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Xénéphon 5

décembre 20, 2020

Xénéphon 5

Au Québec, on mit fin au régime de la peur. Tout le monde chercha d’abord à être heureux et ensuite, tenter d’aider les autres à être heureux. On savait que toute forme de corruption est un manque d’amour, une tentative d’avoir plus ou de se croire mieux que les autres. Une attitude commerciale, contrairement, à la jouissance contemplative de la beauté de la vie, de la grandeur de Dieu.   

On savait que les religions sont une déformation de la parole de Dieu par les hommes pour exploiter et dominer les individus. Que l’être humain est créé pour être heureux. Toute forme de corruption naît d’un manque d’amour, de l’égoïsme ou du désir de dominer les autres, de l’orgueil. 

Les chômeurs construisirent des habitations là où il y avait des taudis. Les médecins et les professionnels, plutôt que d’abuser de leur savoir, travaillèrent au même salaire que les autres, sachant très bien que l’intelligence est un don et non un droit.         

Des hôpitaux furent construits, tout comme de nouvelles usines qui répondaient aux vrais besoins du peuple. Puisqu’elles étaient presque complètement automatisées, les profits étaient redistribués en services à la population.  

Les pauvres furent chauffés gratuitement ou presque, selon leur indigence, grâce à l’électricité de l’état. Les agriculteurs apprirent à vendre leurs produits dans des marchés régionaux à si bas prix qu’ils redécouvrirent qu’ils travaillent la terre parce qu’ils l’aiment et non pour s’enrichir. Les peintres, les poètes et les chansonniers jouaient et permettaient au peuple d’être gai. Ils étaient nourris, logés et vêtus par ceux qu’ils amusaient, souvent en échange de la tendresse et de l’amour qui les nourrit.


Les travailleurs ne bossaient plus que vingt heures par semaine, passant le reste du temps à s’amuser dans des sports, des loisirs culturels. Les plaisirs de l’esprit avaient autant d’importance que les plaisirs corporels. On apprit à jouir autant de son cerveau que de son pénis.       

Cependant, la place des martyrs avait été rétablie. Le petit Traqueux ne devenait pas martyr pour ne pas s’être laissé poigner le cul. On savait que ce n’était pas péché, mais parce qu’il refusait de travailler et coopérer à une société pour qui même l’amour était devenu un commerce. Il devenait martyr parce qu’il refusait de servir le dieu d’alors (comme l’argent américain d’aujourd’hui) c’est-à-dire César, ce César qui opprimait son peuple. Il devenait martyr parce qu’il ne pouvait pas vivre dans une société où la violence sous quelque forme que ce soit puisse exister. Il exigeait d’être respecté dans son intégrité — il était prêt à mourir pour l’être — et s’efforçait de respecter les autres dans leur être et dans leur liberté. Sa loi : vivre sa Conscience. 

Les Québécois avaient compris que la non-violence ne signifie pas soumission, mais la conquête de sa liberté par des moyens non violents. Rien ne vaut la liberté, qui n’existe pas sans responsabilité.   

Ils savaient que le péché d’impureté et autres, tout ce vocabulaire répressif était dans le vrai christianisme directement rattaché à la révolution et signifiait la coopération avec l’ennemi. Les révolutionnaires pacifiques n’utilisèrent jamais la peine de mort, pas plus que la punition ou la torture pour s’imposer.   On respectait la liberté de chaque individu qui adhérait au mouvement ou s’en isolait.

Les Québécois avaient compris que chaque individu est responsable dans chaque geste qu’il pose de son propre bonheur et de celui des autres… que dans chaque geste qu’il pose dans un système qui permet la guerre, si ce geste n’est pas pour défendre la justice, la paix et la liberté, il coopère aux meurtres faits par le système.      

Les gens qui croyaient en l’Homme sont devenus non plus un pays, mais une communauté. Chacun s’efforçait d’être non-violent, car on savait que la violence engendre la violence, comme la douleur engendre la douleur, ce qui constitue dans l’immédiat une arme pour le pouvoir et dans la construction du Québec, un danger pour obtenir un changement profond.

La force de persuasion était le bonheur de chaque membre de la communauté. Les curés ne prêchaient plus peur et péché parce que c’est plus payant, mais étaient devenus ceux qui consolaient les malheureux. C’étaient des psychanalystes.    

La souffrance d’un être devint le symptôme d’un malaise dont toute la communauté était appelée à trouver une solution équitable et cette solution devait être acceptée par la communauté et l’individu. Le bonheur de tout un chacun était la plus grande préoccupation de chacun. Plutôt que de se battre, on essayait de se comprendre. Ainsi, dès qu’un individu était persécuté par un exploiteur, tous les hommes cessaient de travailler pour lui à travers le monde. Dès que la violence était signalée des centaines tous ceux qui le voulaient, hommes, femmes, enfants s’assoyaient dans les rues, nus, pour la dénoncer.           

Dans une année, les adeptes de la liberté mirent ainsi fin aux guerres locales, car la horde des journalistes veillait sur les pacifistes pour les protéger, faisant voir à tous les hommes comment on punissait sans raison les pacifistes. Nul ne pouvait dire qu’ils étaient dangereux, ils étaient nus.    

Tout ce processus était suivi de danses, de chants, de plaisir, sans boisson, ni drogue dangereuse pour éviter les erreurs. Tout était à la fraternité. Dès que ce manifestait la violence, tout était paralysé et des centaines de milliers de gens refusaient de participer à la vie économique tant que la non-violence n’était pas rétablie.


Xénéphon se leva et proclama:  

 « Chers disciples. Il faut tuer la peur. Il faut tuer la violence. L’enfer n’existe pas. C’est une forme de répression psychologique pour maintenir l’homme dans la peur, l’asservissement et l’agressivité. Si l’homme refuse de participer à la société américaine et les sociétés qui ont pour but de maintenir l’esclavage raffiné, il est persécuté et parfois même assassiné d’où dit-on qu’il est puni pour l’éternité et même si cette forme de répression physique n’existe plus, la répression psychologique est plus forte que jamais. Soyez sans crainte, si vous vivez l’Amour et la Liberté, vous ne serez jamais tué, vous ne serez jamais violenté, sinon par le système qui s’y oppose. La vie ne souffre aucune contrainte. »

Xénéphon était bien malheureux. La guerre faisait rage dans le pays… pauvre pays. Xénéphon n’avait pas voulu provoquer de guerre en prêchant la liberté au Pakistan. La liberté est-elle donc un bien qui s’apprend nécessairement dans le sang parce que les hommes ne sont pas encore assez sages pour être libres?   

Xénéphon aurait voulu proclamer :       

« Puisque l’homme ne veut pas changer, l’extermination totale et globale de la terre demeure malheureusement la seule solution. »  

Mais Xénéphon savait fort bien qu’il faut, pour que le monde vive éternellement dans la paix que la libération s’opère comme la mutation de la pierre à l’esprit, avec le temps, par une série de défaites, de morts, de naissances et de renaissances.

Xénéphon savait que la permanence s’acquiert par la persévérance et la répétition. La masse des gens n’en était encore qu’à une phase matérialiste. Il était donc normal face à cette vérité que les plus évolués souffrent de cette situation et acceptent même la mort pour que se poursuive la longue marche vers la paix et l’amour. Xénéphon avait peine à maintenir la haine et la violence qui naissaient de son impuissance. Afin d’éliminer ce problème, Xénéphon s’attacha davantage à Éros. Il l’amena souvent au cinéma, lui fit de longues lectures et dans la musique et les caresses prodiguées, Xénéphon réapprit à maîtriser ses mots et ses gestes. Xénéphon s’appliqua à nouveau à vivre sa paix et sa liberté intérieure personnelle. À aimer même ses ennemis.       

« Finies les folies! », proclama-t-il de suite et convoqua ses disciples.     


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