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Radioactif 510

septembre 29, 2022

Radioactif 510

Textes de 2009, p. 996 

              2009

Quatre ans à écrire, il arrive souvent que l’on radote.  Les mêmes sujets reviennent, mais j’ai essayé d’éviter ce désagrément.  D’autre part, j’ai enlevé Platon, Virus et Diogène, car ces carnets peuvent se retrouver dans une même histoire et devenir éventuellement une espèce de roman.

Pour compléter mes carnets, j’étudiais en même temps ce qui se passait en Grèce Antique et je lisais les trois tomes de l’histoire de la sexualité, d’Alain Foucault.

Si notre monde est fucké, la dérive a commencé il y a bien longtemps. Pourquoi ne pas s’amuser à en chercher la réponse?

(La dernière série date de 2009. Elle s’échelonne entre les pages 996 à 1708. Comme d’habitude, je commenterai à l’occasion, soit parce que j’ai changé d’idée ou pour mettre la réflexion à date).

Éducation sexuelle.         

L’éducation sexuelle au Québec a toujours été une catastrophe parce qu’on n’est pas encore sorti de l’aliénation religieuse.  Pire on est maintenant sous celui des féminounes, une prolongation naturelle du discours présentant la femme comme le péché ambulant et le rejet absolu de l’homosexualité et qui conduit à la honte et à la culpabilité.  

Les curés nous ont lavés le cerveau avec leurs péchés afin de pouvoir tous nous mener par le bout du nez.  La sexualité était l’arme par excellence.  En décrétant le sexe, comme le péché des péchés, tout individu avait un moment ou un autre dans sa vie à se constituer pécheur. Le péché de la chair, c’est implanter la mésestime de soi dès l’enfance.             

L’approche religieuse et bourgeoise est antinaturelle.  Il faut considérer le corps comme mauvais, inférieur à l’esprit.  Ainsi, toute personne part avec la mésestime de soi comme cadeau de son hérédité : le péché originel.   

Comment peut-on croire qu’un bébé naît avec la tâche du péché en lui ?  Il faut être pas mal sauté. La transmission des gênes inclurait ce que nos ancêtres ont fait ?  J’ai de la misère à croire ça.      

En décrétant la sexualité mauvaise, si honteuse qu’on ne doit même pas en parler ; les curés savaient, grâce à la confession, qu’ils imposaient ainsi leur pouvoir sur chaque individu, tout en connaissant ceux qui aimaient le fruit défendu.  Toutes les accusations sexuelles ne provenaient pas de victimes forcées à commettre un péché.  Quand tu aimes ça et que tu as du plaisir, peut-on vraiment parler de victime?        

«T’y veux-tu aller en enfer ?».  Ces paroles suffisaient pour provoquer la diarrhée ou te constiper à jamais.  On a toujours ainsi abordé la sexualité dans l’ignorance et la folie au Québec : ça faisait l’affaire de ceux qui nous dirigeaient, car ainsi on nous maintenait dans la honte d’être ce que l’on est.      

Ce handicap nous fait accepter de se percevoir en un peuple né pour un petit pain.  Rien de mieux que de déclarer un sujet tabou pour que rien ne change.  On a peur ou on a honte d’en parler.  Les journaux s’efforcent de monter le problème à la dimension de catastrophe pour maintenir une certaine paranoïa.  La peur est ce qui paye le plus.  Ceux qui ont peur sont prêts à tout pour retrouver le calme.           

Pas étonnant que notre éducation sexuelle soit inexistante.
  On veut rétablir ce tabou pour que les imbécilités que l’on nous apprend ne soient pas dénoncées dans le grand public.  Pourquoi un gars aurait-il honte de bander?  Pourquoi les menstruations seraient-elles une maladie ?    

À Val-d’Or, la police ramassait tout ce qui touchait au sexe comme étant du matériel pornographique,  même dans des revues d’éducation sexuelle où on montrait des photos ou des images de jeunes nus.  On s’adressait aux jeunes pour leur expliquer comment fonctionne leur corps, quoi de mieux que de le montrer comme il est ?   O grand mal ! 

Quand tu sais que c’est normal que le bâton te démange devant ce qui t’excite, tu ne veux pas te détruire intérieurement en te croyant posséder du mal. 

La folie est le mot le plus juste pour qualifier l’approche de la sexualité par les religions. 

Il en va ainsi de l‘éducation sexuelle au Québec.  Les parents ont tellement honte d’être sexués qu’ils n’arrivent même pas à en parler à leurs enfants. C’est un très profond trouble de personnalité.        
 
On paye pour dire aux jeunes de ne pas être intolérants avec les gais et on envoie toutes les ligues de scrupuleux (es) contre la pornographie, invitant tous à dénoncer sans nuance tout ce qui est sexuel.   Comment un jeune peut-il alors croire que sa sexualité est normale et l’une des plus belles réalités de la vie humaine.

Il faut vivre en tremblant de la tête au pied durant toute sa vie, car peut-être qu’un sale étranger a un oeil sur nous.  La folie commence par la peur inconsidérée des autres.          

L’éducation sexuelle, c’est bien simple, c’est dire la vérité, expliquer comment fonctionne ton corps, faire saisir les responsabilités que tu dois assumer dans ce domaine comme dans tous les autres de la vie.  Il n’y a rien d’honteux. 

Quant au langage, il illustre très bien ce qu’est un tabou.  La nécessité d’utiliser d’autres mots pour nommer un objet.  Prétendre que les mots du peuple sont vulgaires alors qu’ils sont nés pour combattre le mensonge et l’hypocrisie du système.  

Le Québec ne pourra jamais devenir un pays tant que ses citoyens n’auront pas éliminé une telle aliénation de leur vie.  C’est la raison pour laquelle il faudra un jour tenir le débat et se libérer des hontes que l’on nous a inculquées jusqu’à ne plus pouvoir nommer les choses sans avoir l’impression de commettre un crime. 

Le vulgaire.

Le langage, les mots sont les premiers moyens employés par les religions et la bourgeoisie pour instaurer le silence et la honte.              

La culpabilité est l’accumulation des peurs d’avoir été un gros méchant qui a transgressé la loi divine.  Elle est de l’ordre de l’acte, des gestes, alors que le refoulement est de celui de la parole.  Le refoulement est le constructeur idéal de l’aliénation.  Il faut être ignorant pour prétendre que la sexualité est sale, car, tout individu est de par sa nature même un être sexué. 

Les religions et la bourgeoisie se créent un langage spécifique qui appartient qu’aux gens prétendument bien élevés afin de créer un niveau de langage. Le bon et le vulgaire.  Le vulgaire est celui des gens peu instruits.  Donc, c’est d’abord une question de classe sociale.  Il ne faut pas mêler les purs aux impurs. 

Dans leur esprit, le pur est strictement de l’ordre sexuel alors qu’en réalité la pureté véritable n’a rien à voir avec la chasteté, mais elle est de l’ordre de l’intention.   Quand Dieu parle des cœurs purs, il ne fait pas référence à la chasteté, mais à l’absence de mauvaises intentions, surtout envers autrui.          

Les dirigeants des religions, imbus de pouvoir, modifient tout par leur interprétation maladive et antinaturelle.   C’est normal, ils vivent hors-nature et ils n’ont même pas la décence de le reconnaître.  Ils s’imaginent que la terre serait malgré tout abondamment peuplée si on vivait tous comme eux. 

Ils rejettent même l’homosexualité, oubliant qu’au-delà de la génitalité, il y a tout un monde de sentiments.  Ils se pensent capables de désigner ce qui est bien et ce qui est mal : l’acte d’orgueil par excellence.  Ils se prennent pour des acètes, capables de vivre sans sexe.  Si Dieu avait voulu que ce soit ainsi, il n’aurait pas inventé la sexualité.  

Un des meilleurs exemples de l’hypocrisie de la bourgeoisie est l’emploi des mots sexuels.  Quel enfant n’a pas rougi ou eu honte devant le mot «merde», le mot qui fait rire comme pipi, caca, etc. ?  Pourtant, personne ne peut se vanter de ne pas les avoir utilisés un peu.  On dirait que les religieux se sont appliqués à créer en nous la honte de tout ce qui vient du corps.  Le pire, selon Foucault, cette honte et cette déformation ont aussi été l’œuvre des médecins.          

Est-ce particulier au Québec d’être scrupuleux?  Je pense que non, en Afrique, ça semble encore pire puisqu’on ajoute la peur à la honte.  L’interdit de l’homosexualité démontre bien comment les religions gardent des pays entiers à l’époque des cavernes plutôt que de les pousser à l’émancipation.  Il ne serait pas surprenant qu’un jour toutes les religions se rejoignent dans le mensonge.            

Les islamistes sont encore pires que les chrétiens, les pauvres Africains ne sont pas sortis du bois.  Les religions ne peuvent pas dominer sans un degré très élevé de naïveté.  Tout est fonction de la mésestime de soi : on naît pécheur, on est un salaud, on est cochon.  Tout le langage qui dénonce la sexualité a son langage de mépris.  Il faut mépriser tout ce qui touche à la sexualité, en avoir honte.

On a tout travesti.  Un des meilleurs exemples est bien celui du mot «innocent».  Ça veut d’abord dire « sans péché », sans mauvaise intention ; puis, pour le sexe, on a confondu le mot avec chasteté.  Innocent est devenu un jeune qui n’a pas eu d’expériences sexuelles ; qui n’a pas encore un minimum de connaissance, puis, on en est venu à la naïveté.  L’ignorance devient une qualité.  Sans le savoir, l’innocence qui est une qualité — car elle signifie pureté — est devenue à travers le lexique féminoune : l’aboutissement de la surprotection.  

Cette nouvelle version de l’innocence dont on parle maintenant tient plutôt à l’ignorance et un peu de l’imbécilité.   Innocent est pratiquement devenu synonyme d’imbécile.  Un enfant est innocent ou un attardé ? C’est loin de l’être pur, mais c’est bien celui qu’on peut modeler comme on veut.     
 
Freud et ses descendants ont purement établi que les jeunes depuis les couches ont une forme de vie sexuelle.  Rien de plus normal.  C’est l’exploration de son corps.  La comparaison.  C’est ainsi que l’on apprend;  mais pour les bourgeois, plus t’es idiot longtemps, plus t’es innocent. 

Les adultes projettent leurs problèmes sur les enfants qui d’ailleurs ne perçoivent pas la sexualité de la même façon.  La sexualité de l’enfant est une forme de jeu, de curiosité.  Ils n’y voient ni bien, ni mal. Cette notion vient des parents, de leur réaction.       

Il est impossible de se désaliéner sans d’abord se débarrasser du langage religieux et bourgeois.  On devrait avoir plus honte d’utiliser des mots sexuels conduisant à la violence ; mais ça on ne le fera pas, car la violence est une industrie. Ces mots permettent de transmettre la haine de la sexualité. Et, la haine de la sexualité fait que tu te sens un salaud parce que personne ne peut échapper à sa sexualité. La culpabilisation primaire. Le pécheur est prêt à tout pour se faire pardonner. C’est ça l’aliénation.

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