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Spirale intraprojective 20

septembre 25, 2020

Spirale intraprojective  19

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 168 à 178)

***
La seule différence dans la morale que l’on m’impose et celle que j’aimerais vivre est la suivante : en assumant ma pédérastie, je dois respecter, par principe personnel le bien du jeune avec lequel je tombe en amour.    

Cependant, je ne reconnais pas, comme Freud d’ailleurs, un âge spécifique de consentement.  Je suis profondément d’accord avec la pensée d’un degré, d’un stade d’évolution individuel, spécifique, dans le besoin, le désir et le plaisir de découvrir l’autre et sa sexualité.  Cet espace dans le temps représente pour lui le moment que l’on appelle «âge de consentement».  Ce moment peut être différent pour chaque individu.  C’est à dire que le jeune commence à vivre sa sexualité à des âges différents pour chacun, selon ses expériences propres et s’il a le droit de choisir son orientation sexuelle.  C’est la raison pour laquelle je préfère que l’on fixe cet âge après des cours sur le sujet à la fin du primaire de façon à lui permettre de décider de sa position en toute connaissance de cause. Si je dois respecter ce moment individuel de chacun, le jeune, lui, se doit d’apprendre à formuler un oui ou un non très clair.            

Je peux tomber amoureux d’un garçon, mais il n’est pas dit que ce soit partagé.  Comme     «sugar dady», je me sens responsable de mon «serin, de l’être aimé».  Aujourd’hui, c’est encore illégal, car on pense la sexualité avec les mêmes notions religieuses qu’il y a des siècles.  Plusieurs voudraient que ce soit toujours illégal, parce que la liberté individuelle nuit à l’esclavage sexuel universel admis et mené par la pègre et l’ordre judiciaire, parce que ce système est plus payant.  La stricte obéissance à la légalité crée souvent plus de mal que de bien.  Le mariage est aussi, depuis toujours, un contrat économique.           

J’ai le droit de me rendre dans un club, où il y a des danses à dix, mais dans ce cas, il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de suite possible.  Le danseur appartient à un milieu qui s’en sert, qui se fait de l’argent avec la beauté de son corps, qui le vide de son propre respect ou de sa propre jouissance.  Il devient une putain (si c’est véritablement son choix, c’est son droit le plus strict et d’une certaine manière un service comme un autre à rendre à l’humanité, un objet de désir. Il devient un phantasme.     

Dans la pédérastie, le jeune a certes des relations sexuelles passagères, s’il le désire.  Celles-ci peuvent l’aider dans la découverte de ses goûts les plus intimes.  Mais, pour qu’elle ait un sens, cette relation doit être amoureuse.   Il peut apprendre à jouir de sa liberté individuelle ou devenir un esclave payant d’un système organisé.  Dans un cas, il grandit pour mieux se connaître, dans l’autre, il peut se détruire.  Il ne joue plus aux fesses pour le plaisir, mais pour de l’argent ou de la drogue.  C’est son droit, mais c’est une différence essentielle.  Dans la pédérastie, le consentement est fondamental et strictement essentiel pour que la relation soit positive.  Elle peut comporter des scènes génitales comme elle peut en être dépourvue.

 J’ai de la difficulté à admettre que les amitiés particulières puissent nuire à un jeune puisque le pédéraste lui apporte souvent beaucoup plus que les remords engendrés par une société antisexuelle.  Les relations sexuelles génitales permettent de se sentir aimé, donc, d’être valorisé.  Ce n’est pas un amour sans faille, car il exige un sens extrêmement aigu de responsabilité individuelle.  Pour certains, l’initiation sexuelle est une étape importante dans leur vie alors que d’autres ne vivront jamais cette étape.  Souvent, l’initiation sera que le fruit du hasard, la rencontre d’une personne qui nous plaît particulièrement.  Si on ne fait pas tout un tapage avec la sexualité, l’initiation se résume au terme  » pour la première fois ».   

La prétendue conscience du péché de la chair ou de la prétendue pudeur naturelle n’est pas innée, mais acquise dans la famille et la société.  C’est l’empreinte primaire que laisse dans l’inconscient de l’enfant le comportement des parents vis-à-vis la sexualité. Ce peut être aussi une certaine honte d’un attribut de notre corps. Elle est évolutive et répandue par la réaction des adultes.  Ce n’est pas surprenant que certaines personnes soient plus sensibles à ce qu’elles entendent contre la sexualité, développent une culpabilité, une phobie de leurs anciennes relations plusieurs années après.  Pour croire que l’on est devenu le mal incarné, il faut d’abord l’avoir vécu dans sa perception de soi.

En fait, la vraie maladie est de découvrir la culpabilité du passé qui hante le présent.  Les psychiatres et les psychologues trouvent tellement ça payant, qu’ils n’ont pas l’honnêteté de dénoncer ce malaise, en leur faisant prendre conscience du besoin de se pardonner, de s’aimer  et de ne pas vivre dans le reproche.  Ce n’est pas non plus en se vengeant que ces personnes se trouveront plus propres.  Les psychiatres savent qu’avec consentement, la sexualité est extraordinaire dans toutes ses formulations.  Il est aussi étonnant que l’on ne fasse aucune distinction entre un garçon et une fille.  En principe, il ne devrait y avoir aucune différence ; mais ce n’est pas le cas, à cause de la différence d’éducation que l’on offre à un gars et une fille          .

Pour être profitable, une expérience sexuelle doit être libre et amoureuse.  Elle doit permettre aux individus de s’épanouir davantage.  Devoir garder une expérience cachée, et s’en vouloir, ne peut que nous détruire éventuellement.     

«Je ne suis pas un monstre, j’ai simplement les doigts rapides», pourrait-on dire de ceux qui ont la libido un peu forte comme moi.

*  *  *  
Le gars qui a tué le petit Livernoche n’était sûrement pas uniquement pédophile.  Il devait sûrement avoir bien d’autres problèmes psychologiques pour expliquer son cas.  Ce n’est pas parce qu’il a agi ainsi que tous les pédophiles du monde sont dangereux.   

Plusieurs ne recourront jamais à la violence ou même à s’imposer.  Ils sont totalement différents.  Pourquoi devraient-ils être privés du droit de vivre une vie normale, sans danger pour eux, mais aussi en s’assurant qu’ils ne sont pas un danger pour les autres.   

La critique des libérations conditionnelles sont souvent un moyen de propagande politique.  Un moyen d’être plus sympathique en étant plus sévère, tout simplement pour avoir plus de votes.  La seule solution n’est pas dans la répression.  Il faut que toutes les libérations conditionnelles soient étudiées profondément par un service multidisciplinaire et que celle-ci soit suivie par un service qui aide à la réhabilitation qui ne se contente pas seulement de surveiller.  Finies les nominations politiques. Toute personne qui a tué devrait être en prison à perpétuité, c’est-à-dire sans libération possible.

*   * *

Dans mon procès, à Val-d’Or, le maire de la ville était président du comité du NON.  Cela a-t-il joué dans la sentence et le verdict, je ne le sais pas, mais c’est possible.  Mon procès ne fut-il pas plus politique que criminel ?         

J’ai été condamné parce que le juge a cru, malgré les contradictions incroyables, le témoignage de Mathieu.  Personne d’autre que son père n’a témoigné.  Et encore, le père a contredit la version du fils.           

L’avocate qui a obtenu la révision de ma sentence a pu en appel présenter plus d’une vingtaine de contradictions sur les faits dans le témoignage du jeune.  Quant à moi, j’ai toujours soutenu que ce qu’il racontait était loin d’être toute la vérité.  Peut-être fut-il influencé par sa mère et son entourage féministe et mormon, par la DPJ et la police ?   La police a amené les enfants au poste de police, sans que leur père ait le droit de leur parler, ils devaient être morts de peur.  À ce moment-là, tout geste qui semble sexuel prend l’allure d’un ébat.

Pourquoi faut-il toujours être condamné par la dénonciation de jeunes avec lesquels tu n’as pratiquement eu aucun rapport sexuel (un attouchement) alors que ceux avec lesquels tu as vécu une véritable relation, de très bons moments, eux, ne parlent jamais.  De quel droit une tierce personne peut-elle porter plainte concernant la sexualité ?  De quoi se mêle-t-elle ?  Seul, le jeune devrait avoir le droit de décider s’il a besoin d’être protégé et comment.    

Si j’ai allumé le petit à des choses qu’il ne voulait pas encore vivre, je le regrette, mais je ne crois sincèrement que ce ne fut pas le cas. Tous les êtres humains croient que s’ils donnent beaucoup, ils ont droit à une certaine reconnaissance en échange.  Et tu as le droit de payer en nature.  Tous les parents rêvent de la reconnaissance de leurs enfants, ce n’est pas sexuel, mais c’est du même ordre. 

Si les gens s’étaient mêlés de leurs affaires, il n’y aurait jamais eu de procès… Mathieu est même revenu chez-moi avant le verdict pour s’assurer que je n’étais pas en colère contre lui. 

Mais, paraît-il que la Couronne était financée par les Mormons… La mère n’aurait pas pu s’empêcher de se venger de son ex-mari, en s’en prenant à son ami…  Mathieu était venu avec moi, parce que je lui avais promis de l’amener s’il réussissait à l’école. Il avait travaillé pour se mériter ce voyage. 

Le premier jour de notre voyage à Montréal avec Mathieu, celui-ci fut malade.  Nous avons dû quitter le parc d’attractions et nous nous sommes rendu chez-moi.  Je voulais qu’il prenne un bain froid parce qu’il faisait légèrement de la fièvre.   Il s’y opposait et refusait de prendre des médicaments.  Devant cette situation, persuadé qu’il fallait le déstresser, je l’ai avec son consentement, massé puisque j’avais pris des cours de massage et qu’un bon massage est excellent pour relaxer, décompresser.  Je ne vois rien de mal à soigner quelqu’un en le massant, même si dans le massage suédois, on masse aussi les fesses et qu’on peut accidentellement toucher le bord du scrotum en massant le haut intérieur des cuisses.  On tire aussi les orteils en l’exécutant.  D’ailleurs, ce fut si efficace que Mathieu a décidé qu’on retournait immédiatement à la Ronde.  

Mon procès a été à l’image de cette anecdote : le procureur de la Couronne a présenté 52 photos de jeunes, tous bien habillés, y compris Mathieu.  Un seul garçon est nu.  C’est mon fils a 27 ans qui avait décidé d’avoir une photo de lui en tenue d’Adam, car il allait se marier et cette photo sera pour lui le symbole de ce changement de vie.  Une drôle d’idée, mais je n’y voyais rien de mal.  J’étais le seul en qui il avait assez confiance pour exprimer ce désir, sans être gêné. 
          

Le procureur de la Couronne, la Charogne, (plus ils peuvent te salir, plus ils le font) essaie de convaincre le juge que je suis un pervers puisque je prends autant de photos de garçons.  Or, ce sont presque tous des photos des membres de ma famille ou de mes étudiants.  Si j’avais eu autant de photos de femmes aurais-je passé pour un coureur de jupons ?  

Quand une société décide de te condamner tout sert à t’accuser, les contraires peuvent même soutenir deux versions radicalement différentes, mais elles ont le pouvoir de t’inculper.  C’est tout ce qui compte.  Les journalistes servent à semer le doute. Le curé Laurencelle disait que j’étais une Volkswagen avec un moteur de Cadillac.  J’ai toujours eu les doigts pétillant de curiosité.  Et après ?           

                                      
 *  *  * 

Le 14 septembre 2001, je n’ai jamais eu aussi honte d’être Québécois : un jury a donné raison à un père de famille qui a battu un pédophile.  Tous ces bons chrétiens devraient savoir qu’ils venaient de donner raison à la pègre (qui emploie cette tactique en prison).  En prison, la pègre fait le sale travail que les policiers n’ont pas le droit de faire en public.  Aussi, les sentences des Comités de la mafia en prison auront la sanction du peuple comme disait l’avocat de la Couronne. 

C’est pour cela que parfois j’ai honte d’être un humain.  Nous vivons dans une société catholique qui divinise la violence et l’intolérance.  L’homme est un grand chimpanzé malade.  Même en prison, l’État est responsable de la santé physique et mentale de ses prisonniers.    La tolérance à la violence doit être un zéro absolu, même en prison.   

*   * 

Mon incarcération tenait-elle à mon passé felquiste plus qu’à ma pédérastie?  En- dedans, je n’ai jamais autant entendu parler de politique.  Quand tu te fais coincer dans un tel coup monté, tu ne sais pas exactement qui blâmer.    
                           
*  *  *  *

Politiquement, j’en étais venu, à cause du référendum en 1995, à croire que tous les partis politiques francophones sont une seule et même chose, sauf, que chacun part d’un point de vue différent.  J’étais insulté que l’on ne se serve pas de tout ce que nous avions à notre disposition pour gagner le dernier référendum.  On aurait dit qu’on voulait perdre.      

La différence entre le légal et la mafia est ténue, comme me l’apprit mon père. Pour moi, tous ceux qui exploitent le peuple légalement ou non sont ce que j’appelle la mafia légale.  Ils ne pensent pas au bien du peuple, mais au profit retiré en faisant semblant de l’aider.  J’étais écœuré que le fédéral puisse se permettre de transgresser toutes les lois du Québec pour gagner…     

Mon seul crime est d’avoir connu tous les penseurs et dirigeants du FLQ et, dans un moment de paranoïa collective, d’avoir été dénoncé comme supposément le chef d’une cellule d’information du FLQ, mais il n’y a jamais eu de FLQ dans l’Estrie selon Paul Rose.  On m’a dit depuis que les bombes qu’on retrouvait à Sherbrooke étaient posées par des agents de la GRC.        

J’étais jeune, engagé et peut-être même un peu écervelé.  Ma révolution a toujours été la liberté sexuelle, la non-violence et de trouver des plans pour améliorer la vie des gens de mon pays.  W. Reich appellerait ça : une compensation sociale.  Un moyen de me faire pardonner d’être pédéraste.  Eh oui ! Ce fut vrai quand j’étais jeune, j’étais encore assez nono pour croire ce qu’on nous enseignait.  Cet enseignement était en contradiction parfaite avec ma petite nature, comme le disait si bien Madame Gosselin, une femme de Québec, que j’ai adorée pour sa compréhension et sa tolérance.  Elle était une vraie chrétienne.    

De plus, je ne croyais pas dans la culpabilité de Pierre Vallières considéré comme le chef du FLQ.  L’injustice m’a toujours répugné. 

J’ai voulu, dès 14 ans, devenir écrivain dans le but de dénoncer l’exécution de Mandrin, un bandit français à la sauce de Robin Hood.  Le film sur sa vie m’avait bouleversé.  Ma petite âme criait déjà justice.          

Avant ma deuxième remise en cellule en 1998 ou 1999 quand la Cour d’appel a confirmé ma culpabilité (on a étudié que l’aspect technique du procès) je manifestais à nouveau chez les Anglophones de Montréal avec une pancarte se lisant : « La partition veut dire guerre civile : est-ce que vous voulez ?  Nous. Non. » J’étais convaincu de combattre ainsi un plan fédéraste, visant à créer une guerre civile au Québec, ou du moins, d’en entretenir la peur pour détruire le rêve d’un Québec indépendant.  Je souffrais d’avance de la possibilité que des jeunes soient tués dans une telle guerre.  Pour une langue ou pas… j’étais contre … mon fils aîné vit en Ontario.  J’aime trop les jeunes pour accepter leur mort dans un geste politique…

*  *  *  *     

Ma position linguistique est claire.  On ne me fera pas croire qu’un Anglophone dans un Québec francophone est un misérable.  Le Canada est un pays anglais.  Si un Anglophone du Québec ne veut pas accepter le fait français, il peut aller vivre au Canada.  Il sera nettement noyé dans l’anglophonie.  Par contre, s’il aime le Québec, s’il s’y assimile en participant à son évolution, il sera très heureux.  Il suffit pour jouir de notre culture de ne pas être arrogant et aveuglé par le colonialisme anglophone que l’on retrouve chez les leaders anglophones de Montréal.        

Certains immigrants arrivent ici en croyant pouvoir tout nous montrer parce que nous n’avons pas leur expérience de la souffrance et de la guerre.  Si nous les remettons à leur place, nous passons pour des xénophobes.  C’est à eux de s’adapter au Québec, et non, au Québec de s’adapter à eux.   Quand tu sais vivre, tu respectes les qualités et les défauts de tes hôtes.  Ça n’empêche pas de donner des conseils.       

L’obsession anglophone nous coûte très cher parce que nous ne sommes pas maîtres de notre destinée à cause d’eux.  Le pire puisqu’ils partagent nos vies, ils paient le prix de cette bêtise comme nous, car ils paient aussi taxes et impôts en double.

Si le Québec n’avait pas toujours peur de perdre son identité, sa population serait très vite parfaitement bilingue sur un plan individuel ; mais on sait que le but des WASP est de faire disparaître les minorités culturelles au Canada et de pouvoir ainsi angliciser plus tard le Québec.  Question de mathématiques : quand t’es devenu le plus nombreux, tu es la majorité.  Pas difficile à comprendre.  C’est pourquoi on veut nous noyer dans une immigration qui ne soit pas francophone.      

Pire, avec ce qui se passe dans le monde, il faut aussi craindre, sans être malade, que l’immigration serve à permettre aux radicaux religieux de prendre le contrôle de l’Occident.  C’est aussi pourquoi les religions doivent disparaître puisqu’elles sont devenues des pouvoirs économiques et politiques plutôt que de s’en tenir à leur vocation spirituelle.    

Par contre, les Francophones se doivent aussi de chercher à être profondément humain dans le choix linguistique du Québec.  Un humain est un humain.  C’est une réalité fondamentale.  À partir de cette base, il n’y a plus de restrictions.  Il faut lui assurer son bien-être comme à tous les citoyens.  Cependant, nous n’avons pas à supporter leurs anciennes haines.  Si tu es devenu Québécois, sois fier de tes racines, essaie même de nous en faire profiter, en les partageant avec nous.  Au Québec, il est une autre valeur non-négociable : nous sommes strictement non-violents.  Nous ne voulons rien savoir des luttes ethniques, religieuses et racistes qui ont cours ailleurs parce que nous reconnaissons l’égalité entre tous les humains.          

Un immigrant doit avoir assez de respect pour comprendre la majorité nationale qui l’accueille.  Je n’ai rien contre les immigrants, bien au contraire, j’en ai adopté deux.  Par contre, je reconnais qu’en votant contre l’indépendance du Québec, les immigrants m’empêchent d’avoir le pays que je veux, ils me forcent à payer plus d’impôts (eux aussi par la même occasion) sans pouvoir décider de ce que nous faisons avec ; donc, ainsi ils ne me respectent pas.  Si quelqu’un vient chez moi, cela ne lui donne pas la permission de défoncer mon frigidaire.  Et, si je lui en passe la remarque, je ne suis pas un raciste puisque c’est lui qui est mal élevé.

En sortant de prison, persuadé, malgré tout , d’avoir travaillé à éviter une guerre civile au Québec, en combattant la partition, un immigrant chez qui nous étions allés acheter des billets d’avion pour permettre à un de ses concitoyens d’aller mourir dans son pays, gueulait en affirmant qu’il mettrait tous les séparatistes en prison.  Nous nous sommes engueulés, car il est notre invité et il n’a pas à nous cracher dessus.  Il se fait de l’argent en nous vendant ses billets.  Ma conclusion : Le Canada est anglais… Le Québec est français.  Si cet immigrant n’aime pas le français, il n’a qu’à choisir de s’installer au Canada.  Ce n’est pas moi qui suis l’immigrant.  Le Canada est assez vaste pour recevoir tous les immigrants qui refusent de s’intégrer au fait français au Québec.  Ils seront même plus heureux dans un pays qui correspond à leur désir et leur ressemble.  Pourquoi sont-ils plus fanatiques quant à la langue que les Anglais du Québec ?        

Ceux qui demeurent parmi nous, par contre, doivent être reconnus exactement comme nos égaux.  Comme tous les humains de la terre. La qualité de vie n’a pas de langue ou de religion. 

 Au Québec, il ne doit pas y avoir des français, des anglais, des chinois, mais des QuébécoisQuant à la religion, c’est une affaire personnelle, comme la sexualité, elle est à la base de la vie privée. . 

Tu vies ta religion dans ta demeure ou tu te rends dans ton lieu de culte pour la vivre socialement.   Autrement, nous vivons dans un état strictement laïc.  La religion et l’état doivent être complètement séparés.  L’état civil doit avoir préséance sur toutes les manifestations extérieures religieuses.  Les religions doivent respecter cette règle de vie.  Leurs rites ne doivent pas se confronter à nos habitudes de vie et à nos lois.   Aucune mutilation ne doit être tolérée pour des raisons religieuses.    

On n’a pas à forcer ou chercher à influencer les autres parce que les religions veulent faire valoir qu’elles ont raison ou qu’elles possèdent la vérité, en le prouvant par le nombre des fidèles.  Par contre, on se doit d’être ouvert d’esprit.  Il y a une différence entre un voile, porter un petit crucifix et une burkaCette dernière est une offense pour les femmes.      

Dans mes manifestations, je dénonçais le plan B des Stéphane Dion, Paul Martin et Allen Roch qui voulaient organiser un prétendu soulèvement québécois comme en 1970 afin de rétablir la loi des mesures de guerre et en finir avec le Parti Québécois et le Bloc Québécois, en déclarant illégaux tous les mauvais séparatistes. 

La partition garantissait l’existence d’îlots fédérastes à l’intérieur d’un Québec indépendant.  Un bon moyen pour que tout le monde se cogne dessus…    
*   *

Tout ça a abouti à la loi sur la clarté, loi qui passait aux Communes pendant que j’étais à Bordeaux. Beach (c’est ainsi que j’appelais la prison) un bien drôle de hasard.  N’est-ce pas?    
J’avais peut-être hâté mon incarcération, en envoyant mon texte Pour en finir avec l’hypocrisie, à l’époux de la gouverneur générale du Canada, puisqu’il est prétendument un philosophe.  Quelques jours plus tard, la police de Val-d’Or exigeait par hasard mon arrestation… C’était devenu une urgence alors que pendant mon procès, qui a duré pratiquement une année ou deux ans, j’étais libre. J’ai envoyé ce texte parce que je voulais savoir à qui plaisait tant mon arrestation.  Je voulais savoir si c’était politique et j’eus vite ma réponse.

On me disait que des souverainistes étaient fâchés parce qu’en étant arrêté pour une infraction sexuelle, j’étais dorénavant un fardeau pour la cause.  D’autres prétendaient que c’était un coup monté pour me fermer la gueule.  

C’était à mon avis, un geste dicté par OTTAWA, même si ça plaisait à certaines moumounes souverainistes (ça existe puisqu’il y a des souverainistes de droite) qui ne font pas la différence entre la vie privée et la vie politique.

Un an après ma sortie de prison, la police de Val-d’Or faisait des pieds et des mains pour que je sois une année supplémentaire sous surveillance stricte, grâce à la probation. Si ce n’est pas du harcèlement, je me demande ce que c’est.  Cinq ans plus tard, on me poursuit encore, en m’empêchant de travailler ou de faire du bénévolat.  Cela me rappelle le titre d’un livre qu’on m’a fait connaître en prison : CONSPIRATION, je crois.           

Il s’agit de l’histoire d’un journaliste de Radio-Canada qui a passé, malgré son innocence, de nombreuses années en prison parce qu’il refusait de jouer le jeu de la CIA, soit entre autre, infiltrer le FLQ.  On m’a dit depuis que je ne retournerais pas en prison ; que je ne serais pas un second Mandela mais que je serai tué avant, si je continue à me battre.  Paranoïa ?  Schizophrénie d’un individu qui essayait de m’embarquer dans sa bulle ?  Je ne sais pas, sauf que ça fait chier !     

Entre ma première visite en prison où j’ai écrit un texte se voulant être une Constitution pour le Québec indépendant ou du moins ma vision de ce qui devrait gérer notre nouveau pays, le fédéral a réussi à m’éliminer d’un programme scolaire Sprint qui avait pour but de me recycler et ainsi gagner ma vie.  Avec ce programme, qui était accepté, j’avais le droit d’emprunter jusqu’à 25,000 $ pour apprendre à travailler sur les ordinateurs.  On a prétendu, après m’avoir accepté, qu’il s’agissait d’une erreur économique.           
 Pire, le fédéral a gelé les 12.75 $ qui me restaient dans mon compte de la Caisse populaire d’Outremont., sous prétexte que je n’avais pas payé mes impôts fédéraux.  Aux élections, j’avais obtenu des reçus du Bloc québécois pour lequel j’avais travaillé.  Cette année-là, le fédéral avait accepté mon rapport, mais le fisc fédéral a décidé une année ou deux plus tard que les papiers fournis ne suffisaient plus.  Ils m’ont redemandé 600$.  Quand tu dois déménager deux fois, dont une, morceau par morceau, en autobus de la ville, parce que tu n’es pas assez riche pour faire autrement, 600$ c’est une somme astronomique.         

Va donc retrouver les copies des papiers exigés que tu leur as déjà fait parvenir, c’est commandé un miracle. C’est ainsi que j’ai réalisé que la mafia légale existait au sein du gouvernement fédéral.  La mafia légale, c’est l’exploitation des pauvres … C’est ramasser de plus en plus de taxes et d’impôts, tout en fournissant de moins en moins de services à la population.     

Tous les avocats qui m’ont défendu et qui s’apprêtaient à gagner ont soudainement lâché : l’un pour une cure de désintoxication ; l’autre, parce qu’elle était tellement écœurée du système de justice qu’elle a décidé de se recycler dans l’enseignement, en partant pour les États-Unis où son mari venait d’être muté.

En plus de m’être endetté au maximum, faute de ne pas trouver un emploi payant, pour me réintégrer dans la société, j’ai perdu en appel car on a regardé que le côté technique de mon procès.   

Ma culpabilité a été confirmée par trois femmes juges, m’a-t-on dit, qui ont décidé de ne pas tenir compte et mettre en doute le témoignage de mon jeune accusateur, mais de baser leur verdict sur les seuls éléments techniques du procès.  Toutes les contradictions dans la déposition du jeune sont demeurées lettres mortes, même si mon procès avait été une lutte entre le juge et mon avocat qui refusait d’établir la vérité (probablement proportionnelle à ce que je pouvais payer).   

Le juge lui a même demandé d’amener un élément, seulement un élément, pour créer un doute raisonnable, mais mon avocat s’en tenait à des stupidités.  Quand il questionna Mathieu, non seulement ça n’en finissait plus, mais c’était tellement hors d’ordre et plate que j’ai moi-même failli m’endormir pendant mon propre procès.

À la fin de mon procès, mon avocat m’a aussi avisé que je pouvais porter plainte contre lui et exiger un nouveau procès, parce qu’il avait été poche comme s’il avait voulu que je sois enfermé, mais j’ai refusé.  Je ne voulais pas me sortir du trou en abaissant un autre.           

Je n’ai jamais dit que je ne n’avais pas touché Mathieu.  Je n’ai jamais témoigné. 

Le seul temps où j’ai parlé de mes déboires est venu bien après. D’ailleurs, tant que les gens croiront que la pédophilie est la fin du monde, il est normal de faire quelques mois de prison.  C’est la punition pour avoir désobéi. C’est normal, c’est un geste qui va à l’encontre des vœux de la très grande majorité; mais devoir subir de l’ostracisme, être sujet de recherche jusque dans tes langes de la naissance à la mort, c’est que ta société est devenue une société fasciste, digne de la Gestapo ou de l’Inquisition.

J’ai perdu un peu la tête, je voyais des complots partout : mon fils Rouhed s’était suicidé, mon ami Marc en avait fait autant parce qu’on l’accusait d’être pédéraste et le jeune punk qui vivait avec moi passait son temps en prison pour des conneries.   Je ne savais pas qu’il consommait des drogues dures en plus de ne pas prendre ses pilules pour la schizophrénie. 

Quand ça arrivait, il me battait quand il rentrait à la maison.  Ces événements arrivaient toujours, comme par hasard, pendant des périodes électorales.  Ou ça se produisait dès que j’écrivais un texte de dénonciation et que j’arrivais à le rendre public.  J’y voyais une autre étape du fédéral dans la lutte contre l’indépendance du Québec.  Je ne voulais plus être la victime, mais je voulais toujours me tenir debout.

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