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Radioactif 450

juillet 30, 2022

Radioactif 450

Texte de 2008, page 814  

L’air du temps.

Je suis content d’avoir reçu le livre … Poésie du monde.  Monde de la poésie.  Un livre des Dossiers d’Aquitaine, une maison d’édition de Bordeaux, France, dans lequel je me retrouve ainsi que les poètes québécois Attala Nora, Diane Descôteaux et Christophe Condello.  Je ne connais pas les deux ou trois autres poètes venus aussi du Québec. Je suis déconnecté de la poésie puisque j’en n’écris plus depuis déjà plusieurs années.       

Avec la censure, j’ai totalement perdu la foi dans la poésie.  Après l’Envol poétique, Jepoème m’a aussi évincé sous prétexte que je suis pédéraste et que j’ose dire que ce fut une belle expérience dans ma vie, malgré la méchanceté de mes accusateurs, les langues sales.   

Je suis quand même content, car mes poèmes ont su être écoutés à une certaine époque dirigée par les féministes et les gens qui cherchaient le progrès, contrairement, aux féminounes d’aujourd’hui qui essaient avec le système judiciaire de nous ramener à l’époque des années 1950.  Une société de paranoïaques. 

C’est exactement cet esprit de censure qui animait la Gestapo et l’Inquisition.  On est rendu avec des accusations qui sont exactement similaires à ce que l’Église employait pour combattre la sexualité. On juge maintenant selon les intentions.   Avec l’Église : pas de regards, pas de touchers, pas de pensées impures.  Au judiciaire, on plante de fausses victimes pour prendre les gens en défaut.  Ce n’est pas très glorieux pour l’espèce humaine.  C’est plutôt une démonstration de sa bassesse.      
 
Ce n’est pas surprenant que l’on invente de nouveaux chefs d’accusation quand les médias redonnent le micro à tous les animateurs qui ont été reconnus comme les plus orduriers.  On peut faire n’importe quoi pour de l’argent. Pas étonnant que la société se dégrade aussi rapidement.  Elle est à l’image de ce qu’on entend à la télévision… à droite toute.   

Par contre, je sens que ça achève.  On ne peut pas aller plus bas.  J’ai offert mon aide et présenter mes bravos à Denis Coderre qui veut défendre notre liberté dans les créations culturelles, en éliminant les lois de censure que le fédéral se sert pour tuer le Québec.  Il ne m’a même pas envoyé un accusé de réception.  Ça me semble une priorité, même si je demeure indépendantiste.  Il faut à tout prix se débarrasser de la copie conforme de George W. Bush, Steven Harper et ses Conservateurs.                    

Malheureusement, le Bloc n’a pas eu la perspicacité de voir que ce gouvernement nous ramène à l’ère de la suprématie de l’Église. Quant aux libéraux, même si Dion se comporte comme un opportuniste et laisse passer toutes les lois plutôt que de perdre aux élections, il pourrait avoir la surprise de voir tous les progressistes l’appuyer juste pour un mandat, afin de mettre Harper dehors.  

C’est vrai que la politique n’a rien de tellement intéressant maintenant, car on doit choisir celui qui nous semble le moins pire ou le meilleur pour se débarrasser de ce qui nous semble le plus ordurier. 

Les signes avant-coureurs sont différents cette année. Lors des élections précédentes, le fédéral essayait de me planter (transcription schizophrénique de la réalité à travers les signes).  Une année, je n’avais même plus de fenêtres et de porte à ma cuisine et on devait les remplacer par hasard le jour du vote.   Ce doit être parce que je suis paranoïaque. L’autre fois, je devais quitter Montréal pour survivre, en pleine campagne électorale, puis, le fédéral gelait une partie de ma pension, même si c’était illégal. C’était par hasard, lors des dernières élections           . 

Cette année, rien, sauf que le fédéral me doit moins de deux piastres (retour d’impôt) et qu’un bonhomme prétend que je suis témoin de quelque chose et que je serai payé pour me rendre témoigner.  Le plus comique, je ne sais pas de quoi il parle,  mais ces petits détails me disent qu’on s’en va vers un changement.   

Par contre, pour la première fois de ma vie, j’ai de moins en moins le goût d’écrire.  Je n’arrive même pas à recorriger mes deux derniers livres pour les republier.  Mon livre La pédérastie mise à nu est revu et corrigé, mais je n’arrive pas à le relire d’un coup pour m’assurer que je n’ai rien oublié et que cette fois ce sera la dernière fois que j’y touche.  C’est la même chose avec Autoportrait d’une révolte. Pourtant, c’est essentiel pour passer à autre chose.   

Je fais une indigestion de l’écriture.  J’ai l’impression de perdre mon temps.          

Ça donne quoi de raconter ma vie pour que les jeunes comprennent qu’ils ne sont pas les seuls à s’être ramassés avec une orientation sexuelle rejetée socialement et que le suicide n’est pas la réponse.  Il faut au contraire apprendre à se servir de ce problème pour encore mieux se réaliser.  Faudrait peut-être que je révise ce que sera ma retraite ? 

Les valeurs que charrient les médias me rendent malade.  Comment peut-on retourner à la grande noirceur?  Sommes-nous assez Alzheimer pour avoir oublié?  Ne sommes-nous pas conscients qu’on se fait moucher depuis 40 ans par les mensonges fédérastes?  Je crois que Madame Marois a raison.  Il n’y a qu’un moyen de tuer cette morosité : redéfinir complètement le projet d’indépendance et trouver des politiciens qui auront assez de couille pour mener à bien ce changement. 

L’indépendance n’est pas aujourd’hui comme on la ressentait dans les années 1970. 

À cette époque, on se sentait en guerre avec Ottawa.  Aujourd’hui, le Québec a assez évolué pour réfléchir sur ce qui sera le mieux pour les jeunes qui viennent après nous.  Qu’on le veuille ou non, on a encore très peu de temps à vivre. Dans 10 ou 20 ans, nous serons des réalités du passé ; mais nos choix seront la réalité des nouveaux adultes.  C’est très sérieux. 

C’est pourquoi, j’ai cru qu’il est, pour le moment, plus important de parler des droits individuels que de l’indépendance politique.  C’est un élément sur lequel on doit réfléchir pour créer une constitution québécoise. Si on n’a pas de valeurs qui motivent notre action, on fera des indépendantistes de carrière.  Ceux qui veulent l’indépendance doivent se donner à fond, car c’est le bien de tous les Québécois qui est en jeu.  À 1970 je préfère encore la révolution tranquille.   C’est dans cette optique qu’un jour le Québec sera indépendant.         

Vouloir être indépendant, c’est vouloir être autonome, responsable, libre.  Il faudra avoir dépassé la partisanerie.          

Le suicide

Le suicide de son enfant est la pire chose qui puisse arriver à un parent.            Je ne peux pas oublier celui de Rouhed. J’aurais voulu mourir à sa place ou du moins en partager la terreur.

Je me demande quel est ma responsabilité du fait que les trois gars avec qui j’ai vécu des années ont tous mal terminé. Gabriel m’a presque tué. Il est disparu sans que je sache ce qui lui arrive, Rouhed s’est suicidé parce que sa blonde l’a laissé et Shuhed est mort itinérant, complètement détaché de sa merveilleuse famille.  Tous ceux qui m’ont connu me disent cependant que personne n’aurait pu faire mieux que moi. On peut accompagner, mais la liberté est une réalité individuelle. Chacun fait ses choix. On peut influencer, mais on ne peut pas décider à leur place.

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