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Un sourire venu d’enfer 39

novembre 25, 2020

Autobiographie approximative

pp. 325 à 335

40

SAQ et les olympiques

Grâce aux fêtes et mon ami Pierre, j’ai trouvé un emploi à la Société des Alcools. Je demeurais juste en face du stade olympique.

J’ai pu constater comment pour le système, en exaltant la fierté des gens, il fut possible de littéralement voler la population en construisant ce stade.

Souvent les travailleurs n’avaient rien à faire. Ils attendaient les plans et les ordres. Cela donnait souvent naissance à d’interminables périodes d’incertitude.

Les compagnies ne s’en plaignaient pas. Ce n’était pas grave, car presque tous les contrats étaient à « coût plus ». Plus c’est long, plus c’est payant pour les constructeurs.

Dans un cas comme celui-là, tout le monde en profite, sauf ceux qui payent la note. Cette fois, c’était la population du Québec, excepté quelques peanuts payées par le fédéral pour se donner le droit de fourrer le nez dans un autre domaine généralement réservé aux provinces : le sport.

Le fédéral se nourrit de notre argent, il ne fait que nous remettre une partie de ce qu’il nous doit. On se sert de la péréquation pour faire oublier que c’est le gouvernement québécois qui paye pour tous les services alors qu’il ne reçoit que 48 pour cent des impôts. Le fédéral, lui, retire 52 pour cent des impôts et ne paye presque aucun service coûteux. On paye plus qu’on en reçoit, même avec la péréquation.

Les interventions du gouvernement ont entraîné un changement de compagnies de construction.

Avant, il avait été possible de compter jusqu’à 300 grues sur le terrain, 24 heures par jour, à des taux de plus de 200 $ de l’heure. Il y avait tellement de grues qu’il était impossible de s’en servir.

Que dire des vols? Il y a eu des camions complets de bois qui sont passés par une porte et sortis par une autre sans s’arrêter. Des moteurs sont disparus.

Le chantier olympique en a enrichi plusieurs comme ce fut le cas dans la construction de la Baie James.

Il est curieux que la Commission Malouf n’ait pas enquêté sur les détournements de fonds et de matériels par de grosses compagnies. Avec le huis clos et la Protection de la Cour, presque au moins le tiers du coût de la construction des installations olympiques a été un vol.

Les mêmes compagnies opéraient à la baie James. Cela a changé avec l’arrivée au pouvoir du Parti Québécois. Grâce à ce changement de gouvernement, on a pu sauver presque un milliard en une année pour les contribuables. La corruption dans la construction n’est pas un nouveau phénomène.

La vraie mafia n’est pas celle dont on entend parler dans les journaux. Elle, c’est la petite pègre. Les bras. La mafia, c’est le gros business, les grosses piastres, les grosses compagnies. Elles peuvent faire crever des milliers de jeunes au Biafra pour du pétrole, faire assassiner le président Kennedy, renverser le président Allende. C’est le langage de la finance. Un langage qui fait trembler tout le monde. La vraie mafia est légale, internationale, voire planétaire.

Elle décide du moment où une guerre est payante, comme le moment où cette guerre doit cesser. C’est la grande machine de l’exploitation. Celle qui décide à quelle classe de gens tu vas appartenir, qui décide ce tu dois croire, toi, le petit subalterne.

Le plus lucratif de toute la machine, c’est la violence. Sans la violence, la domination devient quasi impossible. Les vrais boss vivent de la violence.

Le trafic d’armes et l’exploitation des richesses naturelles, c’est ce qu’il y a de plus payant pour la mafia internationale qui se prétend légale, ce qui est vrai parce que c’est le système dans lequel la plupart des vivants sont esclaves. Personne n’échappe au pouvoir de l’argent.

La mafia, composée des dirigeants des plus grandes multinationales, est savamment aidée dans ses exploits de profits par un deuxième pouvoir : la religion. Elle cherche à rendre les gens dociles. Elle culpabilise pour mieux dominer chaque individu. La religion est la glaise, le ciment qui maintient l’édifice debout. Sans foi aveugle, l’homme ne rêve plus de vie dans l’au-delà. Sans foi, l’homme risque d’exiger d’être heureux durant son passage sur terre. Sans foi aveugle, l’homme risque de se rebeller.

Le troisième pouvoir est celui des communications. Après avoir été « élevés » depuis leur enfance, les hommes réagiront selon leurs connaissances. C’est pourquoi il est important de manier et manipuler l’information. Le quatrième pouvoir est le savoir. Devenir professionnel te permet d’échapper à des salaires de misère. Le gros mange toujours le plus petit.

La société est ainsi prise dans des modes d’intégration qui font que tu dois toujours te mouler à ce que l’on attend de toi avant de pouvoir franchir le cap du succès. Il faut assez t’emprisonner pour que tu ne puisses pas tout fracasser. Parmi les grands moules : le mariage, le couple, la morale sexuelle. Tout le monde est ainsi divisé et doit ainsi tendre vers la société pour échapper au cauchemar de la solitude. Il faut appartenir à un groupe pour maintenir sa confiance en soi. Cela permet une meilleure classification : hétéro, gai, féministe, féminounes, bi, etc.

Depuis 1971, je suis convaincu que la plus grande révolution qui puisse exister sur terre, c’est de cesser de faire le jeu. Cesser toute violence. Forcer les riches à nous respecter, en cessant toute forme de surconsommation. Créer des réseaux de survivance qui garantissent à tous un minimum vital.

Infailliblement, tout va s’écraser. La grande révolution, ce sera quand tous les hommes dans un geste de lucidité s’assoiront et refuseront de se battre. La vraie Révolution, c’est la paix. Alors, le vrai système celui qui manipule autant le christianisme que le communisme, écrasera. Les multinationales seront remplacées par des institutions nationales.

La vraie révolution, c’est une assistance sociale mondiale qui garantit la survivance individuelle partout dans le monde. Un minimum vital qui permet de vivre décemment, un salaire minimum mondial. Et, un salaire maximum mondial.

Il n’y a aucune solution sans solidarité internationale dans un respect intégral partout des droits de la personne.

Je ne crois pas dans les mouvements marxistes-léninistes ou autres, car très vite, ce n’est plus le bien de l’individu, de l’homme qui est visé, ce n’est plus la libération de l’homme qui est récoltée, mais l’esclavage à une autre idéologie, une autre forme de religion.

L’important ce n’est pas le système, ni la nationalité ou la race, c’est chaque être humain. La solidarité de la race humaine est le fondement de l’égalité absolue. Il faut voir à ce que les vrais droits de l’homme soient respectés par tout le monde, partout, quitte s’il le faut d’éliminer les religions et les services économiques actuels pour les remplacer par une structure qui pense d’abord en fonction du bien de l’humanité.

Je crois dans la révolution de la PENSÉE devenue PAROLE.

Il faut lire Les vrais propriétaires de Montréal, de Benoît Aubin. Cela nous permet de comprendre l’étendue de l’exploitation des Québécois par la mafia internationale.

J’aimais bien mon travail à la SAQ.

J’avais perdu l’habitude de la politique, car, ma paternité artificielle avait permis un miracle. Durant une année, à cause des enfants, parce que j’avais peur d’influencer le verdict du procès de Suzanne, je me suis abstenu de presque toutes interventions politiques.

Les libéraux n’étaient jamais parvenus à me fermer la gueule aussi longtemps. Ils n’avaient pas pu m’acheter, ils n’avaient pas pu me faire assez peur pour me faire abdiquer au combat. Il ne leur restait plus qu’à mettre en liens mes antagonismes. La pédérastie et la politique ne vont pas ensemble.

La pédérastie est une reconnaissance de la liberté et du plaisir beaucoup trop grande pour qu’un jour elle soit honorée comme dans la Grèce antique. C’est pour cette affinité qu’on me classe anarchiste. Si je n’étais pas pédéraste, je serais certainement en politique sans aucune restriction. Plus vieux, je serai gai, mais je ferai de la politique.

Pour une première fois, j’ai été aux prises avec quelque chose de plus important que la politique : mon amour des enfants. Les enfants avec qui je vivais. Ils étaient encore plus importants que toutes mes fibres révolutionnaires.

Je me suis assis et j’ai compris que la vie n’est pas la même quand tu as des enfants.

La grève commençait à faire des siennes à la SAQ. J’étais solidaire aux permanents, mais je ne pouvais pas dire un mot, car j’étais seulement un employé en période de probation.

Après avoir travaillé durant les fêtes dans un magasin du centre-ville, j’ai été transféré dans un magasin dans l’est de Montréal, car, les patrons étaient très satisfaits de mon travail.

La situation syndicale m’a entraîné à nouveau à la vie politique.

J’ai appris d’un Italien fort sympathique que la communauté italienne ne partageait pas souvent les prises de position de ses leaders et de ses journaux. Émilio m’a raconté comment, au cours d’assemblées de sa communauté, souvent l’idée de Cotroni de mettre sur pied une espèce de Ku Klux Klan contre les francophones a été écartée de justesse.

Ma vie affective était en plein déclin. J’en étais rendu à percevoir l’amour comme les Américains : une source intarissable de souffrances.

J’étais la souris dont la nourriture céleste était électrisée. Je doutais de mes conceptions sexuelles, de leurs effets sur les jeunes. Pourquoi, contrairement à mes habitudes, avais-je développé mon côté autoritaire avec Patrick? Pourquoi faut-il qu’un rôle social modifie les croyances profondes en la liberté absolue? Pourquoi se pose-t-on autant de nouvelles questions quand on a des enfants?

Je me sentais coupable d’user d’autorité avec Patrick et Yanie, mais je ne pouvais pas accepter l’idée de les laisser tout faire sans intervenir. La liberté absolue, sans limites, me paraissait contre nature.

J’aurais voulu qu’au contraire mon côté pédéraste prenne le dessus. Je constatais que la grande différence entre la pédérastie et la paternité : c’est que le père à moins de tolérance, qu’il est plus écrasant parce qu’il se sent responsable. Il dirige plus sévèrement la vie d’un autre que la sienne. Il connaît sa force et n’a pas confiance dans son enfant. Il a peur pour lui. Quand on se prend pour un père, on s’imagine qu’il faut donner l’exemple, sévir. J’étais grugé par ce que disaient les autres. La vie était devenue quasi impossible. Je travaillais et je buvais. Je ne vivais plus avec eux.

Ma vie amoureuse a pris toute une fouille quand je me suis rendu à une fête du journal Le Jour, à Vaudreuil.

J’ai d’abord bu comme un cochon. Les participants étaient si nombreux qu’on y était serrés comme des sardines. Tassé, écrasé, j’ai été envahi par la beauté d’un petit gars qui se trouvait près de moi. J’ai décidé de le cruiser comme dans les clubs gais que je fréquentais parfois. On passe hypocritement la main là où l’intérêt nous guide. Si tu n’aimes pas, tu te tasses, un signal facile à comprendre.

Mes doigts se sont promenés là où ils n’avaient pas d’affaire. Mes caresses ont vite créé une belle petite pyramide sur le pantalon de mon nouveau dieu. Il s’est écarté, mais j’ai insisté, j’ai recommencé. Quand tu fais des efforts et qu’on t’écrase, tu as comme réflexes de te dire que ça ne sert à rien de vouloir bien faire. J’aurais dû m’apercevoir qu’il ne partageait pas mes goûts, évaluation que j’arrivais habituellement à faire très facilement, l’espace de quelques regards. La boisson aidant, j’ai mal évalué ses réactions. J’ai mis fin à mes grandes aspirations à un défoulement digital et il s’est perdu dans la foule.

Plusieurs minutes plus tard, trois solides adolescents m’ont saisi par le collet.

  • Viens, icitte ! Je vais t’apprendre qu’on ne touche pas à mon chum.

J’étais assez saoul que je ne me rappelais même pas de qui il parlait. J’ai pu faire le lien avec le jeune quand il est venu vérifier sur place la tendresse de ses copains.

Il était tellement beau, j’aurais remis les doigts à la même place et, comme les martyrs canadiens, j’aurais enduré les pires atrocités pour lui dire à travers ma souffrance que je l’aime d’être aussi éblouissant.

Les jeunes m’ont entraîné en dehors de la foule et ils m’ont maudit la raclée de ma vie. Je ne voulais pas me défendre, car j’avais agi en idiot. Je n’avais pas respecté le jeune et j’avais ce que je méritais. De toute façon, ils étaient bien   plus solides que moi.

J’ai eu durant au moins les trois semaines suivantes, le visage tellement tuméfié et enflé que les enfants auraient pu facilement me confondre avec Frankenstein.

Cette aventure en plus de me coûter une nouvelle paire de lunettes a exigé que je me rende à plusieurs reprises à l’hôpital pour des blessures au dos. Il m’a fallu plusieurs semaines avant de pouvoir me déplacer sans douleur et sans canne.

Après on dira que les enfants ne savent pas se défendre… c’est oublier le pouvoir de la « gang».

À Montréal, on fermait les yeux sur le fait que des gais étaient tués ou blessés dans les parcs. La police était aveugle quand il s’agissait d’un cas impliquant un homosexuel battu. Il suffisait qu’un jeune prétende que sa victime avait été tuée parce qu’elle lui avait fait des avances sexuelles pour faire non seulement pardonner son meurtre, mais convertir son geste dégueulasse en bravoure et convertir le meurtrier en héros.

Après des siècles de lavage de cerveau, c’est impossible de contrer le discours de l’autorité, même s’il est basé sur des mensonges et des interprétations farfelues de la vie. Notre très sainte nation a besoin qu’on la purifie de ses membres trop libertins. On peut tuer, blesser, ce n’est pas pire qu’un attouchement sexuel. Il faut vraiment être fou pour en être rendu là grâce aux sermons des curés puis maintenant des féminounes. Je me rappelle pourtant que dans mon enfance, quand les autres me touchaient, je ne me mettais pas à brailler. J’aimais ça.

Deux gais sont des adultes et leur fornication ne changera pas grand-chose dans les statistiques des naissances. S’ils prennent leur condom, il en sera de même du côté de la santé. D’ailleurs, quand on s’est aperçu que la vie de gais permettait à plusieurs d’être plus riches et de dépenser plus, on modifia les règles pour obéir aux besoins économiques. On créa le Village, à Montréal. Un ghetto pour gais. Et, on reconnut le droit aux femmes de faire carrière plutôt que d’être mère. Un droit tout à fait légitime, mais les salaires inférieurs justifiaient cette nouvelle reconnaissance.

Quand on se rendra compte que la pédérastie est un facteur important pour devenir un bon prof, on commencera à comprendre que tuer la tendresse pour obéir à une paranoïa nationale est le meilleur moyen d’augmenter le décrochage chez les gars. On est encore loin du compte, notre système d’éducation, notre culture sont de plus en plus une exclusivité féminine.

Cet incident ne m’a pas arrêté de travailler. J’ai dit à mes confrères que j’avais mis les doigts à la mauvaise place. L’incident fut clos. J’avais ce que je méritais, selon eux, et j’avais couru après, selon moi.

J’aimais mon travail et tout le monde s’accordait bien avec moi. J’étais d’ailleurs le seul à pouvoir dire tout ce que je pensais au gérant sans qu’il s’emporte, car je m’amusais à imiter Trudeau quand je parlais. J’étais une espèce de clown, bien travaillant. J’ai toujours aimé travailler, même si je ne suis bon en rien. J’étais parfois un peu chialeur sur les bords. On ne peut pas être parfait.

Un matin, sans avertissement, j’ai reçu l’ordre de changer de magasin. C’était le transfert ou la porte.

Je me suis rendu aux désirs des patrons la première journée; mais j’ai laissé l’emploi quand on a voulu m’envoyer travailler dans un magasin de la SAQ dans Verdun. J’habitais complètement dans l’est de Montréal, avec Roland, mon frère aîné. Accepté ce transfert signifiait que j’aurais dorénavant à payer davantage pour me loger. Arrangé ainsi, avec les nouvelles dépenses, ça ne me donnait absolument rien de travailler. Je devais me lever à des heures de fou pour me rendre à ce nouveau boulot. Je devais passer presque autant de temps dans le métro et en autobus qu’à l’ouvrage. Les autorités de la SAQ ne voulaient rien savoir. C’était ça ou rien.

J’ai porté plainte au Ministère du Travail qui, après enquête, me donna raison.

La grève était éminente. J’ai retardé à poser à nouveau ma candidature pour un nouveau poste afin de ne pas passer pour un « briseur de grève ». Quand j’ai voulu faire respecter le verdict du Ministère du Travail, la direction de la SAQ m’a envoyé promener. Selon eux, j’avais trop attendu.

Cette fois, je n’y voyais pas de raison politique, même si ce transfert coïncida au fait que je recommençais à discuter politique avec les autres employés.

C’était moins évident qu’au moment où j’avais, à Sherbrooke, été expulsé d’un cours de cuisine, parce que je manifestais trop de plaisir à remettre sur le nez des libéraux qui m’enseignaient, la série d’articles de Pierre Vallières sur la mort de Pierre Laporte. Selon Vallières, Laporte a été une victime du système qui l’a sacrifié à l’unité nationale canadienne puisqu’on en a fait un instrument pour combattre le Parti Québécois. Les fédérastes savaient que sa mort serait condamnée par les Québécois qui refusent la violence. Le gouvernement de Robert Bourassa a-t-il versé la somme d’un million de dollars demandée par la pègre pour retrouver Laporte?

Est-il vrai que Pierre Laporte a été blessé à nouveau quand un sergent, pris de panique à l’idée que l’auto des felquistes puisse être piégée, a tiré dans la serrure, atteignant un Pierre Laporte moribond à l’intérieur du coffre de la voiture? La rumeur alors lancée par les médias électroniques voulait que Laporte ait été attaqué par des maniaques sexuels d’où viendrait de la blessure de cette décharge de fusil. Ce point a été vite démenti à la radio et lors de l’autopsie,  mais  il  a  quand  même  existé  pour  démolir  la  réputation  du FLQ.

Est-il vrai que le FLQ était tellement bien infiltré que chaque minute le gouvernement fédéral était informé de la santé des deux kidnappés (Cross- Laporte) ? C’est pourquoi le fédéral savait très bien que Pierre Laporte était vivant dans le coffre de l’auto, mais le ministre de la Justice fédéral exigeait que l’on s’assure d’abord qu’il n’y avait pas de bombe dans l’auto avant d’ouvrir et venir au secours d’un Laporte mourant. Cela demanda tellement de temps que Laporte en est mort.

Pourquoi Paul Rose a-t-il été reconnu coupable du meurtre de Pierre Laporte alors qu’il n’était même pas présent sur la rue Armstrong quand Pierre Laporte aurait été tué? Pourquoi n’a-t-on pas tenu un nouveau procès quand on a appris ce fait essentiel? La Justice en temps de crise cesse-t-elle d’exister?

Je n’y connais rien, mais je crois que ce sont des questions très pertinentes pour comprendre ce qui s’est vraiment passé. Paul Rose n’a été qu’un bouc  émissaire pour permettre aux autorités de ne pas perdre la face et devoir subir l’opinion publique informée que ce prétendu meurtre était l’œuvre des fédérastes. Ces derniers auraient eu à expliquer : pourquoi n’avait-il pas aussitôt ouvert le coffre et ainsi sauver Pierre Laporte.

À Sherbrooke, j’avais remis le cas de mon renvoi entre les mains d’un avocat de l’aide juridique. Le moins que l’on puisse dire ce ne sont pas des gars qui battent leurs œufs longtemps et fermement.

De plus, j’ai été assez naïf pour croire un conseil des responsables des cours de cuisine, pris pour me trouver un métier me permettant de ne pas vivre aux crochets de la société. Selon eux, si j’en faisais la demande, je serais admis à l’école de Montréal. Je me suis fait avoir encore une fois. Suis-je fou pour être aussi naïf?

J’ai recommencé à boire. J’enfilais la bière et le vin à une allure vertigineuse.

Saoul, je me suis ramassé, sans que j’aie conscience du voyage, chez des gens de Montréal, identifiés à la direction de la grosse pègre. Ils voulaient que je collabore avec eux. Ils me feraient entrer comme journaliste au Journal de Montréal et je n’aurais que de temps en temps à avoir à passer de petits messages pour ceux qui sont en prison. C’était normal si on m’avait remarqué en prison. Sauf que les personnages étaient les dirigeants de la pègre. Je ne me rappelle presque rien de cet entretien. J’ai décliné cette invitation, car je ne suis pas collaborateur de police ou de la pègre. Je suis un homme libre. Je leur fis valoir que je ne pouvais pas leur être utile puisque j’étais un journaliste en chômage et pour longtemps, car personne ne voudra de moi. Je suis retourné chez moi comme j’étais venu, sans même me rappeler si j’étais en auto ou en avion. J’ai pensé avoir été drogué.

Si je gueulais contre la visite de la reine quand j’étais saoul, prétendant même que j’irais y faire la peau, sur le plan politique, je ne faisais plus rien. Je ne croyais plus. J’avais perdu mes illusions. Non seulement Bourassa se vantait, m’avait-on dit, que j’étais son pire ennemi, les péquistes me boudaient. Par contre, je faisais des critiques de livres parus dans le quotidien Le Jour.

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