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Radioactif 335

mars 31, 2022

Radioactif 335

Texte de 2008

Négociations.

Les plus radicaux pourraient être scandalisés d’apprendre qu’au moment de rencontrer Pierre Vallières, chef du FLQ, j’étais certain que l’indépendance du Québec n’était pas vraiment une fin en soi.  C’était d’ailleurs ce que pensait une bonne partie des gens. 

Quand Daniel Johnson, père, faisait la promotion de son « Égalité ou indépendance », je ne sais pas jusqu’à quel point il y croyait. Quant à René Lévesque, il réclamait un statut particulier pour le Québec (souveraineté-association).  Je suis convaincu que dans sa tête, si le fédéral ne nous donnait pas ce que l’on veut, il aurait choisi de partir, de séparer le Québec du Canada. 

L’indépendance, c’était l’arme pour réviser notre situation au sein du Canada. Pour que ce soit efficace, tu as besoin d’avoir une très bonne majorité du peuple derrière toi.  René Lévesque voulait réviser la constitution.  On remaniait les pouvoirs, mais si ça ne marche pas, là, on pourrait faire l’indépendance, devenir un pays.  

La question référendaire portera d’ailleurs en 1980 sur un mandat de négocier et non sur I’ indépendance.  Je crois que personne au gouvernement du Québec n’a vraiment voulu réaliser la séparation totale du Québec, sauf certains comme Jacques Parizeau, au dernier référendum.  Quand on suit Jacques Parizeau on sait que l’indépendance est indispensable au développement du Québec. On dirait que Parizeau est le seul à être demeuré visionnaire.       

Aujourd’hui, je suis plus radical : c’est l’indépendance, pas d’association.  On négociera quand on sera un pays libre. 

Ce n’est pas Charest qui va défendre le français au Québec, il ne pense qu’en termes d’économie comme le G8.  Il sait que ce sont les pauvres qui permettent aux riches de faire la belle vie…

Charest a ramené le gang qui a réussi, grâce aux peurs économiques, à faire mourir les Québécois de peur.  Il essaie d’être un nouveau Bourassa et de diriger le Québec à coup de sondages. 

Quant au PQ, je serais surpris qu’il soit vraiment indépendantiste pour des raisons tout à fait pragmatiques, réalistes : le Québec ne peut pas exiger son indépendance totale aux Nations Unies, sans avoir l’appui d’une bonne majorité des Québécois. 

Ceux qui crient contre les référendums oublient qu’il n’y a que deux moyens de faire son indépendance : pacifiquement, par voie de référendum ou avec les armes.   

En critiquant les référendums, ces grands gueules sabotent la démocratie vraie. 

Quand je suis allé en prison la dernière fois (bizarre mais c’est toujours quand ça chauffe ou que j’ai écrit quelque chose de percutant),  mon avocat m’a demandé ce qui s’était passé avec Pierre Laporte et m’a dit que je ne serais pas protégé en dedans. 

Quand je suis sorti de prison, par hasard, on m’a rappelé la fin tragique du Dr Ferron.  Certains, à Rouyn avaient même déjà acheté leur bouteille de vin pour fêter ma mort en prison.  Même pour les souverainistes, J’étais trop radical. 

Pour les libéraux et les fédérastes, je ne suis qu’un baveux, un «brasseur de merde».  Pour certains péquistes, je nuis à la cause parce que je parle trop ouvertement de ma pédérastie. J »ai le front de proposer une façon de voir la sexualité qui, à mon avis, est plus humaine et protège plus réellement les jeunes. 

J’ai créé une morale pour pédéraste en me servant de mon expérience de pédéraste.  Ça arrangerait bien du monde que je me taise un peu. Puisque je ne le fais pas, on essaie d’en arriver aux mêmes résultats en me bannissant de toutes les listes d’écrivains, de l’enseignement, même du bénévolat (la Fondation de la bibliothèque Memphrémagog).    

La vie d’un gars, avec ma réputation, la prison, c’est jouer à la roulette russe avec sa vie.  Mais, je ne me tairai pas.   


Mon ignorance.     

À part d’être excité par l’existence d’un mouvement terroriste au Québec, je ne connaissais rien du FLQ. 

J’étais même idiot dans ma perception de ce mouvement terroriste.  Je voyais le FLQ comme l’indépendance : un moyen de réveiller Ottawa et de se faire respecter. 

Tel que je percevais le projet indépendantiste, la séparation du Québec du Canada était un moyen de chantage pour forcer le fédéral à nous remettre notre dû.  Il fallait prendre notre place et, rien de mieux, que de leur dire qu’on ferait cavalier seul pour les forcer à nous écouter. 

Il faut avoir été journaliste, avoir aidé à piloter un projet comme l’aéroport international de Drummondville pour savoir quele Québec pour le fédéral, c’est absolument rien. Le French power, qui devait être le cheval de Troie québécois à Ottawa, n’était finalement qu’un moyen de créer une nouvelle bourgeoisie fédéraste au Québec, pendante à la bourgeoisie fédéraste plus importante qui vivait en Ontario. 

Le Québec devait avoir des retombées pour son réveil, mais les retombées ne se sont effectuées que dans les poches des libéraux fédérastes.  Quand je l’ai compris, j’ai traité Jean Marchand, au téléphone, de traitre.  Ça n’a rien donné, mais ça m’a fait du bien de lui faire comprendre que cette fois on savait.  Aujourd’hui, il me répugne encore plus ainsi que son grand patron, PET Trudeau. 

Je suis bien content d’avoir refusé une heure d’entrevue avec Trudeau, en disant à ceux qui me l’offraient que je ne me tiens pas avec des putains.  C’est exactement la place historique qui revient au French Power. 

Un ami qui travaillait au restaurant du parlement canadien me raconta que Marchand se payait la traite avec les cartes de crédit du Canada. Ça aurait coûté bien plus cher que ce que je dois au gouvernement provincial et fédéral ensemble.  Ce furent nos rois-nègres. 

Je pensais que Trudeau était un indépendantiste qui jouait du coude avec Lévesque juste pour nous réveiller.  Maintenant plus je réexamine notre histoire proche, plus je pense que je m’étais royalement trompé.  Pet Trudeau fut un salaud pour le Québec. 

Je ne peux pas en vouloir à la Tribune de m’avoir interdit d’utiliser la ligne directe avec Ottawa, j’avais couru après, en ne me contrôlant pas.  Je pensais que les bombes à Montréal, c’était du cinéma.  Des bombes placées pour faire peur, mais qu’il ne devait pas y avoir de blessés ou de morts. Je le croyais tellement, qu’à mon avis, Pierre Vallières était innocent. 

C’était un peu normal.  On ne connaissait rien du FLQ à Sherbrooke ; mais qu’un des nôtres, Gaston Gouin, un poète, soit assassiné pour des motifs politiques, on ne pouvait pas prendre ça.  C’était révoltant. 

J’étais sidéré d’apprendre que le système se protège en éliminant ceux qui le contestent.

Le génie politique.

On a toujours essayé de nous faire croire que les Québécois sont astucieux, qu’ils ont du génie politique à revendre.   

Je ne crois pas à cette thèse.  Les Québécois n’ont jamais donné le pouvoir nécessaire au gouvernement du Québec pour fairel’indépendance.  La seule stratégie pour ne pas avoir à se mette à genou devant Ottawa.

Au contraire, ils veulent que le gouvernement du Québec se tienne debout, mais ils lui enlèvent toute crédibilité.  Ottawa sait bien que les francophones s’épuisent et que ce n’est qu’une toute petite question de temps pour que leurs votes n’aient plus d’importance.  Très bientôt nous serons si minoritaires que le fédéral n’aura pas besoin du Québec pour avoir un gouvernement majoritaire.  Alors ce sera trop tard, il ne nous restera plus qu’à disparaître.

Tous les partis au fédéral, sauf le Bloc, sont essentiellement fédérastes. Voter Harper, c’est voter George Bush.  Voter pour un gars comme Dion qui hésite entre le bien du pays et celui de son parti politique, c’est prendre le risque de se ramasser simplement avec un Harper rouge.  Voter conservateur ou libéral, c’est voter pour la guerre en Afghanistan.  Chaque fois qu’un des nôtres meurt au combat, ceux qui ont voté libéral ou conservateur peuvent se dire et être certains que leur vote à contribuer à cette mort.  Une guerre, ça sert à mettre de l’argent dans la caisse de la mafia afghane. 

Certains films se demandent si la CIA et le gouvernement Bush n’ont pas un mot à dire dans la réalisation des événements survenus à New York.  Est-ce qu’un gouvernement démocrate fera la lumière?  Je me souviens d’un livre à partir d’une étude faite pour John Kennedy sur la nécessité des guerres locales pour maintenir l’économie dans laquelle on disait que les recherches pour contrôler la température étaient entreprises, mais qu’elles ne connaissaient pas encore beaucoup de succès.  Est-ce que ce qui se passe actuellement est le résultat de ces recherches militaires ?  

Nos soldats sont extraordinaires, mais nous n’avons pas à mettre le nez en Afghanistan.  Si on veut combattre les talibans qui veulent dominer le monde au nom d’Allah, le mieux c’est d’aider le peuple et instruire ses enfants.  La domination religieuse a besoin d’ignorance et d’intolérance pour survivre.   Ce n’est pas ce qui passe sur les champs de bataille qui nous intéresse, nous savons que nous avons les soldats les plus braves du monde.  Ce qu’on veut savoir : est-ce que la population, les pauvres ont besoin de nous?  Est-ce eux qu’on aide?

Si on veut freiner les Talibans, c’est en refusant l’accès aux fanatiques de l’Islam dans notre pays.  Quant aux musulmans non fanatiques, ils sont comme nous.  Ils prient et ne rêvent pas de dominer tous les autres.

La religion et la guerre.   

Il ne faut cependant pas oublier, quand il est question de la guerre en Afghanistan, qu’il faut définitivement stopper et empêcher que l’humanité devienne l’esclave de la Charia (ou les règles de n’importe quelle autre religion ), car ces règles sont d’un autre temps et ne respectent pas l’évolution de la connaissance. 

C’est la seule chose pour laquelle Bush a raison.  L’homme ne doit pas être l’esclave d’un dieu ou d’une puissance religieuse, même protestante ou mormone. 

Que des milliers de personnes descendent dans la rue pour des caricatures sur le prophète Mahomet prouve bien que cette foi aveugle est loin de conduire à la tolérance et à la sérénité.  Il y a une différence entre Mahomet et Allah, aussi grande qu’entre Jésus et Dieu.  Si on accepte que les deux (Jésus et Mahomet) sont des prophètes, rien n’interdit de reproduire leur image.  C’est faire preuve de fanatisme que de tout vandaliser pour des caricatures. 

Entretenir l’amour des autres, ça devrait être un principe de base de toutes les religions.  Malheureusement, on l’a oublié.  Si ces mouvements de foule existent, c’est qu’il y a des leaders qui les provoquent.  Comment ne pas attirer une islamophobie quand ils agissent ainsi ?  

Il appartient aux fidèles eux-mêmes de refroidir les ardeurs trop virulentes de leurs leaders. C’est aussi vrai en ce qui concerne Israël.  

Pour être membre de l’ONU, tous les pays devraient avoir obligatoirement des gouvernements laïcs.  Il faut séparer la religion, du judiciaire et du politique que ce soit juif, musulman, chrétien ou autre. 

Dieu est une entité spirituelle non une réalité matérielle… Il est urgent que l’on sorte des vieilles guerres de religions maintenues régionalement pour permettre aux grandes puissances d’écouler leurs anciennes armes.  La guerre est un instrument pour faire fonctionner l’économie. 

Je ne sais pas jusqu’à quel point ce que l’on m’a raconté sur Hitler est exact.  On m’a déjà dit qu’Hitler n’avait plus le choix parce que l’Allemagne était étouffée par les banques mondiales, ce qui expliquerait sa haine des juifs.  Quoiqu’il en soit, rien ne justifie ce qui s’est passé, mais si c’est exact plutôt que de camoufler la vérité, on serait mieux de la dire pour prévenir que d’autres folies du genre soient commises. 

La lutte aux Talibans passe par la construction d’école et la lutte à la pauvreté.  Si l’humanité était plus juste et répartissait mieux ses richesses, on ne vivrait pas de telles situations. 

Qu’il faille des soldats pour maintenir la sécurité, c’est certain, mais pas dans n’importe quelle mission.  Apprendre aux Afghans à se protéger, à établir une démocratie, c’est protéger la paix et non faire la guerre. Par contre, toute mission de paix ou de guerre a son lot de morts, malheureusement.   

Les soldats ont notre sympathie et notre appui, pas la guerre.

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