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Spirale intraprojective

octobre 14, 2020

Spirale intraprojective  39

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 375 à 385)

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L’idée d’un gouvernement continental et d’une confédération canadienne n’a rien d’incompatible avec la nécessité d’un Québec indépendant, bien au contraire.  

Pour qu’une telle union soit possible, il faut que le Québec soit déjà indépendant. 

On ne peut pas toujours demander à des anglophones de prendre les décisions pour la culture francophone.  Étant donné que l’on est les plus petits il faut être encore plus consciencieux et plus exigeants, car les plus gros ont toujours essayé d’avaler les plus petits. 

La terre n’est pas seulement un marché comme semble le penser l’Angleterre, même si elle l’est aussi.  La terre est notre jardin de jeu.

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Aujourd’hui, je me rapproche plus de la pensée que j’avais adolescent de notre structure politique : un Québec indépendant dans une vraie Confédération, si elle est possible puisque il ne faut pas être seul pour créer une telle structure.  Le Canada anglais ne veut, de plus en plus, rien savoir de nous et le Québec ne peut pas faire partie d’un Canada centralisé comme aujourd’hui. 

Dans le fonds, même si je le dis autrement, c’est comme ce prône actuellement M. Bernard Landry. 

Tout comme je n’ai jamais trahi mon sentiment indépendantiste, je n’ai pas trahi ma pédérastie. 

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Dans les deux cas, il faut lutter contre le fanatisme, le racisme et toute forme de discrimination basée sur le sexe, 

Notre perception de la sexualité témoigne de notre ouverture d’esprit et de notre capacité à la compassion.          

D’autre part, je ne nierai jamais avoir appuyé les buts du FLQ, d’avoir été surexcité par leur pouvoir; mais j’ai toujours cru quand même qu’un humain ce doit toujours d’être humain.  C’est facile de juger les autres, c’est plus difficile de faire mieux.  Le monde actuel manque d’idéal.       

De la religion, je ne conserve que l’Évangile selon Saint-Jean, qui est la plus belle philosophie de vie que je connaisse et que l’on retrouve dans toutes les religions si on élimine le fanatisme. 

Mon bon ami, l’écrivain Raoul Roy, prétendait avoir trouvé la preuve que Jésus était en amour avec son petit cousin, Saint-Jean, qui n’avait que 15 ans.  Il appuyait son argumentation sur un passage dans l’Évangile où il est dit que les apôtres étaient couchés nus.  Selon Raoul, Jésus était le chef pacifiste de la rébellion alors que Barrabas était le chef militaire.  C’est ce qu’il exprime dans son livre Jésus, guerrier de l’indépendance. 

Je ne sais pas, je n’étais pas là.  Par contre, je pourrais être jaloux, car Jésus serait le plus célèbre pédéraste avec Michael Jackson.          

En ce sens, je suis avec mes 58 ans, un anarchiste, mais un anarchiste qui veut redéfinir l’anarchie, en éliminant toute pensée de violence. La violence est le pire ennemi de l’homme et non la matérialité ou la sexualité. Mais que faisons-nous quand c’est la société qui nous agresse ?

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Dans un monde vraiment libre et démocratique, il ne peut pas y avoir de violence aveugle, de fanatisme et de domination.  Par contre, il faut faire la nuance entre la force et la violence.  La force est nécessaire, mais elle doit être contrôlée.
  
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J’ai toujours eu comme but ultime d’améliorer le Québec,  Je ne sais pas si des ministres ont lu mes nombreuses lettres, mais chose certaine, ce que je prétendais arrivait presque toujours.  Il y a, bien évidemment, certaines analyses qui passaient à cent milles à côté, mais sur la question nationale comme la pauvreté, je me suis rarement trompé.  Je crois que l’on connaît bien seulement ce que l’on vit.

C’est en ce sens que j’aimerais travailler pour venir en aide aux pauvres et aux décrocheurs.  Mais, si on ne veut pas de moi au Québec, je ne vois pas pourquoi je m’y attacherais à ce point.  

J’ai constaté encore plus que les francophones à cause de la division fédérale-provinciale créent une double bourgeoisie ou si l’on veut un deuxième groupe d’exploiteurs.  Les francophones se nuisent en se divisant entre les indépendantistes et le colonialisme anglophone.    

Les francophones ne devraient pas être à Ottawa pour créer un ghetto, mais pour défendre l’intérêt de tous les francophones, même hors-Québec.  Dans les autres provinces du Canada, seuls les Amérindiens sont plus malmenés que les francophones.  L’assimilation n’est pas galopante pour rien.             

Le Bloc québécois devrait, à mon avis, s’étendre suffisamment pour pouvoir prendre le pouvoir au même titre que les libéraux fédéraux.  Pourquoi n’y aurait-il pas une aile extérieure au Québec qui se batte pour l’autonomie du Québec et la francophonie? Pour eux, le meilleur moyen de se débarrasser du Québec, c’est de les aider à devenir indépendant.    

L’existence du Bloc québécois doit reposer malgré tout sur la défense en priorité des intérêts du Québec, sur la survivance du fait français en dehors du Québec, au Canada.  

Le français garantit une différence culturelle avec les États-Unis, une distinction marquée et profonde.  Par contre, plus le Québec glissera vers la droite, moins le Québec sera différent des autres.           

Quant au Parti québécois, il est aussi bien dirigé par Bernard Landry que Lucien Bouchard ; mais il a besoin d’un sérieux coup de barre à gauche… Il est rendu plus à droite qu’au centre, il est presqu’en compétition avec Mario Dumont et son ADQ.  L’étroitesse d’esprit de l’ADQ est peut-être une suite logique, mais pas nécessaire, de la défaite du referendum de 1995.  Il ne s’agit pas seulement de prendre sa place au Canada, comme il le disait Mario Dumont à la télévision, mais de commencer à exister comme peuple.      

Si le fédéral continue de mettre le nez dans les juridictions provinciales, non seulement les citoyens continueront d’être mal servis en termes de services, mais les gouvernements provinciaux deviendront de simples gestionnaires des fonds fédéraux au Québec.     

Jean Chrétien veut avoir l’impression d’avoir battu tous les séparatistes avant de prendre sa retraite.  S’il veut vraiment passer positivement à l’histoire, il créera la Confédération canadienne, tant qu’il en est encore temps.  Il n’y a que deux alternatives laissés par Trudeau et Lévesque : un Canada bilingue, décentralisé ou un Québec indépendant.       

Pour créer une véritable Confédération, les Québécois et les Canadiens anglais devront apprendre à se parler.  Et, pour se parler, il faut une culture commune, avec des idées différentes, mais conciliables.  Est-ce possible ?   
*  *  *  *  *

Ce ne sont certainement pas la philosophie ou l’approche de la sexualité, surtout chez les Mormons et dans la Charia, qui feront évoluer l’humanité. 

Le pape n’est guère mieux, mais au moins chez les chrétiens ont ne tue pas au nom d’une morale inhumaine.  

La façon de voir de l’Église catholique est absolument dépassée et restée figée à ce qu’on connaissait, il y a des milliers d’années… Les fanatiques, comme les Talibans, rêvent d’une domination mondiale.  C’est l’équivalent de la guerre sainte anglicane d’un George Bush qui obéit à la Bible.  
Dans toutes les religions, les fanatiques rejettent le corps.  Ils n’ont rien de différent selon leur croyance.  C’est la stagnation de l’âme et de l’esprit plutôt qu’une élévation vers Dieu.  C’est le problème de tous ceux qui placent la religion au-dessus de l’amour de soi et du prochain, comme si cette haine était voulue par un Dieu.  

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L’arrivée de Cauchon au ministère de la Justice prouve avec la loi sur les jeunes contrevenants qu’il n’y a rien à espérer des francophones fédérastes en poste à Ottawa.

Malgré ce que l’on pense au Québec, le nouveau ministre Cauchon (j’ai fait voler mes impôts fédéraux dans ce comté probablement parce que je travaillais pour le Bloc) essaiera d’imposer la même loi des jeunes contrevenants du Québec qu’en Colombie britannique.   Notre brillant nouveau ministre devrait savoir qu’il existe une différence innée entre le Québec et l’Ouest du pays : la tolérance.

Il prouve aussi son côté retard en faisant appel à la Cour suprême contre les mariages gais.

Notre vie n’est pas supposée d’être encore dominée par la dictature de la Cour suprême.  Si l’on veut que le Québec soit un état de droit, on doit se rappeler que le système judiciaire est là pour interpréter les lois et les appliquer, et non, les définir, ce qui est de l’apanage du parlement.    
          
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La pensée protestante se croit supérieure à la pensée catholique.  La seule différence qu’il y a vraiment entre ces deux religions est leur rapport avec l’argent.  On sait que selon Max Weber, le capitalisme est un enfant de la frustration sexuelle, grâce à un mécanisme de défense, la sublimation, qui consiste à transposer ses besoins sexuels sur autre chose. Ce n’est pas la même poche, le même panier d’argent, le même portefeuille que celui du pape… c’est tout ce qui différencie Londres de Rome…      

Les chrétiens sont des conquérants.  Ils s’imaginent que le monde sans eux est chaotique et inexistant.  Ils ne s’aperçoivent pas qu’ils souffrent du même péché que Lucifer, ils se croient supérieurs de tous, même de leur dieu.  Ils souffrent de la même fièvre que les Talibans, le pouvoir.  Ils sont figés dans des écritures du passé. On les interprète comme la Vérité, même si ça ne fait pas de sens.  Ils sont fanatiques et impérialistes.             

Une religion coercitive, qui prône la violence contre des individus sous prétexte qu’ils ont péché et qui a besoin d’employer la force pour s’imposer, prouve en soi par son agir criminel qu’elle est fausse, car Dieu ne peut être qu’AMOUR.

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La guerre entre Bush et Ben Laden est nouvelle.  Ces deux familles s’aimaient bien, car elles avaient un lien commun : le pétrole et les assassinats des services secrets.  Avec la guerre, ils ont maintenant ceci de commun : ils pensent tous les deux que l’autre est le diable, sans s’apercevoir que l’un est simplement le miroir de l’autre.   

George Bush ne peut pas décréter que des prisonniers de guerre sont autre chose que des prisonniers de guerre… même si la lutte commence entre les différents services secrets de ces pays… la guerre n’en est qu’une prolongation.  
        
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Si la Charia est appliquée comme dans les pays de dictatures musulmanes, cette religion devenue politique, est à rejeter au même titre que le régime Pol Pot. 

C’est au peuple de s’en rendre compte et d’effectuer les changements pour que règne un jour la démocratie.  Aucune religion ne devrait avoir un lien avec la politique.  Cette réalité prouve bien que les religions sont des inventions strictement humaines.  Les rites sont des sortes de modes, selon la force de la religion.

Je peux souscrire sans scrupule au Coran, même si je suis catholique, puisqu’Allah y est infiniment miséricordieux.  Les enseignements qu’on en tire cependant me semblent moins pertinents et profonds que l’Évangile selon Saint-Jean.  Quoique la peur et la haine du sexe est la même dans toutes les religions.  La guerre aux impies n’est qu’historique.  Cette chasse aux impies fait des religions des instruments de haine et de violence, d’intolérance. 

Ces religions sont à la base déjà dépassées tout comme l’Église catholique qui s’obstine à centrer ses actions contre l’homosexualité et l’avortement.           

Une religion qui vit qu’en fonction de la tradition, des rites, de la peur du péché, de la répression sexuelle et un pouvoir universel est une forme de perversion mentale et ne mérite pas d’exister. 
La religion est là pour améliorer la conscience des individus, pas pour en faire des névrosés.   Les hommes doivent comprendre que les religions sont des inventions humaines pour répondre à des interrogations qui les dépassent.  Chacune invente son interprétation de la vie et de la mort surtout…          

Être un fanatique religieux est un désordre intérieur, mental, émotif, car on exige de l’autre et de soi ce que l’on croit bien être correct, même si c’est complètement fou.  Trop chercher la perfection peut rendre mentalement malade parce qu’on apprend ainsi à se détester plutôt que de s’aimer.  À se détruire, se diviser plutôt que s’unir et se comprendre dans une juste compassion. Aucun humain n’est parfait… alors pourquoi l’exiger ?

Pourquoi ne pas remettre les religions à l’heure, c’est-à-dire indiquer clairement que ce sont des réflexions sur la nature de l’homme, des expériences communautaires desquelles ont a tiré des leçons, des moyens de progresser intérieurement ?   Mais, le fanatisme exige de ne pas avoir toute sa tête, car on s’imagine être tellement nul que seul le ciel après la mort mérite d’être vécu.  Combien de personnes sont revenues de l’au-delà ?  On a beau essayé de nous faire croire ce que l’on voudra ; personne n’en sait rien.  Les interprétations religieuses sont de belles histoires, des projections imaginaires, des extensions de la mythologie  …   

Par simple logique, il est bien évident qu’à travers la mort, notre cerveau cesse d’être une unité de perception.  Il cesse d’accumuler et identifier les énergies.  Il n’a pas de capteurs.  Par conséquent, notre réalité retourne à l’état pré-cellulaire, pré-moléculaire, en énergie pure.  Énergie consciente ?  Ce changement ne peut pas exister sans modifier totalement notre perception de la réalité.  Une cellule ne peut pas avoir la même perception qu’un corps entier, du moins, d’en avoir la même conscience et la même capacité d’agir.  Une énergie pure ne tient pas la même place et ne perçoit pas de la même façon, l’univers.  Continuons-nous d’exister comme individu ?  Pouvons-nous encore être conscients ?   

Ce sont les questions dont les religions refusent de discuter.  C’est aussi pourquoi on essaie de faire taire le doute, sous prétexte du marché, car ceux qui ne pensent pas comme les autres ne sont pas aussi payants et risquent d’en réveiller d’autres. Le meilleur moyen de garder une dictature philosophique est d’éliminer tous ceux qui pensent autrement.   Ainsi en ne lisant que des livres saints, on prétend ne pas se tromper, on ne peut pas penser autrement, avec ce lavage de cerveau on oublie ainsi qu’une telle pensée sclérosée nous éloigne du choc des idées et paralyse ainsi notre pouvoir de concevoir la vie autrement que les autres.  Nous sommes dans ces conditions des saints, mais non des êtres sains…
 La religion juive, dont on n’ose jamais parler, n’est pas mieux que les autres, on a qu’à regarder ce qui se passe entre Israël et les pays environnants. 

Les religions sont des règles que l’on a léguées pour améliorer nos comportements… point à la ligne.  Ne pas ajuster ces règles avec ce que nous découvrons, c’est simplement nous maintenir dans la stupidité.      

C’est facile d’utiliser l’irrationnel pour dominer les autres, car tous ceux qui ne pensent pas comme nous sont automatiquement dans l’erreur.  C’est le pouvoir que se donne la religion.  C’est ce qui en fait une mafia très payante… Si tu veux te faire de l’argent, tu crées ta propre religion.

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Depuis que l’on a monté «mon procès» pour m’empêcher de parler et d’agir, même si je venais de démissionner de la Société Nationale des Québécois, j’ai appris que le mal existe, que la haine est possible.

Mon monde sans violence dans lequel je crois est probablement l’utopie humaine idéaliste la moins réalisable. Dans le meilleur des systèmes, il y aura toujours des violents, des voleurs et des crosseurs.           
Aussi, chaque fois que le jeune punk qui vit avec moi se ramasse en prison, j’y vois un nouveau moyen pour me forcer à me taire.  Paranoïa, possible ; mais par hasard dès que je me livre à la politique ou il lui arrive quelque chose ou je me fais frapper. 

Les coïncidences sont tellement multiples que c’est très difficile de ne pas faire un lien entre mon engagement politique et les raclées qui surviennent.  C’est peut-être stupide d’y voir des liens.  Son avocat dit que ce qui peut arriver de mieux à des jeunes comme lui pour la société, c’est qu’ils se suicident en prison.  Comment voulez-vous vivre en paix quand vous entendez de tels commentaires ? 

On vous les répète de toutes les façons, mais, vous, vous l’aimez encore, vous voulez que rien de mal ne lui arrive.  Vous mourrez de peur juste à y penser.  Comment ne pas se révolter contre une morale d’assassins de cette espèce.  Aujourd’hui, c’est l’argent qui mène tout.           

En me condamnant, on savait très bien que je n’aurai jamais un nouvel emploi qui me permettra de vivre décemment. 

Dans le cas de mon punk, les travailleuses sociales me conseillent de tout laisser tomber.  C’est un cas trop lourd.  Ce n’est pas de ma faute, je n’y peux rien, je l’aime encore trop pour le laisser aller mourir dans la rue. 

Le bien-être ne permet même pas de lui trouver un logement décent.  Les logements pour personnes seules sont absolument crasseux, désuets et à des prix de fous.  Le gouvernement entretient cette misère avec sa maudite morale de bourgeois.  Il se donne bonne conscience en prétendant qu’il aide, ceux qui veulent s’aider.  
 

Publier ce livre, que le jeune soit en forme à sa sortie, me permettra peut-être d’obtenir la preuve que je me fais des idées.  

J’ai toujours peur que mes idées, mes actions politiques créent des problèmes aux autres. J’adore mes jeunes et j’ai affreusement peur que mon engagement les rende le moindrement malheureux.        
 Mon problème est de croire que je suis complètement responsable de la vie de ceux que j’aime.  J’ai probablement une parcelle de pouvoir, mais je n’ai rien à faire avec leurs décisions de base.           
Mon impuissance face au suicide de Rouhed aurait dû m’enseigner que notre responsabilité dans la vie ou la mort d’un autre est très limitée. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’aider dans la vie, mais je me reproche encore de ne pas en avoir encore assez fait. 

Même si notre relation fut absolument sans sexe, certaines personnes ont eu la saleté de prétendre qu’il aurait pu y avoir une forme de relation cachée.  Rouhed savait que je suis pédéraste, il ne l’acceptait pas pour lui, mais il ne m’en a jamais fait le reproche.  Dans son journal de bord de bord, il dit à un moment donné qu’il comprend ce que je peux ressentir. Nous devions d’ailleurs écrire un livre ensemble intitulé Mon père est un pédéraste.

Nous voulions montrer la beauté de notre amitié et toute sa pureté.  Je le manque encore, malgré les ans.  Il s’est suicidé en 1994, soit peu de temps avant mon procès.  Mathieu est-il apparu grâce à cette peur qui m’habitait, ce désir de tout faire pour empêcher un autre drame du genre ?   

La prison et la mort de Rouhed m’ont appris que le mal et la haine sont des réalités.  C’est difficile à accepter, mais c’est une vérité avec laquelle il faut apprendre à vivre.     

Un an après le suicide de Rouhed, la police de Val-d’Or retrouvait chez moi une photo de mon bon ami Marc et un petit Éthiopien qu’il aimait.  Quand on a voulu le faire chanter, pour sauver ses cirques, ses réalisations, il ne l’a pas pris et s’est suicidé pour sauver son œuvre. Il avait écrit que la pédérastie est une orientation sexuelle et qu’il voulait que l’on interprète son suicide comme un meurtre.      

Je sais qu’il a été victime de chantage.  J’ai dénoncé la manière dont les médias se servaient de ce fait, mais Radio-Canada a prétendu que Marc était relié à un réseau de pédophiles, ce qui est à mon avis complètement stupide. Marc a toujours été un pédéraste comme moi, c’est à dire très soucieux de la liberté des jeunes. 

Il était trop sensible pour accepter de faire le commerce des enfants.  Ils les aimaient trop pour cela.  Je crois qu’il était comme moi, qu’il aurait été prêt à sacrifier sa vie pour le bien de ces petits amants, pour leur épargner la misère.    

 Tous les pédérastes que j’ai connus tenaient à cette règle sacro-sainte du« retiens-toi, tant que le jeune ne soit d’accord pour éviter qu’il soit blessé par cet amour ou perturbé d’une façon ou d’une autre». 

Cette obligation morale nous hantait tous.  Le «oui» du petit.  Qu’il y découvre du plaisir et un moyen d’émancipation.  Parfait.  Autrement, pantoute ! Comment peut-on dans ce cas accepter l’esclavage des enfants ?  Certains dirigeants sont plus dangereux que moi pour les enfants, en les exploitant au travail ou en en faisant des enfants-soldats.

Nous nous connaissions.  Nous connaissions, parfois avec jalousie les petits amants de nos amis, mais il n’y avait aucun réseau.  Il n’a jamais été question d’échanges, encore moins de commerce.  Est-il illégal d’être amis parce que nous sommes des pédérastes ?  Est-ce parce que tu es ami avec quelqu’un que vous formez un réseau ? 

Sur le plan sexuel, le Québec est devenu complètement fou depuis qu’on a introduit la notion de pédophilie

Les femmes en particulier ne vivent plus que dans la peur et l’exagération.  Elles n’écoutent pas ce qu’en pensent l’enfant, elles projettent leurs scrupules. Il ne faut plus s’aimer.  

La liberté d’un pédéraste qui n’a pas peur de s’affirmer comme tel est extraordinaire, car il vit dans sa vérité et la beauté d’un amour-passion.  Mais, c’est socialement l’enfer à cause de la jalousie qu’engendre cette liberté. Pédéraste, tu risques la prison à tout moment… La société est une GESTAPO.

Je ne devais pas être libéré durant la période des fêtes parce que la loi sur la clarté de Stéphane Dion n’était pas encore acceptée au parlement.  On m’a dit que «mon élu», le gardien responsable de moi, a mangé une tonne de réprimandes parce qu’il avait obtenu que je puisse aller passer les fêtes de Noël chez moi, avec ma mère. Elle a 90 ans et elle fait encore du bénévolat.  Une merveille de maman.  Plus admirable, c’est impossible.         

J’étais certain qu’avec tous leurs mensonges, je ne sortirais pas vivant de la prison.  On m’a dit qu’on craignait que ma présence soit publicisée et que l’on fasse de moi un martyr, surtout après m’être auto proclamé prisonnier politique.        

Tous mes droits d’écrivain ont été écrasés.      

Personne –ni la Commission des droits de la personne, ni l’Association des écrivains, l’UNEQ — n’est intervenu pour faire admettre que L’HOMO-VICIÈR, est un livre de pure fiction. 

D’ailleurs, l’Homo-vicièr a été confondu dans mon présententiel avec un livre de Jean Ferguson, sur l’histoire des pets. Rien d’illégal et assez drôle.  Après, on nous dit qu’il est interdit de condamner des livres, à moins qu’ils ne nous incitent à la violence.  Ce n’est pas le cas, loin de là.  On veut garder les jeunes dans la même ignorance de la sexualité que nous.  L’omerta totale.       

Notre Justice est fondamentalement pourrie.  Elle repose sur la notion de punition plutôt que de réhabilitation. 

En promouvant la violence : plus tu es bandit, plus tu es quelqu’un de bien.  Même nos gouvernements ont, sous prétexte de gérer le pays, inventer des taxes et impôts pour nous exploiter, nous écraser. 

Nos lois créent, en voulant contrôler nos vies privées, le gangstérisme. 

Aucune loi sur la sexualité non violente ne peut justifier son existence. 

La répression littéraire, culturelle est en cours.  Qu’on empêche un de mes livres de circuler, alors qu’il était lu il y a 20 ans, signifie clairement que la liberté de penser est amoindrie pour ne pas dire en danger. 

La liberté de penser est aussi en danger au Canada, qu’aux États-Unis ou dans n’importe quel pays où les intégristes religieux ou idéologiques ont la main haute.  Nous revenons au fascisme le plus intégral et le plus vicieux car on prétend que cette censure est faite pour protéger les jeunes… Quelle hypocrisie !  Quel bel avenir pour l’humanité.  Ce manque de dialogue se retrouve dans de nombreux domaines.           

En télémarketing, il y a seulement deux endroits où il est interdit à un francophone de téléphoner : les États-Unis et la Colombie britannique.  Les clients des études faites dans ces endroits exigent des «natifs» anglophones, car notre prononciation ne serait pas aussi bonne que la leur.  Ils ne peuvent rien comprendre qui dépasse leur petit nombril.         

En Colombie britannique (une province canadienne) il est évident qu’en ayant surtout des immigrants chinois ou japonais, le français comme langue seconde à Vancouver, du moins, est complètement incongru.     
 La Confédération permettrait à chaque élément qui la compose de respecter sa propre identité, sans toujours être en conflit avec les autres ou opposé à la moindre différence, bien au contraire…         

Si nous avions un gouvernement qui cherche la liberté au Québec, nous organiserions notre propre justice.  Nous n’avons pas besoin des lois d’Ottawa pour nous gouverner. 

Nous devons déclarer immédiatement notre indépendance judiciaire et refuser d’appliquer au Québec des lois qui sont contraires à notre culture, comme par exemple celle concernant les jeunes contrevenants. (Depuis on pourrait ajouter l’abolition du registre des armes à feu)

Le gouvernement du Québec doit devenir le seul maître de son destin judiciaire sur son territoire.  Il doit prendre charge de la nomination des juges et nommer sa propre Cour Suprême.  Quant à la police, la GRC ne devrait plus avoir le droit d’exercer au Québec.  Cela cependant, n’empêche pas une collaboration contre la criminalité (et non l’intrusion dans la vie privée des individus) entre la Sûreté du Québec et les autres corps de police de l’Amérique et d’ailleurs.   

L’ennemi n’est plus seulement l’Orangiste, mais le francophone fédéraste, vendu aux intérêts des Orangistes.  Comme tous les rois-nègres, les libéraux et Conservateurs fédéraux sont au service des Anglais dominateurs.  Ce n’est pas pour rien que le petit Charest promet la défusion.  La défusion, c’est le retour à la partition.  C’est le retour à la division de notre territoire.  C’est comme l’obsession des libéraux fédéraux d’aider directement les municipalités alors que celles-ci relèvent directement du Québec.  Ce sont des créatures provinciales.  En mettant le bout du pied dans la porte, il peut ensuite s’approprier du logement.  Le fédéral agit de façon à éliminer toutes les compétences provinciales afin d’être le seul maître d’une marre à l’autre.        

Je préfère la vision unificatrice québécoise à l’éternelle chicane français-anglais, car, en bout de linge nous habitons le même territoire, nous avons les mêmes intérêts et les mêmes inconvénients.  C’est à nous de persuader les immigrants que le savoir-vivre exige d’eux au minimum d’apprendre le français puisque c’est la langue de la majorité au Québec.  Si l’immigration était de juridiction exclusive du Québec, on n’aurait pas ce problème.       

Chaque citoyen du Québec doit comprendre que son intérêt passe par Québec et non par Ottawa.  En télémarketing, même si un bon nombre de Francophones occupent des postes industriels et commerciaux, à Ottawa, les études faites dans cette ville doivent être faites qu’en anglais.  Tu dois même refuser, sous peine de perdre ton emploi, de faire les entrevues en français… Est-ce normal ?           

Si les Francophones fédérastes s’occupaient vraiment de faire valoir le fait français, ils chercheraient à majorer les services chez les francophones hors-Québec.  La saga de l’hôpital Montfort, le seul hôpital francophone en Ontario, démontre jusqu’à quel point cela ne les préoccupe pas.  Quand il s’agit de défendre les Anglophones de Montréal, le Cabinet fédéral est plus rapide et plus puissant.

Nous sommes plus près que jamais de la minorisation, de la disparition, même au Québec, si nous ne nous réveillons pas.          

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