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Radioactif 562

novembre 22, 2022

Radioactif   562

Textes de 2009, p. 1231

L’itinérance : la transition.         

Je ne sais pas si on va vraiment agir ou faire semblant, mais on parle de plus en plus de s’attaquer au problème de l’itinérance et de la maladie mentale.    

Je ne le répéterai jamais assez : il y a un lien direct entre l’itinérance, la boisson, la drogue et la maladie mentale. C’est fondamental.  C’est le nœud du problème ainsi que le fait qu’on n’a aucune écoute quand on essaie d’aider une jeune qui souffre de maladie mentale.      

Le système te voit comme si tu étais un ennemi. Selon la loi, le malade mental a le droit d’accepter ou de refuser que tu l’aides.  Bonne chance, s’il a de la paranoïa dans son cas.  Souvent, on les voit dépérir quotidiennement, mais on ne peut compter sur aucune aide pour agir en vitesse.       

Pour avoir des médicaments, il faut une prescription. C’est urgent, mais on ne semble pas le comprendre.  On m’a demandé si je serais prêt à prendre le risque qu’un médicament réagisse à la dope prise et occasionne son décès.  Le problème du psychiatre, m’a-t-on dit.  D’où ce besoin de sécurité.            

Le jeune a les médicaments en prison, mais il n’a pas de prescription quand il sort.  On voudrait qu’il soit mieux en prison qu’on ne ferait pas mieux. 

Pire, dans le cas de Gabriel, à chaque fois qu’il allait en prison, je devais recommencer toutes les formalités pour réobtenir ses cartes d’identité. On dirait que la touche « Save » n’existe pas dans les ordinateurs du système, sauf pour la liste des prédateurs sexuels.           

Quand tu t’adresses à un psychiatre, t’as parfois  l’impression que c’est toi le malade ou le psychiatre a des raisonnements tellement sautés que parfois tu te demandes si le médecin n’est pas plus fou que son patient, tellement ses verdicts sont surprenants.

Ça ressemble à l’aide pour une personne qui veut se suicider.  À entendre le système, tout le monde peut aider un suicidaire.  Pourtant, quand tu communiques avec ceux qui travaillent sur ce problème, on te demandera à toute fin utile , croyez-le ou non, s’il a la corde pour se pendre attachée au cou.  Sans ça, on ne peut pas intervenir.  Belle prévention !  Ce n’est pas un ouï-dire, ça m’est arrivé.      

On ne peut pas compter sur les psychiatres pour avancer une solution intelligente, car, leurs règles pour intervenir sont complètement irréalistes.  On demande une abstinence totale de toute drogue durant quelques mois avant de commencer à les soigner.  Le seul moyen qui rendrait ça possible serait un centre où le jeune resterait le temps qu’il faut pour éliminer la drogue et garantir ensuite un suivi psychiatrique. 

Les psychiatres sont aussi tellement rares qu’il faut attendre des semaines avant de pouvoir obtenir un rendez-vous.  Si vous croyez que le système de santé est pourri parce que vous devez attendre plusieurs heures, c’est que vous n’avez jamais eu besoin de soins en santé mentale.    

C’est complètement en dehors de la coche puisqu’un des principaux problèmes quand on veut aider un malade mental, c’est surtout la patience. C’était le cas du jeune que j’ai aidé, mais je ne crois pas que ce fut un cas unique.  Ça prend des heures parfois des jours pour les persuader de rencontrer un psychiatre et quand tu as réussi, il ne faut pas que le patient attende dix minutes de trop si tu ne veux pas qu’il te file entre les doigts.   

Les premières fois qu’il sortait de prison, il se prenait pour un moins que rien.  Il prétendait s’appeler Détritus junior.  C’était normal en tôle, le malade mental est la cible de tous ceux qui sont de mauvaise humeur.  On les appelle les « soucoupes ».       

Par contre, ça s’est amélioré (plus avec les libéraux que le PQ), quand Gabriel retourna en dedans, il y avait un psychiatre pour le suivre.         

Le problème qui se passait à chaque fois qu’il sortait de prison, c’est qu’il n’avait pas de prescription pour obtenir les mêmes médicaments qu’en prison.  Il prenait l’argent de la sortie pour fêter et les problèmes recommençaient.       

Un des pires problèmes, il perdait toujours ses maudits papiers.  Juste essayer de renouveler les papiers dont tu as besoin pour obtenir de l’aide te rend fou.  Il faut toujours des doubles alors que tu n’as même plus un certificat de naissance.  Pas de carte, pas de médicament.  Pas de bien-être. Rien moins que rien.

C’est pire que le passeport, car tu n’as absolument rien pour commencer.  Tu ne peux même pas obtenir un rendez-vous parce que tu n’as pas les maudites cartes.  Tu dois tout recommencer même au bien-être, car son dossier est fermé, alors tu es la seule personne qui peut le sortir de la merde.   

Comment se fait-il qu’il faut toujours repartir à zéro.  Ils n’ont pas de sauvegarde dans leurs ordinateurs ?  Une fois qu’un dossier a été enregistré, il me semble qu’on n’a pas toujours besoin de toujours tout recommencer.         

25 Novembre 2009
L’itinérance et la drogue.           

Je devais être super naïf, car je croyais que Petit Gabriel était seulement schizophrène.  Je me sentais totalement responsable de lui.   Je le connaissais depuis très longtemps et, selon sa mère, j’étais le seul qui pouvait le raisonner quand il avait une crise.          

Je ne sais pas pourquoi je l’adorais à ce point, mais il était ce qu’il y a de plus précieux dans ma vie, avec mes enfants. Son bien-être était ma principale préoccupation.  Rouhed était mort et Shuhed, mon plus vieux était marié.       

Quand j’appris que l’on n’arrivait pas à le maîtriser à Val-d’Or, j’ai offert de m’en occuper.  Il avait plus de 25 ans.  Donc, les langues sales n’avaient pas à se mettre le nez en travers de nos vies d’autant plus qu’il ne se passait rien sexuellement entre nous deux depuis bien longtemps.             

Je croyais déjà que la pédérastie est d’abord un amour fou, qui te possède comme l’hypnose, créant une responsabilité vis-à-vis de l’aimé qui transcende le temps.   Je me sentais responsable de Petit Gabriel.            

Les langues sales sont les pires calamités, car au nom de leur morale idiote, elles s’imaginent devoir se mêler de tout ce qui ne les regarde pas. Rien ne les arrête, elles n’ont pas d’âme.        

Il est arrivé à Montréal.      

Je me rappelle qu’il avait disparu, lors d’une de ses premières crises.  Quelle angoisse !  Il fallait attendre 48 heures, avant de pouvoir informer la police pour le rechercher.   Je croyais qu’il était parti se suicider ou du moins, qu’il était en danger.  Il prétendait être un soldat qui devait se rendre à Boston faire la guerre. Il ne voulait rien savoir de moi et mes conseils.   Il était complètement parti. Essayer de le trouver, c’était comme lorsque je travaillais à la Tribune et que l’on faisait des rounds up, c’est-à-dire appeler police, hôpitaux, partout où l’on peut imaginer qu’on pourrait le retrouver.  

Je me suis rendu compte que je me rappelais jamais des tenues vestimentaires ou de détails qui auraient pu être utiles.  Je m’en voulais d’être aussi Alzheimer devant la grande nécessité d’avoir une mémoire parfaite.   

Quelques jours plus tard, je le découvrais dans une prison.  Je ne comprenais pas pourquoi on l’amenait en prison alors que je le présentais toujours comme un malade mental qui n’a pas pris ses médicaments.  C’était ma conviction profonde.  Je me suis même rendu en cour pour le sortir du trou, obtenir qu’il revienne à la maison et n’aille pas en prison. Je le croyais innocent ou du moins très malade.        

Je croyais sincèrement que ses crises étaient dues au fait de ne pas prendre ses pilules.  C’est idiot, mais je n’ai pas immédiatement fait le rapport entre ses crises et le fait qu’il pouvait consommer de la drogue.  Tout ce qui m’étonnait c’était la rapidité des changements.  Puis, à force de chercher, les soupçons sont arrivés.  Il avait rencontré à Montréal des jeunes qui étaient demeurés tous près de chez-moi à Val-d’Or et qui vendaient de la drogue.  Ils l’avaient sûrement drogué à son insu ou influencé pour l’amener à consommer.  Ce fut la première fois qu’il me frappa.     

Je l’aimais trop pour le laisser tomber. Je me ruinais pour l’aider. J’étais pris entre la pensée de l’école libre et les conseils d’un ami qui voulait que je cesse de m’en occuper ou du moins ne pas tout lui donner.         

Quand il souhaita vivre dans son propre appartement, je l’aidai.  Inutile de dire que ce fut très difficile.  On a comme manie de regrouper tous ceux qui ont des problèmes dans la même maison appartements.  Les problèmes recommençaient et je dus parfois le déménager en plein hiver en taxi parce qu’on avait jeté tous ses effets dehors.  De plus, les petits appartements de 1 1/2 ou 2 1/2 coûtent affreusement chers, à Montréal.             

Ils ne sont pas encore aussi voleurs que dans l’Ouest, mais dès qu’ils en auront la chance on aura les mêmes prix à payer qu’ailleurs. Comment arriver à vivre avec le BS et payer un tel appartement ?   

Pour vraiment l’aider, il aurait fallu un organisme ou quelqu’un pour le superviser.  Il aurait aussi fallu que l’appartement soit payé directement pour être certain que le chèque serve à cette fin.  Mais, selon la loi, le malade mental a le droit de s’occuper seul de lui-même.       

On s’entraidait, moi et sa mère, pour dénicher un loyer qui a du sens.  Nous payions tous les deux le premier mois, mais c’était toujours dans des trous ou dans des lieux où la sécurité (troisième étage, sans escalier de secours) était déficiente.  C’était inévitable, un moment donné, il revenait à la maison. 

Plus le temps passait, plus il allait souvent en prison, plus il faisait de crises.   Au lieu de partir, il a commencé à me frapper, sans plus d’explication.  Une fois, j’ai compris à partir de ce qu’il disait qu’il me frappait en me prenant pour son père qu’il nommait par son prénom.      

Je n’avais rien à faire dans ses fantasmes, mais je commençais à avoir peur quand il parlait à un être qui n’existait même pas et qu’il lui disait que je ne méritais pas que je me fasse planter.         

Dans cet enfer, tu n’a pas d’aide, tu n’as pas la sympathie de qui que ce soit, tu t’arranges avec tes troubles.  Il ne faut pas compter non plus sur la police pour te protéger quand la violence commence.   La dernière fois, j’ai communiqué deux fois parce qu’il s’introduisait chez moi et la seule réponse que j’eus.  « Vous n’êtes quand même pas pour nous appeler à tous les jours.  On n’a pas que ça à faire. » L’année précédente, je m’étais ramassé à l’hôpital avec une commotion cérébrale.  Il m’avait frappé.

Quand j’ai entendu les informations et qu’on racontait que des gars avaient tué leurs femmes ou leurs parents, je ne me suis dit qu’avec la prévention que l’on a, il est étonnant que ça n’arrive pas plus souvent…     

26 Novembre 2009
Le gouvernement Charest pourri à l’os …?  

Le gouvernement Charest serait-il trop pourri pour accepter qu’il y ait une enquête publique sur l’industrie de la construction ?  Est-ce que les travaux d’infrastructures pour combattre la crise économique organisée par les riches sont du nombre des contrats pour les petits amis ?        

Les libéraux risquent que ça soit encore plus dommageable pour eux que l’enquête Gommery.  Si ce n’était pas le cas, il aurait déjà dit oui depuis longtemps et il faut se demander si cette résistance n’est pas un moyen pour permettre de faire disparaître les preuves.         

Ça ressemble au cas du Mont Orford.  On retarde pour avoir de nouveaux amis pour finalement imposer la solution que l’on croyait réaliser avant la tempête.  Qu’attend le gouvernement pour réintégrer les terres dans le parc?  Par contre, si ces terres sont réintégrées, je ne vois pas pourquoi (sauf s’il manque d’eau) on ne pourrait pas en dehors du parc construire des utilités pour que les gens puissent y résider.  On est pas tellement bien renseigné sur ce qui se passe.  Les décisions se prennent dans les hautes sphères et on connaît le degré d’honnêteté quand on a de l’argent dans ses poches…         

Eh oui ! On peut, tout en étant très intelligent, se demander si nos systèmes politiques et judicaires ne sont pas devenus des institutions de la mafia.  S’en étonner serait plutôt de l’ordre de la naïveté. 

Les deux grandes vaches à lait pour le blanchiment d’argent sont l’immobilier (les condos) et le pharmaceutique.  C’est ce qu’on m’a dit lors de ma dernière visite en « lieu sécurisé », toujours parce que je crois complètement débiles nos interdits sexuels, à moins qu’il y ait violence ou non-respect  du consentement.  

Je doute plus que jamais de la pertinence des règles sur le sexe ; car, on ne fait aucune nuance entre une situation non violente et une situation violente ou à base de drogue et de boisson.  La peur a toujours été une manipulation très rentable.  Nos systèmes en savent quelque chose.  Ils ont les médias pour ce faire.

De plus, j’ai toujours cru que mes idées politiques étaient la cause principale de cette ferveur à me disqualifier auprès des gens.  Paranoïa ?  Je m’en fiche.  J’ai d’autres questions plus importantes pour lesquelles chercher une réponse.  Je suis conscient d’être un rien dans le grand débat de l’indépendance.    

Ce n’est pas mieux au fédéral.  Le moyen de nous soutirer de l’argent est la guerre en Afghanistan pour appuyer un gouvernement absolument pourri, un ami de Bush.  Ces bandits ne sont encore écartés du jeu.  On a qu’à voir l’opposition que l’on mène contre le président Obama pour saisir jusqu’à quel point la corruption est profonde et tenace chez les riches républicains américains.  

Le capitalisme, tout autant que le communisme, l’Islam et Israël sont pourris à l’os.  Mais dans ce cas, la merde tient de l’industrie pétrolière et des religions.  L’homme n’a aucune importance à côté de la piastre.          

Le fanatisme religieux est une forme répandue de maladie mentale
.

Quant au pétrole, on en a fait un élément dont on ne peut pas se passer dans la vie moderne.  On peut voler en mettant des prix de fou, car on en aura toujours besoin.  On ne peut pas se passer de pétrole.

Plus on rend un produit indispensable à la survie, plus on a le contrôle, plus c’est payant.  Plus il s’agit d’une forme moderne d’esclavagisme.  Mais, on y peut rien.  Ils sont élus démocratiquement (on retrouve des votes en dernier, dans de nouvelles boîtes).  Si les gens sont assez fous pour mettre les libéraux au pouvoir… C’est qu’on aime se faire fourrer !

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