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Radioactif 346

avril 15, 2022

Radioactif 346

Texte de 2008

Antoine Naaman.  

Même le français était un acquis pour sauver la région.  Réjean Beaudoin nous enseignait comment s’en servir pour améliorer le tourisme dans les Vaucouleurs. (Estrie) 

Ainsi, Frédéric avait décidé de peinturer la plus haute cheminée au monde, à Scotstown.  À Sherbrooke, avec Antoine Naaman, on rêvait de créer un immense pavillon littéraire de la francophonie mondiale et de faire de Sherbrooke, le centre mondial de la francophonie.  Il suffisait  d’un petit « oui » du gouvernement pour le réaliser, mais tout ce que je touchais devenait automatiquement pour les libéraux, le mal qu’il ne fallait pas endosser.

Tout au long de mes dernières années à la Tribune, je me suis rongé les méninges pour trouver des moyens de combattre la pauvreté et de créer des emplois. 

Quant aux autorités locales, une brigade d’amorphes, ils ont toujours mis les bâtons dans les roues dès qu’on inventait un projet.  C’est vrai que j’étais presque toujours derrière les projets pour aider l’Estrie à se relever.  Mais, personne ne le savait et ça n’avait pas d’importance, sauf, que ça me rendait d’autant plus vulnérable. 

Même si j’avais eu du pouvoir, il aurait suffi au gouvernement de laisser filtrer que je suis pédéraste pour que tout soit considéré avec dédain.  La partisannerie politique l’emportait sur tout.  De quoi nourrir le scepticisme adéquiste pour des centaines d’années et leur donner raison de chanter qu’il ne faut pas se mouiller

Il ne suffit pas d’avoir une grande gueule pour changer les choses.  Je l’ai appris à mes dépens.  Je n’ai rien changé, même si j’y ai tout laissé.  Ça me tenterait de dire en riant qu’une belle langue, ça fait drôlement mieux l’affaire quand on s’en sert pour jouir et faire jouir. 

Ma démission.       

J’étais devenu un peu fou, après un an de harcèlement pour me forcer à prendre la porte.  J’étais protégé par un syndicat très fort, même si on trouvait que j’en mettais trop. 

J’avais trouvé comme moyen d’envoyer promener mon patron, d’écrire mes assignations quotidiennes, comme s’il s’agissait de messages indiens.  » Au grand chef de la Torture, Petit Paquet se rendra à Richmond, à l’heure où le soleil se rince l’oeil, etc. « . On pouvait difficilement me mettre à la porte pour si peu. 

Puis, la fin s’est présentée : un petit cadeau d’East Angus.  J’ai découvert les preuves irréfutables d’un cas de patronage libéral.  Les patrons ne voulaient rien publier.  Je leur ai donné une semaine pour le faire, sinon, je ne travaillais plus pour eux. 

Le journal n’a eu qu’à ne pas me prendre au sérieux et je me suis ramassé en chômage puisque j’ai tenu parole. J’étais encore une fois sans le sou, sans travail et l’assurance-chômage refusait de me verser mon dû, sous prétexte que je n’avais pas été congédié, mais que j’avais démissionné. 

J’ai amené la cause en révision et le comité de juges a reconnu que c’était effectivement pour moi une question d’honnêteté.  Entre temps, le frère du député libéral de Stanstead s’est présenté chez mes parents pour leur demander comment ils se sentaient d’avoir un fils avec les mains tachées du sang de Pierre Laporte.  J’étais écœuré, car en aucun temps, je ne fus mêlé à cet événement.  Mais, on avait réussi à me faire passer pour un felquiste radical, dangereux et actif. 

Ça m’enflait la tête en même temps, car je ne me trouvais pas assez brave pour me mériter ce titre.  Très peu de personne savait que je n’étais pas fier de la fin des événements d’octobre puisque la vie vaut plus que n’importe quelle cause.  Je demeurais fondamentalement un peace and love, grâce à ma pédérastie. 

La vie était belle, malgré la politique.  J’attachais d’ailleurs plus d’importance à ce que j’écrivais qu’à tout ce qui se passait.  Je voulais déjà devenir un écrivain.  Et, des livres, j’en écrivais à la tonne.  Je pensais d’ailleurs reprendre ce métier avec ma retraite.  Je n’avais pas prévu que je serais assez écœuré pour songer à tout laisser tomber.  Mon vase déborde d’amertume.  Le monde d’aujourd’hui est encore plus sale que celui que je dénonçais il y a 40 ans.

Le français. 

Avec ce qui se passe à l’Office de la langue française et au Conseil supérieur de la langue ; il n’y a plus qu’une solution : des élections au Québec sur l’état du français. 

Mario Dumont doit démontrer que l’intérêt du Québec passe avant l’intérêt du parti et qu’il n’est pas que le «faire-valoir» de Jean Charest.  Eh oui ! Deux élections et j’espère deux nettoyages à fond.         

Le journalisme.     

Les gens disent que les journalistes sont des menteurs.  Pour avoir exercé ce métier durant plus de 10 ans, je m’inscris en faux quant à cette réputation.  C’est vrai qu’il arrive que les détails fournis dans un texte soient faux.  On oublie que ce n’est pas celui qui écrit qui est menteur, mais celui dont il rapporte les propos. 

En principe, un bon journaliste transmettra avec exactitude les informations qui lui sont fournies ; mais il ne peut pas toujours savoir s’il s’est fait emplir.  C’est vrai qu’il doit normalement contrôler la véracité de ses informations avant d’écrire ; mais on lui pousse dans le dos pour produire le plus vite possible. 

La majorité des informations sont fournies par la police, les services ambulanciers, les partis politiques et les différents mouvements sociaux ou autres qui veulent se faire connaître.  Les médias d’information n’ont pas tellement évolué.  Ils manquent souvent de profondeur.  Le journalisme d’enquête est le meilleur journalisme qui soit. 

Par contre, on pourrait se passer de l’opinion des journalistes.  Ce que l’on veut ce sont les faits, pas leurs points de vue. 

Aujourd’hui, on continue d’utiliser le     « que ressentez- vous ? » à la sortie de cour.  C’est bien évident que la personne qui s’est fait ouvrir le ventre avec un couteau, voler des centaines de dollars, dira qu’elle est heureuse de voir son agresseur en prison.  Il devrait être plus longtemps à l’ombre, dira-t-on automatiquement.  Rares sont les personnes assez chrétiennes pour dire qu’elles lui ont pardonné. 

C’est tout aussi évident, si trois jours plus tard, ce même agresseur tourne autour de sa maison et qu’il a été libéré par un juge sous prétexte qu’il est malade mental, que tu auras peur. 

Qu’est-ce que ça nous fait comprendre sur la maladie mentale?  Sur le problème de forcer quelqu’un à prendre ses médicaments et les dangers que ça représente? 

Les journaux, en agissant ainsi, maintiennent un niveau de superficialité qui nuit à l’avancement d’une prise de conscience et d’une recherche d’une vraie solution.  C’est plus facile et moins cher de se tenir en cour pour avoir de la nouvelle, mais ça donne l’impression que notre société est encore plus pourrie qu’on se l’imagine.  Ça rehausse le niveau de paranoïa. 

De plus, on s’attaque à la vie privée des gens.  On les traîne dans la boue, comme Guy Lafleur, alors que ça ne nous apporte rien et ça le détruit.  Pourquoi acceptons-nous que ce qui se passe en cour soit nos manchettes ?  Ce n’est pas vrai que les procès sont d’intérêt public.  Une nouvelle qui est d’intérêt public est celle qui est susceptible d’influencer le déroulement social de la vie. 

Ce qui se passe en cour, ça ne change rien dans ma vie, donc, je n’ai pas besoin de cette information pour bien ou mieux fonctionner. 

Quand Richard Martineau a parlé de mon livre, La pédérastie mise à nu, ce fut une catastrophe ; même s’il écrivait le contraire de ce que j’avais écrit, il ne s’est jamais rétracté.  Il n’a jamais eu le professionnalisme de citer des paragraphes qui auraient pu lui échapper et qui modifiait tout le portrait en dehors de la réputation que l’on voulait me faire.  Non, c’est mieux de détruire quelqu’un. Martineau, c’est un trou-de-cul ! 

Il est impossible de rêver que la vérité soit connue à moins de menacer qu’un avocat s’en mêle.  Est-ce normal ?       

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