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Radioactif 318

mars 14, 2022

Radioactif 318

Textes de 2008

En route pour Ottawa !

Le projet d’aéroport international à Drummondville prenait de plus en plus d’ampleur.  Il n’y avait plus que La Tribune, de Sherbrooke, qui en parlait, mais les autres médias commençaient à étudier le projet. 

Inutile de dire que dans mon cas, c’était la passion totale.  Enfin, je pouvais, malgré mes limites, aider l’Estrie, voire même le Québec, en améliorant leur sort. Ce projet était vraiment à lui seul le salut économique de l’Estrie.  

Faute de savoir en profondeur ce qui se passait à Ottawa, une visite dans la capitale du Canada s’imposait.  Le président de la Tribune, M. Yvon Dubé, me fit venir à son bureau et me demanda si j’accepterais un emploi rémunéré avec un chiffre suivi de quatre ou cinq zéros.

« Je travaille pour l’argent seulement quand je suis obligé, c’est-à-dire pour survivre.  Je ne suis pas à vendre. »

Au pire, de penser M. Dubé, je me riverais le nez à Ottawa.   J’avais déjà un contact, il était impossible que je n’arrive pas à mettre au moins la main sur une bonne déclaration ministérielle.             
  
 Ma réponse était évidente : je tenais à participer à la réussite de ce sauvetage économique de l’Estrie.  Pour moi, ce qui comptait, c’était de sortir les Cantons de l’Est de son calvaire économique.  Je me serais saigné pour réussir et aider ainsi ma région, plus particulièrement, aider tous les petits gars que je ne connaissais même pas et que je devais m’imaginer.  Je le faisais aussi pour Réjean, même s’il ne vivait pas en Estrie. Plus je travaillais, moins je pensais à lui, moins je m’ennuyais. 

Je voulais améliorer le sort futur de tous les petits Réjean de l’Estrie.  C’est complètement fou, je le sais.  Être attiré par les garçons et leur petit pénis, c’est complètement malade ; mais c’est le contre-pied, le désavantage de ma pédérastie, et, je l’assume du mieux que je peux.  J’ai besoin de me dépenser pour le jeune du quel je suis amoureux.        
 
 Je me souviens qu’après ma condamnation à Val-d’Or en 1996, avoir voulu enseigner en Afghanistan ou en Haïti puisqu’au Québec, on était assez stupide pour m’empêcher d’enseigner même aux adultes, et ce, même s’il y a un manque de profs et un million et plus d’analphabètes.   On avait peur que je contamine les jeunes.  Je suis contre la violence et j’exige un consentement clair et le plus absolu possible, en dehors seulement de mon travail, dans ma vie privée. Je ne comprenais pas que je ne pourrai jamais plus enseigner pour une raison aussi peu valable.

En ayant été condamné, je tombais dans le réseau d’harcèlement féminoune, mis sur pied pour traquer les prédateurs sexuels.   Une bande d’imbéciles qui s’imaginent améliorer notre race alors qu’elles ont l’esprit pourri.  Voir du mal partout, c’est être plus malade que moi.

J’ai enseigné quinze ans sans qu’on puisse me reprocher la moindre chose.  Pour avoir ma peau, il a fallu monter un piège (la maman mormone) en dehors de mon enseignement.  Un jour, je devrai raconter comment la police a  kidnappé deux enfants pour que le garçon avec qui j’étais allé en voyage me dénonce. Belle justice pourrie!         

 
Paul Hellyer.

Effectivement, devenir journaliste, dans un parlement que tu ne connais pas, ce n’est pas évident.  Tu ne connais pas tous les coins secrets.  D’autant plus que la salle de presse à Ottawa n’est pas située au parlement.  Mais, pour sauver la région, j’étais tout feu – toute flamme. 

J’ai rencontré le secrétaire du ministre des Transports, un M. Bonardelli, je crois, et nous avons convenu de souper ensemble.  Au souper, je lui ai expliqué pourquoi ce projet était tellement important pour l’Estrie.  Je lui ai même confié, qu’à mon sens, ce projet était tellement important que si Ottawa le refusait, je deviendrai séparatiste.  J’ai voulu lui faire comprendre que je ne croyais pas que le fédéral puisse être tellement contre le Québec, qu’il lui refuserait une voie pour se sortir de son marasme économique.

Il m’a écouté avec beaucoup de politesse et avant de me quitter, il m’a donné des conseils quant à la façon d’attraper le ministre des Transports, M. Paul Hellyer qui refusait de m’accorder une entrevue.             

Le ministre s’y prenait toujours de la même façon pour échapper aux journalistes.  Bien entendu, j’ai suivi ces conseils et j’ai eu mon entrevue avec le ministre coincé dans l’élévateur, seul, avec moi.  J’ai appris par la suite qu’il s’est longtemps demandé comment j’avais réussi à deviner sa stratégie pour échapper aux journalistes et le saisir au vol. Il m’avait trouvé bien tenace.

La police de Trudeau.

Au début des débats, je me tenais devant la porte d’entrée aux Communes pour y interroger ceux qui passaient et qui m’intéressaient.  Après quelques jours de ce manège, le dernier jour où je devais y être, après avoir réalisé de nombreuses entrevues, deux gros policiers sont venus me trouver et m’ont demandé si j’étais celui qui écœurait toujours le premier ministre Trudeau père. 

« Je ne l’écœure pas.  Je me place ici et j’interroge ceux qui m’intéressent parmi ceux qui passent.  Quand c’est Trudeau, habituellement, il passe-droit et revient pour me répondre.  S’il ne veut pas me parler, il n’a qu’à continuer.  Et, tout à l’heure, quand il était dans les escaliers, il me faisait toutes sortes de guili-guili ; est-ce qu’il fait ça à tous les jeunes qu’il connaît ?  Je veux lui donner une copie d’un livre que j’ai écrit, est-ce que je peux me rendre à son bureau pour lui remettre?»

Finalement, il fut convenu que je pouvais monter à son bureau, escorté par les policiers.  J’ai alors croisé Paul Hellyer qui semblait avoir de la difficulté à retenir son rire.  J’ai remis Hymne à l’amour, le vice et la révolte, mais je n’ai pas rencontré Trudeau à nouveau.  C’était le temps de revenir à Sherbrooke.  Mission accomplie.           

Smily Pépin, le ministre de l’Industrie et député de Drummondville, ne s’était pas encore rendu compte que ce projet était essentiel au Québec.  Ce monsieur était seulement capable de sourire aux anges.  Un poids mort dans un gouvernement.  Quant à Marchand, il tournait toujours autour du pot.  J’ai commencé à douter de la force et de la pertinence du French Power à Ottawa pour reprendre le pouvoir en faveur des francophones, plus particulièrement, pour le Québec. 

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