Aller au contenu principal

Radioactif 373

mai 13, 2022

Radioactif 373

Texte de 2008

Le sexe et le bonheur.

La vie est une perpétuelle course après le bonheur.  C’est comme le sexe, la tentation est souvent bien meilleure que la couchette.  Elle te fait rêver plus longtemps.  Vivre juste pour les plaisirs sexuels, c’est réducteur et ça conduit souvent à un vide intérieur

Par contre, cette recherche de l’autre est aussi importante que l’oxygène.  C’est comme un festin, sa rareté lui confère son prestige.  Une réalité bien pédéraste.  Si la perle rare est trop facile d’accès, elle perd de sa valeur. 

Le bonheur se cache dans sa capacité de jouir des petites choses et nous éblouit souvent lorsqu’on s’y attend le moins.  En fait, sauf les problèmes de sécurité financière, je vivais une très belle vie, mouvementée et imprévisible.  Ce ne pouvait pas être celle que j’avais imaginée puisque je ne l’ai jamais fait. 

J’ai toujours ressenti ma vie comme un don de Dieu, même si parfois, je me prends un peu pour Job.  J’accepte le moment présent et je suis toujours convaincu qu’il sert à créer une joie future encore plus profonde.  

En ce sens, je suis encore très profondément croyant dans une forme de spiritualité.   

Même si je rejette toutes les religions, je reconnais qu’elles peuvent être toutes aussi utiles que nuisibles.   Ma vie fut jusqu’alors, je dirais même jusqu’à aujourd’hui, une suite de coïncidences.  J’étais devenu journaliste parce que j’ai envoyé une lettre d’opinion alors que j’étais camelot de la Tribune et celle-ci fut assez abondamment commentée pour que j’en aie l’écho.  À cette époque, je faisais une faute de français à tous les deux mots. 

J’ai obtenu la réputation de révolutionnaire parce que je ne crois pas dans l’objectivité journalistique.  Cependant, un vrai journaliste d’informations ne s’implique pas dans une cause comme je le faisais, en particulier, pour garder une distance avec les événements.  Un journaliste ne peut jamais être totalement objectif, tout simplement parce qu’il est un individu, et tous les individus vivent au « je ».

Par hasard, j’ai rencontré et côtoyé tous les chefs prétendus du FLQ.  Qu’on le veuille ou non, on est tous plus près de telles ou telles valeurs.  C’est à partir de cette constatation que j’ai commencé à croire que tout individu devrait pouvoir choisir et aller vivre sur le territoire où il se sent le plus compatible avec les valeurs du milieu.  Les esprits libres avec les esprits libres. Les scrupuleux avec les scrupuleux. 

L’immigration devrait être une espèce d’enchères, une recherche des compétences dont le pays a besoin pour se réaliser ainsi que vivre ses valeurs propres.  Ainsi, je pourrais aller vivre et travailler dans un pays où je ne serais pas exclu comme au Québec tout simplement parce que de temps en temps j’aime faire une pipe à un petit gars.  Je peux jurer que ça ne lui aucun mal. 

J’étais trop sensible à la misère des autres pour pouvoir rester objectif et indifférent.  Je me battais comme un patriote, le patriote que je croyais être.  Je ne craignais pas de mettre ma vie en danger pour défendre les miens et ce en quoi je croyais, même si je suis fondamentalement un « pissous». 

En fait, ce qui agençait tout dans ma vie de hasard, c’était ma curiosité et mon besoin illimité de plaisirs et d’apprentissages. Je voulais aimer et être aimé.  Je croyais, comme on nous l’enseignait, que j’aurais un très grand rôle à jouer dans l’histoire de mon pays et pourquoi pas de l’humanité.

Aussi, très jeune, j’avais sur le plan sexuel, acquis de l’expérience avec des petits gars, des femmes, et quand j’ai vaincu ma peur, des hommes inconnus.  Je savais déjà que le plaisir le plus grand est de rencontrer quelqu’un, le sexe a en principe peu d’importance, mais il joue souvent le rôle principal.

C’est plus important de rencontrer quelqu’un qui te plaît et de toujours être entouré de gens qui, comme toi, aiment jouir de la vie.  Ton attrait pour tel ou tel individu, ce n’est pas toi qui en décide, mais ta nature la plus profonde. 

Que je le veuille ou non, un petit gars sera toujours mon premier choix et le pire, ce n’est même pas génital, sa présence me rend automatiquement heureux.  Une vibration d’énergies.  Je suis ébloui par un petit gars.  Je donnerais ma vie pour lui.   C’est fou, mais c’est comme ça.  

Et c’est pourquoi je comprenais de plus en plus qu’il ne faut pas combattre sa nature, mais l’utiliser pour améliorer la vie. Je savais aussi que l’amitié, le plus précieux des cadeaux, peut mourir à la suite de relations sexuelles décevantes. 

La beauté a beau être divine, elle ne suffit pas à créer une permanence comme l’Amitié.  Mon plus grand besoin était de me sentir entouré par la jeunesse. Faire  jouir une autre personne, c’est ma félicité absolue, mais malheureusement circonstancielle.  Le vrai bonheur se trouve donc ailleurs. 

Avoir visité le Canada ne tua pas mon appui à l’indépendance du Québec tout simplement parce que le Canada est un pays étranger pour moi.  Un pays qui se prétend bilingue, mais qui te rejette dès que tu parles français.  Il suffisait d’ouvrir la bouche et de parler ma langue pour que je devienne un citoyen de seconde classe.  Je devais me battre, m’armer de patience pour obtenir les mêmes services que les autres. Un sous-citoyen. 

Voyager m’a simplement confirmé que le Canada n’est pas mon pays.  Un francophone au Canada, c’est à peine une coche au-dessus des Autochtones.  Il ne faut pas s’en faire, pour Harper, le Québec ce sont des votes potentiels pour obtenir le pouvoir absolu.  Les Conservateurs sont des fascistes

Par contre, je devais admettre qu’il y a des gens, comme Darryl, tout aussi bien chez les Canadiens que chez les Québécois.  Même que dans certains cas, il est possible de vivre une amitié encore plus profonde parce que nos différences ne nous rendent pas ennemis, mais servent à nous rapprocher et nous souder davantage dans une espèce de pays émotif, hors du commun.  Le pays de la même orientation sexuelle. Est-ce que le territoire où l’on vit a vraiment de l’importance?   Je croyais encore assez dans les Québécois pour le croire. 

L’important, c’est de se sentir heureux que ce soit n’importe où. 

L’approche de l’indépendance, dans ces conditions, est bien différente

L’indépendance mérite qu’on la préconise que si elle promet une amélioration de la vie quotidienne ou un profond rapprochement avec nos valeurs personnelles.  Un pays, c’est une amitié avec toute une nation.  C’est son miroir territorial. 

C’est pourquoi, pour se sentir bien dans sa peau, il faut pouvoir se mirer dans les valeurs du territoire où l’on vit. 

Ce doit être pour cela qu’inconsciemment, je me cherche un pays. Je ne l’ai pas trouvé, je ne peux qu’en rêver. 
 

Nouvel esprit.

Le mot « révolution» a pris un autre sens, moins émotif, plus précis, avec mes voyages. 

Dorénavant, c’est aussi important pour moi de pouvoir m’identifier à la culture française qu’à la pédérastie.  Dorénavant, il est impossible de dissocier mon amour des petits gars de l’UTOPIE.  C’est bien évident qu’une telle vision ne se réalisera pas du jour au lendemain

Envisager un monde où la pédérastie puisse être acceptée exige une approche totalement nouvelle et différente de la sexualité, de la démocratie et des structures de la société. 

C’est cesser de percevoir la sexualité négativement.

Impossible de maintenir un monde raciste, discriminatoire et violent, si on rêve d’instaurer un monde dans lequel chaque individu peut modeler sa conscience personnelle, à condition de rejeter définitivement la violence. 

Impossible de penser à un monde où l’on ne reconnaît pas l’égalité entre les deux sexes et la plus grande affinité naturelle entre les gens du même sexe, si on veut créer dans les faits une société où chaque individu est maître de son corps ou de son esprit … d’où le besoin d’une plus grande ouverture d’esprit. 

Besoin de repenser l’approche des religions pour éliminer l’impie, soit celui qui ne pense pas comme les autres.  Besoin de reformuler les structures des pays pour neutraliser la violence.

L’abolition du pouvoir d’un petit nombre sur les majorités, du riche sur le pauvre ; l’élimination du commerce des armes et des drogues d’où la perte d’un commerce qui se chiffre dans les milliards. 

La révolution devient alors une profonde réflexion positive sur l’avenir de l’être humain. 

Comment créer un tel monde à l’intérieur de celui qui existe déjà ?  Dialoguer avec un schizophrène paranoïde me semble plus facile que d’essayer de faire comprendre à nos sociétés ce dont je veux parler.  Je me sens Jean-Baptiste dans le désert.

En même temps, une telle approche élimine la violence comme arme de changement.  La violence remplace une bande de bandits par une autre bande encore plus barbare que la première.  Petit à petit, je retrouvais le sens du Peace and love.  

Je tenais au français plus que jamais, mais non pas en interdisant l’anglais au Québec, au contraire, dans un Québec indépendant, le bilinguisme des individus devient un atout et non un handicap

Fondamentalement, je croyais de plus en plus que la plus grande des valeurs c’est la VIE.  Plus j’y réfléchissais, plus je trouvais que cet élément devait prédominer.   Rien ne peut justifier le meurtre d’un humain, même pas des milliards de profits. 

Cependant, je devais admettre que les Anglophones assimilateurs au Québec se servaient des immigrants et par conséquent faisaient jouer le temps en leur faveur pour perpétuer leur croisade sans répit d’anglicisation.  

Malheureusement, ce n’était pas nous qui devions prendre la décision de reconnaître l’importance du français au Québec, mais eux.  Le jour où l’on cessera d’essayer de nous noyer linguistiquement, on aura plus besoin de trouver des moyens radicaux pour nous défendre et survivre.  C’est logique, non?  Nous avons besoin de nous défendre que si on veut survivre, mais est-ce que la langue est si importante?  Notre esprit des choses.  J’ai vite eu la réponse. Oui, elle est à la base de notre culture, de notre manière d’interpréter le sens de nos vies.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :