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Radioactif 573

décembre 3, 2022

Radioactif 573  
Texte de 2010, p. 1294/1708       

16 Janvier 2010

Un peu d’histoire. 

Si Pierre Elliot Trudeau est un trou-de-cul dans l’esprit des Québécois parce qu’il a écrasé le Québec quoique sur le plan de l’évolution humaine, il a marqué l’avenir, en légalisant les rapports gais entre personnes consentantes.            

Qu’on l’aime ou pas, il fallait être intelligent et courageux pour oser affronter de front tous les préjugés, les mensonges entretenus par les religions sur la sexualité, surtout à cette époque, alors qu’au Québec, l’Église avait encore la main haute sur tous.   

Je l’admirais beaucoup à la fin des années 1960.  Une admiration qui tourna au cauchemar intérieur quand il choisit Ste-Scholastique comme aéroport international au lieu de Drummondville et finalement avec 1970.  Comment lui et Jacques Hébert pouvaient-ils devenir aussi étroits d’esprit ?  Comment expliquer qu’un bonhomme aussi intelligent que Gérard Pelletier tourne le dos à l’émancipation du Québec et que les trois colombes deviennent trois rois nègres blancs du Canada        ? 

Tout a changé dans ma façon de voir Trudeau avec la décision concernant l’aéroport international de Drummondville.  J’étais journaliste, plus politisé, ouvrant un peu plus les yeux et comprenant de plus en plus que le fédéralisme est un poison pour le Québec.

À l’époque, je rêvais de gouvernements régionaux et je n’étais pas encore indépendantiste.  Un choix qui s’est imposé avec le temps pour le bien des gens et non pour le portefeuille de quelques-uns.  Je peux dire que mes grandes croisades ne m’ont jamais rien rapporté. Je n’avais pas d’enveloppes brunes ou blanches.

Heureusement, à cette époque d’émancipation, les gais faisaient équipe avec les féministes.             

Si on demandait à l’état de respecter la vie privée des adultes, les féministes réclamaient, elles, le droit absolu de tout individu à son corps.  Il était alors question d’une autre lutte d’ordre sexuel : le droit à l’avortement.           

Je me rappelle très bien avoir voté pour ce droit, lors du congrès du PQ, même si en principe, je suis contre l’avortement. 

L’argument qui a prévalu pour moi et plusieurs autres fut que de nombreuses femmes mouraient en se faisant illégalement avorter.  Il était donc préférable de leur permettre que l’avortement soit fait de manière à ne pas mettre la vie de la mère et de l’enfant en danger, même si ça écorchait la morale traditionnelle.          

Interdire complètement, c’était la mauvaise solution.  Par contre, je cherche encore les mouvements qui auraient dû être créés pour venir en aide aux filles qui se ramassaient enceintes et se faisaient mettre à la porte de leurs familles, comme les gais, sous prétexte de préserver les bonnes mœurs, des mœurs fuckés, antichrétiens, au nom de Jésus et d’un dieu d’amour.       

Bien évidemment, on prétendit d’abord qu’être gai c’était une maladie.  On ne parlait pas encore d’une légère différence dans les gênes pour attribuer ce changement viscéral dans les amours des gens, mais bel et bien de maladie mentale.

La police jouait du coude pour défendre la grande moralité.  On installait des caméras dans les toilettes publiques et de pauvres policiers acceptaient d’aller se montrer la quéquette pour énerver quelques gais et leur mettre la main au collet.  Le leurre policier ce n’est pas d’aujourd’hui.  Les fascistes se sont toujours servis de leurres pour établir leur vérité de frustrés.   Pire, on savait que des gais étaient battus dans les parcs, mais on ne faisait rien, ils avaient ce qu’ils méritaient.  Ils suffisaient à un jeune garçon de dire qu’il avait reçu des propositions sexuelles pour justifier qu’il est tué quelqu’un.

Puis, il eut le Truxx, une descente dans un club gai de Montréal, qui donna lieu à la première manifestation et une leçon à ceux qui se moquaient des gais en disant qu’ils jouaient du mouchoir.  Qui serait assommé par une crotte de nez ?           

Ma petite réputation s’étalait dans le milieu à Montréal.  Je fus approché pour faire partie d’un collectif pour appuyer les gens du Truxx, soit Sortir, publié par les éditions de l’Aurore, dirigée par Jean Basile.  Ma vocation de défenseur du droit à la pédérastie venait de naître.  J’étais un des rares à en parler ouvertement.  Quelques années plus tard, j’ai organisé un dossier auquel le poète Paul Chamberland participa dans le Berdache, journal gai du temps.

J’ai décidé d’en parler pour prouver que ces rapports sexuels étaient souvent agréables et consentis par tous les participants, démentant ainsi les campagnes pour nous culpabiliser d’être différents.          Mon témoignage voulait aussi monter la différence entre être gai et être pédéraste.

La frustration crée plus de violence que le plaisir. Souvent des jeunes étaient éjectés de leur famille à cause de leur orientation sexuelle et le taux de suicide des jeunes était très élevé.       
Quand on a compris que les gais avaient le poing solide et que leur rapport sexuel rapportait beaucoup à l’économie, la liberté se mit à courir les rues du Village.  Il y a deux choses qui mènent le monde, l’argent et son valet, la violence.

Même nos savants médecins, qui essayaient de nous faire comprendre le sens de cette maladie mentale, ont dû ravaler leur salive et faire connaître la vérité.  Tu es gai, dès ta naissance.  C’est inscrit dans tes gênes, et rien, à moins d’un événement très violent, ne viendra changer ton orientation sexuelle.  Tu es ainsi, point final.  Tu dois apprendre à vivre avec.  Apprendre à t’aimer et t’accepter. Le seul sens que la vie a, c’est d’être heureux.    

Les indépendantistes furent les premiers à consacrer cette vérité scientifique en proclamant la Charte des droits de la personne qui non seulement reconnaissait le droit à ton orientation sexuelle ; mais qui donnait aux jeunes le droit sur leur propre vie, en condamnant toute forme de discrimination pour l’âge. 

Évidemment, la police se mit à brailler particulièrement à l’ajout de l’âge de consentement fixé à 14 ans.   C’est un peu vieux, irréaliste dans le sens, que si on vise le droit des jeunes à leur intégrité physique, on ne tient pas compte du fait que le développement sexuel est différent pour chaque individu, à partir d’environ dix ans.  Mais c »était un pas extraordinaire, d’avant-garde, quant au respect du droit des jeunes qui ont personne pour défendre leur point de vue ou leur réalité.     
 
Par contre, il y a légion pour travailler en faveur d’un retour à la grande noirceur : la censure littéraire est encore très vivante au Québec. On est revenu à 16 ans et si on écoutait la police on reviendrait, comme tous les bons fascistes le voudraient, à 18 ans.         

On n’évolue pas, on régresse quant au respect des individus.      

Le plus ironique, plus le temps passait, plus les expériences avec certaines femmes s’accumulaient, moins je vivais de relations sexuelles.  Et plus je vivais la pédérastie platonique, philosophique, c’est-à-dire celle où il se passe pratiquement rien.     

Cette transformation s’opérait avec la découverte selon laquelle la liberté ne peut pas exister sans responsabilité.  C’est ce que m’a appris l’école libre. 

17 Janvier 2010

Les religions et le sexe.  

Tant que les religions, les lois, les états se mêleront de la sexualité des individus, en dehors de la nécessité d’éliminer la violence et l’intolérance, l’homme n’évoluera pas.           

La morale de presque toutes les religions conduisent au fascisme, c’est-à-dire à la domination de ceux qui se croient les plus purs, qui confondent pureté, intention et chasteté.          

Même les chrétiens, malgré l’exemple du comportement du Christ envers Marie-Madeleine, ne respectent pas les leçons de l’Évangile quand il s’agit d’appliquer la tolérance sexuelle.        

J’ai essayé de faire ressortir cet aspect dans mon mémoire à la Commission Bouchard- Taylor, mais ce fut peine perdue.  Ils n’essayaient même pas de comprendre le point de vue des autres. Ils voulaient orienter l’avenir du Québec.   Chiachia est un borné qui traitaient les autres de bornés.  Pourquoi devrait-il nécessairement y avoir des religions dans l’avenir ?  Les religions sont-elles autres choses que des machines à sous ?  Pouvons-nous réfléchir sans elles, en dehors d’elles ?           

Est-ce dans leur suprématie qu’on trouvera une solution qui traversera les siècles ?   Ne sommes-nous pas fatigués des éternelles guerres de religions ? 

Le contrôle de la sexualité, c’est le moteur des religions tout comme la peur de la mort et de ce qui vient après.  Avec la sexualité, on sait que personne n’y échappera, tout comme la mort, la peur suprême puisqu’il faut leur obéir pour avoir droit à une éternité heureuse.  

La morale est un moyen de diviser les bons et des mauvais parce qu’au moment où elle fut créée, l’homme n’était pas assez évolué pour tendre vers une conscience personnelle.         

J’ai autant le droit de croire dans la beauté, l’aspect positif de la liberté sexuelle que les autres ont le droit de m’imposer leurs interdits.   

19 Janvier 2010

Réécrire des textes.

    
Je m’excuse si je n’ai pas écrit de nouveaux textes, c’est simplement parce que je n’ai pas eu le temps.             

Je dois réécrire des textes de 2007 pour compléter la possibilité de produire l’été prochain, mes premiers CR-D, sur les carnets de Radioactif et de Nipox.  J’ai presque fini. 

Ce contretemps me permet aussi de m’évader des textes portant sur la sexualité.  C’est un sujet qui deviendra de plus en plus important parce qu’on ne semble pas comprendre qu’une expérience sexuelle sans amour ou amitié, ça donne absolument rien. 

Espérons qu’on ne sera pas encore assez stupides pour créer des lois encore plus sévères, simplement parce qu’on n’a pas l’intelligence de comprendre que la sexualité doit être enseignée de manière à découvrir la responsabilité qui entoure ce plaisir.      
 
J’essaie d’aller le plus vite possible ; mais j’ai tellement écrit.

20 Janvier 2010

Quel drôle de monde !    

 J’arrive d’une soirée à l’hôtel de ville de Magog où on présentait le projet de construction d’un centre sportif.  Un projet essentiel pour les jeunes de Magog comme le fut la bibliothèque.  Il est bien évident que cette soirée d’appui au projet sert à mieux faire ressortir le besoin de le réaliser et l’opportunité qui se présente à Magog.       
 
J’y ai rencontré une connaissance, surpris et ravi de la voir venir appuyer le projet ; mais quand nous fûmes seuls, elle ne me parla que de l’emprunt nécessaire pour réaliser ce projet et de la situation financière difficile de Magog.

Je suis tellement en faveur du projet que je suis même prêt à mettre mes connaissances dans le télémarketing au service de la fondation pour que ça se réalise.  À moins qu’ils soient aussi fous que la Fondation de la bibliothèque, je ne vois pas pourquoi mes services pourraient être refusés.  On ne sait jamais.  Je commence à sérieusement me demander si ça vaut la peine de s’investir.

Évidemment, le député Reid était là.  Il y avait des caméras. Il me rappela un des principaux points pour lesquels on avait un problème de logement au Québec.  Pour que le fédéral contribue, le Québec devrait en donner autant et la ville devait aussi participer.  Un projet qui dépendait des trois paliers de gouvernements.         

Dans le domaine du logement, l’Ontario avait tout le gâteau parce qu’au Québec, on n’avait pas une ville qui pouvait «accoter» les besoins, aussi tout l’argent s’en allait en Ontario.  Cette fois, c’est la dernière chance d’embarquer dans le train du projet des infrastructures.  Les commandites de la crise économique.           

Le projet des infrastructures, c’est aussi la construction… le besoin évident de savoir si les projets pour lutter contre la crise économique sont touchés par la nécessité d’avoir une enquête publique.  Ce sont presque tous des contrats dans la construction.

La crise économique, c’est une arnaque mondiale de la finance.  Un vol sans précédent du système économique qui ne peut pas se permettre de perdre beaucoup de sous donc qui se fait renflouer par les plus pauvres.   Presque rien n’est fait pour la crise forestière au Québec, pour contrer le chômage dans les villes les plus touchées.  On se fait voler et on s’arrange pour ne pas le savoir pour ne pas avoir à AGIR.

La caisse de dépôt perd 40 milliards.  On a été assez fou pour remettre au pouvoir celui qui a changé les règles qui ont permis ce dérapage.  Pire, on paye plus d’un million à des gens pour avoir été incompétents et on fait une grande parade sur l’économie des 20 prochaines années pour faire croire aux gens qu’on contrôle notre portefeuille et notre avenir. On y croit. Tabarnak !  Qu’on est naïf !    

On nous prend pour des imbéciles et personne ne bouge.  Ça ne vaut même pu la peine de se déranger.  On commence à passer Obama dans le tordeur.  On est en train de perdre une guerre qui favorise un gouvernement corrompu en Afghanistan et au Niger la guerre commence à se jouer sans masque : une guerre de religions.  Quel monde de fous !   

On devient fou parce qu’un gars a fait une pipe à un jeune qui a adoré ça.  On est même prêt à le coucher sur une liste éternelle de tous ces jouisseurs impénitents pour les braquer quotidiennement.  Mais, on croit Earl Jones qui pleure parce qu’il fera 22 mois de prison pour avoir volé des millions à des personnes du troisième âge.   Elles n’ont plus rien pour le reste de leur vie ; mais elles n’ont pas été touchées dans leur dignité.  Donc, c’est un crime sans violence.

Bandes de caves !, doit-il penser de nous avec raison.        

Heureusement, pour nos politiciens, Haïti vit un drame.  Pendant qu’on en entend parler, on ne pense pas à ce qui se passe ici.  Pour une fois, le fait d’être mis de côté m’a bien servi.  Me connaissant, si j’étais allé en Haïti dans le cadre d’un échange culturel, comme je le devais, j’y serais resté pour enseigner.  J’y serais encore.  Je me demande bien ce qui est arrivé à Pierre Moïse Célestin, le poète haïtien avec qui j’étais en contact.  Les espoirs diminuent chaque jour. On ne peut qu’espérer un miracle. 

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