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L’Inquisition

juillet 6, 2022

Les pouvoirs féministes politiques et de RDI se sont déchaîné aujourd’hui. Un pas de plus vers le Tribunal d’inquisition sexuelle voté par l’Assemblée nationale. Préparez-vous, Messieurs, un toucher non consenti est une agression sexuelle. Combien réclamera-t-on en compensation, même si la prison est automatique? La dictature FÉMINISTE  s’installe allégrement.

Radioactif 427

juillet 6, 2022

Radioactif 427

Texte de 2008, p. 747

Registre sexuel.    

J’ai fait parvenir la lettre suivante à M. Mario Dumont, chef de l’Action démocratique du Québec concernant l’obsession d’une de ses députés, à propos du registre sexuel qu’elle voudrait public.  

Selon mon expérience personnelle, je sais que la lutte aux pédophiles est directement liée aux bonnes œuvres (mœurs) de la pègre.  Instaurer un registre permanent public des prédateurs sexuels, ce n’est pas seulement permettre d’organiser un Klux Klux Klan de la pédophilie ; mais c’est fournir tous les éléments nécessaires pour créer une industrie du chantage ou du lynchage.   

Un tel registre permettra à la pègre de faire chanter n’importe quelle personne accusée de crime à caractère sexuel, violent ou non violent ; reconnue coupable ou non coupable.  

Puisque l’on peut plus difficilement tuer ou te mener au suicide en prison, grâce aux sections protégées, on essaie maintenant de déménager le terrain de la vengeance en dehors des murs.  Un retour à ce qui se passait dans les années 1950 alors que l’Église dominait nos consciences. 

Tant que la sexualité sera vue comme un péché, comme de la luxure, nous aurons à subir l’intolérance des gens incapables de s’accepter dans leur réalité  d’ «être sexué». 

La morale qu’on nous impose est non seulement paranoïaque, mais un viol de conscience.  On a le droit de croire que la sexualité est bénéfique.  Si c’est tout ce que l’Action démocratique du Québec a à nous offrir, le retour à l’époque des cavernes, ce fut une erreur que de lui avoir fait confiance et il serait urgent que l’on s’en débarrasse. 

Si vous voulez vous attaquer à de vrais problèmes, il y a le système — une mafia universelle – les drogues qui sont la principale cause du haut taux de maladies mentales et du décrochage scolaire. 

Quand vous pourrez me prouver que c’est dommageable de regarder des corps nus, que ça crée plus de problèmes que le jeu et les présentations violentes qui noient la vie des jeunes, je croirai que ces croisades pour la pureté sont utiles. 

En attendant, je pense que ma névrose est préférable à votre psychose. 

L’hypersexualisation.

L’hypersexualisation des filles est un faux problème créé par des féministes arriérées, dépassées, qui ne peuvent pas acceptées d’être sexuées et qui, comme les curés, voudraient interdire aux plus jeunes le plaisir qu’elles ne peuvent pas s’offrir.  Une projection de leurs propres peurs. 

On prétend que les jeunes sont plus sexués que nous.  Je l’espère.  Nous vivions dans une société totalement rétrograde, aliénée par une religion qui ne pensait qu’au sexe à interdire, tellement scrupuleuse que ça la rendait vicieuse.  Il ne fallait jamais parler de sexe.  Il ne fallait même ne pas y penser.  Comme si c’était normal de ne pas se sentir. 

Juste entendre dire le mot «petite culotte» et certaines perdaient conscience.  Il ne fallait pas dire «bander», parler des  » gosses ou de la picette  » ; fallait même pas y penser, car c’était déjà un péché mortel.  En parler est même devenu un sujet pour les causes de harcèlement sexuel.  Une vraie folie collective. 

Pas étonnant que des femmes intelligentes se soient levées et aient exigé d’être maîtres de leur corps, avoir le droit à l’avortement, avoir le droit de jouir sans procréer.  En même temps, certains gars sont sortis du placard pour affirmer qu’on peut être gai sans être malade mental. 

Les moumounes combattaient l’homosexualité sous prétexte de défendre les jeunes contre ces monstres.   La libération sexuelle était en marche.  Les monstres sont les chastes cerveaux qui refusent le plaisir.

De la peur obsessionnelle, on est passé à la liberté «at large», jusqu’à ce que l’on réalise que la liberté c’est aussi une forme de responsabilité.   D’autant plus, que le système venait d’inventer le sida pour permettre à la main de Dieu de punir les récalcitrants. La liberté, le plus grand don de Dieu, qu’on disait, prenait des airs de mort lente et affreuse.  Mais, pour être libre, il faut avoir le choix.  Il faut être autonome.  La liberté est un très long apprentissage.        

Quand j’étais jeune, il y avait les mouvements religieux pour nous apprendre à ne pas boire : « les Lacordaire « .   J’y ai adhéré bien saoul.  L’interdit total est la plus grande des incitations.  La religion avait cependant un côté très positif, elle nous apprenait à avoir un idéal, un rêve à réaliser dans la vie, un but, un sens.  Mon premier but fut la révolution. 

Les Québécois se faisaient plumer par les fédérastes.  Avec le temps, j’ai compris que la révolution est simplement de travailler à améliorer le sort des humains sur cette terre ; les droits de la personne. 

La violence ne sert pas la révolution, au contraire, elle permet seulement de mettre d’autres exploiteurs au pouvoir.  La vie m’a appris que pour te fermer la gueule quand t’es un journaliste qui crie trop fort, il suffit de t’accuser d’un geste sexuel pour y arriver.  J’étais trop émancipé pour ne pas y avoir droit.

Mais, parfois, il faut passer par là pour voir clair.  Il y a une différence entre celui qui te frappe pour te violer et celui qui t’enjôle parce qu’il est ébloui par ta beauté.  Le mécanisme de l’amour est bien différent de celui de la violence ; mais notre société n’en tient pas compte. 

Pour elle, un geste est sexuel ou non.  On continue chez les féminounes à voir la sexualité à travers le prisme religieux plutôt qu’avec des yeux plus scientifiques.

Il y a comme disait Freud des états de conscience liés au développement de la sexualité chez tout individu.  On ne perçoit pas la sexualité à 10 ans comme à 30 ans.  On ne la vit pas de la même façon.  Ce qu’on nous dit quand on parle d’hypersexualisation revient aux vieux interdits de mon enfance, à cette ignorance crasse que l’on maintenait par la censure. 

Oui, les jeunes sont plus exposés à la nudité comme ils le sont plus à la violence.  Quel est le pire ?  Oui. Ils savent mieux que nous, comment ça passe.  Sont-ils plus dépravés parce qu’ils sont mieux informés ou du moins ils devraient l’être ?  Est-ce en niant la sexualité des jeunes qu’on leur apprendra à être autonomes ?

Les personnes qui crient à l’hypersexualisation sont les mêmes qui criaient pour cacher les revues pornographiques (cacher les cigarettes) pour empêcher les jeunes de trouver une réponse aux questions qu’ils se posaient et étaient, comme être sexué, en droit de se poser.  Oui, c’est normal de vouloir fasciner l’autre par sa beauté.  Oui, c’est valorisant d’y arriver. 

Si l’industrie de la femme-objet existe, c’est qu’elle a une clientèle et ce n’est sûrement pas du côté des garçons.  On nous a fait passer de l’homme macho à l’homme rose ; de l’homme libre à l’homme coupable d’exister ; mais je connais peu de mâles qui rêvent d’être eunuques.  Il est temps qu’on reconnaisse qu’il est normal d’être sexué.  Il n’y a rien de mal à ça.  Il n’y a que les esprits tarés pour y voir une forme péché ou de mal.   

Dès que tu nais, tu as ta petite nature, ton orientation sexuelle, ta force de libido.  Tu l’as sans même le vouloir.  Elle est dans ta génétique.  T’es pris pour vivre avec.  Il faut donc apprendre à s’en servir positivement.  Le sexe ne se vit pas sans émotion.  Personne ne sait gérer ses émotions en naissant.  C’est aussi un long apprentissage.  L’important, c’est de devenir non seulement autonome, mais heureux.         

Je me souviens, avant de retourner à l’intérieur des murs, avoir eu une petite amie, féministe, qui voulait que j’ajoute dans les droits de la personne, le droit au bonheur.  J’y voyais un problème : aucune société ne peut garantir le bonheur à ses citoyens, car le bonheur est une réalité, une définition personnelle.  Le bonheur n’est pas le même pour tous. 

Cependant, je considère depuis que toute société démocratique doit s’efforcer de mettre en place tous les mécanismes qui permettront à l’individu de pouvoir évoluer dans la quête de son bien-être.  Quête quasi-impossible dans une société de consommation à outrance ou une société trop scrupuleuse. 

Par conséquent, une société évoluée permettra à ses jeunes, à travers un enseignement sain, de savoir comment fonctionnent leur corps.  Elle leur fournira toute l’information nécessaire pour faire des choix judicieux.

Au lieu de jouer aux scrupuleux, les responsables de l’éducation des jeunes devraient concevoir des outils (films, textes) d’information et de réflexion sexuelle.  Un jeune qui sait ne passera pas sa vie à regarder du porno alors qu’il comprend que cette approche de la sexualité manque de son élément principal : l’amour.  La porno déforme la réalité et fait croire que le geste suffit pour t’envoyer au ciel … d’ailleurs, c’est ce que les jeunes reprochent à la porno : déformer la réalité, la vérité et ainsi manquer de romantisme.

On ne fait que commencer à dire la vérité sur la sexualité des jeunes.  Ainsi, à ma grande surprise, on publiait dans la Tribune de Sherbrooke, le résultat d’un sondage fait auprès de jeunes d’East Angus.  On y confirmait ce que la majorité des gens pensent.        

Les filles prétendent avoir fait l’amour pour la première fois à 15 ans alors que pour les gars c’est 14 ans.  (Si on parlait de masturbation, ce serait un décalage encore plus grand et chez le garçon ce serait probablement autour de 11 ou 12 ans pour la première fois).  Ce qui correspond bien à la première éjaculation.   

Alors que les filles commencent plus vieilles à regarder des clips sexués parce qu’elles trouvent ça vite trop osé, les gars eux voudraient toujours en voir plus.  Si on pense à la publicité, on note que pour faire croire que c’est normal d’être hétéro, le bébé en couche a déjà sa petite amie. 

Avant 11-12 ans, le petit gars ne veut rien savoir des filles, car la sexualité est la dernière de ses préoccupations et les filles sont trop moumounes dans les jeux.  Les intérêts sont on ne peut plus divergents.  Les stéréotypes que les féministes condamnent tant sont ceux qu’elles et les hommes comme elles ont créés pour combattre l’homosexualité.  Il fallait asseoir le message de la normalité.  La raison d’exister de la publicité est de vendre, vendre n’importe quoi, mais vendre.        

On vient à peine de s’apercevoir que les jeunes sont sexués, car on nous a -par le silence- fait croire que c’était mal de l’être.  Mais, qu’on le veuille ou non, l’humain étant un animal sexué, il l’est de sa naissance à sa mort. 

Les gars ont toujours eu le bâton plus vite élevé parce qu’on ne commence pas au berceau à leur casser la tête avec la sexualité.  La fille n’a pas dix ans qu’elle doit croire qu’il faut absolument empêcher un homme d’y mettre la main sur une poitrine inexistante. Question d’apprendre jeune à ne pas se laisser tripoter.  Une fille sexuée est une guidoune, apprend-on aux jeunes filles. 

Le Québec est une société d’hypocrites, à cause de la religion dès qu’il est question de sexualité.  On joue aux scrupuleux pour passer pour normal.  

Dans cette enquête, on révèle que les gars sont allés voir du porno vers 10 ans alors que les filles parlent de 13-14 ans.  On pourrait se demander si l’éducation des filles, à cause de la surprotection, ne crée pas ce décalage horaire?  Alors qu’on essaie de nous faire croire que les pédophiles sont très dangereux sur internet, on apprend que très peu de jeunes ont eu des rencontres sexuelles à la suite de clavardage.  Ce n’est même pas dans les mœurs des jeunes.  Allo!  Allo! Réveillez-vous ! 

Pourquoi multiplier le nombre de policiers affectés à surveiller (ce devrait être les parents) les jeunes sur internet ?  N’y a-t-il pas des services de sécurité parentale qui existent?  Les jeunes sont curieux, mais ils ne sont pas fous.  Ils savent très bien qu’il existe des maniaques et que c’est une question de sécurité que de ne pas se fier à ce qu’ils voient ou entendent sur internet.  J’ai 65 ans et on a essayé de me piéger dans de la fraude ; alors imaginez si j’en avais 13 et une belle petite queue… pardon… ce sont les fillettes qui se font prendre… drôle de hasard. 

Serait-ce que les hétéros se contrôlent moins bien que les gais?  Pourtant, chez les gais, le «cruising» est bien spécial.  Il est loin d’être hypocrite… Tu passes plus souvent et plus vite la main sur ce qui te fascines, mais tu dois faire attention, car si l’autre n’aime pas ça, il peut t’arranger le portrait. 

Si les lois concernant le viol étaient strictement liées au droit de dire oui ou non, les procès seraient là pour protéger toutes les filles. Mais, la protection des jeunes permet la quête de meilleures subventions pour les mouvements qui croient que parce que t’as eu une expérience sexuelle, tu es nécessairement une victime.

Nègre

juillet 5, 2022

Je suis un Nègre blanc d’Amérique. Très bon livre de Pierre Vallière.

Radioactif 426

juillet 5, 2022

Radioactif 426

Texte de 2008, p. 744

Je suis nouveau-français d’Amérique.          

Si je respecte les nouvelles lois, voulant l’égalité entre l’homme et la femme, une réalité qui ne devrait jamais être mise en doute, qu’on devrait ajouter à notre Charte de la personne ; je me dois de constater que je suis de descendance Nouveau-Français puisque mon pays d’origine est la Nouvelle-France.

Mon pays, colonisé par la France, mon pays père-mère, fut vendu aux Anglais dans un grand échange d’après-guerre. 

Abandonné, j’ai appris à survivre seul.  Aujourd’hui, voyant qu’on est devenu riche, donc, un marché intéressant, la France qui s’anglicise en écoutant Paul Desmarais (dis-mois qui tu fréquentes et je te dirai ce que tu vaux). Elle essaie de nous faire croire qu’on lui doit quelque chose parce qu’on a quelque part dans nos gênes, les mêmes tendances que Sarkozy , donc, nous sommes des coureurs de jupons infatigables.   

À remarquer que même cette égalité, dès qu’on s’est senti libre, a évolué : de coureur de jupons, nous sommes devenus coureurs des bois.  Pas étonnant que Louis Riel savait que chez tous les autochtones métis, il y a une pinte de sang français.  Nous avons toujours préféré davantage nous nettoyer le fusil dans la nature qu’admirer les conventions militaires. 

Nous avons toujours eu l’esprit large et nous nous sommes toujours sentis bien quand nous étions au large.  Nos ancêtres libres étaient d’ardents défenseurs du « Newlook autochtone», précurseur de l’hypersexualisation, inventée par jalousie par les féminounes qui trouvent toujours les autres plus belles qu’elles. Elles jalousent encore les  « Rocheuses » qu’elles admirent en secret chez les «tops modèles» dans les revues, mais elles nourrissent leurs discours d’espoir que la mode fera tomber les hommes amoureux des petites poitrines ou des corps mieux enveloppés.  

Une vision encore toute religieuse de la femme consacrée «mal en puissance» par les curés ou «Marie Madeleine ».si tu n’es pas « Mère ».   Nos ancêtres savaient que les petites Indiennes valaient bien les petites canadiennes, sauf en hiver.  Et oui, avant le Kanada, (consécration autochtone), il eut la Nouvelle-France.

Remarquer qu’à cette époque, les nouveautés d’appellation contrôlée étaient plutôt restreintes. Et du Kanada, qui signifie « grande fiesta » est né chez les Anglais, un peuple plutôt froid, le Canada. 

Les Anglais ont quand même eu la bonté de nous reprendre en main, en brûlant les maisons le long du St-Laurent , en nous forçant à parler leur langue et en laissant les nobles partir pour la France, (avant de partir pour la gloire en 1789) , éliminant pratiquement l’existence de personnes le moindrement instruites en Nouvelle-France, devenu Nouvelle-Angleterre. 

Ils pensaient que nous n’existerions plus très bientôt. Mais, c’était mal comprendre notre force en viagra.

Quand ils se sont aperçus que nous étions un peuple fort, une race invincible, ils ont tenté de créer leur Canada.  Puisque vaincu, on «le» portait bas, ils ont décidé de nous appeler Bas-Canada.  Persuadés que leur morale, nous forcerait à rester dans nos culottes, ils tentèrent de nous humilier une première fois en se proclamant le Haut-Canada.  On a dû admettre leur sens de l’égalité puisqu’ils nous ont forcés à payer leurs dettes.   

Je ne suis donc pas de descendance «canadienne-française» puisque le Kanada est un concept amérindien et que du français, je fus  » abandonné ». 

Je suis donc un Nouveau-français d’Amérique d’où, grâce à Vespucci, j’adore les mets italiens, particulièrement, la lasagne.  Je suis issu de la pauvreté, mais j’ai du courage à revendre. 

Je suis de race fière, assez fière pour dire à nos intellos qui veulent nous garder dans le Canada anglais, descendant du Haut-Canada, d’aller se faire voir. 

Si nos gouvernements avaient fait l’indépendance, on n’aurait pas de problème identitaire aujourd’hui.  Et pour accompagner nos lasagnes, on prendrait un bon verre de la cuvée Jacques Parizeau, car ce vin mérite la réputation de nos origines latines : « In vinos Veritas» ! 

La folie scrupuleuse.       

Chaque année, quand survenait le début de l’été, on voyait apparaître dans nos classes, l’assistante-directrice avec une règle à mesurer pour s’assurer que les filles n’avaient pas une jupe trop courte.  J’ai toujours trouvé ça absolument débile.  Même si les jupes étaient courtes, les filles avaient quand même des sous-vêtements.  Quelle est cette maladie mentale qui fait que l’on devient hystérique dès qu’on voit un corps qui est le moindrement dénudé ? 

Je me suis demandé si je réagirais différemment si les petits gars arrivaient avec des culottes courtes, ayant une telle échancrure aux cuisses qu’elle me permettant de voir ou deviner les parties génitales derrière les sous-vêtements?  J’aurais sûrement tendance à regarder, car je suis très voyeur, mais au moins, je sais que c’est complètement débile.  Ça ne m’apporte absolument rien, mais j’adore ça quand même. 

Les féministes-curés ne semblent pas voir les choses du même oeil.  Elles agissent comme si elles étaient jalouses ou comme si elles avaient peur qu’une autre personne soit plus attrayante qu’elles.  D’ailleurs, les plus scrupuleuses sont généralement les plus laides ou celles qui se croient les plus belles, mais qui sont frustrées de ne pas attirer autant les regards.  Est-ce une autre méthode pour se faire remarquer ? 

À mon sens, de tels scrupules dénotent un gros problème de maîtrise de soi.  En quoi la façon de se vêtir des autres me regarde-t-elle?  C’est à l’école, direz-vous. So what?  Elles ne sont pas plus nues que sur la plage ? 

On dirait que les humains aiment se coincer dans toutes sortes de règles débiles.  Les cigarettes, par exemple.  Bientôt, il faudra cacher nos dentiers pour ne pas faire peur aux jeunes.  Ou leur montrer ce qu’il leur arrivera s’ils fument trop. Si on les enlève trop vite, ils pourraient penser qu’on veut les sucer. On est même plus maître chez-nous. 

Un de mes neveux attend depuis quatre ans l’acceptation des travaux de réparation à sa demeure.  Le voisin d’un de mes cousins vient de se faire interdire le droit de mettre de l’asphalte dans son entrée de cour.  Bientôt, il faudra un ticket pour avoir droit de respirer.  Quand les gens commenceront-ils à exiger le droit à la vie privée ?  Pas de violence, ça ne regarde que moi. 

Pourquoi n’aurait-on pas un peu plus de plages publiques pour nudistes?  C’est tellement agréable de nager nu…

Avoir honte de son corps, est une preuve de déséquilibre émotif. Alors, imaginez le déséquilibre du professeur qui se sent mal à l’aise de parler de masturbation dans un cours de sexualité. Il a absolument besoin de rencontrer un psychologue pour se faire rapetisser le Surmoi.

Radioactif 425

juillet 4, 2022

Radioactif  425

Texte de 2008, p. 741

Guerre d’intellos.

Le pire cauchemar du Québec et du Canada, c’est d’être dirigé par des avocats.  Ces individus prônent sans cesse la morale, mais ne cherchent qu’une chose : gagner à tout prix.  C’est ce qu’on constate quand on lit la biographie de nos ex-premiers ministres.

Le problème ce n’est pas qui avait raison afin de pouvoir vanter sa perspicacité, mais, le bien des individus qui demeurent dans tel ou tel territoire.  Il n’y a pas que l’économie qui compte, même si nous allons tout droit vers une super-crise économique mondiale.  On se fiche que des millions de gens crèvent de faim, on est ébloui par la crise du pétrole. 

On oublie que pour l’or noir et les diamants, on a pratiquement détruit des pays africains, tué des millions de gens et ça continue. Le pétrole n’a pas de prix, il est un dieu.

Le seul changement appeler à survenir : quand il n’y aura plus de pauvre pour payer taxes et impôts, on devra bien » laver  » des gens un peu plus riche, la classe moyenne.  Mais, cette classe est un peu plus instruite et peut-être que la situation dans laquelle la mondialisation nous entraîne créera la première révolution mondiale? Quand il n’y aura plus d’argent pour payer le « militaire » peut-être que les dirigeants du monde commenceront à trembler dans leurs culottes? 

Et pendant ce temps au Québec, on se demande si on est des Québécois de souche ou des Canadiens français? 

C’est une question que se posait mon bon ami l’écrivain Raoul Roy, mais la perspective était différente.  Raoul disait que le Canada a tellement volé le Québec qu’il lui avait même volé son propre nom.  Pour lui, le Canada c’était le Québec et les Anglais devraient se trouver un autre nom.  Les Québécois, terme qui viendrait du RIN et de Bourgault, ça voulait dire pour M. Roy, les habitants de la ville de Québec.  Je trouvais ça très comique. 

On est devenu des Québécois d’appellation, il ne nous manque plus que le pays.      

On ne peut pas toujours revenir en arrière comme on vient de le faire avec la sexualité. On est revenu aux années 1950 en changeant l’âge de consentement à 16 ans et avec la loi C-10, on recrée le trône de la censure. 

Pendant ce temps, Stéphane Dion ne trouve rien de mieux que de laisser Harper nous enliser dans la merde religieuse de l’Ouest canadien américanisé.  Au moins, on aura la chasteté.  Quand on comprendra, le Québec deviendra un pays.    

Toutes ces guerres d’intellos n’ont d’intérêt que pour eux ; mais ce sont les gens en général qui payent la note.

La folie humaine.

Pendant que des millions de personnes sont condamnées à crever de faim à cause de la crise alimentaire, empirée par l’explosion du coût du pétrole, nos gouvernements dépensent des milliards de dollars pour la guerre. 

Selon l’institut international de la recherche pour la paix à Stockholm, ces dépenses ont atteint 1339 milliards de dollars en 2007, la part des États-Unis représente 45 % du total.  Washington a dépensé 541 milliards, soit 3.6 % de plus qu’en 2006.  La Grande-Bretagne occupe la deuxième position (59.7 milliards de dollars) suivi de la Chine (58.3 milliards de dollars), la France (53.6 milliards) et la Russie 35.4 milliards.  Les huit puissances nucléaires possèdent 25,000 ogives nucléaires en 2008.  Peut-on être plus fou ? 

Est-il normal que les moins bien nantis n’aient pas droit à une toute petite part du gâteau?  Si on prenait 5% de l’argent dépensé pour les armes, tout le monde sur la terre serait nourri, logé, soigné et éduqué. 

L’être humain est le seul animal assez fou pour engranger de telles richesses.  Quand tu mourras amèneras-tu tes avoirs ? 

La richesse est concentrée entre les mains d’environ 500 personnes au maximum qui décident de la vie ou de la mort de millions de gens.  Pourquoi cette folie pour détenir le plus d’énergie, de dollars, de pouvoir est-elle possible?  Une vraie maladie mentale, car le pouvoir et la richesse ne te feront pas vivre une minute de plus. 

Évidemment, la responsabilité première de cette situation revient à ceux qui payent les taxes et les impôts sans s’opposer à cette folie.  Comment priver nos gouvernements de l’argent nécessaire pour empirer cette folie collective qu’on retrouve seulement chez l’homme?  Sans guerre, notre système ne peut pas survivre, car toutes ces dépenses inutiles sont essentielles au bon fonctionnement de l’économie.  Le système économique est comme un serpent qui se bouffe la queue.  Plus l’espace entre le bout de la queue et de la tête est grand, plus il est en santé. 

Dans La paix indésirable, un livre formulant les raisons pour combattre la guerre présenté à John Kennedy, on disait que la guerre permet une tonne de dépenses inutiles et sans celles-ci le système éclaterait.  La guerre permet entre autres la création d’emplois bien payés. La folie militaire engendre la création de toutes sortes de recherches qui finalement servent à l’ensemble de l’humanité. 

L’homme est-il une bête si folle qu’elle ne peut pas évoluer sans détruire son environnement pour posséder tout ce qui l’entoure?  Pourquoi le pouvoir est-il concentré entre les mains de quelques-uns?  Pourquoi la majorité accepte-telle qu’on carbure à la guerre?  Les pires causes sont économiques. 

Le surplus d’êtres humains crée une surabondance de la consommation, ce qui rend l’énergie plus rare et donc plus coûteuse.  Ce même surplus exige que l’on détruise davantage la planète pour répondre aux besoins de consommation des humains.  L’argent est concentrée entre les mains de ceux qui détiennent ces richesses ou encore pires les détenteurs artificiels, la bourse.  On se fiche de la santé de la planète.  Tant qu’il y aura des spéculateurs, des bourses, il y aura des crises ; car ces salauds se fichent du dégât qu’ils causent, ils ne pensent qu’au profit.  Une bêtise absolue. 

Ça existe simplement parce que nos gouvernements n’ont pas le pouvoir de mettre un système plus humain à la place du capitalisme sauvage ou du communisme.   Pire, les religions ont été détournées de leur raison principale d’exister et au lieu de rechercher une amélioration spirituelle des gens, les religions veulent être celles qui dominent (plus d’argent) et pour ce faire, elles créent des règles qui permettent l’aliénation.  En contrôlant la sexualité, les religions modifient et contrôlent l’ouverture d’un individu à l’autre.  La haine peut être entretenue en se basant sur la supériorité de sa religion.  Plus on croit, plus on est fanatique, plus on est prêt à faire la guerre. 

Le plus bel exemple se passe au Moyen Orient où la guerre repose d’abord sur la différence de religions.  Ce sont les fanatiques religieux juifs et musulmans qui entretiennent la haine.  L’homme de la haine, c’est l’homme de la domination des instincts, du rejet de sa réalité, de sa sexualité : le produit des religions.  Si les religions se contentaient de s’occuper des raisons spirituelles pour lesquelles elles existent, elles prôneraient l’amour plutôt que la haine de tous ceux qui nous sont différents.  Comment renverser la vapeur?  Comment revenir au besoin fondamental d’être heureux?  

Les Nations Unies doivent exiger des grandes puissances que l’on prenne une partie de ce qui est investi dans les armes et qu’on l’investisse dans la lutte à la misère.  Tout individu a le droit d’avoir la chance de se réaliser.

Cette situation existera ainsi tant que la majorité n’en aura pas pris conscience. Faudra-t-il qu’il en meurt encore des millions avant de s’en apercevoir?  

Radioactif 424

juillet 3, 2022

Radioactif 424

Texte de 2008, p. 739

Le racisme.

Quand j’étais en pension à Québec, j’étais, à part la famille qui nous recevait, le seul pensionnaire qui était Québécois d’origine, les autres étaient tous Français, Belges ou Algériens.          

Un jour, un noir s’y installa.  Je suis allé prendre une bière avec lui.  J’étais le plus fier des gars, car je n’étais pas raciste.  Puis, celui qui devint un jour cuisinier du gouverneur général.  « O abomination des abominations ! », me dit que j’étais un raciste.  Je ne comprenais rien.  J’étais gentil, je le respectais, je lui payais bière sur bière, que faisais-je de mal pour être ainsi identifié au pire vice de l’humanité : l’intolérance, le racisme? 

Il eut la gentillesse de me l’expliquer.  « Si tu étais avec un autre blanc, serais-tu aussi prévenant, aussi gentil, que tu l’aies avec moi?  Non ! Parce que je suis noir et tu dois te prouver que tu n’es pas raciste, donc, t’es raciste. 

Être raciste, c’est agir différemment avec un individu, que ce soit en bien ou en mal, à cause de sa race.  La race lui donne un statut privilégié. »  

J’étais raciste parce que je n’agissais pas avec lui exactement comme avec un autre, à cause de sa race. 

En d’autre terme, en le gâtant, j’essayais de me prouver que je n’étais pas raciste pour faire plaisir à mon petit égo, mais cette hypocrisie, ce manque de naturel, de sincérité dans l’intention, faisait de moi  un raciste. 

Alors, nous n’étions pas des égaux.  Il était perçu comme mieux qu’un autre, qu’un blanc, pour me prouver que je n’avais pas de préjugés.  En ce faisant, je venais de prouver que j’en avais.  Si je n’en avais pas eu, je n’aurais pas eu à me prouver que je n’en avais pas.  Ne pas être raciste, c’est de ne pas faire de distinction, d’agir exactement avec l’autre, comme s’il n’y avait pas de différence.  D’être à être, d’humain à humain.           

Il est aussi possible que des noirs soient racistes.  J’ai constaté que les amis de mes fistons et même mes fistons, même s’ils avaient la peau brune et non noire, apportaient une nuance quant à ce que le noir soit plus foncé ou moins foncé chez l’autre pour se situer socialement.  Pour eux, un Haïtien était moins nègre qu’un Africain.  Ce n’était pas ma façon de voir, mais la leur entre noirs.

Par exemple, quand j’ai voulu adopter leur cousin Nosir, mes fistons me parlaient souvent du fait qu’il était plus noir qu’eux.  Pour moi, ça n’avait en soi aucune importance.  Ils étaient très heureux de ma décision, c’était le cousin adoré, mais ils percevaient cette nuance raciste. 

Le racisme m’apparaît comme un refus de la moindre différence.  Cependant, suis-je raciste juste à constater ces différences?  Je ne le crois pas.  On n’est pas assez imbéciles pour ne pas voir la nuance ; mais si cela me fait agir différemment alors je deviens un raciste.  Cette petite anecdote devrait guider notre discours sur « notre racisme».     

Quand je travaillais pour le Parti Québécois, à Val d’Or, tout en me battant comme président de la Société nationale des Québécois pour le fait français, les libéraux s’amusaient à me décrier comme un raciste parce que je voulais un Québec français.         

En quoi l’aplaventrisme devant l’anglais est-il autre chose que du racisme?  L’anglais est alors perçu comme supérieur au français.    On me traitait de raciste alors que j’avais adopté deux enfants de couleur, que je me rendais à la mosquée et je participais aux rites religieux musulmans par sympathie pour mes fils.  Je voulais comprendre nos différences.  Qui étaient vraiment racistes?  Le racisme porte peut-être un autre nom quand entre personne de même couleur on se calomnie?      

Est-ce que le fédéral, en refusant la double citoyenneté aux anglophones du Québec pour appuyer la partition advenant un OUI au référendum, était raciste?  Sûrement.         

Quand j’ai accepté de vivre avec mes deux garçons, j’exigeais que tout se passe en français à la maison.  Ce qui ne leur plaisait pas. «Le Québec est français », leur disais-je ; mais la raison la plus profonde était la suivante : le français est une langue extrêmement difficile à apprendre, donc, il fallait y mettre tous les efforts, lui donner l’exclusivité pour en faciliter l’apprentissage alors que l’anglais, quand ils posséderaient le français, c’est tellement facile à apprendre qu’ils le feraient sans effort. 

Un petit bain linguistique suffit pour apprendre l’anglais.  Le français aime se compliquer la vie, il ne se contente pas de règles, mais ajoute encore plus d’exceptions. C’est une très belle langue, mais elle est en régression à cause de ça.  Elle ne s’adapte pas à la facilité, une qualité recherchée par tous les jeunes. 

Quand j’ai commencé à enseigner, à Montréal, je suis revenu tout fier à la maison d’avoir un emploi plus permanent, .avec plus de sécurité.   Une permanence.  Imaginez les rires et les sarcasmes quand les jeunes ont appris que mon travail serait d’enseigner l’anglais.       

Cet incident demeure après tant d’années à provoquer l’hilarité dès qu’on se rencontre, Shuhed et moi, puisque malheureusement Rouhed n’y est plus.      
 
Je crois très honnêtement que mon ouverture aux autres est le plus beau et le plus grand cadeau-héritage que m’a laissé ma pédérastie. 

Ça demeure vrai, même si aujourd’hui, tous les paires avec qui j’ai combattu pour créer un pays, me rejettent parce que j’ose affirmer ma pédérastie.  

Je suis rejeté par tout le monde parce qu’il est actuellement à la mode de ne pas frayer avec un tel pervers.  

Ce fut une expérience qui m’a forcé, par le goût du bien et du beau, à accepter de toujours chercher les qualités chez les autres plutôt que les défauts. 

Je dirais que ça rejoint, je pense, le fondement de la foi catholique qui m’a sculpté quand j’étais jeune, alors que je me contentais de réfléchir sur les Évangiles pour comprendre ma religion plutôt que d’obéir à l’interprétation que les autres en faisaient. 

02 juillet 2022

Je crois sincèrement que l’hypocrisie sociale est encore pire aujourd’hui que dans mon enfance. 

Marcel Proust, que j’ai connu, grâce à mon ami Gabriel Charpentier, qui m’a remis ses œuvres complètes pour lire en prison, cachait son homosexualité en utilisant un « je »féminin. Ce que je ne fais pas. Je raconte ma vie en parlant directement de mes amours. Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas penser que le nom du garçon employé puisse avoir 18 ans au lieu de 12 ou 15 ans.

Quand j’ai commencé à écrire, il est vrai que j’aimais provoquer. J’aurais écrit n’importe quoi pour scandaliser, et pourtant, si on lit mes livres en introduisant la nuance dont je viens de parler, on constaterait que je suis somme toute assez pudique, en comparaison à bien des auteurs hétéros.

Sauf, que parfois à cause de la censure, je pète les plombs un peu trop vite. En fait, c’est aux individus de décider ce qu’ils veulent vivre quoique je conseillerais à quiconque de ne pas faire comme moi et ne jamais avouer être pédéraste. Vive l’hypocrisie, si elle nous donne la paix.

Je n’ai pas à pleurer sur mon sort, j’ai fait ce que je voulais. La liberté a un prix et je l’ai payée. Le pire, je ne changerais rien à ce que j’ai vécu, sauf comme je l’ai déjà écrit, j’aimerais ne jamais boire autant. Boire est une façon hypocrite de se suicider.

Radioactif 423

juillet 2, 2022

Radioactif 423

Texte de 2008, p. 736

Avoir une voix : l’indépendance.

Le grand secret des libéraux du Québec, c’est d’essayer de ne pas trop faire de gaffes, dissimuler les problèmes derrière les portes de Commissions d’enquête,  mais aussi de dire de temps en temps ce que les gens veulent entendre. 

C’est probablement en ce sens que Jean Charest vient de dire aux Américains (y a-t-il un journal américain qui a repris sa déclaration?) que la frontière, la barrière, construite entre les États-Unis et le Mexique, tient de la folie furieuse comme tous les autres murs entre les peuples.  Super bravo !     

Personnellement, j’aurais payé une bière à Jean Charest pour le féliciter d’avoir osé dire ce qu’il pense ; même s’il sait que ça ne changera absolument rien.  Ça fait plaisir aux petits gauchisants de mon espèce. 

C’est comme le marché commun avec l’Europe.  Il devrait mousser l’idée comme premier ministre du Québec et non comme mouton d’Ottawa.  C’est justement pour avoir une voix qui se prononce dans les milieux internationaux que le Québec doit être indépendant. 

Il faut dire que les libéraux ont actuellement le vent dans les voiles parce qu’ils mettent sur la table des idées internationales irréalisables intéressantes et, tout comme ici, le front commun Québec-Ontario contre les politiques vertes-brunes-merde des pétrolières de l’Ouest.       

Avec cette union Québec-Ontario, on peut commencer à rêver à une véritable confédération, c’est-à-dire un pays dont le pouvoir appartient d’abord aux provinces. 

Un statut particulier, une souveraineté culturelle absolue du Québec à l’intérieur du Canada, ce n’est pas nouveau.  Les quarante dernières années ont simplement démontré que c’est irréaliste.  Le Canada ne nous aime qu’au moment où ils ont peur de nous perdre. 

Les nouvelles lois fédérales prouvent que nous n’avons pas les mêmes valeurs que l’Ouest Canadien.  La fédération canadienne est une concentration de pouvoir qui couche dans le lit des pétrolières, donc, des Républicains américains. 

On n’est pas en Afghanistan pour aider le peuple, c’est une illusion, tant qu’on privilégiera le militaire. 

C’est vrai qu’on ne peut pas changer des fanatiques religieux qui prennent les armes pour la domination de leur religion, mais ce n’est pas la guerre qui parviendra à y changer quoi que ce soit, mais l’éducation.   N’importe quelle religion qui a besoin de violence pour s’établir ne vaut pas grand-chose.  La vérité ne s’implante pas dans la tête des gens à coup d’attentats ou de bombardements.    
 
Si on veut que ça change, il faut des écoles libérées des religions. 

Les religions servent à maintenir l’aliénation nécessaire pour concentrer le pouvoir à travers leur prétendu ordre moral.  

Le seul moyen de combattre la guerre est la solidarité humaine, solidarité qui n’existera jamais tant qu’on ne se sera pas débarrassé des préjugés que les religions engendrent, surtout à partir de leur conception de la sexualité, de peuple élu et d’impies. 

Quand les religions ne s’occuperont que du spirituel, l’humanité aura fait un pas de géant, car on saura qu’il faut créer un monde parallèle au monde économique.  Moins consommer et mieux partager. Ne pas accepter que des millions de gens vivent dans la misère et meurent de faim.  On s’apercevra que l’ONU doit avoir plus de pouvoir de décision que les multinationales et les pétrolières.  L’internet permet cette solidarité planétaire.  Malheureusement, les crosseurs (profiteurs) abondent sur l’internet.  On ne sait pas à qui se fier. 

Il faut créer des routes de solidarité sûres. 

Pas de race, pas de nationalité, pas de religion ; des gens qui veulent le bonheur de l’humanité et «la protection de la vie de toutes les espèces animales».  La vie est la valeur première

Je suis peut-être pédéraste, mais je travaille dans ma mesure, à créer une terre qui ne se détruise pas pour assurer des profits aux exploiteurs.  Ils ont la force de la violence, il faudra créer celle de l’Amour et de l’Amitié.  Je crois dans l’Utopie.                   

Pourrait-on jumeler tel individu pauvre à une personne un peu plus riche qui lui viendrait en aide selon ses capacités? Comment forcer les banques internationales à éliminer totalement la faim?  Ce sont les vraies questions.  Comment échapper à l’économique?      

Maudit espace !     

Je viens de faire un maudit bon texte sur le racisme, en réponse à M. Bouchard, qui croit qu’on doit penser comme ses lucides.   Hors de notre pensée, point de salut. 

Malheureusement, j’ai oublié encore une fois, obnubilé par le texte et les propos, que je perds tout ce que j’écris quand mon texte est trop long au moment de le sauvegarder. 

Au lieu de pouvoir le lire dans ma page, mon carnet (blog), il disparaît.  Je me ramasse à l’accueil et je dois tout recommencer.  J’haïs ça, tabarnak ! Que j’haïs ça, car on ne repense jamais un texte de la même façon. 

La technique, c’est très beau ; mais ça peut être très chiant.  Je recommence… puisque je suis déçu, le texte sera sûrement moins bon.  Je reprendrai Le temps des cauchemars, après ces grandes réflexions. 

C’est d’autant plus choquant que je passe des heures, tous les jours, à essayer de vous intéresser. 

Par ailleurs, j’ai découvert que même si je doute que je sois aussi visité qu’on l’indique, cet exercice quotidien est extraordinaire comme un journal de bord.  Je ne pourrais jamais me livrer avec autant de liberté, dans ma vie réelle. 

Je suis trop gêné pour ça. C’est facile dire à des gens qui ne ressemblent à rien « je suis pédéraste », mais en face à face, c’est différent. 

Écrire sur internet, c’est comme jaser avec Benji.  Elle ne peut pas me répondre, mais je sais qu’elle me comprend.  Je suis sûr qu’un jour l’internet sera un instrument culturel mondial incontournable. 

Pour le moment, on snobe la création populaire…et on minimise la création que cet instrument nous permet de vivre. 

Les vrais écrivains, comme Balzac, écrivaient tous les jours dans les journaux.  Avec l’internet, on peut nous lire instantanément autour du globe.  C’est plus que fantastique… J’espère qu’en essayant d’avoir du contenu, je ne choque personne ; mais ce fut ma vie.     Et, je dois avouer que j’ai ei une très belle vie , faite de toutes sortes d’expériences.   
 

Radioactif 422

juillet 1, 2022

Radioactif 422

Texte de 2008, p. 734

L’industrie du chantage sexuel.          

Il est évident que la pègre est directement liée au chantage qui s’exerce sur les présumés prédateurs sexuels d’où l’on veut que les listes de la police soient rendues publiques.   À partir de ces listes et les différents chiffres d’accusation, il est possible d’établir un système de chantage permanent.  Une rente à vie à payer au maître chanteur. 

Par exemple, en écrivant mon carnet (blog), je savais que je m’exposais au chantage.  Aucune disposition de la loi ne permet une prescription, mais les proxénètes en ont une de deux ans. 

Comme me le disait mon bon ami Pierre Faucher, qui était policier, tu as avantage à te faire oublier dès que tu es accusé, car tu perds automatiquement le droit de parole, surtout si tu t’intéresses aussi à la politique.  

« Même si tu défends les droits des individus, on fera croire que tu défends tes intérêts personnels.»          
 
Dans mon cas, depuis quelques temps, les événements bizarres se sont multipliés.  Par exemple, j’ai un individu qui est entré en contact avec moi.  Des discussions directes.  Puisque j’ai la Cam, il voulait tout voir ; mais pas question pour lui de se laisser voir, surtout le visage.  Un policier qui s’essaie ?  De la prévention entre adulte ?  Bizarre !        

Entre adultes, ces peurs ne devraient pas exister ; mais on sait que des policiers se font passer pour des jeunes pour essayer d’attraper les prétendus prédateurs.  Pourquoi ne pas organiser  une situation où la victime se dit adulte, alors que c’est un jeune ou un maître chanteur (policier ou pas) ?   Une fois qu’on t’as vu nu sur la Cam, on peut faire croire que ça s’est passé comme on veut, selon ses bénéfices.   Bizarre que le manège doive durer des mois avant qu’il y ait arrestation.  La sollicitation doit se faire des deux bords pour qu’il se passe quelque chose et que l’aîné puisse croire dans l’existence du plus jeune.  Peut-on parler de sollicitation quand tu es ainsi harponné?  Est-ce légal?  La police serait au-dessus des lois. Des bandits légaux?          
 
J’ai eu un deuxième cas, plus clair, une jeune fille prétendait être très riche, mais il lui fallait un intermédiaire pour avoir l’argent de la banque européenne.  Une petite Africaine dont la famille a été éliminée dans une révolte populaire par une junte militaire.  J’ai transmis ses informations à la banque européenne comme elle le voulait et je n’en ai plus entendu parler depuis.  Sauf, qu’elle prétendait vouloir venir vivre avec moi.  Puis, j’ai une ancienne flamme, appelons la Daniel (puisque je crois qu’il est mort) qui veut avoir de l’argent sous la menace de tout dévoiler ce qui se passait il y a 40 ans.   

On sait que l’Église catholique a dépensé des millions pour se faire pardonner.  Le chantage a été ainsi consacré.  Il fera dorénavant parti de nos mœurs.  On sait que souvent, particulièrement les femmes, se sont servies de motifs sexuels pour avoir une meilleure pension alimentaire. 

Que ce soit vrai ou pas, le jour où les journaux en parlent, t’es un homme mort.  Bizarre, comment la télévision joue au curé.  On le sait et on en profite.  Ce serait intéressant de savoir quels liens se sont établis à partir de ces chaînes de chantage, les médias et les partis politiques. 

Personnellement, j’ai pris conscience de ce trafic, il y a une dizaine années. 

Malheureusement, je n’y peux rien.  On m’a bien fermé la gueule tant que la vérité soit connue et reconnue, la droite aura le gros bout du bâton.   Il suffit d’entretenir la paranoïa pour que les gens croient que cette situation est normale.  Ce n’est sûrement pas prêt de changer. 

Même le ministre libéral, M. Dupuis, analyse les avantages politiques de rendre public la liste des prédateurs sexuels.  On n’est jamais trop vertueux, surtout quand ça augmente les votes en ta faveur.   L’Action démocratique est le faire valoir libéral par la droite alors que Québec Solidaire semble jouer le même jeu à gauche pour éliminer le Parti Québécois.  Les Québécois choisissent toujours le centre de préférence.  Québec solidaire est un moyen fédéraste pour tuer le Parti québécois. La division tue le retour du PQ au pouvoir.           

Être victime de chantage, c’est affreux.  T’as vite mal à la tête, à l’estomac.  Tu te demandes ce qui arrivera à tous ceux qui sont proches de toi.  Tout est noir. Tu voudrais crever d’un coup.  C’est une sensation affreuse.  Tu n’as rien à dire pour te défendre, tu es condamné juste par le fait d’exister. 

Après, on s’étonne que les prédateurs deviennent fous et violents.  On fait tout pour que ça arrive.  Le pouvoir est ainsi à l’abri de tous les dissidents.  Il suffit de les accuser de récidive pour qu’ils soient silencieux à jamais.  Quand il y a chantage si on obéissait à la peur qui nous anime, on prendrait une corde et on irait immédiatement se pendre.     

Peut-être que ce sera le seul moyen de faire comprendre aux bien-pensants qu’ils sont des salauds en ne respectant pas la vie privée, pour les crimes sexuels commis quand  il n’y a pas de violence.       

N.D.L.R. : Le ministre Dupuis ne serait pas très chaud à l’idée d’un registre public. Bravo !           

La guerre en Ukraine

juin 30, 2022

La guerre en Ukraine.

29 juin 2022

Le bandit Donald Trump a eu raison. Poutine a été assez intelligent pour organiser une guerre qu’il savait gagner d’avance, car nos chefs de pays démocratiques ne feraient que tenir des réunions, des conférences de presse pour nous faire croire dans un support qui arrive toujours en retard.

Nos chefs politiques et militaires sont des grands gueules sans couilles. Il ne fallait pas de guerre nucléaire, tout le monde en convient; mais on aurait dû trouver moyen d’aider l’Ukraine assez vite pour ne pas être un pays morcelé à la fin de l’exercice.

La guerre en Ukraine aura permis au Kremlin de se faire un tas d’argent, grâce à la Chine, aux Indes et autres pays qui appuient Poutine. On se sera débarrasser des vieux équipements et Poutine finira par avoir un territoire conquis grâce à sa haine des Ukrainiens.

La mondialisation nous a appris, grâce à cette guerre, que des individus sont tellement riches qu’ils ont plus de poids que certains pays.

Ce qui est le plus dégueulasse dans cette guerre, c’est le peu de cas que l’on a de l’être humain.

Que des bâtisses soient anéanties, ça ne fera que mieux faire fonctionner l’économie; mais les gens tués et la misère ne seront jamais compensés, car la vie n‘a aucun prix. 

Que des gens souffrent parce qu’un fou de l’autre côté de la frontière fait un rêve de conquête c’est révoltant.

On s’est servi de l’Ukraine pour des jeux carrément politiques, au détriment de millions d’individus. Rien ne justifie la guerre. Espérons que l’on trouvera au moins le moyen d’en faire payer le prix à Poutine.

Radioactif 421

juin 30, 2022

Radioactif 421

Texte de 2008, p. 733

FLQ : une idée dépassée ?

Je ne sais pas si c’est parce que je vieillis, mais je considère le FLQ et tout autre mouvement terroriste, comme une idée absolument dépassée. 

En 1970, c’était différent. On était jeune et on prenait conscience que le gouvernement fédéral est un système de bandits légalisés dans lequel nous étions des moins que rien.        

Même si c’était évident, pourtant, une majorité de gens continuaient de croire dans les institutions fédérales.  On aurait dit que plus les choses devenaient claires, plus les gens étaient masochistes.  Bourassa était réélu avec des records ainsi que le maire de Montréal. 

Les fédérastes mentaient à pleine gueule à la population qui au lieu de se rebeller s’enlisait dans l’aliénation. On semblait ne pas être capable de comprendre qu’il y a un niveau de gouvernement de trop. 

Le fédéral nous exploite, il faut se débarrasser du fédéral.  

Les fédérastes ont alors inventé le coup de la Brinks.  Nous avons eu peur.  Comme des pécheurs repentants, on acceptait notre sort, sauf une petite gang : le FLQ. 

Le FLQ était violent parce qu’on n’avait rien à perdre, tout à gagner. 

À cette époque, tous les riches, tous les dirigeants d’entreprises parlaient anglais.  Aucun francophone ne pouvait espérer devenir cadre ou très peu.  Ça brassait même aux États-Unis alors qu’on combattait la guerre au Vietnam.  Les féministes et les homosexuels avaient un même langage : le droit d’être maître de son corps. Cette effervescence se transmettait.    

Aujourd’hui, on n’a pas un esprit révolutionnaire.  On est écœuré et impuissant, ce n’est absolument pas pareil.  On est résigné.  On reproche au Parti Québécois de ne pas avoir fait l’indépendance, mais à chaque référendum, on a décidé de continuer de manger la merde fédéraste en votant majoritairement NON.   La violence ne ferait que justifier une autre répression.      
 
Le seul moyen de s’en sortir c’est de rêver un pays tellement alléchant qu’une très grande majorité en voudra… (Si mes premiers jets avaient été sauvegardés, le texte serait plus intéressant. Je déteste de devoir  recommencer.) 

Le fascisme est de retour.

La vague-retour au fascisme est bel et bien enclenchée.

Avec la loi C-10, on remet en place la censure comme lorsque j’étais jeune.  En essayant de protéger le fœtus, les Conservateurs espèrent interdire l’avortement à moyen terme.  Avec les accommodements religieux, les religions pourront s’offrir tous les privilèges au nom de leur foi.  On reparle ce matin de la députée Sylvie Roy, de l’Action démocratique, qui tente de relancer le débat sur la liste permanente des pédophiles et la castration chimique, sans tenir compte à savoir si les faits qui ont entraîné les condamnations sont violents ou non.  Donc, c’est encore la religion qui décide et impose ses valeurs morales. 

On essaiera certainement de revenir sur la maladie mentale pour définir l’homosexualité, c’est une question de temps. 

Personnellement, avec tout ce que j’ai écrit,  je me suis placé dans l’endroit idéal pour être victime de chantage.  Il suffit de revenir à 40 ans plus tôt pour trouver un jeune qui se rappelle et qui n’obtient pas l’argent qu’il veut pour que l’on puisse me faire la peau en échange d’une délation.  L’humanité n’évolue pas. 

Pour du pétrole, bientôt on pourra y ajouter l’eau et la nourriture, on accepte que des millions d’humains meurent.  Ce n’est pas une vision pessimiste, c’est la réalité. 

Il est impossible de voir ce qui pourra modifier cette tendance.  Les journalistes se mettront bientôt à décrier les droits de la personne. 

On n’est pas sorti du bois… on retourne vers le pouvoir du fascisme.   Hitler n’est pas mort, il va bientôt renaître en Harper ?

Radioactif 420

juin 29, 2022

Radioactif 420

Texte de 2008, p. 731

Les nerfs, M. Dubourg!

Le député libéral provincial de Viau, M. Emmanuel Dubourg, demande rien de moins que de revoir la notion de liberté d’expression dans la Charte des droits, à la suite de l’appellation de reine-nègre à l’endroit de Mme Michaël Jean par Victor-Lévy Beaulieu.

C’est pas gentil, ce n’est pas poli, mais : Les nerfs!  Les nerfs!   Après Nathalie Simard qui prétend qu’un toucher à caractère sexuel est pire qu’un meurtre, voilà qu’un autre excité voudrait changer nos lois parce qu’un écrivain a assez de culture pour reprendre une vieille expression littéraire et manifester ce qu’il ressent quant à la gouverneure-générale Michaël Jean, laquelle est une honte politique pour plusieurs Québécois. 

Ce que personne n’ose dire, mais qui correspond à ce que presque tout le monde pense en silence.             

Lévy- Beaulieu ne s’en est pas pris à la communauté haïtienne, mais à Michaël Jean. 

En acceptant de devenir gouverneure- générale, elle savait que dans la tête de bien des gens, elle devenait la putain nationale.  Alors les nerfs. 

Quand on traite faussement un individu de pédophile, on n’a aucune protection de la Charte parce que ça fait l’affaire du système judiciaire.  Pourtant, c’est vraiment condamner quelqu’un à la mort, car, en étant perçu comme pédophile au Québec, tu perds presque tous tes droits au travail ainsi qu’au bénévolat.   Tu ne peux même plus voyager.          

Victor Lévy Beaulieu aurait dû clairement dire que pour plusieurs nationalistes québécois Michaël Jean est une putain nationale, car après avoir « fleurté » avec des gens identifiés au FLQ, voilà qu’elle est protégée par la GRC pour effectuer les coups de cochon du fédéral à l’endroit du Québec.  Est-ce préférable de l’appeler ainsi? 

On peut aussi la nommer la vire-capaud nationale.  Ce n’est pas parce que quelqu’un est visé personnellement que toute la communauté haïtienne l’est. 

Je comprends que pour les jeunes Haïtiens, elle est un modèle de réussite.  En ce sens, personne ne peut se méprendre et au-delà de la politique, on ne peut que s’en féliciter.        

Un Haïtien d’origine est aussi un Québécois et le bien du Québec exige que tous ses citoyens soient bien et respectés.  Cependant, vous réagissez comme les musulmans qui s’énervent dès que quelqu’un fait une caricature de Mahomet.  Une réaction d’hystérique.  Plutôt que de vouloir restreindre la liberté d’expression, demandez-vous si la nomination de Michaël Jean fut autre chose que l’opportunité d’essayer de ramener les Haïtiens du Québec dans le giron fédéraste. 

Posez la question, c’est y répondre.  Une position politique ne nous place pas au-dessus des critiques et des caricatures.  Les nerfs!  Ou elle était idiote ou elle savait que ce qu’elle faisait n’est pas jojo : elle a trahi le sentiment antimonarchique de la majorité des Québécois pour servir de roi-nègre au fédéral afin de ramener une communauté haïtienne trop nationaliste au fédéralisme.   Une femme, c’est une reine qu’on appelle ça.  Avant de chialer, on devrait avoir un peu de culture.  Cependant, on devrait éviter ces propos qui peuvent être perçus comme racistes.        

Ayant adopté des enfants quasi noirs (Bangladesh), j’ai constaté qu’ils se traitent de nègres entre eux : le Haïtien étant moins noir que celui qui arrive d’Afrique , donc, il est selon eux moins nègre.   Le racisme est affaire d’éducation et souvent de religion. 

Si le contexte littéraire donne raison à Victor-Lévy Beaulieu, il faut se réjouir que dans la réalité la position de Mme Jean aide les jeunes Haïtiens à mieux s’intégrer au Québec.  Dans ce sens, il est préférable de contenir sa colère. 
 
M. Harper et Mme Jean ont manqué de jugement en se présentant en France pour le 400è de la ville de Québec.  La gouverneure-générale, est qu’on le veuille ou non, le symbole de la conquête.  Normal que des Québécois en aient plein le casque de ces petites joutes politiques. 

Quand on pose un geste politique, on peut s’attendre à se faire dire ses vérités.  Le Québec est dirigé comme une colonie canadienne. Pas surprenant que le député pète les plombs : il est Haïtien et fédéraste.  Mais, au Québec, la liberté d’expression est une valeur sacrée.  On y touche pas… même s’il aurait été préférable que M. Beaulieu pense deux fois à ce qu’il dit avant d’ouvrir la bouche.     

On a pas besoin de querelles aussi puériles qu’inutiles pour se construire un pays à nous. On veut que le Québec soit tolérant.  Alors, Dubourg-Beaulieu, embrassez-vous, ce sera plus gai…

Radioactif 419

juin 28, 2022

Radioactif 419

Texte de 2008, page 730

L’AAACE : poursuites judiciaires.

J’ai fait parvenir une copie de la lettre suivante à l’Association des auteures des Cantons de l’est et Richard Martineau, au Journal de Montréal

Par la présente, je veux exercer un recours judiciaire personnel fondé sur l’article 49 de la Charte des droits et liberté.       

Considérant que j’ai décidé de participer aux concours de l’Association des auteures des Cantons de l’Est, j’ai fait parvenir deux textes : La pédérastie mise à nu et Autoportrait d’une révolte.  Le premier a été rejeté parce qu’il ne respectait pas les exigences en termes de temps.  Autoportrait d’une révolte, le deuxième texte ne présentait pas de problème. C’est le rassemblement de poèmes qui font ressortir mes luttes sociopolitiques et celles en faveur de la liberté sexuelle.      
  
Considérant que l’âge de consentement nie le droit des adolescents à leur orientation sexuelle et leur vie privée. Cette règle est, à mon avis, inconstitutionnelle comme la loi C-10.    
 
Considérant que j’ai été invité à une séance de signatures pour Autoportrait d’une révolte.           

Considérant que j’ai alors reçu des email de la présidente, Mme Bureau, m’informant que je ne pouvais pas assister aux signatures, sous prétexte que je suis pédophile et que j’en parle dans mes écrits alors que c’est faux puisque je suis pédéraste.  

Considérant que l’on se basait sur le titre de deux livres publiés antérieurement, soit Laissez venir à moi les petits gars, un roman publié à Parti Pris (1981) et qui existait lorsque l’Union des Écrivains du Québec m’a accepté comme membre titulaire.  C’est un roman qui raconte l’histoire d’un gars qui est emprisonné pour un crime sexuel, donc, une fiction, malgré les allures autobiographiques.  Quant à l’autre, c’est Aimer les petits gars, féerie du monde adulte ; titre d’un texte publié dans le livre Sortir, aux Éditions de l’Aurore, 1978.  C’est un essai collectif pour dénoncer la violence faite aux homosexuels.

Considérant qu’un pédéraste n’est pas un pédophile, selon toutes les données scientifiques : un pédophile est intéressé par les enfants de moins de 10 ans alors qu’un pédéraste est gai et attiré par les adolescents.  Voir particulièrement Freud en ce qui concerne le développement de la sexualité.  Définition scientifique plutôt que religieuse.       

Considérant que l’on a prétendu que la poésie de jet est un terme prouvant ma pédophilie alors que ce genre de poésie est l’équivalent du slam, sans connotation sexuelle particulière. Poésie de jet était utilisé par moi pour distinguer ma poésie de la poésie officielle, basée sur le rêve, la structure; alors que la poésie de jet fait référence à l’emploi particulier de l’émotif, de la réalité et se veut plus musicale.  Tous les sujets sont permis. 

Considérant que j’ai eu des relations sexuelles avec des hommes, des femmes et de jeunes garçons, puisque je suis libre penseur, qu’est-ce qui fait que j’ai telle ou telle orientation sexuelle?  Jeune garçon ne veut pas dire bambin. Pour des écrivains, c’est de l’ignorance crasse.           

Par conséquent, je demande que l’on retire cette accusation quant à ma vie personnelle et mon orientation sexuelle.  J’ai toujours dit que je suis pédéraste.      
  
Que l’AAACE reconnaisse mon droit de traiter des sujets que je veux et respectent les nuances qui existent dans les divers genres littéraires (Article 3, de la Charte).  La liberté d’expression permet à chacun de manifester ses pensées, ses opinions, ses croyances, en fait toute les expressions du coeur et de l’esprit, aussi impopulaires, déplaisantes ou contestataires soient-elles. (Irwing Toy Ltd c Québec (procureur général, I. R, C. S. 927,968).         

L’attitude de l’AAACE est fondée sur l’ignorance et constitue une diffamation.

Que l’on cesse toute forme de harcèlement, m’empêchant de vivre pleinement ma vie d’écrivain, car il suffit que j’aie un projet pour que des gens ayant été influencés par l’article de Richard Martineau montent aux barricades pour faire échouer, en prétendant faussement que je suis un pédophile.  Comme si un pédophile n’avait aucun droit de vivre au Québec.     
 

Radioactif 418

juin 27, 2022

Radioactif 418

Texte de 2008, p. 727

Victor Lévy Beaulieu.

Victor Lévy-Beaulieu a parfaitement raison quand il parle de la Gouverneure du Canada, Mme Michaël Jean.  C’est une reine-nègre qui savait ce qu’elle faisait en acceptant de servir le fédéral.     

Il n’y a rien de raciste là-dedans, il faut juste avoir assez de culture pour comprendre l’expression  » roi-nègre ». 

Le fédéral vient d’insulter encore une fois les Québécois, en l’envoyant à Larochelle, en ne respectant pas l’histoire ; car la représentante de la reine au Canada est représentante de la Conquête.  Le hasard fait qu’en plus d’être une reine-nègre, elle est aussi, une haïtienne.  Elle a trahi la confiance des nationalistes, c’est normal qu’on ne la porte pas dans notre coeur. 

Ailleurs, on n’accepterait tout simplement pas ça plus bruyamment.   Son volte-face envers les nationalistes a été perçu comme une trahison du Québec.  Le fédéral a couru après, mais comme d’habitude, ce sont les Québécois qui ne comprennent pas, selon le fédéral.  Pourquoi y a-t-il une reine au Canada, si Pet Trou d’eau a obtenu l’indépendance du Canada de la Couronne d’Angleterre ? 

L’origine haïtienne n’a rien à voir, c’est le hasard.  On peut se demander pour qui Mme Jean travaillait quand elle se tenait avec les felquistes?  On se sert d’elle pour amener les Haïtiens à être fédérastes, voilà tout.  Une autre cochonnerie politique.

L’indépendance dépassée ou l’avenir ?       

Les Québécois fonctionnent aux modes.  C’est pourquoi les fédérastes répètent sans cesse que l’indépendance, à cause de la mondialisation, est dépassée ou une vieille idée. 

Une autre ignorance qu’on répand, car à force de le dire, on ose plus prendre parti pour l’indépendance de peur de passer pour un dinosaure.  

Pourtant, au contraire, jamais l’indépendance sera autant une preuve de maturité.  Être un pays c’est la seule chance de jouer un rôle véritable dans le monde ; car, tout se passe et se passera encore plus dans les prochaines décennies dans les bureaux de l’ONU.  On y est absent ou on se prétend canadien. 

Le Canada actuel crache plus que jamais sur toutes les valeurs de non-violence, de partage, de recherche de paix.  C’est le prix à payer parce que Stephen Harper nous gave comme des oies.     
 

Politique = mensonges.

Pourquoi pense-t-on que la politique n’est qu’hypocrisie, mensonge, promesses non tenues ?        Parce qu’on retrouve surtout des avocats comme politiciens.         

Pauvre Chine !

C’est terrible ce qui se passe en Chine et en Birmanie.  Au moins les Chinois s’occupent de leurs victimes.  Le Canda devrait y envoyer le plus d’aide possible.  Dommage qu’on ne puisse se rendre les aider. C’est quand même mieux que la junte militaire voisine. 

L’ONU doit obtenir que toute l’aide puisse être apportée aux Birmans, sinon y aller de force et présenter des accusations pour crimes contre l’humanité contre ces responsables paranoïaques. On pourrait aider en communiquant avec CECI. 

Pouvoir = Système = mafias.

Le système, ce sont ceux qui détiennent le pouvoir mondial, une toute petite clique toute-puissante… le dieu de nos livres saints … alors que la mafia se situe à un niveau un tout petit peu plus bas, soit ceux qui détiennent un pouvoir subalterne, moins étendu que celui du système qui règne sur l’humanité et qui comprend les religions.         

La mafia ce sont certains chefs d’état, les chefs religieux, les chefs de la banque mondiale ; les dirigeants des pétrolières ou des industries qui sont des monopoles et dont personne ne peut se passer dans sa vie ; les dirigeants de la pègre et de la police (juges).        

Les hommes de bras de la mafia sont les dirigeants de la pègre et de la police ; et finalement, il y a le vrai monde.   Les gens qui par leurs taxes et leurs impôts enrichissent la mafia et le système. 

On essaie de rendre cette perception impopulaire, car on risque, si trop de gens comprennent, qu’il y ait une révolution mondiale.   

Révolution ne veut absolument pas dire prendre les armes ; car le trafic d’armes est aussi partie constituante du système.  Les guerres sont décidées par le système.  Il faut des guerres pour vendre des armes.  Ce n’est pas une conspiration, c’est une réalité animale.  Les animaux fonctionnent en établissant une hiérarchie.   Plus vous êtes corrompus (forts), plus vous évoluez dans l’ascension hiérarchique.  Plus vous êtes élevé dans la hiérarchie, plus votre pouvoir repose sur un plus grand nombre d’individus.  C’est pourquoi notre monde est dirigé par des bandits légaux.     

Le but ultime, c’est le pouvoir.  Toutes les règles viennent d’en-haut parce qu’elles permettent de conserver la mainmise sur les gens.  Pas d’argent, pas de nourriture, pas de plaisir.  Le péché sert à créer une forme de culpabilité qui te rend encore plus servile dès ton enfance. 

Les livres de W. Reich sont extrêmement clairs à ce chapitre, surtout la Révolution sexuelle et La lutte sexuelle des jeunes.  Quand on les a lus, on comprend la lutte du système contre les pédérastes, ces éternels désobéissants … 

Les féminounes craignent que les pédophiles rognent leur pourvoir sur les jeunes.  Aussi, se servent-elles du pouvoir émotif qu’elles ont sur leur mâle pour restaurer les limites de leur royaume exclusif.  Nous vivons encore en pleine jungle.

Radioactif 417

juin 26, 2022

Radioactif 417

Texte de 2008, p. 725

Québec laïc ou catholique ?     

Les politiciens ne veulent rien comprendre au peuple québécois.  Ils veulent des votes.  Ils ne mettent pas leurs culottes de façon à éviter les crises appréhendées.  On est fort là-dessus depuis Trudeau.  

La trudeaumanie, c’est un signe d’aliénation et non de réflexion.  Il était beau, mais très baveux.             

On dit que le Québec est une société laïque.  Donc, pas catholique ; mais en même temps, il faut se plier à tous les caprices des Juifs et des Islamistes.  Par chez-nous, quand tu vis dans une société laïque ça veut dire pas de religion politique. 

Eh oui, la Charte te garantit le droit à ta religion ; mais les rites d’une religion ne sont pas la religion.  D’autant plus que ce sont ces rites qui divisent l’humanité et l’appelle à se taper sur la gueule.  Ces rites sont des signes politiques, car ils servent à prouver le nombre de fidèles. 

Les religions ne respectent pas la conscience individuelle et les droits de la personne, Les hommes devraient être des anges.  C’est ceux qui s’établissent chez-nous à qui il revient de s’assurer que leur religion respecte les valeurs des Québécois.      

Les musulmans non fanatiques sont comme les catholiques, la religion a une place dans leur coeur et leur esprit, mais pas toute la place.  Ils croient, mais ne veulent pas d’une société théocratique. 

Je suis bien d’accord à vivre dans un pays tolérant (je ne peux pas dire que c’est ce qu’on me fait vivre, même si je suis Québécois) ; mais la tolérance ça se vie des deux bords. 

Tu n’es pas tolérant quand c’est toi qui sacrifie tout ce que tu penses sous prétexte de ne pas blesser l’autre. T’es masochiste. 

Si la religion doit conserver un espace public, où on consacre notre réalité : nous sommes une société catholique, car la très grande majorité des Québécois sont catholiques.  Tu as le droit à ta religion chez-toi et dans le temple de ta religion.  Pas de religion ailleurs, surtout pas dans les écoles.       

La religion, c’est familial.
  Mais, si on veut créer un monde de tolérance, on devrait mettre comme règle : ta liberté s’arrête à celle de l’autre. Qu’est-ce que ça peut me faire qu’une femme décide de porter son voile?  Elle est aliénée, arriérée.  Puis, c’est son droit.  Ça ne me prive de rien, sauf qu’une femme qui a un voile est nettement identifiée à une religion comme la « couette » du petit juif ou sa circoncision qu’on a généralisé pour qu’il n’y ait plus d’identification possible par la circoncision.    

On accepte des exceptions pour un, on les accepte pour tous. 

C’est pourquoi le rapport Bouchard-Taylor ne va pas assez loin.  On doit clairement indiquer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.  Si le voile ne dérange personne ; une personne qui se promène avec une petite croix à la boutonnière, ça ne dérange pas non plus.  Ou tout le monde qui a rapport ou qui travaille dans un espace public soit laïc ou on reconnaît qu’au Québec on est catholique.    

Les religions ne servent qu’à créer des malaises, des fanatismes.
  Si on ne confondait pas croyance et rites ; on n’aurait pas ces problèmes.            

Je me souviens avoir rencontré un chef musulman à Hamilton.  Il voulait que les musulmans parlent anglais au Québec.  » Si on ne veut pas ça, il faudra s’installer ailleurs « .  Ce à quoi, je lui ai répondu :  » Bon voyage dans ce cas, car le Québec est et restera francophone.  »  

Le Québec est francophone, si ça ne plaît à ceux qui veulent s’installer ici, ils n’ont qu’à s’en aller au Canada, c’est un pays anglais.  Par contre, s’ils veulent parler français, pas de problème.  Bienvenus !  Mille fois bienvenus !  Ils sont aussi Québécois que moi.

C’est la condition, le prérequis. Incontournable !  Indiscutable !  Même chose pour les compagnies qui s’installent chez-nous.  Le français est la langue de travail. 

Si on a des couilles et qu’on se parle dans l’esprit de mieux se comprendre et mieux s’apprécier, on cessera de jouer aux diplomates et on se dira la vérité en face. 

On a pas digéré de ne pas pouvoir être un pays parce que le fédéral s’est servi d’immigrants pour voler le référendum.  Il n’y a pas au bout de la ligne de Québécois, Canadiens, Juifs ou autres, on est tous des êtres humains et si on est intelligents, on apprendra à s’aimer plutôt qu’à se taper sur la gueule.  

Malheureusement pour moi, c’est mon orientation sexuelle qui m’a fait découvrir ça. 

Pour cela, il faudra transcender nos religions.  Plutôt que de nous apprendre à nous aimer, les religions et leur fanatisme divisent les hommes et sont une de raisons pour lesquelles il y a des guerres. 

Les religions sont de grosses multinationales de l’esprit.  Elles ne sont pas très riches pour rien.             

Jean Charest mène largement.

Le gouvernement de Jean Charest mène largement, qu’en pensez-vous ?        

On a la merde qu’on mérite.  En paroles, les libéraux sont extraordinaires, mais dans les faits, ce sont ceux qui veulent nous assimiler dès qu’ils ont le pouvoir.  Si les libéraux étaient plus nationalistes, ce serait plus intéressant.  Le fédéral devrait y penser avant de nous planter ou nous mentir.           

Les libéraux tels qu’ils sont actuellement, les essayer, c’est apprendre l’anglais. On oublie les principaux défis pour l’avenir : l’école, l’emploi, la santé et l’immigration.  Le tout sur un fonds économique. 

Dans 20 ans, il faut diriger tout en fonction de l’arrivée des baby-boomers, sinon c’est se préparer un enfer, car il n’y aura plus assez vieux au travail.        

Il faut aussi légiférer comme un état laïc.  Les religions sont pires que des multinationales.   Les libéraux, en défendant la fédération, sont devenus les pires menteurs et les pires hypocrites. Il est urgent que l’intérêt du Québec surpasse l’intérêt des partis politiques.  On a droit à la vérité pour prendre de sages décisions. 

Le français devrait être notre grande priorité au cours de prochains mois.  Si les politiciens mettent leur culotte, le sort du français sera très vite réglé : une immigration obligatoirement française, le français comme langue du travail, aucun film anglais dans les cinémas francophones sans avoir déjà été traduits en français, etc.         

Quand on sera indépendant, on pourra se payer le luxe de posséder plus d’une langue.  Pas d’accommodements religieux … pas d’accommodement linguistique; mais le respect des minorités qui se traduit avec la phase : les traiter comme on voudrait être traités.

Radioactif 416

juin 25, 2022

Radioactif  416

Texte de 2008, p. 723

Pénurie de gens normaux.

Que l’on continue à faire la chasse aux pédérastes que l’on qualifie de pédophiles et bientôt grâce à cette paranoïa collective, née de notre religion anti sexuelle et de l’insécurité émotive des féministes ; plus un seul homme ne voudra, avec raison, se retrouver en compagnie d’une personne de moins de 21 ans, car la folie portera le système à toujours changer l’âge de consentement, en le haussant constamment.          Tout comme les femmes veulent conserver leur pouvoir sur les jeunes, en écartant les hommes.            
 
Au lieu d’avoir des jeunes à la recherche d’un idéal et du plaisir de vivre,  on aura des jeunes frustrés qui devront se défouler entre deux drogues sur tout ce qui les entoure ou en se suicidant.   

On ne trouve déjà plus assez de famille d’accueil, on manque de bénévoles auprès des jeunes, on finira par manquer de travailleurs dans l’éducation et la santé ; mais au moins, on aura une société assez débile pour prétendre que la chasteté des jeunes est plus importante que la vie et le respect de leur propre développement.         

Le choix de ta relation relève de ton intégrité et de ta vie privée, même si tu es mineur.

Il faut connaître les habitudes des homosexuels pour savoir que le «cruising» est totalement différent de celui qu’on utilise envers les femmes.  Est-ce qu’un gars dans la construction qui fait une farce en poignant la poche de son voisin est un criminel?  Selon nos lois oui, même s’ils sont adultes. Ils ont l’âge requis. C’est ne pas savoir vivre, c’est évident, mais comment expliquer la folie de vouloir en faire un acte criminel? Ce geste change quoi dans ta vie?  Est-ce que ça rend infertile?  Est-ce que ça fait mal?  Est-on plus sensible que les autres avant 16 ans? De la folie furieuse.   

Quand plus personne ne voudra approcher un jeune, on paiera le prix de cette imbécilité.   « Ton corps t’appartient et n’appartient qu’à toi l ».  Tu as le droit de dire oui et/ou non ; j’aime ou je n’aime pas.   Autrement, notre société ne respecte pas tes droits individuels. Le droit d’un individu à développer une conscience personnelle.   Tu dois apprendre la fermeté dans ta décision et tes convictions quand il s’agit de ta sexualité.         
 
Quel que soit dorénavant le verdit contre les deux profs accusés de pédophilie: ce sont déjà des gars morts.  Juste le fait qu’on en ait parlé avant qu’ils ne soient reconnus coupables, c’est les consacrer paria dans la société.        

L’ordurier journal en fait son chou-gras ce matin.  Avant les Québécois allaient écouter les sornettes sexuelles des curés pour se faire une idée de ce qu’il devaient penser comme s’ils ne pouvaient pas penser par eux-mêmes.  Maintenant les directeurs de conscience sont nos médias ou les épouses féminounes de la police ou de la pègre, comme je l’ai appris en 1996.    C’est dans ce sens-là que j’ai écrit ce poème personnel parce que je ne crois pas qu’on est la volonté de réfléchir sur le phénomène :          
                                  
Espace pédéraste !

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste.

           
Et c’est pour ça       
     que l’on m’exclue          
     que l’on me chasse      
     que l’on m’accable        
     qu’on me condamne.

Je préfère ma folie à vos règles débiles.  Le texte au complet semble une véritable provocation, mais c’est le seul moyen de pouvoir faire connaître ce qui se passe réellement dans la vie.  

Notre société qui se targue d’être démocratique ne sait même pas respecter le droit des individus. 

Une telle étroitesse d’esprit — contrôler la vie sexuelle des jeunes — ne m’allume pas. Quand on me prouvera que ça fait mal de se faire tâter ou manger le pénis, je reverrai mon jugement sur le sujet.   

Ce n’est pas une aventure essentielle, mais accidentelle qui n’a pas de grandes répercussions, si on ne le crie pas sur tous les toits.

La vie privée est essentielle au bonheur individuel. C’est un droit fondamental. Ton corps n’appartient qu’à toi.  L’essentiel en sexualité est d’apprendre à respecter l’autre.

Radioactif 415

juin 24, 2022

Radioactif 415

Texte de 2008, p. 721

Des élections, ça presse.


Il faut des élections dès maintenant sur notre identité
.  Voulons-nous que le Québec soit un territoire laïc, où le français est la langue commune ? 

Avant de faire quoi que ce soit, il faut régler ces deux questions fondamentales.

Élections : français.         

On devrait tenir des élections pour décider lequel des partis politiques est le plus apte à défendre le fait français au Québec.   
 
On a beau prétendre que le français n’est pas en danger, les francophones seront bientôt minoritaires à Montréal.  Si, on nous avait écouté, il y a quelques années, nous n’en serions pas là aujourd’hui, car les immigrants auraient su que le français est la langue du Québec et ils l’auraient appris.         

En étant fédéraste, Jean Charest ne peut que contribuer à l’anglicisation du Québec. 

Évidemment, le Québec menace l’Amérique de francisation puisque nous sommes les gros méchants comme toujours.  Les avant-rapports Bouchard-Taylor nous indique ce que les libéraux voudraient que l’on pense. On aura eu qu’à lire The Gazette pour voir que rien n’a changé.   

Les libéraux demeurent le parti de ceux qui contribuent à l’assimilation.  Des élections devraient être tenues si Jean Charest s’obstine à ne pas accepter que l’on crée une Constitution du Québec.  Que ce travail dure plusieurs mois ne l’empêche pas de travailler à franciser le Québec.          

Il pourrait commencer par demander à ses fonctionnaires d’écrire en français aux industries (un petit exemple à donner) et au lieu de payer des cours d’anglais aux immigrants pour qu’ils se dénichent du travail,  il paierait des cours de français et forcerait les compagnies à utiliser le français comme langue de travail. 

Quand Jean Charest dit promouvoir le français au Québec, il n’a aucune crédibilité : les faits prouvent le contraire.  Il est trop fédéraste pour comprendre l’importance du français.  Il n’est pas fou, il sait que si les gens comprenaient son jeu, il ne ferait plus long feu.  Pour avoir le vote francophone, il va sauver le crucifix à l’Assemblée nationale, car les Québécois sont encore à genoux, même s’ils ne se rendent plus à la messe . Un discours dans le vent, comme d’habitude, quand il s’agit du français.    

Tous les « non » des dernières semaines prouvent hors de tout doute raisonnable qu’on ne peut pas lui faire confiance.  Si les deux autres partis pensent à l’intérêt futur du Québec, ils le renverseront et les élections nous diront si on veut toujours être une nation parlant français.                   

Quand je vais au Canada, je parle anglais.  Ce ne sont pas les immigrants qui doivent payer le prix du manque de colonne vertébrale du gouvernement du Québec.  C’est à nous de nous tenir debout et dire qu’elles sont les valeurs du Québec et leur fournir l’occasion de vivre comme nous, égal.  Qu’on le veuille ou non, c’est le devoir du gouvernement de s’assurer que les immigrants respectent aussi ce que nous sommes.        

Le Québec de demain ?

Jean Charest ne peut pas penser à un Québec français, en étant fédéraliste ; car depuis toujours le fédéral travaille à angliciser le Québec et essayer de faire du Québec une province comme les autres.            
 
C’est le point le plus négatif des libéraux.  Ils sont tellement fédérastes qu’ils n’arrivent pas à s’apercevoir que dans une fédération, le Québec ne peut que disparaître à long terme.  Une fédération, c’est le propre de la centralisation.         

Qu’on le veuille ou non, le Canada est un pays anglophone.  Le bilinguisme, c’est une farce de Trudeau encore une fois.  Pour que ça ait un sens, il aurait fallu que tous les Canadiens acceptent qu’un Canadien est bilingue.     

Le Québec est la partie la plus bilingue du Canada.
  Évidemment, on dit que c’est impossible que le Québec s’anglicise et on parle de la survivance du français dans les autres provinces ; mais on oublie de nous dire que le taux d’assimilation augmente à grande vitesse en dehors du Québec. Les endroits qu’on présentait auparavant comme des « terres françaises » sont devenus des îlots folkloriques.  À tel point qu’au moment où j’ai enseigné à l’université de Sudbury, en immersion française, on ne voulait pas que les étudiants se rendent en ville, car il n’y avait plus assez de français.           

Si les Québécois savaient la vérité, ce ne serait pas long que l’on serait un nouveau pays.  Ce n’est pas parce qu’on veut créer le pays du Québec qu’on doit être contre l’immigration.   Au contraire.           

Si l’immigration avait été assumée seulement par le Québec nous n’aurions pas aujourd’hui à avoir peur des immigrants.  Ils entraient au pays dans l’espérance de s’en aller aux États-Unis, un pays anglais.  Alors, c’était bien normal qu’ils veulent apprendre l’anglais. 

En affirmant ce que nous voulons comme nation : français, égalité homme-femme ; laïc ; les immigrants nous respecteront.  Actuellement, ils ne nous insultent pas, ils ne peuvent pas savoir ce que l’on veut et ce que l’on est.  Nous ne le savons pas nous-mêmes.         

Si les francophones avaient voté à 95 pour cent OUI comme les Anglais ont voté Non en bloc au dernier référendum, le Québec serait déjà un pays.  Mais, les féministes n’étaient pas encore satisfaites de la place qu’on fait aux femmes (comme si ça avait rapport) et les fonctionnaires voulaient faire payer au gouvernement une baisse de salaires. 

Quarante ans après, on invoque encore ce fait pour justifier la lâcheté qui nous a coûté le pays. Les premiers responsables, c’est nous, nous qui élisons des gouvernements fédérastes.  Ce n’est pas la faute des immigrants, si nous avons besoin du pétrole.  On n’a pas été assez intelligent pour le remplacer par l’électricité.  Nous manquons de professeur et pourtant un gars comme moi qui a une maîtrise, on ne l’engage pas parce qu’on le prétend pédophile alors que je suis pédéraste.   
 
On mérite de manquer de personnels et de bénévoles quand on réagit aussi bêtement.  
 
Pourquoi n’essaie-t-on pas de prévoir créer une relève en main-d’œuvre, ce sera très bientôt un problème affreux parce qu’on ne s’en sera pas occupé quand c’était encore le temps.  Combien d’années faut-il se passer un poignet avant que cette étiquette de pédophile nous décolle de la peau ?  En quoi un pédophile non violent est-il plus dangereux qu’une personne saoule qui chauffe son auto?            

La sexualité au Québec démontre notre déséquilibre émotif face à la sexualité à cause de la peur, de la paranoïa religieuse qui nous habite toujours.  On veut se débarrasser de la religion et on n’a pas le courage de se rendre compte que ce sont des règles sexuelles religieuses dont on veut se débarrasser et non de la spiritualité.        

On refuse d’analyser les choses en profondeur et ainsi on se fait dicter la morale par une bande d’arriérés qu’on retrouve à la tête de nos entreprises de presse.  On est loin de l’émancipation personnelle.

Bonne fête nationale du Québec!

Radioactif 414

juin 23, 2022

Radioactif 414

Texte de 2008, p. 720

Il ne faut pas péter les plombs.

Je me trouve complètement ridicule d’avoir pété les plombs en ce qui concerne le jugement de la Commission des droits.  Je sais depuis que je suis jeune que la vraie mafia, c’est le système. 

Pourquoi le système accepterait-il de se faire dire ses quatre vérités par un petit écrivain sans envergure?  On l’a déjà complètement ligoté en l’accusant d’être pédophile.  Il suffit de dire qu’une personne est pédophile pour qu’elle n’ait plus aucune crédibilité.  Ça n’a aucune importance que mes écrits me survivent.            

Je m’excite le poil des jambes pour absolument rien ; sauf que sur des points, j’ai absolument raison.  Personne n’est responsable de par qui il est sexuellement attiré.     

C’est génétique.  Comment vivre quand ça t’arrive?  Doit-on protéger une personne souffrant d’être attiré par un groupe d’âge qui ne correspond pas à l’opinion et l’ignorance de la majorité?  Doit-on faire une nuance entre une approche ou une relation sexuelle violente et celle qui est partagée dans le plaisir?  Si un pédophile n’est pas violent n’est-il pas carrément débile de l’empêcher de travailler ou de vivre, en le rendant complètement paranoïaque ?     
Qui est le plus dangereux le pédophile qui arrive à subjuguer ses besoins dans des limites non dangereuses ou le frustré qui est prêt à tuer parce qu’il ne sait plus comment se comporter?  Qui est fou de peur?  C’est pourtant ce que donne l’approche de la répression. 

Il est préférable qu’un jeune soit mort plutôt que d’avoir eu du fun et d’avoir aimé ça. C’est comme ça que j’aborde la question. 

Je ne prône ni la pédérastie, ni la pédophilie, je demande seulement qu’est-ce que tu fais quand tu te rends compte que tu es ainsi?  Pourquoi n’aurais-tu pas aussi le droit de vivre?  Où est la prétendue protection des jeunes quand la police emploie des leurres, qu’elle t’excite pendant des mois pour te faire succomber à tes tendances et ses tentations, n’est –ce pas plutôt une forme de harcèlement ? 

Pourquoi aborde-t-on la sexualité avec les yeux débiles des religions sur ce sujet plutôt que de la science?  Les jeunes ont-ils droit à leur sexualité et à leur vie privée ? 

Dans le jugement de la Commission des droits quand on parle du concours, c’était mon livre Autoportrait d’une révolte, de la poésie de jet.  

De vieilles poétesses avaient décidé que ce nom poésie de jet était pédophile, ce qui est complètement fou.

Je nommais ainsi ma poésie pour affirmer que je ne me prenais pas pour un bon poète. La poésie de jet, c’était la poésie pour être dite, criée et non lue. Une tentative de forme nouvelle il y a 40 ans.

J’avais même créé une nouvelle structure poétique qui était vouée à l’échec. La poésie de jet qui se lisait comme de la musique. J’aurais voulu que ce soit comme le slam il y a 40 ans aujourd’hui.  Mais, mes textes demeuraient plates , la musique c’était dans ma tête.

Voir de la pédophilie dans cette façon d’appeler la poésie, c’est de la folie pure. L’ignorance fait-elle la loi ? 

Les deux livres pour lesquels on me fiche à la porte de l’association des auteurs sont un roman : Laissez venir à moi les petits gars, qui raconte la misère en prison pour un pédéraste et un essai publié dans les années 1980, dans Sortir.  Ces deux livres existaient et ont été présentés quand j’ai été accepté dans l’UNEQ. Je me suis même présenté dans une élection et été choisi pour participer à un projet d’écriture avant que ce mouvement me condamne à tout jamais.

On n’allume pas vite dans les Cantons de l’Est. Les féminounes ont le contrôle absolu de la culture.  Est-ce mieux qu’Harper ? Il faut penser comme tout le monde. Malheureusement, quand j’écris je le fais toujours exclusivement du point de vue homosexuel. Et, les homosexuels sont les premiers à monter aux barricades contre la pédophilie et la pédérastie, parce quand j’ai commencé à écrire on battait les homosexuels dans les parcs parce qu’on croyait qu’ils s’attaquaient aux petits gars pour les pervertir.  La débilité perdure.

Je dois reconnaître que vivre sa vie en secret demeure la meilleure chose à faire. Vive l’hypocrisie!

Radioactif 413

juin 22, 2022

Radioactif  413

Texte de 2008, p. 717

Le verdict    

La Commission des droits de la personne et de la jeunesse m’a fait parvenir son verdict quant à la plainte que j’ai déposée concernant l’article de Richard Martineau et le fait d’avoir été banni de l’Association des auteures des Cantons de l’Est. 

Ce verdit me prouve que non seulement la réflexion sur la sexualité au Québec n’a pas progressé, mais que le Québec s’enlise avec le Canada dans les délires religieux à la base des lois.  Le sexe est pire que la violence.     
  
Est-ce que je devrais perdre mon temps et mon argent à poursuivre mon combat d’écrivain libre, en allant en appel en Cour ?            

D’une manière ou d’une autre, je n’ai certainement pas plus que 35 ans à vivre.  La sexualité dans ma vie est devenue une affaire du passé.  Pire, je ne vois pas d’intérêt personnel à y changer quoi que ce soit.  Je sais depuis des dizaines d’années me contenter d’un petit coup de poignet ou d’une aventure à l’improviste.    

Dommage !  Je pense que l’humanité aurait besoin d’être réveillée, mais je n’en ai absolument pas les moyens.  Tous les exploiteurs (religions, avocats, banques, pétrolières) ont des milliards pour former l’opinion publique et ils se fichent même que des millions de gens crèvent : la terre aurait déjà trois milliards d’habitants de trop.

Les avocats sont des professionnels, des gens formés pour jouer avec les mots et les lois et celles-ci doivent être assez compliquées pour que l’individu ordinaire ait besoin de payer pour obtenir un semblant de justice. 

Le judiciaire, c’est la mafia légalisée.  Celle qui s’enrichit avec les lois.  Une forme d’exploitation qui avantage les deux puissances utilisées (la pègre et la police) pour escroquer les moins bien nantis, car au lieu de s’attaquer à la violence, au vol et au viol, à la recherche des gens disparus, on gère la vie des individus, tout en ayant de belles phrases pour faire croire que les gens ont un droit à la vie privée. 

Notre société est le meilleur gage qu’un jour la cupidité humaine provoquera la disparition de l’espèce. 

Pour l’instant, je vais noter les bouts qui me semblent intéressants et révélateurs de l’incapacité du Québec professionnel de faire évoluer le Québec vers la liberté.  Ça me fait chier de voir que le Québec sera trop borné pour devenir un jour un pays. 

Très bientôt, grâce à l’anglicisation, nous aurons disparu comme nation en Amérique.  Un peuple dont l’élite ne trouve rien mieux à faire que se cracher dessus ne peut être appelé qu’à disparaître… qu’on fasse ça vite…


Les passages qui veulent dire quelque chose.      


Voici quelques passages significatifs    :

Considérant que le plaignant s’est adressé à la Commission le 17 octobre 2007, alléguant avoir subi de la «diffamation» de la part d’un journaliste au Journal de Montréal, ce dernier l’ayant «identifié comme pédophile » dans une de ses chroniques diffusées par Canoë. ca ;         

Considérant qu’il allègue également avoir subi de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle de la part de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AAACE) dont il est membre et qui décida de lui  interdire de participer à une séance de signature prévue à son kiosque du Salon du livre de l’Estrie ainsi qu’au lancement collectif s’adressant à tout auteure ou auteur de l’Estrie ayant publié un livre au cours de l’année ;      

Considérant que le courriel transmis par la président de l’AACE à cet effet indiquait particulièrement au plaignant que le jury de l’association , après délibération concernant les prix littéraires, avait « fortement dénoncé (ses) écrits en disant qu’il s’agissait de pédophilie » , notamment les titres Laissez venir à moi les petits gars et Aimer les petits gars, féérie du monde adulte, et lui interdisait, pour le motif que l’AAACE ne pouvait endosser de tels écrits, de participer aux séances de signature et au lancement collectif;        

Considérant que le plaignant conteste cette décision de l’AAACE, faisant valoir qu’il existe une différence marquée entre la pédophilie et la pédérastie et soulignant qu’il ne prône pas la pédophilie; mais bien la pédérastie ;   

Considérant, sur ce point, qu’il s’en réfère à son essai intitulé La pédérastie mise à nu , où, entre autres, à la page 55, il se dit «étonné de l’hypocrisie, de l’hystérie collective ou la psychose que suscite le mot « pédophile » dans la collectivité québécoise, surtout qu’on l’interprète faussement, en confondant volontairement pédophilie et pédérastie» , précisant à la page 56 que la «pédophilie (…) consiste dans des rapports sexuels forcés entre un enfant de 0 à 10 ans et un adulte»;           

Considérant , quant à sa définition de la pédophilie et de la pédérastie, que le plaignant a indiqué verbalement à la personne responsable du traitement de sa plainte que « la pédophilie est 10 ans et moins et la pédérastie 10 ans et plus» ;  

Considérant l’article 10 de la Charte, qui se lit comme suit :
    10- Toute personne a droit à la reconnaissance et l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction , exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil , l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen de pallier cet handicap.
      Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. 

Considérant qu’il y a discrimination lorsqu’une distinction, exclusion ou préférence fondée sur un motif prévu à l’article 10 de la Charte a pour effet de compromettre le droit d’une personne d’être traitée en pleine égalité dans la reconnaissance et de l’exercice de ses droits et libertés; 

Considérant , de l’avis de la Commission, que l’examen de la plainte n’apporte pas d’éléments susceptibles d’établir la décision contestée par le plaignant serait reliée à un motif de l’article 10 de la Charte, en l’occurrence l’orientation sexuelle;

Considérant qu’il ressort plutôt de cet examen que la décision de l’AAACE résulte de ce que l’association n’endosse pas les prises de positions du plaignant en faveur des pratiques sexuelles avec des garçons mineurs,  tel que véhiculées dans ses écrits,  et qu’elle souhaite s’en dissocier de façon non équivoque en l’écartant de ses activités;  

Considérant qu’il est pertinent de souligner ici que le Code criminel fixe à 16 ans l’âge légal pour consentir à des activités sexuelles au Canada;          

Considérant , selon la Commission , que la pédérastie, définie dans le Petit Robert comme étant le « le commerce charnel de l’homme avec le jeune garçon », n’est pas incluse dans le motif de «orientation sexuelle» contenu à l’article 10 de la Charte, non plus que la position prônée par le plaignant à l’effet de permettre les rapport sexuels avec des mineurs de 10 ans et plus :          

Considérant qu’en l’absence de lien avec un tel motif, la situation faisant l’objet de la plainte à l’encontre de l’AAACE ne relève pas d’un cas de discrimination au sens de la Charte;           

Considérant , quant aux allégations du plaignant voulant qu’il ait subi de la «diffamation» de la part d’un journaliste l’ayant «identifié comme pédophile» , que de tels propos ne relèvent pas non plus d’un cas de discrimination au sens de la Charte, mais bien de la manifestation d’une opinion ou d’une pensée;        

Considérant , à cet égard, la protection accordée à la liberté d’expression par l’article 3 de la Charte, ce qui permet à chacun de «manifester ses pensées, ses opinions, ses croyances , en fait, toutes les expressions du coeur ou de l’esprit, aussi impopulaires, déplaisantes ou contestataires soient -elles (Irwing Toy Ltd. c. Québec (Procureur général) 1 R.C.S. 927,968);

Considérant que la compétence d’enquête de la Commission ne s’exerce, selon les termes de l’article 71  1 de la Charte, que lorsque la situation «lui parait constituer (…) un cas de discrimination»;       

Considérant que les prescriptions de l’article 6 du Règlement sur le traitement des plaintes et la procédure applicable aux enquêtes ont été respectées, le plaignant ayant été avisé par lettre du 7 février 2008 de l’intention de la personne responsable du dossier de recommander à la Commission de cesser d’agir et invité à lui faire part de ses commentaires ;  

Pour ces motifs, la Commission estime qu’il est inutile de poursuivre la recherche des éléments de preuves;      

Conséquemment, la Commission cesse d’agir en vertu de l’article 78, alinéa 2 de la Charte des droits et libertés de la personne;         

Résolution prise à l’unanimité par les membres du Comité des plaintes à leur 514è séance , tenue le 28 mars par leur résolution CP-514.8. 

21 juin 2022

Et, depuis ce temps, je suis banni de la littérature québécoise.

Il n’en demeure pas moins que le Québec ne pourra jamais ainsi respecter deux ou trois éléments retracés plus tard dans mes livres quant à l’intégrité des individus, car il faut avoir un certain âge pour avoir droit au consentement. On ne devient pas lucide qu’au premier jour de nos 16 ans.  Quelle idiotie!

Pourtant, selon la nature humaine et les enseignements de Freud, il y a une différence absolue sur la perception de la sexualité que l’on ait 5 ou 15 ans. C’est d’ailleurs pour cette raison, respecter l’intégrité des enfants, que la Charte des droits de la personne du Québec avait placé l’âge de consentement à 14 ans. Respecter le droit individuel de l’enfant à se créer une conscience personnelle, hors les religions ou les croyances des parents.

Rien n’a changé, même si j’ai expliqué ma démarche qui veut assurer que les jeunes ne soient pas maintenus dans un état crasse d’ignorance et de péché, comme cela était dans mon enfance. Loin d’être plus tolérante, la société devient de plus en plus obtuse quant à la façon de voir la sexualité. 

Je place le consentement à dix ans, car il y aurait auparavant, à la fin du primaire, deux années intensives de cours sur la sexualité, cours qui doivent essayer d’éliminer la violence dans les rapports sexuels et enfin apporter les vraies réponses aux questions que les jeunes peuvent se poser quant à leur sexualité. Jele mets à dix ans parce que selon Freud il y a une période de latence qui se termine avec l’adolescence.    À cet âge, puisque tu n’éjacules pas encore, tu ne reçois pas d’hormones qui t’éveillent à la sexualité, ce qui n’est pas le cas quand tu vieillis.  

Les études scientifiques démontrent que ton orientation sexuelle est déjà là dès ta naissance. Donc, on ne peut pas devenir gai en ayant une expérience, ce que tout le monde craignait quand j’ai commencé à écrire.  Ainsi, les rapports sexuels avec un personne mineure passent par trois étapes dans le monde de l’homosexualité : la pédophilie (surtout hétérosexuelle, mais aussi possible chez les homosexuels),  la pédérastie, contact d’un adulte avec un adolescent et les gais, soit deux adultes de même sexe.  C’est la réalité, mais on refuse de la reconnaître. C’est comme continuer à croire dans le péché de la chair, la base même de tous les mouvements antisexuels.

Certains prédateurs continueront de tuer leurs victimes. C’était pour combattre cette situation, la raison fondamentale, pour laquelle j’ai décidé d’attaquer le problème de front. 

Quand j’étais plus jeune, il y avait eu une suite de crimes qui avaient coûté la vie à de jeunes garçons. Je voulais simplement faire comprendre que cela n’arrivait que très rarement et  que la peur  des prédateurs de la réaction publique pouvait être une des raisons fondamentales de leur geste.

J’écrivais pour appeler à la tolérance, puisque dans la majorité des relations sexuelles sont non-violentes et la plupart du temps consenties, même si elles demeurent secrètes. Je croyais avoir une explication ou peut-être même la solution pour combattre cette possibilité de violence.

Je voulais aussi démontrer que la violence sociale crée par la peur et la honte du sexe était responsable de suicides d’adolescents et de violences familiales liées aux orientations sexuelles hors norme à cette époque. Dire que tu étais gai, à cette époque, c’était être isolé à vie. On garde ça maintenant pour les pédophiles et les pédérastes, les précipitant vers la maladie mentale ou le suicide.

On a décidé que j’étais le méchant.  On a décidé pour moi que ma démarche existait pour mieux cruiser les jeunes. .On a même essayé de m’en convaincre.

J’ai passé ma vie à écrire pour expliquer pourquoi les jeunes doivent avoir un cours de sexualité qui leur permet ensuite de vivre celle-ci dans le respect des autres.

Notre société est devenue folle de peur devant les sexualités divergentes, une préoccupation on ne peut plus bourgeoise. Pendant que des milliers de gens crèvent de faim au Bangladesh, ici, on s’offense de s’être fait toucher une fesse.

De la dictature catholique nous sommes passés à la dictature féminoune sur le plan sexuel.

Avoir peur et honte de sa sexualité est redevenu la norme sociale. C’est pourtant un déséquilibre puisque la vie est bien plus importante que la pudeur. Si u simple toucher te chavire à ce point, ce n’est pas d’un juge dont tu as besoin, mais d’un psychologue.

Radioactif 412

juin 21, 2022

Radioactif  412

Texte de 2008, p. 715

Québec constipé.

La religion et, j’ajouterais maintenant, le système judiciaire et les médias sont les trois principales instituions qui existent pour garder le Québec constipé sur le plan sexuel.           Évidemment, le Québec demeure un paradis à côté de ce qui se passe souvent ailleurs.               

Comme par hasard, c’est le cas de le dire, the Gazette profite de la Commission-Bouchard-Taylor pour nous rappeler qu’en bons moutons, il faut bien suivre la posologie du colonialisme et de l’aliénation que nous réservent les fédérastes pour effectuer leur génocide en douce.    

Ils ont 5 millions $ pour nous donner de la merde, nous rappeler qu’on est des ignorants parce qu’on n’est pas du clan Charest-Harper.  Nous, on ne veut pas dépenser des milliards pour aller tuer les autres sur la planète et faire fonctionner l’économie et le pétrole. 

Les gens d’Hérouxville ne devraient pas s’inquiéter des fausses musulmanes.  Ces Québécoises récemment converties ou tomber en amour avec un Arabe, sont tellement soumises qu’elles n’ont même plus conscience d’être de chair.  Avoir honte de son corps à ce point exige au minimum des traitements psychologiques.     
  
Les gens d’Hérouxville devraient plutôt se méfier de cette bande de tatas fédérastes qui se prennent pour «l’intelligentsia québécoise»  et qui ne sont,  en somme, que des lèche-culs professionnels. 

Comme par hasard, dis-je, j’ai reçu le verdict de la Commission des droits, à la suite de ma plainte contre le Journal de Montréal et l’Association des auteures des Cantons de l’Est.  Deux douches.  Deux documents séniles, habillés sous un vocabulaire de grande compétence.   Les professionnels sont-ils là pour mieux nous endormir ?       

Au moins, les gens d’Hérouxville se respectent assez pour exiger qu’on respecte les valeurs fondamentales du Québec.  Pas de religion dans l’espace publique politique pour les personnes en autorité.  

Ailleurs, le voile islamique peut être enduré public sans mettre notre culture en danger ; l’égalité homme-femme et le français sont obligatoires pour tous les nouveaux arrivants. 

Nous sommes devenus pires que les colonisés, nous sommes totalement aliénés.  Nous acceptons le génocide en douce dont nous sommes les victimes. 

C’est exactement comme à la suite du référendum de 1995 : les journaux et l’establishment ont lapidé Jacques Parizeau qui avait eu le malheur de dire la vérité : Le référendum de 1995 a été volé par les fédérastes, grâces aux juges qu’on a fait venir du Nouveau-Brunswick pour assermenter des immigrants et l’argent dépensé malgré toutes les lois du Québec avant de passer aux commandites. 

Si en 1980, nous étions encore assez endormis pour même refuser au gouvernement Lévesque de négocier une nouvelle association avec le Canada ; lors du référendum de Charlottetown, nous avons clairement dit non aux offres du Canada, mais les Québécois ont de la difficulté à se brancher.  On ne veut pas être dérangés et nous sommes trop naïfs pour prendre conscience de la malhonnêteté des fédérastes. 

J’espère que ce qui se passe maintenant sera le début du reversement de Jean Charest qu’on est allé chercher à Ottawa pour nous amener sous le giron fédéraste. 

Sinon, qu’on se taise et qu’on apprenne l’anglais en beaux moutons que nous sommes. Québec anglais dans un Canada anglais.          

Radioactif 411

juin 20, 2022

Radioactif 411

Texte de 2008, p. 713

Mort de mon père.

Je m’occupais encore de l’école libre quand j’ai obtenu, à la suite d’une entrevue en bonne et due forme, un emploi à la Fédération des familles.  Ça n’avait rien à voir avec l’arrivée du Parti québécois au pouvoir, mais le hasard fait bien les choses. 

Je m’étais rendu à Barnston pour voir ma famille, C’était au début de février, quelques jours avant l’anniversaire de naissance de mon père, Émile.  Celui-ci était très heureux et fier que j’aie ce nouvel emploi :  » Tu vas peut-être arrêter d’en arracher et être plus stable », me dit-il.     

J’étais avec Gilles Laflamme, un ami avec qui je faisais de la radio communautaire à CINQ-FM, à Montréal.  Je voulais le présenter à ma famille parce que c’était un maudit bon gars.  

Je venais de faire un coup d’éclat, car j’avais décidé d’occuper la station CINQ-FM, même si j’avais obtenu la permission de produire une série d’émissions.  En réalité, on nous refusait la liberté de parole, j’ai donc décidé d’occuper et diffuser quand même l’émission préparé, à partir du studio de la radio. 

J’avais une émission où je voulais parler de politique et de liberté sexuelle.  La station refusait pour des raisons politiques.  Je me suis enfermé dans un studio, j’ai accaparé le micro et dénoncé en ondes cette censure.  Gilles paranoïait juste à penser à ce geste.  Nous nous battions aussi pour le fait français dans le domaine de la radio.  Ottawa ne nous avait pas encore volé ce droit d’être maître des ondes chez-nous. 

Gilles était membre des Rose-Croix.  Il lisait l’avenir dans les mains et les cartes du ciel.  Quand ce fut le tour de papa, il a refusé de lui dire ce qu’il voyait.  Quant à moi, il m’avait fait une carte du ciel selon laquelle je finirai ma vie dans la misère la plus noire et la plus complète.         

Mon ange de naissance serait Samaël.  Rien d’autre que Satan lui-même en personne.  Maudit beau début.

Y paraît qu’il y aurait eu un événement à ma naissance qui aurait tout mélangé et ce ne serait que maintenant que ma vie va complètement changer pour le meilleur.  Qu’importe !  Si c’était vrai, je serais millionnaire, selon tous les autres tireurs de cartes.  

Nous avons décidé, Gilles et moi, de prendre une marche.  Devant le cimetière à Barnston,  je me demandais qui pouvait bien être enterré sous le banc de neige, près de la clôture. Je m’y suis rendu de peine et de misère.  

À mon retour, Gilles me dit qu’il ne faut pas aller dans les cimetières, car ça dérange les morts.       

Puis, je ne sais pourquoi, j’ai eu une idée suivante complètement folle : si t’avais à choisir entre ton père et ton chien Kiki, que t’adores, laquelle des morts te ferait le plus souffrir?  Je savais que Kiki était très vieux, je l’adorais, mais je ne voyais pas pourquoi une telle question me montait à la tête d’un coup sec.  J’ai d’abord ressenti la peine que j’aurais en perdant Kiki.  Ça me choqua parce que j’aimais quand même mon père très profondément, même si on n’était pas toujours sur la même longueur d’ondes. Cette comparaison n’avait aucun sens.           

Quel choix idiot !  Papa n’acceptait pas que je sois pédéraste. Quand on en parlait, on en braillait tous les deux, car j’essayais de lui faire comprendre que je n’ai rien choisi de tel, mais que c’est la vie.  C’est tout. 

Maman, elle, se promenait tout énervée, comme si elle aurait eu peur que ça tourne mal.  Au contraire, ces discussions étaient très bénéfiques.  Comment se comprendre, si on ne peut pas s’expliquer? Comment expliquer que tu veux améliorer la vie, le sort des autres, quand t’es pédéraste?  Comme si être pédéraste t’empêchais d’être généreux, d’être sensible au sort des autres.            

Dans notre monde québécois, juste le fait d’être pédéraste fait de toi le roi des salauds.  Aux yeux des gens, si ceux qui t’entourent ne te dénoncent pas, ils sont aussi pires que toi, car ils n’osent pas te juger.  On est complètement débile au Québec dès qu’il est question de sexe : un héritage religieux. Qui rime mal avec aime ton prochain.          

Nous sommes repartis.  J’étais content d’avoir rencontré mes parents et de les avoir informés que je faisais aussi de la radio. 

Quelques jours plus tard, le mal d’estomac m’a amené à l’hôpital.  Bizarre, mais je me suis mis à penser à mon père, à me reprocher de ne pas avoir réussi à date à lui dire franchement combien je l’aime et toute la reconnaissance que je lui dois de m’avoir  « canalisé » vers la recherche d’une vie meilleure pour les Québécois, car, papa comprenait que je sois politiquement radical.  

Je m’en voulais d’avoir pensé devoir choisir émotivement entre la mort de mon père et de mon chien. Et surtout d’avoir d’abord pensé à mon chien.  Je me trouvais dégueulasse juste d’avoir ressenti que j’aimais plus mon chien que mon père.  Je refusais que ce soit la réalité.  Pourquoi cela m’arrivait-il? C’est honteux et je m’en voulais, mais j’ai rejeté le dilemme en me disant que c’était complètement fou puisque je ne peux rien décidé. 
 
Mon père s’est rendu malade à travailler dans le textile, à remplir plusieurs emplois pour faire vivre un magasin qui traînait la patte parce que le curé s’interposait toujours dans les référendums pour nous empêcher d’avoir le droit de vendre de la bière, ce qui est le plus payant.  Il a sacrifié sa vie pour nous.  Et malgré tout, il faisait du crédit pour aider les plus démunis.  Comment ne pas comprendre mon engagement politique puisque je pensais que c’était en politique que se trouvait la réponse?          

Cette réflexion me fit prendre la décision d’offrir en dédicace mon livre Laissez venir à moi les petits gars à mon père.  Après tout, j’écrivais ce livre pour expliquer ma pédérastie et dénoncer que l’on fasse un drame avec des jeux sexuels qui ne sont absolument pas violents, mais au contraire, bien jouissants pour tous les participants.  J’en voulais et j’en veux encore plus à l’hypocrisie des vertueux qui n’ont aucun respect pour les droits individuels.        

Je suis retourné au travail, mais là, on m’a informé de la mort de père.  J’ai été tellement secoué que tout s’est passé comme dans un rêve.  Durant des mois, je m’en suis voulu de cette idée de fou qui avait surgi en moi comme si j’avais choisi lequel des deux survivraient.  Quelle culpabilité !  Comme j’ai dû le faire souffrir avec ma pédérastie et ma révolution ! C’étaient des tourments affreux.    

Papa fut enterré, là, où ne m’étais rendu dans le cimetière. 

Puis un soir, j’ai rêvé.  Il était à côté de moi et me montrait un dessin sur un mur.  Il me dit que c’était moi.  Je le trouvais tellement merdique. J’en étais écœuré.  Puis, papa me fit avancer et ce tableau si laid devint une magnifique forêt. Nous avons continué et les branches des arbres devenaient comme des diamants créés dans le verglas.  C’était d’une beauté indicible et papa me dit : tu vois chacune des branches que tu vois là, c’est l’amour d’un de tes petits gars.  Puis, je me suis réveillé et je venais de faire la paix avec mon père.  Quel homme !     

Que ce soit mon inconscient ou qu’il y ait une vie après la mort n’a pas d’importance; mais à partir de ce rêve j’ai foncièrement la certitude que mon père venait de me dire qu’il savait maintenant ce que je ressens vraiment dans mes amours défendus.  Il m’annonçait qu’un jour mes amours illicites et défendus deviendraient ce que je trouverais de plus beau dans ma vie. Ce qui se concrétisa.

Radioactif 410

juin 19, 2022

Radioactif 410

Texte de 2008, p 712

Bouchard-Taylor

Bouchard-Taylor trouve moyen , encore une fois,  de nous humilier , en nous faisant croire que nous sommes les imbéciles et les méchants, incapables de comprendre les autres.  Pourtant, le Québec est synonyme de démocratie.         

Que les fédérastes tentent de nous humilier à nouveau, ce n’est pas nouveau.  La révolte de 1837-1938 était un mouvement en faveur d’un gouvernement responsable, donc, pour une plus grande démocratie. 
 
La fête des Patriotes nous rappellent que depuis que l »Angleterre a conquis le Québec, on nous a imposé des règles qui visent strictement notre assimilation pour ne pas dire notre disparition comme peuple parlant français en Amérique. 

Ce peu de respect pour les Québécois au Canada se traduit très bien par la visite de Michaël Jean représentante de notre colonialisme, à l’occasion de la fête de la ville de Québec en France.             

Harper pense-t-il que la fierté québécoise se comporte en moutons devant les $$$.  Ça se poursuit dans la Gazette qui nous parle des résultats des milliers de dollars dépensés pour se faire dire qu’on est une bande de cons.       

Qui a volé le dernier référendum ?  Les fédérastes. 

Ce sont ces mêmes personnes qui viennent nous faire la leçon.   Le Canada représentait des valeurs de non-violence du temps de Pearson. 

Avec l’arrivée de Harper, le Canada est passé de symbole d’hypocrisie à celui de faucon.  J’ai de plus en plus honte du Canada, pays par excellence de l’hypocrisie. 

Heureusement, je suis QUÉBÉCOIS. Cependant, depuis que j’ai été mis à la porte de l’UNEQ, je ne suis plus certain d’être fier d’être Québécois.           

18 juin 2022

L’aliénation sexuelle aux normes religieuses est en effet une situation que je n’accepte pas. La liberté sexuelle est à la base même du droit absolu à la vie privée. Refuser le droit aux jeunes de choisir entre la morale religieuse et la liberté sexuelle est du pur fascisme. Tu es maître de ton corps quelle que soit ton âge.

Je suis toujours extrêmement fier d’être Québécois, non seulement à cause la langue; mais aussi de la richesse de notre culture. Les lois 21 et 96 devraient être un point de ralliement pour tous, car elles font en sorte que tous ceux qui habitent le Québec sont des Québécois à part entière.  La loi 21 est un compromis qui permet d’éliminer les crises de violence religieuse que connait l’Europe. Un musulman québécois peut vivre sans se faire écoeurer tout comme un catholique. Les guerres religieuses sont non seulement le fruit du fanatisme, mais de l’ignorance.  La loi 21 consacre l’égalité entre les religions. Elle consacre un espace de neutralité pour tous.

La politisation de notre fierté est une erreur quand elle s’en prend à l’immigration. S’il est vrai qu’il appartient aux immigrants de s’adapter à nous et non le contraire; au lieu de parler d’anecdotes quand des immigrants parlent non seulement très bien le français mais ont réussi à se tailler une place de choix dans notre société, nous devrions les féliciter d’être des nôtres.. On ne peut pas apprendre une langue en six mois, mais c’est un devoir pour les immigrants de l’apprendre le plus tôt et le plus vite possible pour leur propre bien.

Quand j’écoute la période des questions, le cœur me lève à cause de la malhonnêteté intellectuelle qui cadre chacun dans son rôle         et que la politique se résume à engueuler son adversaire.  Une parodie de la démocratie.    

Par exemple, je détestais Pierre Moreau quand il était ministre. Ce fut tout une trouvaille de le retrouver dans les Mordus. J’ai commencé à l’apprécier parce qu’il n’était plus le fanatique qui me tombait sur les nerfs, mais un homme qui avait une expérience qui révélait une connaissance profonde de nos institutions.

Les taquineries entre lui et M. Jean-François Lisée nous enseignent qu’il est possible de ne pas avoir la même opinion, mais qu’il faut toujours se respecter. 

Dommage qu’au fédéral on n’a pas encore compris.

Radioactif 409

juin 18, 2022

Radioactif 409

Texte de 2008, p. 710

Avant de retrouver tout nu dans la rue.

La liberté sexuelle était une réponse à mes questions les plus fondamentales.

Même si la vie était telle un ouragan, je n’avais pas le temps de me « morfondre  » sur mon sort.  J’avais dépassé le doute, la révolte, je rejetais la religion, mais j’étais encore fasciné par la spiritualité. 

Il me fallait maintenant apprendre à vivre à partir des expériences que j’avais vécues.  Définir ce que je suis. 

Ayant chassé la culpabilisation et la peur à cause de ma vie sexuelle, je pouvais réfléchir à des éléments plus importants dans la vie.   Je me prenais pour un grand révolutionnaire.  Ma mission était d’aider les pauvres à échapper à l’esclavage de l’économie.  J’étais même un peu paranoïaque comme tous ceux sont radicaux. 

En général, j’étais très bien, je m’en sortais financièrement et je ne pouvais qu’espérer mieux puisque le Parti Québécois venait de prendre le pouvoir.   

Par contre, je n’appréciais pas l’insécurité dans ma vie.  Ado, je ne voyais vraiment pas comment j’arriverais à gagner ma vie d’adulte puisque j’étais bon à rien en tout.   Je venais de trouver un emploi comme animateur à la Fédération des Unions de familles et je m’occupais d’organiser une fin de semaine d’études sur le problème du logement.  Un autre problème engendré principalement par le gouvernement fédéral.         
 
Cette fin de semaine de forum a d’ailleurs donné naissance à mon livre Avant de se retrouver tout nu dans la rue ou le problème du logement, publié à Parti pris.  J’aidais, en même temps, à la construction de la Maison des enfants.  J’avais passé un nombre incroyable de journées de travail manuel à construire cette école qui a pratiquement fermé les portes dès qu’elle fut complétée.  J’aimais ça travailler de mes mains, même si j’étais nul. 

Je ne vivais plus avec Suzanne, car elle trouvait que j’étais devenu un véritable fasciste parce que je mettais des règles à suivre dans la vie des enfants.  Je n’acceptais pas que les adultes vivent tout simplement à côté des enfants et fassent comme s’ils n’existaient pas, sous prétexte de leur laisser la vie libre. 

Qu’on le veuille ou non, je découvrais que les jeunes ont besoin d’encadrement.  Laisser des enfants à eux-mêmes, c’est comme leur dire : on se fiche de vous et de ce qui vous arrive.   

J’avais beau réclamer la liberté, je trouvais que là on allait beaucoup trop loin à l’école libre. Ce fut cette pensée soi-disant magique qui a donné naissance aux enfants-rois, des jeunes incapables de discipline et d’affronter le moindre problème.  Que les jeunes se « garochent » des œufs par la tête, soit!  Mais ce n’est pas à moi de les ramasser, sous prétexte que je suis l’adulte.  C’est le travail ou la responsabilité de ceux qui les ont tirés. 

Se coucher plus tôt pour ne pas vivre une perpétuelle dépression nerveuse, c’est aussi un besoin chez les enfants, etc.  Les parents sont là pour offrir la sécurité et les accompagner dans leur développement, sans les opprimer.            

Je considérais de plus en plus que la liberté absolue chez les jeunes ne leur rend pas service.  Il y a des règles qu’il faut apprendre comme la non-violence, le respect des autres.

Comme Suzanne me le disait, j’apprenais à me comporter en «boss ».  Les jeunes aiment bien l’autorité, car ils ont besoin de sentir qu’on les aime assez pour leur éviter de se mettre les pieds dans les plats.  Notre façon de vivre avec les enfants les influence.     
 
Une telle perspective changeait encore une fois mon rapport avec les jeunes.  Non seulement ils doivent être libres, se sentir égaux et appréciés, mais notre engagement vis-à-vis eux est ce qui modulera leur vie quand ils seront adultes. 

J’ai toujours considéré mon engagement politique envers le Québec à partir du fait que tout ce que je vise à améliorer la vie future des jeunes, même et surtout, dans ma lutte pour la liberté sexuelle.            

Je ne veux pas que les jeunes qui me survivront soient pris dans le même étau dans lequel la société québécoise m’a forcé de vivre enfant, à travers la bêtise religieuse.   Je ne veux pas semer le déséquilibre mental que crée le péché de la chair, qui t’apprend à détester ton corps, objet de péché.            

Je vivais par contre une liberté presque infinie, même si j’avais déjà beaucoup de discipline intérieure.   En fait, les règles que je me suis fixées par rapport à la sexualité me semblent simplement le gros bon sens : non-violence, consentement et plaisir.

Les lois sur la sexualité et leur application au Québec sont carrément arriérées, fondées sur l’ignorance et la stupidité.  On interdit sans même se rendre compte qu’en se faisant, on brime les jeunes que l’on prétend défendre, de leurs droits les plus fondamentaux : leur sexualité, leur intégrité et leur vie privée. Voilà pourquoi il est essentiel d’avoir des cours de sexualité qui soient basées sur la science et non les stupidités religieuses quant au sexe. 
 
C’est difficile d’établir un juste équilibre, mais ce n’est pas en refusant de voir le problème et d’en parler qu’on fait face à ce dilemme : pour que les jeunes puissent se créer une conscience personnelle, ils doivent vivre des expériences.  Ils doivent être libres, mais il faut aussi les protéger car, qu’on le veuille ou non, il y a des fous dangereux ou des compagnons qui peuvent détruire leur avenir.  Les pires dangers demeurent la boisson et la drogue ainsi que la violence.

On est tous plus ou moins naïfs.  Mieux vaut prévenir que de guérir.  Malheureusement, on apprend qu’en réfléchissant sur ce que l’on a vécu.

Plus tard quand j’ai rencontré Shuhed je fus le plus heureux des hommes, car je vivais en compagnie d’un garçon admirable, très beau, très gentil. J’étais, sans le savoir,  le futur père, sans avoir à endurer la dictature de la fidélité féminine.

Je vivais le droit d’adopter un garçon, c’était aussi ma façon de me battre pour le droit des gais à adopter un enfant. Tout le monde était extasié de voir qu’un pédéraste pouvait vivre avec un garçon et que ce garçon soit absolument heureux. Ce n’était pas un objet sexuel, mais la joie de travailler à construire le bonheur d’un être humain.

Radioactif 408

juin 17, 2022

Radioactif 408

Texte de 2008, p. 705

Vaincre tout

J’ai vécu et appris à me créer une morale sexuelle particulière, personnelle  parce que dans mon enfance tout ce qui touchait à la sexualité était mal, péché, damnation : un viol absolu de nos consciences.  Une dictature d’aliénation en se basant sur le refus d’être sexué en dehors du sacro-saint mariage.

J’ai décidé de combattre cette perspective idiote, mensongère et hypocrite des religions.  Le péché de la chair est devenu à mon sens le plus horrible des sacrilèges.         

On n’avait même pas le droit de parler de sexe.  Contrairement à ce que l’on nous enseigne, la curiosité face à la sexualité chez un enfant est ce qu’il y a de plus normal.   C’est idiot et anormal qu’on refuse d’en parler systématiquement et de dire la vérité. 

En refusant la liberté sexuelle, on imprime définitivement dans l’individu sa honte et sa dégénérescence, son corps devient la raison de sa déchéance. Une empreinte primaire qui bouffe toute forme de respect et d’estime de soi.         

Ainsi, mon éducation sexuelle s’est d’abord déroulée en jouant «aux douanes ou la cachette frontalière» ou en jouant au « docteur».  Je me suis toujours demandé pourquoi c’était si grave qu’il fallait se cacher, car si c’était su, ça créait automatiquement toute une crise.  Hiroshima n’était rien comparé à ce que l’on venait de faire.  Jouer aux fesses, c’était pire que tuer.   

Une telle folie existe encore au Québec. Je pensais moi aussi qu’être intéressé à ce que l’on a entre les deux jambes était péché, voire méchant.   Mais, je ne comprenais pas pourquoi, c’était très agréable ; c’était moins dangereux que de se battre ou prendre de la boisson ; c’était merveilleux d’avoir son petit secret.  Pourquoi l’interdire?   

Puis, à l’adolescence, un de mes cousins, m’a initié à la masturbation que les curés accompagnaient de tous les dangers possibles : avoir des boutons, mourir cardiaque, devenir fou.  Pour moi, ce fut tout un choc. 

Je voulais être un saint, et du jour au lendemain, j’avais anéanti tous mes espoirs non pas de sainteté, mais pire, de salut.  Comment autant de plaisirs peuvent-ils créer autant de problèmes?  Pourquoi?   Pensaient-ils (les adultes) que l’on n’était pas assez intelligent pour découvrir que ce discours n’est que mensonges et folie.  On est peut-être jeunes, mais on n’est pas aussi idiots que les adultes le pensent.         

De toute ma vie, je n’ai jamais souffert, ni en me masturbant avec un autre, ni en le suçant ou en me faisant sucer.   Pourquoi à entendre les adultes, que d’avoir du fun, c’était pire que d’être décapité?  Et surtout pourquoi tout le monde devenait à moitié fou dès qu’il était question de tous les sujets se rapprochant le moindrement de la sexualité ?            
     
Il y avait déjà aussi à cette époque une bande de vieilles constipées qui faisaient la lutte aux revues pornographiques.  Il fallait les cacher, les tenir tellement hautes qu’aucun jeune ne pouvait les prendre.  Ce qui les rendait encore plus intéressantes. 

Moi, je n’étais pas assez attiré par les femmes pour rechercher ces images incitatrices à la masturbation.   Je cherchais les beaux visages de petits gars, je regardais avec curiosité les rares revues homosexuelles et j’étais toujours abasourdi par la longueur effroyable des pénis qu’on y retrouvait.  Loin de trouver ça alléchant, je trouvais ça, à la limite, dégoûtant. 

J’étais un peu comme certaines femmes qui ont des nausées seulement à voir un pénis.  Devenait-on tous ainsi membrés?  J’ai vérifié.  Et non ! La majorité des gars n’ont normalement que cinq à six pouces de pénis.  J’étais donc normal.  Je me demandais ce que les homosexuels avaient tant à s’exciter sur ces gars bâtis comme des bœufs ou des chevaux alors que dans la réalité quotidienne les performances sont beaucoup moins  » criantes ».        

On fait avec les gars ce qu’on fait avec les filles : on crée une mode pour définir la beauté.  Pour les filles, ce sont les seins, la taille ; pour les gars, c’est la longueur du pénis et la quantité de sperme à l’éjaculation.   Des modes carrément stupides, à l’encontre du bien des jeunes, car le plus important, c’est d’abord de s’accepter et s’aimer comme on est.      
    
La pudeur quand elle est débile nuit autant au développement des jeunes que la course folle aux aventures sans égard à sa responsabilité.  La pudeur excessive nous empêche d’apprendre la vérité et à respecter notre corps et celui des autres.  La pudeur excessive est un frein au développement de notre personnalité.          

Le corps pour les religions, c’est le symbole de la mortalité, du mal.  Le cacher, ce n’est pas en avoir honte, c’est le respecter.  Quelle imbécilité !    

Pour un esprit le moindrement libéré, le corps est un chef-d’œuvre de création.  

Puis, j’ai connu les femmes. Ce fut aussi une très belle période parce qu’elle m’a permis de découvrir l’extraordinaire tendresse des femmes (même si elles peuvent être des tigresses).  Ces femmes m’ont permis de découvrir et laisser le désir de la paternité s’exprimer, même s’il a toujours été inutile avec elles parce qu’elles prenaient la pilule.            
 
Ces féministes étaient progressistes parce qu’elles ne condamnaient pas la sexualité, au contraire, elles réclamaient le droit des femmes de vivre leur sexualité comme les hommes.  Elles n’essayaient pas de nous étouffer, mais elles réclamaient une égalité totale, c’est-à-dire, même sexuelle.   Le discours des féministes d’alors n’avaient rien de commun avec celui des féminounes d’aujourd’hui qui retournent aux sottises religieuses plutôt que d’évoluer selon les découvertes scientifiques.  

La jalousie, le bithchage sont les deux éléments qui m’a le plus éloigné des femmes ordinaires, si on peut dire.  Une femme qui te met la main au collet ne te laisse plus respirer.  T’es pas un objet, t’es la garde-robe au complet.  Je voulais avoir des enfants, mais sans devoir devenir prisonnier d’une femme.  Je n’étais pas encore prêt à abandonner ma liberté.         
 
À cette époque, je préférais les femmes aux homosexuels parce que dans mon enfance les médias d’information m’avaient appris à voir peur des mâles adultes.  C’étaient des gens très dangereux.  Ils voulaient tous assouvir leurs désirs les plus bas, nous enculer avec leur gros «batte», avant de nous saigner. Ça ressemble presque aux discours des féminounes qui se promènent dans les écoles aujourd’hui et qui incitent les jeunes à dénoncer tous ceux qui sont assez normaux pour percevoir la sexualité comme un des plus grands biens de la vie.           
Il ne faut plus regarder personne, c’est du harcèlement.  Faut encore moins toucher, là, c’est pire que d’être tué.  Un tel état de folie paranoïaque ne peut pas exister sans le délire religieux.                   
 
Même si j’ai presque tout essayé dans ma vie en ce qui a trait à la sexualité, je demeure encore très prude.  La vie n’est pas qu’une partie de fesses.  C’est vite dépassé quand on a été assez libre pour assumer ses besoins.  On s’aperçoit vite que le sexe sans amour, sans responsabilité, ça ne veut rien dire.  C’est ainsi que s’est déroulé mon éducation sexuelle.           

Je ne sais jamais dire non au plaisir alors c’est facile de plonger dans toutes sortes d’aventures sexuelles.  Bizarrement, les homosexuels furent les derniers sur la liste, même si les psychiatres étaient d’avis que je devrais devenir homosexuel pour ne pas à avoir à souffrir du fascisme de notre société durant toute ma vie en me proclamant pédéraste.      

On ne choisit pas ce qui nous attire et rien d’intelligent ne justifie la répression sexuelle.  Les religions nous ont menti.  Les gouvernements font des lois sur la sexualité, des lois qui font à la fois l’affaire de la police et de la pègre, en s’attaquant aux individus plutôt qu’au crime organisé.  C’est la même chose au niveau des drogues.           

Mais, grâce aux féministes qui prétendaient que nous avons tous un aspect mâle-féminin en nous, j’ai développé mon côté féminin, en me laissant «cruiser» par des plus vieux.  Je développais ainsi mon petit côté putain, comme je disais.  Dans les premiers temps, j’étais la    « planche parfaite » parce qu’en réalité j’avais encore peur à cause de ce que l’on disait quand j’étais jeune.  Mange, mais encule pas.  Puis, on est passé au 69.   

Petit à petit, je me suis rendu compte qu’il est possible dans la vie de rencontrer des salauds ou des trous-de-cul qui ne respectent personne dans toutes les orientations sexuelles, dans toutes les races et de toutes les âges.  Ces salauds se servent de la violence si tu résistes ; mais j’ai découvert qu’il y a beaucoup plus de bonnes personnes que de trous-de-cul.            
 
Toutes mes aventures, sauf une ou deux, furent des délices qui nourrissent une vie bien vécue.  Ma liberté m’a, aussi stupidement que ça puisse paraître, rendu de plus en plus capable de vivre sans sexe.             

Dans ma tête, Freud a absolument raison : il y a une différence immense entre la sexualité et la génitalité.  La sexualité a rapport avec la tendresse.  Le massage de l’esprit autant que du corps.  Le plaisir de se laisser pénétrer intellectuellement ou émotivement par une autre personne ; alors que la génitalité implique tout ce qui se déroule avec les zones de jouissance corporelles.   Deux formes de relations humaines qui se complètent.  Aucune n’est mauvaise.  Elles le sont que si vous avez déjà l’esprit tordu ou si elles contreviennent aux responsabilités qu’elles incarnent. 
 
La perception et la signification de la sexualité est seulement une convention sociale comme les autres.  Un moyen de sauver l’espèce.  Quand j’eus franchi cette frontière.  Que je pusse comprendre ce qui peut être bien ou mal dans une relation sexuelle avec une autre personne, j’ai tranquillement presqu’abdiqué aux relations sexuelles (à part le voyeurisme et la masturbation) pour favoriser l’aspect émotif et ainsi enrichir l’expérience de vie que je partageais avec les garçons. Cela permettait aussi de tuer la culpabilisation avec laquelle les féminounes essayaient de nous empoisonner la vie.             
 
J’ai même vécu une expérience fantastique qui m’est apparue comme un signe d’approbation religieuse alors que les autres considéraient ça comme du dévergondage. 

J’ai payé cher pour être libre ; mais la liberté est encore plus importante que le prix à payer. 

Je suis aussi convaincu de la nécessité d’un Québec indépendant que de cette liberté, car le Canada ne respecte plus mes valeurs.  Et, je ne suis pas un parti politique fédéraste qui a besoin de renier ses valeurs pour avoir vos votes. Un Québec indépendant qui perçoit la sexualité comme actuellement dans le Canada ne serait pas mieux. 

Pour créer un monde libre, il faut d’abord être libéré de l’aliénation.

Sexe et religion.

En fait, ma perception de la sexualité ne vient pas des religions.   Les religions nous ont menti, elles ont entretenu la notion de la honte et de la culpabilité autour de tout ce qui est sexuel.   Leur philosophie repose sur le rejet de l’homme corporel, mortel et, par conséquent, c’est carrément un délire gnostique et une expression de haine envers Dieu.             

Comment la somme de l’énergie divine peut-elle engendrer le mal?  C’est complètement absurde, à la limite, un blasphème.  Mais, c’est pourtant ce que nous enseignent les religions quotidiennement.  L’homme est un ange déchu.  Donc, l’homme serait plus parfait, s’il n’était pas sexué.  La sexualité est ce qui lui permet comme espèce de se transmettre, donc, de survivre.  Condamner la sexualité, c’est ignorer ce phénomène.               

Pour pouvoir réfléchir ainsi, croire que la sexualité est mauvaise, il faut croire aveuglément, mot à mot, au créationnisme au lieu de l’évolution.           
 
L’homme est comme tout ce qui existe maintenant : le produit de milliards d’années d’évolution.  J’ai la libido beaucoup trop vivante pour accepter un tel rejet du plaisir dans notre raisond’exister.  La violence est le mal : pas l’Amour ou l’Amitié.    

Mon époque avec les féministes a débouché sur celle où pour moi « se livrer » sexuellement était une forme de générosité.   Je croyais dans la vie exactement comme la vedette dans le film  » La vie de Bernadette » alors qu’elle suçait les vieux pour leur offrir un dernier moment de plaisir avant de mourir.             

En acceptant le lit, je permettais à un individu de vivre quelques moments de bonheur qui me rendaient aussi très heureux : je pouvais encore être désiré.  WOW !  Ça paraît très stupide, uniquement féminin, mais quand tu t’es cru laid comme un pichou durant toute ta vie, te rendre compte que certains se disputent ta présence pour d’essayer de te séduire plus que l’autre, ça flatte ton égo, ça redonne la fierté d’être quelqu’un. Te sentir voulu, c’est aussi une expérience humaine bénéfique.             
 
Tu ne peux pas vivre heureux si tu crois que ta vie est parfaitement inutile.  Le bonheur ne peut pas exister sans les autres, ne serait-ce que pour vivre un tant soit peu la contemplation. T’es rien tant que tu n’as pas réussi à te comparer aux autres.   Donc, pas de limites, en autant qu’il n’y a pas de violence ou que tout se passe dans la transparence.  Il y a des choses que t’aimes faire, des choses que t’aimes te faire faire et d’autres dont tu ne veux absolument rien savoir.  C’était pour moi l’essentiel, la base de toutes bonnes relations humaines. 

C’est de respecter ses limites, se connaître assez pour les fixer clairement, et non, faire semblant d’aimer quelque chose qu’on n’aime pas.                                                               
 
Si tu respectes ce point de vue, même les plus scrupuleux sont des gens intéressants, car il faut les aborder à un autre niveau pour pouvoir être en relation positive avec eux. 

Là, où je ne marche plus, c’est quand on essaie de m’imposer leurs limites et leurs valeurs.  Une des choses les plus importantes dans la vie, c’est l’honnêteté et l’authenticité du dialogue.  Ce n’est pas toujours facile, on se ment parfois même à soi-même.  Il faut toujours tout remettre en question.

S’il en était ainsi, il y aurait moins de violence interpersonnelle. 

La violence est basée sur la peur, l’ignorance et les abus économiques ou énergétiques, donc, dans le pouvoir de domination..

Radioactif 407

juin 16, 2022

Radioactif 407

Texte de 2008, p. 703

Apprendre la liberté.        

Qu’on le veuille ou non, tous mes livres écrits au début des années 1970 recherchaient d’abord ma propre déculpabilisation, car, « ma » pédérastie m’apparaissait comme  » ma damnation ».          

J’étais aux dires de tout ce que je lisais un délinquant, un fou potentiel ou un meurtrier en puissance.  Rien pour m’amener à m’aimer.  Je ne me retrouvais nulle part.  

J’étais, semble-t-il, le seul pédéraste ayant existé sur cette terre.  Je détestais ce mensonge social, cette pudeur hypocrite et insolente, cette censure par laquelle tous les jeunes ne sont que des imbéciles.             
    
On ne parlait pas d’hypersexualisation, juste penser plaisir sexuel, comme toute personne normale, c’était déjà un péché.   Aujourd’hui, on fait juste penser et on est dans l’hypersexualisation.  Rien n’a changé, on est aussi, sinon plus  arriéré.        
On cachait même l’existence d’une passion amoureuse entre Verlaine et Rimbaud, mais je la soupçonnais.  Il ne fallait pas lire ces auteurs ; ils étaient à l’index.  On nous gardait idiots.  Comme on tente de le refaire maintenant.  Pourquoi tant nous mentir?            

Dans la vraie vie, je n’étais qu’un jeune qui devenait tout excité dès qu’il pouvait voir une petite queue et le plus heureux des hommes s’il pouvait, en plus, y toucher.  Ce défaut, comme l’exprimait partout notre société, était pourtant ce que me rendait le plus heureux.  

C’était à la fois la récompense, le moyen d’échapper à la souffrance intérieure que créaient cette culpabilité et cette peur religieuse.  La rencontre d’un petit gars a toujours été un des très beaux moments de l’existence.  J’ai décidé au nom de la Vérité d’affirmer la joie d’être pédéraste. J’avais surtout peur de devenir un monstre et la vie se chargea de me prouver que tout ce qu’on me racontait n’était que mensonges      .  

Quand tu crois dans ce que la religion t’enseigne et qu’elle ne permet que ce jugement sur ta façon d’agir, tu te « maudis », puis, tu te révoltes.           

Le plaisir devait-il toujours être interdit pour plaire à Dieu?  Le plaisir fut donc d’abord l’expression de ma révolte.  Je priais Satan pour créer les occasions de pécher et Dieu pour me faire pardonner.  Jusqu’au jour, où j’ai compris que Dieu ne pouvait pas être un salaud de cette espèce et j’ai commencé à croire que la religion nous avait tout simplement menti. 

J’ai décidé de dénoncer cette hypocrisie.  Heureusement, mon engagement politique mangeait tellement de mon temps qu’il ne m’en restait pas tellement pour pleurer sur mon sort.  Pour ne pas devenir fou, il te faut trouver un contrepoids, une force qui te permet de mieux te juger.  Un poids balance.   En fait, ce fut ce que l’on aurait pu appeler mon «fanatisme politique», mon appui aux objectifs du FLQ.    
 
Le journalisme était une mission intérieure, un combat pour la justice sociale et la vérité.  Je croyais vraiment mettre ma vie en jeu pour être un journaliste honnête et un vaillant défenseur des pauvres.  Je croyais dur comme fer que le Québec devait être indépendant et je le crois encore plus.  Je voulais le bien des gens et le journalisme m’avait prouvé la mauvaise foi d’Ottawa et des fédérastes. 

Un peu plus et je me serais donné une médaille pour « un courage » que j’étais le seul à identifier.  Je ne devrais pas dire ça, car tous les libéraux et fédérastes avaient appris à m’haïr.  J’étais dans l’Estrie, l’ennemi des ennemis au début des années 1970.  Ma réputation était surfaite. 

Puisque j’étais fier du guerrier que je me croyais être, il ne me restait plus qu’à régler ma vie sexuelle pour qu’elle m’apporte autant de plaisir et de fierté que la politique.         

Ma vie sexuelle a engendré ma vie littéraire.  Je cherchais à travers mes livres à savoir ce que je suis vraiment, fondamentalement.  

Je condamne toujours l’hypocrisie et le mensonge de la société québécoise hautement religieuse.  Cette condamnation est viscérale et globale que pour moi : l’éducation et la liberté sexuelle sont des éléments fondamentaux dans l’évolution démocratiqued’un pays. 

Entre une Amérique sexuellement libre et un Québec selon nos féminounes qui meurent de peur juste à entendre le mot sexe, je choisis l’Amérique… un choix qui n’existe pas et n’existera jamais, mais qui révèle jusqu’à quel point la liberté sexuelle non violente individuelle est, à mon avis, essentielle à l’émancipation des gens. 

Résultat : mon combat pour la liberté sexuelle est devenu pour moi celui de l’indépendance du Québec.       
 
C’est pourquoi dans mes poèmes le Québec est un petit gars.  C’est ce que j’aime le plus. 

Je crois fondamentalement, viscéralement que la liberté sexuelle est la porte d’entrée de notre capacité d’évoluer.  La liberté sexuelle remet en cause toute notre civilisation, tous nos rapports entre êtres humains, toutes nos religions.  Cette conviction m’a mérité depuis deux ans d’être harcelé par toutes les moumounes du Québec qui me jugent sans me lire, mais j’ai le pressentiment que le vent va très bientôt tourner.   De toute façon, quand je serai mort, ça ne me fera rien qu’on se rappelle de moi ou non. 

C’était aussi une des grandes distinctions entre moi et Jean Ferguson, le Micmac francophone.   Jean voulait qu’on se rappelle de lui. 

Quand on sera au ciel tous les deux, on « crousera » les petits anges adolescents ou je prendrai un verre de vin avec Pierre Faucher, un ami ex-policier, en prenant conscience que la vie sur terre, c’est parfois notre enfer, une mer de boue sans fonds quand les gueules sales décident de te juger.          

Plus on écoute ce que disent les autres sur nous, plus on s’enfonce.  

Moi, je suis chanceux quand je me promène, on remarque surtout ma petite chienne Benji. 

L’autre jour, un habitué m’a confondu avec un autre homme dont les habitudes de promener son chien sont semblables, en se disant très heureux de me revoir.  Pourquoi?, aie-je demandé.   Parce qu’on avait dit que le gars avec son chien dans le panier était mort.  Ce fut la première fois qu’on me parlait de ma mort, sauf pour m’intimider  pour que je cesse de me mêler de politique.

Le Québec devient de plus en plus l’enfer féminoune, féministe woke.  

Radioactif 406

juin 15, 2022

Radioactif 406

Texte de 208, p. 701

FLQ ou GRC ?

On annonce aujourd’hui la très étonnante résurrection du FLQ.  Est-ce un autre stratagème pour discréditer l’indépendance du Québec?  Pourquoi?  Parce que, même si Trudeau et Chrétien sont des traitres à la cause du Québec, personne n’apprécie le vandalisme dans des cimetières.  Il y a des choses qui ne se font pas. 

Si on croit que Trudeau est un salaud, il y a des moyens plus appropriés pour le faire savoir que la violence ou le vandalisme.  On peut publier des livres, monter des pièces de théâtre, faire des films, etc. 

L’indépendance du Québec doit se faire dans la plus absolue non-violence et le seul moyen d’y parvenir est d’établir sans l’ombre d’un doute qu’il est dans l’intérêt du Québec de devenir un pays. 

On peut faire ressortir la stupidité de nommer l’ancien aéroport de Dorval, l’aéroport Trudeau, quand on sait que c’est sous son règne que le fédéral a fait construire Ste-Scholastique pour ne pas concrétiser le projet d’aéroport international à Drummondville, consacrant la pauvreté de l’Estrie.  La vérité est une arme qui peut faire savoir que c’était une décision prise parce qu’on avait peur que le Québec se sépare. 

Trudeau et Chrétien sont les piliers de la dictature fédérale pour combattre le droit du Québec à son autodétermination.  Si c’est encore possible de faire croire que l’avenir du Québec est dans le fédéralisme, c’est qu’il y a encore bien des gens qui n’ont pas compris que l’indépendance est non seulement plus favorable pour nous sur un plan économique, mais aussi et surtout, à cause des valeurs. Une question d’éducation et de communication.  Un Québec indépendant est basé, selon moi, sur la paix, la non-violence et la tolérance, mais aussi sur le respect des individus. 

L’indépendance, c’est constater que le Québec n’aura jamais un mot à dire sur l’avenir de l’humanité s’il demeure sous les griffes du fédéral.  Une nation qui ne peut même pas faire respecter la langue de sa majorité, ça ne veut rien dire.  Il n’y a pas que les votes qui comptent, il y a la réalité. 

Quoiqu’il en soit, le passé nous apprend que la GRC a souvent fait les coups de cochon pour discréditer le Québec, est-ce encore le cas?  La question peut se poser.
 
Harper est bon pour faire adopter des lois sur le sexe et la censure, pour se donner des airs de sainteté, mais il ne respecte même pas les lois.  Le fédéral a gelé une partie de ma pension même si c’est illégal. 

Il faut juste qu’on se réveille et que l’on vote à la bonne place.  

Depuis 40 ans, le fédéral n’a pas essayé de nous comprendre ; mais de nous écraser.  Ouvrir la constitution ne donne rien ; il faut maintenant agir à partir d’une seule question : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?   Il faut obtenir une majorité incontestable.

TQS.

Que le veuille ou non Jean Charest, le cas de TQS ne se poserait même pas si le Québec était un pays. 

Malheureusement, les communications sont maintenant entre les mains du gouvernement fédéral. 

Comment peut-on parler d’une nation quand ce sont les autres qui décident des communications sur son territoire?  La liberté de presse, c’est la base essentielle d’une vraie démocratie.  

Il n’y a pas que les cours de justice qui doivent remplir les bulletins d’information afin d’entretenir une paranoïa collective.  

C’est un autre point qui manifeste notre différence d’avec le Canada.  Pour nous, les régions ce sont la Gaspésie et l’Abitibi, l’Estrie alors que pour le Canada, c’est la Colombie- britannique, les provinces de l’Est, etc.  Nos intérêts ne sont pas les mêmes.  Nous serions mieux si nous étions de bons voisins…


Jean Charest, le Canadien…     

Je n’ai jamais caché mon appui à l’idée de créer un marché commun avec l’Europe. J’étais bien content de voir que Jean Charest pousse à nouveau cette idée.  Mais, j’ai hâte que Jean Charest sache qu’il est premier ministre du Québec et non du Canada.  S’il veut négocier avec l’Europe, au nom du Canada, il n’a qu’à se faire élire premier ministre du Canada.  En se disant Québécois, il aurait moins de chance que le projet meurt de sa belle mort. Qui, au Québec, pourrait s’opposer à un tel projet ?        
   
On sait que M. Harper n’est pas ce qu’il y a de plus chaud face à cette idée.   Harper, c’est la marionnette de George Bush, des pétrolières et des milieux religieux.  Il appuie davantage le militaire que la coopération internationale. Un faucon. 

Paul Martin avait raison quand il disait que Harper ne respecte pas les valeurs canadiennes.   Alors plutôt que de voir s’écrouler cette idée merveilleuse d’un Québec porte d’entrée de l’Europe en Amérique, Jean Charest devrait oublier le Canada et négocier au nom du Québec.    

Ce n’est pas constitutionnel, mais on ne fait pas partie du pacte constitutionnel canadien d’une manière ou d’une autre. 

Cette idée de porte d’entrée européenne est une idée qui a germé avec celle de l’indépendance du Québec. C’est ça s’affirmer et être autonomiste.  C’est un autre projet qui fait ressortir la nécessité pour le Québec de devenir un pays. Peut-être qu’ainsi on créerait une économie qui ne soit pas à la merci du moindre rhume économique des États-Unis. 

La Confédération canadienne ça n’existe pas.  Une confédération, c’est un gouvernement central qui reçoit certains champs de compétence des provinces parce que les provinces veulent les mettre en commun.  C’est plus efficace de regrouper ces services sous une seule autorité que de les gérer individuellement comme province.  C’est le cas de la poste, de l’armée, de l’argent. 
   
Cependant, le pouvoir vient d’abord des provinces.  Le Canada n’est pas une confédération comme il le prétend, mais une fédération.  Le gouvernement central domine tout.  On oublie déjà qu’on reprochait à Trudeau-Chrétien leur manie de tout centraliser aux dépens des provinces.  Ça n’a qu’empiré.  

On essaie d’étouffer le Québec avec l’anglicisation, en se servant de l’emploi et de l’immigration, car en diminuant les différences, on arrive ainsi à faire perdre de vue que le Québec serait mieux en étant un pays.         

Si on est tous anglophones, ça donne quoi de se différencier du Canada ? On est qu’une économie quand on est canadien, rien d’autre. La culture québécoise est mieux connue en Europe qu’en Amérique.    

Je préfère vivre dans un petit pays que d’être un des G-8 qui se fiche que le reste de l’humanité crève de faim au nom des religions et de l’économie. 

On est d’abord un être humain avant d’être de n’importe quelle nationalité, religion ou race.  Si on ne se grouille pas, les humains disparaîtront pour nourrir l’économie. 

La révolution universelle dont nous avons besoin est plus profonde que juste réajuster des marchés. 

On a qu’à regarder l’impuissance de l’ONU pour constater qu’on est loin d’avoir réussi à prioriser le bien-être des humains contre les profits des multinationales ou des dictateurs.  

Notre réflexion doit dorénavant tenir compte de la possibilité de rendre la planète invivable parce qu’on n’aura pas su créer la fraternité nécessaire à notre survie.

Radioactif 405

juin 14, 2022

Radioactif 405

Texte de 2008, p. 698

Le mot respect en prison.

S’il est un mot qui est abondamment utilisé en prison, c’est bien : respect.  Respect, c’est le mot qui permet à ceux qui ont de gros bras d’obtenir un traitement particulier.  Il l’exige de tous.

Habituellement, celui qui crie au respect est celui qui va se lever, gueule comme un fou après tous. Pour lui, c’est trop tôt quand tu passes devant sa cellule, en parlant bien régulièrement. Le problème est que ça empêche monsieur de dormir;  alors, il est prêt à tout briser parce qu’on a osé vivre normalement autour de lui comme s’il était  « seul  »  dans l’univers.            
    
On manque de respect si on le dérange, mais lui, peut déranger tout le monde.  C’est celui qui, à chaque fois que les choses ne tournent pas rond pour lui, criera qu’on lui manque de respect.  Ce sera également celui qui se croit tellement supérieur, que tout lui est dû et permis. 

Pour lui, c’est difficile d’apprendre que le respect ça se joue dans les deux sens.   Être respectueux, c’est de permettre à l’autre d’être différent être tolérant  envers tes différences.             

Cependant, plier toujours l’échine, se comporter comme un misérable esclave, ce n’est pas du respect ; car pour être respectueux envers les autres, tu te dois d’abord de l’être envers toi-même. C’est ce qui arrive dans le cas de mes livres. 

On me reproche de manquer de respect parce que je dis que ceux qui me censurent sur la pédérastie sont des bornés.
 

Je suis bien conscient qu’il y a des pays où je serais immédiatement décapité ; mais cette sanction prouve à mon sens leur manque de jugement.  En 2008, il ne doit plus y avoir de sujet tabou comme nous l’ont imposé les religions qui pourtant nous prêchent la charité et l’amour.  Les religions sont incapables d’accepter les différences de foi, de valeurs et d’idées.           

Le respect, c’est aussi se dire nos vérités dans le but de mieux se comprendre et d’améliorer nos comportements.  Les personnes parfaites sont des tas d’orgueil qui oublient que tout être humain est imparfait.      

Quand j’ai écrit mes livres en 1968 et au début des années 1970, je n’acceptais aucune censure et je crois que j’avais raison.  La censure vient des dirigeants.  Elle ne sert pas à nous améliorer comme individu, mais à garantir la sécurité des dirigeants et la servilité qu’ils réclament.          

Le monde évoluera le jour où l’on pourra se parler franchement sans craindre de représailles et sans avoir l’intention d’imposer sa vérité.  Aucun humain normal ne souhaite de la misère ou des malheurs aux autres, sauf en économie là où l’on accepte que ses besoins passent en premier, même si ça doit coûter des milliers de vies. 

C’est en ce sens que je considère que nos sociétés sont dirigées par une mafia légale. 

On a qu’à se renseigner sur la crise alimentaire actuelle pour se rendre compte que pour les dirigeants du monde la vie humaine est moins importante que leurs profits.  C’est ce qu’il faut changer, si on veut que la terre survive.           

À l’époque, où j’ai commencé à écrire, nous n’avions pas encore les moyens de pouvoir échanger nos connaissances avec l’internet, tout est maintenant différent.  Espérons que ça améliorera le sort des plus démunis.  Je préfère les humains aux profits des pétrolières. Ceux qui nous dirigent devraient avoir à répondre devant l’ONU des morts que leurs décisions apportent.  

Le respect modifie le comportement, il inclut la tolérance.  Il n’y a pas de Vérité, il y a des vérités.             

C’est bien évident que même si je parle de pédérastie, je n’invite personne à le devenir. 

Je constate que la seule façon de vivre cet handicap humain non désiré est de lui donner un visage encore plus humain, car on dirait que la pédérastie commande automatiquement la générosité.  Il arrive aussi de changer d’idée, d’évoluer, c’est ce que permet le respect : être à l’écoute de l’autre.   

Je ne comprends pas qu’aujourd’hui, on n’ait pas encore éliminé la peine de mort sous toutes ses formes.  Les guerres ne servent que les intérêts économiques, même s’ils sont déguisés. 

Le monde de demain doit être régi selon les droits des individus et le respect de la vie humaine.  Nous devons créer la paix.         

Manque de couille en immigration.

Si nous avions des politiciens qui se tiennent debout, le problème de l’immigration serait vite résolu au Québec.  Il faut tout simplement faire l’indépendance, se créer un pays. 

Alors on pourra exiger que tout immigrant qui vient vivre chez-nous doive d’abord savoir le français ou s’engager de l’apprendre au cours des premières années.   La citoyenneté ne serait accordée que s’ils savent assez le français pour vivre en français.         

Cependant, il serait préférable que les gens sélectionnés pour immigrer au Québec soient pris en charge dans leur pays de façon à apprendre le français à un coût moindre.  Le Québec pourrait créer un genre de pensionnat de transition par continent  De temps de l’apprendre devrait être payé par le Québec.

Par contre, étant donné la situation de l’emploi, le métier doit être une priorité venant immédiatement après la nécessité d’apprendre le français.  Le choix doit correspondre aux besoins de la main-d’œuvre chez nous. 

Les immigrants pourraient aussi être pris en charge dès leur arrivée par les industries qui en ont besoin. En fait, s’il est possible d’avoir un manque de main-d’œuvre, il faut d’abord blâmer notre système d’éducation qui ne sait pas s’adapter. 

Dans un mémoire, je préconisais que les jeunes soient capables dès le secondaire trois, d’orienter leurs études en fonction du métier qu’ils ont choisi ; mais il n’y a plus, à ma connaissance, suffisamment d’écoles de métiers. 

Les jeunes vivent le même enfer que nous pour entrer sur le marché du travail.  Ils voudraient tout de suite avoir le salaire maximum alors que les patrons voudraient qu’ils aient plus de cinq ans d’expériences, en sortant de l’école.  Une impossibilité.  Nous nous devons de revoir complètement le rapport entre les employeurs et les syndicats pour améliorer la productivité.  Les syndicats doivent sortir de leur nombril pour voir les vrais besoins des travailleurs. 

Le problème dans le monde, ce n’est pas que des gens fassent fortune, le problème, c’est la répartition : moins de super- riches et pas de démunis, c’est le rôle des gouvernements et de l’ONU : redistribuer la richesse.        

En plus, du français, du besoin de la main-d’œuvre ; les immigrants doivent savoir qu’ici l’égalité homme -femme est une priorité et que les religions sont soumises à l’état au Québec.  Le droit de religion doit être exercé à la maison et dans les templesAucune religion ne devrait être enseignée publiquement avant l’âge du consentement sexuel.  Si tu ne peux pas identifier ta propre orientation sexuelle, tu es certainement moins capable de décider de la religion qui te convient le mieux. 

Apprendre l’œcuménisme, c’est simplement un bourrage de crâne s’il n’y a pas vraiment un échange entre les gens pour apprendre à vivre sans préjugés et tabous.   À priori, la religion se vit dans sa famille ou son enseignement se fait au temple.  En dehors, l’état est strictement laïc. 

Il est par contre essentiel d’être confronté à des valeurs humanistes.  Si au lieu de dominer, les religions enseignaient et vivaient l’amour au lieu de se crêper le chignon, il n’y aurait pas de fanatiques, car s’il n’y a qu’une vision de  dieu.  C’est absurde que les juifs, les musulmans et les chrétiens ne se respectent pas, ils ont le même Dieu.  Les religions sont-elles autre chose que des multinationales?    

La solidarité et la fraternité ça s’apprend à chaque jour de notre vie.  Il faut d’abord condamner toute forme de violence qui conduit à la mort. 

Les crises économiques existent seulement pour enrichir davantage les plus riches en faisant mourir le plus possible de démunis.

Nous avons une responsabilité individuelle face à ces crimes.  Que pouvons-nous faire? 

Ceux qui veulent vivre en fanatiques ne respectent pas l’esprit du Québec et devraient s’installer ailleurs.  Le Canada est anglophone et vit le multiculturalisme qui engendre cependant des ghettos communautaires. Toutes les religions doivent être tolérées, mais pas le fanatisme.

Radioactif 404

juin 13, 2022

Radioactif 404

Texte de 2008, p. 695

Jean Ferguson.

Les deux Jean, moi et Jean Ferguson, étions bien différents, mais très profondément amis, à cause de notre pédérastie,

J’adorais enseigner.  J’étais sensible aux besoins des jeunes et je les admirais très profondément.  Sous prétexte d’haïr l’administration, Jean n’aimait pas tellement enseigner, même si comme moi, il aimait les petits gars.  C’était une des principales différences entre nous. 

J’ai toujours été surpris et ravi de l’intelligence des jeunes à qui j’enseignais.  Ils m’ont toujours électrisé. Les jeunes ne sont pas encore rendus à moitié fous par les religions.  Ils sont authentiques.  J’adorais ce trait qui leur est particulier ainsi que la spontanéité. 

Jean Fergusson était le seul ou sinon un des rares à Val-d’Or, à savoir que je suis pédéraste.  On partageait ce secret et on était très heureux de connaître les mêmes petits gars.

Pour lui, j’étais un révolutionnaire bien connu. Il avait lu certains de mes livres et il n’en revenait pas que je me sois installé à Val-d’Or.  En fait, fallait bien travailler pour payer mes dettes.  Et, les jeunes où qu’ils soient dans le monde sont adorables.  J’ai gardé mon appartement à Montréal pour Rouhed, car il ne voulait pas venir vivre dans une petite ville.

Une autre différence : Ferguson voulait absolument être un écrivain du Québec reconnu après sa mort.  Moi, je m’en fichais.  Cette maladie de la célébrité est née en moi beaucoup plus tard.

Je me demande pourquoi ça me touche maintenant aussi profondément.  On essaie de m’écarter de tout pour s’assurer que pas un chat ne se rappelle de moi.  Moi, qui ne voulais rien savoir, je réagis comme si c’était important.  Je ne suis rien et je le sais.  Quand je serai mort, ça ne changera absolument rien que je sois connu ou non.  Je pourrirai comme tous.  Je serai probablement très vite oublié et ça n’a pas d’importance. 

J’ai cru que j’avais une mission à remplir au Québec, aider à se débarrasser de cette morale sexuelle de débile qui préconise l’ignorance plutôt que la conscience. 

Jean se fiait sur moi pour qu’il passe à la reconnaissance éternelle.  Il serait déçu de voir jusqu’à quel point je suis ignoré aujourd’hui. 

Je préfèrerais me trouver un beau petit serin pour revivre un peu avant de mourir que de donner raisons à cette bande d’imbéciles qui paniquent parce que je dis que je suis pédéraste et heureux de l’être . 

Les trous-de cul de la pudeur peuvent continuer de nous interdire d’être pédéraste ; nous, au moins, on ne laisse pas les jeunes crever de faim. Je leur laisse leur économie de bandits.  Je préfère faire une pipe à éplucher le portefeuille de ceux qui n’ont presque rien dans la vie.  Au moins en faisant une pipe, je fais plaisir à quelqu’un.


Évolution sexuelle.

Au fur et à mesure que j’évoluais dans la vie, que les expériences se multipliaient, ma conception de la sexualité se modifiait. 

Il y a une différence titanesque entre une aventure sexuelle à la vite et vivre l’amour.  J’avais réussi à tuer les peurs qu’essaient de semer en nous la censure et l’approche négative religieuse de la sexualité, ce qui me permettait dorénavant des relations carrément homosexuelles et d’échapper au rejet des femmes.  Les femmes adorent les gais.

Pour moi, il était évident que je ne pouvais pas me comporter avec Patrick comme avec n’importe quel garçon puisque j’agissais comme si j’étais son père.  Et, cette nouvelle responsabilité me plaisait.  Yanie y contribuait aussi du fait qu’elle permettait de voir la différence entre aimer un enfant avec ou sans désir sexuel.  L’affection est indépendante de la jouissance.  C’est plus spirituel, plus au niveau des échanges d’énergies. 

À ce compte-là, Mahomet avait tout à fait raison : s’il y a un chemin qui conduit au paradis, c’est l’amour des enfants.  Ils ont une onde de vie qui leur est propre. Cette vie ne se ressent pas sur un plan matériel, mais à travers l’émotion. 

On vient juste de trouver une machine qui permet par les ondes qu’elle produit d’éloigner les jeunes.  Est-ce que l’attirance pédéraste est différente?  Question d’ondes, de vibration, d’odeurs, de mille petits éléments qui motivent cette forme d’attraction ressentie par une toute petite minorité de gens dans le monde. 

Je ne savais pas encore ce qu’une relation génitale peut signifier pour un garçon dont on a la responsabilité.  Est-ce que ça crée des liens plus serrés ou un rejet automatique?  Une blessure dans la confiance? Est-il vrai que ça détruit l’image symbolique de l’autorité? Le jeune peut-il oublier qu’il est le seul maître de son corps? Je me posais des tonnes de question, car je voulais que ma pédérastie soit responsable, que le bien-être du jeune aimé soit ma raison principale de vivre.  

Les vertueux nous ont toujours tellement menti, en inventant à chaque seconde une nouvelle peur ou un nouveau mensonge, de façon à ce que tout ce qu’ils nous enseignent est plus que suspect.   

La censure crée une telle forme d’omerta que t’informer sur ta réalité semble signifier accepter de participer au mal.  Alors que les vertueux crient au viol du corps, ce sont eux qui violent l’esprit des jeunes, en leur interdisant de prendre en main la création d’une conscience personnelle et de la définir. 

La peur éliminée, toutes les aventures étaient possibles et chacune me permettait d’apporter un point de vue différent.  Jouer aux fesses, c’était en apprendre plus sur la nature humaine.  Aucun individu n’est pareil. 

En ne demeurant plus avec Suzanne, je n’avais plus à craindre pour les enfants quant à la répercussion de mes aventures d’autant plus qu’un juge venait de la libérer.  Trois règles existaient cependant pour moi à cette étape de la découverte le consentement obligatoire,  la non-violence et le plaisir. 

Pour qu’il y ait plaisir, l’autre doit aimer ça autant que toi.  Un jeune qui aime ça ne peut pas le regretter, il est même possible de lui apporter une meilleure vie, de beaux moments, car être ensemble, c’est jouir de la présence du jeune pour revivre l’enfance qui nous a captivé, pour ne pas dire emprisonné.  C’est fondamental dans une relation que j’ai nommée « l’amourajoie ».  C’est un amour reposant sur la curiosité, la joie et le jeu. 

La pédérastie se confond avec le désir inconscient de figer la réalité à l’enfance.  C’est une déviation.  Mais tant qu’elle n’est pas violente, elle ne peut qu’être très positive autant pour le jeune que pour l’adulte.  Un besoin inconscient d’éternité ? L’adulte retrouve à travers son petit compagnon l’enfance qu’il désire revivre et repartager.  Une recherche de son paradis terrestre.  Une manière de ressentir les énergies. Et, la vie sans eux est trop terne pour valoir la peine d’être endurée

La pédérastie est une forme de don de soi.  C’est aussi une profonde respiration d’énergies.  Comment peuvent-elles être mal canalisées?   Le jeu peut-il être mal, s’il a pour but de nous rendre heureux?  

Depuis l’époque de la Grèce antique, qui louait la pédérastie, on l’interdit, sans même se demander si une telle situation peut être vécue de façon positive et si oui, comment ? Quel rôle la pédérastie joue-t-elle dans le développement de la personnalité du jeune aimé? Peut-elle être positive pour le jeune ou est-elle que pure égoïsme?  C’est ce que je me demandais à travers mes livres. 

Aujourd’hui, quand tu es accusé, les moralistes s’acharnent contre toi et tous ceux qui t’entourent te rejettent.   On peut sans hésiter, appeler cela du harcèlement.  Je sais de quoi je parle. 

La lutte pour la liberté sexuelle est une lutte pour les droits individuels et une véritable démocratie. 

Que l’esclavage ou la dictature soit imposé par dieu ou par les pétrolières, c’est toujours de l’esclavage. 

La dictature morale permet de conserver le pouvoir alors que les gens exploités s’imaginent, en obéissant aveuglément, engranger une meilleure éternité.

Radioactif 403

juin 12, 2022

Radioactif  403

Texte de 208, p. 693

La vraie question.

Tout le monde a un certain degré de curiosité pour des sujets différents.  Certains cherchent des extraterrestres dans les champs de blé d’inde, ils y font même pousser du pot pour faciliter leurs apparitions. 

D’autres courent toute leur vie pour trouver les moindres profits à engranger, c’est ainsi que nous retrouvons la vermine comme valeur ajoutée chez les spéculateurs immobiliers.

Moi, le finfin, je voulais comprendre d’où on vient et où on va.  Je dois aujourd’hui admettre que je vais mourir et que je ne le saurai pas encore : car, pour savoir ce qui se passe après la mort, il faut être mort.

L’être vivant est une petite vision temporaire de ce qui se passe dans l’univers.  La perception de la vie est-elle dépendante de l’intelligence? 

Comment Benji perçoit-elle la vie?  Voit-elle ou sent-elle la même chose que nous?

On a tous une vision individuelle de ce qui se passe dans l’univers.  On est, semble-t-il, l’aboutissement de la réunion de certaines formes d’énergies qui donnent naissance à la conscience, aux changements, donc, à la vie.  La vie est une permutation des énergies qui nous composent.  Existe-t-elle après avoir été modifiée?  L’âme existe-t-elle?   

On est à la fois, un hasard et une conséquence inéluctable : tel gêne plus tel gêne donne tel gêne.  Une chaîne qui se poursuit à travers les siècles.  Rien ne se perd et rien ne se crée. On est donc éternel, mais en sommes-nous toujours conscients? 

Qu’est-ce que ça donne d’exister, si on ne sait pas qu’on existe?  Pourquoi un petit bonhomme comme moi renferme plus d’énergies que toutes les roches qui forment le mont Orford? 

Je croyais auparavant que pour être immortel, il faut avoir un enfant.  Pour se perpétuer, il faut fournir un peu de sperme afin de créer un nouvel être ; mais ce n’est qu’en partie vrai.  

Le nouveau-né est un être totalement autonome, dans le sens de différent des parents. 

Chaque individu est une composition ADN différente de tous les autres. On est tous unique. On est une transformation qui, une fois réalisée, disparaîtra parce qu’elle n’a plus l’énergie suffisante pour garder son état. On n’est vraiment pas grand-chose et pourtant on se prend pour le nombril du monde. 

Le temps qu’on vit, on est le centre de  l’univers parce que grâce à notre conscience on peut identifier la réalité qui nous est extérieure. Les idées, les concepts naissent à un autre niveau et la création est d’abord et avant tout une idée. On ne peut rien connaître sans l’avoir vécu parce que la conscience est un miroir. 

La connaissance est différente du savoir : savoir c’est seulement la capacité d’identifier de l’information alors que la connaissance est un degré plus évolué,  car c’est connaître par osmose.  J’ai toujours été très curieux. 

Bizarrement, ma curiosité sexuelle a pris fin avec les expériences.  La dernière fut d’être le centre d’une orgie.  Je m’étais rendu pour ce faire sur la montagne avec un ami.  Je n’ai pas vraiment apprécié l’aventure, même si c’est particulier. 

Le sexe sans sentiment ça ne conduit nulle part.  Le meilleur moyen pour l’apprendre, c’est l’expérience.  

Pénis / circoncision.

Quand t’es jeune, tu t’imagines que tu es le seul sur terre à vivre telle ou telle situation. 

Le problème avec notre système de censure, on ne peut jamais trouver quelqu’un qui peut nous parler d’un problème sexuel ou répondre aux questions que l’on se pose. 

J’ai reçu en cadeau un livre d’éducation sexuelle suédois à partir des questions que se posent les jeunes, accompagnées de merveilleuses photos.  Il s’intitulait Show me. Il y avait aussi un très bon texte explicatif. 

Dans une perquisition, un tel livre au Québec serait considéré comme pornographique parce qu’il est illustré.  La vraie pornographie, c’est d’y voir de la pornographie.  C’est une attitude définitivement débile. 

Les jeunes se posent beaucoup de question quant à leur réalité sexuelle, mais c’est quasi impossible d’avoir une réponse intelligente, alors, on en parle aux amis ou on va directement voir des films pornographiques. 

L’omerta sexuelle est un tabou débile qu’entretiennent les nouveaux prêtres féminounes et qui fait qu’un gars ne peut pas avoir de réponses à des questions bien légitimes. 

Quand j’étais plus jeune, je pensais avoir un bien trop petit pénis quand je me comparais avec tous ceux que je voyais.  Écœuré de ne rien trouver dans les livres pour me renseigner quant à ce qui est normal, je me suis rendu chez un médecin pour lui demander si je l’étais.  J’aurais pu savoir que j’étais dans les normes sans aller voir un médecin si la société québécoise n’était pas assez scrupuleuse pour refuser de fournir tous ces petits détails de la vie la plus normale. 

Pourquoi refuse-t-on d’informer les jeunes que le pénis normal mesure entre cinq et six pouces bandé alors que dans les magazines ou les films, les hommes ont des pénis qui sont toujours plus de six  pouces.  Que les changements quant à la grosseur des testicules ou le développement du pénis se fait habituellement entre onze et quinze ans, selon les individus.  Ça se rend parfois jusqu’à 18 ans. 

Pourquoi n’a-t-on pas le droit de savoir comment s’effectue ces changements ? C’est ce qui nous touche le plus : notre corps. 

Il y a aussi des jeunes dont le prépuce constitue un véritable montage de chair ratatinée au bout du pénis et qui souffrent s’ils veulent se laver, comme c’est essentiel de le faire.  Ils ne savent pas que s’ils ont de la difficulté à dégager le gland, c’est qu’ils ont besoin d’être circoncis. 

C’est différent ici, au Québec, car les médecins font souvent à la naissance une circoncision à la québécoise ou une demi-circoncision ; c’est -à-dire qu’on enlève l’excédent de chair inutile, tout en gardant un prépuce qui recouvre le gland en entier, mais qui peut facilement être dégagé.  Le prépuce glisse très bien.  

Pourquoi entretenir une honte de parler d’un phénomène aussi normal ? 

C’est plus malsain de garder le silence sur ces réalités.  C’est ce qu’un bon cours sur la sexualité devrait apprendre aux garçons, mais nos âmes frileuses préfèrent entretenir le mystère et la honte.  Bande de malades ! 

Si on ne créait pas une telle atmosphère de délinquance autour ce tout ce qui est sexuel, mais sans violence, on aurait moins de frustrés. 

La censure quant à elle est une attitude maladive. Une forme d’étroitesse d’esprit qui nous vient souvent de notre surmoi.

Radioactif 402

juin 11, 2022

Radioactif 402

Texte de 2008, p. 690

Le danger de la peur.

Le problème causé avec l’apologie de la peur sexuelle n’est pas que financier : c’est un danger pour le futur tissu social. 

Cette approche de la vie ne crée que la peur.  Ce ne sont plus que les oncles qui sont de futurs agresseurs, mais ce peut aussi être le père. Tu dois te méfier de tout le monde autour de toi.  Tu dois toujours avoir à l’œil le frère, le voisin, enfin presque la planète entière, sauf les femmes, qui voudraient palper des petits seins ou une paire de fesse en formationSelon ces normes,les hommes ne pensent qu’à réaliser leurs rêves cochons. 

À force de crier que devenir un objet sexuel est un crime contre l’humanité entière fait que tu ne peux plus avoir confiance en personne.  Ces obsédés de la pudeur se pensent habituellement irrésistibles et désirent secrètement attirer l’attention, ce qui les culpabilisent au bout.  

Que l’on te prenne de force, que l’on te batte ou qu’on te force pour mieux te «ploter» (excusez ce mot vulgaire, mais c’est le meilleur), c’est une chose ; mais si tu as nettement indiqué que ça ne t’intéressait pas et que ça continue, dans ces cas, c’est un viol. C’est utiliser la violence à des fins sexuelles. 

Quand j’étais avec Mathieu, j’allais jouer aux quilles avec lui.  Je lui ai donné des claques sur les fesses quand il est passé devant moi, pour le féliciter.  Eh bien ! Parmi les choses que l’on me reprochait en cour et que l’on disait douteuse, il y avait ces claques sur les fesses.  Le procureur de la Couronne était un immigrant, il croyait peut-être, dans sa culture, que c’est mauvais de féliciter ainsi quelqu’un ; mais pour ma part, je l’ai pris pour un décadent. Je faisais le même geste quand nous allions jouer en compagnie de son père et personne n’a jamais été assez idiot pour y voir une quelconque connotation sexuelle

Bien des accusations sexuelles sont de ce genre.  Stupides.  Qui n’a pas joué au docteur dans sa jeunesse?  Pourtant, aujourd’hui, c’est devenu un viol dans la tête de nos malades de la pudeur.  En réalité, c’est une curiosité normale d’enfants.  S’il y avait moins de censure, les jeunes n’auraient pas à exploiter la sexualité à la cachette. 

Ma petite claque n’avait absolument rien de sexuel, je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai entendu ce reproche.        

J’étais assis quand il a passé devant moi, je ne devais quand même pas devoir me lever pour le frapper sur l’épaule, au cas où une imbécile assez fêlée verrait dans cette petite manifestation de solidarité et d’encouragement un geste sexuel.  Des niaiseries qui n’existent que dans la tête des esprits assez tordus pour voir du mal partout. 

La vie sera un cauchemar, car il faudra passer notre temps à se demander s’il n’y a pas une personne assez idiote, autour de nous, pour nous espionner et juger à travers cette vision débile tous les gestes que l’on pose.  Nous nous dirigeons dans cette direction : le retour à la censure, à la dictature morale, à la calomnie et la jalousie. 

En qui les jeunes pourront-ils avoir confiance ?  Même des policiers se servent de leur habit pour approcher les victimes.  C’est plus qu’exceptionnel, heureusement, mais le plus grand quotidien et les informations radio-tv se feront un plaisir d’exploiter à la une un tel incident, oubliant que ça mine la confiance des gens dans la société.  À qui peut-on faire confiance ? 

Où les enfants iront-ils chercher l’affection essentielle à un bon développement?  Les parents doivent tous les deux travailler pour joindre les deux bouts.  Nos sociétés développent ainsi les cas de suicide.  Mais, ce n’est pas grave, car la vertu est sauvée.  Vive la stupidité !  Vive le stress !  Vive les médicaments ! 

Les profits financiers seront bons, car bientôt on aura des pilules pour le débandage puisque la castration chimique est une obsession des malades de la chasteté.


Cachons ce pénis, mais montrons à tuer.

Le monde est tombé sur la tête.   Nos gouvernements mettent sur pied des campagnes à coup de millions pour inciter les jeunes à devenir des «stools», à dénoncer les moindres gestes qui peuvent être interprétés comme pouvant être de nature sexuelle.

Ce peut être un regard louche, une main trop ambitieuse, une hanche trop aventureuse.   Parfois, mêmes les gommes à mâcher, peuvent être un appel au mal.  Un baiser ça tue. 

Nos dirigeants augmentent les effectifs policiers pour combattre la pornographie et cherchent à créer une police planétaire pour s’attaquer au tourisme sexuel, provoqué par les faibles salaires et le goût des gens tellement vicieux qu’ils osent vouloir survivre aux crises humanitaires que le système organise pour augmenter les profits des multinationales, des pétrolières.  

La violence à travers les jeux est maintenant dénoncée comme une pensée normale chez un enfant évolué dès le primaire.  On pense que si on voyait moins de sexe, on aurait moins de violence?

Il n’est pas étonnant qu’on retrouve de la violence depuis l’enfance, car les jeunes ne sont pas sortis du berceau qu’à toutes les secondes il y a une télévision ou un jeu qui leur montrent comment tuer.   Mais, voir des gens tuer à toutes les secondes, ça n’a aucun impact sur la psychologie des enfants.  Ces derniers deviennent violents que s’il y a de la nudité.  Quelle conerie!

Si la personne tuée se ramasse nue sur le plancher,  les jeunes sont exposés à de violentes crises de coeur.    Un nu, ça rend agressif.  Les gens tuent-ils dans les films parce qu’il y a des scènes obscènes?  On peut voir des petites culottes, par exemple.  James Bond l’a prouvé.  Chaque scène d’amour appelle de facto une série de meurtres.  Heureusement, il y a encore des marques de sous-vêtements qui cachent tout, qui ont le sens de la responsabilité.  Vive les burka!  Comment les textiles pourraient- ils se développer s’il fallait que les vêtements soient trop petits?  Une grande partie de la Chine serait condamnée à mourir de faim.   C’est écœurant se montrer ainsi à poil.  Une fille peut être marquée à vie quand elle se rend compte qu’elle n’a pas de pénis, mais de beaux seins.  Tous les hommes devraient se faire couper les mains. 

La morale bourgeoise s’attaque à tout ce qui est nudité, sexe, pour cacher le vrai visage idéologique du capitaliste sauvage qui n’hésite pas à tuer pour rapporter davantage de profits, mais tous les meurtres se commettent bien habillés. 

Personne ne peut être traumatisé par la vue d’un corps nu.   Il faut avoir honte de son corps. Dans notre monde, c’est normal pour une personne qui a des principes que des millions de gens soient privés de nourriture et en crèvent parce que les maudites pétrolières ne font pas assez de profits. 

On a appellé ça la conscience sociale collective.  La justice de nos systèmes politiques. 

Si quelqu’un se promène nu dans la rue, des dizaines de personnes s’enlèveront la vie parce qu’ils auront vu les fruits de la passion défendus.  Un tel spectacle peut créer des carambolages à n’en plus finir.   Un trou dans la tête, des jets de sang sur les murs, c’est moins traumatisant que les cris stridents d’une fille qui jouit dans un film porno, même si on enlève le son parce que c’est plus fatigant qu’excitant.   Ça ne se compare même pas. 

Combien de gars se sont suicidés dès qu’ils se sont rendu compte que leur voisin avait un plus long pénis que le leur? Il ne faut donc jamais voir un pénis, c’est plus traumatisant que d’apprendre que des bombes tuent des milliers d’enfants durant les guerres. Il ne faut jamais parler ou montrer d’images à connotation sexuelle, c’est bien plus dommageable que les batailles comme solutions à tous les problèmes.

Dans le fonds, on devrait emprisonner tous ceux et celles qui ne prennent pas leur douche en costume de bain.  Quel malheur ce serait s’il fallait que deux ou trois nudistes courent dans le stadium des jeux olympiques à poil avec le mot Tibet écrit sur les fesses. 

La pression atmosphérique grimperait tellement que de nouveaux glaciers de l’Antarctique fonderaient.  Dieu avait raison de noyer l’humanité, mais il n’aurait pas dû choisir Noé ; car, c’est sa faute si la vie est ainsi aujourd’hui.  Dès qu’il est sorti de l’arche, il a pris du vin et s’est mis à poil.  Ses fils l’ayant ainsi observé ont cru que c’était un rituel de réconciliation avec dieu.  Cependant, découvrant qu’il en avait une toute petite, ils se sont mis à rire. 

Et voilà, pourquoi nos petits Européens quand ils sont arrivés au Canada ont découvert des Sauvages à poil.  Ce sont les descendants des fils de Noé. C’est un choc!  Les Indiens ont généralement le gland plus pointu que celui des blancs.  Ils copient sur leurs flèches. 

Un autre fait anthropologique invraisemblable que l’on tente de nous cacher. Les petits indiens ont de plus belles queues que les petits blancs.  N’étant pas circoncis, ils devraient avoir le gland moins usé.  Est-ce l’œuvre des missionnaires? 

Oui, je peux solennellement l’affirmer : s’il n’y avait pas de sexe, il n’y aurait pas de péchés, mais il n’y aurait pas d’humanité. 

Mieux vaut montrer des fusils à nos enfants avec les guerres qu’on nous prépare, les fusils seront plus utiles.

La guerre ça paye plus que la vente des drogues et le sexe ensemble. 

Radioactif 401

juin 10, 2022

Radioactif 401

Texte de 2008, p. 686

Le sexe à la garderie ?    

Si je trouve maladif les appels à la délation des féministes, je dois avouer que je ne comprends pas qu’un individu (remarquez que c’est rarement une femme) ait posé des gestes de nature sexuelle sur des bambins dans une garderie ou à la maison.  Ça me semble tellement invraisemblable que parfois je me demande si ce n’est pas « organisé avec le gars des vues » pour nous en mettre plein la vue et entretenir la peur chez les parents qui doivent faire garder leurs enfants. 

Pourquoi une personne normale serait-elle intéressée à avoir un contact sexuel avec un bambin? Non seulement le bambin, à mon avis, ne peut pas jouir de cette relation ; mais il ne présente aucun intérêt sexuel.  Il n’y a pas de partage, d’échange.  J’avoue ne pas comprendre, même si j’essaie.  Ça me dépasse complètement. 

À la rigueur, je pourrais accepter comme possibilité qu’une personne puisse se demander par curiosité à quel âge on commence à bander, étant donné qu’aucun livre à ma connaissance ne semble apporter une réponse.  Je pourrais comprendre que quelqu’un cherche la réponse.  On pourrait à la rigueur essayer de répondre à cette interrogation. Ce n’est pas parce qu’on trouve très beau un petit nu devant nous, qu’on est pédophile. 

Cependant, quand on lit que le jeune a des bleus aux fesses ou qu’on a essayé de l’enculer, c’est tellement incroyable et maladif qu’on peut douter de la véracité de ces informations.  N’importe quel adulte sain d’esprit sait très bien que toute pénétration avec un bambin est impossible, sans le blesser.  Une simple question de dimension.  Il faut être malade pour tenter une telle chose.   

D’autre part, quand on dit que le petit a le gland du pénis «mâchouillé», je ne peux m’empêcher de penser que cette personne ne connait rien à la fellation.  Tu ne mords jamais quand tu suces.  Le plaisir réside dans la façon de le faire, dans les chatouillements provoqués, la vitesse du va et vient, de la douceur de la langue, et non à prendre le pénis pour un « hot dog».  D’ailleurs, en vieillissant, t’apprends vite que le succès est mieux assuré si t’enlève ton dentier.  La fellation est en soit quelque chose de doux, de plus agréable encore que la masturbation partagée. 

Est-ce qu’on veut nous faire croire qu’il y a des dépravés qui dépassent toutes formes d’entendement?  Personne ne peut être d’accord avec un tel comportement, mais de là à implanter une paranoïa dans la tête des gens en faisant croire que c’est fréquent, je trouve ça tout aussi débile.  L’ignorance doit être un facteur décisif dans tout comportement de ce genre. 

Une personne normale ne s’intéresse pas au sexe d’un bambin, tout le monde est d’accord ; mais ce n’est pas parce qu’il y a un malade de temps en temps qu’on doit semer une peur disproportionnée. 

Par ailleurs, je ne crois pas que l’on doive juger de la gravité des gestes en fonction d’une morale religieuse ou d’adulte, mais selon ce que ça peut produire comme traumatisme chez l’enfant, s’il y en a un.  À ce compte, l’enfant doit avoir peur. 

Plus important que punir, c’est d’assister la victime à ne pas se sentir dévalorisée aux yeux de ses parents et de ses compagnons.  L’enfant doit être le centre des préoccupations.  A-t-il été traumatisé ou notre réaction est-elle si vive qu’elle le traumatise encore plus?  Pour qu’une relation soit profitable, elle doit être consentie, non violente, responsable et surtout amusante, pour ne pas dire jouissante

Ces conditions ne peuvent pas être rencontrées avec un enfant trop jeune.  C’est l’évidence même.

Par contre, je crois qu’un enfant battu est dans une situation encore pire

Un enfant a besoin de se sentir aimé et apprécié de ses parents.  Et l’on vient de prouver qu’à l’adolescence, dans un environnement normal et positif, même un enfant violenté, peut compter sur la résilience du cerveau pour orienter sa vie dans la joie et le bonheur.  On oublie plus facilement les phases de joie que les moments de misère. 

Comment un jeune de plus de 10 ans qui apprend la jouissance de se faire tailler une pipe peut-il être traumatisé jusqu’à 70 ans?  Je pense qu’on nous prend pour des idiots.  Je me souviens qu’un jour, alors que j’enseignais au secondaire à Montréal, j’avais amené un petit gars à avouer que son père le battait.  Après en avoir discuté avec le directeur, nous avons averti la DPJ.  Quelle erreur nous avons commis. 

Le père était portugais et considérait que sa manière d’élever ses enfants ne regardait que lui.  La police a rencontré le père qui a prétendu que son fils se droguait. À partir de ce moment, le jeune était fréquemment suivi par les policiers qui le harcelaient à cause de sa consommation.  Cette situation ruina son rapport avec les autres qui le prenaient maintenant pour un drogué. La vie de ce jeune est passée du purgatoire à l’enfer parce qu’on voulait l’aider. 

J’ai aussi beaucoup de difficulté à croire dans les mouvements de protection des jeunes qui ne parlent que de sexe.  Les protègent-ils vraiment?  J’ai à maintes occasions dû constater que ces dénonciations et l’interprétation des intervenantes ne faisaient qu’empirer la situation pour le jeune.  Les jeunes ont surtout besoin de compréhension pour être aidés.  C’est leur bien qui doit l’emporter, pas nos jugements sur la moralité de leurs gestes, surtout s’ils ne sont pas violents

Tout peut être toléré, tant qu’il n’y a pas de violence ou que ça ne conduit pas à la violence.            

Les Maria Goretti modernes.

En plus de jeter 60 millions $ de nos impôts à l’eau, alors qu’on manque d’argent pour franciser les nouveaux arrivants (Mme St-Pierre est ministre responsable de la langue française et de la condition féminine au Québec), la campagne en faveur de la délation sème, en plus de la paranoïa, une haine de la sexualité chez toutes les jeunes filles, et une évaluation de la vie humaine sujette à créer tous les intégrismes. 

D’abord, ces publicités en présentant la femme comme une victime automatiquement potentielle (une sur trois sera violée) nie la beauté de la sexualité et amplifie l’homophobie de ces féministes de la castration, en laissant entendre que les mâles sont des cochons incontrôlables, avides du pouvoir, un pouvoir qu’elle voudrait bien détenir.   

Ces nouvelles Maria Goretti utilisent les mêmes mécanismes de base que les religieux employaient pour déterminer le bien et le mal en matière de sexualité.  Comme les curés, elles projettent leur état de femmes frustrées sexuellement sur toutes les autres femmes ainsi que sur les enfants 

Dans le Coran, on parlait des impies et les Talibans nous montrent jusqu’où cette fièvre de la pureté peut nous conduire.  

Pour toutes les asexuées, le plaisir n’existe pas dans les rapports humains.  Elles croient coupables tous ceux et celles qui le ressentent.  Selon elles, le sexe n’est pas souhaitable. Il salit. 

Heureusement, ce ne sont pas toutes les femmes qui réfléchissent ainsi ; celles qui sont équilibrées savent fixer leurs limites et reconnaître le don extraordinaire qu’il leur est accordé de pouvoir enfanter. 

Qui auraient pensé qu’un jour des femmes auraient tellement honte de leur corps qu’elles en seraient rendues à croire que cacher ce corps, le rendre inaccessible à toutes formes de jouissance, les rendraient plus « intérieurement propres».  Avoir une telle honte et une telle peur de la sexualité est définitivement un signe de profond déséquilibre.   

Comme les curés, elles ont besoin de se couvrir pour oublier et se cacher qu’elles sont des êtres humains, donc des êtres sexués.  Vouloir le nier, c’est un acte schizophrène, un déni de la réalité.  On pourrait faire un meilleur usage de ces millions. 

Les religions sont devenues milliardaires en prônant l’abstinence sexuelle et en exploitant la culpabilité et la honte. Ce n’est pas une raison pour poursuivre leur erreur.   Le pape vient nous le rappeler dans sa visite aux États-Unis.  Dire qu’on veut même créer une ligne 1-800 de dénonciation… Ça ressemble à notre Harper- Bush national qui interdit des livres sur les drogues, sous prétexte qu’on peut ressentir quelque chose d’amusant sous l’effet des drogues.  L’as de la censure ! 

Éduquer les jeunes, c’est leur mentir selon lui.  Ce fasciste préconise aussi qu’on dispose de 30 milliards supplémentaires pour aller faire la guerre pour les pétrolières. Mais, il ne trouve pas d’argent pour améliorer le sort des jeunes qui vont à l’université ou vivent dans la misère.   Le fédéral n’est-il pas responsables des études post universitaires ? 

Les gouvernements n’ont pas d’argent pour vaincre le décrochage et préparer une relève ; mais ils l’ont pour leur propagande de malades.

Nos gouvernements sont aveugles et n’ont aucune vision d’avenir. Il faut remplir les poches de ses petits copains durant qu’on est au pouvoir. 

Je n’ai aucun respect pour toutes ces idéologies hypocrites et ordurières.          
 

Radioactif 400

juin 9, 2022

Radioactif  400

Texte de 2008, p. 684

Les fausses féministes : les féminounes.     

Il y a une différence essentielle, notable, entre les féministes des années 1970 qui considéraient la liberté sexuelle comme un droit individuel fondamental et le féminisme d’aujourd’hui.  Je n’inventais pas une nouvelle morale plus libre, plus consciente, plus scientifique, donc plus près de la réalité ; je vivais tout simplement en accord avec les principes défendus par les féministes de mon époque. 

Était-ce parce qu’on discutait d’avortement et qu’ainsi chaque femme était nécessairement potentiellement directement concernée qui faisait qu’elles étaient plus ouvertes d’esprit ?  C’est un sujet qui va reprendre très bientôt le micro parce que notre moumoune nationale, Stephen Harper, doit comme son mentor Bush, ramener l’avortement comme sujet de discussion.  Pour l’interdire, bien évidemment.  

Il a d’ailleurs introduit son projet de loi en consacrant les droits du fœtus, tout comme il a réintroduit la censure en ajoutant deux petits mots passés inaperçus dont « l’ordre public».   Il a le champ libre, car les libéraux sont incapables de reprendre le pouvoir d’où s’écrasent-ils comme un petit chien qui a peur. 

Si McCain emporte les prochaines élections, Harper deviendra, grâce au fond religieux qui existe encore au Canada et aux comtés religieux du Québec, plus officiellement un gouvernement majoritaire de dictature.   

Plus hypocritement, toutes les religions sont comme les Talibans. II suffit de leur donner le droit d’expression pour l’apprendre. Nous aurons droit à notre Charia sexuelle locale.  

Plus tu crées une zone de paranoïa, plus tu retournes vers les vieux concepts moraux en vue de te sentir plus en sécurité. 

Les féministes d’aujourd’hui sont de faux curés qui essaient, sans s’en rendre compte, de nous ramener aux enseignements religieux, qui même s’ils sont écrasants permettent de vivre davantage dans une illusoire sécurité.  

Les féministes de mon époque avaient compris qu’il n’appartient à personne de te dicter une morale sexuelle quelconque, car elle est un lien direct avec tes croyances religieuses, donc, du monde de l’émotif. 

Selon les religions, Dieu est un être qui n’a aucune idée du principe de la limite. Il nous aurait dit ce que nous devons croire et ce que nous devons faire de notre corps. 

Un être absolument spirituel peut-il comprendre ce qu’est être esclave d’un corps, au point de pouvoir nous indiquer quel devrait être notre comportement?  Un être illimité peut-il concevoir comment vivre les limites?  Accepter la morale des autres, c’est plus sécurisant et plus facile que de créer sa propre morale. 

Ce besoin d’être comme les autres, c’est ça l’aliénation.  Embrasse dans la joie la corde qui te garde esclave. 

C’est pire que le colonialisme parce qu’on se fait tellement laver la cervelle qu’on s’imagine que cette servitude nous protège alors qu’elle nous exploite. 

On croit qu’en groupe on est automatiquement grandi et mieux protégé. 

Les « athées » viennent de s’apercevoir qu’ils se sont fait passer « une épinette sèche» par les féministes qui ont pris le pouvoir au Québec.  Ces dernières ne sont pas de la génération qui croyaient dans l’égalité réelle, absolue, des hommes et des femmes, y compris la sexualité ; mais elles sont les descendantes de ces pécheresses en repentir qui repartent en croisade contre le mal  » sexuel bien évidemment  » et qui ont honte d’avoir osé penser qu’elles avaient le droit de jouir de leur sexe.  Le plaisir, selon cette façon de voir  est un péché.  Le péché de la chair est un mensonge.

Le danger de ce nouveau troupeau moraliste est son hypocrisie. 

Elles ne semblent pas conscientes qu’elles raniment les valeurs que les femmes ont combattues avec ardeur pour se hisser là où elles sont rendues actuellement.  En se redéfinissant à partir des principes religieux, elles ressuscitent le mythe de la femme qui doit être soumise à son homme et qui est indigne de vivre sa sexualité dans la joie. 

Certaines féministes actuelles sont des inconscientes qui n’arrivent pas à imaginer ce que sera leur nouvelle société de paranoïaques castrées à la recherche de la rigueur morale qui leur était inculquée depuis leur enfance ; car elles ont échangé leur droit à l’égalité par celui de la sécurité. 

Les féministes d’aujourd’hui sont issues du discours des femmes religieuses, ayant honte d’être sexuées,  et non de celles qui voulaient l’égalité entre homme et femme à tous les points de vue.  Aujourd’hui, elles sont honteuses et coupables d’avoir espéré la liberté.  Donc, nous retournons à la morale de nos ancêtres et leur niveau de connaissance.

Féministe = stool ?

Est-ce qu’aujourd’hui féministe veut absolument dire : bavasseuse ou                 « stool »?  Une race d’humains en qui on ne peut absolument pas avoir confiance, dont le nombril ne peut supporter d’être abordé sans une paire de gants blancs ; une personne qui se croit tellement précieuse qu’elle s’imagine que tous les autres sont des bactéries ou des virus virulents. 

Que tu es des droits, que tu veules les faire respecter, c’est plus que normal et nous avons tous les mécanismes (parents, enseignants, travailleurs spécialisés) pour s’assurer qu’aucun enfant ne soit pas prisonnier de son secret.  Mais de là, à offrir cette garantie, de manière à créer une industrie de la délation à partir même des garderies, c’est de la folie pure.  Il faut au préalable considérer la sexualité comme étant en soi quelque chose de mal pour penser ainsi.  Ce que je considère encore plus malade que moi, malgré ma pédérastie. 

Dépenser 60 millions, en cinq ans, pour apprendre aux jeunes à stooler, même si on appelle ça « briser le silence », apprendre à devenir paranoïaques, c’est abuser des dépenses faites à partir de l’argent des contribuables. 

Tous les cas de violence doivent être dénoncés.  Aucun doute et aucune hésitation là-dessus. 

Le droit absolu d’aimer à être touché est aussi un droit fondamental, mais si on ne respecte pas un « non clair », c’est un abus.  Tout le monde est d’accord. 

Cependant, se mettre à dénoncer tout ce qui nous semble un geste sexuel parce qu’on s’imagine que la sexualité doit être réprimée en dehors des quatre murs de sa chambre à coucher, c’est de l’abus. 

Pour que l’industrie de la dénonciation fonctionne, il faut créer ce besoin de tout dénoncer.  C’est créer une culture de paranoïa. 

Un jour, un de mes amis professeurs a été accusé de harcèlement sexuel parce qu’il avait l’habitude de passer la main dans les cheveux de l’élève pour le ou la féliciter.  Un geste normal, il y a peu de temps.  Eh bien, il a failli perdre son emploi pour avoir pensé qu’on a encore le droit de manifester ses encouragements à partir d’un geste affectueux.  On en est rendu qu’un regard    «insistant » peut être perçu comme un geste de harcèlement sexuel. 

Je pense qu’on vit dans une société de plus en plus folle.  

8 juin 2022

Je suis encore tout à fait d’accord avec cet écrit. Cependant, j’insiste sur le fait que je crois encore dans le féminisme de ma jeunesse. Je ne comprends pas qu’on puisse mettre l’égalité homme-femme en doute une seule seconde.

J’avoue avoir un certain malaise avec mes textes anciens quand il parle des femmes parce que, sauf sur le plan sexuel, j’ai peur que mes écrits puissent être quelque chose qui nuise à l’égalité homme-femme.

Pour moi, être un homme ou une femme, ça ne change rien. La nature est ainsi faite et le seul problème est d’apprendre à s’accepter et même s’aimer comme on est.

L’aversion sexuelle est ce que les religions nous ont appris. C’est un moyen de créer en nous une aversion d’être humain.

Radioactif 399

juin 8, 2022

Texte de 2008, page 662

Le scandale St-Pierre.

On apprend dans La Tribune, de Sherbrooke, que la ministre Christine St-Pierre a un budget de 60 millions $ pour combattre les abus sexuels. Les annonces dénoncées récemment parce qu’elles ne disent pas que tu as aussi le droit de dire « oui » font partie de ces dépenses folles.  Un total de 60 millions $ pour propager la paranoïa et la délation.

On veut même implanter un service 1-800. 

Il faut vraiment être tombée sur la tête pour dépenser autant d’argent à la promotion de la dénonciation des abus sexuels alors qu’on a pas l’argent pour retrouver les personnes disparues comme la petite Cédrika Provencher ou les autres personnes disparues. 

Je suis parfaitement d’accord sur le fait qu’il faut combattre, sans répit, même majorer les sentences pour toutes formes d’abus sexuels violents.  Mais, il faudrait avoir l’intelligence de faire une nuance entre un abus violent et non consenti, un viol et une situation (un attouchement ou une incitation) où il n’y a pas de violence, mais plutôt un esprit de jeu, de plaisir. 

On dirait que les féminounes veulent absolument remplacer les curés d’hier.   Elles sont aussi obsédées par le sexe qu’ils l’étaient.  Sont-elles jalouses du pouvoir des confessions?  Elles veulent elles aussi voir et entendre tout ce qui se passe dans le pantalon du voisin?   

C’est indécent de mousser la paranoïa jusqu’à prétendre que tout acte à caractère sexuel est une forme de viol. 

On devrait jouer un peu moins aux moralistes quant à l’argent dépensé.  On n’a pas l’argent pour offrir des cours de français aux nouveaux arrivants et son gouvernement n’a même pas la décence de s’adresser en français aux industriels du Québec. (Le Devoir).  C’est strictement débile. 

On s’entend que la violence et les profits exagérés des multinationales ou leurs fermetures pour de prétendues raisons de mondialisation sont les pires ennemis de notre société?  C’est pire de jouer à des jeux vidéo où l’on passe son temps à tuer qu’à regarder des films pornos. On s’entend sur le fait qu’il faut éliminer toutes les situations de proxénétisme, y compris faire sauter la protection accordée à la pègre pour la prostitution.  Il y a prescription de deux ans.

On retourne aux années 1950, sauf que cette fois, ce sont les féministes paranoïaques qui remplacent les curés.   Faut être pas mal sautée pour dépenser autant d’argent pour défendre une morale bourgeoise et dépassée qui ne correspond même pas aux découvertes de la science alors qu’on apprend que le quart des jeunes au Canada vivent sous le seuil de la pauvreté.  On se réveille ! 

Je préfère me faire poigner le cul que de crever de faim !  Au moins, t’as du fun. …      

En 2006, au Québec, il y a eu 6,003 infractions sexuelles enregistrées par la police.  Combien étaient violentes, on ne le dit pas.  C’est donc dire qu’on a dépensé 3,000$ par effractions, si on juge qu’il s’agit du même nombre durant les cinq prochaines années et, à cela, il faut calculer les pertes que ces accusations créent.  Un accusé pour une effraction sexuelle devient un candidat idéal au bien-être social à vie puisqu’on le pourchasse afin qu’il ne puisse plus travailler. 

Les excès de pudeur sont très coûteux. La religion paie environ 100,000 $ pour chaque cas de pédophilie.  C’est vrai que l’Église est multimillionnaire.  Si tu veux créer un racket payant, crée une religion ou une association contre la liberté sexuelle ! 

Bientôt, on pourra être accusé de harcèlement sexuel juste à regarder quelqu’un intensément.  Je m’excuse, ça existe déjà !

La liberté sexuelle d’alors.

Je me rends compte que le vin, tout comme le pot, sont des ennemis de la création, du moins, dans mon cas.  J’ai profité d’être seul avec Benji et de l’arrivée du printemps pour renouer un peu avec le Chianti et le Pinot noir ; mais en plus des crampes dans les jambes, le vin m’empêche de créer un texte de mon goût. 

Je voudrais bien parler de la fascination qu’exerçaient les beaux petits seins de la petite Hélène, mais qui n’a pas déjà ressenti une telle ferveur. 

Je passe donc à la largesse d’esprit et de l’avant-gardisme des féministes de cette époque.  Ces femmes étaient assez à l’écoute de leurs enfants pour savoir exactement ce qu’ils ressentaient quand ils étaient avec moi.  Elles ont toutes conclues que les jeunes aimaient ma compagnie et qu’en aucun moment je représentais un danger pour leur progéniture.  Tout était clair. Tout le monde savait que je suis pédéraste et faisait confiance aux jeunes.  Cette transparence garantissait toute sécurité pour celles qui faisaient confiance à leur garçon et pour qui la confiance ne signifie pas qu’il ne se produit rien, mais que rien ne va perturber le jeune. 

Je me souviens qu’une de ces femmes, mal à l’aise, me raconta avec émoi que son garçon venait de lui dire que je lui avais touché le pénis.  Elle lui a tout simplement dit : si tu as aimé ça c’est ton droit ; mais si c’est le contraire, nous partirons immédiatement et il ne restera jamais plus en notre compagnie.  C’était son choix.  Le jeune resta non seulement pour le reste de la journée à la maison ; mais il décida de coucher avec moi dans mon lit. 

Ce ne sont pas les féministes d’aujourd’hui qui verrait la vie ainsi.  Elle était tout simplement assez émancipée pour laisser son jeune libre de choisir. Quoiqu’il arrive, elle savait que son petit ne serait pas en danger avec moi.

Cette femme était bien meilleure mère pour ses enfants que toutes les frustrées et les peureuses qui les surprotègent. 

L’arrache-coeur, de Boris Vian, est un roman remarquable à ce sujet.  C’était le temps des expériences de toutes les sortes en autant qu’elles étaient non violentes et consenties.  C’est exactement ça respecter l’intégrité d’un individu et non que les autres, les adultes,  décident pour lui.

L’homophobie

juin 7, 2022

La longue bataille contre l’homophobie

Au tournant des années 1990, 17 hommes homosexuels ont été assassinés à Montréal. Les meurtres ont été commis sur une période d’environ quatre ans. Cette triste période est le point de départ de la balado Le Village : meurtres, combats, fierté qu’OHdio offre à compter de ce mardi. Notre chroniqueur Mario Girard a écouté les sept épisodes et affirme que c’est de la très bonne radio !  (La Presse,7 juin 2022).

Radioactif 398

juin 7, 2022

Radioactif 398

Texte de 2008, p. 681

L’indépendance/mondialisation.

Ceux qui prétendaient que la mondialisation était une raison pour mettre de côté l’idée d’indépendance du Québec doivent aujourd’hui reconnaître leur courte vision. 

Sous des prétextes économiques, on pensait que le Canada était un marché plus intéressant et plus payant que le Québec.  C’était vrai jusqu’à un certain point : le Québec sera mieux servi quand il fera partie d’un libre-échange avec l’Europe.  C’est une chose qui aurait dû être réalisée depuis longtemps et nous devrions utiliser l’euro.

Depuis quelques années, le paysage économique de la planète s’est modifié.  La Chine, un pays où tout le monde crevait de faim est devenu une superpuissance assoiffée d’énergies.  Son but est de détrôner les Américains, avec l’aide de la Russie. 

Al Quaïda est l’armée de l’Islam ou si l’on veut des pays producteurs de pétrole et d’opium, ennemi d’Israël.  Il se passe maintenant ce qui se passait, il y a quarante ans.  Les industriels d’ici, à la recherche d’employés sous-payés, se sont installés là-bas sous d’autres noms et ils livrent une lutte à finir avec les industries d’ici qui n’ont pas su se moderniser quand il était temps. 

À moins d’offrir des produits de très haute qualité, il fallait se débarrasser des secteurs mous, multiplier les usines de transformation.  Les syndicats pensent d’abord à leurs propres profits au lieu de ceux des travailleurs, ils ne pensent qu’en fonction des augmentations de salaires.  Et, nos usines ferment.  Pourquoi?  Parce qu’on a été assez fous pour écouter les beaux discours de Jean Charest. 

On a laissé les multinationales s’installer chez-nous, on a pratiquement vendu le Québec, pour donner l’image d’une société prospère ; mais en réalité, tout ce qu’on a fait, on a donné des cadeaux à coups de millions à des multinationales qui aujourd’hui, puisque c’est plus profitable pour elles, ferment une à une.  Nous avons été leurrés. 

C’est comme notre bas de laine qui se vide continuellement parce qu’on a une bande d’incompétents qui jouent aux financiers avec notre argent.  Il se perd des coups de pied au cul au gouvernement ! 

C’est le seul point où l’ADQ avait raison ; mais ce parti politique ressemble de plus en plus à celui de Stéphane Dion où  le discours tourne à vide.

On dit que le Québec sera touché par la crise alimentaire mondiale. C’est sûrement vrai, car on a refusé l’agriculture auto-suffisante que prônait Jean Garon, ex-ministre péquiste de l’agriculture.  Si on avait écouté ce dernier, nous ne serions pas dépendants, comme nous le sommes maintenant à cause des pétrolières, car on n’aurait pas à faire venir tous nos produits de l’extérieur.  

Avec la crise économique qui s’en vient, on pourra se mordre les doigts de ne pas avoir eu la sagesse de devenir un pays en 1995. 

Charest nous enfonce dans un état de dépendance dont on ne se sortira probablement  jamais.  Si le Québec ne veut pas trop s’enfoncer, il faut mettre sur pied un plan d’urgence d’achat chez nous, ce sera sûrement plus profitable que de dépenser des millions à inciter les gens à devenir des « stools» sur tout ce qui touche la sexualité. 

Les féministes ont tué le référendum de 1980 et 1995, tout autant que les votes ethniques, mais on en a pas encore parlé.  C’est payant de garder une population dans l’ignorance, ça permet au moins à la police d’avoir de plus grandes subventions pour goûter elle aussi aux joies de la pornographie infantile, sous prétexte de la nécessité de surveillance. Société d’hypocrites ! 

Radioactif 397

juin 6, 2022

Radioactif 397

Texte de 2008, p. 680

Drôle de situation !

Pendant que les poètes s’intéressent à m’écraser pour m’empêcher de dire que j’aime faire une pipe aux jeunes adolescents — un exploit que je n’ai pas réalisé depuis au moins dix à quinze ans — on nous annonce une deuxième crise alimentaire mondiale.  Ça signifie tout simplement que la grande mafia terrestre n’est pas satisfaite des taux de profits réalisés au cours des derniers mois. 

Pour remettre les écologistes à leur place, les pétrolières ont décidé de miser sur l’éthanol et ainsi créer une crise alimentaire mondiale.  Ils essaient de nous passer :  » soyez écolos et vous en paierez la facture « .  On se fiche qu’il y ait des milliers, sinon des millions d’humains qui crèvent de faim, ce qui importe ce sont les profits.  

Les dirigeants des industries de pétrole sont des assassins légalisés, devenus plus puissants que l’ONU et les gouvernements.  Ils ont réussi à rendre le pétrole une nécessité absolue à la survie. 

Au cours des prochains mois, même la classe moyenne va y goûter, car en augmentant toujours les prix sans augmenter les salaires, c’est le pouvoir d’achat qui sera diminué.  Par exemple, qu’est-ce qui arrivera aux milliers de Québécois âgés qui avaient déjà de la difficulté à choisir entre les médicaments et la nourriture?  Le Canada tentera-t-il d’éliminer les pensions de vieillesse?  Paul Martin y a déjà songé. 

Pour détourner l’attention, Harper passe des lois qui nous ramènent quarante ans en arrière, comme l’âge de consentement à 16 ans. 

Le Québec serait-il devenu un état d’impuissants ? 

Radioactif 396

juin 5, 2022

Radioactif 396

Texte de 2008, p. 676

Les femmes.

Je devais m’installer quelque part et j’ai décidé de partager l’appartement avec une jolie jeune femme que je venais de rencontrer, même si elle avait déjà son amant.  La petite Hélène partageait ma liberté d’esprit.  Elle me savait pédéraste, mais elle s’en fichait.  C’était mon affaire. 

Je pensais tout connaître des femmes, mais quand on était plus jeune, on nous en apprenait le moins possible.  Y a peut-être même encore des hommes mariés depuis des décennies qui ne savent pas encore qu’une femme a un clitoris.   Ignorant, t’es supposé être moins tenté.  

C’est pour ça, par exemple, que bien des jeunes ne savent pas pourquoi ils se mettent soudainement à bander dans le métro quand leurs fesses se font moudre par les secousses de la voiture.  Ils ne savent pas que c’est normal et s’imaginent qu’ils sont des cochons.  Ils ont trop honte pour en parler, alors se haïssent un peu plus à chaque occasion. Que de chapelets perdus !

Yvette était grossette, mais elle fut ma meilleure contorsionniste.  Avec elle, j’ai appris à «swingner».  Elle avait l’art, en me tenant pas les fesses, de saccader mes mouvements, de produire des cercles de façon à me donner une « ride» sur une mer houleuse inoubliable.   Et, entre deux vagues, elle te faisait une pipe capable de ressusciter n’importe quel soldat tombé au champ de bataille, tout en sachant s’arrêter dès que survenait un garde-à-vous affermi.  Et, la course reprenait de plus belle.  Un coup avant, un coup arrière jusqu’à vomir dans les délices du nirvana.  C’était plutôt dur pour les reins, donc un exercice qui ne se répétait pas quotidiennement, même si c’était l’époque des grandes performances… 

Avec Hélène, mon Égyptienne, faire l’amour c’était plutôt un geste d’esthétique, d’ambiance.  Elle était peut-être bien en chair, mais elle se rapprochait de la moyenne.  Ni trop, ni pas assez.  Le plus beau moment fut je jouer au papa en plein devoir de procréation , après avoir fumé un bon joint, sur une roche dans la forêt avec une vue sur le lac Memphrémagog et l’impression soudaine d’avoir vu passer une soucoupe volante.  C’était peut-être ma vitesse d’éjaculation qui déforma ainsi ma vision du ciel. 

Un problème que bien des gars se posent : si je viens si vite, est-ce que je pourrais en altérer la vitesse en agrémentant ma vie de quelques coups de poignets supplémentaires, entre deux rencontres avec Cléopâtre ?  C’est fatiguant, l’éjaculation précoce.  C’est gênant, mais encore moins que de prendre un mois pour venir. Dans ce cas, tu as encore l’air plus fou, car tu mettras une éternité avant de lâcher le morceau.  C’est éreintant et peut-être même encore pire que d’être impuissant.  Avoir les piles à terre et ne pas voir le moment où tu viendras… Un effort à te motiver une crise cardiaque de pointer le nez… Une course contre toi-même et une peur folle de ne jamais atteindre l’objectif.  

«Sorry, le puits est à sec ce soir ! Les noix se prennent pour des castagnettes. ».

La petite Hélène avait une chose que je n’avais jamais expérimentée : elle était belle et petite.  Ça motive son homme !   Des petits seins en forme de poire… une petite bouche juste assez ronde pour bien retenir Hector qui joue à l’explorateur de grotte.  La petite Hélène avait un avantage physique sur toutes les autres : je la trouvais très belle. 

Grâce notre capacité de se comprendre et notre désir mutuel de ne pas mourir niais, nous avons essayé toutes sortes d’expériences.  Par exemple, après un souper bien arrosé, je me suis ramassé dans le lit avec Hélène et une deuxième petite amie.  Je fus vite délaissé, car elles étaient beaucoup plus intéressées à vivre une expérience gaie qu’une vraie expérience à trois. 

Avec presque 30 ans de vie, j’apprenais que le clitoris d’une femme joue exactement le même rôle quand il s’agit de masturbation que le pénis pour le garçon.  D’ailleurs, le clitoris n’est-il pas un petit pénis intérieur ?  Je ne savais pas que c’était encore plus sensible au bout de la langue qu’au bout du doigt.  Je venais d’apprendre qu’une femme pouvait aussi se masturber. Pourquoi nous a-t-on tenus aussi ignorants?  J’imagine que tout individu devrait apprendre à maîtriser l’art de la jouissance de son ou sa partenaire

C’était d’ailleurs, ce qui se vivait dans la Grèce antique : le pédéraste apprenait à son jeune amant les trucs pour faire jouir sa future compagne.  Cette initiation avait le côté positif de savoir faire autre chose que le missionnaire.  Ce devrait être une éducation père-fils et mère-fille. 

Mais, j’admets que ce n’est tellement pas dans nos mœurs que nous serions tous morts de gêne.  Aussi, en suis-je encore à croire qu’une femme sait mieux faire jouir une compagne et que les gars demeurent les grands professionnels de la pipe.  Je ne connais rien, pour moi, de plus merveilleux que de le faire découvrir pour la première fois.   Ainsi, sur le plan sexuel, j’en apprenais beaucoup. 

Malheureusement, les choses se sont gâtées quand Hélène se mit à vouloir faire observer scrupuleusement les règles féministes. 

Pas question qu’elle lave une assiette de plus que moi, pas question non plus que je ne fasse pas ma moitié dans le lavage du plancher.  Tout était passé à la loupe.  À la longue, ça finit par être emmerdant.  Je l’ai laissée pour m’installer seul en appartement, mais j’avoue que je l’aimais bien. 

Elle s’est ensuite mariée avec un nord-africain qui lui a fait une petite fille.   Il ne tentait pas comme moi de vivre l’expérience du féminisme.  Ce doit avoir été très pénible puisqu’un jour elle est disparue.   On n’a jamais su ce qui lui était arrivée.  Les cartes peuvent dire qu’elle s’est noyée, malheureusement, on ne le saura jamais.  J’ai bien de la difficulté à digérer que la police passe son temps à surveiller les pédérastes sur internet qui ne seront jamais violents et ne trouve jamais les personnes disparues. L’argent devrait servir en priorité pour retrouver les personnes disparues.  

L’hypocrisie est érigée en système.  J’ai mal à mon humanisme quand je sais que la famine ne fait que débuter ses ravages dans les pays pauvres… un autre effet de la maudite crise du pétrole.  Non seulement on veut demeurer idiot quand il est question de sexe ; mais on veut être parfaitement aveugle quand s’agit de voir qu’on court vers la mort de millions de personnes. 

Et, on trouve moyen de m’empêcher, parce que je suis pédéraste, d’aller en Haïti… peut-être que dieu ne veut plus de moi.    

L’éducation sexuelle est en réalité quelque chose qui devrait être très simple puisque c’est l’explication de la nature humaine afin de savoir utiliser son corps correctement, en respectant les autres, mais en fonction de ce que la science nous a appris.  Par exemple, les règles.  Comment peut-on être intelligent et prétendre que les règles sont une chose honteuse? 

Si les femmes n’avaient pas de règles ce serait comme des hommes sans prostate.  Naturellement, nos corps produisent des ovaires si on est une femme et du sperme si on est un homme.  S’il n’y avait pas de règles (ovulation), les ovaires qui ne seraient pas éliminées pourraient comme le sperme, dans le même contexte, être dangereux en devenant un poison à l’intérieur du corps.  L’homme et la femme sont assez bien faits pour évacuer ce qui ne correspond le plus au besoin du corps. 

Comment les religions ont-elles pu nous faire croire qu’il y avait là matière à appeler les règles, une « maladie » de femmes?  C’est de l’ignorance crasse.  C’est comme la forme des seins.  Les seins de jeunes femmes sont différents des seins de femmes accomplies. Ils sont plus beaux.

Certains contestent Freud parce que des fois il va loin.  Il reste quand même qu’au plus profond de nous, sans même qu’on le sache, notre corps répond mieux à certaines formes (le rond pour les seins), à certaines senteurs et à un certain degré d’énergies.  Tout est fonction de sa libido, donc, de sa génétique.  On a un détecteur inné en chacun de nous d’où sommes-nous attirés par des personnes différentes

Que nos religions le veuillent ou non, l’homme n’est qu’un animal qui a perfectionné davantage le cerveau par rapport à un autre sens particulier. 

On s’imagine bien fins, mais on est que l’aboutissement de siècles d’expérimentions.  Au rythme que nous sommes en train de détruire la planète, nous aurons été une espèce intéressante qui ce sera tuée elle-même.  Il suffit de continuer à vouloir évoluer selon les stupidités de la morale religieuse.  Les religions n’ont pas la décence d’admettre que ses règles sont nettement dépassées.  Nous ne sommes plus à l’ère où nous avions absolument besoin de procréer pour sauver l’espèce ; mais au contraire, de contrôler le nombre des naissances si nous ne voulons pas nous détruire.

Or, ce contrôle peut et doit exister en dehors de la répression sexuelle.  Il faut reconnaître que les féministes de mon époque avaient raison.  On ne fait pas l’amour que pour procréer, mais pour le plaisir.  À ce moment-là, il faut que le gars sache que la fellation d’une fille, c’est aussi pour elle, souvent plus agréable que la pénétration. 

Quand on était jeune, on nous écœurait tellement avec l’idée de la saleté du corps qu’on ne l’apprenait jamais, sinon si un ami se vantait d’être meilleur que les autres.   Qu’attendent les filles pour apprendre aux garçons qu’elles jouissent aussi à être masturbées ou sucées?  Un sujet qu’on n’aborde jamais parce qu’on en a honte.  Pourquoi y a-t-il autant de divorces ou de séparations sinon parce qu’on ne se connaît pas avant de vivre ensemble? 

C’est un problème qui ne me regarde plus. 

À mon âge, le sexe perd de sa valeur.  Un bon repas, une bonne bouteille de vin, une bonne discussion est souvent plus appréciée qu’une petite excitation dans le litOn recherche des bonheurs qui durent plus longtemps qu’une simple éjaculation.  C’est essentiel de connaître son corps. 

Il faudrait cesser d’être assez débile pour croire que c’est un soulagement de voir un vieux curé croupir en prison, alors qu’il ne bande même plus, sous prétexte qu’il nous a touchés durant notre enfance.  On essaie de nous faire croire qu’on les met en prison pour protéger jeunes.   Ils ne bandent même plus.  Un chantage éhonté, sauf s’il y a vraiment eu viol, donc, violence.

En réalité, on cherche le portefeuille de notre très Sainte Mère l’Église qui a pensé acheter le silence en payant les prétendues victimes, au lieu de reconnaître que le péché de la chair n’existe pas.           
 

Radioactif 395

juin 4, 2022

Radioactif 395

Texte de 2008, p. 676

L’obésité.

Je ne savais pas jusqu’à quel point l’obésité est un problème pour un enfant.  Quand j’étais avec Yanie, j’entendais souvent parler du problème d’obésité.  On nous disait même que ça pouvait conduire à une mort prématurée. 

Évidemment, parce que je l’aimais bien, j’essayais de la convaincre de moins manger, de faire plus d’exercices, de perdre du poids.  En somme, je voulais absolument la sauver et régler le problème pour qu’elle ne meure pas plus jeune.  Autrement, je m’en foutais éperdument.  Je l’aimais telle quelle.

Beaucoup plus jeune d’ailleurs, j’ai voulu même vérifier «life », sans succès, s’il est vrai que les obèses ont tous de courtes queues, assez grosses ou volumineuses, mais toutes ratatinées.  Ce mystère est demeuré sans réponse qui, avec l’âge, se dissipe et disparaît..  

Plusieurs années plus tard, Yanie s’est retrouvée dans une de mes classes au secondaire, alors que j’enseignais à Jeanne Mance, à Montréal.    Nous sommes allés ensemble au restaurant.   Elle m’a avoué que ma préoccupation pour son poids était la seule chose qu’elle avait détestée de moi. 

Je suis presque tombé en bas de ma chaise, car ce souci était une des marques incontestables que je l’aimais.  Je l’aimais assez pour ne pas vouloir qu’il ne lui arrive rien de mal.  Je ne sais pas ce que cela a eu comme impact dans sa vie.  Par contre, cet aveu a fait que je me suis vite demandé si on a le droit, même au nom de l’amour, de demander ou d’exiger qu’une personne prenne mieux soin d’elle pour son propre bien. De quel droit peut-on intervenir dans la vie des gens quant à leur corps. Ils sont les seuls maîtres d’eux-mêmes.

C’est un peu comme ma bande de fuckés qui décident de m’éliminer de toute écriture, sous prétexte que j’aime manger une petite queue et que j’ose l’écrire.  Un dessert que je ne me suis pas offert depuis plus de dix ans et un thème que je continuerai de traiter parce qu’il y va de quelque chose de plus fondamental derrière ce besoin de liberté : le droit de s’exprimer et le droit à son intégrité physique et mental. 

La seule personne qui a droit de juger son corps est celle qui le possède.

Aujourd’hui, je considère qu’il n’appartient à personne de juger de l’obésité. Les individus doivent apprendre à s’aimer. Une image positive de soi est essentielle pour un minimum de bonheur.   Il y a beaucoup de femmes pour lesquelles être bien en chair les met encore plus en valeur.

Toutes formes de censure, hors les appels à la violence, sont des gestes antidémocratiques et fascistes.      

Hitler aussi s’en prenait aussi aux homosexuels (gais). Vivre et laisser vivre.

Tout doit être permis sur le plan sexuel, sauf la violence et la domination.  Ton corps n’appartient qu’à toi.  Une vérité universelle.          

Radioactif 394

juin 3, 2022

Radioactif 394

Texte de 2008

La poésie et la connerie.

Je viens de recevoir la note suivante : « Il semble que votre façon de penser la sexualité n’est pas la nôtre. En conséquence, je suis désolé de vous dire que vous ne faites plus partie de l’Envol poétique».   

Réponse :

 «Les poètes qui sont supposés être la flamme de la pensée humaine ressemblent de plus en plus à la flamme olympique.  Elle est le symbole de la paix et la compréhension, mais en réalité, elle est l’expression de l’étroitesse d’esprit.  Dommage, je commence à penser qu’intellectuel rime avec idiot. 

Pas étonnant que la planète soit sur le bord de la catastrophe.  Est-ce réagir d’une façon excessive? 

En quoi le fait que j’aime les adolescents peut justifier que je n’aie plus le droit d’écrire ?  Je ne cesserai pas d’écrire pour donner raison à cette démocrassie minable.»

De Suzanne à la politique.

Puisque Suzanne avait un nouvel amant.  J’ai fini par quitter le nid.  Avoir été une année avec elle faisait ressortir le manque d’inusité à employer la méthode du missionnaire.  Je dois être comme certaines femmes : j’ai fini par trouver ça monotone. 

La génitalité n’a rien de divin, si elle ne donne pas lieu à une passion amoureuse. 

Quant à Patrick et Yanie, même si je les aimais comme si j’en étais le père, Suzanne demeurait leur mère véritable, ils devaient vivre cette séparation.  J’étais un faux père.

J’étais heureux de les voir m’affirmer d’un commun accord que de tous les pères qu’ils avaient eu, j’avais été le meilleur

Je ne devais plus me rendre travailler à la construction de la maison des enfants, non seulement était-elle finie de construire, mais elle fut presque immédiatement fermée. 

Les soirées avec Raymond Paquin m’avaient rappelé le sens immédiat de la vie : avoir du plaisir. 

Par contre, le fait d’avoir été aussi proche d’un petit gars qui me plaisait, sans le toucher, infligeait toute une raclée à la perception que je me faisais de la pédérastie qui n’avait été jusque-là que des désirs assouvis.  De plus, je passais lentement à des relations carrément gaies, car mes partenaires étaient d’ores et déjà des adultes consentants. 

Le fait de parader en ange-mère Foin-foin avec le groupe de Janou St-Denis me ramenait à la politique.  J’ai recommencé à m’y investir avec toute la passion que je pouvais, en distribuant des tracts, en faveur de Gérald Godin. 

 Aux élections de 1976, je représentais fièrement le roi des poètes, Gérald Godin, qui ne m’a pas mis à la porte parce que j’affirmais être pédéraste ; au contraire, il venait de choisir de publier Laissez venir à moi les petits gars plutôt que La fin d’un état, parce que selon le poète-journaliste, ce livre correspondait plus à ma nature profonde. 

Les écrivains n’étaient pas encore vendus à la cause fédéraste et écrire dans mon cas n’était pas encore vu et dénoncé comme un geste afin d’imposer mon point de vue ou cruiser à la cachette. Ce dont on m’accusa plus tard comme si les autres savaient mieux que moi-même la raison de mes agissements.

Durant la journée d’élection, Robert Bourassa s’est présenté pour serrer la main à tous.  Quand ce fut mon tour, j’ai refusé.  On m’avait dit que lui et Jean Marchand faisaient presque à toutes les semaines des pressions pour que La Tribune me mette à la porte alors que j’étais journaliste. 

Les gens étaient insultés de mon manque de savoir-vivre, mais quand je leur dis que c’était ainsi parce qu’il m’avait fait perdre mon emploi, ils ont trouvé que ma raison était suffisante pour l’envoyer promener.   

Le soir, à la grande surprise de tous, le Parti Québécois était élu majoritaire. 

J’ai longuement hésité, puis, par pure arrogance, j’ai décidé de téléphoner chez mon père que je croyais encore un organisateur de l’Union nationale.  On me dit qu’il n’était pas là, mais chez Henriette, ma plus jeune sœur.  Je ne comprenais plus, mais j’ai risqué l’appel pour apprendre une nouvelle surprise.  Presque toute ma famille était là pour fêter la victoire du PQ.  On était tous d’accord sur la nécessité que le Québec devienne un pays.   

Je n’en revenais tout simplement pasAvoir un pays, ça permettait de rêver d’une terre de liberté.  Une terre libérée de l’étroitesse d’esprit. 

Le PQ au pouvoir, ça nous permettait de rêver à notre Terre promise.

Radioactif 393

juin 2, 2022

Radioactif 393

Texte de 2008

Hypersexualisation des filles ?

Quand j’étais jeune, les filles étaient encore plus de « marbre » que nous les garçons.  La raison en était très simple : une fille ça peut avoir des enfants et notre société croyait qu’il ne pouvait pas y avoir de plaisir sexuel, sans pénétration, donc, possibilité de procréation.  On ne savait pas qu’on peut sucer le clitoris d’une femme ou la masturber comme un garçon.  En fait, on ne devait jamais parler de sexe.

Les curés menaient tout.  Les femmes étaient mourantes, mais on leur disait qu’elles n’avaient pas le droit d’empêcher la famille.  Évidemment, tout en dehors du saint sacrement du mariage était interdit et péché mortel. 

On nous gardait tellement imbéciles que certains, comme moi, croyaient qu’un «french kiss», était l’autoroute direct pour l’enfer. 

Mais, quand j’ai connu le bateau du plaisir, j’ai vite constaté qu’il en valait plus la peine que le paradis de l’abstinence. On faisait peur aux filles, en insistant sur les travaux domestiques et l’incapacité pour une fille de jouer le même rôle qu’un gars. 

Le gars, lui, devait être sportif et assez fatigué pour ne pas penser à se masturber.  On leur apprenait dès leur enfance à avoir peur du sexe.  Qu’est-ce qu’il y a de changé ?  Rien, sauf que les féminounes crient au danger de l’hypersexualisation à la place des curés. 

Les meneurs de modes continuent le « trip » de la femme objet et de celle qu’il faut être pour être à la mode.  L’industrie de la féminisation.  Sauf, que maintenant ce sont les jeunes filles qui décident de s’émanciper. 

Plus instruites des choses de la vie, elles ont pris conscience que la sexualité est un plaisir et non seulement un danger de tomber enceinte. Tu peux avoir plus du plaisir à faire une pipe qu’à te faire pénétrer.  Ça vient tout chambarder.  Quand on n’a pas peur d’avoir un enfant, ça nous tente aussi de savoir ce qu’on entend par « jouir ». 

Cette liberté, que les vieilles n’avaient pas, inquiète parce que la seule arme qui existe contre le sexe : c’est la peur, d’où faut-il faire croire qu’un simple attouchement est un viol. 

Les femmes ne semblent pas se rendre compte qu’entretenir cette peur de leur sexualité, c’est maintenir le pouvoir des mâles, car le temps qu’elles perdent à se raisonner les déstabilise émotivement.  Entretenir l’insécurité, c’est entretenir l’hypnotisme dont se servent toutes les religions pour écraser les femmes.  Est-ce que j’ai tort de penser ainsi ? Je ne le crois pas.

Les langues sales.           

Quant à moi, pour l’instant, le projet d’Haïti, c’est-à-dire d’aller animer un atelier de création, est mort.  J’ai fait parvenir la note suivante au poète qui m’a invité.  D’une manière, il faudrait que je me ré implique dans l’écriture auparavant, car ça fait des années que je n’écris plus de poésie.           
 
« Je te souhaite bonne chance pour me trouver un remplaçant.  Les gueules sales qui déblatèrent contre moi me prouvent une fois de plus que le Canada est devenu une terre par excellence du fascisme. 

Les fédérastes ne tiennent qu’à leur pouvoir et se font enculer par les Républicains américains, en croyant qu’ils auront aussi plus de pouvoir militaire.  L’économie mène tout.  Économie ne rime pas avec liberté. Je ne t’en veux pas. 

Je te comprends et je trouve ça dommage que ma pédérastie l’emporte sur la littérature à cause de quelques esprits bornés. 

Je te réitère mon invitation, si tu viens au Québec, une terre qui se veut malheureusement de plus en plus canadienne.  Il me fera plaisir de t’y recevoir». Jean.   

Mon problème c’est de m’afficher pédéraste, même si ça fait au moins dix ans que je n’ai pas eu une relation sexuelle de type pédéraste.  

Tu as besoin de fantasmer en maudit pour continuer à croire dans la nécessité de défendre le droit des jeunes à leur sexualité.  

Ça n’empêche pas les malades de la vertu de s’exténuer à s’en prendre à ma conception de la liberté sexuelle. 

Je gage qu’ils ont des blocs de ciment pour testicules.  C’est comme une pierre aux reins, ça fait mal en tabarnache quand tu joues avec  et ça rend l’imaginaire désertique.

Le français au Québec.

juin 1, 2022

M. François Legault a raison. Dans une décennie, si la tendance se maintient  Montréal sera majoritairement  anglophone.  Le fédéral se sert de l’immigration pour nous angliciser comme le fédéral payait des industries pour quitter le Québec et créer une supposée crise économique du temps de P.E. Trudeau. Le fédéral est simplement devenu un peu plus hypocrite.

Radioactif 392

juin 1, 2022

Radioactif  392

Texte de 2008

Les crédits d’impôt.

Les gens qui nous administrent au gouvernement n’ont vraiment aucune idée de ce que signifie manquer d’argent ou être à la cenne près. 

Ils nous prouvent hors de tout doute raisonnable que ce sont des bourgeois qui ont aucun lien avec la misère.  Comment peut-on parler de crédits d’impôts pour des gens à très faibles revenus?  Comment peut-on être assez fucké pour prétendre que les services offerts par nos gouvernements sont une culture de la gratuité?  Il y a des milliers de gens qui contournent les règles pour avoir du bien-être ou travailler au noir.  Tout le monde sait ça.  C’est du vol.  Tout le monde s’entend là-dessus.

Par contre, quand le gouvernement crée des programmes pour diminuer le nombre de bénéficiaires, pour les retourner au travail, ils font perdre d’un coup tous les bénéfices et ceux qui s’y inscrivent se ramassent pénalisés parce qu’au bout du compte ils vivent encore plus dans la misère, tout en faisant un effort pour s’en sortir.  Les gens qui sont vraiment dans la misère, qui n’ont pas la santé, qui sont trop infirmes pour travailler et s’en sortir, ne peuvent pas payer des frais et attendre que la fin de l’année arrive pour être remboursés par des crédits d’impôts.  C’est complètement malade. Les fonctionnaires sont incapables de se placer dans la peau des pauvres pour comprendre et ajuster un programme qui soit vraiment profitable. 

Quand tu sors du bien-être, t’as besoin d’abord de temps pour passer à travers tes dettes et pouvoir agir sans avoir une partie de tes revenus amputés. On fait des programmes globaux alors que ça devrait être individualisé  

Quand j’ai travaillé dans les fondations pour aider les jeunes, j’ai constaté qu’un nombre incroyable de gens ont à choisir entre les médicaments et le manger.  On est loin d’être une société très riche.  C’est un choix de société : les plus riches payent la part des plus pauvres pour éliminer la misère dans une société de surabondance.  C’est ce qui fait la valeur du Québec et probablement, il faut l’admettre, des provinces du Canada, car le fédéral n’ajoute rien à notre bien-être.  Il nous vole sans donner de services

Le fédéral est de trop dans une supposée véritable confédération.On centralise tout pour mieux voler légalement en dédoublant les programmes.  On fait de grands gestes d’hypocrites, en reconnaissant le Québec comme une nation, alors que ça ne veut rien dire, le multiculturalisme est même en train de tuer la culture francophone au Québec.  

Mais, il y a des gens encore assez naïfs pour croire que c’est un geste qui veut dire quelque chose à part «votez pour moi».  Le fédéral s’engraisse aux dépens des provinces… ça toujours été comme ça depuis 1867… Mais on aime ça se faire fourrer… martyr on ira plus vite au ciel… On devrait abolir les impôts et les remplacer par les taxes. Plus t’as d’argent, plus tu payes et dans ce cas, il faut établir l’achat chez-nous… une façon de voir les choses. L’a-t-on déjà envisagé? 

Il faut trouver une manière de vivre selon nos moyens, sans pénaliser davantage les plus démunis.  Dès que le coût de la vie augmente, la pauvreté augmente.

La mémoire oublie.

La mémoire est comme la vie et la conscience : un bien drôle de phénomène. 

Je ne suis pas de ceux qui se rappellent d’évènements marquants avant mon adolescence ou très peu.  Je me souviens d’avoir vu Blanche-Neige dans un cinéma à Magog, dans le bas de la ville, alors que j’étais encore un tout petit enfant.  La lumière et la grosseur des personnages.  Un film que presque personne ne se rappelle. 

Vers sept ans, je me rappelle les vaches mortes, jetées dans les caves des maisons incendiées plusieurs années auparavant sur les terrains de M. Riendeau, l’ancienne «dump» qu’on appelait ça, à Barnston.  D’une guerre entre français et anglais, un soir d’halloween, à Barnston. De la peur affreuse d’être abandonné quand papa fit semblant de partir sans nous attendre alors que nous étions chez mon grand-père Napoléon Simoneau, à Magog. Nous étions arrivés en retard d’une parade du Père Noël, au cours de laquelle il nous tirait des bonbons, dans le bas de la ville, près de la Textile.  Je me rappelle la peur de ce que j’entendais et qui me troublait.   Je me souviens avoir pris une crotte de chien pour un morceau de chocolat. Je me rappelle aussi quand on jouait au docteur dans les tunnels de foin chez les Martineau et de mon étonnement admiratif de voir le zizi du patient ; mais presque rien d’autre avant huit ou neuf ans. 

Pourtant, il y a eu des moments beaucoup plus importants : la mort de ma sœur Mariette que j’essayais de nourrir dans son cercueil à un point tel qu’on a dû me faire garder en dehors de la maison.  Notre déménagement de Magog à Barnston.

Puis, d’autres souvenirs refont surface ; mais j’ai une très grande difficulté à les replacer chronologiquement.  Je me rappelle de nombreux événements, mais je n’arrive pas à les resituer dans le temps. 

Par exemple, je dois vérifier mon cv pour dire en quelle année je suis allé à l’UQAM pour obtenir les diplômes universitaires pour enseigner. C’est encore pire pour ma maîtrise, à l’université de Sherbrooke, sauf que je sais qu’à cette occasion, j’étais avec ma mère qui était très fière de moi. 

Je me demande pourquoi on oublie tant de choses dans notre vie.  C’est un des éléments qui, à mon avis, explique qu’une autobiographie est toujours plus ou moins exacte.  Le temps et les choses sont perçus différemment, selon l’âge. 

J’ai aussi découvert que tuer la sexualité, c’est tuer la création artistique... Pas étonnant que presque tous les artistes ont une vie débridée.  Une mince consolation.

 À force de te faire entrer dedans si tu penses autrement que les autres, tu finis par rechercher la solitude absolue.   Je comprends qu’on veule être autiste.  Je me demande quel est le lien entre cette maladie selon laquelle on rejette la saleté des humains et l’Alzheimer?  Notre mémoire efface-t-elle ce qui nous rendrait la vie insupportable ? 

Le sexe est un droit.

J’ai tout dit de ce que j’avais à dire sur le droit de chaque individu de vivre sa sexualité comme il l’entend, même s’il n’est pas encore un adulte. Évidemment, s’il n’y a pas de violence ou de domination. La liberté sexuelle passe par le consentement. Point.

La liberté ne s’improvise pas du jour au lendemain.  Ma voix ne vaut rien contre celle majoritaire des esprits bornés et tordus. J’abandonne, car à mon âge, je n’ai plus de temps à perdre.

Radioactif 391

mai 31, 2022

Radioactif 391

Texte de 2008

Le sexe et le rire.

La personne la plus libre d’esprit que j’ai rencontrée dans ma vie fut certainement Raymond Paquin.  Je ne suis plus certain du prénom, car on l’appelait toujours Paquin. 

Je l’ai rencontré, un soir, alors que j’étais au restaurant avec l’écrivain Raoul Roy.  Quand je montais à Montréal, j’habitais chez M. Roy.  Raoul Roy était, disait-on, le père spirituel du premier FLQ. 

J’ai lu depuis qu’on appelait alors les terroristes des effelquois.  Ce nom fut changé pour felquiste pour que ça rime mieux avec péquiste.  Une transformation opérée par les fédérastes et les libéraux (même chose) qui fut très payante pour Ottawa. 

On associait ainsi par les sons péquistes et felquistes. On reprochait au parti de René Lévesque, qui ne pouvait pas tolérer la moindre violence, de s’être sali les mains en tuant le ministre Pierre Laporte. Des milliers de personnes ont cessé d’être membres du PQ pour échapper à cette mystification et ne pas être associés à la violence.  Une aberration de croire que le PQ puisse être le moindrement violent, mais on mélangeait tout et ça faisait bien l’affaire d’Ottawa.  

Paquin était gai.  Il nous arrivait de Rouyn Noranda, les poches bourrées d’argent.  Il nous payait la bière et le joint tant qu’on apportait le rire et la gaieté.  Notre farce favorite, c’était de se rendre dans un lieu très conservateur, le plus conservateur possible et de commencer à chanter, après s’être levé avec des grands airs de dignité, la main sur le cœur.  « C’est la lutte finale. Aimons-nous et demain, l’Internationale sera le genre humain ». L’Internationale communiste.  Et, on se rasseyait aussi vite, en ayant l’air le plus placide possible.  On pouvait recommencer ça à l’improviste deux à trois fois dans la soirée, dans les moments les moins indiqués et correspondant le mieux à un irrespect du protocole. On allait aussi carrément boire dans des tavernes gaies.  C’est là où j’ai pris le goût d’être désiré par un homme.

Avec Paquin, plus on était fou, plus on avait de plaisir, plus on était ami.  Je ne l’attirais pas physiquement, mais on riait comme des fous quand nous étions ensemble.  Rien ne nous arrêtait.  C’était le party automatique.  Si quelqu’un que l’on avait invité devenait trop sérieux, il était renvoyé du groupe. 

Pas étonnant qu’il fut candidat Rhinocéros à Rouyn.  Je m’y suis rendu là-bas, mais mes provocations n’eurent pas le même effet : on demanda à Paquin de m’indiquer le chemin de Montréal avant d’être massacré. 

À l’époque, j’aimais me dire St-Jean, l’apôtre bien-aimé de Jésus et affirmer que tout le monde est gai, même les hypocrites.  Je faisais des compliments aux hommes sur la rondeur de leurs fesses. Ce n’était pas très apprécié.  Je repartis sur le pouce et quand je suis passé à Val-d’Or, j’eus le sentiment que cette ville jouerait un rôle immense dans ma vie.  Puis, j’ai filé par le Lac St-Jean. 

Paquin était très fier d’être candidat rhino, pour lui, c’était le summum de l’ironie. Quand j’étais avec Raymond, nous adorions provoquer. 

On s’était rendu un soir dans un club à Montréal que l’on savait « très straight».  Nous avons commencé par danser un rock ensemble, puis, nous avons enchaîné avec la musique même si c’était un slow.  Plus on se collait, plus les autres réagissaient .On a même voulu nous agripper.   En sautant sur une table, elle s’est renversée et je me suis foulé un pied.  J’ai marché croche durant de nombreux jours, mais on avait eu bien du fun.

Échange avec Haïti.

Il y a quelques semaines, un poète haïtien me proposait d’organiser un atelier d’écriture d’un mois, à Port-au-Prince, pour une vingtaine d’étudiants en première année d’université.  Il ne me connaissait pas, mais il avait probablement lu mes poèmes sur Envol poétique, un site français, dont j’ai déjà parlé. 

Après beaucoup d’hésitation, car un tel projet, pour moi, représente trois dangers de mort : le sida, la violence en Haïti et la Gendarmerie royale du Canada (chacun sa paranoïa). 

Puisque je ne vis plus ma pédérastie depuis plus de dix ans (manque d’occasions) et que les esprits étroits du Québec essaient de m’empêcher de respirer, il aurait été possible que je tombe amoureux d’un petit Haïtien.  Pourquoi pas ? 

Malheureusement, il demeura chaste, mais il crèvera peut-être de faim ou de sida.  C’est beaucoup mieux ainsi.  Il faut protéger le sexe des jeunes, c’est une denrée périssable.  C’est notre inconscience internationale. 

Il y a aussi la violence en Haïti qui m’a fait hésiter.  C’est quand même une réalité puisqu’un ami d’un de mes frères qui a travaillé à Haïti me disait que même si on lui paierait un million, jamais il ne retournera là-bas. 

Puis, notre très sainte GRC est la seule police qui est en contact avec Haïti.  C’est peut-être paranoïaque, mais à mon sens, j’ai assez de raisons pour craindre que la GRC opère à l’extérieur du pays comme les services secrets… une disparition, c’est si vite arrivée, et plus de contestation du même coup.       

Cependant, j’aurais aimé voir, apprendre, qu’est-ce qu’on peut faire pour aider des pays aussi pauvres. Que notre système rend encore plus pauvre.   J’aurais trouvé intéressant que l’indépendance du Québec puisse faire contrepoids au Canada dans l’estime des gens de ce pays.  Les Haïtiens sont sûrement des êtres extraordinaires à connaître … mais voilà c’est terminé.  Je publie les deux derniers textes de notre correspondance.  C’est dommage, car j’avais déjà trois personnes qui étaient intéressées.  J’ai fourni les renseignements au jeune poète d’Haïti et je lui souhaite bonne chance.  Mon expérience sera encore lessivée par l’imbécilité.

Message d’Haïti

«Ce matin, j’ai reçu des mails d’amis qui m’ont écrit concernant mon projet avec toi ; ils voulaient me donner une mise en garde, mais je n’ai pas paniqué.  Ils m’ont aussi dit que la pédérastie est pour toi un sacerdoce, un combat, mais je leur ai dit que pour toi et moi, il est question de littérature.  Ils m’ont référé à d’autres écrivains qui n’ont pas ces barrières parce que moi aussi, je risque ma réputation dans mon milieu.  Maintenant, je suis sur le point de réfléchir à ce que je dois faire.  Je te laisse, espérant te lire bientôt».

Réponse appréhendée.  

«Je suis désolé d’abandonner le projet d’atelier d’écriture en Haïti à cause des esprits étroits et des langues sales.  Effectivement, je me bats pour faire reconnaître que tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit, et par ricochet, que tous les jeunes de 10 ans et plus, selon leur développement psychologique, ont le droit fondamental de vivre leur sexualité, selon leur orientation et leurs principes.  C’est un droit fondamental individuel que les adultes ne respectent pas sous prétexte que les jeunes sont trop cons pour pouvoir se créer leur propre morale

Le droit à l’orientation sexuelle ainsi que celui à la vie privée sont des droits fondamentaux pour chaque individu quel que soit son sexe et son âge. 

De plus, je crois, que les jeunes ont le droit absolu d’être convenablement informés, sans fausse pudeur, sur la sexualité.  Nous retournons à une société d’arriérés dans laquelle la sexualité des jeunes est un sujet tabou, une omerta responsable de multiples suicides chez les jeunes.  Je ne déteste pas encore assez les jeunes pour souscrire à une telle démocratie d’hypocrites. 

Qu’on se réveille !  La loi C-10 que le Canada tente de nous imposer est en réalité une arme pour combattre l’indépendance du Québec.  On passera vite de la censure du cul à la censure politique.  Ou les deux en même temps, comme on le fait pour moi. 

Privilégier l’approche religieuse de la sexualité comme morale d’une société n’a pas comme seul effet de nous castrer mentalement ; mais de maintenir la misogynie, le racisme et l’intégrisme.  Une démocrassie.  Un monde auquel je refuse d’adhérer».

Radioactif 390

mai 30, 2022

Radioactif 390

Texte de 2008

La mafia du pétrole.

Ce qui se passe actuellement dans le monde confirme que les humains sont des jouets qui n’ont d’intérêt que s’ils rapportent des profits au cartel planétaire du pétrole

Le pétrole est devenu un objet de consommation essentiel, vital, ce qui permet de créer une dictature économique planétaire.  

Le pétrole est entre les mains de quelques individus qui forment les courants d’intérêts qui s’entrechoquent actuellement et créent à travers ces luttes de pouvoir la géographie géopolitique de la planète.  Les dirigeants n’hésitent pas une seconde pour créer des guerres et des récessions économiques qui s’attaquent à des millions d’individus dans les pays les plus pauvres (donc, les moins susceptibles de rapporter des profits), soit en Afrique ou en Haïti, mettant même en danger la survie de ces gens. 

D’ailleurs, elle n’est pas essentielle : pour se maintenir au pouvoir, les armées ne sont plus seulement que des combattants au corps à corps.  C’est rien à côté de la bombe atomique. On a pu besoin de soldats pour faire la guerre.

Jamais il ne fut aussi clair que la vie des pauvres dépend de la banque mondiale qui , elle, dépend des revenus des puissances pétrolières et autres courants financiers profitables : banques, religions, guerres, drogues, sexe. 

Nos dirigeants se fichent de mettre la planète en danger d’éclater, à cause des changements climatiques, pourvu qu’ils continuent à engranger leurs profits. 

Ces riches agissent comme s’ils étaient certains qu’il n’y a pas de vie après la mort et qu’il faut par conséquent jouir du moment présent.  Le pouvoir est concentré entre les mains de gens qu’on devrait qualifier d’assassins légaux : Bush, Poutine, Ben Laden, la Chine, la guerre d’Israël contre les musulmans et le bouffon canadien Steven Harper.  Ils sont tous nos leaders politiques. 

Serions assez fous pour donner la terre en pâture à ceux qui ne respectent rien, sauf leur nombril ? 

Pour tuer toute velléité d’insurrection ces bandits utilisent les religions et la police, sous prétexte de défendre la sécurité des citoyens.

Les religions fournissent l’appui et le fanatisme nécessaires pour cimenter leur pouvoir.  Une recette plus que millénaire et qui a déjà fait ses preuves. 

Pendant qu’on rêve d’éternité, d’un dieu qui finira bien un jour par recouvrer l’ouïe et la vue, l’humanité entière se voit dicter des préceptes qui valoriseront les moyens pour se conformer à une morale plus ou moins naturelle, mais qui entretient la dépendance

L’humanité entière voit que sa survie dépendra des pétrolières et leurs vassaux : les banques.  Qui a l’argent a le pouvoir?  Personne ne peut se passer de pétrole. C’est une denrée plus payante encore que les religions, les guerres et la drogue qui sont d’ailleurs contrôlées par ceux qui exercent le pouvoir à partir des idéologies comme le capitalisme et le communisme, ainsi que les religions.  

L’or noir, c’est comme le veau d’or, dans l’histoire de Moïse.  Le besoin des individus d’appartenir à un groupe, faute de se suffire de leur propre existence. 

Le Québec n’échappe pas à cette réalité, c’est pourquoi on essaie de nous faire croire qu’il faut augmenter la part payée par les utilisateurs des services.  Pour nous hypnotiser encore plus, on nous compare toujours avec le reste du Canada.  Si Hydro-Québec doit augmenter ses tarifs, c’est pour être à peu près l’équivalent du pétrole.  Pourquoi n’a-t-on jamais privilégié la fabrication d’autos électriques? 

Le marché, c’est la superficie de la mafia locale et mondiale, l’aire de jeu. 

Pour augmenter les profits des pétrolières, il faut augmenter les coûts de la vie.  Ainsi, les individus devront être productifs et pour s’en assurer, on doit s’arranger pour que la vie coûte si cher que les individus n’auront aucun autre choix que de travailler.  Pour permettre à sa famille de survivre, de connaître un peu de plaisirs, il faut nécessairement que le couple de parents travaillent d’arrache-pied.  Puisque les parents sont au travail, pour surveiller les enfants, il faut investir davantage dans la police.  Personne n’a le choix.  Il faut travailler, travailler et encore travailler

Nous sommes tributaires de cette grande mafia internationale et de ses institutions.  Nos vies valent ce qu’elles rapportent à ceux qui nous exploitent. 

Comment se libérer de ce piège?  En créant un monde foncièrement individualiste, les dirigeants s’assurent que la division permettra un contrôle absolu.  Les religions et les médias sont là pour influencer les mouvements et les sentiments de groupe.  Plus nous vieillissons, plus nous sommes esclaves.   Si j’étais riche, je dirais que ça n’a pas d’importance puisque d’une manière ou d’une autre, nous allons tous mourir.

La seule chose que je ne comprends pas : pourquoi ces gens ont-ils besoin d’une telle richesse, d’un tel pouvoir, alors que la très majorité de leurs acquis est purement inutile?  Faut-il être riche pour comprendre les riches? 

En tous cas, ceux qui veulent nous faire payer plus cher nos services gagnent déjà assez d’argent pour ne plus être capables de comprendre les plus pauvres qu’eux

Quand t’as beaucoup d’argent, une petite augmentation c’est rien ; mais quand t’es pauvre, ne pas l’avoir, c’est la catastrophe. 

Au Canada, avoir moins de 25,000 $ par année, t’es pauvre.   

Radioactif 389

mai 29, 2022

Radioactif 389

Texte de 2008

Québec en danger.

Qu’est-ce qu’on attend pour se réveiller ?  Jamais la culture québécoise n’a été aussi en danger que maintenant.  Le français prend le bord et l’organisme qui devrait le défendre est justement celui qui le trahit, en refusant d’exposer la situation véritable. 

D’autre part, on se laisse endormir par le gouvernement fédéral conservateur qui a réussi en hypocrite à rétablir la censure au Québec.  L’œuvre des féministes rétrogrades (féminounes) porte fruit.

Évidemment, on s’est servi de la peur de la pornographie infantile pour nous passer ce sapin. 

Quand la loi sera abrogée, Ottawa tiendra tous les créateurs du Québec par les testicules et il n’aura plus qu’à serrer la ceinture pour contrôler chaque lettre ou chaque image créée par les créateurs québécois. 

D’ailleurs, Ottawa veut revoir la loi sur l’avortement. 

Quand le fédéral aura ce pouvoir, l’ordre public mettra au monde sa police politique.  Les  » On est au coton  » seront monnaie courante.   

Par expérience personnelle, je sais que le fédéral n’hésitera pas à piétiner les lois du Québec.  Il n’a pas hésité une minute à geler une partie de ma préretraite, même si c’est illégal. 

Si la nation québécoise signifie quelque chose et qu’elle veut survivre, il faudra apprendre à se tenir debout et mettre Ottawa à sa place.  On a même plus de temps à perdre à discuter de possible association. 

Il faut devenir un pays autonome et ça presse. 

Tout ça mijote dans une situation mondiale encore plus absurde, car sur le plan mondial les multinationales du pétrole condamnent des millions de personnes à crever de faim… Qu’est-ce qu’on attend pour les boycotter dans la mesure du possible, car ils profitent du fait que c’est un bien essentiel.  

On a un urgent besoin d’allumer, de trouver des moyens de réagir si on ne veut pas que l’économie fasse péter la planète…

Ceux qui nous dirigent sont des criminels qui ne pensent qu’à leurs profits...

Que ce soient des gouvernements Occidentaux, Iraniens, Chinois ou autres, ce sont des capitalistes sans scrupules et sans âme. 

La crise alimentaire ne fait que commencer, elle se traduit, ici,  par cette étude où l’on essaie de nous faire croire que dans une sociale démocratie, c’est l’utilisateur-payeur qui paye, même s’il est pauvre. 

On essaie de nous faire oublier que sans notre argent Hydro n’existerait pas.  J’en ai marre qu’on nous compare toujours au reste du Canada.  Les conditions de vie ne sont pas pareilles. 

Quand ce sont les riches qui réclament une augmentation, comme les médecins, les statistiques sont vraies ; mais dès que ce sont les plus pauvres, on prétend que ça ne s’applique pas.

Ceux qui croient encore à la liberté doivent se réveiller, ça presse, très bientôt ce sera trop tard. 

Radioactif 388

mai 28, 2022

Radioactif 388

Texte de 2008

La poésie s’éclate.

La censure sexuelle a toujours été un problème au Québec. 

On aime ça nous tenir dans l’ignorance.  Je suis donc allé à Québec porter mon livre L’homo-vicièr, au premier ministre Robert Bourassa.  Je sais qu’il l’a eu, car je l’ai vu blanchir.  J’étais dans les estrades quand il le reçut.  Je voulais qu’on décriminalise la pédérastie. 

La poésie avait repris sa place.  Nous manifestions, avec Janou St-Denis, dans les rues de Montréal pour le droit à la liberté d’expression. Je me souviens avoir fait une pancarte et de m’être promené déguisé en ange, tout en récitant un poème dans lequel j’étais l’archange-mère Foin-Foin, venue annoncée la fin du règne libéral. 

Dans une autre manifestation organisée toujours avec Janou St-Denis, nous fûmes escortés par la police de la ville de Montréal.  Nous avons même dû pousser une des motocyclettes de la police parce qu’elle était tombée en panne.  Je sais que La Presse a publié une photo de l’événement. 

La vie avait repris son credo : avoir du plaisir avant de mourir. 

À l’occasion des Olympiques, le poète Gaétan Dostie a organisé ce qu’on a appelé le Solstice de la poésie, une série de soirées de poésie, faisant renaître les textes de tous les poètes importants de la littérature québécoise. J’étais très honoré d’en faire partie.  Ce n’était pas comme aujourd’hui où l’on me refuse même le droit d’être un écrivain. 

Un soir ou deux précédent ma présentation, je fus arrêté dans le métro de Montréal.  On craignait pour la sécurité de la reine qui venait aux Olympiques. 

C’est vrai que je venais à peine de participer à une soirée de poésie La charge de l’orignal de Gauvreau, organisée par Janou St-Denis, sur les terrains du Grand Séminaire, afin de protester contre la venue de la reine à Montréal. On avait récité sous la surveillance de la police. 

J’y récitais un poème qui allait à peu près comme ceci : « Je m’appelle Élisabeth.  Je suis la reine du mois de Juillet. J’ai été choisi pour mes fleurs. Deux paquets de poil près du pénis.»  À cette époque, j’avais encore le goût de la provocation et de la fête. Y paraît que Jacques-Yvan Morin, chef de l’Opposition et le Consul des États-Unis riaient comme des petits fous en m’entendant.

Mon droit à la pédérastie est devenu une de mes revendications politiques. 

Je n’aurais jamais cru lire autant pour comprendre la pédérastie et connaître comment s’est installée la répression sexuelle.

Juste assez pour comprendre qu’il n’y aura jamais de changement et que les marginaux n’ont qu’à vivre leur vie en hypocrite, espérant qu’il n’y ait pas un imbécile qui décide de jouer à la victime, oubliant que 20 ans plus tôt la victime était plutôt le jouisseur,

Radioactif 387

mai 27, 2022

Texte de 2008

Pudeur n’est pas scrupule. 

Évidemment, si on parle de liberté absolue des enfants, les adultes n’interviennent que si les jeunes sont à défoncer le crâne des autres avec des marteaux ou si un jeune a invité un adulte à participer à ses activités. 

À certaines occasions, les jeunes se sont faits un plaisir désordonné de déculotter le visiteur qui semblait assez constipé pour réagir comme s’il était égorgé dès qu’il perdait son pantalon.  C’était sûrement moins comique pour eux de voir un zizi que lire la peur dévaster les visages du visiteur. 

Cet attrait naturel pour la sexualité chez les enfants a vite semé la paranoïa chez certaines intervenantes.  Quand il est question de sexe, une bonne majorité des femmes, à cause de leur éducation, capotent et s’énervent.  Les hommes, eux, ne deviennent pas hystériques, mais complètement fous. 

La moindre liberté sème la panique.   

Inévitablement, quelques femmes scrupuleuses ont senti la pudeur en danger.  Ces femmes ont tellement peur du corps qu’elles s’imaginent que la nudité les fera mourir.  Cette peur permet de les mener par le bout du nez en créant les modes.  Elles veulent être coquettes, la cible de tous les regards, tout en mourant de peur d’être un objet sexuel et en clamant que tous les hommes sont des cochons.  Elles voient du mal dans tout ce qui est sexuel même si c’est normal. 

La sexualité n’occupe pas la majorité de nos pensées.  Je suis un des plus obsédés, j’imagine, et si ça occupe dix pour cent de ma pensée, c’est déjà énorme.  On s’en fait pour rien. Je ne suis pas dangereux parce que je préfère le plaisir aux sacrifices.

C’est comme la bonne femme qui explosait de rage parce que dans sa maladie de pudeur excessive , elle prétendait avoir vu dans mes yeux que j’avais pris plaisir à devoir pousser un petit gars par les fesses pour qu’il puisse être rattrapé par une autre personne au deuxième étage, les escaliers n’existant pas encore. 

Franchement, faut être débile pour croire que j’étais soudé près du trou de l’escalier à attendre qu’un jeune ait besoin de monter, en sachant que je devrais lui toucher les fesses.  C’est arrivé par hasard, et je ne me suis jamais posé de questions sur la pudeur d’aider un jeune à pouvoir franchir un obstacle, même si je devais lui toucher les fesses pour l’aider. 

Une telle pudeur est strictement une maladie.  Pour penser et voir du mal dans un geste aussi banal, il faut être devenu fou.  C’est exactement la position des féminounes sur la sexualité.  Elles remplacent les curés, ayant le même discours d’interdiction probablement pour mieux avoir s’exclusivité.

Plutôt que de s’occuper de son petit cul, il fallait qu’elle gère tout ce qui arrivait aux autres.  Cette malade (trop scrupuleuse pour être normale) était traumatisée simplement parce qu’elle avait appris que j’étais pédéraste.  Je suis certain que c’était une autre frustrée. 

Les frustrées s’inquiètent du fait que d’autres puissent jouir.  Pour elles, le plaisir sexuel, c’est le péché, l’offense, le crime absolu. 

Tout ce qu’elles auraient de besoin pour apprendre à jouir normalement de leur sexe serait une personne qui connaisse  assez leurs réticences pour défoncer leur mur de la honte d’avoir un corps comme si on devrait être des purs esprits, des anges.   Elles ont besoin de jouir pour savoir ce que ça signifie. 

Cette forme de paranoïa est exactement celle que moussent les féminounes et par ricochet, la pègre : on faut prendre le client à la place de celui qui offre les services.  C’est à partir de cette conception débile pour mieux dominer les autres et protéger la pègre, que certaines policières exagèrent afin d’arrêter ceux dont la libido dépasse la moyenne. 

Pendant ce temps-là, les voleurs et les tueurs ont toute liberté parce que la police perd son temps à courir les gens qui ont une sexualité un peu plus libre que la moyenne. Ça permet aussi de créer de l’emploi. 

Un jour, où je travaillais dans l’école libre, les trois jeunes qui s’y trouvaient, leurs parents étant partis, ont décidé de se promener nus sur le terrain et de venir me dire bonjour ainsi vêtus.  Je ne cache pour avoir adoré ça, d’avoir été excité par cet évènement surprise. Puis, alors qu’ils étaient encore tous nus, près de moi, les parents sont arrivés.  Tout le monde s’est vite vêtu comme si on n’assumait pas son choix.

J’étais au paradis qu’ils aient ainsi paradé pour moi : pas seulement à cause de la vue, mais parce que ça prouvait que des jeunes peuvent initier des jeux sexuels sans être sollicités par un adulte.  Ce fut parmi mes derniers souvenirs de l’école libre. 

Il faut être libre, si la liberté se comporte comme on la conçoit, mais si les choses se passent différemment, on refuse de reconnaître cette réalité. 

La liberté sexuelle devait exister que pour les adultes qui voulaient pouvoir échanger de partenaires. C’était la nouvelle mode des échanges sexuels.

Je ne sais pas si les jeunes savaient que je suis pédéraste ou s’ils ont tout simplement décidé de mettre mal à l’aise en surgissant nus; mais je me suis rincé l’oeil et j’ai vu toute la beauté du ciel d’un coup d’oeil. 

Selon notre façon de penser, parce qu’on est pédéraste, il ne faudrait plus sentir le plaisir.   Il faudrait se promener en se frappant la poitrine et en criant : «  je suis un pécheur » plutôt que « j’aime la vie et tout ce qu’elle nous offre de beau ».

On a tellement peur que les jeunes puissent découvrir qu’il y a du plaisir dans la sexualité qu’il faut que ceux qui la vivent en dehors des normes doivent se limiter à pleurer sur leur sort de pécheur repentant. 

Ce n’est pas mon cas, donc, je suis un gros méchant.  Ce qui devait arriver arriva. 

Les problèmes de l’école n’ont absolument pas tourné autour de ma sexualité ; mais du fait que, dans leur paresse naturelle, les jeunes ne s’occupaient pas de la propreté de l’école. Un bon jour, ils furent tous infectés par une épidémie de puces.  

À la maison, Suzanne s’était trouvé un nouvel amant qui aimait le lit encore plus que moi.  Au moins, elle demeurait fidèle à ses croyances. 

Son ami venait la voir durant que je m’occupais des enfants.  L’école libre fut une expérience inoubliable qui motiva ma décision d’étudier pour devenir professeur puisque j’avais enfin découvert ce que j’aimais le plus comme travail à part celui d’être journaliste.  Un métier qui m’attire autant aujourd’hui qu’il y a quarante ans, même si je le vois très différemment. 

Mes anciens patrons seraient fiers de savoir qu’à mon avis, je trouve que le journaliste d’aujourd’hui tient trop à donner des opinions à travers des rubriques.  C’est contre le droit à une information neutre. 

Je suis devenu un adepte de la neutralité dans l’information, car pour moi l’essentiel, c’est la vérité pour permettre au lecteur de choisir et prendre ses responsabilités.

Au bout d’un an, le juge qui s’occupait du procès de Suzanne nous prouva qu’il y a encore des juges intelligents. 

Il décida qu’étant donné que j’avais déjà fait trois mois de prison, que nos enfants avaient autant souffert de la situation que nous, que l’on avait dû déménager pour vivre en paix, que ça nous avait créé des tonnes de problèmes financiers, que cette situation avait assez duré. 

Il abandonna toutes les poursuites contre Suzanne.  Elle était libre. Et, j’étais aussi heureux qu’elle de l’apprendre. 

Radioactif 386

mai 26, 2022

Radioactif 386

Texte de 2008

L’école et le sexe.

J’étais séduit par l’approche de la sexualité d’A.S. Neil, dans Libres enfants de Summerhill. 

Évidemment, parce que je défends la pédérastie, il ne faut surtout pas que je le dise, pour éviter que mes détracteurs affirment qu’il en est ainsi parce que je cherche un petit gars.  Ces gens sont très forts, ils savent même mieux que toi-même ce que tu penses et tes intentions les plus secrètes. Il faut nourrir ses calomnies, donc, créer des procès d’intention comme jadis à l’époque de l’Inquisition.

Ce n’était pas le cas, malgré mon intérêt pour la beauté des gamins qui se maintenait au cours des ans.  Plus tu te présentes comme pédéraste, plus t’as de chances de continuer à vivre ta « sainte chasteté » parce que tout le monde te surveille, mais parfois, ce peut être aussi le contraire, ça peut enclencher des merveilles. 

Heureusement, Suzanne s’occupait de mes petits bijoux de famille.  Je ne vivais pas dans la peur que la poche m’éclate parce que j’oubliais de la vider.  Les scrupuleux peuvent se servir de tous les arguments, émanant de qui que ce soit, leurs intentions sont toujours nobles et  propres.  Ils combattent la nature humaine parce qu’ils sont incapables de réfléchir par eux-mêmes, en dehors de ce qui leur a été inculqué.  Ils sont comme Lucifer devant Dieu : ils refusent de reconnaître la beauté de l’élan créateur.  Ils ne remettent rien en cause : l’ordre établi est nécessairement la vérité et un gage de justice. 

C’est pourquoi la majorité des humains crèvent de faim à cause de l’augmentation du coût de la vie, grâce à la mondialisation.  Ils peuvent crever, semble-t-on dire, ils sont tous noirs.  Seuls les gens de notre religion peuvent se vanter d’être  « les purs de la Bible ou du Coran ». 

J’étais ravi parce qu’enfin je lisais des expériences qui confirmaient ce que j’avais compris de la vie.  Ce livre est plus vrai, plus réaliste que tous les motifs de culpabilisation invoqués par nos âmes chastes et conservatrices qui s’occupent obstinément de notre comportement sexuel pour compenser leur vide intérieur.  Hors de la chasteté, point de salut !  Cette hypocrisie me révoltait. 

Comment ne pas être fasciné par une école qui respectait enfin ce que ma vie me prouvait comme étant  la vie normale des jeunes qui ne sont pas écrasés par la morale traditionnelle et bourgeoise de leurs parents ?  (Il y a une différence entre partager une foi et l’imposer. La première est normale, la seconde non. )

Cette vision de la vie, de la sexualité libre correspond mille fois plus à la nature humaine que toutes les paranoïas inventées par les religions et diffusées maintenant par les féminounes, ces réactionnaires qui se regroupent autour de certains média d’information.  

Enfin, on comprenait que les relations sexuelles libres ne sont pas synonymes de violence ou de domination.  Qu’il est possible que le jeune aime ça autant que l’adulte.  De quels droits les autres s’en mêlent-ils ?  La liberté sexuelle exige de respecter la décision de l’autre.  Pas de oui, pas de cul !  Vivre librement permet de penser à autre chose et être fasciné par des comportements, par des idées plutôt que par des corps. 

J’étais de plus en plus libéré intérieurement puisque, en principe, les jeunes étaient libres d’esprit et il leur appartenait de déterminer la suite des choses.  Avec la liberté, c’est le jeune qui initie le jeu. 

J’étais de plus en plus libéré intérieurement puisque, en principe, les jeunes étaient libres d’esprit.  Je ne voulais pas les influencer, donc, la suite des choses leur appartenait.  Je n’avais rien à provoquer.  J’étais un observateur.  Ce qui m’a d’abord surpris fut que la nudité était employée par les jeunes comme une forme de pouvoir et d’affirmation

Je me souviens qu’un jour, en visite chez mon père, Yanie avait passé la journée avec mes parents. Yanie était une petite fille extraordinaire, attachante comme pas une, mais qui avait une tête de cochon quand elle décidait qu’elle voulait absolument telle ou telle chose. 

Tout alla pour le mieux tant que je ne suis pas revenu à la maison.  J’étais rendu comme sa mère.  Dès que je mettais les pieds dans le cercle des relations interpersonnelles, Yanie se mettait à revendiquer toutes les libertés dont elle s’était sentie frustrée par les consignes de la vie quotidienne normale et habituelle.   Ainsi, dès que j’eus mis les pieds à la maison, elle s’est complètement dévêtue, en affirmant qu’avec moi, on avait le droit à la nudité.  Évidemment, ce fut une liberté vite refusée par mes parents.  « Tu peux élever tes enfants comme tu le voudras, mais ici, on se vêt. » me dit mon père.  C’était clair et il avait raison.  

Ta liberté s’arrête, là, où celle des autres commencent.  Papa trouvait ça difficile et fatiguant quand les deux petits commençaient à se chicaner jusqu’à nous rendre fou.  Il me disait : « J’ai jamais vu ça de ma vie d’être assez paresseux pour prendre des enfants déjà tout faits. » Ça n’a aucun rapport puisque je n’ai jamais été paresseux.  Il me disait ainsi ne pas comprendre mon choix de vivre avec une femme qui a déjà des enfants.  On en était encore loin des familles reconstituées. 

À cette époque, se marier c’était pour l’éternité.  Et, dans notre religion, on se marie pour avoir des enfants. 

Ces incidents ont drainé ma foi dans l’idéologie de l’enfant -roi

Je considérais de plus en plus qu’un adulte doit aussi leur apprendre les limites que nous vivons tous, même si j’étais très ouvert à la liberté la plus absolue. 

Je trouvais irréaliste de laisser les enfants vivre entre eux sans jamais intervenir. Quel péché mortel pour un révolutionnaire.

Quand j’étais seul avec les enfants, ils savaient que je n’acceptais pas tout, surtout pas de chicanes…  Quand on jouait, j’étais un autre enfant; mais quand j’étais le père, j’étais le boss.          

Le sexe et la vie.

Je travaillais avec un ami à créer une charte pour l’école libre.  J’ai dû me rappeler que la théorie est une chose, la pratique en est une autre.  Je me croyais «flyé», je me suis vite aperçu qu’il y en avait d’autres, encore plus radicaux que moi. 

En principe, je n’avais aucune limite à la liberté, sauf la violence ; mais j’avais oublié un facteur fondamental : la liberté n’a aucun sens si elle n’est pas guidée par la responsabilité

Sur le plan sexuel, les interdits me paraissaient encore plus stupides que jamais.  Comment peut-on croire qu’un dieu eut assez de temps à perdre pour nous imposer la manière selon laquelle on utilisera notre sexe.  C’est complètement ridicule. 

Les religieux peuvent claironner sur tous les toits que dieu leur a révélé. C’est complètement idiot.   Est-ce un processus schizophrénique? Dieu serait-il un macho?  

La prétendue supériorité de l’esprit sur la matière est le fruit de l’ébullition du cerveau d’hommes qui ont été trop longtemps dans le désert,  les gnostiques.

On sait aujourd’hui que la conscience naît aussi du matériel, donc, du corps.  Si le «Big bang» a été une implosion de l’énergie électromagnétique contenue dans la matière stagnante supposément inerte, il n’y a pas eu de créateur ; mais une évolution normale de la matière.  Ça confirmait ce que j’ai toujours pensé : la matière est éternelle, mais elle se transforme.

Quant à la libido, c’est l’énergie à la base de notre sexualité et ce qui a permis à la race humaine de survivre.  Y aurait-il une vie animale sans la libido issue de notre génétique?  Comme toutes les énergies, elle ne peut pas être éliminée dans la mort, elle ne fait que se transformer. 

Les hommes religieux, incapables de se retenir devant les femmes, virent que ce rut masculin créait toutes sortes de jalousies qui pouvaient même aboutir au meurtre.  Ils prétendirent que les femmes devenaient un paravent dans leur relation avec dieu.  Donc, les femmes sont le mal, la tentation qui détourne les yeux de son dieu.  La tentation étant toujours une femme ou par extension l’arrière-train d’un petit gars, parce que c’est plus serré, ils décrétèrent que vouloir une femme en dehors du mariage, c’était péché.  Les petits gars, grâce à l’initiation, était pour certains la sortie ou le trou de secours.

L’orientation sexuelle n’est pas une invention : c’est la définition de ce qui nous fait vibrer aux autres.  Pire, les religieux manigancèrent des règles supposément divines, s’attribuant le pouvoir absolu de l’homme sur la femme.  Mais, sans la sexualité, la race s’éteint.  Comment gérer ces facteurs sur le plan de toute une société?  Comment diviser les tâches entre les hommes et les femmes? 

C’est un peu stupide, à mon avis, de décréter que telle activité est le propre d’un homme, si la femme peut la faire tout aussi bien.  Pourquoi un homme ne peut-il pas s’occuper aussi bien des enfants à la maison qu’une femme?  Pourquoi n’avons-nous pas le choix?  Des conventions qu’on a placé sur le dos de Dieu ou d’Allah, c’est la même chose.  Pour qu’elles soient respectées, on en a fait des règles sociales strictes. 

On est même devenu assez fou pour diviser les hommes des femmes.  Par contre, on doit admettre qu’un homme comprend mieux un homme et une femme, une femme.  Si deux femmes peuvent pourtant se promener la main dans la main, sous prétexte que c’est charmant, dès qu’il s’agit de deux hommes, c’est un scandale.  On appelle ça les conventions, la mode, mais c’est de l’hypocrisie.  Combien d’annonces publicitaires dans lesquelles on présente un petit gars de six à dix ans à la recherche de sa petite blonde, pour influer les jeunes qui les regardent, alors que l’on sait qu’à cette âge, tous les petits gars normaux se fichent carrément des filles.  On combat ainsi l’homosexualité.  Hypocrisie, mais c’est quand même ça. 

Là, où j’avais de réticences, c’était sur le plan scolaire.  S’il est vrai qu’un jeune laissé libre récupère très vite, le jeune a besoin d’être orienté dans ses recherches et les connaissances qui le conduisent à une réponse spécifique.  Comment savoir quelles notions il faut pour pouvoir exercer tel métier, si personne n’est là pour te guider.  Qu’on aime ça ou pas, savoir lire et écrire, c’est essentiel.  Mais, j’étais minoritaire.  Je ne participais pas directement à l’élaboration de la philosophie de l’école, je passais par l’intermédiaire de Suzanne et un éducateur de l’institution pour apporter mon point de vue. 

Puis, on a décidé de construire la Maison des enfants, là, où les enfants seraient maîtres absolus.  Les adultes ne pouvaient même pas pénétrer dans l’école sans la permission des enfants. 

J’ai travaillé comme un fou à la construction physique de cette école et à élaborer la publicité entourant son ouverture.  Je revenais crevé à la maison.  Ma libido s’en ressentait aussi.  Les séances prolongées au lit m’intéressaient beaucoup moins. 

Pourquoi les institutions scolaires ont toujours privilégié les sports et la prière?  Pour que les jeunes ne sentent pas trop leurs démangeaisons naturelles. Contrairement à ce qui se passait en Suède, je m’opposais aux séances collectives de masturbation.  Les jeunes doivent répondre à leur réalité personnelle, ils n’ont pas besoin de pratiquer en classe. Je trouvais ça exagéré.  Remarquez que ce devait être très beau à voir . Cet extrême est presqu’aussi fou que notre silence québécois sur tout ce qui touche au sexe des mineurs.

Centerblog

mai 25, 2022

Tout indique que mon carnet sur Centerblog a été désactivé depuis le texte sur les effets des écrits de Richard Martineau  à mon égard. Si c’est le cas, c’est la meilleure preuve que la liberté d’expression n’existe pas au Québec dès qu’il est question de pédérastie.

Radioactif 385

mai 25, 2022

Radioactif 385

Texte de 2008

Les féministes

À cette époque, les féministes n’étaient pas une bande de réactionnaires contre la sexualité.  Elles avaient compris qu’il y a des choses plus importantes que le sexe.  Elles ne rejetaient pas cette réalité animale : le plaisir.  Elles s’assumaient pleinement comme femmes et profitaient du fait qu’elles sont des êtres sexués.  Elles aimaient le sexe et elles ne s’en cachaient pas.

Aujourd’hui, les féminounes agissent comme une bande de paranos qui ont toujours peur d’être touchées ou violées.  Celles-ci sont souvent des lesbiennes frustrées homophobes plus ou moins conscientes de leur état qui voudraient que la société soit castrée.  Elles ne jouissent pas de leur sexualité, car elles sont trop occupées à gérer celle des autres, particulièrement, celle des plus jeunes qu’elles.  Les scrupuleuses sont généralement ainsi parce qu’elles sont frustrées et elles sont frustrées parce qu’elles sont scrupuleuses. 

Je tiens mon slogan « tu es le maître absolu de ton corps et de ton esprit » des féministes d’antan. 

Aujourd’hui, ce n’est plus le même discours.  Ce n’est plus une recherche d’émancipation, c’est un retour déguisé aux normes religieuses qui veulent que les femmes sont inférieures parce qu’elles sont une tentation perpétuelle.  Un déséquilibre entre la spiritualité et notre réalité animale.  La peur. Tout ce qui naît de la peur est maladif et se propage comme une tornade. On dirait à travers cette perception de la sexualité que la structure du corps a autant ou plus d’importance que l’intelligence ou la vie émotive. 

Pourtant, le sexe sans amour, ça ne vaut rien.  C’est une seconde de plaisir, c’est strictement éphémère.  De plus, on n’était pas à cheval sur la notion mathématique de l’égalité : un homme égale une femme pour chaque poste.  Les féministes revendiquaient avec raison la parité salariale.  Ce qui devrait être chose faite dans toutes les sociétés évoluées.  On voulait des hommes roses plutôt que des machos.  Des hommes qui partageaient les travaux domestiques.  On voulait des hommes qui s’impliquent autant que les femmes auprès des enfants, contrairement, à aujourd’hui, où aussitôt qu’un homme manifeste un sentiment affectueux envers un enfant est classé pédophile.

Seules les femmes ont droit d’avoir des sentiments pour les plus jeunes.  En fait, on ne jugeait plus un être humain au fait qu’il soit un homme ou une femme, mais juste sa dignité d’être un (e) individu(e).  

Aujourd’hui, les féminounes avec leur croisade anti-sexe, sous prétexte de protéger les jeunes, nous replongent dans une société d’hypocrites et de censure.  Elles ne se contentent plus d’essayer de gérer l’intérieur des pantalons des habitants du Québec, mais elles essaient d’imposer leur morale réactionnaire partout dans le monde. 

Si la prostitution individuelle était libre, il y aurait moins d’obsédés et de frustrés.  Seules la violence et la domination seraient interdites. 

Autant j’aimais les féministes authentiques qui nous présentaient une vision éclairée de la vie autant je déteste les féministes réactionnaires, les féminounes.  Avec la peur du sexe, elles creusent encore plus le fossé homme-femme. 

Tous les hommes roses sont devenus à leurs yeux un danger pour les plus jeunes.  La peur d’être dépossédées, qu’une autre soit préférée est devenue la lutte sexuelle des féministes.  Elles ont peur d’être détrônées par une fille plus jeune,  nécessairement plus alléchante, plus belle qu’elles, d’où le besoin de leur refiler leur peur des mâles, car, ainsi, elles ne seront plus un danger sur le terrain de la conquête. 

Ce fut aussi la période où j’ai connu le baron Philippe, un transsexuel.  Il voulait être une femme pour comprendre ce qu’elles vivaient.  Pour un petit gars de la campagne, je trouvais ça « flyé» au bout.  Mais, ça me plaisait. 

La liberté de choisir son sexe, c’est merveilleux comme perspective d’avenir quoique personnellement, je suis un gars et je ne suis absolument pas intéressé de changer.  Je dirais même que mon pénis est plus populaire que mes écrits.

À mon âge, de toute façon, le sexe ça n’a plus autant d’importance.  Dix ans sans aventure, ça forge une opinion différente.

La vie de mère.

À ma sortie de prison, je me suis installé avec Suzanne et les enfants.   Suzanne allait à l’école et je m’occupais des petits.  Ce fut une très belle expérience et je peux affirmer que ceux qui pensent qu’une maman à la maison n’a rien à faire se trompent mauditement.  Ne t’arrête pas une minute de courir.

J’étais ravi plus que jamais de demeurer chez Suzanne.  Jouer au père ou à la mère — puisque je m’occupais aussi de l’entretien de la maison — me fascinait.  Ce fut toute une expérience quoique encore moins enrichissante que les cours de psychologie que je vivais quotidiennement avec Yanie et Patrick. 

Leurs luttes m’en apprenaient toujours un peu plus sur le pouvoir de manipulation qu’ont les enfants. 

Il y a vraiment une différence fondamentale entre une fille et un garçon.  La fille tente sans cesse de te séduire, elle joue volontiers à la victime alors que le gars est un paquet d’orgueil qui s’imagine pouvoir tout mener parce qu’il est plus fort. 

La différence est moins sexuelle entre gars et fille est moins importante que celle «du point de vue», comme dans le cinéma. Le point de vue dirige le regard.  Quand j’étais seul avec les petits, tout allait bien ; mais dès que la mère mettait les pieds à la maison, c’était la guerre.  Yanie prétendait que son frère avait fait ceci, Patrick prétendait que sa sœur avait fait cela,  alors qu’il n’y avait rien pour justifier ces drames.  C’était l’enchère pour prouver que l’autre avait mal agi.  Plus Suzanne s’en mêlait, plus les choses s’envenimaient. 

Un exemple : Une journée, on sautait dans la neige à partir du toit de la maison.  Yanie, malgré sa peur, réussissait et s’amusait ferme, mais dès que sa mère est apparue ce fut la crise totale.  Un passant aurait sûrement cru qu’on était en train de la tuer. Évidemment, sa mère fut immédiatement terrifiée parce qu’on ne faisait rien de spécial pour la sortir de sa crise, mais quelques secondes avant, elle était toute heureuse de sauter.  C’était un moyen de se faire remarquer. 

À la longue, Suzanne prenait toujours pour elle et je prenais toujours pour Patrick, une dissidence automatique : les gars se comprennent mieux ensemble comme les femmes entre elles;  sauf qu’en vieillissant les gars sont prêts à tous les compromis pour ne pas être condamnés aux coups de poignets pour le reste de leur vie. 

Dès que nous nous retrouvions seuls, l’harmonie se réinstallait.  Probablement, parce que seul je redevenais plus neutre dans mes interventions.  J’ai remarqué que cette situation se présente souvent quand les enfants sont uniques ou dans une famille uni parentale.  Les jeunes veulent posséder la mère.  J’avais peut-être l’air de ne rien comprendre, mais en somme, je trouvais que les deux en mettaient à outrance pour avoir raison

De jouer au papa-maman modifiait aussi ma perception de la pédérastie.  Les sentiments devenaient prioritaires.  Patrick ne voulait rien savoir sexuellement.  Au début, il se promenait même rarement en bobette devant moi.  On le croyait prude. C’était son droit.  J’appris avec le temps que Patrick crevait souvent de peur, seul, dans sa chambre.  Il ne voulait pas venir me trouver parce qu’il croyait pour l’avoir entendu (où je ne sais pas) que je pourrais l’enculer durant la nuit, sans sa permission.  Je le comprends : il ne voulait pas souffrir.  Ce qui doit sûrement arriver quand ça se produit entre un petit vieux bien «graillé» et un petit cul en formation.  Il ne pouvait pas savoir que je n’aime pas la sodomie.

Quand il s’est senti assez en sécurité, il m’en a tout simplement parlé et nous avons éliminé cette peur à jamais.  Même s’il venait me retrouver quand il avait trop peur, il ne s’est jamais rien passé entre nous de génital.  Je les aimais profondément comme mes enfants. 

J’apprenais en le vivant qu‘il est possible d’aimer sans que ça aboutisse nécessairement au sexe

Sans le savoir, mes exigences devenaient plus raffinées.  Comme quand j’étais tout jeune, la beauté des visages devenaient ce qu’il y a de plus important.  Sans le savoir, ma pédérastie se raffinait, en ce sens, qu’il y avait en plus de la fascination, une règle à l’effet de respecter le oui ou le non du petit gars. 

La pédérastie est un amour qui entraîne nécessairement une très grande responsabilité

J’étais un nouveau Platon.  Ma pédérastie se modifiait.  Elle n’était pas mieux, plus morale ou je ne sais trop, mais elle me forçait à m’adapter à la réalité. Je devais vivre chaste, même si je trouvais très beau le petit gars qui me côtoyait 24 heures sur 24.  Mon obsession de vérifier les formes étaient moins importante que de respecter ses restrictions, ses limites, de vivre au quotidien sans l’outrager. 

Ma joie était de plus en plus de vivre simplement avec des enfants, de chercher à les comprendre, les admirer et partager leurs jeux. 

D’ailleurs, je trouvais que Suzanne était trop exigeante au lit quand elle venait à la maison.  Je me sentais beaucoup trop fatigué pour me lancer avec euphorie dans des ébats qui n’en finissaient plus…Je n’avais pas mal à la tête, mais j’abrégeais. Je craignais plutôt les maux de dos à trop me forcer à éjaculer pour ne pas perdre mon orgueil de mâle.

Radioactif 384

mai 24, 2022

Radioactif 384

Texte de 2008

Les débiles de la morale bourgeoise.

Trois mois de prison pour avoir baissé tes culottes devant des jeunes, c’est absolument débile si on tient en compte le  contexte.  Ce n’était pas devant une cour d’école, c’était chez-nous, dans notre salon, selon notre conception de la vie et de la liberté.  Une conception qui est tout aussi intelligente que celle des interdits religieux.   J’ai le droit de ne pas croire que le sexe est péché mortel.

La situation exigeait que pour me respecter, je sois logique et cohérent avec ce que je disais et ce que je croyais fondamentalement.  Qu’importe ! 

Les imbéciles de la morale bourgeoise sont encore au pouvoir, même plus que jamais.  Je suis bien conscient que mes règles ne sont pas celles de la très grande majorité ; je suis peut-être le seul à croire dans la liberté sexuelle absolue s’il n’y a pas violence ou domination.   Ce ne n’est pas parce qu’une société a été aliénée durant des siècles qu’elle a raison

Elle n’a tout simplement pas le courage de se demander la raison de l’existence de ces règles et surtout si elles ont un sens — une raison d’exister– légitime.   

Je comprends très bien qu’on n’a pas le temps de remettre sa petite sécurité en question ; mais on ne fait ainsi aucune nuance entre des gestes violents et non violents.

On ne respecte pas le droit des jeunes à leur orientation sexuelle et à leur la vie privée. 

On s’imagine que parce qu’on est des parents, les jeunes sont notre propriété.  J’ai le droit de trouver ça idiot et c’est ce que je pense.  On a fait plus de mal à ce petit, en créant un drame, qu’en essayant de régler ça entre personnes responsables. 

Être nu, ce n’est quand même pas la fin du monde.  Il ne s’était rien passé rien de dramatique.  La nudité n’a jamais rendu personne aveugle.  Et, si, aujourd’hui, des millions de personnes partagent mon point de vue, je ne dois pas être le seul fou.  

Ceux qui ont créé ces interdits sont mauditement plus fous que moi

Ça ne repose sur absolument rien d’intelligent, sauf croire aveuglément ce que les religieux nous ont fait croire durant des siècles. 

Si c’est ainsi, que seul compte le sacrifice pour aller au ciel, on est mieux de prier pour que tout le monde soit pauvre et malheureux pour aller au ciel au plus vite. 

Trois secondes de réflexion et on se rend compte qu’on s’est fait joliment bourrer le crâne.

La censure dominante.   

Depuis quelques semaines , je reçois des messages à l’effet qu’on interdit la poésie dans le métro de PARIS, qu’une poétesse est emprisonnée au PÉROU, ça ne me surprend pas.  Le système (tant à gauche qu’à droite) s’est toujours servi de « sa » notion de la pudeur pour garder la majorité aliénée. 

Ce qui est inquiétant c’est que cette formule qu’on utilisait contre moi (je pensais que c’était de la paranoïa) devient maintenant monnaie courante comme type de répression, un moyen de contrôler ce que pensent les créateurs. 

Au Canada, par exemple, on a inclus dans une loi que le gouvernement fédéral vient de faire accepter en troisième lecture, que le ministère du Patrimoine pourra juger si les œuvres (actuellement, ça touchera surtout le cinéma, supposément pour bannir la nudité et protéger les bonnes mœurs) de tel ou tel artiste sont conformes ou non à «l’ordre public», pour avoir droit aux subventions. On retourne à la censure pure et dure, aux tabous. 

Bientôt, cette censure élargira ses tentacules jusqu’à la politique.  Contrôler des textes pour que ceux-ci répondent aux normes imposées par une morale bourgeoise, c’est ce qu’on vivait avant 1970.

On a qu’à penser à Corridart, la murale faite à Montréal et détruite aussi vite durant la nuit pour protéger les bonnes mœurs. 

Imposer une morale bourgeoise féminoune, c’est une nécessité pour implanter une dictature

Au Québec, j’ai été banni de l’Association des auteures (s) des Cantons de l’Est parce que j’ai osé écrire un essai sur un sujet tabou, la pédérastie.  Et, en parler dans mes poèmes.  Un journaliste a publié une colonne en citant mon livre et en affirmant le contraire de ce que j’avais écrit.  Un essai, c’est pour amener une discussion, donc, c’est comme la poésie, une forme littéraire qui ne peut subir aucune CENSURE, sinon les appels à la violence. 

Ce vent de censure se répand à travers le monde.  On devrait commencer à craindre ce qui se passe,  car c’est la pointe de l’iceberg.  C’est exactement ce qui s’est passé avec Hitler. 

Quand la politique se cache dans la morale conservatrice, tout devient hypocrisie et répression.  Tout le monde doit avoir les mêmes notions morales.  C’est ce qui se passe avec Bush et Steven Harper.

Je réclame la liberté de penser autrement…   

La prison

Ce qui devait arriver arriva.  Je me suis ramassé trois mois en prison. Ce fut le prix à payer pour défendre mon opinion et ce que je considère mon authenticité. Ça ne veut pas dire qu’on a raison, mais notre point de vue et notre expérience «particulière» de la vie sont aussi valables que ceux des autres. 

L’humanité évolue parce qu’on se parle.  Les Occidentaux n’essaient pas de comprendre les autres, ils imposent leur morale, leurs normes et leurs suicides, en pensant qu’ils sont meilleurs que les sociétés dites primitives là où pourtant tout le monde est heureux.  Et, ils dominent dans l’exportation des guerres. 

Par expérience, je sais que la censure et les tabous sont les pierres angulaires, de toutes les formes d’intégrisme, de toutes les misogynies, de toutes les homophobies, de toutes les inquisitions et de toutes les dictatures.  

La morale bourgeoise ne pourra jamais donner naissance à la démocratie parce qu’elle ne respecte pas les droits individuels et la vie privée.   L’étroitesse d’esprit est une tare bien pire que la pédérastie. 

À vrai dire, je me savais pédéraste.  Je ne croyais plus, contrairement à quand j’étais trop petit pour pouvoir penser par moi-même, que c’était une maladie ou une tare. 

Il est bien évident que c’est un accident de la nature qui survient à un tout petit nombre d’individus qui ne vibrent pas aux mêmes fascinations que la majorité, qui n’ont pas les mêmes normes esthétiques et morales.  Ils sont touchés par autre chose que le matérialisme des relations sociales dites normales.  

Les puritanismes nous rendent la vie impossible. Vouloir vivre ouvertement comme la nature nous a créé plutôt que d’être esclaves des hallucinations religieuses de toutes sortes, vouloir se reconnaître pédéraste, c’est rêver en couleurs, car il y aura toujours une chasse aux sorcières par ceux et celles qui se pensent  » les purs « . 

La pédérastie, c’est accepter de vivre l’enfer sur terre parce qu’il y a toujours des scrupuleux qui ne réalisent pas qu’ils sont des êtres tout aussi dégénérés, sinon plus, que les pédérastes, combattus comme s’ils étaient le diable en personne. 

Rejeter la sexualité des enfants, c’est rejeter la réalité. 

Leur excès de morale est à mon sens, une maladie, une psychose. 

Et, je préfère ma névrose.   Si tu élimines toute forme de violence et de domination dans ta vie sexuelle, c’est une façon de vivre tout aussi acceptable que toutes les autres, même si tu es pédéraste.  C’est une orientation sexuelle, voilà tout.   

La prison, c’est le temps qui s’arrête. C’est le danger perpétuel que la moindre rumeur te coûte la vie lorsqu’il est question de sexe.  Il suffit qu’un moraliste se découvre à partir de ses culpabilités pour qu’on assiste à des séances de purification… celle des autres évidemment. 

J’étais conscient de ce danger, mais les visites de Suzanne et les dessins de la petite Yanie pour son Simopette me protégeaient de ces excès, du moins pour un temps, car je continuais à défendre mon opinion sur la liberté sexuelle et le besoin de révolution au Québec. 

De la provocation?  Non, plutôt de l’inconscience quant au danger encouru. 

J’avais plus peur de prendre ma douche et de me pencher que de ce que pensaient les autres prisonniers.  Une stupidité que l’on propage comme une réalité de la prison, car on a maintenant en-dedans des douches personnelles et non de groupe.


En-dedans.

Dans l’ensemble, je peux dire que les trois mois se sont bien déroulés.  Beaucoup de temps à jouer aux cartes, à marcher de long en large, en discutant et en écoutant les autres me raconter leurs malheurs.  Je n’ai pas eu de vrais problèmes, sauf qu’une semaine ou deux avant de sortir, j’ai cru reconnaître le Pierre qui m’avait battu une dizaine d’années plus tôt parce qu’il savait que j’étais pédéraste et prétendait que je le regardais avec trop d’insistance. Ce que je raconte dans Laissez venir à moi les petits gars.

À cette époque, tu pouvais tuer n’importe qui plus vieux que toi, il suffisait de prétendre qu’il t’avait fait des propositions indécentes pour que tu sois libéré et proclamé la pauvre victime.  

La folie n’a pas de limite quand c’est au nom des bonnes mœurs.  J’avais peur qu’il me reconnaisse. Ça troublé quelques-unes de mes nuits. 

Cependant, le vrai danger venait d’ailleurs et j’en ai pris connaissance que par hasard, en surprenant une conversation.   Certains avaient décidé de «me passer » parce que je parlais ouvertement de pédérastie et de liberté sexuelle.  J’affirmais que la police des mœurs était une police politique, corrompue.   » Si nos premiers ministres étaient vraiment pédérastes, comme on le disait, je ne voyais pas pourquoi, je n’avais pas les mêmes droits.  » 

Cependant, avant d’agir, ils ont demandé conseil au chef de la pègre en prison qui était incarcéré pour une année à partir du scandale de la viande avariée.  Il avait refusé de dénoncer ses supérieurs. 

À ma surprise, il leur déconseilla, prétendant qu’il fallait être courageux pour tenir mes propos. Ce n’était pas la première fois que j’entendais des choses du genre, à plusieurs occasions, on m’avait dit :  » T’es chanceux des gars comme toi, habituellement, on leur casse les jambes. Hostie de séparatiste ! »  

Mes idées politiques finissaient toujours par apparaître comme la vraie raison pour laquelle je me ramassais dans de telles situations.   

Quant à l’ami le plus intime que je m’étais fait, juste avant de partir, il m’annonça qu’il était prêtre, qu’il avait eu des problèmes avec une petite fille et qu’il n’avait pas osé me le révéler avant.  Il prétendait avoir été fasciné par mon authenticité.  Le plus troublant : il m’affirma être un ami personnel du ministre de la Justice en poste. 

Après être sorti de prison, un soir, on me drogua et je me suis ramassé avec les chefs de la mafia italienne qui voulaient que je travaille pour eux comme journaliste.  Il s’occuperait de me faire engager au Journal de Montréal.   Mon travail aurait été de passer quelques petits messages pour les gens en-dedans.  J’ai refusé car je ne suis ni du bord de la police, ni celui de la pègre.  Je suis contre la violence, même si je me proclame révolutionnaire. 

L’évangile selon Saint-Jean est la plus grande révolution qu’on puisse réaliser.  J’étais retourné vivre avec Suzanne.  Elle avait déménagé sur la rive sud et les deux petits allaient à l’école libre. La prison nous soudait encore plus.  J’admirais la détermination de Suzanne.  D’une manière, elle était encore plus radicale que moi.  Elle décida de retourner à l’école alors que je garderais seul les enfants.  Je devenais périodiquement « la mère », car je m’occupais aussi de la maison et des tâches ménagères

Décolonisation

mai 23, 2022

Cesser de  de croire dans l’impureté, ça fait aussi partie de la décolonisation.

Radioactif 383

mai 23, 2022

Radioactif 383

Texte de 2008

Plaintes et suite.   

J’étais plus près de Suzanne que des petits gars, dans le sens, que nous vivions tous les deux une petite idylle.

Je respectais aussi le principe de ne pas intervenir auprès des enfants, sauf en cas de violence, ou s’ils en manifestent eux-mêmes le désir.  Malgré ça, je jouais souvent à la cachette avec eux et je luttais avec les gars.  Deux ou trois contre moi. C’était le paradis. 

Au début du mois quand Suzanne reçut son bien-être, nous avons décidé d’amener Patrick et Yanie dans une salle de jeux.  La déception des autres, de se sentir écartés, était tellement évidente et cruelle que nous avons décidé, puisque j’avais aussi de l’argent, de les amener avec nous. Ce fut des heures de plaisir. 

Aussi, puisque le matin, Suzanne et moi, aimions traîner avant de nous rhabiller, nous avons averti nos enfants et leurs petits amis de ne pas venir le matin parce qu’on aimait être nus et qu’on ne voulait pas être obligés de les mettre à la porte.  Inutile de dire qu’on a dû insister pour faire respecter cette consigne.   Ils sont même venus un matin, dans l’intention j’imagine de nous pendre nus au lit.  

Un soir que je gardais à la demande de Suzanne, les petits m’ont invité au salon pour participer à l’un de leurs jeux.  Quand j’y fus, il fallait que j’enlève un morceau de linge si je ne répondais pas correctement aux questions de l’animateur ou quelque chose du genre.  Rendu aux pantalons, j’ai hésité.  Que faire ?  Je n’avais pas de sous-vêtement.  Par ailleurs, qu’est-ce que ça donne de prêcher de ne pas avoir honte de son corps et de refuser de le montrer? J’étais pris avec mes principes et j’ai décidé de les respecter.  J’ai baissé mon pantalon, je me suis branlé le derrière quelques secondes et je me suis rhabillé.  À peine le temps qu’ils se rendent compte que j’étais nu.  J’avoue que ça m’a fait plaisir de me respecter.  Le temps passa et la vie se déroulait toujours aussi extraordinaire.  

Un soir, Patrick survint à la maison en pleurant.  Il racontait que les parents de ses petits compagnons, en apprenant qu’on était parfois nus à la maison, avaient appelé la police.  La suite d’une petite chicane d’enfants : Patrick avait refusé de partager ses chips avec eux.  Suzanne les rencontra, mais ils étaient parfaitement hystériques.  Nous avons été poursuivis en cour d’injustice.

Tas de mensonges.

Quand nous fûmes en cour, la surprise fut de taille. Les jeunes inventaient. Ils étaient les meilleurs romanciers de Montréal.  À les entendre dire, nous les avions fait participer à des initiations sexuelles.  Un des jeunes se serait couché nu sur Suzanne et je lui aurais pesé sur les fesses pendant qu’il faisait l’amour.  Je me demande s’il en avait une assez longue pour arriver à réussir cet exploit.  Je ne sais pas.  Je n’ai pas vérifié. Je n’y ai même pas pensé.

Quant à notre visite à la salle de jeux, nous l’avions fait dans l’intention bien arrêtée de gagner la confiance des trois jeunes accusateurs afin de pouvoir enlever leurs pantalons et nous livrer à toutes nos expériences.  Comment peut-on mieux que les gens savoir ce qu’ils pensent? On nous prêtait des intentions qu’on n’avait jamais eues.

Encore mieux, nous les avions fait fumer du pot.  Je n’avais jamais entendu autant de bêtises sortirent de la bouche de quelqu’un.  Nous étions cuits à l’os devant ces témoignages accablants et révoltants.  T’as beau avoir la morale élastique, il y a quand même des limites. Puis, le miracle survint. 

Un des jeunes qui m’aimaient bien n’a pas su tenir le coup : « Je ne sais pas si ce que je vous dis, c’est ce qui s’est passé ou ce que la police m’a dit de dire.», s’est-il exclamé en pleurs.  Le juge a aussitôt décidé de se récuser, mais la police a maintenu des charges pour ne pas échapper le morceau. On nomma un nouveau juge.  (À noter qu’actuellement on aura un tribunal pour se charger d’accompagner les victimes, ce tribunal coûte des millions. Où sera l’équilibre?)

À ce second procès, les jeunes affirmèrent que je ne les avais jamais touchés ou incités à des gestes quelconques de nature sexuelle.  On fit relâche et le temps que je suis allé prendre un café, j’entendais le père d’un des petits demandé aux policiers : « Est-ce qu’il va s’en sortir, ce christ-là ? S’il s’en sort, c’est moi qui vais le tuer. »   Plus fou, t’es enfermé. 

Puisqu’on ne pouvait pas me mettre en dedans à partir de ce que les jeunes avaient dit, j’ai été appelé à témoigner.  Ce fut leur ciel, la contemplation de la justice. J’ai raconté le jeu avec les petits au salon puisqu’on m’interrogea là-dessus. Je ne pouvais pas mentir, c’est contre mes principes et je fis état d’avoir baissé mes culottes comme ce que je le raconte dans le billet précédent. 

Le juge a déchiré sa chemise. Il a commencé à dire que ce n’est pas parce que ça se fait en Europe, de se promener nu chez-soi, que je devais éduquer ainsi tout le quartier et il m’infligea trois mois de prison.  À l’âge qu’il avait alors, il doit sûrement être mort et griller en enfer parce que Dieu ne peut certainement pas avoir une conversation bien longue avec un étroit d’esprit de cette espèce. 

Je n’en voulais pas aux jeunes, mais à leurs parents, des imbéciles.

Suzanne voyait les choses autrement : à son avis, ils savaient ce qu’ils faisaient et mentir pour la police ou les parents, c’est très mal entreprendre la vie.  Pour avoir la paix, Suzanne trouva un appartement en dehors de Montréal.  Cette situation ne nous a pas éloignés, au contraire, je suis allé vivre avec eux.


Procès d’intention.

Ce qui m’a renversé dans cette histoire, c’est que la police a réussi à faire raconter toutes sortes de menteries à ces jeunes et si ce n’eut été de celui qui éclata en sanglots, tout le monde les aurait crus. 

J’aimerais bien savoir ce qui arriva à ce jeune.  On me raconta bien évidemment qu’il avait fait une dépression à cause de moi, mais je n’avais rien à faire là-dedans.  Son père était assez fou pour le rendre malade. Le pauvre petit gars était pris entre des parents carrément hystériques, une police qui le poussait à mentir pour avoir ma peau et les sentiments qu’il avait pour moi.  À mon sens, ce n’était pas de sa faute. 

Les Québécois deviennent fous dès qu’ils entendent le mot prédateur sexuel. 

Ses parents auraient pu lui interdire de revenir chez Suzanne plutôt que d’appeler la police.  Il avait peur.  La pression était trop grande pour refuser de collaborer, mais en même temps, il m’aimait assez pour refuser de me faire du mal.  Il a été malgré lui très courageux dans sa faiblesse. 

Les trous-de-cul là-dedans, c’étaient ceux qui ne le respectaient pas. Ce qui me choquait aussi c’est qu’on me jugeait à partir de jugements d’intention. On me prêtait des intentions.  Nous avions amené les jeunes seulement parce qu’ils étaient trop déçus de ne pas venir.  On ne met pas un gars en dedans en présumant de ses intentions.  Et, c’est pourtant ce qu’on voulait faire. 

C’est certain que j’ai souhaité à un moment où à un autre de jouer aux fesses avec eux, mais le désir n’a jamais pu être réalisé.  J’étais assez fou pour croire que je méritais ce qui m’arrivait parce que je l’avais sûrement déjà souhaité ; mais en même temps, je crevais de peur.  La prison, c’est l’insécurité.  Tu peux te faire battre ou tuer, n’importe quand, selon les rumeurs qu’on entretient à ton égard. 

Je ne voyais pas sur le coup de lien entre cette arrestation et le politique. 

Je ne connaissais pas encore le sens d’emprisonnement préventif, c’est-à-dire qu’on te poigne dans un piège ou pour te faire parler ou pour tuer l’influence que tu peux avoir alors qu’on a peur que ça dégénère.  

Je venais de terminer ma lutte pour le français.  J’ai toujours cru que c’est arrivé de même par pure coïncidence.  

Si c’était un coup monté, je ne m’en suis pas rendu compte.  Mais, j’ai toujours été naïf au point de nier parfois la réalité pour ne pas avoir conscience de la méchanceté des gens qui se croient plus purs que toi.

Radioactif 382

mai 22, 2022

Radioactif  382

Texte de 2008        
Les attraits de Suzanne.

Sans le vouloir, la politique m’avait encore attrapé. Mais survint, un événement encore plus important sur un plan personnel. 

Un ami me présenta Suzanne qui, tout comme moi, croyait dans la doctrine éducative de Summerhill.  Elle avait deux enfants : une petite fille de neuf ans, Yanie, et un garçon de dix, Patrick.

Je n’aurais jamais cru que cette rencontre bouleverserait aussi profondément ma vie. 

Au début, j’étais un peu paranoïaque.  Suzanne connaissait les felquistes.  Elle les avait rencontrés à la Maison du pécheur, en Gaspésie, mais elle était aussi membre en règle du parti libéral.  Une équation que j’avais bien de la difficulté à m’expliquer. 

Au début, je me sentais plus comme un spectateur.  C’était la première fois que je rencontrais des enfants éduqués selon les principes de ma bible en éducation: Libres enfants de Summerhill

Suzanne les envoyait déjà à la seule école libre qui existait au Québec.  Inutile de dire que cette expérience me ravissait, mais je ne serais jamais attendu qu’elle arriverait à me séduire autant. 

Avec Yvette, c’était Non, rien de rien, d’Édith Piaf, qui marquait notre relation.  Avec Suzanne, ce fut Il était une fois dans l’Ouest.  Sans parole.  Une musique extraordinaire pour faire l’amour, un peu gelé. 

Les jours passèrent et je devins de plus en plus une partie intégrante de la famille.  Suzanne m’avait ébloui.  

La liberté sexuelle en éducation.         

Libres enfants de Summerhill, c’est un livre publié à la suite d’une expérience en éducation, en Angleterre.  En général, selon cette vision, il ne faut pas pousser les jeunes à se morfondre dans des cours à l’école ; mais répondre à leurs intérêts, quand ils en manifestent le besoin.  Trouver leur goût et les nourrir aussi abondamment possible.  Cette approche est fondée sur la confiance envers les enfants. 

L’école n’est plus du bourrage de crâne, mais le plaisir de la découverte, de la découverte de soi ou à partir de soi.  Malgré les retards de notions académiques qui peuvent nous sembler très importantes, dont l’absence nous fait même paniquer, l’enfant est capable de les rattraper très rapidement.  Il suffit qu’il soit intéressé et que ça réponde à un besoin dans sa vie.  Souvent, les jeunes reprennent en un ou deux ans, ce qui prend des années à emmagasiner ordinairement.  Pourquoi ?  Parce qu’ils sont intéressés.  Aussi, parce qu’il n’y a pas de morale sexuelle contraignante.

L’éducation sexuelle sert à répondre à ses questions, à se comprendre et prendre ses responsabilités au fur et à mesure que le jeune évolue.  Apprendre à respecter l’autre. 

La curiosité des jeunes quant à la sexualité est tout à fait normale et doit être ainsi perçue par les adultes éducateurs.  Pas question de voir de mal, là, où il n’y en a pas ou de mentir pour faire semblant des protéger d’un danger qui réside seulement dans l’ignorance. 

Les adultes n’avaient pratiquement rien à dire.  Ils géraient et réglaient les conflits qui surviennent en agissant comme modérateurs. 

C’était une interprétation très radicale de la liberté dans l’éducation des enfants, même beaucoup plus grande que dans le livre sur Summerhill.  Une éducation qui était même plus osée que je le pensais quand je songeais aux réformes que l’éducation devrait vivre. 

C’est, dans certains cas, la meilleure formule pour contrer le décrochage scolaire quoiqu’il faille maintenir une structure, une exigence de base quant aux notions à devoir apprendre.  Évidemment, penser l’éducation selon cette philosophie, ça déborde le cadre général de l’école.  Il faut être cohérent et vivre cette liberté dans la vie quotidienne pour ne pas détruire tout ce qu’on prône de liberté individuelle à l’école. 

La liberté de pensée est un mode de vie, une vision de la vie. 

Elle fait peur à tous nos dirigeants.   Par exemple, la nudité.  Nous considérions, Suzanne et moi, qu’il est tout aussi normal de vivre nus que de vivre habillés.  Le besoin détermine si on doit l’être ou pas.  Ça semble niaiseux, mais c’est une modification essentielle à notre système de pensée occidental : créer ses propres valeurs. 

Vouloir vivre nu, quand ça nous plaît, à la maison, par exemple, c’est une révolution en soi.  Une révolution, car c’est tout simplement en dehors de tout ce qu’on a appris, donc, acquis comme vérité fondamentale et héréditaire.  Comme si on naissait habillé. 

C’est une révolution parce que c’est rejeter toutes les valeurs bourgeoises rattachées à la pudeur.

La pudeur est une notion orgueilleuse, élitiste, fondée sur sa prétendue supériorité.  Une maladie basée sur le besoin de se sentir tellement supérieur qu’il ne faut plus être naturel.  Une notion d’aristocratie dans ce qu’il y a de plus vil, en établissant une hiérarchie des êtres humains.  À part de devoir se protéger selon la température, tout n’est que conventions sociales.  On croit devoir s’habiller parce qu’on ne peut pas se donner le droit de penser par soi-même et vivre autrement que la majorité. 

C’est évident que la plupart du temps, dans notre monde, on doit vivre habillé.  Je serais le premier à avoir des réticences à vivre toujours nu.  L’hiver, c’est froid.  En plein été, sur une plage qu’est-ce qui nous oblige de devoir se vêtir?  Sommes-nous si cochons qu’on ne puisse vivre nus sans devenir des prédateurs sexuels violents?  Si c’est le cas, on a des problèmes mentaux.  Pourquoi faut-il avoir un costume de bain quand on va se baigner?  C’est plus indécent de porter un costume que d’être nu, car pour réagir ainsi, il faut avoir honte de son corps et condamner la vue des autres.  Rien de justifiable.  On invente un «mal» qui n’existe pas.  Une obsession religieuse. 

Cette notion d’école libre rejoignait ma conception à l’effet qu’on apprend plus rapidement en ayant du plaisir. 

J’admirais Suzanne qui partageait cette vision de notre réalité.  Je n’ai jamais fait les premiers pas pour conquérir une femme, tout simplement parce qu’en ayant été rejeté tout le temps quand j’étais jeune, je ne voulais plus perdre mon temps, dépenser des énergies et surtout être à nouveau déçu. 

J’étais paranoïde dans le sens que j’avais appris à boire pour oublier les humiliations d’être rejeté par les filles. 

Yvette, à Lac-Mégantic, Hélène, mon égyptienne de Sherbrooke, étaient des exceptions.  Elles m’avaient harponné et j’en étais très satisfait.  L’aventure en valait la peine.  Toutes ces femmes avaient une réalité en commun : elles ne croyaient pas dans la répression sexuelle.  Elles étaient capables même sexuellement de se sentir égale à un homme.  Elles l’étaient d’ailleurs comme toutes les femmes.  C’étaient toutes d’authentiques féministes.

Cela m’avait même donné l’idée d’avoir un enfant, mais comment faire sans avoir à endurer la mère : les femmes sont en général trop scrupuleuses.  Elles prétendent détester le sexe et pourtant toute leur démarche tourne autour de leur besoin de séduction et de leur jalousie.  Je ne faisais pas d’effort pour comprendre les femmes puisque ma pédérastie compensait largement ce besoin émotif et la nécessité de me croire normal. 

Puisque je pouvais maintenant « cruiser » un homme sans honte, j’étais devenu plus épanoui car j’acceptais cette part de féminité en moi. 

Suzanne a simplement eu le tour de venir me chercher dans ma carapace de gars qui avait mis un «X» sur la gent féminine.  

Par expérience, je savais que je pouvais être parfaitement heureux sans femmes. J’avais tellement d’autres préoccupations, en ayant recommencé à me politiser, que je n’avais pas de temps à perdre à me casser la tête pour plaire. 

Avec Suzanne, nous étions un monde en phase d’exploration, d’expérimentation quant à l’éducation.  Comme l’avait écrit un grand écrivain français : tous les éducateurs sont des pédérastes conscients ou non. 

Pour me plaire, il fallait avoir une ouverture d’esprit telle qu’on en retrouve rarement. C’était le cas de Janou St-Denis, Gilbert Langevin et Gaétan Dostie.  Des êtres extraordinaires.

Pour m’intéresser, il fallait avoir cette ouverture d’esprit.  J’ai toujours détesté vivre dans une société bornée.  Je choisissais mes amis.          

Radioactif 381

mai 21, 2022

Radioactif 380

Texte de 2008

L’anglicisation du Québec.       

Étant déménagé à Barnston, très jeune, je n’avais aucune colère, ni aucune forme de mépris pour un anglophone.  Un humain, c’est un humain.  La lutte linguistique n’existe pas entre individus, mais à une échelle nationale.

Enfant, la langue nous avait séparé comme la religion ; il existait une séparation automatique entre francophones et anglophones.  Mais le temps et le plaisir de vivre ensemble a estompé toutes les haines et / ou les jalousies entre nous. 

J’ai appris mon anglais chez les Descôteaux, l’amour du western vient également de Galen et Pauline Descôteaux.  Les jeunes Descôteaux parlaient français et leurs parents pas un mot, mais il n’y avait plus d’animosité entre nous.  Nous étions devenus ce que devraient être tous les humains normaux : des amis, une forme de fraternité transcendante. 

Ce fut tout un choc que de me retrouver un demi-siècle plus tard, à l’époque des guerres linguistiques et religieuses ; mais à Montréal, il est évident que les anglophones ne veulent pas seulement exister et vivre comme tout le monde, ils ont dans leurs «gênes» le besoin absolu de dominer et de se croire supérieurs aux francophones. 

Et, les francophones ont tellement peu confiance en eux et de respect pour leur passé qu’ils se mettent à trembler et se frapper la poitrine de repentir dès qu’ils sont accusés d’être racistes.  Ils sont trop colonisés pour se rappeler que ce sont, eux, la majorité au Québec (ce ne le sera plus bientôt). 

On a encore ce réflexe de colonisés de devoir apprendre l’anglais pour survivre au Québec. 

En ce sens, je suis d’accord avec Stephen Harper : le Canada est anglais comme le Québec est français. Ça n’empêche pas les plus brillants d’être bilingues et peut-être même trilingues.  Le pouvoir leur appartiendra. 

L’espagnol est aussi une des langues de l’Amérique.  Je ne comprends pas pourquoi on ne s’entend pas dans le monde parce que l’on parle une langue différente.  On peut avoir une langue commune, quitte à parler d’autres langues pour mieux communiquer, sans être obligé de se taper sur la gueule.  Faites l’amour, pas la guerre. 

C’était une réalité, la guerre linguistique, que j’avais complètement oubliée, car au Canada, j’ai fini par admettre que ce pays est anglais.  Il nous laisse une petite marge de survie, juste pour justifier qu’il ne faut pas que le Québec se sépare, sous prétexte de permettre la survie de ces îlots francophones. 

Maintenir un bilinguisme canadien folklorique, c’est idiot puisque tous les francophones ou presque sont déjà de parfaits bilingues.   

En mettant les pieds à Montréal, j’ai dû réapprendre qu’on ne vise qu’une chose au Canada  : nous assimiler.  Tant que nous sommes majoritaires, les anglophones doivent se tenir tranquilles pour ne pas réveiller les francophones et surtout, ne pas les radicaliser.   

Les anglophones de Montréal cherchent à instaurer leur domination à petit feu, lentement mais sûrement, en se servant de langue de travail, de l’affichage, de l’éducation et surtout , de l’immigration. 

La lutte linguistique au Québec suit exactement à la lettre le plan de Durham qui demandait de nous noyer pour nous rendre service. 

Ma visite au Canada m’aidait à prendre conscience de ce désir du reste du Canada de nous voir devenir une province comme les autres. 

Un jour, les anglophones seront assez forts, grâce aux immigrants, pour renverser la vapeur et angliciser le Québec, à moins qu’on se sépare avant. 

Qui n’est pas prêt à apprendre une autre langue pour survivre?  Le livre Les juifs de Montréal, de l’écrivain Raoul Roy, nous rappelle la haine de ceux-ci pour les francophones et leur obsession à combattre surtout aux États-Unis,   toute idée d’indépendance pour le Québec.

Cependant, il faut maintenant commencé à nuancer : certains ont compris notre désir d’autonomie. 

Radioactif 379

mai 20, 2022

Radioactif 379

Texte de 2008

Français au travail.

Il faut travailler pour gagner sa vie et aucun emploi n’est idiot. J’ai été engagé à la Ronald Federated Graphics, une imprimerie importante de Montréal. Tout se passait en anglais à l’écrit.  J’étais révolté, mais tu te dois d’avoir un emploi pour survivre.

Déchiré entre la réalité et mes principes, j’ai décidé de frapper un grand coup.  Je me suis mis à tout traduire en français.  Évidemment, les patrons m’ont averti de cesser, sinon je devrais me trouver un emploi ailleurs. 

Un matin quand je suis entré, un des patrons m’a invité à son bureau.  J’ai mis un petit couteau, près d’une pomme que j’avais amenée, pour entreprendre une autre discussion qui changerait probablement ma vie. 

— Tu veux m’impressionner avec ton couteau ?  
— Non, j’en ai besoin pour couper ma pomme.  Mais, je suis bien content que ça vous rappelle le cas de Meloche (un gars qui avait tué ses patrons).   
— Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?       
— Que tout soit écrit en français quand ça se passe au Québec. 

On n’est pas arrivé à s’entendre.  J’ai été congédié.

Je suis reparti chez moi et je me suis fait une pancarte.  Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.  Puis, je suis revenu devant la bâtisse de la compagnie.  Peu de temps après, des policiers de Montréal arrivaient.  Je leur ai donné mon nom et mon adresse comme ils étaient en droit d’exiger. Quand ils ont voulu m’amener au poste, je leur signifiai que s’ils m’y amenaient, je les poursuivrais pour arrestation illégale.  Ils vérifièrent et me dirent, quand ils revinrent me trouver : «Y connait la loi, le petit.» 

Ils s’installèrent pas loin et pour la première fois de ma vie,  je me suis mis à piqueter, seul, sous les yeux de la police.  J’avoue que j’en ai presque fait dans mes shorts, mais c’était trop tard, je ne pouvais plus reculer. 

Je paradais à tous les jours. 

Après une soirée de poésie, à la Casanou, j’avais bien arrosé ça en compagnie de Gilbert Langevin.  On s’est engueulé sur le bord du trottoir à savoir qui paierait la prochaine bière et Gilbert est parti me laissant seul.  Je me suis fait arrêter et on m’a amené encore une fois en prison pour la nuit.  Ce fut plus civilisé qu’à Sherbrooke, je ne fus pas battu ; mais on me demanda si j’étais celui qui manifestait pour le français. 

On me mit dans une cellule alors que dans l’autre, la voisine, il y avait un gars qui criait en anglais que tous les felquistes étaient des crosseurs, des mangeux de queue.  Je me suis levé.  Je me suis installé devant lui et je lui ai demandé s’il en avait une belle. Ridiculisé, il se ferma la gueule et je lui dis que je savais qu’il comprenait le français. 

Au tribunal, je n’ai pas eu le temps de dire un mot qu’une autre personne avait plaidé coupable à ma place.  Quand vint le temps de sortir, je me suis engueulé parce que les policiers avaient écrit  » wallet  » au lieu de portefeuille. 

À cette époque, les indépendantistes avaient assez d’intelligence pour savoir que le pouvoir politique est une guerre de propagande.  Ils avaient eu la sagesse de créer le JOUR, un quotidien indépendantiste.  

Aussi, le premier juillet, jour de la fête du Canada, j’ai décidé d’aller manifester.  Après discussion, puisque c’était suicidaire d’y aller seul, l’amie de coeur de Gilbert Langevin, Mireille Despard, décida de venir avec moi.  Ça s’est bien passé probablement parce que personne n’avait pu imaginer quelqu’un d’assez fou pour tenir une manifestation pour le français au coeur des fêtes du Canada, à la Place du Canada, à Montréal.            

J’eus tout au plus un petit accrochage et quelques bons coups à l’abdomen, mais rien de sérieux.  J’envoyais communiqués de presse sur communiqués.  J’ai même fait appel à l’ONU.  J’étais peut-être cinglé, mais au moins je défendais ce en quoi je croyais : un Québec français. 

Ma campagne serait morte au feuilleton si le gouvernement libéral de Robert Bourassa ne s’était pas lancé dans l’aventure de faire accepterla fameuse loi 22.  On proclamait le français comme seule langue officielle du Québec, mais à l’intérieur, dans son application ça aidait plutôt les anglais.  Comme la notion de nation des Conservateurs aujourd’hui, aussi hypocrite, juste pour avoir les votes du Québec.  

Puisqu’il y avait une commission parlementaire, ce n’est pas d’aujourd’hui que c’est populaire chez les libéraux du Québec, j’ai décidé de m’y rendre.  Avant de monter, on a préparé la pancarte.  J’ai écouté le conseil de Gilbert Langevin et d’un côté j’ai écrit la 22/ la 22.  J’écrivais tellement mal que je me suis arrêté là, alors que le conseil de Gibert était d’écrire la 22 sur la 22 ou la 222 ? 

J’étais étonné que les députés et ministres semblent aussi touchés par ma pancarte.  Puis, j’ai allumé : la 22 c’est une arme.  Moi qui passais déjà pour un felquiste. 

Malgré cela, le ministre du Travail, Yvan Cournoyer est venu discuter avec moi et m’a même dit qu’il s’occuperait de mon cas. 

Plus tard, je me suis rendu en commission parlementaire.  J’ai dû, comme prévu, laisser ma pancarte à l’entrée ; mais j’avais prévu le coup, alors je m’étais mis des cartons et un crayon feutre sur lesquels j’écrivais Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.  Je les brandissais à nouveau à bout de bras. Il en fut ainsi jusqu’à ce que Bourassa me fasse expulser.

J’étais un peu paranoïaque en manifestant, car je pensais que le fédéral voulait se servir de cette crise pour occuper le Québec, ce que j’ai exprimé à Bourassa dans une lettre. 

Je ne savais pas que mon action serait suivie par celle d’un groupe de femmes qui ont pris ma relève pour manifester à la commission.  Elles se sont enchaînées pour qu’elles, on ne puisse pas les sortir.  Je suis d’ailleurs allé témoigner à leur Tribunal de la femme par la suite.  J’ai toujours admiré ces femmes qui n’hésitaient pas à se lever pour sauver notre héritage. 

Puis, ce fut la fête de la francophonie (cette année-là, c’était à Québec), même Trudeau s’y rendait. 

Quand je me suis présenté devant le parlement, à l’ouverture de la semaine de la francophonie, à Québec, j’ai été pris d’assaut par les journalistes : Combien serez-vous de manifestants ? « Je ne sais pas, je suis seul à avoir perdu mon emploi». 

Les journalistes attendaient une manifestation contre la loi 22, étant donné la présence de toute la presse internationale ; mais j’étais seul.  Les journalistes ont dû se contenter de parler avec moi de mon cas. Y paraît que ça eut des échos jusqu’en Afrique.  En tous cas, une dizaine d’année plus tard, le Paris match reprenait une photo de ma pancarte avec un article sur les jeunes souverainistes du Québec. 

Dernière expédition : je me suis rendu à Ottawa pour pancarter Trudeau. Il était à la salle de presse avec sa femme qui insistait pour qu’il monte au parlement en machine sous surveillance. Trudeau a décidé de faire la marche à pied. 

Les policiers qui le protégeaient s’arrangeaient pour que les photographes ne puissent pas prendre ma photo jusqu’à ce qu’un journaliste s’enfarge dans les marches et que Trudeau lui offre la main pour l’aider à se relever. J’en ai profité pour que ma pancarte soit prise en photo.  Je sais qu’elle fut diffusée par la Presse Canadienne, car on m’a donné une copie qui se retrouve dans mes archives, les archives gaies, à Montréal. 

En retournant à Montréal, j’ai appris que l’agent Samson, de la Gendarmerie royale, venait de sauter alors qu’il allait porter une bombe au nom du FLQ. 

La Ronald Federated a changé pour un nom français.  Je suis assez fier de cette campagne pour un Québec français.  Il y a eu une manifestation de 100,000 personnes peu de temps plus tard.  J’étais au premier rang…

Radioactif 378

mai 19, 2022

Radioactif  378

Texte de 2008

Le bon vieux temps…      

C’est drôle de vouloir devenir un écrivain alors que je le fus dans les années 1970.  Même si nos moumounes nationales essaient de m’éliminer de la littérature québécoise parce que je dis que je suis pédéraste, ça  n’enlève rien à la réalité passée. 

J’ai publié bien avant aujourd’hui et je continue d’avoir quelques lecteurs, même si mes livres sont introuvables. 

En quoi mes livres sont plus mal écrits, si pendant cet exercice d’écriture, je rêve de faire une pipe à un intéressé ?  C’est tellement agréable. Ça remplace le soleil qu’on n’a pas.  .

Je ne suis pas une vedette nationale, ni internationale, mais j’ai eu mes petits moments de gloire.  Ils m’ont suffi. Tout ce que j’avais besoin pour trouver la vie cool.  Je pouvais m’aimer malgré mes limites.

Écrire, c’était vivre à 300 milles à l’heure, sur une chaussée glissante.  Aujourd’hui, je manque de libido.  Je dois me faire croire que j’existe encore parce qu’on a décidé que je n’existe pas, ayant osé dire ce dont il ne faut pas parler dans un monde de liberté d’expression comme dans « liberté d’expression, mon cul»

Écrire, c’est se battre contre une bande de bornés qui essaient de nous refiler la vieille cassette du « fais-le bon petit gars, sinon tu vas faire pleurer le petit Jésus».

À cette époque, mes meilleurs amis étaient Janou St-Denis, Gaétan Dostie et Gilbert Langevin.  Eux, ils avaient l’esprit assez ouvert pour ne pas se demander si je fais bien le va-et-vient du bout des doigts ou si j’ai la langue en tourlourette, en mangeant mon partenaire.  Ils savaient que ça ne les regarde pas. Je ne vais pas demander à un hétéro s’il est éjaculateur précoce.

Aujourd’hui, on nous supplie jusqu’à la télévision de devenir les êtres les plus abjects qui existent dans la nature humaine : des dénonciateurs ou des stools.   C’est bien le règne des femmes ! 

Nous n’étions pas des enfants de chœur.  Nous aimions nous saouler un peu, fumer un petit joint de temps en temps. On voulait encore mieux s’assurer que la vie coule toujours par la même bonne petite «champlure».  Il faut toujours un boyau pour arroser son jardin. 

Freud, quant à lui, disait que les femmes occidentales n’avaient pas accepté le fait qu’elles sont dépourvues de pénis… Même si on était à l’aube du vrai féminisme, les pénis avaient encore une place et les femmes savaient les retrouver.  On vivait notre vie d’artiste. 

Ce fut des années que je vous souhaiterais à tous de vivre, car cette liberté qui m’animait fut totalement écrasée et la situation actuelle ne permet pas de la revivre. 

Les scrupuleux sont prisonniers de leurs crânes. Et l’autocensure s’installe avec l’âge. Le Québec est plus que centenaire.

On ne se mêlait pas comme aujourd’hui de la morale des autres.  On était bien trop occupé à devoir réaliser notre propre rédemption.

C’était le bon temps !  Aujourd’hui, je suis plus dépolitisé et surtout, plus dépoétisé.  Je sais que la liberté d’expression, c’est une farce monumentale. Une hypocrisie de genre.

Le printemps commence demain matin.  Prendre note que le Québec est une bergerie, on y préfère l’argent à la liberté, c’est un moyen d’encourager la paresse.   « Ça donne rien de vouloir réveiller nos moutons, ils rêvent à partir des vapeurs de l’essence de leurs autos. » 

Comme les Indiens que je rencontrais dans l’Ouest, quand tu «sniffes», t’as pas à être conscient et mes compatriotes adorent sniffer l’odeur des portefeuilles. 

J’en suis toujours à me chercher une nouvelle vocation et je vois notre langue en déclin, la pauvre.


Poésie libre !          

À mon arrivée à Montréal, j’étais loin de la politique et je ne pensais qu’au moyen de ne pas payer l’amende pour remplacer la vitrine brisée à Vancouver.  Investir dans le système judiciaire, c’est investir dans la pègre. 

Je n’avais pas d’argent comme d’habitude.  Je ne sais pas pourquoi, l’argent brûle dans mes mains.  Quand j’ai une augmentation de salaire de 0.25$, je subis en même temps, à peu près 50$ de hausses de toutes sortes de choses à payer : métro, hydro, intérêt sur les retours d’impôts (comme si tu n’en payais pas assez avec ce qu’on enlève sur ta paye), services de toutes sortes. On appelle ça l’augmentation du coût de la vie…

Des professionnels qui chargent plus cher à toutes les années en se «crissant» que les plus pauvres soient pénalisés.  Il faut que tout ce beau monde, bourré de diplômes universitaires, puissent manger plus de caviar et boire de champagne « une image»… c’est ça la mafia légale, une bourgeoise

Ne vous en faites pas, eux, ils peuvent se payer des prostituées sans danger. La police n’intervient pas auprès des gros bonnets.   Mon ami Pierre Faucher fut agent de police à la Sûreté du Québec.  Il m’a confié plus tard, combien de fois, la police aurait dû intervenir parce que des gros bonnets avaient réservé les services de mineures, mais rien n’avait été fait à cause des ordres de tout laisser tomber. 

Si la répartition des richesses était plus juste, ce serait plus normal, car il y a une hiérarchie partout dans la nature ; mais c’est toujours au dépens des plus pauvres …   Après tout, ce n’était pas la faute du jeune surveillant à l’hôtel, si j’avais parlé français dans le pays de l’anglais et du mandarin. 

Par contre, s’il avait été moins pisseux, il aurait essayé de comprendre ce que je demandais et il aurait pu orienter mon retour à la maison. C’est tout ce que je voulais.  J’avais été plus surpris que lui de voir s’effondrer la vitre de la porte.  Un petit coup de pied de trop, trop fort, pour attirer l’attention parce qu’il se sauvait. J’étais coupable, pas de doute et d’excuses, c’était à moi de moins fêter mon retour au Québec. 

Par contre, j’avais absolument raison de dénoncer le racisme de la police de Vancouver à l’endroit des francophones, racisme qui était encore embryonnaire, comparé à celui développer contre les Autochtones. 

Mon petit côté révolutionnaire et « délinquant » l’emportait.  La délinquance a toujours un petit aspect narcissique : tu veux épater la galerie avec tes exploits. 

Il faut bien quelque chose pour te sentir aimé et ne pas être « abandonné » sur le fleuve avec un petit Moïse trop jeune pour explorer la vie.  S’il avait été plus vieux, ça aurait été agréable de partager sa couche et devenir moi aussi un petit prince. Celui de St-Exupéry est formidable, je l’ai lu des centaines de fois. Recommandé à tous les jeunes.

Mon amour de la bouteille de vin m’a vite fait vivre encore bien des petites aventures, surtout avec Gilbert Langevin. 

Janou St-Denis se battait, elle, pour la poésie,  le droit de parler pendant que le maire de Montréal, se battait pour plus de censure.  Il faut se rappeler l’affaire du Corridart, une exposition interdite avant même d’avoir lieu. On l’a démantibulée durant la nuit.

(À suivre… Mademoiselle Benji commence à avoir les yeux croches à force d’essayer de me faire comprendre que le temps avance et que son estomac se vide.)  

De retour vers le futur…  Janou St-Denis animait Places aux poètes, un endroit où on allait réciter.  Je l’adorais, car même si elle n’approuvait pas ma pédérastie, elle a attenu de voir si je pouvais être dangereux pour les jeunes avant de me rejeter ou de devenir mon amie. 

Janou savait que ma pédérastie était un peu malade dans le sens que le sexe prenait parfois trop d’importance par rapport à l’amour, ce qui est inacceptable pour une femme.  C’est un comportement que l’on retrouve souvent chez les homosexuels.  Là-dessus, elle avait parfaitement raison. 

Mais, c’est une réaction qui est créée par la répression sexuelle et la censure.  Quand t’as presque rien, tu essaies de sauter sur la moindre occasion qui s’offre.  Elle me reprochait aussi la façon de m’exprimer quand il était question des femmes dans mes livres.  Selon elle, les femmes étaient assez opprimées comme ça, sans devoir subir les attaques d’un gars qui ne les haï pas.   

Pourtant, je trouve que j’ai toujours été plus respectueux avec les femmes que bien des mâles qu’elles aimaient et que je trouvais affreusement machos.  Je ne défends pas le droit des jeunes filles parce que je ne crois pas savoir ce qu’elles veulent et ce qui est bien pour elles.  Par contre, je «connais» ce que c’est d’être un mâle.  Je ne sais pas, je connais…

Je sais que les grandes manifestations morales aboutissent toutes à condamner la sexualité, soit notre nature profonde, sans distinction, avec ou sans idéal.  Comme si la vie était un sens unique.   Mon amour pour la bouteille de vin et la poésie a fait en sorte que j’ai vécu bien des petites aventures de verres, spécialement avec le grand poète Gilbert Langevin, qui n’avait rien d’un homosexuel et qui ne jugeait pas ma pédérastie.  

Langevin, c’était le poète des poètes. Le poète du peuple.  Le poète de la chanson, lui, qui aurait toujours voulu être un chanteur. « La voix que j’ai ». On avait en commun l’amour du petit peuple, comme diraient nos élus.  C’était un bel homme, comme tous les jeunes Indiens.   Comme moi, Langevin aimait la «swing».  Je le trouvais pourtant un peu macho peut-être parce que j’aimais bien ses blondes, mais ça ne se savait pas, je suis pédéraste.  Il avait une attitude avec les femmes qui faisait que je me demandais toujours pourquoi il en avait autant.  Mais, ce temps-là, les femmes aimaient les hommes virils, j’imagine.  Je regardais ailleurs, donc, je ne pouvais pas être jaloux.  Ou c’était peut-être sa célébrité ? 

Même les pédérastes se demandent pourquoi les autres poignent plus qu’eux.  En tous cas, nous avions l’habitude de nous rendre prendre une bière à la taverne Chérier.  Aussi, un soir, je lui racontais mon aventure à Dawson Creek quand j’ai décidé de démontrer la force d’un petit couteau. J’en mis un sur la table.  J’ai alors demandé au serveur de se hâter un peu plus pour servir « le dur que je pensais être devenu ». 

Je ne me rappelle plus tous les détails, mais le serveur était encore moins peureux que moi.  Il m’a pris et jeté littéralement à la porte, le pied au cul.   Mon pauvre Langevin, aussi pesant qu’une feuille, tenta de le persuader de me laisser revenir, car je n’étais pas le méchant que j’avais bien voulu laissé croire.  La première chose que j’ai sue, mon Gilbert était dans les airs et garroché sur le trottoir.  Et Langevin, étant plus long et plus léger, donc. il en a plané une claque.

Quelques jours plus tard, nous avons été ré acceptés puisqu’on n’était pas des bagarreurs.  Le serveur en a profité pour me faire la leçon.  Il m’a expliqué qu’il avait agi ainsi non seulement parce qu’il était en colère, mais parce que dans un endroit de ce genre on ne commence pas à se promener avec des armes blanches, de peur qu’un fou surgisse et décide de nous faire la peau.  Il suffit qu’un paranoïaque se sente viser pour que ça arrive.  Il n’avait pas agi ainsi parce qu’il avait peur, mais pour me protéger.  Chérier, ce n’était pas toujours du gâteau et se pavaner avec un petit couteau, c’était dangereux.  Ce fut une éviction préventive. 

Je me rappelle aussi une discussion avec Denis Vanier.  C’était le grand poète de la révolution avec sa petite amie, la Fée des étoiles.  Il venait de publier un livre avec une photo du clitoris de sa fée et je lui ai dit que ça n’avait rien de révolutionnaire puisque ça faisait plaisir à tout le monde de jeter un coup d’oeil hypocrite sur le sexe d’une femme et de prétendre que ça dépasse les bornes.   « Prône le droit à la pédérastie, tu verras que c’est tout autrement ». La très grande majorité des humains sont, même s’ils ne savent pas pourquoi, contre les relations sexuelles d’un mâle adulte avec un mâle imberbe.  Les mâles de cette époque ne pouvait même pas y penser. Ils n’avaient pas assez été sucés pour se rappeler comment c’est délicieux. La très grande majorité ne l’a peut-être jamais été.  

Quand Parti pris annonça mon livre Laissez venir à moi les petits gars, la publicité était accompagnée par la photo d’un beau petit gars nu dans un ruisseau.  

À cette époque, de la grande authenticité, j’étais fier d’être pédéraste et surtout de me prendre pour un felquiste : on a droit à une double personnalité, en autant qu’elle ne se contredise pas.  Dans mon cas, j’étais pisseux, mais trop orgueilleux pour le faire voir.

C’est aussi pourquoi j’ai toujours fait mes manifestations seulAinsi, on ne pouvait arrêter personne à cause de moi.         

C’étaient des discussions on ne peut plus habituelles et normales entre poètes parce qu’à cette époque, on n’était pas jaloux du succès des autres.  On était tous amis, donc, tous heureux quand quelqu’un était porté aux nues. On se réjouissait du succès des autres. 

Aujourd’hui, les moumounes de la droite religieuse essaient de me faire éliminer de la liste des écrivains parce qu’elles (ils) se pensent les seules à avoir du talent.  C’est peut-être vrai, mais ce talent est semé en terre sèche, le désert.  Une graine, ça ne pousse pas dans le désert.  Elles devraient le savoir, elles sont tellement contre la sodomie.  

Être seul permet de ne pas avoir à se comparer et devoir utiliser des mots vides pour avoir l’air fragile ou romantique.  Avoir besoin d’une baise, il n’est pas pas nécessaire de le cacher, c’est normal.   

En général, j’aime goûter à tout ce qui s’écrit, surtout ce qui est différent de moi.  La littérature, ce n’est pas juste vendre un livre, c’est d’abord un partage, une amitié. La guerre existe entre les ennemis, pas entre les créateurs… Langevin aimait ce que je faisais, surtout à cause des finales, des punchs, comme il disait. 

Les textes de Langevin étaient bons du début à la fin et tout voulait dire quelque chose.  J’étais aussi très près de la poésie engagée de Janou.  Que Dieu ait leur âme !  Leurs poèmes sont magnifiques;    mais on ne les lit pas encore partout, à cause du politique.   Ils sont comme moi, dangereux.

On dit qu’il ne faut pas parler de politique dans la poésie, ni de religion, ni de cul…C’est rendu plate en hostie de se croire poète. 

La poésie, c’est la révolution, la liberté.

Radioactif 377

mai 18, 2022

Radioactif 377

Texte de 2008

La paternité.           

Quand je suis revenu au Québec, même si j’avais appris que les individus sont plus importants que les communautés et les nations parce que c’est à travers eux qu’on juge la vie, j’étais encore plus séparatiste que jamais.

On ne pouvait plus me faire pleurer en me faisant croire que le Canada est un pays bilingue, car c’est plutôt un pays avec des îlots folkloriques francophones et Radio-Canada français, d’un océan à l’autre.  Le pays, dans ma tête, ce n’est pas encore une soucoupe de télévision. 

Il est peut-être possible de se contenter de pouvoir fréquenter des francophones partout au Canada pour se faire croire que le Canada est un pays bilingue, ça ne te donne pas un territoire avec lequel tu peux t’identifier en dehors du Québec.   J’étais peut-être plus séparatiste, mais j’étais devenu beaucoup moins fanatique. 

La vie m’avait appris et prouvé qu’il y a des bons gars et des merdes dans toutes les nationalités.   J’aurais bien voulu apprendre les réalités culturelles de l’univers en vivant un bout de temps avec un petit gars de toutes les couleurs et de toutes les nationalités du mondeUn rêve qui en vaut bien d’autres !  

J’avais aussi compris que ce n’est pas la politique qui te donne à manger. 

Je savais que le NPD faisait semblant d’appuyer l’autodétermination du Québec pour avoir des votes et que l’Ontario domine le Canada. 

C’est encore tellement vrai que Bob Ray est déjà le chef du parti libéral du Canada et qu’il n’y aura des élections qu’au moment où les libéraux croiront avoir rattrapé le terrain perdu en Ontario.  Par ailleurs,  je ne suivais plus ce qui se passait en politique au Québec depuis de nombreux mois.  J’étais plus ignorant, donc, plus dépolitisé. 

Par contre, l’écriture avait presque pris une possession exclusive de toutes mes préoccupations.  Je me croyais un écrivain.  Écrire, c’était tout. 

Je me sentais important et je ne vivais qu’à travers la plume.  Peut-être était-ce parce que sexuellement j’étais moins écrasé et moins scrupuleux.  Vivre ta sexualité comme tu l’entends, ça te rend plus libre, plus autonome et moins obsédé.  T’as plus besoin de passer ta vie à essayer de créer un «momentum» pour pouvoir enfin te rassasier. 

J’étais moins coupable parce que grâce à mes aventures et mes lectures, je prenais conscience que ceux qui inventent nos règles de vie sont souvent des scrupuleux et des hypocrites qui servent un système qui fait de l’argent à pleine poche parce qu’ils dominent notre réalité quotidienne.  Ce sont des «lois fuckées» qui servent à maintenir les religions au pouvoir. 

Nos lois ne font que répartir le territoire entre la police et la pègre.   La mafia légale est parente avec les juges qui en sont les porte-paroles interprètes.  Les règles sexuelles ne sont là que pour maintenir le pouvoir des religions.

Je pouvais vivre sans problème comme je l’entendais.  Je n’ai jamais manqué de sexe en voyage.  Petit à petit, j’échappais aux peurs de mon enfance provoquées par les médias. 

J’appréciais maintenant d’être convoité par un bonhomme, quoique je ne fasse jamais, à cette époque, les premiers pas comme avec les femmes. 

À mon avis, forcer quelqu’un à un rapport sexuel c’est un viol, donc, quelque chose de fondamentalement contre mes idées.  Je n’arrive pas à percevoir comment tu peux ressentir un plaisir sexuel quelconque devant quelqu’un qui souffre. Je ne sentais plus le besoin de ne penser qu’à ça, puisque la vie se chargeait de me rendre aux bons endroits, aux bons moments.  Ça me suffisait alors. 

Mon désir d’avoir un enfant s’était amenuisé du fait que je n’aurais pas assez d’argent et de stabilité pour créer une famille.  Pourquoi rêver à l’impossible?  Avais-je vraiment été père à Lac-Mégantic comme le prétendait Yvette? 

Les femmes que je rencontrais prétendaient toutes que je serais un excellent père, mais prenaient toutes la pilule pour s’empêcher de tomber enceinte.  La vie de couple n’avait qu’un sens : sans avoir un enfant à gâter, car j’aurais aimé vivre cette responsabilité, mais j’étais complètement désintéressé par les filles. 

J’aurais fait un bon Chinois, quoiqu’aujourd’hui je trouve leur politique de natalité complètement stupide et aberrante.  La nature sait mieux choisir que des règles politiques ou religieuses.

Quand je rêvais de paternité, je me demandais déjà ce que je ferais si je me ramassais père d’une petite fille.  Est-ce que j’aurais autant d’intérêt pour elle?  Est-ce que je pourrais la comprendre?  Juste se poser la question est un signe de déséquilibre.  Vouloir les supprimer, comme en Chine, c’est un crime abominable contre l’humanité. 

Si les Chinois ne veulent pas de filles, ils n’ont qu’à être gais.  Un enfant, c’est un enfant.  Une merveille à priori.  C’est à la fois un potentiel de problèmes et de félicité, qu’il soit un gars ou une fille, c’est un être humain. 

La relation père-enfant est bien au-delà des sexes.  C’est une responsabilité extraordinaire et permanente.  Ce n’est pas un caprice d’un jour.  Est-ce que je crois vraiment assez dans la liberté sexuelle pour élever un enfant sans le vouloir génitalement ?   C’est une question que je me posais aussi de temps en temps, mais elle occupait peu mes neurones.  Je vivais au jour le jour.  De toute façon, je n’avais ni métier, ni avenir.

J’avais même travaillé dans un sauna gai pour survivre.  Je faisais du ménage et je réalisais que la vie peut-être très excitante, même dans ces conditions. 

À force de chercher un emploi, je me suis ramassé commissionnaire à la Ronald Federated Graphics, une importante imprimerie où je faisais un travail de petit jeune débutant, mais ça me payait bien.  J’étais commissionnaire.   

Radioactif 376

mai 17, 2022

Radioactif 376

Texte de 2008

Le sexe : un droit individuel.     

Si la sexualité est un droit individuel fondamental, la vie privée en est un aussi.  C’est pourquoi, à mon sens, la sexualité doit être personnelle et ne répondre qu’à un seul critère : la non-violence et non-domination. 

Comme je le disais, il n’y a pas qu’une seule interprétation de la sexualité qui soit juste.   Personne ne possède assez la vérité pour pouvoir imposer ses propres valeurs aux autres, qu’il soit pape, d’Alaï lama, juif ou chef musulman.  La sexualité est un droit fondamental, mais ce n’est pas une priorité comme éliminer la violence, la misère et redistribuer les richesses de façon à ce que chaque individu sur la terre puisse jouir de la chance de réussir sa vie, c’est -à- dire d’avoir accès au bonheur. 

Devoir encore nous battre sur ce point de vue (la conception personnelle de la sexualité tant qu’il n’y a pas de violence et / ou de domination), c’est perdre notre temps, en ce sens, que ça devrait déjà être une réalité (égalité des hommes et des femmes) afin de pouvoir s’attaquer entièrement à d’autres problèmes avant que la planète ne se charge d’éliminer l’humain, cette race d’animal devenue son pire ennemi. 

La domination riche et bourgeoise retarde la mise en place de politiques aptes à régénérer la planète.  Est-il normal que les profits des multinationales soient plus importants que le sort de millions d’êtres humains ?  

Il y a quelques principes fondamentaux qu’il faut implanter d’urgence sur toute la planète : la non-violence, incluant l’interdiction de la peine de mort ; une répartition des richesses naturelles qui permet à chaque individu de pouvoir se nourrir, avoir un endroit convenable à habiter, d’être soigné, d’être éduqué ou d’avoir un emploi rémunérateur.  Il faut dans les pays plus riches diminuer la surconsommation.  Que faisons-nous pour éliminer la possibilité d’une surpopulation planétaire ?  

Nous allons manquer d’eau, que faisons-nous pour protéger celle qui existe et les pays qui en sont propriétaires ?  Le réchauffement de la planète risque de nous éliminer comme espèce.  Que fait-on pour mettre les multinationales à leur place et face à leurs responsabilités? Rien.  Elles empochent et créent des crises économiques, si elles n’empochent pas assez. 

Pendant ce temps, on perd notre temps à faire comprendre à ceux qui nous mènent que se promener à poil ne signifie pas une entorse morale suffisante pour entraîner notre perdition.  Pour qui nous prenons-nous pour dicter aux autres pays quelle morale doit être imposée avec le tourisme sexuel?  Ils sont peut-être plus naturels et moins «fucké» que nous, avec notre morale?  Il faut être bourgeois et fucké pour prendre la liberté sexuelle pour un mal.  

Si on n’avait rien à manger vendrions-nous notre sexe pour survivre ? Est-ce si important qu’au lieu de nourrir des milliers de personnes, on préfère dépenser des millions pour combattre le tourisme sexuel?  Et si ces prostitués (es) aiment ça?  Pourquoi n’exige-t-on pas de ces pays des règles pour garantir la non-violence et le consentement?  Le respect des prostitués (es). 

La liberté de prostitution individuelle devrait exister partout

Si nos petites bourgeoises qui font le combat contre la prostitution libre crevaient de faim un peu, peut-être que leur petit cerveau leur indiquerait que leurs principes est vraiment moins important que de survivre.

S’il y a du tourisme sexuel, c’est que nos sociétés sont trop bornées pour accepter le droit à la prostitution individuelle. Il faut aller ailleurs pour éviter la prison.  Au lieu d’envoyer un pédophile en prison parce qu’il est allée avec une mineure (si elle est consentante), pourquoi celui-ci ne serait-il pas plutôt condamné à devoir participer à répondre à ses besoins fondamentaux jusqu’à la fin de ses études?  Si on peut bénéficier de privilèges sexuels pourquoi ne devrait-on pas assurer la sécurité financière (ou du moins une partie) pour lui permettre de s’en sortir, si elle le veut?  Les lois actuelles sont une forme de jalousie féminine : c’est un travail tellement payant qu’on veut en priver les autres?  Il me semble que ce serait plus responsable et plus intelligent que de ramener le pédophile dans son pays  pour le mettre en prison ( ce qui coûte une fortune)  alors que les victimes, comme elles disent, sont ainsi elles aussi condamnées à crever de faim. Complètement débile nos moralistes !  


Le sexe et  la tv.    

C’est très intéressant d’écouter les deux chroniques de fin de mars 2008 de Denis Lévesque, sur LCN.  On peut nettement distinguer ce qu’est un vrai journaliste animateur (Denis Lévesque) qui demeure majoritairement objectif dans ses présentations, quoique amusé dans la première, et un journaliste pourri de TVA qui a un parti pris, Michel Jean.  Ce dernier ne semble pas conscient de faire du journalisme de reportage de bas-étage en parlant de la prostitution.  Il n’arrive pas à mettre de côté son petit nombril (ses valeurs personnelles) et son étroitesse d’esprit afin de présenter un reportage objectif et constructif sur ce qui pourrait être une plaie sociale ou un moyen, mal perçu par nous, de survivre : le tourisme sexuel. 

Dans le premier contexte, M. Lévesque interroge M. Pierre Maranda, un anthropologue de l’université Laval, qui nous met aux parfums de sociétés qui ont évolué tout à fait différemment de nous.  Des sociétés matriarcales ou sous le pouvoir des femmes. 

Il est bien évident qu’avec les découvertes scientifiques actuelles sur le développement de la sexualité, ces sociétés sont dépassées. Leur étude nous permet cependant de mieux comprendre comment leur vision a évolué et pourquoi nous croyons les choses de notre façon.   Cela nous oblige à se rendre compte que nos conceptions sont probablement tout aussi dépassées que les leurs.  D’ailleurs, elles ne sont presque plus existantes puisque nous, les blancs, qui savent tout grâce à nos dieux, leur avons appris que leur façon d’interpréter la vie n’est pas la bonne puisque elle diffère de la nôtre. 

Dans ces sociétés matriarcales, les hommes sont jaloux du pouvoir féminin et de leur clitoris.  Pour trouver une certaine égalité avec la femme, l’homme pénètre dans la mer où il se fait une érection afin de pouvoir se lacérer le pénis et ainsi être enfin menstrué, pouvoir rattaché à la fertilité.  Et pour que les très jeunes garçons aient un jour un sperme assez énergique pour pouvoir féconder une femme, ils doivent boire le sperme de leurs aînés de 18 à 25 ans. 

Dans cette société, l’homme et la femme sont six mois hétérosexuels et six mois homosexuels.  Dans d’autres sociétés, pour avoir le sperme nécessaire pour procréer le jeune, dans une cérémonie d’initiation, devait se faire enculer par un mâle adulte afin qu’il y dépose la semence qui lui permettra ensuite d’éjaculer.  Fruit de mes longues soirées de lecture.

Avec ce reportage, on comprend que le monde n’a pas toujours évolué de la même façon et que les situations naturelles peuvent expliquer des phénomènes d’interprétation qui nous semblent complètement bizarres ou même débiles (mais on pense ainsi parce qu’on est des ignorants).  

N’est-il pas normal qu’une société qui voit toujours les pénis sans y attacher d’importance soit intriguée par les règles féminines et qu’elles aient aussi un petit pénis… alors que le mâle n’a pas de règle et ne peut pas procréer.  Qui est le dieu ? La fertilité ? 

Aujourd’hui, nous savons que ça ne fonctionne pas ainsi.  Ce que j’ai aimé de l’attitude de M. Lévesque, c’est qu’il ne s’est pas mis, contrairement à son collègue, à se prendre pour un curé venu nous rappeler les bonnes mœurs. 

Michel Jean est tellement peu objectif qu’il a pu voir le dédain ou le malheur dans les yeux des prostituées.  Yé fort en hostie !  Pauvre petit, il a l’âme trop sensible pour essayer comprendre ceux qui ne pensent pas comme lui.  Il devrait savoir que chez les bouddhistes, la sexualité n’a absolument pas l’importance sacrée que nos sociétés y accordent.  Chez eux, le cul c’est un élément naturel alors qu’ici on est des obsédés (des pécheurs) parce qu’on a confondu les besoins maladifs du pouvoir mâle des religieux avec la parole de Dieu et qu’on est ainsi devenu des aliénés qui se pensent plus intelligents que les autres. 

Je suis bien d’accord avec la mère de M. Maranda qui disait que les femmes du Québec n’ont pas besoin des féministes (un pouvoir des gouvernements fédérasses) pour avoir le pouvoir, car ce sont elles qui gèrent tout par en arrière.  D’ailleurs, ce sont les femmes et les syndicats de la fonction publique qui ont battu l’indépendance lors du premier référendum et qui s’apprêtent à donner un gouvernement majoritaire à Harper-Bush. Les Yvette et le gel des salaires des fonctionnaires. 

Aujourd’hui, les féministes réclament ce qu’elles appellent l’égalité (numérique– un homme, une femme–), mais qui est en réalité une dictature absolue, car elles cherchent une solidarité féminine qui détient déjà la majorité numériqueSi on ajoute tous les programmes spécifiques aux femmes, les hommes n’ont plus aucun espace.  Mais, les hommes qui ne peuvent s’empêcher de rêver au trou qu’ils n’auront pas, s’ils protestent, préfèrent se taire.  Un homme québécois est uniquement un pourvoyeur incapable de sensibilité et souffrant du complexe de Moïse.  Il n’a même plus droit à ses tavernes alors que les femmes ont leur salon de coiffure ou leurs soupers de filles pour se réunir sans homme…

Plutôt que de nous endoctriner ou nous empoisonner moralement, le représentant de TVA devrait prendre quelques cours d’anthropologie et attendre d’être assez mûr pour ne pas exposer ses états d’âmes parce qu’il ne peut pas supporter une vision différente du monde que la sienne, soit celle de petit bourgeois, incapable de comprendre les autres. Comme un Américain. 

Un reportage, c’est pour comprendre une situation et non pour essayer de prouver que tous les gens étrangers là-bas sont des vieux cochons qui ont dû déménager en Thaïlande pour satisfaire leur appétit sexuel, en oubliant que chez nous notre morale de bornées les voue automatiquement à la prison.  Des fous ?  Vive la liberté retrouvée ! 

On ne vit pas tous comme le veulent les religieux. Ces vieux cochons qui pour se protéger de leurs tentations ont interdit tout ce qui pouvait grouiller autour d’eux. Qu’est-ce que le patriarche faisait dans le pantalon de son petit pour décider qu’il doit être circoncis ?  Le vrai problème : ces jeunes ont-ils vraiment la liberté de choisir, agissent-ils ainsi contre leur gré ou est-ce pour survivre ?  Dur de savoir quand on ne connaît ni la langue, ni la culture.  Y a pas d’ouvrage dans ces pays ?   La prostitution, paye plus ?  Comment les jeunes peuvent-ils survivre et s’épanouir en faisant autre chose ? Voler, tuer ?  Est-ce vraiment mieux ? 

La prochaine fois quand Michel Jean ira au Vietnam, c’est ce qu’il souhaite, il faudrait qu’il soit une semaine sans manger et qu’il ne puisse pas obtenir un repas sans se laisser faire une pipe, peut-être comprendrait-il qu’une morale de petit bourgeois, ça ne peut pas s’appliquer dans un contexte de survie. 

C’est ça le vrai problème de la vie dans la prostitution… c’est bien beau de jouer aux âmes pures, mais quelle solution peut-on offrir, sauf leur enlever leur gagne-pain ?

Radioactif 375

mai 16, 2022

Radioactif 375

Texte de 2008

Mœurs sexuels.    

On m’a fait connaître une émission de télévision du 27 mars dernier (2008) qui est extraordinaire : il faut aller à http://lcn.canoe.ca/ dans la rubrique Denis Lévesque : Peuple aux mœurs particulières, c’est super.

Sexe et petit catéchisme.

Et, nous revoilà revenus à l’époque du petit catéchisme !  Depuis quelques temps à la télévision, nos obsédées de la morale sexuelle féminoune et religieuse font des annonces publicitaires pour supposément nous apprendre nos droits en matière sexuelle. 

À prime abord, c’est intéressant, mais quand on s’y arrête, on se rend compte que ce sont encore des publicités de paranoïaques. 

Au lieu de débuter en soulignant que tout le monde a le droit de dire oui ou non à des relations sexuelles, de parler des responsabilités reliées à nos choix, on ne nous présente que la situation d »agression, en vue bien évidemment de nous inviter à dénoncer les autres. On ne fait aucune nuance quant à la gravité des gestes.   

Une forme de campagne publicitaire puritaine, américanisée, qui insiste que sur le droit de dire non et qui, sans le dire ouvertement, t’amène à rejeter la sexualité. 

Les femmes qui ont peur du mâle, cet être qui est automatiquement un gros cochon, crient encore au viol.  Une perception assez arriérée, si on ne fait pas la nuance de gravité entre un attouchement et une pénétration.

Au lieu d’inviter les gouvernements à revoir leurs lois « dans le sens unique du soyez contre, soyez chastes », on devrait penser à des façons de pouvoir vivre la liberté sexuelle, sans danger, sans bitchage, et en protégeant autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre.

On cherche à développer inconsciemment chez nous le rejet de la liberté sexuelle puisqu’en aucun moment on ne laisse entrevoir que le sexe peut être beau, peut être un plaisir.  

Le sexe est directement branché sur le plaisir.  Rien ne nous amène à se demander s’il peut exister une autre approche qui nous permet d’être en faveur de la liberté sexuelle, sans être des bandits ou un couple monogame.  

L’amour est-il possible sans correspondre à des normes bien établies par une bande de bourgeois(es)?   Un attouchement, c’est un meurtre, disait notre chantre de la dénonciation. Et on paye pour apprendre aux jeunes à être des «stools». Dénoncer est et sera toujours un geste écœurant.  Belle société en vue! 

On essaie à travers ces publicités de nous inculquer la peur, comme si toutes les relations sexuelles étaient seulement des agressions.  

Même si on ne peut qu’applaudir très fort du fait de dénoncer toute forme de violence en sexualité, il est inacceptable qu’on présente qu’un côté du problème.  On n’essaie pas, dans ces annonces de nous protéger.  On nous force à partager leur morale qui, en partant, conçoit la sexualité en dehors du mariage comme une attaque, un viol.  Même les gais doivent se marier pour mettre fin aux langues sales.

La raison en est fort simple : pour avoir de bonnes subventions (police et fondations), il faut beaucoup de cas d’agressions et s’il en manque dans les statistiques pour justifier l’emploi d’autant d’argent, il faut essayer d’en provoquer.   Voilà un excellent exemple de manipulation de masse. On appelle ça un viol des consciences

On éduque pour accroître son propre pouvoir et non l’autonomie des jeunes.  Pour qu’il y ait des mouvements de support, des fondations de toutes sortes et qu’elles fassent de l’argent, il faut bien qu’il y ait assez des «victimes», des cas, pour justifier les millions dépensés de nos impôts par nos gouvernements.  Mais, cette préoccupation des mouvements féminounes est la même que celle de la pègre et de la police… les finances sont partagées à un niveau supérieur. Il faut des clients.

Il n’y a pas qu’une façon de percevoir la sexualité.  C’est un droit fondamental, individuel et relevant fondamentalement de la vie privée. 

Tout individu est le seul et unique maître de son corps et de son esprit. Si c’est la base de notre philosophie de vie, si on accepte qu’un être humain est plus important qu’un $$$, que la violence est pire que la sexualité, on essaiera de créer des règles qui soient acceptables pour tous. 

En fait, ce que je reproche à ces publicités, c’est de ne pas démontrer que le oui est aussi un droit fondamental.   Une dénonciation, sans chercher de solutions, à part encore une fois plus de répression, c’est appeler au fascisme, une suite logique de leurs propos. 

Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il y a autant de façons d’aborder la sexualité qu’il y a des religions et de civilisations. 

Il n’y a pas qu’une seule civilisation qui a raison.  Elles ont toutes leur part de bon et de mauvais.  Mais nous, les Occidentaux, avec nos religions, on s’imagine tellement être la pureté absolue qu’on n’arrive pas à voir qu’une autre perception de la vie puisse être aussi bonne pour l’humain.

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que nos civilisations sont le fruit de nos expériences sociales antérieures et donc qu’elles ne peuvent être que différentes, selon leurs racines, c’est-à-dire les lois naturelles qui ont assuré leur survie.  

La sexualité, c’est la chose la plus naturelle qui existe et comme les peuplades d’Océanie qui entendent parler de notre morale à travers la Bible, on est en lieu de se demander quelle folie a poussé Adam et Ève à avoir honte d’être nus en sortant du paradis terrestre. 

On sait que la Bible se sert abondamment de symbolisme, est-ce que dans ce cas le mot « nu » est vraiment une référence aux vêtements plutôt qu’une manière d’exprimer leur étonnement de découvrir jusqu’à quel point ils sont ignorants par rapport à leur Dieu?  Ne venait-il pas de découvrir qu’ils sont mortels en dehors de la protection divine? 

On peut faire croire n’importe quoi quand on interprète un passé qui n’avait même pas recours à l’écriture. 

Aussi, nos religions juives, musulmanes et chrétiennes ont les mêmes racines avec une manipulation différente mais semblable, des textes.  Ce n’est pas par hasard que toutes les religions sont misogynes et rejettent, comme les curés, la beauté de la sexualité. 

Et si les peuplades d’Océanie avaient raison quant à leurs structures sociales. Elles ne sont pas, elles, aux prises avec le problème du suicide et de la violence. Pas besoin des pilules des psychiatres pour aimer la vie dans ces mondes dit primitifs.   

Et, si c’était nous, les primitifs avec tous nos interdits débiles.   A-t-on vraiment évolué ?

Radioactif 374

mai 15, 2022

Radioactif 375

Texte de 2008

Mœurs sexuels.    

On m’a fait connaître une émission de télévision du 27 mars dernier (2008) qui est extraordinaire : il faut aller à http://lcn.canoe.ca/ dans la rubrique Denis Lévesque : Peuple aux mœurs particulières, c’est super.

Sexe et petit catéchisme.

Et, nous revoilà revenus à l’époque du petit catéchisme !  Depuis quelques temps à la télévision, nos obsédées de la morale sexuelle féminoune et religieusefont des annonces publicitaires pour supposément nous apprendre nos droits en matière sexuelle. 

À prime abord, c’est intéressant, mais quand on s’y arrête, on se rend compte que ce sont encore des publicités de paranoïaques. 

Au lieu de débuter en soulignant que tout le monde a le droit de dire oui ou non à des relations sexuelles, de parler des responsabilités reliées à nos choix, on ne nous présente que la situation d »agression, en vue bien évidemment de nous inviter à dénoncer les autres. On ne fait aucune nuance quant à la gravité des gestes.   

Une forme de campagne publicitaire puritaine, américanisée, qui insiste que sur le droit de dire non et qui, sans le dire ouvertement, t’amène à rejeter la sexualité. 

Les femmes qui ont peur du mâle, cet être qui est automatiquement un gros cochon, crient encore au viol.  Une perception assez arriérée, si on ne fait pas la nuance de gravité entre un attouchement et une pénétration.

Au lieu d’inviter les gouvernements à revoir leurs lois « dans le sens unique du soyez contre, soyez chastes », on devrait penser à des façons de pouvoir vivre la liberté sexuelle, sans danger, sans bitchage, et en protégeant autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre.

On cherche à développer inconsciemment chez nous le rejet de la liberté sexuelle puisqu’en aucun moment on ne laisse entrevoir que le sexe peut être beau, peut être un plaisir.  

Le sexe est directement branché sur le plaisir.  Rien ne nous amène à se demander s’il peut exister une autre approche qui nous permet d’être en faveur de la liberté sexuelle, sans être des bandits ou un couple monogame.  

L’amour est-il possible sans correspondre à des normes bien établies par une bande de bourgeois(es)?   Un attouchement, c’est un meurtre, disait notre chantre de la dénonciation. Et on paye pour apprendre aux jeunes à être des «stools». Dénoncer est et sera toujours un geste écœurant.  Belle société en vue! 

On essaie à travers ces publicités de nous inculquer la peur, comme si toutes les relations sexuelles étaient seulement des agressions.  

Même si on ne peut qu’applaudir très fort du fait de dénoncer toute forme de violence en sexualité, il est inacceptable qu’on présente qu’un côté du problème.  On n’essaie pas, dans ces annonces de nous protéger.  On nous force à partager leur morale qui, en partant, conçoit la sexualité en dehors du mariage comme une attaque, un viol.  Même les gais doivent se marier pour mettre fin aux langues sales.

La raison en est fort simple : pour avoir de bonnes subventions (police et fondations), il faut beaucoup de cas d’agressions et s’il en manque dans les statistiques pour justifier l’emploi d’autant d’argent, il faut essayer d’en provoquer.   Voilà un excellent exemple de manipulation de masse. On appelle ça un viol des consciences

On éduque pour accroître son propre pouvoir et non l’autonomie des jeunes.  Pour qu’il y ait des mouvements de support, des fondations de toutes sortes et qu’elles fassent de l’argent, il faut bien qu’il y ait assez des «victimes», des cas, pour justifier les millions dépensés de nos impôts par nos gouvernements.  Mais, cette préoccupation des mouvements féminounes est la même que celle de la pègre et de la police… les finances sont partagées à un niveau supérieur. Il faut des clients.

Il n’y a pas qu’une façon de percevoir la sexualité.  C’est un droit fondamental, individuel et relevant fondamentalement de la vie privée. 

Tout individu est le seul et unique maître de son corps et de son esprit. Si c’est la base de notre philosophie de vie, si on accepte qu’un être humain est plus important qu’un $$$, que la violence est pire que la sexualité, on essaiera de créer des règles qui soient acceptables pour tous. 

En fait, ce que je reproche à ces publicités, c’est de ne pas démontrer que le oui est aussi un droit fondamental.   Une dénonciation, sans chercher de solutions, à part encore une fois plus de répression, c’est appeler au fascisme, une suite logique de leurs propos. 

Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il y a autant de façons d’aborder la sexualité qu’il y a des religions et de civilisations. 

Il n’y a pas qu’une seule civilisation qui a raison.  Elles ont toutes leur part de bon et de mauvais.  Mais nous, les Occidentaux, avec nos religions, on s’imagine tellement être la pureté absolue qu’on n’arrive pas à voir qu’une autre perception de la vie puisse être aussi bonne pour l’humain.

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que nos civilisations sont le fruit de nos expériences sociales antérieures et donc qu’elles ne peuvent être que différentes, selon leurs racines, c’est-à-dire les lois naturelles qui ont assuré leur survie.  

La sexualité, c’est la chose la plus naturelle qui existe et comme les peuplades d’Océanie qui entendent parler de notre morale à travers la Bible, on est en lieu de se demander quelle folie a poussé Adam et Ève à avoir honte d’être nus en sortant du paradis terrestre. 

On sait que la Bible se sert abondamment de symbolisme, est-ce que dans ce cas le mot « nu » est vraiment une référence aux vêtements plutôt qu’une manière d’exprimer leur étonnement de découvrir jusqu’à quel point ils sont ignorants par rapport à leur Dieu?  Ne venait-il pas de découvrir qu’ils sont mortels en dehors de la protection divine? 

On peut faire croire n’importe quoi quand on interprète un passé qui n’avait même pas recours à l’écriture. 

Aussi, nos religions juives, musulmanes et chrétiennes ont les mêmes racines avec une manipulation différente mais semblable, des textes.  Ce n’est pas par hasard que toutes les religions sont misogynes et rejettent, comme les curés, la beauté de la sexualité. 

Et si les peuplades d’Océanie avaient raison quant à leurs structures sociales. Elles ne sont pas, elles, aux prises avec le problème du suicide et de la violence. Pas besoin des pilules des psychiatres pour aimer la vie dans ces mondes dit primitifs.   

Et, si c’était nous, les primitifs avec tous nos interdits débiles.   A-t-on vraiment évolué ?

Radioactif 374

mai 14, 2022

Radioactif 374

Texte 2008

Richard Martineau.

Richard Martineau a produit un texte, il y a plusieurs mois qui a permis de me calomnier quant à mon orientation sexuelle, en disant que je suis pédophile alors que je suis pédéraste. 

Il y a une gigantesque différence dont la société ne tient pas compte dont principalement le droit à la vie privée et à l’intégrité absolue des enfants.

Évidemment, cette accusation a été reprise par les Pirates de Jeff Fillion et Québecor – Canoë.  C’était  et c’est encore une des premières choses qu’on lisait de moi sur le web, lors d’une recherche. 

C’est à la suite de cet article que je fus évincé de l’Association des auteures des Cantons de l’Est et de l’UNEQ, sous prétexte que je n’ai pas payé ma cotisation. On avait en fait refusée mon paiement. J’ai appris depuis que c’est une recommandation de leur comité d’éthique. 

On dira ensuite que le Québec ne connaît plus la censure.  Même l’UNEQ ne respecte pas la liberté d’expression.

L’UNEQ a retiré toutes ses informations à mon sujet du service aux auteurs québécois qui s’appelle «L’Île».  On y retrouvait ma biographie, ma photo et la liste de mes écrits. 

Cela contrevient à la Charte québécoise des droits de la personne, mais la Commission des droits ne veut pas me représenter et me dit de me trouver « un avocat ». Je n’ai pas le sou pour engraisser la mafia légale, donc, quand je mourrai ce mensonge se perpétuera grâce à l’internet, car ces textes sont encore là.  On y retrouve aussi le point de vue d’un sexologue tellement ignorant qu’il ne sait pas la différence entre la pédophilie et la pédérastie.

Un individu qui voulait lire mes livres est parti à leur recherche.  Il a constaté que l’on a retiré mon nom de la liste de tous les écrivains existants au Québec. 

Quand il est allé à la Bibliothèque Nationale, il a constaté que non seulement on ne peut pas sortir mes livres (c’est normal, les exemplaires sont devenus d’une rareté infinie), mais en plus le préposé lui a infligé une leçon de morale dans le genre : « Vous savez quelle sorte de mauvais garçon vous lisez là?  C’est un pédophile ».  Un mot qui devrait faire trembler l’univers alors que je tremble d’amertume et de colère quand j’entends Stephen Harper, George Bush, Poutine, la Chine et les Républicains américains défendre la mafia économique. 

J’ai porté ma cause à la Commission des droits de la personne, en y croyant pas tellement, parce que la majorité des employés sont des femmes et leur vision de la sexualité est fortement altérée par les féminounes.  Les féministes progressistes sont disparues ou devenues les réactionnaires (féminounes) d’aujourd’hui puisque le seul rapport qu’elles ont avec la sexualité est : la peur et la répression. 

On m’a dit de prendre un avocat. J’ai pas d’argent a dépensé, sachant très bien que c’est une façon de nourrir la mafia, car les lois actuelles font en sorte que c’est payant pour la police (les subventions), la pègre (parce qu’elle conserve ses droits acquis territoriaux, les clubs, d’où la sexualité est une partie de leur empire), le système judiciaire, grâce aux procès et aux amendes, et les fondations de toutes sortes qui peuvent ainsi s’en mettre plein les poches, en prétendant défendre les opprimés.

L’exploitation de la pauvreté est devenue une industrie comme les autres.  La crise du logement en est la preuve.

Cependant, les puritaines semblent manquer de cas, car elles doivent présenter actuellement de la publicité à la télévision pour inciter les gens à dénoncer. 

Ce serait parfait si on disait aux jeunes quels sont leurs droits, même sur le plan sexuel, car la vie privée n’existe pas qu’à 60 ans. Les jeunes  ont aussi le droit de dire «oui» ou « non », mais ça nuirait à l’industrie légale et illégale de la sexualité.  C’est plus payant quand tu ramasses l’argent des deux côtés à la fois.

Pour que la pédophilie soit payante, il faut multiplier les cas afin de justifier les millions versés par les contribuables en impôts qui iront dans les poches de la police qui combat ce fléau artificiel, car  seuls les cas de violence justifient une intervention.  Sans violence ou domination, le sexe est un plaisir, une réalité corporelle et psychique agréable.

Pendant ce temps, on laisse la mafia s’étendre avec sa violence; c’est moins dangereux de chercher un pédophile sur internet que d’arrêter un membre de la mafia, même si ce dernier est un million de fois plus dangereux.

On refuse de faire la nuance entre la pédérastie et la pédophilie. Autant la première, avec consentement mutuel, est une expérience heureuse quoique pas nécessaire pour tous, alors que la pédophilie, le sexe avec des enfants de moins de 10 ans doit être de facto interdite.

Si les gens sont éduqués sur les réalités sexuelles, le système devra changer ses lois qui datent de la préhistoire et permettre la liberté non violente, le consentement des individus.  Mais, ça paie moins, donc, ça n’arrivera pas.

Qu’on le veuille ou non, la liberté est la seule approche progressiste. 

Cependant, toute violence physique sexuelle ou autre doit être très fortement réprimée. 

Mais, la liberté sexuelle n’est pas assez payante pour justifier la libéralisation de la sexualité. Je ne sais pas quel nouveau sida sera bientôt inventé.  Ainsi, la morale bourgeoise et religieuse franchira un pas de plus vers la dictature morale planétaire.   On doit déjà commencer à y penser.  Cette dictature des bonnes âmes durera le temps de faire sauter la planète, c’est-à-dire le temps que notre consommation devienne telle que notre globe ne pourra plus fournir.  Ce sera la guerre partout, car il y aura trop d’humains  et la consommation nourrira la crise climatique. La surpopulation, tout comme la mondialisation, ne sert qu’à augmenter les revenus d’un petit nombre aux dépends de la majorité.

Si on veut légiférer quant à la pornographie, on devrait rendre illégal les scènes de sodomie. Ainsi, on pourrait cesser de prétendre qu’être gai c’est automatiquement être sodomite.

Quant à moi, je ne suis pas de taille à me battre contre tout un système.  Je me dois d’être heureux pendant les quelques années qu’il me reste.  Avec la loi que fédéral vient de passer sur la culture, le Québec sera étouffé et ne sera jamais assez fort, solidaire, pour devenir un pays. 

J’espère me tromper.  Les mesures de guerre morales permanentes permettront au fédéral de contrôler la création ou du moins de diminuer sa participation financière à la culture québécoise. 

Puisque ça prend de l’argent pour produire, ceux qui ne prôneront pas les valeurs fédérastes seront appelés à disparaître.  C’est ce qu’on m’applique déjà en se servant de ma lutte sexuelle pour éliminer un séparatiste… le temps que tu parles de cul, tu n’as pas le temps de convaincre les autres que l’indépendance est la seule façon de demeurer un Québec français..

.

Richard Martineau(2).      

Voici le texte publié dans ma page personnelle avant qu’on l’interdise et qu’on me donne une telle nouvelle adresse si compliquée que je ne sais même plus moi-même comment y avoir accès.

Avant d’écrire la réponse que j’ai faite parvenir à Richard Martineau, je tiens à préciser que l’on ne se connait pas personnellement.  Ainsi, en citant un extrait de mes livres, on peut me condamner et me faire passer pour le monstre que je ne suis pas.  En effet, je ne crois pas qu’une pipe, à n’importe quel âge à partir de la pré-puberté, ça fasse bien mal.  C’est assez irréfutable.

Cette situation me fait penser à un événement qui est survenu au moment où je vivais avec Suzanne qui envoyait ses deux enfants à l’école libre.  Nous croyions tous les deux dans la liberté des enfants pour permettre un plein apprentissage de l’autonomie, car le plus beau cadeau que tu puisses faire à un jeune, c’est de lui offrir la possibilité de créer sa propre conscience personnelle, sans se faire empoisonner le cerveau par les péchés ou l’approche maladive de la sexualité par les religions.

Je travaillais donc à la construction de la Maison des enfants. Un Summerhill, in Québec… Un jeune garçon, qui était au premier étage, voulut monter au deuxième.  Malheureusement, il n’y avait pas encore d’escaliers.  Or, on s’est entendu que je le lèverais pendant qu’un autre adulte au deuxième le tirerait par les mains pour lui permettre de monter. 

Quand il fut en haut, une bonne femme s’est mise dans tous ses états et me traita de cochon et encore pire.  Je me demandais bien qu’elle mouche l’avait piquée.  Je ne pouvais pas monter le jeune sans le pousser par les fesses pour qu’il lève assez haut pour être accroché par l’autre adulte au deuxième étage. 

Cette scrupuleuse savait que j’étais pédéraste puisque je ne m’en cachais pas.  Elle savait aussi fort bien qu’il ne pouvait pas y avoir d’autres moyens pour l’aider à monter et qu’il n’y avait aucun mal, à moins de voir du mal partout. Tout le monde le fait sans jamais se poser de question et personne y trouve quoique ce soit à redire.  Mais, elle, elle piqua sa crise.  Selon elle, j’étais un cochon parce qu’elle avait vu dans mes yeux que j’adorais ça. 

Je n’y avais jamais réfléchi, car c’est un geste banal sans conséquence morale.  Je n’ai pas réalisé que j’étais plus heureux et encore moins que je devais en avoir honte.  C’est fou, mais j’ai vraiment cru cette personne complètement déséquilibrée pour voir ainsi apparaître le mal là où il n’y en a pas. 

Je n’ai probablement pas le droit, moi, un homme, d’être heureux en présence d’un garçon.  Et, après on pleure parce que les hommes sont assez intelligents pour ne pas vouloir d’enfants trop près d’eux.  Ils ne veulent pas se faire accuser faussement d’être pédophile.  Il y a des gens qui en voient jusque dans leur soupe et rêve encore au bon temps où durant l’Inquisition, les âmes pures faisaient brûler les impurs.

J’ai d’abord été insulté de la voir projeter ses problèmes psychologiques sur une situation aussi banale.  Puis, j’ai compris que la perception que ces gens ont, vient de l’éducation qu’ils ont reçue et des scrupules qu’ils se sont créés. 

Avoir une conscience aussi vite torturée explique bien que si tu vis ainsi 20 ans, il soit possible que tu craques un jour et que tu souffres de séquelles.  Il n’y a pas de séquelles sans culpabilisation d’avoir eu du plaisir en dehors des balises maladives, sexuellement admises et fixées par les religions. 

C’est une situation éducative qui n’est rien d’autre que le viol de la conscience des enfants en introduisant la peur du péché et l’interdit. Des millénaires de peur ça déforme, ça crée une norme qu’on n’a pas l’intelligence de remettre en question, car ce serait un effort colossal de rééducation. 

Je n’ai vu M. Martineau, qu’une fois et je ne suis même pas certain que c’était lui. C’était dans l’unique défilé gai auquel j’ai assisté.  Il était déguisé en évêque, comme je le fus durant ma campagne Rhinocéros, pour montrer qu’il n’était pas homophobe.  J’ai trouvé ça drôle.  Tout comme j’ai toujours bien aimé ses chroniques. 

J’ai assez d’admiration pour lui, pour pardonner le fait qu’il ne s’est pas mieux renseigné avant d’écrire à mon sujet.  C’est aussi une des raisons pour lesquelles je n’ai pas engagé de poursuites judiciaires contre lui.

Radioactif 373

mai 13, 2022

Radioactif 373

Texte de 2008

Le sexe et le bonheur.

La vie est une perpétuelle course après le bonheur.  C’est comme le sexe, la tentation est souvent bien meilleure que la couchette.  Elle te fait rêver plus longtemps.  Vivre juste pour les plaisirs sexuels, c’est réducteur et ça conduit souvent à un vide intérieur

Par contre, cette recherche de l’autre est aussi importante que l’oxygène.  C’est comme un festin, sa rareté lui confère son prestige.  Une réalité bien pédéraste.  Si la perle rare est trop facile d’accès, elle perd de sa valeur. 

Le bonheur se cache dans sa capacité de jouir des petites choses et nous éblouit souvent lorsqu’on s’y attend le moins.  En fait, sauf les problèmes de sécurité financière, je vivais une très belle vie, mouvementée et imprévisible.  Ce ne pouvait pas être celle que j’avais imaginée puisque je ne l’ai jamais fait. 

J’ai toujours ressenti ma vie comme un don de Dieu, même si parfois, je me prends un peu pour Job.  J’accepte le moment présent et je suis toujours convaincu qu’il sert à créer une joie future encore plus profonde.  

En ce sens, je suis encore très profondément croyant dans une forme de spiritualité.   

Même si je rejette toutes les religions, je reconnais qu’elles peuvent être toutes aussi utiles que nuisibles.   Ma vie fut jusqu’alors, je dirais même jusqu’à aujourd’hui, une suite de coïncidences.  J’étais devenu journaliste parce que j’ai envoyé une lettre d’opinion alors que j’étais camelot de la Tribune et celle-ci fut assez abondamment commentée pour que j’en aie l’écho.  À cette époque, je faisais une faute de français à tous les deux mots. 

J’ai obtenu la réputation de révolutionnaire parce que je ne crois pas dans l’objectivité journalistique.  Cependant, un vrai journaliste d’informations ne s’implique pas dans une cause comme je le faisais, en particulier, pour garder une distance avec les événements.  Un journaliste ne peut jamais être totalement objectif, tout simplement parce qu’il est un individu, et tous les individus vivent au « je ».

Par hasard, j’ai rencontré et côtoyé tous les chefs prétendus du FLQ.  Qu’on le veuille ou non, on est tous plus près de telles ou telles valeurs.  C’est à partir de cette constatation que j’ai commencé à croire que tout individu devrait pouvoir choisir et aller vivre sur le territoire où il se sent le plus compatible avec les valeurs du milieu.  Les esprits libres avec les esprits libres. Les scrupuleux avec les scrupuleux. 

L’immigration devrait être une espèce d’enchères, une recherche des compétences dont le pays a besoin pour se réaliser ainsi que vivre ses valeurs propres.  Ainsi, je pourrais aller vivre et travailler dans un pays où je ne serais pas exclu comme au Québec tout simplement parce que de temps en temps j’aime faire une pipe à un petit gars.  Je peux jurer que ça ne lui aucun mal. 

J’étais trop sensible à la misère des autres pour pouvoir rester objectif et indifférent.  Je me battais comme un patriote, le patriote que je croyais être.  Je ne craignais pas de mettre ma vie en danger pour défendre les miens et ce en quoi je croyais, même si je suis fondamentalement un « pissous». 

En fait, ce qui agençait tout dans ma vie de hasard, c’était ma curiosité et mon besoin illimité de plaisirs et d’apprentissages. Je voulais aimer et être aimé.  Je croyais, comme on nous l’enseignait, que j’aurais un très grand rôle à jouer dans l’histoire de mon pays et pourquoi pas de l’humanité.

Aussi, très jeune, j’avais sur le plan sexuel, acquis de l’expérience avec des petits gars, des femmes, et quand j’ai vaincu ma peur, des hommes inconnus.  Je savais déjà que le plaisir le plus grand est de rencontrer quelqu’un, le sexe a en principe peu d’importance, mais il joue souvent le rôle principal.

C’est plus important de rencontrer quelqu’un qui te plaît et de toujours être entouré de gens qui, comme toi, aiment jouir de la vie.  Ton attrait pour tel ou tel individu, ce n’est pas toi qui en décide, mais ta nature la plus profonde. 

Que je le veuille ou non, un petit gars sera toujours mon premier choix et le pire, ce n’est même pas génital, sa présence me rend automatiquement heureux.  Une vibration d’énergies.  Je suis ébloui par un petit gars.  Je donnerais ma vie pour lui.   C’est fou, mais c’est comme ça.  

Et c’est pourquoi je comprenais de plus en plus qu’il ne faut pas combattre sa nature, mais l’utiliser pour améliorer la vie. Je savais aussi que l’amitié, le plus précieux des cadeaux, peut mourir à la suite de relations sexuelles décevantes. 

La beauté a beau être divine, elle ne suffit pas à créer une permanence comme l’Amitié.  Mon plus grand besoin était de me sentir entouré par la jeunesse. Faire  jouir une autre personne, c’est ma félicité absolue, mais malheureusement circonstancielle.  Le vrai bonheur se trouve donc ailleurs. 

Avoir visité le Canada ne tua pas mon appui à l’indépendance du Québec tout simplement parce que le Canada est un pays étranger pour moi.  Un pays qui se prétend bilingue, mais qui te rejette dès que tu parles français.  Il suffisait d’ouvrir la bouche et de parler ma langue pour que je devienne un citoyen de seconde classe.  Je devais me battre, m’armer de patience pour obtenir les mêmes services que les autres. Un sous-citoyen. 

Voyager m’a simplement confirmé que le Canada n’est pas mon pays.  Un francophone au Canada, c’est à peine une coche au-dessus des Autochtones.  Il ne faut pas s’en faire, pour Harper, le Québec ce sont des votes potentiels pour obtenir le pouvoir absolu.  Les Conservateurs sont des fascistes

Par contre, je devais admettre qu’il y a des gens, comme Darryl, tout aussi bien chez les Canadiens que chez les Québécois.  Même que dans certains cas, il est possible de vivre une amitié encore plus profonde parce que nos différences ne nous rendent pas ennemis, mais servent à nous rapprocher et nous souder davantage dans une espèce de pays émotif, hors du commun.  Le pays de la même orientation sexuelle. Est-ce que le territoire où l’on vit a vraiment de l’importance?   Je croyais encore assez dans les Québécois pour le croire. 

L’important, c’est de se sentir heureux que ce soit n’importe où. 

L’approche de l’indépendance, dans ces conditions, est bien différente

L’indépendance mérite qu’on la préconise que si elle promet une amélioration de la vie quotidienne ou un profond rapprochement avec nos valeurs personnelles.  Un pays, c’est une amitié avec toute une nation.  C’est son miroir territorial. 

C’est pourquoi, pour se sentir bien dans sa peau, il faut pouvoir se mirer dans les valeurs du territoire où l’on vit. 

Ce doit être pour cela qu’inconsciemment, je me cherche un pays. Je ne l’ai pas trouvé, je ne peux qu’en rêver. 
 

Nouvel esprit.

Le mot « révolution» a pris un autre sens, moins émotif, plus précis, avec mes voyages. 

Dorénavant, c’est aussi important pour moi de pouvoir m’identifier à la culture française qu’à la pédérastie.  Dorénavant, il est impossible de dissocier mon amour des petits gars de l’UTOPIE.  C’est bien évident qu’une telle vision ne se réalisera pas du jour au lendemain

Envisager un monde où la pédérastie puisse être acceptée exige une approche totalement nouvelle et différente de la sexualité, de la démocratie et des structures de la société. 

C’est cesser de percevoir la sexualité négativement.

Impossible de maintenir un monde raciste, discriminatoire et violent, si on rêve d’instaurer un monde dans lequel chaque individu peut modeler sa conscience personnelle, à condition de rejeter définitivement la violence. 

Impossible de penser à un monde où l’on ne reconnaît pas l’égalité entre les deux sexes et la plus grande affinité naturelle entre les gens du même sexe, si on veut créer dans les faits une société où chaque individu est maître de son corps ou de son esprit … d’où le besoin d’une plus grande ouverture d’esprit. 

Besoin de repenser l’approche des religions pour éliminer l’impie, soit celui qui ne pense pas comme les autres.  Besoin de reformuler les structures des pays pour neutraliser la violence.

L’abolition du pouvoir d’un petit nombre sur les majorités, du riche sur le pauvre ; l’élimination du commerce des armes et des drogues d’où la perte d’un commerce qui se chiffre dans les milliards. 

La révolution devient alors une profonde réflexion positive sur l’avenir de l’être humain. 

Comment créer un tel monde à l’intérieur de celui qui existe déjà ?  Dialoguer avec un schizophrène paranoïde me semble plus facile que d’essayer de faire comprendre à nos sociétés ce dont je veux parler.  Je me sens Jean-Baptiste dans le désert.

En même temps, une telle approche élimine la violence comme arme de changement.  La violence remplace une bande de bandits par une autre bande encore plus barbare que la première.  Petit à petit, je retrouvais le sens du Peace and love.  

Je tenais au français plus que jamais, mais non pas en interdisant l’anglais au Québec, au contraire, dans un Québec indépendant, le bilinguisme des individus devient un atout et non un handicap

Fondamentalement, je croyais de plus en plus que la plus grande des valeurs c’est la VIE.  Plus j’y réfléchissais, plus je trouvais que cet élément devait prédominer.   Rien ne peut justifier le meurtre d’un humain, même pas des milliards de profits. 

Cependant, je devais admettre que les Anglophones assimilateurs au Québec se servaient des immigrants et par conséquent faisaient jouer le temps en leur faveur pour perpétuer leur croisade sans répit d’anglicisation.  

Malheureusement, ce n’était pas nous qui devions prendre la décision de reconnaître l’importance du français au Québec, mais eux.  Le jour où l’on cessera d’essayer de nous noyer linguistiquement, on aura plus besoin de trouver des moyens radicaux pour nous défendre et survivre.  C’est logique, non?  Nous avons besoin de nous défendre que si on veut survivre, mais est-ce que la langue est si importante?  Notre esprit des choses.  J’ai vite eu la réponse. Oui, elle est à la base de notre culture, de notre manière d’interpréter le sens de nos vies.

Radioactif 372

mai 12, 2022

Radioactif 372

Texte de 2008

Le français en danger.

Après 40 ans, on n’a pas encore eu l’intelligence de trouver une solution qui nous permettra d’assurer d’une façon définitive que l’avenir du Québec se déroulera en français.  Il faut toujours faire des compromis qui, avec le temps, nous entraîne dans l’assimilation anglaise à la petite cuillère. 

Quand le Parti Québécois a pris le pouvoir, on devait présenter la loi 1, qui était encore plus radicale que la loi 101.  On a plié l’échine pour donner la chance aux Anglophones d’accepter ce compromis ; mais la Cour suprême force depuis, la tenue d’un striptease de notre belle Charte de la langue française, invalidant article par article. 

Il faut noyer les francophones de sorte qu’ils restent chez eux à prendre une bière plutôt que de reprendre le combat d’un Québec français.  Quand on passera au crible la loi 104 et que l’on redonnera aux parents le choix de choisir les écoles de la langue de leur choix, on sera fait à l’os.  Comme il y a 40 ans. 

De toute façon, les Québécois s’imaginent que le problème de l’assimilation, ça ne regarde que Montréal. 

Non seulement on manque de couille, mais on n’a pas assez de respect envers nous-mêmes pour affirmer qu’il est temps de forcer ceux qui nous dirigent à trouver une solution définitive.  Le fédéral doit être écarté de tout ce qui touche de près ou de loin à notre culture.   

Qu’on appelle ça, la souveraineté culturelle, comme Robert Bourassa, si l’on veut.  Être maître absolu et unique de notre immigration.  Tout immigrant qui s’installe chez nous doit apprendre le français dans les trois premières années ou déménager au Canada (un pays qui se dit bilingue, mais qui est majoritairement pour ne pas dire de plus en plus uniquement anglais). 

Si l’on ne cesse pas de toujours ramener le problème de la fréquentation scolaire en français, il faudra opter pour une solution encore plus radicale : avoir des institutions scolaires unilingues françaises au Québec. 

Le Canada ce n’est pas mon pays, parce qu’il ne veut pas respecter notre francité. 

Sa constitution a été imposée par Trudeau qui s’accaparait de tous les projets au Québec pour les implanter au fédéral, en prétendant que ces idées venaient de lui et son gouvernement.  Ou Trudeau voulait par son arrogance réveiller les Québécois ou c’était le roi des trous- de- cul.  Le temps nous oblige à pencher pour la dernière hypothèse. 

Le problème fondamental est l’existence des partis politiques qui doivent se déculotter de leurs principes pour avoir un peu de pouvoir de séduction.   La Cour suprême doit cesser de mettre son nez dictatorial dans les lois du français au Québec. 

Si on touche encore à la loi 101, on n’a pas le choix, il faudra se séparer par n’importe quels moyens

Quand j’étais plus jeune, on me disait que nos gouvernements laissent les situations pourrir jusqu’à ce que ça explose

Faire respecter le français, c’est le seul héritage que nous a laissé le FLQ. D’ailleurs, Raoul Roy prétendait que seule la première vague du FLQ était authentique parce qu’elle mettait en priorité la situation du français.  Pas besoin de FLQ, mais des élections qui demandent de mettre au pouvoir des gens qui ont le sort du français à cœur.  La priorité des priorités. 

Il faut quelqu’un qui mette ses culottes et qui force Ottawa à ne plus jamais mettre le nez dans notre vie culturelle. 

Ça implique aussi la mort dans l’œuf des nouvelles lois omnibus. Ce qui ferait bien mon affaire à cause des règles débiles sur la sexualité que l’on veut nous imposer. 

Les partis politiques ne pensent pas à l’intérêt des Québécois.  L’exemple de Stéphane Dion est très éloquent.  Non seulement, il n’exige pas d’élections, sous prétexte que son parti n’est pas prêt ; mais il se vend corps et âme aux conservateurs pour gagner du temps, espérant une seule chose : reprendre le pouvoir. 

C’est évident que pour agir, tu as besoin d’être au pouvoir ; mais si tu es assez pourri pour nier tes principes pour éviter des élections, qu’est-ce que tu ne feras pas quand tu seras au pouvoir?  Il mérite avec son parti qu’il n’y ait pas un seul libéral d’élu au Québec aux prochaines élections.

Je maintiens l’idée de faire un X pour chaque parti.  Pas un seul parti, cette fois, ne mérite mon respect. 

D’ailleurs, depuis trois ans, mon chèque annuel comme écrivain est passé de 1,200$ à 300 $.  Je suis prêt à perdre ce 300$ pour voir le Québec devenir un pays français. 

Le fédéral et nos valeurs.

Le fédéral n’a jamais eu, encore moins aujourd’hui, de respect pour le Québec. 

Non seulement, le fédéral nous a-t-il nui dans notre développement économique (le vol légal de l’assurance-emploi, son implication moribonde pour gérer la crise manufacturière et forestière, l’aide inappropriée aux cultivateurs, etc.) ; mais il est devenu, comme les Américains de Bush, un ennemi des valeurs québécoises.        

L’exemple le plus flagrant est la façon d’aborder la délinquance juvénile.  Le fédéral est le roi des rois de la répression (dans les années 1970, la GRC mettait le feu à une grange, volait les listes de membres du Parti Québécois, faisait comme Hitler la chasse aux homosexuels qu’on prétendait des terroristes et l’agent Samson a sauté en allant déposer une bombe, etc. …  Qui a tué Mario Bachand en France?

La GRC et les services secrets canadiens sont faits de vrais bandits légaux qui opèrent encore au Québec.

Même si les provinces peuvent en théorie choisir leur façon d’appliquer les lois, comment peuvent-elles le faire si elles n’ont pas l’espace nécessaire pour conserver leur autonomie?  Il y a un lien direct entre ces nouvelles lois fédérales et les campagnes contre tout ce qui est sexuel par les médias.  Ça nous force à se demander pour qui, quels intérêts, se font toutes ces croisades quasi-religieuses et qui ressemblent à ce qui se passe chez nos voisins du Sud.  Est-ce pour la politique? Pour protéger l’espace réservé dans la sexualité au crime organisé? 

En ayant une approche religieuse ça permet de maintenir la liberté sexuelle comme un crime.  Pour vivre une sexualité plus éclatée, il faut absolument avoir recours au crime, à l’illégalité.  Ça permet de ne pas protéger les femmes qui sont sous les ordres de leur «pim».  Créer l’interdit, c’est créer le crime.  Tant que la prostitution individuelle ne sera pas permise le système protégera le crime organisé.  Belle mentalité d’hypocrisie religieuse. 

D’autre part, en se rapprochant des États-Unis qui combattent toute forme de tolérance sexuelle, on nous force à avaler les choix de la politique des États-Unis.  Notre Harper national n’a-t-il pas devancé les USA dans son appui à Israël?  La guerre Israël et Palestine est une guerre de fanatiques religieux : les juifs vs les musulmans. Ce qui nous amène avec le pétrole à la guerre en Afghanistan (la Russie n’est pas très loin). 

Le Canada veut être une puissance militaire n’est-ce pas incompatible avec nos valeurs québécoises?   Les libéraux de Stéphane Dion s’écrasent honteusement avec aucun respect pour leurs principes.  Nous sommes les proies des Conservateurs et leur politique de droite religieuse. 

Cette politique englobe aussi les actions des féminounes qui mènent leur guerre contre tout ce qui est sexe (pornographie, tourisme sexuel, etc.) plutôt que de trouver une approche qui engendre le respect de soi et l’autonomie individuelle. 

Ces valeurs millénaires et basées sur l’ignorance finissent par diviser la société entre les purs et les démons, à un point tel qu’au Québec on peut créer des partis politiques à partir de cette peur entretenue par les média.  On applique ainsi la loi du «divisez pour régner…».  Plus on continue de se diviser, moins l’indépendance est possible. 

On a maintenant une autre voie pour les plus jeunes : moi, je ne fais pas de politique. Quelle belle démocrassie! 

Le fédéral est une institution financière comme les autres. On veut garder le Québec non pas parce qu’on nous aime, mais bien parce qu’on est payant.

Le sexe n’est pas péché.

À mon retour de voyage, grâce à mes expériences, j’avais déjà évolué.  Je ne voyais plus la sexualité comme quelque chose de mauvais ou de criminel, en autant qu’elle ne soit pas violente ou une forme de domination.  En d’autres termes, toute expérience sexuelle doit être consentie et apporter du plaisir, voire du bonheur.   Le bonheur repose surtout sur l’estime de soi et de la vie.  Il est intemporel.  Il se construit minute par minute. 

Pour moi, il était évident que Dieu ne pouvait pas savoir de ce dont il parlait quand il condamna la sexualité.  Le péché est un manque d’amour.  Dans mes expériences sexuelles, je tends au contraire à donner de l’amour aux autres. Y a-t-il de bons ou de mauvais amours?   Tous les amours sont bons, mais à des niveaux différents. 

Souvent quand on est plus jeune, une expérience sexuelle est un geste d’égoïsme, l’autre est inconsciemment un symbole, mais il n’y a rien de mal à cela, ça fait partie de notre développement.  La Bible, le Coran, les Évangiles ou toutes autres idéologies sont des inventions humaines.  

Cependant, si on veut respecter la liberté des autres, il est faut aussi leur permettre d’être scrupuleux.  Ça fait partie du droit à dire oui ou non, à se créer une morale personnelle.  C’est une question d’expériences et de conscience. 

Le scrupule naît de notre éducation depuis la tendre enfance.  L’empreinte primaire est tracée selon la façon dont on perçoit le comportement de ses parents, surtout durant la petite enfance, face à la nudité, la merde, la tendresse, la violence et l’opinion des autres.  

Tout dépend de son éducation, d’où la répression sexuelle est surtout vécue chez les bourgeois ou les fanatiques religieux. Un jeune de deux ans qui se fait joliment rabrouer parce qu’il est nu devant des invités, qui se sent profondément humilié ou rejeté, sera traumatisé pour le reste de sa vie.  Ou il aura une soif irrésistible et surprenante de se déshabiller adulte à certains moments, juste pour se prouver qu’il en vaut la peine, qu’il est libre ; ou il fera partie de toutes les organisations qui s’insurgent contre la nudité.  Tout dépend de sa propre force intérieure, de sa libido. 

Sauf que devenu adulte, on confond facilement être à sa place, se respecter et être scrupuleux.  Ce que les autres pensent de nous devient très important, d’autant plus qu’on se croit plus pur que les autres. 

Les scrupuleux sont souvent divisés entre les désirs qui les assaillent et les règles qui ont régné sur eux depuis leur enfance.  Des bombes à retardement d’hypocrisie.  Le problème avec les scrupuleux, c’est qu’ils se pensent si parfaits qu’ils se doivent de gérer le comportement sexuel de tout le monde.  De vrais jaloux. 

Je me savais pédéraste, mais je ne m’aimais pas à cause de la culpabilité engendrée par la morale de mon enfance. 

En fait, j’avais peur de ne pas avoir raison, que mes amours soient négatifs pour les jeunes avec qui je le pratiquais.  Je me croyais le seul pédéraste de l’humanité, une erreur de la nature.  Mais la vie m’a prouvé qu’être pédéraste, c’est tout à fait bien et normal, c’est-à-dire la réponse à ce qu’est ma nature profonde. 

Pour la majorité, je suis un malade…parce que je ne suis pas hétéro.  Et je suis aussi rejeté des gais parce qu’ils ont peur de ce que les autres penseront de l’homosexualité vue comme cause de perversion chez les jeunes.

Selon mes gênes et mes hormones, je suis tout à fait normal puisque exactement ce que commande ma nature.  La seule limite intelligente quant à mon comportement est le respect de la réponse de l’autre. 

J’avais encore besoin de me justifier, de me prouver que je n’étais pas plus mauvais qu’un autre  D’ailleurs, je vivais sans aucun rapport sexuel avec la majorité des jeunes qui m’entouraient.  J’aimais leur présence, leur énergie, leur spontanéité, leur chaleur et surtout leur authenticité. Ça me nourrissait et ça me suffisait. 

Je n’étais pas assez fou pour ne pas percevoir que la très grande majorité des gens, incapables de réfléchir sur la morale qui les oppresse, ne me pardonnera jamais, même si le jeune aura été le plus heureux des gars durant cette liaison.  Selon le système, aucun jeune ne peut être heureux de vivre une expérience sexuelle hors-norme. Heureusement, de plus en plus d’enquête profonde prouvent le contraire si on laisse les jeunes s’exprimer. Les adultes oublient ce qu’ils ont vécu quand ils étaient jeunes, ils préfèrent ne pas penser… C’est idiot, mais c’est comme ça. 

On refuse la réalité pour qu’elle se plie aux enseignements, aux règles qui nous dirigent aveuglément depuis des millénaires.  On est dû pour une réflexion profonde sur la sexualité et surtout d’avoir la sagesse de modifier les lois, en retrouvant la liberté.

Qu’on le veuille ou non, le problème de surpopulation trouvera sa meilleure et sa plus naturelle solution dans l’homosexualité, intergénérationnelle ou pas.  La nature est plus dégourdie que nos grands penseurs religieux.   Quand on sera assez intelligent pour ne pas classer la sexualité dans les perversions, la vie changera pour le mieux. 

Shuhed 2

mai 11, 2022

Shuhed  Ali (2)

Les apparences et les interprétations sont souvent trompeuses.

Aussi, pour qu’il n’y ait pas de confusion, je tiens à préciser, à la suite du premier texte sur Shuhed,  que son père, Adam,  l’aimait beaucoup.   D’ailleurs, son père aidait beaucoup les gens de sa communauté.  C’était un  homme très généreux. Il savait que Shuhed était heureux chez moi, ce qui explique son approbation.

Le choix quant au travail plutôt que l’école était sûrement pour lui très justifié. Ce n’est pas bon ou mauvais de voir les choses de différentes façons, d’angles différents et il faut apprendre à respecter les différents points de vue.

Shuhed habita sporadiquement chez moi. Pour lui, j’étais comme un père.

Je me rappelle que, plus tard, Shuhed avait été un bon moment sans travailler et je lui avais reproché. Ce pourquoi il m’avait dit de me faire une idée, car je chialais parce qu’il ne travaillait pas et que du moment où il travaillait, je chialais encore parce qu’il ne se reposait pas assez. Shuhed était très travaillant, mais comme pour tout le monde, il y a eu des moments sans emploi.  Ce sont des petits souvenirs qui me reviennent et qui me rendent encore plus nostalgique

Ce sont des souvenirs qui nous permettent de voir que la vie est faite de petits incidents qui prennent une toute autre dimension quand le mort se présente. Même ces petits moments deviennent importants en soi.

Je remercie Adam de m’avoir fourni l’occasion de vire avec Shuhed et Rouhed.

Une nièce qui a bien connu Shuhed eut la même surprise que moi quand j’ai découvert son âge véritable. Shuhed avait l’air d’un gars beaucoup plus jeune que la réalité. J’étais convaincu qu’il avait environ 14 ans quand il a vécu avec moi. Si ce n’avait pas été de ses papiers officiels, je n’aurais jamais cru qu’il avait 17 ans. Même aujourd’hui, ça me semble bizarre car sur sa photo, il a l’air d’un gars de 14 ans environ.

Si j’ai de la difficulté à croire l’âge des papiers, imaginez une personne qui n’a jamais vu ces papiers.

Shuhed a réussi à me rendre curieux quant à sa culture et sa religion. J’ai beaucoup de respect pour les étrangers, grâce à lui. J’ajouterais :  « Merci Allah! »

Radioactif 371

mai 11, 2022

Radioactif 371

Texte de 2998

Prostitué : pour apprendre.

Vivre l’expérience de la prostitution, ce n’est pas quelque chose que l’on suggère à qui que ce soit parce que ça peut être très destructif si la personne n’est pas consciente et prête à le vivre. 

Ce n’est pas nécessairement bon pour évoluer dans la vie.  Il est possible de se développer sans ça, mais il faudrait arrêter de voir ça comme la fin du monde.  L’enfer sur terre.  Je voulais connaître la Vérité.

Pour que la sexualité soit négative pour toi, tu dois y coller une valeur religieuse.  La prostitution est un droit individuel comme celui d’une mort digne, dans l’espace réservé à la vie privée.  On naît seul et on meurt seul.  La violence et les drogues sont bien pires que la prostitution.  

Par contre, si tout le monde était prostitué ou pédéraste, la cohésion sociale mangerait toute une claque puisque les familles ont besoin de stabilité pour la période où les jeunes sont à la maison.   Ce serait invivable. La pédérastie a une forme d’égoïsme qui s’assume dans le sens que l’on reconnaît que c’est une liaison qui nous ait tout à fait agréable. Malheureusement, on ne peut pas savoir s’il en est totalement de même pour son partenaire.

L’homosexualité est une exception à la règle, car, on peut encore fonder une famille. L’adoption permet d’avoir des enfants. 

Une relation sexuelle, sans amour et sans lendemain, ça ne donne pas grand-chose.  C’est peut-être payant, mais ce n’est pas aussi valorisant qu’un travail plus conventionnel.  Vendre ou loué son cul au lieu de ses bras ou son cerveau, ça se vaut physiquement. Et, le pire c’est plus payant que de travailler à l’usine.  Comme il est plus payant de jouer au hockey que d’enseigner, une aberration de notre société.  Une de nos bêtises sociales : juger la valeur d’un travail en fonction de ses profits.

 Accompagner quelqu’un dans une petite vite , c’est un petit plaisir très passager, si on aime vraiment jouir.  Une forme de narcissisme.  Par contre, les jeunes n’ont pas besoin d’attendre un plus vieux pour avoir l’occasion d’expérimenter la sensation des caresses, mais c’est à eux, non aux parents, de choisir le ou la partenaire.  Il n’y a pas de danger sur le plan physique, à part les MTS dues à l’ignorance.  C’est le contraire de ce que la morale bourgeoise pense et enseigne.

Le problème quand tu es jeune, c’est de te sentir «dévalué » quand éclate ta relation.  On est trop sujet aux peines d’amour quand on est jeune.  Et, ça fait encore plus mal que chez les adultes.  Quand tu casses ta relation amoureuse la première fois, t’as l’impression que la vie vient de se terminer, que plus jamais tu ne rencontreras une personne que t’aimeras autant.  C’est une des causes du suicide chez les jeunes. 

Cette incapacité de donner le droit au temps de soigner sa peine est toute juvénile.  Quand on est jeune, on s’imagine être un cas unique.  Comment leur apprendre que c’est une chose commune, si on refuse toujours d’aborder le sujet sans scrupule et dans la transparence la plus complète. 

Par contre, j’avais tout ce qu’il fallait pour plonger dans l’univers de la prostitution.  Pour moi, m’offrir, c’était plutôt une forme de charité envers ceux qui avaient des problèmes à se trouver un partenaire. 

Plutôt que de voir un manque de sexe comme un sacrifice volontaire, je percevais ça plutôt comme une perversion masochiste « du sacrifice » pour sublimer son image, un sacrifice inutile et contre-nature.  Je pensais un peu comme dans lefilm La vraie nature de Bernadette, dans lequel Bernadette fait des pipes aux vieux du village pour leur rendre le sourire et la vieillesse un peu plus agréable.   

J’aimais aussi sentir que je poignais.  Être laid et désiré quand même, c’était pour moi une revanche sur ce que la nature ne m’avait pas donné.  Une sensation admirable : d’autant plus que je faisais la planche et je mesurais, je comparais les plaisirs cumulés, selon la façon d’être sucé.  J’étudiais les techniques.  Les essais ont fait en sorte que j’avais de moins en moins peur de ceux qui me couraient après.  Cependant, ce n’était pas ce qu’il y a de plus intelligent, car un malade qui panique parce qu’il se sent coupable, sali d’avoir joué aux fesses et qui décide de te faire payer pour son péché, c’est toujours possible et ça ne leur paraît pas dans le visage quand il te «cruise».

Mais, j’avais grâce à mon petit côté révolté une petite tendance à la délinquance.  J’aimais ce rapport avec le danger et j’admirais ceux qui pouvaient le vivre encore plus jeune que moi.  J’étais peut-être un peu paranoïaque, dans le sens que je faisais bien attention pour ne pas risquer d’avoir des surprises quand je décidais d’accompagner quelqu’un qui semblait me désirer.  J’adorais ça aussi parce qu’alors j’avais l’impression de remplacer le jeune avec qui, moi, j’ai des contacts sexuels.   J’étais le serein d’un plus vieux que moi. En vivant ainsi, je savais ce que peut ressentir le jeune quand il est avec moi.  Je voulais comprendre la nuance entre ce qui est agréable et pénible quand tu es le jeune.  Comment percevoir la vraie nature du jeune pour ne pas le brimer ? 

J’ai compris que les rapports sexuels chez les jeunes doivent absolument être un jeu pour que ce soit agréable pour eux.  L’aboutissement normal, le plaisir le plus complet.  Pour l’exprimer, j’ai inventé le terme d’amourajeux pour le pédéraste ; amourajoie pour la forme d’amour.  Une limite naturelle à toutes les relations : l’obligation d’être agréable pour le jeune. 

Je rejetais d’emblée toutes formes de relations basées sur la violence, l’intimidation et je dirais l’inconscience avec la fausse excuse : je ne savais pas, j’ai été trop surpris pour réagir. 

Pour les gens, j’étais pervers ; mais dans ma tête, je respectais plus ceux avec qui   « je trippais » que le système d’exploitation dans lequel nous plongeons tous volontairement ou non.  Il faut bien gagner sa vie.  En fait, ça pose la seule vraie question : qui sommes-nous et que faisons-nous sur cette terre?  Sommes-nous éternels ?   Il n’y a qu’une vérité : on ne sait rien. On ne sait pas qui on est, d’où on vient et où nous allons. 

Je me servais de mes expériences pour mieux comprendre ce que les jeunes qui venaient avec moi vivent réellement, car nous sommes tous fondamentalement pareils.  Le discours du jeune entrâiné et malheureux était selon toutes les expériences que je vivais d’une fausseté absolue. La culpabilité ne peut exister que si on arrive à te faire croire que le sexe est quelque chose de mal. Et, le système nous ment pour mieux nous exploiter. Où est la vérité? J’aime ou je n’aime pas. La liberté est notre plus grande richesse.

Retour retardé.

Le temps passé à Vancouver fut marqué par la visite de l’île de Vancouver.  Je capotais littéralement quand j’ai vu comme c’est beau d’avoir des fleurs partout.  L’île est certes une des merveilles à visiter quand on va au BC. 

Il y a une plage de nudisme, là où je voulais me rendre ; mais cette destination fut changée pour visiter ce que l’on appelait les « Rain forest trail ».  À cette époque, cette merveille de la nature était indiquée seulement par une petite pancarte. À cause de la dimension des arbres, la flore est d’un vert si tendre que tu penses arriver sur une autre planète. 

J’ai passé le reste de mon temps à écrire à Vancouver.  Je n’avais même plus le temps de jouir de la vie.  J’avais deux romans en marche de front.  Le retour pour le Québec était prévu pour le lendemain matin, aussi le soir, avons-nous pris une maudite bonne brosse.  J’étais tellement saoul que je ne me rappelais plus quel chemin prendre pour aller me coucher. 

J’étais devant un hôtel.  J’ai décidé de m’informer.  La porte était close et il y avait un jeune homme près du bureau de réception.  J’ai d’abord frappé à coups de poing dans la porte en criant en français que je voulais une information.  Le jeune semblait paniquer et il a téléphoné.  Soudain, je me suis rendu compte qu’il ne pouvait pas me comprendre puisque je lui avais parlé en français.  J’ai recommencé à frapper un peu plus fort, pour avoir son attention, car il semblait quitter la salle, mais en parlant cette fois en anglais.  La vitre se brisa d’un coup.  J’étais sidéré. 

Je ne savais plus que faire, donc, je suis parti à pied ; mais j’étais tellement saoul que je suis revenu sur mes pas et je me suis ramassé nez à nez avec la police.  Elle n’avait qu’à me cueillir. 

On m’embarqua dans le panier à salade. Il y avait déjà un autochtone.  On aurait dit qu’ils faisaient exprès pour nous faire «revoler» partout.  Quand je suis arrivé au poste, on a pris mes souliers et l’on commença à prendre mes empreintes.  Les policiers ne savaient pas que je parlais anglais et que je comprenais tout ce qu’ils disaient à mon propos ainsi que pour l’autochtone. Des propos exprimant leur dédain des français.  Tout dans leur langage était affreusement raciste. 

À chaque fois, que le policier s’efforçait de prendre mes empreintes, je m’arrangeais pour donner un petit coup de façon à étendre l’encre et le forcer à recommencer.  Là, il manifestait combien de plaisir il aurait à tuer un de ses maudits français. 

Je recommençais à chaque fois mon petit jeu avec le sourire innocent jusqu’à ce qu’il me frappe à l’abdomen.  Les coups étaient drus.  Je n’ai pas eu d’autre choix que de lui permettre de compléter son travail.  Le lendemain, je me suis présenté en cour, refusant toujours de parler anglais.  L’interprète était affreux.  Il racontait des affaires qui n’avaient aucun sens.  

Quand, à la fin, le juge décida de remettre la cause à plus tard, je me suis permis de lui demander en anglais : « Where are my shoes?  »   Question qui fit rire l’assistance.   Une telle prolongation de séjour à Vancouver dépassait les moyens financiers à ma disposition.  Je ne pouvais pas dépenser davantage et prendre mon billet d’autobus, comme prévu. 

Je suis parti sur le pouce dans l’espoir de me rendre à l’auberge où j’étais déjà arrêté.  Le diable n’y était plus. 

J’eus juste le temps de me faire quelques amis et refuser de me rendre sur une île à la recherche de champignons magiques.  En cour, je refusais toujours de parler anglais.  Le juge m’a sentencié à une amende. 

J’ai quitté la cour, le poing dans les airs, comme le FLQ, et je me suis mis à chanter en français, même si je chante affreusement mal : Prenons un verre, buvons en deux, à la santé des amoureux.  Et, merde à la reine d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre.  Ça l’air brave comme ça, mais personne ne comprenait le français.

L’armée du salut est intervenue et a payé mon billet pour que je revienne à Montréal.  Personne ne pleura mon départ.   On le souhait même.  Je n’ai jamais revu David par la suite.  Il était retourné, j’imagine, chez ses anciens amis. 
 

Shuhed Ali

mai 9, 2022

Shuhed Ali (02-02 1977- 09-05-2022)

Je ne publierai pas de Radioactif demain, car je veux consacrer la journée à la mémoire d’un des trois garçons avec qui j’ai vécu. C’est un moment très difficile à digérer.

J’ai connu Shuhed quand il avait 17 ans. Je l’ai rencontré dans un magasin  situé en face de l’appartement de Gabriel Charpentier avec qui je vivais.

Notre première sortie s’est faite à la cachette, en ce sens, que j’avais obtenu la permission de son père pour l’amener à la ronde. Dès que le OUI fut prononcé , moi et Shuhed, en courant, on s’est dépêché d’aller prendre le métro pour être sûr que son père ne change pas d’idée.

Retournant au Bangladesh, Adam. devait trouver quelqu’un pour garder Shuhed. Shuhed insista tellement pour vivre avec moi que son père décida qu’il vivrait avec moi plutôt qu’avec sa tante. J’ai trouvé un appartement, le 2240 Quesnel, où nous avons vécu une si belle année que l’an suivant son père m’y amena Rouhed, qui n’avait que neuf ans.

Rouhed est mort en 1994 et me laissa une lettre d’adieu qui commençait par Cher papa Jean. Depuis, Shuded m’appelle père.

Shuhed fut séparé de moi parce que son père considérait que l’école n’était pas importante et que Shuhed devait continuer à travailler dans ce en quoi il excellait, soit cuisinier.

Un de ses oncles acheta un restaurant à Hamilton et Shuhed s’y installa. On demeura en contact jusqu’à sa mort. Les relations ne furent  pas toujours pas faciles.  J’aurais bien aimé qu’il en soit autrement.

J’ai profondément aimé les garçons qui sont demeurés avec moi. J’ai toujours cru que c’était ma responsabilité d’être toujours  là pour eux. La seule chose que je me reproche quand je songe à eux, c’est de ne pas en avoir fait plus pour les rendre heureux.  Quand on joue au père, on a toujours des petits moments qui engendrent la culpabilité de ne pas être parfait.

Shuhed était un garçon enjoué. Il devenait tout excité quand on chantait en groupe : Quand l’appétit va, tout va, de Balou, dans Le livre de la jungle. Il me rendait responsable de tous ses problèmes disant que mon sen de la liberté creusait un fossé avec sa culture. Je veux juste lui dire : Je t’aime et je t’aimerai toujours.

Radioactif 370

mai 9, 2022

Radioactif 370

Texte de 2008

À poil pour contester.

Ma plus grande surprise de retour à Dawson Creek fut d’apprendre que la jeune autochtone qui suivait le cours avec nous avait quitté la classe parce que le grand chef cuisinier, le professeur en charge, était constamment sur son dos.  Elle a fini par craquer et abandonner les études dont elle était tellement fière. 

Dès mon arrivée, je l’ai remplacée pour subir les manifestations de racisme de ce monsieur : j’étais francophone.  On apprenait la cuisine, en préparant les repas pour tous les gens sur le campus.  Il ne me lâchait pas.  Je me souviens vaguement qu’il m’avait surtout puni parce qu’un matin j’étais arrivé quelques minutes en retard.  Je n’avais pas de cadran et mon ancien ami curé qui devait me réveiller, pour se venger, j’imagine, m’a laissé passer tout droit.  Je devais, dès la première paye, m’acheter un cadran pour être autonome.  

Quoiqu’il en soit, j’ai décidé de lui offrir la leçon de sa vie.  Mon chef cuisinier fasciste m’a convoqué chez le directeur.  J’y suis allé avec un beau grand couteau de cuisine à la ceinture.  Je l’ai laissé m’engueuler, mais je lui ai expliqué ensuite, en frappant le couteau sur le bureau et en le lui pointant gentiment sous la gorge que je déteste le racisme et le fascisme.  Je fus très convaincant.  Il n’avait plus du tout envie de discuter. 

J’étais d’abord content de mon exploit, mais quand j’ai fait du pouce plus tard, l’homme à qui je me vantais de ma colère me demanda :  » Qu’est-ce que t’aurais fait, si dans sa peur, il aurait eu une crise cardiaque? »  Je n’y avais pas pensé et j’avoue qu’en entendant cette réflexion, je me suis trouvé pas mal idiot de ne pas y avoir songé. Je voulais qu’il comprenne et je n’avais pas pensé que ça aurait pu mal tourner.  Je ne me trouvais plus aussi brillant.  L’atmosphère était devenue pénible. 

J’ai décidé de quitter le cours en employant un moyen qui leur resterait dans la mémoire longtemps.  Aussi, aie-je mis tous mes vêtements dans ma case à l’arrière de la cafétéria.  J’ai enfilé mon costume blanc comme à l’habitude, mais quand la cafétéria fut complètement remplie, je me suis déshabillé dans la cuisine à l’avant et je me suis rendu, complètement nu, à l’arrière de la cafétéria. 

C’était affreusement drôle d’entendre les hurlements comme si j’avais été entouré d’une ceinture d’explosifs.  Mon geste résonna encore plus que ma visite chez le directeur. 

Les jeunes vinrent me trouver et me demandèrent ce qu’ils devaient faire.  Ils étaient prêts de toute évidence à tout démolir, si je prenais la tête de la rébellion ; mais ce n’était pas ce que je voulais.  

Je me suis rhabillé et je suis allé au dortoir chercher mes affaires pour retourner à Vancouver.  J’ai croisé un groupe de surveillants qui me cherchaient.  L’un d’eux me demanda :  » Have you seen this dem french man ? Et, je lui ai répondu : « Non, toi ?  »            

À Vancouver, j’ai raconté l’incident dans un journal hippie, mais à la taverne, un des jeunes résuma sa façon de voir la chose en me disant : «Ce ne doit pas être vrai.  Il t’arrive toujours des affaires comme ça, de brave entre les braves, seulement quand tu es seul.  Ce n’est pas bizarre, ça? ».  Je n’avais pas à être cru, je l’avais fait c’est tout.   . 

J’ai compris que la nudité est une forme plus qu’explosive de contestation dans une société scrupuleuse comme la nôtre.  Verrais-tu ça en Chine, tout le monde à poil?  J’écouterais les jeux en direct : les petits asiatiques sont de toute beauté! 

Saint Québecor !

C’est étonnant de voir les média de Québecor se prendre pour les nouveaux curés du Québec.  Non seulement, ils se font un plaisir quasi hystérique de parler de tous les cas de « cul » qui se présentent en cour ; mais voilà t’y pas qu’ils veulent remplacer Radio-Canada, dans la diffusion des bons préceptes religieux sur la sexualité, en dénonçant le tourisme sexuel à l’étranger. 

Je crois qu’il y a une différence fondamentale entre tomber en amour avec des jeunes et les louer comme des objets sexuels qu’on jette dès le départ.  C’est un manque de respect pour ces gens qui nous plaisent une journée et qu’on échange comme des cochons, le lendemain.  Je ne crois pas à l’amour dans de telles conditions. 

Par ailleurs, je n’ai rien contre tomber en amour en voyage dans un pays étranger.  Au contraire, même si ça permet des relations sexuelles, la libido nourrit la passion et cette passion peut être créatrice.  Elles créent des liens comme toute relation humaine doit le faire.  Pourquoi pas ?  L’amour est d’abord physique avant de devenir un échange plus intellectuel et je dirais même psychique.  

Il y a une différence entre forcer quelqu’un à avoir des relations avec toi et finir par avoir des relations avec quelqu’un qui nous plaît et à qui on plaît.  Un échange de bonheur.  Il faut cesser d’être hypocrite. 

Quand tu crèves de faim, ce peut être un moyen que tu choisis, qui n’a rien d’une dévaluation de ta personnalité, pour essayer de t’en sortir.  C’est bien beau d’être scrupuleux quand tu as tout ce que tu veux dans la vie.  Cependant, c’est aussi une question de valeur, personne n’a le droit d’abuser des autres s’ils ne consentent pas.   Le sexe fait partie de la vie privé et du droit absolu, pour chaque individu, de dire oui ou non.  

Comme je le disais l’autre jour, en parlant de tourisme sexuel, au lieu de mettre les gens en dedans, ceux qui sont pris devraient être obligés de subvenir aux besoins (une allocation) des prostitués (es) pour lesquels ils sont trouvés coupables de façon à ce qu’ils (elles) puissent aller à l’école ou gagner leur vie autrement, sans que leur famille en souffre. 

Si tu veux jouer aux fesses ailleurs, tu dois être assez responsable pour aider ces pauvres personnes à se sortir définitivement de la misère.  Je ne comprends pas pourquoi nous avons à jouer aux prudes et ainsi ignorer les vraies causes profondes du tourisme sexuel. 

Le chantage peut aussi devenir un objet pour favoriser ce tourisme.  On peut exiger des amendes, kidnapper, etc.  Ça ne se joue pas seulement d’un bord.  Le gros cochon qui profite de la victime, selon nous, aide peut-être plus ces gens que la bande de moralistes qui épient sans cesse le fond de nos culottes parce qu’ils sont jaloux et ne sont plus capables de jouir. 

Si, dans le monde, la prostitution individuelle était légalisée, tout en renforçant toutes les lois contre le proxénétisme, on aurait pas besoin de dépenser des fortunes pour faire croire que nous avons un rôle à jouer dans la morale sexuelle mondiale…comme un bande d’hypocrites.  Ta seule responsabilité sexuelle, c’est ton propre cul (ça l’air vulgaire, mais c’est exactement ça).  Occupe-toi de toi.  Augmentez les salaires et les possibilités d’emplois dans les pays où il y a beaucoup de prostitution, ouvrez des écoles comme le fait M. Gérin-Lajoie (lui, c’est un vrai héros) et vous combattrez efficacement le tourisme sexuel.  On se prostitue pour manger ou parce qu’on aime ça ou les deux à la fois. Pourquoi avons-nous besoin des autres pour nous faire la morale?           

Quant à la morale : les pires sont ceux qui permettent qu’il y ait encore autant de pauvres sur la terre.  La liberté sexuelle, c’est nécessairement un choix individuel  pour ou contre. Ce doit être réglé sur le plan individuel et non collectif. C’est ça la liberté de conscience.

Les « mots »

Avec le temps, comme le chantait Léo Ferré, le sens du mot  «révolution » a évolué et changé de signification, tout comme ma façon de voir la sexualité s’est raffinée. 

J’ai cessé de croire dans la révolution militaire ou terroriste parce que la violence engendre la violence.  On remplace une bande d’exploiteurs par une autre bande d’exploiteurs, portés plus à gauche ou plus à droite. 

Je ne sais pas pourquoi, on dirait que tous les politiciens, par exemple, entrent en politique avec le feu sacré et l’envie folle de changer le monde pour le mieux ; mais au fur et à mesure que les années passent, ils pourrissent. 

Ce sont d’ailleurs ces 40 ans de frustration et de vils espoirs qui sont devenus les pires obstacles à l’indépendance du Québec.  Toutes les institutions qui avaient été créées pour le bien du peuple ont été vendues à des étrangers ou détournées de leur fin.  Seulement un petit groupe s’est encore enrichi.  Le mot professionnel est presque devenu synonyme de licence pour exploiter les autres

Par exemple, les hausses successives des prix d’Hydro-Québec.  En soi, il n’y a pas de problème, car 75% des revenus reviendront au service du peuple (qu’on le veuille ou non, c’est une des belles décisions des libéraux du Québec).  On va peut-être cessé de nous casser les oreilles en nous comparant toujours aux autres.  C’est nous qui avons payé pour créer Hydro-Québec, pas les voisins, comme on a fumé pour construire le stade olympique. 

Parlant de fumer, on est vraiment tombé sur la tête avec les nouveaux règlements d’affichage dans les dépanneurs.  Je ne fume plus depuis plus d’un an, mais à force de les voir aussi débiles, ça me tente de recommencer juste pour les envoyer promener, ces bandes d’idiots !  Heureusement, je m’aime, donc je me retiens. 

C’est un exemple flagrant de manque de couille : si on ne veut pas qu’on fume, qu’on l’interdise ; sinon qu’on nous fiche la paix ainsi qu’aux fumeurs.  On a qu’à les avertir qu’ils ne seront pas soignés aux frais de l’État s’ils continuent de fumer et que cette habitude crée la maladie qui les frappe.  Un choix à faire. 

C’est la même chose pour la sexualité : ceux qui sont pour la liberté sexuelle devraient pouvoir vivre cette merveilleuse liberté, tout en apprenant à respecter les autres.  Tout le monde est maître absolu de son corps et de son esprit. 

Les scrupuleux n’ont qu’à s’occuper de leur derrière et qu’ils fichent la paix aux autres.  Seules conditions pour vivre cette liberté : le consentement mutuel, la non-violence, la responsabilité (en amour tu crées automatiquement des sentiments dont tu es responsable) et que ce soit agréable. 

Que tu vendes tes services, que tu les échanges, etc. ça ne regarde que toi.  Il faut dégrossir le tapage fait autour des relations sexuelles et des procès.  Que Québecor abandonne sa soutane.  Le pire combat à mener, c’est la non-violence, le racisme et toutes les discriminations créées par les religions, en d’autres mots, les droits de la personne

Doit-on cesser de payer ses impôts quand notre gouvernement déclare la guerre et qu’on est pacifiste ?  Une chose est certaine, on ne pourra jamais changer le monde seul.  Et, il faut trouver des moyens pacifiques pour y arriver.  Instruire le monde, l’école, c’est la première chose. 

Nu dans le lit.

Le retour sur le pouce fut long et difficile.  Pire, en arrivant à Vancouver, je n’ai pas pu retrouver le groupe de David.  J’allais donc être fauché jusqu’à ce que je m’arrange à nouveau avec le bien-être.  Pour une fois, j’avais faim.  Je faisais connaissance avec cette urgence intérieure.  Le soir d’avant, j’avais dormi sur le ciment dans un terrain de stationnement.  J’étais plutôt mal en point.  C’était nouveau pour moi.  Je faisais face à la misère humaine pour la première fois de ma vie. 

Par hasard, un vieux monsieur s’intéressa à moi.  Les présentations furent très courtes.  Les clauses du contrat très vite précisées : n’importe quoi, sauf être enculé, car je déteste.  Il m’amena au restaurant et me paya un repas de roi. Tel qu’entendu, puisque je n’avais rien à craindre de lui, je me suis rendu à son appartement.  Douche, le laisser me caresser et puis dormir nu sur le lit.  C’était tout ce qu’il voulait.  Était-ce son âge ?  Il avait au moins 75 ans. 

C’était plutôt un geste de charité que de lui donner la chance d’avoir un gars plus jeune que lui dans son lit.  Même s’il l’avait voulu, il n’aurait même pas pu m’enculer, trop flasque !  Il sortit tous ses vibrateurs qu’il s’appliqua pendant que j’essayais de dormir. J’ai adoré l’expérience, car je servais d’incitatif aux plaisirs pour un vieux qui n’aurait probablement pas pu en avoir autrement.  Pourquoi ne pas répandre le bonheur ? Il était très gentil et très délicat dans tout ce qu’il faisait.  Cela m’a permis de m’organiser. 

J’ai commencé à travailler au journal français, le Soleil, et à passer le reste de mon temps à la bibliothèque de la ville à écrire.  J’avoue m’avoir affreusement ennuyé du journalisme.  Le journalisme, c’est comme lire un livre. C’est vivre dans une autre dimension.  La flamme de l’écriture était de retour. 

Comme à l’habitude, j’ai composé des textes qui ne seront jamais publiés. 

J’étais ravi quand David fut libéré.  C’était un poids de moins.  Il nous arrivait encore de temps en temps de « tripper» ensemble.  Par exemple, nous sommes descendus dans le hall d’un hôtel très chic qui avait mis une annonce en français.  Nous avons commencé des incantations comme les prières musulmanes jusqu’à ce que la direction nous menace d’alerter la police.  Nous vénérions le français et nous disions que nous aussi on voulait créer une nouvelle religion parce qu’on voulait devenir riche. 

Une autre fois, après avoir abondamment fumé, nous avons participé à une soirée de prières Krisna.  J’ai passé la majorité de mon temps à danser avec un petit gars.  Si cette religion était toujours ainsi, je me serais converti pour demeurer avec le petit.  

Ma libido est ce qui conduit une bonne partie de ma vie.  Puis, j’ai décidé de quitter le journal pour retourner à Montréal. Je voulais tenter de publier.

Radioactif 369

mai 8, 2022

Radioactif 369

Texte de 2008

Le retour à Dawson.

Je voulais déguerpir pour le Grand Nord, le plus tôt possible, mais je devais d’abord aller chez Gerry.  Il insistait pour que je me rende à son appartement avant de partir, car il serait seul.  Après avoir tant hésité à essayer la technique du bord de lit pour une pipe bien à point, sa première, il voulait absolument regoûter à ce plaisir avant que je quitte la ville.  Promesse faite, promesse tenue. 

Gerry était tellement emballé par cette nouvelle attraction que nous avons recommencé à une demi-heure d’intervalle, une chose qui dans mon cas serait carrément au-dessus de mes moyens depuis bien des années.  La jeunesse a des raisons de se réjouir de ce qu’elle est : la forme et la beauté, dans un seul être.  Pour me récompenser et obtenir la promesse que je me rende chez-lui dès que je redescendrais pour voir David à sa sortie, il me donna quelques joints.  Ce n’était pas le premier pot qui avait un goût de ciel avant de mourir.

Mon voyage avait porté fruit, car on s’était entendu pour qu’une des filles appelle à la prison, d’une boîte téléphonique, et parle avec David.  On savait maintenant qu’il n’avait pas été battu et qu’il vivait sa nouvelle expérience sans trop de problème.  Je considérais que par son comportement, il avait couru après les troubles, même si j’avais été inquiet de son sort comme le serait n’importe quel ami.  Je partais pour le Nord plus tard que prévu. 

J’avais peur de ne pas me rendre à la première auberge de jeunesse pour y passer la nuit, mais je n’avais pas un sou pour envisager une autre solution que la route.  Pour courir les tavernes gaies, il nous fallait d’abord pouvoir se payer le premier verre et le téter jusqu’à ce qu’un des clients te trouve assez de son goût pour venir te chanter fleurette.  Ça ne garantit pas automatiquement un lieu pour dormir.  Aujourd’hui, ce serait même demander un miracle. 

Plutôt que de prendre le risque de sécher sur mon banc, j’ai marché jusqu’à ce que je puisse commencer à faire du pouce.  Je fus extrêmement chanceux et je pus me rendre la journée même à l’auberge désirée.   Puisqu’il manquait de place, j’ai décidé que j’irais coucher dans une tente avec un autre visiteur. 

Durant la nuit, je l’entendis se plaindre : « No, I want do it ». J’ai cru comprendre ce qui se passait en lui, car, nous étions chacun dans notre sac de couchage.  Il voulait partager cet espace, mais il n’osait pas tenter les premiers pas.   Il ressemblait au diable, tellement il était laid. 

Dans ma nouvelle philosophie, je considérais que t’offrir à quelqu’un qui te désirait autant, c’était un acte de grande charité.   Aussi, me suis-je rangé contre lui, me tournant encore plus près.  La tentation l’emporta et il navigua aussi vers les nuages du paradis. Je le laissai me caresser, me manger à sa guise.   Le matin, avant de le quitter, il me remercia très chaleureusement de lui avoir permis de vivre une si belle nuit.  Moi, ça ne m’avait rien coûté et il y avait un gars heureux de plus sur terre. Aussi, le matin, avant de recommencer à        «poucer», j’en ai fumé un bon. 

Mon bon samaritain fut une jeune fille, près de la trentaine.  Elle m’épiait comme si j’étais le pire des malfaiteurs, répétant sans cesse qu’elle avait pris une chance, car elle craignait d’être violée par moi. Les femmes font souvent semblant de craindre d’être la grande victime, tout en espérant qu’elles pourront faire l’amour et s’en sortir dans le plus grand des plaisirs.  Une invitation, comme on jette une ligne à l’eau. C’était son genre. 

J’étais tellement gelé que je découvrais pour la première fois jusqu’à quel point les Rocheuses sont belles.  J’allais de coups de coeur de paysages en coups de coeur, à tel point que je ne m’occupais pas de cette pauvre femme.  Elle n’arrêtait pas de me dire qu’elle avait peur d’être violée dans le but évident d’attirer mon intérêt.  Elle était belle et gentille, mais les paysages m’attiraient encore plus.  Vexée par mon indifférence, elle m’informa qu’elle s’arrêterait pour la nuit à Prince George.  Elle voulait qu’on partage le coût de la chambre.  J’ai dû lui faire part que, dans mon cas, c’était l’absence absolue d’argent :  mais par contre, il me restait un joint.

Je ne sais pas pourquoi,  j’ai pratiquement passé ma vie toujours fauché, mais ne manquant de rien.  J’empruntais à mes amis qui savaient avec certitude qu’ils pouvaient compter sur moi pour respecter la date de remboursement. C’est ça vivre au jour le jour.  Je voulais absolument continuer, donc, je lui ai offert de partager un joint avec moi pour la remercier avant de se quitter.  Elle venait de réaliser que ma fixation sur les paysages n’étaient pas due à elle, mais à la boucane. Je me rendis en ville avec elle et je rencontrai par hasard un ancien pensionnaire de l’auberge qui me recommanda de ne pas m’arrêter trop longtemps, car les policiers de l’endroit me recherchaient pour me faire payer l’audace de les avoir dénoncés dans le journal local. 

Sur le bord du chemin, j’étais tellement gelé, que je me suis mis à voir des « flashs» comme dans l’Exorciste et avoir la certitude qu’à l’auberge, j’avais couché avec le diable qui m’appelait et me demandait de me suicider, en me jetant devant une auto.  Je dus résister à cette vision stupide.  Heureusement, j’ai réussi à me calmer et finalement, je suis parti en camion directement jusqu’à Dawson Creek.  Quels paysages ! 


Le sexe : dans le temps. 

Je ne voudrais pas scandaliser qui que ce soit en racontant que les jeunes de l’époque aimaient découvrir les plaisirs sexuels avec moi.  Ils pouvaient me faire confiance et ça faisait partie de l’évolution.  Quand nous étions jeunes, on essayait de nous faire croire que le sexe est dangereux, que de mauvais prédateurs ne songent qu’à nous kidnapper pour nous torturer sexuellement.  Comme garçon, j’ai vite compris que les souffrances de la torture devraient plutôt s’appeler les plaisirs de la découverte.  Bien évidemment, très jeune, on avait affreusement peur.  On en voyait partout et nous n’avions pourtant même pas Québecor pour mousser une campagne de peur.  On avait par contre, Allo et Photo Police. 

On ne parlait jamais de sexe sous peine de péché mortel.  L’enfer ad vitam aeternam!  On ne nous disait pas que les cas publicisés de méchants prédateurs étaient des exceptions et que la luxure qui les démange est encore moins importante que la maladie mentale qui les frappe.  Avec le temps, j’ai compris que plus on fait peur aux parents, plus on justifie les millions qui coulent de nos impôts pour assumer la prétendue sécurité de la population.  La seule sécurité qui les intéresse est la leur et celle de leur portefeuille. 

Même si les règles actuelles sont autant qu’avant un viol de conscience;  à notre époque, les expériences se vivaient surtout entre personnes du même âge.  Ce doit être la même chose aujourd’hui. 

Quand j’étais jeune, j’ai commencé comme tout le monde par croire dans leurs mensonges à l’effet que se masturber, se sucer, se caresser, c’était mal et dangereux.  Puisque j’aimais ça à la folie, je me croyais anormal.  J’ai cru que j’étais devenu méchant sans savoir ni pourquoi, ni comment.  J’ai appris à m’haïr à cause de la stupidité de leurmensonge.  Ils étaient assez fous pour se croire dans leur mensonge.  On appelait vice tout ce qui faisait plaisir et surtout dès que ça pouvait avoir l’ombre d’une connotation sexuelle. 

À cette époque, il y avait moins de danger qu’aujourd’hui à cause des MTS.  Le sida n’avait pas encore été inventé par les chercheurs qui voulaient créer une nouvelle arme pour la guerre au Vietnam.  Les MTS étaient très peu nombreuses, car il y avait peu de relations en dehors du mariage et aussi peut-être parce qu’elles étaient inconnues par la plupart des gens. 

C’est en vieillissant que j’ai découvert que leur histoire de prédateurs sexuels (en dehors de la pègre) est une pure invention à partir de faits réels survenus à tous les dix ans.  J’ai arrêté de croire dans leur prétendue lutte pour protéger les jeunes.  Je savais dorénavant par expérience personnelle que cette découverte sexuelle se fait sans violence, dans le plaisir.  C’est aussi la principale raison, à part qu’on entretient encore la honte, pour laquelle les jeunes n’en parlent pas.  Ils craignent avec raison la folie des adultes. 

Par contre, c’est un fait que toute violence mariée à la sexualité est strictement inacceptable.  Tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit.  Il faut devenir des personnes autonomes et responsables.  La censure ne sert qu’à nous aliéner, à nous infantiliser, à nous mener par le bout du nez. 

Heureusement, pour moi, ma génération fut la première à se rendre compte de cette duplicité de la peur imposée aux enfants.  Les tenants de la morale sexuelle furent les premiers à refuser que l’on mette des condoms dans les écoles secondaires : bande d’hypocrites. 

La répression sexuelle n’a jamais apporté quoique ce soit de bon pour une population quelconque.  Elle est la porte d’entrée de la paranoïa et de la psychose ; car être trop scrupuleux, c’est encore plus vicieux que la liberté sexuelle.  Elle doit avoir recours à des méthodes carrément abusives pour se maintenir.

Le sexe à l’école.

Tant qu’on continuera d’aborder la sexualité à travers la vision religieuse, nous exposons les jeunes à des réveils douloureux.  L’éducation sexuelle jusqu’à la fin du primaire doit être faite par les parents eux-mêmes afin d’éviter que les valeurs prônées dans la famille soient remises en cause à l’école, à un âge où les jeunes sont encore incapables de former leur propre jugement.  Par ailleurs, les écoles doivent avoir des livres d’éducation sexuelle à la portée de ceux qui sont plus curieux.  Des petits vites, ça existe. 

Si l’on veut que les cours à la fin du primaire soient efficaces, il faudra éliminer toute forme de moralisation stérile.  La sexualité est une belle et bonne chose.  Une invention de Dieu.  Pourquoi ?  Les jeunes détestent ceux qui abordent le sujet en mémère : le temps d’avoir honte des mots est révolu depuis longtemps.

Qu’est-ce qu’un jeune a besoin de savoir avant de devenir ado?  Ce qui se produit de plus en plus jeune, comme le démontrent les études faites aux USA.   

Il y a des choses que les filles doivent savoir et qui n’ont pas besoin d’être enseignées à un garçon : comment mettre le tampon, par exemple. C’est utile pour une fille de savoir comment s’en servir, mais inutile pour un garçon.  Par contre, les deux sexes ont besoin de savoir comment ça se passe pour créer un être humain.  Comment faire jouir une femme. L’hygiène des parties sexuelles est aussi très importante pour combattre les maladies vénériennes. 

Je me souviens que nous avions des films sur les menstruations que nous présentions.  Cela permettait de démystifier les règles, d’enlever le caractère maladif qu’on leur collait à la peau alors que c’est un processus normal et essentiel pour avoir des enfants. On montrait les changements physiques qui allaient survenir (films, textes, bandes dessinées) pour chaque sexe. Un peu comme dans Découvertes, à Radio-Canada … 

L’éducation sexuelle est une partie essentielle de la science, car elle nous permet de s’accepter et de se comprendre.  On analysait ensuite la stupidité des films pornographiques (pas besoin d’en montrer en classe, ils ont presque tous vus chez eux).  Les jeunes doivent connaître leur corps.  Il est anormal de ne pas comprendre pourquoi les organes génitaux d’un garçon se ratatinent sous la douche.  Il faut éliminer la notion de mal avec la masturbation. 

Ce sont des outils qui furent déjà utilisés dans les écoles.  On doit aussi leur apprendre qu’ils sont responsables de leur corps, qu’ils ont le droit de dire          « j’aime ou j’aime pas», qu’ils ont le droit de connaître les moyens pour les aider s’ils sont dans une mauvaise situation, etc.   Et, bien évidemment, leur apprendre à se protéger, s’ils décident de dire oui.  Il en va de leur santé.

On revient lentement à l’hypocrisie et la stupidité avec laquelle on abordait la sexualité quand j’étais jeune.  Tout était mal, tout était péché, il ne fallait pas en parler.   L’ignorance des parents, la peur maladive que l’on crée autour des prétendus prédateurs sexuels (il y a une différence entre un violent et un enjôleur) pour que la police reçoive plus de subventions refont surface au détriment du besoin des jeunes de devenir autonomes ( car, c’est ça devenir adultes) . 

Le retour au tabou sous prétexte de protéger les jeunes, voilà ce qu’est devenu l’effort pour nous libérer des religions qui passaient leur éternité le nez dans nos shorts.  Ce n’est pas à la police de dire oui ou non, c’est au jeune d’apprendre à le dire, très clairement.  Et tout ce qui n’est pas violent devrait être retiré des lois.  Ce n’est pas sorcier comme réforme. 

Qu’on le veuille ou non, si les adultes ne peuvent pas prendre cette attitude responsable, les jeunes ne seront jamais intéressés à retourner à l’école parce que les adultes leur paraîtront des gens constipés, incapables d’évoluer et surtout des menteurs et des hypocrites.  Ils ne comprendront pas que ce n’est pas une farce de dire aujourd’hui qu’il faut aller à l’école pour survivre demain.  C’est juste leur donner confiance. 

Ce n’est pas tout ce qui est nécessaire pour combattre le décrochage (la drogue, l’idéal, la perception à la maison, la stabilité des enseignants, la charge de travail, etc.) ; mais c’est une attitude incontournable.  

J’ai écrit de grands mémoires sur le sujet, mais ça fait comme avec la Transquébécoise : ça prit bien des années et bien des morts avant d’allumer et de changer les choses comme je l’avais prôné.  Je ne suis pas plus intelligent que les autres, mais j’ai parcouru bien du chemin.  Je suis pédéraste… puis, raison de plus, j’adore les jeunes.  Je n’oserais jamais prôner quelque chose qui me semblerait les entraîner dans la misère.  

La franchise, la vérité, les découvertes scientifiques sont là pour justifier le rejet de notre vérité humaine au nom d’une conception religieuse qui s’est avérée fausse.  Agir en scrupuleux, c’est être complice, avec l’ignorance, de la transmission des MTS.

Radioactif 368

mai 7, 2022

Radioactif 368

Texte de 2008

L’appel de l’amitié.

Tout allait pour le mieux, je commençais à reprendre financièrement le dessus quand j’ai reçu un message que je devais me rendre à Vancouver parce que David était en prison et que personne ne s’en occupait. 

Je suis drôlement fait.  Je n’ai presque jamais de vrais problèmes personnels, mais je passe ma vie à sortir les autres de leur enfer. .  Je sais pertinemment que les mauvaises situations que je suis obligé de vivre parce que je suis pédéraste finissent toutes par être l’enseignement le plus profond et le plus précieux que la vie m’apporte.  Le rejet que je subis présentement dans le milieu littéraire, par exemple démontre la paranoïa sociale face à la sexualité.

Je me sens enrichi par mes expériences pédérastes.  Elles constituent une forme d’adoration et mes difficultés sont comme une ouverture vers une solution future : je suis nourri comme écrivain par ces événements et je ne comprends pas encore pourquoi je m’obstine à vouloir être un écrivain, comme si ça avait une valeur au niveau de la connaissance.  Je n’ai pas besoin d’être écrivain pour vivre. Ça ne m’occasionne que des dépenses et des humiliations. Je ne comprends pas pourquoi je continue de publier. Ce doit faire partie de ma folie.

Les mauvais moments se révèlent des prérequis à de nouvelles découvertes dans la façon d’interpréter le sens de la vie.  Je ne suis pas religieux, toutes les religions sont des rackets au même titre que la mafia, mais je crois très profondément à la spiritualité, c’est-à-dire à une dimension, un monde créé à partir de l’électromagnétisme ou une autre énergie qui donne naissance à la vie, l’intelligence et la consciente. C’est cette force que l’on appelle Amour.  La réalité n’est qu’une forme de perception. 

Par ailleurs, je souffre les problèmes des autres comme s’ils étaient les miens ; assez pour croire qu’en quelque part, tous les humais ne sont qu’un seul et même degré d’énergie (essence) qui se subdivise en unité particulière. 

L’âme est, disons, une sorte d’aimant.  Son champ d’action crée notre individualité.  Je ressens leur misère comme si je la vivais personnellement. 

J’entendais David crier intérieurement sa souffrance.  Aussi, aie-je décidé de laisser mon cours, le temps de lui apporter mon aide.  Je suis parti en auto-stop pour Vancouver. 

À mon arrivée, j’ai retrouvé un groupe de jeunes qui étaient les amis immédiats de David.  J’ai passé l’après-midi avec eux à boire et discuter.  Tout le monde était sur le cul d’entendre un gars affirmer carrément aimer les petits gars. Une des filles étaient particulièrement préoccupée de mon rapport avec les femmes.  Elle n’arrivait pas à comprendre que je les aime autant que les garçons, mais d’une manière tout à fait différente.  Comment comprendre qu’un pédéraste puisse les respecter autant ?  Selon elle, bien des machos auraient eu avantage à discuter des femmes avec moi pour apprendre à mieux les respecter. 

Je n’inventais rien, chez moi, un homme ne frappe jamais, jamais, jamais une femme ou un enfant, même si je reconnais que les parents peuvent parfois avoir recours à une claque sur les fesses quand c’est vraiment nécessaire et que toutes formes de dialogue est impossible.  Idéalement, aucun geste violent ne devrait exister, mais dans la réalité parfois, c’est irréaliste  On disait dans la Bible que la peur est le début de la sagesse .  Tant que cette peur provoque une prise de conscience.  Cette jeune fille, à cause de mon âge, me surnomma Pépé.  

Épître selon St-Jean Ti-moineau.

Les Américains auront beau coucher avec la Bible entre les jambes ou sur la poitrine, la foi a pris chez eux le corbillard de l’oubli.  La foi doit nécessairement nager dans un fort courant d’idéal pour respirer et se situer dans la vie quotidienne.  Les liturgies sont des moyens pour nous impressionner, nous pénétrer émotivement, mais avec les nouveaux médias de communication, un frisson hebdomadaire ne suffit plus pour nous conduire à la foi.  Le grégorien ne peut plus nous faire autant vibrer et se mesurer avec tous les crimes décrits dans les journaux.  Nous sommes devenus des voyeurs sados-masochistes

Nos vies sont virtuelles.   Américains, (nous en sommes) nous avons mis dans un seul et même moule une goutte de foi et un gallon d’une morale sexuelle bourgeoise et débile ; tuant ainsi les raisons fondamentales pour lesquelles les religions existent : donner un sens à sa vie.

Et, nous avons étouffé. Les religions sont devenues avec le temps un discours sur la morale presque strictement sexuel, oubliant que leur vraie raison d’exister est d’apprendre à aimer, créer un idéal de vie et découvrir son Dieu, si on en veut un. 

Sauf en Amérique du Sud, où le politique (le pouvoir économique) s’est investi à travers le religieux, l’implication des religions dans la vie quotidienne des gens a été rejetée.               

Comme Richard Martineau nos grands penseurs n’y voient qu’un immense paradoxe (ils ont une vue parcellaire) parce qu’ils refusent de reconnaître que ce n’est pas la religion que les gens ont rejeté au Québec, mais la doctrine sexuelle catholique et protestante.          

Les gens en ont plein le pompon de se faire mener par le bout du nez jusque dans leur lit et d’instinct ils ont compris que ce n’est pas ça qui donne un sens à leur vie.  Nous vivons à une époque de grand transfert entre «l’amour absolu du nombril, son individualisme ou son narcissisme» et le «besoin essentiel de participer à l’évolution humaine», un engagement qui contredit ce que nous ressentons le plus profondément : notre impuissance et notre insignifiance.  

Pour que la foi ait un impact sur ta vie émotive, il faut que tu ressentes un petit «frisson de l’âme» quand tu participes aux rites religieux.   En oubliant l’essentiel, les pratiques religieuses sont devenues un moyen d’exorciser la peur de la solitude.  Ce besoin social tout aussi important que de se nourrir fut totalement obnubilé. 

Impuissants, les hommes, pour survivre, ont dû en tant qu’individu appartenir à une société et de facto laisser le pouvoir entre les mains de quelques « bandits légalisés par la loi du plus fort » pour diriger le sort de l’humanité. 

La démocratie est une longue expérience de conscientisation que nous ne faisons qu’entreprendre.  La catastrophe planétaire éminente nous donne deux choix : exiger une part de responsabilité individuelle plus grande et réelle ou avoir assez peur pour retourner aux religions qui nous prêchent les fins du monde depuis des siècles.  Les gens désertent les églises parce que les religions sont en panne d’idéaux motivants. 

Après des millénaires, la misère l’emporte sur la charité.  Les religions sont comme nos féminounes du Québec, enlisées dans leur obsessionnelle peur du sexe, oubliant entre autres l’essence même du christianisme : aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu.  Erreur qui aboutit à l’échec du christianisme.

Le monde est encore prisonnier de la survie.  Les richesses sont concentrées entre les mains de quelques-uns et la mémoire collective fait que l’on ne peut plus croire que les prières, seules, y changeront quelque chose.   Aussi, le système se sert encore plus de répression pour insuffler les commandements de Dieu dans le comportement individuel ; mais les greffes produisent souvent des rejets. 

La nature est essentiellement une forme d’équilibre qui déborde la libido.  Elle n’accepte pas de compromis hypocrites.  Le grand péché mortel de l’Église fut d’essayer de régir la sexualité individuelle jusque dans les moindres détails et pour régler le problème on a remis la responsabilité de notre sexualité au système judiciaire, dominé par l’arrière-garde conservatrice et encore plus répressive. 

Écœurés, les Québécois qui ont envoyé promener les religions dans les années 1970, se rappellent encore la raison fondamentale de ce rejet, mais se rendent compte que la religion n’était pas que des «préceptes sexuels » , même si c’était la seule chose dont ils entendaient parler par les religieux dépassés par l’arrivée du féminisme, positif et affirmation de la femme, ainsi que le droit  à l’orientation sexuelle, soit d’être homosexuel ou gai.  On a changé de nom pour que l’idée passe plus facilement…

Ça explique exactement ce qui se passe aujourd’hui : on cherche ce qui nous a échappé dans cette libération, oubliant que notre manque d’identité nous a emprisonnés dans des contradictions politiques qui finissent par nous mettre dans la figure notre manque de courage. 

On doit retrouver les racines qui nous identifient, nous unifient, nous donnent une personnalité.  Certaines femmes encore plus esclaves de la morale sexuelle d’antan règlent le problème en se jetant dans les bras d’une religion encore plus exigeante et sexiste, comme par masochisme.  Elles deviennent musulmanes pour mieux cacher leur honte d’être sexuées.  Elles se cachent derrière un voile qui cache ce mauvais corps qu’on ne saurait voir. 

Ce n’est pas étonnant, puisque la majorité des femmes sont déjà prisonnières de la mode, donc, soumises au regard de l’autre.  Cette religion qui veut dominer le monde se fait un devoir d’être vécue sans changer un iota par rapport à ses débuts, ce qui la rend encore plus déphasée.  Mais, elle offre la sécurité sous forme d’immobilisme et dans une structure où la femme est moins que rien, mais où la « vérité » est éternelle et immuable. 

L’histoire est une réalité, surtout depuis l’invention de l’écriture qui contredit cet immobilisme de la pensée.   

Pour le reste, on devient de plus en plus des Américains d’Hollywood, donc matérialistes, hypocrites, insensibles à la violence.  Le profit est le nouveau dieu parce qu’il procure la puissance et le pouvoir.  Et derrière le besoin d’échapper à notre vide, on cultive une passion pour les drogues et la violence parce qu’elle est une source intarissable de profits.  Une consommation assurée.  Un gouffre sans fond. Ionesco est un prophète moderne.

Avec les nouvelles lois pour gérer l’ancienne peur sexuelle qui persiste à travers les nouvelles féministes réactionnaires, les féminounes, on se retrouve dans une forme d’Inquisition qui fera son temps : le temps « Bush ».   La base fondamentale de cette situation grotesque est notre éducation.  Le besoin de bien paraître et de s’élever dans l’échelle sociale à tout prix. La surconsommation par le jugement des autres est une nouvelle religion portée par les médias de communication. 

Nous nous cherchons, mais nous sommes trop paresseux pour penser par nous-mêmes, donc, nous cherchons de nouveaux gourous à travers les journaux. 

Je pense que j’aurais fait un excellent curé.  Non seulement j’ai les doigts longs et agiles ; je suis un adepte inconditionnel de la communion à travers les générations ; et, j’ai un petit côté doctrinaire qui m’agace.  Il ne me manque que ma montagne puisqu’on veut déménager le mont Orford dans le comté de Johnson. Il faudra penser d’y ajouter des abris pour que les piétons puissent s’y rendre, surtout si on décide de construire un casino entre la montagne et la pointe Merry qu’on pourrait appeler « le Christmas», où règnerait la liberté de jouir de la vie et se souhaiter un «Merry Christmas», même durant le congé de Pâques. 

En dehors des griffes de la police casquée du fédéral, on pourrait recommencer à rêver d’avoir du plaisir à vivre.  Et, si on ajoute toutes les fêtes religieuses comprises dans le nouveau programme scolaire, on pourrait vivre de fête en fête à tous les jours de l’année ou presque. Est-ce une société des loisirs en perspectives?  J’opte pour les jeux favoris de mon enfance.  La flûte de Pan, surtout …!

Chez les trafiquants.

La rencontre de l’après-midi avait atteint sa cible.  Le soir, on m’amena dans le groupe auquel David appartenait.  Couché tôt, quelques filles sont venues presque nues pour tirer un joint avec moi.  Ça ne me tentait pas, je préférais dormir.  Si ça avait été de jeunes garçons, j’aurais certainement été plus sensible à leur démarche et on aurait certes pu s’entendre quant aux échanges à compléter. 

Le lendemain matin, à mon réveil, j’entendis des filles discuter de moi.  Elles partageaient leur inquiétude avec des gars, affirmant qu’elles n’avaient jamais vu un gars refuser les avances de filles qui se présentaient presque nues dans son lit et lui offraient de passer la nuit ensemble.  Comment et pourquoi pouvais-je demeurer insensible à leurs charmes? , se demandaient-elles.  Elles finirent par convaincre celui qui semblait être le chef du gang.  Il sortit un revolver qu’il plaça sur la table, affirmant qu’il saurait bien trouver.   » Si c’est un policier, il va regretter d’avoir mis le nez ici. »

Puis, une des jeunes filles se rendit dans la chambre voisine où une autre jeune fille demandait ce qui se passait et pourquoi on parlait avec autant de colère.  Les deux revinrent à la cuisine, où je fis mon apparition quelques minutes plus tard.  Dès que j’apparus dans le porche, celle que j’avais rencontrée l’après-midi d’avant se mit à rire.  Tout le monde se demandait bien pourquoi elle trouvait la situation aussi hilarante.  Elle s’exclama : «Pépé !  Voyons, c’est Pépé ! Ce n’est pas un flic, c’est un ami de David.  S’il n’a pas couché avec vous, c’est simplement parce qu’il était fatigué, mais surtout, j’imagine, parce qu’il aime les garçons. ».

Sa révélation calma le jeu, mais ce fut à mon tour de leur reprocher que personne ne se soit rendu en prison pour visiter David. On m’expliqua qu’une telle visite pouvait mettre tout le monde en danger.  Puis, on me dit comment l’incident était survenu : David avait consommé avec des amis quand la police arriva et décida de les fouiller.  Elle trouva un peu de drogue et un  » jack knife » sur David, mais l’officier n’arrivait pas à le faire fonctionner.  David, toujours baveux, en riant du policier, lui a demandé de lui prêter et il le lui fit claquer au nez d’un coup de doigt. Ce qui lui valut trois mois de prison.  Personne n’y allait, car ça mettrait le groupe en danger. «La filature, ça existe me fit-on remarquer». 

Je ne suis pas un bandit, un vendeur de dope ou rien de ce qui peut être illégal, sauf mes amours, donc, je ne peux pas comprendre d’instinct ces mécanismes de gang.  Mon ami était en prison, je me devais de l’aider, lui, seul, dans une province où tout le monde parle une autre langue et déteste les francophones.  C’était tout ce que j’avais pensé.  

Plus tard, je me suis bien amusé avec le jeune Gerry qui pissait dans son froc juste à l’idée d’avoir un pédéraste qui s’intéressait à lui.  Mais, j’avais le moyen pour l’intéresser.   Après avoir fumé abondamment, avoir ri comme des fous en regardant des bandes dessinées, nous avons décidé de gager.  Inutile de préciser ce que fut l’enjeu.  Il fallait se rendre voir le film « The Exorcist », le plus gelé possible et trouver quelque chose qui soit encore plus épeurant.  Nous avons fait l’exercice ensemble. 

Au retour, j’ai proposé l’histoire suivante : un gang de gars gelés avec une once de pot dans leur poche se rendent voir ce film qui a rendu presque tout le monde fou de peur.  Pendant le spectacle au lieu d’avoir peur, les gars se mettent à rire sans pouvoir s’arrêter ; mais ils ont repéré, par leur attitude, des policiers en civil sont assis juste derrière eux. 

J’ai remporté le concours.  Je devais retourner à Dawson Creek, mais j’avais pu un sou.   

Radioactif 367

mai 6, 2022

Radioactif  367

Texte de 2008

Bob Ray : Vrai chef libéral !

En visitant l’Ouest canadien, j’ai compris que les gens de cette région du pays confondaient «l’Est du pays » avec le Québec.  C’est plus facile de détester un territoire français que de se rendre compte que les finances, c’est à Toronto que ça se passe… 

Le Canada n’existe que pour des raisons économiques.  Les gens de l’Ouest prétendaient, comme nous du Québec, ne rien recevoir du fédéral, mais pensaient-ils, c’était à cause du Québec qui faisait chanter le pays avec sa séparation.  L’Ouest n’a jamais compris que la province qui détermine qui sera le prochain gouvernement du Canada, c’est l’Ontario. 

Le BC ressemble beaucoup au Québec sur le plan économique.  Il a le même défaut que nous : il met tous ses œufs dans le même panier : les USA.  Quant à l’Alberta et les provinces du Centre, la vraie terre promise de Stephen Harper, sa richesse tient aux pétrolières.  Quant à la mentalité, ces derniers sont aussi reculés moralement que les Américains coincés dans la Bible et les pantalons d’Israël. La vraie politique internationale des Conservateurs : lécher le cul des Américains de Bush. 

Grâce à cette ignorance, les libéraux ont été maintenus au pouvoir pendant des décennies parce que l’Ontario votait presque exclusivement libéral.  Pas étonnant que le tata Bob Ray ait fait le saut du NPD au parti libéral.  Dion est tellement faible qu’on pourrait croire qu’il vient de subir une lobotomie.  Maintenant, la partie « langage du cerveau » est déjà complètement envahie par Bob Ray.   Le vrai chef libéral s’en vient au parlement. 

Ignatief devra se contenter d’avoir un sourire de professeur d’université dans les photos du couple à trois.  C’est déjà commencé : qui a parlé du Kosovo pour les libéraux : Boy Ray.  C’est déjà lui le vrai chef libéral parce qu’on pense qu’il redonnera le vote libéral en Ontario.  Si l’Ontario a oublié comment il fut un piètre premier ministre de cette province, pas nous. 

Par ailleurs, Stephen Harper n’a qu’un seul pouvoir : l’absence des autres.  Que restera-t-il du G8 alors que la Russie se range de plus en plus du côté de la Chine et que la Serbie est devenue une nouvelle pomme de discorde pour faire oublier ce qui se passe au Moyen-Orient ?   Reviendrons-nous très bientôt au G7 et à la guerre froide ?  Qu’attend le Québec pour demander de faire partie, seul s‘il le faut, au marché européen, si le Canada ne le fait pas ? 

Au Québec, au lieu de parler du sort du français, on nous endort avec un concours à savoir qui a mieux fourré le peuple québécois.  Charest court vers une réélection, faute d’opposition intelligente.

Se masturber…

J’ai reçu une note ce matin d’une poète qui dit qu’employer les termes  » se masturbent  » n’est pas très poétique.  Je me suis permis la réponse suivante :    

« Je me permets quelques réflexions sur votre message dénonçant l’emploi du mot « masturber ».  Je ne veux surtout pas vous choquer, mais je veux vous donner mon point de vue. 

Quand j’étais jeune, je me souviens que le plus grand problème était la censure concernant tout ce qui était sexuel.  La religion nous empêchait non seulement de vivre le plaisir de jouer un peu avec notre petit zizi, mais il ne fallait même pas en parler et y penser.  Trop de scrupule, c’est très près de la paranoïa et surtout de la psychose. 

Nous utilisions aussi d’autres termes pour identifier nos plaisirs : se masturber, c’était se crosser; faire une fellation, c’était se sucer ; faire l’amour, c’était fourrer.  Comment aimer un mot scientifique comme « scrotum » quand l’emploie de poche est bien plus poétique.

Ces mots ont été décrétés grivois (les interdits de la morale sexuelle sont toujours des gestes religieux et bourgeois) et ils ont été remplacés par des mots que l’on disait plus justes parce que plus scientifiques. 

Ces mots devaient probablement procurer moins de plaisir, ou du moins, moins de fou-rire chez les jeunes dont il fallait sauver les oreilles.  Mais nous, les jeunes nous ne comprenions plus de quoi on parlait et on est demeuré niaiseux et infantilisé parce que les adultes étaient devenus tellement scrupuleux qu’ils avaient même peur des mots parce qu’ils avaient honte de la chose la plus naturelle et la plus normale chez tout être humain : sa sexualité. 

Je n’arrive pas à comprendre qu’on attache plus d’importance à la sexualité des jeunes alors qu’il y a encore autant de violence, de jeunes qui servent de chair à canon  ou de bras sous-payés dans des usines partout à travers le monde ou qui meurent tout simplement de faim ou d’un manque de médicaments.  Y a quelque chose de très fou là-dedans. 

Je vous remercie de m’avoir permis d’exprimer mon point de vue et de commencer à trouver un petit côté poétique dans le « geste ».  Soit dit en passant le poème qui accompagne votre note est très beau.  J’espère que je ne vous ai pas choquée, ce n’est pas mon intention.  Je crois qu’il y a des batailles plus importantes que la morale bourgeoise dans le monde actuel. La morale sexuelle est une forme insidieuse d’aliénation, basée sur la peur du sexe par les féminounes».

Spleen.

Mon intérêt pour l’écriture s’amenuise un  peu plus chaque jour.  Tout est devenu ridicule à cause de la censure.  Il faut être de droite et porter une robe pour intéresser les éditeurs.  Nous sommes sous une dictature féminoune

Tu écris ce que tu veux, me direz-vous.  C’est vrai, sur ce blog, mais pour qui et pourquoi.  Je ne ressens plus la foi que nous avions dans le pouvoir des mots quand j’ai inventé   » la poésie de jet « , même les poètes se prennent pour d’autres et s’imaginent jouer un rôle essentiel dans la vie des nations. 

La poésie n’est ni vertueuse, ni sacrilège, elle est une expression, une manière de dire les choses.  Les croisades de la vertu triturent les mots et nous étouffent.  Nous sommes à l’aube d’une grande crise économique mondiale. 

L’avarice des maîtres qui nous prive d’humanisme fera en sorte que tout va éclater… pour recommencer. Je préfère la liberté, mais on nous a tellement conditionné que même la liberté semble un mot suspect..  Même le ciel est contre nous, il pleut tellement qu’on ne peut même plus aller prendre une marche…


Le curé-police


Au début, tout allait bien à Dawson Creek, la porte du Yukon.  Je regardais la route en me demandant si un jour je pourrai me rendre encore plus au Nord.  Autant que je me rappelle, les cours étaient intéressants et les jeunes garçons, pensionnaires comme moi, étaient beaux et motivants.  Rien de plus captivant que de faire la cour, même si la cible semble être un agace-pissette.  La séduction est un art difficile, surtout quand t’es limité dans l’argent. 

Dawson avait aussi un autre avantage : une piscine publique.  Quel plaisir que de jouer dans l’eau avec les petits autochtones qui n’ont pas encore à avoir peur de tout ce qui est différent.  L’atmosphère est souvent plus importante que le résultat.  La vie est la seconde qui passe

J’étais arrivé à me créer tout un réseau de petits amis tant à la piscine qu’à l’école.  Il y avait parmi nous un curé protestant.  C’était l’aîné.  Je le soupçonnais d’être un indicateur de la police, car il essayait toujours d’avoir plus de détails sur tel ou tel garçon, surtout ceux qui avaient découvert les vertus de la marijuana. 

Un soir, au restaurant, j’ai poussé le curé à se choquer en lui demandant devant tous pourquoi il avait tant d’intérêt pour les jeunes.  Les aimait-il en secret?  Était-il gai?  Le pauvre curé pataugeait d’une réponse à l’autre.  C’était d’autant plus drôle que l’un des jeunes m’avait déjà servi de flûte à bec et l’avait raconté à presque tous ses camarades. 

Tous savaient que le curé n’était pas gai et trouvaient hallucinant de le voir s’emporter ainsi.  

Il confirmait de facto que le sexe n’était pas sa principale préoccupation, mais la mari. 

Je l’ai dénoncé parce que je ne voulais pas qu’un seul de ses jeunes ait des problèmes judiciaires.  Le pauvre curé venait juste de perdre la confiance du groupe et ça me confirmait que souvent les prêtres servent les fins de la police. 

La reconnaissance de mes petits camarades s’est traduite par d’autres concerts de flûte à bec.  C’est fou comme l’amour de la musique a crû dans le groupe.  Je n’avais pas que les lèvres chaudes, le bon coup de patin de la langue et la vitesse pour les garrocher au nirvana ; mais j’étais aussi un très bon chef d’orchestre. Je savais aussi jouer de la «bayette»…pour ceux qui avaient l’âme trop peureuse quoique le ciel est un grand concert qu’il faut préparer sur terre.

Radioactif 366

mai 5, 2022

Radioactif 366

Texte de 2008

San Francisco

Quand nous sommes revenus du Mexique, David a commencé à être sérieusement malade.  Nous nous sommes présentés dans un centre chrétien, un Jesus Save, pour manger et dormir.  J’étais furieux non pas parce qu’il fallait absolument prendre une douche, même si David suait de fièvre ; mais parce qu’un des membres du personnel se servait de cette consigne pour se rincer l’oeil d’une façon impudique. 

Qu’il veuille nous voir nus, pas de problème, mais sans avoir l’air d’être un voyeur compulsif.  Le lendemain, ce même monsieur refusa que David reste pour la journée afin de se soigner.  Nous sommes partis et fort heureusement, grâce à la carte d’assurance- maladie du Québec, David a pu être soigné dans un hôpital de San Francisco.  Il souffrait de la tourista.  

Je ne sais comment, il se déverrouilla intérieurement,  mais il m’a annoncé qu’il avait rencontré quelqu’un avec qui il irait vivre durant quelques jours.  Quand on s’ouvre un peu l’esprit, les réticences morales disparaissent et nous permettent de vivre bien plus heureux.  

Je suis donc parti seul pour les champs de coton, mais je n’ai pas trouvé d’emploi et je suis retourné à San Francisco.  Une ville formidable

Je me suis installé chez un homme qui recevait des touristes gais, grâce à la réputation des Québécois dans cette ville.  

San Francisco est une très belle ville et pour lui donner un peu plus de cachet, je suis arrivé nez-à-nez avec une parade du nouvel an chinois, le jour même de mon anniversaire de naissance.   Je me suis aussi rendu à l’université Berkeley où j’ai pu constater que la bibliothèque avait une copie de mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est. 

C’est aussi à ce moment que j’ai appris que mon père, Émile, avait subi une crise cardiaque et qu’on avait peur pour sa vie.  Il était à l’hôpital.  Je ne pouvais pas retourner assez vite pour le voir si ça tournait mal, car je n’avais plus assez d’argent pour prendre l’avion. 

J’ai constaté, pour la première fois de ma vie peut-être, jusqu’à quel point je l’aimais.  J’aurais voulu lui dire, mais c’était impossible.  Aujourd’hui,  je déplore énormément le fait que l’on rencontre souvent des gens que l’on aime bien, on vit quelques années en leur compagnie, puis la vie nous sépare et la première chose qu’on sait elles sont mortes.  L’amitié est certainement la chose la plus importante dans notre vie, après nos enfants.  Il faut savoir profiter de leur présence,  car personne n’est éternel. 

Je suis revenu à Vancouver en autobus, après avoir subi aussi les affres de la tourista.  Plutôt que de mourir de peur, je me suis amusé à me voir un grand écrivain succombé envahi par la fièvre des mots, mourant assis sur une toilette.  J’ai monté les escaliers en rampant, tant j’avais mal au ventre, puis, sur le bol de toilette, je me suis mis à écrire un long texte que je voulais drôle.  J’ai aussi terminé un poème, en annonçant la fin du président Nixon, car j’avais à travers les brises découvert l’existence du prochain Watergate.   Idiotement, je finissais mon poème en disant : Monsieur le président, il est temps que vous mourriez. On n’est pas toujours très brillant dans sa façon d’écrire.  C’est mon cas. Tel que rédigé, j’aurais pu être arrêté, pour le moins interrogé et peut-être incarcéré, parce que je parlais de Watergate comme d’un attentat.

J’aurais peut-être été mieux d’attendre d’avoir moins la fièvre pour trouver les bons mots.  Mais, bonne nouvelle, l’écriture redevenait le centre de ma vie.  Je ne sais pas pourquoi j’attache autant d’importance à l’écriture. 

Un moyen de parler dans le vide ? Ou de se donner l’impression de vivre.

Retour à Vancouver.       

Avec le retour à Vancouver, c’était aussi faire face à la réalité de notre société : pas d’argent, pas de plaisir, une survie parfois difficile.  On nous apprend vite que plus tu es instruit, plus tu as de chance de t’en sortir ; si tu as un bon emploi, garde-le, car les gens qui font les lois sont tous très bien payés et trop trous- de-cul pour se rendre compte qu’ils font leur argent en épluchant les plus pauvres. 

Plus les professionnels s’engraissent, plus leur solidarité ressemble à une mafia ou une dictature ; plus le coût de la vie augmente et plus le monde de la classe moyenne s’appauvrit… la valeur ajoutée … le pouvoir d’achat …  Qui touche les plus grandes exemptions d’impôts : les multinationales. 

Les pauvres ne servent qu’à engraisser les riches.  Je devais travailler, mais le travail est en contradiction directe avec la liberté d’aller traîner dans les bars.  Le plaisir a aussi ses limites.  Il me prend souvent le goût d’être responsable et utile à la société, même si je suis pédéraste

Un soir, en prenant une petite bière avec un groupe de jeunes venus du Québec, j’ai eu le malheur de proclamer les grandes vérités qui me sautaient à la figure à la suite de mon voyage au Mexique. « Le vrai bonheur, c’est la solidarité entre les gens plus que la richesse.  Par contre, nous sommes peut-être des révolutionnaires, mais nous sommes surtout des bébés gâtés. La pauvreté au Québec ou au Canada, on ne connaît pas ça dans le rang des révolutionnaires.  La vraie pauvreté, ce sont les enfants autochtones ou les gens dans la rue qui la vive.  Ces gens qui n’arrivent pas à obtenir les services promis par nos gouvernements pour faire croire qu’ils sont attentifs aux besoins du peuple.  On les élimine des programmes avec des règles bourgeoises. 

Pendant que les gens crèvent dans la rue, sans le minimum, nos gouvernements donnent des subventions aux plus riches à coups de millions.  Pas besoin d’être marxiste pour constater cet état de fait. 

La révolution, finalement, c’est de permettre à tous de pouvoir partager, même le bonheur.  Et, le bonheur est totalement individuel et particulier.  La seule vraie révolution, ce sont les droits de l’homme. 

Les dirigeants politiques, économiques, judiciaires ou religieux ne pensent qu’à leurs petits intérêts mesquins.  Et, ce sont pour ces intérêts qu’ils se font protéger par les autres, ce qui nous mène aux guerres. 

La révolution tu ne peux pas la faire en dehors de chez toi.  La vraie révolution ne peut pas utiliser la violence parce que c’est une spirale à laquelle personne n’échappe.   La révolution ne s’exporte pas ; à l’étranger, tu n’as pas la même langue, donc, tu peux difficilement comprendre ce que ressentent les gens.  Ensuite, parce que par ta culture, tu n’attaches pas les mêmes valeurs aux mêmes choses. 

Chez les pauvres, la solidarité est essentielle à la survie.  C’est une valeur fondamentale.  Elle permet d’être heureux, même si tu n’as rien dans les poches.  Tu dois tout partager pour survivre.  La solidarité des pauvres repose sur l’égalité des êtres.  Il n’y a plus de races, d’orientation sexuelle, de fins ou de fous; il n’y a que des êtres qui se battent pour survivre. 

On ne peut pas faire l’indépendance du Québec seulement pour des raisons financières.  Dans le pire des cas, on est encore mieux que dans bien des pays du monde au complet.  On doit la faire pour des valeurs uniques à nous, pour permettre de mieux vivre, pour être plus libre. 

La révolution, pour moi, se définissait de plus en plus à trouver le meilleur de tout ce qui se fait partout dans le monde pour l’Importer au Québec et l’appliquer, même encore mieux qu’ailleurs.  La révolution, c’était de faire du Québec un paradis terrestre. 

La révolution, c’était améliorer le sort de tous les Québécois, leur donner une chance de vivre heureux, selon leurs critères de bonheur ; n’importe quoi, sauf la violence.  

Je n’avais pas fini ma très profonde réflexion sur la révolution moderne qu’un des jeunes à ma table m’a sauté dessus, car pour lui, prétendre qu’on était des bébés gâtés comparativement aux gens du Mexique, c’était une aberration.  J’étais devenu un traître.  La censure philosophique existe autant à gauche qu’à droite.  On se fait autant laver la cervelle d’un bord que de l’autre.  La révolution, c’est  de s’ouvrir l’esprit

Aujourd’hui, personne n’accepte ma position sur la sexualité et pourtant, elle ne fait que correspondre à la réalité humaine

Un jour, on sera d’accord avec ma façon de l’aborder, car les règles actuelles nous viennent de la religion et de la bourgeoisie.  Deux choses qui se transformeront ou qui disparaîtront. 

On est rendu tellement bourgeois que l’on se refuse les éclats de rire dès qu’il est question de sexe.  On oublie que le seul maître de ton corps et de ton esprit, c’est toi, et personne d’autre.    

Prince Rupert

Nous vivons dans un monde fou, fou, fou.  «Instruisez-vous, vous aurez plus facilement du travail.» C’est ce qu’on nous dit tous les jours pour nous inciter à aller chercher le plus de diplômes possible. Pourtant, ma candidature pour travailler n’importe où, dans n’importe quoi, dès que ça payait, soulevait des doutes chez les fonctionnaires. 

On me refusait en disant :  » il est impensable qu’un gars qui fut journaliste accepte de travailler dans une usine ou dans une mine. Ça cache sûrement quelque chose. »  C’était totalement idiot parce que pour m’en sortir, j’ai travaillé comme bûcheron, briqueteur, dans une usine de jouets, la construction, le ménage dans un sauna gai, le déménagement, la vente, les sondages, et même desserveur dans des clubs.  Il n’y a pas de sots métiers.  Tout ce que je voulais c’est un endroit qui nous respecte et qui paye assez bien. 

Je ne me suis jamais permis de refuser une offre d’emploi et j’ai toujours été reconnu comme un bon travaillant … J’aime travailler comme j’adore écrire.  Non seulement travailler ça passe le temps, ça permet d’avoir de l’argent pour se payer une petite bouteille de vin les fins de semaine et surtout, ça nous donne une raison de vivre.  C’est moins stimulant que d’avoir des enfants, mais ça me suffisait pour l’instant. 

Le plus important, c’est d’être fier de ta vie, de t’accepter comme tu es. 

Malgré ces frustrations, je suis parti pour Prince Rupert parce qu’on cherchait des travailleurs généraux. 

En route, j’ai remarqué la présence d’un petit gars qui accompagnait un vieux monsieur. Cette petite beauté me reluquait sporadiquement.  Je devais avoir un beau sourire puisqu’il a quitté son compagnon qui me semblait très intéressé par sa petite flûte à bec pour venir s’installer dans mon banc. 

Comme un ange, il s’est installé près de moi.  Il n’a pas perdu de temps et m’a vite fait comprendre que ce changement était un acte d’espérance dans le « ose » qu’il m’avait lu au front.  J’ai immédiatement embrayé dans les sillons de la charité et je lui ai démontré que j’étais bien un des rois de la pipe.  Ce fut assez agréable pour qu’il m’invite à m’installer chez lui, mais mon horaire en avait décidé tout autrement. 

Puisqu’on ne voulait pas m’embaucher dans les postes ouverts à Prince Rupert, j’ai accepté de me rendre à Dawson Creek pour apprendre la cuisine dans une école de métiers. 

Au moins, j’étais payé et je ferais ce que j’avais souvent voulu faire : apprendre la cuisine. C’est quand même mieux que rien. 

4 mai 2022

On m’a aussi refusé un  emploi comme enseignant parce que j’avais trop de diplômes.  Aujourd’hui, on manque de professeurs et on engage des gens qui ne connaissent rien à l’enseignement. J’ai enseigné 15 ans sans la lueur d’une dénonciation contre moi pour des raisons sexuelles.

On a bien trop peur de la sexualité pour rien. Les gars détestent l’atmosphère scrupuleuse de nos écoles.  On ne peut même pas faire une farce sans que les profs deviennent fous.

À partir de 12 ans, pour la plupart, tu sais ce que tu veux et les adultes seraient renversés s’ils savaient la vérité, à savoir que bien des jeunes savent mieux « cruiser » que bien des adultes. Il n’y a que les adultes et leur perversité qui se demandent si leurs enfants ont des pensées ou relations sexuelles avec leurs petits camarades, d’où la loi idiote d’interdire une relation sexuelle entre des jeunes d’âges différents. Une débilité conservatrice et maintenue par les libéraux.

La sexualité prend de l’importance au fur et à mesure que ton corps change et devient celui d’un homme. Ta première éjaculation est un événement fabuleux ou désespérément angoissant parce que tu ne comprends pas pourquoi ce qui t’arrive. Le silence sur la sexualité est un poison pour la majorité des garçons et des filles qui sont assez intelligents pour voir qu’il se passe quelque chose de différent dans leur vie.

Radioactif 365

mai 4, 2022

Radioactif  365

Texte de 2008

L’intelligence mexicaine.

Après Mexico, nous avons pris l’autobus pour Guadalajara.  Je n’avais jamais vu de routes longer ainsi les montagnes et nous donner autant l’impression qu’on va sauter dans le précipice.  Tout un chauffeur ! 

Un autre fait surprenant était de voir les gens se promener avec leurs animaux dans les autobus.  Puis, ce fut Puerto Vallarta.  La mer, la beauté et les petits gars qui commencent à tourner autour de moi comme dans une parade de mode qui m’était spécialement dédiée.  

Avec ce qui s’était passé à Tijuana, David refusait de vivre toute cette liberté.  Il était même devenu paranoïaque.  Ça ne faisait pas tellement mon affaire parce qu’avec autant de beauté, j’aurais voulu me noyer davantage dans l’euphorie des petits Mexicains.  Si cette fascination n’était pas arrivée, je me demande encore si j’aurais même su qu’il y a la mer à Puerto Vallarta. 

Pour David, plus on était à l’intérieur de l’hôtel, plus on était en sécurité.  Malgré mon espagnol plus que déficient, je me suis permis de me rendre aux toilettes pour constater avec stupéfactions trois petits sourires qui m’offraient de voir ce dont rêve tout pédéraste : Un voyage culturel appelé « constater sur place ».

Ces petites tentations vivantes m’ont entraîné jusqu’au bord de la mer où un groupe de petits gars s’amusaient à plonger et me ramener des crustacés qu’ils m’offraient avec leurs sourires et beaucoup de délicatesse.  Je n’arrivais pas à communiquer avec eux, malgré mes quelques mois d’apprentissage de l’espagnol au cégep de Sherbrooke.  Puis, ils m’ont amené à leurs parents ou du moins ce que j’ai pensé être leurs parents.  C’était la foire sur la plage. 

J’ai voulu essayer de remettre les pendules à l’heure avec un «faltudo dinero»  (je n’ai pas d’argent).  Puis, une réponse sembla quand même les rassurer quand ils me demandèrent : « Tu ères Gringo ? (Es-tu Américain ?)» qui fut suivi immédiatement avec beaucoup d’expression de ma part : « No. No. Francès!  De Québec ! Révolution ! » J’avais la certitude que tous les Mexicains étaient des travailleurs de la révolution.  

Au début, je croyais me mêler à leur révolution pour savoir comment on fait ça; mais j’ai vite préféré la jouissance à la célébrité.  Le message doit quand même être passé puisque ceux qui étaient partis revinrent avec un quarante onces de boisson.  Même si j’ai fait attention, pour ne pas déplaire et profiter de la présence des petits gars, je me suis mis à boire avec eux.  Ce fut une soirée extraordinaire. 

J’étais ravi de cette visite au Mexique d’autant plus fasciné que je me croyais en présence des parents de ces petits gars. Plutôt que de paranoïer comme nos bourgeoises féminounes, ils prenaient très clairement plaisir à me voir regarder avec admiration leurs jeunes s’amuser devant moi, peut-être même un peu trop pour moi, car ils semblaient attacher beaucoup d’importance à mes regards. Si tous les parents se comportaient ainsi, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter de la santé sexuelle des jeunes.  Les relations ne pourraient jamais être violentes parce qu’il y a un frustré dans la place.  Ils étaient assez intelligents pour ne pas voir de mal là où il n’y en a pas. 

Le lendemain, je voulais aller voir un film.  Le maître d’hôtel m’informa que tous les films à l’affiche étaient américains. J’ai pris plaisir à lui faire comprendre que si j’étais venu au Mexique ce n’était pas pour voir des productions américaines. 

Je ne serai jamais, à nouveau, assez riche pour y retourner et ça me chagrine beaucoup.  Quoique la folie de la peur des touristes sexuels est comme un cancer ça se répand dans toutes les têtes saines qui voyagent autour du monde, alors peut-être que les Mexicains en seront atteints ? 

Quand nous sommes remontés en Californie, un autre voyageur me fit la leçon et essaya de me faire comprendre que c’est le moyen utilisé habituellement pour nous faire les poches.  Je n’étais absolument pas d’accord.  Ils étaient trop gentils pour avoir réellement voulu me voler. 

Un Mexicain qui écoutait la conversation, lors d’un arrêt, s’empressa d’aller chercher de la tequila pour me féliciter de mon amour des petits Mexicains.  Il me confia que les parents avaient probablement réagi ainsi à cause de l’attention que je portais pour leurs petits gars, car , au Mexique , le plus grand compliment que tu peux leur faire c’est de savourer la présence de leurs enfants.  Ils n’avaient pas encore le cerveau brûlé par la peur bourgeoise des prédateurs sexuels.  J’étais déjà un Mexicain. 

D’ailleurs, je crois que la plus grande révolution à venir sera de pouvoir s’installer dans le pays qui nous conviendra le mieux et qui saura offrir une vie selon nos valeurs.  Pour le moment, il y a surpopulation et on juge les gens selon leur portefeuille ou leur excès de pudeur religieuse.

Un jour on reconnaîtra que toute passion non-violente est une richesse.  Peut- être voyagerons-nous pour connaître des aventures amoureuses avec des représentants de tous les pays du monde ?  Quand cela arrivera, l’homme aura enfin compris que l’Homme est la plus belle des créations. Physiquement, s’il est jeune,  et intellectuellement, s’il est plus âgé.  

J’aimerais vivre cette liberté, mais je suis trop vieux. Je peux seulement affirmer que ce sera le plus beau cadeau que l’on fera à l’humanité que de se débarrasser de l’Inquisition sexuelle.      
  

Québec français.

Vive le pays du Québec!  Avec cette fois Mme Marois, c’est reparti : on peut recommencer à rêver qu’un jour le Québec sera un pays francophone.  Parler français, c’est le premier argument pour vouloir un pays qui soit bien à nous, dans lequel on se retrouve. 

Il faut en toute priorité assurer l’avenir du français au Québec.  La situation risque de devenir à nouveau très explosive quand la Cour Suprême se prononcera quant au droit de choisir son école (la loi 104).  Ça risque fort d’être la goutte qui fait déborder le vase.  Faudra-t-il pour riposter déclarer l’unilinguisme français au Québec ?  Nous ramener à la guerre linguistique ?  Si la Cour nous ramène au libre choix de l’école, il faudra revenir aux manifestations de masse et prouver que cette fois on ne nous passera pas sur le corps sans rien dire.  Il faudra cesser de blâmer les autres et avoir le courage de se séparer du Canada. 

Par contre, je demeure toujours d’avis qu’un Québec indépendant devra être un Québec tolérant ; mais encore pour l’être faut-il être un pays. 

Si la Cour veut nous ramener en arrière, à l’époque de l’assimilation, il faudra choisir, si on veut survivre ou disparaître.  Et, l’indépendance deviendra le seul moyen de non seulement survivre, mais de s’émanciper.  Il faudra poser des gestes urgents pour ne pas dire désespérés afin d’assurer la survie future du français au Québec.  Ce n’est certainement pas la politique de l’ADQ (pour qui le choix de la langue a moins d’importance que la qualité de la main-d’œuvre)   ou celle du parti libéral  (plus t’es riche, plus tu es un immigrant intéressant)  qui garantira le français comme langue majoritaire chez-nous. 

Le français doit être un prérequis pour s’installer au Québec et tous les immigrants qui désirent s’installer chez-nous doivent le savoir.  Attendrons-nous qu’il soit trop tard ?  Savons-nous assez compter pour comprendre qu’au fédéral, on a plus de poids politique?  Il n’y a pas que l’économie qui compte, même si c’est la colonne vertébrale. 

Quand le Québec n’aura plus à craindre son assimilation linguistique, nous saurons vivre en harmonie, être heureux et recevoir avec plaisir tous ceux qui nous aurons choisi. 

Ce ne sont pas les immigrants qui créent un problème, c’est nous qui refusons de nous prendre en main.  On n’est jamais allé au fond des choses.         
Les fédérastes.

Le vote fédéral est d’une certaine façon redevenu un vote de protestation inutile et insignifiant, c’est -à-dire que pour ne pas se le faire voler, on vote Bloc ou Rhino automatiquement.  Auparavant, tant qu’on pouvait croire détenir un minimum de pouvoir, ça avait un certain sens.  Mais, aujourd’hui, Bloc et NPD confondus, ça ne veut rien dire.  Tout se passe entre les Conservateurs et les Libéraux, comme aux États-Unis entre les Républicains (unis) et les Démocrates (s’entre-déchirant). 

Par contre, ici, l’absence de couilles des libéraux font des conservateurs, un parti majoritaire, poigné aux commandes du Canada, jusqu’en 2009. 

Comment voter pour un nouveau gouvernement quand le parti de l’Opposition ne se respecte pas assez pour défaire le gouvernement au pouvoir même si celui-ci passe des lois complètement contraires à ses principes ?  Même le Bloc  et le NPD (qui en a proposé le compromis) ont été assez stupides pour voter en faveur d’une loi qui finit par faire grimper l’âge de consentement sexuel à 16 ans, avec toutes sortes de nouvelles règles qui font en sorte que les jeunes d’aujourd’hui auront deux ceintures de chasteté plutôt qu’une. 

Un recul dans l’évolution des mœurs parce que le Bloc québécois est devenu un parti comme les autres.  Même la censure passe par la porte de derrière. Un peu trop bourgeois pour comprendre le « pauvre peuple ».

Ce soir, on saura si Stéphane Dion devra céder sa place à son concurrent, l’ancien premier ministre NPD de l’Ontario, M. Bob Ray, dont les ambitions ressemblent à Paul Martin quand le baveux de Shawinigan était au pouvoir.  Je vais bientôt lire sa biographie au risque d’en devenir un fan…ah ! ah !

Bob Ray ne semble pas se soucier d’enterrer les Libéraux pourvu qu’il accède bientôt au siège réservé jusqu’ici au père de la loi de la CLARTÉ.  Il peut être trou-de-cul qu’envers les Québécois.  Y a toujours un petit quelque chose qui fait qu’on se fait leurrer, laver, lessiver par les politiciens.  Les peuples sont sous hypnose.  Trop de gaz nocifs dans l’atmosphère.  C’est pour ça que la politique, ça ne vaut pas grand-chose.           


Radioactif 364

mai 3, 2022

Radioactif  364

Texte de 2008

Les jeunes Mexicains sont beaux.

Si je me rappelle bien, j’avais rencontré David sur le pouce et nous nous étions vite liés d’amitiés.  Ce n’est pas facile de voyager sur le pouce avec quelqu’un.  Il faut une certaine forme de complicité, comme dans la vie.  Nous recherchions tous les deux : le plaisir

L’amitié est certes le cadeau le plus important que la vie puisse nous apporter. David en était un. Il demeurait à Montréal et son plus grand rêve était de se rendre vivre avec les Indiens du Mexique.  Il disait qu’il suffisait d’avoir une image d’une certaine Vierge, accrochée au chapeau, pour que ces autochtones nous acceptent comme frères.  Il avait les pièces nécessaires, il ne nous restait plus qu’à se rendre au Mexique. 

Dès que nous avons eu l’argent nécessaire, on s’est embarqué, en autobus, pour Mexico.  Quand on voyage ainsi, il ne nous reste qu’une impression du voyage, souvent celle des paysages.  Les vraies aventures sont assez rares pour oublier le reste.  Il y avait un soldat américain qui connaissait sa géographie comme tous les Américains et qui croyait qu’on était arrivé en Californie du Québec en bateau.   J’ai compris que l’intelligence n’est pas toujours au rendez-vous ; mais tu peux quand même être sympathique. 

Je n’ai pas tellement aimé Los Angelès, L..A., prononcé avec un accent anglais. Nous étions dans un coin de la ville, sale, où la misère semblait le lot de la vie quotidienne.  Nous avons couché dans un hôtel minable où les pensionnaires faisaient la «cruise».  Pas tellement intéressant à voir, à travers une porte mi- ouverte, un laideron âgé qui se masturbe, gémit et te lorgne, les yeux à l’envers, presque la broue à la bouche parce que t’es encore jeune et que ça l’allume. 

Une seule chose épatante dans ce coin de pays : Disney et San Diego.  La richesse, la beauté. Puis, on s’est présenté à la frontière à Tijuana.  Le premier pays vraiment étranger où je pointais le nez et qui était vraiment pauvre.  Ça fait bizarre de voir des policiers mitraillettes à la main, qui te questionnent dans une langue que tu ne comprends pas parce qu’ils parlent trop vite.  T’aurais toutes les chances de t’inventer un scénario catastrophe.  On n’est pas habitué au Québec de voir des gens armés.  Aujourd’hui, je dis tant mieux ; mais dans le temps le petit révolutionnaire que j’étais était bien moins peureux, même s’il était très impressionné. 

Si on devenait indépendant, est -ce qu’on serait obligé d’être armé pour se protéger du Canada qui n’accepte pas notre désir d’indépendance?  Il faut être assez lâche pour les laisser nous dominer.  On a beau crier des : « La liberté ou la mort» ou encore «la liberté luit au bout du fusil», la majorité n’a même pas eu l’intelligence de voter oui aux deux premiers référendums.  Et, qu’on le veuille ou non, il n’y a que deux façons de faire son indépendance : par référendum ou déclaration comme au Kosovo ou en prenant les armes comme le FLQ. 

C’est toujours facile d’imaginer une révolution, la faire c’est une toute autre chose.  Pour réussir une révolution, il faut d’abord que la très grande majorité de la population soit de ton bord, sinon c’est l’échec.  Victor Hugo, Les misérables.             

On n’a pas fait notre révolution et chaque année on se fait plumer encore un peu plus par Ottawa.  Nous sommes des alouettes, mais pas des alouettes en colère, des alouettes masochistes, à l’image de notre passé catholique où l’on pensait être indigent à vie si on acceptait de se faire tirer une pipe. 

On était conditionné par la religion comme les féministes essaient de nous faire oublier aujourd’hui que la vie est aussi une recherche du plaisir.  Nous préférons être des moutons par sécurité.  Nous sommes à l’image des marâtres qui nous mènent à la sainteté par la castration angélique, ce qui fait de nous en naissant un être déchu. 

Quand nous sommes arrivés à Tijuana, nous avons changé notre argent, acheté les billets pour Mexico et nous sommes allés manger. Quand David eut terminé, il paya, donna même un bon pourboire, mais dès qu’il voulut s’en aller, une bande de gros mexicains l’entouraient, montraient les dents, et exigeaient surtout qu’il paye à nouveau.  David était affolé.  Il eut si peur qu’il ne voulut presque jamais remettre le nez dehors tout au long du voyage. 

Cette paranoïa me rendait malade, même si je n’étais pas très brave.  J’étais sous le charme du Mexique parce que de merveilleux petits gars se promenaient autour de l’autobus, alternant des sourires tels que le bon dieu les auraient pris pour des anges et/ou avec des manifestations de leur violence.  Ils sortaient des couteaux et nous les faisaient voir, imitant une exécution.  Quel était leur vrai caractère ?  Je préférais les Anges aux voleurs. 

Nous avions été avertis que les premiers deux cent milles à l’intérieur du Mexique sont très dangereux, mais que rendu dans le pays, c’est une toute autre chose.  J’avais appris un peu d’espagnol au cégep de Sherbrooke pour préparer ces voyages en pays étrangers.  Je pouvais lire les journaux, mais je ne comprenais rien à ce que les gens disaient.  Mon vocabulaire est affreusement restreint. 

Aussi, aie-je profité du charme que produit toujours l’étranger qui essaie de parler la langue du pays pour fasciner deux petits mexicains à l’intérieur de l’autobus qui s’en allait comme par hasard à Mexico.  Si David avait peur, moi, tant de beauté me grisait totalement.  J’avais deux interlocuteurs adorables pour entrer au paradis. 

Les pyramides mexicaines.

L’allure du désert mexicain m’a beaucoup surpris.  Je voyais ça tout fait différemment.  Pour moi, le désert, c’était le Sahara, les hommes bleus, pas une goutte de végétation.  Au Mexique, il y a encore une végétation.  Il y a une ville de temps en temps.  Conseil : n’espérez pas aller aux toilettes (du moins à l’époque) dans un terminus.  Elles sont sales à rendre malade.  Que certains n’aient pas d’éducation, c’est une chose, mais être aussi cochons, c’est invraisemblable.  Des toilettes qui débordent, de la merde sur les murs, en voulez-vous, en voilà.  Tabarnak que ça faisait sec. 

Heureusement, Mexico City est une très belle ville.  Je n’ai pas senti les problèmes de pollution dont on parle aujourd’hui.  Aussi, malheureusement, on nous racontait toutes sortes d’histoires de touristes volés, battus.  Rien de très rassurant, mais les petits étaient tellement rieurs qu’ils ne pouvaient pas me faire peur.  Les Mexicains devraient quand même surveiller davantage leur réputation touristique. 

Ça ne m’a pas empêché de partir avec David visiter les pyramides, grâce au service d’autobus de la ville.  Les pyramides sont très impressionnantes.  J’ai monté sur le temple du Soleil.  Les prêtres y montaient jadis pour faire des sacrifices humains : les plus beaux jeunes hommes étaient sacrifiés au dieu Soleil.  On peut s’en scandaliser, mais si on apprend l’histoire des religions, on sait qu’elles ont toutes des histoires de meurtres, de sacrifices et de drogues. 

En descendant de la pyramide, j’ai constaté que si j’avais été un des prêtres de cette époque, je me serais tué en descendant, avec mon vertige.  J’ai descendu les marches sur les fesses, le coeur à moitié fou.  Si elles sont petites quand on monte, elles semblent être encore plus à pic et plus étroites quand on descend.  Il faut se tenir pour ne pas tomber. 

Quand les prêtres descendaient, gelés comme des balles, il arrivait qu’ils manquent les marches et se tuaient en tombant de la pyramide. On disait que le soleil est tellement beau qu’il les avait éblouis.  C’était un honneur de mourir pour son dieu.  Malgré le souvenir de ces assassinats religieux, c’est un site extraordinaire à visiter. 

Puis, les jeunes essayaient part tous les moyens de me vendre des souvenirs.  Leur beauté est en soi un souvenir impérissable.  Les petits vendeurs portaient tous le soleil sur leurs dents.  J’en ai profité pour choisir un souvenir à chacun de mes parents. 

Je devais être jadis un adorateur du dieu Phallus (pénis) qui se présente parfois sous forme de serpent.  Souvenir inconscient qui explique peut-être que j’y suis tellement accroché.  Pour être aussi profondément incrusté en moi, il a fallu que ça dure durant des siècles.  Je devais être «un calice de sperme officiel et vivant», trimbalant les triomphes de mon dieu, d’où ce culte incompris qui anime chaque moment de tressaillement dans ma vie actuelle.   Mes racines viennent de la préhistoire. 

C’est probablement pour cette raison que le destin m’a fait rencontrer un des plus grands écrivains américains, W. Burroughs, dans une toilette à Montréal, lors d’un congrès. Nous étions tous les deux fascinés par cette époque où le dieu Soleil apparaissait encore sur les pyramides.  La spirale de la vie. 

Mon ticket explosa, ma machine s’est emballée et je voulus tout connaître de ce pays fascinant : le Mexique.  Un voyage préparatoire à la découverte des peuples par une ouverture musicale de jeunes et courtes flûtes à bec. 

Depuis ce temps, je rêve de l’espace-temps où je découvrirai tous les peuples de la terre à travers la musicalité, la vivacité de leur libido.        
   

Monsieur Sourire. 

Quand j’étais jeune, j’ai rencontré le père de Gaétan Dostie, un de mes meilleurs amis en travaillant pour lui à des déménagements.  Ça m’a permis de survivre.  Je l’ai bien aimé, ce Germain Dostie. 

Même si je n’étais pas le plus fort, j’arrivais à surprendre ceux qui m’entouraient par ma force et ma rapidité.  C’était formidable.  Germain Dostie, ce grand patron, a toujours été plus que sympathique avec moi.  Il savait flatter mon orgueil dans le bon sens, m’encourager, me rendre fier de mon rendement. 

 Avec lui, je voulais toujours donner mon 110 pour cent.  Peut- être aussi parce que je suis très sensible aux fleurs que l’on m’envoie.  Il savait qu’avec des gars comme moi il est préférable de les encenser pour obtenir un meilleur rendement.  « Pas si mal pour un gars qui a souffert toute son enfance de ne pas être aussi physiquement capable que les autres ; d’arriver à se faire assez souvent réengagé pour des déménagements. », pensais-je alors.  Puis, je l’ai perdu de vue. 

J’ai appris, en fin de semaine, son décès.  Environ 40 ans après l’avoir connu, je me suis rendu à ses funérailles.  C’était un homme formidable comme mon père. 

Il y a plusieurs années, il a vécu un accident vasculaire.  Aidé de son épouse et ses enfants, il a appris malgré sa paralysie à communiquer grâce à son ordinateur et Internet.  Quel courage !  Il a su ainsi maintenir un lien agréable avec la vie.  On l’aurait même surnommé Monsieur Sourire.   

Où ces grands hommes ont-ils pris leur courage ?  Papa était aussi l’un d’eux.  Il n’a pas hésité d’aller travailler en dehors, à Carillon ou comme concierge dans une école à Magog, pour conserver le magasin à Barnston.  Ce sont de vrais modèles à suivre dans la vie.  Non seulement , ils étaient courageux, mais ils avaient une ouverture d’esprit qui leur permettait d’être tolérant envers ceux qui ne partageaient pas nécessairement leurs valeurs de bons catholiques.  Bon voyage, Émile et Germain.  J’espère que vous vous rencontrerez un jour dans l’au-delà puisque vous êtes tous les deux des hommes de grande trempe. 

Papa est mort très jeune, à 67 ans ; Germain, lui, en avait 83.

Radioactif 363

mai 2, 2022

Radioactif 363

Texte de 2008

Prince George.      

Ce qu’il y a de plus comique dans le BC, les gens sont encore plus loyalistes que la reine elle-même, du moins dans les années 1970.  Pour créer la panique, il suffisait de rire de la reine.  Aussi, nous nous sommes amusés à remplacer la photo, accrochée aux murs, de la reine par celle d’une sorcière qui venait de paraître dans une revue humoristique.  C’était encore plus efficace qu’avoir été 100, 000 personnes dans les rues de Vancouver. 

On avait aussi trouvé une autre faille dans la froidure canadienne : les clubs gais de Vancouver.  La réputation sexuelle des Québécois étaient de l’ordre de Ti-Jean, dans les films de l’ONF.  Il nous suffisait au début de la journée de ramasser l’argent pour s’acheter le premier verre de bière dans une brasserie gaie,  pour y être installés pour toute la journée, soit jusqu’à ce qu’on doive quitter pour entrer à l’hostel du gouvernement, le soir, à heure fixe.  On pouvait se saouler sans que ça nous coûte un sous et sans devoir coucher avec personne.  On recevait gratuitement toute la bière voulue juste à faire un sourire.  Les compliments, les tentatives de séduction fusaient de partout.  On disait qu’un Québécois, ça baise bien.  Mais, pour aller au Mexique, il nous fallait de l’argent.  Aussi, sommes-nous partis pour Prince George à la conquête d’un emploi. 

Nous avons déniché un travail à la piste de ski.  C’était formidable, je recevais et aidais les jeunes à débarquer du monte-pente.  Je m’amusais, même si je chante très mal, je m’époumonais à chanter Alouette, ce qui plaisait énormément aux jeunes.  J’étais au ciel ; mais tout n’est pas parfait.  David, avec ses allures d’Indien du Québec, commença à subir tous les mauvais traitements du grand patron qui parfois se faisait aider par un jeune adolescent.  Tous les travaux déplaisants lui étaient automatiquement donnés.  Au début, je croyais que David se plaignait pour rien, qu’il exagérait ; mais j’ai été forcé de constater que ce qu’il me racontait était même en-dessous de la vérité. 

Un dimanche, à notre arrivée, le grand patron envoya son petit ado communiquer ses ordres.  Je lui dis qu’il pouvait se les mettre là où je pensais, mais il insistait pour qu’on le traite comme s’il était un dieu.  Je suis parti à courir derrière lui avec une pelle menaçante.  Il a vite déguerpi et il est revenu avec le patron.  Nous avons appris que l’amour du patron pour les gens du Québec venait du fait que c’était un anglophone qui avait vendu ses propriétés à Westmount parce qu’il avait peur du FLQ.  Aussi, dès qu’un des nôtres tombaient sous ses ordres, il mettait le paquet pour se venger. 

On a laissé l’emploi et dénoncé son attitude dans le journal de Prince George. 

Nous sommes retournés à Vancouver prendre l’autobus pour le Mexique.  Je la trouvais très drôle.  Quand nous sommes partis, j’étais convaincu qu’on passerait l’hiver à la chaleur et finalement, on avait surtout travaillé dans une piste de ski.  Vancouver est un endroit affreux durant l’hiver parce qu’il pleut au lieu de neiger.  Je préfère la neige à la pluie.  Si David fut malheureux durant notre séjour à Prince George, moi, j’avais eu énormément de plaisir.  Même un peu trop.  

Un soir avant de partir, je suis allé boire.  J’étais tellement saoul que je fus arrêté par la police et mis en cellule.  J’étais avec un indien, qui me dit s’appeler « Big Chief Jos ».  Le matin, la police libéra tout le monde qui parlait anglais, sauf moi et Big Chief Jos, sous prétexte qu’il nous fallait laver les planchers.            
    
Devant cette injustice, je me suis flanqué à poil et nous nous sommes mis à faire autant de bruit à nous deux que si nous avions été tout un bataillon.  Écœurés, les policiers ont ordonné qu’on s’habille et on nous a flaqué à la porte. 

J’étais très fort sur la mise à poil à cette époque parce que se mettre à poil c’était la pire des contestations.  Heureusement, personne ne s’est mis à rire en voyant un aussi petit moineau.      

Il y a même eu une tribu amérindienne qui a presque tout gagné ses revendications par cette méthode : hommes, femmes, enfants nus dans la rue.  Les bonnes âmes qui voyaient ça se pensaient déjà dignes des feux éternels de l’enfer et exigeaient des autorités qu’on règle vite le problème.    

C’est drôle, mais le temps où me suis le plus senti invincible dans ma vie fut cette période de voyage où je n’avais vraiment rien pour croire dans ma sécurité.  Surtout que je voulais tout essayer. 

Un soir avant de partir, j’ai passé une après-midi à la taverne.  Le soir, j’étais assez gommé que je me suis caché sous un banc tant je n’arrivais pas à me resituer.  C’est alors que j’ai vu des danseurs que j’ai eus dans la tête durant des décennies : un couple d’hommes gais dansait sur un air d’Elton John, Benny and the jets, je crois. 

J’étais la cible de bien des regards. Je profitais au maximum d’enfin plaire à quelqu’un.  Et je me croyais au paradis.  Peut-être qu’on peut y entrer par les deux extrêmes.  Je venais de découvrir le plaisir de se croire assez beau pour plaire à quelqu’un.  Cette joie, sans compter la bière, valait bien de me prostituer un peu sans être payé puisque je crois que le sexe n’a pas de prix.  J’aimais être désiré.


Trop osé ?  

La première partie de mon texte sur la liberté sexuelle fut d’abord composée sous le titre Pour en finir avec l’hypocrisie.  C’était plus direct, il me semble.  Une chose est certaine, ce texte s’est ramassé en cour contre moi ainsi que l’Homo-vicièr, le roman où j’ai essayé d’être le plus comique possible.  Ça démontre jusqu’à quel point les fervents de la censure sont non seulement bornés, mais vicieux. 

Au lieu de rire, de constater qu’un essai, c’est une réflexion sur un sujet ; un roman, une histoire inventée ; on voulait en empêcher la diffusion.  C’est d’ailleurs ce qui se produit encore aujourd’hui, après 30 ans. Il ne faudrait surtout pas se rappeler ce gars bizarre qui écrivit avoir aimé et essayé toutes les expériences sexuelles non violentes de la vie. 

Cependant, j’ai aussi écrit une deuxième partie de réflexion sur la liberté sexuelle. 

Elle se raffine en vieillissant pendant que le gars — c’est mon « moi » profond — cherche dans ses mémoires comment interpréter sa lecture de la vie. Heureusement, je n’ai pas besoin comme certains de me prouver que je suis un gars, même si la virilité existe davantage dans mes souvenirs que dans la vie présente. 

Quelques fantasmes m’ont permis de constater que dans la vie le sexe occupe une place inimaginable dans la tête de presque tous les gens qui n’ont rien d’autre à faire que de s’occuper de la sexualité des autres. 

Cependant, le sexe est une deuxième dimension,  une activité à peine perçue par ceux qui sont assez occupés pour ne pas devoir mener de campagnes pour la bonne morale sociale, en cherchant dans le pantalon du voisin ce qui fait défaut dans son propre pantalon

Les chastes ont peur de leur sécheresse intérieure.  Ils sont le «préservatif de l’imagination». 

Leur peur de la quéquette dominatrice les oblige à renier la beauté et l’existence même de leur propre corps.  La morale est toujours bonne, si elle s’applique aux autres. 

Quand je me suis aperçu la bedaine, l’autre jour, en débarquant de la douche, je me suis rendu compte que pour moi, c’est vraiment prêcher dans le désert que de souhaiter de nouvelles aventures ; car le moins qu’on puisse dire c’est que j’offre un tableau affreux à regarder.  Heureusement, on s’accroche à ce que l’on peut et j’aime rêver être à nouveau le roi de la pipe.  Si je continue à manquer d’expériences vivifiantes, je risque fort d’être détrôné. 

C’est agréable d’avoir une bonne image de sa personne, surtout quand la bedaine devient si grotesque qu’elle se prend pour une femme enceinte.  Il faut bien essayer de trouver une petite qualité à son nouveau style de vie.  Rire de soi est aussi important que de s’encenser  et je ne sais pas pourquoi, certains matins, je ne veux que rire de moi et de ma grande carrière d’écrivain non lu du Québec parce qu’on ne me publie plus et qu’on m’a mis sur la liste des personnes proscrites … non grata… Ce qui veut dire que je n’ai personne pour me gratter le dos le matin ou le paquet durant le reste de la journée. 

Cependant, mes longs moments de loisirs m’ont permis de constater qu’il faut absolument jouer aux fesses très jeunes pour ne pas devenir Alzheimer.  En effet, si tu as eu beaucoup d’expériences dans ta jeunesse, du temps où tu pouvais facilement enrichir tes collections de tableaux à mémoriser, tu peux mieux aujourd’hui essayer de t’en souvenir.  Puisque pour passer le temps, rien ne vaut d’essayer de fantasmer un peu, ces vieux souvenirs deviennent des heures de réflexion et d’exercices pour ta mémoire, car, il faut te souvenir du plus petit détail. 

Les jeunes de mon temps étaient rarement circoncis.   Ainsi, le cerveau étant un muscle, si tu as développé l’habitude de la curiosité, tu auras plus de souvenirs à faire remonter à la surface de ton petit cerveau. Le cerveau étant un muscle, plus tu auras eu de plaisir, plus essaieras-tu de t’en rappeler.  Un médicament extraordinaire pour la maladie d’Alzheimer.  Par ailleurs, plus tu as eu l’habitude dans ta jeunesse de te masturber, plus tu as de chance de ne pas souffrir un jour du cancer de la prostate, selon une étude scientifique. 

Voilà pourquoi les hommes contrairement aux femmes doivent s’exercer le poignet : car celles-ci, de toute façon le font souvent. Même si elles n’ont pas de prostate, elles préparent les gâteaux, Ce qui prouve que la prudence est de ne jamais prendre de chance. 

Cette grande découverte faite, cette nuit dernière, à deux heures, trente minutes, cinquante -cinq secondes et un millionième de trillions de battements de coeur (c’est fantasmer fort longtemps),  prouve hors de tout doute qu’il ne faut pas remettre à demain ce qui peut être fait aujourd’hui ou durant la nuit . 

La vie est aussi courte que ton zizi au sortir d’une douche froide. C’est d’ailleurs pour cela que les cadavres deviennent rigides.  Ils débarquent dans la douche du futur astral et ça les fige juste quelques secondes avant de réaliser qu’ils ont changé de monde. 

Aussi, pour cette découverte, le système médical devrait me verser un salaire pour avoir su prévenir les effets pervers de l’insignifiance de la censure active durant la période de l’adolescence. 

La mort est une éjaculation d’âme provoquée par une douche froide.  Un saisissement quelconque.  Une décharge de batterie.  C’est pourquoi il est bon quand on est jeune de se réchauffer les sens.

Je dois y aller.  Il fait un temps superbe et Benji est en maudit que je n’aille pas la promener.  Avant c’était les femmes qui menaient, maintenant, c’est la température…et Benji, ma petite chienne.


Le beau David…

David, un de mes compagnons de voyage, était un très beau garçon.  Il m’aurait certainement beaucoup intéressé, s’il n’avait pas été un peu trop vieux.  Il était, malgré sa ressemblance à Michel-Ange, comme un peu passé date.  Il était trop bâti pour que j’assouvisse, avec lui, ma passion de siphonner les petites flûtes à bec. 

Je préférais la découverte de mon côté féminin qui m’ouvrait à de nouvelles aventures dans les tavernes gaies de Vancouver.  Elles me réconciliaient enfin avec mon propre corps. J’apprenais que tu n’as pas besoin d’être beau pour jouir et être une tentation pour les autres.  C’est quelque chose d’extraordinaire de croire que tu peux fasciner quelqu’un, juste en étant ce que tu es.  Je n’étais pas plus beau, mais je pouvais choisir mon partenaire, tant je poignais. 

Je comprends depuis pourquoi les femmes font toutes semblant de détester la sexualité, d’être vertueuses, alors qu’elles ne rêvent que d’être déshabillées le plus vite possible par le premier venu qui leur tombe dans l’oeil.  Les femmes ont un besoin sans limite de se sentir irrésistible, d’où leur besoin d’hypocrisie pour ne pas se détruire elle-même.  Elles passent leur vie à soigner leur charme présent ou imaginaire.  C’est valorisant de  » venir en demande » comme un objet de luxe. 

Les scrupuleuses devraient tenter ça, elles verraient qu’être entre les mains d’une personne qui connaît ça, c’est comme avoir une valise d’un million qui te permet de découvrir le beau côté de la vie.  Tu t’imagines moins laid que tu es et ça fait du bien de se sentir ainsi désiré. Le contraire de ce que l’on m’a toujours dit.  Il y a des femmes qui en jouant les saintes nitouches passent leur vie à essayer d’améliorer leur petit « look», au cas où un beau mâle les remarquerait.  Quand ça arrive, c’est l’explosion intérieure, puis, quelques temps après, la dépression, car elles sont trop scrupuleuses pour assumer leurs désirs cachés. 

Ces aventures me permettaient aussi de mettre fin à la peur débile que les curés et les journaux nous avaient enseignée. Quand j’étais ado, je faisais du pouce en cachant une roche dans mes poches pour me défendre, s’il le fallait, contre les mauvais conducteurs qui avaient la générosité de m’embarquer. La paranoïa est une folie qui te fait passer à côté de la vie. 

J’aurais bien aimé être une cible sexuelle, tant qu’il n’y a pas de violence, mais je n’étais pas assez beau pour allumer qui que ce soit.  Et trop peureux pour essayer.  J’ai ainsi perdu plusieurs années de ma vie.   De toute façon, je pensais alors plus à la politique qu’au plaisir de vivre. Ça prit des années avant que j’aie le courage de m’offrir ouvertement et de découvrir que c’est aussi très agréable de servir de flûte à bec.  J’avais comme tout le monde entendu les grands discours contre les prédateurs sexuels.  Introduction à la paranoïa 101.  Je ne savais pas que ce vice pouvait enfermer autant de plaisir. 

C’est comme les cours de sexualité que l’on veut offrir à nos jeunes et qui semblent sortir directement des cartons de toutes les plus constipées ou les plus homophobes du Québec.  Pas surprenant, c’est la façon féministe actuelle de voir la sexualité dans notre société.  Ayez peur !  Ayez peur ! Une sexualité de femmes frustrées !  Étouffées par la peur du sexe.  Une vraie folie !

Cette fois, je suis tout à fait d’accord avec Richard Martineau.  Ces cours sur la sexualité seront des cours pour apprendre aux jeunes filles à être invariablement « une guidoune» sans l’être ou ce qu’on appelle « une agace-pissette ».  C’est un peu ce qu’on faisait, en se faisant payer la bière, tout en sachant qu’on ne pouvait pas aller coucher avec qui que ce soit, car on devait entrer à l’hostel.  Donc, on profitait de notre statut de mâle, un instant fait «femme prostituée». Puis, ça me permettait de jouer le jeune qui est vampirisé.  Une situation que j’ai trouvée fort agréable.  J’étais la victime du gros méchant prédateur.  David y participait aussi, sachant très bien qu’il ne pouvait rien lui arriver. 

En m’observant, Il a pris goût à se faire entretenir par les femmes.  Il a mis ses talents qu’ils pratiquaient à la taverne au profit de ses propres aspirations. David a vite appris que les féministes de Vancouver contrairement à celles de nos jours au Québec savaient qu’elles étaient égales aux hommes. David disparaissait une semaine ou deux, le temps d’avoir assouvi la femme qui l’amenait avec elle.  Entretenu par elles, il nous revenait épuisé. 

Les vrais féministes, celles de Montréal durant les années 1970-80 étaient, elles aussi, de cette qualité.  Elles revendiquaient parce qu’elles se croyaient véritablement égales aux hommes, elles cherchaient à prouver cette égalité en se comportant comme elles le voulaient, elles n’hésitaient pas à se choisir un mec. 

Pour elles, ces vraies féministes, liberté voulait dire libération sexuelle contrairement à aujourd’hui où féminisme veut dire avoir peur du sexe. 

Donc, David faisait aussi parti des objets sur convoités.  On ne pouvait pas se marcher sur les pieds, nous avions chacun notre cour. 

Quand j’étais jeune, on séparait les filles de garçons, ce fut une règle durant presque toute ma vie.  Sauf, avec les vraies féministes qui me mettaient le grappin dessus et, j’aimais ça beaucoup, beaucoup. Ce furent mes périodes hétéros.

Radioactif 362

mai 1, 2022

Radioactif 362

Texte de 2008

Autoportrait d’une révolte.        


Mes prochains textes, sont tirés d’Autoportrait d’une révolte. C’est un livre consacré aux adultes pour décrire ce que ressent un pédéraste. 

Je crois sincèrement que certains poèmes doivent être identifiés comme tels s’ils devaient se retrouver en marché libre ou à la portée de tous, comme sur internet.  C’est à mon sens normal de considérer certains textes comme étant strictement réservés aux adultes et je me sens dans l’obligation morale d’en avertir les lecteurs au cas où il y aurait des jeunes.  Une chose que l’on ne peut pas contrôler sur internet.  

La liberté des uns ne doit pas priver les autres de leur liberté, si elle ne leur porte pas préjudices.  Mais, c’est par respect pour leur propre autonomie qu’il faut en informer tout le monde et ainsi souhaiter qu’on en tienne compte.

Un monde à l’envers.

Aujourd’hui, c’est la fête internationale des femmes.  C’est invraisemblable que nous n’ayons pas encore atteint l’égalité salariale homme-femme dans un pays qui se veut à la fine pointe de l’humanité. 

C’est vrai que dans bien des pays, les femmes, à cause de la religion, continuent de devoir se cacher parce que les religions les présentent comme inférieures, comme devant être soumises aux hommes.  Une façon de voir les choses tout à fait idiote. 

Je leur souhaite autant de liberté que je me permets et le bonheur que tout être humain a droit

J’espère que nos gouvernements seront assez intelligents pour proclamer l’égalité homme-femme à la grandeur de la planète, au risque de déplaire aux religions.  S’il y a un Dieu, il ne peut certainement pas accepter que des individus se croient supérieurs aux autres quel que soit le sexe, la couleur ou ce que l’on voudra,  même le portefeuille.  

C’est comique de voir en politique comment se développent les choses : il y a un an, on n’aurait pas parié un sou sur les chances de Jean Charest et pourtant, s’il y avait des élections demain il serait élu.  Qu’a-t-il fait depuis un an?  Rien.  C’est ça le miracle.  Il parle d’économie et fait semblant de se lever devant Ottawa et les gens du Québec se sentent rassurés.  Il faut cependant admettre qu’il jongle avec quelques projets intéressants qui devraient être appuyés à l’unanimité : la nationalisation de l’eau, l’Aléna avec l’Europe. 

Par contre, les libéraux continuent hypocritement à accélérer la disparition du Québec français. 

La présidente de l’Office de la langue française devrait immédiatement être mise à la porte avec quelques bons coups de pieds au cul symboliques.  Ce n’est pas possible de payer pour une irresponsable de son espèce.  Le pire, elle n’est que le reflet de la politique linguistique des libéraux du Québec. 

Le Parti Québécois doit serrer les rangs derrière Pauline Marois, si on ne veut pas d’un balayage aux prochaines élections, car, la majorité des gens ne feront plus confiance à Mario Dumont. Il est trop à droite.  Je me rappelle qu’avant le PQ, les libéraux se voulaient le centre gauche.  Le PQ se divisera-t-il encore?  C’est ce qui va faire toute la différence.

Borderline.

J’arrive de voir Borderline.  Un film à voir qui me rappelle Léolo, personnifié par un petit miracle de la vue : une beauté, quoi !  Je salue le courage de celle qui l’a réalisé d’avoir enfin osé montrer non seulement des seins, mais un pénis.  Un tout petit détail en passant, mais qui démontre jusqu’à quel point nous sommes loin de l’imbécilité des Conservateurs et tous ceux de cette lignée.         
Comme dans la vie, la vision de la nudité n’a qu’un tout petit espace dans cette histoire où la folie occupe plus de terrain.  Elle aligne en complète contradiction la folie des adultes avec l’intelligence des enfants.           

Ce film permet aussi de voir la bêtise de la censure.  Faut-il cacher les corps?  Le plus pornographique de ce film, qui nous tombe d’ailleurs encore le plus sur les rognons, c’est d’entendre les cris des deux amoureux.  Une chose que les jeunes ont compris depuis longtemps.  Une histoire, par contre, bien féminine : une étudiante entre les mains perverses de son prof.

Quoiqu’il en soit, ce film nous prouve qu’on n’a pas besoin de la bourgeoisie pour nous dicter notre morale, ça vaut bien la violence sacralisée dans nos loisirs.. Au moins, c’est plein de psychologie.

Soulignons en passant, la valeur extraordinaire des artistes québécois, dans tous les domaines… Y a de quoi à en être fiers.

Départ pour Mexico.        

À force de vanter les plaisirs de voyager, nous nous sommes retrouvés trois en route pour le Mexique.  Cette fois, grâce à Ghislain, nous étions en auto.  Avant de partir, mon père m’a préparé une commande pour s’assurer que je ne crève pas de faim.  Ce fut une des seules fois dans ma vie où j’ai vu pleurer mon père à cause de moi.  « Tant qu’à toucher quelqu’un d’ici, c’est mieux que t’ailles vivre ailleurs. »

Mon père n’en faisait pas une obligation, mais il partageait ce point de vue et il me l’avait dit on ne peut plus clairement.  C’était honnête de sa part. Il était comme tous les autres à qui on leur a appris dès l’enfance à détester les homosexuels et les étrangers. 

Imaginez comment un père normal doit se sentir quand il apprend que son fils est pédéraste.  Il disait craindre que baveux et fanatique comme je suis, je me retrouve dans une chicane dans une taverne et que je me fasse faire la peau.  Il savait que je déteste en principe l’hypocrisie et que ce n’est pas facile de vivre différent des autres sans vouloir en parler, surtout moi avec ma grande gueule.  Je ne m’en sers pas seulement pour être «le roi de la pipe».         

Il avait aussi très peur de ma fougue quand je parlais de l’indépendance du Québec.  Quel sort aurais-je dans un Canada qui ne respecte pas les francophones qui se tiennent debout, une autre de mes passions capable de créer mille et un problèmes.  On dirait que je cherche les problèmes en embrassant les causes les plus détestées. 

Je venais de terminer mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est, comme le voulait l’éditeur, Léandre Bergeron. 

Au début, j’avais fait un livre comme avec la Thérèsa, c’est-à-dire présenté des dossiers sur les différents problèmes de l’Estrie (Vauxcouleurs), ce qui donnait une immense brique de quelque 400 à 550 pages.  

Comment puis- je croire qu’il y aura des gens qui se passionneront autant que moi à entendre parler des problèmes politiques et d’y chercher des solutions?   

Comme aujourd’hui, comment puis-je croire que bien des gens comprennent que l’avenir du Québec se joue à partir de la liberté sexuelle, parce qu’elle implique un sens profond de la démocratie et un respect total de la vie privée.  C’est aussi elle qui façonne notre personnalité d’où est-elle aussi importante que la langue. 

Je n’étais plus aussi engagé.  J’écrivais quelques articles pour les revues gaies.  Puis, je me suis fait photographier, nu, dans la fenêtre de notre appartement parce qu’on se trouvait juste en billet avec le Palais de l’injustice à Sherbrooke : une manière d’envoyer promener le système puisque je l’ai fait parvenir la photo dans une revue gaie qui l’a publiée.  Une seule personne m’en a parlé : « j’ai été surpris de voir que t’as une si petite bizoune ».

Les premiers jours de voyage furent sans histoire. 

Puis, Ghislain voulut que je tienne parole et que je lui présente Darryl, à Winnipeg.  Ce fut un vrai plaisir de revoir le petit.  Il partageait définitivement ma joie.  Darryl connaissait très bien mon intérêt pour son petit sexe, mais il m’était reconnaissant de l’avoir aidé, sans abuser de la situation, le laissant maître de la liberté que je me permettais avec lui.  Tout était clair entre nous.  Darryl savait très bien que jamais je ne me permettrais de ne pas le respecter même s’il m’attirait.  Une évidence qui renversa Ghislain qui craignait vraiment que je le kidnappe pour l’amener avec moi s’il ne voulait pas me suivre.  Une bravade, une folie que je répétais pour insister sur la beauté irrésistible de Darryl. 

Ghislain y avait interpréter mes paroles au premier degré comme dans sa religion.  Pourtant, il savait que j’étais comme lui : jamais je ne tolèrerai qu’une femme ou un enfant soit frappé (à moins de se défendre). 

Comment avait-il pu croire que je forcerais Darryl à venir avec moi ?   L’amour ne s’impose pas.   Il faut le vivre de façon à rendre positif le pire des défauts, selon la majorité aveugle de notre société. 

Cette situation, nous a permis à moi et Darryl de comprendre jusqu’à quel point il est possible de s’attacher à quelqu’un définitivement à partir d’un très court laps de temps.  Question de sensibilité.  Nous avons mangé au restaurant ensemble et goûté le plaisir de découvrir un être humain extraordinaire, juste en partageant un bout de chemin.        

Puis, nous avons filé vers Edmonton.  Évidemment, l’argent vint à manquer.  Une auto ça prend de l’essence.  Ghislain décida de travailler comme mécanicien, ce qu’il était auparavant. 

Pendant ce temps, je demeurais avec David à l’hostel du gouvernement, une auberge pour itinérants.  Ce fut une vraie malédiction, car un des lits dans lequel je dormais était infesté de poux.  Bains. Honte. Gêne. Mais, on en revient. 

Ghislain ne fit pas que trouver un emploi.  Je ne sais pas comment, mais il redécouvrit les stupidités des Bérets blancs.  Une lettre de sa mère, je crois.  En redécouvrant sa religion, Ghislain décida de sauver mon âme et de me convertir.  Ses sermons portaient d’abord sur le petit Dominique Savio, une façon d’attirer mon attention.  Puis, voyant ma résistance croître, il passa aux taloches.  Les frustrés sexuels deviennent vite des bourreaux.  Ça ne pouvait plus continuer ainsi, donc, nous nous sommes séparés. 

Je suis parti avec David, mon autre compagnon, à peine âgé de 20 ans, sur le pouce, vers Vancouver.  David était très beau garçon. On aurait dit un autochtone. 

L’idée du Mexique venait de lui.  Quant à Ghislain, il partit pour New York parce que la Vierge Marie y apparaissait à Bayside.  Il avait aussi retrouvé sa peur extrême.  Il prétendait que nous étions sur le bord de la fin du monde.  La comète Kouhoutek devait tous nous anéantir.  Elle n’a même pas éraflé la terre, contrairement à toutes les prévisions.   Je l’ai vue au télescope.  Elle était ravissante. 

C’est intéressant de voir comment les religions manipulent les gens grâce aux peurs qu’elles inculquent dans la petite enfance. 

La fin du monde a été promise des centaines de fois depuis le passage de Jésus sur terre ; mais si la terre est détruite, elle le sera par l’homme.  Jésus est entre temps stationné quelque part dans un «no where land » en attendant de revenir sur terre. 

Les pires peurs sont celles de notre enfance, car elles ont un petit côté irrationnel d’où les campagnes contre les prédateurs sexuels sont sujettes à traumatiser les jeunes beaucoup plus qu’à les protéger.

Radioactif 361

avril 30, 2022

Radioactif  361

Texte de 2008

La théorie de la conspiration.   

On parle de plus en plus de la théorie de la Conspiration. 

On sait que, selon cette théorie, George Bush et la CIA sont parmi les principaux responsables des événements survenus le 11 septembre 2001.  Selon cette théorie, Bush aurait accepté ces attentats pour justifier une nouvelle guerre avec l’Irak. 

On sait que le système économique ne peut pas fonctionner sans une guerre régionale, une guerre nucléaire étant trop dangereuse pour toutes les puissances. 

Dans un film, on prétend même que le Word Trade Center aurait aussi été dynamité, ce qui expliquerait l’effondrement des trois tours.  Malheureusement, quand j’ai visionné ce film, la première chose que j’ai pu lire : la page n’est pas disponible.  C’est arrivé pendant que je regardais déjà le film. 

Peu de temps après, j’ai rencontré par hasard des policiers qui connaissaient ce même film, ce qui m’a amené à leur demander : si on sait tout ça, pourquoi ne fait-on rien?  Fini l’information.  Si rien n’est vrai, pourquoi cache-t-on ces documents?  Rien de mieux pour accréditer une thèse que d’en faire un tabou.  Effectivement, dans tout, il faut savoir en prendre et en laisser. 

Le problème, c’est la vérité. 

Par exemple, au Québec, plusieurs ont mis en doute le déroulement des événements d’octobre, version fédérale.  Pourtant, ceux qui savent ce qui s’est passé leur donnent pratiquement raison. 

Pierre Vallières, le chef du FLQ reconnu, est un des premiers à se poser des questions qui sont effectivement très pertinentes, mais qui n’intéressent plus personne.      

Pourquoi avoir entrepris des enlèvements alors qu’on venait quelques mois auparavant de rater une autre opération, donc, d’avoir toute la police aux fesses?  Ceux qui y étaient soupçonnés et fichés par la police ne sont-ils pas automatiquement brûlés?  Pourquoi le FLQ veut-il absolument être responsable de la mort de Laporte, s’il s’est effectivement blessé lui-même en essayant de se sauver?  On l’aurait amené près d’un hôpital militaire afin de lui sauver la vie.  On aurait même envoyé un communiqué à CKAC pour s’assurer que le message passe.  Est-il vrai que Laporte était encore vivant dans le coffre arrière de l’auto?  Aurait-on envoyé ce message, si on avait vraiment voulu la mort de Laporte ?  Que vient faire une nouvelle cellule dont le nom rappelle le Royal 22è régiment (c’est dans le livre de Vallières) et qui prétend être celle qui a exécuté Laporte? Les rumeurs voulant que Laporte ait été sexuellement agressé devaient-elles servir à camoufler des tirs dans le coffre au cas où il y aurait de la dynamite ?  Rumeurs éliminées quand on en a plus eu besoin ?             

Comme on le voit, même ici, on peut s’interroger sur la vérité des informations qui nous sont fournies.  C’est le fruit de la censure.   On peut spéculer durant des mois.  Ce sont des questions qui sont revenues souvent quand j’ai commencé à avoir des troubles en 1996, le lendemain du référendum, alors que je commençais mes lettres à Jean Chrétien et Paul Martin, par Messieurs les chefs de la mafia légale parce que je croyais avec conviction que le fédéral venait de nous voler le référendum.  Une vérité irréfutable.

Le fédéral a organisé l’assermentation d’immigrés pour voter contre l’indépendance, il n’a pas respecté les lois du Québec et a organisé de vastes mouvements pour tuer l’idée de l’indépendance : les «on vous aime pleuvaient ».  Oubliés dès le lendemain matin du référendum.  

Cependant, la question qui revenait toujours en prison : pourquoi Pet a-t-il déclenché les mesures de guerre? Leur réponse : PET Trudeau aurait déclenché les mesures de guerre pour empêcher les États-Unis d’intervenir et d’occuper le Québec. Qui dit vrai là-dedans?  La paranoïa américaine justifie à elle seule de telles intentions.  On pensait bien que Trudeau était un marxiste parce qu’il appuyait Castro.

En fait, ça n’a plus grande importance.  La violence a tué le FLQ

Cependant, s’il est vrai qu’on savait que les événements d’octobre s’en venaient et qu’on a rien fait pour les empêcher, c’est qu’on savait déjà comment les manipuler pour servir la cause fédéraste. 

Ce serait comme la CIA qui ferme les yeux sur des attentats qui font partie d’un plus vaste scénario politique pour justifier la guerre en Irak et donner un coup de main à Israël.  Une chose semble certaine : Bush et la famille Laden, dont Ben lui-même, ont des intérêts communs dans le pétrole.  Pire, Ben Laden a travaillé avec la CIA comme soldat contre la Russie. Afghanistan-Tchétchénie- rapprochement avec les soviétiques—sont de bons sujets de discussions.                  

Qui organisa et bénéficia des secrets d’initiés dont furent victimes les compagnies aériennes mêlées à ces attentats? Des rumeurs d’un écrivain français ou des faits?  Pour combien de millions?    Dis-moi qui en retire les profits et je te dirai qui manipule en arrière. 

Je ne crois pas à une conspiration dans le genre Da Vinci code.  Qu’il y ait un descendant du Christ ou pas, ça change rien.  Mais une guerre de pétrole ça vaut des milliards de $$$.  Tout devient alors possible.

Nous allons droit vers une dictature mondiale à cause du pétrole ou une guerre mondiale dans laquelle on retrouvera les États-Unis contre la Russie et la Chine. 

Le nombre d’humains et leur consommation indue forcera les pétrolières à fermer les goussets et pour l’éviter on est prêt à tout. « Money is the devil even if we need him to prove that there is a God», diront certains.

Pas besoin de conspiration, juste des multinationales assoiffées et qui ne veulent pas voir fondre leurs profits. 

Le but premier est de détourner la vue et la compréhension des événements importants et réels afin d’agir assez vite pour que ce ne soit pas possible de s’en rendre compte.   La loi « de l’ordre public» est de ce genre-là. 

On commence par la pédophilie (protéger les jeunes), puis, la sexualité générale, (protéger l’ordre public). Puis, on proclame que toute personne, qui recherche à détruire l’unité nationale, est un terroriste qui met en danger l’ordre public pour l’enfermer longtemps

Même pattern qu’au moment où j’ai cru que mon procès à Val-d’Or était simplement un coup monté pour me fermer la gueule. 

Je crois encore plus que jamais que ça n’a pas d’importance.  Des services secrets amis peuvent-ils faire un coup dans leur propre pays pour justifier la guerre à un ennemi visible ou pas?  Pas certain que la conspiration est seulement une fabulation.  Quand il y a tant d’argent en jeu.        

Création du mot : féminoune.   

Re-jean, cette lettre d’amour décrit très bien comment je percevais la pédérastie en 1970.  Seuls les scrupuleux peuvent être scandalisés par un tel texte et comme je l’ai déjà écrit : les scrupuleux sont les êtres les plus pervers qui existent parce qu’ils voient du mal partout. 

Notre société dénonce toutes les fois qu’un homme manifeste son affection à un petit gars.  Pourtant, ça arrive fréquemment entre une femme et une petite fille ; mais les enfants sont un espace réservé aux femmes.  Un homme qui chouchoute un petit gars comme le font les filles entre elles est aussitôt perçu et dénoncé comme un maudit pédophile.  Et, on parle d’égalité entre les sexes. 

Je ne suis pas misogyne, mais j’ai connu des féministes, des vraies, qui trouvait tout à fait normal qu’un homme puisse exprimer son amour envers un enfant sans passer pour un cochon.  

J’avais et j’ai toujours beaucoup de respect pour ses femmes qui avaient dépassé la paranoïa sexuelle née de notre religion. 

Je m’en prends aujourd’hui aux féministes, je devrais dire les « fausses féministes», les féminounes, celles qui n’ont pas compris que la répression sexuelle est à la base de la mésestime de soi, de la peur et de la haine des autres, de la dénaturalisation de l’être humain qui, qu’on le veule ou non, est un être sexué. 

Sans violence et avec le consentement mutuel, rien ne doit être interdit dans la sexualité. 

Les féminounes sont les porteuses du message de l’extrême droite, mais il ne faut pas oublier que les deux extrêmes finissent par se fondre entre elles. 

La pire chose qui peut nous arriver, c’est de vivre un état de censure comme quand j’étais jeune. Une folie que j’ai décidé de combattre à jamais.  Il y a trop de jeunes qui se suicident parce qu’on est trop idiot pour reconnaître la grandeur d’être sexué, un processus qui se transmet depuis toujours, des milliards d’années,  qui a permis la survie des races.   

Réjean (réactions).           

Une autre réaction à Re-jean fut celle de ma mère. 

« Il n’y a jamais eu de bière ou de boisson dans les fêtes organisées pour la Thérèsa ».  La Thérèsa est une mine d’or qui était située à Longlac, en Ontario.

Elle avait parfaitement raison.  La Thérèsa préconisait les Lacordaire parce que l’association y avait investi de bons montants.  Les Lacordaire préconisaient l’abstinence totale. C’était fort dans ce temps- là : l’abstinence totale dans tous les domaines. 

En toute honnêteté, il faut apporter cette précision, donc je l’ai corrigée.  Par contre, il ne faut pas croire que cette abstinence était toujours respectée.  L’histoire de la Thérèsa démontre le contraire, même si toute personne prise à boire à la mine était expulsée.  C’est ce qui produit quand un nommé Gosselin a voulu revenir à la Thérèsa, après s’être rendu se marier à Sherbrooke. Il avait de la boisson et il a dû repartir avec son ménage et son épouse parce qu’on l’a découverte. 

C’est une forme de scrupule qui montre jusqu’à quel point la religion envahissait la vie privée des individus.  Par ailleurs, mon père s’est abstenu de boire durant près de 20 ans ou plus pour ne pas nous donner le mauvais exemple.  Faut le faire !       

Je me rappelle avoir fait les promesses du mouvement à plusieurs reprises. Ce fut le cas quand j’avais environ 16 ans. Cette fois, j’étais complètement saoul. On entrait Lacordaire comme on confessait ses péchés, par convention.  Chez nous, nous avons dû tous devenir Lacordaire.

Radioactif 360

avril 29, 2022

Radioactif 360

Texte de 2008

Esclaves du gouvernement.     

Quand tu dépasses 65 ans, tu deviens jusqu’à un certain point l’esclave du gouvernement parce que tu en dépens complètement quant aux revenus. 

Quand j’ai travaillé à la Fondation des aveugles, j’étais extrêmement surpris du nombre de personnes âgées qui vivaient sous le seuil de la pauvreté. Ces gens me disaient qu’ils devaient choisir entre manger ou se soigner.  Jusqu’à quel point était-ce vrai ?

Et, pourtant notre système médical se veut de plus en plus boiteux. 

Que faudra-t-il faire pour en assurer non seulement la subsistance, mais l’efficacité?  Beaucoup de gens blâment l’Office des médecins qui s’arrangent pour toujours avoir moins de médecins, d’infirmiers et infirmières que l’on en a besoin.  Est-ce une pénurie nécessaire pour garder la population en otage?  Pour s’assurer que l’on peut imposer les revenus que l’on exige?  Pourquoi les professionnels sont-ils payés disproportionnellement en fonction de la population en général?  Parce qu’ils savent se rendre aussi indispensables que le pétrole ou l’électricité ? 

Normalement, plus tu es intelligent plus tu devrais être compatissant.  On vit dans une société qui pense de plus en plus qu’en fonction de l’argent.  C’est difficile de faire autrement quand tout augmente. 

C’est comme Hydro-Québec qui passe son temps à augmenter ses tarifs, sous prétexte que c’est moins cher ailleurs.  C’est vrai, mais ailleurs, ce ne sont pas ceux qui en ont payé la construction. 

Quand René Lévesque a pensé à la nationalisation de l’électricité, c’était pour combattre la pauvreté.  On est loin de ce but maintenant.  On dirait que la pauvreté ne disparaît pas, mais se répand davantage. Une impression ou une réalité?  On chiale contre les assistés sociaux et on donne des millions en subventions aux industries qui s’en iront s’établir ailleurs. 

Michael Fortier

J’aimerais rappeler à Monsieur Fortier que si nous sommes si bien au Québec, comme il l’a dit à Tout le monde en parle, ce n’est pas grâce au fédéral, mais c’est MALGRÉ le fédéral. 

Le Québec a été assez fort pour devenir la nation que nous sommes aujourd’hui, grâce à la révolution tranquille et non grâce aux infamies fédérastes. 

Il suffit de se rappeler le coup de l’aéroport international Pet Trudeau, des mesures de guerre, du rapatriement unilatéral de la constitution et des industries qui sont parties du Québec subventionnées par le fédéral pour s’installer ailleurs, du vol de l’assurance-chômage pour savoir que le Québec existe malgré les efforts fédérastes pour nous assimiler et nous réduire à une toute petite minorité silencieuse. 

Le Québec s’est développé grâce à des hommes comme René Lévesque, Jacques Parizeau, le Dr Camille Laurin, etc.  Ce sont, eux, qui  tout en tenant tête au fédéral qui s’immisce de plus en plus dans les pouvoirs du Québec tout  en nous faisant croire qu’il a compris qu’on est une nation, qui ont construit le Québec

Avec les Conservateurs et leurs nouvelles lois de la censure et de l’aliénation, on peut dire qu’on a même maintenant une raison culturelle de se séparer du reste du Canada. 

On a plus rien à attendre de positif du fédéralisme, ce sont toujours les mêmes mensonges, les mêmes hypocrisies et les même stratégies.  Dès qu’on aura retrouvé notre mémoire, on saura que le temps presse pour créer le pays du Québec.            

La conspiration, ce sont les chefs de pétrolières qui défendent leurs intérêts sur toute la planète. Une guerre de compagnies d’essence et de profits.  Peut-être aussi pour la contrebande du pavot.         

Ce n’est pas nos soldats que nous n’appuyons pas, mais les raisons économiques qui motivent ces guerres. 

Censure de mes livres.   


Je sais que mes livres ne sont pratiquement pas trouvables.  Ça fait partie de la décision de m’effacer de la liste des écrivains québécois parce que j’ose écrire que je suis un pédéraste heureux et les jeunes ont, non seulement une sexualité, mais le droit à celle-ci et à leur vie privée.  Disons, que je suis le créateur d’une morale sexuelle pédéraste en évolution. 

Tout est permis tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination, qu’il y a consentement, amour et responsabilité, et finalement, que ce soit agréable pour tous les participants.  Ce qui va de soi. 

La CENSURE au Québec cherche à éliminer tout ce qui est sexuel et éventuellement capable de se ramasser dans les mains des moins de l’âge de consentement.  On a pour cela créé la littérature de la jeunesse.  On se fiche de la violence, c’est du cul dont il ne faut jamais parler. Je dirais même penser. 

Les adultes sont hystériques dès qu’il est question de sexe.  C’est normal, nous avons été élevés ainsi. 

Si on ne veut pas qu’une idée fasse son chemin, on n’a même pas besoin de l’interdire, on en empêche la diffusion.  Ça coûte très cher d’être écrivain quand tu ne dis pas ce que le système veut entendre.  Le signe de piastre $$$ est la liberté dans notre monde. 

On retrouve certains de mes livres dans les bibliothèques des universités et à la Bibliothèque nationale.     

Ce n’est pas n’importe qui (de n’importe quel âge) qui y a accès.  Je n’écris pas pour les jeunes, mais pour changer les règles de notre société face à la sexualité.  Passer d’une vision religieuse à une vision scientifique de la sexualité

Il y a même un de mes livres que l’on retrouve à la bibliothèque de l’Assemblée nationale Le temps d’agir parce que je suis encore politisé et que je rêve plus que jamais que le Québec devienne un pays. 

Un ami qui a cherché mes livres durant des mois s’est fait disputer à la Bibliothèque nationale, sous prétexte que je suis un pédophile, ce qui est absolument faux.  Je suis pédéraste.  Par ignorance crasse, on refuse de faire la distinction.  Je devrais, étant donné mon expérience, me classer plutôt du côté des libres penseurs. 

Effectivement, je devrais plutôt dire, plus que je vieillis, plus je suis un «masturbo-fantasmeux», si notre orientation sexuelle signifie les gestes sexuels que l’on vit au moment présent.           

Je sais que les lois fédérastes vont dans le même sens que la CENSURE qui a miné la vie du Québec jusque dans les années 1970.  On ne pouvait même pas dire le mot «queue ou pissette», je dirais même qu’on n’avait même pas le droit d’y penser.  On devenait rouge dès que le mot sein nous effleurait l’esprit. 

Notre morale sexuelle dans sa rigidité tient de la débilité la plus absolue. 

Un tabou dont on ne parle pas, on n’y pense même pas. 

Selon nos autorités, tout ce qui se passait sexuellement en-dehors de vouloir procréer dans le cadre du mariage seulement était interdit.  Nous retournons à une vitesse grand « V » à cette époque de grande noirceur, grâce aux Conservateurs au fédéral et à la droite féminoune au Québec. 

Je pensais que nous étions sortis de cette ère de débilité due à l’ignorance, mais on ne fait qu’y replonger.  On ne veut pas que je sois un modèle pour les autres pédérastes parce que je m’accepte comme je suis, tout en me créant une morale personnelle.           
    
Je ne passe pas mon temps à avoir peur quoique la dernière visite en prison m’ait rendu beaucoup plus paranoïaque.  Je ne pourrai pas continuer ainsi sans un jour «péter les plombs».   On refuse de faire une distinction entre un geste volontaire et un geste de violence ou de domination.  Il y a une différence entre aimé et abusé.

Le ministère de la Justice fédéral a même subventionné une étude à l’Université de Montréal, sur moi et sur ceux qui ont écrit dans Sortir, un livre des Éditions de l’Aurore, publié par Jean Basile. 

De plus, on a peur que je sois un mauvais exemple pour les jeunes.  C’est mal me connaître et les jeunes aussi.  Cependant, je refuse de continuer d’appuyer une morale qui élimine notre sexualité (la base même de notre personnalité) et qui reste silencieuse devant la violence. 

Je ne veux pas d’un pays malade du tabou sexuel, un cancer de l’estime de soi qui fait que tout ce qui est sexuel en dehors de «l’ordre public» est un crime.  

M’empêcher d’en parler, c’est du fascisme.

Béret blanc pédéraste.   

Quand je suis revenu pour la première fois de Vancouver, à Sherbrooke, j’ai rencontré un pédéraste béret blanc. Ça semble quasi impossible qu’un fils de ce mouvement maladivement conservateur comme les Mormons puisse être pédéraste.  Non seulement il était pédéraste, mais parfois, il essayait lui aussi de tirer un joint avec nous.  Il s’est ainsi ramassé quelques fois à l’urgence de l’hôpital, n’ayant pas assez confiance pour nous instruire de ses peurs. 

Ghislain avait toutes les adresses pour obtenir toutes les revues pornographiques américaines.  Il allait les chercher à Newport où il les faisait venir par la poste.  Je n’ai jamais vu d’aussi belles revues, sauf celles qu’un de mes lecteurs m’a, plus tard, apporté d’Europe pour me remercier de mes écrits. 

 Malheureusement, j’ai dû me départir de tout, quand je suis déménagé à Magog parce que mon frère est totalement hétéro, normal comme me diraient certains de mes amis, et il n’accepterait jamais que de telles photos le mettent en danger.  Ces merveilles servent à t’exciter, à te créer des fantasmes, à te masturber.   

J’aurais probablement pu les cacher, mais pour qu’il n’y ait pas de problème, j’ai jeté tout ce que j’avais. Ça fait partie de l’hypocrisie canadienne que d’entretenir des croisades contre la pornographie. Cependant, je tiens à ce que mes goûts n’entraînent pas de problèmes à ceux qui m’aident. 

C’est facile de faire de telles croisades, ça impressionne la galerie, ça maintient la peur de la sexualité chez les femmes et, par conséquent, le conservatisme social.  

Je n’ai jamais compris cet interdit, sauf auprès des producteurs.  C’est, chez eux, que la police devrait sévir, mais elle ne le fait pas parce que la police doit les protéger.  La police s’attaque aux individus et non à la pègre.   Il y a des millions de $$$ en jeu ; c’est comme la drogue. On interdit le petit pot local pour mieux passer les drogues dures. 

En quoi une personne qui se masturbe en regardant des revues, des films ou internet dérange-t-elle la communauté dans son sommeil ? 

L’interdit sexuel conduit à des gestes beaucoup plus graves : à la frustration, au fanatisme religieux, par exemple.   Il permet de se haïr et de mépriser les autres et de péter les plombs.  Rien ne crée une situation de vengeance aussi grave, aussi intense que la répression sexuelle. 

On le sait, mais on ne change rien.  Au contraire, on s’attaque aux individus déviants sexuels jusqu’à leur rendre la vie impossible.  Quand ils «pettent au fret», qu’ils se suicident, on fait semblant de se demander pourquoi ça arrive.     

On ne fait rien pour légaliser les gestes sexuels sans violence parce que la répression permet un contrôle plus large des individus. 

Plus on permet aux gens de s’imaginer, de s’inventer des horreurs, particulièrement sexuelles pour les femmes, plus on maintient la peur, et plus, on rend une toute petite minorité, sans pouvoir, responsable de tous les crimes de la terre.   C’est un phénomène vieux comme le monde.  Ce n’est pas pour rien que 96 % des Québécois sont contre des rapports sexuels avec des mineurs.  Ça fait des siècles que l’Église en garde le monopole. 

Plus tu es frustré, plus t’es une bombe à retardement.  Toutes les religions savent ça.  La chasse aux pédérastes a un autre avantage : elle permet d’avoir de grosses, grosses subventions ; de faire des études sur des personnes vivantes comme les nazis le faisaient (combien dur bandes-tu quand quelque chose t’excite ? On va te mettre un appareil sur le gland pour le mesurer.  

C’est mieux d’avoir une prison à Gaspé pour éloigner les curieux.  Au moins les prisonniers-cobayes ont droit à de la pornographie gratuite.  Puis, ces personnes ne sont pas violentes.  Elles meurent de peur, aussi est-il facile pour le système d’arrêter quelques pédophiles de temps en temps pour prouver son efficacité.  C’est moins dangereux que de courir après les vrais criminels, mais pour ça il faut faire croire qu’il y a un véritable danger. Il faut tout encadrer avec des lois, dans un langage de l’épouvante.  

Si les argents allaient pour la recherche des personnes disparues, au moins ce serait plus normal, mais la police risquerait de passer pour une organisation inefficace.   Des pédés, il y en a partout, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.  Croire dans leur extinction (la croisade actuelle), c’est de l’angélisme schizophrénique. 

Je n’en ai pas contre la police, elle obéit aux ordres.  Je pense que la mafia légale donne les ordres pour que ça rapporte le plus.  La police sert la mafia légale.  Elle sert à emmurer la pègre, à s’assurer que les meurtres et la violence se passent juste entre eux.  Pourquoi ne se sert-on pas de tous les moyens pour retrouver les personnes disparues?  Pourquoi ne trouve-t-on pas moyen d’empêcher un chauffard de faucher d’autres vies humaines?  Pourquoi ne se sert-on pas des lois existantes contre les gangs de rue? 

Comme je l’ai déjà dit au ministre de la Sécurité du temps de Lucien Bouchard : on est bien meilleur pour protéger les pénis que pour protéger les cerveaux de la drogue et de la violence.

J’ai voulu développer une façon morale de constater qu’on est pédéraste sans constituer un danger pour les jeunes et demeurer authentique.  C’est pourquoi j’ai ajouté les notions de non-violence, de consentement, de responsabilité et de plaisir mutuel.  Tu es le seul maître de ton corps.

Une solution qui passe essentiellement par l’éducation.  « Comment te percevras-tu quand tu seras à l’article de la mort?  Si t’es heureux de la vie que tu as vécu, c’est tout ce qui compte.»           

Une philosophie que la prison te permet de comprendre, car c’est essentiel pour la réhabilitation d’avoir confiance en soi et de l’estime pour soi. 

Nos gouvernements l’ignorent.  Ils sont trop occupés à trouver de nouveaux moyens pour nous faire les poches. Nous sommes victimes d’une dictature fasciste sous le règne du gouvernement Harper.

Radioactif 359

avril 28, 2022

Texte de 2008

Les seins.   

Je ne comprends pas pourquoi on fait tant de chichis quand il est question de sexe et qu’il n’y a pas de violence ou de domination.  On est loin de la réalité féministe « ton corps t’appartient».  Personne ne meurt ou n’est blessé par la nudité. 

Quand j’étais jeune. Il y avait toujours une bande de folles qui s’évertuaient à dénoncer les revues cochonnes.  Il fallait les cacher comme les cigarettes De quel droit ces malades décident-elles de la morale des autres?  Si elles sont scrupuleuses, c’est leur problème. Qu’elles s’enferment chez-elles. On ne doit pas se priver de tout,  juste à cause de ces esprits étroits et malades. 

Je n’arrive pas non plus à m’imaginer comment un professeur d’éducation physique puisse être accusé pour attouchements sur des fillettes de neuf ans environ.  Qu’est-ce qu’il peut avoir touché?  Il leur a mis la main entre les cuisses?  Comment peut-il toucher des seins qui n’existent pas encore?  Jeune, des seins pouvaient nous exciter, mais au moins il y avait déjà des bourrelets.  À neuf ans, autant que je me rappelle, il y a encore absolument rien.  La planche ne peut pas être plus planche, alors comment peux-tu toucher des seins qui n’existent pas encore ?  Quel intérêt? Ou ce sont les femmes qui sont assez malades pour s’imaginer que c’est déjà mal.

Les gens et les autorités qui appuient ce qui me semble un excès de pudeur ont une façon de voir qui est carrément vicieuse et débile.  Pourquoi vouloir nous imposer une morale déphasée?  C’est de la pure paranoïa, selon les informations fournies dans les bulletins de nouvelles. 

Je comprends que les seins sont ce qu’il y a de plus tentant et excitant chez une femme, tout comme je comprends qu’il doit y avoir un accord, une permission, avant d’y mettre la patte, mais une fille de neuf ans, ça pas de sein qui suscite de l’intérêt.  Peut-être y a-t-il des détails dans ces attouchements que l’on n’a pas?  Je ne suis pas juge, Je n’ai pas leur paye, mais je sais que des causes de ce genre-là, ça coûte une fortune.   

La cour doit servir à des causes plus sérieuses, d’autant plus qu’on crie à l’engorgement comme dans nos urgences. 

Je pense que ça entretient la folie de la peur.  Il faudrait plutôt avoir recours à des psychologues pour soigner celles qui maintiennent la sexualité dans un état de psychose nationale.


Égalité : homme-femme. 

Eh oui ! J’ai toujours appuyé l’égalité entre les hommes et les femmes, même si je suis pédéraste.
  C’est une réalité qui va de soi. Un homme ou une femme, c’est un être humain. 

Je trouve d’ailleurs incroyable qu’il a fallu des siècles avant qu’on s’aperçoive que les hommes et les femmes sont des êtres humains.  Nous voyons là l’effet pervers de l’éducation religieuse qui prétend que la femme doit être soumise à l’homme et qu’elle est objet de péché ou de mal.  En établissant les rôles sociaux de l’homme et de la femme, les religions ont consacré la soumission de la femme à l’homme. Toutes les religions sont misogynes parce qu’elles ont été inventées par des prêtres et que les femmes n’avaient même pas le droit de parole, pour ne pas dire le droit d’exister. 

Les religions ont été les premières à introduire la notion de la femme inférieure, tentation perpétuelle pour l’homme incapable de diriger les élans de son pénis.  Les religieux intégristes étaient déjà assez malades pour ne pas permettre aux femmes de vivre sans être cachées derrière des vêtements.  Il ne fallait pas voir un pouce de leur chair pour ne pas être tenté ou pour conserver le droit exclusif de propriété.  Femmes et enfants étaient les esclaves du bonhomme que celui-ci soit un bon individu ou le pire des salauds. 

Cacher ainsi la femme est une vision qui sous-tend aussi que tous les hommes sont trop cochons pour pouvoir maîtriser leur instinct sexuel.  

Une des plus belles réalisations au Québec est cette égalité femme- homme ; même si on la confond encore parfois à une égalité mathématique.  Il sera impossible de définir une véritable égalité tant et aussi longtemps que l’on ne modifiera pas la base de nos philosophies qui engendrent nos personnalités.  La discrimination nous vient souvent de l’exemple donné par les adultes.

Il faut proclamer sans réserve l’égalité, dès la naissance, de tous les êtres humains, les enfants y compris.  « Ton corps et ton esprit n’appartiennent qu’à toi ».  Voilà ce qui mérite d’être retenu de la lutte des féministes. 

Cette lutte ne sera valable que si l’on remplace l’approche religieuse de la sexualité par une approche scientifique. 

Malheureusement, sous prétexte de défendre les jeunes, on leur impose une morale bourgeoise et paternaliste comme les curés d’antan.  Leur lutte est un retour à la pensée maladive de la sexualité par les religions.  Maladive, car elle nie l’essentiel nous sommes tous, sans exception, mortels et sexués.

Le nier ne peut que semer la mésestime de soi et le rejet des façons minoritaires de vivre sans violence sa sexualité. 

Quand les sociétés comprendront-elles le droit de se créer individuellement une morale sexuelle personnelle dont les balises sont simples et claires : le consentement mutuel, la non-violence, la responsabilité et le plaisir d’aimer. 

Chaque individu a le devoir de fixer sa morale.  Quand on aura dépassé ce stade qui nous enferme dans la sexualité des autres, on pourra commencer à agir sur les vrais problèmes dans le monde : la misère, la violence et les drogues.  On pourra revivre des idéaux qui ne sont pas qu’une recherche de profits financiers et qui nous rendent conscients de notre responsabilité envers la planète. 

Dès lors, on aura compris que notre seule raison de vivre est le bonheur individuel et non d’être les esclaves de systèmes économiques.  Nous vivons pour vivre le plus d’expériences possibles, car elles constituent notre intériorité.  La seule chose qui compte est qu’à la fin de notre vie, on puisse dire: ma vie est une expérience qui en valait la peine. 

Et, ceux qui croient ajouteraient que pour cela il faut en être reconnaissant envers son Dieu, car la vie sur terre est juste un apprentissage quant à savoir reconnaître ce qu’il a fait pour nous. 

Pour les autres, la mort ‘est le vide absolu. Ainsi, le moment présent est tout ce qui compte.  On ne saura jamais laquelle des deux vérités est la bonne et ça n’a pas grand importance.

Vancouver, la belle !        

Vancouver, c’est le contraste absolu avec le Québec, et pourtant, émotivement c’est ce qui nous ressemble le plus au Canada.

Comme tous les pouceux, je me suis ramassé à l’Hostel du gouvernement, à Vancouver, un endroit où on pouvait aller coucher gratuitement, en autant qu’on y entrait assez tôt le soir.  On nous donnait aussi un billet pour aller manger au restaurant chinois bien entendu.    

C’est fantastique que déjà à cette époque, on pouvait parcourir le Canada d’Est en Ouest, sans jamais avoir de misère.  La pauvreté ne devrait pas exister dans un pays comme le Canada.  On chiale contre le « bien-être», mais on oublie les millions que nos gouvernements donnent en subventions à des multinationales ou des industries qui n’ont pas eu la présence d’esprit de se moderniser.  Un bien-être social pour millionnaires. 

J’ai aimé Vancouver à cause du parc Stanley et de la plage de nudisme. 

Une de nos différences apparaissait déjà dans les discussions : si le Québec a le droit d’être francophone, est-ce que Vancouver a le droit de parler mandarin?Il y avait déjà plus de Chinois que de Francophones.  Mais, Vancouver n’est rien à côté de l’Île de Vancouver et sa « Rain forest trail».  C’est une merveille.  Dans cette forêt, t’as l’impression d’être sur une autre planète.  À cause de la hauteur des arbres, toute la végétation est d’un vert différent. 

De plus, sur l’île, il y a des fleurs partout.  J’ai visité le Bushhard Garden (quelque chose du genre), grâce à un homme qui voulait que je retourne au Québec avec une belle impression de sa province.  Il m’a payé l’entrée. 

Les gens qui t’embarquent sur le pouce sont extrêmement gentils ou certains sont un peu plus vicieux.  L’homme qui m’a fait visiter Victoria, la riche, se donnait toutes les raisons du monde pour se pencher sur moi et me passer les doigts dans la région de la braguette, sous prétexte qu’il me montrait une architecture particulière.  Je n’avais pas peur, car c’était évident qu’il n’était pas violent, même si c’est un risque à prendre.  J’étais déjà assez vieux pour décider.  À vrai dire, j’aimais ça.  Je suis agace-pissette. 

À Vancouver, j’en ai profité pour travailler pour le journal le Soleil, un hebdomadaire francophone. 

Je n’avais pas un sou, je vivais d’assistance publique et j’étais certainement plus heureux que la moyenne des hommes.  J’étais libre.  J’ai écrit et publier un texte dans les journaux pour demander comment Paul Rose pouvait être condamné pour le meurtre de Laporte alors qu’il n’y était même pas?  C’est ce que j’avais lu et ce que je croyais. 

Quand je suis revenu, j’ai presque fait le trajet en trois coups.  Un moment donné, je m’étais adjoint un petit Trudeau pour voyager avec moi.  La police nous a arrêtés.  Quand on nous demanda qui nous étions, je leur dis de bien faire attention, que le petit Trudeau était le cousin du premier ministre PET lui-même.  Ce fut très expéditif, au cas où. 

Par contre, j’ai appris qu’un autre Jean Simoneau parcourait le pays et volait, se battait et faisait les 400 coups.  Heureusement, grâce à mon numéro d’assurance sociale, on a pu établir que c’était un autre gars. 

J’ai peut-être tous les défauts du monde, mais j’essaie d’être honnête.  Même ma façon d’aborder la sexualité sera un jour celle qui prévaudra dans le monde… question de temps. Ce sera libre, mais avec consentement et non-violence. Un plaisir.

La censure fédéraste.     

On va peut-être un jour me croire et comprendre.  La censure que l’on m’inflige depuis quelques années, sous prétexte que j’ai le malheur d’écrire que je suis heureux d’être pédéraste, est maintenant la même, à l’échelle de toute la culture québécoise, autant straight que gai. 

C’est maintenant claire : la lutte à la pornographie pour la supposée protection morale des jeunes contre les prédateurs sexuels, n’est qu’hypocrisie pour restaurer LA CENSURE par la porte de derrière. 

Évidemment, pour fermer la gueule à un individu qui a la trappe trop grande, rien de mieux que de l’accuser d’attouchements sexuels.  Il sera aussitôt détruit à jamais.  Il ne pourra plus travailler, ni voyager, il ne pourra même plus faire de bénévolat jusqu’à la fin de sa vie.  On va même essayer de l’écraser financièrement pour qu’il n’ait jamais les moyens de se relever.  C’est automatique. Tout le monde s’insurgera contre lui. 

Toutes les âmes affamées de médisances et de calomnies, comme les vampires dans les films d’Hollywood, vont lui sauter dessus pour l’exterminer, jusqu’à faire disparaître toute trace de passage dans cette vie. 

Là, on risque de s’apercevoir que tout ce que l’on veut c’est revenir à la bonne vieille société puritaine d’antan.  Non seulement on ne veut pas que les jeunes entendent les moindres propos sur la sexualité comme si on était des bouts de bois de sa naissance à ses 18 ans ; mais on veut priver les adultes des toutes les scènes, de tous les mots, qui pourraient leur rappeler qu’ils sont sexués. 

On a enlevé les cours de sexualité de nos écoles, on a créé une littérature de la jeunesse où aucune connotation sexuelle ne doit apparaître et on a inventé une télévision qui nous gave quotidiennement d’attentats à la pudeur ou à la décence pour nous faire croire que c’est un grave problème de société.  Ainsi, la police peut avoir plus de subventions pour s’attaquer à ce danger pour la jeunesse. 

Maintenant, que tout le monde dort, il ne reste plus qu’à partir en guerre contre Le danger est dans la tête de ceux qui voient du mal dans la sexualité. On enlève toutes les scènes osées sexuellement dans toutes les productions, en attendant de revenir à la censure politique comme avec ON EST AU COTON.  La loi est passée en troisième lecture.  Qui cherche-t-on à exterminer ainsi ?  Le Québec récalcitrant. 

Ce maudit adolescent qui ne boit pas toutes les paroles de Poutine-Bush-Harper (agents des pétrolières) et qui croit encore que les délinquants peuvent être réhabilités.  Paranoïaque?  Le sénat ne le sera jamais assez fort pour tuer dans l’œuf cette censure supposément apte à établir une dictature bénévole. 

Fermons encore les yeux et laissons-nous guider par ceux – là même qui n’ont pas vu passer l’éléphant de la censure. 

On revient au temps où l’on n’avait même pas le droit d’avoir une pensée de nature sexuelle.  Quelqu’un qui a une morale de soumis sexuellement est soumis politiquement.  On appelle ça des aliénés.  Des gens qui embrassent leurs chaînes.  

Nos partis politiques sont bien trop occupés dans leurs stratégies pour aller chercher des votes et le pouvoir pour voir comment on s’y prend pour nous passer un sapin qui anéantit toute liberté. 

Le fascisme s’introduit ainsi pernicieusement jusqu’à ce que ses dirigeants aient pris le contrôle. La peur est la drogue universelle.    

Paul Martin avait probablement raison : Harper est pire que le diable.  Mais ce n’est que la tête de l’iceberg.

Via Rail

avril 27, 2022

Via  Rail

Je veux féliciter Via Rail pour son magnifique service à la clientèle.

J’ai dû me rendre dernièrement à Hamilton et j’ai décidé de le faire par train pour ne pas avoir à changer de gare à Toronto.

Je ne sais pas si c’est à cause de mon âge, mais je n’ai jamais été aussi bien accompagné.  Il a suffi de dire que j’avais besoin d’assistance pour avoir une personne qui m’a me montré le chemin pour passer, à Toronto, du train à l’autobus.  Il n’y a, semble-t-il, qu’une gare maintenant et elle est immense.

À l’aller, la gare était pleine à cause de la joute de hockey, ce qui m’a fait penser à mon ami Jacques qui ne manque aucune joute du CH.

Puis, ce fut l’alerte à la bombe qui s’est produite près des portes où j’étais déjà rendu pour cette fois prendre l’autobus en direction d’Hamilton. J’ai pris l’autobus, car en arrivant à Hamilton,  je sais où je suis, alors qu’en train je ne sais pas quelle sortie prendre pour être au centre-ville. Jubed serait là pour me cueillir.

À mon retour, j’ai raté le dernier autobus pour Montréal par dix minutes. Je devais donc trouver un autre moyen.  Donc, je suis retourné à Via Rail et j’ai pu dénicher une place me permettant de me rendre le soir même à Montréal.

Puisqu’il  n’y a plus de service d’autobus Montréal-Magog après huit heures, j’ai dû me prendre une chambre d’hôtel, mais rendu à Montréal, je me sens un peu plus chez-moi, ce qui facilita la solution.

Radioactif 358

avril 27, 2022

Radioactif 358

Texte de 2008

Le visage du Canada.     
J’ai été très surpris de la beauté du Canada.  Chaque coin de pays a ses particularités quoique sans être chauvin, c’est un phénomène que l’on retrouve aussi pour chaque région du Québec. 

Je me souviens du Nord de l’Ontario parce que c’est, avec l’Alberta, les seuls endroits où une auto a fait un « crochet » assez prononcé pour je dusse me jeter à l’arrière pour ne pas être happé.  En Ontario, les Autochtones (c’est plus beau de dire les Indiens) étaient en pleine guerre avec les Blancs.  Dans l’Ouest, on ne digérait pas mes cheveux longs. Les cheveux en parachute, comme disait Jim Corcoran. 

Ceux qui pensent que le Canada est un pays bilingue ne sont pas sortis du Québec.  Il y a Radio -Canada, d’un océan à l’autre, mais c’est presque tout.  Tu vas trouver des francophones partout, si tu les cherches.  Même à Sudbury, la francophonie est devenue un mythe, une expression folklorique. 

J’ai été très surpris des Prairies.  Je m’étais figuré ça beaucoup plus plate.  Je me suis surtout amusé avec un petit renard qui ne savait pas s’il devait avoir peur de moi ou pas.  En Saskatchewan, un Anglais qui m’engueulait s’est retrouvé devant un Métis qui lui fit sagement fermer la gueule.  Ce Métis disait qu’en chaque francophone, il y a un Métis.  Par la suite, lui et ses amis, m’ont amené là où Louis Riel a enseigné.  J’ai pu trouver mes initiales sur un banc de la classe de Riel, à Batoche. 

Notre histoire ne nous raconte pas comment le gouvernement de Macdonald a fait tuer des centaines de Métis pour permettre aux trains de poursuivre la Conquête de l’Ouest.  Riel était un des nôtres. On l’a pendu parce qu’il voulait un pays indépendant pour ses Métis.  Son seul problème : il parlait trop avec Dieu.  Il a fait confiance aux sales à Ottawa qui ont ordonné à l’armée de prendre le territoire par la force.  Le Canada a été créé dans le sang.

L’histoire du Canada est tachée du sang de ces pauvres innocents qui ont eu le courage de défendre leur territoire jusqu’à la mort.  Money first !  On exploita aussi les Chinois.  Le mal triomphe toujours. 

Les Rocheuses m’ont déçu.  Je me figurais ces montagnes plus escarpées, plus hautes.  Je les redécouvrirai dans mon deuxième voyage lorsque je dus y faire du pouce.  Des souvenirs – images extraordinaires.  Les montagnes que je me figurais me sont apparues en Europe, mais je ne serais pas surpris d’avoir déjà vécu dans les Himalaya.  Quand je les vois dans des films, j’ai l’impression de revivre ces paysages. 

J’ai adoré Vancouver et les fleurs de l’île de Vancouver.   Les fleurs sont probablement ce que j’ai vu de plus beau.  Elles sèment la gaité.

Que dire des clubs de nudistes.  La nudité est une élévation de l’âme.  Sa beauté est transparente. Seuls les esprits pervers en sont offusqués.  

Plage de nudisme.           

Derrière l’université, à Vancouver, il y a une des plages de nudisme les mieux connues du Canada.  Il faut descendre dans les banquises de sable pour s’y rendre.  Ce fut pour moi le paradis.  Il y avait là une mère et ses deux jeunes fils.  L’eau du Pacifique était affreusement froide, alors les jeunes se baignaient nus dans un trou d’eau sur la plage.           

Nous avons escaladé ensemble les banquises, nous avons construit des châteaux, nous nous sommes enterrés mutuellement, sous la surveillance de l’œil maternel.  En fait, nous avons filé des heures de parfait bonheur ensemble. Pour compléter le décor, devant nous, aux États-Unis, une montagne et ses neiges éternelles.  Imaginez la scène.  L’extase.  Que demandez de plus à la vie?  J’avais dans une seule vison, tout ce qui représente le paradis et ce qu’il y a de plus sublime à contempler. 

J’ai tellement été heureux que j’ai oublié ma maladie de peau, mon vitiligo, et je me suis ramassé dangereusement brûlé.  J’en étais réduit à marcher comme un canard, à avoir de la difficulté à endurer la moindre pièce de linge sur moi, mais j’étais heureux comme un fou. 

Cette vision du paradis m’a tellement profondément hanté qu’en retournant au Québec, lorsque je suis arrêté en Saskatchewan chez un peintre et sculpteur, un nommé Fafard, je crois.  Il avait fait un immense éléphant sur le toit d’un bâtiment.  Tout ce que j’ai su exprimer dans ma tentative de dessin fut de reproduire cette scène qui m’habite encore : la plage, les jeunes nus, l’eau froide et la montagne devant avec ses neiges éternelles.

Mes brûlures ont eu pour résultats d’activer mon vitiligo au point d’en être couvert partout sur le corps et confirmer que je suis bien un nègre blanc d’Amérique.  Ces quelques heures valent à elles seules la peine de vivre. 

Le cirque libérateur.        
    
C’est en hommage à Marc Lachance que je veux écrire ce petit mot.

Radio-Canada vient de montrer comment le Cirque du monde, un petit du cirque du Soleil, permet aux jeunes de la rue de s’en sortir.  C’est exactement le projet qu’animait mon ami Marc Lachance, en Éthiopie.  Les jeunes de la rue pouvaient s’inscrire, s’instruire et participer aux activités du cirque. 

Marc s’est suicidé pour sauver son œuvre du scandale parce que des lettres anonymes du Québec le dénonçaient comme pédéraste. Dans leur langage diabolique, on appelle ça de la pédophile alors que le mot juste est de la pédérastie (à cause de l’âge de ses amants).   

Ce sont ces étroits d’esprit qui représentent un danger pour la société en faisant pleuvoir les subventions au service de sécurité des pays.  Ils font disparaître tous les bons sentiments qui animent des projets pour venir en aide aux démunis, sous prétexte qu’il y a du sexe.  Je serais d’accord avec ces dénonciations, si une des raisons pour être inclus à ces activités soit d’être obligé de participer à des activités sexuelles .  Ce n’est plus pareil.  Il n’y a plus de plaisir, s’il n’y a pas  de consentement mutuel.  

Quoiqu’il en soit, Marc a créé une foule de cirques en Éthiopie.  Le chantage lui faisait tellement peur qu’il s’est pendu quelque part en Amérique du Sud pour sauver la réputation de ses cirques.  Avant de mourir, il avait écrit qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre. Il faisait référence à la nuance que je fais entre pédophilie et pédérastie et affirmait que la pédérastie est une orientation sexuelle

Disons que le jeune qui expérimente cette forme d’expression de sa sexualité et qui s’y reconnaît peut déjà se dire gai.  Si tu te sens accepté comme tel, c’est énorme.  C’est ce que les hétéros ne veulent pas reconnaître : les jeunes savent très jeunes ce qui les attirent et les excitent sexuellement.  Il n’y a aucun mal dans cet exercice de ta réalité humaine. 

 Le cirque est un excellent moyen pour revaloriser ces jeunes qui quittent la rue et réussissent enfin quelque chose de positif et de créateur.  C’est une œuvre merveilleuse avec ou sans sexe…  

Marc a ainsi réussi à donner un visage positif à sa pédérastie ; mais les trous-de-cul de la chasteté lui ont enlevé la vie pour le salir.  

Bravo mon gars!   Ta vie valait d’être vécue et merci au nom de tous ces jeunes que tu as sorti de la misère et d’une chasteté d’hypocrite.


La nudité.    

La seule raison pour laquelle on considère la nudité comme de la pornographie vient de nos conceptions religieuses qui nient la valeur du corps et considère l’esprit comme la seule richesse de l’homme.  L’interprétation d’une phalange gnostique.   Avec le temps, les religions nous ont tellement lavé la cervelle qu’on n’arrive pas à imaginer une autre échelle de valeurs. 

Pourtant, même si nous savons que nous allons tous mourir, nous devrions avoir l’intelligence de reconnaître jusqu’à quel point le corps est une invention admirable.  Pire, notre corps est la seule chose qui existe sans aucun doute possible. 

L’existence d’un niveau spirituel est évidente, mais pour la très grande majorité, la conception que l’on en a vient des autres.  Pourquoi sommes-nous devenus aussi scrupuleux, à part les intérêts de l’industrie du vêtement ?  On est encore bébé qu’on essaie de nous « dompter » à être vêtu.  Qu’est-ce qui peut justifier une telle panique face à la nudité ?  Pourquoi pense-t-on que la nudité est mal en soi? 

Il suffit d’avoir essayé le nudisme ou le naturisme pour savoir que rien n’est plus sain et naturel que de vivre nu, du moins, à certains moments de notre existence. 

C’est ainsi qu’il est plus normal de se baigner nu, plus agréable aussi.  Pourtant, les lois nous obligent à porter un costume de bain. Nous n’avons pas été habitués à vivre certains moments nus, en compagnie des autres.  On a peur de leurs regards, de ne pas être assez beau, d’être moins attrayant que l’autre. Quand tu te ramasses avec un groupe de nudistes, être à poil devient la dernière de tes préoccupations. 

On s’imagine aussi que la nudité nous rend plus cochon.  Pas du tout.  On dirait même que sans te poser de question, la nudité semble établir une limite dans nos relations.  Un plus grand respect de l’autre. 

Si dans les premières minutes, on peut être voyeur, dès que l’on est habitué, la gêne nous quitte et la nudité n’a plus grande importance.  On est rendu à un autre niveau de relation comportementale. 

Les vrais cochons sont les prudes.  Pour être prudes, tu dois d’abord croire « mal » de te retrouver nu.  Être prude, c’est d’avoir honte de son corps.  Il est bien évident que la nudité a des limites : je ne me figure pas nu, dans une foule bien habillée, dans un centre d’achats…

La troisième guerre mondiale

avril 26, 2022

La troisième guerre mondiale.

Poutine est un tel malade mental que tout indique que d’une manière ou d’une autre,  nous nous retrouverons  bientôt dans la troisième guerre mondiale. 

Si l’Otan continue de faire dans ses culottes, Poutine provoquera un événement pour justicier cette nouvelle catastrophe mondiale.  Il est déjà assez fou pour sacrifier les plus beaux gars de son pays, juste pour avoir raison.

Une solution. L’ONU exige un cessez le feu immédiat, surveillance aérienne, maritime  et sur le terrain,   

Organisation, sous surveillance de l’ONU,  de référendums pour déterminer avec qui veulent vivre les gens des régions que l’on tente présentement de s’approprier illégalement par les armes. Le résultat de ces référendums indiquent à qui appartiendront ces régions.

Dans un monde civilisé, on ne résout pas nos problèmes avec les armes.

Radioactif 357

avril 26, 2022

Radioactif 357

Texte de 2008

Voyage et consentement.          

En voyage, j’ai appris que je ne suis pas le seul à accepter de jouir un peu des plaisirs de la vie.  Plus un pays est sexuellement scrupuleux, plus les moments où tu peux jouir de ta sexualité sont excitants.  Tous les moyens sont bons pour créer l’événement.  

Ceux qui prétendent que les jeunes de dix et plus ne savent pas ce qui se passe, qu’ils sont intimidés ou qu’ils ont peur quand il s’agit de sexe sont des ignorants ou des menteurs. 

Ce n’est pas étonnant : notre morale a toujours essayé de nous faire croire que les jeunes n’ont pas de besoins sexuels.  Est-ce parce que les jeunes pensent qu’une aventure peut être sans suite qu’ils manifestent très clairement et très vite leur intérêt pour la chose, surtout si l’autre est un étranger qui disparaîtra aussi vite du décor qu’il aura fallu pour le faire grimacer de plaisir ? 

Darryl ne fut pas le seul à me forcer à comprendre plus vite leur approbation, mais j’avoue que j’ai fait un effort pour comprendre vite.  Plus les choses sont claires, moins il y a de pertes de temps. 

Je me rappelle qu’un après- midi, dans un hôtel du gouvernement, j’avais un jeune qui était couché près de moi.  Nous étions les deux seuls à partager cette chambre.  J’écrivais une lettre dans laquelle j’expliquais en même temps la tentation que représentait ce jeune voyageur.  Il a suffi de regards, d’un petit grattage instantané, insistant à la bonne place pour que je saisisse que je pouvais m’aventurer à offrir le plaisir d’une bonne pipe.  Je n’avais pas fini ma lettre que je buvais le paradis et réalisais mes vœux les plus osés.          

Mon plus grand plaisir est facile à combler : regarder jouir à chaque mouvement de ma langue sur son corps. 

Le voyage m’a aussi fait découvrir mon côté féminin ou prostitué.   J’avoue que j’étais probablement, malgré mon âge, beaucoup plus peureux que les jeunes qui s’offraient à moi.  J’étais plus conscient qu’il existe vraiment des dangers potentiels.  Des fous y en a partout.  Contrairement à ce que j’avais entendu dire, me prostituer sans me faire payer n’engendrait aucun mépris ou sous- estime de moi.  C’était parfois même perçu comme une vocation : donner du plaisir. 

Était-ce parce que je ne demandais jamais quoique ce soit que je n’avais pas de scrupule? Loin de me mépriser davantage, au contraire, puisque je me suis toujours perçu comme affreusement laid, me sentir désiré par un autre, surtout quand il s’agissait d’un jeune, était comme un hommage sans borne.  C’est ce qui m’a permis de m’ouvrir un peu. 

Plusieurs pédérastes ne veulent rien savoir des femmes ou des hommes parce que leurs organes génitaux ne les attirent pas, mais les répugnent.  Pourquoi? Je n’en ai aucune idée. C’est ainsi point à la ligne.

Cette exclusivité aux jeunes leur permet de demeurer dans la sphère de leur propre enfance.  Le pédéraste vit dans une «aura» idéaliste, il se croit indispensable au bonheur ou au plaisir du jeune dont il est amoureux, ce qui est probablement sa propre projection de lui dans l’autre. Il est comme figé d’admiration devant  la peinture de ce qu’est la pureté, l’authenticité et la beauté pure.  

La pédérastie se vit seulement par et pour l’amour. C’est un motif moral bien plus valable que d’aimer la vie pour l’argent ou la drogue.  C’est un «diapason de vibration », voilà tout. 

Il est impossible de le réaliser ou de le reproduire en dehors de la pédérastie. Un hétéro ne sera jamais homo, c’est la même chose pour la pédérastie, sauf que la personne convoitée est plus jeune.  Pourquoi ce qui te fait tripper correspond spécifiquement à certaines personnes?  Une question d’attraction d’énergies, de vibration. Notre corps est sensible à certaines géométries. On peut l’expliquer par la différence de réaction des individus devant une toile.

Fort probablement que  l’on découvrira pourquoi à travers les modifications que l’on a découvertes autour des gênes qui déterminent notre sexe et notre genre.

Mon premier voyage.      

Dans mon premier tour du Canada, j’étais plutôt « politique ».  Le sexe avait moins d’importance. L’indépendance du Québec et la survie de la langue française prenaient toute la place.  J’ai ainsi pu comprendre pourquoi le Canada est plus près de Paris que du Québec.            

En jouant les vierges offensées sur notre façon de parler et notre accent, Ottawa peut se justifier de ne pas appuyer un français qui n’est pas celui de la France, comme un outrage à notre langue.  On a assez honte qu’on s’imagine ne pas parler français, même si notre joual était la langue parlée à l’état pur, à la Cour de Versailles.  

Les français hors-Québec, appuyant ce point de vue d’Ottawa, sont complètement déconnectés quant à ce qui se passe au Québec.  Le clergé de l’Ouest n’aime pas ce Québec trop libéral.  C’est pour ça qu’à tous les référendums, ils sont contre nous. 

Quand j’ai dénoncé ce fait, à Edmonton, les journalistes qui me recevaient à la radio ont perdu leur emploi.  J’ai constaté que si la langue est l’élément le plus important pour choisir l’indépendance ; nos valeurs moins puritaines que les protestants en sont le deuxième élément.  Finalement, vient la question d’argent.  C’était aussi la grande vérité d’alors.  Je suis de plus en plus apolitique et pourtant de plus en plus indépendantiste, séparatiste.  Il faut cesser de croire dans la possibilité d’un trait-d ‘union avec le Canada.  Le Canada est anglais et le Québec est français.

En même temps, sur un plan mondial, je suis de plus en plus pédéraste. C’était un homme bohême, sans famille, sans pays, qui parcourait sans relâche l’univers.  Homme libre de la terre, ton pays c’est ta planète, disais-je dans la chanson le bohême 

Pourtant, je me rappelle avoir alors tellement manqué de français dans l’Ouest que j’ai braillé comme un bébé la première fois que j’ai entendu chanter Pauline Julien à mon retour.   Québec mort ou vivant.  

Aujourd’hui, le Québec est détruit brique par brique et si on ne se réveille pas bientôt, nous ne pourrons même plus devenir indépendant. 

Dès que Montréal sera assez majoritairement anglophone (avec les immigrants) ce sera numériquement impossible de gagner un autre référendum.  Adios les french pea soup!  Nous qui avions tant d’avenir, si on avait su prendre notre destin en main quand c’était encore temps…

On préfère chialer contre Madame Pauline Marois.

La politique, c’est une perte de temps et d’énergie et pourtant si on veut que le Québec soit un jour un pays, il faudra bien reprendre le pouvoir et prendre les moyens pour devenir un pays.  Nous ne serons jamais assez forts pour prendre les armes lorsqu’on ne pourra plus créer notre pays démocratiquement. 

Ceux qui font les gorges chaudes aujourd’hui seront peut-être moins fiers quand on sera une minorité stérile au sein de l’Amérique anglaise et protestante, scrupuleuse.

Dans mon premier voyage, ce fut une rencontre avec Riel et j’ai découvert le nudisme. Je pense que dans l’avenir, le nudisme jouera un rôle plus primordial que mes initiales sur un des bancs d’école où Riel enseignait. 

Dans le temps on ne tuait pas pour le pétrole, mais pour les chemins de fer. Rien de fondamental n’a changé.  Le Canada a été érigé par le meurtre des Métis.

L’immigration.

Le problème au Québec, comme ailleurs, c’est que les questions fondamentales doivent être résolues par le parlement, mais nos partis politiques sont trop étroits d’esprit pour créer l’unanimité autour d’enjeux essentiels.   Nos prétendus leaders passent l’intérêt de leur formation politique avant celui du peuple. 

Stéphane Dion vient d’en donner un exemple éloquent au fédéral, si éloquent que l’on peut dire sans se tromper qu’il n’y a aucune différence entre les conservateurs et les libéraux.  Aucune conscience.   Qu’on regarde à Québec ou à Ottawa, le pire ennemi du peuple, c’est le manque de planification et de couilles pour préparer l’avenir. 

Tout le monde sait que l’immigration est un élément indispensable au développement du Québec.  Nous voulons tous que le Québec soit un territoire français, alors pourquoi ne pas s’entendre sur ce qui constituerait une politique d’immigration acceptable pour tous?  Que devrions-nous faire pour s’assurer que les immigrants doivent apprendre le français? 

D’abord, leur dire la vérité avant qu’ils entreprennent de venir s’établir chez-nous.  Il faut leur dire clairement qu’il n’y a aucun compromis possible sur deux ou trois éléments en venant s’établir au Québec : le fait français (si tu ne veux pas l’apprendre installe-toi ailleurs) , la laïcité , au Québec la religion se vit dans les foyers et les temples, tu dois accepter le principe de ne pas imposer tes règles religieuses ou tes rites aux autres si tu veux être heureux chez-nous,  et finalement, l’égalité entre tous les individus ( quel que soit l’âge et le sexe). 

Il me semble que ce n’est pas compliqué de trouver des politiques qui garantissent que ces éléments soient connus et respectés quand on s’installe au Québec. 

Ce sont des sujets qui sont tellement importants que les partis politiques devraient s’entendre pour que ce soit une réalité.  Ils apprennent le français avant d’arriver ou ils ont une immersion dans cette langue dès leur arrivée.  Si les enfants vont tous à l’école française (on devrait abolir les écoles privées) en arrivant, leurs parents doivent pouvoir les assister dans leur cheminement. 

Plus tard, si on a des gouvernements qui ont assez de panache pour s’assurer que la langue de travail soit le français, nous sommes assurés que le Québec sera français. 

Il devrait y avoir des élections où la seule question soit : Que ferez-vous pour vous assurer que le Québec sera un territoire français ?

Je devrais dire un pays, mais pour cette unanimité, il faut que ça dépasse la lutte entre fédérastes et séparatistes.  Qu’on commence par solutionner un problème fondamental, puis, on passera à l’autre.  Comme c’est là, les libéraux sont les pires agents d’anglicisation ; l’ADQ ne sait pas trop où se brancher pour obtenir les faveurs populaires et le PQ a trouvé moyen de se recréer une lutte interne.  On fait du sur place !  Et, Ottawa continue d’avoir un mot à dire sur notre immigration.

Radioactif 356

avril 25, 2022

Radioactif  356

Texte de 2008

Âge de consentement.    

Je ne dois pas prendre assez de café, le matin, puisque des compagnies aériennes m’offrent le nom des compagnies, les prix, les destinations les moins coûteuses.  Erreur. J’aimerais connaître les pays qui respectent leur loi sur le consentement sexuel.  Par exemple, au Mexique, c’est douze ans. 

Nos âmes cheaps ou scrupuleuses — notre guérilla ou Gestapo sexuelle canadienne — semblent ne pas savoir si à l’étranger, on applique les lois canadiennes qui sont stupides par essence ou celles des pays où ça se passe. 

Dans certains pays, on ne veut rien savoir de cette lutte bourgeoise contre le tourisme sexuel, car, si ça se vit de façon responsable, ça permet à des gens de pouvoir vivre un peu mieux que ce que le pays peut leur offrir.  Quand tu as été assez longtemps sans manger à ta faim, tu t’aperçois que cette morale sexuelle bourgeoise basée sur l’âge est répugnante et ne tient pas compte de la réalité.  Elle se mêle de choses qui ne la regardent pas.  Le choix est individuel, tout comme le consentement est essentiel.

Quel est l’âge de consentement en Haïti, en Thaïlande, en Birmanie, en Indes ou en Russie ? 

Les changements d’âge de consentement démontrent toute l’ampleur de l’imbécilité de vouloir appliquer une morale bourgeoise à toute la planète.  Encore un effet pervers des religions

Pour voir ou sentir de la perversion dans la sexualité, il faut avoir un esprit pervers.  C’est un irrespect flagrant de la grandeur de son Créateur. 

 Pour avoir cette étroitesse d’esprit, l’obsession ne vient pas d’un abus de relations sexuelles, mais de sa privation. 

Les gens les plus obsédés sont ceux qui sont le plus en manque ou les plus scrupuleux, ce qui revient au même. 

Incapables de s’offrir une réponse satisfaisante à leur besoin de jouir pour atténuer les cris de leur libido, ils essaient d’empêcher les autres de profiter de ce qu’ils n’ont pas et de vivre selon leur conscience personnelle. 

Donc, les plus cochons sont ceux qui essaient d’empêcher les autres de vivre leur vie sexuelle comme ça leur convient, tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination.  Il n’y a pas qu’un moyen de jouir, il suffit d’un peu d’ouverture, tout en étant responsable.  Ne pas respecter l’âge de consentement des autres pays, c’est ne pas respecter leur souveraineté.

Les fesses de Darryl.      

 
Si le Canada était les fesses de Darryl, je serais un ardent patriote canadien. (Un sourire  arraché à l’enfer, tome 2, l’exil ou la liberté)

Je l’ai rencontré la première fois que j’ai fait le tour du Canada sur le pouce.  J’étais coincé, comme tout le monde, dans le bout de Wawa, en Ontario.  Il était là, depuis quelques jours, découragé, sans le sou et sans ressource, à se demander ce qu’il adviendrait de lui et comment il pourrait échapper à ces interminables heures d’attente. 

Wawa était l’enfer des pouceux.  Un couple a dû attendre si longtemps pour prendre la route qu’ils ont eu le temps de tomber en amour et se marier. 

 On m’a dit que c’était dû au fait qu’il y avait une prison dans le bout et que les passants, le sachant, aimaient autant ne pas prendre de chance. On ne sait jamais quel genre de type  on embarque.     

 Je suis inévitablement entré en contact avec ce merveilleux petit garçon d’une quinzaine d’années.  Il était accompagné de deux autres jeunes.  Je lui ai offert de prendre la route avec lui.  Il était très content de ma proposition.  Darryl venait du Manitoba.  Il était très beau et très gentil.  Après quelques heures, on embarqua à l’arrière d’une petite camionnette. Il pleuvait légèrement.  On s’en foutait, au moins on s’en sortait un peu ; mais le type devait s’arrêter dans une petite ville de l’Ontario. 

Le soir, à Marathon, je crois, rien ne laissait présager que nous aurions une «ride» et la nuit s’annonçait très froide, surtout que nous étions trempés jusqu’aux os.  J’avais encore un peu d’argent, mais prendre une chambre d’hôtel, c’était presque tout dépenser ce que j’avais d’un coup.  Darryl me plaisait tellement que la question fut vite réglée.  Pas question qu’un aussi bel ange ait la moindre misère, du moins, avec moi.  Ainsi, nous nous sommes ramassés dans une chambre d’hôtel. 

 Darryl a décidé de prendre une douche, mais il a oublié de fermer la porte.  Quand il se sécha, je lui aperçus son magnifique «pain maison».  Habituellement, j’aurais été tout à fait indifférent puisque je ne suis pas sodomite ; mais là, j’étais ravi pour ne pas dire extasié.  Cette vue fut si impressionnante de beauté que plus de trente ans plus tard, je ferme les yeux et quand je revois mentalement la scène : mon coeur se met à palpiter. 

Je me rappelle comment j’étais encore poigné.  La morale bourgeoise est pire que le cancer et l’arsenic. Elle nous gruge de l’intérieur et nous détruit, nous amène à nous mépriser. Et j’ai passé une partie de la nuit à réprimer mes instincts naturels. Mais, Darryl était sauf.  Nous avons sagement dormi quelques heures, malgré ces assauts de tentation. 

Le matin, pour qu’il soit plus chanceux, nous nous sommes séparés.  Les jeunes attisent moins la peur.  Il m’embrassa avant de me quitter.  Là, j’ai compris que peut-être il n’avait tout simplement pas voulu fermer la porte pour que je le voie. 

Je pleurais quasiment quand je l’ai vu partir, mais il m’avait laissé son adresse.  Quel moment sublime!  C’est pour ça que la vie mérite d’être vécue.  Quelques heures d’amour valent des années de souffrance pour les connaître et les apprécier.

La folie porte aussi au bonheur.

La politique, c’est de la merde. 

Quand il s’agit de politique, on assiste de plus en plus à la preuve que ceux qui nous dirigent n’ont ni idéologie, ni tête, ni couille.         

C’est vrai que ça ne donne rien d’avoir des élections pour réélire le même gouvernement minoritaire.  C’est vrai que nos gouvernements ne pensent qu’à l’argent et son  » pendant « .  La sécurité vise à nous faire ré-avaler de force leur maudite morale sénile. 

Plus le temps passe, moins on discute sérieusement, tout est stratégie pour conserver ou ravir le pouvoir.  Gang de crosseurs!  Ils sont à l’image de l’économie.  Bombardier qui existe, grâce en bonne partie aux impôts des canadiens à travers contrats et subventions, fait du chantage contre l’indépendance à chaque référendum et menace d’aller s’installer ailleurs.  Pendant ce temps, Shermag s’interroge sur ses usines en Chine. 

Les crises économiques sont un moyen de garnir le portefeuille de ceux qui sont déjà riches

Je lis présentement un livre sur les sociétés secrètes.  La merde « Bush » existerait depuis que le grand-père, membre en autorité de la banque, aurait appuyé avant la guerre d’un certain Hitler. 

Toujours selon ce livre, les Bush auraient un mot à dire dans la mort de John Kennedy, la politique contre Cuba, et la guerre en Irak.  Poutine est dans le pétrole par-dessus la tête.       

La vraie révolution, c’est de les ignorer, d’arriver à vivre en parallèle, heureux avec un minimum de consommation.  Il faut survivre sans pétrole.  Il faut vivre en dehors de leurs règles de bandits qui se servent de la morale pour dominer et aliéner les peuples. 

Pendant que les gens font dans leur culotte en crevant de peur, devant la possibilité de la mort, les dirigeants font ce qu’ils veulent.  L’ère des romains bat son plein !  Vive le Kosovo libre ! 

Ceux qui nous dirigent sont des pourris qui ne pensent qu’à leurs sales intérêts.  On accepte ça depuis des millénaires.   Tant qu’on les élira, on justifie leurs gestes. 

C’est pourquoi il faut créer un réseau de gens qui vivent différemment et en dehors du système. 

Aucune frontière .Le respect et l’honnêteté suffisent.

Facebook 355

avril 24, 2022

Radioactif 355

Texte de 2008

Le viagra.

(Attention cette courte série de textes est à prendre avec humour.)    

Attention !  Attention ! J’ai reçu une offre promotionnelle de Viagra.  Est-ce que mes textes laissent entendre que Charliene peut plus lever le nez et cracher dans le crachoir? 

J’aurais préféré quelque chose de plus stimulant pour l’imagination, car même le vin ne suffit plus.  Il m’étourdit trop vite.

C’est bien beau vendre du viagra, mais plus le temps passe, plus on revient à notre bonne vieille morale québécoise traditionnelle et débile. 

J’ai l’impression que l’esprit me rétrécit à tous les jours.  On étouffe sous la morale féminoune au Québec! 

Est-ce que le sexe est d’un quelconque intérêt quand on franchit les 65 ans ?             

Aussi, faute d’inspiration, j’ai décidé de publier à raison de un ou deux textes par jour, ma poésie intitulée Autobiographie d’une révolte.  C’est ce groupe de poèmes qui m’a valu d’être lapidé par nos bonnes âmes constipées qui semblent reprendre le pouvoir chez-nous.  Il faut peut-être laissé passer la tempête. 

La vie est un cycle, alors on devrait bientôt revenir à l’ouverture d’esprit qui régnait dans les groupes que je fréquentais dans les années 1970. 

Autrement, le viagra c’est se donner une pilule d’envie qu’on ne peut même pas réaliser.  Ça ne donne rien d’avoir un Charlie, à l’air, toujours dans les airs, s’il n’a que pour but fondamental de se recoucher.             

D’ailleurs, Viagra, si on avait bien lu mes textes, saurait que ce n’est pas moi qui ai besoin de viagra pour faire mon bonheur.   Les soubresauts entre les jambes animent un petit Éros qui connaît ça.  Moi, je  préfère manger à  m’introduire dans des tunnels inconnus.      

C’est beau d’écrire un blogue (carnet), mais ça n’émousse pas tellement les sens.  Tu ne peux plus te masturber en te regardant dans le miroir quand tu prends trop de bedaine.

L’autre jour, un de mes lecteurs me disaient : t’es beaucoup lu, mais tu ne sais pas combien de policiers sont de tes lecteurs assidus.  Je m’en fiche, ais- je aussitôt rétorqué, tant que le fou à Harper n’aura pas passé toutes ses lois.   Je ne peux pas être poursuivi pour ce que j’écris. Alors, autant en profiter avant que les caves d’Ottawa nous écrasent avec une nouvelle loi et que nous gémissions comme des porcs parce qu’on n’a pas assez de couille pour voter notre indépendance.

Le sexe et mes 65 ans… 


Il faudrait honnêtement reconnaître que je ne suis pas gras comme un porc avec mes pensions et une Benji extraordinaire qui me force à prendre des marches en plein air et contempler les éclipses de la lune et du soleil.  Même les astres font du striptease.  J’aurais jamais cru que la lune ait la peau aussi rose ?  Sauf, qu’il me manque l’ingrédient essentiel pour rendre le viagra intéressant : la tentation. 

Il n’est pas impossible d’avoir un enfant à 65 ans ; mais, à mon sens, c’est un besoin égoïste.  La peur de ne pas être éternel.  Une prolongation de la pédérastie, car, c’est aussi un besoin de jeunesse éternelle.  La pédérastie est une échelle de vibration.      

Avec les années, la sexualité prend un autre visage.  On se caresse des yeux.  Ce n’est plus une stricte recherche du plaisir, mais de l’affection, en somme, un moyen pour combattre la solitude.  Le plaisir est dans la rencontre, moins physique, plus intellectuelle. Cette rencontre peut même être un livre, un air musical, un film ou un fantasme.           

De ça, au moins, je n’en manque pas ; même si je n’en construis plus depuis des décennies.  Heureusement, que je n’ai pas écouté.  La vie est belle !  Je manque seulement d’un peu de délinquance.  

Castro doit être heureux d’avoir fait un pied de nez à l’oncle Sam durant des décennies.  Cuba  a le droit de rêver.  David et Goliath … les David sont toujours des gens intéressants.      

Le pénis allongé : rêve ou folie?         

Quand t’es petit, tu peux penser que t’as le pénis trop petit quand tu le compares aux autres ; mais un jour, un médecin m’a dit que t’as toujours un pénis proportionnel à ta taille.  Donc, la nature se charge des proportions.      

Je voyais ça autrement.  Je me demandais plutôt si cet appendice cadrait vraiment avec le visage et la forme totale du corps.  Il y en a de toutes les formes, de toutes les longueurs, de toutes les grosseurs, circoncis ou pas.  Les obèses en ont-ils tous des petites grosses ? 

Y a de quoi mener une enquête éternelle tant qu’il y en a de toutes les formes. Quand j’étais petit, il fallait accepter ce que le Bon Dieu a bien voulu nous donner sans le prendre pour un Séraphin, un mesquin.  Y paraît qu’il s’est livré un bout de temps à collectionner les prépuces.  Une chance qu’il a arrêté, car on aurait jamais pu savoir qui est juif ou chrétien.  Mais, ce n’est pas une raison pour recevoir dans ton courriel une note de Luciano Lacy, sur les méthodes pour se faire allonger le pénis. 

Je suis bien content de ce que j’ai et je n’ai pas une fortune à dépenser pour essayer de me rallonger le moral à travers la quéquette.  C’est l’abstinence qui me rend malade.

Je ne souffre pas que la mienne soit trop petite, c’est d’être privé d’objets de comparaison qui me fait peur.  Je me demande bien qui est ce Luciano?  Est-ce que les Italiens en auraient maintenant des si volumineuses qu’ils compétitionnent avec les noirs ?  Si en plus, ils ont le sang chaud, qu’est-ce qui nous attend ? 

Eh oui, la note vient dans mon email de Luther phallus extented.  Bizarre. Luther était un protestant qui s’amusait aux sacrifices, pas aux compétions de celui qui pisse le plus loin.  Il était tellement scrupuleux que ce n’est sûrement pas lui qui nous a appris à se servir de son petit membre pour faire du «bonji». 

Ce doit être un preachers américain. C’est l’emploi qui leur permet de dire aux gens de s’abstenir et de mener par derrière un florissant harem. 

Preachers, ce n’est pas d’un pénis que tu as besoin pour garder tes zouaves, mais d’un lasso.  Je suis certain que le gars qui m’a envoyé cet email voulait vérifier si les Québécois sont aussi «gréyés» de pénis que de ventre. Ce doit être un gars de la Floride?      

Bijou d’éléphant.  

Quand j’ai regardé pour la première fois une revue gaie, je ne me suis pas reconnu.  Ils étaient tous super formés. Tous les gars avaient des trompes d’éléphant.  J’en ai déduit que plus tu as la queue longue et grosse, plus tu es gai ; mais si ça ne pouvait pas fonctionner ainsi dans mon cas.   J’étais hors-compétition.

J’ai ensuite connu un gars extrêmement malheureux parce qu’il ne pouvait pas utiliser son «bâton», tant il était gros.  C’était un arabe. Ça blessait toutes les femmes qui voulaient copuler avec lui.  Il aurait vendu sa chemise pour avoir une plus petite bitte, plus efficace et plus jouisseuse.  Je me suis donc demandé s’il n’est pas plus important d’être intelligent, d’avoir une excellente culture que d’avoir une grosse queue. 

Mon expérience m’a appris que la performance de mon petit zizi est, comme les autres j’imagine, beaucoup plus rattachée à la personnalité de la personne désirée qu’à son aspect physique.  J’aime la phrase et le livre « Small is beautiful». C’est l’avenir.

Une bonne conversation où tu apprends quelque chose vaut plus que la paresse d’un gros boyau, déjà tout déroulé, endormi, qui ne change pratiquement pas d’allure à l’éveil.  Ça ne m’illumine pas tellement.  Certaines personnes peuvent avoir un pénis gargantuesque, mais une cervelle d’oiseau.  Je tiens plus à mon cerveau.

C’est ce qu’on vient de m’offrir  dans un nouveau email : Béatrix Goss, de Jessica Gargantuas Pénis.  Je préfère la réalité à la fiction.  Je ne suis pas plus intéressé à me faire « picosser le gland» qu’à me faire élargir les fondations.       

Les personnes de l’industrie du « je ne m’accepte pas comme je suis » semblent toutes avoir une partie d’anatomie dans leur nom.  Je devrai répondre en utilisant un nom comme   «Jean Lèvres, douces expertes».  Chez-nous «Gosse », ce sont les testicules.  Chaque culture a son expression.

Ces experts feront bien ce qu’ils voudront, la nature a voulu que le sperme éjecté dans le délire est une toute petite quantité. Peut-être mille fois plus petite que ce que nous voyons dans les films pornographiques.  Raison fondamentale pour laquelle les jeunes savent que la pornographie est une caricature de la vraie jouissance. 

Bientôt, on vendra des microscopes pour gager sur les courses des spermatozoïdes. On pourra y ajouter un médicament pour accélérer leur vitesse.

Par contre, ceux qui se font grossir les «couilles» sont plutôt rares parce que d’avoir une trop grosse poche, ça débalance par en avant et c’est aussi très malcommode quand tu fais du jogging. 

Quand on a la cervelle assez fragile pour ne pas apprendre à se servir de ce que l’on a, on ne sera jamais heureux et toujours un peu plus pauvre. 

Rabelais s’amusait-il autant que moi? La littérature, ça donne des ailes comme Red «boules».


Pénis ou clitoris ?

Le dernier message que j’ai reçu de l’administration du site radioactif me vient de « viagra pour femmes ».   Ah !  Ah !  Wow ! , me dis-je immédiatement.  Peut-être est-ce le filon tant attendu pour enfin comprendre ma liberté face à une société qui s’enlise dans la morale des religions? Peut-être ne suis-je pas aussi pécheur que les Livres Saints le prétendent? Ou peut-être aie-je le pénis si petit que les grands esprits de la communication, Mercure en premier, me confondent dans le temps et l’espace avec Cupidon? Comme vous voyez, j’avais déà tout pour écrire «  Les derniers amours de Platon ».    

Je me savais doté d’un petit zizi, mais de là à le confondre à un clitoris comme le voulait cette publicité, je ne m’étais jamais rendu jusque-là.  Même après une douche, j’arrive à faire la différence.  Même si mes testicules cherchent plus de chaleur, que j’ai le yoyo raccourci, mes boules, par ailleurs, demeurent au soleil ou du moins elles n’essaient pas de se creuser un tunnel à l’intérieur de mon corps.  

 Peut-être que les vagins ont ainsi été creusés, il y a plusieurs siècles?  Peut – être que sans le savoir, je suis un hermaphrodite et que je m’appelle Jeannette.  C’est avec ces questions que l’on s’interroge aujourd’hui sur son genre.

Pourtant, j’ai les fesses rondes et je n’ai pas les hanches en bouteilles.  Je dirais même que je n’ai pas l’air androgyne, ni efféminé.  Remarquez que depuis la révolution des féministes convaincues, les hommes sont de plus en plus roses.  Ils ne sauraient se passer d’une femme à cause de leur petit côté missionnaires.  Pénis et clitoris, ça se ressemble très étrangement.  Ça ne sert qu’à jouir, lors des masturbations ou chez les plus dégourdis, lors des fellations.  Mais, de là à y voir la voie herméneutique de notre vie future, il y a tout un monde.  Une flèche, c’est masculin (qu’elle pointe vers le haut ou le bas) alors qu’un rond, c’est féminin. 

 J’ai toujours eu, malgré ma pédérastie, une certaine attirance pour les seins qui sont encore petits comme des poires ou des pommes.  Serait-ce le retour au Paradis terrestre?  Mon ange de naissance est Samaël… Bien oui ! Satan, le tentateur.  Ou peut-être que le paradis terrestre commence là où l’homme et la femme ne forment qu’un seul animal, l’être humain? 

Une chose est certaine, les femmes rêvent de gros seins ronds.  Elles souffrent si elles sont plates comme des galettes,, tout comme les hommes rêvent d’avoir une trompe d’éléphant et courent chez les médecins se la faire allonger.  Serions- nous aussi chialeux quant à la performance de notre sexe que nous le sommes pour la température ? La saison est toujours trop longue ou trop courte ;  trop chaude ou trop froide. 

Les gais avec les siècles ont confondu les formes puisqu’ils recherchent des fesses rondes.  Serait-ce que l’orientation sexuelle est question de forme ? 

Vous direz après que tout est facile à comprendre. Il y a toujours quelqu’un qui n’est pas content ou contente. Le bonheur, c’est sûrement savoir s’accepter comme on est.

Radioactif 354

avril 23, 2022

Radioactif  354

Texte de 2008

Un attouchement. 

Il faut vraiment être tombé sur la tête pour attacher plus d’importance à un attouchement sexuel que d’avoir des jeunes qui n’ont rien à manger, qui ne peuvent pas fréquenter l’école, qui sont embrigadés dans des armées. 

Pourquoi un attouchement sexuel consenti est-il criminel?  Il n’y a rien qui motive le fait de considérer ce geste comme un crime, à moins qu’il soit violent ou non consenti.   Il faut être vraiment vicieux pour considérer un toucher comme un crime tel qu’on puisse poursuivre des gens, quel que soit le coût, à travers le monde entier et des décennies plus tard.   

Est-ce qu’un attouchement non violent peut blesser un ado qui, moins stupide que les adultes, apprend à en jouir ou du moins à ne pas en faire tout un plat?  Comment peut-on penser que se faire toucher, une caresse, ça fait mal?  Personne n’a déjà été blessé par un attouchement consenti. 

Pour ceux qui pensent ainsi,  ça correspond à une maladie de l’esprit qui s’appelle l’aliénation.  Ces règles morales viennent directement des religions.  Elles existent parce que personne n’ose remettre leur pertinence en cause, même si la science contredit l’idée de perversité dans des gestes à caractère sexuel consentis en dehors du mariage.

Ce sont habituellement les dirigeants religieux qui, à travers leurs sacrifices, essaient d’entrer dans une autre dimension.  Mais, quand tu souffres trop et que tu rentres dans un monde euphorique, c’est que tu as un problème de perception.  Elle est faussée par la douleur : le masochisme.  La douleur peut aussi avoir l’effet d’une drogue. 

Même si rien ne justifie de criminaliser un attouchement non violent et consenti, on en fait un tel drame que ça devient les nouvelles à TVA et de Radio-Canada.  On dirait que nos médias se prennent pour les nouveaux curés d’Ars du Québec.  Est-ce un nouveau moyen d’attirer l’attention pour qu’on ne voie pas qu’il se passe des choses bien pires ailleurs ? 

Je me souviens d’une nouvelle où un gars a été condamné parce qu’il avait mis la main sur la cuisse d’une petite fille.  Le juge a décidé que c’était avec une intention perverse.  Je pense que pour voir partout des intentions perverses, il faut d’abord être pervers.  C’est mal parce que les autorités ont décidé que tout ce qui est sexuel et n’est pas procréation est mal. 

Ce sont d’abord des raisons d’ordre économique.  Le contrôle du petit peuple en insufflant dès l’enfance l’idée de péché de la chair ce qui justifie une perception négative de soi dès que l’on a le malheur de se sentir. 

C’est mal parce qu’on ne veut pas que les jeunes apprennent que c’est le fun.

Quarante ans plus tard, il faudrait recommencer la même discussion que celle qui a entouré l’avortement.  Pourquoi est-ce mal d’avoir du plaisir, s’il n’y a pas de violence?  

C’est un abus de pouvoir et la négation du droit à avoir une vie privée. 

Contrôler la sexualité des jeunes plutôt que de respecter leur droit à leur sexualité, c’est ce qui est criminel. 

Heureusement, en 2022, le gouvernement du Québec vient de reconnaître que l’intérêt de l’enfant est sacré quand il s’agit de l’application de la loi.

Christophe Colomb a maîtrisé les autochtones en leur faisant croire que la lune ne reviendrait jamais, lors d’une éclipse de la lune comme ce soir.  Nous sommes comme les aborigènes, on nous fait croire qu’un toucher sexuel c’est mal, et nous, on est assez niais pour le croire.


Partir sur le pouce.          

Il faut être borné pour voir dans une campagne électorale rhinocéros, un geste terroriste.  Pourtant, c’est bien ce que certains croyaient. 

Quand je me suis présenté à la télévision, le soir des résultats, j’ai voulu dire que plus de 900 votes de poseurs de bombes dans une petite ville comme Sherbrooke, c’est quand même une menace considérable. On me refusa toute entrevue.  Si je trouvais ça drôle, ce n’était pas le cas du système.  Je ne savais pas que rire pouvait semer l’effroi.  Mais, après le vote, je devais décider de ce que j’allais devenir. 

Je ne voulais surtout pas vivre à la remorque de mon père d’autant plus que celui-ci avait tellement aidé de gens qu’il devait s’expatrier et travailler à l’extérieur pour permettre au magasin de survivre.  Je ne voulais pas non plus entrer en conflit avec mon père parce que je suis pédéraste.  Il a déjà assez honte de moi comme ça. Il fallait trouver une solution radicale. 

Je ne sais pas où je suis allé chercher cette idée, mais j’ai décidé de me rendre à Vancouver sur le pouce.  Tout ce que j’avais pour le voyage : une immense poche de toutes sortes de victuailles pour survivre. 

Quand on ne sait pas, on fait toutes sortes d’erreurs.  C’est ainsi que je me suis amené du macaroni Kraft.  J’ai pensé que cela me serait utile d’autant plus que j’aime bien ça.  L’imprévu : comment pouvoir le faire cuire? 

Je me rappelle cette soirée où je l’avais à portée de main. Je n’avais pas mangé et j’ai dû commencer à frapper aux portes sans succès pour obtenir le droit de faire cuire mon macaroni.   J’ai été forcé de me rappeler que du macaroni ça doit être cuit pour être mangé.  Heureusement, j’avais un très bon sleeping bag. 

J’ai tellement aimé cette expérience de voyage que je me demande si je ne devrais pas la réessayer maintenant.  Qui aurait peur d’un petit vieux comme moi?  Mais, il s’est passé tellement de mauvaises affaires au Canada sur le pouce qu’aujourd’hui personne n’en fait. C’est uneautre évolution de notre paranoïa collective.   

D’une manière ou d’une autre, tant que Benji, ma petite chienne, sera là, pas possible d’entreprendre de tels voyages.  Benji a 11 ans, ce qui lui fait au moins 70 ans et plus.  Elle fait parfois des convulsions.  Elle raidit comme si elle était pour paralyser.  Elle a les yeux sortis et tu peux y lire une peur bleue.  C’est une expérience affreuse à chaque fois que ça se produit. 

Tant que Benji sera là, pas question de partir en voyage, sauf pour aller voir Claude, son ancien propriétaire dont elle se rappelle très bien.  Benji est une petite chienne adorable, très intelligente et tête de cochon. 

Au moins, on peut encore la flatter, vider un peu le trop plein d’affection, sans qu’il y ait un esprit assez sale pour y voir du mal ; mais je suis persuadé que ça arrivera un jour. 

La folie est encore pire quand on voit tout comme l’opération du diable.  

Le sexe et l’autorité.        

Je suis totalement d’accord avec l’idée qu’il ne faut pas avoir de rapport sexuel avec les personnes qui sont sous notre autorité. C’est une notion qui me semble aller de soi. 

Si tu es en autorité, le jeune peut percevoir ton désir comme un ordre.  Il peut avoir peur et croire que ne pas se conformer à ton désir entraîne des représailles.  Alors, ce n’est plus un consentement. 

Cependant, en dehors de ton travail, tu reprends le droit de vivre ta vie comme tu l’entends.  Il y a toute une différence entre un jeune à qui tu enseignes et un autre qui ne fait que fréquenter la même école.

C’est stupide de prétendre qu’un professeur est en devoir 24 heures sur 24 ; 365 jours par année parce que t’enseignes et que tu dois donner l’exemple.   C’est complètement irréel et par conséquent complètement idiot.  Cependant, s’il se passe quelque chose, ça ne doit pas être directement en relation avec ton travail.  

Que tu rencontres des jeunes auquel tu n’enseignes pas, tu ne peux pas être en conflit d’intérêt, à cause de ton statut d’autorité. Les jeunes savent très vite ce que tu veux et peuvent très vite te communiquer leur approbation ou leur refus.  Ils sont moins idiots qu’on pense.   Un abus de pouvoir, c’est être professeur, changer les notes, le menacer pour cruiser et obtenir ainsi les faveurs d’un étudiant. Tu peux placer le jeune dans une situation qui n’est pas claire, qui l’indispose ou le divise intérieurement

Le problème est parfois devenu maladif du fait qu’on entretient la peur de la sexualité. On passe à un autre extrêmeTu ne peux plus manifester aucune affection, aucun intérêt à un enfant  sans que tu sois taxé de pédophile.  C’est rendu une vraie maladie. 

Un jour on paiera pour cette paranoïa.  L’abandon scolaire est une des conséquences, quoiqu’à mon avis, ce soit moins important que les drogues. 

Les jeunes ont besoin de se sentir valorisés alors si toute forme d’intérêt devient suspecte, tu évites de manifester ta sympathie et les jeunes payent pour cet excès de pudeur. 

J’ai enseigné 15 ans. Je n’ai rien à me reprocher depuis que j’ai été agrégé professeur.  J’ai soigné mes désirs à coups de poignet, le soir, seul, à la maison, à la cachette.   On a quand même su me «piéger» en dehors de l’école pour des raisons plus politiques que sexuelles.  Même si on a utilisé le témoignage d’un jeune contre moi, il y pleuvait des centaines de  » je ne me rappelle pas « , « peut-être »,  » je ne sais pas ».  Ce sont les termes utilisés très largement quand l’histoire est montée par la police ou la DPJ, selon mon ami ex-policier Pierre Faucher.   Le but évident n’est pas de protéger le jeune, mais de te faire coffrer. Suite d’un référendum perdu.

Revenir à l’essentiel et sortir de mon nombril, maudit que c’est difficile. 

Il y aussi une autre dimension qui, à mon sens, justifie de ne pas avoir de rapports sexuels dans une situation d’autorité : la réputation. 

On dit que la personne qui est arrêtée nuit à la réputation de l’œuvre, de l’employeur, surtout que les médias se chargent de répandre la bonne nouvelle, même si on invente une partie du scénario.  Comment un employeur peut-il être responsable de son employé en dehors des heures de travail? C’est fou.

À vrai dire, je trouve le tourisme sexuel moins hypocrite que de te servir d’une institution pour te rapprocher des jeunes. 

Certains pays, d’ailleurs, refusent d’entrer dans le bal des obsédés du cul pour la bonne raison qu’il y a bien des pédérastes qui aident les gens qui les entourent.  Un échange sincère.  Qu’est-ce qui est le pire : crever de faim ou avoir une relation sexuelle?

L’obsession sexuelle est une maladie occidentale de bourgeoises (is) qui n’ont aucune autre cause intelligente.  C’est un mal qui fut créé par les religions pour diriger chaque âme en l’aliénant.  Quand tu ne manges pas tout le temps, t’es loin de te soucier de ton cul, sinon pour t’en servir pour gagner à manger

La prostitution est une forme de travail individuel.  C’est aussi acceptable que n’importe quel autre emploi.  Si c’est ce qu’on veut faire.  C’est plus digne que de voler le peuple en le surtaxant.  Tout est toujours question de $$$ et de pouvoir. 

On est loin de l’égalité des chances pour tous les humains.             

La conscience personnelle c’est pourtant ce qui garantit la liberté.           

Radioactif 353

avril 22, 2022

Radioactif 353

Texte de 2008

La petite bande.    

Un après-midi, j’étais devant un restaurant et je grillais tranquillement une cigarette.  Trois jeunes garçons passent, me regardent de travers avec mépris.  Je les regarde avec insistance, l’un d’eux se retourne et me crie : « Hey! Mon hostie de tapette, regarde ailleurs. »  Je lui souris et je lui réponds :             « J’admire tout ce qui est beau ! »          

Le jeune s’est précipité vers moi.  Je pensais avoir un très mauvais parti, aussi, lui dis-je dès qu’il fut près : « T’aurais peut-être envie de prendre un coke? — Je ne suis pas seul. — T’as juste à amener tes chums. » Nous sommes entrés tous les quatre au restaurant et nous avons pris notre coke, tout en parlant et en riant.  Je les ai invité chez-moi et, à ma grande surprise, ce fut accepté sans aucune hésitation.    

En chemin, nous sommes arrêtés acheter des croustilles. À la maison, nous avons commencé par jouer aux cartes.  Nous avions du plaisir à revendre.  On riait comme des fous.  On se bousculait parfois amicalement. Toute bonne chose à une fin.  Nous avons décidé de changer de jeu.  Chacun proposa le sien.  On accepta finalement de jouer aux «douanes».  Il faut cacher un tout petit objet sur soi et le douanier doit le découvrir. T’as droit juste à une question générale.  Genre : vers quelle hauteur?  Il y a en toujours un pour qui la cachette se situe sous les caleçons.  Nous avons joué très longtemps puisque les jeunes adoraient ça.  Quand ils sont repartis, celui qui m’avait accosté me dit : « Je pensais que t’étais un monstre.  On nous a toujours dit de se méfier des plus vieux comme toi, des vieux cochons, mais t’es le gars le plus gentil que je connaisse.  »

Les jeunes sont revenus très souvent.  Ils passaient des heures avec moi et ça aboutissait toujours de la même façon : multiplier le plaisir. La pipe de Popeye était très populaire. J’étais ravi et surpris de la vitesse avec laquelle ils perdaient leurs scrupules au fur et à mesure qu’ils perdaient leur gêne et leur inhibition.   Je répondais à toutes les questions du mieux que je pouvais.          

Puis, un jour, un jeune de 16 ans environ est venu seul me retrouver. Nous parlions, parlions, puis, un moment donné je lui ai demandé ce qu’il voulait au juste.  Ma réputation de roi du plaisir l’avait atteint et il venait vérifier si elle était surfaite.  Lui aussi, voulait savoir si c’est aussi le fun qu’on le dit.  Il ne doit pas avoir été déçu, car il est revenu presqu’à tous les jours durant tous les mois que j’ai habité cet appartement.  On avait plus besoin de perdre notre temps à tourner en rond, je savais ce qu’il voulait. 

J’avais une voisine qui, comme moi, adorait le vin.  J’ai commencé à la rencontrer de temps en temps parce que je n’aimais pas être seul et d’ailleurs, pour boire, toutes les raisons sont bonnes.  Les jeunes ont senti qu’elle leur dérobait ma présence. 

Un après-midi, quand je suis arrivé à la maison, j’ai été témoin d’un incident que je n’aurais jamais cru possible, si je ne l’avais pas entendu de mes propres oreilles. 

Les jeunes engueulaient royalement, bêtement, avec sacres et menaces, ma voisine.  Ils voulaient lui faire comprendre qu’elle était mieux de s’enlever de la route parce que « je leur appartenais et qu’il n’était pas question pour eux de me partager.» Ça semble totalement invraisemblable, mais c’est exactement ce qui est arrivé. 

Les adultes ne comprennent pas les jeunes parce qu’ils croient que les jeunes sont aussi niaiseux qu’on l’était. 

Quand un jeune tombe en amour avec toi, il devient encore plus jaloux qu’une femme. Incroyable, mais vrai !   C’est ça avoir du vécu.  L’interdit ne fait que mettre encore un peu plus de piquant à l’expérience, mais c’est aux dépends de la santé mentale de nos jeunes. 

Tout repose sur une ignorance profonde de ce que vivent les adolescents. En créant un interdit contre nature on les force à avoir honte d’eux  et se créer des culpabilités qui n’existeraient pas si nos lois respectaient la Charte des droits.            Donc, le droit à la vie privée, même si tu es jeune, d’où la nécessité absolue de cours de sexologie qui respecte la vérité et non les histoires de péché.           

Les paranoïas.      

J’ai toujours eu beaucoup de difficulté avec l’argent.  Pour moi, le plus important a toujours été d’aider mes enfants et de publier mes livres– je dépense plus que j’ai de revenus– donc, si écrire est une vocation, elle exige le vœu de pauvreté

C’est encore pire si on obéit à la ligue des saintes nitouches du Québec : les gens obsédés par les prédateurs sexuels, même jouissifs et non violents. 

Notre système a toujours essayé de faire croire qu’il est plus immoral de jouer aux fesses en bas âge que de se servir de la violence, mais c’est la nature qui décide de la vitesse et de la forme de tes premiers orgasmes. 

C’est intéressant que des études scientifiques viennent nous démontrer que c’est complètement idiot de prétendre que les jeunes ne savent pas ce qu’ils font lorsqu’ils s’amusent dans des relations sexuelles

En fait, cette guerre aux prédateurs sert à améliorer les statistiques sur l’efficacité de la police : c’est plus facile d’espionner un individu sur internet et de visionner en même temps ses films de culs que de s’en prendre au crime organisé, aux voleurs à cols blancs, aux abuseurs de personnes âgées dont on vide les portefeuilles.     

S’en prendre aux abuseurs sexuels ça permet de gonfler les statistiques afin de prétendre améliorer les notes de performance de la police (c’est aussi pourquoi on ne légalise pas le pot (ça changé) et la prostitution. Il faudrait s’occuper des vrais bandits pour avoir plus de subventions de nos gouvernements. Un autre moyen légal de voler la majorité, car si on changeait les lois, la police devrait s’occuper des vrais crimes.   

Pour entretenir cette nouvelle industrie de la peur, rien de mieux que la paranoïa sexuelle.  Mais, il y a vraiment des trous-de-cul qui s’en prennent violemment aux jeunes, c’est vrai. Il ne faut le nier, ce serait essentiel d’avoir plus de ressources pour retrouver les personnes disparues, par exemple.  Il y a les marchés pour les organes, les psychopathes, les drogues, etc. ; mais eux, on les laisse tranquilles.  Ils rapportent beaucoup d’argent. 

Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai entendu dire que Dutroux (le gros scandale en Belgique) ne serait pas un pédophile, mais un individu qui fait la traite des enfants esclaves.  En d’autres mots, il n’aurait pas agi pour satisfaire ses besoins sexuels personnels ; mais pour les profits tirés dans une organisation mondiale de trafic d’esclaves.  Si c’est vrai, on a leurré des millions de gens.  Quoiqu’une ou l’autre des situations est affreuse ; mais en prétendant que c’est sexuel, on multiplie la peur qu’on doit avoir de la sexualité. 

On entretient une paranoïa religieuse qui sème la mésestime de soi et par conséquent, l’esprit d’aliénation.  On oublie que les grandes recherches actuelles sont : — pour l’armée, trouver la drogue qui permettra de tuer sans remord et, dans le civil,  le contrôle des masses –. 

Comment trouver et identifier un ennemi commun et s’assurer que tout le monde le déteste : comme le sexe ou le diable?  Cette haine permet l’instauration facile de ce qu’on appelle un dictateur bénévole, grâce au fanatisme. 

Aux États-Unis, on étudie une loi pour établir que toute personne qui conteste le système et son autorité, soit reconnue comme terroriste. 

1984, c’est déjà de la petite gomme. C’est une autre paranoïa : celle de la conspiration? 

Pour vivre en paix, il ne reste que les droits individuels et le droit à la vie privée. Plus on a peur du cul, plus on a peur de l’autre, plus on est paranoïaque. C’est pourtant mieux de se payer un bon verre de vin ensemble, c’est un peu plus aphrodisiaque, parole de rhinocéros. 

Sexe et humour.   

Aujourd’hui, c’est la grande visite à Montréal.  Un espace superbe. Un oeil sur la beauté du monde à travers les visages, les sourires et les peurs ; mais en même temps, une petite appréhension : rencontrer face-à-face petit Gabriel.

Petit Gabriel est un jeune homme que j’ai gardé durant des années, malgré sa maladie mentale. M’ayant battu au point de me ramasser à l’hôpital, j’ai dû quitter mon appartement,  car on croyait que la prochaine fois, il me tuerait.

C’est incompréhensible : je veux savoir ce qu’il advient de lui, mais en même temps, je veux demeurer invisible pour lui.  Je souffre quand je pense à sa situation.  Je ne sais pas si je dois m’en vouloir, mais si je n’avais pas agi (déménagé) ainsi je ne serais plus de ce monde pour me poser la question. 

Le système ne comprend pas l’itinérance, encore moins, à la maladie mentale. 

On s’imagine que l’on doit mener ces gens malades comme s’ils comprenaient tout. On est trop moraliste et on n’intervient pas quand ce serait le temps.  Rien n’est vraiment à leur disposition parce qu’on leur demande une autonomie qu’ils n’ont plus.  Les jeunes aiment qu’on ait un rapport avec eux qui ne soit pas moraliste.  Ils aiment se sentir accepter, tout simplement parce qu’on les aime. 

Les étudiants m’aimaient bien, je crois, parce que je savais faire des farces sur tout, même les choses les plus graves.  L’humour est une forme de relation extraordinaire, mais passagère.  L’humour permet de dédramatiser les choses. 

Qu’on le veuille ou non, l’humour parle souvent de sexe. C’est un sujet qui fut surexploité.  Peut-être qu’on est prêt à passer à autre chose.  Espérons que les médias cesseront de se prendre pour des curés, ça ira plus vite.

Radioactif 352

avril 21, 2022

Radioactif  352

Texte de 2008

Des questions fondamentales…          

Bizarre qu’aujourd’hui on ne se pose plus ou rarement des questions aussi fondamentales que : les différentes sortes d’amour, le plaisir et la douleur ; le bien-être et la misère ; le bonheur et le malheur.  Pourquoi passons-nous souvent d’une extrémité à l’autre ?    

Pourquoi certains jeunes veulent-ils se suicider?  Pourquoi la vie est-elle belle un jour ; affreuse, le lendemain?  Y a-t-il vraiment un cycle bonheur-souffrance?  L’homme peut-il cesser d’être l’animal le plus destructeur de la planète?  Pourquoi sommes-nous là?  Est-il vraiment important de le savoir?  Nos vies ont-elles un sens? Notre raison de vivre est-elle le rejet du plaisir?  Quel est ce lien entre le désir, le plaisir sexuel, le bonheur et l’amour. Une pensée qui hante les bouddhistes.   

Étant donné que j’enseignais, il est bien évident que je ne pouvais pas crier sur tous les toits : je suis pédéraste.  Quand j’enseignais, j’avais le sentiment d’être utile.  Je n’avais pas besoin de cette étiquette, loin de là, sauf en parler à certains pour être authentique.  Dès que l’on sait que tu es pédéraste, tu ne peux rien faire, tu es bloqué partout, complètement inutile, car tu ne peux même pas faire du bénévolat ; tout ça quand il manque de profs, qu’on s’arrache les cheveux pour essayer de trouver un moyen d’intéresser les jeunes à l’école.  Heureusement, je prends ma retraite.  Je n’ai pas le choix. 

Donc, je dois trouver un but à ma vie pour les 20 prochaines années.  Quand j’ai enseigné, j’ai appris le sens du désir.  C’est évident qu’il y avait toujours un étudiant pour me garrocher dans les pommes, mais ça ne devait pas paraître et se régler seulement le soir, si la tentation était trop forte, par une belle masturbation visualisant en imagination les fantasmes impossibles. 

D’autre part, j’ai eu des périodes luxueuses où j’étais absolument comblé. Plus de petits gars que j’en avais besoin.  Je me suis aperçu alors que les plaisirs génitaux finissent par ne vouloir rien dire et parfois même nous tomber sur les nerfs s’ils ne signifient pas un moyen de rendre le partenaire plus heureux.  Donc, il faut absolument de la tendresse, de l’amour.  Mais qu’est-ce que l’amour?           
 
D’expériences, je dois dire que les deux choses les plus importantes de la vie sont de s’accepter comme on est , de le vivre du mieux que l’on peut et d’essayer de se donner corps et âme pour les autres.              

La pédérastie se vit entre quatre yeux, deux sourires et des ondes qui s’attirent et s’amplifient mutuellement.  Pas besoin de haut-parleur !  Elle peut prendre autant de visages qu’il y a des formes d’amour.  Tous les pédérastes que j’ai connus (ils sont pratiquement tous déjà morts) étaient comme moi : contre toute forme de violence, déchirés par la peur de nuire à un enfant comme on le prétend à tort. Ils vivaient tous en adultes dans des esprits d’enfants. 

Personnellement, je ne peux pas tolérer de voir un adulte être violent avec une femme et encore moins avec un enfant.  Je capote quand j’écoute les nouvelles, ce qui arrive me semble tellement invraisemblable.  Je n’arrive pas à croire à toutes ces histoires qu’on nous raconte.  La seule chose dont je suis certain : le tabou, le silence entourant la sexualité, est ce qui nous a nui le plus dans notre épanouissement, et pourtant, une multitude de gens se battent pour conserver cette éducation débile que l’on nous a appris à travers le silence, l’irrespect, en nous prenant pour des crétins, en méprisant notre jugement. 

Sommes-nous un peuple de masochistes?  La souffrance n’a de sens que si elle nous apprend à apprécier le bonheur.  C’est percevoir le Beau et le Bien en tout. C’est très beau, mais qui y parvient ?


Spleen à Magog.   

Je ne suis pas riche.  Je n’ai jamais été riche et je ne le serai jamais avec toutes mes dettes.   Je ne serai jamais assez riche pour combler mes désirs ou avoir le profil du bon gars.  Je ne me prostituerai jamais assez pour payer toutes mes dettes.  Il me faudrait faire 4,400 pipes à 100$ chacune ou recevoir 135 fois un paiement de 329$ par année du Conseil des Arts du Canada pour mes textes retrouvés dans les bibliothèques.  C’est pas mal d’années à vivre pour un gars qui souffre de l’estomac.   

Au Québec, on m’a éliminé de la liste des auteurs.  On ne me donne rien et je suis parfaitement payé puisque je n’existe pas.  Cependant, on tente de me faire croire qu’il faut réaliser l’indépendance pour sauver « ma » culture. 

Ce n’est pas important d’être pauvre, mais ça limite.  Les autos coûtent trop chers pour faire le tour du globe d’autant plus que je ne veux pas promouvoir la guerre en encourageant les pétrolières.  Que Céline Dion m’entende.  Elle est notre fierté nationale.  Au moins, elle, elle aide son prochain… Si j’étais riche, je partirais pour enseigner dans un pays pauvre.  Cuba, Haïti, les Indes?  N’importe où, mais dans un endroit où aimer les garçons n’est pas encore un crime, même si tu n’es pas une femme.   

J’irais dans un pays où mon savoir, ma petite maîtrise en français, pourrait aider quelques individus à s’en sortir.  Mon savoir est-il plus important que ma pédérastie?  J’irais dans un pays de sida pour penser à la nécessité de ma chasteté.  Je ne sais pas pourquoi, mais plus je lis, plus j’écoute la télévision, plus je me rends compte que plus tu es haut dans l’échelle du pouvoir, plus tu es pourri.  Je constate aussi que la plus grande usine de violence, de haine et de mépris est la religion. 

Lucifer aurait-il eu raison de refuser de se prosterner devant un animal qui ne respecte pas la nature, qui n’hésite pas de faire souffrir les autres espèces, qui méprise même ses propres semblables?  L’homme est-il voué à créer sa propre destruction? 

Pourtant, quand tu rencontres les gens de toutes sortes, individuellement, rien n’est plus beau qu’un être humain, si tu le regardes dans les yeux.  Serait-ce que le passé de notre civilisation est garant de notre déclin collectif?  Notre petit cerveau peut-il endurer la surpopulation?  Notre espace vital est-il celui de nos rêves et de nos amours ?  Je ne suis pas très optimiste aujourd’hui.  J’ai même vérifié si j’avais bien pris mes pilules, car, à un certain âge, on fonctionne à la pilule. 

La vie est encore pleine de promesses.  Il y a encore des enfants.  L’hiver est formidable, on ne manque pas de neige.  C’est mieux que lorsqu’il pleut tout le temps.  J’ai plus de gens qui me lisent, mais je ne sais pas s’ils détestent ce qu’ils lisent ou aiment bien ça.  J’ai une petite Benji qui dort à mes côtés pour m’accompagner dans mon travail.  Elle remplit bien sa vie de chienne de compagnie.  Est-ce que les animaux sont supérieurs aux hommes : ils ne font pas la guerre, eux?  Ils sont plus près de l’équilibre.  Leur dieu est la vie : le repas à manger, la femelle à contenter. Nous, nous étouffons dans les signes de $$$.  Une espèce de papiers mangeur de forêts.      

Ça va mal notre affaire. Vive le Kosovo !  Bienvenu à l’ONU !  Quand viendra le tour du Québec?  Le cerveau est-il un malaxeur qui brouille l’œuf de nos cogitations?   


Le contact.  

Enfin, une étude démontre que les jeunes savent très bien de quoi il en retourne quand ils parlent avec un pédéraste et son intention. 

Voici quelques extraits parus dans La Tribune, de Sherbrooke, aujourd’hui (18 février 2008) : C’est le cauchemar de tout parent : un pédophile qui sévit sur la Toile, se faisant passer pour un enfant pour en leurrer d’autres. (C’est ce que fait aussi la police, mais elle est payée pour le faire). Elle regarde elle aussi, est-ce mieux? Pour y arriver ne doit-elle pas faire penser au sexe à l’enfant qu’elle protège? 

Cette nouvelle étude démontre que ce scénario relève plutôt de la légende urbaine que de la réalité.  Des chercheurs parrainés par l’Association américaine de psychologie peignent un nouveau portrait des cybers prédateurs sexuels et de leurs victimes.             

La plupart des agresseurs opèrent à visage découvert sur la Toile, a constaté l’équipe dirigée par la professeure Janis Wolak, de l’Université du New Hampshire.  Dans un cas typique, ils échangeront longtemps avec leur victime afin de gagner leur confiance.  Ce ne serait pas plutôt pour ne pas abuser de leur naïveté et s’assurer qu’ils ont bien compris de quoi il en retourne? Résultats les adolescents qui tombent dans le panneau ont l’impression de se lancer dans une relation romantique avec un adulte.  « Les médias d’information laissent entendre que ces crimes sont violents, que les agresseurs bernent des enfants très jeunes, et ce n’est pas le cas, explique la Dre Wolak, jointe par La Presse.  Ces agresseurs sont très ouverts.  Ils ne cachent à personne qu’ils sont des adultes, et cachent rarement leur intérêt sexuel. »

La recherche qui sera publiée aujourd’hui dans la revue American Phychologist, condense les résultats de 3,000 entretiens avec des internautes âgés de 10 à 17 ans, et de 612 entrevues avec des policiers de différents États et provinces.  On y apprend qu’à peine 5% des agresseurs se font passer pour des enfants pour attirer leur victime et que 75% rencontrent leur agresseur face à face à plusieurs reprises.  «Il n’y a rien de nouveau là-dedans, tranche Xavier Von Erck, fondateur de l’organisme californien Pervited Justice.      

Nous aurions pu dire ça il y a trois ans.   N’empêche, ces nouvelles données pourraient modifier en profondeur la façon dont les forces policières combattent les prédateurs sexuels sur internet.  Car les victimes sont souvent moins impuissantes, moins naïves qu’il y paraît. 

« On se rend compte que le comportement des adolescents prouve qu’ils sont au moins partiellement conscients de la rencontre qu’ils vont avoir avec un adulte, explique Benoît Dupont, professeur au Centre international de criminologie comparée.  Ils savent aussi pourquoi l’adulte veut les rencontrer, c’est-à-dire avoir des relations sexuelles. » « Nous devons être beaucoup plus francs avec les jeunes au sujet de ce type de criminalité, estime Janis Wolak. 

En fait, ces résultats devraient nous inciter à éduquer les jeunes adolescents bien davantage au sujet des relations sexuelles avec les adultes.  J’ajouterais que si on veut considérer une relation sexuelle adulte-ado comme un crime, il faudra pourvoir le justifier. 

La répression est une attaque au droit des individus de vivre et de jouir de leur sexualité comme ils l’entendent quelle que soit l’âge et le sexe.  Évidemment, je fais exception avec la pédophilie (10 ans et moins) et il serait urgent de faire la distinction entre des rapports non violents et violents, dominateurs. 

Ces spécialistes ont certainement eu de bonnes subventions pour faire cette étude.  Pourtant, je dis la même chose depuis 30 ans ; mais moi, on essaie de m’interdire partout. Vive l’hypocrisie !    

Radioactif 351

avril 20, 2022

Radioactif 351

Texte de 2008

Économie.

Le Québec a-t-il vraiment évolué ou s’est-il dégradé? Ça dépend des domaines.  C’est certain qu’il est bien différent et qu’il doit prendre les bouchées doubles pour continuer à prospérer.  Quel sera le Québec de demain?  Une chose est certaine, il sera à l’image de ce qu’on en aura fait maintenant. 

C’est évident qu’après 40 ans, on doit refaire le point et se demander si on est sur la bonne voie.  J’ai l’impression de revivre les mêmes problèmes qu’il y a 40 ans, le chômage, en moins, et la censure, en plus.  
    
Je trouve qu’on ne s’occupe pas assez de la relève.  Sur le plan économique, les mêmes secteurs qui étaient en crise hier le sont encore aujourd’hui.  On invoquait l’Asie pour justifier nos malaises jusqu’à ce qu’on apprenne que les concurrents asiatiques étaient les mêmes compagnies qui œuvraient ici, mais qui portaient un nom différent à l’étranger.  Les secteurs mous n’ont pas su se moderniser et ils voudraient que l’on paye pour leur insouciance.  Pire, ce sont les secteurs du cheap labor

Le seul moyen de combattre la concurrence mondiale est d’exiger que les compagnies venant des pays riches  qui s’installent dans des pays pauvres ou en voie de développement soient obligées de payer le même salaire de base que dans leur pays d’origine.  Ce pourrait être une règle promulguée par l’ONU. 

D’autre part, en nous disant non comme pays, nous n’avons pas les reins assez forts pour protéger nos entreprises locales.  C’est particulièrement frappant dans le monde agricole.  Sommes-nous plus près de l’autosuffisance qu’il y a 40 ans? 

Nous avons créé Hydro-Québec avec nos impôts et pourtant chaque année pour justifier une nouvelle hausse on nous dit qu’on paye moins qu’ailleurs.  Je l’espère.  Après tout c’est notre argent qui a été investi dans ce développement.  Qu’attend-on pour avoir des autos électriques ?   L’argent est-il redistribué plus équitablement? 

On dirait que tout ce que l’on a construit comme peuple n’a servi qu’à rendre que quelques privilégiés plus riches.  C’est une réflexion qu’on doit entreprendre.  On fait un pays pour que les citoyens soient plus autonomes, plus riches, non pas juste pour créer une petite bourgeoisie.  Le Québec indépendant doit pouvoir offrir mieux que ce que nous avons maintenant pour être attirant.  On a évolué, mais pas encore assez.  Les 15 prochaines années vont être des années difficiles, il faut s’y préparer avant que ce ne soit trop tard.  

Le sexe dans mes livres.


Le sexe a toujours eu une place de choix dans mes livres et dans ma vie ; mais il n’y a pas que ça pour que la vie soit intéressante.  Je crois fondamentalement que nous sommes sur terre pour découvrir les délices de la vie, la beauté de vivre et rencontrer d’autres âmes qui nous appellent pour mieux se découvrir mutuellement. La vie est belle à travers les autres comme elle peut être un enfer à cause d’eux. 

Comment écrire et ne pas en parler?  Même si je parle surtout de l’amour des petits gars, je pense avoir toujours été correct dans la description de cette forme d’amour qui est vécu par une très petite minorité de gens.  Je me suis créé une morale à travers les années de manière à me sentir certain qu’aucun jeune ne soit blessé ou détruit par une mauvaise influence. 

Par contre, je trouve que la censure est une forme de viol de leur conscience.  La censure s’exerce surtout en ce qui concerne la sexualité parce qu’on croit les jeunes trop imbéciles pour comprendre et savoir adopter ce qui leur convient le mieux.  

Chez les jeunes, le sexe est un jeu comme les autres et c’est ce détachement qui rend ces rapports aussi précieux.  Leur faire croire que c’est mal, c’est les violer psychiquement. 

Pour qu’un jeune consente à participer à des jeux sexuels, il doit avoir atteint une très grande confiance en toi, te percevoir comme son égal et posséder un amour très profond pour toi.  C’est un jeu, mais c’est en même temps, un rite sacré. 

C’est comme si le jeune savait d’instinct qu’il s’agit là d’un don total par sa profondeur.  Les jeunes savent beaucoup plus ce qu’ils veulent que ce que veut bien nous le dire le système. Ils sont moins innocents, dans le sens d’imbéciles, qu’on nous le dit. 

D’ailleurs, le système les utilise à ses guerres, il les fait travailler au lieu d’aller à l’école ; mais il nous fait la morale, dès qu’on veut les faire jouir.  Les jeunes savent qu’en ces occasions, il n’y a qu’une chose qui compte : le plaisir de la découverte.  Les moralistes veulent les protéger, mais les protéger de quoi, s’il n’y a pas de violence et que de l’amour? 

Très souvent, mes nouveaux lecteurs ne savent pas à qui je m’adresse, ils ont l’impression que je suis en amour par-dessus la tête avec une déesse.  C’est normal, car il ne se passe rien de différent durant les caresses que dans une relation amoureuse entre deux adultes hétérosexuels.  J’essaie d’être clair, pour être honnête, tout en étant respectueux.            

Je ne crois surtout pas dans leur prétendue pureté.  Le sexe n’est que la cerise sur le sundae, car ce qui est excitant, c’est la beauté des visages, la vitalité, les rires, les senteurs, les jeux et finalement, les proportions.  L’affection occupe presque toute la place. Je suis bien plus intéressé à le voir jouir qu’à ce qui m’arrive. 

D’ailleurs, dans mon premier blogue avec MSN, j’avais des messages pour me féliciter pour ma capacité à décrire les sentiments amoureux.  Je parle plus des sentiments qui entourent mes relations que ce qui se passent dans le lit parce qu’il me semble que c’est ce qu’il y a de plus important.  J’ai remarqué qu’il y a un point de vue différent, selon que l’on est avec une femme, un homme ou un petit gars… et le genre de contact s’établit autrement à travers la complicité.            

C’est peut-être moi qui le vis ainsi ; mais c’est une réalité. 

Quand j’étais avec une femme ou un homme, je me sentais en général celui par lequel le plaisir arrive.  Il y a peu d’échanges véritablement profonds.  Les hommes sont exigeants quant à ce qu’on les suce le plus vite et le mieux possible. Ils veulent recevoir et ils ne sont pas très vite à te le rendre, sauf si tu vis avec eux.  Là, le sexe est très différent.  Ça devient un moyen de se faire plaisir l’un en t’autre.             

À la longue, on découvre le petit gars qui a besoin de se faire cajoler et qui a réappris qu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.  Les femmes ont besoin de se faire croire qu’elles t’ont hypnotisé par leur beauté. C’est comme si elles se goûtaient elle-même à travers ton plaisir. Par contre, au début, jouir génitalement leur semble toujours un geste délinquant.  Elles font semblant de ne pas y être intéressées, mais dès qu’elles ont franchi le porche de leur volupté, elles ne peuvent plus s’arrêter. 

Quiconque a vécu la liberté sexuelle finit par ranger les plaisirs du lit bien derrière les plaisirs de vivre ensemble, de vouloir réaliser des buts communs et de rêver ensemble.  Faudrait que je revois mes relations avec tous et chacun pour savoir si elles ne sont pas particulières à chaque individu plutôt qu’une règle générale. 

Les années 1968-1973 furent celles où j’ai le plus souvent publié.  Ceux qui suivent mon histoire depuis quelques mois ont pu lire tous les textes qui se retrouvaient dans Hymne à l’amour, le vice et la révolte.  Je ne suis pas le plus grand écrivain pornographe, mais je suis un des premiers à aborder la pédérastie au Québec.  On m’a déjà dit en riant que je serai un grand écrivain le jour où le lecteur aura une érection en lisant mon livre.  J’en suis encore très loin et à vrai dire ça ne me tente pas particulièrement.  Un excès de pudeur?           

Je trouve assez comique d’entendre les jeunes d’écrire le SLAM parce que c’est étrangement ce que je proposais quand j’ai inventé la poésie de jet.  Ça n’a rien à voir avec une éjaculation, comme certains esprits tordus ont pensé ; ça veut tout simplement dire que je ne me sentais pas un assez bon poète pour imposer mes textes et ma façon de les rédiger. 

Le matériel dont je me servais à la base pour écrire était tout à fait différent de celui qu’on retrouve chez les pros, qui étaient alors beaucoup plus nationalistes que moi.  Mes textes pouvaient parler de tout.  En autant qu’ils exprimaient un sentiment.  C’est ce qui comptait.  Les hymnes ont raconté le début de mon expérience pédéraste.  Daniel a tout chambardé.  Grâce à lui, je suis passé de la culpabilité à l’affirmation. 

Je me demande encore comment et pourquoi des éditeurs se sont intéressés à moi.  On me trouvait génial.  Comme c’est drôle !  Ce livre m’a ouvert les portes de la poésie quand je suis arrivé à Sherbrooke.  J’étais peureux, mais j’étais fier de moi, même si je doutais encore de mes talents.

Quant à Oraison pour des salauds dans Chair de poule, il n’y eut comme vous l’avez vu aucun vers sur ma pédérastie. 

D’ailleurs, mes amours étaient peu connus, excepté pour les gens qui m’entouraient.  La révolution prenait toute la place dans mon petit cerveau. J’espérais en prenant ma retraite de tout reprendre ça où je l’ai laissé ; mais à force de me faire écœurer, j’ai de la difficulté à écrire autre chose que ces petits billets…  Un passage obligé peut-être…  

Quant à Réjean, publié avec les Auteurs réunis et lu par Ronald France, en 1969, aux Ateliers des inédits, àRadio-Canada, c’était une longue lettre d’amour écrite pour Réjean.  Après l’avoir lu, il m’a dit avoir trouvé ça très beau, mais il m’a reproché la fin : « Petit prince, je t’adore » ; me disant qu’on adore seulement Dieu.     

Comment ne pas aimer la vie quand d’aussi belles histoires d’amour se succèdent?   J’ai simplement besoin d’en vivre une autre.


Sexe et amour.      

L’amour est différent, selon chaque personne aimée.  Si Daniel fut une période de pure folie, la recherche d’un fantasme vécu ; Réjean fut mon coup de foudre absolu.  Dès que je l’ai vu, je fus hypnotisé.  Son sourire me rendait fou.  Il était le seul attrait, ma seule pensée, ma seule joie… infinie, illimitée ; mais tellement temporelle.  Les coups de foudre envahissent l’âme et le cerveau. 

Je travaillais à La Tribune à Sherbrooke et lui demeurait à Québec.  Je lui écrivais lettres sur lettres, par l’intermédiaire de cette chère Mme Gosselin, car j’aurais voulu être avec lui à chaque seconde de ma vie.  Je me torturais la conscience parce que je le désirais physiquement et lui était scrupuleux, religieux comme pas un.  J’en étais encore à couper les cheveux en quatre parce que je ne voulais jamais faire un geste ou prononcer une parole qui aurait pu le moindrement le vexer et le rendre malheureux. 

Je vivais la période de séduction et je jouissais juste à le voir dès que je mettais les pieds à Québec, même s’il savait me dire non, tout en ne fermant pas la porte à sa chaste chapelle.   Qui connaît un pédéraste, sait que nous essayons par tous les moyens de fascination d’être accepté, de plaire à celui qui nous envoûte. Il n’y a jamais de limites raisonnables.  On peut se saigner à blanc et très souvent on saigne notre portefeuille pour lui offrir tout souhait exprimé. Le moindre désir devient un ordre.  Juste penser que je pouvais me rendre le voir valait plus que de remporter un million à la loto (remarquez que je ne l’ai pas encore gagné).  Réjean, c’était mon firmament, ma minute d’extase devant mon dieu.  Mais, Réjean était très scrupuleux, ce qui nourrissait encore plus mes désirs et mes culpabilités. 

Je savais que j’avais fait de la prison pour un tel amour, mais j’oubliais tous les maux de la terre si je le voyais heureux à cause de moi.   Je lui ai acheté une table de billard juste parce que c’était ce dont il rêvait le plus.  S’il fallait que je lui dise un mot ou que je fasse un geste qui semblait lui déplaire, je croyais déjà qu’il me méprisait, qu’il ne pourrait jamais me pardonner ma pédérastie ; mais maintenant je suis certain qu’il s’en fichait éperdument.        

J’en avais des semaines à me torturer; mais le voir sourire effaçait tous ces malaises.  Ce n’était plus que de l’amour, mais une passion vive, un fer brûlant dirigé droit au coeur.   Être avec lui, c’était encore mieux qu’être au ciel, c’était une béatitude inespérée.   J’aurais abandonné mon travail si j’avais pu être quelques secondes de plus avec lui ; mais lui aussi allait à l’école.  Il faut bien manger et manger ça se paye avec un salaire ou du moins, ce qu’on n’a pas donné à nos gouvernements.      

Des amis qui l’avaient aussi connu me transportaient à Québec.  Ils me savaient en amour par-dessus la tête.  Je resplendissais trop le bonheur parfait pour que ce ne soit que d’aller à Québec qui me rende aussi heureux.  Tout mon comportement me trahissait. 

Ce fut toute une surprise pour eux quand je leur ai avoué que l’objet de ces délices c’était Réjean et non la fille qu’ils s’étaient inventée.  Mais, ils ont trouvé ça tellement beau de me voir aussi follement amoureux, heureux, qu’ils en ont oublié que c’était un petit gars.  Je tremble encore quand je songe à lui. Quelle flamme! !   

Malheureusement, c’est le passé et que je le veuille ou non, je ne le reverrai probablement jamais.  Être aussi profondément en amour, c’est la plus belle chose que l’on puisse vivre.  Un vrai cadeau de Dieu.  Un cadeau que je souhaite à tous, car une telle passion dépasse les orientations sexuelles et tous les plaisirs de la terre.  L’amour est encore le plus grand cadeau dans la vie ; avec ou sans sexe.  Ce n’est pas qu’une heure de plaisir, mais une éternité à se le rappeler…             

J’étais très profondément en amour avec lui, mais j’avais tellement peur de lui manquer de respect, de l’amener à me détester à cause de mon besoin d’essayer de le toucher.  Je lui écrivais des lettres dans laquelle je l’implorais de me pardonner d’être ce que j’étais. 

Puis, un jour, sans savoir pourquoi, il m’a fait comprendre en se collant sur moi au cinéma que je pouvais commencer à vivre plus intensément et aller au bout de mes désirs. Finis les scrupules !  Je n’ai jamais su pourquoi il avait changé, mais je rappelle du plaisir que j’eus la première fois.

Radioactif 350

avril 19, 2022

Radioactif 350

Une belle nuit d’amour.  

Un jour, on m’a demandé d’écrire mon autobiographie. 

J’y ai travaillé pendant des mois, mais quand est venu le temps d’être édité, on refusa mon manuscrit parce qu’il parlait trop de politique et ne parlait pas assez de sexe.  

Aujourd’hui, on me reproche de trop parler de cul et pas assez de politique.  On ne sait jamais ce que l’on veut.  Je ne suis pas pornographe dans l’âme. Ça n’a rien à voir avec la pudeur, mais le respect de la vie privée. 

Même si je ne vois rien de mal aux relations sexuelles consenties, mais hors-norme, je garde toujours une certaine pudeur pour ne pas choquer ceux qui me lisent. Cependant, les moralistes d’aujourd’hui condamnent même le fait que l’on ose y penser comme autrefois avec le péché de la chair se produisait dès qu’une pensée avait le malheur d’aller dans cette direction. Les sermons des curés sont remplacés par la morale antisexuelle des féminounes.

Je trouve important aujourd’hui, de raconter comment se passent les rencontres pédérastes pour démentir ce que le système nous raconte.  Je veux ainsi affirmer que ces relations n’ont rien de dangereux, s’il n’y a pas de violence. Le consentement doit être clair et absolu pour qu’une relation sexuelle soit positive.
 
Il faudrait être absolument malheureux, diabolisé, dès qu’on aime les petits gars. On refuse de reconnaître les résultats des recherches sur la sexualité parce qu’elles contredisent ce que l’on nous a toujours enseigné.  L’orientation sexuelle  ne se contente pas de binaire, elle est éclatée. La pédérastie n’est qu’une de ses manifestations.

Le jeune adolescent  n’est pas toujours une victime. C’est absolument faux, il jouit aussi de la situation, si cela correspond à ses désirs. 

Si je suis honnête avec moi-même,  je dois avouer que mes expériences m’ont rendu parfaitement heureux ainsi que les jeunes qui m’ont rencontré. 

Il arrive que des individus qui ont aimé ça quand cela s’est produit, pensent aujourd’hui, parce que c’est la mode ou la nouvelle norme d’être plus scrupuleux, qu’ils furent des victimes. Le geste qu’ils avaient aimé à cette époque devient une honte et une forte culpabilité. J’ai vécu ce phénomène.

Les associations pour te faire croire que ta vie a été détruite parce que tu as eu une relation sexuelle étant jeune sont financées à coup de millions par les gouvernements. Elles sèment, surtout à la télévision, la honte et la culpabilité. En fait, au lieu d’être manipulé par un pédéraste, le jeune est manipulé par ceux qui lui font croire que cela a bouleversé sa vie. 

 Avec le temps, je suis devenu plus paranoïaque; mais je veux défendre la vérité. 

Pour ne pas propager le goût du sexe en bas-âge, le système voudrait que l’on dise que ça nous rend éternellement malheureux.  Pour obéir à la morale de notre société, il faut être paranoïaque, castré, masochiste et servile.  Il ne faut qu’aimer les femmes, les hommes et croire que la sexualité ce n’est que la pénétration.         
    
C’est tout le contraire de ce qui se vit dans la pédérastie où les caresses sont la touche de dieu sur un petit corps-harpe.   
    
Dans mon cas, le summum est de voir jouir le jeune, de l’entendre souffler ou se lamenter de plaisir.  C’est de boire dans ses yeux la joie de la découverte. C’est de sentir la beauté des lignes et des formes de ce jeune.  C’est la musicalité des rires.  C’est l’extase que ça procure.  Il y a un niveau de communication que je n’ai jamais connu avec des adultes.   Parmi mes expériences, j’aime me rappeler l’histoire d’une très courte rencontre avec deux jeunes à Sherbrooke.             
 
Je m’étais rendu au terminus dans l’espoir de rencontrer un jeune qui s’offre au plaisir.  À mon arrivée, deux jeunes étaient au téléphone.  Je m’en suis approché et j’ai constaté qu’un des deux faisait semblant de parler avec quelqu’un à l’autre bout du téléphone.  Je lui demandai comment ça allait. Et, il me répondit qu’il s’était un peu blessé à une jambe et qu’il n’avait pas l’argent pour retourner chez lui, à Montréal.  Il prétendait qu’il devrait passer la nuit dehors puisqu’il ne savait pas où aller.  Je lui ai d’abord offert de leur payer l’autobus.  Ils ont refusé. Je l’ai invité à venir chez-moi ainsi que son petit ami.   
    
Rendu à la maison, il me demanda de soigner sa blessure.  J’ai commencé par essayer de la rejoindre en levant son pantalon, mais elle était plus haute. Donc, il décida d’enlever ses culottes.  C’était une blessure plus que minime, une éraflure, mais juste le temps de lui appliquer un médicament, il était bandé comme un cheval.            

C’était évident qu’il voulait que je n’occupe de ce petit bout qui sautait sous son sous-vêtement.  Il me trouvait lent à réagir.  En fait, c’était vrai.  Je ne savais pas si c’étaient mes désirs qui m’attiraient ou s’il cherchait vraiment à me faire succomber à ses charmes.  Pas question de forcer qui ce soit.  Il me demanda de prendre un bain.  J’ai fait couler l’eau et dans moins d’une seconde, il était nu devant moi.  Il se pavana en attendant qu’il y ait assez d’eau, puis il s’enfila dans le bain.  Il me demanda de l’aider à le laver. 

Il prenait de toute évidence un plaisir fou à sentir mes mains parcourir ses belles lignes de corps.  On aurait dit que chaque partie était électrocutée au fur et à mesure que s’y présentait mes doigts.  Après quelques secondes, il était évident que c’est ce qu’il recherchait et aimait.         

Nous avons décidé qu’il était l’heure d’aller au lit.  Alors nous nous sommes installés sur un matelas à côté du lit où nous avions installé le plus jeune.   Après une demi-heure de plaisir, le plus petit s’est mis à rechigner.  Il voulait aussi être du party.  Je pensais qu’il ne savait pas ce qui se passait, mais il enleva son caleçon et nous prouva que lui aussi était capable de jouir.  Endormis, nous fûmes réveillés vers trois heures du matin par un groupe de mes amis qui arrivaient de Montréal, des poètes.      

Au début, j’avais cru que c’était la police et qu’on m’avait monté un piège.  Mes poètes étaient tous excités, car la police recherchant de présumés felquistes, les avaient arrêtés, fouillés, suivis.   Quand ils se sont aperçus que j’étais couché avec deux jeunes, ce fut toute une scène, car ils m’avaient appelé pour venir à la maison. 

Je croyais que c’était pour un autre jour.  J’avais oublié ce rendez-vous.   Comment pouvais-je vivre dans le danger perpétuel d’être arrêté et me conduire comme si de rien n’était ?           

Quand ils ont vu que les jeunes n’étaient pas obligés, qu’ils prenaient un vilain plaisir à la situation, qu’ils ne manifestaient aucune envie de crier au secours, l’atmosphère, c’est détendu.  Nous avons mangé et nous nous sommes recouchés.  J’étais au paradis avec mes deux jeunes.    

Le lendemain, je devais assister à une réunion. J’ai laissé un mot sur la table et un peu d’argent pour le plus vieux, lui promettant que je serais vite de retour.  Quelle fut longue cette réunion ! 

Je suis arrivé chez moi à bout de souffle.  J’avais tellement hâte de revoir mes deux moineaux.  Mais, personne.  En cherchant, je me suis rendu compte qu’ils avaient découvert où je cachais mon argent et qu’ils avaient filé avec.  J’étais renversé.  S’ils étaient restés, ils en auraient eu beaucoup plus et surtout nous aurions pu nous arranger pour que ce bonheur soit plus perpétuel.          

Je suis toujours très paranoïaque quand je raconte de tels événements, mais il le faut pour que la vérité soit connue et que notre très cher système apprenne que ces séances de liberté sexuelle absolue sont aussi appréciées par les jeunes que par les vieux.  Et elles sont encore moins dangereuses pour eux que la violence et les drogues.      

Un tel incident, c’est pour moi, des fantasmes vivants pour des années à venir.  C’est le paradis.  Malheureusement, ceux qui nous jugent se servent de ces moments bénis pour créer l’enfer autour de nous.  Mais, ils ne peuvent pas extirper de tels moments de bonheur de notre mémoire.   

Qui sont les plus vicieux ?  Les tartuffes de la chasteté et de l’Inquisition qui nous méprisent ou ceux qui ont compris que la vie est un plaisir renouvelable…       

Mais, je suis bien conscient que pour la très grande majorité, une telle nuit n’est pas le paradis. À chacun son orientation sexuelle!

Sexe et internet.    

Je suis surpris de voir les campagnes contre les individus en ce qui a trait à la pornographie juvénile sur internet. 

Depuis que j’ai cet appareil, je dois chercher mon blog, car  il y a toujours une maudite maison de pornographie qui a mis un lien sur le mot radioactif.  Ainsi, au lieu de me retrouver sur mon carnet (blog), je me retrouve sur un site pornographique.     

Ainsi, quand je veux me rendre sur mon site pour écrire, je me ramasse d’abord dans une maison de pornographie qui s’affiche Nuevo estilos ou hackerclip ou Casino Cesar, etc. 

Je ne veux rien savoir de la pornographie, et pourtant, ces maudites maisons s’affichent à mon écran, à mon insu.  Qu’est-ce que le système attend pour nous débarrasser de cette merde ?  On aime mieux s’en prendre à des individus. Bande d’hypocrites ! 

Si je veux voir des scènes pornographiques, que je suis seul dans ma chambre à me rincer l’oeil et fort probablement à jouer avec mon tatahouin,  qu’est-ce que ça fait de mal ?  Plutôt que de toujours avoir la police pour surveiller ce que les jeunes regardent, on serait mieux de leur apprendre à faire de bons choix, à agir de façon responsable ; mais ça ne procure pas des subventions. Il faut plus d’arrestations pour avoir plus de subventions.

Quand les parents doivent avoir une police pour s’assurer que les jeunes ne vont pas essayer de voir ce qui les attire, c’est qu’il y a un maudit problème social.   Les parents ne peuvent pu suffire aux besoins économiques, d’où ont-ils besoin de travailler tous les deux, ce qui les empêche de remplir leur travail de parents.  Ils le font faire par la police.          

J’ai hâte qu’on commence à s’attaquer plutôt aux producteurs qu’aux consommateurs. C’est une belle connerie pour prendre en défaut le plus de gens possible;  mais, j’ai oublié que dans notre société ce qui compte, c’est que ça paye… Dieu est un $$$$…

Sexe et ignorance.           

C’est incroyable que le mot « sexe » fasse encore trembler 96% de la population du Québec quand il s’agit de reconnaître le droit des jeunes d’être les seuls à avoir droit de regard sur leur propre sexualité. 

Pourtant, toutes les études scientifiques prouvent que les jeunes ont déjà leur sexualité propre dès la naissance.  D’ailleurs, une étude américaine démontre que dès l’âge de cinq ans, il est possible de dire pratiquement sans presque jamais se tromper, l’orientation sexuelle d’un enfant par le comportement de la dilatation de la pupille de ses yeux, en regardant des images.  Je suis content d’apprendre que je ne suis pas seul à bander des yeux quand quelqu’un me plaît. 

Bien des facteurs jouent dans le choix d’une personne qui nous plaît, l’allure générale (la forme du corps qui correspond au symbole de flèche-pénis ou ronds-seins, symbole inconscient qui existe vraiment), le rapport primaire avec son père et sa mère, la senteur, la voix, le velouté de la peau, la couleur, etc.   Le cerveau capte le signal et dicte la réaction. On n’a même pas un mot à dire quant à ce qui nous excite.

Cela prouve jusqu’à quel point, on s’est fait laver le cerveau à partir des religions qui ont été créées pour servir la domination mâle.  Sauf, qu’en méprisant la femme, on lui a inculqué une telle peur et haine de la sexualité qu’elles ont encore plus de misère que les hommes de se libérer de l’emprise des religieux. 

C’est comme aux Indes (reportage de ce soir à Radio-Canada), où les veuves n’ont pratiquement pas le droit de survivre à leur mari ou de la Chine qui se débarrasse des filles.  Qu’est-ce qu’on fait du droit des individus? 

Les jeunes ont droit de décider de leur sexualité d’autant plus que l’on sait maintenant que la sexualité est une composante essentielle à leur personnalité.  Les gens agissent en fonction de la force de leur libido. 

L’ignorance crasse dans laquelle on a été élevé doit être combattue avec énergie et remplacer par le respect, la tolérance et la non-violence.  La vie privée n’a pas d’âge.  C’est un droit fondamental.   

Radioactif 349

avril 18, 2022

Radioactif 349

Texte de 2008

L ‘ R du Q.   

Quand j’ai laissé la Tribune, après avoir gagné ma révision pour avoir droit à l’assurance-chômage, j’ai décidé de retourner à l’école.  Je suis donc allé au CEGEP de Sherbrooke. 

J’ai alors participé à la rédaction du journal étudiant que l’on appelait   L’ R du Q.  Il était très engagé.  Il a été nommé ainsi en mémoire de Gaston Gouin.

Le premier numéro est passé sans problème ; mais le deuxième a fait des flammèches parce qu’on parlait abondamment de ma candidature comme candidat Rhinocéros dans Sherbrooke.      

J’avais aussi écrit un long texte sur la liberté sexuelle quand un des responsables du journal m’a appris qu’il serait contresigné par une jeune fille que je ne connaissais pas.  J’en étais très fier, car, enfin, une fille s’impliquait dans cette révolution de l’esprit.  

C’était d’autant plus intéressant que Sherbrooke est une des places les plus conservatrices et religieuses (ça va ensemble) du Québec.  Puis, une fois imprimé alors qu’on commençait à le distribuer, la jeune fille se serait déclarée victime d’une arnaque : cette idée n’aurait pas été la sienne, mais, on lui aurait imposé en signant à sa place, sans la consulter.       

Ce n’était pas la version que le responsable du journal me donnait.  J’aurais été le premier à dénoncer ce procédé si cela avait été vrai.  Puis, on est venu à la conclusion d’une entente,  selon laquelle on publiait quand même, puisqu’il était déjà imprimé, mais on bifferait la signature de la jeune fille.     

Personnellement, je n’avais rien à dire dans le journal, je n’avais qu’écrit des textes, commandés par un de ses directeurs.  quoique j’aie choisi les sujets. 

La direction du CEGEP s’en est mêlée et a décidé de le confisquer et de le brûler, malgré cette entente. 

J’étais persuadé que ce geste était beaucoup plus de nature politique que pour respecter les bonnes mœurs sexuelles de cette jeune fille qui avait toute une équipe pour l’entourer.  Pourquoi aurait-elle signé ce texte si elle ne l’avait pas lu?  Bizarre d’autant plus qu’on reprochait très clairement la trop grande visibilité du parti Rhinocéros dans L’ R du Q.           

On prétendait même que j’essayais de m’en servir comme organe officiel du parti.  Si on regarde tous les textes publiés dans le journal étudiant de l’université de Sherbrooke, on s’aperçoit que cette saga existait plutôt parce que des jeunes appuyaient ce changement de cap politique.   Les jeunes ont même organisé trois soirées de débat entre tous les candidats, soit un au CEGEP, à l’université Bishop et à l’université de Sherbrooke.           Aussi, niaiseux que ça puisse paraître, les libéraux avaient peur de cette nouvelle force.          

Je n’avais rien à dire quant au contenu du journal et encore moins sur sa publication.  Aujourd’hui, je me rends compte que ma position sur la sexualité n’a rien à faire dans la répression que l’on exerce sur moi ; mais elle permet de me fermer la gueule ou du moins de ne pas avoir d’influence politique.   

C’est tellement clair que récemment ma pédérastie a rebondi dans les chroniques du Néo rhino pour bien indiquer que je n’étais pas le bienvenu dans ce nouveau parti supposément drôle et devenu bilingue dans tous les sens du mot.  Tellement drôle, qu’on s’accroche à mes ébats sexuels.  Un ou une imbécile prétendait que je me sers du parti Néo rhino pour appuyer mon orientation sexuelle.  D’ailleurs, cette personne est assez stupide pour ne pas faire de nuance entre la pédophilie et la pédérastie.  Un bon moyen de constater que c’est devenu un parti comme les autres : au prise avec le cancer féministe réactionnaire.   Seul le nom est révolutionnaire. 

Si je voulais faire la promotion de la pédérastie, je choisirais un parti politique susceptible de pouvoir changer les lois criminelles à Ottawa.              

Si je me tiens debout, aux prochaines élections, j’annulerai mon vote avec certitude.  Aucun parti fédéral n’a été assez intelligent pour défendre le droit des jeunes à leur sexualité et à leur vie privée.  Ils jouent les papas et les mamans qui interdisent, n’ayant pas le courage de discuter franchement de sexualité.           

Michel Chartrand. 

Quand j’ai été invité à participer à une soirée rhino à Montréal,   L’R du Q venait d’être interdit.  Nous en avons parlé et nous avons obtenu l’aide de Michel Chartrand pour dénoncer cette censure. 

À l’entendre crier et s’exclamer, comme s’il tournait un show, je me demandais s’il n’était pas un peu sonné : « Qu’est-ce que vous attendez pour virer ça de boutte, ce cégep-là? »   Puis, il nous dit qu’il nous aiderait pour faire connaître l’événement.        

Le lendemain, le communiqué n’était pas parti des bureaux de la CSN et nous en avons averti Michel Chartrand.  Je vous assure qu’il ne faisait pas que déplacer de l’air.  Je n’ai jamais vu un gars avoir autant le sens de l’organisation et de l’efficacité. 

Après m’avoir entendu, à la soirée rhino, il n’avait pu retenir sa perception critique : « je n’ai jamais vu ou entendu quelqu’un d’aussi plate de ma vie. »            

Évidemment, notre communiqué de presse fut envoyé et repris par plusieurs journaux.  Merci à Michel Chartrand !  C’était un gars qui se tenait debout.  D’ailleurs, Jim Corcoran a fait une chanson qui s’intitule  » Comme Chartrand « .  Si j’ai bien compris, il parlait de mes cheveux en parachute, de moi, léniniste, felquiste qui se crisse de tout ou peut-être voulait- il parler de quelqu’un d’autre ? 

C’est comme avec l’Homo-vicièr. J’avais discuté toute une nuit avec Paul Chamberland de mon livre et de ma pédérastie. Ça l’avait bien touché et il m’a envoyé une petite lettre.  Stupidement, sans lui en parler, en croyant qu’il serait bien d’accord, nous l’avons mis sur la dernière page de mon livre.  J’ai appris plus tard que c’était un genre de critique qu’on s’envoyait entre écrivains pour la forme.  Est-ce vrai ?  Je ne le revois jamais, donc, je ne peux pas lui demander. 
Je ne sais pas si ses textes ont subi les mêmes censures que les miens quand il parla de pédérastie.  La censure, c’est tellement stupide que ça touche n’importe quoi qui peut remettre le système en question.      

 Harper pourra-t-il faire adopter ses lois débiles avant de se lancer en élection?       

Personnellement, pour la première fois de ma vie, je ne voterai pas pour le Bloc.   «Je vais voter pour moi : je fais des XXX partout ». 

Finie la charogne!  Vivre dans un Québec arriéré, ce n’est pas mieux que dans un Canada arriéré.»           

Malheureusement, je ne suis pas assez riche pour aller vivre au Mexique. Là-bas, les politiciens sont assez intelligents pour mettre l’âge de consentement à 12 ans. 

Le Québec ferme les églises, mais maintient sa morale débile.  Pas étonnant qu’il marche à reculons depuis 40 ans.  Un Québec fort dans un Canada uni : c’est de la pure schizophrénie

Spectacles rhinocéros.  

Il y eut trois soirées au cours desquelles tous les candidats expliquaient leur programme et répondaient aux questions. 

Au Cégep de Sherbrooke, j’ai surtout fait un show autour d’un texte sur la langue.  Je me souviens qu’en sortant, il y avait une bande de libéraux qui m’engueulaient et me traitaient de felquiste.  J’avoue que je n’ai jamais compris le lien entre le FLQ et les Rhinos, sauf que les Rhinos présentaient presque toujours des vedettes.   Quand on est borné comme ces libéraux, on voit des choses que les autres ne voient pas.   

Par contre, à l’université Bishop, je me suis fait désarçonner par une série de questions sérieuses.  Quand je faisais mes spectacles, j’arrivais là avec des lunettes immenses, une très longue pipe dans laquelle je fumais du vrai pot et une fleur immense pour me moquer de Trudeau.  Je l’avais d’ailleurs invité à un concours de natation : faire dix fois le tour d’une barboteuse, à la nage.           

Puis, je lançais de bonbons à la foule.  » Des bonbons ? Je ne les promets pas, je les donne « 

À Bishop, le jeune qui s’adressait à moi fit valoir que je venais de quitter le journalisme et insistait par conséquent sur le fait que je devais être le plus compétent, de ceux qui se présentaient.  À son avis, je devais être celui qui connaissait le mieux l’Estrie.  J’ai finalement obtempéré à sa demande.  Et, j’ai commencé à prendre plaisir à ma candidature.  Enfin, je faisais du théâtre. 

La troisième fois, ce fut à l’université de Sherbrooke.   

Université de Sherbrooke.        

Le meilleur spectacle s’est sans doute déroulé à l’université de Sherbrooke pour la bonne raison que je m’éloignais de la politique par amour pour les planches.  Je me voyais de plus en plus en vedette. D’ailleurs, on avait mieux organisé la mise en scène. 

Je m’étais mis une paire de culotte courte, sous ma soutane d’évêque, et nous avions placé un poster du petit René Simard, juste où se situait le libéral René Pelletier. 

Je suis entré en scène habillé en évêque.  Je bénissais l’assistance et dans mon sermon, je promettais de construire des taudis, de créer de la misère puisqu’en bons chrétiens « plus on mange de merde plus on va vite au ciel ».  

Puis, j’ai strip-teasé, en affirmant que le rouge me rendait malade.  J’ai aussi commencé à dire aussi que le candidat libéral avait peut-être un beau sourire, mais qu’il était beaucoup moins beau que René Simard. J’avoue avoir eu énormément de plaisir à ce jeu. 

Si ma campagne électorale, grâce à Pierre Brisson, devenait de plus en plus vivante et intéressante ; les libéraux ne le prenaient de la même façon. 

Un soir que je m’étais rendu au Pub, notre lieu de rencontre, il y avait un handicapé qui disait très fort que j’étais son président.  Un groupe de bonhommes ont commencé à lui faire un mauvais parti.  Donc, je m’y suis rendu pour calmer le jeu et demander à ces imbéciles de cesser de l’outrager.

« Comme ça, tu veux te mêler de ça.  » Et, c’était parti mon kiki ! J’en ai mangé une bonne.      

Les libéraux ont toujours eu des fiers à bras et ils se promènent autour du monde pour prêcher la démocratie du Canada.  Tu ne peux même pas dire que t’es pédéraste, ici, sans te condamner à crever de faim, dans le mépris le plus absolu.  Vive la démocratie !           

Je dois dire qu’aujourd’hui que j’ai bien aimé la décision du parti libéral de sortir des Communes pour ne pas endosser la loi sur l’âge du consentement.  Sans respect pour le droit des jeunes à leur sexualité, les Conservateurs veulent nous imposer la manière du Canada- américain de concevoir la sexualité.  Vierge jusqu’à l’assèchement du cerveau.  Un retour en arrière à des milliers d’années, au Moyen-âge, au moins.      

À ma surprise, le Bloc a voté pour cette loi débile.  Il est peut-être temps de leur rappeler que le Québec a toujours eu une politique plus ouverte.  Pas mal débranché, le Bloc.  Ça vient d’y coûter mon vote.  Je suis peut-être seul, mais cela peut-être significatif.  Mon vote aux prochaines élections fédérales sera une série de XXXX, si je vais voter …

Canadien ou Québécois castré, t’es castré. On est vraiment rendu des Américains. Il n’y a que l’argent qui compte.

Radioactif 348

avril 17, 2022

Radioactif 348

Texte de 2008

Vol de mon livre.   

Rouhed, le plus jeune de mes deux fils adoptifs,  s’est suicidé le 3 juin 1994, à 21 ans. 

C’est alors que tous mes problèmes ont commencé. 

Même si je l’aidais du mieux que je pouvais, avec le temps, après sa mort, je me suis mis à avoir  des remords.  Est-ce que j’aurais vraiment pu travailler à Montréal plutôt qu’à l’extérieur et ainsi être plus près de lui?   J’aurais pu faire mieux et être moins mesquin. Je ne lui donnais pas toujours tout l’argent qu’il me demandait.

Par contre, la mère de sa blonde, Sarah, m’a dit que j’avais tort quand  je lui ai fait part de mes culpabilités : « Tu as fait mieux que bien des parents naturels ».  

J’avais conservé pour Rouhed notre appartement au 2240, rue Quesnel, à Montréal.  Je croyais qu’il recevrait davantage d’aide pour fréquenter le CEGEP.  Je suis intervenu pour lui auprès du ministère de l’Éducation. J’étais très fier de l’intelligence de Rouhed.

De plus, il travaillait dans une fromagerie et il aimait bien ce travail. 

Rouhed était de plus en plus souvent dépressif.  Il m’avait indirectement, quelques mois plus tôt, parlé de son désir de quitter ce monde qu’il trouvait injuste envers la majorité des êtres humains, après avoir vu l‘Assommoir, avec Renaud, sa grande vedette.  Je ne savais trop quoi penser de sa boutade, car il m’avait simplement dit : Et, si c’est moi qui parlais de suicide, est-ce que t’aurais peur?          

Ses menaces m’avaient foutu la trouille, car, je le savais assez déterminé,  assez extrémiste, pour faire ce qu’il le disait.  D’ailleurs, quelques jours avant que j’apprenne sa mort, je lui avais demandé au téléphone s’il avait perdu ses idées  suicidaires.  Ça m’inquiétait.  J’avais commencé mes démarches pour être transféré de Val d’Or à la Commission scolaire de Montréal comme enseignant. J’avais ma permanence et une maitrise, ce qui ne se perd pas.

Quand je suis descendu de Val-d’Or à Montréal, j’ai tellement demandé à Dieu de partager la souffrance de sa mort que je suis arrivé à Montréal en ressentant un mal de cou, comme si je mettais suicidé avec lui. Ce fut affreux. Affreux. Affreux. 

Quand Rouhed s’est suicidé, il y avait plein de nouvelles personnes que je ne connaissais pas qui se présentaient à la maison. 

C’est alors qu’on a dérobé mon livre L’Homo -vicièr.  Bizarrement, ce livre s’est retrouvé entre les mains de la police de Val-d’Or, deux ans plus tard, comme preuve contre moi.  Comment avait-on prévu le coup?  Pourquoi tous les papiers d’identité de Rouhed avaient-ils disparus?  Pourquoi la police ne les avait-elle pas? Où est passé son portefeuille?           

Y avait-il quelqu’un que Rouhed connaissait et de qui je ne me méfais pas qui essayait de me faire payer pour ma participation antérieure à des ateliers sur la pédérastie quelques années plus tôt?   

En effet, quelques années plus tôt, j’avais décédé de participer comme conférencier aux ateliers sur les homosexualités, organisées par le psychologue Lucien Bouchard.

Je voulais que l’on dédramatise le fait d’être pédéraste.  Dans le temps, on ne parlait pas encore de pédophilie, donc, on faisait encore moins les nuances qui s’imposent entre ces deux formes de vie.  J’avais peur qu’un pédéraste pris de peur tue son partenaire. C’était une de mes obsessions parce que j’avais peur que ça m’arrive. Il fallait absolument faire comprendre au monde entier que ces relations sont souvent acceptées par tous les participants et un plaisir plutôt qu’une mauvaise aventure.

Mon médecin, une dame, dit être tombée en-bas de sa chaise quand elle m’entendit, car elle ne l’aurait jamais deviné et qu’elle avait des fils. Je voulais que l’on dise la vérité sur le sujet plutôt que de semer la paranoïa devant tout ce qui est sexuel.

C’est en lien avec ces conférences que j’ai rencontré tous ceux qui deviendront mes amis avec le temps.  

À cette époque, je n’imaginais même pas que je puisse un jour être différent. Je croyais qu’on ne peut pas être autre chose que pédéraste quand on l’est, parce qu’on ne choisit pas ce qui nous attire et un pédéraste est attiré par les jeunes mâles et non ceux de son âge ou plus vieux que lui. Le désir est la base de toutes les relations sexuelles, non?

Quand j’ai commencé à vivre avec Shuhed et Rouhed, le frère aîné de Rouhed, je répondais à ceux qui me demandaient où était mon épouse : j’ai déjà assez de travail à élever deux enfants pour ne pas devoir m’imposer, en plus, de devoir endurer une femme.

Je n’acceptais pas la notion, le devoir, d’être le seul partenaire dans un couple.  La fidélité absolue me semblait une fausse préciosité, un geste moral  sans fondement.  Pourquoi avoir le droit et le devoir de faire l’amour si on est marié et que ce geste devient le péché des péchés, s’il n’est pas accompli avec la même personne?    Je croyais dans la fidélité, mais comme forme de responsabilité, vis-à-vis, la famille que l’on a créée.

Quand Rouhed est mort, j’ai connu des femmes qui le connaissaient, semble-t-il, mieux que moi.

Par hasard, j’ai cru comprendre que Marie-Louise avait aidé à l’arrestation d’un infirmier que j’avais déjà connu et qui fut condamné pour attouchement sexuel sur un mineur.  Puisque René-Louise se disait une psychologue ou une intervenante pour défendre le droit des adultes à avoir une relation sexuelle avec des mineurs, je n’y avais pas attaché d’importance. 

J’ai cru avoir mal compris et je n’ai pas pensé une seconde qu’elle pouvait jouer double jeu.  Je n’ai même pas vérifié.

Selon René-Louise, qui disait tout connaître des musulmans, Rouhed ne s’était pas suicidé uniquement parce que Sarah l’avait quittée, mais surtout pour protéger quelqu’un.  Qui? Moi?

J’étais politiquement très engagé, mais me croire en danger à cause de mes idées était à mon avis tout à fait farfelu. En principe, on ne tue pas encore nos ennemis politiques au Canada

À sa mort, Rouhed m’a laissé une lettre dans laquelle le message se résumait avec la présentation : « Cher Papa Jean, don’t  worry, be happy! » C’était la première fois que Rouhed m’appelait papa. Shuhed a commencé à faire de même, mais il lui il m’appelait « Père ».

Les plus beaux moments, les plus belles années de ma vie furent quand j’étais le père et quand j’ai enseigné. J’avais alors une raison de vivre et une très grande fierté de ce que je faisais.

Marc, pédéraste.   

Un jour, j’ai reçu une lettre de Marc Lachance, qui voulait me rencontrer, ayant lu Laissez venir à moi les petits gars.  Il m’a raconté ses amours et ses problèmes, car il venait des se faire prendre avec un jeune de ses connaissances.  Sa relation avec la mère du petit s’était détériorée et il avait peur.  Il cherchait un moyen pour se déculpabiliser, se sortir du trou, tout en reconnaissant qu’il était toujours très profondément amoureux de ce petit.         

Il aimait jongler et il émanait de lui une telle douceur, une telle tendresse, que je lui ai recommandé de devenir professeur.  Tant qu’il n’y a pas de violence, je n’ai rien contre la pédérastie, bien au contraire.  Ça peut paraître bizarre d’enseigner quand tu es pédéraste et pourtant je suis convaincu que les pédérastes font les meilleurs enseignants du monde

Être pédéraste, c’est être heureux à l’infini d’être en compagnie de petits gars.  Puisqu’on se dit, dès les débuts, qu’on se répète quotidiennement « never on the job », les jeunes sont encore plus en sécurité avec nous qu’entre les mains des professeurs qui enseignent juste pour le salaire.    

Quand j’ai commencé à enseigner, j’ai été de nombreuses nuits à ne pas dormir tant j’étais excité par les jeunes: leur beauté, leur intelligence, leur spontanéité.  Je les adorais et je n’arrivais jamais à en faire assez pour avoir l’impression d’avoir fait mon travail.  Le travail comme tel m’importait peu ; je les adorais et j’aurais donné ma vie pour qu’ils réussissent.  Je me sentais responsable de leur apprentissage.  De l’amour de la beauté des corps, j’étais passé à la contemplation de leur développement intellectuel.           

Ce fut des années de masturbations solitaires pour ne pas succomber à leurs charmes.  J’ai été très surpris quand j’ai commencé à enseigner d’entendre autant de vieux profs gémir sur leur sort et vouloir compléter leur maîtrise le plus vite possible pour entrer au Ministère de l’Éducation parce qu’ils ne pouvaient plus endurer la turbulence d’un enfant. 

Je me suis promis que le jour où je n’aimerais plus les jeunes – et c’est possible : en vieillissant, on a plus autant de patience – je laisserais mon emploi.      

Marc a d’abord enseigné dans des écoles privées à Montréal où il était très apprécié.  Il se servait de ses connaissances dans la jonglerie pour organiser des spectacles.  Il était parfait.  Puis, il est parti pour l’Éthiopie où il enseigna à un groupe de jeunes juifs qu’on décida un jour d’amener en Israël, ce qui le blessa énormément parce qu’il s’était attaché à eux.            

Il retourna en Éthiopie et décida de créer un cirque pour les jeunes de la rue.  En échange, de participer au cirque, les jeunes étaient nourris et devaient aller à l’école. Comment ne pas trouver ça magnifique?  Même s’il aurait eu des relations sexuelles avec certains, tant qu’ils étaient d’accord, c’était merveilleux : au moins ils mangeaient, ils avaient un endroit pour rester, ils étaient aimés.  Pour se scandaliser de cette situation, il faut vraiment n’avoir jamais eu faim.  Une morale de bourgeois incapables d’obliger les gouvernements d’aider les plus démunis.           

Quelques années plus tard, à la suite d’une lettre anonyme, Marc fut accusé d’avoir pris part à des rencontres sexuelles avec des jeunes   Y paraît que la lettre venait du Québec. 

Moi, quand j’avais eu mon procès, le père de Mathieu (le jeune qui m’accusait) m’avait demandé qui était Marc parce que la police avait ramassé chez-moi 52 photos de jeunes.   Aucun n’était sans vêtement ou dans une posture sexuelle.  Une très grande partie appartenait à Rouhed.  C’étaient des membres de ma famille ou des amis et parmi celles-ci, il y en avait une de Marc.  Je n’aurais jamais pensé que le père de Mathieu agissait pour la police.

Je ne voulais pas mêler Marc à mes affaires, d’autant plus que tout le monde paniquait avec l’affaire Dutroux.   Aussi, avais-je dit en mentant qu’il était en Amérique du Sud plutôt qu’en Éthiopie.  

Marc, avant de se suicider, écrivit sur internet que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que son suicide soit considéré comme un meurtre. 

Sur le coup, j’ai vraiment eu peur qu’il se soit tué parce qu’on l’avait vu sur une photo chez-moi,  mais, sa mère me fit parvenir une copie des communications de Marc juste avant sa mort. 

Quel choc ce fut quand j’appris qu’il était mort en Amérique du Sud alors que je ne savais même pas qu’il était parti d’Éthiopie ; d’autant plus, que quelques mois auparavant Radio-Canada avait fait une émission sur ses cirques. 

Marc se serait tué pour ne pas compromettre son œuvre et s’assurer qu’elle se poursuive.  La chasteté est-elle plus importante que la vie? C’est une forme de débilité qu’on a inventé pour créer l’exclusivité de  la monogamie.

Personnellement, à mon avis, un Québec qui vit dans les noirceurs idéologiques de mon enfance et le viol de conscience entretenu autour de la sexualité n’est pas mieux qu’un Canada constipé par la religion.  Je ne veux rien savoir ni de l’un ; ni de l’autre.  

Au Québec, je constate que la sexualité demeure la pire prison émotive et mentale de notre peuple
. Je ne serai pas complice de ce refus d’évoluer.   Le péché de la chair, ça n’existe pas. Tout ce qui est condamnable est la violence et le non consentement. Je pense que nos députés ont accepté de remplacer l’indépendance du Québec par la dictature féminoune.

Je suis conscient de n’avoir aucun pouvoir et ça ne me dérange plus.  Je me suis déjà assez battu inutilement dans la vie pour changer les choses.  Maintenant, je m’occupe seulement de ma petite personne. 

Shuhed,  mon autre fils adoptif, si on peut dire, vit en Ontario. J’arrive de là, car il est entre la vie et la mort, dans un coma.    Qu’Allah décide s’il est préférable pour lui de vivre ou d’aller le trouver. 

Shuhed  et Rouhed seront toujours ce que Dieu m’a donné de plus beau et de plus fantastique dans ma vie.

Radioactif 347

avril 16, 2022

Radioactif 347

Texte de 2008

L’expérience

Je ne peux pas dire que mon expérience comme journaliste m’a aidé à avoir une belle opinion de notre société.  En dix ans, tout ce que j’ai vu,  ce sont des riches qui essaient de manger les pauvres ; des institutions qui inventent des règles pour saper davantage les portefeuilles des gens qui ont déjà de la difficulté à survivre. 

La vie au Québec est certes une des meilleures sur terre ; mais pour que ça continue comme ça, il faut faire les efforts nécessaires.  Il faut un peu de vigilance. 

On voit venir un manque de main-d’œuvre depuis des années : qu’est-ce qu’on fait de particulier pour se préparer et affronter avec succès ce problème ?  Où sont les écoles de métiers ?  Que fait-on contre le décrochage ?  Ne voit-on pas un lien assez direct avec la consommation de drogues et le décrochage ? 

Malheureusement, on n’essaie pas de trouver un moyen de faire face à cette réalité.  On manque de places dans les urgences et pourtant on trouve moyen de faire de la petite politique sur le dos des malades. 

On a nationalisé l’électricité pour que les gens les plus démunis puissent en profiter, mais on nous fait subir des augmentations à toutes les années sous prétexte qu’on paye moins cher que les autres (je l’espère, on a construit ce réseau avec nos taxes).   On dirait que tout ce qui a été fait collectivement pour améliorer notre sort est devenu un simple moyen pour le gouvernement de s’en mettre encore plus dans les poches.   

Je résume ce changement dans Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous :

« Je suis sorti pour les vrais raisons, c’est-à-dire politiques plutôt que disciplinaires, comme l’aurait voulu La Truie Brune ». 

En effet, les boss se spécialisaient à me faire enrager pour monter contre moi un dossier disciplinaire qui aurait justifié le renvoi que les politiciens exigeaient tout en y cachant l’aspect politique.  Cependant, M. Dubé, président de la Tribune, prétend toujours qu’il n’y a jamais eu de pression politique pour me faire perdre mon emploi. Il n’est pas particulièrement bien placé pour dire le contraire.

La jouissance.       

Depuis que je suis jeune, la jouissance est l’une de mes raisons principales de vivre. 

J’ai retrouvé dans Il était une fois les Cantons de l’est le passage suivant : « Tous les moyens sont pris pour nous faire accepter la vie absurde dans laquelle nous vivons, en faisant croire que nous n’avons pas d’autres alternatives.  Au Brésil, des milliers d’indiens ont été tués, au cours des dernières années, grâce à la compagnie Brascan dans laquelle on retrouve les Jésuites et notre ministre des Affaires extérieures du Canada, Mitchell Sharp.  La Brascan, cette même compagnie responsable de la guerre des poulets et des œufs, celle qui a fait faire banqueroute à bien des cultivateurs du Québec, celle de la bonne bière 50 que nos gens de gauche oublient de boycotter. 

Les grands de ce monde ont été capables d’inventer des religions, le capitalisme et le communisme. Ils ont été capables de faire mourir des millions de gens en 1914,1939, au Biafra, en Asie, un peu partout, pour dominer les gens. 

Après ces supposées guerres idéologiques, bien organisées et bien orchestrées, la répression sera étendue à l’échelle internationale pour en venir à avoir qu’un seul gouvernement.  Tu te crisses pas mal de cette société qui a besoin de sang pour se maintenir.  Pendant que dans l’Estrie, nous ne trouvons pas le 1.5 milliard nécessaire pour permettre aux gens de bien vivre, chaque année, les penseurs doivent s’organiser pour dépenser inutilement en guerre chaude ou froide $219 milliards.  Et pendant ce temps, la grande majorité continue de croire dans ce monde artificiel.  Chacun accepte de sacrifier son état d’Homme, sa Liberté, en échange d’un petit peu de gloire, d’une automobile ou d’une autoneige.  Nous préférons tuer à fumer du pot.  Nous préférons les guerres à se poigner le cul, et, chercher tous ensemble à changer l’existence actuelle.

Aujourd’hui, j’ajouterais que nos féministes bourgeoises réactionnaires (les féminounes) arrivent à monopoliser les efforts et l’argent de tous les systèmes de police de la planète pour retrouver un pédophile.  Elles semblent ignorer que ces gouvernements qui les appuient laissent des centaines de milliers de jeunes enfants s’enrôler dans des armées d’assassins.  Hey !  Allumez les féminounes!  Ici même, dans notre beau Canada, la pauvreté chez les jeunes est telle qu’elle met l’avenir du pays en danger… Ce n’est pas pire que de jouir en se faisant faire une pipe ou une petite vite ?

Quand j’ai promis de faire de l’Estrie le centre de la culture du pot en Amérique, c’était comme tous les Rhinocéros, une farce ; mais elle voulait tout dire. On l’aurait vite eu notre 1.5 milliard nécessaire pour relancer l’industrie, si je réalisais cette promesse.  Je n’ai jamais fait une farce aussi logique.


Jouir au bout.        

Il y a pas qu’une façon de voir la jouissance : certains la trouve dans leur pantalon, alors que d’autres la trouve dans le sacrifice. 

C’est intéressant de noter que Bouddha quand il a quitté son palais avait connu toutes les formes de jouissance possibles, sauf peut-être se faire sucer (manger, comme on dit dans le milieu) par un homme ou un petit gars, car l’homosexualité, à cette époque et selon ces cultures, n’était pas tellement bien vue, encore moins la sodomie.  Disons que ça se vivait éternellement plutôt en cachette. L’illumination devait se réaliser autrement.

Bouddha pouvait tout s’offrir, son père lui aurait tout permis pour le garder sous son toit ; mais le Magnifique a voulu connaître la misère de son peuple et la partager.  On oublie facilement que Bouddha s’est rendu au plus profond de la douleur après avoir été au plus profond de la jouissance, avant de découvrir l’illumination.  À remarquer que je ne suis pas un spécialiste des religions, mais c’est ainsi que j’ai senti que ça pouvait s’être passé

Il n’y a pas que les drogues qui créent des hallucinations, il y a aussi la souffrance Si tu te fais trop taper sur la tête, t’as toutes les chances de devenir assez sénile pour discuter directement avec Dieu.  Trop de sacrifices rend fou autant que le meilleur des opiums.  Il crée autant d’hallucinations.  Pas étonnant que l’on ait des apocalypses. 

D’autre part, j’ai appris que la jouissance la plus absolue, quand même que j’aurais atteint tous les points G du monde, est éphémère. 

Je me souviens qu’à une époque où j’étais plus curieux, j’aimais partager le «spanish fly» pour aller au fond de ce que l’on pouvait ressentir.  Une expérience que j’ai partagé avec un jeune qui m’avait élu comme partenaire idéal parce qu’il prétendait que j’avais des lèvres de  pieuvre et un battement de tempo égyptien dans l’action , sachant marier le rythme le plus soutenu à celui du plus rapide, comme me l’avait montré un ami. 

J’ai même essayé ce procédé dans une scène d’orgie sur le mont Royal.  Une dizaine de gars qui te tâte ou te suce le moindre pouce de chair.  J’ai dû en conclure que le plaisir ne conduit pas au bonheur parce qu’il s’éteint dès que tu as atteint ses sommets.  La vraie jouissance ne se trouve ni dans le sadisme ni dans le masochisme. Elle est trop éphémère, même si j’aurais atteint le top des tops ; ça ne dure pas.   

La vraie jouissance est permanente, elle ne peut pas être une fin atteinte en soi, elle doit transcender notre capacité à ressentir les choses physiquement.   Donc, elle doit se vivre à un niveau supérieur.  Ce n’est pas un simple jeu sexuel, c’est une communication spirituelle, atteindre l’orgasme, c’est atteindre la fascination, l’osmose, la même longueur d’onde. 

Y a-t-il plus grand plaisir que de dévorer l’absolue jouissance des yeux éclatés d’un garçon sous le choc d’une première éjaculation?  Mais, ça dure très peu de temps et ce n’est pas tout le monde qui y est intéressé .


La filière féminoune.        

Le lien entre les féminounes (surtout dans les médias) pour faire la chasse aux pédophiles-pédérastes à travers le monde et les moyens employés par la pègre pour se débarrasser de quelqu’un qui ne leur plaît pas en prison est très alarmant.  On dirait que le courant passe bien entre ces deux formes de vengeance.

Évidemment, en prison, il y a la possibilité de la raclée ; mais ça peut paraître trop ; alors on utilise habituellement le harcèlement.  Il s’agit d’écœurer quotidiennement un individu pour le pousser au suicide.  Cette méthode peut s’exercer autant dans la société qu’en prison. Pour y parvenir, il faut un système de fichage pour empêcher l’individu de pouvoir travailler et même faire du bénévolat.  On appelle ça un dossier judiciaire. C’est un outil qui est entre les mains de la police qui s’en sert abondamment.    L’esprit, dans cette façon d’agir, est de les isoler, de les faire paniquer et ultimement de les pousser au suicide puisque qu’elles ne peuvent pas les tuer. 

 C’est ce qui ait arrivé avec mon ami Marc Lachance.  On l’a menacé et fait chanter jusqu’à ce qu’il se pende.  On l’a poursuivi jusqu’en Amérique du Sud.  On aurait bien aimé que ça arrive aussi dans mon cas, mais je ne suis pas pédophile et je ne me sens pas coupable d’être pédérasteJe préfère semer la jouissance plutôt que la virginité sacrificielle des religions.

Ce n’est pas pour rien qu’on veut avoir accès à ce que l’on nomme la liste des prédateurs sexuels et que l’on veut que cette chasse soit internationale. Cette branche de la mafia d’extrême droite fera le travail sale que la police ne peut pas accomplir.  Leur fascisme peut se vivre avec la bénédiction de la société entière d’où la nécessité d’éliminer la différence entre la pédérastie et la pédophilie.  Ainsi, le système de répression peut frapper peu importe l’âge des personnes concernées, que ce soit violent ou non violent ; consentant ou non. 

Souvent les crimes que l’on reproche sont minimes, mais en les classant comme le « crime d’un prédateur sexuel», ça leur confère une portée comme si c’était un grand danger qui existe incognito prêt à frapper toujours et partout. 

Cette peur, cette hystérie, permet de maintenir une paranoïa collective, particulièrement chez les femmes.       
 
Quoique inacceptable, selon nos lois archaïques, la masturbation mutuelle, par exemple, apparaît comme plus dommageable qu’une guerre. On est tellement obsédé que l’on prétend même que le voyeurisme est un crime grave, sans faire aucune nuance sur la façon que ça se passe.  Plusieurs de ces crimes ne sont d’ailleurs pas dénoncés parce que les gens qui les subissent sont consentants et y découvrent beaucoup de plaisir. 

Quand t’as eu bien du fun, on a beau te dire qu’un attouchement sexuel, c’est pire qu’un meurtre, tu sais qu’au contraire, c’est très agréable. 

Tout y passe aux yeux de cette gestapo-religio-féminounes, du voyeurisme à la sodomie, car, elles rêvent d’éliminer les pénis, symbole de la masculinité.  Les féminounes sont homophobes et ne rêvent que de castration. 

Le réseau de chasse-aux-sorcières est déjà très bien implanté et reçoit la même bénédiction sociale que les assassins dans les parcs de Montréal bénéficiaient quand ils frappaient ou tuaient un homosexuel, il y a à peine quelques années. 
 
Elles veulent mettre les photos sur les poteaux, mais refusent qu’on en parle publiquement (mes textes sont cachés, bannis, on m’a même éliminé des listes d’écrivains ou d’auteurs).  On a peur que j’en propage le goût.  Tout pour me faire disparaître est entrepris.  Je ne dois pas exister parce que je dénonce leur psychose.  Elles me prêtent toutes sortes d’intentions.  Ce qui serait normalement perçu comme de la générosité devient dans leur langage de la manipulation.
  
Elles interdisent ainsi aux jeunes de bénéficier des droits qu’elles revendiquent pour elles :« Ton corps n’appartient qu’à toi seul, tu en es le maître absolu».   Leur droit à vie privée existe aussi, même si ils ne sont pas majeurs.  On retire aux jeunes le droit de jouir de leur corps et de leur vie privée. 

Ces mouvements de droite sont liés aux religions.   LA DICTATURE FÉMINOUNE EST EN PLEIN ESSOR ; mais elle cache une dictature millénaire, celle des religions qui s’attaquent à la sexualité pour créer des pécheurs payants et obéissants.  Les religions se cherchent une nouvelle voie pour protéger leur commerce.  Le sexe est une arme extraordinaire pour attaquer la religion catholique à travers la pédophilie, ça aide ensuite au recrutement des autres religions.

Puisqu’en dedans, la pègre obéit au chantage des féminounes, en servant de bras, peut-on y voir un lien direct entre le féminisme antisexuel et la pègre ?          

Permettre la prostitution individuelle, sans violence, c’est mettre en danger la pègre qui a la mainmise sur les femmes et qui est protégée par une prescription de deux ans, ce dont aucun « prédateur sexuel » ne peut bénéficier, même s’il est non violent.  Les vieux curés sont actuellement condamnés à aller se faire tuer en prison pour faire plaisir aux féminounes qui rêvent de porter la soutane.       

On préfère les voir mourir à tolérer l’idée qu’une pipe, c’est agréable.  Un vieux ne peut plus être un danger, car souvent il ne bande plus et, à part la sodomie, le reste est un plaisir. Ceux qui prétendent le contraire sont gravement malades ou des menteurs inconscients.           

Radioactif 346

avril 15, 2022

Radioactif 346

Texte de 2008

Antoine Naaman.  

Même le français était un acquis pour sauver la région.  Réjean Beaudoin nous enseignait comment s’en servir pour améliorer le tourisme dans les Vaucouleurs. (Estrie) 

Ainsi, Frédéric avait décidé de peinturer la plus haute cheminée au monde, à Scotstown.  À Sherbrooke, avec Antoine Naaman, on rêvait de créer un immense pavillon littéraire de la francophonie mondiale et de faire de Sherbrooke, le centre mondial de la francophonie.  Il suffisait  d’un petit « oui » du gouvernement pour le réaliser, mais tout ce que je touchais devenait automatiquement pour les libéraux, le mal qu’il ne fallait pas endosser.

Tout au long de mes dernières années à la Tribune, je me suis rongé les méninges pour trouver des moyens de combattre la pauvreté et de créer des emplois. 

Quant aux autorités locales, une brigade d’amorphes, ils ont toujours mis les bâtons dans les roues dès qu’on inventait un projet.  C’est vrai que j’étais presque toujours derrière les projets pour aider l’Estrie à se relever.  Mais, personne ne le savait et ça n’avait pas d’importance, sauf, que ça me rendait d’autant plus vulnérable. 

Même si j’avais eu du pouvoir, il aurait suffi au gouvernement de laisser filtrer que je suis pédéraste pour que tout soit considéré avec dédain.  La partisannerie politique l’emportait sur tout.  De quoi nourrir le scepticisme adéquiste pour des centaines d’années et leur donner raison de chanter qu’il ne faut pas se mouiller

Il ne suffit pas d’avoir une grande gueule pour changer les choses.  Je l’ai appris à mes dépens.  Je n’ai rien changé, même si j’y ai tout laissé.  Ça me tenterait de dire en riant qu’une belle langue, ça fait drôlement mieux l’affaire quand on s’en sert pour jouir et faire jouir. 

Ma démission.       

J’étais devenu un peu fou, après un an de harcèlement pour me forcer à prendre la porte.  J’étais protégé par un syndicat très fort, même si on trouvait que j’en mettais trop. 

J’avais trouvé comme moyen d’envoyer promener mon patron, d’écrire mes assignations quotidiennes, comme s’il s’agissait de messages indiens.  » Au grand chef de la Torture, Petit Paquet se rendra à Richmond, à l’heure où le soleil se rince l’oeil, etc. « . On pouvait difficilement me mettre à la porte pour si peu. 

Puis, la fin s’est présentée : un petit cadeau d’East Angus.  J’ai découvert les preuves irréfutables d’un cas de patronage libéral.  Les patrons ne voulaient rien publier.  Je leur ai donné une semaine pour le faire, sinon, je ne travaillais plus pour eux. 

Le journal n’a eu qu’à ne pas me prendre au sérieux et je me suis ramassé en chômage puisque j’ai tenu parole. J’étais encore une fois sans le sou, sans travail et l’assurance-chômage refusait de me verser mon dû, sous prétexte que je n’avais pas été congédié, mais que j’avais démissionné. 

J’ai amené la cause en révision et le comité de juges a reconnu que c’était effectivement pour moi une question d’honnêteté.  Entre temps, le frère du député libéral de Stanstead s’est présenté chez mes parents pour leur demander comment ils se sentaient d’avoir un fils avec les mains tachées du sang de Pierre Laporte.  J’étais écœuré, car en aucun temps, je ne fus mêlé à cet événement.  Mais, on avait réussi à me faire passer pour un felquiste radical, dangereux et actif. 

Ça m’enflait la tête en même temps, car je ne me trouvais pas assez brave pour me mériter ce titre.  Très peu de personne savait que je n’étais pas fier de la fin des événements d’octobre puisque la vie vaut plus que n’importe quelle cause.  Je demeurais fondamentalement un peace and love, grâce à ma pédérastie. 

La vie était belle, malgré la politique.  J’attachais d’ailleurs plus d’importance à ce que j’écrivais qu’à tout ce qui se passait.  Je voulais déjà devenir un écrivain.  Et, des livres, j’en écrivais à la tonne.  Je pensais d’ailleurs reprendre ce métier avec ma retraite.  Je n’avais pas prévu que je serais assez écœuré pour songer à tout laisser tomber.  Mon vase déborde d’amertume.  Le monde d’aujourd’hui est encore plus sale que celui que je dénonçais il y a 40 ans.

Le français. 

Avec ce qui se passe à l’Office de la langue française et au Conseil supérieur de la langue ; il n’y a plus qu’une solution : des élections au Québec sur l’état du français. 

Mario Dumont doit démontrer que l’intérêt du Québec passe avant l’intérêt du parti et qu’il n’est pas que le «faire-valoir» de Jean Charest.  Eh oui ! Deux élections et j’espère deux nettoyages à fond.         

Le journalisme.     

Les gens disent que les journalistes sont des menteurs.  Pour avoir exercé ce métier durant plus de 10 ans, je m’inscris en faux quant à cette réputation.  C’est vrai qu’il arrive que les détails fournis dans un texte soient faux.  On oublie que ce n’est pas celui qui écrit qui est menteur, mais celui dont il rapporte les propos. 

En principe, un bon journaliste transmettra avec exactitude les informations qui lui sont fournies ; mais il ne peut pas toujours savoir s’il s’est fait emplir.  C’est vrai qu’il doit normalement contrôler la véracité de ses informations avant d’écrire ; mais on lui pousse dans le dos pour produire le plus vite possible. 

La majorité des informations sont fournies par la police, les services ambulanciers, les partis politiques et les différents mouvements sociaux ou autres qui veulent se faire connaître.  Les médias d’information n’ont pas tellement évolué.  Ils manquent souvent de profondeur.  Le journalisme d’enquête est le meilleur journalisme qui soit. 

Par contre, on pourrait se passer de l’opinion des journalistes.  Ce que l’on veut ce sont les faits, pas leurs points de vue. 

Aujourd’hui, on continue d’utiliser le     « que ressentez- vous ? » à la sortie de cour.  C’est bien évident que la personne qui s’est fait ouvrir le ventre avec un couteau, voler des centaines de dollars, dira qu’elle est heureuse de voir son agresseur en prison.  Il devrait être plus longtemps à l’ombre, dira-t-on automatiquement.  Rares sont les personnes assez chrétiennes pour dire qu’elles lui ont pardonné. 

C’est tout aussi évident, si trois jours plus tard, ce même agresseur tourne autour de sa maison et qu’il a été libéré par un juge sous prétexte qu’il est malade mental, que tu auras peur. 

Qu’est-ce que ça nous fait comprendre sur la maladie mentale?  Sur le problème de forcer quelqu’un à prendre ses médicaments et les dangers que ça représente? 

Les journaux, en agissant ainsi, maintiennent un niveau de superficialité qui nuit à l’avancement d’une prise de conscience et d’une recherche d’une vraie solution.  C’est plus facile et moins cher de se tenir en cour pour avoir de la nouvelle, mais ça donne l’impression que notre société est encore plus pourrie qu’on se l’imagine.  Ça rehausse le niveau de paranoïa. 

De plus, on s’attaque à la vie privée des gens.  On les traîne dans la boue, comme Guy Lafleur, alors que ça ne nous apporte rien et ça le détruit.  Pourquoi acceptons-nous que ce qui se passe en cour soit nos manchettes ?  Ce n’est pas vrai que les procès sont d’intérêt public.  Une nouvelle qui est d’intérêt public est celle qui est susceptible d’influencer le déroulement social de la vie. 

Ce qui se passe en cour, ça ne change rien dans ma vie, donc, je n’ai pas besoin de cette information pour bien ou mieux fonctionner. 

Quand Richard Martineau a parlé de mon livre, La pédérastie mise à nu, ce fut une catastrophe ; même s’il écrivait le contraire de ce que j’avais écrit, il ne s’est jamais rétracté.  Il n’a jamais eu le professionnalisme de citer des paragraphes qui auraient pu lui échapper et qui modifiait tout le portrait en dehors de la réputation que l’on voulait me faire.  Non, c’est mieux de détruire quelqu’un. Martineau, c’est un trou-de-cul ! 

Il est impossible de rêver que la vérité soit connue à moins de menacer qu’un avocat s’en mêle.  Est-ce normal ?       

Radioactif 345

avril 14, 2022

Radioactif 345

Texte de 2008

L’industrie des vieux.

Les subventions aux grosses compagnies, les crises économiques provoquées par le système pour aller chercher plus de subventions, le fédéral qui payent les industries pour quitter le Québec et s’installer au Canada pour maintenir la peur, les fédérastes au pouvoir et le contrôle de l’information ; j’avais toutes les bonnes raisons pour être fanatique.  Mais, aussi, toutes les raisons pour désespérer de la race humaine. 

Heureusement, en contrepartie, il y avait la pédérastie.  C’est ce qui m’a apporté le plus de bonheur dans ma vie. 

Je me souviens toujours avec plaisir les délices de ces aventures et quelle que soit la gestapo féminoune, la petite pègre légale de la moralité, on ne peut pas m’empêcher de m’en rappeler avec plaisir.  Mes partenaires aimaient ça autant que moi, c’était l’évidence même.

Depuis des années, je me contente que de ça : m’en rappeler.  C’est la seule chose qui a valu la peine d’être vécue : me sentir en amour ou être aimé. 

Que ce soit déséquilibré ou pas, obsédé ou pas, au moins ainsi, la vie méritait d’être vécue.  J’ai apporté bien du plaisir de vivre à plusieurs autour de moi. 

Aujourd’hui, il n’y a que l’argent qui compte. 

On revient, par derrière, hypocritement comme on a toujours vécu notre sexualité au Québec : aux enseignements paranoïaques des religions qui bannissent la sexualité et consacrent l’infériorité de la femme. 

Au lieu des curés, on a l’état et la télévision.  Au lieu des sermons, on a les appels féminounes à la dénonciation. Quand tu en entends certaines féministes, tu ne peux faire autrement que de recommencer à croire que les religions ont raison ; certaines sont vraiment stupides de peur. 

L’hystérie des femmes qui n’acceptent pas leur sexualité n’a pas de limite.  Les hommes ne sont pas mieux.  Elles ne peuvent pas s’occuper d’elles, elles doivent violer la vie de tous ceux qui n’ont pas leurs scrupules.  On dirait que certaines femmes adorent leur statut de victimes sexuelles potentielles, car, tout en jouant les scrupuleuses, elles s’agenouillent devant l’industrie de la femme coquette et jalouse.  Au lieu d’assumer leur féminité, elles braillent sur leur chasteté perdue.   

J’aimerais bien connaître le lien entre ces féministes, la pègre et les fédérastes américanisées. C’est une filière de la Gestapo québécoise fédéraste appuyée par les médias d’information.  Qu’importe !  Personnellement, ça ne me touche pas.  Je trouve ça moins important, très banal, par rapport au sort que l’on prépare aux vieux, sans le sou. 

 Sommes- nous à l’orée du siècle de la torture ? 

Tout est argent. Plus les vieux ont peur, plus ils seront disposés à payer plus cher pour leur sécurité.  Une roue qui tourne et les mafiosi savent que c’est une manne temporaire, donc, qu’il faut l’exploiter à fond durant que c’est payant .

Il n’y aura jamais eu autant de vieux .  L’industrie des vieux est déjà lucrative.  Il ne faut pas croire que les vieux échapperont à l’insensibilité économique.  Pour faire de l’argent, il ne faut pas avoir de coeur. 

On laisse des milliers de jeunes se ramasser sur le trottoir parce qu’on veut conserver le commerce de la drogue,  pensez-vous que ce ne sera différent pour les vieux? 

Le système se fout de leur bien-être, il veut leur argent.  Qu’arrivera-t-il à ceux et celles qui n’ont pas d’argent?  On n’essaiera pas de les maintenir en vie par amour, mais parce qu’en agissant ainsi, les gouvernements dévoreront jusqu’à leur dernier sou.  Plus ils seront malades longtemps, plus on devra les maintenir artificiellement en vie, plus ça coûtera cher et plus ça nourrira les goussets de l’industrie médicale.  C’est un sujet qu’il faudra bien aborder un jour. 

Est-il préférable d’endurer une vie malheureuse, de souffrance, plutôt que de pouvoir entreprendre le grand voyage à son rythme? 

Personnellement, si dois devenir indigent, j’espère qu’il y aura quelqu’un d’assez charitable pour me donner le moyen d’accélérer les choses.  Je n’ai pas peur de la mort, mais je ne veux pas souffrir.  Aucun acharnement thérapeutique comme le voulait maman et si possible, comme elle, mourir extrêmement vite et dignement.  

C’est là où j’en suis dans ma réflexion, mais j’ai peut-être encore de 10 à 20 bonnes années à vivre.  C’est un goût personnel : je préfère vivre.  Je ne veux pas influencer qui que ce soit ; je ne suis pas le seul à penser ainsi.  Des réflexions d’une personne qui a plus de 65 ans… Il faut en profiter au boutte, ça achève. 

Ça ne donne rien de se lamenter, on va mourir pareil. 

L’intégrité 1.           

Il était impossible pour La Tribune de me laisser continuer à vivre mon radicalisme.  On a engagé des patrons pour surveiller mes moindres gestes.  On avait tellement peur que je touche à quelque chose de politique ou que ça le devienne qu’on ne me laissa pas faire une recherche aux États-Unis sur une nouvelle taxe aux frontières américaines.  Ce n’est que quelques semaines plus tard que la direction a constaté, quand ce fut publié ailleurs, qu’on venait de laisser échapper une primeur mondiale. 

Je ne peux pas seulement blâmer la Tribune, j’étais devenu vraiment fanatique.  Je me voyais en croisade pour le Bien de la population.  Je détestais ce système qui étrangle les travailleurs, qui ne rêvent que de pouvoir et d’argent.  Abdiquer, c’était donner raison à une bande de voleurs légaux.  Je croyais même parfois que ma vie était en danger.  Tu ne la risques pas quelques fois, sans refuser ensuite de te tenir debout.  C’était à l’absolu opposé de mes valeurs qui, qu’on le veuille ou non, étaient issues de la religion catholique et de ma pédérastie. 

Loin de manipuler et exploiter les gens, cette pédérastie me rendait très généreux, elle me sensibilisait aux malheurs des autres, elle m’ouvrait l’esprit à la nécessité de combattre un système pourri. 

Oui.  Je jouais aux fesses, comme on dit aux Québec, (des petits attouchements, une petite masturbation mutuelle ou au mieux, voir à travers les yeux de celui que l’on suce, s’ouvrir le paradis, et Dieu sourire de nous voir heureux). 

Je succombais aux charmes des plus jeunes que moi, mais ils adoraient ça autant que moi et ils n’avaient pas la maladie paranoïaque de la sexualité qu’ont les plus vieux et les gens de mon âge parce qu’ils ne s’étaient pas encore fait laver le cerveau par la religion.  Pas de violence, que du plaisir !  Et, quel plaisir ! 

Je comprends que les frustrés soient jaloux.  Aussi, je me sentais piégé de toute part puisqu’on condamnait aussi mes amours.  Je ne voulais pas être un paria de la société, même si je n’en pensais pas grand bien

Pour moi, les gens, eux, étaient corrects et ça valait la peine de se battre pour eux.   Et, c’était pour eux que je me battais.  Pour améliorer leur sort.  

L’intégrité 2.           

Après coup, je me suis demandé si je n’avais pas tort.  Je ne pouvais pas être seul à avoir raison. 

D’ailleurs, dans Il était une fois les Cantons de l’Est, j’écris : «Je passe bien des entrevues chez les boss à me faire dire que si j’accepte les règles de la Truie Brune, je serai bien avec eux ou sinon balayer le plancher.   

Accepter les règles de la Truie Brune, c’est laisser un peu la Transquébécoise, taire un peu les cris contre les grosses compagnies, ficher la paix au gouvernement qui s’est embourbé dans ses promesses.  C’est arrêter de me battre pour les gens, c’est abdiquer au désir de publier la vérité. »

La Tribune ne m’a pas que donné des coups de pieds au cul, elle m’a offert de très beaux postes, mais j’ai refusé au nom de « L’INTÉGRITÉ».  Je ne sais pas ce que ça m’a apporté, sinon de changer ma vie complètement : de me forcer à partir en voyage. 

Quarante ans ou presque, après cette croisade, je me suis souvent demandé ce que ça m’a apporté d’autre que de la merde. 

La vie s’est chargée de me donner une réponse : J’ai au moins la fierté de m’être tenu de bout, à tort ou à raison, de ne pas m’être laissé acheter, même si je dois concéder que le système est plus fort que moi et tous les pauvres de la terre.  Le système est une pourriture illimitée et éternelle.  Et, je n’ai pas fini de manger de la merde, parce que je me bats encore contre lui.  Je ne suis pas son vassal.  Je me sens propre et libre. 

 J’écrivais alors en 1973 : « J’t’écœuré.  Ce n’est pas possible.  Toujours être en guerre contre son boss, le gouvernement ou les grosses compagnies, sans compter les flics qui s’en mêlent.  Remarque que ce dernier aspect n’est pas tellement important, mais emmerdant, ça nourrit la paranoïa ». 

Par ailleurs, je n’en veux absolument pas à mes patrons de cette époque. 

Nous avions une façon de voir et de sentir les choses et rien ne dit que ce n’était pas eux qui avaient raison.  Je suis même fier d’avoir eu des patrons d’aussi haut calibre.  Je me suis même permis, l’an dernier, de leur téléphoner parce que non seulement c’est fini, que je ne leur en veux pas, mais je suis très reconnaissant de ce qu’ils m’ont appris. 

En journalisme, si je n’avais pas eu Yvon Dubé, je ne comprendrais pas la nécessité de toujours avoir les deux côtés de la médaille, d’être tolérant et de respecter ce que l’on croit coûte que coûte.  Sans Pierre Paul, je n’aurais jamais autant aimé la poésie ; comme sans Antoine Naaman, je n’aurais pas su écrire.  J’ai appris.  

J’ai affreusement souffert d’avoir laissé le journalisme.  J’en ai rêvé durant des années.  Ce fut une première vie.  Je comprends maintenant qu’il n’y a rien a changé, car on y peut rien. Il faut apprendre à s’adapter à tout, à jouir de tout, surtout avec les gens qui nous entourent. 

 L’argent est le maître du monde et même de la vie, le dieu moderne, tout puissant, car, le système n’hésite pas à tuer pour avoir ses profits et ses guerres. 

Au moins, j’ai vécu, j’ai survécu jusqu’à maintenant. J’ai compris que les religions conduisent à la haine.

Radioactif 344

avril 13, 2022

Radioactif 344

Texte de 2008

(Je n’ai pas pu publier de textes durant les quelques jours précédents puisque j’ai dû me rendre à l’extérieur).

La torture de Bush.          

 Quand Dieu, Yahvé ou Allah riment avec meurtres ou tortures, c’est une preuve que le fanatisme religieux est de forme grave de maladie mentale. 

Quand un individu est prêt à tuer ou torturer un autre individu, c’est qu’il est profondément atteint.  C’est pourtant un des choix qui se présente à George W. Bush.  Il se demande si simuler une noyade (water-bording) est une torture.  Ce gars-là, comme les chefs du parti Républicain américain viennent des mouvements religieux.  Ceux qui les suivent ne sont guère plus équilibrés.  Ils ont un portefeuille ou un dieu à la place du cerveau.  Dieu serait-il l’inconscient ? 

Être religieux, c’est d’essayer d’améliorer la vie dans notre enfer terrestre et savoir reconnaître la grandeur de Dieu ou de l’Amour, s’il y en a un.  Si ce n’est pas ça, la religion n’est qu’une exploitation au même titre que les multinationales en pleine croissance.  Il suffit de faire peur aux bébés boomers avec la mort pour que se multiplient les profits, surtout dans l’immobilier (où demeurer avant de mourir) ou dans le pharmaceutique (les pilules pour prolonger la vie). 

Si c’est ainsi, les religions seraient un lavage de cerveau à partir de l’imaginaire et des hallucinations des prêtres, sous l’effet de drogues très efficaces.  La peine de mort légale ou illégale doit tout simplement être abolie partout dans le monde, comme toutes les formes de torture. 

L’avenir de l’humanité repose sur le respect des droits de la personne.  L’ONU devrait prendre position et en faire une loi planétaire.  Le chef d’un État ou le premier ministre d’un pays devrait être responsable de ce qui se passe dans son pays et pouvoir être poursuivi s’il ne prend pas les moyens pour éviter cette dépravation.  Ainsi, celui qui donne l’ordre serait aussi responsable que celui qui l’exécute.   Si on veut changer le monde, on va apprendre à s’aimer plutôt qu’à se dominer et s’exploiter mutuellement.  On va apprendre à avoir de la compassion pour les gens plus pauvres et reconnaître notre responsabilité avant que la planète se déchaîne contre les abus humains. 

En dehors de cet idéal, les religions ne sont rien.  On se préoccupe à savoir comment on saigne un animal qu’on tue pour le manger (ça crée un commerce exclusif) ; mais on est totalement insensible à la misère humaine que notre système économique génère à la grandeur de la planète. 

Les religions sont-elles autres choses que des commerces qui exploitent des interdits?  Juif (USA) ou musulman (Russie), un commerce planétaire?  Il est urgent qu’il y ait une autre voie, soit celle des droits de la personne, du respect de l’humain et de la vie

À Val- d’Or, Jean-Paul , le père de Mathieu (qui m’a accusé) était tout excité parce que mon procès se ferait entre mon influence politique (qui n’a jamais existé) et la force monétaire des Mormons (qui représentait la religion de son épouse d’avec laquelle il venait de divorcer) .  Ça m’a permis de voir comment les religions (les Mormons dirigent Hollywood en ce qui concerne la censure au cinéma) se cachent derrière des événements qu’elles ont imaginés et comment elles font exécuter leurs coups de cochon.  La mafia n’est pas la pègre ; c’est elle qui donne les contrats à la pègre, les exécutants. 

À qui vont les profits de la vente des drogues ?  Quel est le lien entre la maladie mentale, l’itinérance, qui fait irruption chez-nous et la vente des drogues fortes?  Tant qu’on parle de cul, on ne s’intéresse pas aux vrais problèmes.  Pourquoi ne veut-on pas légaliser la vente de la marijuana?  Simplement, parce que le gouvernement pourrait y exercer un contrôle comme avec le jeu, la boisson, etc.  Ainsi les mafiosi perdraient des millions de revenus.   La pègre n’est que l’organisation qui justifie la police. 

Les Démocrates sont les Américains protectionnistes, recroquevillés sur eux-mêmes, qui rêvent de se retirer de leur empire alors que les Républicains sont les guerriers qui croient être assez puissants pour dominer seuls la planète entière.  Si les Américains voulaient garder leur pouvoir, ils modifieraient leurs politiques extérieures et viendraient au secours des peuples plutôt que d’en être les exploiteurs. 

S’ils avaient voulu gagner la guerre au Vietnam, au lieu d’envoyer l’armée, ils auraient prévenu le coup en aidant le peuple, en lui offrant une meilleure vie.  Au lieu de crever de faim, ils auraient découvert un ami et un système qui leur aurait permis de mieux vivre.  Le communisme et le capitalisme sont un même système économique ; basé sur la guerre. 

Ce système ne peut survivre sans affronter l’autre.  Si l’on crée des amis au lieu des ennemis, le commerce et l’échange deviennent possible.  C’est ça changer le monde.  Il ne faut pas que les individus pensent ainsi, car l’exploitation devient impossible ou du moins très limitée.           


Les « crosses» fédérales.          

J’ai oublié de parler d’une révélation importante quand j’ai rencontré feu Pierre Laporte. 

M. Laporte prétendait quand il était dans une réunion publique et y faisait un discours que la violence était une des causes de la fuite des capitaux et des industries du Québec. 

Par contre, quand il était chez les libéraux, il disait que ça n’avait pas grande importance et qu’il n’avait pas peur du FLQ parce que ce n’était qu’un petit groupe de voyous. 

Je lui ai demandé pourquoi il mentait ainsi et il m’avait dit que pour être compris des Québécois, il faut parler en se servant de caricatures afin d’amplifier les faits. 

Il venait de perdre son auréole.  Mon père l’aimait bien ainsi que M. Lapalme.  Donc, j’en avais toujours entendu parler positivement et je le respectais. Cela n’aurait pas été aussi important, si je n’avais pas appris plusieurs années plus tard ce que ça signifiait. 

À une élection fédérale, un des amis de mon plus jeune frère, Maurice, se présentait comme candidat conservateur dans Sherbrooke.  Il était de l’équipe de Joe Clark, premier ministre.  Même si j’avais été candidat rhinocéros, celui-ci me demanda d’être son attaché de presse.  Ce que j’ai accepté et que les journaux ont rapporté avec plaisir, se demandant ce qu’un rhinocéros faisait avec un conservateur. 

J’avais accepté à la condition qu’il se prononce clairement pour le droit du Québec à son autodétermination, donc, pour le OUI au référendum qui s’en venait. 

Pendant ce mandat, je me suis servi de mon titre pour vérifier une information que j’avais eu à l’effet que le gouvernement fédéral subventionnait les industries du Québec qui voulaient nous quitter pour s’installer ailleurs au Canada, spécialement en Ontario.  On se rappelle du cas de la Sun Life et de Cadbury (je poursuis toujours mon boycotte de ce chocolat).  Or, j’ai appelé au bureau de M. Clark pour savoir si ces subventions fédérales pour détruire l’économie du Québec étaient importantes, fréquentes ou accidentelles. 

Le bureau du premier ministre Clark a alors refusé de me donner les statistiques, mais la raison invoquée en disait très long : c’était tellement courant que si les Québécois apprenaient la vérité, on risquait de provoquer une révolution.  C’est drôle comme ça ressemble à ce qui se passe aujourd’hui. 

 Je trouve ça pas mal plus grave et important que d’apprendre qu’un certain monsieur a masturbé son petit copain, qui était d’accord, qui a bien aimé ça, mais qui n’avait pas l’âge permis par la morale bourgeoise pour jouir de la vie.

La gravité des faits n’est pas la même pour tout le monde…  Pourtant, les gens vont croire que la masturbation c’est bien pire que l’hypocrisie, le vol, le mensonge et de provoquer des suicides.  Une folie due à l’ignorance, grâce à l’éducation religieuse .


Les riches du bien-être.  

Le système, c’est comme un serpent qui se mange la queue, plus il a la queue dodue, plus il chantonne.  Les athlètes se bourrent de drogues de toutes sortes pour se gonfler les muscles (les vieux prennent du viagra), le système, lui, a besoin de crises pour se régénérer. 

À certains niveaux, les crises économiques sont utiles à tous les ans, d’autres plus payantes ne peuvent pas se produire qu’à quarante ans d’intervalle, c’est-à-dire le temps voulu pour que personne ne se rappelle de la crise précédente et du montant injecté pour y mettre fin. 

Au Québec, les industries qui reçoivent le plus de bien-être social sont les secteurs mous.  Ce sont des usines de textile qui habituellement exploitent les femmes.  Petits salaires. Aucune sécurité d’emploi, etc. Pas de vrais syndicats surtout.  Quand on veut des subventions, on se met à crier contre l’Asie ou les pays pauvres qui concurrencent leur pauvreté. 

Puis, il y a les secteurs forestiers ou même miniers.  Des domaines où ceux qui ferment n’ont pas eu l’intelligence de s’assurer que la richesse ne serait pas épuisée en quelques années.  On a aussi des domaines où on n’a pas été assez prévoyants pour multiplier ses marchés.  Ils ont tout mis dans le même panier.  Une crise, c’est payant.  

Au nom des emplois perdus, les gouvernements subventionnent ces pauvres entreprises pour qu’elles continuent d’exploiter les moins bien nantis.  Un petit peu, ça vaut mieux que rien du tout ou l’équivalent du bien-être social. 

J’ai dû y vivre quelques mois dans ma vie sur 65 ans ; je ne pouvais pas faire autrement, sous prétexte d’avoir touché un petit zizi (ça complètement dévasté l’Amérique), je suis passé de 55,000$ par année à un pourcentage sur la vente d’un gilet à 29.75$; mais j’aurais dû continuer d’être aussi riche, selon le gouvernement. 

L’aide qu’on m’a apporté n’est rien à côté des centaines de millions qu’on a investi dans des sociétés qui ont ensuite fermé leurs portes. 

Quand je travaillais avec les cultivateurs, j’ai appris que ce sont dans ce cas les usines de transformation qui haussent les prix (valeur ajoutée) et se font de l’argent. 

Par contre, dans le domaine industriel, les usines de transformation permettent de combattre le chômage.  Plus il y en a, plus il y a possibilité de stabilité économique.  Mais, le problème fondamental du Québec on ne sait pas le sens du mot « prévoir ».

Au lieu de créer des politiques qui auraient assuré notre indépendance alimentaire (comme le voulait le ministre péquiste Garon), on a tout vendu. Quelques patrons s’en sont mis pleins les poches et nous sommes devenus tributaires d’autres pays pour survivre.  Qu’adviendrait-il dans le cas d’un blocus alimentaire pour nous forcer à changer d’idée si les Québécois venaient qu’à se réveiller et voteraient pour créer enfin un pays ? 

Mme Marois a parfaitement raison : avant de revivre un référendum, il faut poser des gestes concrets qui assurent d’avoir les reins assez forts.  Il faut par exemple avoir une loi qui garantisse à tous les aînés de continuer à recevoir pleinement leur pension de vieillesse, malgré le résultat du référendum.  Tout le monde sait que ce serait ainsi d’une manière ou d’une autre ; mais ajouter une loi qui rassure les aînés, ça ne coûte rien et ça tue dans l’œuf les peurs que les fédérastes ont toujours fait circuler. 

Pour le moment, il faut reprendre le pouvoir, une élection sur notre identité française : voulez-vous que le Québec soit français ?  C’est une urgence nationale au Québec. 

Charest élimine tout ce qui pourrait nous protéger de l’irrespect d’Ottawa.  Les nationalistes ont peu de temps pour prouver qu’ils n’ont pas su profiter du nationalisme pour s’enrichir, mais la peur des Québécois a toujours empêché les choses de se réaliser comme elles se devaient. 

On n’appuie pas sur les freins en même temps que sur l’accélérateur, à moins d’être débile.  

Radioactif 343

avril 8, 2022

Radioactif 343

Texte de 2008

Le français au Québec.   

Ceux qui pensaient que Jean Charest mérite d’être le premier ministre du Québec ont certainement changé d’idée ce matin.  Ce diable, tombé d’Ottawa de l’arbre pourri conservateur, a déclaré qu’il ne modifiera pas la loi 101 pour lui donner plus de rigueur.  Quel salaud ! Il se fiche complètement de la survivance du français au Québec.

Il sait que la Cour Suprême, dans sa dictature, a aboli presque tous les articles qui nous permettaient d’assurer le développement du français chez-nous. Cette impudence mérite que le gouvernement soit renversé et que les prochaines élections au Québec posent une seule question : Voulez-vous que le Québec soit français? 

Pire, on apprend que l’Office de la langue française n’a plus que quatre inspecteurs pour tout le Québec.  On se rappelle les lamentations des anglophones contre la police de la langue   (qui a été remplacée par la police des cigarettes). 

Se fier à Charest pour franciser le Québec, c’est de la bêtise à son état pur.  En attendant des élections, il faudrait réapprendre à descendre dans la rue.   


Mea culpa.  

Parlant de français, j’ai d’une certaine manière un mea culpa à faire à ce niveau.  En effet, quand j’ai écrit Il Était une fois les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous, nous étions en pleine guerre d’identité : le joual vs le français international.  On s’en servait d’ailleurs pour couper toute connexion entre les francophones de l’Ouest et les Québécois.  En dehors du Québec, on ne voyait que Paris, ignorant totalement la révolution qui bouillait chez-nous.  À cette époque, j’ai pris la défense du joual parlé et j’ai même voulu manifester ce choix en multipliant les fautes de français volontaires dans mon livre. 

Quarante ans plus tard, je reconnais que de joncher un texte de fautes pour faire valoir son point de vue fut une erreur. 

Si le joual est acceptable en français parlé (la diction n’est qu’une forme de bourgeoisie), il en va tout autrement du français écrit.  Contrairement à ce que je croyais alors, je pense que si nous aimons le français nous nous efforcerons d’avoir une écriture de qualité. 

Je n’ai pas prôné que des bonnes choses dans ma vie.  Je me suis parfois trompé.  Par exemple, je me suis opposé au port de la ceinture de sécurité au nom de la liberté.  Une erreur.  Mais, une amie de notre famille venait de mourir à Baldwin Mills dans un accident. Elle était restée prise dans sa ceinture.  Ça explique mon point de vue d’alors. 

Sans être nécessairement bourgeois, le français international nous permet de communiquer avec le reste du monde, c’est une rigueur nécessaire.  Mon erreur n’est pas pire qu’introduire de l’anglais dans le français, mais ça demeure une erreur… 


La manipulation de masse.       

Les deux principaux moyens employés pour manipuler les masses sont les religions et les médias. 

Sans l’ignorance de la masse, il est impossible pour le système de faire croire dans tout ce qu’il veut.  La manipulation de l’information, c’est un sujet très connu comme la propagande. 

Au Québec, cette manipulation est d’autant plus facile qu’il y a concentration des médias aux mains de deux ou trois propriétaires importants, tous fédérastes. 

Parmi les tactiques employées, on supprime de l’information, on choisit les opinions propagées, on coupe des textes, on les retarde, on leur accorde une importance secondaire ou on en fait des manchettes, on donne une figure sympathique ou non. 

C’est ce que La flaque fait tous les dimanches en nous présentant un Jean Charest, petit, baveux, mais sympathique alors que Mme Marois est une espèce de bourgeoise incapable de parler anglais comme si au Québec, un chef d’état français doit être bilingue.  Remarquez que La flaque est quand même une de mes émissions favorites.  Je sais encore rire d’une caricature…

Un autre exemple de manipulation est du côté de Québecor où on passe rarement une période d’actualité sans essayer de déterrer une histoire de crime sexuel.  En insistant sur la vie privée des gens, ce qui se passe en cour, on revit l’histoire des Lavigueur.  Répéter à satiété que le sexe est sale et pervers pour qu’on ne l’oublie pas. Cependant, consciemment ou non, on propage l’idée que la sexualité, c’est la perversité.  On maintient inconsciemment un enseignement religieux, pour ne pas dire un viol de conscience qui nous a écrasés comme société pendant des siècles.  On nous rebaigne dans l’atmosphère de la peur du sexe et du mauvais étranger.  On entretient un régime de peur. Un toucher est un crime.  Une caresse ça fait mal en maudit.   

Puisqu’on se tourne de plus en plus vers l’autorité pour maintenir notre sécurité, on accepte ainsi de sacrifier la tolérance et les droits individuels particulièrement des jeunes pour la sécurité.  Petit à petit, nous perdons jusqu’à notre âme comme société.  

Il ne nous reste que la langue et, avec Jean Charest, elle disparaîtra bientôt comme la religion, sous prétexte des besoins économiques et le refus d’exiger que les nouveaux arrivants parlent français ou aient un certain temps pour l’apprendre.  C’est une question de survie.  Tout comme la bonne entente tient de la nécessité d’accepter que la religion ça se vit dans sa maison ou dans un temple point à la ligne. 

Le fanatisme religieux est d’abord sexuel.  On retrouve l’obsession de la sexualisation des cheveux.

Cependant, personne ne peut empêcher les gens de vivre leur religion à l’intérieur de cette contrainte.  Vivre et laisser vivre, sans violence, c’est le défi. On se servira de l’économie pour nous mettre à genoux.. On dit déjà que le Québec sera privé de pétrole dans quelques années. On sait ce que ça veut dire.  Les pétrolières dirigent le monde sans pitié …. Avec les guerres, s’il le faut. 

Aurons-nous appris à pouvoir s’en passer ?  Ça urge … Qu’est-ce qu’on attend pour protéger notre eau?  L’eau comme nos forêts que l’on disait  inépuisables. 

Radioactif 342

avril 7, 2022

Radioactif  342

Texte 2008

Le piège fédéraste…        

Stephen Harper a dû reculer parce que son intransigeance l’a amené à penser que les gens sont de purs caves. Il ne pensait pas que les gens comprendraient que pour les conservateurs, l’intérêt du parti passe avant celui de la population.  Un milliard, c’est insuffisant pour régler une crise cyclique, organisée par la finance mondiale.

Dans l’état actuel, voter Harper ou Dion, c’est voter pour que nos soldats continuent d’aller se faire tuer inutilement en Afghanistan, si la situation empire. 

Mafia légale.

C’était évident, le juge a donné raison au bien-être qui veut saisir mes avoirs, en m’enlevant la protection de la loi Lacombe ou du dépôt volontaire.  Cependant, selon ce qu’un avocat du bel âge m’a dit, ma pension de professeur, mes rentes, ma pension de vieillesse sont intouchables, avec ou sans loi Lacombe. 

Pourtant, le fédéral a saisi une partie de ma pension de retraite à la CARRA, même si les avocats me disent que c’est illégal.  Je n’ai pas un sou.  Je ne peux donc pas permettre à ce trou noir fédéraste de s’engraisser avec ce qui me resteCe qui m’amène à me demander à quoi servent les lois si le fédéral ne respecte pas les lois du Québec. 

Je n’ai pas un sou, je n’ai pas un meuble, je n’ai pas d’auto, que veulent-ils mes sous-vêtements ?  Je peux aller leur porter direct au Parlement.  Quand je suis allé en prison, j’ai compris que tous les partis politiques et tous les gouvernements sont là pour nous vider les poches. 

L’idéal est le discours à employer alors le Parti Québécois est au pouvoir. On nous fait rêver à une indépendance dans laquelle on ne croit pas puisqu’on ne fait rien pour la réaliser.. 

Quand on en est tanné, que les gens sont prêts à payer n’importe quel prix, les libéraux prennent la relève. La seule différence, on se fait voler plus directement, sans autre explication.  Les libéraux sont là pour le profit.  Ce sont les serviteurs de la mafia et de l’establishment.  

Pour élargir le plateau de ceux qui se servent, on a ajouté maintenant les tiers partis qui ont aussi le rôle de nous diviser pour nous empêcher de gagner un jour le référendum sur l’indépendance.  On fait aussi jouer ce rôle aux mouvements féministes.   Québec solidaire, mouvement féministe, est un moyen fédéraste de diviser le vote pour empêcher le PQ de reprendre le pouvoir. Je ne crois pas du tout dans le désir de Québec solidaire d’appuyer l’indépendanceLes fonctionnaires veillent à la continuité de la collecte.  Ce sont nos vrais gouvernants. 

On pense que la situation dans le milieu hospitalier est affreuse, un vrai scandale.  Ce n’est rien à côté du système judiciaire.  De la pourriture à l’état pur. 

Les Lavigueur again.      

La série sur les Lavigueur dérange plusieurs personnes.  Même si c’est une fiction, les anciens, encore vivants, trouvent nécessaire de s’expliquer.  Personne ne les connaissait, mais elles veulent être connues.  Question de réputation, je comprends. 

Cependant, les gens doivent être assez intelligents pour savoir qu’il s’agit d’une fiction. Donc, il y a des personnages et des passages qui sont romancés, même si les Lavigueur, dans cette série, ne sont pas les plus brillants.  Ils sont très humains et personne ne peut rester insensible à ce qu’on leur fait vivre.  Les plus sales : les médias d’information. 

L’ensemble est la perception du seul Lavigueur qui a survécu au drame, à cette saleté médiatique.  Il n’épargne pas non plus sa famille ; mais nos médias ne se reconnaissent pas. Ils vivent dans cette merde depuis trop longtemps pour pouvoir continuer à la sentir.   Ce n’est pas nouveau.  Créer cet esprit tordu est le propre de nos médias portés à détruire les droits à la vie privée et qui se prennent pour nos nouveaux curés.

Ça fait penser à Guy Cloutier (même si je ne peux pas être d’accord, puisqu’il ne semble pas y avoir eu consentement) et encore pire l’affaire Guy Lafleur.  En quoi ces problèmes nous regarde-t-il ?  Qu’est-ce que ça m’apporte d’en être informé ?  En quoi ça change ma vie de citoyen que d’apprendre les détails de ces événements sordides.  Rien. C’est pour permettre aux journaux de vendre plus de copies et à la télévision d’avoir des nouvelles qui ne coûtent pas cher à ramasser. 

Les moumounes qui ont le nez dans les shorts du voisin sont contentes.  Leur insignifiance est nourrie quotidiennement.  Ceux qui se scandalisent de leur image auraient dû y penser avant, dans le temps, et mettre un frein à l’exploitation médiatique de cette pauvre famille.  C’est presque dans les gênes des médias : 20 ans plus tard, on nous casse les oreilles avec le HEC. On nous intoxique l’esprit.  Personne ne peut admettre la violence, ce n’est pas une raison d’en faire un culte annuel. 

L’important dans cette série : retenir le côté dégueulasse d’une certaine presse quasi religieuse… Quand elle se met à jouer aux preachers, c’est exactement ce que la presse vaut dans la série des Lavigueur.  On est loin de certaines émissions de qualité d’information que l’on retrouve à Radio- Canada.  Le jaunisme n’est pas d’aujourd’hui. 

Pierre Péladeau prétendait que les journalistes n’ont pas à répondre de la vérité, pour lui, il fallait fournir au peuple ce qu’il demandait.  On sait où ça mène.  Le Québec est tellement débâti qu’il lui faudrait qu’une petite poussée pour s’effondrer.  Il y a Charest et à sa droite, le beau Mario, pour y arriver. 

La vie privée n’a rien à voir avec notre droit à l’information.  C’est un moyen hypocrite de manipuler les consciences.  Les nouvelles sont tellement négatives qu’on se croit vivre dans un monde de fous. 

Pourtant, quand on rencontre les gens individuellement, on s’aperçoit qu’il y a une tonne de gens sympathiques.  Nettement la majorité.  Il y a des milliers d’actions positives et belles chaque jour, mais on n’en entend jamais parler dans nos nouvelles.  Il y a tellement de talent au Québec qu’on pourrait être estomaqué 24 heures sur 24, si on les connaissait tous. 

L’existence humaine en vaut la peine, malgré ses dirigeants pourris.  Mais on n’en parle pas.  Les sales sont au pouvoir et les riches mangent du pauvre.

Radioactif 341

avril 6, 2022

Radioactif 341

Texte de 2008

Ma fierté.      

Je suis très fier d’avoir été aussi radical quand je fus journaliste en Estrie (Vaucouleurs). 

Je me suis probablement enflé la tête quant à mon rôle réel joué dans le développement du Québec.  Je faisais mon possible en écrivant des lettres ouvertes, en essayant d’attirer l’attention, en organisant des manifestations où j’étais seul, pour ne pas impliquer personne à cause de ma pédérastie et pour dénoncer les manœuvres fédérastes.  Et ce, même si j’ai toujours été un maudit peureux.  J’ai vaincu mes peurs. 

Aujourd’hui, on oublie ou on n’a pas vécu comment le fédéral a mis notre démocratie sous arrêt.  Harper se promène dans le monde en se prétendant démocrate et il n’est même pas capable de respecter sa plus grosse majorité : les francophones.  Les lois pour défendre le français sont menottées.  La loi 101 a été charcutée.  Nous revivons les mêmes crises économiques qu’il y a quarante ans.  On utilise tout simplement un vocabulaire différent.  Est-ce que ces crises sont organisées cycliquement par le pouvoir pour gratter encore plus dans nos poches?  C’est l’évidence même. 

Je suis aussi très fier d’avoir créé pour moi une morale qui tienne compte de la réalité dans ma pédérastie.  Contrairement, à ce que certains disent ma première préoccupation, ce fut, c’est et ce sera toujours le bien des jeunes.  Il faut absolument combattre le suicide chez les jeunes.  Le suicide, à l’adolescence, tient du mépris que l’individu nourrit contre lui-même, en se détestant ou en refusant de s’accepter comme il est.  Déjà, pour plusieurs, adolescence veut dire déception de soi, se sentir détesté des autres, être inférieur.  Alors, y ajouter ce qu’une partie de la société considère comme une perversité (alors que tout être humain est sexué) ; c’est la goutte qui fait déborder ses capacités à endurer la méchanceté du regard des autres.  Nos chastes âmes en rut n’ont pas l’intelligence d’apporter des nuances à leur intolérance.  Une intolérance assassine.

Ce défaut, ma pédérastie, s’est muté en tolérance.  J’ai compris qu’il ne faut pas laisser les autres être notre seul juge.  Nos âmes pures et chastes n’hésitent pas à piétiner n’importe qui pour se donner bonne conscience.  Elles ont besoin de régler tout ce qui se passe dans le pantalon du voisin.  Tant qu’il n’y a pas de violence, que les participants sont conscients, consentants et responsables, les découvertes sexuelles ne peuvent être que bénéfiques,  malgré la paranoïa que les groupes de droite ou féministes réactionnaires (féminounes) essaient de nous inculquer.  «Connais-toi toi-même.» 

Ma façon d’aborder une solution à te découvrir différent me semble plus appropriée que la répression.  La même que nous avons connue quand nous étions jeunes.  Mais de notre temps, au lieu de combattre ce qui se passe sur internet, ces âmes chastes combattaient la pornographie des revues que l’on retrouvait sur les tablettes des dépanneurs.  Elles n’ont jamais compris que leur attitude obsessionnelle est carrément malade. 

La répression coûte chère et ne fait qu’augmenter les problèmes jusqu’au suicide des jeunes.  Je suis peut-être un idiot, mais j’ai décidé de combattre sur le plan sexuel le mensonge et l’hypocrisie de la société dans laquelle j’ai été élevé. 

C’est à mon sens essentiel pour créer une véritable égalité entre les humains et combattre la violence sous toutes ses formes.  La vie n’est pas qu’un signe de $$$$.   

Rencontre avec la mafia légale.           

Je me rendrai demain matin au Palais de l’Injustice de Sherbrooke pour connaître la décision du juge.  Puisque j’ai travaillé au cours de la dernière année, pour avoir un avocat, je dois contribuer à l’aide juridique.  Si j’étais dans la pègre, on m’organiserait ça, de façon à ce que ça ne me coûte pas un sou.  C’est ce que tout le monde dit et je n’ai aucune raison de ne pas les croire.  Le juridique est un niveau de mafia différent du politique.  Mieux organisé et plus sale, plus haut dans la hiérarchie, il doit s’autonourrir d’où il y a de plus en plus d’avocats.     

On vole des centaines de millions, mais on fait chier le peuple pour moins de 50,000$.  On fraude des vieux, mais ce n’est pas grave, ils vont quand même mourir bientôt.  Même s’ils souffriraient un peu avant, psychologiquement, ce n’est pas grave.  On a des «connes» pour nous faire croire qu’un attouchement sexuel, c’est dangereux.            

Les féminounes sont devenues une partie intégrante de la Gestapo québécoise. Si en 1996, on n’avait pas essayé de me planter à la suite du référendum, je n’aurais jamais eu ces dettes (lire : je suis volé par le gouvernement) puisque je gagnais un très bon salaire.  Depuis, c’est le harcèlement incessant.  Pas de travail.  Même pas de bénévolat.  La prison jusqu’à la mort pour avoir mis la main sur un petit pénis, même si le propriétaire est revenu pour s’assurer que notre relation ne soit pas brisée par les accusations. 

Je me suis arrangé pour ne pas me faire vivre par les autres.  J’ai pris le travail que j’ai pu.  Je n’ai rien, mais je ne dois rien, en mon âme et conscience. 

Je me rappelle d’une discussion avec Vallières où je défendais ma position pour la non-violence.  Je ne suis plus certain que j’avais raison.  C’est peut-être du masochisme ?  Mais, je crois toujours que si on se débarrasse d’un gouvernement, on en a un autre aussi pire pour le remplacer, sauf que ce n’est plus la même gang qui en profite.  La démocratie est-elle autre chose que la dictature de la majorité ? 

Je sors d’un bureau d’avocat, c’est bien normal que je sois écœuré..  Je suis trop vieux pour recommencer à contester, mais ça me tente.  Ces folies mangent ma santé. 

Je vais aller prendre de l’air, ça va me calmer les nerfs et Benji aime bien ça dans ce temps-là. On marche plus longtemps. Les dieux sont tombés sur la tête, mais on sait maintenant que les dieux sont des tyrans… 

Ça brasse ! 1.         

Je cite quelques passages de mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous.

En parlant de langue, ça me fait penser à la séance du Comité de la constitution canadienne… Il y a quelques semaines, j’ai commencé à travailler avec les gars de la construction comme animateur.  Pendant ces périodes de travail nous avons étudié la situation des Cantons de l’est.  Nous devions poursuivre ce travail, mais nous avons dû nous consacrer à un problème plus urgent : à cause des nouveaux décrets du ministre Cournoyer, les travailleurs subissaient une baisse assez appréciable de leur salaire.

Imagine-toi un peu la situation ; as-tu déjà vu les députés, les juges et les policiers, qui protègent le régime, subir une baisse de leur salaire ? … À force de brasser le député, il a réussi à organiser quelques rencontres entre les partis intéressées.  Puisque que personne ne voulait se grouiller, nous avons décidé de rédiger un manifeste : le Manifeste du royaume des amorphes, lequel dénonce notre situation dans l’Estrie.  Pour avoir une publicité qui dépasse les cadres régionaux, nous l’avons fait distribuer à l’occasion d’une première mondiale d’un film au Granada.  Je n’aurais jamais cru qu’une telle décision puisse faire autant de bruit.  Pensez-y un peu, les étudiants qui distribuaient le manifeste en question portaient des tuques des patriotes et de plus, le texte a été livré aux stations de radio sans être identifié. 

Parce que le manifeste se terminait par  » Avec ou sans vous, nous vaincrons. « , les mass-médias ont fait paniquer tout le monde en tenant un suspense ridicule à savoir s’il s’agissait d’un manifeste du FLQ ou autre.  Cela nous a créé quelques problèmes.  À tout événement, les travailleurs de la construction, en assemblée générale, ont décidé d’appuyer le document et de le présenter à la séance tenue par le Comité sur la constitution canadienne.  Nous avions appris que l’on devait se servir de Sherbrooke pour faire une propagande pas possible sur un petit coin du Québec où les deux ethnies s’entendent à merveille.  Cela devait se faire d’une marre à l’autre, directement du chic motel Le Baron.  Faute de peau, les organisateurs qui avaient commencé leur publicité en ce sens ont dû abandonner.

À notre arrivée à cette assemblée, nous avons distribué les manifestes à tous les membres de la Commission, lesquels n’en ont pas glissé une ligne dans leur compte-rendu officiel.  Lors du début de la session, on s’est vite aperçu que cette rencontre pour connaître le point de vue du peuple était un gros show publicitaire organisé à l’avance.  Les dirigeants avaient même le culot de nous parler en anglais et de nous fermer le micro sous le nez quand les témoignages n’étaient pas à leur goût.  Aussi, pas plus fou que d’autres, nous avons attrapé la fièvre collective de l’éternuement.     

Évidemment, la maire Marc Bureau, de Sherbrooke, nous a priés de bien vouloir nous abstenir de tousser, mais c’était impossible dès que les dirigeants de la Commission nous parlaient dans une langue étrangère.  Ça prenait un gars qui a du front tout le tour de la tête pour nous forcer à subir l’humiliation de devoir se traduire entre nous ce qu’il avait l’obligeance de nous dire.  Pauvre sénateur Molgat !  Nous l’avons offensé en exigeant qu’il nous parle français.       

À un moment donné, nous nous sommes bien aperçus que nous étions de trop à cette assemblée.  Aussi, avons-nous décidé de sortir et de convertir notre présence (qui avait pour but de faire connaître partout la situation pénible de la population de l’Estrie et le problème des gars de la construction) en une manifestation pacifique.  Nous sommes revenus avec des pancartes et nous avons circulé gentiment en chantant.  Évidemment, le lendemain, les journaux anglais ont fait apparaître la situation comme si des bombes avaient presque éclatées de partout. La Truie Brune, qui doit normalement défendre les intérêts de la population de l’Estrie, comme elle le prétend, a fait passer les gars de la construction pour une bande de mal élevés. L’éditorialiste Alain Guilbert a mis le paquet et dépasser les faits réels pour salir davantage la réputation des contestataires.  Il a toujours eu la tête enflée. 

Évidemment, le système a pris peur. À cause de ma participation à cette manifestation, le député fédéral Paul Gervais a exigé mon renvoi du journal et la GRC aurait augmenté ses effectifs.  Pour prouver que nous n’avions rien à nous reprocher, nous avons invité les policiers, les éditorialistes, à venir nous donner un coup de main. C’est tout ce que nous voulions : justice pour tous.  Un flic de la SQ est même venu me voir à la Truie Brune, pour savoir qui avait écrit le manifeste.  Je comprends mal pourquoi ils ont fait tout ce chichi.  

Les maires ont tenu une assemblée de l’Association des cités et villes, à Richmond, et les mass-médias, particulièrement CJRS qui ne s’y rendaient jamais, étaient bien représentés.  À cette occasion, évidemment, un contre -manifeste a été lu.  J’ai appris à cette occasion qu’une cellule d’information du FLQ opérait à Sherbrooke et était reliée à Montréal.  C’est ainsi, qu’à travers leur stupidité, je suis devenu publiquement un grand révolutionnaire, comme si j’avais déjà été assez brave pour en être un.  Le contre-manifeste avait été pondu pour un officier de la ville de Sherbrooke qui ne manquait pas d’imagination et flattait mes tendances napoléoniennes.  Être felquiste, après tout, c’est à envier. 

Les flics ont poussé l’enquête jusqu’à Scotstown. Ils voulaient savoir ce que j’avais fait dans l’occupation de l’école et ils l’ont su : mon métier de journaliste. La lutte a permis aux travailleurs de gagner une augmentation de 1.38 $ l’heure en moyenne pour les trois prochaines années.  Si l’on ne s’était pas battus, les travailleurs de la région auraient perdu au moins 5 millions $.  Ils auraient subi une baisse de salaire entre 0.45$ à 0.75$ l’heure. Pour le système, ces luttes, même si nous avons demandé qu’elles soient non violentes, sont négatives.  Si nous avions remporté toutes les luttes entreprises, elles auraient simplement apportées quelque 1.2 milliard au Cantons de l’est.  C’est là tout le problème, cette fois, ce n’aurait pas été les gros qui auraient fait de l’argent, donc, ça devient négatif.   

C’est pas étonnant, qu’on ne retrouve pas mon livre dans les bibliothèques de la ville de Sherbrooke.  Le temps m’a donné raison. Il a fallu plusieurs morts, avant que le système se décide de réaliser une Transquébécoise à quatre voies (vers 2006).


Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres ouvertes aux gens de par chez-nous, Éditions Québécoises, 1973

Radioactif 340

avril 5, 2022

Radioactif 340

Texte de 2008

FLQ 1.

J’ai couru après ma réputation de révolutionnaire, je l’ai nourrie, je n’ai jamais rien fait pour le nier, car à l’époque, je me prenais pour un petit Che Guevara. 

Ce n’est pas que j’étais brave. J’ai toujours été pisseux, mais trop orgueilleux pour le laisser voir.  J’étais fanatique.  Je vivais au niveau de mes émotions.  Et, j’avais raison d’être radical : il faut se défendre dans la vie.

Deux choses étaient claires, à la suite de mes rencontres avec Pierre Vallières : il savait que j’étais non-violent, même si je me prenais pour un révolutionnaire et   que je n’avais pas l’intention de changer.

Je croyais à une révolution de l’intérieur.  Puis, je trouvais cette situation explosive palpitante.  Je fumais pas mal et la vie se chargeait de m’exciter encore plus.  Plus on me tapait dessus, plus je ruais comme lorsque je boxais quand j’étais plus jeune.  

Par contre, j’appuyais sans réserve et sans artifice les buts du FLQ dans sa lutte à la pauvreté.  J’ai raconté l’histoire de cette période dans une nouvelle littéraire intitulée Nous vaincrons.  Cette nouvelle littéraire fut publiée à Val-d’Or.   En 1970, je me suis surtout révolté le jour où on a arrêté Gaétan Dostie, un étudiant poète, qui revenait d’Afrique et qui avait la malaria.  Un ami de Gaston Gouin.  

Pour le protéger, j’ai voulu faire croire que j’étais encore plus radical que lui.  Je croyais qu’on pouvait faire disparaître des gens peu connus, mais que ce serait beaucoup plus difficile de le faire avec un journaliste.  Alors, je me suis autoproclamé révolutionnaire.  

C’était exagéré. On ne tue pas encore au Canada, mais ça se passait ainsi partout dans le monde.  La seule chose que j’ai faite pour marquer mon appui à la cause révolutionnaire, j’ai commencé à la fin de mes récitals de poésie à crier : Vive le Québec libre!  Vive le FLQ !  Nous vaincrons ! 

À cette époque, toute personne solidaire au FLQ pouvait être arrêtée et purger cinq ans de prison.  Pourquoi les libéraux ont-ils cru que j’étais un felquiste dangereux?  Je n’en ai aucune idée ; mais pour eux, c’était une vérité de l’Évangile.  On pensait même que j’étais lié aux cellules opérantes alors que je n’y connaissais absolument rien.   Tout ce que je savais du FLQ, je l’avais lu dans un petit journal qui expliquait comment ça fonctionnait.  Disons que j’étais plutôt « trippeux » que révolutionnaire. 

J’étais peureux, parfois paranoïaque, parce que je me retrouvais sur une glace mince que je ne connaissais pas.  La police me soupçonnait, mais les gars du FLQ savaient que je n’étais pas le Che qu’on prétendait.  Pouvais- je, sans le savoir, répéter des choses que je ne savais pas secrètes.  En vérité,  je ne savais rien.   En fait, je n’étais même pas préparé à jouer le jeu de terroriste et je me devais d’improviser comme si j’étais savant dans le domaine.   Ça me foutait la chienne, et en même temps, je ne pouvais pas cesser d’agir puisque j’étais encore journaliste. 

Je croyais le FLQ beaucoup plus organisé et fort.  Je me savais espionné par le système.  Un collègue m’avait averti du fait que la police commençait à me soupçonner, même s’il leur avait dit que j’avais peur du sang. Je me savais suivi très souvent.  C’était évident ou un hasard? 

C’est ainsi qu’un soir, au club, j’ai été averti que des gens bizarres essayaient de comprendre tout ce qu’on disait à notre table.  J’ai décidé de dire que mon plus grand rêve serait de violer une sœur vierge. Un petit jeu que je jouais avec mon Égyptienne.        

Croyez-le ou non, 10 ans plus tard, j’ai été arrêté bien saoul à Le Pas, au Manitoba.  On m’a gardé parce que j’ai commencé à dire aux policiers qu’ils n’avaient encore rien vu et qu’on leur chaufferait encore plus le derrière qu’en 1970.  Or, le lendemain, la rumeur qui courait partout en ville était que j’avais violé des sœurs.  Avec un dossier presque vieux de 30 ans, ma première incarcération en 1963, ça m’a valu de perdre mon emploi en 1989, je crois.   Maudite boisson !

Le FLQ 2.     

J’ai entretenu cette image de révolutionnaire parce que ça donnait de bons résultats quand je négociais des projets, par journalisme interposé, avec les gouvernements.  Ils avaient une peur bleue de mon influence sur la population. 

Un jour, j’ai écrit le Manifeste du royaume des amorphes. Le jeune qui m’admirait pour mon combat politique et qui me détestait tout autant de m’entendre parler de ma pédérastie et de lui proposer de se la laisser manger, décida de remettre le texte aux médias sans apporter d’informations quant à sa provenance.  On le présenta à la radio comme un manifeste régional du FLQ.  On dénonça l’œuvre d’une cellule de communication dans l’Estrie et même si on ne me nommait pas, il était possible d’y voir mon portrait.   

Il n’y avait rien de fondé dans tout ça.  Je n’avais aucun rapport avec le FLQ, même si j’appuyais sans réserve sa défense des travailleurs et que je finissais mes récitals de poésie en criant un « Vive le FLQ. ! »   Un geste sincère d’appui, mais aussi de provocation. 

Je terminais aussi une séance d’animation (j’avais appris ce métier et j’étais assez bon animateur) avec les gars de la construction lorsque le sénateur libéral fédéral Molgat annonça sa visite à Sherbrooke.  Il voulait parler de l’avenir du Canada. 

Quand je me suis présenté au micro, il me redemanda à deux ou trois reprises de répéter mon nom, comme s’il ne le comprenait pas.  Je lui ai alors répondu, avec un accent anglais,      «John Simonez, tabarnak ! ». 

Puis, après avoir dit ce que j’avais à dire, j’ai demandé aux travailleurs de la construction dont certains me surnommaient le Paul Rose des Cantons de l’Est, de me suivre et de quitter la salle. Le député libéral fédéral, M. Paul Gervais, commença à demander ma tête comme journaliste.  On m’a dit que des gars lui auraient dit ainsi qu’au représentant de la Tribune que la dynamite était prête et qu’il ne manquait plus qu’à l’allumer, ce qui arriverait si on me touchait.  Le journal a publié le manifeste. 

Honnêtement, à cette époque, je me croyais vraiment un grand révolutionnaire.  Paranoïaque, tout était raison de plus pour en vouloir au système.  C’était plus vrai dans mon imaginaire que dans la réalité.  Probablement, l’effet du bon « stock ». 

C’est pourquoi, je suis devenu catégoriquement opposé à la drogue.  La vie est trop courte pour être gâchée.

En fait, quand je me suis dépolitisé, j’ai eu beaucoup de difficulté de me défaire de cette image intérieure qui ne collait pas vraiment à ce que je suis.  Je l’ai même écrit dans quelques poèmes ; mais c’est difficile d’admettre que t’as eu     « une période de ta vie où tu n’étais pas toi-même pour produire le personnage que les autres pensaient que tu étais ». 

J’ai eu de la difficulté à me pardonner d’avoir su me mentir ainsi au niveau de mes intentions et de la projection que je donnais de moi.  Cette réputation aurait été la première cause de mon procès à Val-d’Or, en 1996.  On m’a dit que j’avais été le seul felquiste à ne pas avoir payé pour sa participation aux événements d’octobre 1970. 

On craignait qu’à la suite du référendum, je me relance dans des gestes plus fanatiques les uns que les autres.  Alors, on m’a présenté un petit gars, tendu un piège et on m’a accusé de l’avoir touché.  Ce qui, à mon avis, ne regardait que moi et le jeune.  On s’est servi de l’Homo-vicièr pour prouver au juge que  j’étais déjà pédéraste.  Juste aller avec Mathieu, avoir été seul avec lui,  être pédéraste, me rendait déjà coupable, même si aucun geste de nature génitale n’aurait été posé.  J’étais pédéraste.  Donc, ça prouve que j’ai joué aux fesses avec lui automatiquement. Quelle connerie !  Mais, j’aurais bien aimé ça.

Je le savais, je le sentais.  Je me suis promis que cette fois je ne ferais pas de prison pour rien.  Durant ce temps, je ne pouvais rien faire pour m’expliquer pourquoi on tenait tant à avoir ma tête.  Pourquoi avait-on dit à mes élèves, peu de temps avant mon arrestation que j’étais un felquiste qui avait posé des bombes à Montréal puisque les jeunes me l’ont demandé durant un de mes cours.

Ce qui m’étonnait, c’est que ça se passait sous un gouvernement péquiste. Pourquoi? Ou on ne voulait pas que je mette le feu aux poudres ou on n’aimait pas mes «en-têtes» de lettres aux journaux où je disais que Chrétien et Martin étaient les chefs de la mafia légale parce qu’ils avaient volé le référendum. 

En fait, je crois maintenant que l’on a monté un « Mister Big ». J’avais écrit dans les journaux que l’idée de renaissance du FLQ n’existait que dans la tête de la police qui prétendant que l’on avait retrouvé d’autres communiqués felquistes, à Montréal.

Comme par hasard, j’étais en prison quand Stéphane Dion a présenté la loi sur la clarté. 

Comme on m’a dit¸ quand je croyais encore que l’on était pour reconnaître que ces accusations étaient une méprise : «ça fait 20 ans au moins qu’on veut ta peau, imagine-toi pas,  qu’on va tout laisser tomber, maintenant qu’on te tient. »

J’ai voulu créer l’impression d’être un dur, je m’y suis cru et j’ai payé pour.  C’est la vie.  Ça continue parce que j’écris toujours et je me ramasse encore en cour. J’ai préparé un mémoire pour la Commission sur les accommodements. Religieux. Je ne sais pas comment, mais je vais le payer encore une fois.  Il m’arrive quelque chose à chaque fois que je me mêle de politique.


Les raclées.

J’avais quand même raison d’avoir peur.  Je jouais à un niveau de danger dont je ne connaissais pas les règles.   D’ailleurs, on venait d’assassiner Gaston Gouin.  Ce fut ensuite le tour de Mario Bachand, un peu plus tard, en France.   Y paraît que les assassins seraient deux agents fédéraux de la GRC qui demeurent maintenant au Québec.  Personne ne le sait.  Ça me semble invraisemblable que le FLQ l’ait éliminé sous prétexte qu’il portait des sous-vêtements avec des fleurs de lys.

Dans ces affaires, il y a toujours de la désinformation de manière à nuire à son ennemi.  Où est la vérité?  C’est malheureux que la France n’ait pas résolu ce meurtre.  Une chose est certaine, au début des années 1970, s’afficher pour l’indépendance du Québec, s’était prendre des risques. 

Un soir, j’avais bu, je gueulais un peu fort.  Des policiers sont arrivés et j’ai vite servi de «punching bag».  Puisque je n’aimais pas la violence, plutôt que d’essayer de me défendre, je me suis mis à frapper sur une très jolie auto, près de moi.  Le propriétaire est arrivé. Il était reconnu comme un des dirigeants de la petite pègre de Sherbrooke.  J’ai cessé de me débattre et je leur ai demandé depuis quand la police et la pègre coopéraient ensemble. 

Puis, j’ai recommencé à recevoir des coups.  Je ne me rappelle pas du chemin parcouru pour m’amener en cellule.  J’étais paniqué.  Je me suis foutu à poil. Je frappais sur les barreaux et je criais : « Vous êtes comme Saulnier, vous avez des problèmes de télévision».  Saulnier était un chef de police coincé dans un scandale puisqu’on lui avait donné des téléviseurs.  Quand les dirigeants de la police sont arrivés avec les policiers qui m’avaient battu, je me suis mis à crier à celui que je reconnaissais :  » Sors-le ton hostie de gun, pis tires, gros tabarnak. Demain tes problèmes vont commencer.  »   Les officiers sont repartis en disant que j’étais pire que Chartrand. comme dans la chanson de Jimmy Corcoran, Comme Chartrand.

J’étais encore journaliste et je savais qu’on ne pouvait pas me tuer.  Effectivement, le matin, je fus relâché. Je me suis rendu au journal et j’ai demandé au journaliste appointé à couvrir les procès de m’accompagner.  Je juge, un bon libéral, me condamna à une sentence suspendue et m’ordonna de ne pas en parler dans les journaux locaux.  Ce fut fait, mais le dimanche suivant, Québec- Presse, un hebdomadaire diffusé à la grandeur du Québec rapportait la situation.

 Pourquoi la pègre me faisait toujours la leçon quant à mon parti pris indépendantiste.  « Les hosties de séparatistes, on leur casse les jambes.». Je l’ai entendu plus d’une fois.            

Quelques expériences comme celle-ci suffisent à te faire craindre la « légalité du système ».  Une situation qui se poursuivit après le référendum de 1995, mais cette fois, ma vie fut vraiment en jeu. Il m’arrive toujours quelque chose dès que je mets le nez dans les affaires politiques.   


Ma peur.      

Ça peut paraître idiot que d’avoir peur de dire des choses qu’il n’aurait pas fallu dire durant les événements d’octobre ; mais quand tu es ignorant, parfois,  tu fais des gaffes sans même t’en rendre compte et dans mon esprit de solidarité, c’est une chose dont je n’avais pas droit.  Je suis très fidèle, même à mes amoureux. 

Mes craintes sont nées d’un événement.  J’avais fait parvenir des textes à Pierre Vallières, peu de temps, avant le premier enlèvement, soit de Richard Cross.  Évidemment, quand le manifeste du FLQ a été publié, on m’a demandé à la salle de rédaction, si je m’étais aperçu de la faute dans le mot Domtar que l’on retrouvait dans le manifeste.  On me fit remarquer que j’étais probablement le seul journaliste à écrire Domptar.   

Par la suite, après l’intervention de l’armée, un dimanche après-midi, je crois, j’ai dû travailler en temps supplémentaire.  On m’envoya avec le photographe Royal Roy.  En chemin, celui-ci a commencé à me raconter que les felquistes avaient été vus et arrêtés à East-Angus.  Je capotais parce que j’avais envoyé un texte sur la Domtar d’East Angus. On aurait pu intercepter celui-ci, car, les autorités fouillaient déjà dans tout, donc, sûrement, dans le courrier de Pierre Vallières.  Comment aurais-je pu prévoir ce que se passerait quand j’avais envoyé mes informations ?  Je n’étais pas felquiste et il n’y avait pas encore de crise. 

J’étais très malheureux puisque, la façon que Royal me présentait ça, j’avais tout lieu de croire que, sans le vouloir, mis la police sur une piste.  J’essayai d’en savoir plus et j’étais très étonné qu’on n’en parlait pas dans les bulletins d’informations. 

À mon arrivée à la rédaction, on célébrait presque cette arrestation, sollicitant évidemment mes commentaires. Je doutais, donc, je me suis montré le plus prudent possible et j’ai demandé combien de terroristes avaient été arrêtés.  On me dit une vingtaine.  Là, j’avais ma réponse.   » C’est impossible. Il n’y a jamais plus que quatre à cinq personnes par cellule.  Et, personne n’est supposé de connaître l’autre pour éviter les dénonciations accidentelles. »  

J’étais bien content d’avoir lu ça dans un petit journal jaune.  J’avais l’impression d’être écouté par la police, grâce au service d’intercom, reliant la rédaction à l’imprimerie. Les questions venaient du chef de la rédaction, un gars plutôt fédéraste et très ami avec les policiers. 

Quand je suis sorti, je me suis immédiatement senti suivi.  Par hasard, dès que je changeais de rue, un peu plus loin, je pouvais voir passer une auto patrouille.  Il y en avait toujours une sur une des rues parallèles où je marchais.  J’étais certain d’être arrêté.  Mais, il ne s’est rien produit d’autre que l’avertissement de mon collègue sur les soupçons que la police avait à mon égard.  Quand je repense à tout ça, c’était une situation ridicule.  Réelle ou le fruit de mon imagination ? 

Tout ce que l’on pouvait me reprocher, c’était d’appuyer les buts du FLQ parce qu’il se battait pour les gens moins fortunés, épluchés par les gouvernements. Je me battais pour l’Estrie et je croyais dans ma mission. 

Je me rends compte en relisant Il était une fois dans les Cantons de l’Est ou Lettres aux gens de par chez-nous, que les médias d’information en temps de crise joue un rôle essentiel.  Ils peuvent manipuler l’opinion publique d’un bord ou de l’autre. 

Par ailleurs, j’ai de la difficulté à comprendre que la police défende les gouvernements qui nous exploitent.  Ce sont des gens comme nous, pourquoi choisissent-ils de protéger les exploitants? Juste parce qu’ils sont mieux payés par eux? 

C’est vrai qu’après l’élection du Parti Québécois je me suis senti protégé quand je manifestais seul contre les commissions fédérastes pour nous réintégrer dans le Canada. 

Ils surveillaient de loin le déroulement de mes manifestations.  J’étais toujours seul pour ne pas avoir à me reprocher d’avoir entraîné quelqu’un avec moi. 

Les policiers, s’ils avaient vraiment enquêté, ne pouvaient pas ne pas savoir que je me battais pour le bien des pauvres gens contre la pauvreté, donc, contre le mauvais sort que pouvaient même vivre plusieurs membres de leur propre famille. Mais, c’est la vie. 

 Je n’ai rien contre la police, au contraire, en combattant la violence, elle est un service essentiel.  Mais pourquoi ne nous protège-t-elle pas aussi contre les abus du pouvoir?

Radioactif 339

avril 4, 2022

Radioactif 339

Texte de 2008

L’autre côté.           

Durant cette période, un soir, je devais demeurer à Scotstown pour la nuit et je devais coucher dans une tente avec un groupe de petits gars. Leur mère me faisait confiance. 

J’ai bu comme un trou et le soir quand j’ai retrouvé la tente, les jeunes avaient décidé que j’étais de trop. « Pas de fifi avec eux ».  Vexé, je suis retourné sur le pouce à Sherbrooke.  J’en ai marché une claque, puis comme à mon habitude, j’ai entamé une grande discussion avec Dieu. 

Je lui reprochais la guerre au Vietnam et de laisser des petits gars mourir dans cette atroce réalité.     » Si j’avais un de ces enfants avec moi, lui, au moins, il serait heureux plutôt que le mourir dans cette guerre absurde. Ce serait beaucoup mieux pour lui. « 

Une prière qui a duré longtemps et que j’ai crié très fort.  Assez fort, pour qu’il m’entende puisqu’une dizaine d’années plus tard, j’ai rencontré et tombé en amour avec une petit vietnamien, venu ici pour échapper à la guerre. 

 Une des plus belles complicités de ma vie avec Dieu.  Certains diraient un « signe », mais Scotstown fut aussi des moments de tortures morales. 

Un soir, alors que faisais mon round up, c’est-à-dire qu’à tous les soirs, au journal, on téléphone à la police, aux pompiers, aux ambulances pour savoir s’il est survenu quelque chose dont on n’avait pas été informé. Et, j’y appris que mon ami Claude Robidas était décédé dans un accident d’auto en revenant du Lac St-Jean.  Claude était hétérosexuel et ne connaissait pas mon amour pour les petits gars. Ce n’était pas nécessaire.

Quand il arrive des choses comme ça, tu commences par paralyser, tu refuses d’y croire, tu fabules toutes sortes d’autres situations ; mais la réalité finit par te rejoindre.  Ce fut un coup très dur à encaisser. 

Une autre expérience émotive fut que les femmes de cette localité refusaient que leurs enfants soient amenés en autobus à l’école à Bury, plusieurs milles plus loin, au lieu de rester à l’école locale, car c’était un voyage trop exigeant vu leur âge.  Elles faisaient tout ce que je proposais : pétition, marche, etc.  Elles décidèrent, avec mon appui, puisque j’informais les gens à travers mes articles de ce qui se passait, d’occuper l’école.  Elles se ramassèrent en cour et furent condamnées à une amende qui fut en partie payée par la vente d’une peinture de Frédéric

Je me sentais coupable de les avoir incitées à affronter la direction de la commission scolaire, mais elles n’étaient pas de cet avis.   » Nous sommes assez vieilles pour assumer nos décisions. »

Le directeur de la commission scolaire responsable de cette décision perdit son emploi, mais les enfants ne revinrent pas à l’école à Scotstown. N’empêche que je me suis fortement culpabilisé de leur avoir recommandé d’occuper l’école de Scotstown.   

Quand j’entreprenais une lutte avec quelqu’un contre le despotisme, je me sentais absolument responsable de mes conseils.

Mes grands amours.       

Scotstown est un symbole parfait de ce que signifiait affirmer ma pédérastie. 

Cette ville était paralysée, il fallait trouver une solution pour la sortir de sa torpeur économique.  Aussi, en aie-je discuté avec l’artiste Frédéric qui y vivait, en plus d’avoir un appartement à Sherbrooke. 

À ma surprise, quand je suis allé à Scotstown, j’ai découvert que Frédéric avait beaucoup d’appuis dont le fils de l’ancien président de la Thérèsa.  Claude Robidas.  À force de discuter, il fut entendu que Frédéric organiserait une immense murale avec les enfants.  Une idée née de mes amours.  Frédéric était l’un de ceux qui savait que j’avais entrevu un petit gars qui me plaisait énormément et me faisait battre assez le cœur pour m’engager à fond de train pour sauver les gens de Scotstown de la misère économique.  Le jeune a-t-il déjà su qu’il me fascinait autant? Je ne le crois pas. 

Pour être en amour, je n’ai pas besoin de viagra, ça se passe à un autre niveau, surtout dans ma tête.  Je jouis juste à contempler la beauté du jeune qui m’intéresse. Je capote, s’il me sourit ;   je deviens fou, s’il me parle ; imaginez le reste, si on devient ami et qu’on s’engage dans une relation d’amitié.  Tout doit se dérouler en fonction de sa façon d’agir avec moi.  Pas question de forcer qui que ce soit, mais dès les débuts, je tiens à ce que les choses soient claires pour ne pas me faire dire après   » je n’avais pas compris ». 

On sait immédiatement par la réponse non verbale du jeune s’il est intéressé ou non.  Tout réside particulièrement dans le plaisir indicible de sentir très profondément chacune de ses émotions et d’arriver à ne faire qu’un avec lui au niveau des ondes de communication.  Une contemplation ou une adoration de la beauté qui surgit par sa simple présence.  Vivre à travers et pour le plaisir de l’autre. 

C’est ce qui motivait de plus en plus chacune de mes actions.  J’étais prêt à mourir pour assister le jeune de qui je tombais amoureux, pour le rendre heureux.  Il pouvait me ruiner ça n’avait pas d’importance.  Je savais que ce sentiment ne pouvait pas toujours exister, donc, l’instant présent prenait toute la place dans ma vie. Le jeune devenait le centre, le cœur de tous mes intérêts.  Il était tout. C’est un peu une forme d’autisme, en ce sens, que cet émerveillement se suffit à lui-même et crée une bulle d’amour qui nous met en retrait de toutes les saletés du monde. 

Les gens qui vivaient autour de moi le devinait que j’étais en amour sans même que j’aille un mot à le dire. 

Frédéric disait : « Si on veut savoir si un petit gars te plaît, avec toi, on ne regarde pas si ton pantalon gonfle, on te regarde les yeux.  C’est la première fois que je vois un gars bander des yeux.» 

Inutile de dire que Scotstown était devenu super-important.  J’y allais souvent et je suivais chacun des développements.  Nous avions trouvé une vocation touristique et culturelle pour Scotstown. 

Un soir, nous devions assister à une pièce de théâtre, Oliver Twist, organisée par les anglophones.   Durant la pièce, le plancher a cédé et tout ce que nous avons vu ce sont les jeunes et les décors s’enfoncer dans le vide.  J’ai eu peur comme tous les spectateurs.  Heureusement, personne ne fut blessé.

Luc Lavoie

avril 3, 2022

Luc Lavoie avait raison.

Le chroniqueur Luc Lavoie, à la Joute de LCN, est celui qui fut le plus éclairant en ce qui a rapport à la guerre en Ukraine. Il nous disait dès le début que la Russie voulait prendre le Donbass, le Donest et la Crimée pour réaliser son projet d’Eurasie, une voie d’accès aux mers par la Russie.  

M. Lavoie, qui est habituellement un véritable fou quand il nous parle de notre identité nationale, ajoutait que cette voie permettait aussi à la Chine de réaliser sa « Route de la soie ».

Très intelligent, il se demandait pourquoi l’Ukraine résisterait, étant donné la nette supériorité militaire des Russes. Pourquoi être ainsi démoli alors que l’on savait que ce serait finalement le résultat de la guerre?

Évidemment, sur le fond de la réalité, il avait raison; mais sur le plan moral, sur le plan du res