Aller au contenu principal

Radioactif 336

avril 1, 2022

Radioactif 336

Texte de 2008

Censure.

C’est incroyable de voir tous les moyens entrepris par le système pour me fermer la gueule. 

On veut maintenant une permission de la Cour pour me saisir.   Pas d’argent, pas de livre!  Non seulement hypocritement, on a fait disparaître mon nom de la liste des écrivains québécoismais sous prétexte de défendre la chasteté de nos jeunes, on fait disparaître mes écrits ou on refuse de les ajouter dans les bibliothèques des universités ou des cégeps (ce doit être des jeunes de moins de 14 ans qui les fréquentent). 

La raison est toute simple, on ne veut pas entendre mon argumentation sur une nouvelle approche de la sexualité chez les jeunes et on prêche partout à travers le monde la beauté de notre esprit démocratique.  Quelle bande d’hypocrites ! 

Si je publiais des textes pour des jeunes de moins de 14 ans, c’est évident que ces livres seraient ou devraient être expurgés de certains passages de manière à ce qu’ils soient adaptés à eux.  Certains de mes textes ou certains poèmes ne doivent pas être remis entre les mains de jeunes de moins de 14 ans, c’est évident.  Je n’écris pas pour eux. 

Je n’ai pas écrit La pédérastie mise à nu pour les jeunes, mais pour les adultesPour combattre ce qui, à mon avis, est le pire scandale au Québec : le viol de conscience.

Je ne veux pas que nos descendants soient maintenus dans la peur et la haine de la sexualité comme nous le fûmes. 

Mon livre s’adresse aux adultes pour combattre l’hystérie et la paranoïa que l’on entretient encore quant à la sexualité des ados.  Je préconise que l’on abolisse l’âge de consentement pour le remplacer par l’entrée au secondaire, de façon à respecter le rythme de développement sexuel de chaque individu ; mais à la condition, que ce changement soit accompagné de cours sur la sexualité à la fin du primaire. 

L’objectif est d’amener le jeune à se connaître physiquement, à être valorisé par l’existence de son corps et qu’il connaisse son droit absolu de dire « oui ou non» à une relation sexuelle de son choix.  Les jeunes ont le droit à la vie privée. 

Je combats l’état d’hystérie qui accompagne tous les procès en matière sexuelle dès qu’il n’y a pas de violence.

Et, s’il n’y a pas de violence, quand un individu a fait son temps, il n’a pas à être pourchassé, harcelé par l’hypocrite « Gestapo de la pudeur paranoïaque». 

Tous les procès devraient avoir lieu en fonction d’un seul critère : le consentement et la violence. 

Je ne vois pas pourquoi il peut y avoir prescription pour le proxénétisme quand il s’agit des femmes comme si elles étaient des êtres de second ordre.  L’égalité des hommes et des femmes reposent aussi sur la valorisation de la vocation sexuelle de l’un et de l’autre. 

Il est temps que l’on cesse de vivre l’hypocrisie et la paranoïa religieuse qui entourent tout ce qui touche la sexualité.

La peur de la sexualité est aussi une maladie de la personnalité, une forme de mésestime de soi. 

« Border line » pédéraste.

J’ai la poésie de jet comme la santé : toujours border line. 

La prière d’un pédéraste, c’est le genre de poème qui, j’en conviens, ne doit pas se retrouver entre les mains de personnes trop jeunes.  Ce n’est pas que c’est mal, mais trop jeune, tu pourrais être troublé.  J’ai effectivement placé ce texte dans L’autoportrait d’une révolte.  Ce qu’on ne sait pas, ces textes étaient un choix préalable pour compléter définitivement ce qui illustrerait ma poésie.  Je l’ai mis parce que je ne crois pas qu’il soit possible de créer un autoportrait de moi, sans tenir compte de cet aspect profond de mon rapport avec Dieu et la pédérastie. 

Le but est de bien démontrer mon évolution spirituelle à travers la pédérastie. 

Du péché la pédérastie, sa culpabilisation est devenue une prière de remerciements.  Un Alléluia!  J’ai vécu bien des années pour en venir à cette prière qui me semble toute aussi respectueuse que toutes les autres que j’entends. C’est elle qui cerne le mieux mon état d’esprit. 

Je suis d’accord qu’un tel poème n’est pas fait pour un enfant.  Et, je n’ai jamais publié en visant les enfants.  Donc, les adultes seulement devraient le lire, si ça les tente Je ne veux pas scandaliser personne.  Ce texte veut marquer la fin de ma culpabilité. Qu’elle  est bien maintenant une chose du passé.

Prière d’un pédéraste.    

Rien n’est plus beau         
qu’un petit gars, nu, bandé,         
sinon le sourire de Dieu   
qui l’observe ainsi magnifique.

Rien ne  vaut la jouissance         
dans ses yeux allumée     
par ma langue sur son corps       
par mes lèvre sur son gland        
par mes doigts sur sa peau          
sinon Dieu qui se réjouit  
de m’entendre le remercier          
de m’avoir offert l’extase   
d’avoir créé tant de vie et de beauté …  

J’aimerais mourir d’aimer  
ce Dieu qui se mire en toi
que j’adore dans notre jouissance         
à travers l’illumination de nos sens éclatés.    
La passerelle de notre matière    
avec l’amour de vivre sans délai 
de toi, de toi, beauté infinie …

Dieu est beau         
Dieu est extase       
Dieu est sourire      
Dieu est amour

Tu es le chemin qui m’y conduit.
Pourquoi son accès par ton corps         
sa lumière à travers ton regard    
sa vie au rythme de notre jouissance    
nous seraient-ils interdits ?

Si Dieu est amour  
t’aimer comme je t’aime     
est la plus belle des prières …     
Et, le mal : argent égoïste 
Père de la violence …  

Crises cycliques.  

Quand j’ai appris la mort suspecte de Gaston Gouin, ce fut tout un choc.  Pour la première fois, j’apprenais que l’existence du FLQ débordait les frontières de Montréal et qu’il était possible de trouver des terroristes dans les Vaucouleurs(Estrie). 

Beaucoup plus tard, Paul Rose affirmera qu’il n’y a jamais eu de FLQ en Estrie.  Rien ne nous aurait permis d’entrevoir l’existence du FLQ dans notre région.  Même mes textes les plus engagés dans le journal n’avaient rien de vraiment révolutionnaire.  Un langage un peu plus radical, tout au plus.  

L’idée de gouvernement régional pour décentraliser les projets et déconcentrer les budgets faisait du sur-place.  Les autorités de la région chiaient dans leur pantalon dès qu’il fallait s’opposer aux décisions de Québec ou d’Ottawa.  Que tu le veuilles ou pas, pour que tu puisses comme journaliste relater des manifestations, encore faut-il qu’il y ait des gens prêts à les organiser.  Tu ne peux pas parler de ce qui n’existe pas. 

Ce n’est pas parce que tu écris « vive la révolution » que tu es Che Guevara.  Par contre, dès que tu disais que le Québec devrait se séparer du Canada, les oreilles ouvraient et on passait à la discussion afin que cette mauvaise idée ne se répande pas. 

Dommage que les Québécois n’aient pas compris la valeur de leurs votes, ils auraient pu tout chambarder si le Canada s’était vraiment senti menacé ; mais il avait nos rois-nègres pour nous faire passer pour des lunatiques, des terroristes, des petits sales accrochés à leurs joints de pot. 

Comme aujourd’hui, on dévalorise les référendums parce que c’est la façon démocratique de créer un pays et si on votait très majoritairement «oui» le Canada serait obligé de négocier un nouveau partage des pouvoirs ou cette séparation définitive. 

C’était intéressant de rencontrer Pierre Vallières, même s’il était coiffé du titre de chef du FLQ.  Notre discussion campa très vite les différences entre nous deux. 

Vallières avaient une connaissance intellectuelle des discours révolutionnaires, du marxisme, alors que moi tout ce que j’avais de révolutionnaire, c’était d’être en maudit de voir comment les autorités se fichaient des gens.  Mon expérience portait surtout sur les problèmes économiques de la région et de leurs effets sur la vie des gens. 

J’étais aussi un peu éclaté émotivement à cause de ma pédérastie et du plaisir de découvrir le pot. 

Le fédéral se fichait carrément de nous, tout en nous taxant.  Les problèmes qu’il y avait il y a 40 ans touchaient les mêmes secteurs qu’aujourd’hui, particulièrement le textile (en compétition avec l’Asie), la vie agricole, et l’approvisionnement des papetières. Exactement comme aujourd’hui, la même chose, avec les mêmes formules de solutions : le gouvernement du Québec paie, paie, paie ; mais, le gouvernement c’est nous, les pauvres, qui le nourrissons avec les impôts et les taxes. Le peuple se fait littéralement               « épocher ». 

Le Canada n’aura jamais les mêmes intérêts ou les mêmes valeurs que le Québec. 

On dirait que ces problèmes économiques sont cycliques.  Le temps qu’on oublie qu’ils ont déjà existé et que l’on a déjà versé des sommes astronomiques pour trouver des solutions.  Pourtant, ces mêmes industries ont rien fait pour éviter que ça recommence.  Elles ne se sont pas modernisées.  Elles n’ont pas diversifié leurs productions.  Elles n’ont pas cherché de nouveaux marchés.  Elles n’ont pas essayé d’être autosuffisantes chez-nous avant d’élargir leurs champs d’action.  Ces secteurs ont toujours pensé qu’aux profits immédiats et crut que pour conserver les emplois, les gouvernements cracheraient à coup de millions les subventions pour les maintenir artificiellement en vie. 

En fait, ce sont des crises créées par le manque de vision de ceux qui dirigent ces secteurs et de nos gouvernements.  Ce sont des rackets qui éclatent tous les 30-40 ans, en employant un vocabulaire différent, mais qui touche exactement les mêmes points. 

Heureusement, pour ceux qui empochent, ce ne sont plus les mêmes acteurs et les gens n’ont pas de mémoire.

Révolution = Évangile.    

D’une certaine manière, je croyais que si on mettait en pratique l’Évangile, selon Jean, on réalisait la plus grande des révolutions : celle de la tolérance et de l’amour.  Je dois avouer que je n’ai pas tellement changé d’idée. 

La vraie révolution est à la fois personnelle, judiciaire et politique.  Elle est individuelle parce qu’elle repose sur la défense des droits de l’homme et de la vie privée.  L’essentiel, c’est de promouvoir la conscience personnelle, combattre la violence légale et illégale, assurer un minimum vital de bien-être à tous les individus de la terre.  Éliminer les frontières et créer des pays par un regroupement des gens qui vivent les mêmes valeurs.  Tout doit être pensé et fait en fonction du fait que chaque individu est sur terre pour apprendre, pour se développer spirituellement (pas religieux), pour être heureux quelle que soit sa vie.  Apprendre à s’aimer soi-même. 

Je suis plus idéaliste que révolutionnaire parce que la violence conduit à la violence. 

La révolution, c’était me battre pour améliorer le sort de ceux qui m’entourent, c’était faire construire la Transquébécoise pour améliorer la vie économique des Estriens.  Je trouvais ça mauditement excitant de vouloir transformer le monde.  

Je n’avais pas compris encore qu’il n’y a qu’une sphère d’influence ou de rayonnement pour chaque individu.  Avec la mort de Gouin, je me rendais compte qu’en voulant améliorer le sort des autres, on devenait la cible, les victimes d’un système menteur et sale qui est prêt à n’importe quoi pour protéger ses acquis et les faire fructifier, même si ça va à l’encontre du bien de tous, même s’il faut tuer.  Tout pour conserver le pouvoir. 

Si on tuait des gens ailleurs dans le monde, ça pouvait être la même chose ici.  Pour la première fois, j’apprenais que les services secrets des pays peuvent tuer une personne, n’importe quand, n’importe où, dès qu’ils jugent un individu dangereux pour le pouvoir.  

Être révolutionnaire, c’est juste essayer d’écrire la vérité, essayer de sauver ta peau en dénonçant ce monde de bandits «légitimés» par les lois.  Améliorer la vie, sans violence.    

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :