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Radioactif 394

juin 3, 2022

Radioactif 394

Texte de 2008

La poésie et la connerie.

Je viens de recevoir la note suivante : « Il semble que votre façon de penser la sexualité n’est pas la nôtre. En conséquence, je suis désolé de vous dire que vous ne faites plus partie de l’Envol poétique».   

Réponse :

 «Les poètes qui sont supposés être la flamme de la pensée humaine ressemblent de plus en plus à la flamme olympique.  Elle est le symbole de la paix et la compréhension, mais en réalité, elle est l’expression de l’étroitesse d’esprit.  Dommage, je commence à penser qu’intellectuel rime avec idiot. 

Pas étonnant que la planète soit sur le bord de la catastrophe.  Est-ce réagir d’une façon excessive? 

En quoi le fait que j’aime les adolescents peut justifier que je n’aie plus le droit d’écrire ?  Je ne cesserai pas d’écrire pour donner raison à cette démocrassie minable.»

De Suzanne à la politique.

Puisque Suzanne avait un nouvel amant.  J’ai fini par quitter le nid.  Avoir été une année avec elle faisait ressortir le manque d’inusité à employer la méthode du missionnaire.  Je dois être comme certaines femmes : j’ai fini par trouver ça monotone. 

La génitalité n’a rien de divin, si elle ne donne pas lieu à une passion amoureuse. 

Quant à Patrick et Yanie, même si je les aimais comme si j’en étais le père, Suzanne demeurait leur mère véritable, ils devaient vivre cette séparation.  J’étais un faux père.

J’étais heureux de les voir m’affirmer d’un commun accord que de tous les pères qu’ils avaient eu, j’avais été le meilleur

Je ne devais plus me rendre travailler à la construction de la maison des enfants, non seulement était-elle finie de construire, mais elle fut presque immédiatement fermée. 

Les soirées avec Raymond Paquin m’avaient rappelé le sens immédiat de la vie : avoir du plaisir. 

Par contre, le fait d’avoir été aussi proche d’un petit gars qui me plaisait, sans le toucher, infligeait toute une raclée à la perception que je me faisais de la pédérastie qui n’avait été jusque-là que des désirs assouvis.  De plus, je passais lentement à des relations carrément gaies, car mes partenaires étaient d’ores et déjà des adultes consentants. 

Le fait de parader en ange-mère Foin-foin avec le groupe de Janou St-Denis me ramenait à la politique.  J’ai recommencé à m’y investir avec toute la passion que je pouvais, en distribuant des tracts, en faveur de Gérald Godin. 

 Aux élections de 1976, je représentais fièrement le roi des poètes, Gérald Godin, qui ne m’a pas mis à la porte parce que j’affirmais être pédéraste ; au contraire, il venait de choisir de publier Laissez venir à moi les petits gars plutôt que La fin d’un état, parce que selon le poète-journaliste, ce livre correspondait plus à ma nature profonde. 

Les écrivains n’étaient pas encore vendus à la cause fédéraste et écrire dans mon cas n’était pas encore vu et dénoncé comme un geste afin d’imposer mon point de vue ou cruiser à la cachette. Ce dont on m’accusa plus tard comme si les autres savaient mieux que moi-même la raison de mes agissements.

Durant la journée d’élection, Robert Bourassa s’est présenté pour serrer la main à tous.  Quand ce fut mon tour, j’ai refusé.  On m’avait dit que lui et Jean Marchand faisaient presque à toutes les semaines des pressions pour que La Tribune me mette à la porte alors que j’étais journaliste. 

Les gens étaient insultés de mon manque de savoir-vivre, mais quand je leur dis que c’était ainsi parce qu’il m’avait fait perdre mon emploi, ils ont trouvé que ma raison était suffisante pour l’envoyer promener.   

Le soir, à la grande surprise de tous, le Parti Québécois était élu majoritaire. 

J’ai longuement hésité, puis, par pure arrogance, j’ai décidé de téléphoner chez mon père que je croyais encore un organisateur de l’Union nationale.  On me dit qu’il n’était pas là, mais chez Henriette, ma plus jeune sœur.  Je ne comprenais plus, mais j’ai risqué l’appel pour apprendre une nouvelle surprise.  Presque toute ma famille était là pour fêter la victoire du PQ.  On était tous d’accord sur la nécessité que le Québec devienne un pays.   

Je n’en revenais tout simplement pasAvoir un pays, ça permettait de rêver d’une terre de liberté.  Une terre libérée de l’étroitesse d’esprit. 

Le PQ au pouvoir, ça nous permettait de rêver à notre Terre promise.

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