Aller au contenu principal

Radioactif 539

octobre 30, 2022

Radioactif 539

Textes de 2009, p. 1103

Des élections : la faute de la gouverneure générale.

Si Michaël Jean avait eu l’intelligence d’accepter le renversement du gouvernement Harper en décembre dernier (un geste démocratique puisque la majorité des électeurs avaient voté pour les partis voulant créer cette coalition) on n’aurait pas d’élections cet automne.      

Alors, ceux qui braillent parce que c’est une dépense inutile devraient comprendre que le problème vient du fait que l’on est encore sous la gouverne d’institutions rétrogrades par leur incapacité à se renouveler et à s’adapter au monde moderne.  On a même pas l’ombre du vote d’une proportionnelle.           

Cet épisode nous a aussi prouvé deux choses : l’indépendance du Canada vis-à-vis de la reine, c’est de la bouillie pour les chats. 

Le Canada n’a jamais été assez intelligent pour briser tous les liens avec la royauté britannique.  L’indépendance commence au moins ainsi.  Pas de reine, pas de représentants (es) de la royauté.  Le gouverneur devient un poste strictement administratif.   C’est au parlement d’en définir le contenu.  Et, au diable, les serments à la reine.         

Pire, si cette situation existe c’est que le Canada n’a jamais complété le rapatriement de la Constitution et, par conséquent, le Canada en entier n’a pas de nouvelle constitution puisque le Québec a refusé de signer , sauf, celle de 1867.         

Alors pourquoi, nous demande-t-on de penser comme si la constitution existait? C’est chercher à réaliser l’indépendance du Québec, en respectant des règles constitutionnelles qui n’existent même pas. Le Canada veut mettre le Québec dehors, s’il ne se conforme pas à ses vues.     

L’intérêt des partis politiques passent bien avant celui de la population.  C’est pourquoi M. Ignatieff n’a pas accepté de respecter la coalition : son parti avait besoin de temps pour avoir le minimum de crédibilité possible et nécessaire pour remplacer l’infâme Steven Harper, le Bush du Nord.  Un autre Stéphane Dion qui passe l’intérêt du parti avant celui du peuple. 

La démocratie a un prix, celui entre autres, de se tenir au courant.  Si on réfléchissait,  on ne crierait pas au meurtre dès qu’il est question d’élection ou de référendum.  Dans d’autres parties du monde, les gens sont prêts à mourir pour aller voter.  Ici, on ne veut pas être dérangés et on a les gouvernements qu’on mérite, soit des Lacroix, en toute impunité.       

La crise économique n’existe pas, c’est une fraude mondiale, grâce à la mondialisation.  Et pourtant, c’est seulement de cela dont on va nous parler pendant des semaines.  On va bourrer les dindes pour Noël.


L’assimilation à haute vitesse.

Pour la première année, à Montréal, les écoles publiques reçoivent une majorité d’élèves anglophones.         

Ce désastre était prévu depuis très longtemps, mais les libéraux fédérastes préfèrent s’occuper des règles pour s’en mettre plein les poches plutôt que d’assurer la survie d’un Québec français.  Tant que ça paie, en anglais ou en français, ça n’a pas d’importance.          

Si on ajoute les écoles privées qui se donnent des vocations religieuses (juives, islamiques, etc.) pour contourner les lois linguistiques, dans peu de temps, il sera à jamais trop tard pour que les Québécois puissent préserver un Québec français.    » Too late, it’s too late « , chantait Pauline Julien.            

La lâcheté de nos politiciens, leur manque de perspective aura eu raison de notre détermination de demeurer francophone.  Lord Durham voyait juste.  » Le temps s’occupera des résistances.  L’immigration et le travail seront les moyens les plus efficaces pour l’assimilation », pensait-il avec raison.       

Maintenant que ce phénomène est une réalité, l’assimilation s’accentuera à grande vitesse.  Montréal est le coeur du Québec.  Bizarre qu’on n’ait pas encore compris ça. Le comportement des anglophones de l’Estrie n’est pas celui de Montréal.   À Montréal, ce sont les anglophones qui montrent les dents quand les francophones ne s’aplatissent pas devant leurs revendications.              

Quand tu enseignes en Ontario dans les écoles françaises, tu te rends compte que les élèves parlent en français quand ils sont en classe, une obligation parfois même difficile à faire respecter, mais la langue d’usage dans les corridors est l’anglais. Beaucoup se sont arrachés les cheveux sur la tête pour trouver une solution à une telle situation. 

La langue ne doit pas devenir une prison, mais comment la préserver si elle n’est pas une obligation pour ceux qui ne l’ont pas déjà dans le sang.  Tout immigrant devrait avoir une connaissance de français de base et une obligation d’apprendre le français en arrivant.    

Le Canada est anglais : il y a de la place pour tous ceux qui ne veulent pas apprendre le français.  Ce n’est pas du racisme, c’est nous qui sommes chez-nous. Si on allait chez eux, on devrait parler leur langue.         

Ceux qui croyaient que le français n’était pas en danger parce que chez eux on ne parle que le français vont vite apprendre que l’assimilation à une vitesse grand V n’est qu’une question de deux ou trois générations.            

Et, pensez-vous que ce sera Jean Charest qui trouvera moyen de nous sauver de l’assimilation ?  Il ne parle et ne pense qu’à l’économie pour endormir les Québécois qui n’ont jamais rien compris à cette science de « voleurs en cravates ».  Une spécialité d’avocats.           

Il y a quarante ans le Québec souffrait de structurite, aujourd’hui, sa principale maladie est la règlementalite.  Plus il y a de règlements pour tout, plus les gens doivent marcher les fesses serrées, mais plus les élites peuvent en profiter.  Les amendes sont une forme de vols légalisés.   

Plus il est difficile de bien vivre, moins on a le temps de rendre compte qu’on se fait fourrer. On augmente les taxes, on augmente les tarifs, mais on tue les syndicats et les augmentations de salaires.  Ainsi, le coût de la vie augmente tout le temps, il en faut plus pour vivre.  Les moyens des consommateurs faiblissent.  Résultats : On se garroche au travail pour améliorer son sort, pendant que nos chefs se la coulent de plus en plus douce.  Les journaux pensent pour nous et pensent comme leurs patrons.          

Le capitalisme est comme le communisme (une petite gang qui s’en met plein les poches) une organisation pour rendre l’exploitation de la majorité légale. 

Parler d’économie, ça permet de cacher les autres problèmes.  Il est probablement déjà trop tard, on est déjà cuits. Il n’y a que quelques riches qui dirigent la planète.       

Si on veut que l’indépendance se fasse faudra cesser de la faire définir par la petite bourgeoisie et repenser ce qui serait le mieux en fonction de la majorité, c’est-à-dire de la classe ouvrière.              

Quand tu gagnes 100,000$ et plus, tu oublies comment la vie est difficile quand tu ne gagnes que 18,000$ par année (c’est déjà au-dessus du salaire minimum).  Pas étonnant que nos économistes voient la société en fonction de la rentrée de deux salaires dans une maison. Tu ne peux pas survivre autrement.   

Notre turpitude est telle que Charest passe pour un héros, en se fermant la boîte et en faisant semblant de temps en temps de défendre les intérêts du Québec contre le fédéral.  Je suis certain que les valeurs mobilières sont déjà passées aux mains des fédérastes. Gouvernement d’hypocrites.  Avons-nous le gouvernement qu’on mérite ? 

(En 2011, la Cour suprême contre toute attente donne raison aux provinces. Serait-ce qu’on se rend compte qu’enlever encore des pouvoirs au Québec sera ce qui déclenchera une nouvelle lutte pour l’indépendance du Québec ? )      

Le Canada séparatiste.   

Qui sont les vrais séparatistes puisque la manière d’aborder l’indépendance du Québec tient plus à la création d’une véritable Confédération qu’à une séparation véritable ? 

Les vrais séparatistes sont ceux qui, comme Stephen Harper et Michaël Ignatieff, refusent de reconnaître la vraie place du Québec au sein du Canada.  Pour ce faire, ils pourraient accepter entre autres qu’Ottawa se retire complètement de l’immigration, de la langue et de la culture. Une preuve de bonne volonté et de respect envers le Québec.          

Est-ce qu’un Québec qui aurait tout ce qu’il veut d’essentiel à sa vie culturelle et économique, ce qu’il espère depuis des siècles, se retirerait automatiquement du Canada ?  Pas certain.  Advenant un oui, on a même pensé qu’il y aurait des négociations et qu’à la suite de celles-ci on aurait un second référendum pour entériner les décisions ou se séparer du Canada.  Rien n’est plus clair.     

On est un des rares endroits au monde où on pourrait se séparer ou changer la fédération pour une vraie confédération sans avoir à prendre les armes.  C’est extraordinaire, mais on a encore peur.  

Le jour où la très grande majorité acceptera de dire à Ottawa, c’est assez, voilà ce que l’on exige ou on fait bande à part, ou on fait une grève nationale, on l’aura. Pour ça, il faudra apprendre à se tenir debout.  Il faudra arrêter de ramper.       
Actuellement, on divise tout le monde : Montréal contre Québec, les féminounes qui pleurent parce que les femmes n’ont pas assez de pouvoir alors qu’elles veulent l’égalité pour diriger et évidemment les immigrants contre les souches.

Un pays, c’est bon pour tous ceux qui vivent sur son territoire.  C’est pourquoi, on doit le faire comprendre à ceux qui s’y opposent encore pourquoi il est dans leur intérêt de chercher des solutions acceptables pour tous.      

Comme en Europe,le Québec doit devenir un état avant de pouvoir devenir un état dans une véritable confédération (plusieurs états qui s’associent ensemble).  L’état doit exister pour pouvoir se définir.  Ce n’est pas qu’une question de rhétorique.  ¨ Créer une confédération (les principaux pouvoirs appartiennent aux provinces) implique aussi de nouvelles négociations pour un nouveau partage des pouvoirs. On ne peut pas s’en sortir autrement. Ou on prend les armes. Je ne crois pas que ce soit la solution.  Le fédéral enverrait à nouveau son armée. Les gros sont incapables de songer à une solution sans jouer aux bras.  Ils ne négocient pas, ils imposent.      

La façon de présenter le projet fut toujours : pas nécessairement l’indépendance, mais l’indépendance, s’il le faut.  Il n’existe maintenant que l’indépendance.

L’indépendance était une épée de Damoclès pour aller chercher le plus de pouvoirs possibles à Ottawa.  On doit l’avoir compris puisque l’indépendance est devenue pour plusieurs une simple carrière politique.  Parfois, on a l’impression que les souverainistes sont les pires ennemis de la souveraineté.  On n’en parle jamais, sauf pour dire le mot  » pays du Québec », ce qui n’allume pas nécessairement le peuple.  Pourquoi être un pays quand on est si bien dans le Canada ?  (Si on se met dans la peau des anglophones ou des libéraux qui rêvent de devenir plus riches).     

Dès que ça chauffe, on donne une petite loi 22 (titre ronflant avec rien dedans, mais qui nous affaiblit avec le temps ou encore un rapatriement avec la reine en prime).

Charest est le deuxième artisan privilégié de cette hypocrisie nationale.  On ne remet pas en cause le système, il est trop payant pour ceux qui ont déjà les moyens de s’en faire plus. Les vrais bandits s’occupent principalement ces temps-ci de l’immobilier et de la santé.  Le racket des petits vieux à éplucher avant qu’ils meurent.   

C’est possible, grâce à l’économie.  Quand les libéraux sont au pouvoir, les assoiffés vident les coffres, grâce aux lois qui les aident à mieux réussir leur coup d’argent.  Quand ça devient trop évident, on reverse le gouvernement par le Parti Québécois.       

Pour faire face à la situation, le PQ doit créer une tonne de lois impopulaires pour rééquilibrer le budget et il se fait mettre dehors quand on se dit qu’ils sont tous pareils. Mais dans les deux cas, les penseurs sont loin d’être pauvres. L’urgence n’y est pas. L’indécision est payante à long terme.

En fait, le problème au Québec, on est mené par des bourgeois.  Comment peux-tu comprendre les gens qui gagnent moins de 20,000$ par année alors que tu nages dans au moins tes 100,000$.    

T’augmentes le coût de la vie, pour te faire encore plus d’argent, et les pauvres sont encore plus pauvres.  Plus t’es pauvre, moins tu peux agir.  Plus tu te sens impuissant, moins t’es dangereux. 

Les femmes n’ont pas conquis de nouveaux pouvoirs, le système a compris que c’est plus payant de serrer assez la « visse » afin d’obliger les gens à vivre avec deux salaires.

Si on respecte la valeur et le sens des mots, on constate que la souveraineté n’est pas l’indépendance.  Si je me rappelle bien, le mot souveraineté est apparu avec Lucien Bouchard et il avait pour objectif d’arrêter d’utiliser le mot qui fait peur : indépendance. 

Souverainiste n’est pas indépendantiste.  Les souverainistes envisagent une nouvelle forme de relations avec le Canada, tandis que l’indépendance implique que le Québec est un nouveau pays qui n’a plus rien à voir (sauf l’économie) avec le Canada.  Avec l’indépendance, Ottawa n’a pu un seul mot à dire au Québec. Voilà, c’est toute une différence.  

Ce qui est intéressant, M. Jacques Parizeau est le seul à avoir défini ce qu’il entend par souveraineté : pouvoir signer les ententes internationales (ce qui peut convenir à n’importe quelle province), ramasser tous les impôts (payer sa cote part dans la confédération), faire ses propres lois (avoir droit à une culture et des valeurs différentes).  Rien de bien malin.  Mais, le tata à Chrétien a réussi à faire croire aux gens que la question référendaire n’était pas claire.  On ne peut pas avoir plus claire que le mot et sa définition.     
 
On a jamais été appelé à se prononcer sur une question indépendantiste, mais on a toujours nagé dans le compromis en se faisant accuser d’être trop radical.  

Comme par hasard, au lendemain du référendum, en 1996, je fus accusé et mis en prison pour attouchement sexuel en dehors de mon enseignement, j’ai toujours cru que c’était le résultat d’un piège politique.  Je venais de démissionner comme présent de la Société nationale des Québécois de Val-d’Or et je me battais contre la partition de Stéphane Dion.  

Pendant que j’étais dedans, Stéphane Dion passait sa loi sur la clarté. C’est peut-être un hasard, mais je peux en douter.   Je n’ai pas été tabassé, parce que l’on m’identifiait à la révolution, au FLQ.           

Quand le système veut écraser la souveraineté, il se sert toujours des extrémistes pour tuer le projet.  Après 1970, on a tout fait pour faire croire que le Parti québécois était terroriste alors que le FLQ, me semble-t-il, est beaucoup plus une mouvance communiste qu’indépendantiste.  Ce n’était sûrement pas René Lévesque qui appuyait le FLQ.  

Mais, en réalité, si on avait ce que M. Parizeau demandait au dernier référendum, on aurait même pu besoin de brandir une menace pour obtenir un petit 25 cents et de risquer de disparaître comme nation. 

Montréal est en train de devenir anglais, ce sera ensuite qu’une question de temps pour que le reste du Québec suive. Too late, it’s too late !        

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :