Aller au contenu principal

Un sourire sorti d’enfer 27

novembre 13, 2020

Autobiographie approximative

pp. 208 à 215

Mes visites à Vancouver étaient marquées de plus en plus par des brosses à n’en plus finir.

Jimmy m’avait laissé tomber. Il avait fait connaissance avec un gai qui lui payait des gueuletons dans des restaurants étrangers et il forniquait avec un groupe de jeunes spécialisés dans la vente de marijuana. Jimmy essayait des drogues fortes plus souvent qu’à son tour. Qu’y pouvais-je? Je n’étais tout même pas son père. Plus je lui faisais voir les dangers de la drogue, plus il en mettait pour m’épater, croyant ainsi me faire peur.

J’ai profité dans l’après-midi de ma carte de membre du YMCA de Sherbrooke pour me baigner dans les magnifiques piscines du YMCA de Vancouver. Plusieurs personnes, des familles entières s’y baignaient nues. On était loin de la stupidité des Québécois face à la sexualité. Pas de paranoïa et le respect du corps comme quelque chose de très grand et non comme un péché ambulant.

J’ai rencontré un dirigeant syndical qui m’a expliqué que tout n’allait pas pour le mieux dans la province. Les syndicats étaient très déçus des politiques du NPD, particulièrement dans le domaine du travail. Les syndicats ne voulaient pas se taire, mais dès qu’ils ouvraient la bouche pour critiquer; les journaux, propriétés d’Américains anti socialistes étalaient en page une et de la façon la plus voyante possible toutes les critiques les plus virulentes. Tout était noirci, amplifié.

Les syndiqués considérant le gouvernement trop conservateur poussaient de plus en plus les dirigeants vers la contestation. Ainsi, le gouvernement était la cible des progressistes et des conservateurs.

C’est exactement ce qui se passe au Québec avec la manipulation des syndicats par la go-gauche. La go-gauche se fiche éperdument de l’Indépendance du Québec.

Le marxisme a toujours méprisé les minorités. Pour elle, il n’y a qu’une lutte : abolir le système capitaliste.

La go-gauche profite surtout aux libéraux fédéraux, car, elle mine petit à petit la crédibilité du Parti Québécois qui, bourgeois tant qu’on voudra, est le seul instrument pour obtenir pacifiquement l’indépendance.

En oubliant ses propres folies, la go-gauche pousse les conflits de façon à les rendre insolubles. Plus ça va mal, plus la révolution se fera vite. Elle oublie que la majorité a toujours choisi plus de conservatisme dans ces situations.

Cela fait l’affaire des anglophones qui refusent un Québec français. Les mouvements socialistes actuels au Québec sont dominés par les anglophones. La go-gauche au Québec joue ainsi en faveur de ceux qui s’opposent à la francisation. Ces mouvements emmerdent assez les gens qu’ils accélèrent un retour au conservatisme, mouvement concentré autour de Claude Ryan qui aimerait prendre le pouvoir en faisant renaître le vieil épouvantail de l’époque duplessiste: la peur des communistes et les crucifix qui disparaissent dans nos écoles.

Les Québécois même si plusieurs ne pratiquent plus sont encore très sensibles aux cordes de la harpe religieuse. Le Québec se suicidera-t-il comme la communauté francophone du Manitoba pour sauver les intérêts de l’Église catholique au Québec? Quand un peuple a besoin de deux saints pour dormir, c’est une réalité inquiétante.

En Colombie britannique, le BC, une bonne partie de la population craignait une invasion américaine si le parti au pouvoir réalisait son programme. Toute personne renseignée le moindrement connaissait la volonté américaine par le biais de la CIA de mettre fin à l’expérience socialiste au Canada.

Cette opération était connue sous le vocable : « Opération Étoile du Nord ». À mon avis, cette peur d’une intervention armée était non justifiée quoique l’intervention américaine à travers les journaux et les associations patronales fût évidente.

On aurait dit que le NPD avait le tour de se mettre tout le monde à dos en n’étant pas assez radical. Les industries qu’il étatisait étaient toujours en faillite ou presque. Plutôt que de changer la direction, la firme reprenait vie avec les mêmes administrateurs, mais sous un autre nom. Les gens interprétaient cela comme du patronage et une mauvaise capacité de gestion.

Avec le temps, les gauchistes ont fini par trouver le NPD aussi mauvais que le Crédit social, de droite. D’ailleurs, souvent le Crédit social avait des politiques plus socialistes que le NPD. Plusieurs ont abandonné la lutte. Pour les travailleurs, un parti ou un autre, ça ne changeait rien. Les grèves étaient recommencées de plus belle.

Les jeunes espéraient une libération de la marijuana et la légalisation des plages de nudistes. Ce fut un rêve vite abandonné. Les autorités ont essayé d’interdire le nudisme pour des motifs hypocrites. À Vancouver, on invoquait le danger des bancs de sable. Sur l’île, on prétendait que le nudisme nuisait au tourisme. Les vieux ont toujours paniqué avec la sexualité partout au Canada. La peur du sexe est une ignorance qui frise la maladie mentale à l’échelle humaine.

La jeunesse qui espérait un renouveau n’a pas pardonné un tel recul du gouvernement.  Pour les jeunes et les travailleurs, plus il y avait de changements, plus c’était pareil.

Sur le pouce, les plus vieux parlaient souvent de l’inflation, du problème de l’habitation à Vancouver. Pour eux, il s’agissait de la même  situation  qu’en 1929.

« Nous crevions de faim. Tout était rationné et pourtant un peu partout dans les hangars, la nourriture pourrissait à la tonne. Les grandes compagnies faisaient la pluie et le beau temps, mais aussi de bien meilleurs profits.»

Partout, les gens étaient insatisfaits, mais ils ne voyaient pas comment s’en sortir, car, les USA apparaissaient dans le portrait. « Il faudrait aller plus loin », disait-on, mais… la peur les a étouffés.

Le socialisme en Colombie britannique me déplaisait. Tout n’était qu’économique comme si les hommes étaient des robots. Exactement, comme cela se passe dans les syndicats du Québec. Le membre n’est qu’une cotisation.

J’ai écrit une lettre ouverte dénonçant la situation que le journal titra : « Are BC workers money monkeys ? »

Je ne voulais pas m’embarquer davantage dans le débat. Je n’étais pas chez moi au Canada. De plus, je n’ai rien contre le socialisme, bien au contraire. C’est une réponse très intelligente à nos problèmes. Par contre, comme toutes les idéologies, la réponse communiste considère encore l’homme comme un

membre à exploiter par le parti. Entre le capitalisme et le communisme, à cause du manque de respect de l’individu, je préfère le capitalisme, mais un capitalisme profondément modifié, un capitalisme beaucoup plus socialiste.

J’ai été choisi au Centre de la main-d’œuvre pour suivre un cours de cuisine, à Dawson Creek. C’était encore plus au nord, dans le BC, à la porte du Yukon. Cela m’enchantait. Je découvrais ainsi un nouvel aspect des magnifiques montagnes de cette province canadienne.

Malheur de malheur, dans mon dernier voyage à Vancouver, ayant dû coucher dans un terrain de stationnement couvert pour échapper aux pluies, j’avais attrapé des poux. C’est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un avant de se rendre à une nouvelle école. J’étais effrayé à l’idée d’en avoir encore et de les passer à mes compagnons. J’ai travaillé une semaine à les faire disparaître. J’avais de la difficulté à dormir à cause de la peur de ne pas arriver à me départir assez vite des grattements qu’ils provoquent. J’ai plus honte des poux que du sexe et dans les deux cas, je ne suis pas le principal responsable.

À mon arrivée à l’école, j’étais fasciné. Non seulement j’ai pris une douche avec les plus jeunes et les plus beaux étudiants; mais je partageais la chambre avec celui qui me plaisait le plus. Un magnifique petit bonhomme de seize ou dix-sept ans. Très intelligent.

Celui-ci trouvait comiques et dangereuses les caricatures que je faisais parvenir à notre Boubou national, premier ministre du Québec. Cependant, je n’ai pas écrit la lettre ouverte dénonçant la Société générale de financement du Québec, comme le voulait Jimmy. Celui-ci prétendait que la SGF servait à un groupe de libéraux pour créer des industries que le gouvernement rachetait, dès que le déficit devenait trop pesant. Un système de patronage scandaleux! Mais, je n’avais pas de preuves et j’étais loin de la politique québécoise.

Le premier avant-midi fut sans incident. Le midi, nous nous présentions les uns aux autres. Si mon intérêt porta immédiatement sur une magnifique Indienne, pour la majorité des autres étudiants, j’étais l’objet parfait de la curiosité parce que je venais du Québec.

Évidemment, les questions ne tardèrent pas à fuser sur mon pays.

  • Es-tu en faveur du Parti Québécois ?
  • Il n’est pas assez radical, mais il présente un compromis acceptable, pourvu qu’il ne finisse pas aussi conservateur que le NPD.
  • T’es donc pour le FLQ ?
  • Fais attention à ce que tu dis ici, nous pensons que Burney est un indicateur de la police RCMP (GRC).

Il faut dire que la GRC a toujours placé des indicateurs dans les milieux étudiants. Cela avait même été dénoncé à l’université Bishop, à Lennoxville, une université où ni le FLQ, ni la go-gauche n’ont encore mis le gouvernement en danger. Après cela, le Canada fait croire qu’il respecte la liberté de penser.

Quant à Burney, il se prétendait non seulement curé d’une paroisse d’Alberta, mais aussi le maire de cette petite municipalité. Cette présomption que Burney était de la GRC a augmenté quand celui-ci refusa de répondre à nos questions.

La solidarité entre jeunes dépasse souvent les frontières artificielles des pays, ces espèces de jouets politiques des aînés. À cet âge, tu n’as pas encore de placement à défendre et tu te sens plus humain.

Tout allait pour le mieux. Je m’entendais à merveille avec tout le monde. Je vivais avec des petits gars charmants et une petite Indienne venait émerveiller mes regards. Elle était vraiment très belle.

À la fin de l’après-midi, le chef du département est venu me trouver.

  • Tu ne sais pas encore comment te raser ?
  • Je ne peux pas. Je n’ai pas de rasoir et je n’ai pas encore été payé. Je ne peux pas en acheter un maintenant, je n’ai pas un sou. Je le ferai dès que je le pourrai.
  • Si tu ne t’es pas rasé demain, ne reviens pas.

J’étais bien malheureux. Je voulais absolument suivre ce cours et je risquais d’être congédié parce que je n’avais pas assez d’argent pour m’acheter un rasoir. Une affaire archi- stupide.

Un des jeunes qui m’appelait « Gros Jambon » m’invita à souper chez lui. Ce jeune me fournit aussi le rasoir tant espéré.

Ce soir-là, nous avons longuement discuté de politique. J’ai essayé autant que j’ai pu d’atténuer le mythe du Québécois raciste et violent. J’ai essayé de lui faire comprendre qu’à mon avis le FLQ a toujours été une arme défensive contre les fédérastes. C’est comme le coup de poing que tu donnes à force de te faire écœurer. Pour te défendre.

J’ai poursuivi mes études dans un état de quasi-pauvreté, car j’ai réussi à obtenir une petite avance et m’acheter un rasoir. J’avais une excellente relation avectous les étudiants, sauf un, qui détestait les francophones et qui inventait toutes sortes de bêtises pour me provoquer. Ainsi, un jour pour m’écœurer, a-t-il traduit le sigle FLQ par Funny looking Queer ou drôle de tapette. Cet étudiant ne jouissait pas d’une grande popularité auprès des autres, mais cette blague était bien rie.

La ségrégation s’est accentuée plus fortement sur l’Indienne qui, exaspérée, a laissé les cours.

En dehors des cours, je me rendais à la bibliothèque ou à la piscine où j’avais une foule de petits amis Indiens. Je vivais le parfait bonheur. Personne ne m’emmerdait, je ne pouvais pas demander mieux. Seul, l’argent manquait, c’est l’histoire de ma vie comme pour c’est le cas pour beaucoup.

Quand nous devions recevoir notre chèque, ce fut toute une déception. La grève de la poste paralysait tous les services. Comment survivre? C’était déjà un miracle d’avoir tenu jusque-là. Cet événement m’a cependant permis de voir comment les autorités me saisissaient :

  • Tu n’as qu’à téléphoner à ton chum et lui demander de régler la grève plus vite.
  • Quel chum ?
  • Le premier ministre du Canada, ton ami Trudeau, voyons !

J’oubliais facilement cette vision bien particulière des gens de l’Ouest. À leur avis, P.-E. Trudeau était le seul vrai et unique chef du FLQ. C’est une bien bizarre idée. Trudeau a beau être devenu un conservateur libéral, il demeure un leader antinationalisme québécois. La nomination du dernier gouverneur général le  démontre  bien.  Les  libéraux  sont  prêts  à  se  liguer  avec  la  go-gauche  et l’extrême droite dirigée par Claude Ryan pour battre l’indépendance du Québec.

Certains anglophones sont tellement racistes qu’ils n’arrivent pas à comprendre que Trudeau a vendu le Québec pour un plat de lentilles depuis belle lurette

Pour eux, il suffit que Trudeau porte un nom français pour le haïr. Au contraire, au Québec, ce nom français permet d’anéantir le Québec autonome. C’était d’un ridicule absolu. Trudeau est haï par les nationalistes québécois, donc, ce n’est sûrement pas le chef de file nationaliste québécois.

J’avoue que bien des Québécois se sont un jour demandé si Trudeau ne s’est pas fait élire pour écœurer les Québécois et ainsi les aider à prendre conscience de leurs contradictions et accéder plus vite à l’indépendance.

C’était l’avis des anglophones d’où ceux-ci le détestaient-ils autant. Trudeau pour un Anglais, c’est le suprême affront : un francophone au pouvoir, qui plus est, un francophone qui réussit, là où échouent tous les anglophones. C’est humiliant pour un groupe ethnique qui se croit supérieur. Plus les années passent, plus c’est évident.

Cette vie joyeuse m’a permis de rêver de faire renaître l’émission radiophonique francophone, qui éblouissait les ondes à Dawson Creek.

J’ai donc rencontré un groupe de francophones pour discuter de l’assimilation, essayer de comprendre comment elle se fait et comment s’y opposer.

Le principal problème des francophones de l’Ouest : ils doivent payer pour étudier dans leur langue. Le Québec est la seule province à fournir un réseau d’écoles bilingues, un réseau où souvent les anglophones ont même plus d’avantages que la majorité francophone.

Pour suivre des cours universitaires, les jeunes francophones de l’Ouest doivent s’expatrier. Pourquoi? Pour revenir dans un pays qui, d’une autre langue et d’une autre culture, refuse leurs diplômes et leur compétence.

Parce que tu es un francophone, tu es perpétuellement un immigrant dans ton propre pays, le Canada. Tu es consacré par ta culture à être un                  « inférieur». Les bons emplois, ce sont les Anglais qui les ont. C’est l’essentiel du problème. Le bilinguisme sert à cacher cette réalité.

Pour faire croire dans le bilinguisme, il faut bien lâcher des miettes: dans les hebdos, parfois à la radio.

En refusant la culture québécoise et en ne présentant que du western, les jeunes sont sans cesse en état culturel de minoritaires. Comment ne pas avoir honte d’une culture aussi maigre? Comment s’intéresser au problème en rejetant le Québec, la voix française en Amérique? La France a d’autres problèmes. Sur le plan social, elle est même cent ans en arrière du Québec. C’est un pays figé. Plutôt que de passer pour des arriérés, les petits francophones s’anglicisent.

Avec le bilinguisme, il ne reste plus au fédéral que d’attendre que s’éteignent les francophones de l’Ouest et que le bilinguisme au Québec mine assez la francité pour qu’il passe aussi au broyeur de l’assimilation. Tout devient clair.

Ce n’est pas pour rien que la radio francophone présente autant de succès américains et anglais dans le domaine de la musique. L’assimilation passe par le chemin de l’oreille, de l’âme. Il faut amener l’individu à choisir l’anglais pour

améliorer son standard social, sa fierté. Les communications ont pour objet d’angliciser le Québec à long terme.

Je voulais organiser une émission pour faire renaître chez les jeunes francophones la fierté de leur culture, une culture bien supérieure à tout ce qui existe en terre du Canada anglais.

Si à l’école le chef du département cherchait tous les moyens et toutes les raisons pour me tomber dessus, la chaleur des jeunes compensait bien.

Burney, pour sa part, me collait de plus en plus comme une mouche. Je lui ai raconté les plaisirs de la vie de candidat Rhinocéros alors qu’en échange, il me raconta sa candidature dans un parti d’extrême droite. J’étais de plus en plus certain qu’il était indicateur de la GRC.

Je ne lui ai pas caché ma pédérastie. Je l’ai même invité à m’accompagner à la piscine rencontrer mes petits amis. Il jouissait déjà de sa capacité à me faire prendre sur le fait. Ce ne pouvait pas être plus dangereux.

Malheureusement pour lui, dès que j’ai mis les orteils à l’eau, une dizaine de jeunes me sautaient dessus, aux rires de leurs parents qui nous observaient.

La décence scrupuleuse est une paranoïa  religieuse,  une  forme  de schizophrénie, un délire entretenu depuis l’enfance qui nous répète que nous sommes pécheurs. On entretient ainsi la peur de la mort, la haine de son corps. L’ultime punition étant l’enfer. Le jugement est même double : particulier et général.

Ces jeux avec les petits Indiens me rendaient le plus heureux des humains. Ils n’ont pas du tout plu à Burney qui a quitté la piscine ouvertement en colère. Ces fous de la victimologie quand ils se rendent compte qu’ils se trompent préfèrent ne rien voir, ne rien écouter, et conserver leur idée que ces pauvres enfants souffrent quand ils jouissent.

Tout allait pour le mieux quand j’ai reçu une lettre voulant que Jimmy et tout son groupe d’amis soient en prison. J’étais seul à parler anglais, aussi j’ai cru de mon devoir d’ami de me rendre à Vancouver. Être en prison, à plus de 5,000 milles de chez toi, dans un pays étranger et une langue étrangère, ce doit être affreux. Au nom de l’amitié, je ne pouvais pas rester égoïstement à Dawson Creek. Je suis descendu sur le pouce le plus vite possible à Vancouver.

Je n’avais pas d’endroit où me rendre à Vancouver. Je ne voulais pas coucher encore une fois sur le plancher d’un terrain de stationnement de peur de rattraper des poux.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :