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Radioactif 569

novembre 29, 2022

Radioactif   569       
Textes de 2009, p. 1268/1708

Réginald Dupuis était un pilier culturel.

En 1970, j’ai rencontré Réginald Dupuis parce qu’il demeurait en haut de chez ma tante Aurore, où je logeais.  Il faisait de la peinture.  Notre amitié fut immédiate, même s’il était 300% hétéro et que je commençais à afficher ma pédérastie.

Nous avions formé un groupe d’amis littéraires et artistiques parce qu’en travaillant à la Tribune, nous avions beaucoup de contacts.  Nous n’étions pas connus comme Gaston Gouin et Gaétan Dostie, mais nous avions une certaine réputation. 

Réginald fit des expositions.  Il travailla avec moi et Frédéric pour créer un élan touristique vers Scotstown puisque nous avions là l’appui de la population.  Il y eut aussi Jacques Labrecque et Jimmy Cochrane qui devinrent des célébrités, à la suite de ces années passionnées.  Hélène, poétesse, et Denise, épouse de Réginald, étaient nos féministes.           

Aussi incroyable que ça puisse paraître, nous étions mille fois plus libres à cette époque que maintenant.  Tout était peinture et poésie.  Un groupe d’amis que le temps commence à dissiper. 

La vérité sur le sexe, est-ce possible ?


Je ne suis pas plus fin, ni plus intelligent qu’un autre pour tenter de persuader certaines gens du Québec que leurs réactions vis-à-vis ceux qui n’ont pas la même réalité sexuelle qu’eux sont carrément fascistes et paranoïaques.           

Heureusement pour moi, comme écrivain, je suis différent sans le vouloir. Je suis pédéraste et j’en parle abondamment.       

Cela n’a rien d’élogieux ou monstrueux, il s’agit tout simplement d’un regard différent que la répression nous force à porter sur la réalité humaine. C’est évident que si j’avais fermé ma grande gueule sur mes petits travers sexuels, si je n’avais pas eu les doigts et les lèvres aussi baladeurs, ma vie aurait été toute différente. 

Je voulais être authentique.  Je me suis emprisonné dans cette valeur, oubliant que dans la vie, on subit de nombreux changements. (Actuellement, mon chum a 70 ans, Quel pédéraste je fais !)   

Même si j’ai mis l’accent sur la pédérastie, j’ai tout essayé ou presque pour finalement réaliser que ce n’est pas la forme de vie sexuelle qui a de l’importance, mais l’amour, une notion tout à fait spirituelle. 

Que tu aimes un gars ou une fille, c’est différent quant à la finalité, mais si cet amour te permet de mieux te réaliser dans le bonheur, c’est merveilleux.  Comme l’ont constaté les penseurs, la sexualité sert à procréer, mais aussi à échapper au pire ennemi de l’homme : la solitude.  Aucun être ne peut atteindre sa perfection sans les autres.     

L’amour permet de découvrir la beauté et celle-ci existe en toutes choses. Elle se manifeste différemment.                  

Sous prétexte de protéger les enfants, on se tait , on ment et on exagère les dangers sans se soucier de ce que cette infamie produira quand le jeune s’apercevra qu’il s’est fait mentir délibérément par des adultes incapables de faire face à la sexualité.          

Cette situation n’est pas pire que l’état d’infériorité dans laquelle on a toujours essayé de maintenir les femmes ou la criminalisation de l’homosexualité.      

Tous les états essayaient de contrôler, grâce aux religions, tous les individus du royaume par le sexe (nombre d’enfants) et les impôts, car, leur qualité de vie en dépendait. C’est ainsi que la sexualité a commencé à être géré par le système, d’abord les prêtres, puis les médecins. Le sexe est devenu un enjeu économique. Ça coûte plus cher en services médicaux, par exemple, si tes commettants sont plus pauvres           

De plus, il y a toujours eu aussi derrière la spiritualité une recherche du bien-être temporel, d’où le besoin de contrôler les âmes pour la richesse de la foi qui se diffusait par la force des impressions émotives.   La peur, la fascination, l’envoûtement musical étaient les meilleurs moyens de subjuguer l’individu.   Dieu est immatériel, mais il veut son temple pour recevoir les offrandes.   À remarquer que tout n’est pas mal dans les religions, bien au contraire, mais elles ont mis l’accent sur le mal plutôt que sur le bien à accomplir.

Cette façon d’être est issue de l’ignorance, des religions et de la peur des différences culturelles entre les humains.  L’individu a besoin de croire qu’il a raison.  Tu domines ou tu es dominé.  Avec les religions, on a décidé que l’homme devait dominer, car sa nature l’amenait à chasser alors que la femme était plus sédentaire et mieux adaptée de caractère à élever la famille.    

Les interdits concernant le sexe sont, règle générale, basés sur l’ignorance, pour ne pas dire la bêtise. 

Les religieux, en rejetant le corps, ont assimilé le sperme et l’ovulation au rejet de ce qui est sale dans notre corps.  Incapables de dompter leurs désirs sexuels, les religieux en ont inventé la tentation des tentations, la chair, la seule capable de les éloigner de Dieu, d’où cette discrimination envers les femmes.  Pour les religieux, un désir corporel et non spirituel nous perturbe dans une prière où assistent les femmes.         .

D’ailleurs, c’est cet amour de la beauté qui a donné naissance à la pédérastie. Le jeune est beau et n’est pas comme les autres adultes un danger pour le mâle.  On croyait que ses veines sont trop petites pour permettre au sperme de passer.  Ainsi, on pouvait s’adonner à des séances de caresses sans que le jeune soit en danger : il ne venait pas, donc, ces gestes étaient sans conséquence (Plusieurs croyaient que le sperme était une partie du cerveau).

La tâche de l’éducateur chez le pédéraste en est une de transmission de la connaissance de mâle à mâle pour la Cité, d’où le rejet des efféminés. 

Par contre, chez les philosophes qui s’appuyaient sur les connaissances scientifiques ce ne fut guère mieux.  L’homme avait préséance sur tout et la femme était son esclave.            

L’homme s’imaginait être le seul porteur de la descendance et faire l’amour demandait un tel effort qu’on craignait pour sa vie ou du moins la faiblesse temporaire que ce petit jeu créait. On encadra donc les moments pour faire l’amour de toutes sortes de rites religieux.       

Par contre, on savait que l’homme devait se vider le sac de temps en temps, car ne pas éjaculer non seulement jouait sur les humeurs, mais croyait-on, ça pouvait empoisonner son homme, ce qui peut être vrai à la limite. 

Tout le monde voyait un danger dans la sexualité, mais puisque personne ne peut échapper à sa sexualité puisque c’est indissociable à notre nature, on fixa des règles.      

Le vivant se transmet par un processus qui est notre sexualité.  Tous les êtres vivants en sont tributaires. Qu’on le veuille ou non, le sexe est le summum des plaisirs. Pourquoi avoir honte d’en parler ?  Ne serait-il pas préférable de dire la vérité aux jeunes ?  Pourquoi refuse-t-on de parler de la pédérastie ou de l’homosexualité ?  Sommes-nous plus évolués qu’au Moyen Âge ? À cette époque, la plèbe était ignorante de l’existence de la morale sexuelle et ne s’en portait pas pire.

Quand tu es jeune, t’as besoin de te comprendre.  Une raison suffisante pour ne pas essayer de toujours leur mentir, les prendre pour des imbéciles comme nous l’étions à mon époque au Québec.           

Il n’y a rien de honteux quand c’est la nature.  Pour qui nos moralistes se prennent-ils ?  Cette connaissance doit permettre de choisir le genre de vie que l’on veut.

Préparer un Québec indépendant.

Il faudrait commencer immédiatement à mettre en branle un immense chantier pour décrire ce que l’on veut absolument dans le cadre d’un Québec indépendant.

Tout ce qui touche notre culture et notre immigration, c’est certain. Je ne crois pas que bien des gens puissent s’opposer à ce que le Québec soit le seul maître dans ces domaines. 

Quand on regarde ce qui arrive à Montréal, on constate que l’indépendance doit bientôt se faire.  Par contre, on doit aussi penser que tous les Québécois doivent être d’heureux citoyens.  Le Québec n’a pas le droit d’accepter que des gens chez nous vivent dans la misère.  Nous devons nous assurer qu’économiquement le Québec sera capable d’assumer tous les services nécessaires à l’épanouissement de ses citoyens.        

On doit commencer à penser au bien du Québec avant celui des partis politiques.  L’indépendance exige un fort degré d’unanimité. Nous devons réviser tout notre système pour qu’il soit le plus honnête possible, le plus humain, le plus tolérant.  

On doit s’entendre sur un minimum d’interdits : le viol, le meurtre, le vol, l’arnaque, la violence, la burka et la Charia.  En dehors de ces interdits, on doit chercher à trouver des ententes qui permettent à chacun de dire que sa devise est : vivre et laisser vivre sans violence. Il y a tout un monde entre l’Islam et la vie quotidienne musulmane. Les musulmans croient dans le Coran.          

L’âge de consentement :           
l’entrée au secondaire.

C’est ne pas comprendre le développement de la sexualité que de fixer un âge pour le consentement puisque le développement est strictement individuel et peut varier même de plusieurs années entre chaque individu. Tout dépend de son développement physique, de la force de sa libido, de ses expériences émotionnelles et, évidemment, de son éducation.      

L’orientation sexuelle est déjà établie dans l’image intime que l’individu se fait de lui-même, dès l’enfance.  Cette empreinte le marquera pour le reste de sa vie, c’est ce que l’on appelait jadis ta «petite nature».  Un phénomène carrément dû à la structure que les gênes nous laissent pour nous développer, dès la naissance.  Notre réalité profonde et sur laquelle on ne peut pas grand-chose. Rien, à vrai dire. 

Un hétéro sera fondamentalement toujours un hétéro, un gai sera toujours gai, qu’il aime ça ou pas.  On ne choisit pas ceux qui nous attirent.  Ce choix est déjà profondément fixé en nous.  On le subit, on ne le choisit pas.          

L’important est d’apprendre à vivre heureux avec ce que l’on est et essayer de se réaliser socialement et émotivement pour son propre bien et celui des autres.   Le mariage gai permettra à bien des humains de pouvoir entrevoir l’avenir positivement plutôt que de devoir s’haïr de plus en plus.  Ce pourra peut-être même être une partie de la réponse à la surpopulation.  L’autre étant que l’on combatte avec autant d’ardeur la violence que l’on a pris pour combattre la liberté sexuelle.  

La sexualité peut devenir un problème à l’adolescence, si les jeunes n’ont pas les réponses réelles, vraies, à leurs questions d’où l’importance des cours de sexualité.  

J’ai dans ma grande théorie, fixé les cours sur la sexualité à la fin du primaire pour une double raison.  D’abord, jusque-là le cerveau de l’enfant n’a pas terminé de se former complètement.  La phase du symbolisme arrive après 10 ans et les symboles sont primordiaux dans ce qui déterminera l’acceptation ou le refus de son orientation sexuelle.      

On peut à travers la peinture voir qu’on ne réagit pas tous de la même façon aux formes et aux couleurs.  Cette structure est nécessaire pour les choix que nous ferons plus tard, consciemment ou pas.  La perception de l’autre dépend de l’interprétation qu’aura notre cerveau de ce qui lui est extérieur.   C’est d’ailleurs pourquoi toute la thèse des traumatismes quand il s’agit d’une aventure sexuelle sans violence est complètement débile.  Comment peut-on être traumatisé par quelque chose qui nous fait plaisir, qui est le fun ? Pourtant, c’est ce qu’on essaie de nous faire croire.        

Si le cerveau peut rétablir des problèmes quasi insurmontables (la haine des parents, la violence dans son enfance, par exemple), comment pourrait-il être impuissant à contrôler le plaisir ?  Ne serait-ce plutôt la réaction de la société qui traumatise ?  Mais, évidemment, c’est payant, ça permet aux avocats, aux policiers et aux psychologues d’augmenter leurs frais. Ça permet de créer un nouveau crime perçu comme une compensation : le chantage.        

Chez les grecs de l’époque de Socrate, on considérait la force du plaisir sexuel comme étant la plus grande chez les humains.  Elle devait être dominée par ceux qui voulaient être tempérants, sages.  Ce n’était pas s’en priver complètement, mais respecter les règles pour la vivre correctement, car, à leur avis, la sexualité était intimement liée avec la bonne ou mauvaise santé.        

L’abstinence totale est une invention religieuse qui sert seulement à créer une idéologie dominante.  La seule importance de connaître ces faits est de nous informer sur la raison pour laquelle on a fixé les règles quant à la sexualité.  Et, faut-il l’avouer, se rendre compte que les interdits sont basés sur l’ignorance que l’on avait de la sexualité.  On refuse d’évoluer parce qu’on a peur de ce que l’on a découvert depuis lors.        

Le deuxième point est le droit absolu de tout individu à son orientation sexuelle et à la vie privée, quel que soit l’âge ou le sexe.  

Fixer un âge, c’est enlever ce droit à ceux qui ne l’ont pas encore atteint.  Or, le développement de chaque individu diffère.  Et, les parents ?  Les jeunes ne sont pas la propriété de parents.  Ceux-ci doivent respecter également le choix de leurs enfants.  L’éducation, c’est donner l’exemple, c’est apprendre des savoirs et des connaissances, c’est pouvoir communiquer et peut-être influencer la décision finale.       

Avant l’adolescence, le jeune ne fait pas de choix.  Il agit par imitation.  Il apprend ; mais son éducation est de devenir autonome le plus vite possible.  L’autonomie ne peut exister sans les expériences.  Cependant, ça ne veut pas dire que le jeune ne peut pas décider de ce qu’il aime ou pas, sur le plan sexuel, sans avoir eu des expériences.  Son rythme et le cheminement de son développement est personnel.  On peut très bien vivre toute sa vie après avoir rencontré la flamme de sa vie, sans avoir eu d’autres expériences que de se passer un poignet ; mais c’est une exception.     

On oublie le facteur le plus important : l’amour.  Le sexe sans amour, ça ne veut rien dire.  Le choix de la personne avec qui on choisit de partager le plaisir qui peut être plus spirituel que matériel, ou le contraire, est un droit individuel qui ne concerne que les gens qui sont en cause.      

Effectivement, pour bien des adolescents, la révélation de leur sexualité est tout un mystère.  Ils ne comprennent pas qu’ils sont parfois dominés par leurs hormones.  Ils agissent sans pouvoir juger de la pertinence de leurs actes. Tout est irrationnel alors que s’ils étaient bien informés, ces difficultés n’existeraient même pas.  Pour nous, la principale source d’information est d’ordre religieux.  On se fait mentir dès l’enfance pour nous modeler le cerveau. 

Pour les religieux, la sexualité est un mal, une honte, un péché.  Rien de plus irréaliste. Pour respecter leur point de vue, il faut combattre sa nature profonde, sans même savoir contre qui et pourquoi on combat.  On agit aveuglément en fonction de la tradition. Le corps est rien, l’âme est tout. Il faut avouer qu’à cette époque, ils ne savaient pas que le corps gérait aussi les émotions, mais au moins ils différenciaient les choses à partir du plaisir.  Tout se déroule dans le cerveau.

La médecine a pris la relève des religieux qui dominaient grâce à la culpabilité créée par les examens de conscience et les confessions.   Elle a créé une nouvelle norme, guère plus réaliste : le normal et l’anormal. 

Tout ce qui est hors-norme est anormal, même si cette personne ne fait que vivre sa nature propre.  On a ainsi institué le besoin que tous soient pareils, même si on est tous différents.  La plus grande part de nous est strictement héréditaire alors que la réaction à l’environnement, notre éducation est strictement de l’acquis.  Nous réagissons en vieillissant en fonction de ce que nous connaissons. 

Le seul mal qui puisse exister dans la sexualité est l’irrespect du consentement, qui exige cela va de soi l’absence totale de violence ou de domination. 

C’est donc important dans son éducation d’apprendre à respecter scrupuleusement le choix des autres dans des relations sexuelles.  Ce n’est pas inné chez les êtres vivants, surtout chez l’homme. C’est un apprentissage à la tolérance.   C’est la raison fondamentale par laquelle il faut introduire la notion de l’égalité absolue entre les humains (homme-femme) dans les cours dispensés aux jeunes.

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