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Spirale intraprojective 21

septembre 26, 2020

Spirale intraprojective  21

Ou  Voyage au bout de ma folie.

L’indépendance et la mondialisation.  Un peuple. Un pays. (pp. 189 à 200)

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La Cour d’Appel a été égale à elle-même : elle a confirmé le premier verdict, en prétendant qu’elle ne pouvait pas se substituer au premier juge.   

Le présententiel dont on s’était servi à mon procès était bourré d’inexactitudes.  On m’accusait à partir de mes écrits puisque l’Homo-vicièr a été mis en preuve.  Contrairement à ce que l’on prétendait, je ne parlais pas une seule fois de merde et je ne m’en prenais pas aux femmes dans mon livre.  Le présententiel fut aussi court que ma visite chez celle qui l’écrivait.  Elle me posa quelques questions et affirma dans son texte que j’avais le profil du pédophile et aucun remord.  Bizarre qu’on fasse la guerre au profil dans le cas des immigrants et que ce soit permis contre les prétendus pédophiles.           

Pour avoir des remords il faut au moins avoir fait quelque chose de mal à se reprocher.  La dame était accompagnée de sa stagiaire. Je lui ai dit que Mathieu disait parfois la vérité, mais mentait sur l’essentiel.       

J’ai essayé de porter plainte contre la fausseté et la stupidité de cette analyse inutile parce que tout était décidé d’avance dans de savants bouquins dépassés depuis un siècle.  J’aurais cru qu’un pré sententiel, c’était sérieux.  Le juge aussi.      

Pire, à la télévision, on a montré les textes des deux premières pages de l’Homo-vicièr parce qu’elles étaient compromettantes.  Or, malgré ces pages. L’Homo-vicièr est un livre de pure fiction.  C’est l’histoire d’un chaman qui renaît en 1967.  A-t-on déjà vu quelqu’un passer de l’état de Jacalac à celui d’Homo-faber ?  Où sont les dinosaures qui se promènent et écrasent le héros qui renaît dans la peau de Plat-on ?   

À mon procès, on s’est servi de deux textes qui permettaient d’entrer dans l’atmosphère du livre comme des éléments d’accusation ou de confession.  Dans le texte qui se termine par Dieu est pédéraste, il s’agissait d’un syllogisme comme nous l’apprenaient les Jésuites et qui portaient sur quelques affirmations.  D’abord, les fillettes avaient été ajoutées dans le texte à la place des garçons pour éliminer le sexisme et marquer que pour Dieu il n’y a pas de différence entre un homme et une femme.  Tous sont humains.   Puis, le texte disait que les hommes qui veulent toujours êtres des garçons sont des pédérastes. Or, aimer un garçon, c’est de la pédérastie.  Puisque Dieu aime les hommes qui sont des garçons, il est pédéraste.  En fait, tout ça pour dire que Dieu aime les humains.  Mais, tous ne le comprenaient pas ainsi. Voici le texte en question :    

«Je rêve d’une île.  Il n’y a que des enfants. Les fillettes y sont belles comme l’or des champs.  Ces fillettes-garçons que le vent de l’amour n’a pas encore flétris.  Je rêve à des garçons soleils et infinis.  Des corps jeunes qui m’aspergent de leur pureté.  Je rêve à toutes ces jeunes bêtes et je voudrais être le premier à les pâmer de plaisir pour les aimer toujours dans un éternel recommencement.  Maintenant, je sais : Dieu est pédéraste.»     

Quant au deuxième texte de ce livre. il a pris naissance avec une chanson d’Édith Piaf que j’adorais.  Je l’ai changée pour faire valoir que pour les garçons, l’âge de la découverte sexuelle est entre 10 et 15 ans.  On pouvait lire : « Jamais rien, ni personne m’empêchera d’aimer les garçons de mon choix, qu’ils aient 10 ou 15 ans, qu’ils soient blonds ou noirs, que ce soit permis ou non. L’homo-vicièr»   
 

Quand le livre fut imprimé, grâce à M. Antoine Naaman, pourtant, un éditeur de droite et un hétéro absolu, mon ami imprimeur de Windsor considérait qu’il y avait une erreur dans le texte qu’on lui avait remis et au lieu que la signature soit « L’homo-vicièr » (ce qui situait le roman), il la changea pour mon nom.  Il avait déjà imprimé au moins trois à quatre cents livres sur les 900, quand je me suis aperçu de l’erreur.  C’était trop tard pour changer.  Je dois avouer qu’à cette époque, j’étais assez baveux pour accepter de vivre et de porter l’erreur.  J’étais même fier de mes convictions pédérastes.  C’était mon étendard, ma révolution, tout autant que l’indépendance, peut-être même plus.   

J’avais même présenté un poème pédéraste dans une des nuits de la poésie à Sherbrooke.  Ce fut tout un scandale, un silence froid, qui me permit quand même de rencontrer la femme qui m’a le plus marqué à cette époque.  « Oui !  Je provoque à l’amour et à la révolution. », chantait Léo Ferré.            

Avec la prison, ce fut une moitié de pension de retraite.  J’avais dépassé la date pour obtenir davantage, comme le prévoyait le plan de retraite proposé par le premier ministre, M. Lucien Bouchard.  Quant au syndicat, il ne voulait pas me défendre, sous prétexte que cet incident s’était déroulé en dehors de l’école.  Pourtant, j’ai toujours payé mes cotisations.  On disait que mes gestes n’avaient rien à voir avec mon enseignement.  Ce qui était absolument vrai.  Mais, on aurait pu défendre mon droit d’avoir une meilleure pension de retraite.  Pourquoi étais-je pénalisé ?  Parce que j’ai reçu mes premiers paiements rétroactivement en novembre, alors que j’étais retourné à l’université, le bien-être s’est mis à réclamer un prétendu trop-versé.  Il était impossible pour moi de retourner dans l’enseignement, j’ai dû obligatoirement, prendre ma retraite.  C’était la ruine !      

J’ai été très déçu par le syndicalisme parce qu’il trouve souvent le moyen de se faufiler sans nous défendre vigoureusement, ce pourquoi il est pourtant payé.  Ils agissent comme s’ils étaient là seulement pour recevoir les contributions des membres.  J’ai toujours favorisé la formule Rand, le syndicalisme obligatoire.  Je n’ai pas changé d’avis puisque les patrons continuent d’exploiter surtout les femmes.       

Le syndicalisme, c’est le moyen par excellence de défendre les pauvres.  Je ne pouvais pas m’attaquer à quelque chose dans laquelle je croyais fermement.  Les syndicats ont leurs défauts, mais ils sont essentiels. J’exigerais toujours la création immédiate et obligatoire d’un syndicat dès qu’une entreprise a plus de quatre employés.  Sa fidélité et son honnêteté dépens ensuite de ses propres membres.  

J’ai toujours voulu payer mes dettes.  Je ne veux pas être un voleur.  Mais, pour le pouvoir, il me faut un travail décent.              

Je ne peux certainement pas être plus voleur que nos gouvernements qui nous taxent de plus en plus, nous étranglent, sans donner plus de services. Et, mêmes eux sont pris entre les mains des financiers qui les étranglent avec leurs intérêts.    

Par contre, la prison m’a permis de constater que je n’ai jamais été et ne serai jamais, je l’espère, un danger public.  J’ai mes défauts comme tout le monde, mais j’ai toujours voulu être meilleur.  La seule vraie révolution possible est de s’améliorer soi-même.  Je peux dire ce que je pense, mais les gens sont libres de m’écouter.  C’est le défi de la fierté et de la démocratie : croire en l’individu et à l’amélioration de l’espèce humaine, même si elle est terriblement lente à évoluer. 

J’ai toujours cru que la révolution est de travailler avec toutes ses tripes à améliorer la société dans laquelle tu vies … la révolution, c’est rêver un monde idéal.

La révolution est essentiellement non-violente.       

J’ai joué au révolutionnaire pour donner du poids aux mots.  Je m’étais créé un double de moi.  Un double que j’ai nié dans un de mes poèmes, il y a bien longtemps.   La violence est une forme de maladie mentale si elle n’est pas contrôlée.  La répression sexuelle, à mon avis, engendre la violence ; mais notre civilisation accepte et glorifie la violence.  Je suis bien content qu’un écrivain exprime le fait historique qu’il n’y aurait pas eu de deuxième guerre mondiale, si Hitler, dans sa jeunesse, avait joué un peu plus avec son yoyo, instrument de masculinisation et de plaisir. 

*    *     *    *

Le Québec ne peut pas songer à sa souveraineté en se servant de la force et c’est bien ainsi.  Ce sera sûrement plus long, car c’est une question d’éducation.  Et, la conscience est plus longue à réveiller qu’une marmotte ou un ours en hibernation.   

J’avoue avoir été bien d’accord dans les années 1970, avec les buts du FLQ.  Pour moi, le FLQ c’était comme Mandrin ou Robin Hood.  Des gens qui avaient compris que l’état était plus bandit qu’eux.  Les bourgeois volent le peuple avec frénésie. Aujourd’hui, la bourgeoisie a changé de nom. On l’appelle « les professionnels ».  

Les leaders asseyaient leur pouvoir sur la répression.  Le FLQ, c’était l’incarnation de la défense des droits des Québécois puisque les trois colombes, le French power de Trudeau, nous avait trahis.  Les trois colombes confondaient leurs intérêts personnels à ceux du peuple.  Le French power servait de courroie de transmission, de cabinet de service, d’amplificateur de la haine qu’ont les Wasp contre les francophones, surtout du Québec.  

Le French power a trahi le Québec, en ce sens, que ceux qui le formaient se sont crus supérieurs aux autres Québécois. Ce snobisme les a amenés à croire que le peuple du Québec est formé par une bande d’ignorants et d’imbéciles.  Cela n’est pas très nouveau, selon ce que l’on apprend dans Le livre noir du Canada anglais, de Normand Lester.       

Le Québec ne pourra jamais être admis au Canada avec des points de vue totalement opposés au reste du Canada.  Un pays où il fait bon vivre est un pays qui laisse le plus de libertés individuelles possibles.  Une famille ne peut pas être heureuse si ceux qui la composent sont toujours en chicane.         

Il appartient aux citoyens par une plus grande prise de conscience de se sensibiliser.  Si tu vies décemment et librement, tu ne penses pas à te révolter.    

Trente ans plus tard, on se rend compte que le Québec est différent des autres provinces, mais les autres refusent de le reconnaître, d’accepter son identité et sa personnalité.  Cette dualité n’existerait pas si nous avions une autre forme de gouvernement qui ne soit pas centralisé et colonialiste. 

Dans une vraie Confédération, nous n’aurions pas à être ennemis, car les points de divergences fondamentaux n’existeraient tout simplement pas. Le Québec cesserait de se sentir éternellement exploité par Ottawa (le double pouvoir de l’Ontario).  Il ne pourrait plus blâmer les autres quand il y a des bévues.  D’ailleurs, l’objection de certains à la souveraineté est de croire que nous ne pouvons pas constituer un gouvernement honnête qui pense d’abord aux intérêts du peuple.  Pourquoi Ottawa réussirait-il mieux que nous ?   

Quand mon père me parlait des patrons, il me disait qu’un patron va toujours essayer de profiter de son employé.  Au Québec, disait-il, les Juifs sont probablement les meilleurs parce qu’ils ne veulent pas que l’argent, mais tu dois bien travailler pour que ça paye plus longtemps.    Les Anglophones (faudrait ajouter certains immigrants) ne songent qu’à dominer la majorité francophone.  Pour réussir, ils se servent des libéraux francophones.  Ces derniers ont besoin de fournir un petit extra pour prouver qu’ils sont les salauds dont le boss a besoin pour dompter, à leur avis,  cette bande de fainéants.         
 

C’est devenu le rôle du French Power à Ottawa.  C’est pourquoi nous avons eu besoin du Bloc québécois.     

Le French power a aussi trahi le Québec parce qu’il a pris pour acquis que les Québécois étaient leur pire ennemi.  C’est un clan qui s’est éloigné du vrai monde.

L’économie ne peut pas survivre dans notre civilisation s’il n’y a pas de guerres locales ou régionales.  Et, je sais que nos gouvernements soi-disamment démocratiques ne se gênent pas pour inventer des scénarios pour se sortir du trou.  Je me rappelle mon voyage en France, en 1972.  Il y avait un soi-disant début de révolution, une tentative de revivre mai 1968, mais ces manifestations étaient infiltrées et menées par le gouvernement, grâce à ses barbouses.           

Un député m’a expliqué qu’il faut parfois créer des crises si on ne peut pas trouver de solutions à une tension trop forte afin de faire avancer les idées et dénouer les impasses…. lâcher la vapeur.  Comme en 1970, au Québec, et à New York, un peu plus tard, en 2011.  L’attaque du WTC fut organisée pour justifier la guerre en Afghanistan. Est-ce fou ? 

Comment accepter que notre civilisation soit dirigée par l’économie et que cette économie se nourrisse de victimes innocentes de la guerre ?  Qui a cautionné les attentats du 11 septembre, à New York ?  La droite américaine ?  Les Talibans de Ben Laden ?  Est-ce l’extension de la guerre juive-arabe ?  Est-ce que toutes ces morts sont dues aux guerres du pétrole ?  

La mondialisation sera acceptable qu’au moment où elle admettra que la vie de tous les individus est ce qu’il y a de plus important sur terre et que tous les gouvernements sont créés pour appuyer les individus dans leur course au bonheur, en leur rendant la vie plus acceptable.     

Je croyais dans l’innocence de Vallières et j’étais persuadé que les blessures subies lors des attentats du FLQ, à Montréal, étaient des accidents.  J’étais sûrement naïf.et d’une ignorance crasse pour un journaliste, mais je vivais en région, à Sherbrooke. Je ne savais pas ce qui se passait à Montréal.  Nous étions hors des faits et les moyens de communication n’étaient pas ceux d’aujourd’hui.  De plus en 1970, un de mes amis, Gaétan Dostie, avait été arrêté dans le cadre de l’opération des mesures de guerre.  J’avais peur qu’il soit tué par la GRC, comme on m’avait dit que c’était arrivé dans le cas du poète Gaston Gouin.  Je ne savais pas encore que presque tous mes camarades étaient en prison.  Je croyais que le seul moyen de sauver mon ami était de me faire passer pour la tête dirigeante, la tête forte régionale du FLQ, car, en étant journaliste, on hésiterait à s’en prendre à moi.  Ce fut trente ans de prison verbale. J’ai joué le jeu durant tout ce temps.

*****

Aujourd’hui, je m’en suis sorti parce que je peux affirmer avec sincérité que le salut de l’humanité passe par la non-violence d’un Gandhi. 

Le système économique sera toujours plus pourri que mes attouchements sexuels, posés avec amour ou curiosité, car le mépris du système pour tout ce qui est différent conduit jusqu’au meurtre ou au suicide, mais les gens aiment ça comme ça.  On y peut rien. Les gens se font laver la cervelle dès leur enfance.  Il faut des péchés pour avoir des  » fidèles soumis » …    

Toutes les révolutions n’ont servi qu’à mettre d’autres tyrans au pouvoir.  Le mal est en chacun de nous : le refus de l’amour, le rejet de l’autre parce qu’il est différent.  Ce refus est versé en nous depuis notre petite enfance par des religions qui se prétendent tout amour ou toute miséricorde et qui nous apprennent à mépriser ceux qui n’obéissent pas à leurs sornettes.

.J’admets que sans la déformation de l’Église, les Évangiles sont très révolutionnaires, dans le sens, que Jésus remettait tout son système religieux en question.  C’est probablement ce qui pourrait être le plus révolutionnaire actuellement si on mettait son enseignement en pratique. On a qu’à voir comment il traitait Marie-Madeleine et le petit Saint-Jean, l’apôtre de l’amour infini.   

Il faut remettre l’humain au centre de la vie et le vécu humain comme sens de la vie. 

Nous sommes sur terre pour découvrir la beauté de la création, la beauté en nous, et par conséquent, Dieu (si on y croit) dans sa réalité métaphysique. Croire en Dieu, c’est sentir Dieu en nous. C’est quelque chose qui nous anime ou il n’existe pas.       

Les Évangiles, selon Saint-Jean, ne condamnent pas la sexualité.  Bien au contraire, St-Jean est, malgré ses quinze ans, l’apôtre bien-aimé de Jésus ; Marie-Madeleine, la putain, est pardonnée parce qu’elle a su aimer.  Se sauver, c’est donc de pouvoir aimer, même charnellement, puisque nous sommes des animaux sexués. 

Est-ce qu’un pédophile est pire qu’un Staline qui a tué des millions d’individus ?  Que les religieux qui ont fait des croisades et tuer des milliers d’innocents pour s’approprier des reliques ? Tuer pour des motifs économiques comme le pétrole, vider les vieux de leur retraite par des arnaques, c’est moins pire qu’une pipe ? 

Je ne dois pas être le seul fou qui pense que nos sociétés issues de l’Inquisition ne se sont pas encore sorties de leur ignorance, ce qui nous mène à la folie collective.

Pour moi, la révolution, c’est la recherche de la Vérité. 

La révolution demande la décriminalisation de la sexualité.  L’acceptation de l’individu dans sa corporalité, incluant son sexe. 

La mise en doute du paradis serait-elle un premier pas vers la lucidité ?  Certains meurent pour tuer les cochons d’infidèles, mais ce cochon habite en moi comme en chaque individu car c’est la force qui garantit la survie de l’espèce.  Pas de sexualité, pas de futur. 

On est plus à l’époque où l’on croyait que le sperme était une partie de notre cerveau dont on se privait pour avoir une descendance… Est-ce que la jouissance qui a permis de dominer ces peurs est la raison première de notre existence ?  Ce n’est pas tout le monde qui a compris que le seul côté qui limite la jouissance est notre condamnation à mort dès notre naissance, notre éphémérité.   C’est la jouissance qui guide nos pas, même chez les ermites qui croient que les souffrances les purifient.   Ils font simplement une vie de masochistes… Il y a aussi de la jouissance dans la souffrance.   Certains pensent que l’extase est l’aboutissement de la souffrance… Quelle religion peut se vanter de ne pas avoir fait tuer quelqu’un ?  Est-ce que la pureté rend malade ?
              

*   *

J’ai trouvé cependant trouvé encore plus écœurante l’interprétation de l’Homo-vicièr qui a amené mon juge à affirmer « que si je ne suis pas un danger pour les jeunes, je mettais cependant les institutions du pays en danger ».  À son avis, j’étais plus dangereux par mes idées que par mes actions… C’est vrai que je ne suis pas membre en règle de la mafia légale… je suis un pauvre.

Il y a toujours 10 et 20 ans entre chacune de mes accusations sexuelles.  Ça fait bien des coups de poignet (masturbation) entre chacune.  D’ailleurs, ces condamnations sont complètement ignorées dans mon présententiel.           

La conclusion qui définit ma pensée et le but ultime de l’Homo-vicièr, page 100, se lit comme suit : « Il faut chercher ce qu’il y a d’assez valable que même les défauts de la société ne nous arrêtent pas ; mais au contraire, nous incitent à créer un monde où la Connaissance et l’Amour banniront la violence et l’injustice.  Un monde où l’on s’élèvera au-dessus de tout ce qui nous sépare en tant qu’hommes et engendre la violence et la haine.»

C’est vrai que la paix est dangereuse.  La paix tuerait le système économique dans lequel nous vivons et si les hommes s’unissaient peut-être que les quelques milliardaires qui dirigent le monde pourraient commencer à craindre pour leurs fesses. Il faudra trouver comment mettre l’économie au pas, sans que ce soit les pauvres qui payent la note. Les riches ont leur vie ente leurs mains.        

J’ai toujours cru dans la réhabilitation.  J’étais le pécheur repentant, à genoux qui crie pardon d’avoir aimé ses petits compagnons un peu plus jeunes que lui.  J’étais assez stupide pour croire que les interdits sexuels reposent sur des raisons valables, non inventées à mesure pour garder les humains en catégories, pour préserver le pouvoir de la bourgeoisie.   

Ce n’est pas étonnant que je fusse condamné puisque dans mon présententiel, on confondait mon l’Homo-vicièr avec un autre livre de mon bon ami Jean Ferguson dont le titre est : « V’là le bon vent ou L’histoire raisonnée des besoins naturels à travers les pays et les âges.»   

On m’accusait d’avoir un faible pour la merde (d’être scatologique) dans la première partie de l’Homo-vicièr, même s’il n’est jamais question de merde dans mon livre.  Pour ce qui est de la haine viscérale que je voue aux les femmes, je me demande comment j’ai pu vivre avec trois d’entre elles, si cette accusation est fondée ? 

Ferguson a, c’est son droit, toujours été plus radical que moi en ce qui concerne les femmes et les juifs.  Le temps nous dira s’il était plus clairvoyant que moi.  Cela ne nous a jamais empêché d’être d’excellents amis.  On avait souvent l’oeil sur les mêmes garçons, mais on n’était pas jaloux l’un de l’autre. Cela ne nous éloignait pas, au contraire, ça faisait partie du romantisme.   

Malheureusement, il est condamné à mort par un cancer (qui a d’ailleurs déjà fait son œuvre).  C’est un bon écrivain à découvrir. (Au musée d’histoire de Val-d’Or.)

Dans cette lutte stupide, je ne savais plus qui était l’ami ou l’ennemi.  Ferguson me dit un soir, avant mon procès, alors que j’étais saoul comme une botte, que pour s’amuser il avait dirigé les opérations par derrière et que la seule raison pour laquelle j’avais été poursuivi visait à récolter de l’argent. 

Malheureusement, j’ai toujours été endetté, je ne peux pas voir comment j’aurais pu être financièrement intéressant.  D’autre part, il me disait qu’il battrait le père de Mathieu s’il le rencontrait parce qu’il ne pouvait pas lui pardonner de ne pas avoir empêché tout ça.  Pour lui, il ne pouvait plus être son ami.    

Avec Ferguson, on ne savait jamais quand le prendre au sérieux.  C’est probablement pour cette raison qu’on était d’aussi bons amis.

N’empêche que la prison est comme un cancer, elle ouvre les portes à la paranoïa qui s’insinue goutte à goutte, selon tous les gestes de haine qui sont portés contre toi. Plus je vieillis, plus je me sens atteint. 

Je suis aussi fanatiquement pour l’égalité de la femme, car, pour moi, tout individu est le seul maître de son corps.  Il n’y a pas d’hommes et de femmes, il n’y a que des êtres humains avec des corps différents et une vocation différente. 

Tout individu est à la fois un homme et une femme, hétéro-homosexuel, juste une petite question de dosage dans les gênes, dans les hormones, une historicité différente pour qu’un pénis cesse d’être un clitoris.  Pourquoi les hommes qui prétendent tant aimer les femmes se conduisent-ils toujours comme s’ils étaient des êtres supérieurs ?  Pourquoi une femme ne mérite pas le même salaire que l’homme à compétence égale ?  Simplement parce que l’ordre économique est le même que l’ordre religieux. Les femmes ne comptent pas.  Pourtant, dans la vie commune, les vrais maîtres sont les femmes, même si elles se plaignent toujours … c’est dans leur nature… Elles dirigent la famille en se servant de leur pouvoir émotif.

La raison pour laquelle les féministes se plaignent, c’est qu’elles ne parlent pas du même pouvoir.  Elles voudraient participer au pouvoir réel, dominer comme les financiers, les religieux, les politiciens d’égal à égal.      
     
*   *   *

Qui est le con qui a décidé que «punir est préférable à la réhabilitation?»  L’Évangile disait que l’homme devait être le serviteur de l’homme…     
 
Il serait intelligent de faire une nuance entre la façon de vivre la sexualité pour un homme et pour une femme.  La vie sexuelle porte tous les résultats et tous les maux humains…  La honte du corps, entretenue chez la femme est un élément clé de la domination mondiale.  Les femmes transmettent la culture aux enfants.  Les règles morales quant à la sexualité que l’on nous enseigne sont ce que les femmes battues ont retenu de la sexualité. Leur haine est devenue la mesure étalon de nos sexualités.  Ces règles de peur de la sexualité servaient surtout à combattre l’homosexualité.  Or, encore aujourd’hui, un homme caressant un jeune garçon est cochon alors que si la femme fait le même geste elle est simplement une bonne mère, même si ce n’est pas son fils…   

La seule chose que je déteste des femmes tient de leur esprit d’esclave, mode qu’elles nourrissent à travers leur perception négative de la sexualité à cause de la religion dont elles ne se sont pas encore libérées.  Elles ne sont pas capables de s’accepter comme elles sont. Elles se sentent toujours moins belles comme les hommes se pensent supérieurs quand ils ont un gros et long pénis.      

Elles sont esclaves de ceux qui décident de ce qui est beau et laid.  Je déteste le fait que les femmes ne s’assument pas assez pour être fières de ce qu’elles sont, d’avoir un sexe, sans devoir comme les gais, se créer des mouvements qui doivent encore crier qu’elles sont femmes.  Comme si on le savait pas, juste à les regarder… 

L’homme et la femme sont égaux.  Le jour où ce sera mis en application, on n’aura pas besoin de crier sur les toits qu’on est féministe, gai ou bisexuels. On sera ce qu’on est. 

Comme le jour où la science délogera les religions on cessera de parler de l’homosexualité comme un vice.  Pour reconnaître un vice, il faut être vicieux…     

Je déteste le rapport des femmes avec la sexualité, car, il s’établit toujours en disant que la sexualité est laide et sale.  Une paranoïa que les curés ont créée et que je ne peux pas accepter. 

À mon sens, au contraire, la sexualité dans le sens commun (génital comme on l’entend presque toujours), ainsi que dans un sens plus large, soit l’émotion, l’affection est la cerise sur le sundae. C’est l’aboutissement normal, naturel d’une relation humaine.  Sa satisfaction indique notre orientation sexuelle.  Un mâle hétéro n’a pas les mêmes raisons d’aimer les femmes qu’un gai. L’important, c’est que les deux aiment les femmes.        

Comme l’avait découvert la Grèce antique, la sexualité ne sert pas qu’à assurer une descendance, mais elle permet à deux êtres qui s’aiment de combattre à jamais la solitude, en se réalisant réciproquement. C’est la raison pour laquelle le couple l’a emporté sur l’amour des garçons. 

On faisait en sorte, par les règles de la décence, de la retenue, de la tempérance que l’amour des garçons meurt avec l’âge adulte, avec l’apparition de la barbe.  On croyait que la femme était inférieure parce qu’elle était sous l’homme dans les relations amoureuses. Ainsi, dans un couple gai, l’un des deux devenait la femme, ce qui leur semblait inacceptable.

Pour qu’ils pensent que seulement l’homme devienne si chaud que son sang en ébullition créée le sperme, les Grecs ne devaient sûrement pas connaître le point « G » féminin.  Ce devait être comme au Québec quand les bonshommes devaient faire l’amour en combinaison pour ne pas toucher la femme…

Notre civilisation a préféré les Néron et les empereurs romains, des malades comme les rois qui n’hésitaient pas à tuer pour créer leur empire…

Quand tu es jeune, c’est la découverte de ton corps et du plaisir.  Quand tu vieillis, c’est la découverte de la beauté de l’autre, le combat de la solitude …

Malheureusement, on ne tient plus compte de l’affection, mot qui rime avec touchers, caresses, plaisirs, mots qui rendent les féminounes folles, car elles s’imaginent que leur peur de la sexualité est le gros bon sens.  Elles sont incapables de comprendre que leur vison est fausse.  La réalité n’est pas que celle des femmes battues. On ne parle plus alors en termes d’amour, mais de domination.   

L’affection est ce qui manque le plus à notre monde pour avoir un visage plus humain.  Il faut cesser d’avoir peur de s’aimer, de se caresser et de s’aider entre nous.  La peur de l’affection, c’est de la paranoïa pure. 

Mais pour dominer le système économique a encore besoin de nous diviser en catégories.  La lucidité met l’économie en danger, car elle nous permet de se rendre compte que les changements endossés par la société servent seulement à enrichir davantage les plus riches.    

Notre système n’a pas encore assez d’intelligence pour faire la distinction entre l’individu, le privé et le crime organisé.  Puisqu’ils sont aussi bien responsables de la police que de la mafia, les gouvernements en votant les lois s’arrangent pour départager ce qui est payant de ce qui ne l’est pas. 

Comment demander à un monstre à deux têtes de penser normalement?  Quand la police joue au tapin pendant qu’on s’entretue au niveau de la pègre pour le pouvoir ou les territoires, il ne faut pas croire qu’elle jouit d’une grande moralité; mais c’est beaucoup plus plaisant de se faire poigner le cul ou de se faire donner un massage que de recevoir un coup de poing en combattant la pègre sur le terrain… C’est moins dangereux et les arrestations continuent d’alimenter les statistiques pour justifier l’emploi policier et un meilleur salaire…        

On criminalise la pédérastie parce que l’on a peur que trop de jeunes aiment leurs expériences et deviennent gais.  On oublie que l’orientation sexuelle est innée et, à moins de violence, elle est inchangeable.  La chasteté est moins naturelle que la curiosité sexuelle.     

Il est débile que la cour ait sursauté quand j’ai affirmé dans mes écrits que notre système est meilleur pour protéger les pénis que protéger les cerveaux des jeunes de la drogue… Pour la drogue, on tue.  Le petit Daniel Desrochers est l’exemple parfait.  Aujourd’hui, on tue le cerveau des jeunes en leur fournissant la drogue dans les écoles… Attention !  Je suis pour la décriminalisation d’une possession personnelle de marijuana, si elle est produite à la maison, pour des adultes.  Quand on en consomme trop, c’est une maladie, une dépendance, non un crime.             

La pègre vend des drogues dures qui détruisent la jeunesse.  C’est pire qu’une pipe.  

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