dans les hormones, une historicité différente pour qu’un pénis cesse d’être un clitoris.  Pourquoi les hommes qui prétendent tant aimer les femmes se conduisent-ils toujours comme s’ils étaient des êtres supérieurs ?  Pourquoi une femme ne mérite pas le même salaire que l’homme à compétence égale ?  Simplement parce que l’ordre économique est le même que l’ordre religieux. Les femmes ne comptent pas.  Pourtant, dans la vie commune, les vrais maîtres sont les femmes, même si elles se plaignent toujours … c’est dans leur nature… Elles dirigent la famille en se servant de leur pouvoir émotif.

La raison pour laquelle les féministes se plaignent, c’est qu’elles ne parlent pas du même pouvoir.  Elles voudraient participer au pouvoir réel, dominer comme les financiers, les religieux, les politiciens d’égal à égal.      
     
*   *   *

Qui est le con qui a décidé que «punir est préférable à la réhabilitation?»  L’Évangile disait que l’homme devait être le serviteur de l’homme…     
 
Il serait intelligent de faire une nuance entre la façon de vivre la sexualité pour un homme et pour une femme.  La vie sexuelle porte tous les résultats et tous les maux humains…  La honte du corps, entretenue chez la femme est un élément clé de la domination mondiale.  Les femmes transmettent la culture aux enfants.  Les règles morales quant à la sexualité que l’on nous enseigne sont ce que les femmes battues ont retenu de la sexualité. Leur haine est devenue la mesure étalon de nos sexualités.  Ces règles de peur de la sexualité servaient surtout à combattre l’homosexualité.  Or, encore aujourd’hui, un homme caressant un jeune garçon est cochon alors que si la femme fait le même geste elle est simplement une bonne mère, même si ce n’est pas son fils…   

La seule chose que je déteste des femmes tient de leur esprit d’esclave, mode qu’elles nourrissent à travers leur perception négative de la sexualité à cause de la religion dont elles ne se sont pas encore libérées.  Elles ne sont pas capables de s’accepter comme elles sont. Elles se sentent toujours moins belles comme les hommes se pensent supérieurs quand ils ont un gros et long pénis.      

Elles sont esclaves de ceux qui décident de ce qui est beau et laid.  Je déteste le fait que les femmes ne s’assument pas assez pour être fières de ce qu’elles sont, d’avoir un sexe, sans devoir comme les gais, se créer des mouvements qui doivent encore crier qu’elles sont femmes.  Comme si on le savait pas, juste à les regarder… 

L’homme et la femme sont égaux.  Le jour où ce sera mis en application, on n’aura pas besoin de crier sur les toits qu’on est féministe, gai ou bisexuels. On sera ce qu’on est. 

Comme le jour où la science délogera les religions on cessera de parler de l’homosexualité comme un vice.  Pour reconnaître un vice, il faut être vicieux…     

Je déteste le rapport des femmes avec la sexualité, car, il s’établit toujours en disant que la sexualité est laide et sale.  Une paranoïa que les curés ont créée et que je ne peux pas accepter. 

À mon sens, au contraire, la sexualité dans le sens commun (génital comme on l’entend presque toujours), ainsi que dans un sens plus large, soit l’émotion, l’affection est la cerise sur le sundae. C’est l’aboutissement normal, naturel d’une relation humaine.  Sa satisfaction indique notre orientation sexuelle.  Un mâle hétéro n’a pas les mêmes raisons d’aimer les femmes qu’un gai. L’important, c’est que les deux aiment les femmes.        

Comme l’avait découvert la Grèce antique, la sexualité ne sert pas qu’à assurer une descendance, mais elle permet à deux êtres qui s’aiment de combattre à jamais la solitude, en se réalisant réciproquement. C’est la raison pour laquelle le couple l’a emporté sur l’amour des garçons. 

On faisait en sorte, par les règles de la décence, de la retenue, de la tempérance que l’amour des garçons meurt avec l’âge adulte, avec l’apparition de la barbe.  On croyait que la femme était inférieure parce qu’elle était sous l’homme dans les relations amoureuses. Ainsi, dans un couple gai, l’un des deux devenait la femme, ce qui leur semblait inacceptable.

Pour qu’ils pensent que seulement l’homme devienne si chaud que son sang en ébullition créée le sperme, les Grecs ne devaient sûrement pas connaître le point « G » féminin.  Ce devait être comme au Québec quand les bonshommes devaient faire l’amour en combinaison pour ne pas toucher la femme…

Notre civilisation a préféré les Néron et les empereurs romains, des malades comme les rois qui n’hésitaient pas à tuer pour créer leur empire…

Quand tu es jeune, c’est la découverte de ton corps et du plaisir.  Quand tu vieillis, c’est la découverte de la beauté de l’autre, le combat de la solitude …

Malheureusement, on ne tient plus compte de l’affection, mot qui rime avec touchers, caresses, plaisirs, mots qui rendent les féminounes folles, car elles s’imaginent que leur peur de la sexualité est le gros bon sens.  Elles sont incapables de comprendre que leur vison est fausse.  La réalité n’est pas que celle des femmes battues. On ne parle plus alors en termes d’amour, mais de domination.   

L’affection est ce qui manque le plus à notre monde pour avoir un visage plus humain.  Il faut cesser d’avoir peur de s’aimer, de se caresser et de s’aider entre nous.  La peur de l’affection, c’est de la paranoïa pure. 

Mais pour dominer le système économique a encore besoin de nous diviser en catégories.  La lucidité met l’économie en danger, car elle nous permet de se rendre compte que les changements endossés par la société servent seulement à enrichir davantage les plus riches.    

Notre système n’a pas encore assez d’intelligence pour faire la distinction entre l’individu, le privé et le crime organisé.  Puisqu’ils sont aussi bien responsables de la police que de la mafia, les gouvernements en votant les lois s’arrangent pour départager ce qui est payant de ce qui ne l’est pas. 

Comment demander à un monstre à deux têtes de penser normalement?  Quand la police joue au tapin pendant qu’on s’entretue au niveau de la pègre pour le pouvoir ou les territoires, il ne faut pas croire qu’elle jouit d’une grande moralité; mais c’est beaucoup plus plaisant de se faire poigner le cul ou de se faire donner un massage que de recevoir un coup de poing en combattant la pègre sur le terrain… C’est moins dangereux et les arrestations continuent d’alimenter les statistiques pour justifier l’emploi policier et un meilleur salaire…        

On criminalise la pédérastie parce que l’on a peur que trop de jeunes aiment leurs expériences et deviennent gais.  On oublie que l’orientation sexuelle est innée et, à moins de violence, elle est inchangeable.  La chasteté est moins naturelle que la curiosité sexuelle.     

Il est débile que la cour ait sursauté quand j’ai affirmé dans mes écrits que notre système est meilleur pour protéger les pénis que protéger les cerveaux des jeunes de la drogue… Pour la drogue, on tue.  Le petit Daniel Desrochers est l’exemple parfait.  Aujourd’hui, on tue le cerveau des jeunes en leur fournissant la drogue dans les écoles… Attention !  Je suis pour la décriminalisation d’une possession personnelle de marijuana, si elle est produite à la maison, pour des adultes.  Quand on en consomme trop, c’est une maladie, une dépendance, non un crime.             

La pègre vend des drogues dures qui détruisent la jeunesse.  C’est pire qu’une pipe.  

Spirale intraprojective 20

septembre 25, 2020

Spirale intraprojective  19

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 168 à 178)

***
La seule différence dans la morale que l’on m’impose et celle que j’aimerais vivre est la suivante : en assumant ma pédérastie, je dois respecter, par principe personnel le bien du jeune avec lequel je tombe en amour.    

Cependant, je ne reconnais pas, comme Freud d’ailleurs, un âge spécifique de consentement.  Je suis profondément d’accord avec la pensée d’un degré, d’un stade d’évolution individuel, spécifique, dans le besoin, le désir et le plaisir de découvrir l’autre et sa sexualité.  Cet espace dans le temps représente pour lui le moment que l’on appelle «âge de consentement».  Ce moment peut être différent pour chaque individu.  C’est à dire que le jeune commence à vivre sa sexualité à des âges différents pour chacun, selon ses expériences propres et s’il a le droit de choisir son orientation sexuelle.  C’est la raison pour laquelle je préfère que l’on fixe cet âge après des cours sur le sujet à la fin du primaire de façon à lui permettre de décider de sa position en toute connaissance de cause. Si je dois respecter ce moment individuel de chacun, le jeune, lui, se doit d’apprendre à formuler un oui ou un non très clair.            

Je peux tomber amoureux d’un garçon, mais il n’est pas dit que ce soit partagé.  Comme     «sugar dady», je me sens responsable de mon «serin, de l’être aimé».  Aujourd’hui, c’est encore illégal, car on pense la sexualité avec les mêmes notions religieuses qu’il y a des siècles.  Plusieurs voudraient que ce soit toujours illégal, parce que la liberté individuelle nuit à l’esclavage sexuel universel admis et mené par la pègre et l’ordre judiciaire, parce que ce système est plus payant.  La stricte obéissance à la légalité crée souvent plus de mal que de bien.  Le mariage est aussi, depuis toujours, un contrat économique.           

J’ai le droit de me rendre dans un club, où il y a des danses à dix, mais dans ce cas, il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de suite possible.  Le danseur appartient à un milieu qui s’en sert, qui se fait de l’argent avec la beauté de son corps, qui le vide de son propre respect ou de sa propre jouissance.  Il devient une putain (si c’est véritablement son choix, c’est son droit le plus strict et d’une certaine manière un service comme un autre à rendre à l’humanité, un objet de désir. Il devient un phantasme.     

Dans la pédérastie, le jeune a certes des relations sexuelles passagères, s’il le désire.  Celles-ci peuvent l’aider dans la découverte de ses goûts les plus intimes.  Mais, pour qu’elle ait un sens, cette relation doit être amoureuse.   Il peut apprendre à jouir de sa liberté individuelle ou devenir un esclave payant d’un système organisé.  Dans un cas, il grandit pour mieux se connaître, dans l’autre, il peut se détruire.  Il ne joue plus aux fesses pour le plaisir, mais pour de l’argent ou de la drogue.  C’est son droit, mais c’est une différence essentielle.  Dans la pédérastie, le consentement est fondamental et strictement essentiel pour que la relation soit positive.  Elle peut comporter des scènes génitales comme elle peut en être dépourvue.

 J’ai de la difficulté à admettre que les amitiés particulières puissent nuire à un jeune puisque le pédéraste lui apporte souvent beaucoup plus que les remords engendrés par une société antisexuelle.  Les relations sexuelles génitales permettent de se sentir aimé, donc, d’être valorisé.  Ce n’est pas un amour sans faille, car il exige un sens extrêmement aigu de responsabilité individuelle.  Pour certains, l’initiation sexuelle est une étape importante dans leur vie alors que d’autres ne vivront jamais cette étape.  Souvent, l’initiation sera que le fruit du hasard, la rencontre d’une personne qui nous plaît particulièrement.  Si on ne fait pas tout un tapage avec la sexualité, l’initiation se résume au terme  » pour la première fois ».   

La prétendue conscience du péché de la chair ou de la prétendue pudeur naturelle n’est pas innée, mais acquise dans la famille et la société.  C’est l’empreinte primaire que laisse dans l’inconscient de l’enfant le comportement des parents vis-à-vis la sexualité. Ce peut être aussi une certaine honte d’un attribut de notre corps. Elle est évolutive et répandue par la réaction des adultes.  Ce n’est pas surprenant que certaines personnes soient plus sensibles à ce qu’elles entendent contre la sexualité, développent une culpabilité, une phobie de leurs anciennes relations plusieurs années après.  Pour croire que l’on est devenu le mal incarné, il faut d’abord l’avoir vécu dans sa perception de soi.

En fait, la vraie maladie est de découvrir la culpabilité du passé qui hante le présent.  Les psychiatres et les psychologues trouvent tellement ça payant, qu’ils n’ont pas l’honnêteté de dénoncer ce malaise, en leur faisant prendre conscience du besoin de se pardonner, de s’aimer  et de ne pas vivre dans le reproche.  Ce n’est pas non plus en se vengeant que ces personnes se trouveront plus propres.  Les psychiatres savent qu’avec consentement, la sexualité est extraordinaire dans toutes ses formulations.  Il est aussi étonnant que l’on ne fasse aucune distinction entre un garçon et une fille.  En principe, il ne devrait y avoir aucune différence ; mais ce n’est pas le cas, à cause de la différence d’éducation que l’on offre à un gars et une fille          .

Pour être profitable, une expérience sexuelle doit être libre et amoureuse.  Elle doit permettre aux individus de s’épanouir davantage.  Devoir garder une expérience cachée, et s’en vouloir, ne peut que nous détruire éventuellement.     

«Je ne suis pas un monstre, j’ai simplement les doigts rapides», pourrait-on dire de ceux qui ont la libido un peu forte comme moi.

*  *  *  
Le gars qui a tué le petit Livernoche n’était sûrement pas uniquement pédophile.  Il devait sûrement avoir bien d’autres problèmes psychologiques pour expliquer son cas.  Ce n’est pas parce qu’il a agi ainsi que tous les pédophiles du monde sont dangereux.   

Plusieurs ne recourront jamais à la violence ou même à s’imposer.  Ils sont totalement différents.  Pourquoi devraient-ils être privés du droit de vivre une vie normale, sans danger pour eux, mais aussi en s’assurant qu’ils ne sont pas un danger pour les autres.   

La critique des libérations conditionnelles sont souvent un moyen de propagande politique.  Un moyen d’être plus sympathique en étant plus sévère, tout simplement pour avoir plus de votes.  La seule solution n’est pas dans la répression.  Il faut que toutes les libérations conditionnelles soient étudiées profondément par un service multidisciplinaire et que celle-ci soit suivie par un service qui aide à la réhabilitation qui ne se contente pas seulement de surveiller.  Finies les nominations politiques. Toute personne qui a tué devrait être en prison à perpétuité, c’est-à-dire sans libération possible.

*   * *

Dans mon procès, à Val-d’Or, le maire de la ville était président du comité du NON.  Cela a-t-il joué dans la sentence et le verdict, je ne le sais pas, mais c’est possible.  Mon procès ne fut-il pas plus politique que criminel ?         

J’ai été condamné parce que le juge a cru, malgré les contradictions incroyables, le témoignage de Mathieu.  Personne d’autre que son père n’a témoigné.  Et encore, le père a contredit la version du fils.           

L’avocate qui a obtenu la révision de ma sentence a pu en appel présenter plus d’une vingtaine de contradictions sur les faits dans le témoignage du jeune.  Quant à moi, j’ai toujours soutenu que ce qu’il racontait était loin d’être toute la vérité.  Peut-être fut-il influencé par sa mère et son entourage féministe et mormon, par la DPJ et la police ?   La police a amené les enfants au poste de police, sans que leur père ait le droit de leur parler, ils devaient être morts de peur.  À ce moment-là, tout geste qui semble sexuel prend l’allure d’un ébat.

Pourquoi faut-il toujours être condamné par la dénonciation de jeunes avec lesquels tu n’as pratiquement eu aucun rapport sexuel (un attouchement) alors que ceux avec lesquels tu as vécu une véritable relation, de très bons moments, eux, ne parlent jamais.  De quel droit une tierce personne peut-elle porter plainte concernant la sexualité ?  De quoi se mêle-t-elle ?  Seul, le jeune devrait avoir le droit de décider s’il a besoin d’être protégé et comment.    

Si j’ai allumé le petit à des choses qu’il ne voulait pas encore vivre, je le regrette, mais je ne crois sincèrement que ce ne fut pas le cas. Tous les êtres humains croient que s’ils donnent beaucoup, ils ont droit à une certaine reconnaissance en échange.  Et tu as le droit de payer en nature.  Tous les parents rêvent de la reconnaissance de leurs enfants, ce n’est pas sexuel, mais c’est du même ordre. 

Si les gens s’étaient mêlés de leurs affaires, il n’y aurait jamais eu de procès… Mathieu est même revenu chez-moi avant le verdict pour s’assurer que je n’étais pas en colère contre lui. 

Mais, paraît-il que la Couronne était financée par les Mormons… La mère n’aurait pas pu s’empêcher de se venger de son ex-mari, en s’en prenant à son ami…  Mathieu était venu avec moi, parce que je lui avais promis de l’amener s’il réussissait à l’école. Il avait travaillé pour se mériter ce voyage. 

Le premier jour de notre voyage à Montréal avec Mathieu, celui-ci fut malade.  Nous avons dû quitter le parc d’attractions et nous nous sommes rendu chez-moi.  Je voulais qu’il prenne un bain froid parce qu’il faisait légèrement de la fièvre.   Il s’y opposait et refusait de prendre des médicaments.  Devant cette situation, persuadé qu’il fallait le déstresser, je l’ai avec son consentement, massé puisque j’avais pris des cours de massage et qu’un bon massage est excellent pour relaxer, décompresser.  Je ne vois rien de mal à soigner quelqu’un en le massant, même si dans le massage suédois, on masse aussi les fesses et qu’on peut accidentellement toucher le bord du scrotum en massant le haut intérieur des cuisses.  On tire aussi les orteils en l’exécutant.  D’ailleurs, ce fut si efficace que Mathieu a décidé qu’on retournait immédiatement à la Ronde.  

Mon procès a été à l’image de cette anecdote : le procureur de la Couronne a présenté 52 photos de jeunes, tous bien habillés, y compris Mathieu.  Un seul garçon est nu.  C’est mon fils a 27 ans qui avait décidé d’avoir une photo de lui en tenue d’Adam, car il allait se marier et cette photo sera pour lui le symbole de ce changement de vie.  Une drôle d’idée, mais je n’y voyais rien de mal.  J’étais le seul en qui il avait assez confiance pour exprimer ce désir, sans être gêné. 
          

Le procureur de la Couronne, la Charogne, (plus ils peuvent te salir, plus ils le font) essaie de convaincre le juge que je suis un pervers puisque je prends autant de photos de garçons.  Or, ce sont presque tous des photos des membres de ma famille ou de mes étudiants.  Si j’avais eu autant de photos de femmes aurais-je passé pour un coureur de jupons ?  

Quand une société décide de te condamner tout sert à t’accuser, les contraires peuvent même soutenir deux versions radicalement différentes, mais elles ont le pouvoir de t’inculper.  C’est tout ce qui compte.  Les journalistes servent à semer le doute. Le curé Laurencelle disait que j’étais une Volkswagen avec un moteur de Cadillac.  J’ai toujours eu les doigts pétillant de curiosité.  Et après ?           

                                      
 *  *  * 

Le 14 septembre 2001, je n’ai jamais eu aussi honte d’être Québécois : un jury a donné raison à un père de famille qui a battu un pédophile.  Tous ces bons chrétiens devraient savoir qu’ils venaient de donner raison à la pègre (qui emploie cette tactique en prison).  En prison, la pègre fait le sale travail que les policiers n’ont pas le droit de faire en public.  Aussi, les sentences des Comités de la mafia en prison auront la sanction du peuple comme disait l’avocat de la Couronne. 

C’est pour cela que parfois j’ai honte d’être un humain.  Nous vivons dans une société catholique qui divinise la violence et l’intolérance.  L’homme est un grand chimpanzé malade.  Même en prison, l’État est responsable de la santé physique et mentale de ses prisonniers.    La tolérance à la violence doit être un zéro absolu, même en prison.   

*   * 

Mon incarcération tenait-elle à mon passé felquiste plus qu’à ma pédérastie?  En- dedans, je n’ai jamais autant entendu parler de politique.  Quand tu te fais coincer dans un tel coup monté, tu ne sais pas exactement qui blâmer.    
                           
*  *  *  *

Politiquement, j’en étais venu, à cause du référendum en 1995, à croire que tous les partis politiques francophones sont une seule et même chose, sauf, que chacun part d’un point de vue différent.  J’étais insulté que l’on ne se serve pas de tout ce que nous avions à notre disposition pour gagner le dernier référendum.  On aurait dit qu’on voulait perdre.      

La différence entre le légal et la mafia est ténue, comme me l’apprit mon père. Pour moi, tous ceux qui exploitent le peuple légalement ou non sont ce que j’appelle la mafia légale.  Ils ne pensent pas au bien du peuple, mais au profit retiré en faisant semblant de l’aider.  J’étais écœuré que le fédéral puisse se permettre de transgresser toutes les lois du Québec pour gagner…     

Mon seul crime est d’avoir connu tous les penseurs et dirigeants du FLQ et, dans un moment de paranoïa collective, d’avoir été dénoncé comme supposément le chef d’une cellule d’information du FLQ, mais il n’y a jamais eu de FLQ dans l’Estrie selon Paul Rose.  On m’a dit depuis que les bombes qu’on retrouvait à Sherbrooke étaient posées par des agents de la GRC.        

J’étais jeune, engagé et peut-être même un peu écervelé.  Ma révolution a toujours été la liberté sexuelle, la non-violence et de trouver des plans pour améliorer la vie des gens de mon pays.  W. Reich appellerait ça : une compensation sociale.  Un moyen de me faire pardonner d’être pédéraste.  Eh oui ! Ce fut vrai quand j’étais jeune, j’étais encore assez nono pour croire ce qu’on nous enseignait.  Cet enseignement était en contradiction parfaite avec ma petite nature, comme le disait si bien Madame Gosselin, une femme de Québec, que j’ai adorée pour sa compréhension et sa tolérance.  Elle était une vraie chrétienne.    

De plus, je ne croyais pas dans la culpabilité de Pierre Vallières considéré comme le chef du FLQ.  L’injustice m’a toujours répugné. 

J’ai voulu, dès 14 ans, devenir écrivain dans le but de dénoncer l’exécution de Mandrin, un bandit français à la sauce de Robin Hood.  Le film sur sa vie m’avait bouleversé.  Ma petite âme criait déjà justice.          

Avant ma deuxième remise en cellule en 1998 ou 1999 quand la Cour d’appel a confirmé ma culpabilité (on a étudié que l’aspect technique du procès) je manifestais à nouveau chez les Anglophones de Montréal avec une pancarte se lisant : « La partition veut dire guerre civile : est-ce que vous voulez ?  Nous. Non. » J’étais convaincu de combattre ainsi un plan fédéraste, visant à créer une guerre civile au Québec, ou du moins, d’en entretenir la peur pour détruire le rêve d’un Québec indépendant.  Je souffrais d’avance de la possibilité que des jeunes soient tués dans une telle guerre.  Pour une langue ou pas… j’étais contre … mon fils aîné vit en Ontario.  J’aime trop les jeunes pour accepter leur mort dans un geste politique…

*  *  *  *     

Ma position linguistique est claire.  On ne me fera pas croire qu’un Anglophone dans un Québec francophone est un misérable.  Le Canada est un pays anglais.  Si un Anglophone du Québec ne veut pas accepter le fait français, il peut aller vivre au Canada.  Il sera nettement noyé dans l’anglophonie.  Par contre, s’il aime le Québec, s’il s’y assimile en participant à son évolution, il sera très heureux.  Il suffit pour jouir de notre culture de ne pas être arrogant et aveuglé par le colonialisme anglophone que l’on retrouve chez les leaders anglophones de Montréal.        

Certains immigrants arrivent ici en croyant pouvoir tout nous montrer parce que nous n’avons pas leur expérience de la souffrance et de la guerre.  Si nous les remettons à leur place, nous passons pour des xénophobes.  C’est à eux de s’adapter au Québec, et non, au Québec de s’adapter à eux.   Quand tu sais vivre, tu respectes les qualités et les défauts de tes hôtes.  Ça n’empêche pas de donner des conseils.       

L’obsession anglophone nous coûte très cher parce que nous ne sommes pas maîtres de notre destinée à cause d’eux.  Le pire puisqu’ils partagent nos vies, ils paient le prix de cette bêtise comme nous, car ils paient aussi taxes et impôts en double.

Si le Québec n’avait pas toujours peur de perdre son identité, sa population serait très vite parfaitement bilingue sur un plan individuel ; mais on sait que le but des WASP est de faire disparaître les minorités culturelles au Canada et de pouvoir ainsi angliciser plus tard le Québec.  Question de mathématiques : quand t’es devenu le plus nombreux, tu es la majorité.  Pas difficile à comprendre.  C’est pourquoi on veut nous noyer dans une immigration qui ne soit pas francophone.      

Pire, avec ce qui se passe dans le monde, il faut aussi craindre, sans être malade, que l’immigration serve à permettre aux radicaux religieux de prendre le contrôle de l’Occident.  C’est aussi pourquoi les religions doivent disparaître puisqu’elles sont devenues des pouvoirs économiques et politiques plutôt que de s’en tenir à leur vocation spirituelle.    

Par contre, les Francophones se doivent aussi de chercher à être profondément humain dans le choix linguistique du Québec.  Un humain est un humain.  C’est une réalité fondamentale.  À partir de cette base, il n’y a plus de restrictions.  Il faut lui assurer son bien-être comme à tous les citoyens.  Cependant, nous n’avons pas à supporter leurs anciennes haines.  Si tu es devenu Québécois, sois fier de tes racines, essaie même de nous en faire profiter, en les partageant avec nous.  Au Québec, il est une autre valeur non-négociable : nous sommes strictement non-violents.  Nous ne voulons rien savoir des luttes ethniques, religieuses et racistes qui ont cours ailleurs parce que nous reconnaissons l’égalité entre tous les humains.          

Un immigrant doit avoir assez de respect pour comprendre la majorité nationale qui l’accueille.  Je n’ai rien contre les immigrants, bien au contraire, j’en ai adopté deux.  Par contre, je reconnais qu’en votant contre l’indépendance du Québec, les immigrants m’empêchent d’avoir le pays que je veux, ils me forcent à payer plus d’impôts (eux aussi par la même occasion) sans pouvoir décider de ce que nous faisons avec ; donc, ainsi ils ne me respectent pas.  Si quelqu’un vient chez moi, cela ne lui donne pas la permission de défoncer mon frigidaire.  Et, si je lui en passe la remarque, je ne suis pas un raciste puisque c’est lui qui est mal élevé.

En sortant de prison, persuadé, malgré tout , d’avoir travaillé à éviter une guerre civile au Québec, en combattant la partition, un immigrant chez qui nous étions allés acheter des billets d’avion pour permettre à un de ses concitoyens d’aller mourir dans son pays, gueulait en affirmant qu’il mettrait tous les séparatistes en prison.  Nous nous sommes engueulés, car il est notre invité et il n’a pas à nous cracher dessus.  Il se fait de l’argent en nous vendant ses billets.  Ma conclusion : Le Canada est anglais… Le Québec est français.  Si cet immigrant n’aime pas le français, il n’a qu’à choisir de s’installer au Canada.  Ce n’est pas moi qui suis l’immigrant.  Le Canada est assez vaste pour recevoir tous les immigrants qui refusent de s’intégrer au fait français au Québec.  Ils seront même plus heureux dans un pays qui correspond à leur désir et leur ressemble.  Pourquoi sont-ils plus fanatiques quant à la langue que les Anglais du Québec ?        

Ceux qui demeurent parmi nous, par contre, doivent être reconnus exactement comme nos égaux.  Comme tous les humains de la terre. La qualité de vie n’a pas de langue ou de religion. 

 Au Québec, il ne doit pas y avoir des français, des anglais, des chinois, mais des QuébécoisQuant à la religion, c’est une affaire personnelle, comme la sexualité, elle est à la base de la vie privée. . 

Tu vies ta religion dans ta demeure ou tu te rends dans ton lieu de culte pour la vivre socialement.   Autrement, nous vivons dans un état strictement laïc.  La religion et l’état doivent être complètement séparés.  L’état civil doit avoir préséance sur toutes les manifestations extérieures religieuses.  Les religions doivent respecter cette règle de vie.  Leurs rites ne doivent pas se confronter à nos habitudes de vie et à nos lois.   Aucune mutilation ne doit être tolérée pour des raisons religieuses.    

On n’a pas à forcer ou chercher à influencer les autres parce que les religions veulent faire valoir qu’elles ont raison ou qu’elles possèdent la vérité, en le prouvant par le nombre des fidèles.  Par contre, on se doit d’être ouvert d’esprit.  Il y a une différence entre un voile, porter un petit crucifix et une burkaCette dernière est une offense pour les femmes.      

Dans mes manifestations, je dénonçais le plan B des Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Roch qui voulaient organiser un prétendu soulèvement québécois comme en 1970 afin de rétablir la loi des mesures de guerre et en finir avec le Parti Québécois et le Bloc Québécois, en déclarant illégaux tous les mauvais séparatistes. 

La partition garantissait l’existence d’îlots fédérastes à l’intérieur d’un Québec indépendant.  Un bon moyen pour que tout le monde se cogne dessus…    
*   *

Tout ça a abouti à la loi sur la clarté, loi qui passait aux Communes pendant que j’étais à Bordeaux. Beach (c’est ainsi que j’appelais la prison) un bien drôle de hasard.  N’est-ce pas?    
J’avais peut-être hâté mon incarcération, en envoyant mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie, à l’époux de la gouverneur générale du Canada, puisqu’il est prétendument un philosophe.  Quelques jours plus tard, la police de Val-d’Or exigeait par hasard mon arrestation… C’était devenu une urgence alors que pendant mon procès, qui a duré pratiquement une année ou deux ans, j’étais libre. J’ai envoyé ce texte parce que je voulais savoir à qui plaisait tant mon arrestation.  Je voulais savoir si c’était politique et j’eus vite ma réponse.

On me disait que des souverainistes étaient fâchés parce qu’en étant arrêté pour une infraction sexuelle, j’étais dorénavant un fardeau pour la cause.  D’autres prétendaient que c’était un coup monté pour me fermer la gueule.  

C’était à mon avis, un geste dicté par OTTAWA, même si ça plaisait à certaines moumounes souverainistes (ça existe puisqu’il y a des souverainistes de droite) qui ne font pas la différence entre la vie privée et la vie politique.

Un an après ma sortie de prison, la police de Val-d’Or faisait des pieds et des mains pour que je sois une année supplémentaire sous surveillance stricte, grâce à la probation. Si ce n’est pas du harcèlement, je me demande ce que c’est.  Cinq ans plus tard, on me poursuit encore, en m’empêchant de travailler ou de faire du bénévolat.  Cela me rappelle le titre d’un livre qu’on m’a fait connaître en prison : CONSPIRATION, je crois.           

Il s’agit de l’histoire d’un journaliste de Radio-Canada qui a passé, malgré son innocence, de nombreuses années en prison parce qu’il refusait de jouer le jeu de la CIA, soit entre autre, infiltrer le FLQ.  On m’a dit depuis que je ne retournerais pas en prison ; que je ne serais pas un second Mandela mais que je serai tué avant, si je continue à me battre.  Paranoïa ?  Schizophrénie d’un individu qui essayait de m’embarquer dans sa bulle ?  Je ne sais pas, sauf que ça fait chier !     

Entre ma première visite en prison où j’ai écrit un texte se voulant être une Constitution pour le Québec indépendant ou du moins ma vision de ce qui devrait gérer notre nouveau pays, le fédéral a réussi à m’éliminer d’un programme scolaire Sprint qui avait pour but de me recycler et ainsi gagner ma vie.  Avec ce programme, qui était accepté, j’avais le droit d’emprunter jusqu’à 25,000 $ pour apprendre à travailler sur les ordinateurs.  On a prétendu, après m’avoir accepté, qu’il s’agissait d’une erreur économique.           
 Pire, le fédéral a gelé les 12.75 $ qui me restaient dans mon compte de la Caisse populaire d’Outremont., sous prétexte que je n’avais pas payé mes impôts fédéraux.  Aux élections, j’avais obtenu des reçus du Bloc québécois pour lequel j’avais travaillé.  Cette année-là, le fédéral avait accepté mon rapport, mais le fisc fédéral a décidé une année ou deux plus tard que les papiers fournis ne suffisaient plus.  Ils m’ont redemandé 600$.  Quand tu dois déménager deux fois, dont une, morceau par morceau, en autobus de la ville, parce que tu n’es pas assez riche pour faire autrement, 600$ c’est une somme astronomique.         

Va donc retrouver les copies des papiers exigés que tu leur as déjà fait parvenir, c’est commandé un miracle. C’est ainsi que j’ai réalisé que la mafia légale existait au sein du gouvernement fédéral.  La mafia légale, c’est l’exploitation des pauvres … C’est ramasser de plus en plus de taxes et d’impôts, tout en fournissant de moins en moins de services à la population.     

Tous les avocats qui m’ont défendu et qui s’apprêtaient à gagner ont soudainement lâché : l’un pour une cure de désintoxication ; l’autre, parce qu’elle était tellement écœurée du système de justice qu’elle a décidé de se recycler dans l’enseignement, en partant pour les États-Unis où son mari venait d’être muté.

En plus de m’être endetté au maximum, faute de ne pas trouver un emploi payant, pour me réintégrer dans la société, j’ai perdu en appel car on a regardé que le côté technique de mon procès.   

Ma culpabilité a été confirmée par trois femmes juges, m’a-t-on dit, qui ont décidé de ne pas tenir compte et mettre en doute le témoignage de mon jeune accusateur, mais de baser leur verdict sur les seuls éléments techniques du procès.  Toutes les contradictions dans la déposition du jeune sont demeurées lettres mortes, même si mon procès avait été une lutte entre le juge et mon avocat qui refusait d’établir la vérité (probablement proportionnelle à ce que je pouvais payer).   

Le juge lui a même demandé d’amener un élément, seulement un élément, pour créer un doute raisonnable, mais mon avocat s’en tenait à des stupidités.  Quand il questionna Mathieu, non seulement ça n’en finissait plus, mais c’était tellement hors d’ordre et plate que j’ai moi-même failli m’endormir pendant mon propre procès.

À la fin de mon procès, mon avocat m’a aussi avisé que je pouvais porter plainte contre lui et exiger un nouveau procès, parce qu’il avait été poche comme s’il avait voulu que je sois enfermé, mais j’ai refusé.  Je ne voulais pas me sortir du trou en abaissant un autre.           

Je n’ai jamais dit que je ne n’avais pas touché Mathieu.  Je n’ai jamais témoigné. 

Le seul temps où j’ai parlé de mes déboires est venu bien après. D’ailleurs, tant que les gens croiront que la pédophilie est la fin du monde, il est normal de faire quelques mois de prison.  C’est la punition pour avoir désobéi. C’est normal, c’est un geste qui va à l’encontre des vœux de la très grande majorité; mais devoir subir de l’ostracisme, être sujet de recherche jusque dans tes langes de la naissance à la mort, c’est que ta société est devenue une société fasciste, digne de la Gestapo ou de l’Inquisition.

J’ai perdu un peu la tête, je voyais des complots partout : mon fils Rouhed s’était suicidé, mon ami Marc en avait fait autant parce qu’on l’accusait d’être pédéraste et le jeune punk qui vivait avec moi passait son temps en prison pour des conneries.   Je ne savais pas qu’il consommait des drogues dures en plus de ne pas prendre ses pilules pour la schizophrénie. 

Quand ça arrivait, il me battait quand il rentrait à la maison.  Ces événements arrivaient toujours, comme par hasard, pendant des périodes électorales.  Ou ça se produisait dès que j’écrivais un texte de dénonciation et que j’arrivais à le rendre public.  J’y voyais une autre étape du fédéral dans la lutte contre l’indépendance du Québec.  Je ne voulais plus être la victime, mais je voulais toujours me tenir debout.

Spirale intraprojective

septembre 24, 2020

Spirale intraprojective  19

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 168 à 178)

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C’était important pour moi de ne rien savoir.  Je connaissais si peu le FLQ que La Tribune m’avait envoyé en reportage dans une commune à Ste-Anne-de-la-Rochelle.  Ce n’est que plusieurs années après, quand j’ai appris que la GRC avait incendié la grande, que j’ai réalisé m’être rendu dans le repère central felquiste sans même le savoir, ni même avoir l’intelligence de le deviner.  Je m’étais bien demandé pourquoi il y avait des affiches du FLQ, mais c’était normal dans une commune d’y trouver des affiches révolutionnaires.  Che Guevara trônait partout.      

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En réalité, je suis un individu extrêmement peureux.  Je passe peut-être pour un brave, mais il y a une bonne part d’inconscience dans ce que j’ai vécu. 

Je déteste vivre paralysé par le défi à accomplir.  Ce n’est pas de la bravoure, c’est la nécessité d’agir pour réveiller un peu les gens.   

Une chose est certaine, je n’ai pas eu une vie ennuyante.  Mais, il y en a qui ont certainement eu une vie plus agitée que la mienne.  J’ai eu beaucoup de plaisir à vivre et je ne regretterai jamais d’avoir été pédéraste, car, la vie m’a donné raison : on est carrément hystérique au Québec dès qu’il est question de rapport sexuel avec des jeunes. (Avec Harper, c’est encore devenu plus fou)

Je suis persuadé que ma philosophie de la sexualité a aidé beaucoup plus de jeunes qu’elle leur a nui.  J’ai toujours vécu endetté à cause des jeunes que j’ai protégés, mais j’ai développé un sens de la solidarité qui est essentielle entre nous, si on veut un jour créer un pays.  Le cul sera-t-il, comme au temps de l’Église catholique, plus important que l’indépendance ?


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Bien évidemment, pour ma société, je demeure l’impudique des commandements de Dieu.  Une notion qui ne peut être que strictement à conation sexuelle, plus spécifiquement hétérosexuelle, disons même monogame: prendre le bien corporel qui ne t’appartient pas … il ne faut de sexe que dans le mariage…

Ce n’est pas de coucher avec la femme de l’autre qui est mauvais, qui est mal ; mais, la brisure psychologique que cet acte créé dans l’union familiale.  La déchirure intérieure d’être devenu le ou la second (e) dans l’âme de l’autre.  C’est un manque de responsabilité envers les être aimés, plus particulièrement, les enfants qui souffrent de la mésentente entre les parents.  Si personne, à part d’être jaloux, ne remet en question que chaque individu s’appartient, cette déchirure peut être soignée sans trop souffrir.  Si les individus changent, pourquoi les couples ne changeraient-ils pas ?  L’important, c’est que personne n’en souffre.            

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Un pays qui accepte la Charia comme les lois du pays prouve qu’il est profondément arriéré, comme les disciples de type mormon.  Tuer pour une question d’adultère prouve que les lois promulguées au nom d’Allah n’ont aucune connaissance de la liberté pour ne pas dire de la réalité de la race humaine.  C’est prendre Allah ou Dieu pour un imbécile.  Si Dieu ou Allah existe hors du temps, éternel, hors de l’espace, partout en étant tout, il ne peut pas être assez arriéré pour ne pas assumer la marche de l’homme vers l’intelligence et l’Amour. 

Ces lois étaient justifiables il y a des millénaires, mais elles ne doivent plus nous régir depuis qu’on sait comment les connaissances d’alors étaient fausses.  Accepter que l’homme est pécheur, ça veut dire accepter qu’il est limité, que le corps est impur … Marie-Madeleine n’a pas été lapidée et le petit Saint-Jean était le disciple bien-aimé… Et, dans le Coran on dit qu’Allah est d’une miséricorde infinie. Ça ne rime pas avec un visage de tortionnaire. Même Mahomet s’est choisi une petite fille de neuf ans.   

La faiblesse humaine n’est pas un mal.  C’est Dieu qui l’a voulue.  C’est Lucifer qui l’a refusée.  Quand on veut punir, au nom de qui le fait-on ?  De Dieu Allah ou de Lucifer ?  La vie sur terre est un parcours pour perfectionner sa capacité d’aimer, d’être en contact avec l’univers dans sa réalité spirituelle.  Ce contact est individuel.  Il est impossible sans la matière, sans le cerveau.  Plus tu es Amour pur, plus tu es parfait.  Comment être Amour, si tu ne sais pas te pardonner et pardonner aux autres ?  Ce n’est pas moi qui l’ai inventé, c’est le Coran qui nous rappelle du début à la fin qu’Allah est miséricordieux.  

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Quant à mon engagement politique, je n’ai rien fait de terrible, sinon que j’ai agi souvent bien inconsciemment en fonction de ce que j’ai cru bon de faire pour le Québec.

Je suis devenu indépendantiste, après avoir été libéral, parce que je crois sincèrement que c’est le seul moyen pour le Québec d’enfin vivre sa personnalité de nation francophone, tolérante et innovatrice, sans être économiquement étouffé par le fédéral ou les USA.       

Confédération ou état associé au Canada, ce ne sont que des nuances.  La confédération ou l’indépendance absolue sont les seules réponses qui puissent apporter une solution à notre situation qui stagne depuis plus de 30 ans.         

Ne pas avoir le courage d’en finir avec le statut politique tient du masochisme et de l’ignorance.     

Tant que les Québécois n’auront pas l’intelligence d’admettre le colonialisme et l’aliénation du Canada envers l’Angleterre (la monarchie), à l’intérieur de la fédération canadienne actuelle, ils seront exploités, incapables de mener à bien leur projet de société.  Ils accepteront deux paliers de gouvernement pour leur vider les poches.       

Cependant, si l’idée d’une Confédération à l’européenne est retenue, le partenariat entre le Québec et le reste du Canada exigerait de part et d’autre de cesser de se voir comme des ennemis, mais d’être plutôt au service exclusif du peuple canadien, excluant toute forme de pénétration étrangère ou des États-Unis à l’intérieur de notre pays.  On pourrait à la rigueur songer à une Confédération de l’Amérique. Mais, une Confédération exige d’abord que le Québec soit un pays indépendant.  Qu’il soit capable de se faire respecter par les États-Unis, ce qui est de plus en plus difficile à cause de la religion et de l’obsession sexuelle américaine…        
 
Vouloir une Amérique unifiée, c’est refuser d’être vidés éventuellement par les Américains de notre culture et surtout de nos richesses naturelles ; car, on pourrait se protéger à travers une Constitution reconnue par tous.  Il ne s’agit pas d’être contre le peuple américain, mais refuser d’être exploité par eux, sous prétexte qu’on est des pays amis. 

Nous n’avons pas à accepter que notre économie repose nécessairement sur le pétrole ou le marché américain.  Comme disait, je ne sais plus qui, les années 2000 seront l’ère du Québec.         

Il faudra apprendre à aider les autres nations en leur fournissant les moyens de créer leur propre autonomie.  La démocratie et non la démocrassie est un des grands enjeux de notre avenir.  Rien ne sera possible tant que sur le plan mondial, on n’aura pas obtenu l’abolition absolue de la peine de mort et une lutte efficace à la violence.  La violence, étant essentielle à la bonne santé de l’économie, est une chose qu’on doit changer.  La mort provoquée de tout individu, qu’il est fait quoique ce soit, est un meurtre.  RIEN ne justifie la mise à mort d’un individu par les autres.  Encore moins, si c’est pour que celle-ci fasse sauver de l’argent.  Même les dix commandements de Moïse le disent clairement : tu ne tueras point.  Toute mise à mort, légale ou illégale, en temps de guerre ou de paix est un acte barbare, irresponsable et condamnable.  C’est un meurtre légal ou non.      

Le monde doit combattre autant la violence qu’il a combattu la sexualité, s’il veut survivre.  Un jour on comprendra que nos scrupules sexuels, notre ignorance, sont aussi dévastateurs que notre irresponsabilité face à la nature. 

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J’ai appris en prison à vivre seul dans le monde.   Je me sens utile dans la mesure où je communique mon expérience à ceux qui veulent bien la partager.  J’écris.  Cette expérience n’est ni pire, ni meilleure que celle des autres.  C’est le fruit des circonstances.          
Ma vie fut fort probablement inutile et sans importance pour l’avenir du Québec, même si j’ai été assez stupide pour croire un certain moment que j’étais important.  Être dans sa bulle nous fait perdre la perspective de la réalité et de son insignifiance personnelle quand il y a des milliards d’autres gens qui vivent la même chose différemment.  Que ce doit être sublime de pouvoir vivre toute ces consciences en même temps. 

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Aujourd’hui, le Québec est un des rares pays dans le monde où il est possible d’obtenir son indépendance par un referendum positif.  La démocratie est essentielle à l’indépendance, car même après, il faudra continuer de s’assurer qu’elle est toujours vivante. 

L’indépendance demeure une chose absolument nécessaire puisque le Canada refuse de plus en plus de reconnaître la culture québécoise.  Le français est en danger sans elle.       

Pour pouvoir se servir de la force, Ottawa devra inventer toutes sortes de scénarios afin de justifier son intervention contre le Québec.  L’abus de la loi contre le terrorisme peut servir à mettre au pas les irréductibles « guerriers pacifiques» de l’indépendance du Québec.  Le plan B se poursuivra-t-il ?  Si c’est le cas, les fédérastes recommenceront à planter des bombes au Québec au nom des séparatistes pour justifier une intervention militaire.

Actuellement, dans mon travail, je n’ai pas encore à reprendre ma pancarte 

« Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.» pour combattre un autre Ronald Federated Graphics, comme au temps de la loi 22 ; mais, je dois au risque de perdre mon emploi corriger des fautes de français inexcusables… des « disez » pour des « dites », car les ordres sont clairs : on peut être congédié sur le champ si on ne répète pas le mot à mot du texte qu’on nous demande de lire, avec ou sans faute. C.est complètement idiot , mais c’est ainsi dans le marketing.. 

Et, les traducteurs de Toronto sont pourris.  Malgré les ordres écrits, je le fais quand même et j’ai toujours mon emploi quoiqu’on me refuse toutes les augmentations de salaires.  Sondeur est un emploi que j’ai fini par aimer.  J’aime l’atmosphère détendue…          

Je regrette seulement de ne pas contribuer à rendre mes sondages plus efficaces en utilisant une meilleure syntaxe, un meilleur français.  Je considère ces fautes de français comme totalement irrespectueuses des gens que je questionne.  Les Canadiens de l’Ouest méprisent les Québécois, sauf dans les manifestations référendaires pour nous arracher un « non » à l’idée d’avoir un pays qui soit le nôtre. 

Pire, il est difficile d’avoir régulièrement les mêmes heures de travail, car, les gens de Vancouver et des États-Unis refusent notre accent.  Ils prétendent ne pas comprendre notre anglais.  Ainsi, un immigrant anglophone sera mieux considéré parce que son accent passe mieux aux États-Unis.  Qu’est-ce qu’être bilingue au travail ?           

L’indépendance a atteint son creux.     

Je ne partage pas l’expertise d’un de mes amis.  Selon lui, l’anglicisation est sans retour et elle devrait être accélérée : les Québécois méritent d’être assimilés d’un coup parce qu’ils n’ont pas assez de couilles et manque de fierté pour leur langue. Ils sont trop mous pour exiger que le Québec soit un pays francophone.

Les Anglophones du Québec, comme disait Raoul Roy, ne sont pas une minorité tant que nous serons Canadiens, mais une partie intégrante de la majorité canadienne.

La défusion municipale à Montréal est le plan B nommé différemment.  Les Anglophones et les libéraux ont-ils pris avec le contrôle de Montréal ?   Doit-on laisser une chance à Gérald Tremblay ?  Ne dit-il pas qu’il veut créer un Montréal tolérant et agréable à vivre ? 

Les Québécois de toutes les origines doivent apprendre qu’il est plus profitable à tous d’être Québécois, solidaires entre nous, que de continuer à se diviser et se laisser voler par Ottawa.       

À la télévision, il est anormal de ne pas pouvoir prendre plus de chaînes françaises à un prix abordable.  Il devrait y avoir plus de stations françaises qu’anglaises au Québec puisque les francophones sont majoritaires.  Il est aussi anormal que les films soient d’abord présentés en anglais, même s’ils viennent des États-Unis.      

Il fut un temps où le gouvernement du Québec essayait au moins de garder le caractère francophone de nos petits écrans et la main haute sur les communications.  Un gouvernement qui se dit souverainiste et ne s’occupe pas du français et de sa qualité en terre québécoise n’est qu’une fumisterie.  Un ciel imaginaire comme la THÉRÈSA.           

Depuis il y a illico franco.  Tous les francophones de Montréal devraient se faire un devoir de franciser leur programmation.  Les soaps américains sont en train de laver les cerveaux de l’audience et créer chez nous une américanisation de nos valeurs.    

Le bilinguisme, même le trilinguisme, la connaissance de l’espagnol, sur un plan individuel, doit demeurer un acquis pour l’individu, une richesse ; mais sur le plan de l’espace, du pays, le Québec doit être fondamentalement et exclusivement francophone.

Les minorités doivent être respectées ne serait-ce que sur un plan strictement humain.  Traiter l’autre comme on veut être traité.  Par contre, les immigrants doivent se conformer et respecter la culture de la majorité.  Si tu viens vivre dans un pays francophone, tu dois, si tu les respectes le moindrement apprendre la langue du pays qui t’accueille.  L’immigration est vitale pour la survie du Québec.  Le Québec devrait avoir l’exclusivité des pouvoirs en matière d’immigration pour le Québec.  Ottawa a des intérêts anglophones et non francophones.

Le fédéral doit totalement être écarté des communications au Québec.  Le fédéral se sert de notre argent pour nous laver le cerveau avec sa propagande et dès que le Québec essaie de faire un peu comme lui, le fédéral crie comme un cochon qu’on égorge…

Si le Québec veut faire son indépendance, tout est à recommencer, sauf la violence, bien évidemment… on la laisse à la GRC ou aux services secrets fédéraux, des spécialistes dans le domaine. 

Il faut aussi insister sur la nécessité d’une immigration française et une police essentiellement québécoise.  Aucun immigrant ne devrait pouvoir s’installer au Québec, sans connaître le français, avant son arrivée.  

À son arrivée, l’immigrant devrait faire le serment de respecter la langue et les valeurs du Québec.  Le Québec est français et le Canada est anglais ; c’est facile pour un immigrant de décider où s’installer au Canada.  Il a le choix entre les deux langues et les deux cultures.

Quant à la police, pour la sécurité des Québécois , pour éviter les bombes comme celle de l’agent Samson de la GRC ou le feu des granges, le vol des listes des partis politiques, il faudrait une police strictement, exclusivement québécoise.  Dès l’indépendance ratifiée, une des premières choses est de signaler à GRC qu’elle est non grata au Québec.      

Il faut aussi remettre à date toutes les preuves de la nécessité économique et financière de l’indépendance.

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Personnellement, mon rôle est d’essayer d’être un bon écrivain puisqu’on me refuse d’être journaliste ou professeur.  Mais comment le devenir quand tu es sans le sou ?  Aucun éditeur ne veut de moi car ils sont tous à genoux devant ceux qui nous dirigent.  Je ne suis pas assez riche pour m’auto-publier.           

Dois-je continuer de regarder passer le train ?  

Ne plus enseigner (je l’ai fait 15 ans) et plus être journaliste (je l’ai aussi été 15 ans) fait partie de ma malédiction, comme d’être expulsé des associations d’auteur(es) et ne plus exister sur les tablettes des bibliothèques publiques, car le système veut que je sois oublié.   

Je suis un bon citoyen tant que je ne bouge pas et que je me la ferme
. Les indépendantistes radicaux sont dangereux pour Ottawa.  Les pacifistes devront-ils devenir des terroristes parce que dans le système on écoute que la violence ?  Ou est-ce parce que je suis pédéraste ?         

L’encadrement policier que l’on me sert hypocritement avec le Séfranc (concours de français pour pouvoir enseigner) est aussi dégueulasse. On m’a aussi refusé quand j’ai demandé d’être bénévole pour accompagner des adultes aveugles.  On m’a aussi dit non dans une autre organisation pour distribuer des «hot dog» la nuit aux démunis parce qu’étant pédéraste, je pourrais rencontrer un jeune.              

Le système n’a pas besoin de gens pour aider gratuitement si cet aide peut tourner en soulagement d’une prostate, rêvant d’éjaculation précoce.  Foucault disait dans son étude sur les prisons, que l’on devrait aussi tenir compte du coût de la punition créée dans le tissu social.  Une société a-t-elle le droit d’empêcher un individu de se réadapter parce qu’on craint pour la décence possible ou hypothétique de quelques individus qui pourraient être rencontrés, surtout s’il n’y a pas de violence ?  Malgré le suicide des jeunes garçons pour des raisons d’identification sexuelle, on continue de promulguer des lois fixant un âge de consentement comme si on ne se suicidait jamais parce qu’on se sent différent avant 16 ans ? Tu découvres souvent que tu es gai vers 10 ans.       

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 La sécurité sexuelle des jeunes est une véritable phobie, pour ne pas dire folie.  Qu’un jeune crève de faim ou de froid dans la rue, ça n’a pas d’importance pourvu qu’il soit vierge … un adulte aveugle ne pourrait pas se défendre autant qu’un voyant contre un mauvais abuseur sexuel ?  Un aveugle peut très bien te reconnaître même s’il ne t’a jamais vu et se défendre.  Je ne savais pas qu’il n’y a que des aveugles d’âge mineur. C’est aussi stupide que ça.  Le fruit d’une paranoïa collective.           

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Même si je n’ai eu aucun contact sexuel depuis près de dix ans, j’aime les garçons de 14 à 17 ans.  C’est légal puisque l’âge de consentement est de 14 ans.  Je vis dans la légalité.  De toujours souffrir pour pouvoir le dire crée une névrose, une paranoïa.  Ça devient une obsession.  Ça revient sans cesse dans ta vie, comme si le fait d’avoir touché un jeune pénis te rendait plus dangereux que si tu avais le sida.  

J’ai hâte de m’être totalement débarrassé de cette folie, cette peur qui te porte à te mépriser, sans tenir compte de tes qualités.  Je crois être un bon gars, malgré ce petit goût qui fatigue les familles pédophiles, c’est-à-dire celles dont les parents sont obsédés par la vie sexuelle de leurs enfants.    Trop peu de sexe créé un envahissement, un trop grand besoin, pour l’ignorer.  C’est quand même moins pire que d’avoir une bonne psychose, être trop scrupuleux …comme une très bonne partie des féminounes qui me condamnent.          

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Je ne comprends pas que la police qui se doit de respecter la loi ne respecte jamais l’âge de consentement. Elle inventera toutes sortes de choses pour contourner cette loi.  En matière sexuelle, à partir de 14 ans, il n’est plus question de mineurs.  En s’attaquant à la sollicitation, la police restreint ce droit à la pègre, qui a des territoires bien établis.  C’est à son image : très hypocrite.   L’âge de consentement a été contre toute intelligence changé AU CANADA POUR 16 ANS, comme si les jeunes n’avaient pas de sexualité avant cet âge.. Connaissance très minable de l’être humain. Fruit de l’hystérie collective féminoune.

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Je trouve l’âge de consentement purement ridicule, anti-scientifique, mais c’est très payant pour les bandits légaux, les judiciaires, de faire croire que, sans violence, la découverte de la sexualité peut affecter la vie d’un individu, autrement que très positivement.  Cela permet à la pègre d’avoir le monopole de la sexualité.  Si tu es différent de la majorité, tu essaieras de te faire accepter dans des milieux différents.  On peut appeler ça la recherche de la « zone grise» 1984, l’amour est impossible en dehors de sa petite caste…          

Les hommes ont des sens et vouloir les supprimer (les péchés d’impureté) au nom d’une morale, c’est être mentalement à côté de la réalité.  Le besoin d’aimer, d’affection, de voir, de toucher, de se sentir utile aux autres est le besoin psychologique le plus fondamental de l’être humain.  On me l’interdit. On me refuse même le droit de pouvoir servir les autres, sous prétexte que je suis un danger. 

Je suis peut-être un névrosé, un obsédé, envahi par le désir sexuel, mais je crois fondamentalement dans la valeur de l’humain.  Je suis moins dangereux pour les jeunes que les gouvernements qui organisent des guerres et qui se servent d’enfants soldats. Je suis certainement moins pire que les policiers qui battent les jeunes délinquants comme ça se faisait, dans mon temps, à Val-d’Or.  On m’a dit que depuis mon départ, il y aurait eu un grand ménage dans la police de cette ville.  Il est essentiel dans une société démocratique que la police et les institutions pénales soient au-dessus de tous les soupçons.  Il ne doit pas exister de «zones grises». LA LOI DEVRAIT INTERDIRE TOUT CE QUI EST VIOLENT… VOLER , C’EST AUSSI VIOLENT.

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Comme libre penseur, je suis pour le vivre et laisser vivre, tant qu’il n’y a pas de violence.  C’est fondamental.  Il faut pour cela accepter la différence et les limites de l’Autre.  C’est une frontière infranchissable si on respecte la liberté.  Le jour où le monde acceptera que la sexualité est bonne, il n’y aura plus de honte et de culpabilité.  Les femmes n’auront plus à se faire plus jolies pour être mieux achetées ou vendues par la famille… le mariage ne sera plus un commerce légal comme dans bien des civilisations où la femme est une denrée … mais ce sera dorénavant des histoires d’amour, des choix personnels.             

Il faudra un jour que les êtres humains soient assez importants pour que rien ne puisse égaler la valeur de la vie individuelle.   Il est anormal que pour certains, la vie d’un chien soit plus importante que celle d’un être humain — Remarquez que j’ai eu comme seule compagne durant quelques années, une petite chienne nommée Benji.  Faute d’avoir un lien avec les humains, il faut bien en garder un avec les vivants. –

En vérité, pour le système, je suis dans leur tête pire qu’un bandit et je suis même plus dangereux que les dictateurs.  Que ma passion soit un crime contre l’humanité, c’est de la pure bêtise.  On ne peut pas inventer mieux. Tomber en amour avec un petit gars, cela ne peut pas être mauvais pour lui, s’il est consentant, à moins que le milieu dans lequel il a été élevé le traumatise, le culpabilise avec ses condamnations ou ses remarques  

Si la sexualité était considérée comme bonne, comme cela devrait l’être, il pourrait en bénéficier à tous les points de vue.  Si la sexualité est vue positivement, on n’aura pas peur d’en parler et les parents pourront alors s’assurer que cette liaison ne soit pas néfaste au jeune.  Puisqu’on la condamne, il est plus difficile pour un jeune de reconnaître son identité sexuelle réelle et profonde.

S’il n’est pas comme les autres, il a honte de lui.  Ce n’est pas de jouer aux fesses, comme on dit chez nous, qui est mal, c’est de le condamner. Le jeune différent des autres est vite stigmatisé, même s’il n’est pas gai, mais qu’il est un peu efféminé.  C’est d’accepter le suicide des jeunes plutôt que de leur reconnaître très jeune, à leur vitesse, le droit à leur orientation sexuelle, car elle est l’essentiel dans l’identification du jeune par rapport à lui-même.  Connais-toi toi-même.          

Le système en ne faisant pas la nuance nécessaire entre des amours individuels et la prostitution organisée aide les mafiosos à pouvoir évoluer sans problème.  Pour avoir une police des mœurs, il faut une mafia des mœurs.  Sans violence, la sexualité est un droit individuel et un élément essentiel des lois sur la vie privée.  En Grèce antique, on parlait des plaisirs quand on parlait sexe.

Déjudiciariser la prostitution ou l’amour individuel élimine peut-être le contrôle voyeur de notre société, mais il permet ensuite de pouvoir s’attaquer au vrai problème de l’esclavage sexuel organisé et donc payant : le proxénétisme.  Cela permet de combattre le commerce des organes ou de faire d’un humain un esclave.

Qui en profite ?  Quelle pègre ou quel gouvernement ?  Il y a ceux qui ont le droit légal de s’enrichir sur le dos des humains, certaines de nos institutions légales et ceux qui essaient de faire pareil sans permission, la mafia.  Nous vivons tous à l’intérieur d’un contrat social.  Pourquoi faut-il payer pour permettre à un enfant d’être adopté, d’être sauvé de la misère, d’être enfin heureux et respecté ?  L’adoption devrait être gratuite (peut-être les frais d’une enquête de bonnes mœurs) et internationale en autant que ceux qui adoptent un enfant recherche le bonheur de cet enfant.  Ma conception dans mon Mémoire sur la liberté sexuelle est le début d’une réflexion sur le sujet.  Libérer la sexualité consentie, mais interdire toutes formes de violence, de domination, grâce au consentement mutuel.
 
Changer notre approche de la sexualité, c’est changer l’avenir de l’humanité.   

Ce livre, publié en 2001 est le début d’une longue réflexion écrite, une remise en question totale, profonde, sans artifice, ni secret de la pédérastie, comme la préparation pour la confession quand on était jeune. 

Le but est de percevoir tous les aspects du problème.  Évidemment, d’autres livres ont été écrits par la suite sur le même sujet comme approfondissement logique de cette réflexion. 

La conclusion est la tentative de créer une éthique qui tienne compte du point de vue de toutes les personnes touchées afin d’avoir une approche saine de la sexualité des garçons.

Spirale intraprojective 18

septembre 23, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 156 à 168)

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Ma famille, particulièrement mon père Émile Simoneau et ma mère Irène Gauthier Langlois furent des gens formidables.  Ils n’ont jamais admis mes goûts, mes amours avec de jeunes garçons ; mais ils ne m’ont jamais rejeté complètement.
 
Malgré ses 90 ans, ma mère a continué de m’aider quand je me suis ramassé dans la «merde».  Je n’ai jamais su lui dire jusqu’à quel point ils ont été précieux, malgré bien évidemment leurs petites faiblesses humaines.   

Mon père me croyait trop intelligent pour être pédéraste.  J’ai donc été la déception totale.  J’aimais les petits gars.  Nous avons renoué d’amitié et il est mort alors que nous pouvions commencer à vraiment nous parler, ce qui faisait trembler ma mère de peur.  Il fut mon guide politique alors que je croyais qu’il n’existait pas de communication entre nous.  Il avait un sens de l’humour que je n’avais pas encore compris, ce qui prouve bien que je suis moins intelligent qu’il le croyait.             

Quant à ma mère, elle a toujours su nous garder tous ensemble.  À 91 ans, elle était encore bénévole pour la Fondation Constance Langlois, à Magog. Constance était elle-même une naine.  Elle se rendait à leurs locaux, à toutes les semaines, même s’il y a plus de 20 milles (30 kilomètres) entre Magog et Barnston.  Maman chauffait sa propre voiture qu’elle appelait   » sa liberté ».   Il faut le faire … être ma tante Irène pour autant de gens…        

Cela me fait penser à ma barbe.  Je l’ai laissé pousser comme Castro, en signe de révolution.  Je savais que la CIA a déjà essayé d’éliminer la barbe de Castro, un symbole de révolution comme chez les Talibans aujourd’hui.  Je voulais manifester ma détermination pour un Québec libre et la liberté sexuelle en portant une barbe, un signe de désapprobation.  Malheureusement ou non, cette fameuse barbe est passée de la révolte au Père Noël.  J’aurais l’air bon, selon les petits.  Les jeunes ont des radars.

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Mes livres sur la pédérastie, comme mes conférences- partage sur la pédérastie dans les années 1980 avec le psychologue Alain Bouchard, à Montréal, ont toujours eu pour objectif de faire reconnaître ce droit à la liberté individuelle, mais aussi et surtout d’empêcher la violence dans la sexualité, car les pires ennemis de l’amour véritable sont la jalousie et la domination.      

Les féminounes n’arrivent pas à valoriser leur sexualité (d’où le besoin de tout center sur leur féminité) elles prônent donc la confession publique d’où leurs campagnes intensives de dénonciation, oubliant que ton intégralité, ton intimité exige le respect le plus absolu de la vie privée.  Personne n’a besoin de savoir si tu as été violé.  C’est une affaire personnelle. Si tu as tant besoin de le dire, il y a des professionnels pour ce faire. Tes histoires de cul ne sont pas là pour charmer les autres et te rendre intéressant.  

Ce qui se passe dans ton logement, encore moins dans ton caleçon, ne regarde personne.  Les confessions publiques ne servent qu’à instituer une façon de dénoncer toutes les formes de sexualité qui ne sont pas tolérées.  Par contre, toute personne devrait pouvoir affirmer son orientation sexuelle, si elle le trouve nécessaire, sans qu’elle soit privée de reconnaissance ou d’un travail.  C’est anormal que je ne puisse pas enseigner alors que j’ai une maîtrise et qu’on manque tellement de professeurs qu’on doive engager des gens sans diplômes. Je n’ai jamais agressé mes élèves.      

Pourquoi vouloir soigner un pédophile en l’écrasant par l’opinion publique?  C’est une déviance, on ne soigne pas un malade en dévalorisant le patient ou en le tuant publiquement, ce qui revient au même. On accuse les pédophiles d’être paranoïaques, mais qui ne le serait pas pour moins ?  Dire que tu es pédophile peut, de plus en plus, mettre ta vie en danger.  Les jeunes avec qui j’ai eu des rapports sexuels sont aujourd’hui mariés, ils ont des enfants et manifestent beaucoup de plaisir à me revoir. Je ne suis pas obligé de dire à leur épouse que je leur ai déjà mangé le moineau.  Dans de telles conditions, puis-je croire que je les ai traumatisés ?  Je suis loin, à leur avis, d’être un maniaque dangereux comme le système à avantage de le faire croire.

Cependant, la manie des autres de surveiller la sexualité du voisin est un véritable danger.  On défait la vie de milliers de personnes en projetant ses propres peurs sexuelles.  En autant que ces personnes demeurent vierges tout va très bien, madame la marquise… BANDE DE MALADES … Cesser de faire la guerre au lieu de l’amour … Cessez d’être jalouses de ne pas avoir eu autant de plaisirs que les jeunes.  Vous êtes les fuckées de l’avenir …  Une société de paranoïaques, une société qui rejette tout ce qui vient des autres.  Une société castrée.

Malgré cela, je suis bien conscient que cette façon d’agir n’est pas féminine en soi ; mais le fruit des millénaires d’esclavage macho.  Libéraux-nous des scrupuleux !   La peur du sexe chez les femmes tient du fait qu’on les a toujours méprisées.  Elles sont le produit des religions. Elles méritent mieux que ça.

Je suis un des rares fous à avoir accepté de défendre la pédérastie et la liberté sexuelle afin d’instaurer plus de clémence, de tolérance entre les humains.  Mais je crois de plus en plus que c’est une lutte perdue : on préfère la haine à l’amour.  Tuez-vous, mes frères !  Faites la guerre, subventionnez-la avec nos taxes et vos grosses bagnoles jusqu’à ce que la terre en crève.  Vous êtes le mal!  La sexualité est ce que Dieu a créé de plus beau, s’il a créé quelque chose.

 *  *  *  *
Les événements du WTC à New York viennent de prouver qu’il faut mettre fin à l’expansion de toutes les religions : l’Islam vise une domination mondiale comme les hébreux, comme le protestantisme, le capitalisme anglo-américain, ou le communisme.  C’est un affrontement inévitable.  Le fanatisme religieux est une maladie mentale. Une faiblesse dans nos émotions humaines.

Le fanatisme dans toutes les religions doit disparaître ou l’on doit se passer de religion car, le pire ennemi de l’homme, c’est la violence, son goût de domination.

*   *  *

La sexualité, y compris la génitalité, est noble, belle, saine, indispensable au développement intellectuel et spirituel de l’homme parce qu’elle comprend d’abord et avant tout une part d’émotion, de communication avec l’Autre.  Sans sexualité, la race humaine serait éteinte.  Quelle importance (sauf pour les personnes directement concernées) cela a-t-il d’être pédéraste, lesbienne ou hétéro pourvu que cet amour soit consenti et créateur, positif pour le développement des deux personnes concernées ?  

Il n’y a qu’une condition : la liberté des deux êtres qui participent à cette rencontre amoureuse.  Je ne suis pas malade, je sais exactement qui je suis même si je vis occasionnellement toutes les orientations sexuelles. Le sexe n’est pas un devoir, une obligation, mais un plaisir.

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J’ai sacralisé, dans mes livres, dans ma poésie, la pédérastie en faisant du Québec   «le petit gars adoré».  C’est une image qui signifie que je veux autant la libération du Québec que celle de la pédérastie. L’engagement est tellement profond dans les deux cas, ce sont mon âme et mon esprit, qui sont engagés.         

Pour moi, la pédérastie est devenue l’expression de la frontière entre l’oppression et l’hypocrisie.  Il s’agit du degré de tolérance que le Québec doit atteindre pour arriver à son indépendance. 

La prison m’a fait réaliser que le Québec a un rapport malsain, maladif avec la sexualité, à cause de la domination toujours existante quoique inconsciente de l’Église catholique qui se perpétue.  On exagère l’importance de la sexualité jusqu’à rendre la vie de certains invivable.

Le Québec ne pourra jamais avoir assez de couille et de personnalité pour revendiquer sa liberté, son indépendance, tant qu’il n’aura pas appris à découvrir la beauté de sa «différence».  Les Québécois ne pourront pas se réaliser tant qu’ils ne pourront pas penser par eux-mêmes et demeurer insensibles à ce que les autres veulent bien qu’ils pensent.  Ils doivent apprendre à devenir autonomes et solidaires, le contraire d’une société de « stools». 

Les femmes ont joué un rôle évident dans la perte des deux autres référendums. On se rappelle les Yvette.

Les féministes n’avaient pas encore appris à être elles-mêmes sans blâmer les hommes. Elles croyaient que ces derniers sont les principaux responsables de leur incapacité à s’accepter comme femmes dans une société de libres penseurs.  Elles n’admettaient pas que la sexualité est aussi belle chez la femme que chez l’homme.  Apprendre l’autonomie.

La fierté d’être femme n’exige pas d’être homophobe. La jalousie est la racine de l’homophobie.

Ce fut ma révolte, ma révolution, car très jeune, je fus comme bien des Québécois, révolté par l’obsession sexuelle répressive et hypocrite de l’Église catholique.  J’ai constaté depuis que toutes les croyances qui éliminent la liberté sexuelle sont aussi très hypocrites…   
              
*  *  *  *  *

Je ne rejette pas tout l’enseignement de l’Église catholique pour autant…  Si elle nous a rendus fou avec ses péchés, elle nous a apporté ce goût du pays, de l’amour et de la charité.  Son apport : les valeurs de fraternité et d’amour que nous donnent les Évangiles.  Ces valeurs sont plus importantes que tout le reste.  La vérité fondamentale de cette philosophie de vie demeure un exercice quotidien dans la foi d’un avenir meilleur et dans l’Homme.  

La religion doit cesser d’être hypocrite, de nourrir ses contradictions, et admettre que la vie sexuelle n’a pas tant d’importance que cela, sauf que si tu en es privé et qu’elle devient une obsession. 

Avec le temps, la sexualité déviante entre dans l’ordre et s’y conforme.  L’important dans toutes les religions devrait être l’amour et la tolérance.  Dieu ne nous demande pas de devenir tous des saints.  Il nous incite à y aspirer, d’y cheminer.  La haine de son corps est diabolique.  Ce mépris nous étouffe.

Dieu n’était pas assez fou pour nous donner une sexualité afin de la proscrire ensuite.  Il a accepté notre évolution, le fait que nous soyons des êtres sexués qui doivent prendre conscience de leur réalité et de s’accepter comme tel.  Le plus grand cadeau de Dieu, c’est la liberté.  Le libre choix. La sexualité est le choix qui nous est accordé, grâce à l’évolution, de participer à la force majeure de l’univers.  Plus cette attraction, cet amour est concentré, plus elle permet de choisir le partenaire (la valeur) qui permettra de grandir et de vivre.  Un animal n’est pas libre, car il est esclave de son instinct sexuel de reproduction.  Cependant, certains animaux se comportent mieux que certains humains, de façon plus responsable. L’animal n’est pas assez fou pour s’imaginer qu’une des plus grande force de la nature en lui est mauvaise.     

Loin de voir du mal dans la sexualité, j’y trouve une raison fondamentale d’apprécier Dieu, de le remercier de nous avoir créés libres.  Toutes nos religions nient ce pouvoir de Dieu : de nous avoir fait libres.  Plutôt que nous apprendre à être reconnaissants, avec tous ces prétendus livres saints qui condamnent la sexualité, nous craignons et maudissons Dieu de nous avoir donné la liberté d’aimer et de choisir qui nous aimons.  Je suis heureux de ne pas être né parfait.

*  *  *  * 

 Sur un autre plan, même si j’ai approuvé les buts du FLQ — l’indépendance du Québec et le respect des travailleurs — je ne suis pas un terroriste.  Je suis viscéralement contre la violence ; mais je suis prêt à me sacrifier pour l’indépendance.  Le problème est que si nous votions pour l’indépendance, le risque de violence viendrait du Canada ou des États-Unis.            

La non-violence, l’autonomie et la démocratie sont la véritable révolution.  

La violence est créée et sert ceux qui nous oppriment.  Ils créent des guerres pour pouvoir vendre leurs armes ou mettre la main sur les richesses naturelles d’autres pays.  Je n’ai pas à coller de noms aux bandits à cravates, les mafiosos véritables, qui dirigent nos super-nations.  Ça ne me regarde pas, mais ce sont les ennemis de la liberté.  Je ne suis pas un moraliste, mais un individu qui s’oppose à ce que la morale soit engendrée par la bourgeoisie et soit à son service.  

Je prône la morale individuelle comme le faisait Léo Ferré.  Une morale responsable.  Ce qui est bon pour moi, ne l’est pas nécessairement pour les autres.  La morale est une science de l’agir complètement individuelle, une prise de conscience toujours en évolution.  La seule limite de la liberté individuelle est la non-violence et le respect réciproque de l’autre.    

*  *

Il y en avait qui pensaient que je pouvais valoir 10,000$.

Les « pères» du système sont exactement ceux qui donnent naissance aux «sales» de ce monde binaire. (La prison t’amène à déparler, divaguer. c’est un exemple flagrant)   Il faut un diable pour avoir un bon Dieu.  Je n’ai aucun nom à distribuer et ça ne m’intéresse pas.  Ils auraient dû savoir que même mort je suis extrêmement pauvre.          

On m’a dit que si j’avais 10,000 $, je ne ferais pas une seconde de prison, mais sans cet argent, je devais oublier ma liberté.  

Certains me croyaient très riche, étant donné l’effroyable secret que je devais porter et que j’ignore encore ainsi que la montagne d’argent que je devais faire comme professeur de français. 

Tu travailles 35 heures à l’école et en classe, mais tu passes tes soirées et tes fins de semaine à corriger.  Tu reçois de toute évidence un salaire inférieur à ce que touche un joueur de hockey.  Taper sur une rondelle est bien plus important que d’instruire nos jeunes puisqu’un joueur de hockey gagne (rapporte) mille fois plus qu’un professeur.  Quelle justice !  Ce phénomène prouve à lui seul que nos sociétés, en ne vivant que pour le profit, sont profondément malades.     

Mais, il faut des sports pour hypnotiser les gens et faire oublier aux jeunes le sexe et ses misères…           

On a cru que j’étais très riche parce que je prenais beaucoup d’assurances. On ne savait pas que ces assurances ne valaient rien de mon vivant, quoiqu’elles m’aient permis de soigner mon épaule sans m’endetter.   

Quant à mes écrits, ça me coûte une fortune pour être publié et ça ne rapporte rien.  Je reçois entre 0 et 0.42$ du Québec et environ 300 à 1,200 $ du fédéral chaque année.  C’est dégueulasse, mais c’est ainsi … Publier un livre, dire ce que je veux, me coûterait au minimum 3,000$.  Un autre bon moyen pour me fermer la gueule.  On dirait que l’on ne me pardonne pas de comprendre que le Bien et le Mal sont une seule et même chose. Tout ce qui change c’est le point de vue, un point de départ ou un angle différent. 

*  *  *  *

Il est très important pour le système d’avoir des jeunes rendus mongols par la drogue et les sports.  Cela permet de faire oublier dans le jeu ou dans les films que le deux-tiers de la population de la terre crève de faim, que tous les petits garçons sont un merveilleux pénis qu’ils ne doivent pas toucher et qu’en Chine on y voue un tel hommage que l’on essaie de se débarrasser des filles. 

La conscience sociale est ce qu’il y a de plus dangereux pour ceux qui nous exploitent d’où nous divisent-ils en catégories et nous endorment-ils avec différentes religions. Il est bien normal qu’ils veulent diriger ce que l’on nous apprend, sinon on risquerait d’être éveillés.  Ils veulent le contrôle de chaque individu, quoi de mieux que de s’accaparer de leur sexualité puisque tout individu est sexué.           

Une personne consciente est une personne dangereuse pour ceux qui nous dirigent et nous exploitent.   

Pour créer une nouvelle division mentale, on a créé les arts de la jeunesse. Le but ultime : que les jeunes ne soient pas conscients de l’existence de leur sexualité.  Avec une littérature de la jeunesse, il est plus facile de s’assurer que les jeunes ne tombent pas par hasard sur des scènes sexuelles.  Puisque ce secteur est presque exclusivement réservé aux femmes-auteures, cela permet de continuer à forger leurs petites âmes en dehors de la réalité de leur corps.        

C’est à se demander si la jeunesse n’est pas réservée exclusivement aux femmes pour être certain que tous les jeunes deviennent hétéros… Les enfants au Québec, c’est la propriété exclusive des femmes. 

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Tout ce que je dis du FLQ est conforme à ce que j’ai vécu, lu, imaginé ou entendu :

 « Je ne voulais rien savoir de secret, je suis un communicateur.  Par contre, ce que l’on veut qui se sache, on peut compter sur moi pour aider à transmettre le message. »  Tel avait été l’entente avec le chef du FLQ, Pierre Vallières.  

Vallières me considérait, à l’époque, comme un petit bourgeois (je gagnais 110$ environ par semaine comme journaliste, en 1970), mais ce titre tenait plutôt au fait que j’étais très clairement contre la violence et pire je travaillais pour Power Corp.  On sait que Desmarais est aujourd’hui, un des pires ennemis de l’indépendance du Québec. Il a un mot à dire dans presque tous les coups de cochon politiques,    

Au Québec, nous n’avons aucune tradition véritable de droite et de gauche.  L’Union nationale était par son attachement à l’Église plus à droite que le parti libéral, mais il ne fallait pas trop remettre la religion en question sans être perçu comme un communiste même chez les libéraux. 

Le parti libéral qui dans les années 1960 était le parti politique le plus progressiste.  Il a cessé d’être à l’avant-garde quand on a mis René Lévesque à la porte du parti.  Depuis, il pourrit sur place. Après avoir été le parti des Anglais, il est maintenant le parti de la mafia légale.         

Quand René Lévesque fut éjecté du parti libéral, au congrès, j’étais président des Jeunes libéraux de Limoilou.  J’avais présenté une foule de suggestions dans une longue résolution sur la corruption qui fut mise de côté pour être étudiée en commission ou comité.  C’était le moyen de l’époque, pour mettre les idées sur la glace. 

Puisque l’après-midi, j’avais voté en faveur de la proposition de souveraineté-association de René Lévesque, en disant qu’à mon âge, on préfère aller trop vite et trop loin à mourir étouffé.  J’ai dû remettre ma démission comme président des Jeunes libéraux de Limoilou.  Le soir, devant l’assistance, j’ai annoncé ma démission en précisant que je demeurais membre du parti pour veiller « au pain et au beurre » de la population.  Ça m’a valu une ovation debout et les accolades de Jean Lesage et Éric Kierans.        

Pourtant, j’étais complètement détruit, désemparé par ces luttes internes.           

J’étais un jeune en période d’émancipation.  On me disait de centre-gauche, issu d’une famille conservatrice.  Aucun parti politique ne répondait dorénavant à mes aspirations.

La seule et la plus profonde révolution est la conscience.  Elle sert à améliorer la vie quotidienne du peuple et non à servir les intérêts d’une élite, en exploitant ses commettants.    

En 1989, j’ai perdu un poste de professeur de français au Manitoba pour les histoires que j’avais inventées dans une taverne en 1970 pour détourner la GRC de nos affaires.  On a aussi rappelé que j’avais en 1963 fait de la prison pour des raisons sexuelles.  Une vieille affaire de plus de 15 ans.  Ça me fait rire aujourd’hui. 

En 1970, quand on pensait que nous pouvions être observés et écoutés, nous parlions plus fort et on en mettait tant qu’on pouvait.  C’était un moyen d’amusement tout en semant de fausses pistes, car, à cette époque, je me croyais vraiment un grand révolutionnaire. 

J’étais prêt à mourir pour l’indépendance du Québec.  Je me prenais au sérieux, mais c’était vrai qu’on nous surveillait.  Nos discussions de taverne ne pouvaient rien changer, mais elles nous donnaient l’impression d’être en train de changer le monde.          

Comme journaliste, je me battais pour que l’Estrie ait la Transquébécoise.  Pas un sentier de lapin.  Je voulais aussi que l’on injecte 100 millions $ en infrastructures pour combattre le chômage dans l’Estrie.  Je me battais légalement de l’intérieur pour le peuple et non pour des philosophies.  On me disait que je n’avais pas besoin de mitraillette, car, mes écrits étaient encore pires et plus efficaces.  Aussi fou que cela puisse paraître ; j’étais bien plus régionaliste que nationaliste.  Je n’étais pas encore arrivé à l’idée du Québec comme pays. 

Pour moi, la réalité et le rêve d’indépendance du Québec est né avec le projet de l’aéroport international de Drummondville et mes gouvernements régionaux (décentralisation et déconcentration des pouvoirs).  Un maniaque de planification.

Je n’ai jamais rien su de secret et le FLQ est mort depuis plus de 20 ans. 

Quand j’ai accepté comme journaliste de fournir les textes refusés par le système aux journaux que le pouvoir ne contrôlait pas encore (Québec-Presse, le Jour, Point de mire), il était bien entendu que je ne voulais rien savoir de secret, mais j’allais permettre au Québec de savoir ce qu’on ne voulait pas qu’il sache.  C’était idiot de me faire croire dans une trahison involontaire, mais j’aurais dû y voir la vengeance des féminounes qui me prenaient pour un pédophile.  Ça aurait été sûrement plus près de la vérité.        

Puisque je fumais de la marijuana, j’ai vécu la crise d’octobre comme un adolescent.  Je trouvais excitant de me retrouver dans la tornade.  Malgré ma peur, je fonçais.  J’ai toujours été d’accord avec les buts du FLQ, mais j’ai toujours rejeté son emploi de la violence.  Sur ce point, il ne pouvait pas y avoir de compromis ; mais j’étais aussi ébloui par le courage de leurs gestes.       

Actuellement, se servir de la violence au Québec pour faire avancer ses idées, ça ne peut être que l’œuvre des fédérastes… comme ils le faisaient déjà dans les années 1970 en accusant le Parti Québécois d’être une bande d’extrémistes.     

Raoul Roy, l’écrivain socialiste et père spirituel du premier FLQ m’a appris qu’il y a eu deux vagues ou mouvement FLQ.  La première vague se battait essentiellement pour la langue française et l’indépendance du Québec.  Le deuxième, celui de 1970, était surtout dicté par la pensée communiste et ouvriériste.

Dans les deux cas, l’approche de l’indépendance était très différente.  Dans le premier mouvement, le Québec devait être indépendant pour sauver le français, une indépendance plus gaulliste que dans la deuxième génération felquiste où la conscience de l’exploitation des petits était bien plus importante que l’indépendance, vu comme une structure, un état.   Le rêve était une indépendance de gauche où le centre de l’action et la pensée tourne autour de la condition sociale. Un FLQ plus syndicaliste, plus communiste.   

Aujourd’hui, je me sens plus près de la nouvelle gauche, mais elle me semble dominée par les féminounes qui avec leur lutte sexuelle sont strictement et profondément de droite.  La vieille lutte religieuse.  La pauvreté existe surtout chez les femmes, je ne comprends pas que le sexe les étouffe encore.  L’égalité entre l’homme et la femme veut aussi que la femme ait les mêmes privilèges, les mêmes droits sexuels que les hommes.  Elles doivent apprendre à être aussi fières de leur sexe que les hommes.  Et quand tu en es rendu fier, tu n’as pas besoin de passer ton temps à revendiquer que t’es une femme. Tu l’es.   Il est inconcevable que l’homme n’ait pas encore compris que l’homme et la femme sont égaux.  Ils ont simplement une vocation différente dans l’espèce. 

Ça me calme les ardeurs, d’être pointé comme pédophile et je m’ennuie de la politique. Ce n’est rien à côté de l’absence de ma profession de professeur, celle-là elle me tue littéralement.   

Pour la gauche, l’indépendance était seulement un outil proposé comme objectif à atteindre parmi d’autres afin de combattre le capitalisme.  La gauche est ouverte à tout le monde.  C’est aussi une façon de voir le monde à la Trudeau et d’accepter d’être les marionnettes des autres puissances socialistes internationales.  On singeait littéralement les autres plutôt que de créer notre propre philosophie de vie et un pays à notre image. 

Le pouvoir de René Lévesque fut de nous donner confiance alors que Trudeau nous percevait comme une bande de débiles manipulés par les soutanes.  Trudeau, selon ce qu’on m’a souvent répété, aimait le Québec, mais détestait ses institutions trop étouffées par la religion.  René Lévesque sentait que nous avions le potentiel de créer notre propre pays, mais encore plus de créer un des pays où ce serait merveilleux d’y vivre, tant pour son économie que pour sa liberté de vie, sa tolérance. 

Le Québec ne doit pas être un rêve de droite ou de gauche, de telle religion ou de telle autre, mais un vrai paradis pour ceux qui y habitent.     

Un Québec créé par et pour le peuple.             

Pour l’écrivain Raoul Roy, le deuxième FLQ trahissait la cause du Québec.  Tu n’as pas besoin d’être nationaliste pour être de gauche ou de tendance communiste.  Encore pire, la gauche québécoise était soumise à celle du Canada, donc, de tendance fédéraste.  La gauche était identifiée au NPD. 

Les libéraux du Québec sont prisonniers des libéraux canadiens.  Les libéraux ne peuvent rien faire sans la bénédiction des libéraux de l’Ontario et de l’Ouest.  L’Ontario le sait bien.   En se faufilant entre les deux extrémités du pays, l’Ontario domine.  Elle est la plus nombreuse.  Le Québec ne peut même plus constituer le parti de l’Opposition officielle au fédéral.  Et, la gauche anglaise a démontré clairement qu’elle est opposée à l’indépendance du Québec. 

La gauche fédéraliste oublie que le lien actuel entre le Québec et le Canada est un lien colonialiste, d’aliénés.  D’ailleurs, la gauche canadienne a voté en faveur de la loi de la clarté qui a été promulguée strictement pour empêcher le Québec de devenir un pays. 

Il suffit de constater la guerre de l’Ontario contre le français pour comprendre que le Canada anglais veut détruire tout ce qui est francophone en dehors du Québec pour ensuite mieux assimiler le Québec. 

Nous sommes un peuple charmant, mais nous ne serons à jamais, dans le Canada, qu’une minorité, statut dont il faut se débarrasser au plus vite.        

 
Raoul Roy a écrit héroïquement des tonnes de livres pour réveiller le Québec, mais personne ne voulait le publier.  À mon sens, il charriait parfois.  Par exemple, il refusait l’identification québécoise, prétendant que l’on devrait s’en tenir à celle de canadien-français, ce qui serait possible dans une véritable Confédération où l’on reconnaît le statut égal des Indiens, des Francophones et des Anglophones. Les immigrants auraient à intégrer un de ces groupes, ce qui ne veut pas dire abandonner sur un plan communautaire leur origine, au contraire.  Plus il y a diversité, plus le peuple est en santé.          

L’essentiel de son analyse, a toujours été très juste.  Il prétendait que la go-gauche était plus fédéraste qu’indépendantiste (c’est encore le cas avec Québec solidaire (cela a-t-il changé depuis que ce parti se prétend indépendantiste mais dont l’ennemi principal est le Parti québécois ?). 

Raoul Roy nous a prouvé que les juifs de Montréal nous ont salis durant des années dans les journaux américains jusqu’à nous faire passer pour des hitlériens.  Selon Raoul Roy, la pire chose qui est arrivé contre l’indépendance est la prise de pouvoir du Parti Québécois, car, pensait-il, le projet devenait alors porté par une minorité, même si elle est au pouvoir.   L’indépendance devenait un projet pour l’élite et le peuple s’en lavait les mains, se fiant sur son élite pour concrétiser le projet.      

J’ai souvent joué verbalement au « dur » alors qu’en réalité, je suis une vraie moumoune. 

En prison, un des prisonniers m’a d’abord dit qu’il ne croirait jamais que je puisse être un pisseux.  Il venait m’accompagner, seul, dans ma cellule alors qu’on m’avait averti que ce prisonnier pouvait être très dangereux.  Mon entre-jambe compensait pour mon manque de force physique.  Il se contentait de désirer le peu qu’il pouvait entrevoir sous mes bobettes. Le sexe ne sert pas qu’à garantir une descendance.         

J’ai toujours été fidèle à ce que je crois.           


Spirale intraprojective 17

septembre 22, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 148 à 156)

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J’ai aussi eu un autre ami : un prêtre.  De lui, on a aussi dit des tas de choses pas très catholiques, mais jamais celui-ci ne s’est mal comporté avec moi.  Jamais même il ne fut question de sexe entre nous.  Au contraire, il m’amenait en voyages pour que je lui serve d’interprète.  Je parlais aussi bien l’anglais que le français. Je ne suis cependant pas assez naïf pour ne pas comprendre aujourd’hui qu’il était sûrement pédéraste.    

Ce fut d’ailleurs ma seule crise d’adolescence.  J’avais décidé d’en finir avec la vie parce que je ne pouvais pas aller en Europe avec lui, nous n’étions pas assez riches.   Papa ne pouvait pas me fournir une nouvelle garde-robe pour me permettre de partir en voyage. Le Vieux Curé m’offrait la curiosité et le goût des voyages, sans même, du moins à ma connaissance, me toucher … ce que j’aurais bien aimé.    

Je continue à entretenir une véritable vénération envers cet individu, calomnié, car il m’a donné le goût des voyages et de connaître les gens de l’extérieur.  J’ai pratiquement défailli quand j’ai appris sa mort.  Cet homme m’a appris à aimer la vie.  Le vieux-curé fut certainement la première personne de qui je me suis senti accepté intégralement.  C’était plus qu’un ami, je l’aimais inconditionnellement comme mon chien Kiki m’aimait.       

Dans ma petite enfance, j’étais vraiment bisexuel ou simplement très curieux, d’une naïveté désarmante.  On jouait toujours au docteur ou au «bœuf et à la vache», mais ça finissait toujours par une petite exploration sexuelle. Je n’y ai jamais vu de mal, sauf à l’adolescence, quand j’ai voulu être un saint et que je me suis rendu compte que mes goûts sexuels me privaient de l’éternité…  Je n’avais jamais compris le sens de ce que nous disaient les prêtres ou les autres sur les énigmes du sexe.  Notre vocabulaire était trop différent.  Ils parlaient de masturbation et les jeunes de «crossage».

Une masturbation, ça ne ressemble pas à se crosser.  Se faire manger, ça ne sonne pas comme une fellation.   La poche, c’est quand même plus beau que le scrotum.

Quand j’ai compris, je fus affreusement malheureux.  J’ai même voulu un miracle pour changer… ce que j’allais chercher à Lourdes.  Heureusement pour moi, ce miracle n’a jamais eu lieu.           

Je voulais être un saint.  J’avais peur d’être possédé par le diable quand ces besoins de me masturber naissaient.  Devant la tentation, je cédais toujours, même s’y parfois j’avais assez peur pour m’accompagner d’un acte de contrition.  Je voulais gagner du temps si je mourrais après tant d’efforts pour éjaculer.  J’avais peur d’être damné à cause de ces séances de plaisir.  Quelle naïveté !  Quelle hypocrisie !  Malgré tout, je n’ai jamais pu concevoir Dieu comme assez écœurant pour nous punir de jouir.  Après tout, c’est lui qui nous a créés ainsi.  Mais, on nous disait qu’on pouvait mourir cardiaque quand on éjaculait. Comment ne pas être révolté contre une religion qui nous a ainsi menti ?           
 
Plus tard, je fus attiré par les adultes non seulement pour ce qu’ils pouvaient m’apprendre, mais parce que j’aurais bien aimé savoir pourquoi le sexe est défendu.  J’aimais séduire un autre. Par contre, les grosses et longues queues, contrairement à ce qui se passe chez les chimpanzés, me repoussaient.          

Quand j’ai lu des livres sur l’homosexualité, je n’ai jamais eu la chance de trouver un livre qui lui fut favorable.  Il m’a fallu attendre de découvrir très tardivement André Gide et les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte. 

Selon ce que je lisais, j’étais un malade.  On prétendait que jeune tu pouvais être effrayé à te rendre malade si tu voyais un membre adulte. On semblait ignorer qu’une très bonne éducation était ce qui règlerait définitivement le problème ; mais les livres d’éducation sexuelle européens étaient vus comme des chefs-d’œuvre de pornographie.  La folie ne conduit pas qu’au meurtre.  Mentir en éducation est ce qu’il y a de pire, surtout concernant une affaire aussi fondamentale que ta sexualité. 

Si on t’a menti sur ta sexualité, sur quoi peut-on se fier ?  Probablement que le reste des choses que l’on t’enseigne est aussi mensonger.  Et là, c’est même Dieu qu’on remet en cause.  
                
*  *  *  *  *       
Les religions sont des exploiteurs parce qu’elles nous ont toujours menti à propos de notre sexualité.  Ils sont menteurs ou ils ne savaient pas de quoi ils parlent. 
 
Tous les mensonges qu’on nous raconte pour nous expliquer la sexualité sont pires que la pédophilie.  Ce n’est pas un simple viol de ton corps, c’est un viol de ton âme et ton esprit.

*

J’étais curieux, obsédé par l’anatomie de mes petits compagnons, une curiosité que je n’ai jamais comprise, omniprésente, obsédante.  Peut-être avais-je peur d’être anormal, d’en avoir une trop petite d’où ce besoin de comparer.  Pourtant, je m’en souviens plutôt comme une recherche du plaisir, une curiosité invraisemblable.  Pourquoi être attiré et obsédé par des petits zizis, c’est complètement fou. Mais, c’était ma réalité.

Les autres garçons, avant même que j’aie dix ans, m’attiraient et me fascinaient, possiblement parce qu’ils étaient différents et surtout leur entre-jambe était secret, mystérieux, magique, interdit.  Je n’aimais ni les hommes, ni les femmes, aucun adulte ne m’attirait sexuellement.  Leur anatomie me repoussait.  Je trouvais déjà comme Ovide, Diogène ou Oscar Wilde, un garçon mille fois plus beau.   Plus j’en voyais plus j’étais fasciné par leur beauté.  Leur beauté m’attirait comme un aimant.  C’était irrésistible.  Je n’y pouvais rien. 

Je suis fait ainsi. Ceux qui font des lois pour m’interdire ces plaisirs sont des imbéciles.  Comme le roi, dans le Petit Prince, ils essaient  » de t’empêcher de tousser quand tu as la toux… « 

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On essaya à l’université de faire croire que j’avais supposément trahi le FLQ en ayant parlé à un agent de la GRC, déguisé en vrai monde.  Cela semblait être sorti et répandu dans le cercle ou la chapelle féministe puisqu’une de mes professeurs à l’université m’en fit le reproche.  Je ne savais pas de quoi elle parlait.  Elle prétendait que puisque je parlais avec des membres du FLQ dans les années 1970 et que selon la rumeur, plus de 90 pourcent du FLQ était déjà composé de policiers, j’avais ainsi parlé à des agents qui se faisaient passer pour des felquistes.  Cette connerie n’a pas tenu longtemps.  Juste le temps de me rendre un peu plus paranoïaque.  Ce mensonge m’attristait quand même, car, depuis mon enfance, le pire crime a toujours été celui de « stool » ou de dénonciateur.  Tu peux être n’importe quoi, mais pas un « stool ». Un stool c’est la pire chose que tu peux être dans la vie.  

C’était d’autant plus étonnant que je n’aie jamais accepté de partager un secret important, justement, parce que sachant que j’ai une grande gueule, je risquais de m’échapper.  Je ne me faisais pas confiance.   Je ne suis ni policier, ni membre du crime organisé, je suis un individu, un anarchiste.  Je me prenais pour un grand révolutionnaire, mais j’avais peu d’envergure.   Je ne suis pas neutre : je veux une planète où l’humain (homme et femme confondus) est le centre de l’existence plutôt que l’argent.  Ma seule préoccupation est de vivre en amour avec ceux qui m’ont toujours accompagné, de pouvoir un jour tenir ma promesse envers ma petite fille, Maéli, qu’on a salement éloignée de moi.    

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C’est drôle que ces problèmes surviennent toujours avec des femmes.  D’ailleurs, on disait que c’était une femme de Val-d’Or qui fit passer le message aux Rock Machines (un groupe du crime organisé), en prison à St-Jérôme, à l’effet que je devais y goûter parce que j’étais, comme le disaient les journaux de Val-d’Or, un mauvais pédophile.  Ce que je ne suis pas, je suis pédéraste. 

Les féminounes ont-elles un rapport avec le crime organisé ?  Cette guerre contre la pédophilie permettrait-elle à celles qui veulent se venger de pouvoir le faire à bon compte ?  Il suffit de dire que tu es pédophile quand tu es prisonnier pour qu’on s’occupe de te faire avaler ton dentier…  Je ne sais pas qui était cette femme…

Jean-Paul, le père de Mathieu, ma supposée victime, me confia qu’il recevait parfois la raclée par    « les grosses amies féministes » de son épouse.  Vrai ?  Je n’en sais rien.  Je ne sais plus qui mentait ou qui disait la vérité.  Je sais qu’une femme qui veut se venger d’un homme est prête à tout.  Leurs excès verbaux et émotifs n’ont pas de limites.          

Je me suis demandé d’ailleurs si cela n’entre pas aussi en ligne de compte dans le dossier des femmes battues.  Même si un tel comportement est inacceptable, ne rendent-elles pas leurs partenaires complètement fous avec leurs allusions et leurs jalousies ?  Elles ont l’art de te macérer la conscience et de te rendre fou de rage.  Il est évident que ce n’est pas une raison pour accepter la brutalité, mais c’est une question comme une autre. Il faut le savoir pour trouver une solution.

 J’ai aidé Mathieu parce que son père était incapable d’en venir à bout.  Était-ce parce qu’il consommait ?  Il était très dépressif ? Je ne voulais pas qu’il se suicide ce dont il parlait parfois. Je le craignais, Rouhed venait de le faire peu de temps avant.   Si Mathieu n’était pas physiquement de mon goût ou de nature à m’ensorceler, il a réussi à me rendre amoureux de lui.             

Il venait me trouver pour participer à toutes sortes d’activités pour lesquelles je payais dès que son père confirmait que son comportement s’était amélioré.  Je ne me suis jamais rendu chez lui le chercher pour l’amener chez moi.  J’avais promis de l’amener à Montréal s’il travaillait bien à l’école.  Par contre, Mathieu ne fréquentait pas l’école où j’enseignais.           

Après m’avoir dénoncé, Mathieu avait très peur de moi.  Son père lui a expliqué que je ne lui en voulais pas, mais plutôt au système.  Le petit est venu chez moi avec son père pour le constater par lui-même.  Il était littéralement hystérique.  Il se promenait en disant que son père est gai (ce qui est absolument faux, au contraire, il est plutôt très très chaud envers toutes les femmes).  Mathieu disait qu’il était pour vivre en famille d’accueil, mais définitivement pas chez sa mère.  Je me demande souvent ce qu’il est devenu, car il est aussi une pauvre victime d’un système d’étranglement judiciaire.        

On lui avait sûrement lavé le cerveau au cours de la fin de semaine où on l’avait amené en famille d’accueil pour être autant surexcité.  En quelques jours, les plombs lui avaient sauté comme s’il avait été en prison et torturé durant des années.  C’est vrai qu’il a été interrogé deux fois durant plusieurs heures chaque fois, de quoi rendre un jeune fou.

Nous étions en groupe.  Je lui ai flatté la bedaine comme il affirma que je le faisais dans ses accusations.  Ça le calma.  Le sourire revint.  Il repartit de chez-moi, en dansant de joie.  Il savait que je ne lui en voulais pas. 

Pourtant, après mon procès, la cour a prétendu qu’il devrait vivre dans une famille d’accueil sous prétexte que son père était inapte à s’en occuper.  Drôle parce qu’on avait forcé le père à me dénoncer pour maintenir son droit de garde.  C’est ce genre de mensonge, d’hypocrisie qui définit le mieux notre système.   Ils croient leurs mensonges et sont trop idiots pour s’apercevoir qu’ils se mentent.      

Pour ce qui est de Val-d’Or, il faut faire des nuances.  Si j’ai haï les derniers mois avant mon déménagement alors que mon procès se prolongeait (j’ai déménagé à Montréal), j’ai vécu une dizaine d’années extraordinaires à Val-d’Or.  Si je dénonce la police de Val-d’Or, ce sont aussi que quelques individus que je ne connais même pas, même si j’enseignais aux fils de certains policiers qui étaient sûrement très corrects.  On m’a dit que le personnel policier a complètement changé depuis. La police locale aurait été remplacée par la SQ.    

J’ai très profondément aimé Val-d’Or et j’en conserve un souvenir extraordinaire.   Tous mes anciens élèves (gars et filles) sont bienvenus chez-moi.  Ils devinaient tous sans doute que je suis gai, mais je ne le disais pas à l’école.  Cela aurait été suicidaire… j’aurais immédiatement perdu mon emploi.      

J’étais encore sensible à la fibre féminine, la prison y a mis fin.         

Je n’ai jamais vraiment caché mon orientation sexuelle arc-en-ciel, mais tout se passait avec beaucoup d’humour au point où plus personne ne pouvait être certain de mes vrais penchants naturels… Je prétendais être aux serins.  Ce n’était pas de l’hypocrisie, mais une simple question de survie. Un langage gai qui n’est connu que d’eux. On m’appelait bien « Suce moineau » pour Simoneau. Ça scandalise les constipés.     

 Je suis persuadé que je fus un bon professeur parce que j’aimais et j’aime encore tous les jeunes.  Je trouve plus important de les ramener à l’école que d’avoir la maladie du « scrupule sexuel» de notre société.  Même si je les sucerais tous, avec leur consentement il va sans dire, cela serait un acquis car ils auraient appris à jouir et cesser d’avoir peur de tout.  Je suis plus un acquis pour les jeunes, malgré ma pédérastie, qu’un danger quelconque.

Que j’aie parler accidentellement, sans le savoir, à un agent de la GRC dans les années 1970, c’est bien possible, mais je discutais avec ceux en qui on me disait que je pouvais avoir confiance et qu’on me présentait comme étant probablement du FLQ.  Si je croyais qu’elles étaient de la police fédérale, je les faisais gambader, c’est le moins que l’on puisse dire… c’est ainsi que j’ai inventé ma prétendue obsession de violer une sœur encore vierge.            

Je venais de vivre mes premières expériences de marijuana avec une femme qui se plaisait beaucoup à se prétendre une sœur dans nos « voyages » autant sexuels que musicaux… Puisqu’on m’avait dit qu’il y avait probablement une oreille canine à l’autre table, nous étions dans un club, je criais pratiquement pour qu’il entende tout… Mais, rien de ce que je disais n’avait un rapport quelconque avec ce qu’il voulait entendre sur le FLQ.  J’aimais les faire marcher.  C’est ce qui leur a probablement permis dix ans plus tard de répandre la rumeur où j’enseignais (à The Pas, Manitoba) que non seulement j’aimais les jeunes, mais que j’avais un dossier vieux de vingt ans et pire encore, que j’adorais violer les sœurs vierges… 

J’étais tellement dangereux que mon voyage pour visiter le Québec avec les petits manitobains fut maintenu par le directeur de l’école quoiqu’il me fut interdit d’y être, selon les ordres de la Commission scolaire.  Mais, à la demande de la direction de l’école qui ne partageait pas cette peur à mon égard, je fus quand même le guide dès qu’ils sont arrivés au Québec.  « Il faut toujours qu’il arrive des situations comme ça, à chaque fois qu’on a un bon prof», disait le directeur de l’école.  J’avais été congédié préventivement un mois avant la fin de l’année scolaire.  Les policiers avaient vérifié mon dossier, parce qu’ils m’avaient trouvé complètement saoul un soir de fin de semaine. (Malheureusement, j’ai recommencé à boire depuis Val-d’Or, car je me suis dit que tant qu’à être accusé, je n’ai qu’à profiter de la vie et me ficher de ce qui est bien ou mal).

Même si au début de l’année scolaire, les jeunes du Manitoba détestaient tout ce qui était francophone, c’est le seul endroit où j’ai enseigné où les enfants pleuraient parce que je les ai quittés.  Je suis tellement devenu un professeur adoré qu’ils en voulaient à mon fils adoptif Rouhed d’exiger que je retourne vivre avec lui à Montréal…  la raison que j’avais donné pour expliquer que je devais quitter avant la fin de l’année.

*  *  *  
Quand je me suis présenté comme candidat Rhinocéros, en 1972, à Sherbrooke, les libéraux s’en sont pris à un infirme dans le club, « Le Pub », où j’étais invité, sachant que j’étais pour le défendre. Ça leur procurait une excuse pour qu’ils me sautent dessus… j’étais un maudit séparatiste.    

Quand la police de Sherbrooke m’a battu … j’étais un maudit séparatiste.   

En cellule, je me suis mis nu, et je me suis mis à leur crier de me tuer que le lendemain, ils auraient des problèmes.  J’étais journaliste.  Le lendemain matin, à la cour, le juge, un bon libéral, m’a infligé une sentence suspendue.  Je n’avais pas le droit d’en parler dans les journaux locaux et régionaux.  Cela avait été ordonné par le juge.  Alors j’ai envoyé le texte à Québec-presse qui l’a publié.  Le juge n’avait pas ajouté : provincial.             

La différence de certains péquistes qui me trouvent trop enragé et moi, c’est simple : ils sont payés pour prôner l’indépendance, une indépendance qu’ils ne font pas alors que je me fais emprisonner et rouer de coups pour la même cause.  Pire encore, avec ma liberté sexuelle, je porte un double flambeau et je reçois donc les coups en double. 

Dans le temps, Jim Corcoran m’a dit que j’avais été son inspiration quand il a créé sa chanson Comme Chartrand, ce qui m’enfla un peu la tête car Chartrand, c’est tout un homme.           

On oublie trop facilement qu’il y a quelques années, on ne te promettait pas de te casser la gueule parce que tu étais indépendantiste… on le faisait.  Pour être révolutionnaire à cette époque, il suffisait de te dire indépendantiste.  Faire croire que tu aies pu dire quelque chose que tu ne devais pas, c’était un bon moyen de t’isoler.  Aujourd’hui, on t’accuse d’être pédophile, c’est plus efficace.  Tu es honni de tous.

***

Certaines femmes ne peuvent pas endurer qu’un gars se dise pédéraste, car elles pensent que cette option les rejette.  Elles ont absolument besoin de se prouver que rien ne vaut plus qu’une femme. 

Tout individu sait consciemment ou non que chaque être humain est bisexuel.  J’ai aimé certaines femmes parce qu’elles sont arrivées à me séduire autant qu’un petit gars, quoique pour des raisons différentes.  Il y a une forme de communication, de plaisir d’être ensemble qui dépasse la stricte génitalité.  Chaque âge a sa richesse.  J’ai profité de leurs présences parce que c’était agréable pour moi d’être en leur compagnie.  Même si avec le temps, je me dis encore pédéraste, je devrais plutôt dire, si je regarde la réalité depuis des années, que je suis asexué. (Et plus dernièrement, gai) Je me sens disponible à tous les plaisirs possibles.  J’aime découvrir.  Est-ce que je devrais essayer de vivre en couple, gai, marié ?

Malgré mon âge, le mot jouir n’a pas été effacé de mon vocabulaire quoique la définition à des variantes qui se sont imposées avec l’expérience de la vie.  C’est peut-être mon petit côté putain… J’aime être «cruisé», voulu, désiré..  Aristote parlait de différents paliers d’amour qui peuvent nous animer tout au long de notre vie.  Il avait parfaitement raison.  Chaque amitié a sa façon propre de s’exprimer.  Établir des interdits par groupes d’âge, c’est nous priver de la richesse de ce qu’un vieux peut apporter à un jeune et vice-versa.  ¨Ça ne regarde personne, si mutuellement, ils décident de se donner des plaisirs. »

* *

Je dois dire que j’ai bien aimé les femmes avec lesquelles j’ai vécu parce qu’elles étaient intellectuellement supérieures… Elles avaient une largesse d’esprit, une compréhension que seules les femmes de ce calibre ont.     

Malgré tous mes déboires, je ne rejette pas la possibilité de rencontrer un jour, un homme, une femme, de préférence un ado, avec qui je passerai le reste de ma vie.  La vie s’en chargera, j’imagine.  Si ça ne se produit pas, j’irai me chercher une seconde Benji (une petite chienne que j’ai adorée).  
       

*  * *

Ma seule obsession sexuelle est de faire valoir mon point de vue à savoir la différence entre la pédophilie et la pédérastie.  La sexualité est une force bonne et non un péché.  Je tiens à ce qu’on reconnaisse un jour cette vérité, car elle changera la vie de millions d’individus qui n’auront pas à s’haïr.

Que j’aie des relations sexuelles au cours de ma fin de vie ou non, ça n’a pas tellement d’importance.  À mon âge, on se bat pour la VÉRITÉ et non pour avoir le droit de vivre telle ou telle relation physique.  On peut toujours se rincer l’oeil sur internet et se passer un petit poignet, si on ne peut plus se retenir.  Le jour ou on n’aura pas à se présenter comme hétéro, homo, pédé, que l’on aura compris que ce ne sont que des catégories pour expliquer des comportements, le monde évoluera ; car il s’apercevra que notre rapport à la morale est le même que notre conception de  la vie.    

Les découvertes scientifiques prouvent que l’on s’est fait mentir depuis des millénaires ou, du moins, nous croyons dans des explications qui ne tiennent pas debout.  Le sperme n’est pas une partie de notre moelle épinière ou de notre cerveau. Nous ne sommes pas des anges déchus, sinon symboliquement.  Nous savons maintenant que les sacrifices n’ont aucun effet sur notre qualité intérieure. Nous naissons et nous mourrons.  Entre les deux c’est un voyage que nous devons aussi souvent subir qu’organiser.     

La liberté individuelle de conscience est à la base de toutes les réformes sociales, y compris la démocratie.  D’autre part, ma priorité personnelle est ma famille. (Je ne demeure plus avec mon ami Gabriel, qui a plus de 30 ans maintenant, et le plus vieux de mes fils adoptifs Shuhed est maintenant au Bangladesh).

Spirale intraprojective 16

septembre 21, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 138 à 148)

*  *  *  *

Sur le plan politique, cela me fait penser à Trudeau qui disait au premier référendum qu’un vote contre l’indépendance était un vote pour le changement.  Quel menteur…         

Depuis, le gouvernement fédéral du Canada a essayé de nous mettre en cage par tous les moyens en inventant dernièrement la loi de la clarté, une nouvelle loi cadenas à la Maurice Duplessis.  Mais cette fois, on ne veut pas nous interdire le communisme, mais l’indépendance du Québec.

Stéphane Dion essaie d’exécuter le testament trudeauiste, en emprisonnant les Québécois un peu plus dans la fédération canadienne avec sa loi sur la clarté.  Il veut rendre l’indépendance impossible à réaliser. 

Si Trudeau n’avait pas eu peur du nationalisme québécois, Québec serait déjà devenu un grand peuple et un pays.

Certains disent que Trudeau était indépendantiste et qu’ils nous provoquaient pour nous déniaiser.  Est-ce que Trudeau était un révolutionnaire à sa façon ?  Il ne pouvait pas être officiellement indépendantiste, il était le premier ministre du Canada.  Trudeau a toujours été un provocateur.  Il se croyait supérieur à tous les Québécois.  Il ne pouvait pas perdre.  Il était incapable d’accepter la défaite.  Mais, comme Bourassa, Trudeau aurait probablement accepté l’idée d’une véritable confédération, si Lévesque avait accepté l’idée d’une vraie péréquation, pour sauver les provinces de l’Est de la pauvreté.           

À mon avis, Trudeau était un hippie de gauche qui voyait peut-être Staline et Lénine ayant la même soif qu’Hitler ?  Quelle différence y a-t-il entre tous ces personnages sanguinaires ?  Trudeau vomissait sur l’ignorance des Québécois, leur religiosité, ce qui soignait bien ses rancœurs.  Il se croyait supérieur.  Mais, il faut dire à sa décharge que l’appareil politique de Duplessis qu’il combattait était entièrement corrompu.  Et, il était aussi très intelligent.        

René Lévesque s’était aussi attaqué à la grande noirceur : la domination catholique.  Ce pourrait-il que Trudeau et Lévesque furent tous deux, à leur façon, de grands idéalistes ?  Trudeau pensait que les Canadiens-français devraient reprendre leur place dans le Canada et se libérer de l’Angleterre alors que Lévesque croyait que cette indépendance ne pouvait pas se concrétiser sans le détachement du reste du Canada.  Trudeau a bien dit qu’il n’irait pas se pendre dans le grenier, si le Québec décidait, un jour, de devenir un pays.           

Si les libéraux veulent respecter l’esprit de Trudeau, ils devraient mettre de côté la monarchie.  Sommes-nous encore une colonie d’Angleterre ?  Pourquoi retrouvons-nous la reine d’Angleterre sur tous les dollars ?  Pourquoi toutes ces dépenses pour la famille royale et ses représentants, si le Canada est vraiment un pays indépendant ? Trudeau a pourtant signé avec Élizabeth II, notre fausse indépendance…

Quand Trudeau et son «french power» se sont présentés à Ottawa, c’était pour défendre les intérêts du Québec au fédéral.  Le Québec sortait à peine des griffes de Duplessis et du clergé.  Nous vivions à l’âge de pierre.  Nous allions dans des écoles de rangs (j’y suis allé), mais chez-nous Jean Lesage et René Lévesque mettaient en place des instruments collectifs qui nous modernisaient. 

Avec René Lévesque, la politique passait du patronage au gouvernement du peuple.  C’était la décolonisation.  Trudeau et Lévesque étaient deux visionnaires.  Lévesque nous a laissé la modernité dans ce qu’elle a de meilleure alors que Trudeau avec sa société juste a tenté de créer une société juste et libre basée sur la liberté sexuelle et le bilinguisme.  L’esprit conservateur de l’époque, la poigne du clergé exigeaient que le Québec soit écrasé pour songer à de tels changements.  Aujourd’hui, Trudeau serait surpris de constater que l’Ouest canadien est encore plus conservateur que le Québec.  Quant à René Lévesque, sa lucidité nous éclaire encore.  Notre relation avec les Autochtones le prouve assez bien.  

Cependant, si la souveraineté-confédération ne se fait pas rapidement, il est normal que l’on revoie les raisons d’exister du « modèle québécois», qui est là pour garantir une forme de sécurité économique et financière, au début de notre autonomie.  Sinon, ce sont quelques individus qui s’enrichissent de notre beau rêve.

Le Québec ne peut s’affranchir, sans d’abord éliminer les carcans de peur et de naïveté, sans s’assurer qu’il sera toujours un état francophone.  La souveraineté exige que le Québec soit le seul sur son territoire à pouvoir percevoir toutes les taxes et tous les impôts.        

Tant que le Québec n’acceptera pas d’être un pays ou de faire partie d’une vraie confédération (ça revient à la même chose que la souveraineté-association), nous vivons dans un régime colonial.  Les « Red Necks», les « Wasp» anglophones canadiens essaient d’écraser tous ceux qui ne sont pas de cette confrérie.

Quand René Lévesque pensait au peuple, Trudeau pensait Trudeau (il s’adorait lui-même tant il s’admirait) et vivait de la prospérité d’être chef du Canada, même s’il venait d’une très riche famille.

Avec Trudeau, le Canada anglais a commencé à se mirer dans le Québec à travers une lentille déformante.  Il accusait le Québec de tout ce qu’il faisait, tout était mauvais quand ça venait faisait au Québec.  Mais, tout ce qui était avant-gardiste venait du Québec.  Le Québec est vite devenu la mauvaise conscience du reste du Canada.    

Il suffisait que le Québec crée une solution dans un domaine pour que le fédéral essaie de la récupérer, avant de dire que c’était mauvais au Québec.  Cette imitation grotesque du savoir-faire québécois est devenu une véritable industrie politique.

Pendant que le peuple crève de faim parce que les programmes sont inefficaces, trop gros, trop mur à mur, Ottawa dépense des millions pour nous apprendre que l’on est des Canadiens et non des Québécois. (Ce fut prouvé avec les commandites) Cette guerre constitutionnelle rapporte une fortune aux amis du pouvoir.  Pendant que Chrétien se pavane à l’extérieur pour prôner la démocratie, au Canada, l’éditorialiste en chef d’un journal anti-chrétien, est mis à la porte parce qu’il ose le critiquer.  Paul Martin, la marionnette exécutive de la haute finance, essaie de le faire tomber parce que les vrais riches veulent avoir un des leurs pour assurer le bon fonctionnement de leur exploitation.           

Nos institutions et nos lois sont devenues une véritable farce puisqu’elles existent pour servir une mafia légale de plus en plus corrompue pendant que les États-Unis envahissent l’Amérique … comme la Russie avec la Tchétchénie ; et en Asie, la Chine et le Tibet…       
           

* * * * *

En qui peut-on avoir confiance ?  Les Églises ont inventé le péché de la chair pour nous contrôler tous et mieux nous exploiter grâce à la culpabilisation.  La droite américaine juive fait la guerre au catholicisme, la seule religion basée sur l’amour, même si elle prêche et fait le contraire ; les pays ont inventé les frontières pour créer des guerres et favoriser le trafic d’armes.  L’amour est jeté en prison par les faucons pour avoir plus de puits de pétrole ; les Talibans essaient comme les Mormons de nous ramener à la préhistoire de l’humanité. Si on veut croire que les musulmans ne sont pas des islamistes, ils devront dénoncer ceux qui prétendent parler en leur nom.        

* * * *

Au Québec, le parti libéral est le voleur officiel, celui qui veut diriger pour avoir le gâteau à son tour alors que le Parti québécois est celui des idéalistes.  Comment avoir confiance à des professionnels qui ne songent qu’à s’enrichir ?  Combien en coûte-t-il pour avoir des soins dentaires, par exemple, d’urgence.  Pourquoi faut-il toujours recommencer pour s’inscrire à l’aide sociale ?  Est-ce parce que ça permet au gouvernement d’être encore six mois, sans offrir tous les services ?  Faut-il endurer six mois, un mal de dent ?  Pourquoi les logements sont-ils vite devenus une denrée privilégiée de la finance ?  Pourquoi gagne-t-on toujours plus pour être de plus en plus endettés ?         
 
Tant que le pouvoir sera concentré entre les mains d’un tout petit nombre, nous serons les victimes impuissantes de la mafia capitaliste.   

Quand on regarde ce qui se passe en Russie avec la Tchétchénie qui n’a que le malheur d’être riche en pétrole, on sait que le communisme ne vaut pas mieux que le capitalisme,  que les autorités paient la police ou les services secrets pour organiser ses attentats sur le dos de l’adversaire.  

Ottawa essaie de récupérer la confiance des autochtones parce que le Québec vient de signer une nouvelle entente avec eux.  Pour leur fournir plus d’argent, on augmente le prix des cigarettes, ce qui leur permettra grâce à la contrebande de se faire encore plus de profits.  Les pauvres n’avaient que la cigarette car la culture coûte une fortune.  Elle n’est pas abordable à tous.        

Avec les taxes, le droit légal de voler le peuple, ils viennent de perdre aussi le droit de se payer une bonne cigarette.  Les anti tabagistes sont bizarres.  S’il est vrai que les cigarettes polluent à ce point pourquoi nos dirigeants n’exigent-ils pas qu’elles soient totalement interdites ?  À ce moment-là, il faudrait aussi interdire les autos dans les villes…                           
Si on ne le peut pas, qu’on se ferme la gueule, c’est le seul loisir que peuvent encore s’offrir les plus pauvres… fumer pour mourir plus vite … encore là, ça coûte une fortune.

L’erreur du «French Power» fut de tellement s’assimiler aux plus forts, à la bourgeoisie Anglo-orangiste (Wasp) que le parti libéral est devenu obsédé contre l’indépendance du Québec. Dès lors, des Québécois pouvaient nous combattre en faisant croire qu’ils défendaient les intérêts des Québécois.           

Au lieu de céder aux provinces tous les pouvoirs qu’elles peuvent mieux gérer ; le fédéral est devenu un instrument de strangulation pour le Canada lui-même.  Chicanes sur chicanes.  Le fédéral s’est outrancièrement centralisé et il s’est de plus en plus approprié des domaines réservés aux provinces.           

Le « French Power» a découvert son pouvoir :  il suffit de cracher sur le Québec pour devenir des héros nationaux.   

Le parti libéral est devenu le parti des Anglais et des Juifs anglophones de Montréal.  Comme le disait Raoul Roy, dans son livre : Lettres aux juifs de Montréal.

Aujourd’hui les fédérastes sont tellement imbus d’eux qu’ils ne respectent même plus les libéraux du Québec.  Jean Charest est le vassal par excellence.  Il accepte tout en autant que ce soit ce qui nous conduit à devenir majoritairement fédéraste.  Ainsi, il a rejeté d’appuyer vraiment le rapport de l’ex-ministre libéral Seguin, même si cela fait crouler le Québec sous les dettes et le force à se priver d’un bon système de santé public et d’éducation.  Charest a tellement soif des bénéfices du pouvoir qu’il s’écrasait avant même d’être au pouvoir, devant ses vrais patrons Ottawa et la finance.          

Le plan B de Stéphane Dion n’est-il pas d’écraser économiquement le Québec ?  C’est lui-même qui l’a dit.  Même l’ancien ministre libéral, M. Savoie, de Val-d’Or, m’avait confié, croyant que j’étais libéral parce que j’enseignais à Percival, l’école anglaise de Val-d’Or, que le problème du Québec était d’être étouffé par Ottawa.  Les Anglophones du Québec ne sont-ils pas aussi écrasés par Ottawa que les Francophones quand ils paient leurs impôts ?           

Voter ADQ permettra-t-il d’aller chercher plus d’argent à Ottawa ?  Cessera-t-il de revendiquer dès qu’Ottawa leur dira de cesser de japper ?  Que fera l’ADQ quand Ottawa aura officiellement rejeté le rapport Allaire ?   Ce qui l’est déjà officieusement sans même que l’ADQ soit au pouvoir à Québec.  Comment pourra-t-il alors mettre le rapport Allaire en application ?  Sera-t-il bonifié pour répondre aux besoins essentiels du Québec ?  L’ADQ acceptera-t-il toutes sortes de compromis comme il le fait déjà ?  Nous offrira-t-on une nouvelle constitution, genre Charlottetown ?  Une chose certaine, les Québécois veulent qu’il se passe quelque chose, qu’ils cessent d’être étouffés, sans recevoir de services.  Mais, auront-ils la lucidité de mettre fin au centralisme d’Ottawa ?         
 
Le problème : Trudeau et Lévesque ont vécu à la même époque, en même temps.  Il aurait fallu pour notre bien, que ces ceux-là vivent un après l’autre… Trudeau, puis, Lévesque. 

Trudeau nous aurait débarrassés du joug colonialiste de l’Angleterre et Lévesque aurait créé un nouveau pays du Québec.  Au pire, Lévesque n’étant pas un séparatiste, aurait-il prêché la nécessité de devenir une véritable confédération canadienne ou de devenir un état des États-Unis.         

Si le Canada n’a pas l’intelligence politique de créer une véritable confédération, les États-Unis l’auront bientôt avalé.  Jamais Trudeau n’aurait même accepté une chose semblable.  Le Canada a beau être le joujou de l’Ontario, il doit demeurer complètement indépendant des États-Unis, marché commercial ou pas…             

Avec la concentration des entreprises, les États-Unis prennent de plus en plus le contrôle du Canada.  Bientôt, le Canada ne sera plus qu’un satellite américain.  Un état du grand frère, abusé, impuissant, mais béatement comblé car il sera le partenaire de St-Georges Bush.  Nous sommes des aliénés dans le sens moderne du mot …          
                                                  
*  *      

Dans mon procès à Val-d’Or, j’ai appris que les média sont aussi corrompus que la justice.  Ils sèment le mensonge, l’opinion … ils refusent de chercher la vérité, car ils sont au service du pouvoir.  Et voilà pourquoi il demeure tabou de faire la différence entre la pédérastie et la pédophilie.  On préfère le sensationnalisme. 

Les médiasde Val-d’Or ont d’abord prétendu que les accusations venaient de l’école où j’enseignais.  Ce qui était absolument faux.  Mathieu ne fréquentait pas à mon école.  Les média ont suivi mon procès avec insistance.  Même si je ne me présentais pas en cour, la télévision avait des séquences d’archives pour parler de moi. 


 J’étais l’indépendantiste radical pris dans une histoire de cul.  J’avais été longtemps président de la Société nationale des Québécois.  On considérait à Rouyn -Noranda que j’étais trop radical.  Ce procès salissait la Société nationale des Québécois, car, en plus, j’avais été l’attaché de presse « incognito» de M. Irénée Pelletier, député péquiste.  Y paraît qu’il ne m’a jamais pardonné d’être pédéraste parce qu’il l’a appris fort probablement avec mon procès ou par un de mes écrits.  On n’en a jamais parlé ensemble.  Je sais simplement qu’il était étonné de l’existence des homosexuels et qu’il n’en était pas un défenseur.

*  *  *  *

Comme me disait Pierre Péladeau, propriétaire de Quebecor, ce dont il faut parler, c’est ce que les lecteurs veulent entendre.  Comme journaliste, il m’a déjà congédié à Port-Cartier, parce que j’étais trop à gauche.  Ce n’est donc pas exclusif aux libéraux de Paul Desruisseaux ou Power Corp. pour qui j’étais trop nationaliste. 

 J’ai toujours cru et je crois encore que la vérité est le seul maître d’un bon journaliste.  On ne pouvait pas m’acheter, même si j’ai parfois eu très peur.  J’étais trop indépendantiste au goût de Power Corporation, sous Paul Desmarais.   On croyait que j’exprimais trop mon opinion, ce qui est totalement faux.  Par contre, c’est vrai que j’étais trop fanatique.  Je manquais de nuances. C’était carrément enfantin que d’appeler la Tribune de Sherbrooke– la Truie Brune– comme je l’ai fait dans Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez nous.  Fondamentalement, je me révoltais contre la censure.  Les gens de l’Estrie se faisaient littéralement écraser par le fédéral et nous devenions, avec notre silence, des complices.            

Je faisais parvenir à Québec-Presse les articles que La Tribune n’avaient pas l’honnêteté de publier.  Par contre, j’ai toujours beaucoup appris en travaillant à la Tribune.  Je conserve l’essentiel de ce que son président, M. Yvon Dubé, m’a appris :

Il y a toujours deux côtés à une médaille et un bon journaliste ne cherche que la vérité et non à satisfaire les intérêts d’un des côtés concernés.  Il présente les faits tels qu’ils sont, laissant au public le soin de choisir. Je suis toujours d’accord avec cette définition du journalisme.  
 Je crois qu’un bon journal doit chercher à recruter les éléments de toutes les tendances pour travailler avec lui.  Ainsi, il appartient au lecteur de choisir sa vérité.  Un bon journaliste ne peut pas — même si on prétend le contraire — être absolument neutre.  Il y a toujours une part de subjectivité dans le choix même des questions que l’on pose.  Seul le fanatisme qui conduit invariablement à la violence doit être interdit.  Le fanatique ne respecte pas l’autre, celui qui pense différemment.  Le seul maître et le seul but du bon journaliste est de dire la vérité, pas d’être un bon vendeur. 

Il est incroyable que l’on prétende à la liberté de pensée et de parole au Canada et que l’on ne puisse jamais critiquer les femmes sans que les féministes nous prennent pour des misogynes ou les Juifs, sans faire appels aux camps de concentration ou de passer pour des antisémites.  Bientôt, il faudra croire que Ben Laden est un bon gars.  Remarquez qu’il n’est pas pire que George Bush.