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Radioactif 570

novembre 30, 2022

Radioactif 570

Textes de 2009, p. 1274

Séquelles ou chantage ?           

J’ai bien de la difficulté à croire que tu subis des séquelles psychologiques si tu te fais toucher, masturber ou sucer quel que soit ton âge, car autant que je sache c’est loin d’être souffrant, si tu es consentant.             

Il y a une différence fondamentale entre accepter de jouer le jeu, même s’il est défendu, et être violenté.  Évidemment, ce serait tout à fait différent si tu étais pris de force, si tu es violenté.  Il s’agit alors d’un viol.  Personne ne peut accepter ça.        

La seule séquelle que je connaisse, si tout se passe sans violence, est l’envie de recommencer. On peut trop rechercher ce nouveau plaisir qu’on vient de connaître.  Rester accroché.    

Par contre, ça devient une excuse facile, si au cours de notre vie on se met à boire ou à sniffer. Quand on est soudainement privé des revenus et des avantages que procurent généralement une relation sexuelle, fondée souvent sur la tendresse, mais aussi les cadeaux , il devient alors facile de penser à mettre ça sur le dos du plus vieux, en espérant obtenir une compensation pour son incapacité à gérer ses émotions. Pourtant, chaque individu devrait essayer de contrôler sa vie, c’est ça être autonome.            

Même si le jeu, la boisson, la drogue, le sexe font appel à la même partie du cerveau, chaque besoin est différent.  Tu peux prendre un verre de boisson et en rester là, comme tu peux, si tu ne sais pas t’arrêter, prendre une bouteille et devenir complètement alcoolique après un certain temps.  Qui est responsable : la première personne avec qui tu as pris un verre ou toi parce que tu n’as pas su te contrôler ?         

Si tu fais de la prostitution, c’est pour avoir un salaire ; personne ou rarement se prostitue par amour ou par vocation puisqu’alors tu le ferais pour rien.  La prostitution n’a pas besoin d’un montant élevé pour être considérée comme tel.  Il suffit d’être payé ou d’avoir un cadeau en récompense.  Personne ne te force à te prostituer, sauf, si t’es tellement pauvre, que ça devient un travail.  Une des raisons d’exister du tourisme sexuel.           

Est-ce que les gens avec qui tu acceptes de te prostituer sont responsables?  C’est à toi de décider.  Si tu es d’accord pourquoi prétendre après que ça t’a traumatisé ?  Sinon, pour continuer à profiter à ta façon de cet état.    

Pourquoi n’étais-tu pas capable de refuser quand c’était le temps ?  Si tu ne voulais pas pourquoi retournes-tu te jeter dans la gueule du loup ?  Belle hypocrisie !


Notre vision de la sexualité.

S’il n’y avait pas eu le suicide de mon fils adoptif, Rouhed, en 1994 ; puis, ma chute dans un trou à l’entrée de chez moi en 1995 alors que je pensais à Maélie, sa petite fille, qui venait d’avoir un an ; chute qui a rendu mon bras droit inopérant presqu’un an à plus de 90%, et en 1996, ma mise en accusation pour indécence à Val d’Or, la sexualité n’aurait jamais provoqué chez moi un tel questionnement. 

Certains diront que c’était mon destin. Moi, je pensais que c’était un signe pour devenir écrivain. Les victimes sont-elles toutes masochistes?           

Est-ce le fait de ne pas vivre ta sexualité comme tout le monde est vraiment un danger ?  Mentons-nous pour justifier les interdits ? La sexualité occupe-t-elle une place importante dans la vie, les pensées d’un individu normal, si on ne la condamne pas. ? 

Sans la culpabilisation, le sexe n’est pas très important dans l’occupation d’une journée.  Passez-vous votre temps, les gens supposément normaux, à penser à votre sexualité ?  C’est la même chose pour ceux qui vivent une orientation sexuelle différente.  Ils sont juste attirés par autres choses que vous.  Leurs hormones ne produisent pas la réponse standard.  Ils ne s’excitent pas sur le même type d’êtres, devant les mêmes formes.  Par contre, l’interdit, la frustration et la peur créent l’obsession.            

Pour moi, ce n’est pas une question de prison, même le gars qui a tué ou qui a volé des millions est mieux traité que ceux accusés d’attouchement sexuel.  Si je suis pédéraste et que je l’affirme, je ne peux pas rêver de ne pas être condamné. Je suis pédéraste, je l’assume.         

Donc, en en parlant je provoque la haine des autres qui par ignorance s’imagine qu’un pédéraste (s’il n’est pas un psychopathe) est dangereux.  Donc, je suis à la merci du chantage.

Comme diraient les moralistes : tu as ce que tu mérites. Tu n’as qu’à te plier aux exigences de la société. C’est le contraire des droits de l’homme, mais on s’en fout. 
 
Être pédéraste peut te conduire directement à une «fausse paranoïa» simplement parce que c’est vrai que la majorité des gens te persécute, dès qu’ils le savent, parce qu’ils n’y comprennent rien, qu’ils ont peur et acceptent aveuglément ce que la religion leur a toujours fait croire. 

Être pédéraste m’a permis de constater jusqu’à quel point on ment pour établir une morale qui repose sur l’ignorance, le mensonge et le désir du système de manipuler les gens émotivement pour garder le pouvoir.  On garde la société dans son ignorance parce que tant qu’elle ne se pose pas de question, notre pouvoir ne risque pas d’être remis en cause.    

Ce n’est pas qu’une lutte avec les féminounes (féministes rétrogrades wokes qui voient la sexualité comme un mal et une honte). Accepté d’être rejeté par l’association des auteurs est un moyen de s’autodétruire. 

Les gouvernements subventionnent ces associations et refusent de le faire si tu n’es pas membre ou associé avec elles.  Ces mêmes mouvements sont les premiers à faire des manifestations pour le droit d’expression.  Ils l’exigent des autres, mais ne respectent pas ce même droit si tu ne penses comme eux. 

Pourquoi pouvoir être rejeté d’une association d’auteurs simplement parce que tu es pédéraste, un gai qui aime les plus jeunes. Tu n’écris pas avec ton pénis. Et, ce rejet, cette folie est acceptée par la Commission des droits de la personne comme allant de soi.  » Tu devrais savoir que ce que tu écris provoquera de profonds remous », m’a-t-on dit.  C’est illogique quand tu es là pour protéger un individu contre la société qui l’écrase.      

Je ne savais pas encore jusqu’à quel point la perception de la société sur la sexualité a un impact sur tout ce qui touche la démocratie, car, elle remet en question les enseignements religieux qui ont été à la base de notre civilisation. 

C’est d’autant plus important qu’aucun individu ne peut y échapper.  Le rapport avec sa sexualité est directement relié avec celui de son « identité ».   Pourquoi un petit changement dans un des derniers gênes à te former, changement qui modifie ta perception du monde et ton rapport avec lui, question de production d’hormones, pourrait-il être vu comme anormal alors que de refuser ce «changement, cette nuance» est la chose anormale ? Aucun individu n’a de droit de regard sur son fœtus.    

Il faut savoir s’accepter comme on est, car on peut rien y changer, mais essayer de comprendre comment on peut agir sur soi pour avoir aussi droit au bonheur et être un élément positif dans la société. 

En fait, c’est ce que je cherche depuis que je m’interroge sur «ma sexualité», une déviance, qui n’a rien d’un défaut majeur si on apprend à la maîtriser c’est-à-dire la vivre sans violence ou domination. Il n’y a jamais de rapports entre deux êtres humains qui ne comprennent pas une part de séduction ou de domination.  On n’est pas une simple machine. On a des sentiments.     

Le sexe fait partie des plaisirs de la vie.  C’est un élément fondamental de sa personnalité et de son rapport avec la vie.  Et, j’avoue que les résultats de cette introspection, qui n’en finit pas, me surprennent moi-même. J’ai tenté d’expliquer ce que l’on vit quand on est pédéraste.  Ce qu’on y découvre de beau et les problèmes que ça peut engendrer.           

L’affaire était réglée : même si j’étais pédéraste, nerver on the job.   Ma convention personnelle : si la tentation te travaille trop fort, tu te passes un poignet dans la stricte intimité et tu te refroidis les idées.  Question de contrôle et non d’abstinence totale, car, cette dernière est antinaturelle et est le fondement de bien des hypocrisies.      

Mais, en dehors de l’enseignement, c’était ma vie privée quoiqu’en dise la directrice de l’école qui affirmait qu’il suffirait d’un soupçon pour me mettre à la porte.  Elle l’avait apprise lorsque j’ai fait une demande de pardon. Tout individu a droit à sa vie privée.  La sexualité est ce qu’il y a de plus privé dans la vie de tout individu.      

La vraie rivalité entre elle et moi, c’était notre appartenance politique. Elle était libérale, fédéraste alors que je suis depuis 1969 environ, indépendantiste.  J’étais même le président de la Société nationale des Québécois, à Val-d’Or.  J’étais un président classé trop radical.  Nous venions de perdre le référendum et on parlait de partition, synonyme à mon avis, de guerre civile.  Ce fut d’ailleurs le temps des commandites, un vol politique plus courant qu’on ne le pense et qui démontre la qualité de ceux qui nous dirigent.          

Je sais maintenant que Lucien Bouchard, qui était premier ministre, qui ne savait probablement même pas qui je suis, n’aurait pas avec raison levé le petit doigt pour me venir en aide.  Lucien Bouchard vient juste de faire connaître qu’il est plutôt de ceux qui croient dans le discours des prétendues séquelles, car il est avant tout un avocat.  Pire, il a vécu avec Denise Bombardier.   
  
Le Parti Québécois, sur le plan sexuel, est aussi à droite que les mouvements de gauche. C’est à dire aussi poigné par la religion qui nous animent tous, dans le fonds, les Québécois.          

Par contre, sa décision d’aider ceux qui prétendent avoir été traumatisés fait partie intégrante de la solution.  Décriminaliser, mais créer des responsabilités civiles qui garantissent un retour à la vie normale et la possibilité pour la victime de s’épanouir.  La solution doit tenir absolument compte du jeune dans sa réalité et non de la morale des parents qui vivent la sexualité comme un drame.       

C’est intéressant à ce niveau de lire dans Foucault que la religion et la médecine ne s’arrêtaient pas à ce que disaient les gens, mais faisaient avouer aux gens ce qu’ils pensaient.  Que tu dises n’importe quoi, dans ces conditions, tu as tort. Tu es le pécheur, le fautif et ceux qui t’écoutent te disent ce que tu dois penser.  Rien d’autre n’est valable.      

Par contre, dans ce cas, il faut aussi se rendre compte que le chantage est devenu un des crimes les plus courants.  Everything is money. 

Si la sexualité la moindrement déviante n’était pas perçue comme un mal absolu, une honte éternelle, qu’on cessait d’en faire tout un drame, probablement que les cas de traumatisme seraient extrêmement rares pour ne pas dire inexistants. On punit, mais on ne s’intéresse pas à ce qui arrive au jeune qui a aimé l’expérience, mais qui n’ose pas l’afficher. Quel cas de conscience crée-t-on chez un gars qui ne peut pas encore faire face à ses parents et encore mois à ses paires. On se fiche du jeune, on combat le péché.          

L’enseignement m’a mis en contact avec une forme de rapport intellectuel avec les jeunes qui est plus énergisante que le simple jeu sexuel.   C’est j’imagine ce que Socrate et Platon voyaient comme de la pédérastie.  C’était aussi des pédagogues. 

Je croyais que les petits jeux sexuels étaient de la pédérastie, mais mes lectures sur la Grèce antique m’ont fait comprendre que ce n’est pas le cas.                       

La pédérastie se compose essentiellement dans le rapport qui donne naissance à l’amitié ou l’amour, selon ce que ces contacts génèrent et malgré son éphémérité.     

Avec l’enseignement, tu passes au stade d’être envoûté par l’ouverture et de développement de l’intelligence des jeunes. L’expression non verbale est simplement un outil de communication et le sourire n’a aucun rapport avec le même sourire fait dans un club.  C’est tellement merveilleux d’être avec eux, leur apprendre ce que tu sais, que le sexe perd toute sa raison d’être.          

C’est aussi la même chose quand tu es parent.  Le plaisir se transforme en découverte émotive et surtout intellectuelle. 

La chasteté qui s’installe (plus ou moins naturellement) va de soi, car comme adulte, tu peux percevoir le sens des symboles, ce que les jeunes ne peuvent pas puisqu’ils n’ont pas encore le cerveau assez formé pour ça.  L’adulte peut ainsi percevoir les effets qu’entrainent peut-être ces gestes. Les jeunes, eux, ne sont pas encore rendus au stade du symbolisme, stade qui donne un sens à la sexualité.  Celle-ci est encore une simple question de curiosité ; mais à partir de l’adolescence, la sexualité devient le moteur même de toute la vie émotive.   

C’est là toute la différence.  Et c’est la raison fondamentale pour laquelle les croisades féminounes ou judiciaires perpétuent le mensonge de nos civilisations.

L’aventure avec Mathieu qui m’a précipité en tôle, me semblait un coup monté par sa mère et son gang mormon, dans le cadre de procès pour la garde des enfants.  Je croyais ce que me racontait son père.  Je croyais vraiment pouvoir les aider, mais ce fut un piège et quand je l’ai compris j’avais les deux pieds dedans.

Cela m’a forcé à essayer de comprendre pourquoi la sexualité fait si peur aux Québécois.  Par contre, j’aurais bien aimé tirer la ligne sur le sujet avec la fin de cette année ; parce que je commence à être fatigué de toujours écrire sur le sujet sans que ça donne quoique ce soit de positif, mais ce ne fut pas possible.  J’ai fait un pas, mais le sujet demeure inépuisé. 

Bonne année 2010

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2010 !

Je vous souhaite de réaliser tous vos rêves, mais surtout avoir de la santé, beaucoup d’amour et de bonheur.

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