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Spirale intraprojective 7

septembre 12, 2020

Spirale intraprojective 7

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays.

* * *    
  
La reconnaissance de la normalité de l’homosexualité a signifié une baisse des discriminations et même du racisme.  Elle a entraîné une baisse de la criminalité.  La reconnaissance des droits de l’homme et de la vie privée permettront de rétablir le lien de confiance entre les individus et leurs institutions, en rétablissant le respect des gens entre eux malgré leurs différences. 

Si ce n’est pas ainsi, les dangers intérieurs à cause la droite, de la mafia mondiale, de la voracité des riches seront encore plus grands que ceux que l’on peut inventer au nom des musulmans. 

Pourquoi la combinaison de la violence à la télévision et au cinéma avec les drogues dures n’engendrerait-elle pas la violence ?  Ces drogues ont été créées pour donner de la vigueur aux soldats en mission au Vietnam.  Le sida est une erreur de laboratoire, des expériences scientifiques faites en Afrique, qui ont mal tournées. 

En quoi un pénis vu à la télévision est-il plus dangereux qu’un revoler, son symbole ?  Pourquoi fait-on la chasse à la liberté sexuelle, tout, en glorifiant la violence, sous prétexte du devoir de ne pas oublier ? On est foncièrement mélangé, c’est le moins qu’on puisse dire.           

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Chez un croyant, la liberté sexuelle devrait permettre de reconnaître que l’Autre est «différent», qu’il peut être l’Amour, et par conséquent, la découverte de Dieu.             

Malheureusement, c’est le contraire que nous constatons.  L’orientation sexuelle est encore un moyen de plus pour écraser l’autre, le mépriser.          

Un monde d’amour n’est pas un monde de guerre.  Il était normal, il y a 4,000 ans, en pleine ignorance de ce qu’est l’être humain, que les prêtres, qui jouaient aussi le rôle de police, interdisent l’homosexualité. On voulait assurer et protéger la descendance, avoir de bons bras et une bonne chair à canon parce que le nombre de soldats pouvait faire toute la différence dans une guerre.      

Aujourd’hui, avec la surpopulation, la différence d’orientation sexuelle joue un tout autre rôle : celui d’éviter la guerre parce que la terre-mère ne peut pas fournir tout ce que l’on consomme.  L’homosexualité, en dehors de l’amour, joue le même rôle que le condom, tout en permettant à deux personnes du même sexe de jouir des avantages de l’amour dans une relation.  Éliminer la solitude.  Malheureusement, on n’a pas encore appris à partager assez les richesses pour éviter de s’entretuer.  Aussi, fait-on la promotion des valeurs qui justifient la violence et la domination.           

L’homosexualité permet aussi de constater que la seule vraie différence entre un homme et une femme est strictement physique : les organes génitaux et les différences d’humeurs dues aux hormones.  Ainsi, on peut affirmer que l’homme et la femme sont physiquement différents, mais que cette différence, ne change rien au fait que tous les individus sont égaux.  Nous sommes tous un corps et un esprit qui ont une existence à réaliser.  La vocation peut être différente, mais elle vise le même but : la réussite de sa vie.           

Le droit à l’égalité formulé par la Charte des droits entre homme et femme doit aussi s\’appliquer aux jeunes sans restriction.  Toute discrimination fut-elle la plus positive possible demeure une discrimination.        

L’individu, la personne doit devenir le centre de la vie, la raison d’être d’exister. Aristote définissait ce but par le bonheur.  Mourir content de la vie que l’on a vécue.

Il est dommage qu »après des millénaires, l’homme soit la seule bête prête à tuer pour rien, par plaisir ou pour le pouvoir.  Les animaux, eux, au moins, savent qu’une énergie aussi fondamentale que la sexualité est à la base de la force de chaque individu, de sa personnalité, et qu’elle ne disparaîtra jamais. Si l’homme est si intelligent, il va apprendre à s’en servir de façon positive, comme un moyen de réaliser son bonheur, et, non, comme un péché, une saleté, une honte.

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La répression sexuelle est le canal fondamental de la violence irraisonnée. Elle est vicieuse, antinaturelle, la pierre angulaire des extrêmes droite et gauche, qui se rejoignent.       

« Nous semblons enfermés aujourd’hui dans un absolutisme sexuel où la définition du mâle est fixée et limitée par le capitalisme, doctrine qui insiste sur l’exploitation de tout ce qui ne lui est pas conforme. (p. 454)   La peur de l’acte homosexuel englobe donc la peur du paganisme. (p. 460).  Mais, le plaisir sexuel est l’expérience la plus intense de notre vie, c’est l’opposition ultime à la mort ; il emporte avec lui la possibilité de résurrection perpétuelle, l’immortalité du gêne égoïste qui jamais ne doit s’éteindre. (p.461)   Histoire de l’homosexualité, Colin Spencer, Le pré aux Clercs, 1998).  

La sexualité est la voie non seulement la plus rapide, mais la plus agréable, la plus privilégiée dans la découverte de Dieu chez un croyant parce qu’elle exige avant tout de découvrir la beauté et la grandeur de l’Homme (y voir nécessairement une femme à son égal… devrait-on être obligé de le souligner alors que cela va de soi ?)         

Comme tous les pédérastes, je suis écarté du monde ; car cette différence, ma pédérastie, fait de moi un éternel «rejet».      
  
*

À la suite de mon incarcération, je n’ai pas pu me réintégrer dans la société facilement.  T’es ruiné pour commencer. Tu ne peux pas travailler, car tu as un dossier. T’es perçu comme le pire des salauds. Tu ne peux même plus faire de bénévolat.

Tu peux tuer, tu peux voler des millions, faire ce que tu voudras, mais ne touche jamais au pénis d’un mineur, même s’il le veut.  Plus fou que ça tu meurs et c’est pourtant un fait.     

Je n’ai pas plaidé non coupable pour rien.  D’abord, je voulais que l’on établisse la vérité.  Aie-je respecté suffisamment les scrupules de Mathieu qui avait une éducation mormone ? Ce n’est pas à sa mère de le décider, mais à lui. 

Je l’avais averti avant de partir pour Montréal que je couchais nu et que si l’on devait par hasard se retrouver dans la même chambre, je ne changerais pas mes habitudes.  Il était d’accord.  Je lui ai demandé si mes farces à savoir de lui frotter la « bedaine  » l’indisposait. 

C’était une farce qu’on avait commencé à vivre ensemble pour faire rire sa petite sœur qui prétendait selon son échelle de la hiérarchie des grosseurs de bedaines que Mathieu était le plus « cute », ce que personne ne contestait.  Ça décrochait un sourire à Mathieu, car sa sœur prétendait que celui qui avait la plus petite bedaine était le plus beau.  Ce qui est fatalement vrai.  Évidemment, son père était aussi plus beau que moi. 

Mathieu affirma que ça le laissait totalement indifférent, que ça ne lui faisait absolument rien, mais à chaque fois que je le faisais il avait un sourire qui parlait par lui-même. Se faire frotter la bedaine, ce n’est pas si désagréable que ça, surtout quand tu te fais dire que tu es très beau.        

Avec les années, le respect du jeune et de sa liberté a pris dans ma vie de plus en plus d’importance.  Je n’ai peut-être pas toujours été assez sévère envers moi-même à cet égard, mais la liberté est un cheminement, une école.            

Le seul problème de conscience qui me valait tous les reproches : je détestais le côté égoïste et narcissique de la pédérastie.  Une préoccupation morale.  Par contre, qu’on le veuille ou non, il y a toujours un petit côté commerce-économie dans toutes les relations humaines.  C’est difficile à admettre, mais c’est une vérité à laquelle personne n’échappe.  Peut-être est-ce parce que les communications sont fondamentalement basées sur les échanges ? 

La beauté de l’Amour ou de l’Amitié dépend de son degré de gratuité.  Ce fut très vite une préoccupation personnelle.  Je suis loin d’être un saint.  Y aspirer est normal dans un pays catholique comme le Québec, mais tout écraser, sous prétexte de combattre le mal, est un mépris de la nature humaine faite de faiblesses et d’expériences bonnes ou mauvaises.         

Les adultes ne semblent pas comprendre que très souvent les jeunes sont heureux de participer à des petits jeux sexuels, mais qu’ils joueront très vite les martyrs si cela se sait.  Tous les adultes autour d’eux crient au meurtre, alors il est bien normal qu’ils se défendent en devenant victimes et accusateurs. La morale sexuelle se développe avant six ans par imitation de la réaction de son milieu.

La deuxième raison ne tient pas à l’orgueil, mais à ma philosophie de vie.  Je ne crois pas au mal dans la sexualité tant qu’il n’y a pas violence. On m’accusait d’être pédophile alors que je suis pédéraste (depuis que je l’ai écrit).  Il y a tout un univers entre les deux termes. 

Il y a d’abord l’âge.  Un pédophile aime indifféremment les garçons et les filles de moins de dix ans alors qu’un pédéraste est foncièrement gai, et aime les petits gars à la pré-puberté ou puberté.  Tous les pédérastes que j’ai connus respectent cette nuance.  Ce doit-être la même chose pour une femme gaie ?  Il y a sûrement des monstres sexuels dangereux, j’en conviens, mais quand je préconise la liberté sexuelle chez un adolescent, je demande strictement la même intégrité physique pour lui que pour un adulte.          

***

À mon avis, ils sont comme nous les seuls responsables de leur corps.  C’est aussi pourquoi, j’ai toujours été ouvert aux exigences des féministes ; même si historiquement, selon l’histoire de l’homosexualité, les femmes refusent la pédérastie parce qu’elles perdent le contrôle et la domination sur les enfants qu’elles perçoivent comme un prolongement d’elles-mêmes dans le temps et l’espace.  Elles oublient que les jeunes ont leur propre évolution. 

Au Québec, les adultes ont autant besoin que les enfants d’être rééduqués, car on ne peut pas percevoir la sexualité en dehors du regard des curés.  Si la sexualité est mauvaise, pourquoi a-t-elle été créée par Dieu ?     

La pédérastie ne comprend pas et élimine même souvent la pénétration.  Tu peux être pédéraste sans être sodomite.  Ce sont deux choses bien différentes.  Certains jeunes aiment se faire sodomiser, ils le recherchent même parce qu’ils éprouveraient une très grande jouissance à travers cette pratique, une jouissance de la prostate.  Je n’y connais rien, alors, disons que ça existe, voilà tout.  

La liberté sexuelle (sans violence) et le respect de l’individu sauveront un jour le monde.  Je le crois.  Une folie ?  Ce n’est sûrement pas pire que de vendre des armes et attiser des guerres.  C’est ma révolution.  Je suis un radical, mais je ne suis pas un extrémiste.  J’ai le droit de croire que la liberté sexuelle doit être un bien pour tous et non seulement pour les adultes.  La liberté sexuelle engendre la tolérance. 

Écrire en faveur de la pédérastie (du moins essayer de la comprendre) c’est nécessairement te condamner à être éternellement rejeté, haï par la majorité ; du moins, jusqu’à ce qu’on te comprenne.  Je n’ai rien d’un martyr ; mais je défends quelque chose dans laquelle je crois de toute mon âme et pour le bien du Québec.

Je ne peux pas affirmer et garantir d’avoir raison.  C’est une bien vacillante certitude, car la sexualité est quelque chose de strictement privé, individuel.  La sexualité est très souvent prétexte au chantage parce qu’on lui donne une importance qu’elle n’a pas. 

Ce qui est vrai pour moi peut être faux pour une autre personne.  Cependant, je suis certain qu’une relation sexuelle sans violence, dans le plaisir entre un jeune et un adulte ne peut pas causer de traumatismes, elle peut même être bénéfique, ne serait-ce que pour les faveurs que le jeune en retire. 

Aujourd’hui, ces relations doivent être vécues dans l’hypocrisie, ce qui les rend malsaines.  Une tonne de personnages importants ont vécu cette forme d’amour, car dans la Grèce antique, la pédérastie était perçue comme la force d’aimer la plus spectaculaire, et je le crois.  Un pédéraste en amour est souvent prêt à crever pour son jeune. 

 *  *

Tu ressors toujours un peu paranoïaque de prison.  Deux ans après, c’était encore le cas.  J’avais peur que l’on s’attaque à mes parents et amis, particulièrement, un jeune punk qui demeurait avec moi depuis Val-d’Or ainsi qu’à mon autre fils adoptif, le plus vieux. « Le système, m’a-t-on dit s’attaque à son entourage pour briser un individu».  Tu ne peux jamais savoir lequel croire.      

J’ai même commencé à penser que le suicide de mon plus jeune fils adoptif était un meurtre déguisé, l’aboutissement d’un chantage. J’avais peur qu’on se serve de mes finances, non seulement pour me faire taire, mais pour me faire chanter, en me faisant perdre le tout petit peu d’argent que j’ai pour survivre, soit ma petite retraire et mes rentes du Québec.  J’ai une imbécile au BS, qui n’arrêtait pas d’essayer de me prendre en défaut et me faire payer davantage. J’ai eu peur que les insinuations sur ma mort prochaine m’influencent dans mes écrits.  J’avais peur de commencer à haïr les humains. J’ai eu peur que l’on cherche à me rendre assez fou pour ne plus être crédible et suicidaire.  J’ai eu peur d’agir ou d’écrire sans déclencher une avalanche de réactions négatives.  Étais-je vraiment si paranoïaque ?  Le temps le dira, mais en attendant, cette peur m’empêchait d’être créatif.      

Mon pire ennemi demeure que pour gagner ma vie, je n’ai pas le temps d’écrire autant que je le voudrais.  Mais, ce n’est pas à moi de reconnaître si je suis un écrivain de talent ou on. Je me crois plutôt médiocre.     

Par conséquent, je suis encore en prison puisque celle-ci peut être de plusieurs ordres. 

La pire prison, c’est moi-même, à cause de la dégradation qu’entraîne automatiquement le fait d’avoir un dossier judiciaire, l’argent, et finalement le pire, l’impossibilité de se réaliser dans le monde, la recherche de la solitude absolue.  Cesser d’être un acquis pour ton pays.  Devenir un déchet.    

Le système judiciaire te condamne à un certain temps derrière les barreaux, mais il te maintient en réclusion durant des années par des moyens divers : probation, dossier, harcèlement, non emploi, etc.

Être coupable d’un crime sexuel même sans violence ou domination est une peine à subir toute ta vie alors que l’on prétend que notre système est basé sur la réhabilitation.  Tuer est moins pire que de sucer un petit sexe : une morale judéo-chrétienne bien débile…   

Même si mon procès a eu lieu en 1996, ce n’est qu’en 1999 que je suis allé en prison pour purger ma peine, après avoir perdu en appel aux mains de juges féminines.  En 2001, après avoir fait ma probation, le procureur de Val-d’Or, un idiot, demandait que je recommence ma probation en sortant de prison.  Mon responsable a refusé.  Si ce n’est pas du harcèlement de la part de la Couronne, qu’est-ce que c’est ?  Une mesure politique ?   D’autant plus qu’à l’automne 2002, le fédéral établira une liste des personnes condamnées pour crime sexuel.  De plus, il est toujours possible de remonter jusqu’à 30-40 ans en arrière pour pouvoir te t’accuser.  Une pipe ça traumatise en tabarnache !

Tu vies avec une possibilité d’inculpation presque de la naissance à la mort.  Et, on prétend que les pédérastes sont des paranoïaques.  Qui ne le serait pas?   On met beaucoup moins de zèle à condamner les vrais criminels, les violents… Il est évident quant à moi, que toute relation sexuelle avec violence, est un viol, donc, un crime.  On a beau me dire que je suis un cas particulier, un hostie de bon gars, je n’en demeure pas moins pour le système un ennemi à abattre.  Tant qu’on peut me discréditer sur le plan sexuel, je ne représente plus un danger politique.  L’habit fait le moine

*

Avant de choisir ce que serai pendant les 20 prochaines années, si Dieu me prête vie, j’ai décidé de reprendre tout ce que j’ai écrit jusqu’à date… question d’y mettre un point final, de recommencer une nouvelle vie.  Je serai allé au bout de ce que je crois.  Le public en fera bien ce qu’il voudra … C’est un CRI en faveur de ce que je crois être le gros bon sens. 

La répression sexuelle repose sur des tabous et des préjugés millénaires entretenus par les églises pour dominer les individus.  J’ai étudié les écrivains grecs tout comme Marguerite Yourcenar et j’en suis tombé amoureux.   
 
Ainsi, je pourrai recommencer dans une année ou deux, une carrière d’écrivain — si j’ai des éditeurs.  Grâce à mon âge et les temps libres que ma retraite devrait me procurer, je devrais pouvoir enfin produire ce qui me tente.  Créer une façon personnelle de voir le monde, un monde gai, éblouissant et aussi passionnant que la vie, que la beauté des Autres.  Cesser de me prendre pour un petit Jos Connaissant afin de revenir le jouisseur avide de découvrir qui je suis fondamentalement.

Je suis beaucoup plus mollasson que dans ma jeunesse, question de libido et la prison rend un peu plus névrosé, paranoïaque, mais elle nous permet d’atteindre une plus grande maturité, un sagesse qui pourra profiter aux jeunes, s’ils en veulent.     

À part le suicide de mon fils adoptif en 1994 (ou la mort des autres que j’ai aimés, mais particulièrement, lui), la pire calamité dans ma vie fut : quoique je fusse un bon professeur, qu’il y a des milliers de décrocheurs, des millions d’analphabètes, que j’aie enseigné sans problème depuis 15 ans, de ne pas pouvoir continuer d’enseigner parce qu’un jeune à qui je n’ai jamais enseigné disait que je lui avais touché le pénis.        

Mon dieu que c’est grave !  Il aurait pu en sécher !   Le jeune durant le procès affirma que je lui avais frôlé le pénis ou plus exactement  mis la main dessus sans bouger, même pas une petite masturbation ,et fini le droit d’enseigner, de gagner décemment  ta vie… La société est beaucoup plus malade que moi. Je n’ai jamais fait mal, blessé ou encore moins tué un enfant. Les enfants sont sacrés pour moi, même si je ne crois pas que la sexualité est un danger pour eux. 

Le pire fut cette misère de me retrouver socialement inutile, un rejet total, un démon qui ne fait que du mal.  Être classé renégat, un sale, un pas bon, une nuisance pour la société pour le reste de sa vie, car j’avais touché le pénis d’un gars à qui il manquait une semaine pour avoir le droit de me dire oui.     

Je ne crois pas être plus sale que le commandant en chef de l’armée qui ordonne de tuer pour protéger les acquis monétaires des dirigeants de son pays, mais lui, c’est un TUEUR-HÉROS, il obéit aux ordres. Il tue au nom de la liberté… liberté qu’il étouffe pourtant, la liberté anglo-saxonne qui se mesure à la valeur capitaliste des bénéfices financiers.  Par ailleurs, dans toutes les religions, il y a des pédophiles, des pédérastes, des gais et des hétéros.  Le nier, c’est mentir.  Pourquoi toujours juger les autres ? L’intolérance morale crée les situations violentes. À force de te faire écœurer tu finis par éclater.    

Notre société doit être très profondément malade pour que le «cul» soit plus important que l’instruction et l’éducation.  On oublie que la répression sexuelle est la source, par excellence, du fascisme.  Nos dirigeants seraient-ils tous des néo-fascistes ?          

Si j’étais un monstre qui pourrait blesser ou tuer un enfant (ou un ado) pour avoir une relation sexuelle, je suis bien d’accord qu’alors il serait important de me tenir à l’écart ; mais, la façon avec laquelle je vis ma pédérastie, exigeant un consentement mutuel et du plaisir, c’est complètement différent. Une telle obsession répressive ne se justifie pas.  Elle nuit même à la société.       
 
Ce n’est pas parce que je refuse la morale des féminounes, une morale d’hypocrites et de menteurs, que je dois passer pour un danger international.  Je ne suis pas un taliban et son amour des femmes.  Être scrupuleux au point d’empêcher les autres de recevoir des caresses, ce n’est pas de la pudeur, mais de la psychose. 

Avoir aussi peur du sexe, c’est de la paranoïa.  Prôner la délation, ce n’est pas de la charité ou de la force, mais encourager la jalousie, la médisance et parfois même la calomnie.  Agir ainsi, c’est créer une société de demain inhumaine, une société incapable d’aimer parce que la peur est leur motivation la plus profonde.  On croit qu’il est préférable de se détruire mutuellement à se caresser.  Voilà où nous conduit invariablement la répression sexuelle.          
 
Ce livre a été pensé en prison, bien avant le 11 septembre 2001, soit avant que l’on puisse saisir jusqu’où le profit des pétrolières peut nous attirer, surtout si de par le monde, il y a des religions qui enseignent la haine plutôt que la clémence d’un Gandhi.  Si tous les prophètes de la paix et de l’égalité humaine ont été tués, comme John Lennon, des Beatles, John Kennedy, président des États-Unis, Luther King, des droits civiques, par l’extrême droite américaine, comprenant tout aussi bien la mafia que les services secrets de la police, comment ne pas craindre pour ta vie quand tu te bats pour un idéal qui représente le mal pour ce même système.  Car pour eux la liberté sexuelle est le crime des crimes et, ils ont raison, les droits individuels combattent la violence, la guerre, et la pensée unique des religions.  C’est l’ennemi de ceux qui cherchent à tout dominer.    

Même si on me tuait ma mort ne ferait pas de vague, ça ne changerait rien.  On a même pu tuer le président des États-Unis à Dallas sans qu’on puisse même savoir qui l’a tué. Dans le système, autant islamique, capitaliste que communiste, on tue pour les profits.      

Malheureusement avec les communications, la vitesse me rattrape plus vite.  Si L’homo-vicièr était en avant de son temps en 1968, aujourd’hui, je suis déjà dépassé dès que j’écris.

Comme le dit le juge quand il prononça son verdict : j’ai été incarcéré surtout parce que je présentais davantage un danger pour les institutions du pays qu’un danger pour les petits gars.   

Je ne pense pas comme les autres.  Si on acceptait ma façon de voir la vie et la société, nos dirigeants seraient obligés de condamner la guerre et la violence.  Les profits des multinationales ne parviendraient plus à justifier la mort d’un humain. Je suis conséquemment un danger public, car d’autres pourraient commencer à penser comme moi. Il ne faut pas trop pleurer sur mon sort, j’existe exactement pour transmettre ce point de vue.  Pour toutes les religions, accepter la liberté sexuelle individuelle, c’est le fiasco financier, car, c’est éliminer la dictature émotive que les religions ont sur les individus. C’est perdre le contrôle sur les individus car tous ont une sexualité. Et, la culpabilité fait que tu es prêt à tous les cadeaux pour être pardonné.     

Pour tous les systèmes économiques prôner la non-violence, c’est enseigner leur éclatement.  Voilà pourquoi je suis vraiment dangereux.  Le système est basé sur la nécessité de faire des guerres, sur les profits des reconstructions.  Sans guerre, il n’y a pas assez de dépenses inutiles pour l’alimenter.            

En allant en prison, je ne suis pas un martyr puisque je suis authentiquement pédéraste qui refuse d’y voir quelque chose de condamnable ou de mal.   Puisque la société pense autrement, c’est normal que l’on me punisse pour être un individu qui ne se sent pas coupable. Dans bien des pays, je serais fusillé juste pour dire que je suis pédéraste.  Il n’y aurait même pas de procès.  C’est la différence entre un pays civilisé et un qui ne l’est pas.  Avec l’âge de consentement à 14 ans (Le fédéral est assez stupide pour l’avoir élevé à 16 ans) je peux tomber en amour avec un jeune de cet âge en toute légalité.  En fait, ça rejoint mon point de vue. Je crois que le jeune a un droit absolu sur sa sexualité dès la préadolescence et si on espère tel ou tel comportement on a qu’à lui enseigner avant qu’il franchisse cette étape.   

Pour la majorité des hommes, je suis un sale parce que, malgré cette orientation sexuelle qui devrait me discréditer, j’ose m’affirmer pédéraste et revendiquer mon droit à aimer qui je veux, si l’autre personne est consentante.       

Pire, j’ose écrire en faveur de la paix et de la démocratie.  J’ai l’audace de prétendre qu’étant une force individuelle, la vie privée et la liberté sexuelle sont des pré-requis essentiels, indispensables à la démocratie, car la pédérastie exige le respect des autres.  La liberté ne s’acquiert pas sans expériences.  On ne veut rien savoir de ce que je pense et on prétend ainsi que ma pédérastie met les institutions qui nous exploitent en danger, car j’exige qu’on prouve que cette forme d’amour est mauvaise pour le jeune, j’exige le respect des individus.     

À la suite de ma deuxième visite à Bordeaux Beach, après l’effondrement de ma demande en appel (on se protège entre juges), je n’ai rien à dire contre la prison.

Même si des rumeurs voulaient que les accusés de crimes sexuels soient victimes des Comités de prisonniers, battus ou forcer à se suicider, je n’en ai pas eu la preuve.  On m’a raconté bien des choses, mais je ne pouvais pas le vérifier puisque j’étais dans une aile de protection.  En prison, les rumeurs courent plus vite que l’éclair.  Comment savoir s’il est vrai que le tonnerre est tombé.  

On disait que les prisonniers, membres des comités, faisaient justice eux-mêmes pour remplacer une police qui n’a pas le droit de le faire.  L’omerta sur les prisons aurait été maintenue par les gardes qui acceptent cette sanction, mais qui ne peuvent pas la faire subir.  La raclée par ses paires pour les pédérastes incarcérés est une nouvelle sentence, née de la haine maladive de tout ce qui touche le sexe et la femme, dans une certaine droite et les milieux interlopes. (À remarquer, qu’un proxénète peut battre son employée).          
 

On oublie ou on ne sait pas que l’amour pédéraste existe depuis toujours et qu’il a même été reconnu comme le plus grand amour, avant que les religions et la médecine bourgeoise en fasse un crime.  Avant que la société doive dominer les individus pour contrôler la nouvelle vie citadine.      

On dit que le prisonnier peut être battu par les autres sans que ceux-ci soient réprimandés à la condition que le prisonnier battu puisse se tenir debout, d’où deux prisonniers tiendraient par sa ceinture le gars battu afin qu’il ne tombe pas.  Pour que la violence soit possible en prison, dans des lieux comme où j’étais détenu, petit et constamment surveillé, il faut la complicité des prisonniers et des gardiens pour être possible.  Cela peut aussi se produire si l’agent affecté au classement envoie un prisonnier qui devrait être sous protection dans des salles publiques, soit directement entre les mains de ses bourreaux.   

Le reste, les rumeurs s’en chargent ou les journaux spécialisés dans les procès, car ils servent à transmettre à travers la couverture des procès, les renseignements dont les prisonniers ont besoin pour rejuger ceux qu’ils croient ne pas être assez punis.  Évidemment, ça ne s’applique qu’aux crimes à caractère sexuel.  Il n’y a qu’un prisonnier qui m’a confirmé avoir été battu dans une autre prison parce qu’on le croyait pédéraste. «Ils m’ont pris pour toi.», m’avait-il confié.       

Quoiqu’il en soit, si c’est vrai, c’est inacceptable.  L’individu emprisonné est sous la responsabilité de l’état et non de la mafia ou des féminounes.  Dans toutes les prisons, il ne doit y avoir qu’une règle d’or : tolérance zéro absolue pour la violence, la torture et le taxage.      

Les prisons doivent aussi être dotées d’un bon personnel et service médical, car elles sont responsables de ceux qui les habitent.  Et, les «dérangés» y goûtent plus que personne.       
En deux ans, il y a eu des améliorations surprenantes.  Les gardiens ont même appris à être polis avec les prisonniers.  Une raison de moins pour inciter à la violence.

À cause d’un incident, hors de ma portée, un prisonnier a commencé à dire que j’étais un terroriste.  Je ne fus plus vu comme un prisonnier pour des motifs sexuels, mais un prisonnier politique. Ce que j’étais à toute fin pratique.  D’ailleurs, j’ai curieusement été emprisonné pendant que Stéphane Dion défendait sa sale loi de la clarté pour empêcher le Québec de devenir indépendant.

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