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Spirale intraprojective 17

septembre 22, 2020

Spirale intraprojective  15

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 148 à 156)

*

J’ai aussi eu un autre ami : un prêtre.  De lui, on a aussi dit des tas de choses pas très catholiques, mais jamais celui-ci ne s’est mal comporté avec moi.  Jamais même il ne fut question de sexe entre nous.  Au contraire, il m’amenait en voyages pour que je lui serve d’interprète.  Je parlais aussi bien l’anglais que le français. Je ne suis cependant pas assez naïf pour ne pas comprendre aujourd’hui qu’il était sûrement pédéraste.    

Ce fut d’ailleurs ma seule crise d’adolescence.  J’avais décidé d’en finir avec la vie parce que je ne pouvais pas aller en Europe avec lui, nous n’étions pas assez riches.   Papa ne pouvait pas me fournir une nouvelle garde-robe pour me permettre de partir en voyage. Le Vieux Curé m’offrait la curiosité et le goût des voyages, sans même, du moins à ma connaissance, me toucher … ce que j’aurais bien aimé.    

Je continue à entretenir une véritable vénération envers cet individu, calomnié, car il m’a donné le goût des voyages et de connaître les gens de l’extérieur.  J’ai pratiquement défailli quand j’ai appris sa mort.  Cet homme m’a appris à aimer la vie.  Le vieux-curé fut certainement la première personne de qui je me suis senti accepté intégralement.  C’était plus qu’un ami, je l’aimais inconditionnellement comme mon chien Kiki m’aimait.       

Dans ma petite enfance, j’étais vraiment bisexuel ou simplement très curieux, d’une naïveté désarmante.  On jouait toujours au docteur ou au «bœuf et à la vache», mais ça finissait toujours par une petite exploration sexuelle. Je n’y ai jamais vu de mal, sauf à l’adolescence, quand j’ai voulu être un saint et que je me suis rendu compte que mes goûts sexuels me privaient de l’éternité…  Je n’avais jamais compris le sens de ce que nous disaient les prêtres ou les autres sur les énigmes du sexe.  Notre vocabulaire était trop différent.  Ils parlaient de masturbation et les jeunes de «crossage».

Une masturbation, ça ne ressemble pas à se crosser.  Se faire manger, ça ne sonne pas comme une fellation.   La poche, c’est quand même plus beau que le scrotum.

Quand j’ai compris, je fus affreusement malheureux.  J’ai même voulu un miracle pour changer… ce que j’allais chercher à Lourdes.  Heureusement pour moi, ce miracle n’a jamais eu lieu.           

Je voulais être un saint.  J’avais peur d’être possédé par le diable quand ces besoins de me masturber naissaient.  Devant la tentation, je cédais toujours, même s’y parfois j’avais assez peur pour m’accompagner d’un acte de contrition.  Je voulais gagner du temps si je mourrais après tant d’efforts pour éjaculer.  J’avais peur d’être damné à cause de ces séances de plaisir.  Quelle naïveté !  Quelle hypocrisie !  Malgré tout, je n’ai jamais pu concevoir Dieu comme assez écœurant pour nous punir de jouir.  Après tout, c’est lui qui nous a créés ainsi.  Mais, on nous disait qu’on pouvait mourir cardiaque quand on éjaculait. Comment ne pas être révolté contre une religion qui nous a ainsi menti ?           
 
Plus tard, je fus attiré par les adultes non seulement pour ce qu’ils pouvaient m’apprendre, mais parce que j’aurais bien aimé savoir pourquoi le sexe est défendu.  J’aimais séduire un autre. Par contre, les grosses et longues queues, contrairement à ce qui se passe chez les chimpanzés, me repoussaient.          

Quand j’ai lu des livres sur l’homosexualité, je n’ai jamais eu la chance de trouver un livre qui lui fut favorable.  Il m’a fallu attendre de découvrir très tardivement André Gide et les Amitiés particulières de Roger Peyrefitte. 

Selon ce que je lisais, j’étais un malade.  On prétendait que jeune tu pouvais être effrayé à te rendre malade si tu voyais un membre adulte. On semblait ignorer qu’une très bonne éducation était ce qui règlerait définitivement le problème ; mais les livres d’éducation sexuelle européens étaient vus comme des chefs-d’œuvre de pornographie.  La folie ne conduit pas qu’au meurtre.  Mentir en éducation est ce qu’il y a de pire, surtout concernant une affaire aussi fondamentale que ta sexualité. 

Si on t’a menti sur ta sexualité, sur quoi peut-on se fier ?  Probablement que le reste des choses que l’on t’enseigne est aussi mensonger.  Et là, c’est même Dieu qu’on remet en cause.  
                
*  *  *  *  *       
Les religions sont des exploiteurs parce qu’elles nous ont toujours menti à propos de notre sexualité.  Ils sont menteurs ou ils ne savaient pas de quoi ils parlent. 
 
Tous les mensonges qu’on nous raconte pour nous expliquer la sexualité sont pires que la pédophilie.  Ce n’est pas un simple viol de ton corps, c’est un viol de ton âme et ton esprit.

*

J’étais curieux, obsédé par l’anatomie de mes petits compagnons, une curiosité que je n’ai jamais comprise, omniprésente, obsédante.  Peut-être avais-je peur d’être anormal, d’en avoir une trop petite d’où ce besoin de comparer.  Pourtant, je m’en souviens plutôt comme une recherche du plaisir, une curiosité invraisemblable.  Pourquoi être attiré et obsédé par des petits zizis, c’est complètement fou. Mais, c’était ma réalité.

Les autres garçons, avant même que j’aie dix ans, m’attiraient et me fascinaient, possiblement parce qu’ils étaient différents et surtout leur entre-jambe était secret, mystérieux, magique, interdit.  Je n’aimais ni les hommes, ni les femmes, aucun adulte ne m’attirait sexuellement.  Leur anatomie me repoussait.  Je trouvais déjà comme Ovide, Diogène ou Oscar Wilde, un garçon mille fois plus beau.   Plus j’en voyais plus j’étais fasciné par leur beauté.  Leur beauté m’attirait comme un aimant.  C’était irrésistible.  Je n’y pouvais rien. 

Je suis fait ainsi. Ceux qui font des lois pour m’interdire ces plaisirs sont des imbéciles.  Comme le roi, dans le Petit Prince, ils essaient  » de t’empêcher de tousser quand tu as la toux… « 

****
On essaya à l’université de faire croire que j’avais supposément trahi le FLQ en ayant parlé à un agent de la GRC, déguisé en vrai monde.  Cela semblait être sorti et répandu dans le cercle ou la chapelle féministe puisqu’une de mes professeurs à l’université m’en fit le reproche.  Je ne savais pas de quoi elle parlait.  Elle prétendait que puisque je parlais avec des membres du FLQ dans les années 1970 et que selon la rumeur, plus de 90 pourcent du FLQ était déjà composé de policiers, j’avais ainsi parlé à des agents qui se faisaient passer pour des felquistes.  Cette connerie n’a pas tenu longtemps.  Juste le temps de me rendre un peu plus paranoïaque.  Ce mensonge m’attristait quand même, car, depuis mon enfance, le pire crime a toujours été celui de « stool » ou de dénonciateur.  Tu peux être n’importe quoi, mais pas un « stool ». Un stool c’est la pire chose que tu peux être dans la vie.  

C’était d’autant plus étonnant que je n’aie jamais accepté de partager un secret important, justement, parce que sachant que j’ai une grande gueule, je risquais de m’échapper.  Je ne me faisais pas confiance.   Je ne suis ni policier, ni membre du crime organisé, je suis un individu, un anarchiste.  Je me prenais pour un grand révolutionnaire, mais j’avais peu d’envergure.   Je ne suis pas neutre : je veux une planète où l’humain (homme et femme confondus) est le centre de l’existence plutôt que l’argent.  Ma seule préoccupation est de vivre en amour avec ceux qui m’ont toujours accompagné, de pouvoir un jour tenir ma promesse envers ma petite fille, Maéli, qu’on a salement éloignée de moi.    

**
C’est drôle que ces problèmes surviennent toujours avec des femmes.  D’ailleurs, on disait que c’était une femme de Val-d’Or qui fit passer le message aux Rock Machines (un groupe du crime organisé), en prison à St-Jérôme, à l’effet que je devais y goûter parce que j’étais, comme le disaient les journaux de Val-d’Or, un mauvais pédophile.  Ce que je ne suis pas, je suis pédéraste. 

Les féminounes ont-elles un rapport avec le crime organisé ?  Cette guerre contre la pédophilie permettrait-elle à celles qui veulent se venger de pouvoir le faire à bon compte ?  Il suffit de dire que tu es pédophile quand tu es prisonnier pour qu’on s’occupe de te faire avaler ton dentier…  Je ne sais pas qui était cette femme…

Jean-Paul, le père de Mathieu, ma supposée victime, me confia qu’il recevait parfois la raclée par    « les grosses amies féministes » de son épouse.  Vrai ?  Je n’en sais rien.  Je ne sais plus qui mentait ou qui disait la vérité.  Je sais qu’une femme qui veut se venger d’un homme est prête à tout.  Leurs excès verbaux et émotifs n’ont pas de limites.          

Je me suis demandé d’ailleurs si cela n’entre pas aussi en ligne de compte dans le dossier des femmes battues.  Même si un tel comportement est inacceptable, ne rendent-elles pas leurs partenaires complètement fous avec leurs allusions et leurs jalousies ?  Elles ont l’art de te macérer la conscience et de te rendre fou de rage.  Il est évident que ce n’est pas une raison pour accepter la brutalité, mais c’est une question comme une autre. Il faut le savoir pour trouver une solution.

 J’ai aidé Mathieu parce que son père était incapable d’en venir à bout.  Était-ce parce qu’il consommait ?  Il était très dépressif ? Je ne voulais pas qu’il se suicide ce dont il parlait parfois. Je le craignais, Rouhed venait de le faire peu de temps avant.   Si Mathieu n’était pas physiquement de mon goût ou de nature à m’ensorceler, il a réussi à me rendre amoureux de lui.             

Il venait me trouver pour participer à toutes sortes d’activités pour lesquelles je payais dès que son père confirmait que son comportement s’était amélioré.  Je ne me suis jamais rendu chez lui le chercher pour l’amener chez moi.  J’avais promis de l’amener à Montréal s’il travaillait bien à l’école.  Par contre, Mathieu ne fréquentait pas l’école où j’enseignais.           

Après m’avoir dénoncé, Mathieu avait très peur de moi.  Son père lui a expliqué que je ne lui en voulais pas, mais plutôt au système.  Le petit est venu chez moi avec son père pour le constater par lui-même.  Il était littéralement hystérique.  Il se promenait en disant que son père est gai (ce qui est absolument faux, au contraire, il est plutôt très très chaud envers toutes les femmes).  Mathieu disait qu’il était pour vivre en famille d’accueil, mais définitivement pas chez sa mère.  Je me demande souvent ce qu’il est devenu, car il est aussi une pauvre victime d’un système d’étranglement judiciaire.        

On lui avait sûrement lavé le cerveau au cours de la fin de semaine où on l’avait amené en famille d’accueil pour être autant surexcité.  En quelques jours, les plombs lui avaient sauté comme s’il avait été en prison et torturé durant des années.  C’est vrai qu’il a été interrogé deux fois durant plusieurs heures chaque fois, de quoi rendre un jeune fou.

Nous étions en groupe.  Je lui ai flatté la bedaine comme il affirma que je le faisais dans ses accusations.  Ça le calma.  Le sourire revint.  Il repartit de chez-moi, en dansant de joie.  Il savait que je ne lui en voulais pas. 

Pourtant, après mon procès, la cour a prétendu qu’il devrait vivre dans une famille d’accueil sous prétexte que son père était inapte à s’en occuper.  Drôle parce qu’on avait forcé le père à me dénoncer pour maintenir son droit de garde.  C’est ce genre de mensonge, d’hypocrisie qui définit le mieux notre système.   Ils croient leurs mensonges et sont trop idiots pour s’apercevoir qu’ils se mentent.      

Pour ce qui est de Val-d’Or, il faut faire des nuances.  Si j’ai haï les derniers mois avant mon déménagement alors que mon procès se prolongeait (j’ai déménagé à Montréal), j’ai vécu une dizaine d’années extraordinaires à Val-d’Or.  Si je dénonce la police de Val-d’Or, ce sont aussi que quelques individus que je ne connais même pas, même si j’enseignais aux fils de certains policiers qui étaient sûrement très corrects.  On m’a dit que le personnel policier a complètement changé depuis. La police locale aurait été remplacée par la SQ.    

J’ai très profondément aimé Val-d’Or et j’en conserve un souvenir extraordinaire.   Tous mes anciens élèves (gars et filles) sont bienvenus chez-moi.  Ils devinaient tous sans doute que je suis gai, mais je ne le disais pas à l’école.  Cela aurait été suicidaire… j’aurais immédiatement perdu mon emploi.      

J’étais encore sensible à la fibre féminine, la prison y a mis fin.         

Je n’ai jamais vraiment caché mon orientation sexuelle arc-en-ciel, mais tout se passait avec beaucoup d’humour au point où plus personne ne pouvait être certain de mes vrais penchants naturels… Je prétendais être aux serins.  Ce n’était pas de l’hypocrisie, mais une simple question de survie. Un langage gai qui n’est connu que d’eux. On m’appelait bien « Suce moineau » pour Simoneau. Ça scandalise les constipés.     

 Je suis persuadé que je fus un bon professeur parce que j’aimais et j’aime encore tous les jeunes.  Je trouve plus important de les ramener à l’école que d’avoir la maladie du « scrupule sexuel» de notre société.  Même si je les sucerais tous, avec leur consentement il va sans dire, cela serait un acquis car ils auraient appris à jouir et cesser d’avoir peur de tout.  Je suis plus un acquis pour les jeunes, malgré ma pédérastie, qu’un danger quelconque.

Que j’aie parler accidentellement, sans le savoir, à un agent de la GRC dans les années 1970, c’est bien possible, mais je discutais avec ceux en qui on me disait que je pouvais avoir confiance et qu’on me présentait comme étant probablement du FLQ.  Si je croyais qu’elles étaient de la police fédérale, je les faisais gambader, c’est le moins que l’on puisse dire… c’est ainsi que j’ai inventé ma prétendue obsession de violer une sœur encore vierge.            

Je venais de vivre mes premières expériences de marijuana avec une femme qui se plaisait beaucoup à se prétendre une sœur dans nos « voyages » autant sexuels que musicaux… Puisqu’on m’avait dit qu’il y avait probablement une oreille canine à l’autre table, nous étions dans un club, je criais pratiquement pour qu’il entende tout… Mais, rien de ce que je disais n’avait un rapport quelconque avec ce qu’il voulait entendre sur le FLQ.  J’aimais les faire marcher.  C’est ce qui leur a probablement permis dix ans plus tard de répandre la rumeur où j’enseignais (à The Pas, Manitoba) que non seulement j’aimais les jeunes, mais que j’avais un dossier vieux de vingt ans et pire encore, que j’adorais violer les sœurs vierges… 

J’étais tellement dangereux que mon voyage pour visiter le Québec avec les petits manitobains fut maintenu par le directeur de l’école quoiqu’il me fut interdit d’y être, selon les ordres de la Commission scolaire.  Mais, à la demande de la direction de l’école qui ne partageait pas cette peur à mon égard, je fus quand même le guide dès qu’ils sont arrivés au Québec.  « Il faut toujours qu’il arrive des situations comme ça, à chaque fois qu’on a un bon prof», disait le directeur de l’école.  J’avais été congédié préventivement un mois avant la fin de l’année scolaire.  Les policiers avaient vérifié mon dossier, parce qu’ils m’avaient trouvé complètement saoul un soir de fin de semaine. (Malheureusement, j’ai recommencé à boire depuis Val-d’Or, car je me suis dit que tant qu’à être accusé, je n’ai qu’à profiter de la vie et me ficher de ce qui est bien ou mal).

Même si au début de l’année scolaire, les jeunes du Manitoba détestaient tout ce qui était francophone, c’est le seul endroit où j’ai enseigné où les enfants pleuraient parce que je les ai quittés.  Je suis tellement devenu un professeur adoré qu’ils en voulaient à mon fils adoptif Rouhed d’exiger que je retourne vivre avec lui à Montréal…  la raison que j’avais donné pour expliquer que je devais quitter avant la fin de l’année.

*  *  *  
Quand je me suis présenté comme candidat Rhinocéros, en 1972, à Sherbrooke, les libéraux s’en sont pris à un infirme dans le club, « Le Pub », où j’étais invité, sachant que j’étais pour le défendre. Ça leur procurait une excuse pour qu’ils me sautent dessus… j’étais un maudit séparatiste.    

Quand la police de Sherbrooke m’a battu … j’étais un maudit séparatiste.   

En cellule, je me suis mis nu, et je me suis mis à leur crier de me tuer que le lendemain, ils auraient des problèmes.  J’étais journaliste.  Le lendemain matin, à la cour, le juge, un bon libéral, m’a infligé une sentence suspendue.  Je n’avais pas le droit d’en parler dans les journaux locaux et régionaux.  Cela avait été ordonné par le juge.  Alors j’ai envoyé le texte à Québec-presse qui l’a publié.  Le juge n’avait pas ajouté : provincial.             

La différence de certains péquistes qui me trouvent trop enragé et moi, c’est simple : ils sont payés pour prôner l’indépendance, une indépendance qu’ils ne font pas alors que je me fais emprisonner et rouer de coups pour la même cause.  Pire encore, avec ma liberté sexuelle, je porte un double flambeau et je reçois donc les coups en double. 

Dans le temps, Jim Corcoran m’a dit que j’avais été son inspiration quand il a créé sa chanson Comme Chartrand, ce qui m’enfla un peu la tête car Chartrand, c’est tout un homme.           

On oublie trop facilement qu’il y a quelques années, on ne te promettait pas de te casser la gueule parce que tu étais indépendantiste… on le faisait.  Pour être révolutionnaire à cette époque, il suffisait de te dire indépendantiste.  Faire croire que tu aies pu dire quelque chose que tu ne devais pas, c’était un bon moyen de t’isoler.  Aujourd’hui, on t’accuse d’être pédophile, c’est plus efficace.  Tu es honni de tous.

***

Certaines femmes ne peuvent pas endurer qu’un gars se dise pédéraste, car elles pensent que cette option les rejette.  Elles ont absolument besoin de se prouver que rien ne vaut plus qu’une femme. 

Tout individu sait consciemment ou non que chaque être humain est bisexuel.  J’ai aimé certaines femmes parce qu’elles sont arrivées à me séduire autant qu’un petit gars, quoique pour des raisons différentes.  Il y a une forme de communication, de plaisir d’être ensemble qui dépasse la stricte génitalité.  Chaque âge a sa richesse.  J’ai profité de leurs présences parce que c’était agréable pour moi d’être en leur compagnie.  Même si avec le temps, je me dis encore pédéraste, je devrais plutôt dire, si je regarde la réalité depuis des années, que je suis asexué. (Et plus dernièrement, gai) Je me sens disponible à tous les plaisirs possibles.  J’aime découvrir.  Est-ce que je devrais essayer de vivre en couple, gai, marié ?

Malgré mon âge, le mot jouir n’a pas été effacé de mon vocabulaire quoique la définition à des variantes qui se sont imposées avec l’expérience de la vie.  C’est peut-être mon petit côté putain… J’aime être «cruisé», voulu, désiré..  Aristote parlait de différents paliers d’amour qui peuvent nous animer tout au long de notre vie.  Il avait parfaitement raison.  Chaque amitié a sa façon propre de s’exprimer.  Établir des interdits par groupes d’âge, c’est nous priver de la richesse de ce qu’un vieux peut apporter à un jeune et vice-versa.  ¨Ça ne regarde personne, si mutuellement, ils décident de se donner des plaisirs. »

* *

Je dois dire que j’ai bien aimé les femmes avec lesquelles j’ai vécu parce qu’elles étaient intellectuellement supérieures… Elles avaient une largesse d’esprit, une compréhension que seules les femmes de ce calibre ont.     

Malgré tous mes déboires, je ne rejette pas la possibilité de rencontrer un jour, un homme, une femme, de préférence un ado, avec qui je passerai le reste de ma vie.  La vie s’en chargera, j’imagine.  Si ça ne se produit pas, j’irai me chercher une seconde Benji (une petite chienne que j’ai adorée).  
       

*  * *

Ma seule obsession sexuelle est de faire valoir mon point de vue à savoir la différence entre la pédophilie et la pédérastie.  La sexualité est une force bonne et non un péché.  Je tiens à ce qu’on reconnaisse un jour cette vérité, car elle changera la vie de millions d’individus qui n’auront pas à s’haïr.

Que j’aie des relations sexuelles au cours de ma fin de vie ou non, ça n’a pas tellement d’importance.  À mon âge, on se bat pour la VÉRITÉ et non pour avoir le droit de vivre telle ou telle relation physique.  On peut toujours se rincer l’oeil sur internet et se passer un petit poignet, si on ne peut plus se retenir.  Le jour ou on n’aura pas à se présenter comme hétéro, homo, pédé, que l’on aura compris que ce ne sont que des catégories pour expliquer des comportements, le monde évoluera ; car il s’apercevra que notre rapport à la morale est le même que notre conception de  la vie.    

Les découvertes scientifiques prouvent que l’on s’est fait mentir depuis des millénaires ou, du moins, nous croyons dans des explications qui ne tiennent pas debout.  Le sperme n’est pas une partie de notre moelle épinière ou de notre cerveau. Nous ne sommes pas des anges déchus, sinon symboliquement.  Nous savons maintenant que les sacrifices n’ont aucun effet sur notre qualité intérieure. Nous naissons et nous mourrons.  Entre les deux c’est un voyage que nous devons aussi souvent subir qu’organiser.     

La liberté individuelle de conscience est à la base de toutes les réformes sociales, y compris la démocratie.  D’autre part, ma priorité personnelle est ma famille. (Je ne demeure plus avec mon ami Gabriel, qui a plus de 30 ans maintenant, et le plus vieux de mes fils adoptifs Shuhed est maintenant au Bangladesh).

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