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Radioactif 396

juin 5, 2022

Radioactif 396

Texte de 2008, p. 676

Les femmes.

Je devais m’installer quelque part et j’ai décidé de partager l’appartement avec une jolie jeune femme que je venais de rencontrer, même si elle avait déjà son amant.  La petite Hélène partageait ma liberté d’esprit.  Elle me savait pédéraste, mais elle s’en fichait.  C’était mon affaire. 

Je pensais tout connaître des femmes, mais quand on était plus jeune, on nous en apprenait le moins possible.  Y a peut-être même encore des hommes mariés depuis des décennies qui ne savent pas encore qu’une femme a un clitoris.   Ignorant, t’es supposé être moins tenté.  

C’est pour ça, par exemple, que bien des jeunes ne savent pas pourquoi ils se mettent soudainement à bander dans le métro quand leurs fesses se font moudre par les secousses de la voiture.  Ils ne savent pas que c’est normal et s’imaginent qu’ils sont des cochons.  Ils ont trop honte pour en parler, alors se haïssent un peu plus à chaque occasion. Que de chapelets perdus !

Yvette était grossette, mais elle fut ma meilleure contorsionniste.  Avec elle, j’ai appris à «swingner».  Elle avait l’art, en me tenant pas les fesses, de saccader mes mouvements, de produire des cercles de façon à me donner une « ride» sur une mer houleuse inoubliable.   Et, entre deux vagues, elle te faisait une pipe capable de ressusciter n’importe quel soldat tombé au champ de bataille, tout en sachant s’arrêter dès que survenait un garde-à-vous affermi.  Et, la course reprenait de plus belle.  Un coup avant, un coup arrière jusqu’à vomir dans les délices du nirvana.  C’était plutôt dur pour les reins, donc un exercice qui ne se répétait pas quotidiennement, même si c’était l’époque des grandes performances… 

Avec Hélène, mon Égyptienne, faire l’amour c’était plutôt un geste d’esthétique, d’ambiance.  Elle était peut-être bien en chair, mais elle se rapprochait de la moyenne.  Ni trop, ni pas assez.  Le plus beau moment fut je jouer au papa en plein devoir de procréation , après avoir fumé un bon joint, sur une roche dans la forêt avec une vue sur le lac Memphrémagog et l’impression soudaine d’avoir vu passer une soucoupe volante.  C’était peut-être ma vitesse d’éjaculation qui déforma ainsi ma vision du ciel. 

Un problème que bien des gars se posent : si je viens si vite, est-ce que je pourrais en altérer la vitesse en agrémentant ma vie de quelques coups de poignets supplémentaires, entre deux rencontres avec Cléopâtre ?  C’est fatiguant, l’éjaculation précoce.  C’est gênant, mais encore moins que de prendre un mois pour venir. Dans ce cas, tu as encore l’air plus fou, car tu mettras une éternité avant de lâcher le morceau.  C’est éreintant et peut-être même encore pire que d’être impuissant.  Avoir les piles à terre et ne pas voir le moment où tu viendras… Un effort à te motiver une crise cardiaque de pointer le nez… Une course contre toi-même et une peur folle de ne jamais atteindre l’objectif.  

«Sorry, le puits est à sec ce soir ! Les noix se prennent pour des castagnettes. ».

La petite Hélène avait une chose que je n’avais jamais expérimentée : elle était belle et petite.  Ça motive son homme !   Des petits seins en forme de poire… une petite bouche juste assez ronde pour bien retenir Hector qui joue à l’explorateur de grotte.  La petite Hélène avait un avantage physique sur toutes les autres : je la trouvais très belle. 

Grâce notre capacité de se comprendre et notre désir mutuel de ne pas mourir niais, nous avons essayé toutes sortes d’expériences.  Par exemple, après un souper bien arrosé, je me suis ramassé dans le lit avec Hélène et une deuxième petite amie.  Je fus vite délaissé, car elles étaient beaucoup plus intéressées à vivre une expérience gaie qu’une vraie expérience à trois. 

Avec presque 30 ans de vie, j’apprenais que le clitoris d’une femme joue exactement le même rôle quand il s’agit de masturbation que le pénis pour le garçon.  D’ailleurs, le clitoris n’est-il pas un petit pénis intérieur ?  Je ne savais pas que c’était encore plus sensible au bout de la langue qu’au bout du doigt.  Je venais d’apprendre qu’une femme pouvait aussi se masturber. Pourquoi nous a-t-on tenus aussi ignorants?  J’imagine que tout individu devrait apprendre à maîtriser l’art de la jouissance de son ou sa partenaire

C’était d’ailleurs, ce qui se vivait dans la Grèce antique : le pédéraste apprenait à son jeune amant les trucs pour faire jouir sa future compagne.  Cette initiation avait le côté positif de savoir faire autre chose que le missionnaire.  Ce devrait être une éducation père-fils et mère-fille. 

Mais, j’admets que ce n’est tellement pas dans nos mœurs que nous serions tous morts de gêne.  Aussi, en suis-je encore à croire qu’une femme sait mieux faire jouir une compagne et que les gars demeurent les grands professionnels de la pipe.  Je ne connais rien, pour moi, de plus merveilleux que de le faire découvrir pour la première fois.   Ainsi, sur le plan sexuel, j’en apprenais beaucoup. 

Malheureusement, les choses se sont gâtées quand Hélène se mit à vouloir faire observer scrupuleusement les règles féministes. 

Pas question qu’elle lave une assiette de plus que moi, pas question non plus que je ne fasse pas ma moitié dans le lavage du plancher.  Tout était passé à la loupe.  À la longue, ça finit par être emmerdant.  Je l’ai laissée pour m’installer seul en appartement, mais j’avoue que je l’aimais bien. 

Elle s’est ensuite mariée avec un nord-africain qui lui a fait une petite fille.   Il ne tentait pas comme moi de vivre l’expérience du féminisme.  Ce doit avoir été très pénible puisqu’un jour elle est disparue.   On n’a jamais su ce qui lui était arrivée.  Les cartes peuvent dire qu’elle s’est noyée, malheureusement, on ne le saura jamais.  J’ai bien de la difficulté à digérer que la police passe son temps à surveiller les pédérastes sur internet qui ne seront jamais violents et ne trouve jamais les personnes disparues. L’argent devrait servir en priorité pour retrouver les personnes disparues.  

L’hypocrisie est érigée en système.  J’ai mal à mon humanisme quand je sais que la famine ne fait que débuter ses ravages dans les pays pauvres… un autre effet de la maudite crise du pétrole.  Non seulement on veut demeurer idiot quand il est question de sexe ; mais on veut être parfaitement aveugle quand s’agit de voir qu’on court vers la mort de millions de personnes. 

Et, on trouve moyen de m’empêcher, parce que je suis pédéraste, d’aller en Haïti… peut-être que dieu ne veut plus de moi.    

L’éducation sexuelle est en réalité quelque chose qui devrait être très simple puisque c’est l’explication de la nature humaine afin de savoir utiliser son corps correctement, en respectant les autres, mais en fonction de ce que la science nous a appris.  Par exemple, les règles.  Comment peut-on être intelligent et prétendre que les règles sont une chose honteuse? 

Si les femmes n’avaient pas de règles ce serait comme des hommes sans prostate.  Naturellement, nos corps produisent des ovaires si on est une femme et du sperme si on est un homme.  S’il n’y avait pas de règles (ovulation), les ovaires qui ne seraient pas éliminées pourraient comme le sperme, dans le même contexte, être dangereux en devenant un poison à l’intérieur du corps.  L’homme et la femme sont assez bien faits pour évacuer ce qui ne correspond le plus au besoin du corps. 

Comment les religions ont-elles pu nous faire croire qu’il y avait là matière à appeler les règles, une « maladie » de femmes?  C’est de l’ignorance crasse.  C’est comme la forme des seins.  Les seins de jeunes femmes sont différents des seins de femmes accomplies. Ils sont plus beaux.

Certains contestent Freud parce que des fois il va loin.  Il reste quand même qu’au plus profond de nous, sans même qu’on le sache, notre corps répond mieux à certaines formes (le rond pour les seins), à certaines senteurs et à un certain degré d’énergies.  Tout est fonction de sa libido, donc, de sa génétique.  On a un détecteur inné en chacun de nous d’où sommes-nous attirés par des personnes différentes

Que nos religions le veuillent ou non, l’homme n’est qu’un animal qui a perfectionné davantage le cerveau par rapport à un autre sens particulier. 

On s’imagine bien fins, mais on est que l’aboutissement de siècles d’expérimentions.  Au rythme que nous sommes en train de détruire la planète, nous aurons été une espèce intéressante qui ce sera tuée elle-même.  Il suffit de continuer à vouloir évoluer selon les stupidités de la morale religieuse.  Les religions n’ont pas la décence d’admettre que ses règles sont nettement dépassées.  Nous ne sommes plus à l’ère où nous avions absolument besoin de procréer pour sauver l’espèce ; mais au contraire, de contrôler le nombre des naissances si nous ne voulons pas nous détruire.

Or, ce contrôle peut et doit exister en dehors de la répression sexuelle.  Il faut reconnaître que les féministes de mon époque avaient raison.  On ne fait pas l’amour que pour procréer, mais pour le plaisir.  À ce moment-là, il faut que le gars sache que la fellation d’une fille, c’est aussi pour elle, souvent plus agréable que la pénétration. 

Quand on était jeune, on nous écœurait tellement avec l’idée de la saleté du corps qu’on ne l’apprenait jamais, sinon si un ami se vantait d’être meilleur que les autres.   Qu’attendent les filles pour apprendre aux garçons qu’elles jouissent aussi à être masturbées ou sucées?  Un sujet qu’on n’aborde jamais parce qu’on en a honte.  Pourquoi y a-t-il autant de divorces ou de séparations sinon parce qu’on ne se connaît pas avant de vivre ensemble? 

C’est un problème qui ne me regarde plus. 

À mon âge, le sexe perd de sa valeur.  Un bon repas, une bonne bouteille de vin, une bonne discussion est souvent plus appréciée qu’une petite excitation dans le litOn recherche des bonheurs qui durent plus longtemps qu’une simple éjaculation.  C’est essentiel de connaître son corps. 

Il faudrait cesser d’être assez débile pour croire que c’est un soulagement de voir un vieux curé croupir en prison, alors qu’il ne bande même plus, sous prétexte qu’il nous a touchés durant notre enfance.  On essaie de nous faire croire qu’on les met en prison pour protéger jeunes.   Ils ne bandent même plus.  Un chantage éhonté, sauf s’il y a vraiment eu viol, donc, violence.

En réalité, on cherche le portefeuille de notre très Sainte Mère l’Église qui a pensé acheter le silence en payant les prétendues victimes, au lieu de reconnaître que le péché de la chair n’existe pas.           
 

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