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Radioactif 559

novembre 19, 2022

Radioactif  559    
Textes de 2009, p. 1209,   

19 Novembre 2009
1970 : quelles années !

La fin prochaine d’un ami des années 70 provoque un nouveau retour en arrière.  Quelle période extraordinaire !  Riche en tout : la révolution, la littérature, l’espoir de grands changements, l’affirmation de ma pédérastie, tout en découvrant la beauté des femmes.         

C’était l’époque où on croyait dans la force du mot.  L’époque où on n’était pas encore aussi censuré qu’aujourd’hui.  L’amitié était plus importante que l’argent.  La beauté nous faisait pleurer de joie.

Le plaisir n’était pas encore de se priver sexuellement comme les curés. Leur plaisir est sadomasochiste parce qu’on refuse de reconnaître ce que l’on est vraiment : un corps et une âme sexués.    

Mes années les plus sautées furent celles de cette époque où j’étais journaliste à la Tribune de Sherbrooke.   Les années de la découverte de l’Acapulco gold et d’être sexuellement ouvert à tout.            

J’étais un de ceux qui se prenaient pour un grand révolutionnaire parce qu’il montait ou portait des projets pour sauver économiquement l’Estrie de la misère : le gouvernement régional, la Transquébécoise, l’aéroport international de Drummondville, Sherbrooke, Centre mondial des études littéraires de la francophonie avec Antoine Naaman, le projet de la zone spéciale.       

Tous ces projets qui murissaient dans ma petite tête, jusqu’à ce que le journal n’en puisse plus et remette le dossier entre les mains d’autres journalistes, moins agressifs, moins imbus de la nécessité absolue de réaliser ces projets.  Un gars qui rêve plus de donner que de recevoir. J’étais pourtant aussi cassé financièrement qu’aujourd’hui.   

On finissait toujours par m’interdire l’accès à mes projets journalistiques,
sous prétexte que j’étais trop politisé, que je faisais trop de commentaires dans mes textes.          

Disons que je dirigeais mes entrevues en sachant à qui m’adresser pour entendre ce que je voulais entendre.  À cette époque, il fallait toujours que l’on écrive exactement ce que l’on nous avait dit.  Mes préoccupations étaient de faire avancer et rapidement réaliser mes dossiers.  Que dire des journalistes d’aujourd’hui, j’étais un ange à côté d’eux.  J’interviewais ceux qui pouvaient changer les choses dans le sens que je croyais.      

Quand je voulais parler de la nécessité du fait français dans le développement du tourisme, je savais que Réjean Beaudoin en était un fervent porteur du ballon.  Pour le gouvernement régional, je me fiais au maire Dorilas Gagnon, à Bromptonville. 

Sherbrooke nous empêchait toujours d’avancer rapidement parce que ses dirigeants se prenaient pour le nombril du monde.  On n’avait pas encore compris que le développement, c’est régional.  Si une ville va bien dans ta région, toute la région en profite.  Pas difficile à comprendre, pourtant !
C’était pareil en littérature.  On était des amis. On se tenait et on avait un plaisir fou à vivre en compagnons.  On mariait poésie, peinture et musique.  On ne jalousait pas les autres, on fraternisait.            

Les propriétaires des médias ont compris depuis que ce sont eux qui mènent l’opinion publique et ils se servent de ce pouvoir pour nous faire oublier qu’il y a d’autres solutions que le fédéralisme. En fait, ils ne pensent qu’à leurs profits.      

La zone spéciale, un plan de plusieurs centaines de millions, avait été acceptée par Robert Bourassa, proposé à Pierre-Elliot Trudeau et son équipe, pour compenser le refus de choisir Drummondville pour l’emplacement du futur aéroport international.  J’étais seulement un peu trop impatient.   Je dirais parfois même un peu fou, ce qui me rendait arrogant. 

Quand t’es petit, tu te débats.  Je dirais même que j’étais baveux parce que j’étais peut-être un peu paranoïaque.  Je sentais que j’avais toute une bande de politiciens fédérastes contre moi.  La gang à Trudeau.  J’étais pris entre le besoin d’admirer le courage de Trudeau parce qu’il avait libéré l’homosexualité de la folie religieuse ; mais il était en même temps le roi des trous-de-cul pour le Québec. 

Les changements à la constitution ont tous tourné contre le Québec.  Le fédéral nous a placés dans une camisole de force.   

Le fédéral prenait tout ce qu’on faisait de bon, le changeait un peu et commençait à chier sur le Québec en dénonçant ce qu’il venait de nous voler comme « son idée ». Ottawa était le miroir inversé du Québec.  Il prenait tout pour nous écraser et nous dénoncer.  Toutes les idées croches qu’ils avaient, ils projetaient ça sur le Québec.  Ce qui était bon pour eux devenaient une erreur au Québec.  

Le meilleur exemple est la Charte des droits.  Le Québec avait déjà la Charte des droits de la personne quand le fédéral a décidé de se donner une charte pour contourner celle du Québec.   Les masochistes ont toujours plié et certains ont même été assez naïfs pour croire que toutes ces bonnes idées venaient du fédéral.  Le fédéral réagissait à notre émancipation en essayant de nous écraser, de nous ridiculiser. Il nous imputait tous ses défauts, mais il réalisait nos projets pour eux.                   

J’étais un jeune poulain qui voulait devenir un grand poète et qui déjà refroidissait les salles quand ça devenait très clair que j’étais citoyen de la Grèce Antique et surtout un petit jouisseur ayant l’esprit libre. 

J’étais né après mon temps, mais ça personne ne le savait, ni même moi, parce qu’on ne connaissait pas la pensée extraordinaire de la Grèce antique.     

Je dois avoir cheminé dans le grand Corridor de la réincarnation durant des millénaires avant d’atterrir dans un monde qui m’est absolument étranger.  Si j’ai déjà été quelqu’un de cette époque, je devais être un disciple de Socrate que j’admire encore.    

J’aurais pu croire que les hommes avaient évolué, mais je dois constater qu’ils sont en pleine régression grâce, à leur système de censure qui sert à protéger un capitalisme qui aurait avantage à être plus socialiste.   La réponse est toujours le juste milieu.  

Si tu ne penses pas comme les autres t’es au poteau d’exécution.  Il y a simplement des gens plus retardés que d’autres pour qui la peine de mort est encore considérée comme juste. Le pire, les censeurs d’ici se prétendent chrétiens.  Ailleurs, c’est l’Islam qui se prétend musulman alors que c’est l’équivalent de l’Inquisition catholique.  L’Islam a mélangé le politique au religieux, ce qui le rend encore plus fanatique.       

Ça y est !   C’est encore mal parti.  Pourtant, je me suis réveillé en allant, dans mon rêve, chercher ma petite chienne qui voulait me trouver et qui n’y arrivait pas.  L’être vivant pour lequel je me suis le plus attaché au cours des dernières années.  

Donc, j’étais de bonne humeur, gai et saluant la vie ; mais il y a de plus en plus en moi comme un ressentiment contre l’imbécilité de notre système qui prend le dessus très rapidement. 

Je suis une montagne russe entre l’espoir et l’indifférence. Une forme de « goutte de trop ».    

Avant je me disais, que je devais être fou car j’étais le seul à oser penser comme je le fais ; mais les jours s’accumulent et je constate que nous vivons dans un monde de pourris, sauf les vrais gens, les petites gens, ceux qui travaillent et vivent modestement.  Ceux que l’on côtoie quotidiennement. 

La folie, l’écoeuranterie, ce sont les mêmes trous-de-cul que je dénonçais quand j’étais journaliste.  Ils ont changé de visages, mais font partie des mêmes institutions.  J’ai passé ma vie à essayer de les contourner.  Je n’ai pas le succès que d’autres ont, mais je n’ai pas à me plaindre.  Je ne peux être que nostalgique, car dans les années 1970 on pouvait encore croire dans un monde meilleur.

19 Novembre 2009
La Grèce antique et moi.

Je conseille de lire L’histoire de la sexualité, par Michel Foucault (trois livres).  Il explique très bien, à mon sens, pourquoi on a éliminé l’amour des garçons aux dépens de la famille monogamique.  À ma surprise, c’est d’abord et avant tout une question de « plaisir ».         

C’était moins de problèmes d’aimer sa femme que d’aimer un garçon, même si l’amour des garçons était perçu comme ce qu’il y a de plus noble. L’amour du garçon est plus spirituel dans sa finalité, car, il tend à modeler une âme pour le bien de la Cité et non juste assurer une survie physique de l’espèce humaine.        

Même si on reconnaissait que l’amour des garçons était ce qu’il y a de plus sublime, avec la guerre entre les philosophes,  les pythagoriciens et les stoïciens, on a commencé à tout contrôler, en réfléchissant sur quel genre de garçon on devrait aimer, ce que les autres en pensent, les conditions pour que cet amour soit noble . 

Aimer un garçon, c’était lui apprendre à vouloir être digne de celui qui l’aimait.  C’était recherché son plein épanouissement.  C’était vouloir lui donner ce qu’il y a de mieux.  La pédérastie était donc nécessairement très pédagogique.  Elle débordait le plaisir sexuel.   

Cette réflexion portait d’une manière plus large, finalement, sur le rôle que doit jouer l’homme, la femme et l’esclave.  Résultat dans cette recherche de l’homme tempérant, de l’homme à la quête de la Sagesse, on en est venu à rendre cet amour de plus en plus platonique.  Ce devait être comme aujourd’hui, on réfléchissait en fonction du mode de vie.  Les penseurs étaient comme nos partis politiques.  Ils se cherchaient des adhérents.         

Or, l’homme devait, même si c’était au dépens de sa vie (le sperme étant au pire une partie du cerveau, une partie de la moelle épinière ou au mieux l’écume du sang surchauffé en faisant l’amour) se créer une descendance pour assurer la survie de son espèce.  Faire l’amour, c’était une dépense dangereuse de sa chaleur. Un geste de générosité pour l’homme.     

Tous ces amours envers le garçon avaient pour but de le rendre plus capable éventuellement d’occuper un poste de commande au sein de la Cité.  Chacun s’espionnant, se bitchant, il fallait devenir de plus en plus pur pour faire valoir sa conception.  D’autre part, on n’avait pas de règles à observer, sinon la fréquence pour faire l’amour avec sa femme (et à ma surprise seulement sa femme).  De préférence l’hiver ; jamais l’été. Nous sommes plus cousins de la Grèce antique que de la France, qui craignait les bancs de neige.      

Pourquoi donc s’embarrasser des garçons quand on peut avoir le même plaisir dans le mariage et que ce soit bien vu ?  Pour être pédéraste, il fallait être riche, car, la compétition se jouait souvent à travers les cadeaux.  La vie sexuelle d’alors était aussi réglée que celle d’aujourd’hui.  Tu ne faisais pas l’amour quand tu voulais, mais selon ce que les médecins et philosophes avaient établi en complicité évidemment avec la foi de la religion.  Religion means money, power

Le capitalisme est une sublimation de sa sexualité. Le fascisme est l’élimination de sa sexualité.   C’est ainsi que le sexe mène le monde : on ne peut pas échapper à ce que l’on est, tout ce que l’on peut faire, c’est canaliser ou réduire les besoins.   

Être pédéraste était déjà un privilège de la classe aristocratique et bourgeoise, car, en plus du rôle pédagogique de la pédérastie, tout le « cruising » était clairement défini.  Pour avoir son « aimé », il faut être assez riche pour le séduire.  La pédérastie amenait le jeune à exercer un pouvoir sur lui-même.  Puisque le rôle de l’aimé était de ne pas succomber immédiatement, de résister, on en vint à croire comme Platon que la chasteté était bien meilleure.  On se vantait d’être pédéraste, mais on ne faisait rien sexuellement, pour épater la galerie afin de prouver sa tempérance.           

On ne voulait plus seulement de la beauté du corps, mais surtout, celle de l’âme. On croyait dans l’obligation de la complémentarité de l’âme alors qu’à mon avis, l’amour pédérastique est une forme comme les autres de trouver «l’âme miroir» quand son cheminement personnel est plus valorisé que la survie physique de la race.          

L‘autre est essentiel pour se développer.  L’autre peut être un complément, mais il se doit aussi d’être un moyen pour mieux se connaître.  C’était le rôle du garçon.  Le moyen de choisir les qualités et les défauts que l’on voulait privilégier chez le garçon, mais pour être reconnu comme porteur de ces vertus.  Un homme connaît mieux un homme qu’une femme. Le garçon apprenait à devenir un homme.           

Tout reposait sur le consentement.  Le jeune avait le choix absolu sur le oui ou le non. Pour que cet amour soit valable, le jeune devait avoir des qualités recherchées.  On recherchait un garçon qui n’est pas trop jeune, mais qui n’a pas encore de barbe. Aussi bizarrement que ça paraît, l’amour entre homme était mal vu, car dans ce cas, l’un des deux devaient jouer le rôle passif, de receveur, joué normalement par la femme.  On méprisait les efféminés.     

L’amour des garçons reposait sur l’obligation d’engendrer une profonde Amitié.   Aussi quelque chose de très bizarre : si on n’aimait pas la sodomie pourquoi rejetait-on aussi la fellation ?  Est-ce que la fellation était une forme de vol de ce que l’autre a de plus précieux : son sperme ? Difficile à dire, on n’était pas là, et on n’a pas de document sur le sujet (du moins que je connaisse).      

Ainsi, les rôles étaient clairs, les choix aussi.  Dans son foyer, on faisait l’amour à son épouse pour avoir une descendance, la concubine était là pour les soins du foyer et il était mal vu d’avoir une prostituée ou de se payer son esclave quel que soit le sexe. La raison était bien simple : c’était manquer de tempérance.  Aimer un garçon, c’était aimer la beauté.     

Un autre élément très surprenant, toujours selon Foucault, la femme était vue comme inférieure à l’homme que pour une raison : la fille appartenait à son père.  Elle devait se marier vers 16 ans alors que l’homme devait avoir entre 25 à 35 ans parce qu’on croyait que c’était le moment où il était le plus capable d’engendrer des enfants qui soient robustes et en santé.  On craignait la mortalité enfantine et on pensait que les enfants créés en dehors des prescriptions ne seraient pas en santé. Donc, un autre problème pour la Cité.       

La femme était une partenaire, et non l’égale, de l’homme. Elle gérait la ferme sous sa gouverne, après l’avoir appris de lui.  En fait, la femme était inférieure à l’homme, simplement parce qu’elle devenait son épouse alors qu’elle était beaucoup plus jeune que lui.  Le pouvoir de l’époux sur l’épouse reposait donc sur sa jeunesse.  Étant jeune, elle devait s’appuyer sur son mari.  Elle devait apprendre à gérer la ferme à partir de son mari. La femme était la permanence, la sécurité, la gouvernance.  Le garçon lui était la beauté, le plaisir. Le garçon était le miroir de l’homme pour l’homme.          

C’est assez fascinant de voir la profondeur de la pensée des grecs, mais en même temps, c’est hallucinant de voir jusqu’à quel point la vie était dirigée par des erreurs scientifiques et des préjugés religieux. 

Ce serait drôle de rediscuter avec Socrate dans le monde contemporain où (et c’est très bien), l’homme et la femme sont égaux… du moins jusqu’à ce que les femmes aient une nouvelle majorité numérique ce qui leur permettra de revenir à une société dite matriarcale, c’est à dire dominée par la femme.   Le rêve caché de bien des féministes.       

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