Aller au contenu principal

Radioactif 430

juillet 9, 2022

Radioactif  430

Texte de 2008, p. 755

Quand le sexe tue.

En regardant les journaux aujourd’hui, deux articles m’ont particulièrement frappé : le suicide d’une jeune fille de 16 ans et d’un professeur soupçonné d’abus sexuel.  Il faut vraiment que ceux qui dirigent notre société soient des salauds ou des imbéciles pour prendre connaissance de ces faits, sans se demander si la lutte contre la liberté sexuelle vaut autant de suicides. 

La jeune fille se serait tuée parce qu’elle n’a pas pu tolérer une enquête dans laquelle elle dénonçait une personne qui lui aurait mis la main sur les seins (c’est ce que j’ai cru comprendre).  Quant au professeur, il n’aurait pas enduré l’idée d’être perçu comme un prédateur sexuel.  Je le comprends. 

Est-ce que la pudeur a une si grande importance?  La pudeur est-elle plus importante que la vie?  La peur du sexe est-elle d’abord une réalité féminine?   Puisque ça ne blesse personne, il faut pour créer une telle honte et une telle haine que l‘on s’est fait croire que c’était quelque chose d’affreux. 

Ces suicides sont, à mon avis, le fruit d’une morale de constipé que l’on nous imprègne très profondément dans le crâne, dès notre jeunesse. 

Personne ne peut justifier que le sexe soit considéré comme quelque chose d’aussi mal. Tout le monde est sexué de la naissance à la mort.   La vie d’une personne n’est-elle pas plus importante qu’un attouchement sexuel?  Sommes-nous devenus fous ?  Lors de l’Inquisition, on est encore été assez niaiseux pour croire qu’une relation sexuelle est assez grave pour que ça mérite le bûcher.   

À cette époque, on ne savait rien de la sexualité. C’était comme au Québec, avant 1970, on n’avait non seulement pas le droit d’en parler, mais même d’y penser. 

On a toujours agi comme des bourreaux avec ceux qui agissent sexuellement librement ; mais personne ne peut honnêtement dire pourquoi c’est si grave, sauf que depuis la plus tendre enfance on t’apprend à avoir honte et haïr ton corps.  Briser les os d’un enfant, ça ne le traumatise pas ; mais lui passer les doigts sur le pénis, il n’aura jamais assez d’une vie pour récupérer.  Plus fou que ça, tu meurs. 

Et, c’est pourtant ce qui vient de se passer en cour. Des jugements qui nous montrent jusqu’à quel point notre morale sexuelle est débile.

C’est pourtant, notre quotidien.  C’est l’idéologie religieuse judéo-chrétienne, musulmane comprise, qui nous a rendus aussi sauté. C’est complètement irresponsable.  Il y a des morts et personne n’essaie de comprendre.  C’est dégueulasse. 

Si on avait agi comme je le préconise, il n’y aurait pas eu d’enquête puisque le procès tient strictement sur ton consentement ou non.  Les gestes ont-ils été commis?  La fille a-t-elle clairement indiqué son objection?  Accidentel ou prémédité?  Le gars a-t-il recommencé en sachant qu’elle ne voulait pas?  Oui ou non ; j’aime ou je n’aime pas.

Dénoncer n’est pas nécessairement facile puisque cette jeune fille s’est suicidée.  Comment peut-on l’avoir éduquée pour qu’un geste sexuel soit assez grave pour qu’on se donne la mort ?  Ça n’a aucun sens. 

Quant au professeur, c’est loin d’être le premier.  La vie, quand tu es dénoncé, que ce soit vraie ou pas, devient un enfer perpétuel parce que t’as une bande de salopes ou de salauds qui te poursuivent de manière à t’empêcher de pouvoir revivre d’une façon normale.  Plus de travail, plus de bénévolat, plus le droit de quitter le pays, peur qu’on te pourchasse partout où tu vas vivre, etc. 

La seule différence avec l’Inquisition ou la Gestapo, c’est le nombre de victimes d’un coup.  Tout le milieu est perturbé.  Les dirigeants des médias essaient de nous faire croire qu’il est dans l’intérêt général de l’information de savoir ce qui se passe en cour. C’est du voyeurisme, ça ne change rien dans la vie de ceux qui en entendent parler, sauf générer une plus grande paranoïa et permettre aux médias d’avoir de bonnes histoires qui coûtent très peu chères à aller chercher. 

Que des gens se tuent, ça pas d’importance.  Notre société est vraiment très profondément malade et les campagnes sur l’hypersexualisation la rendent encore plus sénile.  Ceux qui nous font croire que des gestes sexuels (sauf le viol ou le proxénétisme) ont autant d’importance sont fous à lier.   Ils n’ont rien de différents des fanatiques religieux qui vont se faire martyrs.  

Les chefs de pupitre qui génèrent cette situation ne méritent pas de se dire journalistes.  Au lieu de fermer les salles de nouvelles de TQS, on aurait dû le faire pour TVA et le Journal de Montréal… L’information serait plus propre.   ( La couverture journalistique n’est plus la même dans ces média.)  

Sexe et mort.

En somme, je pourrais dire que mon éveil sexuel fut long et très agréable.  Je ne me suis jamais contenté d’apprendre dans les livres, de toute façon, avec la censure, je ne trouvais rien de ce que je cherchais.  La censure permet de mentir au jeune tout autant que la pornographie.

L’expérience du plaisir m’a amené à sérieusement remettre les religions en doute.  Comment un dieu d’Amour peut-il nous punir de jouir de notre corps?  Ça me semblait tout à fait contradictoire.  À moins de ne pas savoir ce qu’est la nature humaine, Dieu ne pouvait pas condamner une expérience sexuelle et le but ultime de ces relations : de créer des liens.  Évidemment, parfois je doutais de moi, car, je ne pouvais pas être seul à posséder la vérité. 

Quarante ans plus tard, j’ai la certitude que ceux qui prétendent nous éduquer sexuellement, les religions, sont des institutions qui en dehors de la spiritualité, sont absolument dépravées. 

J’ai rejeté le Dieu qu’on m’enseignait dans mon enfance, mais j’adore encore méditer sur les Évangiles de St-Jean, car à mon avis, même si les religions nous ont menti quant à la sexualité ;  les rites et la spiritualité demeurent des expériences intéressantes. 

Je lis actuellement sur l’idéologie bouddhiste et je dois avouer que ça me plaît énormément.  Les religions judéo-chrétiennes et musulmanes me semblent fausses, car elles se fichent de l’amour humain, du dépassement, sauf dans un masochisme qui provoque le fanatisme.  Elles n’ont aucune valeur quant à fournir un sens et un but à la vie.  Ce sont de grands commerces établis à travers les siècles, parfois, ce sont mêmes des institutions de vengeances meurtrières qui prolongent leurs tentacules sur tous les continents.  Si le diable existe, c’est la religion. 

Dommage, car leurs textes contiennent aussi de bons passages qui provoquent de bons moments de méditation. 

À mon âge, je suis plus près de la mort que de la naissance ; mais on dit que mourir c’est comme et encore mieux que la première éjaculation.  Ce serait le retour sur la vie en vue d’une prochaine naissance.  Je préfère voir ainsi la vie, comme un éternel recommencement plutôt qu’un grand procès galactique.   

Des anges nus, ça me plaît bien, par contre, encore faudrait-il qu’ils aient un corps.  La communication d’esprit à esprit est supérieure, mais seuls les bouddhistes semblent l’accepter comme une des grandes réalités.

Le mélange d’énergie, c’est possiblement ainsi qu’on devrait définir en très grande partie la pédérastie.   L’illumination est une forme d’amour passion.  Une prise de conscience de soi sans avoir à ressentir les limites corporelles. Une jouissance du cerveau et de la conscience.         

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :