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Un sourire venu d’enfer 19

novembre 5, 2020

Un sourire venu d’enfer 19

Autobiographie approximative

29

Rhinocéros

Ma candidature rhinocéros dans Sherbrooke a été organisée très vite. Je ne pouvais rien faire sur le plan politique. Les gens croyaient encore trop dans les partis traditionnels pour comprendre qu’ils se faisaient avoir autant par les conservateurs que les libéraux. Le peuple est encore plus naïf que moi.

Je payais de ma poche pour défendre les intérêts des Vauxcouleurs puisque toutes les campagnes de financement s’étaient soldées par un échec. On veut que les choses changent, mais on ne veut pas en payer le prix. Quand certains travaillent pour la révolution, on les accuse d’être trop radicaux.                                                                                                                                    À court terme, c’était la seule action possible pour faire comprendre aux gens que le fédéral travaille toujours pour les intérêts de l’Ontario. Les élections fédérales sont une bouffonnerie, car tout ce qui compte pour les fédérastes c’est d’avoir des votes pour garder le pouvoir. Pas de pouvoir, sans le Québec. Voter, c’était choisir le parti politique qui nous exploitera pendant les quatre prochaines années.

À moyen terme, il était évident que cela aurait pour effet de me faire perdre ma crédibilité puisque les gens ne comprenaient pas tout le sérieux d’annuler leurs votes. On croyait plutôt que pour être rhinocéros, il fallait être des ignares. On ne savait pas que j’étais à l’origine de presque tous les plans de développement économique dont il avait été question auparavant.

À ma surprise, si La Tribune ne cherchait qu’à m’ignorer, le Sherbrooke Daily record m’accorda un article de première page. J’ai aussi accepté de participer à un débat entre tous les candidats au cégep de Sherbrooke.

Ma figuration ne fut pas tellement éblouissante, car je me prenais encore trop au sérieux, même si j’essayais de jouer le jeu. Je fumais avec ma pseudo secrétaire quelques joints bien roulés (c’était du vrai pot). Mon déguisement pour donner le ton à cette grande mascarade fut plus apprécié.

Je portais la culotte courte pour signifier le retour à l’enfance, une immense rose à la boutonnière comme Trudeau, des lunettes noires pour avoir la même perspective que les députés d’Ottawa et une grosse montre déréglée pour être à l’heure des fédérastes.

J’ai commencé mon exposé sur le français en affirmant que contrairement à mes adversaires je ne promettrais pas de « peanuts » ou des bonbons, mais que je les donnais. Je lançai immédiatement des bonbons dans la salle. Les étudiants ont surtout apprécié cette distribution de bonbons qui signifiaient que les Québécois acceptent facilement à vendre leur vote pour des peccadilles ou de belles paroles. Cela voulait aussi dire que le Québec doit toujours se contenter des restes du buffet canadien.

M. Irénée Pelletier, candidat libéral, promettait une zone spéciale (un projet que j’avais inventé quand j’étais journaliste). Je savais que ce projet demeurerait sans suite. Ayant travaillé sur ce dossier, je me rappelais que le ministre de l’Expansion économique, Jean Marchand, avait refusé une telle proposition un mois ou deux auparavant.

C’est pour ridiculiser cette promesse que j’ai promis de faire de l’Estrie, le grenier de la culture du pot en Amérique.

Quant aux questions venant de la salle, elles servaient à glorifier le candidat libéral  et   faire   ressortir   qu’il   était   fort   compétent   en   administration.   Les partisans des partis traditionnels étaient en maudit. J’ai dû quitter la salle sous escorte alors que certains me conseillaient de prendre la place à Paris d’un felquiste qui venait d’entrer au Québec.

Cette première expérience était psychologiquement difficile à prendre. J’étais bien conscient que la majorité des gens ne comprenaient rien à mon attitude et me prenait pour un fou. Il était aussi quelques fois très difficile de créer des idioties pires que les promesses des politiciens vieux jeux.

Il n’était pas question d’abandonner, il fallait foncer et mon organisation était fort restreinte.

Jean avait honte de ma performance. Il ne voulait absolument pas être identifié à ce spectacle même s’il avait accepté d’être mon représentant officiel.

Quant à Pierre, mon attaché de presse, il travaillait de jour et il pouvait s’occuper de la campagne qu’à temps partiel. Celui-ci fut quand même d’un grand soutien et à l’origine de bien des idées de campagne. La jeunesse a plus d’imagination, car, elle se prend moins au sérieux. Cette première séance m’apprenait aussi qu’il était préférable que je performe sans prendre de marijuana.

Ce premier débat fut une victoire d’une certaine façon; car, j’ai été invité à participer à deux autres débats. Le premier c’était à l’université Bishop, à Lennoxville et le second à l’université de Sherbrooke. Le candidat libéral voulait refuser, mais les étudiants menaçaient de le dénoncer s’il n’y participait pas. Les étudiants aimaient la bouffonnerie rhinocéros.

Tous les candidats participèrent donc à l’aventure Bishop qui me favorisait davantage, car je devais aussi répondre à toutes les questions posées. Cette rencontre fut excellente. À jeun, j’avais beaucoup plus d’humour et de présence d’esprit.

Je n’ai jamais laissé la chance au candidat libéral de vanter ses qualités. Il en fut réduit à nous faire croire que la Saint-François est polluée parce que les gens

jettent leurs mégots dans la rivière, ce à quoi j’ai répondu qu’étant élu j’interdirais de fumer. Quant au candidat conservateur, il en a perdu complètement les pédales. Ce pauvre psychiatre s’en prenait à tout bout de champ au danger communiste. Je lui ai servi une de nos promesses voulant que l’on fasse venir 700 petits communistes pour remplacer le Bonhomme Sept Heures. J’ai aussi avisé les gens du différent à l’intérieur du parti rhinocéros, à savoir de quel parti du monde, il faudrait faire venir ces petits monstres.

La rencontre fut tellement bénéfique que les étudiants plus sérieux que les candidats ont décidé de mettre sur pied à Bishop un comité d’appui au rhinocéros. Ce sont probablement les seuls anglophones qui ont voté pour moi.

À ce troisième débat, j’ai décidé de m’attaquer au caractère conservateur des Vauxcouleurs  et   à  l’esprit   de   masochisme  religieux  dominant   chez  nous.

J’ai fait mon entrée, déguisé en évêque. Je promettais des taudis, d’administrer péchés et sacrifices, de déménager l’université dans les locaux de Household Finance, sur la rue Wellington.

  • Vous allez y aller au ciel.

De plus, j’avais installé un poster du petit René Simard, devant la place du candidat libéral, M. Irénée Pelletier, et je me plaisais à dire que » le petit René était beaucoup plus joli qu’Irénée « .

C’était la foire générale. J’ai même retrouvé le plaisir du théâtre comme quand j’étais enfant alors que je faisais le petit Herman dans une pièce de théâtre. Herman remettait une pomme à la Vierge que jouait Doriane Laperle. Nous avions eu tellement de plaisir que je m’en souviens encore.

Pendant ce temps, les libéraux me dénonçaient comme felquiste et homosexuel.

Cette fois, j’avais le goût du théâtre. Je me découvrais des talents dont je ne me souvenais plus. C’était la foire. À chaque fois qu’un candidat mentait ou exagérait, je me mettais les pieds sur la table, ou je fumais à noyer tous les candidats ou toutes sortes de farces amenant les gens à éclater de rire à la face du menteur.

Avant le débat, les organisateurs créditistes étaient venus demander mon aide pour dénoncer un coup de cochon de l’organisation libérale. La personne qui avait questionné M. Pelletier sur sa participation à des ventes pyramidales lors du débat au cégep de Sherbrooke risquait de perdre son emploi. Des démarches avaient été entreprises par les libéraux auprès du patron de cet électeur. Au début, j’avais cru à un piège et j’avais soutenu que je ne pouvais rien faire puisque je ne serais pas invité au débat organisé par la Chambre de commerce, l’antichambre du parti au pouvoir et du patronage.

J’ai ainsi appris comment les libéraux me faisaient connaître. « Il ne peut pas être invité, c’est un felquiste. »

Aussi, après avoir vérifié l’exactitude des informations portées contre les libéraux, j’ai décidé de les dénoncer. Ce que j’ai fait en assemblée devant les étudiants de l’université de Sherbrooke.

Que de choses inventées pour tourner les adversaires au ridicule, même l’effeuillage pour échapper au rouge de l’habit d’évêque que je portais. Et pourtant, souvent, mes bêtises étaient encore moins savoureuses que les énoncés de mes sérieux adversaires.

Les conservateurs avaient refusé de se présenter à ce débat si j’y étais présent. Les libéraux, eux, voulaient par leur présence démontrer que M. Pelletier n’avait pas peur de faire face à une salle hostile et mieux faire ressortir mon but de ridiculiser les institutions fédérastes. À regarder le portrait de la reine que je présentais au public, tout le monde pouvait comprendre sans ça.

Après ce débat, j’ai invité tous les candidats, même le libéral, à venir prendre une bière à mes frais. Seule, la candidate du NPD a eu la gentillesse d’y venir. Elle m’a confié avoir eu à plusieurs reprises l’intention de quitter la scène. « Ce n’était pas parlable avec un fou comme toi. » Je l’ai consolé en lui révélant que mes penchants sont de nature portés vers la gauche et non la droite.

Les étudiants de l’université de Sherbrooke se sont toujours montrés favorables au rhinocéros et publiaient les communiqués dans le journal étudiant.

Notre dernière tentative avant les élections fut d’obtenir une entrevue médiatique avec le chef du parti, le Dr Jacques Ferron. L’entente ayant été conclue, nous nous sommes présentés à CHLT et CJRS qui n’ont jamais eu l’honnêteté de reproduire l’entrevue parce que le Dr Ferron affirmait que les mesures de guerre avaient été une vaste supercherie, organisée bien avant octobre 1970 par le cabinet Trudeau.

J’ai aussi participé à une rencontre rhinocéros à Montréal. Michel Chartrand était le maitre de cérémonie. Il affirma après ma présentation (nous on était excellent dans les débats pas les discours) que je devenais de plus en plus terne, même pire que les vieux partis. Par contre, Chartrand nous a appuyés dans la lutte pour L’R du Q et la liberté de presse.

Mes autres activités consistaient à rencontrer périodiquement mes jeunes dans une taverne de Sherbrooke fréquentée par les étudiants.

J’avais été averti que le garçon de table du PUP, un bar que je fréquentais presque quotidiennement était libéral et qu’il m’aimait de moins en moins la face. Je n’ai pas pris cela au sérieux. Rien n’appuyait un tel ressentiment. Je lui donnais toujours de bons pourboires et il me semblait sympathique.

Un vendredi soir, un paraplégique s’approcha de moi. Le garçon de table, un nommé Gaston, vint lui dire de retourner à sa table et de me foutre la paix. Le pauvre handicapé n’avait pas encore eu le temps de s’expliquer et dire ce qu’il voulait, selon son droit de parler avec son futur président de la République, que Gaston lui sautait dessus.

J’ai aussitôt protesté.

  • Laisse-le tranquille, c’est un infirme.

Je n’ai pas fait un geste, les coups s’abattaient déjà sur moi. J’ai été envoyé au plancher où un petit groupe de jeunes sont venus me frapper à coups de pied, en affirmant :

  • Tiens, mon maudit fifi !

Était-ce parce que dans la soirée contradictoire à l’université de Sherbrooke, j’avais mis l’affiche de René Simard, encore enfant, pour dire au candidat libéral qu’il était beaucoup moins joli que lui? Les fanatiques prennent tout au sérieux.

Ce fut le seul incident violent antidémocratique de cette campagne électorale. J’y avais appris que les libéraux n’hésitent pas à mentir et à se servir de la peur, de l’intimidation, des coups pour faire peur à ses adversaires. Dans mon cas, on ajoutait mon orientation sexuelle pour pouvoir frapper plus fort sans remords de conscience.

J’ai obtenu plus de votes que prévu, soit 911, juste un peu moins que Raoul Duguay, en Abitibi.

Le soir des élections, je me suis rendu à la télévision pour des entrevues, lesquelles ont été enregistrées, mais jamais diffusées. C’est un peu normal, car je riais de la réputation de felquistes que l’on me prêtait.

Dans la première entrevue, j’ai voulu monter une copie rescapée de L’R du Q pour dénoncer la manipulation libérale de l’information. L’annonceur en colère m’a enlevé le journal des mains, l’a jeté sur le plancher et piétiné. Rien ne fut présenté de ce qui avait été tourné.

Dans la deuxième entrevue, je présentais ma candidature comme secrétaire du nouveau député, car il ne connaissait rien des problèmes de l’Estrie. La censure fut à nouveau au rendez-vous, car j’avais dit:

  • Imaginez-vous 911 poseurs de bombes dans une petite ville comme Sherbrooke, ça fait peur.

Une telle initiative de ma part ne pouvait pas être laissée sans représailles. Pour les fanatiques, je ridiculisais le système.

Pourtant, un peu plus tard, quand je faisais du pouce entre Montréal et Sherbrooke, j’ai été ramassé par nul autre que M. Irénée Pelletier, le candidat libéral, qui me dit avoir eu beaucoup de plaisir à m’avoir comme adversaire. Il était très sympathique, mais ses organisateurs l’avaient été moins. Le fanatisme en politique ou en religion est une véritable maladie mentale. Pas étonnant que nous ayons des guerres.

Quand de tels événements se produisent, tu deviens nécessairement plus radical. C’est en le laissant faire que le système devient  de  plus  en  plus  pourri. Et, c’est pour ça que j’étais de plus en plus paranoïaque.

J’avais en plus ma pédérastie à porter, un autre danger encore pire, car n’importe qui peut te faire coffrer… juste pour se venger ou te faire chanter. Je me savais très vulnérable, mais je devais avoir un peu de cette maladie mentale qu’on nomme fanatisme pour continuer la lutte. J’ai adoré cette expérience. Elle m’a permis de tuer ma tendance à me prendre un peu trop pour le messie de L’Estrie.

J’ai abandonné mes études au Cégep pour me conformer aux normes du bien- être puisque mon temps d’assurance-chômage était écoulé. Je voulais aussi me consacrer exclusivement à la rédaction de mon deuxième livre sur les Vaucouleurs. Il était une fois dans les Cantons de l’Est.

La vie était alors assez intéressante. Je rencontrais Lynn, qui continuait à venir me voir à la cachette. Je lisais beaucoup. Le soir, quand les moyens nous le permettaient, nous sortions participer à un jam ou encore prendre un verre quelque part à Sherbrooke.

Mes discussions avec Pierre, comme avec tout le monde d’ailleurs, se gâtaient avec le nombre de verres. Faire un livre en quelques mois, c’est pénible, à  cause de la concentration demandée. Aussi avec le temps, entre deux Léo Ferré, les voix s’élevaient. Pierre n’était pas encore habitué à mes crises de paranoïa. Je n’en parlais à personne, de peur de faire rire de moi.

À chaque fois que je me mettais à la dactylo, j’avais la certitude de recevoir une balle dans le cabochon. Je croyais braver la mort pour le triomphe de la Vérité. Rien de moins. Du vrai théâtre antique dans lequel j’avais hâte de finir de jouer. Cette peur resurgissait avec le bruit des frappes de la dactylo, peut-être parce que je me mettais à écrire après quelques bons joints.

J’étais tout à fait changé quand je fumais. Je tripais plus fort. Je parlais de moins en moins. Je divaguais mentalement. Pierre était persuadé que gelé, j’étais parfaitement schizophrène. Il s’amusait à se moquer de moi.

Une seule personne, un visiteur, a compris ce qui se passait. Il avait appris dans le lit à mieux me connaître. Drogué, je m’amusais trop pour vouloir me défendre si je me sentais attaqué. Tout était bizarre, drôle. Je visualisais parfois jusqu’à trois degrés de réalité, en même temps.

Quand j’étais saoul, c’était le contraire, Pierre se ramassait avec des engueulades à n’en plus finir. Il ne comprenait pas les raisons de mes colères, car il pensait que je ne connaissais pas ses moqueries quand je fumais. Quant à Francine, elle ne manquait pas une occasion de me rappeler mon manifeste de la non-violence, même verbale. C’était mon testament écrit à un moment où j’étais certain de me faire descendre parce que j’entrais un peu trop dans le nez de l’establishment. Il faut vraiment se prendre pour un autre pour en arriver à croire ça. Par contre, la plupart du temps, nous vivions des moments fort chaleureux et heureux… à jeun.

Depuis plusieurs mois, je connaissais un béret blanc (un groupe religieux fanatique) qui adorait les petits gars comme moi. Il me fit vite partager ses goûts pour les revues pornographiques américaines. Nous partions souvent ensemble à la chasse autant à la bière qu’aux petits gars. C’était la folie au pluriel : la chanson de Diane Dufresne multipliée par dix.

Le pauvre « stock up » fut aussi amené à goûter au pot. Sa réaction fut très étrange. Avant de se précipiter à l’hôpital, certain que nous avions tenté de l’empoisonner, il se mit à faire des signes de croix, croyant que nous étions des diables. C’est ce qui arrive quand tu ne peux pas comprendre le changement de réalité que t’apporte la drogue. Le fait de se sentir étrange t’apparaît comme le début de ton agonie jusqu’à ce que la musique te fasse péter les plombs de joie. C’était mon cas.

Malgré ces moments, la poésie reprenait place dans ma vie et notre travail avançait à grande vitesse.

Gérald, mon ami béret blanc, me rendait de plus en plus souvent visite. Nous partions ensemble à la recherche de petits gars à admirer. La beauté nous propulsait dans des cieux de plus en plus beaux. Malheureusement, nous finissions saouls la plupart du temps, faute de candidats à vanter les beautés au- delà des paroles et de l’imagination. Les pédérastes passent presque toute leur vie à se rappeler la rare fois où ils furent séduits et en amour par-dessus la tête. Une vie de peur qui se pare de la beauté pour ne pas voir la méchanceté humaine.

Lors d’une de ces excursions, un matin de printemps, j’ai vu le soleil comme un nuage vital s’incruster partout, même dans la pierre.

Nous avions assez bu et fumé pour halluciner. J’étais près de l’auto et j’arrêtais

les petits gars en vantant leur beauté. Les flos repartaient le sourire aux lèvres et bombant le torse.

J’ai essayé de décrire cette vision extraordinaire des éléments de la nature dans un poème que j’ai inclus dans mon livre Il était une fois les Cantons de l’Est.

La fiesta ne peut pas durer éternellement,

Un fonctionnaire décida, sous le prétexte que j’allais encore en classe, de me faire perdre mes allocations du bien-être. Toutes mes tentatives pour faire valoir mes droits et ressortir la vérité furent inutiles.

Il ne me restait que l’exil pour survivre.

Je ne pouvais plus retourner au journalisme. J’étais devenu trop paranoïaque et je n’avais pas assez d’argent pour me permettre de chercher un emploi.

Je devais payer pour le danger potentiel que je représentais pour les libéraux.

Malgré mes dettes, je suis parti en voyage. Je me disais : « Le système m’a mis à la porte, je rembourserai le système quand il m’aura rendu un emploi que j’aime et qui paie autant qu’à l’époque où j’étais journaliste. En attendant, vous n’aurez pas une crisse de cenne! »

J’avais rencontré une tireuse de cartes même si je n’y croyais pas, mais là, la vie lui donna raison. Je voyagerais un peu partout sans jamais sortir du continent. Comme elle me l’avait prédit, quelqu’un me proposerait de devenir millionnaire. Ce fut un fait quand une espèce de psychanalyste me promettait une fortune rapide, car selon lui j’étais assez fou pour faire un bon psychiatre et qu’il suffisait que j’apprenne à me servir positivement de mes énergies. Une seule chose demeurait nébuleuse : la rencontre d’une femme et son enfant. Par contre, elle prétendait que j’aurais deux enfants, mais elle ne comprenait pas d’où ils sortaient. Effectivement, j’ai beaucoup plus tard adopté deux petits gars.

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