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Spirale intraprojective

septembre 20, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 127 à 138)

Le système voulait m’entendre leur dire que j’étais coupable d’être pédéraste.  Je suis pédéraste, mais je me sens coupable de rien.  Il n’y a pas de mal dans la pédérastie, à moins d’être violent, de ne pas respecter l’autre.  La pédérastie est une orientation sexuelle. Je n’ai jamais dit le contraire. 

Par contre, si on avait changé mon classement, comme le voulait un des gardiens, pour définir où je passerais mon temps, je serais probablement déjà invalide.  Que j’aie touché Mathieu, à leur point de vue, constitue un crime odieux. Quant à moi, je ne crois pas que ce soit mal.  Je ne l’ai pas blessé, je lui ai procuré des plaisirs.      

En réalité, le système me frappait parce que je suis politiquement baveux et mes écrits me font craindre.  J’écris ce que je pense.  C’est idiot, mais c’est ainsi.  Pourtant, la Charte des droits des droits de la personne permet de dire tout ce que tu veux, en autant que tu n’incites pas à la violence.  Mais, tu n’as pas le droit de parler de la pédérastie, encore moins, de dire que tu l’es.     

J’étais convaincu d’y passer.  J’avoue que ça me fait encore peur.  Par contre, je ne pouvais pas comprendre pourquoi je serais si important.  Il est quasi impossible de mettre la main sur mes livres.  Étais-je simplement paranoïaque?  C’est hilarant, sachant le rejet que vit un pédéraste, de se demander s’il pourrait être paranoïaque. Tout le monde le serait pour moins que ça.           
 
Un prisonnier m’a dit que j’étais une espèce de rat de laboratoire puisqu’on voulait savoir si mon incarcération serait connue. Quelle influence aie-je chez les révolutionnaires ?  C’est complètement idiot.  Il me dit aussi que je ne serais pas un nouveau Mandela ou un Gandhi parce que la prison a fait d’eux des héros.  Je n’avais jamais pensé à ça.         

Certains journalistes ont eu des copies des documents de cour.  Je leur demandais de ne pas les publier, mais ils avaient la preuve que c’était bel et bien un coup monté, une suite au referendum … Mais par qui ?  Le Comité du NON fédérastes de Val-d’Or, le maire en était le président ?  Par le réseau de chantage institué par les féminounes contre ce qu’elles appellent les pédophiles?  Par les Mormons ? Les féminounes manifestaient contre moi. Moi, on exigeait 10,000$, on en avait exigé 90,000$ du psychiatre en charge de l’hôpital de Val-d’Or. Quand on y pense les deux situations se ressemblent.           

J’ai fait mon temps au complet, neuf mois, sans un mois de rémission de peine comme les autres parce que j’ai maintenu que je me sentais coupable de rien. 

 Le cabinet du gouvernement fédéral en 1992 m’a, après l’avoir accepté, refusé le pardon demandé. 

La raison de ce revirement : j’étais entouré de jeunes garçons.  J’étais professeur et j’avais adopté deux garçons, comment ne pas être entouré de garçons ?  J’ai vu dans ce revirement une vengeance de l’appareil judiciaire de l’époque de la reine Victoria, figé dans le temps au colonialisme anglo-saxon, représenté aujourd’hui par le  » fédéralisme ». On me dit plus tard, que l’enquête avait été reprise à la demande du Cabinet fédéral.     

Avoir un dossier sexuel permet d’empêcher qui que ce soit d’évoluer pour le reste de sa vie. Il ne peut même pas voyager. C’est pire que d’être un terroriste.

Était-ce les vendeurs de drogue, qui circulaient autour de moi, sans que je les connaisse et que je le sache, qui avaient peur que je découvre leur complicité avec certains policiers ?  Un de mes élèves m’avait dit que les plus gros dealers de drogue à Val-d’Or étaient des «policiers déguisés en monde» … J’ai toujours cru à tort ou à raison que la GRC contrôle le trafic des stupéfiants.

À cette époque, je ne m’occupais pas de drogue puisque je n’en prenais pas et je fus plus de cinq ans sans boire d’alcool et de vin pour donner le bon exemple à mes étudiants. Quand on sait jusqu’à quel point j’aime le vin, on ne peut que rester surpris.

Était-ce un coup monté parce qu’on me croyait plus riche et que l’on ne savait pas que mes assurances n’avaient pas de valeurs de rachat ?  Si c’était ainsi, cela signifie que le crime organisé avait commencé à mettre sur pied à Val-d’Or un réseau de chantage pour laver financièrement les pédérastes.         

Cette chasse se poursuit depuis que l’Église a accepté de se défendre en payant ceux qui l’accusent.  Est-ce un moyen pour tuer le catholicisme ?  Ce réseau serait-il international, car plusieurs pédérastes auraient été tués dans la grande purification religieuse millénaire mondiale, selon ce que l’on m’a dit.  

Cette chasse religieuse d »extrême droite s’inscrirait aussi dans la guerre des religions qui sous-pèse la répartition des richesses naturelles de la planète.  Ce serait aussi pourquoi des musulmans fanatiques tueraient les gais.  Mahomet a marié une petite fille de neuf ans.  Pourquoi n’est-il pas un pédophile ? Simplement parce que c’était ainsi dans son temps. Qui veut-on purifier ?  Qui est visé ?      

Mes critiques parfois virulentes ont toujours visé à améliorer le sort des Québécois.

La dernière fois quand je me suis fait arrêter après le résultat de mon appel, les policiers s’excusaient presque de procéder. Ils prétendaient être harcelés par les policiers de Val-d’Or pour que ça se fasse le plus tôt possible.  Je venais comme par hasard d’envoyer mon texte sur la liberté sexuelle au mari de la gouverneur générale du temps, qui était un philosophe.  Drôle de hasard.        

Pourtant, le gouverneur général précédent, M. Leblanc m’avait invité à une soirée pour fêter la décision fédérale d’accepter les écoles linguistiques au Québec au lieu des écoles religieuses ou confessionnelles.   Victoire à laquelle je pouvais participer, ayant fait parvenir un mémoire.  J’ai refusé l’invitation, en envoyant ma photo avec Pierre E. Trudeau, tout en affirmant que je suis indépendantiste.  Même en dehors du Québec, j’acceptais de travailler à l’amélioration du sort du français. L’essentiel, dans un pays, c’est de s’y sentir bien. 

Il ne s’agit pas de faire l’indépendance pour l’indépendance, pour avoir raison, mais parce que la souveraineté permettra une meilleure vie au peuple québécois.

On pensait peut-être aussi qu’en 1970 je partageais les menaces contre le journal La Tribune pour lequel je travaillais parce que dans une réunion avec l’équipe du sénateur Molgat sur l’avenir du Canada, à Sherbrooke, le député fédéral libéral m’avait menacé de perdre mon emploi comme journaliste.  Les travailleurs y avaient répondu par des menaces de représailles. 

J’ai ensuite perdu mon emploi et l’on m’avait dit que c’était sous les demandes incessantes de Jean Marchand et Robert Bourassa, ce que nie l’ancien président du journal, M. Yvon Dubé.   À cette manifestation, nous avions quitté la salle, créant ainsi tout un émoi.   Le sénateur Molgat m’avait demandé mon nom à plusieurs reprises, feignant de ne pas comprendre mon accent, ce qui m’avait impatienté.  Aussi, lui aie-je répondu, car il ne voulait pas faire l’effort de comprendre : «John Simonez, tabarnak !»  Je n’ai jamais compris qu’on pouvait ressusciter de vielles choses de 10 ans et plus, juste pour te planter au cas où.

Je me souviens que les policiers n’appréciaient pas tellement ma présence quand Robert Bourassa venait à Sherbrooke parce que je l’avais traité de menteur.  Après avoir accepté un plan de relance économique pour l’Estrie, il changeait toujours d’idées. Il refusait, contrairement à ses promesses, de le mettre en pratique.  On ne savait probablement pas que je connaissais le premier ministre depuis longtemps.  J’admets cependant que j’étais devenu vraiment fanatique. Un petit baveux qui manquait de mesure.

J’ai même cru à l’époque de Meech que Bourassa ferait l’indépendance.  Je l’aurais soutenu avec plaisir.  Bourassa était un gars fort sympathique.  Il avait le moyen de te faire sentir son égal, malgré son poste.

J’étais polisson à cette époque.  Si j’avais été autrement, j’aurais probablement cru que je me trahissais. L’âge nous apprend que ces excès d’humeur n’apportent rien. Ce sont les bêtises de la boisson et de la drogue, car, au début des années 1970, je fumais de la marijuana et je buvais beaucoup. 

J’avais plus de relations sexuelles avec les femmes qu’avec des garçons, même si je me disais pédéraste. J’étais plus un pédéraste de désirs que de fait.  

On m’interdisait, étant journaliste, de manifester ma colère contre les libéraux de Bourassa qui se contentaient de promesses non tenues.  J’étais baveux, mais non violent.  Aujourd’hui, je serais sûrement moins impoli.  Je suis moins fanatique et je ne m’identifie plus à la révolution quoique je cherche moyen de transformer notre capitalisme en quelque chose de plus juste, de plus égalitaire.  Je dirais même que j’étais un peu fou, car, selon moi, toute forme de fanatisme est de la folie.  J’étais au moins un peu déséquilibré.  On ne peut pas changer le monde seul, même si on est journaliste. Je me prenais trop pour un autre.

Si j’étais fanatique, je n’étais pas pour autant un terroriste.  Dans ma philosophie, on pouvait poser une bombe pour faire peur, faire réfléchir, mais il fallait s’assurer avant que personne ne soit blessé. Du matériel, ça se change ; mais la santé, on ne prend pas de chance. 

Ce fut d’ailleurs ce qui me fit comprendre que la révolution n’a rien à voir avec la violence.  C’est un changement, un programme pour améliorer la vie, non pour la détruire ou empirer les choses.  La violence est ce dont on se sert pour justifier la répression.  C’est pour ça que le système se sert des casseurs. Toute personne normale est contre la violence.  Pour moi, l’Évangile selon Saint-Jean est le plus grand texte révolutionnaire ou du moins de réflexion.  Il nous apprend à vivre la tolérance et l’amour.  C’est en fait, notre seule raison d’exister pour les autres… les découvrir et les aimer comme ils sont.  

Au premier referendum pour l’indépendance du Québec, je me suis battu à coups de poing sur un trottoir à Coaticook contre un méchant libéral qui avait décidé de me fermer la gueule dans la taverne.  Quand les résultats ont été connus, je n’ai jamais pu prendre le chemin de la guerre.  Le peuple avait parlé, je le trouvais insignifiant, mais je n’avais qu’à m’incliner si je croyais dans la démocratie.  Je considérais les Québécois comme une bande de pisseux, de gros parleux, comme moi, mais aussi victimes de leur ignorance politique.        

J’ai toujours été plus près de la pensée de René Lévesque que de la violence.  J’ai d’ailleurs présenté mon premier et seul discours politique, lors d’une réunion à Magog alors que René Lévesque et Claire Kirkland Casgrain étaient les invités.  J’étais alors libéral.  J’appuyais Georges Vaillancourt.  Mon discours est gardé aux Archives gaies du Québec, à Montréal.  On souligna, après mon sermon sur la montagne, que mon avenir politique était assuré.  Lévesque fut non seulement le penseur d’un Québec indépendant, mais soudé au Canada, ou l’idée d’une vraie Confédération canadienne.  Tout devait se dérouler selon la démocratie.      

Même si elle est imparfaite, la démocratie demeure la voie à suivre.  Tout le reste est éducation.      

Plutôt que de prendre les armes, j’ai choisi de prendre le chemin.  J’ai arpenté sur le pouce (en auto-stop) deux fois le Canada.  J’y ai appris qu’un Québécois qui veut parler français n’est chez lui qu’au Québec. Il est rejeté dans l’Ouest canadien. Le Canada bilingue, c’est de l’hypocrisie.  Mais j’ai appris qu’au-delà de tout ça, l’important c’est l’humain.  Quelques bonnes aventures avec de jeunes canadiens m’ont rappelé que l’amour comme la musique n’a pas de race, d’espace-temps.  Tu peux être beau et merveilleux dans toutes les couleurs et toutes les langues.  Quelque quarante ans plus tard, le petit Brian et ses merveilleuses fesses (que j’ai vues quand il prenait sa douche) me fait encore vibrer à son souvenir.      

Ces pérégrinations sont devenues de vrais exercices de propagande en faveur de l’indépendance du Québec, à l’extérieur du Québec.  La curiosité des gens le moindrement politisés était incroyable.  Par contre, en allant au Mexique, j’ai appris que la révolution, ça ne s’exporte pas.  Chaque peuple a ses valeurs. 

Croire que l’on peut changer le monde entier est un rêve d’adolescent, car, chaque individu est structuré différemment par sa culture et aucune n’est mauvaise, mais le fruit de l’expérience de ce peuple.  Chaque peuple est maître de son destin.  Quand je l’ai dit, dans une taverne à Vancouver, en compagnie de mes amis révolutionnaires, ceux-ci m’ont sauté dessus, croyant que je venais de trahir la révolution.  Pourtant, je venais de comprendre que chacun de nous sommes différents et que la révolution n’est pas de rendre tout le monde pareil… mais de respecter tout le monde.

Je trouvais injuste que Paul Rose soit condamné pour le meurtre de Laporte alors qu’il ne pouvait pas l’avoir commis parce que les journaux disaient qu’il n’était même pas là quand Laporte a été tué. Complice, sûrement.  Je voulais seulement que l’on fasse la nuance entre un crime de droit commun et un crime politique.  J’avais même présenté une résolution d’urgence à cet effet, lors d’un congrès du Parti québécois, ce qui mit le feu au derrière de René Lévesque.  Aujourd’hui, je crois qu’un meurtre est un meurtre.  Rien ne peut le justifier.  Toute violence est un crime. La vie me l’a appris et c’est une leçon que je ne veux pas oublier.         

Ma copine avait-elle raison de croire que mon procès était un coup monté à cause de mon passé pro-felquiste ?  Peut-être, mais, en réalité, elle était jalouse.  Elle avait peur des jeunes que je pourrais éventuellement envoûter et elle maudissait le fait que je préfère un jeune garçon à une femme.  Les femmes n’acceptent la pédérastie, elles croient que cette orientation sexuelle les confronte dans leurs relations entre les jeunes et elles.          

Pourtant, la pédérastie pourrait être le moyen le plus radical pour mettre en place l’égalité entre un homme et une femme parce qu’aujourd’hui, les femmes revendiquent faussement d’être les seules à protéger les jeunes.  Le pédéraste est souvent habité par une plus grande sensibilité féminine et artistique que les autres hommes, d’où leur attrait caractéristique pour la beauté.  Le pédéraste préfère les garçons simplement parce qu’il n’y a rien de plus beau dans la création. 

Dans le monde actuel, il suffit d’avoir un sexe féminin pour dominer.  C’est aussi pourquoi les femmes ne peuvent pas comprendre la possibilité d’avoir une relation sexuelle pédéraste sans sodomie.  Les hommes n’ont jamais su que la fellation, ça se fait aussi à une femme.  Pour bien des pédérastes, la sodomie est rejetée et ne vaudra jamais une bonne séance de caresses, de masturbation ou de fellation.  C’est d’ailleurs pourquoi on peut se demander comment un jeune peut souffrir au cours d’une telle expérience.     

Pour un pédéraste, comme moi, la félicité n’est pas seulement génitale ; le summum est un sourire, vivre très intensément la présence de l’aimé.  Retrouver une joie délirante d’être avec lui.  De partager sa vie.  Très souvent, c’est l’extase, un regard en flammes, un sourire enrobant, un rire évocateur, un jeu fascinant, le bonheur absolu du moment présent, de le voir être heureux.  Finalement, la jouissance de sa présence.  Le jeune est une énergie.          

             
*  *  *  
    
Faire l’amour est un comportement d’adulte qui oublie que vivre sa sexualité quand tu es jeune c’est complètement différent, car c’est basé sur la curiosité et sur le jeu.  C’est une réalité émotive.  Les jeux sexuels chez un jeune n’ont pas du tout la même signification que pour un adulte.  Ce sont des jeux.  Point à la ligne.  C’est un partage d’amitié et de curiosité. Un focus totalement dédié à la tendresse.

Un pédéraste ne voit pas la sexualité comme un adulte, car pour rejoindre le jeune, il doit apprendre que la sexualité est un jeu pour eux, une découverte et non un instrument de domination ou de peur. 

Par contre, le jeune apprend très vite à se servir de l’être aimant pour obtenir tout ce qu’il désire.  La manipulation n’appartient pas qu’aux adultes, au contraire.  Les jeunes reconnaissent vite le pouvoir qu’ils ont sur leur amant traumatisé de peur que ça se sache.  Les jeunes deviennent ainsi les maîtres suprêmes.  

Le problème des femmes battues, violées repose sur la domination mâle et le chantage psychologique de «pouvoir» entre un homme et une femme.  Certaines femmes savent torturer psychologiquement leur homme jusqu’à qu’à leur éclatement. Certains mâles sont si jaloux qu’on peut parler de maladie. Les femmes pensent à tord que les pédérastes sont comme leur mâle, ignorant et refusant de croire que dans une relation pédéraste : le maître absolu, c’est le jeune.  Il a tous les pouvoirs.  Il peut en profiter tant qu’il n’est pas pris. 

Il a le pouvoir du jour au lendemain de devenir la victime et le maître chanteur le plus efficace qu’on aura jamais créé.  Heureusement, pour le pédéraste, il a aussi la beauté, la jeunesse.   Le Bien absolu !  La pédérastie est-elle liée à l’immortalité ?  Une immortalité que l’on voudrait éternellement jeune.  Est-ce le refus d’un adulte à devenir adulte ?  Pour lui plaire ou pour un peu d’affection, le pédéraste est l’esclave parfait du jeune.   Dans la conception pédéraste, la sexualité n’est pas mal, tant que c’est un jeu non-violent, consenti, amusant.  C’est d’ailleurs pour ça, que j’ai écrit L’amourajeux.  Ce fut un manuscrit de poésie qui n’a jamais été réellement publié, sinon avec ma maison d’édition Les éditions du temps.  J’espérais faire comprendre cette nuance et ainsi dédramatiser les relations sexuelles qui n’ont rien à voir avec celles d’un psychopathe.   
 
 *
Un soir, j’étais à préparer le repas pour moi et mon jeune ami.  Il avait amené avec lui deux de ses copains que je ne connaissais pas.  Ils étaient très beaux.  À un moment donné, je me suis tourné et que vis-je ?  Les deux petits gars, les culottes baissées, assis face à moi, sur le sofa, qui se masturbaient.  Wow !  Le spectacle était tout simplement féérique pour moi, affreux pour les scrupuleux ; mais je ne pouvais pas leur montrer ce que je ressentais.  Je me suis contenté de me retourner et continuer le repas comme si de rien n’était.  Sincèrement, j’avoue que j’aurais bien aimé manifester mon intérêt.  Mais, j’avais peur.   Un prof ne peut pas accepter ce comportement, mais j’étais chez-moi, avec mon éthique à moi?         

Qu’on le veuille ou non, quand on choisit comme moi de faire connaître aux gens ce qui se passe généralement dans une rencontre pédéraste, pour dédramatiser la situation, on devient paranoïaque.  Tout peut te reconduire en tôle.  On peut retourner presque à l’enfance pour t’inculper.  Est-ce un piège ou un désir sincère ?  Est-ce que les jeunes savent qu’ils pourront ensuite te faire chanter ? 

J’enseignais et je serais devenu moine, avec vœux de chasteté, pour continuer d’enseigner.  J’étais, je crois un bon prof, parce que j’étais un bon pédéraste.  Cela nous permet de facilement vivre égaux avec les jeunes.  Notre admiration pour la jeunesse et la beauté de leur expression, de leur intellect que tu vois grandir à vue d’oeil, nous permet de vivre presqu’en osmose avec eux, avec leurs énergies, renversé par leur beauté à tous les niveaux de vie.

Par contre, j’étais le prof « discipline » parce que je sais que tu ne peux pas apprendre s’il n’y a pas de discipline.  Le succès est de savoir être les deux selon le besoin.  Never on the job !  Préférable de te masturber en les imaginant, au moins là, t’es seul et on ne peut pas encore te mettre en prison pour l’avoir fait.     

On peut croire que c’est une exception.  Quelle erreur !  Les jeunes savent s’y prendre plus que les parents ne le penseront jamais pour découvrir la vraie nature de leur prof. 

Les jeunes savent aussi que les pédérastes meurent de peur face à la société.  Quand j’ai commencé à en parler, je n’étais probablement pas tellement conscient de tout ce que ça voulait dire.  Les préjugés sont tellement profonds qu’on ne fait aucune nuance entre un viol et un « party « .  Bien des jeunes adorent ça et savent très bien qu’il y a une grande différence entre « ce qui fait mal et la jouissance ».  Ils ne sont pas fous.  Les jeux sexuels tissent des liens, des amitiés. 

J’ai appris à retenir mes désirs quand j’ai adopté deux petits gars.  L’un d’eux détestait tout ce qui était gai.  J’ai bien été obligé d’apprendre à le respecter, car juste le fait de vivre quotidiennement avec un enfant, de t’en occuper, tu ne peux faire autrement que d’en tomber amoureux.  Et si ce jeune est scrupuleux, tu n’as pas d’autre choix que de l’être toi aussi par respect pour lui.  C’est « la différence » entre le pédéraste et le père.  Le père est le symbole de l’autorité ; le pédéraste est le symbole du plaisir.  

Le père n’espère aucune reconnaissance.  Son amour est donc plus pur, plus profond, plus gratuit.  Le pédéraste échange ses émotions, ses biens avec un jeune qui peut être complètement extérieur à sa vie ; mais il n’a pas le plaisir de vivre continuellement avec le jeune. Il n’a pas la responsabilité de le faire vivre. Ses dépenses ne sont pas des responsabilités, mais des cadeaux. Voilà, pourquoi le pédéraste est parfois plus intéressant que le père, même si ce dernier est essentiel alors que le pédéraste ne l’est pas. Par contre, le père est identifié à l’autorité alors que le pédéraste est l’égalité en dehors de la frontière de l’âge. 

La pédérastie peut être vécue exactement comme le prônait Platon … c’est plus difficile à vivre, mais c’est tellement plus profond, tellement plus beau.  Sauf, que si le jeune est consentant, ce n’est pas pire, ce n’est pas moins beau ou moins pur que de connaître des rapports génitaux.  Je suis tombé dans le piège. Et j’en suis bien content, car, cette empathie que tu développes envers celui que tu aimes, t’ouvre l’esprit et te permet de voir toute la beauté des autres humains.  C’est cette révélation qui m’a fait prendre conscience du côté malsain des religions.  L’interdit sexuel est la voie à la maladie mentale.

Quand on m’a accusé à Val-d’Or, le Québec vivait à travers les journaux la même histoire d’horreur qu’en Belgique avec l’affaire Dutroux.  Les médias nous faisaient croire que Dutroux était un pédophile alors qu’il était mêlé à un réseau de trafic d’enfants.  Ces réseaux peuvent exister pour le trafic d’organes, des adoptions chez des riches et parfois pour des raisons sexuelles. 

On mélange tout pour mieux entretenir la haine et la peur des pédophiles.  Les cas de pédophilie sont loin d’être les plus fréquents.  C’est une variante qui fait la différence entre une société basée sur la vérité et une civilisation basée sur l’hypocrisie nécessaire pour garder le pouvoir.  La vérité est un droit fondamental, essentiel à la démocratie. Le respect de la vie privée l’est tout autant.

J’avais peur que l’on se serve de moi pour créer au Québec une affaire Dutroux car en Europe le gouvernement de la Belgique était à la merci de toutes sortes d’accusations. On pouvait peut-être essayer la même chose ici, sachant que plusieurs gens en politique sont gais et que je le savais. Quand un système veut la peau d’un gouvernement, tous les coups sont permis et je ne voulais pas être un traitre.  Lucien Bouchard et le Parti Québécois formaient le gouvernement.  Bouchard est anti-pédéraste, mais certains ministres étaient gais et on pouvait essayer de les mettre en boîte en se servant de mon sort.

C’était d’autant plus facile de se servir de moi que je n’étais pas sensibilisé à l’existence de réseaux d’esclavages sexuels ou pas.  J’étais bien plus conscient que la police brésilienne participait à des escadrons de la mort, tuant ainsi des centaines de jeunes pour faire plaisir aux riches. 

D’ailleurs, un peu plus tard, on essaya de créer l’image de l’existence d’un réseau international de pédophilie quand mon bon ami Marc Lachance, qui avait organisé des cirques pour venir en aide aux jeunes en Ethiopie, se suicida.  Une aberration, car Marc était beaucoup trop amoureux des jeunes pour leur faire le moindre mal. 

Je ne pensais pas qu’on pouvait être assez sales pour s’en prendre aux gens qui essaient d’aider les jeunes, même s’ils sont pédérastes.  Est-ce que la chasteté est plus importante que de les sortir de la misère ?  Marc n’avait rien d’un abuseur.  Ses réalisations étaient sa fierté.  Il s’est d’ailleurs tué pour éviter la mauvaise presse et ainsi sauver son œuvre.  Marc n’est pas un salaud, mais un héros.  Comme il l’a écrit avant de se tuer :  » je veux que mon suicide soit perçu comme un meurtre

Certains pays ont d’ailleurs établi un âge de consentement vers 11-12 ans ce qui correspond à la réalité des jeunes plutôt que de le fixer selon les goûts de la police et des religions.  Les jeunes ont aussi droit à leur vie privée et au respect de leur intégrité physique.  Ils n’ont pas à être traités comme s’ils étaient des imbéciles qui ne savent pas décider s’ils aiment ou pas participer à des jeux sexuels. 

La protection des jeunes en fonction de la sexualité est une immense hypocrisie, basée sur l’ignorance du développement sexuel des jeunes. C’est une forme de surprotection bourgeoise.  Les jeunes doivent avoir le droit absolu de dire oui ou non.  Si on était moins hypocrite quant à la prostitution, le problème pourrait être résolu.     

De plus, il y avait la mort du petit Daniel Desrochers, sacrifié à l’autel des vendeurs de drogue à Montréal, ce qui me fit écrire au ministre de la Sécurité que notre système est meilleur pour défendre les pénis que les cerveaux.  Je sais qu’il a eu ma lettre, je lui ai remis en main propre.         

Les politiciens passent des lois plus corsées sur les attouchements sexuels que sur le gangstérisme, faut le faire !  Le terrorisme est une réalité incapable de leur profiter, sauf s’il s’agit de la vente d’armes.  C’est plus émotif, ça poigne plus dans l’émotivité de la population, d’autant plus que les média servent de confessionnaux haut-parleurs.    

J’ai toujours trouvé curieux que tout ça soit survenu après le suicide de mon fils adoptif Rouhed et que l’on se soit ensuite servi de ma peur du suicide pour bien me prendre dans le filet.  Le père de Mathieu prétendait vouloir se suicider tant il était malheureux.  Ainsi, je continuais à m’intéresser à son sort… Je ne l’ai pas vu venir.  Je lui ai dit que j’étais pédéraste.  Je lui ai même lu certains de mes textes.

Je n’aurais jamais été aussi actif dans la lutte contre les préjugés qui existent autour de la pédérastie si je n’avais pas été condamné.  J’aimais trop enseigner pour m’en mêler… C’est égoïste, mais c’était un comportement compréhensible.  D’ailleurs, malgré les enquêtes sur mes quinze ans d’enseignement, on ne peut rien me reprocher.  Plus de dix ans plus tard, je ne peux même pas faire de bénévolat au cas où il y aurait un jeune dans la foule… plus fou que ça tu meurs.      
       
* * * *                                      
                                                                          
Le gangstérisme fait partie de ce qu’on appelle le terrorisme, car il se sert aussi de la violence pour dominer.  L’exploitation d’un individu par un autre est en soi une forme de violence.  

*   *  *

 Les autorités devraient admettre, par exemple, que la pornographie est un déversoir libidinal tout aussi efficace que la violence au cinéma, violence qu’on ne remet pas en cause.  Nous sommes noyés dans les films violents sans dire un mot comme si ça n’aurait aucun effet sur les jeunes, mais on crie au scandale dès que l’on voit un pénis.  Les Mormons s’occupent entre autres de la censure des productions à Hollywood.   Cette folie m’a toujours renversé.         

La nudité n’a rien de pornographique.  La loi ne devrait pas se mêler de ce que tu regardes chez toi, mais s’attaquer aux réseaux qui exploitent les jeunes pour produire les films, s’ils ne sont pas consentants. 

Tant qu’on habitera dans un monde pour qui la sexualité volontaire et pacifique est un crime pire que la violence parce qu’on y ajoute une question d’âge, nous vivrons dans un monde de malades, de frustrés et de vicieux.  Il y une différence énorme entre être pédéraste ou pédophile, mais on ne veut pas permettre aux jeunes de savoir qu’ils ont le seul droit de regard sur leur sexualité.

Tant que la police voudra se servir de statistiques d’arrestations sexuelles ou de marijuana saisie pour prouver son efficacité — alors que souvent elle ne fait que collaborer la hausse des prix du pot — la loi continuera de se moquer des droits individuels et de la vie privée et défendra le crime organisé. 

La Charte des droits ne devrait s’appliquer qu’aux individus et non au profit de groupes criminalisés (à travers des individus)  qui ne sont pas encore reconnus comme tels.  Ça donne des mégas procès, mais payés par les contribuables. Des procès que l’on doit déclarer intenables.

Le proxénétisme, la contrainte, l’esclavagisme doivent demeurer des crimes très graves que ce soit particulier ou organisé.  La sexualité doit absolument être un geste purement volontaire.  Contrairement, à la génitalité, où le sexe est très clairement au centre des préoccupations ; la sexualité peut-être le centre d’une relation amoureuse, de la tendresse ou de l’affection. La notion de  » sexuelle » dépend des civilisations. Celle-ci varie à travers les siècles et les pays.

Elle doit être libre et pour être libre, elle doit être consentie et plaisante, le contraire d’un viol. Le choix doit être très clair et non un « je ne sais pas si je veux » ou « continue quand je te dis d’arrêter».  Ce n’est pas un refus, mais une incitation.  On dirait que nos lois essaient de nous imposer la répression de la sexualité afin de créer un état à l’image des féminounes : sans pénis et sans plaisir sexuel. Une société castrée. Sans mâle.         

La dénonciation pour des accusations sexuelles, sans violence, devraient être prescrites à dix-huit ans.   Le proxénétisme jouit d’une prescription de deux ans.  Il ne devrait pas jouir d’une telle prescription et même être plus sévèrement puni, à moins évidemment que la relation soit volontaire, ce qui me semble une contradiction… Peut-on volontairement être esclave ?         


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