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Spirale intraprojective 13

septembre 18, 2020

Spirale intraprojective  13

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 106 à 116)

L’éthique que j’ai développée est basée sur le fruit de mes découvertes et je la mets totalement en application.   D’où me viennent ces règles de non-violence et de consentement, d’être responsable et agréable.  

À Val-d’Or, mon procès fut plus politique que moral.  Selon le jeune lui-même (il a été le seul avec son père à témoigner), je n’ai même pas essayé de le masturber, encore moins, de réaliser une fellation … deux plaisirs considérés comme un crime par pure ignorance et fanatisme, rattachés aux préjugés millénaires religieux, entretenus contre l’homosexualité depuis des millénaires.          

Quel manque de discernement dans la gravité des actes !  Neuf mois de prison et ne pas pouvoir enseigné, même être bénévole, ne pas pouvoir quitter Canada,  même après 15 ans.  Si ce n’est pas complètement fou, je me demande ce que c’est.  Cette condamnation a coûté plus cher à la société que si elle m’avait permis de continuer de vivre parmi le monde sans essayer de m’étrangler. Je ne serais pas endetté et je serais un acquis pour la société.
Les changements dans le nombre de fois que ça se serait produit (le nombre 31 a fondu à maximum de deux possible) indiquent bien comment c’était peu sérieux.  La DPJE avait fabriqué deux dossiers différents racontant les mêmes événements. On a pris celui qui semblait le plus vraisemblable et finalement, le juge a cru qu’un père n’aurait certes pas laissé son fils venir avec moi, s’il me savait pédéraste… il le savait. 

C’est pourquoi la police est venue faire une perquisition pour retrouver les poèmes où je parlais de mes amours pédérastes. Quel jeu jouait le père puisqu’il m’informait tout en nourrissant la police ? 

Tous ces éléments ont été ramenés pour discussions quand j’ai demandé un appel; mais quand celui-ci fut entendu,  on a seulement tenu compte de l’aspect technique et légal du premier procès, d’où a-t-on conclu qu’il avait été mené selon les règles de l’or (art).  

Par contre, mon avocat, à la fin de mon procès à Val-d’Or m’avait dit que je pouvais faire déraper le procès en invoquant son manque d’efforts à faire valoir ma défense.  Ce que je n’ai pas fait. Ce n’est pas mon genre de caller les autres pour m’en sortir.  

Mathieu était non seulement libre d’être avec moi, mais aussi très heureux de l’être, car, même durant le procès, il est venu chez moi avec son père pour obtenir que nos projets de voyage ne soient pas modifiés, malgré les événements.  Est-ce parce que tu lui as été touché au sexe que tu l’as blessé, rendu impuissant pour le reste de la vie ?  N’est-ce pas plutôt quelque chose d’agréable ?  Mathieu a-t-il souffert ?  A-t-il été blessé ?  A-t-il eu peur ?  Si tu   consens, même si tu n’as que treize ans, 355 jours, pour satisfaire ta curiosité, te demander ce que tu peux ressentir quand ça se produit, quel est le problème? Ça ne fait pas de toi un criminel ou un malfaiteur.       

Sauf que si tu es jeune et que tu vois et entends tous les adultes devenir hystériques parce que tu as été touché, tu as de grands avantages à devenir la victime.  Et, des inconvénients encore plus incommensurables à dire que ça t’a plus.  On dirait que les adultes qui en ont déjà joui aussi, ça leur fait mal de constater que tu as pu jouir plus jeune qu’eux. Ça les met en colère.     

C’est parce qu’ils le disent que tu deviens sale, même si tu ne sais toujours pas pourquoi.  Leur colère est tellement grande que tu dois nécessairement croire que c’est affreux.  Leur fabulation devient ta fabulation.  Ce sont eux les violents, les agresseurs.


Il est préférable d’être victime que d’avouer avoir bien aimé ça.  Juste à voir les adultes devenir aussi fous de rage, que la police et la télévision s’en mêlent, que des bonnes femmes manifestent devant le palais de justice, tu t’imagines à cet âge avoir participé au pire des crimes.  Tu te sens odieux et tu finis par croire que ces paranoïaques ont raison. 

Pourquoi les adultes n’arrivent jamais à se rappeler le plaisir qu’ils ont eu quand ils ont découvert leur sexualité ?  Pensent-ils que leur âge, leur vitesse d’évolution est la même pour tous… une autre erreur scientifique. Chaque individu a une vitesse de développement sexuel qui lui est particulier.

Trudeau disait que tu n’as pas le droit d’obéir à des lois qui vont contre ta conscience personnelle. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas de remords. Il disait qu’au moment où ces lois ne seront plus respectées par une majorité, elles tomberont d’elles-mêmes.  Trudeau connaissait la marijuana et la pédérastie. C’était impossible autrement à cause de son côté voyageur, ce qui a fait de lui un guide.  Il a formulé un début de loi, selon laquelle tout ce qui se passe dans la chambre à coucher de deux personnes adultes consentantes, ça ne regarde personne. Ce dont je suis parfaitement d’accord, en autant que ça s’applique à toutes les personnes capables de décider si elles aiment ça ou pas.  Trudeau a étudié chez les Jésuites, il ne pouvait pas ignorer la Grèce antique.     

Je n’ai pas à dire à l’autre qu’elle est son orientation sexuelle, ça ne me regarde pas.  Cependant, comme être humain responsable, rejeté à cause de sa pédérastie, je dois communiquer ce pourquoi et comment je le vis puisque je cherche à formuler une éthique qui respecte davantage la réalité humaine et non les récits farfelus des religions.    

Mes écrits ne sont pas une invitation à la pédérastie, mais une tentative d’explication du phénomène et ce que ça provoque.  Ce qui est totalement différent.  Aristote prétend que l’on ne connaît vraiment que ce que nous avons expérimenté.

Je n’ai pas à dire à l’autre qu’elle doit être sa façon d’agir, ça ne me regarde pas. Cependant, comme être humain responsable, rejeté à cause de sa pédérastie, écrivain, je me dois de témoigner.  Je me dois de faire comprendre aux autres que leur morale m’exclut comme être humain alors qu’au contraire, cette connaissance que je propose peut être un atout pour les jeunes dans le monde.  Rien ne vaudrait plus qu’un emploi qui me permette de défendre le sort des jeunes. 

Pour moi, l’aspect négatif de la pédérastie se retrouve plutôt dans l’exploitation commerciale et financière, pas seulement sexuelle, des jeunes, et surtout, au niveau du travail, de la guerre et des drogues.  Je serais un excellent défenseur des jeunes qui sont exploités parce que je les adore.  Pourquoi les policiers s’attaquent-ils aux individus plutôt qu’aux réseaux ?  Serait-ce que la pédérastie est devenue comme une espèce de standard social secret pour riche très puissant ? Une forme de retour aux privilèges de la royauté? Ce droit devrait appartenir à tous.                  
   

Pour moi, le bonheur des jeunes, leur liberté est une priorité.  Je revendique leur droit à leur autonomie ainsi qu’à leur intégrité physique et spirituelle.  Ils ne sont pas qu’un morceau de chair fraîche, ils sont la beauté, l’avenir, l’amour… Je ne peux pas être un danger pour eux, bien au contraire.  Ma propre vie, mes besoins ont toujours été relégués au second plan.   Ceux que j’aime prennent toujours la première place.     

Dans les années 1960, je m’étais présenté dans une clinique psychiatrique parce que j’avais peur que la pédérastie me conduise à la monstruosité.  Il venait d’y avoir le cas Dion, à Québec.  Il avait tué trois jeunes garçons.  J’avais peur qu’un jour je manque de respect aux jeunes que j’adore.  Je craignais qu’avec la peur d’être pris, après avoir fait de la prison, je devienne violent.  Le verdict des trois médecins fut unanime : jamais je ne pourrai être un danger pour un jeune, mais la société sera toujours un danger pour moi. 

Le conseil que l’on m’a alors donné fut de devenir homosexuel, oubliant que tu ne choisis pas ton orientation sexuelle.  Elle est innée et tu n’y peux rien.  L’orientation sexuelle est ce par quoi tu es sexuellement attiré, une attirance définitivement inconsciente et parfois même incompréhensible.  Un vieux ne sera jamais aussi beau qu’un garçon, du moins, selon mes goûts.  Pour certains, ce fut mon cas, la compréhension, l’apprentissage de la sexualité fut un exercice plus long et plus difficile. Le scrupule entretenu m’a nui dans le développement de mon identité sexuelle. L’omerta de la société sur la sexualité fut une catastrophe.


Ce qui a compté pour le système à Val-d’Or, ce sont les ouï-dire et le besoin des féminounes qui manifestaient afin de supposément protéger le jeune (Mathieu avait 14 ans à son procès, il savait donc ce qu’il voulait et ce qu’il faisait).  Un des moyens d’étouffer les jeunes, c’est de faire croire qu’ils sont trop niaiseux pour savoir ce qui se passe. Les féminounes ne sont pas capables de réfléchir par elles-mêmes, sont-elles plus intelligentes?  

Le système voulait, m’a-t-on dit, me faire payer pour mes allégeances felquistes et ainsi me faire taire en m’accusant d’un crime impardonnable dans la société.  Un procès préjugé. Je ne pouvais pas m’en sortir à cause de ce que j’avais déjà écrit et mon passé.       
 
J’étais condamné avant même que le procès ait lieu.           

Une amie m’avait rencontré probablement pour obéir aux féminounes afin que je plaide coupable, sous prétexte de ne pas forcer le jeune accusateur à devoir témoigner.  Je considérais que s’il était assez conscient pour pouvoir me dénoncer, bien qu’il fût coincé lui aussi, il devait l’assumer.         

D’autre part, une grande partie de ce qu’il racontait était faux.  Alors pourquoi aurais-je dû prétendre que c’était vrai et plaider coupable ?  L’avoir touché ou pas, ça n’a pas d’importance, ça ne regardait que nous deux.  Il ne boitait pas après.  Il n’avait connu aucune souffrance en étant avec moi.   Il voulait même revenir.

Sauf qu’en prison, il y a le danger d’être battu pour lui avoir mis la main sur le pénis, une trentaine de fois, disait-il, même si je ne bougeais pas la main quand elle était rendue à destination… C’est assez fort.  On ne parlait pas du fait qu’il portait toujours une ceinture si fermement tendue qu’elle aurait pu le fendre en deux.  Comment aurais-je pu introduire ma main dans son pantalon alors que mon bras était aussi mal-en-point ?  L’important n’est pas si je l’ai touché ou pas, mais s’il le voulait ou pas. J’aimerais bien savoir s’il est circoncis…      

Selon son témoignage, cela ne se produisait qu’au moment où l’on était seul, d’où avait-il amené un ami avec lui.  Or, nous aurions pu être seuls, selon son propre témoignage, que deux ou trois fois.  Cette contradiction prouvait qu’il ne disait pas toute la vérité, mais évidemment elle ne fut pas retenue.  Il prétendait que nous aurions eu des jeux sexuels depuis janvier alors que je ne le connaissais que depuis la fin février ou mars au plus tôt.           

La police avec la DPJ avaient préparé un dossier pour prouver mes attouchements sexuels.  On disait qu’en luttant, je lui aurais mis la main dans la fourche et par conséquent, je lui aurais saisi le zizi.  Quel horreur !   À la télévision, aux jeux olympiques, des lutteurs enfourchent ainsi leur adversaire pour leur coller les épaules au plancher…. On n’en a pas parlé parce que cela faisait peu sérieux d’autant plus qu’ayant été blessé à l’épaule droite (il m’était impossible de bouger le bras droit à plus de 80% lors de l’accident) en novembre.  En janvier, j’avais commencé un traitement chez « le physiothérapeute ce qui était un véritable calvaire et qui exigeait des exercices quotidiens.  

Notre système judiciaire est tellement pourri, que tu risques moins de te faire tabasser pour avoir tué que d’avoir touché au pénis d’un jeune tout heureux de découvrir les frissons.        

Quant au jeune, selon les textes présentés par la DPJ , il me dénonçait pour se venger de ne pas avoir reçu autant d’argent qu’il l’aurait souhaité, même si cette fin de semaine avec lui m’avait coûté une fortune, soit plus de 800$ ( près de 1,000 euros) même si j’habitais un  logement qui me coûtait rien.  Comme son père m’avait dit au retour : « c’est un jeune qui est très dépensier.  Il coûte très cher.»

Son père a aussi vérifié si ma façon de masser son fils était vraiment conforme au massage suédois.  Mathieu avait été malade en arrivant à Montréal.  Nous avions dû retourner à l’appartement.  Là, j’ai constaté qu’il faisait de la fière, un coup de chaleur.  J’ai voulu qu’il prenne un bain à l’eau de plus en plus froide, rien à faire.  Il a cependant accepté un massage, chose que je venais d’apprendre à la suite d’une dizaine de cours.  Jean-Paul est venu à la conclusion que je n’avais que fais un massage selon la manière enseignée.  Tout avait été normal, quoique le fils ait cru que l’étirement des pieds correspondait à essayer de l’amener à me toucher.  Un procès d’intention ? Le problème est qu’à cette époque, on voyait encore le massage comme un péché plutôt que de reconnaître ses vertus thérapeutiques. Il fut si efficace que nous sommes retournés à la Ronde.    

En racontant ceci, je n’ai pas l’intention de prétendre que j’étais non coupable. Mais tant qu’à être aussi puni, j’aimerais aimé que le crime en vaille le prix.  Même un petit toucher ne vaut pas autant de prison.  Mais, ça ne regarde personne puisque le jeune était consentant, libre, et qu’il avait tellement aimé son voyage avec moi qu’il voulait recommencer.  Il lui manquait une semaine pour avoir le droit de décider, car selon la loi, une semaine plus tard, il aurait pu avouer avoir été consentant, ce qui éliminait toutes possibilités de recours en justice. 

J’ai fait mon temps et plus (au complet, je n’ai pas bénéficié du sixième) en prison.  J’ai payé pour ce que je crois être respectable, pour avoir aidé ce jeune à vivre mieux chez lui ; mais au moment où son père vivait un divorce, je me suis ramassé entre l’arbre et l’écorce.  J’ai payé pour la chicane de ménage.  Les mormons chez qui vivaient dorénavant la maman de mon accusateur ont énormément de pouvoir comme toutes les religions.  Ils auraient financé le procès.

La raison de la tenue de ce procès est loin d’être claire.                  

Le père de Mathieu venait de divorcer et son épouse avait joint un groupe mormon auquel elle appartenait.  Celui-ci prétendait également avoir souvent été battu par son épouse, qui faisait venir sa grande copine féministe quand elle n’y parvenait pas.  Il parlait souvent de suicide, ce qui me terrorisait puisque le plus jeune de mes fils adoptifs venait de passer à l’acte.  Inutile de dire que je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai appris qu’il consommait de la cocaïne.         

Le père avait fait appel à mon aide car il n’arrivait pas à se faire écouter par son fils.  Celui-ci ne voulait pas l’aider et les deux, gardant leur position, la maison était aussi pire qu’une porcherie. 

Il prétendait que puisque j’étais venu à bout d’un jeune reconnu comme drogué et voleur, je pourrais faire entendre raison à son fils.  Ce dont je me suis employé.  Cependant, il fut convenu que si le jeune voulait que notre relation se poursuive, il devait lui-même venir me trouver, car je ne voulais pas aller chez lui.  C’était un peu égoïste, mais je trouvais que j’avais assez de problème dans la vie, sans en ajouter un.  Sauf, qu’aider un ami, ce n’est pas pareil.          

La dénonciation est venue d’une féminoune amie de la maman ou de la maman elle-même qui a prétendu que la maison du père du garçon était tellement sale qu’elle était un danger pour Mathieu et sa petite sœur.  La police est allée chercher les enfants et les a remis à un centre, avec l’interdiction pour le père d’entrer en contact avec les enfants.  Il s’agit d’une procédure carrément illégale, car la DPJE n’avait pas encore été consultée.           

La motivation de la mère semble être(si je me fie à ce que me racontait le père) qu’elle avait été accusée par son mari durant un procès pour obtenir la garde des enfants d’avoir eu des gestes sexuels indécents (se caresser) devant sa petite fille de cinq ans.  Le garçon avait décidé de demeurer avec son père plutôt que sa mère. Bizarrement, le dossier de ce procès avait, selon lui, disparu.        

Cette décision de Mathieu avait de quoi évidemment pour frustrer la maman installée chez les Mormons qui se voyait priver de l’âme (l’allocation) d’un de ses enfants… Ce n’est pas pour rien que les Mormons sont la source de la censure des films venant d’Hollywood.  C’est aussi très bizarre que l’on m’accuse des gestes qui ressemblent aux caresses que sa mère se donnait devant la petite sœur.  Étendre la main sur le pénis, ne même pas tenter de le saisir, c’est assez bizarre chez un pédéraste d’expérience, mais c’est pourtant ce que Mathieu a prétendu.  Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé.  Je l’ai touché, on n’a pas le droit dans notre belle société et j’ai payé pour. Il n’y a rien là. Mais qu’un geste aussi banal chante toute ta vie quand certains tuent et sont vite libérés, il y a de qui se scandaliser.           

Cette maladie de vouloir se « fourrer le nez dans le pantalon du voisin » pour commérer, c’est strictement féminin.  Les femmes adorent les dénonciations, et pourtant les gaies sont celles qui parlent le moins de leur expérience.  Elles ont compris que le principal n’est pas d’en parler, mais de pouvoir le vivre sans faire de vagues. 

La libération gaie est la même lutte : le droit d’être ce que l’on veut être, en autant que l’autre ou les autres personnes concernées soient d’accord et n’en souffrent pas.  Notre système a mis au point des dizaines de moyens pour permettre à un jeune de dénoncer les abus sexuels (on n’arrive pas à en faire autant avec le taxage et la drogue dans les écoles).  C’est parfait.  Mais, la calomnie, la médisance, le commérage sont des défauts.  Il y aurait moins de misère dans le monde si les gens se mêlaient de leurs affaires.        

Dès qu’un jeune parle de sexe, les adultes sursautent, gémissent et décident, pour eux, de les protéger.  Leur protection est si efficace qu’elle détruit leur vie à jamais.  Ils ne sont plus sexués, mais ils ne pourront plus jamais être heureux, tellement la répression les aura marqués. 

Il a été prouvé, en Ontario, que la répression sexuelle est l’arme par excellence pour se venger de ceux que l’on n’aime pas.  L’accusé est écrasé si vilement que même s’il est reconnu non-coupable, hors de tout doute raisonnable, il ne s’en remettra jamais.  Les victimes de ce chantage ont-elles moins d’importance que les délateurs ?  Pourquoi les adultes décident-ils à la place de leur jeune?  Pourquoi ne respectons-nous pas leur droit à leur intégrité physique et à leur vie privée ?          

Si Mathieu ne voulait pas se faire toucher, il n’avait qu’à clairement le manifester. C’était un jeu. Il aimait visiblement cela.    

            
 * * *

Nous vivons dans un monde tellement fou qu’il faudrait maintenant pour suivre les préceptes protestants-capitalistes, vivre en catégories : les jeunes avec les jeunes, les vieux seuls, parce qu’ils sont des microbes ambulants.  Ces pauvres vieux n’ont même plus droit à leur animal de compagnie.

Ces malades de la morale oublient que très souvent les jeunes sont très heureux d’être initiés et le sont plus souvent par leurs gardiennes que par des pédérastes … mais c’est une femme, c’est correct, seules les femmes peuvent toucher à un enfant sans être accusées de contacts sexuels …

On a même créé une littérature de la jeunesse pour diviser davantage les jeunes des plus vieux.  Diviser pour régner.  La terre est entre les mains de quelques grandes puissances qui se la divisent.  Elles ne sont pas mieux les unes que les autres. Ce sont toutes des forces impérialistes et dictatoriales, sous des façades hypocrites de  «démocrassie».

Je n’ai jamais compris que si tu n’aimes pas cela, tu retournes sans cesse chez celui qu’on appellera plus tard ton prédateur.  Quelle hypocrisie !  Pourquoi y retourner à maintes reprises, si tu n’aimes pas ce qui se passe ?   Ce retour est, pour le moins que l’on puisse dire, une façon de marquer ton accord.           

**

 C’est comme cette amie qui voulait tellement coucher avec moi qu’elle le fit avec mon meilleur ami pour me rendre jaloux. 

Elle croyait, elle aussi, dans un complot politique contre moi et ajoutait : « penses-tu que tu peux t’en sortir ?  Ils cherchent à t’avoir depuis plus de 20 ans.  C’est évident qu’ils ne te laisseront pas filer maintenant qu’ils te tiennent. » Elle avait aussi entendu la version selon laquelle on se servait de cette accusation sexuelle pour me punir d’avoir appuyé le FLQ dans les années 1970.  On croyait que j’étais le seul terroriste qui avait réussi à leur filer d’entre les doigts.         

Ce sont des petits détails de ce genre qui m’ont persuadé d’être pourchassé par le système à cause de mon adhésion aux buts du FLQ, même si je n’acceptais pas les moyens employés.  Puisque les mesures de guerre n’existaient plus, on ne pouvait plus me planter.  Je ne voyais pas en quoi ce passé pouvait me rattraper, après plus de 20 ans ?  Mais à The Pas, en 1989, la police avait fait ressortir des conversations de taverne que j’avais tenues plusieurs années auparavant, donc, on avait un dossier sur ma pauvre petite personne.  Même si je disais que le dernier referendum de 1995 a été volé par les fédérastes, en désobéissant à la loi, je ne préconisais quand même pas la violence.  J’avais même démissionné comme président de la Société nationale des Québécois de Val-d’Or. 

Par contre, le programme des commandites montrent jusqu’à quel point il était important pour le fédéral de passer le rouleau compresseur, après le référendum.

Je me rappelais qu’avec mon petit punk, la police de Val-d’Or avait un comportement débile.  Après qu’il eut été un an avec moi, qu’il eut cessé de voler, il y avait toujours un policier qui le harcelait verbalement, lui demandant quand il recommencerait à voler, lui disant qu’il s’ennuyait de ne pas lui mettre la main au collet, etc.  La police ne pouvait plus le battre.  On ne pense pas possible qu’un adulte puisse aimer un jeune sans plaisirs sexuels.  Vrai ou faux, en quoi cela les regarde-t-il, si le jeune l’accepte et aime ça.          

Les rapports sexuels le traumatisaient-ils plus que les raclées que la police lui donnait avant de lui dire «d’aller se faire consoler par son vieux en haut de la côte, en se faisant manger la queue ?             

Mon amie me disait que sur le plan sexuel je n’étais pas très dangereux, car on ne m’arrêtait qu’à tous les 10 ou 20 ans.  Ce qui me conduisait en 2020 environ avant de récidiver.  Effectivement, j’ai toujours cru (et je le crois encore) que les jeunes avec lesquels j’ai eu des rapports sexuels aimaient ça autant que moi.  C’est évident que j’essaie de les séduire, de les amener à accepter, c’est ça «cruiser», même entre hétéros. C’est une condition que je me suis toujours imposée.  Évidemment, il est normal quand les policiers s’en mêlent, que les parents deviennent fous, que le jeune nie cette liberté, car il pense à ce que les gens vont dire de lui. 

La première fois que j’ai été accusé, je n’avais que 20 ans, j’étais obsédé par la culpabilité, par l’idée de péché ; moi, qui voulait être un saint.    

Nous avions décidé, moi et un ami qui avait quinze ans environ, de nous masturber mutuellement afin de ne pas devenir des agresseurs sexuels, car nous avions peur de violer une fille tant nous rêvions de leur faire l’amour.   À remarquer que plus tard, la société ayant évoluée, je n’aurais même pas été poursuivi, car c’était devenu légal (le consentement était dorénavant de quatorze ans).         

Quand je suis sorti de prison, j’ai fondé les Disciples de la croix, un organisme voué à la sainteté qui a duré jusqu’à la beauté d’un des disciples…  Pour être saint, il faut fuir les tentations, oubliant que sans ces tentations la sainteté n’existe pas.  La vie est l’école de la modération, du juste milieu, de la nécessité, de la non-violence.  Tu n’as pas commencé à maîtriser toutes tes leçons que déjà tu es dans un autre monde.     

Cette fois, j’avais été vendu parce que je refusais par principe de payer 0.25$ à un autre jeune.  Pas un sou pour le sexe, un geste d’amour…  Je faisais de la radio à St-Georges-de-Beauce et j’étais un commentateur qui n’avait pas froid aux yeux.  De plus, je travaillais pour un journal bleu (de l’Union nationale), alors que Jean Lesage était au pouvoir.  Je me sentais affreusement coupable d’être pédéraste.

Cela explique sans doute que l’on ait réussi à me faire avouer ma culpabilité à une vingtaine d’accusations dont je ne connaissais même pas l’existence… Je voulais en finir au plus vite …  Je voulais payer pour me racheter d’avoir ce vice, quel con !  J’ai ainsi payé pour les bêtises sexuelles du concierge de l’école, car c’était lui que les jeunes dénonçaient, en le prenant pour moi.  Et, c’est alors que j’ai commencé, dans ma paranoïa, à mélanger sexe et politique. 

La deuxième fois, plus de dix ans plus tard, je demeurais avec une femme qui, comme moi, croyait à l’école libre et à la liberté sexuelle.  Cette fois, la liberté sexuelle était devenue un acte de foi.          

Au début de ce procès, un jeune se mit à pleurer, se demandant s’il disait la vérité ou s’il disait ce que la police exigeait qu’il dise, ce qui fit se récuser le premier juge.        

À entendre les déclarations au procès de Suzanne, nous avions forcé les jeunes à avoir des relations sexuelles, ce qui était totalement faux.  On disait que nous leur avions même payé des jeux vidéo pour les séduire. On ajoutait que parfois on aimait vivre nu chez nous, dans notre appartement. 

Nous avions été dénoncés par un des petits amis du garçon de Suzanne, Patrick, parce que Patrick avait refusé de lui donner des croustilles.  Pour se venger, il avait dit à ses parents outrés que nous vivions nus dans notre appartement.  Les parents avaient aussitôt appelé la police.  Aujourd’hui au moindre incident, on réfère à la police plutôt que de régler nos problèmes entre nous.  Les parents n’avaient rien voulu savoir des explications de Suzanne, même que nous avions interdit aux jeunes de venir chez nous le matin, car nous ne voulions pas nous promener nus devant eux.  Ce qu’ils n’avaient pas respecté. 

À la reprise de mon procès, avec un nouveau juge, la police ne pouvait pas me faire coffrer parce que je n’avais pas eu de relations sexuelles avec les jeunes.  On pouvait seulement retenir que dans un jeu, initié et organisé par les petits eux-mêmes, j’avais baissé mes pantalons, branlé le derrière quelques secondes avant de me ré enculotter alors que je ne portais pas de sous-vêtement.  Les policiers et le père d’un des jeunes étaient littéralement hystériques.  Ils voulaient absolument ma peau.   

Dans de tels cas, la réaction de certains parents est si folle qu’on dirait que les enfants ont été tués.  Comment un (une) jeune ne peut pas être traumatisé(e) quand la mère dit à la télévision qu’en apprenant ce qui s’était passé dans un autre procès à Val-d’Or (un bonhomme fringant, en caleçon sur le lit), que sa petite fille était devenue si sale à ses yeux qu’elle avait peine à la regarder maintenant.  Si ce n’est pas un comportement de malade, je me demande ce que c’est …

Le juge qui reprit le procès de ma deuxième cause prétendit que même si cela se faisait couramment en Europe, je n’avais pas à éduquer tout le quartier.  Il oublia que je devais être cohérent avec ce que je crois. 

En prison, j’ai rencontré un homme avec qui je suis facilement devenu ami.  La journée de mon départ, il a demandé à me voir pour me dire qu’il admirait ma franchise, car lui aussi, un prêtre, un ami du ministre de la Justice d’alors avait été condamné pour avoir touché une petite fille, mais jamais il n’osait pas en parler.  Moi, je crois dans le droit à la nudité.  Je n’y vois aucun mal.       

En prison, j’ai parlé de ma pédérastie et de la révolution.  Heureusement, Suzanne venait me voir, ce qui m’empêcha probablement d’en manger une bonne, grâce à un dirigeant de la mafia italienne incarcéré pour outrage au tribunal (ayant refusé de dénoncer) et qui plaida pour moi quand on lui proposa de me faire la peau.  Il considérait qu’il faut être complètement fou ou courageux pour parler aussi librement de ses accusations quand il s’agit de sexe.          

En tôle, tout se sait.  La mafia m’a souvent exprimé le fait que des gars dans mon genre, on leur casse les jambes ou on les tue.  Cependant, exceptionnellement, on admirait que j’aie le cran de me battre seul contre le système pour ce que je crois.  Par contre, je meurs de peur quand je songe que ma vision du monde ira à l’encontre de leurs intérêts puisque je suis absolument contre les grosses drogues et pour la prostitution sur un plan personnel.  Avec la violence, les drogues dures sont les pires ennemis de l’Occident.  Des générations complètes sont sacrifiées aux bénéfices de la vente des drogues dures. Les pilules sont aussi des drogues.

Après ma sortie de prison, je suis retourné à la poésie.  J’ai manifesté dans les rues de Montréal avec Janou Saint Denis et les autres poètes… J’étais l’archange Foin Foin venu annoncer la fin du règne libéral.  Nous voulions aussi le droit de voir descendre les arts dans la rue et cesser de les cloisonner, de les séparer.  Un écrivain, c’est aussi un artiste.  C’était pacifique et nous avions bien du plaisir à être poète. On venait aussi de vivre Corridart, une exposition interdite avant même qu’elle ait lieu.  La moto d’un des policiers qui nous escortait s’enlisa.  Nous avons dû la pousser, ce que le photographe de la Presse ne manqua pas de voir.  Une petite vie de jouisseur … À cette époque, Montréal vivait une répression artistique totale.  Le système avait peur de ce que les artistes exprimaient, face à la sexualité et surtout le politique.        

Un an plus tard, un autre juge a prononcé un non-lieu dans le cas de Suzanne, la mère des deux enfants avec laquelle je vivais.  Selon lui, nos deux enfants avaient amplement souffert de la situation.  Les enfants poursuivaient toujours leurs études dans une école libre, type Summerhill… la Maison des enfants, à St-Hilaire.  Toute une aventure, mais enfin, un juge fut assez intelligent pour choisir d’être assez humain pour comprendre.    
                            

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