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La liberté sexuelle 27

août 27, 2020

La liberté sexuelle  (pp. 261 à la fin)

Continuer de rejeter le plaisir à travers la sexualité pour obéir aux rites religieux, c’est consacrer l’inégalité de la femme par rapport à l’homme, car, elle demeure un objet de luxure et de honte par le simple fait d’être une femme.

Légalité de la femme n’est pas qu’une égalité de salaires, de possibilité d’exercer un pouvoir socio-économique ; mais la fierté de sa propre nature en tant qu’être humain. C’est consacrer son absolu égalité à l’homme , même si sa constitution physique lui offre à priori la chance de pouvoir exercer une vocation différente de l’homme, soit d’être mère. C’est aussi rejeter tous les enseignements qui préconisent la supériorité du mâle sur la femelle.

Dans les structures sociales actuelles, créées par les religions et la bourgeoisie, il est impossible de voir naître une femme qui ne soit pas exploitée, car on rejette une part de sa réalité : une sexualité différente de l’homme. Et, en les cataloguant ainsi au nom des saintes vérités, on en fait automatiquement des êtres à part.

Si la société actuelle est une pensée mâle, il est urgent de la redéfinir en fonction de l’égalité des êtres humains. Par contre, tant que les femmes accepteront de voir la sexualité comme quelque chose de mal, de sale, de honteux ou de dangereux, elles permettront de maintenir et d’exploiter cette inégalité. On ne peut être égal que si on se conçoit égal.

C’est pourquoi l’enseignement de la sexualité doit porter sur les connaissances scientifiques et non sur des conceptions vieillottes dues à l’ignorance.

Certains jeunes ont toujours eu une sexualité précoce. Qui n’a pas connu quelques expériences cachées ? Taire cette réalité, c’est strictement se mentir. Au lieu de nous faire croire en toutes sortes de mensonges (la masturbation donne des boutons, rend fou, comme les religieux l’enseignaient) si on nous apprend que la sexualité est en soi quelque chose de très beau dont on peut parler sans honte, le combat pour l’égalité humaine sera beaucoup plus avancé.

Plutôt que culpabiliser les gens nous devrions réfléchir sur la responsabilité de vivre une sexualité de plaisir qui peut déboucher ou non sur la procréation.

On aurait pas besoin d’entretenir de nouvelles peurs et de continuer, en hypocrite , à ignorer la nuance entre la pédophilie et la pédérastie et le droit absolu d’un individu de vivre ou non une expérience sexuelle qui lui est proposée ou qu’il cherche à obtenir souvent juste pour savoir.

Quand avoir une relation sexuelle dans ta jeunesse devient plus important que de voler ou, tuer ou te faire tuer, il y a un problème dans l’évaluation de la gravité des gestes.

Il ne faut pas oublier que les séquelles dont on parle tant sont dues à la réponse hystérique des parents et amis quand on apprend l’existence de ces rapports.

Quel jeune peut-être assez fort pour dire j’aimais ça quand tout le monde autour réagit pire que si on l’avait tué ?

Je me rappelle une émission sur la pédophilie. Une mère de Val-d’Or racontait que sa fille était allée travailler chez un homme qui s’est couché en bobette sur son lit et se caressait pour attirer l’attention de la fillette. La mère continua en disant à la télévision qu’elle avait maintenant des haut-le-cœur quand elle voyait sa fille devenue « une souillure ». Quelle malade ! Si ma mère avait parlé de moi dans ces termes, je me demande si je n’aurais pas aussi été traumatisé.

Comme le disait Jean Ferguson, un écrivain de Val-d’Or, dans son livre Le journal noir, les jeunes se présentent plus souvent qu’on le pense pour partager de telles expériences, en autant que cela n’attaque pas leur image. Si la sexualité ne représentait pas un tel crime, les jeunes n’auraient pas honte d’en parler et on n’aurait pas besoin de chercher à créer une société de délation.

Si la sexualité était enseignée comme étant quelque chose de naturel, sans tabou, il y aurait pratiquement plus de honte à avoir tenté la chose et par conséquent plus de séquelles. Ces réactions tardives sont trop payantes pour les professionnels, comme les psychologues et les psychiatres, pour être dénoncées comme le résultat d’un scrupule disproportionné à la faute.

«J’aime ou j’aime pas », devrait être la seule règle individuelle. D’ailleurs, le jeune devrait être le seul à pouvoir dénoncer la situation et cette dénonciation ne devrait pas tenir lieu de chantage. Si ces causes n’étaient pas le lieu de prédilection du jaunisme de notre journalisme, la peur-phobie d’être violé à tout moment n’existerait pas. Il est bien évident qu’aucune société ne peut accepter le viol, car ce n’est plus un moment de joie, mais de violence et de torture. Là, est toute la différence.

Malheureusement, l’Église a payé et on s’imagine maintenant que la dénonciation est le moyen par excellence de devenir riche facilement.

Quel danger un homme de plus de 70 ans peut-il objectivement vraiment représenter ? Doit-on, sous prétexte de protéger les jeunes, devoir l’incarcérer parce que 20 ans plus tôt il a eu une aventure avec un jeune qui avec le temps, à cause de l’image, prétend ne pas avoir aimé ça ?

En quoi ces gestes sont-ils plus graves qu’un individu saoul qui tue un enfant dans un accident d’automobile ou en lui faisant sauter le cerveau en lui vendant des drogues fortes ? Ces derniers seront libres après quelques années alors  que le pauvre «pédophile » est condamné pour le reste de sa vie. On croit ça

tellement grave qu’il sera consigné dans une liste qui le suivra le reste de ces jours.

Il est bien évident que cette disproportion dans les punitions est une folle aberration.

Il serait plus juste de dire que le dénigrement de la sexualité est un viol des consciences et des âmes.

Cette identification au mal est le propre de l’approche de la sexualité de tous les adultes qui ont de fort troubles de personnalité et qui voit du mal partout. Cette fixation sur la sexualité n’existe pas dans la tête des enfants, mais constitue le vécu des remords et de la honte que l’on voudrait accoler à tous les jeunes qui ont une expérience précoce. C’est payant pour un psychiatre de faire croire que tous les problèmes de la vie tiennent à une expérience précoce de la sexualité.

En poursuivant leur lutte hystérique, certaines féministes permettent, grâce à leur fanatisme qui tient du fait que les parents se projettent et d’identifient dans leurs enfants (surtout les mères) de maintenir un haut taux d’infantilisation de la sexualité. La lutte à la pédophilie tient de la haine et de la peur des femmes face à leur propre sexualité. Elles préconisent ce que les religieux ont essayé de nous imposer. Elles permettent au judiciaire d’avoir une approche comme du temps de l’Inquisition et du nazisme.

Une peur constante de la sexualité rend celle-ci pire que tous les crimes. « Ils ont volé notre enfance », comme s’ils ne pensaient qu’à cela quand ils sont jeunes. Les jeunes ne sont pas aussi obsédés par la sexualité que nous l’avons été. Nous avons été damné durant des siècles, juste à y penser, on paralysait de peur.

Il serait temps que l’on cesse de voir la tendresse comme un crime et que l’on combatte la violence. Mais notre système ne peut pas s’épanouir sans violence et victimes. Et qui dit violence dit domination, délation, jugement.

Ne serait-il pas temps que l’on revienne à un meilleur équilibre et une évaluation un peu plus juste et équilibrée de la gravité des gestes sexuels ?

Tout individu est le seul responsable de son corps. Il lui appartient de décider s’il aime être ou non cajolé ? Il existe sûrement des situations d’abus, mais toutes les lois sur le viol existent pour y faire face. Un abus c’est quand il n’y a pas eu un consentement d’où le besoin d’apprendre à dire clairement et fermement « oui ou non», «j’aime ou je n’aime pas». La sexualité est essentiellement liée au droit de chaque individu à sa vie privée.

Il est moins dangereux pour un jeune de participer à des jeux sexuels, s’il y consent, que de se faire battre par des parents moralistes, d’être un dénonciateur ou de crever de faim

Magog, 11 mai 2005

Conclusion

Je suis pédéraste et j’ai décidé d’expliquer ma philosophie de vie, même si je sais que cela pourra fournir les preuves nécessaires pour m’écraser à nouveau parce qu’on juge que mon point de vue met les institutions du pays en danger…

Même si personne ne partage mes 60 ans de réflexion, je sens que c’est le message le plus fondamental que je doive livrer, si j’aime l’humanité, en espérant que ce point de vue apportera une discussion sincère et profonde.

Que j’aie raison ou non, ça n’a pas d’importance, ce fut le sens de ma vie.

Je suis heureux d’être pédéraste puisque cet amour m’a fait connaître les plus beaux et les plus tristes moments de mon existence. Malgré le suicide du plus jeune de mes fils adoptifs parce qu’une fille l’a quitté, malgré le suicide d’un de mes amis parce qu’il n’a pas voulu subir le chantage d’être dénoncé, ce fut une très belle expérience.

Je regrette seulement d’avoir été forcé de vivre presque inutilement durant les dix dernières années , c’est-à-dire d’avoir assumé d’être à jamais un « reject total» alors que mes compétences m’auraient permis d’avoir un petit grain de sel de plus dans le développement du Québec, d’autant plus que le pays manque de professeurs.

Les 20 premières années de ma vie ont été, sur le plan moral, un voyage entre la mystique et le calvaire quand j’ai appris que le sexe pouvait nous damner. Journaliste et poète, j’ai découvert la politique et j’ai pu commencer à définir ce que j’appelle le «système», un appareil de vols et d’assassinats pour exploiter  les individus et garder le pouvoir. Ces années folles de 1970 ont été ma première affirmation quant au droit d’aimer qui que ce soit, en autant qu’il n’y ait pas de violence. Ce fut l’époque où la pédérastie m’a empêché de sombrer dans la haine.

Évidemment, quand je fus professeur, seuls, mes lecteurs assidus et quelques personnes connaissaient mon point de vue. À Longlac, les parents de mes étudiants ont appris mon orientation, mais ils ont décidé de faire confiance à

leurs garçons. Ce fut une expérience extraordinaire en faveur de la  transparence. Par contre, à The Pas, au Manitoba, on a mélangé mon passé politique et professionnel, de façon à ce que je perde mon employé parce que j’avais eu un dossier judiciaire 20 ans plus tôt. Une telle expérience a resserré mon goût pour m’affirmer tant que je serais professeur. Je suis fier d’avoir été 15 ans dans l’enseignement, capable de mettre n’importe qui au défi de prouver, même prétendre, que je me suis servi de mon statut pour attirer des jeunes. Ce fut un métier que j’ai tout simplement adoré. Je crois même avoir été un bon professeur. Ce sont les jeunes à qui j’ai enseigné qui peuvent répondre…

Je suis peut-être un faux pédéraste parce que j’ai vécu avec quelques femmes et des hommes de mon âge, que j’ai aimé ça, que je ne suis pas devenu absolument misogyne. Au contraire, je crois que l’égalité des femmes apportera un équilibre essentiel au développement de l’humanité et qu’elles seront probablement les premières à reconnaître que la morale qui nous a forcé à vivre dans la culpabilité est un viol de conscience indicible.

Je n’aurais jamais cru que la libération individuelle exige une période aussi longue. Je suis conscient plus que jamais du danger que représente de vouloir être sincère et honnête dans un monde pour qui Dieu est synonyme de profit…

26 mai 2005.

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