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Un sourire venu d’enfer 47

décembre 3, 2020

Autobiographie approximative

pp. 387 à la fin

À cette époque, je me prenais pour un grand poète incompris. L’écriture comptait déjà autant, sinon plus, que les petits gars. Je devais trouver un métier que j’aime et oublier ma révolution. Mais, en même temps, j’étais assailli par une remarque de Raoul Roy, l’écrivain.

  • Karl Marx essayait de sauver le monde avec ses grandes théories alors que sa famille crevait de faim.

Je ne voulais pas être un de ces « preachers ». Je ne cherchais pas le pouvoir, je cherchais ma place dans une société de plus en plus puritaine. Était-ce un retour à nos sources canadiennes-françaises, Port-Royal, le royaume des chercheurs de sainteté.

Plus je réfléchissais, plus devenir enseignant me semblait le premier pas à faire dans la bonne direction.

C’était la fin de ma carrière de révolutionnaire. Le hasard fit que je m’en irais dans l’enseignement puisque c’est tout ce que je savais faire. Il fallait enclencher le passage progressif de la pédérastie à la vie gaie. Il me fallait apprendre à jouir de la vue de la jeunesse sans la boire.

Je dois avouer que ma vie sexuelle fut toujours pour moi celle de l’enfant : un pervers polymorphe. Tant qu’il y a du plaisir, le sexe est un maudit beau passe- temps. Il n’y a aucune violence dans le sexe, seulement du plaisir. Les pervers sont ceux qui sont guidés par leur frustration.

Je découvrais la vie gaie. Les soirées dans les clubs à espérer qu’une personne me remarque et m’invite à terminer la nuit avec elle.

Quelles joies d’avoir rencontré Raymond Paquin, un professeur de Rouyn- Noranda, perdu dans les tavernes gaies, de Montréal, où nous nous sommes croisés. Tout ce qui comptait avec lui, c’était de rire et de baiser.

Une autre découverte incroyable : des bonshommes pouvaient croire que j’étais beau et me vouloir. J’avais ce besoin intérieur : me sentir désiré physiquement, mi, qui m’ai toujours cru très laid.

Rien n’était capable de nous arrêter. On aimait se rendre dans un restaurant et après avoir commencé à manger, se lever et chanter « L’Internationale« , l’hymne communiste, juste pour le plaisir de voir les gens capoter.

Une autre fois, nous nous étions rendus dans un club de danse hétéro et nous avons d’abord dansé un rock and roll ensemble, puis, un « slow cochon ». Les gens voulaient nous tuer. J’ai sauté sur une table, mais en rejoignant le plancher, je me suis tordu une cheville. J’en ai eu pour des semaines à en rire et à boiter.

Paquin pouvait payer la traite à tout le monde, mais il y avait toujours une condition : être drôle, agréable. Quand j’étais trop sérieux, il me faisait fumer  un petit joint: un party garanti.

Parfois, on se rendait sur la montagne, là, où j’ai connu ce que c’est de devenir le centre d’une orgie collective, d’avoir une dizaine de langues qui essaient de trouver un pouce de chair à lécher. C’était bien des plaisirs, mais ça ne me conduisait nulle part.

J’aimais autant aider Raoul Roy dans son imprimerie. Le soir, quand je ne savais pas où aller coucher, je me rendais chez lui et il me prêtait son divan. Le lendemain, je l’aidais à imprimer ses multiples livres. Je me suis beaucoup attaché à ce personnage inconnu de notre révolution alors qu’il en fut un des plus grands intellectuels.

Sauf pour l’indépendance du Québec, on n’avait pas toujours les mêmes idées, loin de là, mais il m’apprenait que la révolution est un travail sans relâche de communication et d’éducation. Fidèle au Général de Gaule, Raoul Roy était un passionné de l’indépendance et du socialisme. Nous parlions peu, nous agissions. On passait des journées à imprimer ses livres.

C’est un personnage très coloré, avec sa petite barbiche à la Lénine. Par contre, il était prisonnier de notre passé collectif. Il refusait qu’un individu se dise Québécois plutôt que canadien-français. Cette évolution était, selon lui, une régression, un moyen de diluer notre désir de créer une République. Il n’acceptait pas que les Canadiens anglais nous aient volé jusqu’à notre nom. Il prétendait aussi que si le Parti Québécois prenait le pouvoir, l’indépendance ne se ferait jamais parce que les gens commenceraient à déléguer cette mission de créer un pays à nous au parti péquiste plutôt que de continuer à s’investir pour la cause.

Raoul s’était aussi rendu en Israël faire une recherche sur Jésus qui donna son livre Jésus, guerrier de l’indépendance, publié à Parti pris, une des plus grosses maisons d’édition à cette époque.

C’est à partir de lui que je tenais que Jésus était profondément en amour avec son petit cousin de quinze ans, Saint-Jean l’évangéliste. Dans l’Évangile de Saint-Jean, bible de Jérusalem, l’auteur indique que ses disciples bien-aimés étaient couchés nus, en attendant Jésus au Jardin des Oliviers. Raoul prétendait qu’à cette époque de l’année, les gens ne pouvaient pas être couchés nus à moins d’être collés les uns aux autres.  C’est difficile de vérifier puisqu’on n’y était pas.

C’est aussi pourquoi j’ai dit dans une émission de radio sur les Rhinocéros en Abitibi, puisque Raymond Paquin s’était présenté candidat aux élections fédérales comme rhinocéros, que j’étais St-Jean, le petit serein de Jésus-Christ.

Nous buvions et fumions beaucoup. Ce n’est pas une excuse, mais une réalité. J’ai dû redescendre à Montréal sur le pouce puisqu’on voulait me faire la peau, tellement ça avait choqué beaucoup de gens.

Dans ce voyage, en passant à Val-d’Or j’ai pressenti que cette ville serait très importante dans ma vie, mais je ne savais pas pourquoi. Je suis passé par le lac Saint-Jean pour le retour. J’ai dû coucher en prison, car la police craignait que je sois attaqué par un ours durant la nuit.  Ce détour me permettait de connaître une autre partie de notre merveilleux Québec.

Je suis maintenant convaincu que la peur qu’on entretenait quand j’étais petit concernant les gros méchants loups qui rôdaient pour décapiter les petits gars m’a profondément marqué. Elle a manifestement retardé mon évolution sexuelle vers l’homosexualité, ce qui est quand même mieux accepté que la pédérastie. La pédérastie est une forme de fixation dans son identification sexuelle. Un mécanisme de défense. C’était du moins mon cas.

Durant des années, j’ai voulu affirmer mon exclusivité aux petits gars, mais la vie m’amenait lentement à cesser de croire dans les peurs de mon enfance. Freud a bien raison, nous sommes d’abord des pervers polymorphes. Il était inévitable qu’un jour je me retrouve dans la peau d’un gai. Il suffisait de rencontrer l’homme qui me ferait faire le pas de la transformation quant à mon identité intérieure. Dans ce domaine, l’évolution est très lente.

Par contre, le plus fondamental dans une orientation sexuelle demeure ce par quoi tu es attiré. Je ne crois pas que l’on change dans notre vie à ce point de vue.

Ma peur des hommes n’était pas toujours consciente, c’était un traumatisme enfantin.  Mon attrait pour la beauté juvénile était ce que je vivais de plus profond.  Par contre, ce qui me permit de modifier ma façon de voir les choses; fut que j’étais disponible à tout ce qui m’attirait, me fascinait. J’appelais ça mon « petit côté putain ».

C’était d’abord les petits gars à cause de leur jovialité, leur complicité et l’absence de peur inconsciente. L’inconscient joue un rôle déterminant dans tes choix sexuels. La vie humaine est très compliquée à comprendre et la vérité est encore plus difficile à déterminer. J’ai commencé à justifier la pédérastie en y voyant l’avantage de ne pas être mis en danger par le sida et un moyen de combattre la surpopulation.

J’ai aussi compris que la bigoterie conduit à l’homophobie.

C’est aussi ce qui se passe aujourd’hui au Québec. En condamnant globalement la sexualité, les jeunes ne saisissent pas les nuances.

Ton rapport avec la sexualité est fondamentalement le même qu’avec la liberté.

C’est surtout vrai chez les filles. Pourquoi les féminounes sont-elles incapables de valoriser la sexualité? Le discours sexuel est nettement plus négatif pour les filles que pour les garçons. C’est strictement une question d’éducation. La société a créé les règles pour éviter que les problèmes des pauvres se répercutent sur les bourgeois, en créant une morale mur à mur.

Le sexe est associé au mal plutôt qu’au plaisir sans aucune raison valable. La phobie du sexe chez les femmes est strictement à mon avis due au fait qu’elles sentent, même si ce n’est pas ouvertement dit, toutes les peurs que notre civilisation charrie depuis des siècles. Ce sont des peurs sociales qui viennent particulièrement des religions.

La société a été composée à partir des lubies des mâles. Ce n’est pas étonnant que les gais soient presque sur la même longueur d’onde que les femmes, car celles-ci n’ont pas à craindre la pénétration avec eux, tout en ayant droit à toute l’affection, la tendresse qu’elles cherchent.

J’ai toujours été très mélangé dans ces choix sexuels pleins de nuances. La seule chose dont j’étais certain, c’est que le plaisir sexuel ne peut pas tolérer la violence. Les rapports sexuels sont un échange d’énergie, de complicité, de fascination autant que le plaisir charnel, lui, est strictement génital  et se limite souvent par la pénétration par en avant comme par en arrière.

Dans le fonds, je préférais probablement les petits gars parce que je détestais et craignais la sodomie. J’ai même découvert les plaisirs de la fellation que devenu adulte.

La vie me prouvait quotidiennement que ce que l’on racontait sur la pédérastie était absolument faux. Le sexe avec les petits gars passe nécessairement par le jeu, par l’affection mutuelle. Une masturbation. Des caresses. Une fellation. Et pour certains, la sodomie. Pour voir ce que ça fait. Quel plaisir ça apporte.

C’est pourquoi c’est absolument faux de prétendre qu’un jeune peut être traumatisé par de telles expériences, s’il n’y a pas de violence ou de domination. Dans la pédérastie, le vrai et seul maître est le jeune. Il a le pouvoir de te rendre heureux et celui de t’envoyer en enfer s’il décide d’en parler. Il ne ressent pas les joies sexuelles différemment d’un adulte. Le plaisir peut-il traumatiser ?

Mais, il existe des psychopathes qui sont dangereux parce qu’ils sont frustrés sexuellement. C’est le contraire de ce que prétend la loi qui appelle un jeu sexuel, un abus, une agression. Je ne pouvais pas supporter de tels mensonges d’où je me suis créé une vocation, soit de rétablir la vérité et d’éliminer ce qui m’avait tant blessé, soit la peur des relations sexuelles avec des gars plus âgés. Je ne voulais pas qu’à l’avenir, les jeunes aient à souffrir de l’ignorance quant au sexe que moi j’avais vécu. Mon livre Dieu et le sexe visera strictement la nécessité d’avoir des cours d’éducation sexuelle qui ne soient pas une mise en garde, mais une source d’informations. La vérité, voilà ce qu’il faut enseigner et non les débilités religieuses.

J’identifiais le problème sexuel à l’ignorance, rien d’autre.

J’avais rencontré un groupe de jeunes garçons qui prenaient plaisir à venir me visiter strictement pour une fellation. Ils prétendaient même que je leur appartenais. Une voisine qui aimait boire avec moi l’apprit à ses dépens. Les jeunes se sont présentés à mon insu chez elle pour la menacer si elle continuait de me fréquenter.

Les jeunes ne se sentent jamais inférieurs à un adulte, à moins que celui-ci joue le gars en situation d’autorité. L’égalité homme femme sera bien plus difficile à réaliser que l’égalité homme petit gars. On ne parle jamais d’égalité homme femme enfant.

Les jeunes savent qu’il n’y a pas que les bras musclés dans notre monde. Le gabarit adulte n’a rien à voir avec la peur du jeune, à moins que l’on parle de pédophilie, là, où l’enfant à moins que l’âge de consentement.

Les autorités peuvent très facilement te faire mettre en prison pour des raisons sexuelles et les jeunes le savent très bien. Les féminounes prêchent leur censure aux jeunes. Ce sont des adeptes inconditionnelles de la censure. Elles imaginent les jeunes comme elles, soit  à la merci de tout ce qui bouge. Elles les sentent comme elles se sentent.

Ainsi, on maintient chez les jeunes la honte du sexe. Les jeunes doivent se cacher de leurs parents ou aux adultes pour vivre une expérience. C’est à mon sens ce qui amène ce genre de relations à pouvoir être dangereuses, car le jeune qui est vraiment en danger ne voudra pas en parler, avec raison, car on a créé un véritable enfer autour du mot sexe. Il ne veut pas être identifié à sa sexualité.

Si au contraire il pouvait en parler très librement, l’exploitation et la domination ne pourraient pas exister. En ce sens, les parents et les éducateurs doivent mettre les jeunes à l’aise pour parler de ce qui pourrait les troubler.

Mais dans notre société puritaine actuelle qui serait assez fou pour oser le dire?  Si les jeunes vont à répétition avec un bonhomme, c’est qu’ils y trouvent des avantages et des cadeaux. Il n’y a rien qui les oblige, sauf que la morale veut que ce ne soit pas possible. Les jeunes sont innocents. Une vérité d’aveugles. Les « spécialistes » seraient mieux d’avoir vécu un peu avant de répandre de tels mensonges.

La pédérastie est basée sur la séduction et non la domination.

On a beau dire que ce n’est pas grave, tout le monde en parle, donc, c’est sûrement quelque chose d’important. Par contre, on confond pédérastie et pédophilie comme si c’était la même chose. Le cerveau des jeunes ne changent pas.

La pédérastie est fondamentalement un plaisir, sinon jamais un jeune ne consentirait. Elle fut un sourire dans ma vie. J’ai connu les plaisirs sexuels dans mon enfance et je peux jurer que je n’ai pas haï ça et que je n’en ai jamais souffert.

La pédérastie m’a amené à adopter deux petits gars adorables. Et, finalement, chercher à me connaître fit que je ne retrouve en couple avec un gars de mon âge. Mon père serait sûrement bien content de l’apprendre, s’il ne le sait pas déjà. Contrairement à ce que je croyais, un pédéraste peut devenir un gai.

C’est étrange que ce plaisir sexuel soit plus décrié que la domination économique des gens. Une fraude modifie la vie de ceux qui la subissent. Les drogues détruisent des vies des jeunes. Ces actes ont pourtant plus de répercussions sur les gens que le plaisir de se faire masturber ou sucer, mais eux, ils ne sont pas criminalisés. La morale sexuelle religieuse sculpte la grande mafia mondiale économique.

J’ai écrit sur la pédérastie pour défendre le droit des adolescents à leur sexualité. Ce ne sont pas que de beaux mots à l’intérieur d’une charte, mais un droit fondamental.  Ils ont droit à leur intégrité physique. Ils ont le droit à une vie personnelle, en dehors du regard et du jugement  des adultes.

L’autre motif fut de faire comprendre que de jeunes victimes sont tuées parce que les prédateurs ont peur de ce que pensent les autres, de ce que la société exigera comme vengeance, si jamais le jeune à qui il laissera la vie, les dénonce. C’est aussi une réalité. La vie est beaucoup plus importante et fondamentale que la chasteté.  La mort d’une seule victime exige que l’on s’interroge à savoir si l’isolement dans lequel on essaie de cloîtrer les pédophiles n’est pas responsable d’avoir créé par la peur cette maladie mentale qui fauchera une vie.

Finalement, même si j’ai réussi à être détesté par la majorité des humains parce j’aurai eu le courage de dire que je suis pédéraste.

Il est essentiel de s’aimer, même si on est pédéraste (amourajeux) si on veut être capable d’aimer les autres.  

Les religions nous noient dans une culpabilité qui modifie notre réalité humaine. Il est impossible que Dieu ait créé le péché de la chair parce que s’il existe, il sait que l’amour  est ce qu’il y a de plus important dans la vie de chaque humain. Dieu n’est pas assez débile pour créer des catégories d’amour.

1978

Révisé en 2012

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