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Radioactif 464

août 13, 2022

Texte de 2008, p. 849

Survivre : là est toute la question.      

Avant 1980, la vie m’a trimbalé de jour en jour.  Il n’y avait aucune possibilité de prévoir ce qui pourrait arriver le lendemain depuis que j’avais abandonné le journalisme.  Le hasard a sculpté ma vie. 

 Journaliste, c’était la seule chose que je savais faire correctement.  Je devais maintenant, comme tout le monde, me trouver des «jobines» pour me permettre de survire. J’ai travaillé dans une usine de jouets, j’ai même été concierge dans un sauna gai.  Tout était bon en autant que je survive, mais je refusais de me rendre et admettre que le système puisse avoir raison de moi.                    

Ma pédérastie me permettait de rêver, de voir le monde en rose.  Je croyais dans l’amour, c’était l’idéal absolu.  Je n’arrivais pas à voir pourquoi cet amour ne pouvait pas se réaliser en dehors de ce que le système a décidé.  Ma pédérastie me permettait d’être heureux et d’oublier que j’étais un échec social ambulant parce que je refusais de me plier à leur philosophie du mal.          

Comment avais-je pu laisser un métier que j’adorais?  Étais-je vraiment trop fanatique, radical ou étais-je trop assis sur mes principes?  Aujourd’hui, ça signifie pour moi : étais-je capable d’équilibre?   Mes principes n’étaient-ils qu’émotifs?  Je croyais vraiment dans l’honnêteté journalistique et le devoir de protéger et améliorer le Québec.               
    
La révolution signifiait combattre la misère des plus démunis, grâce à mon statut de journaliste, et de proclamer la vérité.    

Les médias sont extrêmement puissants, surtout politiquement parce qu’ils sculptent la pensée populaire. Ils manipulent.  

Quand j’ai été journaliste, ce fut une époque, où même si j’étais tellement peureux, je me battais avec toutes mes griffes pour sortir les Cantons de l’Est de la misère.  J’étais prêt à mourir pour le bien public.  En d’autres mots, je me prenais pour un autre.  J’étais un journaliste engagé, un journaliste de combat.  Et j’y croyais.  J’étais très sincère et j’y mettais toute l’ardeur qu’il m’était possible.            
    
Par contre, ma lecture de la réalité était utopique.  Je croyais vraiment qu’on pouvait changer les choses, améliorer le sort des individus. 

Mon problème fut de ne jamais me demander si les gens voulaient vraiment s’en sortir.  Mon gouvernement régional, mon aéroport international, la Transquébécoise, puis, la zone spéciale, c’étaient des projets qui pouvaient vraiment changer les choses, des milliards qui auraient pu changer la vie économique de l’Estrie.            

Les autorités locales ne pouvaient pas oublier leurs intérêts personnels et je me suis ramassé tout seul. 

À la radio, on parlait de cellule d’information du FLQ. J’étais prêt à mourir pour mon idéal et la vérité, mais je n’étais pas un terroriste. J’étais un révolutionnaire.  Je voulais changer les choses, rendre la vie plus abordable et plus tolérante.           
 
L’échec de mes solutions venait en grande partie de la politique de Trudeau que j’admirais parce qu’il avait eu assez de couilles pour s’attaquer au droit d’être gai.  Je l’admirais trop pour accepter qu’il fût la pire ordure politique qui ait existé au Québec,  quoique Harper soit en train de la battre.          
 
J’aurais cru que les gens se seraient tenus debout pour forcer des solutions.  Mais le Québec est trop religieux et trop riche maintenant pour vraiment vouloir prendre la chance de changer les choses.  On dirait que les valeurs n’ont plus d’importance, tout ce qui compte c’est l’économie. On a en partie raison, mais ce n’est pas seule réalité dans la vie.  Ce n’est pas la raison fondamentale d’exister.  

Je n’avais pas encore compris que l’argent, c’est la liberté.  Avec de l’argent, tu changes ta vie quotidienne.  Ce n’est pas une raison pour être fier de sa vie ; mais si tu manques d’argent, tu ne peux plus rien faire.  Tu ne fais que chercher des moyens pour survivre.  Survivre, ce n’est pas vivre.  Si j’avais de l’argent, je n’aurais pas à brailler sur le besoin de la liberté d’expression, je me publierais moi-même.  

Je me suis toujours ruiné pour les autres ou pour transmettre mon message.  Pour qui est-ce que je me prends ? Qui tient le moindrement compte de mon opinion ? Je ne suis qu’un pédéraste assez fou pour en parler.  

Même si j’éliminais la pauvreté et la guerre de notre globe, je ne serais encore pour ceux qui dirigent l’opinion populaire qu’un sale pédéraste qu’il faut mettre à l’index parce que je mets leurs intérêts en danger.  Le sexe est moins payant que la drogue, la violence et la peur.        
 

J’étais assez naïf pour croire que les grandes entreprises de presse cherchaient la vérité.   Mais, à travers mon expérience du journalisme, j’ai dû constater que la presse est au service des intérêts de partis politiques ou si l’on veut des intérêts financiers qui manipulent les partis politiques. 

Je me prenais définitivement trop au sérieux avec cette notion d’honnêteté, de devoir à la vérité.  Je me croyais un révolutionnaire. Un révolutionnaire incapable de violence, car la violence est l’instrument par excellence du système pour conserver le pouvoir. La violence justifie la répression.          
 
Après la prison en 1963, après les Disciples de la Croix, je me suis retrouvé à Québec à travailler pour le Limoilou- Nouvelles.  Le patron de L’Aiglon considérait que j’étais un très bon journaliste et surtout un gars sur lequel on pouvait se fier quant à l’honnêteté.  Ce travail a pris fin quand pour des raisons économiques, on a dû mettre la clé dans la porte.  Par la suite, j’ai vendu des livres d’histoire des municipalités commandités, jusque ça ne fonctionne plus.  Heureusement, même si ça ne m’a jamais servi par la suite, j’ai appris la photographie.    

Par hasard, je suis ensuite devenu journaliste pour Québecor, à Port-Cartier.  Même si je produisais des textes à la tonne, Québecor m’a mis à la porte seulement quelques semaines après mon engagement, sous prétexte que j’étais trop à gauche.           

J’ai adoré cette ville parce que je suis tombé en amour avec un petit gars.  Il venait me chercher au bureau et refusait de partir tant que je n’étais pas revenu si j’étais absent.  Les secrétaires n’en croyaient pas leurs yeux et leurs oreilles. Ce jeune m’aimait si profondément qu’elle ne pouvait pas mettre ça en doute une seconde.  Et ce fut ainsi que la porte du journalisme me fut complètement fermée, car au Québec il n’y a que Desmarais, libéral, et Québecor, pour l’argent.  Quant à Radio-Canada, on exigeait que je suive des cours de diction.     

Il me fallait donc trouver un autre métier et le hasard m’ayant fait connaître Suzanne et les enfants, j’aimais l’enseignement.  Ma pédérastie m’amenait à ce nouveau métier qui exigeait que j’étouffe ma pédérastie pour exister.

Sans le savoir la vie me conduisait petit à petit à cette réalité.  Je deviendrais prof un jour.  Je devais sacrifier ce que j’aimais le plus pour vivre mon nouveau désir d’être professeur et père.  Pourtant, j’avais maintenant toutes les raisons du monde de croire que la pédérastie est un atout dans la vie, une vraie raison d’exister, si on cesse d’être assez fou pour croire que le sexe est mal en soi. . 

Radioactif 463

août 12, 2022

Radioactif 463

Texte de 2008, p. 844

La peur de la violence.    

En fait, très jeune, j’ai commencé à avoir peur de la violence.  La violence, c’est l’échec des mots, l’échec des relations, l’échec des explications.             

La violence, ça fait mal, c’est désagréable.  Je n’avais rien d’un sadomasochiste, une forme de relation qui ne peut être que maladive.  C’est un déséquilibre automatique.  J’avais peur d’être dominé par une passion que je ne contrôlerais pas et qui s’exprimerait sans égard à ce que les autres pensaient.  

Je me suis fait un devoir de ne partager mes gestes sexuels qu’avec ceux qui les acceptaient.   Ma patience tenait à la peur d’entraîner quelqu’un dans le vice.  C’est ce qui en était surtout ressorti quand j’ai rencontré Daniel.  Ce moment pivot dans ma vie.            

Par contre, je croyais de moins en moins en ce qu’on nous enseignait : la sexualité est le pire «mal » humain.   Jouer aux fesses, c’était pire que de voler ou de tuer ; du moins, notre société réagissait ainsi.  Pour moi, c’était le contraire, désirer quelqu’un c’était déjà l’aimer.  Je trouvais ça de plus en plus ridicule de voir du mal à se caresser.  Pourquoi faire un tel drame avec une chose aussi peu importante, aussi naturelle et si agréable ?   

Il existe une race de monde, les soumis à la religion, qui automatiquement s’imagine que le sexe est le mal.  Je n’arrivais même pas à percevoir comment ces arriérés pourront un jour modifier leur point de vue.  Le degré de tolérance est dicté par la culture du milieu. Faire l’amour n’a aucune importance ou responsabilité particulière si ça ne débouche pas sur la procréation.  L’importance de ce geste tient strictement à la responsabilité envers l’enfant à naître.  Et, avec un petit gars, le danger de mettre un enfant au monde était inexistant.  Pourquoi ce plaisir, s’Il est partagé, serait-il mal ? Rien, ne justifie une telle condamnation.              

Si tu veux faire un enfant, t’as une relation avec une femme, il faut que tu aies le sens du devoir envers l’enfant qui peut naître de cette relation.  Ce qui compte c’est que tu sois en amour. Si cet amour se concrétise en faisant un enfant, il t’engage jusqu’à ce que cet enfant puisse être autonome.  Pourquoi se masturber à deux est-il mal?  C’est plutôt agréable.  Toucher quelqu’un avec tendresse, n’est-ce pas une manifestation de l’amour que tu ressens pour lui?        

Je n’avais aucune confiance dans la possibilité d’échapper à ces désirs.  Ma jouissance a toujours été de voir jouir l’autre.  Même les sacrifices étaient des échecs.  Et les miracles, je n’y croyais pas tellement.   Mon expérience de la vie me prouvait de plus en plus que l’enseignement religieux est faux. 

Quand Freud est apparu dans le décor, j’ai pu commencer à comprendre le mensonge des religions concernant la sexualité.  J’ai vite saisi que le rang que la religion accorde aux femmes explique leur aliénation affreusement profonde et leur discours anti-sexe.   On voulait que le moins de gens possible s’intéresse à l’argent, j’imagine.                 

Le capitalisme est une sublimation sexuelle.  Je me suis mis à détester la religion.  Toutes mes réflexions me forçaient à remettre en question ce que l’on disait ; mais j’avais peur que la peur provoque une peur encore plus grande.   Ne peut-on pas devenir complètement fou si on a trop peur?  Cette peur était encore pire après ma première incarcération, car cette fois je pouvais avoir peur d’être dénoncé. J’avais peur d’avoir peur.       

Est-ce que la peur de retourner en-dedans pourrait changer mon comportement?  Est-ce que mes scrupules qui revenaient sporadiquement pourraient surgir après une relation?  Est-ce que la peur d’être dénoncé l’emporterait sur l’amour que j’ai pour le jeune?  Pourrais-je dans ce cas devenir violent? C’est ce que je ne voulais pas.   

La peur est un drôle de phénomène.  Dans mon cas, ça se traduit par l’étourdissement, puis la sensation d’engourdissement du cerveau.  Tu files tellement mal que tu n’oses plus bouger non seulement en geste, mais même en pensées.  Tu figes complètement.  Tu te sens très mal.   Le temps ne file plus, il est un engourdissement total, global.        
 
J’avais cette peur quand les journaux parlaient des monstres qui tuaient des enfants pour des raisons sexuelles.  Je m’inquiétais pour ces jeunes et j’avoue que je détestais la personne qui pouvait être assez infecte pour violenter d’aussi beaux enfants.  J’avais peur de devenir un de ces malades, car, pour frapper un enfant ou une femme, il faut que tu sois déséquilibré. Tous ces meurtres me reviraient à l’envers parce que je me demandais si je ne deviendrais pas aussi malade.  C’est ce qui m’a amené à consulter très souvent, mais j’ai arrêté pour deux raisons.   
 
Dans un cas, je trouvais que seulement parler, c’était inefficace, une perte de temps.  Aujourd’hui, je sais que le moment où tu peux verbaliser un problème tu as déjà presque la solution.  Dans un autre cas, j’ai arrêté, car je n’étais plus le problème, mais la victime.  On me disait que j’étais normal et qu’au contraire j’ai fait preuve de grande force en combattant la mésestime de moi que la vie s’était efforcée de me faire ressentir en étant une faiblesse, avec un gros nombril et deux couleurs de peau.  Un nègre blanc d’Amérique.   On blâmait mes parents.  On les trouvait insensibles.         

Je n’étais pas d’accord avec ces spécialistes de la maladie mentale, car, personne ne m’a forcé ou ne m’a enseigné à être pédéraste.  Mes parents avaient peut-être des défauts, mais j’avais de maudits bons parents et j’étais insulté qu’on essaie de les blâmer pour mes problèmes.  Ils m’avaient tout donné. Je ne me sentais pas une victime.  J’étais quelqu’un qui s’est lui-même senti humilié d’être ce qu’il était et non ce qu’il aurait voulu être.  J’avais le vouloir être plus grand que l’être.

La seule chose dans leur discours qui me semblait vrai : ce n’est pas toi qui choisis d’être pédéraste et tu dois apprendre à faire avec.  Ce n’est pas toi qui se croit inférieur, mais les situations qui te font te sentir différent.  C’est la faute de personne si t’as un gros nombril et une petite queue, c’est la vie qui te place dans cette situation (et dans le fonds, avec le temps, j’ai appris que j’étais juste dans la moyenne en longueur de queue).  Ce n’est pas brailler qui change la forme de ton nombril, mais en apprenant que ça n’a aucune importance. 

Tu peux toujours trouver quelqu’un qui tombera en amour avec toi et te trouvera beau, même si tu es laid comme un pichou.  Par contre, quand j’ai rencontré les trois médecins de la clinique Roy-Rousseau qui m’ont affirmé que je ne serais jamais un danger pour un petit gars, mais que la société sera toujours un danger pour moi ; j’étais ravi d’entendre leur verdict.  C’est tout ce que je voulais : m’assurer que je ne pouvais pas devenir méchant.  Par contre, je ne croyais pas à leur solution : devenir homosexuel.  Ce n’est pas toi qui choisis ce qui t’attire.  Tu es, ce que tu es : point.  Tu n’as pas à devenir ce que les autres veulent penser de toi, mais être fondamentalement ce que tu es, sauf si tu es violent.

Je ne croyais pas  encore possible de changer ça.  Le temps m’a donné raison.  J’ai compris qu’on ne peut pas «changer» sa petite nature, mais qu’on peut de mieux en mieux la contrôler.  Cependant, j’ai commencé à chercher ce qui m’éloignait de l’homosexualité.  Ce n’était pas ce que les gens en pensaient. Je n’aimais pas les grosses queues et encore moins la sodomie que l’on identifiait à l’homosexualité.  Malgré tout, j’ai essayé et j’ai pu me confirmer que je n’aime vraiment pas la sodomie. Par contre, j’ai aussi appris que pour la majorité des gais, la sodomie ne les intéresse pas non plus.            

J’ai tenté la solution des médecins.  Je n’avais rien à perdre.  Je me suis aperçu que ce n’est pas parce que tu es plus vieux que t’as une plus grosse queue.  Que ce n’est pas parce que tu aimes le sexe, que tu vas nécessairement déchiqueter celui qui vient dans ton lit.  Bien des jeunes avec qui j’avais des rapports sexuels avaient déjà un zizi bien plus développé que le mien.  Cet aspect était important, car il influençait mon intérêt pour l’autre. Une pure question de narcissisme ?  Peut-être.  On se cherche toujours en l’autre quand on est jeune et que l’on vit une aventure gaie.  
 
Je me suis mis à fréquenter les bars gais.  Je trouvais ça particulier parce que dès que tu mets les pieds dans l’établissement, tu deviens une vraie livre de beurre. On t’examine comme un objet de luxe à acheter.  Par contre, avec les gais, contrairement aux femmes, il n’y a pas de «noui».  Tu veux ou tu ne veux pas. 

Même si j’étais un peureux, je voulais assez connaître la réalité pour qu’à un moment donné je comprenne que mes peurs étaient des folies.  Pourquoi ne pourrait-on pas aimer se faire taponner?  Qu’est-ce qu’on a de si précieux pour croire que c’est un sacrilège que de se faire désirer?  Qu’est-ce que le respect vient faire là-dedans, sinon prouver que t’es un mouton, incapable de réfléchir par toi-même. Tu ne serais pas respecté si tu étais traité comme une ordure, mais pas quand tu es désiré comme le plus précieux des biens.  

M’étant toujours trouvé laid, je savourais le plaisir de voir autant de mâles me courir après et me payer la bière pour essayer de me gagner.  On appelle ça de la prostitution.  Je trouvais ça très valorisant. D’autant plus que les discussions étaient mieux garnies qu’à bien des endroits.  J’ai appris que le sexe est une chose, mais que la beauté de l’esprit est encore plus belle.  J’ai recommencé à m’émerveiller devant l’intelligence et la beauté intérieure.  Et, surtout, pour une fois dans ma vie, étant donné la peur débile que j’avais eue depuis que j’étais jeune des hommes plus vieux que moi, j’ai appris sur le tas que les cas d’agression sont très ou extrêmement rares.  
 
Je pouvais enfin expérimenter ce qu’un jeune ressent quand il est avec moi.  Je me suis fait un plaisir indicible de me mettre dans leur peau et d’essayer de découvrir ce qui pouvait être intéressant ou fâchant pour un jeune qui rencontre un plus vieux.  Car, à cause de l’âge, on considère ça de la prostitution.  Moi, je ne voulais pas seulement jouer aux fesses, je voulais être amoureux.      
 
Ce changement est survenu alors que je m’ouvrais aussi aux femmes.  Je ne sais pas pourquoi mais, dans ma tête à ce moment-là, ça n’avait aucune importance que ce soit un gars ou une fille, tout ce qui comptait c’est d’être bien avec cette personne.  Ce qui comptait c’était de me sentir désiré, d’exploser de joie à rencontrer l’autre.  J’aurais voulu être avec tous les petits gars du monde pour tout découvrir sur l’homme, mais en même temps la présence féminine me rendait fier et joyeux d’arriver à les attirer.  Le problème avec une femme, c’est que le mâle s’imagine qu’il doit être un paon.  Je ne me sentais pas ainsi.  Je ne croyais pas en moi. 

Notre éducation ressort bien malgré nous et nous sommes vite des machos.  Que les femmes aiment ça ou pas, c’est la religion qui a créé cette manière de se sentir avec les femmes.  Je voulais tout essayer.   Pas de racisme ou de jugement sur les autres, mais un émerveillement constant à la beauté de l’être humain.    

C’est ainsi, après une aventure d’une année ou deux avec Suzanne et les enfants, que j’ai commencé à vraiment croire que les méchants c’étaient plutôt ceux qui me condamnaient.  De quel droit pouvaient-ils juger de la valeur de mes relations avec les autres?  Depuis quand un besoin aussi essentiel et naturel que le sexe était-il méchant?    

Le sexe chez les jeunes, c’est un jeu.  Depuis quand un jeu fait-il mal ?  Un gars à qui tu poses la main sur la queue ne s’assèche pas.   A-t-il une telle décharge électrique qu’il en devient stérile ?  Conneries par-dessus conneries. Pourquoi le sexe est-il mal, le condamne-t-on, pourquoi en fait-on le crime des crimes alors que toute notre culture valorise la violence?   La violence est bien plus dangereuse comme les drogues, mais on les tolère.              

Je lis présentement sur le bouddhisme, une perception de la vie que je trouve très intéressante. Pourtant, dans deux pages, une à côté de l’autre, j’y retrouve exactement le contraire, ce qui ne m’empêche pas de trouver ce livre extraordinaire : Plaidoyer pour le bonheur, de Mathieu Ricard, p. 284 :  
 
«Selon les chercheurs, les événements de la petite enfance n’ont qu’un effet mineur sur la personnalité adulte ; ils ont de fait un retentissement beaucoup moins important que les gênes.»  Et p. 285 : «Il est indéniable que le degré d’amour et de tendresse que l’on reçoit dans la petite enfance influence profondément notre vision de l’existence.  On sait que les enfants victimes d’abus sexuels ont deux fois plus de risques que les autres de souffrir de dépression une fois adolescents ou adultes».  Pourquoi cette contradiction?  Le sexe n’est pas affaire de violence, au contraire, c’est plutôt affaire de tendresse.

Qui définit chez un enfant (d’un certain âge on s’entend) ce qu’est un abus sexuel?  Sûrement pas lui. Ça ne vous a jamais arrivé quand vous êtes en train de pisser de vous apercevoir qu’un petit s’est avancé pour voir ce que vous avez entre les jambes?  Comment réagissez-vous?  En le repoussant, en gémissant comme si vous veniez d’être poignardé ou en faisant semblant de rien et de précipiter la rentrée du «concombre» dans le pantalon, sans entraîner une dégoulinade le long de la jambe, tout en manifestant par votre geste le besoin d’être seul autant que possible dans une telle situation. Réagir autrement, c’est le punir, l’humilier.  Être scrupuleux est une condamnation et les jeunes n’ont pas besoin d’une gifle pour comprendre votre position face au sexe.   

Avec notre éducation, souvent tu files mal et tu ne sais pas trop comment régler le problème.  Juste le fait qu’il y ait sexe, on devient fou.  C’est normal, les religions nous lavent la cervelle contre la sexualité depuis des millénaires.     

Aujourd’hui, avec la dénonciation, tu ne sais plus que faire : où commence et où finit la tendresse?  Avez-vous déjà senti le plaisir fou de certains jeunes qui en luttant avec vous se font un vilain plaisir de vous la poigner avec ardeur?  Qu’est-ce qui est important : le péché, le dégoût ou le plaisir de les entendre rire plus fort qu’un orage?  Qu’est-ce qu’il y a de mal là-dedans, sinon d’avoir l’esprit assez croche, d’être assez tordu pour y voir du mal.  En tous cas, ce qui devait arriver arriva.  J’ai rencontré un gars plus vieux que moi de qui je me suis senti aimé et qui a décidé de me revoir. 

Ce fut le début d’une belle amitié.  Sans le savoir, je changeais intérieurement.           

Radioactif 462

août 11, 2022

Radioactif 462

Texte de 2008, p. 842

Politiciens = menteurs

La campagne électorale n’est pas encore lancée pour vrai que les chefs de partis se traitent de menteurs et d’hypocrites.  Serait-ce qu’on a enfin une élection où l’on dira la vérité?  
 
Qu’on le veuille ou non avec le vol du référendum de 1995, notre choix fédéraste est ce qu’il y a de plus restreint.  Il nous range de plus en plus vers la droite, grâce au vol perfectionné des libéraux à partir des commandites et la censure,  la dictature de Bush 2 (Steven Harper) qui continue l’œuvre des commandites.

Les fédéralistes s’en servent cette fois pour étouffer la culture québécoise, une culture plus libre, plus dégagée de la morale des religions qui nous mentent depuis des millénaires. 

Est-ce à dire que le Québec est passé à droite ?  On a qu’à penser à l’ADQ pour percevoir la possibilité de la résurrection de notre très sainte Mère l’Église.  Est-ce que le discours québécois finit par être rattrapé par les politiciens à la George Bush? 

Si on est imbécile, on croit que Stephen Harper a marqué des points pour le Québec, en nous rappelant que nous sommes une nation irresponsable, car au moins en 1837, les gens se sont insurgés pour avoir un gouvernement responsable.  Nous, il suffit de créer une coquille vide pour qu’on boive béatement cette illusion.  Qu’a-t-il fait de plus?          
 
Il nous a assis près de ses délégués sur le plan international avec des rubans gommés tellement larges sur la bouche qu’ils couvrent aussi le nez de manière à ce que nous sommes asphyxiés sur la scène internationale.  Nous sommes rendus tellement muets que même le président de la France, Nicolas 3, s’imagine que le Canada est un pays francophone.             

Il nous a donné le siège, mais nous interdit de parler, car le Québec est une province comme une autre à l’intérieur d’un Canada, officiellement bilingue, mais effectivement anglophone.      
 
M. Harper prétend également qu’il est le mieux placé pour gérer l’économie canadienne comme Jean Charest qui se réjouit de nous voir dans le G8, le club des pilleurs de la planète.  Quelle farce!  Quelle est  la cause principale de l’inflation galopante qui nous frappe?  La Chine, voyons donc !   
 
Non, c’est le pétrole, l’or noir qui est responsable de l’augmentation du coût de la vie
.  C’est la richesse des très riches qui est tellement insatiable que pour avoir plus de profit, on est prêt à tuer la classe moyenne des 40,000 $$$ à 90,000$$$. 

On ne doit pas être beaucoup à appartenir à cette classe au Québec ; mais on nous fait croire que c’est  la majorité.     

Harper est peut-être mieux placé, dans le sens, qu’il est du côté de ceux qui créent le problème pour augmenter leurs profits.  Voter Harper, c’est voter George Bush.  C’est voter, pour ceux qui nous exploitent. 

Quant à Stéphane Dion, au moment où il aurait dû dire «à droite, c’est assez » et   porter ses culottes;  il a déclenché des élections en faisant confiance aux gens. Il a préféré se laisser enterrer sous un tas de oui merdeux… « Je suis contre, mais je vote pour ». 

Un gars qui n’a de colonne vertébrale que pour  mettre le Québec à sa place n’est pas une alternative.  Il y a quelques semaines, je croyais qu’entre Bush 2 (Harper) et lui, il était le moins pire. Personnellement, je voterais n’importe quoi pour me débarrasser de Harper.   
 
Mais, avec les sondages actuels, voter libéral, c’est encore pire que de voter pour le Bloc, quant à avoir la capacité de prendre le pouvoir. 

Faudra-t-il revenir à la solution du Bloc, qui à mon sens, est rendu bien trop à droite?  Il reste un mois pour y penser. 

J’en veux au Bloc d’avoir été assez à droite pour accepter d’élever l’âge de consentement à 16 ans. C’est un recul quand il est question de démocratie et d’autodétermination. 

Comment peut-on faire des gens libres avec des jeunes, prisonniers de la morale de petits vieux menés par l’ignorance ?

10 août 2022

Le jour de l’élection, S. Harper a été réélu et je me demande depuis si ce ne fut pas la pire nouvelle de cette journée, car ce jour-là, le médecin m’annonçait que je souffrais d’un cancer de la prostate.

Radioactif 461

août 10, 2022

Radioactif 461

Texte de 2008, p. 839

Entre Dieu et le diable.

Ma jeunesse s’est, en fait, déroulée entre la peur de l’enfer et la passion.  Était-ce parce que je n’étais pas assez vite pour comprendre ou étais-je trop obsédé par le plaisir pour répondre au désir d’un Surmoi éclaté, gonflé à bloc ?       

Une chose est certaine, les sacrifices mettaient en évidence mon besoin de devenir quelqu’un de bien ; mais je ne portais pas de lunettes pour rien.  Je les usais à chercher à voir ce qui n’est pas habituellement montré et à toucher ce qui était encore plus interdit. 

Quel plaisir quand Satan déjouait mes plans de sainteté et me présentait une tentation en or.  Je voyais le hasard que j’avais cherché à provoquer se réaliser, même s’il me coûterait peut-être l’éternité.  La tentation eut l’avantage d’exercer ma patience, ce qui me fut ensuite très utile.  Malheureusement, ce combat entre ce que je saisissais de la vie et le désir incommensurable de plaisir ne pouvait que me faire disjoncter.       
 
Je voulais la sainteté en déculottant le petit Dominique Savio, en me prenant pour Don Bosco, près de son lit, les doigts sous les couvertures entre un petit ventre tout chaud et le bord d’un caleçon serré.  Haletant comme un loup qui a couru après tout un pâturage durant toute la nuit et qui se grise enfin de bonheur en sentant un petit excédentaire qui s’étire en faisant semblant de rêver. 

Ha ! Les belles nuits, les attentes à la latrine, la folie au pluriel qui nous tord les tripes et nous envahit dès que l’autre s’approche et se livre au jeu du je ne sais pas, mais j’aime bien ça ; du petit regard qui prouve la complicité étouffée dans un sourire qui en dit long.        
 
J’avoue que cette obsession avait un petit quelque chose d’anormal, un petit      « kik» obsessionnel, compulsif que tu ne retrouves dans rien d’autre, même pas dans les magazines de pornographie.  La complicité.  Le feeling de résoudre le mystère du combien beau est l’autre.     Des proportions. L’extase.  Les nerfs qui s’emballent.  Le corps qui frémit de la tête au pied.  Le plaisir du défendu, du sacré, du caché qui se révèle.  L’impression d’être invité à partager l’étonnement, la magnificence, la beauté d’un corps nu à travers des yeux et un sourire qui s’illuminent au fur et à mesure que perdure le plaisir défendu.      

Puis, les remords d’un pécheur faussement repentant.  La peur d’être un menteur invétéré en se prenant pour quelqu’un qu’il n’est pas.  Le mépris de sa faiblesse.  De son manque de volonté.  La honte se son péché dissimulée derrière le plaisir de recommencer en se promettant de changer.  Les troubles d’une petite conscience qui se demande ce que Dieu peut bien faire dans ces cas-là.  File-t-il pour nous grogner ou être notre complice?  Préfère-t-il qu’on se jette à genoux pour lui demander pardon ou partage-t-il avec nous le plaisir?     

Des gestes qui provoquaient la conscience qui cheminait entre la fascination, le regret et  la prière.  Si dieu est bon, il ne peut que rire de ces problèmes de conscience de petit gars qui découvre une libido mille fois supérieure à sa capacité à dompter sa petite nature?  Qui a raison : ma foi en son Amour ou les règles religieuses?  Une insécurité qui se jumelle avec la découverte du métier, du moyen qui te permettra de courir dans la grande jungle humaine sans mourir de faim.  Une faim toute culturelle.  Une table qui creuse l’appétit de tout savoir et du moi « je ne sais rien faire».  Qui te rend encore un peu plus inférieur dans la masse du savoir, qui augmente un peu plus ta laideur dans le miroir du quotidien.  Mais cet enfer, cette peur, n’est rien à côté de se sentir inférieur aux autres, d’être une espèce de bouffon de la bravoure. Un petit cul qui se lève sur ses ergots pour crier en s’imaginant que son cri sera assez fort pour faire trembler la terre ; mais qui en réalité, sait qu’il n’a pas grand-chose à montrer. Qui est-on, si on a rien inventé?  Si on a laissé aucune marque en mourant ?  Quel est ce besoin, ce rêve qu’on nous a inculqué à coups d’exemples durant notre enfance ?           
 
Ça ne sert qu’à nous faire passer à côté de l’essentiel : être heureux.  La religion manque ainsi le bateau.  Elle devrait seulement nous aspirer vers le haut ; mais avec ses maudits péchés, elle nous rend aveugle à la beauté qui nous entoure, elle sert à nous haïr. 

Je ne sais pas si un jour ceux qui inventent les religions seront conscients qu’elles sont devenues négatives, des sources d’orgueil, d’égoïsme, de violence plutôt que des chants d’admiration envers la vie et le Dieu qu’elle proclame.   

C’est à se demander si pour les religions, Dieu n’est pas qu’une invention pour personnes naïves ou attardées?  Si Dieu est Amour, connaît-il le plaisir de se coller à un autre? Il sait que le plaisir en couple ou en groupe vaut bien mieux qu’une simple masturbation… pour Lui d’énergies, on s’entend !         
 
Mais, jeune, on s’amuse tellement que tous ces problèmes nous apparaissent comme un jeu d’une autre dimension.  La vie est un grand champ de football.   Chacun sa folie.  Moi, j’ai réussi à transformer un dieu qui me bottait le cul en un dieu de bonté et de beauté.  Une folie qui somme toute est assez agréable à vivre.  Pas de péché de la chair, pas de violence, ça donne un gars qui finalement n’est pas si pire que ça …      
 
Avec le temps, non seulement Dieu ne me condamnait plus ; mais il était devenu un complice, tel un petit gars.  Je l’avais déculotté de ses scrupules que les religions le forçaient à porter.   Je sentais que Dieu aimait bien ça. Puis, mes nouvelles expériences m’ont amené à partager mon vice avec un petit qui voulait se faire de l’argent.  Vingt-cinq sous, ce n’est pas beaucoup ; mais c’est déjà trop.  Jouer aux fesses, c’est aussi sacré que d’aller à la messe , c’est partager un plaisir, un secret, une intimité. Faire semblant d’aimer ça pour se faire payer après, c’est être une putain à retardement.  Mais au moins la putain, elle, est assez honnête pour reconnaître que c’est un échange en partant.      

En dedans (prison), j’ai recommencé à croire les bêtises crées pour les hommes qui ne peuvent pas contenir leur libido et finissent par devenir des montres par frustrations.  Comme le curé d’Ars, j’hallucinais les miracles et les visons, fruits de mes hontes et de mes remords.  Comment croire qu’un autre ait pu souffrir de nos gestes alors qu’on en ressent que du plaisir ?  Seuls les psys fuckés par la religion, les serviteurs serviles, pouvaient tenter une réponse qui me parvenait.  Mais, heureusement, il y avait encore Jeannot que je trouvais beau ; le contraire de Pierre, qui frustré, aurait voulu que je lui mette les mains entre les jambes pour s’amuser un peu ; mais qui privé de ce plaisir n’avait plus qu’à me battre parce qu’inconsciemment il m’en voulait de ne pas lui prodiguer ce plaisir.  Oui !  Être scrupuleux, c’est avoir l’esprit étroit.     
 
Comme le dit la science : les religions sont les prisons de l’esprit.  Et, comme la nature est plus forte que les digues que les curés ont essayé de nous monter dans le cerveau, j’ai retrouvé le goût de revivre ces plaisirs défendus.  Et, j’en remercie le ciel ! 

Mes angoisses sont mortes avec mon premier coup de poignet à ma sortie de prison qui fut aussi une dague dans l’agenda de ma sainteté.  En niant le mal qui existe que dans la tête des pervers, qui voient du mal partout, j’ai retrouvé confiance en Dieu.   Était-ce une illusion?  Me mentir?     
 
Comment savoir si j’étais vraiment un non violent, car on ne peut pas à la fois servir le Dieu-Amour et la violence?  Je venais de me débarrasser des mensonges des religions, donc, de tout ce qui touche leurs interprétations de la sexualité pour conserver une bonne dose de foi dans une spiritualité qui ne se mêle pas de la vie du corps.  La prison m’a fait comprendre que les fous étaient ceux qui dénonçaient le sexe vécu quand il n’est pas associé à la violence.   

La sexualité est multiple.  Elle peut donc s’exprimer de la même façon pour tous.  Plus je prenais conscience de ce que la science nous apprend à son sujet ; plus je prenais conscience de notre aliénation.    

Plus tu crois sans te poser de questions, moins tu as la foi.  T’es juste trop niaiseux, plus fanatique, plus conservateur. Il n’y a aucune différence entre un fanatique religieux du Québec, des États-Unis ou d’Iran.  Il y a alors un lien direct entre la religion et la politique. 

Le but de la religion est de te faire accepter d’être exploité, supposément parce que tu es un ange déchu, un corps vivant.    


Radioactif 460

août 9, 2022

Radioactif 460

Texte de 2008, p. 838

Fête de mon frère- élections.    

Je n’ai pas écrit de texte, hier, parce que je suis allé au cinquantième anniversaire de mariage de mon frère, Marcel, le deuxième de la famille.           
    
Je continuerai bientôt mon introspection nombrilique parce que je veux partager mon expérience de la vie, même si ça me paraît de plus en plus un exercice futile. 
 
La mort de Benji a tout changé. Aussi curieusement que ce soit, sa mort m’a enlevé le goût de me forcer à écrire.  Je vais écrire pour le plaisir.  Conscient plus que jamais que c’est peut-être parfaitement inutile.             

Je vais reprendre mon rêve de devenir écrivain, mais en l’abordant autrement maintenant que les féminounes ont réussi à me faire exclure de toutes les associations d’écrivains(es) au Québec.  C’est une drôle de situation.      
 
Depuis 1996, je récite des textes pour avertir nos autorités que le fédéral veut se servir de la morale pour tuer la culture québécoise, nous américaniser au «boutte» et maintenant le fédéral frappe toute la colonie artistique en se servant de la censure qui passe par le portefeuille. 

On a coupé dans mes revenus d’écrivain, comme si avec le temps j’aurais publié moins de livres. Je suis content d’avoir dans les dernières années écrit La pédérastie mise à nu, un essai et Autoportrait d’une révolte, de la poésie.  Je voulais me vider le cœur en complétant avec ce carnet et j’approche de la fin.  Il est parfois essentiel de se lécher le nombril avant de poursuivre sa route.          

Et nous sommes en élections.  Harper est convaincu d’en sortir majoritaire.  Personnellement, je suis convaincu qu’il faut prendre tous les moyens pour empêcher qu’Harper (Reform Party) ne reprenne le pouvoir.  Il faut trouver une stratégie qui le permette. Tout ce qui est légal pour se libérer de ce fasciste. 

Espérons que les gens de la région de Québec se réveilleront enfin à la réalité du Québec qui est sorti de dessous les soutanes.   Le Québec peut être fort que si chaque citoyen du Québec est fort, donc, encore plus quand il s’agit de ville.   Dans ma tête à moi, les élections fédérales, cette année signifient simplement de choisir le tas de merde qui pue le moins. 

Radioactif 459

août 8, 2022

Radioactif 459

Texte 2008

Répression = viol de conscience.       

Que l’Église veuille nous faire croire que le sexe est péché, c’est une chose ; mais qu’on t’empêche d’avoir différents points de vue en censurant tout ce qui se produit, c’est un viol de conscience. 

Pour moi, les tordus, ce sont ceux qui luttent contre le droit à une sexualité libre et non violente.  Ils imposent leur jugement, je devrais plutôt dire leur condamnation du sexe dans la vie. Ils vivent en frustrés et sont jaloux de ceux qui y trouvent le bonheur.          

Quand j’étais jeune, on prétendait que l’homosexualité est une maladie mentale. On ne pouvait pas concevoir l’avenir d’un homme en dehors de la paternité ou de la prêtrise.         

Les féministes d’alors ont remis en question la vocation de mère sans y attacher la notion de plaisirs au lit.  Elles ont proclamé haut et fort leur droit de revendiquer le plaisir qui est attaché à leur devoir de devenir mère.  Évidemment, ça faisait leur affaire parce qu’elles se battaient pour le droit à l’avortement et l’égalité homme-femme.  Grâce à elles, on a pu commencer à penser que faire l’amour ce n’était pas seulement procréer dans une structure uniquement monogame et nucléaire.  Que le plaisir sexuel sert à autre chose qu’à engendrer.  Il appuie la création de l’amour.  Pas de plaisir, pas de complicité, pas d’amour.       

Dans Laissez venir à moi les petits gars, je disais que ces relations sont aussi une forme de communication, communication qui peut procurer autant de plaisirs que les gestes corporels. La tendresse n’est pas que le minouchage, mais le sentiment qui l’accompagne.  On peut avoir plus de plaisir à voir l’autre éjaculer qu’à se faire tâter soi-même.     
 
Probablement, que le choix inconscient de la personne qui te plaît est déjà fixé dans tes gênes, révélé par nos hormones qui nous font réagir à tels types de stimulations plutôt qu’à telles autres.   Nos goûts personnels se développent à travers notre expérience du plaisir et de la douleur.  Qu’est-ce qui peut arriver si tu participes à une activité sexuelle avec une autre personne, autrement que du plaisir, de la tendresse, à moins d’être sadomasochiste ou être violé ?  Rien.  D’autant plus que le cerveau habituellement gère la mémoire de façon à nous faire oublier complètement ou en partie les aventures qui nous blessent.  D’où vient donc leur invention quant aux séquelles ?       
 

D’une manière, la peur de nuire aux autres a été bénéfique dans mon développement.  Elle m’a obligé à me demander constamment ce que les autres vivaient.  J’avais trop peur de leur faire mal pour ne pas chercher à comprendre l’impact de ces relations.   Est-ce que je pouvais créer des problèmes à un jeune avec qui je partageais ma sexualité?  C’était le fonds de tout mon questionnement et de ne pas pouvoir trouver les réponses, sauf des livres qui condamnaient tout ce qui sortait des règles religieuses, me rendait encore plus vulnérable aux discours répressifs, car tout ce que je pouvais et peux encore objecter à leur argument, c’est ma petite expérience personnelle.  Celle-ci a cependant l’avantage de me permettre de ne plus me faire mentir à plein tube et me faire croire que la pédérastie est néfaste.    
  
Quand j’étais jeune, je crois que l’attitude des filles à mon égard fut très importante quant au choix naturel de la pédérastie.  Depuis que je suis très jeune, je ne sais pas de quoi parler avec une fille.  Leurs goûts me sont absolument étrangers.  Il n’y a rien à comprendre, sauf qu’elles fonctionnent surtout par les émotions quand il s’agit de relations humaines.  J’imagine que c’est parce que je n’ai pas rencontré la fille avec qui je me serais senti aussi comblé qu’avec un petit gars que je suis resté pédéraste.  Je n’avais pas besoin d’elles.  Je me sentais même privilégié d’être pédéraste et même si les aventures sont trop peu nombreuses, elles demeurent un fantasme suffisant pour vivre une vie agréable.      

Ma relation avec les filles et les gars de mon âge fut un problème de communication.  De goût.  Je déteste me sentir posséder, de devoir obéir à tous les caprices du ou de la partenaire.  La jalousie me rend malade. 

Pour moi, un être aimé, ce n’est pas un bien dont on dispose à volonté.  C’est un échange profond.  Une fascination et un émerveillement.  Les femmes avec lesquelles j’ai vécu me fascinaient autant que les petits gars par leur sens de la liberté.  Une liberté qui leur permettait de choisir le partenaire, mais qui les amenait souvent à changer.  Tu étais l’homme de la situation tant que tu comblais tous leurs vœux au lit ; mais si ça déclinait, tout changeait.  J’étais parfaitement d’accord avec ce point de vue.      

Tu peux t’attacher à quelqu’un pour un certain passage dans ta vie; mais ça ne veut pas dire que ce sera ce qu’il y a de mieux durant toute ta vie; donc, pourquoi ne pas changer? Les femmes cherchaient surtout et d’abord la sécurité. 

À cette époque, les femmes ne pouvaient pas socialement se développer comme un gars. C’était à mon sens complètement stupide.  La femme peut aussi bien remplir toutes les fonctions que remplissent les hommes et si tu ne fais pas d’enfant tu n’as aucune obligation envers personne.      

Cette façon de comprendre l’amour modifie tous les paramètres dans la vie.  Si tu fondes une famille, tu en es totalement responsable et alors pour la sécurité de la famille, la fidélité est essentielle ; mais si tu n’as pas d’enfant l’amour ne te rend absolument pas propriétaire de l’autre.  C’est en ce sens que je crois que le couple peut exister en fonction de la solitude, du partage, de la complémentarité et alors ce n’est pas important, dans ce cas, que le couple soit hétérosexuel ou homosexuel.  L’important devint : être bien dans ta peau, être bien avec l’autre.         
 

Jeune, je n’avais pas cet échange avec les femmes.  Elles m’étaient complètement étrangères.  Je n’avais aucun sujet de discussion qui aurait pu leur plaire, mais je demande si j’en avais avec les gars, car, j’étais aussi différent d’eux que je l’étais des filles.         

Comment s’identifier à l’homosexualité, comme me l’avaient recommandés les médecins que j’avais consultés, alors que j’avais à cause des journaux jaunes et des discussions soulevées chez les adultes  peur des hommes intéressés aux plus jeunes parce qu’ils étaient tous supposés être des montres qui risquaient de nous tuer après nous avoir enculés.

Je ne pouvais pas concevoir de prendre le risque quoique ça me tentait. On nous présentait les homosexuels comme des gars qui s’enculent automatiquement et ce n’est pas une pratique que j’aime.  Alors, que faire ?             
Avec un jeune, pas de problème, il aimait autant que moi les caresses, les masturbations et un petit suçage.  Je n’ai jamais eu une expérience où un jeune a manifesté de la répugnance ou d’insatisfaction.  Ils sont tous revenus quand on pouvait se revoir et leur comportement signifiait clairement leur désir de recommencer. 

Les faits contredisaient tout ce que l’on disait sur le sujet.  Tout n’était que plaisir et à moins de croire ce qu’on prétendait quant au mal que l’on faisait, il était impossible de s’en repentir.  C’était, au contraire, de très bons souvenirs.    

Mon manque de communication avec les femmes ne me les a pas fait haïr.  Elles n’ont tout simplement jamais été chez moi aussi importantes émotivement qu’un petit gars.  Je voulais avoir un enfant. C’est ce qui m’attirait en elle. C’est ce qui a développé l’idée que je pourrais vivre aussi heureux avec une femme qu’avec un homme.  Aujourd’hui, je considère la sexualité comme un besoin secondaire.   

Par contre, les filles ont joué un rôle primordial dans mon goût de la boisson.  Toujours te faire refuser quand tu vas les demander à danser, ce qui constituait mes rapports avec elles, vers 15-16 ans, ça m’humiliait, ça me choquait.  Aussi, plutôt que de toujours me faire dire non, parce que j’étais trop laid, je m’achetais de la bière et j’oubliais ainsi cet outrage.  À 16 ans, j’avais déjà un bon fond alcoolique.  Ce rapport ne faisait qu’amplifier le mépris que j’avais de moi.  Les filles signifiaient bien plus un problème qu’une tentation.

J’ai résolu le problème en les éliminant de ma vie.  Elles ont cessé d’exister dans mon imaginaire quand il était question de plaisir et surtout de sexe.  Plus je les ai connues, moins elles ont occupé d’espace.  Par contre, celles avec qui j’ai vécu demeurent de très bons souvenirs.  Ce qui explique probablement que je suis beaucoup moins misogyne que la majorité des pédérastes que j’ai connus.              
     
Par contre, la lutte que les féminounes me livrent fait en sorte que je préfère vivre avec une petite Benji qu’avec une femme.  Benji, ma chienne, ne fait pas de crises stupides. Elle n’est pas assez scrupuleuse pour ne penser qu’au cul.  Le plus drôle, le fait d’avoir eu Benji m’a mis plus que jamais en contact superficiel avec une tonne de femmes. 

Donc, je fais à nouveau une différence avec les féminounes, des êtres arriérés, et les vraies femmes, les féministes.  Je ne suis pas plus intéressé, mais davantage amusé.  Me faire dire que je suis bel homme ne me laisse pas tout à fait indifférent.  Et plus que jamais je crois que tous les êtres humains sont égaux.  Il suffit de découvrir ce qui les rend plus beaux et plus agréables à fréquenter. 

On devrait créer un circuit de gens qui aurait pour mission de découvrir la beauté de l’autre peu importe le sexe, la race, la langue, la religion.  Découvrir simplement la beauté de l’humanité.  Avec les trous-de-cul qui nous dirigent, c’est devenu un besoin essentiel.   La vie est tellement courte qu’il faudrait cesser de perdre notre temps avec nos différences.   

7 août 2022.

Je ne suis pas indifférent aux compliments quant à ma beauté ou ma laideur.  

À 79 ans, je n’ai jamais eu autant d’hommes pour me dire qu’ils me trouvent désirables et qui me demandent en mariage. Évidemment, tous ces compliments dirigent le rapport qui s’établit entre nous et qui finit majoritairement par me demander si j’accepte de me montrer nu. Puisque la nudité ne m’apparaît pas comme mal, je ne vois pas pourquoi je leur refuserais.

Plus tard, je dirai que c’est ce petit aspect « guidoune » qui a fait que j’ai pu m’éloigner de la pédérastie quoique la paternité et enseigner ont aussi joué un rôle essentiel. J’ai découvert les jeunes autrement. S’accepter comme on est, c’est toujours difficile.

Radioactif 458

août 7, 2022

Teste de 2008 p. 838

Le sexe et le sacrifice (2).


Aujourd’hui, je n’ai aucun ressentiment contre personne en particulier.  J’ai une mémoire qui oublie plus facilement ce qui m’a fait mal que ce qui m’a fait plaisir.

Je suis devenu pédéraste parce que la vie a voulu qu’il en soit ainsi.  Pourquoi?  Je n’en sais rien.  Mon dédain pour les viscères et tout ce qui est intérieur?  Je ne suis pas devenu homosexuel parce que je n’aime pas les grosses queues et parce que les jeunes sont la beauté incarnée. Ils ont une forme d’authenticité et de spontanéité dans les rapports entre individus que l’on ne retrouve pas chez les adultes.  Question d’appréciation.  Je ne sais pas.  Je ne regrette rien.  Aujourd’hui, ma réalité est homosexuelle

J’ai eu une vie formidablement intéressante. Mes parents auraient pu être, ainsi que me éducateurs, plus clairs sur les réalités sexuelles, mais ça n’aurait rien changé de fondamental, sauf que je ne me serais pas cru fou parce que j’aimais mes petits compagnons.       

Ces informations sexuelles ne venaient pas de mes parents pour qui, comme les autres, la sexualité était un sujet à éviter ; mais des livres supposément capables de nous faire comprendre notre sexualité.  De psychiatres et psychologues à la con.

N’a-t-on pas fait subir des électrochocs à une femme tout à fait normale jusqu’à la détruire parce que son père ne voulait pas d’une fille descende trop facilement le pantalon de son amant ?  Les psys sont très souvent plus fous que les autres dès qu’il est question de sexe. Ils ne sont pas tellement mieux que les curés. On ne connaissait que les règles que les curés nous expliquaient en chaire quand il y avait des retraites, en employant des mots que je ne comprenais pas. Ce fut le désastre quand j’ai compris que se masturber était ce fameux péché dont on parlait tout le temps. Je voulais être un saint et je me ramassais parmi les pervers condamnés d’avance.   


Ce n’était pas la faute de mes parents. Ce n’est pas eux qui me masturbaient.  C’était ma passion et ils ne m’en ont jamais empêché parce que ça se faisait à la cachette et on en parlait qu’à la confession.   Mais, je dois avouer que de nous faire croire que nous étions pécheurs juste du fait d’y penser, de jouer avec notre petit zizi, c’est en soi révoltant ; car, si toutes les exhortations, tous les sacrifices ne m’ont pas empêché de rechercher le petit gars de mes rêves ; la mésestime de soi engendré par ce feeling d’être un pécheur a été ce qu’il y a eu de plus négatif dans ma vie.  C’est ce qui m’a rendu alcoolique.     

Si j’ai commencé à essayer des drogues c’est que je ne m’aimais plus parce que j’étais un « méchant» sans le vouloir.  Je voulais être un saint et j’étais un petit cochon. Je priais pour changer, mais quand ça faisait mon affaire, je priais pour que l’autre soit aussi tenté que moi.  Une belle crise d’authenticité personnelle.  Il est possible de se mentir sur ses propres intentions.  Pas facile de s’y retrouver quand t’es jeune.    

J’ai commencé à me demander comment on pouvait ainsi se mentir ?  Je ne voulais pas être mauvais, mais je ne voulais pas me priver du sublime plaisir de partager des chatouillements.  Comment peut-on avoir assez peu de conscience pour en arriver à faire croire aux jeunes que leur élan sexuel est mal, maladif ou irresponsable?  Et, est-ce cette ère de menteurs et d’hypocrites qu’il faudrait respecter?             

Tous les gens sont animés par leur libido et tenter de l’écraser comme on nous le montrait tient de l’imbécilité et de la haine de soi. C’est de la pure méchanceté par ignorance.    
 
Je pourrais dire que c’est la faute de mes « chums» qui profitaient de ma naïveté pour me tromper et me faire croire qu’ils me vendaient de la drogue : ils voulaient se faire de l’argent en exploitant mon inexpérience dans la vie et ma naïveté à vouloir tout essayer.  Mais, en quelque part, j’aurais dû être assez fort pour comprendre que la morale religieuse n’était qu’un poison qu’on ingurgitait un peu plus avec l’âge.    
 
Au moment où tu te sous-estimes moralement, c’est le début de ta haine contre le corps et contre la nature humaine parce qu’elle est sexuée. 

Il faut être dépravé pour croire que Dieu a été un imbécile,  en ajoutant le plaisir à l’acte qui consacre le salut de l’espèce.  Plus tu combats ta nature profonde, plus elle te mène par le bout du nez.  Si elle ne se réalise pas d’une manière, elle le fera autrement.  On sait tous que le capitalisme est une déviance sexuelle, une forme de sublimation.  La frustration sexuelle s’est transformée en amour de l’argent. Avoir avant d’être. 

Moi, j’ai eu la chance de pouvoir vivre ma pédérastie sans souffrir assez longtemps pour croire qu’elle n’était pas bonne.  C’était une source de plaisir et de bonheur quand elle donnait naissance à des amours.  

C’est bien évident que les pédérastes seront toujours une exception (moins de 2%) quant à la manière de vivre sa libido ; mais personne ne peut choisir ce qui t’attire.  C’est tout à fait naturel puisqu’être attiré par un autre gars est un phénomène génétique ou hormonal.  La pédérastie est une modification à ce que vive la très grande majorité des humains. Même les gais rejettent la pédérastie.  Pourtant, on peut affirmer qu’elle est génétique et que ce changement se situe parmi les douze différences retrouvées dans l’étude des gênes par les scientifiques. Laquelle? On le saura un jour. Et tant que la pédérastie s’abreuve à la non-violence et au consentement,  c’est        un plaisir pour ceux qui le sont et leurs prétendus victimes.

Pour un pédéraste, le principal, c’est la beauté. La beauté et la beauté.  Même la beauté est une illusion.  Elle se modifie au fur et à mesure que l’on vieillit.  C’est comme si la nature savait qu’il y a trop d’humains et qu’elle a trouvé une solution pour restreindre la surpopulation, sans être obligé de passer par des génocides ou des guerres. 

Il fallait être inconscient pour interdire l’homosexualité; mais on pensait que plus il y avait d’humains, plus la consommation était payante. D’ailleurs, je crois qu’on a accepté l’homosexualité parce qu’on a trouvé que c’était plus payant que la répression. Les gais sont souvent plus riches que les hétéros devant nourrir toute une famille.

J’ai vite compris que les sacrifices ne pouvaient rien contre ma pédérastie.  C’était le désespoir.  Mais, la vie était tellement forte dans mon petit corps que la pédérastie  fut une série d’éblouissements. 

J’imagine que mon intellect, à la source de ma curiosité illimitée ne pouvait que se réjouir au fur à mesure qu’il découvrait quelque chose de nouveau.  Je suis un alcoolique de la vie.  Je buvais pour le plaisir autant que pour oublier que je ne plaisais pas aux filles.   Et, je n’acceptais pas de ne pas comprendre.  Et, trois femmes ont décidé passagèrement que j’étais l’homme de leur vie ou de leur lit.           
    
J’ai toujours été révolté par l’existence de la censure : un viol de l’esprit. 

Je le suis tout autant aujourd’hui, sachant que la vie sera de plus en plus difficile parce que l’on revient à la morale religieuse.

J’espère que mon petit témoignage aura pu permettre à certains de retrouver courage et joie de vivre. Il faut apprendre à s’accepter et s’aimer comme on est.                 

Radioactif 457

août 6, 2022

Radioactif  457

Texte  2008, p. 831

Espace pédéraste

La censure est un virus cancérigène qui gruge le cerveau et conduit à l’Inquisition ou au fascisme.     

Quand j’ai écrit les textes sur la pédérastie, j’ai essayé de communiquer comment peut se sentir un pédéraste dans un monde qui le proscrit partout sur la planète.  Pourquoi fait-on la chasse à ces amours alors qu’on endure la violence et la drogue?  Pourquoi un jeu conduisant à une commotion cérébrale est-il perçu moins dangereux qu’une expérience sexuelle en bas âge? Comment approuver une société ou tuer est moins pire qu’un attouchement sexuel?  Une philosophie contre-nature et d’hypocrisie.  Une philosophie née des hallucinations religieuses.        

Même si je suis pédéraste devenu passif, je ne vis pas nécessairement ma pédérastie comme les autres.  Mes anciens amis pédérastes rêvaient de s’expatrier considérant le Québec comme un infâme enfer. 

Quant à moi, je considère que, sauf les féminounes et les médias qui essaient de nous ramener à l’âge des cavernes ou des curés (c’est la même chose), je ne me sentais pas brimer à ce point.  C’est au jeune de décider s’il aime ça ou pas et non aux adultes, sous prétexte que les jeunes ne sont pas responsables.  Et des jeunes qui aiment ça, il y en a beaucoup plus qu’on le pense. Le vrai problème est de le vivre sans en parler, car c’est le seul moyen.

Si les parents voulaient qu’ils soient responsables, ils s’arrangeraient pour que les jeunes soient très bien informés sur la sexualité.  Ils voudraient qu’on leur enseigne la vérité et non pas n’importe quelle sérénade. Il respecterait que l’âge de consentement au Québec est de 14 ans et non 16, comme l’a imposé le fédéral.    

J’ai toujours vécu dans la joie, le bonheur et la générosité, grâce à la pédérastie.  J’ai eu aussi des «down», comme tout le monde.  J’en étais même rendu à me demander si en ayant fixé l’âge de consentement à 14 ans, ce n’était pas raisonnable. En tous cas, je pouvais le vivre et si je ne le respectais pas, je savais à quoi m’attendre.     

Je suis majeur et vacciné contre la débilité de la morale sexuelle religieuse.  D’autre part, il faut admettre que la sévérité du système judiciaire concernant tout ce qui touche les réalités sexuelles sans violence est le descendant de l’Inquisition.

On ne fait aucune nuance entre une relation sexuelle violente ou dominatrice et un jeu sexuel consenti, mais proscrit par la loi.

À moins d’être malade ou menteur, une fellation ou une masturbation ne cause pas de douleur à un garçon, mais bien au contraire, un plaisir.  Prétendre qu’une aventure a tué ta jeunesse, c’est plus que de l’exagération, c’est du délire. La seule chose qui peut être douloureuse, c’est la sodomie et c’est ce que notre système judiciaire protège le plus comme si on en n’était pas conscient.

Toutes les vidéos qui présentent la vie gaie insistent  sur les scènes sodomites comme si être gai était être sodomite.  Cette peur entretient un déséquilibre social puisque le sexe est condamné dès qu’il est vécu en dehors du sacrement du mariage ou son équivalent.

Évidemment, y a de plus en plus de parasites, d’avocats, dans le monde judiciaire et les médias qui créent une espèce de course à savoir qui sera le plus fasciste.   La peur est ce qui paye le plus.  

Le pire on ne tient absolument pas compte de deux facteurs essentiels : la sexualité gaie ne se vit pas comme les relations filles-gars, c’est beaucoup plus ouvert.  Le danger de donner naissance n’existe pas.

L’éducation sexuelle du garçon est plutôt son silence alors que pour une fille tous les adultes crient au danger et à la douleur de la pauvre fille qui ose avoir une relation sexuelle et qui risque de devenir enceinte.

Ce n’est pas désagréable de se faire toucher ; et surtout, le jeune en faisant face à un âge de consentement trop vieux est privé du droit à son intégrité physique et à sa vie privée.  Il sera aussi intéressé à ne pas obéir et tenter d’expérimenter par lui-même puisqu’il ne peut pas faire confiance aux adultes.

Donc, espace-pédéraste essaie de décrire ce que certains pédérastes vivent à travers leurs expériences.  Je me suis, jusqu’à un certain point, servi de ce que je ressens, c’est bien évident. 

C’est bizarre que l’on refuse d’entendre ce qui se passe à l’intérieur des gens qui n’ont pas la même façon de vivre ou la même morale.  On ne me fera jamais croire que jouer aux fesses est négatif et qu’il appartient aux autres de décider. 

Donc voici un des poèmes qui fait sauter les barrières de l’ignorance et de la répression et qui m’a valu d’être décrié comme si j’étais Satan en personne :     

                                 Espace pédéraste  

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste  
je contemple la vie 
rivé à l’extase-sourire        
des premières éjaculations          
d’un petit bonhomme qui me plaît.         

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste. 

Je bois l’amour et le bonheur      
au bout de petits pénis     
qui apprennent en soubresauts 
le chemin de la jouissance.         

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste  
de ceux prêts à mourir      
pour un regard        
pour un toucher     
pour juste un petit peu d’amour.

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste. 

Et c’est pour ça       
que l’on m’exclue   
que l’on me chasse           
que l’on m’accable 
qu’on me condamne.        

Amour antithèse de la guerre      
amour antithèse de l’inégalité     
amour fascination de l’autre        
amour -compassion anti-misère 
amour antiracisme et préjugés.   

Je n’aurai jamais de pays 
sinon le corps d’un gamin
que je découvre      
avec ma langue.

Je parle de race, car la chasse aux pédérastes est exactement du même ordre que le racisme : ceux qui s’y opposent prétendent que le pédéraste est un être vil, un moins que rien.  Comme les Talibans, ils pensent qu’il faut se conformer à la lettre à la Charia, comme les Juifs à la Bible.  

La religion et ses interdits créent la discrimination parce qu’on se pense meilleur que l’autre. Et, s’ils étaient aveugles ? 

La pédérastie est simplement être gai, mais être attiré par quelqu’un de plus jeune que soi.  On peut s’apercevoir que l’on est gai et en ressentir les besoins à un âge plus précoce que les autres, d’où est-il impossible d’établir un âge de consentement. La pédérastie repose sur la beauté et le plaisir d’intimité. Comme dirait Freud, dans certains cas, cela peut aussi naître d’une fixation à un événement précédent habituellement très heureux.        

Je crois que, dans mon cas, ce fut la peur des adultes sur le plan sexuel à cause des histoires que l’on se racontait à partir des articles de journaux qui a joué un rôle essentiel. 

Quand j’étais jeune, on parlait des enfants tués par des vicieux, ce qui m’amena à faire de l’auto-stop avec une pierre cachée dans mes poches pour me défendre au cas.

Cette peur maladive de la sexualité est entretenue par les média. Elle alimente un surmoi de plus en plus délirant. On confond un toucher avec un viol.

Quand on ne fait plus de différence avec un viol, donc une geste extrêmement violent, et un toucher non consenti, une forme de non savoir vivre, on permet aux media de nous laver la tête contre tout ce qui est sexuel et de rendre toutes nos relations suspicieuses.

La pudeur excessive est aussi maladive que le vice. Elle est plus fréquente chez les filles à cause de l’éducation sexuelle qui se nourrit à travers ce que l’on entend quand on est jeune.

Féministes

août 6, 2022

Il y a une différence fondamentale entre les féministes, telles que je les ai connues, et les féminounes qui se prétendent victimes sexuelles à tort ou à raison. Les vraies féministes ne combattent pas les hommes, mais cherchent un meilleur statut pour les femmes. J’ai beaucoup de respect pour les vraies féministes. Nos sociétés deviennent folles face à la sexualité beaucoup plus à cause des religions que des féministes.

Radioactif 456

août 5, 2022

Texte de 208, p. 828

Vendre le Québec ?         

Le discours de Christine St-Pierre, du PLQ, me fait peur.  Je ne sais pas de quelle planète elle vient quand elle nous parle de culture. 

Selon elle, la culture devrait appartenir au Québec. On est tous d’accord.  Il en était ainsi dans le projet avorté de réconciliation de Charlottetown (là, on a besoin de mémoire historique). 

Tous les Québécois ont refusé cette solution constitutionnelle parce que le Québec ne recevait pas assez de pouvoirs. On se sentait trahi par Bourassa, le père de la souveraineté culturelle.  Le Canada anglais vota aussi contre le projet de Charlottetown, mais parce qu’on en donnait trop au Québec. 

Mme St-Pierre devrait voir le pouvoir qu’elle a réellement au Canada en regardant la décision du CRTC quant à TQS. 

Que les fédérastes se le mettent dans la tête : il n’y a que trois solutions possibles : un Canada uni et anglais et/ou un Québec indépendant  français et laïc ou un Québec  maître absolu de sa langue et sa culture, donc, par conséquent, tout ce nourrit cette indépendance culturelle (langue, immigration, rapport avec les autochtones), mais à l’intérieur du Canada. 

Le Québec doit choisir de vivre en fonction de l’économie ou en fonction de son âme et de son identité ; la raison financière ou l’émotion.           

Les Anglophones nous perçoivent comme trop francophones juste à humer notre haleine.  Il est impossible de croire que le Québec occupera la place qui lui revient dans le Canada, s’il ne menace pas le Canada de séparation. 

Le Canada sait que nous existons qu’au moment où il croit que nous allons vraiment partir.  Comme un couple qui menace sans cesse de se séparer, mais qui finit toujours dans le même lit après s’être donné quelques bonnes claques sur la gueule.  Une situation de sadomasochiste.  Pas besoin d’être génial pour le constater, on a qu’à lire les rapports sur le bilinguisme pour comprendre.           

Dans les années 1970, on disait : l’indépendance pacifiquement ou autrement.  Et, le autrement faisait bouger les choses. 

Aujourd’hui, le autrement n’existe plus et on se fait déculotter à chacune de nos revendications.  Au cours des derniers quarante ans, notre attitude de mouton nous a fait perdre tout notre pouvoir de revendication.  Ce n’est pas étonnant, puisque même la ministre Courchesne nous dit que le drapeau du Québec est une guenille.  Le Conseil de langue française nous dicte comment se faire assimiler avec le sourire.  Le parti libéral s’apprête-t-il à essayer de nous faire avaler un rapatriement de la Constitution avec l’ADQ ?   C’est le résultat d’être trop à droite.               
 
Pierre Vallières a enterré définitivement le FLQ, parce que la violence nuisait au projet d’indépendance.  Et, il avait raison ; mais ne pas être violent ne veut pas dire être à quatre pattes devant Ottawa. 

Le Canada est fait à l’envers quant à la distribution des pouvoirs.  En créant une confédération, ce devait être les provinces qui cèdent des pouvoirs à Ottawa.  Mais, dès Riel, quand on a écrasé le rêve des Métis dans le sang, le Canada était devenu pour les financiers un état centralisateur.  L’argent prenait la priorité sur l’idéal d’un grand peuple, vivant en harmonie, dans le respect de chacun.  Le Canada a été créé dans le sang et a continué à s’imposer militairement (les mesures de guerre).    

Donc, on se ramasse avec un pacifiquement ou pas du tout, de notre côté, mais pas du leur. 

On n’a pas hésité de monter le coup de la Brinks pour démontrer notre ignorance en économie et nous faire peur.  Jean Charest a dit le contraire quand il pensait qu’on n’écoutait pas.  On continue à faire semblant que le Canada nous respecte, en ajoutant la culture.  Il suffit de prétendre qu’on est une nation (un mot coquille vide) pour nous redonner le sourire. 

  
La morale étrangle la liberté de pensée des Québécois et nous force à devenir de plus en plus américain, grâce aux émissions exportées des USA à la télévision.  Je suis tout à fait d’accord avec le pacifisme, mais on ne doit jamais accepter le viol de nos consciences, imposé par la droite religieuse.  J’ai le droit d’exister, même si je crois que la sexualité est une réalité extraordinaire.  Que le péché de la chair, c’est de la merde.  La peur sert à nous endormir.  Le premier geste des colonisateurs a toujours été de faire habillé les peuples découverts et qui vivaient nus.  

La violence engendre la violence et rien, sauf la liberté si elle est menacée, justifie l’emploi d’une certaine violence pour se défendre.  La meilleure des solutions politique serait une vraie Confédération, mais cette perspective a été nettement refusée par le Canada anglais, avec Charlottetown justement.  Pire, le rapport Allaire n’était pas déposé que le Canada anglais rejetait les propositions de l’ADQ.      
 
Il faut être conscient que le refus de notre appartenance au Canada ne vient pas de nous, mais du fédéral qui refuse de nous accepter tel qu’on est.             

Si le fédéral nous respectait, nous écoutait, il nous donnerait la maîtrise absolue sur notre culture, ce ne serait pas un problème de vivre à l’intérieur du Canada et même d’en être fier.  Le Québec dans une vraie confédération canadienne.  On respecterait en fait ce qu’on demandait dans le dernier référendum : le Québec est maître absolu de ses lois, de ses impôts et de signer des traités internationaux. 

Dans une vraie Confédération, le pouvoir passe par la province vers l’état central et non le contraire.  Ce serait possible, si le fédéral ne continuait pas à toujours nous refuser ces droits fondamentaux pour survivre.  Mais, être condamné à vivre comme si on est des lépreux parce qu’on est francophone, nous ne devons jamais accepter ça. 

Le fédéral a beau jeu, car il suffit de nous diviser pour obtenir la majorité nécessaire pour justifier le statut quo.   Le référendum n’a pas été battu seulement par les immigrants et l’argent ; mais surtout parce que les francophones qui, contrairement aux anglophones, ont voté « pour » à 68% seulement.  Les Anglophones le « non » avait plus de 90 pour cent d’adhérents.  Nous nous sommes fait harakiri et nous l’avons consacré en accusant Jacques Parizeau de racisme.  Y a deux accusations qu’on peut porter contre un Québécois sans que l’accusé ait le moindre mot à dire pour se défendre : raciste ou pédophile.  Si on veut la tête d’une personne, on a qu’à l’accuser d’un des deux et c’est automatique, la tête tombe.   

Si on veut avoir une souveraineté culturelle, il faut que ça inclue un minimum des minimums.  Notre culture ne peut pas survivre si nous n’avons pas : la culture, l’exclusivité sur la langue, l’immigration et les communications.  Et, jamais, jamais, le fédéral n’acceptera de nous remettre ces droits.  Il tente de nous les voler depuis la conquête.  Ce n’est pas prophétique, c’est juste un minimum de lucidité. 

Le fédéral a négocié tant qu’il a eu peur du FLQ.  Dès que le FLQ est disparu (bizarrement après l’enlèvement de Vallières), le fédéral a repris le dessus dans toutes les négociations.  Il n’avait plus raison d’avoir peur. C’est exactement ce qui se passe actuellement.  Harper n’a pas à se préoccuper plus qu’il le ne faut du Québec car l’ennemi, la séparation, n’est plus au rendez-vous.  Les gens de la région de Québec (qui ne peuvent pas digérer Montréal et qui sont demeurés de bons catholiques) voteront quand même pour lui.   

Si on ne se réveille pas, le Québec fera partie de la minorité francophone, mais cette minorité ne sera plus qu’hors Québec, mais elle sera nationale.   Si le Québec perd le combat culturel actuel, apprenons tout de suite l’anglais, c’est ça l’avenir des peuples qui n’ont pas assez de couille pour respecter leur identité. 

La souveraineté culturelle du Québec est d’une telle importance qu’elle est au-dessus de tous les partis politiques et de leurs stratégies. 

En ce sens, il est urgent que nos partis cessent de profiter des crisettes avec Ottawa et s’entendent sur un minimum vital à exiger d’Ottawa.  

C’est de l’indépendance à quatre pattes, mais c’est mieux que rien, car tant qu’on ne sera pas unis, nous serons de plus en plus faibles.    

Je me fous d’avec qui on va obtenir ces pouvoirs, il nous les faut, c’est tout.  Si Bourassa avait fait un référendum pour la souveraineté à la suite de Meech, j’aurais été le premier à voter pour lui, mais il a manqué de courage, comme Jean Charest aujourd’hui.      

Si le Québec ne s’affirme pas maintenant, il disparaîtra comme Pauline Julien le chantait… et ce sera de notre faute.          


Deuil

Il n’y aura pas d’autres articles aujourd’hui. Au cas où il y ait encore quelqu’un d’autrefois de Barnston qui me lise, j’aimerais souligner la mort de Gisèle Gauthier (c’était la plus vieille).  Ses funérailles ont lieu demain à Nashua.

Je dois ajouter que Lucille, Gilles et Denise sont aussi décédées. (4 août 2022). Les Gauthier vivent maintenant aux USA et selon ce que je sais, ils seraient tous gravement malades. Puisque je n’ai plus, depuis 1996, le droit de me rendre aux USA, je n’ai pas la chance de savoir ce qui se passe dans notre famille immédiate.  



Sexe et violence

août 4, 2022

Tout geste sexuel accompagné de violence est un crime très grave qui ne doit jamais demeuré impuni.

Par contre, il serait temps que l’on cesse de faire un drame avec les gestes qui doivent être classés plutôt comme un manque de savoir vivre.

On ne meurt pas si on se fait toucher ou si on est vu nu. Mais, ces gestes demeurent quand même des crimes mineurs, s’il n’y a pas consentement.

Tout est dans le consentement.  J’aime ou je n’aime pas. Ces gestes n’ont pas de conséquences physiques, mais peuvent être considérés comme mal étant donné notre culture judéo-chrétienne puisque cela peut  créer une forme de honte et de culpabilité. Il appartient alors à un psychologue de soigner cette douleur et non aux juges à fixer la vengeance.  

La prostitution individuelle doit être décriminalisée. Ton corps t’appartient et tu as le droit de faire ce que tu veux avec. Gagner ta vie avec tes bras n’est pas mieux qu’avec tes organes génitaux. Question de choix, d’éducation.

Banaliser est une chose, amplifier est encore pire. Les informations médiatiques sur les crimes sexuels encouragent  le colonialisme idéologique.

Radioactif 455

août 4, 2022

Radioactif 455

Texte de 2008, p. 826

Prophète ?  

À la suite de mon arrestation, en 1996, tout de suite après le référendum, sous le prétexte de gestes de nature sexuelle, j’ai écrit un poème pour avertir les gens de la fuite politique vers la droite qui visait à tuer l’idée d’un Québec indépendant.   

Quand j’ai lu ce texte à une soirée de poésie chez Janou St-Denis, les «gorges chaudes» fédérastes ont commencé à se demander pourquoi on me laissait la parole, moi, le véreux, le maudit pédophile (ce qui est faux, je suis pédéraste).  

J’ai alors écrit un livre que j’ai fait parvenir à M. Charbonneau, le député, pour qu’on soit bien au courant de ce qui se passait.  La réponse : on ne mélange pas le sexe et la politique, comme si la droite ne mélangeait pas la religion et la politique. Les campagnes des féminounes ne sont-elles pas des manifestations de droite extrême ?        

Les événements depuis lors confirment la valeur politique de mon incarcération.  

Dans l’esprit des gens en-dedans, j’étais un prisonnier politique pendant que Stéphane Dion faisait passer sa loi de la clarté sur le référendum.  Une incarcération préventive.  Or, on peut maintenant, 10 ans plus tard, constater que la morale est devenue l’arme par excellence pour tuer la culture québécoise.  On commence à peine à se réveiller. 

La morale pour tuer la culture québécoise. 

C’est maintenant de plus en plus évident : Ottawa veut tuer la culture québécoise et pour y parvenir, il se sert de la morale puisque les Conservateurs sont aussi les anciens Réformistes.   

En 1996, quand je dénonçais ce phénomène, cette tendance vers la droite, je passais pour un fou, un maudit «pédophile» qui braillait sur les planches de la poésie.  Aujourd’hui, je suis l’écrivain banni de l’AAACE et de l’UNEQ pour avoir osé dire ce que je pense à travers un essai (la forme littéraire pour dire ce qu’on pense) La pédérastie mise à nu.  Il y a aussiun recueil de poèmes puisque je me sers de mes écrits poétiques pour retracer l’histoire de ma vie.  J’ai appelé ça Autoportrait d’une révolte.                    

Eh oui !  Je parle de ma réalité pédéraste parce que ce fut un aspect très important dans ma vie.   Ces censeures féminounes participent actuellement au mouvement de boycotte contre la censure.  On a même menacé l’organisation de la Flambée des couleurs d’être boycottée, si j’y participais. Je me demande en fonction de quelle logique, elles agissent ainsi : dénoncer la censure du système en implantant la leur.  

Quand j’ai écrit les textes pour le journal de l’AAACE, je n’avais pas encore abordé ce sujet ; mais on avait trouvé moyen de critiquer mon approche trop «politique».  On se demandait où je voulais en venir et on me disait qu’on ne me laisserait pas dire n’importe quoi comme jadis.          

Je me suis aussitôt demandé si cet organisme n’a pas un lien direct avec les libéraux pour être aussi vite sur leurs ergots ; mais ça pouvait être aussi une suite logique à l’article de Richard Martineau. 

Quoiqu’il en soit, le meilleur moyen pour le fédéral de tuer le Québec, c’est d’abord de détruire le Québec Inc., sur le plan économique, et s’attaquer par la suite à sa culture par le biais de la morale sexuelle ou des valeurs.  Cette deuxième phase est déjà entamée.          

J’ai décidé d’être solidaire aux artistes, car je suis écrivain.  Non seulement je suis écrivain, mais je crois encore et plus que jamais dans la nécessité absolue de réaliser d’urgence l’indépendance du Québec. 

La seule différence, c’est que j’ose maintenant affirmer que la meilleure solution pour nous, c’est la création d’une véritable confédération ; mais pour y parvenir qu’on le veuille ou non, il d’abord être indépendant.          

Personnellement, je n’appuierai jamais un retour à la censure des curés et leur aliénation que je passe pour «ce que ça voudra». 

La liberté d’un pays ne peut pas exister sans la liberté d’expression et de pensée de ses citoyens.  Nous recommençons à définir la nécessité de créer notre propre pays, en fonction de la réalité d’aujourd’hui.  Nous ne sommes pas les seuls et ce qui se passe actuellement sur la scène internationale nous concerne directement.     
 
La Chine ne veut pas appuyer la Russie, car elle serait prise avec le Tibet ; tout comme les Américains, avec un Québec indépendant. 

Dans mon livre Spirale intraprojective, je disais que tous les peuples qui veulent former un pays devraient avoir le droit de le faire, en autant qu’on puisse garantir une forme de vie acceptable pour tous les commettants.  Plutôt que de faire la guerre, l’ONU devrait reconnaître le droit à l’autodétermination des peuples à partir d’un référendum ou un vote majoritaire du gouvernement de ce pays.   

On a rejeté cette idée, sous prétexte qu’il y aurait trop de pays.  Qu’est-ce qui est le mieux : avoir beaucoup de petits pays et avoir la paix ou avoir seulement des puissances prêtes à se détruire pour contrôler un espace plus grand ?                      
 
Au Québec, on ne peut pas dire que le projet d’indépendance est un échec, on ne l’a jamais essayé.  On a dit au PQ, faites l’indépendance, mais en même temps, on l’en empêchait en divisant le vote de façon à donner le pouvoir aux fédérastes, à chacun des référendums.             
  
En se servant de la morale, le fédéral va jouer dans le plus profond de nos peurs « morales donc religieuses  » pour justifier comme les curés de jadis de devoir  » contrôler la nature humaine ». 

Avant on faisait croire qu’on voulait combattre la liberté sexuelle sous prétexte qu’il faut protéger les enfants de la sexualité ; mais, aujourd’hui, à moins d’être aveugle, on se rend compte que c’était un prétexte pour entrer la religion par la porte d’en arrière.  Comme les écoles privées servent à contourner la loi sur les écoles linguistiques.

Comme il faut chanter en anglais, pour avoir une chance de réussite.   Le fédéral réussit tranquillement à appliquer les recommandations du fameux rapport de Lord Durham.    
           

Radioactif 454

août 3, 2022

Radioactif 454

Texte de 208, p. 823

La naïveté québécoise.

Je ne dois pas avoir été le seul assez niaiseux à croire ce que les curés (les féminounes aujourd’hui) nous disaient, concernant la sexualité.  Ils ont beau crier que ça fait mal, que ça peut nous traumatiser à vie, mais l’expérience quotidienne prouve le contraire.  Comment peuvent-ils mentir autant et obtenir qu’on les croit ?  Notre ignorance est exploitée à fond ainsi que la peur.             
 
Je voulais aller au ciel.  À l’époque, c’était la foi ; aujourd’hui, ce sont les statistiques qui jouent le rôle de la vérité absolue, non contestable.  Tu dois croire en imbécile, c’est-à-dire sans remettre quoique ce soit en question.  La foi aveugle, c’est le paroxysme de l’idiotie ; mais la condition essentielle pour que l’on croit les religions, surtout qu’elles sont toutes devenues des institutions commerciales extrêmement riches.             

Comment peut-il sortir du bien d’institutions aussi perverses ?  Le seul point sur lequel elles s’accordent : le mépris de la sexualité.  Maintenir ce mépris, c’est attaquer l’estime de soi individuelle et te rappeler quotidiennement que t’as, toi aussi, des choses à te faire pardonner.  Donc, il faut faire des sacrifices ou donner de bons montants d’argent pour acheter la miséricorde divine. 

Luther a déjà créé une nouvelle religion pour ces raisons.  Les protestants, c’étaient les scrupuleux du temps ; mais au lieu de se préoccuper de cul, ils songeaient aux indulgences et à la fortune que ça représentait.                  

Comme bien des adolescents, je vivais cette contradiction très profonde : j’adorais tout ce qui était sexe ; mais je mourais de peur, de honte, de mépris de moi, dès que je les occasions se présentaient et que je m’arrêtais à y penser, après une chute.  J’aurais dû au contraire, apprécier l’extrême bonheur de succomber à la tentation. 
    
Pourtant, déjà à cette époque, les occasions réelles de pécher étaient très restreintes, mais une aventure parvenait à me nourrir comme si j’avais été sur le party perpétuel.  Je vivais une sexualité nommée fantasmes et désirs. 

D’autre part, je croyais que les adultes ne pouvaient pas nous mentir, donc, je les croyais aveuglément. 

À chaque fois que je péchais, j’en avais pour des mois à me repentir.  Une façon bien masochiste de faire durer le plaisir.  Je voulais être un saint, mais en bénéficiant de tous les plaisirs de l’enfer.      

Que d’efforts j’ai faits pour échapper à ma petite nature.  On dirait aujourd’hui, que j’aurais dû en avoir les doigts croches.  Des prières à n’en plus finir, mettre des pois dans mes chaussures pour souffrir et ainsi me faire pardonner de Dieu ; des chapelets les bras en croix pour changer et devenir le petit curé ou le petit saint que je voulais devenir.  Mon idéal n’avait pas de limite, mais la force de la beauté des petites frimousses étaient encore bien plus grandes.           

J’avais beau évoquer Ste-Thérèse ou la Vierge Marie, rien à faire, dès qu’une belle petite gueule se présentait, elle devenait un champ d’exploration obligatoire.  Mon «surmoi» ne rejoignait pas la cheville du plaisir que le « ça » me procurait.  Je ne faisais rien de mal, je regardais des portraits de jeunes et je m’excitais de les voir si beaux.  Je rêvais de devenir ami de chacun des pays du globe et parfois de les déculotter pour mieux connaître toutes les cultures et leurs attraits distinctifs. En fait, j’étais sûrement pédéraste, sans le savoir encore. 

Ou j’étais tellement narcissiste que mon amour de moi à travers la beauté des autres (une projection par procuration) me rendait fou de joie et de désirs.  Je ne le ressentais pas ainsi, je ne recherchais pas ma beauté, j’aimais vraiment celle des autres, mais c’est une réalité possible, selon mon idole, M. Freud.             

La sincérité est aussi difficile à obtenir que son premier million.  Au-delà du sexe, je cherchais l’amitié.  Aimé et être aimé voulait dire quelque chose.  Vouloir devenir quelqu’un c’était une obsession.  Je voulais aussi être un père. Je sentais la vocation.  Même si j’avais peur de ma réalité, il me semblait que la paternité serait plus forte que les tentations, ce que l’avenir m’a confirmé avec Rouhed. 

Heureusement, Dieu n’était pas trop difficile, en ce sens, qu’avec la confession, je pouvais m’en sortir facilement.  Je pouvais me masturber le soir, le lendemain, puisque je servais la messe, je pouvais avant de commencer la cérémonie me confesser et ainsi communier.  Quoi de mieux : la jouissance et le pardon automatique. 

Pour être certain d’être sauvé, j’ai fait les sept premiers vendredis du mois qui garantissaient un salut automatique et indiscutable.  Pour ne pas prendre de chance, j’ai rédigé un texte selon lequel je donnais irrévocablement mon âme à Dieu, je me suis coupé et j’ai signé avec mon sang.  Avec une telle certitude, la voie de la passion restait ouverte, il suffisait que j’aie le temps de me faire pardonner.  Pourquoi ne pas se masturber, en disant son acte de contrition?  Il suffit de venir avant de mourir.          

À part, quelques cas particuliers de jeunes qui aiment la jouissance autant que moi donc, facile à offrir et obtenir, j’étais platonique.  J’agissais plus dans mes rêves que dans la réalité.  Et que de plaisir dans les rêves !       

Je suis tombé en amour avec Raymond et le vieux curé sans qu’il n’y ait le moindre attouchement, même pas une tentative.  Pour moi, l’amitié était beaucoup plus importante que le sexe.  C’est d’ailleurs, ce qui a expliqué le besoin d’avertir tout le monde proche de moi de ma pédérastie.  Je ne voulais pas être un danger pour qui que ce soit.  Ainsi, je ne pouvais pas prendre personne par surprise.  Tout était vite très clair.  Je savais vite provoquer la réponse.   

En fait, j’ai très jeune commencé à me révolter contre les mensonges de l’Église quoique je demeurais très profondément croyant ; mais ma croyance était mon interprétation personnelle des Évangiles.  La religion était devenue l’autorité.  Et, je me suis mis à détester l’autorité. 

Comme presque tout le monde, j’avais raison et le reste de l’humanité avait tort.  Je vivais un peu comme un petit voyou à la recherche de l’âme sœur.   Gars ou fille, ce n’était pas important dès que je me sentais compris et apprécié.  Puis, la prison fut un retour à la culpabilité.  Le retour aux sacrifices et indirectement le goût du suicide parce que je ne m’acceptais pas comme j’étais. 

D’avoir toujours été un peu lâche m’a sauvé la vie.  Je ne suis jamais passé à l’acte.  Puis, même en prison, j’ai trouvé un jeune qui m’a plu au point de vouloir me prendre encore pour un missionnaire.  Jeannot me hantait autant que la sainteté. J’ai dû en dire des prières pour chasser le monde de la tentation.      

Cette période, qui m’a valu de me faire dire que j’étais un saint, est quant à moi tout simplement une phase de folie.  Je priais, je jeûnais, je faisais tout ce qui était possible pour me punir d’être un pécheur.  Je croyais à nouveau au miracle jusqu’à ressentir des visions.  Je percevais des petits nuages d’énergies : vision de l’après-mort.  Tout était clair : nous n’étions qu’énergies et la prière était une forme de transmission d’énergies.  Je croyais à nouveau aussi stupidement qu’avant, dans les bienfaits des sacrifices pour s’approcher de Dieu.    

À ma sortie, de prison, j’avais fondé les Disciples de la croix.  Je prêchais l’amour et la pénitence.  Ce fut la période où j’ai été le plus fou. 

Cependant, je ne parlais pas de sexe, je parlais que d’amour.  Je niais l’existence de ce qu’il y a de plus profond et invariable en nous : notre petite nature, ma pédérastie. 

Sauf, que cet amour était probablement plus sincère que mes regrets.  Pour compenser ma laideur intérieure, ces remords m’ont conduit à vouloir changer à nouveau et devenir un militant du bien-être du Québec. 

Je suis retourné m’instruire pour mieux servir mon pays.  Ma petite nature l’a encore emporté.  Et, j’en suis bien content.  
           

Radioactif 453

août 2, 2022

Radioactif 453

Texte de 2008, p. 821

La valeur des sacrifices vs le sexe.


La peur nourrissait la vie quotidienne dans les premiers temps de l’humanité, mais je me demande ce qui a amené l’homme à croire que les sacrifices humains plaisaient aux dieux.  Le sacrifice était un moyen pour se faire pardonner et de contrôler les éléments de la nature.  Pour se faire pardonner, l’homme brûlait la meilleure partie de ses récoltes ou de son troupeau, au point où un jour, on a cru que l’offrande d’enfants vierges était encore ce qu’il y a de supérieur.  Comment une telle folie a-t-elle pu subsister à travers les siècles, sinon grâce à l’ignorance et la peur du changement ?  
 
Si les dieux sont plus cléments quand on offre la vie d’un enfant en sacrifice pourquoi ne pas le faire pour assurer la survie du groupe ?  Un enfant a plus de valeur qu’une chèvre.  Ainsi, s’emballe la folie du mieux et du meilleur.  Il en fut ainsi jusqu’à ce qu’on décrète la valeur symbolique du sacrifice.  C’était en fin de compte reconnaître qu’il n’y a pas de rapport direct entre le matériel et Dieu.             
 
Pour ce qui est du sacrifice humain, j’imagine que ce choix a reposé sur les épaules des religieux qui projetaient leur propre frustration et désir de chair fraîche sur Dieu.  Si on ne peut pas se payer le jeune, autant le sacrifier à notre Dieu.  Si ça nous fait plaisir, ça fera sûrement encore plus plaisir à Dieu puisque l’enfant est ce qu’il y a de plus pur.  Est-ce que ce fut une partie de leur raisonnement?  Quoiqu’il en soit, le sacrifice est demeuré un moyen de communiquer avec dieu. 

Pourtant, l’idée même du sacrifice relève du sadomasochisme. Toutes les religions ont continué de croire que le sacrifice était valable aux yeux de Dieu comme si Dieu dans son infini pouvait s’attarder à des détails aussi insignifiants : pourquoi pas une betterave plutôt qu’une chèvre?  Ce détail nous démontre cependant comment les religieux essayaient de nous emplir en nous faisant croire qu’eux connaissent Dieu mieux que quiconque.

On est rendu à avoir des études à l’université sur ce qu’est Dieu, la théologie, comme s’il était possible de le savoir, s’il existe bien évidemment.  Ce n’est pas parce que c’est enseigné à l’université que ça veut dire que c’est vrai.     

Dieu est l’ensemble absolu de l’énergie de tout l’univers. La vie est comme l’électricité et l’individu une espèce de système, de champs électromagnétiques, dont le corps en est la manifestation, l’agglomération.      

La perception des autres forces (attraction-répulsion) par ce champ électromagnétique est  la conscience de ce qui existe à l’extérieur de lui.  On est à la fois une réalité, une force, et l’univers que nous percevons, dans lequel nous avons, notre réalité est l’influence des autres énergies sur notre énergie, donc, sur soi-même.  Nous sentons leurs champs de force.   Elles arrivent même à modifier la qualité de notre énergie de base en bien ou en mal, à travers l’expérience de différentes vies.         
 
Plus nous sommes capables d’attraction, plus nous sommes ouverts aux autres, plus nous sommes une énergie de qualité.  Une question de langage.   On dit que la plus grande de ces forces d’attraction, c’est l’amour.   La haine est la répulsion ou l’incapacité d’entrer en contact avec les autres forces.  On pourrait aller jusqu’à dire que la prise de conscience de dieu est l’ouverture aux autres, tout comme l’égoïsme est une fermeture à tout ce qui existe en dehors de nous.           
 
Il est possible de créer des réseaux d’ondes qui modifient la réalité autour de soi lorsqu’on est en nombre suffisant, donc, de modifier les vibrations, ce qu’on a appelé la prière.  C’est peut-être complètement fou de voir ainsi la vie, mais c’est logique.  Ce qui ne l’est pas, c’est de ne pas essayer de comprendre. 

C’est probablement inconsciemment pourquoi on a inventé le péché de la chair.  Puisqu’on ne comprenait pas comment se reproduit la vie, ça dut être difficile de comprendre la raison pour laquelle il fallait faire l’amour pour donner naissance à un enfant.      

Une chose est certaine, on est venu à comprendre après des siècles pour ne pas dire des millénaires que le sperme y était pour quelque chose d’où a-t-on décrété parce qu’on avait peur d’une pénurie qu’il fallait combattre la masturbation et la sodomie parce que c’était utiliser ce précieux liquide en dehors de sa raison d’exister.             

Cette peur explique aussi la haine de l’homosexualité.  L’homosexuel jette un liquide d’un prix inestimable.  Il gaspille la vie. C’est ce qu’on a sans doute pensé pour créer une morale qui gère son utilisation.    

Bien évidemment, la sexualité servait à maintenir l’espèce. Donc, le plaisir autour de cette réalité n’avait pas d’importance.  Pour bien des humains, et c’est encore vrai aujourd’hui, la procréation a une valeur économique.  Un riche ne marie pas une pauvre, mais un autre riche pour être encore plus riche.  Et, ainsi naissent les classes.           

Évidemment, quand ça commencé à me chatouiller dans le ventre en jouant avec nos zizis, je ne comprenais pas pourquoi c’était interdit, secret, honteux.  Une aberration religieuse.  Pourquoi cela était-il mal ?  Parce que tout le monde le croit ?  Parce qu’on se laisse avoir par des histoires de fous comme nous racontaient les curés : danger de sécheresse, meurtre des spermatozoïdes, avoir des boutons quand tu te masturbes, devenir sourd, etc.  Pourquoi pouvions-nous croire dans tant de mensonges, sinon à cause de notre ignorance.        
 
L’Église abusait, violait nos consciences en faisant croire dans de telles sornettes.  Ce n’est pas strictement catholique, ce sont toutes les religions qui charrient de tels mensonges.  L’Islam est sûrement ce qu’il y a de plus fanatique.  Quand on condamne les gens à la peine de mort pour l’homosexualité, c’est n’a pas une bien grande vision de la réalité.  Mahomet n’en a jamais parlé dans le Coran, mais on extrapole à partir de Sodome et Gomorrhe qui, à mon avis, était plutôt la condamnation du manque d’amour entre les gens.  Je n’étais pas là, eux, non plus ; mais eux, ils essaient de nous faire croire qu’ils savent mieux que nous ce que le passé veut nous apprendre.  Au lieu d’avoir des kamikazes, l’Islam serait mieux d’apprendre aux grands du pétrole à partager avec les pauvres et à respecter l’égalité entre les hommes et les femmes. Le fanatisme ne dure qu’un temps.         

L’interprétation de la vie vient donc, de l’histoire, de l’expérience qui a forgé nos mentalités, nos civilisations.  On n’a jamais remis en question l’explication de la sexualité et de ce qui l’entoure parce que ça toujours été du ressort des religieux qui ont développé leur théorie à partir d’une fausse interprétation de la sexualité.  Les religions pour conserver le pouvoir doivent avoir des dogmes immuables.  Elles doivent tout savoir, d’où la confession.   

Donc, j’avais la libido et surtout le besoin de comprendre trop aiguisé pour toujours accepter cette approche de notre réalité humaine. Mais, comme tout le monde, jeune, je croyais aveuglément dans tout ce que les adultes nous enseignaient.  Et, comme tout le monde, il fut un temps où j’ai cru dans le péché de la chair et sa capacité de nous priver du ciel après la mort.  

Je ne remettais pas en question ce savoir ancestral puisque l’histoire ne m’avait pas encore appris comment se comportaient les papes et les religions, à travers les siècles.  Je croyais que ces institutions étaient porteuses de vérité et non des institutions pour nous vider les poches et nous diriger par le bout du nez.  C’est tellement vrai que nos politiciens ne sont pas capables de mettre leurs culottes devant les religions.

Radioactif 452

août 1, 2022

Radioactif 452

Texte de 2008, p. 818

Le sexe aujourd’hui.           

C’est bizarre de tant parler de sexe quand j’écris alors que dans ma vraie vie, le sexe occupe chez moi moins de cinq pour cent de mes pensées et de mes préoccupations. 

Quant à l’action collective, c’est le désert total.  La sécheresse absolue depuis des années.  Et, je ne m’en plains pas.    

Le sexe est redevenu un problème, un sujet qui demeurera tabou tant qu’il n’y aura pas moyen de démentir ce qu’on essaie de nous faire avaler : le péché comme dans les années 1950, sous le vocable d’hypersexualisation. 

C’est un phénomène exagéré, puisque toutes les statistiques démontrent un intérêt moindre de la sexualité chez les jeunes. La criminalité atteint seulement un pour cent en ce qui a trait aux causes de disparitions.          

D’ailleurs, la pornographie n’a pas grand intérêt pour les jeunes si tu connais déjà les sensations physiques de l’éveil de ton corps et de ta sexualité.  On ne retrouve aucun plaisir à jouer avec son petit «Joy stick», si on est occupé à autre chose.  Le plaisir est ce qu’on voit à l’écran, mais souvent les jeunes trouvent ces scènes plutôt dégueulasses.  

Ainsi, les sites pornographiques contribuent plus à écœurer les jeunes de l’ hyper sexualité qu’à les y plonger, car on ne peut s’empêcher de présenter des scènes d’enculage et de plus en plus de sadomasochisme, ce qui n’a rien de bien intéressant pour un jeune. C’est même écœurant à leur avis. Heureusement, il n’y a pas que ça. 

L’approche religieuse de la sexualité est le pire des mensonges.
  Même si, depuis quelques temps, je m’amuse à redécouvrir les vertus de la pornographie comme moyen de me défrustrer, elle n’arrive pas à attirer autant mon attention qu’auparavant.  On finit par s’en tanner.       

Les tabous sexuels sont un moyen d’introduire les religions par les portes de derrière.

La liberté est ce qu’il y a de plus essentiel dans la vie.  Je me demande même parfois si, pour avoir la paix, il ne serait pas mieux pour moi de recommencer à vivre en hypocrite, à la cachette.  De toute manière, la sexualité est vécue toute différemment, selon que tu es hétéro ou homo.         

C’est peut-être moins romantique chez les homos, mais c’est plus satisfaisant.   De toute façon, je n’ai pas la force et les moyens de combattre les stupidités des média et du système sous la dictature féminoune.  

Les médias essaient de modeler la conscience des Québécois avec des gueules sales qui se fichent de la vérité et de la valeur des individus et qui essaient de nous ramener aux années 1950.  Qu’est-ce que ça change dans ma vie? Rien, sinon que ça me l’empoisonne un peu plus à cause de la petite paranoïa normale puisque je n’accepte pas d’être comme tout le monde?    

Cette découverte me pose le problème de la sexualité bien différemment.  Ce désir de voir à nouveau des corps nus n’est plus une question de morale, mais de savoir pourquoi ce besoin de pornographie, qui est en réalité une pure perte de temps, revient hanté mes fantaisies de petit vieux? Le besoin d’être plus excité pour me masturber?                        

Cette obsession tient probablement à deux éléments : 1- la certitude de m’être fait mentir par la religion et les médecins qui se prétendaient des experts de la sexualité ; donc, un besoin de vérité   2-   par l’injustice sociale totale qui prévaut contre les pédérastes ( en les faisant percevoir comme des monstres assoiffés de sang)  puisqu’on ne peut plus s’attaquer aux homosexuels sans être perçu avec raison comme des arriérés mentaux. 

Dans ce dernier contexte, les féminounes ont remplacé les curés.   
             
Leur frustration est devenue de la haine.  Le mâle est à nouveau le mal, le danger, le prédateur, le cochon.  Elles sont prêtes à toutes les bassesses pour se venger des mâles.  Les féminounes, ce sont les scrupuleuses qui essaient de nous faire croire dans l’hypersexualisation pour nous ramener aux valeurs qui nous ont tant fait chier au temps de l’Église.      

Les services judiciaires ont aussi besoin de causes pour nourrir tous les avocats parasites qui continuent d’entretenir la démence et poussent les scrupuleux à prétendre qu’ils ont raison.  Ainsi, on invente de nouveaux crimes avec la venue d’internet

Ces gens entretiennent la même haine du corps qui a justifié jusqu’à date la morale de notre civilisation, celle-là même qui a rejeté l’ère de la Grèce Antique parce qu’elle acceptait la pédérastie.   Plutôt que de reconnaître la réalité, mieux vaut la nier.  Plutôt que de vivre sa sexualité, l’argent remplace le pénis.  On dirait que les gens aiment mentir et se faire mentir.  Que leur jalousie n’a pas de limite. 
 
Quand j’étais jeune, je n’étais pas mort de remords puisque je sentais que la sexualité était perçue comme quelque chose de mal, d’infernal, de satanique ; mais parce que je croyais trop dans la bonté de Dieu. J’aurais jamais pu dire pourquoi.  Et pour moi, pour que quelque chose soit mal, il faut pouvoir le justifier, l’expliquer.   Je ne suis pas un «singe», même si on m’appelait Chita, pour croire tout ce que le système prétend.  Je réfléchis. 

J’étais comme tous les petits gars de mon âge bien plus occupé à jouer au cowboy qu’à jouer au docteur, même si j’adorais déjà ce jeu.  Comme Freud, le dit si bien j’étais très curieux et je vivais comme tous les jeunes une vie d’explorations, le sexe y compris.  Je voulais comprendre.           
 
Puis, comme tous les gars, vers 10-11 ans, après une période de désintérêt absolu pour le sexe, une période de latence, j’ai commencé à me demander pourquoi le zizi me chatouillait ainsi que le bas du ventre quand je jouais avec ce petit caporal. Je m’intéressais aux effets des caresses.  Et les caresses faisaient passer le petit caporal à un petit capitaine.   

Je ne pouvais pas demander aux adultes pourquoi tous ces garde-à-vous, car dès que tu abordais un sujet qui montait en haut des genoux et ne dépassait pas le nombril, il était impossible d’en parler sans créer une réaction de fous. C’était une telle explosion de rage que t’avais l’impression que tu venais de faire sauter la bombe atomique ou reléguer le diable au rang de simple amateur à côté de ta capacité de faire le mal.         

Le sexe occupait une place débile.  Toute la place. C’était le mal suprême.  Il occupait la même place qu’il occupe présentement chez les féminounes et dans nos religions.  Une obsession qui se projette sur toutes les nounes de l’humanité. On dirait qu’il n’y a que ça qui préoccupe les adultes.       

Comme je l’ai déjà dit quand j’ai fait le lien entre le péché d’impureté et le sexe, j’étais déjà un expert.  Je savais deviner quand un autre gars aimerait ça : je devenais par ses regards, ses mous, ses sourires, sa façon de se tenir.  Je savais comprendre les sourires et les clins d’œil ; je connaissais déjà les différences de rythme dans la respiration quand je touchais un autre. J’avais développé une écoute parfaite de la réaction de sa peau, en d’autre terme, je connaissais mon péché aussi bien, même bien mieux que mon catéchisme.   

Parfois, je me mettais à douter de ce qu’on nous apprenait.  Ça me semblait complètement ridicule. Pourquoi avoir un sexe si on ne peut pas en jouir?   En secret, je cherchais à contempler les visages des petits gars et parfois je me demandais comment ils étaient bâtis.  Leur visage était le summum de la beauté.  Les voir nus, c’était le rêve de les connaître sans secret, de percer le mur du langage et de la différence.   J’aurais déculotté tous les petits gars du monde juste pour connaître l’humanité et percer ce mystère, ce besoin de contempler la beauté de l’autre.           
 
Pourquoi le sexe nous amène-t-il à une vénération absolue de son partenaire?  J’étais devant un petit gars comme devant un paysage : ébloui, ravi, grelottant de contentement.  Bien évidemment, il n’en était pas ainsi pour tous ceux que je rencontrais.  J’aurais voulu savoir pourquoi tel type de garçon m’attirait plus que tel autre.   J’aurais voulu comprendre pourquoi je réagis ainsi dans la vie.  En compagnie d’un petit compagnon où mes souhaits se réalisaient, c’était l’euphorie totale.  Un plaisir que je me souvenais et remémorais durant des mois comme la plus belle des chances.  Jamais je ne serai aussi heureux qu’à l’époque de ces grandes tentatives.  

Mais, on nous apprenait que le sexe est le mal d’entre tous les maux, le pire des crimes, comme les féminounes le font encore aujourd’hui plutôt que de suivre la voie progressiste des féministes qui nous répétait que l’on est le seul maître de son corps et de son esprit.           

Le génocide

juillet 31, 2022

Le pape François a raison, les autochtones du Canada ont subi un génocide culturel. C’est dans la peau de la religion. Partout, où les missionnaires sont arrivés, la première idée fut de vêtir tout le monde. La psychose du péché de la chair les a toujours amené à croire qu’il était supérieurs parce qu’ils n’étaient pas pécheurs. Ils étaient habillés, eux.  Par contre, il ne faudrait pas oublier que plusieurs ont été dévoués, des modèles du vrai christianisme. Si la religion maintient sa psychose sexuelle, elle  a souvent apporté un appui à ceux qui ont besoin d’elle pour se revaloriser, pour se donner une raison d’exister. La folie religieuse est le fanatisme.

Radioactif 451

juillet 31, 2022

Radioactif 451

Texte de 2008, p. 814

Les olympiques.   

Je n’ai jamais autant écouté les olympiques de ma vie.  Ma mère connaissait ça mieux que moi. Elle est vraiment extraordinaire. 

Le plus drôle, c’était d’entendre brailler les chroniqueurs parce que le Canada n’a pas de médailles.  Combien de nous pouvons nous rendre aux Olympiques?  Y répondre nous indique jusqu’à quel point les médias arrivent à nous charrier.  Juste le fait d’être des olympistes, c’est déjà super merveilleux.             

J’ai beau parfois avoir la tête enflé, en croyant que j’ai écrit des choses intéressantes : je n’ai encore jamais réalisé une telle performance et je n’en réaliserai pas non plus.  Je me dois d’admettre que je suis un gars bien ordinaire : pas d’invention, pas de richesses, pas de talents sportifs ou autres.  À part mon obsession pour les petites queues, il ‘y a pas grand-chose qui me distingue des autres.  Il faut bien se rendre compte qu’on n’est pas tous nés pour être des vedettes comme Céline Dion ou Elton John.             

Je retiens des jeux que ces vedettes s’entraînent durant des années pour voir leurs rêves se réaliser ou mourir en quelques minutes.  Même si, à ce niveau, l’étiquette d’un pays n’est pas aussi importante que le talent, la fierté de son appartenance ne peut pas être reléguée aux oubliettes.  Malgré soi, on est porté à prendre pour son drapeau. 

Je n’ai jamais été celui qui s’est arrêté longtemps sur ce genre de compétition, mais je dois avouer que j’ai été touché par l’appel pressant lancé pour qu’on reconnaisse nos petits génies plus vite et surtout qu’on leur donne l’aide pour se développer.  C’est vrai dans les sports, mais c’est aussi vrai dans les sciences et les arts.           

Aujourd’hui pour être quelqu’un il faut se rappeler qu’on a des milliards de compétiteurs.  Juste être un individu, c’est déjà une merveille.  Des millions de spermatozoïdes et d’ovules sont morts avant de trouver le couple parfait qui nous a créés.  Juste le fait de vivre fait de nous des êtres de grande valeur. 

On pourrait dire qu’à ce compte, si on a autant de compétiteurs, ça ne donne rien de faire un effort ; mais heureusement un champion avec son cheval nous rappelle qu’on peut partir de loin pour revenir parmi les meilleurs. Les chroniqueurs auraient pu en parler sans insister sur le fait qu’il a déjà eu des problèmes de cocaïne.  Qu’il en parle, c’est merveilleux ; mais les autres devraient savoir que « sa » médaille est aussi en or que les autres médailles d’or.         

Ça me fait aussi penser qu’au Québec, on manque de fierté depuis un certain référendum en 1995.  On aime ça écraser le voisin.  Ce n’est pas parce qu’on a été assez tata pour se tirer dans les pieds et se refuser de naître qu’on ne vaut plus rien.  Bien au contraire, il faut reprendre toute la réflexion à zéro et se demander ce qu’on veut que le Québec devienne.            

Si on peut aller chercher des médailles, avoir des divas comme Diane Dufresne, Céline Dion, Ginette Renaud, etc., on peut jouer un rôle assez intéressant dans le monde.  Juste le regarder suffit pour nous en mettre plein la vue.  Mais, c’est rien à côté de pouvoir sentir en faire partie.   

Je vais souvent voir des spectacles au Vieux-Clocher et je suis ravi des talents qui existent au Québec.  On est un tout petit peuple et pourtant on rayonne partout dans le monde.  Bravo à toutes ces vraies vedettes. Je n’en suis pas jaloux, j’en suis très fier.   

Si les humains apprennent à partager, la vie sera de plus en plus belle. 

Peut-être qu’avec des élections, on se débarrassera de Harper et des autres de son espèce.  

Avant les États-Unis faisaient appel à Ben Laden à toutes les fois que les Américains n’avaient pas assez peur, maintenant, on prétend que Mc Caïn reçoit des produits dangereux.  Il faut se rappeler qu’après le 11 septembre on semait la panique avec l’Amtrak, je pense.  Or, ces lettres étaient envoyées par un fonctionnaire blanc de haut niveau.  On essaye peut-être de recréer cette atmosphère de danger pour revenir à la peur.  La peur fait augmenter les votes de la droite et les profits de tout ce qui touche à la sécurité.  Pas étonnant qu’on en invente pour garder le pouvoir.          
  
Par contre, ces émissions m’ont fait prendre encore plus conscience de l’idiotie de la mode selon laquelle il faut employer des mots anglais pour se donner des airs de Jos Connaissant.  Aussi, la ligne d’arrivée est devenue la finish.  Quel bel exemple !  On braille ensuite parce que les jeunes ne savent pas écrire le français.  Il fallait bien que je chiale un peu.

Radioactif 450

juillet 30, 2022

Radioactif 450

Texte de 2008, page 814  

L’air du temps.

Je suis content d’avoir reçu le livre … Poésie du monde.  Monde de la poésie.  Un livre des Dossiers d’Aquitaine, une maison d’édition de Bordeaux, France, dans lequel je me retrouve ainsi que les poètes québécois Attala Nora, Diane Descôteaux et Christophe Condello.  Je ne connais pas les deux ou trois autres poètes venus aussi du Québec. Je suis déconnecté de la poésie puisque j’en n’écris plus depuis déjà plusieurs années.       

Avec la censure, j’ai totalement perdu la foi dans la poésie.  Après l’Envol poétique, Jepoème m’a aussi évincé sous prétexte que je suis pédéraste et que j’ose dire que ce fut une belle expérience dans ma vie, malgré la méchanceté de mes accusateurs, les langues sales.   

Je suis quand même content, car mes poèmes ont su être écoutés à une certaine époque dirigée par les féministes et les gens qui cherchaient le progrès, contrairement, aux féminounes d’aujourd’hui qui essaient avec le système judiciaire de nous ramener à l’époque des années 1950.  Une société de paranoïaques. 

C’est exactement cet esprit de censure qui animait la Gestapo et l’Inquisition.  On est rendu avec des accusations qui sont exactement similaires à ce que l’Église employait pour combattre la sexualité. On juge maintenant selon les intentions.   Avec l’Église : pas de regards, pas de touchers, pas de pensées impures.  Au judiciaire, on plante de fausses victimes pour prendre les gens en défaut.  Ce n’est pas très glorieux pour l’espèce humaine.  C’est plutôt une démonstration de sa bassesse.      
 
Ce n’est pas surprenant que l’on invente de nouveaux chefs d’accusation quand les médias redonnent le micro à tous les animateurs qui ont été reconnus comme les plus orduriers.  On peut faire n’importe quoi pour de l’argent. Pas étonnant que la société se dégrade aussi rapidement.  Elle est à l’image de ce qu’on entend à la télévision… à droite toute.   

Par contre, je sens que ça achève.  On ne peut pas aller plus bas.  J’ai offert mon aide et présenter mes bravos à Denis Coderre qui veut défendre notre liberté dans les créations culturelles, en éliminant les lois de censure que le fédéral se sert pour tuer le Québec.  Il ne m’a même pas envoyé un accusé de réception.  Ça me semble une priorité, même si je demeure indépendantiste.  Il faut à tout prix se débarrasser de la copie conforme de George W. Bush, Steven Harper et ses Conservateurs.                    

Malheureusement, le Bloc n’a pas eu la perspicacité de voir que ce gouvernement nous ramène à l’ère de la suprématie de l’Église. Quant aux libéraux, même si Dion se comporte comme un opportuniste et laisse passer toutes les lois plutôt que de perdre aux élections, il pourrait avoir la surprise de voir tous les progressistes l’appuyer juste pour un mandat, afin de mettre Harper dehors.  

C’est vrai que la politique n’a rien de tellement intéressant maintenant, car on doit choisir celui qui nous semble le moins pire ou le meilleur pour se débarrasser de ce qui nous semble le plus ordurier. 

Les signes avant-coureurs sont différents cette année. Lors des élections précédentes, le fédéral essayait de me planter (transcription schizophrénique de la réalité à travers les signes).  Une année, je n’avais même plus de fenêtres et de porte à ma cuisine et on devait les remplacer par hasard le jour du vote.   Ce doit être parce que je suis paranoïaque. L’autre fois, je devais quitter Montréal pour survivre, en pleine campagne électorale, puis, le fédéral gelait une partie de ma pension, même si c’était illégal. C’était par hasard, lors des dernières élections           . 

Cette année, rien, sauf que le fédéral me doit moins de deux piastres (retour d’impôt) et qu’un bonhomme prétend que je suis témoin de quelque chose et que je serai payé pour me rendre témoigner.  Le plus comique, je ne sais pas de quoi il parle,  mais ces petits détails me disent qu’on s’en va vers un changement.   

Par contre, pour la première fois de ma vie, j’ai de moins en moins le goût d’écrire.  Je n’arrive même pas à recorriger mes deux derniers livres pour les republier.  Mon livre La pédérastie mise à nu est revu et corrigé, mais je n’arrive pas à le relire d’un coup pour m’assurer que je n’ai rien oublié et que cette fois ce sera la dernière fois que j’y touche.  C’est la même chose avec Autoportrait d’une révolte. Pourtant, c’est essentiel pour passer à autre chose.   

Je fais une indigestion de l’écriture.  J’ai l’impression de perdre mon temps.          

Ça donne quoi de raconter ma vie pour que les jeunes comprennent qu’ils ne sont pas les seuls à s’être ramassés avec une orientation sexuelle rejetée socialement et que le suicide n’est pas la réponse.  Il faut au contraire apprendre à se servir de ce problème pour encore mieux se réaliser.  Faudrait peut-être que je révise ce que sera ma retraite ? 

Les valeurs que charrient les médias me rendent malade.  Comment peut-on retourner à la grande noirceur?  Sommes-nous assez Alzheimer pour avoir oublié?  Ne sommes-nous pas conscients qu’on se fait moucher depuis 40 ans par les mensonges fédérastes?  Je crois que Madame Marois a raison.  Il n’y a qu’un moyen de tuer cette morosité : redéfinir complètement le projet d’indépendance et trouver des politiciens qui auront assez de couille pour mener à bien ce changement. 

L’indépendance n’est pas aujourd’hui comme on la ressentait dans les années 1970. 

À cette époque, on se sentait en guerre avec Ottawa.  Aujourd’hui, le Québec a assez évolué pour réfléchir sur ce qui sera le mieux pour les jeunes qui viennent après nous.  Qu’on le veuille ou non, on a encore très peu de temps à vivre. Dans 10 ou 20 ans, nous serons des réalités du passé ; mais nos choix seront la réalité des nouveaux adultes.  C’est très sérieux. 

C’est pourquoi, j’ai cru qu’il est, pour le moment, plus important de parler des droits individuels que de l’indépendance politique.  C’est un élément sur lequel on doit réfléchir pour créer une constitution québécoise. Si on n’a pas de valeurs qui motivent notre action, on fera des indépendantistes de carrière.  Ceux qui veulent l’indépendance doivent se donner à fond, car c’est le bien de tous les Québécois qui est en jeu.  À 1970 je préfère encore la révolution tranquille.   C’est dans cette optique qu’un jour le Québec sera indépendant.         

Vouloir être indépendant, c’est vouloir être autonome, responsable, libre.  Il faudra avoir dépassé la partisanerie.          

Le suicide

Le suicide de son enfant est la pire chose qui puisse arriver à un parent.            Je ne peux pas oublier celui de Rouhed. J’aurais voulu mourir à sa place ou du moins en partager la terreur.

Je me demande quel est ma responsabilité du fait que les trois gars avec qui j’ai vécu des années ont tous mal terminé. Gabriel m’a presque tué. Il est disparu sans que je sache ce qui lui arrive, Rouhed s’est suicidé parce que sa blonde l’a laissé et Shuhed est mort itinérant, complètement détaché de sa merveilleuse famille.  Tous ceux qui m’ont connu me disent cependant que personne n’aurait pu faire mieux que moi. On peut accompagner, mais la liberté est une réalité individuelle. Chacun fait ses choix. On peut influencer, mais on ne peut pas décider à leur place.

Radioactif 449

juillet 29, 2022

Radioactif 449

Texte de 20087, p 810

Au-delà du territoire … l’indépendance.

L’indépendance du Québec n’est pas qu’une question de territoire ou de pouvoirs entre le fédéral et le Québec ; mais surtout, une vision du monde et de « notre place » dans le monde.      
    
C’est une perception qui rejoint le sens de la vie. Mais, ce peut être tout autre chose pour un autre que moi.  Tout dépend de ce qui constitue l’élément sur lequel repose notre jugement. 

Si je ne pense qu’à l’argent, je crois dans le Canada.  Si le français est prioritaire, c’est évident que je suis indépendantiste.  Si je crois aux droits de la personne, l’un n’est pas meilleur que l’autre.  Les lois du Canada prévalent sur celles du Québec.  Nous sommes des colonisés.   Au criminel, elles sont les mêmes.  Nous sommes aliénés.   Nous embrassons nos chaînes.

Harper, les féminounes et la droite religieuse en font de grandes zones d’insécurité.  Ce sont des Talibans chrétiens.  Évidemment, entre notre intolérance et la folie des Talibans, il n’y a rien de comparable, sinon que c’est la même racine.  

Le problème fondamental demeure la vérité.  Puisque chacun tire de son bord de la couverture, il est pratiquement impossible pour le commun des citoyens de savoir quand on lui ment ou non.  On appelle ça : l’intérêt du parti. 

Pourtant, une question aussi importante devrait être traitée au-delà des intérêts des partis politiques pour voir dans l’ensemble quelle solution est la plus avantageuse pour les Québécois (Tous ceux qui demeurent sur le territoire du Québec).            
 
Je ne suis pas devenu indépendantiste juste parce que c’était à la mode dans les années 1970 ; mais parce que mon expérience comme journaliste à la Tribune (l’échec du projet d’aéroport international à Drummondville, les subventions dans le monde agricole, Ottawa qui paye pour que les industries fuient le Québec afin d’entretenir la peur, les bombes de la GRC, etc.) tout ça me prouvait le suprême mépris du fédéral pour les gens du Québec. 

Quand je téléphonais à Ottawa, un peu plus et les ministres en entrevues auraient eu besoin d’une carte géographique pour savoir d’où je leur parlais.  Tu n’as pas de besoin de dessin pour comprendre que pour eux (à part des impôts à payer), tu n’es rien.  

Par contre, le pire problème qui nous assaillait localement c’était l’esprit de clocher.  Sherbrooke, en particulier, se prenait pour l’Estrie au complet.

Dans ma tête, on ne peut pas améliorer le sort des gens d’une région en remettant les décisions à des gouvernements extérieurs et sans que les gens aient une conscience régionale pour trouver des solutions.     

Un pays, c’est simplement un territoire qui permet à des gens qui veulent être ensemble, de vivre convenablement à travers les mêmes valeurs qui les réunissent.       

Le territoire n’est pas nécessairement physique, il doit être aussi psychologique.  Un pays, ce n’est pas qu’un territoire, mais une âme, une culture.   C’est là où comme humain je me réalise le mieux. 

Pour maximiser ma personnalité, me mettre pleinement en valeur, mes valeurs doivent trouver un écho dans mon pays   Tout le monde doit rêver de vivre dans le meilleur des pays.    

On devrait avoir le droit de vivre dans le pays de son choix.
  Il devrait y avoir autant de pays dans le monde qu’il y a d’endroits qui correspondent à cette définition (un territoire où on vit pour les mêmes valeurs). 

Chaque individu devrait avoir le choix de son pays.  Pour que ce soit possible, on doit admettre qu’on n’est pas tous des copies. Nous sommes une quantité d’énergies sculptées par notre environnement et notre culture.   

Quand tu peux être heureux, te réaliser dans un tel territoire, ça devrait être là où tu devrais vivre.  Les frontières ne devraient jamais être un obstacle.  On devrait pouvoir vivre dans le pays qui nous permet d’atteindre le maximum de nos capacités.  Il n’y a pas un être humain qui ne mérite pas de vivre.  Se réaliser, ce n’est pas seulement être riche.  C’est être autonome.  Avoir un idéal et chercher à l’accomplir.   

Si le monde était parfait, on n’aurait pas besoin de révolution.  Nous serions tous heureux. Nous saurions que pour être heureux, il faut nécessairement être content de soi.  Donc, il faut pouvoir s’accepter.  Il faut ensuite le respect de l’autre.

Tout devrait être permis, sauf la violence.   L’exploitation est une forme de violence.  La libido, la sexualité n’est que notre énergie de base.  Je ne le savais pas encore, mais je le ressentais.  Ça ne donne rien d’être dans le plus grand, le plus beau pays du monde, si tu y étouffes.     

Je suis donc devenu le prédicateur pour la création de gouvernements régionaux.  Plus cette idée faisait son chemin, plus je me rendais compte qu’il y a un pallier de gouvernement de trop.  Comment un gars du BC peut-il s’intéresser et comprendre un gars du Québec puisque nous vivons des problèmes bien différents et surtout que les domaines qui nous sont compatibles sont en compétition? 

Ma campagne pour un gouvernement régional exigeait une révision quant à la concentration des pouvoirs et de l’argent.  La population peut être le mieux servi par ceux qui sont près et qui ont les vrais pouvoirs de décision plutôt que par des fonctionnaires assis à leur bureau dans la capitale nationale.  Défendre les intérêts des gens de ma région m’a probablement rendu un peu trop fanatique. Mais j’étais jeune et ça correspondait à ce que je comprenais de la vie.   

Mes voyages sur le pouce m’ont par ailleurs fait prendre conscience d’une autre réalité.  Il y a différents niveaux d’évaluation de la qualité de la vie.  Le Canada est illogique sur le plan économique à cause de la diversité des intérêts entre les provinces.  Il m’est totalement inconnu sur un plan culturel.           

Cependant, ma pédérastie m’a amené à comprendre que l’indépendance doit être motivée par quelque chose de plus profond que l’économie.  Un individu, même vivant sur un territoire différent presqu’hostile, demeure un humain qui peut être fascinant.  Un petit gars n’a pas besoin d’une identité raciale, patriotique ou autre pour être une merveille.  Le fait d’aimer sans me poser de limites, de frontières, m’a fait découvrir que l’idéal fondamental de l’espèce humaine devrait être de faire de la terre : le paradis terrestre. 

Un ti-cul comme moi, sans argent, sans pouvoir, pire un pédéraste, qu’est-ce que ça peut faire, sinon écrire ce qu’il voit pour apporter sa toute petite contribution à cet idéal.  Le monde que l’on crée sera le monde dans lequel nos enfants seront obligés d’évoluer.  Si on leur lègue un monde de mensonges, d’hypocrisie, ils seront des menteurs et des hypocrites.  Si on leur montre un monde de violence, ils penseront que c’est normal que d’accepter la violence.  Si dès l’enfance, on leur fait croire que la sexualité est mauvaise, ils seront des scrupuleux qui tenteront d’imposer leur prétendue pureté aux autres, car ils se penseront supérieurs comme l’enseigne la religion.          
 
La religion est la source de toutes les ségrégations.  La vie me forçait à prendre conscience qu’elle est le reflet de la façon dont tu la juges.  Si t’es ouvert, elle te semblera de toute beauté.  Si t’es scrupuleux, intolérant, elle te semblera sale, laide et sans valeur.  La valeur réelle de ton pays est donc ancrée dans le jugement que tu portes sur ton entourage. 

C’est pourquoi, je trouve plus important de pouvoir vivre dans un espace où j’ai le droit d’exprimer mes sentiments, de travailler à améliorer mon sort et le sort de ceux qui m’entourent.  C’est pourquoi, jamais je n’accepterai la censure parce qu’elle est la négation d’une partie de la réalité ou de la vérité.             

J’ai toujours été obsédé par la justice sociale et c’est ce qui m’amène encore à décrier le sort que l’on fait aux pédérastes et pourquoi pas (même si je suis contre) aux pédophiles.           

On ne me fera jamais croire qu’un geste de nature sexuel, à moins d’être violent, soit assez grave pour condamner un individu à vie (il fait six mois de prison, mais on peut à la loupe examiner tout son passé et l’écraser en l’isolant pour le reste de sa vie.  La différence avec les Inquisiteurs, ils avaient le droit de brûler les individus.  C’est ce même esprit qui exige toujours d’être plus sévère avec les autres.   Avec le regard de la religion, les autres sont des impies.  On est violent envers les autres sous prétexte de se protéger du mal.     

C’est ce manque d’humanisme, ce manque de tolérance que je n’arrive pas à accepter que ce soit au Québec ou au Canada. 

À la décharge de la religion, cet esprit ne correspond même pas aux sermons des Évangiles.  C’est comme si, au Québec, on a confondu obsession sexuelle de l’Église avec l’ensemble de la foi chrétienne.  La religion, c’est prier.  Point à la ligne.  Les règles qu’on prétend divine, ce sont des mensonges.  Comment un pur esprit peut-il donner des consignes à un être inférieur, limité à savoir comment il doit se comporter?  Poser la question, c’est comprendre la stupidité d’une telle assertion et pourtant c’est exactement ce que font les religions avec la sexualité.                  

On prône son ignorance quant à la nature humaine comme la plus grande des vérités.  On est trop bête pour remettre en cause ses vérités qui sont devenues de toute évidence, avec les découvertes de la science, la preuve que l’on s’est mis un doigt dans l’œil.     

On n’a pas tellement évolué puisqu’on réagit comme les autorités du temps quand les premiers astronomes ont affirmé que la terre est ronde et qu’elle tourne autour du soleil.  Puisque inévitablement, notre terre disparaîtra ainsi que le soleil, donc selon notre réalité, comment peut-on prétendre à l’éternité ?   Si on a su se tromper et brûler les gens qui ne nous croyaient pas pourquoi n’a-t-on pas la sagesse de simplement reconnaître que sur le plan de la sexualité, les religions sont des tissus de mensonges et d’ignorances crasses de la réalité humaine.   Pourquoi ne pas tenir compte des découvertes scientifiques quant à la sexualité?         

C’est pour cela, que pour moi si on n’ajoute pas les valeurs de non- violence, de justice sociale, de respect de la liberté individuelle et de vie privée, de l’égalité entre tous les individus ainsi que la tolérance, l’indépendance ça ne veut rien dire parce que la Canada peut aussi nous l’offrir. 
     
J’ai appris au cours de mes 40 ans de combat que le plus fondamental se joue au niveau de l’esprit, dans des valeurs.  Et, il serait plus facile de se reconnaître à travers un Québec français qu’un Canada anglais qui s’américanise à la vitesse des formules 1.   Amen.

Texte de 20087, p. 809

Égoïsme.

Je me sens très égoïste de me rincer l’oeil avec tant de passion. 

Ce n’est pas normal d’être aussi « accroché» à de belles photos, mais le sexe a toujours été un moyen par excellence pour geler toutes mes douleurs intérieures, un contrepoids à la souffrance intérieure.             
  
Cet exercice a pris une autre allure : il me désensibilise parce que je me couche trop tard et cette fatigue assassine tout projet d’écriture.  Je suis revenu à la case départ.  Je vis de plus en plus mon impuissance et mon isolement. Serait-il vrai que je ne sois qu’un fou qui ignore sa folie ?

En attendant de me stabiliser, je vous livre une des rares tentatives que j’ai explorées dans le domaine du théâtre.  Il y a aussi la Thérèsa et Les puces

Je ne suis pas plus sage dans ce domaine littéraire.            

Berceau fasciste.

Quand la beauté est interdite      
le fascisme perce des dents        
grignote la vie individuelle           
les droits de la personne  
cadenasse la libido
tue l’envie folle de vivre.   

La passion naît sous les doigts   
au bout des langues         
dans la beauté des ados  
nourriture sans prix.

Les courbes des fesses, la ligne du corps,      
la beauté fascinante d’un regard complice,     
la fraîcheur de l’esprit et l’extase des yeux       
chemin de l’amour universel       
plaisir antiracisme, illumination…           

La vie est un sexe bon à dévorer
malgré les proxénètes       
de la pauvreté et de la culpabilité           
malgré les castrations morales    
des religions, des bourgeois       
pour criminaliser l’amour.

La visite du pape François.

juillet 28, 2022

La visite du pape François.

La visite du pape François a pris depuis ce matin une direction extraordinaire : elle est revenue à sa raison d’être, soit le pardon et la réconciliation.  Un voyage religieux et non politique.

Après les critiques de Trudeau, la « passe » politique de la visite à la Citadelle, les textes choisis à  Ste-Anne-de-Beaupré nous indiquent le chemin à suivre pour la réconciliation. « Aime ton prochain comme toi-même par amour de Dieu ».

Une messe en français, avec des passages en langues autochtones. Un choix de texte qui nous amène dans l’avenir et qui ne sert pas qu’à nous écraser  par le passé. Un appel à la résurrection.

La réconciliation est aussi matérielle. Les Premières nations doivent pouvoir jouir du même niveau de vie que tous les autres Québécois.  La première chose à faire est d’abolir la loi sur les Indiens. 

Les Premières nations doivent aussi avoir accès aux archives du Vatican. Nos livres d’histoire doivent tenir compte de ce qui s’est passé à cause du colonialisme canadien et non le cacher.  

Le mépris entretenu par Ottawa contre le Québec, sa langue, sa laïcité est le même que celui qui anima les pensionnats autochtones. On oublie trop facilement qu’il fut un temps où le Manitoba et l’Ontario ont interdit le français dans les écoles. Mon père disait si tu veux écraser les Québécois sers-toi d’un premier ministre francophone.

Je me rappelle avec émotion les grandes discussions que j’ai eues avec mon grand ami et poète, le Micmac Jean Ferguson, à Val-d’Or, sur ce qu’il fallait faire pour créer une unité entre les Premières Nations et le peuple Québécois.

Nous nous entendions surtout sur le fait que chaque nation doit avoir une école qui permette à son peuple d’apprendre sa langue et sa culture. Les autochtones doivent se servir du français comme langue seconde et commune sur le territoire du Québec. Le fédéral combat la francité québécoise en achetant les chefs et en préconisant que l’anglais remplace le français chez les autochtones.

L’hypocrisie fédérale est d’une ampleur insoupçonnée.

Jean Ferguson était un Micmac fier de ses origines et un bon écrivain.

Radioactif 448

juillet 28, 2022

Radioactif 448

Texte de 2008, p. 806

Évaluer sa vie.       

Quand je suis arrivé à Magog, c’était une question de vie ou de mort.  Le jeune schizophrène qui habitait avec moi avait pris la mauvaise habitude quand il prenait de la drogue de me battre.  La dernière fois, je me suis ramassé à l’hôpital, plus préoccupé du sort de Benji que du mien, avec une commotion cérébrale. 

Cet incident m’a forcé à me positionner sur la mort.  Elle arrive en son temps et je n’ai rien à dire. 

Cette réalité m’a amené à me demander si ma vie était plus positive que négative et ce qui devait en ressortir, si je mourrais.  Est-ce que la sexualité est mauvaise?  Est-ce que j’ai fait de mon mieux pour aider les autres?  Est- ce que mon incapacité à dire «non» a nui à ceux que j’aidais plus que les aider?  Est-ce que j’ai évolué vers l’amitié, la gratuité?  Est-ce que j’ai vaincu ma haine du système parce qu’elle peut entraîner une forme de violence?  Est-ce que la lucidité permet d’améliorer les choses ou de s’écœurer un peu plus de la société?  Est-ce que j’ai vraiment aidé ceux que j’ai aimés?   Est-ce que j’ai donné l’exemple, malgré ma jeunesse révolutionnaire; malgré ma pédérastie?  Est-ce que ma manière de vivre pédéraste pourra aider les jeunes qui se découvriront prisonnier dans cette orientation sexuelle?  Puis-je les sauver de cette horreur sociale, ce rejet hystérique et complètement fou.        
 
«Sa» vie est un témoignage en soi pour soi, parfois aussi pour les autres.  Ce n’est pas vrai juste pour moi, ce l’est aussi pour tout le monde.  Ma question la plus fondamentale : aurais-je pu aimer mieux et plus? 

Par exemple, ma petite cousine Constance Langlois, une naine, est devenue un héros pour l’aide qu’elle a apporté aux handicapés de Magog.  Sa mort remonte déjà à 20 ans.  Constance était une femme exemplaire, dans le sens que son infirmité ne la menait pas par le bout du nez, au contraire.  Elle a su à partir de sa réalité physique pour mener une vie axée sur le bien-être des autres.            

Ce fut la même chose pour ma mère qui fut bénévole jusqu’à sa mort.  Que l’on m’empêche d’enseigner aux jeunes, sous prétexte que je suis pédéraste, c’était déjà débile ; car après 15 ans d’enseignement, on ne pouvait pas me reprocher quoique ce soit et j’étais, je crois, un bon professeur.            

La société s’est privée de ma bonne volonté.  C’est drôle à dire, mais je n’avais jamais été aussi « straight » qu’à partir du moment où j’ai commencé à vivre des responsabilités.  Je n’étais pas encore en parfaite maîtrise de mes sentiments et de mes tentations, mais ma sexualité ne se résumait plus à l’école que par la fascination des jeunes sur le plan physique ; mais une «autre dimension » avait pris place : j’étais ébloui par leur intelligence et leur beauté intérieure.            

Le changement qui s’est opéré en moi n’était pas dicté par ce que les autres pensaient, par les règles et les lois ; mais par la peur de briser ce charme «spirituel» qui s’établissait entre moi et les jeunes à qui j’enseignais.  J’aimais toujours leur corps ; mais je préférais leur âme.  Le poignet a remplacé la pipe parce que j’avais peur que ceux qui y voyaient du mal aient raison. 

Pour moi, le sexe est devenu la cerise sur le sundae.  Il se vivait en dehors de ma profession.  Une excitation passagère qui ne vaut rien à côté d’être en amour.         

J’ai toujours été, à cause de ma trop forte libido, un être assez torturé.  Un peu malade.   Névrosé.   Mais, on ne peut pas se refaire, on doit vivre avec ce qu’on est, en essayant de s’améliorer le plus possible.  Aussi incroyable que ça puisse paraître, pour moi, l’essentiel de ma vie est et sera le message que mes écrits et ma vie laisseront aux futures générations.  Ce n’est pas parce que je me sens important.  Je sais très bien que si on continue à me boycotter comme on le fait, après ma mort, personne ne saura que j’ai existé.  Ça ne me dérange pas.            

J’écris parce que je crois que ce que je dis pourra aider aux jeunes dans l’avenir.  Certains pourront constater que la pédérastie est normale parce que c’est dans notre nature d’être pédéraste, c’est notre orientation sexuelle.  Il est possible de s’en servir pour donner un sens à sa vie.  Je ne voudrais pas être un mauvais exemple.  La vie est trop belle, malgré la merde dans laquelle on nous force de vivre, pour ne pas essayer de faire ressortir sa beauté.     

Je suis peut-être malade, mais pas autant que les féminounes puisque nous sommes deux formes d’obsessions sexuelles.  Moi, tant qu’il n’y a pas de violence, il n’y a pas de problème.  La sexualité est une merveille. Pour les féminounes, dès qu’il y a du sexe, tout est sale et mauvais.   

Je règle mon problème en me contentant de plus en plus sénilement à regarder des sites pornos ; mais je me dis que ça ne fait aucun mal à personne puisque je suis seul à admirer béatement la beauté des petits gars qui sont âgés, du moins c’est ce qu’on dit, d’au moins 18 ans.  Et, parfois, je me masturbe.   Et après ?         

Je me suis demandé en bon paranoïaque, si ces sites ne sont pas entretenus par les autorités comme pièges pour pédophiles.  Pourquoi? Il est possible de retracer tous ceux qui y regardent.       

Ainsi, puisque des milliers de photos existent et peuvent être vues gratuitement, même téléchargées, il est possible après un certain temps de faire une grande razzia tout en faisant croire que la police cherche à protéger les jeunes en s’attaquant aux sites pornographiques. Sites qu’elle entretient pour avoir une clientèle et organiser un semblant de sécurité.  Tolérer pour prendre au piège.      

Ainsi, puisque tu peux télécharger ou regarder gratuitement des images qui t’excitent, on peut prétendre que t’en fait le commerce.   Si tu fais ça pendant des mois, sans payer pour devenir membre d’un circuit organisé, il est possible que la petite pègre qui gère ces sites refilent les noms de ceux qui regardent, mais ne payent jamais, à la police pour se débarrasser des jouisseurs qui ne rapportent rien.           

En faisant les descentes, on peut prétendre qu’il y a commerce, même si tu as téléchargé les images gratuitement.  Un beau racket.  C’est la qualité morbide de ceux qui se servent de la sexualité pour te faire chanter .          
 
Tous les pédérastes ont été victimes de ces chantages un jour ou l’autre.  C’est une impression que j’ai depuis que des centaines de personnes sont soudainement accusées de trafic de pornographie infantile.  Une réalité?  Ça permet d’avoir des subventions et un travail assez peu dangereux et bien agréable.  Il fut un temps où la police filmait dans les toilettes publiques jusqu’à ce qu’on découvre que ceux qui vérifiaient les preuves jouissaient plutôt des preuves. 

En fait, mon début de retraite est une recherche pour évaluer la valeur de ma vie et déterminer si j’ai fait fausse route.  Les deux livres que j’ai écrits : Autoportrait d’une révolte est un assemblage des poèmes qui à mon avis résument ma vie et les sentiments qui m’ont animé. La poésie est un volcan de sentiments.  Quant à La pédérastie mise à nu, c’est un essai pour faire valoir ma perception de la pédérastie.  Puisque j’ai eu le bonheur et le malheur d’être pédéraste (pédophile si ça peut faire plaisir aux féminounes ou aux légalistes), j’essaie dans ce livre d’exposer au meilleur de ma connaissance et grâce à mon expérience, ce qui justifie ma position vis-à-vis la sexualité, car, pour moi, la liberté sexuelle est un droit à l’intégrité des individus et à la vie privée.          

Mes écrits sur radioactif.tv sont mes seuls nouveaux écrits.  Je ne le fais pas pour provoquer, mais pour présenter un point de vue que personne d’autre ne peut faire valoir.  Je n’ai plus rien à perdre, ce qui me donne une complète liberté d’expression.  Je crois qu’un écrivain est celui qui présente un nouveau regard sur la vie.         

Malheureusement, certains n’aiment pas ma philosophie de vie, car eux croient que la sexualité est sale en dehors du mariage et de la procréation.  

La pédérastie ou l’homosexualité sont des moyens non-violents pris par la nature pour essayer de contrôler les natalités et donc permettre à la terre de souffler un peu.  Quand la surpopulation privera les puissants de ce monde des énergies et des sous qu’elles apportent, le danger de guerre nucléaire va être devenu trop grand pour être évité. Et, ce sera la fin du monde actuel.          

J’espère que dans une prochaine civilisation, il n’y aura pas de féminounes, mais des féministes.

Le multiculturalisme

juillet 28, 2022

Il est de plus en plus évident que le fédéral se sert du sort des autochtones pour gifler le Québec francophone. La rencontre chez la Gouverneur générale et les passages à la Trudeau du discours du pape ont de quoi choquer. Même dans la bouche du pape François, pour moi, le multiculturalisme demeure un nid de création de ghettos.

Multiculturalisme

juillet 28, 2022

Il est de plus en plus évident que le fédéral se sert du sort des autochtones pour gifler le Québec francophone. La rencontre chez la Gouverneur générale et les passages à la Trudeau du discours du pape ont de quoi choquer. Même dans la bouche du pape François, pour moi, le multiculturalisme demeure un nid de création de ghettos.

Radioactif 447

juillet 27, 2022

Radioactif 447

Texte de 2008, p. 803

Freud et les féminounes.           


Quand on lit les livres de Freud, on se rend compte que ses malades étaient souvent des femmes obsédées par le sexe. Pas parce qu’elles en avaient trop ; mais parce qu’elles en manquaient.   Sans généraliser, je dirais sans peur de me tromper que la frustration sexuelle crée une forme de déséquilibre.          

Freud disait que la libido ne se perd pas, elle se transforme.  C’est ainsi que sont nés les capitalistes par sublimation.  Pas de sexe, il faut de l’argent pour le remplacer. Un plaisir contre un autre plaisir. Fourier disait, lui, que la frustration conduit à la violence.  C’est peut-être pour ça que les féminounes voudraient faire castrer tous les hommes, car il n’y a pas de différence entre les patientes de Freud et les féminounes actuelles.  Si on les écoutait aucun homme n’aurait un pénis.       

J’ai même entendu une femme prétendre que les chiens devraient porter une couche, car ils ne sont pas capables de se retenir quand ils voient une chienne ou une jambe. Et elle en avait assez de leur voir le bout en l’air.   Eh oui !  C’est là que la bêtise ou la peur de la sexualité nous amène.   
 
C’est normal qu’elles deviennent folles, car la chasteté que l’on nous a imposée depuis des siècles (les religions) est strictement antinaturelle. 

Si tu pars avec une fausse perception, c’est difficile d’imaginer une réponse intelligente.  Si pendant des siècles on te dit qu’avoir un nez est indécent, tu le cacheras sans même te demander pourquoi il est indécent d’avoir un nez.   

Les fédérastes ont vite compris que le meilleur moyen de tuer la culture québécoise, c’est de réimposer la morale perverse judéo-chrétienne quant à la sexualité.  Et, le christianisme est encore moins pire que les autres religions.  Pensez à l’Islam et vous n’aurez pas besoin de chercher longtemps pour en avoir la preuve.                 

Les religions voudraient que l’on soit des anges asexués.
  On m’a souligné que dans un de mes poèmes, on préférait le mot ange au mot pénis.  Une obsession qui ne tient pas du tout compte de ce que j’ai voulu dire.  Ainsi, une féminoune s’imagine qu’en entendant le mot pénétrer ce ne peut être que le mouvement d’un pénis.                   

Malheureusement, si au lieu d’écouter le malaise existentiel que constitue pour elle la moindre allusion à un pénis qu’elle imagine, elle aurait compris le vrai sens du poème.  Juste avant je dis que je voudrais mourirpour pouvoir le pénétrer sous-entendu « d’âme à âme».    Hors, c’est ce que j’écris depuis des mois, mais, elle ne doit pas lire mon carnet disant que la pédérastie devient un échange d’énergies, la recherche d’un retour à la pureté (qui n’a rien à voir avec la chasteté).      
    
Donc, pour pouvoir être encore plus en osmose avec la qualité de l’énergie de la jeunesse, je voudrais mourir pour parcourir, ressentir, vivre cette même énergie que le corps (fil conducteur de cette énergie) m’empêche de ressentir parce que trop limité.  Ça ne se ressemble même pas à une allusion au pénis et à la pénétration physique.  C’est ça leur connerie, elles ne sont pas assez intelligentes pour comprendre et elles se prétendent le standard selon lequel il faudrait comprendre. 

Malheureusement, elles ne sont pas assez intelligentes et libres d’esprit pour savoir de quoi elles parlent. Deux interprétations différentes, selon que l’on sait.

C’est comme la présidente de l’AAACE (Association des auteures des Cantons de l’Est) qui prétendait que la poésie de jet était une poésie qui se voulait une éjaculation. Il faut être sautée et tarée pas à peu près pour avoir une telle interprétation.   Voici le poème lisez le sans titre ou avec titre

Beau garçon.

Je veux mourir pour toi     
mourir d’amour et de volupté       
mourir condamné de t’avoir caressé      
d’avoir déchiré le voile de la haine        
pour entrevoir le ciel toujours bleu         
toujours chaud des caresses du soleil  
hypnose permanente de beauté
de soif de ton corps.          

Ange,je serai enfin en toi
la mort est une porte d’entrée      
un accès interdit aux hypocrites         

une bouche chaude qui t’aspire 
dans l’infini que se révèle            
indifférent à la haine des hommes        
drogués de pouvoir et d’agent.    

Je mourrai    
fier de t’avoir fait connaître           
la jouissance et la liberté. 

Incroyable, mais ce petit poème, parce que j’en avais parlé au père de Mathieu, en 1996, m’a valu une perquisition alors que j’étais parti en voyage.  On le cherchait.  La police de Val- d’Or s’imaginait que c’était une confession comme le voyait Jean-Paul.  Est-ce qu’un poème parle absolument d’un moment que tu viens de vivre à l’instant.  Faut-il le comprendre au premier degré?          
 
La police est repartie avec une cinquantaine de mes photos qu’elle ne m’a jamais remises (dont certaines n’existaient qu’en une copie) ainsi qu’une copie vidéo des deux soirées de poésie à Montréal et du film Les poètes disparus.  La majorité des photos venaient de Rouhed, mon garçon. C’étaient ses amis ou d’anciens de mes étudiants.    
    
Ce sont ce genre d’accusations qui bientôt retomberont sur la tête des créateurs du Québec parce qu’on n’aura pas été assez intelligent pour empêcher la censure qui nous pend au nez.      

On verra bientôt que ce n’est pas pour défendre le zizi d’un petit gars que j’ai été crucifié ; mais pour des raisons politiques comme les commandites. 

Nous avions perdu le référendum et il fallait se débarrasser de ceux qui étaient trop radicaux pendant que tout le monde était au plancher.  Imaginez que si on a pu forcer M. Parizeau à démissionner, le petit Simoneau ce n’est pas difficile de s’en débarrasser. On connaissait depuis des décennies mon amour des petits gars. J’en parlais dans tous mes livres.  Certains ministres en parlaient carrément, sachant que ça ne revirerait pas le monde à l’envers jusqu’à ce que cette madame a décidé qu’il fallait protéger les jeunes de ce méchant Simoneau.   

Le sexe n’a été que le motif réel pour justifier les années de fascisme que j’ai vécues depuis 1996, mais mon désir de voir le Québec devenir un pays. 

Radioactif 446

juillet 26, 2022

Radioactif 446

Texte de 2008, p. 800

La pédérastie et la poésie.

Assassiner la poésie, c’est tuer le genre humain.         
Janou St-Denis
        
 
J’ai publié mon poème « Espace pédéraste » sur « jepoème », un site pour les poètes.

Inutile de dire que les réactions ont été très vives, mais un peu moins que sur l’autre site qui m’a tout simplement évincé comme l’Association des auteures des Cantons de l’est.  En passant, par respect, pour les féministes avec lesquelles j’ai vécu et été heureux, j’ai trouvé une nomination pour les féministes d’aujourd’hui qui traduit bien leur esprit d’arriérées : les féminounes. 

Je vous livre ma réponse sur le site poétique :           

« Je ne suis pas étonné des réactions.  J’écris ces poèmes pour expliquer une réalité humaine qui existe qu’on le veuille ou non : ce que ressentent les pédérastes. 

Je suis contre la pédophilie, car l’individu ne peut pas décider aussi jeune s’il aime ça ou pas.  Et, l’enfant a une façon différente d’aborder la sexualité et encore plus une mémoire sélective quand on veut parler des séquelles.   Bizarre qu’on prétende qu’un enfant secoué n’est pas traumatisé alors que si on lui a mis la main sur le zizi, il est mort de peur et traumatisé à jamais. Violence ou pas, pas de différence.   

C’est le contraire de ce que bien des peuples « dit primitifs » ont vécu (éliminant le problème postérieur de suicides chez les adolescents).  La répression face à cette réalité tient de la démence religieuse et bourgeoise.  Il est temps qu’on fasse comprendre que la stigmatisation des gens est exactement ce qui fut le moteur du fascisme.  Il y a une différence entre la pédophilie et la pédérastie (un amour en Grèce antique). 

La pédophilie est un rapport sexuel génital entre un enfant de moins de dix ans et un adulte ;   la pédérastie est un rapport volontaire, sexuel, génital et culturel avec un jeune de plus de dix ans.  Puisque la libido existe depuis la naissance, c’est un droit individuel que ne respectent pas les adultes.  L’âge de consentement varie selon les cultures.   

Quelques réflexions, car j’écris pour ça : quand je parle de race pédéraste, je veux dire que la stigmatisation des individus pédérastes est la même que celle pour la race (la couleur de la peau).  T’es noir.  T’as rien à dire. T’es un subalterne et un esclave.  C’est tant pis pour toi. 

Tu n’as pas choisi d’être pédéraste, mais tu payes pour en être.  Malade?  Pas plus que celui qui impose sa religion ou sa morale par des guerres.  La pédérastie est une question de «gêne» comme l’homosexualité.  Les religions ont tué toute forme d’humanisme, dont l’égalité envers les femmes, mais on s’est fait tellement laver le cerveau qu’on s’imagine qu’être intolérant ou fasciste, c’est la norme acceptable.  

Pour ce qui est des enfants, j’en ai eu deux et ma paternité est aussi valable que la surprotection de bien d’autres parents.  J’ai respecté assez mes enfants pour leur faire confiance et leur donner le droit de vivre leur sexualité comme ils le voulaient.  Sans que moi, l’adulte, je leur dise comment penser et vivre.  Il y a deux mondes : la tolérance et le fascisme.  Je suis de la tolérance.

(Excusez le retard, je suis allé voir un spectacle de Marco Calliari.  C’est le Québec de demain : il parle français, chante en italien et nous transmet comme québécois la fierté d’avoir des Italiens dans notre pays.)  À quand les auteurs espagnols, grecs, asiatiques, russes, chinois, etc. ?  Nous avons besoin de connaître les autres pour avoir le pays que nous méritons


Re-Benji.

Ça fait une semaine que j’ai perdu ma petite chienne.  C’est drôle de dire que cette mort crée un trou affreusement énorme.  C’était ma principale amie, ma préoccupation quotidienne.  Cependant, en une semaine, j’ai aussi pu constater que cette façon de toujours l’avoir avec moi était une forme de prison.  Je me privais de bien des activités juste pour qu’elle soit avec moi le plus possible.  C’est un peu comme un enfant.  Je m’en voulais un peu à toutes les fois que je la laissais seule.      

Quand ça arrivait elle allait dans ma chambre, je la mettais sur le lit et je lui donnais un os en lui disant qu’il fallait qu’elle m’attende et qu’elle garde l’os.   Je lui demandais si je pouvais me fier à elle. Je savais qu’elle avait compris quand elle se mettait à gronder quand je me rapprochais et que je faisais semblant de vouloir prendre l’os. Grogner voulait dire qu’elle avait compris.

Sa mort m’a aussi fait prendre conscience de notre perméabilité aux dires des autres.  Par exemple, malgré les années, je me dépêchais toujours pour faire mes commissions, car l’ex-propriétaire de Benji trouvait que je n’étais pas assez prudent dans le sens qu’elle pouvait, par exemple, se faire voler durant que j’étais au magasin.  C’est peut-être une réalité à Montréal, pas nécessairement à Magog.  Ce n’était pas n’importe qui pouvait approcher Benji quand je n’étais pas là.  Elle n’était pas maligne ou dangereuse, mais elle jappait pour rendre la ville consciente qu’elle avait peur.  Dès que j’arrivais toute redevenait normal. 

Benji c’était une préoccupation à la minute près.  Je comprends que les parents deviennent à moitié fou de peur quand ils écoutent les informations, car on leur rappelle à la seconde près que nous vivons de plus en plus dans un monde de fou.  Mais, dans ce monde malade, il n’y a qu’une préoccupation morale : la sexualité comme à l’époque où les curés nous mentaient et nous menaient par le bout du nez.   

J’ai eu cette peur qu’une seule fois avec mes jeunes.  Shuhed n’arrivait pas à la maison et il était passé une heure du matin.  Il devait avoir seize ou dix-sept ans.  Je pensais devenir fou tellement j’étais inquiet.  Puis, à son arrivée, il m’a fait croire qu’il avait dû rester avec ses amis plus tard, car, il y avait un bonhomme dans le métro qui lui faisait de l’œil.  Probablement une invention.            

Au fur et à mesure que je le grondais, que j’essayais de lui faire comprendre mon anxiété, il riait de moi. C’est la seule fois où je lui ai donné une gifle.  Le lendemain, je braillais comme un veau et j’avais la peur de ma vie : pourrais-je devenir un batteur d’enfant ?  Quel con j’étais !  Mais j’aime mieux ça que de m’en ficher, c’est une preuve que j’ai une conscience. 

Chez nous, il y a une chose qui n’est pas tolérée : battre une femme ou un enfant.  J’ai vu mon père assommer un gars parce qu’il serrait le bras de son enfant et qu’il ne voulait pas arrêter.  Je retiens ça de mon père.     

Quant à la sexualité j’ai appris que 99 pour cent du temps c’est une peur qui n’est pas fondée.  La drogue et la violence sont bien plus dangereuses, mais ça ce n’est pas de la «bonne nouvelle à sensations».  On devrait interdire de couvrir les activités des Palais d’injustice…  Cet automne, je raconterai comment je me suis fait embarquer politiquement plus que moralement à Val-d’Or.  Je ne crois pas pour rien que le système est une mafia.     

Consentement

juillet 25, 2022

Consentement.

À partir de ce mot, tout est dit en matière sexuelle.  Notre approche  québécoise en matière de sexualité est le fruit de l’éducation sexuelle que l’on a eu, c’est-à-dire aucune, sinon la culpabilité et la honte.

Le sexe, c’était tellement grave qu’il ne fallait jamais en parler.  Il était plus important d’être chaste que de vivre. Cette situation complètement hors-nature, puisque nous sommes tous sexués, à dégénérer dans la culpabilité et la honte. Les prédicateurs se chargeaient de rappeler le péché et sa propagation  tel un virus, sans oublier les flammes éternelles de l’enfer.

Les parents nés dans ce contexte ont simplement refilé leur savoir à leurs descendants. C’est d’ailleurs ce savoir qui fonde notre propre vie émotive, notre intériorisation de la société, ce qui est peu dire.

Il ne fallait pas parler de sexe. Même les attouchements sur soi étaient condamnés. On a alors individuellement convenu de son comportement personnel, sans se soucier d’un élément essentiel dans le rapport humain, c’est qu’au-delà du consentement, il y a le respect. Le sexe, ça se vit à deux.

Le respect implique le consentement, car le respect trace la ligne entre savoir vivre ou répondre à ses petits désirs.

Autrefois, à l’époque de Freud, on parlait de l’hystérie névrotique féminine, une maladie qui dégénérait avec le rejet de sa sexualité.  La pudeur excessive engendre aussi un déséquilibre émotif.  La pire des hontes pour une fille était de se ramasser enceinte en dehors du sacrement de mariage. C’était l’enfer pour elle et son enfant.  Il était doc normal que la fille soit suivie de plus près par ses parents. Elle avait besoin d’une plus grande  protection. Aujourd’hui, cette intensité du  regard sur l’agir féminine a créé une espèce de honte d’assumer être sexuée si on est une femme.

En refusant qu’une femme puisse vivre entièrement  sa sexualité sans être une dégénérée, on a amplifié les conséquences  des gestes sexuels qui seraient demeurés sans conséquence, si nos parents ne nous avaient pas éduqués dans la pruderie.

Du savoir-vivre non respecté a jailli le besoin de judiciarisé tout ce qui touche  à la sexualité. Évidemment, il n’y a pas de justice sans condamnation.

Le féminisme est passé de la femme qui s’affirme à celle de la victime. Ainsi, la femme n’avait plus qu’une seule voie, soit la putain ou la mère, elle pouvait  dorénavant se définir comme l’éternelle victime. La victime de ses hommes éternellement trop cochons. On a commencé à croire qu’une femme qui accepte le sexe comme une chose normale de la vie, soit vue comme un objet de désir plutôt qu’un être qui s’accepte dans son intégrité.

La victime est devenue la guerrière de la pudeur.  Fière de nettoyer l’humanité de ses péchés sexuels, elle s’est mise à dénoncer ce qui habituellement la rendait honteuse. Elle avait enfin une raison d’exister. Dénoncer la perfidie mâle et son éternelle domination.

 D’autre part, puisque les gars ne pouvaient pas se ramasser fille-mère, on a sombré dans la facilité, c’est à-dire, ne pas lui  parler de sa sexualité. Débrouille-toi paquet !

Ce silence a engendré le monde que l’on dénonce aujourd’hui. Personne n’avait de repères pour savoir comment il faut vivre sa sexualité pour être convenable.

On songe à des cours de sexualité. Ces derniers seront utiles que s’ils répondent aux questions que les jeunes se posent. Si on continue d’avoir honte d’en parler, on ne répondra jamais aux questions qui nous apprendraient ce qu’il faut faire pour bien se comporter à part de se priver et ainsi rejoindre la chasteté sermonnée durant les années 1950.

Bien évidemment, l’amour classe toutes ces relations à un autre niveau.

Radioactif 445

juillet 25, 2022

Radioactif  445

Teste de 2008, page 798

Le vieillissement de la population.      

Un des grands problèmes immédiats du Québec : le vieillissement de la population.  Ce sera un drame humain : la majorité de la population sera morte dans 20 ans.       

Il faudra se demander si on veut continuer de se servir d’acharnement thérapeutique (pour que ce soit plus payant) ou si on laissera davantage la nature suivre son cours. 

Actuellement, on se préoccupe de main-d’œuvre parce que ça risque d’avoir des répercussions économiques négatives.  Sommes-nous seulement que des dollars à comptabiliser ?  Quel genre d’héritage voulons-nous laisser aux jeunes, car, ce sont eux qui vont vivre le Québec de demain?   

La mort de Benji 3.           

La mort de Benji change très profondément ma vie quotidienne.  Elle était présente 24 heures sur 24 avec moi.  Je n’allais presque nulle part sans elle afin qu’elle ne s’ennuie pas trop ; mais cela me permettait aussi de devoir résister à la tentation d’aller trop souvent prendre un verre de vin ou parler de ma petite personne. Et oui ! Je suis ainsi, j’ai de la difficulté à sortir de mon nombril.  Un raseur.  Deux autres petits péchés mignons que j’affectionne particulièrement.  

Boire, modifie cependant la capacité de créer. Tu composes plus difficilement si tu prends un coup.  Alors, j’en étais bien reconnaissant à Benji, car, elle me fournissait une raison supplémentaire de devoir me tenir tranquille.  Je n’ai pas droit d’amener de la boisson à la maison. 

Les rumeurs m’avaient totalement peint comme un alcoolique invertébré ; ce qui était nettement exagéré et faux. Même si je bois parfois beaucoup, c’est en dehors des heures de travail.  J’adore les partys.  J’ai accepté de ne pas boire à la maison comme allant de soi pour m’installer à Magog.     

À vrai dire, à cette époque, j’avais aussi une santé  chancelante et j’étais totalement détruit de devoir laissé mon appartement à Montréal, une ville que j’adore.  Je croyais venir mourir là où je suis né.             

J’étais convaincu de ne pas passer à travers.  Malheureusement, pour les féminounes, j’ai survécu. On ne savait pas que je n’aime pas me saouler parce que ça nuit à mon métier d’écrivain.  (20 ans plus tard, je ne vois pas ce que les féminounes viennent faire dans le décor).

D’ailleurs, c’est aussi une règle nouvelle pour moi et je l’enfreigne en me rendant à Montréal quand la tentation était trop grande.             

J’ai arrêté de boire durant de très nombreuses années pour ne pas donner le mauvais exemple comme professeur et ainsi garder mon emploi. 

Quand j’ai été accusé d’avoir touché Mathieu, je me suis dit que ce n’était que de la merde que d’essayer d’être un très bon gars, car malgré mes efforts, les vengeances politiques et le bavardage féminoune sont là pour me détruire.  Pourquoi me priver de plaisir pour rendre heureux (es) un bande de trous-de-cul qui veulent que tu vives dans la misère absolue et permanente pour contenter leur propre maladie mentale : la peur du sexe.       

J’ai arrêté de fumer depuis que je suis à Magog ; même si ça me tente souvent de recommencer juste pour faire chier ceux qui nous cassent la tête avec les lois de fou concernant la cigarette.  Ces niaiseux n’ont qu’à interdire carrément la cigarette.  Mais ils n’ont pas le courage politique de le faire. Ils préfèrent plutôt infantiliser même les adultes, en les cachant derrière les panneaux, sous prétexte de protéger les jeunes, bien évidemment.             
 
Réflexes de mères-poules couveuses qui tuent leurs jeunes en les étouffant.  Une situation merveilleusement décrite dans le roman Arrache-coeur, de Boris Vian. Surprenant que les gens se laissent ainsi mener par le bout du nez.  Quand les règles sont aussi folles, on devrait faire comme disait Pierre-Elliot Trudeau : les ignorer complètement.        

Maintenant, ma prison volontaire, en plus de mes carnets ou blogs, (c’est ma façon de continuer à donner au Québec, de me croire utile dans la vie) va être celle de bien du monde sur cette terre : l’argent.        

Je ne serai jamais assez riche pour faire tout ce que je veux.  Auparavant, ma pédérastie me coûtait une fortune, car j’ai gardé des jeunes comme un vrai papa, avec les papiers pour régulariser la situation.  Je me suis toujours demandé comment les gens qui ont plusieurs enfants peuvent arriver.  Ça coûte une fortune d’élever une famille.  Plus question de pouvoir survivre avec juste un salaire. 

Quand j’ai fait des sondages pour survivre à ma condamnation, je me suis ramassé avec des salaires de moins de 10$ l’heure.   Puis, on m’a banni comme écrivain — la paranoïa féminoune de Québecor oblige — On a décidé de m’interdire.   Je suis très dangereux parce que je crois que la liberté, c’est être responsable.   Et, n’étant pas esclave de la gent féminine, je peux me permettre de la critiquer, sans avoir peur d’en être privé au lit.  Les hommes ne peuvent pas se passer de leur trou.  Donc, j’ai dû commencer à payer les photocopies de ce que j’écris, si je veux devenir un écrivain.                     

J’ai deux défauts incontournables : je suis au pire confédéraliste et au mieux séparatiste, sans compter, que je me présente comme pédéraste avoué et non repentant, même si depuis quarante ans je devrais plutôt m’affirmer «sexuellement auto-suffisant ». Un poignet développé. Une bouche en attente. Au carnet, je préférerais enseigner à jouer aux fesses. Je ferais une bonne vedette porno.           

J’écris parce que j’adore ça.  Je pense que mon expérience de la vie vaut bien les fleurs bleues de bien d’autres qui se prennent pour de grands écrivains.  Mais, à mon avis, écrire c’est aussi un cheminement particulier.  Tu écris pour les autres.  J’ai toujours voulu changer le monde pour que le Québec soit la meilleure place à vivre sur terre.  L’économie est un élément, mais ce n’est pas aussi important que la liberté, la non-violence, la fierté d’être ce que tu es et de pouvoir contribuer à améliorer l’avenir des humains qui nous suivront.        

Ce qui nécessairement met en évidence des contradictions, des changements — si tu vis des expériences et tu ne changes pas, t’es pas très intelligent — il faut s’adapter aux générations à venir. 

Tout a changé depuis ma naissance.  Même ce que je crois.  Nous avons le devoir de créer le paradis terrestre et non d’agir comme si nous en avions été chassés.   Nous devons essayer à travers ce que l’on vit, d’être heureux et reconnaissant de vivre et aussi améliorer le monde qu’on laissera quand on sera mort.  C’est pour cette raison, pour la vérité, que j’écris sur la pédérastie.        

Je suis mon seul héros.  Mais j’adore regarder, écouter les autres, car chaque individu a une richesse.  Il suffit d’être attentif pour le saisir.  Regardez comment le monde a techniquement évolué depuis 1940.  C’est le jour et la nuit.  

Écrire, c’est merveilleux. Mes seules peurs sont d’être plate, de mal influencer les jeunes et, ne pas être lu.  J’écris parce que j’aime ça.  Je ne suis pas un écrivain, je suis à ce niveau, mort-né ; mais je m’amuse et j’espère que ceux qui me lisent en font autant. Le problème, ce n’est pas d’être fou;  mais de s’acharner à vivre une folie heureuse.

Aujourd’hui, il ne devrait plus y avoir de censure, car on a inventé la littérature pour la jeunesse afin de protéger les jeunes des auteurs qui pourraient avoir un petit côté pervers. Il faut bien comprendre que dans la société actuelle, la chasteté est plus importante que l’air que l’on respire. C’est fou. Les féminounes remplacent les curés. Mais, c’est notre nouvel environnement.  Les féminounes sont les nouveaux patrons, non seulement de la morale, mais du savoir-vivre ensemble. Vive les ceintures de chasteté! À-bas les mâles! Moi, je m’en fous, je suis trop vieux pour ces choses-là!

Radioactif 444

juillet 24, 2022

Radioactif 444

Texte de 2008, p. 794

Mort de Benji 2 (dernière correction). 

La mort de Benji, c’est un coup dur, un trou immense dans ma vie quotidienne. Que ce soit la mort d’un humain ou d’un autre animal qu’on aime bien, c’est la même chose.  Même si on accorde plus d’importance aux humains, nous ne sommes quand même que des animaux, parlant ou pas.  Sauf, que la mort d’un animal, ça fait mal moins longtemps.  Les échanges ont été moins profonds.  La mémoire est plus vite altérée.            (Ce n’est pas vrai. On se rappelle une foule d’événements, mais on a plus aussi mal.)           

L’homme est l’animal le plus destructeur et le plus malveillant de la création ; mais aussi, sur un plan individuel, c’est l’être le plus extraordinaire qui soit. 

Les gens de ma famille en sont un exemple parfait.  Ils ont su accepter que je sois pédéraste et que ce soit connu.  Pas parce qu’ils sont d’accord, mais parce que c’est ma vie et ils sont assez évolués pour me respecter, ce que bien des Québécois ne sont pas encore capables de faire parce qu’ils ne sont pas encore sortis de l’étroitesse d’esprit créée par les religions.             

Les vrais ordures sont ceux qui nous dirigent et nous manipulent à leur profit.  Ceux qui créent les règles à leur avantage exclusif. Ceux qui ne reculent pas devant la violence pour imposer leur vue, leur morale.  Les riches.  Le pire, si tu fais une révolution, tu remplaces une bande de trous-de-cul par une autre qui deviendra très vite aussi pire, sinon pire. 

Ce phénomène est lié à notre cupidité.  On en a jamais assez, et pourtant, on va tous mourir.  Veut, veut pas !  Rien ne viendra avec nous dans l’au-delà.  Peut-être disparaîtrons-nous à jamais totalement?  C’est aussi une possibilité.  Si la vie est une injustice, ce n’est pas à la mort de la réparer.  C’est à ceux qui vivent de forcer les changements pour rendre possible une vie agréable pour tous.  Ce n’est pas Dieu qui fait la merde sur la terre, ce sont les hommes et les imbéciles qui prétendent l’interpréter.  

Supposons qu’il y a quelque chose après la mort, ce qui semble le plus possible et naturel pour la majorité des hommes.  C’est la fin de la souffrance pour l’être qui vient de mourir.  C’est d’ailleurs la seule grande justice, prétendent certains ; mais ça peut aussi être l’absence de structures de vie, donc l’inconscience, le trou noir total, éternel. .  Mais, ce ne peut pas être le vide total, car la mort est une transformation, une division, un déséquilibre, l’éclatement de la structure qui fait que tu existes.  Le champ électromagnétique qu’on appelle l’âme, si ça existe, qui éclate ou s’écarte du corps et cesse de l’animer.

Une particule peut-elle avoir la même conscience que l’ensemble?  Difficile à croire… Le corps est comme un câble électrique.  Sans vie, ça ne vaut rien, il pourrit.  Par contre, vivant, le corps est une merveille incroyable.  Qui est le plus important le câble ou l’électricité qui s’en sert pour voyager ? Comment un toucher sur une de ces parties peut-elle être une profanation.  Juste à y penser et on voit que ça tient pas debout.   

Certains prétendent que la mort c’est l’immortalisation du tout dernier moment de vie.  Si ta vie fut agréable, qu’elle n’est pas rongée de remords, tu ne peux pas faire autrement que d’aller vers un meilleur ou une absence de conscience, donc, une forme de vide absolu et éternel.  Donc, dans ce dernier cas, ça n’aura plus d’importance, ce sera le « black-out » absolu, sans rémission.  Tu meurs dans la paix d’avoir fait une belle vie ou d’avoir été un salaud.  Dernier souvenir.  La photo qui t’habitera tant qu’il n’y aura pas de changement pour provoquer une autre situation.  Ta vie antérieure ne sert que d’énergie de base à ta future renaissance, à ta prochaine re-vie.  Les bouddhistes ont une pensée vraiment extraordinaire de la mort.  La vacuité vers un devenir … Être ainsi figé dans cette conscience de soi pendant peut-être des siècles, ce serait notre nouvelle réalité, après chacune de nos vies.           

Par contre, c’est la même fixation si tu as abusé (dans un sens qui exclue le sexe et le plaisir) de tous, tout au long de ta vie ; tu meurs avec la chienne, les remords et en t’haïssant.  T’as peur au bout.  Tu te demandes si tu auras ce que tu mérites.  Pour les moralistes, c’est l’enfer.  Personnellement, je ne crois pas à l’enfer tel qu’on nous l’a enseigné.  C’est une impossibilité, même sur un plan strictement spirituel.  Tout ce qui peut arriver, c’est que tu es conscient comme énergie de ta valeur bonne ou mauvaise.         

À ta mort, tu es transparent ou plus ou moins opaque.  Si tu n’as jamais été ouvert aux autres, ta rapacité, ton égoïsme, ta petitesse envers les autres, à cause de ce que tu es, te rendent incapable de communiquer avec les autres énergies. De les saisir pour te nourrir.  De pouvoir te transformer pour moins souffrir de ta médiocrité à cause de ta solitude.   Une conscience de soi affreusement désagréable.           
    
L’enfer, c’est de n’être présent qu’à soi, de se découvrir minable parce que ta vie se déroule devant toi en une seconde avant de mourir.  De ce jugement, tu sais exactement ce que tu vaux et tu ne peux plus te mentir.  Tu as toujours rejeté les autres, tu ne peux leur faire appel pour te réchapper après ta mort.    L’amour est ce qui donne de la valeur à ton âme.  De garder cette empreinte, ce verdict en fonction de ta vie, crée comment tu te ressentiras : comme un être de lumière, de bonheur ou comme un salaud, un sale égoïste, qui exploitait les autres.  C’est cette même empreinte qui fixera tes vies futures, car c’est exactement ce que tu es. 

Dans cette perspective, le péché est un manque d’amour.  Ton égocentrisme fait que tu ne peux pas percevoir le bien et le beau des autres.  L’enfer, c’est d’être privé des autres, de leur énergie, de leur lumière.  Ta haine t’écrase, en fonction de ton incapacité à recevoir l’amour ou la lumière des autres.  Plus ton énergie est forte, plus elle est pure, plus tu jouis de son existence.  Le bonheur est la lumière.  Elle permet aux autres de s’ajouter à ta propre transparence et de mieux sentir encore son effet bénéfique. 

L’entre deux vies, c’est comme pour recharger ta batterie, pour déterminer le      «ça », de ta renaissance, comme dirait Freud.  La vie est seulement une réaction à ce que tu es.  Le jugement particulier n’est donc rien d’autre que l’empreinte te résumant, la conscience primitive, qui te fait prendre conscience de ta capacité à jouir ou non de l’univers (Dieu).  L’œil, le prisme par lequel tu perçois le tout.  Si tu n’as jamais aimé, tu continues de ne pas pouvoir jouir de la beauté des autres. La présence des autres énergies est déplaisante, repoussante au lieu d’être agréable.  Ton jugement est strictement identifié à ta capacité à jouir de l’amour (attraction-osmose) des autres.  Sinon, t’es la répulsion, même envers toi-même. 

Donc, si Benji est une énergie plus secondaire, elle demeure une énergie.  C’est stupide de croire que les animaux ne sont pas éternels comme nous.  Si nous le sommes, ils le sont aussi.  Sinon, personne ne l’est.  Nous ne sommes que des animaux qui se sur- estiment. Puisqu’on fait des guerres peut-être sommes-nous plus fous que les autres animaux ?   

Pour ceux qui restent, la mort n’est qu’un souvenir qui disparaîtra dès qu’il n’y aura plus personne pour s’en souvenir.  La vie n’est que le rassemblement d’un petit paquet d’énergies, réunies dans un certain espace et un certain temps, et consciente de cette réalité qu’elle perçoit.   La vie est la perception engendrée, grâce à cet équilibre des énergies temporairement en équilibre, donc temporairement existante comme elles sont réunies.  Elle disparaît avec cet équilibre, elle se transforme, mais on ne sait pas en quoi, ni comment.             
    
Benji est un excellent souvenir.             

Cette expérience me rappelle cependant la fin de Kiki.  J’étais très jeune et je me souviens de m’en être voulu très longtemps de ne pas avoir été plus attentif à tous ses besoins avant de mourir.  Kiki m’aimait comme Benji.  Quand il est mort, je me suis reproché de ne pas l’avoir aidé à monter dans le lit quand il le demandait juste parce que ça me dérangeait.  Je me trouvais très égoïste de ne pas avoir changé d’occupation pour lui faire plaisir.  Il ne faut pas penser mal, Kiki comme Benji adoraient dormir à mes pieds sur le lit.  Je m’en suis voulu quand il est mort.  Je voyais ça comme un manque d’amour que de préférer me masturber à aider Kiki à venir me rejoindre.  Un squelette dans le placard.           

Avec Benji, ce fut différent.  Je répondais à tous ses caprices.  Aussi, quand on allait au magasin quotidiennement, je m’achetais une barre de chocolat au caramel pour pouvoir lui en donner des petits morceaux, ce qu’elle adorait.  Quelle culpabilité quand on a commencé à me dire que le chocolat tue les chiens.  Je ne savais plus que faire. Je ne voulais pas la tuer, mais je ne voulais pas non plus la priver de son plaisir. Elle était vieille, elle allait mourir quand même, alors pourquoi toujours la priver pour retarder sa mort.  C’était d’ailleurs la philosophie de maman : mieux vaut vivre avec passion que ne rien faire pour ne pas se rendre malade.      

C’est une question qui se pose non seulement pour Benji, mais aussi pour tous les humains.        

Est-il préférable de vivre une vie sans saveur pour vivre plus longtemps ?  J’ai opté pour une vie agréable durant qu’on la vit. J’ai continué de lui donner du chocolat, mais imaginez les remords quand elle est décédée.  La fin de semaine, elle a cessé de manger et de boire.  Elle restituait dès qu’elle essayait de boire.   Elle râlait aussi affreusement après avoir marché.   Plus elle allait, plus c’était évident qu’elle pourrait en mourir.  J’ai fixé rendez-vous avec le vétérinaire.  Le lundi, je l’ai amené chez le vétérinaire qui la trouva très déshydratée.  Mais, malgré les radiographies, il ne pouvait pas me dire ce qu’elle avait.  Il y avait trois possibilités : une infection de l’utérus, une chose qu’elle n’avait pas bien digéré (à cause d’une bosse dans le système digestif) et peut-être le cancer, à cause de deux autres bosses.  Donc, j’ai autorisé la chirurgie pour la sauver, même si je suis pauvre.  Le verdit fut tout autre. Pas de problème d’utérus ou de digestion, mais elle avait le foie très malade et elle souffrait affreusement de diabète.  Elle avait un taux de sucre beaucoup trop élevé.  Inutile de dire que j’ai immédiatement pensé que je l’avais tuée en lui donnant du chocolat.  Mais pourquoi elle ?  Kiki a toujours mangé ce qu’on lui donnait à la table.  Il est mort de vieillesse à 19 ans.         

Heureusement, on m’a fait comprendre que c’est une disposition que l’on retrouve dans les gênes.  Donc, j’avais peut-être agi idiotement, mais c’était pour lui rendre la vie encore plus agréable.  L’intention était bonne. Je ne l’ai pas tué, mais ça pouvait peut-être accélérer sa mort.  Je dis bien peut-être.  Ça n’a pas aidé, en tous cas.       

Benji n’a jamais vraiment souffert, même si elle était très faible.  Je l’ai chouchouté jusqu’à son opération.  Et, ce fut tout un choc pour moi quand j’ai appris qu’elle est morte à son réveil, malgré tous les efforts pour lui sauver la vie.   J’avais accepté de devoir la piquer matin et soir pour le diabète jusqu’à sa mort.  Je lui devais bien ça d’autant plus que je lui avais donné bien du sucre, donc, que j’étais en partie responsable.            

Dans l’après-midi, je suis retourné voir le vétérinaire, car je me demandais si elle serait mieux morte ou vivante.  En faisant part de mes hésitations, à savoir si sa vie mériterait d’être vécue malgré cette maladie, le vétérinaire m’a arrêté pour m’annoncer son décès.  Elle était morte en se réveillant. On avait tout fait pour la sauver, mais pour rien.  Comme me disait mon frère, en voulant la sauver à tout prix, j’acceptais simplement de reporter la douleur de sa mort que je ressentais déjà comme un poids insupportable.  Je ne voulais pas décider de sa mort.  Elle l’a fait elle-même. Je me suis rendu à son cadavre et je l’ai flattée une dernière fois.  Elle avait la langue bleue.   C’est comme si elle avait voulu me voir une dernière fois.  Curieusement, si on additionne les chiffres de la journée de sa mort, on arrive avec un neuf, le chiffre de la mort.  Comme avec Rouhed.        

C’est une maudite question pour nous les plus vieux.  Le 8 août, toute ma famille six gars deux filles, encore vivants, nageront entre 60 ans à 70 ans.  Nous sommes les prochaines cibles.  Est-ce plus important de vivre longtemps?  Est-il indispensable d’avoir une certaine qualité de vie?  Personnellement, si je devais être entretenu par les autres, je préfère mourir sans hésiter.  Pas question de souffrir.

Je viens de faire la même maudite erreur qu’hier soir. J’ai trop corrigé avant de sauvegarder, j’ai tout perdu.  Quelle merde que de vouloir écrire au fur et à mesure.

Je suis trop fatigué (il est minuit trente).  Je reviendrai vendredi pour tout reprendre ce que j’ai perdu, si j’arrive à m’en rappeler.

Comment aie-je perdu mes textes, si je peux les publier maintenant? C’est que je les ai ré écrits, ce qui ne veut pas dire que c’est la même chose. J’ai tellement écrit que je ne me rappelle pas tout ce que j’ai raconté.  Dans cinq ou 10 ans, ce sera encore mieux, en relisant mes textes, j’aurai l’impression de découvrir un nouvel auteur. J’espère que je ne serai pas devenu follement scrupuleux comme la société actuelle qui me semble viser la folie plutôt que la profondeur.          
  

Radioactif 443

juillet 23, 2022

Radioactif 443

Texte de 2008, page 790

Mort de Benji. (Texte corrigé)   

Un deuxième texte, c’est moins bon, mais…    

Eh oui ! Ma petite chienne Benji (voir les photos) est décédée lundi après-midi.  Ça fait drôle de remettre toute ma vie en question, juste avec la mort de ma petite chienne, C’est complètement fou, mais sa mort m’amène à me poser exactement les mêmes questions philosophiques sur ma vie que sur la sienne.   Qu’est-ce que la vie?  Qu’est-ce qu’on fait sur terre?  Qui sont les vrais salauds?  Y a-t-il un au-delà?  Qu’est-ce que ça changerait, s’il n’y en a pas?           

J’ai reçu Benji d’un ami qui pensait ne plus pouvoir s’en occuper à la suite d’une opération au coeur.  On lui prenait des artères dans les jambes, donc, il lui était impossible de continuer d’aller marcher avec elle.    
Benji et moi, on s’aimait déjà beaucoup.  Elle devenait folle dès que j’allais chez mon ami, un compagnon de travail (aucun rapport sexuel).  Il vivait au dixième étage et dès que je sonnais, après avoir téléphoné, Benji se jetait sur lui pour hâter ma venue. Pour Benji, je n’arrivais jamais assez vite.  Mon ami n’était jamais assez vite pour lui faire plaisir. Il a toujours trouvé ça bien drôle.  

Il y a des affinités bizarres entre les êtres que ce soient les humains ou les animaux.

Ce n’est donc pas seulement parce que je suis le genre de gars qui a terriblement de difficulté à dire «non» qui m’a fait accepter Benji, mais parce que je ne voulais pas qu’elle meure.  Je la trouvais bien trop le « fun ».  Elle a pu ainsi vivre six ans de plus.             

Puis, je l’avoue, j’ai toujours peur de blesser quelqu’un ou de ne pas avoir été assez charitable si je refuse un service raisonnable.  Je tiens ça de ma jeunesse.  On doit toujours essayer de rendre service aux autres.  Toujours essayé d’agir avec les autres et les traiter comme si c’était nous.  C’est de ce qui reste de plus beau de ma pédérastie. C’est aussi ce que ma religion m’a enseigné. 
 
Quand je suis amoureux d’un petit gars, j’en suis l’esclave.  Une dépendance affective qu’ils appellent ça.  Ses besoins passent bien avant les miens.   C’est mon petit côté maladif.  Je lui donnerais le monde si je le pouvais.  Mais, je suis supposé être le gros méchant parce que je veux aussi sucer sa petite queue, s’il est d’accord.  Aucune résistance s’il me le demande ; bien de l’empressement, au contraire.  Soyez cool, ça arrive bien plus souvent que vous pensez. 
 
Les jeunes sont souvent moins fuckés que les adultes.  Ils savent faire la différence entre ce qui fait mal et ce qui fait plaisir. Tu n’as pas besoin d’influencer un jeune pour y arriver.  Il a sa propre libido et ses propres désirs; mais le système ne peut pas le reconnaître, car il faudrait encore changer l’approche de la vie : passer de l’autoritarisme à la conscience personnelle.        

Pas de violence, pas de problème. Mais selon les scrupuleux c’est affreux.  Ça fait tellement mal que ça traumatise quelqu’un pendant des siècles.  Ça vaut une réparation de plusieurs milliers de dollars.             
 
C’est pourtant bien moins pire que de laver les cerveaux à ceux et celles qu’on veut amener à être des martyrs pour Allah ou pour Bush.  Seulement les débiles peuvent croire ça, mais ils ont le pouvoir.  Ils ne le croient pas, ils le font croire.  C’est ce qu’ils nous chantent à la télévision presque chaque jour, pour qu’on les croie. 

Il y a 40 ans, ils prétendaient, toute la gang, les psychiatres en tête, que les homosexuels étaient des malades mentaux.  On les brûlait, il n’y a pas bien des siècles   En Iran, on est encore assez débile à cause la religion, qu’on les pend.  C’est cette même peur qui se prolonge quand on s’attaque aux pédérastes.  Jouir. C’est pire que de tuer des gens en Tchétchénie, au Darfour, au Tibet, en Chine,  en Irak, en Iran, pour avoir plus de profits ou conserver son autorité, son pouvoir abusif. 

On a presque ainsi détruit tout l’Afrique.  Eux, nos leaders, nos patrons, ils ont le droit de détruire la planète.  Ils sont élus ou pire, ils ont l’argent.  Ils donnent de l’ouvrage. Le système est une immense mafia planétaire.  Le «pouvoir», comme le disait «1984», de George Orwell.     
 
On vient d’inventer des cours pour sexologues à l’université.  Pensez-vous que ces nouveaux intellectuels seront invités à lire Jean Simoneau, pour avoir une nouvelle façon, bien différente, de voir le problème et d’essayer de comprendre.  Un autre coup d’œil.  Jamais.  Ça remet même la religion en question,  donc, c’est plus facile de m’interdire, de me retirer des listes d’écrivains québécois que d’essayer de comprendre. 

Les droits de l’Homme, c’est une farce entre leurs mains. Les mouvements littéraires crient à la démocratie, mais pratiquent la censure.  Belle bande d’hypocrites !       
 
Je ne me sens pas coupable, ce sont des bandits légaux ou non qui créent les lois, mais elles sont toutes faites pour conserver le pouvoir, l’autorité de ceux qui nous dominent déjà.      

C’est la société qui se comporte en fasciste envers moi parce que j’ose dire que je suis heureux et fier de moi, qu’on peut être un pédéraste heureux et consciencieux

C’est cette même société qui vote pour la guerre, le meurtre légalisé, une société qui tue au nom de Dieu ou Allah pour empocher plus de profits. C’est ce monde de séniles qui m’a réduit à gagner 10$ l’heure au travail au lieu de 55,000$ par année.  C’est elle qui m’a privé d’enseigner et d’aider des jeunes que j’adore, sous prétexte qu’il faut protéger leur chasteté.  Bande de malades !         
Puisqu’on n’a pas pu me prendre en défaut avec mes élèves ; on a organisé un piège (sa mère était dans une secte religieuse : les Mormons) pour m’éliminer de la politique et de l’enseignement parce que je gueulais trop fort et qu’en me condamnant je n’avais plus aucune crédibilité.  Les mauvaises langues se sont activées au maximum entre deux messes.            
 
Je suis certain que j’aurais pu être encore très utile aux jeunes, même si je suis pédéraste.   Et, je ne devrais pas me révolter. Je dois accepter d’être un zombie. Je ne peux pas enseigner alors que j’ai une maîtrise en français et que j’ai toujours été reconnu comme un bon professeur, quoiqu’un peu sauté.           
On préfère avoir des analphabètes, manquer de professeurs que d’avoir des gens qui pensent autrement que ce que le système nous oblige de penser. Bande de malades ! 

Je ne suis pas le seul, il y en a des bien pires que moi et ils ont le pouvoir.

Moi je suis un malade d’amour ; eux, ce sont des malades de violence et de profits.  Pour eux, une vie ça n’a aucune importance.  Me taper dessus, c’est juste s’assurer que personne ne me croit. 

Le fédéral a même fait faire une étude, par un recherchiste de l’université de Montréal, pour savoir si un gars comme moi qui écrit et qui peut être facilement compris pourrait avoir de l’influence sur les autres en prison.  On en conclut que ça représente un certain danger, mais que je ne suis pas influent à cause de mes fréquentations.     
 
Plutôt que de devoir faire piquer Benji, je l’ai pris sous mon aile.  Puisqu’elle semblait aider Gabriel à mieux s’en sortir, c’était  le jeune qui vivait chez moi,  quand vint le temps de la remettre à mon ami, comme ça avait été convenu, j’ai plaidé pour la garder avec moi. 

J’ai longtemps eu l’impression de lui avoir volée, même si nous en avons parlé souvent et convenu que c’était mieux ainsi. 

À notre avis, Benji était trop attachée à moi pour changer encore de foyer, même si elle aimait encore son ancien proprio.  La deuxième personne qui la traitait bien et qui l’avait pris pour qu’elle cesse d’être mal traitée par son premier propriétaire.   On a choisi ce qui nous semblait le mieux pour Mademoiselle.  Je l’ai donc gardé et quand je le pouvais, j’amenais Benji voir son ancien maître.    
 
C’était un vrai rite.  Elle agissait comme si elle le savait.  Je demeure à Magog et quand nous allions voir son ancien maître à Montréal, Benji se rappelait exactement le chemin pour se rendre à son appartement.  Elle savait aussi son nom ; mais on nous dit que les chiens n’ont pas d’âme, qu’ils ne sont que des animaux.  Claude savait que Benji était traitée comme une reine avec moi.  Elle était déjà assez vieille, mais ça ne paraissait pas. 

Benji, c’était le grand patron.  C’est elle qui m’amenait prendre de longues marches.  J’avais acheté un panier roulant pour la promener, ce qui a amené des centaines de personnes à Magog à me parler de leurs animaux morts.  Je savais que Benji n’en n’avait plus pour des siècles, car des petits chiens vivent rarement plus de 14 ans.  Quand je suis arrivé à Magog, le vétérinaire m’avait dit qu’elle était encore bonne pour deux ans et nous avons tenu le coup trois ans.         

C’est sûr, Benji mangeait ma liberté, car je ne pouvais pas partir en voyage sans l’amener et notre société est très hypocrite quant aux animaux.  On prêche d’avoir son petit animal pour la zoothérapie, mais on met tellement de règlements que ce n’est pas vivable d’avoir un petit animal.  D’autant plus que bien des propriétaires agissent comme de vrais salauds. 

Mais, c’est aussi vrai que certains niaiseux ne ramassent pas les crottes de leur chien, des irresponsables, aussi, tout le monde à Magog est privé de pouvoir se rendre sur la plage avec son chien.  Heureusement, quelques endroits commerciaux moins stupides (Magog est une ville touristique) ont pris l’initiative de pouvoir amener les chiens sur les terrasses.  Ils ont compris qu’un animal fait partie de la famille.    
 
Au Québec, on s’en vient comme en Russie : il faudra bientôt avoir un permis pour «péter». C’est une vraie folie!  Au moins, il y a ça d’intelligent chez les adéquistes : Empêcher le Québec de trop ressembler aux livres de Kafka. Il y a beaucoup trop des règlementations.  On est vraiment mal parti.  Il y a des règlements sur tout.  T’es même pu maître dans la maison chez toi.  Tu veux la réparer, t’as une tonne de fonctionnaires pour te faire payer des permis même pour chaque sorte de clou.  De vrais malades de la règlementation.  Pourquoi?  Pour s’en mettre un peu plus dans les poches. 

Les vrais bandits sont ceux qui créent les règlements superflus. Un abus de pouvoir.                 
 
L’idéal, c’est de refuser la violence et la domination.  On n’a pas besoin d’être aussi règlementé quoique certains se comportent comme des irresponsables. 

Qu’une personne soit punie parce qu’elle laisse son chien chier sur un trottoir, rien de plus logique ; mais interdire absolument la présence d’un animal, c’est prêcher la zoothérapie en l’empêchant d’être vécue.  Il y a des nuances, mais on n’en tient pas compte.  

Un petit animal de compagnie, c’est très important pour les aînés.  C’est une raison de vivre, une responsabilité.  Un chien, c’est très important pour combattre la solitude.  Un chien n’organise pas de guerre. C’est un rayon de soleil.  Pourquoi les interdire?  Les chiens, c’est comme les enfants, ça dérange.

Maudite machine !

Je viens de sacrifier une heure de mon temps à rendre intéressant mon texte sur la mort de Benji.  J’ai oublié de sauvegarder assez vite, donc, j’ai tout perdu.  Maudite cochonnerie !  Qu’est-ce que cette merde?  Y a-t-il quelqu’un, à part mes ennemis qui me lisent?  Sûrement pas les responsables, car sinon ils communiqueraient avec nous pour améliorer les choses. Ça donne un autre texte.  Le meilleur s’est envolé.  Je vieillis, j’oublie.

Une chance que je republie des vieux textes, car je n’arrive pas à écrire une histoire par jour. Ça me permet de voir ce que je pensais il y a 20 ans et les différences quant à la société.

Radioactif 442

juillet 22, 2022

Radioactif 442

Texte de 2008, p. 786

Le pape et les pédophiles …

Serait-ce que l’Église catholique se rend compte que de verser des compensations à tous ceux qui ont eu des relations sexuelles avec un prêtre, ça commence à coûter cher ?                     
    
Maintenant, le Pape s’excuse, espérant que ça coûtera moins cher.  D’ailleurs, une prétendue victime a tout de suite remis les pendules à l’heure : les excuses ne suffisent pas. Il faut que ça paye. Aucune victime ne parlerait si elle n’espérait pas avoir un beau petit montant d’argent…           

Les larmes du Pape sont une belle tentative pour éviter la banqueroute de bien des diocèses.   L’Église doit payer pour avoir inventé le péché.   Elle a rendu les féministes actuelles tellement paranoïaques qu’il n’est pas sorti du bois. 

L’Église a permis d’ouvrir une industrie du chantage, après celui du péché d’impureté, c’est sa deuxième erreur.   

Le Québec scrupuleux…maladif.

J’espère qu’on aura jamais à revivre le Québec des années 1950-60 sur le plan moral alors que les curés dirigeaient jusqu’aux disques que l’on écoutait.  Avec les lois fédérales    (loi 10, les 16 ans comme âge de consentement et le jeu des féminounes, on peut le craindre.  Au cours des dernières semaines, nous avons eu exactement l’exemple de ce que je ne souhaite pas à nos enfants.          

D’abord, une espèce de « sautée  » a commencé à essayer de nous faire croire que les calendriers sur lesquels de jolies filles se sont exposées en partie parce qu’elles n’étaient même pas nues mettaient en danger l’égalité entre les hommes et les femmes, considérant ces dernières comme des  » objets sexuels ».  Il faut avoir atteint un degré de maladie mentale assez élevé pour essayer de tous nous rendre aussi fous que ces scrupuleuses.        

Les femmes sont égales aux hommes ; mais elles sont différentes. 

Il y a les femmes qui se voient tellement égales à l’homme qu’elles se disent maîtres absolues de leur sexualité.  Elles ne pensent pas comme les curés leur ont appris : tout ce qui est sexe en dehors de la procréation est mal selon les religions qui ont besoin de cet interdit pour dominer les individus. 

Au contraire, ces femmes qui ont su évoluer, croient qu’elles sont assez vieilles pour décider si leurs corps peuvent être affichés sur des calendriers. 

Le problème avec les féminounes d’aujourd’hui, c’est qu’elles essaient de nous ramener sous la morale judéo-chrétienne, une morale d’hypocrites et de paranoïaques qui, de fait, rejette carrément le corps. 

Pourquoi accepterions-nous de revenir à cette époque de viol de conscience?  Si elles sont trop scrupuleuses pour évoluer parmi le monde, elles n’ont qu’à se terrer dans leur garde-robe et d’y rester.  Personne n’ira les toucher ou essayer de les voir.   

Puis, le nouveau cardinal des féminounes, Pierre-Hugues Boisvenu, a commencé dans la Tribune de Sherbrooke, à pleurer parce que des pédophiles ont réussi à obtenir leur pardon.  J’ai du respect pour ce monsieur qui a bien souffert, mais il déraille complètement quand il se pense «la voix des féminounes».  Il faudrait que ce monsieur sache ce qui se passe dans des relations sexuelles entre un adulte et un jeune garçon avant de parler.  Comme je l’ai souvent écrit, il n’y a que très, très, très rarement de violence ou de rapport de domination entre un adulte et un petit gars.  Ça ne fait pas très mal de se faire caresser, masturber ou sucer ; c’est même extrêmement le fun, et, c’est en très grande partie la seule chose qui se passe.        

Le péché de la chair, ça n’existe pas. C’est une invention des curés. Le mal c’est un manque d’amour.  Certains, comme moi, ne veulent rien savoir de la sodomie.  Pire, la très grande majorité des pédophiles (puisqu’on n’est pas assez intelligent pour faire la nuance pédophile-pédéraste) se ruinent en cadeaux pour leur petit amant.  Oui.  Parce que l’amour est possible et ne commence pas exactement avec l’âge de consentement, un autre moyen inventé pour que les parents puissent « contrôler  » la sexualité de leurs jeunes comme s’ils leur appartenaient. 

Qu’attend-on pour respecter le droit sacré de l’intégrité de la personne et de la vie privée des jeunes?  Pourquoi ces bonnes femmes croient-elles que la société doit devenir aussi paranoïaque et psychosée qu’elles?         

Si les féministes ont fait évoluer la société, celles qui restent, les féminounes essaient de nous ramener à l’époque de la grande noirceur religieuse.  Toutes les religions abordent la sexualité en méprisant les femmes et voici que maintenant les femmes se comportent comme des aliénées et embrassent les règles qui ont permis ce méprisLa frustration sexuelle et la peur sont souvent les responsables de la violence dans les rapports sexuels.       

J’ai sûrement prêché dans le désert pour qu’on revienne ainsi en arrière… Vivre et laisser vivre.  Se mêler de ses affaires, ça semble impossible à ces personnes.  Personne ne les empêche de vivre comme au temps de cavernes, dans la peur et l’ignorance totale, mais je ne vois pourquoi on serait tous obligés de devenir aussi malades,


Violence ou non.

Je reproche à notre système d’agir comme s’il n’y avait pas de différence entre des relations dites sexuelles accompagnées ou pas de violence.  On oublie ainsi le droit des jeunes à l’intégrité de leur vie privée et à leur droit à leur intégrité sexuelle.  Qu’on aime ça ou pas, les enfants ne sont pas la propriété des parents. 

Il est bien évident qu’aucun parent normal ne veut qu’il arrive quelque chose de malheureux à leurs enfants.  Cependant, ce ne sont pas les interdits qui permettront aux jeunes d’acquérir l’autonomie et les connaissances permettant cette acquisition.        

À mon sens, le rôle des parents est de bien informer les jeunes sur le plaisir du sexe, mais aussi sur les dangers qui pourraient exister : viol, procréation non voulue, maladie vénérienne, peine d’amour.       

On doit faire ressortir la responsabilité que l’on a quand on tombe en amour, particulièrement, à l’adolescence, où un refus ou une rupture peut devenir une raison de se suicider. 

Aujourd’hui, on doit cesser de présenter la sexualité comme quelque chose de mal.  Au contraire, la sexualité fait partie de notre nature profonde.  Notre façon de la vivre jouera un rôle fondamental devant notre manière d’aborder la vie.  Il n’y a rien de mal dans n’importe quelle relation sexuelle, si tu respectes l’autre.    

Ce n’est pas une question d’âge.  C’est le droit fondamental d’apprendre la vérité et à ce chapitre on peut dire sans se tromper que les religions nous mentent à chaque mot qu’elles disent.  Il est impossible de croire dans l’égalité homme-femme quand un n’y voit rien de mal alors que l’autre n’y voit que du mal.  Qui créera la norme ?          

L’autre aspect que je déteste, c’est que les médias (parce que c’est moins de travail et de dépenses) croient que l’information c’est dire ce qui se passe en cour et de manipuler une forme de paranoïa hystérique pour justifier que les gouvernements invertissent davantage dans notre prétendue sécurité alors que la pédophilie représente un très faible pourcentage de crimes.           

Les jeunes doivent faire face à la drogue, ce qui est encore bien pire. En mettant toujours les projecteurs sur les causes sexuelles non violentes, on oublie de parler des vrais problèmes : la drogue, la violence dans la prostitution, le taux de décrochage scolaire et d’analphabétisme, la relève, etc.              
 
Ces campagnes de pudeurs sont des campagnes de paranoïa dans le but de nous empêcher de voir les vrais problèmes

Le système tue bien plus de gens que les pédophiles, mais on en parle pas car on est obnubilé par ce faux problème.  Les campagnes dignes de la Gestapo contre les prédateurs sexuels non violents tiennent de la folie, de la peur présumée.   

C’est complètement débile de devoir s’agenouiller devant un système qui abuse des jeunes (enfants-soldats ; enfants au travail au lieu d’être à l’école, qui crèvent de faim, etc.) pour se préoccuper de leur chasteté.  On réagit trop émotivement au Québec, comme le voulait le clergé.  On manipule les peurs avec les médias. C’est complètement débile de poursuivre quelqu’un pour une masturbation puisque ça fait mal à personne.           

Quant aux séquelles, ce sont les scrupules qui les occasionnent, pas le plaisir.          

Aujourd’hui c’est payant de devenir un «stool», quoique dans ma tête, un stool ça sera toujours de la merde.  Comment une aventure sexuelle pourrait devenir une peur profonde si elle reposait sur le plaisir?  De toute façon, on ne se rappelle de presque rien de nos expériences d’enfance.  C’est nettement exagéré.  Je dirais maladivement exagéré. Comment un plaisir peut-il ruiner nos vies ?  

Radioactif 441

juillet 21, 2022

Radioactif 441

Texte de 2008, p. 785

Permis de conduire canadien ?

Je croyais que le temps de commandites était révolu.  Mais, je viens d’apprendre que l’on veut mettre la feuille d’érable sur les permis de conduire du Québec pour aider les Américains à nous reconnaître quand on y va.  Serait-ce qu’ils sont trop ignorants pour savoir qu’une fleur de lys, ça veut dire le Québec?  Complètement ridicule.  Même si ça ne me dérange pas particulièrement, je n’ai plus le droit de me rendre aux États-Unis, je considère que c’est manquer de respect pour nous et notre culture.             

Le Canada n’a rien à voir avec le ministère des Transports du Québec.  Il y a une différence entre être tolérant et baise-cul.          

Je savais que certains Américains sont affreusement ignorants, mais je ne savais pas qu’il fallait se mettre à genoux devant une telle ignorance.  Cette manie fédéraste de mettre le signe du Canada partout est exactement ce qui a entraîné le vol de centaines de millions avec les commandites et cette manie est justement ce qui pousse le Canada à vouloir nous voler, cette fois notre culture, en nous disant qu’il faut créer une culture pan canadienne.     

Raoul Roy, l’écrivain,  disait que les Anglais, ont jusqu’à volé le nom de Canada, en créant le Haut et le Bas Canada.  C’est d’ailleurs pour ça qu’il voulait que l’on continue d’appeler le Québec le Canada et que le ROC se trouve un autre nom.  Je trouvais ça bien drôle, mais je vois que cette guerre qui a l’air tout à fait insignifiante en est une de propagande.    

Les fédérastes agissent ainsi seulement pour faire passer les souverainistes pour une bande de simplistes.  Quand on refusera, il suffira d’avoir une couple de chroniqueurs pour nous dire qu’on est insignifiant pour qu’on se ferme et qu’on rentre dans les rangs.  Ça fait pitié en maudit le Canada.  Il faut être de vrais trous-de-cul pour passer toutes leurs énergies à trouver un moyen de provoquer les nationalistes québécois.  Il est temps qu’on soit indépendant, maître chez-nous !        

C’est un simple symbole, me direz-vous.  C’est vrai, mais ce sera quoi après?  Je devrai porter une feuille d’érable dans le fond de mes sous-vêtements?  Je m’en servirai pour m’essuyer le derrière !  Comment peut-on respecter le Canada quand il invente chaque jour un moyen de nous mettre le feu au cul.           

Quand je suis allé dans l’Ouest, il y a 40 ans, j’en pleurais à mon retour d’entendre Pauline Julien chanter en français : Québec mort ou vivant.  J’ai alors constaté jusqu’à quel point ma langue et la culture française était importante.  Et pourtant, je n’aurais pas pris les armes pour les défendre, car, on peut bien vivre dans une autre langue et je considérais que la non-violence devait l’emporter ; mais, c’était une toute autre chose quand on touchait à la liberté. 

Quand le Canada, pour de la propagande, agit comme il le fait présentement, il s’attaque à ma liberté.  Il attaque ma fierté et j’avoue me sentir drôlement fasciste quand ça arrive. Je ne me sens pas coupable, ce sont ces trous-de-cul qui nous provoquent et je pense que dans de telles conditions, je finis par oublier la charité chrétienne.  Il est urgent qu’on se débarrasse du Canada.

Radioactif 440

juillet 20, 2022

Radioactif 440

Texte de 2008, p. 783

Le 400è de Québec.         

D’abord, joyeux 400è à la ville de Québec!   Bravo à Mme Pauline Marois de ne pas s’être laissée entraîner dans ces chicanes de bébé lala.  Bienvenue à l’ex-Beatles dont j’ai eu le plaisir de traduire en français la chanson «No where man» et, encore une fois, je constate qu’on se comporte en bébé gâté quand il s’agit des frictions entre Montréal et Québec.          

Si en France, on pense que la ville de Québec, c’est le Québec ; encore pire, on pense que le Québec c’est le Canada, et, c’est notre faute. 

On se laisse appeler « nos petits cousins du Canada» sans leur expliquer que le Canada est un pays anglophone, avec des îlots francophones, une télévision d’état bilingue. Le Québec  ne sera plus bientôt une majorité francophone, parce qu’on n’a pas pris les moyens pour le demeurer. On s’auto-anglicise soi-même par snobisme.  Le Québec se suicide à petit feu comme la France.          

Ceci étant dit, cette histoire me rappelle l’époque où l’on se battait pour la visibilité des drapeaux alors que j’étais président de la Société nationale des Québécois, à Val-d’Or. En soi, ce sont des enfantillages qui cachent le vrai problème.  Les fédérastes essaient de nous voler notre culture francophone pour nous empêcher d’avoir notre propre pays : le Québec.              

Pire, dans le cas des drapeaux, c’étaient les autorités de mon école qui refusaient de respecter la loi pour promouvoir le fédéralisme canadien. Les commandites, on connaît?     Pour être honnête, je dois vous informer que je travaillais pour une école anglophone, Percival,  de la Commission Western Québec. (Par hasard, la même qui a organisé le scénario pour combattre la loi 21, en 2021

Pendant ce temps, le fédéral subventionnait des classes du secondaire dans le cadre du projet scolaire «L’école, avant tout ».  Et oui !  Le fédéral subventionnait des cours au niveau de l’école secondaire, un champ de compétence exclusivement provincial.  Et, on se servait, (nous, les francophones, de la religion pour fréquenter une école anglaise qui avait un secteur français.   J’y enseignais le français d’où je pouvais prouver mes informations quand j’ai présenté mon mémoire à Ottawa pour obtenir que les écoles soient dorénavant linguistiques et non plus religieuses.            
 
Malgré cette victoire, grâce à l’apathie de nos dirigeants, on en est encore au même point aujourd’hui : les écoles sont encore confessionnelles, mais privées.  Ils ne devraient pas y avoir d’écoles privées subventionnées au Québec.       

Tout le monde veut ce qu’il y a de mieux pour son enfant.  C’est très bien ; mais les écoles privées contournent la loi, en continuant d’être religieuses et en continuant de créer des privilégiés.  Il devrait plutôt y avoir des écoles à vocation diverses, mais toujours à l’intérieur du secteur public. Par contre, aucune école subventionnée ne devrait enseigner une religion.         

Sir Paul n’a rien à voir dans la lutte indépendantiste-fédéraste. Il chante en anglais depuis toujours et c’est un Beatles.  J’étais plutôt un fan de John Lennon. Qu’on le veuille ou non, d’Angleterre ou pas, c’est une voix qui a bercé une partie de notre adolescence.  On l’a en cadeau (peut-être qu’il est très dispendieux, je n’en sais rien) mais pourquoi ne pas en profiter ?   J’espère qu’il sera assez intelligent pour parler français dans la mesure du possible.       

La conquête des Plaines d’Abraham est loin derrière nous.  La France nous a cédé à l’Angleterre et son président actuel semble vouloir réécrire l’histoire dans le même sens.  Il y a eu les Plaines d’Abraham, la révolution de 1837, mais les vrais vainqueurs, c’est nous puisque 400 ans plus tard, malgré tous les efforts des Britanniques pour nous faire arracher à nos racines, on est toujours de fiers francophones en Amérique du Nord. 

La révolution de 1837 est loin d’être terminée, car, le gouvernement du Québec n’a pas     » la responsabilité» des nombreux champs de compétence qui nous reviennent.  Québec est de plus en plus une succursale d’Ottawa (surtout avec Charest) plutôt qu’une nation qui sait ce qu’elle veut pour elle et ses enfants.  On fait l’indépendance pour créer un pays pour nos enfants.  Pour leur laisser quelque chose de mieux.              
 
Ce ne sont pas les luttes symboliques qui feront avancer la cause de l’indépendance.  C’est un combat beaucoup plus sérieux que ça.  La vraie lutte actuellement, c’est de se doter d’un projet qui corresponde aux vœux de la majorité de la population, un projet précis qui permettra à chaque citoyen du Québec de s’y reconnaître et d’y tirer profit.  Les gens doivent hors de tout doute raisonnable voir que l’indépendance, c’est leur intérêt, issu de notre façon particulière de vivre, de nos valeurs et qu’un tel projet ne peut pas se réaliser à l’intérieur du Canada parce que le Canada n’acceptera jamais que l’on soit une nation libre, même à l’intérieur du Canada. 
 
Voulons-nous être nos propres maîtres, être assez matures pour vouloir être autonomes et partager notre existence avec le reste du monde?         

L’indépendance, c’est une question de valeur autant que d’économie. 

L’indépendance est un sujet tellement sérieux que ça devrait être discuté au-delà des intérêts des partis politiques.  Si on est mieux au Canada, qu’on le prouve ; (ce n’est quand même pas la pire place à vivre sur terre) mais personne ne me fera croire que le Canada est une Confédération.       

L’indépendance se réalisera quand la population saura ce qu’elle veut et sera prête à se tenir debout derrière le gouvernement du Québec.  L’intérêt du Québec est plus important que les intérêts des partis politiques. Nous en sommes encore à la lutte pour être maître chez-nous.        

Les Falardeau et cies n’ont pas tort.  Le gouvernement fédéral s’est mis le nez dans une fête qui ne le regarde pas, en invitant Mme Michaël Jean.  Même si elle est belle, parle bien le français et est une féministe notoire, elle représente quand même le colonialisme.  Elle est l’image de celle qui s’est fait acheter puisqu’elle se tenait avant avec des felquistes connus.  «Une putain politique pour avoir le vote des Haïtiens», diraient les mal polis, qui sont quand même justes dans leur évaluation. 

Si Ottawa avait eu une once minimale de respect pour le Québec, nous ne serions pas encore à nous chicaner au lieu de fêter.             

Pire, on a presque viré le monde à l’envers pour les propos du premier ministre de France à Québec.  Si ce n’est pas une preuve de l’hypocrisie et de la malhonnêteté d’Ottawa, je ne sais pas ce que c’est. 

Le fédéral est né en 1867, après qu’on eut la séparation du Haut et du Bas-Canada… Mais, il fallait que les fédérastes essaient de faire leur petite commandite encore une fois.  Ils donnent beaucoup d’argent à Québec, sachant qu’à Québec la majorité est poignée dans la religion comme à Sherbrooke, d’où  la plupart ont tendance à être plus fédérastes.  Le Canada est un pays dont j’ai de plus en plus honte des dirigeants.

Radioactif 439

juillet 19, 2022

Radioactif 439

Texte de 2008, p. 780

Le kidnapping du petit gars.     

Je suis toujours affreusement touché pour ne pas dire, bouleversé, quand j’entends une nouvelle comme celle du kidnapping du jeune garçon et de la dame brutalisée par deux jeunes voisins qui l’auraient agressée sexuellement à 76 ans.   Dans quel monde de fou vivons-nous ? 

J’ai beau être pédéraste, pour moi, battre un enfant ou une femme, c’est le pire des crimes.  La violence, c’est inacceptable. Ça devrait être la mesure-étalon du degré de criminalité et non le sexe.            
 
Je ne le répéterai jamais assez, à moins d’être malade, pour un gars du moins, te faire caresser ou te faire sucer, ça ne fait pas mal, bien au contraire.        Mais, dès qu’il y a violence ou domination, c’est un crime,

Cependant, toutes ces campagnes pour la vertu sont organisées maintenant par les féminounes au lieu des curés.  Ce sont les meilleurs moyens de faire croire aux jeunes que la sexualité est mauvaise, le mal en soi.  La sexualité est ainsi dangereuse.  On garde les jeunes dans une atmosphère castrante.  Ainsi, ils seront traumatisés si l’occasion se présente, même s’il n’y a pas de violence. 

Ce n’est pas l’expérience sexuelle qui crée les séquelles, mais l’atmosphère religieuse, anti-sexe, entretenue par la bourgeoisie qui en est la première responsable.  Mon Dieu, j’ai commis un péché, vais-je aller à l’enfer?  Cette débilité persiste même si on ne se rend plus à l’église.  Pourtant, ce même monde de fous est sagement entretenu par nos médias d’information.  On propage une forme de paranoïa.     

On semble oublier que des événements comme le kidnapping du jeune ou le viol de cette vieille sont très, très rares heureusement, mais très communicatifs, comme le suicide.        

Or, il faut toujours un journaliste, à mon sens irresponsable pour ne pas dire crapuleux, qui essaie de nous faire croire que c’est monnaie courante.  On essaie d’entretenir la peur et l’insécurité parce que c’est une industrie très payante. Mais, c’est aussi préparer la prochaine crise.       
 
Ce fut le cas du tata qui remplaçait François Paradis, hier, à TVA.   Il insistait comme un voyeur affamé sur la statistique à l’effet qu’il y a 43 pour cent de plus de cas de disparitions au Québec.  Une statistique effectivement très, très troublante.  Par contre, tout de suite dans un autre tableau, on apprenait que la très grande majorité des cas étaient des cas de fugues. Ce sont des personnes qui ne se sentent pas assez aimées pour vouloir demeurer dans leur milieu souvent trop sévère ou qui cherche l’aventure amoureuse ou à rassasier son besoin de drogue. Tout un phénomène de détresse humaine qui n’a pas qu’une seule cause, mais l’incompréhension et l’incapacité de dialoguer sont certes les plus importantes.            

Quand j’étais à Montréal avec mon jeune qui était malade, schizophrène, il avait des crises et il se sauvait.   À chaque fois, je devenais complètement fou d’inquiétude et je devais attendre de la retrouver dans une cellule en quelque part.  Pas de recherche avant tant d’heures.  Stupide, me direz-vous, mais je croyais absolument que ces fugues étaient dues à sa maladie et ça m’inquiétait à en mourir.       

Aujourd’hui, je sais, qu’en plus de sa maladie, c’était une histoire de drogue.  Il sautait la coche quand il se droguait.  Plus ça allait, pire c’était ; mais il était impossible de trouver une solution.  Étant reconnu malade, la police ne pouvait rien sans que ceux de la santé mentale interviennent alors que les gens de la santé mentale ne voulaient rien faire parce qu’il consommait.   Même si j’ai manqué d’être tué ; nos moralistes disaient que c’était probablement parce que j’avais déjà joué aux fesses avec lui et que c’était un acte de justice divine, soit  l’agresseur agressé.    

Ça n’avait aucun rapport.  Une mentalité de malades encore pire que celle de ce pauvre jeune qui s’est détruit le cerveau par la drogue.  Ce sont justement ces gens qui ne connaissent rien, qui se croient les nouveaux curés modernes qui ont la parole de nos jours.   
 
L’autre grosse part du gâteau dans ces statistiques tenait au kidnapping de ses propres enfants à la suite d’un divorce.  Les enfants paient le déséquilibre affectif et mental de leurs parents.  Un problème très, très lié aux croyances religieuses. Finalement, on disait qu’il y avait seulement un pourcent de cas criminels.  Même un psychiatre expliquait que dans le cas du petit gars de Lévis, en plus de la pédophilie probable, c’était surtout les gestes d’un psychopathe, donc, c’était déjà une exception. 

Ce bonhomme était tellement décroché de la réalité qu’il a heureusement commis son crime de plein jour, ce qui a permis dans les circonstances de sauver la vie du jeune.  C’est affreux, personne ne peut dire le contraire.  Je ne voudrais pas une seconde être dans la peau de ce pauvre petit gars.             

C’est exactement parce que j’avais peur de devenir un jour un gars comme ça que j’ai commencé à écrire et à participer à des ateliers afin d’expliquer ce qu’est la pédérastie, la différence avec la pédophilie et le besoin qu’on ne traumatise pas les gens face à la sexualité pour empêcher que la peur les entraîne dans des comportements de violence.  Ça n’a pas donné grand-chose.   

Notre « tarla) à la télévision en deux secondes venait de traumatiser encore une foule de gens et ainsi élever encore plus haut le mur de l’incompréhension.  Ces journalistes ne savent donc pas que leurs interventions et leurs interprétations sont exactement ce qu’il faut pour que ça commence à se produire en série.  Plus on maintient la peur élevée, plus on oblige ceux qui ne se contrôlent déjà pas, à paniquer et à se servir de violence.

Je devais avoir tort puisque personne ne s’érige contre cette manie de cultiver l’insécurité à travers l’information. On confond jaunisme et droit à l’information.  

Je n’ai jamais été aussi bien, qu’au cours des derniers jours, car depuis quelques jours, à part certaines émissions ciblées, je n’écoutais pas la télévision.  J’étais seul et j’avais mieux à faire. 

Je suis convaincu que les grandes campagnes de féminounes «malades, paranoïaques, figées de scrupules et de peur » sont une des causes de ces situations de violence.  Malheureusement, je n’y peux rien.  Je suis au banc des accusés.  Je disparais de la littérature.   
 
Je peux en toute sincérité affirmer que j’ai toujours voulu le bien de ceux qui m’entourent et que j’ai aimés, même si je suis pédéraste .  Au contraire, ma pédérastie a fait que j’ai été simplement plus généreux.  Mais ça n’a aucune importance. 

Je sais seulement que je suis heureux et fier de moi, malgré les langues sales et demain sera un autre jour .  
           

Radioactif 438

juillet 18, 2022

Radioactif 438

Texte de 2008, p. 776

Le Québec que je ne veux pas (suite).

Avant de poursuivre, j’aimerais commenter deux événements de l’actualité qui illustrent bien ce que je ne veux pas pour le Québec, en attendant d’être un pays:

L’autorité d’un trou-de-cul comme Stephen Harper : Il faut être un salaud de la pire espèce pour refuser le rapatriement du jeune Omar Khadr, au Canada.  Il faut vraiment être un émule de Bush pour accepter qu’au Canada une personne soupçonnée de terrorisme n’ait pas les mêmes droits que tout accusé au criminel, surtout quand il s’agit d’un enfant

La sécurité nationale n’est qu’un prétexte pour transgresser les lois, en se croyant au-dessus de tout.  Même des traités que le Canada a signés.  C’est ça le fascisme, c’est ça, le parti conservateur, au pouvoir.  Une bande de religieux judéo-chrétiens fanatiques constipés.

Des idiots qui nous ramènent 100 ans en arrière.  D’abord, le jeune Khadr est citoyen canadien.  Deuxièmement, c’est le cas typique d’un enfant soldat.    Ça prend des salauds par excellence pour utiliser des enfants dans une guerre.  C’est mauditement pire que de les masturber.  D’autre part, les parents qui acceptent et encouragent ça ne sont guère plus intelligents que Stephan Harper.  Comment de tels fanatiques ont-ils pu être acceptés au Canada ?   Un soldat tué, c’est un meurtre, que ce soit un canadien, un québécois ou un américain.  C’est inadmissible. 

Ce jeune a eu le cerveau brûlé par le fanatisme de sa famille.  Al-Qaïda, c’est de la merde.  Une armée à la solde de profiteurs religieux qui font croire à ses membres qu’ils participent une œuvre d’Allah.  Une mystification religieuse.  Les musulmans sincères eux-mêmes répudient cette organisation terroriste, sauf, les dirigeants comme notre pape avec la sexualité.  Des bouchés qui vivent dans le passé ! 

C’est un mouvement protégé par les plus gros, après avoir été la main de la CIA, dans ce coin du globe contre la Russie, un autre beau pays dirigé par un beau salaud (Poutine), ils essaient de prendre le contrôle planétaire.  C’est pour ça qu’il faut dissocier les musulmans de l’Islam fanatique qui, lui, devrait être interdit comme toute religion qui emploie la violence . Une religion qui tue ou encourage de tuer n’est pas une religion. C’est une mafia.            

Le Coran, pourquoi pas ?  On y prêche la Miséricorde absolu d’Allah ; mais la Charia, jamais. C’est l’interprétation et l’application de règles débiles inacceptables aujourd’hui   On est plus évolué que ça.              

Les religions ne devraient recevoir aucune subvention ou privilège économique.   Les Juifs, les catholiques ne sont pas mieux.  Dans l’état actuel des choses, les religions sont des parasites parce qu’elles oublient l’essentiel «Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu».  Que toutes les religions aient le droit d’exister au Québec, pas de problème, si elles respectent et se conforment aux lois civiles et criminelles. 

Les religions ne sont que des conseils, des formules pour s’améliorer.  La majorité des rites ont une raison plus ou moins intelligente d’exister.  Les religions doivent être un droit individuel et non collectif.  La religion, ça se vit chez-soi et dans le temple avec d’autres membre de sa foi.  Le problème avec les religions, c’est qu’elles n’ont pas évoluées et veulent toutes dominer.  Elles prétendent toutes être la vérité incarnée.  L’époque où l’homme est un ange déchu est révolue.  L’homme est le fruit de millions d’années d’évolution.  Il est limité, sexué et mortel. 

Les religions nient la réalité pour maintenir « leur ignorance » au pouvoir.  Elles exploitent toutes la peur de la mort.  Et ça marche.  Elles sont toutes devenues de grands commerces.  La peur sur lequel elles basent leur enseignement  est ce qu’il y a actuellement de plus payant. 

Quand on sait que George Bush avait des intérêts dans les mêmes compagnies de pétrole que Ben Laden, on comprend que ces immondes personnages ne se préoccupent pas de la vie humaine.  Ils sont comme les rois à travers l’histoire : une bande d’assassins légalisés. L’aristocratie et la bourgeoisie ne valent guère mieux, même s’ils essaient de nous faire la leçon.  Ils sont tellement vils qu’ils ne savent même pas qu’ils le sont. 

Pour éliminer la violence, il faudrait que tout responsable d’une guerre (sauf pour se défendre) soit amené en justice pour crime contre l’humanité.   Un vendeur d’armes devrait avoir automatiquement la même sentence que pour la préméditation d’un meurtre.  La mort d’un individu est quand même plus grave, plus violente et moins agréable que de lui avoir fait une pipe.  Quoiqu’en pensent ceux qui nous dirigent.  Non absolu à la peine de mort légale ou illégale.  Ce doit être une valeur non-négociable avec ou sans l’indépendance.

Quand je lis des choses comme l’affaire Khadr, j’ai très honte d’être canadien.  Je ne suis pas toujours d’accord avec nos politiciens au Québec, mais au moins, ils sont plus respectables. 

Si Jean Charest avait le français un peu plus à coeur, s’il prenait des décisions au lieu de laisser pourrir les situations pour nous garder dans le Canada, ça ferait peut-être un bon premier ministre ; mais il est encore trop fédéraste pour être un premier ministre qui pense à l’avenir du Québec.  Il ne veut que nous garder à l’intérieur du Canada, c’est sa mission.          

Un jour, il faudra vider la question au-dessus des intérêts des partis politiques.  Au moins, Charest sait, lui, que le Canada ne veut absolument rien savoir de pouvoirs accrus pour le Québec.  Qu’on le veuille ou non, où l’on se range au sein de Canada et on disparaît comme francophones ou on devient un pays indépendant.  Ce n’est pas de notre faute si le Canada anglais nous pousse à l’indépendance pour survivre. 

Aurons-nous assez de courage pour nous tenir debout ou comme au cours des 40 dernières années perdra-t-on de plus en plus de pouvoirs ?  Serons-nous assez «zombies» pour croire qu’être reconnu une nation sans pouvoir, ça veut dire quelque chose?  C’est mensonges par-dessus mensonges que le fédéral nous raconte depuis plus de 40 ans. .  Quant à moi, le Canada est une chose du passé.  Il faut cesser de perdre notre temps à essayer de l’améliorer, il se détériore.

2) Que les partis politiques passent les intérêts du parti avant celui du pays. 

Je me demande si on ne devrait pas songer à l’abolition des partis politiques puisque leurs intérêts font que l’on se fait toujours mentir plutôt que d’avoir les faits exacts pour décider qui a la plus grande compétence pour gouverner. 

Je suis devenu indépendantiste, en rêvant à la création de gouvernements régionaux.   Plus le pouvoir est proche, plus il est susceptible de servir la population.  

Les partis politiques devraient être obligés de présenter leur programme aux élections et obligés de réaliser ce programme s’ils sont élus. 

L’indépendance du Québec est un sujet trop important pour qu’on nous promène d’un mensonge à l’autre.  La seule question est simple : Les Québécois seraient-ils mieux dans un pays du Québec que dans le Canada, car au Canada, ils ne seront jamais plus qu’une grosse minorité. 

L’avenir du pays devrait transcender les intérêts des partis politiques.  Comment créer un gouvernement, s’il n’y a plus de partis politiques?  C’est à y penser.  Il faudrait commencer par avoir un vote proportionnel.  Mais, une chose est certaine, il faut que les partis au pouvoir soient obligés de remplir leur programme.  

J’ai toujours voté pour l’indépendance du Québec, même si une vraie confédération pourrait être une alternative acceptable, mais on sait que le fédéral ne veut même pas en entendre parler.

La notion de « nation » du Québec à l’intérieur du Canada de Harper, c’est une coquille vide, une illusion pour endormir encore une fois les Québécois. On est masochiste.  On divise même les hommes et les femmes. 

Le fanatisme féministe est, en fait, un instrument fédéraste pour diviser le vote au Québec. Tant que les femmes pensent que le féminisme est plus important que l’avenir du Québec, elles se serviront de ce chantage pour avoir plus de pouvoir. Les féministes ne veulent pas l’égalité hommes-femmes, sinon elles reconnaîtraient la différence qui existe entre les deux sur le plan de la perception de la sexualité, mais elles veulent dominer.  Il faudrait que les hommes acceptent leur statut de vierges offensées, dès qu’il est question de sexe.  Les vraies féministes, au contraire, veulent avoir la même liberté que les hommes.  Vivre leur sexualité sans croupir dans la honte et la culpabilisation.  Les féminounes sont les curés modernes.                                                          
        
Mon enfance a été très heureuse parce que la vie à ce moment-là n’était qu’un jeu.  Je vivais dans le petit village de Barnston. Si la vie est très importante, elle est aussi quelque chose d’éphémère.  Heureusement, même si en général, les gens étaient pauvres, au moins, ils ne leur manquaient pas l’essentiel, comme des millions de jeunes qui naissent et meurent sur la planète.             

Mon père était un exemple quant à la sensibilité à la misère des autres.  Que de crédits !  Il a dû aller travailler à l’extérieur pour faire vivre le magasin (mais il y avait aussi le curé qui faisait battre tous les référendums pour annuler la prohibition de la boisson à Barnston). Malgré tout, nous n’avons manqué de rien.  J’ai eu des parents responsables, formidables       

Aujourd’hui, on ne parle pas de sexualité, mais on ne règle pas non plus le problème planétaire de surpopulation.  Bizarre, qu’on ne sache pas encore que s’il y a trop de monde, trop de consommation, il y aura aussi plus de misère.  On manque que d’essence et déjà  on s’entretue, qu’est-ce que ce sera quand on manquera d’eau et de nourriture parce qu’il n’y aura plus assez de fermes ?  Ne serait-ce que pour cette réalité, on devrait, en gens responsables, ouvrir le débat et y inclure les jeunes, car ils auront la responsabilité de construire leur monde.  Nous serons morts.   

La censure est une forme de violence, car elle nous tient irresponsable. Le but de tout individu est de devenir autonome et heureux.       

Je ne voudrais pas d’un Québec indifférent à la misère et à la détresse humaine.  Je ne comprends pas qu’il puisse y avoir des milliers de jeunes qui vivent sur les trottoirs de nos villes parce qu’ils n’ont pas su les intégrer.  Je me souviens quand je me suis présenté chez Pops pour être bénévole.  La personne était ravie de mon cheminement, car je pouvais comprendre et aider les jeunes en détresse.  Quand on a su que j’avais un dossier d’ordre sexuel, ce fut le rejet automatique, à sa grande déception d’ailleurs. Mais, comme le responsable me l’a dit, si je t’accepte maintenant, la police fera en sorte que tu n’y restes pas.  C’est pire de jouer aux fesses avec un jeune que toute la misère qu’il endure dans la rue.  J’ai cru à ce moment-là que je vis dans une société d’imbéciles.  Et je le crois encore.

La drogue et la boisson sont certes pour quelque chose dans l’itinérance puisqu’elles peuvent conduire à la maladie mentale.  Si tu t’enlèves le goût de vivre peut-être d’une manière moins intense, mais du moins plus satisfaisante, tu cours une chance d’en être gagnant à la longue.  Pourquoi se donner autant de misère pour un petit paradis de quelques heures? 

La principale chose que les jeunes doivent acquérir, c’est l’autonomie ; mais une autonomie qui est attachée à des responsabilités.  Le devoir de s’efforcer d’être heureux. 

J’imagine que je n’aurais certes pas eu la même enfance, si j’avais été élevé à Montréal.  Pour s’épanouir à Montréal, il faut être plus vigilant, reconnaître les dangers ; mais c’est aussi la ville par excellence de toutes les opportunités.  Il n’appartient qu’à toi de construire le monde dans lequel tu veux évoluer.

Je ne veux pas de censure et de violence.
  À mon sens, la censure ou le tabou est une forme de violence, plus hypocrite, plus insidieuse.  C’est le langage des religions sur la réalité sexuelle.  C’est le pire obstacle à l’autonomie individuelle. 

Je ne crois pas qu’il existe de sujet dont on ne peut pas parler.  Au moment où on est assez obsédé que l’on ne peut plus se parler, que l’on refuse d’écouter les autres, nous nous empêchons de nous enrichir intérieurement. 

Toutes les religions sont aussi bonnes que mauvaises, tout dépend de l’emploi que l’on en fait.     

(À suivre. Période intense de marche avec Benji.  Ça me fera peut-être du bien, car je me sens trop curé pour être intéressant et vu que je compose directement, mieux vaut que je prenne un «break»)       
 

Radioactif 437

juillet 17, 2022

Radioactif 437

Texte de 2008, p. 772

Le Québec que je ne veux pas.

Adolescent, je ne sais pas si j »étais plus niaiseux que les autres, mais j’étais définitivement plus naïf, avec une libido aussi puissante qu’un tsunami.  Je croyais et j’avais confiance dans les adultes.  La religion, c’était la « vérité ».   Personne ne pouvait vouloir de mal à son voisin. 

Je craignais la mort à cause d’une institutrice qui nous racontait des histoires qui ont dérangé ma quiétude durant bien des nuits de mon enfance, quoique je ne devinais même pas ce que c’était mourir.  Comme tout le monde, j’en avais une peur bleue, diffuse, indéterminée, un peu maladive.  

J’ai eu une enfance adorable, avec des parents et une vie tout aussi adorable.  Je respirais le bonheur à tous les jours.  Barnston, c’était le paradis.   Tout était un jeu, comme pour tous les garçons normaux du monde et je ne me souviens pas d’avoir haï ou mésestimé une seule personne.  

Mon père tenait le magasin du coin, ce qui nous rendait très sociable. Et, même à mon âge, je peux dire que les mauvaises personnes sont des exceptions. C’est très rare au Québec, ce qui change avec Montréal et les grandes villes, car question de territoire les villes sont des antithèses de la nature. On ne l’a pas encore compris.     
 
Jeune, comme tous les autres, je voulais devenir quelqu’un.  Je voulais, rien de moins, que devenir un saint.  Pas question d’être curé, je voulais être pape.   Disons que c’était le côté positif de la religion : créer ce besoin d’idéal et d’être bon. 

Mes saints favoris étaient St-François d’Assise et Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus, à cause d’un film et aussi probablement de la Thérèsa, une mine d’or catholique, située en Ontario, qui devait nous rendre tous très riches.      
 
Mes moments favoris étaient lorsque Ti-Charles Bergeron nous racontait des contes ou que l’on présentait des films de Ti-Jean, au sous-bassement de l’église paroissiale St-Luc.  Je devrais ajouter aussi quand j’allais à l’école.  Ce n’était pas l’euphorie, mais j’aimais ça, sauf, les devoirs parce que ça nous empêchait de jouer dehors plus longtemps.  Dans mon temps, les parents ne nous disputaient pas pour nous sortir de la maison, mais pour nous y faire entrer.  Le jeu, c’était la vie.        

La religion était alors une foule de règles à observer.  Je ne voyais pas toujours ce que ça donnait, mais sauf, pour la sexualité, ces commandements étaient clairs et avaient bien du sens.    

Tout ce que je savais de la sexualité .c’était une chose dont on doit avoir honte et dont on ne parle pas, si on se respecte.   Donc, avec un tel esprit de tabou absolu, je ne savais absolument rien.  Bizarre !  Ne sommes-nous pas tous sexués?                      
 
On n’était pas encore adulte qu’on nous faisait haïr cette «saleté de corps».  C’est cette façon maladive, ce point de vue hors-nature (la chasteté absolue) avec lequel on abordait la sexualité chez les enfants.  C’est ce qui la rendait mauvaise : l’ignorance des adultes.  

La sexualité en soi n’a rien de mauvais.  La Grèce antique et les bouddhistes l’avaient compris.  Elle est ce que nous sommes, une partie intégrale de nous. 

Selon l’interprétation religieuse, nous sommes tous pécheurs parce que nous sommes tous sexués et qu’un  jour où l’autre le sexe nous fera pécher.  Belle folie !           

La religion nous orientait, avant même que l’on comprenne, dans le mépris le plus profond, le plus hypocrite, de notre nature profonde.  Ce devait être une autre erreur de la création comme le péché originel.  Pourquoi devrions-nous naître avec la tâche du péché de ceux qui nous ont précédés?  Les catholiques ne croient pas à la réincarnation.  Les païens croyaient exactement ça.    

Dans l’ensemble, les enseignements religieux cherchaient à nous rendre plus charitables, ce que nous ne serons jamais trop.  Il y avait ça de bon : des règles pour mieux vivre. 

Pour un enfant, c’est compliqué de s’y retrouver.  Pour moi, le péché fut donc de ne pas écouter mes supérieurs, voler, mentir, me battre, juger les autres.  Quand je suis entré dans la médisance et la calomnie, là, j’étais un peu plus perdu.  Je n’étais pas encore un moine bouddhiste pour me pratiquer à stopper les idées que je ne voulais pas, mais je m’efforçais à méditer les Évangiles.  J’essayais de faire dévier les mauvaises pensées.  Je ne connaissais pas encore les féministes, mais j’aimais bien Marie-Madeleine. Être un  » stool », c’était la déchéance totale.   

La pureté des enfants n’a rien à voir avec le sexe ; mais est de l’ordre des intentions.  En principe, un enfant n’est pas mauvais de par nature…même si Freud a prouvé que nous sommes tous d’abord potentiellement des pervers polymorphes.

Mais, malgré la charité, on nous interdisait de fréquenter les gens d’une autre confession religieuse.  Ces gens étaient des païens automatiquement damnés. 
 
Dans ma petite tête de petit gars, ami avec tout ce qui avait d’étrangers dans le paysage, ça me semblait une contradiction fondamentale.  Comment Dieu peut-il être juste, s’il a décidé d’avance et, sans nous consulter, que je serai sauvé ou damné?  Plus je méditais les enseignements religieux, plus je trouvais de failles, de contradictions entre ce qu’on nous prêchait et la réalité quotidienne.      

Je n’avais pas de problème avec les dogmes, j’avais des problèmes à savoir pourquoi ils se contredisaient tous autant.  La Bible nous montre un Dieu sans coeur, je dirais même dégueulasse, avec sa maudite autorité transcendante, son «respectez-moi, je suis le grand boss» alors que Jésus nous enseigne la tolérance.  Mahomet nous enseigne l’infinie miséricorde de Dieu et nous demande de tuer les impies.  Qui croire?  Si 20 personnes se racontent un tout petit secret d’une minute, et qu’à la vingtième, il n’y a plus rien qui ressemble à ce qui a d’abord été dit au début, comment après des milliers d’années peut-on croire que ces histoires ne soient pas complètement changées au fil des oreilles, aussi attentives fussent-elles?    L’écriture est toute jeune. 

Est-ce qu’on faisait- on comme certains musulmans : essayez de mémoriser le Coran par coeur?  Ça ne te fait pas aimer tes frères humains, au contraire, ça t’en éloigne. De te croire plus près d’Allah parce que tu connais mieux ses paroles, c’est un peu orgueilleux et ça t’empêche de vivre dans la vraie charité.  Il faut admettre que c’est mieux que moi, car je n’ai jamais pu apprendre par coeur ne serait-ce qu’une fable de Lafontaine.  Je suis né Alzheimer, je crois bien mourir en ne me rappelant pas que j’ai vécu.  Et, j’ai découvert que le vin n’aide pas.                                  

On a autant d’interprétations des Saintes Écritures qu’on a de religieux, sauf, que pour et dans l’institution,  tout le monde fait semblant de croire la même chose. Le doute est banni alors que cela devrait être un signe d’intelligence.       

Le fanatisme religieux est une forme de déséquilibre mental et, sans le savoir, j’en étais joliment affecté.  Pour moi, Dieu était tout.  De quoi rendre Allah jaloux, même si c’est le même Dieu avec un nom différent.  Pas étonnant qu’aujourd’hui encore, même si je suis contre toutes les religions à cause de leur approche de la sexualité, je crois toujours en un Dieu, un Allah, sans pouvoir préciser ce qu’il est, sauf la somme totale de l’Énergie.  Le bonheur.         

Jeune, je ne me croyais pas beau. Par contre, y paraît que j’avais le sens de la fascination très développée.  » T’étais pas nécessairement tannant ; mais curieux comme un singe. Tu voulais tout savoir et t’avais un talent fou pour te rendre attachant. »  C’est ce que me racontent mes anciennes gardiennes ou institutrices. 

Je me rappelle que j’adorais  » la femme », surtout ma mère, ça n’avait rien de génital, même que le sexe féminin à cette époque me répugnait un peu parce que tout était interne, le contraire des petits zizis bien masculins retrouvés chez certains camarades. 

La femme, c’était comme ma mère, un objet d’adoration.  Ma mère fut à mes yeux la première sainte que j’ai connue.  J’aimais tellement  » la femme » à travers elle, que dès ma première année d’école, j’ai voulu marier mon institutrice et empêcher son mariage pour la garder pour moi plus tard.   Je ne m’en rappelais pas, mais elle me l’a raconté.            

Par ailleurs, avec les autres jeunes, j’étais plus ou moins une peste.  J’étais une faiblesse ambulante, mais j’aimais me battre comme tous les autres.  J’étais très mauvais perdant.  Aussi, quand ça faisait pas mon affaire, je me sauvais dans les champs et j’allais, comme disaient mes frères : « brailler aux anges ». 

Je me rappelle mes randonnées où je cédais le pas à mon ange gardien.  J’étais un petit gars comme tout le monde, quoique déjà un peu plus intellectuel que tous ceux qui l’entouraient.   J’ai développé des intérêts bien à moi : comme le zizi.  Pour le reste, j’étais curieux et je croyais tout ce que racontaient les adultes.  

Assez drôle, car surtout aujourd’hui, il n’y a qu’une vérité dont je suis certain : je ne sais pas d’où je viens ; je ne sais pas qui je suis, et je ne sais pas où je vais.  Personne n’est mort et est venu nous dire ce qui se passe après.  Ce qu’on nous dit ne sont que de pures spéculations, souvent des inventions d’où la nécessité de respecter le point de vue de chacun, en autant que ce chacun ne nous force pas à penser comme lui.      

Donc, cette manie des religions de toujours prétendre détenir la seule vérité transcendantale m’apparaît comme le pire des mensonges, un irrespect absolu de la culture des peuples qui ont composé notre réalité d’aujourd’hui, notre civilisation.  Les plus grands bandits, les plus vicieux sont ceux qui ont réussi à dominer. 

On a qu’à regarder l’histoire des rois et des papes pour apprendre à vivre avec tous les vices que la nature humaine peut inventer.  Puisque maintenant on est assez éduqué pour savoir ça, je me demande pourquoi on essaie de maintenir ces structures qui ont toujours conduit à l’abus, à l’exploitation du plus faible par le plus riche, aux meurtres et aux guerres.  Sommes-nous si peu intelligents que nous devons sans cesse répéter les crimes de nos prédécesseurs ? 

Par contre, il faut en convenir, l’humanité regorge de personnages formidables, exemplaires par leur simplicité.

 (À suivre…  C’est plus difficile parce que je compose directement et ça demande une plus grande concentration… en ce sens, les sites pornos que j’ai découverts me nuisent, car je n’ai pas l’intelligence et la volonté de les mettre de côté.  C’est le côté stupide de ma pédérastie, un certain déséquilibre, on dirait que j’en ai jamais assez … à tantôt…)

Au moins, j’ai su résister à la tentation du verre de vin pendant ma balade quotidienne avec ma petite chienne Benji.

Radioactif 436

juillet 16, 2022

Radioactif 436

Texte de 2008, p. 769

Société de droit.

Quand je regarde les 40 dernières années, je constate que les pouvoirs du Québec régressent à chaque année, aux mains d’Ottawa. 

La politique fédéraste envers le Québec en est une de peur et d’hypocrisie, de mots vides, de promesses non tenues. 

La notion de nation est le meilleur exemple du vide dans lequel on veut nous garder, tout comme la Brinks démontre jusqu’à quel point les autorités canadiennes sont capables de bassesse, d’utiliser la peur créé par l’ignorance pour nous dominer.

Le dernier référendum est une preuve que le Canada est capable de ne pas respecter les lois pour triompher de ses adversaires.  Comme les commandites révèlent l’esprit de ceux qui nous dominent.  Des voleurs!

Je me suis toujours battu, avec toutes mes énergies pour le mieux-être des Québécois, même à travers ma croisade pour la liberté sexuelle absolue, tant qu’il  n’y a pas violence ou de domination, car, je sais très bien que ce que l’on raconte sur la pédérastie est totalement faux.   Je le sais par expérience personnelle.  Une Connaissance, comme diraient les bouddhistes.                   

Le problème avec le Parti Québécois, c’est d’avoir eu des membres qui s’imaginaient que le fédéralisme doit continuer d’exister au Québec.  On voyait le besoin d’avoir un pays, le Québec, et la séparation nécessaire comme une arme de chantage.     

À vrai dire, si ce n’était qu’une question de territoire, ça ne serait pas important.  L’important, c’est d’être le mieux possible sur le territoire et avoir le gouvernement qui nous le permette.

Pire, même si le fédéral a toujours agit comme le pire des voyous (la GRC qui vole des documents, des juges de la Cour Suprême qui détruisent les pouvoirs de la loi 101, un instrument pourtant essentiel à notre survie culturelle francophone ; le fédéral ne respecte pas les lois du référendum, etc.) on semble ne pas s’en apercevoir. 

On réagit toujours avec le fédéral comme s’il était un adversaire honnête.   

Ça me rappelle quand j’ai écrit Avant de se retrouver tout nu dans la rue ou le problème du logement, j’avais alors averti le ministre de la Justice, M. Marc-André Bédard, que la pègre détruisait les maisons abandonnées en y mettant le feu pour construire des terrains de stationnement.  J’ai été perçu comme un imbécile et un paranoïaque.  Il a fallu plus de cinq ans avant que l’on se rende compte de l’ampleur de ce racket à Montréal.   

C’est pareil avec le fédéral.  On agit comme s’il était un ange qui veut nos intérêts et améliorer notre vie.  Sous prétexte économique, on essaie de nous faire croire qu’on ne peut pas être un pays.      

Si on veut un jour avoir un pays, il faudra avoir les couilles de traiter le fédéral comme une bande voyous, prêt à tout, pour nous fermer la gueule. 

Sous prétexte de respecter le droit, on nous fait tout avaler. 

Nos revendications sont ainsi des revendications vides.  Si on veut créer un pays, il faut que l’on cesse de respecter les lois du Canada chez nous.  Leur loi et leur constitution ne sont pas nos lois et notre constitution.           

Pour obtenir peu, il faut en demander plus.  Le prochain gouvernement indépendantiste devra se tenir debout.  Il devra exiger que le fédéral se retire des pouvoirs que l’on considère exclusifs. Par exemple, on a la Sûreté du Québec, on a pas besoin de GRC.  On a notre immigration, pas besoin du fédéral dans ce domaine.  On doit reprendre le contrôle de nos communications. 

Puisque les fédérastes refusent, qu’il est impossible de croire qu’un jour le Canada sera une véritable confédération, il n’y qu’une seule solution : Le Québec, mon pays. 

Le prochain gouvernement doit agir comme si le fédéral n’existe pas.     

Comme la question du dernier référendum le disait, un pays, c’est un territoire dans lequel on crée toute nos lois, on signe les traités que l’on veut avec les autres pays et on ramasse tous les impôts. 

Si nous avions une vraie place dans une vraie Confédération, ce serait différent ; mais à chaque demande, on se fait dire que c’est trop.  Alors, on a qu’à se prendre en main. 

Bouddhisme.

Je dois avouer ne plus croire dans les religions révélées (Christianisme, Islam, Juive, etc.).  Leur philosophie de vie n’est qu’une suite de règles plus folles les unes que les autres. 

Sauf, dans les Évangiles, selon St-Jean, dans la bible de Jérusalem, elles sont absolument dépassées et contre-nature. 

Des religions qui doivent s’en tenir à la peur et à la violence pour communiquer leurs croyances, sont trop fanatiques pour être vraies. 

Plus tu creuses le fond de ces religions, plus tu te rends compte qu’elles sont devenues des empires économiques : on a qu’à regarder les sortes de viande.  Pour créer leur empire, ces religions poussent au fanatisme et à la guerre.  Qui subventionne Al- Qu’Aïda ?        

Je suis de plus en plus un partisan inconditionnel des droits de l’homme, de la conscience personnelle et de la non -violence.

Par contre, je suis fasciné par le bouddhisme.  Il nous respecte.  Il ne nous parle pas toujours de péchés, mais de manque d’amour et de responsabilités.  C’est une approche de la Vie fort intéressante, car elle est basée sur le renouvellement permanent. La mort est vue comme une transformation de notre état en tant qu’énergie.      

Je viens de terminer la lecture du livre Le moine et le philosophe, et j’aimerais citer des passages qui m’ont très profondément rejoint :            

—Le but de l’existence : Le bouddhisme affirme : c’est la recherche du bonheur.  Il s’agit d’une plénitude qui naît lorsqu’on a donné un sens à l’existence et que l’on est en conformité, en adéquation parfaite, avec la nature profonde de son être. 

Le bonheur est le sentiment d’avoir su actualiser, au terme de notre vie, le potentiel que nous avons tous en nous, et d’avoir compris la nature ultime de notre esprit.   

— Le bonheur implique nécessairement la connaissance. 

 — L’autre composante essentielle du bonheur tient en trois mots : altruisme, amour et compassion.  Comment pourrait-on trouver le bonheur pour nous-mêmes, alors qu’autour de nous les être ne cessent de souffrir ?        

— Notre esprit est la fenêtre par laquelle nous percevons « notre monde ».       

— L’expérience, en effet, est le chemin.  Et, comme l’a souvent dit le Bouddha : «Il incombe à chacun de le parcourir » afin qu’un jour le messager devienne lui-même le message.»      
     
Cette façon de voir la vie est tout simplement extraordinaire. 

Je suis persuadé que tous les individus se demandent ce qu’ils font sur cette terre. Pourquoi devons-nous vivre? Et, qu’on le veuille ou non, chacune des vies est totalement unique : on naît seul, on vit avec les autres pour se définir plus clairement et on meurt seul.  Je ne dis pas que je n’ai pas de résistance quant à la réincarnation. 

J’hésite entre la possibilité de revenir parfaire la qualité de son être avec différentes vies successives, hors temps et hors espace particulier, tendant vers l’Amour parfait , le bonheur absolu, donc, irrévocable, immuable, éternel ; mais qu’il n’y ait rien après la mort est une possibilité tout aussi réaliste. 

Comment avoir conscience d’un au-delà, si notre conscience a éclaté avec la mort de notre corps et n’existe nécessairement plus ? 

Je suis, par contre, plus enclin à croire dans la réincarnation. ¨Je sens ça plus plausible parce que rien ne se perd et rien ne se crée.  Le vide de notre univers n’est que de l’énergie neutralisée, différente. Il suffit d’une onde pour qu’elle cherche un nouvel équilibre.  Le ciel est un état d’une telle perfection parfaite et globale de l’univers, une osmose tellement absolue que plus rien ne change, ne bouge.  Le ciel est intérieur.  Je ne suis pas un grand maître, mais c’est ainsi que je vois la vie.  Et, c’est pour ça aussi que je suis heureux de ce que j’ai vécu.           
 
Puisque les petits gars dans ma vie ont été l’objet de tout mon amour, que j’ai fait du mieux que j’ai pu, que ce soit bien ou mal, en demeurant sincèrement accroché à ce qui me semble ma raison de vivre : écrire.            

Je suis peut-être complètement dans le champ de patates, mais au moins je cherche la Vérité. 

Malgré les condamnations, je suis persuadé que la libre conscience, individuelle et responsable est l’avenir de l’humanité.  Et, dans ce sens, je me bats pour la liberté sexuelle, car c’est elle qui déterminera les guerres, selon les besoins de l’humanité et notre capacité à redéfinir l’essentiel. 

Je ne demande à personne de me croire. Écrire, c’est juste relater ma petite expérience pour que chacun y puise des réflexions. 

On est vivant pour vivre des expériences.  Chacune porte ses messages. Il faut bien « se » justifier ainsi que définir sa présence dans la vie, si l’on veut être heureux !      


Radioactif 435

juillet 15, 2022

Radioactif 435

Texte de 2008, p. 767

Canada : pays de l’hypocrisie politique!

J’ai écrit un petit mot sur mon nouveau blog publié en France : à la suite des révélations à l’effet que le nouveau président Sarkozy viendrait nous dire que dorénavant la France couche avec le Canada.   En voici le contenu :    

Monsieur le président,      
      
Ici, au Québec, on dit qu’à l’automne, vous viendrez nous dire que dorénavant la France appuie le Canada.  Si tel est le cas, je vous demande qu’une chose :

                NE VENEZ PAS NOUS DÉCEVOIR !          

Si le Québec ne devient pas un pays, il n’y aura plus de français en Amérique et ça s’en vient plus vite que vous le croyez.  Le taux d’assimilation du français à l’anglais au Canada est sans cesse grandissant et, depuis des années, on essaie de nous noyer dans la mer anglophone. 

Le Canada est le pays de l’hypocrisie politique par excellence…  

                              Assimilation ou drowning      

I was looking at the sea    
the brain in my heart was crackling                   
over the waves , ô water and salt
like my childhood . Sky beauty.  
Over my skin.  Humanity is born 
with you … little man …      
in a such pretty instant.    

I will never forget… 
when I die in your eyes    
peaceful and blue  
ready for love.         

LE QUÉBEC EST DÉJÀ PRATIQUEMENT BILINGUE.        

LE CANADA EST PRESQU’ENTIÈREMENT ANGLOPHONE.      

Disparaîtrons-nous à cause de vous, Monsieur le président?        

LE QUÉBEC, MON PAYS ! 

Québec : une nation, un pays.

Le premier ministre de la France a dû s’excuser d’avoir osé appeler le Québec, un pays.  Quelle hypocrisie de la part du Canada qui voudrait qu’on s’en tienne à la notion de nation, coquille vide, qui a été imposée à la suite d’une déclaration de M. Ignatief, déclaration qui lui coûta d’ailleurs son accession au titre de chef du parti libéral. 

Le Canada est un pays hypocrite, car, il se bat en Afghanistan, sous prétexte de défendre la démocratie alors qu’il n’a même pas l’honnêteté de reconnaître que le Québec a le droit comme nation de devenir un pays. 

Quand j’étais plus jeune, chez les libéraux, je croyais sincèrement que la structure du Canada pouvait être transformée pour devenir non pas une fédération centralisatrice, mais une confédération.

Devenir une vraie confédération, c’est redonner le pouvoir aux provinces et partager certains pouvoirs à l’intérieur d’un gouvernement central fédéral. 

Dans une véritable Confédération, le Canada n’a de pouvoirs que ceux abandonnés à un gouvernement central par les provinces parce que leur administration est ainsi ainsi plus productive.  Ces pouvoirs peuvent être l’armée, l’argent, des pouvoirs sur lesquels tous s’entendent qu’il est préférable d’être gérés par un gouvernement central unique.

Cependant, tous les pouvoirs qui trouvent une meilleure application sur un plan régional ou provincial reviennent aux provinces. 

De plus, dans une vraie Confédération, toutes les taxes sont perçues par la province qui paye sa part des dépenses au fédéral. 

Dans ma tête, la décentralisation et la déconcentration se poursuivait avec la création de gouvernements régionaux.  Ce nouveau partage des pouvoirs étaient essentiels pour l’aménagement de notre territoire. 

En 40 ans, non seulement le Québec a gagné de nouveaux pouvoirs, mais il est en train de tous les perdre aux mains d’Ottawa.  Le gouvernement du Québec est devenu un simple conseil d’administration. 

Puisque le Canada souffre de constipation dès qu’il est question de nouveaux droits permettant au Québec de s’affirmer le moindrement en fonction de sa différence, j’en suis venu à la conclusion logique qu’il n’y a qu’un moyen de survivre quant à notre langue et nos valeurs : en devenant un pays. 

En se séparant totalement du Canada, puisqu’on perd son temps à rêver d’une vraie confédération, ce qui me semblait la solution la plus intelligente.  Il ne nous reste qu’à se prendre en main et devenir le pays que l’on veut. 

QUÉBEC, MON PAYS!    

Radioactif 434

juillet 14, 2022

Radioactif  434

Texte de 2008, p. 764

Bonnes nouvelles.           

Avant d’entreprendre d’écrire Mario, je veux d’abord souligner que cette journée-ci nous a amené au moins trois bonnes nouvelles.  La libération d’Ingrid Betancourt ; la fin du lock-out au Journal de Québec, et surtout, pour nous d’ici : l’hommage à M. Henry Morgentaler. 

Comme je l’ai écrit déjà, je ne suis pas en faveur de l’avortement, car si des jeunes filles en santé doivent avorter, c’est qu’elles ne sont pas renseignées adéquatement et surtout que notre société n’est pas encore assez ouverte et permissive pour que l’on ait abandonné le manque de charité de l’Église catholique envers celles qui enfantent en dehors des règles.  Une étroitesse d’esprit qui nous a été rappelée par l’intermédiaire de son évêque à Toronto.         

Si l’Église catholique est désertée, c’est justement à cause de ses positions rétrogrades sur le plan de la sexualité. 

Sa grande noirceur dans ce domaine est partagée et parfois amplifiée par toutes les autres religions à divers degrés.  C’est ce qui amènera la mort des religions, leur ruine et la fin de leurs privilèges. 

L’Église catholique est si riche qu’elle s’est imaginé que ces millions feraient taire ses détracteurs.  Elle n’avait pas pensé que c’est facile de dire que tu fais des cauchemars depuis 30 ans parce qu’un curé t’as fait une pipe. Ça peut donner jusqu’à 100,000$ et le gain crée l’avidité.       

Aujourd’hui, ce chantage est devenu la nouvelle religion de la droite et des féminounes 

Qu’on le veuille ou non, la raison fondamentale qui m’a fait voter pour le droit à l’avortement, c’est que des milliers de femmes se ruinaient ou mouraient en se faisant avorter n’importe comment, par n’importe qui.  M. Morgentaler a eu le courage d’affronter la pensée de droite et ses agitateurs pour donner aux femmes le droit d’être les maîtres de leur corps.  Bravo!  Mille fois bravo! 

Il faut du courage pour accepter de faire de la prison et d’être attaqué par une bande de malades pour faire jaillir une pensée juste.  Le droit des individus à leur intégrité physique.  Quand respectera-t-on celle des adolescents?  Leur droit de vivre leur sexualité comme ils l’entendent, s’il n’y a pas de violence et consentement. 

Je sais que Mme Michaël Jean est féministe jusqu’au bout des orteils.  Elle est de celles qui font la morale aux pédérastes.  Mais, cette fois, chapeau! C’est un beau coup à l’intérieur du rôle qu’on lui a attribué pour diviser les Québécois en vue d’un référendum possible sur l’indépendance.  Ça ne me la rend pas plus sympathique, mais en plus d’être belle, je dois concéder que c’est intelligent. 

C’est un peu comme Richard Martineau, un chroniqueur que j’aime bien et dont je partage très souvent l’opinion.  Je dois admettre que professionnellement, il fait pitié, car il n’a jamais eu l’honnêteté de parler de la différence que je fais entre pédophile et pédérastie.  Si c’est toujours ainsi, c’est qu’il ne vaut pas cher.   Mais il est lu plus que moi.   

Aujourd’hui, j’ai du respect pour toutes ces grandes dames de l’actualité quotidienne ; mais je ne peux m’empêcher d’ajouter mon admiration pour la juge Arbour et ma honte proportionnelle du Canada qui ne l’a pas appuyée. Pays d’hypocrites!

Pas les gens, pas les paysages, le Canada est très beau et les petits anglais sont aussi très charmants, mais ceux qui nous dirigent sont ces hypocrites.. La politique ça fait vraiment chier.  Il fait trop chaud pour s’occuper de ça.  Je vais marcher avec Benji.

Les tatas s’amusent.

Cette semaine, nous avons deux tatas : le président de la France qui viendrait essayer de nous vendre le Canada… quel con !  Et, un député libéral fédéraste qui prétend qu’on est des «losers». 

Le président de la France devrait avoir plus d’un ami pour se faire dicter sa politique internationale.  Desmarais, de Power Corp., a toujours été un fédéraste aveugle. Il se fiche de l’avenir du français pourvu que le Québec demeure au sein du Canada.  Ça le paie plus. 

Le président français (Sarkozy) devrait avoir quelques amis séparatistes pour qu’on lui fasse comprendre que le Canada a rejeté tous les compromis offerts par le Québec.  C’est un pays hypocrite qui ne respecte pas le Québec.  Pour survivre, le Québec français n’a qu’un choix : se séparer.             

Tant qu’à l’autre niaiseux.  Il devrait se rappeler que le Canada a gagné ses référendums en les volant et en mentant.  Il n’a rien à nous enseigner, cet imbécile. 

Ces deux déclarations nous prouvent qu’il est urgent qu’on se réveille et qu’on la fasse cette indépendance puisque le Canada refuse de devenir une véritable confédération. 

Radioactif 433

juillet 13, 2022

Radioactif 433

Texte de 2008, p. 761

La censure des livres.

On prétend que la liberté d’expression existe au Canada.  Pourtant, ce n’est qu’une illusion. 

Au Canada, le moyen de censurer les auteurs, c’est de rendre leurs écrits inaccessibles, de les éliminer de toutes les sources d’information, devenir un auteur ni vu, ni connu et si possible de le faire crever de faim.  Une version canadienne de 1984.

C’est exactement ce qui m’arrive.  Il est quasi impossible de retrouver mes écrits et, là où ils sont, les responsables essaient par tous les moyens de dissuader ceux qui voudraient en avoir accès, de les oublier.  La raison est toute simple : j’ose parler avantageusement d’un sujet tabou : la pédérastie. 

Les connes confondent pédérastie et pédophilie, mais elles sont au pouvoir.   

C’est pour cette raison que l’Association des auteures des Cantons de l’Est m’a rejeté après avoir publié de mes textes dans son journal officiel. On disait que comme grand-mère, il fallait protéger sa progéniture, à la suite d’un texte de Richard Martineau, dans le Journal de Montréal.  J’étais membre et l’on m’a fait disparaître.

Ce rejet est possible parce que j’ai deux titres de livres publiés entre 1970 et 1985 qui proclament ma pédérastie : Laissez venir à moi les petits gars et Aimer les petits gars, féerie du monde adulte.    Avec ces publications, j’ai été accepté par l’Union des écrivains du Québec, l’UNEQ, comme écrivain titulaire.  Non seulement j’ai été membre, mais en 1997, alors que tout avait été bien longtemps auparavant publié, je me suis même présenté à la direction de ce mouvement et j’ai été battu, en élections, par un autre écrivain.

C’est invraisemblable qu’aujourd’hui, ces associations puissent décider que je n’existe plus dans la littérature québécoise.  Je voyais mon métier d’écrivain comme une vocation.  Je me battais pour le Québec et sa liberté.         

Je ne me crois pas particulièrement talentueux, mais c’était important d’exiger d’un nouveau pays, la liberté d’expression, car, c’est le fondement même de la démocratie.

Aujourd’hui, quand j’entends ceux qui nous dirigent vanter la démocratie au Canada, au droit à la liberté d’expression, je peux dire qu’il s’agit plutôt de démocrassie. Ce sont des menteurs et des hypocrites. 

Par contre, je ne crois pas que ce soit bien important pour moi que de laisser une trace dans l’évolution du Québec.  Mes écrits eurent l’influence qu’ils devaient avoir au moment où je les ai écrits, même si les moumounes d’aujourd’hui,  ont réussi à ce qu’on cache tout ce que j’ai écrit. 

On reçoit du fédéral une ristourne annuelle pour ses écrits.  Il y a environ trois ans, je recevais un peu plus de 1,000 $.  Or, depuis cette somme a fondu à environ 300$; mais la meilleure, c’est qu’on ne paye plus pour Laissez venir à moi les petits gars.  C’est pourtant le plus connu.   On ne le dit pas, mais le fédéral a déjà commencé la censure des écrits, en refusant de payer pour leur publication, comme lui permet la loi C-10. 

Dans quelques années, le Québec ne sera plus maître de sa culture.  Un peuple, une nation de plus à disparaître.  

Ceux qui croit que l’indépendance du Québec, c’est pour demain, rêvent en couleurs.  

Je n’ai pas l’intention de perdre mon temps en me présentant à la cour contre l’ACCCE.  Je trouverai bien le moyen pour que ça se sache, malgré le silence des médias.  .Après tout, avec ce que je gagne, pour continuer à exister dans l’arène littéraire, ça ne paye même pas mes dépenses. 

Je voulais, quoiqu’il arrive, dénoncer toute l’hypocrisie, tous les mensonges qui entourent la pédérastie.  Particulièrement, la malhonnêteté intellectuelle qui élimine la différence fondamentale entre la pédérastie et la pédophilie.  Celle qui nie l’existence d’une sexualité, une libido chez les jeunes.   
 
À cette époque, disons que j’étais un pédéraste égoïste.  Je voyais le problème à partir de ce que je vivais.  Je me battais pour le droit de jouir de mon corps, d’en être maître, même si c’était le contraire de ce que le système nous prêchait.  On était tellement scrupuleux qu’on n’osait même pas penser, parler, encore moins toucher.  La sexualité n’avait qu’un but : procréer.  Tout était péché en dehors du mariage : une vraie démence. 

On avait mis sur pied un système de censure, sous prétexte de protéger les jeunes.  Ce système existe encore aujourd’hui quoiqu’on prétende l’avoir aboli. 

Me battre pour cette liberté, c’était presqu’une vocation, car je croyais que « cette vieille morale » nous empêchait d’être heureux .qu’elle nous mentait.   Je croyais me battre pour le droit au bonheur.  Je croyais, et je crois encore, que le Québec doit évoluer et se libérer de l’enseignement sexuel par le vide qu’on nous a imposé avant de retrouver l’estime de soi.      
 
Ma philosophie cadrait parfaitement avec le discours des féministes d’alors, qui voulait que tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit.          

Aujourd’hui, je mettrais certains bémols, à mon enthousiasme d’antan, d’abord à cause de mon expérience de la vie.  Plus de dix ans sans rapport sexuel, ça éteint un peu la flamme. Tu te demandes si quelques minutes de plaisir justifient des années de malheur.   Une vingtaine d’années, plusieurs mois de prison plus tard, et surtout, une vie très active ; ça m’a permis d’être encore plus conscient jusqu’à quel point le système nous ment quant à la pédérastie. 

On a depuis quelques années crée une véritable industrie du chantage.  Le chantage autour de la pédophilie est devenu un moyen de se faire de l’argent facilement.   Il est aussi un moyen politique que l’on utilise pour détruire la religion qui fait ombrage à une autre, le scandale des prêtres catholiques.  On confond spiritualité et règles morales.   

Je constate un retour en force de la morale castré, mensongère, hypocrite, des religions. 

Elle nous arrive par la porte de derrière, grâce au discours des féministes réactionnaires sur l’hypersexualisation (quoique c’est en partie un vrai problème).   Ces féminounes, à mon avis, sont un petit groupe politique qui sert le fédéral, en divisant la société entre hommes et femmes.  Il n’y a aucune différence sur les raisons de fonds invoquées contre la pédérastie et le port du voile : la pureté confondue avec la chasteté. .. La guerre du bien et du mal.           

À cette époque (1978), on se servait de l’homosexualité pour créer une chasse aux sorcières contre tous ceux qui ne partageaient pas le dogme fédéraste.  Si tu n’obéis pas aux règles de la sexualité, tu es déjà hors-norme et potentiellement dangereux pour ceux qui dominent, en l’occurrence le Canada. 

Pour moi, à cette époque, l’indépendance du Québec, c’était la priorité des priorités.  J’ai la conviction qu’elle se réalisera avec le temps et la prise de conscience de la population du Québec.   Quand les Québécois auront la conviction que l’indépendance améliorera leur sort.  Plus cette réflexion sera profonde, plus elle sera inéluctable.  Plus le Québec sera français, plus il sera homogène.     

Aujourd’hui, mon approche est autre.  Je ne préconise pas un plaisir que je veux m’offrir ; je réfléchis sur la philosophie, le droit des individus à leur sexualité et comment une morale, une nouvelle éthique , peut en découler sans brimer la vie privée.  Ma réflexion est plus universelle, mais pas moins québécoise. 

Au début j’écrivais pour empêcher un prédateur de tuer sa victime parce qu’il a peur de la dénonciation et de l’opinion publique qui manifeste parfois en une vraie hystérie de la majorité.  Maintenant, j’appuie sur le fait que la sexualité est génétique et que le droit à l’orientation sexuelle est aussi garantie dans la Charte des droits de la personne que ‘on a modifié par la Charte des droits canadienne.

J’ai surtout écrit fin des années 1960 jusqu’à 1980, car je me croyais capable de devenir un jour un grand écrivain.  Aujourd’hui, quand je me compare, je doute fortement de ce potentiel. 

À cette époque, je me prenais aussi pour un grand révolutionnaire, j’avais parfois des intuitions paranoïaques qui offraient à la vie un petit côté électrique.  La vie était une libération.           

Avoir enseigné15 ans, avoir adopté deux garçons m’ont forcé à réfléchir encore plus profondément sur l’importance de la liberté sexuelle, et surtout, j’ai découvert avec le temps, l’importance de la responsabilité.  Jouer aux fesses n’est pas un geste anodin en soi parce qu’il implique toute une gamme d’émotions, une vie affective ; mais on exagère sciemment son importance pour en augmenter la valeur commerciale.   Les scandales entourant la sexualité sont très payants pour les médias.        
 
Si on veut vraiment créer un pays démocratique, fondamentalement ouvert sur l’avenir, il faut avoir le courage et la détermination d’aller au fonds de la question. 

Pour ma part, les règles sur la vie sexuelle, principalement celles qu’on nous imprègne dans l’enfance et l’adolescence (la religion plutôt que la psychanalyse) sont un viol de conscience qui créent l’aliénation.  Être aliéné, ce n’est pas seulement être enchaîné, mais c’est aussi aimer ces chaînes.  Être colonisé, c’est une chose ; être aliéné, c’est se prétendre heureux dans ce colonialisme.
 
L’aliénation est le contraire de l’autonomie, de la création d’une conscience personnelle.
 

Et, c’est pourquoi, il y deux ou trois ans, après être passé à un doigt de la mort, j’ai recommencé à écrire de nouveau sur la pédérastie avec mon livre La pédérastie mise à nue.  À ce moment-là, ma question fondamentale était : si je mourrais qu’est-ce que j’aimerais que l’on retienne de mon engagement en faveur d’un Québec libre ?  Qu’est-ce qui pourrait aider à l’avènement d’un Québec libre ?   

Je n’ai aucun indice me permettant de croire qu’on attache la moindre importance à ce que je pense politiquement.  Cependant, je crois que jamais les Québécois ne décideront de créer un pays tant qu’ils ne seront pas non seulement conscients du colonialisme fédéraste, mais de tout ce que peut nous apporter l’indépendance.  Ce besoin, cette volonté d’être ce que nous sommes ne peut pas s’épanouir si on continue de s’auto-mépriser.       

J’ai décidé de reprendre la plume pour essayer de faire comprendre le cheminement inconscient de notre peuple vers sa libération. 

J’ai identifié ce besoin strictement fondamental de faire la nuance entre la spiritualité et les religions pour pouvoir créer une société foncièrement libre et tolérante.  J’ai pris conscience que les religions sont des créateurs d’intolérance et de discrimination envers tous ceux qui ne partagent pas exactement leurs convictions.

Que je le veuille ou non, mon amour de l’humanité est essentiellement en lien direct avec mon expérience pédéraste, même si aujourd’hui, je devrais pour être honnête avec moi-même, me demander si je suis encore pédéraste.  Je regarde des sites pornos.   Je ne vis plus de vie sexuelle avec quelqu’un d’autre, et je suis même rendu comme les curés à trouver que ce besoin est contraignant, négatif parce qu’il m’éloigne d’une réflexion encore plus profonde et m’empêche d’écrire. Il y a tellement d’autres sujets.           

Je me ramasse dans une autre controverse. Je suis banni de toutes les associations d’écrivains qui en même temps pondent de grands textes sur le droit à l’expression.  Cependant, cette fois l’arme que l’on utilise, c’est de me dénoncer comme pédophile alors que je dénonce moi-même la pédophilie, en s’appuyant sur un de mes romans Laissez venir à moi les petits gars et le texte de l’Aurore.         
     
Cette dénonciation permet de s’assurer qu’aucun éditeur n’aura le courage de publier ce que j’écris maintenant, qu’on essaiera d’effacer la petite gloire que je bénéficiais avant, grâce à mon engagement politique. 

Que je le veuille ou non, mon approche de la question est toute autre qu’à l’époque de ce texte.     

Aujourd’hui, je me rends compte que les règles de protection qu’on impose sous prétexte que les jeunes sont trop niais pour décider, sont en fait, un moyen de s’assurer que tout le monde est dans le même troupeau de moutons. 

Refuser de discuter de ce sujet, de voir objectivement le problème, c’est nier aux jeunes le droit de se créer une conscience personnelle et d’avoir une vie privée bien à eux.  C’est refuser la véritable démocratie. 

Pendant que des jeunes se suicident parce qu’ils se découvrent gais, le gouvernement continue de subventionner les mouvements qui créent une paranoïa maladive autour de la sexualité, en invitant les jeunes à dénoncer. 

On enlève les cours dans les écoles sous prétexte que l’éducation sexuelle appartient aux parents alors que ceux-ci font une crise d’hystérie dès qu’ils entendent que les adolescents (es) ont une libido comme tous les êtres humains.  Comme, quand j’étais jeune, la sexualité est redevenue tabou. 
 
On se fiche bien que les jeunes soient noyés dans la violence, on prétend que ça ne les influence pas ; mais on lit tous les livres qu’on leur offre pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’allusions à la sexualité.  Une telle castration n’a plus sa raison d’exister aujourd’hui dans un Québec moderne. 

Le scrupule maladif duquel nous sommes sortis nous marque encore trop profondément pour discuter librement et objectivement du sujet.  Pourquoi l’Homme est-il sexué?  Les jeunes ont-ils une sexualité? Les règles qui en découlent sont-elles justifiables?  En fait, on ne mentionne jamais que dans ma conception toute forme de violence est bannie.     Le consentement est le centre de  toute ma réflexion.     

Même si cela représente un certain danger — j’ai même découvert un blog sur lequel on affiche ma photo pour me dénoncer.  J’ai décidé de reprendre ce sujet, là où je l’ai laissé, il y a près de 30 ans déjà, et de dire ce que mon expérience m’a appris.  Je n’invite personne à être pédéraste : je sais que c’est une vie de souffrance pour presque tous ceux qui le sont. Même si je suis heureux, je suis conscient d’être une exception.  J’ai aussi compris, je crois, le lien fondamental entre la liberté sexuelle et la démocratie.  

Que cette haine à mon endroit existe, ça me chagrine ; mais ça ne me surprend pas.  Les obscurantistes ont encore le pouvoir et l’argent pour propager la peur.  Je suis très chanceux d’être au Québec, car dans certains autres pays, je me ferais tuer juste pour avoir osé aborder le sujet. 

Donc, voici ce texte qui fait tant rougir l’Association des auteurs des Cantons de l’Est.  À remarquer que j’ai été reconnu écrivain titulaire alors que ce texte et mon roman avaient déjà été publiés.

Radioactif 432

juillet 12, 2022

Radioactif 432

Texte 2008, p. 762

Spiritualité de jeunesse. 

Personne n’est jamais vraiment ressuscité, car si tu ressuscitais, tu ne pourrais plus mourir, quoique si tu pouvais conserver toujours ton énergie au même niveau, tu pourrais faire des allers-retours dans les différentes dimensions.

C’est une façon de voir la résurrection de Jésus.  La matière est un certain degré de concentration de l’énergie. Une forme de stabilisation temporaire.  Un agglomérat.  Ou Jésus a réussi à maintenir un certain degré d’énergie visible dans notre monde et ça n’a pas duré.  Ou c’était des visions de l’inconscient produites par ceux qui l’aimaient et qui refusaient sa mort. 

Ça rassemble un peu à ce que prétendent les bouddhistes en reconnaissant des maîtres morts et nés dans des enfants nouvellement nés.  C’est facile à dire, mais quand tu renais, si c’est possible, ta mémoire est simplement ce que ton énergie a perçu depuis le début de son existence.  La vie modifie sa vibration, c’est l’état de l’énergie qui porte la seule mémoire que l’on peut percevoir en renaissant.

Comment vérifier si ça peut être vrai?  Une chose semble évidente : la mort n’est pas la fin, mais un changement : le vide absolu et éternel ou la perception, un nouveau regard à partir du statut d’énergie qui t’anime?  Un feeling.          

La vie serait-elle autre chose qu’un champ électromagnétique qui se concrétise dans un corps?  Si c’est ainsi, l’âme crée le corps, en réunissant deux énergies différentes pour en créer une autre.  Cette énergie potentielle se transmettrait par le spermatozoïde et l’ovule.    Personne ne peut vraiment y répondre et ce n’est pas essentiel : seul le moment présent existe avec certitude.      
 
Une nuit, quand j’étais professeur à Val d’Or, j’ai fait le rêve suivant : un homme ou un ange me disait que je devrais me livrer à la méditation, car je n’avais plus rien à apprendre des hommes et je devais passer à un autre niveau.  Au début, j’ai refusé.  Je trouvais ça ridicule de faire des «Um» des «Im» et des «Om» pour accéder à un autre monde.  Comme la musique religieuse classique ou grégorienne, nous propulse dans l’euphorie de la méditation à base de la beauté des sons et leur répétition.   C’est tellement beau que tu ne ressens que le bonheur produit par cette beauté.

J’ai finalement décidé de m’y livrer.  Je me suis d’abord perçu comme un nuage noir ou gris qui ressentait les autres quand ils passaient pas loin, sous forme de petits nuages qui produisaient des sensations en moi, selon l’énergie que je pouvais sentir venir d’eux.  À un certain autre moment, en augmentant la conscience de ma propre réalité, j’ai entendu en moi une musique plus qu’extraordinaire, envoûtante, hallucinante, d’une puissance de joie incommensurable.  J’étais cette musique. Je croyais avoir atteint le sommet de la perfection du plaisir ; mais non, je suis devenu un petit nuage blanc, de plus en plus insipide, incolore, immatériel.  Une vapeur possédée par le bonheur ou fondue dans le bonheur, une pure sensation, hors du temps et de l’espace. C’était juste une perception perdue dans l’infinité, l’universel, un tout, qui doit être Dieu.  C’était un envoûtement par un bien-être impossible à décrire tant il était tout, sans limite, indescriptiblement bonheur.  Plus heureux que ça, tu en meurs d’une syncope. Si c’est ça mourir, c’est un extraordinaire moment à passer.

Le matin à mon réveil, j’étais en maudit après Dieu.  Je ne voulais plus vivre, je voulais seulement être à jamais envahi par ce nouvel état, cette nouvelle façon d’être.  Cette joie parvenait même à dépasser celle que je ressentais quand j’arrivais à me rincer l’oeil ou encore mieux à toucher quelqu’un que je désirais.  Après ce geste, je me le mémorisais sans cesse pour ne pas oublier ce moment de transgression qui me rendait aussi heureux ; d’où je crois qu’il y a moyen de contempler la vie par le plaisir autant que par les sacrifices.      
    
Nos religions n’ont exploré la spiritualité qu’en se basant sur le sacrifice.
  C’est pour cela que l’on se retrouve avec des règles de sagesse qui ne sont que la négation de la nature humaine.  Je crois que le sacrifice pur conduit à la folie. 

Radioactif 431

juillet 11, 2022

Radioactif 431

Texte de 2008, p. 757

Le sens de la vie.  

C’est bizarre, mais ce qui m’a éloigné le plus de la religion, c’est la spiritualité.  Les enseignements des textes religieux sont en parfaite contradiction avec ce que l’on nous enseigne sur la vie.  Alors qu’on parlait d’amour, on nous apprenait à se mépriser et à juger les autres.  Hors de l’Église point de salut !            

Quand j’étais jeune, avant 14 ans, je croyais dans cet enseignement religieux selon lequel on vit pour apprendre à aimer et rendre hommage à Dieu, le remercier à cause de son Amour infini même envers le plus petit et le plus indigne d’entre nous.         

La violence et la sexualité ont remis en cause les religions, mais je n’ai jamais  nié l’existence de Dieu.  Comment pouvait-il être injuste?            
 
J’ai donc conçu Dieu en fonction du développement de l’esprit humain.  Dieu est intervenu selon la capacité humaine à comprendre son intervention.  Avec la Bible, il devait remettre de l’ordre, d’où les commandements ; avec les Évangiles, on apprenait à devenir un peu comme lui.  Nous devons tendre à l’amour.   Dieu, c’est la direction : le positif, le bonheur.  Le Saint-Esprit, ce sont les communications.

Après avoir connu de véritables extases quand j’étais jeune, l’Église arriva avec ses péchés? Il ne fallait plus vivre en fonction de l’Amour, mais en fonction de la chasteté.  Je l’avais déjà perdu quand j’ai enfin compris ce que l’on voulait dire.

Aujourd’hui, je crois que ce détournement de l’esprit a été obtenu par la frustration des religieux et leur projection dans la vie quotidienne. Les religions qu’on nous force à vivre ne sont que les règles de vieux scrupuleux qui prennent leurs hallucinations pour des indications divines.  Leur révélation n’est qu’orgueil.      

Pour moi, tout manque d’amour était un péché, rien d’autre.
  L’Église y introduisait le sexe.  On en fit un tel plat qu’on aurait dit que tout se jouait autour du cul, le mal absolu.  Comment rendre hommage à Dieu quand tu es pédéraste?  Comment accepter que tu es à jamais condamné à l’enfer quand tu veux toujours plaire à Dieu? 

Petit gars, je connaissais des moments d’euphorie illimitée quand j’avais l’impression de rentrer en communication avec Dieu.  Une chose bien facile, me concentrer, lui parler, le remercier, et finalement devenir heureux à en pleurer, juste par ce petit « feeling d’être envahi par Dieu». 

Que de fois, je me suis retrouvé à pleurer de joie, car j’avais l’impression d’être imprégné de la présence de Dieu ou par la beauté, la bonté. La beauté de la nature me subjuguait.         

Malgré ces moments extraordinaires, je n’arrivais pas dans ma petite tête à concevoir qu’on puisse passer une éternité à contempler Dieu. 

Je ne pouvais pas encore concevoir Dieu dans le sens symbolique des mots.  Voir Dieu, c’était physique.  Normal, j’étais encore trop petit pour percevoir la vie autrement.  Je n’étais pas un philosophe pour nier la réalité et chercher la vérité à un autre niveau de perception.            

Pour moi, contempler Dieu pendant toute une éternité était  la chose la plus ennuyante que l’on pouvait nous proposer quoique parfois j’eusse de ces élans religieux que bien des contemplatifs auraient payé cher pour les avoir.  Des élans d’amour de dieu qui me renversaient, me sidéraient de joie et de remerciements.  Ouais.     

En fait, c’est que sans m’en rendre compte le sens qu’on donnait à la vie m’a absolument pénétré jusqu’à mes fibres les plus profondes.  Je me rends compte en racontant ma vie que j’ai vécu de véritables drames.  Je m’en suis toujours sorti parce que je croyais que c’était la volonté de Dieu, donc, une leçon à méditer pour en apprendre le sens et modifier les prochaines années de ma vie. Dire merci dans les pires moments, car le soleil brillera bien un jour.

           
Je ne sais absolument pas ce qu’est Dieu, sauf qu’à mon sens, c’est la totalité de l’énergie.  Dieu, c’est la connaissance, la conscience pure.  Un rapport avec l’universel. L’énergie ressentie quand on arrive à sortir du temps et de l’espace, ce doit être extraordinaire.     

J’ai déjà lu que Dieu était le projet total, celui de la conscience, donc de la Connaissance.  Et, la connaissance absolue ne peut pas faire autrement que de te rendre euphorique devant sa grandeur, d’où le bonheur éternel : comprendre et constater l’ampleur.   Dieu sera réalisé, selon eux, quand la conscience sera absolue, dans peut-être plusieurs milliards d’années.  Notre univers sera peut-être déjà disparu, mort.   Dieu serait la finalité de la pleine conscience, de la connaissance à atteindre. 

Jeune, je devenais fou, je pleurais de joie quand je me sentais envahi par la beauté de Dieu.  Ce bonheur était la soudaine prise de conscience de la beauté de la nature.  Imaginez que tout ne soit que la conscience, la connaissance; c’est le bonheur parfait.  

Cette définition est probablement la plus proche de ma réalité, car chez les Jésuites, je croyais que le paradis terrestre n’avait pas existé, mais qu’il était en devenir.  Le paradis terrestre est dans notre tête, le moment où tout est clair, beauté et bonheur.  Le paradis terrestre, c’est l’avenir de l’humanité. 

Chaque passage dans la vie est une expérience de plus pour créer cette sérénité absolue qui correspond probablement à l’Éveil bouddhiste. 

La violence dans les religions est due à une mauvaise interprétation de la parole et de l’existence de Dieu. 

Je savais dès 10 ans que les communications seraient le chemin qui nous conduira à la paix.  Juste une question de responsabilité. Après la mondialisation, nous retrouverons les états souverains avant que  l’essentiel soit à nouveau chaque individu.

Radioactif 430

juillet 9, 2022

Radioactif  430

Texte de 2008, p. 755

Quand le sexe tue.

En regardant les journaux aujourd’hui, deux articles m’ont particulièrement frappé : le suicide d’une jeune fille de 16 ans et d’un professeur soupçonné d’abus sexuel.  Il faut vraiment que ceux qui dirigent notre société soient des salauds ou des imbéciles pour prendre connaissance de ces faits, sans se demander si la lutte contre la liberté sexuelle vaut autant de suicides. 

La jeune fille se serait tuée parce qu’elle n’a pas pu tolérer une enquête dans laquelle elle dénonçait une personne qui lui aurait mis la main sur les seins (c’est ce que j’ai cru comprendre).  Quant au professeur, il n’aurait pas enduré l’idée d’être perçu comme un prédateur sexuel.  Je le comprends. 

Est-ce que la pudeur a une si grande importance?  La pudeur est-elle plus importante que la vie?  La peur du sexe est-elle d’abord une réalité féminine?   Puisque ça ne blesse personne, il faut pour créer une telle honte et une telle haine que l‘on s’est fait croire que c’était quelque chose d’affreux. 

Ces suicides sont, à mon avis, le fruit d’une morale de constipé que l’on nous imprègne très profondément dans le crâne, dès notre jeunesse. 

Personne ne peut justifier que le sexe soit considéré comme quelque chose d’aussi mal. Tout le monde est sexué de la naissance à la mort.   La vie d’une personne n’est-elle pas plus importante qu’un attouchement sexuel?  Sommes-nous devenus fous ?  Lors de l’Inquisition, on est encore été assez niaiseux pour croire qu’une relation sexuelle est assez grave pour que ça mérite le bûcher.   

À cette époque, on ne savait rien de la sexualité. C’était comme au Québec, avant 1970, on n’avait non seulement pas le droit d’en parler, mais même d’y penser. 

On a toujours agi comme des bourreaux avec ceux qui agissent sexuellement librement ; mais personne ne peut honnêtement dire pourquoi c’est si grave, sauf que depuis la plus tendre enfance on t’apprend à avoir honte et haïr ton corps.  Briser les os d’un enfant, ça ne le traumatise pas ; mais lui passer les doigts sur le pénis, il n’aura jamais assez d’une vie pour récupérer.  Plus fou que ça, tu meurs. 

Et, c’est pourtant ce qui vient de se passer en cour. Des jugements qui nous montrent jusqu’à quel point notre morale sexuelle est débile.

C’est pourtant, notre quotidien.  C’est l’idéologie religieuse judéo-chrétienne, musulmane comprise, qui nous a rendus aussi sauté. C’est complètement irresponsable.  Il y a des morts et personne n’essaie de comprendre.  C’est dégueulasse. 

Si on avait agi comme je le préconise, il n’y aurait pas eu d’enquête puisque le procès tient strictement sur ton consentement ou non.  Les gestes ont-ils été commis?  La fille a-t-elle clairement indiqué son objection?  Accidentel ou prémédité?  Le gars a-t-il recommencé en sachant qu’elle ne voulait pas?  Oui ou non ; j’aime ou je n’aime pas.

Dénoncer n’est pas nécessairement facile puisque cette jeune fille s’est suicidée.  Comment peut-on l’avoir éduquée pour qu’un geste sexuel soit assez grave pour qu’on se donne la mort ?  Ça n’a aucun sens. 

Quant au professeur, c’est loin d’être le premier.  La vie, quand tu es dénoncé, que ce soit vraie ou pas, devient un enfer perpétuel parce que t’as une bande de salopes ou de salauds qui te poursuivent de manière à t’empêcher de pouvoir revivre d’une façon normale.  Plus de travail, plus de bénévolat, plus le droit de quitter le pays, peur qu’on te pourchasse partout où tu vas vivre, etc. 

La seule différence avec l’Inquisition ou la Gestapo, c’est le nombre de victimes d’un coup.  Tout le milieu est perturbé.  Les dirigeants des médias essaient de nous faire croire qu’il est dans l’intérêt général de l’information de savoir ce qui se passe en cour. C’est du voyeurisme, ça ne change rien dans la vie de ceux qui en entendent parler, sauf générer une plus grande paranoïa et permettre aux médias d’avoir de bonnes histoires qui coûtent très peu chères à aller chercher. 

Que des gens se tuent, ça pas d’importance.  Notre société est vraiment très profondément malade et les campagnes sur l’hypersexualisation la rendent encore plus sénile.  Ceux qui nous font croire que des gestes sexuels (sauf le viol ou le proxénétisme) ont autant d’importance sont fous à lier.   Ils n’ont rien de différents des fanatiques religieux qui vont se faire martyrs.  

Les chefs de pupitre qui génèrent cette situation ne méritent pas de se dire journalistes.  Au lieu de fermer les salles de nouvelles de TQS, on aurait dû le faire pour TVA et le Journal de Montréal… L’information serait plus propre.   ( La couverture journalistique n’est plus la même dans ces média.)  

Sexe et mort.

En somme, je pourrais dire que mon éveil sexuel fut long et très agréable.  Je ne me suis jamais contenté d’apprendre dans les livres, de toute façon, avec la censure, je ne trouvais rien de ce que je cherchais.  La censure permet de mentir au jeune tout autant que la pornographie.

L’expérience du plaisir m’a amené à sérieusement remettre les religions en doute.  Comment un dieu d’Amour peut-il nous punir de jouir de notre corps?  Ça me semblait tout à fait contradictoire.  À moins de ne pas savoir ce qu’est la nature humaine, Dieu ne pouvait pas condamner une expérience sexuelle et le but ultime de ces relations : de créer des liens.  Évidemment, parfois je doutais de moi, car, je ne pouvais pas être seul à posséder la vérité. 

Quarante ans plus tard, j’ai la certitude que ceux qui prétendent nous éduquer sexuellement, les religions, sont des institutions qui en dehors de la spiritualité, sont absolument dépravées. 

J’ai rejeté le Dieu qu’on m’enseignait dans mon enfance, mais j’adore encore méditer sur les Évangiles de St-Jean, car à mon avis, même si les religions nous ont menti quant à la sexualité ;  les rites et la spiritualité demeurent des expériences intéressantes. 

Je lis actuellement sur l’idéologie bouddhiste et je dois avouer que ça me plaît énormément.  Les religions judéo-chrétiennes et musulmanes me semblent fausses, car elles se fichent de l’amour humain, du dépassement, sauf dans un masochisme qui provoque le fanatisme.  Elles n’ont aucune valeur quant à fournir un sens et un but à la vie.  Ce sont de grands commerces établis à travers les siècles, parfois, ce sont mêmes des institutions de vengeances meurtrières qui prolongent leurs tentacules sur tous les continents.  Si le diable existe, c’est la religion. 

Dommage, car leurs textes contiennent aussi de bons passages qui provoquent de bons moments de méditation. 

À mon âge, je suis plus près de la mort que de la naissance ; mais on dit que mourir c’est comme et encore mieux que la première éjaculation.  Ce serait le retour sur la vie en vue d’une prochaine naissance.  Je préfère voir ainsi la vie, comme un éternel recommencement plutôt qu’un grand procès galactique.   

Des anges nus, ça me plaît bien, par contre, encore faudrait-il qu’ils aient un corps.  La communication d’esprit à esprit est supérieure, mais seuls les bouddhistes semblent l’accepter comme une des grandes réalités.

Le mélange d’énergie, c’est possiblement ainsi qu’on devrait définir en très grande partie la pédérastie.   L’illumination est une forme d’amour passion.  Une prise de conscience de soi sans avoir à ressentir les limites corporelles. Une jouissance du cerveau et de la conscience.         

Radioactif 429

juillet 8, 2022

Radioactif 429

Texte de 2008, p. 753

Un an déjà !

Il y a un an j’entreprenais de créer un petit carnet (blog).  C’était bien la seule chose qui me restait puisque l’Association des auteurs de l’Estrie essayait de me faire oublier, le plus vite possible, en me rendant invisible sur le plan politico-littéraire. L’organisation a même organisé mon boycotte.  

Être pédéraste, vivre avec, être heureux, s’accepter comme t’es, c’est un peu trop pour les moumounes qui s’imaginent que dieu en personne est venu leur dire que notre petit boyau ne doit servir qu’à pisser. 

Pauvre dieu !  S’il savait comme c’est agréable de jouer avec nos petites quéquettes, il n’y aurait sûrement pas ajouté la jouissance pour créer de l’intérêt et garantir ainsi la survie de la race.

S’il y avait pensé, probablement que dieu aurait prévu que le diable, toujours un peu tête heureuse, confondrait les mots pénis et queue. Toujours perdu, le diable pour se vanter se présenterait sur les photos avec une longue queue ; ce qui provoquerait chez les hommes une course à savoir qui en aura la plus longue.  Comment Satan aurait-il pu deviner qu’il est plus important qu’elle soit dure ? 

Depuis, les Sages de Sion imaginent des campagnes de marketing pour entretenir les modes : un commerce international qui fait oublier ta personnalité au détriment du regard des autres.  

Et, depuis les hommes se prétendent supérieurs aux femmes qui, probablement dans leur manie de toujours se croire inférieure, ont décidé de cacher leur petit instrument.  Elles ont pensé que personne n’en saurait rien en nommant leur pénis intérieur d’un nouveau nom : le clitoris. 

Conscient de cette manigance, j’ai continué d’écrire pour étendre mon savoir et communiquer la flamme du plaisir de rire des mots, véritables petites machines à jouissance.  L’important, me dis-je, ce n’est pas de laisser une trace, mais bien de s’amuser entre deux confessions ou prises de conscience.  Y paraît que j’ai attiré l’attention de 123,000 visiteurs.  Pas si mal pour un écrivain qui n’a que ce petit blog pour se faire connaître. Mais, est-ce vraiment ce qui se passe?  Jamais de commentaires. 

Qu’importe!  Je continue puisque ça m’amuse et c’est ma façon de contribuer à l’amélioration de l’espèce humaine. 

Puisque je suis rendu maintenant trop vieux pour rêver à la reproduction, je ne trouve rien de mieux que de faire partager ma joie de vivre et mes coups de gueule contre les bandits qui n’hésitent pas à tuer des millions d’humains pour se faire encore plus de profits. 

Ce qui n’empêche pas le besoin d’être de plus en plus conscient si on veut qu’un jour la planète ne nous éclate pas dans la face.  Faites l’amour, non la guerre.          
      

Les vrais bandits : le pouvoir.  

Les vrais bandits sont les gens du pouvoir.  Et, notre société, en se voulant un immense territoire commercial, est dominée par ces bandits : ceux qui ont assez d’argent pour modifier la vie. 

Le pire cartel est définitivement l’énergie, le pétrole.  Le pétrole est la principale cause du pillage de l’Afrique.  Puis, suivi de près, le cartel de la vente d’armes, puis, le diamant.

On discute du problème durant que les gens souffrent.  Mais, individuellement, on ne peut pas faire grand-chose : notre seul pouvoir est de diminuer au maximum la consommation d’énergie de façon à baisser les profits.  

Les multinationales ne comprennent que le langage de l’argent.  Elles sont les vrais maîtres de la planète.  Leurs profits exigent de piller la terre et leurs profits est leur seule raison d’exister.  Qu’est-ce qui est le plus important?  Dominer le marché pour empocher davantage. Pouvoir se déplacer rapidement pour maximiser les profits, en payant le moins possible les travailleurs.  Voilà! 

Faudrait apprendre à se contenter du moins possible et vivre quand même, heureux. 

Ces bandits ne dominent pas seulement en fixant notre pouvoir d’achat (notre liberté) ; mais en dominant notre inconscient par la religion, les journaux, notre émotif, nos valeurs. 

Les journaux sont le «el nino» de l’inconscient collectif.  Ils manipulent notre perception du monde.  Leur silence sur les vrais enjeux permet la domination des plus faibles par les plus gros.   

On modifie les lois, on en invente d’autres. C’est aussi pourquoi on veut mettre la main au collet sur la pornographie, car, plusieurs se rincent l’œil, mais ne payent pas pour ce service.  En rendant toute pornographie illégale, le plus sécuritaire sera de s’abonner et de payer pour le silence.  Et ainsi va la morale au gré des profits. 

Le monde n’a plus d’idéal.  Tout est superficiel.  Les bouddhistes qui nient la réalité du « moi» doivent être heureux de constater que la vie sur terre est un chaos dans d’immenses courants d’énergies.  Une chose est certaine quand tu regardes les Tudors, les rois de France, les nobles tout court, tu te rends compte que cet exploitation du maître et de l’esclave n’est pas d’aujourd’hui. 

La royauté était une cour d’assassinats de toutes sortes par ceux qui nous dictaient ensuite la morale  et ça continue.  

Même si le Canada est supposé être libre, il continue de poser la face de la reine d’Angleterre sur tout ce qui nous représente.  Indépendance, mon cul !  Surtout qu’avec Harper, on se retrouve dans le giron Républicains américains.  Les maniaques du pétrole.  Comment s’en sortir, sans que le Québec devienne un pays?

Radioactif 428

juillet 7, 2022

Radioactif 428

Texte de 2008, p. 750

Québec, société malade de sexe.

On vit vraiment dans une société malade.  Alors qu’il y a plus de 100,000 cas de violence faites aux aînés par année, voilà qu’on essaie de nous faire pleurer sur un attouchement sexuel qui aurait été fait sur une personne aînée. 

Il faut être complètement fou pour essayer de nous refiler que la gérontophilie est aussi pire que la pédophilie. Ce serait donc des touchers, si je comprends bien, une très grande préoccupation quand des millions de gens sont condamnés à mourir de faim dans le monde.  

On est vraiment tombé sur la tête avec tout ce qui touche la sexualité au Québec.  On a le cerveau complètement paralysé par les vieux enseignements religieux et les possibilités de chantage.   De grâce libérez-nous de ces imbéciles! 

J’ai hâte qu’un jeune, en autant qu’il ne soit pas violent, me fasse une pipe.  On n’a pas tous le même rapport avec la génitalité.  Je trouve que j’en manque.   « J’ai plus de 65 ans… vite ! vite !  Je suis tanné de devoir me contenter de me passer un poignet en regardant les photos excitantes sur internet. Il faut vivre à fond avant de mourir. » Devrais-je crier.

Être trop scrupuleux, c’est vraiment une maladie mentale.  

On manque de personnes pour s’occuper des jeunes parce qu’on a fait peur à tout le monde avec la pédophilie et voilà qu’on essaie d’en faire autant avec les aînés. 

Personne n’osera plus s’occuper de nous parce qu’on aura peur d’être poursuivi en justice.  Ma bande de malades, occupez-vous donc de votre propre cul !  Et laissez-nous jouir en paix.

Liberté de presse, mon cul !

Quand on écoute les informations ces temps-ci, on ne peut faire autrement que de se poser des questions sur ce qu’est la liberté d’information. 

Alors que dans le monde, des millions de gens risquent de mourir de faim, que les plus pauvres ici risquent de manger encore plus de misère à cause de la crise du pétrole, on nous parle du fils de Guy Lafleur; du belge qui est tombé en amour avec une petite fille de treize ans et un gars que sa patronne a amené à connaître les joies du sexe. 

En fait, nos médias ont continué de développer une paranoïa autour de tout ce qui est sexuel.  Ou les journaux manquent de matière ou les chefs de pupitre sont une bande d’irresponsables qui préfèrent exploiter le jaunisme que la vraie nouvelle. 

Le «père Pierre Péladeau» prétendait que les journaux devaient offrir le genre de nouvelles que le client veut.  Résultats : le Québec régresse au lieu d’évoluer. 

Au lieu d’avoir des curés qui font des crises de scrupules directs en chair, on a des journalistes qui se noient dans les bobettes des toilettes des palais de justice.  Qu’est-ce que ça me donne ces nouvelles?  En quoi cela ajoute-t-il quoique ce soit à ma sécurité ou mon bien-être?  Ma situation sociale? Qu’est-ce que ça m’apporte de savoir tous ces détails sordides?  Sommes-nous tous des voyeurs compulsifs? 

On se sert de ces nouvelles pour nous passer la religion et le fédéralisme à la Harper par la porte de derrière.  Pendant qu’on s’occupe du «derrière» des autres, on ne voit pas comment on se fait exploiter par les bandits légaux : multinationales, banques, bourses, etc.    
     
Pendant que certains policiers se masturbent le cerveau devant des films pornographiques juvéniles pour attraper un individu alors ce policier peut se passer un poignet en même temps, on ne retrouve pas les personnes disparues et on a même pas le cœur d’affecter ces «pervers du scrupule», ces abuseurs de morale, sur les vrais problèmes.  Pourquoi?  Parce que ça paye !        

C’est plus rentable de parler de l’érection d’un bandit dans les douches d’une prison que du vol de nos gouvernements, de l’exploitation des multinationales ou des solutions à trouver face aux problèmes créent par nos politiciens et le système devenu grande mafia : les hôpitaux, l’éducation, la relève.  En fait, on exploite la curiosité qui ne dérange pas, qui ne nous amène pas à se poser de vraies questions. 

On fait de grandes démonstrations pour sauver la liberté d’expression quand des journalistes sont mis à la porte, mais pas un mot pour dénoncer que nos informateurs se nourrissent presque seulement de ce qui se passe en cour parce que ça coûte moins cher que de se déplacer ou d’effectuer les recherches qui nous permettent de mieux comprendre ce monde de voleurs légalisés dans lequel nous vivons.   Il faut bien faire vivre les curés modernes : les avocats qui s’occupent des affaires sexuelles.  

Nous raconter ce qui se passe en cour parce que ça coupe les dépenses, ce n’est pas de l’information, c’est de l’exploitation, de l’aliénation. 

La vraie information cherche à nous expliquer et nous faire comprendre ce qui se passe dans la vie, la politique, en particulier.  La vraie information cherche aussi comment notre société peut évoluer pour le mieux.  La vraie information nous permet de suivre le chemin de notre argent versé en impôts.  La vraie information remet les événements et les préjugés en question. 

Aujourd’hui, on peut mettre certains journalistes, certains avocats et certains politiciens dans le même sac à ordure. 

L’Inquisition

juillet 6, 2022

Les pouvoirs féministes politiques et de RDI se sont déchaîné aujourd’hui. Un pas de plus vers le Tribunal d’inquisition sexuelle voté par l’Assemblée nationale. Préparez-vous, Messieurs, un toucher non consenti est une agression sexuelle. Combien réclamera-t-on en compensation, même si la prison est automatique? La dictature FÉMINISTE  s’installe allégrement.

Radioactif 427

juillet 6, 2022

Radioactif 427

Texte de 2008, p. 747

Registre sexuel.    

J’ai fait parvenir la lettre suivante à M. Mario Dumont, chef de l’Action démocratique du Québec concernant l’obsession d’une de ses députés, à propos du registre sexuel qu’elle voudrait public.  

Selon mon expérience personnelle, je sais que la lutte aux pédophiles est directement liée aux bonnes œuvres (mœurs) de la pègre.  Instaurer un registre permanent public des prédateurs sexuels, ce n’est pas seulement permettre d’organiser un Klux Klux Klan de la pédophilie ; mais c’est fournir tous les éléments nécessaires pour créer une industrie du chantage ou du lynchage.   

Un tel registre permettra à la pègre de faire chanter n’importe quelle personne accusée de crime à caractère sexuel, violent ou non violent ; reconnue coupable ou non coupable.  

Puisque l’on peut plus difficilement tuer ou te mener au suicide en prison, grâce aux sections protégées, on essaie maintenant de déménager le terrain de la vengeance en dehors des murs.  Un retour à ce qui se passait dans les années 1950 alors que l’Église dominait nos consciences. 

Tant que la sexualité sera vue comme un péché, comme de la luxure, nous aurons à subir l’intolérance des gens incapables de s’accepter dans leur réalité  d’ «être sexué». 

La morale qu’on nous impose est non seulement paranoïaque, mais un viol de conscience.  On a le droit de croire que la sexualité est bénéfique.  Si c’est tout ce que l’Action démocratique du Québec a à nous offrir, le retour à l’époque des cavernes, ce fut une erreur que de lui avoir fait confiance et il serait urgent que l’on s’en débarrasse. 

Si vous voulez vous attaquer à de vrais problèmes, il y a le système — une mafia universelle – les drogues qui sont la principale cause du haut taux de maladies mentales et du décrochage scolaire. 

Quand vous pourrez me prouver que c’est dommageable de regarder des corps nus, que ça crée plus de problèmes que le jeu et les présentations violentes qui noient la vie des jeunes, je croirai que ces croisades pour la pureté sont utiles. 

En attendant, je pense que ma névrose est préférable à votre psychose. 

L’hypersexualisation.

L’hypersexualisation des filles est un faux problème créé par des féministes arriérées, dépassées, qui ne peuvent pas acceptées d’être sexuées et qui, comme les curés, voudraient interdire aux plus jeunes le plaisir qu’elles ne peuvent pas s’offrir.  Une projection de leurs propres peurs. 

On prétend que les jeunes sont plus sexués que nous.  Je l’espère.  Nous vivions dans une société totalement rétrograde, aliénée par une religion qui ne pensait qu’au sexe à interdire, tellement scrupuleuse que ça la rendait vicieuse.  Il ne fallait jamais parler de sexe.  Il ne fallait même ne pas y penser.  Comme si c’était normal de ne pas se sentir. 

Juste entendre dire le mot «petite culotte» et certaines perdaient conscience.  Il ne fallait pas dire «bander», parler des  » gosses ou de la picette  » ; fallait même pas y penser, car c’était déjà un péché mortel.  En parler est même devenu un sujet pour les causes de harcèlement sexuel.  Une vraie folie collective. 

Pas étonnant que des femmes intelligentes se soient levées et aient exigé d’être maîtres de leur corps, avoir le droit à l’avortement, avoir le droit de jouir sans procréer.  En même temps, certains gars sont sortis du placard pour affirmer qu’on peut être gai sans être malade mental. 

Les moumounes combattaient l’homosexualité sous prétexte de défendre les jeunes contre ces monstres.   La libération sexuelle était en marche.  Les monstres sont les chastes cerveaux qui refusent le plaisir.

De la peur obsessionnelle, on est passé à la liberté «at large», jusqu’à ce que l’on réalise que la liberté c’est aussi une forme de responsabilité.   D’autant plus, que le système venait d’inventer le sida pour permettre à la main de Dieu de punir les récalcitrants. La liberté, le plus grand don de Dieu, qu’on disait, prenait des airs de mort lente et affreuse.  Mais, pour être libre, il faut avoir le choix.  Il faut être autonome.  La liberté est un très long apprentissage.        

Quand j’étais jeune, il y avait les mouvements religieux pour nous apprendre à ne pas boire : « les Lacordaire « .   J’y ai adhéré bien saoul.  L’interdit total est la plus grande des incitations.  La religion avait cependant un côté très positif, elle nous apprenait à avoir un idéal, un rêve à réaliser dans la vie, un but, un sens.  Mon premier but fut la révolution. 

Les Québécois se faisaient plumer par les fédérastes.  Avec le temps, j’ai compris que la révolution est simplement de travailler à améliorer le sort des humains sur cette terre ; les droits de la personne. 

La violence ne sert pas la révolution, au contraire, elle permet seulement de mettre d’autres exploiteurs au pouvoir.  La vie m’a appris que pour te fermer la gueule quand t’es un journaliste qui crie trop fort, il suffit de t’accuser d’un geste sexuel pour y arriver.  J’étais trop émancipé pour ne pas y avoir droit.

Mais, parfois, il faut passer par là pour voir clair.  Il y a une différence entre celui qui te frappe pour te violer et celui qui t’enjôle parce qu’il est ébloui par ta beauté.  Le mécanisme de l’amour est bien différent de celui de la violence ; mais notre société n’en tient pas compte. 

Pour elle, un geste est sexuel ou non.  On continue chez les féminounes à voir la sexualité à travers le prisme religieux plutôt qu’avec des yeux plus scientifiques.

Il y a comme disait Freud des états de conscience liés au développement de la sexualité chez tout individu.  On ne perçoit pas la sexualité à 10 ans comme à 30 ans.  On ne la vit pas de la même façon.  Ce qu’on nous dit quand on parle d’hypersexualisation revient aux vieux interdits de mon enfance, à cette ignorance crasse que l’on maintenait par la censure. 

Oui, les jeunes sont plus exposés à la nudité comme ils le sont plus à la violence.  Quel est le pire ?  Oui. Ils savent mieux que nous, comment ça passe.  Sont-ils plus dépravés parce qu’ils sont mieux informés ou du moins ils devraient l’être ?  Est-ce en niant la sexualité des jeunes qu’on leur apprendra à être autonomes ?

Les personnes qui crient à l’hypersexualisation sont les mêmes qui criaient pour cacher les revues pornographiques (cacher les cigarettes) pour empêcher les jeunes de trouver une réponse aux questions qu’ils se posaient et étaient, comme être sexué, en droit de se poser.  Oui, c’est normal de vouloir fasciner l’autre par sa beauté.  Oui, c’est valorisant d’y arriver. 

Si l’industrie de la femme-objet existe, c’est qu’elle a une clientèle et ce n’est sûrement pas du côté des garçons.  On nous a fait passer de l’homme macho à l’homme rose ; de l’homme libre à l’homme coupable d’exister ; mais je connais peu de mâles qui rêvent d’être eunuques.  Il est temps qu’on reconnaisse qu’il est normal d’être sexué.  Il n’y a rien de mal à ça.  Il n’y a que les esprits tarés pour y voir une forme péché ou de mal.   

Dès que tu nais, tu as ta petite nature, ton orientation sexuelle, ta force de libido.  Tu l’as sans même le vouloir.  Elle est dans ta génétique.  T’es pris pour vivre avec.  Il faut donc apprendre à s’en servir positivement.  Le sexe ne se vit pas sans émotion.  Personne ne sait gérer ses émotions en naissant.  C’est aussi un long apprentissage.  L’important, c’est de devenir non seulement autonome, mais heureux.         

Je me souviens, avant de retourner à l’intérieur des murs, avoir eu une petite amie, féministe, qui voulait que j’ajoute dans les droits de la personne, le droit au bonheur.  J’y voyais un problème : aucune société ne peut garantir le bonheur à ses citoyens, car le bonheur est une réalité, une définition personnelle.  Le bonheur n’est pas le même pour tous. 

Cependant, je considère depuis que toute société démocratique doit s’efforcer de mettre en place tous les mécanismes qui permettront à l’individu de pouvoir évoluer dans la quête de son bien-être.  Quête quasi-impossible dans une société de consommation à outrance ou une société trop scrupuleuse. 

Par conséquent, une société évoluée permettra à ses jeunes, à travers un enseignement sain, de savoir comment fonctionnent leur corps.  Elle leur fournira toute l’information nécessaire pour faire des choix judicieux.

Au lieu de jouer aux scrupuleux, les responsables de l’éducation des jeunes devraient concevoir des outils (films, textes) d’information et de réflexion sexuelle.  Un jeune qui sait ne passera pas sa vie à regarder du porno alors qu’il comprend que cette approche de la sexualité manque de son élément principal : l’amour.  La porno déforme la réalité et fait croire que le geste suffit pour t’envoyer au ciel … d’ailleurs, c’est ce que les jeunes reprochent à la porno : déformer la réalité, la vérité et ainsi manquer de romantisme.

On ne fait que commencer à dire la vérité sur la sexualité des jeunes.  Ainsi, à ma grande surprise, on publiait dans la Tribune de Sherbrooke, le résultat d’un sondage fait auprès de jeunes d’East Angus.  On y confirmait ce que la majorité des gens pensent.        

Les filles prétendent avoir fait l’amour pour la première fois à 15 ans alors que pour les gars c’est 14 ans.  (Si on parlait de masturbation, ce serait un décalage encore plus grand et chez le garçon ce serait probablement autour de 11 ou 12 ans pour la première fois).  Ce qui correspond bien à la première éjaculation.   

Alors que les filles commencent plus vieilles à regarder des clips sexués parce qu’elles trouvent ça vite trop osé, les gars eux voudraient toujours en voir plus.  Si on pense à la publicité, on note que pour faire croire que c’est normal d’être hétéro, le bébé en couche a déjà sa petite amie. 

Avant 11-12 ans, le petit gars ne veut rien savoir des filles, car la sexualité est la dernière de ses préoccupations et les filles sont trop moumounes dans les jeux.  Les intérêts sont on ne peut plus divergents.  Les stéréotypes que les féministes condamnent tant sont ceux qu’elles et les hommes comme elles ont créés pour combattre l’homosexualité.  Il fallait asseoir le message de la normalité.  La raison d’exister de la publicité est de vendre, vendre n’importe quoi, mais vendre.        

On vient à peine de s’apercevoir que les jeunes sont sexués, car on nous a -par le silence- fait croire que c’était mal de l’être.  Mais, qu’on le veuille ou non, l’humain étant un animal sexué, il l’est de sa naissance à sa mort. 

Les gars ont toujours eu le bâton plus vite élevé parce qu’on ne commence pas au berceau à leur casser la tête avec la sexualité.  La fille n’a pas dix ans qu’elle doit croire qu’il faut absolument empêcher un homme d’y mettre la main sur une poitrine inexistante. Question d’apprendre jeune à ne pas se laisser tripoter.  Une fille sexuée est une guidoune, apprend-on aux jeunes filles. 

Le Québec est une société d’hypocrites, à cause de la religion dès qu’il est question de sexualité.  On joue aux scrupuleux pour passer pour normal.  

Dans cette enquête, on révèle que les gars sont allés voir du porno vers 10 ans alors que les filles parlent de 13-14 ans.  On pourrait se demander si l’éducation des filles, à cause de la surprotection, ne crée pas ce décalage horaire?  Alors qu’on essaie de nous faire croire que les pédophiles sont très dangereux sur internet, on apprend que très peu de jeunes ont eu des rencontres sexuelles à la suite de clavardage.  Ce n’est même pas dans les mœurs des jeunes.  Allo!  Allo! Réveillez-vous ! 

Pourquoi multiplier le nombre de policiers affectés à surveiller (ce devrait être les parents) les jeunes sur internet ?  N’y a-t-il pas des services de sécurité parentale qui existent?  Les jeunes sont curieux, mais ils ne sont pas fous.  Ils savent très bien qu’il existe des maniaques et que c’est une question de sécurité que de ne pas se fier à ce qu’ils voient ou entendent sur internet.  J’ai 65 ans et on a essayé de me piéger dans de la fraude ; alors imaginez si j’en avais 13 et une belle petite queue… pardon… ce sont les fillettes qui se font prendre… drôle de hasard. 

Serait-ce que les hétéros se contrôlent moins bien que les gais?  Pourtant, chez les gais, le «cruising» est bien spécial.  Il est loin d’être hypocrite… Tu passes plus souvent et plus vite la main sur ce qui te fascines, mais tu dois faire attention, car si l’autre n’aime pas ça, il peut t’arranger le portrait. 

Si les lois concernant le viol étaient strictement liées au droit de dire oui ou non, les procès seraient là pour protéger toutes les filles. Mais, la protection des jeunes permet la quête de meilleures subventions pour les mouvements qui croient que parce que t’as eu une expérience sexuelle, tu es nécessairement une victime.

Nègre

juillet 5, 2022

Je suis un Nègre blanc d’Amérique. Très bon livre de Pierre Vallière.

Radioactif 426

juillet 5, 2022

Radioactif 426

Texte de 2008, p. 744

Je suis nouveau-français d’Amérique.          

Si je respecte les nouvelles lois, voulant l’égalité entre l’homme et la femme, une réalité qui ne devrait jamais être mise en doute, qu’on devrait ajouter à notre Charte de la personne ; je me dois de constater que je suis de descendance Nouveau-Français puisque mon pays d’origine est la Nouvelle-France.

Mon pays, colonisé par la France, mon pays père-mère, fut vendu aux Anglais dans un grand échange d’après-guerre. 

Abandonné, j’ai appris à survivre seul.  Aujourd’hui, voyant qu’on est devenu riche, donc, un marché intéressant, la France qui s’anglicise en écoutant Paul Desmarais (dis-mois qui tu fréquentes et je te dirai ce que tu vaux). Elle essaie de nous faire croire qu’on lui doit quelque chose parce qu’on a quelque part dans nos gênes, les mêmes tendances que Sarkozy , donc, nous sommes des coureurs de jupons infatigables.   

À remarquer que même cette égalité, dès qu’on s’est senti libre, a évolué : de coureur de jupons, nous sommes devenus coureurs des bois.  Pas étonnant que Louis Riel savait que chez tous les autochtones métis, il y a une pinte de sang français.  Nous avons toujours préféré davantage nous nettoyer le fusil dans la nature qu’admirer les conventions militaires. 

Nous avons toujours eu l’esprit large et nous nous sommes toujours sentis bien quand nous étions au large.  Nos ancêtres libres étaient d’ardents défenseurs du « Newlook autochtone», précurseur de l’hypersexualisation, inventée par jalousie par les féminounes qui trouvent toujours les autres plus belles qu’elles. Elles jalousent encore les  « Rocheuses » qu’elles admirent en secret chez les «tops modèles» dans les revues, mais elles nourrissent leurs discours d’espoir que la mode fera tomber les hommes amoureux des petites poitrines ou des corps mieux enveloppés.  

Une vision encore toute religieuse de la femme consacrée «mal en puissance» par les curés ou «Marie Madeleine ».si tu n’es pas « Mère ».   Nos ancêtres savaient que les petites Indiennes valaient bien les petites canadiennes, sauf en hiver.  Et oui, avant le Kanada, (consécration autochtone), il eut la Nouvelle-France.

Remarquer qu’à cette époque, les nouveautés d’appellation contrôlée étaient plutôt restreintes. Et du Kanada, qui signifie « grande fiesta » est né chez les Anglais, un peuple plutôt froid, le Canada. 

Les Anglais ont quand même eu la bonté de nous reprendre en main, en brûlant les maisons le long du St-Laurent , en nous forçant à parler leur langue et en laissant les nobles partir pour la France, (avant de partir pour la gloire en 1789) , éliminant pratiquement l’existence de personnes le moindrement instruites en Nouvelle-France, devenu Nouvelle-Angleterre. 

Ils pensaient que nous n’existerions plus très bientôt. Mais, c’était mal comprendre notre force en viagra.

Quand ils se sont aperçus que nous étions un peuple fort, une race invincible, ils ont tenté de créer leur Canada.  Puisque vaincu, on «le» portait bas, ils ont décidé de nous appeler Bas-Canada.  Persuadés que leur morale, nous forcerait à rester dans nos culottes, ils tentèrent de nous humilier une première fois en se proclamant le Haut-Canada.  On a dû admettre leur sens de l’égalité puisqu’ils nous ont forcés à payer leurs dettes.   

Je ne suis donc pas de descendance «canadienne-française» puisque le Kanada est un concept amérindien et que du français, je fus  » abandonné ». 

Je suis donc un Nouveau-français d’Amérique d’où, grâce à Vespucci, j’adore les mets italiens, particulièrement, la lasagne.  Je suis issu de la pauvreté, mais j’ai du courage à revendre. 

Je suis de race fière, assez fière pour dire à nos intellos qui veulent nous garder dans le Canada anglais, descendant du Haut-Canada, d’aller se faire voir. 

Si nos gouvernements avaient fait l’indépendance, on n’aurait pas de problème identitaire aujourd’hui.  Et pour accompagner nos lasagnes, on prendrait un bon verre de la cuvée Jacques Parizeau, car ce vin mérite la réputation de nos origines latines : « In vinos Veritas» ! 

La folie scrupuleuse.       

Chaque année, quand survenait le début de l’été, on voyait apparaître dans nos classes, l’assistante-directrice avec une règle à mesurer pour s’assurer que les filles n’avaient pas une jupe trop courte.  J’ai toujours trouvé ça absolument débile.  Même si les jupes étaient courtes, les filles avaient quand même des sous-vêtements.  Quelle est cette maladie mentale qui fait que l’on devient hystérique dès qu’on voit un corps qui est le moindrement dénudé ? 

Je me suis demandé si je réagirais différemment si les petits gars arrivaient avec des culottes courtes, ayant une telle échancrure aux cuisses qu’elle me permettant de voir ou deviner les parties génitales derrière les sous-vêtements?  J’aurais sûrement tendance à regarder, car je suis très voyeur, mais au moins, je sais que c’est complètement débile.  Ça ne m’apporte absolument rien, mais j’adore ça quand même. 

Les féministes-curés ne semblent pas voir les choses du même oeil.  Elles agissent comme si elles étaient jalouses ou comme si elles avaient peur qu’une autre personne soit plus attrayante qu’elles.  D’ailleurs, les plus scrupuleuses sont généralement les plus laides ou celles qui se croient les plus belles, mais qui sont frustrées de ne pas attirer autant les regards.  Est-ce une autre méthode pour se faire remarquer ? 

À mon sens, de tels scrupules dénotent un gros problème de maîtrise de soi.  En quoi la façon de se vêtir des autres me regarde-t-elle?  C’est à l’école, direz-vous. So what?  Elles ne sont pas plus nues que sur la plage ? 

On dirait que les humains aiment se coincer dans toutes sortes de règles débiles.  Les cigarettes, par exemple.  Bientôt, il faudra cacher nos dentiers pour ne pas faire peur aux jeunes.  Ou leur montrer ce qu’il leur arrivera s’ils fument trop. Si on les enlève trop vite, ils pourraient penser qu’on veut les sucer. On est même plus maître chez-nous. 

Un de mes neveux attend depuis quatre ans l’acceptation des travaux de réparation à sa demeure.  Le voisin d’un de mes cousins vient de se faire interdire le droit de mettre de l’asphalte dans son entrée de cour.  Bientôt, il faudra un ticket pour avoir droit de respirer.  Quand les gens commenceront-ils à exiger le droit à la vie privée ?  Pas de violence, ça ne regarde que moi. 

Pourquoi n’aurait-on pas un peu plus de plages publiques pour nudistes?  C’est tellement agréable de nager nu…

Avoir honte de son corps, est une preuve de déséquilibre émotif. Alors, imaginez le déséquilibre du professeur qui se sent mal à l’aise de parler de masturbation dans un cours de sexualité. Il a absolument besoin de rencontrer un psychologue pour se faire rapetisser le Surmoi.

Radioactif 425

juillet 4, 2022

Radioactif  425

Texte de 2008, p. 741

Guerre d’intellos.

Le pire cauchemar du Québec et du Canada, c’est d’être dirigé par des avocats.  Ces individus prônent sans cesse la morale, mais ne cherchent qu’une chose : gagner à tout prix.  C’est ce qu’on constate quand on lit la biographie de nos ex-premiers ministres.

Le problème ce n’est pas qui avait raison afin de pouvoir vanter sa perspicacité, mais, le bien des individus qui demeurent dans tel ou tel territoire.  Il n’y a pas que l’économie qui compte, même si nous allons tout droit vers une super-crise économique mondiale.  On se fiche que des millions de gens crèvent de faim, on est ébloui par la crise du pétrole. 

On oublie que pour l’or noir et les diamants, on a pratiquement détruit des pays africains, tué des millions de gens et ça continue. Le pétrole n’a pas de prix, il est un dieu.

Le seul changement appeler à survenir : quand il n’y aura plus de pauvre pour payer taxes et impôts, on devra bien » laver  » des gens un peu plus riche, la classe moyenne.  Mais, cette classe est un peu plus instruite et peut-être que la situation dans laquelle la mondialisation nous entraîne créera la première révolution mondiale? Quand il n’y aura plus d’argent pour payer le « militaire » peut-être que les dirigeants du monde commenceront à trembler dans leurs culottes? 

Et pendant ce temps au Québec, on se demande si on est des Québécois de souche ou des Canadiens français? 

C’est une question que se posait mon bon ami l’écrivain Raoul Roy, mais la perspective était différente.  Raoul disait que le Canada a tellement volé le Québec qu’il lui avait même volé son propre nom.  Pour lui, le Canada c’était le Québec et les Anglais devraient se trouver un autre nom.  Les Québécois, terme qui viendrait du RIN et de Bourgault, ça voulait dire pour M. Roy, les habitants de la ville de Québec.  Je trouvais ça très comique. 

On est devenu des Québécois d’appellation, il ne nous manque plus que le pays.      

On ne peut pas toujours revenir en arrière comme on vient de le faire avec la sexualité. On est revenu aux années 1950 en changeant l’âge de consentement à 16 ans et avec la loi C-10, on recrée le trône de la censure. 

Pendant ce temps, Stéphane Dion ne trouve rien de mieux que de laisser Harper nous enliser dans la merde religieuse de l’Ouest canadien américanisé.  Au moins, on aura la chasteté.  Quand on comprendra, le Québec deviendra un pays.    

Toutes ces guerres d’intellos n’ont d’intérêt que pour eux ; mais ce sont les gens en général qui payent la note.

La folie humaine.

Pendant que des millions de personnes sont condamnées à crever de faim à cause de la crise alimentaire, empirée par l’explosion du coût du pétrole, nos gouvernements dépensent des milliards de dollars pour la guerre. 

Selon l’institut international de la recherche pour la paix à Stockholm, ces dépenses ont atteint 1339 milliards de dollars en 2007, la part des États-Unis représente 45 % du total.  Washington a dépensé 541 milliards, soit 3.6 % de plus qu’en 2006.  La Grande-Bretagne occupe la deuxième position (59.7 milliards de dollars) suivi de la Chine (58.3 milliards de dollars), la France (53.6 milliards) et la Russie 35.4 milliards.  Les huit puissances nucléaires possèdent 25,000 ogives nucléaires en 2008.  Peut-on être plus fou ? 

Est-il normal que les moins bien nantis n’aient pas droit à une toute petite part du gâteau?  Si on prenait 5% de l’argent dépensé pour les armes, tout le monde sur la terre serait nourri, logé, soigné et éduqué. 

L’être humain est le seul animal assez fou pour engranger de telles richesses.  Quand tu mourras amèneras-tu tes avoirs ? 

La richesse est concentrée entre les mains d’environ 500 personnes au maximum qui décident de la vie ou de la mort de millions de gens.  Pourquoi cette folie pour détenir le plus d’énergie, de dollars, de pouvoir est-elle possible?  Une vraie maladie mentale, car le pouvoir et la richesse ne te feront pas vivre une minute de plus. 

Évidemment, la responsabilité première de cette situation revient à ceux qui payent les taxes et les impôts sans s’opposer à cette folie.  Comment priver nos gouvernements de l’argent nécessaire pour empirer cette folie collective qu’on retrouve seulement chez l’homme?  Sans guerre, notre système ne peut pas survivre, car toutes ces dépenses inutiles sont essentielles au bon fonctionnement de l’économie.  Le système économique est comme un serpent qui se bouffe la queue.  Plus l’espace entre le bout de la queue et de la tête est grand, plus il est en santé. 

Dans La paix indésirable, un livre formulant les raisons pour combattre la guerre présenté à John Kennedy, on disait que la guerre permet une tonne de dépenses inutiles et sans celles-ci le système éclaterait.  La guerre permet entre autres la création d’emplois bien payés. La folie militaire engendre la création de toutes sortes de recherches qui finalement servent à l’ensemble de l’humanité. 

L’homme est-il une bête si folle qu’elle ne peut pas évoluer sans détruire son environnement pour posséder tout ce qui l’entoure?  Pourquoi le pouvoir est-il concentré entre les mains de quelques-uns?  Pourquoi la majorité accepte-telle qu’on carbure à la guerre?  Les pires causes sont économiques. 

Le surplus d’êtres humains crée une surabondance de la consommation, ce qui rend l’énergie plus rare et donc plus coûteuse.  Ce même surplus exige que l’on détruise davantage la planète pour répondre aux besoins de consommation des humains.  L’argent est concentrée entre les mains de ceux qui détiennent ces richesses ou encore pires les détenteurs artificiels, la bourse.  On se fiche de la santé de la planète.  Tant qu’il y aura des spéculateurs, des bourses, il y aura des crises ; car ces salauds se fichent du dégât qu’ils causent, ils ne pensent qu’au profit.  Une bêtise absolue. 

Ça existe simplement parce que nos gouvernements n’ont pas le pouvoir de mettre un système plus humain à la place du capitalisme sauvage ou du communisme.   Pire, les religions ont été détournées de leur raison principale d’exister et au lieu de rechercher une amélioration spirituelle des gens, les religions veulent être celles qui dominent (plus d’argent) et pour ce faire, elles créent des règles qui permettent l’aliénation.  En contrôlant la sexualité, les religions modifient et contrôlent l’ouverture d’un individu à l’autre.  La haine peut être entretenue en se basant sur la supériorité de sa religion.  Plus on croit, plus on est fanatique, plus on est prêt à faire la guerre. 

Le plus bel exemple se passe au Moyen Orient où la guerre repose d’abord sur la différence de religions.  Ce sont les fanatiques religieux juifs et musulmans qui entretiennent la haine.  L’homme de la haine, c’est l’homme de la domination des instincts, du rejet de sa réalité, de sa sexualité : le produit des religions.  Si les religions se contentaient de s’occuper des raisons spirituelles pour lesquelles elles existent, elles prôneraient l’amour plutôt que la haine de tous ceux qui nous sont différents.  Comment renverser la vapeur?  Comment revenir au besoin fondamental d’être heureux?  

Les Nations Unies doivent exiger des grandes puissances que l’on prenne une partie de ce qui est investi dans les armes et qu’on l’investisse dans la lutte à la misère.  Tout individu a le droit d’avoir la chance de se réaliser.

Cette situation existera ainsi tant que la majorité n’en aura pas pris conscience. Faudra-t-il qu’il en meurt encore des millions avant de s’en apercevoir?  

Radioactif 424

juillet 3, 2022

Radioactif 424

Texte de 2008, p. 739

Le racisme.

Quand j’étais en pension à Québec, j’étais, à part la famille qui nous recevait, le seul pensionnaire qui était Québécois d’origine, les autres étaient tous Français, Belges ou Algériens.          

Un jour, un noir s’y installa.  Je suis allé prendre une bière avec lui.  J’étais le plus fier des gars, car je n’étais pas raciste.  Puis, celui qui devint un jour cuisinier du gouverneur général.  « O abomination des abominations ! », me dit que j’étais un raciste.  Je ne comprenais rien.  J’étais gentil, je le respectais, je lui payais bière sur bière, que faisais-je de mal pour être ainsi identifié au pire vice de l’humanité : l’intolérance, le racisme? 

Il eut la gentillesse de me l’expliquer.  « Si tu étais avec un autre blanc, serais-tu aussi prévenant, aussi gentil, que tu l’aies avec moi?  Non ! Parce que je suis noir et tu dois te prouver que tu n’es pas raciste, donc, t’es raciste. 

Être raciste, c’est agir différemment avec un individu, que ce soit en bien ou en mal, à cause de sa race.  La race lui donne un statut privilégié. »  

J’étais raciste parce que je n’agissais pas avec lui exactement comme avec un autre, à cause de sa race. 

En d’autre terme, en le gâtant, j’essayais de me prouver que je n’étais pas raciste pour faire plaisir à mon petit égo, mais cette hypocrisie, ce manque de naturel, de sincérité dans l’intention, faisait de moi  un raciste. 

Alors, nous n’étions pas des égaux.  Il était perçu comme mieux qu’un autre, qu’un blanc, pour me prouver que je n’avais pas de préjugés.  En ce faisant, je venais de prouver que j’en avais.  Si je n’en avais pas eu, je n’aurais pas eu à me prouver que je n’en avais pas.  Ne pas être raciste, c’est de ne pas faire de distinction, d’agir exactement avec l’autre, comme s’il n’y avait pas de différence.  D’être à être, d’humain à humain.           

Il est aussi possible que des noirs soient racistes.  J’ai constaté que les amis de mes fistons et même mes fistons, même s’ils avaient la peau brune et non noire, apportaient une nuance quant à ce que le noir soit plus foncé ou moins foncé chez l’autre pour se situer socialement.  Pour eux, un Haïtien était moins nègre qu’un Africain.  Ce n’était pas ma façon de voir, mais la leur entre noirs.

Par exemple, quand j’ai voulu adopter leur cousin Nosir, mes fistons me parlaient souvent du fait qu’il était plus noir qu’eux.  Pour moi, ça n’avait en soi aucune importance.  Ils étaient très heureux de ma décision, c’était le cousin adoré, mais ils percevaient cette nuance raciste. 

Le racisme m’apparaît comme un refus de la moindre différence.  Cependant, suis-je raciste juste à constater ces différences?  Je ne le crois pas.  On n’est pas assez imbéciles pour ne pas voir la nuance ; mais si cela me fait agir différemment alors je deviens un raciste.  Cette petite anecdote devrait guider notre discours sur « notre racisme».     

Quand je travaillais pour le Parti Québécois, à Val d’Or, tout en me battant comme président de la Société nationale des Québécois pour le fait français, les libéraux s’amusaient à me décrier comme un raciste parce que je voulais un Québec français.         

En quoi l’aplaventrisme devant l’anglais est-il autre chose que du racisme?  L’anglais est alors perçu comme supérieur au français.    On me traitait de raciste alors que j’avais adopté deux enfants de couleur, que je me rendais à la mosquée et je participais aux rites religieux musulmans par sympathie pour mes fils.  Je voulais comprendre nos différences.  Qui étaient vraiment racistes?  Le racisme porte peut-être un autre nom quand entre personne de même couleur on se calomnie?      

Est-ce que le fédéral, en refusant la double citoyenneté aux anglophones du Québec pour appuyer la partition advenant un OUI au référendum, était raciste?  Sûrement.         

Quand j’ai accepté de vivre avec mes deux garçons, j’exigeais que tout se passe en français à la maison.  Ce qui ne leur plaisait pas. «Le Québec est français », leur disais-je ; mais la raison la plus profonde était la suivante : le français est une langue extrêmement difficile à apprendre, donc, il fallait y mettre tous les efforts, lui donner l’exclusivité pour en faciliter l’apprentissage alors que l’anglais, quand ils posséderaient le français, c’est tellement facile à apprendre qu’ils le feraient sans effort. 

Un petit bain linguistique suffit pour apprendre l’anglais.  Le français aime se compliquer la vie, il ne se contente pas de règles, mais ajoute encore plus d’exceptions. C’est une très belle langue, mais elle est en régression à cause de ça.  Elle ne s’adapte pas à la facilité, une qualité recherchée par tous les jeunes. 

Quand j’ai commencé à enseigner, à Montréal, je suis revenu tout fier à la maison d’avoir un emploi plus permanent, .avec plus de sécurité.   Une permanence.  Imaginez les rires et les sarcasmes quand les jeunes ont appris que mon travail serait d’enseigner l’anglais.       

Cet incident demeure après tant d’années à provoquer l’hilarité dès qu’on se rencontre, Shuhed et moi, puisque malheureusement Rouhed n’y est plus.      
 
Je crois très honnêtement que mon ouverture aux autres est le plus beau et le plus grand cadeau-héritage que m’a laissé ma pédérastie. 

Ça demeure vrai, même si aujourd’hui, tous les paires avec qui j’ai combattu pour créer un pays, me rejettent parce que j’ose affirmer ma pédérastie.  

Je suis rejeté par tout le monde parce qu’il est actuellement à la mode de ne pas frayer avec un tel pervers.  

Ce fut une expérience qui m’a forcé, par le goût du bien et du beau, à accepter de toujours chercher les qualités chez les autres plutôt que les défauts. 

Je dirais que ça rejoint, je pense, le fondement de la foi catholique qui m’a sculpté quand j’étais jeune, alors que je me contentais de réfléchir sur les Évangiles pour comprendre ma religion plutôt que d’obéir à l’interprétation que les autres en faisaient. 

02 juillet 2022

Je crois sincèrement que l’hypocrisie sociale est encore pire aujourd’hui que dans mon enfance. 

Marcel Proust, que j’ai connu, grâce à mon ami Gabriel Charpentier, qui m’a remis ses œuvres complètes pour lire en prison, cachait son homosexualité en utilisant un « je »féminin. Ce que je ne fais pas. Je raconte ma vie en parlant directement de mes amours. Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas penser que le nom du garçon employé puisse avoir 18 ans au lieu de 12 ou 15 ans.

Quand j’ai commencé à écrire, il est vrai que j’aimais provoquer. J’aurais écrit n’importe quoi pour scandaliser, et pourtant, si on lit mes livres en introduisant la nuance dont je viens de parler, on constaterait que je suis somme toute assez pudique, en comparaison à bien des auteurs hétéros.

Sauf, que parfois à cause de la censure, je pète les plombs un peu trop vite. En fait, c’est aux individus de décider ce qu’ils veulent vivre quoique je conseillerais à quiconque de ne pas faire comme moi et ne jamais avouer être pédéraste. Vive l’hypocrisie, si elle nous donne la paix.

Je n’ai pas à pleurer sur mon sort, j’ai fait ce que je voulais. La liberté a un prix et je l’ai payée. Le pire, je ne changerais rien à ce que j’ai vécu, sauf comme je l’ai déjà écrit, j’aimerais ne jamais boire autant. Boire est une façon hypocrite de se suicider.

Radioactif 423

juillet 2, 2022

Radioactif 423

Texte de 2008, p. 736

Avoir une voix : l’indépendance.

Le grand secret des libéraux du Québec, c’est d’essayer de ne pas trop faire de gaffes, dissimuler les problèmes derrière les portes de Commissions d’enquête,  mais aussi de dire de temps en temps ce que les gens veulent entendre. 

C’est probablement en ce sens que Jean Charest vient de dire aux Américains (y a-t-il un journal américain qui a repris sa déclaration?) que la frontière, la barrière, construite entre les États-Unis et le Mexique, tient de la folie furieuse comme tous les autres murs entre les peuples.  Super bravo !     

Personnellement, j’aurais payé une bière à Jean Charest pour le féliciter d’avoir osé dire ce qu’il pense ; même s’il sait que ça ne changera absolument rien.  Ça fait plaisir aux petits gauchisants de mon espèce. 

C’est comme le marché commun avec l’Europe.  Il devrait mousser l’idée comme premier ministre du Québec et non comme mouton d’Ottawa.  C’est justement pour avoir une voix qui se prononce dans les milieux internationaux que le Québec doit être indépendant. 

Il faut dire que les libéraux ont actuellement le vent dans les voiles parce qu’ils mettent sur la table des idées internationales irréalisables intéressantes et, tout comme ici, le front commun Québec-Ontario contre les politiques vertes-brunes-merde des pétrolières de l’Ouest.       

Avec cette union Québec-Ontario, on peut commencer à rêver à une véritable confédération, c’est-à-dire un pays dont le pouvoir appartient d’abord aux provinces. 

Un statut particulier, une souveraineté culturelle absolue du Québec à l’intérieur du Canada, ce n’est pas nouveau.  Les quarante dernières années ont simplement démontré que c’est irréaliste.  Le Canada ne nous aime qu’au moment où ils ont peur de nous perdre. 

Les nouvelles lois fédérales prouvent que nous n’avons pas les mêmes valeurs que l’Ouest Canadien.  La fédération canadienne est une concentration de pouvoir qui couche dans le lit des pétrolières, donc, des Républicains américains. 

On n’est pas en Afghanistan pour aider le peuple, c’est une illusion, tant qu’on privilégiera le militaire. 

C’est vrai qu’on ne peut pas changer des fanatiques religieux qui prennent les armes pour la domination de leur religion, mais ce n’est pas la guerre qui parviendra à y changer quoi que ce soit, mais l’éducation.   N’importe quelle religion qui a besoin de violence pour s’établir ne vaut pas grand-chose.  La vérité ne s’implante pas dans la tête des gens à coup d’attentats ou de bombardements.    
 
Si on veut que ça change, il faut des écoles libérées des religions. 

Les religions servent à maintenir l’aliénation nécessaire pour concentrer le pouvoir à travers leur prétendu ordre moral.  

Le seul moyen de combattre la guerre est la solidarité humaine, solidarité qui n’existera jamais tant qu’on ne se sera pas débarrassé des préjugés que les religions engendrent, surtout à partir de leur conception de la sexualité, de peuple élu et d’impies. 

Quand les religions ne s’occuperont que du spirituel, l’humanité aura fait un pas de géant, car on saura qu’il faut créer un monde parallèle au monde économique.  Moins consommer et mieux partager. Ne pas accepter que des millions de gens vivent dans la misère et meurent de faim.  On s’apercevra que l’ONU doit avoir plus de pouvoir de décision que les multinationales et les pétrolières.  L’internet permet cette solidarité planétaire.  Malheureusement, les crosseurs (profiteurs) abondent sur l’internet.  On ne sait pas à qui se fier. 

Il faut créer des routes de solidarité sûres. 

Pas de race, pas de nationalité, pas de religion ; des gens qui veulent le bonheur de l’humanité et «la protection de la vie de toutes les espèces animales».  La vie est la valeur première

Je suis peut-être pédéraste, mais je travaille dans ma mesure, à créer une terre qui ne se détruise pas pour assurer des profits aux exploiteurs.  Ils ont la force de la violence, il faudra créer celle de l’Amour et de l’Amitié.  Je crois dans l’Utopie.                   

Pourrait-on jumeler tel individu pauvre à une personne un peu plus riche qui lui viendrait en aide selon ses capacités? Comment forcer les banques internationales à éliminer totalement la faim?  Ce sont les vraies questions.  Comment échapper à l’économique?      

Maudit espace !     

Je viens de faire un maudit bon texte sur le racisme, en réponse à M. Bouchard, qui croit qu’on doit penser comme ses lucides.   Hors de notre pensée, point de salut. 

Malheureusement, j’ai oublié encore une fois, obnubilé par le texte et les propos, que je perds tout ce que j’écris quand mon texte est trop long au moment de le sauvegarder. 

Au lieu de pouvoir le lire dans ma page, mon carnet (blog), il disparaît.  Je me ramasse à l’accueil et je dois tout recommencer.  J’haïs ça, tabarnak ! Que j’haïs ça, car on ne repense jamais un texte de la même façon. 

La technique, c’est très beau ; mais ça peut être très chiant.  Je recommence… puisque je suis déçu, le texte sera sûrement moins bon.  Je reprendrai Le temps des cauchemars, après ces grandes réflexions. 

C’est d’autant plus choquant que je passe des heures, tous les jours, à essayer de vous intéresser. 

Par ailleurs, j’ai découvert que même si je doute que je sois aussi visité qu’on l’indique, cet exercice quotidien est extraordinaire comme un journal de bord.  Je ne pourrais jamais me livrer avec autant de liberté, dans ma vie réelle. 

Je suis trop gêné pour ça. C’est facile dire à des gens qui ne ressemblent à rien « je suis pédéraste », mais en face à face, c’est différent. 

Écrire sur internet, c’est comme jaser avec Benji.  Elle ne peut pas me répondre, mais je sais qu’elle me comprend.  Je suis sûr qu’un jour l’internet sera un instrument culturel mondial incontournable. 

Pour le moment, on snobe la création populaire…et on minimise la création que cet instrument nous permet de vivre. 

Les vrais écrivains, comme Balzac, écrivaient tous les jours dans les journaux.  Avec l’internet, on peut nous lire instantanément autour du globe.  C’est plus que fantastique… J’espère qu’en essayant d’avoir du contenu, je ne choque personne ; mais ce fut ma vie.     Et, je dois avouer que j’ai ei une très belle vie , faite de toutes sortes d’expériences.   
 

Radioactif 422

juillet 1, 2022

Radioactif 422

Texte de 2008, p. 734

L’industrie du chantage sexuel.          

Il est évident que la pègre est directement liée au chantage qui s’exerce sur les présumés prédateurs sexuels d’où l’on veut que les listes de la police soient rendues publiques.   À partir de ces listes et les différents chiffres d’accusation, il est possible d’établir un système de chantage permanent.  Une rente à vie à payer au maître chanteur. 

Par exemple, en écrivant mon carnet (blog), je savais que je m’exposais au chantage.  Aucune disposition de la loi ne permet une prescription, mais les proxénètes en ont une de deux ans. 

Comme me le disait mon bon ami Pierre Faucher, qui était policier, tu as avantage à te faire oublier dès que tu es accusé, car tu perds automatiquement le droit de parole, surtout si tu t’intéresses aussi à la politique.  

« Même si tu défends les droits des individus, on fera croire que tu défends tes intérêts personnels.»          
 
Dans mon cas, depuis quelques temps, les événements bizarres se sont multipliés.  Par exemple, j’ai un individu qui est entré en contact avec moi.  Des discussions directes.  Puisque j’ai la Cam, il voulait tout voir ; mais pas question pour lui de se laisser voir, surtout le visage.  Un policier qui s’essaie ?  De la prévention entre adulte ?  Bizarre !        

Entre adultes, ces peurs ne devraient pas exister ; mais on sait que des policiers se font passer pour des jeunes pour essayer d’attraper les prétendus prédateurs.  Pourquoi ne pas organiser  une situation où la victime se dit adulte, alors que c’est un jeune ou un maître chanteur (policier ou pas) ?   Une fois qu’on t’as vu nu sur la Cam, on peut faire croire que ça s’est passé comme on veut, selon ses bénéfices.   Bizarre que le manège doive durer des mois avant qu’il y ait arrestation.  La sollicitation doit se faire des deux bords pour qu’il se passe quelque chose et que l’aîné puisse croire dans l’existence du plus jeune.  Peut-on parler de sollicitation quand tu es ainsi harponné?  Est-ce légal?  La police serait au-dessus des lois. Des bandits légaux?          
 
J’ai eu un deuxième cas, plus clair, une jeune fille prétendait être très riche, mais il lui fallait un intermédiaire pour avoir l’argent de la banque européenne.  Une petite Africaine dont la famille a été éliminée dans une révolte populaire par une junte militaire.  J’ai transmis ses informations à la banque européenne comme elle le voulait et je n’en ai plus entendu parler depuis.  Sauf, qu’elle prétendait vouloir venir vivre avec moi.  Puis, j’ai une ancienne flamme, appelons la Daniel (puisque je crois qu’il est mort) qui veut avoir de l’argent sous la menace de tout dévoiler ce qui se passait il y a 40 ans.   

On sait que l’Église catholique a dépensé des millions pour se faire pardonner.  Le chantage a été ainsi consacré.  Il fera dorénavant parti de nos mœurs.  On sait que souvent, particulièrement les femmes, se sont servies de motifs sexuels pour avoir une meilleure pension alimentaire. 

Que ce soit vrai ou pas, le jour où les journaux en parlent, t’es un homme mort.  Bizarre, comment la télévision joue au curé.  On le sait et on en profite.  Ce serait intéressant de savoir quels liens se sont établis à partir de ces chaînes de chantage, les médias et les partis politiques. 

Personnellement, j’ai pris conscience de ce trafic, il y a une dizaine années. 

Malheureusement, je n’y peux rien.  On m’a bien fermé la gueule tant que la vérité soit connue et reconnue, la droite aura le gros bout du bâton.   Il suffit d’entretenir la paranoïa pour que les gens croient que cette situation est normale.  Ce n’est sûrement pas prêt de changer. 

Même le ministre libéral, M. Dupuis, analyse les avantages politiques de rendre public la liste des prédateurs sexuels.  On n’est jamais trop vertueux, surtout quand ça augmente les votes en ta faveur.   L’Action démocratique est le faire valoir libéral par la droite alors que Québec Solidaire semble jouer le même jeu à gauche pour éliminer le Parti Québécois.  Les Québécois choisissent toujours le centre de préférence.  Québec solidaire est un moyen fédéraste pour tuer le Parti québécois. La division tue le retour du PQ au pouvoir.           

Être victime de chantage, c’est affreux.  T’as vite mal à la tête, à l’estomac.  Tu te demandes ce qui arrivera à tous ceux qui sont proches de toi.  Tout est noir. Tu voudrais crever d’un coup.  C’est une sensation affreuse.  Tu n’as rien à dire pour te défendre, tu es condamné juste par le fait d’exister. 

Après, on s’étonne que les prédateurs deviennent fous et violents.  On fait tout pour que ça arrive.  Le pouvoir est ainsi à l’abri de tous les dissidents.  Il suffit de les accuser de récidive pour qu’ils soient silencieux à jamais.  Quand il y a chantage si on obéissait à la peur qui nous anime, on prendrait une corde et on irait immédiatement se pendre.     

Peut-être que ce sera le seul moyen de faire comprendre aux bien-pensants qu’ils sont des salauds en ne respectant pas la vie privée, pour les crimes sexuels commis quand  il n’y a pas de violence.       

N.D.L.R. : Le ministre Dupuis ne serait pas très chaud à l’idée d’un registre public. Bravo !           

La guerre en Ukraine

juin 30, 2022

La guerre en Ukraine.

29 juin 2022

Le bandit Donald Trump a eu raison. Poutine a été assez intelligent pour organiser une guerre qu’il savait gagner d’avance, car nos chefs de pays démocratiques ne feraient que tenir des réunions, des conférences de presse pour nous faire croire dans un support qui arrive toujours en retard.

Nos chefs politiques et militaires sont des grands gueules sans couilles. Il ne fallait pas de guerre nucléaire, tout le monde en convient; mais on aurait dû trouver moyen d’aider l’Ukraine assez vite pour ne pas être un pays morcelé à la fin de l’exercice.

La guerre en Ukraine aura permis au Kremlin de se faire un tas d’argent, grâce à la Chine, aux Indes et autres pays qui appuient Poutine. On se sera débarrasser des vieux équipements et Poutine finira par avoir un territoire conquis grâce à sa haine des Ukrainiens.

La mondialisation nous a appris, grâce à cette guerre, que des individus sont tellement riches qu’ils ont plus de poids que certains pays.

Ce qui est le plus dégueulasse dans cette guerre, c’est le peu de cas que l’on a de l’être humain.

Que des bâtisses soient anéanties, ça ne fera que mieux faire fonctionner l’économie; mais les gens tués et la misère ne seront jamais compensés, car la vie n‘a aucun prix. 

Que des gens souffrent parce qu’un fou de l’autre côté de la frontière fait un rêve de conquête c’est révoltant.

On s’est servi de l’Ukraine pour des jeux carrément politiques, au détriment de millions d’individus. Rien ne justifie la guerre. Espérons que l’on trouvera au moins le moyen d’en faire payer le prix à Poutine.

Radioactif 421

juin 30, 2022

Radioactif 421

Texte de 2008, p. 733

FLQ : une idée dépassée ?

Je ne sais pas si c’est parce que je vieillis, mais je considère le FLQ et tout autre mouvement terroriste, comme une idée absolument dépassée. 

En 1970, c’était différent. On était jeune et on prenait conscience que le gouvernement fédéral est un système de bandits légalisés dans lequel nous étions des moins que rien.        

Même si c’était évident, pourtant, une majorité de gens continuaient de croire dans les institutions fédérales.  On aurait dit que plus les choses devenaient claires, plus les gens étaient masochistes.  Bourassa était réélu avec des records ainsi que le maire de Montréal. 

Les fédérastes mentaient à pleine gueule à la population qui au lieu de se rebeller s’enlisait dans l’aliénation. On semblait ne pas être capable de comprendre qu’il y a un niveau de gouvernement de trop. 

Le fédéral nous exploite, il faut se débarrasser du fédéral.  

Les fédérastes ont alors inventé le coup de la Brinks.  Nous avons eu peur.  Comme des pécheurs repentants, on acceptait notre sort, sauf une petite gang : le FLQ. 

Le FLQ était violent parce qu’on n’avait rien à perdre, tout à gagner. 

À cette époque, tous les riches, tous les dirigeants d’entreprises parlaient anglais.  Aucun francophone ne pouvait espérer devenir cadre ou très peu.  Ça brassait même aux États-Unis alors qu’on combattait la guerre au Vietnam.  Les féministes et les homosexuels avaient un même langage : le droit d’être maître de son corps. Cette effervescence se transmettait.    

Aujourd’hui, on n’a pas un esprit révolutionnaire.  On est écœuré et impuissant, ce n’est absolument pas pareil.  On est résigné.  On reproche au Parti Québécois de ne pas avoir fait l’indépendance, mais à chaque référendum, on a décidé de continuer de manger la merde fédéraste en votant majoritairement NON.   La violence ne ferait que justifier une autre répression.      
 
Le seul moyen de s’en sortir c’est de rêver un pays tellement alléchant qu’une très grande majorité en voudra… (Si mes premiers jets avaient été sauvegardés, le texte serait plus intéressant. Je déteste de devoir  recommencer.) 

Le fascisme est de retour.

La vague-retour au fascisme est bel et bien enclenchée.

Avec la loi C-10, on remet en place la censure comme lorsque j’étais jeune.  En essayant de protéger le fœtus, les Conservateurs espèrent interdire l’avortement à moyen terme.  Avec les accommodements religieux, les religions pourront s’offrir tous les privilèges au nom de leur foi.  On reparle ce matin de la députée Sylvie Roy, de l’Action démocratique, qui tente de relancer le débat sur la liste permanente des pédophiles et la castration chimique, sans tenir compte à savoir si les faits qui ont entraîné les condamnations sont violents ou non.  Donc, c’est encore la religion qui décide et impose ses valeurs morales. 

On essaiera certainement de revenir sur la maladie mentale pour définir l’homosexualité, c’est une question de temps. 

Personnellement, avec tout ce que j’ai écrit,  je me suis placé dans l’endroit idéal pour être victime de chantage.  Il suffit de revenir à 40 ans plus tôt pour trouver un jeune qui se rappelle et qui n’obtient pas l’argent qu’il veut pour que l’on puisse me faire la peau en échange d’une délation.  L’humanité n’évolue pas. 

Pour du pétrole, bientôt on pourra y ajouter l’eau et la nourriture, on accepte que des millions d’humains meurent.  Ce n’est pas une vision pessimiste, c’est la réalité. 

Il est impossible de voir ce qui pourra modifier cette tendance.  Les journalistes se mettront bientôt à décrier les droits de la personne. 

On n’est pas sorti du bois… on retourne vers le pouvoir du fascisme.   Hitler n’est pas mort, il va bientôt renaître en Harper ?

Radioactif 420

juin 29, 2022

Radioactif 420

Texte de 2008, p. 731

Les nerfs, M. Dubourg!

Le député libéral provincial de Viau, M. Emmanuel Dubourg, demande rien de moins que de revoir la notion de liberté d’expression dans la Charte des droits, à la suite de l’appellation de reine-nègre à l’endroit de Mme Michaël Jean par Victor-Lévy Beaulieu.

C’est pas gentil, ce n’est pas poli, mais : Les nerfs!  Les nerfs!   Après Nathalie Simard qui prétend qu’un toucher à caractère sexuel est pire qu’un meurtre, voilà qu’un autre excité voudrait changer nos lois parce qu’un écrivain a assez de culture pour reprendre une vieille expression littéraire et manifester ce qu’il ressent quant à la gouverneure-générale Michaël Jean, laquelle est une honte politique pour plusieurs Québécois. 

Ce que personne n’ose dire, mais qui correspond à ce que presque tout le monde pense en silence.             

Lévy- Beaulieu ne s’en est pas pris à la communauté haïtienne, mais à Michaël Jean. 

En acceptant de devenir gouverneure- générale, elle savait que dans la tête de bien des gens, elle devenait la putain nationale.  Alors les nerfs. 

Quand on traite faussement un individu de pédophile, on n’a aucune protection de la Charte parce que ça fait l’affaire du système judiciaire.  Pourtant, c’est vraiment condamner quelqu’un à la mort, car, en étant perçu comme pédophile au Québec, tu perds presque tous tes droits au travail ainsi qu’au bénévolat.   Tu ne peux même plus voyager.          

Victor Lévy Beaulieu aurait dû clairement dire que pour plusieurs nationalistes québécois Michaël Jean est une putain nationale, car après avoir « fleurté » avec des gens identifiés au FLQ, voilà qu’elle est protégée par la GRC pour effectuer les coups de cochon du fédéral à l’endroit du Québec.  Est-ce préférable de l’appeler ainsi? 

On peut aussi la nommer la vire-capaud nationale.  Ce n’est pas parce que quelqu’un est visé personnellement que toute la communauté haïtienne l’est. 

Je comprends que pour les jeunes Haïtiens, elle est un modèle de réussite.  En ce sens, personne ne peut se méprendre et au-delà de la politique, on ne peut que s’en féliciter.        

Un Haïtien d’origine est aussi un Québécois et le bien du Québec exige que tous ses citoyens soient bien et respectés.  Cependant, vous réagissez comme les musulmans qui s’énervent dès que quelqu’un fait une caricature de Mahomet.  Une réaction d’hystérique.  Plutôt que de vouloir restreindre la liberté d’expression, demandez-vous si la nomination de Michaël Jean fut autre chose que l’opportunité d’essayer de ramener les Haïtiens du Québec dans le giron fédéraste. 

Posez la question, c’est y répondre.  Une position politique ne nous place pas au-dessus des critiques et des caricatures.  Les nerfs!  Ou elle était idiote ou elle savait que ce qu’elle faisait n’est pas jojo : elle a trahi le sentiment antimonarchique de la majorité des Québécois pour servir de roi-nègre au fédéral afin de ramener une communauté haïtienne trop nationaliste au fédéralisme.   Une femme, c’est une reine qu’on appelle ça.  Avant de chialer, on devrait avoir un peu de culture.  Cependant, on devrait éviter ces propos qui peuvent être perçus comme racistes.        

Ayant adopté des enfants quasi noirs (Bangladesh), j’ai constaté qu’ils se traitent de nègres entre eux : le Haïtien étant moins noir que celui qui arrive d’Afrique , donc, il est selon eux moins nègre.   Le racisme est affaire d’éducation et souvent de religion. 

Si le contexte littéraire donne raison à Victor-Lévy Beaulieu, il faut se réjouir que dans la réalité la position de Mme Jean aide les jeunes Haïtiens à mieux s’intégrer au Québec.  Dans ce sens, il est préférable de contenir sa colère. 
 
M. Harper et Mme Jean ont manqué de jugement en se présentant en France pour le 400è de la ville de Québec.  La gouverneure-générale, est qu’on le veuille ou non, le symbole de la conquête.  Normal que des Québécois en aient plein le casque de ces petites joutes politiques. 

Quand on pose un geste politique, on peut s’attendre à se faire dire ses vérités.  Le Québec est dirigé comme une colonie canadienne. Pas surprenant que le député pète les plombs : il est Haïtien et fédéraste.  Mais, au Québec, la liberté d’expression est une valeur sacrée.  On y touche pas… même s’il aurait été préférable que M. Beaulieu pense deux fois à ce qu’il dit avant d’ouvrir la bouche.     

On a pas besoin de querelles aussi puériles qu’inutiles pour se construire un pays à nous. On veut que le Québec soit tolérant.  Alors, Dubourg-Beaulieu, embrassez-vous, ce sera plus gai…

Radioactif 419

juin 28, 2022

Radioactif 419

Texte de 2008, page 730

L’AAACE : poursuites judiciaires.

J’ai fait parvenir une copie de la lettre suivante à l’Association des auteures des Cantons de l’est et Richard Martineau, au Journal de Montréal

Par la présente, je veux exercer un recours judiciaire personnel fondé sur l’article 49 de la Charte des droits et liberté.       

Considérant que j’ai décidé de participer aux concours de l’Association des auteures des Cantons de l’Est, j’ai fait parvenir deux textes : La pédérastie mise à nu et Autoportrait d’une révolte.  Le premier a été rejeté parce qu’il ne respectait pas les exigences en termes de temps.  Autoportrait d’une révolte, le deuxième texte ne présentait pas de problème. C’est le rassemblement de poèmes qui font ressortir mes luttes sociopolitiques et celles en faveur de la liberté sexuelle.      
  
Considérant que l’âge de consentement nie le droit des adolescents à leur orientation sexuelle et leur vie privée. Cette règle est, à mon avis, inconstitutionnelle comme la loi C-10.    
 
Considérant que j’ai été invité à une séance de signatures pour Autoportrait d’une révolte.           

Considérant que j’ai alors reçu des email de la présidente, Mme Bureau, m’informant que je ne pouvais pas assister aux signatures, sous prétexte que je suis pédophile et que j’en parle dans mes écrits alors que c’est faux puisque je suis pédéraste.  

Considérant que l’on se basait sur le titre de deux livres publiés antérieurement, soit Laissez venir à moi les petits gars, un roman publié à Parti Pris (1981) et qui existait lorsque l’Union des Écrivains du Québec m’a accepté comme membre titulaire.  C’est un roman qui raconte l’histoire d’un gars qui est emprisonné pour un crime sexuel, donc, une fiction, malgré les allures autobiographiques.  Quant à l’autre, c’est Aimer les petits gars, féerie du monde adulte ; titre d’un texte publié dans le livre Sortir, aux Éditions de l’Aurore, 1978.  C’est un essai collectif pour dénoncer la violence faite aux homosexuels.

Considérant qu’un pédéraste n’est pas un pédophile, selon toutes les données scientifiques : un pédophile est intéressé par les enfants de moins de 10 ans alors qu’un pédéraste est gai et attiré par les adolescents.  Voir particulièrement Freud en ce qui concerne le développement de la sexualité.  Définition scientifique plutôt que religieuse.       

Considérant que l’on a prétendu que la poésie de jet est un terme prouvant ma pédophilie alors que ce genre de poésie est l’équivalent du slam, sans connotation sexuelle particulière. Poésie de jet était utilisé par moi pour distinguer ma poésie de la poésie officielle, basée sur le rêve, la structure; alors que la poésie de jet fait référence à l’emploi particulier de l’émotif, de la réalité et se veut plus musicale.  Tous les sujets sont permis. 

Considérant que j’ai eu des relations sexuelles avec des hommes, des femmes et de jeunes garçons, puisque je suis libre penseur, qu’est-ce qui fait que j’ai telle ou telle orientation sexuelle?  Jeune garçon ne veut pas dire bambin. Pour des écrivains, c’est de l’ignorance crasse.           

Par conséquent, je demande que l’on retire cette accusation quant à ma vie personnelle et mon orientation sexuelle.  J’ai toujours dit que je suis pédéraste.      
  
Que l’AAACE reconnaisse mon droit de traiter des sujets que je veux et respectent les nuances qui existent dans les divers genres littéraires (Article 3, de la Charte).  La liberté d’expression permet à chacun de manifester ses pensées, ses opinions, ses croyances, en fait toute les expressions du coeur et de l’esprit, aussi impopulaires, déplaisantes ou contestataires soient-elles. (Irwing Toy Ltd c Québec (procureur général, I. R, C. S. 927,968).         

L’attitude de l’AAACE est fondée sur l’ignorance et constitue une diffamation.

Que l’on cesse toute forme de harcèlement, m’empêchant de vivre pleinement ma vie d’écrivain, car il suffit que j’aie un projet pour que des gens ayant été influencés par l’article de Richard Martineau montent aux barricades pour faire échouer, en prétendant faussement que je suis un pédophile.  Comme si un pédophile n’avait aucun droit de vivre au Québec.     
 

Radioactif 418

juin 27, 2022

Radioactif 418

Texte de 2008, p. 727

Victor Lévy Beaulieu.

Victor Lévy-Beaulieu a parfaitement raison quand il parle de la Gouverneure du Canada, Mme Michaël Jean.  C’est une reine-nègre qui savait ce qu’elle faisait en acceptant de servir le fédéral.     

Il n’y a rien de raciste là-dedans, il faut juste avoir assez de culture pour comprendre l’expression  » roi-nègre ». 

Le fédéral vient d’insulter encore une fois les Québécois, en l’envoyant à Larochelle, en ne respectant pas l’histoire ; car la représentante de la reine au Canada est représentante de la Conquête.  Le hasard fait qu’en plus d’être une reine-nègre, elle est aussi, une haïtienne.  Elle a trahi la confiance des nationalistes, c’est normal qu’on ne la porte pas dans notre coeur. 

Ailleurs, on n’accepterait tout simplement pas ça plus bruyamment.   Son volte-face envers les nationalistes a été perçu comme une trahison du Québec.  Le fédéral a couru après, mais comme d’habitude, ce sont les Québécois qui ne comprennent pas, selon le fédéral.  Pourquoi y a-t-il une reine au Canada, si Pet Trou d’eau a obtenu l’indépendance du Canada de la Couronne d’Angleterre ? 

L’origine haïtienne n’a rien à voir, c’est le hasard.  On peut se demander pour qui Mme Jean travaillait quand elle se tenait avec les felquistes?  On se sert d’elle pour amener les Haïtiens à être fédérastes, voilà tout.  Une autre cochonnerie politique.

L’indépendance dépassée ou l’avenir ?       

Les Québécois fonctionnent aux modes.  C’est pourquoi les fédérastes répètent sans cesse que l’indépendance, à cause de la mondialisation, est dépassée ou une vieille idée. 

Une autre ignorance qu’on répand, car à force de le dire, on ose plus prendre parti pour l’indépendance de peur de passer pour un dinosaure.  

Pourtant, au contraire, jamais l’indépendance sera autant une preuve de maturité.  Être un pays c’est la seule chance de jouer un rôle véritable dans le monde ; car, tout se passe et se passera encore plus dans les prochaines décennies dans les bureaux de l’ONU.  On y est absent ou on se prétend canadien. 

Le Canada actuel crache plus que jamais sur toutes les valeurs de non-violence, de partage, de recherche de paix.  C’est le prix à payer parce que Stephen Harper nous gave comme des oies.     
 

Politique = mensonges.

Pourquoi pense-t-on que la politique n’est qu’hypocrisie, mensonge, promesses non tenues ?        Parce qu’on retrouve surtout des avocats comme politiciens.         

Pauvre Chine !

C’est terrible ce qui se passe en Chine et en Birmanie.  Au moins les Chinois s’occupent de leurs victimes.  Le Canda devrait y envoyer le plus d’aide possible.  Dommage qu’on ne puisse se rendre les aider. C’est quand même mieux que la junte militaire voisine. 

L’ONU doit obtenir que toute l’aide puisse être apportée aux Birmans, sinon y aller de force et présenter des accusations pour crimes contre l’humanité contre ces responsables paranoïaques. On pourrait aider en communiquant avec CECI. 

Pouvoir = Système = mafias.

Le système, ce sont ceux qui détiennent le pouvoir mondial, une toute petite clique toute-puissante… le dieu de nos livres saints … alors que la mafia se situe à un niveau un tout petit peu plus bas, soit ceux qui détiennent un pouvoir subalterne, moins étendu que celui du système qui règne sur l’humanité et qui comprend les religions.         

La mafia ce sont certains chefs d’état, les chefs religieux, les chefs de la banque mondiale ; les dirigeants des pétrolières ou des industries qui sont des monopoles et dont personne ne peut se passer dans sa vie ; les dirigeants de la pègre et de la police (juges).        

Les hommes de bras de la mafia sont les dirigeants de la pègre et de la police ; et finalement, il y a le vrai monde.   Les gens qui par leurs taxes et leurs impôts enrichissent la mafia et le système. 

On essaie de rendre cette perception impopulaire, car on risque, si trop de gens comprennent, qu’il y ait une révolution mondiale.   

Révolution ne veut absolument pas dire prendre les armes ; car le trafic d’armes est aussi partie constituante du système.  Les guerres sont décidées par le système.  Il faut des guerres pour vendre des armes.  Ce n’est pas une conspiration, c’est une réalité animale.  Les animaux fonctionnent en établissant une hiérarchie.   Plus vous êtes corrompus (forts), plus vous évoluez dans l’ascension hiérarchique.  Plus vous êtes élevé dans la hiérarchie, plus votre pouvoir repose sur un plus grand nombre d’individus.  C’est pourquoi notre monde est dirigé par des bandits légaux.     

Le but ultime, c’est le pouvoir.  Toutes les règles viennent d’en-haut parce qu’elles permettent de conserver la mainmise sur les gens.  Pas d’argent, pas de nourriture, pas de plaisir.  Le péché sert à créer une forme de culpabilité qui te rend encore plus servile dès ton enfance. 

Les livres de W. Reich sont extrêmement clairs à ce chapitre, surtout la Révolution sexuelle et La lutte sexuelle des jeunes.  Quand on les a lus, on comprend la lutte du système contre les pédérastes, ces éternels désobéissants … 

Les féminounes craignent que les pédophiles rognent leur pourvoir sur les jeunes.  Aussi, se servent-elles du pouvoir émotif qu’elles ont sur leur mâle pour restaurer les limites de leur royaume exclusif.  Nous vivons encore en pleine jungle.

Radioactif 417

juin 26, 2022

Radioactif 417

Texte de 2008, p. 725

Québec laïc ou catholique ?     

Les politiciens ne veulent rien comprendre au peuple québécois.  Ils veulent des votes.  Ils ne mettent pas leurs culottes de façon à éviter les crises appréhendées.  On est fort là-dessus depuis Trudeau.  

La trudeaumanie, c’est un signe d’aliénation et non de réflexion.  Il était beau, mais très baveux.             

On dit que le Québec est une société laïque.  Donc, pas catholique ; mais en même temps, il faut se plier à tous les caprices des Juifs et des Islamistes.  Par chez-nous, quand tu vis dans une société laïque ça veut dire pas de religion politique. 

Eh oui, la Charte te garantit le droit à ta religion ; mais les rites d’une religion ne sont pas la religion.  D’autant plus que ce sont ces rites qui divisent l’humanité et l’appelle à se taper sur la gueule.  Ces rites sont des signes politiques, car ils servent à prouver le nombre de fidèles. 

Les religions ne respectent pas la conscience individuelle et les droits de la personne, Les hommes devraient être des anges.  C’est ceux qui s’établissent chez-nous à qui il revient de s’assurer que leur religion respecte les valeurs des Québécois.      

Les musulmans non fanatiques sont comme les catholiques, la religion a une place dans leur coeur et leur esprit, mais pas toute la place.  Ils croient, mais ne veulent pas d’une société théocratique. 

Je suis bien d’accord à vivre dans un pays tolérant (je ne peux pas dire que c’est ce qu’on me fait vivre, même si je suis Québécois) ; mais la tolérance ça se vie des deux bords. 

Tu n’es pas tolérant quand c’est toi qui sacrifie tout ce que tu penses sous prétexte de ne pas blesser l’autre. T’es masochiste. 

Si la religion doit conserver un espace public, où on consacre notre réalité : nous sommes une société catholique, car la très grande majorité des Québécois sont catholiques.  Tu as le droit à ta religion chez-toi et dans le temple de ta religion.  Pas de religion ailleurs, surtout pas dans les écoles.       

La religion, c’est familial.
  Mais, si on veut créer un monde de tolérance, on devrait mettre comme règle : ta liberté s’arrête à celle de l’autre. Qu’est-ce que ça peut me faire qu’une femme décide de porter son voile?  Elle est aliénée, arriérée.  Puis, c’est son droit.  Ça ne me prive de rien, sauf qu’une femme qui a un voile est nettement identifiée à une religion comme la « couette » du petit juif ou sa circoncision qu’on a généralisé pour qu’il n’y ait plus d’identification possible par la circoncision.    

On accepte des exceptions pour un, on les accepte pour tous. 

C’est pourquoi le rapport Bouchard-Taylor ne va pas assez loin.  On doit clairement indiquer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.  Si le voile ne dérange personne ; une personne qui se promène avec une petite croix à la boutonnière, ça ne dérange pas non plus.  Ou tout le monde qui a rapport ou qui travaille dans un espace public soit laïc ou on reconnaît qu’au Québec on est catholique.    

Les religions ne servent qu’à créer des malaises, des fanatismes.
  Si on ne confondait pas croyance et rites ; on n’aurait pas ces problèmes.            

Je me souviens avoir rencontré un chef musulman à Hamilton.  Il voulait que les musulmans parlent anglais au Québec.  » Si on ne veut pas ça, il faudra s’installer ailleurs « .  Ce à quoi, je lui ai répondu :  » Bon voyage dans ce cas, car le Québec est et restera francophone.  »  

Le Québec est francophone, si ça ne plaît à ceux qui veulent s’installer ici, ils n’ont qu’à s’en aller au Canada, c’est un pays anglais.  Par contre, s’ils veulent parler français, pas de problème.  Bienvenus !  Mille fois bienvenus !  Ils sont aussi Québécois que moi.

C’est la condition, le prérequis. Incontournable !  Indiscutable !  Même chose pour les compagnies qui s’installent chez-nous.  Le français est la langue de travail. 

Si on a des couilles et qu’on se parle dans l’esprit de mieux se comprendre et mieux s’apprécier, on cessera de jouer aux diplomates et on se dira la vérité en face. 

On a pas digéré de ne pas pouvoir être un pays parce que le fédéral s’est servi d’immigrants pour voler le référendum.  Il n’y a pas au bout de la ligne de Québécois, Canadiens, Juifs ou autres, on est tous des êtres humains et si on est intelligents, on apprendra à s’aimer plutôt qu’à se taper sur la gueule.  

Malheureusement pour moi, c’est mon orientation sexuelle qui m’a fait découvrir ça. 

Pour cela, il faudra transcender nos religions.  Plutôt que de nous apprendre à nous aimer, les religions et leur fanatisme divisent les hommes et sont une de raisons pour lesquelles il y a des guerres. 

Les religions sont de grosses multinationales de l’esprit.  Elles ne sont pas très riches pour rien.             

Jean Charest mène largement.

Le gouvernement de Jean Charest mène largement, qu’en pensez-vous ?        

On a la merde qu’on mérite.  En paroles, les libéraux sont extraordinaires, mais dans les faits, ce sont ceux qui veulent nous assimiler dès qu’ils ont le pouvoir.  Si les libéraux étaient plus nationalistes, ce serait plus intéressant.  Le fédéral devrait y penser avant de nous planter ou nous mentir.           

Les libéraux tels qu’ils sont actuellement, les essayer, c’est apprendre l’anglais. On oublie les principaux défis pour l’avenir : l’école, l’emploi, la santé et l’immigration.  Le tout sur un fonds économique. 

Dans 20 ans, il faut diriger tout en fonction de l’arrivée des baby-boomers, sinon c’est se préparer un enfer, car il n’y aura plus assez vieux au travail.        

Il faut aussi légiférer comme un état laïc.  Les religions sont pires que des multinationales.   Les libéraux, en défendant la fédération, sont devenus les pires menteurs et les pires hypocrites. Il est urgent que l’intérêt du Québec surpasse l’intérêt des partis politiques.  On a droit à la vérité pour prendre de sages décisions. 

Le français devrait être notre grande priorité au cours de prochains mois.  Si les politiciens mettent leur culotte, le sort du français sera très vite réglé : une immigration obligatoirement française, le français comme langue du travail, aucun film anglais dans les cinémas francophones sans avoir déjà été traduits en français, etc.         

Quand on sera indépendant, on pourra se payer le luxe de posséder plus d’une langue.  Pas d’accommodements religieux … pas d’accommodement linguistique; mais le respect des minorités qui se traduit avec la phase : les traiter comme on voudrait être traités.

Radioactif 416

juin 25, 2022

Radioactif  416

Texte de 2008, p. 723

Pénurie de gens normaux.

Que l’on continue à faire la chasse aux pédérastes que l’on qualifie de pédophiles et bientôt grâce à cette paranoïa collective, née de notre religion anti sexuelle et de l’insécurité émotive des féministes ; plus un seul homme ne voudra, avec raison, se retrouver en compagnie d’une personne de moins de 21 ans, car la folie portera le système à toujours changer l’âge de consentement, en le haussant constamment.          Tout comme les femmes veulent conserver leur pouvoir sur les jeunes, en écartant les hommes.            
 
Au lieu d’avoir des jeunes à la recherche d’un idéal et du plaisir de vivre,  on aura des jeunes frustrés qui devront se défouler entre deux drogues sur tout ce qui les entoure ou en se suicidant.   

On ne trouve déjà plus assez de famille d’accueil, on manque de bénévoles auprès des jeunes, on finira par manquer de travailleurs dans l’éducation et la santé ; mais au moins, on aura une société assez débile pour prétendre que la chasteté des jeunes est plus importante que la vie et le respect de leur propre développement.         

Le choix de ta relation relève de ton intégrité et de ta vie privée, même si tu es mineur.

Il faut connaître les habitudes des homosexuels pour savoir que le «cruising» est totalement différent de celui qu’on utilise envers les femmes.  Est-ce qu’un gars dans la construction qui fait une farce en poignant la poche de son voisin est un criminel?  Selon nos lois oui, même s’ils sont adultes. Ils ont l’âge requis. C’est ne pas savoir vivre, c’est évident, mais comment expliquer la folie de vouloir en faire un acte criminel? Ce geste change quoi dans ta vie?  Est-ce que ça rend infertile?  Est-ce que ça fait mal?  Est-on plus sensible que les autres avant 16 ans? De la folie furieuse.   

Quand plus personne ne voudra approcher un jeune, on paiera le prix de cette imbécilité.   « Ton corps t’appartient et n’appartient qu’à toi l ».  Tu as le droit de dire oui et/ou non ; j’aime ou je n’aime pas.   Autrement, notre société ne respecte pas tes droits individuels. Le droit d’un individu à développer une conscience personnelle.   Tu dois apprendre la fermeté dans ta décision et tes convictions quand il s’agit de ta sexualité.         
 
Quel que soit dorénavant le verdit contre les deux profs accusés de pédophilie: ce sont déjà des gars morts.  Juste le fait qu’on en ait parlé avant qu’ils ne soient reconnus coupables, c’est les consacrer paria dans la société.        

L’ordurier journal en fait son chou-gras ce matin.  Avant les Québécois allaient écouter les sornettes sexuelles des curés pour se faire une idée de ce qu’il devaient penser comme s’ils ne pouvaient pas penser par eux-mêmes.  Maintenant les directeurs de conscience sont nos médias ou les épouses féminounes de la police ou de la pègre, comme je l’ai appris en 1996.    C’est dans ce sens-là que j’ai écrit ce poème personnel parce que je ne crois pas qu’on est la volonté de réfléchir sur le phénomène :          
                                  
Espace pédéraste !

Mon pays n’a pas de nom
je suis de race pédéraste.

           
Et c’est pour ça       
     que l’on m’exclue          
     que l’on me chasse      
     que l’on m’accable        
     qu’on me condamne.

Je préfère ma folie à vos règles débiles.  Le texte au complet semble une véritable provocation, mais c’est le seul moyen de pouvoir faire connaître ce qui se passe réellement dans la vie.  

Notre société qui se targue d’être démocratique ne sait même pas respecter le droit des individus. 

Une telle étroitesse d’esprit — contrôler la vie sexuelle des jeunes — ne m’allume pas. Quand on me prouvera que ça fait mal de se faire tâter ou manger le pénis, je reverrai mon jugement sur le sujet.   

Ce n’est pas une aventure essentielle, mais accidentelle qui n’a pas de grandes répercussions, si on ne le crie pas sur tous les toits.

La vie privée est essentielle au bonheur individuel. C’est un droit fondamental. Ton corps n’appartient qu’à toi.  L’essentiel en sexualité est d’apprendre à respecter l’autre.

Radioactif 415

juin 24, 2022

Radioactif 415

Texte de 2008, p. 721

Des élections, ça presse.


Il faut des élections dès maintenant sur notre identité
.  Voulons-nous que le Québec soit un territoire laïc, où le français est la langue commune ? 

Avant de faire quoi que ce soit, il faut régler ces deux questions fondamentales.

Élections : français.         

On devrait tenir des élections pour décider lequel des partis politiques est le plus apte à défendre le fait français au Québec.   
 
On a beau prétendre que le français n’est pas en danger, les francophones seront bientôt minoritaires à Montréal.  Si, on nous avait écouté, il y a quelques années, nous n’en serions pas là aujourd’hui, car les immigrants auraient su que le français est la langue du Québec et ils l’auraient appris.         

En étant fédéraste, Jean Charest ne peut que contribuer à l’anglicisation du Québec. 

Évidemment, le Québec menace l’Amérique de francisation puisque nous sommes les gros méchants comme toujours.  Les avant-rapports Bouchard-Taylor nous indique ce que les libéraux voudraient que l’on pense. On aura eu qu’à lire The Gazette pour voir que rien n’a changé.   

Les libéraux demeurent le parti de ceux qui contribuent à l’assimilation.  Des élections devraient être tenues si Jean Charest s’obstine à ne pas accepter que l’on crée une Constitution du Québec.  Que ce travail dure plusieurs mois ne l’empêche pas de travailler à franciser le Québec.          

Il pourrait commencer par demander à ses fonctionnaires d’écrire en français aux industries (un petit exemple à donner) et au lieu de payer des cours d’anglais aux immigrants pour qu’ils se dénichent du travail,  il paierait des cours de français et forcerait les compagnies à utiliser le français comme langue de travail. 

Quand Jean Charest dit promouvoir le français au Québec, il n’a aucune crédibilité : les faits prouvent le contraire.  Il est trop fédéraste pour comprendre l’importance du français.  Il n’est pas fou, il sait que si les gens comprenaient son jeu, il ne ferait plus long feu.  Pour avoir le vote francophone, il va sauver le crucifix à l’Assemblée nationale, car les Québécois sont encore à genoux, même s’ils ne se rendent plus à la messe . Un discours dans le vent, comme d’habitude, quand il s’agit du français.    

Tous les « non » des dernières semaines prouvent hors de tout doute raisonnable qu’on ne peut pas lui faire confiance.  Si les deux autres partis pensent à l’intérêt futur du Québec, ils le renverseront et les élections nous diront si on veut toujours être une nation parlant français.                   

Quand je vais au Canada, je parle anglais.  Ce ne sont pas les immigrants qui doivent payer le prix du manque de colonne vertébrale du gouvernement du Québec.  C’est à nous de nous tenir debout et dire qu’elles sont les valeurs du Québec et leur fournir l’occasion de vivre comme nous, égal.  Qu’on le veuille ou non, c’est le devoir du gouvernement de s’assurer que les immigrants respectent aussi ce que nous sommes.        

Le Québec de demain ?

Jean Charest ne peut pas penser à un Québec français, en étant fédéraliste ; car depuis toujours le fédéral travaille à angliciser le Québec et essayer de faire du Québec une province comme les autres.            
 
C’est le point le plus négatif des libéraux.  Ils sont tellement fédérastes qu’ils n’arrivent pas à s’apercevoir que dans une fédération, le Québec ne peut que disparaître à long terme.  Une fédération, c’est le propre de la centralisation.         

Qu’on le veuille ou non, le Canada est un pays anglophone.  Le bilinguisme, c’est une farce de Trudeau encore une fois.  Pour que ça ait un sens, il aurait fallu que tous les Canadiens acceptent qu’un Canadien est bilingue.     

Le Québec est la partie la plus bilingue du Canada.
  Évidemment, on dit que c’est impossible que le Québec s’anglicise et on parle de la survivance du français dans les autres provinces ; mais on oublie de nous dire que le taux d’assimilation augmente à grande vitesse en dehors du Québec. Les endroits qu’on présentait auparavant comme des « terres françaises » sont devenus des îlots folkloriques.  À tel point qu’au moment où j’ai enseigné à l’université de Sudbury, en immersion française, on ne voulait pas que les étudiants se rendent en ville, car il n’y avait plus assez de français.           

Si les Québécois savaient la vérité, ce ne serait pas long que l’on serait un nouveau pays.  Ce n’est pas parce qu’on veut créer le pays du Québec qu’on doit être contre l’immigration.   Au contraire.           

Si l’immigration avait été assumée seulement par le Québec nous n’aurions pas aujourd’hui à avoir peur des immigrants.  Ils entraient au pays dans l’espérance de s’en aller aux États-Unis, un pays anglais.  Alors, c’était bien normal qu’ils veulent apprendre l’anglais. 

En affirmant ce que nous voulons comme nation : français, égalité homme-femme ; laïc ; les immigrants nous respecteront.  Actuellement, ils ne nous insultent pas, ils ne peuvent pas savoir ce que l’on veut et ce que l’on est.  Nous ne le savons pas nous-mêmes.         

Si les francophones avaient voté à 95 pour cent OUI comme les Anglais ont voté Non en bloc au dernier référendum, le Québec serait déjà un pays.  Mais, les féministes n’étaient pas encore satisfaites de la place qu’on fait aux femmes (comme si ça avait rapport) et les fonctionnaires voulaient faire payer au gouvernement une baisse de salaires. 

Quarante ans après, on invoque encore ce fait pour justifier la lâcheté qui nous a coûté le pays. Les premiers responsables, c’est nous, nous qui élisons des gouvernements fédérastes.  Ce n’est pas la faute des immigrants, si nous avons besoin du pétrole.  On n’a pas été assez intelligent pour le remplacer par l’électricité.  Nous manquons de professeur et pourtant un gars comme moi qui a une maîtrise, on ne l’engage pas parce qu’on le prétend pédophile alors que je suis pédéraste.   
 
On mérite de manquer de personnels et de bénévoles quand on réagit aussi bêtement.  
 
Pourquoi n’essaie-t-on pas de prévoir créer une relève en main-d’œuvre, ce sera très bientôt un problème affreux parce qu’on ne s’en sera pas occupé quand c’était encore le temps.  Combien d’années faut-il se passer un poignet avant que cette étiquette de pédophile nous décolle de la peau ?  En quoi un pédophile non violent est-il plus dangereux qu’une personne saoule qui chauffe son auto?            

La sexualité au Québec démontre notre déséquilibre émotif face à la sexualité à cause de la peur, de la paranoïa religieuse qui nous habite toujours.  On veut se débarrasser de la religion et on n’a pas le courage de se rendre compte que ce sont des règles sexuelles religieuses dont on veut se débarrasser et non de la spiritualité.        

On refuse d’analyser les choses en profondeur et ainsi on se fait dicter la morale par une bande d’arriérés qu’on retrouve à la tête de nos entreprises de presse.  On est loin de l’émancipation personnelle.

Bonne fête nationale du Québec!

Radioactif 414

juin 23, 2022

Radioactif 414

Texte de 2008, p. 720

Il ne faut pas péter les plombs.

Je me trouve complètement ridicule d’avoir pété les plombs en ce qui concerne le jugement de la Commission des droits.  Je sais depuis que je suis jeune que la vraie mafia, c’est le système. 

Pourquoi le système accepterait-il de se faire dire ses quatre vérités par un petit écrivain sans envergure?  On l’a déjà complètement ligoté en l’accusant d’être pédophile.  Il suffit de dire qu’une personne est pédophile pour qu’elle n’ait plus aucune crédibilité.  Ça n’a aucune importance que mes écrits me survivent.            

Je m’excite le poil des jambes pour absolument rien ; sauf que sur des points, j’ai absolument raison.  Personne n’est responsable de par qui il est sexuellement attiré.     

C’est génétique.  Comment vivre quand ça t’arrive?  Doit-on protéger une personne souffrant d’être attiré par un groupe d’âge qui ne correspond pas à l’opinion et l’ignorance de la majorité?  Doit-on faire une nuance entre une approche ou une relation sexuelle violente et celle qui est partagée dans le plaisir?  Si un pédophile n’est pas violent n’est-il pas carrément débile de l’empêcher de travailler ou de vivre, en le rendant complètement paranoïaque ?     
Qui est le plus dangereux le pédophile qui arrive à subjuguer ses besoins dans des limites non dangereuses ou le frustré qui est prêt à tuer parce qu’il ne sait plus comment se comporter?  Qui est fou de peur?  C’est pourtant ce que donne l’approche de la répression. 

Il est préférable qu’un jeune soit mort plutôt que d’avoir eu du fun et d’avoir aimé ça. C’est comme ça que j’aborde la question. 

Je ne prône ni la pédérastie, ni la pédophilie, je demande seulement qu’est-ce que tu fais quand tu te rends compte que tu es ainsi?  Pourquoi n’aurais-tu pas aussi le droit de vivre?  Où est la prétendue protection des jeunes quand la police emploie des leurres, qu’elle t’excite pendant des mois pour te faire succomber à tes tendances et ses tentations, n’est –ce pas plutôt une forme de harcèlement ? 

Pourquoi aborde-t-on la sexualité avec les yeux débiles des religions sur ce sujet plutôt que de la science?  Les jeunes ont-ils droit à leur sexualité et à leur vie privée ? 

Dans le jugement de la Commission des droits quand on parle du concours, c’était mon livre Autoportrait d’une révolte, de la poésie de jet.  

De vieilles poétesses avaient décidé que ce nom poésie de jet était pédophile, ce qui est complètement fou.

Je nommais ainsi ma poésie pour affirmer que je ne me prenais pas pour un bon poète. La poésie de jet, c’était la poésie pour être dite, criée et non lue. Une tentative de forme nouvelle il y a 40 ans.

J’avais même créé une nouvelle structure poétique qui était vouée à l’échec. La poésie de jet qui se lisait comme de la musique. J’aurais voulu que ce soit comme le slam il y a 40 ans aujourd’hui.  Mais, mes textes demeuraient plates , la musique c’était dans ma tête.

Voir de la pédophilie dans cette façon d’appeler la poésie, c’est de la folie pure. L’ignorance fait-elle la loi ? 

Les deux livres pour lesquels on me fiche à la porte de l’association des auteurs sont un roman : Laissez venir à moi les petits gars, qui raconte la misère en prison pour un pédéraste et un essai publié dans les années 1980, dans Sortir.  Ces deux livres existaient et ont été présentés quand j’ai été accepté dans l’UNEQ. Je me suis même présenté dans une élection et été choisi pour participer à un projet d’écriture avant que ce mouvement me condamne à tout jamais.

On n’allume pas vite dans les Cantons de l’Est. Les féminounes ont le contrôle absolu de la culture.  Est-ce mieux qu’Harper ? Il faut penser comme tout le monde. Malheureusement, quand j’écris je le fais toujours exclusivement du point de vue homosexuel. Et, les homosexuels sont les premiers à monter aux barricades contre la pédophilie et la pédérastie, parce quand j’ai commencé à écrire on battait les homosexuels dans les parcs parce qu’on croyait qu’ils s’attaquaient aux petits gars pour les pervertir.  La débilité perdure.

Je dois reconnaître que vivre sa vie en secret demeure la meilleure chose à faire. Vive l’hypocrisie!

Radioactif 413

juin 22, 2022

Radioactif  413

Texte de 2008, p. 717

Le verdict    

La Commission des droits de la personne et de la jeunesse m’a fait parvenir son verdict quant à la plainte que j’ai déposée concernant l’article de Richard Martineau et le fait d’avoir été banni de l’Association des auteures des Cantons de l’Est. 

Ce verdit me prouve que non seulement la réflexion sur la sexualité au Québec n’a pas progressé, mais que le Québec s’enlise avec le Canada dans les délires religieux à la base des lois.  Le sexe est pire que la violence.     
  
Est-ce que je devrais perdre mon temps et mon argent à poursuivre mon combat d’écrivain libre, en allant en appel en Cour ?            

D’une manière ou d’une autre, je n’ai certainement pas plus que 35 ans à vivre.  La sexualité dans ma vie est devenue une affaire du passé.  Pire, je ne vois pas d’intérêt personnel à y changer quoi que ce soit.  Je sais depuis des dizaines d’années me contenter d’un petit coup de poignet ou d’une aventure à l’improviste.    

Dommage !  Je pense que l’humanité aurait besoin d’être réveillée, mais je n’en ai absolument pas les moyens.  Tous les exploiteurs (religions, avocats, banques, pétrolières) ont des milliards pour former l’opinion publique et ils se fichent même que des millions de gens crèvent : la terre aurait déjà trois milliards d’habitants de trop.

Les avocats sont des professionnels, des gens formés pour jouer avec les mots et les lois et celles-ci doivent être assez compliquées pour que l’individu ordinaire ait besoin de payer pour obtenir un semblant de justice. 

Le judiciaire, c’est la mafia légalisée.  Celle qui s’enrichit avec les lois.  Une forme d’exploitation qui avantage les deux puissances utilisées (la pègre et la police) pour escroquer les moins bien nantis, car au lieu de s’attaquer à la violence, au vol et au viol, à la recherche des gens disparus, on gère la vie des individus, tout en ayant de belles phrases pour faire croire que les gens ont un droit à la vie privée. 

Notre société est le meilleur gage qu’un jour la cupidité humaine provoquera la disparition de l’espèce. 

Pour l’instant, je vais noter les bouts qui me semblent intéressants et révélateurs de l’incapacité du Québec professionnel de faire évoluer le Québec vers la liberté.  Ça me fait chier de voir que le Québec sera trop borné pour devenir un jour un pays. 

Très bientôt, grâce à l’anglicisation, nous aurons disparu comme nation en Amérique.  Un peuple dont l’élite ne trouve rien mieux à faire que se cracher dessus ne peut être appelé qu’à disparaître… qu’on fasse ça vite…


Les passages qui veulent dire quelque chose.      


Voici quelques passages significatifs    :

Considérant que le plaignant s’est adressé à la Commission le 17 octobre 2007, alléguant avoir subi de la «diffamation» de la part d’un journaliste au Journal de Montréal, ce dernier l’ayant «identifié comme pédophile » dans une de ses chroniques diffusées par Canoë. ca ;         

Considérant qu’il allègue également avoir subi de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle de la part de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AAACE) dont il est membre et qui décida de lui  interdire de participer à une séance de signature prévue à son kiosque du Salon du livre de l’Estrie ainsi qu’au lancement collectif s’adressant à tout auteure ou auteur de l’Estrie ayant publié un livre au cours de l’année ;      

Considérant que le courriel transmis par la président de l’AACE à cet effet indiquait particulièrement au plaignant que le jury de l’association , après délibération concernant les prix littéraires, avait « fortement dénoncé (ses) écrits en disant qu’il s’agissait de pédophilie » , notamment les titres Laissez venir à moi les petits gars et Aimer les petits gars, féérie du monde adulte, et lui interdisait, pour le motif que l’AAACE ne pouvait endosser de tels écrits, de participer aux séances de signature et au lancement collectif;        

Considérant que le plaignant conteste cette décision de l’AAACE, faisant valoir qu’il existe une différence marquée entre la pédophilie et la pédérastie et soulignant qu’il ne prône pas la pédophilie; mais bien la pédérastie ;   

Considérant, sur ce point, qu’il s’en réfère à son essai intitulé La pédérastie mise à nu , où, entre autres, à la page 55, il se dit «étonné de l’hypocrisie, de l’hystérie collective ou la psychose que suscite le mot « pédophile » dans la collectivité québécoise, surtout qu’on l’interprète faussement, en confondant volontairement pédophilie et pédérastie» , précisant à la page 56 que la «pédophilie (…) consiste dans des rapports sexuels forcés entre un enfant de 0 à 10 ans et un adulte»;           

Considérant , quant à sa définition de la pédophilie et de la pédérastie, que le plaignant a indiqué verbalement à la personne responsable du traitement de sa plainte que « la pédophilie est 10 ans et moins et la pédérastie 10 ans et plus» ;  

Considérant l’article 10 de la Charte, qui se lit comme suit :
    10- Toute personne a droit à la reconnaissance et l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction , exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil , l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen de pallier cet handicap.
      Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. 

Considérant qu’il y a discrimination lorsqu’une distinction, exclusion ou préférence fondée sur un motif prévu à l’article 10 de la Charte a pour effet de compromettre le droit d’une personne d’être traitée en pleine égalité dans la reconnaissance et de l’exercice de ses droits et libertés; 

Considérant , de l’avis de la Commission, que l’examen de la plainte n’apporte pas d’éléments susceptibles d’établir la décision contestée par le plaignant serait reliée à un motif de l’article 10 de la Charte, en l’occurrence l’orientation sexuelle;

Considérant qu’il ressort plutôt de cet examen que la décision de l’AAACE résulte de ce que l’association n’endosse pas les prises de positions du plaignant en faveur des pratiques sexuelles avec des garçons mineurs,  tel que véhiculées dans ses écrits,  et qu’elle souhaite s’en dissocier de façon non équivoque en l’écartant de ses activités;  

Considérant qu’il est pertinent de souligner ici que le Code criminel fixe à 16 ans l’âge légal pour consentir à des activités sexuelles au Canada;          

Considérant , selon la Commission , que la pédérastie, définie dans le Petit Robert comme étant le « le commerce charnel de l’homme avec le jeune garçon », n’est pas incluse dans le motif de «orientation sexuelle» contenu à l’article 10 de la Charte, non plus que la position prônée par le plaignant à l’effet de permettre les rapport sexuels avec des mineurs de 10 ans et plus :          

Considérant qu’en l’absence de lien avec un tel motif, la situation faisant l’objet de la plainte à l’encontre de l’AAACE ne relève pas d’un cas de discrimination au sens de la Charte;           

Considérant , quant aux allégations du plaignant voulant qu’il ait subi de la «diffamation» de la part d’un journaliste l’ayant «identifié comme pédophile» , que de tels propos ne relèvent pas non plus d’un cas de discrimination au sens de la Charte, mais bien de la manifestation d’une opinion ou d’une pensée;        

Considérant , à cet égard, la protection accordée à la liberté d’expression par l’article 3 de la Charte, ce qui permet à chacun de «manifester ses pensées, ses opinions, ses croyances , en fait, toutes les expressions du coeur ou de l’esprit, aussi impopulaires, déplaisantes ou contestataires soient -elles (Irwing Toy Ltd. c. Québec (Procureur général) 1 R.C.S. 927,968);

Considérant que la compétence d’enquête de la Commission ne s’exerce, selon les termes de l’article 71  1 de la Charte, que lorsque la situation «lui parait constituer (…) un cas de discrimination»;       

Considérant que les prescriptions de l’article 6 du Règlement sur le traitement des plaintes et la procédure applicable aux enquêtes ont été respectées, le plaignant ayant été avisé par lettre du 7 février 2008 de l’intention de la personne responsable du dossier de recommander à la Commission de cesser d’agir et invité à lui faire part de ses commentaires ;  

Pour ces motifs, la Commission estime qu’il est inutile de poursuivre la recherche des éléments de preuves;      

Conséquemment, la Commission cesse d’agir en vertu de l’article 78, alinéa 2 de la Charte des droits et libertés de la personne;         

Résolution prise à l’unanimité par les membres du Comité des plaintes à leur 514è séance , tenue le 28 mars par leur résolution CP-514.8. 

21 juin 2022

Et, depuis ce temps, je suis banni de la littérature québécoise.

Il n’en demeure pas moins que le Québec ne pourra jamais ainsi respecter deux ou trois éléments retracés plus tard dans mes livres quant à l’intégrité des individus, car il faut avoir un certain âge pour avoir droit au consentement. On ne devient pas lucide qu’au premier jour de nos 16 ans.  Quelle idiotie!

Pourtant, selon la nature humaine et les enseignements de Freud, il y a une différence absolue sur la perception de la sexualité que l’on ait 5 ou 15 ans. C’est d’ailleurs pour cette raison, respecter l’intégrité des enfants, que la Charte des droits de la personne du Québec avait placé l’âge de consentement à 14 ans. Respecter le droit individuel de l’enfant à se créer une conscience personnelle, hors les religions ou les croyances des parents.

Rien n’a changé, même si j’ai expliqué ma démarche qui veut assurer que les jeunes ne soient pas maintenus dans un état crasse d’ignorance et de péché, comme cela était dans mon enfance. Loin d’être plus tolérante, la société devient de plus en plus obtuse quant à la façon de voir la sexualité. 

Je place le consentement à dix ans, car il y aurait auparavant, à la fin du primaire, deux années intensives de cours sur la sexualité, cours qui doivent essayer d’éliminer la violence dans les rapports sexuels et enfin apporter les vraies réponses aux questions que les jeunes peuvent se poser quant à leur sexualité. Jele mets à dix ans parce que selon Freud il y a une période de latence qui se termine avec l’adolescence.    À cet âge, puisque tu n’éjacules pas encore, tu ne reçois pas d’hormones qui t’éveillent à la sexualité, ce qui n’est pas le cas quand tu vieillis.  

Les études scientifiques démontrent que ton orientation sexuelle est déjà là dès ta naissance. Donc, on ne peut pas devenir gai en ayant une expérience, ce que tout le monde craignait quand j’ai commencé à écrire.  Ainsi, les rapports sexuels avec un personne mineure passent par trois étapes dans le monde de l’homosexualité : la pédophilie (surtout hétérosexuelle, mais aussi possible chez les homosexuels),  la pédérastie, contact d’un adulte avec un adolescent et les gais, soit deux adultes de même sexe.  C’est la réalité, mais on refuse de la reconnaître. C’est comme continuer à croire dans le péché de la chair, la base même de tous les mouvements antisexuels.

Certains prédateurs continueront de tuer leurs victimes. C’était pour combattre cette situation, la raison fondamentale, pour laquelle j’ai décidé d’attaquer le problème de front. 

Quand j’étais plus jeune, il y avait eu une suite de crimes qui avaient coûté la vie à de jeunes garçons. Je voulais simplement faire comprendre que cela n’arrivait que très rarement et  que la peur  des prédateurs de la réaction publique pouvait être une des raisons fondamentales de leur geste.

J’écrivais pour appeler à la tolérance, puisque dans la majorité des relations sexuelles sont non-violentes et la plupart du temps consenties, même si elles demeurent secrètes. Je croyais avoir une explication ou peut-être même la solution pour combattre cette possibilité de violence.

Je voulais aussi démontrer que la violence sociale crée par la peur et la honte du sexe était responsable de suicides d’adolescents et de violences familiales liées aux orientations sexuelles hors norme à cette époque. Dire que tu étais gai, à cette époque, c’était être isolé à vie. On garde ça maintenant pour les pédophiles et les pédérastes, les précipitant vers la maladie mentale ou le suicide.

On a décidé que j’étais le méchant.  On a décidé pour moi que ma démarche existait pour mieux cruiser les jeunes. .On a même essayé de m’en convaincre.

J’ai passé ma vie à écrire pour expliquer pourquoi les jeunes doivent avoir un cours de sexualité qui leur permet ensuite de vivre celle-ci dans le respect des autres.

Notre société est devenue folle de peur devant les sexualités divergentes, une préoccupation on ne peut plus bourgeoise. Pendant que des milliers de gens crèvent de faim au Bangladesh, ici, on s’offense de s’être fait toucher une fesse.

De la dictature catholique nous sommes passés à la dictature féminoune sur le plan sexuel.

Avoir peur et honte de sa sexualité est redevenu la norme sociale. C’est pourtant un déséquilibre puisque la vie est bien plus importante que la pudeur. Si u simple toucher te chavire à ce point, ce n’est pas d’un juge dont tu as besoin, mais d’un psychologue.

Radioactif 412

juin 21, 2022

Radioactif  412

Texte de 2008, p. 715

Québec constipé.

La religion et, j’ajouterais maintenant, le système judiciaire et les médias sont les trois principales instituions qui existent pour garder le Québec constipé sur le plan sexuel.           Évidemment, le Québec demeure un paradis à côté de ce qui se passe souvent ailleurs.               

Comme par hasard, c’est le cas de le dire, the Gazette profite de la Commission-Bouchard-Taylor pour nous rappeler qu’en bons moutons, il faut bien suivre la posologie du colonialisme et de l’aliénation que nous réservent les fédérastes pour effectuer leur génocide en douce.    

Ils ont 5 millions $ pour nous donner de la merde, nous rappeler qu’on est des ignorants parce qu’on n’est pas du clan Charest-Harper.  Nous, on ne veut pas dépenser des milliards pour aller tuer les autres sur la planète et faire fonctionner l’économie et le pétrole. 

Les gens d’Hérouxville ne devraient pas s’inquiéter des fausses musulmanes.  Ces Québécoises récemment converties ou tomber en amour avec un Arabe, sont tellement soumises qu’elles n’ont même plus conscience d’être de chair.  Avoir honte de son corps à ce point exige au minimum des traitements psychologiques.     
  
Les gens d’Hérouxville devraient plutôt se méfier de cette bande de tatas fédérastes qui se prennent pour «l’intelligentsia québécoise»  et qui ne sont,  en somme, que des lèche-culs professionnels. 

Comme par hasard, dis-je, j’ai reçu le verdict de la Commission des droits, à la suite de ma plainte contre le Journal de Montréal et l’Association des auteures des Cantons de l’Est.  Deux douches.  Deux documents séniles, habillés sous un vocabulaire de grande compétence.   Les professionnels sont-ils là pour mieux nous endormir ?       

Au moins, les gens d’Hérouxville se respectent assez pour exiger qu’on respecte les valeurs fondamentales du Québec.  Pas de religion dans l’espace publique politique pour les personnes en autorité.  

Ailleurs, le voile islamique peut être enduré public sans mettre notre culture en danger ; l’égalité homme-femme et le français sont obligatoires pour tous les nouveaux arrivants. 

Nous sommes devenus pires que les colonisés, nous sommes totalement aliénés.  Nous acceptons le génocide en douce dont nous sommes les victimes. 

C’est exactement comme à la suite du référendum de 1995 : les journaux et l’establishment ont lapidé Jacques Parizeau qui avait eu le malheur de dire la vérité : Le référendum de 1995 a été volé par les fédérastes, grâces aux juges qu’on a fait venir du Nouveau-Brunswick pour assermenter des immigrants et l’argent dépensé malgré toutes les lois du Québec avant de passer aux commandites. 

Si en 1980, nous étions encore assez endormis pour même refuser au gouvernement Lévesque de négocier une nouvelle association avec le Canada ; lors du référendum de Charlottetown, nous avons clairement dit non aux offres du Canada, mais les Québécois ont de la difficulté à se brancher.  On ne veut pas être dérangés et nous sommes trop naïfs pour prendre conscience de la malhonnêteté des fédérastes. 

J’espère que ce qui se passe maintenant sera le début du reversement de Jean Charest qu’on est allé chercher à Ottawa pour nous amener sous le giron fédéraste. 

Sinon, qu’on se taise et qu’on apprenne l’anglais en beaux moutons que nous sommes. Québec anglais dans un Canada anglais.          

Radioactif 411

juin 20, 2022

Radioactif 411

Texte de 2008, p. 713

Mort de mon père.

Je m’occupais encore de l’école libre quand j’ai obtenu, à la suite d’une entrevue en bonne et due forme, un emploi à la Fédération des familles.  Ça n’avait rien à voir avec l’arrivée du Parti québécois au pouvoir, mais le hasard fait bien les choses. 

Je m’étais rendu à Barnston pour voir ma famille, C’était au début de février, quelques jours avant l’anniversaire de naissance de mon père, Émile.  Celui-ci était très heureux et fier que j’aie ce nouvel emploi :  » Tu vas peut-être arrêter d’en arracher et être plus stable », me dit-il.     

J’étais avec Gilles Laflamme, un ami avec qui je faisais de la radio communautaire à CINQ-FM, à Montréal.  Je voulais le présenter à ma famille parce que c’était un maudit bon gars.  

Je venais de faire un coup d’éclat, car j’avais décidé d’occuper la station CINQ-FM, même si j’avais obtenu la permission de produire une série d’émissions.  En réalité, on nous refusait la liberté de parole, j’ai donc décidé d’occuper et diffuser quand même l’émission préparé, à partir du studio de la radio. 

J’avais une émission où je voulais parler de politique et de liberté sexuelle.  La station refusait pour des raisons politiques.  Je me suis enfermé dans un studio, j’ai accaparé le micro et dénoncé en ondes cette censure.  Gilles paranoïait juste à penser à ce geste.  Nous nous battions aussi pour le fait français dans le domaine de la radio.  Ottawa ne nous avait pas encore volé ce droit d’être maître des ondes chez-nous. 

Gilles était membre des Rose-Croix.  Il lisait l’avenir dans les mains et les cartes du ciel.  Quand ce fut le tour de papa, il a refusé de lui dire ce qu’il voyait.  Quant à moi, il m’avait fait une carte du ciel selon laquelle je finirai ma vie dans la misère la plus noire et la plus complète.         

Mon ange de naissance serait Samaël.  Rien d’autre que Satan lui-même en personne.  Maudit beau début.

Y paraît qu’il y aurait eu un événement à ma naissance qui aurait tout mélangé et ce ne serait que maintenant que ma vie va complètement changer pour le meilleur.  Qu’importe !  Si c’était vrai, je serais millionnaire, selon tous les autres tireurs de cartes.  

Nous avons décidé, Gilles et moi, de prendre une marche.  Devant le cimetière à Barnston,  je me demandais qui pouvait bien être enterré sous le banc de neige, près de la clôture. Je m’y suis rendu de peine et de misère.  

À mon retour, Gilles me dit qu’il ne faut pas aller dans les cimetières, car ça dérange les morts.       

Puis, je ne sais pourquoi, j’ai eu une idée suivante complètement folle : si t’avais à choisir entre ton père et ton chien Kiki, que t’adores, laquelle des morts te ferait le plus souffrir?  Je savais que Kiki était très vieux, je l’adorais, mais je ne voyais pas pourquoi une telle question me montait à la tête d’un coup sec.  J’ai d’abord ressenti la peine que j’aurais en perdant Kiki.  Ça me choqua parce que j’aimais quand même mon père très profondément, même si on n’était pas toujours sur la même longueur d’ondes. Cette comparaison n’avait aucun sens.           

Quel choix idiot !  Papa n’acceptait pas que je sois pédéraste. Quand on en parlait, on en braillait tous les deux, car j’essayais de lui faire comprendre que je n’ai rien choisi de tel, mais que c’est la vie.  C’est tout. 

Maman, elle, se promenait tout énervée, comme si elle aurait eu peur que ça tourne mal.  Au contraire, ces discussions étaient très bénéfiques.  Comment se comprendre, si on ne peut pas s’expliquer? Comment expliquer que tu veux améliorer la vie, le sort des autres, quand t’es pédéraste?  Comme si être pédéraste t’empêchais d’être généreux, d’être sensible au sort des autres.            

Dans notre monde québécois, juste le fait d’être pédéraste fait de toi le roi des salauds.  Aux yeux des gens, si ceux qui t’entourent ne te dénoncent pas, ils sont aussi pires que toi, car ils n’osent pas te juger.  On est complètement débile au Québec dès qu’il est question de sexe : un héritage religieux. Qui rime mal avec aime ton prochain.          

Nous sommes repartis.  J’étais content d’avoir rencontré mes parents et de les avoir informés que je faisais aussi de la radio. 

Quelques jours plus tard, le mal d’estomac m’a amené à l’hôpital.  Bizarre, mais je me suis mis à penser à mon père, à me reprocher de ne pas avoir réussi à date à lui dire franchement combien je l’aime et toute la reconnaissance que je lui dois de m’avoir  « canalisé » vers la recherche d’une vie meilleure pour les Québécois, car, papa comprenait que je sois politiquement radical.  

Je m’en voulais d’avoir pensé devoir choisir émotivement entre la mort de mon père et de mon chien. Et surtout d’avoir d’abord pensé à mon chien.  Je me trouvais dégueulasse juste d’avoir ressenti que j’aimais plus mon chien que mon père.  Je refusais que ce soit la réalité.  Pourquoi cela m’arrivait-il? C’est honteux et je m’en voulais, mais j’ai rejeté le dilemme en me disant que c’était complètement fou puisque je ne peux rien décidé. 
 
Mon père s’est rendu malade à travailler dans le textile, à remplir plusieurs emplois pour faire vivre un magasin qui traînait la patte parce que le curé s’interposait toujours dans les référendums pour nous empêcher d’avoir le droit de vendre de la bière, ce qui est le plus payant.  Il a sacrifié sa vie pour nous.  Et malgré tout, il faisait du crédit pour aider les plus démunis.  Comment ne pas comprendre mon engagement politique puisque je pensais que c’était en politique que se trouvait la réponse?          

Cette réflexion me fit prendre la décision d’offrir en dédicace mon livre Laissez venir à moi les petits gars à mon père.  Après tout, j’écrivais ce livre pour expliquer ma pédérastie et dénoncer que l’on fasse un drame avec des jeux sexuels qui ne sont absolument pas violents, mais au contraire, bien jouissants pour tous les participants.  J’en voulais et j’en veux encore plus à l’hypocrisie des vertueux qui n’ont aucun respect pour les droits individuels.        

Je suis retourné au travail, mais là, on m’a informé de la mort de père.  J’ai été tellement secoué que tout s’est passé comme dans un rêve.  Durant des mois, je m’en suis voulu de cette idée de fou qui avait surgi en moi comme si j’avais choisi lequel des deux survivraient.  Quelle culpabilité !  Comme j’ai dû le faire souffrir avec ma pédérastie et ma révolution ! C’étaient des tourments affreux.    

Papa fut enterré, là, où ne m’étais rendu dans le cimetière. 

Puis un soir, j’ai rêvé.  Il était à côté de moi et me montrait un dessin sur un mur.  Il me dit que c’était moi.  Je le trouvais tellement merdique. J’en étais écœuré.  Puis, papa me fit avancer et ce tableau si laid devint une magnifique forêt. Nous avons continué et les branches des arbres devenaient comme des diamants créés dans le verglas.  C’était d’une beauté indicible et papa me dit : tu vois chacune des branches que tu vois là, c’est l’amour d’un de tes petits gars.  Puis, je me suis réveillé et je venais de faire la paix avec mon père.  Quel homme !     

Que ce soit mon inconscient ou qu’il y ait une vie après la mort n’a pas d’importance; mais à partir de ce rêve j’ai foncièrement la certitude que mon père venait de me dire qu’il savait maintenant ce que je ressens vraiment dans mes amours défendus.  Il m’annonçait qu’un jour mes amours illicites et défendus deviendraient ce que je trouverais de plus beau dans ma vie. Ce qui se concrétisa.

Radioactif 410

juin 19, 2022

Radioactif 410

Texte de 2008, p 712

Bouchard-Taylor

Bouchard-Taylor trouve moyen , encore une fois,  de nous humilier , en nous faisant croire que nous sommes les imbéciles et les méchants, incapables de comprendre les autres.  Pourtant, le Québec est synonyme de démocratie.         

Que les fédérastes tentent de nous humilier à nouveau, ce n’est pas nouveau.  La révolte de 1837-1938 était un mouvement en faveur d’un gouvernement responsable, donc, pour une plus grande démocratie. 
 
La fête des Patriotes nous rappellent que depuis que l »Angleterre a conquis le Québec, on nous a imposé des règles qui visent strictement notre assimilation pour ne pas dire notre disparition comme peuple parlant français en Amérique. 

Ce peu de respect pour les Québécois au Canada se traduit très bien par la visite de Michaël Jean représentante de notre colonialisme, à l’occasion de la fête de la ville de Québec en France.             

Harper pense-t-il que la fierté québécoise se comporte en moutons devant les $$$.  Ça se poursuit dans la Gazette qui nous parle des résultats des milliers de dollars dépensés pour se faire dire qu’on est une bande de cons.       

Qui a volé le dernier référendum ?  Les fédérastes. 

Ce sont ces mêmes personnes qui viennent nous faire la leçon.   Le Canada représentait des valeurs de non-violence du temps de Pearson. 

Avec l’arrivée de Harper, le Canada est passé de symbole d’hypocrisie à celui de faucon.  J’ai de plus en plus honte du Canada, pays par excellence de l’hypocrisie. 

Heureusement, je suis QUÉBÉCOIS. Cependant, depuis que j’ai été mis à la porte de l’UNEQ, je ne suis plus certain d’être fier d’être Québécois.           

18 juin 2022

L’aliénation sexuelle aux normes religieuses est en effet une situation que je n’accepte pas. La liberté sexuelle est à la base même du droit absolu à la vie privée. Refuser le droit aux jeunes de choisir entre la morale religieuse et la liberté sexuelle est du pur fascisme. Tu es maître de ton corps quelle que soit ton âge.

Je suis toujours extrêmement fier d’être Québécois, non seulement à cause la langue; mais aussi de la richesse de notre culture. Les lois 21 et 96 devraient être un point de ralliement pour tous, car elles font en sorte que tous ceux qui habitent le Québec sont des Québécois à part entière.  La loi 21 est un compromis qui permet d’éliminer les crises de violence religieuse que connait l’Europe. Un musulman québécois peut vivre sans se faire écoeurer tout comme un catholique. Les guerres religieuses sont non seulement le fruit du fanatisme, mais de l’ignorance.  La loi 21 consacre l’égalité entre les religions. Elle consacre un espace de neutralité pour tous.

La politisation de notre fierté est une erreur quand elle s’en prend à l’immigration. S’il est vrai qu’il appartient aux immigrants de s’adapter à nous et non le contraire; au lieu de parler d’anecdotes quand des immigrants parlent non seulement très bien le français mais ont réussi à se tailler une place de choix dans notre société, nous devrions les féliciter d’être des nôtres.. On ne peut pas apprendre une langue en six mois, mais c’est un devoir pour les immigrants de l’apprendre le plus tôt et le plus vite possible pour leur propre bien.

Quand j’écoute la période des questions, le cœur me lève à cause de la malhonnêteté intellectuelle qui cadre chacun dans son rôle         et que la politique se résume à engueuler son adversaire.  Une parodie de la démocratie.    

Par exemple, je détestais Pierre Moreau quand il était ministre. Ce fut tout une trouvaille de le retrouver dans les Mordus. J’ai commencé à l’apprécier parce qu’il n’était plus le fanatique qui me tombait sur les nerfs, mais un homme qui avait une expérience qui révélait une connaissance profonde de nos institutions.

Les taquineries entre lui et M. Jean-François Lisée nous enseignent qu’il est possible de ne pas avoir la même opinion, mais qu’il faut toujours se respecter. 

Dommage qu’au fédéral on n’a pas encore compris.

Radioactif 409

juin 18, 2022

Radioactif 409

Texte de 2008, p. 710

Avant de retrouver tout nu dans la rue.

La liberté sexuelle était une réponse à mes questions les plus fondamentales.

Même si la vie était telle un ouragan, je n’avais pas le temps de me « morfondre  » sur mon sort.  J’avais dépassé le doute, la révolte, je rejetais la religion, mais j’étais encore fasciné par la spiritualité. 

Il me fallait maintenant apprendre à vivre à partir des expériences que j’avais vécues.  Définir ce que je suis. 

Ayant chassé la culpabilisation et la peur à cause de ma vie sexuelle, je pouvais réfléchir à des éléments plus importants dans la vie.   Je me prenais pour un grand révolutionnaire.  Ma mission était d’aider les pauvres à échapper à l’esclavage de l’économie.  J’étais même un peu paranoïaque comme tous ceux sont radicaux. 

En général, j’étais très bien, je m’en sortais financièrement et je ne pouvais qu’espérer mieux puisque le Parti Québécois venait de prendre le pouvoir.   

Par contre, je n’appréciais pas l’insécurité dans ma vie.  Ado, je ne voyais vraiment pas comment j’arriverais à gagner ma vie d’adulte puisque j’étais bon à rien en tout.   Je venais de trouver un emploi comme animateur à la Fédération des Unions de familles et je m’occupais d’organiser une fin de semaine d’études sur le problème du logement.  Un autre problème engendré principalement par le gouvernement fédéral.         
 
Cette fin de semaine de forum a d’ailleurs donné naissance à mon livre Avant de se retrouver tout nu dans la rue ou le problème du logement, publié à Parti pris.  J’aidais, en même temps, à la construction de la Maison des enfants.  J’avais passé un nombre incroyable de journées de travail manuel à construire cette école qui a pratiquement fermé les portes dès qu’elle fut complétée.  J’aimais ça travailler de mes mains, même si j’étais nul. 

Je ne vivais plus avec Suzanne, car elle trouvait que j’étais devenu un véritable fasciste parce que je mettais des règles à suivre dans la vie des enfants.  Je n’acceptais pas que les adultes vivent tout simplement à côté des enfants et fassent comme s’ils n’existaient pas, sous prétexte de leur laisser la vie libre. 

Qu’on le veuille ou non, je découvrais que les jeunes ont besoin d’encadrement.  Laisser des enfants à eux-mêmes, c’est comme leur dire : on se fiche de vous et de ce qui vous arrive.   

J’avais beau réclamer la liberté, je trouvais que là on allait beaucoup trop loin à l’école libre. Ce fut cette pensée soi-disant magique qui a donné naissance aux enfants-rois, des jeunes incapables de discipline et d’affronter le moindre problème.  Que les jeunes se « garochent » des œufs par la tête, soit!  Mais ce n’est pas à moi de les ramasser, sous prétexte que je suis l’adulte.  C’est le travail ou la responsabilité de ceux qui les ont tirés. 

Se coucher plus tôt pour ne pas vivre une perpétuelle dépression nerveuse, c’est aussi un besoin chez les enfants, etc.  Les parents sont là pour offrir la sécurité et les accompagner dans leur développement, sans les opprimer.            

Je considérais de plus en plus que la liberté absolue chez les jeunes ne leur rend pas service.  Il y a des règles qu’il faut apprendre comme la non-violence, le respect des autres.

Comme Suzanne me le disait, j’apprenais à me comporter en «boss ».  Les jeunes aiment bien l’autorité, car ils ont besoin de sentir qu’on les aime assez pour leur éviter de se mettre les pieds dans les plats.  Notre façon de vivre avec les enfants les influence.     
 
Une telle perspective changeait encore une fois mon rapport avec les jeunes.  Non seulement ils doivent être libres, se sentir égaux et appréciés, mais notre engagement vis-à-vis eux est ce qui modulera leur vie quand ils seront adultes. 

J’ai toujours considéré mon engagement politique envers le Québec à partir du fait que tout ce que je vise à améliorer la vie future des jeunes, même et surtout, dans ma lutte pour la liberté sexuelle.            

Je ne veux pas que les jeunes qui me survivront soient pris dans le même étau dans lequel la société québécoise m’a forcé de vivre enfant, à travers la bêtise religieuse.   Je ne veux pas semer le déséquilibre mental que crée le péché de la chair, qui t’apprend à détester ton corps, objet de péché.            

Je vivais par contre une liberté presque infinie, même si j’avais déjà beaucoup de discipline intérieure.   En fait, les règles que je me suis fixées par rapport à la sexualité me semblent simplement le gros bon sens : non-violence, consentement et plaisir.

Les lois sur la sexualité et leur application au Québec sont carrément arriérées, fondées sur l’ignorance et la stupidité.  On interdit sans même se rendre compte qu’en se faisant, on brime les jeunes que l’on prétend défendre, de leurs droits les plus fondamentaux : leur sexualité, leur intégrité et leur vie privée. Voilà pourquoi il est essentiel d’avoir des cours de sexualité qui soient basées sur la science et non les stupidités religieuses quant au sexe. 
 
C’est difficile d’établir un juste équilibre, mais ce n’est pas en refusant de voir le problème et d’en parler qu’on fait face à ce dilemme : pour que les jeunes puissent se créer une conscience personnelle, ils doivent vivre des expériences.  Ils doivent être libres, mais il faut aussi les protéger car, qu’on le veuille ou non, il y a des fous dangereux ou des compagnons qui peuvent détruire leur avenir.  Les pires dangers demeurent la boisson et la drogue ainsi que la violence.

On est tous plus ou moins naïfs.  Mieux vaut prévenir que de guérir.  Malheureusement, on apprend qu’en réfléchissant sur ce que l’on a vécu.

Plus tard quand j’ai rencontré Shuhed je fus le plus heureux des hommes, car je vivais en compagnie d’un garçon admirable, très beau, très gentil. J’étais, sans le savoir,  le futur père, sans avoir à endurer la dictature de la fidélité féminine.

Je vivais le droit d’adopter un garçon, c’était aussi ma façon de me battre pour le droit des gais à adopter un enfant. Tout le monde était extasié de voir qu’un pédéraste pouvait vivre avec un garçon et que ce garçon soit absolument heureux. Ce n’était pas un objet sexuel, mais la joie de travailler à construire le bonheur d’un être humain.

Radioactif 408

juin 17, 2022

Radioactif 408

Texte de 2008, p. 705

Vaincre tout

J’ai vécu et appris à me créer une morale sexuelle particulière, personnelle  parce que dans mon enfance tout ce qui touchait à la sexualité était mal, péché, damnation : un viol absolu de nos consciences.  Une dictature d’aliénation en se basant sur le refus d’être sexué en dehors du sacro-saint mariage.

J’ai décidé de combattre cette perspective idiote, mensongère et hypocrite des religions.  Le péché de la chair est devenu à mon sens le plus horrible des sacrilèges.         

On n’avait même pas le droit de parler de sexe.  Contrairement à ce que l’on nous enseigne, la curiosité face à la sexualité chez un enfant est ce qu’il y a de plus normal.   C’est idiot et anormal qu’on refuse d’en parler systématiquement et de dire la vérité. 

En refusant la liberté sexuelle, on imprime définitivement dans l’individu sa honte et sa dégénérescence, son corps devient la raison de sa déchéance. Une empreinte primaire qui bouffe toute forme de respect et d’estime de soi.         

Ainsi, mon éducation sexuelle s’est d’abord déroulée en jouant «aux douanes ou la cachette frontalière» ou en jouant au « docteur».  Je me suis toujours demandé pourquoi c’était si grave qu’il fallait se cacher, car si c’était su, ça créait automatiquement toute une crise.  Hiroshima n’était rien comparé à ce que l’on venait de faire.  Jouer aux fesses, c’était pire que tuer.   

Une telle folie existe encore au Québec. Je pensais moi aussi qu’être intéressé à ce que l’on a entre les deux jambes était péché, voire méchant.   Mais, je ne comprenais pas pourquoi, c’était très agréable ; c’était moins dangereux que de se battre ou prendre de la boisson ; c’était merveilleux d’avoir son petit secret.  Pourquoi l’interdire?   

Puis, à l’adolescence, un de mes cousins, m’a initié à la masturbation que les curés accompagnaient de tous les dangers possibles : avoir des boutons, mourir cardiaque, devenir fou.  Pour moi, ce fut tout un choc. 

Je voulais être un saint, et du jour au lendemain, j’avais anéanti tous mes espoirs non pas de sainteté, mais pire, de salut.  Comment autant de plaisirs peuvent-ils créer autant de problèmes?  Pourquoi?   Pensaient-ils (les adultes) que l’on n’était pas assez intelligent pour découvrir que ce discours n’est que mensonges et folie.  On est peut-être jeunes, mais on n’est pas aussi idiots que les adultes le pensent.         

De toute ma vie, je n’ai jamais souffert, ni en me masturbant avec un autre, ni en le suçant ou en me faisant sucer.   Pourquoi à entendre les adultes, que d’avoir du fun, c’était pire que d’être décapité?  Et surtout pourquoi tout le monde devenait à moitié fou dès qu’il était question de tous les sujets se rapprochant le moindrement de la sexualité ?            
     
Il y avait déjà aussi à cette époque une bande de vieilles constipées qui faisaient la lutte aux revues pornographiques.  Il fallait les cacher, les tenir tellement hautes qu’aucun jeune ne pouvait les prendre.  Ce qui les rendait encore plus intéressantes. 

Moi, je n’étais pas assez attiré par les femmes pour rechercher ces images incitatrices à la masturbation.   Je cherchais les beaux visages de petits gars, je regardais avec curiosité les rares revues homosexuelles et j’étais toujours abasourdi par la longueur effroyable des pénis qu’on y retrouvait.  Loin de trouver ça alléchant, je trouvais ça, à la limite, dégoûtant. 

J’étais un peu comme certaines femmes qui ont des nausées seulement à voir un pénis.  Devenait-on tous ainsi membrés?  J’ai vérifié.  Et non ! La majorité des gars n’ont normalement que cinq à six pouces de pénis.  J’étais donc normal.  Je me demandais ce que les homosexuels avaient tant à s’exciter sur ces gars bâtis comme des bœufs ou des chevaux alors que dans la réalité quotidienne les performances sont beaucoup moins  » criantes ».        

On fait avec les gars ce qu’on fait avec les filles : on crée une mode pour définir la beauté.  Pour les filles, ce sont les seins, la taille ; pour les gars, c’est la longueur du pénis et la quantité de sperme à l’éjaculation.   Des modes carrément stupides, à l’encontre du bien des jeunes, car le plus important, c’est d’abord de s’accepter et s’aimer comme on est.      
    
La pudeur quand elle est débile nuit autant au développement des jeunes que la course folle aux aventures sans égard à sa responsabilité.  La pudeur excessive nous empêche d’apprendre la vérité et à respecter notre corps et celui des autres.  La pudeur excessive est un frein au développement de notre personnalité.          

Le corps pour les religions, c’est le symbole de la mortalité, du mal.  Le cacher, ce n’est pas en avoir honte, c’est le respecter.  Quelle imbécilité !    

Pour un esprit le moindrement libéré, le corps est un chef-d’œuvre de création.  

Puis, j’ai connu les femmes. Ce fut aussi une très belle période parce qu’elle m’a permis de découvrir l’extraordinaire tendresse des femmes (même si elles peuvent être des tigresses).  Ces femmes m’ont permis de découvrir et laisser le désir de la paternité s’exprimer, même s’il a toujours été inutile avec elles parce qu’elles prenaient la pilule.            
 
Ces féministes étaient progressistes parce qu’elles ne condamnaient pas la sexualité, au contraire, elles réclamaient le droit des femmes de vivre leur sexualité comme les hommes.  Elles n’essayaient pas de nous étouffer, mais elles réclamaient une égalité totale, c’est-à-dire, même sexuelle.   Le discours des féministes d’alors n’avaient rien de commun avec celui des féminounes d’aujourd’hui qui retournent aux sottises religieuses plutôt que d’évoluer selon les découvertes scientifiques.  

La jalousie, le bithchage sont les deux éléments qui m’a le plus éloigné des femmes ordinaires, si on peut dire.  Une femme qui te met la main au collet ne te laisse plus respirer.  T’es pas un objet, t’es la garde-robe au complet.  Je voulais avoir des enfants, mais sans devoir devenir prisonnier d’une femme.  Je n’étais pas encore prêt à abandonner ma liberté.         
 
À cette époque, je préférais les femmes aux homosexuels parce que dans mon enfance les médias d’information m’avaient appris à voir peur des mâles adultes.  C’étaient des gens très dangereux.  Ils voulaient tous assouvir leurs désirs les plus bas, nous enculer avec leur gros «batte», avant de nous saigner. Ça ressemble presque aux discours des féminounes qui se promènent dans les écoles aujourd’hui et qui incitent les jeunes à dénoncer tous ceux qui sont assez normaux pour percevoir la sexualité comme un des plus grands biens de la vie.           
Il ne faut plus regarder personne, c’est du harcèlement.  Faut encore moins toucher, là, c’est pire que d’être tué.  Un tel état de folie paranoïaque ne peut pas exister sans le délire religieux.                   
 
Même si j’ai presque tout essayé dans ma vie en ce qui a trait à la sexualité, je demeure encore très prude.  La vie n’est pas qu’une partie de fesses.  C’est vite dépassé quand on a été assez libre pour assumer ses besoins.  On s’aperçoit vite que le sexe sans amour, sans responsabilité, ça ne veut rien dire.  C’est ainsi que s’est déroulé mon éducation sexuelle.           

Je ne sais jamais dire non au plaisir alors c’est facile de plonger dans toutes sortes d’aventures sexuelles.  Bizarrement, les homosexuels furent les derniers sur la liste, même si les psychiatres étaient d’avis que je devrais devenir homosexuel pour ne pas à avoir à souffrir du fascisme de notre société durant toute ma vie en me proclamant pédéraste.      

On ne choisit pas ce qui nous attire et rien d’intelligent ne justifie la répression sexuelle.  Les religions nous ont menti.  Les gouvernements font des lois sur la sexualité, des lois qui font à la fois l’affaire de la police et de la pègre, en s’attaquant aux individus plutôt qu’au crime organisé.  C’est la même chose au niveau des drogues.           

Mais, grâce aux féministes qui prétendaient que nous avons tous un aspect mâle-féminin en nous, j’ai développé mon côté féminin, en me laissant «cruiser» par des plus vieux.  Je développais ainsi mon petit côté putain, comme je disais.  Dans les premiers temps, j’étais la    « planche parfaite » parce qu’en réalité j’avais encore peur à cause de ce que l’on disait quand j’étais jeune.  Mange, mais encule pas.  Puis, on est passé au 69.   

Petit à petit, je me suis rendu compte qu’il est possible dans la vie de rencontrer des salauds ou des trous-de-cul qui ne respectent personne dans toutes les orientations sexuelles, dans toutes les races et de toutes les âges.  Ces salauds se servent de la violence si tu résistes ; mais j’ai découvert qu’il y a beaucoup plus de bonnes personnes que de trous-de-cul.            
 
Toutes mes aventures, sauf une ou deux, furent des délices qui nourrissent une vie bien vécue.  Ma liberté m’a, aussi stupidement que ça puisse paraître, rendu de plus en plus capable de vivre sans sexe.             

Dans ma tête, Freud a absolument raison : il y a une différence immense entre la sexualité et la génitalité.  La sexualité a rapport avec la tendresse.  Le massage de l’esprit autant que du corps.  Le plaisir de se laisser pénétrer intellectuellement ou émotivement par une autre personne ; alors que la génitalité implique tout ce qui se déroule avec les zones de jouissance corporelles.   Deux formes de relations humaines qui se complètent.  Aucune n’est mauvaise.  Elles le sont que si vous avez déjà l’esprit tordu ou si elles contreviennent aux responsabilités qu’elles incarnent. 
 
La perception et la signification de la sexualité est seulement une convention sociale comme les autres.  Un moyen de sauver l’espèce.  Quand j’eus franchi cette frontière.  Que je pusse comprendre ce qui peut être bien ou mal dans une relation sexuelle avec une autre personne, j’ai tranquillement presqu’abdiqué aux relations sexuelles (à part le voyeurisme et la masturbation) pour favoriser l’aspect émotif et ainsi enrichir l’expérience de vie que je partageais avec les garçons. Cela permettait aussi de tuer la culpabilisation avec laquelle les féminounes essayaient de nous empoisonner la vie.             
 
J’ai même vécu une expérience fantastique qui m’est apparue comme un signe d’approbation religieuse alors que les autres considéraient ça comme du dévergondage. 

J’ai payé cher pour être libre ; mais la liberté est encore plus importante que le prix à payer. 

Je suis aussi convaincu de la nécessité d’un Québec indépendant que de cette liberté, car le Canada ne respecte plus mes valeurs.  Et, je ne suis pas un parti politique fédéraste qui a besoin de renier ses valeurs pour avoir vos votes. Un Québec indépendant qui perçoit la sexualité comme actuellement dans le Canada ne serait pas mieux. 

Pour créer un monde libre, il faut d’abord être libéré de l’aliénation.

Sexe et religion.

En fait, ma perception de la sexualité ne vient pas des religions.   Les religions nous ont menti, elles ont entretenu la notion de la honte et de la culpabilité autour de tout ce qui est sexuel.   Leur philosophie repose sur le rejet de l’homme corporel, mortel et, par conséquent, c’est carrément un délire gnostique et une expression de haine envers Dieu.             

Comment la somme de l’énergie divine peut-elle engendrer le mal?  C’est complètement absurde, à la limite, un blasphème.  Mais, c’est pourtant ce que nous enseignent les religions quotidiennement.  L’homme est un ange déchu.  Donc, l’homme serait plus parfait, s’il n’était pas sexué.  La sexualité est ce qui lui permet comme espèce de se transmettre, donc, de survivre.  Condamner la sexualité, c’est ignorer ce phénomène.               

Pour pouvoir réfléchir ainsi, croire que la sexualité est mauvaise, il faut croire aveuglément, mot à mot, au créationnisme au lieu de l’évolution.           
 
L’homme est comme tout ce qui existe maintenant : le produit de milliards d’années d’évolution.  J’ai la libido beaucoup trop vivante pour accepter un tel rejet du plaisir dans notre raisond’exister.  La violence est le mal : pas l’Amour ou l’Amitié.    

Mon époque avec les féministes a débouché sur celle où pour moi « se livrer » sexuellement était une forme de générosité.   Je croyais dans la vie exactement comme la vedette dans le film  » La vie de Bernadette » alors qu’elle suçait les vieux pour leur offrir un dernier moment de plaisir avant de mourir.             

En acceptant le lit, je permettais à un individu de vivre quelques moments de bonheur qui me rendaient aussi très heureux : je pouvais encore être désiré.  WOW !  Ça paraît très stupide, uniquement féminin, mais quand tu t’es cru laid comme un pichou durant toute ta vie, te rendre compte que certains se disputent ta présence pour d’essayer de te séduire plus que l’autre, ça flatte ton égo, ça redonne la fierté d’être quelqu’un. Te sentir voulu, c’est aussi une expérience humaine bénéfique.             
 
Tu ne peux pas vivre heureux si tu crois que ta vie est parfaitement inutile.  Le bonheur ne peut pas exister sans les autres, ne serait-ce que pour vivre un tant soit peu la contemplation. T’es rien tant que tu n’as pas réussi à te comparer aux autres.   Donc, pas de limites, en autant qu’il n’y a pas de violence ou que tout se passe dans la transparence.  Il y a des choses que t’aimes faire, des choses que t’aimes te faire faire et d’autres dont tu ne veux absolument rien savoir.  C’était pour moi l’essentiel, la base de toutes bonnes relations humaines. 

C’est de respecter ses limites, se connaître assez pour les fixer clairement, et non, faire semblant d’aimer quelque chose qu’on n’aime pas.                                                               
 
Si tu respectes ce point de vue, même les plus scrupuleux sont des gens intéressants, car il faut les aborder à un autre niveau pour pouvoir être en relation positive avec eux. 

Là, où je ne marche plus, c’est quand on essaie de m’imposer leurs limites et leurs valeurs.  Une des choses les plus importantes dans la vie, c’est l’honnêteté et l’authenticité du dialogue.  Ce n’est pas toujours facile, on se ment parfois même à soi-même.  Il faut toujours tout remettre en question.

S’il en était ainsi, il y aurait moins de violence interpersonnelle. 

La violence est basée sur la peur, l’ignorance et les abus économiques ou énergétiques, donc, dans le pouvoir de domination..

Radioactif 407

juin 16, 2022

Radioactif 407

Texte de 2008, p. 703

Apprendre la liberté.        

Qu’on le veuille ou non, tous mes livres écrits au début des années 1970 recherchaient d’abord ma propre déculpabilisation, car, « ma » pédérastie m’apparaissait comme  » ma damnation ».          

J’étais aux dires de tout ce que je lisais un délinquant, un fou potentiel ou un meurtrier en puissance.  Rien pour m’amener à m’aimer.  Je ne me retrouvais nulle part.  

J’étais, semble-t-il, le seul pédéraste ayant existé sur cette terre.  Je détestais ce mensonge social, cette pudeur hypocrite et insolente, cette censure par laquelle tous les jeunes ne sont que des imbéciles.             
    
On ne parlait pas d’hypersexualisation, juste penser plaisir sexuel, comme toute personne normale, c’était déjà un péché.   Aujourd’hui, on fait juste penser et on est dans l’hypersexualisation.  Rien n’a changé, on est aussi, sinon plus  arriéré.        
On cachait même l’existence d’une passion amoureuse entre Verlaine et Rimbaud, mais je la soupçonnais.  Il ne fallait pas lire ces auteurs ; ils étaient à l’index.  On nous gardait idiots.  Comme on tente de le refaire maintenant.  Pourquoi tant nous mentir?            

Dans la vraie vie, je n’étais qu’un jeune qui devenait tout excité dès qu’il pouvait voir une petite queue et le plus heureux des hommes s’il pouvait, en plus, y toucher.  Ce défaut, comme l’exprimait partout notre société, était pourtant ce que me rendait le plus heureux.  

C’était à la fois la récompense, le moyen d’échapper à la souffrance intérieure que créaient cette culpabilité et cette peur religieuse.  La rencontre d’un petit gars a toujours été un des très beaux moments de l’existence.  J’ai décidé au nom de la Vérité d’affirmer la joie d’être pédéraste. J’avais surtout peur de devenir un monstre et la vie se chargea de me prouver que tout ce qu’on me racontait n’était que mensonges      .  

Quand tu crois dans ce que la religion t’enseigne et qu’elle ne permet que ce jugement sur ta façon d’agir, tu te « maudis », puis, tu te révoltes.           

Le plaisir devait-il toujours être interdit pour plaire à Dieu?  Le plaisir fut donc d’abord l’expression de ma révolte.  Je priais Satan pour créer les occasions de pécher et Dieu pour me faire pardonner.  Jusqu’au jour, où j’ai compris que Dieu ne pouvait pas être un salaud de cette espèce et j’ai commencé à croire que la religion nous avait tout simplement menti. 

J’ai décidé de dénoncer cette hypocrisie.  Heureusement, mon engagement politique mangeait tellement de mon temps qu’il ne m’en restait pas tellement pour pleurer sur mon sort.  Pour ne pas devenir fou, il te faut trouver un contrepoids, une force qui te permet de mieux te juger.  Un poids balance.   En fait, ce fut ce que l’on aurait pu appeler mon «fanatisme politique», mon appui aux objectifs du FLQ.    
 
Le journalisme était une mission intérieure, un combat pour la justice sociale et la vérité.  Je croyais vraiment mettre ma vie en jeu pour être un journaliste honnête et un vaillant défenseur des pauvres.  Je croyais dur comme fer que le Québec devait être indépendant et je le crois encore plus.  Je voulais le bien des gens et le journalisme m’avait prouvé la mauvaise foi d’Ottawa et des fédérastes. 

Un peu plus et je me serais donné une médaille pour « un courage » que j’étais le seul à identifier.  Je ne devrais pas dire ça, car tous les libéraux et fédérastes avaient appris à m’haïr.  J’étais dans l’Estrie, l’ennemi des ennemis au début des années 1970.  Ma réputation était surfaite. 

Puisque j’étais fier du guerrier que je me croyais être, il ne me restait plus qu’à régler ma vie sexuelle pour qu’elle m’apporte autant de plaisir et de fierté que la politique.         

Ma vie sexuelle a engendré ma vie littéraire.  Je cherchais à travers mes livres à savoir ce que je suis vraiment, fondamentalement.  

Je condamne toujours l’hypocrisie et le mensonge de la société québécoise hautement religieuse.  Cette condamnation est viscérale et globale que pour moi : l’éducation et la liberté sexuelle sont des éléments fondamentaux dans l’évolution démocratiqued’un pays. 

Entre une Amérique sexuellement libre et un Québec selon nos féminounes qui meurent de peur juste à entendre le mot sexe, je choisis l’Amérique… un choix qui n’existe pas et n’existera jamais, mais qui révèle jusqu’à quel point la liberté sexuelle non violente individuelle est, à mon avis, essentielle à l’émancipation des gens. 

Résultat : mon combat pour la liberté sexuelle est devenu pour moi celui de l’indépendance du Québec.       
 
C’est pourquoi dans mes poèmes le Québec est un petit gars.  C’est ce que j’aime le plus. 

Je crois fondamentalement, viscéralement que la liberté sexuelle est la porte d’entrée de notre capacité d’évoluer.  La liberté sexuelle remet en cause toute notre civilisation, tous nos rapports entre êtres humains, toutes nos religions.  Cette conviction m’a mérité depuis deux ans d’être harcelé par toutes les moumounes du Québec qui me jugent sans me lire, mais j’ai le pressentiment que le vent va très bientôt tourner.   De toute façon, quand je serai mort, ça ne me fera rien qu’on se rappelle de moi ou non. 

C’était aussi une des grandes distinctions entre moi et Jean Ferguson, le Micmac francophone.   Jean voulait qu’on se rappelle de lui. 

Quand on sera au ciel tous les deux, on « crousera » les petits anges adolescents ou je prendrai un verre de vin avec Pierre Faucher, un ami ex-policier, en prenant conscience que la vie sur terre, c’est parfois notre enfer, une mer de boue sans fonds quand les gueules sales décident de te juger.          

Plus on écoute ce que disent les autres sur nous, plus on s’enfonce.  

Moi, je suis chanceux quand je me promène, on remarque surtout ma petite chienne Benji. 

L’autre jour, un habitué m’a confondu avec un autre homme dont les habitudes de promener son chien sont semblables, en se disant très heureux de me revoir.  Pourquoi?, aie-je demandé.   Parce qu’on avait dit que le gars avec son chien dans le panier était mort.  Ce fut la première fois qu’on me parlait de ma mort, sauf pour m’intimider  pour que je cesse de me mêler de politique.

Le Québec devient de plus en plus l’enfer féminoune, féministe woke.  

Radioactif 406

juin 15, 2022

Radioactif 406

Texte de 208, p. 701

FLQ ou GRC ?

On annonce aujourd’hui la très étonnante résurrection du FLQ.  Est-ce un autre stratagème pour discréditer l’indépendance du Québec?  Pourquoi?  Parce que, même si Trudeau et Chrétien sont des traitres à la cause du Québec, personne n’apprécie le vandalisme dans des cimetières.  Il y a des choses qui ne se font pas. 

Si on croit que Trudeau est un salaud, il y a des moyens plus appropriés pour le faire savoir que la violence ou le vandalisme.  On peut publier des livres, monter des pièces de théâtre, faire des films, etc. 

L’indépendance du Québec doit se faire dans la plus absolue non-violence et le seul moyen d’y parvenir est d’établir sans l’ombre d’un doute qu’il est dans l’intérêt du Québec de devenir un pays. 

On peut faire ressortir la stupidité de nommer l’ancien aéroport de Dorval, l’aéroport Trudeau, quand on sait que c’est sous son règne que le fédéral a fait construire Ste-Scholastique pour ne pas concrétiser le projet d’aéroport international à Drummondville, consacrant la pauvreté de l’Estrie.  La vérité est une arme qui peut faire savoir que c’était une décision prise parce qu’on avait peur que le Québec se sépare. 

Trudeau et Chrétien sont les piliers de la dictature fédérale pour combattre le droit du Québec à son autodétermination.  Si c’est encore possible de faire croire que l’avenir du Québec est dans le fédéralisme, c’est qu’il y a encore bien des gens qui n’ont pas compris que l’indépendance est non seulement plus favorable pour nous sur un plan économique, mais aussi et surtout, à cause des valeurs. Une question d’éducation et de communication.  Un Québec indépendant est basé, selon moi, sur la paix, la non-violence et la tolérance, mais aussi sur le respect des individus. 

L’indépendance, c’est constater que le Québec n’aura jamais un mot à dire sur l’avenir de l’humanité s’il demeure sous les griffes du fédéral.  Une nation qui ne peut même pas faire respecter la langue de sa majorité, ça ne veut rien dire.  Il n’y a pas que les votes qui comptent, il y a la réalité. 

Quoiqu’il en soit, le passé nous apprend que la GRC a souvent fait les coups de cochon pour discréditer le Québec, est-ce encore le cas?  La question peut se poser.
 
Harper est bon pour faire adopter des lois sur le sexe et la censure, pour se donner des airs de sainteté, mais il ne respecte même pas les lois.  Le fédéral a gelé une partie de ma pension même si c’est illégal. 

Il faut juste qu’on se réveille et que l’on vote à la bonne place.  

Depuis 40 ans, le fédéral n’a pas essayé de nous comprendre ; mais de nous écraser.  Ouvrir la constitution ne donne rien ; il faut maintenant agir à partir d’une seule question : Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?   Il faut obtenir une majorité incontestable.

TQS.

Que le veuille ou non Jean Charest, le cas de TQS ne se poserait même pas si le Québec était un pays. 

Malheureusement, les communications sont maintenant entre les mains du gouvernement fédéral. 

Comment peut-on parler d’une nation quand ce sont les autres qui décident des communications sur son territoire?  La liberté de presse, c’est la base essentielle d’une vraie démocratie.  

Il n’y a pas que les cours de justice qui doivent remplir les bulletins d’information afin d’entretenir une paranoïa collective.  

C’est un autre point qui manifeste notre différence d’avec le Canada.  Pour nous, les régions ce sont la Gaspésie et l’Abitibi, l’Estrie alors que pour le Canada, c’est la Colombie- britannique, les provinces de l’Est, etc.  Nos intérêts ne sont pas les mêmes.  Nous serions mieux si nous étions de bons voisins…


Jean Charest, le Canadien…     

Je n’ai jamais caché mon appui à l’idée de créer un marché commun avec l’Europe. J’étais bien content de voir que Jean Charest pousse à nouveau cette idée.  Mais, j’ai hâte que Jean Charest sache qu’il est premier ministre du Québec et non du Canada.  S’il veut négocier avec l’Europe, au nom du Canada, il n’a qu’à se faire élire premier ministre du Canada.  En se disant Québécois, il aurait moins de chance que le projet meurt de sa belle mort. Qui, au Québec, pourrait s’opposer à un tel projet ?        
   
On sait que M. Harper n’est pas ce qu’il y a de plus chaud face à cette idée.   Harper, c’est la marionnette de George Bush, des pétrolières et des milieux religieux.  Il appuie davantage le militaire que la coopération internationale. Un faucon. 

Paul Martin avait raison quand il disait que Harper ne respecte pas les valeurs canadiennes.   Alors plutôt que de voir s’écrouler cette idée merveilleuse d’un Québec porte d’entrée de l’Europe en Amérique, Jean Charest devrait oublier le Canada et négocier au nom du Québec.    

Ce n’est pas constitutionnel, mais on ne fait pas partie du pacte constitutionnel canadien d’une manière ou d’une autre. 

Cette idée de porte d’entrée européenne est une idée qui a germé avec celle de l’indépendance du Québec. C’est ça s’affirmer et être autonomiste.  C’est un autre projet qui fait ressortir la nécessité pour le Québec de devenir un pays. Peut-être qu’ainsi on créerait une économie qui ne soit pas à la merci du moindre rhume économique des États-Unis. 

La Confédération canadienne ça n’existe pas.  Une confédération, c’est un gouvernement central qui reçoit certains champs de compétence des provinces parce que les provinces veulent les mettre en commun.  C’est plus efficace de regrouper ces services sous une seule autorité que de les gérer individuellement comme province.  C’est le cas de la poste, de l’armée, de l’argent. 
   
Cependant, le pouvoir vient d’abord des provinces.  Le Canada n’est pas une confédération comme il le prétend, mais une fédération.  Le gouvernement central domine tout.  On oublie déjà qu’on reprochait à Trudeau-Chrétien leur manie de tout centraliser aux dépens des provinces.  Ça n’a qu’empiré.  

On essaie d’étouffer le Québec avec l’anglicisation, en se servant de l’emploi et de l’immigration, car en diminuant les différences, on arrive ainsi à faire perdre de vue que le Québec serait mieux en étant un pays.         

Si on est tous anglophones, ça donne quoi de se différencier du Canada ? On est qu’une économie quand on est canadien, rien d’autre. La culture québécoise est mieux connue en Europe qu’en Amérique.    

Je préfère vivre dans un petit pays que d’être un des G-8 qui se fiche que le reste de l’humanité crève de faim au nom des religions et de l’économie. 

On est d’abord un être humain avant d’être de n’importe quelle nationalité, religion ou race.  Si on ne se grouille pas, les humains disparaîtront pour nourrir l’économie. 

La révolution universelle dont nous avons besoin est plus profonde que juste réajuster des marchés. 

On a qu’à regarder l’impuissance de l’ONU pour constater qu’on est loin d’avoir réussi à prioriser le bien-être des humains contre les profits des multinationales ou des dictateurs.  

Notre réflexion doit dorénavant tenir compte de la possibilité de rendre la planète invivable parce qu’on n’aura pas su créer la fraternité nécessaire à notre survie.

Radioactif 405

juin 14, 2022

Radioactif 405

Texte de 2008, p. 698

Le mot respect en prison.

S’il est un mot qui est abondamment utilisé en prison, c’est bien : respect.  Respect, c’est le mot qui permet à ceux qui ont de gros bras d’obtenir un traitement particulier.  Il l’exige de tous.

Habituellement, celui qui crie au respect est celui qui va se lever, gueule comme un fou après tous. Pour lui, c’est trop tôt quand tu passes devant sa cellule, en parlant bien régulièrement. Le problème est que ça empêche monsieur de dormir;  alors, il est prêt à tout briser parce qu’on a osé vivre normalement autour de lui comme s’il était  « seul  »  dans l’univers.            
    
On manque de respect si on le dérange, mais lui, peut déranger tout le monde.  C’est celui qui, à chaque fois que les choses ne tournent pas rond pour lui, criera qu’on lui manque de respect.  Ce sera également celui qui se croit tellement supérieur, que tout lui est dû et permis. 

Pour lui, c’est difficile d’apprendre que le respect ça se joue dans les deux sens.   Être respectueux, c’est de permettre à l’autre d’être différent être tolérant  envers tes différences.             

Cependant, plier toujours l’échine, se comporter comme un misérable esclave, ce n’est pas du respect ; car pour être respectueux envers les autres, tu te dois d’abord de l’être envers toi-même. C’est ce qui arrive dans le cas de mes livres. 

On me reproche de manquer de respect parce que je dis que ceux qui me censurent sur la pédérastie sont des bornés.
 

Je suis bien conscient qu’il y a des pays où je serais immédiatement décapité ; mais cette sanction prouve à mon sens leur manque de jugement.  En 2008, il ne doit plus y avoir de sujet tabou comme nous l’ont imposé les religions qui pourtant nous prêchent la charité et l’amour.  Les religions sont incapables d’accepter les différences de foi, de valeurs et d’idées.           

Le respect, c’est aussi se dire nos vérités dans le but de mieux se comprendre et d’améliorer nos comportements.  Les personnes parfaites sont des tas d’orgueil qui oublient que tout être humain est imparfait.      

Quand j’ai écrit mes livres en 1968 et au début des années 1970, je n’acceptais aucune censure et je crois que j’avais raison.  La censure vient des dirigeants.  Elle ne sert pas à nous améliorer comme individu, mais à garantir la sécurité des dirigeants et la servilité qu’ils réclament.          

Le monde évoluera le jour où l’on pourra se parler franchement sans craindre de représailles et sans avoir l’intention d’imposer sa vérité.  Aucun humain normal ne souhaite de la misère ou des malheurs aux autres, sauf en économie là où l’on accepte que ses besoins passent en premier, même si ça doit coûter des milliers de vies. 

C’est en ce sens que je considère que nos sociétés sont dirigées par une mafia légale. 

On a qu’à se renseigner sur la crise alimentaire actuelle pour se rendre compte que pour les dirigeants du monde la vie humaine est moins importante que leurs profits.  C’est ce qu’il faut changer, si on veut que la terre survive.           

À l’époque, où j’ai commencé à écrire, nous n’avions pas encore les moyens de pouvoir échanger nos connaissances avec l’internet, tout est maintenant différent.  Espérons que ça améliorera le sort des plus démunis.  Je préfère les humains aux profits des pétrolières. Ceux qui nous dirigent devraient avoir à répondre devant l’ONU des morts que leurs décisions apportent.  

Le respect modifie le comportement, il inclut la tolérance.  Il n’y a pas de Vérité, il y a des vérités.             

C’est bien évident que même si je parle de pédérastie, je n’invite personne à le devenir. 

Je constate que la seule façon de vivre cet handicap humain non désiré est de lui donner un visage encore plus humain, car on dirait que la pédérastie commande automatiquement la générosité.  Il arrive aussi de changer d’idée, d’évoluer, c’est ce que permet le respect : être à l’écoute de l’autre.   

Je ne comprends pas qu’aujourd’hui, on n’ait pas encore éliminé la peine de mort sous toutes ses formes.  Les guerres ne servent que les intérêts économiques, même s’ils sont déguisés. 

Le monde de demain doit être régi selon les droits des individus et le respect de la vie humaine.  Nous devons créer la paix.         

Manque de couille en immigration.

Si nous avions des politiciens qui se tiennent debout, le problème de l’immigration serait vite résolu au Québec.  Il faut tout simplement faire l’indépendance, se créer un pays. 

Alors on pourra exiger que tout immigrant qui vient vivre chez-nous doive d’abord savoir le français ou s’engager de l’apprendre au cours des premières années.   La citoyenneté ne serait accordée que s’ils savent assez le français pour vivre en français.         

Cependant, il serait préférable que les gens sélectionnés pour immigrer au Québec soient pris en charge dans leur pays de façon à apprendre le français à un coût moindre.  Le Québec pourrait créer un genre de pensionnat de transition par continent  De temps de l’apprendre devrait être payé par le Québec.

Par contre, étant donné la situation de l’emploi, le métier doit être une priorité venant immédiatement après la nécessité d’apprendre le français.  Le choix doit correspondre aux besoins de la main-d’œuvre chez nous. 

Les immigrants pourraient aussi être pris en charge dès leur arrivée par les industries qui en ont besoin. En fait, s’il est possible d’avoir un manque de main-d’œuvre, il faut d’abord blâmer notre système d’éducation qui ne sait pas s’adapter. 

Dans un mémoire, je préconisais que les jeunes soient capables dès le secondaire trois, d’orienter leurs études en fonction du métier qu’ils ont choisi ; mais il n’y a plus, à ma connaissance, suffisamment d’écoles de métiers. 

Les jeunes vivent le même enfer que nous pour entrer sur le marché du travail.  Ils voudraient tout de suite avoir le salaire maximum alors que les patrons voudraient qu’ils aient plus de cinq ans d’expériences, en sortant de l’école.  Une impossibilité.  Nous nous devons de revoir complètement le rapport entre les employeurs et les syndicats pour améliorer la productivité.  Les syndicats doivent sortir de leur nombril pour voir les vrais besoins des travailleurs. 

Le problème dans le monde, ce n’est pas que des gens fassent fortune, le problème, c’est la répartition : moins de super- riches et pas de démunis, c’est le rôle des gouvernements et de l’ONU : redistribuer la richesse.        

En plus, du français, du besoin de la main-d’œuvre ; les immigrants doivent savoir qu’ici l’égalité homme -femme est une priorité et que les religions sont soumises à l’état au Québec.  Le droit de religion doit être exercé à la maison et dans les templesAucune religion ne devrait être enseignée publiquement avant l’âge du consentement sexuel.  Si tu ne peux pas identifier ta propre orientation sexuelle, tu es certainement moins capable de décider de la religion qui te convient le mieux. 

Apprendre l’œcuménisme, c’est simplement un bourrage de crâne s’il n’y a pas vraiment un échange entre les gens pour apprendre à vivre sans préjugés et tabous.   À priori, la religion se vit dans sa famille ou son enseignement se fait au temple.  En dehors, l’état est strictement laïc. 

Il est par contre essentiel d’être confronté à des valeurs humanistes.  Si au lieu de dominer, les religions enseignaient et vivaient l’amour au lieu de se crêper le chignon, il n’y aurait pas de fanatiques, car s’il n’y a qu’une vision de  dieu.  C’est absurde que les juifs, les musulmans et les chrétiens ne se respectent pas, ils ont le même Dieu.  Les religions sont-elles autre chose que des multinationales?    

La solidarité et la fraternité ça s’apprend à chaque jour de notre vie.  Il faut d’abord condamner toute forme de violence qui conduit à la mort. 

Les crises économiques existent seulement pour enrichir davantage les plus riches en faisant mourir le plus possible de démunis.

Nous avons une responsabilité individuelle face à ces crimes.  Que pouvons-nous faire? 

Ceux qui veulent vivre en fanatiques ne respectent pas l’esprit du Québec et devraient s’installer ailleurs.  Le Canada est anglophone et vit le multiculturalisme qui engendre cependant des ghettos communautaires. Toutes les religions doivent être tolérées, mais pas le fanatisme.

Radioactif 404

juin 13, 2022

Radioactif 404

Texte de 2008, p. 695

Jean Ferguson.

Les deux Jean, moi et Jean Ferguson, étions bien différents, mais très profondément amis, à cause de notre pédérastie,

J’adorais enseigner.  J’étais sensible aux besoins des jeunes et je les admirais très profondément.  Sous prétexte d’haïr l’administration, Jean n’aimait pas tellement enseigner, même si comme moi, il aimait les petits gars.  C’était une des principales différences entre nous. 

J’ai toujours été surpris et ravi de l’intelligence des jeunes à qui j’enseignais.  Ils m’ont toujours électrisé. Les jeunes ne sont pas encore rendus à moitié fous par les religions.  Ils sont authentiques.  J’adorais ce trait qui leur est particulier ainsi que la spontanéité. 

Jean Fergusson était le seul ou sinon un des rares à Val-d’Or, à savoir que je suis pédéraste.  On partageait ce secret et on était très heureux de connaître les mêmes petits gars.

Pour lui, j’étais un révolutionnaire bien connu. Il avait lu certains de mes livres et il n’en revenait pas que je me sois installé à Val-d’Or.  En fait, fallait bien travailler pour payer mes dettes.  Et, les jeunes où qu’ils soient dans le monde sont adorables.  J’ai gardé mon appartement à Montréal pour Rouhed, car il ne voulait pas venir vivre dans une petite ville.

Une autre différence : Ferguson voulait absolument être un écrivain du Québec reconnu après sa mort.  Moi, je m’en fichais.  Cette maladie de la célébrité est née en moi beaucoup plus tard.

Je me demande pourquoi ça me touche maintenant aussi profondément.  On essaie de m’écarter de tout pour s’assurer que pas un chat ne se rappelle de moi.  Moi, qui ne voulais rien savoir, je réagis comme si c’était important.  Je ne suis rien et je le sais.  Quand je serai mort, ça ne changera absolument rien que je sois connu ou non.  Je pourrirai comme tous.  Je serai probablement très vite oublié et ça n’a pas d’importance. 

J’ai cru que j’avais une mission à remplir au Québec, aider à se débarrasser de cette morale sexuelle de débile qui préconise l’ignorance plutôt que la conscience. 

Jean se fiait sur moi pour qu’il passe à la reconnaissance éternelle.  Il serait déçu de voir jusqu’à quel point je suis ignoré aujourd’hui. 

Je préfèrerais me trouver un beau petit serin pour revivre un peu avant de mourir que de donner raisons à cette bande d’imbéciles qui paniquent parce que je dis que je suis pédéraste et heureux de l’être . 

Les trous-de cul de la pudeur peuvent continuer de nous interdire d’être pédéraste ; nous, au moins, on ne laisse pas les jeunes crever de faim. Je leur laisse leur économie de bandits.  Je préfère faire une pipe à éplucher le portefeuille de ceux qui n’ont presque rien dans la vie.  Au moins en faisant une pipe, je fais plaisir à quelqu’un.


Évolution sexuelle.

Au fur et à mesure que j’évoluais dans la vie, que les expériences se multipliaient, ma conception de la sexualité se modifiait. 

Il y a une différence titanesque entre une aventure sexuelle à la vite et vivre l’amour.  J’avais réussi à tuer les peurs qu’essaient de semer en nous la censure et l’approche négative religieuse de la sexualité, ce qui me permettait dorénavant des relations carrément homosexuelles et d’échapper au rejet des femmes.  Les femmes adorent les gais.

Pour moi, il était évident que je ne pouvais pas me comporter avec Patrick comme avec n’importe quel garçon puisque j’agissais comme si j’étais son père.  Et, cette nouvelle responsabilité me plaisait.  Yanie y contribuait aussi du fait qu’elle permettait de voir la différence entre aimer un enfant avec ou sans désir sexuel.  L’affection est indépendante de la jouissance.  C’est plus spirituel, plus au niveau des échanges d’énergies. 

À ce compte-là, Mahomet avait tout à fait raison : s’il y a un chemin qui conduit au paradis, c’est l’amour des enfants.  Ils ont une onde de vie qui leur est propre. Cette vie ne se ressent pas sur un plan matériel, mais à travers l’émotion. 

On vient juste de trouver une machine qui permet par les ondes qu’elle produit d’éloigner les jeunes.  Est-ce que l’attirance pédéraste est différente?  Question d’ondes, de vibration, d’odeurs, de mille petits éléments qui motivent cette forme d’attraction ressentie par une toute petite minorité de gens dans le monde. 

Je ne savais pas encore ce qu’une relation génitale peut signifier pour un garçon dont on a la responsabilité.  Est-ce que ça crée des liens plus serrés ou un rejet automatique?  Une blessure dans la confiance? Est-il vrai que ça détruit l’image symbolique de l’autorité? Le jeune peut-il oublier qu’il est le seul maître de son corps? Je me posais des tonnes de question, car je voulais que ma pédérastie soit responsable, que le bien-être du jeune aimé soit ma raison principale de vivre.  

Les vertueux nous ont toujours tellement menti, en inventant à chaque seconde une nouvelle peur ou un nouveau mensonge, de façon à ce que tout ce qu’ils nous enseignent est plus que suspect.   

La censure crée une telle forme d’omerta que t’informer sur ta réalité semble signifier accepter de participer au mal.  Alors que les vertueux crient au viol du corps, ce sont eux qui violent l’esprit des jeunes, en leur interdisant de prendre en main la création d’une conscience personnelle et de la définir. 

La peur éliminée, toutes les aventures étaient possibles et chacune me permettait d’apporter un point de vue différent.  Jouer aux fesses, c’était en apprendre plus sur la nature humaine.  Aucun individu n’est pareil. 

En ne demeurant plus avec Suzanne, je n’avais plus à craindre pour les enfants quant à la répercussion de mes aventures d’autant plus qu’un juge venait de la libérer.  Trois règles existaient cependant pour moi à cette étape de la découverte le consentement obligatoire,  la non-violence et le plaisir. 

Pour qu’il y ait plaisir, l’autre doit aimer ça autant que toi.  Un jeune qui aime ça ne peut pas le regretter, il est même possible de lui apporter une meilleure vie, de beaux moments, car être ensemble, c’est jouir de la présence du jeune pour revivre l’enfance qui nous a captivé, pour ne pas dire emprisonné.  C’est fondamental dans une relation que j’ai nommée « l’amourajoie ».  C’est un amour reposant sur la curiosité, la joie et le jeu. 

La pédérastie se confond avec le désir inconscient de figer la réalité à l’enfance.  C’est une déviation.  Mais tant qu’elle n’est pas violente, elle ne peut qu’être très positive autant pour le jeune que pour l’adulte.  Un besoin inconscient d’éternité ? L’adulte retrouve à travers son petit compagnon l’enfance qu’il désire revivre et repartager.  Une recherche de son paradis terrestre.  Une manière de ressentir les énergies. Et, la vie sans eux est trop terne pour valoir la peine d’être endurée

La pédérastie est une forme de don de soi.  C’est aussi une profonde respiration d’énergies.  Comment peuvent-elles être mal canalisées?   Le jeu peut-il être mal, s’il a pour but de nous rendre heureux?  

Depuis l’époque de la Grèce antique, qui louait la pédérastie, on l’interdit, sans même se demander si une telle situation peut être vécue de façon positive et si oui, comment ? Quel rôle la pédérastie joue-t-elle dans le développement de la personnalité du jeune aimé? Peut-elle être positive pour le jeune ou est-elle que pure égoïsme?  C’est ce que je me demandais à travers mes livres. 

Aujourd’hui, quand tu es accusé, les moralistes s’acharnent contre toi et tous ceux qui t’entourent te rejettent.   On peut sans hésiter, appeler cela du harcèlement.  Je sais de quoi je parle. 

La lutte pour la liberté sexuelle est une lutte pour les droits individuels et une véritable démocratie. 

Que l’esclavage ou la dictature soit imposé par dieu ou par les pétrolières, c’est toujours de l’esclavage. 

La dictature morale permet de conserver le pouvoir alors que les gens exploités s’imaginent, en obéissant aveuglément, engranger une meilleure éternité.

Radioactif 403

juin 12, 2022

Radioactif  403

Texte de 208, p. 693

La vraie question.

Tout le monde a un certain degré de curiosité pour des sujets différents.  Certains cherchent des extraterrestres dans les champs de blé d’inde, ils y font même pousser du pot pour faciliter leurs apparitions. 

D’autres courent toute leur vie pour trouver les moindres profits à engranger, c’est ainsi que nous retrouvons la vermine comme valeur ajoutée chez les spéculateurs immobiliers.

Moi, le finfin, je voulais comprendre d’où on vient et où on va.  Je dois aujourd’hui admettre que je vais mourir et que je ne le saurai pas encore : car, pour savoir ce qui se passe après la mort, il faut être mort.

L’être vivant est une petite vision temporaire de ce qui se passe dans l’univers.  La perception de la vie est-elle dépendante de l’intelligence? 

Comment Benji perçoit-elle la vie?  Voit-elle ou sent-elle la même chose que nous?

On a tous une vision individuelle de ce qui se passe dans l’univers.  On est, semble-t-il, l’aboutissement de la réunion de certaines formes d’énergies qui donnent naissance à la conscience, aux changements, donc, à la vie.  La vie est une permutation des énergies qui nous composent.  Existe-t-elle après avoir été modifiée?  L’âme existe-t-elle?   

On est à la fois, un hasard et une conséquence inéluctable : tel gêne plus tel gêne donne tel gêne.  Une chaîne qui se poursuit à travers les siècles.  Rien ne se perd et rien ne se crée. On est donc éternel, mais en sommes-nous toujours conscients? 

Qu’est-ce que ça donne d’exister, si on ne sait pas qu’on existe?  Pourquoi un petit bonhomme comme moi renferme plus d’énergies que toutes les roches qui forment le mont Orford? 

Je croyais auparavant que pour être immortel, il faut avoir un enfant.  Pour se perpétuer, il faut fournir un peu de sperme afin de créer un nouvel être ; mais ce n’est qu’en partie vrai.  

Le nouveau-né est un être totalement autonome, dans le sens de différent des parents. 

Chaque individu est une composition ADN différente de tous les autres. On est tous unique. On est une transformation qui, une fois réalisée, disparaîtra parce qu’elle n’a plus l’énergie suffisante pour garder son état. On n’est vraiment pas grand-chose et pourtant on se prend pour le nombril du monde. 

Le temps qu’on vit, on est le centre de  l’univers parce que grâce à notre conscience on peut identifier la réalité qui nous est extérieure. Les idées, les concepts naissent à un autre niveau et la création est d’abord et avant tout une idée. On ne peut rien connaître sans l’avoir vécu parce que la conscience est un miroir. 

La connaissance est différente du savoir : savoir c’est seulement la capacité d’identifier de l’information alors que la connaissance est un degré plus évolué,  car c’est connaître par osmose.  J’ai toujours été très curieux. 

Bizarrement, ma curiosité sexuelle a pris fin avec les expériences.  La dernière fut d’être le centre d’une orgie.  Je m’étais rendu pour ce faire sur la montagne avec un ami.  Je n’ai pas vraiment apprécié l’aventure, même si c’est particulier. 

Le sexe sans sentiment ça ne conduit nulle part.  Le meilleur moyen pour l’apprendre, c’est l’expérience.  

Pénis / circoncision.

Quand t’es jeune, tu t’imagines que tu es le seul sur terre à vivre telle ou telle situation. 

Le problème avec notre système de censure, on ne peut jamais trouver quelqu’un qui peut nous parler d’un problème sexuel ou répondre aux questions que l’on se pose. 

J’ai reçu en cadeau un livre d’éducation sexuelle suédois à partir des questions que se posent les jeunes, accompagnées de merveilleuses photos.  Il s’intitulait Show me. Il y avait aussi un très bon texte explicatif. 

Dans une perquisition, un tel livre au Québec serait considéré comme pornographique parce qu’il est illustré.  La vraie pornographie, c’est d’y voir de la pornographie.  C’est une attitude définitivement débile. 

Les jeunes se posent beaucoup de question quant à leur réalité sexuelle, mais c’est quasi impossible d’avoir une réponse intelligente, alors, on en parle aux amis ou on va directement voir des films pornographiques. 

L’omerta sexuelle est un tabou débile qu’entretiennent les nouveaux prêtres féminounes et qui fait qu’un gars ne peut pas avoir de réponses à des questions bien légitimes. 

Quand j’étais plus jeune, je pensais avoir un bien trop petit pénis quand je me comparais avec tous ceux que je voyais.  Écœuré de ne rien trouver dans les livres pour me renseigner quant à ce qui est normal, je me suis rendu chez un médecin pour lui demander si je l’étais.  J’aurais pu savoir que j’étais dans les normes sans aller voir un médecin si la société québécoise n’était pas assez scrupuleuse pour refuser de fournir tous ces petits détails de la vie la plus normale. 

Pourquoi refuse-t-on d’informer les jeunes que le pénis normal mesure entre cinq et six pouces bandé alors que dans les magazines ou les films, les hommes ont des pénis qui sont toujours plus de six  pouces.  Que les changements quant à la grosseur des testicules ou le développement du pénis se fait habituellement entre onze et quinze ans, selon les individus.  Ça se rend parfois jusqu’à 18 ans. 

Pourquoi n’a-t-on pas le droit de savoir comment s’effectue ces changements ? C’est ce qui nous touche le plus : notre corps. 

Il y a aussi des jeunes dont le prépuce constitue un véritable montage de chair ratatinée au bout du pénis et qui souffrent s’ils veulent se laver, comme c’est essentiel de le faire.  Ils ne savent pas que s’ils ont de la difficulté à dégager le gland, c’est qu’ils ont besoin d’être circoncis. 

C’est différent ici, au Québec, car les médecins font souvent à la naissance une circoncision à la québécoise ou une demi-circoncision ; c’est -à-dire qu’on enlève l’excédent de chair inutile, tout en gardant un prépuce qui recouvre le gland en entier, mais qui peut facilement être dégagé.  Le prépuce glisse très bien.  

Pourquoi entretenir une honte de parler d’un phénomène aussi normal ? 

C’est plus malsain de garder le silence sur ces réalités.  C’est ce qu’un bon cours sur la sexualité devrait apprendre aux garçons, mais nos âmes frileuses préfèrent entretenir le mystère et la honte.  Bande de malades ! 

Si on ne créait pas une telle atmosphère de délinquance autour ce tout ce qui est sexuel, mais sans violence, on aurait moins de frustrés. 

La censure quant à elle est une attitude maladive. Une forme d’étroitesse d’esprit qui nous vient souvent de notre surmoi.

Radioactif 402

juin 11, 2022

Radioactif 402

Texte de 2008, p. 690

Le danger de la peur.

Le problème causé avec l’apologie de la peur sexuelle n’est pas que financier : c’est un danger pour le futur tissu social. 

Cette approche de la vie ne crée que la peur.  Ce ne sont plus que les oncles qui sont de futurs agresseurs, mais ce peut aussi être le père. Tu dois te méfier de tout le monde autour de toi.  Tu dois toujours avoir à l’œil le frère, le voisin, enfin presque la planète entière, sauf les femmes, qui voudraient palper des petits seins ou une paire de fesse en formationSelon ces normes,les hommes ne pensent qu’à réaliser leurs rêves cochons. 

À force de crier que devenir un objet sexuel est un crime contre l’humanité entière fait que tu ne peux plus avoir confiance en personne.  Ces obsédés de la pudeur se pensent habituellement irrésistibles et désirent secrètement attirer l’attention, ce qui les culpabilisent au bout.  

Que l’on te prenne de force, que l’on te batte ou qu’on te force pour mieux te «ploter» (excusez ce mot vulgaire, mais c’est le meilleur), c’est une chose ; mais si tu as nettement indiqué que ça ne t’intéressait pas et que ça continue, dans ces cas, c’est un viol. C’est utiliser la violence à des fins sexuelles. 

Quand j’étais avec Mathieu, j’allais jouer aux quilles avec lui.  Je lui ai donné des claques sur les fesses quand il est passé devant moi, pour le féliciter.  Eh bien ! Parmi les choses que l’on me reprochait en cour et que l’on disait douteuse, il y avait ces claques sur les fesses.  Le procureur de la Couronne était un immigrant, il croyait peut-être, dans sa culture, que c’est mauvais de féliciter ainsi quelqu’un ; mais pour ma part, je l’ai pris pour un décadent. Je faisais le même geste quand nous allions jouer en compagnie de son père et personne n’a jamais été assez idiot pour y voir une quelconque connotation sexuelle

Bien des accusations sexuelles sont de ce genre.  Stupides.  Qui n’a pas joué au docteur dans sa jeunesse?  Pourtant, aujourd’hui, c’est devenu un viol dans la tête de nos malades de la pudeur.  En réalité, c’est une curiosité normale d’enfants.  S’il y avait moins de censure, les jeunes n’auraient pas à exploiter la sexualité à la cachette. 

Ma petite claque n’avait absolument rien de sexuel, je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai entendu ce reproche.        

J’étais assis quand il a passé devant moi, je ne devais quand même pas devoir me lever pour le frapper sur l’épaule, au cas où une imbécile assez fêlée verrait dans cette petite manifestation de solidarité et d’encouragement un geste sexuel.  Des niaiseries qui n’existent que dans la tête des esprits assez tordus pour voir du mal partout. 

La vie sera un cauchemar, car il faudra passer notre temps à se demander s’il n’y a pas une personne assez idiote, autour de nous, pour nous espionner et juger à travers cette vision débile tous les gestes que l’on pose.  Nous nous dirigeons dans cette direction : le retour à la censure, à la dictature morale, à la calomnie et la jalousie. 

En qui les jeunes pourront-ils avoir confiance ?  Même des policiers se servent de leur habit pour approcher les victimes.  C’est plus qu’exceptionnel, heureusement, mais le plus grand quotidien et les informations radio-tv se feront un plaisir d’exploiter à la une un tel incident, oubliant que ça mine la confiance des gens dans la société.  À qui peut-on faire confiance ? 

Où les enfants iront-ils chercher l’affection essentielle à un bon développement?  Les parents doivent tous les deux travailler pour joindre les deux bouts.  Nos sociétés développent ainsi les cas de suicide.  Mais, ce n’est pas grave, car la vertu est sauvée.  Vive la stupidité !  Vive le stress !  Vive les médicaments ! 

Les profits financiers seront bons, car bientôt on aura des pilules pour le débandage puisque la castration chimique est une obsession des malades de la chasteté.


Cachons ce pénis, mais montrons à tuer.

Le monde est tombé sur la tête.   Nos gouvernements mettent sur pied des campagnes à coup de millions pour inciter les jeunes à devenir des «stools», à dénoncer les moindres gestes qui peuvent être interprétés comme pouvant être de nature sexuelle.

Ce peut être un regard louche, une main trop ambitieuse, une hanche trop aventureuse.   Parfois, mêmes les gommes à mâcher, peuvent être un appel au mal.  Un baiser ça tue. 

Nos dirigeants augmentent les effectifs policiers pour combattre la pornographie et cherchent à créer une police planétaire pour s’attaquer au tourisme sexuel, provoqué par les faibles salaires et le goût des gens tellement vicieux qu’ils osent vouloir survivre aux crises humanitaires que le système organise pour augmenter les profits des multinationales, des pétrolières.  

La violence à travers les jeux est maintenant dénoncée comme une pensée normale chez un enfant évolué dès le primaire.  On pense que si on voyait moins de sexe, on aurait moins de violence?

Il n’est pas étonnant qu’on retrouve de la violence depuis l’enfance, car les jeunes ne sont pas sortis du berceau qu’à toutes les secondes il y a une télévision ou un jeu qui leur montrent comment tuer.   Mais, voir des gens tuer à toutes les secondes, ça n’a aucun impact sur la psychologie des enfants.  Ces derniers deviennent violents que s’il y a de la nudité.  Quelle conerie!

Si la personne tuée se ramasse nue sur le plancher,  les jeunes sont exposés à de violentes crises de coeur.    Un nu, ça rend agressif.  Les gens tuent-ils dans les films parce qu’il y a des scènes obscènes?  On peut voir des petites culottes, par exemple.  James Bond l’a prouvé.  Chaque scène d’amour appelle de facto une série de meurtres.  Heureusement, il y a encore des marques de sous-vêtements qui cachent tout, qui ont le sens de la responsabilité.  Vive les burka!  Comment les textiles pourraient- ils se développer s’il fallait que les vêtements soient trop petits?  Une grande partie de la Chine serait condamnée à mourir de faim.   C’est écœurant se montrer ainsi à poil.  Une fille peut être marquée à vie quand elle se rend compte qu’elle n’a pas de pénis, mais de beaux seins.  Tous les hommes devraient se faire couper les mains. 

La morale bourgeoise s’attaque à tout ce qui est nudité, sexe, pour cacher le vrai visage idéologique du capitaliste sauvage qui n’hésite pas à tuer pour rapporter davantage de profits, mais tous les meurtres se commettent bien habillés. 

Personne ne peut être traumatisé par la vue d’un corps nu.   Il faut avoir honte de son corps. Dans notre monde, c’est normal pour une personne qui a des principes que des millions de gens soient privés de nourriture et en crèvent parce que les maudites pétrolières ne font pas assez de profits. 

On a appellé ça la conscience sociale collective.  La justice de nos systèmes politiques. 

Si quelqu’un se promène nu dans la rue, des dizaines de personnes s’enlèveront la vie parce qu’ils auront vu les fruits de la passion défendus.  Un tel spectacle peut créer des carambolages à n’en plus finir.   Un trou dans la tête, des jets de sang sur les murs, c’est moins traumatisant que les cris stridents d’une fille qui jouit dans un film porno, même si on enlève le son parce que c’est plus fatigant qu’excitant.   Ça ne se compare même pas. 

Combien de gars se sont suicidés dès qu’ils se sont rendu compte que leur voisin avait un plus long pénis que le leur? Il ne faut donc jamais voir un pénis, c’est plus traumatisant que d’apprendre que des bombes tuent des milliers d’enfants durant les guerres. Il ne faut jamais parler ou montrer d’images à connotation sexuelle, c’est bien plus dommageable que les batailles comme solutions à tous les problèmes.

Dans le fonds, on devrait emprisonner tous ceux et celles qui ne prennent pas leur douche en costume de bain.  Quel malheur ce serait s’il fallait que deux ou trois nudistes courent dans le stadium des jeux olympiques à poil avec le mot Tibet écrit sur les fesses. 

La pression atmosphérique grimperait tellement que de nouveaux glaciers de l’Antarctique fonderaient.  Dieu avait raison de noyer l’humanité, mais il n’aurait pas dû choisir Noé ; car, c’est sa faute si la vie est ainsi aujourd’hui.  Dès qu’il est sorti de l’arche, il a pris du vin et s’est mis à poil.  Ses fils l’ayant ainsi observé ont cru que c’était un rituel de réconciliation avec dieu.  Cependant, découvrant qu’il en avait une toute petite, ils se sont mis à rire. 

Et voilà, pourquoi nos petits Européens quand ils sont arrivés au Canada ont découvert des Sauvages à poil.  Ce sont les descendants des fils de Noé. C’est un choc!  Les Indiens ont généralement le gland plus pointu que celui des blancs.  Ils copient sur leurs flèches. 

Un autre fait anthropologique invraisemblable que l’on tente de nous cacher. Les petits indiens ont de plus belles queues que les petits blancs.  N’étant pas circoncis, ils devraient avoir le gland moins usé.  Est-ce l’œuvre des missionnaires? 

Oui, je peux solennellement l’affirmer : s’il n’y avait pas de sexe, il n’y aurait pas de péchés, mais il n’y aurait pas d’humanité. 

Mieux vaut montrer des fusils à nos enfants avec les guerres qu’on nous prépare, les fusils seront plus utiles.

La guerre ça paye plus que la vente des drogues et le sexe ensemble. 

Radioactif 401

juin 10, 2022

Radioactif 401

Texte de 2008, p. 686

Le sexe à la garderie ?    

Si je trouve maladif les appels à la délation des féministes, je dois avouer que je ne comprends pas qu’un individu (remarquez que c’est rarement une femme) ait posé des gestes de nature sexuelle sur des bambins dans une garderie ou à la maison.  Ça me semble tellement invraisemblable que parfois je me demande si ce n’est pas « organisé avec le gars des vues » pour nous en mettre plein la vue et entretenir la peur chez les parents qui doivent faire garder leurs enfants. 

Pourquoi une personne normale serait-elle intéressée à avoir un contact sexuel avec un bambin? Non seulement le bambin, à mon avis, ne peut pas jouir de cette relation ; mais il ne présente aucun intérêt sexuel.  Il n’y a pas de partage, d’échange.  J’avoue ne pas comprendre, même si j’essaie.  Ça me dépasse complètement. 

À la rigueur, je pourrais accepter comme possibilité qu’une personne puisse se demander par curiosité à quel âge on commence à bander, étant donné qu’aucun livre à ma connaissance ne semble apporter une réponse.  Je pourrais comprendre que quelqu’un cherche la réponse.  On pourrait à la rigueur essayer de répondre à cette interrogation. Ce n’est pas parce qu’on trouve très beau un petit nu devant nous, qu’on est pédophile. 

Cependant, quand on lit que le jeune a des bleus aux fesses ou qu’on a essayé de l’enculer, c’est tellement incroyable et maladif qu’on peut douter de la véracité de ces informations.  N’importe quel adulte sain d’esprit sait très bien que toute pénétration avec un bambin est impossible, sans le blesser.  Une simple question de dimension.  Il faut être malade pour tenter une telle chose.   

D’autre part, quand on dit que le petit a le gland du pénis «mâchouillé», je ne peux m’empêcher de penser que cette personne ne connait rien à la fellation.  Tu ne mords jamais quand tu suces.  Le plaisir réside dans la façon de le faire, dans les chatouillements provoqués, la vitesse du va et vient, de la douceur de la langue, et non à prendre le pénis pour un « hot dog».  D’ailleurs, en vieillissant, t’apprends vite que le succès est mieux assuré si t’enlève ton dentier.  La fellation est en soit quelque chose de doux, de plus agréable encore que la masturbation partagée. 

Est-ce qu’on veut nous faire croire qu’il y a des dépravés qui dépassent toutes formes d’entendement?  Personne ne peut être d’accord avec un tel comportement, mais de là à implanter une paranoïa dans la tête des gens en faisant croire que c’est fréquent, je trouve ça tout aussi débile.  L’ignorance doit être un facteur décisif dans tout comportement de ce genre. 

Une personne normale ne s’intéresse pas au sexe d’un bambin, tout le monde est d’accord ; mais ce n’est pas parce qu’il y a un malade de temps en temps qu’on doit semer une peur disproportionnée. 

Par ailleurs, je ne crois pas que l’on doive juger de la gravité des gestes en fonction d’une morale religieuse ou d’adulte, mais selon ce que ça peut produire comme traumatisme chez l’enfant, s’il y en a un.  À ce compte, l’enfant doit avoir peur. 

Plus important que punir, c’est d’assister la victime à ne pas se sentir dévalorisée aux yeux de ses parents et de ses compagnons.  L’enfant doit être le centre des préoccupations.  A-t-il été traumatisé ou notre réaction est-elle si vive qu’elle le traumatise encore plus?  Pour qu’une relation soit profitable, elle doit être consentie, non violente, responsable et surtout amusante, pour ne pas dire jouissante

Ces conditions ne peuvent pas être rencontrées avec un enfant trop jeune.  C’est l’évidence même.

Par contre, je crois qu’un enfant battu est dans une situation encore pire

Un enfant a besoin de se sentir aimé et apprécié de ses parents.  Et l’on vient de prouver qu’à l’adolescence, dans un environnement normal et positif, même un enfant violenté, peut compter sur la résilience du cerveau pour orienter sa vie dans la joie et le bonheur.  On oublie plus facilement les phases de joie que les moments de misère. 

Comment un jeune de plus de 10 ans qui apprend la jouissance de se faire tailler une pipe peut-il être traumatisé jusqu’à 70 ans?  Je pense qu’on nous prend pour des idiots.  Je me souviens qu’un jour, alors que j’enseignais au secondaire à Montréal, j’avais amené un petit gars à avouer que son père le battait.  Après en avoir discuté avec le directeur, nous avons averti la DPJ.  Quelle erreur nous avons commis. 

Le père était portugais et considérait que sa manière d’élever ses enfants ne regardait que lui.  La police a rencontré le père qui a prétendu que son fils se droguait. À partir de ce moment, le jeune était fréquemment suivi par les policiers qui le harcelaient à cause de sa consommation.  Cette situation ruina son rapport avec les autres qui le prenaient maintenant pour un drogué. La vie de ce jeune est passée du purgatoire à l’enfer parce qu’on voulait l’aider. 

J’ai aussi beaucoup de difficulté à croire dans les mouvements de protection des jeunes qui ne parlent que de sexe.  Les protègent-ils vraiment?  J’ai à maintes occasions dû constater que ces dénonciations et l’interprétation des intervenantes ne faisaient qu’empirer la situation pour le jeune.  Les jeunes ont surtout besoin de compréhension pour être aidés.  C’est leur bien qui doit l’emporter, pas nos jugements sur la moralité de leurs gestes, surtout s’ils ne sont pas violents

Tout peut être toléré, tant qu’il n’y a pas de violence ou que ça ne conduit pas à la violence.            

Les Maria Goretti modernes.

En plus de jeter 60 millions $ de nos impôts à l’eau, alors qu’on manque d’argent pour franciser les nouveaux arrivants (Mme St-Pierre est ministre responsable de la langue française et de la condition féminine au Québec), la campagne en faveur de la délation sème, en plus de la paranoïa, une haine de la sexualité chez toutes les jeunes filles, et une évaluation de la vie humaine sujette à créer tous les intégrismes. 

D’abord, ces publicités en présentant la femme comme une victime automatiquement potentielle (une sur trois sera violée) nie la beauté de la sexualité et amplifie l’homophobie de ces féministes de la castration, en laissant entendre que les mâles sont des cochons incontrôlables, avides du pouvoir, un pouvoir qu’elle voudrait bien détenir.   

Ces nouvelles Maria Goretti utilisent les mêmes mécanismes de base que les religieux employaient pour déterminer le bien et le mal en matière de sexualité.  Comme les curés, elles projettent leur état de femmes frustrées sexuellement sur toutes les autres femmes ainsi que sur les enfants 

Dans le Coran, on parlait des impies et les Talibans nous montrent jusqu’où cette fièvre de la pureté peut nous conduire.  

Pour toutes les asexuées, le plaisir n’existe pas dans les rapports humains.  Elles croient coupables tous ceux et celles qui le ressentent.  Selon elles, le sexe n’est pas souhaitable. Il salit. 

Heureusement, ce ne sont pas toutes les femmes qui réfléchissent ainsi ; celles qui sont équilibrées savent fixer leurs limites et reconnaître le don extraordinaire qu’il leur est accordé de pouvoir enfanter. 

Qui auraient pensé qu’un jour des femmes auraient tellement honte de leur corps qu’elles en seraient rendues à croire que cacher ce corps, le rendre inaccessible à toutes formes de jouissance, les rendraient plus « intérieurement propres».  Avoir une telle honte et une telle peur de la sexualité est définitivement un signe de profond déséquilibre.   

Comme les curés, elles ont besoin de se couvrir pour oublier et se cacher qu’elles sont des êtres humains, donc des êtres sexués.  Vouloir le nier, c’est un acte schizophrène, un déni de la réalité.  On pourrait faire un meilleur usage de ces millions. 

Les religions sont devenues milliardaires en prônant l’abstinence sexuelle et en exploitant la culpabilité et la honte. Ce n’est pas une raison pour poursuivre leur erreur.   Le pape vient nous le rappeler dans sa visite aux États-Unis.  Dire qu’on veut même créer une ligne 1-800 de dénonciation… Ça ressemble à notre Harper- Bush national qui interdit des livres sur les drogues, sous prétexte qu’on peut ressentir quelque chose d’amusant sous l’effet des drogues.  L’as de la censure ! 

Éduquer les jeunes, c’est leur mentir selon lui.  Ce fasciste préconise aussi qu’on dispose de 30 milliards supplémentaires pour aller faire la guerre pour les pétrolières. Mais, il ne trouve pas d’argent pour améliorer le sort des jeunes qui vont à l’université ou vivent dans la misère.   Le fédéral n’est-il pas responsables des études post universitaires ? 

Les gouvernements n’ont pas d’argent pour vaincre le décrochage et préparer une relève ; mais ils l’ont pour leur propagande de malades.

Nos gouvernements sont aveugles et n’ont aucune vision d’avenir. Il faut remplir les poches de ses petits copains durant qu’on est au pouvoir. 

Je n’ai aucun respect pour toutes ces idéologies hypocrites et ordurières.          
 

Radioactif 400

juin 9, 2022

Radioactif  400

Texte de 2008, p. 684

Les fausses féministes : les féminounes.     

Il y a une différence essentielle, notable, entre les féministes des années 1970 qui considéraient la liberté sexuelle comme un droit individuel fondamental et le féminisme d’aujourd’hui.  Je n’inventais pas une nouvelle morale plus libre, plus consciente, plus scientifique, donc plus près de la réalité ; je vivais tout simplement en accord avec les principes défendus par les féministes de mon époque. 

Était-ce parce qu’on discutait d’avortement et qu’ainsi chaque femme était nécessairement potentiellement directement concernée qui faisait qu’elles étaient plus ouvertes d’esprit ?  C’est un sujet qui va reprendre très bientôt le micro parce que notre moumoune nationale, Stephen Harper, doit comme son mentor Bush, ramener l’avortement comme sujet de discussion.  Pour l’interdire, bien évidemment.  

Il a d’ailleurs introduit son projet de loi en consacrant les droits du fœtus, tout comme il a réintroduit la censure en ajoutant deux petits mots passés inaperçus dont « l’ordre public».   Il a le champ libre, car les libéraux sont incapables de reprendre le pouvoir d’où s’écrasent-ils comme un petit chien qui a peur. 

Si McCain emporte les prochaines élections, Harper deviendra, grâce au fond religieux qui existe encore au Canada et aux comtés religieux du Québec, plus officiellement un gouvernement majoritaire de dictature.   

Plus hypocritement, toutes les religions sont comme les Talibans. II suffit de leur donner le droit d’expression pour l’apprendre. Nous aurons droit à notre Charia sexuelle locale.  

Plus tu crées une zone de paranoïa, plus tu retournes vers les vieux concepts moraux en vue de te sentir plus en sécurité. 

Les féministes d’aujourd’hui sont de faux curés qui essaient, sans s’en rendre compte, de nous ramener aux enseignements religieux, qui même s’ils sont écrasants permettent de vivre davantage dans une illusoire sécurité.  

Les féministes de mon époque avaient compris qu’il n’appartient à personne de te dicter une morale sexuelle quelconque, car elle est un lien direct avec tes croyances religieuses, donc, du monde de l’émotif. 

Selon les religions, Dieu est un être qui n’a aucune idée du principe de la limite. Il nous aurait dit ce que nous devons croire et ce que nous devons faire de notre corps. 

Un être absolument spirituel peut-il comprendre ce qu’est être esclave d’un corps, au point de pouvoir nous indiquer quel devrait être notre comportement?  Un être illimité peut-il concevoir comment vivre les limites?  Accepter la morale des autres, c’est plus sécurisant et plus facile que de créer sa propre morale. 

Ce besoin d’être comme les autres, c’est ça l’aliénation.  Embrasse dans la joie la corde qui te garde esclave. 

C’est pire que le colonialisme parce qu’on se fait tellement laver la cervelle qu’on s’imagine que cette servitude nous protège alors qu’elle nous exploite. 

On croit qu’en groupe on est automatiquement grandi et mieux protégé. 

Les « athées » viennent de s’apercevoir qu’ils se sont fait passer « une épinette sèche» par les féministes qui ont pris le pouvoir au Québec.  Ces dernières ne sont pas de la génération qui croyaient dans l’égalité réelle, absolue, des hommes et des femmes, y compris la sexualité ; mais elles sont les descendantes de ces pécheresses en repentir qui repartent en croisade contre le mal  » sexuel bien évidemment  » et qui ont honte d’avoir osé penser qu’elles avaient le droit de jouir de leur sexe.  Le plaisir, selon cette façon de voir  est un péché.  Le péché de la chair est un mensonge.

Le danger de ce nouveau troupeau moraliste est son hypocrisie. 

Elles ne semblent pas conscientes qu’elles raniment les valeurs que les femmes ont combattues avec ardeur pour se hisser là où elles sont rendues actuellement.  En se redéfinissant à partir des principes religieux, elles ressuscitent le mythe de la femme qui doit être soumise à son homme et qui est indigne de vivre sa sexualité dans la joie. 

Certaines féministes actuelles sont des inconscientes qui n’arrivent pas à imaginer ce que sera leur nouvelle société de paranoïaques castrées à la recherche de la rigueur morale qui leur était inculquée depuis leur enfance ; car elles ont échangé leur droit à l’égalité par celui de la sécurité. 

Les féministes d’aujourd’hui sont issues du discours des femmes religieuses, ayant honte d’être sexuées,  et non de celles qui voulaient l’égalité entre homme et femme à tous les points de vue.  Aujourd’hui, elles sont honteuses et coupables d’avoir espéré la liberté.  Donc, nous retournons à la morale de nos ancêtres et leur niveau de connaissance.

Féministe = stool ?

Est-ce qu’aujourd’hui féministe veut absolument dire : bavasseuse ou                 « stool »?  Une race d’humains en qui on ne peut absolument pas avoir confiance, dont le nombril ne peut supporter d’être abordé sans une paire de gants blancs ; une personne qui se croit tellement précieuse qu’elle s’imagine que tous les autres sont des bactéries ou des virus virulents. 

Que tu es des droits, que tu veules les faire respecter, c’est plus que normal et nous avons tous les mécanismes (parents, enseignants, travailleurs spécialisés) pour s’assurer qu’aucun enfant ne soit pas prisonnier de son secret.  Mais de là, à offrir cette garantie, de manière à créer une industrie de la délation à partir même des garderies, c’est de la folie pure.  Il faut au préalable considérer la sexualité comme étant en soi quelque chose de mal pour penser ainsi.  Ce que je considère encore plus malade que moi, malgré ma pédérastie. 

Dépenser 60 millions, en cinq ans, pour apprendre aux jeunes à stooler, même si on appelle ça « briser le silence », apprendre à devenir paranoïaques, c’est abuser des dépenses faites à partir de l’argent des contribuables. 

Tous les cas de violence doivent être dénoncés.  Aucun doute et aucune hésitation là-dessus. 

Le droit absolu d’aimer à être touché est aussi un droit fondamental, mais si on ne respecte pas un « non clair », c’est un abus.  Tout le monde est d’accord. 

Cependant, se mettre à dénoncer tout ce qui nous semble un geste sexuel parce qu’on s’imagine que la sexualité doit être réprimée en dehors des quatre murs de sa chambre à coucher, c’est de l’abus. 

Pour que l’industrie de la dénonciation fonctionne, il faut créer ce besoin de tout dénoncer.  C’est créer une culture de paranoïa. 

Un jour, un de mes amis professeurs a été accusé de harcèlement sexuel parce qu’il avait l’habitude de passer la main dans les cheveux de l’élève pour le ou la féliciter.  Un geste normal, il y a peu de temps.  Eh bien, il a failli perdre son emploi pour avoir pensé qu’on a encore le droit de manifester ses encouragements à partir d’un geste affectueux.  On en est rendu qu’un regard    «insistant » peut être perçu comme un geste de harcèlement sexuel. 

Je pense qu’on vit dans une société de plus en plus folle.  

8 juin 2022

Je suis encore tout à fait d’accord avec cet écrit. Cependant, j’insiste sur le fait que je crois encore dans le féminisme de ma jeunesse. Je ne comprends pas qu’on puisse mettre l’égalité homme-femme en doute une seule seconde.

J’avoue avoir un certain malaise avec mes textes anciens quand il parle des femmes parce que, sauf sur le plan sexuel, j’ai peur que mes écrits puissent être quelque chose qui nuise à l’égalité homme-femme.

Pour moi, être un homme ou une femme, ça ne change rien. La nature est ainsi faite et le seul problème est d’apprendre à s’accepter et même s’aimer comme on est.

L’aversion sexuelle est ce que les religions nous ont appris. C’est un moyen de créer en nous une aversion d’être humain.

Radioactif 399

juin 8, 2022

Texte de 2008, page 662

Le scandale St-Pierre.

On apprend dans La Tribune, de Sherbrooke, que la ministre Christine St-Pierre a un budget de 60 millions $ pour combattre les abus sexuels. Les annonces dénoncées récemment parce qu’elles ne disent pas que tu as aussi le droit de dire « oui » font partie de ces dépenses folles.  Un total de 60 millions $ pour propager la paranoïa et la délation.

On veut même implanter un service 1-800. 

Il faut vraiment être tombée sur la tête pour dépenser autant d’argent à la promotion de la dénonciation des abus sexuels alors qu’on a pas l’argent pour retrouver les personnes disparues comme la petite Cédrika Provencher ou les autres personnes disparues. 

Je suis parfaitement d’accord sur le fait qu’il faut combattre, sans répit, même majorer les sentences pour toutes formes d’abus sexuels violents.  Mais, il faudrait avoir l’intelligence de faire une nuance entre un abus violent et non consenti, un viol et une situation (un attouchement ou une incitation) où il n’y a pas de violence, mais plutôt un esprit de jeu, de plaisir. 

On dirait que les féminounes veulent absolument remplacer les curés d’hier.   Elles sont aussi obsédées par le sexe qu’ils l’étaient.  Sont-elles jalouses du pouvoir des confessions?  Elles veulent elles aussi voir et entendre tout ce qui se passe dans le pantalon du voisin?   

C’est indécent de mousser la paranoïa jusqu’à prétendre que tout acte à caractère sexuel est une forme de viol. 

On devrait jouer un peu moins aux moralistes quant à l’argent dépensé.  On n’a pas l’argent pour offrir des cours de français aux nouveaux arrivants et son gouvernement n’a même pas la décence de s’adresser en français aux industriels du Québec. (Le Devoir).  C’est strictement débile. 

On s’entend que la violence et les profits exagérés des multinationales ou leurs fermetures pour de prétendues raisons de mondialisation sont les pires ennemis de notre société?  C’est pire de jouer à des jeux vidéo où l’on passe son temps à tuer qu’à regarder des films pornos. On s’entend sur le fait qu’il faut éliminer toutes les situations de proxénétisme, y compris faire sauter la protection accordée à la pègre pour la prostitution.  Il y a prescription de deux ans.

On retourne aux années 1950, sauf que cette fois, ce sont les féministes paranoïaques qui remplacent les curés.   Faut être pas mal sautée pour dépenser autant d’argent pour défendre une morale bourgeoise et dépassée qui ne correspond même pas aux découvertes de la science alors qu’on apprend que le quart des jeunes au Canada vivent sous le seuil de la pauvreté.  On se réveille ! 

Je préfère me faire poigner le cul que de crever de faim !  Au moins, t’as du fun. …      

En 2006, au Québec, il y a eu 6,003 infractions sexuelles enregistrées par la police.  Combien étaient violentes, on ne le dit pas.  C’est donc dire qu’on a dépensé 3,000$ par effractions, si on juge qu’il s’agit du même nombre durant les cinq prochaines années et, à cela, il faut calculer les pertes que ces accusations créent.  Un accusé pour une effraction sexuelle devient un candidat idéal au bien-être social à vie puisqu’on le pourchasse afin qu’il ne puisse plus travailler. 

Les excès de pudeur sont très coûteux. La religion paie environ 100,000 $ pour chaque cas de pédophilie.  C’est vrai que l’Église est multimillionnaire.  Si tu veux créer un racket payant, crée une religion ou une association contre la liberté sexuelle ! 

Bientôt, on pourra être accusé de harcèlement sexuel juste à regarder quelqu’un intensément.  Je m’excuse, ça existe déjà !

La liberté sexuelle d’alors.

Je me rends compte que le vin, tout comme le pot, sont des ennemis de la création, du moins, dans mon cas.  J’ai profité d’être seul avec Benji et de l’arrivée du printemps pour renouer un peu avec le Chianti et le Pinot noir ; mais en plus des crampes dans les jambes, le vin m’empêche de créer un texte de mon goût. 

Je voudrais bien parler de la fascination qu’exerçaient les beaux petits seins de la petite Hélène, mais qui n’a pas déjà ressenti une telle ferveur. 

Je passe donc à la largesse d’esprit et de l’avant-gardisme des féministes de cette époque.  Ces femmes étaient assez à l’écoute de leurs enfants pour savoir exactement ce qu’ils ressentaient quand ils étaient avec moi.  Elles ont toutes conclues que les jeunes aimaient ma compagnie et qu’en aucun moment je représentais un danger pour leur progéniture.  Tout était clair. Tout le monde savait que je suis pédéraste et faisait confiance aux jeunes.  Cette transparence garantissait toute sécurité pour celles qui faisaient confiance à leur garçon et pour qui la confiance ne signifie pas qu’il ne se produit rien, mais que rien ne va perturber le jeune. 

Je me souviens qu’une de ces femmes, mal à l’aise, me raconta avec émoi que son garçon venait de lui dire que je lui avais touché le pénis.  Elle lui a tout simplement dit : si tu as aimé ça c’est ton droit ; mais si c’est le contraire, nous partirons immédiatement et il ne restera jamais plus en notre compagnie.  C’était son choix.  Le jeune resta non seulement pour le reste de la journée à la maison ; mais il décida de coucher avec moi dans mon lit. 

Ce ne sont pas les féministes d’aujourd’hui qui verrait la vie ainsi.  Elle était tout simplement assez émancipée pour laisser son jeune libre de choisir. Quoiqu’il arrive, elle savait que son petit ne serait pas en danger avec moi.

Cette femme était bien meilleure mère pour ses enfants que toutes les frustrées et les peureuses qui les surprotègent. 

L’arrache-coeur, de Boris Vian, est un roman remarquable à ce sujet.  C’était le temps des expériences de toutes les sortes en autant qu’elles étaient non violentes et consenties.  C’est exactement ça respecter l’intégrité d’un individu et non que les autres, les adultes,  décident pour lui.

L’homophobie

juin 7, 2022

La longue bataille contre l’homophobie

Au tournant des années 1990, 17 hommes homosexuels ont été assassinés à Montréal. Les meurtres ont été commis sur une période d’environ quatre ans. Cette triste période est le point de départ de la balado Le Village : meurtres, combats, fierté qu’OHdio offre à compter de ce mardi. Notre chroniqueur Mario Girard a écouté les sept épisodes et affirme que c’est de la très bonne radio !  (La Presse,7 juin 2022).

Radioactif 398

juin 7, 2022

Radioactif 398

Texte de 2008, p. 681

L’indépendance/mondialisation.

Ceux qui prétendaient que la mondialisation était une raison pour mettre de côté l’idée d’indépendance du Québec doivent aujourd’hui reconnaître leur courte vision. 

Sous des prétextes économiques, on pensait que le Canada était un marché plus intéressant et plus payant que le Québec.  C’était vrai jusqu’à un certain point : le Québec sera mieux servi quand il fera partie d’un libre-échange avec l’Europe.  C’est une chose qui aurait dû être réalisée depuis longtemps et nous devrions utiliser l’euro.

Depuis quelques années, le paysage économique de la planète s’est modifié.  La Chine, un pays où tout le monde crevait de faim est devenu une superpuissance assoiffée d’énergies.  Son but est de détrôner les Américains, avec l’aide de la Russie. 

Al Quaïda est l’armée de l’Islam ou si l’on veut des pays producteurs de pétrole et d’opium, ennemi d’Israël.  Il se passe maintenant ce qui se passait, il y a quarante ans.  Les industriels d’ici, à la recherche d’employés sous-payés, se sont installés là-bas sous d’autres noms et ils livrent une lutte à finir avec les industries d’ici qui n’ont pas su se moderniser quand il était temps. 

À moins d’offrir des produits de très haute qualité, il fallait se débarrasser des secteurs mous, multiplier les usines de transformation.  Les syndicats pensent d’abord à leurs propres profits au lieu de ceux des travailleurs, ils ne pensent qu’en fonction des augmentations de salaires.  Et, nos usines ferment.  Pourquoi?  Parce qu’on a été assez fous pour écouter les beaux discours de Jean Charest. 

On a laissé les multinationales s’installer chez-nous, on a pratiquement vendu le Québec, pour donner l’image d’une société prospère ; mais en réalité, tout ce qu’on a fait, on a donné des cadeaux à coups de millions à des multinationales qui aujourd’hui, puisque c’est plus profitable pour elles, ferment une à une.  Nous avons été leurrés. 

C’est comme notre bas de laine qui se vide continuellement parce qu’on a une bande d’incompétents qui jouent aux financiers avec notre argent.  Il se perd des coups de pied au cul au gouvernement ! 

C’est le seul point où l’ADQ avait raison ; mais ce parti politique ressemble de plus en plus à celui de Stéphane Dion où  le discours tourne à vide.

On dit que le Québec sera touché par la crise alimentaire mondiale. C’est sûrement vrai, car on a refusé l’agriculture auto-suffisante que prônait Jean Garon, ex-ministre péquiste de l’agriculture.  Si on avait écouté ce dernier, nous ne serions pas dépendants, comme nous le sommes maintenant à cause des pétrolières, car on n’aurait pas à faire venir tous nos produits de l’extérieur.  

Avec la crise économique qui s’en vient, on pourra se mordre les doigts de ne pas avoir eu la sagesse de devenir un pays en 1995. 

Charest nous enfonce dans un état de dépendance dont on ne se sortira probablement  jamais.  Si le Québec ne veut pas trop s’enfoncer, il faut mettre sur pied un plan d’urgence d’achat chez nous, ce sera sûrement plus profitable que de dépenser des millions à inciter les gens à devenir des « stools» sur tout ce qui touche la sexualité. 

Les féministes ont tué le référendum de 1980 et 1995, tout autant que les votes ethniques, mais on en a pas encore parlé.  C’est payant de garder une population dans l’ignorance, ça permet au moins à la police d’avoir de plus grandes subventions pour goûter elle aussi aux joies de la pornographie infantile, sous prétexte de la nécessité de surveillance. Société d’hypocrites ! 

Radioactif 397

juin 6, 2022

Radioactif 397

Texte de 2008, p. 680

Drôle de situation !

Pendant que les poètes s’intéressent à m’écraser pour m’empêcher de dire que j’aime faire une pipe aux jeunes adolescents — un exploit que je n’ai pas réalisé depuis au moins dix à quinze ans — on nous annonce une deuxième crise alimentaire mondiale.  Ça signifie tout simplement que la grande mafia terrestre n’est pas satisfaite des taux de profits réalisés au cours des derniers mois. 

Pour remettre les écologistes à leur place, les pétrolières ont décidé de miser sur l’éthanol et ainsi créer une crise alimentaire mondiale.  Ils essaient de nous passer :  » soyez écolos et vous en paierez la facture « .  On se fiche qu’il y ait des milliers, sinon des millions d’humains qui crèvent de faim, ce qui importe ce sont les profits.  

Les dirigeants des industries de pétrole sont des assassins légalisés, devenus plus puissants que l’ONU et les gouvernements.  Ils ont réussi à rendre le pétrole une nécessité absolue à la survie. 

Au cours des prochains mois, même la classe moyenne va y goûter, car en augmentant toujours les prix sans augmenter les salaires, c’est le pouvoir d’achat qui sera diminué.  Par exemple, qu’est-ce qui arrivera aux milliers de Québécois âgés qui avaient déjà de la difficulté à choisir entre les médicaments et la nourriture?  Le Canada tentera-t-il d’éliminer les pensions de vieillesse?  Paul Martin y a déjà songé. 

Pour détourner l’attention, Harper passe des lois qui nous ramènent quarante ans en arrière, comme l’âge de consentement à 16 ans. 

Le Québec serait-il devenu un état d’impuissants ? 

Radioactif 396

juin 5, 2022

Radioactif 396

Texte de 2008, p. 676

Les femmes.

Je devais m’installer quelque part et j’ai décidé de partager l’appartement avec une jolie jeune femme que je venais de rencontrer, même si elle avait déjà son amant.  La petite Hélène partageait ma liberté d’esprit.  Elle me savait pédéraste, mais elle s’en fichait.  C’était mon affaire. 

Je pensais tout connaître des femmes, mais quand on était plus jeune, on nous en apprenait le moins possible.  Y a peut-être même encore des hommes mariés depuis des décennies qui ne savent pas encore qu’une femme a un clitoris.   Ignorant, t’es supposé être moins tenté.  

C’est pour ça, par exemple, que bien des jeunes ne savent pas pourquoi ils se mettent soudainement à bander dans le métro quand leurs fesses se font moudre par les secousses de la voiture.  Ils ne savent pas que c’est normal et s’imaginent qu’ils sont des cochons.  Ils ont trop honte pour en parler, alors se haïssent un peu plus à chaque occasion. Que de chapelets perdus !

Yvette était grossette, mais elle fut ma meilleure contorsionniste.  Avec elle, j’ai appris à «swingner».  Elle avait l’art, en me tenant pas les fesses, de saccader mes mouvements, de produire des cercles de façon à me donner une « ride» sur une mer houleuse inoubliable.   Et, entre deux vagues, elle te faisait une pipe capable de ressusciter n’importe quel soldat tombé au champ de bataille, tout en sachant s’arrêter dès que survenait un garde-à-vous affermi.  Et, la course reprenait de plus belle.  Un coup avant, un coup arrière jusqu’à vomir dans les délices du nirvana.  C’était plutôt dur pour les reins, donc un exercice qui ne se répétait pas quotidiennement, même si c’était l’époque des grandes performances… 

Avec Hélène, mon Égyptienne, faire l’amour c’était plutôt un geste d’esthétique, d’ambiance.  Elle était peut-être bien en chair, mais elle se rapprochait de la moyenne.  Ni trop, ni pas assez.  Le plus beau moment fut je jouer au papa en plein devoir de procréation , après avoir fumé un bon joint, sur une roche dans la forêt avec une vue sur le lac Memphrémagog et l’impression soudaine d’avoir vu passer une soucoupe volante.  C’était peut-être ma vitesse d’éjaculation qui déforma ainsi ma vision du ciel. 

Un problème que bien des gars se posent : si je viens si vite, est-ce que je pourrais en altérer la vitesse en agrémentant ma vie de quelques coups de poignets supplémentaires, entre deux rencontres avec Cléopâtre ?  C’est fatiguant, l’éjaculation précoce.  C’est gênant, mais encore moins que de prendre un mois pour venir. Dans ce cas, tu as encore l’air plus fou, car tu mettras une éternité avant de lâcher le morceau.  C’est éreintant et peut-être même encore pire que d’être impuissant.  Avoir les piles à terre et ne pas voir le moment où tu viendras… Un effort à te motiver une crise cardiaque de pointer le nez… Une course contre toi-même et une peur folle de ne jamais atteindre l’objectif.  

«Sorry, le puits est à sec ce soir ! Les noix se prennent pour des castagnettes. ».

La petite Hélène avait une chose que je n’avais jamais expérimentée : elle était belle et petite.  Ça motive son homme !   Des petits seins en forme de poire… une petite bouche juste assez ronde pour bien retenir Hector qui joue à l’explorateur de grotte.  La petite Hélène avait un avantage physique sur toutes les autres : je la trouvais très belle. 

Grâce notre capacité de se comprendre et notre désir mutuel de ne pas mourir niais, nous avons essayé toutes sortes d’expériences.  Par exemple, après un souper bien arrosé, je me suis ramassé dans le lit avec Hélène et une deuxième petite amie.  Je fus vite délaissé, car elles étaient beaucoup plus intéressées à vivre une expérience gaie qu’une vraie expérience à trois. 

Avec presque 30 ans de vie, j’apprenais que le clitoris d’une femme joue exactement le même rôle quand il s’agit de masturbation que le pénis pour le garçon.  D’ailleurs, le clitoris n’est-il pas un petit pénis intérieur ?  Je ne savais pas que c’était encore plus sensible au bout de la langue qu’au bout du doigt.  Je venais d’apprendre qu’une femme pouvait aussi se masturber. Pourquoi nous a-t-on tenus aussi ignorants?  J’imagine que tout individu devrait apprendre à maîtriser l’art de la jouissance de son ou sa partenaire

C’était d’ailleurs, ce qui se vivait dans la Grèce antique : le pédéraste apprenait à son jeune amant les trucs pour faire jouir sa future compagne.  Cette initiation avait le côté positif de savoir faire autre chose que le missionnaire.  Ce devrait être une éducation père-fils et mère-fille. 

Mais, j’admets que ce n’est tellement pas dans nos mœurs que nous serions tous morts de gêne.  Aussi, en suis-je encore à croire qu’une femme sait mieux faire jouir une compagne et que les gars demeurent les grands professionnels de la pipe.  Je ne connais rien, pour moi, de plus merveilleux que de le faire découvrir pour la première fois.   Ainsi, sur le plan sexuel, j’en apprenais beaucoup. 

Malheureusement, les choses se sont gâtées quand Hélène se mit à vouloir faire observer scrupuleusement les règles féministes. 

Pas question qu’elle lave une assiette de plus que moi, pas question non plus que je ne fasse pas ma moitié dans le lavage du plancher.  Tout était passé à la loupe.  À la longue, ça finit par être emmerdant.  Je l’ai laissée pour m’installer seul en appartement, mais j’avoue que je l’aimais bien. 

Elle s’est ensuite mariée avec un nord-africain qui lui a fait une petite fille.   Il ne tentait pas comme moi de vivre l’expérience du féminisme.  Ce doit avoir été très pénible puisqu’un jour elle est disparue.   On n’a jamais su ce qui lui était arrivée.  Les cartes peuvent dire qu’elle s’est noyée, malheureusement, on ne le saura jamais.  J’ai bien de la difficulté à digérer que la police passe son temps à surveiller les pédérastes sur internet qui ne seront jamais violents et ne trouve jamais les personnes disparues. L’argent devrait servir en priorité pour retrouver les personnes disparues.  

L’hypocrisie est érigée en système.  J’ai mal à mon humanisme quand je sais que la famine ne fait que débuter ses ravages dans les pays pauvres… un autre effet de la maudite crise du pétrole.  Non seulement on veut demeurer idiot quand il est question de sexe ; mais on veut être parfaitement aveugle quand s’agit de voir qu’on court vers la mort de millions de personnes. 

Et, on trouve moyen de m’empêcher, parce que je suis pédéraste, d’aller en Haïti… peut-être que dieu ne veut plus de moi.    

L’éducation sexuelle est en réalité quelque chose qui devrait être très simple puisque c’est l’explication de la nature humaine afin de savoir utiliser son corps correctement, en respectant les autres, mais en fonction de ce que la science nous a appris.  Par exemple, les règles.  Comment peut-on être intelligent et prétendre que les règles sont une chose honteuse? 

Si les femmes n’avaient pas de règles ce serait comme des hommes sans prostate.  Naturellement, nos corps produisent des ovaires si on est une femme et du sperme si on est un homme.  S’il n’y avait pas de règles (ovulation), les ovaires qui ne seraient pas éliminées pourraient comme le sperme, dans le même contexte, être dangereux en devenant un poison à l’intérieur du corps.  L’homme et la femme sont assez bien faits pour évacuer ce qui ne correspond le plus au besoin du corps. 

Comment les religions ont-elles pu nous faire croire qu’il y avait là matière à appeler les règles, une « maladie » de femmes?  C’est de l’ignorance crasse.  C’est comme la forme des seins.  Les seins de jeunes femmes sont différents des seins de femmes accomplies. Ils sont plus beaux.

Certains contestent Freud parce que des fois il va loin.  Il reste quand même qu’au plus profond de nous, sans même qu’on le sache, notre corps répond mieux à certaines formes (le rond pour les seins), à certaines senteurs et à un certain degré d’énergies.  Tout est fonction de sa libido, donc, de sa génétique.  On a un détecteur inné en chacun de nous d’où sommes-nous attirés par des personnes différentes

Que nos religions le veuillent ou non, l’homme n’est qu’un animal qui a perfectionné davantage le cerveau par rapport à un autre sens particulier. 

On s’imagine bien fins, mais on est que l’aboutissement de siècles d’expérimentions.  Au rythme que nous sommes en train de détruire la planète, nous aurons été une espèce intéressante qui ce sera tuée elle-même.  Il suffit de continuer à vouloir évoluer selon les stupidités de la morale religieuse.  Les religions n’ont pas la décence d’admettre que ses règles sont nettement dépassées.  Nous ne sommes plus à l’ère où nous avions absolument besoin de procréer pour sauver l’espèce ; mais au contraire, de contrôler le nombre des naissances si nous ne voulons pas nous détruire.

Or, ce contrôle peut et doit exister en dehors de la répression sexuelle.  Il faut reconnaître que les féministes de mon époque avaient raison.  On ne fait pas l’amour que pour procréer, mais pour le plaisir.  À ce moment-là, il faut que le gars sache que la fellation d’une fille, c’est aussi pour elle, souvent plus agréable que la pénétration. 

Quand on était jeune, on nous écœurait tellement avec l’idée de la saleté du corps qu’on ne l’apprenait jamais, sinon si un ami se vantait d’être meilleur que les autres.   Qu’attendent les filles pour apprendre aux garçons qu’elles jouissent aussi à être masturbées ou sucées?  Un sujet qu’on n’aborde jamais parce qu’on en a honte.  Pourquoi y a-t-il autant de divorces ou de séparations sinon parce qu’on ne se connaît pas avant de vivre ensemble? 

C’est un problème qui ne me regarde plus. 

À mon âge, le sexe perd de sa valeur.  Un bon repas, une bonne bouteille de vin, une bonne discussion est souvent plus appréciée qu’une petite excitation dans le litOn recherche des bonheurs qui durent plus longtemps qu’une simple éjaculation.  C’est essentiel de connaître son corps. 

Il faudrait cesser d’être assez débile pour croire que c’est un soulagement de voir un vieux curé croupir en prison, alors qu’il ne bande même plus, sous prétexte qu’il nous a touchés durant notre enfance.  On essaie de nous faire croire qu’on les met en prison pour protéger jeunes.   Ils ne bandent même plus.  Un chantage éhonté, sauf s’il y a vraiment eu viol, donc, violence.

En réalité, on cherche le portefeuille de notre très Sainte Mère l’Église qui a pensé acheter le silence en payant les prétendues victimes, au lieu de reconnaître que le péché de la chair n’existe pas.           
 

Radioactif 395

juin 4, 2022

Radioactif 395

Texte de 2008, p. 676

L’obésité.

Je ne savais pas jusqu’à quel point l’obésité est un problème pour un enfant.  Quand j’étais avec Yanie, j’entendais souvent parler du problème d’obésité.  On nous disait même que ça pouvait conduire à une mort prématurée. 

Évidemment, parce que je l’aimais bien, j’essayais de la convaincre de moins manger, de faire plus d’exercices, de perdre du poids.  En somme, je voulais absolument la sauver et régler le problème pour qu’elle ne meure pas plus jeune.  Autrement, je m’en foutais éperdument.  Je l’aimais telle quelle.

Beaucoup plus jeune d’ailleurs, j’ai voulu même vérifier «life », sans succès, s’il est vrai que les obèses ont tous de courtes queues, assez grosses ou volumineuses, mais toutes ratatinées.  Ce mystère est demeuré sans réponse qui, avec l’âge, se dissipe et disparaît..  

Plusieurs années plus tard, Yanie s’est retrouvée dans une de mes classes au secondaire, alors que j’enseignais à Jeanne Mance, à Montréal.    Nous sommes allés ensemble au restaurant.   Elle m’a avoué que ma préoccupation pour son poids était la seule chose qu’elle avait détestée de moi. 

Je suis presque tombé en bas de ma chaise, car ce souci était une des marques incontestables que je l’aimais.  Je l’aimais assez pour ne pas vouloir qu’il ne lui arrive rien de mal.  Je ne sais pas ce que cela a eu comme impact dans sa vie.  Par contre, cet aveu a fait que je me suis vite demandé si on a le droit, même au nom de l’amour, de demander ou d’exiger qu’une personne prenne mieux soin d’elle pour son propre bien. De quel droit peut-on intervenir dans la vie des gens quant à leur corps. Ils sont les seuls maîtres d’eux-mêmes.

C’est un peu comme ma bande de fuckés qui décident de m’éliminer de toute écriture, sous prétexte que j’aime manger une petite queue et que j’ose l’écrire.  Un dessert que je ne me suis pas offert depuis plus de dix ans et un thème que je continuerai de traiter parce qu’il y va de quelque chose de plus fondamental derrière ce besoin de liberté : le droit de s’exprimer et le droit à son intégrité physique et mental. 

La seule personne qui a droit de juger son corps est celle qui le possède.

Aujourd’hui, je considère qu’il n’appartient à personne de juger de l’obésité. Les individus doivent apprendre à s’aimer. Une image positive de soi est essentielle pour un minimum de bonheur.   Il y a beaucoup de femmes pour lesquelles être bien en chair les met encore plus en valeur.

Toutes formes de censure, hors les appels à la violence, sont des gestes antidémocratiques et fascistes.      

Hitler aussi s’en prenait aussi aux homosexuels (gais). Vivre et laisser vivre.

Tout doit être permis sur le plan sexuel, sauf la violence et la domination.  Ton corps n’appartient qu’à toi.  Une vérité universelle.          

Radioactif 394

juin 3, 2022

Radioactif 394

Texte de 2008

La poésie et la connerie.

Je viens de recevoir la note suivante : « Il semble que votre façon de penser la sexualité n’est pas la nôtre. En conséquence, je suis désolé de vous dire que vous ne faites plus partie de l’Envol poétique».   

Réponse :

 «Les poètes qui sont supposés être la flamme de la pensée humaine ressemblent de plus en plus à la flamme olympique.  Elle est le symbole de la paix et la compréhension, mais en réalité, elle est l’expression de l’étroitesse d’esprit.  Dommage, je commence à penser qu’intellectuel rime avec idiot. 

Pas étonnant que la planète soit sur le bord de la catastrophe.  Est-ce réagir d’une façon excessive? 

En quoi le fait que j’aime les adolescents peut justifier que je n’aie plus le droit d’écrire ?  Je ne cesserai pas d’écrire pour donner raison à cette démocrassie minable.»

De Suzanne à la politique.

Puisque Suzanne avait un nouvel amant.  J’ai fini par quitter le nid.  Avoir été une année avec elle faisait ressortir le manque d’inusité à employer la méthode du missionnaire.  Je dois être comme certaines femmes : j’ai fini par trouver ça monotone. 

La génitalité n’a rien de divin, si elle ne donne pas lieu à une passion amoureuse. 

Quant à Patrick et Yanie, même si je les aimais comme si j’en étais le père, Suzanne demeurait leur mère véritable, ils devaient vivre cette séparation.  J’étais un faux père.

J’étais heureux de les voir m’affirmer d’un commun accord que de tous les pères qu’ils avaient eu, j’avais été le meilleur

Je ne devais plus me rendre travailler à la construction de la maison des enfants, non seulement était-elle finie de construire, mais elle fut presque immédiatement fermée. 

Les soirées avec Raymond Paquin m’avaient rappelé le sens immédiat de la vie : avoir du plaisir. 

Par contre, le fait d’avoir été aussi proche d’un petit gars qui me plaisait, sans le toucher, infligeait toute une raclée à la perception que je me faisais de la pédérastie qui n’avait été jusque-là que des désirs assouvis.  De plus, je passais lentement à des relations carrément gaies, car mes partenaires étaient d’ores et déjà des adultes consentants. 

Le fait de parader en ange-mère Foin-foin avec le groupe de Janou St-Denis me ramenait à la politique.  J’ai recommencé à m’y investir avec toute la passion que je pouvais, en distribuant des tracts, en faveur de Gérald Godin. 

 Aux élections de 1976, je représentais fièrement le roi des poètes, Gérald Godin, qui ne m’a pas mis à la porte parce que j’affirmais être pédéraste ; au contraire, il venait de choisir de publier Laissez venir à moi les petits gars plutôt que La fin d’un état, parce que selon le poète-journaliste, ce livre correspondait plus à ma nature profonde. 

Les écrivains n’étaient pas encore vendus à la cause fédéraste et écrire dans mon cas n’était pas encore vu et dénoncé comme un geste afin d’imposer mon point de vue ou cruiser à la cachette. Ce dont on m’accusa plus tard comme si les autres savaient mieux que moi-même la raison de mes agissements.

Durant la journée d’élection, Robert Bourassa s’est présenté pour serrer la main à tous.  Quand ce fut mon tour, j’ai refusé.  On m’avait dit que lui et Jean Marchand faisaient presque à toutes les semaines des pressions pour que La Tribune me mette à la porte alors que j’étais journaliste. 

Les gens étaient insultés de mon manque de savoir-vivre, mais quand je leur dis que c’était ainsi parce qu’il m’avait fait perdre mon emploi, ils ont trouvé que ma raison était suffisante pour l’envoyer promener.   

Le soir, à la grande surprise de tous, le Parti Québécois était élu majoritaire. 

J’ai longuement hésité, puis, par pure arrogance, j’ai décidé de téléphoner chez mon père que je croyais encore un organisateur de l’Union nationale.  On me dit qu’il n’était pas là, mais chez Henriette, ma plus jeune sœur.  Je ne comprenais plus, mais j’ai risqué l’appel pour apprendre une nouvelle surprise.  Presque toute ma famille était là pour fêter la victoire du PQ.  On était tous d’accord sur la nécessité que le Québec devienne un pays.   

Je n’en revenais tout simplement pasAvoir un pays, ça permettait de rêver d’une terre de liberté.  Une terre libérée de l’étroitesse d’esprit. 

Le PQ au pouvoir, ça nous permettait de rêver à notre Terre promise.

Radioactif 393

juin 2, 2022

Radioactif 393

Texte de 2008

Hypersexualisation des filles ?

Quand j’étais jeune, les filles étaient encore plus de « marbre » que nous les garçons.  La raison en était très simple : une fille ça peut avoir des enfants et notre société croyait qu’il ne pouvait pas y avoir de plaisir sexuel, sans pénétration, donc, possibilité de procréation.  On ne savait pas qu’on peut sucer le clitoris d’une femme ou la masturber comme un garçon.  En fait, on ne devait jamais parler de sexe.

Les curés menaient tout.  Les femmes étaient mourantes, mais on leur disait qu’elles n’avaient pas le droit d’empêcher la famille.  Évidemment, tout en dehors du saint sacrement du mariage était interdit et péché mortel. 

On nous gardait tellement imbéciles que certains, comme moi, croyaient qu’un «french kiss», était l’autoroute direct pour l’enfer. 

Mais, quand j’ai connu le bateau du plaisir, j’ai vite constaté qu’il en valait plus la peine que le paradis de l’abstinence. On faisait peur aux filles, en insistant sur les travaux domestiques et l’incapacité pour une fille de jouer le même rôle qu’un gars. 

Le gars, lui, devait être sportif et assez fatigué pour ne pas penser à se masturber.  On leur apprenait dès leur enfance à avoir peur du sexe.  Qu’est-ce qu’il y a de changé ?  Rien, sauf que les féminounes crient au danger de l’hypersexualisation à la place des curés. 

Les meneurs de modes continuent le « trip » de la femme objet et de celle qu’il faut être pour être à la mode.  L’industrie de la féminisation.  Sauf, que maintenant ce sont les jeunes filles qui décident de s’émanciper. 

Plus instruites des choses de la vie, elles ont pris conscience que la sexualité est un plaisir et non seulement un danger de tomber enceinte. Tu peux avoir plus du plaisir à faire une pipe qu’à te faire pénétrer.  Ça vient tout chambarder.  Quand on n’a pas peur d’avoir un enfant, ça nous tente aussi de savoir ce qu’on entend par « jouir ». 

Cette liberté, que les vieilles n’avaient pas, inquiète parce que la seule arme qui existe contre le sexe : c’est la peur, d’où faut-il faire croire qu’un simple attouchement est un viol. 

Les femmes ne semblent pas se rendre compte qu’entretenir cette peur de leur sexualité, c’est maintenir le pouvoir des mâles, car le temps qu’elles perdent à se raisonner les déstabilise émotivement.  Entretenir l’insécurité, c’est entretenir l’hypnotisme dont se servent toutes les religions pour écraser les femmes.  Est-ce que j’ai tort de penser ainsi ? Je ne le crois pas.

Les langues sales.           

Quant à moi, pour l’instant, le projet d’Haïti, c’est-à-dire d’aller animer un atelier de création, est mort.  J’ai fait parvenir la note suivante au poète qui m’a invité.  D’une manière, il faudrait que je me ré implique dans l’écriture auparavant, car ça fait des années que je n’écris plus de poésie.           
 
« Je te souhaite bonne chance pour me trouver un remplaçant.  Les gueules sales qui déblatèrent contre moi me prouvent une fois de plus que le Canada est devenu une terre par excellence du fascisme. 

Les fédérastes ne tiennent qu’à leur pouvoir et se font enculer par les Républicains américains, en croyant qu’ils auront aussi plus de pouvoir militaire.  L’économie mène tout.  Économie ne rime pas avec liberté. Je ne t’en veux pas. 

Je te comprends et je trouve ça dommage que ma pédérastie l’emporte sur la littérature à cause de quelques esprits bornés. 

Je te réitère mon invitation, si tu viens au Québec, une terre qui se veut malheureusement de plus en plus canadienne.  Il me fera plaisir de t’y recevoir». Jean.   

Mon problème c’est de m’afficher pédéraste, même si ça fait au moins dix ans que je n’ai pas eu une relation sexuelle de type pédéraste.  

Tu as besoin de fantasmer en maudit pour continuer à croire dans la nécessité de défendre le droit des jeunes à leur sexualité.  

Ça n’empêche pas les malades de la vertu de s’exténuer à s’en prendre à ma conception de la liberté sexuelle. 

Je gage qu’ils ont des blocs de ciment pour testicules.  C’est comme une pierre aux reins, ça fait mal en tabarnache quand tu joues avec  et ça rend l’imaginaire désertique.

Le français au Québec.

juin 1, 2022

M. François Legault a raison. Dans une décennie, si la tendance se maintient  Montréal sera majoritairement  anglophone.  Le fédéral se sert de l’immigration pour nous angliciser comme le fédéral payait des industries pour quitter le Québec et créer une supposée crise économique du temps de P.E. Trudeau. Le fédéral est simplement devenu un peu plus hypocrite.

Radioactif 392

juin 1, 2022

Radioactif  392

Texte de 2008

Les crédits d’impôt.

Les gens qui nous administrent au gouvernement n’ont vraiment aucune idée de ce que signifie manquer d’argent ou être à la cenne près. 

Ils nous prouvent hors de tout doute raisonnable que ce sont des bourgeois qui ont aucun lien avec la misère.  Comment peut-on parler de crédits d’impôts pour des gens à très faibles revenus?  Comment peut-on être assez fucké pour prétendre que les services offerts par nos gouvernements sont une culture de la gratuité?  Il y a des milliers de gens qui contournent les règles pour avoir du bien-être ou travailler au noir.  Tout le monde sait ça.  C’est du vol.  Tout le monde s’entend là-dessus.

Par contre, quand le gouvernement crée des programmes pour diminuer le nombre de bénéficiaires, pour les retourner au travail, ils font perdre d’un coup tous les bénéfices et ceux qui s’y inscrivent se ramassent pénalisés parce qu’au bout du compte ils vivent encore plus dans la misère, tout en faisant un effort pour s’en sortir.  Les gens qui sont vraiment dans la misère, qui n’ont pas la santé, qui sont trop infirmes pour travailler et s’en sortir, ne peuvent pas payer des frais et attendre que la fin de l’année arrive pour être remboursés par des crédits d’impôts.  C’est complètement malade. Les fonctionnaires sont incapables de se placer dans la peau des pauvres pour comprendre et ajuster un programme qui soit vraiment profitable. 

Quand tu sors du bien-être, t’as besoin d’abord de temps pour passer à travers tes dettes et pouvoir agir sans avoir une partie de tes revenus amputés. On fait des programmes globaux alors que ça devrait être individualisé  

Quand j’ai travaillé dans les fondations pour aider les jeunes, j’ai constaté qu’un nombre incroyable de gens ont à choisir entre les médicaments et le manger.  On est loin d’être une société très riche.  C’est un choix de société : les plus riches payent la part des plus pauvres pour éliminer la misère dans une société de surabondance.  C’est ce qui fait la valeur du Québec et probablement, il faut l’admettre, des provinces du Canada, car le fédéral n’ajoute rien à notre bien-être.  Il nous vole sans donner de services

Le fédéral est de trop dans une supposée véritable confédération.On centralise tout pour mieux voler légalement en dédoublant les programmes.  On fait de grands gestes d’hypocrites, en reconnaissant le Québec comme une nation, alors que ça ne veut rien dire, le multiculturalisme est même en train de tuer la culture francophone au Québec.  

Mais, il y a des gens encore assez naïfs pour croire que c’est un geste qui veut dire quelque chose à part «votez pour moi».  Le fédéral s’engraisse aux dépens des provinces… ça toujours été comme ça depuis 1867… Mais on aime ça se faire fourrer… martyr on ira plus vite au ciel… On devrait abolir les impôts et les remplacer par les taxes. Plus t’as d’argent, plus tu payes et dans ce cas, il faut établir l’achat chez-nous… une façon de voir les choses. L’a-t-on déjà envisagé? 

Il faut trouver une manière de vivre selon nos moyens, sans pénaliser davantage les plus démunis.  Dès que le coût de la vie augmente, la pauvreté augmente.

La mémoire oublie.

La mémoire est comme la vie et la conscience : un bien drôle de phénomène. 

Je ne suis pas de ceux qui se rappellent d’évènements marquants avant mon adolescence ou très peu.  Je me souviens d’avoir vu Blanche-Neige dans un cinéma à Magog, dans le bas de la ville, alors que j’étais encore un tout petit enfant.  La lumière et la grosseur des personnages.  Un film que presque personne ne se rappelle. 

Vers sept ans, je me rappelle les vaches mortes, jetées dans les caves des maisons incendiées plusieurs années auparavant sur les terrains de M. Riendeau, l’ancienne «dump» qu’on appelait ça, à Barnston.  D’une guerre entre français et anglais, un soir d’halloween, à Barnston. De la peur affreuse d’être abandonné quand papa fit semblant de partir sans nous attendre alors que nous étions chez mon grand-père Napoléon Simoneau, à Magog. Nous étions arrivés en retard d’une parade du Père Noël, au cours de laquelle il nous tirait des bonbons, dans le bas de la ville, près de la Textile.  Je me rappelle la peur de ce que j’entendais et qui me troublait.   Je me souviens avoir pris une crotte de chien pour un morceau de chocolat. Je me rappelle aussi quand on jouait au docteur dans les tunnels de foin chez les Martineau et de mon étonnement admiratif de voir le zizi du patient ; mais presque rien d’autre avant huit ou neuf ans. 

Pourtant, il y a eu des moments beaucoup plus importants : la mort de ma sœur Mariette que j’essayais de nourrir dans son cercueil à un point tel qu’on a dû me faire garder en dehors de la maison.  Notre déménagement de Magog à Barnston.

Puis, d’autres souvenirs refont surface ; mais j’ai une très grande difficulté à les replacer chronologiquement.  Je me rappelle de nombreux événements, mais je n’arrive pas à les resituer dans le temps. 

Par exemple, je dois vérifier mon cv pour dire en quelle année je suis allé à l’UQAM pour obtenir les diplômes universitaires pour enseigner. C’est encore pire pour ma maîtrise, à l’université de Sherbrooke, sauf que je sais qu’à cette occasion, j’étais avec ma mère qui était très fière de moi. 

Je me demande pourquoi on oublie tant de choses dans notre vie.  C’est un des éléments qui, à mon avis, explique qu’une autobiographie est toujours plus ou moins exacte.  Le temps et les choses sont perçus différemment, selon l’âge. 

J’ai aussi découvert que tuer la sexualité, c’est tuer la création artistique... Pas étonnant que presque tous les artistes ont une vie débridée.  Une mince consolation.

 À force de te faire entrer dedans si tu penses autrement que les autres, tu finis par rechercher la solitude absolue.   Je comprends qu’on veule être autiste.  Je me demande quel est le lien entre cette maladie selon laquelle on rejette la saleté des humains et l’Alzheimer?  Notre mémoire efface-t-elle ce qui nous rendrait la vie insupportable ? 

Le sexe est un droit.

J’ai tout dit de ce que j’avais à dire sur le droit de chaque individu de vivre sa sexualité comme il l’entend, même s’il n’est pas encore un adulte. Évidemment, s’il n’y a pas de violence ou de domination. La liberté sexuelle passe par le consentement. Point.

La liberté ne s’improvise pas du jour au lendemain.  Ma voix ne vaut rien contre celle majoritaire des esprits bornés et tordus. J’abandonne, car à mon âge, je n’ai plus de temps à perdre.

Radioactif 391

mai 31, 2022

Radioactif 391

Texte de 2008

Le sexe et le rire.

La personne la plus libre d’esprit que j’ai rencontrée dans ma vie fut certainement Raymond Paquin.  Je ne suis plus certain du prénom, car on l’appelait toujours Paquin. 

Je l’ai rencontré, un soir, alors que j’étais au restaurant avec l’écrivain Raoul Roy.  Quand je montais à Montréal, j’habitais chez M. Roy.  Raoul Roy était, disait-on, le père spirituel du premier FLQ. 

J’ai lu depuis qu’on appelait alors les terroristes des effelquois.  Ce nom fut changé pour felquiste pour que ça rime mieux avec péquiste.  Une transformation opérée par les fédérastes et les libéraux (même chose) qui fut très payante pour Ottawa. 

On associait ainsi par les sons péquistes et felquistes. On reprochait au parti de René Lévesque, qui ne pouvait pas tolérer la moindre violence, de s’être sali les mains en tuant le ministre Pierre Laporte. Des milliers de personnes ont cessé d’être membres du PQ pour échapper à cette mystification et ne pas être associés à la violence.  Une aberration de croire que le PQ puisse être le moindrement violent, mais on mélangeait tout et ça faisait bien l’affaire d’Ottawa.  

Paquin était gai.  Il nous arrivait de Rouyn Noranda, les poches bourrées d’argent.  Il nous payait la bière et le joint tant qu’on apportait le rire et la gaieté.  Notre farce favorite, c’était de se rendre dans un lieu très conservateur, le plus conservateur possible et de commencer à chanter, après s’être levé avec des grands airs de dignité, la main sur le cœur.  « C’est la lutte finale. Aimons-nous et demain, l’Internationale sera le genre humain ». L’Internationale communiste.  Et, on se rasseyait aussi vite, en ayant l’air le plus placide possible.  On pouvait recommencer ça à l’improviste deux à trois fois dans la soirée, dans les moments les moins indiqués et correspondant le mieux à un irrespect du protocole. On allait aussi carrément boire dans des tavernes gaies.  C’est là où j’ai pris le goût d’être désiré par un homme.

Avec Paquin, plus on était fou, plus on avait de plaisir, plus on était ami.  Je ne l’attirais pas physiquement, mais on riait comme des fous quand nous étions ensemble.  Rien ne nous arrêtait.  C’était le party automatique.  Si quelqu’un que l’on avait invité devenait trop sérieux, il était renvoyé du groupe. 

Pas étonnant qu’il fut candidat Rhinocéros à Rouyn.  Je m’y suis rendu là-bas, mais mes provocations n’eurent pas le même effet : on demanda à Paquin de m’indiquer le chemin de Montréal avant d’être massacré. 

À l’époque, j’aimais me dire St-Jean, l’apôtre bien-aimé de Jésus et affirmer que tout le monde est gai, même les hypocrites.  Je faisais des compliments aux hommes sur la rondeur de leurs fesses. Ce n’était pas très apprécié.  Je repartis sur le pouce et quand je suis passé à Val-d’Or, j’eus le sentiment que cette ville jouerait un rôle immense dans ma vie.  Puis, j’ai filé par le Lac St-Jean. 

Paquin était très fier d’être candidat rhino, pour lui, c’était le summum de l’ironie. Quand j’étais avec Raymond, nous adorions provoquer. 

On s’était rendu un soir dans un club à Montréal que l’on savait « très straight».  Nous avons commencé par danser un rock ensemble, puis, nous avons enchaîné avec la musique même si c’était un slow.  Plus on se collait, plus les autres réagissaient .On a même voulu nous agripper.   En sautant sur une table, elle s’est renversée et je me suis foulé un pied.  J’ai marché croche durant de nombreux jours, mais on avait eu bien du fun.

Échange avec Haïti.

Il y a quelques semaines, un poète haïtien me proposait d’organiser un atelier d’écriture d’un mois, à Port-au-Prince, pour une vingtaine d’étudiants en première année d’université.  Il ne me connaissait pas, mais il avait probablement lu mes poèmes sur Envol poétique, un site français, dont j’ai déjà parlé. 

Après beaucoup d’hésitation, car un tel projet, pour moi, représente trois dangers de mort : le sida, la violence en Haïti et la Gendarmerie royale du Canada (chacun sa paranoïa). 

Puisque je ne vis plus ma pédérastie depuis plus de dix ans (manque d’occasions) et que les esprits étroits du Québec essaient de m’empêcher de respirer, il aurait été possible que je tombe amoureux d’un petit Haïtien.  Pourquoi pas ? 

Malheureusement, il demeura chaste, mais il crèvera peut-être de faim ou de sida.  C’est beaucoup mieux ainsi.  Il faut protéger le sexe des jeunes, c’est une denrée périssable.  C’est notre inconscience internationale. 

Il y a aussi la violence en Haïti qui m’a fait hésiter.  C’est quand même une réalité puisqu’un ami d’un de mes frères qui a travaillé à Haïti me disait que même si on lui paierait un million, jamais il ne retournera là-bas. 

Puis, notre très sainte GRC est la seule police qui est en contact avec Haïti.  C’est peut-être paranoïaque, mais à mon sens, j’ai assez de raisons pour craindre que la GRC opère à l’extérieur du pays comme les services secrets… une disparition, c’est si vite arrivée, et plus de contestation du même coup.       

Cependant, j’aurais aimé voir, apprendre, qu’est-ce qu’on peut faire pour aider des pays aussi pauvres. Que notre système rend encore plus pauvre.   J’aurais trouvé intéressant que l’indépendance du Québec puisse faire contrepoids au Canada dans l’estime des gens de ce pays.  Les Haïtiens sont sûrement des êtres extraordinaires à connaître … mais voilà c’est terminé.  Je publie les deux derniers textes de notre correspondance.  C’est dommage, car j’avais déjà trois personnes qui étaient intéressées.  J’ai fourni les renseignements au jeune poète d’Haïti et je lui souhaite bonne chance.  Mon expérience sera encore lessivée par l’imbécilité.

Message d’Haïti

«Ce matin, j’ai reçu des mails d’amis qui m’ont écrit concernant mon projet avec toi ; ils voulaient me donner une mise en garde, mais je n’ai pas paniqué.  Ils m’ont aussi dit que la pédérastie est pour toi un sacerdoce, un combat, mais je leur ai dit que pour toi et moi, il est question de littérature.  Ils m’ont référé à d’autres écrivains qui n’ont pas ces barrières parce que moi aussi, je risque ma réputation dans mon milieu.  Maintenant, je suis sur le point de réfléchir à ce que je dois faire.  Je te laisse, espérant te lire bientôt».

Réponse appréhendée.  

«Je suis désolé d’abandonner le projet d’atelier d’écriture en Haïti à cause des esprits étroits et des langues sales.  Effectivement, je me bats pour faire reconnaître que tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit, et par ricochet, que tous les jeunes de 10 ans et plus, selon leur développement psychologique, ont le droit fondamental de vivre leur sexualité, selon leur orientation et leurs principes.  C’est un droit fondamental individuel que les adultes ne respectent pas sous prétexte que les jeunes sont trop cons pour pouvoir se créer leur propre morale

Le droit à l’orientation sexuelle ainsi que celui à la vie privée sont des droits fondamentaux pour chaque individu quel que soit son sexe et son âge. 

De plus, je crois, que les jeunes ont le droit absolu d’être convenablement informés, sans fausse pudeur, sur la sexualité.  Nous retournons à une société d’arriérés dans laquelle la sexualité des jeunes est un sujet tabou, une omerta responsable de multiples suicides chez les jeunes.  Je ne déteste pas encore assez les jeunes pour souscrire à une telle démocratie d’hypocrites. 

Qu’on se réveille !  La loi C-10 que le Canada tente de nous imposer est en réalité une arme pour combattre l’indépendance du Québec.  On passera vite de la censure du cul à la censure politique.  Ou les deux en même temps, comme on le fait pour moi. 

Privilégier l’approche religieuse de la sexualité comme morale d’une société n’a pas comme seul effet de nous castrer mentalement ; mais de maintenir la misogynie, le racisme et l’intégrisme.  Une démocrassie.  Un monde auquel je refuse d’adhérer».

Radioactif 390

mai 30, 2022

Radioactif 390

Texte de 2008

La mafia du pétrole.

Ce qui se passe actuellement dans le monde confirme que les humains sont des jouets qui n’ont d’intérêt que s’ils rapportent des profits au cartel planétaire du pétrole

Le pétrole est devenu un objet de consommation essentiel, vital, ce qui permet de créer une dictature économique planétaire.  

Le pétrole est entre les mains de quelques individus qui forment les courants d’intérêts qui s’entrechoquent actuellement et créent à travers ces luttes de pouvoir la géographie géopolitique de la planète.  Les dirigeants n’hésitent pas une seconde pour créer des guerres et des récessions économiques qui s’attaquent à des millions d’individus dans les pays les plus pauvres (donc, les moins susceptibles de rapporter des profits), soit en Afrique ou en Haïti, mettant même en danger la survie de ces gens. 

D’ailleurs, elle n’est pas essentielle : pour se maintenir au pouvoir, les armées ne sont plus seulement que des combattants au corps à corps.  C’est rien à côté de la bombe atomique. On a pu besoin de soldats pour faire la guerre.

Jamais il ne fut aussi clair que la vie des pauvres dépend de la banque mondiale qui , elle, dépend des revenus des puissances pétrolières et autres courants financiers profitables : banques, religions, guerres, drogues, sexe. 

Nos dirigeants se fichent de mettre la planète en danger d’éclater, à cause des changements climatiques, pourvu qu’ils continuent à engranger leurs profits. 

Ces riches agissent comme s’ils étaient certains qu’il n’y a pas de vie après la mort et qu’il faut par conséquent jouir du moment présent.  Le pouvoir est concentré entre les mains de gens qu’on devrait qualifier d’assassins légaux : Bush, Poutine, Ben Laden, la Chine, la guerre d’Israël contre les musulmans et le bouffon canadien Steven Harper.  Ils sont tous nos leaders politiques. 

Serions assez fous pour donner la terre en pâture à ceux qui ne respectent rien, sauf leur nombril ? 

Pour tuer toute velléité d’insurrection ces bandits utilisent les religions et la police, sous prétexte de défendre la sécurité des citoyens.

Les religions fournissent l’appui et le fanatisme nécessaires pour cimenter leur pouvoir.  Une recette plus que millénaire et qui a déjà fait ses preuves. 

Pendant qu’on rêve d’éternité, d’un dieu qui finira bien un jour par recouvrer l’ouïe et la vue, l’humanité entière se voit dicter des préceptes qui valoriseront les moyens pour se conformer à une morale plus ou moins naturelle, mais qui entretient la dépendance

L’humanité entière voit que sa survie dépendra des pétrolières et leurs vassaux : les banques.  Qui a l’argent a le pouvoir?  Personne ne peut se passer de pétrole. C’est une denrée plus payante encore que les religions, les guerres et la drogue qui sont d’ailleurs contrôlées par ceux qui exercent le pouvoir à partir des idéologies comme le capitalisme et le communisme, ainsi que les religions.  

L’or noir, c’est comme le veau d’or, dans l’histoire de Moïse.  Le besoin des individus d’appartenir à un groupe, faute de se suffire de leur propre existence. 

Le Québec n’échappe pas à cette réalité, c’est pourquoi on essaie de nous faire croire qu’il faut augmenter la part payée par les utilisateurs des services.  Pour nous hypnotiser encore plus, on nous compare toujours avec le reste du Canada.  Si Hydro-Québec doit augmenter ses tarifs, c’est pour être à peu près l’équivalent du pétrole.  Pourquoi n’a-t-on jamais privilégié la fabrication d’autos électriques? 

Le marché, c’est la superficie de la mafia locale et mondiale, l’aire de jeu. 

Pour augmenter les profits des pétrolières, il faut augmenter les coûts de la vie.  Ainsi, les individus devront être productifs et pour s’en assurer, on doit s’arranger pour que la vie coûte si cher que les individus n’auront aucun autre choix que de travailler.  Pour permettre à sa famille de survivre, de connaître un peu de plaisirs, il faut nécessairement que le couple de parents travaillent d’arrache-pied.  Puisque les parents sont au travail, pour surveiller les enfants, il faut investir davantage dans la police.  Personne n’a le choix.  Il faut travailler, travailler et encore travailler

Nous sommes tributaires de cette grande mafia internationale et de ses institutions.  Nos vies valent ce qu’elles rapportent à ceux qui nous exploitent. 

Comment se libérer de ce piège?  En créant un monde foncièrement individualiste, les dirigeants s’assurent que la division permettra un contrôle absolu.  Les religions et les médias sont là pour influencer les mouvements et les sentiments de groupe.  Plus nous vieillissons, plus nous sommes esclaves.   Si j’étais riche, je dirais que ça n’a pas d’importance puisque d’une manière ou d’une autre, nous allons tous mourir.

La seule chose que je ne comprends pas : pourquoi ces gens ont-ils besoin d’une telle richesse, d’un tel pouvoir, alors que la très majorité de leurs acquis est purement inutile?  Faut-il être riche pour comprendre les riches? 

En tous cas, ceux qui veulent nous faire payer plus cher nos services gagnent déjà assez d’argent pour ne plus être capables de comprendre les plus pauvres qu’eux

Quand t’as beaucoup d’argent, une petite augmentation c’est rien ; mais quand t’es pauvre, ne pas l’avoir, c’est la catastrophe. 

Au Canada, avoir moins de 25,000 $ par année, t’es pauvre.   

Radioactif 389

mai 29, 2022

Radioactif 389

Texte de 2008

Québec en danger.

Qu’est-ce qu’on attend pour se réveiller ?  Jamais la culture québécoise n’a été aussi en danger que maintenant.  Le français prend le bord et l’organisme qui devrait le défendre est justement celui qui le trahit, en refusant d’exposer la situation véritable. 

D’autre part, on se laisse endormir par le gouvernement fédéral conservateur qui a réussi en hypocrite à rétablir la censure au Québec.  L’œuvre des féministes rétrogrades (féminounes) porte fruit.

Évidemment, on s’est servi de la peur de la pornographie infantile pour nous passer ce sapin. 

Quand la loi sera abrogée, Ottawa tiendra tous les créateurs du Québec par les testicules et il n’aura plus qu’à serrer la ceinture pour contrôler chaque lettre ou chaque image créée par les créateurs québécois. 

D’ailleurs, Ottawa veut revoir la loi sur l’avortement. 

Quand le fédéral aura ce pouvoir, l’ordre public mettra au monde sa police politique.  Les  » On est au coton  » seront monnaie courante.   

Par expérience personnelle, je sais que le fédéral n’hésitera pas à piétiner les lois du Québec.  Il n’a pas hésité une minute à geler une partie de ma préretraite, même si c’est illégal. 

Si la nation québécoise signifie quelque chose et qu’elle veut survivre, il faudra apprendre à se tenir debout et mettre Ottawa à sa place.  On a même plus de temps à perdre à discuter de possible association. 

Il faut devenir un pays autonome et ça presse. 

Tout ça mijote dans une situation mondiale encore plus absurde, car sur le plan mondial les multinationales du pétrole condamnent des millions de personnes à crever de faim… Qu’est-ce qu’on attend pour les boycotter dans la mesure du possible, car ils profitent du fait que c’est un bien essentiel.  

On a un urgent besoin d’allumer, de trouver des moyens de réagir si on ne veut pas que l’économie fasse péter la planète…

Ceux qui nous dirigent sont des criminels qui ne pensent qu’à leurs profits...

Que ce soient des gouvernements Occidentaux, Iraniens, Chinois ou autres, ce sont des capitalistes sans scrupules et sans âme. 

La crise alimentaire ne fait que commencer, elle se traduit, ici,  par cette étude où l’on essaie de nous faire croire que dans une sociale démocratie, c’est l’utilisateur-payeur qui paye, même s’il est pauvre. 

On essaie de nous faire oublier que sans notre argent Hydro n’existerait pas.  J’en ai marre qu’on nous compare toujours au reste du Canada.  Les conditions de vie ne sont pas pareilles. 

Quand ce sont les riches qui réclament une augmentation, comme les médecins, les statistiques sont vraies ; mais dès que ce sont les plus pauvres, on prétend que ça ne s’applique pas.

Ceux qui croient encore à la liberté doivent se réveiller, ça presse, très bientôt ce sera trop tard. 

Radioactif 388

mai 28, 2022

Radioactif 388

Texte de 2008

La poésie s’éclate.

La censure sexuelle a toujours été un problème au Québec. 

On aime ça nous tenir dans l’ignorance.  Je suis donc allé à Québec porter mon livre L’homo-vicièr, au premier ministre Robert Bourassa.  Je sais qu’il l’a eu, car je l’ai vu blanchir.  J’étais dans les estrades quand il le reçut.  Je voulais qu’on décriminalise la pédérastie. 

La poésie avait repris sa place.  Nous manifestions, avec Janou St-Denis, dans les rues de Montréal pour le droit à la liberté d’expression. Je me souviens avoir fait une pancarte et de m’être promené déguisé en ange, tout en récitant un poème dans lequel j’étais l’archange-mère Foin-Foin, venue annoncée la fin du règne libéral. 

Dans une autre manifestation organisée toujours avec Janou St-Denis, nous fûmes escortés par la police de la ville de Montréal.  Nous avons même dû pousser une des motocyclettes de la police parce qu’elle était tombée en panne.  Je sais que La Presse a publié une photo de l’événement. 

La vie avait repris son credo : avoir du plaisir avant de mourir. 

À l’occasion des Olympiques, le poète Gaétan Dostie a organisé ce qu’on a appelé le Solstice de la poésie, une série de soirées de poésie, faisant renaître les textes de tous les poètes importants de la littérature québécoise. J’étais très honoré d’en faire partie.  Ce n’était pas comme aujourd’hui où l’on me refuse même le droit d’être un écrivain. 

Un soir ou deux précédent ma présentation, je fus arrêté dans le métro de Montréal.  On craignait pour la sécurité de la reine qui venait aux Olympiques. 

C’est vrai que je venais à peine de participer à une soirée de poésie La charge de l’orignal de Gauvreau, organisée par Janou St-Denis, sur les terrains du Grand Séminaire, afin de protester contre la venue de la reine à Montréal. On avait récité sous la surveillance de la police. 

J’y récitais un poème qui allait à peu près comme ceci : « Je m’appelle Élisabeth.  Je suis la reine du mois de Juillet. J’ai été choisi pour mes fleurs. Deux paquets de poil près du pénis.»  À cette époque, j’avais encore le goût de la provocation et de la fête. Y paraît que Jacques-Yvan Morin, chef de l’Opposition et le Consul des États-Unis riaient comme des petits fous en m’entendant.

Mon droit à la pédérastie est devenu une de mes revendications politiques. 

Je n’aurais jamais cru lire autant pour comprendre la pédérastie et connaître comment s’est installée la répression sexuelle.

Juste assez pour comprendre qu’il n’y aura jamais de changement et que les marginaux n’ont qu’à vivre leur vie en hypocrite, espérant qu’il n’y ait pas un imbécile qui décide de jouer à la victime, oubliant que 20 ans plus tôt la victime était plutôt le jouisseur,

Radioactif 387

mai 27, 2022

Texte de 2008

Pudeur n’est pas scrupule. 

Évidemment, si on parle de liberté absolue des enfants, les adultes n’interviennent que si les jeunes sont à défoncer le crâne des autres avec des marteaux ou si un jeune a invité un adulte à participer à ses activités. 

À certaines occasions, les jeunes se sont faits un plaisir désordonné de déculotter le visiteur qui semblait assez constipé pour réagir comme s’il était égorgé dès qu’il perdait son pantalon.  C’était sûrement moins comique pour eux de voir un zizi que lire la peur dévaster les visages du visiteur. 

Cet attrait naturel pour la sexualité chez les enfants a vite semé la paranoïa chez certaines intervenantes.  Quand il est question de sexe, une bonne majorité des femmes, à cause de leur éducation, capotent et s’énervent.  Les hommes, eux, ne deviennent pas hystériques, mais complètement fous. 

La moindre liberté sème la panique.   

Inévitablement, quelques femmes scrupuleuses ont senti la pudeur en danger.  Ces femmes ont tellement peur du corps qu’elles s’imaginent que la nudité les fera mourir.  Cette peur permet de les mener par le bout du nez en créant les modes.  Elles veulent être coquettes, la cible de tous les regards, tout en mourant de peur d’être un objet sexuel et en clamant que tous les hommes sont des cochons.  Elles voient du mal dans tout ce qui est sexuel même si c’est normal. 

La sexualité n’occupe pas la majorité de nos pensées.  Je suis un des plus obsédés, j’imagine, et si ça occupe dix pour cent de ma pensée, c’est déjà énorme.  On s’en fait pour rien. Je ne suis pas dangereux parce que je préfère le plaisir aux sacrifices.

C’est comme la bonne femme qui explosait de rage parce que dans sa maladie de pudeur excessive , elle prétendait avoir vu dans mes yeux que j’avais pris plaisir à devoir pousser un petit gars par les fesses pour qu’il puisse être rattrapé par une autre personne au deuxième étage, les escaliers n’existant pas encore. 

Franchement, faut être débile pour croire que j’étais soudé près du trou de l’escalier à attendre qu’un jeune ait besoin de monter, en sachant que je devrais lui toucher les fesses.  C’est arrivé par hasard, et je ne me suis jamais posé de questions sur la pudeur d’aider un jeune à pouvoir franchir un obstacle, même si je devais lui toucher les fesses pour l’aider. 

Une telle pudeur est strictement une maladie.  Pour penser et voir du mal dans un geste aussi banal, il faut être devenu fou.  C’est exactement la position des féminounes sur la sexualité.  Elles remplacent les curés, ayant le même discours d’interdiction probablement pour mieux avoir s’exclusivité.

Plutôt que de s’occuper de son petit cul, il fallait qu’elle gère tout ce qui arrivait aux autres.  Cette malade (trop scrupuleuse pour être normale) était traumatisée simplement parce qu’elle avait appris que j’étais pédéraste.  Je suis certain que c’était une autre frustrée. 

Les frustrées s’inquiètent du fait que d’autres puissent jouir.  Pour elles, le plaisir sexuel, c’est le péché, l’offense, le crime absolu. 

Tout ce qu’elles auraient de besoin pour apprendre à jouir normalement de leur sexe serait une personne qui connaisse  assez leurs réticences pour défoncer leur mur de la honte d’avoir un corps comme si on devrait être des purs esprits, des anges.   Elles ont besoin de jouir pour savoir ce que ça signifie. 

Cette forme de paranoïa est exactement celle que moussent les féminounes et par ricochet, la pègre : on faut prendre le client à la place de celui qui offre les services.  C’est à partir de cette conception débile pour mieux dominer les autres et protéger la pègre, que certaines policières exagèrent afin d’arrêter ceux dont la libido dépasse la moyenne. 

Pendant ce temps-là, les voleurs et les tueurs ont toute liberté parce que la police perd son temps à courir les gens qui ont une sexualité un peu plus libre que la moyenne. Ça permet aussi de créer de l’emploi. 

Un jour, où je travaillais dans l’école libre, les trois jeunes qui s’y trouvaient, leurs parents étant partis, ont décidé de se promener nus sur le terrain et de venir me dire bonjour ainsi vêtus.  Je ne cache pour avoir adoré ça, d’avoir été excité par cet évènement surprise. Puis, alors qu’ils étaient encore tous nus, près de moi, les parents sont arrivés.  Tout le monde s’est vite vêtu comme si on n’assumait pas son choix.

J’étais au paradis qu’ils aient ainsi paradé pour moi : pas seulement à cause de la vue, mais parce que ça prouvait que des jeunes peuvent initier des jeux sexuels sans être sollicités par un adulte.  Ce fut parmi mes derniers souvenirs de l’école libre. 

Il faut être libre, si la liberté se comporte comme on la conçoit, mais si les choses se passent différemment, on refuse de reconnaître cette réalité. 

La liberté sexuelle devait exister que pour les adultes qui voulaient pouvoir échanger de partenaires. C’était la nouvelle mode des échanges sexuels.

Je ne sais pas si les jeunes savaient que je suis pédéraste ou s’ils ont tout simplement décidé de mettre mal à l’aise en surgissant nus; mais je me suis rincé l’oeil et j’ai vu toute la beauté du ciel d’un coup d’oeil. 

Selon notre façon de penser, parce qu’on est pédéraste, il ne faudrait plus sentir le plaisir.   Il faudrait se promener en se frappant la poitrine et en criant : «  je suis un pécheur » plutôt que « j’aime la vie et tout ce qu’elle nous offre de beau ».

On a tellement peur que les jeunes puissent découvrir qu’il y a du plaisir dans la sexualité qu’il faut que ceux qui la vivent en dehors des normes doivent se limiter à pleurer sur leur sort de pécheur repentant. 

Ce n’est pas mon cas, donc, je suis un gros méchant.  Ce qui devait arriver arriva. 

Les problèmes de l’école n’ont absolument pas tourné autour de ma sexualité ; mais du fait que, dans leur paresse naturelle, les jeunes ne s’occupaient pas de la propreté de l’école. Un bon jour, ils furent tous infectés par une épidémie de puces.  

À la maison, Suzanne s’était trouvé un nouvel amant qui aimait le lit encore plus que moi.  Au moins, elle demeurait fidèle à ses croyances. 

Son ami venait la voir durant que je m’occupais des enfants.  L’école libre fut une expérience inoubliable qui motiva ma décision d’étudier pour devenir professeur puisque j’avais enfin découvert ce que j’aimais le plus comme travail à part celui d’être journaliste.  Un métier qui m’attire autant aujourd’hui qu’il y a quarante ans, même si je le vois très différemment. 

Mes anciens patrons seraient fiers de savoir qu’à mon avis, je trouve que le journaliste d’aujourd’hui tient trop à donner des opinions à travers des rubriques.  C’est contre le droit à une information neutre. 

Je suis devenu un adepte de la neutralité dans l’information, car pour moi l’essentiel, c’est la vérité pour permettre au lecteur de choisir et prendre ses responsabilités.

Au bout d’un an, le juge qui s’occupait du procès de Suzanne nous prouva qu’il y a encore des juges intelligents. 

Il décida qu’étant donné que j’avais déjà fait trois mois de prison, que nos enfants avaient autant souffert de la situation que nous, que l’on avait dû déménager pour vivre en paix, que ça nous avait créé des tonnes de problèmes financiers, que cette situation avait assez duré. 

Il abandonna toutes les poursuites contre Suzanne.  Elle était libre. Et, j’étais aussi heureux qu’elle de l’apprendre. 

Radioactif 386

mai 26, 2022

Radioactif 386

Texte de 2008

L’école et le sexe.

J’étais séduit par l’approche de la sexualité d’A.S. Neil, dans Libres enfants de Summerhill. 

Évidemment, parce que je défends la pédérastie, il ne faut surtout pas que je le dise, pour éviter que mes détracteurs affirment qu’il en est ainsi parce que je cherche un petit gars.  Ces gens sont très forts, ils savent même mieux que toi-même ce que tu penses et tes intentions les plus secrètes. Il faut nourrir ses calomnies, donc, créer des procès d’intention comme jadis à l’époque de l’Inquisition.

Ce n’était pas le cas, malgré mon intérêt pour la beauté des gamins qui se maintenait au cours des ans.  Plus tu te présentes comme pédéraste, plus t’as de chances de continuer à vivre ta « sainte chasteté » parce que tout le monde te surveille, mais parfois, ce peut être aussi le contraire, ça peut enclencher des merveilles. 

Heureusement, Suzanne s’occupait de mes petits bijoux de famille.  Je ne vivais pas dans la peur que la poche m’éclate parce que j’oubliais de la vider.  Les scrupuleux peuvent se servir de tous les arguments, émanant de qui que ce soit, leurs intentions sont toujours nobles et  propres.  Ils combattent la nature humaine parce qu’ils sont incapables de réfléchir par eux-mêmes, en dehors de ce qui leur a été inculqué.  Ils sont comme Lucifer devant Dieu : ils refusent de reconnaître la beauté de l’élan créateur.  Ils ne remettent rien en cause : l’ordre établi est nécessairement la vérité et un gage de justice. 

C’est pourquoi la majorité des humains crèvent de faim à cause de l’augmentation du coût de la vie, grâce à la mondialisation.  Ils peuvent crever, semble-t-on dire, ils sont tous noirs.  Seuls les gens de notre religion peuvent se vanter d’être  « les purs de la Bible ou du Coran ». 

J’étais ravi parce qu’enfin je lisais des expériences qui confirmaient ce que j’avais compris de la vie.  Ce livre est plus vrai, plus réaliste que tous les motifs de culpabilisation invoqués par nos âmes chastes et conservatrices qui s’occupent obstinément de notre comportement sexuel pour compenser leur vide intérieur.  Hors de la chasteté, point de salut !  Cette hypocrisie me révoltait. 

Comment ne pas être fasciné par une école qui respectait enfin ce que ma vie me prouvait comme étant  la vie normale des jeunes qui ne sont pas écrasés par la morale traditionnelle et bourgeoise de leurs parents ?  (Il y a une différence entre partager une foi et l’imposer. La première est normale, la seconde non. )

Cette vision de la vie, de la sexualité libre correspond mille fois plus à la nature humaine que toutes les paranoïas inventées par les religions et diffusées maintenant par les féminounes, ces réactionnaires qui se regroupent autour de certains média d’information.  

Enfin, on comprenait que les relations sexuelles libres ne sont pas synonymes de violence ou de domination.  Qu’il est possible que le jeune aime ça autant que l’adulte.  De quels droits les autres s’en mêlent-ils ?  La liberté sexuelle exige de respecter la décision de l’autre.  Pas de oui, pas de cul !  Vivre librement permet de penser à autre chose et être fasciné par des comportements, par des idées plutôt que par des corps. 

J’étais de plus en plus libéré intérieurement puisque, en principe, les jeunes étaient libres d’esprit et il leur appartenait de déterminer la suite des choses.  Avec la liberté, c’est le jeune qui initie le jeu. 

J’étais de plus en plus libéré intérieurement puisque, en principe, les jeunes étaient libres d’esprit.  Je ne voulais pas les influencer, donc, la suite des choses leur appartenait.  Je n’avais rien à provoquer.  J’étais un observateur.  Ce qui m’a d’abord surpris fut que la nudité était employée par les jeunes comme une forme de pouvoir et d’affirmation

Je me souviens qu’un jour, en visite chez mon père, Yanie avait passé la journée avec mes parents. Yanie était une petite fille extraordinaire, attachante comme pas une, mais qui avait une tête de cochon quand elle décidait qu’elle voulait absolument telle ou telle chose. 

Tout alla pour le mieux tant que je ne suis pas revenu à la maison.  J’étais rendu comme sa mère.  Dès que je mettais les pieds dans le cercle des relations interpersonnelles, Yanie se mettait à revendiquer toutes les libertés dont elle s’était sentie frustrée par les consignes de la vie quotidienne normale et habituelle.   Ainsi, dès que j’eus mis les pieds à la maison, elle s’est complètement dévêtue, en affirmant qu’avec moi, on avait le droit à la nudité.  Évidemment, ce fut une liberté vite refusée par mes parents.  « Tu peux élever tes enfants comme tu le voudras, mais ici, on se vêt. » me dit mon père.  C’était clair et il avait raison.  

Ta liberté s’arrête, là, où celle des autres commencent.  Papa trouvait ça difficile et fatiguant quand les deux petits commençaient à se chicaner jusqu’à nous rendre fou.  Il me disait : « J’ai jamais vu ça de ma vie d’être assez paresseux pour prendre des enfants déjà tout faits. » Ça n’a aucun rapport puisque je n’ai jamais été paresseux.  Il me disait ainsi ne pas comprendre mon choix de vivre avec une femme qui a déjà des enfants.  On en était encore loin des familles reconstituées. 

À cette époque, se marier c’était pour l’éternité.  Et, dans notre religion, on se marie pour avoir des enfants. 

Ces incidents ont drainé ma foi dans l’idéologie de l’enfant -roi

Je considérais de plus en plus qu’un adulte doit aussi leur apprendre les limites que nous vivons tous, même si j’étais très ouvert à la liberté la plus absolue. 

Je trouvais irréaliste de laisser les enfants vivre entre eux sans jamais intervenir. Quel péché mortel pour un révolutionnaire.

Quand j’étais seul avec les enfants, ils savaient que je n’acceptais pas tout, surtout pas de chicanes…  Quand on jouait, j’étais un autre enfant; mais quand j’étais le père, j’étais le boss.          

Le sexe et la vie.

Je travaillais avec un ami à créer une charte pour l’école libre.  J’ai dû me rappeler que la théorie est une chose, la pratique en est une autre.  Je me croyais «flyé», je me suis vite aperçu qu’il y en avait d’autres, encore plus radicaux que moi. 

En principe, je n’avais aucune limite à la liberté, sauf la violence ; mais j’avais oublié un facteur fondamental : la liberté n’a aucun sens si elle n’est pas guidée par la responsabilité

Sur le plan sexuel, les interdits me paraissaient encore plus stupides que jamais.  Comment peut-on croire qu’un dieu eut assez de temps à perdre pour nous imposer la manière selon laquelle on utilisera notre sexe.  C’est complètement ridicule. 

Les religieux peuvent claironner sur tous les toits que dieu leur a révélé. C’est complètement idiot.   Est-ce un processus schizophrénique? Dieu serait-il un macho?  

La prétendue supériorité de l’esprit sur la matière est le fruit de l’ébullition du cerveau d’hommes qui ont été trop longtemps dans le désert,  les gnostiques.

On sait aujourd’hui que la conscience naît aussi du matériel, donc, du corps.  Si le «Big bang» a été une implosion de l’énergie électromagnétique contenue dans la matière stagnante supposément inerte, il n’y a pas eu de créateur ; mais une évolution normale de la matière.  Ça confirmait ce que j’ai toujours pensé : la matière est éternelle, mais elle se transforme.

Quant à la libido, c’est l’énergie à la base de notre sexualité et ce qui a permis à la race humaine de survivre.  Y aurait-il une vie animale sans la libido issue de notre génétique?  Comme toutes les énergies, elle ne peut pas être éliminée dans la mort, elle ne fait que se transformer. 

Les hommes religieux, incapables de se retenir devant les femmes, virent que ce rut masculin créait toutes sortes de jalousies qui pouvaient même aboutir au meurtre.  Ils prétendirent que les femmes devenaient un paravent dans leur relation avec dieu.  Donc, les femmes sont le mal, la tentation qui détourne les yeux de son dieu.  La tentation étant toujours une femme ou par extension l’arrière-train d’un petit gars, parce que c’est plus serré, ils décrétèrent que vouloir une femme en dehors du mariage, c’était péché.  Les petits gars, grâce à l’initiation, était pour certains la sortie ou le trou de secours.

L’orientation sexuelle n’est pas une invention : c’est la définition de ce qui nous fait vibrer aux autres.  Pire, les religieux manigancèrent des règles supposément divines, s’attribuant le pouvoir absolu de l’homme sur la femme.  Mais, sans la sexualité, la race s’éteint.  Comment gérer ces facteurs sur le plan de toute une société?  Comment diviser les tâches entre les hommes et les femmes? 

C’est un peu stupide, à mon avis, de décréter que telle activité est le propre d’un homme, si la femme peut la faire tout aussi bien.  Pourquoi un homme ne peut-il pas s’occuper aussi bien des enfants à la maison qu’une femme?  Pourquoi n’avons-nous pas le choix?  Des conventions qu’on a placé sur le dos de Dieu ou d’Allah, c’est la même chose.  Pour qu’elles soient respectées, on en a fait des règles sociales strictes. 

On est même devenu assez fou pour diviser les hommes des femmes.  Par contre, on doit admettre qu’un homme comprend mieux un homme et une femme, une femme.  Si deux femmes peuvent pourtant se promener la main dans la main, sous prétexte que c’est charmant, dès qu’il s’agit de deux hommes, c’est un scandale.  On appelle ça les conventions, la mode, mais c’est de l’hypocrisie.  Combien d’annonces publicitaires dans lesquelles on présente un petit gars de six à dix ans à la recherche de sa petite blonde, pour influer les jeunes qui les regardent, alors que l’on sait qu’à cette âge, tous les petits gars normaux se fichent carrément des filles.  On combat ainsi l’homosexualité.  Hypocrisie, mais c’est quand même ça. 

Là, où j’avais de réticences, c’était sur le plan scolaire.  S’il est vrai qu’un jeune laissé libre récupère très vite, le jeune a besoin d’être orienté dans ses recherches et les connaissances qui le conduisent à une réponse spécifique.  Comment savoir quelles notions il faut pour pouvoir exercer tel métier, si personne n’est là pour te guider.  Qu’on aime ça ou pas, savoir lire et écrire, c’est essentiel.  Mais, j’étais minoritaire.  Je ne participais pas directement à l’élaboration de la philosophie de l’école, je passais par l’intermédiaire de Suzanne et un éducateur de l’institution pour apporter mon point de vue. 

Puis, on a décidé de construire la Maison des enfants, là, où les enfants seraient maîtres absolus.  Les adultes ne pouvaient même pas pénétrer dans l’école sans la permission des enfants. 

J’ai travaillé comme un fou à la construction physique de cette école et à élaborer la publicité entourant son ouverture.  Je revenais crevé à la maison.  Ma libido s’en ressentait aussi.  Les séances prolongées au lit m’intéressaient beaucoup moins. 

Pourquoi les institutions scolaires ont toujours privilégié les sports et la prière?  Pour que les jeunes ne sentent pas trop leurs démangeaisons naturelles. Contrairement à ce qui se passait en Suède, je m’opposais aux séances collectives de masturbation.  Les jeunes doivent répondre à leur réalité personnelle, ils n’ont pas besoin de pratiquer en classe. Je trouvais ça exagéré.  Remarquez que ce devait être très beau à voir . Cet extrême est presqu’aussi fou que notre silence québécois sur tout ce qui touche au sexe des mineurs.

Centerblog

mai 25, 2022

Tout indique que mon carnet sur Centerblog a été désactivé depuis le texte sur les effets des écrits de Richard Martineau  à mon égard. Si c’est le cas, c’est la meilleure preuve que la liberté d’expression n’existe pas au Québec dès qu’il est question de pédérastie.

Radioactif 385

mai 25, 2022

Radioactif 385

Texte de 2008

Les féministes

À cette époque, les féministes n’étaient pas une bande de réactionnaires contre la sexualité.  Elles avaient compris qu’il y a des choses plus importantes que le sexe.  Elles ne rejetaient pas cette réalité animale : le plaisir.  Elles s’assumaient pleinement comme femmes et profitaient du fait qu’elles sont des êtres sexués.  Elles aimaient le sexe et elles ne s’en cachaient pas.

Aujourd’hui, les féminounes agissent comme une bande de paranos qui ont toujours peur d’être touchées ou violées.  Celles-ci sont souvent des lesbiennes frustrées homophobes plus ou moins conscientes de leur état qui voudraient que la société soit castrée.  Elles ne jouissent pas de leur sexualité, car elles sont trop occupées à gérer celle des autres, particulièrement, celle des plus jeunes qu’elles.  Les scrupuleuses sont généralement ainsi parce qu’elles sont frustrées et elles sont frustrées parce qu’elles sont scrupuleuses. 

Je tiens mon slogan « tu es le maître absolu de ton corps et de ton esprit » des féministes d’antan. 

Aujourd’hui, ce n’est plus le même discours.  Ce n’est plus une recherche d’émancipation, c’est un retour déguisé aux normes religieuses qui veulent que les femmes sont inférieures parce qu’elles sont une tentation perpétuelle.  Un déséquilibre entre la spiritualité et notre réalité animale.  La peur. Tout ce qui naît de la peur est maladif et se propage comme une tornade. On dirait à travers cette perception de la sexualité que la structure du corps a autant ou plus d’importance que l’intelligence ou la vie émotive. 

Pourtant, le sexe sans amour, ça ne vaut rien.  C’est une seconde de plaisir, c’est strictement éphémère.  De plus, on n’était pas à cheval sur la notion mathématique de l’égalité : un homme égale une femme pour chaque poste.  Les féministes revendiquaient avec raison la parité salariale.  Ce qui devrait être chose faite dans toutes les sociétés évoluées.  On voulait des hommes roses plutôt que des machos.  Des hommes qui partageaient les travaux domestiques.  On voulait des hommes qui s’impliquent autant que les femmes auprès des enfants, contrairement, à aujourd’hui, où aussitôt qu’un homme manifeste un sentiment affectueux envers un enfant est classé pédophile.

Seules les femmes ont droit d’avoir des sentiments pour les plus jeunes.  En fait, on ne jugeait plus un être humain au fait qu’il soit un homme ou une femme, mais juste sa dignité d’être un (e) individu(e).  

Aujourd’hui, les féminounes avec leur croisade anti-sexe, sous prétexte de protéger les jeunes, nous replongent dans une société d’hypocrites et de censure.  Elles ne se contentent plus d’essayer de gérer l’intérieur des pantalons des habitants du Québec, mais elles essaient d’imposer leur morale réactionnaire partout dans le monde. 

Si la prostitution individuelle était libre, il y aurait moins d’obsédés et de frustrés.  Seules la violence et la domination seraient interdites. 

Autant j’aimais les féministes authentiques qui nous présentaient une vision éclairée de la vie autant je déteste les féministes réactionnaires, les féminounes.  Avec la peur du sexe, elles creusent encore plus le fossé homme-femme. 

Tous les hommes roses sont devenus à leurs yeux un danger pour les plus jeunes.  La peur d’être dépossédées, qu’une autre soit préférée est devenue la lutte sexuelle des féministes.  Elles ont peur d’être détrônées par une fille plus jeune,  nécessairement plus alléchante, plus belle qu’elles, d’où le besoin de leur refiler leur peur des mâles, car, ainsi, elles ne seront plus un danger sur le terrain de la conquête. 

Ce fut aussi la période où j’ai connu le baron Philippe, un transsexuel.  Il voulait être une femme pour comprendre ce qu’elles vivaient.  Pour un petit gars de la campagne, je trouvais ça « flyé» au bout.  Mais, ça me plaisait. 

La liberté de choisir son sexe, c’est merveilleux comme perspective d’avenir quoique personnellement, je suis un gars et je ne suis absolument pas intéressé de changer.  Je dirais même que mon pénis est plus populaire que mes écrits.

À mon âge, de toute façon, le sexe ça n’a plus autant d’importance.  Dix ans sans aventure, ça forge une opinion différente.

La vie de mère.

À ma sortie de prison, je me suis installé avec Suzanne et les enfants.   Suzanne allait à l’école et je m’occupais des petits.  Ce fut une très belle expérience et je peux affirmer que ceux qui pensent qu’une maman à la maison n’a rien à faire se trompent mauditement.  Ne t’arrête pas une minute de courir.

J’étais ravi plus que jamais de demeurer chez Suzanne.  Jouer au père ou à la mère — puisque je m’occupais aussi de l’entretien de la maison — me fascinait.  Ce fut toute une expérience quoique encore moins enrichissante que les cours de psychologie que je vivais quotidiennement avec Yanie et Patrick. 

Leurs luttes m’en apprenaient toujours un peu plus sur le pouvoir de manipulation qu’ont les enfants. 

Il y a vraiment une différence fondamentale entre une fille et un garçon.  La fille tente sans cesse de te séduire, elle joue volontiers à la victime alors que le gars est un paquet d’orgueil qui s’imagine pouvoir tout mener parce qu’il est plus fort. 

La différence est moins sexuelle entre gars et fille est moins importante que celle «du point de vue», comme dans le cinéma. Le point de vue dirige le regard.  Quand j’étais seul avec les petits, tout allait bien ; mais dès que la mère mettait les pieds à la maison, c’était la guerre.  Yanie prétendait que son frère avait fait ceci, Patrick prétendait que sa sœur avait fait cela,  alors qu’il n’y avait rien pour justifier ces drames.  C’était l’enchère pour prouver que l’autre avait mal agi.  Plus Suzanne s’en mêlait, plus les choses s’envenimaient. 

Un exemple : Une journée, on sautait dans la neige à partir du toit de la maison.  Yanie, malgré sa peur, réussissait et s’amusait ferme, mais dès que sa mère est apparue ce fut la crise totale.  Un passant aurait sûrement cru qu’on était en train de la tuer. Évidemment, sa mère fut immédiatement terrifiée parce qu’on ne faisait rien de spécial pour la sortir de sa crise, mais quelques secondes avant, elle était toute heureuse de sauter.  C’était un moyen de se faire remarquer. 

À la longue, Suzanne prenait toujours pour elle et je prenais toujours pour Patrick, une dissidence automatique : les gars se comprennent mieux ensemble comme les femmes entre elles;  sauf qu’en vieillissant les gars sont prêts à tous les compromis pour ne pas être condamnés aux coups de poignets pour le reste de leur vie. 

Dès que nous nous retrouvions seuls, l’harmonie se réinstallait.  Probablement, parce que seul je redevenais plus neutre dans mes interventions.  J’ai remarqué que cette situation se présente souvent quand les enfants sont uniques ou dans une famille uni parentale.  Les jeunes veulent posséder la mère.  J’avais peut-être l’air de ne rien comprendre, mais en somme, je trouvais que les deux en mettaient à outrance pour avoir raison

De jouer au papa-maman modifiait aussi ma perception de la pédérastie.  Les sentiments devenaient prioritaires.  Patrick ne voulait rien savoir sexuellement.  Au début, il se promenait même rarement en bobette devant moi.  On le croyait prude. C’était son droit.  J’appris avec le temps que Patrick crevait souvent de peur, seul, dans sa chambre.  Il ne voulait pas venir me trouver parce qu’il croyait pour l’avoir entendu (où je ne sais pas) que je pourrais l’enculer durant la nuit, sans sa permission.  Je le comprends : il ne voulait pas souffrir.  Ce qui doit sûrement arriver quand ça se produit entre un petit vieux bien «graillé» et un petit cul en formation.  Il ne pouvait pas savoir que je n’aime pas la sodomie.

Quand il s’est senti assez en sécurité, il m’en a tout simplement parlé et nous avons éliminé cette peur à jamais.  Même s’il venait me retrouver quand il avait trop peur, il ne s’est jamais rien passé entre nous de génital.  Je les aimais profondément comme mes enfants. 

J’apprenais en le vivant qu‘il est possible d’aimer sans que ça aboutisse nécessairement au sexe

Sans le savoir, mes exigences devenaient plus raffinées.  Comme quand j’étais tout jeune, la beauté des visages devenaient ce qu’il y a de plus important.  Sans le savoir, ma pédérastie se raffinait, en ce sens, qu’il y avait en plus de la fascination, une règle à l’effet de respecter le oui ou le non du petit gars. 

La pédérastie est un amour qui entraîne nécessairement une très grande responsabilité

J’étais un nouveau Platon.  Ma pédérastie se modifiait.  Elle n’était pas mieux, plus morale ou je ne sais trop, mais elle me forçait à m’adapter à la réalité. Je devais vivre chaste, même si je trouvais très beau le petit gars qui me côtoyait 24 heures sur 24.  Mon obsession de vérifier les formes étaient moins importante que de respecter ses restrictions, ses limites, de vivre au quotidien sans l’outrager. 

Ma joie était de plus en plus de vivre simplement avec des enfants, de chercher à les comprendre, les admirer et partager leurs jeux. 

D’ailleurs, je trouvais que Suzanne était trop exigeante au lit quand elle venait à la maison.  Je me sentais beaucoup trop fatigué pour me lancer avec euphorie dans des ébats qui n’en finissaient plus…Je n’avais pas mal à la tête, mais j’abrégeais. Je craignais plutôt les maux de dos à trop me forcer à éjaculer pour ne pas perdre mon orgueil de mâle.

Radioactif 384

mai 24, 2022

Radioactif 384

Texte de 2008

Les débiles de la morale bourgeoise.

Trois mois de prison pour avoir baissé tes culottes devant des jeunes, c’est absolument débile si on tient en compte le  contexte.  Ce n’était pas devant une cour d’école, c’était chez-nous, dans notre salon, selon notre conception de la vie et de la liberté.  Une conception qui est tout aussi intelligente que celle des interdits religieux.   J’ai le droit de ne pas croire que le sexe est péché mortel.

La situation exigeait que pour me respecter, je sois logique et cohérent avec ce que je disais et ce que je croyais fondamentalement.  Qu’importe ! 

Les imbéciles de la morale bourgeoise sont encore au pouvoir, même plus que jamais.  Je suis bien conscient que mes règles ne sont pas celles de la très grande majorité ; je suis peut-être le seul à croire dans la liberté sexuelle absolue s’il n’y a pas violence ou domination.   Ce ne n’est pas parce qu’une société a été aliénée durant des siècles qu’elle a raison

Elle n’a tout simplement pas le courage de se demander la raison de l’existence de ces règles et surtout si elles ont un sens — une raison d’exister– légitime.   

Je comprends très bien qu’on n’a pas le temps de remettre sa petite sécurité en question ; mais on ne fait ainsi aucune nuance entre des gestes violents et non violents.

On ne respecte pas le droit des jeunes à leur orientation sexuelle et à leur la vie privée. 

On s’imagine que parce qu’on est des parents, les jeunes sont notre propriété.  J’ai le droit de trouver ça idiot et c’est ce que je pense.  On a fait plus de mal à ce petit, en créant un drame, qu’en essayant de régler ça entre personnes responsables. 

Être nu, ce n’est quand même pas la fin du monde.  Il ne s’était rien passé rien de dramatique.  La nudité n’a jamais rendu personne aveugle.  Et, si, aujourd’hui, des millions de personnes partagent mon point de vue, je ne dois pas être le seul fou.  

Ceux qui ont créé ces interdits sont mauditement plus fous que moi

Ça ne repose sur absolument rien d’intelligent, sauf croire aveuglément ce que les religieux nous ont fait croire durant des siècles. 

Si c’est ainsi, que seul compte le sacrifice pour aller au ciel, on est mieux de prier pour que tout le monde soit pauvre et malheureux pour aller au ciel au plus vite. 

Trois secondes de réflexion et on se rend compte qu’on s’est fait joliment bourrer le crâne.

La censure dominante.   

Depuis quelques semaines , je reçois des messages à l’effet qu’on interdit la poésie dans le métro de PARIS, qu’une poétesse est emprisonnée au PÉROU, ça ne me surprend pas.  Le système (tant à gauche qu’à droite) s’est toujours servi de « sa » notion de la pudeur pour garder la majorité aliénée. 

Ce qui est inquiétant c’est que cette formule qu’on utilisait contre moi (je pensais que c’était de la paranoïa) devient maintenant monnaie courante comme type de répression, un moyen de contrôler ce que pensent les créateurs. 

Au Canada, par exemple, on a inclus dans une loi que le gouvernement fédéral vient de faire accepter en troisième lecture, que le ministère du Patrimoine pourra juger si les œuvres (actuellement, ça touchera surtout le cinéma, supposément pour bannir la nudité et protéger les bonnes mœurs) de tel ou tel artiste sont conformes ou non à «l’ordre public», pour avoir droit aux subventions. On retourne à la censure pure et dure, aux tabous. 

Bientôt, cette censure élargira ses tentacules jusqu’à la politique.  Contrôler des textes pour que ceux-ci répondent aux normes imposées par une morale bourgeoise, c’est ce qu’on vivait avant 1970.

On a qu’à penser à Corridart, la murale faite à Montréal et détruite aussi vite durant la nuit pour protéger les bonnes mœurs. 

Imposer une morale bourgeoise féminoune, c’est une nécessité pour implanter une dictature

Au Québec, j’ai été banni de l’Association des auteures (s) des Cantons de l’Est parce que j’ai osé écrire un essai sur un sujet tabou, la pédérastie.  Et, en parler dans mes poèmes.  Un journaliste a publié une colonne en citant mon livre et en affirmant le contraire de ce que j’avais écrit.  Un essai, c’est pour amener une discussion, donc, c’est comme la poésie, une forme littéraire qui ne peut subir aucune CENSURE, sinon les appels à la violence. 

Ce vent de censure se répand à travers le monde.  On devrait commencer à craindre ce qui se passe,  car c’est la pointe de l’iceberg.  C’est exactement ce qui s’est passé avec Hitler. 

Quand la politique se cache dans la morale conservatrice, tout devient hypocrisie et répression.  Tout le monde doit avoir les mêmes notions morales.  C’est ce qui se passe avec Bush et Steven Harper.

Je réclame la liberté de penser autrement…   

La prison

Ce qui devait arriver arriva.  Je me suis ramassé trois mois en prison. Ce fut le prix à payer pour défendre mon opinion et ce que je considère mon authenticité. Ça ne veut pas dire qu’on a raison, mais notre point de vue et notre expérience «particulière» de la vie sont aussi valables que ceux des autres. 

L’humanité évolue parce qu’on se parle.  Les Occidentaux n’essaient pas de comprendre les autres, ils imposent leur morale, leurs normes et leurs suicides, en pensant qu’ils sont meilleurs que les sociétés dites primitives là où pourtant tout le monde est heureux.  Et, ils dominent dans l’exportation des guerres. 

Par expérience, je sais que la censure et les tabous sont les pierres angulaires, de toutes les formes d’intégrisme, de toutes les misogynies, de toutes les homophobies, de toutes les inquisitions et de toutes les dictatures.  

La morale bourgeoise ne pourra jamais donner naissance à la démocratie parce qu’elle ne respecte pas les droits individuels et la vie privée.   L’étroitesse d’esprit est une tare bien pire que la pédérastie. 

À vrai dire, je me savais pédéraste.  Je ne croyais plus, contrairement à quand j’étais trop petit pour pouvoir penser par moi-même, que c’était une maladie ou une tare. 

Il est bien évident que c’est un accident de la nature qui survient à un tout petit nombre d’individus qui ne vibrent pas aux mêmes fascinations que la majorité, qui n’ont pas les mêmes normes esthétiques et morales.  Ils sont touchés par autre chose que le matérialisme des relations sociales dites normales.  

Les puritanismes nous rendent la vie impossible. Vouloir vivre ouvertement comme la nature nous a créé plutôt que d’être esclaves des hallucinations religieuses de toutes sortes, vouloir se reconnaître pédéraste, c’est rêver en couleurs, car il y aura toujours une chasse aux sorcières par ceux et celles qui se pensent  » les purs « . 

La pédérastie, c’est accepter de vivre l’enfer sur terre parce qu’il y a toujours des scrupuleux qui ne réalisent pas qu’ils sont des êtres tout aussi dégénérés, sinon plus, que les pédérastes, combattus comme s’ils étaient le diable en personne. 

Rejeter la sexualité des enfants, c’est rejeter la réalité. 

Leur excès de morale est à mon sens, une maladie, une psychose. 

Et, je préfère ma névrose.   Si tu élimines toute forme de violence et de domination dans ta vie sexuelle, c’est une façon de vivre tout aussi acceptable que toutes les autres, même si tu es pédéraste.  C’est une orientation sexuelle, voilà tout.   

La prison, c’est le temps qui s’arrête. C’est le danger perpétuel que la moindre rumeur te coûte la vie lorsqu’il est question de sexe.  Il suffit qu’un moraliste se découvre à partir de ses culpabilités pour qu’on assiste à des séances de purification… celle des autres évidemment. 

J’étais conscient de ce danger, mais les visites de Suzanne et les dessins de la petite Yanie pour son Simopette me protégeaient de ces excès, du moins pour un temps, car je continuais à défendre mon opinion sur la liberté sexuelle et le besoin de révolution au Québec. 

De la provocation?  Non, plutôt de l’inconscience quant au danger encouru. 

J’avais plus peur de prendre ma douche et de me pencher que de ce que pensaient les autres prisonniers.  Une stupidité que l’on propage comme une réalité de la prison, car on a maintenant en-dedans des douches personnelles et non de groupe.


En-dedans.

Dans l’ensemble, je peux dire que les trois mois se sont bien déroulés.  Beaucoup de temps à jouer aux cartes, à marcher de long en large, en discutant et en écoutant les autres me raconter leurs malheurs.  Je n’ai pas eu de vrais problèmes, sauf qu’une semaine ou deux avant de sortir, j’ai cru reconnaître le Pierre qui m’avait battu une dizaine d’années plus tôt parce qu’il savait que j’étais pédéraste et prétendait que je le regardais avec trop d’insistance. Ce que je raconte dans Laissez venir à moi les petits gars.

À cette époque, tu pouvais tuer n’importe qui plus vieux que toi, il suffisait de prétendre qu’il t’avait fait des propositions indécentes pour que tu sois libéré et proclamé la pauvre victime.  

La folie n’a pas de limite quand c’est au nom des bonnes mœurs.  J’avais peur qu’il me reconnaisse. Ça troublé quelques-unes de mes nuits. 

Cependant, le vrai danger venait d’ailleurs et j’en ai pris connaissance que par hasard, en surprenant une conversation.   Certains avaient décidé de «me passer » parce que je parlais ouvertement de pédérastie et de liberté sexuelle.  J’affirmais que la police des mœurs était une police politique, corrompue.   » Si nos premiers ministres étaient vraiment pédérastes, comme on le disait, je ne voyais pas pourquoi, je n’avais pas les mêmes droits.  » 

Cependant, avant d’agir, ils ont demandé conseil au chef de la pègre en prison qui était incarcéré pour une année à partir du scandale de la viande avariée.  Il avait refusé de dénoncer ses supérieurs. 

À ma surprise, il leur déconseilla, prétendant qu’il fallait être courageux pour tenir mes propos. Ce n’était pas la première fois que j’entendais des choses du genre, à plusieurs occasions, on m’avait dit :  » T’es chanceux des gars comme toi, habituellement, on leur casse les jambes. Hostie de séparatiste ! »  

Mes idées politiques finissaient toujours par apparaître comme la vraie raison pour laquelle je me ramassais dans de telles situations.   

Quant à l’ami le plus intime que je m’étais fait, juste avant de partir, il m’annonça qu’il était prêtre, qu’il avait eu des problèmes avec une petite fille et qu’il n’avait pas osé me le révéler avant.  Il prétendait avoir été fasciné par mon authenticité.  Le plus troublant : il m’affirma être un ami personnel du ministre de la Justice en poste. 

Après être sorti de prison, un soir, on me drogua et je me suis ramassé avec les chefs de la mafia italienne qui voulaient que je travaille pour eux comme journaliste.  Il s’occuperait de me faire engager au Journal de Montréal.   Mon travail aurait été de passer quelques petits messages pour les gens en-dedans.  J’ai refusé car je ne suis ni du bord de la police, ni celui de la pègre.  Je suis contre la violence, même si je me proclame révolutionnaire. 

L’évangile selon Saint-Jean est la plus grande révolution qu’on puisse réaliser.  J’étais retourné vivre avec Suzanne.  Elle avait déménagé sur la rive sud et les deux petits allaient à l’école libre. La prison nous soudait encore plus.  J’admirais la détermination de Suzanne.  D’une manière, elle était encore plus radicale que moi.  Elle décida de retourner à l’école alors que je garderais seul les enfants.  Je devenais périodiquement « la mère », car je m’occupais aussi de la maison et des tâches ménagères

Décolonisation

mai 23, 2022

Cesser de  de croire dans l’impureté, ça fait aussi partie de la décolonisation.

Radioactif 383

mai 23, 2022

Radioactif 383

Texte de 2008

Plaintes et suite.   

J’étais plus près de Suzanne que des petits gars, dans le sens, que nous vivions tous les deux une petite idylle.

Je respectais aussi le principe de ne pas intervenir auprès des enfants, sauf en cas de violence, ou s’ils en manifestent eux-mêmes le désir.  Malgré ça, je jouais souvent à la cachette avec eux et je luttais avec les gars.  Deux ou trois contre moi. C’était le paradis. 

Au début du mois quand Suzanne reçut son bien-être, nous avons décidé d’amener Patrick et Yanie dans une salle de jeux.  La déception des autres, de se sentir écartés, était tellement évidente et cruelle que nous avons décidé, puisque j’avais aussi de l’argent, de les amener avec nous. Ce fut des heures de plaisir. 

Aussi, puisque le matin, Suzanne et moi, aimions traîner avant de nous rhabiller, nous avons averti nos enfants et leurs petits amis de ne pas venir le matin parce qu’on aimait être nus et qu’on ne voulait pas être obligés de les mettre à la porte.  Inutile de dire qu’on a dû insister pour faire respecter cette consigne.   Ils sont même venus un matin, dans l’intention j’imagine de nous pendre nus au lit.  

Un soir que je gardais à la demande de Suzanne, les petits m’ont invité au salon pour participer à l’un de leurs jeux.  Quand j’y fus, il fallait que j’enlève un morceau de linge si je ne répondais pas correctement aux questions de l’animateur ou quelque chose du genre.  Rendu aux pantalons, j’ai hésité.  Que faire ?  Je n’avais pas de sous-vêtement.  Par ailleurs, qu’est-ce que ça donne de prêcher de ne pas avoir honte de son corps et de refuser de le montrer? J’étais pris avec mes principes et j’ai décidé de les respecter.  J’ai baissé mon pantalon, je me suis branlé le derrière quelques secondes et je me suis rhabillé.  À peine le temps qu’ils se rendent compte que j’étais nu.  J’avoue que ça m’a fait plaisir de me respecter.  Le temps passa et la vie se déroulait toujours aussi extraordinaire.  

Un soir, Patrick survint à la maison en pleurant.  Il racontait que les parents de ses petits compagnons, en apprenant qu’on était parfois nus à la maison, avaient appelé la police.  La suite d’une petite chicane d’enfants : Patrick avait refusé de partager ses chips avec eux.  Suzanne les rencontra, mais ils étaient parfaitement hystériques.  Nous avons été poursuivis en cour d’injustice.

Tas de mensonges.

Quand nous fûmes en cour, la surprise fut de taille. Les jeunes inventaient. Ils étaient les meilleurs romanciers de Montréal.  À les entendre dire, nous les avions fait participer à des initiations sexuelles.  Un des jeunes se serait couché nu sur Suzanne et je lui aurais pesé sur les fesses pendant qu’il faisait l’amour.  Je me demande s’il en avait une assez longue pour arriver à réussir cet exploit.  Je ne sais pas.  Je n’ai pas vérifié. Je n’y ai même pas pensé.

Quant à notre visite à la salle de jeux, nous l’avions fait dans l’intention bien arrêtée de gagner la confiance des trois jeunes accusateurs afin de pouvoir enlever leurs pantalons et nous livrer à toutes nos expériences.  Comment peut-on mieux que les gens savoir ce qu’ils pensent? On nous prêtait des intentions qu’on n’avait jamais eues.

Encore mieux, nous les avions fait fumer du pot.  Je n’avais jamais entendu autant de bêtises sortirent de la bouche de quelqu’un.  Nous étions cuits à l’os devant ces témoignages accablants et révoltants.  T’as beau avoir la morale élastique, il y a quand même des limites. Puis, le miracle survint. 

Un des jeunes qui m’aimaient bien n’a pas su tenir le coup : « Je ne sais pas si ce que je vous dis, c’est ce qui s’est passé ou ce que la police m’a dit de dire.», s’est-il exclamé en pleurs.  Le juge a aussitôt décidé de se récuser, mais la police a maintenu des charges pour ne pas échapper le morceau. On nomma un nouveau juge.  (À noter qu’actuellement on aura un tribunal pour se charger d’accompagner les victimes, ce tribunal coûte des millions. Où sera l’équilibre?)

À ce second procès, les jeunes affirmèrent que je ne les avais jamais touchés ou incités à des gestes quelconques de nature sexuelle.  On fit relâche et le temps que je suis allé prendre un café, j’entendais le père d’un des petits demandé aux policiers : « Est-ce qu’il va s’en sortir, ce christ-là ? S’il s’en sort, c’est moi qui vais le tuer. »   Plus fou, t’es enfermé. 

Puisqu’on ne pouvait pas me mettre en dedans à partir de ce que les jeunes avaient dit, j’ai été appelé à témoigner.  Ce fut leur ciel, la contemplation de la justice. J’ai raconté le jeu avec les petits au salon puisqu’on m’interrogea là-dessus. Je ne pouvais pas mentir, c’est contre mes principes et je fis état d’avoir baissé mes culottes comme ce que je le raconte dans le billet précédent. 

Le juge a déchiré sa chemise. Il a commencé à dire que ce n’est pas parce que ça se fait en Europe, de se promener nu chez-soi, que je devais éduquer ainsi tout le quartier et il m’infligea trois mois de prison.  À l’âge qu’il avait alors, il doit sûrement être mort et griller en enfer parce que Dieu ne peut certainement pas avoir une conversation bien longue avec un étroit d’esprit de cette espèce. 

Je n’en voulais pas aux jeunes, mais à leurs parents, des imbéciles.

Suzanne voyait les choses autrement : à son avis, ils savaient ce qu’ils faisaient et mentir pour la police ou les parents, c’est très mal entreprendre la vie.  Pour avoir la paix, Suzanne trouva un appartement en dehors de Montréal.  Cette situation ne nous a pas éloignés, au contraire, je suis allé vivre avec eux.


Procès d’intention.

Ce qui m’a renversé dans cette histoire, c’est que la police a réussi à faire raconter toutes sortes de menteries à ces jeunes et si ce n’eut été de celui qui éclata en sanglots, tout le monde les aurait crus. 

J’aimerais bien savoir ce qui arriva à ce jeune.  On me raconta bien évidemment qu’il avait fait une dépression à cause de moi, mais je n’avais rien à faire là-dedans.  Son père était assez fou pour le rendre malade. Le pauvre petit gars était pris entre des parents carrément hystériques, une police qui le poussait à mentir pour avoir ma peau et les sentiments qu’il avait pour moi.  À mon sens, ce n’était pas de sa faute. 

Les Québécois deviennent fous dès qu’ils entendent le mot prédateur sexuel. 

Ses parents auraient pu lui interdire de revenir chez Suzanne plutôt que d’appeler la police.  Il avait peur.  La pression était trop grande pour refuser de collaborer, mais en même temps, il m’aimait assez pour refuser de me faire du mal.  Il a été malgré lui très courageux dans sa faiblesse. 

Les trous-de-cul là-dedans, c’étaient ceux qui ne le respectaient pas. Ce qui me choquait aussi c’est qu’on me jugeait à partir de jugements d’intention. On me prêtait des intentions.  Nous avions amené les jeunes seulement parce qu’ils étaient trop déçus de ne pas venir.  On ne met pas un gars en dedans en présumant de ses intentions.  Et, c’est pourtant ce qu’on voulait faire. 

C’est certain que j’ai souhaité à un moment où à un autre de jouer aux fesses avec eux, mais le désir n’a jamais pu être réalisé.  J’étais assez fou pour croire que je méritais ce qui m’arrivait parce que je l’avais sûrement déjà souhaité ; mais en même temps, je crevais de peur.  La prison, c’est l’insécurité.  Tu peux te faire battre ou tuer, n’importe quand, selon les rumeurs qu’on entretient à ton égard. 

Je ne voyais pas sur le coup de lien entre cette arrestation et le politique. 

Je ne connaissais pas encore le sens d’emprisonnement préventif, c’est-à-dire qu’on te poigne dans un piège ou pour te faire parler ou pour tuer l’influence que tu peux avoir alors qu’on a peur que ça dégénère.  

Je venais de terminer ma lutte pour le français.  J’ai toujours cru que c’est arrivé de même par pure coïncidence.  

Si c’était un coup monté, je ne m’en suis pas rendu compte.  Mais, j’ai toujours été naïf au point de nier parfois la réalité pour ne pas avoir conscience de la méchanceté des gens qui se croient plus purs que toi.

Radioactif 382

mai 22, 2022

Radioactif  382

Texte de 2008        
Les attraits de Suzanne.

Sans le vouloir, la politique m’avait encore attrapé. Mais survint, un événement encore plus important sur un plan personnel. 

Un ami me présenta Suzanne qui, tout comme moi, croyait dans la doctrine éducative de Summerhill.  Elle avait deux enfants : une petite fille de neuf ans, Yanie, et un garçon de dix, Patrick.

Je n’aurais jamais cru que cette rencontre bouleverserait aussi profondément ma vie. 

Au début, j’étais un peu paranoïaque.  Suzanne connaissait les felquistes.  Elle les avait rencontrés à la Maison du pécheur, en Gaspésie, mais elle était aussi membre en règle du parti libéral.  Une équation que j’avais bien de la difficulté à m’expliquer. 

Au début, je me sentais plus comme un spectateur.  C’était la première fois que je rencontrais des enfants éduqués selon les principes de ma bible en éducation: Libres enfants de Summerhill

Suzanne les envoyait déjà à la seule école libre qui existait au Québec.  Inutile de dire que cette expérience me ravissait, mais je ne serais jamais attendu qu’elle arriverait à me séduire autant. 

Avec Yvette, c’était Non, rien de rien, d’Édith Piaf, qui marquait notre relation.  Avec Suzanne, ce fut Il était une fois dans l’Ouest.  Sans parole.  Une musique extraordinaire pour faire l’amour, un peu gelé. 

Les jours passèrent et je devins de plus en plus une partie intégrante de la famille.  Suzanne m’avait ébloui.  

La liberté sexuelle en éducation.         

Libres enfants de Summerhill, c’est un livre publié à la suite d’une expérience en éducation, en Angleterre.  En général, selon cette vision, il ne faut pas pousser les jeunes à se morfondre dans des cours à l’école ; mais répondre à leurs intérêts, quand ils en manifestent le besoin.  Trouver leur goût et les nourrir aussi abondamment possible.  Cette approche est fondée sur la confiance envers les enfants. 

L’école n’est plus du bourrage de crâne, mais le plaisir de la découverte, de la découverte de soi ou à partir de soi.  Malgré les retards de notions académiques qui peuvent nous sembler très importantes, dont l’absence nous fait même paniquer, l’enfant est capable de les rattraper très rapidement.  Il suffit qu’il soit intéressé et que ça réponde à un besoin dans sa vie.  Souvent, les jeunes reprennent en un ou deux ans, ce qui prend des années à emmagasiner ordinairement.  Pourquoi ?  Parce qu’ils sont intéressés.  Aussi, parce qu’il n’y a pas de morale sexuelle contraignante.

L’éducation sexuelle sert à répondre à ses questions, à se comprendre et prendre ses responsabilités au fur et à mesure que le jeune évolue.  Apprendre à respecter l’autre. 

La curiosité des jeunes quant à la sexualité est tout à fait normale et doit être ainsi perçue par les adultes éducateurs.  Pas question de voir de mal, là, où il n’y en a pas ou de mentir pour faire semblant des protéger d’un danger qui réside seulement dans l’ignorance. 

Les adultes n’avaient pratiquement rien à dire.  Ils géraient et réglaient les conflits qui surviennent en agissant comme modérateurs. 

C’était une interprétation très radicale de la liberté dans l’éducation des enfants, même beaucoup plus grande que dans le livre sur Summerhill.  Une éducation qui était même plus osée que je le pensais quand je songeais aux réformes que l’éducation devrait vivre. 

C’est, dans certains cas, la meilleure formule pour contrer le décrochage scolaire quoiqu’il faille maintenir une structure, une exigence de base quant aux notions à devoir apprendre.  Évidemment, penser l’éducation selon cette philosophie, ça déborde le cadre général de l’école.  Il faut être cohérent et vivre cette liberté dans la vie quotidienne pour ne pas détruire tout ce qu’on prône de liberté individuelle à l’école. 

La liberté de pensée est un mode de vie, une vision de la vie. 

Elle fait peur à tous nos dirigeants.   Par exemple, la nudité.  Nous considérions, Suzanne et moi, qu’il est tout aussi normal de vivre nus que de vivre habillés.  Le besoin détermine si on doit l’être ou pas.  Ça semble niaiseux, mais c’est une modification essentielle à notre système de pensée occidental : créer ses propres valeurs. 

Vouloir vivre nu, quand ça nous plaît, à la maison, par exemple, c’est une révolution en soi.  Une révolution, car c’est tout simplement en dehors de tout ce qu’on a appris, donc, acquis comme vérité fondamentale et héréditaire.  Comme si on naissait habillé. 

C’est une révolution parce que c’est rejeter toutes les valeurs bourgeoises rattachées à la pudeur.

La pudeur est une notion orgueilleuse, élitiste, fondée sur sa prétendue supériorité.  Une maladie basée sur le besoin de se sentir tellement supérieur qu’il ne faut plus être naturel.  Une notion d’aristocratie dans ce qu’il y a de plus vil, en établissant une hiérarchie des êtres humains.  À part de devoir se protéger selon la température, tout n’est que conventions sociales.  On croit devoir s’habiller parce qu’on ne peut pas se donner le droit de penser par soi-même et vivre autrement que la majorité. 

C’est évident que la plupart du temps, dans notre monde, on doit vivre habillé.  Je serais le premier à avoir des réticences à vivre toujours nu.  L’hiver, c’est froid.  En plein été, sur une plage qu’est-ce qui nous oblige de devoir se vêtir?  Sommes-nous si cochons qu’on ne puisse vivre nus sans devenir des prédateurs sexuels violents?  Si c’est le cas, on a des problèmes mentaux.  Pourquoi faut-il avoir un costume de bain quand on va se baigner?  C’est plus indécent de porter un costume que d’être nu, car pour réagir ainsi, il faut avoir honte de son corps et condamner la vue des autres.  Rien de justifiable.  On invente un «mal» qui n’existe pas.  Une obsession religieuse. 

Cette notion d’école libre rejoignait ma conception à l’effet qu’on apprend plus rapidement en ayant du plaisir. 

J’admirais Suzanne qui partageait cette vision de notre réalité.  Je n’ai jamais fait les premiers pas pour conquérir une femme, tout simplement parce qu’en ayant été rejeté tout le temps quand j’étais jeune, je ne voulais plus perdre mon temps, dépenser des énergies et surtout être à nouveau déçu. 

J’étais paranoïde dans le sens que j’avais appris à boire pour oublier les humiliations d’être rejeté par les filles. 

Yvette, à Lac-Mégantic, Hélène, mon égyptienne de Sherbrooke, étaient des exceptions.  Elles m’avaient harponné et j’en étais très satisfait.  L’aventure en valait la peine.  Toutes ces femmes avaient une réalité en commun : elles ne croyaient pas dans la répression sexuelle.  Elles étaient capables même sexuellement de se sentir égale à un homme.  Elles l’étaient d’ailleurs comme toutes les femmes.  C’étaient toutes d’authentiques féministes.

Cela m’avait même donné l’idée d’avoir un enfant, mais comment faire sans avoir à endurer la mère : les femmes sont en général trop scrupuleuses.  Elles prétendent détester le sexe et pourtant toute leur démarche tourne autour de leur besoin de séduction et de leur jalousie.  Je ne faisais pas d’effort pour comprendre les femmes puisque ma pédérastie compensait largement ce besoin émotif et la nécessité de me croire normal. 

Puisque je pouvais maintenant « cruiser » un homme sans honte, j’étais devenu plus épanoui car j’acceptais cette part de féminité en moi. 

Suzanne a simplement eu le tour de venir me chercher dans ma carapace de gars qui avait mis un «X» sur la gent féminine.  

Par expérience, je savais que je pouvais être parfaitement heureux sans femmes. J’avais tellement d’autres préoccupations, en ayant recommencé à me politiser, que je n’avais pas de temps à perdre à me casser la tête pour plaire. 

Avec Suzanne, nous étions un monde en phase d’exploration, d’expérimentation quant à l’éducation.  Comme l’avait écrit un grand écrivain français : tous les éducateurs sont des pédérastes conscients ou non. 

Pour me plaire, il fallait avoir une ouverture d’esprit telle qu’on en retrouve rarement. C’était le cas de Janou St-Denis, Gilbert Langevin et Gaétan Dostie.  Des êtres extraordinaires.

Pour m’intéresser, il fallait avoir cette ouverture d’esprit.  J’ai toujours détesté vivre dans une société bornée.  Je choisissais mes amis.          

Radioactif 381

mai 21, 2022

Radioactif 380

Texte de 2008

L’anglicisation du Québec.       

Étant déménagé à Barnston, très jeune, je n’avais aucune colère, ni aucune forme de mépris pour un anglophone.  Un humain, c’est un humain.  La lutte linguistique n’existe pas entre individus, mais à une échelle nationale.

Enfant, la langue nous avait séparé comme la religion ; il existait une séparation automatique entre francophones et anglophones.  Mais le temps et le plaisir de vivre ensemble a estompé toutes les haines et / ou les jalousies entre nous. 

J’ai appris mon anglais chez les Descôteaux, l’amour du western vient également de Galen et Pauline Descôteaux.  Les jeunes Descôteaux parlaient français et leurs parents pas un mot, mais il n’y avait plus d’animosité entre nous.  Nous étions devenus ce que devraient être tous les humains normaux : des amis, une forme de fraternité transcendante. 

Ce fut tout un choc que de me retrouver un demi-siècle plus tard, à l’époque des guerres linguistiques et religieuses ; mais à Montréal, il est évident que les anglophones ne veulent pas seulement exister et vivre comme tout le monde, ils ont dans leurs «gênes» le besoin absolu de dominer et de se croire supérieurs aux francophones. 

Et, les francophones ont tellement peu confiance en eux et de respect pour leur passé qu’ils se mettent à trembler et se frapper la poitrine de repentir dès qu’ils sont accusés d’être racistes.  Ils sont trop colonisés pour se rappeler que ce sont, eux, la majorité au Québec (ce ne le sera plus bientôt). 

On a encore ce réflexe de colonisés de devoir apprendre l’anglais pour survivre au Québec. 

En ce sens, je suis d’accord avec Stephen Harper : le Canada est anglais comme le Québec est français. Ça n’empêche pas les plus brillants d’être bilingues et peut-être même trilingues.  Le pouvoir leur appartiendra. 

L’espagnol est aussi une des langues de l’Amérique.  Je ne comprends pas pourquoi on ne s’entend pas dans le monde parce que l’on parle une langue différente.  On peut avoir une langue commune, quitte à parler d’autres langues pour mieux communiquer, sans être obligé de se taper sur la gueule.  Faites l’amour, pas la guerre. 

C’était une réalité, la guerre linguistique, que j’avais complètement oubliée, car au Canada, j’ai fini par admettre que ce pays est anglais.  Il nous laisse une petite marge de survie, juste pour justifier qu’il ne faut pas que le Québec se sépare, sous prétexte de permettre la survie de ces îlots francophones. 

Maintenir un bilinguisme canadien folklorique, c’est idiot puisque tous les francophones ou presque sont déjà de parfaits bilingues.   

En mettant les pieds à Montréal, j’ai dû réapprendre qu’on ne vise qu’une chose au Canada  : nous assimiler.  Tant que nous sommes majoritaires, les anglophones doivent se tenir tranquilles pour ne pas réveiller les francophones et surtout, ne pas les radicaliser.   

Les anglophones de Montréal cherchent à instaurer leur domination à petit feu, lentement mais sûrement, en se servant de langue de travail, de l’affichage, de l’éducation et surtout , de l’immigration. 

La lutte linguistique au Québec suit exactement à la lettre le plan de Durham qui demandait de nous noyer pour nous rendre service. 

Ma visite au Canada m’aidait à prendre conscience de ce désir du reste du Canada de nous voir devenir une province comme les autres. 

Un jour, les anglophones seront assez forts, grâce aux immigrants, pour renverser la vapeur et angliciser le Québec, à moins qu’on se sépare avant. 

Qui n’est pas prêt à apprendre une autre langue pour survivre?  Le livre Les juifs de Montréal, de l’écrivain Raoul Roy, nous rappelle la haine de ceux-ci pour les francophones et leur obsession à combattre surtout aux États-Unis,   toute idée d’indépendance pour le Québec.

Cependant, il faut maintenant commencé à nuancer : certains ont compris notre désir d’autonomie. 

Radioactif 379

mai 20, 2022

Radioactif 379

Texte de 2008

Français au travail.

Il faut travailler pour gagner sa vie et aucun emploi n’est idiot. J’ai été engagé à la Ronald Federated Graphics, une imprimerie importante de Montréal. Tout se passait en anglais à l’écrit.  J’étais révolté, mais tu te dois d’avoir un emploi pour survivre.

Déchiré entre la réalité et mes principes, j’ai décidé de frapper un grand coup.  Je me suis mis à tout traduire en français.  Évidemment, les patrons m’ont averti de cesser, sinon je devrais me trouver un emploi ailleurs. 

Un matin quand je suis entré, un des patrons m’a invité à son bureau.  J’ai mis un petit couteau, près d’une pomme que j’avais amenée, pour entreprendre une autre discussion qui changerait probablement ma vie. 

— Tu veux m’impressionner avec ton couteau ?  
— Non, j’en ai besoin pour couper ma pomme.  Mais, je suis bien content que ça vous rappelle le cas de Meloche (un gars qui avait tué ses patrons).   
— Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?       
— Que tout soit écrit en français quand ça se passe au Québec. 

On n’est pas arrivé à s’entendre.  J’ai été congédié.

Je suis reparti chez moi et je me suis fait une pancarte.  Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.  Puis, je suis revenu devant la bâtisse de la compagnie.  Peu de temps après, des policiers de Montréal arrivaient.  Je leur ai donné mon nom et mon adresse comme ils étaient en droit d’exiger. Quand ils ont voulu m’amener au poste, je leur signifiai que s’ils m’y amenaient, je les poursuivrais pour arrestation illégale.  Ils vérifièrent et me dirent, quand ils revinrent me trouver : «Y connait la loi, le petit.» 

Ils s’installèrent pas loin et pour la première fois de ma vie,  je me suis mis à piqueter, seul, sous les yeux de la police.  J’avoue que j’en ai presque fait dans mes shorts, mais c’était trop tard, je ne pouvais plus reculer. 

Je paradais à tous les jours. 

Après une soirée de poésie, à la Casanou, j’avais bien arrosé ça en compagnie de Gilbert Langevin.  On s’est engueulé sur le bord du trottoir à savoir qui paierait la prochaine bière et Gilbert est parti me laissant seul.  Je me suis fait arrêter et on m’a amené encore une fois en prison pour la nuit.  Ce fut plus civilisé qu’à Sherbrooke, je ne fus pas battu ; mais on me demanda si j’étais celui qui manifestait pour le français. 

On me mit dans une cellule alors que dans l’autre, la voisine, il y avait un gars qui criait en anglais que tous les felquistes étaient des crosseurs, des mangeux de queue.  Je me suis levé.  Je me suis installé devant lui et je lui ai demandé s’il en avait une belle. Ridiculisé, il se ferma la gueule et je lui dis que je savais qu’il comprenait le français. 

Au tribunal, je n’ai pas eu le temps de dire un mot qu’une autre personne avait plaidé coupable à ma place.  Quand vint le temps de sortir, je me suis engueulé parce que les policiers avaient écrit  » wallet  » au lieu de portefeuille. 

À cette époque, les indépendantistes avaient assez d’intelligence pour savoir que le pouvoir politique est une guerre de propagande.  Ils avaient eu la sagesse de créer le JOUR, un quotidien indépendantiste.  

Aussi, le premier juillet, jour de la fête du Canada, j’ai décidé d’aller manifester.  Après discussion, puisque c’était suicidaire d’y aller seul, l’amie de coeur de Gilbert Langevin, Mireille Despard, décida de venir avec moi.  Ça s’est bien passé probablement parce que personne n’avait pu imaginer quelqu’un d’assez fou pour tenir une manifestation pour le français au coeur des fêtes du Canada, à la Place du Canada, à Montréal.            

J’eus tout au plus un petit accrochage et quelques bons coups à l’abdomen, mais rien de sérieux.  J’envoyais communiqués de presse sur communiqués.  J’ai même fait appel à l’ONU.  J’étais peut-être cinglé, mais au moins je défendais ce en quoi je croyais : un Québec français. 

Ma campagne serait morte au feuilleton si le gouvernement libéral de Robert Bourassa ne s’était pas lancé dans l’aventure de faire accepterla fameuse loi 22.  On proclamait le français comme seule langue officielle du Québec, mais à l’intérieur, dans son application ça aidait plutôt les anglais.  Comme la notion de nation des Conservateurs aujourd’hui, aussi hypocrite, juste pour avoir les votes du Québec.  

Puisqu’il y avait une commission parlementaire, ce n’est pas d’aujourd’hui que c’est populaire chez les libéraux du Québec, j’ai décidé de m’y rendre.  Avant de monter, on a préparé la pancarte.  J’ai écouté le conseil de Gilbert Langevin et d’un côté j’ai écrit la 22/ la 22.  J’écrivais tellement mal que je me suis arrêté là, alors que le conseil de Gibert était d’écrire la 22 sur la 22 ou la 222 ? 

J’étais étonné que les députés et ministres semblent aussi touchés par ma pancarte.  Puis, j’ai allumé : la 22 c’est une arme.  Moi qui passais déjà pour un felquiste. 

Malgré cela, le ministre du Travail, Yvan Cournoyer est venu discuter avec moi et m’a même dit qu’il s’occuperait de mon cas. 

Plus tard, je me suis rendu en commission parlementaire.  J’ai dû, comme prévu, laisser ma pancarte à l’entrée ; mais j’avais prévu le coup, alors je m’étais mis des cartons et un crayon feutre sur lesquels j’écrivais Congédié pour avoir écrit en français à Montréal.  Je les brandissais à nouveau à bout de bras. Il en fut ainsi jusqu’à ce que Bourassa me fasse expulser.

J’étais un peu paranoïaque en manifestant, car je pensais que le fédéral voulait se servir de cette crise pour occuper le Québec, ce que j’ai exprimé à Bourassa dans une lettre. 

Je ne savais pas que mon action serait suivie par celle d’un groupe de femmes qui ont pris ma relève pour manifester à la commission.  Elles se sont enchaînées pour qu’elles, on ne puisse pas les sortir.  Je suis d’ailleurs allé témoigner à leur Tribunal de la femme par la suite.  J’ai toujours admiré ces femmes qui n’hésitaient pas à se lever pour sauver notre héritage. 

Puis, ce fut la fête de la francophonie (cette année-là, c’était à Québec), même Trudeau s’y rendait. 

Quand je me suis présenté devant le parlement, à l’ouverture de la semaine de la francophonie, à Québec, j’ai été pris d’assaut par les journalistes : Combien serez-vous de manifestants ? « Je ne sais pas, je suis seul à avoir perdu mon emploi». 

Les journalistes attendaient une manifestation contre la loi 22, étant donné la présence de toute la presse internationale ; mais j’étais seul.  Les journalistes ont dû se contenter de parler avec moi de mon cas. Y paraît que ça eut des échos jusqu’en Afrique.  En tous cas, une dizaine d’année plus tard, le Paris match reprenait une photo de ma pancarte avec un article sur les jeunes souverainistes du Québec. 

Dernière expédition : je me suis rendu à Ottawa pour pancarter Trudeau. Il était à la salle de presse avec sa femme qui insistait pour qu’il monte au parlement en machine sous surveillance. Trudeau a décidé de faire la marche à pied. 

Les policiers qui le protégeaient s’arrangeaient pour que les photographes ne puissent pas prendre ma photo jusqu’à ce qu’un journaliste s’enfarge dans les marches et que Trudeau lui offre la main pour l’aider à se relever. J’en ai profité pour que ma pancarte soit prise en photo.  Je sais qu’elle fut diffusée par la Presse Canadienne, car on m’a donné une copie qui se retrouve dans mes archives, les archives gaies, à Montréal. 

En retournant à Montréal, j’ai appris que l’agent Samson, de la Gendarmerie royale, venait de sauter alors qu’il allait porter une bombe au nom du FLQ. 

La Ronald Federated a changé pour un nom français.  Je suis assez fier de cette campagne pour un Québec français.  Il y a eu une manifestation de 100,000 personnes peu de temps plus tard.  J’étais au premier rang…

Radioactif 378

mai 19, 2022

Radioactif  378

Texte de 2008

Le bon vieux temps…      

C’est drôle de vouloir devenir un écrivain alors que je le fus dans les années 1970.  Même si nos moumounes nationales essaient de m’éliminer de la littérature québécoise parce que je dis que je suis pédéraste, ça  n’enlève rien à la réalité passée. 

J’ai publié bien avant aujourd’hui et je continue d’avoir quelques lecteurs, même si mes livres sont introuvables. 

En quoi mes livres sont plus mal écrits, si pendant cet exercice d’écriture, je rêve de faire une pipe à un intéressé ?  C’est tellement agréable. Ça remplace le soleil qu’on n’a pas.  .

Je ne suis pas une vedette nationale, ni internationale, mais j’ai eu mes petits moments de gloire.  Ils m’ont suffi. Tout ce que j’avais besoin pour trouver la vie cool.  Je pouvais m’aimer malgré mes limites.

Écrire, c’était vivre à 300 milles à l’heure, sur une chaussée glissante.  Aujourd’hui, je manque de libido.  Je dois me faire croire que j’existe encore parce qu’on a décidé que je n’existe pas, ayant osé dire ce dont il ne faut pas parler dans un monde de liberté d’expression comme dans « liberté d’expression, mon cul»

Écrire, c’est se battre contre une bande de bornés qui essaient de nous refiler la vieille cassette du « fais-le bon petit gars, sinon tu vas faire pleurer le petit Jésus».

À cette époque, mes meilleurs amis étaient Janou St-Denis, Gaétan Dostie et Gilbert Langevin.  Eux, ils avaient l’esprit assez ouvert pour ne pas se demander si je fais bien le va-et-vient du bout des doigts ou si j’ai la langue en tourlourette, en mangeant mon partenaire.  Ils savaient que ça ne les regarde pas. Je ne vais pas demander à un hétéro s’il est éjaculateur précoce.

Aujourd’hui, on nous supplie jusqu’à la télévision de devenir les êtres les plus abjects qui existent dans la nature humaine : des dénonciateurs ou des stools.   C’est bien le règne des femmes ! 

Nous n’étions pas des enfants de chœur.  Nous aimions nous saouler un peu, fumer un petit joint de temps en temps. On voulait encore mieux s’assurer que la vie coule toujours par la même bonne petite «champlure».  Il faut toujours un boyau pour arroser son jardin. 

Freud, quant à lui, disait que les femmes occidentales n’avaient pas accepté le fait qu’elles sont dépourvues de pénis… Même si on était à l’aube du vrai féminisme, les pénis avaient encore une place et les femmes savaient les retrouver.  On vivait notre vie d’artiste. 

Ce fut des années que je vous souhaiterais à tous de vivre, car cette liberté qui m’animait fut totalement écrasée et la situation actuelle ne permet pas de la revivre. 

Les scrupuleux sont prisonniers de leurs crânes. Et l’autocensure s’installe avec l’âge. Le Québec est plus que centenaire.

On ne se mêlait pas comme aujourd’hui de la morale des autres.  On était bien trop occupé à devoir réaliser notre propre rédemption.

C’était le bon temps !  Aujourd’hui, je suis plus dépolitisé et surtout, plus dépoétisé.  Je sais que la liberté d’expression, c’est une farce monumentale. Une hypocrisie de genre.

Le printemps commence demain matin.  Prendre note que le Québec est une bergerie, on y préfère l’argent à la liberté, c’est un moyen d’encourager la paresse.   « Ça donne rien de vouloir réveiller nos moutons, ils rêvent à partir des vapeurs de l’essence de leurs autos. » 

Comme les Indiens que je rencontrais dans l’Ouest, quand tu «sniffes», t’as pas à être conscient et mes compatriotes adorent sniffer l’odeur des portefeuilles. 

J’en suis toujours à me chercher une nouvelle vocation et je vois notre langue en déclin, la pauvre.


Poésie libre !          

À mon arrivée à Montréal, j’étais loin de la politique et je ne pensais qu’au moyen de ne pas payer l’amende pour remplacer la vitrine brisée à Vancouver.  Investir dans le système judiciaire, c’est investir dans la pègre. 

Je n’avais pas d’argent comme d’habitude.  Je ne sais pas pourquoi, l’argent brûle dans mes mains.  Quand j’ai une augmentation de salaire de 0.25$, je subis en même temps, à peu près 50$ de hausses de toutes sortes de choses à payer : métro, hydro, intérêt sur les retours d’impôts (comme si tu n’en payais pas assez avec ce qu’on enlève sur ta paye), services de toutes sortes. On appelle ça l’augmentation du coût de la vie…

Des professionnels qui chargent plus cher à toutes les années en se «crissant» que les plus pauvres soient pénalisés.  Il faut que tout ce beau monde, bourré de diplômes universitaires, puissent manger plus de caviar et boire de champagne « une image»… c’est ça la mafia légale, une bourgeoise

Ne vous en faites pas, eux, ils peuvent se payer des prostituées sans danger. La police n’intervient pas auprès des gros bonnets.   Mon ami Pierre Faucher fut agent de police à la Sûreté du Québec.  Il m’a confié plus tard, combien de fois, la police aurait dû intervenir parce que des gros bonnets avaient réservé les services de mineures, mais rien n’avait été fait à cause des ordres de tout laisser tomber. 

Si la répartition des richesses était plus juste, ce serait plus normal, car il y a une hiérarchie partout dans la nature ; mais c’est toujours au dépens des plus pauvres …   Après tout, ce n’était pas la faute du jeune surveillant à l’hôtel, si j’avais parlé français dans le pays de l’anglais et du mandarin. 

Par contre, s’il avait été moins pisseux, il aurait essayé de comprendre ce que je demandais et il aurait pu orienter mon retour à la maison. C’est tout ce que je voulais.  J’avais été plus surpris que lui de voir s’effondrer la vitre de la porte.  Un petit coup de pied de trop, trop fort, pour attirer l’attention parce qu’il se sauvait. J’étais coupable, pas de doute et d’excuses, c’était à moi de moins fêter mon retour au Québec. 

Par contre, j’avais absolument raison de dénoncer le racisme de la police de Vancouver à l’endroit des francophones, racisme qui était encore embryonnaire, comparé à celui développer contre les Autochtones. 

Mon petit côté révolutionnaire et « délinquant » l’emportait.  La délinquance a toujours un petit aspect narcissique : tu veux épater la galerie avec tes exploits. 

Il faut bien quelque chose pour te sentir aimé et ne pas être « abandonné » sur le fleuve avec un petit Moïse trop jeune pour explorer la vie.  S’il avait été plus vieux, ça aurait été agréable de partager sa couche et devenir moi aussi un petit prince. Celui de St-Exupéry est formidable, je l’ai lu des centaines de fois. Recommandé à tous les jeunes.

Mon amour de la bouteille de vin m’a vite fait vivre encore bien des petites aventures, surtout avec Gilbert Langevin. 

Janou St-Denis se battait, elle, pour la poésie,  le droit de parler pendant que le maire de Montréal, se battait pour plus de censure.  Il faut se rappeler l’affaire du Corridart, une exposition interdite avant même d’avoir lieu. On l’a démantibulée durant la nuit.

(À suivre… Mademoiselle Benji commence à avoir les yeux croches à force d’essayer de me faire comprendre que le temps avance et que son estomac se vide.)  

De retour vers le futur…  Janou St-Denis animait Places aux poètes, un endroit où on allait réciter.  Je l’adorais, car même si elle n’approuvait pas ma pédérastie, elle a attenu de voir si je pouvais être dangereux pour les jeunes avant de me rejeter ou de devenir mon amie. 

Janou savait que ma pédérastie était un peu malade dans le sens que le sexe prenait parfois trop d’importance par rapport à l’amour, ce qui est inacceptable pour une femme.  C’est un comportement que l’on retrouve souvent chez les homosexuels.  Là-dessus, elle avait parfaitement raison. 

Mais, c’est une réaction qui est créée par la répression sexuelle et la censure.  Quand t’as presque rien, tu essaies de sauter sur la moindre occasion qui s’offre.  Elle me reprochait aussi la façon de m’exprimer quand il était question des femmes dans mes livres.  Selon elle, les femmes étaient assez opprimées comme ça, sans devoir subir les attaques d’un gars qui ne les haï pas.   

Pourtant, je trouve que j’ai toujours été plus respectueux avec les femmes que bien des mâles qu’elles aimaient et que je trouvais affreusement machos.  Je ne défends pas le droit des jeunes filles parce que je ne crois pas savoir ce qu’elles veulent et ce qui est bien pour elles.  Par contre, je «connais» ce que c’est d’être un mâle.  Je ne sais pas, je connais…

Je sais que les grandes manifestations morales aboutissent toutes à condamner la sexualité, soit notre nature profonde, sans distinction, avec ou sans idéal.  Comme si la vie était un sens unique.   Mon amour pour la bouteille de vin et la poésie a fait en sorte que j’ai vécu bien des petites aventures de verres, spécialement avec le grand poète Gilbert Langevin, qui n’avait rien d’un homosexuel et qui ne jugeait pas ma pédérastie.  

Langevin, c’était le poète des poètes. Le poète du peuple.  Le poète de la chanson, lui, qui aurait toujours voulu être un chanteur. « La voix que j’ai ». On avait en commun l’amour du petit peuple, comme diraient nos élus.  C’était un bel homme, comme tous les jeunes Indiens.   Comme moi, Langevin aimait la «swing».  Je le trouvais pourtant un peu macho peut-être parce que j’aimais bien ses blondes, mais ça ne se savait pas, je suis pédéraste.  Il avait une attitude avec les femmes qui faisait que je me demandais toujours pourquoi il en avait autant.  Mais, ce temps-là, les femmes aimaient les hommes virils, j’imagine.  Je regardais ailleurs, donc, je ne pouvais pas être jaloux.  Ou c’était peut-être sa célébrité ? 

Même les pédérastes se demandent pourquoi les autres poignent plus qu’eux.  En tous cas, nous avions l’habitude de nous rendre prendre une bière à la taverne Chérier.  Aussi, un soir, je lui racontais mon aventure à Dawson Creek quand j’ai décidé de démontrer la force d’un petit couteau. J’en mis un sur la table.  J’ai alors demandé au serveur de se hâter un peu plus pour servir « le dur que je pensais être devenu ». 

Je ne me rappelle plus tous les détails, mais le serveur était encore moins peureux que moi.  Il m’a pris et jeté littéralement à la porte, le pied au cul.   Mon pauvre Langevin, aussi pesant qu’une feuille, tenta de le persuader de me laisser revenir, car je n’étais pas le méchant que j’avais bien voulu laissé croire.  La première chose que j’ai sue, mon Gilbert était dans les airs et garroché sur le trottoir.  Et Langevin, étant plus long et plus léger, donc. il en a plané une claque.

Quelques jours plus tard, nous avons été ré acceptés puisqu’on n’était pas des bagarreurs.  Le serveur en a profité pour me faire la leçon.  Il m’a expliqué qu’il avait agi ainsi non seulement parce qu’il était en colère, mais parce que dans un endroit de ce genre on ne commence pas à se promener avec des armes blanches, de peur qu’un fou surgisse et décide de nous faire la peau.  Il suffit qu’un paranoïaque se sente viser pour que ça arrive.  Il n’avait pas agi ainsi parce qu’il avait peur, mais pour me protéger.  Chérier, ce n’était pas toujours du gâteau et se pavaner avec un petit couteau, c’était dangereux.  Ce fut une éviction préventive. 

Je me rappelle aussi une discussion avec Denis Vanier.  C’était le grand poète de la révolution avec sa petite amie, la Fée des étoiles.  Il venait de publier un livre avec une photo du clitoris de sa fée et je lui ai dit que ça n’avait rien de révolutionnaire puisque ça faisait plaisir à tout le monde de jeter un coup d’oeil hypocrite sur le sexe d’une femme et de prétendre que ça dépasse les bornes.   « Prône le droit à la pédérastie, tu verras que c’est tout autrement ». La très grande majorité des humains sont, même s’ils ne savent pas pourquoi, contre les relations sexuelles d’un mâle adulte avec un mâle imberbe.  Les mâles de cette époque ne pouvait même pas y penser. Ils n’avaient pas assez été sucés pour se rappeler comment c’est délicieux. La très grande majorité ne l’a peut-être jamais été.  

Quand Parti pris annonça mon livre Laissez venir à moi les petits gars, la publicité était accompagnée par la photo d’un beau petit gars nu dans un ruisseau.  

À cette époque, de la grande authenticité, j’étais fier d’être pédéraste et surtout de me prendre pour un felquiste : on a droit à une double personnalité, en autant qu’elle ne se contredise pas.  Dans mon cas, j’étais pisseux, mais trop orgueilleux pour le faire voir.

C’est aussi pourquoi j’ai toujours fait mes manifestations seulAinsi, on ne pouvait arrêter personne à cause de moi.         

C’étaient des discussions on ne peut plus habituelles et normales entre poètes parce qu’à cette époque, on n’était pas jaloux du succès des autres.  On était tous amis, donc, tous heureux quand quelqu’un était porté aux nues. On se réjouissait du succès des autres. 

Aujourd’hui, les moumounes de la droite religieuse essaient de me faire éliminer de la liste des écrivains parce qu’elles (ils) se pensent les seules à avoir du talent.  C’est peut-être vrai, mais ce talent est semé en terre sèche, le désert.  Une graine, ça ne pousse pas dans le désert.  Elles devraient le savoir, elles sont tellement contre la sodomie.  

Être seul permet de ne pas avoir à se comparer et devoir utiliser des mots vides pour avoir l’air fragile ou romantique.  Avoir besoin d’une baise, il n’est pas pas nécessaire de le cacher, c’est normal.   

En général, j’aime goûter à tout ce qui s’écrit, surtout ce qui est différent de moi.  La littérature, ce n’est pas juste vendre un livre, c’est d’abord un partage, une amitié. La guerre existe entre les ennemis, pas entre les créateurs… Langevin aimait ce que je faisais, surtout à cause des finales, des punchs, comme il disait. 

Les textes de Langevin étaient bons du début à la fin et tout voulait dire quelque chose.  J’étais aussi très près de la poésie engagée de Janou.  Que Dieu ait leur âme !  Leurs poèmes sont magnifiques;    mais on ne les lit pas encore partout, à cause du politique.   Ils sont comme moi, dangereux.

On dit qu’il ne faut pas parler de politique dans la poésie, ni de religion, ni de cul…C’est rendu plate en hostie de se croire poète. 

La poésie, c’est la révolution, la liberté.

Radioactif 377

mai 18, 2022

Radioactif 377

Texte de 2008

La paternité.           

Quand je suis revenu au Québec, même si j’avais appris que les individus sont plus importants que les communautés et les nations parce que c’est à travers eux qu’on juge la vie, j’étais encore plus séparatiste que jamais.

On ne pouvait plus me faire pleurer en me faisant croire que le Canada est un pays bilingue, car c’est plutôt un pays avec des îlots folkloriques francophones et Radio-Canada français, d’un océan à l’autre.  Le pays, dans ma tête, ce n’est pas encore une soucoupe de télévision. 

Il est peut-être possible de se contenter de pouvoir fréquenter des francophones partout au Canada pour se faire croire que le Canada est un pays bilingue, ça ne te donne pas un territoire avec lequel tu peux t’identifier en dehors du Québec.   J’étais peut-être plus séparatiste, mais j’étais devenu beaucoup moins fanatique. 

La vie m’avait appris et prouvé qu’il y a des bons gars et des merdes dans toutes les nationalités.   J’aurais bien voulu apprendre les réalités culturelles de l’univers en vivant un bout de temps avec un petit gars de toutes les couleurs et de toutes les nationalités du mondeUn rêve qui en vaut bien d’autres !  

J’avais aussi compris que ce n’est pas la politique qui te donne à manger. 

Je savais que le NPD faisait semblant d’appuyer l’autodétermination du Québec pour avoir des votes et que l’Ontario domine le Canada. 

C’est encore tellement vrai que Bob Ray est déjà le chef du parti libéral du Canada et qu’il n’y aura des élections qu’au moment où les libéraux croiront avoir rattrapé le terrain perdu en Ontario.  Par ailleurs,  je ne suivais plus ce qui se passait en politique au Québec depuis de nombreux mois.  J’étais plus ignorant, donc, plus dépolitisé. 

Par contre, l’écriture avait presque pris une possession exclusive de toutes mes préoccupations.  Je me croyais un écrivain.  Écrire, c’était tout. 

Je me sentais important et je ne vivais qu’à travers la plume.  Peut-être était-ce parce que sexuellement j’étais moins écrasé et moins scrupuleux.  Vivre ta sexualité comme tu l’entends, ça te rend plus libre, plus autonome et moins obsédé.  T’as plus besoin de passer ta vie à essayer de créer un «momentum» pour pouvoir enfin te rassasier. 

J’étais moins coupable parce que grâce à mes aventures et mes lectures, je prenais conscience que ceux qui inventent nos règles de vie sont souvent des scrupuleux et des hypocrites qui servent un système qui fait de l’argent à pleine poche parce qu’ils dominent notre réalité quotidienne.  Ce sont des «lois fuckées» qui servent à maintenir les religions au pouvoir. 

Nos lois ne font que répartir le territoire entre la police et la pègre.   La mafia légale est parente avec les juges qui en sont les porte-paroles interprètes.  Les règles sexuelles ne sont là que pour maintenir le pouvoir des religions.

Je pouvais vivre sans problème comme je l’entendais.  Je n’ai jamais manqué de sexe en voyage.  Petit à petit, j’échappais aux peurs de mon enfance provoquées par les médias. 

J’appréciais maintenant d’être convoité par un bonhomme, quoique je ne fasse jamais, à cette époque, les premiers pas comme avec les femmes. 

À mon avis, forcer quelqu’un à un rapport sexuel c’est un viol, donc, quelque chose de fondamentalement contre mes idées.  Je n’arrive pas à percevoir comment tu peux ressentir un plaisir sexuel quelconque devant quelqu’un qui souffre. Je ne sentais plus le besoin de ne penser qu’à ça, puisque la vie se chargeait de me rendre aux bons endroits, aux bons moments.  Ça me suffisait alors. 

Mon désir d’avoir un enfant s’était amenuisé du fait que je n’aurais pas assez d’argent et de stabilité pour créer une famille.  Pourquoi rêver à l’impossible?  Avais-je vraiment été père à Lac-Mégantic comme le prétendait Yvette? 

Les femmes que je rencontrais prétendaient toutes que je serais un excellent père, mais prenaient toutes la pilule pour s’empêcher de tomber enceinte.  La vie de couple n’avait qu’un sens : sans avoir un enfant à gâter, car j’aurais aimé vivre cette responsabilité, mais j’étais complètement désintéressé par les filles. 

J’aurais fait un bon Chinois, quoiqu’aujourd’hui je trouve leur politique de natalité complètement stupide et aberrante.  La nature sait mieux choisir que des règles politiques ou religieuses.

Quand je rêvais de paternité, je me demandais déjà ce que je ferais si je me ramassais père d’une petite fille.  Est-ce que j’aurais autant d’intérêt pour elle?  Est-ce que je pourrais la comprendre?  Juste se poser la question est un signe de déséquilibre.  Vouloir les supprimer, comme en Chine, c’est un crime abominable contre l’humanité. 

Si les Chinois ne veulent pas de filles, ils n’ont qu’à être gais.  Un enfant, c’est un enfant.  Une merveille à priori.  C’est à la fois un potentiel de problèmes et de félicité, qu’il soit un gars ou une fille, c’est un être humain. 

La relation père-enfant est bien au-delà des sexes.  C’est une responsabilité extraordinaire et permanente.  Ce n’est pas un caprice d’un jour.  Est-ce que je crois vraiment assez dans la liberté sexuelle pour élever un enfant sans le vouloir génitalement ?   C’est une question que je me posais aussi de temps en temps, mais elle occupait peu mes neurones.  Je vivais au jour le jour.  De toute façon, je n’avais ni métier, ni avenir.

J’avais même travaillé dans un sauna gai pour survivre.  Je faisais du ménage et je réalisais que la vie peut-être très excitante, même dans ces conditions. 

À force de chercher un emploi, je me suis ramassé commissionnaire à la Ronald Federated Graphics, une importante imprimerie où je faisais un travail de petit jeune débutant, mais ça me payait bien.  J’étais commissionnaire.   

Radioactif 376

mai 17, 2022

Radioactif 376

Texte de 2008

Le sexe : un droit individuel.     

Si la sexualité est un droit individuel fondamental, la vie privée en est un aussi.  C’est pourquoi, à mon sens, la sexualité doit être personnelle et ne répondre qu’à un seul critère : la non-violence et non-domination. 

Comme je le disais, il n’y a pas qu’une seule interprétation de la sexualité qui soit juste.   Personne ne possède assez la vérité pour pouvoir imposer ses propres valeurs aux autres, qu’il soit pape, d’Alaï lama, juif ou chef musulman.  La sexualité est un droit fondamental, mais ce n’est pas une priorité comme éliminer la violence, la misère et redistribuer les richesses de façon à ce que chaque individu sur la terre puisse jouir de la chance de réussir sa vie, c’est -à- dire d’avoir accès au bonheur. 

Devoir encore nous battre sur ce point de vue (la conception personnelle de la sexualité tant qu’il n’y a pas de violence et / ou de domination), c’est perdre notre temps, en ce sens, que ça devrait déjà être une réalité (égalité des hommes et des femmes) afin de pouvoir s’attaquer entièrement à d’autres problèmes avant que la planète ne se charge d’éliminer l’humain, cette race d’animal devenue son pire ennemi. 

La domination riche et bourgeoise retarde la mise en place de politiques aptes à régénérer la planète.  Est-il normal que les profits des multinationales soient plus importants que le sort de millions d’êtres humains ?  

Il y a quelques principes fondamentaux qu’il faut implanter d’urgence sur toute la planète : la non-violence, incluant l’interdiction de la peine de mort ; une répartition des richesses naturelles qui permet à chaque individu de pouvoir se nourrir, avoir un endroit convenable à habiter, d’être soigné, d’être éduqué ou d’avoir un emploi rémunérateur.  Il faut dans les pays plus riches diminuer la surconsommation.  Que faisons-nous pour éliminer la possibilité d’une surpopulation planétaire ?  

Nous allons manquer d’eau, que faisons-nous pour protéger celle qui existe et les pays qui en sont propriétaires ?  Le réchauffement de la planète risque de nous éliminer comme espèce.  Que fait-on pour mettre les multinationales à leur place et face à leurs responsabilités? Rien.  Elles empochent et créent des crises économiques, si elles n’empochent pas assez. 

Pendant ce temps, on perd notre temps à faire comprendre à ceux qui nous mènent que se promener à poil ne signifie pas une entorse morale suffisante pour entraîner notre perdition.  Pour qui nous prenons-nous pour dicter aux autres pays quelle morale doit être imposée avec le tourisme sexuel?  Ils sont peut-être plus naturels et moins «fucké» que nous, avec notre morale?  Il faut être bourgeois et fucké pour prendre la liberté sexuelle pour un mal.  

Si on n’avait rien à manger vendrions-nous notre sexe pour survivre ? Est-ce si important qu’au lieu de nourrir des milliers de personnes, on préfère dépenser des millions pour combattre le tourisme sexuel?  Et si ces prostitués (es) aiment ça?  Pourquoi n’exige-t-on pas de ces pays des règles pour garantir la non-violence et le consentement?  Le respect des prostitués (es). 

La liberté de prostitution individuelle devrait exister partout

Si nos petites bourgeoises qui font le combat contre la prostitution libre crevaient de faim un peu, peut-être que leur petit cerveau leur indiquerait que leurs principes est vraiment moins important que de survivre.

S’il y a du tourisme sexuel, c’est que nos sociétés sont trop bornées pour accepter le droit à la prostitution individuelle. Il faut aller ailleurs pour éviter la prison.  Au lieu d’envoyer un pédophile en prison parce qu’il est allée avec une mineure (si elle est consentante), pourquoi celui-ci ne serait-il pas plutôt condamné à devoir participer à répondre à ses besoins fondamentaux jusqu’à la fin de ses études?  Si on peut bénéficier de privilèges sexuels pourquoi ne devrait-on pas assurer la sécurité financière (ou du moins une partie) pour lui permettre de s’en sortir, si elle le veut?  Les lois actuelles sont une forme de jalousie féminine : c’est un travail tellement payant qu’on veut en priver les autres?  Il me semble que ce serait plus responsable et plus intelligent que de ramener le pédophile dans son pays  pour le mettre en prison ( ce qui coûte une fortune)  alors que les victimes, comme elles disent, sont ainsi elles aussi condamnées à crever de faim. Complètement débile nos moralistes !  


Le sexe et  la tv.    

C’est très intéressant d’écouter les deux chroniques de fin de mars 2008 de Denis Lévesque, sur LCN.  On peut nettement distinguer ce qu’est un vrai journaliste animateur (Denis Lévesque) qui demeure majoritairement objectif dans ses présentations, quoique amusé dans la première, et un journaliste pourri de TVA qui a un parti pris, Michel Jean.  Ce dernier ne semble pas conscient de faire du journalisme de reportage de bas-étage en parlant de la prostitution.  Il n’arrive pas à mettre de côté son petit nombril (ses valeurs personnelles) et son étroitesse d’esprit afin de présenter un reportage objectif et constructif sur ce qui pourrait être une plaie sociale ou un moyen, mal perçu par nous, de survivre : le tourisme sexuel. 

Dans le premier contexte, M. Lévesque interroge M. Pierre Maranda, un anthropologue de l’université Laval, qui nous met aux parfums de sociétés qui ont évolué tout à fait différemment de nous.  Des sociétés matriarcales ou sous le pouvoir des femmes. 

Il est bien évident qu’avec les découvertes scientifiques actuelles sur le développement de la sexualité, ces sociétés sont dépassées. Leur étude nous permet cependant de mieux comprendre comment leur vision a évolué et pourquoi nous croyons les choses de notre façon.   Cela nous oblige à se rendre compte que nos conceptions sont probablement tout aussi dépassées que les leurs.  D’ailleurs, elles ne sont presque plus existantes puisque nous, les blancs, qui savent tout grâce à nos dieux, leur avons appris que leur façon d’interpréter la vie n’est pas la bonne puisque elle diffère de la nôtre. 

Dans ces sociétés matriarcales, les hommes sont jaloux du pouvoir féminin et de leur clitoris.  Pour trouver une certaine égalité avec la femme, l’homme pénètre dans la mer où il se fait une érection afin de pouvoir se lacérer le pénis et ainsi être enfin menstrué, pouvoir rattaché à la fertilité.  Et pour que les très jeunes garçons aient un jour un sperme assez énergique pour pouvoir féconder une femme, ils doivent boire le sperme de leurs aînés de 18 à 25 ans. 

Dans cette société, l’homme et la femme sont six mois hétérosexuels et six mois homosexuels.  Dans d’autres sociétés, pour avoir le sperme nécessaire pour procréer le jeune, dans une cérémonie d’initiation, devait se faire enculer par un mâle adulte afin qu’il y dépose la semence qui lui permettra ensuite d’éjaculer.  Fruit de mes longues soirées de lecture.

Avec ce reportage, on comprend que le monde n’a pas toujours évolué de la même façon et que les situations naturelles peuvent expliquer des phénomènes d’interprétation qui nous semblent complètement bizarres ou même débiles (mais on pense ainsi parce qu’on est des ignorants).  

N’est-il pas normal qu’une société qui voit toujours les pénis sans y attacher d’importance soit intriguée par les règles féminines et qu’elles aient aussi un petit pénis… alors que le mâle n’a pas de règle et ne peut pas procréer.  Qui est le dieu ? La fertilité ? 

Aujourd’hui, nous savons que ça ne fonctionne pas ainsi.  Ce que j’ai aimé de l’attitude de M. Lévesque, c’est qu’il ne s’est pas mis, contrairement à son collègue, à se prendre pour un curé venu nous rappeler les bonnes mœurs. 

Michel Jean est tellement peu objectif qu’il a pu voir le dédain ou le malheur dans les yeux des prostituées.  Yé fort en hostie !  Pauvre petit, il a l’âme trop sensible pour essayer comprendre ceux qui ne pensent pas comme lui.  Il devrait savoir que chez les bouddhistes, la sexualité n’a absolument pas l’importance sacrée que nos sociétés y accordent.  Chez eux, le cul c’est un élément naturel alors qu’ici on est des obsédés (des pécheurs) parce qu’on a confondu les besoins maladifs du pouvoir mâle des religieux avec la parole de Dieu et qu’on est ainsi devenu des aliénés qui se pensent plus intelligents que les autres. 

Je suis bien d’accord avec la mère de M. Maranda qui disait que les femmes du Québec n’ont pas besoin des féministes (un pouvoir des gouvernements fédérasses) pour avoir le pouvoir, car ce sont elles qui gèrent tout par en arrière.  D’ailleurs, ce sont les femmes et les syndicats de la fonction publique qui ont battu l’indépendance lors du premier référendum et qui s’apprêtent à donner un gouvernement majoritaire à Harper-Bush. Les Yvette et le gel des salaires des fonctionnaires. 

Aujourd’hui, les féministes réclament ce qu’elles appellent l’égalité (numérique– un homme, une femme–), mais qui est en réalité une dictature absolue, car elles cherchent une solidarité féminine qui détient déjà la majorité numériqueSi on ajoute tous les programmes spécifiques aux femmes, les hommes n’ont plus aucun espace.  Mais, les hommes qui ne peuvent s’empêcher de rêver au trou qu’ils n’auront pas, s’ils protestent, préfèrent se taire.  Un homme québécois est uniquement un pourvoyeur incapable de sensibilité et souffrant du complexe de Moïse.  Il n’a même plus droit à ses tavernes alors que les femmes ont leur salon de coiffure ou leurs soupers de filles pour se réunir sans homme…

Plutôt que de nous endoctriner ou nous empoisonner moralement, le représentant de TVA devrait prendre quelques cours d’anthropologie et attendre d’être assez mûr pour ne pas exposer ses états d’âmes parce qu’il ne peut pas supporter une vision différente du monde que la sienne, soit celle de petit bourgeois, incapable de comprendre les autres. Comme un Américain. 

Un reportage, c’est pour comprendre une situation et non pour essayer de prouver que tous les gens étrangers là-bas sont des vieux cochons qui ont dû déménager en Thaïlande pour satisfaire leur appétit sexuel, en oubliant que chez nous notre morale de bornées les voue automatiquement à la prison.  Des fous ?  Vive la liberté retrouvée ! 

On ne vit pas tous comme le veulent les religieux. Ces vieux cochons qui pour se protéger de leurs tentations ont interdit tout ce qui pouvait grouiller autour d’eux. Qu’est-ce que le patriarche faisait dans le pantalon de son petit pour décider qu’il doit être circoncis ?  Le vrai problème : ces jeunes ont-ils vraiment la liberté de choisir, agissent-ils ainsi contre leur gré ou est-ce pour survivre ?  Dur de savoir quand on ne connaît ni la langue, ni la culture.  Y a pas d’ouvrage dans ces pays ?   La prostitution, paye plus ?  Comment les jeunes peuvent-ils survivre et s’épanouir en faisant autre chose ? Voler, tuer ?  Est-ce vraiment mieux ? 

La prochaine fois quand Michel Jean ira au Vietnam, c’est ce qu’il souhaite, il faudrait qu’il soit une semaine sans manger et qu’il ne puisse pas obtenir un repas sans se laisser faire une pipe, peut-être comprendrait-il qu’une morale de petit bourgeois, ça ne peut pas s’appliquer dans un contexte de survie. 

C’est ça le vrai problème de la vie dans la prostitution… c’est bien beau de jouer aux âmes pures, mais quelle solution peut-on offrir, sauf leur enlever leur gagne-pain ?

Radioactif 375

mai 16, 2022

Radioactif 375

Texte de 2008

Mœurs sexuels.    

On m’a fait connaître une émission de télévision du 27 mars dernier (2008) qui est extraordinaire : il faut aller à http://lcn.canoe.ca/ dans la rubrique Denis Lévesque : Peuple aux mœurs particulières, c’est super.

Sexe et petit catéchisme.

Et, nous revoilà revenus à l’époque du petit catéchisme !  Depuis quelques temps à la télévision, nos obsédées de la morale sexuelle féminoune et religieuse font des annonces publicitaires pour supposément nous apprendre nos droits en matière sexuelle. 

À prime abord, c’est intéressant, mais quand on s’y arrête, on se rend compte que ce sont encore des publicités de paranoïaques. 

Au lieu de débuter en soulignant que tout le monde a le droit de dire oui ou non à des relations sexuelles, de parler des responsabilités reliées à nos choix, on ne nous présente que la situation d »agression, en vue bien évidemment de nous inviter à dénoncer les autres. On ne fait aucune nuance quant à la gravité des gestes.   

Une forme de campagne publicitaire puritaine, américanisée, qui insiste que sur le droit de dire non et qui, sans le dire ouvertement, t’amène à rejeter la sexualité. 

Les femmes qui ont peur du mâle, cet être qui est automatiquement un gros cochon, crient encore au viol.  Une perception assez arriérée, si on ne fait pas la nuance de gravité entre un attouchement et une pénétration.

Au lieu d’inviter les gouvernements à revoir leurs lois « dans le sens unique du soyez contre, soyez chastes », on devrait penser à des façons de pouvoir vivre la liberté sexuelle, sans danger, sans bitchage, et en protégeant autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre.

On cherche à développer inconsciemment chez nous le rejet de la liberté sexuelle puisqu’en aucun moment on ne laisse entrevoir que le sexe peut être beau, peut être un plaisir.  

Le sexe est directement branché sur le plaisir.  Rien ne nous amène à se demander s’il peut exister une autre approche qui nous permet d’être en faveur de la liberté sexuelle, sans être des bandits ou un couple monogame.  

L’amour est-il possible sans correspondre à des normes bien établies par une bande de bourgeois(es)?   Un attouchement, c’est un meurtre, disait notre chantre de la dénonciation. Et on paye pour apprendre aux jeunes à être des «stools». Dénoncer est et sera toujours un geste écœurant.  Belle société en vue! 

On essaie à travers ces publicités de nous inculquer la peur, comme si toutes les relations sexuelles étaient seulement des agressions.  

Même si on ne peut qu’applaudir très fort du fait de dénoncer toute forme de violence en sexualité, il est inacceptable qu’on présente qu’un côté du problème.  On n’essaie pas, dans ces annonces de nous protéger.  On nous force à partager leur morale qui, en partant, conçoit la sexualité en dehors du mariage comme une attaque, un viol.  Même les gais doivent se marier pour mettre fin aux langues sales.

La raison en est fort simple : pour avoir de bonnes subventions (police et fondations), il faut beaucoup de cas d’agressions et s’il en manque dans les statistiques pour justifier l’emploi d’autant d’argent, il faut essayer d’en provoquer.   Voilà un excellent exemple de manipulation de masse. On appelle ça un viol des consciences

On éduque pour accroître son propre pouvoir et non l’autonomie des jeunes.  Pour qu’il y ait des mouvements de support, des fondations de toutes sortes et qu’elles fassent de l’argent, il faut bien qu’il y ait assez des «victimes», des cas, pour justifier les millions dépensés de nos impôts par nos gouvernements.  Mais, cette préoccupation des mouvements féminounes est la même que celle de la pègre et de la police… les finances sont partagées à un niveau supérieur. Il faut des clients.

Il n’y a pas qu’une façon de percevoir la sexualité.  C’est un droit fondamental, individuel et relevant fondamentalement de la vie privée. 

Tout individu est le seul et unique maître de son corps et de son esprit. Si c’est la base de notre philosophie de vie, si on accepte qu’un être humain est plus important qu’un $$$, que la violence est pire que la sexualité, on essaiera de créer des règles qui soient acceptables pour tous. 

En fait, ce que je reproche à ces publicités, c’est de ne pas démontrer que le oui est aussi un droit fondamental.   Une dénonciation, sans chercher de solutions, à part encore une fois plus de répression, c’est appeler au fascisme, une suite logique de leurs propos. 

Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il y a autant de façons d’aborder la sexualité qu’il y a des religions et de civilisations. 

Il n’y a pas qu’une seule civilisation qui a raison.  Elles ont toutes leur part de bon et de mauvais.  Mais nous, les Occidentaux, avec nos religions, on s’imagine tellement être la pureté absolue qu’on n’arrive pas à voir qu’une autre perception de la vie puisse être aussi bonne pour l’humain.

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que nos civilisations sont le fruit de nos expériences sociales antérieures et donc qu’elles ne peuvent être que différentes, selon leurs racines, c’est-à-dire les lois naturelles qui ont assuré leur survie.  

La sexualité, c’est la chose la plus naturelle qui existe et comme les peuplades d’Océanie qui entendent parler de notre morale à travers la Bible, on est en lieu de se demander quelle folie a poussé Adam et Ève à avoir honte d’être nus en sortant du paradis terrestre. 

On sait que la Bible se sert abondamment de symbolisme, est-ce que dans ce cas le mot « nu » est vraiment une référence aux vêtements plutôt qu’une manière d’exprimer leur étonnement de découvrir jusqu’à quel point ils sont ignorants par rapport à leur Dieu?  Ne venait-il pas de découvrir qu’ils sont mortels en dehors de la protection divine? 

On peut faire croire n’importe quoi quand on interprète un passé qui n’avait même pas recours à l’écriture. 

Aussi, nos religions juives, musulmanes et chrétiennes ont les mêmes racines avec une manipulation différente mais semblable, des textes.  Ce n’est pas par hasard que toutes les religions sont misogynes et rejettent, comme les curés, la beauté de la sexualité. 

Et si les peuplades d’Océanie avaient raison quant à leurs structures sociales. Elles ne sont pas, elles, aux prises avec le problème du suicide et de la violence. Pas besoin des pilules des psychiatres pour aimer la vie dans ces mondes dit primitifs.   

Et, si c’était nous, les primitifs avec tous nos interdits débiles.   A-t-on vraiment évolué ?

Radioactif 374

mai 15, 2022

Radioactif 375

Texte de 2008

Mœurs sexuels.    

On m’a fait connaître une émission de télévision du 27 mars dernier (2008) qui est extraordinaire : il faut aller à http://lcn.canoe.ca/ dans la rubrique Denis Lévesque : Peuple aux mœurs particulières, c’est super.

Sexe et petit catéchisme.

Et, nous revoilà revenus à l’époque du petit catéchisme !  Depuis quelques temps à la télévision, nos obsédées de la morale sexuelle féminoune et religieusefont des annonces publicitaires pour supposément nous apprendre nos droits en matière sexuelle. 

À prime abord, c’est intéressant, mais quand on s’y arrête, on se rend compte que ce sont encore des publicités de paranoïaques. 

Au lieu de débuter en soulignant que tout le monde a le droit de dire oui ou non à des relations sexuelles, de parler des responsabilités reliées à nos choix, on ne nous présente que la situation d »agression, en vue bien évidemment de nous inviter à dénoncer les autres. On ne fait aucune nuance quant à la gravité des gestes.   

Une forme de campagne publicitaire puritaine, américanisée, qui insiste que sur le droit de dire non et qui, sans le dire ouvertement, t’amène à rejeter la sexualité. 

Les femmes qui ont peur du mâle, cet être qui est automatiquement un gros cochon, crient encore au viol.  Une perception assez arriérée, si on ne fait pas la nuance de gravité entre un attouchement et une pénétration.

Au lieu d’inviter les gouvernements à revoir leurs lois « dans le sens unique du soyez contre, soyez chastes », on devrait penser à des façons de pouvoir vivre la liberté sexuelle, sans danger, sans bitchage, et en protégeant autant ceux qui sont pour que ceux qui sont contre.

On cherche à développer inconsciemment chez nous le rejet de la liberté sexuelle puisqu’en aucun moment on ne laisse entrevoir que le sexe peut être beau, peut être un plaisir.  

Le sexe est directement branché sur le plaisir.  Rien ne nous amène à se demander s’il peut exister une autre approche qui nous permet d’être en faveur de la liberté sexuelle, sans être des bandits ou un couple monogame.  

L’amour est-il possible sans correspondre à des normes bien établies par une bande de bourgeois(es)?   Un attouchement, c’est un meurtre, disait notre chantre de la dénonciation. Et on paye pour apprendre aux jeunes à être des «stools». Dénoncer est et sera toujours un geste écœurant.  Belle société en vue! 

On essaie à travers ces publicités de nous inculquer la peur, comme si toutes les relations sexuelles étaient seulement des agressions.  

Même si on ne peut qu’applaudir très fort du fait de dénoncer toute forme de violence en sexualité, il est inacceptable qu’on présente qu’un côté du problème.  On n’essaie pas, dans ces annonces de nous protéger.  On nous force à partager leur morale qui, en partant, conçoit la sexualité en dehors du mariage comme une attaque, un viol.  Même les gais doivent se marier pour mettre fin aux langues sales.

La raison en est fort simple : pour avoir de bonnes subventions (police et fondations), il faut beaucoup de cas d’agressions et s’il en manque dans les statistiques pour justifier l’emploi d’autant d’argent, il faut essayer d’en provoquer.   Voilà un excellent exemple de manipulation de masse. On appelle ça un viol des consciences

On éduque pour accroître son propre pouvoir et non l’autonomie des jeunes.  Pour qu’il y ait des mouvements de support, des fondations de toutes sortes et qu’elles fassent de l’argent, il faut bien qu’il y ait assez des «victimes», des cas, pour justifier les millions dépensés de nos impôts par nos gouvernements.  Mais, cette préoccupation des mouvements féminounes est la même que celle de la pègre et de la police… les finances sont partagées à un niveau supérieur. Il faut des clients.

Il n’y a pas qu’une façon de percevoir la sexualité.  C’est un droit fondamental, individuel et relevant fondamentalement de la vie privée. 

Tout individu est le seul et unique maître de son corps et de son esprit. Si c’est la base de notre philosophie de vie, si on accepte qu’un être humain est plus important qu’un $$$, que la violence est pire que la sexualité, on essaiera de créer des règles qui soient acceptables pour tous. 

En fait, ce que je reproche à ces publicités, c’est de ne pas démontrer que le oui est aussi un droit fondamental.   Une dénonciation, sans chercher de solutions, à part encore une fois plus de répression, c’est appeler au fascisme, une suite logique de leurs propos. 

Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’il y a autant de façons d’aborder la sexualité qu’il y a des religions et de civilisations. 

Il n’y a pas qu’une seule civilisation qui a raison.  Elles ont toutes leur part de bon et de mauvais.  Mais nous, les Occidentaux, avec nos religions, on s’imagine tellement être la pureté absolue qu’on n’arrive pas à voir qu’une autre perception de la vie puisse être aussi bonne pour l’humain.

Il ne faut pas être un génie pour comprendre que nos civilisations sont le fruit de nos expériences sociales antérieures et donc qu’elles ne peuvent être que différentes, selon leurs racines, c’est-à-dire les lois naturelles qui ont assuré leur survie.  

La sexualité, c’est la chose la plus naturelle qui existe et comme les peuplades d’Océanie qui entendent parler de notre morale à travers la Bible, on est en lieu de se demander quelle folie a poussé Adam et Ève à avoir honte d’être nus en sortant du paradis terrestre. 

On sait que la Bible se sert abondamment de symbolisme, est-ce que dans ce cas le mot « nu » est vraiment une référence aux vêtements plutôt qu’une manière d’exprimer leur étonnement de découvrir jusqu’à quel point ils sont ignorants par rapport à leur Dieu?  Ne venait-il pas de découvrir qu’ils sont mortels en dehors de la protection divine? 

On peut faire croire n’importe quoi quand on interprète un passé qui n’avait même pas recours à l’écriture. 

Aussi, nos religions juives, musulmanes et chrétiennes ont les mêmes racines avec une manipulation différente mais semblable, des textes.  Ce n’est pas par hasard que toutes les religions sont misogynes et rejettent, comme les curés, la beauté de la sexualité. 

Et si les peuplades d’Océanie avaient raison quant à leurs structures sociales. Elles ne sont pas, elles, aux prises avec le problème du suicide et de la violence. Pas besoin des pilules des psychiatres pour aimer la vie dans ces mondes dit primitifs.   

Et, si c’était nous, les primitifs avec tous nos interdits débiles.   A-t-on vraiment évolué ?

Radioactif 374

mai 14, 2022

Radioactif 374

Texte 2008

Richard Martineau.

Richard Martineau a produit un texte, il y a plusieurs mois qui a permis de me calomnier quant à mon orientation sexuelle, en disant que je suis pédophile alors que je suis pédéraste. 

Il y a une gigantesque différence dont la société ne tient pas compte dont principalement le droit à la vie privée et à l’intégrité absolue des enfants.

Évidemment, cette accusation a été reprise par les Pirates de Jeff Fillion et Québecor – Canoë.  C’était  et c’est encore une des premières choses qu’on lisait de moi sur le web, lors d’une recherche. 

C’est à la suite de cet article que je fus évincé de l’Association des auteures des Cantons de l’Est et de l’UNEQ, sous prétexte que je n’ai pas payé ma cotisation. On avait en fait refusée mon paiement. J’ai appris depuis que c’est une recommandation de leur comité d’éthique. 

On dira ensuite que le Québec ne connaît plus la censure.  Même l’UNEQ ne respecte pas la liberté d’expression.

L’UNEQ a retiré toutes ses informations à mon sujet du service aux auteurs québécois qui s’appelle «L’Île».  On y retrouvait ma biographie, ma photo et la liste de mes écrits. 

Cela contrevient à la Charte québécoise des droits de la personne, mais la Commission des droits ne veut pas me représenter et me dit de me trouver « un avocat ». Je n’ai pas le sou pour engraisser la mafia légale, donc, quand je mourrai ce mensonge se perpétuera grâce à l’internet, car ces textes sont encore là.  On y retrouve aussi le point de vue d’un sexologue tellement ignorant qu’il ne sait pas la différence entre la pédophilie et la pédérastie.

Un individu qui voulait lire mes livres est parti à leur recherche.  Il a constaté que l’on a retiré mon nom de la liste de tous les écrivains existants au Québec. 

Quand il est allé à la Bibliothèque Nationale, il a constaté que non seulement on ne peut pas sortir mes livres (c’est normal, les exemplaires sont devenus d’une rareté infinie), mais en plus le préposé lui a infligé une leçon de morale dans le genre : « Vous savez quelle sorte de mauvais garçon vous lisez là?  C’est un pédophile ».  Un mot qui devrait faire trembler l’univers alors que je tremble d’amertume et de colère quand j’entends Stephen Harper, George Bush, Poutine, la Chine et les Républicains américains défendre la mafia économique. 

J’ai porté ma cause à la Commission des droits de la personne, en y croyant pas tellement, parce que la majorité des employés sont des femmes et leur vision de la sexualité est fortement altérée par les féminounes.  Les féministes progressistes sont disparues ou devenues les réactionnaires (féminounes) d’aujourd’hui puisque le seul rapport qu’elles ont avec la sexualité est : la peur et la répression. 

On m’a dit de prendre un avocat. J’ai pas d’argent a dépensé, sachant très bien que c’est une façon de nourrir la mafia, car les lois actuelles font en sorte que c’est payant pour la police (les subventions), la pègre (parce qu’elle conserve ses droits acquis territoriaux, les clubs, d’où la sexualité est une partie de leur empire), le système judiciaire, grâce aux procès et aux amendes, et les fondations de toutes sortes qui peuvent ainsi s’en mettre plein les poches, en prétendant défendre les opprimés.

L’exploitation de la pauvreté est devenue une industrie comme les autres.  La crise du logement en est la preuve.

Cependant, les puritaines semblent manquer de cas, car elles doivent présenter actuellement de la publicité à la télévision pour inciter les gens à dénoncer. 

Ce serait parfait si on disait aux jeunes quels sont leurs droits, même sur le plan sexuel, car la vie privée n’existe pas qu’à 60 ans. Les jeunes  ont aussi le droit de dire «oui» ou « non », mais ça nuirait à l’industrie légale et illégale de la sexualité.  C’est plus payant quand tu ramasses l’argent des deux côtés à la fois.

Pour que la pédophilie soit payante, il faut multiplier les cas afin de justifier les millions versés par les contribuables en impôts qui iront dans les poches de la police qui combat ce fléau artificiel, car  seuls les cas de violence justifient une intervention.  Sans violence ou domination, le sexe est un plaisir, une réalité corporelle et psychique agréable.

Pendant ce temps, on laisse la mafia s’étendre avec sa violence; c’est moins dangereux de chercher un pédophile sur internet que d’arrêter un membre de la mafia, même si ce dernier est un million de fois plus dangereux.

On refuse de faire la nuance entre la pédérastie et la pédophilie. Autant la première, avec consentement mutuel, est une expérience heureuse quoique pas nécessaire pour tous, alors que la pédophilie, le sexe avec des enfants de moins de 10 ans doit être de facto interdite.

Si les gens sont éduqués sur les réalités sexuelles, le système devra changer ses lois qui datent de la préhistoire et permettre la liberté non violente, le consentement des individus.  Mais, ça paie moins, donc, ça n’arrivera pas.

Qu’on le veuille ou non, la liberté est la seule approche progressiste. 

Cependant, toute violence physique sexuelle ou autre doit être très fortement réprimée. 

Mais, la liberté sexuelle n’est pas assez payante pour justifier la libéralisation de la sexualité. Je ne sais pas quel nouveau sida sera bientôt inventé.  Ainsi, la morale bourgeoise et religieuse franchira un pas de plus vers la dictature morale planétaire.   On doit déjà commencer à y penser.  Cette dictature des bonnes âmes durera le temps de faire sauter la planète, c’est-à-dire le temps que notre consommation devienne telle que notre globe ne pourra plus fournir.  Ce sera la guerre partout, car il y aura trop d’humains  et la consommation nourrira la crise climatique. La surpopulation, tout comme la mondialisation, ne sert qu’à augmenter les revenus d’un petit nombre aux dépends de la majorité.

Si on veut légiférer quant à la pornographie, on devrait rendre illégal les scènes de sodomie. Ainsi, on pourrait cesser de prétendre qu’être gai c’est automatiquement être sodomite.

Quant à moi, je ne suis pas de taille à me battre contre tout un système.  Je me dois d’être heureux pendant les quelques années qu’il me reste.  Avec la loi que fédéral vient de passer sur la culture, le Québec sera étouffé et ne sera jamais assez fort, solidaire, pour devenir un pays. 

J’espère me tromper.  Les mesures de guerre morales permanentes permettront au fédéral de contrôler la création ou du moins de diminuer sa participation financière à la culture québécoise. 

Puisque ça prend de l’argent pour produire, ceux qui ne prôneront pas les valeurs fédérastes seront appelés à disparaître.  C’est ce qu’on m’applique déjà en se servant de ma lutte sexuelle pour éliminer un séparatiste… le temps que tu parles de cul, tu n’as pas le temps de convaincre les autres que l’indépendance est la seule façon de demeurer un Québec français..

.

Richard Martineau(2).      

Voici le texte publié dans ma page personnelle avant qu’on l’interdise et qu’on me donne une telle nouvelle adresse si compliquée que je ne sais même plus moi-même comment y avoir accès.

Avant d’écrire la réponse que j’ai faite parvenir à Richard Martineau, je tiens à préciser que l’on ne se connait pas personnellement.  Ainsi, en citant un extrait de mes livres, on peut me condamner et me faire passer pour le monstre que je ne suis pas.  En effet, je ne crois pas qu’une pipe, à n’importe quel âge à partir de la pré-puberté, ça fasse bien mal.  C’est assez irréfutable.

Cette situation me fait penser à un événement qui est survenu au moment où je vivais avec Suzanne qui envoyait ses deux enfants à l’école libre.  Nous croyions tous les deux dans la liberté des enfants pour permettre un plein apprentissage de l’autonomie, car le plus beau cadeau que tu puisses faire à un jeune, c’est de lui offrir la possibilité de créer sa propre conscience personnelle, sans se faire empoisonner le cerveau par les péchés ou l’approche maladive de la sexualité par les religions.

Je travaillais donc à la construction de la Maison des enfants. Un Summerhill, in Québec… Un jeune garçon, qui était au premier étage, voulut monter au deuxième.  Malheureusement, il n’y avait pas encore d’escaliers.  Or, on s’est entendu que je le lèverais pendant qu’un autre adulte au deuxième le tirerait par les mains pour lui permettre de monter. 

Quand il fut en haut, une bonne femme s’est mise dans tous ses états et me traita de cochon et encore pire.  Je me demandais bien qu’elle mouche l’avait piquée.  Je ne pouvais pas monter le jeune sans le pousser par les fesses pour qu’il lève assez haut pour être accroché par l’autre adulte au deuxième étage. 

Cette scrupuleuse savait que j’étais pédéraste puisque je ne m’en cachais pas.  Elle savait aussi fort bien qu’il ne pouvait pas y avoir d’autres moyens pour l’aider à monter et qu’il n’y avait aucun mal, à moins de voir du mal partout. Tout le monde le fait sans jamais se poser de question et personne y trouve quoique ce soit à redire.  Mais, elle, elle piqua sa crise.  Selon elle, j’étais un cochon parce qu’elle avait vu dans mes yeux que j’adorais ça. 

Je n’y avais jamais réfléchi, car c’est un geste banal sans conséquence morale.  Je n’ai pas réalisé que j’étais plus heureux et encore moins que je devais en avoir honte.  C’est fou, mais j’ai vraiment cru cette personne complètement déséquilibrée pour voir ainsi apparaître le mal là où il n’y en a pas. 

Je n’ai probablement pas le droit, moi, un homme, d’être heureux en présence d’un garçon.  Et, après on pleure parce que les hommes sont assez intelligents pour ne pas vouloir d’enfants trop près d’eux.  Ils ne veulent pas se faire accuser faussement d’être pédophile.  Il y a des gens qui en voient jusque dans leur soupe et rêve encore au bon temps où durant l’Inquisition, les âmes pures faisaient brûler les impurs.

J’ai d’abord été insulté de la voir projeter ses problèmes psychologiques sur une situation aussi banale.  Puis, j’ai compris que la perception que ces gens ont, vient de l’éducation qu’ils ont reçue et des scrupules qu’ils se sont créés. 

Avoir une conscience aussi vite torturée explique bien que si tu vis ainsi 20 ans, il soit possible que tu craques un jour et que tu souffres de séquelles.  Il n’y a pas de séquelles sans culpabilisation d’avoir eu du plaisir en dehors des balises maladives, sexuellement admises et fixées par les religions. 

C’est une situation éducative qui n’est rien d’autre que le viol de la conscience des enfants en introduisant la peur du péché et l’interdit. Des millénaires de peur ça déforme, ça crée une norme qu’on n’a pas l’intelligence de remettre en question, car ce serait un effort colossal de rééducation. 

Je n’ai vu M. Martineau, qu’une fois et je ne suis même pas certain que c’était lui. C’était dans l’unique défilé gai auquel j’ai assisté.  Il était déguisé en évêque, comme je le fus durant ma campagne Rhinocéros, pour montrer qu’il n’était pas homophobe.  J’ai trouvé ça drôle.  Tout comme j’ai toujours bien aimé ses chroniques. 

J’ai assez d’admiration pour lui, pour pardonner le fait qu’il ne s’est pas mieux renseigné avant d’écrire à mon sujet.  C’est aussi une des raisons pour lesquelles je n’ai pas engagé de poursuites judiciaires contre lui.

Radioactif 373

mai 13, 2022

Radioactif 373

Texte de 2008

Le sexe et le bonheur.

La vie est une perpétuelle course après le bonheur.  C’est comme le sexe, la tentation est souvent bien meilleure que la couchette.  Elle te fait rêver plus longtemps.  Vivre juste pour les plaisirs sexuels, c’est réducteur et ça conduit souvent à un vide intérieur

Par contre, cette recherche de l’autre est aussi importante que l’oxygène.  C’est comme un festin, sa rareté lui confère son prestige.  Une réalité bien pédéraste.  Si la perle rare est trop facile d’accès, elle perd de sa valeur. 

Le bonheur se cache dans sa capacité de jouir des petites choses et nous éblouit souvent lorsqu’on s’y attend le moins.  En fait, sauf les problèmes de sécurité financière, je vivais une très belle vie, mouvementée et imprévisible.  Ce ne pouvait pas être celle que j’avais imaginée puisque je ne l’ai jamais fait. 

J’ai toujours ressenti ma vie comme un don de Dieu, même si parfois, je me prends un peu pour Job.  J’accepte le moment présent et je suis toujours convaincu qu’il sert à créer une joie future encore plus profonde.  

En ce sens, je suis encore très profondément croyant dans une forme de spiritualité.   

Même si je rejette toutes les religions, je reconnais qu’elles peuvent être toutes aussi utiles que nuisibles.   Ma vie fut jusqu’alors, je dirais même jusqu’à aujourd’hui, une suite de coïncidences.  J’étais devenu journaliste parce que j’ai envoyé une lettre d’opinion alors que j’étais camelot de la Tribune et celle-ci fut assez abondamment commentée pour que j’en aie l’écho.  À cette époque, je faisais une faute de français à tous les deux mots. 

J’ai obtenu la réputation de révolutionnaire parce que je ne crois pas dans l’objectivité journalistique.  Cependant, un vrai journaliste d’informations ne s’implique pas dans une cause comme je le faisais, en particulier, pour garder une distance avec les événements.  Un journaliste ne peut jamais être totalement objectif, tout simplement parce qu’il est un individu, et tous les individus vivent au « je ».

Par hasard, j’ai rencontré et côtoyé tous les chefs prétendus du FLQ.  Qu’on le veuille ou non, on est tous plus près de telles ou telles valeurs.  C’est à partir de cette constatation que j’ai commencé à croire que tout individu devrait pouvoir choisir et aller vivre sur le territoire où il se sent le plus compatible avec les valeurs du milieu.  Les esprits libres avec les esprits libres. Les scrupuleux avec les scrupuleux. 

L’immigration devrait être une espèce d’enchères, une recherche des compétences dont le pays a besoin pour se réaliser ainsi que vivre ses valeurs propres.  Ainsi, je pourrais aller vivre et travailler dans un pays où je ne serais pas exclu comme au Québec tout simplement parce que de temps en temps j’aime faire une pipe à un petit gars.  Je peux jurer que ça ne lui aucun mal. 

J’étais trop sensible à la misère des autres pour pouvoir rester objectif et indifférent.  Je me battais comme un patriote, le patriote que je croyais être.  Je ne craignais pas de mettre ma vie en danger pour défendre les miens et ce en quoi je croyais, même si je suis fondamentalement un « pissous». 

En fait, ce qui agençait tout dans ma vie de hasard, c’était ma curiosité et mon besoin illimité de plaisirs et d’apprentissages. Je voulais aimer et être aimé.  Je croyais, comme on nous l’enseignait, que j’aurais un très grand rôle à jouer dans l’histoire de mon pays et pourquoi pas de l’humanité.

Aussi, très jeune, j’avais sur le plan sexuel, acquis de l’expérience avec des petits gars, des femmes, et quand j’ai vaincu ma peur, des hommes inconnus.  Je savais déjà que le plaisir le plus grand est de rencontrer quelqu’un, le sexe a en principe peu d’importance, mais il joue souvent le rôle principal.

C’est plus important de rencontrer quelqu’un qui te plaît et de toujours être entouré de gens qui, comme toi, aiment jouir de la vie.  Ton attrait pour tel ou tel individu, ce n’est pas toi qui en décide, mais ta nature la plus profonde. 

Que je le veuille ou non, un petit gars sera toujours mon premier choix et le pire, ce n’est même pas génital, sa présence me rend automatiquement heureux.  Une vibration d’énergies.  Je suis ébloui par un petit gars.  Je donnerais ma vie pour lui.   C’est fou, mais c’est comme ça.  

Et c’est pourquoi je comprenais de plus en plus qu’il ne faut pas combattre sa nature, mais l’utiliser pour améliorer la vie. Je savais aussi que l’amitié, le plus précieux des cadeaux, peut mourir à la suite de relations sexuelles décevantes. 

La beauté a beau être divine, elle ne suffit pas à créer une permanence comme l’Amitié.  Mon plus grand besoin était de me sentir entouré par la jeunesse. Faire  jouir une autre personne, c’est ma félicité absolue, mais malheureusement circonstancielle.  Le vrai bonheur se trouve donc ailleurs. 

Avoir visité le Canada ne tua pas mon appui à l’indépendance du Québec tout simplement parce que le Canada est un pays étranger pour moi.  Un pays qui se prétend bilingue, mais qui te rejette dès que tu parles français.  Il suffisait d’ouvrir la bouche et de parler ma langue pour que je devienne un citoyen de seconde classe.  Je devais me battre, m’armer de patience pour obtenir les mêmes services que les autres. Un sous-citoyen. 

Voyager m’a simplement confirmé que le Canada n’est pas mon pays.  Un francophone au Canada, c’est à peine une coche au-dessus des Autochtones.  Il ne faut pas s’en faire, pour Harper, le Québec ce sont des votes potentiels pour obtenir le pouvoir absolu.  Les Conservateurs sont des fascistes

Par contre, je devais admettre qu’il y a des gens, comme Darryl, tout aussi bien chez les Canadiens que chez les Québécois.  Même que dans certains cas, il est possible de vivre une amitié encore plus profonde parce que nos différences ne nous rendent pas ennemis, mais servent à nous rapprocher et nous souder davantage dans une espèce de pays émotif, hors du commun.  Le pays de la même orientation sexuelle. Est-ce que le territoire où l’on vit a vraiment de l’importance?   Je croyais encore assez dans les Québécois pour le croire. 

L’important, c’est de se sentir heureux que ce soit n’importe où. 

L’approche de l’indépendance, dans ces conditions, est bien différente

L’indépendance mérite qu’on la préconise que si elle promet une amélioration de la vie quotidienne ou un profond rapprochement avec nos valeurs personnelles.  Un pays, c’est une amitié avec toute une nation.  C’est son miroir territorial. 

C’est pourquoi, pour se sentir bien dans sa peau, il faut pouvoir se mirer dans les valeurs du territoire où l’on vit. 

Ce doit être pour cela qu’inconsciemment, je me cherche un pays. Je ne l’ai pas trouvé, je ne peux qu’en rêver. 
 

Nouvel esprit.

Le mot « révolution» a pris un autre sens, moins émotif, plus précis, avec mes voyages. 

Dorénavant, c’est aussi important pour moi de pouvoir m’identifier à la culture française qu’à la pédérastie.  Dorénavant, il est impossible de dissocier mon amour des petits gars de l’UTOPIE.  C’est bien évident qu’une telle vision ne se réalisera pas du jour au lendemain

Envisager un monde où la pédérastie puisse être acceptée exige une approche totalement nouvelle et différente de la sexualité, de la démocratie et des structures de la société. 

C’est cesser de percevoir la sexualité négativement.

Impossible de maintenir un monde raciste, discriminatoire et violent, si on rêve d’instaurer un monde dans lequel chaque individu peut modeler sa conscience personnelle, à condition de rejeter définitivement la violence. 

Impossible de penser à un monde où l’on ne reconnaît pas l’égalité entre les deux sexes et la plus grande affinité naturelle entre les gens du même sexe, si on veut créer dans les faits une société où chaque individu est maître de son corps ou de son esprit … d’où le besoin d’une plus grande ouverture d’esprit. 

Besoin de repenser l’approche des religions pour éliminer l’impie, soit celui qui ne pense pas comme les autres.  Besoin de reformuler les structures des pays pour neutraliser la violence.

L’abolition du pouvoir d’un petit nombre sur les majorités, du riche sur le pauvre ; l’élimination du commerce des armes et des drogues d’où la perte d’un commerce qui se chiffre dans les milliards. 

La révolution devient alors une profonde réflexion positive sur l’avenir de l’être humain. 

Comment créer un tel monde à l’intérieur de celui qui existe déjà ?  Dialoguer avec un schizophrène paranoïde me semble plus facile que d’essayer de faire comprendre à nos sociétés ce dont je veux parler.  Je me sens Jean-Baptiste dans le désert.

En même temps, une telle approche élimine la violence comme arme de changement.  La violence remplace une bande de bandits par une autre bande encore plus barbare que la première.  Petit à petit, je retrouvais le sens du Peace and love.  

Je tenais au français plus que jamais, mais non pas en interdisant l’anglais au Québec, au contraire, dans un Québec indépendant, le bilinguisme des individus devient un atout et non un handicap

Fondamentalement, je croyais de plus en plus que la plus grande des valeurs c’est la VIE.  Plus j’y réfléchissais, plus je trouvais que cet élément devait prédominer.   Rien ne peut justifier le meurtre d’un humain, même pas des milliards de profits. 

Cependant, je devais admettre que les Anglophones assimilateurs au Québec se servaient des immigrants et par conséquent faisaient jouer le temps en leur faveur pour perpétuer leur croisade sans répit d’anglicisation.  

Malheureusement, ce n’était pas nous qui devions prendre la décision de reconnaître l’importance du français au Québec, mais eux.  Le jour où l’on cessera d’essayer de nous noyer linguistiquement, on aura plus besoin de trouver des moyens radicaux pour nous défendre et survivre.  C’est logique, non?  Nous avons besoin de nous défendre que si on veut survivre, mais est-ce que la langue est si importante?  Notre esprit des choses.  J’ai vite eu la réponse. Oui, elle est à la base de notre culture, de notre manière d’interpréter le sens de nos vies.

Radioactif 372

mai 12, 2022

Radioactif 372

Texte de 2008

Le français en danger.

Après 40 ans, on n’a pas encore eu l’intelligence de trouver une solution qui nous permettra d’assurer d’une façon définitive que l’avenir du Québec se déroulera en français.  Il faut toujours faire des compromis qui, avec le temps, nous entraîne dans l’assimilation anglaise à la petite cuillère. 

Quand le Parti Québécois a pris le pouvoir, on devait présenter la loi 1, qui était encore plus radicale que la loi 101.  On a plié l’échine pour donner la chance aux Anglophones d’accepter ce compromis ; mais la Cour suprême force depuis, la tenue d’un striptease de notre belle Charte de la langue française, invalidant article par article. 

Il faut noyer les francophones de sorte qu’ils restent chez eux à prendre une bière plutôt que de reprendre le combat d’un Québec français.  Quand on passera au crible la loi 104 et que l’on redonnera aux parents le choix de choisir les écoles de la langue de leur choix, on sera fait à l’os.  Comme il y a 40 ans. 

De toute façon, les Québécois s’imaginent que le problème de l’assimilation, ça ne regarde que Montréal. 

Non seulement on manque de couille, mais on n’a pas assez de respect envers nous-mêmes pour affirmer qu’il est temps de forcer ceux qui nous dirigent à trouver une solution définitive.  Le fédéral doit être écarté de tout ce qui touche de près ou de loin à notre culture.   

Qu’on appelle ça, la souveraineté culturelle, comme Robert Bourassa, si l’on veut.  Être maître absolu et unique de notre immigration.  Tout immigrant qui s’installe chez nous doit apprendre le français dans les trois premières années ou déménager au Canada (un pays qui se dit bilingue, mais qui est majoritairement pour ne pas dire de plus en plus uniquement anglais). 

Si l’on ne cesse pas de toujours ramener le problème de la fréquentation scolaire en français, il faudra opter pour une solution encore plus radicale : avoir des institutions scolaires unilingues françaises au Québec. 

Le Canada ce n’est pas mon pays, parce qu’il ne veut pas respecter notre francité. 

Sa constitution a été imposée par Trudeau qui s’accaparait de tous les projets au Québec pour les implanter au fédéral, en prétendant que ces idées venaient de lui et son gouvernement.  Ou Trudeau voulait par son arrogance réveiller les Québécois ou c’était le roi des trous- de- cul.  Le temps nous oblige à pencher pour la dernière hypothèse. 

Le problème fondamental est l’existence des partis politiques qui doivent se déculotter de leurs principes pour avoir un peu de pouvoir de séduction.   La Cour suprême doit cesser de mettre son nez dictatorial dans les lois du français au Québec. 

Si on touche encore à la loi 101, on n’a pas le choix, il faudra se séparer par n’importe quels moyens

Quand j’étais plus jeune, on me disait que nos gouvernements laissent les situations pourrir jusqu’à ce que ça explose

Faire respecter le français, c’est le seul héritage que nous a laissé le FLQ. D’ailleurs, Raoul Roy prétendait que seule la première vague du FLQ était authentique parce qu’elle mettait en priorité la situation du français.  Pas besoin de FLQ, mais des élections qui demandent de mettre au pouvoir des gens qui ont le sort du français à cœur.  La priorité des priorités. 

Il faut quelqu’un qui mette ses culottes et qui force Ottawa à ne plus jamais mettre le nez dans notre vie culturelle. 

Ça implique aussi la mort dans l’œuf des nouvelles lois omnibus. Ce qui ferait bien mon affaire à cause des règles débiles sur la sexualité que l’on veut nous imposer. 

Les partis politiques ne pensent pas à l’intérêt des Québécois.  L’exemple de Stéphane Dion est très éloquent.  Non seulement, il n’exige pas d’élections, sous prétexte que son parti n’est pas prêt ; mais il se vend corps et âme aux conservateurs pour gagner du temps, espérant une seule chose : reprendre le pouvoir. 

C’est évident que pour agir, tu as besoin d’être au pouvoir ; mais si tu es assez pourri pour nier tes principes pour éviter des élections, qu’est-ce que tu ne feras pas quand tu seras au pouvoir?  Il mérite avec son parti qu’il n’y ait pas un seul libéral d’élu au Québec aux prochaines élections.

Je maintiens l’idée de faire un X pour chaque parti.  Pas un seul parti, cette fois, ne mérite mon respect. 

D’ailleurs, depuis trois ans, mon chèque annuel comme écrivain est passé de 1,200$ à 300 $.  Je suis prêt à perdre ce 300$ pour voir le Québec devenir un pays français. 

Le fédéral et nos valeurs.

Le fédéral n’a jamais eu, encore moins aujourd’hui, de respect pour le Québec. 

Non seulement, le fédéral nous a-t-il nui dans notre développement économique (le vol légal de l’assurance-emploi, son implication moribonde pour gérer la crise manufacturière et forestière, l’aide inappropriée aux cultivateurs, etc.) ; mais il est devenu, comme les Américains de Bush, un ennemi des valeurs québécoises.        

L’exemple le plus flagrant est la façon d’aborder la délinquance juvénile.  Le fédéral est le roi des rois de la répression (dans les années 1970, la GRC mettait le feu à une grange, volait les listes de membres du Parti Québécois, faisait comme Hitler la chasse aux homosexuels qu’on prétendait des terroristes et l’agent Samson a sauté en allant déposer une bombe, etc. …  Qui a tué Mario Bachand en France?

La GRC et les services secrets canadiens sont faits de vrais bandits légaux qui opèrent encore au Québec.

Même si les provinces peuvent en théorie choisir leur façon d’appliquer les lois, comment peuvent-elles le faire si elles n’ont pas l’espace nécessaire pour conserver leur autonomie?  Il y a un lien direct entre ces nouvelles lois fédérales et les campagnes contre tout ce qui est sexuel par les médias.  Ça nous force à se demander pour qui, quels intérêts, se font toutes ces croisades quasi-religieuses et qui ressemblent à ce qui se passe chez nos voisins du Sud.  Est-ce pour la politique? Pour protéger l’espace réservé dans la sexualité au crime organisé? 

En ayant une approche religieuse ça permet de maintenir la liberté sexuelle comme un crime.  Pour vivre une sexualité plus éclatée, il faut absolument avoir recours au crime, à l’illégalité.  Ça permet de ne pas protéger les femmes qui sont sous les ordres de leur «pim».  Créer l’interdit, c’est créer le crime.  Tant que la prostitution individuelle ne sera pas permise le système protégera le crime organisé.  Belle mentalité d’hypocrisie religieuse. 

D’autre part, en se rapprochant des États-Unis qui combattent toute forme de tolérance sexuelle, on nous force à avaler les choix de la politique des États-Unis.  Notre Harper national n’a-t-il pas devancé les USA dans son appui à Israël?  La guerre Israël et Palestine est une guerre de fanatiques religieux : les juifs vs les musulmans. Ce qui nous amène avec le pétrole à la guerre en Afghanistan (la Russie n’est pas très loin). 

Le Canada veut être une puissance militaire n’est-ce pas incompatible avec nos valeurs québécoises?   Les libéraux de Stéphane Dion s’écrasent honteusement avec aucun respect pour leurs principes.  Nous sommes les proies des Conservateurs et leur politique de droite religieuse. 

Cette politique englobe aussi les actions des féminounes qui mènent leur guerre contre tout ce qui est sexe (pornographie, tourisme sexuel, etc.) plutôt que de trouver une approche qui engendre le respect de soi et l’autonomie individuelle. 

Ces valeurs millénaires et basées sur l’ignorance finissent par diviser la société entre les purs et les démons, à un point tel qu’au Québec on peut créer des partis politiques à partir de cette peur entretenue par les média.  On applique ainsi la loi du «divisez pour régner…».  Plus on continue de se diviser, moins l’indépendance est possible. 

On a maintenant une autre voie pour les plus jeunes : moi, je ne fais pas de politique. Quelle belle démocrassie! 

Le fédéral est une institution financière comme les autres. On veut garder le Québec non pas parce qu’on nous aime, mais bien parce qu’on est payant.

Le sexe n’est pas péché.

À mon retour de voyage, grâce à mes expériences, j’avais déjà évolué.  Je ne voyais plus la sexualité comme quelque chose de mauvais ou de criminel, en autant qu’elle ne soit pas violente ou une forme de domination.  En d’autres termes, toute expérience sexuelle doit être consentie et apporter du plaisir, voire du bonheur.   Le bonheur repose surtout sur l’estime de soi et de la vie.  Il est intemporel.  Il se construit minute par minute. 

Pour moi, il était évident que Dieu ne pouvait pas savoir de ce dont il parlait quand il condamna la sexualité.  Le péché est un manque d’amour.  Dans mes expériences sexuelles, je tends au contraire à donner de l’amour aux autres. Y a-t-il de bons ou de mauvais amours?   Tous les amours sont bons, mais à des niveaux différents. 

Souvent quand on est plus jeune, une expérience sexuelle est un geste d’égoïsme, l’autre est inconsciemment un symbole, mais il n’y a rien de mal à cela, ça fait partie de notre développement.  La Bible, le Coran, les Évangiles ou toutes autres idéologies sont des inventions humaines.  

Cependant, si on veut respecter la liberté des autres, il est faut aussi leur permettre d’être scrupuleux.  Ça fait partie du droit à dire oui ou non, à se créer une morale personnelle.  C’est une question d’expériences et de conscience. 

Le scrupule naît de notre éducation depuis la tendre enfance.  L’empreinte primaire est tracée selon la façon dont on perçoit le comportement de ses parents, surtout durant la petite enfance, face à la nudité, la merde, la tendresse, la violence et l’opinion des autres.  

Tout dépend de son éducation, d’où la répression sexuelle est surtout vécue chez les bourgeois ou les fanatiques religieux. Un jeune de deux ans qui se fait joliment rabrouer parce qu’il est nu devant des invités, qui se sent profondément humilié ou rejeté, sera traumatisé pour le reste de sa vie.  Ou il aura une soif irrésistible et surprenante de se déshabiller adulte à certains moments, juste pour se prouver qu’il en vaut la peine, qu’il est libre ; ou il fera partie de toutes les organisations qui s’insurgent contre la nudité.  Tout dépend de sa propre force intérieure, de sa libido. 

Sauf que devenu adulte, on confond facilement être à sa place, se respecter et être scrupuleux.  Ce que les autres pensent de nous devient très important, d’autant plus qu’on se croit plus pur que les autres. 

Les scrupuleux sont souvent divisés entre les désirs qui les assaillent et les règles qui ont régné sur eux depuis leur enfance.  Des bombes à retardement d’hypocrisie.  Le problème avec les scrupuleux, c’est qu’ils se pensent si parfaits qu’ils se doivent de gérer le comportement sexuel de tout le monde.  De vrais jaloux. 

Je me savais pédéraste, mais je ne m’aimais pas à cause de la culpabilité engendrée par la morale de mon enfance. 

En fait, j’avais peur de ne pas avoir raison, que mes amours soient négatifs pour les jeunes avec qui je le pratiquais.  Je me croyais le seul pédéraste de l’humanité, une erreur de la nature.  Mais la vie m’a prouvé qu’être pédéraste, c’est tout à fait bien et normal, c’est-à-dire la réponse à ce qu’est ma nature profonde. 

Pour la majorité, je suis un malade…parce que je ne suis pas hétéro.  Et je suis aussi rejeté des gais parce qu’ils ont peur de ce que les autres penseront de l’homosexualité vue comme cause de perversion chez les jeunes.

Selon mes gênes et mes hormones, je suis tout à fait normal puisque exactement ce que commande ma nature.  La seule limite intelligente quant à mon comportement est le respect de la réponse de l’autre. 

J’avais encore besoin de me justifier, de me prouver que je n’étais pas plus mauvais qu’un autre  D’ailleurs, je vivais sans aucun rapport sexuel avec la majorité des jeunes qui m’entouraient.  J’aimais leur présence, leur énergie, leur spontanéité, leur chaleur et surtout leur authenticité. Ça me nourrissait et ça me suffisait. 

Je n’étais pas assez fou pour ne pas percevoir que la très grande majorité des gens, incapables de réfléchir sur la morale qui les oppresse, ne me pardonnera jamais, même si le jeune aura été le plus heureux des gars durant cette liaison.  Selon le système, aucun jeune ne peut être heureux de vivre une expérience sexuelle hors-norme. Heureusement, de plus en plus d’enquête profonde prouvent le contraire si on laisse les jeunes s’exprimer. Les adultes oublient ce qu’ils ont vécu quand ils étaient jeunes, ils préfèrent ne pas penser… C’est idiot, mais c’est comme ça. 

On refuse la réalité pour qu’elle se plie aux enseignements, aux règles qui nous dirigent aveuglément depuis des millénaires.  On est dû pour une réflexion profonde sur la sexualité et surtout d’avoir la sagesse de modifier les lois, en retrouvant la liberté.

Qu’on le veuille ou non, le problème de surpopulation trouvera sa meilleure et sa plus naturelle solution dans l’homosexualité, intergénérationnelle ou pas.  La nature est plus dégourdie que nos grands penseurs religieux.   Quand on sera assez intelligent pour ne pas classer la sexualité dans les perversions, la vie changera pour le mieux. 

Shuhed 2

mai 11, 2022

Shuhed  Ali (2)

Les apparences et les interprétations sont souvent trompeuses.

Aussi, pour qu’il n’y ait pas de confusion, je tiens à préciser, à la suite du premier texte sur Shuhed,  que son père, Adam,  l’aimait beaucoup.   D’ailleurs, son père aidait beaucoup les gens de sa communauté.  C’était un  homme très généreux. Il savait que Shuhed était heureux chez moi, ce qui explique son approbation.

Le choix quant au travail plutôt que l’école était sûrement pour lui très justifié. Ce n’est pas bon ou mauvais de voir les choses de différentes façons, d’angles différents et il faut apprendre à respecter les différents points de vue.

Shuhed habita sporadiquement chez moi. Pour lui, j’étais comme un père.

Je me rappelle que, plus tard, Shuhed avait été un bon moment sans travailler et je lui avais reproché. Ce pourquoi il m’avait dit de me faire une idée, car je chialais parce qu’il ne travaillait pas et que du moment où il travaillait, je chialais encore parce qu’il ne se reposait pas assez. Shuhed était très travaillant, mais comme pour tout le monde, il y a eu des moments sans emploi.  Ce sont des petits souvenirs qui me reviennent et qui me rendent encore plus nostalgique

Ce sont des souvenirs qui nous permettent de voir que la vie est faite de petits incidents qui prennent une toute autre dimension quand le mort se présente. Même ces petits moments deviennent importants en soi.

Je remercie Adam de m’avoir fourni l’occasion de vire avec Shuhed et Rouhed.

Une nièce qui a bien connu Shuhed eut la même surprise que moi quand j’ai découvert son âge véritable. Shuhed avait l’air d’un gars beaucoup plus jeune que la réalité. J’étais convaincu qu’il avait environ 14 ans quand il a vécu avec moi. Si ce n’avait pas été de ses papiers officiels, je n’aurais jamais cru qu’il avait 17 ans. Même aujourd’hui, ça me semble bizarre car sur sa photo, il a l’air d’un gars de 14 ans environ.

Si j’ai de la difficulté à croire l’âge des papiers, imaginez une personne qui n’a jamais vu ces papiers.

Shuhed a réussi à me rendre curieux quant à sa culture et sa religion. J’ai beaucoup de respect pour les étrangers, grâce à lui. J’ajouterais :  « Merci Allah! »

Radioactif 371

mai 11, 2022

Radioactif 371

Texte de 2998

Prostitué : pour apprendre.

Vivre l’expérience de la prostitution, ce n’est pas quelque chose que l’on suggère à qui que ce soit parce que ça peut être très destructif si la personne n’est pas consciente et prête à le vivre. 

Ce n’est pas nécessairement bon pour évoluer dans la vie.  Il est possible de se développer sans ça, mais il faudrait arrêter de voir ça comme la fin du monde.  L’enfer sur terre.  Je voulais connaître la Vérité.

Pour que la sexualité soit négative pour toi, tu dois y coller une valeur religieuse.  La prostitution est un droit individuel comme celui d’une mort digne, dans l’espace réservé à la vie privée.  On naît seul et on meurt seul.  La violence et les drogues sont bien pires que la prostitution.  

Par contre, si tout le monde était prostitué ou pédéraste, la cohésion sociale mangerait toute une claque puisque les familles ont besoin de stabilité pour la période où les jeunes sont à la maison.   Ce serait invivable. La pédérastie a une forme d’égoïsme qui s’assume dans le sens que l’on reconnaît que c’est une liaison qui nous ait tout à fait agréable. Malheureusement, on ne peut pas savoir s’il en est totalement de même pour son partenaire.

L’homosexualité est une exception à la règle, car, on peut encore fonder une famille. L’adoption permet d’avoir des enfants. 

Une relation sexuelle, sans amour et sans lendemain, ça ne donne pas grand-chose.  C’est peut-être payant, mais ce n’est pas aussi valorisant qu’un travail plus conventionnel.  Vendre ou loué son cul au lieu de ses bras ou son cerveau, ça se vaut physiquement. Et, le pire c’est plus payant que de travailler à l’usine.  Comme il est plus payant de jouer au hockey que d’enseigner, une aberration de notre société.  Une de nos bêtises sociales : juger la valeur d’un travail en fonction de ses profits.

 Accompagner quelqu’un dans une petite vite , c’est un petit plaisir très passager, si on aime vraiment jouir.  Une forme de narcissisme.  Par contre, les jeunes n’ont pas besoin d’attendre un plus vieux pour avoir l’occasion d’expérimenter la sensation des caresses, mais c’est à eux, non aux parents, de choisir le ou la partenaire.  Il n’y a pas de danger sur le plan physique, à part les MTS dues à l’ignorance.  C’est le contraire de ce que la morale bourgeoise pense et enseigne.

Le problème quand tu es jeune, c’est de te sentir «dévalué » quand éclate ta relation.  On est trop sujet aux peines d’amour quand on est jeune.  Et, ça fait encore plus mal que chez les adultes.  Quand tu casses ta relation amoureuse la première fois, t’as l’impression que la vie vient de se terminer, que plus jamais tu ne rencontreras une personne que t’aimeras autant.  C’est une des causes du suicide chez les jeunes. 

Cette incapacité de donner le droit au temps de soigner sa peine est toute juvénile.  Quand on est jeune, on s’imagine être un cas unique.  Comment leur apprendre que c’est une chose commune, si on refuse toujours d’aborder le sujet sans scrupule et dans la transparence la plus complète. 

Par contre, j’avais tout ce qu’il fallait pour plonger dans l’univers de la prostitution.  Pour moi, m’offrir, c’était plutôt une forme de charité envers ceux qui avaient des problèmes à se trouver un partenaire. 

Plutôt que de voir un manque de sexe comme un sacrifice volontaire, je percevais ça plutôt comme une perversion masochiste « du sacrifice » pour sublimer son image, un sacrifice inutile et contre-nature.  Je pensais un peu comme dans lefilm La vraie nature de Bernadette, dans lequel Bernadette fait des pipes aux vieux du village pour leur rendre le sourire et la vieillesse un peu plus agréable.   

J’aimais aussi sentir que je poignais.  Être laid et désiré quand même, c’était pour moi une revanche sur ce que la nature ne m’avait pas donné.  Une sensation admirable : d’autant plus que je faisais la planche et je mesurais, je comparais les plaisirs cumulés, selon la façon d’être sucé.  J’étudiais les techniques.  Les essais ont fait en sorte que j’avais de moins en moins peur de ceux qui me couraient après.  Cependant, ce n’était pas ce qu’il y a de plus intelligent, car un malade qui panique parce qu’il se sent coupable, sali d’avoir joué aux fesses et qui décide de te faire payer pour son péché, c’est toujours possible et ça ne leur paraît pas dans le visage quand il te «cruise».

Mais, j’avais grâce à mon petit côté révolté une petite tendance à la délinquance.  J’aimais ce rapport avec le danger et j’admirais ceux qui pouvaient le vivre encore plus jeune que moi.  J’étais peut-être un peu paranoïaque, dans le sens que je faisais bien attention pour ne pas risquer d’avoir des surprises quand je décidais d’accompagner quelqu’un qui semblait me désirer.  J’adorais ça aussi parce qu’alors j’avais l’impression de remplacer le jeune avec qui, moi, j’ai des contacts sexuels.   J’étais le serein d’un plus vieux que moi. En vivant ainsi, je savais ce que peut ressentir le jeune quand il est avec moi.  Je voulais comprendre la nuance entre ce qui est agréable et pénible quand tu es le jeune.  Comment percevoir la vraie nature du jeune pour ne pas le brimer ? 

J’ai compris que les rapports sexuels chez les jeunes doivent absolument être un jeu pour que ce soit agréable pour eux.  L’aboutissement normal, le plaisir le plus complet.  Pour l’exprimer, j’ai inventé le terme d’amourajeux pour le pédéraste ; amourajoie pour la forme d’amour.  Une limite naturelle à toutes les relations : l’obligation d’être agréable pour le jeune. 

Je rejetais d’emblée toutes formes de relations basées sur la violence, l’intimidation et je dirais l’inconscience avec la fausse excuse : je ne savais pas, j’ai été trop surpris pour réagir. 

Pour les gens, j’étais pervers ; mais dans ma tête, je respectais plus ceux avec qui   « je trippais » que le système d’exploitation dans lequel nous plongeons tous volontairement ou non.  Il faut bien gagner sa vie.  En fait, ça pose la seule vraie question : qui sommes-nous et que faisons-nous sur cette terre?  Sommes-nous éternels ?   Il n’y a qu’une vérité : on ne sait rien. On ne sait pas qui on est, d’où on vient et où nous allons. 

Je me servais de mes expériences pour mieux comprendre ce que les jeunes qui venaient avec moi vivent réellement, car nous sommes tous fondamentalement pareils.  Le discours du jeune entrâiné et malheureux était selon toutes les expériences que je vivais d’une fausseté absolue. La culpabilité ne peut exister que si on arrive à te faire croire que le sexe est quelque chose de mal. Et, le système nous ment pour mieux nous exploiter. Où est la vérité? J’aime ou je n’aime pas. La liberté est notre plus grande richesse.

Retour retardé.

Le temps passé à Vancouver fut marqué par la visite de l’île de Vancouver.  Je capotais littéralement quand j’ai vu comme c’est beau d’avoir des fleurs partout.  L’île est certes une des merveilles à visiter quand on va au BC. 

Il y a une plage de nudisme, là où je voulais me rendre ; mais cette destination fut changée pour visiter ce que l’on appelait les « Rain forest trail ».  À cette époque, cette merveille de la nature était indiquée seulement par une petite pancarte. À cause de la dimension des arbres, la flore est d’un vert si tendre que tu penses arriver sur une autre planète. 

J’ai passé le reste de mon temps à écrire à Vancouver.  Je n’avais même plus le temps de jouir de la vie.  J’avais deux romans en marche de front.  Le retour pour le Québec était prévu pour le lendemain matin, aussi le soir, avons-nous pris une maudite bonne brosse.  J’étais tellement saoul que je ne me rappelais plus quel chemin prendre pour aller me coucher. 

J’étais devant un hôtel.  J’ai décidé de m’informer.  La porte était close et il y avait un jeune homme près du bureau de réception.  J’ai d’abord frappé à coups de poing dans la porte en criant en français que je voulais une information.  Le jeune semblait paniquer et il a téléphoné.  Soudain, je me suis rendu compte qu’il ne pouvait pas me comprendre puisque je lui avais parlé en français.  J’ai recommencé à frapper un peu plus fort, pour avoir son attention, car il semblait quitter la salle, mais en parlant cette fois en anglais.  La vitre se brisa d’un coup.  J’étais sidéré. 

Je ne savais plus que faire, donc, je suis parti à pied ; mais j’étais tellement saoul que je suis revenu sur mes pas et je me suis ramassé nez à nez avec la police.  Elle n’avait qu’à me cueillir. 

On m’embarqua dans le panier à salade. Il y avait déjà un autochtone.  On aurait dit qu’ils faisaient exprès pour nous faire «revoler» partout.  Quand je suis arrivé au poste, on a pris mes souliers et l’on commença à prendre mes empreintes.  Les policiers ne savaient pas que je parlais anglais et que je comprenais tout ce qu’ils disaient à mon propos ainsi que pour l’autochtone. Des propos exprimant leur dédain des français.  Tout dans leur langage était affreusement raciste. 

À chaque fois, que le policier s’efforçait de prendre mes empreintes, je m’arrangeais pour donner un petit coup de façon à étendre l’encre et le forcer à recommencer.  Là, il manifestait combien de plaisir il aurait à tuer un de ses maudits français. 

Je recommençais à chaque fois mon petit jeu avec le sourire innocent jusqu’à ce qu’il me frappe à l’abdomen.  Les coups étaient drus.  Je n’ai pas eu d’autre choix que de lui permettre de compléter son travail.  Le lendemain, je me suis présenté en cour, refusant toujours de parler anglais.  L’interprète était affreux.  Il racontait des affaires qui n’avaient aucun sens.  

Quand, à la fin, le juge décida de remettre la cause à plus tard, je me suis permis de lui demander en anglais : « Where are my shoes?  »   Question qui fit rire l’assistance.   Une telle prolongation de séjour à Vancouver dépassait les moyens financiers à ma disposition.  Je ne pouvais pas dépenser davantage et prendre mon billet d’autobus, comme prévu. 

Je suis parti sur le pouce dans l’espoir de me rendre à l’auberge où j’étais déjà arrêté.  Le diable n’y était plus. 

J’eus juste le temps de me faire quelques amis et refuser de me rendre sur une île à la recherche de champignons magiques.  En cour, je refusais toujours de parler anglais.  Le juge m’a sentencié à une amende. 

J’ai quitté la cour, le poing dans les airs, comme le FLQ, et je me suis mis à chanter en français, même si je chante affreusement mal : Prenons un verre, buvons en deux, à la santé des amoureux.  Et, merde à la reine d’Angleterre qui nous a déclaré la guerre.  Ça l’air brave comme ça, mais personne ne comprenait le français.

L’armée du salut est intervenue et a payé mon billet pour que je revienne à Montréal.  Personne ne pleura mon départ.   On le souhait même.  Je n’ai jamais revu David par la suite.  Il était retourné, j’imagine, chez ses anciens amis. 
 

Shuhed Ali

mai 9, 2022

Shuhed Ali (02-02 1977- 09-05-2022)

Je ne publierai pas de Radioactif demain, car je veux consacrer la journée à la mémoire d’un des trois garçons avec qui j’ai vécu. C’est un moment très difficile à digérer.

J’ai connu Shuhed quand il avait 17 ans. Je l’ai rencontré dans un magasin  situé en face de l’appartement de Gabriel Charpentier avec qui je vivais.

Notre première sortie s’est faite à la cachette, en ce sens, que j’avais obtenu la permission de son père pour l’amener à la ronde. Dès que le OUI fut prononcé , moi et Shuhed, en courant, on s’est dépêché d’aller prendre le métro pour être sûr que son père ne change pas d’idée.

Retournant au Bangladesh, Adam. devait trouver quelqu’un pour garder Shuhed. Shuhed insista tellement pour vivre avec moi que son père décida qu’il vivrait avec moi plutôt qu’avec sa tante. J’ai trouvé un appartement, le 2240 Quesnel, où nous avons vécu une si belle année que l’an suivant son père m’y amena Rouhed, qui n’avait que neuf ans.

Rouhed est mort en 1994 et me laissa une lettre d’adieu qui commençait par Cher papa Jean. Depuis, Shuded m’appelle père.

Shuhed fut séparé de moi parce que son père considérait que l’école n’était pas importante et que Shuhed devait continuer à travailler dans ce en quoi il excellait, soit cuisinier.

Un de ses oncles acheta un restaurant à Hamilton et Shuhed s’y installa. On demeura en contact jusqu’à sa mort. Les relations ne furent  pas toujours pas faciles.  J’aurais bien aimé qu’il en soit autrement.

J’ai profondément aimé les garçons qui sont demeurés avec moi. J’ai toujours cru que c’était ma responsabilité d’être toujours  là pour eux. La seule chose que je me reproche quand je songe à eux, c’est de ne pas en avoir fait plus pour les rendre heureux.  Quand on joue au père, on a toujours des petits moments qui engendrent la culpabilité de ne pas être parfait.

Shuhed était un garçon enjoué. Il devenait tout excité quand on chantait en groupe : Quand l’appétit va, tout va, de Balou, dans Le livre de la jungle. Il me rendait responsable de tous ses problèmes disant que mon sen de la liberté creusait un fossé avec sa culture. Je veux juste lui dire : Je t’aime et je t’aimerai toujours.

Radioactif 370

mai 9, 2022

Radioactif 370

Texte de 2008

À poil pour contester.

Ma plus grande surprise de retour à Dawson Creek fut d’apprendre que la jeune autochtone qui suivait le cours avec nous avait quitté la classe parce que le grand chef cuisinier, le professeur en charge, était constamment sur son dos.  Elle a fini par craquer et abandonner les études dont elle était tellement fière. 

Dès mon arrivée, je l’ai remplacée pour subir les manifestations de racisme de ce monsieur : j’étais francophone.  On apprenait la cuisine, en préparant les repas pour tous les gens sur le campus.  Il ne me lâchait pas.  Je me souviens vaguement qu’il m’avait surtout puni parce qu’un matin j’étais arrivé quelques minutes en retard.  Je n’avais pas de cadran et mon ancien ami curé qui devait me réveiller, pour se venger, j’imagine, m’a laissé passer tout droit.  Je devais, dès la première paye, m’acheter un cadran pour être autonome.  

Quoiqu’il en soit, j’ai décidé de lui offrir la leçon de sa vie.  Mon chef cuisinier fasciste m’a convoqué chez le directeur.  J’y suis allé avec un beau grand couteau de cuisine à la ceinture.  Je l’ai laissé m’engueuler, mais je lui ai expliqué ensuite, en frappant le couteau sur le bureau et en le lui pointant gentiment sous la gorge que je déteste le racisme et le fascisme.  Je fus très convaincant.  Il n’avait plus du tout envie de discuter. 

J’étais d’abord content de mon exploit, mais quand j’ai fait du pouce plus tard, l’homme à qui je me vantais de ma colère me demanda :  » Qu’est-ce que t’aurais fait, si dans sa peur, il aurait eu une crise cardiaque? »  Je n’y avais pas pensé et j’avoue qu’en entendant cette réflexion, je me suis trouvé pas mal idiot de ne pas y avoir songé. Je voulais qu’il comprenne et je n’avais pas pensé que ça aurait pu mal tourner.  Je ne me trouvais plus aussi brillant.  L’atmosphère était devenue pénible. 

J’ai décidé de quitter le cours en employant un moyen qui leur resterait dans la mémoire longtemps.  Aussi, aie-je mis tous mes vêtements dans ma case à l’arrière de la cafétéria.  J’ai enfilé mon costume blanc comme à l’habitude, mais quand la cafétéria fut complètement remplie, je me suis déshabillé dans la cuisine à l’avant et je me suis rendu, complètement nu, à l’arrière de la cafétéria. 

C’était affreusement drôle d’entendre les hurlements comme si j’avais été entouré d’une ceinture d’explosifs.  Mon geste résonna encore plus que ma visite chez le directeur. 

Les jeunes vinrent me trouver et me demandèrent ce qu’ils devaient faire.  Ils étaient prêts de toute évidence à tout démolir, si je prenais la tête de la rébellion ; mais ce n’était pas ce que je voulais.  

Je me suis rhabillé et je suis allé au dortoir chercher mes affaires pour retourner à Vancouver.  J’ai croisé un groupe de surveillants qui me cherchaient.  L’un d’eux me demanda :  » Have you seen this dem french man ? Et, je lui ai répondu : « Non, toi ?  »            

À Vancouver, j’ai raconté l’incident dans un journal hippie, mais à la taverne, un des jeunes résuma sa façon de voir la chose en me disant : «Ce ne doit pas être vrai.  Il t’arrive toujours des affaires comme ça, de brave entre les braves, seulement quand tu es seul.  Ce n’est pas bizarre, ça? ».  Je n’avais pas à être cru, je l’avais fait c’est tout.   . 

J’ai compris que la nudité est une forme plus qu’explosive de contestation dans une société scrupuleuse comme la nôtre.  Verrais-tu ça en Chine, tout le monde à poil?  J’écouterais les jeux en direct : les petits asiatiques sont de toute beauté! 

Saint Québecor !

C’est étonnant de voir les média de Québecor se prendre pour les nouveaux curés du Québec.  Non seulement, ils se font un plaisir quasi hystérique de parler de tous les cas de « cul » qui se présentent en cour ; mais voilà t’y pas qu’ils veulent remplacer Radio-Canada, dans la diffusion des bons préceptes religieux sur la sexualité, en dénonçant le tourisme sexuel à l’étranger. 

Je crois qu’il y a une différence fondamentale entre tomber en amour avec des jeunes et les louer comme des objets sexuels qu’on jette dès le départ.  C’est un manque de respect pour ces gens qui nous plaisent une journée et qu’on échange comme des cochons, le lendemain.  Je ne crois pas à l’amour dans de telles conditions. 

Par ailleurs, je n’ai rien contre tomber en amour en voyage dans un pays étranger.  Au contraire, même si ça permet des relations sexuelles, la libido nourrit la passion et cette passion peut être créatrice.  Elles créent des liens comme toute relation humaine doit le faire.  Pourquoi pas ?  L’amour est d’abord physique avant de devenir un échange plus intellectuel et je dirais même psychique.  

Il y a une différence entre forcer quelqu’un à avoir des relations avec toi et finir par avoir des relations avec quelqu’un qui nous plaît et à qui on plaît.  Un échange de bonheur.  Il faut cesser d’être hypocrite. 

Quand tu crèves de faim, ce peut être un moyen que tu choisis, qui n’a rien d’une dévaluation de ta personnalité, pour essayer de t’en sortir.  C’est bien beau d’être scrupuleux quand tu as tout ce que tu veux dans la vie.  Cependant, c’est aussi une question de valeur, personne n’a le droit d’abuser des autres s’ils ne consentent pas.   Le sexe fait partie de la vie privé et du droit absolu, pour chaque individu, de dire oui ou non.  

Comme je le disais l’autre jour, en parlant de tourisme sexuel, au lieu de mettre les gens en dedans, ceux qui sont pris devraient être obligés de subvenir aux besoins (une allocation) des prostitués (es) pour lesquels ils sont trouvés coupables de façon à ce qu’ils (elles) puissent aller à l’école ou gagner leur vie autrement, sans que leur famille en souffre. 

Si tu veux jouer aux fesses ailleurs, tu dois être assez responsable pour aider ces pauvres personnes à se sortir définitivement de la misère.  Je ne comprends pas pourquoi nous avons à jouer aux prudes et ainsi ignorer les vraies causes profondes du tourisme sexuel. 

Le chantage peut aussi devenir un objet pour favoriser ce tourisme.  On peut exiger des amendes, kidnapper, etc.  Ça ne se joue pas seulement d’un bord.  Le gros cochon qui profite de la victime, selon nous, aide peut-être plus ces gens que la bande de moralistes qui épient sans cesse le fond de nos culottes parce qu’ils sont jaloux et ne sont plus capables de jouir. 

Si, dans le monde, la prostitution individuelle était légalisée, tout en renforçant toutes les lois contre le proxénétisme, on aurait pas besoin de dépenser des fortunes pour faire croire que nous avons un rôle à jouer dans la morale sexuelle mondiale…comme un bande d’hypocrites.  Ta seule responsabilité sexuelle, c’est ton propre cul (ça l’air vulgaire, mais c’est exactement ça).  Occupe-toi de toi.  Augmentez les salaires et les possibilités d’emplois dans les pays où il y a beaucoup de prostitution, ouvrez des écoles comme le fait M. Gérin-Lajoie (lui, c’est un vrai héros) et vous combattrez efficacement le tourisme sexuel.  On se prostitue pour manger ou parce qu’on aime ça ou les deux à la fois. Pourquoi avons-nous besoin des autres pour nous faire la morale?           

Quant à la morale : les pires sont ceux qui permettent qu’il y ait encore autant de pauvres sur la terre.  La liberté sexuelle, c’est nécessairement un choix individuel  pour ou contre. Ce doit être réglé sur le plan individuel et non collectif. C’est ça la liberté de conscience.

Les « mots »

Avec le temps, comme le chantait Léo Ferré, le sens du mot  «révolution » a évolué et changé de signification, tout comme ma façon de voir la sexualité s’est raffinée. 

J’ai cessé de croire dans la révolution militaire ou terroriste parce que la violence engendre la violence.  On remplace une bande d’exploiteurs par une autre bande d’exploiteurs, portés plus à gauche ou plus à droite. 

Je ne sais pas pourquoi, on dirait que tous les politiciens, par exemple, entrent en politique avec le feu sacré et l’envie folle de changer le monde pour le mieux ; mais au fur et à mesure que les années passent, ils pourrissent. 

Ce sont d’ailleurs ces 40 ans de frustration et de vils espoirs qui sont devenus les pires obstacles à l’indépendance du Québec.  Toutes les institutions qui avaient été créées pour le bien du peuple ont été vendues à des étrangers ou détournées de leur fin.  Seulement un petit groupe s’est encore enrichi.  Le mot professionnel est presque devenu synonyme de licence pour exploiter les autres

Par exemple, les hausses successives des prix d’Hydro-Québec.  En soi, il n’y a pas de problème, car 75% des revenus reviendront au service du peuple (qu’on le veuille ou non, c’est une des belles décisions des libéraux du Québec).  On va peut-être cessé de nous casser les oreilles en nous comparant toujours aux autres.  C’est nous qui avons payé pour créer Hydro-Québec, pas les voisins, comme on a fumé pour construire le stade olympique. 

Parlant de fumer, on est vraiment tombé sur la tête avec les nouveaux règlements d’affichage dans les dépanneurs.  Je ne fume plus depuis plus d’un an, mais à force de les voir aussi débiles, ça me tente de recommencer juste pour les envoyer promener, ces bandes d’idiots !  Heureusement, je m’aime, donc je me retiens. 

C’est un exemple flagrant de manque de couille : si on ne veut pas qu’on fume, qu’on l’interdise ; sinon qu’on nous fiche la paix ainsi qu’aux fumeurs.  On a qu’à les avertir qu’ils ne seront pas soignés aux frais de l’État s’ils continuent de fumer et que cette habitude crée la maladie qui les frappe.  Un choix à faire. 

C’est la même chose pour la sexualité : ceux qui sont pour la liberté sexuelle devraient pouvoir vivre cette merveilleuse liberté, tout en apprenant à respecter les autres.  Tout le monde est maître absolu de son corps et de son esprit. 

Les scrupuleux n’ont qu’à s’occuper de leur derrière et qu’ils fichent la paix aux autres.  Seules conditions pour vivre cette liberté : le consentement mutuel, la non-violence, la responsabilité (en amour tu crées automatiquement des sentiments dont tu es responsable) et que ce soit agréable. 

Que tu vendes tes services, que tu les échanges, etc. ça ne regarde que toi.  Il faut dégrossir le tapage fait autour des relations sexuelles et des procès.  Que Québecor abandonne sa soutane.  Le pire combat à mener, c’est la non-violence, le racisme et toutes les discriminations créées par les religions, en d’autres mots, les droits de la personne

Doit-on cesser de payer ses impôts quand notre gouvernement déclare la guerre et qu’on est pacifiste ?  Une chose est certaine, on ne pourra jamais changer le monde seul.  Et, il faut trouver des moyens pacifiques pour y arriver.  Instruire le monde, l’école, c’est la première chose. 

Nu dans le lit.

Le retour sur le pouce fut long et difficile.  Pire, en arrivant à Vancouver, je n’ai pas pu retrouver le groupe de David.  J’allais donc être fauché jusqu’à ce que je m’arrange à nouveau avec le bien-être.  Pour une fois, j’avais faim.  Je faisais connaissance avec cette urgence intérieure.  Le soir d’avant, j’avais dormi sur le ciment dans un terrain de stationnement.  J’étais plutôt mal en point.  C’était nouveau pour moi.  Je faisais face à la misère humaine pour la première fois de ma vie. 

Par hasard, un vieux monsieur s’intéressa à moi.  Les présentations furent très courtes.  Les clauses du contrat très vite précisées : n’importe quoi, sauf être enculé, car je déteste.  Il m’amena au restaurant et me paya un repas de roi. Tel qu’entendu, puisque je n’avais rien à craindre de lui, je me suis rendu à son appartement.  Douche, le laisser me caresser et puis dormir nu sur le lit.  C’était tout ce qu’il voulait.  Était-ce son âge ?  Il avait au moins 75 ans. 

C’était plutôt un geste de charité que de lui donner la chance d’avoir un gars plus jeune que lui dans son lit.  Même s’il l’avait voulu, il n’aurait même pas pu m’enculer, trop flasque !  Il sortit tous ses vibrateurs qu’il s’appliqua pendant que j’essayais de dormir. J’ai adoré l’expérience, car je servais d’incitatif aux plaisirs pour un vieux qui n’aurait probablement pas pu en avoir autrement.  Pourquoi ne pas répandre le bonheur ? Il était très gentil et très délicat dans tout ce qu’il faisait.  Cela m’a permis de m’organiser. 

J’ai commencé à travailler au journal français, le Soleil, et à passer le reste de mon temps à la bibliothèque de la ville à écrire.  J’avoue m’avoir affreusement ennuyé du journalisme.  Le journalisme, c’est comme lire un livre. C’est vivre dans une autre dimension.  La flamme de l’écriture était de retour. 

Comme à l’habitude, j’ai composé des textes qui ne seront jamais publiés. 

J’étais ravi quand David fut libéré.  C’était un poids de moins.  Il nous arrivait encore de temps en temps de « tripper» ensemble.  Par exemple, nous sommes descendus dans le hall d’un hôtel très chic qui avait mis une annonce en français.  Nous avons commencé des incantations comme les prières musulmanes jusqu’à ce que la direction nous menace d’alerter la police.  Nous vénérions le français et nous disions que nous aussi on voulait créer une nouvelle religion parce qu’on voulait devenir riche. 

Une autre fois, après avoir abondamment fumé, nous avons participé à une soirée de prières Krisna.  J’ai passé la majorité de mon temps à danser avec un petit gars.  Si cette religion était toujours ainsi, je me serais converti pour demeurer avec le petit.  

Ma libido est ce qui conduit une bonne partie de ma vie.  Puis, j’ai décidé de quitter le journal pour retourner à Montréal. Je voulais tenter de publier.

Radioactif 369

mai 8, 2022

Radioactif 369

Texte de 2008

Le retour à Dawson.

Je voulais déguerpir pour le Grand Nord, le plus tôt possible, mais je devais d’abord aller chez Gerry.  Il insistait pour que je me rende à son appartement avant de partir, car il serait seul.  Après avoir tant hésité à essayer la technique du bord de lit pour une pipe bien à point, sa première, il voulait absolument regoûter à ce plaisir avant que je quitte la ville.  Promesse faite, promesse tenue. 

Gerry était tellement emballé par cette nouvelle attraction que nous avons recommencé à une demi-heure d’intervalle, une chose qui dans mon cas serait carrément au-dessus de mes moyens depuis bien des années.  La jeunesse a des raisons de se réjouir de ce qu’elle est : la forme et la beauté, dans un seul être.  Pour me récompenser et obtenir la promesse que je me rende chez-lui dès que je redescendrais pour voir David à sa sortie, il me donna quelques joints.  Ce n’était pas le premier pot qui avait un goût de ciel avant de mourir.

Mon voyage avait porté fruit, car on s’était entendu pour qu’une des filles appelle à la prison, d’une boîte téléphonique, et parle avec David.  On savait maintenant qu’il n’avait pas été battu et qu’il vivait sa nouvelle expérience sans trop de problème.  Je considérais que par son comportement, il avait couru après les troubles, même si j’avais été inquiet de son sort comme le serait n’importe quel ami.  Je partais pour le Nord plus tard que prévu. 

J’avais peur de ne pas me rendre à la première auberge de jeunesse pour y passer la nuit, mais je n’avais pas un sou pour envisager une autre solution que la route.  Pour courir les tavernes gaies, il nous fallait d’abord pouvoir se payer le premier verre et le téter jusqu’à ce qu’un des clients te trouve assez de son goût pour venir te chanter fleurette.  Ça ne garantit pas automatiquement un lieu pour dormir.  Aujourd’hui, ce serait même demander un miracle. 

Plutôt que de prendre le risque de sécher sur mon banc, j’ai marché jusqu’à ce que je puisse commencer à faire du pouce.  Je fus extrêmement chanceux et je pus me rendre la journée même à l’auberge désirée.   Puisqu’il manquait de place, j’ai décidé que j’irais coucher dans une tente avec un autre visiteur. 

Durant la nuit, je l’entendis se plaindre : « No, I want do it ». J’ai cru comprendre ce qui se passait en lui, car, nous étions chacun dans notre sac de couchage.  Il voulait partager cet espace, mais il n’osait pas tenter les premiers pas.   Il ressemblait au diable, tellement il était laid. 

Dans ma nouvelle philosophie, je considérais que t’offrir à quelqu’un qui te désirait autant, c’était un acte de grande charité.   Aussi, me suis-je rangé contre lui, me tournant encore plus près.  La tentation l’emporta et il navigua aussi vers les nuages du paradis. Je le laissai me caresser, me manger à sa guise.   Le matin, avant de le quitter, il me remercia très chaleureusement de lui avoir permis de vivre une si belle nuit.  Moi, ça ne m’avait rien coûté et il y avait un gars heureux de plus sur terre. Aussi, le matin, avant de recommencer à        «poucer», j’en ai fumé un bon. 

Mon bon samaritain fut une jeune fille, près de la trentaine.  Elle m’épiait comme si j’étais le pire des malfaiteurs, répétant sans cesse qu’elle avait pris une chance, car elle craignait d’être violée par moi. Les femmes font souvent semblant de craindre d’être la grande victime, tout en espérant qu’elles pourront faire l’amour et s’en sortir dans le plus grand des plaisirs.  Une invitation, comme on jette une ligne à l’eau. C’était son genre. 

J’étais tellement gelé que je découvrais pour la première fois jusqu’à quel point les Rocheuses sont belles.  J’allais de coups de coeur de paysages en coups de coeur, à tel point que je ne m’occupais pas de cette pauvre femme.  Elle n’arrêtait pas de me dire qu’elle avait peur d’être violée dans le but évident d’attirer mon intérêt.  Elle était belle et gentille, mais les paysages m’attiraient encore plus.  Vexée par mon indifférence, elle m’informa qu’elle s’arrêterait pour la nuit à Prince George.  Elle voulait qu’on partage le coût de la chambre.  J’ai dû lui faire part que, dans mon cas, c’était l’absence absolue d’argent :  mais par contre, il me restait un joint.

Je ne sais pas pourquoi,  j’ai pratiquement passé ma vie toujours fauché, mais ne manquant de rien.  J’empruntais à mes amis qui savaient avec certitude qu’ils pouvaient compter sur moi pour respecter la date de remboursement. C’est ça vivre au jour le jour.  Je voulais absolument continuer, donc, je lui ai offert de partager un joint avec moi pour la remercier avant de se quitter.  Elle venait de réaliser que ma fixation sur les paysages n’étaient pas due à elle, mais à la boucane. Je me rendis en ville avec elle et je rencontrai par hasard un ancien pensionnaire de l’auberge qui me recommanda de ne pas m’arrêter trop longtemps, car les policiers de l’endroit me recherchaient pour me faire payer l’audace de les avoir dénoncés dans le journal local. 

Sur le bord du chemin, j’étais tellement gelé, que je me suis mis à voir des « flashs» comme dans l’Exorciste et avoir la certitude qu’à l’auberge, j’avais couché avec le diable qui m’appelait et me demandait de me suicider, en me jetant devant une auto.  Je dus résister à cette vision stupide.  Heureusement, j’ai réussi à me calmer et finalement, je suis parti en camion directement jusqu’à Dawson Creek.  Quels paysages ! 


Le sexe : dans le temps. 

Je ne voudrais pas scandaliser qui que ce soit en racontant que les jeunes de l’époque aimaient découvrir les plaisirs sexuels avec moi.  Ils pouvaient me faire confiance et ça faisait partie de l’évolution.  Quand nous étions jeunes, on essayait de nous faire croire que le sexe est dangereux, que de mauvais prédateurs ne songent qu’à nous kidnapper pour nous torturer sexuellement.  Comme garçon, j’ai vite compris que les souffrances de la torture devraient plutôt s’appeler les plaisirs de la découverte.  Bien évidemment, très jeune, on avait affreusement peur.  On en voyait partout et nous n’avions pourtant même pas Québecor pour mousser une campagne de peur.  On avait par contre, Allo et Photo Police. 

On ne parlait jamais de sexe sous peine de péché mortel.  L’enfer ad vitam aeternam!  On ne nous disait pas que les cas publicisés de méchants prédateurs étaient des exceptions et que la luxure qui les démange est encore moins importante que la maladie mentale qui les frappe.  Avec le temps, j’ai compris que plus on fait peur aux parents, plus on justifie les millions qui coulent de nos impôts pour assumer la prétendue sécurité de la population.  La seule sécurité qui les intéresse est la leur et celle de leur portefeuille. 

Même si les règles actuelles sont autant qu’avant un viol de conscience;  à notre époque, les expériences se vivaient surtout entre personnes du même âge.  Ce doit être la même chose aujourd’hui. 

Quand j’étais jeune, j’ai commencé comme tout le monde par croire dans leurs mensonges à l’effet que se masturber, se sucer, se caresser, c’était mal et dangereux.  Puisque j’aimais ça à la folie, je me croyais anormal.  J’ai cru que j’étais devenu méchant sans savoir ni pourquoi, ni comment.  J’ai appris à m’haïr à cause de la stupidité de leurmensonge.  Ils étaient assez fous pour se croire dans leur mensonge.  On appelait vice tout ce qui faisait plaisir et surtout dès que ça pouvait avoir l’ombre d’une connotation sexuelle. 

À cette époque, il y avait moins de danger qu’aujourd’hui à cause des MTS.  Le sida n’avait pas encore été inventé par les chercheurs qui voulaient créer une nouvelle arme pour la guerre au Vietnam.  Les MTS étaient très peu nombreuses, car il y avait peu de relations en dehors du mariage et aussi peut-être parce qu’elles étaient inconnues par la plupart des gens. 

C’est en vieillissant que j’ai découvert que leur histoire de prédateurs sexuels (en dehors de la pègre) est une pure invention à partir de faits réels survenus à tous les dix ans.  J’ai arrêté de croire dans leur prétendue lutte pour protéger les jeunes.  Je savais dorénavant par expérience personnelle que cette découverte sexuelle se fait sans violence, dans le plaisir.  C’est aussi la principale raison, à part qu’on entretient encore la honte, pour laquelle les jeunes n’en parlent pas.  Ils craignent avec raison la folie des adultes. 

Par contre, c’est un fait que toute violence mariée à la sexualité est strictement inacceptable.  Tout individu est le seul maître de son corps et de son esprit.  Il faut devenir des personnes autonomes et responsables.  La censure ne sert qu’à nous aliéner, à nous infantiliser, à nous mener par le bout du nez. 

Heureusement, pour moi, ma génération fut la première à se rendre compte de cette duplicité de la peur imposée aux enfants.  Les tenants de la morale sexuelle furent les premiers à refuser que l’on mette des condoms dans les écoles secondaires : bande d’hypocrites. 

La répression sexuelle n’a jamais apporté quoique ce soit de bon pour une population quelconque.  Elle est la porte d’entrée de la paranoïa et de la psychose ; car être trop scrupuleux, c’est encore plus vicieux que la liberté sexuelle.  Elle doit avoir recours à des méthodes carrément abusives pour se maintenir.

Le sexe à l’école.

Tant qu’on continuera d’aborder la sexualité à travers la vision religieuse, nous exposons les jeunes à des réveils douloureux.  L’éducation sexuelle jusqu’à la fin du primaire doit être faite par les parents eux-mêmes afin d’éviter que les valeurs prônées dans la famille soient remises en cause à l’école, à un âge où les jeunes sont encore incapables de former leur propre jugement.  Par ailleurs, les écoles doivent avoir des livres d’éducation sexuelle à la portée de ceux qui sont plus curieux.  Des petits vites, ça existe. 

Si l’on veut que les cours à la fin du primaire soient efficaces, il faudra éliminer toute forme de moralisation stérile.  La sexualité est une belle et bonne chose.  Une invention de Dieu.  Pourquoi ?  Les jeunes détestent ceux qui abordent le sujet en mémère : le temps d’avoir honte des mots est révolu depuis longtemps.

Qu’est-ce qu’un jeune a besoin de savoir avant de devenir ado?  Ce qui se produit de plus en plus jeune, comme le démontrent les études faites aux USA.   

Il y a des choses que les filles doivent savoir et qui n’ont pas besoin d’être enseignées à un garçon : comment mettre le tampon, par exemple. C’est utile pour une fille de savoir comment s’en servir, mais inutile pour un garçon.  Par contre, les deux sexes ont besoin de savoir comment ça se passe pour créer un être humain.  Comment faire jouir une femme. L’hygiène des parties sexuelles est aussi très importante pour combattre les maladies vénériennes. 

Je me souviens que nous avions des films sur les menstruations que nous présentions.  Cela permettait de démystifier les règles, d’enlever le caractère maladif qu’on leur collait à la peau alors que c’est un processus normal et essentiel pour avoir des enfants. On montrait les changements physiques qui allaient survenir (films, textes, bandes dessinées) pour chaque sexe. Un peu comme dans Découvertes, à Radio-Canada … 

L’éducation sexuelle est une partie essentielle de la science, car elle nous permet de s’accepter et de se comprendre.  On analysait ensuite la stupidité des films pornographiques (pas besoin d’en montrer en classe, ils ont presque tous vus chez eux).  Les jeunes doivent connaître leur corps.  Il est anormal de ne pas comprendre pourquoi les organes génitaux d’un garçon se ratatinent sous la douche.  Il faut éliminer la notion de mal avec la masturbation. 

Ce sont des outils qui furent déjà utilisés dans les écoles.  On doit aussi leur apprendre qu’ils sont responsables de leur corps, qu’ils ont le droit de dire          « j’aime ou j’aime pas», qu’ils ont le droit de connaître les moyens pour les aider s’ils sont dans une mauvaise situation, etc.   Et, bien évidemment, leur apprendre à se protéger, s’ils décident de dire oui.  Il en va de leur santé.

On revient lentement à l’hypocrisie et la stupidité avec laquelle on abordait la sexualité quand j’étais jeune.  Tout était mal, tout était péché, il ne fallait pas en parler.   L’ignorance des parents, la peur maladive que l’on crée autour des prétendus prédateurs sexuels (il y a une différence entre un violent et un enjôleur) pour que la police reçoive plus de subventions refont surface au détriment du besoin des jeunes de devenir autonomes ( car, c’est ça devenir adultes) . 

Le retour au tabou sous prétexte de protéger les jeunes, voilà ce qu’est devenu l’effort pour nous libérer des religions qui passaient leur éternité le nez dans nos shorts.  Ce n’est pas à la police de dire oui ou non, c’est au jeune d’apprendre à le dire, très clairement.  Et tout ce qui n’est pas violent devrait être retiré des lois.  Ce n’est pas sorcier comme réforme. 

Qu’on le veuille ou non, si les adultes ne peuvent pas prendre cette attitude responsable, les jeunes ne seront jamais intéressés à retourner à l’école parce que les adultes leur paraîtront des gens constipés, incapables d’évoluer et surtout des menteurs et des hypocrites.  Ils ne comprendront pas que ce n’est pas une farce de dire aujourd’hui qu’il faut aller à l’école pour survivre demain.  C’est juste leur donner confiance. 

Ce n’est pas tout ce qui est nécessaire pour combattre le décrochage (la drogue, l’idéal, la perception à la maison, la stabilité des enseignants, la charge de travail, etc.) ; mais c’est une attitude incontournable.  

J’ai écrit de grands mémoires sur le sujet, mais ça fait comme avec la Transquébécoise : ça prit bien des années et bien des morts avant d’allumer et de changer les choses comme je l’avais prôné.  Je ne suis pas plus intelligent que les autres, mais j’ai parcouru bien du chemin.  Je suis pédéraste… puis, raison de plus, j’adore les jeunes.  Je n’oserais jamais prôner quelque chose qui me semblerait les entraîner dans la misère.  

La franchise, la vérité, les découvertes scientifiques sont là pour justifier le rejet de notre vérité humaine au nom d’une conception religieuse qui s’est avérée fausse.  Agir en scrupuleux, c’est être complice, avec l’ignorance, de la transmission des MTS.

Radioactif 368

mai 7, 2022

Radioactif 368

Texte de 2008

L’appel de l’amitié.

Tout allait pour le mieux, je commençais à reprendre financièrement le dessus quand j’ai reçu un message que je devais me rendre à Vancouver parce que David était en prison et que personne ne s’en occupait. 

Je suis drôlement fait.  Je n’ai presque jamais de vrais problèmes personnels, mais je passe ma vie à sortir les autres de leur enfer. .  Je sais pertinemment que les mauvaises situations que je suis obligé de vivre parce que je suis pédéraste finissent toutes par être l’enseignement le plus profond et le plus précieux que la vie m’apporte.  Le rejet que je subis présentement dans le milieu littéraire, par exemple démontre la paranoïa sociale face à la sexualité.

Je me sens enrichi par mes expériences pédérastes.  Elles constituent une forme d’adoration et mes difficultés sont comme une ouverture vers une solution future : je suis nourri comme écrivain par ces événements et je ne comprends pas encore pourquoi je m’obstine à vouloir être un écrivain, comme si ça avait une valeur au niveau de la connaissance.  Je n’ai pas besoin d’être écrivain pour vivre. Ça ne m’occasionne que des dépenses et des humiliations. Je ne comprends pas pourquoi je continue de publier. Ce doit faire partie de ma folie.

Les mauvais moments se révèlent des prérequis à de nouvelles découvertes dans la façon d’interpréter le sens de la vie.  Je ne suis pas religieux, toutes les religions sont des rackets au même titre que la mafia, mais je crois très profondément à la spiritualité, c’est-à-dire à une dimension, un monde créé à partir de l’électromagnétisme ou une autre énergie qui donne naissance à la vie, l’intelligence et la consciente. C’est cette force que l’on appelle Amour.  La réalité n’est qu’une forme de perception. 

Par ailleurs, je souffre les problèmes des autres comme s’ils étaient les miens ; assez pour croire qu’en quelque part, tous les humais ne sont qu’un seul et même degré d’énergie (essence) qui se subdivise en unité particulière. 

L’âme est, disons, une sorte d’aimant.  Son champ d’action crée notre individualité.  Je ressens leur misère comme si je la vivais personnellement. 

J’entendais David crier intérieurement sa souffrance.  Aussi, aie-je décidé de laisser mon cours, le temps de lui apporter mon aide.  Je suis parti en auto-stop pour Vancouver. 

À mon arrivée, j’ai retrouvé un groupe de jeunes qui étaient les amis immédiats de David.  J’ai passé l’après-midi avec eux à boire et discuter.  Tout le monde était sur le cul d’entendre un gars affirmer carrément aimer les petits gars. Une des filles étaient particulièrement préoccupée de mon rapport avec les femmes.  Elle n’arrivait pas à comprendre que je les aime autant que les garçons, mais d’une manière tout à fait différente.  Comment comprendre qu’un pédéraste puisse les respecter autant ?  Selon elle, bien des machos auraient eu avantage à discuter des femmes avec moi pour apprendre à mieux les respecter. 

Je n’inventais rien, chez moi, un homme ne frappe jamais, jamais, jamais une femme ou un enfant, même si je reconnais que les parents peuvent parfois avoir recours à une claque sur les fesses quand c’est vraiment nécessaire et que toutes formes de dialogue est impossible.  Idéalement, aucun geste violent ne devrait exister, mais dans la réalité parfois, c’est irréaliste  On disait dans la Bible que la peur est le début de la sagesse .  Tant que cette peur provoque une prise de conscience.  Cette jeune fille, à cause de mon âge, me surnomma Pépé.  

Épître selon St-Jean Ti-moineau.

Les Américains auront beau coucher avec la Bible entre les jambes ou sur la poitrine, la foi a pris chez eux le corbillard de l’oubli.  La foi doit nécessairement nager dans un fort courant d’idéal pour respirer et se situer dans la vie quotidienne.  Les liturgies sont des moyens pour nous impressionner, nous pénétrer émotivement, mais avec les nouveaux médias de communication, un frisson hebdomadaire ne suffit plus pour nous conduire à la foi.  Le grégorien ne peut plus nous faire autant vibrer et se mesurer avec tous les crimes décrits dans les journaux.  Nous sommes devenus des voyeurs sados-masochistes

Nos vies sont virtuelles.   Américains, (nous en sommes) nous avons mis dans un seul et même moule une goutte de foi et un gallon d’une morale sexuelle bourgeoise et débile ; tuant ainsi les raisons fondamentales pour lesquelles les religions existent : donner un sens à sa vie.

Et, nous avons étouffé. Les religions sont devenues avec le temps un discours sur la morale presque strictement sexuel, oubliant que leur vraie raison d’exister est d’apprendre à aimer, créer un idéal de vie et découvrir son Dieu, si on en veut un. 

Sauf en Amérique du Sud, où le politique (le pouvoir économique) s’est investi à travers le religieux, l’implication des religions dans la vie quotidienne des gens a été rejetée.               

Comme Richard Martineau nos grands penseurs n’y voient qu’un immense paradoxe (ils ont une vue parcellaire) parce qu’ils refusent de reconnaître que ce n’est pas la religion que les gens ont rejeté au Québec, mais la doctrine sexuelle catholique et protestante.          

Les gens en ont plein le pompon de se faire mener par le bout du nez jusque dans leur lit et d’instinct ils ont compris que ce n’est pas ça qui donne un sens à leur vie.  Nous vivons à une époque de grand transfert entre «l’amour absolu du nombril, son individualisme ou son narcissisme» et le «besoin essentiel de participer à l’évolution humaine», un engagement qui contredit ce que nous ressentons le plus profondément : notre impuissance et notre insignifiance.  

Pour que la foi ait un impact sur ta vie émotive, il faut que tu ressentes un petit «frisson de l’âme» quand tu participes aux rites religieux.   En oubliant l’essentiel, les pratiques religieuses sont devenues un moyen d’exorciser la peur de la solitude.  Ce besoin social tout aussi important que de se nourrir fut totalement obnubilé. 

Impuissants, les hommes, pour survivre, ont dû en tant qu’individu appartenir à une société et de facto laisser le pouvoir entre les mains de quelques « bandits légalisés par la loi du plus fort » pour diriger le sort de l’humanité. 

La démocratie est une longue expérience de conscientisation que nous ne faisons qu’entreprendre.  La catastrophe planétaire éminente nous donne deux choix : exiger une part de responsabilité individuelle plus grande et réelle ou avoir assez peur pour retourner aux religions qui nous prêchent les fins du monde depuis des siècles.  Les gens désertent les églises parce que les religions sont en panne d’idéaux motivants. 

Après des millénaires, la misère l’emporte sur la charité.  Les religions sont comme nos féminounes du Québec, enlisées dans leur obsessionnelle peur du sexe, oubliant entre autres l’essence même du christianisme : aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu.  Erreur qui aboutit à l’échec du christianisme.

Le monde est encore prisonnier de la survie.  Les richesses sont concentrées entre les mains de quelques-uns et la mémoire collective fait que l’on ne peut plus croire que les prières, seules, y changeront quelque chose.   Aussi, le système se sert encore plus de répression pour insuffler les commandements de Dieu dans le comportement individuel ; mais les greffes produisent souvent des rejets. 

La nature est essentiellement une forme d’équilibre qui déborde la libido.  Elle n’accepte pas de compromis hypocrites.  Le grand péché mortel de l’Église fut d’essayer de régir la sexualité individuelle jusque dans les moindres détails et pour régler le problème on a remis la responsabilité de notre sexualité au système judiciaire, dominé par l’arrière-garde conservatrice et encore plus répressive. 

Écœurés, les Québécois qui ont envoyé promener les religions dans les années 1970, se rappellent encore la raison fondamentale de ce rejet, mais se rendent compte que la religion n’était pas que des «préceptes sexuels » , même si c’était la seule chose dont ils entendaient parler par les religieux dépassés par l’arrivée du féminisme, positif et affirmation de la femme, ainsi que le droit  à l’orientation sexuelle, soit d’être homosexuel ou gai.  On a changé de nom pour que l’idée passe plus facilement…

Ça explique exactement ce qui se passe aujourd’hui : on cherche ce qui nous a échappé dans cette libération, oubliant que notre manque d’identité nous a emprisonnés dans des contradictions politiques qui finissent par nous mettre dans la figure notre manque de courage. 

On doit retrouver les racines qui nous identifient, nous unifient, nous donnent une personnalité.  Certaines femmes encore plus esclaves de la morale sexuelle d’antan règlent le problème en se jetant dans les bras d’une religion encore plus exigeante et sexiste, comme par masochisme.  Elles deviennent musulmanes pour mieux cacher leur honte d’être sexuées.  Elles se cachent derrière un voile qui cache ce mauvais corps qu’on ne saurait voir. 

Ce n’est pas étonnant, puisque la majorité des femmes sont déjà prisonnières de la mode, donc, soumises au regard de l’autre.  Cette religion qui veut dominer le monde se fait un devoir d’être vécue sans changer un iota par rapport à ses débuts, ce qui la rend encore plus déphasée.  Mais, elle offre la sécurité sous forme d’immobilisme et dans une structure où la femme est moins que rien, mais où la « vérité » est éternelle et immuable. 

L’histoire est une réalité, surtout depuis l’invention de l’écriture qui contredit cet immobilisme de la pensée.   

Pour le reste, on devient de plus en plus des Américains d’Hollywood, donc matérialistes, hypocrites, insensibles à la violence.  Le profit est le nouveau dieu parce qu’il procure la puissance et le pouvoir.  Et derrière le besoin d’échapper à notre vide, on cultive une passion pour les drogues et la violence parce qu’elle est une source intarissable de profits.  Une consommation assurée.  Un gouffre sans fond. Ionesco est un prophète moderne.

Avec les nouvelles lois pour gérer l’ancienne peur sexuelle qui persiste à travers les nouvelles féministes réactionnaires, les féminounes, on se retrouve dans une forme d’Inquisition qui fera son temps : le temps « Bush ».   La base fondamentale de cette situation grotesque est notre éducation.  Le besoin de bien paraître et de s’élever dans l’échelle sociale à tout prix. La surconsommation par le jugement des autres est une nouvelle religion portée par les médias de communication. 

Nous nous cherchons, mais nous sommes trop paresseux pour penser par nous-mêmes, donc, nous cherchons de nouveaux gourous à travers les journaux. 

Je pense que j’aurais fait un excellent curé.  Non seulement j’ai les doigts longs et agiles ; je suis un adepte inconditionnel de la communion à travers les générations ; et, j’ai un petit côté doctrinaire qui m’agace.  Il ne me manque que ma montagne puisqu’on veut déménager le mont Orford dans le comté de Johnson. Il faudra penser d’y ajouter des abris pour que les piétons puissent s’y rendre, surtout si on décide de construire un casino entre la montagne et la pointe Merry qu’on pourrait appeler « le Christmas», où règnerait la liberté de jouir de la vie et se souhaiter un «Merry Christmas», même durant le congé de Pâques. 

En dehors des griffes de la police casquée du fédéral, on pourrait recommencer à rêver d’avoir du plaisir à vivre.  Et, si on ajoute toutes les fêtes religieuses comprises dans le nouveau programme scolaire, on pourrait vivre de fête en fête à tous les jours de l’année ou presque. Est-ce une société des loisirs en perspectives?  J’opte pour les jeux favoris de mon enfance.  La flûte de Pan, surtout …!

Chez les trafiquants.

La rencontre de l’après-midi avait atteint sa cible.  Le soir, on m’amena dans le groupe auquel David appartenait.  Couché tôt, quelques filles sont venues presque nues pour tirer un joint avec moi.  Ça ne me tentait pas, je préférais dormir.  Si ça avait été de jeunes garçons, j’aurais certainement été plus sensible à leur démarche et on aurait certes pu s’entendre quant aux échanges à compléter. 

Le lendemain matin, à mon réveil, j’entendis des filles discuter de moi.  Elles partageaient leur inquiétude avec des gars, affirmant qu’elles n’avaient jamais vu un gars refuser les avances de filles qui se présentaient presque nues dans son lit et lui offraient de passer la nuit ensemble.  Comment et pourquoi pouvais-je demeurer insensible à leurs charmes? , se demandaient-elles.  Elles finirent par convaincre celui qui semblait être le chef du gang.  Il sortit un revolver qu’il plaça sur la table, affirmant qu’il saurait bien trouver.   » Si c’est un policier, il va regretter d’avoir mis le nez ici. »

Puis, une des jeunes filles se rendit dans la chambre voisine où une autre jeune fille demandait ce qui se passait et pourquoi on parlait avec autant de colère.  Les deux revinrent à la cuisine, où je fis mon apparition quelques minutes plus tard.  Dès que j’apparus dans le porche, celle que j’avais rencontrée l’après-midi d’avant se mit à rire.  Tout le monde se demandait bien pourquoi elle trouvait la situation aussi hilarante.  Elle s’exclama : «Pépé !  Voyons, c’est Pépé ! Ce n’est pas un flic, c’est un ami de David.  S’il n’a pas couché avec vous, c’est simplement parce qu’il était fatigué, mais surtout, j’imagine, parce qu’il aime les garçons. ».

Sa révélation calma le jeu, mais ce fut à mon tour de leur reprocher que personne ne se soit rendu en prison pour visiter David. On m’expliqua qu’une telle visite pouvait mettre tout le monde en danger.  Puis, on me dit comment l’incident était survenu : David avait consommé avec des amis quand la police arriva et décida de les fouiller.  Elle trouva un peu de drogue et un  » jack knife » sur David, mais l’officier n’arrivait pas à le faire fonctionner.  David, toujours baveux, en riant du policier, lui a demandé de lui prêter et il le lui fit claquer au nez d’un coup de doigt. Ce qui lui valut trois mois de prison.  Personne n’y allait, car ça mettrait le groupe en danger. «La filature, ça existe me fit-on remarquer». 

Je ne suis pas un bandit, un vendeur de dope ou rien de ce qui peut être illégal, sauf mes amours, donc, je ne peux pas comprendre d’instinct ces mécanismes de gang.  Mon ami était en prison, je me devais de l’aider, lui, seul, dans une province où tout le monde parle une autre langue et déteste les francophones.  C’était tout ce que j’avais pensé.  

Plus tard, je me suis bien amusé avec le jeune Gerry qui pissait dans son froc juste à l’idée d’avoir un pédéraste qui s’intéressait à lui.  Mais, j’avais le moyen pour l’intéresser.   Après avoir fumé abondamment, avoir ri comme des fous en regardant des bandes dessinées, nous avons décidé de gager.  Inutile de préciser ce que fut l’enjeu.  Il fallait se rendre voir le film « The Exorcist », le plus gelé possible et trouver quelque chose qui soit encore plus épeurant.  Nous avons fait l’exercice ensemble. 

Au retour, j’ai proposé l’histoire suivante : un gang de gars gelés avec une once de pot dans leur poche se rendent voir ce film qui a rendu presque tout le monde fou de peur.  Pendant le spectacle au lieu d’avoir peur, les gars se mettent à rire sans pouvoir s’arrêter ; mais ils ont repéré, par leur attitude, des policiers en civil sont assis juste derrière eux. 

J’ai remporté le concours.  Je devais retourner à Dawson Creek, mais j’avais pu un sou.   

Radioactif 367

mai 6, 2022

Radioactif  367

Texte de 2008

Bob Ray : Vrai chef libéral !

En visitant l’Ouest canadien, j’ai compris que les gens de cette région du pays confondaient «l’Est du pays » avec le Québec.  C’est plus facile de détester un territoire français que de se rendre compte que les finances, c’est à Toronto que ça se passe… 

Le Canada n’existe que pour des raisons économiques.  Les gens de l’Ouest prétendaient, comme nous du Québec, ne rien recevoir du fédéral, mais pensaient-ils, c’était à cause du Québec qui faisait chanter le pays avec sa séparation.  L’Ouest n’a jamais compris que la province qui détermine qui sera le prochain gouvernement du Canada, c’est l’Ontario. 

Le BC ressemble beaucoup au Québec sur le plan économique.  Il a le même défaut que nous : il met tous ses œufs dans le même panier : les USA.  Quant à l’Alberta et les provinces du Centre, la vraie terre promise de Stephen Harper, sa richesse tient aux pétrolières.  Quant à la mentalité, ces derniers sont aussi reculés moralement que les Américains coincés dans la Bible et les pantalons d’Israël. La vraie politique internationale des Conservateurs : lécher le cul des Américains de Bush. 

Grâce à cette ignorance, les libéraux ont été maintenus au pouvoir pendant des décennies parce que l’Ontario votait presque exclusivement libéral.  Pas étonnant que le tata Bob Ray ait fait le saut du NPD au parti libéral.  Dion est tellement faible qu’on pourrait croire qu’il vient de subir une lobotomie.  Maintenant, la partie « langage du cerveau » est déjà complètement envahie par Bob Ray.   Le vrai chef libéral s’en vient au parlement. 

Ignatief devra se contenter d’avoir un sourire de professeur d’université dans les photos du couple à trois.  C’est déjà commencé : qui a parlé du Kosovo pour les libéraux : Boy Ray.  C’est déjà lui le vrai chef libéral parce qu’on pense qu’il redonnera le vote libéral en Ontario.  Si l’Ontario a oublié comment il fut un piètre premier ministre de cette province, pas nous. 

Par ailleurs, Stephen Harper n’a qu’un seul pouvoir : l’absence des autres.  Que restera-t-il du G8 alors que la Russie se range de plus en plus du côté de la Chine et que la Serbie est devenue une nouvelle pomme de discorde pour faire oublier ce qui se passe au Moyen-Orient ?   Reviendrons-nous très bientôt au G7 et à la guerre froide ?  Qu’attend le Québec pour demander de faire partie, seul s‘il le faut, au marché européen, si le Canada ne le fait pas ? 

Au Québec, au lieu de parler du sort du français, on nous endort avec un concours à savoir qui a mieux fourré le peuple québécois.  Charest court vers une réélection, faute d’opposition intelligente.

Se masturber…

J’ai reçu une note ce matin d’une poète qui dit qu’employer les termes  » se masturbent  » n’est pas très poétique.  Je me suis permis la réponse suivante :    

« Je me permets quelques réflexions sur votre message dénonçant l’emploi du mot « masturber ».  Je ne veux surtout pas vous choquer, mais je veux vous donner mon point de vue. 

Quand j’étais jeune, je me souviens que le plus grand problème était la censure concernant tout ce qui était sexuel.  La religion nous empêchait non seulement de vivre le plaisir de jouer un peu avec notre petit zizi, mais il ne fallait même pas en parler et y penser.  Trop de scrupule, c’est très près de la paranoïa et surtout de la psychose. 

Nous utilisions aussi d’autres termes pour identifier nos plaisirs : se masturber, c’était se crosser; faire une fellation, c’était se sucer ; faire l’amour, c’était fourrer.  Comment aimer un mot scientifique comme « scrotum » quand l’emploie de poche est bien plus poétique.

Ces mots ont été décrétés grivois (les interdits de la morale sexuelle sont toujours des gestes religieux et bourgeois) et ils ont été remplacés par des mots que l’on disait plus justes parce que plus scientifiques. 

Ces mots devaient probablement procurer moins de plaisir, ou du moins, moins de fou-rire chez les jeunes dont il fallait sauver les oreilles.  Mais nous, les jeunes nous ne comprenions plus de quoi on parlait et on est demeuré niaiseux et infantilisé parce que les adultes étaient devenus tellement scrupuleux qu’ils avaient même peur des mots parce qu’ils avaient honte de la chose la plus naturelle et la plus normale chez tout être humain : sa sexualité. 

Je n’arrive pas à comprendre qu’on attache plus d’importance à la sexualité des jeunes alors qu’il y a encore autant de violence, de jeunes qui servent de chair à canon  ou de bras sous-payés dans des usines partout à travers le monde ou qui meurent tout simplement de faim ou d’un manque de médicaments.  Y a quelque chose de très fou là-dedans. 

Je vous remercie de m’avoir permis d’exprimer mon point de vue et de commencer à trouver un petit côté poétique dans le « geste ».  Soit dit en passant le poème qui accompagne votre note est très beau.  J’espère que je ne vous ai pas choquée, ce n’est pas mon intention.  Je crois qu’il y a des batailles plus importantes que la morale bourgeoise dans le monde actuel. La morale sexuelle est une forme insidieuse d’aliénation, basée sur la peur du sexe par les féminounes».

Spleen.

Mon intérêt pour l’écriture s’amenuise un  peu plus chaque jour.  Tout est devenu ridicule à cause de la censure.  Il faut être de droite et porter une robe pour intéresser les éditeurs.  Nous sommes sous une dictature féminoune

Tu écris ce que tu veux, me direz-vous.  C’est vrai, sur ce blog, mais pour qui et pourquoi.  Je ne ressens plus la foi que nous avions dans le pouvoir des mots quand j’ai inventé   » la poésie de jet « , même les poètes se prennent pour d’autres et s’imaginent jouer un rôle essentiel dans la vie des nations. 

La poésie