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Radioactif 530

octobre 20, 2022

Radioactif 530

Textes de 2009, p. 1068

Défoulement négatif

Il m’arrive très souvent de vouloir arrêter d’écrire, tout simplement parce que ça n’a aucune résonnance politique et sociale. 

Je ne crois pas dans mon talent.  Si je ne suis pas publié, c’est que je ne vaux rien. Je dépense plus pour écrire que ça me rapporte. 

Écrire, ça sert à quoi ?  Est-ce une perte de temps, un moyen pour se prendre pour un autre, pour se faire croire qu’on a de l’importance, qu’on sert à quelque chose ?  Une façon de ne pas être absolument vide ?  Une manière de te faire oublier que tu es rien ?  Est-ce que ça change un iota dans la réalité ?   Pourquoi écrire ?  Est-ce pour se faire haïr dès que tu ne penses pas comme tout le monde ?  Ne suis-je pas déjà assez détesté comme ça ?       

Fini le léchage de nombril ?        

Une grande question existentielle : suis-je utile à quelque chose ?  Une fausse question ?  Un besoin narcissique ?  Qu’importe pourvu que mes écrits amusent quelqu’un ou nourrissent les potins.  Mais, s’il n’y a pas un de mes livres en librairie, comment me lire ?  Je suis mort avant de mourir.     

De toute façon, les gens t’aiment seulement quand t’es mort.  Quand t’es vivant, tu leur tombes sur les nerfs parce que t’as toujours un petit caprice particulier.  Tu forces les gens à s’interroger.  Ça les fatigue.  Et au Québec, il faut que tu sois dans les rangs, si tu veux exister.               

On ne va plus à l’église, mais on continue d’agir comme si on croyait.  En fait, c’est qu’on a peur que leurs mensonges soient la vérité.  On a encore peur de l’après-mort.

On ne veut pas entendre parler de cul, si c’est pour remettre en question ce que l’on a appris, mais on se gorge de tout ce qui s’écrit sur les procès à caractère sexuel.  C’est même devenu nos manchettes.             

C’est rendu aussi grave de se faire masturber que la guerre en Afghanistan ou le sort des jeunes tuer par la drogue.   Money ! Money !  Our new GOD. 

Les Desmarais- Péladeau engagent les nouveaux curés qui doivent nous apprendre à penser ce que l’on doit penser.  Hors les chroniqueurs, plus de salut.  La Cour remplace la confession.       

Une élection qui maintient la démocratie, on trouve que ça coûte trop cher, mais on dépense des milliards pour l’armée.  Aime ton prochain comme toi-même… belle hypocrisie morale !  Qu’est-ce qu’on protège en Afghanistan ?  La vente de l’héroïne ?    

C’est vrai, mais j’adore écrire. C’est une satisfaction extraordinaire.  Une éjaculation du cerveau ahurissante, surtout quand tu sais qu’on te lit.  Orgueil mal placé ? Je ne sais pas, mais à tous les matins, je vérifie combien j’ai eu de lecteurs.  Et alors, je fais le gars surpris : est-ce vraiment possible qu’il y en ait eu autant ?  Le doute.  La déchirure intérieure. 

Si les chiffres étaient faux ?  Mais, s’il y en a dix de moins, je crois que je n’intéresse plus personne.  Là, les chiffres sont vrais.   Quelle vie tournée absolument vers la capacité d’intéresser les autres, vers le nombrilisme intellectuel, la diarrhée verbale écrite.  

Un moyen de se faire croire qu’on a une certaine importance.  Qu’on n’existe pas pour rien. 

Que serait le monde sans nous ?  Pourrait-il réfléchir, aller vraiment au fonds des problèmes ?                                                                          

Même si j’écrivais 33 livres sur la paranoïa entretenue sur la sexualité des jeunes… un prolongement des sermons des curés qui ont toujours mené le Québec … une incapacité viscérale de voir que cette différence entre un gars et une fille n’a absolument rien à voir avec l’égalité absolue et viscérale entre les hommes et les femmes, une manière d’écraser son estime de soi, ça ne changera rien. 

Quand on croit, on croit.  On est libéral à la vie à la mort, ou indépendantiste. 

Les autres partis ne servent qu’à nous faire du sur-place tant qu’on n’aura pas des élections proportionnelles. Rien ne peut nous faire changer d’avis.  Les curés nous l’ont dit, on ne va plus à l’Église, mais on continue d’avoir peur qu’ils aient raison. On obéit au mot à mot de leurs délires sexuels.  Même les plus baveux crient contre les pédophiles pour se donner de la valeur;  mais personne ne fait la nuance existant entre la pédophilie et la pédérastie.       

Les médias et les féminounes sont subventionnés pour entretenir la peur et l’ignorance. Quand trois lecteurs me lisent, 300,000 lisent et croient le Journal de Montréal.  Martineau, le faux évêque, pontifie du haut de sa chair, peu importe que ce soit vrai ou faux.     

Ce que j’écris n’a donc aucune importance.  Sauf, que j’espère faire comprendre mon point de vue, à partir de ce que j’ai vécu, mais et c’est là tout le drame : je me crée une dépendance en essayant de susciter de l’intérêt chez les gens qui me lisent.   

En réalité, je veux me faire croire que je suis quelqu’un, un écrivain, même si j’ai toujours vécu en dehors des normes.           

Je ne sais malheureusement pas qui me lit, mais il doit y en avoir et c’est devenu pour moi une raison de vivre.  Je vis pour des lecteurs que je ne connais pas.    

Avant de mourir, Monique Bosco se posait la même question : qui me lit ?         

Je me fais croire, pour justifier qu’on me persécute, qu’on préfère discuter des choses en surface plutôt qu’en profondeur, on prend l’acquis pour l’éternel ; sauf, que j’aurai réussi à me faire haïr par tout le monde.         

J’aurai tenté de réfléchir à partir de mon expérience, de ma jeunesse, sur un sujet tabou : comment vit-on sa sexualité quand elle n’est pas celle de tout le monde, quand elle ne répond pas aux normes ?  Et aussi, ces normes sont-elles intelligentes ?  Que faire quand la réponse est NON ? 

Les règles sexuelles ont été inventées par une bande de débiles en quête de pouvoir vivre sans tentation.  Les saints sont souvent des déséquilibrés qui prennent leur envie pour le diable.

Les adultes ne sont-ils pas responsables des écarts entre la nature et l’enseignement moral en essayant d’imposer la censure sur tout ce qui est sexuel ?  En agissant comme une bande d’hystériques ?    D’où nous vient cette maladie de tout vouloir cacher, soit par l’interdit ou par la honte ?       

On ne peut pas parler positivement de la pédérastie que l’on confond avec la pédophilie par ignorance et malhonnêteté intellectuelle.    

Faut contrôler les jeunes.  Ce sont des imbéciles qui ne comprennent pas que jouir peut être un danger, ça fait mal, ça fait mal !  La morale a un profond dédain pour les jeunes. 

Ce discours permet un réseau de chantage et un moyen de ramasser de l’argent (les fondations).  Il cache notre incapacité de penser autrement que de ce dont les religions nous gavent.          

C’est bien beau d’avoir la tête enflée, de croire que ce que tu fais est important, mais ça ne me suffit pas.   

Mon ami Micmac Jean Ferguson a toujours voulu être reconnu comme un bon écrivain.  Il m’a temporairement transmis ce besoin que je qualifie maintenant d’orgueil.  

Pour moi, c’était sans important que je laisse ma trace.  Aujourd’hui, je me fais croire que je m’en crisse royalement, mais j’aurai tout fait pour qu’il y en ait une, même si c’est inutile.    

J’aurai vécu mes contradictions internes comme tout le monde.  Je garde ma petite tête enflée, tout en riant de moi.  L’autodérision, c’est autant de plaisir que d’écrire.

Les écrivains québécois sont presque aussitôt oubliés dès qu’ils meurent.  Quand tu meurs, tu ne sais pas ce qui se passe ici-bas alors pourquoi ce serait important ?  On m’a déjà privé de mes droits d’auteur ou de toute forme de redevances.  Même mort, je ne vaux rien.     

Par contre, je crois que les morts restent en contact avec nous.  Le culte des morts n’est pas insignifiant ne serait-ce qu’inconsciemment ils nous apportent un courage qu’on n’aurait pas sans cette croyance.  Ils nous rappellent ce qu’est vraiment l’amour, la beauté d’être entouré par des êtres avec qui il a fait bon vivre. 

Qu’est-ce que mes écrits peuvent changer ?  Rien.  Nous sommes dirigés par une bande de bandits qui aimeraient bien mener les populations par le bout du nez, d’où leur intérêt de s’occuper de tout ce qui touche les communications. 

Les gens votent par lavage de cerveau et croit à partir des histoires qu’on leur raconte. 

Nos gouvernements ne veulent rien changer : ils agissent par sondages. On ne veut rien régler tant qu’il n’y a pas de crises.    

D’ailleurs, je suis proscrit dans tous les milieux bourgeois et officiels.  Je serais trop baveux, un provocateur, (dans mes écrits, car dans la vraie vie, je suis généralement apprécié pour mon bon caractère).    

On fait des campagnes contre la censure et pourtant les écrivains du Québec sont les premiers à m’expulser parce que je parle de pédérastie (quand ce n’est pas ça, c’est pour la politique)  

Que voulez-vous, je suis encore et serai jusqu’à ma mort, un indépendantiste.  Un Québec indépendant, c’est vouloir vivre, reconnaître notre valeur et avoir assez confiance en nous pour inventer notre avenir. 

Mais, on croit qu’on ne vaut rien. On préfère se faire voler par les libéraux ou écraser par les conservateurs.  On aime ça être méprisés, faute de savoir qu’on est une nation extraordinaire.        

Plus les jours passent, plus je suis indépendantiste parce qu’il est évident que je n’accepterai jamais de compromis dans mes valeurs.  Je serai toujours plus à gauche qu’à droite.  

Pour les indépendantistes de carrière, je suis la honte totale parce que je mélange sexualité et politique… comme si les lois n’étaient pas écrites par le politique.   Je n’ai pas besoin de votes d’où j’ai je peux continuer d’être un esprit libre.  Et, ça fatigue ceux qui croient que je ne pourrai jamais faire de quoi bon.      

Maudit, ce n’est pas ce que je voulais écrire.   

Par ailleurs, j’ai un de mes anciens étudiants qui m’avaient demandé une vidéo sur un show poétique fait par les profs de Percival.  Je ne savais pas où il était, mais je viens de le retrouver.  Pourrais-tu communiquer avec moi.      

Et voilà, je peux revenir à Virus.  J’aimerais que vous me fassiez parvenir ce que vous pensez qu’il pourrait lui arriver.

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