Aller au contenu principal

Radioactif 494

septembre 12, 2022

Radioactif 494

Texte 2008, p. 939

La crise = la bourse.        

La crise est un moyen de vider encore plus les poches des pauvres pour nourrir une bande de requins.           

Alphonse Caouette, propriétaire et président de la mine d’or la Thérèsa, au nord de l’Ontario — tous les travailleurs et actionnaires venaient du Québec — le disait quotidiennement : la bourse, c’est du vol légal, la mafia des riches. C’était loin d’être complètement faux. 
 
Par contre, Caouette avait la même folie que l’Église catholique en croyant que la bourse est un phénomène communiste.  Ça n’a pas beaucoup changé. Les Américains se croient déjà des socialistes dès qu’ils acceptent une loi qui nous paraît ici répondre tout à fait aux besoins de la population.     

Si la crise actuelle est directement liée avec l’avènement de l’internet, le cyber/espace économique et financier (cartes de crédit incluses), la bourse en est le moteur.  Tout le monde tremble parce que notre économie est basée sur l’investissement.  Il faut être riche pour faire de l’argent.  Tout le monde sait ça.  Les riches vivent dans un monde au-dessus des classes moyennes et pauvres.  Même s’ils sont peu nombreux, ce sont eux qui mènent même au-dessus des gouvernements.

Cependant, le visage économique est celui que la bourse veut bien donner aux portefeuilles.  C’est stupide que la bourse détermine la valeur d’un produit ou d’une entreprise.  La spéculation, c’est de la fraude.  Le marché mondial est ainsi devenu une bulle artificielle.  La réalité n’existe que sur les claviers.  Et, la crise, c’est qu’on « d’essouffle » la bulle pour revenir un peu à la réalité, avant que le capitalisme lui-même n’éclate.             
 
Dans ce cas, ce serait la catastrophe planétaire puisque tout est sous le contrôle de l’économie.  Les riches refusent de s’ajuster qu’entre eux.  Ainsi, tout le monde doit payer pour réparer les pots cassés.  

Les Américains continuent de produire des autos énergivores, même si on sait que plus ça va, moins ce sera possible pour les gens ordinaires d’en acheter.  Les riches n’ont aucune idée de ce que les plus pauvres vivent. Ils s’imaginent le monde à travers leur nombril.     
 
Caouette se croyait riche parce qu’on pouvait voir de l’or à la surface et dans les galeries. Ce n’est pas tout que la mine soit garantie par Dieu et Ste-Thérèse elle-même, il faut que l’on y retrouve assez d’or pour que son exploitation dépasse les dépenses.  Avec la Thérèsa, la mine était comme le ciel à la fin de nos jours.  Une belle promesse, un prospect. Un rêve pour ignorants. Et, elle a fait faillite comme le système est en train de le vivre présentement. 

Si la crise emporte les industries, nous nous retrouverons comme en 1929 à faire la queue pour manger.       

C’est pour ça, qu’au lieu de faire des élections, de continuer les petites guerres entre partis, les politiciens auraient dû s’entendre pour garantir que ça n’arrivera jamais chez nous.  Mais non, on veut le pouvoir parce que le pouvoir, c’est la distribution de la manne entre ses amis.  Plus le privé l’emporte, plus les riches se graissent la patte

Il n’y a pas un parti politique qui y échappe et aucun qui ne réalise des projets sans en faire bénéficier ses petits amis.  Exemple : Orford (tous les requins sont revenus avec la possibilité de voir Charest élu).  

La santé est le rayon de l’exploitation par excellence parce que les professionnels savent qu’ils ont le monopole absolu. On investit ainsi dans le béton plutôt que dans le personnel.           

Quant à l’éducation : se battre contre le projet de bibliothèque à Magog, c’est crier son ignorance et le désir de le demeurer.  On parle de rattraper la perte de milliers d’emplois, en remplaçant les industries fermées par des industries de pointe.  

Est-ce qu’on ignore l’importance de la qualification des travailleurs qui est exigée pour envisager la création d’un tel niveau d’emploi?  Pensez-vous que des compagnies dont l’avenir repose sur la haute instruction de ses travailleurs iront s’installer là où les gens ne veulent même pas d’une bibliothèque municipale?  Dans une ville où seule l’industrie des petits vieux (les condos) se développe?  Belle connerie !       

Le meilleur moyen de se sortir de cette crise c’est de créer de l’emploi, de combattre la fermeture d’usine, créer des projets structurants.  

Dans un cas de crise, l’important c’est la population.  Le privé cherchera toujours à s’en mettre plus dans les poches.  Par exemple, on sait que plus on consommera d’essence plus les prix seront élevés et pourtant avec une petite baisse temporaire des prix, on oublie déjà cette vérité fondamentale.  Le marché crée le prix.

Le pouvoir et la domination sont les véritables démons des riches ; mais il ne faut pas penser qu’on y échappe parce qu’on est pauvre.  Tout le monde veut toujours plus d’argent.

Le carrefour. (Revu en 2022)    

Ma vie est divisée en quatre parties dont le commencement est la liberté et la fin inéluctable est la prison parce que les gens voient encore la sexualité avec l’œil des religions plutôt que la science. Elles entretiennent la honte et la culpabilité. 

Est-ce parce que je suis trop fou pour trouver ce qui m’y conduit ou simplement parce que j’ai trop de principes pour accepter le genre de société dans laquelle je vis? 
 
Je ne crois pas dans notre civilisation dégénérée depuis l’empire romain.  Les religions sont aussi intelligentes en économie qu’en sexualité.  Elles ont les deux pieds coulées dans le ciment.

Le sexe sans violence est une richesse, non quelque chose qui nous réduit à l’animal comme le disait la religion.   

Je crois dans la démocratie et les droits de l’homme.  Je crois dans l’autonomie individuelle.  Je ne crois pas dans les péchés de la chair, une obsession qui nous empêche de s’ouvrir aux autres et de jouir de la vie.   Aucun homme ne s’épanouira, « si le grain ne meurt ».  S’il n’apprend pas à s’accepter dans sa nature profonde.

S’il n’y a pas de changements, nous demeurerons l’animal rapace de la planète. Nous consommons trop pour permettre à la terre de respirer. Il y a déjà surpopulation. Être gai pourrait être le moyen le plus économique de sauver notre planète, mais le système économique a besoin de plus de consommateurs pour continuer à faire plus de profits.    

Suis-je fou ou est-ce que je vis dans peau d’un monstre qui s’ignore? Tout dépend évidemment de l’angle avec lequel je regarde l’ensemble de ma vie. 

La seule chose que je me reproche, c’est de ne pas avoir été plus charitable, plus aimant et ainsi désobéir encore plus à l’intolérance quasi-génétique des humains face à tout ce qui est sexuel.    

Je regrette d’avoir abandonné Petit-Gabriel pour sauver ma vie, mais avais-je vraiment le choix?  Puis-je vraiment aider Shuhed des griffes de la drogue? Il vit en Ontario, à des milles et des milles de chez moi?  Je n’ai plus d’argent, plus de travail ; mais je suis heureux comme retraité. J’écris et je corrige.           

Petit, j’ai surtout découvert, grâce à Barnston, le plaisir de vivre.  Même si mes limites physiques me valaient un peu la surprotection de ma mère, une femme extraordinaire qui se débattait à «élever» six gars et deux filles, je filais le parfait bonheur. 

C’était l’époque éponge. Celle où tu bois et tu crois tout ce qu’on te dit.  Donc, celle des grands mouvements intérieurs de fascination et de peine absolue. 

Grâce à cette enfance, je crois que jamais je pourrai dire que la vie ne mérite pas d’être vécue.  Il suffit de voir la misère des autres pour apprécier la ouate dans laquelle tu vis. 

On a beau chialer contre le Québec, c’est un des meilleurs endroits à vivre sur terre, surtout si on reste ouvert.           

Plus fascinant, c’est de constater jusqu’à quel point les handicapés en général savent apprécier la vie, c’est à faire honte à ceux qui se lamentent tous les jours sur leur sort alors qu’ils ne manquent de rien, sinon de pouvoir jouir d’eux-mêmes parce qu’ils ne savent pas s’aimer assez pour aimer les autres.           

L’enfance et l’adolescence sont des périodes de pur narcissisme. Tu es le nombril du monde et ton monde s’impose à celui de tous les autres.  Tu as de la difficulté à comprendre les différences, encore plus de les admettre comme aussi valables que tes propres valeurs.   J’ai été très longtemps adolescent.

En ce sens, ma pédérastie, qui est en soi, je l’admets, une déviance si on croit que le but unique de la sexualité est la procréation, m’a ouvert aux autres. J’étais fasciné par le gigantisme de tout ce que tu as à apprendre et être fasciné.   Ma curiosité n’avait aucune limite.  J’étais l’obsédé des petites quéquettes à découvrir, des visages angéliques et des beautés pures.  La beauté m’a toujours subjugué.  J’étais le vide qui aspirait à être comblé.     Je rêvais d’un monde dans lequel tout le monde serait heureux.  

J’étais un point d’interrogation ambulant qui découvre avec le journalisme que notre monde est parfois très pourri.  Un gars qui à cause de ses amours ne peut s’attendre qu’à être brûlé sur le bucher de la morale. 

Une première étape de découvertes sexuelles qui ont abouti dans une cellule de prison. Cela m’a tellement rendu fou que je me suis pris pour un grand mystique, jusqu’à ce que je redécouvre que j’ai été heureusement créé de  «chair et d’esprit ».  Et la chair fait aussi partie de la Beauté. 

L’amour est un niveau de vibration.  De champs magnétiques qui s’osmosent. 

Une expérience qui a tranquillement modelé ma deuxième vie. Le révolté qui rejette le monde parce qu’on lui interdit de vivre le Beau, le Bien, l’Amour.  Des années de culpabilité à rechercher les moyens de changer et de cesser d’être «un mauvais garçon».          
 
Heureusement, la vie s’est chargée de prouver que les scrupuleux sont les malades, une maladie que l’on appelle la religion parce qu’elle condamne tout ce que nous sommes vraiment et oublie que son rôle est d’amener les hommes à se comprendre et vivre heureux. 

Les religions sont des formules de mensonge, d’orgueil, d’hypocrisie, de bourgeoisie et de soumission.                 
 
Ma vérité intérieure m’attendait dans le métro.  Daniel a fait surgir l’écrivain en moi. Trop tôt?  Peut-être.  Ça permis aux critiques de me traiter comme un moins que rien.  

J’ai constaté dans le péché que le péché est une invention, un moyen de se mépriser et permettre ainsi aux autres de te dominer et de te vider les poches.  Le péché est une forme de mesquinerie. Une invention faite pour dominer les autres par la honte et la culpabilité.        

L’intolérance est possible qu’avec le rétrécissement de l’horizon de la réalité devenue épaisse comme une feuille de papier ou l’épaisseur de ton égo.  Un point dans l’infini.   

La vie m’a prouvé que la culpabilité est une maladie de l’âme et qu’à part l’égoïsme et la violence, on n’a absolument rien à se reprocher.   Cette découverte m’ouvrait à l’âme des enfants.  Une beauté encore plus grande que la nature, que la création, une fascination devant l’intelligence, l’authenticité, la spontanéité. 

Bien évidemment, si ce voyage m’a conduit à ce nouveau regard sur la vie ; les étroits d’esprit ne pouvaient que s’en prendre à ma liberté. J’ai revisité les cellules ; mais cette fois, je me connaissais assez pour créer les prochaines années de ma vie à sculpter des connaissances.      

Tous les ingrédients étaient là : Daniel et Grand Gabriel.   L’expérience familiale avec Suzanne, Patrick et Yanie me fit découvrir la difficulté de vivre ses principes au jour le jour.  La liberté a besoin d’encadrement.

La révolution dans l’enseignement, l’école libre qui ne m’a pas amené à croire encore plus dans la liberté, mais à découvrir que la liberté ne peut pas exister sans discipline.     

La discipline est un état essentiel à l’équilibre.  Une nouvelle étape axée sur la découverte de la joie, du plaisir à donner.  Une découverte d’une limite naturelle : la responsabilité. 

Dorénavant, je serai professeur. Professeur de langue, français et anglais.       

Quel chemin j’avais parcouru!  Quand je suis entré journaliste à la Tribune de Sherbrooke, à 17 ans, j’avais plus de fautes que de mots dans une phase très courte. Maintenant, j’ai plus de 20 livres, même si je suis le seul à les avoir lus.

Et, je me demande du haut de mes 79 ans, si j’ai réussi ma vie.

Le regard des autres est toujours une forme de crucifixion, car les autres, qui ne partagent pas ton point de vue, sont en plus en grand nombre et écoutent béatement ce que les supposés experts de la vie leur ont dit de faire.        

Par contre, ceux que j’ai entraînés dans cet amour de la liberté ont été coffrés comme moi et certains y ont même laissé leur vie. Comme disait un de ceux-là : je veux que mon suicide soit reconnu comme un assassinat.  

En suis-je vraiment responsable ou est-ce le fruit de la société qui condamne ceux qui ne pensent pas comme les autres? 

J’appréhende l’avenir comme me l’a décrite un de mes amis qui lisait dans le futur : tu souffriras le martyr.  Ta mort sera affreuse. Et, je la vois venir.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :