Aller au contenu principal

Radioactif 572

décembre 2, 2022

Radioactif  572    
Textes de 2010, p. 1294/1708

13 Janvier 2010

Le doute est un premier pas.    
Comme tous les jeunes, mon premier contact avec la sexualité en fut un de culpabilisation.   «Touche pas, ne regarde pas, n’en parle pas.»   

Comme tous les jeunes, je n’étais pas encore assez armé intellectuellement pour savoir que les adultes ont généralement une approche carrément maladive de la sexualité.      

Tout le monde pense que le sexe est mauvais.  Le sexe est péché.  Personne ne semble savoir que le sexe est une des plus merveilleuses manifestations de la vie.

Donc, puisque tout le monde croit le sexe mauvais, c’est vrai, parce que tout le monde ne peut pas se tromper en même temps.  Ce n’est pas connaître le principe de l’évolution. C’est une maxime pour nous empêcher de vouloir croire qu’on peut aussi avoir raison. Les moutons broutent sans se poser de questions, celui qui le fait est la chèvre de M. Seguin. Bon moyen pour empêcher les gens de réfléchir.            

Notre civilisation est tombée sur la tête, le jour où on a décidé que le corps était la preuve de notre décadence plutôt que de notre beauté terrestre et humaine.  

Choqué, miséreux, incapable de comprendre la mort, on a essayé de la vaincre, en faisant croire dans la vie après la mort.  Les religions, en essayant de tout expliquer, ont eu des visions qui devaient être l’effet de très bonnes drogues.  C’est ça l’extase, la révélation ! 

On a décidé qu’on a une âme éternelle.  Qu’est-ce que l’âme ?  Une force, une énergie, un champ électromagnétique ? 

On cherche encore.  Mais, c’est nous, chaque individu, c’est certain.  C’est une énergie quelconque, l’énergie de la vie.  Un principe d’organisation. Une petite entité parmi tant d’autres dans le cycle de l’éternel roue de la vie, de la nature. Une force quasi imperceptible comparée aux autres énergies.

Depuis toujours, l’âme est du domaine de la magie, car elle est seule à pouvoir expliquer l’inexplicable.  Et d’ailleurs, la majorité, n’ayant pas le temps de réfléchir sur leur âme, admet son existence sans restriction. Pourtant, même notre existence est un mystère. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ?  Où allons-nous ? Personne ne le sait.  On naît, on se développe et on meurt.  Voilà tout ce qu’on peut affirmer.  On ne sait même pas ce qu’est la vie, sinon une perception durant un certain moment d’un certain espace.   On ne sait même pas si la vie est un rêve.                   

Les plus sautés ont cru que tout a été créé en fonction de l’homme, C’est ainsi que l’homme s’est classé dans l’ordre des forces supérieures alors que notre existence est plutôt de l’ordre de l’infiniment petit.

Qu’on ne veuille ou non, on est une partie infime de l’univers. La conscience est une forme d’illumination.  Une vue du grand Tout. Un regard d’un autre ordre que de celui du matériel. Un feeling.  Mais, aujourd’hui, on se rend compte que ce petit miroir est une création à partir de notre cerveau et de ses appareils capteurs, les cinq sens. Un élément de comparaison. Mais, pour comparer il faut déjà être conscient. Qu’est-ce que la conscience ?  Une énergie électromagnétique ?    

Qu’est-ce que tu fais devant le péché quand ce péché est le plaisir pur ?  Ça dépend de tes capacités à avoir peur, de tes faiblesses hypnotiques devant le grand gazouillis de la société humaine et de la force d’attraction des âmes qui t’attirent à travers des corps qui te fascinent.           

Tu ne connais rien aux lois de la fascination, mais elles sont plus intéressantes à suivre que celles de la damnation. Tu prends la chance de goûter à ces instants exquis en attendant la punition qui ne saura tarder.  Les purs y veilleront bien dans leur méchanceté. Et, si le péché était d’avoir l’esprit croche, l’esprit tordu qui se prend pour une forme de pureté qui n’accepte aucun environnement, car, l’environnement le déstabilise dans sa propre adoration de narcisse.

C’est l’époque de l’ambiguïté.  C’est aussi celle de la découverte.   Celle où le cerveau commence à vouloir réfléchir par lui-même.  Tu trouves ton identité.  Ça peut paraître une catastrophe qu’être différent des autres, mais ce peut être aussi un moteur de remise en question extraordinaire.  Savoir pourquoi on est différent, c’est commencé à savoir ce que l’on est et ce que l’on veut changer dans la vie.    

Quand on est petit, on apprend en imitant, en répétant.  Quand on vieillit, on apprend en constatant les différences et en agissant.  Le plaisir devient le meilleur des professeurs.  C’est l’époque de l’affirmation.  La découverte de son orientation sexuelle.  Malheur à toi, si elle est contradictoire avec les valeurs sociales du moment, même si celles-ci peuvent être complètement pourries comme c’est le cas maintenant, où l’argent a pris la place, tout l’espace de ce que l’on appelait Dieu.        

Il n’y aurait pas de problème si les gens évoluaient tous. Mais, le propre des religions est d’empêcher les gens d’évoluer.  Ainsi, on a les bons et les mauvais.  Et, nos bonnes âmes conservatrices, étant en nombre nettement supérieur, les autres doivent apprendre à se soumettre à leur étroitesse d’esprit.  

La pudeur excessive est le détonateur de la haine. Notre approche de la sexualité est l’essence qui carbure toutes les formes de discrimination.

14 Janvier 2010

Satan prend des plumes.           

Évidemment tant que, comme tous les enfants, tu as seulement du plaisir en vivant des rapports sexuels, tu ne te poses pas de questions.  C’est le fun, c’est tout.  Simple curiosité. T’es encore en dehors du grand délire religieux.  De l’interdit imbécile.  C’est un interdit idiot parce qu’il ne sait même pas pourquoi ce doit être un interdit, sinon qu’on te l’a appris.            

Tu es trop pur pour imaginer le mal surtout à partir de ton propre corps.  Il faut être un adulte malade pour voir dans sa nature, l’objet du mal.  Mais, on est élevé de même.  Pourquoi ?       

Si les féministes cherchaient avec raison à échapper à leur statut d’être inférieure, au droit à la dignité d’être femme ; les féminounes, elles, se sont mises à crier qu’elles étaient victimes des hommes incapables de vivre sans chercher à avoir du sexe, sans subir la violence mâle.  Leurs phobies furent partagées par plusieurs, puisqu’il faut bien paraître dans la société.  Puis, elles se sont mises à prétendre que les jeunes étaient de pauvres victimes comme elles, car, elles projetaient sur eux, leurs propres déboires.  Il faut bien attirer l’attention !   Sans même remettre en question le fond de la morale, vérifier si elle avait du sens, elles sont parties en guerre contre tout ce qui est sexuel.

Toute féminoune rejette la sexualité.  Le statut de la femme se joue seulement à partir de ses organes génitaux. « Dont touch, don’t look, dont even dream about it.»   Les vraies féministes, elles, prétendent que leur corps vaut bien celui d’un homme et n’ont pas peur de la sexualité. Au contraire, elles affirment leur égalité et leur valeur d’être humain au même titre que le mâle.    

On se mit à confondre féministe qui exige l’égalité homme-femme, comme ça aurait toujours dû exister et féminounes, celle qui sont obsédées par la sexualité.
  Celles qui refusent leur corps.   Plusieurs d’entre elles croient que le sexe signifie être battues, la souffrance et l’humiliation.  Les féminounes sont en fait l’extrême droite rétrograde des féministes. Des féministes wokes. (ajouté aujourd’hui)    

Au lieu de faire l’apologie de la femme être sexué, heureuse et fière de l’être, avec sa propre vocation; la féminoune se lance dans une guerre totale en faveur des valeurs qui l’ont définie comme un être subordonné et de deuxième classe soumise à l’homme, l’objet sexuel, apportant ainsi une attention disproportionnée à ce que le sexe a vraiment dans la vie de tous les jours, de tous les humains.  Une espèce de fixation sur leur peur.              

La féminoune est celle qui refuse de s’émanciper et qui nage encore dans la condamnation macho de son sexe.  La femme tentation, la femme « péché » tant qu’elle n’appartient pas à son mâle pour lui faire des petits, acte de propriété qui officialise tous les droits du mari sur elle. 

En fait, une féminoune est la femme qui n’accepte pas sa dignité d’être femme en dehors d’être « la vierge » porteuse d’enfants.  C’est celle qui craint comme la peste d’être une Marie Madeleine par le cri de ses hormones.  La féminoune, c’est l’Êve, tentatrice, complice de Satan déguisé en serpent (Freud sait que c’est le symbole par excellence du pénis dans toutes les religions comme la croix est l’objet de salut par la souffrance du corps sacrifié) qui ne s’accepte pas, écrasée par sa vocation de Marie, pure vertu. 

Le discours de la petite ignorante à qui on a appris depuis le berceau que l’homme est un gros cochon qui cherchera sans cesse à la transpercer de son dard qu’il agite comme une carabine à répétition pour prouver sa supériorité.   Une telle « contre-vérité » que même les gais ont continué à la propager : t’es un meilleur mâle, si t’as une quéquette plus grosse et plus longue que les autres comme chez les chimpanzés.

«The boss is the one who have the biggest penis».  

Si tu aimes ceux avec qui tu vas au ciel, tu te demandes sincèrement en quoi tu peux les précipiter en enfer.

C’était encore le cas, du temps de la publication de mon premier livre de poésie de jet, Hymne à l’amour, le vice et la révolte.  Mes textes le prouvent bien, car tout en venant fou de joie d’enfin rencontrer quelqu’un de plus « game » que moi, j’avais encore peur d’être un mauvais exemple.  J’étais plus vieux.  Plus t’es vieux, plus tu devrais voir le danger.  Si tu crois être un mauvais exemple, tu viens juste de reconnaître le mal dans tes actions. Si t’es plus vieux, tu le sais, toi.  D’où la grande interrogation devint dans mon cas : que peut-il y avoir de mal dans une relation sexuelle, sans violence, ou tout le monde a bien du fun?  Pourquoi parler de souffrance, comme si éjaculer était le petit mal comme ce fut perçu au temps de la Grèce antique ?  Ma vie me prouvait le contraire, d’autant plus que j’aimais vivre beaucoup.   

C’est le côté paranoïaque des féminounes qui n’ont pas surmonté l’éducation québécoise qui te garroche en enfer juste à penser à un soutien-gorge.  Une espèce de maladie mentale entretenue par le clergé et la télévision pour mener chaque individu par le bout du nez ou plutôt du doigt qu’il ne faut pas mettre n’importe où.           

C’était normal, on n’était pas encore né qu’on était à genoux à demander pardon au bon Dieu d’être de grands pécheurs.  Une folie furieuse qui dominait la société québécoise.          

Dès six ans, tu devais te torturer la conscience pour trouver des péchés afin de faire ta première communion.  Mais à cet âge quel péché peux-tu avoir commis?  Un petit mensonge par ci, un petit coup poing sur le nez de ton frère qui t’avais trop pompé, ne pas avoir obéi aux commandements de ta mère, chef suprême, qui pouvait avoir recours à ton père, la Justice suprême qui, elle, te faisait regretter d’avoir voulu être différent et t’avoir trop affirmé.         

Ouais !  Le Québec était un examen de conscience perpétuel qui reposait sur des dangers existants profondément dans les cœurs des hommes.  On était coupable de ne pas obéir aveuglément.        

Pas surprenant que j’aie pris la route de la désobéissance parce que je trouvais nos institutions qui se prétendaient la « justice » une forme de manipulation pour profiter de notre naïveté.  Je venais de mélanger pour la première fois sexualité et politique…

15 Janvier 2010

La dictature des consciences. 

Quand t’es jeune, t’es curieux, c’est tout à fait normal qu’un jour tu te demandes comment c’est fait chez l’autre.  Règle générale, ça se passe entre personne de même sexe.  Quand tu vis dans un endroit aussi borné que le Québec l’était dans mon enfance (et l’est encore) quant à la sexualité des jeunes et la peur de l’homosexualité, tu dois patiner longtemps pour avoir les réponses à tes questions.  Les tentations deviennent des exploits à réussir.         

La folie de la répression sexuelle est l’omerta.       

On n’en parle pas parce qu’on a honte ou en en parle pas pour ne pas être jugé par les autres. Le plus fou dans cette attitude est de croire que si tu n’en parles pas, le problème va disparaître de lui-même, oubliant que tout être humain est sexué et que d’une manière ou de l’autre, sa petite nature finira bien par se réveiller.

La folie nous a poussés jusqu’à créer une littérature de la jeunesse pour éliminer les passages qui pourraient être de nature sexuelle.  Qu’on joue à tuer son voisin à coeur de journée, ça ne traumatise pas comme voir un nu.  Quelle hypocrisie ! Quelle ignorance de la nature humaine ! Quelle folie ! 

Les psychologues modernes, un peu moins bornés, savent que si un jeune arrive à côté de toi quand tu es à uriner et qu’il commence parfois hypocritement à t’examiner.  Il n’y a là rien de mal, c’est une curiosité normale d’enfant.  Ils te diront de faire comme si de rien n’était, de simplement manifester que tu n’aimes pas tellement uriner en gang, sans heurter le jeune, sans lui faire la morale et ainsi lui introduire la notion du mal dans le quotidien.  Être un maudit cochon, ça n’a rien de valorisant surtout quand tu ne peux même pas concevoir ce que ça veut dire.           

C’est rare que t’as des jeunes qui te fassent déculotter au bout du fusil ou sous la menace d’un couteau.  Donc, réagir en scrupuleux, comme si la guerre mondiale venait d’éclater, c’est briser la naïveté du jeune et enclencher chez lui une forte mésestime de son propre corps et de sa curiosité.  C’est offenser son intelligence.  C’est lui inculquer la notion de la perversité alors qu’elle n’existe que chez les adultes. 

Comment veux-tu être pervers quand tu n’éjacules même pas ?   Quand le sexe n’a pas d’importance ; car la folie de la chasteté est une folie d’adulte.  C’est normal, car la chasteté n’a de sens que si tu es devenu un être capable de procréer.   Jeune, tu ne peux même pas, alors c’est une préoccupation qui n’existe pas, mais que les adultes projettent sur les jeunes.

Il est bien évident qu’il n’y a aucune mesure entre une relation sexuelle forcée et une relation consentie.  En fait, la seule chose importante à apprendre au début, au niveau de la sexualité, c’est le consentement mutuel essentiel.  D’abord, le sien qui correspond habituellement à l’éducation reçue ; puis, envers les autres, qui correspond simplement aux normes de la communication. Tu ne fais jamais à autrui, ce que tu ne voudrais pas qu’il te soit fait. Facile.         

Il n’appartient pas aux autres, même tes parents, de décider si tu veux ou tu ne veux pas ; si tu aimes ou tu n’aimes pas.  C’est toi, toi seul, qui es maître absolu de ton corps et de ton esprit.  Ainsi, tu es assuré que n’importe quelle relation est basée surtout sur le plaisir et l’amour, l’un ne va pas sans l’autre.  Comment peut-on trouver une relation agréable si elle nous fait mal?  Personne n’est automatiquement masochiste. C’est plutôt dans l’ordre du déséquilibre que d’aimer se faire blesser, se faire souffrir ou faire souffrir un autre. 

Personnellement, je n’arrive même pas à me l’imaginer.  C’est un plaisir morbide.  Une déformation de la notion de plaisir.  Jouir devant ce qui fait souffrir.  Ce n’est sûrement pas ce que l’on doit développer comme idéal de vie.  Comment jouir du malheur des autres ?  Il faut qu’il y ait quelque chose qui nous a déformés, qui nous a fait profondément mal, pour tirer plaisir de la souffrance.  C’est sûrement une limite à ne pas franchir.  Je préfère demeurer ignorant.

Ce devrait être la base même de la loi
.  Tout homme libre a le choix entre dire oui et non.  La liberté ce n’est pas ni un oui esclave, sans pouvoir dire non ; comme ce n’est pas non plus le seul droit de dire non.  Tout individu doit décider s’il aime ça ou s’il ne veut rien savoir.  Insister après un non clair, ça devient du harcèlement.  Être mou dans sa réponse, c’est dire oui, même si certains prétendent que ça veut dire non.   

Ce devrait normalement être ce qui arrive dans une société qui prétend avoir une conscience, qui se prétend libre.  Instruire les gens pour qu’ils puissent prendre la décision qui leur convient.   

En fait, on s’est fait croire que si on aimait ça, on ne pourrait plus s’en passer. On serait de plus en plus cochon.  Une manière de te dire hypocritement que tu ne dois pas aimer avoir eu du plaisir dans une relation sexuelle parce que tu ne pourras plus t’en passer.  C’est le contraire du bon sens, mais c’est ce qu’on essaie de nous faire croire.  Pas étonnant que l’on faisait l’amour à travers un petit trou dans son caleçon pour ne pas être vu, ne pas jouir des caresses.          

Scrupuleux comme le Québec l’a été, c’est de la folie.  Et, c’est cette folie que l’on essaie de nous inculquer à nouveau à travers la lutte contre la pédophilie, sans distinction avec la pédérastie. Une lutte que l’on mondialise. Une manière hypocrite de continuer à faire croire que le sexe est mal.  En l’interdisant, en en faisait des exemples, on sème le message que la sexualité, c’est mauvais.         

Comme je l’ai toujours dit, je suis contre, absolument contre, la pédophilie ; mais je sais que ce n’est pas la même chose que la pédérastie.         

Dans un cas, tu subis, sans pouvoir intervenir, probablement à cause de la peur, de la surprise ; alors que le cas de la pédérastie, tu peux à cause de ton âge, avoir déjà une conscience personnelle qui te dicte ta réaction.  Tu aimes ou tu n’aimes pas.  C’est toi qui doit décider et l’âge n’a absolument rien à y voir, c’est plutôt de l’ordre de la conscience.  De savoir ce qui t’aide à évoluer.  Est-ce une relation qui est positive pour toi ?   

La réaction est différente à l’adolescence parce que, à cause du développement de son corps, la sexualité prend un autre sens.  Les réactions sont entraînées par la production d’hormones, ce que tu ne pouvais pas secréter quelques années auparavant.  Qu’on le veuille ou non, il y a une très grande part de chimie dans la sexualité.  Une chimie que dirige ton cerveau.  Sans violence, la sexualité est un droit personnel absolu.        

Plus important la différence la plus fondamentale entre le jeune de zéro à environ 10 ans est la structure même du cerveau, et donc de la perception de la vie.  Jeune, un enfant imite.  Il réagit au plaisir-malheur.  C’est beau ou laid.  C’est plaisant ou souffrant.  Mais, avec le changement du cerveau à l’adolescence, la notion de la sexualité est tout à fait différente : le cerveau est maintenant capable de symbolisme.  L’affection peut se transformer et même t’envahir, devenir une passion.

Les choses n’ont plus le même sens, le même langage. L’émotif prend une proportion dans les relations humaines qui n’existaient pas chez l’enfant, l’être absolument dépendant.  Or, évoluer, c’est de mieux se connaître, s’affirmer, devenir autonome. C’est de pouvoir dorénavant, personnellement, prendre des décisions, de choisir. Et choisir, ce n’est pas que dire non, refuser à tout prix ; ça peut aussi vouloir dire « oui, je le veux».   

L »Église avait fixé l’âge de la raison à sept ans.  Personnellement, quand j’écris, je parle de 10 ans et plus.  Je ne dois pas être si pire que ça ; mais avec le temps, on oublie les raisons d’avoir créé des règles, des lois.  Celles-ci malheureusement n’évoluent pas avec la réalité.      

Ma compréhension de la sexualité fut très lente.  Mais, elle a reposé sur cette notion du consentement.  Le plaisir à avoir avec un autre.   Pourquoi devrait-on s’énerver si un jeune est bien informé de tous les avantages et de tous les inconvénients ?  Le premier but de l’éducation est de créer des gens autonomes et responsables.          

Pour avoir des gens autonomes, tu dois d’abord savoir comment l’individu agit et réagit.  Tu dois savoir ce qui est naturel et ce qui ne l’est pas.  Or, notre point de vue au Québec sur la sexualité date encore de l’époque où on croyait qu’il était anormal, non seulement d’avoir des relations gaies, mais aussi d’avoir du plaisir dans une relation sexuelle. 

Notre morale autour de la sexualité est une morale chrétienne, donc, une morale d’interdits, souvent stupides.  Rien en dehors de la procréation.  Une bêtise, car ça ne repose même pas sur la réalité de tous, c’est un point de vue de religieux qui pour demeurer plus fidèle à son dieu à besoin de toute son attention et qui conçoit la sexualité comme un moyen de rompre, d’être distrait de son but premier. 

Or, le sens de la vie est déjà différent si tu es un philosophe plutôt qu’un religieux.  Pour un philosophe, le sens de la vie tient au bonheur plutôt qu’à son exclusion, comme l’exige les religions. Les religions sont des règles ; des moyens ; mais est-ce que ces règles créées par des religieux ont un sens quand on est un civil bien ordinaire ?  Pourquoi vivre ?  Pour souffrir ?  Pour être l’esclave de l’économie ?  Qu’on le veuille ou non, on revient à la question de la mort.  

Freud disait que les religions sont une forme de schizophrénie parce qu’elles nous détachent de la réalité.  Elles nous font croire et vivre dans un autre monde que celui des mortels.  Elles servent à nous empêcher de constater qu’on ne peut pas échapper à la mort.  Et, pire, elles justifient leurs interventions en fonction d’une vie après la mort dont elles connaissent absolument rien de plus que les autres humains moins hypnotisés par les paroles que l’on prétend tenir de Dieu lui-même.  Une forme de manipulation et de fraude intellectuelle.          

Il y a définitivement un univers.  Quand on meurt, on ne disparaît pas.  On existe sous une autre forme.  Une énergie ? Mais sommes-nous encore conscients?  Si oui, sommes-nous conscients seulement de notre petite énergie, en la ressentant, elle et elle seule, ou si le fait d’être dégagé du corps, notre perception, notre conscience devient ou se confond à une conscience stricte de tout ce qui existe dans l’univers ? Est-ce que notre conscience se limite à tout ressentir comme une force ?    

L’univers ou la réalité devient un ensemble de forces, de tiraillements, qu’on pourrait nommer notre conscience ?  Est-ce que la vie après la mort n’est que la sensation d’être ?  Personne ne le sait et on ne le saura qu’après notre mort, donc, jamais de notre vivant.  Le reste n’est que pure spéculation.  On est mieux de s’intéresser au moment présent, à ce qu’on connait vraiment, plutôt que de se faire croire toutes sortes de choses.   

Pourquoi vivre comme si nous n’avons pas un corps ?  Est-ce seulement possible ?  

Réfléchir sur sa sexualité, c’est réfléchir sur sa réalité, sur le sens de sa vie, car, c’est l’énergie fondamentale qui nous crée.  C’est ce qui constitue notre rapport au monde. 

Le jour où j’ai compris ça, j’ai cessé de me croire coupable et j’ai décidé de refuser d’être violé par la pensée des autres.  Les religieux ont inventé le mal et le bien.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :