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Radioactif 362

mai 1, 2022

Radioactif 362

Texte de 2008

Autoportrait d’une révolte.        


Mes prochains textes, sont tirés d’Autoportrait d’une révolte. C’est un livre consacré aux adultes pour décrire ce que ressent un pédéraste. 

Je crois sincèrement que certains poèmes doivent être identifiés comme tels s’ils devaient se retrouver en marché libre ou à la portée de tous, comme sur internet.  C’est à mon sens normal de considérer certains textes comme étant strictement réservés aux adultes et je me sens dans l’obligation morale d’en avertir les lecteurs au cas où il y aurait des jeunes.  Une chose que l’on ne peut pas contrôler sur internet.  

La liberté des uns ne doit pas priver les autres de leur liberté, si elle ne leur porte pas préjudices.  Mais, c’est par respect pour leur propre autonomie qu’il faut en informer tout le monde et ainsi souhaiter qu’on en tienne compte.

Un monde à l’envers.

Aujourd’hui, c’est la fête internationale des femmes.  C’est invraisemblable que nous n’ayons pas encore atteint l’égalité salariale homme-femme dans un pays qui se veut à la fine pointe de l’humanité. 

C’est vrai que dans bien des pays, les femmes, à cause de la religion, continuent de devoir se cacher parce que les religions les présentent comme inférieures, comme devant être soumises aux hommes.  Une façon de voir les choses tout à fait idiote. 

Je leur souhaite autant de liberté que je me permets et le bonheur que tout être humain a droit

J’espère que nos gouvernements seront assez intelligents pour proclamer l’égalité homme-femme à la grandeur de la planète, au risque de déplaire aux religions.  S’il y a un Dieu, il ne peut certainement pas accepter que des individus se croient supérieurs aux autres quel que soit le sexe, la couleur ou ce que l’on voudra,  même le portefeuille.  

C’est comique de voir en politique comment se développent les choses : il y a un an, on n’aurait pas parié un sou sur les chances de Jean Charest et pourtant, s’il y avait des élections demain il serait élu.  Qu’a-t-il fait depuis un an?  Rien.  C’est ça le miracle.  Il parle d’économie et fait semblant de se lever devant Ottawa et les gens du Québec se sentent rassurés.  Il faut cependant admettre qu’il jongle avec quelques projets intéressants qui devraient être appuyés à l’unanimité : la nationalisation de l’eau, l’Aléna avec l’Europe. 

Par contre, les libéraux continuent hypocritement à accélérer la disparition du Québec français. 

La présidente de l’Office de la langue française devrait immédiatement être mise à la porte avec quelques bons coups de pieds au cul symboliques.  Ce n’est pas possible de payer pour une irresponsable de son espèce.  Le pire, elle n’est que le reflet de la politique linguistique des libéraux du Québec. 

Le Parti Québécois doit serrer les rangs derrière Pauline Marois, si on ne veut pas d’un balayage aux prochaines élections, car, la majorité des gens ne feront plus confiance à Mario Dumont. Il est trop à droite.  Je me rappelle qu’avant le PQ, les libéraux se voulaient le centre gauche.  Le PQ se divisera-t-il encore?  C’est ce qui va faire toute la différence.

Borderline.

J’arrive de voir Borderline.  Un film à voir qui me rappelle Léolo, personnifié par un petit miracle de la vue : une beauté, quoi !  Je salue le courage de celle qui l’a réalisé d’avoir enfin osé montrer non seulement des seins, mais un pénis.  Un tout petit détail en passant, mais qui démontre jusqu’à quel point nous sommes loin de l’imbécilité des Conservateurs et tous ceux de cette lignée.         
Comme dans la vie, la vision de la nudité n’a qu’un tout petit espace dans cette histoire où la folie occupe plus de terrain.  Elle aligne en complète contradiction la folie des adultes avec l’intelligence des enfants.           

Ce film permet aussi de voir la bêtise de la censure.  Faut-il cacher les corps?  Le plus pornographique de ce film, qui nous tombe d’ailleurs encore le plus sur les rognons, c’est d’entendre les cris des deux amoureux.  Une chose que les jeunes ont compris depuis longtemps.  Une histoire, par contre, bien féminine : une étudiante entre les mains perverses de son prof.

Quoiqu’il en soit, ce film nous prouve qu’on n’a pas besoin de la bourgeoisie pour nous dicter notre morale, ça vaut bien la violence sacralisée dans nos loisirs.. Au moins, c’est plein de psychologie.

Soulignons en passant, la valeur extraordinaire des artistes québécois, dans tous les domaines… Y a de quoi à en être fiers.

Départ pour Mexico.        

À force de vanter les plaisirs de voyager, nous nous sommes retrouvés trois en route pour le Mexique.  Cette fois, grâce à Ghislain, nous étions en auto.  Avant de partir, mon père m’a préparé une commande pour s’assurer que je ne crève pas de faim.  Ce fut une des seules fois dans ma vie où j’ai vu pleurer mon père à cause de moi.  « Tant qu’à toucher quelqu’un d’ici, c’est mieux que t’ailles vivre ailleurs. »

Mon père n’en faisait pas une obligation, mais il partageait ce point de vue et il me l’avait dit on ne peut plus clairement.  C’était honnête de sa part. Il était comme tous les autres à qui on leur a appris dès l’enfance à détester les homosexuels et les étrangers. 

Imaginez comment un père normal doit se sentir quand il apprend que son fils est pédéraste.  Il disait craindre que baveux et fanatique comme je suis, je me retrouve dans une chicane dans une taverne et que je me fasse faire la peau.  Il savait que je déteste en principe l’hypocrisie et que ce n’est pas facile de vivre différent des autres sans vouloir en parler, surtout moi avec ma grande gueule.  Je ne m’en sers pas seulement pour être «le roi de la pipe».         

Il avait aussi très peur de ma fougue quand je parlais de l’indépendance du Québec.  Quel sort aurais-je dans un Canada qui ne respecte pas les francophones qui se tiennent debout, une autre de mes passions capable de créer mille et un problèmes.  On dirait que je cherche les problèmes en embrassant les causes les plus détestées. 

Je venais de terminer mon livre Il était une fois dans les Cantons de l’Est, comme le voulait l’éditeur, Léandre Bergeron. 

Au début, j’avais fait un livre comme avec la Thérèsa, c’est-à-dire présenté des dossiers sur les différents problèmes de l’Estrie (Vauxcouleurs), ce qui donnait une immense brique de quelque 400 à 550 pages.  

Comment puis- je croire qu’il y aura des gens qui se passionneront autant que moi à entendre parler des problèmes politiques et d’y chercher des solutions?   

Comme aujourd’hui, comment puis-je croire que bien des gens comprennent que l’avenir du Québec se joue à partir de la liberté sexuelle, parce qu’elle implique un sens profond de la démocratie et un respect total de la vie privée.  C’est aussi elle qui façonne notre personnalité d’où est-elle aussi importante que la langue. 

Je n’étais plus aussi engagé.  J’écrivais quelques articles pour les revues gaies.  Puis, je me suis fait photographier, nu, dans la fenêtre de notre appartement parce qu’on se trouvait juste en billet avec le Palais de l’injustice à Sherbrooke : une manière d’envoyer promener le système puisque je l’ai fait parvenir la photo dans une revue gaie qui l’a publiée.  Une seule personne m’en a parlé : « j’ai été surpris de voir que t’as une si petite bizoune ».

Les premiers jours de voyage furent sans histoire. 

Puis, Ghislain voulut que je tienne parole et que je lui présente Darryl, à Winnipeg.  Ce fut un vrai plaisir de revoir le petit.  Il partageait définitivement ma joie.  Darryl connaissait très bien mon intérêt pour son petit sexe, mais il m’était reconnaissant de l’avoir aidé, sans abuser de la situation, le laissant maître de la liberté que je me permettais avec lui.  Tout était clair entre nous.  Darryl savait très bien que jamais je ne me permettrais de ne pas le respecter même s’il m’attirait.  Une évidence qui renversa Ghislain qui craignait vraiment que je le kidnappe pour l’amener avec moi s’il ne voulait pas me suivre.  Une bravade, une folie que je répétais pour insister sur la beauté irrésistible de Darryl. 

Ghislain y avait interpréter mes paroles au premier degré comme dans sa religion.  Pourtant, il savait que j’étais comme lui : jamais je ne tolèrerai qu’une femme ou un enfant soit frappé (à moins de se défendre). 

Comment avait-il pu croire que je forcerais Darryl à venir avec moi ?   L’amour ne s’impose pas.   Il faut le vivre de façon à rendre positif le pire des défauts, selon la majorité aveugle de notre société. 

Cette situation, nous a permis à moi et Darryl de comprendre jusqu’à quel point il est possible de s’attacher à quelqu’un définitivement à partir d’un très court laps de temps.  Question de sensibilité.  Nous avons mangé au restaurant ensemble et goûté le plaisir de découvrir un être humain extraordinaire, juste en partageant un bout de chemin.        

Puis, nous avons filé vers Edmonton.  Évidemment, l’argent vint à manquer.  Une auto ça prend de l’essence.  Ghislain décida de travailler comme mécanicien, ce qu’il était auparavant. 

Pendant ce temps, je demeurais avec David à l’hostel du gouvernement, une auberge pour itinérants.  Ce fut une vraie malédiction, car un des lits dans lequel je dormais était infesté de poux.  Bains. Honte. Gêne. Mais, on en revient. 

Ghislain ne fit pas que trouver un emploi.  Je ne sais pas comment, mais il redécouvrit les stupidités des Bérets blancs.  Une lettre de sa mère, je crois.  En redécouvrant sa religion, Ghislain décida de sauver mon âme et de me convertir.  Ses sermons portaient d’abord sur le petit Dominique Savio, une façon d’attirer mon attention.  Puis, voyant ma résistance croître, il passa aux taloches.  Les frustrés sexuels deviennent vite des bourreaux.  Ça ne pouvait plus continuer ainsi, donc, nous nous sommes séparés. 

Je suis parti avec David, mon autre compagnon, à peine âgé de 20 ans, sur le pouce, vers Vancouver.  David était très beau garçon. On aurait dit un autochtone. 

L’idée du Mexique venait de lui.  Quant à Ghislain, il partit pour New York parce que la Vierge Marie y apparaissait à Bayside.  Il avait aussi retrouvé sa peur extrême.  Il prétendait que nous étions sur le bord de la fin du monde.  La comète Kouhoutek devait tous nous anéantir.  Elle n’a même pas éraflé la terre, contrairement à toutes les prévisions.   Je l’ai vue au télescope.  Elle était ravissante. 

C’est intéressant de voir comment les religions manipulent les gens grâce aux peurs qu’elles inculquent dans la petite enfance. 

La fin du monde a été promise des centaines de fois depuis le passage de Jésus sur terre ; mais si la terre est détruite, elle le sera par l’homme.  Jésus est entre temps stationné quelque part dans un «no where land » en attendant de revenir sur terre. 

Les pires peurs sont celles de notre enfance, car elles ont un petit côté irrationnel d’où les campagnes contre les prédateurs sexuels sont sujettes à traumatiser les jeunes beaucoup plus qu’à les protéger.

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