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Spirale intraprojective

octobre 15, 2020

Spirale intraprojective  40

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 385 à 397)

 *  *
Le problème avec le système de justice , c’est qu’il a le droit de mentir ou de te prêter des intentions comme si les policiers savaient mieux que toi ce qui tu pensais ou que tu penses dans chaque cas particulier.  Pourtant, la Justice exige que l’on tienne compte de la VÉRITÉ, mais ce n’est pas le cas.  Si on cherchait la vérité, les verdicts seraient tout à fait différents.          

Par exemple, la deuxième fois que j’ai été accusé,  la police avait monté un dossier selon lequel , moi et la femme avec laquelle je vivais en compagnie de ses deux enfants, nous avions acheté des friandises et amené les jeunes à des jeux vidéo pour obtenir des faveurs sexuelles.  Ni moi, ni elle n’avions jamais pensé à un tel scénario, lequel est complètement à l’opposé de ce que l’on pense parce qu’un tel geste aurait été une manipulation contre les jeunes et que dans notre tête, les adultes n’ont pas le droit de manipuler les jeunes, mais doivent au contraire respecter l’évolution de leur conscience personnelle. 

Nous avions simplement décidé d’amener les jeunes amis de nos enfants pour leur faire plaisir ainsi qu’aux nôtres.  Une telle malhonnêteté intellectuelle est tolérée, même encouragée dans le système.  On condamne des gens pour faux témoignages et la police fait en sorte de manipuler les gens pour prétendre que les accusés sont des salauds alors que leur tactique est absolument hypocrite et malhonnête.

Dans notre cas, ce qui est le plus surprenant, ce ne sont que les garçons qui furent interrogés, pourtant il y avait aussi des filles, mais leur témoignage aurait réduit les accusations et les extrapolations.  Heureusement, il y avait un jeune qui, je ne le savais pas encore, m’aimait trop pour mentir sans se sentir coupable.  Ainsi, il a affirmé en pleurs au juge qui a dû se récuser : je ne sais pas si ce que je dis c’est ce que la police m’a dit de dire ou si c’est ce qui s’est passé.  Belle justice ! Mon cul !

Père et policiers étaient au désespoir à la suspension de quelques minutes de mon procès repris avec un autre juge, car tous les jeunes à la barre des témoins affirmaient que je ne les avais pas touchés.  La fricaille et le paternel croyaient que j’allais m’en sortir et le père me menaçait de se faire justice si le juge me libérait.  Menaces de mort en compagnie de policiers, mais ça c’est permis.  La GESTAPO moderne.  C’était ne pas compter sur l’imbécillité du juge qui avait repris les accusations contre moi.  J’ai écopé de trois mois de prison pour avoir chez-moi, accepté de participer à un jeu d’effeuilleuse – je n’en avais jamais entendu parlé – appris par les jeunes en camping avec les services sociaux.  T’enlevais le morceau de linge pointé par celui qui menait le jeu et ce fut les culottes.  Je les ai baissées et je les ai remontées aussitôt.  WOW ! Quelle infamie.  Une telle stupidité!   Trois mois de prison pour ce geste.  Si ce n’est pas de la gestapo, je me demande ce que c’est.

Comment aurais-je pu respecter ce que je crois être normal, au point d\’envoyer les enfants dans une école libre, si je m’étais mis à agir comme si la nudité était un péché ?  L’excuse du juge débile fut : «Ce n’est pas parce que ça se vit ainsi en Europe que tu dois étendre ici cette mentalité. Tu n’as pas à enseigner tes valeurs à tout le quartier.»  Quel con !  Défendait-il le bien des jeunes ou la stupidité des règles du système qui sont là parce qu’elles sont là et qu’on ne peut même pas défendre une raison valable de les maintenir, encore moins d’en faire des lois.  
La sexualité des jeunes au Québec c’est mauvais, point à la ligne.  Toutes les découvertes médicales prouvent maintenant que c’est le meilleur moyen pour tuer l’estime de soi que de penser la sexualité d’une façon aussi archaïque que nous le faisons, mais il faut éviter surtout d’en parler.  Nos lois sont de plus en plus fascistes concernant la sexualité.            
En prison, j’ai fait valoir que la pédérastie doit être un droit non seulement pour ceux qui ont de l’argent ou du pouvoir.  La liberté sexuelle doit exister pour tous, sauf dans le cas de la pédophilie où la pénétration, la peur de l’étranger, peut être douloureuse et traumatisante.  La pédophilie n’existe qu’avec les enfants ayant moins de dix ans.  Ils sont donc incapables de juger s’ils aiment ou n’aiment pas la situation. Ils ne peuvent pas encore individuellement porter un jugement moral.  Par contre, si un enfant de cet âge ne peut pas choisir sa sexualité, je ne comprends pas qu’on le fasse choisir sa religion… Pour que la sexualité soit acceptable, elle exige la liberté de conscience.          

Quant aux pédérastes, ils ne s’intéressent qu’aux adolescents.  Ceux qui pensent notre morale oublient qu’à partir de l’adolescence, il y a une différence entre les hommes et les femmes quant à la perception de la sexualité.  Alors que chez les femmes, la sexualité est souvent identifiée à la douleur, au sang, au sale, chez les garçons, la sexualité est un souvenir de plaisirs fous. Je ne connais personne qui a trouvé douloureux sa première éjaculation.  Puisque les caresses conduisent à la pénétration avec une fille, les féminounes font la chasse aux tentations comme le faisaient les curés qui nous oppressaient avec leur morale de chasteté.  Les féminounes oublient que la pédophilie est plus souvent une situation hétérosexuelle alors que la pédérastie est un phénomène venant de la vie homosexuelle.

La plus grande ignorance consiste à croire que pédérastie est synonyme de sodomie, alors que c’est pour plusieurs la sodomie est un geste de bestialité.            

La pénétration est plus hétérosexuelle que pédéraste.  La pédérastie repose surtout sur l’amour et l’éducation, le besoin de vivre en « être égalitaire » avec le jeune, de partager la vie comme un jeu. 

Évidemment, personne ne peut ignorer la place prépondérante de la beauté. C’est avantageux pour le système de faire croire que toute relation pédéraste aboutit à la sodomie, car c’est le seul acte qui puisse montrer le moindrement de violence, de souffrance (mais y paraît que c’est le sommet des points G, une fois le stade la souffrance dépassée. J’ai beaucoup de misère à le croire).  La sodomie est acceptée et voulue par une très petite minorité de jeunes qui la voit comme une expérience : je voudrais l’essayer pour savoir ce que ça fait.  Rares sont ceux qui aiment ça.  Mais, nos lois ne font aucune nuance.  Qui peut prétendre que fellation peut être désagréable ? La seule raison d’avoir chez les garçons une morale sexuelle est d’apprendre leur responsabilité de père s’ils vont avec une fille. 

On ne se responsabilise pas quand on crée un tabou.      

Ce jugement en 1974 a précédé la prise du pouvoir du Parti québécois.             

À ma sortie de prison, j’ai manifesté dans les rues avec Janou Saint-Denis comme poète, pour la révolution pacifique.  Nous réclamions la liberté d’expression et l’unicité des arts.   

Dans ces manifestations, j’étais l’archange Foin-Foin venu annoncer la fin du règne libéral, la fin de l’oppression.  Je croyais fermement que les gens pouvaient se rendre compte que leur perception de la sexualité était biaisée par l’enseignement obsessionnel de la sexualité par l’Église. 

La chasteté est contre-nature, même chez un jeune.                   

*  *   *  * 

Aux élections de 1976, je travaillais pour le poète Gérald Godin, dans Mercier.  On faisait encore du porte-à porte dans ce temps-là. 

J’avais connu Godin, grâce au poète Gaétan Dostie.  J’avais été journaliste à la pige ou plutôt j’envoyais les articles refusés par le quotidien La Tribune, à Québec-Presse, un hebdomadaire qui couvrait, lui, toute la province de Québec et non seulement l’Estrie.

Contrairement à maintenant, à cette époque quand on manifestait, il nous arrivait de manger une raclée par la police.  Ça m’est arrivé à Sherbrooke, entre autres.  Mais, le vent a tourné. Quand j’ai manifesté contre la loi 22, après avoir perdu mon emploi à la Ronald Federated Graphics pour avoir écrit en français, je n’ai eu aucune difficulté avec la police quoique Bourassa leur ait demandé souvent de me sortir du Salon Bleu.  Ça faisait drôle de craindre d’être battu, pour ne pas dire abattu, et que du jour au lendemain la police qui t’entoure devienne un instrument de sécurité.      

Québec recevait aussi les pays de la francophonie.  Je me suis rendu avec ma pancarte « Congédié pour avoir écrit en français à Montréal», d’un bord et 

« Le 22 sur la 22» de l’autre.   Les députés et ministres n’en revenaient pas de voir ce message, seul Yvan Cournoyer est venu discuter avec moi.  J’étais fier de parler avec un ministre qui ne voyait pas qu’un message felquiste sur ma pancarte.  Cela était dû au fait que je suis un très mauvais dessinateur et que je faisais moi-même ma pancarte.  Le grand poète Gilbert Langevin m’avait conseillé d’écrire :           

« Le 22 sur la 22 ou la 222 », mais après avoir écrit le 22 sur la 22, je n’avais plus de place pour continuer et je ne voulais pas recommencer.  

Quand les fêtes de la francophonie ont commencé, je me suis rendu au parlement avec ma pancarte. On m’a même aidé à grimper sur les bords d’un monument pour que celle-ci soit vue par tous. Je n’ai jamais fait autant d’entrevues pour des pays étrangers.       

Je prétendais que la loi 22 n’avait que le titre d’une loi pour faire du Québec un endroit où le français est la langue officielle, ce qui était merveilleux; mais dès qu’on lisait le texte on s’apercevait que certains articles servaient à nous assimiler encore plus rapidement à l’anglais.    

Puisqu’on m’avait forcé de sortir quand j’avais manifesté à la Commission parlementaire ; des femmes ont pris la relève et se sont enchaînées à leur banc pour continuer la contestation qui s’est terminée par la création d’un Tribunal de la langue avant d’aboutir si je me rappelle bien par une manifestation de plus de 100,000 personnes, à Montréal.          

C’est aussi à cette époque que je suis allé pancarter Pierre E. Trudeau et qu’au même moment, à Montréal, l’agent Samson de la GRC sautait en allant poser sa bombe.

J’ai décidé d’escorter Trudeau de la salle de presse au parlement, à Ottawa.  Trudeau a décidé de marcher plutôt que de prendre son auto comme lui recommandait son épouse.  J’ai donc décidé de pancarter Trudeau.  Tout au long du parcours les agents de la GRC m’empêchaient de pouvoir apparaître sur les photos des journalistes qui accompagnaient Trudeau.  À un moment donné, un des photographes est tombé à la renverse et Trudeau lui a tendu la main pour l’aider à se relever.  La police s’occupait d’autre chose, donc j’ai pu ainsi faire croquer ma pancarte dans une photo de La Presse Canadienne.  J’étais content, car mon message passait à la grandeur du Canada.      

Cette campagne pour le français a pris des proportions bien inattendues … Le premier juillet, fête du Canada, je m’étais rendu avec Mirelle Despard, l’amie de coeur de Gilbert Langevin, manifester à la Place du Canada.  Ce coup d’éclat fut repris dans le Jour, un quotidien indépendantiste. C’est ainsi que mon histoire a pratiquement fait le tour du monde.    

Je suis persuadé qu’Ottawa ne peut rien contre l’indépendance du Québec tant qu’elle se fera d’une manière pacifique.  S’il y a quelqu’un de tenté par la violence ce sera le gouvernement du Canada.             
Le fédéral a toujours rêvé de nous écraser à jamais avec les militaires… une deuxième crise d’octobre, organisée encore une fois par Ottawa.

Être indépendantiste dans les années 1960-1970, ça se passait pas comme aujourd’hui.  J’ai mangé une raclée par la police de Sherbrooke qui me croyait un peu trop comme Chartrand.  Même en prison, flambant nu, je leur criais leurs quatre vérités.  Aujourd’hui, juste à y penser je fais dans mon froc.          

Je suis devenu parano.  À chaque fois que j’écris un livre plus osé, plus engagé, j’ai l’impression de jouer ma vie.  C’est que durant des années, je me faisais tabasser à chaque fois que j’écrivais des textes politiques rendus publics. Je crois que les liens entre la pègre et les politiciens fédérastes est évidente.   Une vision paranoïaque qui semblait exister dans la réalité quand, par exemple, le chef du parti créditiste a commencé à vouloir se ranger du côté de l’indépendance.  Par hasard, André Fortin s’endort et meurt dans un accident de voiture.  C’est loin d’être le seul.  Bizarre combien de députés de l’opposition au fédéral ont été blessés ou sont décédés à la suite d’accidents automobiles.  De plus, j’étais souvent menacé. Entre 1970 et 1972, par hasard, deux fois une voiture nous est entrée dedans. J’ai toujours cru qu’il s’agissait d’attentats déguisés en accidents.

En prison, on m’a souvent dit qu’un baveux comme moi, ça ne va pas dedans ou ce n’est pas tué juste pour éviter d’en faire un héros ou un martyr.  On ajoutait : « on admire qu’un gars, seul, se permette de se tenir debout et soit aussi insolent envers le système dans lequel il ne croit pas. » 

« T’es un hostie de fou, ou t’as du cran sans bon sens.», disait-on pour résumer mon cas. 

Je suis à vrai dire peut-être un peu innocent.  La dernière fois que je suis allé en prison, on m’a dit qu’on ne voulait pas que je devienne un second Mandela. Et, quand je suis sorti, un individu m’a dit de ne plus jamais m’occuper de politique, sinon je serais comme le Dr Ferron, retrouvé suicidé sur un banc.           

L’agent Samson a été moins chanceux que les deux agents de cette police fédérale qui habiteraient encore le Québec et qui auraient tué Mario Bachand, un felquiste, en France.  Bachand était trop actif et efficace dans l’organisation de la défense du fait français.  Ce meurtre a été couvert par un prétendu règlement de compte entre felquistes.  Pour un anarchiste, il n’y a rien là de bien rassurant.

À Val-d’Or, les accusations étaient tellement exagérées et constituaient un tel procès d’intentions que j’ai plaidé non coupable.  On sait que dans ce cas, c’est dans l’ordre des choses. La vérité a ses droits et ceux qui prétendent qu’ils connaissent mieux tes intentions que toi-même sont des esprits tordus pour ne pas dire pervers.  Si on ne peut pas t’accuser de faits véridiques pourquoi accepterais-tu de devenir un martyr ?  Pour que les médias puissent encore mieux jouer leur rôle de propagandiste de la peur et de l’imbécilité quand il s’agit de sexualité ?     

J’ai finalement aimé Mathieu, même s’il n’était pas le genre qui m’attirait, je l’ai aidé du mieux que j’ai pu.  Je regrette de ne pas l’avoir sucé au moins une fois, puisqu’ainsi ça aurait valu la peine de faire neuf mois de prison. 

On dirait qu’à toutes les fois qu’il ne se passe rien, c’est là où tu es le plus en danger d’avoir une société qui t’écrase de ses règles débiles puisqu’antinaturelles.  Il manquait une semaine à Mathieu pour avoir l’âge de consentement.  S’il est revenu chez moi pour qu’on redevienne ami, durant le procès, j’imagine qu’il n’aurait pas accepté de me dénoncer s’il avait su ce que ça donnerait. 

Les moralistes semblent ignorer que bien des garçons aiment se retrouver avec un gars plus âgé.  La chasteté forcé chez les jeunes, c’est une maladie sociale pour contrôler la sexualité.     
Par ignorance, parce qu’on ne connaît pas les jeunes, les adultes croient qu’à cet âge, les jeunes n’aiment pas se faire toucher le moineau.  C’est la manière adulte de contrôler la sexualité des enfants en leur refusant le droit d’être eux-mêmes, parce que la société le veut ainsi, sans même savoir pourquoi.

Certains vont faire semblant d’aimer cela plus que d’autres, seulement pour profiter des cadeaux que cette relation introduit (comme le bonhomme chez les hétéros va plus tard «cruiser» en donnant des cadeaux à celle qui l’intéresse).  On se fiche de ce que le jeune vit, on veut juste le contrôler pour qu’il demeure dans les normes imposée par la société.   Est-ce la faute du pédéraste, si le jeune lui ment quant à ses sentiments véritables, mais ce sont là de très rares exceptions. La pédérastie est absolument d’un autre ordre : le besoin de se sentir aussi jeune que le jeune de qui on est en amour.  La pédérastie est cet amour peut nous conduire hors du temps. Cette réalité qui crée une forme d’égalité entre le jeune et le vieux est tout à fait incomprise par les gens qui se prétendent « les normaux ».        

Est-ce que Mathieu m’aimait vraiment ou préférait-il ce que notre relation lui apportait ?  Pourquoi cela est-il si important quand il s’agit d’un petit gars et qu’on ne se pose même pas la question entre adultes, car l’important c’est de vivre notre amour comme on le sent.  C’est évident que Mathieu voulait continuer de voyager avec moi.  Il était alors le centre de toutes mes préoccupations pour le rendre encore plus heureux.      

On dirait que les règles pour empêcher ces relations ne tiennent qu’à la jalousie.  On ne veut pas que d’autres profitent de ces relations extraordinaires. La majorité des gens ne pourront jamais se les payer car ils sont incapables de sauter la clôture, sans mourir de peur et ensuite de remords.

Ceux qui actuellement font tout un tabac avec leur dénonciation, sont des gens qui en ont profité quand ils étaient jeunes et qui ne se rappellent pas jusqu’à quel point ils manipulaient l’adulte qui les aimait.  Plus surprenant, toutes les personnes qui dénoncent ont presque toutes un problème avec la drogue et cherchent des revenus supplémentaires pour mieux se droguer. Blâmer quelqu’un d’autre permet de mieux se pardonner, même si c’est lâche.

Durant notre relation, pour m’assurer que je n’étais pas celui qui l’influençait quant à notre volonté de se revoir, pour respecter le rythme de nos rapports, je ne me suis jamais rendu chez lui sans avoir été invité.  Mathieu devait venir me voir librement et établir le programme de notre rencontre. 

J’étais là pour aider son père et je prenais ce rôle très à coeur.  D’ailleurs, la majorité des rencontres avec Mathieu ont été provoquées par son père, dans le sens, qu’il me l’amenait quand il ne pouvait pas en venir à bout.  J’étais un des rares à réussir à le faire obéir parce qu’il désirait assez ce que je lui offrais (quilles, films, ma présence, etc.)  Il devait sentir que c’était plus important d’obéir s’il voulait en profiter.  Même là, c’était une forme de jeu, car le chantage, la manipulation des adultes par les jeunes c’est pour eux une expérience de leur pouvoir et de leur séduction.  C’est un moyen de te tester.  Tout individu qui a enseigné sait ça.  

S’il voulait être avec moi, c’est lui qui devait le manifester. J’étais « son désir».  Personnellement, j’ai toujours été très curieux et très affectueux, d’où je lui caressais la bedaine, ce qui le calmait quand il faisait ses crises.  Comme je l’ai dit dans un de mes poèmes « Je rêve d’un pays où te caresser ne sera pas un crime. »          

J’ai toujours essayé de respecter l’orientation sexuelle des jeunes de qui je suis tombé amoureux parce qu’elle est à la base de tout leur agir.  C’est non seulement le droit le plus fondamental de tout individu de dire oui ou non, mais c’est aussi respecter l’image qu’ils se font d’eux-mêmes.  L’interdit à la sexualité chez les jeunes, c’est une forme de mépris des adultes à leur égard plutôt qu’une protection.    

Respecter quelqu’un ce n’est pas de ne pas le «cruiser», cruiser c’est un hommage à la beauté.  Être cruisé, c’est formidable puisque tu es enfin quelqu’un pour quelqu’un.  C’est un problème existentiel. Le refoulement tue souvent le plaisir de vivre son adolescence, de vivre le passage du «inexistant» car perdu dans le monde comme un bibelot, à celui dans l’enfance à devenir « personnel », un être en soi, un individu qui franchira bientôt l’âge adulte. 

Être privé de la découverte de la sensation extraordinaire des caresses, du plaisir évanouissant d’une première éjaculation en compagnie d’un autre ne peut qu’être une forme de torture des adultes contre les jeunes.         

Malheureusement, notre société de machos (hétérosexuelles) a amené les filles à découvrir leur sexualité autrement.  On leur a appris à avoir honte, à croire que la pénétration fait automatiquement mal, on leur a appris à être soumises car on les enferme dans le rôle de maman, qui ne jouit pas, mais doit veiller à donner des enfants à la société.  La séduction chez elle devient comme une appropriation de l’autre.  Elles sont jalouses parce qu’elles doivent protéger leur territoire, les autres ne sont pas des alliés pour connaître une vie heureuses, mais des ennemis.  La beauté des autres devient une arme contre elles. 

Voilà ce qui constitue la différence essentielle entre un gars et une fille.  Le gars peut semer partout alors que la pauvre fille doit se contenter du couple pour se réaliser comme la société lui a appris. 

La société est une prison morale qui ne tient absolument pas compte de l’autonomie et de la conscience personnelle

La société est à l’image des « religieux » pour qui l’individualité est tuée pour mieux appartenir à leur dieu.  L’individu n’existe pas, sans être perdu dans cette alchimie universelle qu’est la foi.  L’adolescence est ce passage de l’appartenance à un tout vers la création de son individualité… L’expérience sexuelle est une révélation de soi à soi-même.  Cette identification, cette création de son individualité a parfois besoin de l’adulte, car souvent l’enfant apprend à partir de l’imitation, d’où le besoin d’avoir un adulte de sa propre réalité sexuelle pour évoluer.  Le parfois est très rare, mais non inexistant.

La pédérastie devient chez le jeune une forme d’apprentissage afin de reconnaître sa propre réalité à travers ce qu’il apprend. C’est aussi la raison fondamentale pour laquelle une relation pédéraste est vouée à s’éteindre si les deux partenaires n’ont pas la même orientation sexuelle ou si cette relation se produit entre deux hétéros mâles, donc, que l’apprentissage se confine à l’agir mâle, mais sans aucune relation, car leur réalité ne les y amène pas.   

Notre problème est de vouloir créer une règle générale universelle alors que chaque individu est en soi un cas très particulier.  L’orientation sexuelle est innée et inchangeable.  Même chez le pire des hypocrites, la «petite nature» finira bien par établir son règne. C’est pour ça que l’on ne peut pas soigner l’homosexualité, en se mariant.. L’orientation sexuelle est là de la naissance à la mort. 

Deux jeunes ont hautement payé ce coup monté.  L’accusateur, Mathieu, qui avait été enlevé de chez lui par la police, sous prétexte que la maison était sale, a passé son adolescence en famille d’accueil… pourtant son père a signé l’accusation alors qu’on le menaçait de lui enlever son fils s’il ne le faisait pas.  Une règle digne de la GESTAPO.

On m’a dit depuis que Mathieu boit beaucoup.  Ce pourrait être un grave problème qui indique que la société en voulant me punir l’a détruit complètement.  Mathieu ne sait pas que je ne lui en veux pas.  Aujourd’hui, il doit comprendre que cette fièvre de moralité est un abus de pouvoir de la société contre les jeunes.   

Quant à mon petit punk, qui habitait avec moi, il n’a pas pu digérer la situation.  Il s’est tellement drogué qu’il est devenu schizophrène et on l’a assez drogué pour qu’il croit nécessaire de s’attaquer à moi, sous prétexte qu’en ayant été près du FLQ, j’avais ainsi trahi le Québec.  Donc, on lui a fait subir tout un lavage de cerveau pour l’amener à m’attaquer.  Bien évidemment, on ne l’a jamais soigné, on l’a mis en prison à toutes les fois qu’il était violent avec d’autres que moi.  Bizarre qu’on lui ait appris que le FLQ était un instrument du fédéral pour écraser le Québec en manipulant ceux qui s’y retrouvaient honnêtement par conviction. 

Le FLQ était devenu un réseau de la police au moment où Pierre Vallières fut enlevé et que celui-ci en eut décrété la mort.  Personnellement, je ne crois pas que les Rose puissent avoir été des agents-doubles.  Mais, selon Vallières, ces cellules étaient infiltrées et le gouvernement fédéral tirait les couvertes.   J’ai entendu dire qu’après octobre 1970, il y avait plus de policiers dans le FLQ que de vrais révolutionnaires.  

L’écrivain Raoul Roy, le père spirituel du Front de libération du Québec (FLQ), prétendait que la deuxième vague était une création du gouvernement fédéral pour salir l’image du Parti Québécois et de René Lévesque. 

À son avis, cette organisation aurait vu le jour dans la cuvée de la go-gauche internationale.  La go-gauche est formé des grands gueules du marxisme qui aspire à devenir riches à la place des autres.  Ce sont ceux qui se créent une morale bourgeoise.  L’option gauchiste du FLQ ne fait aucun doute. M. Roy disait que ce nouveau FLQ était une fausse gauche puisqu’il justifiait l’intervention militaire fédérale sans tenir compte de ce que donnaient leurs actions sur le projet d’indépendance. Il voyait ça comme une espèce de conspiration contre le peuple du Québec.  Avec la loi sur la clarté, on ne peut pas dire qu’il s’était trompé puisque toute la gauche canadienne a voté en faveur de cette loi abusive et anti- Québec.          

Par ailleurs, ce n’est pas parce que tu es Anglophone que tu es nécessairement anti- souverainiste et colonialiste.  C’est une ambiguïté certaine.  Les mouvements politiques de gauche à travers le Canada sont contre l’indépendance du Québec.  Ils ont voté favorablement pour la loi de la clarté nébuleuse de Stéphane Dion, car ils n’ont pas compris que le fédéral est l’état colonisateur pour le Québec.         

Dans une vraie Confédération, tout est différent, car nos différences ne tuent plus, elles font ressortir ce qui devrait nous rassembler davantage comme humains.  Le besoin de connaître et aimer l’autre.  La pauvreté n’a pas de race, ni de langue, ni même de pays particulier.

La prétendue go-gauche est dominée par des féminounes qui rêvent d’égalité, mais en dominant, et en refusant le droit aux hommes d’être fiers d’avoir un pénis et de vivre la sexualité dans une plus grande liberté.  Elles ne comprennent pas encore leur aliénation justement parce qu’elles sont aliénées.  La lutte aux pédophiles est la semence d’une nouvelle forme de paranoïa.  Elles la répandent grâce aux médias et tellement bien que bientôt personne ne pourra aimer qui que ce soit en dehors de son propre nombril.  La phobie pédophile du nouvel establishment de féminounes rappelle étrangement la peur maladive des communistes à l’époque et Duplessis.  Les féminounes, sans le savoir imposent à tous l’image que les curés se faisaient de la femme : Marie ou Marie -Madeleine.  Comme si la femme n’était que la virginité ou le péché incarné…   

Nous vivons dans un monde où il n’y a plus que deux classes : les riches et les pauvres.  Les riches ont le pouvoir, grâce à nous, parce qu’ils dirigent l’armée et la police.  Les pauvres n’ont qu’une façon d’y faire face, puisque nous n’avons pas d’armes meurtrières : il faut créer une société complètement parallèle à celle qui nous est imposée sous forme de dictature économique.                     
Il faut inventer une forme de solidarité qui soit inatteignable, fondée sur les individus et sur le respect de la vie.  Il faut éliminer toutes les racines de la violence.  C’est en ce sens, que très jeune, j’ai cru que les Évangiles de Saint-Jean sont des enseignements nécessaires à un changement radical de la société.  La liberté individuelle, la démocratie véritable doit naître avant que la terre ne soit détruite par le capitalisme sauvage.        

Comment devons-nous nous protéger des assassins qui nous dirigent en nous conduisant à la guerre pour avoir le contrôle du pétrole ?  Ils sont tellement imbus de leur pouvoir qu’ils croient avoir raison de tuer tous ceux qui ne pensent pas comme eux.  Le pire ennemi de la planète est la guerre entre Israël et les musulmans, deux factions de fanatiques religieux quoique les dictateurs demeurent aussi un obstacle à la création d’un monde juste.  Imaginez un monde dirigez par les Talibans.  C’est l’enfer.  Ce n’est pas en reculant de trois mille ans que l’humanité va avancer.  Les fanatiques musulmans sont des assassins au même titre que les fanatiques sionistes, que l’inquisition catholique ou la castration protestante. 

Heureusement, la majorité des musulmans ont découvert que la religion peut aussi signifier une vie meilleure, une vie vécue dans les limites du raisonnable et non une forme d’Inquisition maladive.   

Les systèmes religieux autant sioniste-anglo-américain que communiste ou taliban sont des formes de puissance impérialiste, colonialiste, des sans coeur et des sans cerveau.  Des gens qui ne savent pas ce qu’est la nature humaine.       

Les dirigeants de ces religions n’ont d’intérêt que le pouvoir planétaire, le profit et l’argent.  Ces profiteurs planétaires, ces énergivores se fichent des humains, des frontières, des idéologies car le profit et le pouvoir sont leurs seules préoccupations.  Alors, qu’ils dénoncent les terroristes, ils occupent les territoires où se trouvent leurs richesses.  C’est inné chez les protestants et les juifs qui ont le pouvoir à Washington.  Que fait l’Angleterre en Irlande ?   Le commerce n’est qu’un moyen d’infiltration et une poursuite de l’occupation.

Les bourses sont les pires mafias car avec leurs spéculations elles rendent des millions de gens pauvres ou riches, grâce à la spéculation dans l’espace d’un clic sur le clavier d’un ordinateur.           

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