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Cicatrice à l’âme 1

août 28, 2020

Cicatrice à l’âme

1963. Après plusieurs mois de chômage, je suis arrivé au Petit Lac, plein de bonne volonté. J’y serai journaliste pour le seul hebdo du coin, l’Aiglon. La Tribune, de Sherbrooke, venait de me congédier pour des raisons d’ordre politique. Je me suis installé chez les Bernard, une famille composée de Carole, Diane et Jean-Guy,

En plus de mon travail régulier, je participerai à une émission radiophonique au cours de laquelle je commenterai l’actualité. Ce sera au cours de cette émission que je combattrai la politique de Jean Lesage en ce qui a trait à la construction de l’actuel pont Pierre-Laporte; je favorisais davantage un tunnel entre Québec et Lévis. Cette émission deviendra la principale cause de l’acharnement des libéraux du coin à me détruire. Et c’est ainsi que le sexe devint une politique répressive.

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La nature dans ce coin du comté de Dorchester était, règle générale, encore plus pauvre que dans la région de Lac-Mégantic. Les gens étaient emprisonnés dans une situation misérable. Sauf les églises, qui atteignaient une élégance très disproportionnée par rapport au niveau de vie de la population. Tout semblait abandonné au gré des hivers… les jeunes n’y étaient que plus beaux.

À mon arrivée, je me suis plu à faire croire à Michel que j’étais millionnaire, propriétaire de puits de pétrole, quelque part dans le monde. J’avais inventé cette histoire pour attirer son attention. Il me plaisait beaucoup. Michel avait environ 14 ans. Noir. De beaux yeux railleurs. En l’apercevant, je le déshabillais des yeux. Je le voyais se promener avec fierté, exhibant des belles petites fesses rondes, douces à caresser, et de l’autre côté une magnifique petite graine de quelque trois pouces, un peu crochue, quand il était bien bandé. Michel était mon favori quant à l’aspect physique. Il était une de ces merveilleuses petites putains, conscientes de leur beauté, agace-pissette ou prostituées, selon les humeurs. Un de ces petits qui se font coureurs de jupons avec les garçons de leur âge pour éblouir et qui songent continuellement à coucher avec des amants payants pour se faire admirer davantage. Deux ou trois fois, je l’ai masturbé. Je l’aurais bien sucé, mais à l’époque cette pratique me gênait, même si, plus jeune, je l’avais quelquefois particulièrement savouré avec un camarade.

Michel s’est très vite aperçu de mon penchant à l’égard de son magnifique corps d’adolescent et, durant quelques semaines, il est venu tendre la perche de mon côté. Il a accepté de se déculotter après quelques allusions et pour répondre à un pari quant à ses performances. Pauvre Michel! Il était aux femmes… c’est pourquoi je ne l’ai jamais chassé davantage… j’ai toujours eu beaucoup de respect quant au désir des autres, même si parfois, à l’occasion, la passion devient si forte après une longue période d’abstinence que je me permets d’insister.

Michel me présenta Danny dont le père était propriétaire du cinéma de l’endroit. Dès notre première rencontre, il fut irréfutablement établi par la façon dont il s’offrait qu’il n’y aurait aucune résistance de sa part. Danny est devenu, somme toute, mon meilleur petit ami au Petit Lac. Il jouissait honnêtement de ma  présence. Nous n’avions pas à nous combattre. Nous étions heureux de travailler et de jouer ensemble. Il était mon confident et en retour, je me dépensais à l’aider ainsi que sa famille. Je n’avais pas à craindre d’être à nouveau exploité financièrement. Il est très rare d’avoir des amis qui n’ont aucun intérêt à le demeurer.

Comme moi, Danny voulait se débarrasser de ses « mauvaises habitudes ». Aussi, nous étions-nous entendus pour restreindre toutes nos activités sexuelles avec les autres. Nous nous consacrerions mutuellement au salut de nos âmes en nous masturbant mutuellement quand le besoin se ferait « trop sentir ». Nous nous exhortions l’un et l’autre à la chasteté et pour y parvenir nous créions toutes sortes de jeux et de travaux… Cette sublimation nous garantissait de vivre ainsi plus paisiblement avec nous-mêmes, car nous avions un moyen à la fois de ne pas répandre « notre perversion » et de satisfaire nos appétits quand ceux-ci atteignaient dans leur refoulement un point d’asphyxie.

Un après-midi, nous nous étions rendus en groupe nous baigner. J’avais alors essayé de voir comment était bâti chacun de ces charmants compagnons. Mon intérêt pour les formes du maillot et surtout les ouvertures aux cuisses fut vite remarqué et toute cette jeune bande d’enfants moqueurs, honteux, mais adorant les plaisirs de la chair, prit plaisir à faire défiler et refiler leur élégance qu’ils apprenaient à bien mettre en évidence. L’innocence et la chasteté des enfants n’existent que dans la mémoire maladive des parents qui confondent la répression sexuelle à laquelle ils ont éternellement été asservis et les véritables sentiments éprouvés lors de leurs excursions dans la vie : le plaisir. Les jeunes peuvent jouer aux fesses sans problème jusqu’à ce que la haine maladive du corps engendré par notre civilisation les ait profondément atteints.

Quant à moi, je jouissais de voir à travers des ouvertures trop grandes, les magnifiques appareils d’amour dans ces vêtements qui les compressaient un peu sur le ventre. Conscients du jeu, je jouais. J’ai cherché et réussi à voir deux d’entre eux, nus, quand se déshabillant à tour de rôle, ils faisaient semblant de ne pas me voir et m’exhibaient des anatomies bien différentes, mais toutes deux très  agréables  au  regard.  Le  premier  avait  environ  15  ans  et  le  deuxième

12. Pour toute cette jeunesse, ce simple jeu a, je l’ai compris par la suite, pris l’allure d’un véritable péché collectif… les parents et les policiers venaient d’entrer dans le décor. En s’accusant de s’être laissé inciter à ce jeu, ils inauguraient leur rôle de victimes, de pauvres âmes à consoler de s’être fait déflorer par un maniaque… Les jeunes ont beaucoup d’intérêt à tirer de telles expériences : d’une part, ils aiment l’aventure, d’autre part, s’ils se font prendre, ils en déchargent la responsabilité sur celui les a entraînés. Ce malheureux monopolise toutes les haines, et finalement, les jeunes bénéficient des traitements  de  faveur  accordés  aux  pauvres  victimes  des  démons  libérés

Malheur à ceux qui scandalisent les enfants.

De ce groupe, François était un des plus jeunes, mais de beaucoup le plus beau. Il ne s’était pas fait tellement remarquer ce jour-là; mais, par la suite, il est souvent venu à bicyclette avec moi. J’ai pris goût à ses mains sur mon corps, à ses lèvres contre mes joues quand nous luttions ensemble, et surtout, à la chaleur qu’il mettait à m’étreindre. Après avoir longuement parlé et joué ensemble à lutter, j’ai passé ma main dans son pantalon. Il était bandé. François s’est arrêté et m’a dévisagé.

— T’as une belle petite queue. Veux-tu me la montrer?

François refusa. J’ai cru qu’il agissait ainsi, comme plusieurs, pour me forcer, en jouant au pudique, à recommencer avec plus de tact ou plus de force. Plusieurs jeunes aiment se sentir adorés et ils jouent aux vierges offensées — tout en feignant la putain — avant de se livrer. Ils peuvent ainsi mieux assouvir leur besoin, se faire dire qu’ils sont beaux, se faire caresser, se sentir désirés, dignes de provoquer des crises. Ils cherchent souvent dans ces jeux une affection qu’ils ne trouvent pas dans leur famille. Pourquoi en aurait-il été autrement avec François?

Le diable pénètre comme l’illumination

Je luttai à nouveau avec François. Il semblait avoir tout oublié. Nous riions. J’ai profité de ma force pour défaire sa ceinture, descendre sa braguette et son caleçon. Il avait une petite queue adorable. Je le masturbai un peu jusqu’à ce qu’il ait une nouvelle érection. Il me regardait impassible. Soudain, il se releva, se reculotta puisque je l’avais maintenant presque nu devant moi et partit en pleurant. Je ne comprenais rien, j’avais peur de l’avoir blessé sans m’en rendre compte. Chez lui, comme dans toutes nos familles, le sentiment d’être amoindri ou diminué en se laissant poigner le cul est une forme d’éducation tellement enracinée qu’en de telles occasions on se laisse faire, comme le commande la nature, puis on le regrette après, comme nous le commande notre éducation. Si on ne le regrette pas, selon son éducation, la perversion est telle, que seuls la prison, l’asile ou l’enfer sont à la hauteur du crime. Aussi se repent-on pour pouvoir recommencer avec plus d’aisance, dans une plus grande sécurité. J’étais un enfant, brisant un bibelot de prix dans un musée. Je regrettais d’avoir agi ainsi.

Un péché accusé est à moitié pardonné

2

J’ai commencé à m’intéresser à la vie sexuelle vers quatre ou cinq ans. Je jouais au docteur avec les autres ainsi qu’au bœuf et à la vache. J’avais même une blonde, Christiane. Je me rappelle qu’on se moquait de moi à ce sujet, ne comprenant pas ma gêne de faire l’amour avec les autres. Mes aînés étaient

pourtant de bons professeurs.

Mon attrait pour les garçons a pris forme quand je fus surpris de constater que Coco, un gars volumineux, avait une toute petite queue comme moi. Je m’attendais au contraire. Pendant des années, j’en ai rêvé et essayé de la voir à nouveau ainsi que de la toucher. J’ai entraîné dès lors tous les garçons sur mon passage pour y mesurer et constater la relation entre la grandeur, le poids du corps et les dimensions de la verge. Probablement que mon excès de pudeur et la honte maladive de mon nombril ont commencé par cette perception d’avoir en plus de la laideur, la faiblesse dont tout le monde se moquait, l’isolement dans lequel je me sentais prisonnier, l’infirmité d’avoir une petite queue, infirmité si honteuse que plus tard je la transférais sur le nombril pour mieux oublier l’outrage subi par une telle offense. J’en avais toujours moins que les autres. Les différences de formation m’excitaient beaucoup. Je n’arrivais pas à perdre cette hantise de voir les autres, de les admirer…

D’autre part, j’étais viscéralement attiré par la beauté des visages des garçons. Moi, j’étais si affreusement laid. Mon père ne cessait de me le répéter pour m’agacer, et moi, pauvre imbécile, je le prenais au sérieux.

Heureux ceux qui souffrent, ils seront consolés…

Jeune, j’étais très complexé. Je me croyais laid, déformé puisque j’avais une légère infirmité au nombril.

L’atmosphère dans laquelle je vivais était très religieuse. Aussi, j’ai voulu devenir  un  saint.  Je  retrouvais au  pied  de  l’autel  l’amour   qui   me  manquait ailleurs.

Malgré toutes mes tentatives de bonté, j’avais un caractère de chien. Ne sachant à qui et surtout de quoi parler ou parlant trop à ceux qui m’écoutaient, il ne me restait plus qu’à me sauver dans le bois quand la douleur devenait trop forte.

Je me sentais inférieur aux autres. J’avais un monde à part. J’étais rejeté. Incapable comme les autres d’avoir des amis, des goûts dont tout le monde se moquait et une impuissance chronique à saisir cette dualité entre le paradis et l’enfer. Pour aimer, j’étais prêt à tout…

Si mon impuissance à être comme les autres me torturait, les jeux par contre m’amenaient à adorer la vie. Je crois qu’à cette époque j’étais moins conscient des frustrations que je me l’imagine aujourd’hui. Je vivais trop inondé de la chaleur de la beauté. Ce fut une période où j’ai vécu de poésie. C’était comme si la nature avait décidé de dialoguer avec moi pour remplacer les hommes. J’étais très religieux, une âme qui prenait vite froid, mais qui mélangeait facilement une grippe avec une pneumonie.

Ma curiosité sexuelle ne pouvait pas être minime puisqu’en tout j’étais très passionné. J’ai essayé surtout de m’amuser avec Gilles, qui m’avait littéralement fasciné. Il avait dix ans, j’en avais douze. C’était mon moyen d’être bon. J’aimais ceux qui m’attiraient sexuellement. Je leur pardonnais tout. Devant ces interminables refus de se laisser masturber, j’ai employé ma force en luttant pour passer ma main dans son pantalon. Il aima ça. C’est comme si je venais de faire ce qu’il voulait depuis longtemps. Ces exercices de lutte se sont répétés durant deux ou trois ans avec lui ce qui me permit de perdre intérieurement ma réputation de « faiblesse ». C’est très important à cet âge.

Gilles savait qu’il me fascinait et cherchait toujours à lutter avec moi, jouant aussi à la vierge offensée devant mon ardeur à tenter de lui mettre les mains dans les culottes. Il les retirait, mais ne cessait pas de lutter pour autant. Il aimait ça autant que moi, peut-être plus.

Son bandage le prouvait bien. Un jour, il a joué le jeu jusqu’au bout. Il s’est laissé déculotter et je l’ai examiné durant une bonne demi-heure. Par la suite, je n’ai jamais été tenté de recommencer avec lui, sinon une fois ou deux pour me le rappeler…

C’est étrange qu’une fois fasciné j’aie agi de la même façon avec François, quoiqu’il m’a anéanti par ses larmes. Comment n’aie-je pas pu sentir qu’il ne mentait pas? Je suis habituellement plus attentif à cet égard, car je ne veux froisser personne. François était peut-être trop beau!

Pourquoi François m’a-t-il autant plu? C’est probablement qu’il me rappelait physiquement Marc. Il était presque identique. Marc avait onze ans. Je ne le voyais que le dimanche. J’allais à la messe que pour le voir. Marc avait un air de séraphin et le sourire du petit Alexandre dans les Amitiés particulières. Je l’adorais.

Je travaillais toute la semaine avec sa figure dans la tête. Je ne songeais qu’aux intrigues à inventer pour le rencontrer et à la façon de m’y prendre pour le déshabiller. Je me voyais déjà l’embrasser, le serrer dans mes bras en jouant avec lui. Je rêvais à de grandes randonnées à bicyclette avec lui. Il était tout pour moi. Je vivais de lui et je m’attachais à tout ce qui le touchait. Par lui, tout devenait beau. Le lac avait un sourire. La région était un trésor enfoui quelque part sous le ciel. Les boisés étaient d’immenses forêts de fleurs. Le village, une tribu. Tous les problèmes de la région, du bois au pont de Québec, devenaient mes problèmes puisqu’ils touchaient la vie de celui que j’aimais. Aussi, pour le protéger, assurer sans qu’il le sache son bonheur, j’étais décidé à me battre pour cette région, y laisser ma peau, s’il le fallait… tout comme mon âme… 

Durant mon enfance, j’avais peur d’être de trop, d’être abandonné de mes parents. C’était une crainte sporadique probablement liée à la mort d’une de mes sœurs aînées. Mariette était morte à la suite d’une longue maladie alors que je n’avais que deux ou trois ans. J’ai peut-être identifié cette absence au danger d’être castré, d’être liquidé ou abandonné de mes parents.

Tout jeune, j’étais exclusif et jaloux, surtout de mon frère cadet, Denis, que je croyais le « préféré » de ma mère.

En première année, j’étais d’une sensibilité effarante, surtout d’une folle naïveté.

L’institutrice, pendant les cours de religion, nous racontait des histoires de saints et de revenants. Baptême! J’avais assez peur que je n’osais plus circuler près du cimetière, je n’osais plus aller seul dans le noir et la nuit… que de rêves affreux : fin du monde, squelettes, monstre qui voulait sans cesse tuer mon frère cadet. Je me réveillais, la nuit, en sursauts, trempé jusqu’aux oreilles de sueurs. Je me rangeais alors contre Denis, duquel je me sentais justement préféré; je cherchais sa protection puisqu’il n’avait pas peur, tremblotant plus que si j’avais été nu à 20 degrés sous zéro. Fasciné par la sainteté et invariablement coupable. Ce fut presque globalement mon enfance : des extases à n’en plus finir et autant de sacrifices pour sauver le monde. Des remords interminables à

toutes les colères, à chaque tentative de m’affirmer, à chaque mensonge… comme je me haïssais de ne pas toujours être sage, comme j’avais peur que le diable en profite pour prendre possession de moi, sans que je puisse dire un mot.

Je viendrai comme un voleur.

Dès ma première année scolaire, je suis tombé amoureux de mon institutrice. J’avais tellement besoin d’affection… Je rêvais d’être blond et frisé, ce qui me semblait le summum de la beauté, pour qu’elle ne me repousse pas son attention de moi. Je l’aimais et j’en étais jaloux. Comme je l’ai boudée quand elle m’a appris ses fiançailles, moi, qui à six ans, rêvais déjà de l’épouser.

Marc était le petit gars que j’aurais voulu être. Michel était physiquement balancé comme j’aurais aimé l’être. Il était le portrait-robot de ceux dont la curiosité me poussait à vérifier sur place les formes physiques même si le besoin de toucher guidait mes gestes et mes pensées. Une obsession fascinante. Faire l’amour avec un garçon, même si cela ne consistait qu’à le masturber, c’était me le rendre plus beau, plus vivant, plus créateur. J’oubliais ma laideur et ma solitude. C’était un vieux problème et une veille solution.

Avec ou sans expérience sexuelle, ces liaisons prenaient souvent la tournure de profondes amitiés.

Je me souviens, lors de ma première année scolaire, m’être lié à Léonard. Je l’aimais comme un fou probablement pour une double raison : il était aussi rejeté des autres et m’introduisait dans un monde tout à fait nouveau, un monde d’inventions, d’imagination, sans violence et marqué par un profond amour de la nature.

Je l’admirais profondément de pouvoir transformer un champ sauvage en un véritable petit zoo, alors que je ne pouvais rien faire de mes mains. J’attachais une importance particulière aux poissons. J’ai toujours aimé les animaux et condamné la rudesse des gens à leur égard. Par contre, l’hiver c’était le temps des glissades, des tunnels, des forts. C’était la poudrerie, le temps des rires. Au- delà de mes malheurs, qu’elle était belle cette nature! Elle me rendait heureux. Elle était si captivante qu’elle me faisait oublier le temps, elle m’enseignait la gaieté. Somme toute, j’étais heureux. J’oubliais très vite mes déboires affectifs. Ne trouvais-je pas dans les jeux de fesses satisfaction à ma curiosité? Moyen  de m’approcher des autres? Façon d’être excité et même d’attirer tout le monde à me rechercher? Par ce moyen, n’apprenais-je pas à profondément accepter les autres? À devenir tolérant? La nature, ce profond océan de fascination, ne m’éblouissait-elle pas suffisamment pour me faire oublier les fantômes? N’avais- je pas un ami? J’étais heureux par méditation, par découverte. J’étais passionné des autres à travers moi. Égoïste, comme tous les enfants.

Mon amitié avec Léonard avait germé après un accident qui m’avait

culpabilisé. Copain avec un autre, dont je ne me rappelle plus le prénom, j’avais, il me semble, engendré une bagarre dans laquelle Léonard s’était fracturé une jambe. Ça m’avait impressionné. Je suis d’abord apitoyé sur son sort pour ensuite l’aimer en le découvrant.

Mon enfance a été de cette façon psychologiquement insupportable et tyrannique, tout en possédant une façade dont le bonheur était d’une intensité extraordinaire. Si ce n’eût été de ce sentiment (qui n’avait aucune attache dans la réalité) d’être de trop, d’être détesté et de cette course folle pour me revaloriser, j’aurais eu une enfance comme il ne s’en passe que dans les contes de fées… mais il y eut la religion… les péchés de la chair et leur culpabilisation.

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