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Spirale intraprojective 14

septembre 19, 2020

Spirale intraprojective  14

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 116 à 127)

* * * *

Cela n’a jamais changé ma situation face au crime organisé. Qu’on le veuille ou non, une société doit avoir des lois.  Qu’on aime les policiers ou pas — parce que parfois ils sont complètement idiots dans leur application de la loi– ils ont la tête enflée par leur petit pouvoir– la loi doit prévaloir.  Sauf le conservatisme de bien des juges, nommés par reconnaissance politique, notre système ne serait pas si mal, s’il était orienté autrement. 

On doit modifier le but premier de la justice, en axant tout sur la réadaptation plutôt que la punition.  L’essentiel doit être le côté éducatif de la sentence pour t’apprendre à vivre normalement à l’intérieur de la société et non te punir pour te punir.  Sauf dans les cas de violence, la prison n’a pas sa place.  La prison est une forme d’isolement pour protéger les autres.  Elle doit nécessairement conduire à une nouvelle socialisation, une réintégration sûre.  Le prisonnier a absolument besoin d’aide pour se réintégrer correctement dans la société.  Malheureusement, quand tu sors de prison, t’es jeté à la rue.           

Le crime organisé avec ses gros sous a pratiquement anéanti la Charte des droits de la personne, l’aide juridique et le droit à la vie privée, car ils les modifient ainsi que la manière de s’en servir.  En servant la mafia, ces lois protègent un groupe alors que sont visés des droits strictement individuels.  Cette déviation de la protection de l’individu rend la vie plus difficile aux policiers et notre système ne fixe leurs salaires qu’en fonction des statistiques.  Alors pour justifier leur emploi, les policiers s’en prennent aux individus plutôt qu’au crime organisé.  C’est plus facile et c’est moins dangereux.

Les policiers et la cour devraient faire une discrimination absolue entre la vie privée d’un individu et la protection accordée au crime organisé, entre le riche et le pauvre.

Il est anormal d’être libre quand tu as tué et être enfermé si tu as eu le malheur de jouir avec un autre plus jeune que toi, en autant qu’il soit consentant.  

À mon sens, tuer un autre est beaucoup plus condamnable que de le faire éjaculer, à moins qu’on pense comme dans la Grèce antique que le sperme est une partie du cerveau ou de la moelle épinière.  Si c’était vrai, je n’aurais plus de cerveau.

Heureusement pour moi, la masturbation n’est pas encore illégale… pour l’instant…le féminounes y travaillent.    

*  *

À Val-d’Or, je venais de publier une nouvelle littéraire, intitulée « Nous vaincrons», où je relatais une engueulade dans laquelle j’avais affirmé à feu Pierre Laporte (tué par le FLQ), qui me connaissait, qu’un jour il sera préférable et plus honnête de se dire pédéraste que d’être fédéraste au Québec.  Mon avocat me l’a rappelé, après ma condamnation, m’indiquant qu’en prison je ne pourrais compter sur personne et aucun lien politique. Il ajouta : mêmes les gardiens sont d’accord pour les mauvais traitements infligés par les prisonniers aux gens condamnés comme pédophiles.       

Peu font la nuance entre pédophile et pédéraste, même si elle est immense.          

Je lui ai demandé si le jugement qu’on venait de rendre contre moi n’était pas un appel à échanger l’Évangile, selon Saint-Jean pour l’Évangile selon Mon Boucher (chef des Hells Angels, un groupe de motards criminels).  Je n’avais plus aucun doute quant au lien entre le crime organisé et le parti libéral.   Une tonne de ses lois ne servent qu’à protéger la vraie mafia qui se dit formée de financiers respectables.

J’étais voué à me faire battre ou à être tué en prison… il n’y avait aucun doute quant aux motifs pour m’y envoyer. On voulait se débarrasser de moi.     

J’ai appris depuis qu’il s’agit surtout d’une question de classement : envoyer un prisonnier condamné pour des raisons sexuelles avec la population générale, c’est lui assurer d’avoir la vie dure ou de crever.             
D’ailleurs, avec la loi 65, je crois, les prisons peuvent devenir des tombeaux puisque personne ne peut savoir ce qui s’y passe à l’intérieur des murs. 

Toutes les raclées et les morts (les suicides) dans l’infirmerie ne seraient que des rumeurs, de fausses rumeurs ; mais ça existerait encore quand même à plus petite échelle. C’est pourtant ça la pire terreur quand tu vas en prison : l’insécurité de ne pas savoir qui peut te sauter dessus, souvent pour absolument rien. 

Les prisons devraient avoir un personnel psycho-médical qui permet aux prisonniers d’avoir confiance aux soins qu’on leur apporte.  Ils devraient y avoir des prisons spécialement conçues pour le crime organisé afin de ne pas mêler les gens ordinaires à ceux du crime organisé et ainsi établir des universités du crime.

Si la prison devient une solution pour les personnes qui souffrent de maladie mentale et qui refusent de se soigner à l’extérieur (en tôle, tu dois prendre tes médicaments et en principe tu ne peux pas consommer), il devrait y avoir un programme spécial pour eux : la possibilité de sorties hebdomadaires, des cours disponibles, un placement, selon le degré de violence et de maladie, les deux allant de pair.  L’important, c’est de les récupérer.  Ce sont souvent des personnes extrêmement intelligentes.  C’est à nous de leur donner le goût de vivre autonome.     

Quand j’ai séjourné à Bordeaux pour la deuxième fois, je dois affirmer, sans être lèche-cul, que j’ai toujours été bien traité.  Les gardiens et les gardiennes étaient même polis, à quelques exceptions près.  C’était tout le contraire, une année ou deux auparavant.      

Je me suis longuement demandé le pourquoi de la loi 65, si ce n’est de permettre au crime organisé de conserver le contrôle à l’intérieur  …  mais souvent, nous n’avons qu’une partie de l’information pour comprendre les règlements.  Ce n’est pas un monde que je peux facilement comprendre : je n’ai pas une mentalité selon laquelle le profit est plus important que la vie humaine.  

Je n’avais jamais pensé que mes idées, mon engagement politique et ma foi dans la liberté sexuelle puissent mettre ma vie en danger.  Et pourtant, ce fut le cas.
                         
* *

Je venais aussi de publier « Le chantage», en le dédicaçant à un ami psychiatre de Val-d’Or qui venait d’être accusé d’attouchement sexuel.  C’était aussi le père d’un de mes étudiants.  Un bonhomme formidable.  On m’a dit qu’on lui avait demandé, exigé 90,000$, pour garder sa liberté, alors que dans mon cas, on exigeait 10,000 $.  Il a été assez intelligent pour laisser brailler les féminounes de Val-d’Or et de s’en aller en France, d’où il était natif.

* * *

La guerre à la pédophilie est aussi celle d’un réseau de chantage international entre les mains des services secrets et des féminounes du crime organisé.  Les femmes ont aussi un mot à dire dans le crime organisé.       

Si le système était honnête, il avouerait que la guerre à la pédophilie sert souvent de couverture pour justifier la surveillance et la répression sur internet.  Elle permet, sous prétexte de protéger les enfants, sans faire de nuances entre la pédophilie et la pédérastie, entre un réseau d’esclavage sexuel et des droits individuels, d’entrer dans tous les foyers sans avoir à obtenir la permission obligatoire d’un juge. C’est tellement dangereux un pédophile qui se branle devant le petit écran ! Il faut agir sous prétexte de soupçons et des soupçons ça s’invente selon les besoins…

Tant qu’on entretient cette psychose paranoïde, le système est justifié de censurer tout ce qui se passe, même sur un plan individuel.  C’est une guerre hypocrite qui favorise surtout les services secrets de sécurité.  Tout peut être possible à ce niveau.  Tout peut être codes, messages cachés.  Tout justifie la peur.

Par contre, c’est parfois complètement maladif. 

Certaines personnes m’ont dit que mes livres sont bourrés de codes secrets.  On disait même que l’Homo-vicièr contenait des codes cachés. Faut le faire !
C’est plutôt stupide, car je n’ai aucun lien ni avec la police, avec des services secrets et encore moins avec le crime organisé. Ceux qui cherchent des codes dans mes textes devront le faire durant toute l’éternité sans résultat, car je n’ai rien à cacher.         

La pédophilie est devenue rentable quand l’Église a décidé de payer les victimes.  Je ne veux pas porter de jugement sur ce problème, sinon souligner qu’il y a une différence entre une masturbation et la sodomie.  D’autre part, la situation sociale d’alors rendait les prêtres si importants aux yeux des familles que certains prêtres auraient pu exiger des rapports sexuels. Ce n’est plus rechercher un plaisir mutuel, mais un viol. Certains jeunes auraient été forcés ou auraient obéi car le prêtre était en état d’autorité.  Ce n’est plus pareil, c’est un viol pur et simple. Chaque cas est différent.

Ainsi, pour se faire de l’argent vite et facile, pour s’acheter un peu plus de drogue, certains ont découvert la possibilité de se servir du chantage.             

Il est facile d’accuser qui que ce soit de crimes sexuels, car il suffit d’un petit toucher, d’une insistance qu’on qualifie d’harcèlement.  Souvent la prétendue victime ne se drogue pas pour oublier, elle dénonce pour pouvoir s’acheter plus de produits.  Ce peut être aussi un cri au secours qui ne touche pas que la sexualité, mais le mal de vivre.  Si on te prend pour un pédophile, tu peux être tué … mais ce n’est rien, c’est un pédophile.  Les gens ne paniquent du moment qu’on entend le mot le sexe.  Un accusé de délit sexuel peut être tué et on prétendra qu’il a eu ce qu’il mérite. On fait des films sur la vie des assassins.        

*****

Les religions ont manipulé les inconscients personnels et collectifs, de la naissance à la mort, en les moulant de telle sorte qu’ils réagissent comme les religions le veulent autant sur le plan de la conscience que du corps.  

Dès l’enfance, il faut être bien habillé, avoir honte d’être nu, il faut répondre aux modes et aux rites religieux.  Une castration psychologique que l’on a imposée à travers les âges.  Il suffit d’interdire dès l’enfance ce que commande ta petite nature pour créer une obsession, une culpabilité qui sert à te mépriser toi-même.  C’est ce qui constitue une empreinte primaire, une règle si profondément ancrée qu’elle régit le reste de notre vie.

Les religions l’ont bien compris, elles en profitent car cette supposée pudeur instinctive est simplement le fruit de la répétition de l’interdit et du besoin d’imitation de l’enfant.  Il vient un temps où la règle est tellement ancrée en nous qu’elle se propage d’elle-même de génération en génération, sans pouvoir être remise en cause, allant tellement de soi.  

Au lieu de payer les victimes ou leurs parents, l’Église aurait été mieux de payer le service de psychiatres aux jeunes afin de s’assurer qu’ils s’acceptent et comprennent que de tels gestes ne les condamnent pas pour l’éternité.   Qu’ils se sont fait mentir par les adultes religieux et fanatiques qui ont inventé ce scénario. Si le milieu avait réagi en chrétien, ces jeunes auraient oublié et surtout se seraient pardonnés. La décadence de la tolérance est responsable du sort de ces victimes autant que les prêtres.           

Dans nos sociétés tout ce qui touche à la liberté en matière de sexe est perçu comme le mal, la honte. Il est difficile d’avoir la force de penser autrement.        

*  *  *

Je ne préconise ni la pédophilie, ni la pédérastie.  Je condamne la pédophilie, car elle peut être néfaste pour un enfant forcé de vivre un stade de développement pour lequel il n’est pas encore prêt ; mais il faut aussi que l’on cesse de voir le mal dans la sexualité, car c’est tout aussi traumatisant.   Un jeune peut très profiter d’une relation pédophile et même retrouver une façon de vivre le père manquant dans sa vie. Les adultes doivent apprendre à se calmer les nerfs quand il s’agit de confronter une situation sexuelle, tout n’est pas violent et négatif.  Il y a beaucoup de plaisir possible.           

La liberté repose sur une excellente éducation sexuelle.  La sexualité est un phénomène carrément humain, animal, naturel.  Si on veut être véridique et honnête, il faut tenir compte de chaque cas individuel.  La sexualité est l’apprentissage de son corps et je suis persuadé qu’aucun dieu n’exige que l’on rejette notre corps et ses plaisirs.    

Comment pourrais-je briser la vie d’un petit gars si je l’adore, que je suis prêt à tout sacrifier pour le rendre heureux ? 

Je ne suis pas un psychopathe et je ne fais pas le commerce des organes.  C’est le lot de la mafia qui fait le commerce des humains.  Un individu seul ne le peut pas, mais une mafia si.   Pourtant, on ne s’attaque qu’aux individus, c’est plus facile et plus payant pour les statistiques.

Je viens de lire dans le TIMES que des enfants se sont suicidés à la suite d’une telle expérience.  Pourquoi ?  Ils eurent trop honte ?   J’ai peine à croire qu’il puisse exister des gens qui forcent physiquement des jeunes à vivre contre leur conscience et leur nature.   Il est facile pour un jeune de prétendre qu’il s’objectait, quand il acceptait tous les autres avantages. Par contre, si un jeune vit dans un milieu fanatique, il n’osera jamais se confier et finira par se rendre malade.

Si le sexe n’était pas tabou, aucun jeune n’aurait honte d’en parler à ses parents ou à des amis.  Aucun jeune ne se croirait responsable d’avoir été violé.  Aucun jeune ne trouverait que cela est si mal que ça vaut de se suicider.  Il y a quelque chose là-dedans qui n’est pas logique.  Il faut pour qu’un jeune songe à se suicider qu’il se croit incapable de refaire face à son milieu.  Qui fait croire que d’avoir une relation sexuelle c’est l’horreur ?  Ce sont eux les vrais responsables. Où cesse le respect de l’autre ?         

Les pédérastes sont des séducteurs.  Ils prennent le temps qu’il faut pour qu’un jeune jouisse aussi de la relation sexuelle génitale (comme au temps de la Grèce antique).  Devenir victime, c’est de se faire imposer des gestes qu’on refuse.   Les pédérastes se servent au contraire du temps pour s’assurer qu’il s’agit bel et bien d’une acceptation mutuelle, que cette expérience leur sera profitable.  Le jeune se sent aimé et le vieux est en amour par-dessus la tête avec lui.  Le jeune devient le centre de l’univers de l’adulte, capable de le gâter, de lui faire plaisir.  Et, ce plaisir devient la raison première de toute la relation. Comment peut-on ainsi parler d’agression ?        

Comment de tels avantages peuvent être classés par les féminounes comme  » le vol de leur enfance »… D’ailleurs, s’il n’y a pas de panique autour de la découverte de cette relation, le jeune sera bien content de la vivre ou d’y mettre fin.  C’est un état féérique d’être aimé et amoureux, même si on est jeune.             

Malheureusement, les adultes oublient qu’un enfant ne réagit pas comme eux parce qu’il n’a pas les mêmes hormones et que son cerveau est encore incapable de symbolisme.  Pour lui, sauf la réaction des adultes, il n’y a rien de mal dans la sexualité.  Il n’est pas encore contaminé par la morale religieuse.           

C’est aussi un principe chez les pédérastes de s’assurer que le jeune est bel et bien consentant ou que du moins il semble avoir du plaisir.  C’est contre ses normes de forcer un jeune à relation sexuelle.           

Ceux qui sont absolument contre la pédérastie sont persuadés du contraire parce que ce respect va à l’encontre des séquelles qu’ils ont inventées.  Cela permet de retourner, revenir sur le passé de l’adulte, même après 40 ans, faut le faire, pour condamner un pédéraste.  Les maniaques de la protection ont peur que l’adulte crée mieux qu’eux des liens nobles avec le jeune.  Une amitié qu’ils envient.  Avec nos lois, c’est pire de faire une pipe que de tuer. Un gars qui tue peut maintenant avoir un jour une libération conditionnelle. Un pédéraste ou un pédophile est strictement ostracisé à vie.

Le lien pédéraste ressemble étrangement à celui de père, quoiqu’il soit plus communicatif, car l’homme n’y est pas qu’un pourvoyeur et surtout, l’autorité. Il doit être présent. Il doit être aimé.  Pourquoi prétend-on vouloir protéger le jeune quand un vieux de plus de 70 ans est mis en prison ? Il ne bande même plus.  Quel danger représente-t-il ? Un jeune n’a plus peur d’un tel vieillard depuis longtemps.  

Le problème de l’Église catholique ainsi que les autres religions est l’hypocrisie. 

Le pédéraste existe depuis le début de l’humanité.  Une déviance ?  Sûrement si on croit que le sexe ne sert qu’à procréer.  La pédérastie contrôlée, donc sans violence, peut être très positive, même pour le jeune, car, c’est une forme d’amour.  Il faut retourner à ce que signifie réellement (sans l’interprétation des féminounes) tomber en amour.       

Pourquoi la pédérastie existe-t-elle ?  Je ne le sais pas.  Plutôt que de la nier, si l’Église avait eu l’humilité d’avouer qu’elle s’est trompée quant à sa façon d’aborder la sexualité, elle ne serait pas dans le pétrin dans lequel elle s’enfonce maintenant. 

L’Église nous a menti quant à la sexualité et on n’est pas prêt à lui pardonner. Un péché avoué, est plus vite pardonné. 

On sait maintenant que la confession était un moyen de contrôler chaque individu.  Les gens ne pourront pas toujours être aveugles. 

***

La pédérastie, si elle ne devient pas une forme innée de culpabilité est une expression toute aussi bonne de la sexualité que les autres (gais, hétéros), en autant évidemment qu’elle respecte le consentement des partenaires.  Le péché d’impureté qui nous condamne à l’enfer, ça n’existe pas, c’est même la preuve la plus tangible de la stupidité des arguments dont les religions se servent pour mousser leur propre chasteté. 

Le pire péché des religions, c’est de mentir à tous concernant la sexualité.  Si on a réussi à enlever l’obligation de ne pas manger de viande le vendredi, sans danger d’être damné, l’Église pourrait simplement se taire quand il est question de sexualité plutôt que de dire des bêtises.             

La pédérastie et l’homosexualité sont des réalités toute aussi normales que l’hétérosexualité.  C’est une forme d’expression de sa sexualité.       

Les autorités ont simplement tout divisé en catégories.  Ce qui est anormal, c’est de refuser la réalité de l’existence de la pédérastie contre laquelle on ne peut rien.  On ne peut tout de même pas modifier les gênes mutants avant la naissance.  On devrait accepter cette réalité humaine comme une forme d’homosexualité.  Tout le monde saurait qu’un pédéraste ça existe et qu’ils ne sont pas tous dangereux, sauf certains.  Si on en parlait ouvertement, c’est le jeune qui déciderait de le fréquenter ou non, et non les autres.  Ceux qui l’interdisent s’imaginent que seule leur orientation sexuelle est acceptable.    

La séduction est une réalité humaine.  Tient-elle seulement à un sourire?  Pourquoi devons-nous essayer de persuader les jeunes que de vivre sa sexualité, c’est mal.  Qui a décidé qu’il faut un certain âge pour le vivre ?  C’est ce genre de folie où la chasteté est plus importante que la vie de ces jeunes qui est inacceptable.  Est-ce qu’approuver la liberté sexuelle permettrait d’éliminer la mauvaise conscience que beaucoup se crée ? N’a-t-on pas essayé jusqu’à il y moins de vingt ans à nous faire croire qu’être gai, c’est anormal ?  Pourquoi tous ces mensonges ?  On ne cherche pas le bien du jeune, mais l’application, sans nuances, d’une morale préétablie qui n’accepte que l’hétérosexualité.        

Pourquoi, si je suis un salaud, les jeunes avec qui j’ai eu une expérience sexuelle sont-ils toujours heureux de me revoir ?  Suis-je différent sans le savoir ?  Puis-je être victime de l’hypocrisie de celui qui vit une aventure avec moi ?  La victime est-elle un être qui se culpabilise à cause de ce que les autres pensent de lui plutôt qu’un être assez fort pour décider lui-même ce qui est bien ou ce qui est mal pour lui ?  Le jeune se suicide-t-il pour avoir eu du bon temps en participant à des jeux sexuels ou parce qu’il ne peut pas subir la pression de la société qui l’écrase à tous les jours de son mépris pour la sexualité, hors-norme ?    

Les jeunes qui se prostituent le font-ils pour avoir de la drogue ou se droguent-ils pour oublier qu’ils se prostituent pour avoir de la drogue ?  Le sexe n’est pas le problème essentiel ; le vrai problème, c’est la drogue. 

Si ces jeunes vivaient dans un milieu qui ne condamne pas ces pratiques ; mais considère la sexualité comme quelque chose de grand et beau, ils ne vivraient pas tous ces problèmes de culpabilisation et de mésestime d’eux.  Il n’y aurait plus de suicides pour des raisons de différences sexuelles.  Ils obéissent à la loi du milieu qui crie au scandale.  Ils se croient impurs, alors que la pureté existe à travers les actes de l’amour.  Ils confondent ainsi pureté qui est plutôt attachée aux intentions avec chasteté qui elle est en rapport avec le refus de vivre sa sexualité.

Malheureusement, on apprend jamais aux jeunes, comme le disait Freud, qu’il y a une période normale dans l’adolescence où les jeux sexuels sont plus de nature homosexuels qu’hétérosexuels.  Les moumounes ont même réussi à faire passer la théorie de Freud pour erronée juste pour maintenir les mensonges du passé, de nos religions.

Cette phase gaie dans le développement n’arrive pas à tous les jeunes, et ce n’est qu’un stade, un passage, d’où la pédérastie ne peut pas être vécue éternellement, ce qui constitue un désavantage évident quant à la vie d’un couple constitué de personnes ayant atteintes leur maturité et ainsi une stabilité qui ne peut pas exister à l’adolescence. 

Le principal est d’éliminer la culpabilité quand un adolescent passe par ce stade.  Il doit savoir que c’est normal.  S’ils savaient, ils ne se sentiraient pas déprécier pour avoir osé répondre à leur curiosité.  

Chez les Grecs de la Grèce antique, spécialement ceux qui avaient de l’éducation et du pouvoir, il était normal et même bien vu qu’un vieux éduque un jeune afin de lui transmettre sa connaissance et son expérience.  Les plaisirs faisaient partie de la connaissance.  Ils servaient aussi à devenir plus tard de meilleurs maris.  Cette initiation permettait une meilleure et plus profonde découverte de SOI.  Qui plus qu’un autre homme peut mieux instruire un jeune sur ses les gestes provoquant la jouissance ?  N’y a-t-il pas une différence entre la pédérastie et la sodomie ?  Ce sont deux choses totalement différentes, car la pédérastie peut se passer complètement de sodomie.      

L’élimination de la violence dans la sexualité passe par une bonne éducation.  Pour que la sexualité devienne positive, elle doit nécessairement s’appuyer sur le consentement mutuel, cesser d’être un tabou, un objet de honte et de haine. On doit pouvoir en parler sans fausse honte.  On peut aussi être contre, mais la décision revient toujours au jeune à savoir s’il aime ou n’aime pas.

**    

Pour me sentir utile, avoir un but pour vivre, j’irais bien enseigner gratuitement dans n’importe quelle peuplade puisqu’on ne veut pas de moi au Québec.  Je ne peux même pas travailler à un salaire assez convenable pour payer mes dettes envers le gouvernement avant de mourir.  Qui puis-je ?  On refuse même que je fasse du bénévolat des années après une mise en accusation que j’ai toujours identifiée comme un coup monté d’ordre politique plus que le résultat d’avoir mis la main sur le pénis d’un petit gars. C’est le cas à la Fondation de la bibliothèque Memphrémagog.

Au moins là-bas, je servirais à quelque chose, j’enseignerais, on aurait besoin de moi et je serais utile, même si je risquerais ma vie.  Je servirais à quelque chose.  C’est impossible de comprendre si on n’a pas déjà eu ce sentiment d’être rejeté par tous. 

Le plus difficile à supporter est d’avoir autant de possibilités et de ne pas pouvoir s’en servir pour en faire bénéficier les autres parce que les bourgeois se servent de la répression sexuelle pour asseoir leur pouvoir.   Il semble plus important pour eux qu’un jeune demeure chaste que de pouvoir manger à sa faim.  Est-ce pire de toucher le pénis d’un jeune que de le forcer à jouer au soldat ?  Monde bizarre ! Je ne suis sûrement pas le plus «fucké».

Je n’ai rien d’un martyr.  Je sais qu’un attouchement, c’est illégal ; mais je sais en même temps que c’est complètement fou.  Je ne vis pas non plus pour défendre la pédérastie.  Ce fut un accident dans ma vie.  L’amour idéal.  Je suis peut – être complètement masochiste, mais ceux que j’aime prennent cette importance.  Comme on me l’a déjà dit :  » Avec toi, c’est facile de te mener par le bout du nez, il suffit de te dire qu’on t’aime pour que tu sois notre esclave. »  

Mes amours m’ont toujours ruiné.  J’ai donné mon maximum pour aider ceux que j’aime et, légal ou pas, c’est ce que j’ai fait de mieux dans ma vie.  J’ai aimé jusqu’à la folie.  Pourquoi serait-ce anormal de rechercher la tendresse, l’affection, l’amour chez un partenaire plus jeune ou plus vieux que toi ?  La beauté d’un jeune n’est pas que corporelle.  C’est un sourire de l’âme, un appel au dépassement, un passage à un niveau de contemplation et de bonheur que l’on n’obtient pas autrement.  À cause de l’exemple que tu t’efforces de donner, c’est un appel au dépassement.   
 
Lors de ma dernière présence en prison, on a cru, un prisonnier l’ayant affirmé, que j’étais un terroriste. C’est totalement faux, mais j’en ai profité, car c’est presque vrai. Je suis anarchiste, non violent. Un révolutionnaire.  Celui qui veut améliorer le sort des êtres vivants sur cette terre. Je suis possiblement baveux pour ceux qui me trouvent trop radical.  La violence naît de la frustration d’où ma haine pour toutes formes de censure.   La violence comme la répression sont des moyens pour exploiter le peuple.  Je sens la révolte des pauvres monter avec raison.           

Ma réputation de révolutionnaire fut surfaite.  Elle a permis à certains de mes étudiants de se vanter d’avoir envoyé en mon nom, sur internet, des lettres d’insultes à des ministres fédéraux.  Le système était-il assez stupide pour croire que ça venait de moi alors que je n’avais pas encore internet.  Je n’ai jamais voulu détruire quelqu’un, j’ai toujours cherché à améliorer la vie des individus qui composent la société dans laquelle je vis.            

Il est hautement préférable en prison d’être un prisonnier politique qu’être reconnu comme étant un pédophile.    

Je n’ai parlé qu’à quelques occasions en prison de ma pédérastie et de ce fait que je crois que cet acharnement contre moi est plutôt d’ordre politique.  Ma lutte pour la décriminalisation de la pédérastie et de la marijuana est révolutionnaire dans le sens qu’elle apporte une nouvelle liberté aux individus, mais aussi une perte financière très importante pour le crime organisé.

Par contre, mon appui aux politiques de gauche progressiste fait aussi de moi un ennemi du système parce que je suis contre l’exploitation du peuple et surtout contre toutes formes de peine de mort.  Je suis un fanatique créateur d’un monde plus humain, où l’individu peut aspirer au bonheur.  Je ne crois pas que l’on soit sur terre pour expier.  C’est encore un enseignement pour nous exploiter.  Le rôle de la culpabilisation est clairement défini dans les livres de Wilhem Reich.     

Les prisonniers à qui j’ai dit à qui j’ai dit qu’on s’était servi d’une histoire de cul pour se débarrasser de moi, politiquement, m’ont vite rappelé qu’il était préférable de me taire.  Je n’ai pas menti, je n’ai même pas eu le temps, ni l’occasion de m’expliquer.  Dans ce cas, le silence m’a sauvé de bien des problèmes.  C’était mieux ainsi.  Je ne serais peut-être pas vivant aujourd’hui si j’avais passé mon temps à vouloir défendre mon point de vue sur la pédérastie.  Toute caresse est sexuelle, disait Freud.  Peu semble le savoir.  Donc, j’ai eu des rapports sexuels avec Mathieu.  Je l’ai massé.  Il n’a pas semblé ne pas avoir aussi aimé ça. Je sais cependant qu’il n’aurait jamais accepté d’aller plus loin. Mathieu était foncièrement hétéro, comme mes deux fils adoptifs.

 Le système voulait m’entendre leur dire que j’étais coupable d’être pédéraste.  Je suis pédéraste, mais je me sens coupable de rien.  Il n’y a pas de mal dans la pédérastie, à moins d’être violent, de ne pas respecter l’autre.  La pédérastie est une orientation sexuelle. Je n’ai jamais dit le contraire. 

Par contre, si on avait changé mon classement, comme le voulait un des gardiens, pour définir où je passerais mon temps, je serais probablement déjà invalide.  Que j’aie touché Mathieu, à leur point de vue, constitue un crime odieux. Quant à moi, je ne crois pas que ce soit mal.  Je ne l’ai pas blessé, je lui ai procuré des plaisirs.      

Spirale intraprojective 13

septembre 18, 2020

Spirale intraprojective  13

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 106 à 116)

L’éthique que j’ai développée est basée sur le fruit de mes découvertes et je la mets totalement en application.   D’où me viennent ces règles de non-violence et de consentement, d’être responsable et agréable.  

À Val-d’Or, mon procès fut plus politique que moral.  Selon le jeune lui-même (il a été le seul avec son père à témoigner), je n’ai même pas essayé de le masturber, encore moins, de réaliser une fellation … deux plaisirs considérés comme un crime par pure ignorance et fanatisme, rattachés aux préjugés millénaires religieux, entretenus contre l’homosexualité depuis des millénaires.          

Quel manque de discernement dans la gravité des actes !  Neuf mois de prison et ne pas pouvoir enseigné, même être bénévole, ne pas pouvoir quitter Canada,  même après 15 ans.  Si ce n’est pas complètement fou, je me demande ce que c’est.  Cette condamnation a coûté plus cher à la société que si elle m’avait permis de continuer de vivre parmi le monde sans essayer de m’étrangler. Je ne serais pas endetté et je serais un acquis pour la société.
Les changements dans le nombre de fois que ça se serait produit (le nombre 31 a fondu à maximum de deux possible) indiquent bien comment c’était peu sérieux.  La DPJE avait fabriqué deux dossiers différents racontant les mêmes événements. On a pris celui qui semblait le plus vraisemblable et finalement, le juge a cru qu’un père n’aurait certes pas laissé son fils venir avec moi, s’il me savait pédéraste… il le savait. 

C’est pourquoi la police est venue faire une perquisition pour retrouver les poèmes où je parlais de mes amours pédérastes. Quel jeu jouait le père puisqu’il m’informait tout en nourrissant la police ? 

Tous ces éléments ont été ramenés pour discussions quand j’ai demandé un appel; mais quand celui-ci fut entendu,  on a seulement tenu compte de l’aspect technique et légal du premier procès, d’où a-t-on conclu qu’il avait été mené selon les règles de l’or (art).  

Par contre, mon avocat, à la fin de mon procès à Val-d’Or m’avait dit que je pouvais faire déraper le procès en invoquant son manque d’efforts à faire valoir ma défense.  Ce que je n’ai pas fait. Ce n’est pas mon genre de caller les autres pour m’en sortir.  

Mathieu était non seulement libre d’être avec moi, mais aussi très heureux de l’être, car, même durant le procès, il est venu chez moi avec son père pour obtenir que nos projets de voyage ne soient pas modifiés, malgré les événements.  Est-ce parce que tu lui as été touché au sexe que tu l’as blessé, rendu impuissant pour le reste de la vie ?  N’est-ce pas plutôt quelque chose d’agréable ?  Mathieu a-t-il souffert ?  A-t-il été blessé ?  A-t-il eu peur ?  Si tu   consens, même si tu n’as que treize ans, 355 jours, pour satisfaire ta curiosité, te demander ce que tu peux ressentir quand ça se produit, quel est le problème? Ça ne fait pas de toi un criminel ou un malfaiteur.       

Sauf que si tu es jeune et que tu vois et entends tous les adultes devenir hystériques parce que tu as été touché, tu as de grands avantages à devenir la victime.  Et, des inconvénients encore plus incommensurables à dire que ça t’a plus.  On dirait que les adultes qui en ont déjà joui aussi, ça leur fait mal de constater que tu as pu jouir plus jeune qu’eux. Ça les met en colère.     

C’est parce qu’ils le disent que tu deviens sale, même si tu ne sais toujours pas pourquoi.  Leur colère est tellement grande que tu dois nécessairement croire que c’est affreux.  Leur fabulation devient ta fabulation.  Ce sont eux les violents, les agresseurs.


Il est préférable d’être victime que d’avouer avoir bien aimé ça.  Juste à voir les adultes devenir aussi fous de rage, que la police et la télévision s’en mêlent, que des bonnes femmes manifestent devant le palais de justice, tu t’imagines à cet âge avoir participé au pire des crimes.  Tu te sens odieux et tu finis par croire que ces paranoïaques ont raison. 

Pourquoi les adultes n’arrivent jamais à se rappeler le plaisir qu’ils ont eu quand ils ont découvert leur sexualité ?  Pensent-ils que leur âge, leur vitesse d’évolution est la même pour tous… une autre erreur scientifique. Chaque individu a une vitesse de développement sexuel qui lui est particulier.

Trudeau disait que tu n’as pas le droit d’obéir à des lois qui vont contre ta conscience personnelle. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas de remords. Il disait qu’au moment où ces lois ne seront plus respectées par une majorité, elles tomberont d’elles-mêmes.  Trudeau connaissait la marijuana et la pédérastie. C’était impossible autrement à cause de son côté voyageur, ce qui a fait de lui un guide.  Il a formulé un début de loi, selon laquelle tout ce qui se passe dans la chambre à coucher de deux personnes adultes consentantes, ça ne regarde personne. Ce dont je suis parfaitement d’accord, en autant que ça s’applique à toutes les personnes capables de décider si elles aiment ça ou pas.  Trudeau a étudié chez les Jésuites, il ne pouvait pas ignorer la Grèce antique.     

Je n’ai pas à dire à l’autre qu’elle est son orientation sexuelle, ça ne me regarde pas.  Cependant, comme être humain responsable, rejeté à cause de sa pédérastie, je dois communiquer ce pourquoi et comment je le vis puisque je cherche à formuler une éthique qui respecte davantage la réalité humaine et non les récits farfelus des religions.    

Mes écrits ne sont pas une invitation à la pédérastie, mais une tentative d’explication du phénomène et ce que ça provoque.  Ce qui est totalement différent.  Aristote prétend que l’on ne connaît vraiment que ce que nous avons expérimenté.

Je n’ai pas à dire à l’autre qu’elle doit être sa façon d’agir, ça ne me regarde pas. Cependant, comme être humain responsable, rejeté à cause de sa pédérastie, écrivain, je me dois de témoigner.  Je me dois de faire comprendre aux autres que leur morale m’exclut comme être humain alors qu’au contraire, cette connaissance que je propose peut être un atout pour les jeunes dans le monde.  Rien ne vaudrait plus qu’un emploi qui me permette de défendre le sort des jeunes. 

Pour moi, l’aspect négatif de la pédérastie se retrouve plutôt dans l’exploitation commerciale et financière, pas seulement sexuelle, des jeunes, et surtout, au niveau du travail, de la guerre et des drogues.  Je serais un excellent défenseur des jeunes qui sont exploités parce que je les adore.  Pourquoi les policiers s’attaquent-ils aux individus plutôt qu’aux réseaux ?  Serait-ce que la pédérastie est devenue comme une espèce de standard social secret pour riche très puissant ? Une forme de retour aux privilèges de la royauté? Ce droit devrait appartenir à tous.                  
   

Pour moi, le bonheur des jeunes, leur liberté est une priorité.  Je revendique leur droit à leur autonomie ainsi qu’à leur intégrité physique et spirituelle.  Ils ne sont pas qu’un morceau de chair fraîche, ils sont la beauté, l’avenir, l’amour… Je ne peux pas être un danger pour eux, bien au contraire.  Ma propre vie, mes besoins ont toujours été relégués au second plan.   Ceux que j’aime prennent toujours la première place.     

Dans les années 1960, je m’étais présenté dans une clinique psychiatrique parce que j’avais peur que la pédérastie me conduise à la monstruosité.  Il venait d’y avoir le cas Dion, à Québec.  Il avait tué trois jeunes garçons.  J’avais peur qu’un jour je manque de respect aux jeunes que j’adore.  Je craignais qu’avec la peur d’être pris, après avoir fait de la prison, je devienne violent.  Le verdict des trois médecins fut unanime : jamais je ne pourrai être un danger pour un jeune, mais la société sera toujours un danger pour moi. 

Le conseil que l’on m’a alors donné fut de devenir homosexuel, oubliant que tu ne choisis pas ton orientation sexuelle.  Elle est innée et tu n’y peux rien.  L’orientation sexuelle est ce par quoi tu es sexuellement attiré, une attirance définitivement inconsciente et parfois même incompréhensible.  Un vieux ne sera jamais aussi beau qu’un garçon, du moins, selon mes goûts.  Pour certains, ce fut mon cas, la compréhension, l’apprentissage de la sexualité fut un exercice plus long et plus difficile. Le scrupule entretenu m’a nui dans le développement de mon identité sexuelle. L’omerta de la société sur la sexualité fut une catastrophe.


Ce qui a compté pour le système à Val-d’Or, ce sont les ouï-dire et le besoin des féminounes qui manifestaient afin de supposément protéger le jeune (Mathieu avait 14 ans à son procès, il savait donc ce qu’il voulait et ce qu’il faisait).  Un des moyens d’étouffer les jeunes, c’est de faire croire qu’ils sont trop niaiseux pour savoir ce qui se passe. Les féminounes ne sont pas capables de réfléchir par elles-mêmes, sont-elles plus intelligentes?  

Le système voulait, m’a-t-on dit, me faire payer pour mes allégeances felquistes et ainsi me faire taire en m’accusant d’un crime impardonnable dans la société.  Un procès préjugé. Je ne pouvais pas m’en sortir à cause de ce que j’avais déjà écrit et mon passé.       
 
J’étais condamné avant même que le procès ait lieu.           

Une amie m’avait rencontré probablement pour obéir aux féminounes afin que je plaide coupable, sous prétexte de ne pas forcer le jeune accusateur à devoir témoigner.  Je considérais que s’il était assez conscient pour pouvoir me dénoncer, bien qu’il fût coincé lui aussi, il devait l’assumer.         

D’autre part, une grande partie de ce qu’il racontait était faux.  Alors pourquoi aurais-je dû prétendre que c’était vrai et plaider coupable ?  L’avoir touché ou pas, ça n’a pas d’importance, ça ne regardait que nous deux.  Il ne boitait pas après.  Il n’avait connu aucune souffrance en étant avec moi.   Il voulait même revenir.

Sauf qu’en prison, il y a le danger d’être battu pour lui avoir mis la main sur le pénis, une trentaine de fois, disait-il, même si je ne bougeais pas la main quand elle était rendue à destination… C’est assez fort.  On ne parlait pas du fait qu’il portait toujours une ceinture si fermement tendue qu’elle aurait pu le fendre en deux.  Comment aurais-je pu introduire ma main dans son pantalon alors que mon bras était aussi mal-en-point ?  L’important n’est pas si je l’ai touché ou pas, mais s’il le voulait ou pas. J’aimerais bien savoir s’il est circoncis…      

Selon son témoignage, cela ne se produisait qu’au moment où l’on était seul, d’où avait-il amené un ami avec lui.  Or, nous aurions pu être seuls, selon son propre témoignage, que deux ou trois fois.  Cette contradiction prouvait qu’il ne disait pas toute la vérité, mais évidemment elle ne fut pas retenue.  Il prétendait que nous aurions eu des jeux sexuels depuis janvier alors que je ne le connaissais que depuis la fin février ou mars au plus tôt.           

La police avec la DPJ avaient préparé un dossier pour prouver mes attouchements sexuels.  On disait qu’en luttant, je lui aurais mis la main dans la fourche et par conséquent, je lui aurais saisi le zizi.  Quel horreur !   À la télévision, aux jeux olympiques, des lutteurs enfourchent ainsi leur adversaire pour leur coller les épaules au plancher…. On n’en a pas parlé parce que cela faisait peu sérieux d’autant plus qu’ayant été blessé à l’épaule droite (il m’était impossible de bouger le bras droit à plus de 80% lors de l’accident) en novembre.  En janvier, j’avais commencé un traitement chez « le physiothérapeute ce qui était un véritable calvaire et qui exigeait des exercices quotidiens.  

Notre système judiciaire est tellement pourri, que tu risques moins de te faire tabasser pour avoir tué que d’avoir touché au pénis d’un jeune tout heureux de découvrir les frissons.        

Quant au jeune, selon les textes présentés par la DPJ , il me dénonçait pour se venger de ne pas avoir reçu autant d’argent qu’il l’aurait souhaité, même si cette fin de semaine avec lui m’avait coûté une fortune, soit plus de 800$ ( près de 1,000 euros) même si j’habitais un  logement qui me coûtait rien.  Comme son père m’avait dit au retour : « c’est un jeune qui est très dépensier.  Il coûte très cher.»

Son père a aussi vérifié si ma façon de masser son fils était vraiment conforme au massage suédois.  Mathieu avait été malade en arrivant à Montréal.  Nous avions dû retourner à l’appartement.  Là, j’ai constaté qu’il faisait de la fière, un coup de chaleur.  J’ai voulu qu’il prenne un bain à l’eau de plus en plus froide, rien à faire.  Il a cependant accepté un massage, chose que je venais d’apprendre à la suite d’une dizaine de cours.  Jean-Paul est venu à la conclusion que je n’avais que fais un massage selon la manière enseignée.  Tout avait été normal, quoique le fils ait cru que l’étirement des pieds correspondait à essayer de l’amener à me toucher.  Un procès d’intention ? Le problème est qu’à cette époque, on voyait encore le massage comme un péché plutôt que de reconnaître ses vertus thérapeutiques. Il fut si efficace que nous sommes retournés à la Ronde.    

En racontant ceci, je n’ai pas l’intention de prétendre que j’étais non coupable. Mais tant qu’à être aussi puni, j’aimerais aimé que le crime en vaille le prix.  Même un petit toucher ne vaut pas autant de prison.  Mais, ça ne regarde personne puisque le jeune était consentant, libre, et qu’il avait tellement aimé son voyage avec moi qu’il voulait recommencer.  Il lui manquait une semaine pour avoir le droit de décider, car selon la loi, une semaine plus tard, il aurait pu avouer avoir été consentant, ce qui éliminait toutes possibilités de recours en justice. 

J’ai fait mon temps et plus (au complet, je n’ai pas bénéficié du sixième) en prison.  J’ai payé pour ce que je crois être respectable, pour avoir aidé ce jeune à vivre mieux chez lui ; mais au moment où son père vivait un divorce, je me suis ramassé entre l’arbre et l’écorce.  J’ai payé pour la chicane de ménage.  Les mormons chez qui vivaient dorénavant la maman de mon accusateur ont énormément de pouvoir comme toutes les religions.  Ils auraient financé le procès.

La raison de la tenue de ce procès est loin d’être claire.                  

Le père de Mathieu venait de divorcer et son épouse avait joint un groupe mormon auquel elle appartenait.  Celui-ci prétendait également avoir souvent été battu par son épouse, qui faisait venir sa grande copine féministe quand elle n’y parvenait pas.  Il parlait souvent de suicide, ce qui me terrorisait puisque le plus jeune de mes fils adoptifs venait de passer à l’acte.  Inutile de dire que je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai appris qu’il consommait de la cocaïne.         

Le père avait fait appel à mon aide car il n’arrivait pas à se faire écouter par son fils.  Celui-ci ne voulait pas l’aider et les deux, gardant leur position, la maison était aussi pire qu’une porcherie. 

Il prétendait que puisque j’étais venu à bout d’un jeune reconnu comme drogué et voleur, je pourrais faire entendre raison à son fils.  Ce dont je me suis employé.  Cependant, il fut convenu que si le jeune voulait que notre relation se poursuive, il devait lui-même venir me trouver, car je ne voulais pas aller chez lui.  C’était un peu égoïste, mais je trouvais que j’avais assez de problème dans la vie, sans en ajouter un.  Sauf, qu’aider un ami, ce n’est pas pareil.          

La dénonciation est venue d’une féminoune amie de la maman ou de la maman elle-même qui a prétendu que la maison du père du garçon était tellement sale qu’elle était un danger pour Mathieu et sa petite sœur.  La police est allée chercher les enfants et les a remis à un centre, avec l’interdiction pour le père d’entrer en contact avec les enfants.  Il s’agit d’une procédure carrément illégale, car la DPJE n’avait pas encore été consultée.           

La motivation de la mère semble être(si je me fie à ce que me racontait le père) qu’elle avait été accusée par son mari durant un procès pour obtenir la garde des enfants d’avoir eu des gestes sexuels indécents (se caresser) devant sa petite fille de cinq ans.  Le garçon avait décidé de demeurer avec son père plutôt que sa mère. Bizarrement, le dossier de ce procès avait, selon lui, disparu.        

Cette décision de Mathieu avait de quoi évidemment pour frustrer la maman installée chez les Mormons qui se voyait priver de l’âme (l’allocation) d’un de ses enfants… Ce n’est pas pour rien que les Mormons sont la source de la censure des films venant d’Hollywood.  C’est aussi très bizarre que l’on m’accuse des gestes qui ressemblent aux caresses que sa mère se donnait devant la petite sœur.  Étendre la main sur le pénis, ne même pas tenter de le saisir, c’est assez bizarre chez un pédéraste d’expérience, mais c’est pourtant ce que Mathieu a prétendu.  Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé.  Je l’ai touché, on n’a pas le droit dans notre belle société et j’ai payé pour. Il n’y a rien là. Mais qu’un geste aussi banal chante toute ta vie quand certains tuent et sont vite libérés, il y a de qui se scandaliser.           

Cette maladie de vouloir se « fourrer le nez dans le pantalon du voisin » pour commérer, c’est strictement féminin.  Les femmes adorent les dénonciations, et pourtant les gaies sont celles qui parlent le moins de leur expérience.  Elles ont compris que le principal n’est pas d’en parler, mais de pouvoir le vivre sans faire de vagues. 

La libération gaie est la même lutte : le droit d’être ce que l’on veut être, en autant que l’autre ou les autres personnes concernées soient d’accord et n’en souffrent pas.  Notre système a mis au point des dizaines de moyens pour permettre à un jeune de dénoncer les abus sexuels (on n’arrive pas à en faire autant avec le taxage et la drogue dans les écoles).  C’est parfait.  Mais, la calomnie, la médisance, le commérage sont des défauts.  Il y aurait moins de misère dans le monde si les gens se mêlaient de leurs affaires.        

Dès qu’un jeune parle de sexe, les adultes sursautent, gémissent et décident, pour eux, de les protéger.  Leur protection est si efficace qu’elle détruit leur vie à jamais.  Ils ne sont plus sexués, mais ils ne pourront plus jamais être heureux, tellement la répression les aura marqués. 

Il a été prouvé, en Ontario, que la répression sexuelle est l’arme par excellence pour se venger de ceux que l’on n’aime pas.  L’accusé est écrasé si vilement que même s’il est reconnu non-coupable, hors de tout doute raisonnable, il ne s’en remettra jamais.  Les victimes de ce chantage ont-elles moins d’importance que les délateurs ?  Pourquoi les adultes décident-ils à la place de leur jeune?  Pourquoi ne respectons-nous pas leur droit à leur intégrité physique et à leur vie privée ?          

Si Mathieu ne voulait pas se faire toucher, il n’avait qu’à clairement le manifester. C’était un jeu. Il aimait visiblement cela.    

            
 * * *

Nous vivons dans un monde tellement fou qu’il faudrait maintenant pour suivre les préceptes protestants-capitalistes, vivre en catégories : les jeunes avec les jeunes, les vieux seuls, parce qu’ils sont des microbes ambulants.  Ces pauvres vieux n’ont même plus droit à leur animal de compagnie.

Ces malades de la morale oublient que très souvent les jeunes sont très heureux d’être initiés et le sont plus souvent par leurs gardiennes que par des pédérastes … mais c’est une femme, c’est correct, seules les femmes peuvent toucher à un enfant sans être accusées de contacts sexuels …

On a même créé une littérature de la jeunesse pour diviser davantage les jeunes des plus vieux.  Diviser pour régner.  La terre est entre les mains de quelques grandes puissances qui se la divisent.  Elles ne sont pas mieux les unes que les autres. Ce sont toutes des forces impérialistes et dictatoriales, sous des façades hypocrites de  «démocrassie».

Je n’ai jamais compris que si tu n’aimes pas cela, tu retournes sans cesse chez celui qu’on appellera plus tard ton prédateur.  Quelle hypocrisie !  Pourquoi y retourner à maintes reprises, si tu n’aimes pas ce qui se passe ?   Ce retour est, pour le moins que l’on puisse dire, une façon de marquer ton accord.           

**

 C’est comme cette amie qui voulait tellement coucher avec moi qu’elle le fit avec mon meilleur ami pour me rendre jaloux. 

Elle croyait, elle aussi, dans un complot politique contre moi et ajoutait : « penses-tu que tu peux t’en sortir ?  Ils cherchent à t’avoir depuis plus de 20 ans.  C’est évident qu’ils ne te laisseront pas filer maintenant qu’ils te tiennent. » Elle avait aussi entendu la version selon laquelle on se servait de cette accusation sexuelle pour me punir d’avoir appuyé le FLQ dans les années 1970.  On croyait que j’étais le seul terroriste qui avait réussi à leur filer d’entre les doigts.         

Ce sont des petits détails de ce genre qui m’ont persuadé d’être pourchassé par le système à cause de mon adhésion aux buts du FLQ, même si je n’acceptais pas les moyens employés.  Puisque les mesures de guerre n’existaient plus, on ne pouvait plus me planter.  Je ne voyais pas en quoi ce passé pouvait me rattraper, après plus de 20 ans ?  Mais à The Pas, en 1989, la police avait fait ressortir des conversations de taverne que j’avais tenues plusieurs années auparavant, donc, on avait un dossier sur ma pauvre petite personne.  Même si je disais que le dernier referendum de 1995 a été volé par les fédérastes, en désobéissant à la loi, je ne préconisais quand même pas la violence.  J’avais même démissionné comme président de la Société nationale des Québécois de Val-d’Or. 

Par contre, le programme des commandites montrent jusqu’à quel point il était important pour le fédéral de passer le rouleau compresseur, après le référendum.

Je me rappelais qu’avec mon petit punk, la police de Val-d’Or avait un comportement débile.  Après qu’il eut été un an avec moi, qu’il eut cessé de voler, il y avait toujours un policier qui le harcelait verbalement, lui demandant quand il recommencerait à voler, lui disant qu’il s’ennuyait de ne pas lui mettre la main au collet, etc.  La police ne pouvait plus le battre.  On ne pense pas possible qu’un adulte puisse aimer un jeune sans plaisirs sexuels.  Vrai ou faux, en quoi cela les regarde-t-il, si le jeune l’accepte et aime ça.          

Les rapports sexuels le traumatisaient-ils plus que les raclées que la police lui donnait avant de lui dire «d’aller se faire consoler par son vieux en haut de la côte, en se faisant manger la queue ?             

Mon amie me disait que sur le plan sexuel je n’étais pas très dangereux, car on ne m’arrêtait qu’à tous les 10 ou 20 ans.  Ce qui me conduisait en 2020 environ avant de récidiver.  Effectivement, j’ai toujours cru (et je le crois encore) que les jeunes avec lesquels j’ai eu des rapports sexuels aimaient ça autant que moi.  C’est évident que j’essaie de les séduire, de les amener à accepter, c’est ça «cruiser», même entre hétéros. C’est une condition que je me suis toujours imposée.  Évidemment, il est normal quand les policiers s’en mêlent, que les parents deviennent fous, que le jeune nie cette liberté, car il pense à ce que les gens vont dire de lui. 

La première fois que j’ai été accusé, je n’avais que 20 ans, j’étais obsédé par la culpabilité, par l’idée de péché ; moi, qui voulait être un saint.    

Nous avions décidé, moi et un ami qui avait quinze ans environ, de nous masturber mutuellement afin de ne pas devenir des agresseurs sexuels, car nous avions peur de violer une fille tant nous rêvions de leur faire l’amour.   À remarquer que plus tard, la société ayant évoluée, je n’aurais même pas été poursuivi, car c’était devenu légal (le consentement était dorénavant de quatorze ans).         

Quand je suis sorti de prison, j’ai fondé les Disciples de la croix, un organisme voué à la sainteté qui a duré jusqu’à la beauté d’un des disciples…  Pour être saint, il faut fuir les tentations, oubliant que sans ces tentations la sainteté n’existe pas.  La vie est l’école de la modération, du juste milieu, de la nécessité, de la non-violence.  Tu n’as pas commencé à maîtriser toutes tes leçons que déjà tu es dans un autre monde.     

Cette fois, j’avais été vendu parce que je refusais par principe de payer 0.25$ à un autre jeune.  Pas un sou pour le sexe, un geste d’amour…  Je faisais de la radio à St-Georges-de-Beauce et j’étais un commentateur qui n’avait pas froid aux yeux.  De plus, je travaillais pour un journal bleu (de l’Union nationale), alors que Jean Lesage était au pouvoir.  Je me sentais affreusement coupable d’être pédéraste.

Cela explique sans doute que l’on ait réussi à me faire avouer ma culpabilité à une vingtaine d’accusations dont je ne connaissais même pas l’existence… Je voulais en finir au plus vite …  Je voulais payer pour me racheter d’avoir ce vice, quel con !  J’ai ainsi payé pour les bêtises sexuelles du concierge de l’école, car c’était lui que les jeunes dénonçaient, en le prenant pour moi.  Et, c’est alors que j’ai commencé, dans ma paranoïa, à mélanger sexe et politique. 

La deuxième fois, plus de dix ans plus tard, je demeurais avec une femme qui, comme moi, croyait à l’école libre et à la liberté sexuelle.  Cette fois, la liberté sexuelle était devenue un acte de foi.          

Au début de ce procès, un jeune se mit à pleurer, se demandant s’il disait la vérité ou s’il disait ce que la police exigeait qu’il dise, ce qui fit se récuser le premier juge.        

À entendre les déclarations au procès de Suzanne, nous avions forcé les jeunes à avoir des relations sexuelles, ce qui était totalement faux.  On disait que nous leur avions même payé des jeux vidéo pour les séduire. On ajoutait que parfois on aimait vivre nu chez nous, dans notre appartement. 

Nous avions été dénoncés par un des petits amis du garçon de Suzanne, Patrick, parce que Patrick avait refusé de lui donner des croustilles.  Pour se venger, il avait dit à ses parents outrés que nous vivions nus dans notre appartement.  Les parents avaient aussitôt appelé la police.  Aujourd’hui au moindre incident, on réfère à la police plutôt que de régler nos problèmes entre nous.  Les parents n’avaient rien voulu savoir des explications de Suzanne, même que nous avions interdit aux jeunes de venir chez nous le matin, car nous ne voulions pas nous promener nus devant eux.  Ce qu’ils n’avaient pas respecté. 

À la reprise de mon procès, avec un nouveau juge, la police ne pouvait pas me faire coffrer parce que je n’avais pas eu de relations sexuelles avec les jeunes.  On pouvait seulement retenir que dans un jeu, initié et organisé par les petits eux-mêmes, j’avais baissé mes pantalons, branlé le derrière quelques secondes avant de me ré enculotter alors que je ne portais pas de sous-vêtement.  Les policiers et le père d’un des jeunes étaient littéralement hystériques.  Ils voulaient absolument ma peau.   

Dans de tels cas, la réaction de certains parents est si folle qu’on dirait que les enfants ont été tués.  Comment un (une) jeune ne peut pas être traumatisé(e) quand la mère dit à la télévision qu’en apprenant ce qui s’était passé dans un autre procès à Val-d’Or (un bonhomme fringant, en caleçon sur le lit), que sa petite fille était devenue si sale à ses yeux qu’elle avait peine à la regarder maintenant.  Si ce n’est pas un comportement de malade, je me demande ce que c’est …

Le juge qui reprit le procès de ma deuxième cause prétendit que même si cela se faisait couramment en Europe, je n’avais pas à éduquer tout le quartier.  Il oublia que je devais être cohérent avec ce que je crois. 

En prison, j’ai rencontré un homme avec qui je suis facilement devenu ami.  La journée de mon départ, il a demandé à me voir pour me dire qu’il admirait ma franchise, car lui aussi, un prêtre, un ami du ministre de la Justice d’alors avait été condamné pour avoir touché une petite fille, mais jamais il n’osait pas en parler.  Moi, je crois dans le droit à la nudité.  Je n’y vois aucun mal.       

En prison, j’ai parlé de ma pédérastie et de la révolution.  Heureusement, Suzanne venait me voir, ce qui m’empêcha probablement d’en manger une bonne, grâce à un dirigeant de la mafia italienne incarcéré pour outrage au tribunal (ayant refusé de dénoncer) et qui plaida pour moi quand on lui proposa de me faire la peau.  Il considérait qu’il faut être complètement fou ou courageux pour parler aussi librement de ses accusations quand il s’agit de sexe.          

En tôle, tout se sait.  La mafia m’a souvent exprimé le fait que des gars dans mon genre, on leur casse les jambes ou on les tue.  Cependant, exceptionnellement, on admirait que j’aie le cran de me battre seul contre le système pour ce que je crois.  Par contre, je meurs de peur quand je songe que ma vision du monde ira à l’encontre de leurs intérêts puisque je suis absolument contre les grosses drogues et pour la prostitution sur un plan personnel.  Avec la violence, les drogues dures sont les pires ennemis de l’Occident.  Des générations complètes sont sacrifiées aux bénéfices de la vente des drogues dures. Les pilules sont aussi des drogues.

Après ma sortie de prison, je suis retourné à la poésie.  J’ai manifesté dans les rues de Montréal avec Janou Saint Denis et les autres poètes… J’étais l’archange Foin Foin venu annoncer la fin du règne libéral.  Nous voulions aussi le droit de voir descendre les arts dans la rue et cesser de les cloisonner, de les séparer.  Un écrivain, c’est aussi un artiste.  C’était pacifique et nous avions bien du plaisir à être poète. On venait aussi de vivre Corridart, une exposition interdite avant même qu’elle ait lieu.  La moto d’un des policiers qui nous escortait s’enlisa.  Nous avons dû la pousser, ce que le photographe de la Presse ne manqua pas de voir.  Une petite vie de jouisseur … À cette époque, Montréal vivait une répression artistique totale.  Le système avait peur de ce que les artistes exprimaient, face à la sexualité et surtout le politique.        

Un an plus tard, un autre juge a prononcé un non-lieu dans le cas de Suzanne, la mère des deux enfants avec laquelle je vivais.  Selon lui, nos deux enfants avaient amplement souffert de la situation.  Les enfants poursuivaient toujours leurs études dans une école libre, type Summerhill… la Maison des enfants, à St-Hilaire.  Toute une aventure, mais enfin, un juge fut assez intelligent pour choisir d’être assez humain pour comprendre.    
                            

Spirale intraprojective 12

septembre 17, 2020

Spirale intraprojective  12

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 95 à 106)

* * * *

Avec la trahison du «french power», il suffit d’être vraiment indépendantiste au Québec, être radical ou viscéral, pour ne pas avoir sa place. Il suffit d’avoir des principes et y tenir pour devenir « reject».  Il suffit d’être féministe pour être trois fois béni, être pédéraste pour être trois fois damné.        

Les féminounes du Québec sur un plan sexuel sont des martyres qui s’immolent avec leur pudeur, de parfaites masochistes nourries de la honte de leur sexualité qui doit être vécue en hypocrites parce qu’elles ont peur du jugement de l’Autre.  Elles sont homophobes et antisexuelles, soit le contraire de ce que sont les vraies féministes progressistes. 

Dans notre société, malheureusement, leur sexualité se résume souvent à avoir honte, peur de leur corps et de leurs désirs.  Leur sexualité n’a pas encore débordé des champs de l’émotionnel.  L’histoire de la sexualité est tellement déformée par certaines féminounes qu’elles essaient même de nier l’existence de l’homosexualité dans la Grèce antique.  On dirait qu’elles croient, grâce aux religions, que l’existence de la libido n’a pas encore été prouvée.  Le principal problème des féminounes tient à ce qu’elles ont appris soit de devoir se conformer à toutes sortes de rites pour plaire aux hommes, oubliant que dans la vie la seule personne à qui tu dois plaire pour être heureux , c’est à toi-même.   

Cette mésestime de soi féminine est normale puisque les religions les ont toujours humiliées, dépréciées, maintenues dans l’indifférence ou l’infériorité. 

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Le contrôle du corps, de la sexualité et de la mode est un élément clé dans le Manifeste des sages de Sion. C’est un programme d’action d’une branche juive qui veut dominer le monde. Elle se compose de fanatiques religieux. On agit pour plaire aux autres, en obéissant à la mode.

Par contre, certains hommes sont tellement machos qu’ils sont intellectuellement incapables de s’apercevoir qu’ils sont obsédés par un «trou» pour combler sans amour leur libido comme si la femme était un objet sexuel.  L’amour est devenu véritablement à l’image du commerce, comme je le dis dans l’Homo-vicièr.  Le négoce est devenu le pouvoir de séduction. On reproche aux pédérastes de vouloir séduire le plus jeune, mais on accepte ça comme normal quand on agit ainsi avec une femme.  On prétend que le jeune n’a pas la liberté et la maturité de comprendre comme si les jeunes étaient tous des imbéciles et ne comprenaient rien aux plaisirs du sexe comme les femmes.  Plusieurs jeunes aiment ça, mais notre société est trop hypocrite pour l’admettre.

Freud a établi différents stades de développement de la sexualité allant de paire avec le développement de la personnalité.  Il parle de latence (le désintérêt pour la chose sexuelle) entre cinq et neuf ans, puis, à un retour vers la curiosité sexuelle après la dixième année.  Le garçon recommence à s’interroger sur son propre corps qui n’en finit plus de changer, mais aussi sur celui des autres à savoir s’il est normal, d’où cette période normale d’homosexualité, car il commence à se comparer aux autres.  Évidemment, à partir de ce qui est plus près de lui, un autre garçon.  Il veut savoir s’il est pareil et par la suite, il cherche chez les femmes ce qui le différencie et l’attire.

Si on veut respecter un enfant, on n’essaiera pas de lui interdire cette phase essentielle de curiosité quant à son développement.  Cela n’est pas un passage obligatoire pour tous les garçons puisque le développement est individuel et particulier.  Il dépend de ton expérience de la vie ainsi que de ton environnement.  Plutôt que de parler de péché, on devrait enseigner l’autonomie sexuelle et ses responsabilités.  Pour la protection, nous avons des lois sur le viol, donc, les autres règles sont hautement superflues et répressives.

Au lieu de fixer un âge de consentement, la société doit s’assurer que l’individu puisse vivre cette expérience sans interférence.  Cette liberté n’abolit pas des champs de curiosité, elle ne s’en mêle pas, tant que le jeune n’est pas en véritable danger d’être traumatisé, c’est-à-dire obligé de vivre un stade où il n’est pas encore rendu.  Par contre, ce même stade peut être vécu à différentes époques, selon les individus, et avec des personnes de tous les âges.  Ce n’est qu’une expérience bien temporelle.  L’en empêcher, c’est une surprotection qui peut être néfaste, car écrasante.  La curiosité insatisfaite peut virer assez vite à l’obsession, la compulsion, à la haine de soi.  Cette morale antinaturelle est la responsable du suicide d’une très grande partie des jeunes garçons. Continuer de la promouvoir, c’est strictement criminel.

On dira ce que l’on voudra, un homme est mieux compris par un homme, une femme par une femme.  L’amitié est ce qu’il y a de plus précieux dans la vie. 

J’ai toujours voulu comprendre pourquoi je suis pédéraste ? 

J’ai supposé que le fait que nous sommes six garçons (je suis le troisième) est une des composantes.  J’ai certainement adoré mon père et mes frères depuis ma tendre enfance. Mais, il y a aussi des pédérastes qui sont des enfants uniques. 

Ma sœur aînée d’une année, Mariette, est morte alors que j’étais tout petit. Ça aurait été, selon mes gardiennes, une tragédie dans ma vie.  Ma mère a dû me faire garder à l’extérieur parce que j’essayais sans cesse de lui donner des bananes à manger, salissant ainsi son cercueil.  Cela aurait-il pu créer une peur associée inconsciemment à la castration ?  Suis-je resté sexuellement figé à cette âge ? 

Chose certaine, j’ai toujours aimé les seins féminins et les mamelons sont peut-être une seule et même chose que le plaisir de sucer un petit pénis ?  Mon éternelle attirance à vouloir tout voir, tout toucher, tout manger.            

Jeune, j’adorais les femmes.  Elles m’envoûtaient, mais me rejetaient.  Est-ce simplement parce que je voulais être comme les autres ?  Je ne le crois pas.  J’étais attiré par curiosité par les garçons, mais cette curiosité passait par la fascination, par leur beauté irrésistible.  Je voulais peut-être vouloir me comprendre moi-même et me prouver que j’étais quand même comme eux, car je me trouvais très laid.

Je me rappelle avoir beaucoup souffert de ne pas avoir été aimé par certaines filles.  Ce rejet féminin a profondément marqué mon adolescence.  Tout mon côté alcoolique vient de ce rejet des filles. Ça m’humiliait.  J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose comme le charme.   Je n’ai jamais pu identifier vraiment ce qui occasionna ce changement dans ma nature.  Serais-je né ainsi ?

La pédérastie est aussi innée que l’homosexualité et l’hétérosexualité. Ces distinctions ne devraient même pas exister dans un monde évolué car quelle que soit ton orientation sexuelle, tu n’en es pas moins un être humain à part entière.    

                                 
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Le Québec est un état historiquement matriarcal, même si les «grands boss» des âmes féminines cachaient un pénis sous leur soutane. 

La femme est depuis toujours le vrai patron dans le foyer. L’homme n’est que le pourvoyeur.  Toute notre littérature est marquée par l’absence du mâle.  Chez les jeunes, les femmes occupent toute la place : au foyer, à la maternelle et au primaire.  Les gars voient presque seulement des femmes jusqu’au secondaire, c’est-à-dire jusque vers 12 ans.    

Malgré notre prétendue libération sexuelles dans les années 1970, nous sommes encore prisonniers de l’esprit conservateur parce que cette libération n’a été que très artificielle.  Quoiqu’avec la lutte contre le phénomène des femmes battues a modifié le rapport entre les deux sexes. Combattre la violence mâle, dans certains couples, c’était une nécessité. La femme n’est pas la propriété de l’homme ou vis-versa.

Quand tu vis bien ta sexualité, tu n’as pas à te préoccuper de celle des autres.  Tu n’as pas besoin de lois portant sur la nudité ou la pornographie.  Ce n’est pas parce que tu entends le mot « cul» que tu meurs de peur… une caractéristique des féminounes.


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Il faut avoir vécu l’expérience d’un camp de nudiste pour savoir qu’après très peu de temps, tu ne t’aperçois plus que tu es nu.  Il faut que la pornographie soit interdite pour y porter le moindre intérêt et être mentalement malade pour croire que la nudité est de la pornographie. 

Le rejet de la nudité est une habitude qui repose sur la honte de son corps.  On désire l’interdire parce qu’on ne veut pas se voir dans un miroir.  On ne tolère pas qu’une autre personne soit plus belle que soi.  Il en est de même dans la chasse aux homosexuels.  Ce sont habituellement des homosexuels refoulés qui ne s’acceptent pas qui font la chasse aux pédérastes. 

Tout individu devrait savoir qu’il est à la fois physiquement un homme et une femme, les nuances s’étant opérées qu’à la toute fin de notre constitution physique avant la naissance.  Seule la nature a choisi : pénis ou clitoris.  Et que tu le veuilles ou non, il en sera ainsi jusqu’à ta mort. Que tu le veuilles ou non, qu’on l’explique comme on voudra, t’es pris dans un corps que tu dois apprendre à aimer.

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Les religions qui font la chasse aux homosexuels prouvent que leur lien avec Dieu, un Dieu d’amour, le créateur, est ténu ou complètement inexistant….

La religion est un pouvoir économique qui se cache derrière une forme de spiritualité pour le discours.  Les preachers sont des voleurs légaux, grâce à leur manipulation psychique…Ce sont aussi souvent les plus cochons.


Si on veut que la vie ait un sens, les religions devront être assez intelligentes pour se réajuster au fur et à mesure que la science fournit des explications. 

Par exemple, au début de l’humanité, on pensait que pour avoir des enfants, il fallait qu’un mâle encule l’adolescent pour aller porter la semence qui lui permettra de procréer.  Cette initiation était dans leur tête un passage obligé.  Aujourd’hui, tout le monde sait que c’est faux. 

Le spirituel (la vie) permet d’expliquer positivement notre existence, mais les religions sont dépassées avec leur petit catéchisme sexuel.  Cela ne les empêche pas d’y puiser leur morale.  Les expériences quant à la nature humaine ont prouvé que la foi peut être bien utile pour combattre le stress.  Les religions nous aident à contrôler nos vies sans être obligés à de longues sessions d’introspection.  Elles permettent de guider nos actions. 

Le seul problème des religions, c’est qu’elles refusent d’évoluer.  Elles deviennent vite du fanatisme.  On a oublié que le centre de la vie est chaque individu.  Se passer de la spiritualité, du contact avec les autres, avec les forces universelles, ce serait la pire de nos erreurs.  Notre conception de la mort dicte notre façon de vivre, de voir la vie. 

Pour les riches, il n’y a rien après l’argent … outil du moment et de la liberté, l’argent prend toute la valeur.  Les musulmans sont surexploités. les régimes n’ont pas à avoir d’armée, il suffit de leur faire croire qu’il y a un ciel après la mort pour offrir les femmes aux martyrs.  Les indulgences catholiques ont été un des rackets les plus payants.  Quant au christianisme, la loi de l’amour est vite devenue celle du puritanisme sexuel… les petits anges asexués … On ne voit pas la vie de la même façon selon la religion et aucune ne peut prétendre détenir la Vérité. 

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J’ai beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi une cigarette me rend cancéreux alors que les villes sont devenues des cas de pollution ambulante.  Je ne comprends pas que la pollution des automobiles soit moins nocive que elle des cigarettes… parce qu’elles sont inhalées ?  La pollution aussi.  Serait-ce parce que la cigarette est la goutte de trop pour nos poumons ?  Quels sont les intérêts financiers qui entretiennent cette guerre à la cigarette et non au pétrole? 

Pourquoi peut-on justifier de tuer des milliers d’innocents dans des guerres en Afrique pour avoir leur pétrole ou leurs richesses naturelles ?  Est-il normal que des pays producteurs de pétrole aient des populations qui crèvent de faim ?  Si 80,000 personnes ont attrapé le cancer à cause des essais nucléaires en sol américain, pourquoi ne les interdisons-nous pas à l’échelle de la planète ? 

D’où vient réellement le sida ?  Pourquoi le laissons-nous se répandre ?  Est-il vrai qu’il existe en Afrique un médicament qui le guérit complètement?  Empêche-t-on sa vente en Occident pour continuer la lutte à l’homosexualité ?  Pourquoi les recherches scientifiques ou autres profitent-elles seulement aux armées plutôt qu’au Bien de l’humanité ?  La santé n’est-elle pas plus importante que la guerre ?           

Un bel exemple de jansénisme maladif est l’interdit de toilettes dans le métro de Montréal.  Il est préférable de faire dans tes culottes que de risquer ta «josephté» dans une toilette de métro. Quelle société malade ! Je préfère me laisser voir la queue que de chier dans mes culottes.

Mon idée doit être celle d’un perverti sexuel.  Avoir des toilettes dans le métro ou dans les lieux publics comme s’il n’existe pas des besoins naturels chez l’homme.  Pourtant, le bien-être physique fait hautement partie de la sécurité, spécialement chez les aînés.  Et, même si tu vois l’organe d’un autre en pissant, ce regard ne le fera pas fondre.   N’est-il pas évident qu’avec le vieillissement de la population, des toilettes publiques sont indispensables ? 

Je suis malade, car je prêche le droit à la pédérastie, droit de l’adulte, mais aussi du jeune. Les jeunes adolescents ont le droit à l’amour et à posséder leurs corps.  L’enfant n’est pas une propriété des parents.  Les parents sont là pour garantir la sécurité de leur apprentissage et de leur développement.  Ils doivent orienter, mais non diriger comme des dictateurs.  Ils créent l’ambiance du développement. 

Chaque individu en naissant n’appartient qu’à lui-même, comme il sera seul à sa mort.

En acceptant une approche scientifique de la sexualité, en éliminant l’âge des rapports sexuels, en le remplaçant par le consentement ( le respect de l’autre) , c’est plus réaliste et intelligent, mais la pédérastie n’existe plus.  Sans l’élément de l’âge, tu es simplement gai ou hétéro.  La pédophilie est inventée par les féminounes.

Chez les garçons, la sexualité se découvre habituellement après dix ans, avec le jeu des hormones et l’apparition des poils et de l’éjaculation. Ce n’est pas toi qui en a le   contrôle.  Chacun a son propre rythme de développement.  C’est individuel et sans âge.  C’est carrément un fait scientifique qu’aucune religion ne peut nier   Mais, la répression sexuelle continue en s’appuyant sur des mensonges et des ignorances de la nature humaine. La peur de la sexualité permet d’entretenir un monde de haine et de guerre, en augmentant la paranoïa. La peur est le meilleur et le plus payant des commerces.

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À la fin de la rédaction de ce livre, je veux redéfinir mon orientation sexuelle pour être plus conforme à ma réalité présente, mais je crois qu’elle n’existe pas, car je suis simplement « jouisseur ». 

Je suis sexuellement ouvert à la personne qui m’aime et que j’aime.  Je préfère l’Amour au génital, l’amitié aux rapports accidentels, furtifs; mais pour moi, il n’y a pas d’amour sans relations génitales.  Se caresser sans amour, ça ne veut rien dire.  C’est le fun, mais ça finit là. L’amour sans caresses est un mensonge.

J’arrive à me développer intellectuellement et intérieurement qu’en travaillant pour les autres.  Il faudrait peut-être créer une science pour rappeler aux gens qu’ils sont les fabricants de leur propre bonheur.  Et, le bonheur est une jouissance.

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Aujourd’hui, l’individu a droit à son orientation sexuelle, mais en autant que ce soit celle prônée par le système.  Si tu as droit à ton orientation sexuelle, qu’est-ce que l’âge vient faire là-dedans ?  Pourquoi faut-il un âge pour être gai ou hétéro ?  Pourquoi cette jeune vie de gai devrait-elle se passer qu’entre jeunes puisque les     «aînés vertueux» ont décidé de la contrôler ?  Pourquoi ne pas avoir droit d’être un chaman moderne ?  Pourquoi un jeune n’aurait-il pas le droit de tomber en amour avec le plus vieux ?  Pourquoi cela ne serait-il pas autant possible qu’entre deux adultes ?  Parce que la société en a décidé ainsi?  Pourquoi cet amour est-il plus sale, plus mal que l’amour entre deux personnes du même âge ?  C’est de la stupidité pure, le kidnapping de l’autre sous prétexte de le protéger.

Tant que la sexualité sera perçue comme quelque chose de mal, il en sera ainsi.  Le contrôle de sa sexualité est fait pour éliminer toute morale personnelle, individuelle.  Bouddha n’a pas connu que le sacrifice, le malheur ou la pureté.  Il a trouvé que l’équilibre est le chemin du milieu pour conduire à l’illumination. 

Fixer un âge et une méthode de vivre sa sexualité est un acte de dictature morale et de discrimination envers les jeunes, même avec les meilleures intentions du monde.           
C’est croire que les individus sont encore assez irresponsables qu’il faille leur dire comment vivre plutôt que de chercher à développer leur autonomie.

Il est normal qu’un adulte tombe amoureux d’un jeune pour lequel il devient le père, le tuteur, le professeur, le protecteur, l’initiateur comme à l’époque de Platon.  Le jeune devient sa raison d’exister.  Son immortalité.  C’est une forme de procréation karmique.  Deux âmes qui se complètent mutuellement pour obtenir la fusion irréversible due à l’amour, le vrai but de la vie. 

Comme disait Platon, le pédéraste ne porte pas et ne donne pas naissance à un corps, mais à des âmes. 

Cette fusion peut être temporaire, car le jeune cherchera à compléter sa vie à travers l’homme ou la femme de son choix.  La pédérastie est un moment dans l’identification de sa sexualité. Une simple expérience qui devrait normalement aboutir à l’homosexualité ou l’hétérosexualité, selon le sujet.  

Dans la pédérastie, la séparation physique du couple formé peut être un aboutissement normal, car le jeune est dans une phase selon laquelle il essaie de se connaître.  La pédérastie est une forme d’éducation qui conduit à l’autonomie. C’est le jeune aimé qui doit déterminer si cette connaissance doit se poursuivre avec le même homme ou changer, même complètement.  Souvent, le jeune à travers cette expérience découvrira qu’il est hétérosexuel et que seules les femmes lui conviennent ou il s’acceptera plus facilement homosexuel. Dans ce cas, l’aîné se doit de respecter le développement et la découverte du jeune.

Le plus vieux, lui, cherchera sa raison de vivre, la passion amoureuse, son immortalité dans l’âme de cet enfant.  En vieillissant, il est normal que le fossé des générations mette fin à toutes relations de type pédérastique parce que le jeune en vieillissant se transforme.  Le plus vieux, s’il ne sait pas reconnaître le besoin absolu du jeune à battre de ses propres ailes, peut devenir un obstacle qui empêche le jeune de se développer.  La finalité même de cette amitié est le bonheur de l’autre, d’où l’égalité essentielle entre les amants et le partage sans artifices. 

Par contre, les Grecs avaient tort quand ils croyaient les plaisirs sexuels néfastes à la santé. Une erreur rattachée aux connaissances scientifiques de l’époque.  Qui voudrait perdre une partie de son cerveau, de sa colonne vertébrale ou mourir consumé par le grand mal ?  On ne connaissait pas mieux.  C’est ainsi qu’on expliquait la jouissance. 

Cependant, l’amitié qui se transforme et qui suit cette relation pédéraste peut aussi être très longue et se prolonger sur un plan émotionnel jusqu’à la mort, devenir un couple gai. Mais, chez les Grecs, on croyait qu’une telle réalité faisait des amants des prostitués parce qu’ils croyaient que cette période d’initiation devait aboutir à une relation hétérosexuelle.

Même séparé, l’Autre devient en quelque sorte comme un autre Soi dans ses propres expériences de la connaissance.        

En Amérique, l’homosexualité est acceptée en autant qu’elle est conscrite, entre personne d’un certain âge, dans un certain ghetto et sous haute surveillance. 

La sexualité doit être de préférence majoritairement hétéro pour continuer de peupler la terre.  On oublie trop facilement que très bientôt les deux principaux problèmes de l’être humain seront la pollution qui entraînera la stérilité à cause de la surpopulation.   

On prétend qu’il faut un âge pour être gai et par conséquent, pour être libre ; mais on a déjà en soi notre orientation sexuelle dès notre naissance.  On ne veut pas de relations avant 16 ans pour s’assurer que le jeune ne sera pas influencé dans le choix de son orientation sexuelle, oubliant que celle-ci n’est pas un choix, mais une réalité individuelle dès la naissance. Pire, en agissant ainsi, on force le jeune à tenter de vivre hétéro pour obéir à la société.

On a tellement peur que le jeune soit gai que dans la publicité télévisée, les bébés sont déjà attirés par leur blonde.  Ce qui est faux, une simple projection d’adultes.  La liberté ne s’apprend qu’en la vivant comme disait Aristote, à travers les bonnes et les mauvaises expériences. 

La libido, le désir, l’orientation sexuelle est innée.  Rien ne peut la modifier, sauf la violence ou un chambardement intérieur personnel.          

L’interdit de la pédérastie, sous prétexte de la responsabilité des parents, n’est qu’une forme hypocrite de vouloir dominer, orienter, incarcérer la sexualité individuelle. Les parents en forçant les jeunes à obéir à leurs caprices, en les forçant à devenir hétéros, ne les respectent pas et brisent leur besoin d’autonomie.

La sexualité est un moyen de prédilection pour la découverte de la vie, et par conséquent, vouloir la caser, l’enfermer, l’orienter, c’est emprisonner l’individu, le priver de son intimité, de sa vie privée, de son droit à la découverte et à sa liberté individuelle. 

Je n’ai jamais entendu parler qu’un enfant ait souffert physiquement d’avoir été caressé, sauf s’il y a été pénétré.  L’abus blesse, l’abus ne peut pas être plaisir. La sexualité est en soi quelque chose d’agréable.  Il y a un problème seulement, si elle ne l’est pas.  Il n’y a du mal que là où on voit du mal.  Notre peur de la sexualité repose sur de l’ignorance crasse.             
La sexualité n’appartient pas aux parents, mais seulement aux jeunes eux-mêmes.  Un jeune qui se laisse séduire, c’est qu’il aime être séduit.  Tu peux avoir un corps d’homme, mais vivre ta vie intérieure, ton identité, comme si tu étais une femme.  Le jeune ne doit en aucun temps se sentir forcé de vivre une relation, même sentimentale, et il doit pouvoir y mettre fin et s’éloigner quand il le veut.  Il doit apprendre ce qu’il aime ou n’aime pas.  Il doit savoir comment faire respecter ce choix et pouvoir obtenir la protection nécessaire s’il ne le peut pas.          

L’autre jour, je me promenais sur le trottoir en route pour mon travail.  Un jeune garçon de dix à douze parlait fort avec ses amis pour attirer mon attention.  Les mots « enculer» et « sucer» m’ont sauté à l’oreille.   Je me suis retourné.  Je l’ai regardé.  Il s’est pris une pause et m’a lancé, avec un sourire à faire bander les bœufs : « Suis-je assez beau pour toi ? » Si j’avais succombé, serais- je coupable ?   Plus tard, quand il se droguera, il dira que c’est la faute de gars comme moi qui n’ont pas su résister à ses avances.           

En sexualité infantile, seules les mutilations (excision, castration), la pénétration, la contrainte doivent être interdites.  Jamais de violence, mais le respect absolu de la volonté du jeune.  Jamais d’interdit, mais apprendre à savoir dire catégoriquement oui ou non

La séduction (que ce soit envers un petit gars ou un adulte) n’est pas une contrainte, si elle est vécue ouvertement afin d’empêcher qu’avec les années, face à une société plus puritaine, elle dérape en une forme de honte ou de culpabilisation de sa vie passée.       

C’est ce que les psychologues appellent dans leur langage, les séquelles.  Celles-ci ne sont qu’une forme de culpabilisation, de honte, de rejet de son passé à retardement ou parfois un moyen de chantage par un jeune devenu plus vieux, mais qui a besoin de plus d’argent.   Il devient, grâce aux tribunaux, un maître-chanteur pour pouvoir s’acheter plus des drogues ou tirer d’autres bénéfices.  Les pédérastes sont recherchés pour leur argent. 

Par contre, le pédophile qui pénètre un jeune enfant est un malade, car, le jeune sera blessé et sa sexualité deviendra pour lui ou une blessure, un mal, une honte, une obsession.  C’est un geste qui blesse, qui fait souffrir pour des raisons de dimension de pénis, et non, de moralité. Les jeunes ne comprennent pas la moralité, donc, elle ne les atteint pas, sinon par imitation des parents. . 

La pénétration d’un enfant n’est pas un toucher innocent, par curiosité, par humour, qui ne laisse aucune séquelle.  C’est carrément un viol parce qu’il y a souffrance et peut-être humiliation.  Par contre, on attache un poids, un sens, à des attouchements qui demeuraient sans conséquences, si on avait la sagesse de ne pas en faire tout un plat.  Ce n’est pas parce que c’est mal, mais parce que ça peut blesser physiquement ou faire peur, donc être traumatisé, ce qui est automatiquement inadmissible.            

Il est impératif dans ces cas, de se placer dans l’optique de ce qui serait le mieux pour l’enfant, pour lui porter secours.  Et, le jeune n’en parlera certainement pas s’il croit que c’est mal ou que cela va lui occasionner des problèmes.  On devrait pouvoir parler de sexualité avec ses parents comme de la pluie et du beau temps.  Jusqu’à quel point l’enfant est-il conscient et marqué par ce qui se passe ?  Est-ce que ce sont seulement les parents qui trouvent ça si effrayant?  Quelle est la meilleure solution pour que l’enfant ne soit pas traumatisé ?   
 
Quant au pédophile, il doit être soigné et non puni.  La punition est une réaction émotive, une approche qui peut être hystérique et qui empire la culpabilité du jeune face à l’adulte. 

On dit que les pédophiles sont paranoïaques, mais à qui peuvent-ils demander de l’aide quand ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas dits normaux ?  S’il a le malheur d’ouvrir la bouche, il est condamné à la prison et à y manger une raclée quand il y sera.  Qui est assez fou pour vouloir se faire tuer pour être soigné ?       

Qui peut parler de ce phénomène quand nos lois sont assez idiotes pour sévir contre toi, même pour des choses qui se sont passées, il y a plusieurs années.  Comme si par toi-même, tu ne pouvais pas évoluer.  On traque tellement ces gens qu’ils ne peuvent que craquer.  Est-ce de la charité chrétienne ?  Où est le droit à l’erreur ?  Est-ce comprendre que ces personnes sont emprisonnées dans leur malheur et incapables de se comprendre et de s’en sortir seules ?  Faut-il les pousser à une telle détresse qu’ils en perdent la tête et deviennent des tueurs potentiels ou des suicidés ? 

La pédophilie est une orientation sexuelle.  Donc, les pédophiles sont prisonniers de cette situation durant toute leur vie. L’important, c’est qu’ils apprennent que la sexualité exige le consentement des deux et une capacité de juger à savoir si ce que tu fais peut anéantir l’autre. Il y a un très grand respect dans la complicité. 

Ceux qui condamnent ces gestes sont aussi parfois ceux qui acceptent que pour de l’argent on puisse tuer les autres sous prétexte de défendre ses propres intérêts.  Toute la conception de la sexualité est faussée, tout simplement parce que les religions ont créé le péché de la chair.  Toutes les religions prônent des faussetés, car leur jugement conduit à l »intolérance, à un manque d’amour, à la haine et à la violence. 

On a une vision féminoune de la sexualité.  Tout est sale, honteux, déplaisir, à partir de la projection de ses propres expériences.  Les femmes qui prennent en main leur sexualité sont aussi capables que les hommes de décider quand une relation est positive pour elles plutôt que de se sentir une victime. 

Les féminounes voient leur vie dans celles des jeunes filles qu’elles prétendent défendre contre le gros mâle prédateur et violent.  Pourquoi la sexualité ne pourrait-elle pas être un plaisir autant pour la femme que pour l’homme ? C’est une responsabilité individuelle.  

Si le pédophile ne voit pas de mal à pénétrer un enfant, c’est non seulement un manque absolu de jugement, mais un danger. 

Par contre, c’est carrément paranoïaque de croire qu’une jeune fille qui se fait toucher un sein, qui n’existe même pas encore, comme automatiquement la pire des calamités.  Ce geste peut être agréable, être caressant, en autant qu’il y a consentement ou du moins la découverte d’un plaisir.  Une caresse n’est pas une gifle.  Le pédophile manque de responsabilité s’il n’a pas compris la fragilité de l’autre ; mais ce n’est pas en le jetant en prison que tu vas le lui faire comprendre ou du moins ça ne me semble pas la meilleure pédagogie.        

La sexualité ne peut être acceptée que si elle est une source de communication et de jouissance, exactement le contraire de ce que nos civilisations occidentales nous ont appris jusqu’à maintenant, surtout chez les femmes.  Leur frigidité ne vient-elle pas de la façon qu’elles ont été élevées ?   Trouver que la sexualité est écœurante est un signe de maladie émotive profonde.  C’est se dévaloriser.     

Les études aux USA ont nettement démontré que l’orientation sexuelle (sans traumatisme postérieur, ni jeu de mots) est déjà irréversible à cinq ans.      

Je n’ai jamais totalement caché être pédéraste, même si cette étiquette ne me correspond plus depuis longtemps comme prépondérante dans ma vie sexuelle actuelle. On est toujours pédéraste quand c’est notre orientation sexuelle primaire.  Elle devient tout simplement plus passive qu’active.   Est-ce juste un phénomène de vieillissement ou la nouvelle ouverture vers les hommes plus âgés ? 

Ma réflexion m’a amené à me poser beaucoup de questions à savoir que l’on doit faire pour que l’agir soit acceptable.          

Spirale intraprojective 11

septembre 16, 2020

Spirale intraprojective  11

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 76 à 86)

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 Je ne suis pas un monstre, mais les dirigeants croient que je pourrais être aussi monstrueux qu’eux.  Pourtant, je ne peux pas tuer, faire des guerres pour imposer mes idées ou voler les richesses naturelles des autres.  Je crois au partage.  Au contraire, notre civilisation est basée sur l’exploitation des plus faibles par les plus riches.

Ils ne tiennent pas compte du fait que mon rapport avec les jeunes doit être nécessairement amoureux.  Comment peut-on être un danger, sauf si on est jaloux, quand on aime quelqu’un ? 

L’exemple qui me revient le plus facilement à l’esprit, c’est l’Arrache- coeur, de Boris Vian… La mère étouffe ses enfants à cause de sa surprotection. 

On me juge à partir de moments qui ont plus ou moins marqué ma vie.  Je ne suis pas intéressant, comme pédéraste, tout le monde me haït ; c’est facile ; mais sur le plan politique, je suis révolutionnaire et donc dangereux parce que les vrais bandits pourraient perdre beaucoup d’argent s’il les gens m’écoutaient.

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Ça me rappelle une de mes aventures en Colombie-Britannique.  Nous nous amusions à changer durant la nuit le portrait de la reine Élizabeth, qu’on retrouvait partout, par celui d’une sorcière qui lui ressemblait étrangement et qui venait d’être publié dans une revue comique américaine.  Ce simple geste d’humour était pire que de poser des bombes.  Les gens étaient atterrés de voir qu’on pouvait se moquer de leur reine.  Au Québec, on a toujours voulu se débarrasser de ce symbole colonial.

C’était mon dernier soir à Vancouver où j’avais travaillé comme journaliste au Soleil, le seul journal français de Vancouver.  J’avais trop bu et j’ai décidé d’appeler un taxi.  Je me suis rendu au premier hôtel que j’ai vu.  Malheureusement, on venait de fermer les portes.  J’ai frappé, car il y avait un jeune garçon au téléphone.  Trop saoul, je ne me suis pas aperçu immédiatement que je lui parlais en français.  Il était mort de peur et il a appelé la police, probablement.         

Constatant mon erreur, j’ai frappé plus fort, avec le pied dans le bas de la porte et la vitre a sauté en éclats.  J’ai eu peur.  Je suis parti pour me cacher, mais j’étais tellement saoul que je revins exactement devant l’hôtel où la police n’eut qu’à me cueillir.  La police m’a tabassé, bien évidemment, mais tout ce qui m’importait, je devais entrer le lendemain au Québec.

Les autochtones étaient très fiers de me voir tenir tête à la police, car, au Canada, les autochtones sont encore plus maltraités que les francophones.  Mais, le fédéral paie bien les chefs de bande afin de combattre leur autonomie.  Le fédéral veut les angliciser, tout le contraire de la politique autochtone menée par René Lévesque, ancien premier ministre du Québec.  À son avis, les autochtones doivent assurer leur survivance culturelle.  Le Québec a mille fois plus de respect pour les autochtones que le régime fédéral.        

J’ai été relâché en attendant d’avoir mon procès, ce qui retarda mon retour à la maison.

Après avoir été condamné à l’amende, je suis sorti de la Cour, levant le poing, comme les révolutionnaires et en chantant :

Prenons un verre, buvons en deux

à la santé des amoureux.

Et, merde à la reine d’Angleterre

Qui nous a déclaré la guerre !

Le juge était étonné, mais, heureusement pour moi, il ne comprenait rien.

À mon entrée à un de mes procès à Val- d’Or, je dis à mon premier avocat (j’en eus trois) que cela me rappelait un incident.  Je lui racontai cette histoire et je lui chantai même « ma petite tune» … L’avocat se contenta de sourire, me regarda et me dit :      

 « T’es content !  Cette fois, la reine t’a entendu. »

Je n’ai peut-être pas aidé mon cas, car, pour aller entendre ma sentence, je portais un gilet, conçu pour la promotion du film de Falardeau «15 février 1839».   Je voulais que le juge soit bien conscient que c’était un exécution politique, et non, une affaire de cul bien ordinaire.  Mon procès avait été monté de toutes pièces.  Même si je savais que je ne pouvais pas m’en sortir, je voulais leur faire savoir que je le savais… Tout comme je savais quand je suis parti pour Montréal avec le jeune que je serais accusé qu’il se passe quelque chose ou pas.  C’était trop tard.

Mon procès ne fut pas le seul incident politique à ce moment.  Plusieurs personnes, m’a-t-on dit, soupçonnées dans les années 1970 d’avoir eu des liens avec le FLQ, ont commencé à être importunées par le fédéral, à la suite du référendum perdu en 1995. 

Cette fois, les fédérastes ont décidé d’agir encore plus en hypocrites et de s’en prendre aux individus plutôt qu’aux organisations puisque le FLQ n’existe plus.  Depuis que la police peut-être une prostituée pour arrêter les prostituées, tu ne sais jamais quand le système présente ses faveurs pour le plaisir ou pour t’écraser, te prendre au piège.  Ce doit être pour ça qu’on m’a dit, que la GRC de Val-d’Or était maître d’œuvre dans la vente de la drogue. 

Tant que les fédérastes centralisateurs seront au pouvoir à Ottawa, le Canada sera en lutte contre le Québec.  Comme le jeu du prix des cigarettes est une récompense aux mafias indiennes : plus les cigarettes coûtent chères, plus la contrebande est florissante.  Plus il y a de saisies de marijuana, plus son coût est élevé sur le marché.  Au profit de qui ?  Bientôt, il faudra arrêter de fumer, mais humer le pétrole des voitures, c’est très bon pour notre petite santé.  Nous prend-on pour de parfaits imbéciles ?  Des aliénés suprêmes ? Je me le demande. 

Le ministre de l’immigration du Québec (André Boisclair) m’a dit que je n’aurai jamais de travail auprès des immigrants, qu’il était même inutile d’envoyer mon CV.  Je suis de la même formation politique que lui.  Un combattant pour l’indépendance depuis toujours.

C’est bizarre, d’autant plus que depuis Lucien Bouchard s’est proclamé un défenseur des jeunes à la sauce de Nathalie Simard.  Le RRQ m’a mis à la porte ainsi que le parti Néo rhino parce que je parle de pédérastie et de ce fait j’en fais la promotion. Comment combattre un tabou si on ne peut pas en parler ?

Est-ce que les immigrants adultes n’ont pas besoin de prof de français ?  L’immersion française des immigrants adultes au Québec est un leurre, un moyen pour les gouvernements locaux d’exiger de payer plus de taxes et faire semblant qu’ils s’occupent de franciser les nouveaux arrivants au Québec.

* * * *  

Je suis allé enseigner à Val-d’Or pour une Commission scolaire protestante.  Grâce au détournement de la loi 101, le secteur français était plus développé que le secteur anglais.  Pour justifier cette aberration, l’école permettait le choix sur une base religieuse.  Les parents n’avaient qu’à enregistrer leurs enfants à la religion « neutre», entendant par là toute autre religion que catholique, pour pouvoir aller à Percival.  Une école où j’ai adoré travailler, grâce à son directeur, un peintre anglophone, Michael Henderson.

Il ne faut pas oublier que la religion a joué un rôle prépondérant dans le choix de la langue des immigrants.  Les catholiques refusaient les protestants (surtout les juifs), d’où ceux-ci sont devenus un facteur important d’anglicisation au Québec.  D’une certaine manière, nous avons nous-mêmes créé les ghettos qui servent à nous angliciser, grâce aux religions. 

Aujourd’hui, les musulmans aimeraient bien avoir des écoles anglaises pour leurs pratiques religieuses.  Ce sont aux religions de s’adapter. La vie est en français au Québec et l’état est laïc.

Les écoles doivent être absolument neutres sur le plan religieux.  À moins d’être hypocrite, il faut reconnaître que le choix religieux est strictement familial et culturel.  Il appartient aux religions de faire leur recrutement et leur enseignement dans leurs églises, non dans les écoles.  Ce peut être aussi un bon moyen de sauver notre patrimoine culturel.  La pratique religieuse des enfants est un devoir familial et non celui de l’état.

L’école secondaire peut à la rigueur enseigner toute les religions pour permettre aux jeunes de se choisir une morale ; mais l’école n’a pas à s’immiscer dans la vie collective, en soutenant une religion plus que l’autre.   Toutes les religions se valent bien, car ce sont des inventions humaines.   Avec leurs règles morales, les religions deviennent, grâce par exemple, à la Charia et le petit catéchisme, des systèmes de dictature morale et psychologique, à compter de l’enfance. 

À Percival, la guerre contre les nationalistes était menée par l’assistante directrice, une bonne libérale fédéraste francophone.  Le parti libéral est celui des juifs anglophones et des anglais de Montréal. Aux États-Unis, ce serait le parti républicain, le maître des assassins du pétrole, les centralisateurs, les protectionnistes, la haute finance.  À Montréal, les leaders anglophones de la Gazette croient déjà dans leur slogan : « The Gazette is Montreal.»

 Le parti libéral, il y a quelques années, était celui du progrès.  Mais, depuis l’existence du Parti Québécois, il est devenu le symbole des «sclérosés».         

Je me suis fait suspendre à Percival parce qu’à travers ma présidence de la Société nationale des Québécois, je défendais la place occupée par le drapeau québécois sur l’école.  Mais, je n’avais pas les millions de dollars nécessaires pour lancer l’équivalent d’un programme de commandites (un grand scandale découvert quelques années plus tard). 

Il suffisait que l’on respecte la loi pour me donner raison.  Malheureusement, nos mouvements nationalistes pensent plus à vendre de l’assurance que de faire l’indépendance… J’étais, à leur avis, beaucoup trop radical. J’enseignais aussi aux élèves en difficulté, dans le cadre d’un programme fédéraste « L’école, avant tout».  Pourtant, l’éducation relève strictement du Québec.  Une autre intrusion d’Ottawa dans les compétences du Québec.

Je suis beaucoup plus intéressé au sort du français qu’à la position du drapeau sur l’école Percival, une lutte un peu infantile, mais je devais continuer le travail de mes prédécesseurs et nous l’avons finalement gagné.  La loi était de notre côté.

Rendu à Montréal, je me suis servi du bureau de Stéphane Dion pour y introduire mon expérience quant aux méthodes employées par les Allophones pour fréquenter illégalement les écoles anglaises au Québec.  J’ai demandé que l’on m’entende en commission parlementaire à Ottawa, en m’adressant à son bureau.  On doit m’avoir confondu avec un libéral, personne ne me connaissait à Montréal, et j’ai été invité à me rendre à Ottawa présenter mon mémoire.  Je n’avais pas d’argent et, surtout, je n’avais pas d’occasion pour me rendre à Ottawa.   Pas un député du Bloc québécois ne voulait m’amener. Je ne dois pas être de ceux qui ont de l’importance. Certains pensaient que si on gagnait cette bataille, il serait plus difficile plus tard de mobiliser la population sur la languie.  J’ai fait parvenir mon mémoire par fax à la dernière minute. 

Depuis, nous avons obtenu la loi sur les commissions scolaires linguistiques.  Le gouverneur général, M. Roméo Leblanc, m’a invité à une réception pour marquer ce changement important afin de sauver le visage français du Québec.  Je lui ai répondu, en lui faisant parvenir ma photo avec Pierre E. Trudeau, mais en modifiant le bas de vignette, en me servant de la phrase pour laquelle j’avais été condamné et que l’on avait reproduite en première page du journal de Val-d’Or : « Jamais rien, ni personne ne m’empêchera d’être indépendantiste ».  Dans l’Homo-vicièr, en 1968, on pouvait lire : « Jamais rien, ni personne, ne m’empêchera d’aimer le garçon de mon choix, qu’il est 10 ou 15 ans, que ce soit permis ou pas.»   J’y ajouterais aujourd’hui des bémols : consentement, non-violence, plaisir.

Au Québec, plutôt que d’améliorer le service dans les écoles publiques, nous avons des gouvernements assez snob pour courir les écoles privées.  Ce secteur ne devrait pas toucher un seul sou du gouvernement.  C’est normal de vouloir envoyer ses enfants dans la meilleure des écoles, mais c’est ignoble quand la seule raison est de vouloir que ces enfants parlent parfaitement anglais, alors qu’ils ne connaissent pas leur langue maternelle.  Ce bilinguisme a toujours permis que les enfants ne sachent à l’écrit, ni l’une, ni l’autre, des langues apprises.  C’est aberrant que les parents qui ne peuvent pas éduquer leurs deux ou trois rejetons viennent enseigner à des professeurs qui en ont 30 comme les leurs, comment se comporter.  Les enfants difficiles à l’école ont des parents surprotecteurs ou aussi difficiles qu’eux.  Le snobisme de l’élite ressemble aux exigences que l’on retrouve en marketing… ça n’a pas de fin.

Je travaille actuellement en télémarketing et déjà les États-Unis s’apprêtent pour janvier 2003 à tout concentrer ses services à Chicago.  Cela veut dire que cette compagnie engagera bientôt des immigrants anglophones et des anglophones pure-race parce que les clients du marché américain ainsi que de l’Ouest du Canada refusent de répondre aux gens qui, selon eux, parlent avec un accent. 

«L’état-unisation», c’est apprendre à devenir raciste (White Anglo Protestant).  On ne nous interdit même plus de parler le français du Québec (le joual) ; mais on veut nous imposer de parler l’anglais sans accent.  (Je les ai poursuivis et ils m’ont versé une indemnisation).

Que les parents veulent choisir une école parce qu’elle est mieux disciplinée, j’en suis… Pour son orientation pédagogique unique, j’en suis… Mais, au Québec, l’enseignement est d’abord en français quoique l’on puisse encourager les enfants à parler, à communiquer dans plusieurs langues.  Par snobisme, on boude les métiers.  On exige stupidement de l’algèbre pour avoir ses diplômes, pourtant, le plombier n’est pas plus dépendant de l’état que le sous-ministre et tout aussi important.

Rien n’empêche d’avoir des cours d’immersion linguistique au secondaire ou au cegep. L’enseignement écrit d’une langue seconde au primaire empêche les jeunes d’avoir une connaissance acceptable à l’écrit de sa langue maternelle.  Si on aime les enfants, on ne les dirige pas dans ce snobisme contre-productif au plan des acquisitions. 

En éducation, le secteur privé ne devrait recevoir aucune subvention du gouvernement

En santé, le secteur privé peut avoir une certaine place, s’il permet de décongestionner le système public.  Les malades traités, grâce leur statut privilégié, doivent accepter de verser un surplus au secteur public pour avoir ce privilège.  Les établissements fournissant ce privilège doivent être limités en nombre et la cotisation au service publique doit continuer d’exister.   Il faut aussi que ces argents soient totalement réinvestis dans le secteur public.   

La langue de travail dans un hôpital québécois doit être le français, mais la langue de communication avec le patient doit être si possible celle du patient ou du moins une des langues les plus connues.  Sur une civière, il n’y a pas de lutte linguistique, il y a des gens qui ont besoin d’être rassurés.  Les méga-hôpitaux font que l’on investisse plus dans le ciment que la santé des gens.    

En santé, on a mis à la retraite tous les médecins et infirmières, mais on a conservé les mêmes administrateurs.  Ceux qui créent les problèmes.  Ce sont eux qui préfèrent des travailleurs à temps partiels plutôt que de créer des équipes de travail.  Ce sont eux qui préfèrent investir sans cesse dans des mégaprojets qui n’aboutissent pas et coûtent une fortune.  Ces argents seraient mieux utilisés s’ils payaient mieux le personnel.  Les travailleurs de premières lignes sont les mieux placés pour trouver des solutions.  Les administrateurs peuvent facilement être des poigne-cul.  Des inutiles qui gèrent les situations avec les cartes de crédit de l’état. 

* * * *

Le danger pour le Québec est le manque de planification.  Par exemple, si nous manquons de médecins, c’est que ces professions se protègent en créant une pénurie, comme on le fait dans le domaine du logement.  Ces corporations, qui jouent le rôle de syndicats, sont des institutions «nombrilistes» qui vont à l’encontre des besoins du Québec et sont gérés par les petits amis fédérastes. La droite est toute puissante.

Au Québec (2001), le problème du Parti québécois : il a perdu l’écoute du peuple.  Il se pense seul à avoir raison et il s’est aussi fait moucher par Mario Dumont.  Les Québécois paient, mais ils n’ont pas les services pour lesquels ils paient.  Nous sommes des masochistes puisqu’on aime payer en double.  Le fédéral se met de plus en plus le nez dans les affaires strictement provinciales (la santé, les routes, l’éducation, les relations avec les villes, la langue, etc.) Il centralise les finances et sa gérance est de plus en plus capitaliste : récolter le plus d’impôts possibles, en dépensant le moins possible.  On dirait des voleurs plus assoiffés que la mafia elle-même.

Par contre, si avec l’ADQ on revient au libre choix de l’école pour la langue d’enseignement, ça met notre avenir en danger.  Nous risquons de nous enliser encore dans l’éternel problème de notre identité.  Si les immigrants peuvent choisir leurs écoles, ils iront à l’école anglaise.  Aucune école religieuse ne devrait avoir le droit d’exister puisque l’état est laïc.  Si l’ADQ a le mérite de mettre le doigt sur les problèmes qui nous préoccupent vraiment, ça ne veut pas dire qu’elle a nécessairement les bonnes solutions.  Par contre, le rapport Allaire, comme je le disais dans Le temps d’agir (éditions d’ici et d’ailleurs, Val-d’Or ,1991) pourrait être un pas, une étape vers la création d’une vraie confédération.  Il doit être cependant un peu plus étoffé en ce qui concerne les pouvoirs que le Québec doit récupérer.  Avec le PQ, c’est un programme d’un bloc, avec l’ADQ, c’est en pièces détachées.

Le pouvoir doit demeurer aux mains des souverainistes quel que soit le parti.

Les péquistes ont oublié qu’ils avaient parlé et écouté le peuple quand ils n’étaient pas assez snobs pour éliminer le porte-à -porte.  La force d’un parti, c’est sa base.  Tous les partis au pouvoir ont séché dans leur chapelle.  Même avec René Lévesque, c’était souvent la guerre entre les membres et le cabinet du gouvernement au pouvoir.

Quand je suis allé en prison, en me considérant un prisonnier politique, j’en conclus que les personnes au pouvoir ne veulent pas de l’indépendance du Québec.

Elles ne sont pas touchées par le nombre invraisemblable d’analphabètes au Québec. Puisque notre avenir démocratique tient à nos votes, l’éducation devrait être la priorité des priorités.  Un pays ne peut pas être autonome, si les électeurs n’ont pas pour eux cette même autonomie.  Les gouvernements doivent cesser d’accumuler des richesses pour le grand jour de l’indépendance et réaliser la souveraineté de jour en jour.

Ceux qui arrivent au Québec devraient être assez respectueux et reconnaissants pour se plier, sans toujours chialer, aux règles et aux valeurs de la majorité francophone.  Rien ne les empêche, s’ils veulent partir pour les États-Unis, de s’installer en terre anglophone à leur arrivée au Canada.  C’est un choix qu’ils ont en arrivant…

Tous les immigrants reçus devraient être assermentés quant à leur fidélité aux valeurs, aux institutions et au territoire québécois.  Tous les immigrants qui veulent venir s’installer chez-nous devraient avoir un statut d’immigrants reçus, mais ne pouvoir voter comme citoyen à un referendum qu’après avoir vécu chez nous assez longtemps pour s’être intégrés ou déménagés.  Actuellement, aux États-Unis, ce pays est en guerre avec le reste du monde parce qu’il est dirigé par les juifs et les arabes qui sont des religieux fanatiques, qui mettent sans cesse la planète en danger. 

Ces deux religions sont figées dans le ciment du fanatisme et de la haine…     

L’immigration a toujours servi de moteur pour assimiler les Québécois.  Tout comme le terrorisme a toujours été le bras armé de la misère, de l’impuissance. Les riches vendeurs d’armes organisent les insurrections.  La guerre, c’est payant.

*  *  *  * * 

Il n’y a pas que les Arabes qui soient machos.  L’inégalité de la femme est malheureusement le propre de toutes nos traditions religieuses, de toutes les civilisations que je connaisse.  La Bible est parfois moins humaine envers les femmes que le Coran et l’enseignement de Mahomet.         

Toutes les religions nous amènent à créer des discriminations envers les autres que ce soit racial, l’orientation sexuelle, les capacités physiques ou économiques. Pourtant, ces religions existent pour nous apprendre à nous aimer.  Les religions de l’amour sont devenues les religions de la haine.           

**. 

Pour rembourser mes dettes, c’est le coût à payer quand tu es accusé, j’ai besoin d’un travail qui me paye plus que 9.45$ l’heure. Travailler pour un pays qui te crache sans cesse au visage, parce que tu n’acceptes pas sa morale sexuelle maladive, héritage de milliers d’années de jansénisme, ça donne parfois l’envie de changer de pays.

On m’a dit qu’à Mont-Laurier, quatre professeurs auraient été pris dans un scandale sexuel et que deux d’entre eux se seraient suicidés.  Il faut vivre dans une société vraiment débile pour que le sexe soit plus important que la vie.  Il faut qu’on est éliminé toute forme de réflexion pour que ce soit possible. 

Quand tu es pédéraste, ce n’est pas ton choix et très souvent ta générosité compense bien pour ce petit penchant génital, qui peut être néfaste à un jeune seulement s’il y a violence.  Il ne peut pas y avoir d’effets secondaires, des séquelles, si cette relation est consentie.  Les amoureux sont libres.  S’ils aiment ça tous les deux, tant mieux.  Pourtant, pour cela tu seras constamment en danger d’être emprisonné (on peut même remonter jusque dans tes couches pour te piéger.) Tu seras constamment obligé de vivre en hypocrite, tu seras constamment frustré.

J’ai aussi penché pour le suicide durant mon éternel procès.  J’ai même essayé quelques secondes pour voir ce que l’on ressentait, mais tout a bousculé quand on m’a dit que ma mort ne changerait rien, car mes accusateurs s’en réjouiraient.  Ils diraient que c’est tant mieux puisqu’il y a un maudit cochon de moins. 

J’ai réalisé que nos cœurs purs qui clament la vengeance sont des âmes si sales qu, pour elles, la vie n’a pas d’importance.  Il faut vraiment être rendu débile pour qu’un jeu de cul devienne plus important que la vie.  Quel mal ces condamnations créent-elles chez les proches de ces accusés ?  Foucault l’a très clairement abordé.  

La honte, les sarcasmes, toutes les bassesses des machines à rumeur.  Il faut avoir ressenti une fois, toute la haine, de tous, quand tu es reconnu coupable d’un crime de nature sexuel (sans violence) pour comprendre la corruption qu’engendre le mot pureté et la surprotection des enfants.  Est-ce plus mal de jouir que d’avoir des policiers qui ne cherchent qu’à te prendre en défaut ?  Est-ce plus mal de jouir que de laisser vivre des jeunes dans la misère de la rue ?  Est-ce plus mal de jouir que d’organiser des guerres pour avoir le contrôle du pétrole ? 

Ce fut ma première réaction à mon inculpation et à mon incarcération : qu’ils aillent tous chier, cette bande d’hypocrites.  Ils ne me méritent pas.  Ici, ton orientation sexuelle est plus importante que le cerveau.    La drogue tue les cerveaux, une pipe fait jouir un cerveau.      

Des jeunes se tuent parce qu’ils ont honte d’être homosexuels (gais).  Beaucoup de parents souffrent de l’impossibilité émotive de constater que leurs enfants peuvent être gais ?  Le rejet de l’homosexualité existe maladivement dans toutes les religions.  On invente des condamnations divines pour appuyer sa folie.  La seule raison pour laquelle l’homosexualité devait être bannie était au début de l’humanité, fut le besoin d’avoir une plus grande population pour avoir de meilleures armées.  Or, aujourd’hui, à cause de la surpopulation, il en va tout autrement.

Spirale intraprojective 10

septembre 15, 2020

Spirale intraprojective 10

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 76 à 86)

* *

Ce doit être dans ce même esprit que le ministère de l’Éducation du Québec a refusé de m’octroyer un prêt-bourse pour obtenir un bac en littérature (différent d’une maîtrise en création que j’ai déjà) , ce qui m’aurait permis de réorienter mon enseignement vers le cegep.  Même si j’ai une maîtrise de l’université de Sherbrooke, cette formation ne me permet pas d’enseigner la littérature française, car ça exige d’autres connaissances.  Ce avec quoi je suis d’accord.  Il faut savoir de ce dont tu parles quand tu enseignes.   

J’ai fait une erreur en choisissant d’abord d’aller chercher un certificat en scénarisation, en pensant qu’avec la Thérèsa, je pourrais travailler sur un film, ce qui me permettrait de me sortir du trou financièrement et de reprendre une vie normale.  Je pensais sincèrement qu’en créant de bons scénarios de films, je pourrais me faire assez d’argent pour remettre les dettes que je venais de créer. Mais ce moyen a tourné contre moi. Je me suis endetté davantage et je n’ai jamais pu obtenir un contrat pour un scénario de film.  Ce fut des études quasi inutiles puisqu’elles ont servi qu’à me faire dépenser de l’argent.

En création, tu peux travailler des années inutilement.  Les créateurs reçoivent une récompense de famine alors que ceux qui exploitent leurs idées s’enrichissent.  Je n’y vois rien à critiquer, sauf, qu’un créateur devrait pouvoir s’occuper de son œuvre, sans perdre son temps à gagner sa vie en dehors de son travail de créateur.  Ainsi, tu dois travailler pour payer ce dont tu as besoin pour tenter de produire un exercice qui rapporte assez pour te faire vivre. Juste avec ce carnet si on me donnait un sou par visite, je n’aurais plus de dettes et j’aurais même de l’argent pour voyager.

Selon le ministère, je dois rembourser mes dus, avant de pouvoir suivre une autre formation universitaire, même si j’ai déjà remboursé tout ce que j’ai eu pour faire mon bac.  C’est impossible de t’en tirer. T’as besoin de formation pour trouver un emploi, mais pour avoir cette formation, tu dois payer plus que tu en es capable. J’ai déjà remboursé tout ce qui m’a permis d’enseigner durant 15 ans, en payant aussi des impôts.  J’ai dû aussi trouver l’argent pour m’occuper jusqu’à leur majorité des deux jeunes garçons que j’avais adoptés légalement (que le système aime ça ou pas).   J’avais remboursé tout ce que je devais en raison de la loi des dépôts volontaires.  Je ne devais plus un sou.  Je travaillais.

Je voudrais bien en refaire autant, mais on doit me permettre d’en avoir les moyens.  Je dois travailler, tout en ne nuisant pas à mon métier d’écrivain.

On me le refuse. On dirait qu’au cinéma, on a peur qu’il y ait trop de jeunes nus dans mes films.  J’avoue qu’en plus d’être voyeur, je crois que la liberté de la nudité est une évolution nécessaire dans l’esprit des humains.  Je n’ai pas honte de la nudité.  Ça ne fait de mal à personne d’être vu nu.  Mais, selon le système, il ne faut surtout pas réveiller les désirs. Quels cons !  Il faut être fascistes et réprimer le plaisir. Je suis trop vieux pour changer de trip.

En littérature, on a peur que mes textes soient des messages politiques cachés, en plus, d’être favorables à la pédérastie.  Deux raison pour m’écarter.  Donc, il faut me rayer le plus possible des rayons des bibliothèques.  À Montréal, on refuse, on censure mes écrits.  Des moralistes doivent décider, auparavant, ce qui sera lu par la population.  Il est ainsi presque impossible de retrouver mes livres.  Par contre, jusqu’à date, la bibliothèque nationale a presque tout ce que j’ai écrit ainsi que la bibliothèque de l’UQAM (sauf le dossier sur la Thérèsa qui est aux archives du gouvernement québécois, à Sherbrooke, sous un titre chiffré). 

Et, dans la vie quotidienne, on a peur que je rencontre la jeune âme-sœur… quelle société d’abrutis !  L’amour est pourtant moins dangereux que la violence ! Mon ami actuel à 70 ans. Je suis la jeune victime de son charme.

* * *

La démocratie passe par la vraie libération sexuelle de la femme, c’est-à-dire celle où elle est fière de vivre sa différence corporelle et de l’assumer pleinement.  C’est loin de la perception sexuelle homophobe des féminounes.

Les femmes ne seront égales que le jour où sexuellement elles cesseront d’avoir honte d’être femmes et de se sentir objet sexuel (Pouvoirs de l’horreur, Julia Kristeva, éditions du Seuil, 1980), mais qu’elles se verront comme un partenaire dans la réalisation d’un plan de vie avec une autre personne, comme le disait même Mahomet. 

Actuellement, leur chasse aux pédérastes (qu’elles nomment malhonnêtement pédophiles) et aux homosexuels (c’est ce qui couvre sous la cendre) cache presque toujours une chasse aux marginaux, aux libres penseurs ; car, s’il y en avait trop, on risquerait de semer le doute dans le système.  Cette couverture permet aux autorités de faire diversion comme les sports et de s’infiltrer dans les foyers. La répression sexuelle est la base des mouvements de droite dans le monde pour faire revivre le fascisme.  C’est un contrôle psychique…

* * * *

Au Québec, on veut un pays et on n’a même pas l’intelligence politico-culturelle de créer une littérature nationale.

Les hauts-fonctionnaires qui perpétuent l’exploitation du peuple reçoivent, même              « tablettés», des salaires mirobolants alors que les créateurs (écrivains, scénaristes, peintres, musiciens, etc.) continuent de crever de faim s’ils ne sont encore très connus. 

Ce fut le cas de Gaston Miron et de Gilbert Langevin, les deux plus grands poètes du Québec. Comment créer un pays si tu ne veux même pas assurer à tes créateurs le pouvoir de s’occuper de leurs œuvres sans crever de faim ?  Comment créer un pays sans ses propres héros ?  Pourquoi la littérature est- elle maintenant presque exclusivement féministe ?  Elle est même féminoune, car on a créé une littérature de la jeunesse pour protéger les enfants trop intelligents contre les allusions au sexe et éliminer toute curiosité sur le sujet.  Un autre moyen de contrôler la pensée des gens dès leur enfance.

* *

Aussi invraisemblable que cela puisse être, je reçois dix fois plus d’argent (redevances) du Conseil des Arts du Canada que du Québec.  Pourtant, j’ai toujours cru que la raison principale pour laquelle j’écris et pour laquelle je me suis battu, soit l’indépendance du Québec, repose surtout sur le fait que le reste du Canada nie ma culture francophone.         
 
Ce que j’ai à dire sur la pédérastie n’a pas de langue, ni de race, ni de pays.  Il s’agit de la liberté de l’individu.  On sait que les jeunes ne réclameront pas leurs droits.  Dans la Charte des droits de la personne, toute discrimination d’âge est interdite, mais on dirait que c’est un élément juste pour paraître, faire avant-gardiste. On le dit mais il ne faut surtout pas que ce soit appliqué dans la réalité.

Si je ne vaux rien comme écrivain que l’on me le dise. 

Je vais réajuster complètement ma vie sans l’écriture.  En attendant, je dois payer pour me faire entendre.  En ce sens, je doute fortement que j’ai assez de talent pour devenir un écrivain mondialement connu.  La littérature est devenue un commerce.  Il faut être bon vendeur pour être publié. Moi, j’écris pour changer les choses.

Par contre, dans ma vie quotidienne, on me défend mes amours pédérastiques à la Roger Peyrefitte, mes amours de « sugar dady ».  On rend criminel des rapports sociaux individuels qui ne devraient regarder que les personnes directement concernées.  Alors qu’en réalité, la sexualité n’occupe que très peu de place dans mon « temps physique », son interdiction a fait qu’elle noie tout. Ça me fait perdre un temps hallucinant.

Pendant que je perds mon temps à essayer de faire comprendre mon point de vue sur la pédérastie, que je braille sur mon sort alors que je demeure, malgré mes difficultés, un petit enfant gâté parce que je travaille à autre chose que mon écriture pour survivre. 

La société bourgeoise resserre son emprise.  Plutôt que de devenir plus libertaire, elle contrôle tout, en tuant, s’il le faut. On ne retient de la sexualité que les raisons pour l’interdire.  Au lieu de féminiser l’homme, comme le voulaient les mouvements féministes des années 1970, où chacun acceptait sa part, sa réalité, homme-femme, on a gardé les raison de craindre la sexualité et la combattre.  Cette paranoïa sexuelle ne cesse de se propager.        

Demain, nous vivrons dans un monde où plus personne ne sera libre de s’aimer.  La peur de l’Autre est devenu le moteur de notre agir et de nos suicides chez les jeunes, particulièrement, s’ils se découvrent gais.   

*****        

L’ascétisme, c’est le morbide, le masochisme dans la sexualité.    

On circoncise l’homme pour enlever de son corps toute trace, même symbolique, de sa féminité, d’où la circoncision est en soi (sauf pour des raisons médicales) une création macho.  On excise les jeunes filles pour les empêcher de jouir par stupidité.  Pratiques religieuses ou culturelles barbares qui devraient être universellement proscrites.          

Ces mutilations inutiles et stupides prouvent bien que sur le plan sexuel, nous ne sommes pas encore sortis des cavernes.  On nous oblige, grâce aux interdits sexuels, de penser à autre chose pour mieux vider nos portefeuilles.  Si l’on peut être assez naïf pour croire dans le péché de la chair, on est de bons moutons à tondre. …

Sur le plan sexuel, il n’y a pas de péchés, mais chacun de nos gestes portent en soi une très grande responsabilité.  Toutes ses pratiques symboliques religieuses anti-sexe de masse devraient être interdites.  De plus, le spirituel ne doit pas se confondre avec le politique.

Quand on est capable de nier ou de rejeter sa sexualité, on peut devenir par la suite assez fanatique pour se suicider pour un dieu.  Le lavage de cerveau est complet.

Je ne suis pas de ceux qui croient qu’il faut nécessairement souffrir pour grandir.  C’est en partie vrai, car la souffrance nous fait réfléchir, mais ça peut-être aussi le contraire… la souffrance peut aussi nous faire régresser. Elle peut nous rendre bêtes.  Notre société est dirigée par les faucons, l’orgueil, le commerce et la domination ; voilà pourquoi on bénit la violence et son économie.

* *

 Pour améliorer mon sort, on m’a refusé un prêt étudiant dans le cadre du projet Sprint pour qui me permettait de me recycler dans la connaissance des ordinateurs et de l’internet.   Pour m’empêcher de polluer l’esprit des jeunes, j’imagine.  Le pire on avait déjà accepté.  Mon entrée était réglée au cegep ; puis, on a tout cancellé en disant que l’on avait fait une erreur administrative.

On a peur que je leur enseigne peut-être pour éviter les touchers défendus.  Je les vois déjà ces pauvres jeunes se tordre de plaisir au bout de mes lèvres. Une première question surgit : A-t-on le droit de laisser jouir la jeunesse ?  Je dois être anormal, je préfère sucer à l’être… question de direction des énergies, de boire à la source de la beauté plutôt que de m’offrir aux énergies dissipées dans le nuage du passé… criait un fantôme. On crut reconnaître Verlaine, mais ça pouvait aussi être n’importe quel vent.

Comment peut-on penser qu’il est préférable de laisser un jeune crever de faim plutôt que de le voir vivre de l’amour d’un bonhomme, qui l’a remarqué et en en est tout simplement tombé amoureux ? 

La morale sexuelle répressive est une psychose paranoïde.  Tout le monde sait que le fascisme de gauche et de droite naît de la répression sexuelle. Les deux extrêmes se rejoignent sur ce plan.  La répression sexuelle tient de la peur et de la honte que le système a inventé autour du sexe.  Elle permet aussi la notion de propriété privée : mon épouse n’appartient qu’à moi.  La répression naît des tabous.

* * *

J’écoutais l’autre jour, à la télévision un ex-jeune se plaindre d’avoir été sucé par un prêtre. On a prétendu que ce prêtre avait volé sa jeunesse.  Ce geste l’a sûrement mutilé.  Se serait-il asséché ? Les cadeaux reçus et les voyages faits lui furent sûrement aussi très néfastes.  Si néfastes qu’il a pu continuer d’en profiter en le dénonçant.  Adulte, il a porté plainte contre l’Église catholique qui, dans son idiotie, lui a versé 350,00$ américains … C’est cher pour une pipe.           

Comment peut-on faire croire que se faire sucer fait si mal que ça t’enlève ta jeunesse ?  La jeunesse tombe avec le bandage ?  Il faut être débile pour croire dans ces mensonges et ces hypocrisies.  Les jeunes qui se sont suicidés avaient-ils d’autres problèmes émotifs ou était-ce dû à leur incapacité à endurer le regard des parents et leur état d’hystérie ? 

En réalité, la droite américaine avec ses preachers, a décidé d’occuper plus de territoire.  Pour cela, il faut écraser le pouvoir de la religion catholique.  Cela fait aussi l’affaire des autres religions.  Plus on est hypocrite, plus c’est payant.  Nous assistons à une guerre pour la suprématie religieuse, la domination des âmes … Chaque confession accuse l’autre de ses propres péchés.

L’amour des garçons existe depuis le début de l’humanité.  On ne peut rien contre la petite nature, on naît ainsi.  On ne peut apprendre qu’à la contrôler et s’en servir le plus positivement possible, mais l’homme est trop hypocrite pour l’admettre.  Il préfère prétendre que c’est contre nature et que Dieu, dans son infinie sagesse, est un imbécile qui s’est trompé en mélangeant les gênes.

Le problème de notre société, face à la sexualité, est de ne pas comprendre qu’il y a tout un monde entre deux êtres qui tombent amoureux, même par la séduction du plus vieux, et le commerce, les réseaux sexuels qui sont protégés par la loi et basés sur le proxénétisme ou l’esclavage… On oublie de faire la nuance entre le trafic d’enfants pour le travail, leurs organes, les bénéfices du parrainage international et de l’adoption et l’amour qui peut tout simplement s’établir entre deux êtres.  Un amour qui n’a pas de sexe, de couleur ou d’âge.

La pédérastie n’est pas un réseau, ce sont deux êtres qui tombent en amour l’un de l’autre … sans limite d’âge et de sexe.  Aux États-Unis, on en est rendu à définir la pédophilie comme étant les rapports entre un jeune de 16 ans et un plus jeune que lui. Comme société malade, on ne peut pas envisager mieux … mais, on peut bien vendre des armes aux enfants, sous prétexte de la liberté.  Un fusil doit être moins dangereux qu’une fellation !


Les réseaux sexuels tout comme ceux de la drogue sont très payants pour le système (il ne leur faut pas de concurrence déloyale).  Voilà pourquoi on s’attaque aux plus petits, aux individus plutôt qu’aux réseaux.  Détruire les réseaux, c’est bien plus difficile et coûteux, et le système n’en tire pas vraiment profit.  On a même essayé de faire croire qu’il y avait un lien entre le FLQ et les homosexuels … On s’attaque aux individus en leur donnant une image qui ne soit pas populaire, de manière à avoir plus de succès dans la répression.  C’est cela de la désinformation ! Tisser des liens qui n’existent pas.

La sexualité individuelle (un, deux ou en petits nombres) devrait être absolument acceptée et acceptable, en autant que tous les participants soient d’accord ; mais elle est une concurrence pour l’exploitation sexuelle organisée, d’où est-elle défendue.  

C’est le prétexte employé pour bien subventionner les milieux policiers.  L’amour entre un vieux et son protégé ne paye ni la police (l’état), ni la mafia (le contre-état), mais le jeune.  Cet amour est interdit parce que le jeune est le seul à pouvoir en profiter financièrement ou autrement.

Pendant des siècles, les maîtres et les chamans ont initié des garçons et nous ont légué des génies.  Ces derniers n’auraient jamais été capables de se développer, s’ils n’avaient pas rencontré l’adulte qui les a pris sous sa gouverne et les a aimés. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?

Les jeunes doivent être protégés, mais non surprotégés. Écrasés.

La sexualité libre est un drame parce que les adultes en font un drame.  Un drame qui n’existe qu’entre les deux oreilles parce qu’ils n’ont pas évolué… 

Quand j’étais petit, il ne fallait pas manger de viande le vendredi sous peine de péché mortel.  Aujourd’hui, plus personne ne se rappelle de cette loi religieuse.  Où sont allés, après leur mort, tous ceux qui ont mangé de la viande depuis que cette loi n’existe plus ?  Est-ce ça, la justice divine ?

C’est exactement la même chose avec le péché mortel d’impureté.  En le créant, tu pollues l’existence des jeunes quand ils découvrent leur sexualité. Cela crée automatiquement un sentiment profond de mésestime de soi.   Avec ces histoires de fous, ils peuvent être scandalisés, se détester, se culpabiliser à cause de cette invention religieuse.  Puis, un jour, ils découvriront qu’ils se sont fait mentir toute leur vie.  Notre civilisation est marquée par ce jansénisme maladif.

On attache un milliard de fois trop d’importance à la sexualité, qui devient tout le bien, tout le sacré, tout le mal, grâce à son interdit qui contrevient à toutes les réalités de la nature…  À nous entendre parler, on dirait que la sexualité est la seule chose qui compte dans la vie alors qu’en réalité, pour moi en tous cas, comme la plupart j’imagine, la sexualité est «une absence omniprésente», une force, un moteur émotif.  On la vie, sans toujours y penser. 

La sexualité n’est pas que génitale, c’est aussi tomber en amour.  La libido agit comme un phantasme, une obsession déambulante.  Elle est de plus en plus rarement, malheureusement, une expérience physique du réel, de la vie quotidienne.  C’est notre moteur individuel que l’on condamne. 

On commence à peine à reconnaître le côté mafieux des divisions sexuelles puisqu’on n’a pas encore été capable d’écrire une histoire de la sexualité qui contient l’aspect positif de toutes ses manifestations (hétérosexualité, homosexualité, pédophilie, pédérastie, bestialité, etc.) dans toutes leurs beautés et parfois leurs horreurs.

On prétend qu’un enfant ne doit pas vivre une expérience sexuelle au cas où il serait traumatisé par la suite dans sa vie d’adulte.  Même si l’enfant vit dans un monde où la sexualité est culpabilité et honte, le jeune n’en demeure pas moins un être sexué et curieux.  Cette réalité de la sexualité est déjà en contradiction avec la réalité religieuse. Un jour ou l’autre, il sera confronté à cette contradiction.  Cette morale religieuse, du péché partout, même là où il n’y en a pas, est menteuse et surtout profondément hypocrite.  On aura beau dire, mais en quoi la chèvre (l’animal) est-elle traumatisée parce que son maître l’encule ? Nous projetons notre désaccord en y voyant du mal.  Personnellement, je trouve ça plus stupide que dégueulasse.   Souffre-t-elle comme nous le prétendons ?  On ne le sait pas, mais le bon sens demande que tu ne partages pas ta sexualité avec une autre sorte d’animal. 

On a oublié d’autre part que ce qui se passe dans le pantalon du voisin ne nous regarde pas.  La morale est une invention humaine.  Un miroir de ses peurs et parfois le reflet de son ignorance. 

Je me rappelle mes premières lectures où l’on prétendait qu’un jeune pouvait être traumatisé par la grosseur du pénis d’un adulte.  Je ne comprenais vraiment pas pourquoi voir un «gros bâton» pouvait à ce point nous affecter, à moins de se faire enculer.  Avais-je manqué quelque chose ? Je trouvais ça répugnant, mais pas traumatisant.  Je me demandais pourquoi les psychologues exagèrent toujours ? Ils basent toute leur réflexion sur l’apriori que la sexualité est mal en dehors de la procréation, comme les religieux.  Leur approche est aussi bornée.

La sexualité est encore vécue comme une chose, une force irrationnelle, incomprise.  Aux yeux de beaucoup, la sexualité est mauvaise parce que certaines traditions humaines l’ont décrétée mauvaise. Par contre, on a sacralisé la Vierge.  Une pudeur de pure hypocrisie que de vouloir enfanter, sans avoir fait l’amour, comme si c’était l’idéal.

Pourquoi priver les autres de ce que l’on se prive ?  Remarquer l’obsession de ceux qui arrêtent de fumer et qui veulent depuis éliminer la cigarette de la terre. Est-ce pour universaliser sa douleur, sa privation ?  Pour sublimer son mal en le projetant et en le partageant ?  Est-ce que ça fait moins mal de sentir sa douleur partagée ?  Superficiellement.

La sexualité chez les enfants est un jeu, une liberté, une curiosité.  Elle est souvent vécue comme étant pratiquement inexistante ou une aventure momentanée.  Elle est la découverte de son corps, de ses hormones et de la différence de l’Autre.  C’est la beauté de cette découverte de son corps et en même temps de celle du plaisir.   Apprendre à accepter d’avoir un corps, des limites dans le temps, apprécier la différence, apprendre à accepter de devoir d’aimer les autres comme soi-même, c’est le travail de l’éducation d’un enfant. (Tout se passe avant six ans, Fitzhugh Dodson, Marabout)

L’apprentissage génital ne vient que vers 10 ans ou après, pour la plupart des garçons.  Il est l’expression d’un plaisir quasi innommable, indéfinissable, tant il est grand et sournois.  Déjà, l’orientation sexuelle fait toute la différence car, elle constitue le degré d’attraction, de recherches des formes et des symboles, des expressions qui nous séduisent, qui nous guident bien inconsciemment dans notre soif de plaisirs

La sexualité pour un jeune n’a rien de dramatique, sinon l’emphase que les adultes mettent autour.  Pour l’enfant, elle est curiosité, découverte, plaisir.  Malheureusement, chez les filles, on enseigne encore que leur sexualité peut être signe de danger, elle est souvent présentée comme sale, honteuse, souffrante.   Elle ne peut engendrer que la peur et la honte. Il n’est pas surprenant que tous les Hoover (un chef du FBI gai, qui pour que ça ne paraisse pas, faisait la chasse aux gais) se retrouvent aujourd’hui chez les féminounes qui se projettent dans les filles moins âgées. 

Les plus scrupuleux sont très souvent ceux qui croient les autres pervertis parce qu’inconsciemment, ils se sentent et se savent des pervertis et se maudissent de l’être, comme si l’homme devrait être parfait.

La répression sexuelle ne sert qu’à établir une nouvelle division : les purs et les impurs.  Elle sert à caractériser les gens.  Cette division est à l’origine de la discrimination et du racisme.  L’autre, nous est toujours inférieur quand on se croit pur.

Plutôt que d’interdire les relations sexuelles entre les jeunes et les plus vieux, on devrait au contraire établir des règles quant à la responsabilité civile qu’engendrent ces relations.  Ces dernières devraient durer assez longtemps pour qu’elles soient profitables aux jeunes.  Aux ateliers sur les homosexualités, les jeunes prostitués dénonçaient l’éphémérité et l’irresponsabilité des relations dans la prostitution. 

Le premier point qui ressortait : personne ne devrait se prostituer contre sa nature.  Si t’es hétéro que fais-tu avec un gai ? Personne ne devrait être scandalisé d’être «cruisé» parce que tu as la liberté de dire oui ou non.  Un rapport humain sans amour a beau être très bien payé, ce n’est qu’une transaction.  Elle ne pourra jamais être bénéfique pour le jeune.  Devoir vivre ses amours à la cachette est toujours malsain.  Comment faire autrement tant que les parents n’auront pas appris à accepter leurs enfants tels qu’ils sont ?  Cela n’empêche pas de fournir une éducation saine, c’est-à-dire une éducation à la recherche de l’autonomie.  Une possibilité qui s’offre dans la tendre enfance, car devenus ados, les jeunes écoutent de moins en moins les adultes.  En fait, le rôle des parents et des éducateurs est de créer des êtres responsables, autonomes. Il y a toute une différence entre tout défendre et tout permettre.         

Quel est le pire ?  Tout défendre engendre des hypocrites ; des frustrés alors que tout permettre crée des enfants gâtés. Des enfants qui ne savent pas accepter les sacrifices.

Dans la pédérastie, c’est la tendresse, l’amour, le plaisir de vivre ensemble qui l’emporte ; car le pédéraste sait découvrir son âme d’enfant pour vivre d’égal à égal avec celui qu’il aime.  Il n’y a pas de rapport de force.  Le vieux est souvent celui qui est exploité, contrairement, à tout ce que l’on dit.  Ainsi, cette relation ne pourra jamais être satisfaisante sans une osmose d’âme- à- âme, sans que cette relation se transforme en une amitié profonde.     

La pédérastie n’est pas que génitale, c’est une senteur, un sourire, un geste du corps, une tendresse, une extase.  C’est tomber follement en amour.  Si Dieu a créé plus beau, il l’a gardé pour lui. Pourquoi ce serait dangereux ou culpabilisant, si l’on accepte comme dans la Grèce antique que la sexualité est bonne ?  Si elle est vécue en toute liberté, sans hypocrisie ?         
 

Le client du prostitué peut être d’un égoïsme lamentable, car sa relation lui permet, sans responsabilité de jouir du moment et d’abandonner l’autre comme un chiffon.  Par contre, si les deux sont consentants à une telle relation, ça ne regarde qu’eux.  Nous n’avons pas à juger les individus et leur notion d’éphémérité.  Mais, avec la philosophie de surprotection des femmes, on fait du jeune un bibelot : regarde, mais ne touche pas… c’est 10$…        

Un jour, un de nos politiciens fédérastes a dû apprendre qu’on ne tape sur les fesses d’une de ses électrices.  Il a perdu sa course à la chefferie de son parti pour un geste aussi banal. Et moi, j’ai dû apprendre qu’il ne faut surtout pas féliciter un jeune qui a bien joué aux quilles en lui assénant une belle petite tape sur les fesses à son passage.

Cet interdit, ce reproche que l’on m’a fait, est une idée de bourgeois constipé !  Quelle connerie !  Il y a souvent la projection de sa propre paranoïa à travers nos lois qui veulent régir la sexualité.  Une jalousie du plaisir ? 

Pour l’adulte, la sexualité est autre chose, non seulement dans sa manifestation, mais dans les responsabilités que la procréation engendre. Elle prend la tournure d’une forme de possession chez les femmes et de domination chez les hommes, comme si l’amour ne pouvait pas se manifester de dehors de la pénétration, de la possession. 

Qu’on le veuille ou non, l’interdit sexuel est relié à la procréation, au contrôle de la masse, puisque le seul but «accepté» socialement pour la sexualité est de procréer, et non de communiquer, encore moins de jouir

La répression sexuelle est strictement un phénomène économique.  Elle permet de contrôler les futures dépenses de la société.  

La droite combat le péché, l’avortement ; mais ne semble pas comprendre que le meilleur moyen de combattre l’avortement serait de créer des mécanismes pour venir en aide aux femmes qui doivent avorter de manière à ce qu’elles puissent plutôt donner naissance et ne pas ensuite devoir payer pour leur geste pour le reste de leur vie et celle de leur enfant.  On a qu’à rendre l’adoption plus facile.  

Dieu ne nous demande pas de suivre ses ordres à la lettre, il sait que nous n’en sommes pas capables… On n’est pas tous parfaits comme lui.

Le retour à la peur de la sexualité va de pair avec l’arrivée de la majorité féminine.  Les féminounes proclament la chasse aux pédophiles parce qu’elles retrouvent à travers les enfants, la même peur des mâles qu’elles doivent reconnaître en elles.  Si on les écoutait, personne ne devrait faire confiance à un mâle et tout le monde devrait se protéger de tout ce qui est étranger.  Mais, grâce aux religions, elles seront toujours des putains si elles vivent librement leur sexualité et qu’elles essaient de plaire aux mâles, comme leur nature le veut bien.  Être à la fois la Vierge Marie et Marie-Madeleine… ce serait-il ça être femme ? Pourquoi ne peuvent-elles pas choisir la carrière plutôt que la procréation ?  Leur vie leur appartient.

Spirale intraprojective 9

septembre 14, 2020

Spirale intraprojective 9

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 66 à 76)

* * * *

Au fédéral, cette mafia légale a su créer tous les trucs pour exploiter les pauvres, car ils sont sans défense.  Le vol légal de la caisse de l’assurance -emploi (assurance-chômage) est un exemple type. Mais nous sommes assez masochistes pour réélire ceux qui nous volent ainsi.  

Au Québec, tous les instruments collectifs créés pour assumer notre indépendance et notre bien-être collectif ont été détournés de leur fin pour devenir l’outil et l’instrument ultime de la richesse d’une petite bourgeoisie qui semble se préoccuper plus de son portefeuille que du bien-être de la société.        

Les sociétés d’état sont là pour permettre à tous les habitants du Québec de jouir des mêmes privilèges de base et de la même conception sociale … faire une belle vie.  Il y a seule différence dans les partis politiques, l’un préconise le fédéralisme et l’autre, l’indépendance pour y arriver.  Les objectifs socio-économiques devraient être les mêmes, le bien du peuple.

Toutes les institutions gouvernementales et paragouvernementales devraient être à but non-lucratif et obligées de se conformer à l’existence d’un déficit zéro.     

Il est anormal qu’après la nationalisation de l’électricité, les citoyens, soient encore obligés de payer des prix de fous pour se chauffer.  La vente des surplus d’électricité aux Américains doit strictement servir à diminuer ou éliminer au maximum tous les comptes d’électricité des pauvres.  C’est ce dont rêvait René Lévesque.  Pourquoi les caisses populaires ne servent plus le petit peuple pour lui permettre de se sortir du trou ?     Pourquoi les Caisses populaires sont-elles devenues aussi sales que les banques ?   Qu’attend-on pour garantir dans la future constitution du Québec que jamais les pensions ne seront diminuées, et que dans aucun cas ni le gouvernement, ni les institutions privées ne pourront les saisir en partie ou en entier.  Les anciens rejettent l’indépendance parce qu’ils ont peur de se faire voler le petit peu qu’ils ont par des gouvernements voraces.  La confiance dans les gouvernements n’existe plus.  Même si Paul Martin prenait le pouvoir, tout le monde sait qu’il est un magnat de la finance : ses excédents budgétaires n’ont pas empêché qu’on plume les plus petits par l’assurance emploi, par exemple.      

Avec mon procès. je me suis fait voler sur tous les plans par l’état et le système économique.

J’avais investi 10,000$ en REER.  J’ai payé cet argent comptant.  Pourtant, je n’ai pu retirer que 4,500$ pour payer mon avocat.  C’était clair : où je payais 10,000$ où j’allais dedans.  Si ce n’est pas un vol légal, je me demande ce que c’est.  Je n’avais pas l’argent, donc, je suis allé dedans…           

Quant au système judiciaire, il est tellement pourri qu’il n’est peut-être plus réformable.  Juges, avocats, mafias font bon ménage, c’est de plus en plus connu.  Pour nourrir tous les parasites du système judicaire avec les pègreux et la police, il faut inventer des crimes.  D’où nous viennent les crimes sexuels sans violence.

J’ai souvent utilisé un langage violent pour mieux passer pour un révolutionnaire (surtout après une bouteille de vin quand je perds la tête), mais j’ai toujours voulu conjurer, éliminer toutes les formes de violence rattachées à l’injustice sociale qui existe chez-nous et dans le monde.  Faire peur pour éliminer la peur.  Traduire la peur dans un vocabulaire traditionnel, un langage que tout le monde comprend. 

Vouloir le bien de tous, particulièrement des enfants et des personnes âgées, car ils sont sans défense.  Et, leur existence ne se confine pas à un «sexe».  Une petite pipe pour 20$ est sûrement préférable à ne pas manger durant de nombreux jours.  Ça toujours été ma principale préoccupation.  Je ne peux pas endurer de voir la douleur des autres, ça me fait trop mal.   
                                                               
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 Il est bien évident qu’un jour les pauvres découvriront peut-être que leur sort ne tient pas à la religion, mais à une petite bande de trous-du-cul qui dominent le monde : les financiers.         

Il ne faudra pas se surprendre alors que les pauvres songeront à empêcher tous les individus de posséder plus de un million (dollars américains) par an chacun, car en ne partageant pas les surplus de leurs argents, ils contribuent au malheur dans lequel doit vivre la majorité des gens sur la planète.  Ils privent l’humanité du bonheur dont elle a droit.  Je ne crois pas qu’il soit violent de dire : attention !  Un jour les hommes se réveilleront. 

Le système capitaliste est en soi une pourriture basée sur le pouvoir et la compétition. , mais il peut aussi être une force brute nécessaire, si elle est équilibrée par des gouvernements tout aussi fortement socialistes.  Les individus ont besoin de challenge pour évoluer.  Vaincre la misère peut en être un.  L’état existe par et pour le peuple.          

Un jour, les riches paieront la note, car ils refusent de le comprendre… ils refusent de partager.  Ce n’est pas prôner la violence, c’est au contraire, essayer par la prise de conscience de l’extirper, d’empêcher la violence d’arriver, en décriant ce qui semble les causes profondes de ce que sera la grand révolution mondiale. 

C’est tenter d’éviter que la naissance du Québec soit une autre Thérèsa. 

(Si j’avais des éditeurs, on saurait de quoi je parle … Puisqu’on m’a offert de publier l’étude faite concernant cette mine d’or en moins de pages, cela se produira bien un jour … mais pour pouvoir écrire, il faut du temps et de l’argent, il faut pouvoir survivre… ce que je n’ai pas pu concrétiser réellement jusqu’à maintenant.)

Le salut de l’humanité passe par l’éducation de tous les peuples, de tous les individus.  Les sociétés sont à l’image des individus qui les forment.  La question à savoir ce que nous devons faire pour vivre en harmonie avec l’Autre doit être au centre de nos préoccupations.  Comment créer la tolérance, apprendre à accepter chaque individu tel qu’il est, partager ?        

Dans les années 1970, nous étions tous déjà plus libres qu’aujourd’hui.  Il a fallu un ou des imbéciles qui décident de resserrer l’application des lois pour que nous revenions au Moyen-âge.  Je n’ai plus l’impression de vivre dans un état libre, mais dans un état policier, comme le répétait quotidiennement mon ami Pierre Faucher, un ancien policier de la Sûreté du Québec, qui enseignait le français avec moi, à Val-d’Or.

Un pays libre crée le minimum possible de règles. Il est interdit de tuer, blesser, voler, frauder, violer, d’être violent.  Même si la loi est la même pour tous, les juges sont là pour définir les variantes dans son application, c’est-à-dire la gravité des cas. Un viol est un million de fois plus inacceptable qu’un attouchement sexuel dans le seul but de se procurer un peu de plaisir à travers des caresses.  Pourtant, on ne fait aucune distinction.

*                 

Notre système judiciaire doit reposer sur la réhabilitation et non la punition quoique parfois la punition doive être intégrée à un processus de réhabilitation.  Comme Foucault le dit, si un individu est incarcéré, la prison doit être un lieu de réflexion, un endroit où les psychologues et travailleurs sociaux l’aideront à réévaluer ta vie, ses valeurs, ses motifs d’action. 

La prison doit fournir aux jeunes la chance d’apprendre un métier, d’avoir une aide particulière pour se réintégrer dans la société.  Un jeune prisonnier devrait immédiatement être pris en charge par une équipe multidisciplinaire chargée de l’aider. Ça n’existe pas encore mais c’est urgent.  Un jeune de retour au travail coûte moins cher que de pourrir en prison. 

Et, comme le disait Foucault, le coût de l’incarcération comprend aussi le déséquilibre que subit son milieu. Il y a un prix à payer pour mettre un gars en prison. Par exemple, j’ai une maîtrise et tous les diplômes pour enseigner et l’on m’empêche de travailler dans l’enseignement.  On préfère des jeunes qui finissent à peine leur secondaire. Il faut être crétin pour établir de telles règles. En prônant une telle morale, on est responsable des carences sociales que ça donne.

Il faut aussi apprendre à respecter les droits de l’individu, sans restriction inutile et définir ce qu’est la vie privée, l’intimité, pour pouvoir garantir le droit à l’orientation sexuelle et de créer sa vie.            

Tant qu’il n’y a pas de violence ou de proxénétisme, le sexe ne regarde personne.  La prison n’est pas là pour permettre à ceux qui jouissent de voir les autres souffrir de vivre comblés. 

La prison est un outil de réflexion. Les lois sont là pour permettre une certaine égalité de chance entre tous les hommes et aussi, faut bien l’admettre, interdire les débordements de la passion humaine.  Il est facile de nourrir les statistiques pour justifier la présence de la police en s’attaquant à la sexualité plutôt que de combattre le crime organisé, mieux structuré et plus dangereux.

Qu’un individu regarde de la pornographie infantile ou pas, seul, chez lui, en se masturbant, c’est moins dangereux que la répression sexuelle et ça ne fait mal à personne.  Si les prisons sont remplies, c’est que l’état se met le nez partout où ça ne le regarde pas. C’est à dire là où il n’y a même pas de violence.  Le judiciaire veut dominer la sexualité des individus à la place de l’Église.

La justice est là pour protéger les individus et non devenir un instrument pour contrôler les individus et les sociétés. Ça coûterait moins cher si l’Étant enlevait son nez de nos bobettes.

Quand nos policiers s’attaqueront au vrai crime organisé, ils n’auront plus le temps de venir compter le nombre de secondes que ça te prend pour bander en regardant un film pornographique.  Ces recherches sont du pur fascisme.  Le meilleur moyen de ne pas avoir d’obsédés, donc de gens dangereux, c’est leur laisser la chance de répondre à leur fantasme devant un ordinateur.  D’ailleurs, qu’est-ce que la pornographie ?

La pornographie est en principe ce qui choque visuellement ou auditivement les valeurs d’une personne, face à la nudité et à la sexualité.  Rien n’est plus difficile à définir, car elle est essentiellement individuelle, basée sur ton ouverture d’esprit et ta culture.  Pour moi, le sadomasochisme et la sodomie sont de la pornographie que ce soit filmé avec des adultes ou avec des enfants.  Ce n’est pas nécessairement le point de vue de tous.  La pornographie est donc déterminée selon ses propres valeurs. 


Sauf la sodomie et le sadomasochisme, qui m’écœurent plus qu’ils me troublent, rien n’est pornographique.  La pornographie devrait être libre, car, du moment que tu en as assez vu, tu n’as plus d’intérêt à regarder. Il est plus dangereux de demeurer sur la soif de sa curiosité sexuelle que d’y répondre.  C’est un principe freudien de base. La nudité n’a rien à voir avec la pornographie.

Quant à la pornographie infantile plutôt que la police contrôle l’internet de tous, qu’elle essaie même de les piéger (comme si on pouvait être coupable d’être intéressé ou curieux) ; on devrait s’occuper de la production, s’assurer que tous les participants sont libres et que ces productions ne servent pas de vitrines pour un quelconque commerce charnel international.  Le reste, ça ne regarde personne. . Personne n’est diminué parce qu’on l’a vu nu.  L’intérêt pour la répression de la sexualité des autres cache toujours chez ces disciples de la morale un lot de morbidité et d’hypocrisie.

En 1967, je travaillais comme déblayeur de tables dans un club, à Montréal, pour payer mes études.  À chaque fois que des inspecteurs de la moralité passaient, il fallait leur servir gratuitement tout ce qu’ils désiraient.  Toutes les brigades de la moralité devraient être abolies, car elles sont toutes plus vicieuses que le moins vicieux des clients.  C’est trop facile de devoir te laisser sucer pour pouvoir accuser quelqu’un.  Ce n’est pas très souffrant, mais c’est mauditement hypocrite.

 Dans les années 1970, j’ai eu en cadeaux des livres qui seraient classés aujourd’hui comme étant pornographiques alors qu’ils étaient en vente libre dans les pays (Hollande, je crois) où on se les avaient procurés.  Ils sont effectivement pornographiques, sans violence, de belles gueules. 

J’aurais pu être condamné pour les avoir en ma possession depuis au moins 20 ans.  Je ne les regardais que très rarement (je préfère la réalité) et je les conservais parce qu’ils avaient pour moi une valeur émotive : c’était une façon de me remercier de me battre pour la liberté sexuelle individuelle. C’était le signe d’un «certain appui» d’une très infime partie de la population pour mes textes sur la pédérastie.  Certains comprenaient que ces livres visaient la libération des individus.

Est-ce que la bêtise humaine peut exiger que je sois obligé de me départir ces lires reçus en cadeaux ?  Qui a souffert que je regarde de temps en temps ces petites beautés nues ?  En sexualité, seule la violence, incluant le proxénétisme (exigé d’un autre la distribution de services sexuels pour en toucher les bénéfices) doit être totalement et à jamais interdite.        

Une des pires caractéristiques humaines est d’exiger des autres le même comportement que soi, même s’il est parfaitement morbide comme le scrupule.  Le scrupule conduit à la paranoïa, car il repose sur la honte de son corps, donc, sur une certaine forme de mépris de soi.  Il marque aussi l’impossibilité de l’individu à vivre en se sentant regardé.   Le problème avec nos scrupuleux, c’est qu’ils ne font aucune nuance.  C’est normal d’avoir une petite gêne ;  mais quand on en est rendu à faire la guerre aux soutiens gorges trop voyants, on est devenu pas mal sauté.  Les scrupuleux proscrivent tout et toujours, sans même s’en rendre compte, au nom de principes religieux.      

Pourquoi exiger des autres qu’ils aient ta morale ?  « Le problème avec la morale, disait Léo Ferré, c’est que c’est toujours la morale des autres.» Qui es-tu pour être assez parfait pour exiger que les autres doivent se plier à « ta morale»?  Si tu ne veux pas voir de nus, regarde ailleurs ou ne regarde pas.  La vue d’un nu n’a jamais rendu personne malade… sinon de désir… Si tu es trop hypocrite pour accepter tes désirs, les autres n’ont pas à se priver, à sacrifier leur plaisir parce que tu ne sais pas te comporter et que le désir est pour toi une raison de succomber à ta vraie nature.  On dirait que toutes nos grandes âmes, chastes et pures, cherchent à empêcher les autres de jouir de ce qu’elles se privent.  Cette peur était-elle autre chose qu’une forme de jalousie ?

C’est le même principe quant aux drogues légères.  Il y a quelques années, la police tolérait la possession simple ou le fait de laisser pousser de la marijuana pour consommation personnelle chez toi. (Au Québec).    Cette règle a été renversée pour aider le crime organisé.  Si le pot n’a pas été traité, il y a une grande chance que tu sauras éviter toute dépendance.  On peut y ajouter ce que l’on veut. Et, si tu ne contrôles la vente de drogues légères, tu pourras pousser la vente de drogues dures. L’interdiction de la marijuana est un compromis du système judicaire en faveur de la mafia.  Pour consommer, il faut absolument passer par la mafia.

La possession simple de marijuana doit être permise.  Quant aux drogues dures, elles doivent être interdites et leur commerce doit correspondre à des peines équivalentes à des tentatives de meurtres, car elles sont responsables de la majorité des crimes, soit par leur effet sur le cerveau ou les moyens employés pour pouvoir s’en procurer.  D’où viennent localement les drogues dures ?  De quels laboratoires ?  C’est ce à quoi la police devrait œuvrer.  Chasser le producteur est non le consommateur ; car en chassant ce dernier, on ne fait que garantir de perpétuer le système.

Cependant, il faut admettre qu’une trop grande quantité de pot ou une trop longue consommation quotidienne entraîne de graves problèmes de mémoire et de concentration.  Même que le petit pot peut devenir le pire ennemi de l’école, à l’adolescence.  Non seulement le pot peut être nuisible aux études ; mais aussi, à la productivité quand on est sur le marché du travail.  C’est le cas de ceux qui consument parce qu’ils ne s’acceptent pas ou se déprécient.

À la longue, même une drogue douce peut amener chez certains des problèmes d’humeur.  Ce n’est pas pire que la boisson, mais comme elle, la modération a bien meilleur goût.

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Notre système est entièrement pourri.  On ne pourra jamais s’en sortir tant que les hauts fonctionnaires mènent la barque.  Les gouvernements passent, mais les fonctionnaires restent.          

On croit vivre la démocratie seulement en votant, mais c’est faux à cause de nos divisions, de la différence de nos intérêts à se regrouper.  Le politique devrait être le summum de l’amour parce qu’il s’agit d’un amour gratuit, pour le bien de tous les citoyens.  C’est ce que l’on nous apprend, mais c’est loin d’être la vérité.

Les gouvernements sont les gérants d’une caisse monétaire qui est distribuée selon les gagnants des luttes de pouvoir qui s’y livrent.  Pour qu’il y ait une ombre de vérité, il faudrait que tous les gouvernements élus soient obligés de réaliser le programme pour lequel ils ont été élus.  Ainsi, au moins, en votant, on saurait pourquoi on vote. 

Tous les hauts-fonctionnaires devraient être imputables et démis s’ils ne respectent pas les consignes d’un nouveau gouvernement.  Cependant, pas question de changer les travailleurs de la base. Cela s’applique seulement pour les cadres qui doivent être utilisés ailleurs. Toutes les institutions gouvernementales et paragouvernementales (seules capables d’avoir les subventions de l’état) devraient être sans but lucratif et soumises à la règle du déficit zéro.

 Aucune industrie privée ne devrait toucher un sou de subventions des gouvernements.  Il s’agit du bien-être social pour multimillionnaires.           

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Le don gratuit n’est pas de nature humaine, sauf peut-être chez Jésus et des saintes comme Ste-Thérèse, mère Thérèsa.  Même dans ce cas, il faudrait trouver leurs motifs d’action avant de crier à la gratuité.  Chaque jour, dans les gestes de la banalité de la vie quotidienne, tout le monde découvre en soi un héroïsme édifiant.  Nous savons d’instinct que le seul vrai sens de la vie est de découvrir la beauté et la joie de vivre l’instant présent, de se laisser séduire par la beauté des Autres. 

Découvrir la beauté de la vie, à travers Soi et les Autres, c’est une prière permanente, la quête quotidienne du visage de Dieu.  (À remarquer qu’à toutes les fois qu’on va dedans, on en ressort pour un temps encore plus religieux).  Nos religions se servent de rites pour garder l’oeil sur l’état de la foi et contrôler sa puissance psychique sur chaque individu, d’où le besoin de collectivité religieuse.  Qu’il y ait une plus grande force énergique dans un groupe, c’est probable et possible.  Mais, on ne doit pas prier pour se faire remarquer.  Je n’ai pas besoin d’un prophète pour me dire comment je dois m’y prendre pour me tenir la bourse quand je vais pisser.

Tu n’as pas à attirer l’attention pour prier, ça se passe entre tes deux oreilles.  La pensée n’a pas besoin de signe extérieurs pour se répandre et se communiquer.  C’est instantané. Les paroles n’ont pas à être apprises et répétitives.  Les signes extérieurs ne servent aux autres que pour vérifier ton taux d’obéissance, la profondeur de ton engourdissement religieux.  

La communication avec l’au-delà est une onde à créer. Elle est plutôt de nature implosive, personnelle. Ça fait un peu curé, mais il n’y a pas d’autres moyens pour le dire.

Toutes les traditions sont des moyens employés par différentes civilisations pour soi-disamment nous apprendre le bonheur et donner un sens à nos vies.  En réalité, on nous prépare à être de bons moutons, à vivre dans le troupeau, à ne pas poser de questions.  Sous prétexte de la connaissance, on maintient le carcan individuel, l’engourdissement du cerveau, en faisant appel aux traditions.  Les rites sont des moyens inventés pour nous contrôler.  Si la prière a une valeur, c’est au niveau de l’énergie, sûrement pas sur la fréquence et de la façon de prier. 

Malheureusement, les traditions sont tellement nébuleuses et ancrées, sclérosées que l’on refuse de les remettre en question.  Ainsi, des milliers d’années plus tard, on a une technologie de pointe militaire absolument fantastique, car on a toujours investi dans le militarisme pour justifier les dépenses inutiles essentielles à la survie de l’économie ; mais on n’a pas encore avancé dans la compréhension des déficiences individuelles (maladies de toutes sortes) et remédier au malheur de l’homme…

Nos traditions ont échoué, car elles portent toutes le même prémisse : défendre la chair et diviniser la violence et le pouvoir.

S’il y a vraiment eu trois ensemencements humains par des extraterrestres, comme dirait mon grand ami Jean Ferguson, quoique je n’y crois pas, disons que les financiers sont les extraterrestres de bas niveaux, les conquérants.  Ils vivent d’intérêt et de plus-values.  Ce sont les exploiteurs, ceux qui vivent aux dépens des autres.  Par exemple, le producteur d’un film se fait des millions alors que celui qui a créé l’histoire crève de faim. 

Dans notre monde, il y a les exploiteurs et les exploités.  Les exploiteurs se nourrissent d’avoir et de paraître.  Ils ne pensent pas, ils ne créent pas, ils «stratégisent».  Ils ont une faim infinie de richesses.  Ils se nourrissent d’avoir, de paraître, d’extérieur.  Ce sont de dangereux charognards.  Des êtres sans âmes.  C’est l’esprit financier, militaire, conquérant.  Celui qui se croit parfait. Le dominateur.  L’exploiteur.  Le financier, quoi !  Il a tout et ne veut rien partager à moins qu’on ne le force.

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À cause de leur insatiabilité, les financiers sont les vrais fabricants de guerre.  Ce sont les pires voleurs légaux, sans âme, ni conscience.  Les intérêts des institutions financières sont la plus grand forme de vols légalisés quand l’intérêt pour l’argent que tu déposes est inférieur à celui qu’ils veulent te donner quand c’est eux qui prêtent. 

Pire, sans le vouloir, les classes moyennes avec leurs taxes et leurs impôts financent les armées des GROS qui les dominent (USA, Russie, Chine, etc.) Ce sont les riches qui sont les fabricants d’enfer.

Dans son livre La paix indésirable, l’ancien conseiller du président Kennedy disait qu’il faut absolument des guerres locales puisque le système économique repose, existe, grâce aux dépenses inutiles créées par les guerres.  Sans elles, le système ne peut pas survivre. 

La guerre est la nourriture de tous les systèmes qu’ils soient capitalistes, communistes ou fascistes. La guerre permet le colonialisme, la domination des uns par les autres. La guerre nécessite la création de emplois les plus développés dans le domaine de la recherche qu’elle soit médicale ou autre.          

Chaque gouvernement doit répondre aux exigences essentielles de sa population.  La terre peut être le ciel ou l’enfer, tout dépend des hommes.         

Aimer plus Dieu ou plus l’argent que l’Homme, c’est carrément stupide et mauvais ; car, dans tous les livres saints de toutes les religions, il est écrit qu’il faut aimer l’Autre comme Soi-même pour l’Amour de Dieu.   Dieu doit vraiment être vexé de voir autant d’êtres humains qui n’arrivent pas à vivre la réalité et prétendre qu’ils ne doivent vivre que pour Lui. Rejeter sa création, c’est le rejeter, non ? Dieu est un artiste.

Le fanatisme religieux est basé sur une telle inflation de l’En-soi qu’il exige la disparition de l’individu en tant qu’être.  Pourtant, chaque humain qui ne s’aime pas est incapable d’être charitable envers les Autres.  Sa prétention de servir Dieu est alors hypocrisie et mensonge, car selon Dieu lui-même, il faut aimer l’autre comme son égal.  Il est impossible d’aimer les autres, si tu ne t’aimes pas toi-même.  La paix peut-elle être possible avec des êtres qui rêvent de domination ou qui sont indifférents à la douleur des autres ?

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Parfois, je me sens comme le petit gars de dix ans que j’étais, servant la messe, à Barnston, et, qui se demandait comment éliminer la guerre avec les communistes (l’ennemi dans tous nos journaux).  Je voyais dans la mondialisation une cause des futures guerres parce que les humains sont incapables de planification, de marier leur passé à une expérience présente pour un meilleur avenir … ce jeune moi voyait et vivait dans ses rêves la fin du monde utopique, organisée par les grandes puissances, une pollution due aux retombées de la pollution.

La tentative de ramener la paix en lui et chez lui l’habitait.

J’étais ce jeune qui voulait la paix parce qu’il désirait surtout que son petit ami protestant soit aussi sauvé.  Toutes les religions ont la même obligation : y appartenir pour aspirer à l’au-delà (tu ne seras pas sauvé si tu n’es pas catholique, protestant, musulman, etc.)   Quelle intolérance !  Quelle soif de pouvoir !  Il devrait être interdit de parler au nom de Dieu, car personne ne peut lui demander si ce que l’on dit en son nom est vrai.

Pour créer la paix, il utilisa les communications.  La mondialisation se réalisa dans la violence jusqu’à ce que le pouvoir revienne aux états nouvellement formés pour répondre aux cultures de chacun. 

* * * * *

Pourtant, tous savent qu’il n’y a pas de mort dans le sens d’une destruction irréversible, totale, conduisant au néant. Tout se perd et tout se recrée disait un certain Einstein… Il n’était pas fou puisqu’il ne croyait pas en une seule façon de voir la vie. 

Dans l’histoire humaine, il y eut bien des fanatismes : pour Moïse, tout n’est que loi ; pour Jésus, tout n’est qu’amour ; pour Freud, tout n’est que sexe ; pour Marx, tout n’est que capital, mais selon Einstein, le seul, qui avait à mon sens du génie, tout est relatif…

La matière est la matière, le chaos, l’inerte…

Dieu est Dieu. L’onde, la force électromagnétisme, l’orgone, la structure, la pensée, l’intelligence, la beauté, ce qui habite la matière qui elle, est uniforme, inerte. Dieu, c’est la vie.

 La création a été la première rencontre de Dieu, principe d’amour, donc, d’organisation, de vie avec un Autre, la matière, le chaos.  

Cette première rencontre, ce premier toucher, cette première interpénétration a été le plus grand, le plus jouissant geste d’amour de Dieu, son premier toucher… la découverte du plaisir… sa première éjaculation d’énergies …

(Je ne fumais pourtant pas quand j’ai écrit ce passage)

Spirale intraprojective 8

septembre 13, 2020

Spirale intraprojective 8

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

*  *

Le gouvernement a trouvé une nouvelle méthode pour m’empêcher d’enseigner : un concours de français qui est soumis à l’existence d’un dossier judicaire.  Tout passe par le concours de français obligatoire où l’on exige d’abord ton numéro d’assurance sociale. On s’arrange ensuite pour te couler.           

Quand j’ai décidé de retourner à l’enseignement auprès des adultes puisque je devais oublier la possibilité d’enseigner au secondaire, je n’aurais jamais cru qu’on se servait du test de français pour empêcher les gens qui ont un dossier de pouvoir enseigner. .       

Je n’aurais pas corrigé mes fautes en me présentant au concours du SÉFRANC que ça n’aurait rien changé.  Le sort en était jeté avant même la correction, grâce aux liens avec la police.  C’est ainsi que l’on m’a collé un 40% pour une composition, lors de l’examen de français, un gros zéro pour l’argumentation, ça dit tout.  J’étais révolté, mais je n’y pouvais rien.  Je n’avais plus d’argent pour tenter le moindre retour.  Adieu l’enseignement, même s’il y a plus d’un million d’analphabètes au Québec.           
 
Avec cette note du SÉFRANC, je peux maintenant me permettre au moins une faute par paragraphe pour être à la hauteur de son évaluation.   J’espère qu’avec ce livre, mes lecteurs ne me donneront pas un zéro pour l’argumentation.     

Le texte portait sur le retour au travail des retraités en éducation.  Je prétendais qu’on devait plutôt envisager un choix individuel, car certains se sentent encore capables d’enseigner alors que d’autres sont ravis de voir arriver la retraite.  Pour enseigner, il faut pouvoir se faire aimer par ses élèves et la santé y est donc pour beaucoup.  J’ai connu bien des professeurs qui rêvaient d’une maîtrise pour enfin aller travailler au ministère de l’Éducation parce qu’ils ne pouvaient plus endurer les élèves.  Quand tu détestes les élèves, il est urgent que tu quittes l’enseignement, tu n’es plus à ta place.  Le pire, ce sont eux qui aujourd’hui gèrent notre système d’éducation.  On peut bien avoir les réformes que l’on a.

Je me demande depuis si le SÉFRANC ne sert pas davantage à ratisser les dossiers judiciaires des futurs enseignants qu’à examiner réellement leur compétence.

Le but de cette malhonnêteté intellectuelle et professionnelle est d’empêcher que des professeurs soient un danger pour les jeunes, ce qui est très bien en soi.  Mais quand il y a un manque flagrant d’enseignants, ceux qui font le métier depuis des années ne devraient pas se faire flouer pour des raisons morales à moins que le candidat représente un véritable danger. À moins que ce concours soit bidon, simplement un moyen pour te forcer à retourner à l’université ? Je n’en serais pas surpris. C’est ce que prétendait mon ami Pierre Faucher qui eut le même problème, car, tout le monde coule le premier examen. C’est comme un rituel.

Je n’ai pas encore compris pourquoi je représente pour l’establishment un tel danger puisque pour moi la révolution rime avec conscience et évolution, la démocratie et les droits de la personne.  Mes critiques n’ont toujours eu qu’un but : prévoir et éliminer l’injustice sociale et la violence.  Trouver des solutions pour le bien- être du peuple, pas seulement pour une minorité de petits bourgeois.     

Le but de ma vie a toujours été d’essayer d’améliorer la vie des Québécois.  C’est une vieille idée des philosophes de la Grèce antique de voir dans la responsabilité sociale le sommet de l’Amour.  Si j’ai pu enseigner durant 15 ans, sans que malgré les enquêtes, on ne puisse pas me reprocher un iota sur mon comportement, je ne comprends pas pourquoi on puisse me liquider de l’enseignement alors que mon procès concernait un événement qui s’était complètement déroulé en dehors de ma fonction d’enseignant.  Probablement parce que la vérité est celle que m’a fourni mon avocat : c’est éminemment politique…    

Le SÉFRANC est un simplement un outil qui fut dans mon cas, le moyen de m’empêcher d’enseigner à jamais. Un métier dans lequel j’étais pourtant très bon.    

L’ignorance, le scrupule, la peur de la sexualité sont officiellement plus importants que de vivre convenablement, en sachant lire et écrire. On peut dire que le pouvoir veut garder le peuple dans la peur et la honte afin que la sexualité permette de continuer l’exploitation des individus, en se servant de son pouvoir émotionnel.
 

C’est le plus grand danger de la mondialisation : la pensée unique, la morale unique, bannir toute différence pour le dieu-économie.      

La répression sexuelle sert à humilier les individus, à leur faire croire qu’ils sont des pécheurs ambulants et de naissance.  Un besoin essentiel pour maintenir au pouvoir l’aristocratie et la bourgeoisie.  On prétend que c’est dépassé, et pourtant, le Canada a encore une représentante de sa reine.

*  *  *  *           
 Ça s’intègre aussi très bien dans la campagne fédérale qui cherche à faire croire aux Québécois qu’ils sont de très mauvais francophones, ignorants, sans culture avec surtout un très mauvais accent.  Le seul but de cette campagne fédérale est de provoquer chez nous un tel sentiment de honte et de culpabilité que l’on n’ose plus se servir de nos tripes pour revendiquer notre identité francophone trop québécoise.  La mascarade de l’assimilation.             

On oppose le français parisien et le joual pour couper la communication avec les autres francophones, canadiens français, en particulier.  Les rois-nègres fédérastes sont au service colonial anglo-saxon. C’était aussi le point de vue de Gérald Godin, poète, et de tous ceux pour qui le joual ne faisait pas se hérisser sur le dos les poils du langage «des maîtres». 

En récupérant le français, en opposant celui de Paris au joual (français du Québec), la langue redevient la marque de la bourgeoisie du clan fédéraste, au Québec. Les Québécois veulent sauver une langue qu’ils ne savent même pas parler correctement, essaie-t-on de nous faire croire.  Un assommoir qui revenait dans tous les combats pour préserver le français au Québec. Honteux, d’être radical, on offrait un compromis de plus ou on se le faisait imposer par la Cour Suprême.     

Le joual était un premier pas dans la quête de notre identité, de notre différence, car il permettait de s’accepter et s’aimer tel que nous sommes.  Cependant, et fort heureusement, l’évolution linguistique s’est poursuivie.  Tout le monde aujourd’hui est d’accord pour utiliser le français international à l’écrit.  Les différences régionales sont des beautés de notre langue, on veut les faire disparaître que par snobisme.  La langue va avec la classe sociale, qu’on le veuille ou non.

Quand j’ai écrit mon livre Il était une fois les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez nous, aux éditions Kébécoises, en 1972, les fautes y étaient faites exprès (même si j’écrivais affreusement mal) pour dénoncer la bourgeoisie et l’esprit du français fédéraste colonialiste.          

Quand je me suis présenté à la radio, vers 1974, à Edmonton, en Alberta.  J’y ai dénoncé le colonialisme attaché à l’emploi de notre accent français versus celui de Paris pour rejeter le joual du Québec ainsi que le colonialisme religieux de l’Ouest pour créer un mur entre les francophones hors Québec et les Québécois.  

Hors Québec, on ne vend aucune forme de littérature ou de culture québécoise.  On privilégie tout ce qui vient de Paris.  Les deux personnes responsables de mon entrevue ont été congédiées sur le champ.  C’est le genre de liberté d’expression qui existe au Canada pendant que nos représentants font la morale au reste du monde sur les libertés individuelles. 

Le cas de Normand Lester, à Radio-Canada avec Le livre noir du Canada anglais, Les Intouchables, Montréal, 2001, est un autre exemple.  Pourquoi un journaliste n’a-t-il pas le droit de dire la vérité, sa vérité ?  Au Québec, la liberté de penser et de presse existe tant que tu ne critiques pas les femmes, les Anglais, les Juifs, les immigrants et que tu sois anti pédophile à en faire de l’urticaire…
 
La bourgeoisie stigmatise tout ce qui est peuple, car elle se croit la seule bonne et se veut la seule règle valable, comme s’il n’y avait qu’un chemin et une façon valable de découvrir la vie.  La bourgeoisie ne semble pas comprendre qu’elle peut être remplie de savoir, mais ne possède pas la connaissance.  Elle est encore plus infecte que le peuple sur lequel elle crache parce qu’elle a, elle, les moyens économiques de parfaire ses vices et ses vertus… l’un étant le pendant de l’autre…

* * *    

Il y a toujours, chez tous les êtres humains, du bon et du mauvais ; mais la prison m’a fait comprendre que la vie est un éternel jeu de découvertes afin de reproduire le grand puzzle de la création et ainsi commencer à contempler son créateur.  Chacun doit découvrir son rôle.  Chaque individu est un film en soi dont il est à la fois l’acteur principal et le scénariste.  La sexualité est l’oeil de l’amour.  Elle est comme un «casque virtuel» qui te permet d’investir et comprendre l’Autre de l’intérieur.  Si l’oeil est le point d’attirance vers la beauté, la lumière ; le toucher, lui, est l’affection, la tendresse, la découverte du plaisir.           
Le seul problème est de savoir s’arrêter quand c’est le temps, car le Bien et le Mal ne sont qu’une et même chose, une simple question de dosage… Si le milieu est là pour t’apprendre à évoluer, selon ton rythme ; la famille, elle, doit être permanente, car elle garantit la sécurité à l’enfant, et par conséquent, son incubation comme un cocon social.  C’est pour cela qu’il appartient à l’individu de décider quant il est temps pour son initiation à la sexualité, la découverte de soi.  Cette initiation n’appartient pas qu’aux gardiennes et peut prendre différentes formes.  Mais, elle est presque toujours un jeu, à moins d’être assez vieux et de tomber en amour.      

L’initiation sexuelle est « dans le temps», très souvent sporadique et répétitive et non globale et unique.  Elle est souvent plusieurs expériences.  C’est une recherche de sa propre personnalité, de son orientation sexuelle, et par conséquent, de son évolution. Une étude qui nous permet de se connaître profondément.

La jouissance ne peut pas exister sans un profond respect de ses désirs.  L’amour est toujours d’abord une jouissance narcissique, avant de devenir une ouverture au monde.

N.L.R.D : Je comprends pourquoi les éditeurs ont refusé ce livre.  C’est fatigant de changer de sujet avec les étoiles… Ce n’est pas un succès quand on le relit en l’écrivant huit ans plus tard.  Une autre réalité : remarquez comment la culpabilisation de la prison redonne un air de « preachers», dans mon cas.  C’est ça se prendre pour quelqu’un d’autre : croire dans l’importance de son message. 

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Ainsi, Paris et les francophones libéraux fédérastes au pouvoir à Ottawa ont gardé le monopole du bon- parler.  Cela nous a forcé à faire du surplace.  Pendant qu’on culpabilisait, qu’on se demandait si on doit avoir honte de mal parler, de notre ignorance linguistique, les fédérastes se servaient de notre mésestime de nous-mêmes pour gagner du terrain.  

Le Canada est sûrement un des rares pays au monde où la présidente de la francophonie est anglophone.  Le Canada est aussi un des rares pays à appartenir à la fois à la francophonie et au Commonwealth. Ce qui prouve que l’argent, l’économie n’a qu’un accent : le profit.    

Les Européens, depuis Châteaubriand, ont toujours adoré l’imagerie américaine : les beaux Indiens nus dans d’immenses forêts, une Amérique francophone de l’Acadie à la Louisiane, en passant par Québec, oubliant qu’au Canada, en dehors du Québec, la lutte de la francophonie est héroïque, mais (sauf en Acadie) folklorique. 

D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi l’Acadie ne veut pas être un seul pays francophone avec le Québec… L’accent acadien est adorable.  Les régionalismes en français, ça existe partout.  L’accent est lié aux classes sociales.  Plus tu es bourgeois, plus tu es obtus, plus tu es pointu… L’ignorance de sa langue est encore pire, car la langue forge la pensée.  Il faut lentement remplacer à l’écrit le joual par le français international, même dans le parler quotidien.  Une question d’instruction et de communication avec le reste du monde  …

Refuser de simplifier le français ne sert que les intérêts d’une élite qui accepte de voir disparaître le français plutôt que de comprendre que le peuple a autre chose à faire que d’apprendre des exceptions aux règles grammaticales.           

LE FÉDÉRALISME CANADIEN EST UN GHETTO POUR LE FRANÇAIS.      

Les Européens ne savent pas qu’il y a moins de 100 ans, des provinces, comme l’Ontario, interdisait le français.       

L’esprit bourgeois, traditionnel, académicien, empêche le français de se répandre dans le monde comme l’anglais, plus facile à apprendre.  Tant que la francophonie ne sera que l’instrument privilégié de Paris, comme le Commonwealth pour Londres, nos cultures ne produiront pas l’unité culturelle dont le monde a besoin.  Tout comme l’Orient doit devenir une nouvelle dimension de notre savoir.        
                  
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Si nous voulons la paix, nous devons marier la Bible et le Coran.  Nous devons nous attaquer à la racine du mal : la pauvreté.  La dictature islamique est une parodie de la religion musulmane.  Elle nous prouve le danger pour un peuple d’être asservi à une religion.      

On a déformé le Coran et on a inventé la Charia qui sert à « charrier » l’intolérance. Cet appendice religieux marque bien à quoi servait les religions dans le passé, soit de policiers et de psychologues.  Ces règles de vie sont comme le petit catéchisme en plus violent.  Elles devraient être là pour guider nos vies, non pour nous emprisonner dans le fanatisme.     

Ce fanatisme marque aussi le danger d’interpréter ce que l’on appelle les Écritures, dans le mot à mot, sans tenir compte du développement de la société.  Cela nous prouve aussi le danger de vivre pour une vie après la mort et son lavage de cerveau.     

Les religions étaient communiquées à la base dans une seule langue (l’arabe, le Coran; l’hébreu, la Bible; le grec, puis, le latin, pour le nouveau Testament).  Ce besoin des religions est relié, comme dans le catholicisme, avec le dicton : « Hors de l’Église point de salut ».  Le latin permettait l’unité, mais personne ne savait ce que la prière signifiait.   

Les religions peuvent ainsi faire croire qu’elles sont les seules à savoir et pouvoir interpréter les écritures.  Leur « connaissance » ou «leur secret» leur permettait de dominer les hommes.  Comme les médecins trop avides (principalement les psychiatres) peuvent oublier que l’on n’est pas l’initiateur de son génie ou de son intelligence.  Si nous possédons l’intelligence, c’est pour la mettre au service des autres et non pour les exploiter.  Le corps n’est que le contenant.  Il en est de même de tous les talents.           
                                        
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Voilà pourquoi, l’éducation et la transparence sont si importantes quand on parle de démocratie.  Il est impossible de voter sagement si tu peux être dupe de tous ceux qui se présentent.  Les individus doivent être ouverts au savoir et à la connaissance.  L’homme ne saura pas accepter l’Autre, tant qu’il n’y aura pas sur terre, au point de vue individuel, une ou des langues communes mondiales de communication.  Il faut répondre au besoin de s’ouvrir à l’autre plutôt que de le percevoir comme un danger.         

Le plus grand danger de la mondialisation ou de la prise de pouvoir par la droite anglo-américaine ou la Chine est l’homogénéisation de la pensée.  La nouvelle dictature culturelle.  L’extrême droite et l’extrême gauche sont une seule et même chose tant leurs valeurs finissent par se rejoindre. Leurs chefs parlent le même langage : dominer pour profiter.  Il est bien évident que toutes les dictatures religieuses sont encore pires, car elles font appel à l’inconscient.  Le 11 septembre 2001 nous prouve qu’il ne faut pas mêler la religion à la politique.  Le fanatisme religieux conduit à l’assassinat de l’autre, en te croyant un saint ou un martyr alors que tu n’es qu’un malade mental ou un esclave de l’esprit des dirigeants religieux qui abusent de ta foi.  La foi est en soi une imbécillité si elle n’a pas sa part de doute.   

Si l’Amérique et les super puissances continuent de fermer les yeux sur la misère humaine dont elles sont en grande partie responsables, un jour, elles éclateront comme du verre.

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Depuis mes déboires, les responsables du bien-être social vouent un culte spécial à l’ardeur de vouloir me défoncer financièrement.  La cour du bien-être me réclame des ristournes comme pour me priver d’avoir une envie fondamentale de continuer à travailler pour mon propre confort et le bien-être de la société.         

Sans argent, tu ne peux rien faire.  Je ne peux pas vivre sans me sentir utile aux autres.  Ma seule vraie peur en prison était de devenir aigri, de cesser d’aimer l’humain, sans condition.  Aucun humain ne peut être heureux seul.  

Me refuser le droit d’aider les autres, même gratuitement comme bénévole, me paraît stupide.  C’est comme si le sexe est la chose ultime dans la vie des individus.  Si tu es un danger sexuel, tu ne peux plus approcher un humain.  Il est préférable de laisser le petit gars dans la misère plutôt que de l’exposer à la tentation.  Il faut sauver une âme contre le péché de la chair, oubliant que l’âme n’est qu’énergie, une structure, qui ne peut pas exister sans le corps.  Elle ne peut pas mal réagir aux plaisirs corporels.           

Au BS, on rencontre souvent des fonctionnaires de l’incompétence incarnée… les premiers créateurs de la pauvreté.  On dirait qu’ils ne savent pas comprendre ce qu’est la pauvreté.  Peut-être faudrait-il que nos agents sociaux fassent un stage comme itinérants ou remplacer la mère d’une famille monoparentale durant quelques mois pour mieux comprendre.   

L’assisté reçoit si peu d’aide qu’il ne peut pas faire autrement pour s’en sortir que d’emprunter à des parents ou à des amis, dans les moments difficiles.  Ainsi, quand il reçoit son chèque suivant, il est déjà encore plus endetté.  Tu tournes en rond et vouloir essayer de boucler le budget devient la pire obsession.  Puisqu’il faut toujours de nouvelles dépenses pour t’en sortir, tu t’enfonces toujours plus.           

C’est encore pire si tu souffres d’une infirmité ou une maladie mentale.  On te fixe un agenda pour lequel tu n’as rien à dire, qui n’est pas conforme à tes besoins, car il annule souvent tes efforts pour t’en sortir. 

J’aurais bien aimé que les psychiatres qui refusaient d’aider mon punk (il refuse d’admettre sa maladie et il se soigne dans la consommation et la dépression permanente) vivent à ma place ou celle de sa mère durant quelques mois.  Ils seraient peut-être moins insolents, imbus d’eux-mêmes et capables de réaliser ce que vivent les gens qui veulent aider les personnes en difficulté, sans le traiter comme des ordures…      

Ils peuvent sûrement pouvoir trouver un médicament qui permette, sans danger, la consommation légère de marijuana ou d’alcool, sans compromettre le traitement.  Le nœud du problème semble que le type est tellement enfoncé dans sa peur, dans ses échecs qu’il ne sent même plus le besoin ou l’attrait de s’en sortir.   Au Québec 80% des maladies mentales et des suicides chez les jeunes sont dus à la vente de mauvaises drogues.  Et on met l’argent pour combattre la pornographie infantile Qui entretient ce commerce de la maladie mentale ?  Quel laboratoire fournit les drogues ?  Pourquoi n’y a-t-il jamais d’arrestations dans le domaine des drogues dures ?

Je me suis saigné à blanc pour aider ce jeune punk parce que, selon moi, malade ou pas, tu mérites toujours d’être traité en humain et dans toute ta dignité humaine.  Un humain, ça demeure un humain.  Il mérite d’être aimé et aidé.    

C’est anormal qu’une société si chrétienne soit aussi peu réceptive à la misère humaine.  On a plus d’attention pour les animaux que pour nos itinérants.  On les protège mieux que les humains en détresse.  La misère humaine, la peur de l’insuccès, la peur des autres, c’est cumulatif.  Ça ne se guérit pas par l’intolérance ou dans une opération de marketing pour montrer que l’on s’occupe de nos pauvres.  Les discriminations d’âge sont les pires handicaps à la réhabilitation.

Il faut prendre le temps et les énergies nécessaires pour qu’un assisté social commence à travailler, à payer des impôts ; c’est socialement plus rentable que de les écraser.  Comment un fonctionnaire qui a plus de 30,000 $ de salaires peut-il comprendre l’angoisse de la personne qui n’a même pas 10,000$ pour vivre par année.        

Chez certains fonctionnaires, l’indécence morale est souvent doublée d’imbécillité parce qu’ils ne respectent pas (ce ne sont pas tous, heureusement) les individus qu’ils sont supposés aider en combattant la pauvreté.  Ils font une « job » qui demeure encore de véritables vocations : enseignants, infirmières, travailleurs sociaux, médecins, psychiatres, etc.  Non seulement tu dois faire ton travail, mais tu dois aimer assez ceux avec qui tu travailles pour les sauver, souvent bien malgré eux.     

Certains de nos fonctionnaires jugent les pauvres et leurs besoins avec dédain, comme s’ils étaient les protecteurs sans conscience et sans pitié de l’état pour lequel ils travaillent.  Une personne enfoncée dans la misère jusqu’à devoir faire appel au bien-être social (encore faut-il qu’elle ait une adresse pour recevoir son chèque) ou l’itinérant n’en sortira pas du jour au lendemain.  Il faut compter sur des années pour leur redonner confiance en eux.  Ils doivent se redécouvrir pour recommencer à exister et non seulement survivre physiquement.  Leur état de dépression les conduit directement à la consommation … une autre maladie qui mène, même parfois, au suicide.  

Le « c’est à lui de se prendre en main » est à la fois vrai, mais inacceptable.  Le rôle d’un service social est de sauver des individus de la misère.  Les miséreux doivent réussir, même des peccadilles, pour reprendre confiance en eux.  Un programme de réhabilitation ne coûte certainement pas plus cher que la vie en prison.  Chaque cas est personnel.  Il ne peut pas y avoir qu’une façon d’aborder le problème.  Il faut le personnel nécessaire pour encadrer, soutenir, diriger la personne en difficulté.           

On dirait que bien-être est là pour t’empêcher de t’en sortir plutôt que de t’aider.  Pour aider ces gens, il faut avoir non seulement une bonne compréhension du court terme, du problème présent, mais aussi une bonne vue à moyen et long terme.  Il faut un personnel qui puisse accompagner la personne dans le besoin, pas seulement donner un chèque.  

Le BS est radin et il exige de lui remettre ce que tu as reçu dans les moments où tu ne pouvais pas t’en sortir seul.  Il l’exige tout, tout de suite, comme si tu te sortirais de la misère du jour au lendemain.  On pourrait au moins avoir la décence de ne pas te l’enlever sur ton chèque mensuel.  Comme si le BS était un prêt.  Il y a peut-être des fraudeurs, mais il y a aussi des fonctionnaires qui écœurent le peuple par leur insensibilité.    

J’ai eu deux cas de trop-payé.  Dans le premier cas, je faisais de la vente pour aider les aveugles.  J’avais une avance journalière et une paye hebdomadaire.  J’étais devenu pauvre et je suis très mauvais vendeur.  Je mangeais des bananes pour souper pour ne pas trop dépenser et pouvoir amener quelques sous à mon punk en prison parce que j’avais peur qu’il se suicide, s’il souffrait trop. 

Je me serais trompé d’environ 700$ dans mes déclarations (c’est impossible car elles étaient mensuelles) pour une année.  Je sais que c’est faux, car quand tu vis à la cenne près, tu ne peux pas te tromper pour ce montant. 

Leur trop- payé quand tu fais déjà tout pour t’en sortir, c’est une forme de vol légal.  Les juges des tribunaux administratifs sont des fonctionnaires payés par le gouvernement pour protéger les intérêts du gouvernement et non, pour la justice. 

Quand t’es dans le trou, l’important c’est de retrouver ton autonomie, retourner travailler, cesser d’être au crochet des autres.  Nos dirigeants pensent que le Bien-être social est une charité remboursable.  Comme à la DPJ, ils se prennent pour d’autres et se croient capables de décider de ta vie, de l’avenir des autres.           

Pourtant, ce sont parfois des bornés qui n’arrivent pas à sortir des schémas conventionnels.  Ils n’ont ni cœur, ni intelligence.  Ils ne fonctionnent qu’aux papiers et ils sont si stupides qu’à chaque fois que tu retournes au BS, ils exigent les mêmes papiers, comme s’il fallait chaque fois recommencer … Ils doivent avoir des ordinateurs sans mémoire.  Pourtant, pour ravoir les papiers exigés, tu dois encore payer.           

Le bien-être social s’est servi d’un de ces juges pour me condamner à leur verser ce qu’ils ont appelé le trop-payés.   

S’arranger pour que tu crèves de faim, c’est un des meilleurs moyens pour forcer à te taire.  

Pour m’en sortir, j’ai dû avoir recours au bien-être social.  Puis, je suis retourné à l’université afin de me réorienter. J’étudiais en scénarisation, grâce à un prêt. Donc, j’avais déjà abandonné le bien-être.  Le BS avait été une petite passe, le temps d’essayer de me réorganiser. 

On n’a pas accepté que ma demi-pension de professeur m’arrive vers la fin de cette étape scolaire.  L’université me permettait de changer de profession, car il était de plus en plus évident que l’on ne me laisserait jamais enseigner à nouveau.  J’avais trouvé ça tellement impossible que ça arrive que j’ai demandé ma pension beaucoup plus tard après la première condamnation. 

J’espérais que je serais lavé de toute accusation avec l’appel, mais ce qui ne fut pas le cas. Les appels ne touchent que l’aspect du déroulement du procès et non à vérifier si les témoignages disent la vérité.  On a jugé qu’il n’y avait pas de vice de forme. Donc, j’ai perdu.     

Je n’ai jamais entendu parler que d’autres aient à rembourser une aide temporaire.  Je n’étais pas capable d’une façon ou d’une autre.   La cour administrative est à la fois juge et partie. Ce sont des nominations politiques Son verdict est à mon sens un vol légal.  Si on ne voulait pas que je sois obligé de faire appel au BS, on avait qu’à ne pas m’empêcher d’enseigner.  Pendant qu’on étrangle les plus pauvres, les hauts fonctionnaires se remplissent les poches et font la belle vie avec l’argent des impôts. 

Je voulais travailler, je serais retourné enseigner, mais j’étais un danger pour les institutions politiques.  Même si j’enseignais dans le secteur français d’une école secondaire anglophone, j’avais plus de parents devenus indépendantistes que dans le secteur francophone lui-même. J’étais trop un danger pour pouvoir enseigner aux adultes.   

Évidemment, le syndicat a refusé de me défendre et m’a aussitôt averti que je pourrais tout perdre étant donné la nature des accusations.  Un attouchement sexuel sur un garçon à qui il manque une semaine pour avoir le droit de consentement et qui ne va même pas à la même école où j’enseignais. C’est punissable de la prison à vie. C’est ce qui arrive pour tout ce qui est sexuel, même si on te relâche après quelques mois, tu ne peux plus travailler nul part, tu es sur la liste des indésirés.        

Un tueur une fois libéré n’a pas de dossier qui l’empêche de vivre après qu’il a fait son temps, c’est sûrement moins pire qu’un attouchement sexuel.  Bande de malades ! 

J’avais toujours cru dans le syndicalisme.  Personnellement, je rendrais la syndicalisation obligatoire dans les secteurs où on emploi des femmes et des immigrants, car, c’est là que les patrons sont abusifs, de vrais cochons.   

J’ai connu un individu complètement paralysé (sauf la tête) à cause de son travail.  Il avait développé une espèce de cancer.   La CSST refusait de le reconnaître invalide.  Il pouvait, disait-on, encore quêter à partir d’une chaise roulante.  Si ce n’est pas écœurant, je me demande ce que c’est.  On dirait que nos institutions de charité sont devenues une industrie.  Souvent, elles ne payent pas pour ceux qui ont vraiment besoin d’aide. 

Spirale intraprojective 7

septembre 12, 2020

Spirale intraprojective 7

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

* * *    
  
La reconnaissance de la normalité de l’homosexualité a signifié une baisse des discriminations et même du racisme.  Elle a entraîné une baisse de la criminalité.  La reconnaissance des droits de l’homme et de la vie privée permettront de rétablir le lien de confiance entre les individus et leurs institutions, en rétablissant le respect des gens entre eux malgré leurs différences. 

Si ce n’est pas ainsi, les dangers intérieurs à cause la droite, de la mafia mondiale, de la voracité des riches seront encore plus grands que ceux que l’on peut inventer au nom des musulmans. 

Pourquoi la combinaison de la violence à la télévision et au cinéma avec les drogues dures n’engendrerait-elle pas la violence ?  Ces drogues ont été créées pour donner de la vigueur aux soldats en mission au Vietnam.  Le sida est une erreur de laboratoire, des expériences scientifiques faites en Afrique, qui ont mal tournées. 

En quoi un pénis vu à la télévision est-il plus dangereux qu’un revoler, son symbole ?  Pourquoi fait-on la chasse à la liberté sexuelle, tout, en glorifiant la violence, sous prétexte du devoir de ne pas oublier ? On est foncièrement mélangé, c’est le moins qu’on puisse dire.           

* * * * *           
 
Chez un croyant, la liberté sexuelle devrait permettre de reconnaître que l’Autre est «différent», qu’il peut être l’Amour, et par conséquent, la découverte de Dieu.             

Malheureusement, c’est le contraire que nous constatons.  L’orientation sexuelle est encore un moyen de plus pour écraser l’autre, le mépriser.          

Un monde d’amour n’est pas un monde de guerre.  Il était normal, il y a 4,000 ans, en pleine ignorance de ce qu’est l’être humain, que les prêtres, qui jouaient aussi le rôle de police, interdisent l’homosexualité. On voulait assurer et protéger la descendance, avoir de bons bras et une bonne chair à canon parce que le nombre de soldats pouvait faire toute la différence dans une guerre.      

Aujourd’hui, avec la surpopulation, la différence d’orientation sexuelle joue un tout autre rôle : celui d’éviter la guerre parce que la terre-mère ne peut pas fournir tout ce que l’on consomme.  L’homosexualité, en dehors de l’amour, joue le même rôle que le condom, tout en permettant à deux personnes du même sexe de jouir des avantages de l’amour dans une relation.  Éliminer la solitude.  Malheureusement, on n’a pas encore appris à partager assez les richesses pour éviter de s’entretuer.  Aussi, fait-on la promotion des valeurs qui justifient la violence et la domination.           

L’homosexualité permet aussi de constater que la seule vraie différence entre un homme et une femme est strictement physique : les organes génitaux et les différences d’humeurs dues aux hormones.  Ainsi, on peut affirmer que l’homme et la femme sont physiquement différents, mais que cette différence, ne change rien au fait que tous les individus sont égaux.  Nous sommes tous un corps et un esprit qui ont une existence à réaliser.  La vocation peut être différente, mais elle vise le même but : la réussite de sa vie.           

Le droit à l’égalité formulé par la Charte des droits entre homme et femme doit aussi s\’appliquer aux jeunes sans restriction.  Toute discrimination fut-elle la plus positive possible demeure une discrimination.        

L’individu, la personne doit devenir le centre de la vie, la raison d’être d’exister. Aristote définissait ce but par le bonheur.  Mourir content de la vie que l’on a vécue.

Il est dommage qu »après des millénaires, l’homme soit la seule bête prête à tuer pour rien, par plaisir ou pour le pouvoir.  Les animaux, eux, au moins, savent qu’une énergie aussi fondamentale que la sexualité est à la base de la force de chaque individu, de sa personnalité, et qu’elle ne disparaîtra jamais. Si l’homme est si intelligent, il va apprendre à s’en servir de façon positive, comme un moyen de réaliser son bonheur, et, non, comme un péché, une saleté, une honte.

* * *    

La répression sexuelle est le canal fondamental de la violence irraisonnée. Elle est vicieuse, antinaturelle, la pierre angulaire des extrêmes droite et gauche, qui se rejoignent.       

« Nous semblons enfermés aujourd’hui dans un absolutisme sexuel où la définition du mâle est fixée et limitée par le capitalisme, doctrine qui insiste sur l’exploitation de tout ce qui ne lui est pas conforme. (p. 454)   La peur de l’acte homosexuel englobe donc la peur du paganisme. (p. 460).  Mais, le plaisir sexuel est l’expérience la plus intense de notre vie, c’est l’opposition ultime à la mort ; il emporte avec lui la possibilité de résurrection perpétuelle, l’immortalité du gêne égoïste qui jamais ne doit s’éteindre. (p.461)   Histoire de l’homosexualité, Colin Spencer, Le pré aux Clercs, 1998).  

La sexualité est la voie non seulement la plus rapide, mais la plus agréable, la plus privilégiée dans la découverte de Dieu chez un croyant parce qu’elle exige avant tout de découvrir la beauté et la grandeur de l’Homme (y voir nécessairement une femme à son égal… devrait-on être obligé de le souligner alors que cela va de soi ?)         

Comme tous les pédérastes, je suis écarté du monde ; car cette différence, ma pédérastie, fait de moi un éternel «rejet».      
  
*

À la suite de mon incarcération, je n’ai pas pu me réintégrer dans la société facilement.  T’es ruiné pour commencer. Tu ne peux pas travailler, car tu as un dossier. T’es perçu comme le pire des salauds. Tu ne peux même plus faire de bénévolat.

Tu peux tuer, tu peux voler des millions, faire ce que tu voudras, mais ne touche jamais au pénis d’un mineur, même s’il le veut.  Plus fou que ça tu meurs et c’est pourtant un fait.     

Je n’ai pas plaidé non coupable pour rien.  D’abord, je voulais que l’on établisse la vérité.  Aie-je respecté suffisamment les scrupules de Mathieu qui avait une éducation mormone ? Ce n’est pas à sa mère de le décider, mais à lui. 

Je l’avais averti avant de partir pour Montréal que je couchais nu et que si l’on devait par hasard se retrouver dans la même chambre, je ne changerais pas mes habitudes.  Il était d’accord.  Je lui ai demandé si mes farces à savoir de lui frotter la « bedaine  » l’indisposait. 

C’était une farce qu’on avait commencé à vivre ensemble pour faire rire sa petite sœur qui prétendait selon son échelle de la hiérarchie des grosseurs de bedaines que Mathieu était le plus « cute », ce que personne ne contestait.  Ça décrochait un sourire à Mathieu, car sa sœur prétendait que celui qui avait la plus petite bedaine était le plus beau.  Ce qui est fatalement vrai.  Évidemment, son père était aussi plus beau que moi. 

Mathieu affirma que ça le laissait totalement indifférent, que ça ne lui faisait absolument rien, mais à chaque fois que je le faisais il avait un sourire qui parlait par lui-même. Se faire frotter la bedaine, ce n’est pas si désagréable que ça, surtout quand tu te fais dire que tu es très beau.        

Avec les années, le respect du jeune et de sa liberté a pris dans ma vie de plus en plus d’importance.  Je n’ai peut-être pas toujours été assez sévère envers moi-même à cet égard, mais la liberté est un cheminement, une école.            

Le seul problème de conscience qui me valait tous les reproches : je détestais le côté égoïste et narcissique de la pédérastie.  Une préoccupation morale.  Par contre, qu’on le veuille ou non, il y a toujours un petit côté commerce-économie dans toutes les relations humaines.  C’est difficile à admettre, mais c’est une vérité à laquelle personne n’échappe.  Peut-être est-ce parce que les communications sont fondamentalement basées sur les échanges ? 

La beauté de l’Amour ou de l’Amitié dépend de son degré de gratuité.  Ce fut très vite une préoccupation personnelle.  Je suis loin d’être un saint.  Y aspirer est normal dans un pays catholique comme le Québec, mais tout écraser, sous prétexte de combattre le mal, est un mépris de la nature humaine faite de faiblesses et d’expériences bonnes ou mauvaises.         

Les adultes ne semblent pas comprendre que très souvent les jeunes sont heureux de participer à des petits jeux sexuels, mais qu’ils joueront très vite les martyrs si cela se sait.  Tous les adultes autour d’eux crient au meurtre, alors il est bien normal qu’ils se défendent en devenant victimes et accusateurs. La morale sexuelle se développe avant six ans par imitation de la réaction de son milieu.

La deuxième raison ne tient pas à l’orgueil, mais à ma philosophie de vie.  Je ne crois pas au mal dans la sexualité tant qu’il n’y a pas violence. On m’accusait d’être pédophile alors que je suis pédéraste (depuis que je l’ai écrit).  Il y a tout un univers entre les deux termes. 

Il y a d’abord l’âge.  Un pédophile aime indifféremment les garçons et les filles de moins de dix ans alors qu’un pédéraste est foncièrement gai, et aime les petits gars à la pré-puberté ou puberté.  Tous les pédérastes que j’ai connus respectent cette nuance.  Ce doit-être la même chose pour une femme gaie ?  Il y a sûrement des monstres sexuels dangereux, j’en conviens, mais quand je préconise la liberté sexuelle chez un adolescent, je demande strictement la même intégrité physique pour lui que pour un adulte.          

***

À mon avis, ils sont comme nous les seuls responsables de leur corps.  C’est aussi pourquoi, j’ai toujours été ouvert aux exigences des féministes ; même si historiquement, selon l’histoire de l’homosexualité, les femmes refusent la pédérastie parce qu’elles perdent le contrôle et la domination sur les enfants qu’elles perçoivent comme un prolongement d’elles-mêmes dans le temps et l’espace.  Elles oublient que les jeunes ont leur propre évolution. 

Au Québec, les adultes ont autant besoin que les enfants d’être rééduqués, car on ne peut pas percevoir la sexualité en dehors du regard des curés.  Si la sexualité est mauvaise, pourquoi a-t-elle été créée par Dieu ?     

La pédérastie ne comprend pas et élimine même souvent la pénétration.  Tu peux être pédéraste sans être sodomite.  Ce sont deux choses bien différentes.  Certains jeunes aiment se faire sodomiser, ils le recherchent même parce qu’ils éprouveraient une très grande jouissance à travers cette pratique, une jouissance de la prostate.  Je n’y connais rien, alors, disons que ça existe, voilà tout.  

La liberté sexuelle (sans violence) et le respect de l’individu sauveront un jour le monde.  Je le crois.  Une folie ?  Ce n’est sûrement pas pire que de vendre des armes et attiser des guerres.  C’est ma révolution.  Je suis un radical, mais je ne suis pas un extrémiste.  J’ai le droit de croire que la liberté sexuelle doit être un bien pour tous et non seulement pour les adultes.  La liberté sexuelle engendre la tolérance. 

Écrire en faveur de la pédérastie (du moins essayer de la comprendre) c’est nécessairement te condamner à être éternellement rejeté, haï par la majorité ; du moins, jusqu’à ce qu’on te comprenne.  Je n’ai rien d’un martyr ; mais je défends quelque chose dans laquelle je crois de toute mon âme et pour le bien du Québec.

Je ne peux pas affirmer et garantir d’avoir raison.  C’est une bien vacillante certitude, car la sexualité est quelque chose de strictement privé, individuel.  La sexualité est très souvent prétexte au chantage parce qu’on lui donne une importance qu’elle n’a pas. 

Ce qui est vrai pour moi peut être faux pour une autre personne.  Cependant, je suis certain qu’une relation sexuelle sans violence, dans le plaisir entre un jeune et un adulte ne peut pas causer de traumatismes, elle peut même être bénéfique, ne serait-ce que pour les faveurs que le jeune en retire. 

Aujourd’hui, ces relations doivent être vécues dans l’hypocrisie, ce qui les rend malsaines.  Une tonne de personnages importants ont vécu cette forme d’amour, car dans la Grèce antique, la pédérastie était perçue comme la force d’aimer la plus spectaculaire, et je le crois.  Un pédéraste en amour est souvent prêt à crever pour son jeune. 

 *  *

Tu ressors toujours un peu paranoïaque de prison.  Deux ans après, c’était encore le cas.  J’avais peur que l’on s’attaque à mes parents et amis, particulièrement, un jeune punk qui demeurait avec moi depuis Val-d’Or ainsi qu’à mon autre fils adoptif, le plus vieux. « Le système, m’a-t-on dit s’attaque à son entourage pour briser un individu».  Tu ne peux jamais savoir lequel croire.      

J’ai même commencé à penser que le suicide de mon plus jeune fils adoptif était un meurtre déguisé, l’aboutissement d’un chantage. J’avais peur qu’on se serve de mes finances, non seulement pour me faire taire, mais pour me faire chanter, en me faisant perdre le tout petit peu d’argent que j’ai pour survivre, soit ma petite retraire et mes rentes du Québec.  J’ai une imbécile au BS, qui n’arrêtait pas d’essayer de me prendre en défaut et me faire payer davantage. J’ai eu peur que les insinuations sur ma mort prochaine m’influencent dans mes écrits.  J’avais peur de commencer à haïr les humains. J’ai eu peur que l’on cherche à me rendre assez fou pour ne plus être crédible et suicidaire.  J’ai eu peur d’agir ou d’écrire sans déclencher une avalanche de réactions négatives.  Étais-je vraiment si paranoïaque ?  Le temps le dira, mais en attendant, cette peur m’empêchait d’être créatif.      

Mon pire ennemi demeure que pour gagner ma vie, je n’ai pas le temps d’écrire autant que je le voudrais.  Mais, ce n’est pas à moi de reconnaître si je suis un écrivain de talent ou on. Je me crois plutôt médiocre.     

Par conséquent, je suis encore en prison puisque celle-ci peut être de plusieurs ordres. 

La pire prison, c’est moi-même, à cause de la dégradation qu’entraîne automatiquement le fait d’avoir un dossier judiciaire, l’argent, et finalement le pire, l’impossibilité de se réaliser dans le monde, la recherche de la solitude absolue.  Cesser d’être un acquis pour ton pays.  Devenir un déchet.    

Le système judiciaire te condamne à un certain temps derrière les barreaux, mais il te maintient en réclusion durant des années par des moyens divers : probation, dossier, harcèlement, non emploi, etc.

Être coupable d’un crime sexuel même sans violence ou domination est une peine à subir toute ta vie alors que l’on prétend que notre système est basé sur la réhabilitation.  Tuer est moins pire que de sucer un petit sexe : une morale judéo-chrétienne bien débile…   

Même si mon procès a eu lieu en 1996, ce n’est qu’en 1999 que je suis allé en prison pour purger ma peine, après avoir perdu en appel aux mains de juges féminines.  En 2001, après avoir fait ma probation, le procureur de Val-d’Or, un idiot, demandait que je recommence ma probation en sortant de prison.  Mon responsable a refusé.  Si ce n’est pas du harcèlement de la part de la Couronne, qu’est-ce que c’est ?  Une mesure politique ?   D’autant plus qu’à l’automne 2002, le fédéral établira une liste des personnes condamnées pour crime sexuel.  De plus, il est toujours possible de remonter jusqu’à 30-40 ans en arrière pour pouvoir te t’accuser.  Une pipe ça traumatise en tabarnache !

Tu vies avec une possibilité d’inculpation presque de la naissance à la mort.  Et, on prétend que les pédérastes sont des paranoïaques.  Qui ne le serait pas?   On met beaucoup moins de zèle à condamner les vrais criminels, les violents… Il est évident quant à moi, que toute relation sexuelle avec violence, est un viol, donc, un crime.  On a beau me dire que je suis un cas particulier, un hostie de bon gars, je n’en demeure pas moins pour le système un ennemi à abattre.  Tant qu’on peut me discréditer sur le plan sexuel, je ne représente plus un danger politique.  L’habit fait le moine

*

Avant de choisir ce que serai pendant les 20 prochaines années, si Dieu me prête vie, j’ai décidé de reprendre tout ce que j’ai écrit jusqu’à date… question d’y mettre un point final, de recommencer une nouvelle vie.  Je serai allé au bout de ce que je crois.  Le public en fera bien ce qu’il voudra … C’est un CRI en faveur de ce que je crois être le gros bon sens. 

La répression sexuelle repose sur des tabous et des préjugés millénaires entretenus par les églises pour dominer les individus.  J’ai étudié les écrivains grecs tout comme Marguerite Yourcenar et j’en suis tombé amoureux.   
 
Ainsi, je pourrai recommencer dans une année ou deux, une carrière d’écrivain — si j’ai des éditeurs.  Grâce à mon âge et les temps libres que ma retraite devrait me procurer, je devrais pouvoir enfin produire ce qui me tente.  Créer une façon personnelle de voir le monde, un monde gai, éblouissant et aussi passionnant que la vie, que la beauté des Autres.  Cesser de me prendre pour un petit Jos Connaissant afin de revenir le jouisseur avide de découvrir qui je suis fondamentalement.

Je suis beaucoup plus mollasson que dans ma jeunesse, question de libido et la prison rend un peu plus névrosé, paranoïaque, mais elle nous permet d’atteindre une plus grande maturité, un sagesse qui pourra profiter aux jeunes, s’ils en veulent.     

À part le suicide de mon fils adoptif en 1994 (ou la mort des autres que j’ai aimés, mais particulièrement, lui), la pire calamité dans ma vie fut : quoique je fusse un bon professeur, qu’il y a des milliers de décrocheurs, des millions d’analphabètes, que j’aie enseigné sans problème depuis 15 ans, de ne pas pouvoir continuer d’enseigner parce qu’un jeune à qui je n’ai jamais enseigné disait que je lui avais touché le pénis.        

Mon dieu que c’est grave !  Il aurait pu en sécher !   Le jeune durant le procès affirma que je lui avais frôlé le pénis ou plus exactement  mis la main dessus sans bouger, même pas une petite masturbation ,et fini le droit d’enseigner, de gagner décemment  ta vie… La société est beaucoup plus malade que moi. Je n’ai jamais fait mal, blessé ou encore moins tué un enfant. Les enfants sont sacrés pour moi, même si je ne crois pas que la sexualité est un danger pour eux. 

Le pire fut cette misère de me retrouver socialement inutile, un rejet total, un démon qui ne fait que du mal.  Être classé renégat, un sale, un pas bon, une nuisance pour la société pour le reste de sa vie, car j’avais touché le pénis d’un gars à qui il manquait une semaine pour avoir le droit de me dire oui.     

Je ne crois pas être plus sale que le commandant en chef de l’armée qui ordonne de tuer pour protéger les acquis monétaires des dirigeants de son pays, mais lui, c’est un TUEUR-HÉROS, il obéit aux ordres. Il tue au nom de la liberté… liberté qu’il étouffe pourtant, la liberté anglo-saxonne qui se mesure à la valeur capitaliste des bénéfices financiers.  Par ailleurs, dans toutes les religions, il y a des pédophiles, des pédérastes, des gais et des hétéros.  Le nier, c’est mentir.  Pourquoi toujours juger les autres ? L’intolérance morale crée les situations violentes. À force de te faire écœurer tu finis par éclater.    

Notre société doit être très profondément malade pour que le «cul» soit plus important que l’instruction et l’éducation.  On oublie que la répression sexuelle est la source, par excellence, du fascisme.  Nos dirigeants seraient-ils tous des néo-fascistes ?          

Si j’étais un monstre qui pourrait blesser ou tuer un enfant (ou un ado) pour avoir une relation sexuelle, je suis bien d’accord qu’alors il serait important de me tenir à l’écart ; mais, la façon avec laquelle je vis ma pédérastie, exigeant un consentement mutuel et du plaisir, c’est complètement différent. Une telle obsession répressive ne se justifie pas.  Elle nuit même à la société.       
 
Ce n’est pas parce que je refuse la morale des féminounes, une morale d’hypocrites et de menteurs, que je dois passer pour un danger international.  Je ne suis pas un taliban et son amour des femmes.  Être scrupuleux au point d’empêcher les autres de recevoir des caresses, ce n’est pas de la pudeur, mais de la psychose. 

Avoir aussi peur du sexe, c’est de la paranoïa.  Prôner la délation, ce n’est pas de la charité ou de la force, mais encourager la jalousie, la médisance et parfois même la calomnie.  Agir ainsi, c’est créer une société de demain inhumaine, une société incapable d’aimer parce que la peur est leur motivation la plus profonde.  On croit qu’il est préférable de se détruire mutuellement à se caresser.  Voilà où nous conduit invariablement la répression sexuelle.          
 
Ce livre a été pensé en prison, bien avant le 11 septembre 2001, soit avant que l’on puisse saisir jusqu’où le profit des pétrolières peut nous attirer, surtout si de par le monde, il y a des religions qui enseignent la haine plutôt que la clémence d’un Gandhi.  Si tous les prophètes de la paix et de l’égalité humaine ont été tués, comme John Lennon, des Beatles, John Kennedy, président des États-Unis, Luther King, des droits civiques, par l’extrême droite américaine, comprenant tout aussi bien la mafia que les services secrets de la police, comment ne pas craindre pour ta vie quand tu te bats pour un idéal qui représente le mal pour ce même système.  Car pour eux la liberté sexuelle est le crime des crimes et, ils ont raison, les droits individuels combattent la violence, la guerre, et la pensée unique des religions.  C’est l’ennemi de ceux qui cherchent à tout dominer.    

Même si on me tuait ma mort ne ferait pas de vague, ça ne changerait rien.  On a même pu tuer le président des États-Unis à Dallas sans qu’on puisse même savoir qui l’a tué. Dans le système, autant islamique, capitaliste que communiste, on tue pour les profits.      

Malheureusement avec les communications, la vitesse me rattrape plus vite.  Si L’homo-vicièr était en avant de son temps en 1968, aujourd’hui, je suis déjà dépassé dès que j’écris.

Comme le dit le juge quand il prononça son verdict : j’ai été incarcéré surtout parce que je présentais davantage un danger pour les institutions du pays qu’un danger pour les petits gars.   

Je ne pense pas comme les autres.  Si on acceptait ma façon de voir la vie et la société, nos dirigeants seraient obligés de condamner la guerre et la violence.  Les profits des multinationales ne parviendraient plus à justifier la mort d’un humain. Je suis conséquemment un danger public, car d’autres pourraient commencer à penser comme moi. Il ne faut pas trop pleurer sur mon sort, j’existe exactement pour transmettre ce point de vue.  Pour toutes les religions, accepter la liberté sexuelle individuelle, c’est le fiasco financier, car, c’est éliminer la dictature émotive que les religions ont sur les individus. C’est perdre le contrôle sur les individus car tous ont une sexualité. Et, la culpabilité fait que tu es prêt à tous les cadeaux pour être pardonné.     

Pour tous les systèmes économiques prôner la non-violence, c’est enseigner leur éclatement.  Voilà pourquoi je suis vraiment dangereux.  Le système est basé sur la nécessité de faire des guerres, sur les profits des reconstructions.  Sans guerre, il n’y a pas assez de dépenses inutiles pour l’alimenter.            

En allant en prison, je ne suis pas un martyr puisque je suis authentiquement pédéraste qui refuse d’y voir quelque chose de condamnable ou de mal.   Puisque la société pense autrement, c’est normal que l’on me punisse pour être un individu qui ne se sent pas coupable. Dans bien des pays, je serais fusillé juste pour dire que je suis pédéraste.  Il n’y aurait même pas de procès.  C’est la différence entre un pays civilisé et un qui ne l’est pas.  Avec l’âge de consentement à 14 ans (Le fédéral est assez stupide pour l’avoir élevé à 16 ans) je peux tomber en amour avec un jeune de cet âge en toute légalité.  En fait, ça rejoint mon point de vue. Je crois que le jeune a un droit absolu sur sa sexualité dès la préadolescence et si on espère tel ou tel comportement on a qu’à lui enseigner avant qu’il franchisse cette étape.   

Pour la majorité des hommes, je suis un sale parce que, malgré cette orientation sexuelle qui devrait me discréditer, j’ose m’affirmer pédéraste et revendiquer mon droit à aimer qui je veux, si l’autre personne est consentante.       

Pire, j’ose écrire en faveur de la paix et de la démocratie.  J’ai l’audace de prétendre qu’étant une force individuelle, la vie privée et la liberté sexuelle sont des pré-requis essentiels, indispensables à la démocratie, car la pédérastie exige le respect des autres.  La liberté ne s’acquiert pas sans expériences.  On ne veut rien savoir de ce que je pense et on prétend ainsi que ma pédérastie met les institutions qui nous exploitent en danger, car j’exige qu’on prouve que cette forme d’amour est mauvaise pour le jeune, j’exige le respect des individus.     

À la suite de ma deuxième visite à Bordeaux Beach, après l’effondrement de ma demande en appel (on se protège entre juges), je n’ai rien à dire contre la prison.

Même si des rumeurs voulaient que les accusés de crimes sexuels soient victimes des Comités de prisonniers, battus ou forcer à se suicider, je n’en ai pas eu la preuve.  On m’a raconté bien des choses, mais je ne pouvais pas le vérifier puisque j’étais dans une aile de protection.  En prison, les rumeurs courent plus vite que l’éclair.  Comment savoir s’il est vrai que le tonnerre est tombé.  

On disait que les prisonniers, membres des comités, faisaient justice eux-mêmes pour remplacer une police qui n’a pas le droit de le faire.  L’omerta sur les prisons aurait été maintenue par les gardes qui acceptent cette sanction, mais qui ne peuvent pas la faire subir.  La raclée par ses paires pour les pédérastes incarcérés est une nouvelle sentence, née de la haine maladive de tout ce qui touche le sexe et la femme, dans une certaine droite et les milieux interlopes. (À remarquer, qu’un proxénète peut battre son employée).          
 

On oublie ou on ne sait pas que l’amour pédéraste existe depuis toujours et qu’il a même été reconnu comme le plus grand amour, avant que les religions et la médecine bourgeoise en fasse un crime.  Avant que la société doive dominer les individus pour contrôler la nouvelle vie citadine.      

On dit que le prisonnier peut être battu par les autres sans que ceux-ci soient réprimandés à la condition que le prisonnier battu puisse se tenir debout, d’où deux prisonniers tiendraient par sa ceinture le gars battu afin qu’il ne tombe pas.  Pour que la violence soit possible en prison, dans des lieux comme où j’étais détenu, petit et constamment surveillé, il faut la complicité des prisonniers et des gardiens pour être possible.  Cela peut aussi se produire si l’agent affecté au classement envoie un prisonnier qui devrait être sous protection dans des salles publiques, soit directement entre les mains de ses bourreaux.   

Le reste, les rumeurs s’en chargent ou les journaux spécialisés dans les procès, car ils servent à transmettre à travers la couverture des procès, les renseignements dont les prisonniers ont besoin pour rejuger ceux qu’ils croient ne pas être assez punis.  Évidemment, ça ne s’applique qu’aux crimes à caractère sexuel.  Il n’y a qu’un prisonnier qui m’a confirmé avoir été battu dans une autre prison parce qu’on le croyait pédéraste. «Ils m’ont pris pour toi.», m’avait-il confié.       

Quoiqu’il en soit, si c’est vrai, c’est inacceptable.  L’individu emprisonné est sous la responsabilité de l’état et non de la mafia ou des féminounes.  Dans toutes les prisons, il ne doit y avoir qu’une règle d’or : tolérance zéro absolue pour la violence, la torture et le taxage.      

Les prisons doivent aussi être dotées d’un bon personnel et service médical, car elles sont responsables de ceux qui les habitent.  Et, les «dérangés» y goûtent plus que personne.       
En deux ans, il y a eu des améliorations surprenantes.  Les gardiens ont même appris à être polis avec les prisonniers.  Une raison de moins pour inciter à la violence.

À cause d’un incident, hors de ma portée, un prisonnier a commencé à dire que j’étais un terroriste.  Je ne fus plus vu comme un prisonnier pour des motifs sexuels, mais un prisonnier politique. Ce que j’étais à toute fin pratique.  D’ailleurs, j’ai curieusement été emprisonné pendant que Stéphane Dion défendait sa sale loi de la clarté pour empêcher le Québec de devenir indépendant.

Spirale intraprojective 6

septembre 11, 2020

Spirale intraprojective 6 (pp. 33 à 44)

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

* *       
Si j’avais vécu dans une société libre et évoluée, je suis certain que mon procès ne se serait jamais produit.  J’enseignerais encore puisque malgré toutes les enquêtes faites sur ma carrière (15 ans) et auprès des jeunes à l’école, on n’a pas trouvé l’ombre d’un reproche à me faire.  Comme Gabriel Charpentier m’avait déjà dit : Neveron the job !          

Je n’ai pas à répondre aux rumeurs publiques.   L’imagerie populaire est menteuse, cruelle, sans scrupule et sans limite. Même s’il y a une pénurie de professeurs, je ne peux pas enseigner depuis plus de 10 ans.  On croit plus les cancans que la réalité. Par exemple, un an, après avoir cessé de boire, je me suis rendu dans un club y retrouver des amis.  Le changement de luminosité m’affectait tellement que je trébuchais partout.  Le lundi suivant, un de mes élèves prétendait que ses parents m’avaient vu en état d’ébriété et que je mentais à tous, en prétendant ne plus boire. Pourtant, j’ai été sans boire une goutte durant des années juste pour donner l’exemple à mes élèves parce que j’enseignais la morale.  Et, voilà pour la valeur des rumeurs.  

Qui fut responsable ou qui a commandité ce coup monté n’a pas d’intérêt.  J’en suis sorti péniblement, mais c’est du passé. Cela m’a permis de réfléchir encore plus sur la pédérastie.           
     
Le système m’empêche de travailler dans mon métier et l’on essaie de m’égorger financièrement, grâce à mon dossier.  Je suis condamné au maximum, car même si je suis plein d’énergies, le système m’exclus complètement parce que j’assume totalement ma pédérastie.  On ne veut même pas que je fasse du bénévolat, même auprès des adultes. On préfère les tueurs aux amants ou aux boys lovers. Ces tueurs sont des psychopathes ou des sociopathes, pas des pédérastes. Un pédéraste est en amour avec son petit gars.     

Quant à moi, je suis condamné à perpétuité puisque bientôt on établira une liste de personnes condamnées pour crime sexuel et cela doit aussi apparaître dans le passeport.  Donc, plus de voyage en dehors du Canada.  Cela veut dire que je serai à jamais privé du droit à la « vie» qu’ont tous les autres humains, simplement , parce qu’un jour, un juge a décidé qu’un jeune disait la vérité plutôt que moi, qu’il a cru que j’étais coupable d’avoir touché son pénis, une fois à cinq fois, alors que j’aurais été seul avec lui.  De ce fait, je suis devenu un dangereux personnage parce que j’aime les garçons et que je suis prêt à donner ma vie pour le bonheur de ceux que j’aime.  Malheureusement pour moi, je ne crois plus dans le péché de la chair … C’est contre ma conscience.

***

Que l’on protège les enfants, j’en suis.  Par contre, ce n’est pas à la société de protéger la sexualité en imposant une morale et la répression.  Comme disait Léo Ferré : « Le problème avec la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.»

Par contre, le ministre de l’Éducation du Québec (16-12-2001) a raison de demander une vérification des antécédents judiciaires de toutes les personnes appelées à travailler avec des jeunes de la maternelle et de l’école primaire.  Les plus jeunes doivent être protégés tant qu’ils n’auront pas atteint le développement affectif leur permettant de choisir eux-mêmes ce qu’ils aiment ou n’aiment pas. 

La sexualité doit être enseignée positivement en faisant ressortir toute sa beauté.  Ce que l’on appelait des péchés étaient des peurs à contrôler parce que c’étaient des façons d’interpréter ce que l’on ne connaissait pas ; mais aujourd’hui, on doit pouvoir parler plutôt de plaisir et de responsabilité sexuelle que de péchés.       

 Au secondaire, après avoir reçu une bonne éducation sexuelle dans les dernières années du primaire, qui ne soit pas une mise en accusation de la sexualité, mais une bonne connaissance du développement de son corps et de son développement psychologique, pour mieux se comprendre, le jeune devrait être le seul à décider de ce qui se vit à l’intérieur de ses bobettes.  C’est à lui de décider, en autant qu’il n’y ait pas de violence, de domination, d’intimidation, ce qui lui plaît ou non.       

La répression sexuelle au secondaire n’est plus une protection pour les jeunes, mais une supercherie, une façon malicieuse de diriger leur sexualité, une forme de surprotection, un encadrement injustifié.  On apprend à une personne qui a soif à contrôler ses désirs en l’écartant dans un désert.  Plutôt que d’aborder la sexualité sous la forme de la répression (qui est injustifiable), on doit leur apprendre à vivre une sexualité responsable vis-à-vis eux-mêmes et les autres.          

Qu’on le veuille ou non, le jeune de plus de dix ans environ est beaucoup plus influencé par ses pairs que par ses parents.  Malheureusement, pour aider un jeune, il faudrait souvent rééduquer les parents ou avoir prise sur ses amis.         

Toutes les pressions sociales, de la peur à la honte, sont tournées chez le garçon, contre l’homosexualité.  Pour être normal, un jeune doit être hétérosexuel.  Nous avons ainsi créé une société d’hypocrites. 

Être gai, c’est aussi tout à fait naturel puisque l’on naît selon un bagage génétique dans lequel on a rien à dire.  Qu’on aime ça ou pas, selon la nature humaine, hommes et femmes sont potentiellement, inévitablement, viscéralement, bisexuels.  Tout tient par la suite au développement et au dosage des hormones, des gênes.  Pourquoi n’y aurait-il pas à l’occasion des petits mélanges aberrants, mais naturels ?  L’individu est-il responsable de ce qu’il reçoit en héritage ?  Du milieu où il naît.  ?   Dieu est-il un imbécile parce qu’il s’est trompé de mélange ?  C’est pourtant ce dont les religions essaient de nous faire croire.  Elles sont des mines d’illogismes et de discriminations.          

Le passage à l’acte génital est souvent le fruit d’une recherche de l’expression de sa personnalité, une réaction ou une affirmation de ses propres goûts.  Il peut exister une très profonde amitié entre deux êtres, sans relations génitales, mais non sans relations sexuelles.  D’ailleurs, une caresse, une preuve passagère, une marque d’affection n’affecte pas ton orientation sexuelle.  L’amitié est une très riche relation humaine possible, plus souvent qu’autrement, entre deux gens de même sexe.        

Le problème avec les morales religieuses est qu’ en plus d’être sans nuances, elles interdisent plutôt que nous apprendre à nous contrôler.  C’est la même chose au niveau sexuel, on doit avoir l’intelligence de faire la nuance entre un attouchement sexuel, un geste de tendresse et un viol.  C’est à l’individu de décider quand un geste ne le respecte pas et non aux règles millénaires qui ont établi le péché de la chair, selon lequel, dès que tu rêves de plaisir, tu es déjà en faute.  Comme si le plaisir devrait être absolument interdit.  

Notre civilisation a une approche féminoune et paranoïaque de la sexualité.  Une approche basée sur l’ignorance et le mépris de tout ce qui est mâle.  On voudrait d’une société castrée… Une société de féministes.   

Souvent, toucher le pénis de quelqu’un ne veut pas dire que tu ne le respectes pas, mais que tu es curieux à son endroit.  Ce plaisir doit cependant être partagé pour conserver son sens « d’hommage» à la virilité.  C’est un jeu masculin. Stupide peut-être, mais ce n’est pas pire que les crises de jalousie ou du besoin de se maquiller durant des heures chez les femmes. Les féminounes réussissent là où tous les curés ont échoué : amener les hommes à croire qu’il est irrespectueux de se laisser voir nu, regarder ou palper les organes génitaux, comme si un toucher était l’équivalent d’une pénétration.  Pour être pur, il faut être asexué, car on a mélangé pureté et chasteté. La curiosité d’un enfant mâle l’amène souvent à mesurer, comparer, son zizi à celui d’un autre, et il n’y a rien là, sauf si les adultes en font un drame.  C’est une curiosité bien masculine.  Chercher à voir est aussi féminin.

Les féminounes ont réussi à propager leur paranoïa sexuelle, à universaliser leur peur et leur dégoût du pénis.  Freud dirait probablement qu’elles ont réussi à faire croire qu’être asexuel, être castré (sans pénis) pour un garçon, c’est normal alors que les études démontrent que la libido est bien présente même chez les enfants. 

Pour un garçon, le plaisir de bander, de se sentir électrisé dans le bas du ventre par des attouchements, même s’il n’éjacule pas encore, ça vient très vite… entre neuf et douze ans, selon les individus, souvent après une période de latence, c’est-à-dire une période où, la curiosité ayant été satisfaite dans l’enfance, le jeune ne s’intéresse plus à la sexualité.  Pas d’hormone, pas d’attrait … Sauf, que dans la publicité, on essaie de nous faire croire qu’un jeune garçon est déjà attiré par une fille, ce qui n’est pas le cas de la majorité.  Jeune, un gars est porté à ne pas aimer les filles.  Question de jeux différents, probablement.   Les tentations, le plaisir naissent avec les modifications physiques de l’adolescence. Ce n’est pas ton orientation sexuelle qui fait que tu es normal ou pas.


Malheureusement, plusieurs hétérosexuels vivent leur sexualité tout autrement.  Ils confondent génital et sexuel.  Ils interdisent tout, car, leurs rapports sexuels ne peuvent pas se limiter qu’au plaisir de se caresser.  Ils passent à la pénétration et qui dit pénétration dit danger de procréation.  Est-ce strictement éducatif ?  De l’ignorance millénaire ?  L’arme par excellence pour dominer tous les individus ?  Il est intéressant de noter que les viols, la sodomie chez les garçons ne sont pas surtout le produit des homosexuels, mais très majoritairement l’œuvre d’hétérosexuels.  (Ça arrive aussi à des garçons, Michel Dorais, VLB éditeur, 1997).        

La répression sexuelle permet aux autorités l’espionnage individuel comme le faisait les confessions.  Elle oblige tous les individus à être conformes à ce que la société s’attend d’eux, car sinon, ils deviennent objets de tous les racontars, les esclaves de tous les maîtres-chanteurs, les répudiés de l’idéologie dominante. 

Croire et penser autrement que les autres est un crime.  Pourtant, ceux qui appliquent cette morale ne se gênent pas pour se servir de la violence, du chantage, de la répression pour maintenir tous les êtres humains sous leur joug de violence.  La violence devrait être le premier ennemi de l’homme, pas sa sexualité.

*         

J’ai écrit ce livre dans le but de comprendre entre autre toutes les règles contre la pédérastie alors qu’il fut un temps que c’était reconnu comme la forme d’amour la plus évoluée.  Pourquoi ce changement ?   D’autre part, je crois sincèrement, que nos décisions dans la vie ont un rapport direct avec notre degré d’autonomie, de conscience personnelle.  C’est la voie, la seule, à mon avis, « pouvoir s’exprimer ouvertement et librement pour l’amour du Québec», qui permettra au Québec de se libérer en prenant conscience de la différence des valeurs québécoises des valeurs canado-américaines. J’espère que le jour où le Québec naîtra, ce sera un peuple de haute tolérance.   

*

Qu’est-ce qu’une féminoune ?  C’est un terme inventé pour identifier les féministes rétrogrades qui sont obsédées par le sexe et la parité numérique entre gars et fille. Elle cherche l’égalité homme-femme, en voulant prendre le pouvoir.  

J’ai inventé ce mot car il faut faire une nuance totale avec les féministes québécoises des années 1970 qui ont fait évoluer énormément la société québécoise. Elles ont encore un rôle essentiel à jouer, si elles décrochent de leur peur de la sexualité.     

****

La fédération canadienne actuelle, modifiée ou non, sera toujours un carcan colonialiste anglo-américain, pour le Québec.  D’autre part, il faut bien se rendre compte que l’indépendance pure et nette, sans forme d’alliance avec le Canada, ne sera probablement jamais acceptée par les Québécois.  

Par contre, M. Bernard Landry (c’est maintenant Mme Pauline Marois) est devenu premier ministre.  Il a mis de l’avant la création d’une confédération à l’européenne comme statut politique pour le Québec.  Ainsi, le Québec est à l’intérieur du Canada et de l’Amérique.  Cette union des pays de l’Amérique comme l’Europe peut être la solution puisque chaque état garde son souveraineté et se base sur un nouveau partage des pouvoirs.  

Cette idée avait été lancée auparavant par nul autre que Robert Bourassa et correspond exactement à l’avenir politique que j’entrevoyais depuis ma jeunesse pour le Québec.  Quand j’écrivais dans la vingtaine, je préconisais la création d’une vraie confédération, ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau, s’il y a une différence, aux états associés ou à la souveraineté- association de René Lévesque.
 
La confédération — deux ou plusieurs pays associés– représente le compromis tant recherché entre l’indépendance pure et dure du RIN, de Pierre Bourgault, la souveraineté-association, de René Lévesque et le biculturalisme de Trudeau puisque dans une telle forme d’union, le Québec dans une confédération canado-américaine devient le seul maître d’œuvre de sa culture et de son immigration.   

Le Québec assume les pouvoirs dont il a besoin pour protéger son visage français et se développer économiquement. Il participe à l’avenir commercial, économique et défensif de son territoire à l’intérieur de l’Amérique.  C’est un état associé.  Daniel Johnson (père), Jean Lesage, Robert Bourassa, Paul Gérin-Lajoie, tous l’ont prôné. (sauf avec les États-Unis).  N’y aurait-il que les fédérastes qui la refusent qui ont raison ? Ne rejettent-ils pas la Confédération continentale parce que le pouvoir vient du peuple, des provinces, des pays, plutôt que de leur domination ?    

Les événements du 11 septembre 2001 prouvent la nécessité pour le Québec d’avoir une voix, aussi faible soit-elle, aux Nations Unies.        

Le Québec est résolument un pays pacifiste et démocratique alors que le Canada est philosophiquement assis entre deux chaises puisque l’Ouest canadien est plus militariste, dictateur, religieux, plus américain. 

* * * * *           

Les approches catholiques et protestantes sont deux entités d’une même racine de notre philosophie religieuse.  Elles engendrent une perception très différente du monde et de la vie.  L’histoire de la répression sexuelle le démontre fortement, car pour les protestants, les péchés de la chair sont extrêmement graves.  (L’histoire de la répression sexuelle, Jos Van Hussel, éditions du Jour/Laffont.)  La différence touche aussi le rapport à l’argent.  Pourtant, la sexualité est un moindre danger à côté de la violence et de toutes les formes de fanatismes qu’entraînent les religions et le système économique.       

* * * * *           

Au lieu de se pencher sur la misère de l’homme sur la planète, on préfère encore investir dans l’armement, la répression. En ajouter encore est de la folie pure.  Nous en sommes responsables puisque nous votons pour les politiciens qui le préconisent.          

Si la domination armée des États-Unis est inacceptable, car elle protège hypocritement les intérêts du commerce international hébro-anglo-américain à travers la planète ; la conception religieuses des dirigeants de l’Islam politique, leur embourbement dans leurs traditions et leur irrespect total de l’intelligence humaine et des textes de Mahomet, l’est aussi.   Même s’il est compréhensible, leur anti-américanisme est loin d’être louable.  Aucun des deux ne montre une tolérance qui donne espoir à l’évolution de l’homme vers la paix et le plaisir de vivre. 

Entre un Bush qui se prend pour St-Georges et un Ben Laden qui diffuse une religion criminelle. Je ne parle pas ici de la foi dans le Coran, une foi que je partage, mais dans le fanatisme de son application, Bush devient presque un saint.

Personne ne peut accepter la domination islamique des Talibans, car c’est une position de haine tout comme chez les hébreux, un fanatisme religieux.  Le problème de ces deux religions est qu’elles répandent leur haine mutuelle à travers le monde afin de le dominer.        

Je crois qu »Israël doit être un pays tout comme la Palestine, selon les frontières fixées sous un accord mondial, sous la supervision des Nations Unies.      

Jérusalem doit être une ville sous le contrôle strictement international des Nations-Unies afin que chaque religion respecte les autres.  Le fanatisme religieux quel qu’il soit devrait être considéré comme un crime s’il nourrit la violence et la guerre.    
 
La religion est un droit fondamental individuel.  La manifestation extérieure des religions n’est pas un droit individuel, mais un droit collectif.  Cette manifestation doit être absolument pacifique ou interdite. 

Un état, qui est le moindrement sage, acceptera que tous les religions puissent participer dans leur temple à leurs rituels.  Mais, si ces rituels vont à l’encontre de la non-violence ; ils doivent être interdits. 

Les Églises devraient avoir la Sagesse de ne pas exiger des manifestations religieuses publiques à leurs membres en dehors de ses offices religieux.   Prier Dieu ou Allah, c’est une chose ; détester les Juifs et les Américains, c’est une autre chose ; mais prôner la violence pour se venger, c’est la limite qu’il ne faut pas franchir. 

L’intolérance est une absence d’intelligence.  La tolérance est au contraire une preuve de sa capacité de communiquer avec les autres, de les respecter.  Les religions doivent se conformer aux règles de l’État.       

****

Peut-on accepter la guerre pour protéger les intérêts des pétrolières américaines en dehors des États-Unis ?  Les USA ne veulent pas seulement chasser Hussein du pouvoir parce qu’il est un dictateur, et qu’il peut, comme dans Nostradamus, se servir d’armes atomiques ; mais parce qu’il contrôle une partie du marché du pétrole.

Notre danger est que l’on a déménagé nos vieilles folies de l’histoire chez nous : le rejet de l’homosexualité, les querelles juifs-arabes ; le fascisme et le communisme ; l’infiltration juive et arabe pour dominer une partie du gouvernement américain, grâce à l’argent ou aux communications.      

Nos projets de vie sont modifiés et définis par cette pensée stupide : on est les seuls sur la terre à avoir raison.  Après des millénaires, l’homme est aussi fou et aussi esclave de ses peurs face à la sexualité que l’homme des cavernes.  On a développé la technique d’une façon extraordinaire, mais on n’a pas soigné le cerveau de l’homme contre sa rapacité, sa soif de pouvoir et d’argent.           

S’il est vrai qu’un tel geste (le World Trade Center) ne doit pas demeurer impuni, il faudrait aussi essayer de trouver les vraies racines du mal : la pauvreté et l’exploitation.  Que faisons-nous pour les extirper ?           

La présente guerre est celle des riches du monde du pétrole.  Les pauvres ne sont que les victimes alors que les participants de part et d’autre sont des assassins légaux ou non, car les civils sont impliqués.  Comme citoyens, nous approuvons la guerre en consommant plus de pétrole et en acceptant un budget qui inclut des dépenses militaires.      

Je crois que ces événements, tout comme la Brinks, les événements d’octobre 1970, sont dictés par les financiers et non les politiciens.  Ils sont organisés à partir du sommet occulte des finances pour manipuler les masses, comme le plan B des fédérastes en 1999 : Écraser le peuple québécois afin de justifier la répression à travers la peur d’une guerre civile dirigée, organisée par le fédéral, au nom des «séparatistes».       

Les anti-américains veulent que les États-Unis réalisent en souffrant chez eux, le mal qu’ils font à travers le monde alors que les Anglophones (juifs y compris) essaient de tout écraser en pensant qu’ils sont le Bien.  Toutes les communications cachent une guerre larvée des religions ou, du moins, des pouvoirs économiques qu’elles représentent. 

Les événements de New York ressemblent souvent à ce qui se passe au Québec. La conspiration des années 1970, le plan B de Stéphane Dion et cies, à Ottawa, sont une copie allégée des événements mondiaux qui se déroulent maintenant : un état d’être, de crise, qui justifie, sous prétexte de la protection, toutes les formes de répression.     

La partition conduisait inévitablement à la guerre civile.  J’ai donc écrit à Jean Chrétien et Stéphane Dion, une lettre affirmant qu’ils incitaient à la violence (ce qui est contre la loi).  Malheureusement, cette missive portait le titre de :  » Aux armes, citoyens !  » Et, il semble que ce soit tout ce qu’ils ont retenu.           

Revenu à Montréal, je me suis armé d’une pancarte et j’ai défilé devant les institutions anglophones afin de leur faire comprendre le danger et la folie de leur geste.  Si le Québec tousse, l’Amérique a le rhume…        

Ma pancarte portait un message non-équivoque :« Partition means civil war, is that what you want ?  Not us.» J’aime assez les jeunes pour me battre contre la guerre.  D’autant plus que mon fils et ses enfants vivent en Ontario. C’est une bonne raison pour être plus compréhensif. 

C’est dans ce contexte que j’ai dû reprendre le chenin de la prison puisque le verdict de la Cour d’appel était de ne rien changer au procès de première instance… Tu perds presque toujours en appel.  On refusait de tenir compte des seuls témoignages et on en resta au côté technique.  Le procès avaient suivi les règles.  La cour est là pour te rappeler qui est le boss.  Question aussi de solidarité entre les juges, j’imagine.  J’aimerais bien savoir qui étaient ces juges. On m’a dit qu’il n’y avait que des femmes-juges.                        

Le plan B de Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Roch (de la santé à l’industrie) et Anne McClennan (remplacée par Martin Cauchon) avait été défini par le rôle qu’ils jouaient dans le gouvernement fédéral afin de mettre le Québec à genoux, sans que les Québécois ne s’en rendent trop compte puisque le pire défaut des Québécois est leur naïveté et leur paresse intellectuelle.  Il suffit de leur dire qu’ils sont racistes pour leur faire accepter n’importe quoi.  Ils ont peur de ce que l’on pense d’eux.    

Cette loi de la clarté pourrait éventuellement permettre la chasse aux                         « indépendantistes» que les fédérastes appellent les « séparatisses»        

Les fédérastes ne respectent pas le Québec dans sa façon de voir le problème des jeunes contrevenants, du terrorisme, du crime organisé et de la langue.  Le Québec est plus près de l’Alliance canadienne (jadis les Conservateurs), dans ce dernier domaine, quand elle préconise que la langue est un pouvoir exclusif aux provinces.  Pourquoi Québec devrait-il obéir à des règles fédérales qui ne le respectent pas ?  Qu’attend-on pour simplement vivre comme nous voulons vivre ?

Serait-ce qu’Ottawa a beaucoup de bonnes raisons de protéger le crime organisé?  Pourquoi la GRC est- elle investit des enquêtes sur le terrorisme au Canada et particulièrement au Québec quand on sait qu’elle a volé des listes de membres du Parti Québécois, brûler une grande, poser des bombes au Québec pour justifier la chasse aux «séparatistes» ? 

Jean Charest a pour mission de mettre le feu au Québec en préconisant la défusion aux Anglais de la région de Montréal et en permettant de remettre sur pied le plan B du gouvernement fédéral.           

Selon ce que j’ai appris, le plan B devait être mené comme octobre 1970 par le gouvernement fédéral.  Les poseurs de bombe ou kidnappeurs devaient être d’anciens policiers et militaires canadiens, appelés les «Pathfinders». Ils devaient, par leurs gestes, créer l’agitation nécessaire pour justifier une nouvelle occupation militaire du Québec.  La renaissance du FLQ devait permettre au fédéral de justifier cette nouvelle occupation, sous prétexte de la sécurité nationale.

C’était pour éviter ce scénario que j’ai manifesté contre la partition. Je ne voulais pas la mort inutile de jeunes idéalistes.  On sait que pour s’en sortir notre société bien-pensante organise elle-même les crises.  Cette même société peut nous envoyer en prison pour avoir étendu les doigts sur le pénis d’un petit garçon alors qu’elle permet d’en tuer des milliers d’autres pour protéger ses intérêts économiques et politiques dans une autre partie du monde. Mais, le mauvais, c’est le premier bien entendu…          
 

Le fédéral voulait créer une situation qui rende la souveraineté du Québec à jamais impossible.  Je ne sais pas exactement quel rôle on voulait me faire jouer.  Fallait-il un nouveau chef felquiste, vraisemblable, plausible?   Cherchions-nous un individu pour infiltrer les souverainistes ? Des prisonniers m’ont prêté un livre intitulé CONSPIRATION. Ce livre raconte comment un journaliste de Radio-Canada a purgé plus de dix ans de prison parce qu’il refusait de travailler pour la CIA à Cuba.  Une réalité ? Tout l’indique. Les faits semblent vérifiables.            

Vous pouvez vous imaginer ce que je ressentais quand environ un an après ma sortie, Paul-Hervé m’a proposé de travailler dans une société de marketing alors qu’un journaliste du Journal de Montréal venait d’écrire que cette compagnie de Chicago était un nom emprunté de la CIA.  J’ai dû écraser mes peurs et marcher sur ma paranoïa.  Aujourd’hui, je crois que ce journaliste était tombé sur la tête ou un grand romancier… Il n’y avait que des sondages, du moins, chez Market Facts.

Pour avoir des pouvoirs répressifs, il faut des actes répressifs.  C’est pourquoi tous les actes violents posés au nom de la souveraineté sont des diversions employées par le fédéral pour nous faire oublier l’essentiel : son ultracentralisation.

Le projet de dé fusion municipale à Montréal est du même genre que la partition.  En ce sens, donner le pouvoir aux libéraux maintenant, c’est collectivement suicidaire.  

Quel que soit le prochain gouvernement, il doit être souverainiste pour négocier la future confédération.  Il ne faut pas croire que c’est grâce à notre force, qui va à l’encontre des puissances du pétrole et de l’automobile que l’on deviendra indépendant, mais parce que les États-Unis ont décidé de nous avaler pour se protéger.

L’attaque à New York permet de justifier toutes les formes de répression en Amérique et nous empêche de constater que les États-Unis de Bush veulent bouffer le continent.  Sous prétexte que l’on est tout petit, on croit que nous n’y pouvons rien.        

Par ailleurs, aux prochaines élections (si Charest n’est pas élu) la nouvelle carte montréalaise pourrait prouver que même dans le Grand-Montréal et le Québec par extension, il est possible pour les Anglophones de travailler avec les Francophones pour le bien général de la communauté.  Créer un espace dans lequel le bien-être de tous ses habitants est vraiment le centre des préoccupations, tout en ayant un Québec de plus en plus francophone.        

Si le radicalisme est toujours de mise dans des négociations, l’intolérance ne l’est pas.  La terre existe pour l’homme, pour chaque homme

Jean Charest est un opportuniste qui ne rêve qu’à son pouvoir, tout en étant le pantin des fédéralistes, spécialement de Stéphane Dion.  Tout ce qu’il sait dire : le PQ va bientôt déclencher des élections ou le PQ ne rêve qu’à son referendum.  À quoi Jean Charest rêve-t-il, sinon au pouvoir ?  Ces amis sont-ils si affamés ?  Si un referendum passait, Ottawa accepterait-il le verdict ?  La démocratie existe dans la bouche de nos fédéralistes seulement quand ça fait leur affaire.  

Les événements du 11 septembre 2001 (condamnables en soi) sont, je crois, commandités par la haute finance planétaire et rendus possibles, grâce à l’aide de la CIA.  Ils apportent à nos dictateurs locaux la raison de pouvoir se doter des outils dont ils ont besoin pour dominer davantage, en plus grande sécurité.  Ça permet de justifier une guerre.  Quand nos gouvernements parlent de sécurité, nos leaders pensent à leur sécurité, non à celle du peuple, bien entendu.       

L’attentat palestinien en Israël contre un ministre et l’attaque d’un contribuable au parlement en Suisse lui donnent raison d’avoir peur.  En ce sens, les Canadiens pourraient perdre beaucoup de leur liberté, car ici, heureusement, même le pire ennemi politique peut se promener sans danger.  Il serait dommage que la situation internationale modifie cette étonnante possibilité pour un chef d’état ou d’opposition de pouvoir rencontrer la population sans craindre pour sa vie.  Juste faire perdre cette possibilité d’accès à nos hommes politiques serait dommage.  Ce serait un signe que le fanatisme s’installe chez- nous et que la démocratie, que nous voulons tous, commence à être dangereusement malade.

Il est étonnant qu’à l’aube d’un nouveau millénaire, le Québec ne veuille pas réaffirmer son indéfectible pacifisme et sa foi dans la démocratie, les Nations Unies et la Charte des droits de la personne, comme minimum d’une civilisation acceptable en tant qu’humains.           

Nous avons vécu deux conscriptions, refusé deux guerres mondiales.  Les dirigeants de ce monde en organisent actuellement une troisième.  Serons-nous des pacifistes ?  Certainement.  Mais tout aussi certainement des victimes du développement de la technologie militaire.  Comment éliminer tous ces meurtres ?  En votant contre ces gouvernements ?  En faisant la guerre commerciale aux pétrolières et aux automobiles ?  En combattant le racisme afin de mieux comprendre l’enjeu de la survie de l’Humain ?  Chaque achat que nous faisons est un vote en soi .  

Spirale intraprojective 5

septembre 10, 2020

Spirale intraprojective  5 (pp. 23 à 31)

 Ou Voyage au bout de ma folie

L’indépendance et la mondialisation .Un peuple-un pays.

**
J’ai commencé à écrire ce livre en prison (les 45 premières pages).  Je voulais y exprimer toute ma révolte et expliquer pourquoi à mon point de vue la liberté sexuelle est si importante dans l’imagerie et la compréhension de la vie pour nous, les Occidentaux. 

Ce fut mes premiers pas dans la théorie à l’effet que la liberté sexuelle individuelle est l’élément le plus important pour la libération des esprits et la capacité de repenser notre système.  La liberté sexuelle permettra une meilleure communication et une humanisation nouvelle.

Éliminer la violence, les drogues, remplacer notre lutte au plaisir par la lutte à la violence.  Je ne suis pas le premier à avoir perçu là quelque chose de fondamental si l’on veut changer le monde.  La liberté sexuelle, la non violence, c’est la révolution.  La même que celles des droits individuels et à la vie privée.

Cela explique aussi cette drôle de structure dans laquelle je passe du politique à la sexualité, ce qui lui confère cet air un peu névrosé, spirale, nouvel essai comme dans le nouveau roman. Tout est lié.

Cette perception de quelques-unes des années qui ont suivi mon aventure comme professeur à Val-d’Or et mon engagement pour l’indépendance du Québec peut être carrément paranoïaque, mais ça n’a aucune importance, ce fut un événement qui a marqué mon cheminement.  Je n’ai jamais pu enseigner par la suite et en tirant le diable par la queue, je n’ai jamais pu me réengager politiquement comme je l’aurais voulu.

Puisque l’on ne pouvait pas m’attaquer sur un plan politique, ni même me reprocher quoique ce soit comme professeur (nerver on the job), pour me la fermer le système a monté un procès après m’avoir tendu un piège, en fournissant le petit gars. Une innocente victime qui a eu bien du plaisir à jouer son rôle de victime.

Ce qui s’est sexuellement passé entre nous est tellement insignifiant que l’on a dû se servir d’un de mes livres sur la pédérastie, écrit en 1968, pour me condamner. On s’est servi de L’homo-vicièr pour prouver que je suis pédophile.  Une étiquette qui ne me colle pas à la peau car je me suis toujours présenté comme pédéraste. Ça se ressemble, mais ce sont deux mondes tout à fait différents.

À mon avis, mon incarcération faisait partie de la répression qui a suivi le référendum perdu en 1995.  Il fallait écraser à jamais les indépendantistes québécois qui venaient presque de réussir la création du pays du Québec. Je venais aussi de démissionner comme président de la Société nationale des Québécois.  On croyait que j’avais été mêlé au FLQ (un mouvement terroriste, le Front de Libération du Québec qui a existé dans les années 1970).  

Ma flamme nationaliste n’était pas éteinte au contraire.  Je poursuivais ma lutte contre le fédéralisme canadien.  Comme on me l’a bien expliqué en prison : pour le système, un prisonnier politique, c’est dangereux, ça crée des martyrs et des héros. Par contre, être reconnu coupable de pédophilie, ça fait de toi un monstre, un salaud, un perverti, pire que les faucons qui, eux, ne sont que des assassins légaux. C’est surtout vrai à certain moment, comme à cette époque, où tout le monde ne faisait que parler de l’affaire Dutroux.

Pour réaliser ce plan, la police de Val-d’Or a kidnappé deux enfants (une petite fille de six ans environ et un garçon qui allait bientôt pour avoir 14 ans, soit l’âge de consentement au Québec, à cette époque.  La police les a séquestrés une fin de semaine, étant placés sous le regard d’une famille d’accueil, avec l’interdit pour leur père d’entrer en communication avec eux.  Puisque la police n’avait pas communiqué avec la DPJE, c’était un geste illégal. 

Puis, on a choisi entre deux versions des faits reprochés par le jeune garçon.  Ces versions avaient été établies, après coup, à la suite de nombreuses heures d’interrogation par une représentante de la DPJE (une amie de la gouverneure générale actuelle, Mme Michaël Jean) et la police.  On a probablement choisi celle qui paraîtrait la plus crédible. 

Je ne sais pas pourquoi on a choisi la version présentée en cour, mais celle qui fut rejetée ne tenait pas compte que je venais quelques mois plus tôt d’être gravement blessé à l’épaule droite, ce qui m’empêchait à toute fin pratique d’utiliser mon bras droit.  Cet accident m’avait temporairement rendu impuissant.  La douleur l’emportait sur le besoin de jouir.

Le physiothérapeute pouvait en témoigner, mais mon avocat ne l’a jamais demandé à la barre. Le juge l’a même pratiquement supplié de lui fournir la moindre preuve s’il voulait me faire innocenter.  Il n’y eut que deux témoins : le père, Jean-Paul et le fils, Mathieu.

J’ai refusé de témoigner.  Si je respecte ce que je crois, je suis innocent, même si je l’ai touché, alors que dans notre système judiciaire je suis pire qu’un assassin.   Puisqu’on fabulait, j’ai plaidé non coupable.  Mon avocat a aussi refusé la liste d’une vingtaine de jeunes et amis qui voulaient venir témoigner en ma faveur.  Les élèves m’aimaient bien. Je pense que j’étais un bon prof.

D’ailleurs, j’avais été averti :  » si tu n’as pas 10,000$ pour te défendre, oublie ça, tu iras en prison. » Je n’avais pas cet argent.  Et, avec ce que j’avais déjà écrit et publié, j’étais condamné d’avance.

J’ai fait mes neuf mois de prison, j’ai payé.  Maintenant, je peux avouer sans problème que je l’ai touché, je l’ai mangé comme un vampire et il en a fait autant.  Si vous êtes assez crétin pour le croire, car il était irréversiblement hétérosexuel, comme son père, vous êtes de bons citoyens.  Je ne sais même pas encore s’il est circoncis.

 Le procès a-t-il été poussé par les libéraux, les féminounes ou les Mormons ? Le père du petit me dit qu’on assisterait à une lutte entre un gars de pouvoir politique québécois et l’argent de la religion, les Mormons. 

Une chose est certaine, le père était en lutte pour la garde des enfants avec son épouse qui venait de joindre les Mormons quelques années plus tôt.  Inutile de dire que nous avons des valeurs tout à fait différentes.  Son père m’avait prévenu avant mon départ pour Montréal avec son fils de bien faire attention, car on voulait absolument me piéger.  Pour le prouver, il m’avait montré une lettre de sa mère, indiquant sa préoccupation quant au voyage de son fils Mathieu avec moi. 

Quand j’ai demandé au père ce qu’il en pensait, sa réponse fut :  » J’ai connu des homosexuels qui jamais ne m’ont touché. »   Par conséquent, il me faisait confiance.  Je l’aidais parce qu’il était dépressif et qu’il avait beaucoup de difficultés avec Mathieu.  Le voyage était une promesse, une récompense, si Mathieu s’améliorait à l’école. 

Quant à Jean Paul, le père, Mathieu le rendait fou, car il ne voulait jamais lui obéir.  Puisque, selon lui, j’en avais récupéré de plus coriaces, il croyait que je pourrais avoir raison de la paresse de son fils. La maison était effectivement devenue incroyablement sale, car Mathieu refusait d’aider son père nouvellement divorcé.

 Le père est venu me trouver avec Mathieu pour que je l’aide.   » Garde-le, il ne veut rien comprendre. »  Depuis quelques mois, Mathieu venait me trouver avec son père s’il avait fait des progrès.  J’aillais alors avec lui jouer aux quilles ou au cinéma, lui donner une récompense à mes frais bien entendu.  Ça me faisait d’autant plus plaisir que Rouhed venait de se suicider et que Gabriel, un jeune qui venait souvent habiter avec moi, était retenu dans une institution judiciaire pour délinquants. J’étais devenu un bénévole avec sa mère pour que l’on puisse l’aider aussi.  Mathieu comblait un besoin. 

Selon mes règles, le seul endroit où l’on ne devait pas savoir que je suis pédéraste, c’était l’école.  Un mot sur le sujet et je ne peux plus jamais enseigner.  Je n’en parlais tout simplement pas.  « Never on the job !  »  Par contre, mon ami Jean Ferguson partageait mes goûts et était ami avec le père du petit Mathieu.  Tous deux connaissaient mon orientation sexuelle.
 
Ça n’a pas d’importance que j’aie fait de la prison pour des attouchements sexuels, car je sais que la société québécoise n’admet pas la pédérastie.  Si je m’y livre, je dois en assumer les conséquences. Cependant, je ne pouvais pas plaider coupable à un tel délire puisque c’était affreusement exagéré et que l’on ne tenait pas compte de la vérité.  On me jugeait en me prêtant des intentions, en interprétant des situations. Je sais qu’en vivant ma pédérastie, je suis contre les règles de notre société.  Je le fais consciemment, donc, il est normal qu’on veuille me le faire payer ; mais je suis moins dangereux que des présidents ou des premiers ministres qui font éliminer ceux qui ne pensent comme eux.  Je ne crois pas que la pédérastie soit mal, péché ou négative, s’il n’y a pas de violence ou de domination.

À Montréal.

Effectivement, en arrivant à la Ronde, à Montréal, Mathieu s’est dit malade.  On est entré chez moi. Il faisait un peu de fièvre.  J’ai voulu qu’il prenne un bain, il ne voulait pas.  Il était très tendu, je lui ai donc offert de le masser, ce que je venais d’apprendre dans des cours de massage.  Si ça peut faire plaisir au système, c’est vrai que je l’ai touché presque partout en faisant ce massage suédois complet.  C’est ainsi que ça se donne.  Lui aie-je effleuré le pénis ou la poche (scrotum), une fois ou deux ?  C’est possible, même probable, puisque ça arrivait quand je pratiquais dans mes cours.  L’aie-je touché aux fesses.  Définitivement, ça fait partie du massage. 

Mon remède a dû être très efficace, car on est reparti pour la Ronde presque immédiatement après.  Que je l’aie touché, possible, mais comme il a dit en cours : je ne l’ai même pas masturbé. J’ai mis la main sur son pénis, sans même bouger un doigt. Quel crime !  On voulait me donner trois ans, mais on s’est contenté de neuf mois.  À la fin du procès, des 32 fois où je l’aurais touché, il en restait une ou deux possible, selon son propre témoignage.  Il dit que ça n’arrivait que lorsque nous étions seuls.  C’était sa parole contre la mienne. 
Il est vrai que je n’ai pas la même conscience de la sexualité que les normes de cette civilisation qui privilégie le meurtre à l’orgasme comme nous le disait Charles Fourrier, dans Vers la liberté en amour.  Je privilégie l’orgasme au meurtre, à la torture.  Question de point de vue.
Ce que j’ai vécu avec Mathieu ne regarde que lui et moi puisqu’il n’y a jamais eu de violence.  Malheureusement, il n’eut 14 ans, âge du consentement, qu’une semaine après ce voyage.  Puisqu’ainsi il était mineur, la police pouvait procéder quoiqu’il en pense.  Mathieu est venu me voir, une semaine avant ma sentence pour s’assurer qu’il pourrait quand même pouvoir venir en voyage avec moi.  Nous étions en vacances à mes frais.  Une chose est certaine, ça ne s’est pas passé comme il l’a raconté lors du procès.  Je l’aimais. Je l’affectionnais.  Je lui caressais le ventre pour le faire rire, le soigner quand il était trop stressé.  Je lui ai donné un massage.  Rien de tout ça n’est condamnable. Sauf, si on vit dans une société bornée.  Et, sur le plan de l’homosexualité, le Québec catholique l’a toujours profondément été.
Je lui pardonne.  Il a été victime de l’imbécillité humaine.  Il fut manipulé par les féminounes qui prétendaient le protéger et qui manifestaient à l’extérieur, lors du procès.  D’ailleurs, son père était parfois battu par les petites amies de sa mère.  C’est du moins ce qu’il me racontait.
Mathieu n’a jamais manifesté de réticence à mes farces, sauf, serrer sa ceinture à s’en rompre la colonne vertébrale, pour s’assurer que je ne pourrai jamais descendre les doigts plus bas. Dans l’enquête préliminaire, il a affirmé vouloir venir avec moi, même s’il connaissait mes goûts.  Je lui avais dit avant de partir que je couchais nu et que je ne ferais pas d’exception durant ce voyage.  On m’accusa de m’être montré nu devant ce pauvre enfant qui a dû sûrement sentir son âme le quitter. Il a aussi ajouté avoir mollement essayé de me retenir le bras pour me le retirer de son pantalon, soulignant ainsi sa désapprobation.  Je me rappelle que son sourire était très joyeux quand je lui flattais le ventre.  Peut-on être condamné pour le désir d’avoir été en voie d’accomplir un geste ? 
Caresser un ventre ou une tape sur les fesses pour le féliciter aux quilles n’ont rien d’illégal.  Il faut vraiment être malade pour y voir du mal, comme le prétendait le Procureur de la Couronne.  On sait que ceux-ci sont payés pour salir les accusés … comme si représenter le bien commun signifie écraser les individus dans le grand cirque de la justice.  Je croyais que la vérité y avait encore une toute petite place, mais je me trompais.

Mettre la main sur le pénis de quelqu’un, même le sucer, s’il est d’accord, ça n’a jamais asséché personne.  Au contraire, l’orgasme, le sentiment d’être désiré a toujours été bénéfique, une pilule formidable de bonheur.  Un médicament sans pareil contre le stress. 

La répression sexuelle est un acte d’ignorance, un moyen pour contrôler les individus.  Sans la répression sexuelle, les policiers ne pourraient pas mettre le nez dans la vie privée des individus et les contrôler jusque dans leur poste internet, sous prétexte de surveiller la pornographie infantile ou le terrorisme … Pire que 1984, Big Brother se fait passer pour une putain afin de mieux te piéger … La loi devrait être là pour te protéger, non pour te piéger.
Si ce procès n’était pas politique pour me faire payer au départ un prétendu crime felquiste (terroriste) commis 25 ans plus tôt , je me demande pourquoi mon avocat m’a dit que je devais écoper de trois ans de prison parce que ce procès était éminemment politique, mais dans un autre sens que celui que j’entends habituellement.
Si mon procès n’était pas politique pourquoi le père de Mathieu a-t-il parlé de mes poèmes à la police ?  Cela leur a permis de perquisitionner chez moi et de saisir mes trois vidéos sur la poésie, soit Les nuits de la poésie à Montréal en 1970 et 1980 ainsi que le film La société des poètes disparus. Ce sontdes textes très dangereux et un film absolument pornographique. Quelle stupidité !

Avoir fait du temps pour un attouchement sexuel, c’est stupide, mais ce sont nos lois débiles.  Je le sais et je n’ai aucunement l’intention de les respecter. On est plus puni pour attouchement que d’avoir volé les retraites des personnes âgées. Je le sais et je n’ai qu’à contrôler mes doigts.  Si je désobéis, c’est ma responsabilité, mais je dois avant tout respecter mes propres valeurs.  Au Québec, on ne fait aucune différence entre ce qui passe sans violence, dans le plaisir d’avec la violence et le viol. 

C’est d’autant plus écœurant que notre société dirige nos esprits à coups de violence, d’ignorance, en se prétendant capable de respecter les droits de l’homme. Ce qui me fatigue, c’est que cette intervention et ce procès furent, je crois, un coup monté politique. De toute façon, tout est politique. Si tu ne t’occupes pas de la politique, elle s’occupera de toi.
  Si ce n’était pas un coup monté, comment l’Homo-vicièr, un de mes romans écrit en 1968, qu’on trouve qu’avec beaucoup de difficulté, s’est-il ramassé entre les mains de la police de Val-d’Or ?  Était-ce le même que celui qui venait de disparaître dans l’appartement de Rouhed, juste après son suicide, à Montréal ?  Je ne connaissais pas les nouvelles amies de Rouhed, mon fils adoptif et c’est l’une d’elle qui a envoyé le livre.  

Je comprends qu’une lettre dans laquelle je disais que notre système est meilleur pour protéger les pénis que les cerveaux que je venais de remettre en main propre au ministre de la Sécurité du Québec, Me Serge Ménard, se soit retrouvée dans mon procès.  Je l’avais écrit pour appuyer la création d’une loi antigang parce qu’on venait d’assassiner un petit gars à Montréal, le petit Daniel Desrochers.   J’ai aussi écrit à cette époque, un mémoire qui s’intitulait :  » Pour en finir avec l’hypocrisie ».  Pour dénoncer les suicides qui sont rattachés à la répression sexuelle et à la drogue.  Ces suicides sont surtout dus à notre jansénisme et à l’homophobie. On est trop scrupuleux pour reconnaître qu’être gai à l’adolescence est une étape normale et nécessaire dans le développement de notre sexualité. Tout comme il est normal de se reconnaître hétéro par la suite si c’est le cas. Un processus d’identification dans le développement de sa personnalité.

La police avait fait une perquisition chez moi.  Dans les photos saisies par la police de Val-d’Or, il y en avait une de mon bon ami Marc Lachance qui avait créé de nombreux cirques en Éthiopie pour permettre aux jeunes de la rue d’ y participer, ce qui leur garantissait de manger et de pouvoir fréquenter l’école. Une œuvre extraordinaire de générosité ! 

Est-ce une coïncidence qu’il se pende quelques mois plus tard, car il aurait été dénoncé dans des lettres anonymes.  Il aimait les garçons comme moi.  Dans sa dernière lettre, il nous demandait d’interpréter son suicide comme un meurtre.  Un policier de Londres l’accusait d’appartenir à un réseau international pédophile, ce qui me semble carrément stupide puisque ça ne lui ressemble absolument pas.  Ce n’était pas dans ses conceptions de forcer un jeune, encore moins de l’exploiter.  Marc avait, je crois, un très grand respect des jeunes qu’il aimait.  Donc, je ne crois pas dans ces accusations.  Par contre, si on écoute le film Au nom du Père, on comprend mieux ce qui peut s’être produit. Les accusations se muent souvent en acharnement.

Ce procès m’a aussi empêché de pouvoir remplir la promesse faite à mon fils de m’occuper de son enfant.  La personne qui l’a adoptée ne me faisait pas confiance.  Si elle avait pu me faire disparaître, elle l’aurait fait.  Ce serait elle qui aurait envoyé l’Homo-vicièr. J’espère que Maéli connaîtra un jour le souhait de son père et le respectera. Qu’elle ira une fois prier sur sa tombe.

À travers la justice, j’ai appris que les êtres humains peuvent se conduire pire que les animaux, sans aucune nuance, aucune tolérance, aucun effort de compréhension.  Comme on me l’a dit, à cette époque, « quand tu reverras Maéli, elle sera assez veille.  On lui aura tellement inculqué le désir de te rejeter d’emblée qu’elle te détestera sans même vraiment te connaître ».

Avant mon procès réel, une dame a tenté de me confronter une première fois chez un ami à nous, à Montréal.  Je lui faisais confiance.  Cette enquête enregistrée sur cassette audio, disait-elle, était fort attendue car  » On se servira d’une limousine pour m’amener à Ottawa, si le plan réussit.   » 

De quel plan s’agissait-il ?  Pour quel parti ?  Essayait-on de me mettre en confiance pour « enregistrer » mes possibles aveux ?  
 
Dans cette entrevue, j’y ai expliqué le pourquoi de l’existence des jeux, consistant à flatter la bedaine de Mathieu, une farce qui existait entre nous depuis plusieurs mois.  Je disais aussi pourquoi il n’y avait rien de mal là-dedans, car il était impossible qu’il ait un pénis assez long pour se rendre près de sa ceinture… même un adulte aurait été une exception pour réussir un tel exploit en longueur…  Pourquoi cette entrevue ? 

Je n’aime pas parler de rumeurs, mais je fais exception cette fois-ci ?  Est-il vrai qu’un policier de Val-d’Or a dû s’exiler dans l’Ouest canadien parce que Mathieu, le jeune qui a porté plainte contre moi, aurait prétendu que l’agent qui l’interrogeait à mon sujet aurait aussi succombé à ses attraits ?  Pourquoi a-t-il affirmé chez moi, au retour de sa fin de semaine en famille d’accueil, après avoir déposé une plainte contre moi, que son père était gai alors qu’il est sans nuance hétérosexuel ?  En quoi le divorce de Jean-Paul faisait-il partie de cette mise ne scène ?  Le jeune prétendait qu’il serait placé en famille d’accueil, mais que jamais il n’accepterait d’aller vivre chez sa mère ? 
 Qui au cours de cette fin de semaine a réussi à lui faire croire que son père était homosexuel ?  

En cour, Mathieu a dit être venu en voyage, même s’il connaissait toutes mes tendances et mes goûts.  Malheureusement, il lui manquait une semaine pour avoir le droit au consentement.  Peut-on consentir seulement qu’au moment, à minuit, où on a l’âge requis ?  Ne devient-on conscient que sur les coups de minuit, marquant ton entrée dans tes quatorze ans ? Quelle connerie !

Mathieu aurait dû être le seul à pouvoir porter plainte contre moi, s’il le désirait, mais librement.  Sauf en ce qui concerne l’enfance (avant l’âge de raison, comme disait l’Église), la sexualité devrait être absolument individuelle, libre, et axée sur la vie privée et l’intimité désirée par chacun.  L’orgasme n’est pas un péché, mais une libération.  Dieu n’a pas créé un corps pour que nous le maudissions, mais pour nous accepter même dans nos faiblesses. La génitalité existe pour permettre la survie de la race.
 
Autant la pédophilie doit être interdite, quand il est question de pénétration, la pédérastie devrait être décriminalisée pour respecter le développement des jeunes, si tout est vécu sans violence et dans un consentement mutuel.  Toute personne devrait être le seul maître de son corps et de son esprit.

Quant aux plus jeunes, la sexualité devrait être ce qu’elle est déjà, soit une exploration de soi-même et des autres. Un jeu.  Les lois concernant l’incitation, les touchers, les caresses sans violence, ne sont pas protectrices, mais surprotectrices ; car, elles ne respectent pas la réalité. 

Elles exagèrent le degré de danger et ignorent le droit fondamental de tout individu à être le seul maître absolu de son corps et de son esprit. C’est au jeune de décider s’il aime ça ou pas. Les séquelles sont une invention pour justifier l’interdit.

Le mal sur le plan sexuel n’existe que dans la tête des adultes corrompus par une civilisation qui a toujours condamné la sexualité (La lutte sexuelle des jeunes, Wilhem Reich, petite collection Maspero 100, 1972)

Spirale intraprojective 4

septembre 9, 2020

Spirale intraprojective 4  (pp. 13 à 23)

La liberté de penser et de dire doit servir à créer l’ordre de la démocratie, et non, pas comme parfois on se sert de la science, à justifier les points de vue des dirigeants.  Sauf, si elle incite à la violence, la liberté d’expression individuelle doit être absolue.  Les règles actuelles pour défendre les réputations doivent être maintenues. Les sujets tabous ne doivent pas exister.
Une chose est certaine, dans la guerre actuelle, le langage de la propagande des deux côtés est mensonger.
Dans les deux camps, on oublie l’essentiel : l’être humain.  Dans les deux camps, on se fiche de ce qu’il en coûte aux individus pourvu que l’on assoit son pouvoir.  Chacun fait appel à l’inconscient, à l’irrationnel religieux pour justifier sa barbarie.  St-Georges Bush est Lucifer par son orgueil alors que les Talibans sont Satan, en charriant au maximum des lois vieillottes.  Ils exploitent la peur du sexe et leur interdit contre toute rationalité.  Une lutte de pouvoir, de religion.
D’un côté, il y a ceux qui veulent justifier une guerre dite aux  » terroristes », c’est-à-dire à tous ceux qui s’opposent à l’hégémonie mondiale judéo-anglo-américaine, au pouvoir du pétrole.  De l’autre côté, la religion musulmane, celle du nombre, qui sert à dénoncer ceux qui s’approprient leur territoire et qui se disent agressés.  La riposte du premier ministre d’Israël ressemble plus à une invasion qu’une simple punition.  Cette haine indéfendable est devenue pure folie dans un camp comme dans l’autre. Que faire contre les fanatismes religieux ? 
 La situation actuelle ne sert que les riches et le monde militaire.  Rien ne saurait justifier la mort d’un seul humain.  Ces guerres ne font ressortir que le mensonge et l’hypocrisie de tous ceux qui prônent dieu.  Les serviteurs de la violence sont automatiquement les serviteurs de Satan.
Ces idéologies, dissimulées derrière les religions, permettent de cacher la vraie nature des affrontements : rediviser la planète entre riches, diviser ce qui restent d’énergies.
Puisque les religions sont des multinationales ou des pouvoirs financiers énormes, nous nous retrouvons presqu’au temps des Croisades.  Notre monde est en pleine régression.
Les anglo-américains ont créé un capitalisme, de plus en plus sauvage et sans âme, alors que le monde islamique politique a déformé les paroles de Mahomet (du Coran) pour justifier une véritable répression diabolique.  De la folie pure que de vouloir voir le monde d’aujourd’hui comme il y a des milliers d’années.

Alors que les Talibans ont créé un fanatisme maladif, en inventant la Charria, les religions judéo-chrétiennes, fondées sur l’Amour, prétendent que leurs valeurs fondamentales sont mises en danger.  Où est la guerre contre la violence et l’intolérance que prône l’enseignement de l’Évangile, selon St-Jean ?  Raoul Roy, écrivain, a raison de prétendre que Jésus fut le révolutionnaire pacifiste, par excellence.

Cette nouvelle rage gagne aussi l’Asie alors que nous assistons à des tueries entre hindous et musulmans.  Nous avons des Cachemire, Tibet, Tchétchénie, etc.  Où cela s’arrêtera-t-il ?  Les guerres sont le fruit des religions ?  

Pourtant, aucune de ces religions ne devrait prôner la violence.  C’est contraire à tous les enseignements.  Pour le Coran, Allah est d’une infinie miséricorde, les femmes sont, selon le prophète Mahomet, les partenaires de l’homme alors que chez les chrétiens, Dieu est amour.  Quant à la position des femmes, on peut dire que nos religions « d’amour » en font  » le péché vivant « , faisant ressortir tout le côté macho de la Bible.  Marie-Madeleine fait plus peur que la Vierge Marie.  Comment peut-on parler de justice quand il n’y a pas d’égalité entre les individus ?
C’est la première fois de l’histoire humaine, à cause de la technologie, du 11 septembre et de ses suites, que les hommes sont appelés à confronter leurs croyances, à faire face à leur illogisme et leur contradiction.  (Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais)…
 Plutôt que d’être des sources intarissables de tolérance et d’Amour, les religions, pour leur pouvoir, sont devenues des nids de vipères.  En arrivant en Amérique, les chrétiens ont anéanti des peuples entiers au nom de la foi en un dieu de l’amour, devenu trop friand de commerce… Les communistes, Staline, Lénine, Pol Pot, en tête, ont assassiné des millions de leurs propres fidèles.  Fait-on la révolution pour être tué par elle?  C’est inévitable, si l’on croit que la révolution n’est que la lutte des classes.  Une lutte pour le pouvoir.

La mondialisation ne cherche pas encore le bonheur de l’humanité, la fin du colonialisme et la mise au rancart définitive de l’esclavage (qui a simplement un nouveau visage).   Même après le 11 septembre, les États-Unis ont réussi à tenter de voler leur meilleur ami, le Canada, en infligeant une nouvelle taxe sur le bois d’œuvre.  Comment faire confiance à une nation qui ne respecte même pas ses traités ?  Même avec les effets de serre, le pétrole demeure l’or noir, le pouvoir économique.  Que fait-on pour corriger la situation ?  Israël rêve de s’approprier la Palestine ; la Russie écrase la Tchétchénie ; la Chine s’en prend au Tibet .

Il faut créer d’autres formes d’alliances qui éliminent la violence, l’ignorance et l’intolérance.  Ne serions-nous pas mieux avec un vrai gouvernement mondial, une autorité reconnue et acceptée, à la porte d’un nouvel ordre planétaire ?  Serons-nous assez orgueilleux pour refuser d’admettre que l’avenir est dans le compromis, la tolérance ; car la planète ne pourra pas répondre aux besoins de la surpopulation et de sa consommation.

Pour qu’il y ait de l’ordre, il faut que ce qui sert d’autorité mondiale ait un visage humain.  Il faut un minimum pour chaque individu. Il faut assurer sur la planète le respect des droits de l’Homme, de la personne.  L’individu naît seul et meurt seul.  Il est le centre de la vie vraie. Tant que la finance et les religions domineront, tout ne sera que violence.
Qu’on le veuille ou non, la mondialisation exige la création urgente d’un gouvernement mondial (ou une organisation du genre Nations Unies en plus solide, plus démocratique, capable de faire respecter le bien des humains, en mettant au pas les institutions financières et les multinationales. 

Cette urgence ne peut pas être mise en doute.   Ce pallier de pouvoir doit être consacré au bien-être des individus et non à la planétarisation d’une classe dominante.

Personne ne semble avoir compris l’urgence de définir un nouveau pouvoir qui garantisse à l’homme, à l’individu, d’avoir tout ce qui est essentiel pour pouvoir se développer (sécurité, nourriture, système de santé, logement, éducation-travail).  Tout le monde sait qu’à moins de 10% de l’argent investi dans l’armement, tous ces bénéfices sociaux peuvent être livrés à chacun des individus de la planète.  Les Nations Unies, comme gouvernement planétaire, devraient non seulement assurer la santé écologique de la planète, mais éliminer partout la peine de mort.  Il ne devrait plus exister de droit de véto pour les super puissances et chacun devrait travailler à se démilitariser.  Un peuple = un pays. Si on apprend à se respecter, on n’a pas besoin d’armée.

Cela dépend du bon vouloir de chaque pays, mais comment faire accepter la non-violence, la répartition juste de l’énergie ?  Il faut être maladivement crédule pour croire que les propriétaires des surplus s’en déferont pour la beauté des yeux de leur voisin.  D’autant plus que nos sociétés ont choisi la violence plutôt que la liberté sexuelle ou la liberté individuelle (tout court).  On ne semble guère se soucier de la vie individuelle et privée, d’où la mafia est mieux protégée par le système judiciaire que les individus.  

On oublie qu’actuellement les drogues fortes détruisent les jeunes et les vieux.  Est-il vrai que les bureaux de recherches pharmaceutiques ainsi que le domaine de l’immobilier seraient les endroits privilégiés du blanchiment d’argent ?  Le crime organisé est-il en train de devenir le vrai maître du monde ?  Pendant qu’on prive la police d’enquêteurs en les affectant à la poursuite de crimes sexuels non violents, la mafia internationale organise une traite mondiale des organes, un trafic de plusieurs milliards de dollars de drogues qui tuent nos jeunes. Nous sommes dans un monde qui est meilleur pour protéger les pénis que les cerveaux de nos jeunes.

En plus, de la peine de mort et de la guerre, le racisme est aussi un préjugé qui excuse la violence au nom de la race ou des religions.  Pour assurer une paix durable sur la terre, il faut absolument retrouver l’anarchie, dans le sens du livre de Normand Baillargeon : «L’ordre, moins le pouvoir».   Il faut retourner à l’individu.  Mais, l’individu doit savoir que le bonheur ne peut pas exister dans la solitude.  La vie sociale est un besoin aussi indispensable à l’homme que la nourriture.

Si les pays doivent correspondre au territoire d’un peuple ou d’une nation, tous ceux qui demandent maintenant leur autonomie devraient se la voir accorder dès qu’ils peuvent fournir la preuve qu’ils sont capables de veiller au bien de leurs commettants. Le moyen le plus démocratique pour accepter ou non la naissance d’un nouveau pays demeure le referendum.

Il est vrai que la mondialisation humanisée, enlevée des mains des financiers, des systèmes militaires, des multinationales pourrait permettre une redistribution plus équitable, en partant d’une base planétaire ; mais c’est rêver en couleurs tant que la planète ne vivra pas une véritable démocratie.  Pour qu’il y ait une liberté planétaire, il faut instaurer d’abord le respect et la tolérance envers chaque individu.

La mondialisation pour l’homme ne sera réalisable qu’au moment où les richesses seront partagées selon les besoins des peuples et non celui de ceux qui les exploitent.  Les banques devront cesser de toujours être là pour leurs profits.  L’argent a été inventé pour éliminer les désavantages du troc et non, faciliter les moyens faire des profits sur le dos des plus pauvres. Est-il normal que des banques fassent des milliards de profits quand les individus crèvent de faim ?  Mais, dans nos structures actuelles, sans argent il est impossible d’agir, de survivre.

Le problème de nos gouvernements est de nourrir les amis plutôt que d’offrir les services minimaux que les payeurs sont en droit d’attendre.  Beaucoup de nos chefs de gouvernement sont pourris et pourtant c’est nous qui les élisons.

Tant que l’esprit de domination prévaudra, il y aura des super puissances, de la répression, de la censure, des armées et de la violence, une violence orchestrée maintenue autour des religions, donc, du fanatisme.

Alors que les religions devraient nous apprendre à nous aimer, elles sèment la discrimination en rejetant l’homosexualité, par exemple. En nous maintenant dans un passé qui est structuré sur l’ignorance, les religions nous empêchent de progresser.

L’esprit planétaire fondé sur le respect de l’humain peut exister, mais qu’on le veuille ou non, ce n’est pas pour demain la veille.  C’est impossible tant que l’économie ne sera pas revue en fonction du bien commun global et que les religions acceptent de réviser leur agir quant à la tolérance part rapport à la sexualité.  Actuellement, trop d’éléments servent à diviser l’homme : les races – les classes sociales- les sexes – la répression sexuelle – la censure – les religions-les âges- pour qu’il y ait un véritable équilibre. 

Un changement global exige un changement de mentalité, de point de vue.

Est-ce qu’un jour, les riches seront assez sensés pour admettre qu’il y a assez de richesses pour tous, si on ne garde pas tout pour soi ou que l’on ne dépense pas en fous, privant les autres du nécessaire.   La révolution pacifiste anarchiste peut-elle créer une véritable démocratie ?  Ne devrait-on pas redéfinir un cadre moral pour ceux qui nous dirigent, comme en Grèce Antique, la première préoccupation dès la jeunesse étant de se préparer à avoir des dirigeants intègres et dévoués pour tous?

Si Darwin et Teilhard de Chardin ont raison : la création n’est pas un geste du passé, mais un acte d’avenir.

Selon Chardin, la vie serait une suite programmée, de mélanges d’énergies qu’accumulerait l’homme depuis les commencements.  Cette évolution, loin de nous tourner vers le passé pour nous améliorer, nous oblige à remettre en cause tout ce que nous avons appris.  La création est un acte temporel qui se poursuit à travers les siècles.  Dans une telle perspective, le paradis terrestre n’est pas un endroit dont nous avons été chassés pour une banale question de sexualité, mais un espoir qui nous habite en vue de créer un paradis terrestre.  Le paradis terrestre est à créer par l’homme. 

Puisque personne n’est revenu de la mort (sauf, Jésus, un esprit après sa résurrection), il est possible de concevoir que notre seule raison d’exister soit de mieux vivre, vivre au maximum, pour créer dans l’avenir un espace vital plus attrayant, qui permettra à notre réalité énergétique d’atteindre sa capacité de vivre heureux.   

En d’autres termes, nous construisons à chaque moment le futur paradis terrestre.  Nous en avons la réalisation entre les mains. S’il est vrai que l’on renaît, le paradis ou l’enfer est ce que nous avions créé lors de notre vie antécédente.  Ce que nous faisons maintenant sera le monde dans lequel nos enfants devront vivre.

Il est possible de ce point de vue d’expliquer notre existence aussi bien et même mieux qu’avec les religions, ayant la responsabilité de se réaliser plus humainement, ce que ne font pas nos religions actuelles qui nous mènent à l’intolérance et à la guerre.  La course aux adeptes est similaire à la course aux armements.  Il faut vivre intensément le présent pour l’avenir.

De toute façon, ce ne sera pas pire que de s’auto culpabiliser avec un passé duquel nous ne pouvons absolument rien changer.  Pourquoi l’histoire de l’humanité n’existerait pas dans le sens opposé, celui du futur et non du passé, celui de l’évolution ?  S’il n’y a rien après la mort, ce sera le vide, mais au moins ceux qui viendront, vivront dans un monde meilleur.  Voilà tout.  Le pari de Pascal révisé tient toujours autant…

Cette philosophie va à l’encontre de tout ce que l’on apprend parce que l’on refuse la beauté de notre nature corporelle.  Or, selon les Écritures et le Coran, le pire des péchés, le premier a été celui de Lucifer qui a refusé de s’agenouiller devant l’homme et reconnaître la beauté de la création de Dieu.  Une faute d’orgueil.  Était-ce à cause de l’évolution exigée ? Est-ce un beau conte ?

Le plus abominable est que l’évolution spirituelle de l’homme est un phénomène de conscience.  L’individu est au centre de tout changement.  La conscience individuelle est essentielle à l’existence de la démocratie.  Et, ce changement est si fondamental qu’il n’est pas pratiquement réalisable à court terme.  Il repose sur l’éducation, la connaissance plutôt que le savoir, sur l’amour plutôt que la violence. 

Avec la violence comme moteur de nos sociétés, de notre agir, l’homme est destructif, égoïste.  Sommes-nous, sauf sur le plan technique, plus évolués que nos ancêtres ?  Est-ce que nous nous sommes améliorés ?  Avons-nous appris à nous aimer, à rejeter toutes les guerres ?  Nous glorifions la violence et condamnons le corps, la sexualité, exactement comme Lucifer dans les récits religieux.  La répression sexuelle est appuyée sur une ignorance crasse de la réalité humaine. Le rejet de notre corps est celui de notre réalité matérielle et donc temporelle.

Or, pour dominer, l’information est travestie, comme dirait Noam Chomsky.  Même la science est souvent utilisée pour démontrer des faussetés et permettre de continuer l’exploitation des moins connaissant, de la masse humaine.  Et, sans vérité, sans connaissance véritable, la démocratie est impossible à une échelle mondiale.

Ce grand brassage mondial tient à ce que l’on appelle la mondialisation.  Les riches, les financiers tentent par tous les moyens de trouver de nouvelles sources de revenus pour accumuler encore plus de richesses. 

Ils n’auront bientôt que la classe moyenne à saigner, à exploiter.  Quand la très grande majorité sera pauvre, nous nous retrouverons encore une fois devant les résultats de la révolution française, nous devrons changer de maîtres, mais, cette fois, à l’échelle planétaire.  L’existence de la planète étant en danger peut-être comprendrons-nous que la mondialisation doit servir le mieux-être des individus et non des institutions. 

Il faut trouver de nouvelles raisons de vivre qui respectent les Autres ou le système est bloqué. Il est inévitablement appelé à exploser.  À cette époque, on n’avait pas encore créé la crise économique actuelle, soit la plus grande entreprise de fraude à l’échelle planétaire.

Une telle situation rappelle ce qui s’est passé en 1972, en France, où le pouvoir avait décidé que la société était bloquée et qu’il fallait organiser un nouveau mai 1968 pour forcer les choses à se tasser.  Malheureusement, il y eut un mort et après enquête, on a trouvé que les agitateurs à l’origine de cette situation étaient des barbouses, des policiers.  C’est aussi ce qui ce serait produit au Québec en 1970, alors que le gouvernement fédéral, pour porter un coup fatal aux « séparatisses » a pris le contrôle de la crise d’octobre, en faisant croire que la mort de Pierre Laporte était le fruit des supporteurs de la souveraineté.  Le FLQ n’était absolument pas un mouvement émanant du Parti québécois. 

À chaque crise, le Québec retourne vers ses sources, et s’enfonce dans les idées de droite.

La guerre que nous vivons touche essentiellement la redistribution des richesses de la planète, du pétrole en particulier et sert à justifier une nouvelle vague de répression.

Faut-il des morts pour que l’humain réfléchisse ?

On fait face à l’éternelle obsession de l’homme : dominer l’autre, s’approprier ses biens.  Pourquoi ne pourrait-on pas apprendre à se contenter de se suffire à soi-même ?  De chercher le bonheur ailleurs que dans la «piastre» ?  Pourquoi sacrifier la liberté pour enrichir un petit groupe d’individus et d’institutions qui dominent la planète ? 

Bibliographie :

Vers la liberté en amour, Charles Fourrier, Folio, Gallimard, 1977.
Pouvoirs de l’horreur, Julia Kristeva, édition du Seuil, 1980.
La lutte sexuelle des jeunes, Wilhem Reich, Maspero, 1972.
L’ordre moins le pouvoir, Normand Baillargeon, Agone, 2001.
La société bloquée, Michel Crozier, Seuil, 1970.
Surveiller et punir, Michel Foucault, Gallimard, 1975.
Études sur les classes sociales, Georges Gurvitch, 1966.
Jésus, guerrier de l’indépendance, Raoul Roy, Parti pris, 1975.
Mémoire sur la liberté sexuelle, Jean Simoneau, Les éditions du temps, 1999.

PRÉFACE

Tout ce qui conduit à la violence, à la guerre, à la destruction, est diabolique. Selon Freud, tout schéma religieux est en soi de la schizophrénie (peur de la mort).  Par contre, l’Évangile, selon Saint Jean (bible de Jérusalem), où Dieu est Amour, présente une philosophie de vie, un chemin, un idéal qui mérite d’être médité, voir vécu.  Dieu, Allah, c’est une seule et même chose : un Dieu, un être, infiniment miséricordieux. Malgré mon opposition aux religions, je suis très fervent quant à la spiritualité.

Même si l’on me dit souvent qu’une personne qui en sait trop ou qui est trop idéaliste doit nécessairement être tuée ; je crois que la terre est une planète où chaque être humain est le centre et le but de la vie.     

Il n’y a que la finance ou l’économie pour qui la vie n’a pas d’importance, étant remplacée par le profit.  Et, dans leur cas, comme disait mon père, Émile, si tu veux connaître le responsable d’un acte, demande-toi à qui il profite ?
 
La révolution anarchiste par excellence s’appuie sur le respect absolu de la vie de chaque être humain . l’ordre dans le désordre, les droits individuels, l’égalité d’essence entre les individus, l’inviolabilité de la vie privée, la responsabilité de la liberté, la fusion des pensées des différentes civilisations, le respect des autres, la non-violence, la conscience, la démocratie à travers les Nations Unies. 

La terre est le futur paradis terrestre et la vie, la conscience est la raison fondamentale de l’existence.

Rien n’est plus important que la vie d’un être humain, d’un vivant

Rien n’est plus important que sa vie privée, ses droits et sa liberté.  Il n’y a que l’homme qui soit assez fou pour exploiter d’autres hommes, même le dernier des animaux ne tue pas ou n’exploite pas l’autre par plaisir ou cupidité. 

Actuellement, le premier octobre 2001, nous assistons impuissants à une guerre impérialiste , celle des Anglo-américains contre le monde afin de dominer. Il s’agit de l’hégémonie colonialiste anglaise.  Depuis l’incident du 11 septembre 2001, plutôt que de combattre l’injustice de la faim dans le monde, les «gros» s’ingénient à asseoir militairement leur pouvoir.  C’est une lutte économique de territoire créée par ceux qui s’enrichissent avec la guerre.  Cette guerre permet à nos gouvernements de faire accepter par le peuple, tout ce qui leur était impossible de lui faire avaler jusqu’ici.  Les terroristes sont devenus aussi pire que ceux qui vendent de la drogue dure aux jeunes.  Les vendeurs d’armes sont nos caïds.  Les droits individuels sont foulés au pied.  Pourtant, la violence qu’elle soit d’un côté ou de l’autre demeure le propre de la bêtise humaine. 

Les Américains tentent de trouver support chez leurs amis inconditionnels comme Israël à qui ils ont donné naissance par césarienne.  La guerre du Moyen-Orient est une guerre, d’abord religieuse, puis non seulement de territoire, mais d’eau contre la Palestine.  En Afghanistan, on combat pour le passage du pétrole et la culture d’opium.  Des guerres dissimulées derrière le fanatisme religieux.  C’est une guerre de riches. 

Le terrorisme, la mafia organisée, le système sont une seule et même entité.  Pendant que les petits soldats se font tuer au nom de la liberté ou d’Allah, les Chefs calculent en pouce carré la nouvelle répartition énergétique de la planète.

Alors que chaque peuple devrait pouvoir décider pacifiquement d’être un pays, nous continuons de vivre la dictature du colonialisme et de l’impérialisme. 

Chaque pays devait pouvoir exister dès qu’il est prouvé qu’il peut assumer chez lui, pour son peuple, sa sécurité intérieure, sa sécurité économique et la démocratie.  Chaque nouvelle nation devrait avoir à part égale le pouvoir de faire partie des Nations Unies dont la seule fonction est de préserver la race humaine et la planète terre.

Voilà aussi pourquoi nous nous retrouvons dans une guerre de religion puisque toutes les religions sont des lavages de cerveaux pour préserver l’unité de pensée alors que chaque peuple a un code à respecter pour évoluer vers une civilisation meilleure.  Ces codes sont tous fondés sur les expériences des Sages, qui au nom de Dieu, ont inventé les livres saints.  Leur philosophie tourne toujours autour du rejet de la sexualité, des sens, du corps, donc, de la limite physique de l’homme parce que cela assure la domination inévitable de l’individu. 

Avec une morale anticorps, antisexuelle, la terre devient une immense prison, celle de l’ange déchu, l’oeil de Big Brother ou l’oeil-prison de Foucault, fondé sur la dénonciation de l’autre.

Toutes les religions sont bonnes sur un plan spirituel, mais elles sont toutes des multinationales où l’exploitation des cerveaux et la richesse ont beaucoup plus d’importance que leur enseignement à l’amour et au bonheur de l’homme.  La tolérance devrait être la vertu fondamentale de tous les humains si Dieu est la Miséricorde, comme le prétendent les religions, mais à cause de la sexualité les religions sont des condamnations de la nature humaine, des prisons intérieures. 

Les dirigeants de toutes les religions ont tout déformé en prétendant parler au nom de Dieu.  Les religions sont devenues la projection de leur maladie mentale, le refus du corps et de la mort.  La violence n’est que l’aboutissement de la schizophrénie et de la paranoïa des dirigeants de notre planète.  L’aboutissement d’une soif irraisonnée d’énergie et de pouvoir, le maintien absolu et non évolutif de la tradition, sans tenir compte des découvertes de la science.

Plutôt que de chercher des solutions qui permettent plus d’espoir, de justice, d’amour, nos dirigeants cherchent à asseoir davantage leur pouvoir, à s’enrichir ainsi que leurs copains.

La mondialisation dans sa forme actuelle est un enjeu militaire masqué parce que son vrai visage est financier.  On essaie de redélimiter les frontières des pays sur la planète, tout en préservant le privilège d’exploiter « dans leurs mots» les plus pauvres de chaque nation.  La planète doit être régie par la Charte des droits de la personne où les droits individuels garantissent à chaque individu de vivre dans un milieu décent, selon son orientation sexuelle.  La peine de mort et la torture doivent être totalement abolies.  

Chaque pays doit être membre et respecter les règles des Nations Unies.  Tous les pays doivent être démocratiques et laïcs.

Il faudrait peut-être dans ces moments difficiles chercher davantage comment contrôler la violence plutôt que de la cautionner.  La tolérance doit passer par chaque individu.  S’il y a une mission, une raison d’exister sur terre pour les religions, c’est bien celle de développer la tolérance et l’Amour des individus, leur liberté et par conséquent, leur responsabilité.  Pour ce faire, les religions doivent revoir totalement leur enseignement, car actuellement, elles fomentent la haine. Ce sera impossible qu’il en soit autrement tant que les religions verront du mal dans la sexualité, en dehors de la violence. La sexualité a une très grande importance car c’est elle qui dirige notre façon d’interpréter la vie.  Elle façonne notre personnalité,

 La violence engendre la violence.  Même les pays les plus pacifistes (le Canada) risquent de perdre leur peu de droits individuels au nom de la guerre et de la dictature morale.  Le Canada est un exemple d’hypocrisie avec sa loi anti-terroriste, ces nouvelles lois sur le sexe.  Elles donnent le feu vert au gangstérisme et la chasse aux séparatistes.  Tout dépendra de l’abus que l’on en fera ou pas.
 Si on veut qu’u jour il soit possible de se comprendre les uns et les autres, il faut bien que le peuple sache extirper son expérience à travers ses individus.  Il faut redéfinir ce qui est essentiel.  Comment éliminer la violence ? Comment respecter l’individu, malgré les différences ?

Le livre est divisé selon les sujets qui sont indiqués à partir du nombre d’étoiles. Donc, si un sujet ne nous intéresse pas, on a qu’à passer à un autre. Par, exemple, si on aime que la politique, on suit les **** quatre étoiles. Les sujets s’emboîtent ainsi Ils sont au nombre de 5, soit :

*      général 
**     le procès et ses suites ;
***    la pédérastie et la liberté sexuelle ;
****   la politique, et finalement,
*****  la religion.  
 

La paranoïa est le début de la Sagesse. (Gilbert Langevin).




Spirale intraprojective 3

septembre 8, 2020

Spirale intraprojective 3 (pp. 6 à 13)

Avant-propos (début des années 2000)

L’homme mérite-t-il d’exister ?  Serons-nous des Bar-b-q pour quelques barils de pétrole ou quelques gouttes d’eau ?  C’est la question que nous devons nous poser alors que nous gambadons à une vitesse vertigineuse vers une troisième guerre mondiale.  » Quand les hommes politiques se promènent, ça n’augure rien de bon… », disait mon père.

Pendant que nous nous rendons pesamment au travail pour remettre quelques dollars d’impôts à nos tout-puissants maîtres, nous oublions que ces argents servent à alimenter notre propre destruction : les religions et la machine militaire alimente la haute finance.  Plus nous payons comme contribuables, et moins nous recevons de services en retour.  Nous ne semblons pas être conscients que des millions d’humains souffrent d’un manque de l’essentiel.

Tout a commencé bien avant un certain 11 septembre 2001, à New York.

Depuis déjà quelques années, les magnats du pétrole et du sacré saint cénacle des milliardaires ont décidé de revoir la distribution des richesses naturelles sur terre.

On a alors inventé le phénomène de la mondialisation.

Nous avons commencé à revivre la dérive économique comme celle des continents, la création de marchés continentaux.  La destruction du World Trade Center illustre un des premiers soubresauts provoqués par la fureur maladive de ses acteurs.

« Mieux vaut mourir que de ne pas tout avoir. »

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les magnats de la finance et du pétrole anéantissent peuples et pays.  L’Afrique a été dévastée et les forêts de l’Amazonie diminuent à vue d’oeil.  L’homme n’a pas sa place dans le mot «économie». 

L’homme est devenu un grand singe terriblement malade du cerveau puisqu’il juge la valeur de la vie en termes d’argent et de pouvoir.  Toute la malédiction de cette éphémérité repose sur l’exploitation de l’homme par l’homme, sa peur de la mort et le sens donné à la vie.  Pour ne pas encore les rendre plus maladivement jalouses faudrait-il y inclure les femmes qui rêvent de redevenir Amazones ?

La tradition ou la civilisation est une obsession omniprésente du passé, rattachée aux rêves de pouvoir entretenus par nos dirigeants de toutes les classes : le colonialisme et l’hégémonie.

Cette perception de nos vies nous plonge au centre de «1984» afin de découvrir encore de nouvelles méthodes de répression.  En est-il, comme dans 1984 où le pouvoir inclut aussi la révolution, où des guerres sont organisées pour justifier la répression ? 

Ainsi, au lieu de voguer vers l’avenir, sommes-nous plongés en plein Moyen-âge et en pleines guerres de religion.

 En fait, on pourrait dire que notre civilisation est foncièrement malade depuis, bien avant le capitalisme et le communisme, une accélération de l’esclavage économique mondial moderne.   

La bêtise des classes a commencé avec la royauté.  La royauté est un phénomène qui tient peut-être du comportement des singes, là, ou celui qui a le plus long et le plus gros pénis domine les autres.   C’est possiblement depuis ce temps qu’on parle aussi des bijoux de famille. (Tentative de farce qui n’a pas sa place ici.)

 La royauté était le centre du pouvoir et des intérêts d’une nation.  Un marxiste dirait que l’aristocratie et la bourgeoisie dominaient les classes ouvrières et agricoles.  Mais, un fait existait déjà, le pouvoir venait d’en-haut et non de la démocratie participative.  Et bien évidemment, il fallait faire croire que ces dominateurs agissent pour le plus grand bien de la majorité. Échouer, signifie une rébellion.

Pour dominer, il a fallu inventer « la vision de dieu», celle d’une puissance absolue.  Pour assurer la suite dans ce pouvoir, on a inventé les lignées postérieures pour les familles royales, le principe de la descendance.  Le sang a pris une importance symbolique extraordinaire et a donné naissance aux premiers mouvements de répression sexuelle en créant une morale bourgeoise. Une morale de classe.

C’était une vision du monde, une interprétation qui avait l’avantage de ne jamais pouvoir être remise en question.  C’était la vérité avec un grand V.  Par conséquent, le pouvoir religieux s’est lié au pouvoir économique et politique, donnant ce que l’on a appelé « nos civilisations » puisque chaque religion a incarné une explication de l’existence et des règles à suivre. 

Dans chaque cas, cette vérité a dû être défendue par des mises à mort pour ne pas être remises en question.  » Hors de l’Église, point de salut ! »

Notre histoire est une illustration constante de la schizophrénie des hommes et des femmes qui nous dominent.  Leur instinct de pouvoir s’est muté en une véritable paranoïa … « Le peuple est sale, ignorant, vicieux, nous devons être là pour veiller au grain », semblent-ils penser. Freud y verrait certainement encore l’œuvre du péché, de sermons des prêtres, mais Dieu, s’il y en a un (et je crois qu’il y en a un) ne peut être qu’Énergie, et par conséquent, il est d’une autre dimension.  Il doit se sentir blasphémé avec tout ce qu’on lui fait raconter et tout ce que l’on dit de Lui.  Au mieux, Dieu est un nom donné à la puissance d’organisation, de structures, de pensée que l’homme a intuitivement créé pour expliquer la réalité et se protéger de son ignorance et de sa peur.

En fait, en cherchant une raison d’exister, l’homme a maudit sa temporalité, son corps, (sa mort) au point de créer le péché de la chair plutôt que celui de la « jalousie et de l’orgueil».  Il a démonisé le sexe pour glorifier la violence, la violence, le pouvoir de l’Un sur l’Autre. Sa soif d’immortalité a suscité toute une imagerie autour du ciel et de l’enfer (le Bien et le Mal) pour échapper à sa condition d’être condamné à mort.

Même si ce langage semble celui de l’extrême droite, c’est le même que celui de l’extrême gauche (dieux en moins).  Quelle différence y a-t-il à être existant, mais impuissant à intervenir, ou ne pas exister ?  La seule existence dont tu peux temporairement être certain, c’est TOI.    

Qu’arriverait-il si on réalisait une vision anarchiste où chaque individu est le centre de l’univers, où la terre est la planète de tous les humains, où le seul mal véritable serait de tuer, blesser, violer, voler, faire la guerre, essayer de dominer et exploiter l’Autre ?  Comment ces vérités religieuses immuables d’aujourd’hui résisteraient-elles logiquement à l’interdiction planétaire de tuer un autre être humain quelles que soient les raisons ? Comment réagiront les fanatiques de tous acabits quand on décidera universellement de redonner à l’homme son droit de vivre dans la dignité, sans violence.   

L’homme doutera-t-il enfin des vérités qui ont besoin de meurtres pour survivre ? 

La première erreur monumentale de notre civilisation est que nous avons accepté dans nos croyances la bêtise générale qu’un certain Montesquieu a essayé de nous faire avaler, à savoir que la cause de la décadence des Grecs et des Romains fut l’homosexualité, oubliant qu’à cette époque, la force des états tenait du nombre de ses soldats et leur folie meurtrière à combattre tout étranger.  Ce problème militaire a enfanté une réaction saine des femmes d’alors qui en avaient assez de perdre fils et maris.  Elles ont fait la grève du sexe contre les guerres en se refusant aux hommes qui étaient, malgré la pédérastie, en très grande majorité hétérosexuelle.

L’erreur de Montesquieu fit de blâmer le sexe plutôt que la violence,  de la soif du pouvoir. La violence a toujours été vue comme un attribut masculin, une qualité, malheureusement pour l’homme.

La force des amours grecs, platoniques ou non, a été bien au contraire, comme l’a si bien compris Marguerite Yourcenar, un des grands moteurs de la bravoure des armées grecques.  Ils font penser jusqu’à un certain point aux kamikazes d’aujourd’hui.  On leur promet un paradis parsemé de vierges, donc, du sexe à volonté et pour l’éternité. On leur fait croire dans un paradis après la mort pour les motiver, mais qui est revenu de ce paradis pour en confirmer l’existence?  Personne.

Le pouvoir est en quelque sorte ce qu’on arrive à faire croire et retenir comme la vérité. Le pouvoir est un acte de foi, donc un acte religieux. Irrationnel, émotif.

Dans un tour de plume homophobe, on a renié l’essentiel de la réflexion humaine de la civilisation grecque quant à l’individualité et la différence de chaque humain.  On a rejeté la philosophie grecque, la pensée, la réflexion la plus évoluée sur nous humains, au dépens de la violence décadente des romains et au profit des religions

Depuis la répression sexuelle a donné naissance au fascisme et à l’exploitation des muscles de la jeunesse.  La culpabilité a remplacé l’amour comme moteur de la vie (La lutte sexuelle des jeunes, W. Reich) pour nourrir la société économique et industrielle.

Nous avons ainsi commencé à croire que la violence était moins dangereuse que le sexe.  Et, nous avons constitué tous les enseignements jansénistes de la planète, religions et sectes confondues.  Nous avons inventé pour le pouvoir les castes secrètes : les services secrets et les vendeurs d’armes.  Le pouvoir d’agir de l’exploitation commerciale dite colonialiste.  

Charles Fourrier semble, avec le Marquis de Sade, un des rares à comprendre que l’hypocrisie qui naît nécessairement d’une telle forme de société ne peut qu’un jour nous éclater au visage.  Mais, ils furent catalogués comme fous, car, ils avaient oublié un principe fondamental qui refera surface qu’avec Sartre : la liberté ne peut pas exister sans une très profonde conscience de sa responsabilité.  Et, la liberté n’est pas un abus, mais un contrôle de l’agir sur une fenêtre de la vie. 

Il faut replacer le corps dans une perspective qui nous offre une raison de vivre.  André Gide nous disait qu’il a réussi sa vie, tout simplement parce qu’il l’a vécue.  Revoir le but de la vie engendre un déséquilibre profond sur le plan religieux, par conséquent économique.

Même s’ils conduisent inexorablement à notre destruction, il est plus facile de continuer d’agir en fonction de nos systèmes basés sur la violence et la cupidité que d’essayer de les remplacer

Loin d’emprunter le tonneau de Diogène pour remettre en cause les fondements mêmes de la propriété, les dirigeants de notre monde ont inventé le marché, la torture et la prison pour mieux asseoir leur pouvoir sur l’individu et le peuple (Surveiller et punir, Michel Foucault) 

Plutôt que de chercher la justice, la tolérance, la réhabilitation, on a basé le système judiciaire sur la peur et la punition.  « La crainte est le début de la sagesse», disait-on. Oubliant que la violence conduit à la folie.

L’importance que l’on accorde à tout ce qui se passe dans les cours judiciaires fait renaître l’esprit de spectacle que la justice avait commencé à abandonner, ce qui leur donnait un air un peu plus noble.  Les hommes, et surtout les femmes, sont obsédés par ce qui se passe dans le pantalon du voisin.  Cette façon de se minimiser et de se rejeter soi-même est d’ailleurs un principe de base des féminounes actuelles qui aimeraient vivre dans une société castrée.
Cette vision féminoune de la société sans amour, sans pénis, paranoïaque, envahit le monde, grâce aux religions et aux pseudo-luttes contre la pédophilie (sans distinction avec la pédérastie).  Tout est basé sur le rejet du corps.  La sexualité y est vue comme le mal d’où faut-il protéger la jeunesse contre le plaisir.

Notre société vit à l’image individuelle de la peur que les féminounes ont de la sexualité.  Plus elles seront majoritaires, plus il en sera ainsi.   Elles occupent toute la vie sociale des enfants (éducation au primaire, santé, littérature, etc.) à un tel point que l’homme est absolument absent de l’imagerie, de l’imaginaire des Québécois. 

Avec leur surprotection, même les lois sont rendues discriminatoires quant aux droits des hommes sur leur progéniture.  On dirait qu’elles croient qu’un homme ne rêve que d’un trou et n’est rien d’autre qu’un pourvoyeur.  L’absence des hommes leur donne raison.  Tant qu’on ne fait pas la nuance entre pédophile et pédéraste, notre société pourchasse l’individu plutôt que le crime organisé, le proxénétisme.  Pourtant, la sexualité et la vie privée devraient être les éléments de base de la création d’une véritable démocratie.   » Ce qui se passe dans la chambre à coucher ne regarde personne « , disait-Pierre E. Trudeau.  La violence et la drogue sont les pires ennemis de l’Amérique et de toutes les sociétés démocratiques.
Avec cette peur d’aimer, une caresse devient plus criminelle qu’un assassinat ou de faire sauter un cerveau avec les drogues.

Ces chasses aux sorcières cachent toujours la recherche de l’ennemi politique.  La chasse à la pédophilie –il est normal d’être contre la pédophilie, si elle signifie pénétration, car elle touche les jeunes de moins de dix ans — s’exerce contre l’individu plutôt que le crime organisé.  Elle permet à la police d’avoir un taux de réussite qui justifie son existence, grâce aux bonnes statistiques, tout en protégeant la mafia, qui elle exploite la sexualité avec le proxénétisme. 

La peur de la pédophilie, entretenue par la propagande, permet à la police et aux services secrets de pouvoir s’introduire dans la vie privée de tous les individus, sous prétexte de combattre un mal international, pernicieux et caché ; mais elle est gonflée à bloc car on ne tient pas compte de la nuance entre pédophilie et pédérastie. Dans notre façon de penser, le jeune n’a aucun droit sur sa sexualité. 

On s’en sert pour combattre tout ce que l’on voit comme de la pornographie.  Quel mal un individu fait-il aux autres en se masturbant, seul, devant son petit écran, ou une photo dite pornographique ?  Plutôt que de s’attaquer aux fournisseurs, on s’attaque au client, c’est plus facile et plus payant.

Karl Marx a inventé le communisme comme miroir réversible parfait du capitalisme : la dictature du prolétariat, oubliant que le communisme est en- soi une dictature raffinée, déguisée sous le masque de la liberté, en démocrassie.  Au lieu d’agit pour un dieu, on agit au nom du peuple pour mieux l’exploiter avec son consentement… On a remplacé dieu par le pouvoir des militaires et des bureaucrates.  Ces kafkaïens ont étouffé leur société. Le communisme est simplement une autre version du capitalisme. Une autre poche dans laquelle l’or tombe.

Une nouvelle vision de la société n’est pas qu’un changement moral, philosophique, c’est une remise en question de nos civilisations.

Dans une étude américaine où Galbraith se surnomme M. Doe, et intitulée La paix indésirable, celui-ci démontre que le système économique ne peut vivre et se nourrir sans une guerre, car même en assouvissant tous les besoins essentiels de tous les hommes sur la planète, le système ne produit pas assez de dépenses inutiles pour générer une prospérité qui alimente le circuit économique.  Les dépenses militaires sont indispensables à l’économie.  C’est pourquoi, ayant peur de la bombe atomique et d’une destruction globale, nos dirigeants doivent entretenir des guerres locales… sans cela, l’économie s’effondre.

C’est un des messages des événements du WTC : sans tolérance, l’homme est un être profondément malade et dangereux pour les humains eux-mêmes …

La guerre qui divise présentement notre monde en est une de riches dans laquelle les individus et les peuples n’ont aucune place.  C’est une guerre dans un but économique de profits, sur un fonds de fanatisme religieux.

La mondialisation ne sert pas qu’à créer un terrain commercial, le marché.  Elle permet de resserrer l’accumulation des richesses dans les mêmes mains.  Les colonisateurs se redivisent la planète, et par conséquent, la solution-problème doit être encore plus répressive, car, elle vient d’en-haut, de ceux qui veulent protéger leurs intérêts de riches.  Dans cette optique, l’Homme n’est rien, tout est argent.     

Que peuvent faire les Nations-Unies tant qu’il y a des super puissances militaires qui ont le droit de veto ?  La mondialisation a-t-elle servi à redéfinir les normes pour qu’un peuple puisse avoir accès à son territoire ou son indépendance ?
 
De telles réflexions, si l’on veut aboutir à un gouvernement planétaire qui pense au Bien de l’Homme, sont pourtant essentielles, mais elles ne semblent pas encore amorcées.

Ne serait-il pas préférable d’avoir plus de pays que d’entretenir des guerres locales et régionales ? 

Il faut que la recherche soit effectuée pour le bien des gens, et non au service de l’armée et de la mafia mondiale.   Quels devraient être les critères qui permettent à un peuple ou une nation d’accéder pacifiquement à son indépendance ?  Peut-on rêver de l’égalité des hommes sans avoir l’égalité absolue entre l’homme et la femme ?  Il ne faut pas lui laisser aux féminounes le pouvoir de définir seule la morale sexuelle puisque pour elle la sexualité est synonyme de mal.  L’homme-femme est un seul être humain, avec des vocations différentes.  Pourquoi une différence physique ne leur donne-telle pas les mêmes droits, ne serait-ce strictement qu’à titre d’être humain ?  Qu’attend-on pour promouvoir la liberté sexuelle absolue, sans âge, ni sexe, si elle est consentante, et surtout, sans violence, sans domination. Un plaisir.

Tout cela est impossible tant que le pouvoir vient d’en-haut, qu’il est descendant.  La démocratie est au contraire, basée sur l’individu.  La liberté.  Le pouvoir est ascendant. Malheureusement, dans notre système, seuls les profits grimpent dans le haut de la pyramide et le bas plus nombreux nourrit le maître, en haut.

Si on regarde les résultats de la révolution française, on peut dire que celle-ci, même si beaucoup d’institutions ont été créées avec elle, n’a pas permis le renversement de la monarchie comme structure, mais elle a servi à changer uniquement les    » maîtres au pouvoir « . 

La liberté est-elle un si long et si impossible apprentissage ? 

Serait-ce que pour avoir une société vraiment démocratique, il faut chercher la solution au plan individuel à partir de la Charte des droits de la personne ?  Est-ce que Rousseau avait raison en affirmant que l’homme naît bon et la société le corrompt ?  Ne serait-ce pas plutôt que l’homme naît ni bon, ni mauvais, mais qu’il est la somme d’énergies en devenir qui deviendra bonne ou mauvaise, selon le milieu dans lequel elle se développe ?  Freud appelait ça être pervers polymorphe.  Le Candide de Voltaire n’est-il pas plus vivant et plus présent aujourd’hui qu’on le pense ?  L’éducation n’est-elle pas le germe de la démocratie ?  Sans éducation, pas de démocratie.  La Charte des droits n’est-elle pas devenue une arme de plus dans l’arsenal de la mafia ?  Cette charte doit protéger l’individu, et non, les religions et le crime organisé. 

La religion doit avoir le droit d’exister, mais elle doit se soumettre à l’état et s’occuper uniquement de spiritualité.

Spirale intraprojective (présentation)

septembre 6, 2020

Spirale intraprojective est un essai tiré du Cd L’insoumis.

L’insoumis est un CD qui renferme la majorité de mes romans. Il commence par une série de notes sur la vie.

Pour la suite des textes, je vais publier un essai qui s’intitule Spirale intraprojective.

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La révolution est une désobéissance civile.  Elle ne peut pas être violente, car la violence perpétue la domination.  La révolution consiste plutôt à changer les règles, modifier l’environnement, afin que chaque individu puisse ensuite s’autodéterminer et vivre heureuxJean Simoneau


Le but de la vie est d’être heureux. Aristote.


Être heureux, c’est être satisfait de soi, de la vie que l’on a menée.
Jean Simoneau



La loi des lois : Aime ton prochain comme toi-même pour l’Amour de Dieu.
L’Évangile.


Tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination, Vivre et laissez vivre. Jean Simoneau, Bordeaux Beach.


La censure de l’Association des auteures des Cantons de l’Est et de l’UNEQ à mon endroit est une régression vers l’ère de la censure, de l’index, de l’omerta, de l’Inquisition.
 L’expression d’un Québec borné. Jean Simoneau


La répression sexuelle des jeunes sert à détourner l’attention des crimes violents et économiques.
Jean Simoneau


Le Québec est malade dans sa façon d’aborder la sexualité chez les jeunes. On les surprotège, on les infantilise, en répandant la paranoïa entretenue par les féminounes et le discours religieux.  Le sexe est un plaisir et non un crime.  Si on mettait autant d’efforts à combattre la violence que la liberté sexuelle, les guerres, le colonialisme, l’aliénation, la discrimination, seraient moins possible. Ton rapport à ta sexualité détermine ta vision de la vie.

Jean Simoneau

Richard Martineau n’a jamais eu l’honnêteté professionnelle de s’excuser, malgré les preuves qui lui ont été fournies à l’effet que je dis dans mon livre que je suis contre la pédophilie.  Je ne suis pas un pédophile  (invention féminoune), mais un pédéraste. Jean Simoneau
 
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Spirale intraprojective ou Voyage au bout de ma folie (dans la version originale). 

Ce livre a été écrit en prison, vers l’an 2000, après une condamnation en 1996 de neuf mois pour des attouchements sexuels sur un jeune garçon que j’avais amené en voyage. Je ne sais pas si cette condamnation est strictement un geste politique, car j’étais politiquement très actif durant la période référendaire. De plus, à cette époque, je combattais la partition. Ceux qui votaient NON voulaient quand même être partie de Canada, faisant du Québec un gruyère.

Les parents du garçon, des Mormons, étaient en procès pour un divorce et la garde des enfants. La police a dû kidnapper les jeunes, (un garçon et sa petite sœur) sous prétexte que la maison était  trop sale, pour m’inculper, après avoir interrogé le petit gars durant des heures, sinon des jours.  D’ailleurs, son père eut le choix entre signer une plainte ou perdre la garde de son fils.  Le jeune Mathieu fut tellement traumatisé qu’il vint me voir, durant le procès, pour s’assurer que je ne lui en voulais pas et qu’il pourrait revenir en voyage avec moi.

On aurait surtout voulu me punir pour avoir été identifié au FLQ au cours des années 1970. Ce qui constituait un danger de récidive pendant que le fédéral acceptait la loi de la clarté et que certains prétendaient redonner naissance au FLQ. Je décriais cette possibilité, car à la fin de sa vie, le FLQ était infiltré par la police. 

Aie-je été enfermé pour l’avoir touché ou pour mes actions politiques ? Je ne le saurai vraiment jamais.

Accusé de pédophilie, tu deviens un mort-vivant, car tu ne peux même plus faire de bénévolat.  Jusque-là je pensais que je pouvais être taré parce que c’est difficile d’admettre que la pédérastie est normale, mais ce geste judiciaire m’a fait comprendre que je ne le serai jamais autant que le système et ses féminounes.

Ce sont les délires qui surgissent normalement quand on va en prison. Le but fondamental de la prison demeure de vous briser intérieurement, de vous soumettre. 

Ce livre s’intitulait d’abord Voyage au bout de ma folie. Il a été reformulé sous le titre de Spirale intraprojective. (Voir page 587)

Cicatrice à l’âme 9

septembre 5, 2020

Cicatrice à l’âme 9
(pp. 72 à 83)
Tiré du livre Laissez venir à moi les petits gars, par Parti pris, en 1981

C’est ça d’un coup que faisait revivre la prison. Une vie à se découvrir cloche en tout, impuissant dans tous les sens du mot. À nouveau pour la deuxième fois, comme à 15 ans, je me voyais dans le grand miroir : un être déchu, brisé seulement parce qu’il commit à un moment donné un christ de péché qui s’appelait l’impureté.

C’était comme à 16 ans, avec en plus, un dégoût croissant, proportionnel au degré de déchéance, d’expériences amoureuses et de fonds de bouteille, avec le désir de plus en plus ancré de me suicider ou de me faire tuer, n’ayant pas le courage de le faire, avec la peur panique de ces instincts devenus indomptables.

Il ne me restait plus qu’un moyen pour venir à bout de moi : faire de la prison et m’enfermer dans un monastère, souhaitant mourir le plus tôt possible. Le seul moyen de dominer mes instincts me semblait d’empêcher la tentation et, s’il le fallait, de m’empêcher de vivre.

J’ai obtenu la permission des gardiens d’écrire à mon directeur de conscience et à la trappe d’Oka pour y obtenir mon admission. Cependant, j’ai dû prendre deux semaines pour le faire puisque nous n’avions droit d’écrire qu’une fois par semaine,

Mon Père,

Après plusieurs années de ma vie dans le péché, grâce à l’implacable justice de Dieu, je paie présentement mes dettes à la société. Je purgerai mon esprit pendant je ne sais combien de temps de toute tache d’impureté. Puisque j’ai corrompu tant de jeunes garçons, je me dois pour le reste de ma vie de m’isoler du monde pour me permettre de prier afin de m’assurer que ces pauvres garçons n’aient pas tout au long de leur vie à souffrir de mon mauvais exemple. Ah! S’il fallait qu’un seul enfant se damne à cause de moi. Je préférerais être damné à sa place. Aussi, je me dois de disparaître à jamais du monde puisque je suis corrompu jusqu’à la racine. Je ne peux plus voir un garçon sans être assailli par mille et une mauvaises pensées. Je ne peux rien faire pour m’en empêcher et, chaque fois que la situation me le permet, je succombe. Je voudrais être exorcisé puisque la confession ne suffit pas. Je prie, je vous en supplie d’en faire autant, pour que Dieu permette ma mort afin que je cesse de faire autant de mal, malgré moi. À ma sortie de prison, pour me défendre et protéger les autres, je vous prierais de m’accepter dans votre institution.

Le temps se déroulait avec lenteur. Je craignais la folie puisque je me sentais un peu comme dans un voyage dans un monde étranger, les milles dans le temps me semblaient longs à parcourir et le temps ne coulait plus. Émotivement immobilisé, sidéré, je priais sans cesse pour ne pas avoir de mauvaises pensées et m’adonner au péché.

Le samedi, j’aurais aimé vérifier ce qui se passerait lors de mon émission de radio, mais j’étais trop occupé à prier, j’y ai pensé trop tard.

Le dimanche, à ma grande surprise, les gens chez qui j’habitais au Petit Lac vinrent me rendre visite. Pour eux, ce n’était pas important que je sois pédéraste, j’étais demeuré un être humain, et surtout, un bon gars.

Il était étrange de parler à quelqu’un à travers deux grillages, séparés par un corridor, avec un garde qui écoute ce que vous dites en plus des micros possibles. Avec l’habit du prisonnier, vous êtes drôlement gênés. Je les ai longuement regardés, perdu dans mes prières, avant de parler, pendant cinq minutes, de banalités. Ces gens ne sauront jamais jusqu’à quel point ils m’ont fait plaisir. Ils prouvaient par leur présence que je n’étais pas un salaud, mais un être sensible, qui ressent la solitude et la condamnation, peut-être même plus intensément que quiconque. Ces gens qui ne me devaient rien, qui avaient pourtant un fils de 13 ans avec qui j’aurais pu jouer aux fesses, venaient me rassurer, m’affirmer que je restais un bon garçon, malgré ce handicap, somme toute, pas si important que ça. J’étais bouleversé. J’ai alors pensé que les vrais chrétiens sont ainsi : ils ne font pas qu’aller à la messe le dimanche, mais ils pardonnent, ils sont tolérants, ils aiment les autres. Ce ne sont pas des fanatiques de la lutte contre l’enfer et le péché, mais des êtres fidèles, sincères et authentiques.

(Mon seul commandement est de vous aimer les uns les autres)

J’ai profité de mes temps libres au début de la semaine pour écrire une longue lettre à mon directeur spirituel.

« Mon Père,

Que Dieu soit loué! Je ne ferai plus de mal aux jeunes. Je suis en prison, heureux de payer ma dette envers la société.

J’aimerais avant de vous entretenir de mon sort, vous charger d’une mission. Mes parents souffrent beaucoup de mon arrestation. Je voudrais que vous leur écriviez et possible que vous leur rendiez visite. Je sais que vous sauriez trouver les mots qu’il faut pour qu’ils acceptent cette pénible situation. Penser aux souffrances que cela crée dans ma famille : c’est le plus lourd fardeau que j’ai à porter. Comme j’ai été méchant de ne pas avoir songé à eux avant mes plaisirs égoïstes. Je vous en supplie, faites-leur la grâce d’obtenir une consolation dans une aussi pénible situation. Vous savez, vous, qu’il m’est possible, si je le veux, d’endurer les pires sacrifices ; mais qu’il m’est intolérable d’être à l’origine du malheur des autres. Que Dieu me punisse jusqu’à la mort s’il le faut; mais qu’au moins, il épargne ceux que j’aime.

Si tel est mon désir de me racheter, je ne vous cache pas que souvent je mets en doute ma sincérité. Je n’arrive vraiment plus à savoir si je suis coupable de tous les crimes dont je suis accusé. Il n’y a qu’un moyen de mettre fin à cette attraction pour les garçons : me tuer. Tout a échoué autrement. Ce n’est pas une question d’efforts ou de volonté, mais un état.

Oui! J’ai beau examiner la situation sous tous ses angles, je n’arrive pas à me condamner totalement. Si vous saviez combien je souffrais moralement. Je vous ai raconté tous les efforts faits pour m’en sortir et tous les échecs qui ont suivi. J’aurais dû m’enfoncer avant dans un cloître puisqu’il m’était impossible de résister à cette passion qui me pousse vers tous les garçons qui me fascinent par leur beauté.

Ce n’est pas de l’amour, mon père, je les adore. Que Dieu me pardonne ces paroles, mais je ne peux conserver ces fautes sur la conscience plus longtemps ainsi que mes craintes,

Comme vous aviez raison de me mettre en garde contre les effets néfastes de la passion pour les jeunes garçons. Je me rappelle vos prophéties disant que si je n’apprenais pas à me maîtriser cela me conduirait à la prison ou à la folie, à trahir mon pays.

Je n’ai jamais oublié vos paroles. Comme j’ai eu peur par la suite? Plus j’avais peur, moins je pouvais me contrôler. Après vos paroles, ce ne fut jamais plus pareil. Chaque aventure était suivie d’une peur intenable. J’étais plusieurs jours à craindre de voir les policiers survenir et m’arrêter. Chaque fois qu’une auto de la police tournait autour de moi, je m’imaginais avoir été trahi. Cette peur a modifié amplement mes rapports avec les jeunes. Quand j’arrivais à avoir une expérience avec l’un d’eux, tout se passait comme dans un rêve. Je perdais toute notion du temps et de l’espace, goûtant ces rares minutes comme si immédiatement après j’allais être condamné à mort. C’est probablement cette

peur qui engendra des tremblements de tout mon être quand je regardais pisser un jeune ou qui créa cet état de félicité parfaite quand je parvenais à aller plus loin avec lui…

Je me rappelle qu’après chaque tentative, j’attendais pour voir s’il bavasserait. S’il ne parlait pas parce qu’il était gêné d’en parler ou parce qu’il avait aimé l’expérience, il devenait pour moi un être avec qui je parvenais à communiquer. Je m’éprenais de lui et je cherchais automatiquement à le revoir. C’est comme si en ne me dénonçant pas, il fournissait la preuve qu’il m’acceptait intégralement. Je perdais toute espèce de peur et je me retrouvais en lui, avec lui, une vie qui m’abandonnait dès qu’il était absent. Avec lui ou avec eux (puisqu’il y en a eu des centaines), je peux être moi-même jusque dans les détails quotidiens. J’aimais tellement leur présence que je n’avais qu’une idée en tête : les revoir, passer ma vie avec eux. Les inonder de tendresse.

En leur absence, je souffre d’une solitude asphyxiante. Je perds toute ma sécurité et tout ce qui me permet d’être heureux. Vous savez, m’ayant écouté à maintes reprises, combien je perds le goût de vivre, combien je retrouve avec acuité un sentiment intolérable de mépris de moi et le sentiment d’être profondément humilié, inférieur et vicié jusqu’à la racine quand je ne suis pas avec eux? Leurs rencontres sont des îlots de bonheur, des espaces dans le temps, où je me sens être à l’image de Dieu. Un être aimant. Malheureusement, il ne m’est possible de vivre aussi intensément et heureux que dans ce que vous prétendez un vice. J’espère que vos prophéties s’arrêteront là, car je ne voudrais pas devenir fou et encore moins trahir mon pays. Je sais que la peur de ces éventualités me hantera longtemps puisque vos prédictions quant à la prison se sont réalisées. J’ai peur de la fatalité au point d’en être victime.

Vous savez, avant mon arrestation, j’étais fier de voir venir ce sacrifice puisque j’avais peur de devenir un maniaque comme Léopold Dion et de tuer un jeune avec qui je me serais laissé aller, par peur d’être dénoncé. Vous ne savez jamais ce que la peur peut créer. Dion tuait peut-être les petits gars parce que c’était la société punitive qu’il tuait à travers l’enfant ainsi que lui-même. En tuant l’enfant, il s’auto punissait, en souhaitant être lui-même tué à la suite de ce geste, ce qu’il n’aurait pas pu faire lui-même. Dion était rendu au suprême degré du dégoût de l’absurde de sa vie et du désespoir… pas même les psychiatres, les prêtres et encore moins les forces de l’ordre comprennent la pédérastie.

Pour protéger des queues, ils sévissent jusqu’à ce que le pédéraste tue ou se fasse tuer. Personne ne veut comprendre au bout, le fond du problème. Si Dion n’avait pas été incarcéré au début, si la prostitution avait été légalisée et accessible à peu de frais, les quatre petits vivraient encore. Si les journaux ne parlaient pas de Dion, d’autres ne seraient pas traumatisés par cet exemple et poussés à répéter ce geste rituellement, si la peur conduit à la folie. La peur est la pierre angulaire de la violence. Elle fait perdre tout contrôle. C’est par peur de devenir un second Dion que je suis heureux d’être en prison. Je suis plus en sécurité ici contre moi qu’en liberté. Je ne voudrais jamais être amené comme lui

à un tel degré de folie que je doive d’abord tuer la société dans leur corps, avant de leur faire l’amour.

Je ne me serais jamais laissé aller à ces extrêmes puisque je suis viscéralement contre la violence ; mais étant très influençable et obsédé par la peur de me faire poigner, on ne sait jamais. La folie est comme le ixième coup de marteau sur la tête. Elle vous arrache des gestes quand il ne vous est plus possible d’encaisser de nouveaux coups. Quel intérêt la société a-t-elle à forcer les pédérastes à se haïr jusqu’au suicide? Faut-il qu’un pédéraste soit psychopathe pour devenir dangereux?

Ayant été trahi pour 25 cents, j’ai pensé me venger comme il m’arrivait parfois de songer à tuer quelqu’un pour anéantir en un geste les humiliations d’une société qui refuse de comprendre. Ce désir naissait à force de me sentir éternellement et irrémédiablement une bête traquée. Ces pensées, quand elles faisaient surface, m’effrayaient et je les repoussais avec un sentiment d’effroi. C’était absurde. Je ne peux vouloir me venger, je les trouve encore beaux, trop beaux pour leur en vouloir. Juste les voir, c’est déjà une félicité.

J’aime tellement les petits gars avec qui je me livre à mes passions que je les excuserais même de me faire fusiller. Je suis entre leurs mains une pâte qu’ils moulent comme ils le désirent. Je ne peux rien leur refuser tant que ça ne va pas à l’encontre de ce que je crois. Non! À moins de devenir fou de peur, je n’aurais jamais pu faire aucun mal aux jeunes. Je les aime trop, même si c’est mal.

Pardonnez-moi et absolvez-moi. J’ai été le plus franc et le plus sincère possible. »

Le temps coulait de plus en plus lentement. De plus en plus atrocement. Un inutile sacrifice fait d’heures passées à revivre ma vie, me condamner, des heures à rechercher la faille, la minute qui légitimerait mon emprisonnement et me rendrait enfin responsable de mes actes.

Je regardais les murs en songeant au service que je me rendrais en m’y fracassant la tête. Jamais je n’osais. Je m’accusais d’être hypocrite, de ne pas me faire justice. Je me haïssais comme il est impossible de se haïr, tout en ayant un corps qui, ayant fait la fiesta, refusait de se détruire.

La vie n’existait pus. J’étais un cerveau ambulant entre la réalité des quatre tables de la salle commune, quatre tables rondes, avec autour, au bout des tiges de fer rondes, six petits bancs ronds aussi. Une réalité composée d’une dizaine de personnes ne trouvant pas mieux à faire que de jouer aux cartes, discuter pendant des heures de sujets les uns plus banals que les autres, jouer aux dames et rediscuter des mêmes sujets que la veille. J’étais le loup du palace, exécutant toujours les mêmes pas, au même rythme, à la poursuite de la preuve flagrante de culpabilité. Toujours les mêmes mots, des prières récitées, collées

aux mêmes grains d’un chapelet camouflé toujours dans la même poche gauche, à l’arrière de mon pantalon pour éviter les tentations. Le vertige de ces sentiers s’arrêtait devant une petite salle située à gauche, vers l’Est, où se trouvaient deux douches, douches que je repoussais toujours, craignant toujours que le Gros m’y retrouve et m’encule; ou encore, dans la petite salle, toujours à gauche, mais cette fois vers l’Ouest, vers la cour, toujours pareille avec son ciment, où il était possible de se dissimuler dans l’une ou l’autre des trois toilettes ; ce que j’évitais, à moins d’y être contraint par la nécessité, afin d’éviter la tentation de me crosser.

Chaque jour, c’était la même chose. Lever tôt, six heures, je crois. Réveillés par des gardes qui hurlent en frappant les barreaux. Chaque prisonnier s’affairait aussi dans une odeur peu agréable à se rendre aux toilettes vider sa chaudière. C’était la danse des cris et des bruits, mes premières prières jusqu’à ce que je perde le sommeil et commence à me lever plus tôt pour prier les bras en croix. Les pas partaient des cellules, alignées de chaque côté dans cette aile de la bâtisse, dos à dos, donnant chacune sur un petit couloir qui se situait entre les escaliers menant à la cour, escaliers qu’il nous était impossible de franchir à cause des portes de fer. Les fenêtres étaient toutes barricadées de fer.

Après l’opération toilette, c’était le déjeuner. Craignant que les tentations ne deviennent trop impérieuses à cause de Jeannot, j’ai commencé un jeûne. Cette décision me faisait d’autant plus respecter des autres que je distribuais ce que je ne mangeais pas. J’ai petit à petit étendu ce jeûne à tous les repas. Puis, au cours de la journée, deux sorties à l’extérieur. On se rendait dans la cour à travers un passage unique, fermé aux deux extrémités par des portes de fer. La cour, c’était de l’asphalte et un mur de ciment de plusieurs pieds de hauteur. La visite à la cour était attendue comme la liberté. C’étaient quinze minutes différentes des autres. Au moins, si on faisait le même trajet, la cadence était moins étourdissante. Parfois, il était même possible d’y jouer au ballon. La cour, c’était, malgré sa gueule d’asphalte et de ciment, différent, ce qui brisait la monotonie de la salle commune puisque les prisonniers qui habitaient les deux étages  se  rencontraient.   C’était   l’aventure,   comme   l’arrivée  d’un nouveau.

Un nouvel arrivant était nouveau une journée ou deux puisqu’en peu de temps il était possible de saper chaque seconde de sa vie, de les discuter, de les confronter  et  de  tirer  le  portrait  exact  du  nouvel  ami  ou  du  nouvel ennemi.

Je ne me livrais pas à ces examens, j’étais seconde après seconde replié dans mes souvenirs, comme un coffre mystérieux afin de m’accuser davantage. Et pourtant, mes cent pas, mes longues prières n’y parvenaient pas facilement, comme en fait foi cette autre lettre à mon directeur de conscience; la quatrième lettre était pour ma mère que j’ai toujours profondément aimée ainsi que mon père.

Mon Père,

J’ai beau prier, chercher en moi le mal, mettre en doute jusqu’à mon honnêteté, je ne parviens pas à croire totalement dans ma méchanceté. Je me sens surtout victime d’une situation. Est-ce ma faute si à quatre ans, j’aimais déjà le sexe? Est-ce ma faute si je n’ai compris que bien plus tard ce qu’est le péché d’impureté? Ah si j’ai souffert de cette découverte! J’ai bu et je me suis révolté contre religion et famille; mais n’est-ce pas une condition normale chez une personne qui se sent sans cesse rejetée, chez quelqu’un qui n’a pas la force de faire face à la réalité? Moi aussi, j’étais un enfant. On m’a violé en introduisant le péché de la chair…

Eh oui ! Je n’arrive pas à croire que je fasse mal aux jeunes en les introduisant à l’impureté. Aucun de ceux avec qui je me suis livré à mes supposés « bas instincts » n’a mal tourné. Ils réussissent tous à vivre heureux. Je suis seul à demeurer prisonnier, probablement parce que je suis le seul à me culpabiliser.

Je ne peux pas voir en quoi aimer quelqu’un peut être négatif, si ce n’est par désobéissance aux règles fixées par la société. Je les aime, mon Père. Je les aime à ne pouvoir résister à leur toucher, à les découvrir en tout. Je les aime à n’avoir d’apaisement qu’après avoir bu la liberté avec eux puisqu’alors il y a à jamais un secret qui nous unit. Je ne vois pas en quoi de telles expériences peuvent leur nuire.

Habituellement, au contraire, de telles relations nous placent sur un pied d’égalité. Nous sommes complices. Deux contre les adultes. Vous savez très bien que si je leur faisais mal, je préfèrerais mourir plutôt que de continuer. Je pense parfois que l’on exagère la gravité de cet amour de la chair parce que tout le monde est attiré par elle et chacun par ce stratagème arrive à se le cacher. Quelle différence y a-t-il entre être possédé par le corps d’une femme ou celui d’un garçon? N’est-ce pas une obsession aussi? Vous me direz : « tu en souffres et tu communiques ton mal, voudrais-tu que d’autres subissent ces mêmes remords? » Justement. Si l’on n’en faisait pas tout une histoire, je n’en souffrirais pas. Si cela n’était pas défendu (on ne sait même pas pourquoi), je n’aurais profité que des profondes joies que cela m’apportait. J’aurais été profondément heureux d’aimer avec une telle violence ceux qui m’attirent.

(L’amour, c’est donner sa vie pour ceux qu’on aime.)

Vous savez comme moi que, somme toute, la défense de toucher l’appareil génital de l’autre, s’il accepte, c’est stupide. Pourquoi interdire de se toucher la pissette et non le nez? C’est aussi une partie du corps. Pourquoi bafouer un instinct et une curiosité, somme toute plus forte que tout? Une curiosité savamment nourrie par l’interdit…

Je n’arrive pas à y voir du mal. Plus j’y songe, moins je comprends. Le Christ n’a-t-il pas défendu une putain? Ne demande-t-il pas d’être comme les enfants? Les enfants ne sont-ils pas des êtres pour qui naturellement le péché de la chair n’existe pas dans l’assouvissement de leur curiosité et de leur penchant sexuel à moins que les adultes ne leur aient implanté leurs

« scrupules »?

Quand je songe au « mal » que j’ai fait aux garçonnets, je ne peux m’empêcher de me rappeler le feu de leurs regards, la joie épanouie sur leurs sourires, la fierté et l’amour qui nous enivrait pendant et après ces péchés. Je ne connais personne ou presque qui ait par la suite souffert de nos relations. Ils ont toujours été plus épanouis, moins hypocrites, plus joyeux, probablement parce qu’ils ne se laissaient pas dévorer de remords comme moi et ce qui me semble plus naturel puisque nous n’y voyions alors pas de péchés. Nous  nous  cachions pour le faire instinctivement comme fumer une cigarette, les adultes se réservant des plaisirs pour se distinguer des enfants. Égoïsme? Je ne crois pas puisque j’ai toujours gardé un respect, pour ne pas parler d’une sorte de fascination envers tous mes camarades de jeux. Je me sens à jamais leur amant, même s’ils sont nombreux. Est-il égoïste de faire partager aux autres tout ce qui nous a rendus heureux? Peut-être? En gardant pour moi seul les remords.

Je ne sais plus si ma conversion de prison n’est pas davantage de la folie que mes péchés. Je vous avoue souffrir le martyre et préférer crever quand je songe à la peine que je crée pour mes parents. Pour tout oublier, je prie. Ainsi, je ne pense plus.

(Les Jésus Freaks, les créditistes, le marxisme, la méditation bouddhiste ou autres ont les mêmes fins : faire oublier la réalité. Nous faire nier notre nature. )

Aimer, c’est ce qui est important dans la religion et pourtant les enseignements de cette même religion nous amènent à haïr tout le monde, sauf ceux qui partagent notre idéologie. Je ne comprends pas comment, sans être hypocrite, il est possible d’être charitable et en même temps de mépriser communistes, protestants, musulmans et mauvais catholiques.

Tout au long de ma vie, la religion a été incompatible avec l’enseignement et la pratique et c’est pour cela que je me suis révolté contre l’Église. Par amour de Dieu. Je ne peux admettre que l’Église soit si riche alors que tant de gens crèvent de faim. Je ne puis admettre que l’on tue en prônant une religion d’amour. Dans mon enfance, j’ai eu des amis protestants. Ça a toujours été une guerre avec la famille pour leur demeurer fidèles. Que de soirées j’ai été puni, enfermé dans ma chambre, pour m’empêcher de voir mes amis. Ah! Si je me rappelle avec quel pincement au cœur j’ai commencé à mettre en doute la justice divine puisqu’elle permet que par ignorance, tant de gens n’aillent pas au ciel. Comment accepter la damnation de gens que vous aimez, de gens qui vous parlent de Dieu avec plus de foi que celle rencontrée souvent chez ceux qui les condamnent. C’est ignoble de penser, avec combien de haine l’on a su nous empoisonner les cerveaux face aux étrangers parce qu’ils dérangent nos croyances et nos traditions. Qui nous prouve que nous avons plus raison qu’eux?

Je les ai peut-être trop aimés. Je me rappelle parfaitement les liens qui m’ont uni à Raymond et qui n’avaient rien de génital, mais plutôt cette sorte d’envoûtement de la nouveauté, de l’étrange et de la découverte.

Que d’heures agréables j’ai passées à apprendre que hors notre pays des millions d’autres gens vivent différemment. J’aurais pu écouter toutes ces histoires de pays où les gens sont tassés les uns sur les autres, où déjà la guerre est survenue comme un cancer pendant des années. Des soirées durant, j’ai montré des paysages, j’ai aimé des couchers de soleil et des nuages avec eux ; pendant de longues sessions, j’ai appris l’existence de cinémas et de théâtres et j’aurais dû fuir parce qu’ils étaient protestants… Finis aussi les jeux de cosmonautes.

(Tu aimeras ton prochain comme toi-même)

Raymond m’a pénétré de sa voix, de ses gestes, comme jadis Galen et sa famille m’avaient initié à la musique. C’est par fidélité que j’ai fait les 400 coups qui m’ont mérité mon renvoi du juvénat des Pères de Saint- Paul parce que je ne voulais pas être séparé de Raymond, dont la famille devait fuir à l’Ouest, sans le revoir, sans refumer à la cachette une cigarette avec lui, faisant tomber en même temps le rêve de ma mère d’être son curé. Et Patrice, est-ce si grave que je sois tombé amoureux de sa voix et de ses yeux. Que de chicanes ai-je dû endurer pour le fréquenter. Que de scandales quand son père me parlait contre les curés et mon grand-père qui me traitait de vaurien parce que je n’acceptais pas de les quitter, ayant trop peur de mourir de chagrin de ne plus revoir le petit… De mauvais communistes. Comment me suis-je fait traiter de fois de fifi en classe par les filles à cause de Patrice? Comme j’ai dû me révolter contre l’école, en être expulsé, manger des coups pour l’aimer, lui demeurer fidèle. J’ai adoré Patrice… sa voix et son petit accent français.

Oui! Je me suis révolté contre cette religion qui m’enseignait la charité et qui pour être bien pratiquée exigeait que je haïsse une bonne partie de l’humanité. Je suis mêlé. Je ne sais plus ce qui est bien et mal, mais comment faire pour comprendre quand l’agir est différent de l’enseignement? Est-ce ma faute si j’ai cru tout ce que l’on m’enseignait  du Christ, que je voulais imiter le plus parfaitement possible, et si je me suis révolté dès que je me suis rendu compte que dans la vie quotidienne, il en était tout autrement? Le Christ ne vivait-il pas et n’aimait-il pas les bandits de son temps? N’a-t-il pas été le premier à s’élever contre l’hypocrisie de la religion et son époque et de son pays?

(Sépulcres blanchis, vaches du dimanche.)

Je voudrais bien être un bon catholique, mais je ne peux m’empêcher de me révolter devant autant de haine, de bêtise et de conservatisme. Je suis fait pour l’amour et non la guerre.

(Il chassa les voleurs du temple et pleura sur

Jérusalem)

Il me semble avoir fait ce que je devais pour être un bon gars, un gars correct et je me suis sûr que de poigner le cul à un petit gars ne peut que lui faire du bien, si les deux sont consentants. Je ne vois pas pourquoi je serais damné ou même un mauvais gars. Nous le faisons tous. La violence est certainement un acte beaucoup plus répréhensible. Je ne peux m’accuser que d’avoir aimé. Bien ou mal, c’est une autre affaire. Un problème de responsabilité et non de morale.

J’étais mieux de prier puisque sans ces répétitions d’Ave, c’est avec un plaisir exquis que je me rappelais ces scènes d’histoires d’amour rejaillissant de mon enfance. Je me rappelais particulièrement bien mes aventures avec les garçons d’une famille, habitant près du village. Nous avions tous entre 10 et 17 ans. J’ai commencé par jouer avec les deux plus vieux qui m’intriguaient comme tous les garçons de cet âge. Gaétan devait avoir à peu près 14 ans. Nous étions toujours pliés de rire quand celui-ci enlevant son pantalon exhibait une toute petite queue de deux pouces environ soutenue par une immense poche, fortement disproportionnée. Cela nous amusait plus que n’importe quel jeu que nous aurions pu inventer, d’autant plus que cette énorme poche était complètement flasque. Son frère était bien proportionné, mais n’attirait pas tellement mon attention, étant détourné parce qu’il était surexcité, criard et vite éclipsé par la beauté de son frère cadet. Celui-ci était d’une beauté pas possible. Je l’adorais. Son agilité et son allure de petit chevreuil me fascinaient. Ses grands yeux bleus me hantaient, mais certes encore moins que son rire. Ce rire qui m’a si souvent et profondément troublé. Ce rire si beau qu’il se répercutait même jusque dans ses regards. Ah! Que j’ai aimé ce rire! Il rivalisait bien avec la beauté de ce petit corps qu’il m’exhiba qu’après plusieurs visites chez le docteur. Il était beau de partout avec son petit corps de douze ans et ses petits trois pouces qu’il montrait avec fierté. Que d’attachement j’ai ressenti à son égard. Je l’aurais voulu toujours avec moi. J’aurais voulu toujours répéter ce geste de descendre à toute allure à bicyclette, mes doigts contre ses côtes, au risque de me casser la gueule. Mes mains se frayaient un chemin jusqu’à son pantalon vite gonflé. Il a été un  de  mes grands  amours;  c’est  pourquoi  je  devais cesser de me le rappeler, car ma conversion aurait vite fiché le camp.

Cicatrice à l’âme

septembre 4, 2020

Cicatrice à l’âme 8


Tiré du livre Laissez venir à moi les petits gars, publié par Parti pris, Paroles 58,1981.

Sortant tard, buvant beaucoup, cherchant passionnément et sans succès femmes ou garçons, sentant les autres pensionnaires prendre ma place du fait que l’hôtesse ne me devait plus de vivre décemment, en chicane perpétuelle avec mon patron parce que je refusais son autorité, haï des patroneux, je devins de plus en plus agressif.

Ma révolte insécurisait la pauvre dame. Je ne ménageais pas mes paroles quant à sa manie de passer la journée, les portes verrouillées, toiles baissées de peur de se faire violer.

Par ailleurs, mon compagnon m’avait tellement entraîné à rechercher des femmes que j’ai commencé à prendre les grands moyens pour me défouler. Le soir, faute de femme, je mimais, avec mes couvertures femmes ou avec mes mains, de faire l’amour. Je régressais dans ma vie, retrouvant un plaisir de mes treize ans. Je trouvais délectable de me concentrer au point de me ressentir physiquement tout jeune, avec un corps de douze ans. Je m’usais à ce jeu, n’arrêtant qu’une fois absolument épuisé. Après plusieurs mois, même si nous courions pratiquement tous les clubs, sans succès, à la recherche de femelles faciles, je recommençai à m’intéresser aux garçons. Je m’occupai de la promotion  du  hockey  mineur  et  j’entrai,  pour  des  raisons  sociales,  dans  la

J.O.C. C’est d’ailleurs par le biais de ce mouvement que je me trouvai  à nouveau confronté au parti libéral alors que dans la Jeune Chambre, j’essayais de vendre l’assurance hospitalisation. J’avais pensé tout un système, mais je faisais rire de moi puisque dans mon projet, il fallait nationaliser les bonnes sœurs.

Faute de trouver une proie à Victoriaville, je me servis d’une amie pour assouvir mes besoins.

Je fréquentais à intervalles irréguliers une jeune fille depuis des années. Je ne sais si je l’aimais vraiment, mais je le pensais. J’étais devenu un vrai cochon. Elle me trouvait complètement transformé depuis mon séjour à Lac-Mégantic. Je m’épuisais  en  vain   à  vouloir   lui  faire   partager   mes   désirs   de couchette.

J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. Je l’invitai chez moi, une fin de semaine, ayant tout manigancé pour coucher avec elle. Dès le premier soir, j’ai profité des lieux. Il y avait en haut ma chambre et celle de Bernard, séparées l’une de l’autre par un rideau; en bas, la chambre de la dame. J’exigeai que mon amie couche dans mon lit alors que je coucherais avec Bernard. La dame s’y opposant, voulant qu’elle couche avec elle, je m’engueulai. Rejetant complètement la politesse, je les traitai de lesbiennes. J’eus gain de cause.

Au cours de la soirée, je me glissai dans mon lit, et, malgré les protestations de mon amie, je la pénétrai comme je l’avais longuement prémédité. Je retournai ensuite me  coucher  avec  Bernard  avec  qui  je   me  livrai  à  d’autres  plaisirs.

J’ai ensuite laissé choir cette amie. Une honte, qui me poursuivra longtemps, s’installa au fur et à mesure que je réalisais à quel point j’étais rendu bas, esclave de mes instincts.

Après cette aventure, j’eus « le bout » tellement en sang que je dus me tenir tranquille un certain temps.

Peu après cette kermesse, je tombai en amour avec Simone, une des filles de la dame chez qui j’habitais. À cause de ma grossièreté et de mon arrogance, avec les pressions de sa parenté, Simone me laissa choir petit à petit. Je n’en ai pas eu trop de remords : après tout, elle était austère dans sa vie sexuelle, et somme toute, elle n’était pas si belle que ça.

J’étais épuisé par mes sorties et mes longues heures de réflexion sur la nécessité d’une révolution au Québec. J’étais absorbé par les réformes à apporter au système électoral, aux moyens à prendre pour assainir nos mœurs politiques et prouver aux Anglais notre capacité d’occuper la place à laquelle nous avons droit, j’étais même farouchement anti séparatiste.

Je tentai d’écrire un livre sur le sujet.

Je rêvais alors de devenir un jour premier ministre. J’étais persuadé que j’y parviendrais à 27 ans, mais qu’en publiant cette dénonciation, je me condamnais à devoir abandonner ce rêve tout en risquant la prison pour oser dire la vérité. Je pris mon courage à deux mains, j’écrivis trois chapitres et les envoyai aux Éditions de l’Homme. Les lecteurs ont dû rire comme des fous en lisant ce texte. On le refusa poliment, disant que je n’apportais rien de nouveau.

J’ai alors rencontré Jimmy. Un très beau garçon de 17 ans. Grand. Blond. Un corps semblable à celui des jeunes grecs. Je l’initiai aux plaisirs de la chair.

Tout en lui faisant part de mes obsessions, dont celle d’avoir un enfant, devenir quelqu’un d’important pour me consacrer au bien du pays, je rêvais souvent au petit qu’Yvette aurait eu si elle ne s’était pas fait avorter. Quand Jimmy n’y était pas, je jouais avec un autre pensionnaire intéressé ou j’allais à la recherche d’un petit amant. Je » trôlais « tout autant les filles pour avoir » mon « enfant. Je me voyais déjà le promener, main dans la main, lui enseignant tout ce qu’il y a de beau et de joyeux dans la vie. En l’absence de cet enfant, Jimmy prenait sa place.

Je me rappelle ces soirées à l’embrasser sur tout le corps, à admirer son adorable visage. J’adorais Jimmy. Il était la campagne sauvage, chaude, en pleine ville.

Avec lui, je me livrais à tous mes caprices et il me le rendait bien. Il parvint à me faire oublier tous mes amours antérieures dont particulièrement celle d’un jeune garçon de Coaticook qui m’avait littéralement hypnotisé. Avec Jimmy, je prenais conscience de mon territoire. Je n’admettais plus que la dame fasse irruption dans ma chambre sans m’avertir. Puis, j’installai Jimmy comme pensionnaire en payant la note de la semaine pour lui. J’en étais follement amoureux et par conséquent, je le voulais le plus souvent possible avec moi. Rien ne comptait en dehors de lui. Je commençai à être plus exigeant, plus chialeur, remettant sur le nez de la pauvre dame (qui n’y comprenait plus rien) de ne pas me permettre de vivre avec Jimmy les fins de semaine, sans payer une pension supplémentaire. J’avais peur de le perdre.

Si ma vie sexuelle, grâce à Jimmy, était devenue satisfaisante, au journal, au contraire, j’avais de sérieux problèmes. Je menais campagne avec la J.O.C. sur les besoins d’une meilleure politique des loisirs. Les politiciens n’aimaient pas tellement mes interventions et les possibilités de plus en plus évidentes que le cercle libéral se fasse malmener par moi. Tous les organismes importants de la ville étaient noyautés par les libéraux. Mes textes ne plaisaient pas à plusieurs.

Non seulement j’avais des difficultés avec les libéraux, mais aussi avec le syndicat des textiles et Jean Marchand, président provincial. Ce dernier, après avoir méprisé les créditistes, se vantait d’avoir bien possédé les ouvriers. Un type qui avait voulu prendre la parole s’était fait ridiculiser. J’étais révolté et je dénonçai Marchand, rapportant ce qu’il m’avait confié alors qu’il était saoul. Cet incident,  même  si  je  fus  ensuite  barré  quant  au  droit  de  couvrir  quelques assemblées syndicales que ce soit, n’aurait eu aucune importance, si le maire  de la place, M. Osias Poirier, ne m’avait pas accusé faussement d’avoir rapporté des propos qu’il n’avait pas tenus, à la Chambre de Commerce .

Il était appuyé par mon patron immédiat qui ne demandait pas mieux que de me voir partir, puisque je lui étais totalement insoumis, refusant d’être son esclave.

Il ne supportait guère mes révoltes contre son attitude. S’il est du droit du journaliste de se laisser acheter, comme c’était son cas, je lui refusais cependant celui de censurer mes textes et l’information en général, et de me faire passer pour un prostitué. De plus, il y avait mes pseudo scandales :

J’étais antireligieux (en parole puisque dans le fond j’étais encore un bon mouton), je buvais beaucoup, et surtout, je me permettais d’engueuler en public les hommes politiques.

C’est ainsi qu’après un discours, je m’en étais pris à Jean Lesage qui venait de déclencher des élections. Je lui avais demandé ce que ferait le gouvernement pour venir en aide aux gens de la Beauce qui avaient perdu environ un million à cause du barrage Gayhurst, à Lac-Mégantic. Devant sa réponse à l’effet qu’il avait à penser à des problèmes plus importants, ayant à administrer des centaines de millions, je lui tombai dans la face, lui disant qu’il était évident que pour lui qui n’avait jamais manqué d’un sou, un million, ce n’était pas grand- chose, mais que pour le petit ouvrier, c’était énorme.

Lesage rougissait autant en m’écoutant que les gens blanchissaient de chaque côté de moi. Offensé, Lesage m’écarta alors que je le traitais de sale bourgeois.

– Je pensais qu’il allait te mettre son poing sur la gueule, me confia un photographe alors qu’un autre journaliste tentait de me faire comprendre qu’au Québec, il ne faut jamais parler ainsi à des personnalités.

Personnalité mon cul! Si j’étais jeune, j’étais quand même assez vieux pour comprendre que ce respect a toujours été entretenu pour exploiter le pauvre. Qu’avait-il, Lesage, de plus que moi, pour se permettre comme Marchand d’envoyer chier les ouvriers? Avec ce léchage de cul, soit pour obtenir une faveur, soit pour éviter la prison, nous avons toujours eu des gouvernements de trous-de — cul qui, pour empocher durant leur règne, jouent avec la vie des gens comme si, quand on n’a pas de fric, on est des galeux. Il faut toujours être polis, les entendre mentir à pleine gueule, fourrer tout le monde, sans dire un mot puisqu’ils ont le système judiciaire pour les protéger, les journaux pour purger le langage. Comment peut-on faire valoir notre révolte contre la pauvreté en s’excusant de dénoncer l’injustice? Quand on a peur de dire d’aller chier à ceux qui nous écrasent, il est difficile de pouvoir se faire entendre ou de passer à des actes plus radicaux. Malheureusement, nous avons tous été éduqués comme des machines à recevoir des coups, les sacrifices de l’économie, les bons chrétiens nés pour souffrir afin de jouir quand il sera trop tard, dans un paradis quelconque, à regarder en pleine face un dieu qui nous a toujours vus crever dans notre misère sans intervenir. J’étais dans mon tort. Un gars du peuple n’a pas le droit de parler, de se défendre, il n’a que le droit d’accepter son sort avec soumission, résignation, dans la joie du sacrifice. La valeur d’un homme se mesure à l’épaisseur de son portefeuille.

J’ai continué ensuite à attaquer la clique libérale, maire Poirier, Morissette, St-Pierre, etc., malgré les ordres formels du chef de notre bureau. Plus j’allais, plus je devenais embarrassant, plus il fallait me faire sauter…

Aussi, j’ai été à nouveau congédié pour  insubordination  et  incompatibilité avec les objectifs du journal. Ça ne me donnait rien de gueuler, le peuple s’est toujours laissé endormir par la notion d’autorité. Si le gouvernement veut qu’il fasse la guerre, il la fait, s’il veut qu’il travaille, il travaille. L’homme est un « ordinateur » d’énergies à dépenser pour le bien de la collectivité. Les Québécois ont toujours aimé leur esclavage puisqu’ils se sentent impuissants à vivre sans autorité.

Je m’en fichais : chômeur, je pourrais être plus longtemps avec Jimmy. Je quittai Victoriaville avec lui « sur le pouce ». L’escapade dura peu de temps. Nous sommes revenus à Victoriaville et Jimmy me quitta pour aller vivre à Montréal, où ce serait plus payant.

Sans lui, je n’avais plus rien à faire dans cette ville. Je la quittai ainsi que le poste de correspondant du Nouvelliste que je remplissais, même si ce nouveau travail m’aurait à peine permis de m’acheter une soupe aux nouilles par jour.

Quant à la dame chez qui j’habitais, je savais que, non seulement elle ne m’en voulait pas de m’être comporté ainsi avec elle, elle m’était reconnaissante de lui avoir permis de rapatrier ses deux filles, rêve qui, sans moi, lui eut été tout à fait irréalisable. Je sais l’avoir bien aidée, mais je m’en veux d’avoir essayé d’abuser de mon intelligence pour obtenir ce que je voulais, même ce dont je n’avais pas le droit : avoir un amant sans payer sa pension de fin de semaine.

De toute façon, je me suis toujours reproché tous mes gestes ayant pour résultats de m’affirmer aux dépens de quelqu’un. J’ai toujours cherché à être parfaitement bon, du moins, dans la mesure du possible pour un humain. J’ai mélangé égoïsme et droit, charité et masochisme. Pour tout le monde, sauf moi, j’étais un gars extrêmement généreux. En bon québécois, ça veut dire que je me laissais manger la laine sur le dos sans dire un mot. Je me donnais aux autres et je n’arrivais pas à excuser qu’en retour je veuille aussi quelque chose, pas grand-chose, juste le droit de pouvoir poigner le cul des petits gars qui me plaisent et qui le veulent bien, sans danger de me ramasser en prison ainsi que de  ne  pas  être  un  vulgaire  instrument  entre  les  mains  des  gens  qui  nous manipulent, au service de leurs intérêts. Je demande le même droit accordé aux grosses poches, même si je suis pauvre et n’ai pas l’intention de me vendre aux conquérants : je vais vivre ma vie, ma liberté.

Ces congédiements ne pouvaient certes pas me redonner confiance en moi; j’en avais pourtant autant besoin que de la beauté d’un gamin.

10

J’ai été condamné à ma naissance à une piètre santé, tout au long de ma vie. Je suis né « crevé », avec un nombril problème. Pour me protéger, m’éviter d’être plus malade, ma mère me recommandait d’être sage, de ne pas me chamailler, de ne pas me surexciter. À dix ans, alors que tous les petits levaient 50 livres au bout de leur bras, j’en levais dix. J’ai pris beaucoup de temps avant de pouvoir prouver que je pouvais en faire autant et même mieux.

À cette époque, je devins un boxeur respectable. Je faisais beaucoup d’exercices. Par contre, dans les jeux de société et d’adresse, j’étais la nullité même. Je me blâmais de mon impuissance alors qu’elle était probablement due au peu de pratique en ce sens. J’avais trop d’arrérages à récupérer pour me permettre de rattraper l’adresse des autres. À cet égard, j’ai manqué de colonne vertébrale. Plutôt que de me rattraper, je me suis donné à Dieu et aux étoiles. À dix ans, j’étais déjà un intellectuel de salon.

J’ai passé plusieurs années, le nez dans les livres à étudier l’astronomie et les sciences. Mon intérêt à cet égard me créa bien des complications. Plutôt d’être écouté, d’être quelqu’un de bien, comme je le souhaitais, je créais un fossé encore plus profond entre moi et les autres. Je ne pouvais pas parler, comme eux, d’autos et de camions. Je n’y connaissais rien, et surtout ça ne m’intéressait pas. D’autre part, mes soirées à examiner les étoiles, mes prophéties grâce à la télévision, affirmant que bientôt l’homme irait sur la lune, ne m’apportaient que mépris et sarcasmes. Au lieu de m’insérer dans mon milieu, j’en étais encore plus rejeté. Seuls les jeux de cowboys, les courses me permettaient d’être à la hauteur, même au hockey, j’avais des problèmes.

Jeune, on m’appelait Chita, le singe de Tarzan. Je n’y faisais pas attention. Plus vieux, on m’appela Gordie Howe, joueur de hockey du Détroit. J’ai commencé à m’identifier à celui-ci à un point tel que la vie m’était rendue impossible ; j’étais incapable de différencier la haine qu’on portait à ce joueur de la haine contre moi. Tout le monde prenait fanatiquement pour Canadien, plus particulièrement Maurice Richard, que personnifiait mon frère Marcel. Je commençai à être jaloux de Marcel qui ne manquait pas une chance de nous démontrer sa supériorité. Du même coup, je ne supportais plus la popularité de Richard et je paniquais dès qu’on parlait contre Gordie Howe. Pour moi, les

succès et les insuccès de Howe étaient miens. Quand Détroit perdait, je m’enfermais dans ma chambre, ne pouvant pas subir l’humiliation de me faire dire :

  • Hein! Le Canadien est le meilleur…

J’étais vexé, non plus seulement de mes incapacités, mais même dans mes héros, dans mes identifications. Même mes idoles étaient rejetées.

Ainsi, devins-je sauvage dans les jeux. Je me fâchais dès que je me sentais vaincu, je frappais pour vrai, pour blesser, pour faire pleurer. Ordinairement, j’étais plus porté à bouder, à créer mon monde à moi, mes rêves.

Un autre phénomène m’irritait beaucoup dans mon enfance, soit la méchanceté des gens envers les animaux. J’ai toujours pris en pitié les vaches à cause de leurs grands yeux tristes. Plusieurs les mènent à coups de banc comme les chevaux. J’avais surtout pitié des veaux.

Mon père tenait une boucherie en plus du magasin. Inutile de dire que ce mode de gagner sa vie ne me plaisait pas particulièrement. Je ne comprenais pas comment un gars comme Ti-Charles Bergeron, le boucher employé par mon père, peut être à la fois si bon et boucher en même temps.

J’ai toujours aimé les animaux et la nature. Pourtant, j’étais assez méchant avec les bêtes qui me répugnaient : serpents, grenouilles, souris, petites bêtes enfouies dans la terre et dont j’avais peur. Je vivais avec les animaux de ferme.

Nous avions, par exemple, commencé l’élevage des lapins. Nous allions cueillir leur nourriture favorite sous des pommiers. Ces animaux tombaient malades et mouraient. Nous cherchions par toutes sortes de moyens de les sauver. Nous en avions entré dans la maison, croyant qu’ils gelaient. Nous les avions enveloppés et mis sur la porte du fourneau. Ils sont tous morts, même le petit angora. Sans le savoir, nous leur donnions des ingrédients empoisonnés. Que de chagrin nous avons eu! Cette expérience nous terrifia : il était ainsi possible de briser la vie de quelqu’un en voulant lui être utile et agréable. Ce fait présentait bien l’image du comment je percevais mes relations avec les autres : alors que je voulais être bonbon, j’étais arsenic.

C’est à partir de cette époque que j’ai probablement connu le plus de peurs et de frustrations. Je m’imaginais être non seulement rejeté dans ma famille, mais aussi par le milieu. C’était certes moins vrai que dans mes souvenirs, mais c’est bien ainsi que je m’en souviens. Disons que j’avais des goûts tellement différents   qu’à   part   jouer   aux   fesses,   nous   n’avions   rien   en   commun.

En plus de croire tout ce que l’on racontait, j’étais d’une sensibilité maladive. Au regard,  je pouvais deviner  une  mine de sentiments.  Par exemple,  j’ai voulu

être pour la première fois recherchiste et écrivain, à la suite d’une projection à la télévision de la vie de Mandrin. Mandrin était un Robin des bois français qui creva sous la guillotine. Après avoir vérifié l’authenticité de son existence, j’avais décidé d’écrire un livre pour restaurer sa réputation. Un homme assez bon pour risquer sa vie pour les pauvres, même si en combattant un régime il se voit obligé de voler, n’est pas un bandit, mais un être respectable, un être à admirer. C’est comme les felquistes, même si on n’approuve pas leurs moyens, on ne peut pas s’empêcher de les comprendre et de les admirer.

Il est facile de saisir qu’il peut exister des gens qui ressentent si profondément la misère et l’humiliation de leur peuple qu’en eux chaque seconde devient une longue crucifixion morale. Il est malheureux que les flics aient infiltré le FLQ pour le détruire et faire passer ce mouvement pour un danger public. Combien de bombes ont été placées par les agents de la GRC au nom du FLQ?

Mon projet quant à Mandrin fut abandonné. D’autres expériences ont su me révéler l’ampleur de l’injustice sociale à un point tel que je ne savais plus où donner de la tête.

Naïf, sensible, j’étais amoureux du monde entier. Je me rappelle les rêves dans lesquels je recevais « un petit Chinois », acheté à la Sainte-Enfance et avec quelle tendresse il devenait mon frère. Je choisissais les images avec précaution et amour. Comme j’aurais aimé vivre avec eux !

Si chaque pointe de colère, chaque mensonge, chaque jalousie et chaque mouvement de fierté, interprété comme orgueil, étaient sévèrement réprimés, je ne faisais pas de sacrifice pour me purifier, mais pour les missions comme Ste- Thérèse que j’admirais beaucoup ainsi que saint François d’Assise. Je priais les bras en croix, je me flagellais et je portais des pois dans mes souliers. Je me privais parfois de sucreries pour le bonheur de l’humanité. J’étais innocent dans toute la force du mot.

C’est dire quel choc ce fut de comprendre un jour, vers 15 ans, l’existence du péché mortel d’impureté. De la sainteté, je passais au rôle de valet

« inconscient » du diable, de possédé.

En une minute, toute ma vie s’écroulait. La seule chose que j’aimais en moi, mon esprit, était aussi vicié. Ma pureté et mon innocence s’effondraient. Je perdais toute notion du bien et du mal. Je n’avais que la religion pour me sentir égal aux autres ou du moins acceptable et cette même religion me chiait dans les mains. J’étais complètement désemparé, désespéré. Depuis toujours, alors que je me croyais un saint, j’étais possédé du diable. Ce fut le moment le plus affreux de ma vie. C’était encore pire que les heures enfermées dans ma chambre pour m’empêcher de rejoindre mes amis parce qu’ils étaient protestants et que les protestants sont des communistes déguisés. Brisé, solitaire,

j’apprenais à me mépriser. Je me révoltais contre mon sort. Je décidai de me détruire.

(Aimez votre prochain comme vous-mêmes pour l’amour de Dieu)

De l’enfant discipliné sortait le démon si souvent refoulé. Pour oublier ma honte, je commençai à voler pour boire. Je ne pouvais plus sauter un samedi sans mon rye.

Je suis devenu, influencé par un camarade, chef d’un groupe créé pour briser et voler. J’ai accepté de partager la codirection, à condition que les nouveaux membres aient à se déculotter pour en faire partie. Je me fichais de tout. Au fond de moi, je me sentais hypocrite d’avoir été si longtemps pécheur en me croyant un saint. Comment me faire confiance si je me trompe aussi grossièrement sur moi? La Vérité n’existait plus. Il me semblait devenu impossible de savoir quand on se ment ou pas. Je me haïssais puisque malgré mes sacrifices, je continuais d’aimer la chair. J’étais impuissant à maîtriser mes tendances. J’avançais dans le mal.

(Les disciples d’Emmaüs étaient tristes. L’armée de Jésus avait été écrasée à Jérusalem.)

Je me sentais si malheureux qu’un ami entraîné par un copain se mit à me vendre ce qu’il appelait de la drogue. Je volais mon père pour acheter ce breuvage qui devait me rendre fort, intelligent et me faire oublier la vie vraie. J’ai su, plus tard, qu’il s’agissait de toutes sortes de remèdes mêlés ensemble. J’ai commencé à perdre la mémoire. J’oubliais même ce que je faisais la veille. Je m’en fichais. Tant que ce n’était pas souffrant, tous les moyens pour me tuer étaient bons : n’étais-je pas qu’un perverti?

J’avais aussi pris le goût du petit bandit. Je me sentais plus capable de faire face à la vie en jouant au « tough », mais je revenais vite au repentir, aux sacrifices.

J’avais de la difficulté à comprendre ce qui se passait en moi. Je m’en foutais. J’étais laid. Affreux. Je n’étais pas intelligent, trop lâche pour me suicider, j’avais décidé de me détruire à petit feu.

Une seule fois, j’ai tenté de me tuer pour vrai. C’était beaucoup plus pour

faire peur à mes parents que pour me tuer réellement.

Nous avions rencontré un prêtre, l’abbé Paul Tourigny, le vieux curé qu’on l’appelait, qui nous amenait partout avec lui. J’avais environ 14 ans. Je m’étais bien épris de lui et je lui rendais souvent visite. Il était devenu mon ami et mon confident. Nous avons fait quelques voyages ensemble.     

À cette époque, tout n’allait pas pour le meilleur des mondes. J’étais le désespoir de mes parents. Je me rappelle qu’à un début d’après-midi, en plein hiver, il faisait la pire tempête, m’étant chicané avec les autres ma mère me dit :

  • Si tu n’étais pas venu au monde, on serait bien. C’est toujours toi qui es le trouble. C’est du moins ainsi que je l’ai interprété. Je savais que maman m’aimait bien, mais elle se mettait parfois en colère.

Mes copains de jeux reprirent la sentence de ma mère:

  • Ouais! Si ne t’étais pas là, on aurait la paix. On serait mieux. Bêtises que tous les jeunes se lancent par la tête au moins une fois dans leur vie.

Il n’en fallait pas plus. Je quittai la maison légèrement vêtu, décidé à me rendre chez le vieux curé, le seul qui m’écoutait et me trouvait « fin ». Je croyais mourir gelé en chemin, je le souhaitais. Pour la première fois, les larmes aux yeux, je quittais la maison avec l’intention de ne jamais y remettre les pieds. J’arrivai chez le curé plus tôt que prévu puisqu’après trois milles de marche, un automobiliste insista pour me faire monter dans son auto. J’avais les doigts tellement gelés que j’eus peine à fumer. Je m’en fichais puisque je n’étais pas aimé, je voulais mourir. Le vieux curé, à l’instigation de mes parents, me renvoya chez moi. Plutôt que d’être reçu avec tendresse, comme je l’espérais, seul, mon père m’adressa la parole :

  • Si tu recommences ça, tu vas en manger une maudite.

Je buvais et je mettais ma mère « dans tous ses états ». Un jour, j’avais peut-être seize ans, le vieux curé m’offrit d’aller en Europe. Je commençai à apprendre l’espagnol puisque je devais lui servir de guide. Devant l’objection de mes parents de réaliser ce rêve, je décidai de m’empoisonner. Mon geste n’obtint pas le résultat recherché, j’avais fait exprès pour me faire prendre, je n’ai été que malade. J’ai alors fait une scène, traitant mes parents d’avaricieux, puisque non seulement je croyais qu’ils ne voulaient pas me laisser aller en Europe parce qu’il faudrait m’acheter un habit, mais aussi parce que l’on refusait de me payer des études universitaires. En réalité, mes parents ne pouvaient pas faire face à cette dépense, même s’ils l’avaient voulu. Tout le monde était en maudit, ma mère pleurait. On ne savait plus que faire avec moi. Mon père trancha la question :

— J’aime mieux le voir se débourrer que de toujours se refouler comme d’habitude.

À la recherche des filles, j’ai voulu être Presley. J’ai essayé d’apprendre la guitare et le chant, mais les résultats furent catastrophiques. J’ai voulu être un « dur », mais je ne pouvais pas voler et, de plus, je n’étais pas assez fort. Le

banditisme est certes ce qu’il y a eu de plus fascinant. Un bandit, ça boit et ça voyage. Un bandit, c’est le fun. Si ce n’eut été de mes sentiments religieux, je serais certainement, malgré la peur, devenu un grand bandit. Ça aurait été ma façon de me venger, de devenir riche.

  • Tu ne m’aimes pas, eh bien, bang! bang! … Mais j’avais la violence en horreur. Comment devenir un bandit sans être violent?

J’ai trouvé un substitut : Jerry Lewis. J’ai commencé à rêver à devenir une grande vedette pour faire beaucoup d’argent et ensuite le partager avec les pauvres. J’aurais été un genre de sauveur pour les pauvres. J’aurais ainsi été aimé des gens; mais je n’avais plus de mémoire, quoique j’aie un certain talent au théâtre, plus particulièrement dans la comédie. Ne pouvant devenir bandit ou clown, j’ai voulu réaliser ce qui en garde le caractère ambivalent : premier ministre. Je voulais absolument devenir quelqu’un de grand pour être accepté et être aimé… quelqu’un vite… comme nous y pousse le système d’éducation…

Cicatrice à l’âme 7

septembre 3, 2020

Cicatrice à l’âme 7

Tiré de  Laissez venir à moi les petits gars.(pp. 53 à 63)

Ça me grugeait jusqu’aux rognons. On ne saura jamais jusqu’à quel point de dégénérescence on a alourdi le mot fifi et avec quelle intensité il peut déraciner tout sentiment d’appartenance humaine quand on vous accable de ce sobriquet. Dans notre société, l’intransigeance à l’égard de la vie sexuelle, hors des cadres, est la plus haute forme de sadisme sublimé et de torture sociale et morale. La société apprend systématiquement, hypocritement aux jeunes à haïr, persécuter et dénoncer ceux qui n’ont pas une vie sexuelle selon les normes établies par  les religions.

Aussi, avais-je pris cet être en haine à l’entendre m’accuser, même si c’était vrai. J’avais peur. J’avais honte. Adolescent, être fifi, c’est la pire des hontes, la pire injure que l’on puisse subir; même s’il est établi que l’homosexualité à cette période de la vie est un phénomène normal et très répandu.

Ce fut l’expérience la plus négative de cette époque, si j’exclus mes jurons à la blonde d’un copain parce qu’elle refusait de coucher avec moi. Plus tard, je me suis senti coupable de la mort d’Xavier que j’avais pourtant essayé d’aider, jusqu’à ce qu’il me rende complètement fou de peur, comme s’il n’était pas possible dans la nature humaine de finir par haïr quelqu’un qui t’assaille quotidiennement.

Je l’ai fait muter à Sherbrooke puisqu’il me rendait la vie impossible, m’accusant aussi de vouloir le congédier pour y mettre un ami personnel à sa place et aussi, parce qu’il me nuisait dans mes rapports avec les petits gars. Je n’ai jamais songé à le congédier. J’avais pitié de lui, mais il m’assommait avec ses folies. Il nuisait à mon travail. Je commençai à lui réagir agressivement comme à tous ceux qui s’interposaient dans ma vie sexuelle. C’est une haine bien graduelle, mais inévitable. Je ne suis pas purement masochiste. J’endurais Xavier parce qu’il faut aimer son prochain. Je faisais mon possible pour me réconcilier avec lui, mais il empirait chaque jour. N’importe qui à ma place serait devenu fou à subir son harcèlement.

Je ne croyais pas qu’il était de mes prérogatives de décider de son sort, mais il m’en donna l’idée, et à force d’être écœuré, j’ai commencé des démarches en ce sens. D’autant plus qu’un ami se présenta vite pour le remplacer.

Paranoïaque au bout, il tomba malade quelques mois plus tard et mourrait sur une table d’opération. Je savais ne pas l’avoir tué, mais je me culpabilisais de l’avoir fait muter et ne pas l’avoir  enduré davantage. Quel aide pouvais-je    lui donner de plus? J’oubliais qu’il me rendait malade avec ses interminables scènes. Je rendais aussi le journal coupable de l’avoir tué en le faisant travailler trop fort. Ce sentiment, nettement exagéré, caricaturait ma sensation voulant que La Tribune n’ait d’intérêt pour nous qu’en fonction de notre rôle d’objet de production.

Je me demandais si je n’étais pas celui qui lui donna le coup de grâce en l’envoyant à Sherbrooke, dans un milieu où il se sentirait encore plus persécuté. À vrai dire, ce transfert lui était apparu comme une promotion, ce qui n’était pas totalement faux. Il se sentait plus important que moi, c’était tout  ce  qu’il  désirait; donc, mes scrupules étaient loin d’être fondés.

Ceux qui ont connu l’histoire de Xavier m’ont, devant mes remords, assuré que je n’y étais pour rien et qu’ainsi me culpabiliser de ne pas l’avoir aimé davantage n’était que de la démence, me rendant responsable d’un crime que je n’ai pas commis.

Somme toute, étant pour la  première  fois  dans  un  groupe  qui  l’acceptait comme tel, sans vouloir s’embarquer dans ses manies de persécuté, c’était déjà une vive amélioration sur son passé.

Le fou : je croyais l’avoir tué par mon incompréhension.

Il n’y a pas qu’une façon de tuer : on peut persécuter quelqu’un sans qu’il puisse savoir s’il est fou ou a raison; rendre quelqu’un dingue en exploitant son insécurité et son instabilité, en exploitant sa peur et ses sentiments d’infériorité. Ce sont des moyens plus subtils, mais combien plus efficaces! Si j’avais été plus renseigné, je l’aurais envoyé voir un psychiatre; mais je ne le savais pas, je ne savais même pas que son comportement était à ce point maladif… Je l’ai enduré au summum de sa folie. Sans cette fin tragique, je dois avouer avoir été un des seuls amis de Xavier à avoir tenté de le comprendre, excepté un de ses professeurs et Pier Pol qui a toujours été la compassion même. Xavier faisait tellement pitié qu’il nous rendait dépressifs juste à vous raconter ses malheurs; à l’examiner physiquement ou le regarder travailler.

Xavier ne savait sûrement pas comment il me blessait quand il me menaçait de tout dire pour les petits gars et d’en avertir la police. Je sentais déjà toute ma vie s’arrêter, tous mes amis me quitter. C’était une véritable crucifixion. Je ne voulais pas que ça se sache partout. Comment aurais-je pu avoir des filles pour me libérer? Puis, être un fifi, c’est « dégradant ». C’est « anormal ». Même la psychologie n’a pas l’honnêteté d’admettre qu’il est préférable de s’accepter homosexuel ou pédéraste que de le refouler ou le combattre jusqu’à la folie ou jusqu’au suicide. J’avais une véritable hantise quant à entendre les gens et à les voir me pointer du doigt : voilà le fifi! Chaque fois, je me sentais tiré au cœur. Ça beau être une première manifestation paranoïaque, on s’habitue à tout et j’ai appris à surmonter ce problème en affichant une indifférence extérieure alors qu’en réalité, à l’intérieur, ça déchirait de plus en plus. J’avais les médailles du masochisme que j’épinglais par refoulement dans mon inconscient.

— Je ne suis qu’une bête, je mérite mon sort.

Mais je recommençais toujours avec les petits gars, je les trouvais de plus en plus beaux et je m’en culpabilisais de plus en plus. Après quelques semaines d’efforts de continence, je devenais d’un caractère impossible. Je voulais tuer tout le monde, moi le premier. Cesser d’avoir une vie sexuelle satisfaisante,

comme tout le monde, me rendait d’un sadisme dégoûtant… c’est ainsi que je me jugeais, mais en réalité, j’étais ce qu’il a de plus comme les autres…

Xavier n’a pas été le seul à goûter mon sale caractère. Mon frère Denis n’admettait pas tant de « putains » et de beuveries. Il s’est même battu avec moi. Je n’acceptais pas son respect des règles, sa quétainerie et ses cours de morale. J’ai voulu le chasser de ma chambre, où nous vivions ensemble, puisque ça ne faisait pas son affaire et qu’il voulait m’empêcher de vivre « ma vie».

J’avais recommencé à boire. Je faisais la foire le plus possible pour oublier ma réalité. En ayant bien du plaisir, des occupations à n’en plus finir, je n’avais pas le temps de penser continuellement aux petits gars. Je voulais m’en sortir. Je lisais autant que possible pour trouver des moyens me permettant d’abandonner ces pratiques. Il n’y avait rien à faire. Elles sont plus fortes que la famille, le travail, la religion, les railleries, la prison, le patriotisme et la mort.

Je vivais dans cette atmosphère d’efforts pour me « normaliser », de crainte que l’on me connaisse tel que je suis, confiant de changer avec un peu de chance, tout comme Yvette me le disait : « N’y penses pas, ça va se passer tout seul », quand elle m’apprit que je serais père… d’un petit gars, espérais-je. J’étais fier. J’aurais un enfant. Mais…

Il y a toujours un mais.  Serait-il aussi mauvais que moi? Serait-il aussi laid?

Mon directeur de conscience ne m’avait-il pas traité de cochon, menacé de folie ou de prison, pour avoir couché avec Yvette ou masturbé un gars. Et l’enfant? Que dira-t-il d’avoir une putain pour mère et un fifi comme père?

Ces problèmes m’obsédaient. Qu’allais-je faire? Me marier comme le voulait Yvette? Pourrais-je envisager le risque d’avoir un jour à avouer à mon fils : « Ton père, c’est un maudit fifi. »

Le plaisir d’avoir un enfant, d’aimer une fille (j’ai aimé Yvette même si tout le monde se moquait d’elle), de vouloir me marier se transformait à nouveau en cauchemars… j’aurais un jour à l’avouer, je ne pourrais pas être malhonnête au point de toujours le cacher…

— Ton père, c’est une christ de tapette. Il t’a fait parce qu’il voulait quelqu’un à aimer, à gâter, de qui être enfin aimé, pour qui il ne serait jamais de trop.

Kâliss! Est-ce possible?

Et, chez moi, ma mère me faisait des crises parce qu’un homosexuel, pour se venger de ma passivité à son égard, l’avait avisée de ma mauvaise conduite avec les femmes. Il prenait de grands airs religieux et ma mère s’y laissait prendre. Il suffit de parler de Dieu pour fourrer et ensorceler nos bonnes mères québécoises. C’est à rendre malade.

Ma mère pleurait. Je souffrais autant de la voir pleurer que lorsque mon père parlait fort pour la gérance du magasin (pleurer est devenu depuis un excès sensibilité, une marque de commerce familiale qu’on tient de maman). Je ne pouvais accepter de créer à mon tour une situation qui m’avait tant peiné et révolté. Je me sentais un bourreau, un bourreau divisé entre ma femme, ma mère et mon enfant qu’elle ignorait. J’encaissais le drame, totalement brisé.

J’avais de l’admiration et de la sympathie pour Yvette. Plus jeune, elle avait été dépucelée ou plutôt violée par un bon père de famille. Elle prit goût à ce plaisir et partit à sa conquête. Courageuse, elle avait décidé de garder l’enfant qu’elle avait obtenu de se première relation, malgré tous les racontars d’une petite ville. Malgré sa personnalité et son humanisme, je n’arrivais pas à m’y attacher solidement. Elle était laide et grosse. J’étais bien petit et imbécile…

(Pour oublier sa défaite, Jésus faisait l’amour à son petit Jean, au Jardin des Oliviers)

Je tenais pourtant à Yvette parce qu’elle m’avait fait un enfant ou plutôt, je tenais à cet enfant. Je rêvais du petit. Je me voyais déjà me promener avec lui, le guidant par la main. Je l’adorais  déjà. J’étais redevenu vivant. Puis, tout est tombé. Les copains m’affirmaient leur réserve quant à ma paternité.

— Elle veut se marier parce qu’elle a fait un petit avec un autre, puis te connaissant, elle t’a choisi pour justifier sa grossesse, s’il y en a vraiment une. Elle sait comment t’es « bonasse ». Et, à son âge, on a besoin de trouver un mari.

Je suis retourné de plus belle aux petits gars; avec eux, il n’y avait jamais de telles angoisses. Je cherchais aussi une épouse

« digne », comme on disait.

Souffrant trop de la situation, Yvette décida finalement de se faire avorter et de s’expatrier.

Tabarnak! Maudits tabous de Christ!

C’est sûrement cette décision qui fit revenir à la surface mon dégoût pour l’accouplement. Je me suis à traiter Yvette comme une chose sale. Ce fut pourtant une des meilleures personnes que j’ai connues dans ma vie. Pourquoi toujours écouter les commérages? Pourquoi croire que les autres savent mieux que moi ce qui est bien pour moi?

Comme je le voulais, j’ai trouvé une « pure ». Hélène. C’était une ex-fille-mère, qui me laissa tomber parce que je ne voulais pas quitter l’armée pour elle, et surtout, ne pas la toucher, acte que je brûlais de consommer. Beau cave, j’étais là qui l’adorait comme la Vierge. Je me sentais enfin normal. Je voulais me caser. Je me battais avec mon meilleur ami pour une fille. Je parlais de fiançailles. Je pensais, ne vivais que par elle. J’étais cassé comme un clou, aussi parfois, j’allais coucher avec Yvette qui, ayant pitié  de ma pauvreté, me faisait les faveurs de sa bourse. Puis, je sortais avec mademoiselle. J’aimais, enfin, puisque j’étais chaste.

Je priais pour notre union, mais Dieu plus intelligent que les hommes, fit qu’elle se dégonfla, même si j’ai eu une longue et pénible peine d’amour. Je n’avais pas été assez chaud avec elle. Comment comprendre les femmes? Quel con!

Ma chambre, que j’avais aménagée à l’arrière de mon bureau au journal (ce qui leur permettait de ne pas me payer un salaire trop onéreux), redevint le bordel communautaire.

« Tout le monde jase, tu devrais faire attention. »

Et le monde a assez jasé que les patrons furent alarmés. J’ai promis de « faire une bonne vie », c’est-à-dire de ne plus coucher avec les filles sans me cacher des qu’en-dira-t-on, pour conserver mon emploi. À la demande des patrons, je quittai ma chambre à même le bureau pour étouffer le scandale de « mes mauvaises mœurs ». T’es avec un gars, c’est un crime; t’es avec une fille,  c’est un scandale.

Je me retrouvai seul ou plutôt en pension chez mon ami Conrad.

J’étais si frustré et obsédé que le matin, je sortais du lit et me rendais près de mon compagnon m’amuser à tâter « son bâton de baseball, d’au moins six -huit pouces, gros comme un poignet. Cet instrument m’enchantait. N’y avait-il pas là performance à attirer toutes les filles? Cet ami ne me disait-il pas, avec tous les autres,

sa fierté d’être aussi bien bâti; moi, qui en avait si peu? Lui, il avait facilement des filles avec sa grosse queue… moi, j’étais toujours seul avec ma laideur et mon incapacité de « poigner ». J’étais traumatisé par la petitesse de ma queue et les rires de mes copains à son endroit.

Quand je fréquentais Yvette, ne devais-je pas toujours faire attention pour ne pas me faire poigner le cul par les gars? Ce n’était pas par pudeur, mais par honte.

— Il doit en avoir une petite?

J’avais honte et je croyais ne pas être développé normalement. Un médecin mit fin à mes craintes une année plus tard. Après examen, il m’affirma que j’étais tout ce qu’il y a de plus normal.

Conrad demandait aussi souvent à Yvette :

— Pourquoi me le préfères-tu? Il ne doit rien avoir d’excitant?

— Il plante bien!, disait-elle.

Toutes les filles me repoussaient. Il fallait avoir faim en maudit pour condescendre à faire l’amour avec un laideron de mon espèce. Je lui en étais reconnaissant. Mais, nous avions été séparés.

Le matin, après avoir bien tâté le six pouces de mon compagnon, je me recouchais, mettant bien en vue mon petit bout, espérant qu’à un moment donné, mon compagnon me masturbe ou encore que sa mère, veuve depuis longtemps, donc, supposais-je sexuellement affamée, décide de me vouloir… Elle avertit son fils qui, amicalement, me demanda de mieux me couvrir puisque ça embêtait sa mère.

Les problèmes au journal étaient loin d’être écartés. À cette époque, une famille riche du coin, grâce à sa façon d’exploiter ses travailleurs, venait d’engager des fiers-à-bras pour me dompter, car je n’avais pas obtempéré à leur menace et publié quand même un texte qui les concernait.

« Pas achetable! » : ils auraient dû le savoir.

Daniel Johnson, père, l’avait appris. Pourquoi pas eux?

Johnson était venu donner une conférence dans le cadre de la chefferie à l’Union nationale. Après le souper, son attaché de presse glissa le communiqué avec 10 $. J’exigeai la venue de Johnson au bureau afin de lui remettre l’argent et lui expliquer que je ne voulais rien savoir de ces cadeaux. Johnson écouta ma petite leçon de morale, mais me laissa quand même l’argent malgré mon insistance pour qu’il le reprenne. Il me dit admirer ma franchise et se dit content de notre rencontre.

J’ai toujours gardé rancune à Johnson d’acheter les journalistes, oubliant que c’est le jeu politique habituel. Je l’ai cru pourri pour cela. Je le trouvais menteur avec ses promesses politiques, et ce, probablement plus qu’il l’était en réalité, quoique l’Union nationale a toujours été le parti politique du petit patronage.

Cette détermination de n’écrire que la vérité s’accentuait au lieu de décroître.

On le savait, ceux qui ne le savaient pas l’apprenaient.

Pour tenir une promesse électorale à l’effet d’acheter le barrage Gayhurst, à Lac-Mégantic, les libéraux inventèrent que ce barrage risquait de céder. Je ne croyais pas au danger d’effondrement du barrage. Je commençai une enquête sur sa solidité. Au début, on me pressa d’abandonner.

Je continuai de plus belle. Je refusais de mentir aux gens pour des intérêts que je croyais politiques ou financiers. Ma campagne prit une telle proportion qu’il s’organisa une manifestation. Le sujet avait pris presque une ampleur internationale.

Une ville serait-elle détruire par l’éclatement du barrage? Lac-Mégantic se trouvait pourtant 10 milles en amont du barrage. Comment l’eau pouvait-elle remonter? Ce qui démontre bien la valeur des informations internationales.

J’ai poursuivi mon enquête en tentant de démontrer la grossièreté de la farce.

« Les poissons nagent sur le côté, à cause du manque d’eau », m’écriais-je dans une de mes émissions hebdomadaires à la radio.

Des ingénieurs vinrent s’expliquer. Je les accusais de mentir quant à leur travail. Ils m’ont menacé : si je ne cessais pas de faire le guignol, j’en paierais le prix… On m’invita, c’était passé minuit, à me faire visiter les environs. J’avais peur d’être tué. Je refusai.

Au  sortir  bu  bureau,  un  type  m’invita  à  prendre  place  dans  sa voiture; comme il avait l’air bien sympathique, je le fis. Il vanta mon intelligence, mes possibilités et tenta de me faire comprendre que si j’oubliais le barrage, je pourrais, en plus de me faire 35,000 $, avoir une carrière intéressante. Le type, voyant mes scrupules, me dit qu’un jour ou l’autre, peut-être plus tôt que je le pensais, je devrais me brûler les ailes, sinon je ne ferais pas long feu dans le métier. Je ressortis de l’auto, sûr que l’histoire Gayhurst n’était que de la merde politique. Les libéraux sont experts là-dedans.

Le lendemain, j’appelais le patron, convaincu que le barrage serait détruit, grâce à une brèche que venaient d’ordonner les ingénieurs. C’est évident, le barrage était construit dans un amoncellement de terre glaise. Les patrons ne me prirent pas au sérieux puisqu’il n’y avait que cette tentative de m’acheter pour prouver «  que  tout  n’était  pas  tellement  catholique dans  l’affaire   Gayhurst.»

Risquerait-on de tuer des milliers de gens pour un projet politique? me demanda-t-on, sans que je puisse répondre. Mais, on déplaça ce danger vers la Beauce qui, elle, était bien sur le chemin de la rivière si le barrage cédait.

Le barrage est depuis, un monument, près d’une immense brèche qui laisse s’écouler la rivière. Le lac artificiel est vide de son contenu. Les Beaucerons ont été les seuls perdants : ils ont dépensé près d’un million pour fuir le prétendu danger.

J’ai décidé de quitter le journal. J’ai démissionné pour des raisons de santé. Les patrons du journal refusèrent et me donnèrent des vacances. Après un repos, je reprenais le travail, mais je n’avais plus le goût, croyant définitivement dans la malhonnêteté du journal qui, après avoir protégé les Cliches, les Stearns, protégeait maintenant les libéraux. J’ai fait les 400 coups, j’ai quitté le travail sans avertir. J’ai fait le fou jusqu’à ce que les patrons décident de me renvoyer. J’ai quitté l’emploi avec joie en chantant devant les patrons étonnés :

  • C’est le plus beau jour de ma vie, j’ai retrouvé ma liberté!
  • Je suis arrivé à Victoriaville à la suite d’une longue période de chômage, m’étant  exercé  à  jouer  de  la  pelle  et  de  la  hache,  lors  de  travaux d’hiver.

La Tribune m’a réengagé parce que j’étais très productif, mais surtout, parce qu’elle était  mal  prise,  elle ne  trouvait  pas  de journaliste bouche-   trou.

La direction de la Tribune disait reconnaître s’être trompée : « Nous t’avons envoyé à Lac-Mégantic alors que tu  n’étais  encore  qu’un  enfant.  Nous  aurions dû penser qu’il était impossible qu’il y arrive autre chose. Si jeune! (J’avais environ 17 ou 18 ans). Si loin, responsable d’un bureau! C’était une trop grande responsabilité pour ton âge.»

Par contre, épuisé de me chercher un travail, je reconnaissais m’être laissé emporter dans mon jugement, accordant finalement le bénéfice du doute au journal. Il n’était pas libéral, il avait voulu me protéger…

J’ai choisi, à Victoriaville, de vivre dans une famille pauvre, espérant qu’il me serait plus facile d’avoir un petit gars, même si j’étouffais cela sous le masque de lui venir en aide. Je deviendrais son ami, j’aiderais ses parents et je le gâterais ce qui, à la fois, me donnerait un enfant, désir qui m’obsédait, et justifierait mon droit, ma légitimité de lui poigner le cul, s’il aimait ça. Je n’aurais alors jamais cru que cette liberté serait ma plus grande prison.

Manque de chance, Benoît, un copain avec qui je courais les femmes et la bière, me trouva une famille. Madame Barrette était seule à la maison (quoique Bernard arriva peu de temps après moi), ses deux filles étant placées aux études, à l’extérieur. Son état lamentable me fit accepter quand même d’y vivre.

Au début, j’avais pitié d’elle et j’ai fait mon possible pour la rendre heureuse. Je lui permis, grâce à mon support supplémentaire aux frais de pension, d’acheter un tourne-disque, quitte à manger très souvent du spaghetti rachitique, ayant eu le malheur de lui dire que j’aimais ça. Je l’ai même amenée à une réception afin qu’elle connaisse les beaux côtés de la vie. J’ai eu honte à mort. Elle buvait, tout écartelée, mettant en vedette ses surcroîts de graisse. Les gens qui riaient autour de nous venaient me demander si c’était ma mère. En plus de mal se tenir, elle était laide à faire peur. Je fondais, mais je ne regrettais pas mon geste.

Tout a été pour le mieux pendant de longs mois. La dame s’acheta deux machines à coudre, aimant la couture, qu’elle abandonna aussitôt. D’autre part, malgré mes réprimandes, l’hiver, quand je quittais la maison, elle ne se chauffait pas, par mesure d’économie. Je comprenais ses phobies et j’essayais de lui faire comprendre qu’elle n’avait rien à craindre, je ne la laisserais jamais crever de faim ou de froid. Je l’aidais encore plus, essayant de lui faire connaître les douceurs de la vie.

Cicatrice à l’âme 6

septembre 2, 2020

Cicatrice à l’âme 6

Publié par Parti pris sous le titre de : Laissez venir à moi les petits gars.

(pp. 43 à 53)

 

7

En prison, je soupesais tous les pour et tous les contre pour évaluer mon degré de perversité, je devrais dire d’innocence ou d’ignorance. J’étais convaincu d’être fou; mais je ne savais pas si c’était en me posant autant de questions ou, en liberté, en répondant simplement à mes besoins naturels de toucher tous ces petits êtres que je trouve beaux.

J’ai décidé de recommencer à réciter mes prières les bras en croix. Un tel sacrifice et beaucoup de prières m’aideraient certainement à me faire oublier mes penchants pour Jeannot. Je me devais dorénavant d’être chaste; j’avais été trop longtemps « un maniaque ».

Après le déjeuner, je me rendis dans la cour, comme après chaque repas. Une cour asphaltée, entourée de murs, où, comme d’habitude, pour faire changement, nous marchions. Ce n’était pas tellement nouveau, mais pouvoir respirer de l’air pur suffisait à donner à ces minutes une très grande valeur.

Je ne parlais pas à personne ou presque, sinon à Claude, un individu incarcéré depuis plus d’un an pour ne pas avoir payé ses dettes. Il était très sympathique et agissait comme un frère. Il disait être là depuis un an et ne pas savoir quand il en sortirait.

Tout le monde avait appris les raisons de mon incarcération. J’étais craintif quant à ce que l’on en pensait; car, même si peu me parlaient, Pierre, un jeune de 19 ans, assez beau, je dois l’avouer, cherchait sans cesse à m’insulter. Je ne savais pas quand sa haine deviendrait de la violence physique.

  • Regarde ailleurs, hostie de chien. Maudite tapette. Tu ne m’auras pas, mon christ. Suceux de cul! Tu peux manger les jeunes, mais ne t’essaies pas sur moi parce que je vais te la casser, ta kâliss de gueule. T’en suceras plus d’autres.

Lui gueulait, moi, je crevais de peur.

C’était en fait le chant de ceux qui aimeraient bien être attaqués et cherchent à se déculpabiliser en pourchassant ceux qui symbolisent leurs désirs irréalisés.

Malgré tous mes efforts, je me surprenais à avoir beaucoup d’anxiété quant aux récréations. Même si je rejetais ces pensées, je me prenais souvent à rêver l’arrivée d’un petit jeune, beau comme un coeur, sympathique, de qui je tomberais amoureux. Parfois, j’espérais même me faire reluquer par un petit vieux; même si je ne souhaitais pas avoir une aventure avec eux. Je ne pouvais entrevoir une telle liaison sans sodomie. Jeune, un Anglais m’avait initié à cette pratique. Je n’avais pas du tout aimé ça. Je craignais de la revivre. Il va sans dire que les menaces du Gros de le faire étaient aussi pour moi un « moyen » cauchemar. Je n’ai jamais pu avoir une aventure avec un adulte, sans avoir affreusement peur de me faire tuer. Cette crainte avait persisté, malgré les années,  et  s’était  même  renforcée.  J’avais  peur  d’être  assailli,   violé  et  tué, malgré la surveillance des gardes, qui se rendaient peu souvent aux douches collectives.

Quand j’étais plus jeune, mes parents nous avaient raconté avec les photos d’Allo-Police comment un pédophile avait déchiqueté un petit gars. Ce fut la hantise de ces maniaques. Par surcroît, un après-midi en me rendant à une ferme, près de Barnston, nous nous étions fait courir par un type que notre imagination nous rendait chaque jour plus laid. J’avais eu terriblement peur. Pendant près d’un an, nous marchions sur le bord des champs pour nous sauver, si jamais il réapparaissait alors qu’il n’a peut-être même jamais existé. Plusieurs années plus tard, quand je faisais de l’auto-stop, je portais toujours une roche dans mes poches, pour me défendre au cas où se présenterait une mauvaise situation.

Enfant, ces histoires te traumatisent en maudit. De plus, ce qui m’avait certes tenu loin des adultes, les grosses bittes m’écœuraient.

À la prison, je pouvais fréquenter les petits vieux du deuxième sans danger, surtout que rares étaient les occasions de passer à l’action. Petit à petit, j’appris de leurs bouches tous les rudiments du vol. Devant mon peu d’intérêt, leurs leçons se concentrèrent et se spécialisèrent sur les moyens possibles de conquérir un gamin. Comment l’amener, malgré lui, à te tâter la queue, en lui offrant du maïs soufflé. J’écoutais en priant. Puis, c’était le retour à la chambre commune pour reprendre à nouveau de longues et pénibles réflexions ou prier.

J’étais en proie à un fort sentiment de culpabilité. Cette angoisse portait surtout sur trois points fondamentaux : je ne parvenais pas à oublier mon attitude à Victoriaville, face à la dame où j’avais été pensionnaire; je me croyais de toute éternité condamné à être possédé du diable, ayant marchandé mon âme avec Satan pour obtenir certains garçons; je me reprochais aussi d’avoir été un garçon difficile pour ma famille.

Si j’acceptais d’avoir été la victime de mon ignorance infantile, je me rendais coupable de ne pas avoir eu assez de courage et de volonté pour me départir de ma passion alors qu’il en était encore temps… Comme si cela eût été possible, oubliant qu’il s’agit là d’une imbécilité que nous racontaient les curés en nous faisant croire que c’était un crime.

Un regard, un sourire suffisaient pour qu’un garçon me fasse faire le tour de la terre.

8

Après une enfance profanée par les peurs, à cause de la censure sur la sexualité, j’eus une adolescence tout aussi tumultueuse. Il n’était plus question pour moi de douter de ne pas être aimé, mais une certitude… j’étais déchiré entre ce que nous apprenait la religion et ma petite nature qui voulait jouir de plus en plus. Avec le temps, j’ai appris qu’il s’agissait plutôt de moi qui prenais tout au sérieux, même les bêtises de mon imagination.

À l’école, la situation n’était guère plus reluisante. Je m’y sentais tout aussi de trop et les remarques d’un professeur disant que je questionnais beaucoup simplement pour me faire remarquer m’avaient décidé à ne plus jamais reparler en classe. J’étais en onzième année. Pour oublier mon sort, je consacrai toutes mes énergies à devenir un bon correspondant pour la Tribune, de Sherbrooke. Je réussis si bien qu’on m’offrit un travail d’été.

J’avais été engagé pour l’été à la suite d’une rencontre dans laquelle le patron Me Desruisseaux m’avait promis de me payer des cours universitaires, promesse qu’il ne tint jamais, mais qui m’a décidé à me lancer dans le journalisme. Je devais en septembre retourner aux études. Même si j’étais accepté à l’université, je ne pouvais pas m’y rendre sans aide, mes parents étant trop pauvres.

À cette époque, je n’étais qu’au début de mon blocage intellectuel à cause de mes hantises sexuelles. J’avais 17 ans environ.

Je craignais que « ma mauvaise habitude » de me masturber se reflète dans ma personnalité, sur mon visage ou dans mes manières comme nous le disaient les prédicateurs. J’interprétais chaque sous-entendu comme si on le savait. Aussi, les invitations à des partys, dans lesquelles je pourrais faire l’amour, me torturaient tout autant que de longues heures de tentative à échapper aux tentations de me masturber. C’était pour m’humilier, rire de moi… mais j’aurais bien aimé l’expérience tout de même, au cas où cela aurait réussi… pour savoir ce que ça ferait comparativement à mes exploits à quatre ans. J’étais évidemment puceau et je ne savais pas que me masturber aussi jeune ne nous rend nullement impuissant avec les femmes.

(Si vous vous masturbez, vous ne pourrez pas satisfaire votre partenaire quand vous serez plus vieux, ayant trop dépensé vos énergies seul dans le péché. Vous aurez aussi des boutons au visage.)

Je voyais dans ces aventures avec des filles, malgré la peur qu’elles me donnaient, d’être humilié en n’éjaculant pas, une chance de devenir homme… si je réussissais. Je pouvais aussi ne pas pouvoir bander, comme on nous le disait. Qu’est-ce qu’on dirait? À chaque fois que l’on me parlait de ces partys, j’avais l’impression que l’on devinait mes habitudes, tant elles survenaient dans une période où je m’éclatais seul. Les invitations arrivaient toujours le lendemain d’une « chute », pourtant j’essayais de ne pas me masturber pour être en forme, pour bander à coup sûr.

J’espérais aussi cesser d’être fasciné par les garçons.

J’étais trop gêné pour oser inviter une fille, à cause de ma laideur. J’avais peur de la perdre si jamais elle acceptait, à cause de ma maladresse à savoir l’intéresser à moi. D’autre part, pour sortir une fille, il faut de l’argent et je n’avais pas le sou pour ces fréquentations. Je ne gagnais, après tout, que 35 $ par semaine. J’étais souvent cassé. Plus souvent qu’à mon tour. Aussi ai-je dû me contenter de danser parfois au salon du Parthénon, là où je pensionnais depuis mon arrivée à la Tribune, jusqu’à ce que monseigneur Cabana intervienne et fasse cesser nos « partys » qui prenaient fin pourtant à 11 heures le soir. Cela avait été possible du fait que la maison était tenue par un prêtre. Cette intervention de l’archevêque a nourri par la suite ma crise antireligieuse qui commençait à faire des siennes. Je réalisais que la foi pouvait bien être une grande escroquerie.

D’autre part, je croyais que les autorités du journal regrettaient mon embauche. J’avais été choisi à cause de ma grande production, à Barnston, où j’étais correspondant; je révélais, à Sherbrooke, un tas de faiblesse : j’écrivais affreusement mal mon français, les fautes se multipliaient comme les étoiles dans la Voie lactée en août; j’étais super lent à la dactylo et j’avais tellement peur de me tromper qu’au début, je ne faisais montre d’aucun esprit d’initiative. J’avais peur encore une fois que mon audace se tourne contre moi… j’attendais chaque jour avec l’appréhension d’être congédié.

Vint septembre. Il manquait de personnel et, malgré mes défauts, j’avais pris vitesse et sécurité. J’étais bon journaliste, sauf qu’il fallait un autre journaliste pour corriger mes textes. C’était mieux que rien. On me persuada d’abandonner mes projets d’études. Desruisseaux renia sa promesse et, n’ayant plus le choix, je me devais de rester dans la grande famille de la Tribune.

Étant naïf, peu sûr de moi, me trouvant même médiocre, j’étais utilisé comme un objet, une poupée, une bonne proie…

D’autant plus que j’étais d’un caractère sauvagement pacifiste, prêt à me précipiter chez tous les médecins de l’esprit de la terre, si jamais par malheur, à force de me faire écraser, j’avais réagi violemment. J’étais une bonne bête de somme… férocement passionnée quand je m’embarquais dans quelque chose. Je ne croyais dans aucune organisation, même révolutionnaire… Être mené par l’un ou par l’autre, c’est la même patente; tu dois toujours te conformer… être menacé sans cesse de se faire liquider par l’un ou par l’autre, ça finit par être drôlement emmerdant.

Même si j’étais devenu un bon producteur, ce en quoi je mettais tout mon orgueil, j’avais toujours la crainte et la certitude d’être mis à la porte d’un moment à l’autre. Les patrons ne nous emploient que dans la mesure où ça paye et je ne me sentais pas tellement rentable. Cette crainte m’angoissait. Je me sentais inférieur aux autres. Ils étaient plus cultivés, plus raffinés. Ils s’y connaissaient  en musique et en lettres. Moi, je ne m’y connaissais en rien. Je me sentais à jamais inférieur à eux puisque je n’avais pas de sens critique. J’ai commencé à lire et à écrire des poèmes, influencé par un poète et un homme de très grande sensibilité. Pier Pol était, à la fois, un collègue, mon ami et presque mon professeur littéraire. Sa poésie était douce, musicale, charmeuse, quoique parfois nostalgique.

Certains confrères se moquaient assez souvent de lui, à son insu, de façon très injuste, s’en prenant à sa sensibilité : c’était « le poète ». On ridiculise toujours ceux que l’on sent supérieurs. Cette situation atteint son point culminant lorsque, par erreur, Pierre termina un poème sur un manchot en disant qu’il s’était retourné en caressant son chien. Guilbert, qui riait de tout le monde, sauf de lui-même, avait sauté sur l’occasion. Cette situation m’avait été pénible. Je ne pouvais accepter de rire de bon cœur de cette anecdote; cela me semblait injuste envers mon ami, mais par contre, je ne pouvais m’empêcher de la trouver bien drôle. J’ai été inconfortable et même gêné, jusqu’à ce que Pier Pol lui- même rie de cet incident. C’est un genre de situation qui se produit dans le cas de tous les grands écrivains. La distraction fait partie de la vie. De cette première époque à Sherbrooke, je me rappelle mon baptême de journaliste par les policiers. J’étais de service une fin de semaine. J’ai été envoyé à Cookshire, Guilbert ayant décidé que j’étais assez solide pour couvrir un prétendu meurtre.

J’avais une peur affreuse des morts, peur que je n’ai jamais su surmonter, ayant été trop profondément traumatisé dans mon enfance par les histoires de revenants, de punition, d’enfer et de purgatoire que nous avait racontées l’institutrice en religion à la première année. Parfois quand je servais une messe de funérailles, je devais sortir de l’église pour ne pas m’évanouir en approchant des cercueils. Si je n’osais pas me rendre seul dans le hangar chez moi, craignant d’être poursuivi par les morts, plus particulièrement mon grand-père, je tremblais encore plus de devoir m’occuper de meurtre. Bravement, je m’exécutai quand même.

Près du cadavre, un des policiers, percevant mes hésitations, s’amusait à jouer avec la langue du cadavre. C’était une mort naturelle, crise cardiaque. Donc, un événement sans importance… Mourir, ce n’est pas important; être assassiné, ce n’est pas la même chose : ça permet aux policiers et aux lecteurs de ne pas s’enliser dans la routine.

Nous nous sommes rendus à l’hôtel. On commença par vouloir déterminer mon poids. Pour ce faire, je devais grimper sur le dos d’un des détectives. Me méfiant, je sautai avec une telle rapidité qu’au lieu de pouvoir me rabattre fortement un bâton sur les fesses, le préposé à ce boulot dut retenir son coup. Après m’être fait prendre partiellement à ce jeu, ils décidèrent de se venger en essayant de m’effrayer en soutenant qu’ils pouvaient m’arrêter puisque j’étais dans un hôtel, sans l’âge requis. Je m’engueulai tellement avec eux qu’ils en étaient en christ. Non seulement ils m’avaient fait peur, mais je les avais amenés à se faire prendre à leur propre jeu.

Je ne leur avais pas caché mon agressivité naturelle envers les représentants de l’ordre, plus particulièrement la police.

– Vous m’avez payé une bière, vous êtes donc aussi dans l’illégalité.

Avant de me donner des claques sur la gueule, le jeu fut abandonné et ils me payèrent une autre bière, me disant que je serais un bon journaliste puisque je ne m’en étais pas laissé imposer. Avec les policiers, tous les gens sont des criminels. Ils oublient que les êtres humains réagissent à la souffrance et à l’humiliation. Ils se cuirassent contre l’homme pour ne songer qu’aux règles.

Mon départ de Sherbrooke pour Lac-Mégantic fut très pénible. Le syndicat ne voulait pas me défendre, puisque je n’avais pas droit de refuser une promotion. J’étais en maudit, persuadé que je serais aussitôt congédié.

Je soupçonnais le journal de vouloir se débarrasser de moi et ne pas le pouvoir, à cause du syndicat. En m’envoyant à l’extérieur, je ne serais plus syndiqué et je serais complètement à leur merci. Je figurais ainsi le raisonnement des patrons à cause de mon français, et le syndicat pensait comme moi… Les dirigeants du journal avaient besoin d’un bouche-trou pour remplacer un correspondant dans une ville où aucun journaliste n’arrivait à rester.

  • À quoi ça sert un syndicat? Seulement aux augmentations de salaire?

J’étais en fusil, soupçonnant le syndicat de complète impuissance. Ça m’a pris des années à comprendre que l’exécutif syndical avait été pris au dépourvu autant que moi et qu’une assemblée n’aurait servi à rien, sinon à faire pourrir encore plus le climat dans les négociations en cours. Malheureusement, les

Québécois n’ont pas encore appris à sortir d’eux-mêmes, de leur structure mentale de colonisés. Même les syndicats et les syndiqués ne s’intéressent qu’à ce qui les touche de près, c’est-à-dire à leurs revenus. Ils n’ont aucune conscience professionnelle. C’est le propre de tout homme exploité de ne jamais voir au-delà de son nez. La pauvreté physique va simplement de pair avec une certaine forme de pauvreté d’esprit ou plus exactement avec une absence totale ou presque de prospective. L’exploitation est soutenue par un tel individualisme.

Par contre, je savais que le journal avait de la difficulté à se trouver un journaliste pour Lac-Mégantic à cause de la réputation (à cette époque et dans mon milieu) de cette ville. J’irais comme bouche-trou, sinon j’étais congédié. C’était clair.

Faible, naïf, il y avait toujours quelqu’un pour profiter de ma facilité à tout croire.

À la description que l’on m’avait faite de Lac-Mégantic, j’étais persuadé de courir à une mort certaine. Guilbert et les flics, ses amis, car il a toujours aimé ça m’humilier ou me faire paniquer, m’avaient démontré qu’il ne me faudrait pas grand temps pour me faire enculer dans cette ville, une pratique que je craignais et avais en horreur. Ils me traitaient, Guilbert et ses flics, comme si j’étais un niais. Ce que je suis, mais pas encore assez pour les laisser se payer ma tête sans que je le sente. Je les laissais s’amuser, ne sachant pas exactement ce qu’il me fallait croire… dans le fonds, me faire enculer, peut-être que maintenant j’aimerais ça. J’ai toujours eu peur des maniaques, mais je n’en connaissais aucun.

Quand j’arrivai dans cette ville, boueuse à cause du printemps, perdue dans le bois, ayant un bureau à l’allure de taudis, j’étais désespéré. J’étais loin de me douter que j’y vivrais une des plus belles années de ma vie; que ce « trou », comme on m’avait dit, est un véritable trésor de beautés tant par la nature que par les gens qui y vivent.

Je me suis mis au travail avec acharnement pour oublier mes craintes. Je travaillais tant, que je trouvais à peine le temps de manger. Mon angoisse s’apaisa après une semaine. Je m’étais fait beaucoup d’amis à cause de mon courage qui, en réalité, n’était que de la peur sublimée.

Si je croyais à quelque chose, si je m’y impliquais, je me donnais entièrement jusqu’à ce que je sois vidé… Quand vous êtes quotidiennement certain de mourir, les guerres quotidiennes paraissent assez anodines.

Les grands changements dans mes relations avec Lac-Mégantic se sont effectués à l’armée.

Je m’étais rendu au manège militaire, dès le premier dimanche. Il y avait

fêtes et compétitions. J’y étais allé malgré toutes les recommandations contraires.

« N’y va pas, tu vas te faire descendre. On y haït les journalistes à mort. » Le devoir étant le devoir, je m’y suis présenté les fesses serrées.

À mon arrivée, un sergent, avec un groupe de femmes, pour se signaler, hasarda :

  • Montre-moi, si t’en as une belle…

Je sursautai et répondis aussitôt :

  • Ça, Monsieur, ça ne vous regarde pas…

Les femmes étaient conquises et l’effronté niaisa. La soirée se poursuivit de plus belle. Le sergent m’avait fiché la paix.

Je décidai de m’asseoir pour prendre une bière. Un caporal, remarquant mon arrivée, se mit à vociférer contre les journalistes. Au début, je ne dis rien, malgré la provocation, mais je ne pus tenir longtemps. Je signalai à ce caporal que c’était avec des gens bornés de son espèce qu’il était possible d’avoir des journalistes comme il les avait décrits. Il s’ensuivit une engueulade.

Le caporal se leva, se précipita vers moi. J’ai cru m’évanouir, mais je me levai, lui tendant la main en indiquant mon nom, comme un noble accepte un duel. J’étais certain de manger la raclée de ma vie. À ma surprise, il me serra la main avec joie, criant :

  • Enfin! Nous avons un vrai journaliste.

C’en était fait. J’avais l’armée de mon bord, et d’autre part, tous mes amis étaient reconnus pour être de solides bagarreurs et des jouisseurs hors pair : Paul, le Flo, André, etc. Je n’avais rien à craindre. Si on avait essayé, de me toucher ne fut qu’un poil de la tête, j’aurais un  vrai  régiment  pour  me  défendre. Je m’étais aussi fait soldat pour porter l’uniforme. J’avais ainsi mille et un privilèges. Je commençai à boire, à courir les filles et à me livrer à tous les jeux possibles.

Dans très peu de temps, j’avais acquis la réputation d’un journaliste honnête, courageux, qui ne recule devant rien et qui était carrément du côté du peuple. Les gens, du moins ceux que je voyais, admiraient ma bravoure de m’attaquer aux patroneux, d’essayer de trouver moyen de dénoncer ceux qui ambitionnaient qu’ils soient industriels, curés ou même le conseil municipal. Tout le monde se demandait si j’aurais ma commission d’enquête sur le patronage en ce qui avait trait à la construction de l’hôpital; patronage qui impliquait le maire

du temps et un médecin, organisateur libéral.

Le maire, qui me croyait plus vieux, avait porté plainte au journal en disant que je ne lui laissais pas un pied de corde. Les dirigeants du journal m’encourageaient, mais j’avais de la difficulté à faire publier mes textes. Certains écrits paraissaient coupés et recoupés.

Il a toujours été de la politique du journal de me faire croire qu’il était de mon bord, c’est-à-dire qu’il défendait les petits, alors qu’en réalité, il appuyait les gens au en autorité, en coupant, retardant ou minimisant mes nouvelles.

On me disait qu’il fallait faire connaître la vérité, mais que tout dépendait de la façon de le dire. Je n’ai jamais été étouffé par la diplomatie, considérant cela comme mensonge et hypocrisie. Le littéraire est l’excuse souvent employée en vue de la manipulation ou du snobisme intellectuel, lequel est une nouvelle forme, esthétique cette fois, d’autoritarisme. Il n’en fallait pas plus pour que mes textes soient hautement censurés.

J’étais fier de moi. Je parvenais, malgré mon jeune âge, ma vie plus qu’active (filles, boisson, bagarres et surtout petits gars) à obtenir raison dans presque toutes mes revendications. Il faut dire qu’en moins d’un an, le tirage du journal avait pratiquement doublé et j’avais acquis un très large appui de la population. Même la requête signée contre moi dans l’affaire du Centre Mgr Bonin par bien de bons catholiques, à l’instar du curé de la paroisse, un Monseigneur dont je ne me rappelle plus le nom, n’a pas réussi à me faire expulser de la ville. Le Monseigneur craignait mes indiscrétions quant aux sous employés pour la construction du centre de loisirs. Ce curé avait décidé de m’apprendre « qu’il ne faut jamais manger du prêtre, car on s’étouffe avec les boutons de la soutane ». J’avais dû, cependant, accepter en compromis de laisser tomber ma lutte et ma haine antireligieuse. La menace d’être expulsé m’avait effrayé, mais j’ai appris en même temps le haut taux de popularité dont je jouissais dans la population.

Presque une année après mon arrivée à Lac-Mégantic, j’ai dû par principe laisser tomber l’emploi.

Malgré ma débauche, j’avais su produire une telle quantité de textes que c’était considéré comme un record de production, surtout pour une petite ville. J’avais, au cours de mon séjour, ayant menacé de démissionner, obtenu les services d’un secrétaire qui s’occupait particulièrement de la circulation du journal. Le bureau était nouvellement logé dans un endroit plus attrayant, plus vaste, dans lequel je m’étais aménagé une chambre. L’armée m’avait offert d’être sous-lieutenant et de suivre un cours pour la sous-lieutenance. J’avais refusé. Tout allait bien, même si j’avais, depuis mon arrivée, une vie sexuelle très remplie, mais très douloureuse.

Un mois après mon arrivée à Lac-Mégantic, j’ai rencontré Yvette, une

supposée fille de joie.

Lors de notre première aventure, j’avais peur. Ne m’avait-elle pas averti qu’elle voulait nous faire prendre par la police? J’ai surveillé à la fenêtre durant quelques heures pour prévenir l’arrivée des policiers. Puis, dans le lit, j’ai pris un temps interminable pour avoir une érection. Les craintes dissipées ainsi que la gêne de me croire trop peu bâti, tout alla pour le mieux et comment! J’étais comme un chien qui l’on dresse à l’amour. Surprise de m’avoir dépucelé, moi, qui voulais être curé, elle se prit de remords. Moi, j’étais bien content d’avoir abandonné les espoirs de la cure. J’étais fier comme un jeune coq d’avoir été si irrémédiablement « sali ». J’avais adoré l’expérience que je n’ai pas manqué de répéter en maintes occasions et de bien des façons.

En général, j’ai toujours mal régi à faire l’amour; car je n’ai pas totalement joui. Je suis parfois comme certaines femmes : je prends un temps fou à éjaculer. Pour elles, c’est parfait; mais quant à moi, c’est un vrai combat. Plutôt que de profiter des moments, sachant bien que tout saura venir à temps, je m’énerve, je me révolte contre tout ce temps nécessaire, je me mets à penser aux petits gars. Je fais l’amour avec eux dans ma tête. C’est le plus grand stimulant ou encore je me concentre en pensant que je fais un « petit ». Je le sculpte, membre par membre.

Je n’ai jamais trouvé beau le corps d’une femme alors qu’au contraire j’adore celui d’un garçon. Par contre, le corps d’une fillette me semble beaucoup plus beau que celui d’un homme. Je fais l’amour avec une femme pour me prouver ma virilité alors qu’avec un garçon, je le fais par jouissance. Cela explique certainement mes longueurs à éjaculer, ayant à créer un monde de phantasmes, avant d’y parvenir, comme lors de mon adolescence, alors que je me forçais « à venir » plutôt que laisser les choses s’opérer naturellement. Par notre éducation nord-américaine, faire l’amour ne sert pas à la jouissance, mais à affirmer sa virilité, on n’a qu’à regarder Playboy ou les annonces pour le voir.

Qu’importe! Le sexe a pris alors pour moi une nouvelle dimension. Même si je couchais avec Yvette, je cherchais l’amour avec un petit gars pour compenser d’une part, le manque d’aventures, et d’autre part, l’absence de chaleur dans les communications. Les petits gars demeuraient l’extase, la beauté, la plénitude et la globalité; puisque pour les rejoindre, je dois revivre (pour qu’il ne me craigne pas et ne se sente pas forcé) le seul être que j’ai aimé en moi : l’enfant.

Je parlais donc très peu de mon penchant pédéraste puisque quelques semaines avant mon départ de Sherbrooke, ayant averti une mère de famille de mes tendances pour me protéger de moi-même et sauvegarder la pudeur de son fils qui m’intéressait de plus en plus, elle m’avait flanqué à la porte. L’authenticité, ça se paye.

Heureusement, j’avais retenu les amitiés d’un petit bonhomme du coin. Je l’ai amené avec moi une fin de semaine. J’ai commencé à profiter de l’obscurité pour obtenir sa petite queue que j’avais déjà bien tâtée, avec son approbation, dans la morgue du journal… mais, cette fois, il prétendait ne pas être intéressé.

Plus tard, il me dit s’être laissé faire, ayant été trop surpris de mes avances, ce qui me semble possible. Mais, comment deviner?

Il a bien aimé son séjour, malgré mes insistances du début, c’est-à-dire dès que je le crus  sincère dans  son refus.  Pas  question  de forcer  qui que ce soit.

Règle générale, à ma connaissance, les garçons qui se sentent forcés à participer à de telles expériences détestent ensuite les ‘homosexuels pour le reste de leur vie puisqu’ils en sortent dégoûtés ou culpabilisés. C’est une expérience qu’ils s’efforcent d’oublier. Si un jeune est fasciné par un homosexuel et que les relations sont passagères, habituellement, il redeviendra hétérosexuel et indifférent au phénomène homosexuel. D’autres sont très jeunes et à jamais homosexuels. Par contre, le jeune qui a de la difficulté dans sa famille, dans son entourage ou surtout, s’il a de la difficulté avec les filles, deviendra facilement   un « bon serin ». Quant aux parents qui feront un drame s’apercevant que leur fils a des expériences homosexuelles, ou qui feront intervenir curé ou police, leurs jeunes deviendront forcément instables et peut-être même névrosés. C’est le genre de garçon qui se marie, rend sa famille malheureuse, car il a peur d’épuiser une expérience nécessaire qui lui permette de se définir dans sa  réalité profonde.

Plusieurs ont besoin de vivre une étape homosexuelle intense pour assouvir leur narcissisme avant de pouvoir obtenir des relations saines et complètes avec l’autre sexe. Il est stupide de rougir d’un tel besoin et de ne pas l’assouvir puisque cette situation naît nécessairement d’un problème qui s’est passé dans l’enfance et qui ne pourra être résorbé que par son assouvissement. Souvent, il s’agit d’une étape dans le déroulement de la construction de son

« identité », profonde, primaire, un processus normal, mais plus lent que chez d’autres. Il vaut mieux avoir des rapports sexuels fréquents que de refouler le désir, devenir obsédé et empoisonner la vie de tout le monde par un refoulement transformé en agressivité.

Je ne sais ce qu’il est advenu de lui, mais fort probablement que, tels à tous ceux avec qui je me suis amusé, il doit être marié ou en bonne voie. L’homosexualité dans l’adolescence est souvent temporaire. Curieusement, à quelques exceptions près, tous ceux avec qui j’ai eu une aventure manifestent beaucoup de plaisir à me rencontrer, contrairement à ce que l’on serait porté à croire. Ils sont tous devenus rangés et heureux…

Yvette connaissait mes tendances. Je ne pouvais pas les lui cacher. C’était mon problème. De plus, je voulais être sincère. Je l’estimais de plus en plus. Il y avait aussi mon confesseur ou plutôt directeur de conscience qui connaissait mes déboires. Mon assistant au journal, Xavier, me voyant agir, devina et me harcelait de ses scrupules. Il m’écœurait avec son chantage :

  • Je vais le dire à tout le monde.

J’en avais peur. Je croyais qu’il le ferait. Je me sentais pointé. J’entendais :

  • Voilà le maudit fifi.

Cicatrice à l’âme

septembre 1, 2020


Publié par Parti pris sous le titre : Laissez venir à moi les petits gars.

5 b

Le garde arriva avec les journaux. Tous les prisonniers se sont attroupés. Je n’avais jamais vu autant d’intérêt pour l’information. Les textes rapportant les procès de la journée précédente étaient lus à haute voix; il y avait souvent des protestations contre le peu d’importance accordée à certaines causes ou quant à la rédaction du texte. Pour certains, au contraire, l’anxiété les déchirait et c’est en tremblant qu’ils vérifiaient si leurs noms y figuraient. Il est toujours pénible de saisir que sa vie dépend d’un article de journal. Certains souffrent plus en pensant que les personnes que l’on voudrait ignorantes savent tout, irrémédiablement, que de subir la prison elle-même. Surtout qu’en prison, il est impossible de mesurer la portée de l’article : donc, toutes les spéculations deviennent plausibles. J’ai aussi constaté que tous les prisonniers condamnés à plus de dix mois préfèrent une sentence de plus de deux ans. Dans un pénitencier, le temps passe plus vite puisqu’on peut s’occuper, alors que dans une prison commune, pour les sentences de moins de deux ans, l’ennui devient pire que la torture physique. Dix heures par jour à penser, à n’avoir rien d’autre à faire, à méditer tes tourments, à revivre ta vie, telle une perpétuelle agonie qui prend fin au moment où la mort devient un phantasme présent, obsessionnel; c’est la pire des torturesÊtre privé de liberté, c’est être privé de moyens pour tuer la monotonie.

Comme prévu, dans le journal, il n’était pas question de ma comparution. Le Gros en fit la remarque, mais personne n’y porta attention.

J’étais étonné de constater la gloire que certains prisonniers tiraient des articles de journaux. C’était une véritable compétition à savoir qui avait le plus longuement la vedette, comme on mesure parfois la valeur des gens à la longueur de leur pissette. (Même les policiers se livraient parfois à cette compétition amusante.)

Le souper et la soirée en salle commune se passèrent sans incident.

Vint le tour des cellules.

Pour la première fois, j’observai que tous les soirs, ce sont les mêmes farces plates qui se répètent:

  • Fais moins de bruit en te crossant…
  • Voyons !    C’est Maurice qui vient de défoncer sa chaudière en déchargeant.

Il y en a aussi toujours un qui simule l’orgasme, comme un loup qu’on égorge, alors que les autres décrivent la belle avec qui ils font l’amour.

Puis, vient le silence. Un silence d’enfer, brisé parfois par le déplacement d’une de ces infectes chaudières puantes placées pour les besoins naturels, que l’on doit vider le matin avant de déjeuner.

Comme d’habitude, j’ai passé la soirée à prier. J’étais pris de remords d’oser remettre en question ma perversité. Comment pouvais-je oser penser et croire à mon irresponsabilité, à ma non-culpabilité, alors que toute la société pense que la pédérastie est un défaut, une misérable passion qui prend racine dans les âmes abjectes?

J’ai repassé pour la millionième fois tout ce processus qui m’avait conduit à l’incapacité biologique de refuser à mes mains d’exercer leur charme sur le corps des gamins.

Cette révision m’amena à accepter deux faits : d’une part, je suis obsédé par les petits gars au point de devenir vraiment impuissant à leur résister; d’autre part, à vrai dire, je ne comprends pas pourquoi il est mal d’aimer un garçon. Pourquoi? Qu’est-ce qui justifie cet interdit? Je ne ressens rien qui me dégoûte, seuls l’opinion publique et l’environnement qui me forcent à toujours me condamner, acceptant à priori que la majorité ne puisse pas avoir tort. D’ailleurs, à cette époque, j’étais loin de savoir que la pédérastie fut pratiquée par des peuples entiers et qu’elle a déjà porté l’humanité au sommet de sa grandeur et non de sa décadence, comme la société a intérêt à le faire croire pour continuer à dominer les gens. Quant à la protection des enfants, il n’y a rien de plus stupide; car, sans violence, le jeune sort souvent de cette expérience beaucoup plus épanoui. Il ne peut pas avoir peur puisque l’adulte doit retrouver l’égalité avec le jeune pour jouer avec lui. Sans cette réciprocité, ce jeu serait sans charme, sans féérie. Aimer un garçon, c’est aussi revivre avec lui son enfance.

6

Je ne savais pas que la « perversion » peut produire la majorité des êtres qui, par la suite, seront considérés comme des génies par la civilisation qui aura tenté de les écraser ou des névrosés qui n’auront pas su surmonter l’ignorance de la masse et qui se seront culpabilisés.

Toute ma vie était un acte d’accusation. N’avais-je pas dès mon enfance commencé comme les élus de Satan à me livrer à ces plaisirs? N’avais-je pas tenté de vendre mon âme au diable en le priant pour avoir un petit gars? N’avais-je pas dans mes rêves voulu masturber l’Enfant Jésus, avoir même touché la poupée qui le représentait pour savoir si Jésus avait un pénis? Ne m’étais-je pas arrêté durant des heures à contempler la beauté du petit Dominique Savio?

Je me voyais Don Bosco, l’étreignant dans mes bras et lui passant gentiment les mains sur les cuisses. Je sentais sous son pantalon s’agiter une gentille petite bizoune. Durant de longues minutes, je m’interrogeais sur la longueur et la grosseur de ce divin membre. Serait-il digne d’un aussi magnifique corps? Je vivais plusieurs années plus tard les mêmes passions que saint Jean Bosco avait eues pour ce petit saint, si mignon. Ayant réussi à vivre de magnifiques moments avec le petit Dominique, je me rendais ensuite dans la toilette me masturber.

Je me rappelais avoir été tenté de masturber presque tous les jeunes de ma classe. Que de situations n’ai-je pas inventées pour me retrouver près de tel ou tel camarade, afin de pouvoir, sous les bancs, étendre mes doigts contre un petit pipi qui s’agitait. Comme c’était excitant. Obsédé par le désir de voir et toucher, j’étais prêt à tout pour réussir, même à inventer.

C’est ainsi que je priais pour des tempêtes de neige; ayant à coucher avec un autre, j’aurais certes la chance de la lui toucher. Il est curieux de constater que cette obsession n’a toujours eu qu’un but exploratoire. Je voulais savoir comment les autres étaient développés.

Combien de nuits n’ai-je pas dormi? Quand un garçon me plaisait, ayant à coucher dans la même chambre, j’attendais patiemment que tout le monde dorme. Alors, je m’approchais du lit de l’invité, je le fixais, observant ses moindres gestes, sa respiration et lentement je posais ma main sur con corps. S’il bougeait, j’arrêtais, accroupi près du lit. J’attendais. Je recommençais. C’est un art. Il fallait juste telle pression pour circonscrire l’appareil recherché. Par la suite, il me fallait trouver le moyen de m’enfiler la main sous les couvertures. Tout devait se faire sans le réveiller, en combattant les remords puisque c’était censé être un péché. C’était un art, procurant toutes les gammes de l’anxiété, de la peur, pour aboutir à un soulagement indicible quand ma peau, enfin, sur la douceur d’un organe orgueilleux se jouait à deviner tous les détails. Que de passion dans le besoin de voir. J’ai souvent dû attendre des heures la position propice. Compter et recompter, puisque cela me permettait d’évaluer le degré du sommeil et la possibilité d’un réveil. J’ai amélioré mon système, ayant remarqué que par ma concentration, il est possible de faire bouger quelqu’un dans son sommeil. Ah! Ce furent les plus longues et les plus belles nuits de ma vie. Frissonnant à la fois de peur, d’anxiété et de désir.

Ensuite, je voulais voir nu cet organe royal, le tâter, toute une nuit si possible. Je n’en fermais pas l’œil, s’il le fallait. Essayant en tremblant. Échouant parfois. Toujours recommençant. Découvrir. Connaître chacun dans ce qu’il a de plus beau, de plus intime, de plus secret, m’apportait un soulagement paradisiaque. J’étais sans cesse fasciné et surpris de ces découvertes, chaque graine   étant   sensiblement   différente,   malgré   une   apparence d’uniformité.

Voir et toucher, les deux à la fois, créaient en quelque sorte un lien sacré,

impossible à profaner; un lien qui m’unissait à jamais à ma « victime ». Jamais je n’acceptais une défaite. J’imaginais toutes sortes de jeux qui me conduisaient à réussir. Si je jouais aux Indiens, je pensais à attacher les prisonniers et les déculotter comme tourment:

  • Tu parleras ou…

On ne parlait jamais et je m’exécutais avec plaisir, excepté si la victime refusait assez fortement pour que ça ait l’air vrai, sincère. J’adorais lutter pour pouvoir à la fois deviner et approcher, vérifier des doigts mes approximations. Des jours suivaient à me rappeler mes tentatives et à me masturber. Je me masturbais jusqu’à épuisement, si je n’éjaculais pas. Combien de fois j’ai recommencé, n’ayant plus la force de poursuivre? J’avais le bras mort. Le corps en sueurs. Je m’arrêtais et je recommençais ensuite, essayant de trouver l’image qui me permettrait de me mettre dans un tel état d’excitation et d’éjaculer.

  • Tu vas venir mon christ!

Éjaculer fut pour moi toute une découverte. Je me rappelle encore cette première fois. Nous étions un groupe à nous amuser dans un lit. Ayant introduit mon pénis entre les cuisses, sous le scrotum d’un de mes partenaires, j’ai été effrayé après maints mouvements, de me sentir aussi mal. J’ai cru m’évanouir. Je me suis rendu à la toilette, croyant que j’allais dégueuler. J’examinai mes organes génitaux. Je m’aperçus que je venais de réussir le même exploit que mon cousin m’avait enseigné l’année d’avant et non de subir les foudres du Seigneur. Quand mon cousin m’avait montré ce phénomène, cela m’avait étonné. Je l’avais oublié, me rappelant davantage son bouton sur la verge et l’immensité de celle-ci. J’étais loin de penser qu’il m’arriverait, un jour, la même chose. D’ailleurs, je vivais une période passablement calme en ce qui a trait à ma vie sexuelle. J’eus si peu en mémoire ces cours antérieurs de mon cousin que ce n’est que plus tard que je fis la relation entre les sensations et l’éjaculation. Foudre du Seigneur ou pas, j’avais aimé les sensations. Ça suffisait. Mon goût pour la masturbation et cette nouvelle sensation (ce n’était plus des décharges électriques ou des chatouillements comme auparavant) prirent une telle importance que je recommençai mes explorations des autres de plus belle. La masturbation habituellement pouvait aussi jouer un rôle compensatoire à ma phobie d’être rejeté : ne me sentant  pas  voulu  des  autres, je m’aimais proportionnellement au besoin éprouvé.

J’ai découvert le sens du péché d’impureté à cette époque. J’avais quatorze ou quinze ans.

Ce péché m’avait antérieurement bien intrigué. Je ne pouvais pas comprendre de quoi il était question. Au cours d’une leçon de catéchisme, soudain, j’ai perçu toute la dimension de ce vice. J’étais effrayé. Je me damnerais. J’ai essayé d’en parler à ma mère; mais ma curiosité ne sut que lui tirer des larmes. Elle me lança que je n’étais qu’un cochon.

J’étais désespéré. Que faire pour m’arrêter? Plus j’y pensais, plus j’avais peur. Plus ça m’obsédait. Plus le nombre de garçons intéressants augmentait.

Mon confesseur me recommanda de prier. Plus je priais. Plus j’y pensais. Plus les tentations étaient belles. Même si j’y mettais toute ma ferveur, ça ne s’arrêtait pas. Ça empirait.

Je n’osais plus me toucher ou me regarder en allant à la toilette; ce qui me créait de nouveaux problèmes puisque, parfois, je pissais à côté de l’objectif. Comment peux-tu pisser sans te toucher, ni même te regarder?

Pour assurer mon salut, je me confessais tous les matins dès que je tombais dans les griffes de Satan. J’ai fait mes neuf premiers vendredis du mois, qui garantissaient le salut à coup sûr.

Je continuais d’être hanté. J’ai pensé que j’étais un vampire… qui mordait à quelques endroits différents près…

J’ai recommencé à rêver à un miracle. Ayant une ferveur spéciale pour la Vierge, je me mis à croire que sa statue me répondait. Je la voyais sourire ou pleurer. Parfois, j’y voyais purement le jeu de mon imagination, mais souvent, je croyais dans ses manifestations. Personne ne parlant de l’allure de la statue, je crus préférable de garder pour moi ce qui m’avait semblé des miracles. Ça foutait une claque à ma sainteté, mais c’était mieux ainsi.

Mes problèmes ont pris une tournure encore plus torturante alors que certains matins, je me suis réveillé trempé. Je me croyais dès lors totalement perverti. Je craignais d’être devenu fou au point de ne pas parvenir la nuit à maîtriser mes mains et, qui plus est, de ne pas en avoir connaissance.

Je me masturbais certes la nuit puisque j’éculais. Comment en serait-il autrement?

Je me dégoûtais. Je ne savais pas que les garçons ont biologiquement et naturellement des pollutions nocturnes (quel drôle de nom)… il n’y avait pas de cours de sexualité de mon temps, les gens étaient trop scrupuleux… et je paye bien pour ce puritanisme.

Je souffrais atrocement de me voir aussi vulnérable au péché. Je tentais de m’empêcher de penser pour  écarter  les  tentations.  J’essayais  tout  ce  qui  me paraissait une solution, mais je ne parvenais pas à me corriger. J’ai même songé à me rendre à Lourdes. Seul un miracle pouvait me sauver. J’en avais contre  ma  volonté,  contre  tout  mon  être.  Je  priais  pour  changer  ou mourir.

Un matin, alors que j’étais près du poêle, à me réchauffer en sous- vêtements avec mes frères, ma mère nous donna tout un sermon parce que

nous avions des érections. Nous étions encore des cochons. Si cette leçon me permit de cesser de croire perpétuer un péché à me regarder ou me toucher en pissant, je n’en ai pas moins, assimilé le péché à l’érection. C’était un événement qui survenait souvent : j’étais très souvent en état de péché mortel. Je me dégoûtais encore plus.

Pour me déculpabiliser, et adorant ma mère, je ne finissais pas de l’aider dans les durs travaux. Je ne pouvais tolérer de la voir travailler fort. Ce que je faisais, au moins, lui épargnait cette part de corvée. Peut-être ma charité rachèterait ma perversité.

Malgré tout, la nuit, je ne dormais presque plus, devant surveiller mes mains et mes pensées pour éviter les rêves érotiques. Je croyais que le diable viendrait me chercher. J’avais une peur affreuse. Un caractère de chien et d’éternels remords. Certains soirs, des matous venaient grignoter dans les poubelles, situées dans l’appartement voisin. J’y reconnaissais les cris du diable. J’avais peur. Je suais de peur.

Une autre fois, mes frères durent me réveiller puisque debout dans mon lit, je pleurais de ne pas pouvoir enfiler ma soutane qui n’était que la couverture de mon lit. Ce rêve  exprime  bien  l’angoisse  que  me  procurait  mon  incapacité de devenir prêtre puisque j’étais pourchassé par le diable. Non seulement j’avais trahi ma mère en ne tenant pas mes promesses d’être un jour le prêtre de la famille. J’étais un être abject.

Je rêvais des cauchemars abominables ou des rêves dans lesquels je me livrais à mes désirs inassouvis. Tout n’était que mort et religion, que fins du monde et monstruosités.

C’était clair, j’étais damné. J’étais possédé du diable. J’ai essayé de m’exorciser en m’infligeant toutes sortes de sacrifices. Pour essayer de me sauver, j’ai décidé un jour de me donner à Dieu en écrivant ce don total, irrévocable, sur un papier avec mon sang; comme je l’avais déjà entendu dans un conte. Je ne me souviens pas si je l’ai fait. Je me rappelle seulement la peur éprouvée de devoir me mutiler. Il me semble avoir posé mes empreintes digitales en sang, ayant écrit cependant la lettre à l’encre… je devais ainsi moins saigner…

J’avais peur de mourir sans pouvoir me racheter. Aussi dès que j’avais une grippe, de la fièvre, je m’assurais de me confesser, de communier avant d’attendre impatiemment la mort puisque celle-ci me délivrerait. Elle avait alors plus d’importance que la vie. Inconsciemment, probablement que cette névrose obsessionnelle de la mort est née de ma peur de Dieu qui sait tout : étant coupable, je n’avais plus qu’à mourir parce que je lui désobéissais. J’étais convaincu que ma vie sexuelle me tuerait. Dieu me punirait. J’avais peur et chaque faiblesse était associée à la mort.

Cicatrice à l’âme 4

août 31, 2020

Cicatrice à l’âme 4

(tiré de Laissez venir à moi les petits gars)

Après m’être changé, j’ai retrouvé le groupe dans la salle commune. L’anxiété commençait à me gruger plus que jamais. Cette situation psychologique ne provenait pas des dix longues heures par jour à tuer le temps, ayant pour seule activité la réflexion; mais de la souffrance éprouvée du fait qu’aucun membre de ma famille ne s’était présenté au procès. On n’avait pas donné signe de vie. J’avais compté sur cette présence. Si mes parents eussent été dans la salle, c’eût signifié qu’ils comprenaient : j’avais fait une erreur et ils me la pardonneraient. Notre mode de vie sexuelle conduit à une infantilisation à un âge avancé.

J’étais seul. C’était bien ce qui m’effrayait. Ainsi, pour cette seule tare, je ne pouvais pas miser sur la compréhension, l’appui de ceux que j’aimais.

(Tous les apôtres ont fui.)

Cette offense à la société prenait toutes ses proportions.

Vous pouvez voler, vous pouvez tuer, ce n’est rien. Vos proches accourront, vous supporteront, ils vous excuseront.

  • C’est impossible, mon fils ne peut pas être ainsi. Qu’est-ce que tu as pensé?

Quand il s’agit d’un délit sexuel, tout le monde étant individuellement poigné dans une éducation contre nature, la réaction est toute autre : plus de pitié. Plus de compréhension.

  • Ah! Le christ de cochon… Qu’avons-nous fait au Bon Dieu? Nous l’avons bien élevé pourtant… comme les autres. Nous l’avons nourri, logé, instruit. Que fait-il pour nous récompenser? Il se masturbe avec des plus  jeunes.  L’écœurant. Qu’a-t-il pensé? N’avait-il plus de conscience? N’avait-il pas un bon emploi? Ah ! L’imbécile! Se condamner à crever de faim pour un petit bout de queue.

J’entendais déjà ces reproches, ces reproches qui, au fond, étaient encore moins amers que l’absence de mes parents à mon procès. Cette absence était plus significative de l’ampleur de mon délit que toutes les mesures de sécurité prises à mon égard pour protéger la société. Mon délit était-il si grave que même mes parents ne pouvaient pas me le pardonner?

J’étais seul. Même ceux que j’avais défendus avec acharnement au risque de me faire casser la gueule n’y étaient pas. Ils affichaient une indifférence totale à mon égard. Pour la première fois, je comprenais que les gens vous aiment, vous approuvent, vous soutiennent moralement quand vous défendez gratuitement, quotidiennement, leurs intérêts. Ils sont fiers d’avoir un bouc émissaire pour crier pour eux puisqu’ils sont trop lâches pour le faire eux-mêmes; mais au premier coup dur, ils disparaissent. Vous êtes seul devant la situation, et là, vous comprenez que vous avez été un jouet entre leurs mains; un jouet qui s’est offert sincèrement, naïvement; un bateau sur une rivière bouillonnante; un être qui pour s’aimer et se sentir aimé a le besoin incessant de donner, de s’intégrer à une lutte. Vous comprenez que l’engagement est un instrument pour vous déculpabiliser ou vous affirmer.

(Pierre, avant que le coq chante, tu m’auras trahi trois fois… Et nous voilà à la troisième révolution, de nouveau avec Pierre… 1837, le Bloc populaire, le F.L.Q.)

Moi, j’avais toujours eu besoin de me déculpabiliser de ma pédérastie et de n’être pas plus intelligent…

Ceux pour qui je m’étais usé n’y étaient pas et n’y seraient jamais. Ils ne lèveraient pas le petit doigt pour m’aider; même mon rêve que quelqu’un me prête l’argent nécessaire à mon cautionnement s’était estompé. Je les entendais déjà crier:

— ça prenait un maudit hypocrite. Nous, qui lui accordions toute confiance. Il pouvait bien être tout corps et tout esprit avec nous, le kâliss, tout ce qu’il cherchait c’était gagner notre confiance pour coucher avec nos garçons.

(La foule criait : Barabbas! Barabbas!)

Le pire, c’était vrai et ce sera toujours vrai parce qu’il en sera toujours ainsi. Je trouve normal que si tu risques tout pour le monde tu puisses, au moins, vivre librement ta sexualité. Quand je vois un garçon, je l’aime sans me poser de question.

Avoir été coincé tuait tout ce qu’il y avait de positif en moi. Ce crime éliminait socialement toutes mes qualités. Je savais que j’étais devenu pour la masse des gens, tout comme pour mes proches, une grossière indécence ambulante. J’étais pire qu’un bandit. Un bandit n’est jamais un bandit pour l’acte qu’il a commis, mais le symbole que prodigue son arrestation. Même la culpabilité fictive ou réelle n’a aucune importance. Le fait social capital est d’être arrêté. J’étais plus qu’un bandit, j’étais une incarnation diabolique.

Je sentais tout le mépris qu’il fallait avoir à mon égard dans de telles circonstances et le besoin social inévitable de ne jamais pardonner à ceux qui, comme moi, osent profaner la société. J’acceptais même cette intransigeance. Qu’adviendrait-il, s’il fallait laisser des êtres de mon espèce vivre en liberté?

Il m’apparaissait clairement qu’à un moment donné, probablement dès ma naissance, un geste ou une situation avait fait de moi de toute éternité un damné. Je frissonnais à cette pensée, tout en me demandant comment Dieu qui connaît tout accepte, malgré la volonté de la personne concernée, la naissance d’être tel que moi. Il sait que rien ne nous écartera de notre destin, que nous serons malheureux toute une vie, car qui veut être méchant, simplement parce que sans que nous le voulions, lui, Dieu, nous aura donné le rôle de salaud? Pourquoi moi plutôt qu’un autre? Si Dieu est bon, pourquoi n’empêche-t-il pas de telles situations? Où sont sa bonté et sa toute-puissance? Où est sa justice, s’il se crée des instruments du mal pour s’en servir?

Autant dire que mon « péché », résumant tout autre péché, fut de naître; mais comment peut-on s’empêcher de naître? Comment être responsable d’être homosexuel depuis l’âge de quatre ans ou de sa naissance?

(Jésus porta le poids des péchés du monde, lui, qui était innocent et sans tache. Simple pédéraste, il fut embrigadé, malgré lui, dans la société de violence, lui, qui ne rêvait que de paix et de liberté pour tous les hommes de la terre. Mais son pays avait si mal…)

Dieu aime ceux qu’il éprouve.

J’acceptais ma situation, confiant que Dieu devait sûrement avoir une bonne raison pour me laisser m’enfoncer dans cette misère. Je saisissais bien l’imbécilité de ma condamnation, mais je me haïssais. Il fallait tout supporter. Je me sentais coupable d’un crime dont je n’étais nullement responsable.

Je me voyais un grand saint… il est impossible d’en avoir tant enduré pour rien. Dieu avait admis ces injustices parce qu’il voulait un saint. Il y pourvoirait. Je serai le pécheur repentant… la brebis pour qui il abandonne le troupeau.

D’autre part, j’étais socialement mort. Mourir dans la société, c’est disparaître. Faire un trou, même un trou vite comblé. J’étais mort… en état de péché mortel : accusé d’un crime qui effaçait d’un coup toutes mes bonnes œuvres. En fait, mon péché fut autant de mourir que de naître. Si je n’avais pas été pris, j’aurais peut-être remporté une victoire sociale. Je serais peut-être devenu un héros local et comme tous les héros, je serais mort d’une douce agonie. J’aurais vu pousser ma légende alors que le véritable individu aurait été oublié. Les héros meurent parce qu’ils perdent leur influence dans la vie quotidienne de leurs admirateurs ou de leurs protégés. Héros, j’aurais été un mystique; homme, j’étais un pédéraste. Je n’avais ni parent, ni pays, ni amis, je n’avais que ma liberté et un vertige insaisissable de vivre, malgré la société qui me condamnait et venait grâce à sa police de m’enlever le dernier souffle de vie.

J’ai compris à la suite de ces réflexions que le péché n’était rien d’autre que la mort. Le péché est un faux. C’est d’abord et avant tout l’anxiété, la peur. S’il n’y avait pas de mort, il n’y aurait pas de péchés : les hommes n’auraient jamais eu à inventer l’âme. Les hommes n’auraient jamais connu ni le bien, ni le mal. Ils auraient vécu sans devoir inventer un mythe garantissant leur survie de dominateurs : le ciel et l’enfer. Il n’y aurait pas eu ces lois contre nature, faisant de nous des sacrifiés pour un bonheur éternel.

(Je suis comme le Père. Qui connaît le Père me connaît. Le péché n’est pas d’être humain. C’est de juger l’autre. )

La conscience du péché naît de notre infériorité alors que face au grand savant qu’est Dieu, nous devenons dominés, effrayés, hantés par cette invention schizophrénique du surmoi; vision maintenue par la religion, cette déviation névrotique.

(Jésus chasse les voleurs du temple en révélant leur racket et en enseignant à l’homme à vivre en homme et non en esclave.)

Le Dieu que nous connaissons est la censure sociale. Un dieu de peur. C’est l’autorité. Celle qui nous écrase et nous hante. Pour nous le rendre

propice, pour amenuiser nos peurs, nous avons inventé une foule de rituels. Les rites qui réussissaient à nous apaiser intérieurement devenaient le bien, le magique; ceux qui échouaient créaient le mal. La chair, étant sans effet positif sur la nature qui nous effrayait (le dieu-parent) et qui a été souvent source de bien des maux, fut inévitablement identifiée au péché : manifestée dans les blessures et la maladie. Dieu-autorité exige de nous nier, de nier notre corps, notre puissance pour nous accorder sa grâce. Le vrai Dieu nous apparaît comme un bienfaiteur,  un  libérateur,  et  non,  comme  un  tyranIl  nous  AIME, même si nous sommes des hommes et peut-être même parce que nous sommes des hommes. Malheureusement, le tyran l’emporte dans nos perceptions de dieu. Et, déjà enfant, nous rejetons sur nous la responsabilité de nos imperfections, nous devenons dociles parce qu’en partant nous nous croyons coupables et même capables de l’être sans même le vouloir.

C’était de belles explications, mais pour ne pas trop penser, ce qui devenait infernal, je me promenais dans la salle, parlant peu à mes camarades de prison. Je les regardais jouer aux cartes. Soudain, le Gros m’assaillait pour me faire acquiescer à ses désirs.

— Tu verras, ma belle, je finirai bien par t’enculer. Je t’accrocherai bien une bonne fois dans les douches.

Je refusais facilement ses avances; mais je craignais davantage mon admiration incontrôlable de la beauté de Jeannot, qui semblait n’avoir  que quinze ans. J’avais envie de lui, de sa fraîcheur, de sa beauté. Sans dire un mot, j’ai appris avec déception sa décision de se faire raser la tête. Cette drôle d’idée marquait bien tout ce qu’il fallait inventer en prison pour ne pas crever d’ennui. (Les prisons communes sont comme Parthenais). Il y aurait dorénavant une course perpétuelle à savoir quels cheveux pousseraient le plus vite. De plus, la pousse indiquera également le temps passé dans cette prison.

Devant mon dégoût, le Gros prenait plaisir à crier à qui voulait l’entendre les raisons de ma visite. Il ajoutait tout un cérémonial d’effusion sentimentale, auquel les autres se livraient avec plaisir. Il se moquait de moi ou plutôt il tuait le temps à me gêner. J’aurais préféré me faire faire la cour par Jeannot, mais je n’aurais probablement pas su résister.

(L’apôtre bien-aimé se pencha sur la poitrine du Seigneur qui, du bout des doigts sous la table, lui caressait le zizi.)

Ce beau corps élancé me créait plus de problèmes que de penser sans cesse à ma culpabilité. Je voulais sincèrement me convertir. Ce n’était pas en me mettant les mains dans le feu que j’y parviendrais. Aussi, pour ne pas m’abandonner aux plaisirs de la chair qui s’éveillent même en prison, j’ai préféré de pénibles réflexions, accompagnées de prières. Plus je réfléchissais, plus je priais. Plus je me croyais méchant.

Le lendemain, mon avocat vint me dire que ma sœur Pauline avait téléphoné:

  • Enfin ! Il me semblait aussi qu’elle ferait quelque chose.

C’est alors que je sus que mon père en apprenant la nouvelle avait pleuré.

  • Comment ont-ils appris la chose?
  • Tes parents ont décidé de te rendre visite au journal. Le Petit Lac était sur le parcours de leur voyage. C’est là qu’ils ont appris ton arrestation.
  • Ils auraient pu venir me voir, me donner signe de vie.

— Ils ont continué leur voyage en demandant à Pauline d’entrer en communication avec toi. Tes parents ont décidé de ne pas te rendre visite parce que ton père, souffrant du cœur, ne pourrait pas supporter le coup.

J’ai accepté cette situation, m’imaginant le choc que doit causer à des parents une telle découverte.

Pendant des heures, je me sentis une malédiction pour ma famille. Je ressuscitais tous les mauvais coups, toutes les déceptions et je m’apitoyais sur le sort de mes parents d’avoir un tel monstre dans les rangs. Je ne suis qu’un monstre de corps et d’esprit, et je suis pourtant plus pur que tous les êtres dits sains.

(Se tournant vers ses disciples, Jésus dit des maquisards : voici mon frère, voici ma mère)

Cette culpabilité s’est enfoncée en moi comme des fléchettes. S’il est possible à un individu de tout endurer, il est une chose qui lui est insupportable : se sentir responsable de la souffrance des autres, surtout quand ces autres, vous les aimez profondément.

Je n’avais cru haïr mon père, comme bien d’autres, qu’à mon adolescence ou peut-être même vers 10 ans. Je me souviens qu’à cette époque, son métier d’épicier ne me semblait pas un travail.

Alors qu’un soir, nous étions, chez Phips Pope, à regarder les bœufs monter les vaches, à fumer des cigarettes aux bouts trempés dans du gingembre pour nous faire grimacer, à nous électriser avec un fusil spécialement confectionné à cette fin, on annonça que papa allait mourir d’une maladie du coeur. J’avais peur. Je me rendais responsable de cette situation, ayant déjà souhaité sa mort. Je n’en avais parlé à personne, mais je fus le plus rasséréné des enfants quand j’appris qu’il s’en sortirait bien.

Cette honte de mon premier meurtre par intention ainsi qu’une autre chicane, quelques années plus tard, m’a probablement marqué à vie de manière à détester par la suite toute intention de blesser ou de tuer.

Alors que papa était hospitalisé pour une seconde fois, j’arrivais du pensionnat d’où je m’étais fait foutre à la porte. J’étais retourné à l’école St-Luc (que je voulais plus tard qu’on appelle Émile Simoneau) de Barnston. Faible, je ne disais jamais un mot, même quand le grand Hercule me frappait. Cette situation existait depuis plusieurs mois. C’était le printemps.

Mon frère Roland, qui fut toujours bon bagarreur, me donna de violentes leçons de boxe ainsi que mon autre frère, Marcel. Un midi, le grand Hercule s’approcha et me flanqua sans raison le pied dans les couilles. J’étais en maudit.

Je me sentais plus léger, plus libre de mes mouvements, grâce au printemps. Donc, aussi plus fort. Aussi, lui lançais-je une invitation à nous battre régulièrement. Nous avons décidé de boxer.

Le grand Hercule m’effleura la joue alors que je lui appliquais un solide coup, droit au museau. Ça fait flash et le sang rougit la neige. Il partit à la course vers l’école. Au retour de la récréation, l’institutrice m’invita à voir les résultats. Je fus peiné de le voir saigner autant. Je regagnai mon rang, penaud. Qu’avais-je fait? J’avais peur qu’il meure. Je pense n’avoir jamais autant regretté un de mes actes. Quelques heures plus  tard,  on  m’apprit  devant  la  classe  que  le  grand Hercule serait transporté à l’hôpital, vu la forte perte de sang et les nombreux évanouissements.

  • Qu’est-ce que t’as fait? me répétait l’institutrice.

Je priais comme un fou pour que cessent les hémorragies de ma victime.

(Si quelqu’un vous frappe, présentez l’autre joue)

Cette bagarre, qui me valut par la suite un tas de mises en garde, mais aussi le respect de chacun, prit une tout autre allure quand on raconta mes exploits à la maison.

Ma mère était consternée, découragée. Non seulement je venais de me faire jeter à la porte du juvénat, de la désespérer à jamais dans ses espoirs de me voir un jour porter la soutane; mais j’assommais maintenant mes compagnons de classe comme j’avais brutalisé mes frères Denis et Serge d’un coup de bâton de baseball ou de soulier au front ou au visage, alors que mon père était gravement malade.

— Tu veux bien tuer ton père? Comment peux-tu être aussi méchant?

Haranguait ma mère.

Pourtant, je ne m’étais que défendu. Je ne pouvais tolérer qu’on se moque toujours de moi. Je dois être un de ces êtres qui naissent foncièrement méchants… quand on n’est pas sûr d’être bon, et qu’on ne veut pas se tromper, on se laisse foncer dedans par ceux qui sont certains d’être bien corrects… je subissais les événements comme d’habitude.

Ce soir-là, délégation à l’hôpital. Je restai au magasin. Quand et comment annoncer une telle bêtise à mon père, hospitalisé au même endroit qu’Hercule, d’où l’impossibilité de le lui cacher, d’autant plus que le père d’Hercule courrait dans la chambre de mon père pour l’informer ainsi que le menacer de poursuites judiciaires parce que j’avais fait éclater le nez de son fils en dix morceaux.

  • Y commence à être temps qu’il se défende, fut le seul verdict de mon père.

J’étais fier. Pour une fois, mon père m’approuvait. Je me sentais devenu un homme. Être comme les autres. Par ce simple geste, je me rapprochais de mon père qui, pour une fois, avouait être fier de moi.

Le grand Hercule, après plusieurs jours, revint à l’école. J’aurais voulu me faire pardonner; mais lui, déjà, s’exerçait pour la revanche de son nez qu’il aura crochu désormais, pour jamais.

Peu de temps plus tard, je devais ravaler ce qui me restait de doute quant au courage de mon père. Il était très sensible, malgré son apparente froideur. Pour aider des familles et leur éviter de crever de faim, mon père avait avancé de très fortes sommes de victuailles. Je trouvais mon père séraphin parce que  je ne comprenais encore rien à la vie. Je ne lui pardonnais pas d’engueuler ma mère à propos du magasin comme ce n’était pas normal de ne pas toujours avoir les mêmes opinions.

Je ne savais pas que nous étions souvent au bord de la faillite. Mon père pour éviter cette situation fâcheuse s’expatria et travailla de façon à nous éviter tous ces inconvénients. J’avais honte de mes jugements précédents, je l’admirais beaucoup. J’étais fier de mon père qui faisait maintenant plus que tous les autres pour nous. Qu’il devait nous aimer, être courageux pour consentir à de tels sacrifices!

Cette admiration ne m’empêcha pas moins, quelques années plus tard, de refuser de verser une partie de mon salaire, comme les fils indignes, en déclarant qu’il n’avait pas le droit de réclamer quoi que ce soit. J’étais encore trop égoïste pour comprendre.

  • Si on ne voulait rien me donner, on n’avait qu’à ne pas me faire.

Ma mère pleurait quand je faisais de tels jugements.

Cette affirmation avait provoqué une véritable nausée. Cette révolte, malgré la répugnance qu’elle me laisse, était pourtant bien normale. Adolescents, on reproche tous, ou presque, à nos parents de nous avoir mis au monde. Nous nous imaginons que nos parents sont les grands responsables de nos malheurs.

Il va sans dire, la prison m’est apparue comme la punition de ces crimes.

J’ai toujours aimé chaque membre de ma famille. À chaque mot, chaque geste de révolte correspondait des heures de remords, comme s’il était anormal de connaître de tels élans, des sautes d’humeur.

J’avais tout de même une consolation quand j’ai su comment mes parents ont réagi à mon arrestation. J’ai appris que mon père en pleurant aurait dit :

  • C’est impossible, lui, qui était si intelligent.

Jamais mon père n’avait témoigné la moindre attention à mon intelligence. Je l’avais pourtant entendu, une fois, alors qu’il ne savait pas que je l’entendais, se vanter à un commis voyageur d’avoir un fils journaliste drôlement grave. Dans les familles québécoises, se manifester de la tendresse, c’est un crime, une honte. Aussi nous n’apprenons qu’à nous faire des reproches. Peu souvent, nous parvenons à exprimer nos sentiments.

Cicatrice à l’âme 3

août 30, 2020

Tiré de : Laissez venir à moi les petits gars (pp. 18 à 29)

4

Il y avait un jeune agent de police. Gentil. Après avoir rempli quelques formulaires, il me lança : « Ainsi, tu n’aimes pas les femmes? »

– « Ce n’est pas que je n’aime pas les femmes, au contraire, je les aime trop. Les petits gars, c’est autre chose. Ils me fascinent. Je ne peux m’empêcher de les trouver sublimement beaux… Dès lors, je rêve de les voir nus, les toucher. Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. L’appel est plus grand que la crainte. Ils sont comme le vent qui nous attire aux hautes collines. Comme la pluie tiède  des après-midi trop pesants. Ils sont la Voie lactée d’une nuit de grande noirceur. J’aime en eux la vie. Cette vie qui me manque et me hante. Ils répondent à un besoin insatiable de tendresse. Tendre une main sur une épaule, une main qui respire les cheveux qui s’y couchent dedans. Leur corps est vertige. »

Oui! J’aime les femmes… J’ai même commencé tout enfant à les découvrir, mais leurs organes génitaux qui, comme un mollusque intérieur, avalaient nos brins de foin, comme des anus, me répugnaient déjà. J’étais trop jeune pour jouir de la différence. Pourquoi cette différence?

À quatorze ans, alors que j’avais repris, après plusieurs années de relative inactivité, mes jeux avec les garçons, je rêvais d’une blonde. Je rêvais de danser, de séduire, de discuter et d’aimer. Un après-midi, après m’être amusé dans un parc, sous le balcon, je décidai de passer outre aux ordres de ne pas jouer surtout à la cachette, avec les jeunes filles et j’en embrassai une. J’étais au ciel. Je l’adorais. J’avais osé, croyant que s’embrasser était ce pour quoi on nous interdisait tant la présence des filles, profaner l’interdit. J’avais brisé cette peur par laquelle tout ce qui est femelle était mal.

(Jésus trouva la pécheresse si belle qu’il se mit entre elle et les pierres. Aimer n’est pas s’abstenir de fourrer, mais s’empêcher de mépriser les autres au nom de la pureté.)

Des jours, je me suis battu contre des remords de conscience avant d’écrire pour m’excuser. Quelques jours plus tard, de retour à la maison pour dîner, à la table, chacun lut une phrase de la jeune fille à tour de rôle. Chacun y allait de son ironie. J’étais là bouche bée, pétrifié, humilié. J’avais l’impression que l’on me profanait. Que devenait-il ce seul secret dans ma vie, lui, qui me paraissait si important? Je perdais mon droit à la vie privée et je devenais en même temps la risée de tous. Je devais répondre à autant de questions que si j’avais assassiné le président des États-Unis. Au mur qui existait déjà entre nous, venaient s’ajouter des poutres d’acier qui m’enfermaient encore plus dans ma honte.

Il s’ajoutait une nouvelle cicatrice, plus profonde, plus aiguë, la pointe d’une épée dans mes incertitudes.

À l’école, les autres garçons écrivaient des poèmes aux filles. Je n’arrivais pas à placer deux lignes de suite, ni à comprendre pourquoi la poésie m’était aussi difficile. J’étais aussi étonné de la frivolité des garçons… Leur secret avait-il si peu d’importance? … Je n’avais aimé qu’une fille, on l’avait salie en lisant ma lettre. Comment recommencer à écrire à sa bien-aimée après une expérience aussi traumatisante?

Ce n’est que deux ans plus tard que j’essayai à nouveau d’embrasser une fille de force. Dans mon pauvre petit cerveau : aimer quelqu’un était devenu embrasser quelqu’un. J’avais une compagne, bien sûr, comme tout le monde, mais elle ne m’aimait pas, elle ne voulait pas m’embrasser et se laisser tripoter les seins. Je ne sais pas pourquoi les seins hypnotisent tous les gars. C’était l’époque du refus, des tentatives d’embrasser de force, de vouloir moi aussi goûter le côté magique du baiser.

(L’homme est un animal, dirigé par des instincts de jouissance propres à la vie, qu’une civilisation de frustrés tente d’écraser pour se maintenir au pouvoir. Et, dans cette galère, l’homme se réalise comme il le peut, contre ce poids social… cette meule au cou.)

J’ai décidé d’abandonner. Puis, quand mademoiselle dit oui, j’ai été affreusement déçu. Pourquoi ses baisers ne m’enchantaient-ils pas comme les autres garçons? Je devais être anormal. Pour échapper à cette nouvelle honte, j’ai fui les filles, même celles qui m’invitaient à leur caresser les seins parce que ces perverses cherchaient aussitôt à m’embrasser, ce qui me faisait craindre les pires calamités. Je m’étais souvent fait traiter de cochon à vouloir auparavant les embrasser de force. J’avais appris par ces remarques combien il est important pour une société d’écraser la sexualité pour avoir des animaux dociles. Quand la sexualité meurt; meurt le cerveau.

Si j’ai aimé les femmes… J’ai souffert le martyre pour leurs maudites sottises, car vouloir une fille, sans en vouloir une, c’est comme vouloir respirer en se bouchant le nez et la bouche. Je me suis traîné dans les salles de danse suppliant presque les jeunes filles de danser avec moi. Si, par bonheur, l’une acceptait, je ne pouvais pas par la suite lui parler de sujets intéressants tant j’étais ému. À la seconde demande, elle refusait irrémédiablement de danser avec moi. J’étais trop laid et trop gauche. Je n’arrivais pas à les contenter. Aussi, je m’assoyais et je buvais, ne sachant pas que cette situation était normale à la puberté.

À la maison, personne ne voulait me consacrer beaucoup de temps pour m’apprendre à danser — j’avais les jambes trop raides — sauf pour Pauline, la plus vieille de mes sœurs. En pleurant, je m’assoyais devant le tourne-disque et j’écoutais les chansons mélancoliques : « I’m just a lonely boy », et autres du genre. Je me cachais, car les garçons ne doivent pas pleurer. À quinze ans, j’étais déjà désespéré.

Dans les partys, il me semblait toujours être mis de côté, ou plutôt je n’osais plus m’avancer. Aussi, je n’invitais plus souvent les filles à danser après un refus. Chaque refus me renvoyait dans la kyrielle des raisons faisant de moi un enfant misérable, pas comme les autres. J’étais comme les rats névrosés, crevant de faim devant la nourriture électrisée.

Pourtant j’ai réussi à apprendre à danser, grâce à mes sœurs Pauline et Henriette, et même, à l’époque, je suis devenu un as de cet art. J’étais déchaîné sur le plancher, malgré les supposés péchés de l’Église de la Frustration, cet entrepôt du mal, toute catholique. J’admirais Presley et j’aurais bien aimé chanter comme lui; mais je chantais faux, tout comme je ne valais presque rien dans tout ce que j’entreprenais.

J’ai retiré peines et frustrations à vouloir être aux filles alors que je n’avais pas de problèmes majeurs avec la majorité des garçons.

Avant d’entrer ici, j’essayais, malgré mes rapports avec les garçons, de me trouver une amie pour devenir « normal. »

(Jésus a marché sur les eaux de la mer psychologique et tenta vainement d’infuser sa force et sa connaissance aux autres. Pierre cala le premier… il avait honte d’être homosexuel. Sois ce que tu es, lui avait pourtant appris Jésus. De toute façon, le Christ aimait St- Jean, le bel adolescent, pour compenser…)

5

Un cri invita le jeune policier à se rendre dans un autre bureau. Il me laissa seul. Quelques secondes plus tard entrait un bétail de flic. Il se précipita à un bureau, tira le tiroir, y déposa un revolver, puis repartit. Je n’en croyais pas mes yeux. Je m’approchai, je tirai le tiroir, je le refermai.

J’ai pensé m’évader, mais je revins vite sur ma décision, songeant que je devrais alors peut-être devoir me servir de violence. Je retournai m’asseoir. D’ailleurs, à l’extérieur, je serais simplement dans une prison plus vaste, ayant sans cesse à me cacher.

Quand l’armoire à glace revint avec mon compagnon, je hasardai :

  • Vous n’êtes pas très prudent de laisser ainsi une arme à ma portée.

Le policier réfuta mes dires, mais son compagnon vérifia mes affirmations. La preuve était faite. L’armoire à glace commença à m’engueuler, affirmant que j’avais tenté de m’évader.

  • Si j’avais voulu m’évader, pourquoi n’ai-je pas pris l’arme et vous en ai-je parlé?

(Au Jardin des Oliviers, les soldats tombèrent sous les arguments de Jésus qui, à son tour, fut pris par l’escouade antiémeute romaine.)

Les cris fusèrent de partout. Arrivèrent de nouveaux policiers.

Sans pouvoir placer un mot pour me défendre, j’apprenais avoir saisi le revolver, essayé de me sauver et avoir été démasqué, désarmé miraculeusement, grâce au courage de l’armoire à glace. Je n’en croyais pas mes oreilles. Tout le monde croyait ce maudit menteur. Conscient que chaque mot empirait mon cas, je fermai ma gueule. J’étais sidéré de peur.

(Pierre saisit son épée et coupa l’oreille du centurion)

Je venais d’être initié aux interrogatoires des policiers. Ceux-ci montent une histoire, vraisemblable ou remaniée, jusqu’à ce qu’elle soit plausible, puis, ils la font avouer et signer par tous les moyens, même par la force, s’il le faut.

(Le chef national de la rébellion était appelé Dieu. Aussi, le juge demanda à Jésus s’il était Dieu. Gelé au bout, fier de sa mission, Jésus répondit que son royaume n’était pas de ce monde. On l’interpréta : je le suis.)

Ces premières mesures d’intimidation avaient suffi : il ne faut jamais contrarier des policiers s’ils croient avoir raison. Ils ont tous les moyens et le temps nécessaires pour arriver à leur fin. Il est préférable d’avouer tout ce qu’ils veulent faire avouer, que ce soit vrai ou faux, et contester en cour la valeur du rapport, quoique les juges ou le jury peuvent être assez caves pour ne pas saisir que psychologiquement voire physiquement il est dans l’intérêt de l’accusé de dire comme les policiers. À quoi cela sert-il de se faire battre; de toute façon, les flics arriveront quand même à te faire dire ce qu’ils veulent entendre. On dirait qu’ils sont payés au nombre d’aveux ou d’arrestations pour justifier la pertinence de leur ouvrage. C’est même, chez eux, la préoccupation majeure, car  avoir  de  bonnes  statistiques  signifie  une  bonne  entrée  de  subventions.

(On mit une couronne d’épines sur sa tête et un roseau entre ses doigts. Dis-moi qui t’a frappé. Les soldats avaient enlevé leurs badges.)

— Viens! Petit christ de sale!, me lança un des bœufs.

Je quittai le bureau. Je me rendis alors dans une pièce où se trouvaient plusieurs policiers affairés à prendre les empreintes digitales. Après les empreintes, la photographie. Un policier me passa au cou un bout de bois avec une immatriculation… comme pour une automobile. J’aurais aimé voir la photo.

Je poursuivais mon hallucination Far West. J’étais accroché sur les poteaux des féminounes. Wanted!

J’examinais les autres prisonniers, étonné de constater que les bandits ont un visage comme tout le monde, parfois même très sympathique. La télévision et le cinéma nous mentent en présentant un cas type, un visage type, un bonhomme type, au visage rude et à l’allure méchante pour nous éloigner du désir de devenir des gangsters et nous rapprocher des bœufs en nous les montrant toujours comme des amis, de gentils protecteurs.

(Jésus savait très bien que les prêtres ne servaient pas Dieu, mais leur commerce, qu’ils appliquaient des lois sous peine de damnation pour se maintenir au pouvoir, qu’ils partageaient avec leurs ennemis : les rois, les empereurs, en somme, avec Rome.)

Si les gens voyaient comme c’est différent dans la réalité. Les policiers ont parfois beaucoup plus l’allure de bandits ou de SS que les prisonniers eux- mêmes. De véritables brutes. C’est le monde à l’envers. Probablement plus vrai.

Les corps policiers gardent leurs membres sympathiques dans la foule et leurs sadiques dans les bureaux.

Après une journée seulement, j’avais rencontré plus d’ordures, c’est-à-dire de désincarnés, chez les policiers que chez les pensionnaires involontairement retraités de la société; mais eux, les bœufs, ils sont rémunérés pour n’avoir ni âme, ni cerveau. Bien des policiers sont des sadiques qui auraient un urgent besoin de traitements psychiatriques.

J’ai aussi constaté, par la force des choses, que dorénavant je ne serais plus dans notre société qu’un abject numéro. Pour moi, la réputation, c’était chose du passé. Il ne me serait jamais plus possible d’être un gars comme les autres. J’aurai un dossier. À la moindre mésaventure, je serai devrai faire face à mon passé. Fini le temps de la pureté sociale. Je suis, je serai toujours maintenant un être sali, un être avec un « mais » ou un « moins ».

(Les dieux et les mythes sont créés par la société pour se déculpabiliser d’avoir détruit un homme de son vivant. À certaines époques, on les appelle dieux; à d’autres, sorciers. Tout dépend combien la masse est déshumanisée et quel mensonge elle croira le plus facilement.)

Cette situation ne me peinait pas outre mesure, car à mon avis, la réputation, les qu’en-dira-t-on sont les moyens de pression sociale pour nous standardiser, nous garder bien enracinés dans le contexte, un moule pour nous appeler à jouer le jeu que le milieu nous assigne.

J’ai pourtant longuement réfléchi à cette nouvelle réalité, sachant très bien qu’après 20 ans, la réputation est synonyme d’acceptation sociale, de sécurité quant à la justesse de comportement. Loin d’être autonomes, nous sommes tributaires du milieu. Il est, cet environnement inquisiteur, notre juge. En être privé, c’est dire adieu de façon définitive à la sécurité. J’aurai à m’habituer à devenir seul juge de mes actions, à subir toujours à priori la condamnation. Quel que soit le geste posé, je serai jugé en fonction de mon passé. Je ne serai plus jamais, comme tout le monde, un innocent à priori. Un toucher sexuel, c’est pire qu’un meurtre pour les plus fanatiques.

De retour à la salle publique, j’ai compris, en écoutant les autres, la différence entre un bandit et un honorable citoyen : l’un a eu la malchance de se faire prendre alors que l’autre a eu la veine de ne pas l’être.

Autant cette conclusion est plausible, autant il devient évident que la peine encourue et le scandale public sont proportionnels à l’argent que l’on peut débourser.

Il suffit souvent d’ailleurs d’être contre les valeurs du système, contre la domination de l’homme par l’homme, pour être hors la loi.

Plus tard, au cours de cette journée, j’ai été confronté au problème de me choisir un avocat. Je n’avais pas d’argent. Un prisonnier me donna le nom d’un défenseur   des   droits   de   l’homme,   opérant   à   crédit.    Cependant,    il était proportionnellement moche à vos possibilités postérieures de payer.

(Le peuple eut à choisir son pire ennemi entre Jésus, le chef révolutionnaire par l’esprit, la réforme, la non-violence, et Barabbas, le terroriste. Jésus, étant plus dangereux à long terme pour un pouvoir qui repose sur l’armée, la violence, fut condamné grâce aux barbouzes dissimulés dans la foule.)

À la décharge de mon avocat, même s’il est venu me voir moins souvent que si j’eusse été plus riche, il fut assez sympathique pour me payer à quelques reprises des cigarettes… mes parents le rembourseraient. Quoi qu’il en soit, je ne me rappelle pas de ne l’avoir jamais payé parce que j’étais en maudit de son manque de communication avec moi, mais c’est impossible que je n’aie pas ouvert les goussets, car, l’honnêteté était pour moi une valeur fondamentale. Un défaut me suffit.

Conformément à la loi, dès le lendemain, je passai en cour. Le matin, les policiers m’avaient envoyé des papiers sur lesquels figuraient dix chefs d’accusation; presque tous étaient fournis par Danny. Je devais payer pour les répétitions des mêmes gestes.

Les policiers divisent les événements en fréquences, selon les règles et selon les gestes posés. Cette multiplication des accusations pour un même fait permet de rendre encore plus répugnante l’accusation et ainsi obtenir une sentence plus sévère. Comme dans la Rome ancienne, contre les chrétiens, plus la sentence est lourde, plus elle enthousiasmait la foule.

Je regrettais qu’il se soit mis à table. Pas pour moi. J’étais inquiet de ce qui lui arriverait. Nous nous aimions à notre façon. Ses parents le placeraient-ils dans une maison de rééducation? Je savais déjà, mais d’instinct seulement, très bien que les troubles d’ordre sexuel n’existent vraiment qu’en fonction de la répression exercée par l’Église, qui rend les gens malades avec ses folies.

S’il était possible, jeune et adolescent, d’avoir des relations sexuelles libres, sans que ça fasse un drame, même si elles sont homosexuelles, les jeunes seraient plus heureux. Les parents ignorent ce qui se passe, car ils ont déjà le cerveau empli des enseignements religieux et ils sont incapables de faire preuve de compréhension. Le sexe est des émotions. Et, plusieurs ne les contrôlent pas. Si au lieu de punir, les parents essayaient de comprendre, il y aurait moins de drames. Si les curés cessaient de raconter leurs peurs, nous serions tous un peu plus naturels, moins paranoïaques.

Il est impossible pour certains d’échapper à l’homosexualité. C’est notre nature. C’est une phase tout à fait normale dans l’adolescence d’où, faut-il proscrire la gêne ou la culpabilisation. À mon avis, à cause de cette mésaventure, Danny serait irrémédiablement marqué, diminué à cause de l’intolérance du milieu. Devoir se confesser à des policiers comme si on avait commis un crime, c’est déjà se mettre en doute, se dégoûter soi-même. Le temps, les inquisitions des curés et des parents hystériques se chargeront de créer par la suite une situation sans autre issue que la névrose ou pire la psychose. Tout ce que les parents ont à faire, s’ils apprennent les aventures de leurs fils avec un autre gars (si la vie ou la santé du fils n’est pas en danger) : feindre de tout ignorer. Combien ont été psychiquement assassinés au nom de la vertu? Je craignais pour Danny. Je l’aimais profondément.

Ce matin-là, j’ai dû me changer de vêtements. En prison, on portait un blouson de toile grise ainsi qu’un pantalon dont l’une des jambes était grise, l’autre rouge-orange.

(Jésus fut chargé d’une tunique pour le confondre avec le titre de roi qu’il s’attribuait.)

Devant le juge, il fallait être bien vêtu, bien peigné : la tenue vestimentaire est importante pour attirer sa clémence, tout comme l’aspect de soumissions et de profonds regrets. J’avais été savamment informé par mes collègues d’infortune à ce sujet.

Avant la séance, nous étions un petit groupe de détenus dans un local spécial. Chacun partait à tour de rôle pour faire face au juge.

J’étais anxieux. Déjà, je souffrais de l’attente interminable d’être plongé dans l’incertitude quant à ce que me réservait l’avenir. Je faisais les cent pas comme un loup. Je ne savais plus quoi inventer pour me calmer.

Le Gros, qui avait fait l’éloge de ma beauté à mon arrivée, me regardait avidement. Il me fatiguait et m’effrayait.

  • T’as des christs de belles fesses…

Je le regardai, écœuré.

— Qu’est-ce que vous en dîtes les gars? Y doit donner une maudite bonne botte? En tout cas, Maurice, t’as sûrement raison. Regarde lui aller les fesses quand il marche. Wow!

Je regardai Maurice qui souriait béatement.

  • Eh oui, ma belle, Maurice m’a dit pourquoi t’es icitte, t’auras plus besoin de jouer au prude. Ce sont les petits gars, hein?

J’avais mon voyage. Le salaud de Maurice lui avait tout raconté. Je savais que je n’aurais plus, à cause de sa grande gueule, une seule minute de paix.

J’étais aussi choqué de me faire appeler  « sa noire », ayant toujours eu  une aversion pour les efféminés. Je craignais qu’il ait raison et que mes gestes trahissent mes habitudes sexuelles. Même si enculer ne me disait absolument rien, pouvait-on juste, dans ma démarche, s’apercevoir que j’aime les garçons? Auparavant, personne n’avait mis ma virilité en doute, au contraire.

Quand le Gros quitta la salle, il me lança un baiser.

  • Souhaite-moi bonne chance, ma belle crotte. Nous ferons l’amour une autre fois, lança-t-il. Il essaya de s’approcher de moi et de me tâter les fesses. J’étais si effrayé que j’avais totalement oublié mon procès.

Je m’approchai de Maurice.

  • T’es un beau salaud. Je ne savais pas qu’il fallait se méfier de tout le monde en taule.

Maurice m’apprit qu’il s’était livré à ces confidences pour quelques cigarettes.

(Judas accepta de renier son maître pour quelque 30 deniers afin d’acheter sa cocaïne, comme les étudiants prostituent la révolution pour un emploi, bel exploit de jeunesse, que de devenir cadets de César.)

Je repris mes cent pas, dégoûté, jusqu’à ce que l’on crie mon nom.

Avant d’entrer à la cour, entre les grillages, le journaliste du Soleil me demanda comment j’allais. Il me garantit qu’aucun texte ne serait publié quant à ma comparution. Ma présence semblait le gêner. Après un échange de sourires, j’entrai dans le vestibule de l’enfer. Il me souhaita bonne chance.

Apparaître au tribunal fut comme être soudainement pris d’une forte fièvre. Les jambes me tremblaient. Tout était trouble et l’estomac me tournait dans le ventre comme un quarante-cinq tours. C’était un long voyage, hors la réalité qui s’étendait à mes yeux comme une fresque à peine perceptible. Je me sentais physiquement à demi séparé de mon corps, comme si un autre en moi m’avait permis de percevoir le cadavre que j’étais debout au banc des accusés.

Un bonhomme défilait dans un blabla continuel : accusation par-dessus accusation. Chaque nouvelle parole était comme un bouton que l’on arrachait à froid dans une toge formée de mes chairs, toge qui se déchirait me faisant ressentir tout ce qui dorénavant me séparait du monde. À chaque mot, chaque geste des lèvres, j’entendais de moins en moins. Je souffrais trop. J’ai tenté de me ressaisir.

Je regardai impassible la foule, attendant les regards et les bruissements scandalisés des lèvres; mais le public ne réagissait point. Les curieux n’avaient probablement rien compris aux litanies de grossières indécences. Je regardais et je priais, pétrifié, attendant leur assaut. J’étais prêt à souffrir pour mes péchés. Cependant, mes accusations avaient été transformées d’attentat à la pudeur à grossière indécence ou vice-versa à cause de mes vingt ans, afin de m’éviter d’être éternellement aux prises avec ces bévues de jeunesse, dont on se chargerait de me corriger. Ainsi, on ne saurait pas plus tard s’il s’agissait de garçons ou de filles, m’avait-on dit.

Les marionnettes du grand spectacle se mirent à s’exclamer, à crier, à perdre souffle et recommencer. J’avais le trac. J’étais une Jeanne d’Arc, nue, sans bûcher. Les politiciens s’adressent à la foule pour lui faire reconnaître qu’ils sont les meilleurs alors que les avocats et les juges haranguent les journalistes pour avoir de bonnes manchettes, une bonne réputation et de ce fait, une belle et payante carrière. Le jury, s’il y en a, décerne le prix au meilleur acteur.

Tout semblait sérieux au plus haut point. J’oubliai que mon sort s’y jouait sans que j’aie un mot à dire. C’est alors que je compris combien avait été infect mon travail de journaliste à la Cour de Lac-Mégantic et combien de malheureux j’ai dû faire naître à la misère, juste en faisant ce travail que le journal exigeait de moi et que j’accomplissais en croyant dans la nécessité de ma mission de dire la vérité. C’est un travail disgracieux, inhumain, qui fait ressortir l’intolérance des justes qui ont besoin de comptes rendus judiciaires pour se sécuriser, grâce à leur projection; pour se rassasier de voir leurs semblables payer pour les crimes qu’ils se reprochent peut-être de faire en silence ou de vouloir faire. J’ai regretté de ne pas avoir été tolérant à l’époque; mais nous avons tous en nous le justicier qui se punit, se purifie, à travers les autres. Il est assez difficile de combattre pour la tolérance puisqu’on se croit tous exempts de fautes; ce n’est qu’après avoir éprouvé la fragilité de la culpabilité et sa séparation de la responsabilité qu’il devient impossible de porter un jugement vraiment humain. La douleur et le vide intérieur s’expriment de mille façons, mais surtout dans la violence et l’intolérance.

  • D’autres accusations viendront, souligna le procureur de la Couronne, s’acharnant à démontrer ma perversité.

Affichant un air de dégoût, il ajouta :

  • Autant attendre d’avoir le dossier au complet.
  • La cause est remise à la semaine prochaine, statua le juge.

Je ressortis étonné de n’avoir presque rien compris à ce numéro de cirque. J’aurais bien passé le chapeau pour la représentation, mais le public aussi n’y avait rien compris. C’eut été injuste… il n’en avait même pas eu pour son attention.

J’étais déboussolé de ne pas avoir été condamné. C’est tellement long, attendre, ne pas savoir ce qui nous pend au bout du nez.

(Jésus passa la nuit au Jardin des Oliviers à prier. Il suait aussi, sachant bien que les hommes aiment les jeux dans les arènes romaines.)

C’est la pire des tortures. Qu’importe! C’était le jeu. Je n’avais qu’une chose à faire : m’y résigner. Fermer ma gueule et attendre.

L’incertitude était cette meule qu’il est préférable de ne pas avoir au cou quand on est jeté à la mer… à la prison.

Cicatrice à l’âme 2

août 29, 2020

 

 3

Mes expériences sexuelles au Petit Lac pouvaient s’expliquer par cette enfance bouleversée par la censure et la morale judéo-chrétienne qui nous faisant vivre loin de notre petite nature.

Elles s’étaient confinées à Michel, Danny, François, à de longs moments à dévisager quand un garçon me plaisait. Il y avait entre autres un groupe de jeunes d’une même famille avec qui je luttais, essayant de tâter et de sentir s’exalter sous mes doigts une petite graine toute folle de se faire caresser.

Il y eut aussi André, le l’oubliais.

J’ai été affreusement bête avec lui. Il venait souvent lutter avec moi. Je ne tentais rien, je le trouvais possiblement trop bavard. Jeune, on sent ces choses. Un jour, il vint à la salle développer des films avec moi. Dans l’obscurité, il me dit avoir quelque chose à me remettre. En vitesse, il dégaina ma braguette… je n’ai pas réagi tant j’étais surpris. Il avait dix ans, mais il savait ce qu’il voulait. Aujourd’hui, quand j’y pense, je sacre en bleu, car lui et Jean-Guy auraient pu être deux partenaires fiables. Quant à Jean-Guy, je ne tentais rien puisque j’habitais chez lui, j’y étais bien et je ne voulais pas tromper la confiance de ces gens que j’aimais bien. Je n’avais pas osé assez vite, aussi n’y a-t-il rien eu. À cet âge, si rien ne vient les traumatiser, c’est-à-dire, leur faire peur, il est normal pour les garçons d’aimer jouer aux fesses avec ceux qui s’occupent d’eux; ça leur permet de se découvrir et de découvrir les autres. Si aucune complication ne se présente, les garçons, après s’être comparés, avoir découvert les secrets de la sexualité, poursuivront leur recherche chez les filles. C’est une période tout à fait normale, voire essentielle; donc, il ne faut pas se surprendre du grand nombre de garçons qui s’offrent gratuitement ou à grand prix puisque cela peut aussi devenir un moyen de se faire de l’argent ou de se valoriser.

Recherche éternelle, essoufflante; quelques aventures, voilà ce que m’a valu la prison commune… parce qu’un jour, j’ai refusé de verser 25 sous à Michel, qui m’a vendu aux policiers. J’ai préféré la prison plutôt que de m’abaisser à son sinistre chantage…

Je savais quelques semaines avant mon incarcération que la police enquêtait sur mes activités pédérastes. Par contre, l’ardeur avec laquelle on me combattait à cause de rancunes politiques m’était complètement inconnue. J’avais vite écarté cette possibilité. Il me semblait impossible que mes opinions politiques  influencent  l’approfondissement  de  l’enquête.  Je  trouvais  cela  trop dégueulasse pour être vrai, même vraisemblable… j’étais jeune  alors, Danny eut raison quand il me répéta les paroles d’un groupe  de  libéraux du coin : nous n’aurons de repos que s’il est enfermé. « Et je le fus. Probablement, pas autant, comme je l’aurais cru, pour protéger la jeunesse, que pour protéger leurs intérêts patroneux que je commençais à parvenir à mettre en danger. Je fus ainsi parmi les premiers prisonniers politiques du Québec de cette époque, sans même le savoir.

Au cours des premiers jours, l’activité policière autour de moi, loin de m’apeurer, me procurait un certain plaisir. Je m’amusais à la pensée de les suivre par imagination dans leur enquête. Je saluais les policiers quand ils passaient près de moi. Cet état de nonchalance venait du fait que j’étais persuadé qu’il serait impossible de monter une preuve suffisante pour m’impliquer… avec si peu de fait…

La première semaine s’est déroulée sans panique. À la fin de semaine, je partais en vacances. Je me rendais dans ma famille, puis en voyage aux États- Unis. J’ai songé à déguerpir et à ne plus jamais remettre les pieds au Québec.

Ce nouveau sentiment de désarroi s’était infiltré avec les derniers développements de la fin de semaine.

Au cours des deux dernières semaines, Danny m’avait fait part de ses inquiétudes : « La police veut t’avoir. Elle mettra le temps nécessaire. Il ne faut plus se revoir, c’est trop dangereux. Tout le monde parle de l’enquête. Mes parents ont été questionnés par la police. Ils ont éclaté de rire. Ils ont dit que tu es le meilleur gars qu’ils connaissent. J’ai peur. Si tu es arrêté, promets-moi de ne jamais parler de nous.»

J’ai fait cette promesse, intérieurement brisé. L’amitié est bonne pourvu qu’elle ne nous apporte pas de problèmes. C’était une trahison…

Ce soir-là, je me suis rendu à une danse avec un copain. Attiré par le buste d’une jeune fille, je croyais de plus en plus possible « ma conversion ». Danny en serait bien fier.

Le lendemain, avant mon départ pour les vacances, le  patron  m’a demandé à son bureau : « J’ai entendu dire que les policiers enquêtent à ton sujet depuis plusieurs jours. Il semble que t’as profité de ton travail dans la chambre noire pour poigner le cul des petits gars. Je te ferai remarquer que j’ai peine à y croire, mais si c’est le cas, tu en subiras les conséquences.»

Le parton était mal à l’aise. Il m’aimait bien, me trouvant travailleur et foncièrement honnête, ce qui est de plus en plus rare de nos jours. Je n’avais eu qu’une fois des mots avec lui au sujet de mes écrits journalistiques. J’avais eu l’intention de tout quitter : je n’acceptais pas la censure. Pour moi, la vérité est faite pour être connue et un bon journaliste ne peut pas passer à côté de ce devoir.

Celui-ci, après s’être laissé emporter, m’avait expliqué que les libéraux n’aimaient pas mes articles et menaçaient de retirer leur publicité. « Si ça arrive, le journal ne sera plus rentable. Je ferai faillite et tu perdras ton emploi. Dis la même chose, mais écris-le autrement, moins durement. » Sans menace, sans scène, paisiblement, il m’expliqua les rouages de la publicité et son importance pour la vie d’un journal. Il m’indiqua jusqu’à quel point je pouvais me rendre dans mes articles sans mettre la vie du journal en danger, puisque souvent la survie des hebdos repose sur la publicité politique ou celle de grosses entreprises qui ont en même temps le contrôle de l’économie d’une ville.

Il avait raison. Je me suis senti devenir solidaire d’une lutte contre un système pourri, tout en garantissant au journal de survivre. Je n’avais pas à cacher la vérité, mais je devais la dire moins durement, moins clairement. Juste semer des doutes. Que les plus intelligents comprennent.

La pédérastie, être un maudit fifi, c’est difficile à faire admettre à son patron : c’est souvent le renvoi. Pour la première fois, j’ai menti. Il a réitéré sa confiance en moi et je suis reparti complètement défait. Ce n’était pas seulement la honte ressentie en répondant à ses questions qui m’accablait, mais d’avoir menti. Ça me pesait sur la conscience. J’aurais été étendu sous un rouleau compresseur, j’y aurais été plus à mon aise.

Aux États-Unis, je n’ai pas mis à exécution mes projets de fuite puisqu’il me semblait de mon devoir de faire face à la musique. J’avais désobéi à la loi de Dieu et des hommes, il me fallait maintenant payer pour mes écarts. Quand on raisonne aussi bêtement, on mérite presque son sort… j’avais été bon beurre dans le moule des valeurs québécoises.

De retour au Petit Lac, j’ai vite senti que l’enquête de la police prenait des proportions insoupçonnées. Je commençais à sentir la soupe chaude. Ayant des émissions de radio, je me rendis à St-Georges de Beauce les enregistrer. Des membres de l’Union nationale m’offrirent d’entrer en politique. Ils n’en revenaient pas que je sois si jeune et aussi dégourdi. J’ai refusé. Par opposition à mon père, j’étais libéral. Cependant, dans le cas précis du pont de Québec, je considérais que Jean Lesage se moquait des gens. Je n’étais pas du genre à dire qu’il avait raison quand je croyais qu’il avait tort. Le bien du peuple passait en premier.

À mon retour au Petit Lac, en auto-stop, j’eus une « ride » avec le chef de police. Je lui lançai cyniquement : « Comme ça la police enquête sur moi? Est- ce qu’elle a de bons résultats? » Il nia tout de l’enquête.

Le mercredi suivant, je me rendais à l’église. Les nerfs flanchaient et j’étais pris de panique. Devant l’immense crucifix, je demandai à Dieu de m’épargner la prison, sinon, de tirer une bonne leçon de mon châtiment. Je pleurais de peur. Je suis entré à la maison et je me suis  étendu sur  le  divan à  plat  ventre.  Mme Martel me dit laconiquement : « T’es couché sur ton mal. » J’étais seul à savoir combien vrai c’était.

J’étais dorénavant convaincu que je serais arrêté. J’étais comme le chien que je vis un jour attaché à un arbre, qui se lamentait de douleur puisqu’on venait de le tirer à la carabine, mais on l’avait atteint dans le cou. Pourquoi ne nous tue-t-on pas d’un coup quand on décide de nous dompter? Ce serait moins difficile pour nous et plus économique pour la société. Ce doit être que la société a besoin d’institutions pour employer ses sadiques et les cobayes sont rares. Donc, il faut les économiser…

Je continuais à travailler même si j’avais perdu l’appétit. J’éprouvais une difficulté sans borne à me concentrer. Je lisais Confiance en la divine providence pour me préparer à tout. Et, le temps s’allongeait. Le fait de ne pouvoir cesser de penser avait commencé ses tortures. J’étais en pleine éternité… sans possibilité de m’en sortir.

Je travaillais au montage du journal quand le chef de police accompagné de deux agents de la S.Q. fit apparition. J’ai continué comme si de rien n’était. En découpant des articles, j’eus envie de frapper le chef de police avec mes ciseaux. Je me réjouissais déjà de sentir le sang de cette crapule mensongère me couler entre les doigts. J’ai vite mis fin à cette impulsion, ayant pour réaction un fort sentiment de culpabilité. J’étais non-violent. Je n’avais aucun motif pour me transformer. Pour devenir violent, il faut auparavant avoir goûté à la puissance ou mourir de peur. Je suis d’un peuple qui n’a vécu que la servitude et, comme lui, je préfère le martyre à la violence… faute peut-être d’instinct de domination.

Tu aimeras même tes ennemis

J’étais impuissant. Un de ces insectes qui a comme seul moyen pour se défendre de piquer avant de se faire écraser, n’ayant ni la force, ni le cran de se défendre de ceux qui les oppriment. J’étais la brebis que l’on mène au poteau pour être exécutée.

À la demande des  policiers,  je leur ai fait visiter  les  lieux  et principalement « le lieu du crime, le laboratoire à photos ». Un des policiers me fit alors part de leur intention de me questionner. Voulant savoir s’il s’agissait d’une enquête ou d’une arrestation, je les informai que je devais laisser une note au patron avant de quitter le bureau. Devant mon insistance à connaître l’heure de retour, un des policiers m’indiqua de l’oublier, car « ça risquait d’être long.»

Dans l’auto, j’étais assis à l’arrière, les policiers à l’avant. Je m’amusai à les questionner quant au fonctionnement de leurs appareils de radio. Ma curiosité irrita l’un d’eux. J’en rigolai intérieurement. C’était l’occasion de me venger, malgré ma décision quasi mystique de payer en purgeant le maximum de la peine et ensuite me retirer dans un monastère : il me fallait souffrir jusqu’à la mort en expiation de mes scandales chez les jeunes et de ma vie entière de débauche. Quand on commence à se croire coupable, on n’a pas peur d’en mettre.

(Malheur à celui par qui le scandale arrive. Il est mieux valu pour lui de lui attacher une meule au cou et le jeter à la mer.)

Le scandale, c’est de mentir aux jeunes, leur raconter des peurs, leur apprendre à se haïr et à haïr les autres… dans ce temps-là, c’étaient les pensées, les regards, les touchers, tout ce qui était vie et plaisirs. Tout ce qui était sexuel.

Ce désir de me moquer des policiers a vite été écrasé et ma résolution « de payer comme il est juste » me fit subir à mon égard un profond dégoût. Comment expier et me convertir dans de tels sentiments de vengeance? Je commençai à prier.

C’est incompatible que de vouloir se convertir et songer à s’amuser.

(À Cana, le Christ s’était amusé. Hippie, il s’est présenté à la noce avec ses amis, mais ceux-ci étant refusés, Jésus décida de donner une leçon à son vieil hôte. Aussi, avait-il siphonné le meilleur vin des barils contenant normalement de l’eau, laissant quelques autres barils de vin intacts. Les invités saouls, Jésus fit entrer ses amis et partagea avec tous le nouveau vin. Les domestiques n’y virent que du feu et se mirent à crier au miracle. )

Il s’agissait d’y penser. Aimer la vie est le plus grand des péchés quand on n’appartient pas à la classe de ceux qui peuvent se le permettre. Il faut être très riche pour être pédéraste.

(Jésus commença son enseignement : vivre de Dieu, c’est vivre saoul de joie. Buvons! Fumons! Aimons-nous!)

À mon arrivée, à la salle d’entrée de la prison, sans plus de commentaires ou d’avertissements, les policiers me firent vider mes poches. J’ai aussitôt été conduit,  après  être  passé  devant  les  cellules,  dans  une  salle  publique.

Dans cette suite interminable de portes métalliques, grâce aussi au plancher de  ciment,  à  trois  il  est  possible  de  faire  autant  de  bruit  qu’un  bataillon.

Tout le monde me regardait étrangement comme dans les clubs homosexuels de Montréal, où, en entrant, tu ne vaux pas plus qu’une livre de beurre.

J’avais l’impression de vivre un film de cowboy et de me payer une bonne expérience. Je n’ai pas répondu aux questions des prisonniers concernant les raisons de ce « voyage », sinon au grand Maurice qui m’avait connu antérieurement et qui professait à mon égard une profonde admiration.

— Vous verrez, les gars, c’est un type plus qu’intelligent. Il va les posséder, lui, les juges.

Un tel témoignage à mon intelligence étant si rare, je n’ai pas hésité à lui donner quelques cigarettes de récompense.

J’affirmai orgueilleusement être bien décidé à demander au juge le maximum de la peine, soit cinq ans. Les prisonniers riaient de moi, affirmant qu’après quelques jours de cette retraite, je changerais bien d’avis.

(Aimer, c’est donner sa vie pour ceux qu’on aime.)

Quelques minutes après mon arrivée, les gardes nous conduisirent à nos cellules.

(Jésus, durant trente jours, se retira dans le désert, fumer et pratiquer la méditation transcendantale. Sur le LSD, il prit conscience de sa divinité, par son appartenance au grand TOUT, et il partit en guerre contre son gouvernement religieux qui faisait de bonnes affaires avec Rome.)

Je vivais dans un rêve. J’avais peine à disséquer la réalité. Je sentais très bien que je n’arrivais plus à percevoir les objets comme avant. J’avais toujours l’étrange besoin de rire, à force d’avoir envie de pleurer. Je me retrouvais dans la peau d’un animal que je ne connaissais pas. L’animal cellule 295 ou 312. Je sentais un étrange sentiment de flottaison. Je me suis pris à songer aux prisons du Far West et c’est avec le sourire que je songeai à me suicider.

(Tu ne tueras pas)

Qu’importe les maux. La loi, c’est la loi! Tuer, ce n’est permis qu’aux papes, aux évêques, aux politiciens, aux soldats, aux policiers pour assurer sur la terre une juste répartition des vengeances du Seigneur contre les masses ignobles d’impureté, de jalousie commise par les douces brebis alors qu’eux n’ont pas à se le reprocher, étant au-dessus de la loi.

(Je ne me nourris pas de ce pain et je n’ai pas besoin de légions pour me faufiler dans les foules. Je prêche la non-violence. Je suis le décrocheur des règles stériles. Le décrocheur institutionnel. Contre moi et mon Père, aveugles, vous péchez en convertissant vos « quéquettes » en épée… mon père est tout amour.)

Ma ceinture ou la jambe de mon pantalon aurait bien fait l’affaire.  Je n’avais qu’à m’accrocher à la porte de ma cellule. J’étais enduit d’une sensation de perméabilité et j’irais jusqu’à dire de béatitude de me sentir enfin pour la première fois de ma vie complètement détruit.

Encore un peu de temps et je serai un saint. J’espérais ce moment depuis si longtemps. Il faut souffrir pour être digne du ciel…

Je me suis toujours souverainement détesté de ne pas être parfait comme ils nous l’enseignaient, de ne pas être un saint… Aujourd’hui, je perçois la sainteté comme la réalisation complète, parfaite, du masochisme, le parachèvement par excellence de l’autodestruction, avec l’impression d’accomplir une grande œuvre. Enfin! J’avais cette œuvre : m’approcher de la divinité au point d’y toucher du regard et des lèvres. La coupe du pardon à boire dans la souffrance de l’humiliation.

Les images se succédaient en moi avec une rapidité inouïe. J’ai pensé à ma famille. Cette idée m’a transpercé comme une lance. J’ai sangloté et j’ai décidé de me vider la tête de toute réflexion. Je souffrais trop. Il me semblait préférable

de ne pas tenter de résoudre d’un coup un problème aussi nouveau et aussi grave. Le temps arrangerait bien les choses.

(En mon nom, les familles seront divisées. Le fils trahira le Père, comme en Russie ou à Haïti. Je suis la Voie, la Vérité, la Vie.)

Je recommençai mes prières jusqu’à ce que je m’endorme. J’ai eu bien des difficultés à y parvenir. Dans mon petit sanctuaire meublé d’un lit et d’une chaudière, qui puait fortement, pour nous permettre de soulager nos besoins pressants ou de déposer le sperme après quelques bons coups de poignet, comme disaient les autres… je fixais le plafond.

(Jésus s’approcha de Lazare et lui demanda : « Es-tu mort? » Et Lazare, ivre au « boutte », après avoir chié trois fois dans ses culottes, répondit :

« Bin non, idiot, je voulais essayer du nouveau “stock” et je me suis piqué à l’héroïne ». — « Viens, nous allons te désintoxiquer. » Et, Jésus sortit prendre un café au lait.)

Douce nuit qui nous berce à l’encontre des orages, j’irai sourire aux lèvres, le cœur chaud, oublier ces moments maudits, cette enfance charmante malgré la brume lourde de mes 20 ans. Dans une cellule, il y a malgré l’horreur de son spectre plus de cieux plus de verdure qu’en ces champs jadis ou d’une saine allégresse, j’allais conquérir par le péché les spasmes de la vie. Il y a plus de temps à meubler de remords fous un mur blanc de chaux suintant l’ennui à découvrir du bout des doigts les parois de sa bière froide. Il a plus de temps à souffrir qu’à nommer sa liberté…

(Il ne faut pas en vouloir à Lazare. Dans tous les mouvements de libération nationale, il y a des soldats qui s’enferment dans des caveaux, craignant la répression).

Un bruit de fer, des hurlements, des jurons me tirent de mon linceul noir, le seul endroit qui, sans cauchemar, me permettait un peu de répit. À ma sortie du lit, je sentis la répulsion d’être presque nu à la merci des yeux indiscrets des gardes. Je retrouvais cet étrange sentiment de pudeur qui m’avait hanté préadolescent. Il ne fallait pas me montrer… mais je cherchais à examiner tout le monde.

(Jésus, gourou, au sortir du sépulcre, n’en croyait pas ses oreilles. Il y avait encore des gens qui parlaient de lui comme du Sauveur. La rébellion avait bel et bien commencé contre César. Ça pétait de partout.)

J’ai fait une prière et je suis sorti de ma cellule après avoir bien décidé de me confier le moins possible aux autres. Après un déjeuner qui, je dois l’avouer, était assez bon, je me rendis dans un coin, regarder jouer aux cartes. Un gros bonhomme fit l’éloge de ma beauté et chercha à maintes reprises à me prendre les mains. Je frissonnais de rage à chacune des tentatives. J’ai remarqué, d’autre part, la beauté de Jeannot, un adolescent de 19 ans. Ses yeux me troublèrent. Pour échapper à la tentation de lui caresser les cheveux et le désir irrésistible de lui passer la main sur la cuisse, je me mis à faire les cent pas… La pédérastie a toujours été un remède pour moi… elle me permet de supporter la méchanceté sociale…

Peu de temps plus tard, un garde lançait mon nom.

Je me rendis à ses côtés dans un premier bureau. J’avais franchi trois barrières, je crois. Un monsieur assez insignifiant me demanda si j’acceptais un cautionnement ou si je poursuivais mon incarcération. J’ai réfléchi. Je voulais souffrir pour mes péchés… et surtout, ni moi, ni mes parents n’avions l’argent nécessaire pour payer la somme exigée. Je signai quelques papiers et je passai aussitôt dans un autre bureau.

 

(Il avait suffi de Judas pour le trahir pour 30 $ et d’assez d’amis pour payer son cautionnement. Ceux qui font le sacrifice de leur vie pour leur pays sont vite abandonnés quand vient la répression)

Cicatrice à l’âme 1

août 28, 2020

Cicatrice à l’âme

1963. Après plusieurs mois de chômage, je suis arrivé au Petit Lac, plein de bonne volonté. J’y serai journaliste pour le seul hebdo du coin, l’Aiglon. La Tribune, de Sherbrooke, venait de me congédier pour des raisons d’ordre politique. Je me suis installé chez les Bernard, une famille composée de Carole, Diane et Jean-Guy,

En plus de mon travail régulier, je participerai à une émission radiophonique au cours de laquelle je commenterai l’actualité. Ce sera au cours de cette émission que je combattrai la politique de Jean Lesage en ce qui a trait à la construction de l’actuel pont Pierre-Laporte; je favorisais davantage un tunnel entre Québec et Lévis. Cette émission deviendra la principale cause de l’acharnement des libéraux du coin à me détruire. Et c’est ainsi que le sexe devint une politique répressive.

1

La nature dans ce coin du comté de Dorchester était, règle générale, encore plus pauvre que dans la région de Lac-Mégantic. Les gens étaient emprisonnés dans une situation misérable. Sauf les églises, qui atteignaient une élégance très disproportionnée par rapport au niveau de vie de la population. Tout semblait abandonné au gré des hivers… les jeunes n’y étaient que plus beaux.

À mon arrivée, je me suis plu à faire croire à Michel que j’étais millionnaire, propriétaire de puits de pétrole, quelque part dans le monde. J’avais inventé cette histoire pour attirer son attention. Il me plaisait beaucoup. Michel avait environ 14 ans. Noir. De beaux yeux railleurs. En l’apercevant, je le déshabillais des yeux. Je le voyais se promener avec fierté, exhibant des belles petites fesses rondes, douces à caresser, et de l’autre côté une magnifique petite graine de quelque trois pouces, un peu crochue, quand il était bien bandé. Michel était mon favori quant à l’aspect physique. Il était une de ces merveilleuses petites putains, conscientes de leur beauté, agace-pissette ou prostituées, selon les humeurs. Un de ces petits qui se font coureurs de jupons avec les garçons de leur âge pour éblouir et qui songent continuellement à coucher avec des amants payants pour se faire admirer davantage. Deux ou trois fois, je l’ai masturbé. Je l’aurais bien sucé, mais à l’époque cette pratique me gênait, même si, plus jeune, je l’avais quelquefois particulièrement savouré avec un camarade.

Michel s’est très vite aperçu de mon penchant à l’égard de son magnifique corps d’adolescent et, durant quelques semaines, il est venu tendre la perche de mon côté. Il a accepté de se déculotter après quelques allusions et pour répondre à un pari quant à ses performances. Pauvre Michel! Il était aux femmes… c’est pourquoi je ne l’ai jamais chassé davantage… j’ai toujours eu beaucoup de respect quant au désir des autres, même si parfois, à l’occasion, la passion devient si forte après une longue période d’abstinence que je me permets d’insister.

Michel me présenta Danny dont le père était propriétaire du cinéma de l’endroit. Dès notre première rencontre, il fut irréfutablement établi par la façon dont il s’offrait qu’il n’y aurait aucune résistance de sa part. Danny est devenu, somme toute, mon meilleur petit ami au Petit Lac. Il jouissait honnêtement de ma  présence. Nous n’avions pas à nous combattre. Nous étions heureux de travailler et de jouer ensemble. Il était mon confident et en retour, je me dépensais à l’aider ainsi que sa famille. Je n’avais pas à craindre d’être à nouveau exploité financièrement. Il est très rare d’avoir des amis qui n’ont aucun intérêt à le demeurer.

Comme moi, Danny voulait se débarrasser de ses « mauvaises habitudes ». Aussi, nous étions-nous entendus pour restreindre toutes nos activités sexuelles avec les autres. Nous nous consacrerions mutuellement au salut de nos âmes en nous masturbant mutuellement quand le besoin se ferait « trop sentir ». Nous nous exhortions l’un et l’autre à la chasteté et pour y parvenir nous créions toutes sortes de jeux et de travaux… Cette sublimation nous garantissait de vivre ainsi plus paisiblement avec nous-mêmes, car nous avions un moyen à la fois de ne pas répandre « notre perversion » et de satisfaire nos appétits quand ceux-ci atteignaient dans leur refoulement un point d’asphyxie.

Un après-midi, nous nous étions rendus en groupe nous baigner. J’avais alors essayé de voir comment était bâti chacun de ces charmants compagnons. Mon intérêt pour les formes du maillot et surtout les ouvertures aux cuisses fut vite remarqué et toute cette jeune bande d’enfants moqueurs, honteux, mais adorant les plaisirs de la chair, prit plaisir à faire défiler et refiler leur élégance qu’ils apprenaient à bien mettre en évidence. L’innocence et la chasteté des enfants n’existent que dans la mémoire maladive des parents qui confondent la répression sexuelle à laquelle ils ont éternellement été asservis et les véritables sentiments éprouvés lors de leurs excursions dans la vie : le plaisir. Les jeunes peuvent jouer aux fesses sans problème jusqu’à ce que la haine maladive du corps engendré par notre civilisation les ait profondément atteints.

Quant à moi, je jouissais de voir à travers des ouvertures trop grandes, les magnifiques appareils d’amour dans ces vêtements qui les compressaient un peu sur le ventre. Conscients du jeu, je jouais. J’ai cherché et réussi à voir deux d’entre eux, nus, quand se déshabillant à tour de rôle, ils faisaient semblant de ne pas me voir et m’exhibaient des anatomies bien différentes, mais toutes deux très  agréables  au  regard.  Le  premier  avait  environ  15  ans  et  le  deuxième

12. Pour toute cette jeunesse, ce simple jeu a, je l’ai compris par la suite, pris l’allure d’un véritable péché collectif… les parents et les policiers venaient d’entrer dans le décor. En s’accusant de s’être laissé inciter à ce jeu, ils inauguraient leur rôle de victimes, de pauvres âmes à consoler de s’être fait déflorer par un maniaque… Les jeunes ont beaucoup d’intérêt à tirer de telles expériences : d’une part, ils aiment l’aventure, d’autre part, s’ils se font prendre, ils en déchargent la responsabilité sur celui les a entraînés. Ce malheureux monopolise toutes les haines, et finalement, les jeunes bénéficient des traitements  de  faveur  accordés  aux  pauvres  victimes  des  démons  libérés

Malheur à ceux qui scandalisent les enfants.

De ce groupe, François était un des plus jeunes, mais de beaucoup le plus beau. Il ne s’était pas fait tellement remarquer ce jour-là; mais, par la suite, il est souvent venu à bicyclette avec moi. J’ai pris goût à ses mains sur mon corps, à ses lèvres contre mes joues quand nous luttions ensemble, et surtout, à la chaleur qu’il mettait à m’étreindre. Après avoir longuement parlé et joué ensemble à lutter, j’ai passé ma main dans son pantalon. Il était bandé. François s’est arrêté et m’a dévisagé.

— T’as une belle petite queue. Veux-tu me la montrer?

François refusa. J’ai cru qu’il agissait ainsi, comme plusieurs, pour me forcer, en jouant au pudique, à recommencer avec plus de tact ou plus de force. Plusieurs jeunes aiment se sentir adorés et ils jouent aux vierges offensées — tout en feignant la putain — avant de se livrer. Ils peuvent ainsi mieux assouvir leur besoin, se faire dire qu’ils sont beaux, se faire caresser, se sentir désirés, dignes de provoquer des crises. Ils cherchent souvent dans ces jeux une affection qu’ils ne trouvent pas dans leur famille. Pourquoi en aurait-il été autrement avec François?

Le diable pénètre comme l’illumination

Je luttai à nouveau avec François. Il semblait avoir tout oublié. Nous riions. J’ai profité de ma force pour défaire sa ceinture, descendre sa braguette et son caleçon. Il avait une petite queue adorable. Je le masturbai un peu jusqu’à ce qu’il ait une nouvelle érection. Il me regardait impassible. Soudain, il se releva, se reculotta puisque je l’avais maintenant presque nu devant moi et partit en pleurant. Je ne comprenais rien, j’avais peur de l’avoir blessé sans m’en rendre compte. Chez lui, comme dans toutes nos familles, le sentiment d’être amoindri ou diminué en se laissant poigner le cul est une forme d’éducation tellement enracinée qu’en de telles occasions on se laisse faire, comme le commande la nature, puis on le regrette après, comme nous le commande notre éducation. Si on ne le regrette pas, selon son éducation, la perversion est telle, que seuls la prison, l’asile ou l’enfer sont à la hauteur du crime. Aussi se repent-on pour pouvoir recommencer avec plus d’aisance, dans une plus grande sécurité. J’étais un enfant, brisant un bibelot de prix dans un musée. Je regrettais d’avoir agi ainsi.

Un péché accusé est à moitié pardonné

2

J’ai commencé à m’intéresser à la vie sexuelle vers quatre ou cinq ans. Je jouais au docteur avec les autres ainsi qu’au bœuf et à la vache. J’avais même une blonde, Christiane. Je me rappelle qu’on se moquait de moi à ce sujet, ne comprenant pas ma gêne de faire l’amour avec les autres. Mes aînés étaient

pourtant de bons professeurs.

Mon attrait pour les garçons a pris forme quand je fus surpris de constater que Coco, un gars volumineux, avait une toute petite queue comme moi. Je m’attendais au contraire. Pendant des années, j’en ai rêvé et essayé de la voir à nouveau ainsi que de la toucher. J’ai entraîné dès lors tous les garçons sur mon passage pour y mesurer et constater la relation entre la grandeur, le poids du corps et les dimensions de la verge. Probablement que mon excès de pudeur et la honte maladive de mon nombril ont commencé par cette perception d’avoir en plus de la laideur, la faiblesse dont tout le monde se moquait, l’isolement dans lequel je me sentais prisonnier, l’infirmité d’avoir une petite queue, infirmité si honteuse que plus tard je la transférais sur le nombril pour mieux oublier l’outrage subi par une telle offense. J’en avais toujours moins que les autres. Les différences de formation m’excitaient beaucoup. Je n’arrivais pas à perdre cette hantise de voir les autres, de les admirer…

D’autre part, j’étais viscéralement attiré par la beauté des visages des garçons. Moi, j’étais si affreusement laid. Mon père ne cessait de me le répéter pour m’agacer, et moi, pauvre imbécile, je le prenais au sérieux.

Heureux ceux qui souffrent, ils seront consolés…

Jeune, j’étais très complexé. Je me croyais laid, déformé puisque j’avais une légère infirmité au nombril.

L’atmosphère dans laquelle je vivais était très religieuse. Aussi, j’ai voulu devenir  un  saint.  Je  retrouvais au  pied  de  l’autel  l’amour   qui   me  manquait ailleurs.

Malgré toutes mes tentatives de bonté, j’avais un caractère de chien. Ne sachant à qui et surtout de quoi parler ou parlant trop à ceux qui m’écoutaient, il ne me restait plus qu’à me sauver dans le bois quand la douleur devenait trop forte.

Je me sentais inférieur aux autres. J’avais un monde à part. J’étais rejeté. Incapable comme les autres d’avoir des amis, des goûts dont tout le monde se moquait et une impuissance chronique à saisir cette dualité entre le paradis et l’enfer. Pour aimer, j’étais prêt à tout…

Si mon impuissance à être comme les autres me torturait, les jeux par contre m’amenaient à adorer la vie. Je crois qu’à cette époque j’étais moins conscient des frustrations que je me l’imagine aujourd’hui. Je vivais trop inondé de la chaleur de la beauté. Ce fut une période où j’ai vécu de poésie. C’était comme si la nature avait décidé de dialoguer avec moi pour remplacer les hommes. J’étais très religieux, une âme qui prenait vite froid, mais qui mélangeait facilement une grippe avec une pneumonie.

Ma curiosité sexuelle ne pouvait pas être minime puisqu’en tout j’étais très passionné. J’ai essayé surtout de m’amuser avec Gilles, qui m’avait littéralement fasciné. Il avait dix ans, j’en avais douze. C’était mon moyen d’être bon. J’aimais ceux qui m’attiraient sexuellement. Je leur pardonnais tout. Devant ces interminables refus de se laisser masturber, j’ai employé ma force en luttant pour passer ma main dans son pantalon. Il aima ça. C’est comme si je venais de faire ce qu’il voulait depuis longtemps. Ces exercices de lutte se sont répétés durant deux ou trois ans avec lui ce qui me permit de perdre intérieurement ma réputation de « faiblesse ». C’est très important à cet âge.

Gilles savait qu’il me fascinait et cherchait toujours à lutter avec moi, jouant aussi à la vierge offensée devant mon ardeur à tenter de lui mettre les mains dans les culottes. Il les retirait, mais ne cessait pas de lutter pour autant. Il aimait ça autant que moi, peut-être plus.

Son bandage le prouvait bien. Un jour, il a joué le jeu jusqu’au bout. Il s’est laissé déculotter et je l’ai examiné durant une bonne demi-heure. Par la suite, je n’ai jamais été tenté de recommencer avec lui, sinon une fois ou deux pour me le rappeler…

C’est étrange qu’une fois fasciné j’aie agi de la même façon avec François, quoiqu’il m’a anéanti par ses larmes. Comment n’aie-je pas pu sentir qu’il ne mentait pas? Je suis habituellement plus attentif à cet égard, car je ne veux froisser personne. François était peut-être trop beau!

Pourquoi François m’a-t-il autant plu? C’est probablement qu’il me rappelait physiquement Marc. Il était presque identique. Marc avait onze ans. Je ne le voyais que le dimanche. J’allais à la messe que pour le voir. Marc avait un air de séraphin et le sourire du petit Alexandre dans les Amitiés particulières. Je l’adorais.

Je travaillais toute la semaine avec sa figure dans la tête. Je ne songeais qu’aux intrigues à inventer pour le rencontrer et à la façon de m’y prendre pour le déshabiller. Je me voyais déjà l’embrasser, le serrer dans mes bras en jouant avec lui. Je rêvais à de grandes randonnées à bicyclette avec lui. Il était tout pour moi. Je vivais de lui et je m’attachais à tout ce qui le touchait. Par lui, tout devenait beau. Le lac avait un sourire. La région était un trésor enfoui quelque part sous le ciel. Les boisés étaient d’immenses forêts de fleurs. Le village, une tribu. Tous les problèmes de la région, du bois au pont de Québec, devenaient mes problèmes puisqu’ils touchaient la vie de celui que j’aimais. Aussi, pour le protéger, assurer sans qu’il le sache son bonheur, j’étais décidé à me battre pour cette région, y laisser ma peau, s’il le fallait… tout comme mon âme… 

Durant mon enfance, j’avais peur d’être de trop, d’être abandonné de mes parents. C’était une crainte sporadique probablement liée à la mort d’une de mes sœurs aînées. Mariette était morte à la suite d’une longue maladie alors que je n’avais que deux ou trois ans. J’ai peut-être identifié cette absence au danger d’être castré, d’être liquidé ou abandonné de mes parents.

Tout jeune, j’étais exclusif et jaloux, surtout de mon frère cadet, Denis, que je croyais le « préféré » de ma mère.

En première année, j’étais d’une sensibilité effarante, surtout d’une folle naïveté.

L’institutrice, pendant les cours de religion, nous racontait des histoires de saints et de revenants. Baptême! J’avais assez peur que je n’osais plus circuler près du cimetière, je n’osais plus aller seul dans le noir et la nuit… que de rêves affreux : fin du monde, squelettes, monstre qui voulait sans cesse tuer mon frère cadet. Je me réveillais, la nuit, en sursauts, trempé jusqu’aux oreilles de sueurs. Je me rangeais alors contre Denis, duquel je me sentais justement préféré; je cherchais sa protection puisqu’il n’avait pas peur, tremblotant plus que si j’avais été nu à 20 degrés sous zéro. Fasciné par la sainteté et invariablement coupable. Ce fut presque globalement mon enfance : des extases à n’en plus finir et autant de sacrifices pour sauver le monde. Des remords interminables à

toutes les colères, à chaque tentative de m’affirmer, à chaque mensonge… comme je me haïssais de ne pas toujours être sage, comme j’avais peur que le diable en profite pour prendre possession de moi, sans que je puisse dire un mot.

Je viendrai comme un voleur.

Dès ma première année scolaire, je suis tombé amoureux de mon institutrice. J’avais tellement besoin d’affection… Je rêvais d’être blond et frisé, ce qui me semblait le summum de la beauté, pour qu’elle ne me repousse pas son attention de moi. Je l’aimais et j’en étais jaloux. Comme je l’ai boudée quand elle m’a appris ses fiançailles, moi, qui à six ans, rêvais déjà de l’épouser.

Marc était le petit gars que j’aurais voulu être. Michel était physiquement balancé comme j’aurais aimé l’être. Il était le portrait-robot de ceux dont la curiosité me poussait à vérifier sur place les formes physiques même si le besoin de toucher guidait mes gestes et mes pensées. Une obsession fascinante. Faire l’amour avec un garçon, même si cela ne consistait qu’à le masturber, c’était me le rendre plus beau, plus vivant, plus créateur. J’oubliais ma laideur et ma solitude. C’était un vieux problème et une veille solution.

Avec ou sans expérience sexuelle, ces liaisons prenaient souvent la tournure de profondes amitiés.

Je me souviens, lors de ma première année scolaire, m’être lié à Léonard. Je l’aimais comme un fou probablement pour une double raison : il était aussi rejeté des autres et m’introduisait dans un monde tout à fait nouveau, un monde d’inventions, d’imagination, sans violence et marqué par un profond amour de la nature.

Je l’admirais profondément de pouvoir transformer un champ sauvage en un véritable petit zoo, alors que je ne pouvais rien faire de mes mains. J’attachais une importance particulière aux poissons. J’ai toujours aimé les animaux et condamné la rudesse des gens à leur égard. Par contre, l’hiver c’était le temps des glissades, des tunnels, des forts. C’était la poudrerie, le temps des rires. Au- delà de mes malheurs, qu’elle était belle cette nature! Elle me rendait heureux. Elle était si captivante qu’elle me faisait oublier le temps, elle m’enseignait la gaieté. Somme toute, j’étais heureux. J’oubliais très vite mes déboires affectifs. Ne trouvais-je pas dans les jeux de fesses satisfaction à ma curiosité? Moyen  de m’approcher des autres? Façon d’être excité et même d’attirer tout le monde à me rechercher? Par ce moyen, n’apprenais-je pas à profondément accepter les autres? À devenir tolérant? La nature, ce profond océan de fascination, ne m’éblouissait-elle pas suffisamment pour me faire oublier les fantômes? N’avais- je pas un ami? J’étais heureux par méditation, par découverte. J’étais passionné des autres à travers moi. Égoïste, comme tous les enfants.

Mon amitié avec Léonard avait germé après un accident qui m’avait

culpabilisé. Copain avec un autre, dont je ne me rappelle plus le prénom, j’avais, il me semble, engendré une bagarre dans laquelle Léonard s’était fracturé une jambe. Ça m’avait impressionné. Je suis d’abord apitoyé sur son sort pour ensuite l’aimer en le découvrant.

Mon enfance a été de cette façon psychologiquement insupportable et tyrannique, tout en possédant une façade dont le bonheur était d’une intensité extraordinaire. Si ce n’eût été de ce sentiment (qui n’avait aucune attache dans la réalité) d’être de trop, d’être détesté et de cette course folle pour me revaloriser, j’aurais eu une enfance comme il ne s’en passe que dans les contes de fées… mais il y eut la religion… les péchés de la chair et leur culpabilisation.

Cicatrices à l’âme (présentation)

août 27, 2020

Jean Simoneau

Les éditions du temps

Illustration et conception de la page couverture : Jean Simoneau

Correction du texte : Jérôme Daviault

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Courrier électronique de l’éditeur : jeansimoneau@cgocable.ca

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Distributeur officiel : Les Éditions du Temps

Dépôt légal

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 4e trimestre 2014 Bibliothèque et Archives Canada, 4e trimestre 2014

Présentation

Cicatrice à l’âme a été publié par les éditions Parti pris en 1981, sous le titre de Laisser venir à moi les petits gars, Paroles 58.

Le but de cette publication était de faire comprendre la vie impossible exigée des hommes qui ont la libido très forte et qui sont attirés par les garçons. Aujourd’hui, on ne les enferme pas seulement en prison, on essaie de les ostraciser jusqu’à ce que le suicide leur apparaisse comme la seule solution à une situation qu’ils n’ont pas voulu, car ils sont nés ainsi.

Cette morale sociale écrasante est aussi responsable des suicides chez les adolescents qui n’arrivent pas à faire face à leur réalité sexuelle. C’est un drame de se découvrir différent des autres et ne rien pouvoir y changer, car c’est ta nature profonde. La petite nature, comme on disait.

En racontant le séjour en prison d’une façon quasi autobiographique, car beaucoup d’éléments ont été ajoutés pour le déroulement romanesque, l’argumentaire permettait de saisir comment le condamné peut se sentir et quelle évaluation il fait de cette peur chronique, paranoïaque de la sexualité, particulièrement chez les jeunes.

La peur était alors justifiée, car des individus adultes avaient tué de jeunes garçons, fruit de leurs frustrations. C’est la peur de devenir un tel monstre qui anima la rédaction de ce livre.

La liberté sexuelle 27

août 27, 2020

La liberté sexuelle  (pp. 261 à la fin)

Continuer de rejeter le plaisir à travers la sexualité pour obéir aux rites religieux, c’est consacrer l’inégalité de la femme par rapport à l’homme, car, elle demeure un objet de luxure et de honte par le simple fait d’être une femme.

Légalité de la femme n’est pas qu’une égalité de salaires, de possibilité d’exercer un pouvoir socio-économique ; mais la fierté de sa propre nature en tant qu’être humain. C’est consacrer son absolu égalité à l’homme , même si sa constitution physique lui offre à priori la chance de pouvoir exercer une vocation différente de l’homme, soit d’être mère. C’est aussi rejeter tous les enseignements qui préconisent la supériorité du mâle sur la femelle.

Dans les structures sociales actuelles, créées par les religions et la bourgeoisie, il est impossible de voir naître une femme qui ne soit pas exploitée, car on rejette une part de sa réalité : une sexualité différente de l’homme. Et, en les cataloguant ainsi au nom des saintes vérités, on en fait automatiquement des êtres à part.

Si la société actuelle est une pensée mâle, il est urgent de la redéfinir en fonction de l’égalité des êtres humains. Par contre, tant que les femmes accepteront de voir la sexualité comme quelque chose de mal, de sale, de honteux ou de dangereux, elles permettront de maintenir et d’exploiter cette inégalité. On ne peut être égal que si on se conçoit égal.

C’est pourquoi l’enseignement de la sexualité doit porter sur les connaissances scientifiques et non sur des conceptions vieillottes dues à l’ignorance.

Certains jeunes ont toujours eu une sexualité précoce. Qui n’a pas connu quelques expériences cachées ? Taire cette réalité, c’est strictement se mentir. Au lieu de nous faire croire en toutes sortes de mensonges (la masturbation donne des boutons, rend fou, comme les religieux l’enseignaient) si on nous apprend que la sexualité est en soi quelque chose de très beau dont on peut parler sans honte, le combat pour l’égalité humaine sera beaucoup plus avancé.

Plutôt que culpabiliser les gens nous devrions réfléchir sur la responsabilité de vivre une sexualité de plaisir qui peut déboucher ou non sur la procréation.

On aurait pas besoin d’entretenir de nouvelles peurs et de continuer, en hypocrite , à ignorer la nuance entre la pédophilie et la pédérastie et le droit absolu d’un individu de vivre ou non une expérience sexuelle qui lui est proposée ou qu’il cherche à obtenir souvent juste pour savoir.

Quand avoir une relation sexuelle dans ta jeunesse devient plus important que de voler ou, tuer ou te faire tuer, il y a un problème dans l’évaluation de la gravité des gestes.

Il ne faut pas oublier que les séquelles dont on parle tant sont dues à la réponse hystérique des parents et amis quand on apprend l’existence de ces rapports.

Quel jeune peut-être assez fort pour dire j’aimais ça quand tout le monde autour réagit pire que si on l’avait tué ?

Je me rappelle une émission sur la pédophilie. Une mère de Val-d’Or racontait que sa fille était allée travailler chez un homme qui s’est couché en bobette sur son lit et se caressait pour attirer l’attention de la fillette. La mère continua en disant à la télévision qu’elle avait maintenant des haut-le-cœur quand elle voyait sa fille devenue « une souillure ». Quelle malade ! Si ma mère avait parlé de moi dans ces termes, je me demande si je n’aurais pas aussi été traumatisé.

Comme le disait Jean Ferguson, un écrivain de Val-d’Or, dans son livre Le journal noir, les jeunes se présentent plus souvent qu’on le pense pour partager de telles expériences, en autant que cela n’attaque pas leur image. Si la sexualité ne représentait pas un tel crime, les jeunes n’auraient pas honte d’en parler et on n’aurait pas besoin de chercher à créer une société de délation.

Si la sexualité était enseignée comme étant quelque chose de naturel, sans tabou, il y aurait pratiquement plus de honte à avoir tenté la chose et par conséquent plus de séquelles. Ces réactions tardives sont trop payantes pour les professionnels, comme les psychologues et les psychiatres, pour être dénoncées comme le résultat d’un scrupule disproportionné à la faute.

«J’aime ou j’aime pas », devrait être la seule règle individuelle. D’ailleurs, le jeune devrait être le seul à pouvoir dénoncer la situation et cette dénonciation ne devrait pas tenir lieu de chantage. Si ces causes n’étaient pas le lieu de prédilection du jaunisme de notre journalisme, la peur-phobie d’être violé à tout moment n’existerait pas. Il est bien évident qu’aucune société ne peut accepter le viol, car ce n’est plus un moment de joie, mais de violence et de torture. Là, est toute la différence.

Malheureusement, l’Église a payé et on s’imagine maintenant que la dénonciation est le moyen par excellence de devenir riche facilement.

Quel danger un homme de plus de 70 ans peut-il objectivement vraiment représenter ? Doit-on, sous prétexte de protéger les jeunes, devoir l’incarcérer parce que 20 ans plus tôt il a eu une aventure avec un jeune qui avec le temps, à cause de l’image, prétend ne pas avoir aimé ça ?

En quoi ces gestes sont-ils plus graves qu’un individu saoul qui tue un enfant dans un accident d’automobile ou en lui faisant sauter le cerveau en lui vendant des drogues fortes ? Ces derniers seront libres après quelques années alors  que le pauvre «pédophile » est condamné pour le reste de sa vie. On croit ça

tellement grave qu’il sera consigné dans une liste qui le suivra le reste de ces jours.

Il est bien évident que cette disproportion dans les punitions est une folle aberration.

Il serait plus juste de dire que le dénigrement de la sexualité est un viol des consciences et des âmes.

Cette identification au mal est le propre de l’approche de la sexualité de tous les adultes qui ont de fort troubles de personnalité et qui voit du mal partout. Cette fixation sur la sexualité n’existe pas dans la tête des enfants, mais constitue le vécu des remords et de la honte que l’on voudrait accoler à tous les jeunes qui ont une expérience précoce. C’est payant pour un psychiatre de faire croire que tous les problèmes de la vie tiennent à une expérience précoce de la sexualité.

En poursuivant leur lutte hystérique, certaines féministes permettent, grâce à leur fanatisme qui tient du fait que les parents se projettent et d’identifient dans leurs enfants (surtout les mères) de maintenir un haut taux d’infantilisation de la sexualité. La lutte à la pédophilie tient de la haine et de la peur des femmes face à leur propre sexualité. Elles préconisent ce que les religieux ont essayé de nous imposer. Elles permettent au judiciaire d’avoir une approche comme du temps de l’Inquisition et du nazisme.

Une peur constante de la sexualité rend celle-ci pire que tous les crimes. « Ils ont volé notre enfance », comme s’ils ne pensaient qu’à cela quand ils sont jeunes. Les jeunes ne sont pas aussi obsédés par la sexualité que nous l’avons été. Nous avons été damné durant des siècles, juste à y penser, on paralysait de peur.

Il serait temps que l’on cesse de voir la tendresse comme un crime et que l’on combatte la violence. Mais notre système ne peut pas s’épanouir sans violence et victimes. Et qui dit violence dit domination, délation, jugement.

Ne serait-il pas temps que l’on revienne à un meilleur équilibre et une évaluation un peu plus juste et équilibrée de la gravité des gestes sexuels ?

Tout individu est le seul responsable de son corps. Il lui appartient de décider s’il aime être ou non cajolé ? Il existe sûrement des situations d’abus, mais toutes les lois sur le viol existent pour y faire face. Un abus c’est quand il n’y a pas eu un consentement d’où le besoin d’apprendre à dire clairement et fermement « oui ou non», «j’aime ou je n’aime pas». La sexualité est essentiellement liée au droit de chaque individu à sa vie privée.

Il est moins dangereux pour un jeune de participer à des jeux sexuels, s’il y consent, que de se faire battre par des parents moralistes, d’être un dénonciateur ou de crever de faim

Magog, 11 mai 2005

Conclusion

Je suis pédéraste et j’ai décidé d’expliquer ma philosophie de vie, même si je sais que cela pourra fournir les preuves nécessaires pour m’écraser à nouveau parce qu’on juge que mon point de vue met les institutions du pays en danger…

Même si personne ne partage mes 60 ans de réflexion, je sens que c’est le message le plus fondamental que je doive livrer, si j’aime l’humanité, en espérant que ce point de vue apportera une discussion sincère et profonde.

Que j’aie raison ou non, ça n’a pas d’importance, ce fut le sens de ma vie.

Je suis heureux d’être pédéraste puisque cet amour m’a fait connaître les plus beaux et les plus tristes moments de mon existence. Malgré le suicide du plus jeune de mes fils adoptifs parce qu’une fille l’a quitté, malgré le suicide d’un de mes amis parce qu’il n’a pas voulu subir le chantage d’être dénoncé, ce fut une très belle expérience.

Je regrette seulement d’avoir été forcé de vivre presque inutilement durant les dix dernières années , c’est-à-dire d’avoir assumé d’être à jamais un « reject total» alors que mes compétences m’auraient permis d’avoir un petit grain de sel de plus dans le développement du Québec, d’autant plus que le pays manque de professeurs.

Les 20 premières années de ma vie ont été, sur le plan moral, un voyage entre la mystique et le calvaire quand j’ai appris que le sexe pouvait nous damner. Journaliste et poète, j’ai découvert la politique et j’ai pu commencer à définir ce que j’appelle le «système», un appareil de vols et d’assassinats pour exploiter  les individus et garder le pouvoir. Ces années folles de 1970 ont été ma première affirmation quant au droit d’aimer qui que ce soit, en autant qu’il n’y ait pas de violence. Ce fut l’époque où la pédérastie m’a empêché de sombrer dans la haine.

Évidemment, quand je fus professeur, seuls, mes lecteurs assidus et quelques personnes connaissaient mon point de vue. À Longlac, les parents de mes étudiants ont appris mon orientation, mais ils ont décidé de faire confiance à

leurs garçons. Ce fut une expérience extraordinaire en faveur de la  transparence. Par contre, à The Pas, au Manitoba, on a mélangé mon passé politique et professionnel, de façon à ce que je perde mon employé parce que j’avais eu un dossier judiciaire 20 ans plus tôt. Une telle expérience a resserré mon goût pour m’affirmer tant que je serais professeur. Je suis fier d’avoir été 15 ans dans l’enseignement, capable de mettre n’importe qui au défi de prouver, même prétendre, que je me suis servi de mon statut pour attirer des jeunes. Ce fut un métier que j’ai tout simplement adoré. Je crois même avoir été un bon professeur. Ce sont les jeunes à qui j’ai enseigné qui peuvent répondre…

Je suis peut-être un faux pédéraste parce que j’ai vécu avec quelques femmes et des hommes de mon âge, que j’ai aimé ça, que je ne suis pas devenu absolument misogyne. Au contraire, je crois que l’égalité des femmes apportera un équilibre essentiel au développement de l’humanité et qu’elles seront probablement les premières à reconnaître que la morale qui nous a forcé à vivre dans la culpabilité est un viol de conscience indicible.

Je n’aurais jamais cru que la libération individuelle exige une période aussi longue. Je suis conscient plus que jamais du danger que représente de vouloir être sincère et honnête dans un monde pour qui Dieu est synonyme de profit…

26 mai 2005.

La liberté sexuelle 26

août 27, 2020

La liberté sexuelle 26

RELIGION ET SEXUALITÉ

Il est impossible de parler de démocratie, sans assurer d’abord le droit des peuples à l’autodétermination, la liberté sexuelle, absolue, consentante et non- violente, le droit individuel de vivre sa religion chez-soi ou de participer à sa liturgie dans un temple, si elle ne viole pas les lois civiles du pays ou ne se mêle pas de politique.

Les religions ont pour seule raison d’exister de construire l’amour entre les individus, donner un sens à la vie, de prétendre à l’existence d’un dieu. Aucune ne détient «la Vérité» et aucune n’est supérieure à l’autre.

On sait que les Livres Saints ont été conçus par des SAGES, parce qu’à ces époques, les religieux étaient ceux qui te disaient en qui et en quoi croire, en plus d’être la police, le psychologue, etc. Le monde était dirigé par des religieux. Depuis ce temps, la science s’est opposée souvent à ce que l’on croyait des vérités incontestables. Elle a essayé de départager l’imaginaire de la réalité scientifique.

Le fanatisme religieux est une forme de violence soutenue par une image spécialement négative de Soi (grâce à la sexualité, tout individu est un pécheur). Cette perception de l’homme – pécheur, aliéné et coupable d’avoir un corps permet l’exploitation matérielle des individus et même des peuples entiers par ceux qui pensent détenir à eux seuls la Vérité.

Ce misérable état d’âme permet la justification de toutes les dominations, car le capitalisme sauvage est rien d’autre que sublimation ou si l’on veut une forme de rejet de la sexualité, compensée par les biens matériels plutôt que culturels ? Quelle valeur ou autre sentiment justifie une telle peur de la sexualité ? En quoi la nudité est-elle mauvaise ? Pourquoi la sexualité est-elle perçue comme un mal, une honte qui justifie une chasse aux sorcières qui existe depuis des millénaires ? En quoi un religieux et une féministe qui voit du mal dans tout ce qui est sexuel sont-ils différents d’un soldat SS en grande mission pour détruire les homosexuels et les juifs (représentant de la suprématie financière des banques) ?

La chasse aux pédophiles, sans accepter la différence avec la pédérastie, est un dénie du droit à l’individu de vivre sa puberté comme pouvant être la première expérience de sa sexualité, de tomber en amour ainsi que le droit à son orientation sexuelle et sa vie privée. La Charte des droits de la personne s’oppose pourtant à toutes formes de ségrégation à cause de l’âge. La sexualisation d’un individu ne commence pas à une date fixe. Mais, le système a cru bon d’ignorer la Charte pour prétendre à la protection des jeunes, confondant protection et surprotection comme dans l’ Arrache-coeur, de Boris Vian. La Charte des droits, c’est quand ça fait notre affaire…

Toutes les institutions cherchent à exploiter les gens en leur dictant comment vivre. C’est un esclavage, comme celui « du regard ou de ce que pense l’autre», de la naissance jusqu’après sa mort. Tout y passe. Tout est exploité, comptabilisé et la morale pour permettre cette exploitation des individus est force de loi, pour ne pas dire de vie ou de mort. Pourtant, leurs règles sont une façon cachée, hypocrite de combattre l’homosexualité, en rejetant sans nuance toute forme déviée de la sexualité hétérosexuelle monogame. Cette protection des adultes contre le crime d’être sexué n’est rien d’autre qu’un moyen de contrôler l’individu, car la libido est la force fondamentale de l’homme.

Le système doit justifier la violence plutôt que la tendresse s’il veut expliquer l’existence de ses armées pendant que des millions de gens crèvent de faim. Le combat contre la liberté sexuelle non-violente a pour but de détourner le regards des individus des enjeux véritables dans le monde, de voir la corruption des systèmes dans lequel ils sont élevés et d’entretenir, grâce aux médias , une paranoïa sexuelle chez les femmes et les enfants. La peur est un immense trou noir de l’exploitation.

Pour exister les religions n’ont pas besoin de signes extérieurs pour se manifester ou se mesurer aux autres, c’est un droit tout à fait personnel, un choix tout à fait intime. C’est l’orientation, le sens que l’on veut donner à « sa vie » et le choix des moyens que l’on veut prendre pour y arriver.

En créant des règles, les principes de vie, les religions ont, pendant des siècles, des siècles, dominé les consciences individuelles, interprété la vie. Avouons-le, elles se sont fabuleusement enrichies en exploitant l’inconscient et la culpabilité des individus, en inventant l’idéal absolu. Selon les religions, il faut «miser» sur la perfection, mais sans jamais pouvoir l’atteindre. L’image de l’homme parfait est devenue une source d’hypocrisie et de fanatisme.

Toutes les religions pour manipuler les fidèles ont entretenu la haine et la peur de la sexualité. En réprimant les sens, particulièrement la vue, le toucher, le génital, aucun individu ne pouvait échapper aux griffes des religions, car ce sont des points qui correspondent à la réalité de chaque individu. On a vite compris la règle selon laquelle un interdit crée une faute.

La réglementation d’un mur à l’autre de cet interdit, surtout qu’il est incompatible avec la nature humaine réelle, s’il est appliqué sans nuance, est une source sociale de profits inestimables. En interprétant, surtout en interdisant ou circoncisant le phénomène sexuel, les religions ne pouvaient pas se tromper : elles aliénaient tous les humains, car, tous sont sexués, un universalisme indéniable et on ne peut plus payant.

Nos institutions religieuses sont de parfaites « manipulatrices» de l’inconscient et de l’irrationnel. Elles devaient expliquer la vie et répondre à nos peurs ; elles ont plutôt exploité celles-ci pour s’enrichir et se créer un statut, un pouvoir de vie ou de mort. Un pouvoir indiscutable.

L’ignorance individuelle a servi à mettre au monde des perceptions de l’être qui n’ont rien à voir avec la réalité, qui sont souvent en contradiction avec l’« humain profond », la « petite nature » et l’absolu de la charité : tu ne jugeras point. Plutôt que de que de servir de ciment à l’humanité, à l’amour et à la charité, les religions sont devenues les causes de dissension et de haine entre les individus. Elles ont troqué leur raison d’être, soit de glorifier le Créateur pour le pouvoir immédiat que représente la culpabilisation des individus et le profit incommensurable exigé pour s’amender. Les religions comme Lucifer ont refusé à Dieu, de s’agenouiller devant l’homme, sa création. Elles ont ainsi commis le premier et le pire des péchés : l’orgueil.

Le moyen le plus efficace de détourner le regard des autres, c’est bel et bien de faire exploser le danger qu’une situation représente tout en en minimisant une autre. Par exemple, quelques années suivant de nombreux meurtres, comment un individu peut-il devenir moins dangereux que celui qui, sans violence, initie un jeune à la fellation ? Quand tu te fais sucer, tu ne t’assèches quand même pas ! Mais, c’est sexuel et la sexualité est une hantise entretenue par le système bourgeois et religieux pour faire oublier les vraies abjections.

Nous vivons dans un monde où la violence est normale alors que la sexualité, un phénomène physique, hormonal et génétique sur laquelle l’individu n’a aucune prise sinon un certain contrôle, est devenue le crime le mieux entretenu par la paranoïa et l’hystérie. Cette peur du sexuel est entretenue par les religieux, le système judiciaire et les féminounes. On découvrira un moment donné que les féminounes ont servi au fédéral pour tuer l’indépendance du Québec en exploitant des règles qui conduisent à une sous-estimation de soi.

Il est impossible de parler de démocratie quand les individus sont sous le joug de super-états, d’empires ou d’une fédération centralisatrice. Il est impossible de parler de démocratie quand les peuples se voient refuser l’accession à l’auto- détermination par des voies non-violentes.

Il est impossible de rêver démocratie quand les empires existent et se servent de la violence, de leur force pour s’imposer. Il est impossible de vivre la démocratie tant que nos institutions n’ont pas un très profond respect pour les individus. Les services secrets sont anti-démocratiques car ils sont le bras invisible de l’armée.

La démocratie commencera à pointer le nez partout dans le monde au moment où universellement toutes nos sociétés entreprendront une lutte farouche à la violence et à l’analphabétisation.

La démocratie n’existera que le jour où les états auront le contrôle sur les multinationales ainsi que sur leur économie, leur vie sociale et juridique. Le jour où les Nations Unies ne seront plus des créations serviles des grandes puissances et pourront assumer à chaque peuple le respect de la Charte des droits de la personne et des peuples.

La démocratie aura un sens quand on aura redonné ses lettres de noblesse à l’individu, par le simple fait d’exister.

Il est impossible de parler de démocratie tant que les peuples n’auront pas le droit de créer pacifiquement un pays à leur image et selon des normes acceptables pour tous.

La démocratie ne peut tolérer l’ignorance, le colonialisme, l’absence d’éducation et l’aliénation comme mode d’agir et d’exploitation des individus. Par conséquent, la démocratie ne peut pas vivre sans transparence et liberté. Et qui dit liberté, parle aussi de responsabilité.

Il est facile de confondre  » démocrassie » avec le vote, sous une dictature bénévole et le contrôle des individus par les communications ou l’économie. Il suffit de laisser dominer l’intolérance, l’imperméabilité et de cultiver le culte de la supériorité morale ou psychique sur les autres pour trahir le vrai sens de la démocratie.

La démocratie n’est pas qu’un rite hypocrite, diplomatique, politique, juridique ; c’est une réalité individuelle quotidienne.

« La vraie démocratie confirme la liberté de l’individu dont la limite est «ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’il te soit fait ».

L’histoire est cousue d’exemples dans laquelle des millions d’êtres humains ont été sacrifiés à l’autel du pouvoir afin d’imposer aux autres «sa» morale. Si les religions peuvent semer la compassion, celles-ci jusqu’à nos jours ont été les germes de la dissension et de la violence dans le monde. Le fanatisme religieux est une maladie mentale plus perverse que la pédophilie. Les homosexuels ont été une des premières cibles d’Hitler. La course à l’extermination des juifs prenaient racine quant à elle dans l’étouffement économique que l’international faisait subir à l’Allemagne.

Toutes les religions ont entretenu la honte et la peur de la sexualité pour entretenir leur pouvoir sur les individus. Ces données morales ont permis de créer l’esclavage psychologique, car, qui peut échapper à sa réalité sexuelle ?

Hitler s’est centuplé avec le temps. Staline, Pol Pot, Poutine, Bush, la Gestapo féministe réactionnaire du Québec, ce sont tous des dirigeants qui utilisent la force des religions ou des idéologies pour tuer et contrôler les gens.

Malgré les constatations de Freud, Fourrier et Reich, à l’effet que la répression sexuelle engendre une société de violence, cette castration continue d’être ce que l’on enseigne et que l’on impose par l’aliénation culturelle et religieuse à la majorité des humains.

On préfère la violence, à la tolérance. On aime mieux la paranoïa que la tendresse. On sacralise, on idolâtre l’argent, le pouvoir et la violence aux dépens de l’humanisme et de l’amour. Tout ça au nom d’un Dieu d’amour. Grâce à la répression des Églises (religions) et des féministes radicales, les femmes sont des citoyennes de zone inférieure et désire le demeurer. Lire : Pouvoirs de l’horreur, de Julia Kristiva, Éditions du Seuil, no 152.»

En ce sens, il faut se réjouir de la décision de ne plus enseigner « la religion » dans nos écoles, mais une vue d’ensemble des philosophies historiques de toutes les religions parce qu’elles profitent à l’avancement socio-moral des peuples et des individus.

Par contre, si on ne peut pas enseigner la réalité sexuelle dans nos écoles au primaire sous prétexte que ça peut traumatiser les enfants, il faudrait empêcher tout enseignement religieux avant le CEGEP puisqu’ils ne sont pas plus capables de choisir une religion à cet âge que d’apprendre sur leur sexualité.

Savoir pourquoi les religions ont été inventées, ce qu’elles apportent aux individus est essentiel à une réflexion sur la vie ; mais cet enseignement doit être complété par des cours de civisme et donné qu’à partir du secondaire. On doit savoir que toutes les religions se recoupent dans une seule phrase de l’Évangile ou dans tous les livres dits-saints : « Aime ton prochain comme toi-même pour l’Amour de Dieu».

La race humaine évoluera le jour où elle pointera l’ignorance, la violence, autant le capitalisme sauvage que le communisme et les drogues comme l’ennemi no 1 de la vie et rétablira les lettres de noblesse de la sexualité, comme expression des la tendresse et de l’amour.

Pendant des siècles, les religions nous ont présenté la sexualité comme étant le mal absolu. Leur enseignement de la sexualité a été, à mon avis, le pire viol des consciences chez les humains. On a érigé l’ignorance de la réalité humaine, corporelle en système de réflexion et d’agir. La peur de la sexualité constitue une castration des sens, particulièrement, de la vue et du toucher.

Si les gens veulent participer aux activités d’une Église, ils n’ont qu’à se rendre à leur temple le dimanche pour y recevoir un enseignement plus exhaustif, cela permettra aux états de sauver la culture religieuse ; car, tout n’est pas mal dans une religion, bien au contraire, puisqu’elles ont été créées pour indiquer un chemin possible vers sa réalisation. Des règles.

Cependant, les religions ne devraient jamais se mêler de politique et elles doivent être subordonnées aux règles de la vie civile.

Les religions doivent être personnelles ou un échange avec les autres pour les rendre plus vivantes. Ceci inclut «la morale». Celle-ci doit être individuelle, viser une meilleure vie en société, ce qui élimine la répression et l’étroitesse d’esprit dans laquelle nous avons été emprisonnés par la notion de péché, inventée par nos religions pour mieux nous aliéner.

Heureusement, au Québec, nous avons eu des gens comme Jeannette Bertrand pour essayer de remettre un peu les pendules à l’heure. Nous avons aussi pu compter sur notre sens de l’humour pour diminuer les effets pervers de la peur et de la paranoïa sexuelle qui sont entretenues par le jaunisme de nos média d’information comme chez nos voisins du Sud.

Il est plus qu’urgent que nos sociétés soient repensées pour redécouvrir le support qu’elles doivent apporter aux individus afin de leur permettre de s’épanouir puisqu’elles nous écrasent aujourd’hui.

Le prochain millénaire sera celui du partage individuel ou de la destruction humaine. La mesquinerie, l’avarice, l’exploitation des autres, le pouvoir concentré dans les mains de petits groupes, surtout à un niveau d’état, sont les germes de notre destruction planétaire.

En ce sens, il faut avoir à l’esprit que notre survivance passe par notre capacité à créer un « nouveau monde »dans lequel la solidarité remplacera l’abondance, la tendresse remplacera le prétendu péché de la chair : une invention religieuse pour maintenir l’aliénation des femmes et les structures sociales dans lesquelles nous évoluons aujourd’hui.

Si la morale religieuse actuelle persiste, elle continuera à semer le racisme, l’intolérance et le mépris des autres … Il faut accepter l’humain tel qu’il est.  On n’apprend pas à un jeune à devenir responsable et autonome avec la peur, la culpabilité, la honte et le mépris de soi. Si les religions avaient mis autant d’emphase à enseigner l’amour et la charité qu’elles ont mis à prétendre au péché de la chair, le monde serait déjà plus pacifique et les milliards engloutis dans les armées serviraient à nourrir les moins bien nantis de notre monde.

La religion doit être strictement individuelle, sauf, pour la participation à une liturgie qui lui est particulière et sans appel à la violence. La valeur des religions doit être jugée selon leur capacité à unir les hommes, à les déculpabiliser, à les accompagner dans le cheminement et la recherche de leur réalisation.

Les religions n’ont de sens que dans la spiritualité et si elles continuent de se mettre le nez dans la morale sexuelle, leur disparition sera ce qu’il y aura de mieux pour l’avenir de l’humanité.

Voilà ce qui compte dans les futurs cours de religion, s’il y en a : la fraternité humaine : faites l’amour, pas la guerre.

L’enseignement de la sexualité.

L’enseignement de la sexualité doit reposer sur la connaissance scientifique et non, sur les préjugés religieux qui ont généré une foule de ségrégations, spécialement quant au statut de la femme et de l’homosexualité.

La sexualité ne doit pas être enseignée à travers le prisme vicié du scrupule ou de l’esprit des gens qui n’acceptent pas leur nature matérielle, limitée, et devant

être sexués pour assurer la survie de l’espèce. Il est temps de leur poser la question à savoir comment Dieu, qui n’a jamais eu de corps ou la nécessité d’affronter l’éphémère, peut-il comprendre un être aussi inférieur que l’homme, matériel et limité dans le temps et l’espace ?

Qui a décidé que la sexualité est sale, mauvaise et honteuse ?

Notre morale, basée sur l’ignorance et les préjugés, est-elle autre chose que la projection de la peur que les religieux entretiennent envers leur propre sexualité

? Le refus de toucher à l’autre est-il autre chose que l’affirmation de la  supériorité du bourgeois et de la Cour sur le petit peuple, d’où prétend-on être sali en touchant et en étant touché ? La honte d’être l’égal d’une classe inférieure, la perpétuation de l’esclavage, la lutte des classes, voilà ce que cache réellement la haine du système judiciaire en criminalisant la sexualité.

Il est captivant de constater jusqu’à quel point l’hypocrisie déforme l’information pour créer un monstre avec les pédérastes que l’on confond avec les pédophiles pour mieux entretenir une paranoïa collective.

D’ailleurs, n’est-il pas hors de proportion qu’un individu ait à payer toute sa vie pour avoir osé un attouchement sexuel sans violence : prison, dette, rejet absolu (même plus le droit de faire du bénévolat) , être sur une liste perpétuelle de prédateur, traqué par certaines féministes folles et hystériques, ne plus avoir de passeport pour trouver un endroit moins débile ?

C’est choisir le mode de pensée romain plutôt que celui de la Grèce antique.

Qui sommes-nous pour juger de la pertinence de la « petite nature» des individus ?

Nos justiciers se croient-ils supérieurs à leur Créateur ? Comment peut-on continuer d’agir comme s’il n’y avait aucune différence entre la pédophilie et la pédérastie ? Comment peut-on nier la valeur des relations maître mentor ; élève et disciple, chez les Grecs ? Cette relation existe depuis le début des temps et existera toujours.

Sous prétexte de protéger le petit innocent, les adultes le contrôlent dans ce qu’il y a de plus intime et de plus privé chez leur garçon. Mais, le protéger de quoi ?

Tout le monde sait que la masturbation, par exemple, est un moyen efficace pour combattre l’anxiété. Pourquoi regarder, seul, chez-soi des photos de nus, même s’ils sont jeunes, est plus dangereux que de tuer un enfant dans une guerre pour s’approprier les richesses naturelles des autres ou les forcer à travailler à des salaires de crève-faim ? Est-il plus acceptable de tuer un jeune que de l’initier à la jouissance d’une caresse ou d’une pipe ? C’est de l’hypocrisie. C’est prétendre que la virginité sexuelle est plus importante que la vie. Il y a une différence fondamentale entre la jouissance et le viol : le OUI.

Comme le propose Freud, on doit nettement distinguer entre sexualité et génitalité.

Alors que la sexualité caractérise notre sensualité, notre tendresse, notre rapport émotionnel à l’autre ; la génitalité a une toute autre raison d’exister : la survie de l’espèce humaine. Ne point faire la nuance est ce qui a entraîné le rejet de la notion de « plaisir » dans notre vie.

Sur ce point , les mouvements d’émancipation modernes féministes, dans les années 1970 , en particulier , ont permis de rejeter le statut « d’esclave» , du péché, particulièrement, pour les femmes et les gais. Il était impossible de faire accepter l’avortement sans d’abord réclamer la propriété exclusive de son corps ainsi que le droit de jouir.

Avec le temps, l’humain a compris que la richesse d’un individu tient à sa propre existence. La valeur d’un être humain ne peut pas être altérée par son orientation sexuelle. Il y a vingt ans être gai était considéré comme une maladie mentale. Il y a moins de 100 ans, dans certaines communautés on brûlait les gais, ces déviants de l’approche hétérosexuelle exclusive.

Tous les humains sont fondamentalement nés égaux avec des vocations de vie différentes. Il n’y a pas d’individus meilleurs ou pires que les autres à la naissance. La vie se chargera de départager le bien (l’amour) du mal (la violence).

Malheureusement, aujourd’hui, on semble accepter, à cause des faussetés que les religions ont imprégnées en nous que le pouvoir et la violence sont préférables à la tendresse et à la solidarité. La sexualité est devenue mal, surtout dans l’esprit des mâles dirigeants, des religieux et des féministes radicales homophobes ; la pudeur sert davantage à entretenir la paranoïa que la charité et le respect de soi.

C’est pire de caresser un autre que de le tuer. La violence est devenue notre Dieu, même si toutes les religions prêchent le pardon.

Les gens sont étonnés de constater l’existence de la sexualité chez les jeunes. Pourtant, nous savons tous que la libido existe chez tous les individus de la naissance à la mort. Continuez d’agir comme si on l’ignorait n’est qu’hypocrisie.

La précocité n’est pas nouvelle, mais on est souvent trop hypocrite pour se rappeler ses expériences personnelles. On a peur de ce que les autres pensent de nous. Freud a très bien illustré les étapes du développement sexuel de l’humain. La sexualisation existe déjà à la naissance.

Durant la petite enfance, les jeunes perçoivent les premières différences anatomiques. Ils découvrent leur corps et adaptent leur comportement à cette découverte en fonction de leur environnement. Entre cinq et neuf ans, les jeunes connaissent une période de latence, au cours de laquelle la sexualité semble inexistante. Puis, vient la puberté. Ces changements psycho-physiques provoquent une nouvelle poussée de curiosité et d’expériences qui sont d’ailleurs souvent gaies. C’est l’époque de la comparaison, si on peut dire. Se comprendre à travers les autres. L’individu s’interroge dorénavant sur les autres et son rapport avec eux. Cette évolution n’est pas une question d’âge, mais d’hormones. Elle est personnelle et nous échappe souvent. Finalement, dans la majorité des cas, la découverte débouchera très souvent sur l’hétérosexualité et entraînera la création de couple.

Si la sexualité occupe une telle place qu’elle t’empêche de vivre en société normalement, tu es névrosé ; mais si le scrupule te rend tout ce qui est sexuel sale et honteux, tu es psychosé. Il s’agit d’atteindre un équilibre.

Notre éducation sexuelle tient plus de la projection des « religieux » qui ont bien de la difficulté à maintenir un équilibre entre leur vision faussée de la sexualité et leur vie religieuse contre nature , en rendant l’homme esclave d’un dieu plutôt que responsable de sa morale.

Qu’on le veuille ou non, la façon de vivre la sexualité chez les jeunes n’a absolument aucun rapport avec la perception de la sexualité chez les adultes.

Pour un jeune garçon, les expériences sexuelles ne débouchent pas automatiquement sur la paternité, d’autant plus que très souvent la sexualité à cet âge se vit entre garçon. C’est une question de curiosité : qui a la plus belle et la plus longue ? Répondre à cette interrogation pour savoir si tu es normal ne crée aucune culpabilisation. Au contraire, elle rassure. Voir la différence …

Les jeunes ne font pas tout un plat avec la sexualité. Pour eux, ce sont des jeux de tendresse, de performance, l’exploration de la jouissance. Loin d’être une raison pour faire une crise d’hystérie, comme bien des parents , le jeune y prendra plaisir et n’y verra aucun mal. Avec raison d’ailleurs ! Pour qu’il y ait mal, il faut d’abord une approche viciée de la sexualité.

Toute personne normale rejette la pédophilie, car elle consiste en des gestes génitaux avec des enfants de la naissance à la pré-puberté, vers 10 ans environ. Les jeunes ne sont physiquement pas encore développés. Cette forme de relation n’est pas encore un plaisir.

Le rejet de la pédophilie tient plus au développement normal des individus que de la morale. L’enfant n’est pas constitué physiquement, ni mentalement, pour ce genre de rapport. Cette expérience prématurée peut entraîner à jamais le dégoût

ou la peur de la sexualité. Cependant, en ajoutant un âge pour le consentement, on élimine l’expérience. Une expérience dont chaque individu à le droit, tant qu’elle s’exerce avec le consentement de l’autre.

Chaque individu a une libido bien personnelle et un rythme d’évolution qui constituent d’ailleurs la base de sa future personnalité. S’aimer et se sentir aimé est tout aussi nécessaire à la vie psychique que de respirer. Par contre, si l’on veut absolument encadrer la sexualité des jeunes, chez un garçon, l’âge de consentement se situe scientifiquement beaucoup plus près de 10 ans que plus vieux, car la pré-puberté commence souvent autour de cet âge.

Tous les individus ont une conscience particulière de leur développement dans le temps et on pourrait même dire à travers leur développement corporel. Si on veut réellement respecter les individus on cessera de parler d’âge fixe. Pour respecter leur développement on décriminalisera la sexualité en fonction de l’entrée au secondaire (junior High). Ainsi, chaque individu pourra suivre son rythme biologique individuel. Et très important : ainsi tous les jeunes auront eu le temps d’étendre leur connaissance de leur propre corps et de leur désir, sans sombrer dans la culpabilisation dont parle tant W. Reich, particulièrement dans son livre : La lutte sexuelle des jeunes. Et, comme Marcuse pose la question dans Éros et civilisation : serait-il pire d’accepter de vivre ces déviances tant qu’elles ne sont pas violentes ?

Il faudra apprendre aux jeunes, dès le primaire, ce qu’est le consentement ainsi que la responsabilité individuelle dans les rapports avec les autres. On devra leur apprendre à dire un «oui» ou un «non» clair et non un oui ou un non d’agace. Il leur faudra apprendre à vivre dans la dignité quel que soit le choix qu’ils font. La responsabilité exige d’être conscient de ce que l’on aime et de ce que l’on n’aime pas. Il ne peut pas y avoir de mal si l’on ne croit pas très profondément que ce que l’on fait est mal. Si on s’y arrête quelques secondes, rien ne justifie de percevoir les relations sexuelles ou la nudité comme un mal. Dieu nous a-t-il créés habillés ?

L’interdit comme nous le connaissons actuellement empêche une réflexion essentielle sur « soi», sous prétexte que l’on n’est pas prêt. Mais, comment l’être sans une connaissance approfondie de ce que nous sommes dans notre totalité et dans nos rapports avec les autres, ce qui souvent demande des années de réflexion et d’expériences. Certains prendront des décennies à se définir.

La liberté et le choix ne commencent pas à exister le soir de l’arrivée de l’âge de consentement, mais c’est un processus toujours en progression, selon l’image que l’on se fait de la vie et de ses besoins. Notre seule limite doit être que la liberté s’arrête là où celle de l’autre commence. Maintenir qu’un jeune ne sait pas ce qu’il fait ou ce qu’il veut, c’est entretenir un degré inacceptable d’infantilisation. Les remords pour obéir à l’image que l’on a de soi dans la société ne peuvent

pas exister si l’on nous a appris que « notre corps nous appartient et que nous sommes les seuls juges et responsables de celui-ci ».

On doit faire une nette nuance entre une caresse, un attouchement et une pénétration. Le consentement est au coeur de cette liberté individuelle. Un attouchement n’est certes pas pire qu’une circoncision non nécessaire ou les rites d’ablation chez les femmes. Une fellation n’a jamais asséché qui que ce soit.

La jouissance et la nudité ne sont pas mal, sauf, dans l’esprit de ceux qui voit du mal partout. Nous avons eu le cerveau lavé avec ces péchés et ces tabous depuis des siècles ; il est donc normal qu’une remise en question de la gravité de ces gestes soulève un tel problème.

Par contre, il faut développer le sens de la responsabilité en ce qui a trait à la procréation, l’éducation d’un nouvel être, la responsabilité quant à sa protection jusqu’à ce qu’il puisse s’assumer lui-même.

Il faut connaître ses limites et les moyens de se protéger contre les maladies transmises sexuellement. Cet enseignement doit être préventif, mais il doit aussi respecter la vitesse de l’intérêt des individus pour la chose sexuelle.

Il y a une différence entre l’enseignement de groupe et répondre aux interrogations particulières. En ce sens, la CECM, dans les années 1980, avait tenté des expériences éducatives très intéressantes à partir d’une vision positive de la sexualité. Le fascicule «Ce que tout jeune homme devrait savoir » est une réussite.

Il y avait aussi un film sur l’homosexualité qui était aussi très bien, car il faisait la nuance entre un adulte qui veut profiter d’un jeune, en faire son objet sexuel seulement et un adulte qui veut partager l’expérience de la vie avec lui ou en d’autre mot qui en est amoureux.

Qu’on le veuille ou non, dans notre société actuelle la perception de la sexualité chez les jeunes est très différente qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille.

Le garçon vit sa sexualité sans culpabilisation et honte alors que la fille y voit plutôt quelque chose de honteux, de sale parce qu’on a toujours abordé la sexualité chez les filles comme un tabou.

Si on en parle comme quelque chose de normal, sans secret, chaque individu peut tirer ses conclusions quant à ses gestes. Si on en parle normalement, le jeune n’aura pas toujours l’impression d’être le seul humain à vivre les expériences qu’il connaît.

1 – Cette information s’avéra fausse. Tony Duvert ne fut pas tué comme on me l’avait rapporté.

La liberté sexuelle 25

août 26, 2020

La liberté sexuelle 25

Qu’est-ce que la pédérastie ?

La pédérastie est non seulement une orientation sexuelle, mais c’est aussi la plus belle, la plus pure, la plus fougueuse des passions. C’est un hymne à la beauté de l’être humain, une recherche de la jeunesse éternelle et la tendresse infinie. C’est développer son âme d’enfant. Alors que le père se doit d’être autoritaire pour aider son garçon, le pédéraste va chercher l’égalité sentimentale, la complicité et le plaisir. Son but ne sera pas d’élever le jeune homme, mais de l’accompagner dans sa découverte de la vie. Malheureusement, certains peuvent abuser en se bornant qu’aux relations génitales, mais est-ce encore de la pédérastie ?

La pédérastie est, à mon sens, l’acte d’amour, de tendresse le plus achevé que la nature a créé puisque c’est une extase devant l’être aimé, un mélange d’amour maternel (de par son côté absolu) et paternel (par la responsabilité qu’elle engendre). Pour le pédéraste, son serin est tout. C’est l’acceptation sans limite de l’autre, la fascination, l’échange : la communication intégrale.

Quoiqu’en dise ceux qui dénigrent cette relation, le pouvoir dans la pédérastie n’appartient pas à l’adulte, mais à l’enfant qui apprend vite à se servir de ses charmes : le corps, le regard, la senteur des cheveux, le sourire, l’intonation de la voix et sa manière de réagir à la jouissance physique. Il apprend vite à se servir de sa puissance de séduction pour diriger à son bénéfice la relation amoureuse de l’adulte afin que celui-ci soit prêt à tout lui donner autant matériellement qu’intellectuellement.

Quoique l’on dise dans une relation pédérastique, l’enfant est roi. C’est d’autant plus vrai qu’on lui a donné le pouvoir de dénoncer quand les choses ne tournent pas comme il veut. Il suffit de dire qu’il a été sexuellement touché pour que sa communauté veuille pendre celui qui l’a fait. C’est tout un pouvoir, car, maintenant sa parole vaut toutes les autres. La victime est devenue un dieu, car se faire caresser est devenu une croix. Pourtant, il a bien plus de gens qui souffre par manque de tendresse, de caresses que de pauvres malheureux qui en ont trop.

La sexualité en pédérastie s’exprime presque toujours à travers le jeu puisque l’adulte essaie de vivre au même niveau que son jeune la découverte du corps, du plaisir et de la tendresse. La pédérastie est un effort de l’âme pour boire à la fontaine de Jouvence. Tout est axé sur la jouissance du jeune : il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir. Malheureusement, c’est aussi le défaut de la pédérastie, car, le jeune est habitué à tout avoir sans faire d’effort. Il est trop gâté. Voilà pourquoi il serait bon que le pédéraste puisse communiquer avec les parents pour savoir si cette relation permet au jeune d’être plus heureux.

Voilà d’ailleurs pourquoi cette relation ne peut pas être  » en soi  » traumatisante. L’atmosphère de la morale communautaire actuelle — qui condamne la sexualité qui ne correspond pas à ses normes — l’est bien davantage. Elle professe le rejet de la nudité en faveur d’un respect de soi qui est en réalité une honte de son corps.

Les campagnes de dénonciation engendrent la haine des autres et une forme de racisme ou de discrimination qui consiste à croire dans la supériorité de la morale dominante. L’intégrisme quant à lui, fait que la vie a moins d’importance que cette pudeur maladive. Cette morale a donné naissance à des guerres et des purges religieuses comme l’Inquisition, les sorcières de Salem, etc. Les assassinés furent des millions. Beau résultat moral !         

Évidemment, les pervers, les tordus rejettent à travers une morale sénile le corps et voient l’enveloppe charnelle comme vile pour ne pas dire impure. Le corps et alors le péché, l’obstacle à l’élévation spirituelle.

Les machos hétéros et les féministes homophobes radicales prétendent que la pédérastie est un geste qui nuit à l’enfant. Au contraire, ne serait-ce que sur le plan de s’accepter et d’avoir confiance en soi, l’enfant vit bien la découverte fabuleuse du plaisir d’avoir un corps, mais aussi celle de la tendresse des caresses, des émotions, parfois même de la passion.

La pédérastie est une expérience de communication absolue à travers les caresses et la joie d’être l’un avec l’autre. L’AMOUR règne, sans compter tous les bénéfices matériels (argent, voyages, cadeaux, etc.) … Aucun jeune n’est mort, ne s’est asséché ou a perdu un membre à la suite d’une relation amoureuse avec un adulte.

Cependant, la sodomie devrait être totalement interdite avant l’âge adulte.

Très souvent, la pédérastie prend aussi la forme de la relation maître-élève, puisque l’adulte essaie d’initier son amant à ses connaissances intellectuelles, à ses goûts culturels. Le pédéraste cherche à procurer à son aimé le bonheur et l’épanouissement de sa personnalité naissante. Comme autrefois, le pédéraste servait de guide à l’apprenti. Elle lui permet de découvrir et d’exploiter ses talents. La pédérastie n’est-elle pas le coeur même du chamanisme moderne ?

Sur un plan strictement physique, qui peut prétendre que de se faire cajoler, masturber ou sucer procure de la douleur. C’est pourtant ce qu’on dit. Tous les pédérastes ne sont pas des sodomites ou des psychopathes.

Plusieurs pédérastes, bien au contraire, se révoltent contre le sort réservé aux enfants dans nos sociétés bien pensantes : pauvreté, exploitation sexuelle non consentie, commerce d’adoptions ou trafic d’organes (le cas Dutroux), travail abrutissant des enfants, la destruction des cerveaux par la drogue, brigade de la mort au Brésil, les enfants modernes de la rue de Duplessis-Rochon. Est-ce que toutes ces souffrances ne sont pas pires que des caresses, des cadeaux, de l’amour fut-il pédéraste ?

L’enfant n’est pas un fou, tout comme il n’est pas un être asexué comme l’a si bien démontré Freud. Il sait aimer et sent bien que cet amour n’exige de lui que sa présence, sa fraîcheur, son sexe, puisque cet amour est un hommage incessant et sans borne à sa seule personne, à sa beauté. Et, il le sait.

C’est aussi, et c’est là toute sa force, une osmose temporaire de l’âme de l’être aimé et de l’amant. L’amant digne de ce nom saura être attentif à l’aimé, à ses moindres désirs, à ses moindres problèmes, à ses moindres besoins. L’aimé devient presque un dieu et l’être qui permet ainsi à l’amant (qui vit cette expérience avec responsabilité) de découvrir la joie de contempler l’AMOUR dans son essence même pour ne pas dire la joie de contempler Dieu.

L’amour pédéraste est un avant-goût du ciel. La pédérastie est un partage, une initiation à la vie, aux rapports humains dans ce qu’ils ont de plus positifs. L’acceptation intégrale de « soi » (corps et esprit) pour être en harmonie c’est-à- dire en amour avec les autres.

Cependant, ces expériences sexuelles sont généralement passagères chez le jeune. Elles lui permettent de découvrir sa réalité sexuelle et de mieux assumer son orientation sexuelle, sa réalité corporelle. Le jeune hétéro ne sera pas intéressé à ce genre de découverte et d’expérience homosexuelle. Il s’en éloignera de lui-même. Si personne ne s’en mêle, l’aventure sera très vite oubliée s’il y a eu quelque chose de traumatisant.

Qu’on le veuille ou non, le rejet de la pédérastie est le rejet hypocrite de l’homosexualité. La peur que le jeune aime tellement ça qu’il devienne homosexuel est stupide. Tout individu est génétiquement orienté vers une telle orientation sexuelle dès la naissance.

Il y a une différence entre être gai ou vivre une expérience pour savoir si on l’est.

L’anthologie de la pédérastie en de Jean Ferguson (qui ne fut jamais publiée) nous rappelle que la pédérastie existe depuis les débuts de l’humanité. Elle a même été la forme d’amour dominante de la culture grecque. Elle a joué à travers les siècles, le rôle de chaman, du passage de la vie d’enfant à celui d’homme.

Les femmes ont toujours craint la pédérastie parce qu’elle sous-tend un partage de leur pouvoir et de leur relation privilégiée avec les enfants.  Leur projection  est celle de leur propre peur de la sexualité. Elles ont aussi toujours craint que cette initiation prédispose le jeune à préférer l’homosexualité à l’hétérosexualité. Pourtant, rien n’est plus faux. S’il n’y a plus la conception comme finalité en quoi les orientations sexuelles sont-elles différentes dans leur manifestation ?

Des études américaines ont clairement démontré que déjà à cinq ans (à moins d’expériences violentes et traumatisantes) l’orientation sexuelle de l’individu est non seulement prévisible, mais irréversible.

La pédérastie est une expression parmi tant d’autres de l’amour et plusieurs ont d’ailleurs, comme moi, expérimenté plus d’une forme d’expression sexuelle : hétérosexualité, pédérastie, homosexualité, bisexualité, etc.

La pédérastie est simplement une forme différente d’expression de l’homosexualité selon l’attrait  » de l’âge », donc, du développement du corps. Cependant, le pédéraste n’est généralement pas intéressés à des rapports avec

ceux qui ont le même âge que lui ou qui ont plus de 18-20 ans, car un jeune qui savoure une aventure avec un gars de son âge est simplement homosexuel… et c’est possible à tous les âges…

Malheureusement, la barbarie romaine l’a emporté au niveau des valeurs morales et depuis la pédérastie est décriée sous tous les toits particulièrement par les machos qui s’imaginent que leur pouvoir de domination tient à la grosseur et à la longueur de leur pénis comme chez les primates. Les féministes radicales, elles, souffrent d’homophobie virulente quotidienne, viscérale même, assez pour qu’elles rêvent qu’un jour la terre n’appartienne qu’aux femmes.

Ainsi, la pédérastie est-elle la cible de toutes les calomnies et d’une foule de mensonges quant à la façon de s’exercer et les résultats qu’elle engendre. Le sujet est tabou. Ne pouvant être officiellement barbare dans une société qui prétend respecter les droits de l’homme, le système s’est organisé pour que les vrais ou faux prétendus prédateurs sexuels subissent une raclée ou soient tués en prison. Cela peut aussi se produire en leur rendant la vie si insupportable que le suicide soit la seule solution restante, un meurtre légal. Ce que la police n’arrive pas à faire, elle le fait faire par la pègre à l’intérieur du  » silence  » des murs des prisons.

Cette chasse-aux-sorcières tient d’une première erreur, soit de confondre pédérastie et pédophilie. Pourtant, il y a tout un monde entre les deux.

La pédérastie est un amour purement homosexuel-lesbien qui ne s’intéresse qu’aux préadolescents et aux adolescents alors que la pédophilie ne s’intéresse qu’aux jeunes, surtout les filles, disons de 0 à 10 ans.

Le pédéraste est sidéré par la beauté physique et mentale de l’adolescent (ou préadolescent) alors que le pédophile agit parce qu’il n’arrive pas à établir un lien avec les adultes qui lui permette de trouver amour et sécurité. Cependant, dans les deux cas, la curiosité sexuelle semble la même. Voir le corps de l’autre, y toucher. Briser le mystère …

Dans le cas de la pédérastie, le jeune est bien conscient de ce qui se passe, il a déjà sa propre morale à savoir s’il aime cela ou pas, si dans sa tête, c’est bien ou mal. Les pressions de la société contre l’amour du « trop jeune pour aimer  » ressemblent plus à un lavage de cerveau qu’à l’exercice de sa liberté, le jeune n’a pas le choix à savoir s’il accepte ou pas.

Dans le cas de la pédophilie, le ou la jeune est incapable de choisir à cause de son âge et de sa vulnérabilité. Il subit la situation sans pouvoir comprendre et s’y opposer. C’est là toute une différence. Là, où les prétendus purs font erreur.

Les pédérastes sont plutôt homosexuels alors que les pédophiles sont plus souvent hétérosexuels.         

Si les jeunes jouent à la victime comme le veut la société quand ils sont pris dans un scandale sexuel, c’est qu’ils sont socialement incapables de supporter le jugement des autres et d’affirmer leurs propres valeurs.

Pour la société, la pédérastie est une tare parce qu’on croit à tort qu’elle conduit le jeune à devenir homosexuel. Au contraire, le jeune hétéro prétendra plus tard dans sa vie qu’il a été abusé, brisé par cet abus, parce qu’il n’aura pas assez mûri dans la connaissance sexuelle de sa propre personne pour accepter la responsabilité de ses propres choix et encore moins, la force de se servir de ses erreurs pour mieux se connaître et se renforcer.

Bien des jeunes qui prétendent avoir subi un traumatisme, rejaillissant bizarrement à l’âge adulte, viennent d’effectuer une visite chez un psy. On note aussi que souvent le jeune est retourné chez la personne par qui il prétend avoir été assailli. Après une première expérience qui devrait le mettre en garde s’il n’y consentait pas, un tel comportement est étonnant. Si on ne consent pas pourquoi retourne-t-on librement chez son agresseur ?

Dans une foule de cas, on retrouve cette culpabilisation chez des jeunes qui ont des difficultés avec leur consommation de drogue. Leur expérience sexuelle se confond-elle à une certaine forme de prostitution ? Devenus adultes, ces jeunes refusent de reconnaître que malgré leur véritable orientation hétérosexuelle ils ont accepté des jeux homosexuels ce qui les rend honteux d’eux-mêmes. Alors, plutôt que de faire porter à la drogue son effet négatif sur la sexualité (trop de drogue, trop longtemps rend impuissant), ces jeunes prétendent que leur impuissance sexuelle tient à leurs expériences passées.

Il est plus facile de blâmer les autres que de reconnaître ses propres défauts. Leur véritable honte est orientée vers l’adulte qui leur a fourni l’occasion d’obtenir ce qu’il voulait en se prostituant. Il blâme l’autre plutôt lui-même. Mais, il est le véritable responsable. Il n’a pas su respecter sa nature profonde d’hétéro en échange de drogues. C’est son droit et cela ne regarde que lui, mais il doit l’assumer.

La possibilité de dénoncer un acte sexuel jusqu’à plus de 20 ans plus tard permet d’exercer un chantage contre ceux avec ils ont déjà eu de telles expériences. Devenir victime pour obtenir des compensations financières, c’est un nouvel emploi. Celle du chantage à retardement.

Pourquoi dans les cas de proxénétisme (ce qui est pire puisque sur une base collective) la proscription est-elle de deux ans ? Les lois sont-elles faites pour défendre la mafia et écraser ceux qui n’empruntent pas les réseaux commerciaux ? En rendant la pédérastie, un geste strictement individuel illégal, ne force-t-on pas le pédéraste à devoir obligatoirement avoir recours au service

de la mafia ? C’est comme avec la marijuana, en la rendant illégale, on permet à la mafia de s’enrichir en la vendant exclusivement.

D’ailleurs, dans toutes les études sur la pédérastie, on ne demande jamais des candidats qui ont connu une telle expérience dans leur jeunesse qui ont aimé cela et qui en sont sorti grandis. Si cette vérité était dévoilée, on s’apercevrait qu’il s’agit d’un processus normal à l’adolescence. Il y en a probablement  eu  plus que ceux qui ont des reproches à faire à ces expériences. Le plaisir ne crie pas sa joie sur les toits.

Malheureusement, on oublie les propos de Freud, A. S. Neil, W. Reich et Fourrier. On préfère maintenir le mensonge. On préfère la violence à l’amour. Tous ces hommes de sciences et écrivains ont établi sans nul doute le lien direct et automatique entre la frustration sexuelle et la violence.

Ceux qui nous conduisent à la guerre pour leur propre intérêt sont les mêmes qui imposent cette morale sexuelle collective alors que rien n’est plus privé que la sexualité. On essaie de faire croire que la pédérastie est un crime contre l’humanité alors que ces mêmes agents de la pureté ont organisé des guerres, des génocides, des viols et meurtres.

La pédérastie ne doit pas être confondue avec l’exploitation commerciale que  l’on en fait. La pédérastie, c’est un amour-passion individuel qui peut être positif ou négatif. Il ne pourra jamais être collectif (le pédéraste est jaloux comme une femme) puisque cet amour lie deux personnes et les petits amants sont rares. En quoi le pédéraste peut-il être aussi condamnable que la CIA, Staline ou Hitler ? Les caresses n’ont jamais blessé, ni tué. Au contraire, pratiquer la fellation est le sommet des plaisirs.

Pire, on ne fait aucune différence entre les gars et les filles. Alors que pour bien des filles, la découverte de la sexualité est peur, honte, danger, angoisse ; chez le garçon, cette découverte est un bienfait, la fierté de la révélation de sa virilité et des plaisirs qui s’y rattachent. Le garçon connaît la jouissance et tendresse, même si le jeune n’éjacule pas encore. Chez la femme, la sexualité s’entoure encore de tabous et de responsabilités parce que c’est elle qui engendre.

La femme par sa structure corporelle prend-elle plus de temps à découvrir la jouissance de son propre corps. Elle doit aussi combattre l’image « macho » de la femme (objet) que la société vénère.

La peur de la nudité révèle le peu de respect que bien des hommes et des femmes portent à leur corps.

La libération de la femme ne saura se réaliser qu’avec la libération sexuelle de tous les individus. Elle n’existera que le jour où la femme cessera de porter le fruit « macho » d’être la tentation et laissera à l’homme la responsabilité de contrôler ses pulsions sexuelles.

Cette conception de la liberté sexuelle absolue ne pourra émerger que si l’on reconnaît que chaque individu, quel que soit le sexe, l’âge, est libre et responsable. L’amour est un besoin aussi essentiel que l’air que l’on respire. La libération de la femme ne se réalisera que le jour où l’on comprendra que le péché de la chair, ça n’existe pas, sinon pour contrôler les individus.

Toutes nos religions font croire que la chair est le mal. Pourtant, l’acte sexuel est un geste d’amour. Il ne peut qu’être beau et bien. Dieu est AMOUR …

Le péché qu’on lie à la sexualité tient plutôt au manque de responsabilité vis-à- vis l’enfant qui peut naître et de la société qui devra en prendre charge. Le péché de la chair est de ne pas assumer les responsabilités que portent les relations sexuelles. S’occuper de sa famille exige dévouement et fidélité pour créer un  lieu d’apprentissage propice aux enfants. C’est manquer à cette obligation qui est mal et non le plaisir rattaché à la sexualité.

Ceux qui ont tracé les paramètres de notre morale sociale sexuelle étaient souvent des malades mentaux puisqu’ils rejetaient la réalité corporelle et affichaient ainsi un amour de la souffrance qui tient parfois de la démence. Ils ont su créer un dieu macho à leur propre image, leur projection, où la femme est la servante. Pourtant, même Mahomet affirme que la femme doit être la partenaire égale de l’homme. Tant que la sexualité ne sera pas perçue pour ce qu’elle est, un plaisir, l’expression de l’amour, un moyen de développement personnel , la femme ne saura personnifier rien d’autre que la tentation, la chute, le péché… une obsession des machos qui ont créé le péché pour se défendre contre leurs propres pulsions, même si ces frustrations conduisent à la violence.

À mon sens, si j’ai bien lu les Évangiles et le Coran, le seul péché vient de Lucifer qui a refusé de se prosterner devant l’homme. Il refusait la grandeur de la LIBERTÉ que Dieu offrait à l’homme en cadeau.

Le vrai péché n’est pas la chair, mais l’orgueil. Lucifer a cri que la liberté est une erreur faite par Dieu, lors de la création.

Si nos religions venaient de Dieu, elles engendreraient l’amour et la paix. Au contraire, elles nous font connaître la ségrégation, la violence, l’argent et la domination, le pouvoir. Ce sont tous des attributs du veau d’or, donc, du diable plutôt que de Dieu. Ne doit-on pas juger un arbre à ses fruits pour le reconnaître? Si Dieu est AMOUR alors pourquoi l’amour charnel ne serait-il pas sous toutes ses formes une manifestation de Dieu ? Le péché ne serait pas la chair, mais le mensonge et l’hypocrisie de faire croire que le plaisir de la chair est un péché.

Admettre que la création est à l’image de Dieu exige que l’on accepte la liberté et les limites humaines ainsi que la responsabilité que cela implique.

D’ailleurs, dans le Coran, Lucifer dans son pari avec Dieu affirme qu’il se servira du mensonge pour confondre l’homme. N’est-ce pas ce qu’il a réussi de mieux en créant le péché de la chair et en donnant assez d’orgueil à ceux qui le servaient pour prétendre parler au nom de Dieu. Le seul péché, s’il en est un,  est le manque d’amour. Or, personne ne peut être plus en amour qu’un pédéraste et son mignon.

Toutes les religions sont des moyens bourgeois pour exploiter le peuple et le contrôler. Elles sont donc le contraire de ce que Dieu attend de l’homme. L’homme est incapable de vivre sans aimer et être aimé, la folie paranoïaque de notre morale bourgeoise essaie de nous empêcher de jouir de nos sens afin de diviser les individus et les empêcher de créer une conscience personnelle ou collective dans laquelle la violence, la haine, le fanatisme, le racisme n’existeraient pas. La haine, la division, voilà le vrai sens du mot mal. L’absence d’amour. La guerre pour assurer une bonne économie.

En ce sens, les féministes ont raison : l’individu est le seul responsable de son corps, de sa sexualité. Sa morale individuelle doit ne pas être violente et respecter la liberté de chacun. Ni l’état, ni les Églises n’ont le droit de soumettre une morale individuelle aux normes d’une morale collective. La liberté doit être respectée, si les gestes sexuels sont consentis par ceux qui les donnent et les reçoivent. Les fantasmes sont encore plus personnels.

La liberté sexuelle sur un plan individuel et la vie privée sont fondamentaux dans une véritable Charte des droits et des libertés qui n’est pas détournée pour défendre l’exploitation des individus par les institutions ou un régime judiciaire dans lequel la police se confond avec la pègre.

De nos jours, la pègre a tellement infiltré le système judicaire que l’on ne peut plus parler de justice, mais de règlements de compte sociaux. C’est pourquoi, la Charte des droits et liberté ne défend plus les individus, comme elle le devrait, mais les organismes criminels. Il faut être très riche pour avoir une simple apparence de justice.

Et, si l’amour et la vie sont ce qu’il y a de plus précieux, aucune ne forme de sexualité vécue dans l’amour et la responsabilité n’est mauvaise.

J’ai beaucoup de respect pour des êtres comme Marc Lachance qui ont su rendre positif cet amour des garçons qui le dévorait. Il s’est suicidé plutôt que d’y renoncer et que l’œuvre qu’il avait construit soit salie par le chantage. C’est un courage que je n’ai pas.

Marc savait que l’on ne choisit pas et que l’on n’échappe pas à son orientation sexuelle. Elle finit toujours par nous rattraper. Il aimait les jeunes garçons et il a vécu en fonction de son amour. Il a donc décidé de vivre sa passion de manière positive. Marc Lachance fut d’abord un enseignant afin de faire profiter les jeunes de son amour pour eux. Puisqu’il aimait jongler, Marc essaya de communiquer ce talent à ses jeunes protégés dans une école privée de Montréal. Fatigué de la pression pernicieuse et paranoïaque que les pédérastes doivent vivre au Québec, Marc décida de se rendre enseigner en Éthiopie.

Rendu sur place, il enseigna et créa un premier cirque bien particulier : il réunissait les jeunes de la rue et leur offrait éducation, gîte, nourriture en échange de leur prestation dans le spectacle. Cet amour du cirque se propagea tellement que cela devint à une véritable institution nationale. Marc était considéré à l’ambassade du Canada comme le plus grand ambassadeur du Canada en Éthiopie. Évidemment, Marc avait ses amants. Victime de chantage à travers des lettres anonymes, Marc, pour protéger la réputation du cirque, s’exila en Amérique du Sud. Puisque ce chantage se poursuivait, Marc décida de se pendre, laissant sur internet un message dans lequel il disait que son suicide devait être interprété comme un meurtre.

Évidemment, à Radio -Canada, on essaya de faire croire que Marc était relié au tourisme sexuel international. Je n’en crois pas un mot. Je sais par expérience que la police peut souvent fausser la vérité pour avoir la tête de celui qu’elle accuse. Mais, je trouve étrange que dans cette même période de chasse aux pédérastes, qu’on appelle pédophile, Tony Duvert aurait aussi été assassiné ainsi que son petit amant1. Y aurait-il maintenant une escouade mondiale de la pureté pour éliminer tous les pédérastes ? Des espèces de malades qui ont décidé de purifier la terre.

La liberté sexuelle 24

août 25, 2020

La liberté sexuelle 24     
(pp. 232 à 240)

Le Québec ne pourra jamais être un pays tant que les femmes n’auront pas solutionné leur problème émotif concernant la sexualité. Le féminisme politisé retarde l’inévitable ascension du Québec vers son indépendance ou la création d’une véritable confédération. Les Québécois exigent d’être respectés. Ce n’est pas parce que tu es un indépendantiste ou un fédéraliste que tu es un crétin. L’intelligent choisira la structure qui puisse le mieux servir les prochaines générations.

La guerre sexuelle est individuelle. Elle sert à faire oublier le plus important : la fin des guerres et de la misère, la création planétaire d’une véritable démocratie, un retour au respect de la nature, et finalement, sur le plan des valeurs, de découvrir «sa» vérité puisque la Vérité a été détournée pour assurer le pouvoir de nos institutions. Dieu n’est pas qu’un pouvoir financier…

La pédérastie est un acte d’amour qui ne peut pas rapporter financièrement à nos institutions : voilà pourquoi on la chasse, sous prétexte qu’il faut protéger les jeunes.

Pour illustrer la stupidité du système face à la pédérastie , un attouchement sexuel , sans violence , peut valoir neuf mois de prison , sans possibilité de libération conditionnelle, à moins de se proclamer un paria , un être abject , alors qu’un type qui a commis deux meurtres est libéré parce qu’il est un délateur …

La pédérastie n’est pas de la pédophilie.

Je suis toujours étonné de l’hypocrisie, de l’hystérie collective ou de la psychose que suscite le mot  » pédophile  » ou « prédateur sexuel » dans la collectivité québécoise, surtout qu’on l’interprète faussement, en confondant volontairement pédophilie et pédérastie.

La pédophilie est strictement un rapport avec les enfants des deux sexes âgés de moins de 10 ans. Personne ne peut appuyer sans restriction la pédophilie puisque le jeune n’est pas encore en mesure de comprendre ce qui se passe et ainsi profiter d’une telle expérience.

S’il peut connaître une certaine curiosité, «faire l’amour», comme on dit chez les adultes, implique une pénétration, une douleur évidente, une peur de domination. Cela ne correspond pas à ses besoins et à son développement. Ce n’est pas une question de morale, mais une réalité physique.

Freud a établi qu’avant cinq ans, les bambins développent leur personnalité à travers différents stades de développement. Quant à sa sexualité, disons que l’orientation sexuelle de base est déjà acquise, à l’âge de cinq ans. Par ailleurs, de cinq a dix ans, le jeune connait habituellement une phase de latence c’est-à- dire de désintéressement quasi total de la sexualité. Par contre, vers 10 ans, selon chaque individu, car la vitesse de développement est différente pour chacun, on assiste à l’éveil de la sexualité.

Contrairement au bambin qui s’intéresse à son petit zizi par curiosité, le jeune adolescent s’intéresse tout autant à l’autre que ce qui se passe dans son corps. Il vit des sensations nouvelles dues à la puberté. Cette phase est souvent homosexuelle. C’est la période des comparaisons avec les camarades. Puis, l’intérêt pour les filles apparaît avec les nouvelles hormones. S’il n’y a pas d’éducation sexuelle, le jeune peut considérer tous ces changements comme de plus en plus mauvais. Ce rejet de soi est souvent à la source des suicides. Le discours moralisateur de la société lui donne l’impression qu’il est un monstre ou un dégénéré.

Pour les jeunes, âgés de plus de 10 ans, la violence et les drogues sont une réalité bien plus dangereuse que la découverte sans violence de leur sexualité, même si celles-ci obtiennent une moins bien grande attention des adultes. La peur de la sexualité est la plus insidieuse, la plus fondamentale, la plus ancrée dans l’inconscient collectif. C’est celle qu’on inculque dès la petite enfance.

Fort probablement que la panique des parents lorsqu’ils découvrent l’intérêt des enfants pour la sexualité (qui correspond à leur âge) est plus traumatisante pour l’enfant que l’expérience même. Comment ne pas trouver cela important puisque les parents font une véritable crise d’hystérie devant les manifestations sexuelles des jeunes qui prennent conscience de ce nouveau besoin-plaisir.

La sexualité a fait naître la peur parce que les humains ne la comprenaient pas. On avait toujours peur que la sève soit limitée.

Pourquoi dès qu’il est question de la sexualité des jeunes dont-on réagir comme de parfaits ignorants ou comme des hystériques ? Est-ce le fait que la presse se prend pour la conscience du peuple, confondant droit à l’information et jaunisme. Avec le voyeurisme, on préfère voir ce qui se passe dans le pantalon des autres plutôt que ses propres défauts. C’est souvent pour combler sa propre impuissance.

Pourquoi retient-on seulement l’enseignement maladif de la sexualité des religions plutôt que le message essentiel de tolérance que l’on retrouve dans toutes les religions :«aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu»? Pourquoi n’admet-on pas que chaque individu possède «sa» propre sexualité potentielle, dès sa naissance, ainsi que son propre rythme de développement ? N’est-il pas étonnant que l’on magnifie les lois répressives concernant la sexualité, même si l’on sait que les conceptions et les interprétations religieuses ont justifié la grande noirceur, la peur, le fanatisme et le fascisme ?

N’est-il pas étonnant que l’on accorde plus d’attention aux rapports sexuels des jeunes qu’à l’insécurité face à l’entrée dans la vie adulte, la violence, le vol et la drogue ?

Personne n’est diminué physiquement ou autrement à la suite d’une relation sexuelle consentie et heureuse, qu’importe le sexe ou l’âge ; mais la consommation d’une drogue trop forte peut faire éclater un cerveau. On dirait que dans cette échelle de valeur le sexe est plus important que la vie.

La pédérastie n’est pas responsable d’autant de maladies mentales, d’autant de décrochage scolaire que la drogue et la violence. Pourtant, on en fait tout un plat. Pourquoi les lois sur le proxénétisme permettent-elles une prescription de deux ans, n’est-ce pas encourager clairement l’esclavage féminin ? N’y a-t-il aucune différence entre un rapport sexuel obligé, donc un viol, et une expérience consentie et heureuse ?

Il serait temps que l’on aborde la sexualité d’une façon positive et responsable. Si le colonialisme est l’esclavage des peuples, la répression sexuelle est celui des individus, leur aliénation.

Il est plus simple de condamner toutes relations entre un adulte et un jeune plutôt que de tenir compte du développement et de l’épanouissement sexuel qui existent chez tous les préadolescents, à la suite d’une aventure heureuse. C’est plus facile d’interdire que d’éduquer les individus.

Admettre que les relations sexuelles peuvent grandir les individus ça change fondamentalement l’interprétation et la lecture de tous les rapports dans ces relations humaines.

On ignore l’approche scientifique de la sexualité, basée sur la liberté, la conscience et la responsabilité. C’est plus simple d’aliéner les individus en leur faisant croire qu’ils sont des pécheurs dès la naissance parce que tous les individus sont sexués. On est encore à la peur que nous ont léguée les religieux et la bourgeoisie. La « responsabilité » est automatiquement plus exigeante et nuancée que l’interdit. La sexualité n’est pas que «génitalité ». Elle est aussi, et surtout, émotion, tendresse et communication.

L’interdit sexuel réprime l’imagination, la vue, le toucher, même la parole. C’est un tabou, un silence qui est une des principales causes de destruction pour bien des humains. L’interdit aveugle de la sexualité comprend automatiquement un rejet de sa «corporalité», de ses limites et une inconscience totale de sa véritable valeur. On écoute des gens nous ont, à travers leur propre projection, en nous faisant croire qu’ils parlaient au nom de Dieu, appris à mépriser notre corps ainsi que celui des autres.

Cette hypocrisie des adultes, face à la sexualité, repose sur notre éducation religieuse et le faux motif de protéger les jeunes. Les protéger de quoi, du plaisir?

Est-ce les protéger que de les tenir de force dans une vision hétéro-macho de la sexualité ? Les rapports sexuels sont-ils autre chose que la pénétration, soit une forme de communication ? Est-ce protéger les jeunes que de leur faire croire  que Dieu peut avoir indiqué comment se comporter dans sa sexualité, lui, qui n’aura jamais ni de corps, ni de limite ? N’est-ce pas plutôt le besoin des adultes de dominer les adolescents plutôt que de les informer et leur apprendre à se servir de leur « libre arbitre» ? Faut-il imposer sa morale ou transmettre la compréhension et l’application de ses valeurs ? Est-il préférable d’obéir aveuglément à des valeurs que de les faire siennes, après avoir compris leur raison d’être ? L’éducation n’est-elle pas d’apprendre à vivre ce phénomène de façon positive ?

Pourquoi un jeune devrait-il accepter que jouir est plus condamnable que la violence ? Dans notre folie actuelle, mieux vaut tuer que de jouir. Est-ce la perception de la sexualité que l’on veut transmettre aux jeunes ?

La sexualité est-elle autre chose que l’horreur que nous définissent les féministes homophobes ou toutes les religions qui entretiennent la femme dans un rôle inférieur à l’homme, grâce à cette perception ? Ne nous disait-on pas quand nous étions jeunes que se masturber donnait des boutons, rendait fou ou nous empêcherait de satisfaire notre partenaire à l’âge adulte ? Pourtant, la masturbation est un geste normal et souvent un moyen de combattre l’anxiété. Si on a pu nous mentir sur une chose aussi fondamentale que notre sexualité ne peut-on pas nous avoir menti sur d’autres sujets ? Pourquoi ne fait-on aucune nuance entre la tendresse, l’amour et la génitalité ? En quoi jouir est-il mal ?

La richesse des rapports sensuels est-elle une valeur positive seulement si les rapports humains se réalisent entre personne d’un même âge ?

L’histoire de l’humanité prouve que le contact entre les adultes et les adolescents peut servir à l’épanouissement du plus jeune : les chamans, l’expérience grecque, etc. ?

Contrairement, à ce que l’on pense au Québec, plusieurs jeunes cherchent et aiment vivre de telles expériences parce qu’elles procurent beaucoup de plaisir.

Contrairement, à ce que l’on prétend, plusieurs jeunes sortent grandis d’une telle expérience. On refuse cette vérité simplement parce que l’on a peur que celle-ci se propage, car dans l’esprit des adultes « sexe » rime avec « péché ». Les siècles ne nous ont pas encore débarrassés de cette vision erronée.

Il en sera ainsi tant que la sexualité ne sera pas jugé positivement : comme un moyen de s’épanouir, un moyen d’enrichir sa relation avec la réalité.

Il en est autrement de la pédophilie, car, elle consiste avec des rapports sexuels entre un enfant de 0 à 10 ans et un adulte. Personne ne peut accepter une telle situation pour au moins deux raisons fondamentales.

La spécificité de la pédophilie est de ne pas ne pas pouvoir prouver sans doute raisonnable de respecter le point du vue du plus jeune et agir avec son consentement. Avant dix ans, un jeune peut accepter par intimidation. Le problème c’est qu’on ne sait pas exactement quand c’est le cas. Cependant, il ne faut pas devenir fou. Il y a des jeunes qui cherchent à répondre à leurs questions, leurs interrogations et l’une d’elle est, parce qu’on en fait un tabou : comment est constitué l’adulte physiquement ? Si on ne faisait pas un tel drame avec la nudité, ce problème n’existerait même pas. La curiosité est normale.

S’il y a violence ou manifestation de pouvoir en utilisant la peur, c’est automatiquement une forme de viol. L’autre raison repose sur un fait évident : les organes génitaux d’un adulte sont trop développés pour une pénétration sexuelle avec un jeune dont le physique n’est pas encore complètement constitué.

Il en ait tout autrement en ce qui concerne la pédérastie puisque le plus jeune est en âge de décider s’il aime ou pas ce genre de contacts. Les parents peuvent croire que les ados ne sont pas encore assez vieux pour le décider, mais s’ils peuvent choisir une religion, ils peuvent bien choisir leur partenaire et vivre leur évolution sexuelle comme ils l’entendent. Ils doivent apprendre à faire confiance à leur jeune. Il peut en toute connaissance de cause refuser ou accepter. Pour cela, il est impérieux cependant de recevoir une éducation qui lui permette de faire le choix en toute connaissance de cause. Pas question de leur faire peur, de les moraliser, mais de les informer des faits.

Concevoir la sexualité, sans égard à l’âge, aux changements corporels qui naissent dans le corps du préadolescent, est le priver de son droit à la vie privée.

Tout individu a droit à sa morale personnelle dès qu’il peut décider pour lui (ou elle) ce qui est bien ou mal, et ce, évidemment, en autant que cette liberté ne brime pas celle des autres. La répression refuse le respect du « droit sacré de chaque individu» à l’effet que son corps n’appartient qu’à lui. Les moralistes se prétendent supérieurs aux autres.

Serait-ce que des milliers d’années de domination religieuse, d’intolérance vis-à- vis la sexualité, de prétendues damnations pour les péchés de la chair, ont si profondément marqué les humains que l’on doit maintenant parler de la domination abusive des adultes envers les jeunes ?

S’il était normal, dans les temps anciens de concevoir la sexualité uniquement pour donner naissance à un enfant puisque la survie de l’humanité en dépendait, ce n’est plus la situation actuelle avec la surpopulation.

La sexualité doit être revue comme une relation de communication et d’harmonisation entre humains. Le but de la vie n’est plus de transmettre la vie, mais d’améliorer la qualité de vie pour rendre la vie agréable à tous. Si la douleur nous forme, elle n’est pas indispensable. Notre regard sur notre communauté peut nous indiquer les voies à suivre pour améliorer sa vie.

La répression sexuelle engendre l’obsession sexuelle, le mépris de soi. Elle nous amène les moralistes à croire que leur valeur morale est la seule valable.

La répression sexuelle crée la haine, la foi dans sa supériorité et l’inégalité entre les individus. Le « castré moral » croit que tous ceux qui trouvent du plaisir dans la sexualité sont des monstres. Il est incapable de saisir que c’est se priver d’une telle réalité qui est anormale.

La répression sexuelle permet de criminaliser tous les individus dès leur naissance, car tous naissent avec une libido. Cette castration mentale, psychologique et morale fait en sorte qu’il faut être honteux d’être humain. Et, cette morale macho fait de la femme un péché ambulant, car elle est objet de désir. La tempérance n’est pas la finalité de la vie. Ne nous a-t-on pas appris que même le désir était un péché mortel ? Une punition éternelle en est le prix. N’est-il pas normal d’être attiré par un (e) autre ? En est-on toujours responsable?

La répression sexuelle ne permet pas seulement à envoyer un signal aux jeunes à l’effet que la sexualité est pire que les drogues et la violence ; elle permet de maintenir l’inégalité entre les hommes et les femmes. C’est invraisemblable que les féministes ne se soient pas encore rendu compte de cette réalité. Entretenir la peur sexuelle, c’est maintenir la honte innée de son corps. Ce que notre système s’est toujours appliqué à faire.

D’un autre point de vue, on fait de la sexualité un tel monstre que l’on s’imagine qu’un crime sexuel est plus grave qu’un crime économique. Caresser est devenu pire que tuer. Assez idiot merci !

Les pétrolières et les multinationales tuent quotidiennement des enfants pour voler sans scrupule les pays conquis, mais, pour eux, la mort de ces humains ne semble pas importante. Puisqu’ils vivent des réalités religieuses et culturelles différentes, ces enfants ne sont pas des humains, mais des « sous êtres ».

On accorde plus d’importance à un attouchement sexuel (pourtant ça ne fait mal à personne, au contraire) que la responsabilité sociale face à la guerre et à la destruction de la planète. Sauf pour le chantage, les rapports sexuels sont

individuels, donc, moins payants. Est-il plus criminel de toucher un pénis que de permettre la mort de sept personnes et la maladie de centaines d’autres, par négligence ? En payant des taxes pour maintenir un système militaire, on endosse la violence et le crime organisé légalisé au nom de Dieu, d’Allah ou de son pays.

La sexualité est l’élément primordial, fondamental de la vie privée et, à ce titre, ce qui se passe dans les culottes des autres ne me regarde pas.

Par contre, il est impossible d’échapper à la psychose collective, héritage de notre religion, qui consiste à crucifier tout ce qui est différent par pure ignorance. On a une telle peur viscérale de la sexualité qu’on en perd la tête et les justes proportions.

On semble ignorer que des nuances, ça existe, qu’il y a une différence aussi épaisse que le mur entourant Israël, entre un viol, la prostitution, le commerce charnel, le proxénétisme, la pédérastie et la pédophilie.

Si on regarde la situation avec un oeil religieux, conservateur, fanatique, le « cul

» c’est notre perte. Par contre, si on l’observe avec une conscience scientifique (et qu’on ne cherche pas, comme certains psychologues, l’interprétation psychologique la plus payante possible), on se rend vite compte que le système entretient cette peur, ce dégoût parce qu’il permet à des professionnels de s’en mettre plein les poches, en exploitant l’ignorance et la peur des gens. La culpabilité est un mal payant à soigner.

Pendant qu’on tergiverse à la télévision et les journaux sur le sort d’un individu qui, une fois condamné pour crime sexuel, ne fait que commencer à vivre son enfer ; le système peut détourner nos pauvres petits yeux de leurs crimes

«légaux» commis quotidiennement : des guerres qui tuent des milliers d’humains, une exploitation économique de la très grande majorité des populations, de recherches militaires de drogues et de maladies pour attaquer le clan ennemi.

La plus grande valeur morale dans un tel système est de maximiser son avoir en exploitant les autres. Plus tu es riche, plus tu as de pouvoir. Et, la richesse est concentrée entre les mains d’un bien petit nombre, capable de définir, grâce aux religions et au pouvoir judiciaire, ce qui est bien et ce qui est mal. Au lieu qu’être humain soit une valeur en soi, la valeur humaine est maintenant définie en rapport à ce qu’elle rapporte. Le sens de la vie n’est plus d’être capable d’aimer la vie parce qu’elle nous rend heureux, d’admirer la création, mais de pouvoir aveuglément survivre à l’exploitation économique du système.

Ce détournement de la réalité permet de légaliser meurtres (guerres) et vols, car vol est classé «profit», que le travail devient un esclavage ou la vente de son corps et de son esprit en pièces détachées. Au lieu de signifier épanouissement, très souvent travail signifie malheureusement« exploitation ». Pourtant, le travail est un moyen de se réaliser.

Les individus peuvent être exploités en tous temps dès leur naissance jusqu’après leur mort pour permettre aux riches de maintenir leur statut et leur exploitation.

Focaliser sur le sexe permet d’ignorer que l’on vit dans un système pernicieux, responsable de décréter ce qui est bien et ce qui est mal. Le bien étant maintenant confondu avec «profit »et le mal avec sexe (individualité).

Notre religion vient d’une morale évangélique chrétienne : pardonner, ne pas juger les autres, aider son prochain, tendre la joue plutôt que de répondre par la violence à la violence. Mais à l’Évangile, nous avons ajouté Ancien Testament, Bible, Charria, Torah, tous ces livres religieux basés sur l’interprétation des religieux des paroles de Dieu. On oublie qu’il est impossible d’aimer Dieu, sans aimer les humains. On nous fait croire que ces livres sont religieux parce qu’on les étudie à l’université. Pour mieux contrôler, les religions ont besoin de recherches comme dans tous les autres domaines. La théologie doit se donner un petit air scientifique ou du moins universitaire.

Pour assurer leur pouvoir, les différents systèmes ont mis en place leurs religions et leur prétendue infaillibilité, ce qui permet de dominer tous les autres, tout en justifiant tous les crimes qui leur rapportent un profit matériel ou spirituel.

Les religions veulent être protégées par les gouvernements, car leur pouvoir réside dans le fait de ne pas pouvoir être contredites, surtout, par la science et la logique. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens, les musulmans, les juifs veulent instaurer leurs lois : les religions permettent le contrôle des individus.

Malgré leurs appels hypocrites à la tolérance, toutes les religions se confondent essentiellement dans un même grand melting pot devenu la larve de toutes les intolérances. Un cancer social. La pensée rationnelle est remplacée par l’émotif et l’irrationnel.

Il n’y a plus d’humanisme dans notre monde, tout ce qui compte c’est le pouvoir, l’argent et encore l’argent.

Plutôt que d’aborder la sexualité — qui n’est pas que la génitalité — comme quelque chose de bien, de grand ; on nous a appris à mépriser notre corps, à préférer juger les autres. On choisit la violence plutôt que les caresses. On nous a inculqués à tous que les femmes sont le péché ambulant des hommes. On oublie que ces règles étaient créées pour défendre les créateurs de ses livres divins de leurs tentations de machos. Ces règles servent à les défendre de leurs pures projections.

Partout, dans nos Écritures dites saintes, on dévalorise la sexualité à pleines pages. Comment peut-on faire croire aux individus qu’ils sont le mal ambulant, sans leur interdire une chose dont ils ne peuvent pas se passer : leur corps, leurs sens, leur sexe. En interdisant le corps et le plaisir qu’il apporte, sous prétexte d’être un ange déchu qui ne rêve qu’à une spiritualité intemporelle et immatérielle, on peut contrôler tout le monde, car, un jour ou l’autre, tout le monde désobéira à cette règle folle de la dégénérescence et de la chasteté. Interdire d’aimer son corps, de jouir de ses sens, de désirer les autres, permet une domination psychique de l’être qui accepte une telle aliénation comme sa propre rédemption.

Qu’on le veuille ou non, cette mer d’informations venues d’en-haut, détourne nos regards de ce qui se passe de plus grave quant à l’exploitation légale des individus par un système qui se sert de sa morale pour aliéner les individus.

Pendant que l’on nous endort, on nous vide les poches… Pendant qu’on décapite un individu, on subventionne la violence pour s’approprier du bien des moins bien nantis.

Cette nouvelle conscience sociale permet de nous faire accepter de vivre comme si nous étions des robots. L’ordinateur remplace les mouvements créés pour défendre les individus, les institutions n’ont pour seule valeur que les profits qu’elles génèrent. Bientôt, nous n’aurons qu’accès à des services en ligne et des boîtes téléphoniques. Nous serons les nouveaux esclaves de nos ordinateurs et de ceux qui les programment.

C’est déjà une réalité quotidienne dans le monde du travail, par exemple.

Est-ce vraiment le monde que l’on veut laisser en héritage à la future humanité?

La liberté sexuelle 23

août 24, 2020

La vie sexuelle 23

Auparavant, les médias ne parlaient pas de suicide parce que ça pouvait avoir un effet d’entraînement. Notre américanisation est le fruit du peu de place que nous accordons à notre propre culture et les médias en sont les principaux responsables.

Même la culture est dorénavant la propriété des riches et des féminounes, un relan de religiosité. Pourquoi les émissions américaines défoncent-elles nos écrans ?

Selon les féminounes, il faut parler des procès pour avertir les gens qu’il y a un prédateur sexuel dans leur milieu. Cette publicité multiplie la haine et la peur contre un individu, mais elle oblige seulement celui-ci à vivre plus hypocritement. Pourquoi amplifierait-il la haine que l’on crée autour de lui au nom de la charité chrétienne. Puisqu’il est radié de partout sa vie devient un enfer.

Cependant, en agissant ainsi elle apporte un petit «kick» supplémentaire aux jeunes qui décident d’aller vérifier le danger sur place. Vaincre sa peur pour affronter l’interdit a toujours meilleur goût, surtout quand il permet de découvrir un nouveau plaisir.

Faut-il vivre une sexualité castrée, anti-pénis ? Le féminisme est une lutte prioritaire, tant qu’elle demeure une lutte d’égalité et non une revanche féminoune, une haine absolue du pénis et une recherche à tout prix de la supériorité féminine sur le mâle. Pour certaines, l’égalité est une prise de pouvoir.

Un individu équilibré n’est ni homophobe, ni misogyne, puisque tout individu est à la fois homme et femme, à quelques petites nuances biologiques près. Les autres différences ont été inventées par les sociétés. Apprendre à respecter les autres, à savoir dire oui ou non, à se créer une morale personnelle et responsable, à se mêler de ses affaires et aider les autres plutôt que les damner, voilà un cheminement vraiment égalitaire et chrétien.

Le problème féministe est que son discours n’a pas évolué depuis 1970. La place des femmes dans notre société doit être celle de l’égalité de la responsabilité, et non, en songeant au nombre et à la domination. Le discours des féministes voulant qu’il y ait exactement le même nombre de candidats dans les partis politiques démontre à quel point la notion d’égalité préconisée est stupide dans un tel contexte. Ce n’est pas le nombre de personnes qui est important, mais la qualité des candidats, sans aucune différence à partir de la notion de sexe. La majorité, comme moi, ne regarde pas le sexe auquel appartient l’individu, mais ce qu’il pense et sa détermination.

Les féministes font du voile le symbole de la domination mâle. Pourtant, en pleine liberté, des femmes choisissent de porter le voile pour se sentir pures. C’est ça être aliénée : embrasser son joug. Au lieu de prôner une égalité

numérique, les féministes seraient mieux venues de prôner la qualité intérieure. Le sens de la vie est de se réaliser pleinement, un objectif qui ne peut pas être plus personnel. Que ce soit un homme ou une femme de qualité, les autres finiront bien par reconnaître leur valeur.

Quant aux religions, si le discours maladif de la chasteté n’est pas totalement éliminé, ces institutions continueront à produire des fanatiques et à être la principale raison de l’existence des guerres. Par contre, il serait débile de rejeter la vraie spiritualité, car, il est important de comprendre un jour ce que nous sommes, d’où nous venons et où nous allons. En d’autres termes pourquoi existons-nous ? Même si les religions sont malades quand il s’agit de sexualité, elles apportent dans leur enseignement matière à réflexions et des valeurs qui sont, elles, nécessaires à l’épanouissement humain, telle la charité.

Si les religions s’étaient attardées à prôner l’amour plutôt que de créer des règles antinaturelles pour dominer les consciences, elles auraient toutes les raisons d’exister, car elles permettraient de créer un paradis terrestre, malgré nos faiblesses.

Une véritable justice sociale est bien plus importante que l’orientation sexuelle. Toutes les religions sont au moins multimillionnaires. Le profit a remplacé  l’amour que Jésus prônait. S’il y a une religion qui méprise les femmes, c’est bien l’Islam. Pourtant, Mahomet a été le premier à parler du partenariat et de l’égalité homme femme.

Les médias vont évidemment essayer de faire croire que savoir ce qui se passe en Cour est d’intérêt public et que les empêcher de nous informer sert à réprimer la liberté de presse, le droit à l’information. Mais qu’est-ce que ça me donne de savoir ce qui se passe en Cour ? Ça permet simplement aux médias d’avoir des informations qui coûtent peu cher à obtenir, mais qui détruisent souvent des réputations. C’est un voyeurisme dégueulasse.

La pédérastie est-elle un tabou ?

Puisque l’on refuse de dire la vérité sur la pédérastie, c’est non seulement un tabou, mais un mensonge socioreligieux.

La répression sexuelle est surtout inhérente à la société anglaise, surtout depuis l’époque de la reine Victoria d’Angleterre où l’on avait même inventé un contrôle de la nourriture, sous prétexte de pouvoir ainsi dominer ses bas instincts.

Rien n’est plus politique que la pédérastie, car, elle exige un nouvel ordre de pensée qui modifie les rapports sociaux. La sexualité cesse d’être vue

négativement. On reconnaît au contraire son importance dans l’identification individuelle, donc, sa place dans l’estime de soi.

Le colonialisme a peu d’espoir d’exister de nos jours, sans être appuyée par une aliénation profonde qui nous fait accepter de vivre avec les valeurs des autres. Le Québec, grâce à sa culture francophone, est l’endroit privilégié en Amérique du Nord pour résister à la pensée unique judéo-chrétienne américaine conservatrice.

Les États-Unis de Bush sont davantage prisonniers des «biblistes» judéo- chrétiens et leurs fondamentalistes même si le Canada tourne de plus en plus à droite.

Ils oublient que l’Ancien Testament est strictement en opposition avec le Nouveau Testament. L’un est basé sur la guerre alors que l’autre est un discours de paix.

Si on veut être cohérent, il faut décider si l’on est chrétien, juif, musulman ou autre. Les religions peuvent-elles exister sans violence, sans domination, sans lavage de cerveaux ? Plutôt que les religions, pour la protection du droit des individus à la réflexion, la société civile doit conserver la mainmise sur les institutions et le respect des droits individuels.

Les religions essaient de dominer par leur interprétation du mystère et de l’inconscient. C’est pourquoi, la religion est un droit individuel. La religion, ça se vit à la maison et au temple. C’est aux religions de s’adapter à la société civile et non le contraire. En proclamant des règles sur la sexualité, les  religions dominent ainsi tous les individus depuis leur enfance.

Les fanatiques juifs, islamistes ou autres nous obligent à choisir entre Israël et la Palestine. L’ONU a fixé les territoires, les deux pays doivent exister et apprendre à vivre ensemble. Que fait la Chine au Tibet ? L’athéisme communiste est aussi une religion. Curieux que l’on y retrouve Bombardier qui s’excuse en rappelant que le Canada a existé grâce aux chemins de fer, omettant volontairement la mort de Riel et ses métis…Le fédéralisme est en soi une structure de domination. Le territoire est un trophée de guerre.

Juifs et Islamistes nous entraînent dans une guerre religieuse à savoir quelle religion exercera «sa» domination mondiale. Nous vivons comme au temps des croisades : une guerre de religions entre les judéo-chrétiens et les fanatiques islamistes, avant une guerre religieuse tout azimut. D’ailleurs, la dénonciation pédophile des prêtres catholiques s’inscrit dans cette mouvance : tuer l’Église catholique, en s’attaquant à ses faiblesses. Plus l’Église est discréditée, plus les sectes s’en mettent plein leur poche. La religion peut être ce qu’il y a de plus payant, même si le spirituel n’a rien à voir avec le matériel puisque c’est une pure spéculation de l’esprit !

La Russie et la Chine ne font que profiter de cette nouvelle guerre religieuse, pour y vendre des armes. La guerre est l’industrie la plus payante, après les religions. Quel que soit l’issu, à long terme, les pays communistes sont ceux  qui en profiteront le plus. Plus les États-Unis sont affaiblis, plus la Russie et la Chine, peuvent rêver de l’époque où elles feront le beau et le mauvais temps sur la planète. Avec le danger nucléaire, on peut mener seulement des guerres régionales, si on ne veut pas revivre le sort de l’Atlantide.

Les systèmes économiques (capitalisme et communisme) reposent sur la nécessité absolue de guerres et de destructions pour survivre. Le militaire sera fondamental tant qu’on n’aura pas une vision planétaire égalitaire entre pays. La paix à tout prix…Le droit des nations à l’existence. Un nouveau monde, une nouvelle approche de la vie… Les gouvernements doivent servir leur population, et non, les exploiter…

La guerre d’Israël au Moyen-Orient, à part les richesses naturelles, est celle de la Bible contre le Coran. Les spiritualistes, eux, parleraient plutôt de la guerre des Anciens et des Modernes puisque si l’on veut sauver l’humanité, il faut revoir ses fondements (croyances et cultures) pour créer un monde de coopération plutôt que de domination. Le moteur de la planète doit cesser d’être le profit pour être remplacé par le bien-être quotidien ou le développement de tous et chacun. Chaque pays existe pour le bien de chacun de ses citoyens.

En ce sens, tant que le Québec sera membre de la fédération canadienne, il n’aura jamais un vrai droit de parole, ni même une existence. Ce n’est pas le Canada que les Québécois rejettent ; mais le fédéralisme.

Donc, une structure institutionnelle. Le parti politique canadien qui aura l’intelligence de proposer une structure confédérale ou des états associés, assortie d’une formule de péréquation, possédera le pouvoir pendant longtemps. Cette solution n’est pas encore envisagée parce qu’il est plus rentable pour les petits amis des partis politiques de vivre dans la confrontation (Québec et le Roc) plutôt que de chercher une vraie solution. Ainsi affaibli, le Canada est de plus en plus un satellite américain.

Le jour où le Canada deviendra une vraie confédération, il deviendra une nouvelle puissance mondiale : ce que ni les États-Unis, ni les pays communistes ne voient d’un bon œil, car, pour eux, l’émergence d’une nouvelle puissance internationale axée sur la paix et la lutte à la misère humaine, signifie partager le pouvoir. Pour avoir une vraie confédération, le Québec doit d’abord devenir un pays.

La domination américaine au Canada passe par la culture. Sous prétexte que ça coûte moins cher, les médias canadiens répandent la pensée américaine à travers les romans fleuves, présentés particulièrement durant la journée pour les

femmes à la maison. Elles aiment bien toutes les histoires de divorces. Un bitchage sans conséquence…

Changer les valeurs et la perception émotive de la société, c’est livrer une guerre des valeurs afin d’obtenir l’appui de la population. Au Québec, le vrai pouvoir est entre les mains des femmes, c’est elles qui imposent la façon de penser à leurs maris. Elles les sculptent. Elles dominent, en peignant l’émotivité sociale. Les médias tentent de fondre l’opinion canadienne à celle des États-Unis. Une guerre de valeurs. On oublie qu’en Amérique, la vraie et seule différence qui existe est que l’on est riche ou pauvre…

Pour justifier le tabou sur la pédérastie, on crée des lois pour empêcher qu’on en parle, sous prétexte que ça pourrait donner envie aux jeunes de l’essayer, comme s’ils avaient besoin de ça pour évoluer. Les hormones s’en chargeront bien …

Le tabou sexuel n’est pas maintenu pour rien. Il permet de détourner l’attention des vrais enjeux de notre société : éliminer la guerre pour permettre une justice sociale ; instaurer une vraie démocratie et se mobiliser contre les pétrolières  pour sauver la planète. Le clan Bush et ses républicains favorisent la dictature de la pensée. Pour conserver sa suprématie, il faut un tournage à droite, d’où l’importance d’un regain de religiosité. La naissance, la renaissance et la résurgence, pour entretenir la peur, du jouet de la CIA, nommé Ben Laden, justifie la guerre aux terroristes …

La peur rapporte des milliards et permet de conserver le pouvoir si on sait faire semblant d’être le protecteur indispensable. C’est une industrie qui fait oublier que l’évolution passe nécessairement par l’éducation. L’aide militaire canadienne est inutile si elle n’est pas accompagnée par l’appui à la lutte contre l’ignorance et l’installation d’une vraie démocratie.

À chaque début de millénaires, les esprits fanatiques décident de nettoyer la planète du mal. Cette fois, on a voulu s’attaquer à la pédérastie pour l’éliminer à jamais. On oublie un fait essentiel : qu’on le veuille ou non, la pédérastie est naturelle, même si elle est une déviance, et par conséquent, il ne sera jamais possible de la faire disparaître. La lutte sexuelle doit porter sur l’élimination de toutes formes de violence ou de domination pour les individus mâles ou femelles, de n’importe quel âge.

La lutte contre la pédérastie est basée sur la peur de mélanger la connaissance des aînés au pouvoir des jeunes. Quel danger, un vieux de plus de 70 ans peut-il représenter pour un adolescent, capable de le planter cent fois, s’il se sent agressé ? Le retour à 20 ou 30 ans en arrière pour accuser un individu ne sert qu’à alimenter les statistiques pour prouver l’efficacité de la police et justifier d’avoir un salaire supérieur à d’autres fonctions plus importantes pour la société comme les infirmiers ou les professeurs.

Le combat contre la pédérastie est un combat d’arrière-garde. Il démontre clairement que les religieux nous ont menti durant des siècles, en nous assommant avec leur ciel et leur enfer, leur besoin de souffrance pour évoluer spirituellement. En nous culpabilisant ainsi, ils ont semé la maladie mentale qui consiste à percevoir l’autre comme le mal incarné. Nous construisons une société de paranoïaques. Plutôt que d’aimer, l’essence même des relations pédérastes et du sens de la vie, le but ultime de nos vies se traduit dans le mot

«profit».

Le combat féministe, restreint à la sexualité, empêche la gauche politique de se définir une place dans l’avenir québécois. Les deux seules nuances entre un homme et une femme sont biologiques (la maternité) et émotives. Pour obtenir leur égalité, les femmes devront non seulement modifier la perception des mâles à leur endroit, mais leur auto perception. Le pire ennemi des femmes est leur sentiment d’infériorité, née de leur perception de la sexualité à cause des religions.

Les féminounes ont une perception strictement émotive, selon laquelle le mari et ses enfants leur appartiennent. Elles sont aveuglées par leur jalousie et leur insécurité émotive, à un point tel que leurs cibles sont les pédérastes, les homosexuels ou l’amant. La fidélité est un miroir qui leur renvoie au visage leur dépendance puisqu’elle déborde largement la nécessité de créer une famille stable. La fidélité, c’est la responsabilité face aux autres dans le temps. Mais, l’évolution, c’est l’autonomie. Certaines femmes croient qu’elles détiennent un pouvoir certain tant que les mâles ont strictement besoin d’elles pour avoir «un trou». Les pédérastes et les homosexuels deviennent ainsi des concurrents ennemis. Le débat devrait plutôt porter sur ce qu’est l’amour.

Les pédérastes ne font qu’affirmer la valeur absolue et intrinsèque de tout être humain, son égalité à tous les autres, son droit de choisir une morale personnelle. À long terme, si les femmes cherchent vraiment l’égalité, les pédérastes devraient être leurs plus grands alliés. La société n’est pas hommes et femmes ; elle est humaine. Tout individu naît égal à un autre et s’il est plus mal nanti, à cause de la maladie ou autre, la société doit d’abord s’occuper de l’aider. Les vrais ennemis des féministes sont les machos hétéros qui considèrent la femme comme une servante. Personne n’appartient à qui que ce soit. La réussite de sa vie est strictement individuelle. Seule la violence, qui ne veut pas dire colère, devrait être interdite. Autrement, tout est question d’éducation et de développement personnel…Que fait-on dans cette vie ? Qu’est-ce que la vie ?

Selon les féministes en Amérique, les hommes n’ont aucun espace et aucun droit dans la famille, sinon celui de pourvoyeur. Leur haine du mâle est de nature strictement émotive, une construction de leur insécurité. Ce n’est pas pour rien que l’homme est complètement absent de la culture québécoise.

Le Québec ne pourra jamais être un pays tant que les femmes n’auront pas solutionné leur problème émotif concernant la sexualité. Le féminisme politisé retarde l’inévitable ascension du Québec vers son indépendance ou la création d’une véritable confédération. Les Québécois exigent d’être respectés. Ce n’est pas parce que tu es un indépendantiste ou un fédéraliste que tu es un crétin. L’intelligent choisira la structure qui puisse le mieux servir les prochaines générations.

La guerre sexuelle est individuelle. Elle sert à faire oublier le plus important : la fin des guerres et de la misère, la création planétaire d’une véritable démocratie, un retour au respect de la nature, et finalement, sur le plan des valeurs, de découvrir «sa» vérité puisque la Vérité a été détournée pour assurer le pouvoir de nos institutions. Dieu n’est pas qu’un pouvoir financier…

La pédérastie est un acte d’amour qui ne peut pas rapporter financièrement à nos institutions : voilà pourquoi on la chasse, sous prétexte qu’il faut protéger les jeunes.

Pour illustrer la stupidité du système face à la pédérastie , un attouchement sexuel , sans violence , peut valoir neuf mois de prison , sans possibilité de libération conditionnelle, à moins de se proclamer un paria , un être abject , alors qu’un type qui a commis deux meurtres est libéré parce qu’il est un délateur …

La liberté sexuelle 22

août 23, 2020

La liberté sexuelle 22 (pp. 216 à 226)

C’est valorisant, enveloppant de savoir que des centaines de personnes pleurent sur ton sort ; mais, un «mouchard», c’est plus souvent qu’autrement un ignoble individu qui ne peut penser qu’à ses «tripes». Les victimes, étant maintenant dédommagées, ces dénonciations ne sont-elles pas davantage une forme de chantage ? Un revenu inespéré d’autant plus qu’aujourd’hui il suffit de dire que  tu es une victime sexuelle pour que toute la communauté soit en émoi.

La personne inculpée d’avoir eu une relation sexuelle dix ou vingt ans plus tôt et qui se retrouve devant la cour voit sa vie détruite, que l’accusation soit fondée ou pas, car les médias raffolent de ce jaunisme, sous le faux prétexte que ces jeux dans les pantalons des autres sont d’intérêt public. Ces informations se rapprochent plus du «bithchage» que de l’intérêt public. Elles permettent d’évacuer les vrais problèmes de la société. C’est plus facile de réaliser un topo à partir de la cour et c’est beaucoup plus écouté. C’est un bon « deal » pour les producteurs, car les informations ne coûtent alors presque rien.

Si l’assassin peut retrouver sa liberté après une dizaine d’année, avec le droit de ne plus être pourchassé, il en va tout autrement pour le pédéraste reconnu coupable d’un simple attouchement sexuel. Non seulement il risque sa vie en prison ; mais quand il est libéré, contrairement à tous les autres, son nom sera couché sur une liste de «prédateurs sexuels » pour 20 ans. Tuer, c’est donc moins grave que de jouer aux fesses avec un jeune ? D’autant plus, qu’à la sortie, il devient impossible à celui condamné pour des actes sexuels de retrouver un emploi convenable, de voyager ou même de faire du bénévolat. Cette chasse à la chasteté des jeunes tient de la folie.

Coupable, tu ne peux même plus aller enseigner en Haïti ou ailleurs, même si le taux de sida dévaste des populations complètes. Mieux vaut être illettré que d’être en contact avec un mauvais «pédophile» non violent , comme disent les féministes qui ne distinguent pas entre pédophilie et la pédérastie La valeur la plus importante dans la vie humaine , c’est de demeurer chaste tant que tu n’as pas l’âge de te marier. C’est plus important que la vie même. N’est-ce pas complètement idiot ?

En quoi le décrochage scolaire est-il moins important que des jeux sexuels quelle que soit l’âge ? Crée-t-on le même drame devant la misère des jeunes  qui vivent dans la rue ? Pourquoi n’attache-t-on pas d’importance à leur misère

? Pourquoi ne s’attaque-t-on pas aux drogues et à la boisson qui entraînent parfois des mortalités ? Personne n’a succombé à une pipe bien faite…

Il y a quelque chose de profondément malade à accorder autant d’importance à la chasteté des jeunes.

La pédérastie n’a rien de pire que le proxénétisme, c’est-à-dire l’esclavage sexuel de la femme. Aussi, il devrait y avoir une prescription qui permette au jeune de dénoncer une situation imposée par un adulte jusqu’à la majorité.

Dénoncer est une manière d’agir qui s’apparente plus au chantage et à l’extorsion qu’à la défense des jeunes victimes.

Seules les dénonciations de situations où il y a eu violence devraient  être suivies.

Par ailleurs, on devrait retirer je nom d’un individu considéré non violent des listes de prédateurs après dix ans et une enquête policière comme cela se fait pour le « pardon ». La situation actuelle est une forme de fascisme.

Il existe un degré de dangerosité dans chaque cas. On devrait en tenir compte ainsi que les répercussions d’une mise en accusation. C’est souvent pire de dénoncer que le silence de ce qui s’est passé plusieurs années avant.

Doit- on parler de sa pédérastie ?

Tant que la sexualité des jeunes sera abordée dans le mensonge et l’hypocrisie , tant que le système judiciaire ne respecte pas ses propres lois (l’âge de consentement) , tant que la sexualité des jeunes demeure un préjugé inébranlable, tant qu’il n’y aura pas prescription , tant que l’on ne fera pas la différence entre une relation sexuelle violente ou dominatrice et une relation qui se déroule dans le plaisir, le consentement , la non-violence et l’amour, on peut se demander s’il est utile de vouloir parler de «sa pédérastie» et «vivre dans la vérité».

Dans l’état actuel des choses, la société ne veut pas connaître la vérité, elle veut imposer une morale mur à mur.

Parler de sa pédérastie, ce peut être mettre sa vie en danger. Vouloir faire connaître cette orientation sexuelle, c’est s’exposer à la prison, risquer qu’un frustré décide de faire justice et te tue ; mais c’est aussi reconnaître sa valeur en tant qu’être humain. C’est choisir que le sens de la vie n’est pas que l’argent, mais la vérité et l’amour. C’est avoir une conscience personnelle.

Le danger d’affirmer sa pédérastie est bien réel. L’écrivain Jean Ferguson, de Val-d’Or, a été victime de chantage de la part de certains policiers qui promettaient de le coffrer. Ces derniers étaient insultés qu’aucun jeune et aucun parent ne consentent à porter plainte contre lui parce qu’on l’aimait bien, même si on connaissait ses goûts pour les garçons.

Ces gens avaient compris qu’il y a plusieurs genres de pédérastes, les bons et super-généreux ainsi que les salauds, comme dans toutes les catégories de gens ou d’orientation sexuelle.         Le comportement de chacun doit être évalué, selon la réalité et non les qu’en- dira-t-on. …

Jean Ferguson a souvent été l’objet de chantage. Pire, un individu a même essayé de l’écraser avec son automobile. Un pédéraste victime de la haine des scrupuleux et des ignares ça n’existe pas. Tous les gens, qui ne le connaissent pas intimement, s’enflent la tête avec les rumeurs ou se racontent des histoires. Ils sont pour qu’on lui fasse la peau. Un sale de moins, croit-on, comme si la dignité humaine n’existait pas en soi. Ces justiciers sont inconscients d’être des fascistes qui s’ignorent.

On dépense des milliers pour dédramatiser l’homosexualité chez les jeunes, mais en même temps on invente des lois pour les empêcher de vivre, s’ils le désirent, une expérience avec l’adulte de leur choix, sous prétexte qu’ils sont trop jeunes.

Même si c’est le contraire de la réalité des adolescents, les adultes ont décidé qu’un jeune ne peut pas aimer, avoir une relation sexuelle avec un adulte, sans être contraint. Sous prétexte de les protéger, on leur lave le cerveau et  on  détruit toute l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes s’ils ne suivent pas à la lettre ce que la morale a déterminé pour eux. On oublie que bien des jeunes aiment se retrouver avec des partenaires plus âgés qu’eux.

Après on se surprend qu’il y ait des suicides. Comme disait Léo Ferré, le problème avec la morale est que c’est toujours la morale des autres. Pour les jeunes, ce que pensent les autres est un poids immense à supporter. La contradiction va jusqu’à permettre de s’adresser aux étudiants et de lancer un appel à la haine ou à la dénonciation. Cet appel est très différent de celui de pouvoir en parler librement. C’est refuser le droit des jeunes à leur sexualité. C’est condamner toutes relations adultes-adolescents, c’est empiéter sur le droit à son orientation sexuelle et par conséquent, le droit de choisir son partenaire.

Maintenir la paranoïa, ce n’est pas sans incidence. La peur de l’étranger est à la base de la philosophie selon laquelle «nous» sommes les purs, nous sommes les seuls à voir raison, nous devons soupçonner, pour ne pas dire haïr, tout ce qui nous est étranger. Une morale de fanatiques, d’aveugles, de racistes et de fascistes.

La société cultive le culte de la peur et de la victime parce que c’est devenu une industrie très payante. Elle exploite particulièrement, les jeunes et les aînés, les démunis, ceux qui ne peuvent pas se défendre. Nombre de fondations sont des crève-cœur pour soutirer de l’argent. Combien d’argent va vraiment pour aider les jeunes en difficulté ? Tant de fondations permettent de croire que tous les indigents peuvent être assistés, mais une bonne partie de ces institutions sont les vaches à lait des propriétaires ou des vendeurs. Ça permet aux gouvernements de se retirer de leurs obligations, surtout quand il s’agit de venir

en aide aux handicapés et aux malades mentaux. C’est le cas de dire que « les plus riches » font leur fortune aux dépends des démunis.

Quand tu payes 400 $, à Montréal, pour un trou qu’on prétend une chambre, il n’est pas surprenant qu’il y ait autant d’itinérants et de suicidaires… Tout le monde sait qu’à part les drogues, les endroits privilégiés de la mafia pour «blanchir l’argent » sont l’immobilier, les institutions pharmaceutiques et les compagnies d’assurances.

On combat la pédérastie parce qu’on y voit le même «monstre» que l’homosexualité, que l’on combattait auparavant en affirmant que tout individu normal ne peut être qu’hétérosexuel.

Pour bien paraître, se donner des airs de personnes tolérantes, on essaie de combattre indirectement l’homosexualité, en s’attaquant à ce que l’on suppose sa racine, la pédérastie.

On s’imagine encore dans notre ignorance qu’une expérience homosexuelle dictera définitivement l’orientation sexuelle. On croit que cela marquera sa personnalité pour le reste de sa vie, que c’est une expérience qui ne peut être qu’affreusement douloureuse ou traumatisante.

Dans notre monde, presque tous les individus sont prisonniers de la morale judéo-chrétienne bourgeoise. On n’est pas encore né qu’on nous la rentre de force dans la tête. Pourtant, le sens profond de la vie, c’est la liberté et l’amour.

La responsabilité et l’équilibre n’existent pas dès notre naissance, ils s’acquièrent à travers les expériences bonnes et mauvaises de la vie. À moins d’un grand changement, Dieu n’a pas encore demandé à tous les individus de devenir saints ou prophètes. S’il faut un idéal, se prendre pour un autre ou se faire défenseur de la chasteté, ce n’est guère mieux que n’importe quelle dépendance quoique ça se passe au niveau de l’esprit.

Pour défendre son point de vue, la bourgeoisie joue sur les mots. Elle invente sa façon de dire les choses et considère qu’une formulation plus compréhensible est vulgaire, donc, du peuple. Plusieurs jeunes ne comprennent pas ce que l’on veut leur enseigner quand il est question de sexualité ; car, le vocabulaire qu’ils utilisent ne correspond absolument pas à celui employé dans leur vie quotidienne. Il faut être snob pour être décent. On a aussi peur des mots que  s’ils salissaient autant que l’étroitesse d’esprit.

Pour que les gens acceptent le changement et passent à autre chose, on a changé les noms. Par exemple, on n’est plus homosexuel, on est gai ; on ne devrait plus être pédéraste, mais amourajeux ; on est plus indépendantistes, on est souverainistes ou autonomistes ; on fait semblant de vivre dans une confédération alors que nous vivons dans une fédération.

Tous ces mots se prétendent des synonymes, mais dans chaque cas, le français nous rappelle que chaque mot a son sens propre et sa propre définition. Changer les mots, c’est simplement travestir la réalité pour la rendre plus acceptable. On effectue ces changements en perdant toujours un peu du sens primitif. On évolue vers le bas. On était beaucoup plus libre dans les années 1970 que nous le sommes maintenant. Probablement, parce non seulement nous nous cherchions une identité, mais aussi une « authenticité». Depuis, nous nous faisons laver le cerveau, pour avoir une pensée unique où l’économie de marché remplace l’amour. Tout est argent.

L’hypocrisie et le mensonge blanc (s’abstenir de tout dire), sont la base de notre système. Les profits servent toujours aux mêmes pour s’enrichir, ce sont toujours les riches aux dépends des démunis. Tous les profits vont à ceux qui font les règlements. Il faut payer des taxes pour les faire observer ou récolter les amendes s’ils ne sont pas. observés. Plus il y a de règlements, plus il y a de chances de faire de l’argent. Plus il y a de règles, plus il y a de chances de prendre l’individu en défaut ; c’est plus payant que de chercher à sensibiliser et responsabiliser les gens.

Dans l’état actuel des choses, si une personne veut parler ouvertement de sa pédérastie ; elle contribue à nourrir son propre rejet par la majorité de ses paires plutôt que d’éclairer réellement «sa » réalité en tant qu’être humain.

Vouloir se définir pédéraste, c’est se condamner aux mépris des autres. C’est presque du masochisme parce que la pédérastie est combattue avec tous les acharnements, tous les harcèlements et toutes les hypocrisies possibles en la confondant à la pédophilie.

Battre les enfants : ça les traumatisent probablement plus, mais, au moins, ils sont vierges … Pourtant, vouloir vivre «sa» vérité est un des premiers devoirs de tout être humain responsable.

Malheureusement, on a confondu la pureté de l’enfant avec la chasteté. La pureté c’est du domaine de la connaissance et de l’intention ; c’est avoir la capacité de voir le bien, le beau, sans croire que tout est mal ; c’est reconnaître l’amour et être reconnaissant à son Créateur pour avoir inventé une si belle chose qu’est la vie. La chasteté, au contraire, c’est une invention humaine qui prétend venir de Dieu. Elle déforme l’amour ; car elle ne peut être conçue sans étroitesse d’esprit. La chasteté est une invention strictement religieuse. Un interdit. Un rejet de l’autre et de sa réalité matérielle. Plutôt que d’être fiers de ce que l’on est, on méprise la création en la diabolisant, car, si on n’était pas issu du péché, on serait éternel.

Il existe des philosophies, tout aussi valables, qui ne perçoivent pas la sexualité comme un interdit parce qu’elles ne croient pas au ciel, à l’enfer ou au péché.

La sexualité est un moteur naturel, une force individuelle positive. La chasteté devenue scrupule t’empêche d’évoluer dans ta responsabilité vis-à-vis toi-même et les autres. Elle est un mur de préjugés et de haine. La pédérastie, au contraire, tend vers la recherche du beau, de l’amour, de l’autre.

La pédérastie peut-être une prière, donc, un acte spirituel. Contrairement, à la religion, il ne s’agit plus d’un interdit, mais d’une toute autre perception de la finalité, du sens de la vie.

Loin d’être mal, la sexualité sert à identifier et ressentir la beauté spirituelle à travers la matière, un hommage à la vie plutôt que de craindre la mort. La beauté du matériel, du changement perpétuel est alors une voie vers l’admiration et l’adoration, donc, vers le sacré.

La sexualité ne sert plus seulement qu’à garantir la survie de l’espèce, mais à reconnaître et saisir une force, qui transcende l’éphémère. C’est une forme de contemplation. Spiritualisée, la pédérastie est la confirmation de l’éternité et de l’existence, dans une beauté indescriptible, d’un ensemble supérieur dont nous ne saisissons que l’infiniment petit. L’enfant est la créature le plus près de ce nirvãna. Ça explique le désir de devenir un adulte-enfant…Une régression et une fixation.

Le platonisme est alors compréhensible, car il permet, dans une recherche spirituelle, d’atteindre un niveau supérieur, grâce à la maîtrise de la sexualité. Retarder le plaisir, pour le vivre avec plus d’intensité. Une telle vision fait que l’esprit de la personne aimée devient plus belle et plus attirante que son corps qui est déjà irrésistible. C’est une approche différente de la perception et de l’interprétation de la vie et de la mort. Nous n’avons pas été chassés du paradis terrestre, nous sommes à le construire,

Évidemment, si on est un mouton, on va croire que l’on a tort de percevoir ainsi la sexualité puisque la majorité pense autrement. La vérité n’a pas d’importance quand il s’agit de préjugés. On a peur de s’affirmer.

C’est absurde et faux de prétendre, devant des étudiants, qu’il s’agit de manipulation quand un jeune aime ça, que c’est l’adulte qui arrive à lui faire croire qu’il peut aimer ça. Tous les individus sont sexués et aiment le plaisir ; faire croire que c’est mal, c’est dénaturer la réalité.

La perception de la sexualité d’un jeune n’est pas du tout la même que celle de l’adulte. C’est d’abord, une curiosité, un jeu, un plaisir.

La sexualité est un phénomène à découvrir, il est bien normal de vouloir comprendre.  Pourquoi la vie se transmet-elle à travers un petit spermatozoïde  et un ovule ? Comment sont-ils formés ? D’où viennent-ils ? Ce sont des questions fondamentales, même les adultes ne peuvent pas y répondre. Ils ont honte plutôt que de trouver tout le phénomène de la reproduction comme quelque chose d’extraordinaire, d’inexplicable. Pourquoi les caresses chatouillent-elles autant ? Pourquoi est-il plus agréable de se faire toucher que de se toucher soi-même ? Les jeunes ne sont pas assez fous pour ignorer ces questions. Le scrupule est basé sur la honte de soi. C’est une forme de perversion.

Dans certains peuples et religions, il existait un culte de la fertilité avec sa déesse, tout comme d’autres vivaient le culte du pénis ou du soleil. Ces gens-là n’étaient pas des fous, c’étaient les croyances populaires. Si la réincarnation existe ne serait-il pas normal d’en avoir un petit souvenir inconscient ? Existe-t-il en nous, une mémoire des temps passés ?

Il est important qu’un jeune puisse parler de ses aventures sans crainte d’être jugé , condamné , avec ses parents ou ses éducateurs , sans que les services de la «gestapo morale» s’en mêle, afin de prévenir que s’installent des culpabilités. Certains jeunes seraient élevés avec beaucoup plus de bonheur et d’affection par des pédérastes que par leurs propres parents. C’est étonnant que l’on évalue une expérience sexuelle comme pire qu’être battu ou humilié.

Il serait moins nocif qu’un pédéraste puisse clairement s’identifier comme tel. Les parents et les jeunes qui seraient en contact avec lui sauraient exactement à quoi s’en tenir. Si on peut en parler librement, les adultes sont capables d’évaluer si le jeune est vraiment en danger ou s’il a la chance de vivre une expérience privilégiée. Ils sont capables de juger si, sur un point de vue émotif, cette rencontre est positive ou négative pour le jeune.

Malheureusement, les préjugés rendent maintenant cela impensable. Qui peut exercer un métier qui le met en contact avec des jeunes s’il se dit pédéraste ? Qui est assez fou pour être haï de presque tous parce qu’il veut vivre assez honnêtement pour dire qu’il aime les jeunes ? On préfère l’hypocrisie.

Dans ce cas, c’est vrai que la sexualité perd son naturel.

En fait, on devrait pouvoir vivre sa pédérastie sans problème et pouvoir ouvertement en parler pour s’assurer que le jeune profite positivement de cette situation et faire jaillir les problèmes s’il y a lieu.

C’est bizarre que l’on soit prêt à identifier les gens sur des photos placées sur les poteaux pour que tous puissent les haïr, mais si tu dis que tu es pédéraste, on va tout faire pour t’empêcher de parler, sous prétexte qu’il faut protéger les enfants. Quoique tu dises, c’est automatiquement pervers dans la tête déformée de nos moralistes, particulièrement les féminounes.

Non seulement on s’occupe de sa sexualité, mais on oblige les autres à penser et à vivre comme nous : dans la honte de son corps.

Les procès sont-ils d’intérêt public ?

Si on cherche la vengeance, rien de mieux que de rendre public les procès à caractère sexuel. Que ça détruise des familles entières, qu’il ne soit dorénavant à jamais possible de gagner à nouveau sa vie normalement, que tu sois à jamais l’objet des calomnies et des médisances, ce n’est pas important. L’Inquisition moderne s’assure que tu obéisses sans poser de question.

Il faut maintenir la peur de la sexualité et la haine de ceux qui la vivent librement, de ceux qui trouvent normal de ne pas en faire tout un plat.

Bizarrement, selon les statistiques, seulement les oncles, les pères, les paires aînés devraient être surveillés et dénoncés, car on ne parle jamais de femme ou presque. La dénonciation détruit le tissu social en sabotant la confiance.

Être condamné pour un délit sexuel même si c’est sans violence, c’est aussi pire que d’être condamné à mort.

Une personne accusée de meurtre se verra incarcérer durant une certaine période et personne ne pourra intervenir dans sa vie quand il aura fait son temps alors que pour un crime sexuel, l’individu verra son nom, après avoir purgé sa peine, allongé la liste des prédateurs pour une autre période de 20 ans. Pourquoi être l’objet d’une telle sévérité, s’il n’y a pas eu de violence, mais que du plaisir ?

De nombreuses personnes ont été innocentées, mais le fait que l’on a publicisé la situation, leur vie est devenue pour elles et leur entourage un véritable calvaire. Pour éviter de tels drames, il devrait être interdit aux journaux de pouvoir parler des procès d’ordre sexuel, avant que la personne soit reconnue coupable. Toute personne est innocente jusqu’à preuve du contraire.  Mais,  notre système de justice en est un d’hypocrite.

En quoi un procès à caractère sexuel est-il d’intérêt public, sinon permettre un «bithchage national » ?

Pour qu’un événement soit d’intérêt public, cet événement doit modifier la vie sociale ou l’environnement des individus. Qu’est-ce que ça me donne de savoir comment un crime s’est déroulé, sinon de satisfaire une curiosité morbide ? Le voyeurisme institutionnalisé permet l’éclosion du mensonge, de la rumeur et de la destruction des individus. Il joue le même rôle que les arènes romaines. Du sang pour défrustrer les frustrés.

C’est plus facile et moins coûteux pour les médias d’assister aux procès que de chercher de l’information réelle et valable. Que nous apporte la connaissance de ce qui se passe en cour ? Rien. Mais, de toujours en entendre parler donne l’impression qu’on vit dans un monde pire que jamais, nécessitant un regard permanent de la police sur nos activités.

Cette facilité médiatique entretient la paranoïa et la haine. Des bulletins de nouvelles qui s’attardent aux procès donnent l’impression que l’on vit dans un monde plus violent qu’il ne l’est, où la compassion n’a plus d’espace.

Même si le taux de criminalité diminue, les médias nous forcent à croire que ça empire et qu’il faudrait augmenter les peines. La répression n’a jamais obtenu d’aussi bons résultats que la prévention et de la réhabilitation, mais la foule pleure pour des peines plus lourdes.

La couverture de ces procès permet d’informer les prisonniers et ainsi organiser une justice parallèle à l’intérieur des murs. Cette justice parallèle est bien réelle. Le prisonnier fera du temps léger ou pénible, selon les accusations. Passer du temps dans une aile où tout le monde te hait, par devoir, c’est très pénible.

Attacher autant d’importance à ce qui se passe en cour peut peut-être garantir une justice plus équitable et plus de perméable, mais quel changement cela peut-il apporter puisque nos gouvernements ont détruit, pour des raisons économiques, la commission chargée de réviser les lois ?

En quoi, ce qui arrive à un individu qu’on ne connaît même pas peut-il modifier notre vie ou notre environnement ? Ça permet seulement de saliver un peu plus sa haine et son désir de vengeance. Ça permet de nous détourner  de  l’essentiel : fouiller les décisions politiques et économiques, réfléchir sur ce qui pourrait améliorer nos vies, nos valeurs. Les médias jouent exactement le même rôle que les arènes romaines sous Néron.

Le Canada ressemble de plus en plus par ses politiques au gouvernement Bush. Nous acceptons de plus en plus aveuglément les valeurs américaines. Faire la guerre pour protéger les intérêts de ses multinationales, qui se prennent pour la nation, les guerres religieuses, la paranoïa, le bithchage sexuel et l’économie qui prend toute la place.

Que peuvent moralement nous apporter les États-Unis, après avoir assassiné leur président, être tombés entre les mains des pétrolières et envahis l’Irak ? Ce n’est sûrement pas mieux chez les autres supers nations, mais le Canada doit demeurer en dehors de cette géopolitique qui permet tous les assassinats pour conserver le pouvoir. Un meurtre qu’il soit militaire ou civil, ça demeure un meurtre ; sauf, que dans un cas, on le prétend justifié. La vie humaine devrait être plus importante que tout.

Auparavant, les médias ne parlaient pas de suicide parce que ça pouvait avoir un effet d’entraînement. Notre américanisation est le fruit du peu de place que nous accordons à notre propre culture et les médias en sont les principaux responsables.

Même la culture est dorénavant la propriété des riches et des féminounes, un relan de religiosité. Pourquoi les émissions américaines défoncent-elles nos écrans ?

Selon les féminounes, il faut parler des procès pour avertir les gens qu’il y a un prédateur sexuel dans leur milieu. Cette publicité multiplie la haine et la peur contre un individu, mais elle oblige seulement celui-ci à vivre plus hypocritement. Pourquoi amplifierait-il la haine que l’on crée autour de lui au nom de la charité chrétienne. Puisqu’il est radié de partout sa vie devient un enfer.

Cependant, en agissant ainsi elle apporte un petit «kick» supplémentaire aux jeunes qui décident d’aller vérifier le danger sur place. Vaincre sa peur pour affronter l’interdit a toujours meilleur goût, surtout quand il permet de découvrir un nouveau plaisir.

Faut-il vivre une sexualité castrée, anti-pénis ? Le féminisme est une lutte prioritaire, tant qu’elle demeure une lutte d’égalité et non une revanche féminoune, une haine absolue du pénis et une recherche à tout prix de la supériorité féminine sur le mâle. Pour certaines, l’égalité est une prise de pouvoir.

Un individu équilibré n’est ni homophobe, ni misogyne, puisque tout individu est à la fois homme et femme, à quelques petites nuances biologiques près. Les autres différences ont été inventées par les sociétés. Apprendre à respecter les autres, à savoir dire oui ou non, à se créer une morale personnelle et responsable, à se mêler de ses affaires et aider les autres plutôt que les damner, voilà un cheminement vraiment égalitaire et chrétien.

Le problème féministe est que son discours n’a pas évolué depuis 1970. La place des femmes dans notre société doit être celle de l’égalité de la responsabilité, et non, en songeant au nombre et à la domination. Le discours des féministes voulant qu’il y ait exactement le même nombre de candidats dans les partis politiques démontre à quel point la notion d’égalité préconisée est stupide dans un tel contexte. Ce n’est pas le nombre de personnes qui est important, mais la qualité des candidats, sans aucune différence à partir de la notion de sexe. La majorité, comme moi, ne regarde pas le sexe auquel appartient l’individu, mais ce qu’il pense et sa détermination.

Les féministes font du voile le symbole de la domination mâle. Pourtant, en pleine liberté, des femmes choisissent de porter le voile pour se sentir pures. C’est ça être aliénée : embrasser son joug. Au lieu de prôner une égalité

numérique, les féministes seraient mieux venues de prôner la qualité intérieure. Le sens de la vie est de se réaliser pleinement, un objectif qui ne peut pas être plus personnel. Que ce soit un homme ou une femme de qualité, les autres finiront bien par reconnaître leur valeur.

Quant aux religions, si le discours maladif de la chasteté n’est pas totalement éliminé, ces institutions continueront à produire des fanatiques et à être la principale raison de l’existence des guerres. Par contre, il serait débile de rejeter la vraie spiritualité, car, il est important de comprendre un jour ce que nous sommes, d’où nous venons et où nous allons. En d’autres termes pourquoi existons-nous ? Même si les religions sont malades quand il s’agit de sexualité, elles apportent dans leur enseignement matière à réflexions et des valeurs qui sont, elles, nécessaires à l’épanouissement humain, telle la charité.

Si les religions s’étaient attardées à prôner l’amour plutôt que de créer des règles antinaturelles pour dominer les consciences, elles auraient toutes les raisons d’exister, car elles permettraient de créer un paradis terrestre, malgré nos faiblesses.

Une véritable justice sociale est bien plus importante que l’orientation sexuelle. Toutes les religions sont au moins multimillionnaires. Le profit a remplacé  l’amour que Jésus prônait. S’il y a une religion qui méprise les femmes, c’est bien l’Islam. Pourtant, Mahomet a été le premier à parler du partenariat et de l’égalité homme femme.

Les médias vont évidemment essayer de faire croire que savoir ce qui se passe en Cour est d’intérêt public et que les empêcher de nous informer sert à réprimer la liberté de presse, le droit à l’information. Mais qu’est-ce que ça me donne de savoir ce qui se passe en Cour ? Ça permet simplement aux média d’avoir des informations qui coûtent peu cher à obtenir, mais qui détruisent souvent des réputations. C’est un voyeurisme dégueulasse.

La liberté sexuelle 21

août 22, 2020

La liberté sexuelle 21

( 205 à pp 217)

En combattant la pédérastie, en essayant de l’éliminer de la face de la terre, on oublie que ce phénomène existe depuis sa création. L’amour n’a pas de maître. Mais, on ne la décriminalisera jamais tout simplement parce qu’elle ne sera jamais payante pour les institutions ; même si parfois, c’est toute la famille qui en profite, car elle apporte un baume à leur détresse économique.

Quant à l’homosexualité, c’est une orientation sexuelle entre adultes de même sexe consentants. Il n’y a pas 50 ans, le système prétendait que c’était un crime. Puis, on a crié à la maladie mentale, mais quand elle est devenue rentable, elle est devenue normale. La seule différence avec la pédérastie est l’écart d’âge.

Malheureusement , pour permettre de transmettre plein de faussetés sur ce qui se passe entre un jeune et un vieux , on interdit d’en parler , sous prétexte que ça pourrait en donner le goût à certains, même si on sait que l’orientation sexuelle ne tient pas à une expérience.

Toute la démarche pour comprendre ce phénomène est pure hypocrisie. Tout ce qui est dit est transformé et utilisé contre la personne qui a osé tenter de lever le voile. On ne veut pas comprendre qu’il pourrait y avoir des effets très positifs pour le jeune, on veut tout interdire et trouver les moindres détails pour justifier d’autres raisons d’interdire et exiger des peines plus sévères. La pédérastie est pourtant moins dangereuse que la drogue ou la guerre.

Ceux qui créent les lois savent très bien interdire ce qui n’est pas rentable de rendre légal. La pédérastie touche un trop petit nombre pour l’être. Les pédérastes sont non-violents, mais il faut des interdictions pour avoir des bandits. Il faut des bandits pour justifier la police et le système judiciaire. Il faut un juste milieu, des concessions au crime organisé pour que les bandits ne soient pas trop violents. Puisque presque toutes les femmes ont peur du sexe ou du viol, tous les hommes se rangeront à leurs demandes pour continuer d’avoir du sexe. La pédérastie devient la cible idéale ; car, l’ensemble de la société est déjà persuadé que la pédérastie est le mal absolu.  La violence, le vol, l’abus  des aînés, le pillage, le viol durant les guerres, les impôts abusifs, tout peut être oublié puisqu’enfin il est possible d’identifier le responsable de tous les mots de l’univers : la pédérastie.

La pédérastie coûte très cher au pédéraste ; mais elle ne rapporte pas aux institutions. Elle est trop restreinte pour devenir une source de profits intéressante. Voilà la vraie raison pour laquelle on n’envisage même pas de la décriminaliser dans les cas de non-violence.

Chez plusieurs pédérastes, la sodomie ou enculer est complètement exclue. Caresses, masturbation, fellation sont les gestes les plus fréquents. Et, qu’on le veuille ou non, plusieurs jeunes sont étonnés et ravis du plaisir qu’ils en retirent. Le problème avec les aînés, c’est de toujours mentir aux jeunes pour leur faire peur. La peur peut être un excitant supplémentaire plutôt qu’un frein.

La pédérastie n’a rien de différent des autres orientations sexuelles dans sa manifestation, sauf, que pour la très grande majorité, le côté purement érotique est loin d’être aussi important que le fait de pouvoir revivre son enfance à travers les activités proposées par le jeune. La pédérastie est surtout un état d’âme. La recherche-miroir.

La pédérastie est une telle adoration du jeune. Le rendre heureux est la priorité des priorités. La pédérastie est essentiellement une histoire d’amour. L’aimé est la plus chose qui existe.

Malheureusement, la pédérastie est souvent condamnée à ne pas pouvoir durer, car, à l’adolescence, il arrive très souvent que le jeune vit des expériences homosexuelles avant de se définir hétérosexuels.  D’abord,  se découvrir soi, puis que l’autre nous ressemble, avant de rechercher la différence, c’est tout à fait normal. Les adultes refusent de reconnaître cette vérité et cette curiosité parce qu’elle ne convient pas à leur vision rétrécie de la vie sexuelle que la société nous a légué dans son hypocrisie. On ne veut pas en parler parce que si tout le monde parlait et disait la vérité, on apprendrait que les aventures homosexuelles sont plus fréquentes qu’on le dit.

On ne peut pas imaginer que d’autres puissent jouir à autre chose que ce qui nous attire nous-mêmes. Hors de l’hétérosexualité point de salut. Pendant qu’on rejette la pédérastie parce que c’est une union qui ne peut pas durer, on invente tous les moyens pour la briser. Si la société ne lui faisait pas un tel procès, les unions pédérastes pourraient s’épanouir et être très stables.

Notre incapacité de percevoir la sexualité d’une façon plus large tient du fait que l’on a mélangé génitalité et sexualité.

La sexualité déborde la procréation. C’est l’expression globale de son être, la  joie de se faire caresser, d’exprimer sa tendresse, d’affirmer ses sentiments. Avec notre pudeur, on oublie ce besoin fondamental de l’homme de s’aimer et être aimé. On a interdit le plaisir de découvrir ses sens : il ne faut pas se voir, se toucher. On mélange caresse et douleur, à un point tel que l’on imagine un massage érotique comme de la prostitution. La pudeur essaie de tuer les joies que nous apportent nos sens.

On refuse de voir que l’absence d’affection de ses parents ou de ses amis est une des principales causes des suicides chez les jeunes. L’Église nous a appris qu’il ne faut pas se toucher et notre plus grande cause de stress est que nous manquons d’affection et de tendresse. Quand notre âme est trop asséchée, il faut chercher des compensations matérielles.

Si la pédérastie est fondamentalement homosexuelle, elle existe aussi chez les femmes entre elles. C’est simplement un sujet encore plus tabou, plus caché.

Pourquoi les manifestations d’une amitié femme-femme est-elle mieux perçue qu’entre hommes ? On ne fait pas tout un scandale quand une femme en embrasse une autre, ou qu’elles se touchent très affectueusement ; mais, c’est le contraire, entre deux hommes … Pourquoi ?

On nie qu’un individu puisse être polymorphe. Il peut vivre des expériences sexuelles très différentes sans devoir croire que cette orientation sexuelle est

«sa» réalité définitive. La vie est une suite d’expériences. Pourquoi une personne aurait-elle nécessairement une seule orientation sexuelle ? C’est une classification restrictive. Pourquoi ne peut-on pas concevoir qu’il est normal de vivre différentes expériences avant de décider de l’orientation qui nous plaît le mieux et nous permet de mieux nous réaliser en tant qu’être humain ?

Pourquoi un homme aurait-il à avoir honte de se sentir plus confortable avec un autre homme ou une femme avec une autre femme ? C’est la réalité de la majorité de nos relations. À cause de nos affinités entre gens de même sexe, il est possible de pouvoir ainsi surmonter sa gêne, ses limites et de connaître une amitié plus durable.

Rien n’est plus beau qu’une amitié sincère et durable. Ce n’est pas parce que l’on se touche ou se caresse que cette amitié devient plus suspecte. C’est qu’à travers le temps, on a défendu de voir et toucher certaines parties du corps, oubliant que l’on peut être érotisé par toutes. Tout individu peut être adorable, même s’il est laid comme un pichou. L’amour a une dimension spirituelle que  l’on a tendance à nier.

L’affection, la tendresse sont le propre de toutes les relations pédérastes. C’est le summum, le plus important, même s’il y a forcément un attrait génital. Pourtant, on parle de «protéger» le jeune. Il est impossible de prévoir une rencontre avec un jeune qui se poursuive dans le temps, si, comme on essaie de le faire croire, elle repose sur la domination ou l’autorité.

Au contraire, les jeunes cherchent l’absence d’autorité, la tendresse et l’idolâtrie. Ils aiment se sentir désirés, d’avoir beaucoup de valeur juste parce qu’ils existent.

La pédérastie, c’est un amour fougueux, une attirance inexplicable (le beau est ce que l’on décrète beau) envers une autre personne de même sexe beaucoup plus jeune. Comme dans les expériences hétérosexuelles, l’attrait est d’abord celui d’un corps jeune et beau ; mais la génitalité n’atteindra jamais le paroxysme du bonheur que procure la possibilité de se sentir revivre sa propre enfance à travers les expériences de son protégé. C’est le narcissisme éclaté dans le miroir de l’autre. Rien ne vaut ses rires, ses sourires, ses moments de fascination. C’est le ciel à l’état pur. C’est une recherche de la pureté d’âme de la jeunesse perpétuelle, de l’immortalité, qui n’a rien à voir avec la chasteté. Cette recherche de la beauté conduit, pour ceux qui croient, jusqu’à l’adoration de Dieu, à travers l’univers matériel corporel.

Évidemment, pour maintenir l’interdit, ceux qui prônent leur moralisme outrancier, diront que ce n’est pas un bon amour, comme s’il était possible que l’amour soit bon ou mauvais.

On oublie le droit individuel proclamé par la Charte des droits quant à l’orientation sexuelle et l’article selon lequel il ne doit pas exister de ségrégation à cause de l’âge ; mais ceux qui appliquent la Charte, la modifie pour donner raison à l’interdit. Les autorités s’imaginent que la responsabilité et la conscience naissent sous les coups de minuit à seize ans. Empêcher un individu de vivre librement sa sexualité, c’est aussi de la discrimination. La loi juge les jeunes comme des imbéciles, incapables de «conscience».

Les lois permettent de maintenir cette hypocrisie. C’est le jeune adolescent qui sait si une relation est bénéfique pour lui. Il devrait être le seul à pouvoir porter plainte à la police, s’il croit que ses droits sont violés ou que cette relation lui est imposée et préjudiciable. Cela ne l’empêche pas de pouvoir en discuter avec ses parents, s’ils sont assez ouverts et conscients de ses besoins, car parfois, l’amour rend aveugle.

Souvent, les jeunes sont dépucelés par des gardiennes beaucoup plus âgées, mais ils n’en parlent pas parce qu’ils ont aimé ça. C’est vite oublié et moins néfaste parce que c’est hétérosexuel.

Le silence créé par la peur existe beaucoup plus dans la tête des adultes que dans la réalité. C’est normal puisque bien des adultes ne font qu’essayer de l’entretenir sous prétexte de protéger les jeunes. Il n’y a que les esprits croches qui voient du mal partout quand il est question de sexe… les esprits «tordus»…

La pédérastie n’échappe pas aux défauts que l’on retrouve chez les hétérosexuels : jalousie, dépendance, chantage émotif, etc. En ce sens,  elle peut entraîner des situations malheureuses sur le plan émotif et être négatives. Si le jeune a une relation amicale avec ses parents, il en discutera avec eux. Il ne faut pas sous-estimer les ravages d’une peine d’amour ou la possibilité d’évolution d’un individu quand ils sont surmontés.

La pédérastie permet aussi à certains de mieux s’accepter tel qu’ils sont physiquement. On néglige le fait que l’adolescence doit nous apprendre à s’accepter comme on est. Il est impossible d’aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même. Pouvoir s’aimer permet de s’ouvrir aux autres. La pédérastie peut être un moyen efficace pour combattre le racisme. Quand l’enfance est reconnue comme la plus grande richesse, les enfants n’ont pas d’âge ou de couleurs.

Cependant, il faut être extrêmement clair à l’effet que la pédophilie, l’inceste ou de profiter de son statut d’autorité ne pourront jamais être acceptés. Si l’on veut faire attention pour que cette situation ne dégénère pas en véritable hystérie, on s’occupera davantage d’examens psychologiques et de traitements, si nécessaire, à prodiguer à la victime et à l’adulte, car le pédophile a sûrement besoin d’être traité très sérieusement pour s’assurer qu’il n’y aura pas de récidive, ce que la prison ne peut pas assurer. Le pédophile est un malade qui a besoin de soins et non d’être détruit, car , l’enfoncer davantage dans sa maladie peut l’amener à devenir violent. Sa situation doit le placer dans un équilibre mental très précaire.

Il est vrai qu’un enfant de moins de 10 ans peut être perturbé simplement par la grosseur des organes adultes, par les caresses d’un étranger ou avoir très peur. Il ne faudrait cependant pas croire que c’est automatique.

Plus âgé, s’il a été bien éduqué, il saura très vite comment se comporter. À moins d’être séquestré, il peut fuir la situation. Il sait qu’il est le seul à choisir s’il aime ça ou non. S’il fait confiance à ses parents ou à quelqu’un dans le système éducatif, il n’aura pas peur d’en parler, car ce sera naturel. Le silence engendré par la culpabilisation est l’élément le plus susceptible de créer des séquelles dans l’avenir. La peur de ce que les autres penseront est la raison fondamentale de ce silence. L’attitude autour des révélations peut être encore plus néfaste que ce qui s’est passé, car, on amplifie les raisons de s’en rappeler plus profondément.

La raison d’interdire l’inceste n’est pas seulement qu’une question de consanguinité, même si c’est physiquement la principale. Mais, le fait que l’adulte soit une personne en qui on le jeune a confiance, peut créer des perturbations très profondes si le jeune se sent un jouet qui risque de tout perdre s’il parle. L’inceste peut plus facilement être une forme de viol. Si un jeune est obligé de faire ce qui ne le tente pas avec une personne dont il est dépendant, parce qu’il sent que c’est mal, ça peut briser à jamais sa confiance en elle-même et briser sa personnalité.

C’est la même chose pour une personne en autorité. Cependant, cela s’applique seulement si la personne adulte se sert de son statut d’autorité pour faire chanter l’autre. Par exemple, si un professeur exige des relations sexuelles pour donner de bonnes notes au bulletin. Cette situation existe pendant la durée que l’adulte peut vraiment exercer son autorité pour obtenir ce qu’il veut parce que le jeune peut craindre des représailles.

La pédérastie est une relation amoureuse basée sur la fascination. Elle n’a rien de différent d’une relation d’un autre couple, sauf que l’adulte s’identifie carrément au jeune de qui il est amoureux. Une façon de vivre en enfant dans un corps et un esprit d’adulte. À cause de la fragilité du jeune, le pédéraste doit s’assurer que sa relation est profitable au jeune : non violente, consentie et responsable.

Pourquoi n’y a-t-il pas prescription ?

Un attouchement sexuel doit être aussi pire que la fin du monde puisqu’il n’y a aucune prescription, même si c’est un déni de l’existence et du droit à la sexualité chez les jeunes.

C’est bien un des seuls méfaits qui puissent rebondir dans la vie d’un individu plus de 20 ans plus tard. Pire, c’est le seul crime basé sur le plaisir des participants. Et c’est aussi le seul crime pour lequel , après avoir purgé toute ta peine (à moins d’être mort de remords ou détruit sur le plan des idées et de la personnalité ) , tu peux être surveillé durant les 20 prochaines années , en faisant partie d’une liste de «prédateurs» ce qui t’empêche de travailler, d’être bénévole , qui t’enlève même le droit de voyager.

Si tu es pédophile ou pédéraste, tu es mieux de te suicider, semble nous dire notre bon système de justice, car tu seras ostracisé.

Le vocabulaire est choisi pour donner des nausées : prédateurs, abus sexuels, détournement de mineurs, grossière indécence. Si un pédéraste est en amour avec un jeune, même s’il n’y a pas de relations sexuelles, ce n’est pas de l’amour, évidemment : c’est un gros cochon qui attend d’avoir gagné la confiance de son amant. Tout est déformé pour condamner cette forme de relation humaine. Bien des pédérastes sont tellement en amour qu’ils seraient prêts à tout pour plaire ou sauver leur petit amant.

En vérité, dans la très grande majorité des cas, les jeunes sont loin d’être traumatisés, car ils ne sont pas forcés de participer à une expérience pédéraste. Ils sont consentants. Ils y cherchent simplement leur plaisir. Ces aventures seraient impossibles sans leur désir d’y participer. S’il y a actuellement beaucoup de cas devant les tribunaux, ce n’est pas que les jeunes dénoncent plus et demandent réparations, mais parce que les parents et les travailleurs sociaux paniquent et appellent la police. C’est bien normal qu’avec autant de campagnes publicitaires à la télévision et dans les journaux qu’au moindre fait, certains se pensent obligés de faire intervenir la police. Le chantage sexuel est devenu une industrie très payante.

Les jeunes dénoncent ensuite ce qui s’est passé parce qu’ils ont peur de leur entourage. Ils sont dépassés par l’ampleur du scandale que de simples aventures sexuelles peuvent déchaîner : police, travailleurs sociaux, familles détruites, journaux, télévision. Pourtant, on retrouve les mêmes jeux sexuels dans une aventure pédéraste que ceux connus par la majorité des gens durant l’enfance, sauf qu’il y a un participant adulte, plus vieux

La règle devient « entre jeunes, pas de problème » ; mais tout est mal et dangereux, dès qu’un adulte ou un autre garçon plus âgé est resté accroché à ces jeux d’enfants. Pour un adulte, c’est permis entre qu’entre adultes comme  s’il ne pouvait pas exister de relations affectives entre un jeune et un adulte.

Pour étoffer une preuve, la vérité n’a aucune forme d’importance. Tout devient mal, interpréter dans la seule optique que l’adulte voulait entraîner le jeune. Un toucher sur sa sainte personne innocente, même si parfois le jeune est plus connaissant que l’adulte, est automatiquement un geste dégradant d’irrespect.

Tout ce qui est habituellement normal, dans toutes relations humaines, devient un geste horrible.

En Californie, les psychiatres ont démontré qu’à force de se faire talonner, un jeune peut non seulement inventer la situation, mais tellement se mentir qu’il finit par y croire absolument.

Pire , on attache encore plus d’importance à un attouchement sexuel individuel ou en groupe d’un adulte avec des jeunes consentants qu’au crime organisé , au commerce pornographique international , la peine de mort , la possession d’armes , la fraude, le vol , la misère , les drogues dures , la violence à travers le monde , la dictature et les génocides.

C’est le seul domaine où tout accusé risque sa vie en prison formelle ou statutaire.

Les religieux et spiritualistes de tout acabit ont décidé qu’il n’y aurait plus de pédophiles ou pédérastes au cours des prochains siècles, même si ça toujours existé. Il y a peu de temps les dirigeants de la société n’étaient pas aussi hypocrites et permettaient le mariage avec des filles de 12 ans.

Aujourd’hui, il ne faut pas apprendre à jouir sexuellement avant 16 ans, c’est une leçon de vie beaucoup trop pénible à supporter.

L’homme est un être condamné au culte de la castration jusqu’à 16 ans.

Le «dieu-sexe» se prétend tellement supérieur qu’il se dit déshonoré dès qu’on le touche. Et, on prétend que c’est normal. On ne sait pas pourquoi, c’est comme ça depuis  toujours,  donc,  il  faut  aveuglément  s’y plier…comme des moutons.

Cet interdit ne protège pas les jeunes, car, tout ce que l’on peut reprocher aux pédérastes c’est d’organiser des «partys» assez réussis pour savoir créer une telle atmosphère de plaisir que les participants se laissent aller à leur naturel …

et chez les jeunes , la curiosité et le plaisir sexuel viennent vite en tête de peloton. Si ces jeux ne sont pas violents qui protège-t-on pour qu’ils soient dénoncés avec une telle véhémence et aussi unanimement ?

Ça rappelle le discours de nos autorités politiques durant la crise d’octobre où l’on prétendait que tout le monde pouvait être la cible du FLQ, même si son but était de dénoncer l’exploitation des petits. Pour que le peuple y croit, il faut diaboliser l’adversaire, entretenir la confusion. Georges Bush ne serait pas au pouvoir sans Ben Laden, un «diplômé »de la CIA et des intérêts pétroliers.

La pédérastie permet aux autorités de faire croire que tous les individus sont des proies potentielles. Pour maintenir cette peur, on utilise la croisade des médias, des religieux et des féministes. En faisant croire qu’il est d’intérêt public de parler de ce qui se passe en cour, un «bithchage» national, on amplifie la peur des parents. Mais, encore là, cette irrationalité fait oublier que la décriminalisation de la prostitution, accompagnée de la protection des travailleuses de sexe, serait un des moyens les plus efficaces de combattre le viol.

La lutte contre la boisson et la drogue chez les batteurs de femmes serait beaucoup plus efficace que la prison pour réussir une vraie réhabilitation. Ne pas battre une femme, c’est une question de culture et d’éducation. Ce crime n’est- il pas parent avec celui de la jalousie ou de la possession ? La soumission des femmes est prêchée dans tous les livres dits saints. Est-ce vraiment Dieu qui méprise autant les femmes ?

La chasse à la pédérastie est un moyen d’entretenir une paranoïa collective, de détourner l’attention quant aux vrais crimes et au mixage banditisme-autorité. Il permet de faire passer les autres crimes pour de la petite gomme et de faire croire que les argents dépensés pour la sécurité du peuple servent vraiment à protéger la population.

C’est plus facile de s’attaquer à un individu sans violence qu’au crime institutionnalisé. Les meurtres d’enfants ne sont-ils pas liés à la maladie mentale plus qu’à la pédophilie ? Pourquoi parler de pédophilie dans le cas de Dutroux alors que lui-même ne l’était pas, mais faisait le commerce international des jeunes filles ? En quoi un Biafra pour protéger les droits des pétrolières en Afrique est-il moins condamnable qu’un attouchement sexuel ? Parce que ce sont des noirs ? La mort de faim de ces milliers d’enfants était- elle plus légitime que la chasse aux mauvais garçons qui trippent sur leur petit sexe ? Est-ce plus innocent de créer le sida, lors de recherches militaires pour trouver de nouvelles armes afin de combattre plus efficacement au Vietnam ? Les lois servent parfois d’outils pour garnir le grand coffre de l’exploitation des individus.

Même si la peur de la sexualité entre un adulte et un adolescent est irrationnelle, reposant sur des mensonges millénaires, elle s’exprime, dans nos sociétés, par ce que l’on appelle une loi dite « préjugé», c’est-à-dire une loi voulue, acceptée

par tous, appliquée pour tous, sans égard à son intelligence, et même si elle est démesurée jusqu’à la folie, et n’est surtout jamais remise en cause. C’est mal, c’est tout. Personne ne peut remettre cette règle en question.

Mais, en quoi un attouchement sexuel peut-il être aussi violent et aussi grave que les enfants soldats ou les enfants battus, aussi dévastateur que l’analphabétisation ou les cerveaux détruits par les nouvelles drogues ? C’est idiot, mais c’est la réalité de nos sociétés.

Des millions de jeunes seraient-ils devenus asséchés par leurs éjaculations précoces, des millions d’autres auraient-ils souffert le martyr quand ils sont «venus» pour la première fois, des millions d’autres auraient fondu quand ils ont été caressés et des millions d’autres auraient-ils perdu l’esprit devant les plaisirs de la tentation ?

C’est idiot, complètement fou ; mais c’est pourtant le discours qu’entretiennent toutes les religions, les féministes et les systèmes judiciaires sur la planète.

La terre est gouvernée par de plus en plus par des malades mentaux pour qui tuer est préférable à jouir. Notre société se nourrit de violence. Pas de masturbation, ni de marques d’affection, mais le droit, dès sa naissance, de posséder son arme à feu, symbole phallique… C’est sûrement moins dangereux et plus essentiel pour un être humain d’être armé que d’avoir appris et appliquer les proverbes : « Vivre et laisser vivre» ; « Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie » ou plus religieusement « Tu ne jugeras pas. Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu ». Pas étonnant que des enfants aient déjà commis autant de carnages aux États-Unis. Pas étonnant qu’il y ait autant de suicides chez les jeunes au Québec. On a rendu illégale la curiosité sexuelle, les caresses, même les paroles pour protéger une morale anti- naturelle, qui castre tout individu qui n’a pas atteint l’âge fixé par des millénaires de frustrations et de mensonges.

Les jeunes ont encore assez de santé mentale pour refuser d’obéir à ces inepties quand il n’y a pas de violence ou de domination. Même s’ils sont jeunes, ils savent que leur sexualité ne regarde personne, ni leurs parents, ni la police, ni l’état. La sexualité, c’est ce qu’il y a de plus privé…

Les hommes pour justifier leur bonté ont besoin de chasser le mal. Ce sont, depuis le début de l’humanité, les pédérastes qui ont été décrétés « monstres» parce que ce prétendu vice peut atteindre tous les individus : tous les êtres vivants sont sexués et responsables de la survie de l’espèce humaine. Tous doivent être hétérosexuels, niant ainsi toute une dimension de la vie affective. C’est plus facile de prétendre que des expériences sexuelles précoces nuisent aux futurs adultes, comme s’ils pouvaient s’assécher, que de leur enseigner à devenir des individus responsables. Si on ne peut pas gérer la réalité comment parviendra-t-on à percer les secrets de l’irrationnel ? Pourtant, personne n’en est mort et les blessés sont plus souvent qu’autrement les victimes de leurs scrupules et de l’ignorance.

Il ne faut pas rejeter comme facteur d’évolution et de changements les connaissances acquises en matière de sexualité. Par exemple, ce n’est pas parce que, à une certaine époque, les humains pensaient qu’un jeune garçon devait être enculé à l’adolescence par un chaman, pour lui fournir par ce geste la sève qui lui permettra de devenir un homme que la sodomie fut décrétée essentielle à la survie de la race. Le chaman allait, en sodomisant le jeune garçon, déposer le pouvoir et la capacité d’éjaculer, donc, de devenir reproducteur. Si cette croyance avait été maintenue, tous les jeunes garçons devraient encore être enculés par un chaman pour pouvoir éjaculer à leur tour… Les sociétés primitives ont eu la sagesse de s’adapter avec les nouvelles connaissances.

La guerre de certaines féminounes contre les pédérastes existe depuis toujours simplement parce que ces femmes prétendent que leurs enfants sont leur propriété exclusive et qu’elles ont peur de la sexualité. Elles la considèrent comme un mal, une souffrance ou une tache. Elles y projettent leur peur. Les hommes sont relégués au rôle de pourvoyeurs ou de cochons. Ils n’ont aucun droit sur les enfants. Et surtout, puisque les hommes sont des cochons, qui ne pensent qu’à la chair fraîche : il ne faut surtout pas leur laisser le droit de manifester leur affection. Un homme affectueux est potentiellement un homme dangereux.

Chez-nous la pureté est confondue avec la chasteté. Son importance est telle qu’il faut accorder plus d’ampleur à une réflexion sur la sexualité que sur la guerre et ses conséquences.

La société est responsable des guerres puisque les individus fournissent, en payant leurs impôts, l’argent nécessaire pour les rendre possibles. Les guerres sont la base de l’économie. Elles permettent de créer des dépenses inutiles de reconstruction qui assurent au système de devoir toujours recommencer. Puisque les guerres nucléaires mettent maintenant en danger l’existence de la planète, les guerres doivent dorénavant exister sur un plan strictement régional.

C’est d’ailleurs pour cette raison que maintenant les luttes militaires existent seulement pour acquérir plus de richesses ou d’énergies, mais sous forme de guerres religieuses ou idéologiques et culturelles. La planète est devenue si petite qu’il faut trouver la puissance qui détiendra le pouvoir. Il faut reclasser les pays selon leur puissance, en oubliant que le plus important c’est la vie, principalement celle de tous les êtres vivants. Pour remettre un peu d’ordre, il faudrait créer un gouvernement mondial qui assure la victoire des idéaux sur l’économie.

La guerre entre Israël et la Palestine n’est pas qu’économique est aussi de nature religieuse, une guerre entre fanatiques. Sous prétexte de défendre la vérité, les fanatiques nient tout ce que l’histoire nous apprend. Ainsi, ils apprennent tout par cœur pour s’assurer qu’aucun iota ne sera changé. Ces religions omettent de reconnaître que les Livres Saints étaient écrits en fonction des situations et des connaissances du temps.

Le fanatisme religieux repose sur le besoin des religions de prétendre qu’elles sont seules à détenir la vérité. Les religions ont été créées pour donner un sens à la vie, mais elles se sont détournées de leurs buts en inventant des règles pour se maintenir au pouvoir. Les catholiques ont eu leur Inquisition, les Sionistes ont toujours rêvé de dominer le monde, tout comme les musulmans doivent endurer le fanatisme de l’Islam. C’est une guerre larvée et hypocrite pour assurer que sa religion sera la seule à dominer les consciences. Que les guerres multiplient les morts, les viols, les services secrets et les recherches pour de nouvelles armes au détriment des masses, ce n’est pas important. La violence n’est pas été remise en question par nos sociétés parce que nos sociétés sont établies de façon à protéger les exploiteurs plutôt que les populations.

C’est avec nos taxes que l’on maintient notre joug. Les gens font encore plus confiance à un système qui survit en assassinant ceux qui s’y opposent qu’à la liberté de créer une conscience individuelle responsable. Un monde sans violence.

On prétend que les pédérastes sont paranoïaques ; mais qui pourrait vivre leur insécurité ? Ce sont les seuls qui après des années peuvent voir anéantir toute leur vie parce que 30 ans plus tôt ils ont touché le pénis d’un petit gars. Quel crime ! Même les femmes ne sont pas aussi bien protégées, car les proxénètes ont droit à une prescription de deux ans.

Cette perception serait légitime dans les cas de violence ou de domination, mais c’est loin d’être le cas. Le «pim» lui maintient sa victime entre ses mains, grâce à la violence, mais c’est lui que l’on protège..

La majorité des expériences sexuelles des pédérastes sont non-violentes et remplies d’amour. Cette ignorance quant à ces rapports permet des aberrations plus ou moins invraisemblables quant à l’application des lois.

Un individu vient d’être condamné à quatre ans de pénitencier, même s’il a été établi que dans son cas, il n’y avait eu aucune violence. Les participants étaient des jeunes de 13 à 17 ans. L’âge du consentement est encore de 14 ans. Le fait qu’il y ait eu un ou plusieurs jeunes de moins de quatorze ans permet aux policiers d’intervenir automatiquement, même si le ou les jeunes étaient consentants.

Chaque geste permet d’ajouter des chiffres d’accusation. Cette multiplication des charges a pour but de rendre cette expérience sexuelle plus odieuse et obtenir des sentences plus fortes. On justifie cette condamnation sous prétexte qu’il y avait eu consommation de petites drogues. Dans ce cas, pourquoi est-on plus clément envers la vente de drogues dans les écoles ou dans les rues ?

En même temps, une autre personne recevait une demi-libération, même s’il y avait danger de récidive dans le commerce de drogues fortes, sous prétexte qu’il n’y avait pas danger de crimes violents. Qu’est-ce qui est plus dommageable pour les jeunes : un ou des partys à caractère sexuel ou le commerce des drogues fortes ? Les pénis doivent-ils être plus protégés que les cerveaux de  ces jeunes qui étaient libres de participer à ces jeux ? La majorité des jeunes qui vivent de telles situations, sans que le système s’en mêle, oublieront vite leur expérience alors que la vente de drogues dures est la principale responsable de l’éclosion catastrophique des maladies mentales chez les jeunes.

Ceux qui ont déjà connu une expérience sexuelle sous l’effet d’une drogue légère savent que leur plaisir est multiplié, amplifié. Il n’est donc pas étonnant que ces jeunes recherchent ce plaisir. Est-ce plus nocif et plus dangereux de risquer de se détruire le cerveau en consommant des drogues dures que de jouir davantage en éjaculant ?

Un autre individu a été condamné à un an de prison, mais il n’en fera que le sixième, pour avoir conduit en état d’ébriété et causé la mort de ses trois amis. La protection de la chasteté chez les jeunes est-elle plus importante que la vie ?

Un autre individu vient d’être sentencié à huit mois de prison à être purgés chez- lui pour avoir comploté afin de frauder le gouvernement fédéral d’un milliard. Pourquoi de telles disparités ?

Ce n’est pas en pénalisant davantage que le système obtient de meilleurs résultats de réhabilitation. C’est une question de responsabilisation ou d’éducation. Il faudrait peut-être revoir comment on évalue les dangers et les conséquences. La réhabilitation a toujours été plus profitable. Il arrive souvent que les dégâts soient pires pour les jeunes que si on ne s’en était pas mêlé, mais la loi c’est la loi. Stupide ou pas.

Un retour avec autant d’années en arrière permet-il à un individu de retrouver son équilibre psychologique, juste en pouvant se venger ? Pourquoi faut-il plus de 20 ans à un individu avant de se rendre compte que des expériences sexuelles précédentes l’ont si profondément troublé ? Pourquoi doit-il recevoir réparation sur la place publique ? En quoi la vengeance a-t-elle un effet thérapeutique ? Qu’est-ce que ça apporte de plus à la victime ou celle qui joue à la victime, si elle était alors consentante ? Elle est bien payée, voilà tout. Le chantage est un nouveau moyen de se sortir du trou.

La liberté sexuelle 20

août 21, 2020

La vie sexuelle 20 (pp. 194 à 205)

Si on avait l’honnêteté de parler de sexualité sans honte et mépris et si l’adoption était financièrement à la portée des familles qui le désirent, il n’y aurait probablement presque plus d’avortements, car, ils seraient tout à fait inutiles. Encore là, les religions viennent tout mélanger.

Ce sont les vieilles personnes qui ne peuvent plus procréer qui montent les premières aux barricades pour défendre une morale dépassée plutôt que de permettre, en ne jugeant pas les autres, que le nouveau- né puisse jouir de la même sécurité que tous les enfants. Quel bâtard, comme on disait, n’a pas connu la honte d’être un enfant né en dehors des normes du mariage établies par les religions ? Est-ce la charité qu’on devrait retenir des enseignements religieux ?

En ce sens, il est essentiel d’éduquer tout individu à assumer sa part de responsabilité. Un enfant est autant une responsabilité paternelle que maternelle. Si tu crées un enfant, tu es responsable de cet enfant. La famille est sa garanti de sécurité.

Ne pas tout légaliser veut simplement dire que l’on maintient cette responsabilité civile. C’est pourquoi il est nécessaire de revoir comment enseigner la sexualité avec ouverture et non seulement sous forme de mise en garde médicale. Il faut distinguer très clairement la différence entre la sexualité et la génitalité, comprendre ses responsabilités et savoir qu’il existe de nombreux moyens de faire l’amour sans procréer. Il n’y a pas de tendresse sans amour. Il n’y a pas d’amour sans responsabilité.

On doit cesser de voir la sexualité comme un crime, car elle est une partie constituante de nous-mêmes. Ce n’est pas en l’interdisant qu’on acquerra discipline et sagesse. La sexualité doit tenir compte du bien-être des individus. C’est plus qu’une recherche égoïste de son plaisir personnel, elle comporte une large part d’émotions. Plus l’amour est profond, plus il est responsable. L’amour totalement gratuit est un idéal. Les motivations sont parfois très hypocrites et insoupçonnées.

Les jeunes doivent connaître les moyens pour éliminer les maladies vénériennes et savoir que l’amour quand il s’effondre peut aussi engendrer la détresse et le malheur. Ce n’est plus un jeu au fur et à mesure que l’on vieillit. Les personnes qui transmettent des maladies vénériennes devraient en subir les conséquences judiciaires, dans le sens d’être obligées à se soigner et devoir demeurer chastes en attendant d’être guéries, si elles n’ont pas les moyens de se protéger correctement. Ça semble plus raisonnable que de tout interdire. La prostitution individuelle devrait être acceptée. Tout individu est le maître absolu de son corps.

Ceci dit, il existe certes des maniaques dangereux (es), violents, dominateurs, mais ce sont des exceptions ou des personnes rattachées au milieu criminel où l’on a commercialisé le sexe. Ces individus sont souvent atteints de maladie mentale conduisant à la violence. Ils sont condamnés pour leurs gestes de nature sexuelle alors que l’on devrait plutôt considérer leurs gestes comme le résultat de leur santé mentale et les soigner en conséquence.

Aucune personne normale ne peut jouir dans la souffrance ou à faire souffrir. Être sadique ou masochiste, c’est une déviance. Il ne faut pas oublier que l’amour génère des émotions. Où commence le respect ? Est-il seulement charnel ou psychique ? Qui n’a pas souffert d’une peine d’amour ?

Il faut apporter des nuances dans nos jugements quant à la gravité des gestes. Il ne doit y avoir aucun compromis face à la violence et la domination.

La seule question qui devrait intéresser le système judiciaire est à savoir si les personnes concernées étaient consentantes ou traitées avec violence ou domination.

Agir contre la volonté d’un autre, c’est un viol. Cela existe dans la loi donc on pas besoin d’en inventer d’autres pour que le geste soit condamnable. L’important c’est de déterminer avec précision s’il y a eu consentement ou non. La boisson ou les drogues ne sont pas des excuses pour justifier un regret tardif, mais s’en servir à l’insu de l’autre pour obtenir ce que l’on veut, c’est un viol. . Le sort de la victime est aussi important que la peine à infliger. S’assurer que le jeune n’ait pas été traumatisé et si oui de l’aide à lui apporter pour qu’il puisse retrouver son équilibre et se déculpabiliser. Jeune veut évidemment aussi bien dire la fille que le garçon.

Il est nettement exagéré pour ne pas dire complètement stupide d’attacher plus d’importance à un attouchement sexuel qu’à la vie des individus. Personne n’a encore séché ou ne fut blessé en se faisant toucher, ordinairement, au contraire, c’est très agréable.

Alors pourquoi, prétend-on qu’il en est autrement pour un adolescent qui vit une relation sexuelle avec un autre ou un aîné ? Est-ce parce qu’on a peur qu’il aime ça ? En réalité, c’est qu’on craint encore l’homosexualité… Pire, c’est qu’en fait, dans notre esprit puritain, cette orientation sexuelle est le mal extrême : ça permet de connaître la tendresse et la jouissance, sans procréer. C’est une désobéissance aux règles imposées par ignorance au cours des millénaires, même si ces règles sont injustifiées et injustifiables, c’est elles qui régissent nos vies. C’est interdit, c’est tout. Pourquoi ? Ça n’a pas d’importance. On entretient la peur plutôt que la responsabilité. La peur est un des marchés les plus payants qui soit.

Évidemment, on croit immédiatement que le jeune n’a pas pu céder à la tentation seul parce qu’on a toujours nié la sexualité des adolescents. Il suffit de se rappeler les guerres que les jeunes ont dû livrer pour avoir le droit de porter les cheveux longs pour saisir que l’on combat tout ce qui est sexuel , même les symboles. Qui se rappelle de la guerre contre la danse menée par les religieux sous prétexte qu’elle conduisait au mal…mais, en signe d’ouverture religieuse, la Cour Suprême accepte le kirpan dans les écoles… C’est vrai que ce n’est pas une arme dangereuse, mais un symbole phallique. Essayer d’imposer publiquement ses symboles religieux au peuple qui a eu la gentillesse de vous accepter en son sein, c’est faire preuve d’insensibilité et d’irrespect. C’est rejeter le droit de notre société de vouloir être laïque. Ce n’est pas la dangerosité du kirpan qui est en cause ici ; mais le fait de ne pas respecter la décision du peuple québécois à l’effet que la religion ça se vit à la maison et dans le temple seulement…

Nous ne sommes pas en théocratie : ce n’est pas au civil de s’ajuster aux religions ; c’est aux religions de promulguer des règles qui ne sont pas incompatibles avec l’ordre civil. Si on ne veut pas admettre ces règles,  on a  qu’à chercher un endroit où l’on peut vivre selon ce que l’on désire. Avec ce jugement, la majorité n’a pas le droit d’exprimer sa foi, un privilège réservé aux immigrants…

Nos juges de la Cour Suprême interprètent les lois en faisant le jeu des politiciens fédéraux en imposant le multiculturalisme. C’est essentiel de respecter les autres, mais ce l’est tout autant que les autres nous respectent. La religion ça se vit à la maison et dans les temples, nul part ailleurs. On n’a pas besoin d’un lieu pour prier, nous avons notre cerveau, ça suffit…C’est inutile que les autres sachent que l’on prie… L’hypocrisie exige l’approbation de ceux qui nous entourent… Cela démontre jusqu’à quel point nos juges sont décrochés de la réalité…

Pourquoi un attouchement sexuel peut-il entraîner neuf mois de prison alors que des chauffeurs ivres qui ont tué des enfants ou des adolescents purgent cinq ans de prison dans la communauté ? Est-ce que «la chasteté» d’un adolescent a moins d’importance que «sa vie» ? Comment peut-on expliquer que la négligence de fonctionnaires, ayant coûté la vie et la santé de plusieurs autres en laissant l’eau se contaminer, est plus acceptable qu’un homme qui regarde des films pornos avec des adolescents ? En quoi les commandites qui ont privé les contribuables de millions de dollars sont-elles moins pires qu’un attouchement sexuel ? Pourquoi y a-t-il une prescription de deux ans pour le proxénétisme alors que l’on interdit la prostitution individuelle et que l’on peut revenir sur des gestes qui ont été posés par un adulte sur un adolescent il y a plus de 20 ans ? La pudeur des jeunes a-t-elle plus d’importance que d’accepter que des milliers de jeunes soient condamnés à vivre sur les trottoirs ? En quoi  un crime économique est-il moins pire qu’un crime sexuel ? Ce n’est pas en augmentant la sévérité des sentences que l’on obtiendra justice …

La Justice est au service de la mafia en protégeant l’institutionnalisation de la sexualité.

Dès qu’une personne est accusée de crime sexuel sa vie est brisée à jamais. Alors qu’une personne qui a tué a droit à une libération conditionnelle, un individu reconnu coupable d’attouchement sexuel se retrouve pour le reste de sa vie sur une liste de personne à proscrire. Il lui est impossible de voyager, de  faire du bénévolat, car il est sur une liste noire.

L’analphabétisme est-il moins dangereux pour la démocratie qu’un toucher consenti sur un jeune garçon ? Une expérience sexuelle rend-elle infirme ? Pourtant, ceux qui l’ont expérimenté pourront vous dire qu’il n’y a pas de plaisir plus fort que de voir jouir l’autre, que le feu dans leurs yeux et le tressaillement de leur corps : c’est loin de faire mal.

Protéger quelqu’un ce n’est pas lui imposer «sa» morale ou sa façon de voir les choses, mais l’accompagner dans sa quête personnelle d’autonomie et de bonheur.

Le lexique employé dans les causes sexuelles démontre l’hypocrisie de notre système. Quand il s’agit de condamner un individu, on morcelle la sexualité et les gestes sexuels pour multiplier les accusations ; mais dès qu’il faut interdire la sexualité, on place tout dans le même sac de la pédophilie pour assurer que les statistiques prouvent la nécessité de devoir continuer à sévir.

Par exemple, on accuse, pour les mêmes gestes, un individu d’une panoplie d’actes qui permettront d’arriver à l’accusation : incitation à la délinquance, attentat à la pudeur, grossière indécence, assaut sexuel, sodomie, etc. Plus il y  a d’accusations, plus la cause semble importante et morbide. Plus il est possible de faire croire dans son infamie, plus elle est une information rentable pour les médias.

Le vocabulaire employé donne en soi la nausée, même si souvent le geste est anodin. Par exemple, un toucher aux organes génitaux pendant une séance de lutte : pourquoi est-ce permis à la télévision entre deux lutteurs, mais interdit autrement entre un jeune et un adulte qui s’amuse ensemble ? Personne ne  s’est fait arracher le zizi dans une séance de lutte, même si on se le prenait à répétition.

D’autre part, pour rendre le geste encore plus sale, on ne fait pas la distinction entre les accusations, même si le français permet de faire bien des nuances. Ainsi, on parle de pédophilie pour dénoncer l’inceste … de grossière indécence ou assaut sexuel pour un acte de sodomie. Pourtant, il y a toute une différence dans l’appréciation du geste par la victime : ce n’est pas la même sensation quand tu es masturbé qu’être sodomisé de force.

Chaque geste est déjà sanctionné par un article du code criminel. En parlant seulement de pédophilie, ça permet d’entretenir la peur et de faire croire que c’est plus fréquent que la violence ou le vol. Pourtant, le vol du chèque d’une vieille retraitée peut avoir plus de mauvaises conséquences si elle n’a plus l’argent pour acheter ses médicaments ou ses vivres que des actes sexuels.

En fait, ce n’est pas tant le nombre de fois que les choses se sont passées qui est important ou qui rend la chose plus ou moins acceptable, c’est la réaction  des personnes concernées. Il y a une différence fondamentale entre une sodomie volontaire et une raclée pour forcer quelqu’un à la subir, un viol. Ce qui compte vraiment est de savoir si le jeune était volontaire ou s’il a été traumatisé ; c’est ce qu’il faut faire pour lui rendre sa quiétude et sa fierté de lui-même. En d’autres termes, comment s’assurer qu’il ne soit pas culpabilisé ou honteux de ce qui se passe ? Quand tu es violé, tu n’as définitivement pas consenti. Mais, la honte est toujours là et dans ce cas ça s’applique aussi aux filles. Voilà pourquoi il est urgent de s’occuper d’éliminer cette honte.

La prostitution volontaire est interdite. Ça enlèverait une part de la clientèle à la pègre.

Les victimes c’est-à-dire les personnes non consentantes doivent cesser de vivre dans la peur et la honte. La seule chose qui devrait être pris en cause et compter en cour n’est pas de devoir décrire ce qui s’est passé ; mais s’en tenir strictement au seul fait du consentement. Tous les gestes sexuels doivent être consentis par ceux qui les reçoivent pour être acceptables.

Qu’on le veuille ou non, il existe encore des formes de violences sexuelles. Si la sexualité sans violence et consentie doit être une liberté individuelle, fondamentale, il existe des rapports humains qui ne devront jamais être permis : le viol, la traite d’un humain, la pédophilie avec pénétration, le proxénétisme et la domination physique ou émotive.

Cependant, il faut avoir la sagesse de reconnaître l’existence d’une vie sexuelle dès l’enfance et le besoin de protéger les enfants de moins de 10 ans contre des gestes qui ne respectent pas leur rythme de développement. Des aventures trop précoces peuvent peut-être hypothéquer leur imaginaire. Ces peurs ou scrupules qui, même s’ils ne sont plus justifiés à l’âge adulte, les hanteront quand même. Les alentours sont parfois un juge inhumain.

L’essentiel est de garantir une bonne éducation non moralisante, objective et totale. Le mensonge par «abstinence» est tout autant un mensonge.

Le tabou génère plus de mal que le plaisir. Protéger les jeunes, ce n’est pas leur interdire la sexualité, mais s’assurer que toute expérience sexuelle soit positive. Si elle est traumatisante, il faut fournir les moyens de dédramatiser la situation et de la rendre acceptable pour cet individu, quel que soit le sexe ou l’âge. La répression est responsable de trop de drames.

Il faut pouvoir se parler sans honte et avec compassion.

La réaction hystérique des adultes quand ils se rendent compte qu’un adulte entretient une relation sexuelle avec un garçon, même s’il est évident que le jeune est consentant, ne peut que desservir négativement le développement de l’enfant.

Il serait préférable que les plaintes ne puissent être faites librement que par les jeunes qui désirent être protégés. Quant à la solution, la répression est de loin la meilleure façon d’aider les jeunes.

Ces situations devraient être vues au tribunal civil, en dehors des médias. Le seul objectif devrait être d’offrir la meilleure situation possible pour garantir un développement harmonique du jeune.

On devrait modifier le vocabulaire employé pour parler avec plus de respect de cette forme de relation amoureuse. L’intervention judiciaire ne devrait exister que pour les cas où il y a violence ou non consentement d’une des parties impliquées

Que se passe-t-il entre un pédéraste (amourajeux) et un jeune ?

Il faut faire une nette distinction entre la pédophilie, la pédérastie (amourajoie), l’homosexualité et la sodomie.

Le propre de la pédophilie est que l’enfant est âgé de moins de 10 ans. Il est à mon avis encore incapable de distinguer entre le bien et le mal. Il peut être traumatisé par la peur de ce qu’il voit ou ce qu’il ressent. Tout dépend évidemment, du comment et de ce qui se passe, pour qu’il y ait traumatisme. Mais, mieux vaut de ne pas prendre de chance. En ce sens, personne ne peut accepter la pédophilie.

L’Église catholique a fixé l’âge de la raison à huit ans, mais c’est un peu jeune, car la pré-puberté n’apparaît que vers 10-11 ans et ça ne donne rien d’instruire les jeunes sur leur sexualité trop à l’avance, sans tenir compte de leur développement et de leur intérêt. Cet enseignement doit nécessairement avoir lieu à la fin du primaire pour que les jeunes sachent et comprennent bien ce qui leur arrive et ce que veut dire « consentement ».

La sexualité, c’est d’abord une question d’amour, donc, de liberté et de responsabilité.

Vers neuf ans, il est essentiel qu’un enfant connaisse le fonctionnement de son corps et les changements qu’il va subir à l’adolescence. Ainsi, personne ne se croit unique dans son orientation sexuelle. Il n’aura pas peur d’en parler.

Si on connaît d’avance les transformations de l’adolescence, on aura moins peur ou on sera moins compulsif quand elles surviendront, car, on ne se sentira pas coupable de connaître de nouveaux besoins ou des attirances qui nous paraissent parfois assez louches. L’adolescence, c’est l’époque des essais, parfois même dangereux. C’est aussi l’âge où l’on pense que notre première peine d’amour est la fin du monde. C’est le temps où l’on doit apprendre à contrôler ses émotions.

Les futures séquelles à l’âge adulte, à la suite d’une expérience sexuelle pédéraste à l’adolescence sont très souvent le fruit de l’ignorance : si tu ne peux pas survivre aux jugements que tu penses que les autres portent sur toi tu éclates avec le temps.

Les séquelles sont l’aboutissement de la faiblesse et de la fragilité de ta personnalité et l’incapacité de pouvoir en parler. La haine et la honte que tu portes contre toi sont le fruit de ton éducation familiale. Malheureusement, nous vivons encore dans un monde où les scrupules engendrent les tabous qui, à leur tour, produisent les maladies mentales. Les professionnels refusent de dire la vérité, car, ils perdraient trop de clients… On accepte la peur et la honte de la sexualité comme un état normal. L’ignorance est l’arme de l’aliénation.

Cela nous empêche de faire les nuances qui s’imposent et ainsi on oublie que la seule chose qui doit être interdite, c’est la domination ou la violence. Pour éviter les séquelles à venir, le jeune doit se sentir non-coupable, absolument libre et capable de parler de ses expériences personnelles, si elles le troublent, malgré les préjugés sociaux. Si le jeune ne parle pas, c’est qu’il ne peut pas faire confiance à la compréhension et la compassion des adultes qui l’entourent ou qu’il a tout simplement aimé ça, mais tout ce qu’il entend dit qu’il ne le faut pas.

Dès qu’il ouvrira la bouche, ça créera un véritable tsunami. Les adultes ne sont pas capables écouter, ils possèdent la vérité, la morale, et ne pensent qu’à sévir pour remédier à ce qui ne leur plaît pas. Quand un jeune est surpris avec un adulte, les adultes paniquent, ils condamnent et rêvent de se venger comme si c’étaient eux qui venaient de vivre l’événement ou comme si le jeune aurait été tué ou rendu infirme pour le reste de sa vie. On ne s’intéresse pas à la vérité et encore moins à savoir si le jeune a aimé ça ou s’il est intéressé à poursuivre une telle aventure. On condamne aveuglément.

Le jeune n’a rien à dire : il doit se contenter de voir basculer sa vie dans une tempête de folie due à l’ignorance et à l’hystérie de ses parents ou de la police. Tout y passe : des adultes devenus hystériques, la police, les médias ; c’est presque aussi pire que le déclenchement d’une guerre atomique.

Cette emphase ne peut faire autrement que te faire croire que t’es un sale ou un cochon, simplement parce que tu as été trop curieux et que tu as aimé ça. Ça rappelle l’époque où un simple baiser te semblait le plus grand et le plus grave des crimes. La société te criait à répétition son unique credo existant : il est anormal de ne pas être attiré par l’autre sexe, même si ça ne correspond pas encore à tes besoins à cet âge.

On ne fait pas la même campagne médiatique contre les drogues parce que l’information est contrôlée par un certain féminisme obsédé par le cul, la haine des hommes et une égalité mathématique : les féminounes.

Cette morale féminoune est supportée par le crime organisé parce qu’elle permet de soutenir la mentalité macho, selon laquelle l’homme est le pourvoyeur et protecteur absolu de la femme et son enfant. Les hommes sont exclus des rapports avec les jeunes. Dès qu’un homme caresse un enfant : c’est le drame total.

Il en va tout autrement pour les femmes parce qu’on a décrété sans fondement que c’est ainsi. Quand des réseaux de télévision investissent dans la lutte à la sexualité des jeunes, sans apporter les nuances qui s’imposent quant à l’âge, au détriment même de la vérité, c’est que ça rapporte beaucoup.

Le peuple québécois est très généreux, surtout envers les enfants et les victimes de la vie, mais pour que subsiste cette générosité, il faut entretenir le mal. L’argent de bien des fondations pour aider les jeunes sert plutôt à enrichir ceux qui sont aptes à exploiter cette misère pour améliorer leur propre sort. Pour que ce genre de commerce demeure lucratif, il faut que ces besoins soient confirmés par de bonnes statistiques.

On ignore le sort des jeunes qui doivent «vivre sur le trottoir». Ils sont encore moins bien traités que certains chiens. C’est plus grave, plus inacceptable, mais on n’en parle pas, comme si la seule vraie et unique misère était de subir un attouchement sexuel. Même si l’Église catholique s’affaiblit sans cesse au Québec, la sexualité demeure l’obsession. Nous avons été marqués au fer.

La vraie misère des jeunes nous est complètement indifférente, surtout si elle ne nous coûte pas de sous supplémentaires en impôts. Que tous les jeunes lâchent l’école, ce n’est pas important : au moins ils ne jouent pas aux fesses avec un adulte.

La religion nous a inculqués qu’en dehors du sexe, il n’y a rien d’important. On  se contente, face à cette misère croissante, du verdict populaire selon lequel « C’est leur choix ». Plus on est superficiel, moins on est conscient, moins ça fait mal. Les média sont là pour moduler les environnements et nous empêcher de réfléchir.

En ce sens , la prise de position de certains films québécois contre la vraie misère des jeunes , qui dénoncent notre perception à l’effet que ne pas manger ou avoir un endroit où vivre , est un délit moins pire que la perte de sa chasteté , a le mérite de nous rappeler à la réalité. Par contre, cette vérité n’est pas vraie seulement pour les jeunes, elle l’est pour tous les âges. La drogue, l’immobilier ou la construction de condos ainsi que les profits des industries pharmaceutiques sont les domaines privilégiés pour le blanchiment d’argent. Les deux extrêmes de la pyramide d’âge, qui devraient être le souci quotidien de tous les gouvernements qui se respectent, sont devenus les vaches à lait du crime organisé international. Les jeunes sont exploités par les drogues comme les vieux par les médicaments.

Même l’indépendance du Québec est moins importante dans un certain discours féminoune que le féminisme lui-même. C’est ainsi qu’on implanta ce faux- féminisme dans un nouveau parti politique … Les femmes sont majoritaires. Il faut donc leur proposer quelque chose qui leur ressemble. Ce qui les touche encore le plus, c’est la peur de la sexualité.

Le discours féminoune n’a pas évolué depuis 30 ans. La liberté mâle n’est pas axée sur le mépris de la sexualité. Tant que les féminoune se cramponneront à leur mépris de la sexualité pour revendiquer leur égalité, elles échoueront parce que leur discours est trop superficiel.

Nous sommes loin d’une définition collective de ce que nous aurions besoin pour vivre le bonheur et l’amour dans ce monde obsédé par les profits. Le discours féminoune est vieillot et tourne en rond parce qu’on est passé du rêve d’avoir des «hommes roses» à celui des «femmes au pouvoir». L’essentiel de la réforme sociale demeure l’égalité entre l’homme et la femme, mais on oublie de réviser la perception féminine de la sexualité.

Pour trouver l’égalité, il faut d’abord s’entendre sur ce qui nous rend identique, tout en permettant d’assumer complètement les différences.

Le mariage d’un certain féminisme avec une certaine gauche n’a rien d’étonnant parce que la morale sexuelle n’a jamais progressé. C’est une chose que de prétendre qu’il n’y a pas de dieu, que la répression sexuelle est la base du fascisme, mais s’en est une autre que de le traduire dans la vie quotidienne, que de se rappeler que responsabilité rime avec liberté.

Ce ne sont certainement pas Lénine, Staline, Pol Pot ou Mao qui se sont battus le plus hardiment pour la libération sexuelle. Leur lutte fut strictement économique : une révision du partage du pouvoir. D’ailleurs, toutes les super nations et toutes les religions favorisent la répression sexuelle des jeunes parce qu’elle facilite l’exploitation individuelle et l’aliénation. Les superpuissances correspondent à l’empire romain : une recherche sans limite des richesses et du pouvoir.

Cependant, la «gauche progressiste » serait, à Cuba, à revoir sa conception sur la sexualité. L’avenir nous dira s’il y a encore place à la compréhension humaine dans la vie privée…Être un esclave du capitalisme ou du communisme, ça ne change pas grand-chose.

Quant à la gauche canadienne, qui a toujours fait croire dans son progressisme, elle a perdu toute crédibilité quand elle s’est prononcée pour le fédéralisme, une structure centralisée d’exploitation.

La tactique préférée des fédérastes a toujours été de diviser pour régner. Certains Québécois ont la mémoire tellement courte et sont si jaloux de leurs voisins qu’ils oublient qu’il y a deux moyens de diriger la masse : en faisant appel à une idéologie ou un idéal ou en créant les structures qui permettent de voler légalement directement, en exploitant la majorité.

Il suffit d’écraser l’ennemi, le syndicat, de permettre au privé de devenir un partenaire et, ensuite, s’assurer que les contrats puissent être obtenus sans appel d’offres pour permettre au patronage d’occuper la même place qu’à l’époque de Maurice Duplessis. L’exploitation et sociale est moins importante dans l’esprit des gens que la chasteté et ça rapporte tellement plus …

Pourtant, l’avenir du Québec sera nécessairement au centre gauche, car le politique est un équilibre entre l’économique et le social. Le politique doit veiller au bien-être des citoyens et non les exploiter. Les politiciens l’oublient trop facilement. C’est pourquoi l’État est appelé à se prononcer sur l’âge de consentement. Qu’on le veuille ou non, même la sexualité est une affaire politique. L’âge de consentement n’est pourtant pas exigé quand il s’agit de choisir sa religion. C’est pourtant beaucoup plus fondamental. Mais, ça cadre dans le plan du lavage de cerveau dès l’enfance. Créer une empreinte qui disposera du reste de la vie…

Quand la police a démantelé un réseau de prostitution juvénile dans Outremont, on ne s’est pas tellement vanté du fait que les jeunes ont affirmé y avoir participé pour les caresses et non l’argent. Les policiers furent terrifiés d’apprendre que les jeunes avaient pris cette décision d’organiser leur propre réseau de prostitution juvénile, sans l’intervention d’un adulte, juste pour «enfin» connaître le sens du mot «tendresse». Tous les jeunes étaient fils de riches ; ils n’agissaient pas pour se payer ce qu’ils n’auraient pas pu avoir autrement, mais pour enfin se sentir désirés. C’est difficile pour quelqu’un qui gagne un salaire astronomique de comprendre que tu peux vouloir troquer ton petit sexe contre un bien que tu ne pourras jamais avoir autrement. D’autant plus que ça procure beaucoup de plaisir…Pourquoi s’en priver ? C’est encore plus rare de concevoir qu’à cet âge, le jeune peut avoir compris qu’on lui ment pour lui interdire. Il est difficile de croire que le sexe divinisé et intouchable est dangereux lorsque après l’avoir essayé tu en ressors ébahi, que tu en fantasmes juste à te rappeler les merveilleux frissons que tu as vécus. C’est un fantasme qui vaut mieux qu’une revue pornographique.

Le pire ennemi des enfants sur le plan sexuel, ce sont l’ignorance, le mensonge et le fait que les adultes en font tout un plat. Faute d’avoir les informations qui influenceront leur vie, les jeunes se la procurent alors, souvent tout croche, auprès de leurs camarades ou en essayant de se renseigner dans la pornographie. Les adultes ne comprennent pas que leur interdit est le meilleur allié de la pornographie.

Il est normal de vouloir connaître, essayer, te comparer quand tu es jeune. Si les adultes sont incapables de leur en parler, il ne reste qu’à aller chercher les réponses ailleurs. Les adultes se plaindront de cet intérêt et pleureront sur une prétendue décadence parce qu’ils ont oublié ce qu’ils ont vécu, ils sont trop

«poignés» pour s’en rappeler correctement. Une pudeur injustifiée de la sexualité est aussi un déséquilibre mental qui, poussé trop loin, conduit à la paranoïa.

La pédérastie est l’amour entre un adulte et un adolescent (10 ans et plus) qui découvre sa sexualité. Elle est même conseillée dans certaines religions ou pratiques philosophiques comme le tantrisme. C’était aussi la forme d’amour la plus élevée durant la Grèce Antique.

Évidemment, puisque ces pratiques sexuelles ne conviennent pas à la majorité des religions d’aujourd’hui, elles sont interdites presque partout.

Les preachers et les gourous ont droit aux femmes pour assouvir leurs passions… c’est un amour dit normal.

Toutes les religions ont droit d’être protégées, sauf, celles qui reconnaissent aux jeunes le droit de découvrir l’amour avec un adulte : une des plus grandes hypocrisies de notre culture.

On peut inventer toutes les peurs que l’on voudra, il en demeure pas moins que très souvent comme l’écrivait Jean Ferguson, un grand écrivain de Val-d’Or, dans son «Journal noir », le jeune est souvent plus que consentant.

Contrairement, à la pédophilie, la dénonciation devient un excellent indicatif pour le jeune, car il n’a plus besoin de se casser la tête, sachant que la personne dénoncée connaît l’affaire. S’il veut l’essayer, il sait où aller. Il le fera à la cachette. Il sait déjà ce qu’il veut quand il se rend chez l’individu dénoncé. Il saura bien se faire comprendre. Les jeunes sont moins niais qu’on le croit. Placer la photo du pédophile sur un poteau, c’est fournir un carnet d’adresses à ceux qui seraient tentés par l’expérience.

La liberté sexuelle 19

août 20, 2020

La liberté sexuelle 19  (pp. 183 à 194)

Les policiers peuvent aussi remonter dans la vie d’un individu même si ça s’est passé 20 ans plus tôt. Si ça te prend plus de 20 ans pour t’apercevoir que c’était une curiosité malsaine, une forme de prostitution sans promesse d’avenir , ou un besoin de cocaïne à combler , on peut se demander si dénoncer n’est pas une forme de chantage pour recouvrer ce dont on est maintenant privé parce qu’on a pu garder sa même vache-à- lait ?

Les séquelles que l’on prétend provenir d’une expérience sexuelle ne sont-elles pas, au contraire, le fruit du déséquilibre émotif ? Le prétendue victime a permis ces expériences, mais ne peut pas tolérer de vivre dans la culpabilité et la honte maintenue par la société ? N’est-ce pas autant l’aboutissement d’une névrose sous-jacente, d’un trouble de caractère, une psychose ou d’une paranoïa que les séquelles d’une expérience sexuelle ? La honte d’avoir aimé ça, malgré la réprobation social. Il suffit de lire A. Poe pour en comprendre le mécanisme.

Pour la police , s’alimenter l’œil sur le web , c’est loin d’être aussi dangereux et nécessaire que de faire la chasse aux vrais criminels , mais une arrestation individuelle par-ci par-là , ça alimente très bien les médias d’information et les statistiques.

Pendant que l’on s’attaque au tout-petit fretin ; les gros ont les outils pour opérer sans être dérangés. On ne parle plus alors d’expériences plus ou moins consenties, mais de la traite et de la vie d’êtres humains.

Pendant que l’on dépense des fortunes à entretenir la peur des individus vicieux, la mafia règnent en maître sur notre planète. Les pédophiles ne sont pas habituellement des proxénètes. Contrairement à ce que l’on pense, la pègre bénéficie du pouvoir de ceux qui veulent nous dominer et nous exploiter, car au bout de la ligne, c’est dans leurs poches que les profits aboutissent.

Aujourd’hui, les féminounes et les médias, en essayant d’entretenir la peur du sexe chez les jeunes, poursuivent le rôle tenu jadis par la religion. Leur pudeur est la projection de leur propre peur.

La peur est ce qu’il y a de plus payant. Ce n’est pas pour rien qu’on l’entretient. C’est devenu une réalité quotidienne grâce aux bulletins d’information. Dans le livre «1984», le pays créait des guerres pour maintenir son pouvoir sur «sa» population. Il faut un ennemi diabolisé pour justifier les chasses-aux-sorcières. Les humains sont des êtres binaires qui voyagent d’un côté à l’autre du pendule…entre le scrupule et une trop grande permissivité.

Comme me disait mon père, Émile, il faut faire une nette distinction entre la mafia et la pègre. La mafia, ce sont de gros bonnets (archevêques, juges, politiciens, banquiers, policiers, etc.), des gens de pouvoir corrompus qui dictent les lois de façon à ce que tous les profits tombent incognito dans leurs poches alors que la pègre ce sont les hommes de main, les gens du terrain qui font les sales opérations pour le profit de la mafia. Puisque dans la mafia, tous les participants sont des gens hors de tout soupçon, des personnes vénérées par le bon peuple, la majorité est prête à les défendre, même si c’est par elle qu’elle se fait exploiter. Elle fabule leur morale et juge de la valeur de leur vie en fonction de son dicta puisqu’ils sont incapables par leur aliénation de remettre en cause ce qui leur a été appris.

La conscience individuelle exige un trop grand effort contre l’insécurité et la peur pour créer sa propre philosophie ou interprétation de la vie. L’autonomie est une force qui s’acquiert. Cet esclavage ne peut être vaincu que par l’alphabétisation de tous les humains et une prise de conscience profonde.

Notre prétendue justice ne trouve rien de mieux à faire que de s’en prendre à des individus qui ont le malheur d’avoir la curiosité un peu forte ou les doigts un peu trop longs plutôt qu’au commerce international , sans scrupule , de la sexualité.

La place faite aux femmes dans les livres saints permet de maintenir une forme d’aliénation personnelle, car, personne n’est à l’abri d’une tentation…Si on ne s’est pas libéré de ces enseignements, la vie ne peut être qu’une auto- flagellation, sous prétexte d’obéir à un dieu qui n’a jamais eu de corps. Il n’est pourtant pas nécessaire de souffrir pour apprendre à se discipliner. En s’attaquant à la sexualité, le système peut être certain que personne n’y échappera.

Ce n’est qu’hypocrisie. L’argent des contribuables devrait être utilisé pour la prévention et protéger les victimes, et non pour permettre à une bande de frustrés de gagner leur vie en jouant sur des ordinateurs ou en organisant des procès à des particuliers, devenus des shows de télévision.

Si on voulait vraiment protéger les victimes de crimes sexuels, c’est au trafic d’humains et aux disparitions que l’on s’attaquerait. Se masturber en regardant des photos dites indécentes chez-soi , ça n’a jamais encore blessé personne ; mais c’est une des obsessions pudibondes d’une société qui n’a rien d’autre à faire que de surveiller la morale sexuelle des autres.

Si la décriminalisation de la sexualité était respectée, la société représentée par les forces de l’ordre devrait aussi veiller à la sécurité des gens qui vivent de la prostitution. Cependant, pour le respect des individus, leur liberté, il faudrait interdire le proxénétisme sous toutes ses formes et sans prescriptions, comme on le fait présentement pour la pédophilie ; mais la traite des femmes c’est un commerce de la mafia, une denrée payante. On se fiche que les prostituées se fassent battre ou blesser dans l’exercice de leur fonction. Il faut les protéger.

Le système politique dépense des milliards pour une armée dont on n’a pas besoin et ne trouve pas les sous nécessaires pour assurer la sécurité des gens qui utilisent internet. Être assis dans un bureau, à visionner des petits films cochons, en essayant de prendre les mauvais voyeurs ; c’est moins dangereux que de s’en prendre au trafic international de la mafia.

La loi devrait s’attaquer aux producteurs de pornographie infantile, non pas à ceux qui en consomment. Il est extrêmement facile de s’en procurer sur internet gratuitement.

Le vrai problème, c’est la traite d’êtres humains. C’est comme la drogue. L’officier de police, qui a décidé que pour la consommation de la marijuana, ce serait tolérance zéro, avait de grands intérêts dans le trafic des drogues, plus particulièrement, dans la cocaïne. En interdisant aux individus de produire chez- eux leur propre consommation, on les forçait ainsi à devoir acheter dans la rue, donc, du crime organisé. Plutôt que de perdre leur temps à combattre la sexualité non-violente, la police devrait attacher autant d’importance aux crimes économiques que sexuels, même si c’est moins émotif, donc, moins sensationnel.

Tant que l’on peut faire croire que la femme est le péché incarné ou du moins ce qui y conduit irrémédiablement, il est impossible de prétendre à l’égalité entre l’homme et la femme. La perception de la sexualité est très différente entre l’homme, à qui on a appris à jouir sans scrupule, et la femme, à qui on a appris à avoir honte et peur du viol depuis son enfance. L’égalité entre les deux sexes est indéniable du seul fait qu’un être humain est humain, quel que soit le rôle qu’il a à jouer dans l’évolution.

La compréhension de l’autre sexe en ce qui a trait à la sexualité est encore un gouffre. La sexualité chez les adultes est confondue avec le pouvoir homme femme plutôt que d’être perçue comme une différence, surtout émotive.

L’interprétation de l’après-mort et le jugement sur son existence sont devenus une question de «croit ou meurs » dans toutes les religions. Qui peut prétendre que c’est vrai ou faux ? Personne n’est revenu pour nous le dire. C’est aussi logique de penser qu’il n’y aura rien après la mort que de croire dans les fables inventées par les religions ou la spiritualité sur l’après-mort. La seule certitude est que nous n’en savons rien. L’ignorance est le pire ennemi de la liberté et de l’autonomie. C’est le siège par excellence de l’orgueil et de l’autoritarisme. Une foi aveugle permet la manipulation et le contrôle de tous les individus.

Le fanatisme religieux est la principale cause de la violence dans nos sociétés. Pourtant, les religions devraient exister pour nous apprendre la tolérance et l’amour.

Nier la sexualité chez les jeunes, c’est comme l’Église catholique qui condamnait et brûlait ceux qui affirmaient que la terre est ronde. Prétendre qu’une relation sexuelle, sans violence ou domination, est source de souffrance ; c’est carrément mentir. C’est un viol de conscience.

Ce péché a été créé pour aliéner les individus. Qu’est-ce qui est le plus malsain pour le jeune et cause plus tard des séquelles dans sa vie : l’expérience elle- même ou la condamnation par un arrondissement social acéré par l’automatique «préjugé-tabou » de la sexualité chez les jeunes ? Une négation gratuite de la réalité.

Il est bien normal qu’après des siècles de lavage de cerveau et des millénaires basés sur la peur de la mort, de la sexualité ainsi que les prétendus commandements de Dieu donnés par lui-même en personne que la presque la totalité des gens croient encore que les crimes sexuels sont aussi importants que la violence et le vol.

En prétendant qu’il s’agit directement d’une désobéissance à un ordre de Dieu, ça permet de faire croire que l’on doit obéir aveuglément à ce mensonge universel pour assurer son salut personnel. Qui voudrait être damné pour un petit plaisir instantané ?

Nous vivons dans un monde dirigé par une mafia légale planétaire pour qui la guerre est moins importante que le sexe.

Le système est un moyen d’exploiter les gens. Non seulement il s’en prend aux plus défavorisés pour les voler davantage ; mais il remet le fruit de cette exploitation à une poignée de propriétaires de toutes les richesses de la terre.

Quand ces bandits légaux n’ont pas ce qu’ils veulent, ils poussent les peuples à la guerre. La guerre permet au système économique de fonctionner puisqu’elle engendre des dépenses inutiles qui font fonctionner la machine économique. La guerre permet la création d’emplois. Elle se nourrit de croyances fanatiques parce qu’elle a besoin dans son esprit de domination, de croire qu’elle a absolument raison, pour se justifier de tuer d’autres humains qui pensent différemment.

L’humain est le seul animal qui tue ses semblables pour accumuler le plus d’avoir possible. Pourtant, quand on meurt personne n’apporte ses richesses dans l’au-delà ; mais l’au-delà permet d’éviter et de contenir les révolutions qui s’accumuleraient si les hommes pensaient qu’il n’y a pas un ciel après, car, ils exigeraient leur part de richesses et de bonheur immédiatement sur terre.

Pour dominer , les décisions doivent s’exercer du haut, un tout petit nombre, vers le bas, la masse , et imposer à toutes les couches sociales inférieures des redevances , s’assurant toutefois que les profits fassent le chemin contraire : l’exploitation du plus grand nombre, du peuple, pour un tout petit nombre qui récolte les profits en haut de la pyramide.

Cette exploitation inversée est possible par le colonialisme et l’aliénation. Le consensus humain ne sera possible que le jour où les gens pourront acquérir assez de connaissances pour constater l’égalité de chacun d’entre nous, malgré la diversité et parfois la différence de chaque individu. Alors on exigera un minimum vital pour chaque individu où qu’il soit sur la planète.

Le système est en partie un ramassis de crapules qui prétendent dicter non seulement les lois du marché, mais la morale à observer. Ces bandits à cravates ont tous les pouvoirs : religieux et judiciaires ; économiques et commerciaux ; idéologiques et politiques ; sociaux et communications. Toutes ces différentes structures se mélangent ensemble, s’interpénètrent, en faisant croire que chacune de ses parties est indépendante l’une de l’autre, empêchant de constater que leur ensemble forme le pouvoir absolu dont le seul vrai dieu est le profit. Ceux qui ont le pouvoir ont droit de vie ou de mort sur les moins bien nantis. Ils se nourrissent de leurs taxes, impôts ou amendes. Le pouvoir, c’est l’argent, cette denrée indispensable à la survie et au développement de chacun. Le système est un vampire…

Il existe sur terre une majorité de gens bien-pensants qui veulent vivre une morale qui respecte les autres, sinon la vie ne serait qu’un enfer.  Tu n’es pas  un salaud parce que tu es riche ou en autorité. Au contraire, il y a sûrement une très grande majorité de gens qui font leur possible. Le paradis terrestre sur terre est un projet à très long terme puisqu’il exige une profonde évolution de la conscience et un meilleur contrôle des émotions. En attendant, qu’on le veuille ou non, il faut un système imparfait pour partager les richesses ; tout comme il faut des policiers pour faire respecter les lois. La vie sur terre sera facilitée quand on aura encadré l’économie autant que le sexe, de manière à voir  un minimum de justice sociale.

Notre histoire, notre évolution, c’est simplement le total de nos expériences bonnes ou mauvaises. Notre société est le fruit de l’expérience antérieure.

Pour dominer, le système a besoin que la masse accepte un certain nombre de compromis qui lui assure assez d’appuis pour maintenir son pouvoir. Dans les pays pauvres, la survie économique individuelle, face à l’armée ou la police, force les individus à se taire et se rallier aux gens du pouvoir. Dans les pays riches , il faut détourner l’attention du dieu – argent , en assouvissant les gens à la consommation , aux modes , à l’envie et la jalousie du voisin , et en incitant les individus à vivre en voyeurs quant à ce qui se passe dans le pantalon du voisin plutôt que d’avoir une conscience personnelle. La nouvelle forme d’exploitation, c’est la peur et les émotions. Nous vivons dans un monde de plus en plus féminisé.

Il suffit de trouver une victime pour amener des centaines de gens à donner leur chemise pour lui venir en aide ; mais cette générosité se retrouve souvent dans les poches des exploiteurs de la misère humaine. Le gouvernement du Québec dépense 800,00 $ pour inciter les gens à dénoncer. Et, s’il n’y avait que ce 10 % connu d’abus sexuel qui soit vrai ? Qu’est-ce que le gouvernement vient faire dans des campagnes de dénonciation ? On trouve l’argent pour ces niaiseries, mais on en pas pour l’éducation. Évidemment, ça élimine des emplois potentiels pour les dames qui rêvent de devenir procureures. S’il n’y a pas assez de causes, il faut moins d’avocates. La nouvelle mode.

On a créé un commerce de la « victimisation ». L’agresseur est le protecteur de l’agressé et il en retire donc tous les profits. La dénonciation demeure un geste infâme, car elle ne vise que la vengeance.

Même si l’on sait que les religions servaient auparavant de pensée judiciaire pour discipliner le peuple et mieux l’exploiter , on continue à maintenir l’hypocrisie et le mensonge quant à la sexualité des jeunes afin de mieux les embrigader… comme si le fait de connaître une expérience sexuelle non-violente et voulue était un acte si grave qu’il peut «voler ton enfance».

On domine les individus par la culpabilité, la honte et la peur ; mais les jeunes ne sont pas aussi obsédés par la sexualité parce qu’ils n’ont pas été élevés dans un même degré de paranoïa que nous l’avons été. Ils ne voient pas la sexualité comme les adultes. Ce n’est plus le péché qui nous condamne à l’enfer, mais un plaisir à partager avec responsabilité, ce qui permet de penser à autre chose et ne pas en faire une montagne. En jouant la carte de l’innocence des jeunes, qui en savent souvent aujourd’hui autant que leurs parents, sinon plus, on permet de prétendre de les sauver de la misère en les castrant de leur sexualité.

Ce n’est pas parce que tu vies une aventure sexuelle précoce que tu te lances dans les drogues, mais parce que tu ne peux pas faire assez confiance en ton milieu pour pouvoir en parler sans honte ou sans danger. Tu es le coupable et tu penses que tu es le seul dans l’humanité à vivre cette situation. Très souvent les solutions du système pour protéger un jeune de ce qu’ils appellent un abus sexuel sont tellement hystériques qu’elles sont pires que l’expérience sexuelle elle-même parce qu’elles ne tiennent pas compte des émotions.

Refouler honte et culpabilité, c’est s’assurer qu’un jour le couvercle va sauter. Le problème est qu’on ne remet jamais en cause la pertinence de cet interdit. Quand les intervenants décident de sauver un jeune d’un abus sexuel, ils ne lui demandent pas son avis : ils imposent leur solution. Souvent, celle-ci est plus dommageable pour le jeune, dont on ne tient pas compte de l’émotivité, que d’avoir vécu ce qu’il a subi, surtout s’il a aimé ça. Ce devrait être la victime qui décide finalement de la solution choisie entre les différentes possibilités. Ce doit être elle et elle seule qui a le droit de dénoncer et non l’environnement (parents, travailleur social, etc.).

Puisque les femmes transmettent les valeurs, les religieux et les idéologues ont stigmatisé, à travers elles, leur propre haine de la sexualité. Ces hommes, sans le savoir, condamnait leur aspect féminin. C’est d’ailleurs pour éliminer le prépuce, identifié à un attribut féminin, que les religions ont inventé la circoncision. On oublie trop facilement qu’il y a une part de femme dans chaque homme et inversement

La femme fut toujours présentée comme la tentation, le péché, le mal, la servante de l’homme. Si Dieu est aussi macho que le prétendent les Livres Saints quand ils parlent de la femme, on pourrait en conclure que c’est un être sanguinaire, plein de préjugés, qui n’est pas très agréable à rencontrer… Qui voudrait aller vivre éternellement avec un tel monstre ? C’est loin d’être un Dieu d’Amour…Un Dieu d’Amour ne condamne pas…

Les religions ont toujours prôné la haine, la destruction de ceux et celles qu’elles décrétaient comme le Mal. Est-ce qu’on interdit les religions parce qu’elles engendrent des fanatiques ? Les fanatiques religieux sont  plus  dangereux qu’un pédéraste non violent ? Les fanatiques tuent au nom de leur Dieu et de leur idéologie alors que les pédérastes aiment Dieu à travers les jeunes…

Le fanatisme religieux est une maladie mentale qui conduit facilement aux meurtres ou à la guerre.

Tout individu est sexué dès sa naissance. Interdire de l’être ou te punir parce que tu es différent des autres quant à ton orientation, c’est-à-dire ce qui t’attire ; c’est contrecarrer la nature humaine dans son essence même et son évolution. C’est le genre de recherche que faisais les nazis.

C’est prétendre que Dieu fut tellement stupide qu’il s’est trompé dans sa recette et qu’il a créé des êtres vils de par leur « petite nature ».

En confondant sexualité et génitalité et en conférant à la sexualité un caractère quasi- divin, on lui approprie un respect que l’on confond avec scrupules, une honte déraisonnée de son corps.

Les gens qui s’opposent à la nudité sont principalement des gens qui rejettent leur propre corps. Corps qu’ils ont honte de comparer à un autre. Ces gens jaloux ne peuvent tolérer que les autres puissent jouir d’une liberté qu’elles n’osent plus penser pour eux-mêmes.

Les idéologues fascistes, communistes et capitalistes soutiennent la répression sexuelle pour détourner les regards de leurs crimes de guerre : tuer pour posséder davantage, car, toute guerre est d’abord et avant tout économique.

Si on voulait vraiment protéger les humains, on interdirait toute peine de mort, légale ou non, justifiée ou non. Ceux qui imposent la guerre devraient être considérés comme les pires, des criminels. On s’attaquerait au viol commis durant les guerres ou en temps de paix. Et, le viol serait considéré comme tel dès qu’un individu n’a pas fourni son consentement. On reconnaîtrait que le proxénétisme est un viol. Ces règles devraient être planétaires, mais ce sera impossible tant qu’il y aura des superpuissances qui ont avantage, pour garder leur pouvoir, de maintenir des guerres culturelles. Elles seraient d’ailleurs les premières à être accusées.

On a créé un tel «préjugé» avec la sexualité qu’il faut une vie entière juste pour se justifier et comprendre que c’est un moyen de contrôler les masses et de pulvériser toutes les manières de penser en dehors de la procréation. Comment un religieux peut-il juger de la vie familiale alors qu’il se fait vivre par les autres ? Comment un juge qui gagne plus de 100,000 $ par année peut-il comprendre celui ou celle qui est contraint de se prostituer pour survivre ? Non seulement il  a les moyens de se payer qui il veut, mais il est protégé par la police. Qui ne se rappelle pas que le juge le plus dur avec les prostituées à Montréal était celui qui les fréquentait à la cachette ? Pourquoi un policier ou policière peut-il, dans un état qui se prétend démocratique, se travestir en prostituée pour pouvoir arrêter ceux qui lui font des propositions ? Un système basé sur la sollicitation et l’hypocrisie cherche-t-il le bien général de la population ou est-ce un bon moyen de se faire des profits à travers un système judiciaire dépassé et de plus en plus décadent ?

Il n’y a pas que le lavage de cerveau des religions qui influence notre comportement sexuel, même la publicité commerciale s’en mêle. Ignorant que jusqu’à un certain âge les garçons détestent les filles et vice-versa ou, du moins qu’on n’est pas attiré par l’autre sexe à cet âge ; on est encore aux couches dans ces publicités, qu’on cherche à accoupler le petit gars à «une blonde» pour marquer qu’il est bien normal : si tu n’as pas de blonde, tu n’es pas normal.

Les religions, les médias et la publicité servent à créer un environnement, comme les arènes romaines, qui nous rendent esclaves de «ce qu’en pensent les autres». Si notre environnement peut altérer notre développement, il peut aussi, grâce au refoulement sexuel créer une «prison émotionnelle», cause de notre incapacité à créer nos propres références, surtout quand elles engagent notre inconscient ou qu’elles ne réfèrent pas à celles de la majorité. Religions et publicités servent à nous laver le cerveau, à meubler notre inconscient de préjugés et ainsi déterminer à notre insu ce qui est normal ou pas.

Aujourd’hui, l’humanité n’a plus autant besoin de s’occuper du nombre de naissances pour assurer sa survie ou créer de bonnes armées. Au contraire, plus il y a d’individus, plus la richesse collective à partager est restreinte, plus il risque d’y avoir de conflits pour partager le peu qu’il y a. C’est la principale raison pour laquelle il faut totalement repenser les religions ou le judiciaire, l’économie ou les pays, la politique ou la redistribution des richesses, si on ne veut pas que l’homme soit l’artisan de sa propre destruction. L’avidité économique incommensurable d’un tout petit nombre crée le malheur universel dans lequel nous vivons.

On peut vivre en amour et être heureux, sans nécessairement avoir des enfants après chaque action génitale.   Mais, pour ne pas crouler sous la culpabilisation, il faut avoir rejeté les tabous, grâce à un enseignement scientifique de la sexualité.

Il faut pouvoir parler de sa sexualité sans honte. Il n’y a pas qu’une façon de vivre la sexualité. Le pédéraste de la Grèce antique , tout comme le chaman , faisaient l’amour avec leur petit gars , dans un rite d’initiation , pour lui apprendre de devenir un bon époux et savoir comment se comporter sexuellement pour faire «jouir» sa femme.

Aujourd’hui, il appartient aux parents de faire cette éducation théorique. Il doit aussi exister des livres et des films capables de répondre aux questions des jeunes. Si les jeunes ne peuvent pas avoir accès à une information scientifique et juste sur la sexualité, ils combleront leurs besoins d’information en allant les chercher dans la pornographie. S’ils le doivent, c’est que les adultes sont trop ignorants ou trop scrupuleux pour comprendre qu’il est normal pour un jeune de s’informer sur la sexualité. L’ignorance de leurs enfants continuera à générer l’aliénation.  Les familles continueront de vivre dans l’instabilité. Et, les jeunes  qui auront connu des expériences sexuelles, en dehors des règles de la société, continueront à accumuler culpabilité et mépris d’eux-mêmes parce qu’on ne leur aura pas appris que la sexualité est un phénomène normal chez tous les humains.

Évidemment, pour certains, la chasteté est encore plus importante que le suicide des jeunes. Souvent le suicide aurait pu être évité, si ces jeunes avaient connu quelqu’un qui les informe et les sécurise dans leur découverte et leur cheminement pour prendre leur place en société. Ils sont au moins morts chastes, penseront les scrupuleux. La corruption est un état d’esprit.

Le secret, le silence, la culpabilité et la honte sont les principales causes des séquelles sexuelles dont se plaignent certaines victimes. S’il y avait eu moins d’hypocrisie dans leur entourage, ils auraient pu discuter de leurs peurs, sans culpabilité et sans honte. Ils n’auraient pas eu besoin d’un psychologue pour leur faire croire, 20 ans plus tard, que leur expérience sexuelle avec un adulte est «la» cause de leur détresse. C’est facile de rejeter tous les blâmes sur l’autre, surtout quand le tout a été mélangé à la drogue. On oublie de dire qu’à long terme la drogue finit aussi par détruire un individu.

Au fur et à mesure que l’on commence à comprendre la différence entre la sexualité et la génitalité, on s’aperçoit que les «faiseurs de morale» s’attachent

toujours au sacrifice pour évoluer et garantir leur propre salut alors que l’amour est, au contraire, un moteur essentiel à l’action qui peut procurer joie et épanouissement. L’amour n’est ni une perversion, ni une punition, ni une contrainte ; mais les religions l’ont oublié pour assouvir leur rêve de dominer le monde.

La sexualité est un instinct de vie alors que sa répression en est un de mort. Ils ont créé un monde reposant sur le rejet du corps afin de redevenir l’ange qu’ils prétendent avoir déjà été alors qu’une société qui accepte la sexualité est , au contraire, basée sur la fierté d’être humain. Le corps est beau. La vie est sacrée. Les valeurs sont différentes.

Pour justifier leur interprétation négative de la création, les religions ont dû inventer d’autres livres saints pour les conduire à la domination individuelle et morale de chacun de leurs membres. Le fanatisme est impossible si on ne croit pas d’abord détenir seul la Vérité. Auparavant, les religions servaient de police et de psychologues. Les règles étaient établies au meilleur de leurs connaissances. La science a clairement démontré depuis que bien des dogmes reposent sur l’ignorance. La libération est donc la connaissance.

Le péché de la chair, qui était jadis justifié par notre ignorance, se voit aujourd’hui relégué au rang des aberrations.

La répression sexuelle est une des principales causes de maladies mentales parce qu’elle repose sur une mésestime de soi inconsciente entretenue par la honte et la culpabilité. Si l’on veut s’attaquer aux séquelles, on devrait d’abord faire renaître le respect de soi, la déculpabilisation, la confiance en soi ; mais on préconise plutôt de se venger en devenant ce qui peut être le plus abject chez un humain : devenir un «stool». Vouloir se venger, ce n’est pas la même chose que d’apprendre à se pardonner ; c’est un geste de haine.

C’est surprenant de constater que de nombreux pays qui auraient avantage à diminuer leur population soient aux prises avec des religions empêtrées dans leurs traditions de procréation et de domination mâle alors que dans d’autres parties du monde , au Québec , par exemple, où on a un très grand besoin de jeunesse, à cause du vieillissement de la population. Les naissances sont de plus en plus une question à savoir si on en a les moyens financiers ou si on est homosexuel.

Pourtant, l’orientation sexuelle ne devrait pas empêcher la création de familles : l’enfant a surtout besoin d’un lieu stable, sécuritaire et aimant pour se développer.

L’homosexualité a permis l’éclatement de la définition de l’amour qui se devait jusqu’à maintenant d’être strictement hétérosexuel et reproductif.

Malheureusement, nos lois sont encore trop archaïques pour reconnaître la pédérastie.

Si les parents sont responsables des jeunes enfants, l’entrée des jeunes à l’école secondaire marque le début de la véritable capacité d’individualisation des adolescents.

Cette évolution entraîne de plus en plus l’impossibilité des parents à décider de ce que font et pensent leurs adolescents. Souvent les paires ont même plus d’importance que les parents. Avec l’adolescence, l’individu devient le seul responsable de lui-même et de sa morale ; mais si ce passage dans l’évolution d’un individu ne nie en rien le besoin d’avoir une bonne famille pour réussir dans la vie.

Il faut faire une nette distinction entre décriminaliser et légaliser la sexualité. Dans le cas de la décriminalisation, on cesse de rendre illégal des rapports sexuels individuels non violents ou dominateurs. Il faut qu’il y ait consentement ou désapprobation claire. La loi doit s’en tenir à assurer la clarté de ce consentement. Un oui ou un non, ce doit être clair. Cette notion conçoit toujours la procréation comme étant le but premier de la sexualité ; tout en reconnaissant que la sexualité peut aussi avoir d’autres finalités : l’amour, la tendresse, le partage, la communication.

Platon prétendait que l’amour conduisait à la naissance charnelle de nouveaux êtres alors que l’amitié, elle, créait de nouvelles âmes. Comme Aristote, il pensait qu’il existe différent niveau d’amour.

Si le jeune ou l’adulte n’ont plus de déboires judiciaires avec les autorités sur un plan sexuel, cette approche conserve la nécessité d’une responsabilité fondamentale individuelle. Il y a bien des moyens de vivre sa sexualité, sans pénétration, et de plus en plus de moyens de contraception. Si on veut vivre une sexualité libre, il faut connaître ses responsabilités tant sur un plan médical que ses obligations parentales s’il y a procréation. Ce n’est pas en taisant celles-ci, en continuant de maintenir le tabou autour de la sexualité que l’on créera une conscience personnelle.

Avec l’ADN, les hommes et les femmes devront comprendre que faire un enfant c’est une responsabilité de deux personnes. Cette responsabilité doit assurer à l’enfant les moyens économiques et psychiques de se développer en toute sécurité. Cependant, l’enfant ne doit pas être une denrée de chantage comme c’est présentement le cas dans bien des séparations.

Certaines féminounes ont même avoué que la pédophilie était leur arme la plus sure contre les hommes…

La liberté sexuelle 18

août 19, 2020

La liberté sexuelle 18 (pp. 171à183)

L’abstinence sexuelle est contre – nature. Les rêves ou les règles s’en chargeront d’ailleurs naturellement…mais pour un jeune ignorant, les rêves peuvent être la preuve que sa perversité est telle qu’il ne peut même pas la fuir dans ses rêves. L’ignorance fait plus de dommages que l’expérience. Que les adultes aiment cela ou pas, de nombreux jeunes adorent ça parce qu’ils sont baignés dans une atmosphère de jeu, de tendresse, de cadeaux et d’une attention qu’ils ne connaîtront probablement jamais autrement. Ce n’est pas parce que tu es noyé de cadeaux que tu es devenu «accro» à la personne qui te les donne : c’est que ça te fait plaisir et que tu te sens considéré.

Si on n’avait pas maintenu la sexualité taboue aussi longtemps, le jeune n’aurait pas peur d’en parler. Adolescent, c’est lui le maître de ses fréquentations. Le point de vue des paires est souvent plus écouté que celui des parents et ceux-ci sont souvent impuissants, car un véritable dialogue est difficile. Bien des parents deviennent dingues juste à penser qu’ils doivent parler de sexualité avec leurs enfants.

Plutôt que d’étouffer le jeune avec la morale, il faut lui apprendre à devenir maître de ses sentiments et de ses émotions. Le développement humain, ce n’est pas d’être chaste, c’est de devenir autonome et responsable. La pureté ce n’est pas d’être chaste, mais avoir de bonnes intentions et agir avec amour.

Rien ne justifie les règles sexuelles actuelles, s’il n’y a pas de violence. Ces règles existent uniquement pour nous culpabiliser et nous dévaloriser afin de rendre l’homme exploitable de sa naissance à sa mort. Le psychiatre W. Reich l’explique très clairement dans ses livres sur la révolution sexuelle. La culpabilité permet une meilleure performance au travail pour se revaloriser face à la société.

C’est donc pourquoi, on implante chez l’individu un profond sentiment de culpabilité et de mépris de soi : le péché originel ou de la chair. La culpabilité et le mépris de soi sont les meilleurs moyens d’exploiter sans arrêt les individus, car, ils sont programmés dans la conscience de l’enfant, avant même de pouvoir comprendre. Les adultes sont trop marqués par l’éducation qu’ils ont reçue pour s’apercevoir que rien ne justifie cette peur sexuelle et l’ostracisme à laquelle on est condamné dès l’enfance.

On prétend qu’il y aura de prétendues séquelles, oubliant que ces séquelles se confondent généralement avec le chantage et le désir de continuer à recevoir une rétribution affective ou monétaire. La prétendue victime n’accepte plus  d’être privée et le besoin est énorme surtout si elle fait usage de drogues. Plutôt que de blâmer les drogues, le système préfère prétendre que c’est un traumatisme sexuel. Mettre quelqu’un en accusation, ce peut être très lucratif. Mais, s’il n’y a pas assez de dénonciations, ça ne vaut plus la peine de nourrir et entretenir une industrie créée autour de l’interdit sexuel et du phénomène de «victime». Voilà pourquoi il faut être encore plus sévère : strictement pour justifier son existence.

D’autre part, les séquelles naissent davantage à partir de la situation hystérique autour d’un jeu sexuel qui tourne à l’enfer quand les adultes en entendent parler.

Les pédérastes savent d’expérience que la majorité des jeunes sortent grandis de cette expérience s’ils ne croient pas qu’ils sont condamnés aux foudres divines ou celles des adultes. Une telle liberté met en danger la capacité de créer un beau troupeau docile. C’est pourquoi tout est traité sous forme générale, les mêmes règles s’appliquent à tous, même si ce sont tous des cas particuliers. C’est au jeune de voir s’il aime ça ou pas.

Qu’on le veuille ou non, l’amour charnel des aînés pour les adolescents existe depuis le début de l’humanité. C’est la recherche de la beauté, de la jeunesse et de l’immortalité ou la tentative de revivre sa propre enfance à travers son amant. Le pédéraste veut combler des désirs et des besoins qui ne le furent pas quand ils étaient jeunes. C’est une forme de fixation et de régression. La pédérastie est encore moins présente dans la société que l’homosexualité d’où sa capacité de provoquer une peur injustifiée.

Pour les pédérastes, très souvent, ces élans sont inexplicables. Leur adoration pour les jeunes, cette manie de les couvrir de cadeaux, de les amener en voyages, de rechercher leur joie ne sont pas seulement une forme de séduction ou de sécurisation inconsciente, mais ce sont aussi et surtout des marques d’amour et d’affection.

C’est bizarre que pour le pédéraste, selon les adultes, tomber en amour ou donner des cadeaux, c’est une feinte pour mettre le jeune en confiance, pour lui cacher ses vrais désirs, alors que tous les adultes vivent la même chose quand ils se fréquentent. On dira qu’il y a une différence d’âge ; mais une différence d’âge ne veut pas dire que le jeune ne sait pas ce qu’il fait. Ce jugement sur la capacité du jeune d’avoir l’intelligence de comprendre ce qui se passe ne peut pas justifier la répression de l’autonomie individuelle.

La Charte des droits de la personne prétend défendre les jeunes contre la ségrégation à cause de l’âge ; mais quand il est question de sexe, la Charte n’a plus rien à dire. En quoi les cadeaux pour les fréquentions adultes sont-ils moins une façon d’obtenir ce que l’on veut, une forme différente de séduction ou de prostitution que les échanges entre un adulte et un jeune ? C’est de l’hypocrisie. Avec le jeune, c’est acheter ses services sexuels tandis que pour les adultes, c’est acheter l’amour. D’une manière ou d’une autre, c’est attirer l’attention et l’affection du partenaire recherché. Quelle différence ? De l’amour, c’est de l’amour. L’amour n’a pas d’âge. Personne ne peut survivre dans la vie sans amour…

Pour justifier les règles sexuelles, on les a subdivisées, s’assurant ainsi qu’il y aura au moins un élément qui permettra de crier au crime. Quand il y a une situation sexuelle, on confond pédophilie, pédérastie, viol, inceste, etc. pour que le public n’y voit que du feu. Il faut créer l’horreur pour donner un bon exemple et faire un bon papier.

D’ailleurs, cette prétendue liberté de presse autour des tribunaux ne fait que permettre aux prisonniers d’être informés pour qu’ils donnent la raclée à cet accusé , raclée que la police ne peut pas donner , car, malgré l’intolérance aveugle des «guerriers de la fausse pudeur » , il existe encore chez plusieurs une tentative de compréhension et une foi , une espérance dans la réhabilitation. À la décharge des prisons, il faut savoir que les criminels sexuels sont maintenant dans des lieux plus sécuritaires, en autant que ça ne se sache pas.

Qui peut croire dans un espoir de réhabilitation quand on exige d’un individu de se détruire lui-même pour avaler la culpabilité sexuelle obtuse que l’on transmet de générations en générations pour exploiter la conscience de tous les individus? Si l’on ne peut pas modifier une orientation sexuelle, on peut la conscientiser  et la contrôler pour assurer qu’elle se manifeste dans la non-violence, le consentement et le respect de l’autre.

La pédérastie ne peut être valable, comme dans toutes les relations humaines, que s’il y a un amour profond et sincère. Évidemment, les spécialistes du système refusent d’y entrevoir cette possibilité. Si on accepte que c’est un rapport amoureux, on ajoute immédiatement pour justifier sa répression que c’est un amour malsain…comme s’il peut exister des amours sains et malsains.

Les spécialistes ne veulent pas faire la nuance entre pédophilie et pédérastie, car ils perdraient leur raison d’intervenir et de se faire des sous. La répression est plus payante que la liberté.

Elle est payante pour le système judiciaire et pour la pègre puisque pendant qu’on s’occupe des individus, le crime organisé domine le proxénétisme et la traite des esclaves humains à l’échelle mondiale. Il n’y a pas que le sexe avec le crime organisé, il y a aussi la vente d’organes, le chantage, le vol et le meurtre, etc. C’est plus facile et plus rentable, en terme de statistiques et de « show », de s’attaquer à un individu que de s’en prendre au crime organisé.

D’ailleurs, en bout de piste, les profits vont dans les mêmes poches. Les crimes comme les attouchements, attentat à la pudeur ou la possession de marijuana permettent la survie économique d’une meute de professionnels : trop sévère ou pas assez, tu crées une clientèle. Mais, si on veut être juste, il faut reconnaître qu’il y a plus de policiers honnêtes et bien intentionnés que de ripoux. Aucune société évoluée ne peut se passer de lois et de policiers pour les faire respecter, car il y en aura toujours qui essaieront de contourner les règles. Qu’on le veuille ou non, il faut faire une nuance entre l’exploitation, l’aliénation et la discipline.

La discipline est essentielle à l’évolution de tout individu. Elle est plus efficace et plus stable qu’une morale imposée, surtout si celle-ci est injustifiable.

Le sexe est le seul cas dans la vie occidentale où le chantage est non seulement accepté, mais sacralisé. Le sexe, en dehors de la procréation, était un lieu commun de haine absolue approuvé par toute la société jusqu’à il n’y a pas très longtemps. C’est une preuve que l’inconscient collectif obéit encore aux vieilles règles religieuses ignares. Que tu dises n’importe quoi en faveur de la pédérastie, les paroles seront détournées pour en prouver encore plus sa nocivité. De quoi le système a-t-il peur ? Si on permet à l’individu de créer sa propre conscience, la vraie démocratie risque de s’installer.

Pour certaines féminounes, la séduction des jeunes – une obsession on ne peut plus féminine – est un geste de mépris. Selon elles, la femme est la proie, l’objet convoité qu’on veut acheter. Elles s’imaginent donc que les jeunes qui découvrent leur sexualité sont aussi des proies faciles et idiotes. Si la société n’accordait pas une importance indue, maladive, aux rapports sexuels des jeunes et ce à quoi les autres pensent de nous, les jeunes pourraient cesser d’avoir une image négative d’eux. Il n’y aurait plus toute cette ambivalence culpabilisante entre le désir et l’interdit sexuel.

Privés d’une culpabilisation innée et du mépris d’être humain qui en découle automatiquement, comprenant le besoin de se connaître, les jeunes découvriraient que dire «je t’aime», ça peut se manifester de bien des façons et à tout âge.

C’est plus important de leur apprendre à être responsable, à respecter la décision de l’autre, à être autonome ; car, la sexualité dans sa manifestation totale (tendresse, amour, amitié, désir de voir l’autre heureux, etc.) est ce qu’il y a de plus essentiel pour s’épanouir et vivre heureux, fiers de ce que l’on est.

Cette responsabilité touche aussi les gens qui nous entourent, ce qui en multiplie les effets bénéfiques ou pervers. Tant que les humains, particulièrement les femmes, seront esclaves des modes pour des besoins de séduction, elles n’ont qu’à s’en prendre à elles-mêmes parce qu’en jouant à la poupée, elles entretiennent elles-mêmes le mythe de la femme objet qu’elles dénoncent. Vivre selon la mode, c’est avant tout une affaire de femmes… tout comme vivre avec la peur de la sexualité. Un des principes fondamentaux pour vivre heureux c’est de s’accepter comme on est. Seule la violence devrait être interdite.

Les femmes n’ont pas qu’un physique à montrer pour se faire désirer…La beauté n’est pas un gage d’intelligence et d’amour, mais un moyen de «flasher». Apprendre à vivre sans toujours avoir peur de ce que pensent les autres, ce serait un bien meilleur moyen de lutter pour obtenir une égalité homme femme véritable. Les scrupules féministes ne sont pas que sexuels.

Dans une égalité réelle, il n’y a plus ni hommes, ni femmes, il n’y a que des humains.

Tout ramener à la peur d’être un appât sexuel recentre le débat au niveau strictement physique de la femme. Les femmes auraient avantage à insister sur leur différence. C’est un aspect plus positif. Ce n’est pas parce que tu es différent que tu es inférieur, bien au contraire.

Les féminounes focalisent sur le moins important : être un objet de désir ; mais c’est ce qu’elles engendrent et dénoncent en même temps. Si elles veulent l’égalité, ce doit être aussi sur un plan moral et émotif, car toutes les religions présentent la femme – donc la sexualité — comme le mal suprême. Les femmes doivent faire ressortir le mensonge de cet enseignement millénaire. Elles doivent prouver que la femme apporte une richesse de créativité intellectuelle, artistique et sociale beaucoup plus importante qu’un simple désir physique hypocritement dénoncé comme le mal ambulant.

Normalement, on ne passe pas sa vie à penser à sa sexualité…il y a des choses bien plus importantes. Et, contrairement à ce que l’on dit, pour l’adulte qui aime les jeunes, sa vie sexuelle tourne beaucoup plus autour de ses fantasmes et de la masturbation, car il y a moins de relations génitales qu’on le fait croire.

Maintenir la peur et la haine de la sexualité, c’est garantir l’impossibilité d’une égalité entre les hommes et les femmes ; car pour être égales les femmes doivent être aussi fières de leur sexualité que les hommes. Que l’on cesse de s’occuper de ce qui se passe dans les culottes des autres et le monde ne s’en portera que mieux. Que l’on s’en prenne à la violence et il sera possible de rêver un monde plus égalitaire.

Il faut apprendre aux jeunes que l’allure physique d’un individu n’est pas la seule chose qui compte. Il faut vivre une vie qui nous permettra de se dire en mourant : ce fut une expérience enrichissante.

Les jeunes doivent cesser d’être esclaves de la mode et inventer une morale individuelle, responsable et permanente.

Tant que les religions focaliseront sur la sexualité avec leur unicité du savoir et de la vérité, leur exclusivité à interpréter Dieu, elles mettront au monde des fanatiques et seront la première cause des guerres après l’économie.

Si on veut vivre sur une planète pacifique ; il faudra accepter les individus tels qu’ils sont et combattre l’ignorance. Il faudra remettre l’économie au service de l’humain et non le contraire. L’humanité doit apprendre que la tolérance est plus glorieuse et porteuse de progrès que la lutte à la sexualité vécue sans violence. Si on ne veut pas vivre sur une planète où l’on risque à chaque instant que surgissent des religions fanatiques qui nous mettent en danger, il faudra apprendre le besoin et le désir de se parler pour trouver la vérité. Si on arrive à imposer la Charia dans le monde, nous nous retrouverons vite avec les assassinats collectifs que l’on dénonçait chez les Talibans.

L’amour pédéraste n’a rien de différent d’un amour hétérosexuel ou homosexuel, sauf, l’âge du couple concerné.

Dans un amour pédéraste, le plus âgé s’efforce de vivre la jeunesse à travers cet amour. C’est la fascination, la tendresse, l’amour fou, la passion. Le partage de jeux et d’émotions. Si le milieu ne les condamne pas, cette expérience s’avérera très positive pour les jeunes à cause de l’élargissement de leurs connaissances et de la variété des expériences que cette situation crée. Si l’aîné est sincère, il offrira en partage le meilleur de sa vie au plus jeune. Cette relation permet aussi au jeune de découvrir sa propre personnalité et d’expérimenter ses talents.

La pédérastie est surtout axée sur la tendresse. Loin d’être que de la chair fraîche, le jeune est une éponge de tendresse, l’âme qui n’a pas encore appris à haïr, le plaisir de vivre. L’amour, c’est être bien avec un autre. L’attrait pour un autre n’a rien à voir avec le sexe et l’âge. La pédérastie est une corde de transmission du savoir puisque l’âgé fait don de son expérience au jeune. La pédérastie est l’initiation à la vie qu’on retrouve à l’adolescence dans toutes les civilisations.

Par contre, cette expérience ne peut être que néfaste si elle se réalise dans la violence ou l’abus de pouvoir. Ce n’est pas parce qu’un individu est adulte qu’il fait automatiquement peur au jeune. Les jeunes d’aujourd’hui savent se défendre, ils savent qu’ils peuvent détruire l’autre par le simple fait de les dénoncer.

La majorité des adultes ne voient que du feu dans ces rapports adultes – enfants parce qu’ils se comportent comme de vrais hystériques dès qu’il est question de sexe. Il a suffi longtemps pour le jeune de dire qu’on avait abusé sexuellement de lui pour excuser tous ses gestes, allant même parfois jusqu’au meurtre.

Ce pouvoir de chantage n’est pas ignoré par les jeunes et les féminounes qui le préconisent. C’est une force illimitée. Plusieurs adultes innocents ont vu leur vie brisé en miettes pour permettre aux jeunes de se venger ou d’obtenir une bonne compensation financière, à la suite d’une expérience qu’ils ont imaginée ou adorée.

Combien d’adultes ont été accusés faussement par vengeance ou parce que le jeune voulait attirer l’attention ? Quand tu retournes voir ton soi-disant prédateur, ce n’est certes pas parce que tu en as peur ou que tu es forcé d’y retourner ; mais bien parce que tu as aimé ça ou que tu recherches ce que cet échange te procurait.

Créer des êtres autonomes, c’est créer des gens qui savent dire oui ou non et respecter leur décision. S’il y a ambivalence sexuelle à l’adolescence, ce n’est certainement pas le jeûne absolu qui permettra d’éclaircir ses vrais désirs profonds.

Il faut aussi se demander, pour comprendre les séquelles sexuelles, si l’usage de la drogue à long terme crée les mêmes effets que ceux que l’on attribue habituellement à un abus sexuel dans son enfance : honte de soi, besoin de faire n’importe quoi pour avoir l’argent nécessaire pour se droguer, incapacité d’avoir une relation sexuelle satisfaisante avec une autre personne, problème d’érection, etc. Qu’est-ce qui a provoqué cet état ? Un jeune se prostitue-t-il pour avoir plus d’argent afin d’acheter de la drogue ou se drogue-t-il pour être capable de se prostituer ?

Quand il est question des effets à long terme de ces activités, on devrait avoir l’honnêteté de se demander si une personne se serait droguée ou non sans avoir connu une expérience sexuelle précoce ? C’est comme la question de l’œuf et de la poule. Le problème de mésestime de soi est-il dû à une expérience sexuelle, à la drogue ou autre chose ? Cela a-t-il été provoqué par une expérience sexuelle ou par la drogue ou les deux ? Cette culpabilité est-elle le fruit de son éducation ? C’est si facile de se mentir.

Certains peuvent s’en vouloir de ne pas avoir su maintenir tous les privilèges qu’ils avaient étant jeune et croire que cette situation, ce rejet, est la cause de tous leurs déboires. C’est plus facile de prétendre au tsunami d’une expérience sexuelle que d’admettre sa fragilité intérieure antérieure. Si on pouvait parler sans honte de sa sexualité, on n’aurait pas à éclater comme une bombe à retardement dix ans plus tard. On n’aurait pas besoin de faire sien tous les reproches qui se disent et de voir chez les autres des expériences qui se confondent à son cas personnel.

On se rend souvent compte qu’il y a des séquelles quand les psychologues ont mis dans la tête des poursuivants une jeune aventure sexuelle qui a mal tourné. Serait-ce les intervenants qui ont l’esprit tordu, en manipulant leurs propres scrupules de façon à ce que leurs clients se perçoivent automatiquement comme des victimes ?

Une chose est certaine, la drogue est la principale source des maladies mentales au Québec. Des générations entières ont été sacrifiées au profit des narcotiques. La drogue est aussi la principale cause du décrochage. Pourtant, les adultes y attachent bien moins d’attention qu’à la sexualité. Ils préfèrent encore une fois l’interdit plutôt que le contrôle. Pourquoi ne pas décriminaliser la marijuana, permettre sa production individuelle ? C’est le meilleur moyen de combattre les produits nocifs, mais on ne le fait pas. C’est comme si le système judiciaire était le meilleur allié du crime organisé.

Les jeunes savent très bien comment il est facile d’extirper tout l’argent voulu d’une personne accusée d’un crime sexuel, s’ils ne la savent pas, les adultes qui les entourent le savent bien. La morale sexuelle, déguisée en service de protection pour les jeunes, est devenue le mode de chantage par excellence et le moyen d’assurer la survie de l’aliénation.

C’est facile de créer des fondations pour aider au paiement des poursuites : l’accusé acceptera ce chantage, qu’on lui vide les poches pour échapper à la prison où sa vie est quotidiennement menacée. C’est un commerce super – lucratif. S’il n’y a pas assez de dénonciations, les statistiques ne justifient plus d’entretenir une telle peur. Souvent les fondations constituent un bon fond de retraite pour les propriétaires ou un excellent moyen de payer sa consommation de cocaïne. Rares sont les fondations qui sont véritablement à but non-lucratif : les frais d’administration mangent plus que la moitié de dons.

En refusant de reconnaître que la pédérastie est une orientation sexuelle autre que la pédophilie (que de plus en plus de scientifiques reconnaissent comme une orientation sexuelle), la société continue d’entretenir la peur et la répression sexuelle chez les adolescents. Alors qu’on leur enseigne que la sexualité est non seulement quelque chose de normal, mais de bien ; on donne le signal contraire en dénonçant et punissant toute liaison sexuelle avec un adulte. Sur quoi repose une telle restriction ? En quoi l’adulte est-il plus dangereux qu’un jeune ? Non seulement cette situation est incohérente, mais elle est totalement hypocrite. Rien, excepté ce que l’on prétend que Dieu a dit, ne justifie une telle approche négative de la sexualité. On juge ce qui se passe maintenant avec les yeux ignorants de l’homme des cavernes, à cause des religions.

On fait croire n’importe quoi pour justifier et entretenir la haine de la pédérastie que l’on confond volontairement avec la pédophilie, l’inceste et le commerce charnel international. La pédérastie est l’amour entre deux personnes et n’a rien à voir avec le crime organisé. La vie privée doit être un droit sacré pour tous les individus.

À chaque fois que les médias focalisent sur la sexualité, c’est pour dénoncer la pédophilie. On rappelle ainsi aux jeunes et aux adultes qu‘il y a quelque chose de fondamentalement mal et mauvais dans la sexualité, comme si la sexualité était une maladie ou une expérience réservée aux plus vieux. En réalité, on ne protège pas le jeune contre un danger, mais on essaie de l’empêcher de vivre une expérience sexuelle en dehors du mariage, donc, en dehors de la procréation.

Ce n’est pas le jeune que l’on cherche à protéger ainsi, mais la morale. Tout est hypocrisie. On dirait que toucher un pénis est pire encore que de tuer. Cette hystérie est pure folie. Faudrait-il que tous les hommes soient castrés pour faire plaisir aux féminounes homophobes ? Ce n’est quand même pas la faute de l’homme s’il a un pénis et que pour lui une expérience sexuelle est jouissante.

La société serait gagnante de faire preuve d’une approche plus humaine, plus tolérante et compréhensive de la sexualité.

Il n’y a pas de sur-sexualisation des adolescents, mais commercialisation du sexe. Dans notre système, l’importance de la vie se résume au mot «profit» qu’il soit légal ou non. C’est pourquoi qu’en rendant la sexualité en partie légale et illégale, c’est plus payant, plus universel. Le système reçoit ainsi les profits des institutions mises sur pied pour régenter légalement la sexualité, tout en profitant également des profits de la pègre, forcée de créer des moyens pour contourner les lois. En focalisant sur la pédophilie, on arrive à faire ignorer l’ampleur des autres crimes. Dans notre société, le sens du mot «universel» se résume au fait que tous les individus deviennent un marché potentiel.

La sexualité a toujours été un attrait indescriptible pour les adolescents (es) ; mais on avait peur. Rien avant le mariage…Ceux et celles qui se battent contre la sexualisation des jeunes ne pensent pas autrement. Ils n’ont aucun respect pour l’individu. Ils veulent imposer leur norme.

C’est renversant de voir autant de vieux et de vieilles dans les manifestations ou les mouvements à caractère sexuel. Ils ont vécu leur vie pourquoi se mêlent-ils d’imposer leur vue aux autres ? Pourquoi être aussi obsédés par ce qui se  passe dans le pantalon du voisin (tu ne jugeras pas) ? Est-ce parce qu’il ne se passe plus rien dans le leur ? La morale est un droit et une norme individuelle, sauf s’il y a violence ou domination. Maintenir les lois actuelles sur la sexualité est un viol de conscience, car, on fait croire dans un mal ou un danger qui n’existe pas… à moins de continuer à croire qu’une relation sexuelle est un péché mortel qui nous conduit droit en enfer.

Plusieurs ont connu des expériences en bas âge et se rappellent l’état euphorisant qu’elles communiquaient. Cependant, à notre époque, la sexualité est vue comme le crime suprême. Nous avons ainsi développé une approche hypocrite. Les aînés veulent maintenir leur morale et s’inquiètent de ce que les jeunes ne ressentent pas la même nausée qu’eux face à la sexualité. Cette nausée qu’on leur imposait par l’enseignement d’une sexualité-péché.

Il est temps qu’on laisse les jeunes vivre leur vie. Il faut apprendre à leur faire confiance. La vie n’a aucun sens sans amour. L’amour est aussi indispensable que l’air que l’on respire. Cet amour, sans violence, est fondamentalement bon qu’il soit déviant ou non et qu’il s’exprime entre personnes du même sexe, du même âge ou d’âge différent. Si l’on apprenait à ne pas juger les autres, ça ne nous intéresserait pas de savoir comment ils vivent leur sexualité.

Tant qu’il n’y a pas de violence, il n’y a que du plaisir.

Cependant, la vraie protection exige une éducation qui montre les moyens à prendre pour vivre une sexualité responsable, vraiment respectueuse de l’autre. Si l’aspect charnel est important pour éviter les maladies ; il faut se rappeler que les jeux sexuels sont aussi accompagnés d’émotions qu’il faut aussi apprendre à gérer pour son bien et celui des autres.

Malheureusement, les maladies transmises sexuellement, ça existe tout comme les personnes intolérantes. Ne pas éduquer les jeunes face à ces problèmes, c’est plus criminel que le plaisir.

Un système mondial qui rejetterait la violence, tout en reconnaissant la beauté de la sexualité, modifierait complètement nos vies… mais il serait moins payant. C’est pourquoi on le combat avec autant d’acharnement. La paix et la liberté ne produisent pas assez de dépenses inutiles pour nourrir le système économique. La guerre est la nourriture essentielle à la survie de l’économie …

La pédérastie est une orientation sexuelle dans le sens d’une attirance. Cependant, puisque la relation est établie entre un adulte et un jeune garçon, pour la protection de ce dernier, il faut s’assurer que toute relation sexuelle soit consentie, sans violence et responsable. Le pédéraste consciencieux doit s’assurer que sa relation permette au jeune d’y être heureux et assurer le développement de sa personnalité.

Personne ne peut échapper à son orientation sexuelle, à sa petite nature. Cependant, la société doit aussi s’assurer que ces relations ne mettent pas le jeune en danger. Interdire la pédérastie, c’est priver le jeune de son droit à la vie privée et à la formation d’une conscience personnelle.

Les lois actuelles protègent-elles vraiment les jeunes ou la morale du système ?

L’interdit sexuel, quand il n’y a pas de violence ou de domination, repose sur rien, sinon la tradition, une interprétation religieuse et bourgeoise millénaire. L’évolution de la connaissance scientifique démontre clairement que ce scrupule est absurde, car, il repose sur le péché mortel, l’existence d’une après-mort et le désir d’éviter l’enfer une pénalité contre le plaisir.

C’est un «préjugé social» plutôt qu’une philosophie ou une façon de percevoir la vie, qui survit, grâce à l’ignorance, sous la lorgnette de la mort. Il rejette le corps,

donc, le plaisir, et prétend que l’homme est un être dégénéré parce qu’il a été chassé du paradis terrestre, grâce bien évidemment à l’intervention de Ève ou de la femme-sexualité.

Selon les religions, le corps est soit une imperfection de l’esprit, sa prison, soit un Cénacle, habitacle de Dieu, des visions qui sont tout à fait l’inverse l’une de l’autre, mais qui aboutissent au même résultat : le rejet du corps.

Alors que la science repose sur des preuves vérifiables, les religions émanent de l’imaginaire, des mythes ou de l’inconscient. Elles conduisent directement à la maladie mentale lorsqu’elles deviennent des croyances fanatiques. Le problème avec les religions, c’est qu’en prétendant être des vérités éternelles, immuables, elles créent des dogmes et des certitudes, qui les empêchent d’évoluer. Alors que tout était écrit sous forme symbolique, les fanatiques voudraient que ces paroles soient interprétées, en dehors du temps, et mot à mot. Ce rejet de la réalité est une forme de schizophrénie.

Ne pas être touché pour ne pas être sali ; penser qu’un toucher aux endroits prescrits par une société de plus en plus bigote est un manque de respect envers son intimité, comme si tu étais fait différemment et plus précieusement que les autres : c’est la bourgeoisie qui a établi cette façon de penser pour bien marquer sa supériorité sur les gens du peuple.

Il y a cent ans, en Angleterre, particulièrement, la sexualité était un des commerces les plus florissants. On donnait même une nourriture spéciale aux nourrissons pour s’assurer qu’ils ne bandent pas. Auparavant, évidemment, il fallait s’abstenir de tout plaisir sexuel pour suivre la doctrine de l’Église – aucun plaisir en-dehors du saint sacrement du mariage – pour éviter les flammes de l’enfer. Que la chair soit interdite parce qu’elle est un péché ou parce qu’elle est trop précieuse ; c’est la même chose par son inverse : un interdit. Tu te crois ou trop bien ou trop mal ; mais d’une manière ou d’une autre tu n’arrives pas à t’accepter comme tu es : une force innée qui se développe par les acquis puisés dans son milieu de vie.

Le système remet la répression sexuelle individuelle entre les mains du judiciaire, mais il ferme les yeux sur les dangers réels. C’est plus facile de s’attaquer à un individu qu’à la mafia. Le sexe est moins dangereux que la drogue ; mais on y accorde plus d’importance.

Le crime sexuel violent est souvent international et presque toujours le fruit de la pègre. Il est le fruit du crime organisé planétaire, du manque de respect de l’être humain à qui on préfère le «profit». Le dieu que l’on nous enseigne et qui domine actuellement ne devrait pas s’appeler Dieu, Yaveh, Je suis, Allah ou Bouddha, Jésus ; mais « Pouvoir économique ». Les multinationales et les cartels internationaux n’ont rien de différent de l’esclavage et de la puissance romaine. Dans les pays riches, l’homme est soumis à son pouvoir d’achat et on lui fait

croire qu’il vit  dans une démocratie parce qu’il peut  voter de temps en temps.  La mafia, c’est un cartel international économique qui n’a qu’une  raison  d’exister : le profit. Et, le profit ne peut pas exister sans le pouvoir. L’amour se confond mal avec un signe de piastre.

Pendant que l’on fait la traite des blanches ou des enfants (souvent pour voler leurs organes vitaux : reins , yeux, etc.) , que l’on tue des enfants parce qu’ils troublent l’économie par leur pauvreté comme au Brésil ou qu’on enrôle de force des enfants dans des armées, que les gens se font arnaquer à cœur de journées par des vols d’identité ou des contrats politiques, qu’on ne compte plus les disparitions ; les policiers de chez-nous ont pour tâche de jouir en regardant des sites web de pornographie juvénile. La police est devenue gardienne d’enfants, comme si elle n’avait rien de mieux à faire.

Toute une manière de supposément protéger les enfants de leur curiosité (ils en profitent quand leurs parents ne sont pas là) ou d’un prédateur sexuel éventuel.

Si la police veut vraiment protéger les jeunes, elle ne passera pas trois mois avant d’obtenir un rendez-vous lui permettant d’incriminer un individu sur  internet. Il y a bien d’autres urgences. C’est évident que si le policier s’identifie, le prétendu prédateur va disparaître. Le jeune a toutes les chances du monde de ne plus jamais en entendre parler. Et, je ne crois pas que si ce prétendu prédateur a déjà donné ses coordonnées, il sera tenté de recommencer de sitôt. Sur n’importe quel site, il est d’ailleurs possible de signaler les abus. Pourquoi investir des millions pour la même chose ?

Il suffirait d’écrire  » vous avez la police à votre écoute » et le signaler à un service de police qui colligerait ce genre d’information, au cas où ça continuerait. Je suis certain que le bonhomme abandonnerait et aurait en reçu une leçon pour les prochains.

Même pas besoin d’être policier pour créer la peur nécessaire ; la maman suffit. Et ainsi, on n’est pas pris avec le syndrome du 911, soit que la police remplace le père absent. Ça coûterait pas mal moins cher et ça permettrait aux policiers de s’occuper des vrais crimes violents.

D’ailleurs, il est prouvé qu’habituellement les pédérastes ne parlent pas en cachant leur intention. L’important, c’est qu’aucun jeune ne soit mis dans une position dangereuse. Si les jeunes n’avaient pas honte de parler de sexe, ils avertiraient leurs parents si un individu ose les approcher par internet. Si le jeune le fait à la cachette, c’est qu’il est conscient du problème.

La manière d’aborder la sexualité représente un danger véritable, car le jeune n’osera pas avertir ses parents si une telle situation se présente. Le sexe est devenu un enjeu politique. Pour avoir des votes, il faut faire plaisir aux féminounes. Il faut des arrestations pour justifier les subventions à la police et pour la création de prison.

La liberté sexuelle 17

août 18, 2020

La liberté sexuelle 17 (pp. 160-171)

Cette conception de l’humain aurait été impossible sans le cheminement préalable des féministes. Il a fallu la lutte des féministes pour le droit à l’avortement pour interpréter la sexualité autrement qu’un moyen pour perpétuer la race.

Jusque-là les religions prétendaient que tout « désordre sexuel » conduisait en enfer. Il suffisait d’une mauvaise pensée, un mauvais regard, un mauvais toucher pour aller brûler éternellement dans les flammes de l’enfer. Quant à la bourgeoisie, cela permettait de créer un mur social entre le riche et le pauvre, l’instruit et l’ignorant. Cela permettait de créer un monde basé sur l’exploitant et l’exploité. Plus on divisait, plus le pouvoir était éternel : diviser pour régner…

Heureusement, les féministes ont fait ressortir les nouvelles données de la science à l’effet que tout humain est à la fois un homme et une femme. Ce choix de sexe se fait avant même la naissance. La prédominance du sexe échappe totalement à l’individu. Il ne choisit pas, il doit apprendre à faire avec ce que ces gênes construisent. C’est un événement fondamental, car ce choix est identitaire. Les humains n’ont pas encore établi l’égalité entre les sexes.

Les féministes ont aussi introduit la notion de plaisir et celui de la propriété de son propre corps d’où le droit de décider pour soi de sa sexualité. Ce fut le premier pas vers une liberté sexuelle individuelle et la naissance de la responsabilité individuelle et collective dans ce domaine. Nos lois sont évidemment des siècles en retard sur la réalité.

Malheureusement, les féministes contemporaines (féminounes) ont ramené à l’avant-plan les vieilles peurs et les tabous sexuels religieux.  Elles essaient  dans leurs croisades contre les pédophiles de projeter leur propre état d’âme sur leur progéniture. La sexualité salit. Pour cela, il a bien fallu nier la pédérastie et  la noyer dans la haine de la pédophilie. De progressives, elles sont devenues réactionnaires. Ce n’est pas parce que tu es à gauche que tu as une interprétation progressive de la sexualité : l’histoire démontre le contraire.

Sur le plan québécois, les féminounes d’aujourd’hui poursuivent une lutte rétrograde qui joue le même jeu «fédéraste» que celui de la go-gauche des années 70. Diviser pour régner. Elles maintiennent une peur qui est injustifiée puisque les enfants n’ont pas encore la notion du bien et du mal. Leur éducation en est encore au stade de l’imitation.

Les féminounes sont- elles devenues une force de chantage, capable d’empêcher l’indépendance du Québec ? L’indépendance naît du besoin de libération, d’échapper à un carcan politique qui maintient le système en place.

Il serait urgent de passer à autre chose et commencer à penser et à agir de manière planétaire pour combattre l’analphabétisme, la violence et la pauvreté ; mais après 30 ans de tournage en rond, il est urgent au Québec que l’on règle le problème : ou le Québec devient un pays ou le Canada se transforme en véritable Confédération. Le fédéralisme est une forme d’exploitation centralisée. Si le Québec devient un pays, il lui appartient de créer ses propres lois.

Sur le plan idéologique, face à sexualité, l’extrême droite et l’extrême gauche sont une même chose…Pire que la colonisation, il y a l’aliénation. Dans cette optique, la morale sexuelle permet de s’attaquer aux individus qui ne font pas l’affaire du système. Ces individus empêchent les institutions (d’exploitation) d’être seules à profiter de la sexualité. Ils font concurrence à l’exploitation institutionnalisée. Pourquoi ? Les profits vont directement au crime organisé, grâce à l’interdiction légale de la prostitution pour des fins personnelles. En individualisant l’interdit, ça permet en même temps au système judiciaire de faire vivre tout un tas de monde qui joue le rôle de justiciers. Ainsi, le système judiciaire en n’ayant pas les moyens de s’attaquer directement au crime organisé, devient le plus grand protecteur de la pègre qui , elle, commercialise la sexualité à la grandeur de la planète à travers le proxénétisme et le commerce sexuel.

C’est la même chose avec la drogue et la violence. La société actuelle tue toute forme d’individualisation en uniformisant la pensée, les désirs, les rires et les passions. Après avoir exploité la classe moyenne, on se sert maintenant des pauvres et des enfants pour créer une nouvelle industrie purement commerciale : la protection. Il suffit de faire pleurer les personnes riches, mais qui ont encore un cœur et une sensibilité, pour récolter d’immenses profits, en mettant au monde toutes sortes de fondations.

De là, on a créé la société du chantage et de la protection plutôt que de décriminaliser et créer un contrôle individuel qui protège réellement le petit peuple. On maintient des points de vue qui permettent le développement de l’aliénation. Cette aliénation individuelle permettra de semer ensuite n’importe quelle paranoïa collective et de justifier toutes les guerres. Les individus étant devenus des champs fertiles pour y semer toutes les peurs, il suffit de choisir la peur que l’on prétendra combattre pour assurer sa sécurité personnelle et individuelle. C’est plus facile et moins dangereux de s’attaquer à un individu que de s’en prendre à un groupe organisé. La guerre est le commerce le plus rentable (vente d’armes) : elle maintient l’économie en santé.

Les extrêmes sont identiques et se rejoignent quoique opposés. C’est pourquoi toutes les idéologies finissent par se rejoindre. C’est pourquoi la répression sexuelle individuelle est plus payante que si on s’attaquait au commerce sexuel planétaire, un commerce trop bien organisé pour être combattu efficacement. Pour justifier de nouvelles interventions, il faut maintenant faire appel aux valeurs. Comme du temps des croisades, les religions justifient toutes les guerres…

La science offre-t-elle une réponse ? Si les chromosomes X et Y sont responsables du sexe de l’individu ; les hormones sont, elles, responsables de la curiosité sexuelle, particulièrement chez les adolescents. L’orientation sexuelle fixe inconsciemment ce qui t’attire.

Est-on responsable du fonctionnement de son cerveau ? Peut-il arriver que le cerveau connaisse certaines défaillances ? L’individu qui les vit est-il responsable de naître avec un problème ? Par exemple, on vient de découvrir que la sexualité est affectée par deux zones du cerveau. Qui a les outils pour réajuster un cerveau qui ne lui plaît pas ? En ce sens, qu’on le veuille ou non, la vie est limitée, mais la liberté aussi.

Un des buts secrets de la lutte à la pédophilie est de pouvoir un jour justifier la possibilité de soigner un individu en lui jouant dans le cerveau. Pour qu’on puisse y parvenir, il faut inventer un tel problème que la masse entérinera les moyens créés pour intervenir sur les individus. La recherche de la perfection à tout prix est un danger, car elle conduit au fascisme. La lutte aux pédophiles ressemble à celle de la Gestapo contre les infirmes et les gais.

Tant que la sexualité ne sera pas considérée comme un droit strictement individuel, ce sera un commerce basé sur « l’exploitation de la séduction des femmes ». Ce sont les femmes qui permettent aux modes d’exister. Puisque le profit est le but ultime de cette mascarade, tout est institutionnalisé, commercialisé, industrialisé. L’exploitation du sexe » sera payante tant qu’elle sera entre les mains du système (la mafia légale) qui fixe les règles morales et de la pègre qui exploite les interdits. La pègre paye ses redevances, sa part de profits au système. C’est pourquoi on essaie d’empêcher l’individualisation afin de s’assurer que les profits reviennent à ceux qui en détiennent le monopole.

Décriminaliser la sexualité, c’est restreindre les profits des groupes criminels organisés. Dans ce domaine, la vertu est plus payante que le plaisir puisque les pays sont prêts à investir de grosses sommes pour combattre la prostitution individuelle ou la pédophilie. Le système a donc avantage à ce que les choses ne changent pas.

En naissant, l’individu a un certain potentiel inné. Même si nous naissons tous avec un certain potentiel, nous nous développons en fonction des acquis puisés dans notre environnement. Le problème est de s’accepter comme on est ou essayer de changer ce que l’on n’aime pas en nous. C’est le développement de sa personnalité, l’expérience. Les sens, tout comme le sexe, sont une prolongation de notre cerveau. C’est pourquoi toute répression sexuelle est contre nature.

Aucun individu ne choisit son orientation sexuelle c’est-à-dire ce par qui il est attiré. Les seules choses sur lesquelles il peut possiblement agir sont la violence, la domination, la contrainte, la responsabilité, le plaisir, le développement de sa personnalité.   Plus les individus seront éduqués et conscients moins l’exploitation sera possible.

La liberté absolue est un leurre, car, elle implique une connaissance et une capacité d’agir absolues de /sur ce que l’on est. La recherche de l’autre est fondamentalement un moyen de tuer sa solitude et de se parfaire à travers et grâce à l’autre. Elle peut avoir un but physique, mais pour être satisfaisante elle doit surtout être psychique. Cette rencontre permet, grâce à la fusion des deux, de trouver un meilleur équilibre et une meilleure réalisation de soi. Ce besoin de se compléter peut très bien se réaliser sans physiquement donner naissance à un autre être. Le but est simplement différent, d’un autre ordre, disons plus spirituel… Une vision de Platon ? Le platonisme est une projection de son admiration pour sa tempérance. On ne doit pas oublier qu’à cette époque, faire l’amour c’était le don d’une partie de son cerveau. Ça rend la tempérance un peu plus importante…

Une relation sexuelle peut être positive seulement que si elle permet aux personnes concernées de s’enrichir intérieurement, grâce à cette relation. En ce sens, l’adulte peut apporter une mine de richesses et d’expériences au jeune. L’essentiel, c’est la liberté de chaque individu. C’est vrai pour la pédérastie, mais c’est aussi vrai dans une relation de polygamie ou de polyandrie. C’est à l’individu de décider si cette relation est profitable pour lui ou non. Les lois existent pour éviter les abus.

Être obsédé par le sexe est une névrose. Elle devient néfaste à ton développement et te braque sur un seul désir et un seul intérêt, diminuant ainsi ta capacité de réussir dans la vie. La psychose sexuelle est encore pire. Elle est le résultat d’une peur paranoïde de la sexualité, un besoin de castration sacralisée, un étouffement du Moi. Cette peur fut entretenue par les autorités mâles, grâce aux lois formulées à partir de «leur peur» et de la honte de «leurs» désirs. Puisqu’on a toujours maintenu la femme dans la honte d’être femme, les empêchant d’être égale, mais différente de l’homme ; on retrouve la psychose ou la paranoïa sexuelle, plus répandue chez elle. Comme les religieux, elles sont trop scrupuleuses… elles refusent de constater que tout est sexué, qu’il n’y a  rien de mal ou de mauvais là-dedans. Elles craignent la sexualité parce qu’elles ont peur de leur émotivité et de leur sensibilité. Refuser de reconnaître que la liberté sexuelle est d’abord et avant tout individuelle leur permet de rejeter leur part de responsabilité dans leur propre exploitation sexuelle. Comme le disait les féministes, ton corps t’appartient. C’est à toi de dire clairement oui ou non. Le voyeurisme, entretenu par nos médias, ainsi que cette manie de vouloir imposer sa morale aux autres est une preuve flagrante d’immaturité.

La sexualité est partie intégrante de ce qu’on appelle « ta petite nature ». Sans violence, vivre sa sexualité, c’est se développer à tous les niveaux. L’éducation est donc primordiale. Elle permet de connaître sa nature profonde et de ne pas agir en fonction de l’ignorance. Il est bien normal que les femmes entretiennent les femmes sur leur réalité et que l’homme informe les garçons, sans scrupule, sans hypocrisie, sans tabou, sur la leur. Tout le monde doit pouvoir comprendre le fonctionnement de son corps sans se scandaliser. Il est temps que l’on apprenne la grandeur et la beauté de son corps plutôt que d’en avoir honte.    Les seules prohibitions doivent être la domination et la violence.

Être trop scrupuleux, c’est aussi anormal que pas assez. En ce sens, toutes les orientations sexuelles sont normales. Seule la pédophilie, quand il est question de pénétration ou d’imposer un comportement préjudiciable à l’enfant, doit être interdite (même si on ne peut pas la bannir) pour protéger les enfants qui ne sont pas encore physiquement ou psychologiquement capables d’assumer ces expériences. Question de proportions des organes.

Si on abolit la honte et la peur de parler de sexualité, en fixant l’âge de consentement à l’entrée au secondaire, l’enfant est capable de répondre par oui ou non et se protéger des personnes qui refusent de respecter sa décision. Si on doit en parler, ce n’est pas pour semer la peur et la honte ; pour «stooler» les méchants, mais constater que tout le monde est physiquement constitué pareil, qu’on peut parler de sexe comme d’autre chose. Éliminer la honte d’en parler, c’est s’assurer que personne ne soit abusé par ignorance, en privilégiant le secret, le tabou.

Si on continue à ignorer la différence entre pénétration, viol et attouchement ; une telle ouverture est impossible. Pour protéger réellement l’enfant, il faut que la gravité de la situation l’exige. La gravité, c’est à quel point la situation peut perturber la vie de l’enfant pas celle des parents. La gravité n’est pas définie par le degré de scrupule des parents, mais par la réaction du jeune. L’aventure est- elle heureuse, stimulante, positive ou traumatisante et violente ? S’agit-il d’une stricte aventure génitale ou d’une expérience d’amour et d’amitié ? C’est très différent. Comment réagit profondément et réellement le jeune, sans être écrasé par la peur de la réaction des adultes ?

Une chose est certaine : on crée un tel tabac autour d’un «délit sexuel » qu’il est impossible qu’un jeune ne soit pas marqué à vie par le traitement qu’on en fait, même si les médias cachent son identité. Comment peut-il comprendre une telle hystérie des adultes quand il n’a eu que du plaisir ? On dirait qu’un simple toucher au pénis ça mérite la mort …ou c’est vraiment grave ou les adultes sont malades…

La pédérastie est un préjugé qui semble être en lien direct avec la peur de la mort. La hantise sexuelle à l’adolescence est surtout d’ordre féminin. Les femmes semblent avoir inconsciemment identifié les premières menstruations ainsi que les premières expériences sexuelles à la douleur et à la mort. Cette interprétation, reliée dans la Bible à la punition, puisque la femme souffre et saigne, entretient le danger de mort que peut constituer la procréation. Cela se transpose aussi à l’éjaculation puisque l’Église a toujours fait croire que le sperme est du sang blanc, donc, le sang le plus riche de l’homme. Les religions ont créé pour mieux en profiter un caractère à la fois sacré et démoniaque à partir d’une même sexualité.

L’expérience chez les jeunes hommes est tout à fait différente : le chaman initiait le jeune au plaisir, tout comme dans la Grèce antique, où l’aîné devait assumer la complète éducation du jeune, y compris, le plaisir à faire l’amour.

La pédérastie a toujours été et sera toujours d’abord de l’ordre de l’esthétique. Rien n’est plus beau qu’un garçon entre 12-14 ans.

De plus, en Grèce antique, quand un jeune homme se mariait il initiait une jeune fille à faire l’amour, il savait quoi faire pour ne pas la faire souffrir, mais plutôt la faire jouir, car son amant lui avait fait part de son expérience.

Sauf pour copuler, selon les Traditions, la sexualité est toujours négative, une perte ou un péché. Dans cette optique, tout en dehors de la procréation est une déviance, mais c’est une affirmation qui constitue un viol de conscience parce que les règles et le fondement de cette assertion sont l’ignorance et le mensonge. Combattre la sexualité est contre- nature.

Par contre, si on voit la pédérastie comme une expression de sa libido, c’est tout à fait normal comme toutes les autres orientations sexuelles, sauf qu’il s’agit d’une attirance vers les petits gars plutôt qu’entre adultes. La haine des pédérastes existent comme jadis on haïssait les gais parce qu’on confond encore pédophilie et pédérastie.

Si on naît pédéraste, il faut plutôt apprendre à vivre cette différence pour le meilleur pour nous et pour les autres. Il savoir que la pédérastie est très rare comme la pédophilie. On croit le contraire parce que les médias ne cessent pas d’en parler comme s’il n’y avait que ça.

La pédérastie est- elle une orientation sexuelle ?

L’orientation sexuelle est ce par quoi on est attiré. L’attraction pour une autre personne correspond à la réponse de notre cerveau (la sécrétion de différentes hormones). Elle est souvent provoquée à notre insu par la vue et l’odorat, la  voix, le sourire, les yeux. Nos réactions, étant souvent inconscientes, nous n’avons pas toujours emprise sur ce qui nous attire. En proclamant qu’aucune finalité de la sexualité n’existe en dehors de la procréation, les hommes ont tout simplement dénaturé la sexualité, car ils ont confondu génitalité et sexualité. En agissant ainsi, ils éliminent tout l’aspect émotif, amoureux lié à la sexualité. Les caresses sont de l’ordre de la tendresse et non de la génitalité pure.

La sexualité est une expression psychique beaucoup plus vaste que la procréation : c’est le moyen de communication non-verbal par excellence et l’expression de sa tendresse, entre les individus. C’est le besoin fondamental d’aimer et être aimé. Un besoin aussi indispensable que de respirer. Et il n’y a pas qu’une façon d’aimer.

La pédérastie est une orientation sexuelle et elle devrait être permise par la Charte des droits. Cependant, personne ne peut accepter la pédophilie active avec pénétration, car les enfants de moins de 10 ans pourraient être traumatisés par une expérience qui ne respecte pas leur rythme de développement physique et psychologique.

Même face à la pédophilie, il faut être assez intelligent pour faire des nuances – ce que notre système ne fait pas – quant à la gravité du geste.

Il y a tout un monde entre une pénétration et un attouchement ; mais on réagit comme si c’est la même chose. La gravité n’a rien à voir avec la morale. Nous  ne devons pas en juger selon notre morale d’adulte, mais le bien-être réel de l’enfant : quelle est la signification et l’importance réelle de la situation quant à l’enfant ?  Jusqu’à quel point les gestes posés risquent-ils de le perturber et de  le marquer dans l’avenir ? Si un cas nous est signalé, il faut que cet enfant soit vu par un professionnel capable d’éliminer les possibilités de culpabilité, de honte. Puisqu’il entend toutes sortes de choses, le jeune pourrait croire qu’il a été sali et vivre avec ce mensonge intérieur jusqu’à ce qu’il éclate. Les contes d’Edgar Poe sont des exemples de la force de l’inconscient.

Cependant, il existe une complicité extraordinaire entre le jeune adolescent et le vieux dans le cas de la pédérastie, car les deux prennent un plaisir divin à goûter à ce fruit défendu tant que la situation n’est pas découverte par les autres. Quand ça se sait et que tout le monde panique, c’est normal pour le jeune d’avoir affreusement peur et de crier qu’il ne voulait pas.

Plus tard, s’il a trop besoin d’argent pour acheter de la drogue ou qu’il soit frustré de ne pas pouvoir revivre les moments de bonheur où il avait tout sans faire d’effort, il se vengera contre la personne avec qui il a vécu une aventure sexuelle et qui la prive de ses rêves en se détournant de lui. Cette dénonciation permet d’effacer sa part de responsabilité, de devenir une victime pour laquelle tout sera pardonné, effacé, même la vérité.

L’interdit, la culpabilisation, le tabou sexuel et la réaction de l’environnement immédiat face à la sexualité sont les principaux responsables des séquelles à l’âge adulte. Il est plus facile de blâmer quelqu’un d’autre, en particulier, sous prétexte de son innocence, que de comprendre que le système en montant ces situations en épingle, en les condamnant incruste en nous le mépris de soi et une culpabilité injustifiée.

Les consultants, s’ils étaient honnêtes, feraient comprendre qu’il n’y a pas lieu de se culpabiliser si on pose un geste que l’on ne sait pas répréhensible ou qui nous est imposé. C’est toujours l’intention qui compte…

Il faut avoir la sagesse de nuancer entre une relation basée sur l’affection, le plaisir et une relation maintenue par la violence et la domination. Une caresse n’a jamais blessé personne et il n’y a pas un nombre donné d’éjaculations avant de s’assécher. L’interdit sexuel est strictement injustifié, basé sur ce des réflexions et une compréhension nettement dépassée de la sexualité.

Cet interdit existe parce qu’à travers l’histoire de la race humaine, les autorités religieuses et bourgeoises ont décidé que c’était mal d’aimer en dehors du mariage, sans procréer. Personne n’ose remettre en question le bien-fondé de cet interdit. On agit alors avec nos émotions et dans la peur de ce que les autres pensent de nous.

Souvent, si ce n’était de l’entourage, tout se déroulerait pour l’enfant comme si rien ne s’était passé. Si les parents réagissent en hystériques alors que l’enfant n’y a vu qu’une situation bizarre ; ils risquent fort d’être les vrais responsables du traumatisme futur de l’enfant. Tout ce que le jeune comprend à travers le comportement de ses parents, c’est « qu’il faut que ce soit extrêmement grave pour qu’il y ait autant de personnes qui s’énervent autour de sa petite personne».

La réaction des adultes est parfois plus malsaine, plus traumatisante, que ce qu’a vécu l’enfant, qui souvent n’a même pas conscience de l’enjeu, car, il a pris plaisir à cette désobéissance. D’ailleurs, certains jeunes fantasment sur la sexualité et sur le désir d’être agressés : ce n’est pas qu’ils voudraient souffrir, bien, au contraire, mais ils veulent retenir enfin une attention bienveillante. Autant prendre un risque que de ne pas exister.

Il a été établi dans les procès en Californie, qu’après un certain temps, le jeune ne sait plus ce qui est vrai et ce qu’il a inventé. Il n’y a rien de mal à vouloir être un objet de désir, de rechercher l’attention ou la tendresse. C’est un besoin inné et vital chez l’homme. La séduction n’est pas qu’une affaire d’âge, ni de sexe, elle découle du besoin inné de vouloir être aimé, un besoin fondamental des humains.

L’intervention des adultes est un vrai lavage de cerveau. Sous prétexte de  savoir la vérité, on manipule le jeune jusqu’à ce qu’il dise ce que l’on veut bien entendre et ainsi avoir «sa» poursuite judiciaire. Si le jeune peut être manipulé pour jouer aux fesses, il l’est encore plus quand il a peur et qu’on le force à dénoncer l’autre. Tous les jeunes connaissent bien le drame que l’on crée autour de la sexualité, ils n’ont qu’une voie : nier qu’ils le voulaient et qu’ils ont aimé ça. Ils diront tout ce que la police et autres intervenants veulent bien leur faire dire, même si ça ne correspond plus à la vérité. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé dans mon deuxième procès.

Pour ce qui est des séquelles qui rebondissent une vingtaine d’années plus tard, sauf dans un cas de viol où il n’y a pas de consentement, ce peut être un bon système de chantage pour être compensé financièrement ou permettre l’achat  de drogue. Ce peut être aussi un très bon moyen de blâmer une autre personne de ses propres problèmes de comportement et de personnalité. Si cette culpabilité a fait boule de neige, c’est qu’on n’en a pas parlé quand c’était le temps. À remarquer que si le système en n’avait pas fait de la sexualité un sujet honteux, cela aurait été plus facile d’en parler et d’intervenir pour prévenir de vivre des années d’enfer.

Si le système n’en n’avait pas fait le crime des crimes, les jeunes sauraient la différence entre un viol et un consentement sans vivre par la suite perpétuellement dans la culpabilité et le mépris de soi. Les jeunes sauraient qu’il n’y a pas de zone grise entre un non et un oui. Ce doit être absolument clair : on ne peut pas accepter pour les cadeaux que ça nous procure et se culpabiliser par la suite pour obéir à la morale qui nous reproche d’avoir eu du fun. Ton corps t’appartient en exclusivité et tu es la seule personne sur terre à avoir le droit de décider si tu aimes le partager avec une telle personne ou non.

Par contre, toute victime d’un viol devrait être protégée et non écrasée. Tu n’as pas à te culpabiliser ou te sentir sali pour une chose dont tu n’es pas responsable. Un secours psychologique devrait être gratuitement donné  à toutes personnes violées.

Quel que soit l’âge ou le sexe, une situation qui implique violence, peur ou douleur, est nécessairement néfaste. Chez le jeune, si cette expérience est agréable, c’est un jeu vite oublié comme un autre. Pour un jeune, la sexualité n’a aucun autre sens que de satisfaire une curiosité ou découvrir un nouveau plaisir. Même si le jeune n’éjacule ne pas encore, toucher provoque un tel chatouillement que ce sont des délices. La souffrance de l’enfant dans de tels événements non violents existe seulement dans la tête des adultes : les enfants ne ressentent pas le plaisir autrement que les adultes. Il y a une différence entre une claque et une caresse.

La souffrance de l’enfant, touché sexuellement, est la projection de la phobie féminine de la sexualité et de la peur que les femmes ont de leur première expérience sexuelle. Il ne peut pas y avoir de douleur, si tout est tendresse et d’amour. Le nez n’a rien de différent du pénis, sauf, que les censeurs ont décidé où on a droit de toucher ou non. Ce qu’il faut cacher ou non. Ce sont les rites de la vie sociale.

La réaction des adultes est prépondérante. Puisque le jeune n’a pas encore établi ses bornes quant à ce qui est bon ou mauvais pour lui, la réaction de ses parents indiquera la gravité de ce qui s’est passé. De plus, il se croit vite responsable de tout ce qui lui arrive. Il est aussi très sensible à ce pensent ses parents et ses paires. Réagir comme des fous, des hystériques, réagir comme si c’est aussi pire que s’il avait été tué, peut avoir des conséquences beaucoup plus néfastes pour le jeune que l’on prétend protéger que l’expérience sexuelle elle-même.   Moins on en fera un plat, moins ce sera grave pour le jeune, moins il en souffrira.

La décriminalisation des rapports non violents permettra aussi à l’adulte de ne pas devenir violent par peur de ce qui se passera si on le découvre. C’est peut être un facteur primordial pour éviter les situations violentes, surtout quand le

«prédateur», comme disent les féminounes, est malade mental. Y ajouter la peur, c’est peut-être y ajouter la violence. Si on veut vraiment protéger les jeunes, c’est un point de vue qui mérite considération.

Que les adultes aiment cela ou pas, de très nombreux jeunes adorent ce genre d’expérience parce qu’elles sont entourés d’une affection et d’un plaisir qu’ils n’auront jamais autrement. Les jeunes connaissent beaucoup plus vite comment interpréter les regards, les sourires ou les signes qu’on ne le croit. En d’autres termes, ils sont bien moins niais que nous l’avons été. Ils sont plus dégourdis parce qu’ils sont mieux renseignés, malgré tous les efforts du système pour tout censurer. Très rares sont ceux qui ne comprennent pas quand ils sont «cruisés».

Les jeunes ne perçoivent pas la sexualité comme les adultes : elle a peu d’importance si elle se confond à un jeu, une curiosité à satisfaire.

Cela devient un crime total seulement quand les parents, la police, les éducateurs et les psychologues s’en mêlent comme si le jeune venait de participer au crime du siècle. On ne se demande même pas si le jeune est plus

ou moins consentant, s’il est traumatisé ou heureux de son expérience, on condamne point à la ligne.

S’il ne faut pas banaliser l’amour qui entoure la sexualité pour permettre à l’âge adulte d’en respecter la grandeur, de la sacraliser ou idéaliser, il faut cesser de réagir à ces situations comme si ce qui venait de se passer est le pire crime de l’humanité. Une caresse ou un toucher n’a jamais asséché ou blessé quelqu’un.

La seule vraie raison pour l’interdit sexuel d’exister est que l’on maintient une morale d’hypocrites et de menteurs, en prétendant que c’est Dieu lui-même qui a fixé les règles. Rien d’autre ne justifie les interdits sexuels non violents.

L’obéissance à ces règles prétendument formulées par l’Au-delà est du même ordre que le fanatisme, une émotivité qui se veut une forme de paranoïa. La dictature du Moi.

Les gens réagissent en fous pour prouver à tout le monde qu’ils n’approuvent pas et ne sont pas complice… pour éviter la punition divine. Ils ont une telle peur de ce que les autres penseront d’eux qu’ils inventent une peur quintuplée par la honte. Ce lavage de cerveau est le pouvoir de l’ignorance universelle, transmissible parce que tous les individus se retrouvent dans une morale contre nature en étant confinée à la procréation.

C’est ainsi qu’on a pu faire croire auparavant que l’homosexualité, par exemple, est une maladie mentale.

La sexualité, après une période de latence, se manifeste avec l’apparition de l’adolescence vers 10 ans et plus. Chaque individu vit cette expérience à différents âges, de manière particulière à sa personnalité. Cette expérience peut être absolument heureuse ou décevante, parfois même traumatisante.

Si on veut respecter le jeune, on ne fixera pas d’âge de consentement, mais on établira qu’entre neuf et 16 ans, c’est le retour à la sexualisation. L’âge n’est pas le même pour chaque individu. Certains sont plus précoces ou retardataires que d’autres.

En ajoutant des cours positifs et sans censure sur la sexualité à la fin de l’élémentaire et en fixant l’âge de consentement avec l’entrée au secondaire, on s’assure de respecter le rythme biologique de développement du jeune et de lui fournir tous les moyens pour décider de ce qui est bien ou mal pour lui. Tout lui interdire, c’est lui mentir, le surprotéger, l’irresponsabiliser.

L’individu doit être préparé à dire oui ou non et à être autonome et responsable de sa sexualité. Il est impossible de rêver à une véritable autonomie, si l’individu ne devient pas l’unique maître absolu de son corps et de ses émotions. Il est hypocrite de parler de démocratie s’il n’existe pas une conscience individuelle et la capacité de faire entendre son opinion.

Contrairement à ce que l’on pense, plusieurs jeunes tentent des expériences sexuelles avec des adultes pour satisfaire leur curiosité et sont heureux des résultats. Pourquoi ? Ces jeunes n’ont pas subi de lavage du cerveau leur faisant croire que toute relation sexuelle est mauvaise et néfaste. Le «mal / péché de la chair » n’est rien d’autre que de l’ignorance. Pour le jeune, vivre une telle aventure, c’est souvent, au contraire, la découverte de son pouvoir de séduction, de la tendresse et du plaisir. Ils sont ravis d’être le centre d’attention d’un adulte et ils savent très bien en profiter. Il est bien évident que cette découverte est beaucoup plus fréquente entre des jeunes d’un même âge.

Contrairement, à ce que l’on fait croire, dans ces relations, le jeune n’est pas maltraité, au contraire, il est trop gâté. C’est d’ailleurs, parfois, un des points négatifs de cette forme de relation. Quand cette expérience, comme toute expérience amoureuse, se termine, le jeune peut se sentir rejeté. Comme toute rupture, celle-ci peut être particulièrement douloureuse, car souvent l’adulte est devenue une personne signifiante très importante. La pédérastie est soumise à toutes les lois des relations humaines et provoque les mêmes émotions qu’une relation hétérosexuelle entre adultes ou entre personnes du même âge. C’est pourquoi le pédéraste est responsable de la personne aimée.

Les «préjugés» du milieu font qu’une relation pédéraste durable est impossible. La seule différence entre les relations adultes jeunes et la prostitution ; c’est l’amour, l’amitié, la durée. La pédérastie devrait pouvoir exister si elle est  positive pour le jeune ; mais, la société ne permet pas que ce soit vécu au grand jour. Il faut la vivre d’une manière hypocrite, à la cachette et coupable.

Les jeunes ne sont pas assez bêtes pour ne pas comprendre que pour la très grande majorité des gens avoir une aventure sexuelle, si on n’a pas l’âge, c’est un crime épouvantable. Tout ce qui est d’ordre sexuel demeure un interdit pour le jeune. On pense automatiquement que le jeune n’est pas assez intelligent pour identifier ses besoins et les plaisirs de son corps. On oublie tout le bien que peut procurer une telle amitié. La seule différence entre l’amour et l’amitié, c’est le désir de procréation relié automatiquement à l’amour. Quant à la passion, elle est reliée aux émotions et aux sentiments.

Ce n’est pas une expérience qui fera dévier l’orientation sexuelle profonde d’un individu. Même si un jeune tente l’expérience, il reviendra, s’il l’est, à sa «petite nature» d’hétérosexuel. Accepter de participer à répétition à des activités homosexuelles ou autres alors que ce n’est pas sa nature, pour les raisons que l’on voudra, c’est s’exposer émotionnellement à exploser un jour ou l’autre.

Étant donné que l’on parle peu ce phénomène, il se peut que le jeune en ait honte ensuite et qu’il s’interroge plus profondément sur sa véritable orientation

sexuelle. Si nous vivions dans un monde où l’on n’a pas honte de consulter les autres quand on a des doutes, ce problème n’existerait pas. Les prétendues séquelles sexuelles sont le fruit d’une mauvaise éducation sexuelle qui maintient le tabou et la honte d’être ce que l’on est… hors de cette pensée unique, c’est la damnation éternelle.

L’abstinence sexuelle est contre – nature. Les rêves ou les règles s’en chargeront d’ailleurs naturellement…mais pour un jeune ignorant, les rêves peuvent être la preuve que sa perversité est telle qu’il ne peut même pas la fuir dans ses rêves. L’ignorance fait plus de dommages que l’expérience. Que les adultes aiment cela ou pas, de nombreux jeunes adorent ça parce qu’ils sont baignés dans une atmosphère de jeu, de tendresse, de cadeaux et d’une attention qu’ils ne connaîtront probablement jamais autrement. Ce n’est pas parce que tu es noyé de cadeaux que tu es devenu «accro» à la personne qui te les donne : c’est que ça te fait plaisir et que tu te sens considéré.

La liberté sexuelle 16

août 17, 2020

La liberté sexuelle 16 

Partie 2

« TU ES LE SEUL MAÎTRE DE TON CORPS ET TON ESPRIT »

Toutes les règles concernant la sexualité devraient reposer, à travers le monde, sur cette phrase : « Tu es le maître absolu de ton corps et de ton esprit » pour gérer la sexualité individuelle.

Cette règle devrait s’appliquer partout. La sexualité d’une personne ne regarde qu’elle-même en autant qu’elle est non violente, consentie et responsable. C’est non seulement une question de respect de l’intégrité physique et psychologique

de chaque individu, reconnue dans de nombreuses chartes ; mais un droit absolu à la vie privée.

Par ailleurs, tant qu’il y aura des religions, les lois sur la sexualité devraient être soumises aux règles de l’état civil et les lois civiles devraient avoir priorité sur les lois religieuses. Toutes ces lois devraient affirmer l’intégrité physique et psychologique, le droit à l’orientation sexuelle et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Les religions condamnent toutes, la sexualité en dehors de la procréation, mais la science démontre que personne n’est responsable de son orientation sexuelle — par qui elle est attirée –. Tu ne choisis pas à ta naissance, si tes pulsions seront conformes aux normes sociales ou déviantes, encore moins criminelles. D’une manière ou d’une autre, tu n’as pas le choix, t’es pris à vivre avec. Les religions peuvent continuer de nous damner, si elles ne veulent pas évoluer ; mais, quant à l’état, il faudrait établir une nuance entre protection et sur- protection ou aliénation des individus, particulièrement des mineurs. Un état qui contrôle la sexualité de ces citoyens est un état qui s’assure un contrôle absolu sur la vie privée individuelle de ses citoyens. Sauf, s’il y a violence ou domination, l’état et le système judiciaire n’ont rien à voir avec la sexualité des gens, même si ce sont des enfants.

La sexualité des enfants relève des parents et non de la police, à moins d’avoir besoin d’une intervention extérieure pour la protection physique de l’enfant.

Aucune personne n’a encore souffert de regarder de la pornographie sur son internet. D’ailleurs, la nudité est moins dangereuse que la violence et la discrimination que l’on implante dans les jeux pour les enfants. Personne ne s’est asséché après s’être masturbé ou avoir joui d’une fellation. Cependant, pour des raisons religieuses, on maintient particulièrement auprès des enfants, une paranoïa quant à tout ce qui touche la sexualité. On apprend aux jeunes à se méfier des « hommes » : il faut avoir peur des étrangers, des oncles, parfois du père ; mais on ne parle jamais ou presque des femmes. Ce qui nous incite à  dire, sans peur de se tromper, qu’on vise l’homosexualité.

On fait un tel drame autour d’une aventure sexuelle d’un jeune qu’il croit qu’une expérience d’exploration sexuelle avec un camarade fera de lui un « fifi » pour le reste de sa vie. Il croit que de jouir de sa sexualité est le pire des crimes, que la chasteté à son âge est plus importante que la violence ou les drogues.

Pendant qu’on surveille la sexualité de nos jeunes, on accepte qu’il y ait encore des milliers d’enfants soldats ou d’enfants battus ou qui crèvent de faim. Si on veut vraiment protéger les jeunes, on doit apprendre aux parents comment exercer la surveillance de leurs enfants. La police n’a pas à remplacer les parents. Contre la pornographie sur internet, on doit s’attaquer aux producteurs et non à ceux qui utilisent ce moyen de communication moderne pour se rincer

l’oeil. C’est moins dangereux pour les enfants qu’un adulte se masturbe en regardant de la pornographie infantile sur internet qu’un frustré qui se cherche une proie en chair et bien vivante. Les «nouvelles sont plus pernicieuses pour l’équilibre que la sexualité.

Personne ne peut tolérer la pédophilie, s’il y a pénétration, car, sauf la curiosité, la sexualité peut être perçue par cet enfant comme un geste dangereux, traumatisant. Selon les stades de développement précisé par Freud, la pédophilie concerne les jeunes entre 0 et 10 ans alors que la pédérastie s’intéresse aux jeunes de plus de dix ans.

La pédérastie est une orientation sexuelle plus que millénaire. Refuser d’établir cette nuance, c’est de la mauvaise foi pour pouvoir s’attaquer à toute forme de sexualité chez les jeunes. Pire, c’est leur refuser le droit à leur intégrité et à leur droit de choisir s’ils aiment ou n’aiment pas la relation qui se présente à eux. Comment construire une conscience personnelle, si on doit tous obéir à une même morale collective ? C’est de la surprotection, un viol des consciences.

Par contre, pour respecter vraiment les enfants, quant à leur développement et le besoin de se comprendre, les écoles devraient vers neuf ou dix ans (ce qui correspond selon Freud à la fin de la période de latence et respecte la vitesse de développement sexuel qui est strictement individuelle) des cours sur la sexualité. Ces cours permettront aux jeunes de savoir comment fonctionne leur corps, les changements à venir avec l’adolescence, le danger des maladies vénériennes et comment réagir dans le cas de rencontres avec des gens violents ou qui puissent leur imposer leur vue. On doit aussi parler des liens affectifs qui se créent dans une relation sexuelle.

Il faut surtout leur apprendre leur droit de pouvoir autant dire «oui», ou «non», « j’aime ou j’aime pas » à une relation sexuelle, même si elle est strictement exploratoire.

La décision à savoir si une relation est positive ou non, acceptée ou refusée, est un droit individuel fondamental. Un droit relié à l’intégrité physique de l’individu. Cette décision appartient à l’individu et ne doit pas être régie par les règles d’une morale mur à mur.

«Tu es maître absolu de ton corps ».

Cependant, les jeunes doivent avoir l’écoute des adultes pour s’assurer que leur morale personnelle soit respectée. Ils doivent être les seuls à pouvoir porter plainte si une relation sexuelle ne leur plaît pas. La sexualité est un geste libre. Un geste de plaisir, mais aussi un geste qui se doit d’être responsable, car il n’est  pas  seulement  physique,  mais  il  contient  une  large  part  d’émotions.

Plutôt que de crier au meurtre quand un jeune parle de sa sexualité, on devrait l’écouter et respecter comment lui, il se sent dans sa sexualité. On doit se rappeler que les normes morales ne sont que des conventions sociales.

S’il y a une forme de violence (viol) ou de proxénétisme, en cour , le procès ne devrait pas être de tout raconter dans tous les détails de ce qui s’est passé et examiner même les expériences antécédentes, la réputation des victimes ou des accusés ; mais d’établir d’une façon claire et nette que la personne ne voulait  pas de cette relation au moment où elle se passe ; d’où la nécessité dans l’éducation des plus jeunes de leur faire bien saisir l’importance du oui ou du non. En sexualité, un «noui» c’est un oui. Il n’y a pas d’espaces grises, c’est oui ou non ; j’aime ou je n’aime pas.

Pour protéger quelqu’un, il faut qu’il y ait danger. Or, la sexualité est ce qu’il y a de plus naturel chez les humains et les règles de notre morale sont le fruit de conventions sociales et de délires religieux contre- nature. On confond encore danger et péché. Malheureusement, la sexualité sous le prisme des religions repose sur les hallucinations des religieux frustrés plutôt que sur une approche plus scientifique, selon laquelle la sexualité est une partie intégrante de notre vie et de notre développement.

On peut parler de protection quand il y a violence ou non consentement. On peut aussi dans certains cas parler de violence ou une domination abusive par le client d’une personne prostituée. C’est aussi une violence de devoir se protéger contre le chantage des vertueux. Sauf la violence, rien ne justifie des règles qui créent une autocensure qui repose sur la peur et l’omerta. Le tabou engendre l’aliénation.

Tout individu a le droit se d’informer pour connaître son corps, même très jeune, s’il le désire. Cette éducation avant l’âge de 10 ans devrait appartenir aux parents ; non à l’école ou la police, appelée en renfort pour remplacer des parents qui doivent travailler tellement longtemps qu’ils ont perdu contacts avec leurs enfants.

D’autre part, les professeurs devraient pouvoir indiquer les sources littéraires et visuelles qui répondraient aux interrogations. Les photos pour informer les gens sur les réalités sexuelles n’ont rien de pornographique comme la nudité, d’ailleurs. Présenter la sexualité comme le mal des maux, c’est plutôt ça qui est anormal et vicieux.

C’est un pur viol des consciences. Pour voir du mal dans la sexualité, il faut avoir un esprit tordu. Pourtant, c’est ce que l’on fait quand on parle de sexualité avec les jeunes. Des policiers ont même déjà saisi des livres d’éducation sexuelle comme un matériel pornographique ou se font passer pour un jeune (un leurre) pour attraper toute personne qui s’intéresse sexuellement aux jeunes. Est-ce pour protéger les jeunes ou une chasse aux sorcières ?

La création d’un âge de consentement viole le droit des jeunes à leur sexualité, car elle ne respecte pas la vitesse individuelle de développement et la création d’une morale personnelle et individuelle face à la sexualité.

La liberté ne s’acquiert pas au coup de minuit, à partir d’un âge donné, mais à la suite de ses expériences bonnes et mauvaises. L’âge est un facteur de discrimination pour les jeunes, dans tous les pays qui établissent un âge de consentement qui ne respecte pas les données de la science. Ces payas fondent leurs règles sur les élucubrations des religions qui, avouons-le, sur le plan sexuel, sont des misogynes, entraînant l’inégalité entre les hommes et les femmes ainsi que la peur de l’autre.

Les religions avec les médias créent une véritable paranoïa face à la liberté sexuelle. Toutes les religions devraient respecter ce droit individuel qui consacre d’ailleurs l’égalité absolue entre un homme et une femme. La peur de la sexualité est très souvent confondue avec la peur de l’homosexualité.

Tous les individus devraient pouvoir faire appel à tous les mécanismes judiciaires et policiers pour protéger leur droit de vivre selon leurs propres valeurs, en autant qu’elles soient non violentes, qu’elles respectent le consentement de l’autre, qu’elles soient conscientes de sa responsabilité et je dirais même agréables. L’individu a le droit de dire non autant qu’il a le droit de dire oui ; mais dans notre société puritaine, on prône que le non. Les individus ont droit à la vérité, et par conséquent, d’avoir accès aux informations susceptibles de les renseigner sur la sexualité.

Actuellement, sous prétexte de protéger les plus jeunes, les pays créent un âge de consentement. Bien que cette mesure vise le bien-être des jeunes, elle est une façon de les surprotéger et d’accorder aux adultes, voire les parents, le droit ou le devoir de gérer leur sexualité. Ce qui contrevient au respect de l’intégrité des jeunes ainsi qu’à leur vie privée.

Bien entendu, il est normal que les parents s’inquiètent parfois des relations de leurs jeunes. Cependant, si cette situation est fréquemment abusive, c’est que les parents, à cause de leur autoritarisme ou de leur façon d’aborder les jeunes sur la sexualité, sont incapables de les mettre assez en confiance pour en faire des amis. Quand une mère dit que sa fille lui soulève le coeur à toutes les fois qu’elle la voit, depuis qu’elle a été en présence d’un vieux qui se taponnait sur son lit, elle a un urgent besoin de traitements.

Les religions ont toujours rejeté le plaisir. Pourquoi les féminounes essaient-elles d’imposer à nouveau cette norme : le rejet et le dégoût de tout ce qui est sexuel? Notre civilisation, à cause des religions, a tellement méprisé les femmes qu’il est compréhensible qu’elles rejettent le sexe, symbole de leur assouvissement, oubliant que la sexualité est une belle et normale réalité humaine. Il en sera ainsi tant que notre éducation abordera négativement la sexualité.

La sexualité est un droit individuel fondamental et sacré. L’état ne doit pouvoir intervenir que pour assurer à l’individu la liberté absolue de sa propre sexualité, le protéger du crime organisé ou des proxénètes. En ce sens, des règles doivent assurer la protection et la libération de toutes les personnes qui sont piégées par l’immense industrie du sexe, de façon, à ce que leur «liberté individuelle», soit totalement respectée. Tout individu devrait obtenir la protection de la cour (donc de la police) si elle présente une plainte à l’effet qu’elle est forcée de se prostituer ou participer à des activités sexuelles contre son gré. Cependant, toutes les plaintes devraient être pour être reconnues, formulées par la personne elle-même.

De plus, il devrait exister un syndicat du sexe dans tous les pays afin de protéger la personne qui se sert de la prostitution pour survivre. Le fait d’être humain l’emporte sur la morale et par conséquent, rien ne justifie, que la personne prostituée devrait accepter la violence, le chantage ou toute autre forme de discrimination liée à son mode de vie. On attache une trop grande importance au sexe par rapport à la violence ou aux drogues. Faut-il être sans manger durant une semaine pour comprendre que pour certains(es) le sexe peut signifier la  » survie  » ou le « plaisir » ? Notre morale est une invention religio- bourgeoise qui ne respecte pas notre réalité d’ «animal sexué». Il est urgent que l’on adopte une approche plus réaliste et plus scientifique. Tout individu a le droit de « jouir sexuellement », en dehors des sacro-saintes règles du mariage et de la procréation. Tu es le maître absolu de ton corps et de ton esprit, même dans le mariage.

Pourquoi la sexualité est-elle perçue comme une saleté ?

Toute notre approche de la sexualité vient des religions d’où sa condamnation, car les religieux croient que l’homme est un ange déchu. Le corps est le résultat de cet état d’éternelle infériorité.

Les religions prétendent que Dieu lui-même est venu nous dire de ne pas jouer avec notre zizi en dehors de la procréation. Comment un être strictement spirituel peut-il nous guider dans notre rapport avec notre corps ? Comment un être infini, éternel, peut-il savoir exactement ce qui se passe chez les mortels ? N’est-il pas supposé avoir une vue d’ensemble et non de détails ?

Les enseignements religieux émanent de l’interprétation, de la fabulation des religieux face au sexe et leur obsession de chasteté. Selon eux, la sexualité en dehors de la procréation est source de mal.

Cette vision dominante condamne la sexualité à être méprisée. Elle est motivée par la connaissance que les hommes avaient alors de la sexualité. Il était impératif pour l’espèce humaine d’avoir une relève afin de ne pas disparaître d’où la nécessité chez l’homme de préserver le sperme afin de s’assurer qu’il n’en manque jamais, qu’il soit toujours de très bonne qualité d’où tous les rituels d’initiation. Pour cela, on a élaboré toute une morale qui aujourd’hui, avec nos connaissances, démontre que leur approche n’était nullement fondée sur la réalité, sur la nature réelle de la sexualité. Pourquoi continuer d’agir à partir de cette ignorance ?

Malheureusement, le but des réflexions sur la sexualité sert toujours à justifier ces règles aberrantes, portées par l’ignorance, et qui rejettent le plaisir et la dimension émotive de la communication à travers les jeux sexuels. On a même créé un langage spécifique pour anéantir le respect de la sexualité dès l’enfance.

Le rejet de la vie sexuelle prend l’aspect d’un dégoût de ce qu’il y a de plus beau et de plus formidable dans la nature.

Les religions ont perverti la sexualité en méprisant la femme. Elle représente pour les religieux une source de tentation et un obstacle à la chasteté. La femme est le mal en chair et en os.

Quant à l’homosexuel, c’est le diable en personne. Cette vision négative de la sexualité est une forme de déséquilibre émotif plutôt qu’un idéal. Elle entraîne automatiquement toutes sortes de ségrégations : homme- femme ; de race, etc.

Celui qui pense que la chasteté est l’idéal des idéaux ne peut concevoir l’autre autrement que plus infect qu’un cochon. Tout individu étant sexué est voué au péché.

L’aspect fondamental de la sexualité n’est pas que la génitalité, la transmission de la vie ; mais c’est aussi l’amour, le lien émotif qui s’établit entre deux individus.

Un jour, on comprendra peut-être que la violence et les drogues sont un danger beaucoup plus grave, réel et immédiat pour les jeunes que la sexualité.

La pédérastie est-elle une déviance sexuelle ?

La conception et la naissance d’un enfant est, depuis le début des temps, la seule finalité de la sexualité, car, elle assure la survie de l’espèce. Qu’y a- t-il de plus mystérieux que le phénomène de la conception et de la naissance d’un être vivant ? N’est-ce pas le geste sacré par excellence ? Est-il étonnant que les religions s’en soient appropriées ?

Puisque les humains ne comprenaient pas le processus sexuel, la vie, les forces de la nature ; ils ont inventé des divinités pour expliquer l’inexplicable. Les religieux d’alors ont voulu mater ces forces naturelles en les convertissant en dieux et en leur offrant des sacrifices pour les garder de bonne humeur.

Les mythes illustrent bien l’absence de connaissance et le besoin de sécurité de l’homme primitif que nous sommes encore d’ailleurs aujourd’hui. Les mythes, en prenant de l’ampleur, ont donné naissance aux religions. En détenant seul le savoir, ça permit aux religieux de dominer les profanes.

Pour étendre ce pouvoir, on a inventé la royauté, puis, le système, c’est-à-dire les castes et les classes sociales, donc, un moyen pour un petit groupe de contrôler et d’exploiter tous les autres individus de leur naissance à la mort. On inventa une structure sociale dans laquelle il y avait ceux qui dirigent, qui inventent les lois, définissent ce qui est bien ou mal. Les dirigeants pour s’assurer que ceux qui ne respectent pas ces règles parmi le peuple soient punis ont créé des armées dans le but de protéger leur pouvoir et asseoir leur autorité. Un pouvoir qui se doit d’être lucratif.

Les dominants constituèrent des classes à part : l’aristocratie et la bourgeoisie, une mafia légale ou le système, qui recevaient ainsi autant les bénéfices des dévots que de la pègre. Dominer devint synonyme d’exploiter, de lever des impôts. Exploiter donna naissance au commerce. Pour garder la mainmise sur les individus, on inventa la morale, d’où les religions sont une série d’interdits, de règles et de rites. La peur religieuse maintenait l’ordre.

Toutes les peurs avaient leur dieu, leurs règles et leurs rites afin de contrôler chaque moment de la vie. Pour étendre leur pouvoir, ces règles exigeaient parfois même des sacrifices humains. On donnait un petit exemple par ci et par là.

Pour comprendre le sadomasochisme des religions, il faudrait aussi comprendre le rôle et le sens du sacrifice dans la tradition. Il faut souffrir pour être pur, être castré psychiquement. Avec le temps, on a confondu pureté avec chasteté… Avec la place que les Livres Saints ont faite aux femmes, la sexualité est devenue la raison par excellence de la malédiction féminine. La femme se devait d’obéir à son mari. Elle n’existait pratiquement pas. Elle n’avait aucun droit.

Pour dominer, les religieux ont institué les Sages qui ont écrit les livres saints. Ces livres sont la pensée condensée des Sages à travers l’histoire des peuples juifs et arabes : la Torah, la Bible, le Coran et les Évangiles. Les prophètes étaient des individus qui portaient leur peuple en eux et pouvaient ainsi comprendre et prédire le destin des leurs. C’étaient des hommes qui cherchaient une nouvelle avenue spirituelle pour accéder au bonheur et au vrai sens de la vie.

Selon l’écrivain, Raoul Roy, dans Jésus, guerrier de l’indépendance, les prophètes, particulièrement Jésus, étaient les penseurs de la révolution locale contre la domination de Rome. Sous prétexte que les prophètes parlaient au  nom de Dieu, tous les humains devaient obéir aveuglément à leurs règles pour survivre, car les autres étaient là pour veiller au grain. La cohésion du groupe reposait sur la foi aveugle et l’infaillibilité des règles religieuses. On les imposa. Les Talibans sont un exemple moderne de cet esclavage qui n’en porte pas le nom.

Les règles pour régir la sexualité sont nées de cette même peur et de cette même ignorance. On avait entre autre peur que l’on cesse de pouvoir procréer, si on éjaculait trop souvent ou librement.

Les règles ont aussi été créées parce que la sexualité est accompagnée de plaisir. Un plaisir pour lequel bien des humains ne savent pas freiner leurs désirs. La femme était un titre de propriété.

Ces règles sociales ont été acceptées et sacralisées autant par la gauche que la droite, comme si religions et idéologies transcendaient la vie sociale et politique.

En réalité, ces règles universelles permettent d’empêcher l’éclosion d’une conscience individuelle et élimine le danger d’éclatement du système maintenu par la dictature morale.

La répression sexuelle permet aux religions ou aux idéologies, à travers le fanatisme, de prouver leur supériorité sur les autres, qui sont nécessairement identifiés à la tentation et aux impies. La haine du péché devint vite la peur et la haine de l’autre, de la différence.

Encore aujourd’hui, comme à cette époque, la force d’une religion tient à son fanatisme et au nombre de ses membres.

C’est pourquoi les religieux de toutes les sortes rejettent la laïcité : ils doivent porter publiquement des signes extérieurs (le voile islamique, la croix, par exemple) pour prouver leur force et leur supériorité. Les signes extérieurs religieux jouent le même rôle social que le vote dans une élection prétendument démocratique : préciser le nombre d’adhérents et engendrer la peur de leur pouvoir. Ainsi, les religions ont bâti leur empire sur l’ignorance, la peur et les émotions.

Rien, sinon la bêtise et l’ignorance ne justifient logiquement la répression sexuelle. Qui peut croire qu’un Dieu purement immatériel peut nous guider dans une réalité aussi humaine que la sexualité ? Mais, les dirigeants religieux l’avaient compris, la peur de la sexualité, principalement chez les femmes, empêche l’égalité entre l’homme et la femme. Cette peur morbide entretient la paranoïa et une domination macho de l’homme. Elle identifie la vie au sacrifice plutôt qu’au plaisir. Elle condamne l’autre à la saleté et au rejet.

La frustration justifie ensuite la violence et la domination, car, la frustration est source de violence. Le fanatisme religieux est la cause par excellence des guerres. C’est la lutte pour dominer, être la vérité, mais on oublie que la vérité est d’abord une réalité individuelle.

Les religions universelles (judéo – chrétienne – islamique) tuent toute conscience individuelle et relèguent la femme au rôle de servante de l’homme macho tout- puissant. Elles oublient que la Bible est très profondément en opposition avec l’Évangile.

L’Évangile rejette la violence alors que dans la Bible elle est sacrée. Dans la Bible, les homosexuels à travers Sodome et Gomorrhe sont condamnés ; dans les Évangiles, Marie-Madeleine est sauvée par Jésus et Saint – Jean, qui n’a que 15 ans, est le favori du Christ. Dans l’évangile selon St- Jean (bible de Jérusalem), ils se retrouvent, en toute lettre d’ailleurs, couchés nus au Jardin des Oliviers.

Les formulations religieuses, parfois mensongères, même si elles avaient pour but d’expliquer et de mettre un peu d’ordre dans la barbarie qui sévissait, sont pires que le viol d’un corps ; elles sont le viol de la conscience humaine.

L’ignorance à la base des mythes et des religions a permis la naissance du fanatisme. C’est ce fanatisme qui nous tient aujourd’hui sur le bord d’une guerre de religions ou une guerre mondiale.

Qui, aujourd’hui, peut encore croire que le sperme est le sang blanc de l’homme, le plus riche sang qui soit ? Qui croit encore que la masturbation est une forme d’assassinat parce que les spermatozoïdes meurent ? Pourquoi y a-t-il  des rêves blancs (wet dreams) ? Pourquoi les règles chez les femmes sont-elles présentées comme la «maladie des femmes » ? Ce sont pourtant les  mensonges qu’entretenait la religion au Québec…La danse était l’autoroute du mal. Plutôt que de centrer ces messages sur l’amour, l’essentiel du christianisme, l’Église a préféré entretenir la peur du sexe.

Encore aujourd’hui, la majorité des garçons et des filles ignorent pourquoi et comment fonctionnent leur corps, plus particulièrement, du point de vue sexuel parce que les adultes ont si honte qu’ils ne savent pas comment en parler. C’est encore un sujet tabou, sous prétexte que c’est vulgaire.

La vulgarité est relative et permet souvent de mettre fin à l’exploitation humaine, car ce que le système considère vulgaire est souvent de l’hypocrisie traduite en mots. Les mots deviennent une forme de domination en soi.

On inventa un vocabulaire «bourgeois», dit scientifique, qui permet le rejet des mots utilisés par le peuple pour expliquer la sexualité et ainsi maintenir un langage particulier entre riches et pauvres.

Pour éliminer la sexualité, on a même inventé une littérature spécifique à la jeunesse ce qui permet depuis aux multinationales de pouvoir tenir les jeunes dans leur mire commerciale et aux féminounes homophobes de poursuivre leur combat identitaire : elles s’imaginent que les jeunes sont comme elles, d’involontaires proies sexuelles. Elles rêvent de vivre dans un monde asexué, castré, dominé par les femmes. Plusieurs semblent confondre égalité et domination ; pureté et castration…Les féministes sont devenues des féminounes, les curés modernes.

L’ignorance permet de dominer. Pendant qu’on pleure sur le sort du pauvre jeune qui a eu le plaisir de se faire sucer, des centaines de milliers de jeunes n’ont aucun accès à l’éducation, des centaines sont tués dans des guerres, des millions ne mangent pas à leur faim…mais au moins ils sont chastes. Les règles sexuelles sont celles des religions, de la bourgeoisie : les règles de l’hypocrisie et de la débilité incarnée par l’ignorance.

La morale sexuelle actuelle est la valorisation des valeurs bourgeoises. Il est facile d’être contre la prostitution quand tu peux toujours manger à ta faim.

Encore aujourd’hui, la police confisque des livres d’éducation sexuelle parce qu’il est possible de voir des jeunes nus. Nos autorités n’ont pas encore eu la sagesse de comprendre que la nudité n’a rien de pornographique tout comme la sexualité n’a rien de sacré.

Au Québec, on invente même de nouvelles infractions. La dernière : priver une famille de son enfant. Personne ne sait d’où ça sort.

C’est encore difficile pour les jeunes d’obtenir une réponse objective et scientifique sur la réalité sexuelle. Les adultes capotent devant l’intérêt des ados face à leur sexualité parce qu’ils nient un phénomène tout à fait naturel et ne semblent pas se rappeler leur propre expérience.

La répression sexuelle est le fruit de l’ignorance, de la peur et de la culpabilité. Et, comme disait mon père, quand on veut tenir un peuple en esclavage, il suffit de le tenir ignorant.

Nos tribunaux et la guerre des féministes contre la pédophilie dans les médias ont simplement remplacé l’Inquisition.

Pendant qu’on parle d’un pédophile, on n’a pas à parler de ceux qui nous volent dans nos gouvernements, des guerres qu’ils provoquent à l’étranger pour s’enrichir, le commerce d’humains du crime organisé comme à l’époque des esclaves, etc. Cette peur maintient l’industrie de l’insécurité et de la peur.

Il faut maintenir la peur et le dégoût de la sexualité à tout prix, car elle permet de parler des faux problèmes et de meubler les statistiques. C’est moins risqué de combattre les individus pédophiles que le crime organisé, mais ça justifie tout

autant les besoins d’augmenter les budgets sous prétexte d’assurer la sécurité du grand public. Les statistiques servent à cette fin.

La pédophilie est un sujet majeur de nos actualités. On en parle comme si c’était aussi important que la guerre ou la faim de la majorité des jeunes dans ce monde.

C’est une façon de lui donner de l’importance et de manipuler notre perception de la sexualité. On maintient ainsi la paranoïa contre tout ce qui est sexuel : du langage au toucher, en passant par l’intérêt ou la curiosité que l’on identifie au harcèlement. En traitant du sujet quotidiennement, on croit que les jeunes auront assez peur pour leur petit cul qu’ils ne s’approcheront d’aucun étranger, oubliant que les jeunes ont une toute autre perception de la sexualité : ils ne comprennent pas grand-chose à cette hystérie. À la fin, ces croisades médiatiques finissent par entretenir la peur et le dégoût du sexe chez les femmes, ce qui permet la domination des mâles puisqu’elles entretiennent elles- mêmes à leur égard une culpabilité autodestructive.

Les hommes sont peut-être «cochons», mais ils s’acceptent comme ils sont, eux, … l’hypocrisie et le «bithchage» ne sont pas leurs sports favoris. Certaines féminounes ont déjà reconnu que le chantage est devenu dans les cas de divorce leur arme ultime contre les mâles.

Cette peur permet la commercialisation institutionnalisée de la sexualité. Si l’on cessait de percevoir les manifestations sexuelles consenties sur une base individuelle comme de l’exploitation, on prendrait vite conscience que le commerce sexuel rend possible une exploitation universelle et institutionnalisée. Le sexe représente autant le bien que le mal, car ainsi, il assure la possibilité de récolter des profits très lucratifs, en opposant la loi et la prostitution, mais en récoltant le fruit de l’un et de l’autre. Pour ce faire, il faut à tout prix conserver  une zone grise qui assure le profit des deux. En créant des lois contrôlant les individus, cela permet de s’attarder à eux et de ficher la paix au crime organisé.

Si l’on considère la procréation comme étant, pour la sexualité, la seule raison d’exister ; il est bien évident que toutes formes de sexualisation, autre que la reproduction, est une déviance.

Il s’agit d’ailleurs de la dictature morale qu’ont voulu imposer les religions judéo- chrétiennes et islamiques. L’amour fut remplacé par l’économie ou la dote, oubliant que pour survivre une relation humaine est strictement basée sur l’amour ou une profonde amitié (de l’amour que l’on a nommé autrement strictement pour préserver l’hétérosexualité de l’homosexualité). Selon les religions, rien en dehors d’une pénétration visant essentiellement à donner naissance à un être humain, n’est acceptable. Pour justifier ce point de vue, il a fallu inventer un péché, nier le plaisir, limiter les sens et la pensée pour faire croire dans la supériorité morale de cette doctrine.

Il faut limiter le «naturel», lui donner un sens péjoratif et sale pour maintenir le joug absolu du péché. Sauver quelqu’un contre lui-même n’est-ce  pas  la formule idéale pour obtenir de lui l’obéissance absolue ? Devenir asexué  comme un ange, n’est-ce pas le rêve de l’homme religieux, cet ange déchu qui ne veut pas de corps pour vivre que par l’esprit?

Il a fallu attendre des siècles avant que l’on constate que l’amour peut aussi être un acte de communication et de tendresse. Aussi surprenant que cela puisse être cette prise de conscience fut le fruit du féminisme.

Plutôt que nous apprendre à gérer notre sensibilité et nos émotions, on nous les a interdites ainsi que les sens qui pouvaient les procurer. Cette castration contre– nature a engendré le fanatisme seul capable de maintenir cette ignorance aberrante. Ainsi, toute pensée d’ordre sexuelle est devenue un péché. La foi aveugle dans l’autorité a engendré le fanatisme et les guerres ; les guerres et le profit ; le profit et la domination. Point de salut, hors de son petit nombril ! Les religions devinrent des institutions extrêmement riches et cupides. Pour dominer, tout fut permis…même les guerres, ces assassinats légalisés et bénis.

Cette conception a permis, grâce à la culpabilité face à ce que pensent les autres de maintenir une main -d’œuvre à bon marché et d’entretenir une bonne chair à canon. (Voir W. Reich). Les Grecs ont été les premiers à s’apercevoir qu’un soldat combattait plus férocement lorsqu’il le faisait par amour pour son petit ami, mais Platon a tenté de récupérer cette force , en tentant de démontrer qu’un jeune convoité perd de son importance quand on lui a fait l’amour.

Donc, la jeunesse et la beauté ne furent plus les seules raisons d’un amour recherché, on a aussi voulu que ce bonheur perdure à travers le désir non assouvi. Montesquieu a par la suite essayé de justifier l’amour hétérosexuel monogame en prétendant que l’homosexualité avait été la cause de la déchéance de Rome. Cette perception permettait d’élargir les interdits.

L’Amour ne s’explique plus seulement par le plaisir corporel, il implique l’existence d’une énergie au-delà du matériel. Ça rappelle «l’orgone» de Reich, une énergie électromagnétique ou la libido de Freud, la vie étant comme l’électricité, une énergie plus condensée que toute énergie du monde physique où le corps est une espèce de fil conducteur…une prolongation mécanique du cerceau (ordinateur).

Plutôt que d’enseigner aux filles et aux garçons leur réalité corporelle, on préfère se taire et crier aux meurtres quand ils se questionnent ou que les choses ne se passent   pas   pour   un  individu  comme  c’est   le  cas   pour   tous   les autres.

On oublie que la perception de la sexualité change selon les âges, les cultures et les connaissances que l’on en a. Son interdiction dicte la place de la sexualité dans nos vies : plus elle est interdite plus elle est obsessionnelle. C’est normal, car le principe même de la libido, c’est de réaliser le plaisir commandé.

Dans certaines cultures, par exemple, il est correct de flatter les organes génitaux des bambins. Personne n’y voit de mal. Aucun bambin ne marque des signes de traumatismes devenu adulte. Le mal est dans la tête de ceux qui le proclament : on appelle ça des scrupuleux ou des esprits tordus. Dans ces pays, il n’y a pas de suicides chez les jeunes.

Le tabou sexuel ainsi que sa sacralisation permettent de maintenir un commerce très lucratif et de dominer les consciences par une peur qui entretient la paranoïa, grâce à la culpabilité. Ce manque de communication nous emprisonne dans l’ignorance de soi et des autres. Il engendre la honte des phénomènes physiques pourtant normaux chez tous les individus : ovulation, éjaculation, bander…Ainsi, tous ont honte d’être ce qu’ils sont, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils se sont faits royalement mentir, mais il est trop tard pour réagir, ça peut prendre une vie avant d’en avoir pris conscience… Ce rejet de soi permet d’entretenir, particulièrement chez les femmes, une forme universelle d’exploitation : la mode.

Plus profondément, la sexualité était partie intégrante des philosophies ou des visions générales pour expliquer la vie et la mort. Les religions ont ajouté Dieu pour justifier la rédemption après la mort et la présence d’une force supérieure. Les règles, les rites et leur vision de Dieu furent pensées par les prêtres des différentes religions à travers la projection de leurs propres problèmes à vivre leur état d’hommes frustrés. Leur approche était souvent basée sur la nécessité de plaire à leur dieu en effectuant des sacrifices ; car, le corps est impur et l’esprit est divin. Ainsi, le plaisir fut vite perçu comme un ennemi de son propre salut. Il faut souffrir pour se purifier…Cette conception était riche : si on  n’accepte pas le sacrifice, on n’accepte pas non plus un travail qui ne nous plaît pas…

Aujourd’hui, plusieurs prétendent que nous sommes une énergie consciente parmi des milliards d’autres énergies à travers l’univers. La vie serait simplement un infime point d’équilibre dans les forces de l’univers. Sa durée ne serait rien  de plus, ni rien de moins que la durée de cet équilibre. Sa rupture serait la mort, le changement. Ce qui fait que nous sommes qu’une simple énergie à la fois éternelle (rien ne se perd, rien ne se crée) et mortelle, car, nous sommes aussi créés à partir d’éléments matériels.

Personne ne peut dire ce qu’il y a avant la naissance ou après la mort, car personne n’en est revenu. Aucune résurrection n’est contemporaine. Ainsi, toutes les interprétations sont formulées par l’imaginaire.

Le péché existe, selon cette nouvelle interprétation de la vie et de la mort, comme une absence d’amour, un manque de sens de la responsabilité. Tout est présent. La seule réalité est le «maintenant». La nouvelle «donne» est qu’il faut s’accepter comme on naît puisqu’on y peut rien. Il faut essayer à partir de cette réalité de construire quelque chose de bien pour soi et pour les autres. Les individus sont ainsi coresponsables de leur vie. On peut leur demander seulement de faire leur possible, considérant que dans cette nouvelle idéologie, l’amour est la force la plus grande puisqu’elle permet d’entrer en contact avec les autres . L’amour a le privilège de donner un sens à la vie.

Dans cette optique , refuser la création comme elle est , c’est un blasphème , car c’est prétendre que Dieu est trop nigaud pour créer autre chose que quelque chose de bien , sans défaut , de parfait , instantané et en évolution. C’est refuser à Dieu le droit d’être Amour ; l’amour étant un appel absolu à la tolérance, à la Connaissance et à essayer de comprendre ce qui est différent. C’est accepter le corps comme partie intégrante de son identité. C’est accepter le changement et l’expérience de l’instant. C’est une autre façon d’expliquer la mort. Être content d’être humanoïde avec toutes les restrictions que cela comporte.

D’ailleurs, contrairement à ce qu’enseignent les religions, le premier péché ne fut pas d’ordre sexuel, mais l’orgueil de Lucifer quant à reconnaître la valeur de l’homme comme création. Il a refusé de s’agenouiller devant l’Homme.

Cette conception de l’humain aurait été impossible sans le cheminement préalable des féministes. Il a fallu la lutte des féministes pour le droit à l’avortement pour interpréter la sexualité autrement qu’un moyen pour perpétuer la race.

La liberté sexuelle 15

août 16, 2020

La liberté sexuelle 15 (pp. 136 à 145)

Quel danger représente un vieux curé de 70 ans ?

On prétend que toutes ces règles concernant la sexualité visent la protection du jeune. Quelle protection ? Les jeux sexuels ne mettent pas leur santé physique en danger et personne n’a encore fait une dépression après avoir eu trop de plaisir. Rien n’a changé par rapport à la pédérastie de la Grèce antique. Le pédéraste essaie de donner assez de cadeaux pour obtenir les faveurs du plus jeune. Comment peut-il souffrir dans ce cas ? Souvent, au contraire, le pédéraste apporte une connaissance qui ne serait pas autrement à la portée de son jeune amoureux. Par exemple, il l’amène avec lui en voyage. Est-ce que ça blesse ? En fait, les féminounes craignent que les pédérastes soient mieux perçus par les garçons qu’elles. Elles ont peur que le petit devienne homosexuel. Quel honte préférer un homme à une femme !

En fait, c’est le vieil interdit qui nous vient de l’ignorance et qui a permis aux religions de dominer partout. Pas de sexe en dehors de la procréation. Tu n’es pas normal si tu n’es pas hétéro. Grâce à la peur, la société a toujours véhiculé une haine profonde de tous ceux qui n’obéissent pas à sa haine des gais.

Comment peut-on prétendre protéger des jeunes quand on accuse un prêtre de 70 ans d’avoir touché à un mineur trente ans plus tôt ? Ça sent plutôt la vengeance que la protection. Quel danger ce curé représente-t-il pour les jeunes aujourd’hui ? Il suffit d’une claque pour le faire voler au vent. Il faudrait ajouter du viagra pour le faire bander et le forcer à enlever son dentier parce que ça suce mieux sans dent. Pourtant, des poursuites contre de prétendus crimes sexuels vieux de plus de dix ans, c’est ce qui arrive fréquemment. Pourquoi parler de protection quand il n’y plus de danger, sauf une vengeance irrationnelle ?

La réalité est toute autre : l’Église catholique avec ses milliards a décidé que ça serait moins de trouble de payer que de remettre en question son discours. L’Église préfère ne pas se mouiller en révélant que finalement les péchés de la chair, c’est une invention de vieux puritains attardés.

J’aurais aimé être victime pour pouvoir partager un petit 100,000 $ parce que je me suis fait tâtonner quand j’étais plus jeune. Pour ce prix, je peux prétendre que ma vie fut bouleversée. Je ne connais pas beaucoup de curés qui t’offraient un premier joint et qui peuvent être ainsi accusé de t’avoir incité à te droguer. Je n’ai jamais entendu un jeune se plaindre de souffrir d’une mésestime de soi parce qu’il a participé à un jeu sexuel, à moins qu’il ait un si petit pénis qu’il se sente à jamais inférieur. Il faut bien inventer une raison pour expliquer pourquoi on se drogue. La cause sexuelle pour se droguer est une obsession de psychologues. Le pharmaceutique est avec l’immobilier le moyen par excellence de blanchir de l’argent sale. Nous vivons déjà dans le meilleur des mondes.

Le vrai scandale est que des prêtres furent tués en prison aux Etats-Unis à cause de cette vague hystérique de chasse aux pédophiles. Un meurtre, ça n’a aucune proportion avec un crime sexuel. Il faut être malade pour croire que ces prêtres méritaient un tel traitement.

La pègre et ses proxénètes bénéficient d’une prescription de deux ans pour avoir forcé des femmes à travailler pour eux. La disproportion est strictement maladive. Mais, c’est vrai, ce ne sont que des femmes, après tout. Elles sont habituées à se faire battre. Les féminounes n’en parlent pas. Pour elles, la douleur c’est le sexe.

C’est là où nous conduisent les luttes pour une pureté irrationnelle et contre nature.

Si on revoyait nos lois, les travailleuses du sexe pourraient être obligées de vérifier leur état de santé et la police pourrait intervenir contre ceux qui sont violents avec elles. Quelle hypocrisie ! Dans notre monde actuel, la chasteté est plus importante que la vie.

Le seul élément qui explique une telle folie est l’irrationnel, l’incapacité humaine de contrôler ses sentiments. Il n’y a pas que le sexe dans les jeux sexuels. Il y a les sentiments. Comment un plaisir peut-il détruire l’estime de soi ? Absolument impossible, mais il faut bien inventer une raison pour justifier cet interdit, (en dehors de la violence toujours).

J’ai appris dans mes procès que la vérité n’a absolument aucun droit. Les procureurs interprétaient les faits, nous prêtaient des intentions qui n’avaient jamais même effleuré notre cerveau, la vérité ce n’était pas important. Quand un juge est obligé de se récuser parce que le témoin affirme qu’il ne sait pas s’il dit est ce que la police lui a dit de dire ou si c’est ce qui s’est passé devrait suffire pour prouver que parfois les procès sont organisés. Dans mon cas, on a présenté 52 photos, tous étaient vêtus, mais on a prétendu que ce n’était pas normal d’avoir autant de photos de jeunes garçons. Ce n’est plus un système de justice, mais l’Inquisition. Une raison suffisante pour être à jamais écœuré de la société.

Quand tu tues, tu fais tes 25 ans et tu sors. S’il y a un toucher sexuel, du plaisir mutuel, tu es quand même pour le reste de ta vie sur une liste de personnages dangereux parce que c’était sexuel. On parle d’agression alors que tout n’est  que plaisirs. On peut retourner dans ton passé aussi loin que l’on peut pour t’accuser à nouveau. Puis, reconnu coupable, on peut te mettre sur une liste à surveiller pour le reste de ta vie. Sans violence, si ce n’est pas de l’acharnement, de la bêtise, j’aimerais bien que l’on me dise ce que c’est.

La liberté de conscience me donne le droit de ne pas croire dans ces mensonges et ces hypocrisies, même si elles existent depuis des siècles.

J’ai le droit de croire que la sexualité est ce qu’il y a de plus beau et de plus grand. Que si Dieu a inventé le plaisir pour nous punir, c’est un salaud. J’ai aussi le droit de prétendre qu’au contraire ce sont les malades de la chasteté qui devraient être soignés, car ils propagent une peur du sexe qui n’est pas justifiée.

L’homophobie est la racine de la guerre contre la pédérastie.

Sauf la violence, Il n’y a rien qui justifie d’interdire la pédérastie. Mais, depuis quelques temps, on essaie de faire croire qu’un jeu sexuel peut se révéler porteur de séquelles. Si on analyse la réalité, on s’aperçoit que les plaignants avaient déjà de très sérieux problèmes de personnalité avant même d’avoir connu une expérience sexuelle. Si une relation sexuelle créerait le besoin de se droguer pour oublier, il y a une tonne d’hétéros déçus par leur expérience amoureuse qui se seraient déjà défoncés. C’est ridicule. Un toucher, une caresse, ça fait pas mal, à moins d’être malade. Et, la notion de bien et de mal chez un jeune n’existe pas avant sept ans, comme le disait la religion, avec son âge de raison. Si cette notion est inexistante comment un jeune peut-il être traumatisé par elle ?

Les séquelles sont une invention de psychologues pour justifier leur nécessité d’intervenir auprès des prétendues victimes. C’est plus payant que de reconnaître que ces jeux sexuels sont inoffensifs, sauf s’ils rendus publics et que l’on crée autour une atmosphère carrément hystérique. La santé mentale, c’est savoir s’accepter, se pardonner ses erreurs et non condamner l’humanité entière pour ses erreurs.            Plutôt que de voir le bien du petit gars, on s’insurge contre ce qui s’est passé. Si on pouvait avoir la peine de mort contre les pédérastes, on n’hésiterait pas une seconde. C’est carrément fasciste, mais c’est ainsi. D’ailleurs, les droits de la personne ont justement été créés pour protéger les individus contre l’arbitraire de la majorité. Plus les religions redeviennent présentes, plus nous vivons dans l’arbitraire et l’irrationnel.

La plus grande séquelle naît souvent de l’interdiction faite au jeune de revoir une personne pour laquelle il est profondément amoureux. La castration n’est pas que physique, elle existe aussi dans les sentiments entourant l’amour et l’amitié. Être privé de l’être qu’on aime c’est aussi pire que d’être castré. C’est un viol émotif.

Si les jeux sexuels sont inoffensifs, s’ils demeurent dans la dimension de non- violence, de jeux, pourquoi donc les parents deviennent-ils fous ?

D’abord, une question d’éducation. Comme le disait A.S. Neil, un enfant frustré sexuellement est un enfant docile, soumis. Les parents jugent de la situation selon leur éducation. Or, on a toujours décrié la sexualité. Il ne faudrait pas s’attendre que leur comportement soit différent. Ils n’ont pas encore échappé aux flammes de l’enfer et ils aiment assez leurs enfants pour ne pas leur souhaiter l’enfer éternel. C’est donc bien normal. Les médias répètent sans cesse qu’il y a des séquelles, ce doit donc être vrai qu’elles existent, on en parle tout le temps.

D’autre part, quand tu n’es pas gai, pédéraste, c’est impossible de savoir ce que ces bizarres d’individus ressentent. On oublie de montrer qu’il n’y a aucune différence dans l’amour, la passion hétéro, gai ou pédéraste. Être en amour, c’est la même chose quelle que soit ton orientation sexuelle. C’est un sentiment. C’est un attrait. C’est un attachement. Souvent une identification.

La seule véritable raison qui persiste après analyse : on ne veut pas de la pédérastie parce qu’on a encore peur qu’un petit gars puisse aimer ça et devenir gai.

Le danger fut invoqué des millions de fois auparavant à tel point que les gais eux-mêmes se sont souvent ligués contre les pédérastes pour ne pas passer pour des pareils. Des pervers qui conduisent des plus jeunes au péché. C’est stupide. L’orientation sexuelle est innée. Ce n’est pas une expérience qui va la changer. Un hétéro trouvera toujours répugnant de se faire sucer par un autre homme. C’est dans sa nature profonde de chercher une femme. Seule une très profonde détresse sexuelle les amènera à consentir à un tel sacrifice, une telle honte. Cela serait d’ailleurs beaucoup plus répandu qu’on le dit.

S’il ferme les yeux, il va autant jouir ; mais il sera incapable de supporter l’idée que la bouche appartienne à quelqu’un du même sexe. Ça lui donne la nausée. Est-ce seulement une question d’éducation ? Ce n’est pas une aventure

passagère qui arrive avec un certain âge qui déterminera ton orientation sexuelle. C’est ta nature profonde qui déterminera ce qui t’attire et ce qui te répugne. Il faut admettre cependant qu’il y a de plus en plus de personnes qui se disent bisexuelles. Est-ce une mode ou une nouvelle réalité ? Est-ce que les hétéros et les gais auraient subi un blocage qui les empêcheraient d’être les pervers polymorphes que tous les individus sont en naissant ? Une chose est certaine de nos jours la publicité essaie constamment de réveiller en nous le  goût d’être hétérosexuel. On commence à peine à tolérer les gais dans les romans. Pourtant, un pervers est celui qui vit contre sa nature profonde.

La pédérastie est une vie d’enfer à cause des préjugés sociaux.

La société québécoise nage en pleines contradictions. On subventionne des cours pour affirmer que l’on a droit à son orientation sexuelle et en même temps, on criminalise des touchers, des sollicitions sexuelles entre deux personnes qui n’ont pas le même âge. Une seule séance sexuelle est à l’origine de multiples accusations juste pour faire croire que le système à raison de sévir. On pense que plus on en met, plus c’est horrible alors que c’est exactement de la même situation dont on parle.

On va jusqu’à poursuivre des adolescents comme s’ils étaient des pédérastes, de méchants prédateurs, parce que leur compagnon est un peu plus jeune qu’eux. C’est avec cette bêtise quasi absolue qu’on dirige nos bonnes mœurs au Québec.

C’est moins pire que chez les Islamistes, où la folie l’emporte totalement ; mais on pourrait essayer de donner l’exemple en faisant preuve d’un peu plus de compassion. On pourrait avoir la condamnation un peu moins facile comme nous l’enseigne le christianisme.

On punit un individu pour possession personnelle de pornographie juvénile, sans même avoir une intention commerciale. Un gars qui regarde des jeunes gens gais nus, se caressant, n’est pas dangereux même s’il se masturbe en les regardant, caché dans sa chambre. En fait, on se sert du système judiciaire pour appliquer les règles religieuses sur la sexualité. On fait semblant de vouloir protéger le jeune alors qu’à travers ce que la télévision lui apprend, on lui fait la morale. « Toutes les peurs féministes prennent des proportions nationales. »

On invente une littérature de la jeunesse pour extirper toute trace de sexe dans les livres alors que les jouets leur apprennent à tuer.

Si on a une littérature de jeunesse, ne pourrait-on pas ficher la paix aux adultes dans une littérature pour adulte ? Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’essayer d’expliquer la pédérastie à des adultes ?

Dans son livre sur La révolution des droits, l’ex-chef libéral fédéral, M. Ignatief disait que les droits de la personne ont été inventés pour protéger les individus contre la majorité. C’est très beau dans un livre, mais quand il s’agit de l’appliquer, on trouve toutes sortes de nuances pour contourner ce que l’on vient d’affirmer.

Même si la pédérastie est une orientation sexuelle, on trouve moyen, grâce à la ferveur populaire, de le nier. En réalité, sauf l’aspect intergénérationnel, la pédérastie est une forme de vie gaie. Elle existe depuis toujours et existera toujours.

La justice n’existe pas sur cette terre. Elle protège les intérêts du système. La répression sexuelle est fortement économique. On l’emploie pour que tous pensent la même chose. Il faut obéir sans même y réfléchir. C’est d’ailleurs ainsi qu’on vote.

Quand la punition coûte plus cher que le bienfait qu’elle apporte.

Pour savoir de quoi je parle, rien de mieux que de me servir de mon expérience personnelle. Socrate disait que l’on ne connaît que ce que l’on a vécu.

Comme par hasard, la prison dans mon cas est toujours arrivée dans des situations politiques particulières. On a tout au plus, quand j’avais 20 ans, pu démontrer que je me masturbais avec un ami plus jeune que moi. La seconde fois, j’avais baissé mes culottes quelques secondes. Et, finalement avec Mathieu, j’aurais déposé mes doigts paralysés sur son petit zizi quelques secondes. Rien pour blesser qui que ce soit. Même que Mathieu est revenu me trouver pour s’assurer que ce qui arrivait ne l’empêcherait pas de pouvoir revenir en voyage avec moi. Cependant, j’avais été classé felquiste-révolutionnaire dans les années 1970. De plus, j’étais président de la Société nationale des Québécois, à Val- d’Or.

Je suis allé dedans la première fois vers 1963, j’étais journaliste et je contredisais Jean Lesage dans son projet pour relier Québec à Lévis. Je m’élevais aussi contre le patronage. J’ai raconté cette histoire dans mon roman publié chez Parti pris, Laissez venir à moi les petits gars. J’en ai mis un peu plus pour mieux faire ressortir le fait qu’il ne s’était pratiquement rien passé, sauf avec mon petit ami.

La deuxième fois, j’étais un activiste, comme ils disent, qui manifestait pour la langue française, ayant été congédié pour avoir écrit en français à Montréal. J’essayais en même temps de vivre l’expérience des écoles libres comme Summerhill. Je vivais avec une femme et ses deux enfants.

La dernière fois, j’étais le même activiste, président de la Société nationale des Québécois, à Val-d’Or, je me battais pour l’indépendance du Québec, même si j’enseignais dans le secteur français d’une école anglaise, ce qui m’a permis de faire le lien entre les religions et l’assimilation.

Je suis peut-être le seul à croire qu’il y a un lien politique entre mes séjours en prison et ce qui se passait dans ma vie sexuelle.

Que l’on me punisse parce que je n’obéis pas à des règles que je combats parce que je les trouve non seulement stupide, mais un abus contre le droit à l’orientation sexuelle et à la vie privée individuelle, ne me scandalise pas outre mesure. J’écris depuis les années 1980 pour abolir les crimes dits sexuels qui ne sont pas à caractère violent. Dans d’autres pays, j’aurais tout simplement été tué.

Je ne suis pas assez fou pour croire que je suis au-dessus des lois. Même si elles sont idiotes et basées sur l’ignorance, ce sont quand même les lois de la majorité des nations de la terre à cause des religions. Ce n’est donc pas un ti-cul comme moi qui peut tout changer en quelques années. Il est normal que le système essaie de me museler, car si on me croit, ça risque de brasser. Personne n’aime se faire mentir et être abusé. En fait, j’ai toujours été plus révolutionnaire que pédéraste. Mon cheminement m’amena à devoir vivre à temps partiel ma pédérastie, puisqu’elle était en contradiction avec mes choix de vie.

J’ai accepté des compromis dans mon crédo pédéraste : en adoptant mes deux garçons, je ne pouvais plus vivre totalement ma liberté sexuelle puisque le plus jeune était hétéro et il ne voulait rien savoir de mes idées et de mes amis. Notre amour a été plus fort et j’ai dû constater que la paternité exigeait de mettre de côté mes tentations. Sa mort parce que la jeune fille qu’il aimait l’a quitté est la pire chose que j’ai vécu. Pour compléter le tableau, je suis devenu professeur. J’ai donc dû apprendre le fameux : «Never on the job» du Grand Gabriel.

Rien ne devait transparaître de ma pédérastie à l’école et ma vie sexuelle devait se dérouler en dehors de mon travail. D’ailleurs, on a jamais pu rien me reprocher de sexuel dans ma vie de professeur.

J’avais appris à me retenir et à me masturber le soir si la tentation était trop grande. L’humour me permettait aussi de passer à travers les embuches. Les jeunes du secondaire sont beaucoup moins niaiseux que les générations précédentes esclaves des religions.

Autant on n’est pas responsable de son orientation sexuelle (on est ce qu’on est), autant on est pris avec elle pour le reste de sa vie. Tout ce que l’on peut faire c’est essayer de se contrôler pour continuer d’être utile à notre société. C’est ce que j’ai essayé.

J’ai voulu dans mes livres expliquer ce que l’on vit quand on est dans le un pourcent de pédérastes sur terre. La démocratie et la justice sociale passent par une transparence presqu’absolue. Les sociétés ne peuvent pas évoluer en dehors de la tolérance, car, tout en étant égaux, aucun individu est différent. Chacun a un rôle essentiel.

Je ne sais pas pourquoi, mais les hommes refusent d’évoluer émotivement et préfèrent se réfugier dans ce que l’on a bien pu inventer pour donner un sens à leur vie.

Le vrai pouvoir n’est plus officiellement religieux, mais carrément économique. L’argent, ce sont les armes, les dictatures, les profits. L’argent c’est devenu la liberté. Mais, pourquoi en faut-il autant puisqu’en mourant on ne peut rien apporter avec soi ? C’est complètement fou, mais c’est notre monde actuel.

On détruit tout, en autant que l’on se fait de l’argent. On met même en péril la race humaine pour faire plus de profits. C’est complètement idiot, mais c’est ce qui mène le monde aujourd’hui. Ce ne sont pas les pédérastes qui seront responsables de l’impuissance sexuelle des mâles dans une décennie, mais la pollution due à la surconsommation. Mais ça on n’en parle pas ou plutôt on parle du danger pédophile pour faire oublier les vrais problèmes. La terre ne pourra bientôt plus nourrir tous les humains et on refuse de revoir nos notions sur la sexualité. Pourtant, on nous a toujours appris que Dieu est amour. S’il est Amour comment peut-il accepter que la majorité des humains vivent dans la misère ?

Mon ami policier, Pierre Faucher, me disait que le meilleur moyen de savoir si on est victime d’une trappe politique, c’est de voir si les représailles dépassent le bon sens. Dans mon cas, je suis convaincu que la société québécoise, en me punissant, s’est privée d’une personne qui pouvait l’aider à améliorer les choses. Non seulement on m’a interdit d’œuvrer dans ce que j’étais le meilleur : l’enseignement, mais on m’empêcha même d’être bénévole dans des associations où on pouvait retrouver des jeunes, même si je ne serais jamais en contact avec eux. La fondation de la bibliothèque à Magog est l’exemple parfait. On me refusa même d’être bénévole pour accompagner des non-voyants adultes, dans le métro à Montréal.

Quand j’ai accepté d’aller en Haïti, pour offrir un atelier de poésie à l’université, les responsables m’ont rejeté pour ne pas nuire à leur réputation. J’étais dangereux même si beaucoup de petits gars sont déjà sidéens. On m’a mis à la porte de l’AAACE (Association des auteurs et auteures des Cantons de l’Est) et de l’UNEQ. Je suis encore sous l’effet de leur boycottage féministe national. Tu n’as droit à aucune aide si tu n’es pas membres d’une de ces associations littéraires. Un monopole comme dans la construction.

Comme par hasard, à chaque fois, que je publiais un texte politique, il arrivait que le petit Gabriel me battait ou que l’un des gouvernements essayait de m’écraser avec mes dettes. Ça fait tout une différence de gagner 55,000 $ en enseignant et 9.30 $ de l’heure en travaillant à réaliser des sondages pour ne pas être un poids social.

D’autres vivent encore plus l’enfer que moi, car ils se terrent et vivent dans la peur quotidienne. Ils doivent avoir une double identité, car si les gens apprenaient qu’ils sont pédérastes, ils perdraient tout, surtout leurs petits amants.

Eh oui ! Être pédéraste c’est d’être amoureux fou. Un amour passion extraordinaire. Un amour qui est si fort qu’il est plus important que la vie. C’est moins pire que de répandre la paranoïa féminoune. Les dommages collatéraux sont moins grands.

J’ai été assez fou pour combattre pour la pédérastie ou l’amourajoie à travers mes livres pour ceux qui viendront. Pour que les jeunes aient le droit d’être ce qu’ils sont vraiment parce qu’ils n’auront pas la vie facile. La guerre des énergies ne vient que commencer. Pour les vrais maîtres, l’économie est plus importante que l’humanité.

J’espère juste avoir réussi à ouvrir un peu l’esprit de ceux qui sont encore capables de réfléchir sans être aveuglés par leur haine Je m’en suis fait une mission.

Heureusement j’ai dit tout ce que j’avais à dire, donc, je peux passer à autre chose.

On m’a écrasé, mais j’ai quand même écrit ce que je devais dire sur le sujet.

Il ne me reste qu’à me battre encore plus pour la naissance de la République démocratique du Québec. Une nécessité incontournable si on cherche le bien du Québec.

La liberté sexuelle 14

août 15, 2020

La liberté sexuelle 14  (pp. 126à136)

De l’irrationnel à la connaissance.

La conception religieuse de la sexualité repose strictement sur l’irrationnel. La sexualité fait partie du corps qui, lui, est matériel, donc d’un ordre de qualité inférieure à l’âme. Nos histoires d’ange déchu. Pour que l’Inquisition devienne possible, il faut que ces frustrés deviennent assez fous pour croire que les péchés d’ordre sexuel doivent être punis de mort, d’ostracisme. Une règle qui existe même encore dans la Charia en 2011.

Au Québec, on n’est pas tout à fait aussi fou. Il n’y a que la télévision qui s’obstine à présenter le nu comme un danger ou une saleté à cause des mouvements de droite qui monopolisent la société de ses scrupules. Si tu portes une brassière ou une petite culotte, tu n’es pas nue. Cet esprit tordu, ce scrupule idiot des féminounes, cette condamnation globale de la sexualité est la principale cause des problèmes d’identité sexuelle chez les garçons. Des scrupules irrationnels qui sont responsables de la majorité des suicides chez les jeunes.

Il en est ainsi parce que ces gens scrupuleux permettent qu’il n’y ait pas de cours moderne de sexualité. C’est un enjeu religieux. Il ne faut pas présenter la sexualité comme quelque chose de bien et de naturel. L’ado n’a pas le droit d’apprendre qu’il a autant le droit de dire « oui ou non» a une expérience sexuelle. Ainsi, un jeune qui se croit pervers doit simplement l’endurer parce qu’il ne peut pas en parler en toute sécurité et sincérité avec des aînés. Ils sont déjà figés dans leur conception que le sexe est mal.

Le mépris pour celui qui est ou que l’on croit gai fait en sorte qu’il doit vivre un ostracisme absolu dans nos écoles. C’est bien beau, dire dans une conférence annuelle, que les gais ont droit au respect. Le jeune entend quotidiennement tous ceux qui l’entourent le mépriser parce qu’il a ses manières, parfois efféminées. C’est un enfer à vivre. Il n’a pas besoin d’être nommé, quand on parle des maudits fifis, il sent qu’on parle de lui. Nos religions agissent en vrais nazis devant tout ce qui est sexe.

J’enseignais la sexualité à l’école Jeanne-Mance. On cherchait un moyen d’enseigner la sexualité sans traumatiser ou scandaliser tous les jeunes. Je travaillais avec une infirmière. Le seul temps où on séparait les groupes, c’était quand elle enseignait l’hygiène féminine et comment se mettre un tampon. Le reste du temps, tous les cours étaient mixtes.

Dans un des cours, la transparence a permis qu’un des jeunes nous expliquent l’enfer qu’il vivait avec les autres qui l’avaient classé gai alors qu’il ne l’était pas. Il nous raconta ses questionnements sur le suicide. Nous avons repris le sujet dans une « mise en situation » au cours de laquelle un des étudiants devait vivre ce conflit. Ce fut très pénible, très émotif. Nous avons tous compris comment sans même s’en apercevoir, en groupe, on finit par détruire la vie de ce garçon. On ne se rend pas toujours compte de l’effet domino. La méchanceté de ceux qui se croient les purs est quasi criminelle quand elle juge les autres. L’autre est un sale parce qu’il ne partage pas tes valeurs ou parce que dans ta « tite » tête bornée, tu t’imagines qu’il ne vit pas correctement. C’est la même chose quand tu es pauvre. C’est même plus fou, car tu peux être mis de côté parce que tu ne t’habilles pas convenablement selon la mode, tu n’aimes pas les mêmes groupes musicaux.

Les gens qui font la morale aux autres devraient s’interroger sur le mal qu’ils commettent sans même s’en rendre compte. La chasteté c’est mauditement moins important que la compassion. Le problème est que souvent les jeunes sont la copie conforme de leurs parents. Ils condamnent très facilement les autres. Ils sont excessifs.

C’est de pire en pire, car nos dirigeants essaient de créer une société dans laquelle nous serons tous pareils et où la sexualité sera vue avec un esprit encore plus tordu qu’au moment où la science vient nous apprendre que sans violence, rien ne justifie notre mise en boîte hétérosexuelle.

On se fait croire qu’on a l’esprit large au Québec, mais inconsciemment le juge renaît en nous et condamne ceux qui pensent comme nous. Il ne peut pas y avoir de mal dans la sexualité, s’il n’y a pas de violence. On ne veut pas dans notre contexte religieux enseigner la sexualité comme quelque chose de naturel, de normal, de significatif dans la vie de chaque individu. On ne peut pas apprendre le droit de dire «oui ou non», d’avoir une conscience personnelle et un sens de ses responsabilités. Même chez les hétéros, l’homme a autant de responsabilité que les femmes quand il fait l’amour en dehors du couple. Les lois privilégient les hommes dans un procès de viol alors que les hommes sont écrasés dès qu’il est question de la garde des enfants. La prétendue protection des jeunes revient traditionnellement aux femmes