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Consentement

juillet 25, 2022

Consentement.

À partir de ce mot, tout est dit en matière sexuelle.  Notre approche  québécoise en matière de sexualité est le fruit de l’éducation sexuelle que l’on a eu, c’est-à-dire aucune, sinon la culpabilité et la honte.

Le sexe, c’était tellement grave qu’il ne fallait jamais en parler.  Il était plus important d’être chaste que de vivre. Cette situation complètement hors-nature, puisque nous sommes tous sexués, à dégénérer dans la culpabilité et la honte. Les prédicateurs se chargeaient de rappeler le péché et sa propagation  tel un virus, sans oublier les flammes éternelles de l’enfer.

Les parents nés dans ce contexte ont simplement refilé leur savoir à leurs descendants. C’est d’ailleurs ce savoir qui fonde notre propre vie émotive, notre intériorisation de la société, ce qui est peu dire.

Il ne fallait pas parler de sexe. Même les attouchements sur soi étaient condamnés. On a alors individuellement convenu de son comportement personnel, sans se soucier d’un élément essentiel dans le rapport humain, c’est qu’au-delà du consentement, il y a le respect. Le sexe, ça se vit à deux.

Le respect implique le consentement, car le respect trace la ligne entre savoir vivre ou répondre à ses petits désirs.

Autrefois, à l’époque de Freud, on parlait de l’hystérie névrotique féminine, une maladie qui dégénérait avec le rejet de sa sexualité.  La pudeur excessive engendre aussi un déséquilibre émotif.  La pire des hontes pour une fille était de se ramasser enceinte en dehors du sacrement de mariage. C’était l’enfer pour elle et son enfant.  Il était doc normal que la fille soit suivie de plus près par ses parents. Elle avait besoin d’une plus grande  protection. Aujourd’hui, cette intensité du  regard sur l’agir féminine a créé une espèce de honte d’assumer être sexuée si on est une femme.

En refusant qu’une femme puisse vivre entièrement  sa sexualité sans être une dégénérée, on a amplifié les conséquences  des gestes sexuels qui seraient demeurés sans conséquence, si nos parents ne nous avaient pas éduqués dans la pruderie.

Du savoir-vivre non respecté a jailli le besoin de judiciarisé tout ce qui touche  à la sexualité. Évidemment, il n’y a pas de justice sans condamnation.

Le féminisme est passé de la femme qui s’affirme à celle de la victime. Ainsi, la femme n’avait plus qu’une seule voie, soit la putain ou la mère, elle pouvait  dorénavant se définir comme l’éternelle victime. La victime de ses hommes éternellement trop cochons. On a commencé à croire qu’une femme qui accepte le sexe comme une chose normale de la vie, soit vue comme un objet de désir plutôt qu’un être qui s’accepte dans son intégrité.

La victime est devenue la guerrière de la pudeur.  Fière de nettoyer l’humanité de ses péchés sexuels, elle s’est mise à dénoncer ce qui habituellement la rendait honteuse. Elle avait enfin une raison d’exister. Dénoncer la perfidie mâle et son éternelle domination.

 D’autre part, puisque les gars ne pouvaient pas se ramasser fille-mère, on a sombré dans la facilité, c’est à-dire, ne pas lui  parler de sa sexualité. Débrouille-toi paquet !

Ce silence a engendré le monde que l’on dénonce aujourd’hui. Personne n’avait de repères pour savoir comment il faut vivre sa sexualité pour être convenable.

On songe à des cours de sexualité. Ces derniers seront utiles que s’ils répondent aux questions que les jeunes se posent. Si on continue d’avoir honte d’en parler, on ne répondra jamais aux questions qui nous apprendraient ce qu’il faut faire pour bien se comporter à part de se priver et ainsi rejoindre la chasteté sermonnée durant les années 1950.

Bien évidemment, l’amour classe toutes ces relations à un autre niveau.

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