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Radioactif 589

décembre 19, 2022

Radioactif  589         
Textes de 2010, p. 1394/1708

La liberté sexuelle 5          
L’amour des garçons a-t-il déjà été accepté ?        

Dans la Grèce antique, le gros bonnet se promenait avec fierté avec son serein. Avoir son petit minet, ce n’était pas un déshonneur, au contraire, c’était la preuve de son importance. Tu devenais l’attention de ceux qui créaient la culture. Tu perpétuais ainsi tes qualités à travers ton égal, d’où le jeune ne devait pas céder trop facilement à partager les plaisirs.  D’ailleurs, on croyait que le jeune, lui, n’en éprouvait pas quand on faisait « la chose. » Et surtout, on ne retrouve pas un texte qui nous dit ce qui se passait vraiment.      

Les philosophes recherchaient la perfection humaine. La seule vertu rattachée à la pédérastie était la tempérance. If fallait y aller «mollo». La pédérastie était totalement acceptée, même promue à titre vertu et de sagesse.         

Sauf, dans le cas de la sodomie, où on peut dire avec certitude qu’on croyait que le passif, celui qui se faisait enculer, était inférieur. Par contre, la fellation était parfois rejetée, vue comme contre-nature. Il faut savoir qu’on croyait alors que le sperme était une partie du cerveau ou de la moelle épinière ou de l’écume produite à partir du sang surchauffé puisque faire l’amour nous échauffait les sens. Normal alors qu’il ne faille pas trop s’éclater.   Qui oserait avaler le sang ou une partie du cerveau de l’autre ? On n’y voyait pas là un moyen de transmettre les vitamines.     

Il semble par contre que la masturbation fut une des manifestations sexuelles acceptées. Par contre, c’était le jeune qui s’exécutait, en procurant le plaisir au vieux et non l’inverse ou le partage à égalité. . Évidemment, c’est mon interprétation de ce que j’ai déjà lu. Je ne le sais pas avec plus de certitude que les autres, car je n’y étais pas. Et, en réalité, ça n’a pas grande importance pour comprendre comment on en est venu à penser comme aujourd’hui.

La recherche du garçon puisqu’il n’éjacule pas encore ne présente pas un danger alors pourquoi l’interdire.  Le garçon est de l’ordre du plaisir pur.     

L’homme adulte se devait d’avoir un égal dans ses relations et la femme était considérée comme inférieure. Cependant, avec le mariage, l’épouse devenait la seule personne avec qui il était possible de procréer, avoir « une descendance saine et nombreuse » était la chose la plus importance pour un homme.  Elle était aussi la partenaire du mari dans l’entretien de la ferme. Un rôle qu’aucune autre ne remplissait, qu’elle soit la courtisane ou l’esclave.     

L’épouse était tributaire de son mari, mais elle occupait une place prépondérante dans la réussite ou la faillite de son époux et de son patrimoine. L’épouse était la personne la plus importante des relations de l’homme. Elle était la porteuse de son avenir. Un homme qui la trompait était un individu qui n’avait pas de tempérance, donc, qui n’avait pas de panache. Un irresponsable. C’est d’ailleurs cette position de la femme dans la vie de l’homme qui fit que le couple l’emporta sur la pédérastie.          

Le petit serein de qui l’homme était amoureux était, quant à lui, la courroie de transmission de l’âme, de la connaissance.  Le pouvoir transmis comme citoyen et futur fonctionnaire ou dirigeant de la Cité.  Le petit, c’était en plus de la beauté et du plaisir, un égal par le simple fait d’être un homme en devenir.  Un choix pour assurer une vie future à sa pensée et à son rang.  Les hommes pensaient toujours en fonction du Bien de la Cité. 

Avoir un serein de qualité, c’était une façon d’affirmer ses qualités intérieures, car un sage recherchait chez le jeune les qualités qui lui semblaient les plus nobles dans et pour sa propre existence.        

Par contre, le jeune devait choisir un maître de valeur, car il en dépendait de la qualité de sa formation et de son avenir. Tout un patronage, car plus ton bonhomme occupe un poste de haut niveau, meilleures seront tes relations, plus brillante sera ton avenir. La pédérastie était une voie de transmission du rang que l’on occupait dans la société. Il fallait de part et d’autre en être digne.     

Puisque ça se passait à la vue de tous, les autres jugeaient de la qualité du jeune en fonction «de par qui» il avait été remarqué. Plus cet homme était doté de grandes qualités reconnues, plus le jeune prenait de l’importance puisqu’il avait été choisi parce qu’il démontre chez lui les mêmes qualités que celui qui  tombe en amour avec lui. C’est comme si le courage tombait en amour avec le courage, la tempérance avec la tempérance. Qualité que le plus vieux devait transmettre au plus jeune.

Il est aussi à noter comment les vertus avaient un lien direct avec la santé. Elles étaient recherchées pour améliorer sa qualité de vie. Un peu comme certains indigènes croyaient qu’en mangeant l’autre tu faisais tien ses propres qualités. C’était alors la grande compétition pour attirer le serin le plus digne. Une compétition qui était très généreuse en cadeaux de toutes sortes pour obtenir les faveurs du protégé recherché.         

On se demandait comment agir, à qui le jeune devait dire oui ou non, sous quelles conditions. Le oui n’était pas écarté, mais balisé, encadré, particulièrement par le consentement mutuel.  Dire oui trop facilement, ça devient de la prostitution, car on recherche plus les cadeaux que les qualités à développer avec son nouveau maître. Puisqu’un homme cherchait dans l’âme du jeune son équivalent, ce dernier devait être aussi grand que son maître.     

Si la femme transmettait la vie corporelle, garantissait la descendance, le petit minet, lui, transportait les qualités de l’âme et la pensée de son maître. Ce n’est pas pour rien que tous les grands penseurs se penchaient sur le phénomène, interrogeaient tous les aspects, car, comme Socrate, plusieurs étaient prêts à mourir pour ce qu’il croyait la vérité.


On retrouvera cette conviction chez les martyrs. Ce qui a permis au christianisme de devenir une force illimitée. Contrairement, à ce qui se passe aujourd’hui, un homme se devait de choisir le jeune qui lui plaisait et en faire son émule, son image parfaite.     

Qu’on le veuille ou non, la recherche du plaisir est une force telle chez l’homme que la tempérance exigée avec les garçons finit par produire qu’on rechercha le plaisir autrement, sans toujours devoir finalement s’en passer.  Ce que procurait l’épouse et qui donna pour cette raison plus de poids au couple.         

Eh oui, chez un gars tempérant comme Platon, qui veut obéir aux dieux, il doit d’aimer, mais ne rien faire de sexuel.  Plus tu es tempérant, mieux tu es. Une vraie compétition de la vertu, à un tel point que certains ne veulent même pas être seul avec leur serin pour que tout le monde soit témoin de leur tempérance.

C’est bien beau d’aimer ton petit gars, mais un jour, la contemplation se transforme en désir. Et, de ce côté, si la relation avec ton épouse fait que tu ne dois faire l’amour qu’à certains moments, en suivant certains rites ; au moins, t’es capable de faire l’amour. La femme devint plus avantageuse que le serin. Elle permettait de combattre la solitude et d’avoir quelqu’un qui prend soin de toi. C’est pourquoi le couple emporta la course.            

Les Grecs ne devaient pas être plus fous que les autres et se rendre compte que si faire l’amour est la décharge d’une puissante énergie, personne ne meurt après la secousse. Le plaisir a eu raison de la peur. Pourquoi se créer autant de problèmes quand tu peux avoir tous les plaisirs sans interdit, sans devoir les sacrifier aux qualités recherchées, seul, avec ton épouse ?     

Le problème trouva sa solution dans la famille. Et, contrairement à d’autres cultures, la monogamie l’a vite emporté.            

Le mariage fut dans plusieurs autres cultures une institution économique, rien d’autre. Une question de dote. Le besoin d’une descendance. Mais, ce ne fut pas le cas d’un des seuls peuples qui accepta carrément la pédérastie. Peut-on en dire autant des Romains ?    

Même si c’est très surprenant, les textes précédents ne sont en somme que le résumé des résumés de trois tomes de l’Histoire de la sexualité, par Michel Foucault, soit : La volonté de savoir, l’usage des plaisirs et le souci de soi. Foucault est un des grands philosophes français de l’époque contemporaine.            

Ce qui est encore plus intéressant, c’est le refus systématique de la révélation de l’existence de ces livres qui contredisent l’esprit conservateur qui a présentement court sur la sexualité en Amérique.  La censure l’emporte.

La Grèce antique est l’ancêtre de notre civilisation et démontre clairement qu’il n’y a pas qu’une façon d’aborder la sexualité. On revient à la censure. La raison est toute simple : la répression sexuelle fait intégralement partie du discours de la droite majoritaire pour qui le sexe est intimement lié à l’économie. Les règles concernant la sexualité servent à justifier les choix économiques, comme l’arrivée de la femme sur le marché du travail. Et quand on dit droite, on dit Inquisition. Uniformité de la pensée puisque tout nous a été révélé par Dieu et que ça ne peut pas être remis en question.           

Le gouvernement fédéral actuel profite de cette méthode 1984, ou on fait disparaître l’histoire et les individus pour éliminer toute contestation de la règle exprimée. Il existe bien évidemment beaucoup d’autres livres qui nous prouvent que l’approche anti-scientifique de la sexualité est une oppression injustifiée.  Un texte a médité avant de tomber dans les excès de la répression sexuelle actuelle est Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud qui nous fait comprendre que chaque individu est différent. Il nous fait comprendre le développement de l’individu.

Réfléchir sur le sujet, c’est aussi réfléchir sur la capacité humaine de vivre la liberté et la démocratie. Même s’il dit maintenant le contraire que de ce qu’il a écrit, Michaël Ignatief a très bien traduit dans son livre sur la révolution des droits le rôle fondamental des droits de l’individu en disant que ceux-ci existent pour défendre un individu contre une collectivité qui veut imposer la pensée unique.         

La censure existe encore de nos jours plus que jamais.
  Elle est exercée sous forme de règles et de lois indiscutables. Elle viole un principe fondamental par la censure planétaire de la pensée : le droit à la vie privée. Le droit d’avoir une opinion différente que la majorité.   

Ces réflexions sont ce qui guidera mon prochain livre. Malheureusement, puisqu’il faudra une recherche encore plus approfondie pour prouver que notre gouvernement fédéral agit présentement comme l’Inquisition, je laisse les conclusions parler d’elles-mêmes. Sous l’approbation majoritaire, on accepte tous les silences, tous les mensonges pour imposer sa façon de penser.        

11 Novembre 2010

L’âge de consentement : l’entrée au secondaire.  

C’est ne pas comprendre le développement de la sexualité que de fixer un âge pour le consentement puisque le développement est strictement individuel et peut varier même de plusieurs années entre chaque individu. Tout dépend de son développement physique, de la force de sa libido, de ses expériences émotionnelles et, évidemment, de son éducation.      

L’orientation sexuelle est déjà établie dans l’image intime que l’individu se fait de lui-même, dès la naissance. Cette empreinte le marquera pour le reste de sa vie, c’est ce que l’on appelait jadis sa «petite nature». Un phénomène carrément dû à la structure que les gênes nous laissent pour nous développer, dès la formation comme embryon. Notre réalité profonde et sur laquelle on ne peut pas grand-chose. Rien, à vrai dire. Un hétéro sera fondamentalement toujours un hétéro, un gai sera toujours gai, qu’il aime ça ou pas. On ne choisit pas ceux qui nous attirent. Ce choix est déjà profondément fixé en nous. On le subit, on ne le choisit pas.          

L’important est d’apprendre à vivre heureux avec ce que l’on est et essayer de se réaliser socialement et émotivement pour son propre bien et celui des autres.         

Le mariage gai permettra à bien des humains de pouvoir entrevoir l’avenir positivement plutôt que de devoir s’haïr de plus en plus toute sa vie. Ce pourra peut-être même être une partie de la réponse à la surpopulation. L’autre aspect positif serait de combattre avec autant d’ardeur la violence que l’on a combattu la liberté sexuelle.        

La sexualité peut devenir un problème à l’adolescence, si les jeunes n’ont pas les réponses réelles, vraies, à leurs questions d’où l’importance des cours de sexualité.

J’ai dans ma grande théorie, fixé les cours sur la sexualité à la fin du primaire pour une double raison. D’abord, jusque-là le cerveau de l’enfant n’a pas terminé sa formation complète. La phase du symbolisme arrive après 10 ans et les symboles sont primordiaux dans ce qui déterminera l’orientation sexuelle.      

On peut à travers la peinture voir qu’on ne réagit pas tous de la même façon aux formes et aux couleurs. Cette structure est nécessaire pour les choix que nous ferons plus tard, consciemment ou pas. La perception de l’autre dépend de l’interprétation qu’aura notre cerveau de ce qui lui est extérieur. C’est d’ailleurs pourquoi toute la thèse des traumatismes quand il s’agit d’une aventure sexuelle sans violence est complètement débile. Comment peut-on être traumatisé par quelque chose qui nous fait plaisir, qui est le fun ? Pourtant, c’est ce qu’on essaie de nous faire croire.        

Si le cerveau peut rétablir des problèmes quasi insurmontables (la haine des parents, la violence dans son enfance, par exemple), comment pourrait-il être impuissant à contrôler le plaisir ? Ne serait-ce plutôt la réaction de la société qui traumatise ? Mais, évidemment, c’est payant, ça permet aux avocats et aux psychologues de travailler à augmenter leurs frais. Ça permet de créer un nouveau crime perçu comme une compensation : le chantage.          

Chez les grecs de l’époque de Socrate, on considérait la force du plaisir sexuel comme étant la plus grande à être dominée par ceux qui voulaient être tempérants, sages. Ce n’était pas s’en priver complètement, mais respecter les règles pour la vivre correctement, car, à leur avis, la sexualité était intimement liée avec la bonne ou mauvaise santé.   

L’abstinence totale est une invention religieuse qui sert seulement à créer une idéologie dominante.   La seule importance de connaître ces faits est de nous informer sur la raison pour laquelle on a fixé les règles quant à la sexualité. Et, faut-il l’avouer, se rendre compte que les interdits sont basés sur l’ignorance que l’on a de la sexualité. On refuse d’évoluer parce qu’on a peur de ce que l’on a découvert depuis lors.       

Le deuxième point est le droit absolu de tout individu à son orientation sexuelle et à la vie privée, quel que soit l’âge ou le sexe.  

Fixer un âge, c’est enlever ce droit à ceux qui ne l’ont pas encore atteint. Or, le développement de chaque individu diffère.   

Et, les parents ? Les jeunes ne sont pas la propriété de parents. Ceux-ci doivent respecter également le choix de leurs enfants. L’éducation, c’est donner l’exemple, c’est apprendre des savoirs et des connaissances, c’est pouvoir communiquer et peut-être influencer la décision finale. L’éducation, c’est apprendre à être autonome.     

Avant l’adolescence, le jeune ne fait pas de choix. Il agit par imitation. Il apprend ; mais son éducation est de devenir autonome le plus vite possible. L’autonomie ne peut exister sans les expériences bonnes et mauvaises. Cependant, ça ne veut pas dire que le jeune ne peut pas décider de ce qu’il aime ou pas, sur le plan sexuel, sans avoir eu des expériences. Son rythme et le cheminement de son développement est personnel. On peut très bien vivre toute sa vie après avoir rencontré la flamme de sa vie, sans avoir eu d’autres expériences.

On oublie le facteur le plus important : l’amour. Le sexe sans amour, ça ne veut rien dire. Le choix de la personne avec qui on choisit de partager le plaisir qui peut être aussi plus spirituel que matériel, ou le contraire, est un droit individuel qui ne concerne que les gens qui sont en cause.      

Effectivement, pour bien des adolescents, la révélation de leur sexualité est tout un mystère. S’ils en ont honte, ce peut être ce qui entraînera leur suicide.  Ils ne comprennent pas qu’ils sont parfois dominés par leurs hormones. Ils agissent sans pouvoir juger de la pertinence de leurs actes. Tout est irrationnel alors que s’ils étaient bien informés, ces difficultés n’existeraient même pas.  Pour nous, la principale source d’information est d’ordre religieux. On se fait mentir dès l’enfance. On ne veut pas en parler parce qu’on en a honte. C’est stupide, mais c’est comme ça.   

Pour les religieux, la sexualité est un mal, une honte, un péché. Rien de plus irréaliste. Pour respecter leur point de vue, il faut combattre sa nature profonde, sans même savoir contre qui et pourquoi on combat. On agit aveuglément en fonction de la tradition. Le corps est rien, l’âme est tout.  Il faut avouer qu’à l’époque de la Grèce antique, ils ne savaient pas que le corps gère aussi les émotions, mais au moins ils différenciaient les choses à partir du plaisir. Tout se déroule dans le cerveau.     

La médecine, qui a pris la relève des religieux qui dominaient grâce à la culpabilité à travers les examens de conscience et les confessions, a créé une nouvelle norme, guère plus réaliste : le normal et l’anormal.         

Tout ce qui est hors-norme est anormal, même si cette personne ne fait que vivre sa nature propre. On a ainsi institué le besoin que tous soient pareils, même si on est tous différents. La plus grande part de nous est strictement héréditaire alors que la réaction à l’environnement, notre éducation est strictement de l’acquis. Nous réagissons en vieillissant en fonction de ce que nous connaissons.    

Le seul mal qui puisse exister dans la sexualité est l’irrespect du consentement. Le consentement exige cela va de soi, l’absence totale de violence ou de domination.  

C’est donc important dans son éducation d’apprendre à respecter scrupuleusement le choix des autres dans des relations sexuelles. Ce n’est pas inné chez les êtres vivants, surtout chez l’homme. C’est un apprentissage à la tolérance. C’est la raison fondamentale par laquelle il faut introduire la notion de l’égalité absolue entre les humains dans les cours dispensés aux jeunes.         

La capacité de dire oui ou non est un privilège humain tout aussi important que l’usage de la parole, car, l’individu peut ainsi choisir, du moins en bonne partie, son avenir et sa destinée. Aucun autre animal n’a ce choix.  Il ne fait qu’obéir à ses instincts, au rut qui est plus ou moins relié à l’odorat autant qu’au sexe.  Il serait intéressant de comprendre ce qui nous porte justement à choisir tel ou telle partenaire plutôt que tel ou telle autre. Quel rôle jouent nos sens dans notre choix ?

12 Novembre 2010           
La censure = dictature de l’esprit.       

La censure est un moyen d’empêcher les autres de penser différemment de nous. Ceux qui l’appliquent sont probablement plus malades que ceux qui la subissent.

Il y a une revue intéressante qui a été publiée dans le groupe Le point hors-série de janvier et février 2009 sur la censure.         

Je me permets de relever quelques exemples qui prouvent comment la censure est idiote et s’attaque directement à la création d’une conscience personnelle. Comme je le disais, la censure est surtout un phénomène qui touche la sexualité (à cause de la religion) et de la politique (pour contrôler les gens, le pouvoir). Ce n’est pas parce que tu penses d’une telle façon que tu as le droit d’obliger les autres à penser comme toi.  

 Voici quelques exemples tirés de cette revue :          
(j’ai mis mes réflexions en caractère noir).        

— En 1970, les colonels grecs, qui voulaient proscrire la grève et la minijupe ont fini par interdire Sophocle, Euripide, Aristophane, c’est-à-dire les fondements même de la culture grecque. La bêtise n’a pas d’idéologie et de frontière.     

— Le faux succès qui annexe divers auteurs à la mode reste aujourd’hui le meilleur moyen d’exclure des littératures plus authentiques. Les gens aiment lire des œuvres qui ne les obligent pas à réfléchir.     

— Julien vient de trouver le moyen de censurer le christianisme : interdire l’enseignement, c’est empêcher la transmission du savoir.   Pas étonnant qu’on ne retrouve aucun de mes livres en bibliothèque.  Ce doit être aussi pourquoi on a banni l’éducation sexuelle des écoles au Québec.        

— L’Église qui a de longue date le souci du contrôle des consciences, via notamment l’Inquisition, s’adapte au livre avec la création en 1559 de L’Index librorum prohibitorum et la mise ne place de la Congrégation de l’index, chargée de répertorier les livres «pernicieux », c’est-à-dire coupables d’hérésie et d’immoralité.  Si cet index existe encore, j’y occupe certainement une place de choix, car jusqu’à date j’ai le record des écrits bannis au Québec.  Je suis un des rares a être rejeté par l’UNEQ. Est-ce que l’UNEQ est libérale?

— Les religions ne peuvent tolérer la liberté de pensée : en un mot, hors des dogmes, point de salut et surtout pas le droit à la parole.    

— Le 24 février 1616, le Saint-Office condamne officiellement le système de Copernic. La religion est une façon d’interpréter la réalité.  Les religions sont trop étroites d’esprit pour concevoir qu’il y a plus d’une façon d’interpréter la vie.   

— Claude Le Petit, brûlé vif sous Louis X1V : Le Petit aggravait son cas : d’une part, il ne faisait point mystère de son homosexualité.  

— L’idée que la « jeunesse » doit être sortie du lot commun pour bénéficier d’une protection spéciale a conduit le législateur de plusieurs pays libéraux à voter des lois rétablissant, de fait, la censure de l’imprimé. C’est fou comme les adultes veulent protéger les jeunes et oublient le plaisir qu’ils avaient à se masturber, en regardant un livre défendu, l’équivalent de la pornographie aujourd’hui.  Pourquoi ne se mêle-t-on pas de ses affaires quand il s’agit de sexe et de liberté de conscience ?            On devrait avoir  autant le droit de dire oui que de dire non.      

— Rien de tel que de faire faire le travail de censure par les agents culturels eux-mêmes, sans que la puissance publique ait à se salir les mains.   Au Québec, il existe encore des sujets tabous sexuels sont la pédophilie, la pédérastie, la zoophilie.    

— D’où trois instances «modernes» de censure : le lobby, l’entreprise privée et le particulier lui-même.            La censure n’est pas le propre du gouvernement de Steven Harper.  Je suis un des rares écrivains au Québec à être refusé comme membre de l’Association des auteures des Cantons de l’Est et de l’UNEQ. On refuserait même de subventionner les éditeurs qui acceptent de me publier.  La littérature pour la jeunesse a été inventée exprès pour expurger tous les textes de référence directe ou indirecte au sexe.     

Un des moyens modernes de censure, c’est aujourd’hui, l’octroi des subventions. Si un auteur est ruiné, y a bien des chances qu’il ne soit pas lu, car, il ne pourra pas publier, à moins qu’il ait des connexions… Pour agir, il faut de l’argent.

L’autre moyen pour tuer un auteur : c’est la langue sale. S’attaquer autant que possible à sa réputation personnelle. Une méthode qui existe depuis très longtemps. Cette méthode permet d’isoler la personne…      

Le monde change, mais n’évolue pas

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