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Radioactif 337

avril 2, 2022

Radioactif 337

Texte de 2008

La révolution.        

Plus fondamental, on n’avait pas la même vision de la révolution, moi et Pierre Vallières.  J’étais encore aux couches quant à cette manière de percevoir les changements. 

D’abord, dans ma tête, le capitalisme et le communisme, c’est la même chose par les extrêmes : un système économique. 

Le capitalisme, ce sont des individus ou des groupes d’individus qui rêvent de profits et de pouvoir.  L’un ne va pas sans l’autre.  Le capitalisme sauvage se fiche bien de ce qui arrive aux humains.  Les humains sont des esclaves.  Du cheap Labor.  Ils ne sont qu’un outil pour enrichir les riches davantage.  Aucun respect des lois et des pays.  Quand ça ne marche pas comme on veut, on achète ou on renverse les gouvernements, car ce sont eux qui font les lois. 

Le communisme, c’est la même chose, sauf qu’on fait croire qu’il peut y avoir une dictature du prolétariat.  Alors que tout devrait revenir au peuple, tout finit par se retrouver entre les mains des quelques-uns qui dirigent le parti communiste. 

Ils ont le même but que le capitalisme : le fric ou le pouvoir ; mais en utilisant un délire verbal différent pour arriver à la même chose, soit dominer pour empocher.  Fidel Castro a presqu’été une exception; mais de sauveur de son peuple, il est devenu son tyran.

C’est pourquoi j’étais attiré par une solution différente. Vallières rêvait de détruire le système alors que moi je voulais améliorer notre sort de l’intérieur du système.  Meilleurs moyens de communication, plus d’emplois, meilleures payes, meilleure vie pour tout le monde. 

Sur le plan national fédéraliste, le mieux serait la création d’une vraie confédérationUn Québec culturel indépendant, dans un Canada anglais.  Ce qui revient à la souveraineté culturelle de Bourassa. Un Québec français et laïc avec sa propre culture et les moyens pour y parvenir, comme être le maître absolu de son système d’éducation et son immigration.  Être comme les autres provinces, du point de vue économique, obéissant au prorata de la population.

Les provinces participeraient monétairement au fonds mis en commun pour le fédéral.  Le fédéral n’aurait pas de pouvoir exceptionnel, comme le pouvoir de  dépenser. .Et pour le reste, disons que la question du dernier référendum trace très bien les limites du Québec : maître de ses lois, libre de signer des ententes internationales et d’être maître de ses taxes et impôts sur son territoire.  

Je croyais qu’en créant un tel Québec, le pouvoir serait plus près du peuple.  Il répondrait mieux ainsi aux besoins réels des Québécois. 

Nous n’arriverons jamais à être sur la même longueur d’ondes que le reste du Canada. Nous n’avons pas le même passé et les mêmes valeurs.  Plutôt que de s’entretuer, de s’endetter les uns les autres, il est préférable de changer les structures et de tous être plus heureux à l’intérieur. 

À mon sens, changer une bande de voleurs et d’assassins par une autre bande, ça ne change rien de fondamental. 

On revient toujours au dominant-dominé ; mais il y a moyen que le dominé puisse aussi vivre une vie agréable. On a seulement besoin que de ce que l’on connaît.  Je vivais plus que je réfléchissais.


Pierre Vallières.     

Loin d’être le diable en personne, Pierre Vallières était un gars bien gentil, surtout un bon journaliste qui avait des relations que je n’aurai jamais.  Il n’a pas fallu des heures de discussion pour qu’il soit établi que je ne suis pas violent, même si je suis radical et que certains pensent même que je suis un peu fou.  On a fait le tour de la situation économique de la région ainsi que des solutions que j’appuyais. 

Même si Vallières me prenait pour un petit bourgeois, nous nous sommes entendus sur le fait que je lui ferais parvenir tous les textes refusés (censurés) par la Tribune ainsi que les dossiers significatifs.  Il est bien normal que l’on s’aide entre journalistes. 

J’aimais bien Vallières et je ne croyais définitivement pas qu’il fut coupable de ce dont on l’accusait.  J’aimerais bien voir la tête de Trudeau, s’il entendait que certaines personnes prétendent qu’il était le vrai chef du FLQ.  Je ne suis pas le seul qui croyait qu’il écœurait les Québécois pour les réveiller.   Certains l’ont aussi cru.  S’il fallait que toutes les rumeurs soient vraies, ça ne serait plus vivable. 

Avec cette complicité, le journal local ne pouvait plus tout cacher quand ça ne faisait pas l’affaire des libéraux. 

Guy Lafleur.

Est-ce que le procureur de la Couronne était une femme ou un homme dans le cas de Guy Lafleur?  Ça peut paraître non pertinent et pourtant ce l’est absolument. 

Quand on connait, l’obsession pour ne pas dire le harcèlement des féminounes dès qu’on touche de près ou de loin au sexe (son fils est accusé de quoi ?) notre système s’emballe.   

Avant nous avions les curés, les soutanes, pour nous mentir et nous rendre coupables d’être sexués ; aujourd’hui, on a les féminounes qui se prennent encore pour des objets et qui s’imaginent que les hommes sont tous des cochons parce qu’ils ont une queue. 

Cependant, il faut le dire haut et fort, on ne peut pas accepter le viol, mais on en met trop.  Il ne faut pas montrer un corps nu sur internet, mais les jeunes passent leur journée sur des jeux, des films, des sites qui leur apprennent la violence.  La violence, elle, n’influence pas. 

Nous vivons dans une société de plus en plus débile, axée sur la castration et l’argent.  Tout est commerce, comme je le disais dans l’Homo-vicièr. 

Je ne suis pas fâché de ne plus en avoir très long à vivre quand je constate qu’au lieu de devenir plus humain, plus intelligent, notre monde devient de plus un enfer. Les troupes diaboliques seraient-elles celles des morales religieuses?  J’aurais jamais cru qu’un jour je mépriserais autant notre société. 

C’est la pire chose qui puisse arriver à quelqu’un qui est gai : vivre dans une société de féminounes homophobes et castrées.  

Je ne sais pas si vous avez entendu la psychologue à la télévision commenter cette situation.  Je doute même de son équilibre, mais elle a les papiers et son discours faisait bien l’affaire de cette station de télévision. 

 Je vais aller prendre une marche avec Benji, j’ai besoin d’air.  D’oublier que le Québec régresse un peu plus à tous les jours .  On ne va plus à l’église, mais on est encore plus écrasé par sa morale. 

On m’a dit que le seul échec de Trudeau fut de ne pas avoir pu mettre l’Église à sa place au Québec.  On ajoute que Trudeau adorait les individus et le Québec, mais détestait ses institutions.  Je ne pourrai jamais savoir si c’est vrai.  Il est mort.

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