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Radioactif 408

juin 17, 2022

Radioactif 408

Texte de 2008, p. 705

Vaincre tout

J’ai vécu et appris à me créer une morale sexuelle particulière, personnelle  parce que dans mon enfance tout ce qui touchait à la sexualité était mal, péché, damnation : un viol absolu de nos consciences.  Une dictature d’aliénation en se basant sur le refus d’être sexué en dehors du sacro-saint mariage.

J’ai décidé de combattre cette perspective idiote, mensongère et hypocrite des religions.  Le péché de la chair est devenu à mon sens le plus horrible des sacrilèges.         

On n’avait même pas le droit de parler de sexe.  Contrairement à ce que l’on nous enseigne, la curiosité face à la sexualité chez un enfant est ce qu’il y a de plus normal.   C’est idiot et anormal qu’on refuse d’en parler systématiquement et de dire la vérité. 

En refusant la liberté sexuelle, on imprime définitivement dans l’individu sa honte et sa dégénérescence, son corps devient la raison de sa déchéance. Une empreinte primaire qui bouffe toute forme de respect et d’estime de soi.         

Ainsi, mon éducation sexuelle s’est d’abord déroulée en jouant «aux douanes ou la cachette frontalière» ou en jouant au « docteur».  Je me suis toujours demandé pourquoi c’était si grave qu’il fallait se cacher, car si c’était su, ça créait automatiquement toute une crise.  Hiroshima n’était rien comparé à ce que l’on venait de faire.  Jouer aux fesses, c’était pire que tuer.   

Une telle folie existe encore au Québec. Je pensais moi aussi qu’être intéressé à ce que l’on a entre les deux jambes était péché, voire méchant.   Mais, je ne comprenais pas pourquoi, c’était très agréable ; c’était moins dangereux que de se battre ou prendre de la boisson ; c’était merveilleux d’avoir son petit secret.  Pourquoi l’interdire?   

Puis, à l’adolescence, un de mes cousins, m’a initié à la masturbation que les curés accompagnaient de tous les dangers possibles : avoir des boutons, mourir cardiaque, devenir fou.  Pour moi, ce fut tout un choc. 

Je voulais être un saint, et du jour au lendemain, j’avais anéanti tous mes espoirs non pas de sainteté, mais pire, de salut.  Comment autant de plaisirs peuvent-ils créer autant de problèmes?  Pourquoi?   Pensaient-ils (les adultes) que l’on n’était pas assez intelligent pour découvrir que ce discours n’est que mensonges et folie.  On est peut-être jeunes, mais on n’est pas aussi idiots que les adultes le pensent.         

De toute ma vie, je n’ai jamais souffert, ni en me masturbant avec un autre, ni en le suçant ou en me faisant sucer.   Pourquoi à entendre les adultes, que d’avoir du fun, c’était pire que d’être décapité?  Et surtout pourquoi tout le monde devenait à moitié fou dès qu’il était question de tous les sujets se rapprochant le moindrement de la sexualité ?            
     
Il y avait déjà aussi à cette époque une bande de vieilles constipées qui faisaient la lutte aux revues pornographiques.  Il fallait les cacher, les tenir tellement hautes qu’aucun jeune ne pouvait les prendre.  Ce qui les rendait encore plus intéressantes. 

Moi, je n’étais pas assez attiré par les femmes pour rechercher ces images incitatrices à la masturbation.   Je cherchais les beaux visages de petits gars, je regardais avec curiosité les rares revues homosexuelles et j’étais toujours abasourdi par la longueur effroyable des pénis qu’on y retrouvait.  Loin de trouver ça alléchant, je trouvais ça, à la limite, dégoûtant. 

J’étais un peu comme certaines femmes qui ont des nausées seulement à voir un pénis.  Devenait-on tous ainsi membrés?  J’ai vérifié.  Et non ! La majorité des gars n’ont normalement que cinq à six pouces de pénis.  J’étais donc normal.  Je me demandais ce que les homosexuels avaient tant à s’exciter sur ces gars bâtis comme des bœufs ou des chevaux alors que dans la réalité quotidienne les performances sont beaucoup moins  » criantes ».        

On fait avec les gars ce qu’on fait avec les filles : on crée une mode pour définir la beauté.  Pour les filles, ce sont les seins, la taille ; pour les gars, c’est la longueur du pénis et la quantité de sperme à l’éjaculation.   Des modes carrément stupides, à l’encontre du bien des jeunes, car le plus important, c’est d’abord de s’accepter et s’aimer comme on est.      
    
La pudeur quand elle est débile nuit autant au développement des jeunes que la course folle aux aventures sans égard à sa responsabilité.  La pudeur excessive nous empêche d’apprendre la vérité et à respecter notre corps et celui des autres.  La pudeur excessive est un frein au développement de notre personnalité.          

Le corps pour les religions, c’est le symbole de la mortalité, du mal.  Le cacher, ce n’est pas en avoir honte, c’est le respecter.  Quelle imbécilité !    

Pour un esprit le moindrement libéré, le corps est un chef-d’œuvre de création.  

Puis, j’ai connu les femmes. Ce fut aussi une très belle période parce qu’elle m’a permis de découvrir l’extraordinaire tendresse des femmes (même si elles peuvent être des tigresses).  Ces femmes m’ont permis de découvrir et laisser le désir de la paternité s’exprimer, même s’il a toujours été inutile avec elles parce qu’elles prenaient la pilule.            
 
Ces féministes étaient progressistes parce qu’elles ne condamnaient pas la sexualité, au contraire, elles réclamaient le droit des femmes de vivre leur sexualité comme les hommes.  Elles n’essayaient pas de nous étouffer, mais elles réclamaient une égalité totale, c’est-à-dire, même sexuelle.   Le discours des féministes d’alors n’avaient rien de commun avec celui des féminounes d’aujourd’hui qui retournent aux sottises religieuses plutôt que d’évoluer selon les découvertes scientifiques.  

La jalousie, le bithchage sont les deux éléments qui m’a le plus éloigné des femmes ordinaires, si on peut dire.  Une femme qui te met la main au collet ne te laisse plus respirer.  T’es pas un objet, t’es la garde-robe au complet.  Je voulais avoir des enfants, mais sans devoir devenir prisonnier d’une femme.  Je n’étais pas encore prêt à abandonner ma liberté.         
 
À cette époque, je préférais les femmes aux homosexuels parce que dans mon enfance les médias d’information m’avaient appris à voir peur des mâles adultes.  C’étaient des gens très dangereux.  Ils voulaient tous assouvir leurs désirs les plus bas, nous enculer avec leur gros «batte», avant de nous saigner. Ça ressemble presque aux discours des féminounes qui se promènent dans les écoles aujourd’hui et qui incitent les jeunes à dénoncer tous ceux qui sont assez normaux pour percevoir la sexualité comme un des plus grands biens de la vie.           
Il ne faut plus regarder personne, c’est du harcèlement.  Faut encore moins toucher, là, c’est pire que d’être tué.  Un tel état de folie paranoïaque ne peut pas exister sans le délire religieux.                   
 
Même si j’ai presque tout essayé dans ma vie en ce qui a trait à la sexualité, je demeure encore très prude.  La vie n’est pas qu’une partie de fesses.  C’est vite dépassé quand on a été assez libre pour assumer ses besoins.  On s’aperçoit vite que le sexe sans amour, sans responsabilité, ça ne veut rien dire.  C’est ainsi que s’est déroulé mon éducation sexuelle.           

Je ne sais jamais dire non au plaisir alors c’est facile de plonger dans toutes sortes d’aventures sexuelles.  Bizarrement, les homosexuels furent les derniers sur la liste, même si les psychiatres étaient d’avis que je devrais devenir homosexuel pour ne pas à avoir à souffrir du fascisme de notre société durant toute ma vie en me proclamant pédéraste.      

On ne choisit pas ce qui nous attire et rien d’intelligent ne justifie la répression sexuelle.  Les religions nous ont menti.  Les gouvernements font des lois sur la sexualité, des lois qui font à la fois l’affaire de la police et de la pègre, en s’attaquant aux individus plutôt qu’au crime organisé.  C’est la même chose au niveau des drogues.           

Mais, grâce aux féministes qui prétendaient que nous avons tous un aspect mâle-féminin en nous, j’ai développé mon côté féminin, en me laissant «cruiser» par des plus vieux.  Je développais ainsi mon petit côté putain, comme je disais.  Dans les premiers temps, j’étais la    « planche parfaite » parce qu’en réalité j’avais encore peur à cause de ce que l’on disait quand j’étais jeune.  Mange, mais encule pas.  Puis, on est passé au 69.   

Petit à petit, je me suis rendu compte qu’il est possible dans la vie de rencontrer des salauds ou des trous-de-cul qui ne respectent personne dans toutes les orientations sexuelles, dans toutes les races et de toutes les âges.  Ces salauds se servent de la violence si tu résistes ; mais j’ai découvert qu’il y a beaucoup plus de bonnes personnes que de trous-de-cul.            
 
Toutes mes aventures, sauf une ou deux, furent des délices qui nourrissent une vie bien vécue.  Ma liberté m’a, aussi stupidement que ça puisse paraître, rendu de plus en plus capable de vivre sans sexe.             

Dans ma tête, Freud a absolument raison : il y a une différence immense entre la sexualité et la génitalité.  La sexualité a rapport avec la tendresse.  Le massage de l’esprit autant que du corps.  Le plaisir de se laisser pénétrer intellectuellement ou émotivement par une autre personne ; alors que la génitalité implique tout ce qui se déroule avec les zones de jouissance corporelles.   Deux formes de relations humaines qui se complètent.  Aucune n’est mauvaise.  Elles le sont que si vous avez déjà l’esprit tordu ou si elles contreviennent aux responsabilités qu’elles incarnent. 
 
La perception et la signification de la sexualité est seulement une convention sociale comme les autres.  Un moyen de sauver l’espèce.  Quand j’eus franchi cette frontière.  Que je pusse comprendre ce qui peut être bien ou mal dans une relation sexuelle avec une autre personne, j’ai tranquillement presqu’abdiqué aux relations sexuelles (à part le voyeurisme et la masturbation) pour favoriser l’aspect émotif et ainsi enrichir l’expérience de vie que je partageais avec les garçons. Cela permettait aussi de tuer la culpabilisation avec laquelle les féminounes essayaient de nous empoisonner la vie.             
 
J’ai même vécu une expérience fantastique qui m’est apparue comme un signe d’approbation religieuse alors que les autres considéraient ça comme du dévergondage. 

J’ai payé cher pour être libre ; mais la liberté est encore plus importante que le prix à payer. 

Je suis aussi convaincu de la nécessité d’un Québec indépendant que de cette liberté, car le Canada ne respecte plus mes valeurs.  Et, je ne suis pas un parti politique fédéraste qui a besoin de renier ses valeurs pour avoir vos votes. Un Québec indépendant qui perçoit la sexualité comme actuellement dans le Canada ne serait pas mieux. 

Pour créer un monde libre, il faut d’abord être libéré de l’aliénation.

Sexe et religion.

En fait, ma perception de la sexualité ne vient pas des religions.   Les religions nous ont menti, elles ont entretenu la notion de la honte et de la culpabilité autour de tout ce qui est sexuel.   Leur philosophie repose sur le rejet de l’homme corporel, mortel et, par conséquent, c’est carrément un délire gnostique et une expression de haine envers Dieu.             

Comment la somme de l’énergie divine peut-elle engendrer le mal?  C’est complètement absurde, à la limite, un blasphème.  Mais, c’est pourtant ce que nous enseignent les religions quotidiennement.  L’homme est un ange déchu.  Donc, l’homme serait plus parfait, s’il n’était pas sexué.  La sexualité est ce qui lui permet comme espèce de se transmettre, donc, de survivre.  Condamner la sexualité, c’est ignorer ce phénomène.               

Pour pouvoir réfléchir ainsi, croire que la sexualité est mauvaise, il faut croire aveuglément, mot à mot, au créationnisme au lieu de l’évolution.           
 
L’homme est comme tout ce qui existe maintenant : le produit de milliards d’années d’évolution.  J’ai la libido beaucoup trop vivante pour accepter un tel rejet du plaisir dans notre raisond’exister.  La violence est le mal : pas l’Amour ou l’Amitié.    

Mon époque avec les féministes a débouché sur celle où pour moi « se livrer » sexuellement était une forme de générosité.   Je croyais dans la vie exactement comme la vedette dans le film  » La vie de Bernadette » alors qu’elle suçait les vieux pour leur offrir un dernier moment de plaisir avant de mourir.             

En acceptant le lit, je permettais à un individu de vivre quelques moments de bonheur qui me rendaient aussi très heureux : je pouvais encore être désiré.  WOW !  Ça paraît très stupide, uniquement féminin, mais quand tu t’es cru laid comme un pichou durant toute ta vie, te rendre compte que certains se disputent ta présence pour d’essayer de te séduire plus que l’autre, ça flatte ton égo, ça redonne la fierté d’être quelqu’un. Te sentir voulu, c’est aussi une expérience humaine bénéfique.             
 
Tu ne peux pas vivre heureux si tu crois que ta vie est parfaitement inutile.  Le bonheur ne peut pas exister sans les autres, ne serait-ce que pour vivre un tant soit peu la contemplation. T’es rien tant que tu n’as pas réussi à te comparer aux autres.   Donc, pas de limites, en autant qu’il n’y a pas de violence ou que tout se passe dans la transparence.  Il y a des choses que t’aimes faire, des choses que t’aimes te faire faire et d’autres dont tu ne veux absolument rien savoir.  C’était pour moi l’essentiel, la base de toutes bonnes relations humaines. 

C’est de respecter ses limites, se connaître assez pour les fixer clairement, et non, faire semblant d’aimer quelque chose qu’on n’aime pas.                                                               
 
Si tu respectes ce point de vue, même les plus scrupuleux sont des gens intéressants, car il faut les aborder à un autre niveau pour pouvoir être en relation positive avec eux. 

Là, où je ne marche plus, c’est quand on essaie de m’imposer leurs limites et leurs valeurs.  Une des choses les plus importantes dans la vie, c’est l’honnêteté et l’authenticité du dialogue.  Ce n’est pas toujours facile, on se ment parfois même à soi-même.  Il faut toujours tout remettre en question.

S’il en était ainsi, il y aurait moins de violence interpersonnelle. 

La violence est basée sur la peur, l’ignorance et les abus économiques ou énergétiques, donc, dans le pouvoir de domination..

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