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Radioactif 486

septembre 4, 2022

Radioactif  486

Texte de 2008, p. 914

Le jeu des riches  

La crise économique actuelle est directement liée à l’industrie du pétrole et au réajustement que les multimilliardaires doivent faire pour ajuster le capitalisme afin de l’adapter à la mondialisation.        
 
La crise actuelle est le fruit direct de la mondialisation.
  Le gigantisme des institutions qui se fusionnent ne peut entraîner que la banqueroute de ceux qui ne sont pas encore assez riches.   Ce n’est qu’un début, car bientôt la crise portera sur l’eau et à ce moment-là, ce sera une question de vie ou de mort ou plutôt une question de survie.        

Les trois axes économiques : le capitalisme démocratique, le communisme et les émirats doivent revoir la position financière mondiale et économique pour permettre au système de continuer d’opérer et se rentabiliser, sans passer par une guerre mondiale et sans entraîner la misère.  Les religions ne servent plus qu’à alimenter les fanatismes.  Elles prouvent qu’elles ont échoué dans leur nouveau rôle de modération. 

L’industrie du pétrole ne s’intéresse pas aux individus.  Elle a déjà presque tout détruit l’Afrique, la Tchétchénie, etc. ; ce qui suffit à nous prouver que les cadavres n’inquiètent pas les multimilliardaires en autant que le profit continue à s’engranger dans les mains des mêmes qui possèdent déjà pratiquement tout le pouvoir.       

Il est impossible comme Bush de provoquer une nouvelle guerre régionale pour continuer de remplir les coffres alors pourquoi ne pas créer une crise qui rapporte des milliards en simulant un manque de liquidité.  Il faut aller chercher ce qui manque dans les poches de la classe inférieure.          

La situation actuelle est une crise de réajustement qui fait l’affaire des trois axes idéologiques, car elle empêche une lutte mondiale armée pour le pétrole.  Nous en sommes déjà rendus là.  On réajuste ou tout « pette ».  

Puisque la grogne part d’en-haut, (du plus riche au plus pauvre), il est inévitable qu’elle ait des répercussions jusqu’aux plus petits de la planète.  On se fiche que des gens soient dépossédés du jour au lendemain, l’important c’est de re- balancer la finance et l’économie de manière à éviter les confrontations planétaires.  
 
En ce sens, M. Sarkozy a un peu raison : c’est le temps idéal pour redonner un «coeur» au système avant que tout saute.  Restreindre le besoin en pétrole, c’est restreindre la possibilité pour une multitude de continuer à vivre au-dessus de leurs moyens.  C’est aussi se couper du superflu, pour le redonner à qui?  Aux stratèges de ce vol mondial, de cette arnaque.   Ou le redonner aux plus pauvres afin à moyen terme de relancer l’économie avec plus de souplesse. 

Le temps de l’esclavage est fini.  Si on veut sauver la planète, il faut combattre la misère que ce soit dans n’importe quel continent.  Il faut se donner un nouvel ordre mondial qui tient compte des réalités des pays existants et à naître pour éviter les conflits superflus ainsi qu’à un nouvel ordre moral qui écarte la violence et les dictatures religieuses, surtout sexuelles.  

Le droit à la vie de tous les individus ainsi qu’à leur épanouissement doit être au centre de cette réforme, basée sur le respect de la vie. 

Le capitalisme est démocratique ou voué à son éclatement.  Il ne peut pas y avoir de démocratie sans liberté, sans responsabilité.  Ou on négocie un nouvel ordre ou ça pette. 

Au Québec, on vient juste de démontrer que l’intérêt des partis politiques passe bien avant celui de la population.  Serait-ce que nos dirigeants sont tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas s’entendre?   La crise est là pour aller chercher le fonds des petites économies, des petites gens, qu’ils crèvent de faim ou pas.    

Au Québec, ça signifie que nos dirigeants sont des profiteurs qui n’arrivent même pas, trop orgueilleux à s’entendre sur ce qui serait le vrai bien du peuple.  Les dieux et les rois font festin grâce au peuple qui crève de faim.  C’est inévitablement la doctrine de fond de ce qui anime le système financier et économique si on ne le change pas.    
 
M. Charest semble oublier que la crise économique actuelle existe à cause de l’ordre mondial qu’il défend.         

Pas certain que les Québécois soient assez naïfs pour croire que ce petit «coup d’orgueil» passera comme une lettre à la poste.  Je ne parierais pas pour un gouvernement majoritaire libéral et 70 pour cent des gens ne veulent pas d’élections.  

Il suffit de regarder ce qui passe pour le projet d’Orford pour comprendre le vrai visage des libéraux.  La lutte a porté strictement sur le fait de remettre les terres entières au parc comme avant.  Rien de changer.  Les élections libérales n’ont pas encore eu lieu que tous les requins antécédents de l’immobilier se re-montrent les dents sur La Tribune.        
  
Paul Desmarais ne doit pas être très loin. Je n’ai pas changé d’avis à son sujet depuis que j’ai écrit Il était une fois dans les Cantons de l’Est.  Les requins sont plus gros quand ils nagent dans l’océan des portefeuilles du Canada.      

Les fonds de retraite.      

Au lieu de perdre leur temps dans des jeux de pouvoir, les partis politiques du Québec devraient avoir la sagesse de réviser leurs façons d’agir afin de circonscrire tous les problèmes charriés par la mondialisation.       
           
Par exemple, les dirigeants de la gestion des fonds de pension devraient avoir des ordres très clairs à l’effet qu’on ne met pas les fonds de pension des travailleurs en jeu pour permettre à quelques joueurs pathologiques de se servir de l’argent du peuple pour jouer à la bourse. 

Il devrait y avoir une proportion au-dessus de laquelle on ne peut pas jouer ces argents en bourse, au cas où les placements ne rapportent pas assez et ne pas mettre en danger ce qui est versé comme contributions aux retraités.          

Par contre, ce qu’il y a, en plus, peut alors servir pour accélérer les revenus.  Si Loto-Québec crée des joueurs pathologiques, notre système crée des haut-fonctionnaires à l’esprit tout aussi pathologique.  Ces gars-là sont habitués à voir de l’argent plein les poches et ne savent pas ce que ça veut dire de retrancher un petit cent dollars par mois pour survivre.  S’ils vivaient un peu plus pauvres, ils sauraient ce que c’est d’avoir de la difficulté à joindre les deux bouts.  Ils ne joueraient pas la sécurité des travailleurs en bourse.  Ils ne laisseraient pas n’importe qui s’approprier de nos richesses naturelles.  Mais, René Lévesque est mort.
 
Si la distribution des revenus vise à éliminer la pauvreté et assurer une vie décente à ceux qui se sont payés de bons fonds de pension, les fonctionnaires auront la décence de ne pas prendre de risques inutiles avec l’argent des contribuables. 
 
Au lieu de nous casser la tête avec des élections, on devrait commencer par se demander pourquoi les problèmes que nous vivons aujourd’hui sont exactement ce qu’ils étaient potentiellement il y a 40 ans?  A-t-on manqué de perspectives?            

On dénonçait les villes mono-industrielles, on insistait sur la nécessité de varier le marché et ne pas mettre tous nos œufs dans le commerce avec les États-Unis.  Le ministre Garon nous avait fait comprendre l’avantage d’avoir une agriculture qui nous permette d’être autosuffisants pour tout ce qui est de l’alimentation afin de ne dépendre de personne en cas de crise ; mais on a écouté des Paul Desmarais et Jean Chrétien qui ne pensaient qu’à la survie de la fédération canadienne, même si elle oublie les besoins particuliers et différents du Québec.  La diversion pour pouvoir faire ce que l’on veut. Une diversion qui connait son apothéose dans les bulletins de nouvelles…                  
 
Desmarais joue encore ce petit jeu de faux mentor auprès de Sarkozy, comme les Simard avec Bourassa, oubliant qu’il appartient au peuple du Québec de décider s’il veut créer un pays.  Si la France ne veut pas voter pour créer ce pays lorsqu’on votera en faveur, qu’elle cesse de nous faire croire qu’elle a un attachement particulier pour ses petits cousins outre-Atlantique et affirme clairement qu’elle a un béguin pour le portefeuille des Américains et que nous pouvons lui servir de pont continental.  Pourquoi tant d’hypocrisie?         
 
Il est urgent qu’on cesse d’administrer le Québec comme une bande de bourgeois et qu’on identifie nos forces et nos faiblesses pour les dix prochaines années.  Si l’économie est fondamentale, il faut se rappeler qu’il n’y a pas que ça dans la vie.  Il y a des valeurs encore plus importantes : la vie communautaire, la survie de la planète, par exemple.          

C’est ahurissant que nos dirigeants se comportent comme des enfants et se chicanent à savoir qui a le plus une tête de cochon et qui se prend le plus pour un autre.   C’est le temps de se débarrasser des esprits obtus comme Desmarais et d’examiner ce qui est vraiment le plus profitable pour le PEUPLE du Québec.  Desmarais est un des grands penseurs du parti libéral.             

Je peux difficilement oublier Il était une fois dans les Cantons de l’Est que j’ai publié en 1972.  C’est un livre strictement politique, mais on ne le retrouve pas sur les tablettes des bibliothèques de Sherbrooke, même dans le rayon des adultes. Et. On nous parle de la liberté de parole.        

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